L'intellect dit que D.ieu aurait pu créer l'homme et toute la création au comble de la perfection ; il eût convenu à Sa règle, car Il est parfait de toute perfection. Comme Sa sagesse a décrété de laisser à l'homme le soin de se parfaire lui-même, le Ram'hal enseigne qu'Il a créé ces créatures dépourvues de perfection, comme s'Il avait retenu la mesure de Sa perfection et de Sa grande bonté. Il les a créées à la mesure du patient (ce qui reçoit l'action) : à la mesure de l'agent, elles n'auraient eu aucune limite. Il a retenu Sa puissance immense et sans fin, afin qu'elle n'agisse que selon la mesure des créatures qui reçoivent son action.
Aussi : celui qui a dit à Son monde : « assez » (Chad-ai) ; les cieux qui s'étendaient sans cesse jusqu'à ce qu'Il les eût rabroués.
אמר השכל – שהאלוה ב"ה היה יכול ודאי לברוא האדם וכל הבריאה בתכלית השלמות; ולא עוד, אלא שמחוקו היה ראוי שיהיה כך, כי להיותו שלם בכל מיני שלמות - גם פעולותיו ראוי שתהיינה שלמות בכל שלמות. אלא שכאשר גזרה חכמתו להניח לאדם שישלים הוא את עצמו, ברא הבריות האלה חסרות השלמות.
והרי זה כאילו עכב מדת שלמותו וטובו הגדול שלא לעשות כחק גדולתה בבריות האלה, אלא לעשותם באותה התכונה שרצה בה לפי התכלית המכוון במחשבתו הנשגבת. וכאן נכללת ידיעה אחרת, והיא, מה שאמרו ז"ל (חגיגה יג ע"א), "שדי - שאמר לעולמו די"; ושהשמים היו נמתחים והולכים עד שגער בהם כמו שכתוב במדרש (תנחומא בראשית סוף פרשת מקץ).
והיינו, כי ודאי היה יכול לברוא יותר בריות ממה שברא, והבריות עצמם יותר גדולות ממה שברא; ואם היה רוצה לברוא בריותיו לפי ערך הפועל, לא היה להם שיעור, כמו שאין שיעור לו וליכלתו. אבל בראם לפי ערך הנפעל, דהיינו ששיער בהם המדה והתכונה הנאותה בהם לפי המכוון בהם.
ונמצא, שעכ"פ עיכב, כביכול, יכולתו הרבה ובלתי בעלת תכלית, שלא תפעל בבריותיו כמו ערכה, ולא תפעל אלא לפי ערך הבריות האלה הנפעלות ממנה:
L'Intellect dit : certes, D.ieu béni soit-Il aurait pu créer l'homme et toute la création au comble de la perfection ; et bien plus, il aurait été conforme à Sa règle qu'il en fut ainsi, car puisqu'Il est parfait de toute espèce de perfection, il conviendrait que Ses actes eux aussi fussent parfaits de toute perfection. Seulement, comme Sa sagesse a décrété de laisser à l'homme le soin de se parfaire lui-même, Il a créé ces créatures dépourvues de perfection.
Et voici que c'est comme s'Il avait retenu la mesure de Sa perfection et de Sa grande bonté, pour ne pas agir selon la règle de Sa grandeur dans ces créatures, mais pour les faire avec la disposition qu'Il a voulue pour elles selon le but visé par Sa pensée sublime. Et ici se trouve incluse une autre notion, à savoir ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Haguiga 13a) : "Chad-ai (שד-י) - Celui qui a dit à Son monde : assez (dai, די)" ; et que les cieux allaient s'étendant sans cesse jusqu'à ce qu'Il les eût rabroués, comme il est écrit dans le Midrach (Tan'houma Berechit, fin de la paracha Miketz).
Cela signifie qu'assurément Il pouvait créer plus de créatures qu'Il n'en a créé, et les créatures elles-mêmes plus grandes qu'Il ne les a créées ; et s'Il avait voulu créer Ses créatures à la mesure de l'agent (Celui qui accomplit l'action), elles n'auraient eu aucune limite, de même qu'il n'y a ni limite à Lui ni à Sa puissance. Mais Il les a créées à la mesure du patient (ce qui reçoit l'action), c'est-à-dire qu'Il a mesuré en elles la mesure et la disposition qui leur conviennent selon le but visé en elles.
Il se trouve donc que, en tout état de cause, Il a retenu, si l'on peut dire, Sa puissance immense et sans fin, afin qu'elle n'agisse pas dans Ses créatures selon sa propre mesure, mais qu'elle n'agisse que selon la mesure de ces créatures qui reçoivent son action :