בית יעקב על התורה

Beth Yaakob — Miketz

Rabbi Yaakov Leiner d'Izbica - enseignements sur la Torah
En bref

« Et ce fut au terme de deux années de jours, et Pharaon rêvait. » Le Zohar lit en « Tu es Mon serviteur, Israël, par qui Je Me glorifierai » (Yechaya 49,3) deux degrés qui ne font qu’un : le serviteur et le fils. Le Beit Yaakov dit que le Saint, béni soit-Il, marche au sein de l’homme de l’un à l’autre. Le serviteur agit avec clarté et calcul ; le fils vise sans connaissance consciente la volonté du Saint, béni soit-Il, et passe par patience et clarifications. Les « deux années de jours » sont le troisième et le sixième jour ; leurs clarifications achevées, Il conduit le monde pour le bien d’Israël, afin d’élever Yossef le tsadik.

Aussi : l’attente et la soif du salut, nées du voilement, éveillent une lumière de l’avenir ; « car c’est bon » répété au troisième jour (tiferet) et au sixième (yessod), selon son père ; l’ordre des rêves de Pharaon, vie puis nécessités

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. ויאמר לי עבדי אתה ישראל אשר בך אתפאר (ישעיהו מ״ט:ג׳).

בזוה"ק (בהר קיא:) ורזא דמלה תרין דרגין אינון לעילא דאצטריך בר נש לאתעטרא בהו ואינון רזא דמהימנותא ואינון חד. חד רזא דעבד וחד רזא דבן.

והאי עבד אקרי אדון כל הארץ. בן כמה דאוקימנא בני בכורי ישראל (שמות ד׳:כ״ב) וכו', ורזא דתרין דרגין אלין אשכחנא בחד קרא דכתיב ויאמר לי עבדי אתה ישראל אשר בך אתפאר.

ויאמר לי עבדי אתה הא עבד. ישראל הא בן.

דכד אינון כללא חדא כדין כתיב אשר בך אתפאר. והוא כדכתיב (תצא כג) כי ה' אלהיך מתהלך בקרב מחנך להצילך ולתת איביך לפניך.

היינו שהשי"ת מתהלך בקרב האדם ממדת עבד למדת בן וממדת בן למדת עבד, וזהו שנקרא השי"ת בזה מתהלך, שנראה לאדם בתרין דרגין אלין. מעלת העבודה ברזא דעבד, היינו הבהירות שלא יעשה אדם שום דבר רק בדעת וחשבון, וממה שאדם עושה בבהירות אין לו שם סבלנות ובירורים ואין עליו שום קטרוג, מאחר שנראה מפורש כי הוא עובד בבהירות, וכל שכרו יתראה מפורש שבא לו ע"י יגיע כפו.

ומעלת רזא דבן הוא שמכוון שלא מדעת לרצון השי"ת, אכן ע"ז יתעורר קטרוג מה בין אלו לאלו ולזה יתחייב מזה סבלנות ובירוריםאוענין רזא דבן ורזא דעבד מבואר ביתר הרחבה לעיל פ' בראשית אות כט ד"ה וכל זה, אות לב.. וזה שאמר משה רבינו ע"ה (האזינו לב) בניו מומם, שכל מומם שיצרכו לסבלנות ולבירורים הוא לברר שהם בניו של הקב"ה:

"Et ce fut au terme de deux annees de jours, et Pharaon revait..." Il me dit : "Tu es Mon serviteur, Israel, par qui Je Me glorifierai" (Isaie 49,3). Dans le saint Zohar (Behar 111b) : "Le secret de la chose est qu'il y a en haut deux degres dont l'homme doit se couronner ; ils sont le secret de la foi et ils ne font qu'un : l'un est le secret du serviteur, l'autre le secret du fils.

Ce serviteur est appele 'maitre de toute la terre'. Le fils, comme nous l'avons etabli : 'Israel est Mon fils, Mon premier-ne' (Exode 4,22)...

Et nous trouvons le secret de ces deux degres dans un seul verset : 'Il me dit : Tu es Mon serviteur, Israel, par qui Je Me glorifierai.' 'Tu es Mon serviteur' : voici le serviteur. 'Israel' : voici le fils. Lorsqu'ils forment un tout, il est alors ecrit : 'par qui Je Me glorifierai.'" C'est aussi ce qui est ecrit (Deuteronome 23) : "Car ה' ton D.ieu marche au sein de ton camp pour te sauver et livrer devant toi tes ennemis." Cela signifie que le Saint, beni soit-Il, marche au sein de l'homme, de la mesure du serviteur a celle du fils, et de celle du fils a celle du serviteur ; c'est pourquoi le Saint, beni soit-Il, est ici appele "marchant", car Il apparait a l'homme selon ces deux degres.

L'avantage du service selon le secret du serviteur est la clarte : l'homme ne fait rien sinon avec connaissance et calcul. Ce que l'homme fait avec clarte ne requiert ni patience ni clarifications, et aucune accusation ne pese sur lui, puisqu'il est manifeste qu'il agit avec clarte ; toute sa recompense apparaitra manifestement comme venant du labeur de ses mains.

L'avantage du secret du fils est qu'il vise, sans connaissance consciente, la volonte du Saint, beni soit-Il. Mais a ce sujet s'eveillera l'accusation : quelle difference entre ceux-ci et ceux-la ?

Il devra donc passer par patience et clarifications. La question du secret du fils et du secret du serviteur est expliquee plus largement plus haut, paracha Bereshit, par.

29, debut "Et tout cela", par. 32.

C'est ce que dit notre maitre Moché, que la paix soit sur lui (Deuteronome 32) : "Ses fils, leur defaut" ; tout leur defaut, qui les fera passer par patience et clarifications, sert a etablir qu'ils sont les fils du Saint, beni soit-Il.

ועיקר הסבלנות הוא כדאיתא במי השלוח (ח"א מקץ ד"ה ויהי מקץ [ב]) שנתים ימים היינו הטובות שברא השי"ת באלו השני ימים יום השלישי ויום הששי שנכפל בהם כי טובבלקמן פרשה זו אות ב בהערה ה שם., שביום השלישי נגמר מלאכת המים ונעשה בעולם מקום פנוי לקבל טובה וזהו כי טוב, ועל צמיחת טובה תדשא הארץ דשא ועץ עושה פרי שזהו טובה הנראית, ע"ז נכפל כי טוב, שהוא טובה האמיתית הנראה מפורש לטובת האדם. וכן ביום הששי נכפל כי טוב, שנברא חיים בעולם בתוך הברואים, והכפלת כי טוב מורה על שנברא חיים בכבוד והתנשאות, וזהו צורת האדם שהוא המנושא על כל החי בעוה"ז.

כי בכל הברואים נטבע חוקים טובים, וכדאיתא בש"ס (עירובין ק:) למדנו צניעות מחתול ודרך ארץ מתרנגול וכו' וכן אומר הכתוב (איוב ל״ה:י״א) מלפנו מבהמות ארץ ומעוף השמים יחכמנו, אכן בהם הוא שכל קבוע במדותיהם ולא יוכלו להטות דעתם בחשבון. אבל האדם הוא בעל בחירה ובזה הוא מושל על כל הברואים, מפני שבבחירתו כולל כל הברואיםגמבואר בתפארת החנוכי על זהר עקב (רבע.) ד"ה והוה:

ובאמת בכוחות דומם וצומח וחי יש כוחות גדולים ויקרים מאד יותר מבצורת אדם. וכדאיתא במס' עירובין (ק:) אלמלא לא ניתנה תורה היינו למדין צניעות מחתול וגזל מנמלה ועריות מיונה ודרך ארץ מתרנגול.

וכדמיתי לעיל מקרא (איוב ל״ה:י״א) מלפנו מבהמות ארץ ומעוף השמים יחכמנו. אכן כשהכוחות האלו הם במקומם, הם בלא דעת ואור, וכדמצינו בחולין (סג.) למה נקרא שמה חסידה שעושה חסידות עם חברותיה.

ומ"מ היא עוף טמא אף שיש בה מדה טובה, אכן מפני שהוא רק מדה ולא בדעת ואור, וכל מה שהוא רק בדרך מדה, אף שהוא בשורש מדה טובה, אבל אינו טוב רק על דרך המדה והרוב. אבל לפעמים יש בו הסתעפות, שיעשה רע באותה מדה עצמה וכו'.

ואף שכל מה שיש בהברואים אין בו דעת ובחירה, אבל המדות הנוטים לצד הבחירה אלו כשיבואו להתכלל בצורת אדם יסייעו אותו לעבודת השי"ת בכת בחירה. עיין לעיל פ' תולדות אות ב, פ' ויצא אות עד..

וכשיוגמר הבירורים משני הימים אלו, אז יתראה מפורש שהשי"ת מנהג את כל העולם רק לטובת ישראל. וכמ"ש, ופרעה חולם, שהראה השי"ת שכ"ז היה כדי שיתגדל יוסף הצדיק, ואף שמצרים היה מקום היותר רחוק מקדושה, גם שם מנהיג הקב"ה רק לטובת ישראל:

L'essentiel de la patience est, comme il est rapporte dans Mei HaShiloah (I, Miketz, debut "Et ce fut au terme [2]"), les "deux annees de jours" : les biens que le Saint, beni soit-Il, crea en ces deux jours, le troisieme et le sixieme, dans lesquels "car c'est bon" fut repete. Plus loin dans cette paracha, par.

2, note 2. Le troisieme jour, l'ouvrage des eaux fut acheve et un espace libre fut fait dans le monde pour recevoir le bien ; c'est "car c'est bon".

Pour la pousse du bien : "Que la terre fasse pousser herbe et arbre donnant du fruit" ; c'est le bien apparent. C'est a ce sujet que "car c'est bon" fut repete : le bien veritable, manifestement visible pour le bien de l'homme.

De meme, au sixieme jour, "car c'est bon" fut repete : la vie fut creee dans le monde au sein des creatures. La repetition de "car c'est bon" indique que la vie fut creee dans l'honneur et l'elevation ; c'est la forme de l'homme, elevee au-dessus de tout vivant en ce monde.

Car dans toutes les creatures furent implantees de bonnes lois, comme il est rapporte dans le Talmud (Erouvin 100b) : "Nous avons appris la pudeur du chat et les bonnes manieres du coq..." Et ainsi dit le verset : "Il nous instruit par les betes de la terre et nous rend sages par les oiseaux du ciel" (Job 35,11). Mais chez elles, l'intelligence est fixe dans leurs traits et elles ne peuvent inflchir leur esprit par calcul.

L'homme, au contraire, possede le libre choix, et par lui il domine toutes les creatures, car son choix les comprend toutes. Il est explique dans Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, Ekev (270a), debut "Et il etait" : En verite, les forces de l'inerte, du vegetal et de l'animal sont tres grandes et precieuses, davantage que dans la forme de l'homme.

Comme il est rapporte dans Erouvin (100b) : "Si la Torah n'avait pas ete donnee, nous aurions appris la pudeur du chat, l'interdit du vol de la fourmi, les relations interdites de la colombe, et les bonnes manieres du coq." Et comme je l'ai compare plus haut au verset : "Il nous instruit par les betes de la terre et nous rend sages par les oiseaux du ciel" (Job 35,11). Mais lorsque ces forces sont a leur place, elles sont sans connaissance ni lumiere.

Ainsi trouvons-nous dans Houlin (63a) : "Pourquoi son nom est-il hassida ? Parce qu'elle fait preuve de devotion envers ses compagnes." Et pourtant c'est un oiseau impur, bien qu'il ait un bon trait ; car ce n'est qu'un trait, sans connaissance ni lumiere.

Tout ce qui n'est qu'un trait, meme s'il est a sa racine un bon trait, n'est bon que selon la voie du trait et dans la plupart des cas ; mais parfois il s'y ramifie et fait le mal par ce meme trait... Bien que tout ce qui est dans les creatures soit sans connaissance ni libre choix, les traits qui tendent du cote du libre choix, lorsqu'ils seront inclus dans la forme de l'homme, l'aideront dans le service du Saint, beni soit-Il, par la force du choix.

Voir plus haut, paracha Toledot, par. 2 ; paracha Vayetse, par.

74. Lorsque les clarifications de ces deux jours seront achevees, il deviendra manifeste que le Saint, beni soit-Il, conduit le monde entier uniquement pour le bien d'Israel.

C'est ce qui est ecrit : "Pharaon revait" ; le Saint, beni soit-Il, montra que tout cela etait afin que Joseph le juste soit eleve. Bien que l'Egypte fut le lieu le plus eloigne de la saintete, meme la, le Saint, beni soit-Il, ne dirige que pour le bien d'Israel.

ומעלת העבודה ברזא דבן, כי עורר בנפשו צפוי וקווי לישועה מחמת שנכנס להסתר ושכחה, בענין שלא ראה איך יצמח מזה כבוד שמים, ומצפה להשי"ת שיאיר עיניו, וממילא יכול לעורר אור מאורו של הקב"ה המוכן לעתיד לבוא, היינו ידיעת הבורא שזה הוא האור הבהיר לעתיד שיהיה גלוי שיש בורא נמצא ונצחיי. כי עיקר החושך שיחשוך לאדם הוא כשיסתר ממנו שהוא בן להקב"ה, אכן הצפוי יבא ממה שבשרשו נמצא שהוא בן להקב"ה.

והנה השי"ת ברא בעוה"ז אור וחושך, כדי שיבין האדם כי גם האור אינו אור גמור האמיתי, וכן נתן שכחה באדם שיבין כי גם בעת שעובד בבהירות ג"כ אינו בהיר, וע"י שבא לידי הסתר ושכחה ויתעורר בלבו צפוי וקווי לישועה, יעורר ישועה מאור הגדול. וע"ז כוונו בש"ס (גיטין מג.) שאין אדם עומד על ד"ת אלא א"כ נכשל בהם, שיאיר לו השי"ת שלא היה די לו באלו הד"ת לעמוד נגד יצרו וצריך לו הוספת ד"ת.

והענין בזה הוא, מפני שהשי"ת אינו משפיע רק למי שיצמא ויצפה לישועה, והצמאון הוא כשיכיר האדם חסרונו שצריך לו ישועה מחדש בהוספה, אזי משפיע לו השי"ת. וכענין דאיתא בהליקוטים ממי השלוח (ח"א) על מאמר הש"ס בשבת (דף פח:) כשעלה משה למרום אמרו מלאכי השרת לפני הקב"ה מה לילוד אשה בינינו וכו'.

וזה היה ענין יעקב אבינו ע"ה, אחר שנחסר לו למחית נפשו ונתעורר לקוות בראותו שיש שבר במצרים עי"ז בא לישועה אמיתיית, כי מאחר שראה שהשי"ת צריך להאיר לו גם בכל רגע לקיום נפשו והתפלל על זה, הראה לו השי"ת שיוסף חי ולא הפסיד אורו כלל. וכן המצריים שבאותו הדור אחרי שבמצרים היה תמיד שובע, ואחרי שראו שנחסר להם מזון נתעורר בהם צעקה על מחיתם, והאיר להם יוסף מאורו שאמר להם לכו מולו עצמכם, ואמרו החייתנו כי באנו על זה שבשרשנו חסר לנו אורדבית יעקב הכולל פרשת מקץ ד"ה ויהי מקץ [א].:

L'avantage du service selon le secret du fils est qu'il eveille en son ame l'attente et l'espoir du salut, du fait qu'il est entre dans le voilement et l'oubli, en une situation ou il ne voyait pas comment de cela pourrait naitre l'honneur du Ciel. Il attend du Saint, beni soit-Il, qu'Il eclaire ses yeux ; ainsi il peut eveiller une lumiere de la lumiere du Saint, beni soit-Il, preparee pour l'avenir a venir, a savoir la connaissance du Createur.

C'est la lumiere claire de l'avenir : il sera revele qu'il existe un Createur, present et eternel. Car l'obscurite essentielle qui assombrit l'homme survient lorsque lui est cache qu'il est le fils du Saint, beni soit-Il ; mais l'attente vient de ce qu'a sa racine il est le fils du Saint, beni soit-Il.

Voici que le Saint, beni soit-Il, crea dans ce monde lumiere et obscurite afin que l'homme comprenne que meme la lumiere n'est pas la lumiere veritable et parfaite. De meme, Il donna l'oubli a l'homme afin qu'il comprenne que, meme lorsqu'il sert avec clarte, il n'est pas non plus dans une clarte totale.

Par le voilement et l'oubli, quand l'attente et l'espoir du salut s'eveillent en son cœur, il eveille le salut provenant de la grande lumiere. C'est ce qu'ils ont vise dans le Talmud (Guitin 43a) : "L'homme ne se tient pas sur les paroles de Torah avant d'y avoir echoue" ; le Saint, beni soit-Il, l'eclairera alors : ces paroles de Torah ne lui suffisaient pas pour se tenir contre son mauvais penchant, et il lui faut un ajout de paroles de Torah.

La chose tient a ce que le Saint, beni soit-Il, ne repand que sur celui qui a soif et attend le salut. La soif existe lorsque l'homme reconnait son manque, qu'il lui faut un salut nouveau, supplementaire ; alors le Saint, beni soit-Il, repand sur lui.

Comme il est rapporte dans les Likoutim de Mei HaShiloah (I) au sujet du propos talmudique dans Chabbat (88b) : "Lorsque Moché monta au ciel, les anges de service dirent devant le Saint, beni soit-Il : que fait parmi nous un etre ne d'une femme ?..." Tel fut le cas de notre pere Yaakov, que la paix soit sur lui : apres que manqua ce qui faisait vivre son ame et qu'il fut eveille a esperer, lorsqu'il vit qu'il y avait de la nourriture en Egypte, il parvint ainsi a un salut veritable. Car, ayant vu que le Saint, beni soit-Il, devait l'eclairer a chaque instant pour maintenir son ame, il pria pour cela ; le Saint, beni soit-Il, lui montra que Joseph etait vivant et qu'il n'avait nullement perdu sa lumiere.

Ainsi les Egyptiens de cette generation : apres qu'il y eut toujours abondance en Egypte, quand ils virent leur nourriture leur manquer, le cri pour leur subsistance s'eveilla en eux. Joseph les eclaira de sa lumiere, lorsqu'il leur dit : "Allez a Joseph" ; ils dirent : "Tu nous as fait vivre", car nous sommes arrives a cela : dans notre racine, la lumiere nous manque.

Beit Yaakov HaKolel, paracha Miketz, debut "Et ce fut au terme [1]".

ויהי מקץ שנתים ימים וגו'. שנתים ימים היינו כדאיתא במי השלוח (ח"א מקץ ד"ה ויהי [ב]) שזה מרמז על יום השלישי ויום הששי.

ביום שלישי נבראו כל צרכי האדם ופרנסתו, שבזה צריך האדם לברר את עצמו שיוכל לקבל הטובה, להכיר בה שרק השי"ת הוא הנותן ומשפיע לו כל זאת. ובששי נברא שורש החיים, היינו צורת אדם בחיים וכבוד והתנשאות, שהוא מנושא על כל הברואים מפני שאינו כפוף תחת שום טובה, ומושל בשכלו וחכמתו על כל הטובות, ובכחו לסלק את עצמו מנגוע בקציהם, בכדי שיתגדל כבוד השי"ת, מה שאין זה בשאר הברואים, ולזה יש בו כח לנשאות כל עניני עוה"ז לדרגין עלאין, וזהו מדת יוסף הצדיק כי כל בשמים ובארץ, ומתרגמינן דאחיד בשמיא ובארעא, שיש בו כח לברר את הגוף ולזככו כמו הנשמההוכעין זה פירש בסוד ישרים ראש השנה אות כה:

ביאר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה, על מה שבשלישי ובשישי נכפל כי טוב. כי שלישי מורה על התכללות שני מדות ההפכיים, יען שכבר יש שני ימים הרומזין על חסד וגבורה, שהמה מדות ההפכיים, ויום שלישי רומז על מדת תפארת, שהיא התכללות אלו ההפכיים בשורש אחדותו ית', ומחמת זו ההתכללות מוכח שמאיר בו בעומק גודל אור חסדו ית' כ"כ, אשר בזה הרב חסד נכללים כל ההפכים, שעליו נאמר כי לעולם חסדו, ולכך נכפל בו כי טוב.

וביום ששי שרומז על מדת יסוד, שבו נגמר הבריאה, כמאמרם ז"ל, בששי גמר את מעשיו. ואז יכולה הבריאה לחשוב שיש בה כח לפעול, כי כבר יש לה כח הויה בפני עצמה בשלימות, לזה נכפל בו נמי כי טוב, להורות שבכל גמר הוויתה צריכה הבריאה להזכיר היטב את עצמה, ולעורר מתחילת קבלת קיום הוויתה, ולהכיר היטב שכל גמר קיום הוויתה הוא רק אור חסדו ית' השופע בה תמיד בכל רגע ורגע בלי הפסק ח"ו..

והנה מצד השי"ת הוא מעילא לתתא, מתחלה וירום אלהי ישעי שמברר כל, ואח"ז הוא מפורש שחי ה', מעיקרא תפלה והדר קריאת שמע. ומצד האדם הוא מתתא לעילא מעיקרא ק"ש והדר תפלה.

ק"ש מרמז על צמצומי האדם, שיברר את עצמו ויסלק כל נגיעותיו מצדו ולא יבטח על שום כח פעולה מצדו, ויראה מפורש שחי ה', ואח"ז הוא תפלה ברוך צורי וירום אלהי ישעיווזהו שפתח הזוהר הקדוש פרשה זו (מקץ קצג:) בזה הפסוק (תהלים יח) חי ה' וברוך צורי. ועיין מי השלוח ח"א מקץ ד"ה ויהי מקץ [א], מסכת ברכות (ל:) ד"ה חסידים, ח"ב מקץ ד"ה ויהי מקץ בסופו..

וזהו דאיתא בהאר"י הק' (פרי עץ חיים בהקדמה לשער השבת פרק ג' ואילך) שבשבת יורדת הנשמה למטה והכלים עולים למעלה, ובגלות הוא להיפך, שהגוף נשאר למטה והנשמה עולה למעלה. וכשנתברר יוסף הצדיק באלו השני ימים נושע מיד.

והבירור צריך להיות כסדר, מתחלה יצמצם אדם עצמו בשורש החיים, ואח"כ יצמצם את עצמו בצרכי עוה"ז. ולזה ידע יוסף הצדיק שחלום פרעה היה ג"כ כסדר הזה, מתחלה חלום שבע פרות שמרמז על חיים ואח"כ חלום השבלים שמרמז על צרכי האדם, וגזר שיהיו שני רעב שזה עצמו יהיה די, וכענין דאיתא בש"ס (תענית ח:) שהיה כפנא ומותנא והתפללו רק על כפנא דכי יהיב רחמנא שובעא לחיי יהיב.

וכשיתקנו צרכי האדם יהיה להם גם חייםזלקמן פרשה זו אות ד.:

"Et ce fut au terme de deux annees de jours..." Les "deux annees de jours" sont, comme il est rapporte dans Mei HaShiloah (I, Miketz, debut "Et ce fut [2]"), une allusion au troisieme jour et au sixieme jour. Au troisieme jour furent creees toutes les necessites de l'homme et sa subsistance ; par elles, l'homme doit se clarifier afin de pouvoir recevoir le bien, en reconnaissant que seul le Saint, beni soit-Il, le lui donne et le lui repand.

Au sixieme fut creee la racine de la vie, a savoir la forme de l'homme dans la vie, l'honneur et l'elevation. Il est eleve au-dessus de toutes les creatures parce qu'il n'est soumis a aucun bien, et il domine par son intelligence et sa sagesse tous les biens.

Il a le pouvoir de s'ecarter de toucher a leurs extremites, afin que l'honneur du Saint, beni soit-Il, soit grandi ; il n'en est pas ainsi des autres creatures. C'est pourquoi il a le pouvoir d'elever toutes les affaires de ce monde aux degres superieurs.

Telle est la mesure de Joseph le juste : "car tout est dans les cieux et sur la terre" ; le Targoum traduit : "qui tient les cieux et la terre". Il a le pouvoir de clarifier le corps et de le purifier comme l'ame.

Dans Sod Yesharim, Roch HaChana, par. 25, une interpretation semblable est rapportee au nom de mon pere, notre maitre, le saint gaon, de benie memoire : Il expliqua pourquoi "car c'est bon" est repete au troisieme et au sixieme jour.

Le troisieme indique l'inclusion de deux mesures opposees, puisqu'il y a deja deux jours qui font allusion a la bonte et a la rigueur, mesures opposees. Le troisieme jour fait allusion a la mesure de tiferet (harmonie), qui inclut ces opposes dans la racine de Son unite, qu'Il soit beni.

De cette inclusion il est prouve que brille en lui, dans la profondeur de sa grandeur, une lumiere si grande de Sa bonte, qu'en cette abondante bonte tous les opposes sont inclus. C'est de lui qu'il est dit : "Car Sa bonte est a jamais" ; c'est pourquoi "car c'est bon" y est repete.

Le sixieme jour, qui fait allusion a la mesure de yessod (fondement), voit l'achevement de la creation, comme ils l'ont dit : "Le sixieme, Il acheva Ses œuvres." La creation peut alors penser qu'elle a la force d'agir, car elle possede deja pleinement une force d'existence propre. C'est pourquoi "car c'est bon" y est aussi repete : pour indiquer qu'au terme de toute son existence, la creation doit bien se rappeler elle-meme, s'eveiller depuis le commencement de la reception de son existence, et reconnaitre avec precision que tout l'achevement du maintien de son existence n'est que la lumiere de Sa bonte, qu'Il repand en elle constamment, a chaque instant, sans interruption, a D.ieu ne plaise.

Du cote du Saint, beni soit-Il, le mouvement va d'en haut vers le bas : d'abord "Que soit eleve le D.ieu de mon salut", qui clarifie tout, puis il est explicite que "Vivant est ה'" ; d'abord la priere, puis le Chema. Du cote de l'homme, le mouvement va d'en bas vers le haut : d'abord le Chema, puis la priere.

Le Chema fait allusion aux restrictions de l'homme : il doit se clarifier, ecarter de son cote tous ses interets personnels, ne se fier a aucune force d'action qui vienne de lui, et voir manifestement que "Vivant est ה'". Ensuite vient la priere : "Beni soit mon roc, et que soit eleve le D.ieu de mon salut." C'est par ce verset (Psaumes 18), "Vivant est ה' et beni soit mon roc", que le saint Zohar ouvre cette paracha (Miketz 193b).

Voir Mei HaShiloah I, Miketz, debut "Et ce fut au terme [1]" ; Berakhot (30b), debut "Les pieux" ; Mei HaShiloah II, Miketz, debut "Et ce fut au terme", a la fin. C'est ce qui est rapporte de l'Ari le saint (Peri Ets 'Hayim, introduction a la porte du Chabbat, chap.

3 et suivants) : durant le Chabbat, l'ame descend en bas et les kelim (receptacles) montent en haut ; dans l'exil, c'est l'inverse, le corps demeure en bas et l'ame monte en haut. Lorsque Joseph le juste fut clarifie en ces deux jours, il fut aussitot sauve.

La clarification doit suivre un ordre : d'abord l'homme se restreint dans la racine de la vie, puis il se restreint dans les necessites de ce monde. Joseph le juste sut donc que le reve de Pharaon suivait aussi cet ordre : d'abord le reve des sept vaches, qui fait allusion a la vie, puis le reve des epis, qui fait allusion aux necessites de l'homme.

Il decreta qu'il y aurait deux famines, ce qui serait suffisant en soi, selon ce qui est rapporte dans le Talmud (Taanit 8b) : il y eut famine et peste ; ils prierent seulement pour la famine, car lorsque le Misericordieux donne l'abondance, Il la donne pour la vie. Lorsque les necessites de l'homme seront reparees, ils auront aussi la vie.

Plus loin dans cette paracha, par. 4.

En bref

« Et il arriva, au terme de deux années de jours » : le Beit Yaakov rapporte de son père que cela désigne les biens du troisième jour, la subsistance, et du sixième, l'honneur et la forme de l'homme, élevé par la connaissance à délaisser les jouissances afin de n'être pas enchaîné sous elles. Ce que le Saint, béni soit-Il, épand Lui-même vient avec promptitude ; par un intermédiaire, cela attend de nombreux jours. L'essentiel de l'honneur est en Israël, qui goûte en toute chose la gloire du Ciel et illumine l'obscurité ; lorsque ces deux biens ne voudront que ce dont résulte la gloire du Ciel, Il posera une limite à l'obscurité.

Aussi : le verset « rendez grâce à Hachem, invoquez Son Nom », le Nom indiquant la volonté ; d'Avraham se ramifie Ismaël lorsque la connaissance se cache ; dans l'acte, crainte et restriction de son côté.

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. ביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זללה"ה (מי השלוח ח"א מקץ ד"ה ויהי [ב]) ששנתים ימים מורה על כלל הטובות שברא השי"ת בשני ימים בשלישי ובששי.

בשלישי נבראו כל הדשאים ועץ פרי כל פרנסת האדם. וביום ששי נברא בו עיקר החיים כבוד והתנשאות, והוא צורת אדם המנושא על כל החיים, שיש בו דעת והדעת הוא בראש, לכן הולך הוא בקומה זקופה הראש מנושא על שאר האברים.

ויש בצורת אדם קומה שלמה, שיש בו דעת לעזוב כל הנאות עוה"ז שלא יהיה כפוף תחתיהם, כי אם יהיה כפוף וחבוש בהם אזי יהיו הם מנושאים עליו וגבוהים ממנו, א"כ במה נבחר האדם מכל הנבראים. אכן בזה שהוא מנושא על כל הנבראים, שבכחו לעזוב ולהניח אותם שלא יהיה חבוש תחתיהם, הוא הנבחר מכל הברואים.

אבל הבהמה שאין בה דעת, לזה אינה הולכת בקומה זקופה רק הראש שוה עם כל האבריםחכדאיתא בגמרא חגיגה (טז.): ששה דברים נאמרו בבני אדם, שלשה כמלאכי השרת, שלשה כבהמה וכו', ומהלכין בקומה זקופה כמלאכי השרת וכו'., ובאלו השני ימים הוכפל בהם כי טוב.

והענין שכאן נאמר שנתים ימים, כי מה שנשפע מהשי"ת עצמו בלי שום אמצעי זהו עד מהרה ירוץ דברו וממהר האלהים לעשותו, אבל מה שהולך דרך ממוצע ישתהא ימים כבירים. והנה עיקר הכבוד הוא רק בישראל שיש להם הכרה אף בעניני אכילה ושתיה איך שכל הארץ מלאה כבודו, מה שאין זה אף במלאכי מעלה, שאף שגם הם יכירון שמלא כל הארץ כבודו, אבל רק מרחוק יכירו ולא בהסתר עוה"ז, אבל בישראל תא חזי מה כתיב בהו (תהילים ל״ד:ט׳) טעמו וראו כי טוב ה', שמרגישים וטועמים מכל דבר כבוד שמיםטומבואר ענין ההכרה שיש למלאכים ולאדם מבואר לעיל פרשת חיי אות ד ד"ה וזה הוא:

שהאדם מצדו מכיר בדעת, שכל כח האור שיש לו בידו הוא רק מהשי"ת, ומהפך את החשך לאור, שמכניס כל חשקות עוה"ז בקדושה, בהכירו שכל השפעת טובה הוא מהשי"ת, ומהלל ומשבח להשי"ת על שנתן לו טובה, ואומר על כל דבר ברוך אתה ה' שנתת לי זאת, וממליך את השי"ת על כל הנשפע לו. ובזה גדול כחן של נשמת ישראל מאור של מלאכי מעלה, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קכו:).

והוא כי מלאך לא יוכל להאיר בחשך, רק להגדיל האור ולשבח בתמידות את השי"ת. שאני ישראל, שבריאתן הוא מאור עצמותו ית' ולא ממעטה לבושו, שאין בכח שום בריה ומלאך ושרף ולבוש מהשי"ת לעשות זאת, לערב גוש עפר מן האדמה ולנפח בה נשמת חיים ויעמדו יחד, משמע מזה שרק עצמותו ית' הוא אשר בנה והציב צורת אדם בעולם, גוש עפר עם נשמת חיים קומה אחת, ושניהם יחד עושים רצון השי"ת בעולם.

לזה יש לו מעלה. יתירה לאדם, שבכחו להאיר בתוך החושך, אכן בזה אין עוד שלימות, מאחר שיוכל גם להפסיד כל מה שהרויח וסיגל אם יעשה ההיפך מרצון השי"ת ח"ו, כי הרשות נתונה ביד האדם ויוכל לבחור במה שיחפוץ אם טוב ואם רע.

וכן מבואר בתפארת החנוכי על זהר וירא (קב.) ד"ה ויאכלו בסופו בד"ה וזה שאכלו, ועיין לעיל פ' וירא אות טז, פ' ויצא אות יט.. וכשיתבררו אלו השני טובות, שלא ירצו כבוד רק מה שיהיה ממנו כבוד שמים, וכן לא יקחו טובה אך מה שיהיה ממנה כבוד שמים, אז נאמר קץ שם לחשך, שלא יהיה שום הסתרה עוד, ויוכלו להתפשט ולהרחיב את גבולם:

Et il arriva, au terme de deux annees de jours, que Pharaon revait, etc. Mon pere et maitre, le saint genie de benie memoire, l'a explique ainsi (Mei HaShiloach I, Miketz, debut de "Vayehi" [2]) : "deux annees de jours" designe la totalite des biens que le Saint, beni soit-Il, crea lors de deux jours, le troisieme et le sixieme.

Le troisieme jour furent crees toutes les herbes et l'arbre fruitier, toute la subsistance de l'homme. Le sixieme jour fut creee l'essence de la vie : l'honneur et l'elevation.

C'est la forme de l'homme, elevee au-dessus de tout vivant, qui possede la connaissance, et la connaissance est dans la tete ; c'est pourquoi il marche droit, la tete elevee au-dessus des autres membres. Dans la forme humaine se trouve une stature complete : elle possede la connaissance de delaisser toutes les jouissances de ce monde, afin de ne pas leur etre soumise.

Car, s'il leur etait soumis et enchaine, elles seraient alors elevees sur lui et plus hautes que lui ; en quoi l'homme serait-il donc choisi parmi toutes les creatures ? Mais en ceci qu'il est eleve au-dessus de toutes les creatures, ayant la force de les delaisser et de les deposer, de ne pas etre enchaine sous elles, il est choisi parmi toutes les creatures.

L'animal, qui n'a pas de connaissance, ne marche donc pas droit ; sa tete est au meme niveau que tous les membres, ainsi qu'il est dit dans le Talmud, Haguiga 16a : "Six choses ont ete dites des fils de l'homme : trois semblables aux anges du service, trois semblables a la bete, etc. ; ils marchent droits, semblables aux anges du service, etc." Ces deux jours ont recu le double de "car c'etait bon". Le sens de "deux annees de jours" est que ce qui est epanche par le Saint, beni soit-Il, Lui-meme, sans aucun intermediaire, est : "Il fait courir sa parole avec promptitude" et "Elokim se hate de le faire" ; mais ce qui passe par un intermediaire attend de tres nombreux jours.

Or l'essentiel de l'honneur n'est qu'en Israel, qui a la perception, meme dans les choses de la nourriture et de la boisson, de ce que toute la terre est pleine de Sa gloire. Cela n'est pas le cas meme des anges d'en haut : eux aussi reconnaitront que toute la terre est pleine de Sa gloire, mais ils ne le reconnaitront que de loin, et non dans le voile de ce monde.

D'Israel, au contraire, il est ecrit : "Goutez et voyez que le Nom est bon" (Psaumes 34,9) : ils ressentent et goutent, en toute chose, la gloire du Ciel. La question de la perception des anges et de l'homme a ete expliquee plus haut, dans Hayye Sarah, section 4, debut de "Ve-zehou" : de son cote, l'homme reconnait par la connaissance que toute force de lumiere qu'il tient n'est que du Saint, beni soit-Il.

Il retourne l'obscurite en lumiere, faisant entrer tous les desirs de ce monde dans la saintete, car il reconnait que toute influence de bien vient du Saint, beni soit-Il ; il Le loue et Le celebre pour le bien qu'Il lui a donne, et dit de toute chose : "Beni sois-Tu, ה', qui m'as donne ceci", et fait regner le Saint, beni soit-Il, sur tout ce qui lui est epanche. En cela, la force des ames d'Israel est plus grande que la lumiere des anges d'en haut, comme il est rapporte dans le Zohar, Hayye Sarah 126b.

En effet, l'ange ne peut illuminer dans l'obscurite ; il ne peut qu'accroitre la lumiere et louer continuellement le Saint, beni soit-Il. Il n'en est pas ainsi d'Israel : leur creation provient de la lumiere de Son essence, benie soit-Elle, et non de la diminution de Son vetement.

Aucune creature, ange, seraphin ou vetement du Saint, beni soit-Il, n'a le pouvoir de melanger une motte de terre du sol, d'y insuffler une ame de vie et de les faire tenir ensemble. Il en ressort que seule Son essence, benie soit-Elle, a bati et etabli dans le monde la forme de l'homme : une motte de terre et une ame de vie, une seule stature, et toutes deux accomplissent ensemble la volonte du Saint, beni soit-Il, dans le monde.

L'homme possede donc un avantage supplementaire : il peut illuminer au sein de l'obscurite. Pourtant, ce n'est pas encore la perfection, puisqu'il peut aussi perdre tout ce qu'il a gagne et amasse, s'il agit, a D.ieu ne plaise, a l'inverse de la volonte du Saint, beni soit-Il.

Car le libre choix est donne a l'homme, et il peut choisir ce qu'il desire, le bien ou le mal. Cela est egalement explique dans Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, Vayera 102a, debut de "Vayokhlou", a la fin, debut de "Ve-ze she-akhlou" ; voir plus haut Vayera, section 16, et Vayetse, section 19.

Lorsque ces deux biens seront clarifies, qu'ils ne voudront d'honneur que ce dont resulte la gloire du Ciel et ne prendront de bien que ce dont resulte la gloire du Ciel, alors il sera dit : "Il a pose une limite a l'obscurite" ; il n'y aura plus aucun voile, et ils pourront se repandre et elargir leur frontiere :

וזהו דכתיב (דברי הימים א ט״ז:ח׳) הודו לה' קראו בשמו הודיעו בעמים עלילותיו, וזה המזמור היו אומרים לפני הארון, וזה מרמז שד"ת יתפשטו חוץ לגבול להודיע בעמים. ואף דכתיב (איכה ב׳:ט׳) בגוים אין תורה, והוא מפני שלא רצו לקבלה, כשזרח הקב"ה משעיר והופיע מהר פארן ורצה ליתן להם תורה אמרו מה כתיב בה, והקב"ה אמר להם מה כתיב בה ולא רצו לקבלה, שנדמה להם שיתבטל כל החיים שלהם אם יקבלו ד"ת, וכדאיתא בזוה"ק (בלק קצב:).

אכן האמת הוא שאין בהם ד"ת, אך ע"י תשוקה ורצון יוכלו ישראל להכניס אף הכחות שבעמים לקדושה ולהאיר אותם. כמו שבעל תשובה מעורר אנא בכח גדולת ימינך תתיר צרורה, שאף אם עשה ח"ו מעשה שנראה לעין שאין לו תיקון להתפלל עליו, אמנם ע"י תשובה, שהוא תשוקה ורצון, יוכל לרפאות את הקודם, ואין לך דבר שעל ידו תוכל לרפאות את הקודם רק בתשובה, שהוא תשוקה ורצון, וכענין דאיתא בש"ס (ברכות ז) שמושה של תורה גדולה מלמודה.

וזהו, הודו לה' קראו בשמו, שם מורה על רצוןישמו בגימטריא רצון כמבואר במי השלוח בהרבה מקומות. עיין ח"א פרשת בשלח ד"ה ה' איש, פ' תזריע ד"ה אשה [א], ח"ב משלי (ל) ד"ה כי בער., ועי"ז תוכל להתפשט הד"ת חוץ לגבול.

וזה הענין נרמז בפרשתנו, והוא שהקב"ה ברא טוב והיפוכו זה לעומת זה עשה האלהים, ואף במדה היותר גדולה נמצא גם כן חסרון. וכמו שמצינו באאע"ה שמדתו מדת החסד, והיה לו הכרה מפורשת שהשי"ת פועל כל ואין דבר נעשה מבלעדי רצון השי"ת, וזו המדה יקרה מאד, אכן יקרותה הוא רק כל זמן שאור הדעת מאיר בהמדה, אבל כשנסתר הדעת מהמדה בהסתעפות המדה בלבושים מסתירים, אזי יצא ממנה ההיפך מרצון השי"ת, שכן נולד ממנו ישמעאל, ששרשו נסתעף מהתפשטות זו המדה, והוא משחית נפשו ועל ה' ישען לומר מאחר שאין דבר נעשה בלתי רצון השי"ת, לזה יוכל אדם התפשט כפי שירצה, וזהו טעות גמוריאמבואר לעיל פרשת ויצא אות כז ד"ה כי מאברהם:

כי מאברהם ויצחק נסתעף אף ההיפך, כי מדת אברהם אבינו הוא להכיר שאין שום מקום פנוי מכבוד שמים כדכתיב (תהילים קמה) גדול ה' ומהלל מאד, שהוא מהולל בכל המקומות ומלא כבודו את כל הארץ, וזו הדעה היא יקרה במאד, כדאיתא (תמיד כח.) רבי אומר איזוהי דרך ישרה שיבור לו האדם וכו' יחזיק באמונה יתירה וכו'. ומכח האמונה היתירה הזו יוכל להסתעף שישכח את השי"ת, כמו שנסתעף מאברהם אבינו ע"ה ונולד ממנו ישמעאל מהתפשטות זו הדיעה שאין מקום פנוי מכבוד שמים, והוא מתפשט עצמו בכל תאות עולם הזה, ואומר שאין שום צורך לאדם לצמצם עצמו, מכיון שמלא כבודו את כל הארץ..

הן אמת שבשורש אין דבר נעשה בלעדי רצון השי"ת, אמנם זאת הבטוחות אין לאדם על להבא, רק על מה שעבר יכול האדם לבטוח שלא יתייאש עצמו מלשוב להש"י, והבטוחות יהיה לאדם רק במחשבה אבל לא בפועל. ובפועל ישתמש האדם במדת היראה ועל ידה יתעלה מעלה מעלה.

וכן אמר שלמה המלך ע"ה (משלי כ״ה:ז׳) כי טוב אמר לך עלה הנה מהשפילך וגו' והוא שידע האדם שבעוה"ז נמצא מדרגות. וע"ז מרמז יחודא תתאה שישראל מיחדים בכל יום תמיד ואומרים (קריאת שמע) ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד, שכל המכוון מבריאת עוה"ז היה שהאדם יצמצם את עצמו מצדו למאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דקב"ה (זוהר אמור צ:), כי אם יאמר האדם שאינו צריך לשום פעולה מצדו לצמצם את עצמו ויבטח רק ע"ז התקיפות שאין דבר נעשה רק ברצון השי"ת, א"כ למה ברא הקב"ה את עוה"ז והכל היה כלול ברצון השי"ת גם אז.

אך הענין בזה הוא, שבאמת הכל כלול ברצון השי"ת, אכן ה' חפץ למען צדקו שיהיה גם להברואים חלק בהבריאה ביגיע כפיהם, אשר יעבדון את האלהים ויסייעו בפעולותיהן להמכוון שהיה להשי"ת בבריאת עוה"ז:

C'est ce qui est ecrit : "Rendez grace a ה', invoquez Son Nom, faites connaitre parmi les peuples Ses hauts faits" (1 Chroniques 16,8). Ce psaume etait dit devant l'Arche, et cela indique que les paroles de Torah se repandront hors de la frontiere pour etre portees a la connaissance des peuples.

Bien qu'il soit ecrit : "Chez les nations, il n'y a pas de Torah" (Lamentations 2,9), c'est parce qu'elles n'ont pas voulu la recevoir. Lorsque le Saint, beni soit-Il, brilla depuis Seir, parut depuis le mont Paran et voulut leur donner la Torah, elles demanderent : "Qu'y est-il ecrit ?" Le Saint, beni soit-Il, leur dit ce qui y etait ecrit, mais elles ne voulurent pas la recevoir, car il leur semblait que toute leur vie serait annulee si elles recevaient les paroles de Torah, comme il est rapporte dans le Zohar, Balak 192a.

Mais la verite est qu'il n'y a pas en elles de paroles de Torah ; cependant, par l'ardeur et la volonte, Israel peut faire entrer dans la saintete et illuminer meme les forces qui sont dans les peuples. Ainsi le penitente (baal techouva) eveille : "Ana bekoach, par la force de Ta droite, delie ce qui est lie" (אנא בכח גדולת ימינך תתיר צרורה).

Meme s'il a fait, a D.ieu ne plaise, un acte qui semble visiblement ne pas avoir de reparation pour laquelle prier, il peut, par la techouva (retour), qui est ardeur et volonte, guerir ce qui precede. Il n'est rien par quoi tu puisses guerir ce qui precede sinon la techouva, qui est ardeur et volonte, selon ce qui est dit dans le Talmud, Berakhot 7a : "Le service de la Torah est plus grand que son etude." C'est le sens de : "Rendez grace a ה', invoquez Son Nom".

Le nom indique la volonte - Son Nom (שמו) a pour valeur numerique volonte (רצון), ainsi qu'il est explique en plusieurs endroits dans Mei HaShiloach ; voir I, Bechalah, debut de "ה' ich" ; Tazria, debut de "Icha" [1] ; II, Proverbes 30, debut de "Ki vaar". Par cela, les paroles de Torah peuvent se repandre hors de la frontiere.

Cette idee est indiquee dans notre paracha : le Saint, beni soit-Il, crea le bien et son contraire, "Elokim fit l'un en face de l'autre" (זה לעומת זה עשה האלהים) ; meme dans la qualite la plus grande se trouve aussi une deficience. Ainsi, chez notre pere Abraham, dont la qualite etait la bonte, il y avait la perception explicite que le Saint, beni soit-Il, opere tout, et que rien n'est fait sans la volonte du Saint, beni soit-Il.

Cette qualite est tres precieuse, mais sa valeur ne subsiste que tant que la lumiere de la connaissance illumine cette qualite. Lorsque la connaissance est cachee de la qualite, dans le deploiement de cette qualite au travers de vetements qui cachent, son contraire, oppose a la volonte du Saint, beni soit-Il, en sort.

C'est ainsi que naquit de lui Ismael : sa racine provenait du deploiement de cette qualite. Il detruit son ame et s'appuie sur ה', en disant : puisque rien ne se fait sans la volonte du Saint, beni soit-Il, l'homme peut donc se repandre comme il le desire.

C'est une erreur complete. Il est explique plus haut, Vayetse, section 27, debut de "Ki me-Avraham" : d'Abraham et d'Its'hak se ramifia aussi le contraire, car la qualite de notre pere Abraham est de reconnaitre qu'aucun lieu n'est vide de la gloire du Ciel, comme il est ecrit : "Grand est ה' et tres loue" (Psaumes 145) : Il est loue en tous lieux et toute la terre est pleine de Sa gloire.

Cette connaissance est extremement precieuse, comme il est dit, Tamid 28a : "Rabbi dit : Quel est le droit chemin que l'homme doit choisir ? ... qu'il se tienne dans une foi excedentaire..." Mais de cette foi excedentaire peut se ramifier l'oubli du Saint, beni soit-Il, ainsi que d'Abraham notre pere, de benie memoire, se ramifia Ismael. Il naquit du deploiement de cette connaissance qu'aucun lieu n'est vide de la gloire du Ciel ; il se repand dans toutes les convoitises de ce monde et dit que l'homme n'a nul besoin de se restreindre, puisque toute la terre est pleine de Sa gloire.

Il est vrai qu'a la racine rien n'est fait sans la volonte du Saint, beni soit-Il ; cependant l'homme n'a pas cette assurance pour l'avenir. Il ne peut avoir confiance qu'au sujet de ce qui est passe, afin de ne pas desesperer de retourner vers le Saint, beni soit-Il.

Cette assurance ne doit etre pour l'homme que dans la pensee, non dans l'acte. Dans l'acte, l'homme usera de la qualite de crainte, et par elle il s'elevera toujours plus haut.

Ainsi le roi Salomon, de benie memoire, a dit : "Car il vaut mieux qu'on te dise : Monte ici, que d'etre abaisse..." (Proverbes 25,7). Cela signifie que l'homme doit savoir qu'il y a des degres dans ce monde.

C'est a cela que fait allusion l'unification inferieure (yihouda tata'a) qu'Israel unifie chaque jour sans cesse, en disant, dans la lecture du Chema : "Beni soit le Nom de la gloire de Son royaume pour l'eternite". Toute l'intention de la creation de ce monde etait que l'homme se restreigne de son propre cote, afin de "se faire bas pour que repose sur lui la majeste du Saint, beni soit-Il" (למאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דקב"ה ; Zohar, Emor 90a).

Car si l'homme disait qu'il n'a besoin d'aucune action de son cote pour se restreindre, et qu'il se fiait seulement a cette fermete que rien ne se fait que par la volonte du Saint, beni soit-Il, pourquoi le Saint, beni soit-Il, aurait-Il cree ce monde ? Tout etait deja alors inclus dans la volonte du Saint, beni soit-Il.

Mais le sens est qu'en verite tout est inclus dans la volonte du Saint, beni soit-Il ; toutefois ה' a desire, pour Sa justice, que les creatures aient aussi une part dans la creation par le labeur de leurs mains, qu'elles servent Elokim et concourent par leurs actes au dessein qu'avait le Saint, beni soit-Il, lorsqu'Il crea ce monde :

En bref

« Voici les générations de Yaakov : Yosef » (Berechit 37) : le Beit Yaakov dit que les nations idolâtres, voyant que le Saint, béni soit-Il, accomplit tout, refusent de se restreindre et n'ont ni être ni subsistance. La mesure de Yosef, Yesod (fondement), accompagne chaque acte d'Israël : se restreindre et ne s'étendre dans aucune mesure, ce qui produit tout influx de bien. Comme les semailles, où l'homme croit au Vivant des mondes et sème, ou la circoncision et la péa, Israël reconnaît que seul le Saint, béni soit-Il, donne la force ; Il leur dispense une vie sans interruption. En faisant place à Son honneur ici-bas, ils auront place lorsque Sa royauté se révélera.

Aussi : les deux ans et les deux jours où « cela était bon », vie d'abord puis subsistance ; le rêve de Pharaon, vaches puis épis ; le déluge, influx sans limite, puis crainte et alliance de la vie

וזהו החילוק שבין ישראל לעכו"ם, שהם אומרים שמאחר שבשורש השי"ת הוא פועל כל, א"כ למה לו לאדם לצמצם את עצמו מצדו ולפעול איזה פעולה. ובזה הם חולקים על שורש החיים שלהם ומצדם אין להם שום הויה וקיום.

כי אף אם לא נבראו כלל בעולם היה זה. אבל בישראל תא חזי מה כתיב בהו, אלה תולדות יעקב יוסף (וישב לז), שמדת יוסף הולכת עם כל פעולה ופעולה שנעשה בישראל, שמדתו יסוד צדיק לצמצם עצמו בכל פעולה שיעשה ואינו מתפשט בשום מדה בשלימות, וזה גורם כל השפעת טובה, והמשל בזה למלך שחפץ ליתן לאחד מנה ולא קיבל המקבל רק החצי, נמצא שהמלך לא גמר מחשבתו וצריך ליתן מחדש.

וזהו ג"כ הענין שאין צמיחה רק ע"י זריעה, והוא שהשי"ת נתן לאדם תבואה וברשותו לאכלה, והאדם מצמם את עצמו ונותנה בחזרה ומאמין בחי עולמים וזורע (מדרש תהילים יט) לכן מצמיח לו השי"ת תוספת מרובה מחדשיבכמבואר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה ויזרע [ב]: כי עיקר זריעה שאדם מכיר שהצמיחה בא מזריעתו, כי לעיני האדם נדמה שהגרעין הנזרע בארץ נרקב ונתקלקל לגמרי, אבל אחר הצמיחה מכיר האדם שכל כח הצמיחה הוא מהזריעה שזרע.

כי זה הוא ענין זריעה, שמבטל עצמו להשי"ת וכדאיתא בש"ס (שבת ל"א.) אמונת זה סדר זרעים והובא בתוספות שם בשם הירושלמי שמאמין בחי עולם וזורע, ומזאת האמונה בא לו כל כח הצמיחה ומזה שהצמיחה הוא דוקא מן הגרעין הנזרע, מזה ראיה שהצמיחה בא מזריעתו. ועיין עוד שם ד"ה ויזרע [ג], סוד ישרים חג הסוכות אות עא, לעיל פ' תולדות אות ג ד"ה וזה היה, אות ח, לט, מא..

וזהו ג"כ כענין מצות מילה, שהשי"ת ברא את האדם בחסר בטובת עין, שיוכל לדמות שבכחו ועוצם ידו עושה לו חיל, וישראל מצמצמין את עצמם ומכירין שרק השי"ת הוא הנותן כח לעשות חיל, לזה משפיע להם השי"ת חיים מחדש שלא יהיה לו שום הפסק לעולםיגעיין לעיל פרשת וירא אות סג: כי הכלי קיבול הוא במה שהאדם מכיר חסרונו ורואה כי אין לו שום ישועה מצד עצמו, אז הוא מוכן לקבל כל הטובות וההשפעות מאתו יתברך.

והדוגמא לזה הוא מצות פאה, שאדם מניח פאה בסוף שדהו, ובמה שהוא מניח פאה הוא מורה שלה' הארץ ומלואה, והוא אינו אומר כחי ועוצם ידי ואינו לוקח לעצמו הטובה שנתן לו השי"ת, אבל הוא מחזירה להגדיל הכבוד שמים, ולכן מזה מתחייב השפעתו יתברך להאדם ביתר שאת ועוז, והוא כמו זריעה שע"י מה שזרע הוא מאסף הרבה. וכן היא מצות מילה על האופן שאמרנו, כי זאת ידוע אשר האדם צריך לזכור תמיד בהשי"ת, אבל יען כי מטבע האדם הוא אשר הדבר שהוא חסר בו הוא זוכר בו ביותר, אבל בדבר שיש לו בו השלימות הוא רגיל להיות נשכח, ובמקום הזה יען כי הוא שלימות כל הגוף בהיותו המשפיע, ולכן השכחה שם גוברת, יען כי זה הוא כל האדם, אשר השי"ת בראו בטובת עין מאד שיוכל ליקח הכח לעצמו ולומר כחי ועוצם ידי, כי הבחירה נתנה לאדם.

אבל השי"ת באהבתו לישראל עמו, נתן להם עצה טובה שיצמצמו עצמן במקום הזה למול בשר ערלתו, ועי"ז התקין לו ממנו בנין עדי עד. וכיון שהאדם מצמצם עצמו, אז נקבע ביסוד נפשו קדושה ועבודה, אשר גם כח הגוף שהוא בבחינת נוקבא, מזדכך ומתדבק להשי"ת וכו'.

אכן אחר שמל עצמו נעשה גם הגוף מזוכך ונעשה כלי קיבול גמור לקבל אור השפעתו יתברך.. וכך איתא בכתבי האר"י ז"ל (ליקוטי תורה תהילים סימן קיח) על אנא שהיה הכהן גדול אומר ביום הכפורים וכן באנא ה' הושיעה נא, שאנ"א הוא ר"ת "אליהו "נדב "אביהוא.

והוא שאלו שלשה צדיקים התקרבו עצמן להקב"ה קודם זמנם, והם מיין נוקבין שעל ידם יושפע כל החיים לישראלידכמבואר בבית יעקב ויקרא פרשת אחרי אות יג ד"ה ומתק וזה לשונו בתוך הדברים: וזה הוא דאיתא בהאריז"ל א'נ'א' שהכהן גדול מזכיר ביום הכפורים בסדר העבודה אנא ה', ר"ת א'ליהו נ'דב א'ביהוא וגימטריא שם ב"ן.

הענין בזה, שכמו שנדב ואביהוא בשעתם היו עושים עבודתם באהבה עצומה ומופלגת, שבעולם הזה הציב השי"ת שאינו בוחר בזה. וכן אליהו בשעתו, היה ביראה מופלגת, אשר גם בזה לא בחר ה' כי חפץ חסד הוא וכו', אכן עכ"ז חובה עלינו להזכיר בעבודת היום כוחותיהם החזקים באהבה ויראה שלהם וכו'.

וגמטריא שם ב"ן היינו להוליד מיין נוקבין, כי בעומק אין לשער גודל היקרות שלהם, שנשאר מהם רשימה לדורות וכו'. עיין שם כל העניין.

ועיין תפארת יוסף פ' אחרי ד"ה וידבר.. וזהו שנאמר ביוסף (ויצא ל) יוסף ה' לי בן אחר.

והוא שזה השם שהוא ברזא דנוקבא הוי"ה במילוי ההי"ן בגמטריא בן, גורם כל השפעת טובה לישראל, והוא ברזא דיוסף הצדיק שהוא מחבר ומקשר כל העולמותטושם הוי"ה במילוי ההי"ן היינו: יוד הה וו הה, והוא עולה מנין ב"ן, כמבואר בהרבה מקומות בכתבי האריז"ל, וכדאיתא בשער הפסוקים פ' ויצא (על פסוק ותקרא את שמו יוסף):

ולכן יוסף בגימטריא ג"כ שם ב"ן. ואנ"א גם הוא שם ב"ן בגימטריא.

וכמבואר בשער הפסוקים פ' חיי (ד"ה ויאמר בא): והוא בגימטריא ב"ן שהיא הוי"ה דההי"ן וכו' אשר על ידו עולים המ"ן וכו'.

ועיין לעיל פ' חיי אות כו וזל"ק: שזה השם ב"ן שהוא הוי' במילוי ההי"ן מרכין ומוריד עצמו עד תפיסת אדם ומעורר אותם ברזא דמים נוקבין שיחפצו להתנשא ולהתכלל בהשי"ת..

ולזה כשנעלם יוסף הצדיק ושמו אותו בבור נעשה פירוד בעולם, וירד יהודה מאת אחיו. וגם חלום פרעה מרמז על פירוד, שהיה שובע בפני עצמו ורעב בפני עצמו.

והענין הוא, שהש"י ברא את עוה"ז ברב חסד בטובת עין, עד שנדמה לעין שרשות נתונה, והאדם בכחו כונס חיל, ולזה לעתיד שהקב"ה יראה אז ידו החזקה וכחו הגדול אזי יתבטל כל העוה"ז, כדכתיב (ישעיה ב) ונשגב ה' לבדו ביום ההוא. וע"ז מרמז חלום הפרות והשבלים, שהכחושות בלעו השמנות, היינו מי שיאמר כחי ועוצם ידי הן בחיים והן בפרנסה יתבטל לעתיד ולא ישאר בידו מאומהטזלקמן פרשה זו אות כב, כג, בית יעקב הכולל פרשת מקץ ד"ה והנה..

אכן מדת יוסף הצדיק, היא הנותנת עצה לישראל שיצמצמו את עצמם אף בזה העולם, להכיר שבאמת הכל ביד השי"ת. ולזה הוא המדה, שמאחר שהם נותנים מקום לכבוד השי"ת בעוה"ז, לכן לעתיד כשיתגלה כבוד ה' ומלכותו גם אז יהיה מקום לעמו ישראל, וע"ז נאמר (נחום א׳:ז׳) טוב ה' למעוז ביום צרה ויודע חוסי בו:

Voici la difference entre Israel et les nations idolatres : elles disent que, puisque, a la racine, le Saint, beni soit-Il, accomplit tout, pourquoi l'homme devrait-il, de son cote, se restreindre et accomplir quelque acte ? Par cela, elles contestent la racine de leur vie ; de leur cote, elles n'ont aucune etre ni subsistance.

Car meme si elles n'avaient pas du tout ete creees dans le monde, il en aurait ete ainsi. Mais pour Israel, viens et vois ce qui est ecrit a leur sujet : Voici les generations de Yaakov : Joseph (Genese 37).

La mesure de Joseph accompagne chaque acte accompli en Israel : sa mesure est Yesod (fondement) du juste, de se restreindre dans chaque acte qu'il accomplit et de ne s'etendre pleinement dans aucune mesure. Cela produit tout influx de bien.

Cela ressemble a un roi qui voulait donner une portion a quelqu'un, mais le beneficiaire n'en a recu que la moitie : le roi n'a donc pas acheve son intention et doit donner de nouveau. C'est aussi le sens de ce qu'il n'y a de pousse que par les semailles : le Saint, beni soit-Il, a donne a l'homme du ble et lui a permis de le manger ; mais l'homme se restreint, le rend, croit au Vivant des mondes et seme (Midrach Tehillim 19).

C'est pourquoi le Saint, beni soit-Il, lui fait pousser de nouveau un surcroit abondant, comme cela est explique dans Tiferet Yosef, Souccot, debut de Vayizra [2] : l'essentiel des semailles est que l'homme reconnaisse que la pousse vient de ses semailles. Aux yeux de l'homme, le grain seme en terre semble pourrir et se corrompre entierement ; mais apres la pousse, l'homme reconnait que toute la force de la pousse provient de la semaille qu'il a semee.

Car tel est le sens des semailles : il s'annule devant le Saint, beni soit-Il. Comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 31a) : La foi, c'est l'ordre des Semences ; et les Tossafot rapportent la-bas au nom du Yerouchalmi qu'il croit au Vivant des mondes et seme.

De cette foi lui vient toute la force de la pousse ; et de ce que la pousse vient precisement du grain seme, il y a preuve que la pousse vient de ses semailles. Voir encore la-bas, debut de Vayizra [3], Sod Yesharim, Souccot, par.

71, plus haut, paracha Toledot, par. 3, debut de Veze haya, par.

8, 39, 41. C'est aussi a l'image du commandement de la circoncision : le Saint, beni soit-Il, a cree l'homme deficient, dans Sa largesse, afin qu'il puisse s'imaginer que c'est par sa force et la puissance de sa main qu'il acquiert la richesse ; mais Israel se restreint et reconnait que seul le Saint, beni soit-Il, donne la force d'acquerir la richesse.

Aussi le Saint, beni soit-Il, leur dispense-t-Il de nouveau une vie qui n'aura jamais aucune interruption. Voir plus haut, paracha Vayera, par.

63 : le receptacle consiste en ce que l'homme reconnait son manque et voit qu'il n'a aucun salut de son propre cote ; alors il est pret a recevoir de Lui, beni soit-Il, tous les biens et tous les influx. L'exemple en est le commandement de peah : l'homme laisse un coin a la fin de son champ, et, en laissant un coin, il montre qu'a ה' appartiennent la terre et ce qu'elle contient.

Il ne dit pas : C'est ma force et la puissance de ma main, et ne prend pas pour lui le bien que le Saint, beni soit-Il, lui a donne ; il le rend plutot pour grandir l'honneur du Ciel. C'est pourquoi il en resulte que Son influx, beni soit-Il, est du a l'homme avec encore plus de puissance et de force.

Cela est comme les semailles : par ce qu'il a seme, il recueille beaucoup. Tel est egalement le commandement de la circoncision, selon ce que nous avons dit.

Il est en effet connu que l'homme doit toujours se souvenir du Saint, beni soit-Il ; mais, puisque la nature de l'homme est de se souvenir davantage de ce qui lui manque, tandis que, dans ce ou il possede la perfection, il est habituellement oublieux, en ce lieu, qui est la perfection de tout le corps puisqu'il est celui qui influence, l'oubli domine. Car c'est tout l'homme : le Saint, beni soit-Il, l'a cree avec une tres grande largesse, de sorte qu'il peut s'attribuer la force et dire : C'est ma force et la puissance de ma main, car le libre choix a ete donne a l'homme.

Mais, dans Son amour pour Israel Son peuple, le Saint, beni soit-Il, leur donna un bon conseil : se restreindre en ce lieu en circoncisant la chair de leur prepuce ; par cela Il lui a prepare de lui-meme un edifice eternel. Lorsque l'homme se restreint, saintete et service sont alors fixes dans le fondement de son ame ; ainsi meme la force du corps, qui est dans l'aspect de Noukva, se purifie et s'attache au Saint, beni soit-Il, etc.

Apres qu'il s'est circoncis, le corps aussi devient purifie et devient un receptacle complet pour recevoir la lumiere de Son influx, beni soit-Il. Ainsi est-il ecrit dans les ecrits de Rabbi Its'hak Louria, de memoire benie, (Likoutei Torah, Tehillim, psaume 118), au sujet de ana que le Grand Pretre disait le Jour des Expiations, ainsi que dans Ana ה', sauve donc : ana (אנא) est l'acronyme de Elie, Nadav et Avihou.

Ces trois justes se sont approches du Saint, beni soit-Il, avant leur temps ; ils sont les mayin noukvin (eaux feminines) par lesquels toute vie sera dispensee a Israel, comme cela est explique dans Beit Yaakov sur Levitique, paracha Aharei, par. 13, debut de Oumatek.

Voici ses paroles au sein de l'expose : c'est ce qui est rapporte au nom du Ari, de memoire benie : le Grand Pretre prononce au Jour des Expiations, dans l'ordre du service, Ana ה' ; c'est l'acronyme de Elie, Nadav, Avihou, et sa valeur numerique est le Nom Ban. Le sens est que, de meme que Nadav et Avihou accomplissaient alors leur service avec un amour tres immense et excessif, dans ce monde le Saint, beni soit-Il, a etabli qu'Il ne choisit pas cela ; de meme Elie, en son temps, etait dans une crainte excessive, et le Nom ne choisit pas non plus cela, car Il desire la bonte, etc.

Neanmoins, nous avons le devoir de rappeler, dans le service de ce jour, les forces puissantes de leur amour et de leur crainte, etc. Et la valeur numerique du Nom Ban signifie enfanter des mayin noukvin, car, en profondeur, on ne peut mesurer l'immense prix des leurs : il en est reste une empreinte pour les generations, etc.

Voir la-bas tout le sujet. Voir aussi Tiferet Yosef, paracha Aharei, debut de Vayedaber.

C'est ce qui est dit de Joseph : Que ה' m'ajoute un autre fils (Genese 30). Ce Nom, qui est dans le secret de Noukva, le Nom rempli de he, a pour valeur numerique ben (fils, 52) ; il produit tout influx de bien pour Israel et est dans le secret de Joseph le juste, qui joint et relie tous les mondes.

Le Nom rempli de he signifie : les lettres du Nom epelees avec he ; sa valeur est Ban, comme cela est explique en maints endroits des ecrits du Ari, de memoire benie. Il est aussi dit dans Shaar HaPessoukim, paracha Vayetse, sur le verset Elle appela son nom Joseph : c'est pourquoi Joseph a egalement pour valeur numerique le Nom Ban ; et ana a aussi pour valeur numerique le Nom Ban.

Comme cela est explique dans Shaar HaPessoukim, paracha Hayye, debut de Vayomer ba : il a pour valeur Ban, qui est le Nom rempli de he, etc., par lequel montent les mayin noukvin, etc. Voir plus haut, paracha Hayye, par.

26, dont voici la teneur : ce Nom Ban, qui est le Nom rempli de he, s'abaisse et descend jusqu'a la prise de l'homme, et les eveille, dans le secret des eaux feminines, a vouloir s'elever et s'inclure dans le Saint, beni soit-Il. C'est pourquoi, lorsque Joseph le juste disparut et qu'on le mit dans la fosse, une separation se produisit dans le monde, et Juda descendit d'aupres de ses freres.

Le reve de Pharaon aussi fait allusion a une separation : l'abondance etait en elle-meme, et la famine en elle-meme. Le sens est que le Saint, beni soit-Il, a cree ce monde-ci avec une bonte abondante et une grande largesse, au point que l'œil croit que permission est donnee et que l'homme, par sa force, amasse de la puissance.

Aussi, dans l'avenir, lorsque le Saint, beni soit-Il, manifestera alors Sa main forte et Sa grande puissance, tout ce monde-ci s'annulera, comme il est ecrit : ה' seul sera eleve en ce jour-la (Isaie 2). A cela fait allusion le reve des vaches et des epis : les maigres avalerent les grasses.

Celui qui dit : C'est ma force et la puissance de ma main, tant pour la vie que pour la subsistance, s'annulera dans l'avenir et il ne lui restera rien. Voir plus loin dans cette paracha, par.

22, 23, et Beit Yaakov hakolel, paracha Mikets, debut de Vehine. Mais la mesure de Joseph le juste donne ce conseil a Israel : se restreindre meme dans ce monde-ci et reconnaitre qu'en verite tout est entre les mains du Saint, beni soit-Il.

Ainsi, puisqu'ils font une place a l'honneur du Saint, beni soit-Il, dans ce monde-ci, lorsque la gloire du Nom et Sa royaute se reveleront dans l'avenir, il y aura aussi une place pour Son peuple Israel. A ce sujet il est dit : ה' est bon, un refuge au jour de la detresse ; Il connait ceux qui se refugient en Lui (Nahoum 1,7).

ויהי מקץ שנתים ימים וגו'. ברוך ה' יום יום וגו' (תהלים סח).

איתא ע"ז בזוה"ק (מקץ קצג:) יום יום אלו שנתים ימים כד"א ויהי מקץ שנתים ימים וגו'. והענין בזה הוא, ששני ימים הם שנכפל בהו כי טוב, יום שלישי ויום ששי.

ביום שלישי נבראו כל פרנסת האדם, וביום ששי נברא בו עיקר החיים והוא הצורת אדם, כי רוח הבהמה יורדת למטה ואין זה חייםיזכמבואר במאמרים הקודמים עיי"ש.. אכן באדם הוא עיקר החיים ובכחו לחבר כל הבריאה וכדכתיב (בראשית ב׳:ז׳) ויהי האדם לנפש חיה, ומתרגמינן לרוח ממללא, וכח הדבור הוא התחברות.

והנה בראשית הבריאה נבראו תחלה צרכי האדם ופרנסתו ואח"כ נברא החיים, מאז והלאה משפיע השי"ת תחלה חיים ואח"ז תתגדל החיים ותתחזק בשפע עד שיש לו אף די צרכו ופרנסתו. אבל הם רק התפשטות החיים, שהחיים מתרבה ומתגדל עד שיש לאדם כל ההשפעות אשר יצרכו לו, לזה גבורה ולזה עושר, וכן כל הטובות.

וכדאיתא בש"ס (תענית ח:) בימי ר' שמואל בר נחמני הוה כפנא ומותנא אמרו היכי נעביד נבעי רחמי אתרתי לא אפשר אלא לבעי רחמי אמותנא וכפנא נסבול, אמר להו ר' שמואל בר נחמני אדרבה נבעי רחמי אכפנא דכי יהיב רחמנא שובע לחיי הוא דיהיב, דכתיב (תהילים קמ״ה:ט״ז) פותח את ידך ומשביע לכל חי רצון. היינו שאם ישפיע השי"ת פרנסה לעולם אזי נדע שבטח השפיע השי"ת חיים עוד קודם זה, כי חיים קודמת לפרנסה.

וע"ז מרמז חלום פרעה, שחלם לו מתחלה מפרות שמרמז על חיים, ואח"כ משבלים שמרמז על פרנסה. שהראה אלהים לפרעה בזה כל סדר ההנהגה מעוה"ז, כדכתיב (מקץ מא) אשר האלהים עושה הראה את פרעה.

כי השי"ת הציב בעוה"ז שנראה שהרשות נתונה בכח האדם לעשות כל אשר יחפוץ, ואף אם הוא ההיפך מרצון השי"ת, שאינו נותן מקום לשכן שכינה בארץ בהתגלות. וכמו דכתיב בדור המבול שאמרו (איוב כ״א:ט״ו) מה שדי כי נעבדנו וגו', והשי"ת שילם להם כפעלם מדה במדה, שכמו שהתפשטו בלי חוק, כן התפשט השי"ת את אורו, ופתח להם השפעתו בבת אחת בגודל שפע עד שלא יכלו לקבל ושטף אותם מי המבול.

וכדאיתא במדרש רבה (נח לא) את המבול מים, מים היו וכיון שהיו יורדין היו נעשים מבול. היינו שהמים היו כמו כל גשמי ברכה, אכן מפני שהיו בלי גבול שירדו בהתרבות כ"כ עד שנשטפו ולא היה להם מקום קיום בעוה"זיחעיין לעיל פרשת נח אות א ד"ה והאכלתיך, אות ד ד"ה אמנם דור המבול, אות לה, ועיין בספר הזמנים הגדה של פסח לשבת הגדול ד"ה זה וזה לשונו בתוך הדברים:

דהנה ימי המעשה מורה, שנתן השי"ת כח פעולה לאדם, ונסתר אז האור קדושתו של השי"ת, והאדם יכול להתפשט עצמו בפעולותיו ובחמדתו עד אין גבול. וכן עשו דור המבול ודור הפלגה ולא הבינו אחריתם.

והיינו שלא הסתכלו שיבא הזמן של קדושת שבת, שאז יראה השי"ת ויתפשט אור קדושתו ויגביה מידותיו ולא יהיה מקום לפעולת אדם. וכיון שהם התפשטו מאד בהשפעתם בלי קבלת עול מלכות שמים, לכן כשהגביה השי"ת מידותיו למעלה מתפיסת אדם, לא השאיר להם מקום ונתבטלו מפניו..

ואח"ז נקבע בלב הברואים יראה וצמצום שלא יתפשטו עוד בלי חוק, רק שיצמצמו את עצמם ליתן מקום לשכן שכינה בארץ, ולעומת זה יתן להם השי"ת מקום אף כשיגביה מדותיו למעלה. ולזה נשבע הקב"ה שלא יביא עוד מבול לשחת כל בשר, לפי שהם מצדם צמצמו את עצמם ונקבע יראה בלבם ונשבעו שלא יתפשטו בשטף הזדון בלי חוק, כן נשבע הקב"ה שלא יתפשט את אורו כ"כ עד שימח כל חי מן העולם.

וכריתת ברית שהיה אחר דור המבול היה רק בחייםיטכמבואר לעיל פרשת נח אות ב ד"ה והנה: בחורבן המבול שהיו נח ובניו שנשארו וראו את החורבן הנורא שהיה בכליון עצום.

מזה נשאר בלבבם יראה קבועה לבל יפסיד כל צעקת הנדחים והאבודים, כי מצד שכבר קדמו לו כל כך סבלנות וצעקה מהבריאה עצמה, יש מקום שיוכל להפסיד להבריאה. כי מצד הבריאה נראה שהפסידה הכל במה שנחרבה.

ומזה נתנטע ונקבע יראה בלבות הנשארים לקיים דיבורם, היינו שיביטו לתכלית שנבראו עליו כדי לקיים כח הווייתו, כיון שראו מה שכבר נכשלו ונתקלקל וכו'. וזה נתחדש אחר המבול שע"י הגערה נתחזקו יסודי הבריאה בכח יראה ופחד שלא תתפשט עוד כמלפנים.

ועי"ז קנתה חלק וקנין בקיומה להיות לה קנין גמור.:

Et il arriva au bout de deux ans, etc. Beni soit ה' chaque jour, etc.

(Psaumes 68). Il est dit a ce sujet dans le Zohar (Mikets 193b) : Jour apres jour, ce sont les deux ans, comme il est dit : Et il arriva au bout de deux ans, etc.

Le sens est que les deux jours dans lesquels il est dit deux fois que cela etait bon sont le troisieme et le sixieme jours. Le troisieme jour furent creees toutes les subsistances de l'homme ; et le sixieme jour fut cree l'essentiel de la vie, qui est la forme humaine, car l'esprit de la bete descend en bas et ce n'est pas la vie, comme cela est explique dans les exposes precedents.

Mais dans l'homme se trouve l'essentiel de la vie, et il a le pouvoir de joindre toute la creation, comme il est ecrit : L'homme devint une ame vivante (Genese 2,7), et nous traduisons : un esprit parlant ; la force de la parole est jonction. Au commencement de la creation, les besoins de l'homme et sa subsistance furent crees d'abord, puis la vie fut creee.

Depuis lors, le Saint, beni soit-Il, dispense d'abord la vie, puis cette vie grandit et se fortifie dans l'influx jusqu'a ce que l'homme ait meme le suffisant pour ses besoins et sa subsistance. Ce ne sont toutefois que des extensions de la vie : la vie se multiplie et grandit jusqu'a ce que l'homme possede tous les influx dont il a besoin, a l'un la force, a l'autre la richesse, ainsi que tous les biens.

Ainsi est-il dit dans le Talmud (Taanit 8b) : Aux jours de Rabbi Samuel bar Nahmani, il y eut famine et peste. Ils dirent : Que ferons-nous ?

Prier pour les deux n'est pas possible ; prions donc pour la peste et supportons la famine. Rabbi Samuel bar Nahmani leur dit : Au contraire, prions pour la famine, car lorsque le Misericordieux donne la satiete, c'est aux vivants qu'Il la donne, comme il est ecrit : Tu ouvres Ta main et rassasies de gre tout vivant (Psaumes 145,16).

Cela signifie que si le Saint, beni soit-Il, dispense la subsistance au monde, nous savons assurment qu'Il a certainement dispense la vie auparavant, car la vie precede la subsistance. A cela fait allusion le reve de Pharaon : il reva d'abord des vaches, qui font allusion a la vie, puis des epis, qui font allusion a la subsistance.

Par cela, Elokim montra a Pharaon tout l'ordre de la conduite de ce monde-ci, comme il est ecrit : Ce qu'Elokim fait, Il l'a montre a Pharaon (Genese 41). Car le Saint, beni soit-Il, a etabli dans ce monde-ci qu'il semble que la permission soit donnee, par la force de l'homme, de faire tout ce qu'il desire, meme si c'est l'inverse de la volonte du Saint, beni soit-Il, et qu'il ne laisse pas de place a la Chekhina pour demeurer sur terre de maniere revelee.

Ainsi qu'il est ecrit de la generation du deluge, qui disait : Qu'est le Tout-Puissant pour que nous Le servions, etc. (Job 21,15).

Le Saint, beni soit-Il, les retribua selon leurs actes, mesure pour mesure : de meme qu'ils s'etaient etendus sans limite, de meme le Saint, beni soit-Il, etendit Sa lumiere et leur ouvrit Son influx d'un seul coup, dans une abondance si grande qu'ils ne purent la recevoir ; les eaux du deluge les submergerent. Comme il est dit dans le Midrach Rabba (Noah 31) : Le deluge, des eaux ; elles etaient des eaux, et, lorsqu'elles descendaient, elles devenaient un deluge.

Cela signifie que les eaux etaient semblables a toutes les pluies de benediction ; mais parce qu'elles etaient sans limite et descendaient dans une si grande proliferation qu'ils furent submerges, ils n'eurent plus de place de subsistance dans ce monde-ci. Voir plus haut, paracha Noah, par.

1, debut de Vehaakhaltekha, par. 4, debut de Omnam dor hamaboul, par.

35 ; voir aussi Sefer Hazemanim, Haggada de Pessa'h pour le Chabbat Hagadol, debut de Ze veze. Voici ses paroles au sein de l'expose : les jours ouvrables indiquent que le Saint, beni soit-Il, a donne a l'homme une force d'action ; alors la lumiere de Sa saintete est cachee, et l'homme peut s'etendre sans limite dans ses actes et dans son desir.

Ainsi firent la generation du deluge et la generation de la dispersion, sans comprendre leur fin. Ils ne regardaient pas qu'arriverait le temps de la saintete du Chabbat, ou le Saint, beni soit-Il, se montrera, ou la lumiere de Sa saintete s'etendra et ou Il eleverait Ses mesures ; il n'y aurait alors plus de place pour l'action de l'homme.

Puisqu'ils s'etaient tres largement etendus dans leur influx sans accepter le joug de la royaute du Ciel, lorsque le Saint, beni soit-Il, eleva Ses mesures au-dessus de la prise de l'homme, Il ne leur laissa pas de place, et ils furent annules devant Lui. Ensuite, crainte et restriction furent fixees dans le cœur des creatures, afin qu'elles ne s'etendent plus sans limite, mais se restreignent pour faire une place a la Chekhina sur terre.

En contrepartie, le Saint, beni soit-Il, leur donnera une place, meme lorsqu'Il elevera Ses mesures en haut. C'est pourquoi le Saint, beni soit-Il, jura de ne plus faire venir de deluge pour detruire toute chair : parce qu'eux-memes se restreignirent, que la crainte fut fixee dans leur cœur et qu'ils jurerent de ne plus s'etendre dans le flot de l'audace sans limite, de meme le Saint, beni soit-Il, jura de ne pas etendre Sa lumiere a ce point qu'Il effacerait tout vivant du monde.

L'alliance conclue apres la generation du deluge ne concernait que la vie, comme cela est explique plus haut, paracha Noah, par. 2, debut de Vehine : lors de la destruction du deluge, Noah et ses fils, qui etaient restes, virent l'effroyable destruction, un aneantissement immense.

Il en resta dans leur cœur une crainte fixe, afin qu'aucun cri des repousses et des perdus ne soit perdu ; car, du fait que tant de patience et de cri avaient deja precede de la creation elle-meme, il y avait place pour que la creation puisse etre perdue. Du cote de la creation, il semblait qu'elle avait tout perdu en etant detruite.

De cela, crainte fut plantee et fixee dans les cœurs des survivants, pour accomplir leur parole : regarder vers le but pour lequel ils avaient ete crees afin de maintenir la force de leur existence, puisqu'ils avaient vu comment ils avaient deja echoue et se sont corrompus, etc. Cela fut renouvele apres le deluge : par la reprimande, les fondements de la creation se fortifierent par la force de la crainte et de la peur, afin qu'elle ne s'etende plus comme auparavant.

Par cela, elle acquit une part et une possession dans son maintien, pour en avoir une possession complete.

En bref

Ce passage poursuit le conseil de Yosef le Juste : se restreindre dès la satiation de ce monde-ci pour le monde à venir. « Et il arriva, au terme de deux années complètes » : le Zohar les identifie à « Béni soit le Nom, jour après jour » (Tehilim 68,20). Selon le Beit Yaakov, d'après le Mei HaChiloa'h, ce sont le troisième et le sixième jour, où « car c'était bon » se répète : le premier bien grandit, sans bien entièrement nouveau. « Que la lumière soit » restreint les ténèbres et lie les créatures ; au troisième jour cette parole se revêt jusqu'à donner la subsistance ; au sixième elle crée la forme de l'homme, qui domine le corps et fait régner D.ieu.

Aussi : la parole épaissie dans le nuage, pour qu'Israël entende et que le choix sorte dans l'acte ; le rêve de Pharaon, part de Yosef ; les Égyptiens circoncis, sans quoi ils n'avaient aucune vie

ואחר זה עמדו דור הפלגה והתפשטו בענין פרנסה בגודל התפשטות, ולעומת זה צמצם להם השי"ת פרנסתם בזה שעשה ביניהם פירוד ומחלוקת וממילא נתמעטה פרנסתם. כדאיתא בש"ס (ב"מ נט.) א"ר יהודה לעולם יהא אדם זהיר וכו' שאין מריבה מצויה בתוך ביתו של אדם אלא על עסקי תבואה שנאמר (תהילים קמ״ז:י״ד) השם גבולך שלום חלב חטים ישביעך.

א"ר פפא היינו דאמרי אנשי כמשלם שערי מכדא נקיש ואתי תיגרא בביתא. ולזה דור המבול שהתפשטותם היה בחיים ולא נתנו מקום כלל להשי"ת בעוה"ז, נשטפו ונמחו מן העולם ולא נשאר מהם שארית בארץ.

ודור הפלגה שהיה בהם איזה צמצום בחיים רק שהתפשטו מאד בפרנסה, לזה נשארו בחיים, רק פרנסתן נתמעטהכעיין בבית יעקב הכולל פרשת מקץ ד"ה והנה מן היאור.. ואחר אלו השני דורות נולד אאע"ה שהיה מלומד ביראה, ונקבע בלבו בקביעות, והיה מושבע ועומד בעומק לבו שלא יפנה בדרכיהם להתפשט את עצמו הן בחיים והן בפרנסה, והניח מקום להשי"ת דמאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דקב"ה (זוה"ק אמור צ:), בכדי שגם השי"ת יצמצם כבודו ויתן לו מקום קיום והויה בעולםכאמבואר לעיל פרשת לך אות א ד"ה וזה הוא דאיתא, פ' וירא אות ג..

וזה הוא ברזא דיוסף הצדיק, שעצתו הוא להכין מימי השובע לימי הרעב, שזה הוא הדרך ארץ שכרת השי"ת עם הברואים בעוה"ז. והעיקר בזה הוא, שיכין כל אדם לעצמו מעוה"ז שנמשל לימי השובע, על עוה"ב שנמשל לימי הרעבכבמבואר לעיל פרשת נח אות לח:

וכמו שעשה יוסף הצדיק כדכתיב (בראשית כא) וחמש את ארץ מצרים וגו' שלא יתפשטו בהטובה בשנות השובע, פן לא ישאר להם חיים כשתפסק הטובה והשובע. והראה להם שיש לדאוג בעת השובע על עת הרעב הבא אחריו וכו'.

כי מי שמתפשט עצמו בעת הטובה, נגד זה בעת שהשי"ת מסתיר פניו לא נשאר לו הוי' וכו'. ונאמר ביוסף הצדיק, וחמש את ארץ מצרים, שבזה למד דעת התכללות הזמנים ע"י עבודה, על דרך שאמרו חכמינו ז"ל מי שטרח בע"ש יאכל בשבת, כי עוה"ז נקרא ערב שבת והוא נגד שני השובע, שניתן רשות להאדם שידמה לו שהוא הבעה"ב ויוכל להתפשט בכל תאות לבו.

אך לעומת זה לא יתן לו השי"ת מקום השארה בעוה"ב שהוא נגד שבת ושני הרעב, והעצה היעוצה הוא רק שיצמצם האדם את עצמו בשנות השבע שבעוה"ז, שעי"ז קונה השארה לעולמי עד. עיין עוד שם אות יג.

לקמן פרשה זו אות כ, כב.. אכן אחר שיוסף הצדיק נחית לגלות, נסתר ונעלם כריתת הברית שכרת השי"ת עם הברואים בדרך ארץ בעוה"ז, שיצמצם האדם את עצמו בעוה"ז ולא יתפשט, לזה כאשר החלו הברואים להתפשט, לעומת זה התחיל העולם להיות כלה והולך.

והראה השי"ת זאת לפרעה בפרות ושבלים, שמרמזים על חיים ופרנסה, ולא היה בכח שום חכם ומכשף להבין רמז דבר מה הוא, ולא יכלו לפתרו לפרעה, מפני שהפתרון הוא ברזא דיוסף הצדיק, שחלקו הוא לצמצם עצמו שלא להתפשט, וכל זמן שהיה בגלות היו כולם חבושים וכפופים בזה, ואין חבוש מתיר עצמו מבית האסורים. ולזה כשהגיד יוסף הצדיק פתרון החלום אמר פרעה (מקץ מא) אין נבון וחכם כמוך.

ולכאורה יפלא מי לא יבין זאת, שאם יהיה לאדם הרבה וידע שלמחר יבוא למקום מדבר שלא יהיה שם מה לאכול, יטמין על יום מחר. אכן פרעה הבין שזה הפתרון שייך לחלקו של יוסף הצדיק, ואין בכח שום אדם לקיים זה הפתרון כמו יוסף הצדיק, והא ראיה שאף מה שהכינו המצריים לעצמם מימי השובע לימי הרעב הרקיב ונתעפש, והוא לפי שלא היו נמולים, שמילה מרמז על צמצום בשורש החיים.

וזה הוא שכאשר באו המצרים אל יוסף שיתן להם די מחיתם אמר להם יוסף אלהי אינו זן את הערלים כדאיתא במדרש תנחומא (מקץ). ואחר שמלו את עצמם אמרו ליוסף החייתנו, שהבינו שבלא זה לא היה להם שום חיים כלל, אמנם אחר שנמולו היה יוסף המשביר לכל עם הארץכגלקמן פרשה זו אות ח ד"ה וזהו, אות לא, לב, לג.:

Apres cela se leva la generation de la Dispersion, et ils se repandirent tres largement dans la question de la subsistance. En regard de cela, le Nom, beni soit-Il, restreignit leur subsistance, en etablissant entre eux separation et querelle, et leur subsistance en fut necessairement diminuee.

Comme il est rapporte dans le Talmud (Baba Metsia 59a) : Rabbi Yehouda dit : Que l'homme soit toujours vigilant, etc., car la querelle ne se trouve dans la maison de l'homme qu'a cause de l'affaire du ble, ainsi qu'il est dit : "Il etablit la paix a tes frontieres, Il te rassasie de la graisse du ble" (Psaumes 147,14). Rav Papa dit : C'est ce que disent les gens : lorsque le prix de la mesure s'acheve, le tumulte de la querelle frappe et entre dans la maison.

C'est pourquoi la generation du Deluge, dont l'expansion etait dans la vie et qui ne laissait aucune place au Nom, beni soit-Il, dans ce monde-ci, fut submergee et effacee du monde, et il ne resta d'elle aucun survivant sur la terre. Quant a la generation de la Dispersion, chez laquelle il y avait quelque restriction dans la vie, mais qui s'etait tres largement repandue dans la subsistance, elle demeura en vie, mais sa subsistance fut diminuee, comme il est explique dans Beit Yaakov, recueil, paracha Miketz, s.v.

"Et voici, du fleuve...". Apres ces deux generations naquit Abraham notre pere, paix sur lui, qui avait ete exerce dans la crainte, et cela fut fixe avec permanence dans son cœur.

Au fond de son cœur, il etait engage et tenu par serment a ne pas se tourner vers leurs voies, a ne pas s'etendre, ni dans la vie ni dans la subsistance; il laissa une place au Nom, beni soit-Il : "il s'abaisse afin que repose sur lui la grandeur du Saint, beni soit-Il" (Zohar, Emor 90a), afin que le Nom, beni soit-Il, aussi restreigne Sa gloire et lui donne une place de subsistance et d'existence dans le monde, comme explique plus haut, paracha Lekh Lekha, paragraphe 1, s.v. "Et voici ce qui est rapporte", et paracha Vayera, paragraphe 3.

Tel est le secret de Joseph le Juste : son conseil est de preparer, des annees de satiation, pour les annees de famine. C'est la voie du monde que le Nom, beni soit-Il, a conclue avec les creatures dans ce monde-ci.

L'essentiel est que chacun se prepare, de ce monde-ci qui est compare aux jours de satiation, pour le monde a venir qui est compare aux jours de famine, comme explique plus haut, paracha Noah, paragraphe 38. C'est ainsi que fit Joseph le Juste, comme il est ecrit : "Qu'il preleve le cinquieme du pays d'Egypte" (Genese 41,34), afin qu'ils ne s'etendent pas dans le bien durant les annees de satiation, de peur qu'il ne leur reste plus de vie lorsque le bien et la satiation cesseraient.

Il leur montra qu'il faut se soucier, au temps de la satiation, du temps de famine qui vient apres, etc. Car celui qui s'etend au temps du bien, en regard de cela, lorsque le Nom, beni soit-Il, cache Sa face, ne conserve plus d'existence, etc.

Il est dit de Joseph le Juste : "Qu'il preleve le cinquieme du pays d'Egypte"; par cela, il enseigna la connaissance de l'inclusion des temps par le service, selon ce que nos Sages, de memoire benie, ont dit : "Qui s'est donne de la peine la veille du Chabbat mangera le Chabbat." Car ce monde-ci est appele la veille du Chabbat et correspond aux annees de satiation, ou il est donne permission a l'homme de s'imaginer qu'il est le maitre de maison et qu'il peut s'etendre selon tout le desir de son cœur. Mais, en regard de cela, le Nom, beni soit-Il, ne lui donnera pas de place de permanence dans le monde a venir, qui correspond au Chabbat et aux annees de famine.

Le conseil donne est seulement que l'homme se restreigne durant les sept annees de satiation de ce monde-ci; par cela, il acquiert une permanence pour les mondes eternels. Voir encore la-bas, paragraphe 13, et plus bas dans cette paracha, paragraphes 20 et 22.

Cependant, apres que Joseph le Juste fut descendu en exil, l'alliance que le Nom, beni soit-Il, avait conclue avec les creatures, dans la voie du monde de ce monde-ci - que l'homme se restreigne dans ce monde-ci et ne s'etende pas - fut cachee et dissimulee. Aussi, lorsque les creatures commencerent a s'etendre, le monde commenca, en regard de cela, a se consumer et a disparaitre.

Le Nom, beni soit-Il, montra cela a Pharaon par les vaches et les epis, qui font allusion a la vie et a la subsistance. Aucun sage ni magicien n'avait la force de comprendre de quoi etait le signe, et ils ne pouvaient resoudre le reve pour Pharaon, car la solution est dans le secret de Joseph le Juste, dont la part est de se restreindre pour ne pas s'etendre.

Aussi longtemps qu'il etait en exil, tous etaient emprisonnes et lies en cela, et un prisonnier ne se delivre pas lui-meme de la prison. C'est pourquoi, lorsque Joseph le Juste fit connaitre la solution du reve, Pharaon dit : "Il n'y a pas d'homme intelligent et sage comme toi" (Genese 41,39).

A premiere vue, cela etonne : qui ne comprendrait pas ceci? Si un homme a beaucoup et sait que demain il arrivera dans un lieu desert ou il n'y aura rien a manger, il mettra de cote pour le lendemain.

Mais Pharaon comprit que cette solution appartenait a la part de Joseph le Juste, et qu'aucun homme n'avait la force d'accomplir cette solution comme Joseph le Juste. La preuve en est que meme ce que les Egyptiens avaient prepare pour eux-memes des annees de satiation pour les annees de famine pourrit et moisit.

Cela venait de ce qu'ils n'etaient pas circoncis, car la circoncision fait allusion a la restriction a la racine de la vie. C'est pourquoi, lorsque les Egyptiens vinrent a Joseph pour qu'il leur donne leur suffisance de nourriture, Joseph leur dit : "Mon D.ieu ne nourrit pas les incirconcis", comme il est rapporte dans le Midrach Tan'houma (Miketz).

Et apres s'etre circoncis, ils dirent a Joseph : "Tu nous as fait vivre" (Genese 47,25), car ils comprirent que sans cela ils n'auraient eu aucune vie. Mais, apres qu'ils eurent ete circoncis, Joseph fut celui qui distribuait le grain a tout le peuple du pays, comme il sera explique plus bas dans cette paracha, paragraphe 8, s.v.

"Et ceci est", et paragraphes 31, 32 et 33.

ויהי מקץ שנתים ימים וגו'. ברוך ה' יום יום וגו' (תהלים סח).

איתא בזוה"ק (מקץ קצג:) יום יום אלו שנתים ימים כמד"א ויהי מקץ שנתים ימים וכו'. הענין בזה, דהנה שני ימים הם שנכפל בהם כי טוב יום שלישי ויום ששי (כדאיתא במי השלוח ח"א מקץ ד"ה ויהי [ב]), ואין הפירוש בזה שנתחדשה טובה חדשה לגמרי באלו הימים, רק הפירוש הוא שהכי טוב הראשון נתגדל ונתמלא ונתחזק ביותר, וכענין דכתיב (יתרו יט) הנה אנכי בא אליך בעב הענן, ואף שלא נתחדש לו בזה שום מאמר מהשי"ת, אכן הפירוש בזה הוא שהדיבור הראשון ירבה עד שיהיה בו ממשכדהענין בזה, כמו שמצינו בצורת אדם, שנמצא בו לפעמים איזה מחשבה טובה או להיפך ח"ו, ולא יוגמר לצאת לפועל, מחמת שנמצא בו דבר זה בנסתרות ובפנימיות לבו בדקות גדול, לכן לא יוגמר הדבר לפועל אל המעשה, רק בא אל המחשבה וכו'.

וענין זה נאמר כאן בד"ת, הנה אנכי בא אליך בעב הענן בעבור ישמע העם בדברי עמך וגם בך יאמינו לעולם, אשר נתן להם הד"ת עדי עד. היינו כי משה רבנו ע"ה היה התוך והפנימיות מכל ישראל, ואליו היה השי"ת מדבר רק בפנימיות, אך מצד העם היה צריך להעבות ולהתלבש השגחתו, בעבור שישמעו ויבינו ג"כ הדברי תורה, וכל מה שיתפשט ויתגשם יותר השגחתו ללב האדם, מזה יצא יותר לפועל הבחירה להאדם על מעשהו.

מבואר בבית יעקב שמות פרשת יתרו אות עו ד"ה הנה.. והענין הוא, שהכי טוב הראשון, היינו מה שהשי"ת צמצם החשך וברא אור, שהמאמר הראשון היה יהי אור והוא עיקר בריאת עולם, כי קודם זה המאמר היה רק חשך, שכל הברואים היו רחוקים מהשי"ת וגם זה מזה, ואח"ז צמצם השי"ת את החשך, ויאמר אלהים יהיה אור ויהי אור, שנתכללו כולם יחד והיה להם חיבור עם השי"ת.

ובשלישי נכפל כי טוב, זה מרמז שהכי טוב הראשון נתגדל ונתחזק עד שנכנס להתלבש גם בלבוש עב שיורגש גם בעוה"ז ויתחזק החיבור עוד יותר, וברא בו כל הפרנסות וצרכי הברואים, כמו אדם שאוהב לחבירו, שמתחלה הוא אוהבו ואח"כ נותן לו גם מתנה, והמתנה אינה ענין אחר, רק שהאהבה נתחזקה עוד יותר עד שנתן לו מתנה ג"כ. וכן מרמז הכפלת כי טוב ביום השלישי, שהשי"ת נתן בו מתנה להברואים די מחית נפשם ופרנסתם.

וביום השישי נתחזק עוד יותר המאמר יהי אור עד שנברא בו צורת אדם ונעשה חיבור ודביקות גמור בין הברואים והשי"ת, כי כל הברואים מתכללים זה בזה עד שמתכללים בצורת אדם, והאדם מתיצב בזה הכח לנכח השי"ת וממליכו על כל הכחות מפני שמכיר לדעת כי אני ה' מקדשכם, שזה הוא כל עיקר הצורת אדם שלא יהיה כפוף תחת שום דבר רק שימשול על כל תאות הגוף, ואז יוכל לעמוד לפני השי"ת שהוא מנושא על כל טובהכהנתבאר לעיל פרשת בראשית אות מו.:

"Et il arriva, au terme de deux annees completes, etc." "Beni soit le Nom, jour apres jour, etc." (Psaumes 68,20). Il est rapporte dans le saint Zohar (Miketz 193b) : "Jour apres jour", ce sont les "deux annees completes", ainsi qu'il est dit : "Et il arriva, au terme de deux annees completes, etc." Le sens est le suivant.

Les deux jours ou "car c'etait bon" (כי טוב) fut repete sont le troisieme jour et le sixieme jour, comme il est rapporte dans Mei HaShiloah, premiere partie, Miketz, s.v. "Et il arriva" [2].

Cela ne signifie pas qu'un bien entierement nouveau fut renouvele ces jours-la, mais que le premier "car c'etait bon" grandit, se remplit et se renforca davantage. Il en est ainsi de ce qui est ecrit : "Voici, Je viens vers toi dans l'epaisseur du nuage" (Exode 19,9).

Bien qu'aucune parole nouvelle du Nom, beni soit-Il, ne lui fut renouvelee par cela, le sens est que la premiere parole s'accroit jusqu'a avoir une realite. Le sens en est, comme nous le trouvons dans la forme de l'homme : il s'y trouve parfois une bonne pensee, ou l'inverse, a Dieu ne plaise, mais elle ne parvient pas a sortir dans l'acte, parce que cette chose se trouve dans les choses cachees et dans l'interieur de son cœur, avec une tres grande subtilite.

La chose ne parvient donc pas a l'acte de l'action, mais vient seulement a la pensee, etc. Et cette idee est dite ici dans les paroles de la Torah : "Voici, Je viens vers toi dans l'epaisseur du nuage, afin que le peuple entende lorsque Je parlerai avec toi, et qu'ils aient aussi confiance en toi a jamais" (Exode 19,9), car Il leur donna les paroles de la Torah pour toujours.

C'est-a-dire que Moché notre maitre, paix sur lui, etait le dedans et l'interieur de tout Israel, et le Nom, beni soit-Il, ne lui parlait que dans l'interiorite. Mais, du cote du peuple, Il devait epaissir et revetir Sa providence, afin qu'eux aussi entendent et comprennent les paroles de la Torah.

Plus Sa providence s'etend et se materialise vers le cœur de l'homme, plus sort dans l'acte le libre choix de l'homme concernant son acte, comme explique dans Beit Yaakov, Exode, paracha Yitro, paragraphe 76, s.v. "Voici".

Le sens est que le premier "car c'etait bon", c'est que le Nom, beni soit-Il, restreignit les tenebres et crea la lumiere. La premiere parole fut "Que la lumiere soit", et elle est l'essentiel de la creation du monde, car avant cette parole il n'y avait que les tenebres : toutes les creatures etaient eloignees du Nom, beni soit-Il, et aussi les unes des autres.

Apres cela, le Nom, beni soit-Il, restreignit les tenebres : "Et Dieu dit : Que la lumiere soit; et la lumiere fut" (Genese 1,3); toutes furent incluses ensemble et eurent une liaison avec le Nom, beni soit-Il. Au troisieme jour, "car c'etait bon" fut repete.

Cela fait allusion a ce que le premier "car c'etait bon" grandit et se renforca jusqu'a entrer se revetir meme d'un vetement epais, de sorte qu'il soit ressenti aussi dans ce monde-ci et que la liaison soit davantage renforcee. Il y crea toutes les subsistances et les besoins des creatures.

Il en est comme d'un homme qui aime son ami : il l'aime d'abord, puis lui donne aussi un present. Le present n'est pas une autre chose, mais l'amour s'est encore renforce jusqu'a ce qu'il lui donne aussi un present.

Ainsi la repetition de "car c'etait bon" au troisieme jour fait allusion a ce que le Nom, beni soit-Il, y donna aux creatures le present de la suffisance pour leur vie et leur subsistance. Au sixieme jour, la parole "Que la lumiere soit" se renforca encore, jusqu'a ce que la forme de l'homme y fut creee, et qu'une liaison et une adhesion complete se fissent entre les creatures et le Nom, beni soit-Il.

Car toutes les creatures sont incluses les unes dans les autres jusqu'a etre incluses dans la forme de l'homme; et l'homme se tient, par cette force, devant le Nom, beni soit-Il, et Le fait regner sur toutes les forces, parce qu'il reconnait et sait : "Car Je suis ה', Celui qui vous sanctifie" (Exode 31,13). Tel est tout l'essentiel de la forme de l'homme : qu'il ne soit soumis a aucune chose, mais domine tous les desirs du corps; alors il peut se tenir devant le Nom, beni soit-Il, qui est eleve au-dessus de tout bien, comme explique plus haut, paracha Bereshit, paragraphe 46.

En bref

Ce passage poursuit : cela s'appelle honneur, l'homme abandonne les biens de ce monde-ci pour reconnaître qu'il n'y a rien hors de D.ieu, sans se soumettre à son manque. « Et il arriva, au bout de deux années » (Berechit 41,1) : après le redoublement de « car c'était bon », Yossef sort de prison ; la paracha enseigne la conduite de D.ieu avec l'homme. Yaakov craint en Yehouda un défaut inconscient, puis il s'éclaircit qu'il n'y eut aucun manque, ainsi d'Israël tant qu'ils sont en ce monde-ci. Le Beit Yaakov rapporte le Midrach : la Torah commence par « Au commencement » pour que l'homme, créé sans connaissance complète, s'éclaircisse et ait part même au commencement ; Israël est la mèche attirée après l'huile.

Aussi : l'allumage de la lampe de ''Hanouka au mois de Tevet ; Avraham éclairci de degré en degré ; Moché seul achevé d'un seul coup

וזה נקרא כבוד, שאין זה רק בצורת אדם, שיכול לעזוב ולהניח כל הטובות מעוה"ז להכיר שאין דבר בעולם מבלעדי השי"ת, כי מי שהוא כפוף תחת איזה דבר אינו יכול לעמוד לנכח השי"ת, כדכתיב (ישעיהו מ״ד:ט״ז) על חציו בשר יאכל יצלה צלי וישבע וגו' ושאריתו לאל עשה לפסלו יסגד לו וישתחו ויתפלל אליו ויאמר הצילני כי אלי אתה. היינו שאינו נכנע מפני רוממות השי"ת אלא נכנע מפני חסרונו, שמכיר שפרט זה נחסר לו, וע"ז נאמר לפסלו יסגד לוכוכמבואר במי השלוח ח"א פרשת בשלח ד"ה נכחו:

דהנה אומה הישראלית אשר הם חלק הש"י הם דבוקים בחיים פשוטים בלי שום לבוש ויונקים ממקור חיים ההוא, וכמו שהש"י מופשט מכל מדות ומכל גוון, רק פשוט בתכלית הפשיטות, כן ישראל הם במקור חיותם אין אחיזתם בשום גוון ולבוש וכח, הן בחכמה, הן בהתנשאות או בעשירות, בלתי בה' לבדו. אבל האומות יש להם לכל אומה ואומה איזה כח וגוון אחר, אשר מזה ימשך כח חיותם ובזה הם נאחזים.

כגון בבל כחם הוא בהתנשאות, ופלשתים כחם במה שכל אחד מהם יבקש תחבולה עד אשר ימצא סיבה לפרנסה, או חכמה ידוע או מלאכה אשר יהיה בטוח לבו כי יהיה לו במה להתכלכל. ועיין בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף עז:

וזה ענין, שיסוד היראה העיקרית הוא אמונה, שעל ידי שיבין ויאמין בדעת ברוממות הש"י, ועל ידי זה יירא את הש"י, אז תהיה יראתו שלמה. שהיראה שהיא מצד האדם, הוא רק מפני שמכיר חסרונו, ועל זה נאמר (ישעיה מג) לפסלו יסגד לו, שזה היראה נקרא כמה פעמים בזה"ק (וארא כט.) דחלא דלהון, שמפני שהם חסרים, ישתחוו למקום שנדמה להם שכשיציב לנגדו יראה ממה שמכיר חסרונו, מזה ישופע לו למלאות די חסרונו.

ואף שבהדחלא עצמה אין בה שום כח למלאות לו, ורק שנדמה לו שע"י היראה שמציב חסרונו לנגדו, בזה יהיה הוא בעצמו שלם, וא"כ עובד רק לחסרונו שירא ממנו, וזה יקרא לפסלו יסגוד, היינו למקום שהוא פסול ומחוסר.. ואף שמשה רבינו ע"ה אמר בתוכחה (ואתחנן ד) ועבדתם שם אלהים וגו' אשר לא יראון ולא ישמעון ולא יאכלון ולא יריחון, שזה מורה שיעבדו לגוון שהוא מסולק מהנאה וקרא זאת אלהים אחרים, משמע מזה שעבודת ישראל להשי"ת אינה כן, וכמו שבאמת הוא שכביכול השי"ת מתענג וחפץ בעבודתו של ישראל, וכדכתיב (פנחס כח) ריח ניחוחי, וכדאיתא בזוה"ק (ויקרא ז:) ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים.

אכן באמת צריך האדם למצוא תחלה חיים בעצמו, שלא יהיה משועבד וכפוף תחת שום דבר טובה, שאם יהיה כפוף תחת איזה טובה אזי לא יוכל להתפלל עליה, כי אין חבוש מתיר עצמו מבית האסורין (ברכות ה:), לכן יסלק כל נגיעותיו שיש לו מצדו, ועי"ז ימשיך רצון השי"ת להשפיע לוכזומובא במי השלוח ח"א פרשת שופטים ד"ה לא תטע: לא תטע לך אשרה כל עץ אצל מזבח ה' אלקיך.

הענין בזה אף שנצטוה האדם שיהיה כפוף תחת תלמיד חכם וכו'. זהו רק בד"ת, אבל בתפלה אסור להיות כפוף תחת שום גוון כי מזבח הוא מקום תפלה ועבודה.

ועיין לעיל פ' וירא אות מו: כי זאת ידוע אשר מצד השי"ת אין שום מניעה מלהשפיע כל הטובות והוא מוכן לזה בכל עת, אבל מצד האדם המקבל תהיה המניעה, להיותו חסר בזה, שהוא כפוף תחת הטובה בחפצו לקבלה שלא על הכונה הטובה, אבל בחשך דרכו להתפעל מתענוגי העוה"ז, ולכן לא תוכל לפעול התפלה הזו החסרה בעצם, כי אין חבוש מתיר עצמו מבית האסורים.

וביתר ביאור הכונה בזה הוא, כי עיקר התפלה הוא התדבקות הנפש אל יוצרה, במה שתבטל עצמה להתכלל בשרשה, ואם הוא מכוון בזה למען טובת העוה"ז שהוא הנאת הגופני, תהיה זאת ההרחקה בתכלית, וכדאיתא במס' תענית (דף ח.) אין תפלתו של אדם נשמעת אלא א"כ משים נפשו בכפו כדכתיב (איכה ג׳:מ״א) נשא לבבנו אל כפים, היינו שתהיה תפלתו זכה, וכמו שפירש"י ז"ל שם, כי בעת נשא כפינו בתפלה תהיה גם כונת הלב טובה בלתי לה' לבדו., והשי"ת יאיר לו בהדרגה מכתרא לכתרא מנזרא לנזרא עד שיהיה כמו אכילה ושתיה ממש, היינו שיגיע לגבול תפיסת האדם, שהשי"ת חפץ בעבודת האדם, וכדאיתא בזוה"ק (ויקרא ז:) ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים. וע"ז מורה הכפלת כי טוב בששי, שנתחזק הכי טוב הראשון ונעשה חיבור ודביקות גמור, לדעת כי אני ה' מקדשכם.

ואיתא בהקדמת תיקוני זהר (דף ט:) ובהאר"י הק' ז"ל שהשם מזה החדש טבת יוצא מפסוק (תהלים לד) גדלו לה' אתי ונרוממה שמו, שהאדם מגדיל להשי"ת, לזה ג"כ הדלקת נר חנוכה הוא בזה החדש, שיש בהם מהדרין ומהדרין מן המהדרין, כמו שבבריאת עולם היה כי טוב והכפלת כי טוב. וזה הוא הענין בזו הפרשה, ויהי מקץ שנתים ימים, אחר החיבור מאלו השני ימים שהוכפל בהם כי טוב, התחילה הישועה ויצא יוסף מבית האסורין ויעמוד לפני המלך ה'.

ואף שלעין נראה שזהו הפרשה מדברת ממעשה שכבר היה, שאין עתה שום נפקא מינה. אבל באמת לא כן הוא, רק עיקרה מדברת מכל סדר הנהגת העוה"ז שהשי"ת מנהג עם האדם, ורק מעט מן המעט מדברת מלפי שעה שהיה אז, אבל עיקרה מדברת מהתנהגות השי"ת עם האדם בעולם:

Et cela est appele honneur: cela n'est que dans la forme de l'homme, qui peut abandonner et laisser tous les biens de ce monde-ci, pour reconnaitre qu'il n'y a rien au monde en dehors de ה'. Car celui qui est soumis a quelque chose ne peut se tenir en face de ה', comme il est ecrit: "De sa moitie il mange de la viande, il rotit un roti et se rassasie... et de son reste il fait un dieu, son idole; il se prosterne devant lui, se courbe, le prie et dit: Delivre-moi, car tu es mon dieu" (Isaie 44,16).

Cela veut dire qu'il ne se soumet pas devant la grandeur de ה', mais se soumet devant son manque: il reconnait que ce detail lui manque. C'est a ce sujet qu'il est dit: "il se prosterne devant son idole", comme l'explique Mei HaShiloach, Ire partie, paracha Bechalah, sur "nokho": Voici que la nation d'Israel, qui est une part de ה', est attachee a la vie simple, sans aucun vetement, et puise a cette source de vie.

De meme que ה' est depouille de tout attribut et de toute nuance, et n'est que simple dans la plus parfaite simplicite, de meme Israel, a la source de sa vitalite, ne tient a aucune nuance, aucun vetement ni aucune force, que ce soit la sagesse, l'elevation ou la richesse, mais a ה' seul. Les nations, en revanche, possedent chacune une force et une nuance propres, d'ou se prolonge leur force de vie et auxquelles elles sont attachees.

Ainsi, la force de Babylone est l'elevation; celle des Philistins est que chacun cherche une ruse jusqu'a trouver un moyen de subsistance, une science connue ou un metier, qui rassure son cœur en lui assurant de quoi vivre. Vois aussi Shaar HaEmouna, introduction a Beth Yaakov, p.

77: Le fondement essentiel de la crainte est la foi. Car lorsqu'il comprend et croit avec connaissance en la grandeur de ה', et que par cela il craint ה', alors sa crainte est entiere.

Mais la crainte qui vient de l'homme n'est que parce qu'il reconnait son manque; a son sujet il est dit: "il se prosterne devant son idole" (Isaie 43). Cette crainte est souvent appelee dans le saint Zohar (Vaera 29a) dehala dilehon (leur crainte): parce qu'ils sont dans le manque, ils se prosterneront devant le lieu dont ils imaginent que, en le placant devant eux, ils craindront ce dont ils reconnaissent le manque, et que de cela leur sera verse de quoi combler leur manque.

Bien que cette crainte elle-meme n'ait aucune force pour le combler, il lui semble seulement que, par la crainte par laquelle il place son manque devant lui, il sera lui-meme ainsi complet. Il ne sert donc que son manque, dont il a peur; cela s'appelle: "il se prosterne devant son idole", c'est-a-dire devant le lieu qui est defectueux et manquant.

Pourtant Moché notre maitre, de memoire benie, dit dans la remontrance: "Vous y servirez des dieux... qui ne voient pas, n'entendent pas, ne mangent pas et ne sentent pas" (Deuteronome 4,28). Cela indique qu'ils serviront une nuance privee de jouissance, et il l'appela "dieux etrangers".

Il ressort de la que le service d'Israel envers ה' n'est pas ainsi. En effet, pour ainsi dire, ה' prend plaisir et desire le service d'Israel, comme il est ecrit: "l'odeur apaisante pour Moi" (Nombres 28,8), et comme il est dit dans le saint Zohar (Levitique 7b): "Israel nourrit leur Pere qui est aux cieux." Mais l'homme doit d'abord trouver la vie en lui-meme, afin de n'etre esclave ni soumis a aucun bien.

Car s'il est soumis a un bien quelconque, il ne peut pas prier a son sujet, puisque "un prisonnier ne se libere pas lui-meme de la prison" (Berakhot 5b). Il ecartera donc tous ses interets personnels, et par cela il attirera la volonte de ה' de lui donner, comme cela est rapporte dans Mei HaShiloach, Ire partie, paracha Choftim, sur "Lo tita": "Tu ne planteras pas pour toi d'ashera, aucun arbre, pres de l'autel de ה' ton Elokim" (Deuteronome 16,21).

Le sens est que, bien que l'homme ait recu l'ordre d'etre soumis a un sage de la Torah, etc., cela ne vaut que pour les paroles de Torah; mais dans la priere, il lui est interdit d'etre soumis a quelque nuance que ce soit, car l'autel est le lieu de la priere et du service. Vois plus haut, paracha Vayera, passage 46: Il est connu que, du cote de ה', aucun empechement ne s'oppose a la diffusion de tous les biens, et Il y est pret a tout moment.

Mais l'empechement vient de l'homme qui recoit, du fait qu'il y est deficient: il est soumis au bien en desirant le recevoir sans intention juste. Or son chemin est, dans l'obscurite, d'etre affecte par les delices de ce monde-ci.

Cette priere, deficiente dans son essence, ne peut donc rien operer, car "un prisonnier ne se libere pas lui-meme de la prison". L'explication plus precise est que l'essentiel de la priere est l'attachement de l'ame a son Createur, lorsqu'elle s'annule pour etre incluse dans sa racine.

S'il y vise le bien de ce monde-ci, qui est la jouissance corporelle, c'est alors l'eloignement le plus total. Comme il est dit dans le traite Taanit (8a): "La priere de l'homme n'est entendue que s'il met son ame dans sa paume", comme il est ecrit: "Elevons nos cœurs avec nos paumes vers Elokim dans les cieux" (Lamentations 3,41), c'est-a-dire que sa priere doit etre pure; et comme Rachi, de memoire benie, l'explique la-bas, quand nous levons nos paumes dans la priere, l'intention du cœur doit aussi etre bonne, uniquement pour ה'.

Et ה' l'eclairera graduellement, de couronne en couronne, de diademe en diademe, jusqu'a ce que cela soit comme manger et boire reellement: il atteindra la limite de la comprehension humaine, que ה' desire le service de l'homme, comme il est dit dans le saint Zohar (Levitique 7b): "Israel nourrit leur Pere qui est aux cieux." C'est ce qu'indique le redoublement de "car c'etait bon" au sixieme jour: le premier "bon" fut affermi et devint une union et un attachement parfaits, pour savoir: "Je suis ה' qui vous sanctifie". Il est rapporte dans l'introduction aux Tikounei Zohar (9a) et par le saint Ari que le Nom du mois de Tevet sort du verset: "Magnifiez ה' avec moi, exaltons ensemble Son Nom" (Psaumes 34,4), car l'homme magnifie ה'.

C'est aussi pourquoi l'allumage de la lampe de 'Hanouka a lieu dans ce mois: il y a les soigneux et les tres soigneux, comme lors de la creation du monde il y eut "car c'etait bon" et le redoublement de "car c'etait bon". Tel est le sens dans cette paracha: "Et il arriva, au bout de deux annees" (Genese 41,1).

Apres l'union de ces deux jours ou "car c'etait bon" fut redouble, le salut commenca: Joseph sortit de la prison et se tint devant le roi. Bien qu'a premiere vue cette paracha semble parler d'un fait deja passe, sans aucune consequence maintenant, il n'en est pas ainsi.

Son principal propos est tout l'ordre de la conduite de ce monde, par lequel ה' conduit l'homme; elle ne parle que tres peu du moment particulier qui eut lieu alors, mais principalement de la conduite de ה' avec l'homme dans le monde.

ועל זה מרמז עסק יעקב אבינו ע"ה ובניו. שיעקב אבינו נתיירא כ"כ, ולא סמך עצמו על תקיפות של יהודה לירד מצרימה, לפי שלא נתברר עוד יהודה בשלימות, והיה סבור יעקב אבינו אולי נמצא עוד איזה חסרון שלא מדעת ביהודה ונתירא מזה, כענין דכתיב (תהילים מ״ט:ו׳) למה אירא בימי רע עון עקבי יסובני, היינו שע"י עון עקבי, שהוא חסרון שלא מדעת יש לאדם לפחוד, לזה פחד יעקב אבינו מלסמוך את עצמו על תקיפות יהודה, מפני שהיה נראה בו שיש בו התפשטות ביותר.

אכן אחר שירדו שבטי ישרון עוד הפעם למצרים, ויאמר יהודה (מקץ מד) מה נאמר לאדני מה נדבר ומה נצטדק האלהים מצא וגו', נתברר בזה למפרע שמעולם לא היה בו התפשטות ותקיפות שלא טובה בעיני השי"ת. וכן הוא העסק שיש להשי"ת עם ישראל לעולם, שכל זמן שהם בעוה"ז נראה בהם חסרון, אכן אחר יציאתם מן העוה"ז מתבררים למפרע שלא היה בהם שום חסרון אף קודם זה:

C'est a cela que fait allusion l'affaire de Yaakov notre pere, de memoire benie, et de ses fils. Yaakov notre pere eut tellement peur qu'il ne se reposa pas sur la force de Juda pour descendre en Egypte, parce que Juda n'etait pas encore entierement eclairci.

Yaakov notre pere pensait peut-etre qu'il se trouvait encore en Juda quelque defaut dont il n'avait pas conscience, et il le craignit, selon ce qui est ecrit: "Pourquoi craindrais-je aux jours du mal, quand la faute de mes talons m'entoure?" (Psaumes 49,6). C'est-a-dire que par la faute de mes talons, un manque dont l'homme n'a pas conscience, il y a lieu de craindre.

Aussi Yaakov notre pere craignit-il de s'appuyer sur la force de Juda, car il semblait y avoir en lui trop d'expansion. Mais apres que les tribus de Yechouroun furent descendues une seconde fois en Egypte, Juda dit: "Que dirons-nous a mon seigneur?

Que parlerons-nous, et comment nous justifierons-nous? Elokim a trouve..." (Genese 44,16).

Il fut alors eclairci retrospectivement que jamais il n'y eut en lui d'expansion ni de force qui ne fut pas bonne aux yeux de ה'. Telle est aussi l'affaire que ה' a avec Israel pour toujours: tant qu'ils sont dans ce monde-ci, un manque semble se trouver en eux; mais apres leur sortie de ce monde-ci, il est eclairci retrospectivement qu'il ne s'y trouvait aucun manque, meme auparavant.

ולהבין מה הציב כן השי"ת בעולם הזה שיהיה נראה שיש בהם חסרון מאחר שבעומק אין בהם זאת. הענין בזה, כדאיתא במדרש (הובא ברש"י על הפסוק בראשית ברא ומקורו בתנחומא) א"ר יצחק לא היה צריך להתחיל את התורה אלא מהחדש הזה לכם שהיא מצוה ראשונה שנצטוו בה ישראל, ומה טעם פתח בבראשית משום כח מעשיו הגיד לעמו לתת להם נחלת גוים וכו'.

היינו שאם היתה התחלת התורה מהחדש הזה לכם, אזי היה האדם נברא דעה שלמה כבן שלש עשרה שנה בכדי שיוכל להתגבר על כח הרע. רק לתת להם נחלת גוים, שהוא דבר הלמד מסופו, שכשיברר את עצמו יתן לו השי"ת חלק אף בההתחלהכחולעיל פרשת בראשית אות ט תירץ באופן אחר:

ומתרץ, משום כח מעשיו הגיד לעמו, והיינו שהתורה מלמדת להאדם, שאפילו בעוד שאין לבו מזוכך ואין אור התורה מאיר לו, עדיין על כל זה יכול לקרב לו הישועה ולעורר קצת ישועה ואור ע"י פעולותיו ועבודתו., כדוגמת הפתילה אשר תמשך אחר השמן, שמתברר שאף הפתילה מלאה אור, כן ישראל נמשלו לפתילה, כדאיתא בתיקוני הזהר (תיקון כא ס:) ישראל אינון פתילה אורייתא משחא שכינתא שרגא. נמצא שאם הפתילה, היינו ישראל, ימשכו אחר השמן, יתברר שיש להם חלק אף למעלה מהדעת והתפיסה שלהם, מה שהיה קודם זה שעוד לא היה בהם דעת אז.

אבל אם היו נבראים עם דעה שלמה, אזי לא היה להם חלק רק מן אז והלאה, רק כפי השגתם. שאני עתה, שהציב השם יתברך שהבריאה נבראת מתחלה בלא דעת ובהתפשטות, ואח"ז מברר את עצמו, אזי יקנה גם התפשטות.

ויש בזה גודל יקרות, וכמו שנאמר באאע"ה (חיי כד) ואברהם זקן בא בימים, שלא נברא בשלימות ולא היה לו השלמה בבת אחת, רק מעט מעט בירר את עצמו בהדרגהכטכדאיתא בזוהר הקדוש חיי (קכט.) וזל"ק: ולא אתקריב אברהם ביומא חד או בזימנא חדא, אלא עובדוי קריבו ליה בכל יומוי מדרגא לדרגא, עד דאסתלק לדרגוי כד הוה סיב וכו'.

ומבואר לעיל פרשת חיי אות כד: וכן אאע"ה בא אל השלימות ונשתנה מכמו שהיה עד עתה שהיה צריך לעבודות וצמצומים, ועתה נקבעה בו קדושה בקביעות שלא יצרך עוד לעבודות וצמצומים.

ולזו המדרגה לא יוכל אדם לבא רק בהדרגה, ועל זה מורה בא בימים, כפי תפיסת האדם, כדאיתא בזוה"ק (חיי קכט.) ואברהם זקן בא בימים וכו' באינון יומין עלאין באינון יומין ידיעאן וכו'. וזה הוא דאיתא בש"ס (עירובין נו.) כל עיר שיש בה מעלות ומורדות מזקינים בחצי ימיהם, שבטבע זה העולם הוא, שאם יהלך אדם בדרך ישר לאט לאט אזי לא יזקין בחצי ימיו.

וכן הוא בד"ת ג"כ, שלא יגיע אדם אל השלימות אך בהדרגה, שלפעמים נראה לו לאדם שהוא במדרגה גדולה, ואח"ז רואה חסרון בעצמו ומתחזק עי"ז בעבודת הש"י לתקן את זה החסרון, והוא כענין גערה, שע"י הגערה מתחזק האדם בד"ת כל פעם עוד יותר, עד שמגיע אל עיקר שלימותו.. וכפי שהוא נמשך יותר אחר השמן, כן נמשך השמן והאור אחריו כל פעם יותר אבל לא בבת אחת.

כי רק משה רבינו ע"ה נשלם בבת אחת בהתגלות אספקלריא דנהרא, ובכל רגע ורגע השיג השתנות כפי רצון השי"ת שהראה לו בכל רגע מחדשלכמבואר בתפארת יוסף מסכת תענית (יא:) ד"ה מר: הרי משרע"ה היה בתכלית השלימות והיה רואה האור מפורש, וכמו שאיתא בש"ס (ראש השנה כא:) נ' שערי בינה נבראו בעולם וכולן נתנו למשה חסר אחד, וכמו שכתיב (בראשית ו׳:ג׳) בשגם הוא בשר, ואיתא בש"ס (חולין קלט:) בשגם זה משה, ואמר בזה כבוד אזמו"ר הגה"ק זללה"ה שמזה הוא ראיה שהיה גדול שבנבראים., אבל לבר ממשה הציב השי"ת לטובת האדם שנברא בחסרון.

וכן הדברי תורה מתחילין מבראשית, שנראה כמו שאין צורך לאדם לאלו הד"ת, אבל אחר שהאדם יברר את עצמו ירפא את הקודם ויאיר דברי תורה אף בהתפשטות, וכל מה שהאדם יתמשך יותר להד"ת ימשך אחריו רצון השי"ת ביותר, ויתברר שאף מתחלה שלא היה נראה אור אף גם אז היה בו אור בגניזו:

Pour comprendre pourquoi ה' a etabli ainsi ce monde-ci, de sorte qu'un manque semble se trouver en eux, alors qu'en profondeur ils ne l'ont pas, voici le sens. Il est rapporte dans le Midrach (cite par Rachi sur "Au commencement", et sa source est Tan'houma): Rabbi Its'hak dit: "La Torah n'aurait du commencer que par: 'Ce mois sera pour vous' (Exode 12,2), qui est la premiere mitsva ordonnee a Israel.

Pourquoi donc commence-t-elle par 'Au commencement'? A cause de: 'Il a revele a Son peuple la force de Ses œuvres, pour leur donner l'heritage des nations'" (Psaumes 111,6), etc.

Cela veut dire que si la Torah avait commence par "Ce mois sera pour vous", l'homme aurait ete cree avec une connaissance complete, comme un garcon de treize ans, afin de pouvoir dominer la force du mal. Mais "pour leur donner l'heritage des nations" est une chose apprise de sa fin: lorsqu'il s'eclaircira lui-meme, ה' lui donnera une part meme dans le commencement.

Plus haut, paracha Bereshit, passage 9, une autre reponse est apportee: "A cause de: 'Il a revele a Son peuple la force de Ses œuvres'"; la Torah enseigne ainsi a l'homme que, meme lorsque son cœur n'est pas purifie et que la lumiere de la Torah ne l'eclaire pas, il peut malgre tout rapprocher le salut et eveiller un peu de salut et de lumiere par ses actes et son service. C'est comme la meche qui est tiree apres l'huile: il apparait alors que la meche aussi est toute pleine de lumiere.

Ainsi Israel est compare a la meche, comme il est dit dans les Tikounei Zohar (Tikoun 21, 60a): "Israel est la meche, la Torah est l'huile, la Chekhina est la lampe." Si la meche, c'est-a-dire Israel, est attiree apres l'huile, il est alors eclairci qu'ils ont une part meme au-dessus de leur connaissance et de leur comprehension, dans ce qui etait auparavant, lorsqu'ils n'avaient encore aucune connaissance. Mais s'ils avaient ete crees avec une connaissance complete, ils n'auraient eu de part qu'a partir de ce moment-la, selon leur comprehension.

Il en va autrement maintenant: le Nom, beni soit-Il, a etabli que la creation soit d'abord creee sans connaissance et dans l'expansion, puis qu'elle s'eclaircisse elle-meme; elle acquerra alors aussi l'expansion. Il y a en cela une grande valeur, comme il est dit d'Abraham notre pere, de memoire benie: "Abraham etait vieux, il etait venu dans les jours" (Genese 24,1).

Il ne fut pas cree parfait et n'eut pas son achevement d'un seul coup, mais s'eclaircit peu a peu, graduellement. Comme il est dit dans le saint Zohar, Hayye Sarah (129a): Abraham ne s'approcha pas en un seul jour ni en une seule fois; ce furent ses actes qui le rapprocherent tous les jours, de degre en degre, jusqu'a ce qu'il monta a son degre dans sa vieillesse.

Il est explique plus haut, paracha Hayye Sarah, passage 24: Abraham notre pere aussi parvint a la perfection et devint autre qu'il n'avait ete jusque-la, quand il avait besoin de travaux et de contractions; desormais la saintete fut fixee en lui de facon stable, sans qu'il ait plus besoin de travaux ni de contractions. L'homme ne peut parvenir a ce degre que graduellement.

C'est ce qu'indique "venu dans les jours", selon la comprehension humaine, comme il est dit dans le saint Zohar (Hayye Sarah 129a): "dans ces jours superieurs, dans ces jours connus". C'est aussi ce qui est dit dans le Talmud (Erouvin 56a): "Toute ville qui a des montees et des descentes fait vieillir a la moitie des jours." Car telle est la nature de ce monde: si l'homme marche sur une voie droite, peu a peu, il ne vieillira pas a la moitie de ses jours.

Il en est de meme dans les paroles de Torah: l'homme n'atteint la perfection que graduellement. Parfois il lui semble etre a un grand degre, puis il voit un manque en lui-meme; il se renforce alors dans le service de ה' pour reparer ce manque.

C'est comme la remontrance: par elle l'homme se renforce chaque fois davantage dans les paroles de Torah, jusqu'a parvenir a l'essentiel de sa perfection. Plus il est attire apres l'huile, plus l'huile et la lumiere sont attirees apres lui, chaque fois davantage, mais non d'un seul coup.

Car seul Moché notre maitre, de memoire benie, fut acheve d'un seul coup, dans la revelation de l'aspaklaria lumineuse, et a chaque instant il atteignait une transformation selon la volonte de ה', qui lui etait montree de nouveau a chaque instant. Comme il est explique dans Tiferet Yossef, traite Taanit (11b), sur "mar": Moché notre maitre etait au sommet de la perfection et voyait la lumiere explicitement, comme il est dit dans le Talmud (Roch Hachana 21b): "Cinquante portes de l'intelligence furent creees dans le monde, et toutes furent donnees a Moché, sauf une".

Il est aussi ecrit: "puisqu'il est lui aussi chair" (Genese 6,3), et il est dit dans le Talmud (Houlin 139b): "bechagam, c'est Moché". Mon grand-pere, notre maitre le saint rabbin, de memoire tres benie, disait que c'est une preuve qu'il etait le plus grand des etres crees.

Mais a l'exception de Moché, ה' a etabli, pour le bien de l'homme, qu'il soit cree dans le manque. De meme, les paroles de Torah commencent par "Au commencement"; il semble que l'homme n'ait pas besoin de ces paroles de Torah.

Mais apres que l'homme se sera eclairci lui-meme, il guerira ce qui precede et les paroles de Torah eclaireront meme dans l'expansion. Et plus l'homme sera attire vers les paroles de Torah, plus la volonte de ה' sera attiree apres lui; il sera alors eclairci que, meme au commencement, quand aucune lumiere ne semblait apparaitre, il y avait deja en lui une lumiere cachee.

En bref

Ce passage poursuit : toutes les choses du monde ne peuvent être clarifiées parfaitement, sans aucun résidu ; les mèches interdites (Chabbat 20a) y font allusion. « Et il arriva, au terme de deux années, que Pharaon rêvait » : le Beit Yaakov le joint à « Quand Hachem ramena les captifs de Sion, nous étions comme des rêveurs ». L'abîme cache les biens de l'avenir ; le Nom en fait monter pour humecter le monde, afin qu'Israël ne désespère pas. Les mitsvot sont des signes (tsiyounim) : ici-bas, le vêtement ; dans l'avenir le Nom y insufflera la vie. La bouche se remplit de rire : on lira le Nom de miséricorde ; Pharaon n'a vu que les degrés d'en bas, l'intérieur réservé à Israël.

Aussi : les résidus d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov (Yichmaël, Éssav, jalousie de la sota) ; la pose ou l'allumage accomplit-elle la mitsva ; le Nom met un cri dans le cœur pour que le salut soit le labeur des mains.

אמנם כל הדברים שבעולם לא יוכלו להתברר בשלימות בלי שום פסולת, כי יש פתילות שאין נמשכים אחר השמן, והנמשל באדם הוא שנמצא בו פעולות שלא יוכלו להתכלל בדברי תורה ולהתברר. וע"ז מרמז מה שאסרו בש"ס (שבת כ:) להדליק פתילות שהאור מסכסך בהם, כי אף בנפשות היקרות ביותר נמצא גם בהם פסולת.

וכדאיתא בש"ס (שם) אין מדליקין לא בלכש ולא בחוסן ולא בכלך ולא בפתילת האידן ולא בפתילת המדבר ולא בירוקה שעל פני המים. ומפרשינן בגמרא מאי לכש שוכא דארזא, זה מרמז על הפסולת שנפרד מאאע"ה שמדתו מדת החסד, וקרא שם המקום הר, כדאיתא בש"ס (פסחים פח.) אברהם קראו הר, והוא שהיה מנושא מכל חמדות עוה"ז, ומסר כל קניניו להשי"ת עד שאף בהחיים שלו שכח, ומסוספיתא דיליה, היינו מגודל אהבה וחסד בהסעפותה ללבושים רחוקים, יצא מזה חמדה ותשוקה זרה וגאות, ויצא ישמעאל שהתפשט ביותר מדת החסד בלא דעת כלל, עד ששכח בהחיים שלו והשפיע כל מה שהיה לו בלא דעת, ועליו נאמר (משלי ו׳:ל״ב) משחית נפשו הוא יעשנהלאלעיל פרשה זו אות ג ד"ה וזהו דכתיב ובהערה יא שם.

לעיל פ' חיי אות כה.. ולא בחוסן מרמז על הפסולת שנפרד מיצחק אבינו ע"ה שיצא עשו ממנו, שמדת יצחק הוא גבורה ותקיפות, ולעשו היתה תקיפות זרה על מקום אשר לא טוב בעיני השי"ת, ועליו נאמר (שמיני יא) כי מפריס פרסה הוא וגרה לא יגר.

ולא בכלך מרמז על הפסולת שנשאר מיעקב אבינו ע"ה, הטיפין שיצאו מיוסף הצדיק, שלבושו הוא כתונת פסים, והוא שירי פרנדא כדאיתא במס' שבת (כ:), ובחינת יוסף הצדיק הוא קנאה, כדאיתא בזוה"ק (ויחי רמה.) קשה כשאול קנאה כל מאן דרחים ולא קשיר עמיה קנאה לאו רחימותיה רחימותא כיון דקני הא רחימותא אשתלים. אכן מפסולת מדה זו מסתעף קנאה דסוטה כדאיתא ברע"מ (נשא קכד.) רוח קנאה מתרין סטרין אשתכח וכו'.

ולא בפתילת האידן מפרש בגמרא אחוינא היינו חברותא כלפי שמיא, ואף אמנם שמלא כבוד ה' את כל הארץ ואין מקום פנוי מיניה, אכן האדם מצדו ידע שאין לו חלק בהנהגת השי"ת רק כמה דמכוון דעתיה. ולא בפתילת המדבר היינו מי ששוכח בהחיים שלו לגמרי, כי האמנם שבדברי תורה צריך האדם לשום עצמו כמדבר, וכדאיתא (עירובין נד.) אין התורה מתקיימת אלא במי שמשים עצמו כמדבר, אבל בכל זה צריך האדם לזכור בעצמו ג"כ.

ולא בירוקה שעל פני המים מים היינו תאות עוה"ז. והנה אמרו בש"ס (חגיגה יב.) תהו זה קו ירוק שמקיף את כל העולם, וכדאיתא בהאר"י הק' ז"ל שזה מורה על ישוב הדעת מעט שיוכל למשול על ידה על תאוותיולבמבואר לעיל פרשת בראשית אות יט:

איתא בגמ' (חגיגה יב.) תהו קו ירוק שמקיף את כל העולם כולו שממנו יצא חשך וכו'. הענין בזה, תהו היינו היפך ממדת החסד, שחסד הוא שנתפשט ההשפעה מאד.

ותהו הוא היפך מזה היינו פחד, שהבריאה הפחידה להשפיע לבריאת עולם להמסר תחת יד האדם, פן יקלקל על ידי שיקבל האדם השפעת העולם הזה ויעשה בה היפך מרצון השי"ת, וישכח שהשי"ת השפיע לו, ולכן תצמצם הבריאה ההשפעה, כדכתיב (ישעיהו מ״ה:י״ח) לא תהו בראה לשבת יצרה. ומבואר עניין הקו ירוק בדובר צדק למרן רבי צדוק הכהן מלובלין זי"ע דף לא.

ד"ה ולפיכך: והארץ היתה תהו ובהו.

ואיתא בגמ' (חגיגה י"ב.) תנא תוהו, קו ירוק שמקיף את כל העולם כולו ושמעתי דר"ל היראה כמ"ש בזוהר (שלח קע"ה.) דגוון תכלת מורה יראה.. וישוב הדעת בהפלגה עד שתביא את האדם לידי עצלות ג"כ אינה טובה, נמצא שיש גם בזה פסולת מה שלא יוכל להכלל באור.

והנה כשיצא יוסף מבית האסורים בטח היה ליעקב אבינו איזו הרגשה, אכן שהיה כענין הישועה שבבית שני בלא ניצוח, וכענין שאמרו בש"ס (מגילה יד.) אכתי עבדי אחשורוש אנן, שהעכו"ם אומרים כל היום איה אלהיך. אכן אח"ז הרגיש עוד יותר ואח"ז הרגיש עוד יותר, כי בישועה כזו יש בה מהדרין ומהדרין מן המהדרין.

וזו ההארה והתעוררות, אם הוא ע"י פעולת אדם או מהשי"ת בלבד שהוא נתן צעקה להאדם, ע"ז הוא האיבעיא בש"ס (שבת כד:) אם הדלקה עושה מצוה או הנחה עושה מצוה. הנחה הוא פעולת אדם והדלקה הוא ההארה מהשי"ת, וכדכתיב (דברי הימים א כ״ח:ט׳) אם תדרשנו ימצא לך.

תדרשנו, הוא פעולת אדם. ימצא לך, הוא ההדלקה מהשי"תלגמבואר בהרבה מקומות עיין תפארת יוסף חג השבועות ד"ה ויסעו מרפידים:

כמו שמצינו שהציב השי"ת אם תדרשנו ימצא לך (דברי הימים א כ״ח:ט׳), והיינו שכל כמה שאדם דורש ומחפש ומבקש אחר רצונו ית', כן מאיר לו השי"ת, שכמה שאדם מעורר למטה כן מאיר לו השי"ת למעלה. ועיין עוד שם שמחת תורה ד"ה ויאמר, פ' בראשית ד"ה בראשית [ב], מס' ראש השנה (יח.) ד"ה כתיב..

ובאמת הכל הוא רק מהשי"ת, שהשי"ת חפץ בישועת האדם, לכן נותן צעקה בלבו שיתפלל להשי"ת ופועל ישועה אצל השי"ת, אכן השי"ת קורא זאת על שם האדם שביגיע כפיו זכה לכל זהלדמבואר במי השלוח ח"א פרשת מקץ ד"ה ויהי מקץ [א]: כי כך הוא מדותיו של הקב"ה טרם אשר יתן הישועה מביא בלב האדם צעקה בזה למען אשר יקרא יגיע כפיך.:

Certes, toutes les choses du monde ne peuvent etre clarifiees parfaitement, sans aucun residu; car il est des meches qui ne sont pas attirees par l'huile. La parabole, chez l'homme, est qu'il s'y trouve des actes qui ne peuvent etre inclus dans les paroles de Torah ni etre clarifies.

C'est a cela que fait allusion ce que le Talmud interdit (Chabbat 20a): allumer des meches auxquelles la flamme s'accroche. Car meme dans les ames les plus precieuses se trouve aussi un residu.

Comme il est dit dans le Talmud (ibid.): on n'allume ni avec le lekhesh, ni avec le hossen, ni avec le kalakh, ni avec la meche de l'idan, ni avec la meche du desert, ni avec la matiere verte qui est a la surface de l'eau. La Guemara explique: qu'est-ce que le lekhesh?

La resine du cedre. Cela fait allusion au residu qui se separa d'Abraham notre pere, de memoire benie, dont l'attribut est le 'hessed; il nomma le lieu montagne, comme il est dit dans le Talmud (Pessahim 88a): Abraham l'appela montagne.

Il etait eleve au-dessus de toutes les convoitises de ce monde, et remit tous ses biens au Nom, au point d'oublier meme sa propre vie. Et de son prolongement (mesousfita), c'est-a-dire de la grandeur de l'amour et du 'hessed, dans ses ramifications vers des vetements eloignes, sortirent une convoitise et un desir etrangers, ainsi que l'orgueil.

Ishmael sortit, en qui l'attribut du 'hessed se deploie excessivement, sans aucune connaissance, jusqu'a oublier sa propre vie et a donner tout ce qu'il possedait sans connaissance. A son sujet il est dit: (Celui qui agit ainsi detruit son ame) (Proverbes 6,32).

Voir plus haut, dans cette paracha, section 3, debut de (Et c'est ce qui est ecrit), et note 11; et plus haut, paracha Hayye Sarah, section 25. (On n'allume) ni avec le hossen: cela fait allusion au residu qui se separa d'Its'hak notre pere, de memoire benie, dont sortit Esau.

L'attribut d'Its'hak est guevoura et force; Esau eut une force etrangere dans un lieu qui n'etait pas agreable au Nom. A son sujet il est dit: (Car il a le sabot fendu, mais ne rumine pas) (Levitique 11).

(Ni avec le kalakh): cela fait allusion au residu qui demeura de Yaakov notre pere, de memoire benie, les gouttes qui sortirent de Joseph le juste. Son vetement est une tunique rayee, et il est le reste de paranda, comme il est dit dans le traite Chabbat (20a).

L'aspect de Joseph le juste est la jalousie, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayehi 245a): (Dure comme le tombeau est la jalousie; quiconque aime sans que la jalousie le lie a lui, son amour n'est pas un amour; lorsqu'il est jaloux, l'amour est accompli.) Mais du residu de cette mesure se ramifie la jalousie de la sota, comme il est dit dans Raaya Mehemna (Nasso 124a): (Un esprit de jalousie se trouve de deux cotes), etc. (Ni avec la meche de l'idan): la Guemara l'explique comme une association avec le Ciel.

Certes, la gloire du Nom remplit toute la terre et aucun lieu n'est vide de Lui; mais, de son cote, l'homme doit savoir qu'il n'a aucune part dans la conduite du Nom, sinon dans la mesure ou il dirige son esprit. (Ni avec la meche du desert), c'est celui qui oublie entierement sa propre vie.

Car certes, dans les paroles de Torah l'homme doit se placer comme un desert, comme il est dit (Erouvin 54a): (La Torah ne se maintient que chez celui qui se rend semblable a un desert); mais, malgre cela, l'homme doit aussi se souvenir de lui-meme. (Ni avec la matiere verte qui est a la surface de l'eau): l'eau designe les convoitises de ce monde.

Or ils ont dit dans le Talmud (Haguiga 12a): (Tohou est une ligne verte qui entoure le monde entier). Comme l'a dit le saint Ari, de memoire benie, cela indique un peu de stabilite d'esprit, grace a laquelle on peut dominer ses convoitises.

Voir ce qui est explique plus haut, paracha Bereshit, section 19: il est dit dans la Guemara (Haguiga 12a): (Tohou est une ligne verte qui entoure le monde entier, d'ou sortit l'obscurite), etc. La chose est que tohou est l'oppose de l'attribut du 'hessed: le 'hessed est une influence qui se deploie beaucoup, tandis que tohou en est l'oppose, c'est-a-dire la crainte.

La creation eut peur de prodiguer au monde cree, afin de le remettre entre les mains de l'homme, de peur que l'homme ne gate en recevant l'influence de ce monde et ne l'emploie contre la volonte du Nom, et n'oublie que le Nom la lui a donnee. C'est pourquoi la creation restreint l'influence, comme il est ecrit: (Il ne l'a pas creee pour le tohou; Il l'a formee pour etre habitee) (Isaie 45,18).

Le sujet de la ligne verte est explique dans Dover Tsedek de notre maitre Rabbi Tsadok ha-Cohen de Lublin, de memoire benie, p. 31, debut de (C'est pourquoi): (La terre etait tohou et bohou).

Et il est dit dans la Guemara (Haguiga 12a): (Un enseignement: Tohou est une ligne verte qui entoure le monde entier), et j'ai entendu que cela designe la crainte, comme il est dit dans le Zohar (Chelah 175a), que la couleur bleu clair indique la crainte. Mais une stabilite d'esprit excessive, au point de conduire aussi l'homme a la paresse, n'est pas bonne; il s'y trouve donc aussi un residu qui ne peut etre inclus dans la lumiere.

Lorsque Joseph sortit de la maison des prisonniers, Yaakov notre pere eut certainement quelque perception; toutefois, elle fut semblable a la delivrance du second Temple, sans victoire, et semblable a ce qu'ils ont dit dans le Talmud (Meguila 14a): (Nous sommes encore les serviteurs d'Assuerus), car les nations disent tout le jour: (Ou est ton Dieu?) Mais apres cela il ressentit davantage, puis davantage encore, car dans une telle delivrance se trouvent les degres de mehadrin et de mehadrin min hamehadrin. Cette illumination et cet eveil, qu'ils viennent d'un acte de l'homme ou seulement du Nom, qui a place un cri en l'homme, tel est le probleme souleve dans le Talmud (Chabbat 24b): l'allumage accomplit-il la mitsva, ou bien la pose l'accomplit-elle?

La pose est l'acte de l'homme, et l'allumage est l'illumination venue du Nom, comme il est ecrit: (Si tu Le recherches, Il se laissera trouver par toi) (I Chroniques 28,9). (Tu Le recherches) est l'acte de l'homme; (Il se laissera trouver par toi) est l'allumage venu du Nom.

Voir ce qui est explique en maints endroits; voir Tiferet Yosef, Chavouot, debut de (Ils partirent de Refidim): ainsi le Nom a etabli (Si tu Le recherches, Il se laissera trouver par toi) (I Chroniques 28,9), c'est-a-dire: dans la mesure ou l'homme recherche, cherche et demande Sa volonte, ainsi le Nom l'eclaire; selon l'eveil que l'homme suscite ici-bas, ainsi le Nom l'eclaire en haut. Voir aussi la-bas, Simhat Torah, debut de (Et Il dit), paracha Bereshit, debut de (Bereshit) [2], et traite Roch ha-Chana (18a), debut de (Il est ecrit).

En verite, tout vient seulement du Nom: le Nom desire le salut de l'homme, c'est pourquoi Il met dans son cœur un cri afin qu'il prie le Nom et opere un salut aupres du Nom. Toutefois, le Nom l'attribue a l'homme, qui a merite tout cela par le labeur de ses mains.

Voir ce qui est explique dans Mei ha-Chiloah, I, paracha Miketz, debut de (Et il arriva a la fin) [1]: telles sont les mesures du Saint, beni soit-Il: avant de donner le salut, Il fait entrer dans le cœur de l'homme un cri a ce sujet, afin qu'il puisse etre appele (le labeur de tes mains).

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. שיר המעלות בשוב ה' את שיבת ציון היינו כחולמים אז ימלא שחוק פינו ולשוננו רנה (תהילים קכ״ו:א׳-ב׳).

שיר המעלות. תרגם יונתן, שירא דאתאמר על מסיקין דתהומא.

תהום מרמז, שבזה המקום גנז השי"ת כל הטובות שיתגלו לעתיד לבא. אכן בזמנים שהיו ישראל בגלות המר, לא היה בכחם לסבול גודל ההסתר פנים, לזה מסיק השי"ת בכל פעם מהתהום למרטב עלמא, להאיר מעט מהטוב הצפון לעתיד בכדי שלא יתיאשו מהטובה, וזה הוא למסקי תהומא, וכענין דאיתא בש"ס (סוכה נג:)להכמבואר לעיל פרשת בראשית אות כג ד"ה בדעתו:

ענין התהום כבר נתבאר לעיל (ענין ה) שהוא על אוצר הטובות שיתן השי"ת לעתיד. ואיתא בגמ' (סוכה נג:) שדוד המלך ע"ה העמיד את התהום על אלפא גרמידי כדי למירטב עלמא.

הענין בזה, שאף בגלות ובהסתר ישאר קצת הרגשה והכרה לישראל מה שיופיע השי"ת לעתיד רב טוב הצפון בכדי שלא יתיאשו מן הגאולה ח"ו, וזהו נקרא למירטב עלמא. וזהו בדעתו תהומות נבקעו, שמורה על טובה מפורשת שהתהום נבקע ועולה למעלה.

ועיין עוד שם אות ד בסופו, אות ה ד"ה כונן.. בשוב ה' את שיבת ציון היינו כחולמים.

היינו שכל המצות נקראים ציונים, וכמו שהזהיר הנביא לישראל (ירמיהו ל״א:כ״א) הציבי לך ציונים. והוא משל למלך בשר ודם המעמידין צורתו בבית המשפט, למען ייראו את מלכם בשעה שישבו על מדין לשפוט צדק מאימת צורת המלך שלפניהם.

וכן הם מעשה המצות, שעל ידם יזכור האדם את השי"ת, שהמצות הם ציור מהשי"ת. אכן בעוה"ז שאין האדם מבין טעמי המצות ואינו מרגיש טעם בהם, נראה כמו שאין להם חיות ושהם נפרדים ח"ו מהשי"ת, אך לעתיד לבא, אז יראה השי"ת שהמצות הם מלאים חיים ודבוקים בשורש הרצון והחיים מהשי"ת.

וזהו, בשוב ה' את שיבת ציון, שהשי"ת ישפיע אז חיים בהמצות, אזי נראה שאף בימי הגלות היינו כחולמים, היינו בריאות והתקשרות יחד, מלשון הכתוב (ישעיה לח) ותחלימני והחייני. והוא כמו האדם, בעת שהוא בריא וחזק אזי הם כל הכחות שלו מקושרים יחד.

ולזה ג"כ נקראים הרעיונות של האדם שבשעת שינה בשם חלום, כי בעת שהאדם ישן נראה שנפרד ונפסק ממנו כח החיים, רק ע"י החלומות שיחלום לו נראה שהחיים דבוק וקשור בו, וכשנזכה לראות בנחמת ציון, אז נראה שאף בימים הרעים היינו דבוקים בהשי"תלועיין לעיל פרשת תולדות אות יג: בכל המצות יש בהם חיים וטובה מלעתיד, כי בעוה"ז הסתיר השי"ת גוף החיים ולא העמיד רק לבוש לחיים וציונים, שכל מצוה הוא ציון לגוף החיים שהשי"ת שורה בו.

בשעת עטיפת הטלית שורה החיים של השי"ת בזה הטלית, והטלית הוא רק לבוש וציון לגוף החיים. וכן בעשיית כל המצות שורה אז גוף החיים של השי"ת בעשיית המצוה הזאת, רק שהאדם אין לו תפיסה בחיים עצמו, כיון שהוא למעלה מתפיסתו והוא נסתר, רק בעשיית המצוה וציונו יש לו תפיסה.

ועיין שם בהערה עח, ועיין לקמן פרשה זו אות כה.. אז ימלא שחוק פינו.

היינו כדאיתא בש"ס (פסחים נ.) לא כעולם הזה העולם הבא העוה"ז נכתב בי"ה ונקרא בא"ד. אבל לעוה"ב נקרא בי"ה ונכתב בי"ה.

השם אדנ"י מורה על אדנות השי"ת שהוא אדון על עבדיו, ומזה צריך האדם לקשר ולדבק את עצמו ברזא דיראה ולצמצם עצמו בבחינת עבד וזהו בעוה"זלזכמבואר במי השלוח ח"א פרשת ראה ד"ה כי ירחיב: משם א"ד"נ"י היינו הכרת האדם וגבול תפיסתו מזה נצמח כל הגבולין שעד כאן מותר להתפשט ומכאן ואילך אסור, היינו כמה שימצא באדם כח עבודה כך יוכל להתפשט את עצמו בטובות.

ועיין עוד ח"ב מס' פסחים (נ.) ד"ה ביום [ב], לעיל פ' ויצא אות יא.. אבל לעוה"ב יהיה נקרא כמו שהוא נכתב בשם הוי"ה שמא דרחמי.

וזהו אז ימלא שחוק פינו, שתגדל השמחה בזה, שהקריאה שבפה יהיה ג"כ בשם הוי"ה בחינת חסד ולא יצרך האדם אז לשום צמצומים. וזהו דאיתא בזוה"ק (מקץ קצד.) א"ר ייסא וכי לההוא חייבא דפרעה אחזיין ליה כל הני א"ל רבי יהודה כגוונא דלהון חמא וכו' באינון דרגין דלתתא וכו'.

הענין בזה שתמיהת הזוה"ק הוא, כי חלום מרמז על חיבור והתקשרות החיים, ובפרט זה החלום שמרומזין בו רזין עלאין פנימאין כדאיתא שם, וכי לההוא חייבא דפרעה אחזיין ליה כל הני, וכי סלקא דעתך שנמצא בו התקשרות ודבקות בשורש חיים, ע"ז מתרץ שחמא רק בדרגין דלהון, היינו בהנאות עוה"ז, אבל הפנימיות מזה החלום לא נתגלה לו והוא גנוז וצפון רק לישראל:

(Et il arriva, au terme de deux annees, que Pharaon revait), etc. (Chant des degres.

Quand le Nom ramena les captifs de Sion, nous etions comme des reveurs; alors notre bouche se remplit de rire et notre langue de chant) (Psaumes 126,1-2). (Chant des degres): Jonathan traduit: (chant qui fut dit au sujet de ceux qui font monter l'abime).

L'abime fait allusion au lieu ou le Nom a cache tous les biens qui se reveleront dans l'avenir. Toutefois, aux temps ou Israel etait dans l'amer exil, ils n'avaient pas la force de supporter la grandeur de la face cachee.

C'est pourquoi le Nom fait monter a chaque fois de l'abime, pour humecter le monde, afin d'eclairer un peu du bien cache pour l'avenir, afin qu'ils ne desesperent pas du bien. Tel est le sens de (faire monter l'abime), comme il est dit dans le Talmud (Soukka 53b).

Voir ce qui est explique plus haut, paracha Bereshit, section 23, debut de (Par Sa connaissance): le sujet de l'abime a deja ete explique plus haut, section 5, comme le tresor des biens que le Nom donnera dans l'avenir. Et il est dit dans la Guemara (Soukka 53b) que le roi David, de memoire benie, placa l'abime a mille coudes pour humecter le monde.

Cela signifie que, meme dans l'exil et la face cachee, il restera a Israel quelque sensation et reconnaissance de ce que le Nom fera apparaitre dans l'avenir: le grand bien cache, afin qu'ils ne desesperent pas, a Dieu ne plaise, de la delivrance. C'est cela qui est appele humecter le monde.

Tel est aussi le sens de (Par Sa connaissance les abimes se fendirent): cela indique un bien manifeste, puisque l'abime se fend et monte vers le haut. Voir encore la-bas, a la fin de la section 4, et section 5, debut de (Il a affermi).

(Quand le Nom ramena les captifs de Sion, nous etions comme des reveurs): toutes les mitsvot sont appelees tsiyounim, des signes, comme le prophete en avertit Israel: (Dresse pour toi des signes) (Jeremie 31,21). Cela est comparable a un roi de chair et de sang dont on place l'image au tribunal, afin qu'ils craignent leur roi lorsqu'ils siegent pour juger avec justice, par crainte de l'image du roi devant eux.

Ainsi sont les actes des mitsvot: par eux l'homme se souvient du Nom, car les mitsvot sont une representation du Nom. Toutefois, dans ce monde-ci, l'homme ne comprend pas les raisons des mitsvot et n'en ressent pas la saveur; elles semblent donc sans vie et, a Dieu ne plaise, separees du Nom.

Mais dans l'avenir le Nom montrera que les mitsvot sont pleines de vie et attachees a la racine de la volonte et de la vie venues du Nom. Tel est le sens de (Quand le Nom ramena les captifs de Sion): le Nom insufflera alors de la vie dans les mitsvot; alors on verra que, meme aux jours de l'exil, nous etions comme des bien-portants et relies ensemble, selon le langage du verset: (Tu me rendras la sante et me feras vivre) (Isaie 38).

C'est comme l'homme: lorsqu'il est sain et fort, toutes ses forces sont attachees ensemble. C'est pourquoi les pensees de l'homme pendant son sommeil sont aussi appelees reve, car lorsqu'il dort, il semble que la force de vie soit separee et interrompue de lui; mais, par les reves qu'il reve, il apparait que la vie demeure attachee et liee a lui.

Lorsque nous meriterons de voir la consolation de Sion, nous verrons que, meme aux jours mauvais, nous etions attaches au Nom. Voir plus haut, paracha Toledot, section 13: dans toutes les mitsvot se trouvent une vie et un bien venus de l'avenir.

Car dans ce monde-ci, le Nom a cache le corps de la vie et n'a laisse qu'un vetement de la vie et des signes: chaque mitsva est un signe du corps de la vie ou le Nom reside. Lorsqu'on s'enveloppe du talit, la vie du Nom reside dans ce talit, et le talit n'est qu'un vetement et un signe du corps de la vie.

Il en est de meme dans l'accomplissement de toutes les mitsvot: le corps de la vie du Nom reside alors dans cet accomplissement, mais l'homme ne saisit pas la vie elle-meme, puisqu'elle est au-dessus de sa saisie et cachee; il ne saisit que l'accomplissement de la mitsva et son signe. Voir la-bas, note 78, et voir plus loin dans cette paracha, section 25.

(Alors notre bouche se remplit de rire): comme il est dit dans le Talmud (Pessahim 50a): (Le monde a venir n'est pas comme ce monde-ci. Dans ce monde-ci, il est ecrit (בי"ה) et lu (בא"ד); mais dans le monde a venir, il est lu (בי"ה) et ecrit (בי"ה).) Le Nom de Seigneurie indique que le Nom est le maitre de Ses serviteurs; de cela l'homme doit se lier et s'attacher au secret de la crainte, et se restreindre dans l'aspect du serviteur: tel est ce monde-ci.

Voir ce qui est explique dans Mei ha-Chiloah, I, paracha Reeh, debut de (Car Il elargira): le nom (א"ד) est la reconnaissance de l'homme et la limite de sa saisie; de lui proviennent toutes les limites: jusque-la il est permis de se deployer, et de la en avant il est interdit. Dans la mesure de la force de service qui se trouve chez l'homme, il peut ainsi se deployer dans les biens.

Voir aussi II, traite Pessahim (50a), debut de (En ce jour) [2], et plus haut, paracha Vayetse, section 11. Mais dans le monde a venir, Il sera appele comme Il est ecrit, par le Nom de misericorde.

Tel est le sens de (Alors notre bouche se remplit de rire): la joie grandira, car la lecture prononcee sera aussi sous le Nom de misericorde, dans l'aspect du 'hessed, et l'homme n'aura plus besoin d'aucune restriction. C'est ce qui est dit dans le saint Zohar (Miketz 194a): Rabbi Yissa dit: (Est-ce donc a ce coupable de Pharaon qu'on montra tout cela?) Rabbi Yehouda dit: (Il vit selon leurs aspects), etc., dans les degres d'en bas, etc.

Le sujet est que l'etonnement du Zohar est le suivant: le reve fait allusion a l'union et a l'attachement de la vie, et surtout ce reve, dans lequel sont suggeres des secrets superieurs et interieurs, comme il est dit la-bas; est-il concevable qu'on ait montre tout cela a ce coupable de Pharaon? Peut-on penser qu'il se trouve en lui attachement et adhesion a la racine de la vie?

Il repond qu'il vit seulement dans leurs degres, c'est-a-dire dans les jouissances de ce monde; mais l'interieur de ce reve ne lui fut pas revele, et il est cache et reserve a Israel seul.

En bref

« L'huile et l'encens réjouissent le cœur » (Proverbes 27,9) : le Beit Yaakov dit que l'huile indique des paroles de Torah clarifiées, et l'encens l'illumination du Nom dans toutes les choses, le lien de toute la création. L'homme attire l'huile, de Zeir Anpin, vers l'encens par le service et les restrictions ; l'encens seul l'annule comme les mondes détruits. Saisir le bien d'un seul coup, c'est recevoir d'un seul coup l'interruption et s'anéantir ; la chemita enseigne à manger graduellement. Quand ils mirent Joseph, qui se restreint, dans la fosse, la terre se restreignit et la famine, comme le déluge, fit disparaître la fortune des riches.

Aussi : première erreur de Joseph : les gerbes comme encens, le soleil comme lumière claire, puis les noms Manassé et Ephraim ; Salomon, les érouv et le lavage des mains ; lampe de Chabbat, de ''Hanouka et de la Ménorah, Havdalah à la torche.

ויהי מקץ שנתים ימים וגו'. שמן וקטרת ישמח לב ומתק רעהו מעצת נפש (משלי כ״ז:ט׳).

שמן, מורה על ד"ת מבוררים, וקטורת מורה על הארת אור השי"ת בכל הענינים שהכל ממנו ית'. וכדאיתא בזוה"ק (בהעלותך קנא:) קטורת קטירו דכלא.

היינו שמקשר כל כוללות הבריאה בהשי"ת (וכמש"נ בפרשת תצוה אות ד, ה, ו). ולזה יוצרך האדם עוד לשמן, היינו אור ברור.

כי אם לא יהיה לו בחינת שמן רק קטורת, שהוא אור גדול, יוכל האדם להתבטל כעלמין דאתחרבו, לזה ימשיך האדם מבחינת שמן ממדת זעיר אנפין לבחינת קטורת, היינו ע"י עבודה וצמצומים יבא לבחינת קטורת. אבל אם האדם יתפשט את עצמו כפי רצונו, אזי גם הארץ תעשה את שלה ותצטמצם מעצמה, שכן הוא רצונה, כענין דכתיב (בחקתי כו) אז תרצה הארץ את שבתותיה כל ימי השמה תשבות וכדאיתא (בתורת כהנים בחקתי ב)לחכמבואר ענין זה לעיל פרשת נח אות לה:

רק שבזמן שהאדם מקבל הטובה המזומנת לחלקו בהדרגה ובהמתנת זמן, אז מתקיימת אצלו לאורך ימים ושנים ויוכל לעמוד בה כנגד מה שהיה לו סבלנות וצמצומים מקבלת הטובה. אבל אם האדם מתפשט עצמו וחוטף אותה טובה בבת אחת, הוא מוכרח לקבל גם ההפסקה מהטובה בבת אחת מה שאין בכחו ונכלה מאליו.

וכענין שמצינו במצות שמיטה, שענינה שהאדם יצמצם עצמו בכל היקף שבעה שנה אחת, שיאכל תבואת שדהו בהדרגה ובצמצום ובהפסקה שלא יחטוף הטובה בבת אחת, שעי"ז יוכל לעמוד בשדהו לעולם. וכאשר עברו על מצוה זו נתחייבו גלות שבעים שנה כנגד שנות השמטה, וכדכתיב (בחקותי) אז תרצה הארץ את שבתותיה וכדאיתא (בתו"כ).

ולא היה ע"ד העונש, רק מידם בעצמם היתה זאת להם, שמפני שלא נתנו הפוגות לקבלת הטובה ואכלו כל השנים הזריעות בבת אחת, התחייב מעתה שיקבל שנות ההפסקות והשמטות.. לזה כששמו את יוסף הצדיק בבור, שמדתו הוא לצמצם את עצמו בכל עניניו, אז התחילה גם הארץ להצטמצם, וכמו שהיה בדור המבול כן היה ברעב הזה, והכתובים מכוונים זה מול זה, מה כתיב ברעב הזה (מקץ מא) ותרעב כל ארץ מצרים ואח"ז כתיב עוד הפעם, והרעב היה על כל פני הארץ.

ותרעב כל ארץ מצרים, הוא נגד הכתוב (נח ז) ויגברו המים וירבו מאד על הארץ. והרעב היה על כל פני הארץ, הוא נגד הכתוב (שם) והמים גברו וגו' ויכסו כל ההרים הגבוהים.

כי הרים מרמז על הכחות הגדולים ביותר והם כל כחות הארץ, וכאן כתיב והרעב היה על כל פני הארץ, ודרשו חכז"ל (מדרש רבה מקץ צא) שהם העשירים שיש להם הון גדול מכחות עוה"ז. והוא, שמאחר שלא רצו לצמצם את עצמם מצדם באלו הכחות, לזה צמצמו הכחות את עצמם מצדם ואפס מהם כל הונם ורכושם:

(Et il arriva, au terme de deux annees), etc. (L'huile et l'encens rejouissent le cœur, et la douceur de son prochain vient du conseil de l'ame) (Proverbes 27,9).

L'huile indique des paroles de Torah clarifiees, et l'encens indique l'illumination de la lumiere du Nom dans toutes les choses, car tout vient de Lui, beni soit-Il. Comme il est dit dans le saint Zohar (Behaalotekha 151a): (L'encens est le lien de tout).

C'est-a-dire qu'il relie toute la totalite de la creation au Nom (comme explique dans la paracha Tetsaveh, sections 4, 5 et 6). C'est pourquoi l'homme a encore besoin d'huile, c'est-a-dire d'une lumiere claire.

Car s'il n'a pas l'aspect de l'huile, mais seulement celui de l'encens, qui est une grande lumiere, l'homme peut s'annuler comme les mondes qui furent detruits. L'homme doit donc attirer de l'aspect de l'huile, de l'attribut de Zeir Anpin, vers l'aspect de l'encens; c'est-a-dire que, par le service et les restrictions, il parviendra a l'aspect de l'encens.

Mais si l'homme se deploie selon son desir, alors la terre aussi fait ce qui lui appartient et se restreint d'elle-meme, car tel est son desir, selon ce qui est ecrit: (Alors la terre appaisera ses chabbats; tous les jours de sa desolation elle chabattera) (Levitique 26). Comme il est rapporte dans le Torat Kohanim (Behoukotai 2), ce sujet est explique plus haut, paracha Noah, section 35.

Seulement, lorsque l'homme recoit graduellement le bien prepare pour sa part et attend son temps, il se maintient chez lui de longs jours et de longues annees, et il peut le supporter en proportion de la patience et des restrictions qu'il eut dans la reception du bien. Mais si l'homme se deploie et saisit ce bien d'un seul coup, il doit aussi recevoir d'un seul coup l'interruption de ce bien, ce qui n'est pas en son pouvoir; il s'aneantit de lui-meme.

C'est ce que nous trouvons dans la mitsva de la chemita: son sens est que l'homme se restreigne, dans le cycle de sept annees, pendant une annee, qu'il mange le produit de son champ graduellement, avec restriction et interruption, afin de ne pas saisir le bien d'un seul coup; ainsi il pourra se maintenir dans son champ pour toujours. Lorsqu'ils transgresserent cette mitsva, ils devinrent passibles de l'exil de soixante-dix ans, en regard des annees de chemita, comme il est ecrit dans Behoukotai: (Alors la terre appaisera ses chabbats), et comme il est rapporte dans le Torat Kohanim.

Ce ne fut pas a titre de punition, mais cela leur vint de leurs propres mains: puisqu'ils n'avaient pas accorde de pauses a la reception du bien et avaient mange d'un seul coup toutes les annees des semailles, ils devaient desormais recevoir les annees d'interruption et de chemita. C'est pourquoi, lorsqu'ils mirent Joseph le juste dans la fosse - lui dont l'attribut est de se restreindre en toutes choses -, la terre commenca elle aussi a se restreindre.

Comme ce fut le cas a la generation du deluge, ainsi fut-il dans cette famine, et les versets se correspondent. Que dit-on de cette famine?

(Toute la terre d'Egypte eut faim) (Genese 41), puis il est encore ecrit: (La famine etait sur toute la face de la terre). (Toute la terre d'Egypte eut faim) correspond au verset: (Les eaux grandirent et se multiplierent beaucoup sur la terre) (Genese 7).

(La famine etait sur toute la face de la terre) correspond au verset: (Les eaux grandirent [...] et couvrirent toutes les hautes montagnes) (ibid.). Les montagnes font allusion aux plus grandes forces, qui sont toutes les forces de la terre; or il est ecrit ici: (La famine etait sur toute la face de la terre), et nos sages, de memoire benie, ont explique (Midrach Rabba, Miketz 91) qu'il s'agit des riches, qui ont une grande fortune provenant des forces de ce monde.

Puisqu'ils n'avaient pas voulu se restreindre eux-memes dans ces forces, les forces se restreignirent elles-memes, et toute leur fortune et tous leurs biens disparurent.

וזה היה טעות יוסף הצדיק מתחלה שראה בחלומו הראשון (וישב לז) והנה אנחנו מאלמים אלמים, זה מרמז על קטורת קטירו דכלא. ובחלום השני ראה (שם) והנה השמש וגו' משתחוים לי, זה מרמז על אור ברור.

וזהו דכתיב (תהילים ק״ה:י״ז) לעבד נמכר יוסף וגו' עד עת בא דברו אמרת ה' צרפתהו, שהבין אח"כ שמהנכון להסתיר זאת התקיפות מרזא דקטורת, שהם הכחות מקדושה שנטבע באדם משרשו. ולזה קרא אח"כ בניו אשר נולדו לו (מקץ מא) את שם הראשון קרא מנשה כי נשני אלהים את כל עמלי ואת כל בית אבי, היינו התקיפות שנמצא בו משרשו, ואת שם השני קרא אפרים כי הפרני אלהים וגו', היינו אחר שהאדם מצמצם את עצמו מצדו, אזי מאיר לו השי"ת אח"ז גודל אהבתו שבחר בו משרשולטכמו שביאר במי השלוח ח"ב פרשת מקץ ד"ה ויקרא יוסף:

ושם אפרים על ראותו בטוב, וזה נקרא הפרני שנרחב לבו, כדכתיב ונתון אתו על כל ארץ מצרים. וזה הפרני אלהים בארץ עניי שעל ידי שסבל זכה להטובה, והכיר טובה גם בהסבלנות..

וזהו ומתק רעהו מעצת נפש, היינו מי שהשי"ת אוהב אותו יורהו וילמדהו שהוא יצמצם את עצמו מצדו בהדרגה, ואח"ז יבא לגודל האהבה שמשורש. וכמו שמצינו בשלמה המלך ע"ה, שכל שפע נבואתו היה בגודל אהבה וקראו השי"ת בני, הורהו השי"ת עצת נפש, שילך בדרך משפט וישמור מצותיו לצמצם את עצמו ועי"ז יתרומם קרנו מאדמכדכתיב במשלי (כז):

חכם בני ושמח לבי ואשיבה חרפי דבר. ואיתא על זה בגמרא עירובין (כא:):

אמר רב יהודה אמר שמואל, בשעה שתיקן שלמה עירובין ונטילת ידים, יצתה בת קול ואמרה וכו' ואומר חכם בני ושמח לבי ואשיבה חרפי דבר. ושם באותו פרק נאמר:

שמן וקטרת ישמח לב ומתק רעהו מעצת נפש.. ובדברי תורה ג"כ נמצא בחינת שמן וקטורת, וצריך להמשיך אור ברור לתוך מעשה המצות בכדי שיהיו כל ההשפעות בהדרגה.

ושלשה אורות הם, נר שבת ונר חנוכה ונרות שהדליקו במנורה הקדושה, ובכולם המצוה שתהא שלהבת עולה מאליה. והענין בזה, כדאיתא בש"ס (פסחים ח.) החילוק בין נר לאבוקה, ושם ממשיל אורם של צדיקים נגד אור השכינה כנר בפני אבוקה, ומחלק שם בין נר לאבוקה האי בעית והאי לא בעית האי משיך נהוריה וזה מקטף אקטופי.

ולהבדלה אמרו שאבוקה הוא מצוה מן המובחר, והוא כי הבדלה מורה שיבדל האדם ממה שנדמה לו בשבוע העבר על עניני עוה"ז שמותר לו להתפשט בהם, ויגער בעצמו שלא להתפשט בהם, שגערה הוא אחד מעשרה דברים שהעולם נברא בהם כדאיתא בש"ס (חגיגה יב), והעולם נשתכלל במוצאי שבת, וכדי שלא יתפשטו בגודל זרם, לזה צריך להאיר אז באור השכינה שנמשל לאבוקהמאכמבואר במי השלוח ח"ב (קו.): לכן במוצאי שבת מבדילין שלא יתערב קדושת השבת מה שכבר נקבע בימי החול שיכול חלילה להפסיד הכל לכן מבדילין, שמורה ששבוע העבר כבר נשלם ועתה מתחיל עסק חדש..

אבל בשאר הימים, צריך האדם מתחלה להאיר מצדו באור בשר ודם ע"י צמצומיו שימשך נהורא ושלא יהיה מקטף אקטופי ולא בעיתמבבית יעקב הכולל פרשת מקץ ד"ה ויהי מקץ [ב].:

Telle fut d'abord l'erreur de Joseph le juste. Dans son premier reve, il vit: (Voici que nous liions des gerbes) (Genese 37); cela fait allusion a l'encens, le lien de tout.

Dans le second reve, il vit: (Voici que le soleil), etc., (se prosterne devant moi) (ibid.); cela fait allusion a une lumiere claire. C'est ce qui est ecrit: (Joseph fut vendu comme esclave [...] jusqu'au temps ou vint sa parole; la parole du Nom l'eprouva) (Psaumes 105,17-19).

Il comprit ensuite qu'il convient de cacher cette force, qui releve du secret de l'encens: les forces de saintete implantees en l'homme depuis sa racine. C'est pourquoi il nomma ensuite ses fils qui lui naquirent: (Il donna au premier le nom de Manasse, car Elokim m'a fait oublier toute ma peine et toute la maison de mon pere) (Genese 41); c'est-a-dire la force qui se trouve en lui depuis sa racine.

Et il donna au second le nom d'Ephraim: (Car Elokim m'a rendu fecond), etc.; c'est-a-dire qu'apres que l'homme se restreint de son propre cote, le Nom lui eclaire ensuite la grandeur de Son amour, par lequel Il l'a choisi depuis sa racine. Ainsi qu'il est explique dans Mei ha-Chiloah, II, paracha Miketz, debut de (Et Joseph nomma): le nom d'Ephraim vient de ce qu'il vit le bien; cela s'appelle (Il m'a rendu fecond), car son cœur s'elargit, comme il est ecrit: (Il le mit sur toute la terre d'Egypte).

(Elokim m'a rendu fecond dans le pays de mon affliction): par la souffrance il merita le bien, et il reconnut aussi le bien dans la patience. Tel est le sens de (La douceur de son prochain vient du conseil de l'ame): celui que le Nom aime, Il l'instruit et lui enseigne a se restreindre graduellement de son propre cote; ensuite il parvient a la grandeur de l'amour qui vient de la racine.

Ainsi trouvons-nous chez le roi Salomon, que la paix soit sur lui: toute l'abondance de sa prophetie etait dans la grandeur de l'amour, et le Nom l'appela (Mon fils). Le Nom lui enseigna le conseil de l'ame: marcher dans la voie du jugement et garder Ses commandements, se restreindre, et par cela sa puissance s'eleverait beaucoup.

Comme il est ecrit dans les Proverbes (27): (Sois sage, mon fils, et rejouis mon cœur, afin que je reponde a celui qui m'outrage). A ce sujet, il est dit dans la Guemara (Erouvin 21b): Rabbi Yehouda a dit au nom de Samuel: lorsque Salomon institua les erouv et le lavage des mains, une voix celeste sortit et dit, etc., puis: (Sois sage, mon fils, et rejouis mon cœur, afin que je reponde a celui qui m'outrage).

Et dans ce meme chapitre il est dit: (L'huile et l'encens rejouissent le cœur, et la douceur de son prochain vient du conseil de l'ame). Dans les paroles de Torah aussi se trouvent les aspects de l'huile et de l'encens; il faut attirer une lumiere claire dans l'accomplissement des mitsvot, afin que toutes les influences viennent graduellement.

Il y a trois lumieres: la lampe de Chabbat, la lampe de 'Hanouka et les lampes qu'on allumait dans la Menorah sainte; pour toutes, la mitsva est que la flamme monte d'elle-meme. Le sujet est celui qui est rapporte dans le Talmud (Pessahim 8a), de la difference entre la lampe et la torche.

La-bas, ils comparent la lumiere des justes a la lumiere de la Chekhina, comme une lampe devant une torche, et distinguent entre la lampe et la torche: (האי בעית והאי לא בעית, האי משיך נהוריה וזה מקטף אקטופי) - l'une requiert [une attention] et l'autre non; l'une attire sa lumiere et l'autre la projette par bonds. Pour la Havdalah, ils ont dit qu'une torche est une mitsva accomplie de la meilleure maniere.

Car la Havdalah indique que l'homme se separe de ce qu'il s'etait imagine, durant la semaine ecoulee, au sujet des affaires de ce monde dans lesquelles il lui semblait permis de se deployer; il se reprend pour ne pas s'y deployer. Or la reprimande est l'une des dix choses par lesquelles le monde fut cree, comme il est rapporte dans le Talmud (Haguiga 12a), et le monde fut acheve a l'issue de Chabbat.

Afin qu'ils ne se deployent pas dans un grand courant, il faut alors eclairer de la lumiere de la Chekhina, qui est comparee a une torche. Comme il est explique dans Mei ha-Chiloah, II (p.

106): a l'issue de Chabbat, on fait la Havdalah afin que la saintete de Chabbat ne se mele pas aux jours profanes, ou elle est deja fixee, car on pourrait, a Dieu ne plaise, tout perdre; c'est pourquoi on fait la Havdalah, pour indiquer que la semaine ecoulee est achevee et qu'une nouvelle occupation commence a present. Mais les autres jours, l'homme doit d'abord eclairer de son propre cote par une lumiere humaine, au moyen de ses restrictions, afin que la lumiere se prolonge, qu'elle ne soit pas (מקטף אקטופי), et qu'elle ne soit pas (לא בעית), comme explique dans Beth Yaakov ha-Kolel, paracha Miketz, debut de (Et il arriva au terme) [2].

En bref

« Pharaon rêvait » (Berechit 41,1). Dans le Zohar, Rabbi Elazar ouvre : « Vivant est Hachem et béni soit mon Rocher, et que soit exalté l'Elokim de mon salut ». Pour le Beit Yaakov, l'homme ne doit s'appuyer que sur le Saint, béni soit-Il : telle est l'essence de la vie, et les paroles de Torah sans vêtements sont l'essence de la joie et de la vie. Après s'être éprouvé, il peut avoir confiance dans l'action de son corps ; D.ieu l'élève ensuite afin qu'il comprenne l'intention des mitsvot, dont la profondeur reste incompréhensible. Les rêves de Pharaon font allusion à tout l'ordre de la conduite, depuis les mondes détruits jusqu'au monde du tikoun (réparation).

Aussi : les rêves de Yaakov puis ceux de Yosef, à l'inverse ; chacun des mondes détruits dit « je régnerai », et leur cri bâtit le tikoun ; le déluge laisse un rechimou (trace), eux n'en laissent aucun

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. בזוה"ק (מקץ קצג:) רבי אלעזר פתח ואמר חי ה' וברוך צורי וירום אלהי ישעי וכו' האי קרא אית לאסתכלא ביה, חי ה' דא צדיקא יסודא דעלמא דאקרי חי עלמין.

וברוך צורי דא הוא דכתיב ברוך ה' צורי ודא עלמא דאתקיים עליה צדיקא דא. וירום אלהי ישעי וירום דא עלמא עלאה וכו'.

חי ה' היינו שלא ישען האדם על שום פעולה, אף על מעשה המצות לא יסמוך רק על השי"ת, שזהו עיקר החיים. כי אם יסמוך על מעשה המצוה אין זה עיקר החיים, כי בעוה"ז סובל האדם ממעשה המצות, כדאיתא בש"ס (ברכות יז.) אלופינו בתורה ומסובלים במצוות, שדומות על האדם כמשא, ואין זה עיקר החיים, כי החי נושא את עצמו ואינו למשא.

אכן הד"ת עצמם בלי לבושין הם עיקר השמחה והחייםמגענין זה מבואר בכמה מקומות בספרי רבוה"ק ומקורו במי השלוח ח"ב פרשת בא ד"ה והיה לאות [א]: שבהתחלה שאדם מתחיל במעשה המצות ועבודה ואינו מרגיש בהם שום טעם וכדאיתא בגמ' (ברכות יז.) מסובלים במצות.

ובתפארת יוסף ראש השנה ד"ה וידעת היום: דהנה בהתחלה, שאדם הולך לקיים את המצות מעשיות, הם כמשא כבד על האדם, כדאיתא בש"ס (ברכות יז.) אלופינו מסובלים, מסובלים במצות וכו'.

כי באם לא יכיר את הד"ת הנלבש בזאת הפעולה, אז הוא כמשא כבד על האדם, כמו שכתיב (במדבר ז׳:ט׳) עבודת הקודש עליהם בכתף ישאו. שנצטוו הלוים לשאת את הארון.

ואף כי מי שהעמיק היה רואה מפורש שהארון נשא את נושאיו, ועל הלבוש נצטוו לשאת את הארון. כן ממש בכל המצות שנדמה לו לאדם קודם שמעמיק לראות את הד"ת הנמצא בהם, נדמה לו שסובל מהם וכו'.

וזה שתיקן יהושע בהתחלה עלינו לשבח, היינו שמוטל עלינו להעמיק ולראות האור הד"ת הנמצא בכל אלו הלבושים. ואח"כ כשבא אדם על הכרה הזאת לראות ולהכיר הד"ת הנמצאים בלבושי ומעשה המצות, סיים, וידעת היום והשבות אל לבבך כי ד' הוא האלהים.

והיינו שמכיר שד' הוא האלהים, ששם הוי' נמצא בכל אלו הלבושים בשמים ממעל ועל הארץ מתחת אין עוד. עיין עוד סוד ישרים שמחת תורה אות סג, סד, לעיל פ' וירא אות ה, אות כו, פ' וישלח אות א, לקמן פ' ויחי אות ה ד"ה עשות, בית יעקב ויקרא פרשת צו אות א..

וברוך צורי היינו אח"ז שהאדם יברר את עצמו שאין לו מבטח ומשען רק בהשי"ת לבדו, אזי יוכל אח"כ לבטוח אף על פעולה ומעשה הטוב שנעשים שלא ע"י שליח רק בגופו, כענין דאיתא בש"ס (מ"ק ט:) כתיב יקרה היא מפנינים וכל חפציך לא ישוו בה, הא חפצי שמים ישוו בה, וכתיב כל חפצים לא ישוו בה דאפילו חפצי שמים לא ישוו בה, לא קשיא כאן במצוה שאפשר לעשותה ע"י אחרים כאן במצוה שאי אפשר לעשותה ע"י אחרים. וירום אלהי ישעי היינו אחר כל זה ירים השי"ת את האדם ללמעלה וינשאהו, שיבין המכוון שיש להשי"ת בפעולות מעשה המצות, למה אינם מובנים לאדם כמו ד"ת שאין תלויין בפעולה.

כי אף אחר כל טעמי המצות שנתנו חכז"ל עכ"ז אין עומקם מובן, כי אם היה מובן עומקם אזי לא היה צורך להפעולה מהמצוה רק די היה בהכונה לבד. אמנם האמת הוא שבכח השי"ת לפתוח האור ממצות תפלין ומזוזה שיהיו כמו פרשה בתורה, אכן שעל ידי פעולה ממעשה המצוה יוכל אדם להגיע למעלה מכח השגתו (וכמש"נ בפ' וישב אות ה ד"ה ולהבין, אות יג ד"ה וכן)מדמבואר בספר עין התכלת דף תי"ט וזה לשונו:

אכן אמת עומק יקרת מעשה המצוה, היא גבוה מכל הכוונות, ואף להיחידים שידעו בטעמי המצות מכל מקום המעשה גבוה יותר מהכוונה, שאי אפשר להגיע עד עומק תכליתם, ורק בהמעשה נכללו כל הכוונות, ואפילו העושה מצוה בלא כוונה עומד נוכח הש"י ואומר ברוך אתה שקדשנו במצותיו שכן צונו. ועל כוונה היותר גבוה ועמוקה אינו רשאי לברך.

וכן הובא במי השלוח ח"ב פ' משפטים ד"ה ויקח: כי באמת כל עניני תורה ומצות אין דעת האדם משגת לעומק הכונה, כי באם היה יכול האדם להשיג עומק השורש אזי היה די בכונה לבד בלי פעולה, אכן לפי שאין דעת האדם משגת, לכן צריך האדם לפעולות שעל ידם יגמור עומק האור בלב האדם שאף שלא מדעתו נקבע אח"כ בו קדושה.

ועיין בית יעקב שמות פרשת תרומה אות ה [ב] ד"ה והענין.. והענין שפתח בזוה"ק זו הפתיחה בזו הפרשה, כי מפרשת ויצא התחילה ההנהגה על ידי חלומות, שם נאמרו חלומותיו של יעקב אבינו שחלם לו בד"ת (ויצא כח) וירא והנה סלם וגו' והנה ה' נצב עליו, שהראה לו השי"ת שכל פמליא של מעלה ומרכבה עלאה נצבים עליו.

וממילא חלם לו אח"ז חלום השני, שאמר לו המלאך (שם לא) שא נא עיניך וראה כל העתדים העולים על הצאן וגו', היינו שכל כחות הבריאה מסכימים לבא לגבול ישראל וכל עניני עוה"ז לא נבראו רק בשבילו, והוא כדכתיב (תהילים קמ״ח:א׳-ב׳) הללו את ה' מן השמים הללוהו במרומים וגו' הללו את ה' מן הארץ, שמתחלה ההלול הוא מן השמים וממילא הוא אח"כ הלול מן הארץ. ובפ' וישב הם חלומותיו של יוסף הצדיק, והם בהפך מסדר החלומות של יעקב אבינו ע"ה.

שחלום הראשון היה (וישב לז) והנה אנחנו מאלמים אלמים והנה תסבינה אלמותיכם ותשתחוין לאלמתי, שכל עניני עוה"ז נכנעים וכפופים תחתיו, שמוכרחים לבחינת צדיק. ואח"ז חלם לו (שם) והנה השמש והירח ואחד עשר כוכבים משתחוים לי, שאף כל הצבא מעלה כפופים תחתיו וצריכין לבחינת צדיק.

ובסוף הפרשה נאמרו חלומות שר המשקים ושר האופים, שמרמזין על גלותן של ישראלמהכדאיתא בזוהר הקדוש (וישב קצב.): והנה שלשה סלי חרי על ראשי, כדין ידע יוסף דאתבשר על חריבו דבי מקדשא, וישראל בגלותא דיתגלון מארעא קדישא.

עיי"ש כל העניין.. ובזו הפרשה הם חלומות פרעה, שמרמזין על כל סדר הנהגה שמתחלה ועד עתה, שהיה הקב"ה בונה עולמות ומחריבן עד שברא עולם הזה שהוא עולם התיקון, כדאיתא במד"ר (בראשית ט):

"Et il arriva, au terme de deux annees de jours, que Pharaon revait..." (Genese 41,1). Dans le saint Zohar (Miketz 193b), Rabbi Elazar ouvrit et dit : "Vivant est ה' et beni soit mon Rocher, et que soit exalte l'Elokim de mon salut..." Ce verset demande examen.

"Vivant est ה'", c'est le juste, fondement du monde, appele "Vie des mondes". "Beni soit mon Rocher", c'est ce qui est ecrit : "Beni soit ה', mon Rocher" ; c'est le monde sur lequel ce juste se tient.

"Que soit exalte l'Elokim de mon salut" : "qu'il soit exalte", c'est le monde superieur... "Vivant est ה'" signifie que l'homme ne doit s'appuyer sur aucune action : il ne doit pas meme prendre appui sur l'acte des mitsvot (commandements), mais seulement sur le Saint, beni soit-Il ; telle est l'essence de la vie.

Car s'il s'appuie sur l'acte de la mitsva, ce n'est pas l'essence de la vie. En effet, dans ce monde-ci l'homme peine sous l'acte des mitsvot, comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 17a) : "Nos chefs sont dans la Torah et nous sommes charges de mitsvot" ; elles sont pour l'homme comme un fardeau.

Or ce n'est pas l'essence de la vie, car le vivant se porte lui-meme et n'est pas un fardeau. Mais les paroles de Torah elles-memes, sans vetements, sont l'essence de la joie et de la vie.

[Cette idee est expliquee en plusieurs endroits dans les livres de nos saints maitres, et sa source est Mei HaShiloah II, parachat Bo, s.v. Vehaya Leot : au commencement, lorsqu'un homme commence les actes des mitsvot et le service, il n'y ressent aucun gout, comme il est dit dans la Guemara (Berakhot 17a) : "charges de mitsvot".

Et dans Tiferet Yosef, Roch Hachana, s.v. Veyadata Hayom : au commencement, lorsque l'homme va accomplir les mitsvot pratiques, elles sont pour lui un lourd fardeau, comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 17a) : "Nos chefs sont charges", charges de mitsvot, etc.

Car s'il ne reconnait pas les paroles de Torah revetues dans cette action, elle est pour lui un lourd fardeau, comme il est ecrit : "Le service sacre est sur eux ; ils le porteront sur l'epaule" (Nombres 7,9), car les Levites recurent l'ordre de porter l'Arche. Pourtant, celui qui approfondissait voyait clairement que l'Arche portait ceux qui la portaient ; et c'est a l'egard du vetement qu'ils recurent l'ordre de porter l'Arche.

Il en va exactement ainsi de toutes les mitsvot : avant qu'il n'approfondisse pour voir les paroles de Torah qui s'y trouvent, l'homme s'imagine qu'il les porte, etc. C'est ce que Yehoshoua institua au commencement de "Alenou lechabeah" : il nous incombe d'approfondir et de voir la lumiere des paroles de Torah presente dans tous ces vetements.

Puis, quand l'homme parvient a cette reconnaissance, voit et reconnait les paroles de Torah presentes dans les vetements et les actes des mitsvot, il conclut : "Et sache aujourd'hui et ramene-le a ton cœur : que ה' est l'Elokim" (Deuteronome 4,39). C'est-a-dire qu'il reconnait que ה' est l'Elokim, que le Nom הוי' est dans tous ces vetements, "dans les cieux en haut et sur la terre en bas, il n'y en a pas d'autre".

Voir encore Sod Yesharim, Simhat Torah, par. 63-64 ; ci-dessus, Vayera, par.

5 et 26 ; Vayichlah, par. 1 ; ci-dessous, Vayehi, par.

5, s.v. Assot ; Beit Yaakov, Vayikra, parachat Tsav, par.

1.] "Beni soit mon Rocher" signifie qu'apres que l'homme s'est eprouve et a clarifie qu'il n'a ni assurance ni appui sinon dans le Saint, beni soit-Il, seul, il peut ensuite avoir confiance meme dans l'action et le bon acte accomplis non par un emissaire mais par son corps, comme il est dit dans le Talmud (Moed Katan 9a) : il est ecrit : "Elle est plus precieuse que les perles, et tous tes desirs ne l'egalent pas" ; on en deduit que les desirs du Ciel l'egalent. Or il est ecrit : "Aucun desir ne l'egale", meme les desirs du Ciel ne l'egalent pas.

Ce n'est pas une difficulte : ici, il s'agit d'une mitsva qui peut etre faite par d'autres ; ici, d'une mitsva qui ne peut etre faite par d'autres. "Que soit exalte l'Elokim de mon salut" signifie qu'apres tout cela le Saint, beni soit-Il, elevera l'homme et le portera plus haut, afin qu'il comprenne l'intention que le Saint, beni soit-Il, a dans les actions des actes des mitsvot : pourquoi elles ne sont pas intelligibles a l'homme comme les paroles de Torah qui ne dependent pas d'une action.

Car, meme apres tous les motifs des mitsvot donnes par nos sages de memoire benie, leur profondeur reste incomprehensible. Si leur profondeur etait comprise, l'action de la mitsva ne serait pas necessaire, et la seule intention suffirait.

Mais la verite est que le Saint, beni soit-Il, peut ouvrir la lumiere des mitsvot des tefilin et de la mezouza afin qu'elles soient comme une paracha de la Torah ; cependant, par l'action de l'acte de la mitsva, l'homme peut parvenir au-dela de la force de sa comprehension (comme il est explique dans Vayechev, par. 5, s.v.

Oulehavin, et par. 13, s.v.

Vekhen). [Il est expose dans le livre Ein HaTekhelet, p.

419 : "Mais en verite, la profondeur de la valeur de l'acte de la mitsva est plus elevee que toutes les intentions. Meme pour les individus qui connaissent les raisons des mitsvot, l'acte est neanmoins plus eleve que l'intention, car on ne peut atteindre la profondeur de leur finalite ; seules dans l'acte sont incluses toutes les intentions.

Meme celui qui accomplit une mitsva sans intention se tient devant le Saint, beni soit-Il, et dit : 'Beni sois-Tu, qui nous as sanctifies par Ses mitsvot et nous as ordonne ainsi.' Mais il n'est pas permis de benir sur l'intention la plus haute et la plus profonde." Ainsi est-il aussi rapporte dans Mei HaShiloah II, parachat Michpatim, s.v. Vayikah : "En verite, l'intelligence humaine n'atteint pas la profondeur de l'intention de tous les sujets de Torah et mitsvot.

Si l'homme pouvait atteindre la profondeur de la racine, la seule intention suffirait, sans action. Mais puisque l'intelligence de l'homme ne l'atteint pas, il lui faut des actions, par lesquelles s'acheve dans son cœur la profondeur de la lumiere ; meme sans qu'il le sache, la saintete est ensuite fixee en lui." Voir Beit Yaakov, Chemot, parachat Terouma, par.

5, s.v. Veha'inyan.] L'idee de cette ouverture du saint Zohar dans cette paracha est la suivante.

Depuis la paracha de Vayetse commenca la conduite par les reves. La furent dits les reves de notre pere Yaakov, qui lui revait en paroles de Torah (Vayetse 28) : "Et voici une echelle... et voici que ה' se tenait sur elle" ; le Saint, beni soit-Il, lui montra que toute la cour celeste et le char superieur se tenaient sur lui.

Il eut donc ensuite le second reve, ou l'ange lui dit (ibid., 31) : "Leve donc tes yeux et vois tous les boucs qui montent sur le troupeau..." ; c'est-a-dire que toutes les forces de la creation consentent a venir dans la limite d'Israel, et que toutes les affaires de ce monde-ci n'ont ete creees que pour lui. C'est ce qui est ecrit : "Louez ה' depuis les cieux, louez-Le dans les hauteurs...

Louez ה' depuis la terre" (Psaumes 148,1-2) : la louange vient d'abord des cieux, et par elle vient ensuite la louange de la terre. Dans la paracha de Vayechev se trouvent les reves de Yosef le juste, et ils sont a l'inverse de l'ordre des reves de notre pere Yaakov, que la paix soit sur lui.

Son premier reve fut (Vayechev 37) : "Voici, nous liions des gerbes dans le champ, et voici que vos gerbes entouraient et se prosternaient devant ma gerbe" : toutes les affaires de ce monde-ci sont soumises et assujetties sous lui, car elles sont contraintes a l'aspect du juste. Il eut ensuite ce reve (ibid.) : "Voici, le soleil, la lune et onze etoiles se prosternent devant moi" : meme toute l'armee celeste lui est soumise et a besoin de l'aspect du juste.

A la fin de la paracha sont rapportes les reves du grand echanson et du grand panetier, qui font allusion a l'exil d'Israel. [Comme il est dit dans le saint Zohar (Vayechev 192b) : "Voici trois paniers ajoures sur ma tete" ; Yosef sut alors qu'il recevait l'annonce de la destruction du Temple et que les Israelites seraient exiles de la terre sainte.

Voir la-bas tout le sujet.] Dans cette paracha se trouvent les reves de Pharaon, qui font allusion a tout l'ordre de la conduite, depuis le commencement jusqu'a present : le Saint, beni soit-Il, construisait des mondes et les detruisait, jusqu'a ce qu'Il cree ce monde-ci, qui est le monde du tikoun (reparation), comme il est rapporte dans le Midrach Rabba (Genese 9) :

והוא שעלמין דאתחרבו נבראו בגודל חסד והתפשטות משרש הרצון שהוא בלי גבול, ועי"ז אמר כל אחד אני אמלוך, ובזה חלקו על כונת בריאת הצורת אדם, שיצמצם האדם את עצמו שלא להתפשט ביותר, וזה יהיה חלקם שיקנו לעצמם ביגיע כפיהם, והם לא עשו כן, לזה נתבטלו לגמרי ולא נשאר מהם כלום רק וימלך וימת. ואח"ז נבנה עולם התיקון, ובאמת גם זה היה לטובת הבריאה, שע"י העלמין דאתחרבו נבנה עולם התיקון בכדי שיקרא הבריאה על שם יגיע כפיהם, שמהצעקה שהיה לעלמין דאתחרבו, כי נשאתני ותשליכני, נבנה עולם התיקון.

וזה הוא שנאמר בבריאת עולם (בראשית ב׳:ו׳) ואד יעלה מן הארץ, היינו ע"י הצעקה והשברון שהיה לעלמין דאתחרבו, התעורר ונתעלה אתערותא ומיין נוקבין, שיחשב בריאת העולם על שם הבריאה, שע"י צעקתה התעוררה רצון שיברא העולם מחדשמוכדאיתא בירושלמי מסכת תענית (פ"ב ה"א): אמר רבי שמעון בן לקיש, כתיב ואד יעלה מן הארץ, עלה שבר מלמטן מיד הגשמים יורדים., וזה הוא עולם התיקון שאמר השי"ת יתהון לא הניין לי דין הניין לי, כדאיתא במדרש (רבה בראשית ט) א"ר אבהו מכאן שהיה הקב"ה בונה עולמות ומחריבן וכו' עד שברא את אלו אמר דין הניין לי יתהון לא הניין לימזעיין הרחבת העניין לעיל פרשת נח אות ב ד"ה וגמר, אות ה ד"ה ויש מי, לקמן פרשה זו אות יח, תפארת יוסף פרשת נח ד"ה ויולד.:

Ces mondes qui furent detruits (עלמין דאתחרבו) furent crees dans une grande bonte et une expansion issue de la racine de la volonte, qui est sans limite. Aussi chacun dit-il : "Je regnerai" ; ils contestaient par la l'intention de la creation de la forme humaine : que l'homme se restreigne lui-meme afin de ne pas s'etendre outre mesure, et telle serait leur part, qu'ils acquerraient pour eux-memes par le labeur de leurs mains.

Mais ils ne firent pas ainsi ; c'est pourquoi ils furent entierement annules, et il ne resta absolument rien d'eux, seulement : "Il regna et mourut". Apres cela fut construit le monde du tikoun.

En verite, cela aussi fut pour le bien de la creation : par les mondes qui furent detruits fut construit le monde du tikoun, afin que la creation soit appelee du nom du labeur de leurs mains. C'est du cri qu'eurent les mondes qui furent detruits, "Tu m'as souleve et Tu m'as jete", que fut construit le monde du tikoun.

C'est ce qui est dit de la creation du monde : "Une vapeur montait de la terre" (Genese 2,6) ; c'est-a-dire que, par le cri et le brisement qu'eurent les mondes qui furent detruits, s'eveillerent et monterent l'eveil d'en bas et les eaux feminines (mayin noukvin), pour que la creation du monde soit comptee au nom de la creation : par son cri s'eveilla la volonte de creer le monde a nouveau. [Comme il est dit dans le Talmud de Jerusalem, Traite Ta'anit (2,1) : Rabbi Chimon ben Lakich dit : il est ecrit : "Une vapeur montait de la terre" ; une brisure monte d'en bas, et aussitot les pluies descendent.] Tel est le monde du tikoun, dont le Saint, beni soit-Il, dit : "Ceux-la ne Me plaisent pas, ceux-ci Me plaisent", comme il est rapporte dans le Midrach (Bereshit Rabba 9) : Rabbi Abahou dit : d'ici que le Saint, beni soit-Il, construisait des mondes et les detruisait, etc., jusqu'a ce qu'Il crea ceux-ci et dit : "Ceux-ci Me plaisent, ceux-la ne Me plaisent pas".

[Voir l'elargissement de cette idee ci-dessus, parachat Noah, par. 2, s.v.

Vegamar, par. 5, s.v.

Veyech Mi ; ci-dessous, dans cette paracha, par. 18 ; Tiferet Yosef, parachat Noah, s.v.

Vayoled.]

ואח"ז בימי נח הוצרך העולם שוב לזריעה, ובא המבול ושטף את כל ולא נשאר בהם אחד, ואף שנח נשאר בחיים, אבל גם הוא נחשב כאלו לא היה אז בעולם, וכדאיתא בזוה"ק (נח סד:) בטופנא כל עלמא שצי וכל אינון דאשתכחו בעלמא ואי תימא נח ודעמיה סתים מעינא הוה דלא אתחזי וכו'מחכמבואר לעיל פרשת נח אות יט: ושורש הענין בזו ההסתרה הוא, שכל אותה שנה ביטל נח את עצמו מכל הוייתו וכח החיים שלו, עד שלא נחשב חי, רק כעובר בבטן אמו, שאין לו חיים בפני עצמו רק כל חיותו נכלל באמו.

ועיקר חפצו ותאותו של העובר נמשך מרצון השי"ת בלבד. עד"ז היה נח מבטל עצמו כל אותו זמן שהיה סגור בתיבה, שמסר כל חיותו ורצונו וכח הפעולה שלו להשי"ת, שהוא ינהיגו כעובר בבטן אמו שאין לו כלל חיים ורצון בפני עצמו..

אכן שמדור המבול נשאר רשימו בעולם, לא כמעלמין דאתחרבו שלא נשאר מהם שארית ורשימו, אבל מהם נשאר רשימו כדוגמת הזרע שזורעין בארץ, שנשאר תמיד הקורט שעי"ז תצמח תבואת הארץ. וכן היה דור המבול שנטהרו בהשקה, כמו מים שנטמאו שמשיקין אותם במקורם ונטהרין, והוא מפני שהיה להם איזה חלק וקנין בהבריאה, לכן נשאר מהם רשימו, שכל עיקר כונת הש"י בבריאת הצורת אדם, שיצמצם את עצמו וימסור את נפשו להשי"ת ויבטל רצונו מפני רצון השי"ת, כן לעומת זה יחזיר לו השי"ת את נפשו ויבטל רצון אחרים מפני רצונו, וזה הוא חלק האדם וקנינו מאחר שבדמים קננהו, וכדאיתא בזוה"ק ובתיקוני הזהר (תקון כב) מי יעלה לנו השמימה ר"ת מילה וס"ת יקו"ק, היינו שע"י הצמצומים יקנה לעצמו הויה שלא יתבטל.

ואח"ז אמר השי"ת לנח (נח ח) ולא אוסיף עוד להכות את כל חי כאשר עשיתי, היינו שלא יהיה עוד אף ביטול כזה שהיה בדור המבול, שכל הבריאה נתבטלה ולא נשאר ממנה רק זריעה שיברא מהם עולם מחדש, והיו כמו השקה שמשיקין מים למקורם ונטהרים בזה, לא יהיה עוד כזאת, ומכ"ש ביטול וחירוב כעלמין דאתחרבו לא יהיה עוד בעולם:

Apres cela, aux jours de Noah, le monde eut de nouveau besoin d'etre ensemence ; le deluge vint et engloutit tout, et il n'en resta pas un seul. Bien que Noah demeurat en vie, lui aussi etait considere comme s'il n'avait pas alors ete dans le monde, comme il est dit dans le saint Zohar (Noah 64b) : "Dans le deluge, le monde entier fut detruit, ainsi que tous ceux qui s'y trouvaient ; et si tu dis : Noah et ceux qui etaient avec lui, ils etaient caches au regard et ne se voyaient pas..." [Ainsi qu'il est explique ci-dessus, parachat Noah, par.

19 : la racine de cette dissimulation est que, toute cette annee, Noah s'annula de tout son etre et de sa force vitale, jusqu'a n'etre pas considere vivant, mais comme un foetus dans le ventre de sa mere, qui n'a pas de vie propre et dont toute la vie est incluse dans sa mere. Le desir principal et l'aspiration du foetus proviennent seulement de la volonte du Saint, beni soit-Il.

Ainsi Noah s'annulait-il pendant tout le temps ou il fut enferme dans l'arche : il remit au Saint, beni soit-Il, toute sa vitalite, sa volonte et sa force d'action, afin qu'Il le conduise comme un foetus dans le ventre de sa mere, sans aucune vie ni volonte propre.] Cependant, de la generation du deluge il demeura un rechimou (trace) dans le monde, non comme des mondes qui furent detruits, dont il ne demeura ni reste ni trace. D'eux, au contraire, subsista un rechimou, a l'image de la semence que l'on plante dans la terre : il reste toujours le grain par lequel pousse la recolte de la terre.

Ainsi fut la generation du deluge : elle fut purifiee par contact des eaux, comme des eaux devenues impures que l'on met en contact avec leur source et qui sont purifiees. Cela est du au fait qu'ils avaient quelque part et quelque acquisition dans la creation ; c'est pourquoi il demeura d'eux un rechimou.

Car toute l'intention du Saint, beni soit-Il, dans la creation de la forme humaine est que l'homme se restreigne lui-meme, remette son ame au Saint, beni soit-Il, et annule sa volonte devant la volonte du Saint, beni soit-Il. De meme, en retour, le Saint, beni soit-Il, lui rendra son ame et annulera la volonte des autres devant sa volonte.

Telle est la part et l'acquisition de l'homme, puisqu'il l'a acquise a prix de sang. Comme il est dit dans le saint Zohar et dans les Tikounei Zohar (Tikoun 22), "Qui montera pour nous aux cieux ?" (מי יעלה לנו השמימה) : les initiales forment "circoncision" (מילה), et les lettres finales יקו"ק ; c'est-a-dire que, par les restrictions, il acquiert pour lui-meme une existence qui ne sera pas annulee.

Apres cela le Saint, beni soit-Il, dit a Noah (Noah 8) : "Je ne recommencerai plus a frapper tout vivant comme J'ai fait" ; c'est-a-dire qu'il n'y aura plus meme une telle annulation que celle de la generation du deluge, ou toute la creation fut annulee et il ne resta d'elle qu'une semence par laquelle un monde serait cree a nouveau. Ils etaient comme des eaux que l'on met en contact avec leur source et qui sont ainsi purifiees ; il n'y en aura plus de semblable.

A plus forte raison, il n'y aura plus dans le monde annulation et destruction comme celles des mondes qui furent detruits.

En bref

Ce passage poursuit : le monde du tikoun n'est pas encore pleinement adouci jusqu'à Yaakov, totalité d'Israël, qui l'édifie afin qu'aucune âme d'Israël ne soit anéantie sans reste ni rechimou (empreinte). Selon le Beit Yaakov, dès Yaakov nulle âme particulière d'Israël n'est anéantie ; Yosef le juste n'est que caché, et sans sa lumière les tribus ne passent pas leur force à l'acte. Il raccorde les mondes par le Yesod (fondement) et le tsimtsoum (contraction) par lequel l'abondance descend. Les rêves de Pharaon indiquent l'ordre des mondes détruits jusqu'au tikoun ; le conseil d'enfouir l'abondance pour la famine n'est révélé que par Yosef, et la circoncision ouvre cette contraction.

Aussi : le repentir et la punition pour le désir présent ; les soixante-dix princes qui donnent gratuitement, contre le bien demandé par la prière ; les deux années de Yosef et la confiance en Hachem seul

אכן אחכ"ז עוד לא נתבסם עולם התיקון בשלימות, ואף שכל הבריאה לא תתבטל עוד, אמנם מאחר שנפש אחת תוכל להתבטל לגמרי שלא ישאר ממנה שום רשימו, אם כן אין זה עולם התיקון בשלימות. עד שבא יעקב אבינו ע"ה בעולם, שהוא כלל כל ישראל, מאז נתבסם ונבנה עולם התיקון בשלימות, שלא תתבטל שום נפש ישראל שלא ישאר ממנה שארית ורשימו בעולם, וכדאיתא (זוהר משפטים ק:) אפילו הבלא דפומא אתר ודוכתא אית ליה וקוב"ה עביד מינה מה דעביד.

ואף אמנם אם יאונה ח"ו לאדם שיחטא ואשם, ואח"ז יתחרט על אשר עשה ויתודה על אשר עשה ויברר את עצמו אח"כ וימסור נפשו להש"י, אזי ימחול לו השי"ת על עונו ולא יזכרהו עוד, כי מאחר שהשי"ת צוה לעמו ישראל (קדושים יט) לא תקום ולא תטור, משמע מזה שכן הוא מדת השי"ת שאינו נוקם ונוטר, אכן כל עונש החטא הוא כל זמן שעוד נקבע בו כח הרע וקשה לו להתברר וליטהרמטמבואר גם לעיל פרשת נח אות י: איך חייבה התורה עונש להאדם על עבירה שעבר הלא כתיב לא תקום ולא תטור.

אלא שבודאי השי"ת אינו מעניש על מה שעבר רק על ההוה, על מעשיו שבאותה שעה. שכיון שנתקלקל האדם ונשתרש בחטא, אז הוא מועד ועלול לחטוא כל שעה, ועונשין אותו על עומק לבו שנמצא בו כעת חשק לחטוא בהוה.

וכדאיתא בתדב"א אל ידאג אדם מעבירות שעשה אפילו במזיד, אלא שנפתח פתח לפניו לעשות כמה עבירות. היינו שנקבע שורש החטא בגופו ונקל לו לעבור עוד.

ולכן מועיל התשובה אם מקבל על עצמו בכל לבו שלא לחטוא עוד., אבל כאשר יזכה להתברר וימסור נפשו להש"י, אזי יטהר בהשקה כגוונא דמים שנטהרים בהשקה כשמשיקים אותם במקורם במקוה. וכל זו ההנהגה היא מחכמת השי"ת, שבזה חפצה גם הבריאה שתקנה לעצמה ביגיע כפיה שלא יהיה נהמא דכסופא.

אבל השבעים שרים הם בהיפך מזה, שהם ירצו ליתן רק בחנם בלא אגרא, וכענין דאיתא בזוה"ק (תרומה קכח.) כל מאן דבעי לאשתדלא לאעברא מניה רוח מסאבא וכו' ההוא עבודא דבעי לאשתדלא ביה בעי למקני ליה באגר שלים וכו' בגין דרוח מסאבא איהו אזדמן תדיר במגנא ובריקניא ואזדבן בלא אגרא וכו' וכדאיתא בהאר"י הק'. כי אם לא היה אף בהם רק מה שיקנה אדם ביגיע כפיו, א"כ מה בין מה שהשי"ת משפיע ובין ההשפעה שנשפעה על ידיהםנכמבואר לעיל פרשת חיי אות כט:

שטבע הסט"א הוא להשפיע וליתן טובה בחנם, בכדי שלא יקרא על שם האדם שביגיע כפיו זכה לזו הטובה, וכענין דאיתא בזוה"ק (תרומה קכח.) בגין דרוח מסאבא איהו אזדמן תדיר במגנא ובריקניא ואזדבן בלא אגרא וכו'. והוא מפני שאינם רוצים בשורש טובת האדם אשר ייטב לו בזה ובבא.

אבל מסטרא דקדושה לא נשפע טוב רק ע"י תפלה, שיבקש מתחלה מהשי"ת על זו הטובה, ואז ינתן לו. וזה הוא מנדיבות חסדי הש"י, שחפץ ומצפה לטובת הבריאה, שייטב לו שיקרא הטובה על שם האדם, שביגיע כפיו זכה להטובה ע"י התפלה שהתפלל להשי"ת עליה.:

En effet, apres cela encore le monde du tikoun ne fut pas pleinement adouci. Bien que toute la creation ne doive plus jamais etre aneantie, puisqu'une seule ame peut etre entierement aneantie, sans qu'il en demeure aucune trace ni rechimou (empreinte), ce n'est pas encore le monde du tikoun dans sa plenitude.

Jusqu'a ce que notre pere Yaakov, de memoire benie, vienne dans le monde, lui qui est la totalite d'Israel: des lors le monde du tikoun fut adouci et edifie dans sa plenitude, de sorte qu'aucune ame d'Israel ne soit aneantie sans qu'il en demeure un reste et une rechimou dans le monde. Comme il est rapporte (Zohar, Michpatim 100a): Meme le souffle de la bouche a son site et son lieu, et le Saint, beni soit-Il, en fait ce qu'Il en fait.

Et meme si, a D.ieu ne plaise, il arrive a un homme de fauter et de se rendre coupable, puis qu'il regrette ce qu'il a fait, confesse ce qu'il a fait, se clarifie ensuite et livre son ame a ה', alors ה' lui pardonnera sa faute et ne s'en souviendra plus. Car puisque ה' a ordonne a Son peuple Israel: Tu ne te vengeras point et tu ne garderas point rancune (Levitique 19), il en ressort que telle est aussi la mesure de ה': Il ne se venge pas et ne garde pas rancune.

Mais toute la punition de la faute ne dure que tant que la puissance du mal demeure fixee en lui et qu'il lui est difficile de se clarifier et de se purifier. Cela est aussi explique plus haut, paracha Noa'h, paragraphe 10: comment la Torah peut-elle rendre l'homme passible d'une peine pour une transgression commise, puisqu'il est ecrit: Tu ne te vengeras point et tu ne garderas point rancune?

Mais assurment, ה' ne punit pas pour ce qui est passe, seulement pour le present, pour ses actes de cet instant. Car, lorsque l'homme s'est corrompu et que la faute a pris racine en lui, il est predispose et susceptible de fauter a tout instant; on le punit pour la profondeur de son cœur, ou se trouve a present le desir de fauter dans le present.

Comme il est rapporte dans le Tanna deBei Eliyahou: Qu'un homme ne se preoccupe pas des transgressions qu'il a commises, meme volontairement, mais de ce qu'une porte s'est ouverte devant lui pour commettre plusieurs transgressions. Cela signifie que la racine de la faute est fixee dans son corps et qu'il lui est facile de transgresser encore.

C'est pourquoi le repentir est efficace s'il prend sur lui de tout son cœur de ne plus fauter. Mais lorsqu'il meritera de se clarifier et de livrer son ame a ה', il se purifiera par hachaka (contact), a la maniere des eaux qui se purifient par contact lorsqu'on les met en contact avec leur source dans le mikveh.

Toute cette conduite provient de la sagesse de ה', car la creation elle-meme desire ainsi acquerir pour elle-meme par le labeur de ses mains, afin qu'il n'y ait pas de pain de honte. Mais les soixante-dix princes sont a l'inverse de cela: ils veulent donner gratuitement, sans salaire.

Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Terouma 128a): Quiconque veut s'efforcer d'ecarter de lui l'esprit d'impurete... doit acquerir, par un salaire entier, le travail auquel il veut s'appliquer... car l'esprit d'impurete se trouve toujours gratuitement et pour rien, et s'achete sans salaire... Ainsi que l'enseigne le saint Ari.

Car si, chez eux aussi, il n'y avait que ce que l'homme acquiert par le labeur de ses mains, quelle difference y aurait-il entre ce que dispense ה' et l'influence dispensee par leur entremise? Il est explique plus haut, paracha Hayye Sarah, paragraphe 29, que la nature de la sitra ahara (autre cote) est de dispenser et donner gratuitement un bien, afin que ce bien ne soit pas appele au nom de l'homme, comme un bien auquel il a merite par le labeur de ses mains.

Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Terouma 128a): car l'esprit d'impurete se trouve toujours gratuitement et pour rien, et s'achete sans salaire... Cela vient de ce qu'ils ne veulent pas le bien essentiel de l'homme, qu'il lui soit bon ici-bas et dans le monde a venir.

Mais du cote de la saintete, aucun bien n'est dispense que par la priere: qu'il demande d'abord a ה' ce bien, et il lui sera alors donne. Cela est de la generosite des bontes de ה', qui desire et attend le bien de la creation: qu'il lui soit bon, et que le bien soit appele au nom de l'homme, puisqu'il a merite ce bien par le labeur de ses mains, grace a la priere qu'il a adressee a ה' a son sujet.

אמנם מיעקב אבינו ע"ה ואילך התחיל עולם התיקון בשלימות, שמאז והלאה לא נתבטלה נפש פרטי מישראל. ואף שהיתה מכירת יוסף הצדיק, אבל רק נעלם מהם ולא נתבטל לגמרי, וכאשר נעלם מהם יוסף הצדיק חשך העולם, כי מדתו הוא אור.

אמנם לא נתמעט כח השבטים בעומק ע"י הסתרתו, אך שלא היו יכולים להוציא כחם אל הפועל בלא אור יוסף הצדיק. כי אור עצמו, אף שאינו נראה טובה עצמית ממנה.

מאחר שע"י האור יוכל האדם להגיע לכל הטובות ממילא היא טובה עצמית, לכן כל השבטים נכנעים וכפופים לו, שכן ראה בחלומו שכל הצבא מעלה וצבא מטה השתחוו לו, מפני שהוא המזווג ומקשר ומחבר כל העולמות שישפיעו שפעת טובה לישראל. שמדת יוסף הצדיק הוא כי כל בשמים ובארץ, ומתרגמינן דאחיד בשמיא וארעא, ולזה אי אפשר להגיע לשום טובה בלא אור, וכדאיתא בזוה"ק (מקץ קצו:) ויקראו לפניו אברך קשירו דאתקשר שמשא בסיהרא וכלא כרעין לקבל אתר דאנאעיין לעיל פרשת וישב אות כג:

הענין בזה, דהנה אלו השני חלומות של יוסף היו צודקים, מפני שכל הברואים וכל העולמות צריכין למדת יוסף הצדיק שעל ידה מתעלים ומעלים זה את זה. ונתבאר היטב בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת וישב ד"ה והנה אנחנו:

ענין החלומות שסיפר יוסף לאחיו הם רומזין להמחלוקת, שהיה בדעתם כי יוסף אמר להם שהוא העיקר, שמאחר שמדתו מדת היסוד, שנקרא כל, דאחיד בשמיא ובארעא, כי עיקר מדתו הוא הצמצום, שידע האדם שאין בכחו לפעול מאומה, וכאשר יצמצם כחו יראה שהוא רק צינור שעל ידו ירד שפע מהש"י לתוך כלל הבריאה בכל מיני גווני שפע, וכמו שנאמר ליעקב, אני אל שדי פרה ורבה, שכל מיני הולדות הם דרך מדת היסוד. כי כל הולדות הם ע"י צמצום וכו', וכן בשפע זרע האדם היורה כחץ הוא נקלט, וכל מה שיורד ביותר צמצום הוא מעורר יותר כח הצמיחה וכו'.

ולכן אמר להם יוסף, שהוא יסוד כל כוללות גבולי אלכסון ושורש שבטי י"ק, וזאת מורה חלומותיו, והנה קמה אלומתי וגם נצבה והנה תסבינה אלומותיכם ותשתחוין לאלומתי, וההשתחויה היינו שהוא עליון עליהם ומקיפם באורו וכדאיתא ברעיא מהימנא פנחס (רמב:).. לכן כשנעלם זה האור מבין השבטים, נתגבר החשך וירד יהודה מאת אחיו ונסתר מהם יחוסן ותקיפותןנבמבואר העניין לעיל פרשת וישב אות יז עיי"ש..

ואף מיוסף עצמו נסתר בטחונו, עד שבקש משר המשקים שיזכרהו, ועי"ז נתוספו לו עוד שתי שנים ואח"ז נגאלנגוכדאיתא במדרש רבה וארא (פרשה ז): אתה מוצא, לא היה יוסף ראוי לינתן בבית האסורים אלא י' שנים, מפני שהוציא דיבה על י' אחיו.

ועל ידי שאמר לשר המשקים כי אם זכרתני אתך והזכרתני אל פרעה, ניתוסף לו עוד שתי שנים, שנאמר ויהי מקץ שנתים ימים. ועיין לקמן פרשה זו אות יא בהרחבת העניין..

והוא כענין דאיתא (שבת קיח:) אלמלא משמרין ישראל שתי שבתות מיד היו נגאלים. ושתי שבתות מרמזים על חי ה' וברוך צורי, שמתחלה לא יבטח אדם את עצמו אף במעשה המצות רק בהשי"ת לבד, זה מרמז חי ה' וכנ"ל, ואח"ז כשיהיה אדם מבורר בזה אזי יוכל להשען אף על פעולת מעשה המצוה, וזהו וברוך צורי.

ולזה כאשר בקש יוסף משר המשקים שיזכרהו לפני פרעה, שנראה כאלו בטח בו וסמך עליו, הוצרך להתברר באלו השנים שבאמת היה כל בטחונו רק בחי ה' וברוך צורי, וזהו שנתוספו לו שתי שנים. ועל חלום שר המשקים פתר יוסף הצדיק שבעוד שלשת ימים ישיב אותו פרעה על כנו.

והוא, כי שר המשקים מרמז על שמחה שלא בהדרגה, ומכל השמחות יכניס השי"ת לקדושה, כדאיתא בש"ס (מגילה ו) ועקרון כיבוסי אלו תראטריות וקרקסיות שבאדום שעתידין שרי יהודה ללמד בהן תורה ברבים. ואת שר האופים תלה, היינו שבעיקר כח החיים שלהם הוצרך לברר את עצמו למעלה מתפיסת זה העולם, עד שלא נשאר לו שום חיים בעוה"ז.

כי משרש החיים שלהם, אף שהכל נברא לכבוד שמים אבל לא בלבוש הזה שהוא כעת ביניהם, ולכן נתלה, שזה רומז שכל גבול תפיסתו אבד, ומה שיכנס מזה לקדושה הוא למעלה מכח תפיסתו ואין לו חלק בזה, וכן הוא הטעם שכל הנסקלין נתלין, וכמש"נ במקומו בפ' תצאנדוכמו שנתבאר במי השלוח ח"ב פרשת תצוה ד"ה ואתה וזה לשון קדשו: סקילה היא נגד סובל את עולמו, כי זה חטא עד שאין לו מקום בעולם, ולכן כל הנסקלין נתלין מפני שאין לו מקום בעוה"ז לכן נתלה באויר.:

Cependant, a partir de notre pere Yaakov, de memoire benie, le monde du tikoun commenca dans sa plenitude: des lors, aucune ame particuliere d'Israel ne fut aneantie. Bien qu'il y ait eu la vente de Yosef le juste, il fut seulement cache a leurs yeux et non entierement aneanti.

Lorsque Yosef le juste fut cache a leurs yeux, le monde s'obscurcit, car sa qualite est la lumiere. Pourtant, la force des tribus ne diminua pas dans sa profondeur par son occultation; seulement, elles ne pouvaient faire passer leur force a l'acte sans la lumiere de Yosef le juste.

Car la lumiere elle-meme, bien qu'elle ne semble pas etre un bien propre, est un bien propre puisque, par elle, l'homme peut parvenir a tous les biens. C'est pourquoi toutes les tribus lui sont soumises et assujetties.

Ainsi vit-il dans son reve que toute l'armee d'en haut et l'armee d'en bas se prosternerent devant lui, car il est celui qui unit, lie et raccorde tous les mondes afin qu'ils dispensent une abondance de bien a Israel. La qualite de Yosef le juste est: tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, que le Targoum traduit: qui tient les cieux et la terre.

Il est donc impossible de parvenir a quelque bien que ce soit sans lumiere. Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Miketz 196b): Ils crierent devant lui: Avrekh, le lien par lequel le soleil est lie a la lune, et tous les genoux se ploient devant le lieu ou je suis.

Voir plus haut, paracha Vayechhev, paragraphe 23: ces deux reves de Yosef etaient veridiques, car toutes les creatures et tous les mondes ont besoin de la qualite de Yosef le juste, par laquelle ils s'elevent et s'elevent mutuellement. Cela est bien explique dans Sod Yesharim sur la Torah, manuscrit autographe, paracha Vayechhev, commencant par Et voici, nous: les reves que Yosef raconta a ses freres font allusion a la controverse.

Ils pensaient que Yosef leur disait qu'il etait l'essentiel, puisque sa qualite est celle du Yesod (fondement), appele kol, qui tient les cieux et la terre. Car l'essentiel de sa qualite est le tsimtsoum (contraction): l'homme sait qu'il n'a pas la force d'accomplir quoi que ce soit; et lorsqu'il contracte sa force, il voit qu'il n'est qu'un conduit par lequel une abondance descend de ה' dans toute la creation, sous toutes les sortes d'abondance.

Ainsi fut-il dit a Yaakov: Je suis El Chaddai, sois fecond et multiplie-toi, car toutes les generations passent par la qualite du Yesod. Toute generation est en effet par contraction..., et de meme l'abondance de la semence de l'homme, qui jaillit comme une fleche, est recue; et tout ce qui descend avec une contraction plus grande eveille davantage la force de la pousse....

Yosef leur dit donc qu'il est le fondement de toute l'inclusion des limites diagonales et la racine des tribus י'ק; ses reves l'indiquent: Voici que ma gerbe se leva et se tint debout; voici que vos gerbes l'entourerent et se prosternerent devant ma gerbe. Cette prosternation signifie qu'il est au-dessus d'eux et les environne de sa lumiere, comme il est dit dans le Raya Mehemna, Pinhas (242b).

Aussi, lorsque cette lumiere fut cachee du milieu des tribus, l'obscurite s'intensifia, Yehouda descendit d'aupres de ses freres, et leur ascendance et leur force leur furent voilees. Voir l'explication plus haut, paracha Vayechhev, paragraphe 17.

Meme la confiance de Yosef fut voilee a ses propres yeux, jusqu'a ce qu'il demande au maitre echanson de se souvenir de lui; de ce fait, deux annees lui furent ajoutees, puis il fut delivre. Ainsi qu'il est dit dans le Midrach Rabba, Vaera (paracha 7): Yosef n'aurait du rester en prison que dix ans, pour avoir calomnie ses dix freres.

Mais parce qu'il dit au maitre echanson: Si seulement tu te souvenais de moi aupres de toi et me mentionnais a Pharaon, deux annees lui furent ajoutees, ainsi qu'il est dit: Et il arriva, au terme de deux annees completes (Genese 41,1). Voir plus loin dans cette paracha, paragraphe 11, pour un developpement.

Cela rejoint ce qui est dit (Chabbat 118b): Si Israel gardait deux Chabbats, il serait aussitot delivre. Les deux Chabbats font allusion a חי ה' וברוך צורי: d'abord, l'homme ne doit avoir confiance en lui-meme, meme dans l'acte des mitsvot, qu'en ה' seul; cela est indique par חי ה', comme plus haut.

Puis, lorsqu'il sera clarifie en cela, il pourra aussi s'appuyer sur l'action de l'acte de la mitsva; tel est וברוך צורי. Aussi, lorsque Yosef demanda au maitre echanson de se souvenir de lui devant Pharaon, ce qui semblait indiquer qu'il avait confiance en lui et s'appuyait sur lui, il dut etre clarifie pendant ces annees, que toute sa confiance etait veritablement seulement dans חי ה' וברוך צורי.

C'est pourquoi deux annees lui furent ajoutees. Yosef le juste interpreta le reve du maitre echanson en disant que, dans trois jours, Pharaon le retablirait dans sa charge.

Car le maitre echanson fait allusion a une joie sans progression; et de toutes les joies, ה' fera entrer dans la saintete. Ainsi qu'il est dit dans le Talmud (Meguila 6a): Ekron, c'est Caesarea; ce sont les theatres et les cirques d'Edom, ou les princes de Yehouda enseigneront un jour la Torah en public.

Mais il pendit le maitre panetier: c'est-a-dire que, dans la force essentielle de leur vie, il lui fallut se clarifier au-dessus de la saisie de ce monde, jusqu'a ce qu'il ne lui reste aucune vie dans ce monde-ci. Car a la racine de leur vie, bien que tout ait ete cree pour la gloire du Ciel, ce n'est pas sous ce vetement qui est a present parmi eux.

C'est pourquoi il fut pendu: cela indique que toute limite de sa saisie fut perdue; ce qui en entrera dans la saintete sera au-dessus de sa force de saisie, et il n'y aura aucune part. C'est aussi la raison pour laquelle tous ceux qui sont lapides sont pendus, comme cela est explique a son endroit dans la paracha Tetsave.

Ainsi est-il explique dans Mei ha-Chiloa'h, tome II, paracha Tetsave, commencant par Et toi: la lapidation correspond a Celui qui supporte Son monde; celui-ci a faute au point de n'avoir plus de place dans le monde. C'est pourquoi tous ceux qui sont lapides sont pendus: puisqu'il n'a pas de place dans ce monde-ci, il est suspendu dans l'air.

וזהו שפסלו חכמז"ל בשבת (שבת כא.) פתילות ושמנים שהאור מסכסך בהן ואין נמשכין אחר הפתילה, היינו מה שהוא בלא הדרגה, וצריך אח"כ לדלג ולברר שלשעבר היה טוב ימנע האדם את עצמו מזה, כי צריך להיות נמשך תמיד אחר הפתילה בהדרגה. ובחלומות פרעה נרמז כל סדר ההנהגה מעלמין דאתחרבו ומעולם התיקון.

חלום הפרות מורה על עלמין דאתחרבו, שלא היה בהם צורת אדם שיצמצם את עצמו, ונחרבו עד שלא נשאר מהם אף זריעה, ולזה נאמר בהו (מקץ מא) ולא נודע כי באו אל קרבנה ומראיהן רע כאשר בתחלה. וחלום השבלים לא היה עוד בעסק גוף החיים רק בפרנסת האדם, וזה מורה שגוף צורת האדם לא נתבטל, ולכן לא נאמר בהשבלים ולא נודע כי באו.

וכאשר שמע יוסף את החלומות הבין אותם על בוריין, וידע סדר החלומות עד שלא רצה לסמוך את עצמו על מאמר פרעה שרצה להפוך לו את הסדר, כדאיתא בתנחומא (מקץ) ובזוה"ק (מקץ קצו.) פרעה בעא לנסאה ליה ליוסף ואחלף ליה חלמא ויוסף בגין דהוה ידע דרגין אסתכל בכל מלה ומלה ואמר כך חמיתא וכו'. והוא מפני שידע והבין סדר החלומות על אמיתתן, שמתחלה היה העסק בגוף החיים ואח"כ בצמצומי צרכי האדם, שיברר את עצמו ע"י השני רעב.

ולזה אמרו בזוה"ק (שם קצד:) שאני למלכים דאחזיין לון מלין עלאין וכו' שבזה החלום מרומז כל סדר הבריאה, לזה לא היה אף אחד מחכמי יועצי פרעה שיפתור החלום, מפני שלא היה להם שום הבנה בו, עד שכאשר אמר יוסף לפרעה שיטמין משני השבע לשני הרעב, אמר פרעה על זה, הנמצא כזה איש אשר רוח אלהים בו. ולכאורה יפלא זה, מי הוא שאין לו הבנה זו להכין מימי השבע לימי הרעב.

אכן מאחר שיוסף הצדיק היה נסתר אז, לזה לא היה בכח אנושי שיצמצם את עצמו משובע לרעב, מפני שלא היה עולם בשלימות תיקונו, ורק ע"י יוסף הצדיק נתגלה זו העצה ומבלעדו לא היה נמצא זאת בשכל שום אדם, ולזה אמר פרעה אליו מאחר שנתגלה לך זו העצה משמע שרוח אלהים בך. וסדר הצמצום הוא, מתחלה צריך אדם לצמצם את עצמו במילה, וכענין דאיתא בתיקוני הזוהר (תקון כב) מי יעלה לנו השמימה ר"ת מילה וס"ת הוי"ה, וזה הוא שאמר יוסף למצריים לכו ומולו עצמכם כדאיתא בתנחומא (מקץ), והיינו שאח"ז יוכלו לצמצם את עצמם עוד יותר משובע לרעב ולא ירקב ויפסד, אבל קודם שמלו לא הועיל להם מה שהטמינו באוצרות, מאחר שהיה להם חסרון בשרש מדת יוסף הצדיק ועיקר הצמצום לא היה בהםנהלעיל פרשה זו אות ד, לקמן פרשה זו אות לא, לב.:

C'est pourquoi nos Sages, de memoire benie, ont disqualifie, pour Chabbat (Chabbat 21a), les meches et les huiles dont la flamme gresille et qui ne sont pas attirees par la meche: cela designe ce qui est sans progression. Lorsqu'il faut ensuite sauter et clarifier que ce qui precedait etait bon, l'homme doit s'en retenir, car il doit toujours etre attire apres la meche, par progression.

Dans les reves de Pharaon est indique tout l'ordre de la conduite, depuis les mondes detruits jusqu'au monde du tikoun. Le reve des vaches indique les mondes detruits, ou il n'y avait pas de forme d'homme qui se contracte lui-meme; ils furent detruits jusqu'a ce qu'il ne reste d'eux aucune semence.

C'est pourquoi il est dit a leur sujet: On ne reconnut pas qu'elles etaient entrees dans leur ventre, et leur apparence etait mauvaise comme au commencement (Genese 41). Le reve des epis ne concernait plus le corps meme de la vie, mais seulement la subsistance de l'homme.

Cela indique que le corps de la forme de l'homme ne fut pas aneanti; c'est pourquoi il n'est pas dit des epis: On ne reconnut pas qu'ils etaient entres. Lorsque Yosef entendit les reves, il les comprit parfaitement et connut leur ordre, au point qu'il ne voulut pas s'en remettre a l'enonce de Pharaon, qui voulait en inverser l'ordre.

Ainsi qu'il est rapporte dans le Tan'houma (Miketz) et dans le saint Zohar (Miketz 196b): Pharaon voulut eprouver Yosef et lui changea le reve; mais Yosef, parce qu'il connaissait les degres, examina chaque mot et dit: C'est ainsi que tu as vu.... Car il connaissait et comprenait l'ordre veritable des reves: d'abord l'affaire du corps de la vie, puis les contractions des besoins de l'homme, afin qu'il se clarifie par les deux famines.

C'est pourquoi il est dit dans le saint Zohar (ibid. 194b): Il en va autrement des rois, auxquels sont montrees des paroles superieures..., car dans ce reve est indique tout l'ordre de la creation.

Aussi aucun des sages conseillers de Pharaon ne pouvait resoudre le reve, parce qu'ils n'en avaient aucune intelligence. Jusqu'a ce que Yosef dise a Pharaon d'enfouir des deux abondances pour les deux famines, Pharaon dit alors: Trouverons-nous un homme tel que celui-ci, en qui est l'esprit d'Elokim?

Or cela semble etonnant: qui ne comprendrait pas qu'il faut preparer, des jours d'abondance, pour les jours de famine? Mais puisque Yosef le juste etait alors cache, la force humaine ne pouvait se contracter de l'abondance a la famine, car le monde n'etait pas dans la plenitude de son tikoun.

C'est seulement par Yosef le juste que ce conseil fut revele, et sans lui il ne se serait trouve dans l'intelligence de personne. C'est pourquoi Pharaon lui dit: Puisque ce conseil t'a ete revele, il s'ensuit que l'esprit d'Elokim est en toi.

L'ordre de la contraction est le suivant: l'homme doit d'abord se contracter lui-meme par la circoncision, comme il est dit dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 22): מי יעלה לנו השמימה, dont les initiales forment מילה et les lettres finales, ה'. C'est ce que Yosef dit aux Egyptiens: Allez, circoncisez-vous, ainsi qu'il est rapporte dans le Tan'houma (Miketz).

C'est-a-dire qu'apres cela ils pourront se contracter encore davantage, de l'abondance a la famine, et ne pourriront ni ne se gateront. Mais avant qu'ils ne fussent circoncis, ce qu'ils avaient entasse dans les greniers ne leur servait pas, car il leur manquait la racine de la qualite de Yosef le juste et la contraction essentielle n'etait pas en eux.

Voir plus haut dans cette paracha, paragraphe 4, et plus loin dans cette paracha, paragraphes 31 et 32.

En bref

« Et il arriva au bout de deux années de jours » : le Beit Yaakov lit « Vivant est Hachem, béni soit mon Rocher » (Tehilim 18,47). « Vivant est Hachem » se trouve dans le cœur d'Israël, qui sait qu'Il sonde les cœurs ; seul celui qui abandonne tous ses vouloirs, même en profondeur, peut le dire. « Béni soit mon Rocher » : D.ieu ajoute constamment du bien, intérieur au Chabbat, ramifié aux jours profanes. Les « deux années de jours » font allusion à ces deux jours ; le rêve montre les vaches puis les épis, et Joseph le tsadik connaît l'ordre des degrés, de la racine de la vie au vêtement.

Aussi : Balaam s'imagine tromper le Saint, béni soit-Il, par ses paroles extérieures ; prier pour la famine et supporter la peste ; se contracter dans ce monde-ci pour une part de vitalité aux jours de famine du monde à venir

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. חי ה' וברוך צורי וירום אלהי ישעי (תהילים י״ח:מ״ז).

חי ה', היינו במקום שנראה מפורש שהשי"ת חי, כי לפעמים אין נראה מפורש ח"ו איך שהשי"ת חי, כגוונא דכתיב (תהלים עח) ויפתוהו בפיהם, וכדאיתא בזוה"ק (בא לג.) ותסיתני לבלעו לא כתיב אלא ותסיתני בו, ביה קיימא בדעתיה דאיהו חשיב דהא תסיתני כמה דאמר ועל עצת רשעים הופעת כגוונא דא ויפתוהו בפיהם ובלשונם יכזבו לו. ויפתוהו ויכזבו לו לא כתיב אלא ויפתוהו בפיהם.

בפיהם קיימא מלה דא דהא אתפתה. וכענין דכתיב (תהילים צ״ד:ז׳) ויאמרו לא יראה י"ה ולא יבין אלהי יעקב, שמכחיש השגחת השי"ת ואומר שאין הקב"ה רואה מה שנמצא בלב האדם, ואצלו אין השי"ת נקרא בשם חי.

והיכן הוא חי ה' בלב ישראל, כמה דאמרינן (קדושא דסדרא) וחיי עולם נטע בתוכנו, שיש להם מבינות שהשי"ת רואה מה הוא בלב האדם, וממילא לא יעלה על דעתם שיוכלו להטעות להשי"ת. וזו המדה לא נמצא רק בישראל, כי בעכו"ם מצינו שאף הגדול שבהם נדמה לו שיוכל להתלבש בלבוש שלא יראה השי"ת עומק לבו ויסכים עמו, כדכתיב בבלעם (במדבר כג) אם רע בעיניך אשובה לי, ואף שבאמת דעתו היה לילך עמהם ושנא את ישראל יותר מהם ובעומק לבו לא רצה לחזור, אכן מפני שידע שמדת השי"ת כן הוא, בטל רצונך מפני רצונו כדי שיבטל רצון אחרים מפני רצונך, שאם האדם יבטל דעתו וימסור כל רצונו להשי"ת אזי יוכל האדם אח"כ להתפשט עצמו והשי"ת יסכים עליו, מאחר שכל רצונו הוא רק לכבוד שמים, לזה אמר אם רע בעיניך אשובה לי, שבעומק לבו היה נוטר איבה ושנאה על ישראל, אך על הגוון אמר שאינו חפץ מצדו רק מה שהשי"ת חפץ בו, בכדי שיותר לו להתפשט את עצמו בזה אח"כ ויקלל את ישראל.

ולפי דעתו אין השי"ת נקרא חי ח"ו. ואף שהאמין שנמצא השי"ת שמושל בעולם, אבל הכחיש שהוא בוחן לבות בני אדם תמיד, ונדמה לו שהנהגת השי"ת הוא כמו מכונה מלאכתית המסובבת כפי הערכותיה, ולכן נדמה לו שכפי דבורו מהשפה ולחוץ כן ינהג עמו השי"תנווכמו שנתבאר במי השלוח ח"א פרשת שמיני ד"ה בגמל בענין סימני בהמות טמאות וזל"ק:

והארנבת מורה לעז פנים, שאף שרואה שאין בשורשו שום חיים כלל מ"מ ירצה שיפעול כרצונו וזהו חוצפה כלפי שמיא, כמו שנתבאר בבלעם הרשע, שאף שאמר לו הקב"ה לא תלך מ"מ התאמץ וזה הוא ראיה שיש חסרון בשורשו., ואף שהיה מגדולי נביאי העכו"ם מ"מ עלה בדעתו להטעות להשי"ת. והשיב לו המלאך (שם) לך עם האנשים ואפס את הדבר אשר אדבר אליך אותו תדבר, היינו שבאמת כן הוא המדה שלי, שבזה שאמרת שאין רצונך לילך אם אין רצוני בזה הנני נותן לך רשות לילך עמהם, אכן הלא גלוי לפני השי"ת שאין זה מעומק לבך, לזה אני נותן רסן בפיך ולא תוכל לדבר רק מה שאתן בפיך, שאם גם בעומק לבך לא היה רק מה שכבוד השי"ת הוא, אזי הייתי נותן לך רשות להתפשט כפי חשק לבך מאחר שלא היית חפץ רק מה שגם השי"ת חפץ, אכן מאחר שבעומק לבך לא כן הוא, לזה אין לך רשות לדבר מה שלבך חושק רק מה שאתן בפיך.

ועליו כוונו בש"ס (סנהדרין קה.) שחוצפא אפילו כלפי שמיא מהני כגוונא דבלעם, שהיה חפץ להטעות להשי"ת, ומצדו לא נקרא השי"ת חי ה'נזונתבאר בבית יעקב הכולל פרשת בלק ד"ה ויאמר אלהים: הנה פעם הראשון כשנראה אליו אלהים, ואמר לו לא תלך עמהם, דימה כי יקר כבודו בעיני השי"ת, מבלי להניחו לילך לדבר קטן.

אך כאשר נתראה אליו אלהים פעם שנית, אז הבין כי השי"ת אוהב את ישראל מעומק. ורצה לרמות את השי"ת שישיג השפעת נבואה, ואז יטה רצון השי"ת כאשר עם לבבו.

ועל זה נאמר, ויחר אף אלהים כי הולך הוא. כי הולך הוא, היינו שהלך בעקשות בדעה הזאת, ולא הבין כי השי"ת בוחן לבבות ומביט לכל פרט וכו'.

והנה על ידי שהשיג את השי"ת כי אינו מביט חס ושלום לעומק, על ידי זה נלקח ממנו כחו בנביאות וכו'.. רק האדם שעוזב כל רצונותיו באמת אף במעמקי לבו ואינו חפץ רק מה שיהיה בו כבוד שמים, כי יאמין בה' שעיניו פקוחות על כל דרכי איש ומשגיח מה נמצא בעומק לב בני אדם, מצדו נקרא השי"ת חי.

ובזה ניכר מה בין תלמידיו של בלעם הרשע לבין תלמידיו של אברהם אבינו ע"ה, שזו המדה הוא רק בישראל שיש להם זאת הידיעה, וכל כח התקיפות שלהם הוא שאין כח באדם להסתתר מדעת קונו, אבל בעכו"ם אין זאת הידיעהנחנתבאר בתפארת החנוכי על זהר פ' בא דף לג. ד"ה כגוונא:

כגוונא דא ויפתוהו בפיהם וכו' בפיהם קיימא מלה דהא אתפתה. העניין, כי כמו שנדמה בנפשו ההשגחה, ונדמה לו שיוכל לפתות, כן מציב לו השי"ת דמיון, שיתראה לו שפעל בפיתויו, אע"פ שלא היה בלב שלם.

ובמס' תענית (ח.) מחלק בין יחיד לצבור. היינו שהש"י מעיד על כלל ישראל שתוכם רצוף אהבה, וכל מה שלבם נוטה מדרך הטוב הוא רק על הלבוש.

כי בכלל ישראל אחד מברר את חבירו, כמבואר בכמה מקומות, ולכן אף שלכל פרט נדמה שמפתה רק בפיו, מ"מ מעיד הש"י שמתוך הכלל הוא מעומק הלב.:

"Et il arriva au bout de deux annees de jours, que Pharaon revait, etc." "Vivant est ה', beni soit mon Rocher, et que soit exalte le D.ieu de mon salut" (Psaumes 18,47). "Vivant est ה'", c'est-a-dire a l'endroit ou il apparait clairement que le Saint, beni soit-Il, est vivant.

Car parfois, a D.ieu ne plaise, il n'apparait pas clairement comment le Saint, beni soit-Il, est vivant, comme il est ecrit : "Ils Le seduisaient par leur bouche" (Psaumes 78). Et comme il est rapporte dans le Zohar (Bo 33a) : il n'est pas ecrit : "Tu M'as incite a l'engloutir", mais : "Tu M'as incite par lui".

Par lui, il se tenait en sa pensee, car il pensait : voila, Tu M'as incite, comme il est dit : "Sur le conseil des mechants Tu as paru" ; de la meme maniere : "Ils Le seduisaient par leur bouche et Le trompaient par leur langue". Il n'est pas ecrit : "Ils Le seduisaient et Le trompaient", mais : "Ils Le seduisaient par leur bouche".

Par leur bouche se tient cette parole, car Il a ete seduit. C'est ainsi qu'il est ecrit : "Ils disent : Yah ne voit pas, et le D.ieu de Yaakov ne comprend pas" (Psaumes 94,7) : il nie la Providence du Saint, beni soit-Il, et dit que le Saint, beni soit-Il, ne voit pas ce qui se trouve dans le cœur de l'homme ; pour lui, le Saint, beni soit-Il, n'est pas appele Vivant.

Et ou est-il : "Vivant est ה'" ? Dans le cœur d'Israel, comme nous le disons dans le Qedousha de-Sidra : "Il a plante en notre sein la vie eternelle" ; ils ont la comprehension que le Saint, beni soit-Il, voit ce qui est dans le cœur de l'homme, et par consequent il ne leur vient pas a l'esprit qu'ils pourraient tromper le Saint, beni soit-Il.

Cette qualite ne se trouve qu'en Israel. Chez les nations idolatres, nous voyons que meme le plus grand d'entre eux s'imagine pouvoir se revetir d'un vetement sous lequel le Saint, beni soit-Il, ne verra pas la profondeur de son cœur et consentira avec lui.

Ainsi est-il ecrit au sujet de Balaam : "Si cela est mauvais a Tes yeux, je retournerai chez moi" (Nombres 23). Or, en verite, son intention etait d'aller avec eux ; il haissait Israel plus qu'eux, et dans la profondeur de son cœur il ne voulait pas revenir.

Toutefois, parce qu'il savait que la mesure du Saint, beni soit-Il, est : "Annule ta volonte devant Sa volonte, afin qu'Il annule la volonte des autres devant ta volonte", car si l'homme annule son avis et remet toute sa volonte au Saint, beni soit-Il, il pourra ensuite se deployer lui-meme et le Saint, beni soit-Il, consentira avec lui, puisque tout son vouloir n'est que pour la gloire du Ciel ; c'est pourquoi il dit : "Si cela est mauvais a Tes yeux, je retournerai chez moi". Dans la profondeur de son cœur, il gardait rancune et haine envers Israel ; mais en apparence, il disait qu'il ne desirait, de son cote, que ce que le Saint, beni soit-Il, desirait, afin qu'il lui soit ensuite permis de se deployer en cela et de maudire Israel.

Selon son avis, a D.ieu ne plaise, le Saint, beni soit-Il, n'est pas appele Vivant. Certes, il croyait que le Saint, beni soit-Il, existe et gouverne le monde, mais il niait qu'Il sonde toujours les cœurs des hommes ; il s'imaginait que la conduite du Saint, beni soit-Il, est comme une machine construite qui tourne selon ses reglages.

Il s'imaginait donc que le Saint, beni soit-Il, se conduirait envers lui selon ses paroles exterieures. Cela est explique dans Mei ha-Shiloa'h, I, paracha Chemini, debut "ba-gamal", au sujet des signes des betes impures, en ces termes : "Le lievre indique l'effronterie : bien qu'il voie qu'il n'y a absolument aucune vie dans sa racine, il veut pourtant agir selon son vouloir ; c'est de l'insolence envers le Ciel, comme cela fut explique pour le mechant Balaam : bien que le Saint, beni soit-Il, lui ait dit : 'Tu n'iras pas', il s'efforca pourtant ; c'est la preuve qu'il y a un manque dans sa racine." Bien qu'il fut l'un des plus grands prophetes des nations idolatres, il lui monta a l'esprit de tromper le Saint, beni soit-Il.

L'ange lui repondit (ibid.) : "Va avec ces hommes, mais la parole que Je te dirai, celle-la tu diras". C'est-a-dire : telle est veritablement Ma mesure ; puisque tu as dit que tu ne desirais pas aller si telle n'etait pas Ma volonte, Je te donne permission d'aller avec eux.

Cependant, il est manifeste devant le Saint, beni soit-Il, que cela ne vient pas du fond de ton cœur ; c'est pourquoi Je mets un frein dans ta bouche et tu ne pourras dire que ce que Je mettrai dans ta bouche. Si, au fond de ton cœur aussi, tu n'avais voulu que ce qui fait la gloire du Saint, beni soit-Il, Je t'aurais permis de te deployer selon le desir de ton cœur, puisque tu ne desirais que ce que le Saint, beni soit-Il, desire aussi.

Mais puisqu'il n'en est pas ainsi dans la profondeur de ton cœur, tu n'as pas permission de dire ce que ton cœur desire, seulement ce que Je mettrai dans ta bouche. A son sujet, ils visaient dans le Talmud (Sanhedrin 105a) : "L'effronterie est efficace, meme envers le Ciel", a l'exemple de Balaam, qui voulait tromper le Saint, beni soit-Il ; de son cote, le Saint, beni soit-Il, n'etait pas appele "Vivant est ה'".

Cela est explique dans Beit Yaakov ha-Kolel, paracha Balaq, debut "Vayomer Elokim" : "Voici : la premiere fois que Elokim lui apparut et lui dit : 'Tu n'iras pas avec eux', il s'imagina que son honneur etait precieux aux yeux du Saint, beni soit-Il, qui ne le laissait pas aller pour une petite affaire. Mais lorsque Elokim lui apparut une seconde fois, il comprit alors que le Saint, beni soit-Il, aime Israel en profondeur.

Il voulut tromper le Saint, beni soit-Il, afin d'obtenir l'influx de prophetie ; il ferait alors pencher la volonte du Saint, beni soit-Il, selon son propre cœur. C'est a ce sujet qu'il est dit : 'La colere de Elokim s'enflamma parce qu'il allait'. 'Parce qu'il allait', c'est-a-dire qu'il alla avec obstination dans cette idee et ne comprit pas que le Saint, beni soit-Il, sonde les cœurs et regarde chaque detail, etc.

Et puisqu'il avait concu que le Saint, beni soit-Il, ne regardait pas, a D.ieu ne plaise, dans la profondeur, sa force prophetique lui fut enlevee, etc." Seul l'homme qui abandonne veritablement tous ses vouloirs, meme dans les profondeurs de son cœur, et ne desire que ce qui comportera la gloire du Ciel, parce qu'il croit en ה', dont les yeux sont ouverts sur toutes les voies de l'homme et qui observe ce qui se trouve dans la profondeur des cœurs humains, peut dire : "Vivant est ה'". Par cela se reconnait la difference entre les disciples du mechant Balaam et les disciples d'Abraham notre pere, sur lui la paix : cette qualite n'est qu'en Israel, qui possede cette connaissance ; toute la force de leur fermete vient de ce qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme de se cacher de la connaissance de son Createur.

Mais les nations idolatres n'ont pas cette connaissance. Cela est explique dans Tiferet ha-Hinoukhi sur le Zohar, paracha Bo, 33a, debut "ke-gavna" : "'De la meme maniere : Ils Le seduisaient par leur bouche', etc. 'Par leur bouche se tient cette parole, car Il a ete seduit.' Le sens est que, de meme que la Providence lui apparait a son esprit et qu'il s'imagine pouvoir seduire, de meme le Saint, beni soit-Il, lui place une apparence : il lui semble avoir agi par sa seduction, bien que son cœur ne fut pas entier.

Dans le traite Taanit (8a), une distinction est faite entre l'individu et la communaute. Cela signifie que le Saint, beni soit-Il, temoigne au sujet de l'ensemble d'Israel que leur interieur est tout rempli d'amour ; tout ecart de leur cœur hors de la bonne voie n'est qu'au niveau du vetement.

Car, dans l'ensemble d'Israel, l'un clarifie son compagnon, comme cela est explique en plusieurs endroits ; ainsi, bien que chaque individu s'imagine ne seduire que par sa bouche, le Saint, beni soit-Il, temoigne que, du fait de l'ensemble, cela vient de la profondeur du cœur."

וברוך צורי, היינו שידע האדם שהשי"ת מוסיף לו טובה תמיד כדכתיב (תהילים קמ״ה:ב׳) בכל יום אברכך ואהללה שמך לעולם ועד. מפני שהשי"ת מוסיף לאדם טובה תמיד, ואף אם נראה לפעמים שאין אז השפעת טובה, כגון בשבת שאסור לעבוד ולפעול שום דבר ולא נראה תוספותיו של הקב"ה, אבל באמת אז נותן השי"ת טובה בפנימיות, וכדאיתא בזוה"ק (יתרו פח.) מההוא יומא מתברכין יומין עלאין, וזה הוא שורש ומקור הברכה והטובות שנשפעים בששת ימי המעשה.

כי כל טובה שהשי"ת משפיע לעולם מתחלה הוא רק בפנימיות בדברי תורה, ואחר שתסתעף לעוה"ז ניכר גם בעניני עוה"ז השפעת טובת הש"י, וכדכתיב (חגי ב׳:ח׳) לי הכסף ולי הזהב, האם יתן השי"ת לאדם כסף וזהב ממש, אמנם השי"ת משפיע לאדם ד"ת יקרים, שבהסתעפותן עד העוה"ז ירויח גם כסף וזהב מעניני עוה"ז, וזה הוא דכתיב (תהלים סח) ברוך ה' יום יום וגו' יום השבת ויומין דחול. שבשבת משפיע השי"ת טובה לאדם בפנימיות בחיים, ובששת ימי המעשה מסתעפת על הלבושין וניכר אף בעניני עוה"ז השפעת טובת השי"תנטכמבואר לקמן פרשת ויחי אות ב:

אם תשיב משבת רגלך, כי בעת שנותן הש"י השפעת אור הוא נותן רק חיים פשוטים בלי שום לבוש, לזה יקח האדם ג"כ אז בלי שום לבוש ולא ילביש אותם בעסקים קטנים. וזהו, מעשות חפציך ביום קדשי, שלא יקטין האדם את עצמו לטרוד אז בעסקו.

כי בשבת נותן הש"י השפעה כללית, היינו רק בחיים, שאין עוד שום גוון ניכר להאדם, אף שהש"י יודע באיזה לבוש יתלבש בימי החול, אך להאדם אינו ניכר עדיין, כי כל ההתלבשות האור במדות הוא אח"כ בששת ימי המעשה שהאור מתלבש בחכמה ובגבורה וכדומה, אבל בשבת, הוא רק אור בהיר בלי שום לבוש, כדאיתא בזוה"ק (יתרו פח.) דההוא יומא מתברכאן מיניה כל שיתא יומין עלאין וכל חד וחד יהיב מזונא לתתא. היינו כי מתחלה מברך יומין עלאין בלי שום לבוש, ואח"כ בא בהתלבשות יומין תתאין..

ומי שמברר את עצמו באלו השנים חי ה' וברוך צורי, שתהיה לו זו ההכרה, אזי הוא וירום אלהי ישעי, שהשי"ת פונה עצמו אליו עם רוממות שידו יהיה על העליונה ולא יחוש לשום מקטרג, כי תמיד נמצאו מקטרגים שמקטרגים על האדם. אבל בהישועה שהשי"ת פונה לאדם, ירים אותו וינשאהו על כל המקטרגים ולא יחוש להם.

וזה הוא דכתיב, ויהי מקץ שנתים ימים, שרומז על אלו השני ימים יום השבת ויומין דחול, שביום השבת משפיע השי"ת לאדם טובה בפנימיות החיים, ואח"כ בימי החול תסתעף הטובה אף על עניני עוה"ז. וכן הוא קבלת האדם, שמתחלה צריך לקנות בשורש החיים ואח"ז יושע ויקנה אף חיי עוה"ז.

ועל זה מרמז חלום פרעה, שהראה לו השי"ת מתחלה בפרות ואח"כ בשבלים, שבזה רמז לו השי"ת שהוא בעל חסרון, לזה מתחלה הראה לו שנמצא בו חסרון בשרש החיים, כי פרות הם בעלי חיים, ואח"ז הראה לו שיש בו חסרון גם על הלבוש, והוא חלום השבלים. ולזה כשרצה להפוך את החלום ליוסף הבין יוסף ואמר לא כן היה, כדאיתא בתנחומא (מקץ) ובזוה"ק (מקץ קצו.) פרעה בעא לנסאה ליה ליוסף ואחלף ליה חלמא ויוסף בגין דהוה ידע דרגין אסתכל מכל מלה מלה ואמר כך חמיתא וכו'.

והוא מפני שהבין יוסף הצדיק ענין החלום על מה מרמז, וידע שדרגין כסדרן אתיין, מתחלה נרמז לו בענין שורש החיים, ואח"ז נרמז לו על לבוש עוה"ז:

"Beni soit mon Rocher" : l'homme doit savoir que le Saint, beni soit-Il, lui ajoute continuellement du bien, comme il est ecrit : "Chaque jour je Te benirai, et je louerai Ton Nom a jamais et pour toujours" (Psaumes 145,2). Le Saint, beni soit-Il, ajoute constamment du bien a l'homme.

Meme si parfois il semble que l'influx de bien ne soit pas la, comme le Chabbat, ou il est interdit de travailler et d'accomplir quoi que ce soit, et ou les ajouts du Saint, beni soit-Il, ne paraissent pas, en verite le Saint, beni soit-Il, donne alors le bien dans l'interiorite. Comme il est rapporte dans le Zohar (Yitro 88a) : "De ce jour sont benis les jours superieurs".

C'est la racine et la source de la benediction et des biens qui s'epanchent durant les six jours de l'œuvre. Car tout bien que le Saint, beni soit-Il, epanche dans le monde est d'abord seulement interieur, dans les paroles de Torah ; apres qu'il se ramifie jusqu'a ce monde-ci, l'influx du bien du Saint, beni soit-Il, devient perceptible aussi dans les affaires de ce monde-ci.

Ainsi est-il ecrit : "A Moi l'argent, a Moi l'or" (Haggee 2,8). Le Saint, beni soit-Il, donne-t-Il reellement a l'homme de l'argent et de l'or ?

Le Saint, beni soit-Il, epanche plutot a l'homme de precieuses paroles de Torah, dont la ramification jusqu'a ce monde-ci lui fait aussi gagner argent et or dans les affaires de ce monde-ci. C'est le sens de : "Beni soit ה', jour apres jour", etc.

(Psaumes 68) : le jour du Chabbat et les jours profanes. Au Chabbat, le Saint, beni soit-Il, epanche le bien a l'homme dans l'interiorite de la vie ; durant les six jours de l'œuvre, il se ramifie dans les vetements et l'influx du bien du Saint, beni soit-Il, devient perceptible meme dans les affaires de ce monde-ci.

Comme cela est explique plus loin, paracha Vayehi, section 2 : "Si tu retiens ton pied a cause du Chabbat" ; car lorsque le Saint, beni soit-Il, donne un influx de lumiere, Il ne donne que de la vie simple, sans aucun vetement. L'homme doit donc, lui aussi, le recevoir alors sans aucun vetement et ne pas le revetir de petites affaires.

C'est le sens de : "De ne pas faire tes affaires en Mon saint jour" : l'homme ne doit pas se rabaisser alors a s'occuper de son affaire. Au Chabbat, le Saint, beni soit-Il, donne un influx general, c'est-a-dire seulement dans la vie, sans qu'aucune teinte soit encore perceptible a l'homme.

Bien que le Saint, beni soit-Il, sache de quel vetement elle se revetira durant les jours profanes, cela n'est pas encore perceptible a l'homme, car tout le revetement de la lumiere dans les attributs vient ensuite, durant les six jours de l'œuvre : la lumiere se revet de sagesse, de puissance et ainsi de suite. Au Chabbat, elle n'est qu'une lumiere claire sans aucun vetement, comme il est rapporte dans le Zohar (Yitro 88a) : "De ce jour sont benis tous les six jours superieurs, et chacun donne la nourriture en bas." C'est-a-dire qu'Il benit d'abord les jours superieurs sans aucun vetement, puis cela vient se revetir dans les jours inferieurs.

Celui qui se clarifie dans ces deux aspects, "Vivant est ה' et beni soit mon Rocher", et possede cette reconnaissance, est alors : "Que soit exalte le D.ieu de mon salut" ; le Saint, beni soit-Il, se tourne vers lui avec elevation, afin que sa main soit la plus forte, et il ne se soucie d'aucun accusateur, car il se trouve toujours des accusateurs qui accusent l'homme. Mais dans le salut par lequel le Saint, beni soit-Il, se tourne vers l'homme, Il l'eleve et le porte au-dessus de tous les accusateurs, sans s'en soucier.

C'est le sens de : "Et il arriva au bout de deux annees de jours" : cela fait allusion a ces deux jours, le jour du Chabbat et les jours profanes. Le jour du Chabbat, le Saint, beni soit-Il, epanche a l'homme le bien dans l'interiorite de la vie ; ensuite, durant les jours profanes, le bien se ramifie aussi dans les affaires de ce monde-ci.

Telle est aussi la reception de l'homme : il doit d'abord acquerir dans la racine de la vie, puis il sera sauve et acquerra aussi la vie de ce monde-ci. C'est a cela que fait allusion le reve de Pharaon : le Saint, beni soit-Il, lui montra d'abord les vaches, puis les epis.

Par cela, Il lui indiqua qu'il etait deficient : Il lui montra d'abord qu'il avait un manque dans la racine de la vie, car les vaches sont des etres vivants ; puis Il lui montra qu'il avait aussi un manque au niveau du vetement, dans le reve des epis. C'est pourquoi, lorsque Pharaon voulut transformer le reve devant Joseph, Joseph comprit et dit : il n'en fut pas ainsi.

Comme il est rapporte dans le Tan'houma (Mikets) et dans le Zohar (Mikets 196a) : "Pharaon voulut eprouver Joseph et modifia son reve ; Joseph, parce qu'il connaissait les degres, examina chaque mot et dit : 'Ainsi as-tu vu', etc." C'est parce que Joseph le juste comprit le sens du reve et ce a quoi il faisait allusion, et sut que les degres viennent dans l'ordre : d'abord l'allusion concerne la racine de la vie, puis elle concerne le vetement de ce monde-ci.

וזה הוא דאיתא בש"ס (תענית ח.) בימי ר' שמואל בר נחמני הוה כפנא ומותנא אמרי היכי נעביד נבעי רחמי אתרתי לא אפשר אלא נבעי רחמי אמותנא וכפנא נסבול, אמר להו רב שמואל בר נחמני נבעי רחמי אכפנא דכי יהיב רחמנא שובעא לחיי הוא דיהיב וכו'. היינו אם נענה שלא יהיה רעב אזי ממילא לא יהיה מותנא, מאחר שדרגין דקב"ה הוא כסדרן, מתחלה בפנימיות החיים ואח"כ על הלבוש וטובה מעוה"ז, נמצא שאם יעזור השי"ת בטובות עוה"ז, משמע מזה שבטובה מפנימיות החיים כבר נושעו שזה בזה תליא.

ולא היה בכח החכמים והמכשפים לפתור חלום פרעה רק יוסף הצדיק, מפני שאין להם אחיזה בפנימיות החיים להכיר הסדר שחי ה' וברוך צורי, לזה לא היו מחברים השני חלומות לחלום אחד, אכן שכל טובה נשפע מתחלה בחיים ואח"ז מסתעפת אף על הלבוש, וזה הפתרון לא היה בכח שום אדם לפתרו רק יוסף הצדיק. ואף העצה שנתן לפרעה היה רק ע"י יוסף הצדיק, שמדתו הוא רזא דברית לקשר ולחבר כל העולמות, ולצמצם את עצמו להכין מימי השבע לימי הרעב, שלא יתפשט עצמו בהטובה שישפיע לי הש"י, בכדי שאף כשינשא הש"י מדותיו ישאר לו גם אז קוסטא דחיותא.

וכמ"ש לפרעה (מקץ מא) יעשה פרעה וגו' וחמש את ארץ מצרים בשבע שני השבע וגו' והיה האכל לפקדון לארץ לשבע שני הרעב וגו' שיצמצמו את עצמם בשני השבע, להשאיר לעצמם קוסטא דחיותא אף לימי הרעבסלקמן פרשה זו אות יח ד"ה ועל זה.. כי החלום הזה הוא משל לעוה"ז ועוה"ב, שעוה"ז נקרא ימי השבע ועוה"ב נקרא ימי הרעב, שבעוה"ז נותן השי"ת לאדם טובה בהתפשטות, אף אם אומר אני הוא בעל הטובה ואינו ממליך את השי"ת על הטובה, כדכתיב (תהילים פ״ט:ג׳) כי אמרתי עולם חסד יבנה, לזה נקרא עוה"ז ימי השובע.

ועוה"ב, שאז יעשה השי"ת חשבון עם כל אחד ויביאנו במשפט, זה נקרא ימי הרעב. ומי שיש בו דעת לצמצם את עצמו בלי להתפשט בעוה"ז, ישאר לו לעולם קוסטא דחיותא.

כמו בשעה שאדם ישן בעוה"ז, שאז נשאר בו קוסטא דחיותא, והוא מפני שהאדם יודע ברור בשעה שהוא ער שתגיע שעה שיוכרח לישון, מזה הצמצום יש לו קוסטא דחיותא אף בשינה. וכן מי שיודע שלעתיד יבוא ה' במשפט עם כל אחד ישוב מדרך אשר לא טובה לפניו, ויחשוב בעצמו הפסד מצוה כנגד שכרה ושכר עבירה כנגד הפסדה, ויצמצם את עצמו שלא יתפשט בעניני עוה"ז, וישאר לו מזה הצמצום קוסטא דחיותא תמיד, והבלא דגרמי שלא יפסק ממנו כדאיתא בזוה"ק (שלח קסט.):

C'est ce qui est rapporte dans le Talmud (Taanit 8a) : "Aux jours de Rabbi Samuel fils de Nahmani, il y eut famine et peste. Ils dirent : 'Que ferons-nous ?

Prier pour les deux, ce n'est pas possible ; prions plutot pour la peste et supportons la famine.' Rabbi Samuel fils de Nahmani leur dit : 'Prions pour la famine, car lorsque le Misericordieux donne la satiation, c'est aux vivants qu'Il la donne', etc." C'est-a-dire que, si nous etions exauces afin qu'il n'y ait pas de famine, il n'y aurait de soi-meme pas de peste ; car les degres du Saint, beni soit-Il, viennent dans l'ordre : d'abord dans l'interiorite de la vie, puis au niveau du vetement et du bien de ce monde-ci. Il en resulte que, si le Saint, beni soit-Il, vient en aide par les biens de ce monde-ci, cela signifie qu'ils ont deja ete sauves par le bien de l'interiorite de la vie, car l'un depend de l'autre.

Les sages et les magiciens n'avaient pas la force de resoudre le reve de Pharaon ; seul Joseph le juste le pouvait, car ils n'ont pas de prise dans l'interiorite de la vie pour reconnaitre l'ordre de "Vivant est ה' et beni soit mon Rocher". Ils ne reliaient donc pas les deux reves en un seul reve.

Or tout bien est d'abord epanche dans la vie, puis se ramifie aussi dans le vetement ; personne ne pouvait donner cette interpretation, sinon Joseph le juste. Meme le conseil qu'il donna a Pharaon ne fut donne que par Joseph le juste, dont l'attribut est le secret de l'alliance (raza de-brit), pour lier et unir tous les mondes, et pour se contracter lui-meme afin de preparer, des jours de satiation, les jours de famine : ne pas se deployer dans le bien que le Saint, beni soit-Il, m'epanchera, afin que, meme lorsque le Saint, beni soit-Il, eleverait Ses attributs, il lui reste aussi une part de vitalite (kosta de-hayuta).

Ainsi qu'il dit a Pharaon (Mikets 41) : "Que Pharaon agisse, etc., et qu'il preleve le cinquieme du pays d'Egypte durant les sept annees de satiation, etc. Et que la nourriture soit en depot pour le pays, pour les sept annees de famine, etc." Ils se contracteront durant les annees de satiation afin de se laisser une part de vitalite, meme pour les jours de famine.

Comme il est explique plus loin dans cette paracha, section 18, debut "Ve-al ze" : "Ce reve est une parabole du monde-ci et du monde a venir. Le monde-ci est appele les jours de satiation, et le monde a venir est appele les jours de famine.

Car, dans ce monde-ci, le Saint, beni soit-Il, donne a l'homme le bien avec deploiement, meme s'il dit : 'C'est moi qui possede le bien' et ne fait pas regner le Saint, beni soit-Il, sur le bien, comme il est ecrit : 'J'ai dit : le monde sera bati par la bonte' (Psaumes 89,3) ; c'est pourquoi ce monde-ci est appele les jours de satiation. Le monde a venir, ou le Saint, beni soit-Il, fera le compte avec chacun et le fera venir en jugement, est appele les jours de famine.

Celui qui a l'intelligence de se contracter, sans se deployer dans ce monde-ci, conservera toujours une part de vitalite. De meme, lorsqu'un homme dort dans ce monde-ci, il demeure en lui une part de vitalite ; c'est parce que, lorsqu'il est eveille, il sait clairement que viendra l'heure ou il devra dormir.

Par cette contraction, il possede une part de vitalite meme dans le sommeil. Ainsi, celui qui sait que, dans l'avenir, ה' viendra en jugement avec chacun, reviendra devant Lui de la voie qui n'est pas bonne ; il considerera la perte d'une mitsva face a sa recompense, et la recompense d'une faute face a sa perte ; il se contractera pour ne pas se deployer dans les affaires de ce monde-ci.

De cette contraction il lui restera toujours une part de vitalite, et la vapeur de l'os (havla de-garmei), qui ne cessera pas de lui, comme il est rapporte dans le Zohar (Chela'h 169a)."

En bref

Ce passage poursuit un enseignement sur le tzimtzoum (contraction) des jours d'abondance aux jours de famine : Joseph le juste, qui possédait cette mesure, réunit les rêves de Pharaon en un seul. Pourquoi faut-il un homme sage pour mettre de côté ? Selon le Beit Yaakov, le tzimtzoum s'ordonne d'abord dans la vie, ce que suggère la circoncision, puis dans les biens. Quand le Nom cesse de donner, le bien n'a plus de vie à sa racine, et le blé des Égyptiens pourrit. Celui qui se restreint à la racine de la vie fortifie ses biens ; les réserves de Joseph se conservent, car il reste attaché à la source.

Aussi : les commandements sont l'essence même de la vie ; la lumière du Nom, « arrivante et non arrivante » ; Israël a part au corps du bien par le Chabbat, les nations reçoivent un don déjà séparé.

ולזה יוסף הצדיק שיש בו מדת הצמצום מימי השבע לימי הרעב ידע לחבר חלומותיו של פרעה לחלום אחד, ואף להעצה מהפתרון הוצרך להיות איש חכם, כדכתיב (מקץ מא) ועתה ירא פרעה איש נבון וחכם וגו'. ולכאורה יפלא, הלא מי הוא אשר לא ידע זו העצה להשאיר ולהניח מימי השבע לימי הרעב, ולמה צריך לזה איש נבון וחכם, אכן הצמצום מימי השבע לימי הרעב צריך להיות כסדר, מתחלה ימצא זאת בחיים ואח"ז ימצא אף על הלבוש בטובת עוה"ז, ולאו כל אדם יבין זאת רק איש חכם ונבון, ולזה כשבאו אל יוסף שיתן להם מחיה אמר להם לכו ומולו עצמכם כדאיתא במדרש רבה (מקץ צא), והוא שראשית הצמצום צריך להיות בחיים, שזה רומז מצות מילה, שיצמצם אדם את עצמו בשורש חייו, ומזה יהיה לו מקום בעת שהשי"ת יגביה הנהגת מדותיו.

וכן העצה שנתן להם יוסף הוא שימצאו מקום לצמצום בחיים מתחלה, ומזה יהיה להם קוסטא דחיותא, ואח"ז ימצאו זה הצמצום אף בטובת עוה"ז ויהיה להם לפקדון לימי הרעבסאלקמן פרשה זו אות יח ד"ה כי כוונת, אות כב, כג, כח.. וזה הוא שאמרו במדרש (שם) שאמר פרעה למצרים מפני מה לא הנחתם בבתיכם תבואה של שלש וארבע שנים, אמרו לו כל תבואה שהיתה בבתינו הרקיבה.

אמר להם לא נשתייר לכם קמח מאתמול. אמרו לו אף פת שהיה בסל הרקיב.

היינו מהיכן יוכל להיות איזה אחיזה והויה בטובה כזו שהשי"ת פסק מליתן, שכל זמן שהשי"ת עסוק בנתינה אזי יש בהטובה חיים, וכדכתיב (נחמיה ט׳:ו׳) ואתה מחיה את כלם, אבל כשהשי"ת פוסק מליתן אז יאפס מהטובה כל הכח והקיום, וא"כ מהיכן יהיה חיים וקיום להטובה מאחר שאין בה חיים בשורש. כי כל דבר שהשי"ת נותן לעוה"ז הוא בסדר השתלשלות ויורד מגבוה לנמוך ומגדול לקטן, הן בשפע פרנסה או חיים, או כששולח אמרתו להשפיע שפע נבואה, משפיע תחלה להמקור ואח"כ מקבל הקרוב קרוב קודם עד שמסתעף על כל הפרטים, וכמ"ש (מלכים ב כב) ויגש צדקיהו בן כנענה וגו' ויאמר אי זה עבר רוח ה' מאתי לדבר אותך.

והוא לפי שהוא אמר שהוא גדול בנבואה ממיכיהו הנביא, לזה אם ירדה שפע נבואה צריכה לעבור תחלה דרך עליו. וכן גם בשפע חיים כשנפסק השורש, כגוונא דמצרים שלא צמצמו את עצמם בשורש החיים, לכן נרקבה תבואתם, אבל מי שמצמצם עצמו בשורש החיים בשני השובע על שני הרעב, מתחזקים כל כחותיו וכל הטובות שלו, לכן לא שלטה עיפוש ורקבון באוצרות התבואה שהכין יוסף מימי השובע לימי הרעב, שמדתו לחבר רזא דאת"ה ברזא דהו"א, עלמא עלאה בעלמא תתאה, להגביל שמים וארץ, כדכתיב (דברי הימים א כ״ט:י״א) כי כל בשמים ובארץ, ומתרגמינן דאחיד בשמיא וארעא, מאי משמע, שאם יש לאדם איזה טובה בטח קנה מתחלה הפנימיות מד"ת בשורש החיים ומזה זכה להטובה שבידו, שהוא לבוש להפנימיות והד"ת שקנה.

וזה האדם מרגיש טעם טוב אף בהטובה מעוה"ז שהיא רק לבוש. אבל האדם שלא קנה מתחלה ד"ת שהם הפנימיות והחיים מזו הטובה, אינו מרגיש שום טעם בטובת עוה"ז מאחר שאין לו חיים מהטובה:

C'est pourquoi Joseph le juste, qui possedait la mesure du tzimtzoum (contraction), des jours d'abondance aux jours de famine, sut reunir les reves de Pharaon en un seul reve. Et meme pour le conseil issu de l'interpretation, il fallait un homme sage, comme il est ecrit : "Et maintenant, que Pharaon voie un homme intelligent et sage..." (Genese 41).

A premiere vue cela etonne : qui ne saurait donner ce conseil, de conserver et de mettre de cote, des jours d'abondance pour les jours de famine ? Et pourquoi faut-il pour cela un homme intelligent et sage ?

Mais le tzimtzoum, des jours d'abondance aux jours de famine, doit etre ordonne : d'abord il le trouve dans la vie, puis il le trouvera aussi dans le vetement des biens de ce monde. Et tout homme ne le comprend pas, mais seulement l'homme sage et intelligent.

Aussi, lorsqu'ils vinrent a Joseph afin qu'il leur donne de quoi vivre, il leur dit : "Allez vous circoncire", comme il est rapporte dans le Midrach Rabba (Miketz 91). Car le commencement du tzimtzoum doit etre dans la vie, ce que suggere le commandement de la circoncision : l'homme se restreint a la racine de sa vie, et de cela il aura une place lorsque le Nom elevera la conduite de ses attributs.

Tel fut aussi le conseil que Joseph leur donna : qu'ils trouvent d'abord une place de tzimtzoum dans la vie ; de cela ils auront une part de vie (kosta de-hayata), puis ils trouveront ce tzimtzoum aussi dans les biens de ce monde, et cela leur sera conserve pour les jours de famine. Voir cette paracha, sections 18, discours commencant par "Car l'intention", et sections 22, 23 et 28.

C'est ce qu'ils ont dit dans le Midrach (ibid.) : Pharaon dit aux Egyptiens : "Pourquoi n'avez-vous pas laisse chez vous du ble pour trois ou quatre annees ?" Ils lui dirent : "Tout le ble qui etait dans nos maisons a pourri." Il leur dit : "Ne vous est-il pas reste de la farine d'hier ?" Ils lui dirent : "Meme le pain qui etait dans la corbeille a pourri." C'est-a-dire : d'ou pourrait venir quelque prise et quelque existence dans un tel bien, dont le Nom a cesse de donner ? Car tant que le Nom s'occupe de donner, il y a de la vie dans le bien, comme il est ecrit : "Et Tu les fais tous vivre" (Nehemie 9,6).

Mais lorsque le Nom cesse de donner, toute force et toute subsistance disparaissent du bien. D'ou viendraient donc vie et subsistance au bien, puisqu'il n'a pas de vie a sa racine ?

Car toute chose que le Nom donne a ce monde est selon l'ordre de l'enchainement : elle descend du haut vers le bas, du grand vers le petit, qu'il s'agisse d'abondance de subsistance ou de vie, ou lorsqu'Il envoie Sa parole pour repandre l'abondance de prophetie. Il repand d'abord au principe, puis le plus proche recoit avant le plus lointain, jusqu'a ce que cela se ramifie en tous les details.

Comme il est ecrit : "Sedecias, fils de Kenaanah, s'approcha... et dit : Par quel chemin l'esprit du Nom est-il passe de moi vers toi pour te parler ?" (2 Rois 22). Cela etait parce qu'il disait etre plus grand en prophetie que le prophete Mikha ; ainsi, si l'abondance de prophetie descendait, elle devait d'abord passer par lui.

De meme pour l'abondance de vie : lorsque la racine est interrompue, comme pour les Egyptiens qui ne se sont pas restreints a la racine de la vie, leur ble pourrit. Mais celui qui se restreint a la racine de la vie pendant les annees d'abondance en vue des annees de famine, toutes ses forces et tous ses biens se fortifient.

C'est pourquoi la moisissure et la pourriture ne dominerent pas les reserves de ble que Joseph avait preparees des jours d'abondance aux jours de famine. Car son attribut est d'unir le secret de "Toi" (את"ה) au secret de "Lui" (הו"א), le monde superieur au monde inferieur, de limiter ciel et terre, comme il est ecrit : "Car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre..." (1 Chroniques 29,11), que le Targoum rend : "qui tient les cieux et la terre".

Qu'est-ce que cela signifie ? Si un homme possede quelque bien, il a assurement acquis d'abord l'interiorite des paroles de Torah a la racine de la vie ; et par cela il a merite le bien qui est entre ses mains, lequel est le vetement de l'interiorite et des paroles de Torah qu'il a acquises.

Cet homme ressent un bon gout meme dans le bien de ce monde, qui n'est qu'un vetement. Mais l'homme qui n'a pas acquis d'abord les paroles de Torah, qui sont l'interiorite et la vie de ce bien, ne ressent aucun gout dans les biens de ce monde, puisqu'il n'a pas de vie provenant de ce bien.

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם והנה עומד על היאור וגו'. חי ה' וברוך צורי וירום אלהי ישעי (תהילים י״ח:מ״ז).

חי ה', היינו שהשי"ת הוא חי, וכל המצות שצוה השי"ת הם חיים, לא שנמצא בהם חיים רק שהם עצם חיים, כי דרכי הד"ת אינם כמכונה מלאכתית שעושה פעולתה ע"י המכונות שיעמידו בה, אכן שהם מלא חושים, כענין דכתיב (תהלים צד) הנוטע אזן וגו' אם יוצר עין וגו' והאדם שידבק עצמו בזה החיים ויברר ויטהר את לבו מכל חמדת עוה"ז, גם הוא מלא חיים עצמיים. ואח"ז הוא וברוך צורי, היינו כשיהיה לו בר לבב ויכיר שכל הטובות הם מהשי"ת, אף שההכרה שלו הוא בלבושים קטנים, מ"מ יהיה לו מזה גודל תקיפות ועוז שע"ז מורה השם צור.

ואזי הוא וירום אלהי ישעי, שאף אם השי"ת יתרומם למעלה מאלו הלבושין, כי אור השי"ת הוא מקטף אקטופי, כמו שמשלו בש"ס (פסחים ח.) אור השכינה לאור אבוקה ואור אבוקה מקטף אקטופי כדאיתא בש"ס (שם), וזה מרמז שאף אם יהיה לאדם הכרה באור השי"ת שיאיר לו, אבל כרגע אח"ז יתרומם השי"ת למעלה מזו התפיסה, ואז לא יראה האדם אור השכינה כלל. אכן האדם שמכיר ויודע שהשי"ת הוא עצם החיים ומקיים כל אשר צוה השי"ת, אף שהם גולמי מצות, מאחר שכן צוה השי"ת, ממילא גם הם חיים עצמיים, מזה האדם לא יתעלם אור השכינה לגמרי עד שלא ישאר לו רשימו, רק כענין דכתיב (שיר השירים ב׳:ט׳) דומה דודי לצבי, ודרשו ע"ז מה הצבי כשהוא רץ מחזיר את ראשו ומביט לאחוריו.

היינו שהשי"ת לא יסיר ממנו השגחתו תמיד, ומזה הם צמיחות כל הטובות, כי השי"ת משגיח וצופה לטובה כדאיתא בתנד"א בכמה מקומות (תד"א רבה פרשה א). ומזה הוא השפעת כל הטובות כסף וזהב וכדומה, שהם לבושין המרמזין שהשי"ת לא יסיר השגחתו מהברואים וחפץ להיטיב להם.

ובהשפעת הטובה שנותן השי"ת להברואים כלולים כל המדות (דברי הימים א כ״ט:י״א) לך ה' הגדולה והגבורה והתפארת והנצח וההוד וגו', אמנם לא יתן השי"ת הטובה לגמרי ליד האדם עד שידמה לו שהוא בעל הטובה, רק שנשאר אצל השי"ת חלק מהטובה, כדכתיב אח"ז (שם) לך ה' הממלכה, שלא יוכל האדם לחשוב שיש לו הטובה בידו רק השי"ת הוא בעל הטובה, ובידו ליתן הטובה וליקח בחזרה. כדאיתא בזוה"ק (בראשית טז:) שאור השי"ת הוא מטי ולא מטיסבוכדאיתא בעץ החיים לרבנו האריז"ל שער ז – מטי ולא מטי – פרק א וזל"ק:

והענין, כי תחילה מטי האור תוך הכלי של הכתר ואח"כ מסתלק ממנו וכו'. וכן עשה בכל י' הכלים, וזה נקרא מטי ולא מטי הנזכר בזוהר תמיד.

ולעולם יש בטבע האור ההוא לבוא ולהאיר, ואח"כ מסתלק. כמו שיש בטבע שלהבת הנר, שהיא מתנועעת, וכן נשאר תמיד האור ההוא להיות מטי ולא מטי בכלים האלו וכו'.

ומבואר בתפארת יוסף מסכת פסחים (ח.) ד"ה תנו רבנן: רבינא אמר האי משך נהורא והאי מיקטף איקטופי, כי אורו ית' מטי ולא מטי, כמו שאיתא בזוה"ק (בראשית טז:) עד היכן שאפילו ד"ת היותר יקרים הקבועים בו מתולדה, אם אדם יסיח דעתו מהם כמעט רגע יוכל לאבדם, וכמו שכתיב (משלי כ״ג:ה׳) התעיף עיניך בו ואיננו.

אכן ד"ת שאדם קונה ביגיעה ועבודה מצידו ואין לו בהם היסח הדעת, זה נשאר לאדם בקנין עדי עד. לעיל פ' לך אות כג., שאם ידמה לאדם שיש לו הטובה בידו, יתרומם השי"ת וימשיך את אורו מהטובה, ואזי לא ישאר ביד האדם כלל, כי הטובה תתקלקל ותתעפש.

וכל חלק האדם בהטובה הוא ההכרה שיש לו שאין הטובה בידו יראת ה' היא אוצרו (ישעיה לג), והאדם יצמצם את עצמו להכיר שהשי"ת הוא נותן הטובה:

"Et il arriva, au bout de deux ans, que Pharaon revait, et voici qu'il se tenait pres du Fleuve..." (Genese 41). "Vivant est le Nom, beni soit mon Roc, et exalte soit Elokim, mon salut" (Psaumes 18,47).

"Vivant est le Nom" signifie que le Nom est vivant, et tous les commandements qu'Il a ordonnes sont vie : non pas qu'il se trouve de la vie en eux, mais ils sont l'essence meme de la vie. Car les voies des paroles de Torah ne sont pas comme une machine artisanale qui accomplit son action par les mecanismes qu'on y place ; elles sont au contraire pleines de sensations, selon ce qui est ecrit : "Celui qui plante l'oreille...

Celui qui forme l'œil..." (Psaumes 94). Et l'homme qui s'attache a cette vie, qui clarifie et purifie son cœur de toute convoitise de ce monde, est lui aussi plein de vie essentielle.

Ensuite : "beni soit mon Roc" ; c'est-a-dire, lorsqu'il aura un cœur pur et reconnaitra que tous les biens viennent du Nom, meme si sa connaissance n'est que dans de petits vetements, il en retirera neanmoins une grande fermete et une grande force, ce qu'indique le nom de Roc. Alors vient : "et exalte soit Elokim, mon salut" : meme si le Nom s'eleve au-dessus de ces vetements.

Car la lumiere du Nom est par sauts (mekatef iktofei), comme les Sages l'ont illustre dans le Talmud (Pessahim 8a) par la lumiere de la Presence et la lumiere d'une torche, dont la lumiere est par sauts, ainsi qu'il est dit dans le Talmud (ibid.). Cela indique que meme si un homme a la connaissance de la lumiere du Nom qui l'eclaire, un instant apres le Nom s'elevera au-dessus de cette apprehension et l'homme ne verra plus du tout la lumiere de la Presence.

Mais l'homme qui reconnait et sait que le Nom est l'essence de la vie, et accomplit tout ce que le Nom a ordonne, meme lorsque ce ne sont que des commandements bruts, puisque le Nom les a ainsi ordonnes, ils sont eux aussi une vie essentielle. Chez cet homme, la lumiere de la Presence ne disparaitra pas entierement, au point qu'il n'en reste aucune trace (rechimou), mais ce sera selon ce qui est ecrit : "Mon bien-aime est semblable a une gazelle" (Cantique des cantiques 2,9).

Ils ont explique a ce sujet : de meme que la gazelle, lorsqu'elle court, tourne la tete et regarde derriere elle, ainsi le Nom ne retirera pas toujours de lui Sa providence. De cela poussent tous les biens, car le Nom observe et regarde vers le bien, comme il est enseigne en plusieurs endroits dans le Tanna devei Eliyahou Rabba (chapitre 1).

De la vient l'influence de tous les biens, argent, or et semblables, qui sont des vetements indiquant que le Nom ne retirera pas Sa providence des creatures et desire leur faire du bien. Et dans l'influence du bien que le Nom donne aux creatures sont compris tous les attributs : "A Toi, Nom, la grandeur, la puissance, la splendeur, la victoire et la majeste..." (1 Chroniques 29,11).

Toutefois, le Nom ne donne pas entierement le bien entre les mains de l'homme, au point qu'il lui semble etre le maitre du bien ; une part du bien demeure aupres du Nom, comme il est ecrit ensuite : "A Toi, Nom, la royaute" (ibid.). L'homme ne peut ainsi penser que le bien est entre ses mains ; seul le Nom est maitre du bien, et Il peut le donner et le reprendre.

Comme il est dit dans le Zohar (Genese 16b), la lumiere du Nom est "arrivante et non arrivante" (mati ve-lo mati). Il est rapporte dans Etz 'Hayim de notre maitre le Ari zal, Porte 7, "Mati ve-lo mati", chapitre 1 : "Le sujet est que, d'abord, la lumiere arrive dans le keli (recepteur) de Keter, puis s'en retire...

Il en fut ainsi dans les dix kelim, et c'est ce qui est appele constamment dans le Zohar mati ve-lo mati. Cette lumiere a toujours par nature de venir et d'eclairer, puis elle s'en retire, comme la flamme de la lampe a par nature de se mouvoir.

Ainsi cette lumiere demeure toujours mati ve-lo mati dans ces kelim..." Il est explique dans Tiferet Yosef sur Pessahim (8a), discours commencant par "Nos maitres ont enseigne" : Ravina a dit : "Ceci tire la lumiere et ceci est par sauts" ; car Sa lumiere, qu'Il soit beni, est mati ve-lo mati, comme il est dit dans le Zohar (Genese 16b), au point que meme les paroles de Torah les plus precieuses, fixees en lui des sa naissance, si un homme detourne son attention d'elles presque un instant, il peut les perdre, comme il est ecrit : "Tes yeux se sont-ils envoles vers lui ? Il n'est plus" (Proverbes 23,5).

Mais les paroles de Torah qu'un homme acquiert par effort et travail de son cote, et auxquelles il ne cesse pas de penser, lui demeurent comme une acquisition pour toujours. Voir plus haut, paracha Lekh Lekha, section 23.

Si l'homme s'imagine que le bien est entre ses mains, le Nom s'eleve et retire Sa lumiere du bien ; alors il ne reste plus rien entre les mains de l'homme, car le bien se gate et moisit. Et toute la part de l'homme dans le bien est la connaissance qu'il a que le bien n'est pas entre ses mains : "La crainte du Nom est son tresor" (Isaie 33).

L'homme se restreint donc afin de reconnaitre que le Nom donne le bien.

ולזה ישראל, שיש להם זו ההכרה יש להם חלק בגוף הטובה, וכדאיתא בש"ס (ברכות נח.) הרואה חכמי ישראל אומר ברוך שחלק מחכמתו ליראיו ועל חכמי אומות העולם אומר ברוך שנתן. והוא שלאומה"ע שאין להם הכרה שהשי"ת הוא בעל הטובה לכן אמרינן שנתן, כבר נתן והוציא הטובה מרשותו, ואין שום שייכות לומר שחלק, מאחר שאין להם הכרה שגם להשי"ת יש לו חלק בהטובה, וממילא כשיקח הטובה בחזרה לא ישאר להם שום רשימו ממנה.

אבל ישראל שהם שומרי שבת, שזה מורה על שמצמצמין את עצמם בכל כחם, וכדאיתא בזוה"ק (בשלח מז:) וקראת לשבת עונג וכו' מאן דמזמין אושפיזא ביה בעי לאשתדלא ולא באחרא, וכדאיתא בש"ס (ביצה טז.) מחד בשבא לשבא. שביום השבת הוא לך ה' הממלכה, וישראל מצמצמין את עצמם לבל יתפשטו, אך ממליכין עליהם מלכות השי"ת בכל המדות, מהמדה הראשונה מכינים שבת שהוא לך ה' הממלכה, ומכירין שאין להם בידם שום טובה, והוא מפני שכל קבלת השפעתם הוא מיום השבת, שנותנים בחזרה כל מה שפעלו בששת ימי המעשה מכירין שאין להם מצדם כלל, רק השי"ת הוא הנותן חיל ועזוז, וישראל הם רק כלי קיבול, לכן יש להם חלק בגוף החיים והטובה, שלעולם לא יתרוקן הכלי אך שישאר בהם טובה תמידסגכדאיתא במי השלוח ח"ב ברכות (נח.) ד"ה תנו רבנן:

ולהבין החילוק בין הברכות האלו שבישראל אומר שחלק וגם ליראיו ובעכו"ם אומר שנתן וגם לבשר ודם, אך כתיב (דברים לב) כי חלק ה' עמו, ואיתא בזוה"ק (בהרבה מקומות) קוב"ה אורייתא וישראל חד לכן לא שייך בישראל לשון נתינה שמורה על שנפרד הדבר מרשותו לגמרי ועוד אין מקושר עם השי"ת החכמה שיש לו להאדם נמצא שהחכמה מסתרת הכרת השי"ת מתגשמת עד שאומר החכם שהוא כוחו ועוצם ידו, וע"י זה הוא מתרחק מהשי"ת מאוד וזה הוא רק בעכו"ם לכן אומר שנתן מחכמתו לבשר ודם, היינו שהפריד זאת מרשותו ואין השי"ת מקושר עם המקבל. אבל בישראל כיון שבהשיגם החכמה עוד מתגבר אצלם הכרת השי"ת המשפיע, ומתקרבים ע"י זה להשי"ת, לכן שייך אצלם לשון שחלק מחכמתו ליראיו, שמורה שבאמת כל היכא שאיתא, ברשותא דמריה איתא, ואין לו להאדם בזה רק טובת הנאה שעל ידי זה החכמה כל מה שמתחכים יותר יש לו עוד יותר הכרה מפורשת בהשי"ת, ומוסיף בכל יום השתדלות להכיר את המשפיע, ולכן בזה נקרא יראיו, וגם לשון שחלק שבאמת הוא עם חכמתו דבוק בהשי"ת כי חלק ה' עמו יעקב חבל נחלתו.

ועיין סוד ישרים פרשת פרה אות ח, לעיל פ' לך אות ה.. וזה הוא ברזא דיוסף הצדיק, שקבלת שפעו הוא עם מקור הברכה, שהוא דבוק בחי עלמין וכדאיתא בזוה"ק (מקץ קצד.) כל נהר דנגיד ונפיק דיוסף הצדיק הוא, כמו נהר שנהר מטהר בכל שהוא מפני שיש לו התקשרות ודבוק הוא בהמעין שמושך ממנו, וכן יוסף הצדיק רואה תמיד מהיכן יוצא לו שפעת טובו ודבוק תמיד בהמקור להכיר שאין הטובה בידו:

C'est pourquoi Israel, qui possede cette connaissance, a une part dans le corps meme du bien. Comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 58a), celui qui voit les sages d'Israel dit : "Beni soit Celui qui a partage de Sa sagesse a ceux qui Le craignent" ; mais pour les sages des nations du monde il dit : "Beni soit Celui qui a donne de Sa sagesse a la chair et au sang." Car les nations du monde n'ont pas la connaissance que le Nom est le maitre du bien ; c'est pourquoi nous disons "a donne" : Il a deja donne et sorti le bien de Son domaine, et il ne convient nullement de dire "a partage", puisqu'ils ne reconnaissent pas que le Nom aussi a une part dans le bien.

Des lors, quand Il reprendra le bien, il ne leur en restera aucune trace. Mais Israel garde le Chabbat, ce qui indique qu'ils se restreignent de toutes leurs forces, comme il est dit dans le Zohar (Beshalah 47b) : "Tu appelleras le Chabbat delice...

Celui qui y invite un hote doit s'en occuper, et non d'autre chose" ; et comme il est dit dans le Talmud (Beitsa 16a) : "Du premier jour de la semaine au Chabbat." Le jour du Chabbat est "A Toi, Nom, la royaute" : Israel se restreint afin de ne pas s'etendre, mais fait regner sur lui la royaute du Nom dans tous les attributs. Des le premier attribut, ils preparent le Chabbat, qui est "A Toi, Nom, la royaute", et reconnaissent qu'ils ne tiennent aucun bien entre leurs mains.

Car toute la reception de leur influence provient du jour du Chabbat : ils rendent tout ce qu'ils ont accompli durant les six jours de l'œuvre, reconnaissant que rien ne vient d'eux-memes, mais que seul le Nom donne force et puissance, et qu'Israel n'est qu'un keli (recepteur). C'est pourquoi ils ont une part dans le corps meme de la vie et du bien : jamais le keli ne se vide, mais le bien demeure toujours en eux.

Comme il est rapporte dans Mei HaShiloah, II, Berakhot (58a), discours commencant par "Nos maitres ont enseigne" : pour comprendre la difference entre ces benedictions, chez Israel il est dit "a partage" et aussi "a ceux qui Le craignent", tandis que chez les idolatres il est dit "a donne" et aussi "a la chair et au sang". Or il est ecrit : "Car la part du Nom est Son peuple" (Deuteronome 32), et il est dit en de nombreux endroits dans le Zohar : "Le Saint, beni soit-Il, la Torah et Israel sont un." Chez Israel, l'expression de don ne convient donc pas, car elle indique qu'une chose est entierement separee de Son domaine et ne demeure plus liee au Nom.

La sagesse que l'homme possede cache alors la connaissance du Nom et se materialise, jusqu'a ce que le sage dise : "C'est ma force et la puissance de ma main" ; par cela il s'eloigne beaucoup du Nom. Cela n'existe que chez les idolatres ; c'est pourquoi on dit : "qui a donne de Sa sagesse a la chair et au sang", c'est-a-dire qu'Il l'a separee de Son domaine et que le Nom n'est pas lie au receveur.

Mais chez Israel, puisqu'en atteignant la sagesse leur connaissance du Nom qui influe se renforce encore et qu'ils se rapprochent ainsi du Nom, l'expression "qui a partage de Sa sagesse a ceux qui Le craignent" convient. Elle indique qu'en verite, partout ou elle se trouve, elle est dans le domaine de son Maitre ; l'homme n'y a que le benefice d'usage.

Par cette sagesse, plus ils deviennent sages, plus ils ont une connaissance explicite du Nom ; chaque jour ils ajoutent de l'effort pour connaitre Celui qui influe. C'est pourquoi ils sont ici appeles "ceux qui Le craignent", et l'expression "a partage" signifie aussi qu'en verite, avec sa sagesse, il est attache au Nom, car "la part du Nom est Son peuple ; Yaakov est le lot de Son heritage".

Voir Sod Yesharim, paracha Para, section 8, et plus haut, paracha Lekh Lekha, section 5. Ceci est le secret de Joseph le juste : la reception de son abondance est avec la source de la benediction, car il est attache au Vivant des mondes.

Comme il est dit dans le Zohar (Miketz 194a) : "Tout fleuve qui coule et sort est de Joseph le juste." De meme qu'un fleuve purifie quelle que soit la quantite, parce qu'il a un lien et un attachement a la source dont il tire, ainsi Joseph le juste voit toujours d'ou sort l'abondance de son bien et reste toujours attache a la source, reconnaissant que le bien n'est pas entre ses mains.

En bref

« Ce n'est pas moi ; Elokim répondra pour la paix de Pharaon. » Pourquoi Joseph le dit-il, lui qui savait déjà interpréter un rêve ? Pour le Beit Yaakov, la crainte de Hachem est le trésor de Joseph : la part de l'homme dans les bontés du Saint, béni soit-Il, consiste à reconnaître que le bien est dans les mains du Saint, béni soit-Il, et par cela il a part au bien. Avec Joseph commença le monde du tikoun : il conseilla de se restreindre aux années d'abondance, afin de ne pas dire « Je ». Le bien dont l'homme reconnaît sans cesse qui le lui a donné ne vieillit jamais ; dès qu'il semble en sa main, il moisit.

Aussi : le retard de deux ans pour clarifier l'intention de Joseph ; le grain de bien qui s'élève après clarification ; l'alliance de la langue et le désir à clarifier et à faire entrer dans la sainteté

וזהו שאמר יוסף לפרעה, בלעדי אלהים יענה את שלום פרעה, ואף שכבר קודם זה ג"כ פתר חלומות שר המשקים ושר האופים והיה בו חכמה ודעת לפתור חלום, ולמה אמר לפרעה בלעדי אלהים יענה וגו'. אכן יראת ה' היא אוצרו דיוסף הצדיק, והיה לו זו ההכרה שכל חלק האדם בהשפעת טובות השי"ת, הוא הידיעה וההכרה להכיר שאין הטובה בידו רק ביד השי"ת, ובזה יש לו חלק בגוף הטובה.

וזהו עולם התיקון בשלימות, כי עלמין דאתחרבו שכל אחד אמר אני אמלוך, והיו מקבלים אור יותר מכפי הכלי קיבול שלהם, לזה היה שבירת הכלים האור עלה למעלה והכלים נפלו למטה. אבל מיוסף הצדיק התחיל עולם התיקון בשלימות, והוא השמיני, שנתן עצה להברואים שיצמצמו את עצמם בימי השובע שלא יאמרו אני, בכדי שיהיה להם הויה אף בימי הרעבסדעיין בתפארת החנוכי על זהר פרשת נח דף (נט:) ד"ה ר' אלעזר כל הענין שם.

ושם בד"ה ולכן וזל"ק: ולכן בעולם הזה, מדת היסוד הוא צמצום בכל מיני השפעות וקבלות.

וכמו שיוסף הצדיק האיר בזמנו במדת הצמצום, שיצמצמו עצמן בשנות השבע, כדי שיוכלו להכין מזון לשני הרעב. ולכן הוא המשביר לכל עם הארץ.

וכל המדות כשאין בהם הצמצום בעולם הזה ממדת יוסף הצדיק, הם בגודל התפשטות, ולכן גורם להם השחתה וביטול. וכמו שבמצרים, אם לא היו מצמצמין עצמם בימי השבע, לא היה להם מזון בימי הרעב.

וכן הם כל המדות כשיצאו לפועל ע"י צמצום מדה זאת יש להם קיום, ובלא צמצום אין קיום. ועיין לעיל פ' נח אות לז שנתבאר כל הענין שם..

כי ירום אלהי ישעי, כי מאחר שבאמת חפץ השי"ת להנחיל לך הטובה, א"כ למה לך לחטוף הטובה ולהיות דורס ואוכל, כי הטובה שאדם מכיר בה תמיד מי נתנה לו לא תתיישן לעולם, שכן אנו רואים שבשעת קבלת הטובה שאדם מכיר עוד שלה' הארץ ומלואה אזי היא חמה ואין בה עיפוש וקלקול, אכן אחר זמן תתעפש ותתיישן, מפני ששוכח האדם מי הוא בעל הטובה ונראה לו שבידו וברשותו הוא הטובהסהמבואר בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת חיי שרה ד"ה בזה"ק: כי כל דבר כשהוא חדש הוא מתקיים, כי עוד שורה עליו אהבת הנותן, אכן כאשר תדמה הבריאה שכבר הטובה היא בידה, אז יוציא השי"ת מעט מעט אהבתו כפי תפיסת הבריאה מדה במדה, ולכן יתחיל להתקלקל אחר שיתיישן כל דבר, ולכן כל הוה נפסד וכו'.

אכן הלחם הפנים שהיה מונח לפני ה' והיה יונק מן המקור, לכן לא נתיישן כלל. ועוד מבאר בזה לעיל פרשת לך אות א ד"ה וזה הוא העניין:

כל דבר שדבוק בחי עולמים לא תתיישן ולא תתעפש לעולם. כי כל ההפסד והקלקול נקח מזה שנעתק הדבר מהנותן וכבריה בפני עצמה תחשב לה, עד שנראה לה שעוצם ידה עתקו גם גברו חיל, ומאז עלול הדבר להפסד וקלקול.

אבל הדבר שקשורה ודבוקה תמיד בהשי"ת חמימה היא תמיד כבתחלתה. וכמו שמצינו בלחם הפנים שהיתה מונחת על שלחן ה' תמיד לא נתעפשה מעולם ולא היה בה שום הפסד וקלקול, והיה חם בסילוקו כמו בסידורו.:

Tel est ce que Joseph dit a Pharaon : "Ce n'est pas moi ; Elokim repondra pour la paix de Pharaon" (בלעדי אלהים יענה את שלום פרעה). Pourtant, auparavant deja, il avait interprete les reves du grand echanson et du grand panetier, et il avait la sagesse et la connaissance pour interpreter un reve.

Pourquoi donc dit-il a Pharaon : "Ce n'est pas moi ; Elokim repondra..." ? En verite, la crainte de ה' est son tresor, celui de Joseph le Juste.

Il possedait cette connaissance : toute la part de l'homme dans la profusion des bontes du Saint, beni soit-Il, consiste a savoir et reconnaitre que le bien n'est pas entre ses mains, mais dans celles du Saint, beni soit-Il ; et par cela, il a part au bien lui-meme. C'est le monde du tikoun dans sa plenitude.

Car dans les mondes qui furent detruits, chacun disait : "Je regnerai" ; ils recevaient une lumiere plus grande que la capacite de reception de leurs kelim (receptacles). Il y eut donc brisure des kelim : la lumiere monta en haut et les kelim tomberent en bas.

Mais avec Joseph le Juste commenca le monde du tikoun dans sa plenitude. Il est le huitieme, et il conseilla aux creatures de se restreindre durant les annees d'abondance, afin de ne pas dire : "Je", et de subsister aussi durant les jours de famine.

Voir Tiferet ha-Hanokhi sur le Zohar, paracha Noah, p. 59b, debutant par Rabbi Elazar, pour tout ce sujet.

Il y est aussi dit, au passage debutant par "C'est pourquoi" : "C'est pourquoi, dans ce monde-ci, la qualite du Yessod (Fondement) est la restriction dans toutes les sortes de profusions et de receptions. De meme que Joseph le Juste illumina son temps par la qualite de restriction : ils se restreignirent durant les annees de rassasiement afin de preparer de la nourriture pour les annees de famine.

C'est pourquoi il est celui qui distribue le grain a tout le peuple du pays. Toutes les qualites, lorsqu'elles ne comportent pas en ce monde la restriction venant de la qualite de Joseph le Juste, s'etendent excessivement et leur causent ainsi destruction et annulation.

Ainsi, en Egypte, s'ils ne s'etaient pas restreints aux jours de rassasiement, ils n'auraient pas eu de nourriture aux jours de famine. De meme, toutes les qualites qui se realisent par la restriction de cette qualite possedent une permanence ; sans restriction, il n'y a pas de permanence." Voir plus haut, paracha Noah, paragraphe 37, ou tout cela fut explique.

C'est en ce sens : "Le Dieu de mon salut sera eleve" (כי ירום אלהי ישעי). Puisque, en verite, le Saint, beni soit-Il, desire te faire heriter le bien, pourquoi te faut-il saisir le bien avec violence, le fouler et le devorer ?

Le bien dont l'homme reconnait sans cesse qui le lui a donne ne vieillit jamais. Nous voyons en effet qu'au moment de recevoir le bien, lorsqu'un homme reconnait encore que "a ה' appartiennent la terre et ce qu'elle contient", il est chaud, sans moisissure ni deterioration.

Mais, apres un temps, il moisit et vieillit, parce que l'homme oublie qui est le maitre du bien et il lui semble que le bien est en sa main et sous son autorite. Ainsi qu'il est explique dans Sod Yesharim sur la Torah, manuscrit de saintes mains, paracha Hayye Sarah, debutant par "dans le saint Zohar" : "Toute chose, lorsqu'elle est nouvelle, subsiste, car l'amour de celui qui la donne repose encore sur elle.

Mais lorsque la creature s'imagine que le bien est deja en sa main, le Saint, beni soit-Il, retire peu a peu Son amour, selon la prise de la creature, mesure pour mesure. C'est pourquoi toute chose commence a se deteriorer apres avoir vieilli, et c'est pourquoi tout ce qui advient se perd, etc.

Mais les pains de proposition, poses devant ה' et puisant a la source, ne vieillissaient nullement." Il est encore explique plus haut, paracha Lekh Lekha, paragraphe 1, debutant par "Et voici le sujet" : "Toute chose attachee a la Vie des mondes ne vieillira ni ne moisira jamais. Car toute perte et toute deterioration proviennent de ce que la chose est detachee de celui qui la donne et se considere comme une creature independante, jusqu'a se figurer que sa propre force et la puissance de sa main ont acquis et accru sa richesse.

Des lors, la chose est exposee a la perte et a la deterioration. Mais la chose qui demeure liee et attachee au Saint, beni soit-Il, est toujours chaude comme a son commencement.

C'est ce que nous trouvons pour les pains de proposition, poses constamment sur la table de ה' : ils ne moisissaient jamais et ne connaissaient aucune perte ni deterioration ; ils etaient chauds lorsqu'on les retirait comme lorsqu'on les disposait."

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. בזוה"ק (מקץ קצג:) רבי שמעון אמר מאי מקץ וכו' כיון דאסתכל יוסף בחלמיה אמר ודאי חלמא דזכירה איהו ואיהו טעה בהאי דהא ביה בקב"ה הוי כלא וע"ד אתר דהוה ביה נשיו קם קמיה מה כתיב ולא זכר שר המשקים וכו'.

עד דתב דרגא לדרגא דהוה בה זכירה. הענין בזה, שמתחלה נדמה ליוסף הצדיק שעי"ז שיבקש משר המשקים שיזכרהו לפני פרעה יקרב ישועתו, ואמר, ודאי חלמא דזכירה איהו.

אבל איהו טעה בהאי דהא ביה בקב"ה הוי כלא וע"ד אתר דהוה ביה נשיו קם קמיה, ולא זכר שר המשקים את יוסף וישכחהו. היינו מאחר שראה שהשי"ת חפץ להושיעו מעתה, לזה היה לו להשען רק בהשי"ת לבד, ואם כן הוא כדבריו שהשי"ת חפץ שהסיבה תהיה ע"י שר המשקים, אזי בעל כרחו שלא בטובתו יזכירו לפני פרעה אף אם לא יבקש יוסף מאתו.

לזה נתעכב עוד שנתים ימים לברר כונתו בזה, עד דתב דרגא לדרגא דאית בה זכירה, שאז נתברר מה שביקש משר המשקים שיזכרהו, ואף שנדחה ישועתו, אבל רק לפי שעה ולא דיחוי עולמית, רק עד עת בא דברו אמרת ה' צרפתהו (תהילים ק״ה:י״ט), שהשי"ת צירף ובחן ובירר כוונתו שכן היה רצון השי"תסוזה הפסוק נדרש על יוסף הצדיק בזה העניין, כדאיתא במדרש שכל טוב (בראשית פרק מא), ולמה נתאחר ב' שנים, כנגד ב' זכירות שאמר לשר המשקים. שנאמר, כי אם זכרתני אתך והזכרתני אל פרעה, לכך נקנס להתאחר ב' שנים, וכן הוא אומר עד בא דברו אמרת ה' צרפתהו.

וכן איתא בזוהר הקדוש (מצורע נה.): ותא חזי, כתיב ביה ביוסף ענו בכבל רגלו, עד אימתי ענו בכבל רגלו עד עת בא דברו, אמרת ה' צרפתהו, עד עת בא דברו דמאן, אלא עד עת בא דברו דיוסף, ואתבחין ההיא מלה, הה"ד אמרת ה' צרפתהו, כדין שלח מלך ויתירהו מושל עמים ויפתחהו..

כי כל מי שיש לו בר לבב ובעומק מכוון לשמים, לזה אף אם לפעמים נראה שנדחה ישועתו הוא רק לפי שעה ואחר זה יתנשא ועוד יוסיף שכר הרבה, כגוונא דזריעה שטומנין הגרעין בארץ ונראה שכלה ונפסד, אבל באמת נשאר קורט שאינו כלה לעולם וממנו מתפשט הזרע בארץ בתוספת מרובה. וזהו כונת הזוה"ק, עד דתב דרגא לדרגא דאית בה זכירה, שכל נגיעותיו נסתלקו, ולא נשאר רק הנקודה וקורט הטוב שכוון באמת לשמים אף בזה שביקש משר המשקים שיזכרהו לפני פרעה, והשי"ת התפשט זו הנקודה ונתברר עוד יותר ונתנשא בתוספת קדושהסזבתפארת החנוכי על זהר מקץ (קצג:) מבאר מאמר הזוהר הנ"ל:

וכי הכי אתחזי ליה ליוסף צדיקא, דאיהו אמר כי אם זכרתני אתך. אלא כיון דאסתכל יוסף בחלמיה אמר ודאי חלמא דזכירה איהו.

פירוש, שכיוון שראה יוסף שהחלום של שר המשקים הוא רומז על הרמת קרן ישראל, וכמו שביאר בזה כאאמו"ר הרב הגאון הקדוש זצללה"ה לפי שראה בו סדר שנראה בו אור המקור. והיא כפורחת עלתה נצה וגו'.

עד שנעשה יין והיה בסדר מסודר. וחלום שר האופים היה שראה מעשי ידי אדם גמורים, שראה מעשה אופה, ולכן ראה בו שאינו מסדר השייך לישראל.

והכי איתא בירושלמי ברכות (פ"א ה"ה) כך היא גאולתן של ישראל קימאה קימאה. ולכן נדמה לו, שמאחר שיש סדר בהחלום, לכן נדמה לו שהוא תיקון הגמור.

ולכן כל הלבושים הרחוקים ג"כ יכולים להזדכך, וכדכתיב (ישעיהו ס״א:ה׳-ו׳) ובני נכר אכריכם וכורמיכם. ולכן, אף שיזהיר את שר המשקים שיזכרהו, מ"מ לא נקרא שבוטח בו וכו'.

אכן טעה בזה, כדמסיק בזוה"ק, דהא ביה בקוב"ה הוי כלא וע"ד אתר דהוה ביה נשיו קם קמיה. פירוש, כי רק אצל השי"ת היה החלום חלום של זכירה, אבל לא נגמר עדיין התיקון מפורש.

ורק מי שעומד נגד השי"ת מצדו, מוצא שבכל דבר נמצא כבוד שמים, אבל לא מצד הלבושים. אכן אחר שנתברר בהשנתים ימים, נזדכך שאף שר המשקים על כרחו הוכרח להזכירו, אף שהיה רוצה להבזותו וכו'.

ומ"מ כל כך הגביר יוסף הצדיק עבודתו, עד שהוכרח להזכירו. וכדמסיק בזוה"ק שם, מאי שנתים דתב דרגא לדרגא דאית ביה זכירה..

והוא כענין דאיתא בש"ס (חולין קלג.) אמר אביי מריש הוה חטיפנא מתנתא וכו' כיון דשמענא להא ונתן ולא שיטול מעצמו מיחטף לא חטיפנא מימר אמרי הבו לי וכו' כיון דשמענא להא דתניא הצנועים מושכים ידיהם והגרגרנים חולקים משקל נמי לא שקילנא וכו'. ואל יעלה על הדעת שאביי מספר בגנות מעשיו הקודמים, רק שגילה בזה דבר עמוק, שכאשר רק שמע להא דתניא וכו' תיכף היה נמשך לצאת מדרכו שהיה מורגל בו ולא עכבו שום נדנוד נגיעה מלפרוש.

והענין שהצנועים היו מושכין את ידיהן, כי במקום שאדם נהנה ומכניס בגופו כגון באכילה ושתיה שם צריך האדם לבירורים ביותר שאינו מכוין להנאתו. וזהו שאביי מספר והולך סדר הבירור איך בירר את עצמו כל פעם עוד יותר, ואחר שנתברר אזי נתברר שכל מה שעשה מראש ועד סוף היה כונתו רק משום חבובי מצוה, ובבירור האחרון הגביה כל הסדר, שאף מה שבראשונה היה חוטף כוון לשמים וכדאיתא במי השלוח (ח"א בלקוטי ש"ס חולין (קלג.) ד"ה אמר)סחוכמו כן ביאר על לשון הגמרא בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת מקץ ד"ה כי כל בסופו:

שאחר שנתברר {אביי} בזה, שאחר שמעו סילק את ידיו, ממילא גם מעשיו הראשונים נתבררו, שמה שחטף הוא באמת רק ממה שחיבב את המצוות. שהרי מה שיש להתברר בזה שיש בו נגיעה לצד עצמו, הרי נתברר במה שסילק ונמנע מלקבל אחר שמעו.

וכן הם כל בירורי ישראל, שאחר שנתברר, אז יתעלה גם מה שעשו מתוך ההסתר יתברר גם כן שהוא מעומק הרצון הטוב. עיין סוד ישרים ערב יום הכפורים אות לב.

ועיין הרחבת הדבר לעיל פרשת לך אות נב ד"ה והוא.. אמנם כל זה הוא רק בישראל, שבהם זרע השי"ת קדושה, ובמקום שזורעין צומח עוד יותר מכפי הזרע, לזה אין בהם שום דבר שידחה עולמית, שאני בעכו"ם כשנדחים הוא דיחוי עולמית, כי במקום שאין זורעין אינו צומח:

"Et il arriva, au bout de deux ans de jours, que Pharaon revait..." Le saint Zohar (Miketz 193b) dit : Rabbi Shimon dit : "Qu'est-ce que miketz... ? Lorsque Joseph observa son reve, il dit : Assurement, c'est un reve de souvenir ; mais il se trompa en cela, car aupres du Saint, beni soit-Il, tout etait ainsi.

Et c'est precisement au lieu ou il y eut oubli qu'il se dressa devant lui. Que dit le verset ? 'Le grand echanson ne se souvint pas de Joseph et l'oublia'... jusqu'a ce qu'il revint de degre en degre au lieu ou il y a souvenir." Le sujet est le suivant.

Au commencement, Joseph le Juste eut l'impression qu'en demandant au grand echanson de se souvenir de lui devant Pharaon, il rapprocherait sa delivrance ; il dit donc : "Assurement, c'est un reve de souvenir." Mais il se trompa en cela, car aupres du Saint, beni soit-Il, tout etait ainsi ; c'est pourquoi, au lieu ou il y eut oubli, cela se dressa devant lui : "Le grand echanson ne se souvint pas de Joseph et l'oublia." Cela signifie : puisqu'il voyait que le Saint, beni soit-Il, desirait desormais le sauver, il devait s'appuyer sur le Saint, beni soit-Il, seul. Et si, selon Ses paroles, le Saint, beni soit-Il, voulait que la cause passe par le grand echanson, celui-ci serait contraint, contre son gre, de le rappeler a Pharaon, meme si Joseph ne le lui demandait pas.

Il fut donc retarde encore deux annees, afin d'eclaircir son intention en cela, jusqu'a ce qu'il revint de degre en degre au lieu ou il y a souvenir. Alors fut clarifie le fait qu'il avait demande au grand echanson de se souvenir de lui.

Bien que sa delivrance ait ete repoussee, ce ne fut que pour un temps, et non un rejet definitif, mais jusqu'au temps ou vint Sa parole : "La parole de ה' l'eprouva" (Psaumes 105,19). Le Saint, beni soit-Il, eprouva, examina et clarifia son intention, car telle etait la volonte du Saint, beni soit-Il.

Ce verset est applique a Joseph le Juste en ce sens, comme l'enseigne le Midrach Sekhel Tov (Genese, chapitre 41) : "Pourquoi fut-il retarde deux ans ? En regard des deux mentions de souvenir qu'il adressa au grand echanson, comme il est dit : 'Si seulement tu te souvenais de moi avec toi et me rappelais a Pharaon.' C'est pourquoi il fut condamne a etre retarde deux ans.

C'est aussi ce qui est dit : 'Jusqu'au temps ou vint Sa parole, la parole de ה' l'eprouva.'" De meme, le saint Zohar (Metzora 55a) dit : "Viens et vois : il est ecrit de Joseph : 'Ils affligerent son pied dans les fers.' Jusqu'a quand affligerent-ils son pied dans les fers ? Jusqu'au temps ou vint sa parole. 'La parole de ה' l'eprouva' : jusqu'au temps ou vint la parole de qui ?

Mais jusqu'au temps ou vint la parole de Joseph, et cette parole fut examinee ; c'est ce qui est dit : 'La parole de ה' l'eprouva.' Alors le roi envoya et le delivra, le maitre des peuples et le relacha." Car quiconque a un cœur droit et vise les Cieux en profondeur, meme si sa delivrance parait parfois repoussee, cela n'est que pour un temps ; ensuite il s'elevera et recevra encore une grande recompense. Il en est comme de la semence : on enfouit le grain dans la terre, et il parait entierement perdu et aneanti ; mais en verite, il en demeure un grain infime qui ne perit jamais, et de lui la semence s'etend dans la terre avec un accroissement abondant.

Telle est l'intention du saint Zohar : "jusqu'a ce qu'il revint de degre en degre au lieu ou il y a souvenir". Toutes ses motivations personnelles (neguiot) furent ecartees, et il ne resta que le point et l'infime grain de bien par lequel il avait vraiment vise les Cieux, meme lorsqu'il demanda au grand echanson de se souvenir de lui devant Pharaon.

Le Saint, beni soit-Il, deploya ce point ; il fut plus encore clarifie et s'eleva par un surplus de saintete. Tiferet ha-Hanokhi sur le Zohar, Miketz (193b), explique le propos du Zohar cite : "Etait-ce donc ainsi que cela apparut a Joseph le Juste, lui qui dit : 'Si seulement tu te souvenais de moi avec toi' ?

Mais lorsque Joseph observa son reve, il dit : 'Assurement, c'est un reve de souvenir.'" Cela signifie que, voyant que le reve du grand echanson faisait allusion au relevement de la corne d'Israel - comme l'expliqua a ce sujet mon pere, mon maitre, le grand rabbin saint, de benie memoire, car Joseph y voyait un ordre dans lequel apparaissait la lumiere de la source : "et elle bourgeonna, sa fleur monta...", jusqu'a ce que du vin soit produit, selon un ordre ordonne -, tandis que le reve du grand panetier montrait des œuvres humaines deja achevees, l'œuvre du boulanger, il y vit un ordre qui n'appartient pas a Israel. C'est ainsi qu'il est dit dans le Talmud de Jerusalem, Berakhot (chap.

1, halakha 1) : "Telle est la delivrance d'Israel : peu a peu." Puisqu'il y avait un ordre dans le reve, il lui sembla donc que c'etait la reparation complete. Ainsi, meme tous les vetements lointains peuvent etre purifies, comme il est ecrit : "Des fils de l'etranger seront vos laboureurs et vos vignerons" (Isaie 61,5-6).

C'est pourquoi, meme s'il avertissait le grand echanson de se souvenir de lui, cela ne s'appelait pas placer sa confiance en lui, etc. Mais il se trompa en cela, comme conclut le saint Zohar : "car aupres du Saint, beni soit-Il, tout etait ainsi ; c'est pourquoi, au lieu ou il y eut oubli, cela se dressa devant lui." Cela signifie : seulement aupres du Saint, beni soit-Il, le reve etait un reve de souvenir ; mais la reparation n'etait pas encore manifestement achevee.

Seul celui qui se tient, de son cote, face au Saint, beni soit-Il, trouve dans toute chose la gloire des Cieux, mais non du cote des vetements. Mais, apres que cela fut clarifie au cours des deux annees, meme le grand echanson fut contraint de le rappeler, alors meme qu'il voulait le rabaisser, etc.

Neanmoins, Joseph le Juste renforca tellement son service qu'il fut force de le rappeler. C'est ce que conclut le saint Zohar : "Que sont ces deux ans ?

Qu'il revint de degre en degre au lieu ou il y a souvenir." Cela rejoint ce qui est rapporte dans le Talmud (Houlin 133a) : "Abaye dit : Au debut, je prenais de force les dons [sacerdotaux]... Lorsque j'entendis ce qui est dit : 'Il donnera', et non qu'il prenne de lui-meme, je ne prenais plus de force ; je disais : Donnez-moi.

Lorsque j'entendis ce qui est enseigne : 'Les discrets retirent leurs mains et les avides se repartissent les parts', je ne prenais plus, meme au poids..." Qu'il ne vienne pas a l'esprit qu'Abaye raconte le denigrement de ses actes anterieurs. Il y revela au contraire une chose profonde : des qu'il entendit cet enseignement, il fut aussitot porte a abandonner la voie a laquelle il etait habitue ; aucun reste de motivation personnelle ne le retint de s'en separer.

Or les discrets retiraient leurs mains car, la ou l'homme tire profit et introduit en son corps, par exemple dans le manger et le boire, l'homme a besoin de clarifications plus poussees, afin de ne pas viser son propre profit. Abaye rapporte ainsi, progressivement, l'ordre de la clarification : comment il se clarifiait a chaque fois davantage.

Et apres que cela fut clarifie, il apparut que tout ce qu'il avait fait, du commencement a la fin, n'avait pour intention que l'affection de la mitsva (commandement). Dans la derniere clarification, il eleva tout l'ordre : meme lorsqu'il prenait de force au commencement, il visait les Cieux.

Ainsi qu'il est rapporte dans Mei ha-Shiloah, premiere partie, recueils talmudiques, Houlin 133a, debutant par "Amar". Il expliqua pareillement le langage de la Guemara dans Sod Yesharim sur la Torah, manuscrit de saintes mains, paracha Miketz, debutant par "Car tout, a sa fin" : "Apres qu'Abaye se fut clarifie en cela, puisque apres l'avoir entendu il retira ses mains, ses premiers actes se clarifierent aussi d'eux-memes : ce qu'il prenait de force ne procedait en verite que de son amour des mitsvot.

En effet, ce qui devait etre clarifie, a savoir qu'il y aurait en cela une motivation pour lui-meme, fut clarifie par le fait qu'apres l'avoir entendu il se retira et s'abstint de recevoir. Ainsi en est-il de toutes les clarifications d'Israel : apres la clarification, ce qu'ils firent dans le voilement s'elevera aussi et se clarifiera egalement comme provenant de la profondeur du bon vouloir." Voir Sod Yesharim, veille de Yom Kippour, paragraphe 32 ; et plus haut, paracha Lekh Lekha, paragraphe 52, debutant par "Et il est".

Toutefois, tout cela n'est que pour Israel : le Saint, beni soit-Il, a seme en eux la saintete, et la ou l'on seme, il pousse encore davantage que la semence. Il n'y a donc chez eux rien qui soit rejete definitivement.

Il n'en est pas ainsi des non-Juifs : lorsqu'ils sont rejetes, c'est un rejet definitif, car la ou l'on ne seme pas, rien ne pousse.

ויהי מקץ שנתים ימים וגו'. איתא בזוה"ק (מקץ קצג:) מאי מקץ רבי שמעון אמר אתר דלית ביה זכירה ודא הוא קץ דשמאלא מ"ט בגין דכתיב כי אם זכרתני אתך כאשר ייטב לך, וכי הכי אתחזי ליה ליוסף צדיקא דאיהו אמר כי אם זכרתני אתך, אלא כיון דאסתכל יוסף בחלמיה אמר ודאי חלמא דזכירה איהו ואיהו טעה בהאי דהא ביה בקב"ה הוה כלא, וע"ד אתר דהוה ביה נשיו קם קמיה, מה כתיב ולא זכר שר המשקים את יוסף וישכחהו וכו'.

מאי שנתים דתב דרגא לדרגא דאית ביה זכירה וכו'. הענין בזה, שנראה לו ליוסף הצדיק שישועתו מוכרחת להיות בהנהגת העוה"ז, ששר המשקים יזכירו לטוב לפני פרעה ואז יצא ממאסרו.

אכן טעה בזה, והוא כי ברית המעור מכוון נגד ברית הלשון (ספר יצירה פרק א מ"ג) ואדם צריך להיות ברור ונקי בשניהם. והנה בברית המעור היה נקי מאד, ואף שאמרו בש"ס (סוטה לו:) שנכנס לעשות מלאכתו ממש, הכוונה בזה, שבאמת היה לאשת פוטיפר איזה שייכות ליוסף הצדיק כי נשא בתה, וכל נולד נכלל במוליד, כי דבר שאין לו שום שייכות בישראל אזי לא ימצא שום חשק בלב איש ישראלי להתאוות לזה הדבר, אכן כאשר יחשק ישראל לאיזה דבר, משמע מזה שיש לזה חלק ושייכות בישראל, לכן אין לדחות שום חשק לגמרי, אך לבררו ולהכניסו בקדושהסטכמבואר במי השלוח ח"א פרשת כי תצא ד"ה וחשקת:

כי באמת כל מה שיעלה חן בעיני ישראל בטח נמצא בו דבר טוב, אך צריך לברר בבירורין אם עלה חן איזה גוון בעינו ולא חן אמיתי. ועיין עוד שם פ' וישב ד"ה לכו.:

"Et il arriva, au bout de deux ans de jours..." Le saint Zohar (Miketz 193b) enseigne : "Qu'est-ce que miketz ? Rabbi Shimon dit : le lieu ou il n'y a pas de souvenir ; c'est la fin de la gauche.

Pourquoi ? Parce qu'il est ecrit : 'Si seulement tu te souvenais de moi avec toi, lorsque tu seras heureux.' Etait-ce donc ainsi que cela apparut a Joseph le Juste, lui qui dit : 'Si seulement tu te souvenais de moi avec toi' ?

Mais lorsque Joseph observa son reve, il dit : 'Assurement, c'est un reve de souvenir.' Il se trompa en cela, car aupres du Saint, beni soit-Il, tout etait ainsi ; c'est pourquoi, au lieu ou il y eut oubli, cela se dressa devant lui. Que dit le verset ? 'Le grand echanson ne se souvint pas de Joseph et l'oublia'...

Que sont ces deux ans ? Qu'il revint de degre en degre au lieu ou il y a souvenir..." Le sujet est le suivant.

Il apparut a Joseph le Juste que sa delivrance devait necessairement venir selon la conduite de ce monde-ci : le grand echanson le rappellerait favorablement a Pharaon, et il sortirait alors de sa prison. Mais il se trompa en cela.

Car l'alliance de l'organe de procreation est dirigee en face de l'alliance de la langue (Sefer Yetsira, chap. 1, michna 3), et l'homme doit etre clair et pur dans l'une comme dans l'autre.

Or, dans l'alliance de l'organe de procreation, il etait tres pur. Et bien que le Talmud (Sota 36b) dise qu'il entra vraiment pour faire son ouvrage, cela signifie qu'en verite la femme de Potiphar avait quelque rapport avec Joseph le Juste, puisqu'il epousa sa fille.

Tout engendre est inclus dans celui qui l'engendre. Car une chose qui n'a aucun rapport avec Israel ne fait naitre dans le cœur d'un homme d'Israel aucun desir de la convoiter.

Mais lorsqu'un Israel desire quelque chose, cela indique que cette chose a une part et un rapport avec Israel. C'est pourquoi il ne faut rejeter entierement aucun desir, mais le clarifier et le faire entrer dans la saintete.

Comme il est explique dans Mei ha-Shiloah, premiere partie, paracha Ki Tetse, debutant par "Ve-hashakta" : "En verite, tout ce qui trouve grace aux yeux d'Israel contient assurment une chose bonne ; mais il faut le soumettre aux clarifications, pour savoir si c'est une apparence qui a trouve grace a ses yeux, et non une grace veritable." Voir aussi la-bas, paracha Vayeshev, debutant par "Lekhou".

En bref

Ce passage poursuit l'enseignement sur Joseph le juste, qui, éclairci dans l'alliance du membre, refusa avant le temps, tel un fruit pas encore mûr. Le Beit Yaakov enseigne que le même éclaircissement devait s'éclaircir dans l'alliance de la langue : il lui sembla que le songe était un songe de souvenir et que sa délivrance viendrait de l'échanson ; il se trompa, car devant le Saint, béni soit-Il, cela est comme rien. Il se confia à l'échanson, le lieu de l'oubli se dressa, et il souffrit encore deux ans jusqu'au degré du souvenir. Même dans l'exiguïté de l'esprit, il s'attacha au Nom seul : alors la délivrance lui vint et il sortit libre.

Aussi : la lampe de ''Hanouka au-dessous de dix palmes, lumière dans les degrés inférieurs ; le cercle de huit, don gratuit, et la fiole au sceau du grand prêtre ; une fin aux ténèbres, les contraires unis auprès du Nom

אמנם יוסף הצדיק, מפני שהיה מבורר מאוד בברית המעור, לזה אף שנכנס לעשות מלאכתו, שהיה לו חשק לזה מפני שהיה לה שייכות לחלקו, אכן מיאן וסירב מפני שהיה קדם זמנא, כמו פרי הנאה ביותר אך שלא נגמרה עדיין אזי אין בה שום טעם ולא תצלח לאכלהעעיין לעיל פרשת וישב אות י ד"ה ועל זה.. וזה הבירור עצמו היה צריך להתברר בברית הלשון, שנדמה לו שהחלום הוא חלמא דזכירה, שישועתו תהיה ע"י שיזכיר אותו שר המשקים לפני פרעה, ובזה טעה, דהא ביה בקב"ה הוא כלא, היינו שהיה לו לידע שאם יחפוץ השי"ת שישועתו תהיה ע"י אמצעי אזי יהיה שמלאך רע בעל כרחו יענה אמן, ובאמת כן היה.

אמנם הוא מצדו בטח בשר המשקים, ואתר דנשיו קם קמיה, שעי"ז היה צריך לסבול להיות במאסר עוד שתי שנים, עד דתב דרגא לדרגא דאית ביה זכירה. היינו שאחיו דנו אותו למכרו לעבד, כמו שהגנב נמכר בגנבתו, ומה טעם הוא שרק הגנב נמכר ולא העובר עבירה אחרת.

כי ענין גנב הוא, שאינו יכול לעמוד לנכח השי"ת ולעבוד עבודה זו תפלה להתפלל מלפניו על צרכיו, מתבייש לומר ברוך אתה ה', מפני שבוש הוא לעמוד לנכח השי"ת שעריק מקמי מאריה, ומהיכן יתפרנס, לזה מרחמין עליו ומוכרין אותו לעבד, שאדוניו יקבל פרנסתו וגם פרנסת העבד מהשי"ת, וביובל יצא לחירות, היינו אחר שיברר את עצמו כ"כ עד עלמא דבינהעאנתבאר בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת משפטים ד"ה ושורש כל חטאי ישראל וזה לשונו בתוך הדברים: כי ענין שורש חטא הגנב, שאינו יכול ליקח השפעה בדרך ישר משורשה, כי אחרי שנכנס בהסתר ואינו רואה אור הבהיר, איך הש"י משפיע לכל נפש בפרט, וממנו נסתרה דרכו דרך הארתו.

ולכן יתגנב לקחת שפע השפעתו כנוטל שלא מדעת דרך אמצעי. ולכן מדה במדה אם אין לו לשלם ונמכר בגניבתו, כי אחרי שאין בו תוקף לעמוד לנגד הש"י פנים בפנים כאב נגד בנו, לבקש ממנו על מחייתו וחיי נפשו ושפעת אורו, ולכן נמכר על פי בית דין.

וזה הוא שורש אורו, שיקבל דרך בעליו הלוקחו ועל ידו יושפע שפעת אורו, עד שיתברר ויתלבן, עד עת בא דברו אמרת ה' תצרפהו, ויצא לחירות בשש וביובל וכו'. עיי"ש כל הענין, ועיין לקמן פרשת ויגש אות ד ד"ה ויסוד, אות יח., היינו שבעומק ענין העבודה הוא דבר קטן לעומת האור שיברר השי"ת שישראל עלו במחשבה תחלה, ואחר שיבא אדם לזה הבירור יברר את עצמו שהוא דבוק תמיד בהשי"תעבאיתא בזוהר הקדוש רעיא מהימנא בהר (קח:) בביאור עניין יובל:

דאיהי בינה שנת היובל, איהי אהיה אשר אהיה, תרין זמנין אהי"ה חושבן מ"ב ותמניא אתוון בהון חמשין וכו'. וביה פקודא לחזור לאחוזתו ביובל, בשנת היובל הזאת תשובו וגו'.

כל חד יחזור ביה לדרגא דיליה, דנשמתיה אחיזה מתמן וכו' עכ"ל. ומבואר הדבר היטב במי השלוח ח"א פרשת בהר ד"ה וספרת., ואף בשעת השינה, ומה שלא יכול לעמד נכח השי"ת לומר אתה, הוא מפני שהוא נכלל כולו בהשי"ת, ואז יצא לחפשיעגמבואר במי השלוח ח"ב פרשת משפטים ד"ה שש שנים:

ענין שמיטה, שאף שעבד הנמכר בגניבתו הוא מחמת שלא יוכל לקבל מהש"י פנים בפנים בלתי דרך אמצעי, מ"מ הש"י מביט לנפש מישראל בכל מקום שהוא, ובעת שימצא בו עבודה וציפוי להש"י, שזה נקרא שנת השמיטה, שרומז על עבודה, אז אין שום רשות יכול לשלוט עליו. ושנת היובל שאז שולט רצון הפשוט ואז יתעורר בלב כל נפש מישראל רצון הפשוט, לכן אין שום שיעבוד על שום נפש מישראל.

עיין היטב בבית יעקב שמות פרשת משפטים אות יא ד"ה ומשפט הראשון אריכות בעניין. בית יעקב הכולל פרשת משפטים ד"ה ואלה [א] בסופו..

וכן הוא ענין יוסף הצדיק שהיה מברר את עצמו עד דתב דרגא לדרגא דזכירה, היינו שאף בקטנות הדעת בשעה שהשכחה מצויה גם אז היה דבוק בהשי"ת, ומה שאמר לשר המשקים שיזכרהו, גם אז לא היה לו שום סמיכה ובטחון על שר המשקים רק על השי"ת לבד, אזי באה לו הישועה ויצא לחירות:

Certes, Joseph le juste, parce qu'il etait tres eclairci dans l'alliance du membre, bien qu'il fut entre pour faire son ouvrage - envers lequel il avait de l'attrait, car il se rapportait a sa part - il refusa et s'y opposa, car c'etait avant le temps. Tel un fruit extremement agreable qui n'est pourtant pas encore arrive a maturite: il n'a alors aucune saveur et n'est pas propre a etre mange.

Voir ci-dessus, paracha Vayeshev, paragraphe 10, commencant par "Et sur cela". Et ce meme eclaircissement devait s'eclaircir dans l'alliance de la langue: il lui sembla que le songe etait un songe de souvenir (חלמא דזכירה), que sa delivrance viendrait de ce que l'echanson le rappellerait devant Pharaon.

En cela il se trompa; car devant le Saint, beni soit-Il, cela est comme rien. Il devait savoir que si le Nom voulait que sa delivrance vienne par un intermediaire, meme un mauvais ange repondrait Amen contre son gre.

Et il en fut reellement ainsi. Mais, de son cote, il se confia a l'echanson; et le lieu de l'oubli se dressa devant lui (אתר דנשיו קם קמיה), de sorte qu'il dut souffrir encore deux ans en prison, jusqu'a ce qu'il revienne de degre en degre au degre ou se trouve le souvenir (עד דתב דרגא לדרגא דאית ביה זכירה).

C'est-a-dire que ses freres le jugerent pour etre vendu comme esclave, de meme que le voleur est vendu pour son vol. Pourquoi seul le voleur est-il vendu, et non celui qui commet une autre transgression?

Car le voleur ne peut se tenir en face du Nom et accomplir ce service, la priere, en Le priant pour ses besoins. Il a honte de dire: "Beni sois-Tu, ה'", car il a honte de se tenir devant le Nom, lui qui fuit devant son Maitre (דעריק מקמי מאריה).

D'ou viendra sa subsistance? Aussi a-t-on pitie de lui et on le vend comme esclave, afin que son maitre recoive du Nom sa subsistance et aussi celle de l'esclave.

A l'annee du jubile, il sortira libre: apres s'etre a ce point eclairci lui-meme qu'il atteigne le monde de Bina (l'intelligence). Il est explique dans Sod Yesharim sur la Torah, d'apres un manuscrit de l'auteur, paracha Michpatim, commencant par "Et la racine de toutes les fautes d'Israel": "La racine de la faute du voleur est qu'il ne peut recevoir l'influx par la voie droite, depuis sa racine.

Apres etre entre dans le voilement et ne plus voir la lumiere claire, comment le Nom dispense un influx a chaque ame en particulier, sa voie, la voie de Son illumination, lui est cachee. Il se derobera donc pour prendre l'abondance de Son influx, comme celui qui prend a l'insu d'autrui, par un intermediaire.

C'est pourquoi, mesure pour mesure, s'il n'a pas de quoi rembourser, il est vendu pour son vol. Car il n'a pas la force de se tenir devant le Nom face a face, comme un pere devant son fils, pour Lui demander son entretien, la vie de son ame et l'abondance de Sa lumiere; aussi est-il vendu par le tribunal.

Et telle est la racine de sa lumiere: il recevra par son proprietaire qui l'a acquis, et par lui lui sera dispensee l'abondance de Sa lumiere, jusqu'a ce qu'il soit eclairci et blanchi, jusqu'au temps ou viendra Sa parole: "la parole de ה' le purifie" (Psaumes 105,19), et il sortira libre la sixieme annee et au jubile, etc." Voir la-bas tout le sujet; et voir plus loin, paracha Vayigash, paragraphe 4, commencant par "Et le fondement", paragraphe 18. C'est-a-dire que, dans la profondeur du service divin, cela est peu de chose face a la lumiere par laquelle le Nom eclaircira que les enfants d'Israel sont montes d'abord dans la pensee.

Et lorsqu'un homme parvient a cet eclaircissement, il s'eclaircit lui-meme: il est toujours attache au Nom, meme durant le sommeil. Et s'il ne peut se tenir devant le Nom pour dire "Toi", c'est parce qu'il est entierement inclus dans le Nom; alors il sortira vers la liberte.

Il est explique dans Mei HaShiloah, seconde partie, paracha Michpatim, commencant par "Six annees": "Le sens de la chemita est que, bien que l'esclave vendu pour son vol le soit parce qu'il ne peut recevoir du Nom face a face, sans intermediaire, le Nom regarde neanmoins une ame d'Israel ou qu'elle se trouve. Lorsqu'Il y trouve un service et une attente vers le Nom - cela est appele l'annee de chemita, qui fait allusion au service - aucune autorite ne peut dominer sur elle.

Et a l'annee du jubile, ou domine la volonte simple, la volonte simple s'eveillera dans le cœur de toute ame d'Israel; il n'y a donc aucun assujettissement sur aucune ame d'Israel." Vois attentivement Beit Yaakov, Chemot, paracha Michpatim, paragraphe 11, commencant par "Et le premier jugement", ou le sujet est longuement traite; Beit Yaakov haKolel, paracha Michpatim, commencant par "Et voici", a la fin. Ainsi fut Joseph le juste: il s'eclaircit jusqu'a revenir de degre en degre au degre du souvenir, c'est-a-dire que meme dans l'exiguite de l'esprit, au temps ou l'oubli est present, il etait alors aussi attache au Nom.

Et lorsqu'il dit a l'echanson de se souvenir de lui, il n'avait alors aucun appui ni aucune confiance en l'echanson, mais dans le Nom seul. Alors la delivrance lui vint et il sortit libre.

וזהו הענין שאמרו בש"ס (שבת כא:) שמצות נר חנוכה הוא להניחה למטה מעשרה, היינו להמשיך אור אף לדרגין תתאין. וזהו ג"כ דאיתא (שם) מאי חנוכה דת"ר בכ"ה בכסליו יומי דחנוכה תמניא אינון וכו' שכשנכנסו יונים להיכל טמאו כל השמנים שבהיכל, וכשגברה מלכות בית חשמונאי ונצחום בדקו ולא מצאו אלא פך אחד של שמן שהיה מונח בחותמו של כהן גדול, ולא היה בו אלא להדליק יום אחד, ונעשה בו נס והדליקו ממנו שמונה ימים וכו'.

והענין הוא שמספר שמונה מרמז על השבעה בכללעדכדאיתא בזוהר הקדוש תצוה (קפז.): ולית שמיני אלא מגו שבעה..

כי באמת בעוה"ז אין רק שבעה, והשמיני הוא המכוון מיום ראשון עד יום השביעי שכלולים כל השבעה בהשמיניעהעיין בתפארת יוסף שמיני עצרת ד"ה ביום השמיני [ד]: כי היקף שבעה הציב השי"ת מחמת שהשי"ת חפץ להטיב לבריותיו.

ואיתא במדרש (רבה קהלת ד') רעותא דבר נש דמתקרי דלעי ונגיס, על כן הציב השי"ת את זה ההיקף שבעה, שמורה שע"י ברוריו של אדם משיג אור השי"ת. אבל מחמת שרואה שהגיע לאורו של השי"ת ע"י ברוריו, כי מי שטרח בערב שבת יאכל בשבת, ומכיר שע"י טרחותיו הגיע לאור הזה, ממילא יכול האדם לקבל לו כח מה.

ע"כ הציב השי"ת היקף שמונה, וכדאיתא בש"ס (ערכין י"ג:) כינור של מקדש של שבעה נימין ושל ימות המשיח של שמונה נימין, שזה רומז היקף שמיני. וזה ההיקף מורה, אשר לאור הזה אי אפשר להגיע בשום אופן על ידי ברוריו, כי האור הזה מנחיל השי"ת רק מאוצר מתנת חנם.

וממילא מזה האור אין ביד האדם לקבל לו שום כח, מאחר שמכיר ששם אינו מגיע ע"י עבודתו. ולמי באמת מנחיל השי"ת האור הזה, מי שהולך בעבודה בהיקף שבעה עד מקום שידו מגעת, ולזה האדם מנחיל השי"ת מאוצר הזה של מתנת חנם.

ועיין עוד שם ד"ה ביום [א]. סוד ישרים שמיני עצרת אות ד, ח, יח..

וכמו בשבעה מלכין קדמאין דכתיב בכולהו וימת וימת, והם מרמזין על העלמין דאתחרבו, ומלך השמיני נקרא הדר ולא כתיב ביה וימת (זוהר נשא קלה.), זה מרמז על תשובה שנבראת קודם שנברא העולם, וזהו הנקודה מכל השבעה שנשאר מהם זו הרשימה ולא נתבטלו ונחרבו לגמרי, כי לא לחנם ברא אותם השי"ת, אכן ע"י העלמין דאתחרבו נבנה עולם התיקוןעועניין עשרת העולמות שנחרבו לפני בריאת העולם בסוד בונה עולמות ומחריבן, נרמז סודן בשבעת מלכי אדום כמבואר בזוהר הקדוש באידרא רבה פ' נשא, נתבאר באריכות בכתבי רבנו האר"י זי"ע בהרבה מקומות, ונקראים גם עולם הנקודים. ומיתת המלכים וסוד חורבן העולמות נקרא השבירה.

ועולם התיקון מרומז במלך השמיני שהוא הדר שנכתב שם אשתו ולא כתיב ביה מיתה. עיין בעץ החיים שער ט – שער שבירת הכלים – פרק ח, שער ההקדמות לרבנו האריז"ל בדרוש באור החדש שיצא מן המצח עיי"ש.

ורבות נתבאר עניין זה בספרנו בטעמי השבירה ובטעם למה נתקיים עולם התיקון. ועניין צעקת העולמות שמהם נבנה עולם התיקון עיין לעיל פרשת נח אות ב ד"ה וגמר הבנין, פ' וירא אות ח עיי"ש., והוא נקרא שמיני ובאמת הוא ראשון, כי הוא הנקודה והמכוון מבריאת העולם.

והנה כשנכנסו יונים להיכל וטמאו כל השמנים, נדמה אז שח"ו נסתלקה מלכות שמים לגמרי, עד שנצחום ובדקו ומצאו פך שמן שהיה מונח בחותמו של כה"ג, שבו הוא עיקר בחינת את"ה כדכתיב (תהילים ק״י:ד׳) אתה כהן לעולם, וכדאיתא בזוה"ק (משפטים קד.) שמלך נקרא הוא, היינו שבבחינת הוא הכל מודים ששם רק השי"ת פועל כל, אך בחינת אתה שהוא עבודת הכה"ג, שיוכל האדם לעבוד עבודת השי"ת, עד שיוכל לעמוד לנכח השי"ת לומר ברוך אתה ה', שזהו נקרא מלכות שמים. ואז היתה זאת בהסתר מאד, שנראה להם שח"ו נסתלקה זאת לגמרי, ואח"ז שמצאו ראו שהשי"ת שמר זו הנקודה לעולם, היינו שאף בהסתר היותר גדול נמצא בכל נפש ישראל מלכות שמים.

וזהו בכ"ה בכסליו יומי דחנוכה תמניא אינון, שיום ראשון נקרא תמניא שהוא כלול כל השבעה הבאים:

Tel est le sens de ce qu'ils ont dit dans le Talmud (Chabbat 21b): le commandement de la lampe de 'Hanouka est de la placer au-dessous de dix [palmes], c'est-a-dire de prolonger la lumiere jusque dans les degres inferieurs. C'est aussi ce qui est rapporte (ibid.): "Qu'est-ce que 'Hanouka?

Nos maitres ont enseigne: le vingt-cinq Kislev, les jours de 'Hanouka sont au nombre de huit... Lorsque les Grecs entrerent dans le Sanctuaire, ils rendirent impures toutes les huiles du Sanctuaire.

Lorsque la royaute de la maison des Hasmoneens eut prevalu et les eut vaincus, ils chercherent et ne trouverent qu'une seule fiole d'huile, posee avec le sceau du grand pretre. Elle ne contenait de quoi allumer qu'un jour; un miracle se produisit et l'on en alluma huit jours..." Le nombre huit fait allusion au sept dans sa totalite, comme il est dit dans le saint Zohar, Tetsave (187a): "Il n'y a de huitieme qu'au sein du septieme." Car, en verite, dans ce monde-ci il n'y a que sept; le huitieme est le but de meme du premier jour au septieme, et les sept sont inclus dans le huitieme.

Voir Tiferet Yosef, Chemini Atseret, commencant par "Au huitieme jour": "Le Nom a etabli le cercle de sept parce qu'Il desire faire du bien a Ses creatures. Il est dit dans le Midrach (Kohelet Rabba 4): le desir de l'homme est d'etre appele celui qui peine et mange.

Le Nom a donc etabli ce cercle de sept, qui enseigne que, par les eclaircissements de l'homme, il atteint la lumiere du Nom. Mais, parce qu'il voit qu'il est parvenu a la lumiere du Nom par ses eclaircissements - car celui qui a peine la veille du Chabbat mangera le Chabbat - et qu'il reconnait que c'est par ses efforts qu'il est arrive a cette lumiere, l'homme peut des lors en tirer de la force pour lui-meme.

C'est pourquoi le Nom a etabli le cercle de huit. Comme il est dit dans le Talmud (Arakhin 13b): la harpe du Temple avait sept cordes, et celle des jours du Messie en aura huit; cela fait allusion au cercle du huitieme.

Ce cercle enseigne qu'il est impossible de parvenir a cette lumiere de quelque maniere que ce soit par ses eclaircissements, car le Nom ne donne cette lumiere que du tresor du don gratuit. De cette lumiere, l'homme ne peut donc tirer aucune force pour lui-meme, puisqu'il reconnait qu'il n'y parvient pas par son service.

A qui le Nom donne-t-Il veritablement cette lumiere? A celui qui avance dans le service dans le cercle de sept jusqu'a la limite de sa main; a cet homme le Nom donne ce tresor du don gratuit." Voir encore la-bas, commencant par "Au jour"; Sod Yesharim, Chemini Atseret, paragraphes 4, 8 et 18.

C'est comme les sept rois premiers, dont il est ecrit pour chacun: "il mourut, il mourut"; ils font allusion aux mondes qui furent detruits. Le huitieme roi est appele Hadar, et il n'est pas ecrit a son sujet: "il mourut" (Zohar, Nasso 135a).

Cela fait allusion au repentir, cree avant que le monde fut cree. C'est le point des sept qui subsista, leur trace (rechimo), et ils ne furent pas entierement annules ni detruits, car le Nom ne les crea pas en vain.

Mais par les mondes qui furent detruits fut bati le monde du tikoun. Le sujet des dix mondes qui furent detruits avant la creation du monde, dans le secret de "Il batit des mondes et les detruit", est indique par les sept rois d'Edom, comme cela est explique dans le saint Zohar, dans l'Idra Rabba, paracha Nasso.

Il est longuement explique en maints endroits dans les ecrits de notre maitre le Ari, de benie memoire; ils sont aussi appeles le monde des points (olam haNekoudim). La mort des rois et le secret de la destruction des mondes sont appeles la brisure.

Le monde du tikoun est indique par le huitieme roi, Hadar, dont le nom de l'epouse est ecrit et au sujet duquel la mort n'est pas ecrite. Voir Ets HaHayim, porte 9 - porte de la brisure des kelim - chapitre 8; les introductions de notre maitre le Arizal, discours sur la lumiere nouvelle sortie du front, voir la-bas.

Ce sujet est encore beaucoup explique dans notre livre, dans les raisons de la brisure et dans la raison pour laquelle le monde du tikoun subsista. Sur le cri des mondes a partir desquels fut bati le monde du tikoun, voir ci-dessus, paracha Noah, paragraphe 2, commencant par "Et l'achevement de la construction", et paracha Vayera, paragraphe 8, voir la-bas.

Il est appele huitieme et, en verite, il est premier, car il est le point et le but de la creation du monde. Or, lorsque les Grecs entrerent dans le Sanctuaire et rendirent impures toutes les huiles, il sembla alors, a Dieu ne plaise, que la royaute du Ciel s'etait entierement retiree.

Jusqu'a ce qu'ils les eussent vaincus, cherche et trouve une fiole d'huile posee avec le sceau du grand pretre. En elle est l'essentiel de l'aspect de "Toi" (אתה), comme il est ecrit: "Tu es pretre pour toujours" (Psaumes 110,4).

Et il est dit dans le saint Zohar (Michpatim 104a) que le roi est appele "lui" (הוא): dans l'aspect de "lui", tous reconnaissent que le Nom seul y opere tout. Mais l'aspect de "Toi", qui est le service du grand pretre, est que l'homme puisse accomplir le service du Nom jusqu'a pouvoir se tenir devant le Nom et dire: "Beni sois-Tu, ה'"; cela est appele la royaute du Ciel.

Cet aspect etait alors tres voile, et il leur sembla, a Dieu ne plaise, qu'il s'etait entierement retire. Puis, lorsqu'ils le trouverent, ils virent que le Nom avait garde ce point a jamais: meme dans le voilement le plus grand, la royaute du Ciel se trouve dans toute ame d'Israel.

Tel est le sens de "le vingt-cinq Kislev, les jours de 'Hanouka sont huit": le premier jour est appele "huit" (תמניא), car les sept jours qui suivent y sont tous inclus.

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. בזוה"ק (מקץ קצג.) ובמדרש רבה (מקץ פט) רבי חייא פתח ואמר קץ שם לחשך, זמן נתן לעולם כמה שנים יעשה באפלה וכו' זמן נתן ליוסף כמה שנים יעשה באפלה בבית האסורים, כיון שהגיע הקץ חלם פרעה חלום.

זשה"כ (ישעיהו מ׳:כ״ו) שאו מרום עיניכם וראו מי ברא אלה המוציא במספר צבאם לכלם בשם יקרא מרוב אונים ואמיץ כח איש לא נעדר. מי ברא אלה, היינו כדאיתא בזוה"ק (הקדמה א:) מי ברא לאלה, שהם שני שמות קדושים.

והוא, כי אלה מורה על התפשטות הפרטים, כי השי"ת ברא בעולם דבר והפוכו כולו מקשה שנראים כסותרין זה את זה, וכ"ז הוא להפליא את הברואים שיתמהו מי ברא את כל אלה, האיך יתאחדו ויתחברו הפרטים, משמע שנמצא בעולם ה' אחד ששם מתחברים ומתאחדים כל הפרטים בשורש. וכדאיתא גם במדרש הנעלם (תולדות קלו:) כל מה שברא הקב"ה בעולמות שלו חוץ ממנו היו בשיתוף.

היינו שבכל דבר נמצא בחינת דכר ונוקבא, שהם תרין הפכיים שמים וארץעזלעיל פרשת נח אות כ, מח.. שמים בהירים ביותר, עד שאף כגרעין חרדל לא יוכלו לקבל מעוה"ז כדאיתא בזוה"ק (ויגש רז.).

וארץ מורה על גודל הסתר, וכן הם חמה ולבנה, זכר ונקבה, גוף ונפש, שהם ממש תרין הפכיים, ומ"מ אהבה ואחוה וריעות ביניהם. מי עשה כן, משמע שנמצא עליון על כל אלה דלית תמן פרודא רק אחדותא שלימותא, וכדכתיב (ברכה לג) ובגאותו שחקים, שמגדלות השי"ת ורוממותו רוכב על שחקים, שמתאחדים ומתחברים כל הדברים הנשחקים והנפרדים שנראה כסותרין זה את זהעחכדאיתא בזוהר הקדוש רעיא מהימנא פנחס (רלו.):

שחקים, דבהון ריחים דטוחנים מן לצדיקים לעתיד לבא, ואינון אקרון שחקים, ע"ש (שמות ל׳:ל״ו) ושחקת ממנה הדק, ואינון נצח והוד וכו'. נצח והוד תרין פלגי גופא אינון {והיינו הפכים} כגוונא דתרין תאומים, ובגין דא אתקריאו שחקים, תרווייהו כחדא {שעושים פעולה אחת כגוונא דריחים ורכב}.

ועיין עוד בתפארת יוסף שמחת תורה ד"ה רוכב שמים: שחקים מרמזים על כל מיני הופכיים שנמצאים בעולם, והוא כדאיתא בזוה"ק (פנחס רל"ו.) שחקים דבהון רחיים דטוחנים מן לצדיקים לעתיד לבוא ע"ש ותבין, והיינו כי אצל השי"ת לא נמצא שום הפכים כי אצלו נתאחדו כל מיני הפכים..

לכלם בשם יקרא, היינו לכל פרט יש לו שם מיוחד, שהשמות מחלקים ומפרידין אחד מחבירו. מרוב אונים ואמיץ כח איש לא נעדר.

אונים הוא מלה מורכבת משני תיבות אין נים, וזה מרמז שלא ינום ולא יישן שומר ישראל, ומפני שיש להשי"ת זה הכח, הוא מאמץ את כח האדם שלא ישתכח ממנו השגחת השי"ת לגמרי, כי לולא זאת שהשי"ת לא ינום ולא יישן היה החשך וההסתרה מתפשטת כ"כ, עד שיסתר מנגד עיניו לגמרי מי ברא אלה. אכן השי"ת שלא ינום ולא יישן, הוא שומר את ישראל, ומאמץ כח הברואים שלא יעדר מהם איש ושלא ידח מהם שום נדח:

"Et il advint, au bout de deux annees de jours, que Pharaon revait..." Le saint Zohar (Miketz 193a) et le Midrach Rabba (Miketz 89) disent: Rabbi Hiyya ouvrit et dit: "Il fixa une fin aux tenebres"; Il donna au monde un temps, combien d'annees il serait dans l'obscurite... Il donna a Joseph un temps, combien d'annees il serait dans l'obscurite de la maison des prisonniers.

Lorsque la fin arriva, Pharaon fit un songe. C'est ce qui est ecrit: "Levez vos yeux vers les hauteurs et voyez qui a cree ces choses, Lui qui fait sortir leur armee par nombre, qui les appelle toutes par nom; par l'abondance de Sa vigueur et la puissance de Sa force, pas un ne manque" (Isaie 40,26).

"Qui a cree ces choses" (מי ברא אלה), ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Introduction, 1a), "Mi crea Eleh" (מי ברא לאלה): ce sont deux noms saints. Car "Eleh" (אלה, ces choses) indique le deploiement des details.

Le Nom a cree dans le monde une chose et son contraire, tout d'une seule piece, bien qu'ils paraissent se contredire; tout cela est afin d'etonnner les creatures, pour qu'elles s'interrogent: "Qui a cree toutes ces choses?" Comment les details s'unissent-ils et se joignent-ils? Cela signifie qu'il y a dans le monde un Nom unique, en qui tous les details se joignent et s'unissent a la racine.

Il est aussi dit dans le Midrach haNeelam (Toledot 136b): "Tout ce que le Saint, beni soit-Il, a cree dans Ses mondes, hors de Lui, etait en association." C'est-a-dire qu'en toute chose se trouve l'aspect de male et femelle, deux contraires: ciel et terre. Voir ci-dessus, paracha Noah, paragraphes 20 et 48.

Les cieux sont si lumineux qu'ils ne pourraient recevoir de ce monde-ci pas meme un grain de moutarde, ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Vayigach 207a). La terre, elle, indique le grand voilement.

Ainsi en est-il du soleil et de la lune, du male et de la femelle, du corps et de l'ame: ils sont vraiment deux contraires, et pourtant il y a entre eux amour, fraternite et amitie. Qui a fait cela?

Cela signifie qu'il existe un Superieur a toutes ces choses, ou il n'y a aucune separation mais seulement une unite parfaite. Ainsi qu'il est ecrit: "Et dans Sa grandeur, les cieux poudreux" (Deuteronome 33): par la grandeur et l'elevation du Nom, Il chevauche les cieux poudreux, ou s'unissent et se joignent toutes les choses broyees et separees qui paraissent se contredire.

Comme il est dit dans le saint Zohar, Raaya Mehemna, Pinhas (236a): "Les cieux poudreux (chehakim), dans lesquels sont les meules qui moulent la manne pour les justes dans le futur, sont appeles chehakim, d'apres: 'Tu la reduiras en poudre tres fine' (Exode 30,36); ils sont Netsa'h et Hod... Netsa'h et Hod sont les deux moities du corps" - c'est-a-dire des contraires - "comme deux jumeaux; c'est pourquoi ils sont appeles chehakim, les deux ensemble" - car ils font une action unique, comme les meules et leur roue.

Voir encore Tiferet Yosef, Simhat Torah, commencant par "Il chevauche les cieux": les chehakim font allusion a toutes sortes de contraires qui se trouvent dans le monde; c'est ce qui est dit dans le saint Zohar (Pinhas 236a), "les chehakim dans lesquels les meules moulent la manne pour les justes dans le futur", vois la-bas et comprends. Car aupres du Nom, il n'y a aucun contraire, puisque toutes les sortes de contraires sont unifiees aupres de Lui.

"Il les appelle toutes par nom": chaque detail a un nom particulier, et les noms divisent et separent l'un de l'autre. "Par l'abondance de Sa vigueur et la puissance de Sa force, pas un ne manque." "Vigueur" (אונים) est un mot compose de deux mots, "il ne sommeille pas" (אין נים); cela fait allusion a: "Le gardien d'Israel ne sommeille ni ne dort".

Parce que le Nom a cette force, Il affermit la force de l'homme, afin que la providence du Nom ne soit pas entierement oubliee de lui. Car sans cela, si le Nom ne sommeillait ni ne dormait, les tenebres et le voilement s'etendraient tant que "qui a cree ces choses" serait entierement cache a ses yeux.

Mais le Nom, qui ne sommeille ni ne dort, garde Israel et affermit la force des creatures, afin que pas un ne manque d'entre eux et qu'aucun egare ne soit repousse.

En bref

« Il a mis une fin aux ténèbres » : D.ieu fixa au monde et à Joseph le temps de l'obscurité ; lorsque la fin arriva, Pharaon eut un songe. Selon le Beit Yaakov, Joseph perdu fit ténèbres, l'esprit saint se retira de Yaakov et les tribus descendirent : il est la clé extérieure de Yechouroun, sceau du corps, sans laquelle on n'atteint pas les trésors de Juda. À la résurrection chacun se reconnaît comme existant déjà depuis toujours, tel un homme qui s'éveille ; dans la réincarnation on ne se reconnaît pas. L'homme se scelle par les mitsvot et la péri'a (mise à nu), se restreint au sceau du corps et se sanctifie dans le permis, afin de se reconnaître.

Aussi : la colère incluse dans l'idolâtrie, l'homme s'imaginant maître du monde ; Joseph reconnut ses frères, eux ne reconnurent pas le sceau de la barbe ; la fiole scellée de ''Hanouka et les kelim (récipients) à préparer

וזהו קץ שם לחשך, זמן נתן לעולם כמה שנים יעשה באפלה וכו' זמן נתן ליוסף כמה שנים יעשה באפלה בבית האסורים, כיון שהגיע הקץ חלם פרעה חלום. והוא, שכאשר נאבד יוסף הצדיק מאביו ואחיו היה חשך אפלה בכל העולם, עד שנסתלקה רוח הקדש מיעקב אבינו ע"ה וירדו כל השבטים ממדרגתן, ואף שהיה לכל אחד אור בפני עצמו, אכן בלא האור מיוסף הצדיק לא נראה אורם, כי הוא המפתח מכל השבטי ישרון, שמדתו הוא רזא דברית חותם הגוף, לצמצם את עצמו בכל הצמצומים ולעבוד עבודהעטכמו שביאר לעיל פרשת וישב אות יב:

כי השנים עשר שבטים הם שנים עשר גבולי אלכסון, כנגד שנים עשר מזלות וכנגד שתים עשרה שעות ביום ושתים עשרה שעות בלילה כדאיתא במדרש רבה (נשא פ' י"ד פסוק וכל בקר זבח השלמים). ויוסף הוא היסוד והשורש מכל השבטים, שהוא ברזא דברית ומפתח החיצון מכל השבטים.

ואף שיהודה הוא גדול מיוסף, שהוא מפתח הפנימי ברזא דלבא, ויש בו כל היקרות, כמו שסגולת מלכים ואבנים יקרות מונחים באוצרות הפנימיים, אמנם אם לא יהיה לאדם מפתח החיצון אזי לא יוכל לכנוס ולהגיע לאוצרות הפנימיים., ועי"ז יזכה האדם לתחיית המתים. כי עיקר התחיה הוא שהמתים שיחיו לעתיד יכירו את עצמם איך שכבר היו לעולמים, כדוגמת האדם שיקיץ משנתו, שמכיר את עצמו מקודם וזוכר מה שעבר עליו קודם השינה.

ולא תהיה התחיה ברזא דגלגולא, כי זה נמצא גם בימינו נפשות שהם בגלגולא, אבל אין מכירין את עצמם ואין זוכרים מה שעבר עליהם קודם זה, ואף שנמצא בני עליה שמבררים את עצמם ויודעים מי המה, אכן מעטים הם בעולם. ועיקר הסבלנות שישראל סובלים בעולם הזה, הוא לברר מה שהיה מקודם בבריאה הראשונה, ובזה הוא עיקר העבודה לחתום את עצמו במצות ומעשים טובים, בכדי שיכיר את עצמו לעתיד בעת התחיהפמבואר בתפארת יוסף פרשת אמור ד"ה ויאמר:

כי לעת התחיה יראה השי"ת לכל אחד ואחד שלא היה שום העדר והפסק אור אצלו, כי איתא בש"ס (סנהדרין צ"א:) שבעת התחיה יעמדו במומן ומתרפאין שלא יאמרו אחרים המית ואחרים החיה, וביאר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, שלעתיד יכיר עצמו כל אחד ואחד, היינו שיכיר שמזה הסבלנות שסבל בעוה"ז בעבור כבודו ית', מזה השיג התחיה, וזה מורה יעמדו במומן ויתרפאו. נמצא שכל אחד יכיר שלא היה שום העדר אור אצלו מאחר שיראה ההתקשרות שיש לו מחיי עוה"ז לחיי העוה"ב.

ועיין עוד שם פ' האזינו ד"ה כי אשא, לעיל פ' וירא אות כא ד"ה וזה הוא, סוד ישרים פרשת פרה אות ט.. וע"ז מרמז השם אקי"ק שהוא ברזא דתחיית המתים, וכדאיתא בכתבי האר"י הק' (פרי עץ חיים שער הושענא רבה) שהשם אקי"ק במילוי יודי"ן ואלפי"ן וההי"ן עולה במספר חות"םפאזה לשון האריז"ל מבואר שם בשער הלולב פרק ד' (ענין ליל הושענא רבה):

והנה נודע כי הבינה נקרא אהי"ה וכו' והנה נמשך הארה מן ג' אלו אהי"ה, ונמשכין ביסוד שלה, ונעשה מהם היסוד וכו' ולכן בהיותו בה בחי' היסוד, העולם נידון ונחתם לחיים או למות. אמנם בחינת היסוד זה נמשך מן ג' אהי"ה הנ"ל הוא הנקרא חותם, כי הלא ג' אהי"ה דיודין (אלף הי יוד הי – קס"א) דההין (אלף הה יוד הה – קנ"א) דאלפין (אלף הא יוד הא – קמ"ג) הם גימטריא חותם וכו'.

ונראה שרמז בדבריו על גמר החיתום שהוא בזאת חנוכה כדאיתא בספה"ק.. והענין בזה הוא, שפירוש השם אקי"ק מורה שעוד אהיה פה, וזה רומז לתחיית המתים.

למשל כמו שמלך נותן חותם שלו לאוהבו, שיהיה בידו לסימן ויכיר שכבר היה כאן המלך פעם אחת ועתיד הוא להיות אצלו עוד הפעם. ומהיכן יזכה אדם שיכיר את עצמו בעמדו לתחיה, ע"י שהאדם יצמצם את עצמו בחותמא וסיומא דגופא בל להתפשט בעוה"ז, ועיקר החתימה הוא בפריעה בעור השני שנשאר אחר שהסירו עור הערלה והשליכוה לגמריפבכדאיתא בלקוטי תורה לרבנו האריז"ל פרשת לך בטעמי המצוות בסופו וזל"ק:

וכשיעשה הפריעה יכוון בהגלות העטרה, הוא דמות יו"ד, חותם גוף קטן דאות שד"י., אבל עור השני אין צורך להסירו ולהשליכו, כי יש בו קדושה, רק צריך לפרעו ולשנות את מקומו, וזה מרמז באדם לקדש עצמו במותר לו, והוא מלשון הכתוב (משלי ד׳:ט״ו) פרעהו אל תעבר בופגכמו שנתבאר בשער המצוות לרבנו האריז"ל פרשת לך בסופו: ובזה נבאר מצות המילה, כי הנה בתחילה כורתים את הערלה, והיא עור החיצון, הכלי החיצון מג' הכלים של היסוד, מבחי' זמן העיבור, ויען שם אחיזת החיצונים, לכן כורתין הערלה ההיא ומשליכין אותה.

ואח"כ פורעין העור שלפנים ממש, שהוא הכלי האמצעי של היסוד, מבחי' זמן היניקה, שהוא בחי' אלהי"ם שהוא דין, אלא שהוא קדוש. ולכן אין כורתין ומשליכין אותו, כמו עור החיצון.

אמנם כונתינו לפרוע, כדי שיתגלה הכלי הג' של היסוד הפנימי שבכולם האמיתי, הנקרא קדש קדשים, ובהתגלותו תתבטל אחיזת החיצונים. עכל"ק.

ומבואר בספר הזמנים – הגדה של פסח ד"ה ואעבור עליך: ובמילה עצמה נמצא אלו השנים, דינא ורחמי, הרומז למילה ופריעה.

שמילה הוא מה שהוא רע לגמרי, וצריך להסיר ולהפריד הרע, שבזה המקום יש שכחה גדולה, שהאדם יוכל לשכוח ח"ו בהשי"ת לגמרי. ומצות פריעה הוא בהעור השני הדבוק להערלה, וצריכין להסיר ולשנות המקום, במה שפורעין את העור הדבוק להערלה, שלא יוכל לעורר השכחה כמקודם מחמת דביקותו.

לכן המצוה הוא לפרעו, היינו להזיזו ממקומו ראשון ולא להשליכו וכו'. כמו כן כאן שמשנה מן זה המקום שלא יוכל עוד לבא לזה וכדכתיב (משלי ד׳:ט״ו) פרעהו אל תעבור בו.

שמזה הפסוק למדו חכז"ל על גדר ערוה, כדאיתא (יבמות כא.) רמז לשניות מן התורה מניין, היינו היכא אסמכוהו רבנן אקרא, ר' אושעיא אמר, מהכא: פרעהו אל תעבר בו שטה מעליו ועבור.

היינו שאם לא יצמצם עצמו באלו השניות, יוכל ח"ו לבוא לגוף האיסור לשורש ערוה, והשניות הם גדר לערוה דאוריתא. וזה מורה על קדש עצמך במותר לך, שהוא גדר להאיסור.

ולזה צריך לאלו השנים מילה ופריעה. ועיין לעיל פ' וירא אות ח, פ' וישב אות יב ד"ה ולזה, בית יעקב ויקרא פ' תזריע אות כז ד"ה וטמאה [ב], סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פ' וירא בתחילתה ד"ה הענין..

וזהו עיקר העבודה והשתדלות האדם, שיברר את עצמו בל להתעקש אף בדבר המותר, שיתבייש האדם מהשי"ת העומד לנגדו תמיד. כי מה שהזהירה התורה הקדושה שלא לעבוד עבודה זרה, מדבר בכל עבודה שהיא זרה לך, והעיקר הוא מי שאין מעצור לרוחו ומתעקש בדבר שחפץ בו עד שאינו יכול להפרד ממנו דאביק בו כ"כ, זהו נקרא כעס שהוא בכלל ע"ז, כדאיתא בש"ס (שבת קה:) לא יהיה בך אל זר איזהו אל זר שהוא בלבו של אדם הוי אומר יצר הרע, ששורש יצה"ר הוא כעס, שאין השכינה חשובה כנגדו.

וכן כל דבר שאביק בו כ"כ עד שאין מעצור לרוחו להפרד ממנו נקרא ע"זפדכמבואר בתפארת יוסף חג הפסח ד"ה ויקרא משה [א]: וענין עבודה זרה אצל האדם נקרא, מה שנוטל על עצמו מעט כח, ואינו מכיר איך שהכל הוא ביד השי"ת ואיך שלד' הארץ ומלואה, וכדאיתא בזוה"ק (בראשית כז:) כל הכועס כאלו עובד ע"ז, והוא מחמת מי שכועס נדמה לו שהוא הבעל הבית מזה העולם, וכמו שהמשיל בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, כי מי שהוא בבית חבירו ואינו מנהיג לו כסדר מסודר כמו שהוא רוצה בודאי לא יכעוס.

וממילא כשיכיר שהשי"ת הוא בעל הבית מכל הדברים שבעולם, בודאי לא יכעוס על שום דבר. ורק עיקר הכעס נצמח מזה שאינו מכיר איך שהבעל הבית מזה העולם הוא השי"ת, ונדמה לו שהוא שלו, וממילא הוא כאלו עובד ע"ז.

ועיין עוד שם פ' וילך ד"ה וילך [א], ושם ד"ה שובה [ב], מס' פסחים (נ.) ד"ה והיה, מס' מגילה ד"ה א"ר, לעיל פ' נח אות יט.. נמצא שעיקר השתדלות ועבודת האדם הוא ברזא דפריעה, לקדש עצמו בדברים המותרים, שלא להתעקש בהם, רק לצמצם ולחתום את עצמו בהם, ובזה יזכה שבימי התחיה שיקיצו שוכני עפר, יכיר את עצמו איך שכבר היה לעולמים ומה עדו עליה, כמו המתעורר משנתו, שמכיר עצמו כי נשאר בו אף בשינה קוסטא דחיותא שלא כלה ממנו כח החיים:

Et voici: "Il a mis une fin aux tenebres" - Il fixa au monde un temps, combien d'annees il demeurerait dans l'obscurite, etc.; Il fixa a Joseph combien d'annees il demeurerait dans l'obscurite de la maison des prisonniers. Lorsque la fin arriva, Pharaon eut un songe.

Le sens en est que, lorsque Joseph le juste fut perdu pour son pere et ses freres, il y eut obscurite et tenebres dans le monde entier, jusqu'a ce que l'esprit saint se retirat de notre pere Yaakov, de benie memoire, et que toutes les tribus descendissent de leur degre. Bien que chacun eut sa lumiere propre, sans la lumiere de Joseph le juste leur lumiere ne se voyait pas; car il est la cle de toutes les tribus de Jeshurun.

Son attribut est le mystere de l'Alliance (רזא דברית), le sceau du corps: se restreindre dans toutes les restrictions et accomplir le service, comme il a ete explique plus haut, paracha Vayechav, paragraphe 12. Les douze tribus sont les douze limites diagonales, correspondant aux douze constellations, aux douze heures du jour et aux douze heures de la nuit, comme il est rapporte dans le Midrach Rabba (Nasso, ch.

14, sur "Et le sacrifice des sacrifices de paix"). Joseph est le fondement et la racine de toutes les tribus; il est dans le mystere de l'Alliance et est la cle exterieure de toutes les tribus.

Bien que Juda soit plus grand que Joseph, puisqu'il est la cle interieure, dans le mystere du cœur, et qu'il contient tous les biens precieux - de meme que la propriete des rois et les pierres precieuses sont deposees dans les tresors interieurs -, si l'homme ne possede pas la cle exterieure, il ne peut entrer ni atteindre les tresors interieurs. Par cela l'homme meritera la resurrection des morts.

Car l'essentiel de la resurrection est que les morts qui vivront dans l'avenir se reconnaitront eux-memes, en tant qu'ils existaient deja depuis toujours, a l'image d'un homme qui s'eveille de son sommeil: il se reconnait d'avant et se souvient de ce qui lui est arrive avant le sommeil. La resurrection ne sera pas dans le mystere de la reincarnation (גלגולא), car cela se trouve aussi de nos jours: des ames sont en reincarnation, mais elles ne se reconnaissent pas et ne se souviennent pas de ce qui leur est arrive auparavant.

Il existe certes des hommes d'elevation qui s'eclaircissent eux-memes et savent qui ils sont, mais ils sont peu nombreux dans le monde. L'essentiel de la patience que Israel endure dans ce monde-ci consiste a eclaircir ce qui etait auparavant dans la premiere creation; et c'est en cela que reside le service essentiel: se sceller soi-meme par les mitsvot et les bonnes actions, afin de se reconnaitre dans l'avenir au moment de la resurrection.

Il est explique dans Tiferet Yosef, paracha Emor, au debut de "Et il dit", que, lors de la resurrection, le Saint, beni soit-Il, montrera a chacun qu'il n'y eut pour lui ni manque ni interruption de lumiere. Car il est dit dans le Talmud (Sanhedrin 91b) qu'a la resurrection ils se leveront avec leur defaut, puis gueriront, afin que l'on ne dise pas: d'autres les ont fait mourir et d'autres les ont fait vivre.

Mon venerable grand-pere et maitre, de benie memoire, l'a explique ainsi: dans l'avenir chacun se reconnaitra, c'est-a-dire qu'il reconnaitra que c'est par la patience qu'il a enduree dans ce monde-ci pour Son honneur qu'il a obtenu la resurrection; c'est ce qu'indique: ils se leveront avec leur defaut et gueriront. Il s'ensuit que chacun reconnaitra qu'il n'y eut pour lui aucune perte de lumiere, puisqu'il verra le lien qui le relie de la vie de ce monde-ci a la vie du monde a venir.

Voir encore la-bas, paracha Haazinou, au debut de "Car je leverai"; plus haut, paracha Vayera, paragraphe 21, au debut de "Et ceci est"; Sod Yesharim, paracha Para, paragraphe 9. Et c'est a cela que fait allusion le Nom אקי"ק, qui est dans le mystere de la resurrection des morts.

Comme il est rapporte dans les ecrits de notre maitre Rabbi Its'hak Louria, le saint Arizal, (Peri Ets Haim, porte de Hoshana Rabba), le Nom אקי"ק, ecrit en toutes ses lettres par des youd, des alef et des he, a pour valeur numerique חותם (sceau). Voici le langage de l'Arizal, explique la-bas dans la porte du loulav, ch.

4, au sujet de la nuit de Hoshana Rabba: "Il est connu que la bina est appelee אהי"ה, etc. Une illumination procede de ces trois אהי"ה et se prolonge dans son yesod (fondement); de cela est fait le yesod, etc.

Aussi, lorsqu'il est en elle sous l'aspect du yesod, le monde est-il juge et scelle pour la vie ou pour la mort. Or cet aspect du yesod, prolonge des trois אהי"ה susmentionnes, est appele sceau; car les trois אהי"ה, ecrits avec des youd (אלף הי יוד הי - קס"א), avec des he (אלף הה יוד הה - קנ"א), et avec des alef (אלף הא יוד הא - קמ"ג), ont pour valeur numerique חותם, etc." Il semble qu'il fasse allusion, dans ses propos, a l'achevement du scellement qui a lieu a זאת חנוכה, comme il est rapporte dans les livres saints.

Le sens est que le Nom אקי"ק signifie: "Je serai encore ici"; cela fait allusion a la resurrection des morts. C'est, par exemple, comme un roi qui remet son sceau a son ami afin qu'il l'ait pour signe et reconnaisse que le roi a deja ete ici une fois et qu'il sera encore chez lui.

Et par quoi l'homme meritera-t-il de se reconnaitre lorsqu'il se tiendra pour la resurrection? Par le fait qu'il se restreigne au sceau et a la limite du corps (חותמא וסיומא דגופא), sans s'etendre dans ce monde-ci.

Le scellement essentiel se fait par la peri'a (mise a nu rituelle) de la seconde peau qui reste apres que l'on a retire la peau du prepuce et qu'on l'a jetee entierement. La seconde peau, en revanche, ne doit pas etre retiree et jetee, car elle contient de la saintete; il faut seulement la decouvrir et changer sa place.

Cela fait allusion a l'homme qui se sanctifie dans ce qui lui est permis; et c'est le sens du verset: "Ecarte-le, n'y passe pas" (Proverbes 4,15). Comme il est explique dans Likoutei Torah de notre maitre l'Arizal, paracha Lekh Lekha, a la fin des Taamei ha-Mitsvot: "Lorsqu'il accomplira la peri'a, il aura l'intention de devoiler la couronne, qui est la forme du youd, le petit sceau du corps de la lettre du Nom שד"י." Et il est explique dans Shaar ha-Mitsvot de notre maitre l'Arizal, paracha Lekh Lekha, a la fin: "Nous expliquerons par cela la mitsva de la circoncision.

Au debut, on coupe le prepuce, qui est la peau exterieure, le recipent exterieur des trois recipents du yesod, relevant du temps de la gestation. Puisque les forces exterieures y prennent prise, on coupe ce prepuce et on le jette.

Ensuite, on decouvre la peau tout a l'interieur, qui est le recipent median du yesod, relevant du temps de l'allaitement; elle est l'aspect d'Elokim, qui est jugement, mais elle est sainte. C'est pourquoi on ne la coupe ni ne la jette comme la peau exterieure.

Notre intention est toutefois de la decouvrir afin que se revele le troisieme recipent du yesod, le plus interieur de tous, le veritable, appele Saint des saints; par son devoilement, la prise des forces exterieures sera annulee." Il est explique dans Sefer ha-Zmanim - Haggada de Pessa'h, au debut de "Et je passai aupres de toi": "Dans la circoncision elle-meme se trouvent ces deux aspects, jugement et misericorde, qui font allusion a la circoncision et a la peri'a. La circoncision concerne ce qui est entierement mauvais et dont il faut retirer et separer le mal; en ce lieu il y a un grand oubli, au point que l'homme peut, a D.ieu ne plaise, oublier entierement le Saint, beni soit-Il.

La mitsva de peri'a concerne la seconde peau attachee au prepuce: il faut la retirer et la changer de place, en decouvrant la peau attachee au prepuce, afin qu'elle ne puisse plus eveiller l'oubli comme auparavant, du fait de son attachement. C'est pourquoi la mitsva est de la decouvrir, c'est-a-dire de la deplacer de sa premiere place et non de la jeter, etc.

Il en est de meme ici: il change de ce lieu afin de ne plus pouvoir y venir, comme il est ecrit: 'Ecarte-le, n'y passe pas' (Proverbes 4,15)." C'est de ce verset que nos sages, de benie memoire, ont appris la haie des unions interdites, comme il est rapporte (Yevamot 21a): "D'ou sait-on que les interdits secondaires ont un indice dans la Torah?" C'est-a-dire: sur quel verset les sages les ont-ils appuyes? Rabbi Hoshaya dit: de ce verset: "Ecarte-le, n'y passe pas; ecarte-toi de lui et passe." Cela veut dire que s'il ne se restreint pas dans ces interdits secondaires, il peut, a D.ieu ne plaise, parvenir au corps meme de l'interdit, a la racine de l'union interdite.

Les interdits secondaires sont une haie pour l'union interdite de la Torah. Cela indique: sanctifie-toi dans ce qui t'est permis, ce qui est une haie pour l'interdit.

C'est pourquoi ces deux aspects, circoncision et peri'a, sont necessaires. Voir plus haut, paracha Vayera, paragraphe 8; paracha Vayechav, paragraphe 12, au debut de "Et pour cela"; Beth Yaakob, Levitique, paracha Tazria, paragraphe 27, au debut de "Et elle sera impure [2]"; Sod Yesharim sur la Torah, manuscrit saint, paracha Vayera, au commencement de "Le sens".

Ceci est le service essentiel et l'effort de l'homme: s'eclaircir lui-meme, ne pas s'obstiner meme dans une chose permise, et avoir honte devant le Saint, beni soit-Il, qui se tient constamment devant lui. Car lorsque la sainte Torah avertit de ne pas pratiquer l'idolatrie, elle parle de tout service qui t'est etranger.

L'essentiel est celui qui n'a aucun frein pour son esprit et qui s'obstine dans une chose qu'il desire jusqu'a ne pouvoir s'en separer, tant il y est attache: cela est appele colere, qui est incluse dans l'idolatrie. Comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 105b): "Il n'y aura pas en toi de dieu etranger" - quel est le dieu etranger qui est dans le cœur de l'homme?

C'est le mauvais penchant. La racine du mauvais penchant est la colere, car la Presence divine ne compte pas face a lui.

De meme, toute chose a laquelle il est attache au point de n'avoir aucun frein pour son esprit et de ne pouvoir s'en separer est appelee idolatrie, comme il est explique dans Tiferet Yosef, fete de Pessa'h, au debut de "Et Moché appela [1]": "L'idolatrie chez l'homme est ce par quoi il s'attribue quelque peu de force et ne reconnait pas que tout est dans la main du Saint, beni soit-Il, et que la terre et tout ce qu'elle contient appartiennent a ה'. Il est dit dans le saint Zohar (Bereshit 27b): 'Quiconque se met en colere est comme s'il pratiquait l'idolatrie.' Cela vient de ce que celui qui se met en colere s'imagine etre le maitre de ce monde.

Mon venerable grand-pere et maitre, de benie memoire, l'illustrait ainsi: celui qui est dans la maison de son ami, si son ami ne la dirige pas selon l'ordre qu'il desire, ne se mettra certainement pas en colere. Des lors, lorsqu'il reconnait que le Saint, beni soit-Il, est le maitre de toutes les choses du monde, il ne se mettra certainement en colere contre rien.

La source essentielle de la colere provient seulement de ce qu'il ne reconnait pas que le maitre de ce monde est le Saint, beni soit-Il; il se l'imagine sien, et des lors il est comme s'il pratiquait l'idolatrie." Voir encore la-bas, paracha Vayelekh, au debut de "Et il alla [1]", et au debut de "Reviens [2]"; traite Pessahim (50a), au debut de "Et ce sera"; traite Meguila, au debut de "Rabbi... dit"; plus haut, paracha Noah, paragraphe 19. Il s'ensuit que l'effort et le service essentiels de l'homme sont dans le mystere de la peri'a: se sanctifier dans les choses permises, sans s'y obstiner, mais en s'y restreignant et en s'y scellant.

Par cela, il meritera qu'aux jours de la resurrection, lorsque les habitants de la poussiere s'eveilleront, il se reconnaisse, sache comment il existait deja depuis toujours et ce qui lui est arrive, comme celui qui s'eveille de son sommeil et se reconnait, car meme durant le sommeil il reste en lui une part de force vitale (קוסטא דחיותא), et sa force de vie n'est pas entierement aneantie.

וזה החותם הוא ברזא דיוסף הצדיק, שעיקר הצמצום היה בו, והוא המפתח מכל השבטים, כי יעקב אבינו ע"ה קיים מצות פריעה כדאיתא בזוה"ק (שלח קסג) ויעקב איש תם וכו' דהא פריעה הוה ביה, שבאאע"ה היתה מצות מילה בלבד, שהיה בו כ"כ עבודה והשתדלות וסבלנות במצות מילה כמו שיש לנו היום במילה ופריעה. ומיעקב אבינו ע"ה התחיל מצות פריעה, והוליד כל שבטי ישראל מטה שלמה בלי שום פסולת, רק מלא קדושה שמקדשין את עצמם במותר להם.

והמפתח מכולם הוא יוסף הצדיק שהוא החותם. וזהו דכתיב (מקץ מב) ויכר יוסף את אחיו והם לא הכירוהו, ודרשו ע"ז במדרש רבה (מקץ צא) הוא שהניחן בחתימת זקן ויכר יוסף את אחיו.

והם לא הכירוהו שלא הניחוהו בחתימת זקן. והענין הוא, כידוע ליודעי חן שבהדיקנא קדישא הוא עיקר הקדושה, וכאשר נעלם מהם יוסף הצדיק לא הכירו את היקרות והקדושה שנמצא ביוסף הצדיק, ולאו דוקא הקדושה מיוסף הצדיק אף קדושת עצמם ג"כ לא הכירו, ואף שהיו בהם אורות גדולים, כי החותם נסתר ונעלם מהם.

וזהו ג"כ רמז הנר חנוכה, שאמרו בש"ס (שבת כא:) שמצאו פך אחד חתום בחותמו של כהן גדול, כי נר חנוכה רומז ג"כ לתחיית המתים. וכאשר רק מצאו את החותם אזי היה להם ישועת ה', כי זה הוא כל חלק האדם בעוה"ז להכין כלי לקבל האור משפעת השי"ת, והשי"ת ברוב רחמיו יתפשט את אורו עד אין סוף.

וזהו דכתיב בשונמית (מלכים ב ד׳:ג׳) כלים רקים אל תמעיטי, היינו שהאדם מצדו צריך להכין כלים, והיינו השתדלות ועבודה, ובהאסוך שמן שהיה לה שלח ה' את ברכתו כיד ה', כי השמן יוכל להרבות באורפהזה לשון הזוהר הקדוש (יתרו פז:): ר' שמעון פתח (מלכים ב ד׳:ב׳) ויאמר אליה אלישע מה אעשה לך הגידי לי מה יש לך בבית, אמר לה אלישע כלום אית לך על מה דתשרי ברכתא דקודשא בריך הוא וכו'.

כיון דאמרה אין לשפחתך כל בבית כי אם אסוך שמן, אמר ודאי הא ברכתא שלימתא בהאי דכתיב (קהלת ז׳:א׳) טוב שם משמן טוב, דשמא קדישא משמן נפקא לאתברכא לאדלקא בוצינין קדישין. ועיין בבית יעקב שמות פרשת תשא אות כה:

שמן מורה על נדיבות וטובת עין שנמשך אל האדם. ששמן הוא אור, ואור יש בו נדיבות, שאין בכל דבר גשם בעולם שיתן מעצמותו לחבירו וממנו לא יחסר כלום, כמו האור שרוצה להמסר להאדם ביותר.

וכמו שמנר אחד מדליקין הרבה נרות ואין אורו חסר כלום, וכדאיתא בגמרא נר לאחד נר למאה. וכמו שכתיב (שיר השירים א׳:ג׳) שמן תורק שמך, שיש בו נדיבות להתפשט ולהשפיע לחבירו.

ומזה נתוסף בו ברכה וריבוי וכו'. עיי"ש עיין לעיל פרשת ויצא אות נו.

אבל לא בכלים, לכן יכין האדם כלים והשי"ת ישפיע כגודל חסדיו:

Ce sceau est dans le mystere de Joseph le juste: la restriction essentielle fut en lui, et il est la cle de toutes les tribus. Car notre pere Yaakov, de benie memoire, accomplit la mitsva de peri'a, comme il est rapporte dans le saint Zohar (Chelah 163a): "Yaakov etait un homme integre, etc., car la peri'a etait en lui." Chez notre pere Abraham, de benie memoire, il n'y avait que la mitsva de la circoncision; son travail, son effort et sa patience dans la mitsva de la circoncision etaient aussi grands que ceux que nous avons aujourd'hui dans la circoncision et la peri'a.

C'est de notre pere Yaakov, de benie memoire, que commenca la mitsva de peri'a; il engendra toutes les tribus d'Israel, une couche parfaite (מטה שלמה), sans aucune scorie, entierement remplies de saintete, qui se sanctifient dans ce qui leur est permis. Et la cle de toutes est Joseph le juste, qui est le sceau.

C'est le sens de ce qui est ecrit: "Joseph reconnut ses freres, mais eux ne le reconnurent pas" (Genese 42). Le Midrach Rabba l'interprete ainsi (Miketz 91): "Il les avait quittes avec le sceau de la barbe et Joseph reconnut ses freres; eux ne le reconnurent pas parce qu'ils ne l'avaient pas quitte avec le sceau de la barbe." Le sens en est, comme le savent ceux qui connaissent la grace, que dans la barbe sainte (דיקנא קדישא) reside la saintete essentielle.

Lorsque Joseph le juste leur fut cache, ils ne reconnurent pas le prix et la saintete qui se trouvaient en Joseph le juste; et non seulement ils ne reconnurent pas la saintete de Joseph le juste, ils ne reconnurent pas non plus leur propre saintete. Bien que de grandes lumieres fussent en eux, le sceau leur etait cache et occulte.

C'est aussi une allusion a la lampe de 'Hanouka. Car il est dit dans le Talmud (Chabbat 21b) qu'ils trouverent une seule fiole scellee du sceau du Grand Pretre; la lampe de 'Hanouka fait elle aussi allusion a la resurrection des morts.

Lorsqu'ils trouverent seulement le sceau, ils eurent le salut de ה'. Car toute la part de l'homme dans ce monde-ci est de preparer des kelim (recipients) pour recevoir la lumiere de l'abondance du Saint, beni soit-Il, et le Saint, beni soit-Il, dans l'immensite de Sa misericorde, deploiera Sa lumiere sans fin.

C'est le sens de ce qui est ecrit au sujet de la Sunamite: "Ne reduis pas les recipients vides" (II Rois 4,3), c'est-a-dire que l'homme, de son cote, doit preparer des kelim, a savoir l'effort et le service; et par la petite fiole d'huile qu'elle possedait, ה' envoya Sa benediction, comme de la main de ה'. Car l'huile peut se multiplier en lumiere.

Voici le langage du saint Zohar (Yitro 87b): "Rabbi Shimon ouvrit: 'Elisee lui dit: Que puis-je faire pour toi? Dis-moi ce que tu as dans la maison' (II Rois 4,2).

Elisee lui dit: As-tu quelque chose sur quoi repose la benediction du Saint, beni soit-Il, etc.? Lorsqu'elle dit: 'Ta servante n'a rien dans la maison, sinon une fiole d'huile', il dit: Certes, une benediction parfaite est en ceci, comme il est ecrit: 'Un bon nom vaut mieux qu'une bonne huile' (Ecclesiaste 7,1), car du Nom saint sort l'huile pour benir et allumer les saintes lampes." Voir Beth Yaakob, Exode, paracha Tissa, paragraphe 25: l'huile indique la generosite et le bon œil qui sont communiques a l'homme.

L'huile est lumiere, et la lumiere porte en elle la generosite: parmi toutes les choses materielles du monde, aucune ne donne de son essence a son prochain sans qu'il ne lui manque rien, comme la lumiere qui veut se donner a l'homme au plus haut point. D'une seule lampe on allume de nombreuses lampes, et sa lumiere ne manque en rien, comme il est dit dans la Guemara: "Une lampe pour un, une lampe pour cent." Ainsi qu'il est ecrit: "Ton nom est une huile repandue" (Cantique des cantiques 1,3): elle porte en elle la generosite de se repandre et d'influer sur son prochain.

Par cela s'ajoutent a elle benediction et multiplication, etc. Voir la-bas et plus haut, paracha Vayetse, paragraphe 56.

Mais non les kelim; c'est pourquoi l'homme preparera les kelim, et le Saint, beni soit-Il, influera selon la grandeur de Ses bontes.

En bref

« Et il arriva, au terme de deux ans, que Pharaon rêvait. » Le saint Zohar ouvre : « Il met une fin aux ténèbres » ; « ténèbres profondes » signifie double, pour qui s'enracine et se double dans le péché. Le Beit Yaakov examine le permis, remis au choix : l'homme peut l'éclaircir ou l'abîmer. Il rapporte de son père que l'homme rattache toute la création au Nom : dans le commandement la volonté de D.ieu se voit, dans le manger et le boire elle est cachée du côté de l'homme, alors que du côté du Nom tout est plein de lumière. Cela s'appelle kelipat nogah (écorce de clarté). Lorsque Joseph le juste, mystère de l'Alliance, fut vendu, ne paraît que l'obscurité.

Aussi : les deux ans plus durs que les dix, éclaircissement des paroles contre les frères ; le salut quand l'espoir manque, trois ans faisant possession établie ; Ismaélites « impur » et Madianites « un chemin lointain ».

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. בזה"ק (מקץ קצג.) רבי חייא פתח ואמר קץ שם לחשך ולכל תכלית הוא חוקר אבן אפל וצלמות וכו' אבן אפל וצלמות דא אבן נגף דבה כשלין חייבין וקיימא בהאי דאקרי ארץ עיפתה כמו אפל וכו'.

עיפתה היינו מכופל כדכתיב (משלי כג) התעיף עיניך. שמי שנשתרש וכפול בחטא עליו אומר הכתוב קץ שם לחשך וגו' ארץ עיפתה כמו אפל.

והעינן בזה, דהנה נמצא מצות עשה ומצות לא תעשה ודבר הרשות. מצות עשה לא נמסרו לרשות האדם ובחירתו, ומוכרח לעשותם כמו שצוה השי"ת.

ובמקום שצוה השי"ת לשבות ולא לעשות, גם זה אין ביד האדם ומוכרח להזהר בזה. אכן דבר הרשות הוא ביד האדם ובחירתו, שיוכל לברר אותם ולהעלותן לרום המעלה, ויוכל לקלקל בהם ג"כ ולעשות ההיפךפוכמבואר בתפארת יוסף מסכת יומא (עג:) ד"ה יום הכפורים:

אמר אאמו"ר הרהגה"ק זללה"ה, כי כן הציב השי"ת שיראה האדם לחבר כל הבריאה להשי"ת. היינו שיקבל כל הנאת עוה"ז ויברר את עצמו בכח עבודתו, שבזה הכח יוכל לעבוד את השי"ת, ובזה יברר את כל הבריאה, כי כן הציב השי"ת דבר מצוה ודבר הרשות.

בדבר מצוה, שם רואה האדם מפורש רצון השי"ת, אבל בדבר הרשות היינו אכילה ושתיה שם נסתר מהאדם ואינו רואה מפורש רצון השי"ת. ובאמת מצד השי"ת גם שם הוא מלא אור ולית אתר פנוי מניה, אלא שמצד האדם נסתר שם רצונו ית'.

וכשהאדם מגביר עצמו בכח עבודתו ונוטל מכל הנאת עוה"ז סיוע לעבודת השי"ת, רואה מפורש שכל הבריאה הוא חיבור להשי"ת והכל מלא אור. ועיין עוד שם מס' תענית (יא.) ד"ה אמר, לעיל פ' וירא אות לז..

וזאת נקרא במקובלים (עץ חיים שער מ"ט – שער קליפת נוגה פרק ג' ואילך) קליפת נוגה, שהוא מעורב טוב ורע, והוא אילנא דספיקא שתלוי בבחירת האדם, אם יצמצם את עצמו בהם אזי ירד לארץ עיפתה כמו אפלפזעיין בעץ החיים שער נ – קיצור אבי"ע – פרק ב שם מבאר רבנו האריז"ל זה העניין ונביא כאן מקצת מדבריו: דע כי גוף האדם החמרי נחלק לד' חלקים וכו'.

כי הם ד' חלקי נפש הבהמית. ובאותה הנפש הבהמית מתלבש קליפת נוגה, בסוד היצר הטוב והיצר הרע.

ובזה המלבוש דנוגה, מתלבש נפש דעשיה, אחר שאינה נהנית וניזונת מחיצונות הנקרא נפש הבהמית, אלא על ידי התלבשות היצה"ר, הגובר בה ומלכלך אותה ומקריב לה העכירות והשמרים הרע של הנפש הבהמית. כי גם היא כלולה מטוב ורע, ובהכרח תהיה הנפש בחלאים ותחטא, כי מזונה הם מאכלים רעים.

אך כשהיצר הטוב גובר על הד' יסודות, שהם נפש הבהמית עצמה, אז אינו מברר רק זכות הדם, והמובחר שבאותו נפש הבהמית ומקרב לנפש דעשיה אשר היא בכבד, ואז היא בריאה ואינה חוטאת. עיי"ש כל העניין ותבין..

ולזה פתח בזוה"ק בזו הפתיחה, כי כאשר נמכר יוסף הצדיק שהוא רזא דברית, ומדתו הוא לצמצם את עצמו ושלא להתפשט בשום דבר, והוא מרמז על עיקר כח הבחירה, אזי נראה רק חשך ולא אור:

"Et il arriva, au terme de deux ans, que Pharaon revait, etc." Le saint Zohar (Miketz 193a) dit: Rabbi Hiyya ouvrit et dit: "Il met une fin aux tenebres, et il scrute toute limite, la pierre de l'obscurite et de l'ombre de mort, etc." (Job 28,3). "La pierre de l'obscurite et de l'ombre de mort" est la pierre d'achoppement par laquelle les coupables trebuchent; elle se tient dans ce qui est appele "une terre de tenebres profondes comme l'obscurite", etc.

"Tenebres profondes" (עיפתה) signifie double, ainsi qu'il est ecrit: "Jetteras-tu tes yeux sur elle qu'elle aura disparu?" (Proverbes 23,5). De celui qui s'est enracine et double dans le peche, l'Ecriture dit: "Il met une fin aux tenebres, etc.; une terre de tenebres profondes comme l'obscurite." Il faut examiner ceci.

Il y a les commandements positifs, les commandements negatifs et les choses permises. Les commandements positifs ne sont pas remis au pouvoir ni au choix de l'homme: il lui faut les accomplir comme le Nom, beni soit-Il, l'a ordonne.

Et la ou le Nom, beni soit-Il, a ordonne de s'abstenir et de ne pas agir, cela non plus n'est pas en la main de l'homme: il doit s'en garder. Mais la chose permise est remise au pouvoir et au choix de l'homme: il peut l'eclaircir et l'elever au plus haut degre; il peut aussi l'abimer et en faire l'inverse.

Il est explique dans Tiferet Yosef, traite Yoma (73b), au debut de "Yom Kippour": mon pere et maitre, le gaon saint, que sa memoire soit benediction pour la vie du monde a venir, disait: ainsi le Nom, beni soit-Il, a-t-Il pose les choses: l'homme doit rattacher toute la creation au Nom, beni soit-Il. C'est-a-dire qu'il recevra tout plaisir de ce monde-ci et s'eclaircira par la force de son service, afin de pouvoir, par cette force, servir le Nom, beni soit-Il; par cela il eclaircira toute la creation.

Car le Nom, beni soit-Il, a ainsi etabli la chose de commandement et la chose permise. Dans la chose de commandement, l'homme voit explicitement la volonte du Nom, beni soit-Il; mais dans la chose permise, c'est-a-dire le manger et le boire, elle est cachee a l'homme et il ne voit pas explicitement la volonte du Nom, beni soit-Il.

En verite, du cote du Nom, beni soit-Il, cela aussi est plein de lumiere, et nul lieu n'est vide de Lui; mais du cote de l'homme, Sa volonte, benie soit-elle, y est cachee. Lorsque l'homme se fortifie par la force de son service et tire de tout plaisir de ce monde-ci une aide pour le service du Nom, beni soit-Il, il voit explicitement que toute la creation est rattachement au Nom, beni soit-Il, et que tout est plein de lumiere.

Voir encore la-bas, traite Taanit (11a), au debut de "Il dit"; plus haut, paracha Vayera, paragraphe 37. Cela est appele par les kabbalistes (Ets Haim, porte 49 - Porte de la kelipat nogah, ch.

3 et suiv.) kelipat nogah (ecorce de clarte): elle est melee de bien et de mal, et elle est l'arbre du doute, qui depend du choix de l'homme. S'il se restreint en elles, il descendra alors dans une terre de tenebres profondes comme l'obscurite.

Voir dans Ets Haim, porte 50 - Abrege des quatre mondes, ch. 2: notre maitre Rabbi Its'hak Louria, le saint Arizal, y explique cette question; nous apporterons ici une partie de ses paroles: "Sache que le corps materiel de l'homme se divise en quatre parties, etc., car elles sont les quatre parties de l'ame animale.

Dans cette ame animale s'habille la kelipat nogah, sous l'aspect du bon penchant et du mauvais penchant. Dans ce vetement de nogah s'habille l'ame d'Assiyah (monde de l'Action), puisqu'elle ne tire ni profit ni nourriture des exterieurs, appeles l'ame animale, sinon par l'habillement du mauvais penchant, qui prevaut sur elle, la souille et lui approche la turbidite et les mauvaises lies de l'ame animale.

Car elle aussi est composee de bien et de mal; l'ame sera donc necessairement malade et fautera, car sa nourriture est faite d'aliments mauvais. Mais lorsque le bon penchant prevaut sur les quatre elements, qui sont l'ame animale elle-meme, il n'en eclaircit que la purete du sang et le meilleur de cette ame animale, et le rapproche de l'ame d'Assiyah, qui est dans le foie; alors elle est saine et ne faute pas." Voir la-bas toute la question et tu comprendras.

C'est pourquoi le saint Zohar ouvrit par cette introduction: lorsque Joseph le juste fut vendu - lui qui est le mystere de l'Alliance (רזא דברית), dont l'attribut est de se restreindre et de ne se repandre en aucune chose, et qui fait allusion a la force essentielle du choix -, alors ne parait que l'obscurite, et non la lumiere.

ובזו הפרשה גילו לנו היקרות מיעקב אבינו ע"ה, שיוסף הצדיק הוא בן זקוניו דומה לו, ועל ידו נתגלה הכח מיעקב אבינו ותעלומות לבו. כי באלו השנתים ימים היה סובל יוסף הצדיק יותר מכל העשר שנים.

וכענין דאיתא במי השלוח ח"א בזו הפרשה (ד"ה ויהי [ג]) שבהעשר שנים בירר מה שחטא נגד עשרה אחיו, כי פיו של אדם ברשותו, לזה בירר את עצמו במה שחטא בדברים נגדם. ובהעשר שנים לא היה לו סבלנות כ"כ כי הצדיק עליו דין שמים, מאחר שהביא דבתם רעה לאביו והיה בידו וברשותו שלא לדבר אלו הדברים, לזה בירר את עצמו בהעשר שנים שהיה בבית הסהר נגד עשרה אחיו.

אכן שנתיים ימים שישב עוד בבית הסהר היה קשה עליו מאד וסבל מהם ביותר, עד שכמעט התחיל להתיאש עצמו מישועה ומתקוה ונדמה לו שאפס עצור ועזוב. ובפרט אחר החלומות משר האופים ושר המשקים שנראה לו שהם חלומות דזכירה, כדאיתא בזוה"ק (מקץ קצג:) שלזה בקש משר המשקים שיזכרהו לפני פרעה, ולא עלתה לו וישב במאסר עוד שנתים ועוד לא נושעפחכמו שהתבאר לעיל פרשה זו אות יא, יב..

ואחר שכלו השנתים ובאה הקץ משנתים, שמאז והלאה מתחיל שנה השלישית, אזי כמעט אפס מאתו התקוה ונדמה לו שאפס עצור ועזוב, כי שלש שנים הוה חזקה כדאיתא בש"ס (ב"ב כח.). והטעם הוא, כי בשלש שנים נעשה השתנות מרשות לרשות ונשכח לגמרי מה שהיה קודם זה, לכן אמרו ששלש שנים הוה חזקהפטמבואר בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת וירא ד"ה וירא [א]..

ולזה נדמה ליוסף הצדיק שח"ו כמעט אפס עצור ועזוב, ואזי נתקרבה ישועתו, שכן דרכי השי"ת מרחוק. אכן כאשר יכיר האדם מפורש שאין לו בידו להושיע את עצמו עד שכמעט מתיאש מתקוה, עתה אקום יאמר ה' אשית בישע יפיח לו (תהילים י״ב:ו׳).

וע"ז מרמזים שמות האומות שנמכר להם יוסף כמה פעמים, שבעת שהיה ישועתו קרובה בתפיסתו, אזי נמכר לישמעאלים שאינם רחוקים כ"כ כשאר האומות. ובעת שהתייאש כמעט מישועה, אזי נקראה האומה שנמכר להם בשם מדינים שהם רחוקים מקדושה מאדצכמבואר לעיל פרשת וישב אות לב:

איתא בזוהר הקדוש (בהעלותך קנה:) שאלו השתי קליפות נקראים טמא ודרך רחוקה. קליפת ישמעאל שהוא תאוה לבד נקרא רק טמא, שיש בו תאות רעות מלא תנאף אבל עוד נמצא בו איזה תשוקה להשם יתברך.

ודרך רחוקה הוא קליפת מדין שהוא כעס, וזה מרוחק מאד מהשי"ת שעומד מרחוק. ולזה בשעה שקנו את יוסף נקראו בשם ישמעאלים שלא היו מושרשים עוד כ"כ בחטא והיה בהם רק תאות מלא תנאף, ואף שהם הזריחו את התאות והפיחום כ"כ עד שעלה אף במחשבתו של יוסף הצדיק, אבל לא היה עוד בהסתר פנים לגמרי, כי היה לו עוד כח צעקה לצעוק ולהתפלל להשי"ת הושיעה ה'.

ואחר שרחקוהו יותר מארץ הקדושה לגלות מצרים מקום ההסתר אזי נקראים בשם מדינים, שכתרוהו כ"כ ליוסף הצדיק בהסתר וחשך עד שלא היה לו אף כח צעקה להשי"ת. ואח"ז נקראים עוד הפעם בשם ישמעאלים, והוא משעה שהתחיל הקב"ה להכין ישועתו ולבראות אורו של מלך המשיח, אזי התחיל רוח ה' לפעמו והשתוקק לצעוק ולהתפלל להשי"ת הושיעה ה' חלצה נפשי.:

Dans cette paracha, ils nous ont revele la chere valeur de Yaakov notre pere, de benie memoire: Joseph le juste est son fils de vieillesse, semblable a lui; et par lui se revelent la force de Yaakov notre pere et les secrets de son cœur. Car durant ces deux ans Joseph le juste souffrit plus que durant les dix annees entieres.

C'est comme il est enseigne dans Mei ha-Shiloah, premiere partie, sur cette paracha, au debut de "Et il arriva [3]": durant les dix annees, il eclaircit ce en quoi il avait faute contre ses dix freres, car la bouche de l'homme est en son pouvoir; aussi s'eclaircit-il dans ce en quoi il avait faute par ses paroles contre eux. Durant ces dix annees, il n'avait pas une si grande patience, car le juste est sous un jugement du Ciel: il avait apporte a son pere leur rapport defavorable, alors qu'il avait en main et en son pouvoir de ne pas dire ces paroles.

C'est pourquoi il s'eclaircit durant les dix annees qu'il passa dans la maison des prisonniers, en regard de ses dix freres. Mais les deux annees supplementaires qu'il resta dans la maison des prisonniers furent tres dures pour lui et il en souffrit davantage, au point qu'il commenca presque a desesperer du salut et de l'espoir; il lui semblait qu'il n'y avait plus ni retenu ni abandonne (אפס עצור ועזוב).

Cela, surtout apres les songes du chef des panetiers et du chef des echansons, qui lui semblaient etre des songes de souvenir. Car le saint Zohar (Miketz 193b) enseigne que c'est pour cela qu'il demanda au chef des echansons de se souvenir de lui devant Pharaon; cela ne lui reussit pas, il demeura encore deux ans en prison et ne fut pas sauve.

Une fois les deux ans accomplis, lorsque vint la fin des deux ans et que commenca desormais la troisieme annee, son espoir etait presque aneanti et il lui semblait qu'il n'y avait plus ni retenu ni abandonne, car trois ans font une possession etablie, comme il est enseigne dans le Talmud (Bava Batra 28a). La raison en est qu'en trois ans s'opere un changement de domaine a domaine et que ce qui etait auparavant est entierement oublie; c'est pourquoi ils ont dit que trois ans font une possession etablie.

C'est explique dans Sod Yesharim sur la Torah, manuscrit saint, paracha Vayera, au debut de "Et il vit [1]". Aussi Joseph le juste eut-il l'impression que, a D.ieu ne plaise, il n'y avait presque plus ni retenu ni abandonne; et c'est alors que son salut se rapprocha, car telles sont les voies du Nom, beni soit-Il, de loin.

Mais lorsque l'homme reconnait explicitement qu'il n'a pas en main de se sauver lui-meme, jusqu'a desesperer presque de l'espoir: "Maintenant Je me leverai, dit ה', Je le placerai dans le salut, Je soufflerai pour lui" (Psaumes 12,6). Les noms des nations auxquelles Joseph fut vendu plusieurs fois y font allusion: quand, a son sens, son salut etait proche, il fut vendu aux Ismaelites, qui ne sont pas aussi eloignes que les autres nations.

Mais quand il desespera presque du salut, la nation a laquelle il fut vendu est appelee les Madianites, qui sont tres eloignes de la saintete. Comme il est explique plus haut, paracha Vayechav, paragraphe 32: il est enseigne dans le saint Zohar (Behaalotekha 155b) que ces deux kelipot sont appelees "impur" et "un chemin lointain".

La kelipat d'Ismael, qui n'est que desir, est appelee seulement "impur": elle contient de mauvais desirs pleins d'adultere, mais il s'y trouve encore quelque desir pour le Nom, beni soit-Il. "Un chemin lointain" est la kelipat de Madian, qui est la colere; elle est tres eloignee du Nom, beni soit-Il, qui se tient loin.

C'est pourquoi, lorsque Joseph fut achete, ils sont appeles Ismaelites: ils n'etaient pas encore si enracines dans le peche et n'avaient que les desirs pleins d'adultere. Certes, ils attiserent et enflammerent tant ces desirs qu'ils monterent jusqu'a la pensee de Joseph le juste; mais il n'y avait pas encore de dissimulation complete de la Face, car il avait encore la force de crier et de prier le Nom, beni soit-Il: "Sauve, ה'!" Lorsqu'ils l'eloignerent ensuite davantage de la terre sainte, vers l'exil d'Egypte, lieu de la dissimulation, ils sont alors appeles Madianites: ils entourerent si fortement Joseph le juste de dissimulation et d'obscurite qu'il n'avait meme plus la force de crier vers le Nom, beni soit-Il.

Apres cela, ils sont de nouveau appeles Ismaelites: c'est a partir du moment ou le Saint, beni soit-Il, commenca a preparer son salut et a creer la lumiere du roi Messie. Alors l'esprit de ה' commenca a le battre, et il aspira a crier et a prier le Nom, beni soit-Il: "Sauve, ה'; delivre mon ame."

En bref

Ce passage poursuit l'espoir de Yaakov, qui au profond du cœur ne crut pas que Yosef fût mort et ne désespéra que de le voir de ses propres yeux. « Et il advint, au bout de deux années, que Pharaon rêvait » : le Zohar nomme Miketz un lieu sans souvenir, la fin de la gauche. Yosef le juste demanda au maître échanson de se souvenir de lui, croyant que le salut viendrait par un intermédiaire. Le Beit Yaakov dit qu'il se trompa : si le Nom le voulait, l'échanson eût été contraint malgré lui. Il resta deux années en prison afin d'éclaircir et de réparer cela, et retourna de degré en degré vers le lieu du souvenir.

Aussi : le monde du tikoun (réparation) fut parfaitement adouci par Yosef, et nulle âme d'Israël ne s'annule ; Noa'h s'annula dans l'arche comme un fœtus, caché au regard ; le Nom M'H n'a pas de brisure, et Yaakov unit le corps et l'âme.

אמנם אחר כל זה לא התיאש יעקב אבינו ע"ה בעומק לבו מתקוה, שהרי לא אמר מת יוסף, וכל דבריו לא היו רק משפה לחוץ, אבל עומק לבו לא האמין לדבריהם שח"ו אין יוסף בעולם, רק שהתיאש שלא יראהו לעיניו, וכמו שאמר יעקב אבינו ע"ה ליוסף (ויחי מח) ראה פניך לא פללתי, אבל לא התיאש מתקוה, ועליו אומר הכתוב (תהילים קמ״ו:ה׳) אשרי שאל יעקב בעזרו שברו על ה' אלהיו. ועליו אמרו (תענית ה:) יעקב אבינו לא מת.

ועיקר התגלות עומק לבו של יעקב אבינו ע"ה יצא לאור ע"י יוסף הצדיק, שאז נתבסם עולם התיקון, כי הקב"ה היה בונה עולמות ומחריבן עד שנבנה זה העולם אמר דין הניין לי יתהון לא הניין לי כדאיתא במדרש (רבה פרשת בראשית). ואף שגם בזה העולם נמצא כמה וכמה שהם מחריבי קרתא, כגון דור המבול ודור הפלגה, אכן החילוק הוא, שבאמת היו בעלמין דאתחרבו נפשות יקרים ומהם נבנה עולם התיקון כנודע, אכן שהיו בגודל התפשטות מאד בלי שום צמצום, לכן אתחרבו לגמרי עד שלא הכירו עוד מי הם ולא נשאר מהם שארית בארץ.

אבל בזה העולם התיקון, אף שנמצאים מחריבי קרתא, אך אינם מתפשטים כ"כ עד שיחרב העולם לגמרי, שהרי בדור המבול נשאר נח ובניו, ואף שסתים מעינא הוה, והוי כמו שלא נשאר שארית, אמנם נשאר רשימו שממנו נבנה העולם, והכירו את עצמם מי הםצאכמו שביאר לעיל פרשת נח אות יט: ענין ההסתרה של נח בתיבה.

אמנם תירצו בזוה"ק (נח סד:) ואי תימא נח ודעימיה אשתזיבו סתום מעינא הוי ובגין כך כד שצי עלמא לא אידכר דסתים מעינא הוה. ושורש הענין בזו ההסתרה הוא, שכל אותה שנה ביטל נח את עצמו מכל הוייתו וכח החיים שלו, עד שלא נחשב חי, רק כעובר בבטן אמו שאין לו חיים בפני עצמו רק כל חיותו נכלל באמו, ועיקר חפצו ותאותו של העובר נמשך מרצון השי"ת בלבד.

עד"ז היה נח מבטל עצמו כל אותו זמן שהיה סגור בתיבה, שמסר כל חיותו ורצונו וכח הפעולה שלו להשי"ת, שהוא ינהיגו כעובר בבטן אמו שאין לו כלל חיים ורצון בפני עצמו וכו'. ולכן אף שנח לא היה מבורר עדיין במעמקי לבו בשלימות, רק כיון שחשב עצמו כאלו אינו בחיים, נסתר מפני כל המקטרגים.

וע"ז אמרו בזוה"ק נח ודעמיה סתום מעינא הוי כדאיתא בתנחומא (נח סימן א') שנח כל אותה שנה לא ראה שינה בעיניו, כי שינה הוא שכחה, ונח לא ראה שינה, היינו שלא שכח אף רגע אחד בעצמו להיות נדמה לו שהוא בריה בפ"ע נפרד מהשי"ת, רק כל אותה עת המבול היה מכלל עצמו בשרשו ועומד לנוכח השי"ת פנים בפנים בדעה בהירה וצלולה. ועיין עוד שם אות יא..

ועיקר עולם התיקון נתבסם אחר שנולד יעקב אבינו בעולם, ויוסף הצדיק יצא ממנו, שמדתו הוא לצמצם את עצמו בל להתפשט בשום דבר. שמדור המבול לא נשאר רק רשימו, נח ובניו שהיו סתים מעינא וכולם נתבטלו, ואף אחר זה לא נתבסם עולם התיקון בשלימות, כי אף שנשבע הקב"ה שלא יביא עוד מבול לעולם שיתבטל כל הדור, אמנם אף אם רק נפש אחת תוכל להתבטל, א"כ לא נקרא זאת עולם התיקון עוד בשלימות.

עד שבא יעקב אבינו ע"ה והוליד את יוסף הצדיק, מאז נתבסם עולם התיקון בשלימות, שאפילו נפש אחת מישראל לא תתבטל לעולם, אך נשאר בתמידות קוסטא דחיותא והבלא דגרמי מכל פרט נפש ישראל שיתעורר ממנה לעת התחיה. ויעקב אבינו הוא עיקר הצורת אדם בעולם, שהיתה מטתו שלמה בלי שום פסולתצבנתבאר כל זה באריכות לעיל פרשה זו אות ח ד"ה והוא..

וזהו דאיתא בספרי המקובלים (עץ החיים שער התיקון – שער י) שבשם מ"ה אין בו שבירה. והענין הוא, דהנה בכל דבר יש רגליה יורדות מות.

וכמו שנמצא שבת עלאה ושבת תתאה כדאיתא בזוה"ק (הקדמה ה:), שבת עלאה, היינו שיוכל אדם לעשות כל הפעולות ולא יטרידו אותו שישכח את השי"ת שהוא עושה כל, אכן שאין לפי כבודו לפעול אותן הפעולות. שבת תתאה מורה, שישבות האדם מכל פעולה בכדי שלא יטרידו אותו וישכח את השי"ת, שרק ה' הוא העושה כל.

נמצא ששבת תתאה הוא הרגלים משבת עלאה. וכן נמצא בכל הדברים היקרים והגבוהים רגליה יורדות מות ובכל השמות הקדושים, לבד מזה השם מ"ה שהוא ברזא דצורת אדם אין בו שבירהצגמבואר זאת בעץ החיים לרבנו האריז"ל שער י – שער התיקון – פרק א:

והנה כאשר עלה ברצון המאציל להחיות את המתים ולתקן את המלכים האלו הנשברים והנפולים בעולם הבריאה וכו'. והוציא שם מ"ה {יוד הא ואו הא} החדש, ונתקנו המלכים.

ושם בפרק ג מוסיף: והנה האור הזה דמ"ה החדש היוצא מן המצח כנ"ל, הוא סוד המלך השמיני הנזכר בפרשת וישלח, הנקרא הדר, אשר לא נזכר בו מיתה בתורה, כי לא מת כמו האחרים, אדרבה הוא מתקן ומקיים הז' מלכין קדמאין שמתו, הקודמים אליו כנ"ל וכו'.

והעניין כי הם בחי' מ"ה וב"ן הנ"ל, והשתא נקרא אדם. לפי שאדם כולל זו"ן, ולכן תמצא כי שם מ"ה בגימטריא אד"ם..

ונראה בזה נפלאות השי"ת שהציב בעולם, וייצר את האדם גוש עפר מן האדמה ויפח בו נשמת חיים, ועומדים גוף אחד דבוקים וקשורים באהבה ואחוה, ובאמת הם שני הפכיים, מי מאחד אותם, משמע שנמצא ממוצע ביניהם שמצדו אין שום הפכיים ואין חילוק בין זה לזה. ובעוה"ז הציב השי"ת את יעקב אבינו ע"ה שהוא עמודא דאמצעיתא ברזא דתפארת ישראל, שיש בו בחירה להטות את הגוף ולזככו שיאיר כמו נשמת אלוה ממעל בלי שום חילוק ביניהם:

Cependant, apres tout cela, notre pere Yaakov, de memoire benie, ne desespera pas, au profond de son cœur, de l'espoir. Car il ne dit pas: Yosef est mort; toutes ses paroles n'etaient que des paroles exterieures.

Mais au profond de son cœur, il ne crut pas leurs paroles, a D.ieu ne plaise, que Yosef ne fut plus au monde; il ne desespera que de le voir de ses propres yeux. Comme notre pere Yaakov, de memoire benie, dit a Yosef: 'Je ne pensais plus revoir ton visage' (Berechit 48,11).

Mais il ne desespera pas de l'espoir. C'est a son sujet que l'Ecriture dit: 'Heureux celui dont le D.ieu de Yaakov est son secours, dont l'espoir est en ה', son D.ieu' (Tehilim 146,5).

Et c'est de lui qu'ils ont dit: 'Notre pere Yaakov n'est pas mort' (Taanit 5b). La revelation essentielle de la profondeur du cœur de notre pere Yaakov, de memoire benie, vint a la lumiere par Yosef le juste.

Alors le monde du tikoun (reparation) fut adouci. Car le Saint, beni soit-Il, construisait des mondes et les detruisait, jusqu'a ce qu'Il construisit ce monde et dit: 'Ceux-ci Me plaisent, les autres ne Me plaisent pas', comme il est rapporte dans le Midrach (Bereshit Rabba, parachat Berechit).

Bien que dans ce monde aussi il se trouve maint et maint destructeurs de la cite, tels la generation du Deluge et la generation de la Dispersion, la difference est la suivante: dans les mondes qui furent detruits se trouvaient en verite des ames precieuses, et c'est d'elles que fut construit le monde du tikoun, comme on le sait. Mais elles etaient dans une tres grande expansion, sans aucune contraction; c'est pourquoi elles furent detruites entierement, au point de ne plus savoir qui elles etaient et de ne laisser aucun reste sur terre.

Dans ce monde du tikoun, bien qu'il s'y trouve des destructeurs de la cite, ils ne s'etendent pas a ce point que le monde soit entierement detruit. Car de la generation du Deluge resterent Noa'h et ses fils.

Bien qu'ils fussent caches au regard (סתים מעינא), et que ce fut comme s'il ne restait aucun reste, il demeura neanmoins un rechimo (trace) d'eux, d'ou le monde fut construit; et ils se connaissaient eux-memes, sachant qui ils etaient, comme il a ete explique plus haut, parachat Noa'h, paragraphe 19, au sujet de la dissimulation de Noa'h dans l'arche. Le Zohar repond toutefois (Noa'h 64b): 'Et si tu dis que Noa'h et ceux qui etaient avec lui furent sauves, ils etaient caches au regard; c'est pourquoi, lorsque le monde flotta, on ne se souvint pas d'eux, puisqu'ils etaient caches au regard.' La racine de cette dissimulation est que, toute cette annee-la, Noa'h s'annula lui-meme de tout son etre et de toute sa force de vie, jusqu'a ne plus etre considere comme vivant, mais comme un foetus dans le ventre de sa mere, qui n'a pas de vie propre et dont toute vitalite est incluse dans sa mere.

Le desir essentiel et l'aspiration du foetus ne procedent que de la volonte du Nom, beni soit-Il. Ainsi Noa'h s'annula lui-meme pendant tout le temps ou il fut enferme dans l'arche: il remit au Nom, beni soit-Il, toute sa vitalite, sa volonte et sa force d'action, afin qu'Il le conduise comme le foetus dans le ventre de sa mere, qui n'a absolument ni vie ni volonte propres, etc.

C'est pourquoi, bien que Noa'h ne fut pas encore parfaitement eclairci dans les profondeurs de son cœur, du fait qu'il se considera comme s'il n'etait pas en vie, il fut dissimule a tous les accusateurs. C'est a ce sujet qu'ils ont dit dans le Zohar: 'Noa'h et ceux qui etaient avec lui etaient caches au regard', ainsi qu'il est rapporte dans Tan'houma (Noa'h, section 1), que Noa'h, pendant toute cette annee-la, ne vit pas le sommeil de ses yeux.

Car le sommeil est l'oubli. Noa'h ne vit pas le sommeil: il n'oublia pas un instant qu'il lui semblait etre une creature independante, separee du Nom; mais durant tout le temps du Deluge il etait inclus, de lui-meme, dans sa racine, et se tenait face au Nom, face a face, dans une connaissance claire et limpide.

Voir encore la-bas, paragraphe 11. Le monde essentiel du tikoun fut adouci apres la naissance de notre pere Yaakov dans le monde, et de lui sortit Yosef le juste, dont l'attribut est de se contracter lui-meme, sans s'etendre en aucune chose.

De la generation du Deluge, il ne resta qu'un rechimo: Noa'h et ses fils, qui etaient caches au regard et tous annules. Meme apres cela, le monde du tikoun ne fut pas entierement adouci.

Car bien que le Saint, beni soit-Il, jurat de ne plus apporter au monde un Deluge qui annulerait toute la generation, si ne serait-ce qu'une seule ame pouvait etre annulee, cela ne serait pas encore appele parfaitement le monde du tikoun. Jusqu'a ce que vint notre pere Yaakov, de memoire benie, et qu'il engendrat Yosef le juste: des lors, le monde du tikoun fut parfaitement adouci, de sorte que pas meme une seule ame d'Israel ne sera jamais annulee.

Mais il demeure continuellement un kosta de'hayouta (particule de vie) et une havla de-garmei (vapeur des os) de chaque detail d'une ame d'Israel, dont elle s'eveillera au temps de la resurrection. Notre pere Yaakov est la forme essentielle de l'homme dans le monde; sa couche fut entiere, sans aucun rebut, comme tout cela a ete explique longuement plus haut dans cette paracha, paragraphe 8, commencant par 'Et lui'.

C'est ce qui est rapporte dans les livres des kabbalistes (Ets ''Hayim, Porte du tikoun, porte 10): dans le Nom M'H il n'y a pas de brisure. Le sens en est que, dans toute chose, 'ses pieds descendent vers la mort'.

Ainsi se trouvent le Chabbat superieur et le Chabbat inferieur, comme il est rapporte dans le Zohar (Introduction 5a). Le Chabbat superieur signifie que l'homme peut accomplir toutes les actions sans qu'elles le troublent, au point d'oublier que c'est le Nom qui fait tout; mais il n'est pas conforme a son honneur d'accomplir ces actions.

Le Chabbat inferieur indique que l'homme cesse toute action afin qu'elle ne le trouble pas et qu'il n'oublie pas que seul ה' fait tout. Il s'ensuit que le Chabbat inferieur est les pieds du Chabbat superieur.

Ainsi, dans toutes les choses precieuses et elevees, 'ses pieds descendent vers la mort', et dans tous les Noms saints, a l'exception de ce Nom M'H, qui est dans le secret de la forme de l'homme, il n'y a pas de brisure. Cela est explique dans Ets ''Hayim de notre maitre le Ari, de memoire benie, porte 10, Porte du tikoun, chapitre 1: lorsque monta dans la volonte de l'Emanateur de faire revivre les morts et de reparer ces rois brises et tombes dans le monde de la Beria, etc., Il fit sortir le nouveau Nom M'H, et les rois furent repares.

Et au chapitre 3 il ajoute: cette lumiere du nouveau M'H qui sort du front, comme mentionne plus haut, est le secret du huitieme roi mentionne dans la parachat Vayichla'h, appele Hadar, dont la mort n'est pas mentionnee dans la Torah. Car il ne mourut pas comme les autres; au contraire, il repare et maintient les sept premiers rois qui moururent, qui le precedent, comme mentionne plus haut, etc.

Le sens est qu'ils sont les aspects de M'H et B'N susmentionnes, et maintenant il est appele Adam. Car Adam inclut Zoun, et c'est pourquoi tu trouveras que le Nom M'H a pour guematria Adam.

On voit ainsi les merveilles que le Nom, beni soit-Il, a etablies dans le monde: 'Il forma l'homme, poussiere de la terre, et souffla dans ses narines une ame de vie' (Berechit 2,7). Un seul corps se tient, attache et lie dans l'amour et la fraternite, alors qu'ils sont veritablement deux contraires.

Qui les unit? Cela implique qu'il se trouve entre eux un intermediaire dont le cote ne comporte aucun contraire ni aucune difference entre l'un et l'autre.

Dans ce monde-ci, le Nom, beni soit-Il, a etabli notre pere Yaakov, de memoire benie, qui est le pilier median, dans le secret de la Tiferet d'Israel. Il a le choix d'incliner le corps et de le raffiner, afin qu'il rayonne comme une ame divine d'en haut, sans aucune difference entre eux.

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם וגו'. יחיינו מיומים ביום השלישי יקימנו ונחיה לפניו (הושע ו׳:ב׳).

הענין בזה הוא, כמו שפתח בזוה"ק (מקץ קצג:) מאי מקץ רבי שמעון אמר אתר דלית בה זכירה ודא הוא קץ דשמאלא. מאי טעמא בגין דכתיב כי אם זכרתני אתך כאשר ייטב לך וכי הכי אתחזי ליה ליוסף צדיקא דאיהו אמר כי אם זכרתני אתך, אלא כיון דאסתכל יוסף בחלמיה אמר ודאי חלמא דזכירה איהו.

ואיהו טעה בהאי דהא ביה בקב"ה הוי כלא ועל דא אתר דהוה ביה נשיו קם קמיה מה כתיב ולא זכר שר המשקים את יוסף וכו'. מאי שנתים דתב דרגא לדרגא דאית ביה זכירה.

והוא, שיוסף הצדיק היה סובר מתחלה שחלמא דזכירה הוא שישועתו תבא לו ע"י אמצעי, לכן ביקש משר המשקים שהוא יזכרהו לפני פרעה ומזה יושע. ואיהו טעה בהאי, שהיה לו להבין שאם יחפוץ השי"ת שישועתו תהיה ע"י שר המשקים שיזכרהו לפני פרעה לטוב, א"כ אף אם שר המשקים מצדו לא ירצה להזכירו לפני פרעה, אבל בעל כרחו שלא בטובתו יוכרח לזכרהו לפני פרעהצדמבואר לעיל פרשה זו אות יא, יב., כענין שמצינו בש"ס (שבת קיט:) שמלאך רע בע"כ יענה אמן.

וכמו שמצינו בבריאת אדם, שקטרגו המלאכים ואמרו מה אנוש כי תזכרנו, אכן מאחר שהשי"ת רצה לבראות צורת אדם בעולם, הוכרחו כולם אח"כ ליתן מכחם ולהתכלל בצורת אדם, כי אדם הוא כלל כל הכחות (וכמש"נ בפ' בראשית אות לט). ובזה טעה יוסף הצדיק, כי אם לא היה מבקש ממנו שיזכרהו לפני פרעה אזי לא היה סובל כ"כ, ושר המשקים היה מוכרח שלא בטובתו להזכיר את יוסף לפני פרעה, וכמו שמצינו שכן היה סוף הדבר, ששר המשקים התכוון מצדו לספר בגנות יוסף הצדיק וכדאיתא במדרש (רבה מקץ פרשה פט), ומ"מ באה לו ישועה שלא בטובתו.

ולכן הוצרך להיות במאסר עוד שנתים לברר זאת ולתקן. וזהו כונת הזוה"ק, מאי שנתים דתב דרגא לדרגא דאית ביה זכירה:

'Et il advint, au bout de deux annees, que Pharaon revait, etc.' 'Il nous fera revivre apres deux jours; le troisieme jour, Il nous relevera, et nous vivrons devant Lui' (Hoshea 6,2). Le sens est celui-ci.

Le Zohar ouvre ainsi (Miketz 193b): 'Que signifie Miketz? Rabbi Shimon dit: un lieu ou il n'y a pas de souvenir, et c'est la fin de la gauche.

Pourquoi? Parce qu'il est ecrit: "Mais souviens-toi de moi aupres de toi, quand il t'arrivera du bien." Et cela convenait-il a Yosef le juste, lui qui dit: "Mais souviens-toi de moi aupres de toi"?

Mais lorsque Yosef considera son reve, il dit: certainement, c'est un reve de souvenir. Et il se trompa en ceci, car tout etait dans le Saint, beni soit-Il; c'est pourquoi le lieu ou il y avait oubli se dressa contre lui.

Que dit le verset? "Le maitre echanson ne se souvint pas de Yosef", etc.

Que signifient les deux annees? Il retourna de degre en degre, vers celui ou il y a souvenir.' Yosef le juste pensait d'abord que le reve de souvenir signifiait que son salut lui viendrait par un intermediaire.

Il demanda donc au maitre echanson de se souvenir de lui devant Pharaon, et il serait ainsi sauve. Mais il se trompa en cela: il devait comprendre que si le Nom, beni soit-Il, voulait que son salut vint par le maitre echanson qui se souviendrait favorablement de lui devant Pharaon, alors, meme si le maitre echanson, de son cote, ne voulait pas le rappeler devant Pharaon, il serait contraint, malgre lui, de le rappeler devant Pharaon, comme il a ete explique plus haut dans cette paracha, paragraphes 11 et 12.

C'est comme ce que nous trouvons dans le Talmud (Chabbat 119b): l'ange mauvais repondra Amen malgre lui. De meme, lors de la creation d'Adam, les anges protesterent et dirent: 'Qu'est l'homme, pour que Tu te souviennes de lui?' Mais puisque le Nom, beni soit-Il, voulut creer dans le monde la forme de l'homme, ils furent tous contraints ensuite de donner de leur force et de s'inclure dans la forme d'Adam, car Adam est l'ensemble de toutes les forces, comme il est ecrit plus haut, parachat Berechit, paragraphe 39.

Yosef le juste se trompa donc en ceci: s'il ne lui avait pas demande de se souvenir de lui devant Pharaon, il n'aurait pas tant souffert, et le maitre echanson aurait ete contraint, malgre lui, de rappeler Yosef devant Pharaon. Comme nous trouvons que telle fut la fin de l'affaire: le maitre echanson avait l'intention, de son cote, de raconter le deshonneur de Yosef le juste, ainsi qu'il est rapporte dans le Midrach (Bereshit Rabba, Miketz, paracha 89); neanmoins, le salut lui vint malgre lui.

C'est pourquoi il dut rester encore deux annees en prison, afin d'eclaircir et de reparer cela. Telle est l'intention du Zohar: 'Que signifient les deux annees?

Il retourna de degre en degre, vers celui ou il y a souvenir.'

En bref

Tout homme place sa confiance uniquement dans le Nom ; toute sa force n’est que la prière. Le Beit Yaakov enseigne de remettre au Nom cette force : si le Nom ne désire pas sauver, l’homme annule sa volonté, sinon l’insistance serait une insolence envers le Ciel, efficace selon le Talmud. Ainsi David : « Sonde-moi, Hachem, et connais mon cœur ». Yossef le tsadik a remis au Nom sa demande au chef des échansons et a fait entendre sa voix, afin que la prière n’opère rien si ce n’était pas Sa volonté ; alors le salut vint et Pharaon rêve.

Aussi : le repentir guérit ce qui précède et les fautes volontaires deviennent mérites ; Pharaon se tient sur le Fleuve, ses biens viennent de l’insolence envers le Ciel ; avant et après la prière on remet ses paroles à la volonté du Nom

וענין הבירור הוא, דהנה מהנכון שכל אדם יבטח וישען רק בהשי"ת שהכל בידו ואין שום כח מבלעדי השי"ת, אך כל כח האדם הוא רק כח התפלה להתפלל להשי"ת שישלח לו ישועתו. אמנם גם זה אינו מבורר עוד, כי פן אין רצון השי"ת מצדו להושיע לו זאת, אכן ע"י הפצרתו ובקשתו פועל ישועה והוי כחוצפא כלפי שמיא, שאמרו בש"ס (סנהדרין קה.) דמהני.

וגם איך יוכל אדם לשוב מחטאיו ולבקש סליחה על עונו, אולי אין רצון השי"ת למחול לו רק ע"י הפצרתו והוי חוצפא כלפי שמיא. לזה הוא העצה למסור אף כח התפלה להשי"ת, שאם בעומק לא יחפוץ השי"ת מצדו להושיע לו, אזי גם הוא מבטל רצונו מפני רצון השי"ת, נמצא לפי זה שאין תפלתו כחוצפא, מאחר שכונתו רצויה ואינו בוחר רק במה שהשי"ת חפץצהעיין לעיל פרשת וירא אות לט:

הבירור האמיתי בתפלה הוא, כמו שמצינו אצל דוד המלך ע"ה באמרו (תהילים קל״ט:כ״ג-כ״ד) חקרני אל ודע לבבי בחנני ודע שרעפי וראה אם דרך עוצב בי ונחני בדרך עולם. והוא, שאם תפילתי זכה, והטובה שאני מתפלל עליה תעזרני להרבות כבוד שמים, אז אחלה פניך שתענה אותי ותתן לי שאלתי, אבל אם גלוי לפניך שזו הטובה שאני מתפלל עליה תסיר אותי מיראתך ומרצונך, אז גם אנכי אינני חפץ בהטובה שתשפיע לי.

וכמו שאמרו בגמרא (כתובות דף פג.) נחלה הבאה לו לאדם ממקום אחר אדם מתנה עליה שלא יירשנה. עיין עוד במי השלוח ח"א פרשת תשא ד"ה ורחצו..

ובזה ירפא את הקודם, וכמו שאמרוצומקורו במדרש רבה אסתר כמבואר בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קנב וז"ל: וכדאיתא במדרש רבה (אסתר ד) על פסוק ויקרא המלך וגו' ומבני יששכר יודעי בינה לעתים שיודעים לרפאות את הקודם (כן הוא נוסחא מדויקת) ואפילו לפי הגרסא הקירוס, המכוון הוא אחד, היינו שיודעים לרפאות את העת.

והיינו כי ע"י שהאדם ישוב בתשובה שלמה למקום בינה, שהיא אמונת ישראל כדאיתא (בתיקוני זוהר בהקדמה דף ב) חכמה עלאה אב האמונה דאיהו בינה וכו' (ושם תקון כא דף סב.) זכאה איהו מאן דנטר האי אמונה בלביה ובפומיה דודאי איהי אמונה דישראל ואיהי יחודא דקוב"ה. שעי"ז יגיע למעלה מהזמן, במקום שהוה ועבר ועתיד שוים, וממילא ירפא את הקודם.

תשובה מרפאת את הקודם, שהשי"ת יברר שבעומק לא עשה שום חטא ולא סר מרצון השי"ת, ולא זו בלבד שלא חטא, אך גם עשה בזה הטוב בעיני השי"ת, כי מאתו יצאו הדברים כבושים, ולמצות ה' יחשב. ולזה אמרו בש"ס (יומא פו:) שהאיש אשר ישוב מחטאו זדונות נחשבים לו כזכיותצזענין זה מבואר בהרבה מקומות בספרי רבוה"ק ונלקט כאן מעט גרגרים מדבריהם.

במי השלוח ח"ב תהילים (קיט) ד"ה טרם: כשאדם עושה תשובה יאיר לו השי"ת שבזה עצמו אמרתך שמרתי שעשה בזה מצוה.

ומבואר על זה בסוד ישרים ערב יום כפור אות לט: כי אחר תשובה מנהיר השי"ת, שממני יצאו הדברים כבושים, שיתרחק לעבור דרך אותו כשלון, כי אין אדם עומד על דברי תורה אלא א"כ נכשל בהם, ואם לא היה עובר מקודם דרך זה הכשלון, לא היה לו יתכן כלל להגיע להכרה יקרה כמו שיש לו עכשיו.

ובתפארת יוסף פרשת וילך ד"ה שובה ישראל [ב]: גדולה תשובה שמגעת עד כסא הכבוד וכו' וזה השב אל ד' ופונה עצמו להשי"ת ואומר ממעמקי הלב סלח לנו אבינו כי חטאנו, מגיע ברגע אחת עד כסא הכבוד.

ועד היכן גדול כוחה של תשובה, שאמרו חז"ל (יומא פ"ו:) שתשובה מאהבה זדוניות נעשות לו כזכיות. והיינו שרואה שאפילו בעת ההסתר היה מקושר תמיד עם אור השי"ת, ורק כל ההסתר שהציב השי"ת בעולם הוא הכל למען שיהיה מקום לעבודה עכ"ל.

ועוד שם מסכת חגיגה (טז:) ד"ה אמר: כי על ידי תשובה נתקן החטא משורשו עד התפיסה האחרונה של אדם.

והוא כמו שביאר בזה כבוד אזמו"ר הגה"ק זללה"ה את הכתוב (תהילים קי״ט:ס״ז) טרם אענה אני שוגג, היינו שיכיר האדם היטב אשר סיבת חטאו נמשך אצלו מפאת נפש הבהמית שלו, שהיה עומד אז לגמרי בלי דעת בשוגג כמו בהמה, ועל זה מסיק הכתוב, ועתה היינו כמבואר במדרש (רבה בראשית כא) אין ועתה אלא תשובה, וזהו ועתה כלומר לאחר התשובה, אז אמרתך שמרתי, היינו כי אחר התשובה נתברר אצל הבעל תשובה למפרע, כי אחר התשובה כשנעשה מזדונות זכיות נתברר למפרע שלא היה נעתק ח"ו מעולם מרצונו ית', שגם הנפש הבהמיות שהיא התפיסה האחרונה שלו, היה נמי דבוק ברצונו ית' אחר שנעשה מזדונות שלו זכיות. ועיין עוד במי השלוח ח"ב מס' ברכות (לד:) ד"ה כל, תפארת יוסף פ' האזינו ד"ה שובה [א], [ג], מס' יומא (עג:) ד"ה יום הכפורים, לקמן פ' ויגש אות ג ד"ה לי דבר..

וכדכתיב (יתרו יט) ואשא אתכם על כנפי נשרים ואביא אתכם אלי, נשרים תרין משמע (בזוה"ק יתרו פ.), אחת שמתברר הבעל תשובה שלא עשה ההיפך מרצון השי"ת, ובירור השני הוא שעוד קיים בזה רצון השי"ת. וכדכתיב ג"כ (בחקתי כו) ואולך אתכם קוממיות ואיתא בש"ס (סנהדרין ק.) תרין קומותצחכמבואר בתפארת יוסף מסכת מגילה (ט:) ד"ה ואף, בסופו:

ועל זה מסיים הכתוב כי אני ד' אלהיהם, היינו מהיכן יראה זאת השי"ת, מאחר שמכל אלו הזמנים הייתי אלהיהם אף שנדמה על אותן הזמנים שהיה גודל הסתרה, מ"מ בעומק נקודת לבבם המליכו את השי"ת עליהם, ומזה יראה השי"ת כל הישועות. וזה מרמז ואולך אתכם קוממיות (ויקרא כ״ו:י״ג) ואיתא בש"ס (סנהדרין ק.) כשתי קומות..

וזהו הענין דאיתא בש"ס (ברכות ד:) סדר תפלה, בתחלה הוא אומר ה' שפתי תפתח ופי יגיד תהלתך ולבסוף הוא אומר יהיו לרצון אמרי פי והגיון לבי לפניך ה' צורי וגואלי. והענין בזה הוא, כשיתיצב האדם להתפלל להשי"ת יכין לבו ויתנה מצדו שאין רצונו להוציא דבר שלא כרצון השי"ת, ואם רצון השי"ת הוא שיתפלל לפניו, אזי ה' שפתי תפתח ופי יגיד תהלתך.

ולבסוף הוא אומר יהיו לרצון אמרי פי, היינו אם כוונתי בזו התפלה לרצון השי"ת, יהיו לרצון אמרי פי. ואם לא כוונתי לרצון השי"ת בזו התפלה, והגיון לבי לפניך ה' צורי, היינו שבכחו ית' לחזק התפלה ולהכניס כונות טובות במחשבותי שלא יהיה לי שום נגיעה מצדי לזה הדבר שבקשתי והתפללתי, ובכחו להשפיע בי כונות טהורות מה שלפי דעתי לא עלה על לבבי מעולם.

ואם ח"ו זו התפלה היא לגמרי נגד רצון השי"ת, ע"ז אבקש מלפני השי"ת לגאול את התפלה ולתקנה ע"י תשובה, ויתוקן כוונותי ויתבררו שלא היה בהם שום כונה זרה רק מה שמרוצה לשמיםצטכמבואר בתפארת יוסף מסכת תענית (טז.) ד"ה תנו רבנן: ענין תפלה, ביאר כבוד אזמו"ר הגה"ק זללה"ה, אשר כל הרצונות של האדם נכללים בתפלה, היינו מהרצונות שיש לו לאדם להדברים אשר הוא רוצה, מזה ניקח התפלה, והוא עומד בתפלה נגד השי"ת, אכן האדם פעמים יש לו נטיות שהם נגד רצונו ית', מפני זה תקנו לנו חז"ל לאמור קודם התפלה אדני שפתי תפתח, היינו השי"ת ישמור לי שלא יצא מפי תפלה על דבר שהוא נגד רצונו ית'.

ואחר גמר התפלה תקנו לאמור יהיו לרצון אמרי פי והגיון לבי לפניך, היינו אם היה ח"ו בלבי מחשבה בתפלה על דבר שהוא נגד רצונו ית', מתפלל על זה שהשי"ת לא ישגיח על זה. ועיין עוד שם פ' צו ד"ה זאת, מס' ברכות (ג.) ד"ה תניא.:

La question du discernement est la suivante. Il convient que tout homme place sa confiance et son appui uniquement dans le Nom, car tout est entre Ses mains et il n'existe aucune force en dehors du Nom.

Toute la force de l'homme n'est que la force de la priere: prier le Nom de lui envoyer Son salut. Mais cela non plus n'est pas encore eclairci: peut-etre le Nom ne desire-t-Il pas, de Son cote, le sauver de cela; or, par son insistance et sa demande, il produit le salut, et cela est comme une insolence envers le Ciel, dont il est dit dans le Talmud (Sanhedrin 105a) qu'elle est efficace.

De meme, comment l'homme pourrait-il revenir de ses fautes et demander pardon pour son iniquite? Peut-etre le Nom ne desire-t-Il pas lui pardonner, sauf par son insistance, et ce serait une insolence envers le Ciel.

Le conseil est donc de remettre au Nom meme la force de la priere: si, au fond, le Nom ne desire pas de Son cote le sauver, alors lui aussi annule sa volonte devant celle du Nom. Il s'ensuit que sa priere n'est pas une insolence, puisque son intention est agreable et qu'il ne choisit que ce que le Nom desire.

Voir plus haut, paracha Vayera, paragraphe 39: le veritable discernement dans la priere est, comme nous le trouvons chez le roi David, de benie memoire, lorsqu'il dit: "Sonde-moi, Dieu, et connais mon cœur; eprouve-moi et connais mes pensees. Vois si une voie de douleur est en moi, et conduis-moi dans la voie eternelle" (Psaumes 139,23-24).

C'est-a-dire: si ma priere est pure et si le bien que je prie d'obtenir m'aidera a multiplier l'honneur du Ciel, alors je supplie Ta face de me repondre et de m'accorder ma demande. Mais s'il est manifeste devant Toi que ce bien pour lequel je prie m'ecartera de Ta crainte et de Ta volonte, alors moi aussi je ne desire pas le bien que Tu m'accorderais.

Comme ils ont dit dans la Guemara (Ketoubot 83a): un homme peut stipuler, au sujet d'un heritage qui lui vient d'un autre lieu, qu'il ne l'herite pas. Voir encore Mei HaShiloah, I, paracha Tissa, debut "Verahatsou".

Ainsi il guerira ce qui precede. Comme ils ont dit - la source est dans le Midrach Rabba Esther, ainsi qu'il est explique dans Shaar HaEmouna, introduction au Beit Yaakov, p.

152: "Comme il est dit dans le Midrach Rabba (Esther 4), sur le verset: 'Le roi appela...' et 'des fils d'Issakhar, qui connaissent l'intelligence des temps' (I Chroniques 12,33): ils savent guerir ce qui precede" - telle est la version exacte. Meme selon la version "ce qui est arrive", le sens est un: ils savent guerir le temps.

Car par le fait que l'homme revient par un repentir complet au lieu de la Bina (intelligence), qui est la foi d'Israel, comme il est dit (Tikounei Zohar, introduction, p. 2): "La 'Hokhma superieure est le pere de la foi, qui est Bina..."; et la-bas, Tikoun 21, p.

62: "Heureux celui qui garde cette foi dans son cœur et dans sa bouche, car elle est assurement la foi d'Israel et l'unification du Saint, beni soit-Il." Par cela il parvient au-dessus du temps, au lieu ou present, passe et futur sont egaux, et il guerira par consequent ce qui precede. Le repentir guerit ce qui precede: le Nom etablit qu'au fond il n'a commis aucune faute et ne s'est pas ecarte de la volonte du Nom.

Non seulement il n'a pas faute, mais il a aussi fait en cela ce qui est bon aux yeux du Nom, car les choses sont sorties de Lui, scellees, et cela est compte comme un commandement du Nom. C'est pourquoi ils ont dit dans le Talmud (Yoma 86b) que, pour l'homme qui revient de sa faute, les fautes volontaires sont comptees comme des merites.

Cette question est expliquee en de nombreux endroits dans les livres de nos saints maitres; seuls quelques grains de leurs paroles sont recueillis ici. Dans Mei HaShiloah, II, Psaumes 119, debut "Terem": lorsqu'un homme fait repentir, le Nom l'eclaire: "En cela meme, j'ai garde Ta parole" (Psaumes 119,67), car il y a accompli un commandement.

Il est explique a ce sujet dans Sod Yesharim, veille de Yom Kippour, paragraphe 39: apres le repentir, le Nom eclaire que les choses sont sorties de Moi, scellees, afin qu'il s'eloigne de passer par ce meme echec. Car un homme ne se tient pas sur les paroles de Torah, a moins d'y avoir echoue; et s'il n'etait pas auparavant passe par cet echec, il ne lui aurait aucunement ete possible de parvenir a une connaissance aussi precieuse que celle qu'il a maintenant.

Dans Tiferet Yossef, paracha Vayelekh, debut "Shouva Israel" [2]: "Grand est le repentir, qui atteint jusqu'au Trone de gloire... Celui qui revient vers le Nom, se tourne lui-meme vers le Nom et dit du fond du cœur: 'Pardonne-nous, notre Pere, car nous avons faute', atteint en un instant jusqu'au Trone de gloire.

Jusqu'ou va la force du repentir? Nos Sages ont dit (Yoma 86b) que le repentir par amour fait des fautes volontaires des merites.

Cela signifie qu'il voit que, meme au temps du voilement, il etait constamment lie a la lumiere du Nom; et tout le voilement que le Nom a place dans le monde est entierement afin qu'il y ait une place pour le service." Et encore la-bas, traite Haguiga 16b, debut "Amar": par le repentir, la faute est reparee depuis sa racine jusqu'a la derniere saisie de l'homme. C'est ce qu'a explique a ce sujet l'honneur de mon maitre et grand-pere, le saint gaon, de benie memoire, au sujet du verset: "Avant que je sois afflige, j'etais dans l'erreur" (Psaumes 119,67).

Cela veut dire que l'homme reconnaitra bien que la cause de sa faute procedait de son ame animale: il se tenait alors entierement sans connaissance, dans l'erreur, comme une bete. Le verset conclut: "et maintenant"; ainsi qu'il est explique dans le Midrach (Bereshit Rabba 21), "maintenant" ne designe que le repentir.

Tel est "et maintenant": apres le repentir, alors "j'ai garde Ta parole". Car apres le repentir, il s'avere retroactivement chez le penitient que, lorsque les fautes volontaires deviennent des merites, il ne s'est jamais, a Dieu ne plaise, detache de Sa volonte.

Meme l'ame animale, qui est sa derniere saisie, etait elle aussi attachee a Sa volonte, apres que ses fautes volontaires sont devenues des merites. Voir encore Mei HaShiloah, II, traite Berakhot 34b, debut "Kol"; Tiferet Yossef, paracha Haazinou, debut "Shouva" [1], [3]; traite Yoma 73b, debut "Yom HaKippourim"; plus bas, paracha Vayigash, paragraphe 3, debut "Li daber".

Comme il est ecrit: "Je vous ai portes sur des ailes d'aigles et Je vous ai amenes a Moi" (Exode 19,4). "Aigles" implique deux [ailes] (Zohar, Yitro 80a): la premiere, c'est qu'il devient clair au penitient qu'il n'a pas fait l'oppose de la volonte du Nom; le second discernement est qu'il a encore accompli en cela la volonte du Nom.

Comme il est aussi ecrit: "Je vous ai fait marcher droits" (Levitique 26,13), et il est rapporte dans le Talmud (Sanhedrin 100a): deux tailles. Ainsi qu'il est explique dans Tiferet Yossef, traite Meguila 9a, debut "Veaf", a la fin: "C'est par cela que le verset conclut: 'car Je suis le Nom, leur Dieu'.

D'ou le Nom verra-t-Il cela? De ce que, dans tous ces temps, J'etais leur Dieu: bien qu'il semblat que ces temps etaient un grand voilement, pourtant, au fond de leur cœur, ils ont fait regner le Nom sur eux; de cela le Nom verra tous les saluts.

C'est ce que suggere: 'Je vous ai fait marcher droits' (Levitique 26,13), et il est rapporte dans le Talmud (Sanhedrin 100a): comme deux tailles." Tel est le sens de ce qui est rapporte dans le Talmud (Berakhot 4b), l'ordre de la priere: au debut il dit: "Nom, ouvre mes levres, et ma bouche dira Ta louange"; et a la fin il dit: "Que les paroles de ma bouche et la meditation de mon cœur soient agreables devant Toi, Nom, mon rocher et mon redempteur." Le sens est le suivant: lorsque l'homme se presente pour prier le Nom, il prepare son cœur et stipule de son cote qu'il ne desire pas prononcer une parole qui ne soit pas conforme a la volonte du Nom. Si la volonte du Nom est qu'il prie devant Lui, alors: "Nom, ouvre mes levres, et ma bouche dira Ta louange." A la fin, il dit: "Que les paroles de ma bouche soient agreables", c'est-a-dire: si mon intention dans cette priere est conforme a la volonte du Nom, que les paroles de ma bouche soient agreables.

Et si je n'ai pas vise la volonte du Nom dans cette priere: "et la meditation de mon cœur devant Toi, Nom, mon rocher", c'est-a-dire qu'il est en Sa puissance de fortifier la priere et d'introduire de bonnes intentions dans mes pensees, afin que je n'aie aucun interet personnel dans cette chose que j'ai demandee et pour laquelle j'ai prie; et Il peut repandre en moi des intentions pures, auxquelles, selon mon opinion, mon cœur n'avait jamais pense. Si, a Dieu ne plaise, cette priere est entierement contre la volonte du Nom, je demande alors au Nom de racheter la priere et de la reparer par le repentir; mes intentions seront reparees et il sera eclairci qu'elles ne contenaient aucune intention etrangere, mais seulement ce qui est agreable au Ciel.

Ainsi qu'il est explique dans Tiferet Yossef, traite Taanit 16a, debut "Tannou Rabbanan": "La question de la priere, mon maitre et grand-pere, le saint gaon, de benie memoire, l'a expliquee ainsi: toutes les volontes de l'homme sont incluses dans la priere. Des volontes qu'a l'homme pour les choses qu'il desire, nous prenons la priere, et il se tient en priere devant le Nom.

Toutefois, l'homme a parfois des penchants qui sont contre Sa volonte. C'est pourquoi nos Sages ont institue de dire avant la priere: 'Nom, ouvre mes levres', c'est-a-dire que le Nom me preserve de laisser sortir de ma bouche une priere concernant une chose qui est contre Sa volonte.

Apres avoir acheve la priere, ils ont institue de dire: 'Que les paroles de ma bouche et la meditation de mon cœur soient agreables devant Toi', c'est-a-dire: si, a Dieu ne plaise, il y avait dans mon cœur, durant la priere, une pensee concernant une chose qui est contre Sa volonte, je prie a ce sujet que le Nom n'y prete pas attention." Voir encore la-bas, paracha Tsav, debut "Zot", traite Berakhot 3a, debut "Tania".

וזהו הענין בזו הפרשה, שיוסף הצדיק ברר את עצמו בתרין דרגין, ותיקן ורפא את הקודם בשנתים ימים, עד דתב דרגא לדרגא דאית ביה זכירה, ונתברר שאף מה שביקש משר המשקים שיזכרהו לפני פרעה היה עומק כונתו רק להשי"ת, ואליו מסר את נפשו ותפלתו, ולא פנה אל רהבים ושטי כזב, ולא חטא כלל בזה. אכן למה הזכיר את עצמו לפני שר המשקים, עומק כונתו היתה בזה לברר אף בירור השני, שאף כל כח התפלה מסר להשי"ת, כי ירא פן אין רצון השי"ת שיתפלל על ישועתו, ויחשב לו כחוצפא ח"ו, לזה השמיע קולו בתפלתו בכדי שלא יענהו השי"ת אם לא ברצונו הוא, וכמו שאמרו בש"ס (ברכות כד:) המשמיע קולו בתפלתו הרי זה מקטני אמנה, היינו שנמאסת בעיני השי"ת ואינה רצויה ומקובלת.

וזו העצה הוא בגודל ישוב הדעת, שיוסף הצדיק התיישב בדעתו, ממה נפשך, אם באמת חפץ השי"ת להושיעני עתה ושהסבה לישועה תהיה ע"י שר המשקים כמו שנראה לפי דעתי, א"כ אין זאת כחוצפא כלפי שמיא. ואם אין רצון השי"ת שיצא עתה משפטי לאור, לזה הנני משמיע תפלתי שישמע עוד אחר וממילא לא תפעל כלל.

כי ענין תפלה הוא, שאדם מתפלל רק להשי"ת בלבד. א"כ אם ישמיע תפלתו שישמע גם איש אחר, משמע מזה שאינו בוטח את עצמו בהשי"ת בלבד, רק מצפה גם לטובת האנשים העומדים אצלו שישמעו מה חסר לו, לזה תפלה כזו מאוסה בעיני השי"תקעיין לעיל פרשת וישב אות י ד"ה וזה הוא..

משמע מזה, שבאמת עומק לב יוסף הצדיק היה בטוח רק בישועת השי"ת ולא על שר המשקים, וגם לא נחשבה כחוצפא כלפי שמיא, מאחר שהיה מוכן אף אם לא יענהו השי"ת על תפלתו, וכשנתברר בזה באה לו ישועת השי"ת ופרעה חולם וגו':

Tel est le sens dans cette paracha: Yossef le juste s'est discerne lui-meme selon deux degres, et il a repare et gueri ce qui precede au terme de deux annees, jusqu'a ce que le degre revienne au degre ou se trouve le souvenir. Il fut eclairci que meme ce qu'il avait demande au chef des echansons, de se souvenir de lui devant Pharaon, avait pour intention profonde uniquement le Nom; c'est a Lui qu'il avait remis son ame et sa priere.

Il ne s'etait pas tourne vers les arrogants ni vers ceux qui devient vers le mensonge, et il n'avait en rien faute. Mais pourquoi s'etait-il mentionne au chef des echansons?

Son intention profonde etait d'etablir aussi le second discernement: qu'il avait remis au Nom toute la force de la priere. Car il craignait peut-etre que le Nom ne desirait pas qu'il prie pour son salut et que cela ne lui soit compte comme une insolence, a Dieu ne plaise.

C'est pourquoi il a fait entendre sa voix dans sa priere, afin que le Nom ne lui reponde pas, si telle n'etait pas Sa volonte. Comme ils ont dit dans le Talmud (Berakhot 24b): celui qui fait entendre sa voix dans sa priere est de ceux qui ont peu de foi; c'est-a-dire que [sa priere] est odieuse aux yeux du Nom et n'est ni agreable ni recue.

Ce conseil requiert une grande serenite d'esprit: Yossef le juste a considere en son esprit: de quelque maniere que ce soit, si le Nom desire vraiment me sauver maintenant et que la cause du salut soit le chef des echansons, comme cela me parait, alors ce n'est pas une insolence envers le Ciel. Mais si le Nom ne desire pas que mon jugement sorte maintenant a la lumiere, alors voici que je fais entendre ma priere, afin qu'un autre l'entende aussi, et elle n'operera donc absolument rien.

Car la priere consiste en ce que l'homme prie uniquement le Nom. Si donc il fait entendre sa priere de sorte qu'un autre homme l'entende aussi, cela signifie qu'il ne se confie pas uniquement dans le Nom, mais espere aussi le bien des hommes qui se tiennent pres de lui, afin qu'ils entendent ce qui lui manque; c'est pourquoi une telle priere est odieuse aux yeux du Nom.

Voir plus haut, paracha Vayeshev, paragraphe 10, debut "Veze hou". Il s'ensuit qu'en verite le cœur profond de Yossef le juste ne se confiait que dans le salut du Nom, et non dans le chef des echansons.

Cela non plus ne fut pas compte comme une insolence envers le Ciel, puisqu'il etait pret meme au cas ou le Nom ne repondrait pas a sa priere. Lorsque cela fut eclairci, le salut du Nom lui vint, et Pharaon reve, etc.

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם והנה עומד על היאר. איתא ע"ז במדרש רבה (מקץ פט) כי בא החלום ברוב ענין, אמר פרעה מי מתקיים על מי אני על אלהי או אלהי עלי אמר ליה אתה על אלהיך וכו'.

הענין בזה הוא, שכאשר ראה פרעה שכל אשר חפץ נשפע לו, רצה לידע אם הוא מפני שהוא מצדו מגדיר את עצמו ונמצא בו איזה קדושה שעל ידה נשפעו לו כל רצונותיו, מפני שרצונו הוא גם רצון השי"ת, זה נקרא אלהי עלי. או אני על אלהי, היינו מפני שאני מתעקש ברצוני להשיג כל רצונותי עי"ז באה לי הטובה, כי חוצפא אפילו כלפי שמיא מהני.

והראה לו השי"ת שהוא עומד על היאור שהוא אלהיו, כי מצרים היו עובדים ליאור, והוא שכל טובותיו הם באים רק מחוצפא כלפי שמיא אבל לא מרצון השי"ת. ואף שבאמת בשורש היתכן לומר שח"ו השי"ת מוכרח להשפיע, הלא אם הוא בחוצפא אזי הוא ברצון השי"ת שלא להשפיע, ובכחו לעשות כפי שירצה ומי יאמר לו מה תעשה.

אמנם באמת כן הוא, שאין בכח אדם לעשות היפך מרצון השי"ת. אכן בתפיסת האדם יוכל לזכות ויוכל גם להפסיד ולפום צערא אגרא, ואם האדם מצדו מתעקש ובוחר במה שאין בו רצון השי"ת, ומפציר בחוצפא כלפי שמיא אובד כל יחוסו, מאחר שהוא מצדו עריק מקמי מאריהקאמקורו במי השלוח ח"א פרשת מקץ ד"ה והנה עמד:

איתא במדרש (בראשית רבה פרשה פט) אמר פרעה מי מתקיים על מי אני על אלהי או אלהי עלי, אמר לו אתה על אלהיך שנאמר והנה עומד על היאור. הענין בזה כי פרעה רצה לדעת אחרי ראותו כי כל אשר יחפץ יצליח, רצה לעמוד על התבוננת הדבר אם אלהיו ויראתו מושלים עליו ולא יבא למחשבתו שום דבר רק מה שאלהיו ישלח לו לפיכך יצליח, או תחילה יבא למחשבתו ולרצונו לעשות ואח"כ אלהיו וכחו עוזרים לו להצליח, ואמר לו אתה על אלהיך, היינו תחילה יבא למחשבתך ואח"כ הכח המושל עליו יכרח לעוזרך.

אבל בישראל אינו כן כי ישראל הם מרכבה לשכינה וכפי רצונו ית' כן יתנהגו.:

"Et ce fut a la fin de deux annees, et Pharaon reve, et voici qu'il se tient pres du Fleuve" (Genese 41,1). A ce sujet, il est rapporte dans le Midrach Rabba (Miketz 89): "Car le reve vient par l'abondance d'occupation"; Pharaon dit: "Qui subsiste sur qui?

Moi sur mon dieu, ou mon dieu sur moi?" Il lui dit: "Toi, sur ton dieu", etc. Le sens est que, lorsque Pharaon vit que tout ce qu'il desirait lui etait repandu, il voulut savoir si cela procedait de ce que, de son cote, il se definissait lui-meme et qu'il se trouvait en lui quelque saintete par laquelle toutes ses volontes lui etaient repandues, parce que sa volonte est aussi la volonte du Nom - cela s'appelle "mon dieu est sur moi"; ou bien "moi, je suis sur mon dieu", c'est-a-dire que c'est parce que je m'obstine dans ma volonte d'obtenir toutes mes volontes que le bien me vient, car l'insolence, meme envers le Ciel, est efficace.

Le Nom lui montra qu'il se tenait sur le Fleuve, qui etait son dieu, car les Egyptiens servaient le Fleuve: tous ses biens ne lui venaient que de l'insolence envers le Ciel, mais non de la volonte du Nom. Pourtant, a la racine, peut-on vraiment dire, a Dieu ne plaise, que le Nom est contraint de repandre?

Si c'est par insolence, alors Sa volonte est de ne pas repandre; Il a la puissance de faire comme Il le desire, et qui Lui dira: "Que fais-Tu?" Mais en verite il en est ainsi: l'homme n'a pas le pouvoir de faire le contraire de la volonte du Nom. Toutefois, dans la saisie de l'homme, il peut meriter et il peut aussi perdre, et selon la peine est la recompense.

Si l'homme, de son cote, s'obstine et choisit ce dans quoi il n'y a pas de volonte du Nom, et insiste par insolence envers le Ciel, il perd toute son appartenance, puisqu'il est, de son cote, un fugitif devant son Maitre. La source est dans Mei HaShiloah, I, paracha Miketz, debut "Vehine omed": "Il est rapporte dans le Midrach (Bereshit Rabba, paracha 89): Pharaon dit: 'Qui subsiste sur qui?

Moi sur mon dieu, ou mon dieu sur moi?' Il lui dit: 'Toi, sur ton dieu', comme il est dit: 'et voici qu'il se tient pres du Fleuve.' Le sens est que Pharaon, apres avoir vu que tout ce qu'il desirait reussissait, voulut s'arreter sur la reflexion de la chose: son dieu et sa crainte regnent-ils sur lui, de sorte qu'aucune chose ne vient a sa pensee sinon ce que son dieu lui envoie, et il reussit donc; ou bien cela vient-il d'abord a sa pensee et a sa volonte de faire, et ensuite son dieu et sa force l'aident a reussir? Il lui dit: 'Toi, sur ton dieu', c'est-a-dire que cela vient d'abord a ta pensee, puis la force qui regne sur lui est contrainte de t'aider.

Mais il n'en est pas ainsi d'Israel, car Israel est le char de la Presence divine, et ils se conduisent selon Sa volonte.

En bref

Ce passage poursuit par l'inverse du trait de Yossef le Juste : il ne choisit rien s'il ne voit pas la racine et comment, par cela, la chose est reliée à la sainteté. Il correspond au Nom Chadda-i, qui relie le monde d'en bas au monde d'en haut. Le Beit Yaakov enseigne que les cieux s'étendaient dans la lumière et la terre dans l'obscurité jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, dise « assez », dès qu'un étirement de plus aurait laissé l'homme sans lien : Il désire que l'homme ait une saisie dans chaque acte. C'est pourquoi Pharaon se tient en rêve sur le Nil, sur ce Nom : de son côté, il ne voit pas le lien.

Aussi : le résidu du désir des nations entrera dans la sainteté, celui de la colère sera déraciné ; en Tevet le Nom seul éclaircit la colère ; ils appelaient la vente « kira », contrainte que le Nom éclaircira

וזהו ההיפך ממידת יוסף הצדיק, שאינו בוחר בשום דבר אם לא יראה השורש איך הוא מחובר על ידה לקדושה, וכדאיתא בזוה"ק (מקץ קצד.) כל נהר דנגיד ונפיק דיוסף הצדיק הוא. שהוא בבחינת השם שד"י שמחבר כל העולמות עלמא תתאה בעלמא עלאה, וכענין דאיתא בש"ס (חגיגה יב.) אמר רב יהודה אמר רב בשעה שברא הקב"ה את העולם היה מרחיב והולך וכו' עד שגער בו הקב"ה וכו' והיינו דאמר ר"ל מאי דכתיב אני אל שדי אני הוא שאמרתי לעולמי די וכו'.

והענין הוא, דהנה השי"ת הציב, השמים שמים לה' והארץ נתן לבני אדם כדכתיב (תהלים קטו). והוא שהשמים הם רק אור מזוכך, עד שאף כגרעין חרדל מעוה"ז אין יכולים לקבל כדאיתא בזוה"ק (ויגש רז.).

והארץ הוא ההיפך מזה שעורקת מאור והחשך מתגבר בה, וכענין דאיתא במדרש רבה (בראשית יז) מפני מה האשה יוצאה וראשה מכוסה, א"ל לאחד שעבר עבירה הוא מתבייש מבני אדם. וכן הארץ בושה לעמוד לפני השי"ת.

והיו השמים מתמתחין והולכין, היינו שנזדככו כל פעם עוד יותר באור, והארץ היתה ג"כ מתמתחת והולכת ביותר שנכנסה כל פעם עוד יותר בהסתר וחשך, וכל רגע ורגע נתגברה ההתנגדות ביניהם עוד יותר, זה נתגבר באור זך וזו בחשך, עד שגער בהם הקב"ה ואמר די, היינו שכל עוד שהיה איזה חיבור כמעט ביניהם היו מתמתחין והולכין זה לצד זה וזה להיפך, אכן כשהגיעו לקצה הגבול עד שאם היו מתמתחין עוד מעט אזי לא היה שום חיבור ביניהם, גער בהם הקב"ה ואמר די. ובאמת היה בכח השי"ת לחבר אותם אף אם היו מתמתחין עוד יותר, כי מאין היה בהם כח למתוח אם לא שיד ה' עשתה זאת.

אכן מצד האדם לא היה עוד ביניהם שום חיבור, לזה כל זמן שהיה עוד איזה התחברות ביניהם מצד תפיסת אדם לא גער בהם הקב"ה, אכן בהגיעם אל הקצה, שאם יתמתחו עוד מעט לא יהיה מצד אדם שום חיבור ביניהם, אזי גער בהם ואמר די. כי השי"ת חפץ בטובת האדם, לזה הציב בעולם שיהיה לאדם חלק ותפיסה בכל פעולה אשר יעשה, ולא שיעשה פעולה שמצדו לא יהיה לה שום חיבור להשי"ת על הסמך שהשי"ת יחברה.

וע"ז מרמז השם שד"י שאמר לעולמו די, אות ש' מורה על השלש מדות רזא דתלת אבהן וכדאיתא בזוה"ק (ויקהל רד.). ואות ד' מורה על מה שנראה מרוחק מהשי"ת.

ואות י' הוא הקישור והחיבור שהשי"ת מחברם אליוקבעיין הסבר בדבר לעיל פרשת לך אות מז.:

Et cela est l'inverse du trait de Yossef le Juste: il ne choisit rien s'il ne voit pas la racine et comment, par cela, la chose est reliee a la saintete. Comme il est rapporte dans le saint Zohar (Miketz 194a): "Tout fleuve qui coule et sort est Yossef le Juste." Il correspond au Nom Shadda-i, qui relie tous les mondes, le monde d'en bas au monde d'en haut.

De meme qu'il est rapporte dans le Talmud (Haguiga 12a): Rabbi Yehouda dit au nom de Rav: au moment ou le Saint, beni soit-Il, crea le monde, celui-ci s'etendait continuellement, etc., jusqu'a ce que le Saint, beni soit-Il, le rabroue, etc. C'est ce qu'a dit Rech Lakich: que signifie le verset: "Je suis El Shadda-i"?

Je suis Celui qui ai dit a Mon monde: assez. La chose est la suivante.

Le Nom a etabli: "Les cieux sont les cieux de ה', et la terre, Il l'a donnee aux fils de l'homme" (Psaumes 115). Les cieux ne sont qu'une lumiere raffinee, au point qu'ils ne peuvent recevoir de ce monde-ci pas meme un grain de moutarde, comme il est rapporte dans le saint Zohar (Vayigach 206a).

La terre est l'inverse: elle fuit la lumiere et l'obscurite y gagne en force. Comme il est dit dans le Midrach Rabba (Bereshit 17): pourquoi la femme sort-elle la tete couverte?

Il lui dit: celui qui a commis une faute a honte devant les hommes. Ainsi, la terre a honte de se tenir devant le Nom.

Les cieux s'etendaient donc continuellement, c'est-a-dire qu'ils se raffinaient chaque fois davantage dans la lumiere; et la terre aussi s'etendait toujours plus, entrant chaque fois davantage dans le voilement et l'obscurite. A chaque instant, l'opposition entre eux se renforcait: celui-la dans une lumiere pure, et celle-ci dans l'obscurite.

Jusqu'a ce que le Saint, beni soit-Il, les rabroue et dise: assez. Tant qu'il demeurait entre eux presque quelque lien, ils s'etendaient: l'un de ce cote, l'autre a l'inverse.

Mais lorsqu'ils parvinrent a la limite, de sorte que s'ils s'etaient encore un peu etendus il n'y aurait plus eu aucun lien entre eux, le Saint, beni soit-Il, les rabroua et dit: assez. En verite, il etait au pouvoir du Nom de les relier, meme s'ils s'etaient etendus davantage, car d'ou leur venait la force de s'etendre, sinon de ce que la main de ה' l'avait fait?

Mais du cote de l'homme, il n'y avait plus entre eux aucun lien. C'est pourquoi, tant qu'il y avait encore quelque jonction entre eux selon la saisie de l'homme, le Saint, beni soit-Il, ne les rabrouait pas.

Mais une fois arrives a la limite, ou un leger etirement supplementaire aurait laisse l'homme sans aucun lien entre eux, Il les rabroua et dit: assez. Car le Nom desire le bien de l'homme; Il a donc etabli dans le monde que l'homme ait une part et une saisie dans chaque acte qu'il accomplit, et qu'il n'accomplisse pas un acte qui, de son cote, n'aurait aucun lien avec le Nom, en s'appuyant sur le fait que le Nom le relierait.

C'est a cela que fait allusion le Nom Shadda-i, qui dit a Son monde: assez. La lettre chin (ש) indique les trois attributs, le secret des trois Patriarches, comme il est rapporte dans le saint Zohar (Vayakhel 204a).

La lettre dalet (ד) indique ce qui parait eloigne du Nom. Et la lettre yod (י) est le nœud et le lien par lesquels le Nom les relie a Lui.

Voir l'explication plus haut, parachat Lekh Lekha, paragraphe 47.

וזהו שנראה לפרעה בחלום שהוא עומד על היאור, על השם שד"י, היינו שמצדו אינו רואה החיבור שיש לו להשי"ת, כי מצד השי"ת אין שום נפקא מינה, מאחר שכל השפעת השי"ת הם רק ברצון, ממילא יש להם חיבור להשי"ת אף להפעולות שהם נראים רחוקים ביותר. אכן פרעה מצדו אבד יחוסו, מאחר שמצדו אינו רואה החיבור שיש לו להשי"ת, כי גם בהם נמצא פעולות שיש להם עוד חיבור לקדושה, כמו שמצינו בש"ס (מגילה ו.) עתידין בתי תיאטראות ובתי קרקסיאות שבאדום שילמדו בהן שרי יהודה תורה ברבים.

והוא שהתפשטות השמחה שלהן אינם עוד תכלית הרע, ואף כי מצדם אין נראה בזה שום טובה, אבל יכולה עוד להתברר. אמנם מה שנמצא בהם ממדת הכעס, זהו בתכלית הרע, ולא יכנס מזה לקדושה כללקגכמבואר בתפארת יוסף מסכת מגילה (ו.) ד"ה א"ר אבהו, בסופו:

וזה שמחשב הגמ' כאן עקרון תעקר זו קסרי בת אדום וכו' והיה כאלוף ביהודה אלו בתי תאטריות וקרקסיות שבאדום שעתידים שרי יהודה ללמד בהם תורה ברבים. ומחשב הגמ' פסולת ממדת הגבורה ופסולת ממדת החסד.

פסולת ממדת הגבורה הוא כעס, וזו תעקר לגמרי לעתיד, מאחר שלא יצטרך לעתיד כלל. ופסולת ממדת החסד הוא תאוה, ולזה לא אמר הגמ' שלגמרי תעקר, רק שעתידים ללמד בהם תורה ברבים, והיינו שיהיה בקדושה.

כי באמת מדת החסד היא מדה טובה בעולם, רק שאם ישתמש האדם במדה קבועה, ואינו מביט לרצון השי"ת יכול להצמיח מזאת המדה חסרון היותר גרוע וכו'. ולזה אמר הגמ' שעתידים ללמד בהם תורה ברבים, שלגמרי לא תעקר רק שיהיה בקדושה, שישראל יביט בזאת המדה רק לרצון השי"ת., וכדאיתא בש"ס (שם) והסירותי דמיו מפיו ושקוציו מבין שניו (זכריה ט׳:ז׳) והסירותי דמיו מפיו זו בית במיא שלהן, ושקוציו מבין שניו זו בית גליא שלהן.

שאני בישראל, אין לך דבר שלא יהיה כלול בקדושה, ואף הכעס שלהם טוב, כדאיתא בש"ס (תענית ד.) אורייתא הוא דקא מרתחא ליה. וזה הוא שאנו אומרים בשמ"ע (תפלת על הניסים) בימי חנוכה, וזדים ביד עוסקי תורתך, היינו שאלו הם שני הפכיים, זדים הם ההיפך מעוסקי תורה, כי השי"ת חפץ רק בלב בשר שאינו מתעקש בשום דבר, וזדים מורה שלבם לב אבן בעקשות.

שאני עוסקי תורה, אף שלפעמים נראה בהם גודל תקיפות וא"א להטותם מדעתם, אכן שנמצא בזה גודל יקרות, כדאיתא בש"ס (תענית ד.) אם ראית ת"ח שהוא קשה כברזל חגרהו על מתניךקדעיין לקמן פרשת ויגש אות כד ד"ה המבחן הראשון.. ובאומות אם ימצא ממדת הכעס הוא רע בכולו, וכענין דאיתא בכתבי האר"י הק' ז"ל, שנמצא לפעמים הנהגה שיש להם מקום אף לאומות ופעמים נמצא הנהגה שאין לאומות שם מקום כלל ומתבטלים לגמרי, והוא במקום ששוכחין לגמרי במדת יוסף הצדיק שם יאבדו לגמרי ולא ישאר בהם אף קוסטא דחיותא, וכדאיתא בזוה"ק (תצוה קפב.) רבי יהודה פתח חדלו לכם מן האדם אשר נשמה באפו וכו' דהא כד ברא קוב"ה לב"נ עבד ליה בדיוקנא עלאה ונפח ביה רוחא קדישא וכו' ובמאי אתיידע ב"נ למנדע מאן איהו לקרבא בהדיה או לאתמנעא מניה.

ברוגזיה ממש ידע ליה ב"נ וישתמודע מאן איהו. אי ההיא נשמתא קדישא נטר בשעתא דרוגזוי דלא יעקר לה מאתרהא בגין למשרי תחותה ההוא אל זר וכו' דא איהו גבר שלים ואי ההוא ב"נ לא נטיר לה וכו' דא איהו ב"נ דמריד במאריה ואסיר לקרבא בהדיה לאתחברא עמיה וכו' ועל דא כתיב, חדלו לכם מן האדם אשר נשמה באפו דהיא נשמתא קדישא טריף לה וסאיב לה בגין אפו אשר נשמה אחליף באפו וכו' אסיר לאסתכלא באנפוי.

ואי תימא הא רוגזא דרבנן רוגזא דרבנן טב איהו לכל סטרין, דהא תנינן דאורייתא אשא איהי ואורייתא קא מרתחא ליה, דכתיב, הלא כה דברי כאש נאם ה', רוגזא דרבנן במילי דאורייתא רוגזא דרבנן למיהב יקרא לאורייתא וכו':

C'est pourquoi il apparut a Pharaon en reve qu'il se tenait sur le Nil, sur le Nom Shadda-i: de son cote, il ne voit pas le lien qu'il a avec le Nom. Car du cote du Nom, cela ne fait aucune difference: puisque toute l'influence du Nom n'est que par volonte, elles ont donc un lien avec le Nom, meme les actions qui paraissent les plus eloignees.

Mais Pharaon, de son cote, a perdu sa filiation, puisqu'il ne voit pas le lien qu'il a avec le Nom. Car meme parmi elles se trouvent des actions qui ont encore un lien avec la saintete, comme nous trouvons dans le Talmud (Meguila 6a): les maisons de theatre et les cirques d'Edom, les princes de Yehouda y enseigneront un jour la Torah en public.

Leur epanouissement dans la joie n'est pas encore le mal ultime; bien que de leur cote aucun bien n'y paraisse, cela peut encore etre eclairci. Mais ce qui se trouve chez eux du trait de la colere est le mal ultime, et rien de cela n'entrera dans la saintete.

Comme il est explique dans Tiferet Yossef, traite Meguila (6a), au paragraphe commencant par "Rabbi Abahou dit", a la fin: la Guemara compte ici: "Akron sera deracinee", c'est Cesaree, fille d'Edom, etc.; et "il sera comme un chef en Yehouda", ce sont les theatres et les cirques d'Edom, ou les princes de Yehouda enseigneront un jour la Torah en public. La Guemara compte le residu du trait de guevoura et le residu du trait de hassadim.

Le residu du trait de guevoura est la colere, et celle-ci sera entierement deracinee dans l'avenir, puisqu'elle ne sera alors plus du tout necessaire. Le residu du trait de hassadim est le desir; aussi la Guemara ne dit-elle pas qu'il sera entierement deracine, mais seulement que l'on y enseignera la Torah en public, c'est-a-dire qu'il sera dans la saintete.

Car, en verite, le trait de hassadim est un bon trait dans le monde; seulement, si l'homme emploie un trait fixe et ne regarde pas la volonte du Nom, il peut faire croitre de ce trait le manque le plus grave, etc. C'est pourquoi la Guemara dit que l'on y enseignera un jour la Torah en public: il ne sera pas entierement deracine, mais sera dans la saintete, car Israel ne regardera ce trait que selon la volonte du Nom.

Comme il est rapporte dans le Talmud (ibid.): "J'oterai son sang de sa bouche et ses abominations d'entre ses dents" (Zacharie 9,7). "J'oterai son sang de sa bouche", ce sont leurs maisons de Bamya; "et ses abominations d'entre ses dents", ce sont leurs maisons de Galya.

Il en va autrement d'Israel: il n'est aucune chose qui ne soit incluse dans la saintete, et meme leur colere est bonne, comme il est rapporte dans le Talmud (Taanit 4a): c'est la Torah qui le fait bouillir. C'est ce que nous disons dans la Amida, dans la priere "Pour les miracles", aux jours de 'Hanouka: "les insolents entre les mains de ceux qui s'occupent de Ta Torah".

Ce sont deux contraires: les insolents sont l'inverse de ceux qui s'occupent de Torah, car le Nom ne desire qu'un cœur de chair, qui ne s'obstine en rien; et les insolents indiquent que leur cœur est un cœur de pierre dans l'obstination. Il en va autrement de ceux qui s'occupent de Torah: bien que l'on voie parfois en eux une grande fermete et qu'il soit impossible de les detourner de leur avis, il s'y trouve une grande valeur, comme il est rapporte dans le Talmud (Taanit 4a): si tu vois un sage de la Torah dur comme le fer, ceins-le a tes reins.

Voir plus loin, parachat Vayigach, paragraphe 24, au paragraphe commencant par "La premiere epreuve". Chez les nations, si l'on trouve le trait de la colere, il est entierement mauvais.

C'est ainsi qu'il est rapporte dans les ecrits du saint Ari, de memoire benie: il se trouve parfois une conduite ou les nations ont aussi une place; et parfois une conduite ou les nations n'ont absolument aucune place et sont entierement annulees. Et la ou l'on oublie entierement le trait de Yossef le Juste, elles perissent entierement et il ne demeure en elles pas meme une parcelle de vie (kosta de-hayota), comme il est rapporte dans le saint Zohar (Tetsaveh 182a): Rabbi Yehouda ouvrit: "Cessez de vous en remettre a l'homme, dont le souffle est dans ses narines", etc.

Car lorsque le Saint, beni soit-Il, crea l'homme, Il le fit selon l'image d'en haut et souffla en lui un esprit saint, etc. Comment reconnait-on un homme, pour savoir s'il faut s'approcher de lui ou s'en ecarter?

C'est precisement par sa colere qu'on le reconnait et qu'on sait qui il est. Si cette ame sainte se garde au moment de sa colere, afin de ne pas etre arrachee de son lieu pour qu'un dieu etranger reside sous elle, etc., c'est un homme accompli.

Mais si cet homme ne la garde pas, etc., c'est un homme qui se rebelle contre son Maitre, et il est interdit de s'approcher de lui et de s'unir a lui, etc. C'est pourquoi il est ecrit: "Cessez de vous en remettre a l'homme, dont le souffle est dans ses narines": il dechire cette ame sainte et la souille a cause de sa narine, echangeant le souffle (נשמה) contre la narine (אפו), etc.; il est interdit de regarder son visage.

Et si tu dis: mais la colere des rabbins? La colere des rabbins est bonne de tous cotes, car nous avons enseigne que la Torah est un feu et que c'est la Torah qui le fait bouillir, comme il est ecrit: "Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu?, dit ה'".

La colere des rabbins dans les paroles de Torah est la colere des rabbins pour rendre honneur a la Torah, etc.

ואלו הברורים הם בזה החודש טבת, וכדאיתא במי השלוח ח"א בלקוטי הש"ס (מסכת ראש השנה (כו.) ד"ה מאי) שבזה החודש צריך אדם לברר את עצמו במדת כעס, שאין זה בכח שום גוי לברר את עצמו בזה, ובזה ניכר החילוק שבין ישראל לעמיםקהכדאיתא בספר יצירה המליך אות ע' ברוגז וכו' וטבת בשנה וכבד בנפש. עיין בפרי צדיק מאמרי חנוכה אות יז, יח..

ובאמת אין זה הבירור ביד אדם כלל רק ביד השי"ת, וכדאיתא בש"ס (סוכה פ' החליל נב:) יוצרו קראו רע שנאמר ואשר הרעותי, וכביכול שהשי"ת עצמו מוכרח לברר ולתקן זאת ולתרץ למה הציב קליפה גדולה כזו, ובמה יתורץ זאת, ע"י ד"ת, שנאמר בהן הלא כה דברי כאש יתוקן אש זר מיצה"ר, שכל הכעס יהיה רק מאורייתא דקא מרתחא ליה, והיכן נמצא ד"ת בלב ישראל, אבל בהם לא נמצא ד"ת, לזה אם נמצא בהם איזה כעס הוא רק אל זר ממש. וזהו הענין שלא היה מעמד בקרבן של ר"ח טבת (תענית כו.), כי קרבן של ר"ח הוא חטאת לה', וכדאיתא בש"ס (שבועות ט.) הביאו עלי כפרה על שמעטתי את הירח.

היינו, למה לא נתן השי"ת אור בהנפש שיוכל לעמוד ולהתגבר על ההסתר שנמצא בגוף, אכן גם האדם חייב בזה, מאחר שסייע מעט בדבר זה, לכן היה צריך מעמד מישראל יבא בעל השור ויעמוד על שורו, וכדאיתא בש"ס (תענית כז.) כיצד קרבנו של אדם קרב ואין בעל הבית עמו. ובזה החודש אין האדם שום בעה"ב בזה, רק השי"ת אומר שהוא בעל הבית, והוא יתרץ זאת, לכן לא היה מעמד בראש חדש טבתקוומסיים בזה בבית יעקב הכולל ראש חדש טבת וזל"ק:

וזהו כשהלכתי לכרכי הים (ר"ה כו.), כי ים היינו טרדא וכרכי הים היינו העומק שבזה, שם היו קורין למכירה כירה. (כמבואר במי השלוח ח"א ר"ה כו.

ד"ה מאי, דזה איירי על חדש טבת עיי"ש) כי מכירה מורה על מעשה מצד האדם בבחירה. וכירה היינו בהכרח, שיכרה האדם בכחו המכריח.

וזה קורין למכירה כירה, שהשי"ת יברר שברצונו ומדעתו היה נכרה הכל. וזהו הצירוף השולט בזה החודש יוצא מסופי תיבות לה' אתי' ונרוממה' שמו' (תהילים לד).:

Ces eclaircissements ont lieu durant ce mois de Tevet, comme il est rapporte dans Mei HaChiloah, premiere partie, dans Likoutei HaChas, traite Roch Hachana (26a), au paragraphe commencant par "Que signifie": en ce mois, l'homme doit s'eclaircir lui-meme dans le trait de la colere; aucun non-Juif n'a le pouvoir de s'eclaircir lui-meme en cela, et c'est par la que se reconnait la difference entre Israel et les peuples. Comme il est rapporte dans le Sefer Yetsira: "Il fit regner la lettre ayin (ע) sur le courroux..., Tevet dans l'annee et le foie dans l'ame." Voir Pri Tsadik, Maamarei 'Hanouka, paragraphes 17 et 18.

En verite, cet eclaircissement n'est nullement entre les mains de l'homme, mais seulement entre les mains du Nom, comme il est rapporte dans le Talmud (Soukka, chapitre "La Flute", 52b): son Createur l'a appele mauvais, comme il est dit: "que J'ai cree le mal". Et, pour ainsi dire, le Nom Lui-meme doit eclaircir, reparer et repondre pourquoi Il a etabli une si grande kelipa (ecorce d'impurete).

Et par quoi cela sera-t-il resolu? Par les paroles de Torah, dont il est dit: "Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu?" Le feu etranger du mauvais penchant sera repare, afin que toute colere ne soit que celle de la Torah qui le fait bouillir.

Or, ou trouve-t-on des paroles de Torah? Dans le cœur d'Israel.

Mais chez eux, il ne se trouve pas de paroles de Torah; c'est pourquoi, si quelque colere se trouve chez eux, elle n'est qu'un dieu etranger veritable. C'est le sens de l'absence de maamad (presence representative) pour le sacrifice de Roch Hodech Tevet (Taanit 26a).

Car le sacrifice de Roch Hodech est un sacrifice pour le peche pour ה', comme il est rapporte dans le Talmud (Chevouot 9a): "Apportez pour Moi une expiation parce que J'ai diminue la lune." C'est-a-dire: pourquoi le Nom n'a-t-Il pas donne a l'ame une lumiere qui lui permette de tenir bon et de vaincre le voilement qui se trouve dans le corps? Mais l'homme est lui aussi tenu pour responsable, puisqu'il a un peu contribue a cette chose; il fallait donc une presence d'Israel: que le maitre du bœuf vienne se tenir sur son bœuf, comme il est rapporte dans le Talmud (Taanit 27a): comment l'offrande d'un homme peut-elle etre offerte sans que le maitre de maison soit avec elle?

En ce mois, l'homme n'est aucunement maitre de maison en cette affaire; seul le Nom dit qu'Il est le maitre de maison, et Il la resoudra. C'est pourquoi il n'y avait pas de maamad a Roch Hodech Tevet.

Et Beth Yaakob conclut ainsi, en incluant Roch Hodech Tevet: "C'est le sens de: lorsque je suis alle dans les ports de mer (Roch Hachana 26a). La mer signifie le trouble, et les ports de mer, la profondeur de ce trouble.

La-bas, ils appelaient la vente (מכירה) 'kira' (כירה). Comme il est explique dans Mei HaChiloah, premiere partie, Roch Hachana 26a, au paragraphe commencant par "Que signifie", cela traite du mois de Tevet.

Car la vente indique un acte de l'homme relevant du choix. Et 'kira' indique la contrainte: que l'homme soit creuse par sa force contraignante.

C'est pourquoi ils appelaient la vente 'kira': le Nom eclaircira que tout a ete creuse selon Sa volonte et Sa connaissance. Et voici la combinaison qui regne en ce mois: elle sort des dernieres lettres de 'pour ה' avec moi, et exaltons Son Nom' (Psaumes 34)."

En bref

« Pharaon rêvait, et voici qu'il se tenait près du Fleuve. » Le Midrach relève « rêvait » : le songe demeure en lui. Il veut savoir d'où s'épanche son bien : « mon dieu est sur moi », ce qui impose une avoda (service) et parfois d'abandonner un bien, ou « moi, je suis sur mon dieu », se répandre sans entrave. On lui montre le Nil ; l'Égypte, « nudité du pays », n'a besoin d'aucune pluie et le Saint, béni soit-Il, ne désire pas son service. Selon le Beit Yaakov, le prince s'annule devant la gloire du Nom mais ne peut illuminer la nation : plus il s'annule, plus elle reçoit l'inverse et se répand.

Aussi : israël, part du Nom et compagnon du Chabbat, remet ses forces et reçoit du Nom Lui-même ; « des sauveurs » et non « des sauvés », par la patience de l'exil ; aucun manque dans le Nom, le manque est du côté de qui reçoit.

ויהי מקץ שנתים ימים ופרעה חולם והנה עומד על היאר וגו'. איתא ע"ז במדרש רבה (מקץ פט) כי בא החלום ברוב ענין, אמר פרעה מי מתקיים על מי אני על אלהי או אלהי עלי אמר ליה אתה על אלהיך וכו' א"ר יוחנן הרשעים מתקיימין על אלהיהם, ופרעה חולם והנה עומד על היאר.

אבל הצדיקים אלהיהם מתקיים עליהם, והנה ה' נצב עליו. הענין בזה הוא, שהמדרש מדייק מלשון הכתוב ופרעה חולם ולא נאמר ולפרעה חלם, משמע מזה שתמיד היה לו זה החלום.

והוא שהיה נבוך תמיד בזה הרעיון, שרצה לדעת מהיכן נשפעה לו השפעת טובו, אחר שראה שכל אשר יחפוץ בידו יצלח, אם הוא מפני שאלהי עלי, שנמצא בו עבודה מצדו שמצמצם את עצמו שלא לקבל רק מה שיחפוץ השי"ת לתת לו, וזה מחייב שצריך לפעמים לעזוב טובה שלא לקבלה מחמת שאין רצון הש"י לתתה לו, וזהו אלהי עלי. או אני על אלהי, היינו שמותר לו להתפשט בלי שום מעצור ולקבל כל אשר יתאוה, כי אין צורך לעבודה, וכל השפעת טובה בא לו מהשר שיש לו בשמים.

והראו לו שהוא עומד על היאור, שהוא הע"ז של מצרים, שהיו עובדים ליאור שהיה עולה ומשקה, והוא שאין הקב"ה חפץ בעבודתו, מפני שארץ מצרים נקרא ערות הארץ, שהיא מלאה שכחה, שאין צריכים לטפה של גשמים רק נילוס עולה ומשקה, זה מרמז על גודל השכחה שמצויה שם. כי במקום שצריכין למטר השמים, אזי כשהגשמים נעצרין יש להברואים הכרה שאין זה ברשותם, ומשעבדין את לבם לשמים להתפלל להקב"ה שימטיר על ארצם, שבידו להוריד הגשםקזעיין ברסיסי לילה למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות לה:

וזה עניין מצרים שנקרא ערוות הארץ, כי עניין ארץ הוא כח השתדלות וכו'. שזה עיקר עבודת ויגיעת האדם בעוה"ז מצד העולם הזה וכו'.

וערוות הארץ, היינו גנות עניין הארץ, שאין צריך עבודה, כי נילוס עולה ומשקה. משא"כ ארץ ישראל, ארץ אשר ה' אלקיך דורש וגו' למטר השמים וגו' וצריך עבודה ותפילה ויחול לה', ואי אפשר להשקיע עצמו בשלוה כ"כ.

וזה עיקר קדושת הארץ, שלא להשקיע בדמיונות של שלוה, רק לידע שצריך השתדלות, ואדם לעמל יולד וכו'. וערוות הארץ נקרא השיקוע בעוה"ז בלא השתדלות רק הוזים שוכבים.

וכן מבואר בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת ויחי ד"ה ויחי: כי ישיבת מצרים גורמת הסתרה, שמסתרת כבוד שמים, ששם נראה כי עזב ה' אותה תחת הטבע, כי הנילוס מעצמו עולה ומשקה ולא תרגיש חסרונה.

כי כל השותה ממי גשמים, תראה שהיא חסרה וצריכה להשפעה מהש"י. אכן ארץ מצרים כל השפעותיה מלמטה ואין צריכים למעלה, כי בתוכה יש כח ההשפעה וכח קבלה, וזה הוא הפך מארץ ישראל, אשר שם הרגשת כבוד שמים, וכמו שכתיב (עקב יא) ארץ אשר ה' אלקיך דורש אותה תמיד עיני ה' אלקיך בה וכו' עיי"ש.

לעיל פ' לך אות א ד"ה וזה הוא ג"כ העניין, פ' וירא אות לה, לקמן פ' ויגש אות לד.. אבל במצרים, שאין צריכים לטפת גשמים כלל, וכדכתיב בהגוים אשר לא יעלו לרגל, (זכריה י״ד:י״ז) והיה אשר לא יעלה מאת משפחות הארץ אל ירושלים להשתחות למלך ה' צבאות ולא עליהם יהיה הגשם.

ובמצרים נאמר שם ואם משפחת מצרים לא תעלה ולא באה ולא עליהם תהיה המגפה, ואין הכתוב מאיים עליהם שלא ירד להם גשם:

"Et il advint, au bout de deux annees, que Pharaon revait, et voici qu'il se tenait pres du Fleuve", etc. Le Midrach Rabba enseigne a ce sujet (Miketz 89) : "Car le songe vient dans l'abondance de l'occupation.

Pharaon dit : Qui se maintient sur qui ? Moi sur mon dieu, ou mon dieu sur moi ?

Il lui dit : Toi, sur ton dieu", etc. Rabbi Yo'hanan dit : Les mechants se maintiennent sur leurs dieux, comme il est dit : "Pharaon revait, et voici qu'il se tenait pres du Fleuve." Mais les justes, leur Dieu se maintient sur eux, comme il est dit : "Et voici que ה' se tenait au-dessus de lui" (Genese 28,13).

Le sens est que le Midrach releve la formulation : "Pharaon revait", et non : "Pharaon eut un reve" ; il en ressort que ce reve etait toujours present en lui. Il etait sans cesse trouble par cette pensee : il voulait savoir d'ou s'epanchait sur lui l'influx de son bien, voyant que tout ce qu'il desirait reussissait entre ses mains.

Etait-ce parce que "mon dieu est sur moi" ? Cela impliquerait une avoda (service divin) de sa part : se restreindre pour ne recevoir que ce que le Nom desire lui donner ; cela oblige parfois a abandonner un bien, a ne pas le recevoir, parce que le Saint, beni soit-Il, ne veut pas le lui donner.

Tel est "mon dieu est sur moi". Ou bien : "moi, je suis sur mon dieu" ?

C'est-a-dire qu'il lui est permis de se repandre sans aucune entrave et de recevoir tout ce qu'il convoite, puisqu'il n'a pas besoin d'avoda, et que tout influx de bien lui vient du prince celeste qu'il possede. On lui montra qu'il se tenait pres du Nil, l'idolatrie de l'Egypte ; ils servaient le Nil qui montait et irriguait.

Or le Saint, beni soit-Il, ne desire pas son service, car l'Egypte est appelee "la nudite du pays" : elle est pleine d'oubli, puisqu'elle n'a besoin d'aucune goutte de pluie, le Nil montant et irriguant. Cela indique l'immensite de l'oubli qui s'y trouve.

Car, la ou l'on a besoin de la pluie du ciel, lorsque les pluies sont retenues, les creatures reconnaissent que cela n'est pas en leur pouvoir ; elles asservissent leur cœur aux Cieux afin de prier le Saint, beni soit-Il, de faire pleuvoir sur leur terre, car il est en Son pouvoir de faire tomber la pluie. Voir Resisei Layla de notre maitre Rabbi Tsadok ha-Cohen, que son merite nous protege, sec.

35 : "Tel est le sujet de l'Egypte, appelee la nudite du pays. Le pays designe la force de l'effort... c'est l'essentiel du service et de la peine de l'homme dans ce monde, du cote de ce monde-ci...

La nudite du pays est la decheance du sujet du pays : nul travail n'est requis, car le Nil monte et irrigue. Il n'en est pas ainsi de la terre d'Israel : une terre dont ה', ton Dieu, se soucie... elle boit l'eau de la pluie du ciel (Deuteronome 11,11) ; elle exige travail, priere et imploration du Nom, et l'on ne peut s'enfoncer a ce point dans la tranquillite.

C'est l'essentiel de la saintete du pays : ne pas s'enfoncer dans les imaginations de tranquillite, mais savoir qu'il faut de l'effort, car "l'homme est ne pour la peine" (Job 5,7)... La nudite du pays est l'enfoncement dans ce monde-ci sans effort, seulement des reveurs couches." De meme est-il explique dans Sod Yesharim sur la Torah, d'un manuscrit de sa main, par.

Vayehi, debut "Vayehi" : "La residence en Egypte engendre une dissimulation qui cache la gloire des Cieux, car il semble la-bas que ה' l'a abandonnee au sein de la nature : le Nil monte de lui-meme et irrigue, et tu ne ressens pas son manque. Celui qui boit de l'eau de pluie voit qu'elle lui fait defaut et qu'il a besoin d'un influx du Nom.

Mais en Egypte, tous les influx viennent d'en bas et l'on n'a pas besoin d'en haut, car elle contient la force de l'influx et la force de reception. C'est l'inverse de la terre d'Israel, ou l'on ressent la gloire des Cieux, comme il est ecrit : "Une terre dont ה', ton Dieu, se soucie sans cesse ; les yeux de ה', ton Dieu, sont sur elle" (Deuteronome 11,12)." Voir aussi plus haut, Lekh Lekha, sec.

1, debut "Et ceci est aussi le sujet" ; Vayera, sec. 35 ; plus bas, Vayigash, sec.

34. Mais en Egypte, ou l'on n'a nul besoin de gouttes de pluie, ainsi qu'il est ecrit au sujet des peuples qui ne monteront pas en pelerinage : "Quiconque, parmi les familles de la terre, ne montera pas a Jerusalem pour se prosterner devant le Roi, ה' Tsevaot, il n'y aura pas de pluie sur elles" (Zacharie 14,17).

Et pour l'Egypte il est dit : "Si la famille d'Egypte ne monte pas et ne vient pas, sur elle ne sera pas la plaie" ; l'Ecriture ne les menace pas de ce que la pluie ne tomberait pas pour eux.

והענין הוא, מפני שהשר שלהם בשרשו מכיר גדולת השי"ת ומתבטל מאימת הכבוד, אכן אינו יכול להאיר להאומה שהיא תחתיו שיכירו גם הם גדולת השי"ת (וכמש"נ הענין במקומו בפ' צו), שכל מה שהשר מתבטל יותר מאימת השי"ת, נעלם ביותר זו ההכרה מהאומה הנתונה תחתיו, ולכן מסתעף שהם מקבלים ההיפך. שהשר הוא של אש והם מקבלים מים.

וכמו שנמצא בכל אדם נשמת אלוה ממעל שהוא רק אור, לעומת זה נמצא בגוף התפשטות שמתאוה להתפשט, אכן כשהאדם מצמצם את עצמו ואינו מניח את הגוף להתפשט, אזי מושלת הנשמה על הגוף, וזהו נשאר לעולמי עד שהאדם קנה זאת ביגיעו. וכן הוא הענין, שמפני שנמצא בהשר שלהם אור רב ורואה שכל דבר נכלל בקדושה, כן לעומת זה נמצא בהאומה שנתונה תחתיו גודל התפשטות ואין בכח השר שלהם שיבינם מהד"ת שיש לו, מפני שהשרים עצמם אין להם כלום בפני עצמם אך ממה שהשי"ת נותן בהם, ויש להם ד"ת בגבול, לכן הם יראים להשפיע מאלו הד"ת להאומה הנתונה תחתיו, וכדכתיב (תהילים קל״ה:ט״ז) עצבי הגוים כסף וזהב וגו' פה להם ולא ידברו וגו' וזה אינו מדבר מכסף וזהב שמעמידים לעצמם דחלא בעוה"ז, כי מה משמיע לנו הכתוב שאין יכולים לדבר ולשמוע מי לא ידע כאלה.

אמנם הכתוב מדבר מהשרים שיש לכל אומה בשמים, שאין להם כח להשפיע מהבהירות שלהם להאומות שתחתיהם, מפני שיש להם קדושה בגבול. וכדאיתא בהאר"י הק' (פרי עץ חיים שער הק"ש פרק א) שר"ת יוצר משרתים ואשר משרתיו הוא מו"ם, והיינו שהם בעלי חסרון בזה, שאינם בכחם להשפיע מד"ת שלהם להאומה שתחתיהם, ולזה אמרו בש"ס (מנחות קי) שהאומות קורין להשי"ת אלהא דאלהיא, היינו שיודעים שנמצא יראה בהסתר, אבל אין להם בתפיסתם, כי מצדם הם מתפשטים ככל אות נפשםקחוכן מבואר לעיל פרשת וישלח אות ה ד"ה והנה האופיא:

וכן הוא הענין בשרי מעלה להיותם קרובים אל המאציל ב"ה, ורואים כי כחם הוא מהשי"ת, אז אין שום חסרון במדתם, אבל כאשר יסתעף מדה זו אל האומה מהעכו"ם והמה בבחירתם הרעה יפעלו בה כרצונם וזדון לבם, אזי נקראו עוברי רצונו יתברך, והמה רשעים גמורים. וזה הוא דאיתא בהאריז"ל (פרי עץ חיים שער הק"ש פרק א') יוצר מ'שרתים ו'אשר מ'שרתיו ראשי תיבות מו"ם לרמז שאף הם עומדים ברומו של עולם, מכל מקום יש בהם מום, מאחר שאין בהם כח להשפיע כחם להאומה מהעכו"ם שתחת ממשלתם באותה קדושה עצמה שהם בה, שתספיק להשכילם ולהדריכם בדרך הטובה..

ולזה כשנפרע השי"ת ממצרים כתיב (בשלח טו) סוס ורכבו רמה בים. סוס היינו האומה ורוכבו הוא השר שלהם שגם בו נמצא חסרוןקטעיין במי השלוח ח"א פרשת מקץ ד"ה והנה עמד הובאו דבריו לעיל במאמר הקודם בהערה קא שם.

ונתבאר שם בגליון מי השלוח אות ה: הענין בזה שבקש פרעה לחקור אם צריך להגדר בעבודה או מותר לו להתפשט כל מה שלבו חפץ ואך שלא מדעתו יתנהל כרצון השי"ת מאחר שהוא נברא מה', אכן זה הראה לו השי"ת כי באמת לא יחפוץ בעבודתו כי אין שלימות בעבודת העכו"ם מאחר כי גם דחלא דלהון אין בו שלימות דכתיב (ישעיהו מ״ד:ט״ז) חציו שרף במו אש וגו' כי אף מחשבה היקרה אצלם שעובד לה יוכל אח"כ להכניסה לתאוות גופניות וכמבואר בענין המגדל כדאיתא בגמ' (מנחות קי.) דקרו ליה אלהא דאלהא, אבל בעבודת ישראל יחפוץ ה' מאחר שאינם עובדים בלתי לה' לבדו והוא נקרא שלם שלא יתפעל משום דבר, כדאיתא במדרש (תנחומא שמיני ח) וכי מה איכפת לו להקב"ה בין ששוחט את הבהמה ואוכל או אם נוחר ואוכל, כי בעבודת ישראל לפי שהם מניחים כל חמדות לכן ירצה להשפיע להם, וזה שהראה לו כי לע"ע לא יצרך לעבודה, ובעת שיתברר אז גם רכבו יפול כי גם שרי האומות למעלה אין להם שלימות ולכן סוס ורכבו רמה בים וישראל על ידי עבודתם יעתר להם השי"ת.:

La raison en est que leur prince, dans sa racine, reconnait la grandeur du Nom et s'annule devant la crainte de la gloire. Toutefois, il ne peut illuminer la nation qui est sous lui, afin qu'elle aussi reconnaisse la grandeur du Nom (comme le sujet a ete explique a sa place dans la paracha Tsav).

Car plus le prince s'annule devant la crainte du Nom, plus cette conscience est cachee a la nation qui lui est soumise ; il en resulte qu'ils recoivent l'inverse : le prince est de feu et eux recoivent de l'eau. Ainsi, chez tout homme, il existe une ame divine d'en haut qui n'est que lumiere ; en contrepartie, dans le corps existe un epanchement qui desire se repandre.

Mais lorsque l'homme se restreint et ne laisse pas le corps se repandre, l'ame domine le corps ; cela demeure pour l'eternite, car l'homme l'a acquis par sa peine. Il en va de meme ici : puisque dans leur prince se trouve une grande lumiere et qu'il voit que toute chose est incluse dans la saintete, en contrepartie se trouve dans la nation soumise a lui un grand epanchement.

Leur prince ne peut leur faire comprendre les paroles de Torah qui sont siennes, car les princes eux-memes ne possedent rien par eux-memes, sinon ce que le Nom place en eux ; ils ont des paroles de Torah dans une limite, et craignent donc de transmettre de ces paroles de Torah a la nation soumise a eux. Ainsi qu'il est ecrit : "Les idoles des peuples sont argent et or... elles ont une bouche et ne parlent pas" (Psaumes 135,15-16).

Cela ne parle pas des idoles d'argent et d'or qu'ils erigent pour eux-memes, des objets de crainte de ce monde-ci ; quel enseignement l'Ecriture nous donnerait-elle en disant qu'elles ne peuvent parler ni entendre ? Qui ne connaitrait de telles choses ?

L'Ecriture parle plutot des princes que chaque peuple a dans les cieux : ils n'ont pas la force de communiquer de leur clarte aux peuples places sous eux, parce que leur saintete est limitee. Et le Ari ha-Kadoch enseigne (Peri Ets 'Hayim, portail du Chema, ch.

1) que les initiales de "Yotser mesharetim va-acher mesharetav" sont מו"ם (moum, defaut) : ils sont deficients en ceci, car ils ne peuvent transmettre leurs paroles de Torah a la nation sous eux. C'est pourquoi le Talmud dit (Menahot 110a) que les peuples appellent le Saint, beni soit-Il, "le Dieu des dieux" : ils savent qu'il existe une crainte dans le cache, mais elle n'est pas saisie par eux, car de leur cote ils se repandent selon tout ce que desire leur ame.

Il est aussi explique plus haut, par. Vayishlah, sec.

5, debut "Et voici le caractere" : "Il en est ainsi des princes d'en haut : parce qu'ils sont proches de l'Emanateur, beni soit-Il, et voient que leur force vient du Nom, il n'y a aucun defaut dans leur mesure. Mais lorsque cette mesure se propage vers la nation des idolatres, et qu'eux, par leur mauvais choix, agissent en elle selon leur volonte et l'arrogance de leur cœur, ils sont appeles transgresseurs de Sa volonte, beni soit-Il, et sont de parfaits mechants.

C'est le sens de ce qu'enseigne le Ari zal : les initiales de "Yotser mesharetim va-acher mesharetav" forment מו"ם, pour indiquer que, bien qu'ils se tiennent dans les hauteurs du monde, ils ont cependant un defaut : ils n'ont pas la force de transmettre leur force a la nation idolatre sous leur domination, dans la meme saintete ou ils se trouvent, de facon qu'elle suffise a leur donner intelligence et a les guider sur la bonne voie." Aussi, lorsque le Nom tire vengeance de l'Egypte, il est ecrit : "Le cheval et son cavalier, Il les a jetes dans la mer" (Exode 15,1). Le cheval designe la nation, et son cavalier son prince, en qui se trouve aussi un defaut.

Voir Mei ha-Shiloah I, par. Miketz, debut "Et voici qu'il se tenait", dont les propos sont rapportes plus haut dans l'article precedent, note 101.

Il est explique la-bas dans le glossaire de Mei ha-Shiloah, sec. 5 : "Pharaon voulait examiner s'il devait se limiter dans le service, ou s'il lui etait permis de se repandre selon tout ce que son cœur desire, et que, meme sans le savoir, il serait conduit selon la volonte du Nom, puisqu'il est une creature de ה'.

Mais le Nom lui montra qu'en verite Il ne desire pas son service, car le service idolatre n'est pas parfait, puisque meme leur objet de crainte n'est pas parfait, comme il est ecrit : 'Il en brule la moitie au feu' (Isaie 44,16). Car meme la pensee precieuse qu'ils servent peut ensuite etre introduite dans les convoitises corporelles, ainsi qu'il est explique au sujet de la tour, comme le dit le Talmud (Menahot 110a) : ils L'appellent le Dieu des dieux.

Mais le service d'Israel est desire par ה', puisqu'ils ne servent que ה' seul, et Il est appele parfait, car rien ne Le modifie. Comme l'enseigne le Midrach (Tan'houma, Shemini 8) : "Que lui importe donc au Saint, beni soit-Il, que l'on egorge une bete et la mange, ou que l'on l'egorge par la nuque et la mange ?" Car, dans le service d'Israel, puisqu'ils delaissent toutes les convoitises, Il desire leur communiquer l'influx.

C'est ce qui lui fut montre : pour l'heure il n'aurait pas besoin de service ; mais lorsque cela s'eclaircira, son cavalier tombera aussi, car meme les princes des peuples d'en haut ne sont pas parfaits. C'est pourquoi : le cheval et son cavalier, Il les a jetes dans la mer.

Quant a Israel, par leur service, le Nom repondra a leur priere."

שאני ישראל, שהם חלק ה' ונחלתו, כדכתיב (האזינו לב) כי חלק ה' עמו יעקב חבל נחלתו, והשי"ת חפץ בעבודתם מפני שהם שומרי שבת, שכנסת ישראל בת זוגוקיכדאיתא במדרש רבה בראשית (פרשה יא): תני רבן שמעון בן יוחאי, אמרה שבת לפני הקב"ה, רבונו של עולם לכולן יש בן זוג, ולי אין בן זוג, אמר לה הקב"ה כנסת ישראל היא בן זוגך., ובשבת ישראל מוסרים כל הכחות שיש להם להשי"ת, ואין להם שום עסק בעולם רק ביה בקוב"ה, כדאיתא בזוה"ק (בשלח סג:) ומניה מתברכין יומין עלאין, ממילא יש להם חלק בגוף הטובה, שהם מצמצמין את עצמם שלא להתפשט ומקבלים מהשי"ת עצמו, לזה נאמר בהו (תהילים קל״ה:י״ח-י״ט) בית ישראל ברכו את ה', שיש להם המפתחות מכל הטובות.

לכן נאמר (עובדיה א׳:כ״א) ועלו מושיעים בהר ציון, נושעים לא נאמר אלא מושיעים שהם יושיעו לעצמםקיאמבואר בהרבה מקומות בספרי רבוה"ק, עיין סוד ישרים ראש השנה אות נו: ונאמר ועלו מושיעים בהר ציון וגו' אמר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה נושעים לא נאמר אלא מושיעים, לרמז בזה שיראה השי"ת לעתיד איך שישראל ע"י גודל סבלנות שסבלו בהסתר הגלות, כביכול הושיעו את עצמם.

היינו כי מחמת זה שקבלו ישראל עליהם כ"כ סבלנות בעד כבוד שמים מאותם שנאמר עליהם ומושל בגוים, לפיכך קרבו להם את הישועה. וזה נחשב על ישראל שהם בעצמם פעלו את הישועה.

עיין עוד במי השלוח ח"ב סוכה (ה:) ד"ה וממאי, לעיל פ' וישלח אות לח ד"ה עד, בית יעקב שמות פרשת תשא אות א, תפארת יוסף מס' ברכות (יב:) ד"ה מזכירין, מס' יומא (פו:) ד"ה גדולה., מאחר שכל קבלת שפעת טובתם הוא מהשי"ת שהוא בלי גבול, וכדכתיב (ישעיה סג) בכל צרתם לא צר. לא כתיב באל"ף והקרי הוא לו בוא"ו, היינו שח"ו אין שום חסרון בהשי"ת, ואף שלפעמים ישראל נתונים בצרה שלא תבא, ונראה שח"ו נמצא חסרון בהשי"ת, שאין להם אז שפעת טובה, לזה כתיב לא באלף שאין צר ח"ו בהשי"ת.

והקרי הוא בוא"ו, שהקב"ה כביכול מצטער ע"ז שאינו משפיע להם אז טובה, והחסרון הוא מצד המקבל, אבל מצד השי"ת ח"ו אין שום חסרון רק הוא השלם בכל השלימותקיבונתבאר הדבר בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן אות עט: עניין הפגם למעלה ע"י עוונות, הוא על דרך מה שאנו אומרים שהחמה לוקה, ובאמת החמה בעצמותה ומצידה אינה לוקה כלל, רק העדר אורה לארץ זה מקרי לקות לחמה.

שהרי עניין תכליתה של חמה להאיר לארץ וזה לקות מצדה וכו'. ותכלית השתלשלות האצילות להשפיע לישראל, וכשישראל חוטאים, שאין מקבלים אור ידיעת הש"י על בוריה, אז נחשב כביכול תשישות לפמליא של מעלה.

וזהו עניין החורבן דלמעלה, וגלות הדומה ללילה, ומדרגות בגלות עצמו והבן כל זה.:

Il n'en est pas ainsi d'Israel, qui est la part du Nom et Son heritage, comme il est ecrit : "Car la part de ה' est Son peuple, Yaakov est le lot de Son heritage" (Deuteronome 32,9). Le Nom desire leur service parce qu'ils gardent le Chabbat, et que l'assemblee d'Israel est la compagne du Chabbat.

Comme l'enseigne le Midrach Rabba Bereshit (par. 11) : Rabbi Shimon bar Yohai enseigna : "Le Chabbat dit au Saint, beni soit-Il : Maitre du monde, tous ont un compagnon, et moi je n'ai pas de compagnon.

Le Saint, beni soit-Il, lui dit : L'assemblee d'Israel est ton compagnon." Le Chabbat, Israel remet au Nom toutes les forces qu'il possede et n'a aucune occupation dans le monde, seulement en Lui, le Saint, beni soit-Il. Comme l'enseigne le Zohar (Beshallah 63b) : "De lui sont benis les jours superieurs." Des lors, ils ont part au corps meme du bien, car ils se restreignent pour ne pas se repandre et recoivent du Nom Lui-meme.

C'est pourquoi il est dit d'eux : "Maison d'Israel, benissez ה'" (Psaumes 135,19), car ils ont les clefs de tous les biens. C'est pourquoi il est dit : "Des sauveurs monteront sur le mont Sion" (Abdias 1,21) ; il n'est pas dit "des sauves", mais "des sauveurs", car ils se sauveront eux-memes.

Il est explique en de nombreux endroits dans les livres de nos maitres saints ; voir Sod Yesharim, Roch ha-Chana, sec. 56 : "Il est dit : 'Des sauveurs monteront sur le mont Sion...' Mon pere, notre maitre, le gaon saint, de benie memoire, disait : il n'est pas dit 'des sauves', mais 'des sauveurs', pour indiquer que le Nom montrera dans l'avenir comment Israel, par la grande patience qu'ils ont enduree dans la dissimulation de l'exil, se sont, pour ainsi dire, sauves eux-memes.

C'est-a-dire : parce qu'Israel accepta sur lui tant de patience pour la gloire des Cieux, a cause de ceux dont il est dit : 'il domine les peuples', ils rapprocherent par cela la delivrance. Cela est compte pour Israel comme s'ils avaient eux-memes opere la delivrance." Voir encore Mei ha-Shiloah II, Soukka 5a, debut "Et d'ou" ; plus haut Vayishlah, sec.

38, debut "Jusqu'a" ; Beit Yaakov, Chemot, par. Ki Tissa, sec.

1 ; Tiferet Yossef, Berakhot 12b, debut "On mentionne" ; Yoma 86a, debut "Grande". Car toute reception de l'influx de leur bien vient du Nom, qui est sans limite, comme il est ecrit : "Dans toutes leurs detresses, Il n'est pas en detresse" (Isaie 63,9).

Le texte ecrit "lo" avec un aleph, tandis que la lecture est "lo" avec un vav. Cela signifie que, a Dieu ne plaise, il n'y a aucun manque dans le Nom.

Meme si parfois Israel se trouve dans une detresse qui ne vienne pas, et qu'il semble, a Dieu ne plaise, qu'il y ait un manque dans le Nom, puisqu'ils ne recoivent alors aucun influx de bien, l'Ecriture ecrit "lo" avec un aleph : il n'y a pas, a Dieu ne plaise, de detresse dans le Nom. Mais la lecture est "lo" avec un vav : le Saint, beni soit-Il, souffre, pour ainsi dire, de ne pas leur communiquer alors du bien.

Le manque est du cote de celui qui recoit ; du cote du Nom, a Dieu ne plaise, il n'y a aucun manque, mais Il est parfait de toute perfection. Cela est explique dans Tsidkat ha-Tsadik de notre maitre Rabbi Tsadok ha-Cohen, sec.

79 : "Le sens du dommage en haut cause par les fautes est semblable a ce que nous disons : le soleil est eclipse. En verite, le soleil, dans son essence et de son cote, n'est nullement eclipse ; seul le manque de sa lumiere pour la terre est appele eclipse du soleil, puisque sa finalite est d'eclairer la terre, et cela est une eclipse de son cote...

La finalite de l'enchainement de l'Atsilout est de communiquer a Israel ; lorsque Israel faute et ne recoit pas pleinement la lumiere de la connaissance du Nom, cela est considere, pour ainsi dire, comme un affaiblissement de la cour celeste. Tel est le sujet de la destruction d'en haut, de l'exil comparable a la nuit, et des degres dans l'exil lui-meme ; comprends tout cela."

En bref

« Et Pharaon rêvait, et voici qu'il se tenait près du Fleuve. » Le Zohar haKadoch attribue ce rêve à Yossef, car tout fleuve lui appartient. Selon le Beit Yaakov, Pharaon voit deux degrés, le corps de la vie et la parnassa : les vaches font allusion aux mondes détruits dont rien ne resta, les épis à ce monde-ci, où seule la parnassa se restreint. Les méchants vont de la tranquillité aux souffrances ; Israël reçoit l'obscurité puis la lumière, pour glaner les étincelles des mondes premiers. Yossef le juste, secret de l'alliance, dit que le rêve de Pharaon est un : le flux de vie et le flux du bien vont ensemble.

Aussi : demander miséricorde pour la famine plutôt que pour la peste ; la mila, fondement des mitsvot et mesure de Yossef ; Reouven, Chimon et Yehouda clarifiés pour la gloire du Ciel.

ופרעה חולם והנה עומד על היאר. בזוה"ק (מקץ קצג:) דא חלמא דיוסף הוה בגין דכל נהר דיוסף הצדיק איהו.

ולזה ידע יוסף הצדיק סדר החלום על מכונו, כדאיתא בזוה"ק (שם קצו.) ר"ח אמר פרעה בעא לנסאה ליה ליוסף ואחלף ליה חלמא, ויוסף בגין דהוה ידע דרגין אסתכל בכל מלה ומלה ואמר כך חמיתא כל מלה ומלה כדקא חזי וכו' בגין דדרגין כסדרן אתיין וכו'. הענין בזה הוא, דהנה פרעה ראה חלום בתרין דרגין, בגוף החיים ופרנסה, פרות ושבליםקיגכמבואר לעיל פרשה זו אות ד, אות ח ד"ה וזהו, לקמן אות כב..

והבין יוסף הצדיק שמתחלה ראה טובה ואח"ז רעה, כי ידע את פרעה שהוא ממחריבי קרתא, שסדרן הוא תחלתן שלוה וסופן יסורין, וכדאיתא במדרש רבה (תולדות סו) רבי יצחק בר חייא אמר הרשעים ע"י שתחלתן שלוה וסופן יסורין פותחין בברכה וחותמין בקללה, אבל הצדיקים שתחלתן יסורין וסופן שלוה הם פותחין בקללה וחותמין בברכה. והוא, כי הרשעים מתפשטין בעוה"ז כעין עלמין דאתחרבו, וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קעו:, נשא קלה:) שתמניא מלכין דאדום מרמזין על עלמין דאתחרבו, ולזה כתיב בהו וימלך וימת שנתבטלו לגמרי.

כי בעלמין קדמאין השפיע השי"ת רב חסד בגודל נדיבות עד שנדמה להם שיש להם כח בפני עצמם. וכל אחד אמר אני אמלוך, ולא היו מקבלין על עצמן מלכות השי"ת.

לכן נאמר בשבעה מלכים הראשונים וימת וימת ולא נשאר מהם שום שארית בארץ, רק מלך השמיני שנזכר עם אשתו, שזה מרמז שהיה בו מעט יראה וצמצום לא נאמר בו וימת כהני אחרנין וכדאיתא בזוה"ק (נשא קלה:)קידעיין הרחבת העניין לעיל פרשת נח אות ב ד"ה וגמר, אות ה ד"ה ויש מי, פרשה זו אות ח ד"ה והוא.. וכ"ז הוא ברשעים שתחלתן שלוה וסופן יסורים, אבל בהשפעת טובה בישראל מה כתיב בהו (שיר השירים ו׳:י׳) מי זאת הנשקפה כמו שחר יפה כלבנה ברה כחמה איומה כנדגלות וכדאיתא בזוה"ק (וישלח קע.) אלין אינון ישראל, בזמנא דקוב"ה יוקים לון ויפיק לון מן גלותא כדין יפתח לון פתחא דנהורא דקיק זעיר ולבתר פתחא אחרינא דאיהו רב מניה עד דקוב"ה יפתח לון תרעין עלאין וכו'.

וכן כל מה דעביד קוב"ה לישראל ולצדיקיא די בהו הכי כלהו ולאו בזמנא חדא וכו', אבל לעשו לאו הכי, אלא בזמנא חדא נהיר ליה ואתאביד מניה זעיר זעיר וכו'קטונתבאר בתפארת החנוכי על זהר פרשת וישלח (קע.) ד"ה אבל: העניין ביאר אאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה שבישראל נותן הקב"ה הטובה והחיים בהדרגה כדי שיהיה יגיע כפיו.

ואף אם ח"ו מפסיד, מפסיד בבת אחת, כדי שיהיה לו טענה להש"י כי נשאתני ותשליכני, ועיי"ז מחזיר לו הקב"ה. אבל באומות העולם הוא בהיפוך, שמקבל חיים בבת אחת שלא ע"י יגיעו, וכשמפסיד, מפסיד בהדרגה, כדי שיורגל בירידה ולא יהיה לו טענה..

שהנהגת השי"ת עם ישראל הוא כברייתו של עולם, ויהי ערב ויהי בקר, ברישא חשוכא והדר נהורא (שבת עז:), שעי"ז יש להם כח לאסוף כל הכחות האלו שרומזין לכחות השובבים והפראים באדם להכניסם לקדושהקטזבית יעקב הכולל פרשת מקץ ד"ה שבע.. והכחות האלה הם ביסודי הבריאה.

ומה שהאדם מכניע כחות האלה נקרא בזוה"ק (אדרא זוטא האזינו רצב:) שמלקט ניצוצות מעלמין דאתחרבו שנחרבו, שהם בכח פעולותיהם מגביהים ומנשאים ומחזירין אותם למקום קדושתן, כי לא לריק ברא השי"ת עלמין קדמאין, אכן בכדי שיתבררו בעולם התיקון, לזה ברא הש"י מתחלה עלמין קדמאין בכחות גדולים ונחרבו, ואח"כ ברא הש"י עולם זה ואמר דין הניין ליקיזלעיל פרשת בראשית אות טו, תפארת יוסף פרשת נח ד"ה ויולד.:

"Et Pharaon revait, et voici qu'il se tenait pres du Fleuve." Dans le Zohar haKadoch (Miketz 193b) : "Ce reve etait celui de Yossef, car tout fleuve appartient a Yossef le juste." C'est pourquoi Yossef le juste connut l'ordre du reve dans sa juste disposition, comme il est dit dans le Zohar (ibid. 196a) : Rabbi Hiya dit : Pharaon voulut eprouver Yossef et lui intervertit le reve ; et Yossef, parce qu'il connaissait les degres, considera chaque mot et dit : "Ainsi as-tu vu", chaque mot comme il convient, etc., car les degres viennent selon leur ordre, etc.

Le sujet en est le suivant. Pharaon vit un reve en deux degres : dans le corps meme de la vie et dans la parnassa (subsistance) ; les vaches et les epis [note : comme explique plus haut dans cette meme paracha, sec.

4 et sec. 8, d.h.

"et c'est cela", et plus loin sec. 22].

Yossef le juste comprit qu'il avait d'abord vu le bien et ensuite le mal, car il connaissait Pharaon, qui est de ceux qui detruisent la cite (mi-maharivei karta), et dont l'ordre est : leur commencement est tranquillite et leur fin souffrances. Ainsi qu'il est dit dans le Midrach Rabba (Toldot 66) : Rabbi Yitshak bar Hiya dit : les mechants, parce que leur commencement est tranquillite et leur fin souffrances, ouvrent par la benediction et scellent par la malediction ; mais les justes, dont le commencement est souffrances et la fin tranquillite, ouvrent par la malediction et scellent par la benediction.

Et cela, parce que les mechants s'etendent dans ce monde-ci a la maniere des mondes qui furent detruits (almin de-ithravu), comme il est dit dans le Zohar (Terouma 176b, Nasso 135b) que les huit rois d'Edom font allusion aux mondes detruits ; c'est pourquoi il est ecrit d'eux "il regna et il mourut" (וימלך וימת), car ils furent annules entierement. En effet, dans les mondes premiers le Nom fit affluer une grande bonte, avec une immense generosite, jusqu'a ce qu'il leur parut qu'ils possedaient une force par eux-memes.

Chacun disait : "moi, je regnerai", et ils n'acceptaient pas sur eux la royaute du Nom. C'est pourquoi il est dit des sept premiers rois "et il mourut, et il mourut", et il n'en resta aucun reste sur la terre ; seul le huitieme roi, qui est mentionne avec sa femme - ce qui fait allusion a ce qu'il y avait en lui un peu de crainte et de restriction (tsimtsoum) -, dont il n'est pas dit "et il mourut" comme des autres, ainsi qu'il est dit dans le Zohar (Nasso 135b) [note : voir le developpement du sujet plus haut, paracha Noah sec.

2, d.h. "et il acheva", sec.

5, d.h. "et il y a celui qui", et cette paracha sec.

8, d.h. "et c'est"].

Tout cela vaut pour les mechants, dont le commencement est tranquillite et la fin souffrances ; mais pour l'epanchement du bien en Israel, qu'est-il ecrit d'eux (Cantique des cantiques 6,10) : "Qui est celle-ci qui se penche comme l'aurore, belle comme la lune, claire comme le soleil, redoutable comme des bataillons ?" Et il est dit dans le Zohar (Vayishlah 170a) : "Ce sont Israel. Au temps ou le Saint, beni soit-Il, les relevera et les fera sortir de l'exil, alors Il leur ouvrira une ouverture de lumiere fine et menue, puis une autre ouverture plus grande qu'elle, jusqu'a ce que le Saint, beni soit-Il, leur ouvre les portes supremes, etc.

Et de meme, tout ce que le Saint, beni soit-Il, fait pour Israel et pour les justes qui sont parmi eux, tout cela se fait ainsi, et non en un seul temps, etc. Mais pour Esav il n'en est pas ainsi : en un seul temps Il l'illumine, et cela se perd de lui peu a peu, etc." [note : explique dans le Tiferet haHanoukhi sur le Zohar, paracha Vayishlah (170a), d.h.

"aval" : mon pere, mon maitre, le rav, le gaon, le saint, que sa memoire soit une benediction pour la vie du monde a venir, a explique ce sujet ainsi : a Israel, le Saint, beni soit-Il, donne le bien et la vie par degres, afin qu'il y ait le labeur de ses mains ; et meme si, a Dieu ne plaise, l'homme perd, il perd d'un seul coup, afin qu'il ait un argument devant le Nom - "car Tu m'as porte et Tu m'as jete" (Psaumes 102,11) -, et par la le Saint, beni soit-Il, le lui rend. Mais chez les nations du monde c'est l'inverse : elles recoivent la vie d'un seul coup, sans leur labeur, et lorsqu'elles perdent, elles perdent par degres, afin qu'elles s'habituent a la descente et n'aient pas d'argument].

Car la conduite du Nom avec Israel est comme la creation du monde : "et il fut soir et il fut matin", d'abord l'obscurite et ensuite la lumiere (Chabbat 77b) ; par cela ils ont la force de rassembler toutes ces forces - qui font allusion aux forces rebelles et sauvages dans l'homme - pour les faire entrer dans la saintete [note : Beit Yaakov haKolel, paracha Miketz, d.h. "sept"].

Ces forces sont dans les fondements memes de la creation. Et le fait que l'homme soumette ces forces est appele dans le Zohar (Idra Zouta, Haazinou 292b) glaner des etincelles des mondes qui furent detruits : car par la force de leurs actions ils les elevent, les exaltent et les ramenent au lieu de leur saintete.

Car le Nom n'a pas cree en vain les mondes premiers ; ce fut afin qu'ils soient clarifies dans le monde du tikoun. C'est pourquoi le Nom crea d'abord les mondes premiers avec de grandes forces, et ils furent detruits ; puis le Nom crea ce monde-ci et dit : "celui-ci me plait" (דין הניין לי) [note : plus haut, paracha Bereshit sec.

15 ; Tiferet Yossef, paracha Noah, d.h. "vayoled"].

ועל זה מרמז חלום פרעה, שמתחלה חלם לו חלום הפרות, שזה רומז על עלמין דאתחרבו שלא נשאר מהם כלום, ולזה כתיב בהפרות ולא נודע כי באו אל קרבנה. ואח"ז חלם לו חלום השבלים, וזה מרמז לעוה"ז, שלזה לא נאמר בבליעת השבלים ולא נודע כי באו אל קרבנה, מפני שאחר העלמין דאתחרבו לא נהיה עוד חירוב וביטול כמו אז שלא נשאר אף שארית בארץקיחכמו שהתבאר לעיל פרשה זו אות יד ד"ה אמנם..

אכן כל הצמצום יהיה רק בענין הפרנסה שהוא התפשטות החיים ולא בגוף החיים. וכמו שמצינו גם בחלומו של נבוכדנצר הרשע, שנאמר (דניאל ד׳:י״ב) ברם עיקר שרשוהי בארעא שבוקו, שזה מרמז על ישראל שהם שרש וגוף החיים יעמדו לעולם.

ופתר לו יוסף הצדיק ואמר חלום פרעה אחד הוא, היינו אצל השי"ת הוא ענין אחד, כשישפיע לאדם שפעת חיים אזי ממילא יהיה לו שפעת טובה וברכה, שהוא רק התפשטות החיים. וכשיצמצם השי"ת כח החיים ממילא יצטמצם שפעת טובה שהוא ההתפשטות מחיים.

וכענין דאיתא בש"ס (תענית ח:) בימי ר' שמואל בר נחמני הוה כפנא ומותא אמרו היכי נעביד, נבעי רחמי אתרווייהו לא אפשר, אלא נבעי רחמי אמותנא וכפנא נסבול. אמר להו ר' שמואל ב"נ אדרבה נבעי רחמי אכפנא דכי יהיב רחמנא שובעא לחיי הוא דיהיב דכתיב פותח את ידך ומשביע לכל חי רצון.

שעיקר אוצר השי"ת הוא חיים, וכשירצה השי"ת ליתן שפע פרנסה מסתכל למחיי מתים שעתיד הקב"ה להחיותם, ולזה בברכת מחיה מתים נאמרו כל טובות עוה"ז, מכלכל חיים מחיה מתים סומך נופלים רופא חולים וכו'. וכן נמצא התפשטות בכלל הבריאה עצמה, שכל העולם כלו נברא רק לצוות לזה ובשבילו יש להם חיים.

וכשיחפוץ השי"ת לצמצם שפע פרנסה מסתכל לדור המבול בשגם הוא בשר, ואף שאמרתי על עוה"ז דין הניין לי ולא יחרב עוד לגמרי כעלמין קדמאין, אבל אצמצם רצוני, די לי להזכיר שמי על נח ובניו, והצוותא שהוא ההתפשטות מזו הנקודה תתבטל:

C'est a cela que fait allusion le reve de Pharaon. D'abord lui fut songe le reve des vaches, ce qui fait allusion aux mondes detruits dont rien ne resta ; c'est pourquoi il est ecrit des vaches : "et on ne savait pas qu'elles etaient entrees en leur ventre" (ולא נודע כי באו אל קרבנה) (Genese 41,21).

Ensuite lui fut songe le reve des epis, et cela fait allusion a ce monde-ci ; c'est pourquoi il n'est pas dit, a propos de l'engloutissement des epis, "et on ne savait pas qu'elles etaient entrees en leur ventre", parce qu'apres les mondes detruits il n'y eut plus de destruction ni d'annulation comme alors, ou il ne resta pas meme un reste sur la terre [note : comme cela a ete explique plus haut, cette paracha sec. 14, d.h.

"amnam"]. Toute la restriction ne portera desormais que sur la parnassa, qui est l'extension de la vie, et non sur le corps meme de la vie.

De meme trouvons-nous dans le reve de Nabuchodonosor le mechant, ou il est dit (Daniel 4,12) : "mais laissez dans la terre la souche de ses racines", ce qui fait allusion a Israel, qui sont la racine et le corps de la vie et qui subsisteront a jamais. Yossef le juste lui interpreta son reve et dit : "le reve de Pharaon est un" - c'est-a-dire que devant le Nom c'est une seule chose : lorsqu'Il fait affluer sur l'homme un flux de vie, alors necessairement il aura un flux de bien et de benediction, qui n'est que l'extension de la vie ; et lorsque le Nom restreindra la force de vie, necessairement se restreindra le flux du bien, qui est l'extension issue de la vie.

C'est le sujet de ce qui est dit dans le Talmud (Taanit 8b) : aux jours de Rabbi Chemouel bar Nahmani il y eut famine et peste. Ils dirent : que ferons-nous ?

Demander misericorde pour les deux n'est pas possible ; demandons donc misericorde pour la peste, et la famine, nous la supporterons. Rabbi Chemouel bar Nahmani leur dit : au contraire, demandons misericorde pour la famine, car lorsque le Misericordieux donne l'abondance, c'est pour les vivants qu'Il la donne, ainsi qu'il est ecrit : "Tu ouvres Ta main et rassasies tout vivant de faveur" (Psaumes 145,16).

Car le tresor essentiel du Nom est la vie ; et lorsque le Nom veut donner un flux de parnassa, Il regarde vers la resurrection des morts, que le Saint, beni soit-Il, ressuscitera a l'avenir. C'est pourquoi, dans la benediction "qui fait revivre les morts", sont enonces tous les biens de ce monde : "Il nourrit les vivants, fait revivre les morts, soutient ceux qui tombent, guerit les malades", etc.

De meme se trouve une extension dans l'ensemble de la creation elle-meme : le monde entier n'a ete cree que pour tenir compagnie a ce point-la, et c'est a cause de lui qu'il a la vie. Et lorsque le Nom veut restreindre le flux de parnassa, Il regarde vers la generation du deluge, "car lui aussi est chair" (Genese 6,3) : et bien que J'aie dit de ce monde-ci "celui-ci me plait", et qu'il ne sera plus detruit entierement comme les mondes premiers, Je restreindrai cependant Ma volonte - il Me suffit de faire mentionner Mon nom sur Noah et ses fils, et la compagnie, qui est l'extension issue de ce point, sera annulee.

כי כונת הש"י בבריאת עוה"ז הוא, שהאדם ע"י עבודתו ילקט הניצוצות מעלמין דאתחרבו ויכניסם בקדושה, והעיקר ע"י מדת יוסף הצדיק רזא דברית, כי באמת כחות הגוף ותשוקותיו בעניני עוה"ז חזקים ביותר מכח הנשמה הטהורה שבאדם, וכדאיתא בש"ס (קידושין פא.) חזי דאת נורא ואנא בשרא ואנא עדיפא מינך. והוא, כי כחות הגוף נמשכים מהאופנים וחיות הקדש שבמרכבה כדאיתא בהאר"י הק' ז"ל.

ונשמת האדם הוא דק מאד, שהש"י נפח בו מתוכיותו אור דק בצמצום גדול, ולזה לא נמצא בתפיסת אדם מהיכן ימצא כח באדם להתגבר על תשוקות וכחות הגוף, וכמו שמצינו בש"ס (סוכה נב:) אמר רשב"ל יצרו של אדם מתגבר עליו וכו' ואלמלא הקב"ה עוזר לו אין יכול לו וכו'. ואם לא עזר הש"י לא היה כח באדם למול את בנו, מפני שהיצר היה מכניס בו רחמנות יתירה שירחם עליו.

אכן בעזר הש"י יבין האדם האמת ועוזר לו שיוכל לקיים מצות השי"ת, ומלאך רע בע"כ יענה אמן. ויסוד כל המצות הוא מצות מילה, שעל ידה נמצא כח בכל נפש פרטי מישראל לקשר עלמא תתאה בעלמא עלאה, ולנשאות הכחות מעלמין דאתחרבו ולהאירם בקדושה.

ויוסף הצדיק הוא הכלל מזו המדה, שהוא ברזא דברית, לקשר כל העולמות וכל הנפשות והברואים שבעולם, שמדתו מדת יסוד נקרא כל (דברי הימים א כ״ט:י״א) כי כל בשמים ובארץ ומתרגמינן דאחיד בשמיא ובארעא, שע"י צמצומיו מחבר ומקשר עלמא תתאה בעלמא עלאה ועלמא עלאה בעלמא תתאה (זוהר תצוה קפא.)קיטמבואר לקמן פרשת ויחי אות לו.. וזהו המצוה הוא רק בישראל, אבל בעכו"ם, אף כי ימצא בהם לפעמים איזה צמצום אבל הוא רק לפי שעה, משא"כ ישראל שקובעין בעצמם צמצום שכל הימים לא יפסק מהם אף רגע אחד והוא בתמידות עם האדםקכעיין בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן אות צו בסופו:

קיי"ל בנדרים (לא:) הנודר מן הערלים אסור במולי אומות העכו"ם ומותר בערלי ישראל. שאין הערלה נקרא אלא על שמם אפילו הם מולים ושומרי הברית.

ועמך כולם צדיקים ושומרי הברית אפילו קלקלו. ועיין עוד לעיל פרשת נח אות יב ד"ה אבל., וכדאיתא בש"ס (מנחות מג:) בשעה שנכנס דוד לבית המרחץ וראה עצמו עומד ערום אמר אוי לי שאעמוד ערום בלא מצוה וכיון שנזכר במילה בבשרו נתיישבה דעתוקכאכדאיתא במי השלוח ח"ב פרשת חיי שרה ד"ה ויסף:

כי מצות מילה רומז על זה, שהאדם מוסיף ועושה חותם בבשר הגוף שעל ידו יקבע בגופו קדושה בקביעות שיהיה גם בהגוף רשימה שהוא לחלקו של השי"ת. עיין בסוד ישרים פורים אות כא ד"ה ששון:

כי מילה מורה, על הרשימה שנקבע בהגוף, כלומר שהגוף מוקף בהקדושה ואי אפשר לו לצאת ממנה. כעין מאמרם ז"ל במדרש שוחר טוב (ו) כשנכנס בבית המרחץ היה מביט בעצמו ואמר הריני ערום מן המצוות, וכשהיה מסתכל במילה שהיא שקולה נגד כל המצוות, דעתו מתקררת.

כיון שראה דוד כך אמר מזמור עליו וכו'. לעיל פ' לך אות מו, פ' וירא אות ד..

ולזה לא היה מחכמי פרעה שיבין לפתור חלומו של פרעה להכין משני שבע על שני רעב ולחבר אלו השנים, כי עיקר ירידת שפעת טובה הוא ע"י מדת יוסף הצדיק רזא דברית, ויוסף הצדיק הוא המברר ומחבר ומקשר כל המדות והכחות שנמצא בישראל שהם מבוררים לכבוד שמים. והוא, כי ראובן מורה על כח הראיה, ושמעון מורה על כח השמעקכבמבואר במי השלוח ח"א פרשת וזאת הברכה ד"ה שמע וזל"ק:

כי הי"ב שבטים הם אברי דשכינתא כדאיתא בזוה"ק (בראשית רמ"א.) וראובן הוא עיני דשכינתא שיש לו ראייה ברורה להש"י, ושמעון הוא אודני דשכינתא. ועיין לעיל פרשת וישב אות ט ד"ה וזהו הענין..

יהודה מורה על כח השמחה והתקיפות שנמצא בעולם, שכן יצא ממנו דוד המלך ע"ה שריווה להקב"ה בשירות ותשבחות וכדאיתא בש"ס (ברכות ז:). ויוסף הצדיק מברר כל אלו הכחות שאין בהם דבר רשות, רק ראיית ראובן ושמע שמעון ושמחת יהודה הם לכבוד שמים בלבד, ולולא יוסף היה אפשר להשתמש באלו הכחות בעניני עוה"ז, אכן יוסף הצדיק מחבר כל אלה בהשי"ת, שמבלעדו יתברך אין באדם כח וחוש לא לראות ולא לשמוע ולא לשמוח, מאי משמע שהכל הוא רק כבוד שמים, ועי"ז מוריד ומשכין שכינה בארץ ומכניס אור בכל עניני עוה"ז, שאף אם ח"ו יארע מכשול לפעמים לאדם, יחתום השי"ת גם על זה שמאתו יצאו הדברים כבושים:

Car l'intention du Nom dans la creation de ce monde est que l'homme, par son service, glane les etincelles des mondes detruits et les fasse entrer dans la saintete ; et cela principalement par la mesure de Yossef le juste, secret de l'alliance (raza de-brit). Car en verite les forces du corps et ses desirs dans les affaires de ce monde sont plus puissants que la force de l'ame pure qui est dans l'homme, ainsi qu'il est dit dans le Talmud (Kidouchin 81a) : "Vois que tu es feu et que moi je suis chair, et pourtant je l'emporte sur toi." Et cela, parce que les forces du corps sont tirees des ofanim et des hayot ha-kodech de la merkava, comme il est dit chez le Ari haKadoch, de memoire benie.

L'ame de l'homme, elle, est extremement tenue, car le Nom a insuffle en lui, depuis Son interiorite, une lumiere tenue dans une grande restriction. C'est pourquoi il n'est pas donne a la saisie de l'homme de savoir d'ou se trouverait en lui une force pour dominer les desirs et les forces du corps, comme nous trouvons dans le Talmud (Soucca 52b) : Rabbi Chimon ben Lakich dit : le penchant de l'homme se renforce contre lui chaque jour, etc., et si le Saint, beni soit-Il, ne l'aidait pas, il ne pourrait rien contre lui, etc.

Et si le Nom n'aidait pas, il n'y aurait pas en l'homme la force de circoncire son fils, parce que le penchant lui introduirait une pitie excessive, afin qu'il ait pitie de lui. Mais avec l'aide du Nom, l'homme comprend la verite, et Il l'aide a pouvoir accomplir le commandement du Nom, et l'ange mauvais repond "amen" malgre lui.

Le fondement de tous les commandements est la mitsva de la mila (circoncision) : par elle se trouve, en chaque ame particuliere d'Israel, la force de lier le monde d'en bas au monde d'en haut, d'elever les forces issues des mondes detruits et de les illuminer dans la saintete. Et Yossef le juste est le principe general de cette mesure, car il est dans le secret de l'alliance, pour lier tous les mondes, toutes les ames et toutes les creatures du monde.

Sa mesure, la mesure de Yessod, est appelee "tout" (כל) (I Chroniques 29,11) : "car tout, dans les cieux et sur la terre", que le Targoum rend : "qui saisit dans les cieux et dans la terre" ; car par ses restrictions il joint et lie le monde d'en bas au monde d'en haut, et le monde d'en haut au monde d'en bas (Zohar Tetsave 181a) [note : explique plus loin, paracha Vayehi sec. 36].

Et ce commandement n'est qu'en Israel ; chez les nations, meme si l'on trouve parfois en elles quelque restriction, elle n'est que passagere. Il n'en va pas de meme d'Israel, qui fixent en eux-memes une restriction telle que, tous les jours, elle ne cessera d'eux fut-ce un seul instant, et qu'elle est en permanence avec l'homme [note : voir Tsidkat haTsadik de notre maitre Rabbi Tsadok haCohen, sec.

96, a la fin : nous tenons pour halakha, dans Nedarim (31b), que celui qui fait vœu de s'abstenir des incirconcis est interdit avec les circoncis d'entre les nations et permis avec les incirconcis d'Israel ; car l'incirconcision n'est appelee que de leur nom a elles, meme lorsqu'ils sont circoncis et gardiens de l'alliance. "Et ton peuple, tous sont justes", et gardiens de l'alliance, meme lorsqu'ils ont failli.

Et voir encore plus haut, paracha Noah sec. 12, d.h.

"aval"]. Ainsi qu'il est dit dans le Talmud (Menahot 43b) : a l'heure ou David entra dans la maison de bains et se vit debout, nu, il dit : malheur a moi, car je me tiens nu sans mitsva ; et lorsqu'il se souvint de la mila dans sa chair, son esprit se calma [note : comme il est dit dans le Mei haChiloah, tome 2, paracha Hayei Sarah, d.h.

"vayosef" : la mitsva de la mila fait allusion a ceci, que l'homme ajoute et fait un sceau dans la chair du corps, par lequel il fixe en son corps une saintete permanente, en sorte qu'il y ait aussi dans le corps une inscription marquant qu'il appartient a la part du Nom. Voir dans Sod Yesharim, Pourim sec.

21, d.h. "sasson" : la mila indique l'inscription fixee dans le corps, c'est-a-dire que le corps est entoure de saintete et qu'il ne lui est pas possible d'en sortir.

A la maniere de ce qu'ont dit nos maitres, de memoire benie, dans le Midrach Chohar Tov (6) : lorsqu'il entrait dans la maison de bains, il se regardait et disait : me voici nu de mitsvot ; et lorsqu'il regardait la mila, qui equivaut a toutes les mitsvot, son esprit se calmait. Lorsque David vit cela, il dit un psaume a son sujet, etc.

Plus haut, paracha Lekh sec. 46 ; paracha Vayera sec.

4]. C'est pourquoi il ne se trouva pas, parmi les sages de Pharaon, qui comprit assez pour interpreter le reve de Pharaon, pour preparer les annees de satiete en vue des annees de famine et joindre ces deux-la ; car l'essentiel de la descente du flux du bien se fait par la mesure de Yossef le juste, secret de l'alliance.

Et Yossef le juste est celui qui clarifie, joint et lie toutes les mesures et toutes les forces qui se trouvent en Israel, lesquelles sont clarifiees pour la gloire du Ciel. Et cela, parce que Reouven indique la force de la vue, et Chimon indique la force de l'ecoute [note : explique dans le Mei haChiloah, tome 1, paracha Vezot haBerakha, d.h.

"chema", et voici ses saintes paroles : les douze tribus sont les membres de la Chekhina, comme il est dit dans le Zohar (Bereshit 241a) ; Reouven est les yeux de la Chekhina, qui a une vision claire vers le Nom, et Chimon est les oreilles de la Chekhina. Et voir plus haut, paracha Vayechev sec.

9, d.h. "vezehu ha-inyan"].

Yehouda indique la force de la joie et de la puissance qui se trouve dans le monde, car de lui sortit David, roi d'Israel, qui desaltera le Saint, beni soit-Il, par des chants et des louanges, ainsi qu'il est dit dans le Talmud (Berakhot 7b). Et Yossef le juste clarifie toutes ces forces, en sorte qu'il n'y ait en elles rien de facultatif : la vue de Reouven, l'ecoute de Chimon et la joie de Yehouda ne sont que pour la seule gloire du Ciel.

Sans Yossef, il aurait ete possible d'utiliser ces forces dans les affaires de ce monde ; mais Yossef le juste joint toutes celles-ci au Nom, car sans Lui, beni soit-Il, il n'y a en l'homme ni force ni sens, ni pour voir, ni pour entendre, ni pour se rejouir. Qu'est-ce que cela signifie ?

Que tout n'est que gloire du Ciel. Et par cela il fait descendre et fait demeurer la Chekhina sur la terre, et il introduit la lumiere dans toutes les affaires de ce monde ; en sorte que meme si, a Dieu ne plaise, un faux pas advient parfois a l'homme, le Nom scellera aussi sur cela : que de Lui sont sorties les choses, fussent-elles des paroles voilees (devarim kevouchim).

En bref

« Pour les actes de l'homme, par la parole de Tes lèvres, j'ai garde les voies du violent » (Tehilim 17,4) : David se garde selon sa force et a confiance que les faits apparaîtront gouvernés par le Nom. Le Beit Yaakov enseigne que tous ses actes sont selon la volonté du Nom, même ce qui n'y paraît qu'aux yeux, et que cela relève de Joseph le Juste. Les sages de Pharaon voient deux rêves ; du côté du Nom, vaches et épis sont la vie, déploiement ou contraction. Joseph conseille de se contracter dans l'abondance, de prélever un cinquième (deux dîmes : superfluités et permis) et de se circoncire, afin que la nourriture soit en garde auprès du Nom.

Aussi : Joseph relie les mondes et laisse une portion de vitalité ; Juda, attribut de Mal'hout, fend le voilement de l'exil ; on lit cette paracha à ''Hanouka car la fiole scellée garde la lumière de la connaissance.

וזהו שאמר דהמע"ה (תהילים י״ז:ד׳) לפעולות אדם בדבר שפתיך אני שמרתי ארחות פריץ. היינו עי"ז שאני מצדי שומר את עצמי כפי כחי בטוח אני באלה, שאף אם ח"ו אירע מכשול תחת ידי, יצאו הדברים כבושים מהשי"ת, וזהו נקרא שמי השמיםקכגוכן מבואר לקמן פרשת ויגש אות יג ד"ה ולעומת:

כמו שמצינו בדוד המלך ע"ה שאמר על עצמו (תהילים י״ז:ד׳) לפעולות אדם בדבר שפתיך אני שמרתי ארחות פריץ, וא"כ מהיכן ירחש בלבו חשק לעבור על רצונו ית' ח"ו, מאי משמע שכל פעולותיו הם ברצון השי"ת, ואף הפעולה הנראה לעין שלא ברצון השי"ת הוא רק למראה עיני אדם, אבל בעומק הוא ברצון השי"ת.. וכ"ז הוא מבחינת יוסף הצדיק, וכמו שאמרו בזוה"ק (וישלח קסח:) שהשבעים שנה שחי דהמע"ה רובם הם ממה שנתן לו יוסף הצדיק יותר מכל האבותקכדוזה לשון הזוהר הקדוש שם (וישלח קסח:):

תו אבהן שבקו ליה {לדוד} מחייהון כל חד וחד, אברהם שבק ליה וכן יעקב ויוסף וכו', ודאי אברהם שבק ליה חמש שנין וכו', יעקב הוה ליה לאתקיימא בעלמא כיומי דאברהם, ולא אתקיים אלא מאה וארבעין ושבע שנין, חסרים תמניא ועשרין, אשתכחו דאברהם ויעקב שבקו ליה מחייהון תלתין ותלת שנין. יוסף דאתקיים מאה ועשר שנין הוה ליה לאתקיימא מאה וארבעין ושבע שנין כיומי דיעקב, וחסר מנהון תלתין ושבע שנין, הא שבעין שנין דשבקו ליה לדוד מלכא לאתקיימא בהון וכו'.

ואי תימא יוסף אמאי יתיר מכלהו, אלא ודאי יוסף בלחודוי ככלהו בגין דאקרי צדיק, ודא הוא דאנהיר לסיהרא יתיר מכלהו וכו'.. ולזה כל הימים שיוסף היה בבור, ולא היה שום התקשרות והתחברות בעולם, לא היה בחכמי מצרים הבנה לחבר חלום פרעה ולפתרו ולייעץ שיהיה חיים ושובע בעולם.

כי מצד פרעה וחכמיו ויועציו, שאין נותנים מקום בעוה"ז לכבוד שמים, היה חוזר העולם לתהו ובהו כעלמין קדמאין דאתחרבו, ולא הבינו שחלום אחד הוא, ונראה להם שחלום הפרות הוא ענין אחד וחלום השבלים הוא ענין אחר. ובאמת מצד הש"י הוא ענין אחד, שעיקר השפעת השי"ת הוא חיים, אכן כשמתפשט את החיים, אזי ממילא נהיה בעוה"ז לאדם שפע פרנסה, וכאשר יצמצם השי"ת את החיים אזי נהיה רעב בעולם.

אכן כאשר העלו את יוסף מהבור הבין את החלום על בוריו, ואמר לפרעה שחלום אחד הוא, ופתרו ונתן להם עצה לקיים הפתרון, והוא, שאם ירצו לחבר עלמא תתאה בעלמא עלאה, ושהשמים ישפיעו שפעת טובה וברכה לארץ, הוא העצה שיצמצמו את עצמם בהקבלה. כי השי"ת מצדו משפיע בגודל נדיבות עד בלי די, אכן האדם מצדו יתיישב שלא טוב לו לקבל שפעת טובה בהתפשטות כ"כ, פן ישבע ויכחש ויאמר מי ה', ולא יזכור שהשי"ת השפיע לו כל זאת, וכשיגיע העת שהשי"ת יצמצם השפעתו ולהשיבה בחזרה, אזי לא יהיה לו שום הויה מהיכן להתקיים בעולם.

אבל אם יהיה בו ישוב הדעת בעת שיושפע גודל שפע טובה מהש"י, לעצור אז בעצמו ולמשול על תאותו שלא להתפשט כ"כ בהטובה, ויצמצם את עצמו ליתן מקום להשי"ת בעוה"ז, לכן כשתבא עת רעה ורעב כי יהיה בעולם, יתן לו הש"י מקום גם אז שיהיה לו הויה ולא יתבטל. ולזה נתן להם יוסף עצה שלא יתפשטו כ"כ בזרם בשבע שני השבע ויזכרו בהשי"ת, ובזה יהיה להם האוכל לפקדון אצל השי"ת על שני הרעב שלא ימותו ברעבקכהכמבואר לעיל פרשה זו אות ד ד"ה ואחר זה, ועיין לקמן אות כ, כב..

וצוה להם גם שימולו, שיצמצמו את עצמם בעיקר החיים ג"כ. ולזה כשבאו אצל פרעה ואמרו לו שיוסף צוה להם להמול אמר להם, לכו אל יוסף אשר יאמר לכם תעשו.

וכדאיתא במד"ר ותנחומא (מקץ) והובא ברש"י ז"ל (פ' מקץ). והוא מפני שחלום הפרות והשבלים חלום אחד הוא, וכמו שצריך לכם לצמצם בענין פרנסה שע"ז מרמז חלום השבלים, כן צריך לכם לצמצם בגוף החיים שע"ז מרמז חלום הפרות, והם ענין אחד מצד השי"ת.

וזהו שאמר להם יוסף וחמש את ארץ מצרים, חומש הוא שני מעשרות מעשר בתרא כי קמא (כתובות נ.). האחד הוא לפרוש ממותרות והשני הוא לקדש עצמו במותר לו, שע"י כל אלו הצמצומים יהיה להם אוכל לפקדון אצל השי"ת.

ופרעה הסכים על זה ואמר כל אשר יאמר לכם תעשו, ואף למול, כי מאחר שאין באופן להשיג פרנסה בלעדי צמצום, א"כ אם לא יהיה לכם מעט צמצום בחיים מה יועיל לכם מה שהאוכל יהיה לפקדון, מאחר שהשי"ת משפיע רק חיים, שאם ישפיע בגודל שפע החיים בהתפשטות, נצמח מזה שבעוה"ז נהיה לאדם שפעת טובה ג"כ, נמצא שהעיקר הוא שיהיה לאדם צמצום בגוף החיים. וכ"ז הוא רק מבחינת יוסף הצדיק שמצמצם את עצמו מצדו כ"כ עד שיתן מקום להשי"ת בכל עניניו ויראה בהם אורקכולקמן פרשה זו אות ל..

ולכן כל התקשרות הברואים והעולמות רק על ידו הוא, מפני שהוא מאיר אור בכל הפעולות, ומנשא אותם לבררם לכבוד שמים, ומאיר את כל האכילות שישראל אוכלים שהם רק אכילת מצוה ולא רשות, שאם לא היו אכילת מצוה לא היה נברא אוכל בעולם, כי כל הברואים לכבודו בראם שיהיה מהם כבוד שמים בעולם:

Et voici ce qu'a dit David le roi, de benie memoire (Psaumes 17,4) : "Pour les actes de l'homme, par la parole de Tes levres, j'ai garde les voies du violent (ארחות פריץ)." C'est-a-dire : par cela que, de mon cote, je me garde selon ma force, j'ai confiance en ceci : meme si, a Dieu ne plaise, un obstacle survient par mon entremise, les faits apparaitront comme gouvernes par le Nom. Cela s'appelle les cieux des cieux.

123 Et ainsi est-il explique plus bas, parachat Vayigach, section 13, s.v. (ולעומת) : ainsi trouvons-nous chez David le roi, de benie memoire, qui a dit de lui-meme (Psaumes 17,4) : "Pour les actes de l'homme, par la parole de Tes levres, j'ai garde les voies du violent (ארחות פריץ)." Des lors, d'ou un desir pourrait-il fremir dans son cœur de transgresser Sa volonte, a Dieu ne plaise ?

Qu'est-ce que cela indique ? Que tous ses actes sont selon la volonte du Nom ; meme l'acte qui parait aux yeux ne pas etre selon la volonte du Nom ne l'est que pour l'apparence des yeux de l'homme, mais dans la profondeur il est selon la volonte du Nom.

Et tout cela releve de Joseph le Juste. C'est ainsi qu'ils ont dit dans le saint Zohar (Vayichlah 168b) : les soixante-dix annees vecues par David le roi, de benie memoire, provenaient pour la plupart de ce que Joseph le Juste lui donna, plus que tous les Patriarches.

124 Voici les termes du saint Zohar (Vayichlah 168b) : "Encore, les Patriarches laisserent chacun a David de leur vie : Abraham lui laissa, et de meme Yaakov et Joseph, etc. Certes, Abraham lui laissa cinq annees, etc.

Yaakov devait subsister dans le monde autant de jours qu'Abraham ; il ne subsista que cent quarante-sept annees, il en manque vingt-huit. Il se trouve qu'Abraham et Yaakov lui laisserent de leur vie trente-trois annees.

Joseph, qui subsista cent dix annees, devait subsister cent quarante-sept annees, comme Yaakov ; il lui en manque trente-sept. Voici les soixante-dix annees qu'ils laisserent a David le roi pour y subsister, etc.

Et si tu dis : pourquoi Joseph davantage que tous ? C'est assurrement parce que Joseph, a lui seul, equivaut a tous, puisqu'il est appele le Juste, et c'est lui qui illumine la lune plus que tous, etc." C'est pourquoi, tous les jours ou Joseph fut dans la fosse, et ou il n'y eut aucune liaison ni union dans le monde, les sages d'Egypte ne comprirent pas comment relier le reve de Pharaon, le resoudre et conseiller afin qu'il y ait vie et abondance dans le monde.

Car, du cote de Pharaon, de ses sages et de ses conseillers, qui ne donnent pas place dans ce monde a la gloire du Ciel, le monde revenait au tohu et bohu, comme les mondes premiers qui furent detruits. Ils ne comprirent pas qu'il s'agissait d'un seul reve : il leur semblait que le reve des vaches etait une affaire, et le reve des epis une autre.

Mais en verite, du cote du Nom, c'est une seule affaire : l'influence essentielle du Nom est la vie. Or, lorsque la vie se deploie, il advient par la meme a l'homme, dans ce monde, une abondance de subsistance ; et lorsque le Nom contracte la vie, la famine advient dans le monde.

Mais lorsqu'ils firent monter Joseph de la fosse, il comprit exactement le reve et dit a Pharaon qu'il etait un seul reve ; il le resolut et leur donna le conseil de realiser la resolution. Il leur dit : s'ils veulent relier le monde d'en bas au monde d'en haut, et que les cieux influencent la terre d'une abondance de bien et de benediction, le conseil est qu'ils se contractent eux-memes en regard.

Car, de Son cote, le Nom influence avec une generosite sans mesure ; mais l'homme, de son cote, doit reflechir qu'il ne lui est pas bon de recevoir une si grande abondance de bien dans un tel deploiement, de peur qu'il ne soit rassasie, ne renie et ne dise : "Qui est ה' ?" (Proverbes 30,9), et qu'il ne se souvienne pas que le Nom lui a influence tout cela. Puis, lorsque viendra le temps ou le Nom contractera Son influence pour la faire revenir, il n'aura aucune subsistance par laquelle se maintenir dans le monde.

Mais s'il a la presence d'esprit, au moment ou une grande abondance de bien lui est influencee par le Nom, de s'arreter alors lui-meme et de gouverner son desir afin de ne pas se deployer autant dans le bien, et s'il se contracte afin de donner place au Nom dans ce monde, alors, lorsque viendra un temps mauvais et qu'il y aura famine dans le monde, le Nom lui donnera aussi alors une place, afin qu'il ait une subsistance et ne soit pas aneanti. C'est pourquoi Joseph leur conseilla de ne pas se deployer autant dans le flot durant les sept annees de satiete, et de se souvenir du Nom ; ainsi leur nourriture serait deposee en garde aupres du Nom pour les annees de famine, afin qu'ils ne meurent pas de faim.

125 Comme explique plus haut dans cette paracha, section 4, s.v. (ואחר זה), et voir plus bas sections 20 et 22.

Il leur ordonna aussi de se circoncire, afin de se contracter aussi dans l'essence de la vie. C'est pourquoi, lorsqu'ils vinrent chez Pharaon et lui dirent que Joseph leur avait ordonne de se circoncire, il leur dit : "Allez vers Joseph ; ce qu'il vous dira, faites-le" (Genese 41,55).

Ainsi qu'il est rapporte dans le Midrach Rabba et le Tan'houma (Miketz), et cite par Rachi, de benie memoire (parachat Miketz). C'est parce que le reve des vaches et celui des epis sont un seul reve : de meme que vous devez vous contracter dans l'affaire de la subsistance, a laquelle fait allusion le reve des epis, de meme vous devez vous contracter dans le corps meme de la vie, auquel fait allusion le reve des vaches ; du cote du Nom, ils sont une seule affaire.

C'est le sens de ce que Joseph leur dit : "Prelevez un cinquieme de la terre d'Egypte" (וחמש את ארץ מצרים ; Genese 41,34). Le cinquieme est deux dimes, la dime derniere comme la premiere (Ketoubot 50a) : l'une, se separer des superfluites ; l'autre, se sanctifier dans ce qui lui est permis.

Par toutes ces contractions, leur nourriture sera deposee en garde aupres du Nom. Pharaon y consentit et dit : "Tout ce qu'il vous dira, faites-le", meme se circoncire.

Car, puisqu'il n'y a pas moyen d'obtenir la subsistance sans contraction, si vous n'avez pas quelque contraction dans la vie, que vous servira que la nourriture soit deposee en garde ? Car le Nom n'influence que la vie : s'Il influence une grande abondance de vie dans le deploiement, il en resulte que l'homme a aussi, dans ce monde, une abondance de bien.

Il se trouve que l'essentiel est que l'homme ait une contraction dans le corps meme de la vie. Et tout cela ne releve que de Joseph le Juste, qui se contracte de son cote a ce point qu'il donne place au Nom dans toutes ses affaires et y voit une lumiere.

126 Voir plus bas dans cette paracha, section 30. C'est pourquoi toute liaison des creatures et des mondes n'est que par son entremise : il illumine tous les actes et les eleve pour les clarifier en vue de la gloire du Ciel ; il illumine toutes les nourritures que mange Israel, qui ne sont qu'une nourriture de mitsva et non une nourriture facultative.

Car si elles n'etaient pas une nourriture de mitsva, aucune nourriture n'aurait ete creee dans le monde, puisque toutes les creatures ont ete creees pour Sa gloire, afin qu'il y ait d'elles une gloire du Ciel dans le monde :

ופרעה חולם והנה עומד על היאור. איתא ע"ז בזוה"ק (מקץ קצג:) כל נהר דיוסף הצדיק איהו.

הענין בזה הוא, שיוסף הצדיק עומד על המשמר תמיד לחבר ולקשר כל הדרגין וכל העולמות, שבכל מקום שאדם נכנס בהסתר ומשפיע ליד אחר, שם עומד יוסף הצדיק ומצמצם שלא להתפשט ביותר, רק שישאר תמיד קוסטא דחיותא. וכן בכל התחלפות הזמנים, שמתחלף מהוא לאתה או מאתה להוא, שם עומד יוסף הצדיק לצמצם, שישאר בבחינת אתה נקודה עלאה מבחינת הוא שרומז לעלמא עלאה, כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנח:) שאתה רומז לעלמא תתאה והוא רומז לעלמא עלאה, ויוסף הצדיק מקשר עלמא עלאה לתתאה, שבעוה"ז יוכר אור עוה"ב, ושישאר השארה מעוה"ז בעולם הבא.

וכל זמן שיוסף הצדיק היה עם השבטים תיקן כל עניניהם, לזה לא היה גלות אז, מאחר שקשר את ישראל לשרשם, א"כ מהיכן היה מקום לחול עליהם שום קטרוג וחובת גלות. אכן כשנאבד ונתעלם יוסף הצדיק, אזי התחיל הגלות.

עד שבא יהודה והעיר שאי אפשר להיות בעולם שנפש יוסף הצדיק יאפס ח"ו לגמרי, ואין בכח שום שבט כמו בשבט יהודה, שכחו גדול לשבר ההסתרה היותר גדולה ולבקעה, להראות מפורש שאי אפשר בעולם שזה הנפש נכלה לגמרי ח"וקכזעיין הרחבת העניין לעיל פרשת וישב אות ט, י.. ואף שיוסף הצדיק הוא נפש יקרה בישראל ומדתו גדולה וחשובה, שהוא המחבר ומקשר כל העולמות וכל הברואים, מ"מ אין לו כח גדול כזה להושיע את עצמו, אך יהודה בלבד יכול להושיע לעצמו, כדכתיב ביה (ברכה לג) ידיו רב לו וגו', וכדאיתא בתקוני הזהר (הקדמה ב דף יז:) שמכל הספירות כשמסתלק מהם אור ה' ישתארן כגופא בלא נשמתא.

ושם (תיקון יא דף כד.) כד אסתלק מצדיק אתמר עליה ונהר יחרב ויבש. אבל בשכינתא שהוא מדת מלכות עליה נאמר, שימני כחותם על לבך, דוגמא דחותם דאע"ג דאנת תסתלק מניה בגלותא דיוקנא דילך אשתאר עמי ולא אתעדי מני לעלם.

ולכן יהודה שרומז למדת מלכות, יש בו כח גדול לבקוע ולשבר כל ההסתרות ולהצמיח ישועה מהשי"ת. ובעולם נמצא ג"כ מקום אורה, והוא מקום המקדש ששם נמצא גודל אור, שע"י האור נמצא התחברות לאדם עם כל הטובות ומחבר הכל להשי"ת.

כי השי"ת ברא טובות בעולם, ולאדם נתן חשק לקבל כל הטובות שיחסרו לו ושיהיה לו חיבור עמם, וכ"ז הוא ע"י האור, ואף שהאור אינו טובה עצמיי שיוכל אדם ליקח זו הטובה, אכן אם לא יהיה לאדם אור אזי לא ידע ולא יראה היכן הטובה נתונה ואיזה טובה צריך לו. וזהו ברזא דיוסף הצדיק שמדתו הוא רק אור:

"Pharaon reve, et voici qu'il se tenait sur le fleuve" (Genese 41,1). Il est dit a ce sujet dans le saint Zohar (Miketz 193b) : "Tout fleuve est Joseph le Juste." Le sens est que Joseph le Juste se tient toujours en garde pour relier et unir tous les degres et tous les mondes.

Partout ou l'homme entre dans un voilement et influence vers une autre main, Joseph le Juste se tient la et contracte, afin que cela ne se deploie pas trop, mais qu'il demeure toujours une portion de vitalite (קוסטא דחיותא). De meme, dans tous les changements des temps, lorsque cela passe de הוא a אתה ou de אתה a הוא, Joseph le Juste se tient la pour contracter, afin qu'il demeure, dans la dimension de אתה, un point superieur provenant de הוא, qui fait allusion au monde d'en haut.

Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Vayetse 158b), אתה fait allusion au monde d'en bas et הוא au monde d'en haut. Joseph le Juste relie le monde d'en haut a celui d'en bas, afin que dans ce monde soit reconnue la lumiere du monde a venir, et qu'il demeure une trace de ce monde dans le monde a venir.

Tant que Joseph le Juste etait avec les tribus, il repara toutes leurs affaires ; c'est pourquoi il n'y eut pas alors d'exil. Puisqu'il relia Israel a sa racine, d'ou aurait pu venir une place pour qu'une accusation ou une obligation d'exil tombe sur eux ?

Mais lorsque Joseph le Juste fut perdu et voile, l'exil commenca. Jusqu'a ce que Juda vienne et eveille ceci : il ne peut etre dans le monde que l'ame de Joseph le Juste soit entierement aneantie, a Dieu ne plaise.

Or aucune tribu n'a une force semblable a celle de Juda, dont la force est grande pour briser le voilement le plus grand et le fendre, afin de montrer clairement qu'il ne peut etre dans le monde que cette ame soit entierement detruite, a Dieu ne plaise. 127 Voir le developpement du sujet plus haut, parachat Vayechev, sections 9 et 10.

Bien que Joseph le Juste soit une ame precieuse en Israel, et que son attribut soit grand et important, puisqu'il relie et unit tous les mondes et toutes les creatures, il n'a pas une force assez grande pour se sauver lui-meme. Seul Juda peut se sauver lui-meme, comme il est ecrit de lui : "Ses mains sont suffisantes pour lui" (Deuteronome 33,7).

Il est dit dans les Tikounei ha-Zohar (introduction 2, folio 17b) : "De toutes les sefirot, lorsque la lumiere de ה' se retire d'elles, elles restent comme un corps sans ame." Et la (Tikoun 11, folio 24a) : "Lorsque [la lumiere] se retire du Juste, il est dit de lui : 'Un fleuve se dessechera et tarira'" (Isaie 19,5). Mais de la Chekhina, qui est l'attribut de Malkhout (royaute), il est dit : "Place-moi comme un sceau sur ton cœur" (Cantique des cantiques 8,6), a l'image du sceau : meme si tu te separes de lui dans l'exil, ton image demeure avec moi et ne se retire jamais de moi.

C'est pourquoi Juda, qui fait allusion a l'attribut de Malkhout, a une grande force pour fendre et briser tous les voiles, et faire germer une delivrance venant du Nom. Il existe aussi dans le monde un lieu de lumiere : le lieu du Temple, ou se trouve une grande lumiere.

Par cette lumiere, l'homme est lie a tous les biens, et elle relie tout au Nom. Car le Nom a cree des biens dans le monde et a donne a l'homme le desir de recevoir tous les biens qui lui manquent et d'etre relie a eux.

Et tout cela est par la lumiere. Bien que la lumiere ne soit pas un bien propre que l'homme puisse prendre comme tel, si l'homme n'a pas de lumiere, il ne saura ni ne verra ou le bien est place, ni de quel bien il a besoin.

C'est le secret de Joseph le Juste : son attribut n'est que lumiere :

ולכן קורין תמיד פרשה זו בימי החנוכה, ששניהם רומזין לענין אחד, כמו שבפרשה הקודמת נדמה שיוסף הצדיק נעלם ונאבד ח"ו לגמרי ואפסו כל התקשרות וכל החיבורים, עד שכאשר באו אל יעקב אביהם והודיעו לו שיוסף איננו ולא קבל עליו תנחומין אזי נפלו בעיניהם, ובכל פעולה שעשו נדמה להם שאין בה שום חיבור ואין בה חיי עולם, עד שהעיר יהודה וצעק להשי"ת ובקע כל ההסתרה, והאיר בעולם שעוד יוסף חי ונתודע אל אחיו. וכן בנס חנוכה היה נדמה שאפסו כל השמנים, וזהו רומז על אור הדעת, שהוא בחינת יוסף הצדיק.

עד שהאיר להם השי"ת שלא יהיה כזאת בעולם שיכלו כל השמנים אור הדעת מישראל. ומצאו פך שמן שהיה חתום בחותמו של כהן גדול, וזהו ראיה שהשי"ת שומר ישראל שלא יאבד מאתם אור הדעת לעולםקכחלקמן פרשה זו אות מ..

לכן קורין לעולם פרשה זו בימי חנוכה, מפני שמתיחסין לענין אחד. וע"י שישראל קורין הפרשה למטה מעוררים למעלה שגם השי"ת עוסק בזה הענין:

C'est pourquoi on lit toujours cette paracha aux jours de 'Hanouka, car toutes deux font allusion a une seule affaire. De meme que dans la paracha precedente, il semblait que Joseph le Juste avait ete voile et perdu entierement, a Dieu ne plaise, et que toute liaison et toutes les unions avaient cesse, si bien que, lorsqu'ils vinrent a Yaakov leur pere et lui annoncerent que Joseph n'etait plus, et qu'il n'accepta pas de consolation, ils tomberent a leurs propres yeux.

Dans chaque acte qu'ils firent, il leur semblait qu'il n'y avait aucune liaison ni vie eternelle. Jusqu'a ce que Juda eveille [le Ciel] et crie vers le Nom, et fende tout le voilement ; alors il illumina le monde que Joseph vivait encore et se fit connaitre a ses freres.

De meme, dans le miracle de 'Hanouka, il semblait que toutes les huiles avaient disparu. Cela fait allusion a la lumiere de la connaissance, qui est la dimension de Joseph le Juste.

Jusqu'a ce que le Nom leur illumine qu'il ne peut etre dans le monde que toutes les huiles, la lumiere de la connaissance d'Israel, soient aneanties. Ils trouverent une fiole d'huile scellee du sceau du Grand Pretre ; c'est la preuve que le Nom garde Israel, afin que la lumiere de la connaissance ne soit jamais perdue pour eux.

128 Voir plus bas dans cette paracha, section 40. C'est pourquoi on lit toujours cette paracha aux jours de 'Hanouka, car elles se rapportent a une seule affaire.

Et lorsque Israel lit la paracha en bas, ils eveillent en haut que le Nom aussi s'occupe de cette affaire :

En bref

« Et Pharaon rêve : voici qu'il se tient au bord du fleuve. » Le Zohar dit que ce fleuve est Joseph le juste. Le Beit Yaakov enseigne que Joseph relie la création au Saint, béni soit-Il, en la resserrant pour qu'elle ne s'étende trop et que ne soit caché son lien avec D.ieu. C'est le Nom Chaddaï : « Je suis Celui qui ai dit à Mon monde : assez. » L'influence vient et se retire sans gradation ; que l'homme se resserre, et D.ieu le conduira avec gradation. Les mondes anciens s'étendirent, dirent « Je règnerai » et furent annulés : les vaches maigres avalèrent les grasses. Les épis concernent le bien de ce monde-ci ; Joseph seul prépare, dès la satiété, la famine.

Aussi : les rois voient des choses supérieures ; D.ieu conduit d'abord l'obscurité puis la lumière, et Israël n'appelle bien que le regard du Donateur ; du secret du serviteur on s'élève au secret du fils, sans quitter le service.

ופרעה חולם והנה עומד על היאור וגו'. איתא ע"ז בזוה"ק (מקץ קצד.) רזא איהו כמה דאתמר דא יוסף דנהר דא יוסף הצדיק הוא.

הענין בזה, שיוסף הצדיק הוא המחבר כל הבריאה להשי"ת, בזה שעומד על משמרתו תמיד לצמצם את הבריאה, שלא תתפשט ביותר ולא יתעלם מאתה החיבור שיש לה להשי"ת. כי מצד השי"ת אין שום הפסק, ומבלעדי השי"ת לא נעשה דבר בעולם, רק הוא ית' מנהג כל הבריאה בתמידות.

אכן כל החילוק הוא מצד הבריאה, שאם האדם יתפשט את עצמו ביותר, יוכל לאבד כל סדר יחוסו והחיבור שלו איך הוא מחובר להשי"ת. וע"ז מרמז השם שד"י, שאמרו בש"ס (חגיגה יב.) בשעה שברא הקב"ה את עולמו היה מרחיב והולך כשתי פקעיות של שתי עד שגער בו הקב"ה והעמידו וכו' והיינו דאמר ר"ל מאי דכתיב אני אל שדי, אני הוא שאמרתי לעולמי די.

והוא, שאם היה העולם מתמתח ומתפשט עוד מעט, אזי לא היתה הבריאה מכרת מבטן מי יצאה, שהשי"ת הוא בעל העולם ומנהגה ומושל בה. וזהו ברזא דיוסף הצדיק, ששומר תמיד את הבריאה שלא תתפשט מצדה, שלא תתרחק מהשורש.

וע"ז רומז חלום פרעה שהוא בדרגא דיוסף כדאיתא בזוה"ק (שם) דא חלמא דיוסף הוה וכו'. והענין הוא, כי השפעת אור השי"ת בעית ומקטף אקטופי וכדאיתא בש"ס (פסחים ח.), היינו שתחלת השפעה הוא שלא בהדרגה, ואח"ז נוטלה השי"ת בחזרה ג"כ שלא בהדרגה.

לזה יצמצם האדם את עצמו מצדו שלא לקבל שלא בהדרגה, שאז לא יהיה בעית, ממילא לא יהיה מקטף אקטופי בחזרהקכטלעיל פרשת וירא אות ה., מאחר שהאדם מצדו אינו מתמתח להתפשט שלא בהדרגה רק צופה תמיד להשי"ת, לעומת זה יתנהג עמו השי"ת ג"כ בהדרגה ברזא דיוסף הצדיק, וכמ"ש יוסף לפרעה (מקץ מא) אשר האלהים עושה הגיד לפרעה, הראה את פרעה. היינו שבזה החלום מרומז כל סדר ההנהגה, שמתחלה היה הקב"ה בונה עולמות ומחריבן, שהיה להם אור בשפע שלא בהדרגה, והתפשטו בשפעת רב האור וכל אחד אמר אני אמלוך, לזה נתבטלו ג"כ שלא בהדרגה, וכדאיתא בזוה"ק (נשא קלה:) ששבעה מלכין קדמאין מרמזין על עלמין קדמאין דאתחרבו דכתיב בהו וימת וימת, היינו מפני שנדמה להם שכל המלוכה הוא רק להם, ולא הכירו מלכות השי"ת בעולם, לכן נתבטלו ולא נשאר מהם כלום.

וע"ז מרמז חלום הפרות, שהכחושות בלעו השמנות ולא נודע כי באו אל קרבנה. עד שברא הקב"ה את עוה"ז ואמר דין הניין לי יתהון לא הניין לי, היינו מפני שעתה נטבע בעולם יראה שלא להתפשט עוד בגוף החיים כעלמין קדמאין, וממילא לא יהיה אור השי"ת בעית כ"כקלעיין הרחבת העניין לעיל פרשת נח אות ב ד"ה וגמר, אות ה ד"ה ויש מי, פרשה זו אות ח ד"ה והוא, אות יח..

אכן גם בהם היה נמצא איזה התפשטות בטובה שנשפע להם והתפשטו את עצמם בהטובה, לעומת זה צמצם השי"ת מהם כל הטובות ולא נשאר אך נח ובניו ושנים ושבעה ממיני החיות ובהמות, כדוגמת אילן שמשיר פירותיו ולא נשאר בו רק גופו ומתהוה ממנו הויה חדשה, וזה מורה על גודל הצמצום שהתהוה בעולם. וכמו כל אדם שירעב נשחת מראהו ואין בו שום התפשטות.

וע"ז מרמז חלום השני משבלים שהם טובת עוה"ז, ולא נאמר בהן ולא נודע כי באו אל קרבנה, מפני שבדור המבול לא היה התבטלות לגמרי כמו בעלמין קדמאין, כי רק ההתפשטות ניטל מהם ולא גוף החיים:

Et Pharaon reve: voici qu'il se tient au bord du fleuve, etc. Il est rapporte a ce sujet dans le saint Zohar (Miketz 194b): "C'est le secret dont il a ete parle: ceci est Joseph; ce fleuve est Joseph le juste." Le sens est que Joseph le juste relie toute la creation au Saint, beni soit-Il, en restant constamment a son poste pour resserrer la creation, afin qu'elle ne s'etende pas trop et que ne lui soit pas cache le lien qui l'unit au Saint, beni soit-Il.

Car du cote du Saint, beni soit-Il, il n'y a aucune interruption, et sans le Saint, beni soit-Il, rien ne se fait dans le monde; Lui, beni soit-Il, dirige continuellement toute la creation. Mais toute la difference vient du cote de la creation: si l'homme s'etend trop, il peut perdre tout l'ordre de son rapport et de son lien, par lequel il est attache au Saint, beni soit-Il.

C'est a cela que renvoie le Nom Shaddai, ainsi qu'ils ont dit dans le Talmud (Haguiga 12a): lorsqu'Il crea Son monde, il s'elargissait et allait comme deux echeveaux de chaine, jusqu'a ce que le Saint, beni soit-Il, le reprimande et le fasse tenir, etc. C'est ce qu'a dit Rech Lakich: que signifie ce qui est ecrit: "Je suis El Shaddai"?

Je suis Celui qui ai dit a Mon monde: assez. Cela signifie que si le monde s'etait tendu et etendu encore un peu, la creation n'aurait plus reconnu de quel sein elle etait sortie: que le Saint, beni soit-Il, est le Maitre du monde, son conducteur et celui qui y regne.

Tel est le secret de Joseph le juste, qui garde toujours la creation afin qu'elle ne s'etende pas de son cote et ne s'eloigne pas de sa racine. C'est a cela que renvoie le reve de Pharaon, qui est au degre de Joseph, comme il est rapporte dans le Zohar (ibid.): "Ceci etait le reve de Joseph", etc.

Le sens est que l'influence de la lumiere du Saint, beni soit-Il, vient soudainement (בעית) et est ensuite retiree d'un coup (מקטף אקטופי), comme il est rapporte dans le Talmud (Pessahim 8a): le debut de l'influence est sans gradation, puis le Saint, beni soit-Il, la reprend egalement sans gradation. Que l'homme se resserre donc de son cote, pour ne pas recevoir sans gradation: alors elle ne viendra pas soudainement et ne sera pas retiree d'un coup.

Voir ci-dessus, paracha Vayera, sec. 5.

Puisque l'homme, de son cote, ne se tend pas pour s'etendre sans gradation, mais regarde toujours vers le Saint, beni soit-Il, le Saint, beni soit-Il, se conduira aussi envers lui avec gradation, selon le secret de Joseph le juste. Comme Joseph dit a Pharaon (Miketz 41): "Ce qu'Elokim fait, Il l'a annonce a Pharaon" - Il l'a montre a Pharaon.

C'est-a-dire que tout l'ordre de la conduite est indique dans ce reve. Au debut, le Saint, beni soit-Il, construisait des mondes et les detruisait: ils recevaient une lumiere abondante sans gradation, s'etendaient sous la profusion de cette grande lumiere, et chacun disait: "Je regnerai." Aussi furent-ils annules sans gradation.

Comme il est rapporte dans le saint Zohar (Nasso 135b), les sept rois anciens renvoient aux mondes anciens qui furent detruits, a propos desquels il est ecrit: "et il mourut, et il mourut"; c'est qu'il leur semblait que toute la royaute n'etait qu'a eux, et ils ne reconnurent pas la royaute du Saint, beni soit-Il, dans le monde. C'est pourquoi ils furent annules et il ne resta rien d'eux.

C'est a cela que renvoie le reve des vaches: les maigres avalerent les grasses, et l'on ne sut pas qu'elles etaient entrees dans leur ventre. Jusqu'a ce que le Saint, beni soit-Il, cree ce monde-ci et dise: "Celles-ci Me plaisent, les autres ne Me plaisent pas." Car la crainte a present ete imprimee dans le monde, afin qu'ils ne s'etendent plus dans le corps de la vie comme les mondes anciens; et, par consequent, la lumiere du Saint, beni soit-Il, ne viendra pas autant soudainement.

Voir l'elargissement de ce sujet ci-dessus, paracha Noah, sec. 2, s.v.

"Ve-gamar", sec. 5, s.v.

"Ve-yech mi", et dans cette paracha, sec. 8, s.v.

"Ve-hou", sec. 18.

Toutefois, eux aussi connaissaient une certaine expansion dans le bien qui leur etait dispense, et ils s'etendaient dans ce bien. En regard, le Saint, beni soit-Il, leur retira tous les biens, et il ne resta que Noah et ses fils, ainsi que deux et sept de chaque espece de betes sauvages et domestiques, a l'image d'un arbre qui perd ses fruits et dont ne reste que le corps, d'ou se forme une existence nouvelle.

Cela indique la grande restriction qui s'etablit dans le monde. Ainsi, lorsqu'un homme a faim, son apparence se gate et il n'y a en lui aucune expansion.

C'est a cela que renvoie le second reve, celui des epis, qui concerne le bien de ce monde-ci. Il n'y est pas dit: "et l'on ne sut pas qu'ils etaient entres dans leur ventre", car, a la generation du deluge, il n'y eut pas d'annulation complete comme dans les mondes anciens: seule leur expansion fut retiree, non le corps de la vie.

ולפרעה נרמז בזה החלום שגם הוא מתפשט ביותר בהטובה שנשפע לו, וזה נרמז לו בחלומו שמתחלה יהיה שבע שני שבע, שאז יש כח באדם להתפשט כפי שיחפוץקלאכמבואר לעיל פרשה זו אות ד, אות ח ד"ה וזהו.. ואח"ז יבואו שבע שני רעב, שלא יהיה בהם כח לסבלם, והחכם עיניו בראשו להכין משני שבע לשני רעב ולחברם יחד, בכדי שיהיה לו קיום והויה אף בימי הרעב.

וזהו חולקיה דיוסף וחלמא דיליה הוא. לכן לא הבין שום חכם מחכמי מצרים את החלום לפתרו, רק יוסף הצדיק הבין את חלום פרעה ופתרונו, ונתן להם עצה לקיים הפתרון, וחמש את ארץ מצרים להכין משני שובע לשני הרעב, והבין שחלום אחד הוא, היינו שבגוף החיים כבר נטבע צמצום בלב הברואים אחר שנחרבו עלמין קדמאין, עד שעל זה העולם אמר השי"ת דין הניין לי.

ולזה בעשרה דורות שמנח ועד אברהם לא נאמר בהו וימת. אכן בענין הפרנסה שהוא התפשטות החיים, בזה נמצא עוד התפשטות בעולם, ע"ז אמר להם שיצמצמו את עצמם בשני השבע להכין מחית נפשם על שני רעב.

וזה הפתרון היה רק ע"י יוסף הצדיק, מפני שאין זאת בכח שום עכו"ם לצמצם את עצמו בימי שובע ולהשאיר על ימי הרעב. ועל השנות החלום וגו' וממהר האלהים לעשותו, היינו שהשי"ת מנהג כן בעומק הרצון, והוא רזא דיוסף הצדיקקלבלקמן פרשה זו אות כב.:

Dans ce reve, il fut aussi indique a Pharaon qu'il s'etendait excessivement dans le bien qui lui etait dispense. Cela lui fut indique dans son reve: il y aurait d'abord sept annees de satiete, durant lesquelles l'homme a la force de s'etendre autant qu'il le desire.

Voir ci-dessus dans cette paracha, sec. 4 et sec.

8, s.v. "Ve-zehou".

Puis viendraient sept annees de famine, qu'il n'aurait pas la force de supporter. Le sage a les yeux a la tete: il prepare, des annees de satiete, pour les annees de famine, et les relie ensemble, afin de posseder subsistance et existence meme aux jours de famine.

Telle est la part de Joseph, et tel est son reve. C'est pourquoi aucun sage parmi les sages d'Egypte ne comprit le reve pour l'interpreter; seul Joseph le juste comprit le reve de Pharaon et son interpretation, et leur donna le conseil d'accomplir cette interpretation: il fit constituer des reserves dans le pays d'Egypte pour preparer, des annees de satiete, les annees de famine.

Il comprit que c'etait un seul reve. Dans le corps de la vie, une restriction avait deja ete imprimee dans le cœur des creatures apres la destruction des mondes anciens, au point qu'a propos de ce monde le Saint, beni soit-Il, avait dit: "Celles-ci Me plaisent." C'est pourquoi, dans les dix generations de Noah a Abraham, il n'est pas dit a leur sujet: "et il mourut".

Mais dans la subsistance (parnassa), qui est l'expansion de la vie, il reste encore de l'expansion dans le monde. C'est pourquoi il leur dit de se restreindre durant les annees de satiete et de preparer de quoi faire vivre leur ame pour les annees de famine.

Cette interpretation ne pouvait venir que par Joseph le juste, car aucun idolatre n'a le pouvoir de se restreindre aux jours de satiete et de laisser pour les jours de famine. "Quant au fait que le reve ait ete repete...

Elokim se hate de l'accomplir": le Saint, beni soit-Il, agit ainsi dans la profondeur de Sa volonte, et c'est le secret de Joseph le juste. Voir plus loin dans cette paracha, sec.

22.

והנה מן היאר עולות וגו'. בזוה"ק (מקץ קצד:) א"ר יצחק אע"ג דאתמר דלא אחזיין ליה לבר נש אלא בההוא דרגא דיליה שאני למלכים דאחזיין להון מלין עלאין וכו'.

והוא שהשי"ת הראה לו שהם יהפכו הנהגת השי"ת מכפי מה שהשי"ת מנהיג. כי השי"ת מנהג בעולם כסדר הבריאה ויהי ערב ויהי בקר, שתחלה צריך האדם לראות שהוא בעל חסרון, ומאין יבא עזרו רק מהשי"ת שהוא השלם הגמור, והוא יכול להשלימו לאדם שלא יחסר לו, וכענין דאיתא בש"ס (שבת עז:) שהשי"ת מנהג העולם כברייתו של עולם ברישא חשוכא והדר נהורא.

וכן הוא הנהגת השי"ת עם ישראל. וכן הוא עבודת ישראל להשי"ת שלא יסתפקו בשום טובה, ונקרא אצלם חשך, אם אין רואין טובת עין של הנותן, שהשי"ת יתן להם בטובת עין.

והעכו"ם לוקחים תחלת הטובה בגודל זרם התפשטות, כי שרשם מעלמין דאתחרבו, וכמו שכתוב בהם (וישלח לו) וימלך וימת, שהתחיל תיכף במלוכה ולכן נתבטל. שהיה להם שפע בהתרבות עד שלא היה בהם כח לקבל ההשפעה ונתבטלו.

והוא מפני שלא היה מצדם שום אתערותא, לכן לא היה קיום להשפעתםקלגלעיל פרשת וילך אות ב ד"ה והנה, פרשה זו אות י ד"ה וזהו שאמר.. שאני מלוכת ישראל, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קכד) דוד מלכא אתחבר באבהן, שקודם שמלך נתקשר בעבודה בשרשו, והוא שבישראל הוא שהשי"ת שולח להם צעקה בלב, שקוראים אל ה' בצר להם וה' יענה להם, וזהו קיים לעד ולא יתבטל לעולם:

"Et voici que du fleuve montaient..." Dans le saint Zohar (Miketz 194b), Rabbi Yitshak dit: "Bien qu'il ait ete dit qu'on ne montre a un homme que ce qui est de son propre degre, les rois sont differents, car on leur montre des choses superieures", etc. Cela signifie que le Saint, beni soit-Il, lui montra qu'ils renverseraient la conduite du Saint, beni soit-Il, par rapport a la maniere dont Il conduit.

Car le Saint, beni soit-Il, conduit le monde selon l'ordre de la creation: "il y eut soir, il y eut matin". Au debut, l'homme doit voir qu'il est deficient, et d'ou lui viendra l'aide, sinon du Saint, beni soit-Il, qui est la perfection complete et peut combler l'homme afin qu'il ne manque de rien.

C'est ce qui est rapporte dans le Talmud (Chabbat 77b): le Saint, beni soit-Il, conduit le monde comme la creation du monde, d'abord l'obscurite puis la lumiere. Ainsi est aussi la conduite du Saint, beni soit-Il, envers Israel.

Tel est aussi le service d'Israel envers le Saint, beni soit-Il: ne pas se satisfaire d'un bien quelconque; chez eux, cela est appele obscurite s'ils ne voient pas le regard genereux du Donateur, que le Saint, beni soit-Il, leur donne avec generosite. Les idolatres, eux, prennent le debut du bien dans un grand flot d'expansion, car leur racine provient des mondes qui furent detruits.

Comme il est ecrit a leur sujet (Vayichlah): "il regna et il mourut"; il commenca aussitot par la royaute, et c'est pourquoi il fut annule. Ils avaient une abondance dans l'accroissement, au point de ne pas avoir la force de recevoir l'influence, et ils furent annules.

C'est parce qu'il n'y avait de leur cote aucun eveil (itarouta) que leur influence n'avait pas de maintien. Voir ci-dessus, paracha Vayelekh, sec.

2, s.v. "Ve-hine", et dans cette paracha, sec.

10, s.v. "Ve-zehou che-amar".

Il en va autrement de la royaute d'Israel. Comme il est rapporte dans le saint Zohar (Hayye Sara 124a): "Le roi David se lia aux peres".

Avant de regner, il se lia par le service a sa racine. Car, en Israel, le Saint, beni soit-Il, envoie un cri dans le cœur: ils appellent ה' dans leur detresse et ה' leur repond.

Cela subsiste pour toujours et ne sera jamais annule.

והנה שבע פרות אחרות עולות אחריהן מן היאר וגו' והנה שבע שבלים עולות וגו'. הענין שנראה לו בחלומו פרות ושבלים הוא, שמתחלה הראה לו השי"ת שגוף החיים שלו הוא בהתפשטות רב עד שיאבד מן העולם.

כמו דור המבול שהתפשטו ביותר, עד שלא זכרו את השי"ת בעת שהראה להם פנים שוחקות להכיר שמהשי"ת נשפע להם כל טוב, ולעומת זה כשהגביה השי"ת את מדותיו לא זכר אותם ונמחו מן העולם מדה במדה. וזה רמז לו חלום הפרות שהם בעל חי, והכחושות בלעו השמנות ולא נודע כי באו אל קרבנה.

אכן השי"ת נשבע שלא יביא מבול לעולם, והוא מפני שאחר המבול נעשה רושם בהבריאה שלא יתפשטו עוד כדור המבול, לעומת זה נשבע הקב"ה שלא יביא עוד מבול לעולם שכל העולם יחרב. אמנם נמצא עוד צמצום בפרנסת האדם.

וע"ז מרמז חלום השבלים, שהוא בענין פרנסה, והוא שאם יתפשטו בשבע שני השבע, שהשי"ת יראה להם פנים שוחקות, אז כשיגיעו שבע שני רעב, שהשי"ת יצמצם אז פרנסת האדם, מהיכן יהיה להם אזי הויה וקיום. ואף שנקבע בעולם שבעיקר החיים לא ישחיתו עוד, אבל אם הקיום להחזיק החיים ילקח מהם, ממילא יאפס גם עיקר החיים שלהם.

ועל זה פתר לו יוסף את חלומו ויעץ להם עצתו, שיצמצמו את עצמם בהשנים שייטיב להם השי"ת ויזכרו שמאת השי"ת באה להם הטובה, וצוה להם שימולו, ושיכינו מימי השובע לימי הרעב, שזה מרמז על צמצום בגוף החיים וצמצום בפרנסה, ממילא יזכור השי"ת גם בהם בעת שיצמצם מעט ההשפעה, שיהיה להם הויה גם אז מאחר שיהיה להם חיים בשורש. וזהו שאמרו המצרים אח"כ ליוסף החייתנו, שאתה יעצת לנו איך להשיג חיים, והוא מפני שהרגישו מעט משורש החיים נוסף על פרנסתןקלדכמבואר לעיל פרשה זו אות ד, אות ח ד"ה וזהו, אות ט, יח..

וכן מצינו גם ביעקב אבינו ע"ה, שמתחלה הרגיש שיש רק שבר במצרים, ואח"ז הרגיש שגם חיים נמצא שם, ותחי רוח יעקב אביהם:

"Et voici que sept autres vaches montaient apres elles du fleuve... et voici que sept epis montaient..." La raison pour laquelle Il lui montra dans son reve des vaches et des epis est qu'au debut le Saint, beni soit-Il, lui montra que le corps de sa vie etait dans une tres grande expansion, jusqu'a disparaitre du monde. Il en fut ainsi de la generation du deluge, qui s'etendit excessivement, jusqu'a ne plus se souvenir du Saint, beni soit-Il, lorsqu'Il leur montrait un visage souriant, pour reconnaitre que tout bien leur est dispense par le Saint, beni soit-Il.

En regard, lorsque le Saint, beni soit-Il, eleva Ses mesures, ils ne s'en souvinrent pas et furent effaces du monde mesure pour mesure. A cela renvoie le reve des vaches, qui sont des etres vivants: les maigres avalerent les grasses, et l'on ne sut pas qu'elles etaient entrees dans leur ventre.

Toutefois, le Saint, beni soit-Il, jura de ne pas faire venir de deluge dans le monde. C'est que, apres le deluge, une empreinte fut produite dans la creation: ils ne s'etendraient plus comme la generation du deluge.

En regard, le Saint, beni soit-Il, jura de ne plus amener dans le monde un deluge qui detruirait le monde entier. Mais il reste encore une restriction dans la subsistance de l'homme.

C'est a cela que renvoie le reve des epis, qui touche a la subsistance. S'ils s'etendent durant les sept annees de satiete, alors que le Saint, beni soit-Il, leur montre un visage souriant, lorsque viendront les sept annees de famine, lorsque le Saint, beni soit-Il, resserrera la subsistance de l'homme, d'ou leur viendront alors existence et maintien?

Meme s'il est fixe dans le monde que, dans la vie essentielle, ils ne seront plus detruits, si ce qui permet de soutenir la vie leur est retire, leur vie essentielle aussi disparaitra necessairement. Joseph interpreta donc son reve et leur donna son conseil: qu'ils se restreignent durant les annees ou le Saint, beni soit-Il, leur fait du bien, qu'ils se souviennent que le bien leur vient du Saint, beni soit-Il.

Il leur ordonna de se circoncire et de preparer des jours de satiete pour les jours de famine. Cela renvoie a une restriction dans le corps de la vie et a une restriction dans la subsistance.

Ainsi, le Saint, beni soit-Il, Se souviendra aussi d'eux lorsqu'Il resserrera un peu l'influence, et ils auront alors une existence, puisqu'ils possederont une vie dans la racine. C'est ce que les Egyptiens dirent ensuite a Joseph: "Tu nous as fait vivre"; tu nous as conseille comment obtenir la vie.

Ils avaient en effet ressenti un peu de la racine de la vie, en plus de leur subsistance. Voir ci-dessus dans cette paracha, sec.

4, sec. 8, s.v.

"Ve-zehou", sec. 9 et sec.

18. Nous trouvons aussi cela chez notre pere Yaakov, de memoire benie: d'abord il sentit qu'il n'y avait que du ravitaillement (chever) en Egypte, puis il sentit que la vie aussi s'y trouvait: "Et l'esprit de Yaakov leur pere revint a la vie."

והענין הוא, כמו שהציב השי"ת יום ולילה, ומזה נשמע שגם היום אינו בשלימות, כי אם היה בו שלימות אזי לא היה אורו נדעך, ומזה ילמד האדם להבין לצמצם את עצמו בכדי שיתגדל בו החשק והתשוקה בכל פעם מחדש להוסיף אור, ובעת יחשך לפניו יבין שבטח חפץ השי"ת להנחילו ולהטעימו חדשות. כמו שמצינו ביעקב אבינו שיוסף נעלם ממנו ונדמה לו שאפס חייתו, ואף פרנסתו נצטמצם עד שהוכרח לשלח את בניו מצרימה לקנות שבר לרעבון בתיהם, וע"י הצפוי והקווי שראה שיש שבר במצרים קנה גם חיים, ותחי רוח יעקב, שטעם והרגיש גם מחיי עולם הבא.

וכן הוא תמיד הנהגת השי"ת עם האדם, שע"י עבודתו עבודת עבד להשי"ת יבא לרזא דבן, כי בהיות האדם ברזא דעבד ידמה לו לפעמים שנכון בידו יום חשך, שאין עבודתו ניחא לרבו כמקודם זה, ומצפה ומקוה שעבודתו תהיה לנחת רוח אצל רבו, מזה יתנשא לרזא דבן. וכענין דאיתא בתנחומא (תצוה ד) אמרו ישראל רבש"ע באורך נראה אור ואתה מצוה להדליק לפניך נרות, א"ר יצחק לבית מלא פנסא אמר בעה"ב לעבדו הדלק לנו בתוך החצר נרות וכו' אמר הקב"ה לא שאני צריך אור בשר ודם וכו'.

היינו שכל הצווי מהשי"ת הוא מגודל נדיבות חסדו שחפץ בטובת האדם שיקרא הפעולה על שם יגיע כפיו, בעבודתו אשר יעבוד ברזא דעבד. ואף שרזא דבן הוא למעלה מרזא דעבד, אכן הבן אוכל ממה שאביו אוכל ולא בשכר פעולתו, אבל העבד אוכל בשכר פעולתו שסיגל והשתדל וקנה בעוה"ז, שזה נוח לו לאדם רעותי' דמתקרי לעי ונגיס (מדרש קהלת ד)קלהלעיל פרשת בראשית אות כט ד"ה וכל זה, אות לב., מפני שהטובה שיקנה אדם ע"י עבודתו לא תלקח מאתו עוד כי באה לו בשכרו.

וזהו דכתיב (ישעיהו מ״ט:ג׳) ויאמר לי עבדי אתה ישראל אשר בך אתפאר, שמתחלה הוא בחינת עבד ואח"ז הוא בחינת בני ישראלקלוכדאיתא בזוהר הקדוש (בהר קיא:): בתרין שמהן אלין אקרון ישראל לקוב"ה, עבדים דכתיב (ויקרא כה) עבדי הם.

ואקרון בנים, דכתיב (דברים יד) בנים אתם לה' אלהיכם, בזמנא דידע ליה בר נש לקודשא בריך הוא באורח כלל, כדין אקרי עבד, דעביד פקודא דמאריה, ולית להו רשו לחפשא בגניזוי וברזין דביתיה. בזימנין דידע ליה בר נש באורח פרט, כדין אקרי בן רחימא דיליה, כבן דחפיש בגניזו בכל רזין דביתיה.

ואע"ג דאקרי בן, ברא בוכרא לקוב"ה, כמה דאת אמר, בני בכורי ישראל (שמות ד׳:כ״ב), לא יפוק גרמיה מכלל עבד, למפלח לאבוי בכל פולחנין, דאינון יקרא דאבוי, והכי אצטריך לכל בר נש למהוי לגבי אבוי בן, לחפשא בגניזוי, ולמדע רזין דביתיה, ולאשתדלא אבתרייהו, ולמהוי לגבי אבוי עבד. לעיל פרשת נח אות מח, בית יעקב הכולל פרשת מקץ ד"ה והנה.:

Le sens est le suivant. De meme que le Saint, beni soit-Il, a etabli le jour et la nuit, on comprend par la que le jour non plus n'est pas complet: s'il etait complet, sa lumiere ne declinerait pas.

L'homme apprendra de la a se restreindre, afin que le desir et l'aspiration grandissent en lui chaque fois de nouveau, pour ajouter de la lumiere. Lorsqu'il s'obscurcit devant lui, il comprendra que le Saint, beni soit-Il, desire certainement lui faire heriter et lui faire gouter des nouveautes.

Ainsi trouvons-nous chez notre pere Yaakov: Joseph disparut de devant lui et il lui sembla que sa vie avait cesse. Sa subsistance aussi fut restreinte, au point qu'il dut envoyer ses fils en Egypte acheter du ravitaillement pour la famine de leurs maisons.

Et par l'attente et l'esperance, voyant qu'il y avait du ravitaillement en Egypte, il acquit aussi la vie: "Et l'esprit de Yaakov revint a la vie"; il gouta et ressentit aussi de la vie du Monde a venir. Ainsi est toujours la conduite du Saint, beni soit-Il, envers l'homme: par son service, le service d'un serviteur envers le Saint, beni soit-Il, il parvient au secret du fils.

Car lorsque l'homme est dans le secret du serviteur, il lui semble parfois qu'un jour d'obscurite lui est prepare, que son service n'est plus agreable a son maitre comme auparavant. Il attend et espere que son service soit un apaisement pour son maitre; de la il s'eleve au secret du fils.

C'est ce qui est rapporte dans le Tan'houma (Tetsaveh 4): Israel dit: "Maitre du monde, dans Ta lumiere nous voyons la lumiere, et Tu commandes d'allumer devant Toi des lampes." Rabbi Yitshak dit: a propos d'une maison pleine de lampes, le maitre de maison dit a son serviteur: "Allume-nous des lampes dans la cour", etc. Le Saint, beni soit-Il, dit: "Ce n'est pas que J'aie besoin de la lumiere des etres de chair et de sang", etc.

Cela signifie que tout commandement du Saint, beni soit-Il, procede de la grande generosite de Sa bonte: Il desire le bien de l'homme, afin que l'action soit appelee du nom du labeur de ses mains, par le service qu'il accomplit dans le secret du serviteur. Bien que le secret du fils soit au-dessus du secret du serviteur, le fils mange de ce que mange son pere et non en salaire de son acte; tandis que le serviteur mange en salaire de son acte, ce qu'il a amasse, recherche et acquis dans ce monde-ci.

Cela est agreable a l'homme: que son bien soit appele son labeur et qu'il en mange (רעותי' דמתקרי לעי ונגיס; Midrach Kohelet 4). Voir ci-dessus, paracha Bereshit, sec.

29, s.v. "Ve-khol zeh", sec.

32. Car le bien qu'un homme acquiert par son service ne lui sera plus retire, puisqu'il lui vient en salaire.

C'est ce qui est ecrit (Isaie 49,3): "Il me dit: Tu es Mon serviteur, Israel, par qui Je Me glorifierai." D'abord il est dans l'aspect du serviteur, puis dans l'aspect des fils d'Israel. Comme il est rapporte dans le saint Zohar (Behar 111a): "Par ces deux noms, Israel est appele par rapport au Saint, beni soit-Il: ils sont appeles serviteurs, comme il est ecrit (Levitique 25): 'Ils sont Mes serviteurs'; et ils sont appeles fils, comme il est ecrit (Deuteronome 14): 'Vous etes des fils pour ה' votre Elokim.' Lorsqu'un homme connait le Saint, beni soit-Il, de maniere generale, il est alors appele serviteur: il accomplit le commandement de son maitre, et il n'a pas la permission de chercher dans les tresors caches et les secrets de Sa maison.

Lorsqu'un homme Le connait de maniere particuliere, il est alors appele Son fils bien-aime, comme un fils qui cherche dans les tresors caches et tous les secrets de Sa maison. Bien qu'il soit appele fils, fils premier-ne du Saint, beni soit-Il, comme tu dis: 'Israel est Mon fils premier-ne' (Exode 4,22), il ne se retire pas de la categorie du serviteur, afin de servir son pere dans tous les services qui sont l'honneur de son pere.

Ainsi, il est necessaire a tout homme d'etre envers son pere un fils, de chercher dans Ses tresors caches, de connaitre les secrets de Sa maison et de s'y appliquer, et d'etre envers son pere un serviteur." Voir ci-dessus, paracha Noah, sec. 48, et Beth Yaakov ha-kolel, paracha Miketz, s.v.

"Ve-hine".

En bref

« Pharaon rêvait. Voici sept vaches. » Puis il rêva une seconde fois : « Voici sept épis. » Selon le Beit Yaakov, les vaches font allusion au corps de la vie, les épis à l'expansion de la vie, la nourriture et la subsistance. Après le Déluge commença le monde du tikoun : une crainte fut imprimée, que toute vie ne soit anéantie, et cette crainte réveilla Pharaon. Le rêve des épis l'effrayait, car ils ne se restreignaient pas dans la réception du bien. Joseph le Juste conseilla de se restreindre durant les années d'abondance, afin de ne pas oublier le Nom, et de se circoncire.

Aussi : le Nom met dans le cœur des craignant le désir de Sa volonté; l'espérance d'Israël est un fil sans interruption, l'exil n'est qu'apparence; 'halom et le'hem ont les mêmes lettres, et les réalités de ce monde-ci sont comme un rêve.

ופרעה חולם וגו' והנה שבע פרות וגו' וייקץ פרעה ויישן ויחלם שנית והנה שבע שבלים וגו'. הענין בזה, שאחר חלום הפרות אתער פרעה ואח"ז חלם שנית הוא, כי חלום הפרות מרמז על גוף החיים וחלום השבלים מורה על התפשטות החיים מזוני ופרנסה (כמו שנתבאר במאמרים הקודמים).

ובגוף החיים כבר נטבע יראה אחר המבול, שלא יתפשטו עוד כ"כ עד שלא ישאר שארית מכל העולם כולו. כי מאז התחיל עולם התיקון ונשבע הקב"ה שלא יביא עוד מבול לעולם, ולזה וייקץ פרעה אחר זה החלום, מפני שהיה מוטבע בו יראה שלא יתפשט כ"כ בגוף החיים עד שיאפס ממנו כל החיים, וזאת היראה הקיצה אותו.

אכן מחלום השבלים היה מתפחד, כי בזה עוד נמצא בהם התפשטות ביותר ואינם מצמצמים את עצמם בקבלת הטובה. ואחר השני חלומות נאמר והנה חלום, שנשלם כל החלום כסדר, וכענין דאיתא בזוה"ק (מקץ קצו.) דרגין כסדרן קא אתיין, שאף שבגוף החיים כבר נשבע הקב"ה שלא יביא מבול לעולם, אכן הראו לו כל הסדר מבריאת עולם ששורש חסרונו הוא בחיים, אכן לפועל יוצא החסרון על הפרנסה, וזהו דרגין כסדרן אתיין.

וכנגד אלו השני חלומות נתן להם יוסף הצדיק עצה. בענין פרנסה יעץ להם שיצמצמו את עצמם בימי השובע, והוא שיהיה להם זו הכרה שמאחר שאין הטובה שלהם, לכן לא יתפשטו את עצמם בהטובה, בכדי שלא ישכחו את השי"ת שהוא בעל הטובה, ומזה יהיה להם הויה אף בימי הרעב בעת שהשי"ת יגביה מדותיו מהם.

ובענין החיים יעץ להם שימולו את עצמם, וזאת היה גרם הגלות במה שהתפשט זאת בין המצרים עי"ז היה בהם כח למשול על ישראלקלזעיין בשער הפסוקים להאר"י הקדוש פרשת מקץ ד"ה ויאמר פרעה: אחז"ל שגזר עליהם יוסף שיקיימו מצוות המילה, והלכו ליטול עצה מפרעה, ואמר להם, כל אשר יאמר לכם תעשו.

והעניין הוא במה שנתבאר אצלנו בדרוש הפסח ויציאת מצרים (בעניין גלגול דור המבול והפלגה ומצרים) וכו'. וידע יוסף ברוח הקודש, כי הם בחי' ניצוצות הנזכר שבאו ע"י השחתת זרע, ולכן גזר עליהם מצוות המילה, לתקן קצת עוון שרשם הראשון, שבאו ע"י פגם אות ברית קודש.

ואחר שנמולו התחילו להתקן קצת, ונתגלגלו בדור האחר בבני ישראל, באותם ק"ל שנה כנזכר. ונגזר עליהם עבודה קשה לתקנם וללבנם ולצרפם וכו'.

ועיין לקוטי תורה פרשת מקץ ד"ה לכו אל יוסף., עד דאתי לוי ובדר להון כמלקדמין כדאיתא בזוה"ק (וישלח קעג.)קלחוהענין בזה הוא, שבזה שמלו את עצמן, שהוא רזא דיוסף הצדיק, עי"ז היה כח בהקליפה לשלוט על ישראל. עד שבא משה רבנו ע"ה הבא משבטו של לוי, ובדר לאינון חמורים ותבר תוקפיהון, ולקח משם את עצמות יוסף הצדיק שנקרא שור, ובירר ולקט כל הכח שהיה בהם, ובזה היה להם גאולה לישראל.

כמבואר זה לעיל פרשת וישלח אות יא ד"ה וזהו.:

" Pharaon revait... Voici sept vaches...

" Puis Pharaon s'eveilla, se rendormit et revat une seconde fois : " Voici sept epis... " Le sens en est que, apres le reve des vaches, Pharaon s'eveilla, puis revat une seconde fois.

Le reve des vaches fait allusion au corps de la vie, tandis que le reve des epis indique l'expansion de la vie, soit la nourriture et la subsistance (comme il a ete explique dans les enseignements precedents). Dans le corps meme de la vie, une crainte fut deja imprimee apres le Deluge : qu'ils ne s'etendent plus au point qu'il ne subsiste aucun reste du monde entier.

Car depuis lors commenca le monde du tikoun, et le Saint, beni soit-Il, jura de ne plus faire venir de Deluge sur le monde. C'est pourquoi Pharaon s'eveilla apres ce reve : une crainte etait imprimee en lui, qu'ils ne se deploient pas tant dans le corps de la vie que toute vie en soit aneantie; et cette crainte le reveilla.

Mais le reve des epis l'effrayait, car il s'y trouvait encore une expansion plus grande, et ils ne se restreignaient pas dans la reception du bien. Apres les deux reves, il est dit : " Voici le reve " : tout le reve s'etait accompli selon son ordre.

C'est ainsi qu'il est dit dans le Zohar (Miketz 196a) : " Les degres viennent dans leur ordre. " Bien que, quant au corps de la vie, le Saint, beni soit-Il, eut deja jure de ne plus faire venir de Deluge sur le monde, on lui montra tout l'ordre depuis la creation du monde : la racine de son manque est dans la vie, mais, dans son effet, ce manque parait dans la subsistance.

Tel est : " Les degres viennent dans leur ordre. " Face a ces deux reves, Joseph le Juste leur donna un conseil.

Au sujet de la subsistance, il leur conseilla de se restreindre durant les annees d'abondance : qu'ils reconnaissent que, puisque le bien ne leur appartient pas, ils ne se deploieront pas dans ce bien, afin de ne pas oublier le Nom, qui est le Maitre du bien. Ainsi ils subsisteront aussi durant les annees de famine, lorsque le Nom retirera d'eux Ses attributs.

Au sujet de la vie, il leur conseilla de se circoncire. Cela fut la cause de l'exil : cette expansion parmi les Egyptiens leur donna la force de dominer Israel.

Voir le Ari saint, Shaar ha-Pessoukim, parachat Miketz, sur " Pharaon dit " : nos maitres, de memoire benie, ont dit que Joseph leur decreta d'accomplir la mitsva de la circoncision. Ils allerent demander conseil a Pharaon, qui leur dit : " Tout ce qu'il vous dira, faites-le.

" Cela releve de ce qui a ete explique dans le derouch sur Pessa'h et la sortie d'Egypte, au sujet de la reincarnation de la generation du Deluge, de la Dispersion et de l'Egypte. Joseph sut par l'esprit saint qu'ils etaient les etincelles mentionnees, venues par la corruption de la semence; il leur decreta donc la mitsva de la circoncision, pour reparer quelque peu la faute de leur premiere racine, car elles etaient venues par l'atteinte a la lettre de l'alliance sainte.

Apres leur circoncision, elles commencerent un peu a etre reparees et se reincarnerent, dans la generation suivante, parmi les enfants d'Israel, durant les cent trente annees mentionnees. Un labeur dur fut decrete sur elles afin de les reparer, de les blanchir et de les epurer.

Voir aussi Likoutei Torah, parachat Miketz, sur " Allez vers Joseph ". Cela dura jusqu'a ce que Levi vint et les dispersa comme auparavant, ainsi qu'il est dit dans le Zohar (Vayichla'h 173a).

Le sens est que, par leur circoncision, qui est le secret de Joseph le Juste, la kelipa eut la force de dominer Israel. Jusqu'a ce que vienne Moché notre maitre, de paix sur lui, issu de la tribu de Levi : il dispersa ces anes et brisa leur force; il prit de la les ossements de Joseph le Juste, appele " bœuf ", et tria et recueillit toute la force qui etait en eux.

Par cela vint la delivrance pour Israel, comme il est explique plus haut, parachat Vayichla'h, paragraphe 11, sur " Et ceci est ".

וישלח פרעה ויקרא את יוסף ויריצהו מן הבור. איתא ע"ז בזוה"ק (מקץ קצד:) רבי אבא פתח ואמר רוצה ה' את יראיו את המיחלים לחסדו וכו' רוצה ה' את יראיו כתיב ולא ביראיו כמאן דרעי ברעותיה לאחרא ואתרעי ליה לאתפייסא בהדיה ובגין כך רוצה ה' את יראיו ולא ביראיו וכו'.

היינו שאם היה כתוב רוצה ה' ביראיו, הוה משמע שרוצה את היראים, אכן מאחר שכתוב את יראיו, משמע שהשי"ת נותן רצון בלב היראים לרצות את דעתם. וכן מצינו ביוסף הצדיק, אחר כל הרפתקאות שעברו עליו מקומו לא עזב, מפני שהיה בטוח בהשי"ת שאוהב אותו, וכל אלו המאורעות שעברו עליו בטח לטובתו הם, וכאב את בנו ירצה כן ירצהו השי"ת אחר כל אלין התוכחות.

וכן הוה, שאחר שנתגדל יוסף נתברר לו שלא היו לו יסורים כלל מכל אלו המאורעות, כי לגדולתו נצרכו כולם, ומכל אלו הרפתקאות שעברו עליו נעשה אצלו ד"ת שהעמיק ולמד בהם כל ימי שבתו שמה, וזהו דכתיב (זכריה ט׳:י״א-י״ב) גם את בדם בריתך שלחתי אסיריך מבור אין מים בו שובו לבצרון אסירי התקוה וגו'. בדם בריתך שלחתי אסיריך מבור אין מים בו, מדבר ביוסף הצדיק שמבור ריק נעשה אצלו באר מים חיים נבועים, ע"י שהיה נמצא בו דם ברית והוא גודל הצמצום שהיה בו ביוסף, שצמצם כל רצונותיו וכחותיו לכבוד שמים.

שובו לבצרון אסירי התקוה. תקוה הוא מלשון (יהושע ב׳:י״ח) תקות חוט השני, והוא שיש לישראל קו שמחוברים תמיד בהשי"ת שאין לו שום הפסק, כמו שנתברר אחר שהתודע יוסף אל אחיו שמעולם לא נסתר יחוסן של ישראל.

שהרי יוסף היה חי, והוא מברר כל הכחות שנמצא בישראל שהם מלאים פנימיות קדושה ואין בהם דבר רשות. ראובן מורה על שהיה בו כח הראיה, והוא ברר אותו שראייתו מלא קדושה.

יהודה מורה על השמחה שהיה בו, ויוסף ברר אותו ששמחתו הוא שמחה של מצוה, ואין באחד מכל השבטים דבר רשותקלטלעיל פרשה זו אות יח ד"ה כי כונת ובהערה קכב שם., ורק על הגוון נדמה להם שכלם נאבדו ואין להם תקוה. וגם יעקב אבינו היה לו מיחוש זה, וכמו שאמר (מקץ מג) ואני כאשר שכלתי שכלתי, ונדמה ליעקב אבינו ולכל השבטים שעומדים ומתוכחים עם שר עכו"ם המושל במצרים ויראו מפניו, אבל אח"ז נודע להם שהוא יוסף הצדיק מתחלה ועד סוף ולא שר מצרים, ולפני אחיהם הדורש טובתם היו עומדים.

וזהו ראיה לכל סבלנות ישראל שהוא רק על הגוון אבל באמת גואלם חיקמדבר זה נתבאר בארוכה בכל ספרי רבוה"ק ונביא כאן מקצת מדבריהם הקדושים. במי השלוח ח"א פרשת ויגש ד"ה ויגש [ב]:

ויהודא היה סובר שעומד לפני מלך גוי ומתוכח עמו, וכאשר שלח להם הש"י הישועה אז ראו שגם למפרע לא היו בסכנות, כי באמת היו מתוכחים עם אחיהם, וכן לעתיד כאשר יושיענו הש"י ויפדנו, אז יראה לנו ה' כי לא היינו בגלות מעולם ולא משל עלינו שום אומה רק ה' לבדו, וזה פי' הפסוק (תהילים ל״ז:י׳) ועוד מעט ואין רשע והתבוננת על מקומו ואיננו, היינו בעוד מעט יתבטל רשע, והתבוננת היינו בבינת הלב באם תרצה להבין על מקומו, ואיננו היינו תראה כי לא היה בו שום כח ממשלה עליך. ועיין עוד ח"א פ' חקת ד"ה זאת חקת, ובחלק ב' ויגש ד"ה ויאמר יוסף.

לקמן פרשת ויגש אות ג ד"ה אמנם, אות ו ד"ה לי דבר, אות י ד"ה ועל זה מרמז, אות יב ד"ה וכאשר יזרח, אמרי אמת (לובלין) פ' ויגש תרמ"ב סעודת ליל שבת, סוד ישרים שמיני עצרת אות ה, יג, תפארת יוסף מגילה (ט:) ד"ה ואף.:

Pharaon envoya appeler Joseph et le fit sortir precipitamment du puits. A ce sujet, il est dit dans le Zohar (Miketz 194b) : Rabbi Abba ouvrit et dit : " Le Nom desire ceux qui Le craignent, ceux qui esperent en Sa bonte...

Il est ecrit : 'Le Nom desire ceux qui Le craignent', et non : 'en ceux qui Le craignent', comme celui qui veut la volonte d'un autre et veut se reconcilier avec lui; c'est pourquoi : 'Le Nom desire ceux qui Le craignent', et non : 'en ceux qui Le craignent'. " Autrement dit, s'il etait ecrit : " Le Nom desire en ceux qui Le craignent ", cela signifierait qu'Il desire les craignant; mais puisqu'il est ecrit : " ceux qui Le craignent ", cela signifie que le Nom met dans le cœur des craignant le desir de vouloir Sa volonte.

Ainsi en fut-il de Joseph le Juste : apres toutes les aventures qui lui survinrent, il ne quitta pas sa place, car il etait assure que le Nom l'aimait, et que tous les evenements qu'il traversait etaient certainement pour son bien. Comme un pere agreera son fils, ainsi le Nom l'agreerait apres toutes ces reprimandes.

Et il en fut ainsi : apres que Joseph eut grandi, il lui devint clair qu'il n'avait souffert aucune souffrance de tous ces evenements, car tous etaient necessaires a sa grandeur. De toutes les aventures qu'il traversa, il fit pour lui des paroles de Torah, qu'il approfondit et etudia durant tous les jours qu'il y demeura.

C'est ce qui est ecrit : " Toi aussi, par le sang de ton alliance, J'ai renvoye tes captifs du puits sans eau. Revenez a la forteresse, captifs de l'esperance...

" (Zacharie 9,11-12). " Par le sang de ton alliance, J'ai renvoye tes captifs du puits sans eau " parle de Joseph le Juste : le puits vide devint pour lui une source d'eaux vives jaillissantes, par le sang de l'alliance qui etait en lui, soit l'extreme contraction de Joseph, qui restreignit tous ses desirs et ses forces pour l'honneur du Ciel.

" Revenez a la forteresse, captifs de l'esperance. " L'esperance (tikva) est de la meme racine que " le cordon de fil ecarlate " (Josue 2,18) : Israel possede un fil qui le relie toujours au Nom et qui ne connait aucune interruption.

Cela fut eclairci lorsque Joseph se fit connaitre a ses freres : la filiation d'Israel n'avait jamais ete voilee. Joseph etait vivant, et il clarifie toutes les forces qui se trouvent en Israel : elles sont pleines de saintete interieure et ne contiennent rien de facultatif ou de profane.

Ruben indique la force de la vue qui etait en lui, et Joseph la clarifia : sa vue est pleine de saintete. Juda indique la joie qui etait en lui, et Joseph la clarifia : sa joie est une joie de mitsva.

Aucun des tribus ne contient quoi que ce soit de facultatif ou de profane (voir plus haut dans cette paracha, paragraphe 18, sur " car l'intention ", et note 122). Mais, selon l'apparence, il leur sembla qu'ils etaient tous perdus et sans esperance.

Yaakov notre pere ressentit aussi cette douleur, comme il dit : " Et moi, de meme que j'ai ete prive d'enfants, je serai prive d'enfants " (Miketz 43). Yaakov notre pere et toutes les tribus croyaient se tenir et debattre avec le prince d'une nation idolatere qui gouvernait l'Egypte et ils le craignaient; mais ensuite ils surent que c'etait Joseph le Juste, du commencement a la fin, et non le prince d'Egypte, et qu'ils se tenaient devant leur frere qui recherchait leur bien.

C'est une preuve pour toute la patience d'Israel : ce n'est qu'une apparence, mais, en verite, leur liberateur les tient dans Son sein. Ce point est longuement explique dans tous les livres de nos maitres saints; nous en rapporterons une partie.

Dans Mei ha-Chiloa'h I, parachat Vayigach, sur " Vayigach " [2] : Juda pensait se tenir devant un roi non-juif et discuter avec lui; mais lorsque le Nom leur envoya le salut, ils virent aussi retrospectivement qu'ils n'avaient jamais ete en danger, car, en verite, ils discutaient avec leur frere. De meme, dans l'avenir, lorsque le Nom nous sauvera et nous rachetera, le Nom nous fera voir que nous n'avons jamais ete en exil et qu'aucune nation n'a jamais domine sur nous, seul le Nom.

Tel est le sens du verset : " Encore un peu, et il n'y aura plus de mechant; tu observeras son lieu, et il ne sera plus " (Psaumes 37,10). " Encore un peu " : le mechant s'annulera.

" Tu observeras ", c'est par l'intelligence du cœur, si tu veux comprendre son lieu; " et il ne sera plus ", c'est que tu verras qu'il n'avait aucune force de domination sur toi. Voir encore I, parachat 'Houkat, sur " Ceci est le decret ", et II, Vayigach, sur " Joseph dit "; plus bas, parachat Vayigach, paragraphes 3, 6, 10 et 12; Imrei Emet (Lublin), Vayigach 5642, repas de la nuit de Chabbat; Sod Yesharim, Chemini Atseret, paragraphes 5 et 13; Tiferet Yosef, Meguila 9b, sur " Et meme ".

ויאמר פרעה אל יוסף וגו' ואני שמעתי עליך לאמר תשמע חלום לפתור אותו. תשמע חלום היינו שיש בך מבינות לסדר את החלום כפי הפנימיות שנמצא בו.

והענין הוא, כי חלם הוא אותיות לחם אתוון דדין כאתוון דדין, וכמו שלחם משביע את האדם, ומהו שביעתו הד"ת נמצא בפנימיות הלחם, זהו משביע לכל חי, אכן בעוה"ז לא נראה מפורש הד"ת שנמצא בפנימיות הלחם, רק לעתיד אז יתגלה הד"ת שנמצא בהלחם, ויכירו וידעו שכל עיקר השביעה הוא רק מהד"תקמאכמבואר לעיל פרשת וישלח אות כג ד"ה והנה: כמו אם יאכל אדם פת יסעד לבו ואם ישתה יין ישמחו, אבל מהות הדבר מה זה ועל מה זה, למה הפת מסעד והיין משמח, אין בזה שום הבנה לאדם.

ולעתיד יראה אדם מפורש ושום שכל החיות שנמצא בהלחם והיין, שכל כח המחיה הוא כמו החיות מהדברי תורה, שמזה שהשי"ת צופה על הלחם והיין בתמידות ומשגיח עליהם, לזה נמצא כח בלחם להחיות נפש אדם.. וכן הציב השי"ת בעוה"ז ענין חלום, שיוכל אדם לראות במעט רגע בחלום מה שבהקיץ לא היה רואה במשך כמה וכמה שנים, כמו שפרעה ראה בחלום מה שיהיה במשך ארבע עשרה שנה.

וכן הם כל פעולות המצות שצוה השי"ת לעשותן בפועל ולא בכונה לבד, כי בפנימיות הפעולה נמצא בהעלם אור רב, מה שבכונה בלבד לא ישיג אדם גודל שפעת האור אף במשך כל ימי חייו, וזהו דכתיב (תהילים קכ״ו:א׳) שיר המעלות בשוב ה' את שיבת ציון היינו כחולמים, היינו שאז יפתח הש"י את האור הנמצא בהעלם בפעולות המצות, אזי נדע ונראה, שכל הידיעות והכוונות שהיו לנו בעוה"ז היו כדוגמת החלום שיוכל להמצא בו בהעלם ידיעה מה שיהיה במשך כמה שניםקמבמקור הדברים במי השלוח ח"א פרשת מקץ ד"ה תשמע חלום: כי כל עניני עוה"ז הם כחלום הצריך פתרון וכמו שיפתור לו האדם כן יקום אצלו, והאדם המבין בכל כי הכל הוא רק מהש"י ורק ממוצא פיו יחיה הכל, זה מבין טעם בכל דבר ומגיע לחיים אמיתיים, כמו לחם העיקר המחיה הנמצא בו הוא המוצא פי ה' ומי שאוכל פשוט כבהמה, אינו משיג מהלחם רק חיי עוה"ז, והמבין כי מוצא פי ה' הוא המחיה זה ישיג חיי עולם, כי לחם הוא אותיות חלם היינו שצריך פתרון, וכן הוא כל הנאות, כי כל ההנאות והטובות שבעולם נמשלין ללחם.

ועיין עוד הרחבת עניין החלום לעיל פרשת תולדות אות יג ד"ה כמו מצות וד"ה והנה, פ' ויצא אות ו, פרשה זו אות ו.:

Pharaon dit a Joseph : " ... J'ai entendu dire de toi : tu entends un reve pour le resoudre.

" " Tu entends un reve " signifie qu'il est en toi une intelligence capable d'ordonner le reve selon l'interiorite qui s'y trouve. Le sens est que 'halom' (חלם, reve) est compose des memes lettres que 'le'hem' (לחם, pain), les lettres de l'un correspondant a celles de l'autre.

De meme que le pain rassasie l'homme, qu'est-ce qui le rassasie? Les paroles de Torah qui se trouvent dans l'interiorite du pain, comme il est dit : " Il rassasie tout vivant ".

Mais, dans ce monde-ci, les paroles de Torah qui se trouvent dans l'interiorite du pain ne sont pas manifestes. Dans l'avenir, les paroles de Torah qui sont dans le pain se reveleront, et l'on reconnaitra et saura que toute la satiete ne vient que des paroles de Torah.

Comme il est explique plus haut, parachat Vayichla'h, paragraphe 23, sur " Et voici " : si un homme mange du pain, son cœur est soutenu; s'il boit du vin, il est rejoui. Mais quelle est l'essence de la chose, qu'est-ce donc, et pourquoi?

Pourquoi le pain soutient-il et le vin rejouit-il? L'homme n'en a aucune intelligence.

Dans l'avenir, l'homme verra manifestement et comprendra toute la force de vie qui se trouve dans le pain et le vin : toute force vivifiante est semblable a la vie des paroles de Torah. Car le Nom regarde continuellement le pain et le vin et les surveille; c'est pourquoi le pain a la force de vivifier l'ame de l'homme.

Le Nom a aussi etabli dans ce monde la realite du reve : en un bref instant, l'homme peut voir en reve ce qu'il ne verrait pas, eveille, durant de nombreuses annees, comme Pharaon vit en reve ce qui devait arriver durant quatorze ans. Il en est ainsi de tous les actes des mitsvot que le Nom a ordonne d'accomplir dans l'action, et non par la seule intention : dans l'interiorite de l'acte est cachee une grande lumiere, dont l'homme n'atteindrait pas l'abondance, par la seule intention, durant tous les jours de sa vie.

C'est ce qui est ecrit : " Chant des montees. Quand le Nom ramena le retour de Sion, nous etions comme des reveurs " (Psaumes 126,1).

Alors le Nom ouvrira la lumiere cachee dans les actes des mitsvot; nous saurons et verrons alors que toutes les connaissances et les intentions que nous avions dans ce monde-ci etaient semblables au reve, dans lequel peut se trouver, cachee, la connaissance de ce qui arrivera durant de nombreuses annees. La source de ces paroles est dans Mei ha-Chiloa'h I, parachat Miketz, sur " Tu entends un reve " : toutes les realites de ce monde-ci sont comme un reve qui exige une interpretation; et selon que l'homme le resout, ainsi il se realisera pour lui.

L'homme qui comprend en toute chose que tout ne vient que du Nom et que tout ne vit que de ce qui sort de Sa bouche, comprend la saveur de chaque chose et parvient a la vie veritable. Ainsi, dans le pain, l'essentiel de ce qui vivifie est ce qui sort de la bouche du Nom.

Celui qui mange simplement, comme une bete, ne recoit du pain que la vie de ce monde-ci; mais celui qui comprend que ce qui sort de la bouche du Nom est ce qui vivifie, atteindra la vie eternelle. Car 'le'hem' (לחם, pain) est les memes lettres que 'halom' (חלם, reve), ce qui signifie qu'il exige une interpretation.

Il en est de meme de tous les plaisirs : tous les plaisirs et tous les biens du monde sont compares au pain. Voir encore l'elargissement sur le reve plus haut, parachat Toledot, paragraphe 13, sur " comme les mitsvot " et " Et voici "; Vayetse, paragraphe 6; et cette paracha, paragraphe 6.

En bref

« Mieux vaut l'homme humble qui a un serviteur que celui qui se donne des honneurs et manque de pain » (Proverbes 12,9). Pour le Beit Yaakov, Joseph le juste reconnaît n'avoir de lui-même ni fortune ni bien ; les nations se répandent sans frein dans le bien que D.ieu dispense. En ce monde une autorisation est donnée, puis D.ieu contracte Son influence ; chacun doit se préparer une subsistance pour les jours de famine, afin que ses jours se prolongent jusqu'à l'abondance renouvelée. Israël, qui se contracte et se borne, mérite la vie du monde à venir. La chemita (année sabbatique) et le yovel (jubilé) répartissent cette contraction tous les sept ans, afin qu'ils puissent la supporter.

Aussi : le soleil de justice qui guérit les justes et juge les impies ; bonne source et mesure du juste pour qu'une chose soit permise, Ismaël et Ésaü ; le songe de Pharaon, la circoncision apparente et le tri à l'avenir.

טוב נקלה ועבד לו ממתכבד וחסר לחם (משלי י״ב:ט׳). נקלה ועבד לו דא יוסף הצדיק, שהכיר שאין לו מצדו שום הון ורכוש.

מתכבד וחסר לחם, היינו האומות שמתפשטים בגודל זרם בהטובה שהשי"ת משפיע להם בלי שום מעצור. והענין הוא, דהנה השי"ת נתן כל הטובות והשפעות בין האומות, והם מתפשטים בהטובות בלי שום גדר וצמצום.

ובעוה"ז הציב השי"ת שרשות נתונה לאדם ויוכל להתפשט כפי שירצה, ואח"ז מצמצם השי"ת השפעתו ונוטל הכל בחזרה, ואחר זה הצמצום ישפיע השי"ת מחדש גודל שפעו. לכן יראה כל איש בימי חייו בעוה"ז שרשות נתונה בידו, יבחר בטוב וימאס ברע ויכין לעצמו מחיה לימים האמצעים שהצמצום מתגדל בהם, ואזי ימיו יאריכון לימי השובע שהשי"ת יתן מחדש שפעת טובה בהם.

אכן מי שאין לו זה המבינות להכין לעצמו מימי השובע לימי הרעב, יפסקו חייו בימי הצמצום ולא יוכל להגיע לימי השובע שיבאו אח"ז. ולזה נאמר במתן שכר קיום מצות בעוה"ז למען יאריכון ימיך (עקב יא), ולא נאמר מה טובה יהיה באותן הימים, מאי משמע, שזהו העיקר לזכות להאריך ימים בימי הצמצום ולהגיע לשפעת טובה שיהיה מחדש לעוה"ב, וע"י הצמצומים והגדרים מקיום מצות השי"ת בעוה"ז יהיה לאדם חיים אף בימי הצמצום.

לזה ישראל שיש להם זה המבינות ומצמצמים את עצמם בעוה"ז, ומגבילים וגודרים את עצמם שלא להתפשט בימי השובע, יזכו לחיי עוה"ב, שיאריכו ימיהם בימי הצמצום והרעב עד שיגיעו לימי השובע שיהיה מחדשקמגלעיל פרשת חיי אות כב.. והעכו"ם שמתפשטים את עצמם בלי שום גבול בעוה"ז, שהם ימי השובע, ואין להם שום הכנת טובה וחיים לימי הרעב, יפסק חייהם בימי הרעב ולא יוכלו להגיע לאותן הימים בעוה"בקמדעיין לקמן פרשת ויגש אות לג..

וע"ז מרמז ג"כ מה שצוה השי"ת שמטה ויובל, שע"י שיקיימו זאת בארץ יהיה להם חיים בלי הפסק. אבל אם לא יקיימו שבתות הארץ ינטל מהם בחזרה כל הארץ, וכדכתיב (בחקתי כו) אז תרצה הארץ את שבתותיה.

לכן נתן הקב"ה עצה לישראל שיחלקו את גודל זה הצמצום לכל שבע שנה בכדי שיוכלו לסבולקמהוזה לשון התורת כהנים פרשת בחוקותי פרשה ב: אז תרצה הארץ את שבתותיה אני אמרתי לכם שתהו זורעים שש ומשמטים לי אחת, בשביל שתדעו שהארץ שלי היא ואתם לא עשיתם כן, אלא עמדו וגלו ממנה והיא תשמט מאיליה כל שמיטים שהיא חייבת לי שנאמר אז תרצה הארץ את שבתותיה כל ימי השמה, כל ימי הושמה תשבות.

ומבואר זאת לעיל פרשת נח אות לה: בזמן שהאדם מקבל הטובה המזומנת לחלקו בהדרגה ובהמתנת זמן, אז מתקיימת אצלו לאורך ימים ושנים, ויוכל לעמוד בה כנגד מה שהיה לו סבלנות וצמצומים מקבלת הטובה.

אבל אם האדם מתפשט עצמו וחוטף אותה טובה בבת אחת, הוא מוכרח לקבל גם ההפסקה מהטובה בבת אחת מה שאין בכחו ונכלה מאליו. וכענין שמצינו במצות שמיטה, שענינה שהאדם יצמצם עצמו בכל היקף שבעה שנה אחת, שיאכל תבואת שדהו בהדרגה ובצמצום ובהפסקה שלא יחטוף הטובה בבת אחת, שעי"ז יוכל לעמוד בשדהו לעולם.

וכאשר עברו על מצוה זו נתחייבו גלות שבעים שנה כנגד שנות השמטה, וכדכתיב (בחקותי) אז תרצה הארץ את שבתותיה, וכדאיתא (בתו"כ) ולא היה ע"ד העונש רק מידם בעצמם היתה זאת להם, שמפני שלא נתנו הפוגות לקבלת הטובה ואכלו כל השנים הזריעות בבת אחת, התחייב מעתה שיקבל שנות ההפסקות והשמטות ג"כ בבת אחת, ונעשה ארצם שממה ונגלו מתוכה.:

Mieux vaut l'homme humble qui a un serviteur que celui qui se donne des honneurs et manque de pain (Proverbes 12,9). "Humble et ayant un serviteur", c'est Joseph le juste, qui reconnaissait qu'il ne possedait, de son propre chef, ni fortune ni bien.

"Celui qui se donne des honneurs et manque de pain", ce sont les nations qui se repandent dans le grand flot du bien que le Nom leur dispense, sans aucun frein. Voici le sens.

Le Nom a place tous les biens et toutes les influences parmi les nations, et elles se repandent dans ces biens sans aucune limite ni contraction. Dans ce monde, le Nom a etabli que l'homme dispose d'une autorisation et peut se repandre comme il le veut; ensuite, le Nom contracte Son influence et reprend tout.

Apres cette contraction, le Nom dispensera de nouveau la grandeur de Son abondance. C'est pourquoi chaque homme doit voir, durant sa vie en ce monde, qu'une autorisation est donnee entre ses mains: qu'il choisisse le bien, rejette le mal et se prepare une subsistance pour les jours intermediaires, lorsque la contraction s'y renforce.

Alors ses jours se prolongeront jusqu'aux jours de satiete, dans lesquels le Nom donnera de nouveau l'influence du bien. Mais celui qui n'a pas cette intelligence de se preparer, des jours de satiete aux jours de famine, sa vie s'interrompra aux jours de la contraction et il ne pourra atteindre les jours de satiete qui viendront ensuite.

C'est a ce propos qu'il est dit, dans la recompense de l'accomplissement des mitsvot en ce monde: "afin que vos jours soient prolonges" (Deuteronome 11); et il n'est pas dit quel bien il y aura en ces jours. Qu'est-ce que cela indique?

Que l'essentiel est de meriter de prolonger ses jours aux jours de contraction et d'atteindre l'influence du bien qui sera renouvelee pour le monde a venir; et par les contractions et les limites de l'accomplissement des mitsvot du Nom en ce monde, l'homme aura une vie meme aux jours de contraction. C'est pourquoi Israel, qui possede cette intelligence et se contracte en ce monde, se limite et se borne afin de ne pas se repandre aux jours de satiete, merite la vie du monde a venir: ses jours se prolongeront aux jours de contraction et de famine, jusqu'a ce qu'il atteigne les jours de satiete qui seront renouveles [143: voir plus haut, paracha Hayye Sarah, passage 22].

Quant aux idolatres, qui se repandent sans aucune limite en ce monde - les jours de satiete - et ne se preparent aucun bien ni aucune vie pour les jours de famine, leur vie s'interrompra aux jours de famine et ils ne pourront atteindre ces jours du monde a venir [144: voir plus bas, paracha Vayigash, passage 33]. C'est aussi a cela que fait allusion ce que le Nom ordonna: la chemita (annee sabbatique) et le yovel (jubile).

Par leur accomplissement dans le pays, ils auront une vie sans interruption. Mais s'ils n'observent pas les sabbats de la terre, toute la terre leur sera reprise, comme il est ecrit: "Alors la terre se plaira en ses sabbats" (Levitique 26).

Le Saint, beni soit-Il, donna donc a Israel le conseil de repartir cette grande contraction sur chaque periode de sept ans, afin qu'ils puissent la supporter [145. Voici les paroles du Torat Kohanim, Behoukotai, section 2: "Je vous ai dit: semez pendant six ans et laissez-en une en jachere pour Moi, afin que vous sachiez que la terre est a Moi et que vous ne l'avez pas fait.

Levez-vous donc et soyez exiles loin d'elle; elle laissera alors d'elle-meme en jachere tous les annees sabbatiques qu'elle Me doit, comme il est dit: 'Alors la terre se plaira en ses sabbats'; tous les jours de sa desolation, elle chamera." Cela est explique plus haut, paracha Noa'h, passage 35: lorsque l'homme recoit graduellement et en attendant son heure le bien prepare pour sa part, ce bien subsiste aupres de lui pendant de longs jours et de longues annees; il peut y tenir en raison de la patience et des contractions qu'il a eues dans la reception du bien. Mais si l'homme se repand et s'empare de ce bien tout d'un coup, il doit aussi recevoir tout d'un coup son interruption d'avec le bien, ce qui n'est pas en sa force, et il est de lui-meme aneanti.

C'est ainsi que nous trouvons la mitsva de chemita: son sens est que l'homme se contracte une annee sur l'ensemble de sept ans, mange la recolte de son champ graduellement, dans la contraction et avec interruption, sans s'emparer du bien tout d'un coup; ainsi il pourra subsister et se maintenir dans son champ a jamais. Lorsqu'ils transgresserent cette mitsva, ils devinrent passibles d'un exil de soixante-dix ans, en regard des annees de chemita, comme il est ecrit dans Behoukotai: 'Alors la terre se plaira en ses sabbats'; et comme il est rapporte dans le Torat Kohanim.

Ce n'etait pas sous l'aspect d'une punition, mais cela leur venait d'eux-memes: parce qu'ils n'avaient pas menage de pauses dans la reception du bien et avaient mange en une fois toutes les annees de semailles, ils etaient desormais obliges de recevoir egalement en une fois les annees d'interruption et de chemita; leur terre devint desolee et ils en furent exiles.].

כי הנה החשך יכסה ארץ וערפל לאומים ועליך יזרח ה' וגו' (ישעיהו ס׳:ב׳). וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה ומרפא וגו' (מלאכי ג׳:כ׳).

הענין בזה, כדאיתא בש"ס (נדרים ח:) שבזה עצמו צדיקים מתרפאין ורשעים נדונין. והוא שהשי"ת משפיע בטובת עין, ויוכל האדם להתפשט בהטובה עד שידמה לו שהוא בעל הבית.

ולעתיד כשיבא יום ה' הגדול והנורא, שהקב"ה יוציא חמה מנרתקה, אין באופן שיהיה אז לאדם קיום והויה בעולם כי מי יכילנו, אכן מי שמצמצם את עצמו בעוה"ז שלא להתפשט בהטובה, אך להכיר אף בעוה"ז את כבוד ה', שרק השי"ת הוא בעה"ב בעולם הזה וממנו הם כל הטובות, ממילא יהיה לו מקום גם אז להתקיים בעולםקמואיתא בדובר צדק למרן רבי צדוק הכהן מלובלין זי"ע דף י. ד"ה והם (הובאו דבריו בלקוטי מי השלוח פ' אמור):

ובא השמש וטהר. ושמעתי פירושו וכשיבוא השמש ע"ד כי שמש ומגן ה' אלוקים (תהלים פד).

וכן אמרו ז"ל (ע"ז ג':) לעתיד לבא יוציא הקב"ה חמה מנרתיקה והיא שמש צדקה ומרפא [לקודם] בכנפיה לצדיקים אז יהיה הטהרה הגמורה.. והרשעים שאין בהם זה הדעת, ומתפשטין בהטובה שבידם בעולם הזה בגודל זרם, ונדמה להם שרק הם בעלי הטובה ולא ה' פעל כל זאת, ממילא כשיזריח השי"ת את כבודו לעתיד, ילהט אותם היום הבא ולא ישאר מהם שארית בארץ, וכמו שנאמר (ישעיהו ב׳:י״ח) והאלילים כליל יחלוף.

לזה בישראל נאמר, שאף בעת החשך יכסה ארץ וערפל לאומים יזרח עליהם ה', מפני שנותנים מקום להשי"ת בעולם הזה להמליכו עליהם:

Car voici: les tenebres couvriront la terre et l'obscurite les peuples; mais sur toi le Nom se levera, etc. (Isaie 60,2).

"Pour vous qui craignez Mon Nom se levera le soleil de justice, apportant la guerison, etc." (Malachie 3,20). Le sens en est, comme il est rapporte dans le Talmud (Nedarim 8b), que par cette meme chose les justes sont gueris et les impies juges.

Le Nom dispense en effet avec un bon regard, et l'homme peut se repandre dans le bien jusqu'a se figurer qu'il en est le maitre. A l'avenir, lorsque viendra le grand et redoutable jour du Nom, ou le Saint, beni soit-Il, sortira le soleil de son fourreau, l'homme ne pourra alors subsister ni etre dans le monde: qui pourrait le contenir?

Mais celui qui se contracte en ce monde afin de ne pas se repandre dans le bien, et reconnait deja en ce monde l'honneur du Nom - que seul le Nom est le maitre de ce monde et que tous les biens viennent de Lui - aura donc alors aussi une place pour subsister dans le monde [146. Il est rapporte dans Dover Tsedek de notre maitre Rabbi Tsadok ha-Cohen de Lublin, de memoire benie, p.

10, debut de "Vehem" (ses paroles sont citees dans Likoutei Mei ha-Shiloa'h, paracha Emor): "Et le soleil se couchera et il sera pur." J'ai entendu l'explication: "lorsque le soleil viendra", selon "Car le Nom Elokim est soleil et bouclier" (Psaumes 84); et nos maitres ont aussi dit (Avoda Zara 3b): a l'avenir, le Saint, beni soit-Il, sortira le soleil de son fourreau; il sera pour les justes un soleil de justice et de guerison dans ses ailes, et alors sera la purification complete.]. Les impies, qui n'ont pas cette connaissance et se repandent dans le bien qu'ils ont en ce monde avec un grand flot, s'imaginent qu'ils sont seuls les maitres du bien et que ce n'est pas le Nom qui a accompli tout cela.

Par consequent, lorsque le Nom fera luire Son honneur a l'avenir, le jour qui vient les embrasera et il ne restera d'eux aucun reste sur la terre, comme il est dit: "Et les idoles disparaitront entierement" (Isaie 2,18). C'est pourquoi il est dit d'Israel que, meme lorsque les tenebres couvriront la terre et l'obscurite les peuples, le Nom luira sur eux, parce qu'ils donnent au Nom une place en ce monde pour Le faire regner sur eux.

הנה בבריאת עולם נאסרו כל בעל חי עד נח. כי בכל דבר היתר צריך להיות בו שני דברים, שיולד ממקור טוב, ושיהיה בו מדת צדיק שלא להתפשט ביותר.

כי אם יהיה בו רק אחד מאלו השנים אינו מבורר עוד להיתרקמזוהענין, כי דורות הראשונים שלפני המבול, מחמת שהיו קרובים להתחלת הבריאה, נמצא בהם ג"כ חוקים קבועים וכחות עצומים, עד שהיו נעדרי הבחירה. שמפני גודל הבטחון ותקיפות שהיה להם מצד שהיו קרובים למאצילם, לא נתנטע בהם עוד כח הבחירה לצמצם עצמם מתאות נפשם, מאחר שידעו מפורש שכל התשוקות והחמדות שנצמח בנפשם סיבתם הוא הבורא ב"ה, שהרי הקב"ה ברא הכל.

ורק אחר חורבן המבול נתנטע יראה בלב הנשארים לאחוז בצמצום ידם, ע"כ ידעו שמעתה בחר השי"ת במשפטים ולא בחוקים, ומשפט נמצא רק בנפש האדם בלבד, והיו כל הברואים רצים אחריו ומסרו עצמם מדעתם ליד האדם. שכאשר השי"ת בוחר בכח של איזה בריה שהוא מדוגל בה, אזי כל הברואים כולם רצים אחר זה ומרוצים להתכלל בצורתו.

כמבואר לעיל פ' נח אות מב עיי"ש כל העניין.. כגוונא דמצינו בישמעאל ועשו, שאף כי נולדו משרש טוב מאברהם ויצחק, אכן מפני שלא היה בהם מדת צדיק והתפשטו מצדם אזי אבד מהם כל היחוסקמחאיתא בבית יעקב שמות פרשת בשלח אות קז ד"ה ולהבין וז"ל:

ולהבין האיך שיצחק ורבקה צדיקים כמותם, יצא מהם דבר רע כעשו זה, ודאי שיצחק ורבקה לא הולידו רע ח"ו, כי הניחו בו כוונה טובה. אכן הנקודה הראשונה שהולידו התולדה שלו כמו שהם הולידו אותו וכמו שיצא מבטן אמו, זה בודאי היה טוב.

אכן מה שנתגדל ונתפשט התולדה מצדו מעצמו וכו' זה הוא רע גמור וכו' והוא התפשט זאת המדה, ונתלבש בהסתעפות לבושים זרים, מה שעשו הוסיף מעצמו, אז נעשה רע גמור. ועיין לעיל פ' תולדות אות נא, פ' וישב אות ח ובהערה עג שם..

עד אשר נולדו שנים עשר בני יעקב, שלידתן הוא משרש טוב יעקב אבינו, ובכל אחד מהשבטים היה כלול מדת יוסף הצדיק, כדכתיב (וישב לז) אלה תולדות יעקב יוסף, שעם כל אחד ואחד מהתולדות היה גם בחינת יוסף הצדיק מדת הצמצום, והם היו בנין שלם מטה שלמה בלי שום פסולת, והיה להם גודל בטוחות ותקיפות ולא נתייראו משום דבר בעולםקמטענין יוסף הצדיק ששומר יחוסן של ישראל נתבאר בארוכה לעיל בפרשת וישב עיין שם אות ו ד"ה וזה הוא, אות ח ד"ה וזהו דכתיב, אות יג, יז.. אכן כל יראתם הוא רק פן יסתר ויתעלם מהם יוסף הצדיק.

כמו כאן אחר מכירת יוסף הצדיק, שנעלם מבין השבטי ישרון, אז נתהוה להם כל המיחושים, ונדמה להם שח"ו נאבד יוסף הצדיק לגמרי. אבל אם לא היה בחינת יוסף הצדיק בהעלם, אזי לא היה חולם לפרעה חלום זה.

וכדאיתא בכתבי האר"י הק' ז"ל שזה החלום רומז לעלמין דאתחרבו, שהיה בהם מלוכה ומיתה, וימלוך וימת, תחלתן שלוה וסופן יסורין. אבל בעולם התיקון כתיב (בראשית א׳:ה׳) ויהי ערב ויהי בקר, ברישא חשוכא והדר נהורא, וחלום פרעה מרמז על ביטול עלמין דאתחרבו תחלתו שלוה וסופו יסורין, שכן חלם לו מתחלה שובע גדול בלי שום צמצום, ואחר השובע רעב גדול בלי שום זכרון מטובה.

אמנם באמת בהסתר היה נמצא יוסף הצדיק עוד בעולם, לזה נתגלגל הסבה שלא הבין שום חכם מחכמי פרעה את החלום, עד שבא יוסף הצדיק, שהוא באמת ההיפך מזה, והבין את החלום על בוריו, ונתן להם עצה והיה האכל לפקדון, שלא יתפשטו את עצמם כ"כ בימי השובע, ויכינו מימי השובע לימי הרעב, ועי"ז יהיה להם הויה והתקיימות אף בימי הרעב. ואח"כ נרקבה תבואתן שהטמינו לעצמם, ואף שהכניס בהם מעט יראה, אכן כל הבנתן בהיראה היה רק בעניני עוה"ז, עת שובע ועת רעב.

ועיקר היראה הוא שידע אדם שנמצא עולם אחר, וזה העולם הוא רק מעבר שעל ידו יוכלו לבא לעוה"ב, והם אחזו רק בעולם הזה שהוא רק דמיון וגוון, לכן נרקבה תבואתן ובאו ליוסף שיתן להם לחם, שיהיה להם הויה וקיום בעולם. אמר להם לכו ומולו עצמכם, שיצמצמו את עצמם בשרש צמצום בגוף החיים.

ומזה התחילה הגלות, מאחר שעל הגוון נמולו גם המצריים כישראל, ואף שבשרש הוא שישראל נמולים ומוסרים כל כח החיים והרכוש שלהם להש"י ברצון טוב, ואין אומרים לנפשם אני. משא"כ העכו"ם שכל הצמצום שלהם מלא זמה ועצת חטאין בכדי שישיגו כל תאות לבם, לזה הם מצמצמין את עצמם, אבל באמת הם אומרים אני ואפסי עוד, לזה לעתיד כשיפתח השי"ת ויגלה לעין כל ראו עתה כי אני אני הוא, אזי יהיה לישראל הויה וקיום, מאחר שאף בעולם הזה נתנו מקום להכיר שרק השי"ת מנהג כל ונותן להם כח לעשות חיל, אבל העכו"ם יתבטלו לגמרי אז, מאחר שאומרים לנפשם אניקנלעיל פרשה זו אות ט ד"ה וזה הוא וד"ה ולזה יוסף הצדיק, אות כג..

אכן בעולם הזה הדבר צריך בירור, כי על הגוון כך הם נמולים כישראל, ומזה הוא כל הסבלנות, וכדאיתא בזוה"ק (וארא לב.) ששר ישמעאל עומד למעלה וטוען לפני השי"ת, מאחר שאמרת שמי שיהיה בו זו המצוה, היינו ברית מילה, יהיה לו חלק בשורש האור, וישמעאלים ג"כ נמולים כישראל. אמנם כ"ז הוא רק בעולם הזה שצריך בירור, אבל לעתיד יברר הקב"ה ויפתח סגור לבם להראות שבאמת אין בהם כלל מצוה הזאת ורק בישראל היאקנאכמבואר לעיל פרשה זו אות יח ד"ה כי כונת ובהערה קכ שם.:

Voici: lors de la creation du monde, tout etre vivant fut interdit jusqu'a Noa'h. Car, pour qu'une chose soit permise, deux elements doivent s'y trouver: qu'elle naisse d'une bonne source, et qu'elle porte la mesure du juste, qui est de ne pas se repandre excessivement.

Si un seul de ces deux elements s'y trouve, elle n'est pas encore triee pour etre permise [147. Le sens est que les generations premieres, anterieures au deluge, etaient proches du commencement de la creation; il se trouvait donc aussi en elles des lois fixes et des forces puissantes, jusqu'a les priver de libre choix.

En raison de la grande assurance et de la force qu'elles avaient, du fait de leur proximite avec leur Emanateur, la force de choisir de se contracter devant les desirs de leur ame n'avait pas encore ete plantee en elles. Car elles savaient explicitement que la cause de tous les desirs et convoitises qui poussaient dans leur ame etait le Createur, beni soit-Il, puisque le Saint, beni soit-Il, a tout cree.

Ce n'est qu'apres la destruction du deluge que la crainte fut plantee dans le cœur des survivants, afin qu'ils retiennent leur main par la contraction. Ils surent donc que desormais le Nom avait choisi les mishpatim (lois de jugement) et non les houkim (decrets); or le mishpat ne se trouve que dans l'ame de l'homme.

Tous les etres crees couraient alors apres lui et se livraient sciemment entre les mains de l'homme. Car lorsque le Nom choisit la force dans laquelle une creature est eminente, toutes les creatures courent apres elle et sont disposees a s'inclure dans sa forme.

Cela est explique plus haut, paracha Noa'h, passage 42; voir tout le sujet.]. C'est de meme que nous trouvons Ismael et Esau: bien qu'ils soient nes d'une bonne racine, Abraham et Its'hak, puisqu'ils n'avaient pas la mesure du juste et se repandirent d'eux-memes, toute leur filiation fut perdue [148.

Il est rapporte dans Beit Yaakov, Exode, paracha Beshala'h, passage 107, debut de "Oulehavin": "Pour comprendre comment Its'hak et Rebecca, justes comme ils l'etaient, ont pu faire sortir d'eux une mauvaise chose telle qu'Esau: assurment, Its'hak et Rebecca n'ont pas engendre le mal, a D.ieu ne plaise, car ils avaient mis en lui une intention bonne. Le premier point qui engendra sa descendance, comme ils l'engendrerent et comme il sortit du ventre de sa mere, etait certainement bon.

Mais ce que cette descendance grandit et se repandit d'elle-meme, etc., est un mal complet, etc.; cette mesure se repandit et se revetit de ramifications de vetements etrangers. Ce qu'Esau ajouta de lui-meme devint alors un mal complet." Voir plus haut paracha Toledot, passage 51, paracha Vayeshev, passage 8 et la note 73.] Jusqu'a ce que naissent les douze fils de Yaakov: leur naissance provenait de la bonne racine de Yaakov notre pere, et en chacun des tribus etait incluse la mesure de Joseph le juste, comme il est ecrit: "Voici les generations de Yaakov: Joseph" (Genese 37).

Avec chacune des descendances se trouvait aussi l'aspect de Joseph le juste, la mesure de contraction. Ils formaient un edifice entier, une couche complete sans aucun dechet; ils avaient grande assurance et grande force et ne craignaient rien au monde [149.

Le sujet de Joseph le juste, qui garde la filiation d'Israel, a ete longuement explique plus haut, paracha Vayeshev: voir passages 6, debut de "Vezehou", 8, debut de "Vezehou dikhtiv", 13 et 17.]. Mais toute leur crainte etait seulement que Joseph le juste se cache et se dissimule a eux.

Ainsi ici, apres la vente de Joseph le juste, lorsqu'il fut dissimule parmi les tribus de Yeshouroun, toutes leurs apprehensions se formerent et il leur sembla, a D.ieu ne plaise, que Joseph le juste avait entierement peri. Mais si l'aspect de Joseph le juste n'avait pas ete dissimule, Pharaon n'aurait pas reve ce songe.

Il est rapporte dans les ecrits de l'Ari ha-Kadoch, de memoire benie, que ce songe fait allusion aux alamim de-itharevou (mondes qui furent detruits), dans lesquels se trouvaient royaute et mort: "il regna et mourut"; leur commencement etait tranquillite et leur fin souffrances. Mais dans le monde du tikoun (reparation), il est ecrit: "Et il y eut soir, et il y eut matin" (Genese 1,5): d'abord l'obscurite, ensuite la lumiere.

Le songe de Pharaon fait donc allusion a l'abolition des mondes qui furent detruits, dont le commencement est tranquillite et la fin souffrances: il revait d'abord une grande satiete sans aucune contraction, puis, apres la satiete, une grande famine sans aucun souvenir du bien. En verite toutefois, Joseph le juste se trouvait encore dans le monde, quoique cache.

C'est pourquoi les causes tournerent de sorte qu'aucun des sages de Pharaon ne comprit le songe, jusqu'a ce que vint Joseph le juste, qui est veritablement l'inverse de cela, le comprit dans toute sa clarte et leur donna le conseil que le nourriture fut gardee en depot: qu'ils ne se repandent pas tant aux jours de satiete, mais se preparassent des jours de satiete aux jours de famine; ainsi ils auraient etre et maintien, meme aux jours de famine. Ensuite la recolte qu'ils avaient enfouie pour eux-memes pourrit.

Bien qu'elle leur eut apporte un peu de crainte, toute leur intelligence de la crainte ne portait que sur les affaires de ce monde: temps de satiete et temps de famine. Or l'essentiel de la crainte est que l'homme sache qu'il existe un autre monde et que ce monde-ci n'est qu'un passage par lequel on peut parvenir au monde a venir.

Eux ne s'attacherent qu'a ce monde-ci, qui n'est qu'apparence et teinte; c'est pourquoi leur recolte pourrit et ils vinrent a Joseph pour qu'il leur donne du pain, afin qu'ils aient etre et maintien dans le monde. Il leur dit: "Allez et circoncisez-vous"; qu'ils se contractent dans la racine de la contraction, dans le corps de la vie.

De cela commenca l'exil, puisque, en apparence, les Egyptiens se circoncirent comme Israel. Mais, dans la racine, Israel est circoncis et remet de bon gre tout son pouvoir vital et tous ses biens au Nom, sans dire a son ame: "moi".

Les idolatres, au contraire, toute leur contraction est pleine de lubricite et de conseils de peche, afin d'obtenir tout le desir de leur cœur; c'est pour cela qu'ils se contractent. Mais en verite ils disent: "Moi, et nul autre que moi." C'est pourquoi, a l'avenir, lorsque le Nom ouvrira et revelera aux yeux de tous: "Voyez maintenant que Moi, Je suis Lui", Israel aura etre et maintien, puisqu'il a deja donne en ce monde une place pour reconnaitre que seul le Nom conduit tout et leur donne la force d'acquerir la richesse.

Mais les idolatres seront alors entierement annules, puisqu'ils disent a leur ame: "moi" [150: voir plus haut dans cette paracha, passages 9, debut de "Vezehou" et "Oulezeh Yosef ha-tsadik", et 23.]. Mais en ce monde la chose exige un tri, car en apparence ils sont circoncis comme Israel; et de la vient toute la patience.

Comme il est rapporte dans le Zohar ha-Kadoch (Vaera 32a), le prince d'Ismael se tient en haut et plaide devant le Nom: puisque Tu as dit que celui qui porte cette mitsva, c'est-a-dire l'alliance de la circoncision, aurait une part dans la racine de la lumiere, les Ismaelites aussi sont circoncis comme Israel. Tout cela toutefois n'est que dans ce monde, qui exige un tri; mais a l'avenir le Saint, beni soit-Il, triera et ouvrira le cœur ferme des hommes pour montrer qu'en verite cette mitsva ne se trouve nullement chez eux et qu'elle n'est qu'en Israel [151: comme explique plus haut dans cette paracha, passage 18, debut de "Ki kavanat", et note 120.].

En bref

« Et parce que le rêve a été répété deux fois à Pharaon » (Berechit 41,32). Le Beit Yaakov rapporte de Rabbi Yo'hanan que se réalisent le rêve du matin, le rêve d'un ami, le rêve interprété dans le rêve, et selon certains le rêve répété. Gabriel, préposé aux rêves, est l'attribut des guevourot et n'a d'union avec ce monde-ci qu'après deux vols ; Mikhael, attribut des 'hassadim, unit en un vol. Tout rêve qui réunit deux choses se réalise : Joseph sait qu'il se réalise vite et qu'il a rapport à ce monde-ci. Le rêve vrai relève aussi du degré de la prophétie.

Aussi : le prélèvement d'un cinquième et la restriction jusqu'à un cinquième, même à l'égard du Nom ; le pauvre, qui n'a que l'appel, véritable propriétaire du bien ; la circoncision pour unir la lumière aux ténèbres, et le retour de l'esprit de Yaakov

ועל השנות החלום אל פרעה פעמים כי נכון הדבר מעם האלהים וממהר האלהים לעשותו. הטעם בזה הוא, כדאיתא בש"ס (ברכות נה:) א"ר יוחנן שלשה חלומות מתקיימין חלום של שחרית וחלום שחלם לו חבירו וחלום שנפתר בתוך חלום, ויש אומרים אף חלום שנשנה, שנאמר ועל השנות החלום וגו'.

והענין בזה, דהנה גבריאל ממונה על דרגין דחלמא כדאיתא בזוה"ק (ויצא קמט:, וישב קפג.) ואמרו בש"ס (ברכות ד:) שגדול מה שנאמר במיכאל יותר ממה שנאמר בגבריאל, דאילו במיכאל כתיב ויעף אלי אחד מן השרפים ואילו גבי גבריאל כתיב והאיש גבריאל וגו' מועף ביעף וכו' תנא מיכאל באחת גבריאל בשתים וכו'. כי מיכאל הוא מדת החסד, ומזו המדה הוא חיבור כל העולמות, לזה בפריחה אחת יש לו חיבור וכניעה בעולם הזה.

וגבריאל הוא מדת גבורה, לזה יש בו הפסקה, שרק אחר שתי פריחות יש לו חיבור לעוה"ז. לכן כל חלום שהוא מדרגא דגבריאל שמתחברים שני ענינים הוא מתקיים.

חלום של שחרית הוא חיבור משני זמנים יום ולילה. חלום שחלם לו חבירו הוא משני בני אדם.

חלום שנפתר בתוך חלום הוא מחלום ופתרון. וחלום שנשנה הוא משני חלומות והפסקה באמצע, שזה הוא דרגא דגבריאל דממונה על חלמין.

ולזה ידע יוסף מזה שנשנה החלום שיתקיים במהרה ויש לו שייכות לעוה"ז. וחלום שהוא מדרגא דגבריאל אמת, הוא, כי חלום אמת הוא ג"כ מדרגא דנבואה, כענין דאיתא בש"ס (ברכות נה:) וכי החלומות שוא ידברו והכתיב בחלום אדבר בו, לא קשיא כאן ע"י שד כאן ע"י מלאך:

"Et parce que le reve a ete repete deux fois a Pharaon, c'est que la chose est etablie de par Elokim, et Elokim se hate de l'accomplir." (Genese 41,32). La raison en est ce qui est rapporte dans le Talmud (Berakhot 55b) : Rabbi Yo'hanan a dit : Trois reves se realisent : le reve du matin, le reve qu'un ami reve pour lui, et le reve dont l'interpretation se trouve dans le reve.

Certains disent : meme le reve repete, comme il est dit : "Et parce que le reve a ete repete..." Or Gabriel est prepose aux degres du reve, comme le dit le Zohar sacre (Vayetse 149b ; Vayeshev 183a). Et ils ont dit dans le Talmud (Berakhot 4b) : ce qui est dit de Mikhael est plus grand que ce qui est dit de Gabriel ; car au sujet de Mikhael il est ecrit : "L'un des seraphins vola vers moi", tandis qu'au sujet de Gabriel il est ecrit : "L'homme Gabriel... volant d'un vol rapide" ; un enseignement rapporte : Mikhael en un [vol], Gabriel en deux.

Car Mikhael est l'attribut de hassadim, et de cet attribut vient l'union de tous les mondes ; c'est pourquoi, en un seul vol, il a une union et une soumission dans ce monde-ci. Gabriel est l'attribut de guevourot, et c'est pourquoi il y a en lui une interruption : ce n'est qu'apres deux vols qu'il a une union avec ce monde-ci.

Ainsi, tout reve qui releve du degre de Gabriel, ou deux choses sont reunies, se realise. Le reve du matin est l'union de deux temps, le jour et la nuit.

Le reve reve par son ami est [l'union de] deux hommes. Le reve interprete a l'interieur du reve est [l'union] du reve et de son interpretation.

Le reve repete est [l'union de] deux reves et d'une interruption entre eux : c'est le degre de Gabriel, prepose aux reves. Joseph sut donc, de ce que le reve avait ete repete, qu'il se realiserait vite et qu'il avait rapport a ce monde-ci.

Et un reve qui releve du degre de Gabriel est vrai, car le reve vrai releve aussi du degre de la prophetie, ainsi qu'il est rapporte dans le Talmud (Berakhot 55b) : "Les reves diraient-ils donc des paroles vaines ? Pourtant il est ecrit : 'Dans un reve Je parlerai avec lui'" (Nombres 12,6).

Il n'y a pas de difficulte : ici par un demon, ici par un ange.

ועתה ירא פרעה איש נבון וחכם וישיתהו על ארץ מצרים וגו' ויפקד פקדים על הארץ וחמש את ארץ מצרים בשבע שני השבע וגו' והיה האכל לפקדון לארץ לשבע שני הרעב. הענין שנאמר לשון וחמש הוא, כי לפעמים ידמה לאדם בעת שהשי"ת מנהג עמו בפנים שוחקות, שהשי"ת מוותר ומפריז כנגדו יותר מדאי שמשפיע לו שפע רב, אכן באמת מצד הש"י אין שום שינוי, אני ה' לא שניתי (מלאכי ג), וכל השינוי הוא רק לעין אדם, לכן יראה כל איש שלא יפריז על המדה להתפשט את עצמו ביותר, רק יצמצם את עצמו מצדו, וע"ז מרמז וחמש, כענין דאיתא בש"ס (כתובות נ.) המבזבז אל יבזבז יותר מחומש.

וזה הדין הוא בכל העולמות ואף בהש"י הוא, שכל האומר הקב"ה ותרן וכו' כדאיתא בש"ס (ב"ק נ.), ואף כי ידמה לעין שהקב"ה מוותר נגדו הוא רק עד חומש ולא יותר, לזה לא יתפשט יותר מחומש, המבזבז אל יבזבז יותר מחומש. ולהבין למה היה הענין הזה רק במצרים, כי המצריים הם בגודל זרם התפשטות, והשי"ת רצה להכניס שם את כל ישראל, לכן היה הסבה שיוסף הצדיק ימכר למצרים תחלה קודם שיכנסו ישראל לשם, שהוא ברזא דאות ברית, ועיקר מדת הצמצום הוא רק בו.

ואח"כ נכנסו ישראל למצרים וירבו ויעצמו שם במאד מאד, שמזו הבחינה הם כל ההשפעות ע"י ספירת יסוד צדיק, וכל התרבות ישראל בא מזה שיש בהם מדת הצמצום לצמצם את עצמם עד חומש, ואינם מקבלים טובה בהתפשטות, כי יבינו שלא זה עיקר הטובה מה שנשפע להם, כי עיקר הטובה הוא רק הרצון שהשי"ת חפץ להשפיע להם טובה. ואם האדם יצמצם את עצמו בקבלת הטובה, אזי יתחבר רצון המקבל עם טובת עין של נותן הטובה, מאחר שלא קיבל הטובה בשלמות, וכל הצפוי והקווי שלו הוא רק לרצון השי"ת, ובזה יתאחדו הקריאה והקדושה ביחודא חדא.

הקריאה הוא התשוקה והרצוןקנבענין הקריאה מבואר במי השלוח ח"א פרשת ויקרא ד"ה ויקרא [ב]: כתיב (ישעיהו ס״ה:כ״ד) והיה טרם יקראו ואני אענה עוד הם מדברים ואני אשמע.

ומאחר שהש"י עונה מה ענין עוד לדבר ולבקש, אך כי קריאה היינו תשוקה וציפוי, והוא אמרו טרם יקראו ואני אענה היינו טרם שיבא בלב המיחל לה' שום חשק לדבר, אז עונה אותו הש"י והוא שמבער מלבו כל חמדות וכל מיני חשקות לשום דבר שבעולם, ועי"ז יעשה מקום בלב האדם שיוכל לצפה ולקוה לרצון הש"י, ואח"כ יוכל לקבל בלבו תשוקה וקווי בלתי לה' לבדו. ושם ד"ה וידבר:

תקרא היינו בחר בי ונתן לי חשק. בית יעקב ויקרא פרשת ויקרא אות ג – ו., והקדושה הוא הטובה שהשי"ת מנחיל.

וכשלא יקבל האדם הטובה בהתפשטות, אזי יראה ויכיר שיש נותן לזו הטובה, ולא יסיר מאתו כח התפלה מלהתפלל תמיד להשי"ת שהוא נותן הטובה, כענין דכתיב (תהילים ס״ו:כ׳) ברוך ה' אשר לא הסיר תפלתי וחסדו מאתי, וממילא הוא מקושר עוד בהשי"ת פנים בפנים:

"Maintenant, que Pharaon voie un homme intelligent et sage, et qu'il le place sur le pays d'Egypte... Qu'il etablisse des commissaires sur le pays et qu'il preleve un cinquieme du pays d'Egypte durant les sept annees d'abondance...

Et la nourriture sera en depot pour le pays, pour les sept annees de famine." (Genese 41,33-36). La raison pour laquelle le terme "un cinquieme" (וחמש) est employe est que, parfois, lorsque le Nom conduit un homme avec un visage souriant, l'homme s'imagine que le Nom passe outre et lui accorde avec exces, en lui dispensant une grande abondance.

Mais, en verite, du cote du Nom il n'y a aucun changement : "Moi, ה', Je n'ai pas change" (Malachie 3,6) ; tout changement n'est que pour l'œil de l'homme. Que chacun veille donc a ne pas se dilater lui-meme outre mesure, mais se restreigne de son cote.

C'est a cela que fait allusion "un cinquieme", selon ce qui est rapporte dans le Talmud (Ketoubot 50a) : "Que celui qui depense ne depense pas plus d'un cinquieme." Cette loi vaut dans tous les mondes, et meme a l'egard du Nom : "Quiconque dit que le Saint, beni soit-Il, passe outre...", comme il est rapporte dans le Talmud (Bava Kama 50a). Meme s'il semble a l'œil que le Saint, beni soit-Il, passe outre a son egard, ce n'est que jusqu'a un cinquieme et pas davantage.

Aussi, qu'il ne se dilate pas au-dela d'un cinquieme : "Que celui qui depense ne depense pas plus d'un cinquieme." Pour comprendre pourquoi cela eut lieu precisement en Egypte : les Egyptiens sont dans un grand courant de dilatation, et le Nom voulut y faire entrer tout Israel. C'est pourquoi il fut cause que Joseph le Juste fut vendu en Egypte avant qu'Israel y entre : il est dans le secret du signe de l'alliance, et l'essentiel de l'attribut de restriction ne se trouve qu'en lui.

Ensuite Israel entra en Egypte et y devint tres nombreux et tres puissant ; sous cet aspect, toutes les influences passent par la sefira de Yesod du juste. Toute la multiplication d'Israel vient de ce qu'ils possedent l'attribut de restriction, de se restreindre jusqu'a un cinquieme, et de ne pas recevoir le bien dans la dilatation ; car ils comprennent que l'essentiel du bien n'est pas ce qui leur est dispense, mais seulement la volonte du Nom de leur dispenser du bien.

Si l'homme se restreint dans la reception du bien, la volonte de celui qui recoit s'unit alors au regard favorable de celui qui donne le bien, puisqu'il n'a pas recu le bien dans sa totalite ; tout ce qu'il attend et espere est seulement la volonte du Nom. Ainsi l'appel et la saintete s'unissent dans une seule unite.

L'appel est le desir et la volonte. A propos de l'appel, il est explique dans Mei HaShiloach, I, paracha Vayikra, s.v.

Vayikra [2] : il est ecrit : "Avant qu'ils appellent, Moi Je repondrai ; ils parleront encore que Moi J'ecouterai" (Isaie 65,24). Puisque le Nom repond, quel besoin ont-ils encore de parler et de demander ?

Mais l'appel est le desir et l'attente. Ce qui est dit : "Avant qu'ils appellent, Moi Je repondrai", signifie : avant qu'il ne vienne au cœur de celui qui espere en ה' le moindre desir de parler, le Nom lui repond ; Il efface de son cœur toutes les convoitises et toutes les sortes de desirs pour une chose de ce monde.

Par cela, Il fait une place dans le cœur de l'homme afin qu'il puisse attendre et esperer la volonte du Nom ; ensuite, il peut recevoir dans son cœur un desir et une attente qui ne soient que pour le Nom seul. Et la-bas, s.v.

Vayedaber : "Tu appelleras" signifie : choisis-moi et donne-moi du desir. Beth Yaakov, Vayikra, paracha Vayikra, lettre 3-6.

La saintete est le bien que le Nom donne en heritage. Et lorsque l'homme ne recoit pas le bien dans la dilatation, il voit et reconnait qu'il y a un Donneur de ce bien, et la force de la priere ne se retire pas de lui : il prie constamment le Nom, qui donne le bien, comme il est ecrit : "Beni soit ה', qui n'a pas ecarte de moi ma priere ni Sa grace" (Psaumes 66,20).

Il est alors, de lui-meme, encore attache au Nom, face a face.

וזהו דאיתא במדרש תנחומא (ראה טו) ונפש בעליה הפחתי (איוב ל״א:ל״ט) אם לא הפרשתי מעשר עני, והוא שיש לו הכרה לעני שמצדו אין לו רק הקריאה והרצון, והארץ ומלואה לה' הוא, ומבלעדי רצון השי"ת לא יוכל ליהנות משום טובה, לכן הוא נקרא בעליה, כי מי שיש לו הטובה בידו אין לו כח הקריאה והתפלה וממילא אין לו עוד עיקר הטובה, אכן העני שאין לו רק הקריאה והתפלה ממילא הוא בעל הטובהקנגעיין תפארת יוסף מסכת מגילה (ו.) ד"ה א"ר: כמו דאיתא במדרש (תנחומא ראה) ונפש בעליה הופחתי זו מעשר עני, ולמה נקרא העני נפש בעליה, מאחר שאינו נקרא הבעל הבית של הטובה, רק מי שמכיר שהטובה אינו שלו וביותר מכיר זאת העני.

שהעשיר מאחר שיש לו בידו מה, יכול לבוא לידי שכחה, שישכח שהשי"ת הוא הבעל הבית, ויכול לומר כחי ועוצם ידי. אבל העני שאין לו בידו כלום, ממילא מכיר שלד' הארץ ומלואה, וממילא הוא העיקר הבעל הבית של הטובה.

ולזה דרש המדרש ונפש בעליה הופחתי זו מעשר עני. ועיין עוד שם פ' תבא ד"ה כי תכלה..

ועיקר זו ההכרה הוא ביוסף הצדיק, שמצמצם כל טובה ומקשר אותה בשרשה, שמדתו נקרא (דברי הימים א כ״ט:י״א) כי כל בשמים ובארץ, ומתרגמינן דאחיד בשמיא וארעא, ועי"ז הם צמיחת כל הטובות. וזהו שאמר פרעה ליוסף אין נבון וחכם כמוך, שהבין פרעה שיוסף הצדיק יעץ לו משרשו שהוא מבורר בזו המדה, ואין בכח שום מצרי לקיים זה הפתרון שהתבואה תתקיים ולא תתעפש אם לא ע"י יוסף בעצמו, כי להם לא היה מזו המדה בשרש, והא ראיה שמה שאצרו המצרים תבואה הרקיבה ומה שיוסף הצדיק הטמין נתקייםקנדכמו שמבואר לעיל פרשה זו אות ד ד"ה ואחר זה, אות ט ד"ה ולזה..

וזו העצה טוב לו לכל אדם בשרש חייו להתנהג במדת יוסף הצדיק, שזה הוא יסוד האדם וכל כח הולדה הוא מזה המקום. ואם יצמצם אדם את עצמו בזה האבר, אזי הוא בבחינת קודש, שמורה על חיים, ויבנה מזה בנין עדי עד.

וכל מקום שמצמצם עצמו נקרא קודש, שכל מקום שאתה מוצא גדר ערוה אתה מוצא קדושה (מדרש רבה קדושים כד). ואם יתפשט אדם בזה האבר אזי יתהפך מקודש לקָדֵש, שמורה על אפיסת החיים, שמפזר כח הקדושהקנהכמבואר לעיל פרשת וירא אות יג:

כי השי"ת ברא באדם אותו האבר, ואם האדם לא יצמצם עצמו בזה, אזי יוכל להעביר עצמו מן העולם יותר מע"י הקנאה והכבוד שמעבירין ג"כ מן העולם.. וכאשר בא יעקב אבינו ע"ה למצרים לא היה רעב, היינו שנפש יעקב אבינו רואה תמיד נכחו מפורש הנהגת השם יתברך, לזה לא היו צריכים עוד לצמצוםקנובית יעקב הכולל פרשת מקץ ד"ה יעשה פרעה.:

C'est ce qui est rapporte dans le Midrach Tan'houma (Reeh 15) : "Et j'ai fait expirer l'ame de ses proprietaires" (Job 31,39) - si je n'ai pas preleve la dime du pauvre. Il s'agit de celui qui reconnait, au sujet du pauvre, que de son propre cote il ne possede que l'appel et la volonte, et que "la terre et tout ce qu'elle contient appartiennent a ה'" (Psaumes 24,1) ; sans la volonte du Nom, il ne peut jouir d'aucun bien.

C'est pourquoi il est appele proprietaire (בעליה), car celui qui a le bien en main n'a pas la force de l'appel et de la priere, et n'a donc plus l'essentiel du bien. Mais le pauvre, qui n'a que l'appel et la priere, est de lui-meme le proprietaire du bien.

Voir Tiferet Yosef, traite Meguila 6a, s.v. Rabbi : ainsi qu'il est rapporte dans le Midrach (Tan'houma, Reeh) : "Et j'ai fait expirer l'ame de ses proprietaires", c'est la dime du pauvre.

Pourquoi le pauvre est-il appele "l'ame de ses proprietaires", alors qu'il n'est pas appele le maitre de maison du bien ? Seul celui qui reconnait que le bien n'est pas a lui [en est le proprietaire], et le pauvre le reconnait davantage.

Le riche, puisqu'il a quelque chose en main, peut en venir a l'oubli, oublier que le Nom est le maitre de maison, et dire : "Ma force et la puissance de ma main" (Deuteronome 8,17). Mais le pauvre, qui n'a rien en main, reconnait de lui-meme que "a ה' appartiennent la terre et tout ce qu'elle contient" ; il est donc le veritable maitre de maison du bien.

C'est pourquoi le Midrach interprete : "Et j'ai fait expirer l'ame de ses proprietaires", c'est la dime du pauvre. Voir encore la-bas, paracha Ki Tavo, s.v.

Ki tekhale. L'essentiel de cette reconnaissance est en Joseph le Juste, qui restreint tout bien et le relie a sa racine.

Son attribut est appele : "car tout est dans les cieux et sur la terre" (I Chroniques 29,11), que le Targoum traduit : "qui tient les cieux et la terre" (דאחיד בשמיא וארעא). Par cela vient la pousse de tous les biens.

C'est ce que Pharaon dit a Joseph : "Il n'y a personne d'intelligent et de sage comme toi" (Genese 41,39). Pharaon comprit que Joseph le Juste lui avait donne un conseil tire de sa racine, lui qui est clarifie dans cet attribut.

Aucun Egyptien n'avait la force d'accomplir cette solution, afin que les cereales subsistent et ne pourrissent pas, si ce n'est Joseph lui-meme, car ils n'avaient pas cet attribut a leur racine. La preuve en est que les cereales entreposees par les Egyptiens pourrirent, tandis que ce que Joseph le Juste cacha subsista.

Comme explique plus haut dans cette paracha, lettre 4, s.v. Veahar zeh, et lettre 9, s.v.

Velezeh. Ce conseil est bon pour tout homme a la racine de sa vie : se conduire selon l'attribut de Joseph le Juste, car il est le fondement de l'homme, et toute force de procreation vient de cet endroit.

Si l'homme se restreint dans cet organe, il est alors dans l'aspect du sacre (kodech), qui indique la vie, et il en batit un edifice eternel. Tout lieu ou l'homme se restreint est appele sacre, car "partout ou tu trouves une barriere contre les unions interdites, tu trouves la saintete" (Midrach Rabba, Kedoshim 24).

Mais si l'homme se dilate dans cet organe, il se transforme du sacre (kodech) en prostitue (kadesh), ce qui indique la cessation de la vie, car il disperse la force de la saintete. Comme explique plus haut, paracha Vayera, lettre 13 : le Nom a cree cet organe dans l'homme ; si l'homme ne s'y restreint pas, il peut se faire disparaitre du monde plus encore que par la jalousie et les honneurs, qui font eux aussi disparaitre du monde.

Lorsque Yaakov notre pere, de benie memoire, vint en Egypte, il n'y avait pas de famine : c'est-a-dire que l'ame de Yaakov notre pere voyait toujours clairement devant elle la conduite du Nom ; ils n'avaient donc plus besoin de restriction. Beth Yaakov ha-kolel, paracha Miketz, s.v.

Yaaseh Pharaon.

ויאמר פרעה אל יוסף אחרי הודיע אלהים אותך את כל זאת אין נבון וחכם כמוך. הענין בזה הוא, דהנה כל הימים שיוסף הצדיק היה בבית כלאו, לא היה שום הכרה והבנה איך לחבר אור עם חשך, לצמצם את עצמו ולהטמין משובע לרעב, שזה הוא מדת יוסף הצדיק שהוא אור הדעת, ואם אין אור דעת מנין.

וכאשר הודיע להם יוסף הצדיק את זה, אמר אליו פרעה, אחרי הודיע אלהים אותך את כל זאת אין נבון וחכם כמוך, שגם פרעה ידע שאין גם אחד בכל עמו שיהיה בו זה המבינות (כמו שנתבאר במאמרים הקודמים). ונתן להם עצה שימולו את עצמם ומזה יהיה להם הויה בעולם, וכענין דאיתא בתקוני הזהר (תיקון כב) מי יעלה לנו השמימה ר"ת מילה וס"ת יקו"ק.

היינו אם האדם ימול את עצמו אזי יהיה לו חיים ויוכל לחבר אור עם חשך. ולזה כשלא מלו המצרים הרקיבו פירותיהן ולא יכלו לחבר אור עם חשך, וכאשר שמו את יוסף בארון במצרים והעלימו אותו, אזי התחיל כובד הגלות.

ובגאולת מצרים נתגלו עצמות יוסףקנזכמבואר לעיל פרשת וישב אות מ ד"ה וכן היה.. וכאשר נתבשר יעקב אבינו שעוד יוסף חי, אזי, ותחי רוח יעקב, שהיה לו הארה מלעתידקנחכתב בזוהר הקדוש פרשת מקץ (קצז.) וזל"ק:

ותא חזי, כיון דאתאביד יוסף מאבוי, יעקב אביד ההוא תוספת רוחא דהוה ליה, ואסתלקת מניה שכינתא, לבתר מה כתיב ותחי רוח יעקב אביהם, וכי עד השתא מית הוה, אלא ההוא תוספת רוחא ושכינתא אסתלק מניה ולא הוה בגויה, בגין דעצבונא דהוה ביה גרמא ליה, דלא הוה רוחא בקיומיה, ובגין כך ותחי רוח יעקב אביהם.:

Pharaon dit a Joseph : "Apres qu'Elokim t'a fait connaitre tout cela, il n'y a personne d'intelligent et de sage comme toi" (Genese 41,39). La chose est la suivante : durant tous les jours ou Joseph le Juste fut dans sa prison, il n'y avait aucune reconnaissance ni intelligence de la maniere d'unir la lumiere aux tenebres, de se restreindre et de cacher [le produit] de l'abondance pour la famine.

Cela est l'attribut de Joseph le Juste, qui est la lumiere de la connaissance ; et sans lumiere de connaissance, d'ou [viendrait-elle] ? Lorsque Joseph le Juste leur fit connaitre cela, Pharaon lui dit : "Apres qu'Elokim t'a fait connaitre tout cela, il n'y a personne d'intelligent et de sage comme toi" ; Pharaon aussi savait qu'il n'y avait pas un seul homme dans tout son peuple qui possedat cette intelligence, comme explique dans les enseignements precedents.

Joseph leur donna le conseil de se circoncire, et ils auraient ainsi une existence dans le monde, selon ce qui est rapporte dans les Tikkounei haZohar (Tikoun 22) : "Qui montera pour nous aux cieux ?" (Deuteronome 30,12) : les initiales donnent circoncision (מילה), et les lettres finales donnent יקו'ק. Cela signifie : si l'homme se circoncit, il aura la vie et pourra unir la lumiere aux tenebres.

Aussi, lorsque les Egyptiens ne se circoncirent pas, leurs fruits pourrirent et ils ne purent unir la lumiere aux tenebres. Et lorsqu'ils placerent Joseph dans un cercueil en Egypte et le dissimulerent, la pesanteur de l'exil commenca.

Lors de la delivrance d'Egypte, les ossements de Joseph furent reveles, comme explique plus haut, paracha Vayeshev, lettre 40, s.v. Vekhen haya.

Lorsque Yaakov notre pere fut informe que Joseph vivait encore, "l'esprit de Yaakov revint a la vie" (Genese 45,27) : il eut une illumination de l'avenir. Le Zohar sacre ecrit, paracha Miketz (197a) : "Viens et vois : lorsque Joseph fut perdu pour son pere, Yaakov perdit ce supplement d'esprit qu'il avait, et la Chekhina se retira de lui.

Ensuite, qu'est-il ecrit ? 'L'esprit de Yaakov leur pere revint a la vie.' Etait-il mort jusque-la ? Mais ce supplement d'esprit et la Chekhina s'etaient retires de lui et n'etaient plus en lui, car la tristesse qui etait en lui en fut la cause : son esprit ne se maintenait pas.

C'est pourquoi : 'L'esprit de Yaakov leur pere revint a la vie.'"

En bref

Ce passage poursuit le parallèle entre Joseph le Juste et le miracle de ''Hanouka, illumination seulement, non donnée à être écrite. « Après qu'Elokim t'a fait connaître tout cela, nul n'est aussi intelligent et sage que toi » (Berechit 41,39) : ce qui paraît d'une grande profondeur chez les nations est simple en Israël, car le tsimtsoum (contraction) donne la vie à l'homme, tandis qu'à la racine ils n'ont pas de vie. Le Beit Yaakov explique que Pharaon établit Joseph sur sa maison parce que seul il retient son esprit lorsque le Nom fait luire Sa face, se contracte et se prépare une vie pour un autre attribut. Israël se souvient du jugement ; les nations oublient le Nom.

Aussi : le « Je suis » de Pharaon, ani qui tient tout caché, anokhi qui livre à la compréhension ; Pharaon roi caché et Joseph prêtre qui reconnaît la source du bien ; le sel mélangé au blé comme contraction de l'épanouissement

וכן היה ענין נס חנוכה, שכמו שיוסף הצדיק נעלם ונדמה לעין שח"ו נתערב בין המצריים ושופע במקום זר, ואח"כ נתגלה שהוא יוסף הצדיק העומד בצדקו מתחלה ועד סוף. וגם בימי חשמונאי, נדמה לעין שהיונים טמאו כל השמנים, שזה מרמז שח"ו נשפע אור למקום זר, ואח"כ נתגברו בית חשמונאי ומצאו פך שמן שהיה מונח בחותמו של כהן גדול ולא נגעו בו היונים, והדליקו נרות בחצרות בית ה'קנטלקמן פרשה זו אות מ ד"ה וכן היה..

ובכל שנה ושנה בהגיע אלו ימי חנוכה, מתעורר זו ההארה כמו אז, מדמברכינן שהחיינו. אכן החילוק הוא, שאז נתגלה יוסף הצדיק לגמרי, ובנס חנוכה לא היה רק הארה.

ולזה אמרו בש"ס (יומא כט.) שנס חנוכה לא ניתן לכתוב, כי ניתן לכתוב מורה על התגלות מפורש וגודל תקיפות. ומתחלה צריך אדם להתנהג במדת יוסף הצדיק, וכן כל התחלות ישועה הם במדת יוסף הצדיק, משכן שילה בחלקו של יוסף הצדיק והיו אוכלין קדשים בכל הרואה כדאיתא בש"ס (מגילה ט:), ואח"כ זכו לבית ראשון שהיה הארה אז מחיבור של תמיד של שחר ותמיד של בין הערבים, כל היום כלו אף שלא מדעת כוונו לרצון השי"ת, כמ"ש (תהילים קי״ט:נ״ט) חשבתי דרכי ואשיבה רגלי אל עדותיך, וכ"ז הוא מפני שהיה תחלת התגלות מדת יוסף הצדיק, שאז הוא בטוחות גדול.

וכשחרב בית הראשון נעלם זה האור הגדול ונשאר רק מעט מזה האור. ואח"כ היה נס פורים וניתן לכתובקסכדאיתא בגמרא יומא (כט.):

אמר רב אסי, למה נמשלה אסתר לשחר, לומר לך, מה שחר סוף כל הלילה אף אסתר סוף כל הניסים. והא איכא חנוכה, ניתנה לכתוב קא אמרינן., היינו אף אם ישכח אדם זמן מה, מ"מ מאחר שנשאר מעט מהאור הגדול שהיה בבית ראשון, לזה אם יקרא בכתב פעם אחרת יזכור מהאור הגדול.

ובבית שני נטמן זה האור, אכן בעידן עבודה היה מאיר להם מגודל הבטוחות הזה, וכענין דאיתא בפרי עץ חיים להאר"י הק' שבבית שני בשעת עבודה היה זווג פנים בפנים ושלא בשעת עבודה היה זווג אחור באחור. ולזה נס חנוכה שהיה בבית שני לא ניתן לכתוב, כי רק בשעת עבודה אזי נראה אור, ואח"ז נעלם ונסתר האורקסאכמבואר ענינו לעיל פרשת וישב אות יט ד"ה וזהו הטעם וד"ה וכשחרב..

ולעתיד יתקיים בו הכתוב (ישעיהו נ״ד:ט׳-י׳) כן נשבעתי מקצוף עליך ומגער בך כי ההרים ימושו והגבעות תמוטינה וחסדי מאתך לא ימוש וברית שלומי לא תמוט. היינו שעוד לעולם לא יתעלם זה האור.

ובמכירת יוסף הצדיק שנתעלם זה האור, אזי אמרו השבטי ישרון בואו ונפזר את עצמנו, ולכן נכנסו בעשרה שערים שלא היה חבור ביניהם, מאחר שמדת יוסף הצדיק שמחבר כל נתעלם ולא היה מי שיחבר אותם, כי גם המלאכים צריכים לחיבור שהשי"ת משתף השם אלף למד בהםקסבכמו שנתבאר בתנחומא משפטים (יח): אמר ר' שמעון ב"ל, שמו של הקב"ה משותף עם כל מלאך, שנאמר, כי שמי בקרבו.

ועיין בשיחת מלאכי השרת למרן רבי צדוק הכהן מלובלין זי"ע (דף לז.) בביאור הדבר.:

Tel fut aussi le sens du miracle de 'Hanouka. De meme que Joseph le Juste fut cache et qu'il sembla aux yeux que, a D.ieu preserve, il s'etait mele aux Egyptiens et que l'influx se deversait en un lieu etranger, puis il fut revele qu'il etait Joseph le Juste, demeurant dans sa justice du commencement a la fin.

De meme, aux jours des Hasmoneens, il sembla aux yeux que les Grecs avaient rendu impures toutes les huiles, ce qui indique que, a D.ieu preserve, une lumiere se deversait en un lieu etranger; puis la maison des Hasmoneens l'emporta et ils trouverent une fiole d'huile deposee avec le sceau du Grand Pretre, a laquelle les Grecs n'avaient pas touche. Ils allumerent les lampes dans les parvis de la Maison de ה' (voir ci-dessous, cette paracha, par.

40, s.v. "Tel fut aussi").

Et, chaque annee, quand viennent les jours de 'Hanouka, cette illumination s'eveille comme alors, ainsi que nous benissons: "qui nous a fait vivre jusqu'a ce jour". Toutefois, la difference est qu'alors Joseph le Juste fut revele entierement, tandis que le miracle de 'Hanouka ne fut qu'une illumination.

C'est pourquoi ils ont dit dans le Talmud (Yoma 29a) que le miracle de 'Hanouka ne fut pas donne a etre ecrit: ce qui est donne a etre ecrit indique une revelation explicite et une grande force. Au debut, l'homme doit se conduire selon l'attribut de Joseph le Juste; ainsi, tous les commencements de delivrance sont dans l'attribut de Joseph le Juste.

Le sanctuaire de Silo etait dans la part de Joseph le Juste, et l'on mangeait les choses consacrees partout ou l'on pouvait le voir, comme il est rapporte dans le Talmud (Meguila 9b). Ensuite ils meriterent le Premier Temple, qui etait alors une illumination provenant de l'union du sacrifice perpetuel du matin et de celui de l'apres-midi, durant toute la journee; meme sans le savoir, ils visaient la volonte du Nom, comme il est ecrit: "J'ai pense a mes voies, et je ramene mes pas vers Tes temoignages" (Psaumes 119,59).

Tout cela etait parce que le debut de la revelation de l'attribut de Joseph le Juste etait alors, et il y avait une grande assurance. Quand le Premier Temple fut detruit, cette grande lumiere fut cachee et il ne resta qu'un peu de cette lumiere.

Ensuite eut lieu le miracle de Pourim, qui fut donne a etre ecrit, comme il est rapporte dans la Guemara, Yoma (29a): Rav Assi dit: Pourquoi Esther est-elle comparee a l'aurore? Pour t'enseigner que, de meme que l'aurore est la fin de toute la nuit, Esther est la fin de tous les miracles.

Mais il y a 'Hanouka! Nous disons: ce qui fut donne a etre ecrit.

Cela signifie que, meme si l'homme oublie pour un temps, puisqu'il reste un peu de la grande lumiere qui etait au Premier Temple, s'il relit l'ecrit une autre fois, il se souviendra de la grande lumiere. Au Second Temple cette lumiere fut enfouie; cependant, au temps du service, elle les eclairait par la grandeur de cette assurance.

Ainsi qu'il est rapporte dans le Pri Ets Haim du saint Ari: au Second Temple, a l'heure du service, il y avait un zivoug (union) face a face; et hors du temps du service, un zivoug dos a dos. C'est pourquoi le miracle de 'Hanouka, qui eut lieu au Second Temple, ne fut pas donne a etre ecrit: c'est seulement au temps du service que la lumiere apparaissait; apres quoi elle se cachait et se dissimulait (comme son sens a ete explique plus haut, paracha Vayechav, par.

19, s.v. "Et c'est la raison" et s.v.

"Et quand fut detruit"). Dans l'avenir s'accomplira a son sujet le verset: "Ainsi ai-Je jure de ne plus m'irriter contre toi ni de te reprendre; car les montagnes peuvent s'ecarter et les collines chanceler, mais Ma bonte ne s'ecartera pas de toi et Mon alliance de paix ne chancellera pas" (Isaie 54,9-10).

Cela signifie que cette lumiere ne se cachera plus jamais. Lors de la vente de Joseph le Juste, quand cette lumiere fut cachee, les tribus de Yechouroun dirent: "Venez, dispersons-nous"; c'est pourquoi elles entrerent par dix portes, sans etre reliees entre elles.

Car l'attribut de Joseph le Juste, qui relie tout, avait disparu, et nul ne les reliait. Meme les anges ont besoin d'un lien, puisque le Nom associe en eux le nom aleph-lamed, comme il a ete explique dans le Tan'houma, Michpatim (18): Rabbi Chimon ben Lakich dit: Le Nom du Saint, beni soit-Il, est associe a chaque ange, comme il est dit: "Car Mon nom est en son sein." Voir aussi La conversation des anges de service de notre maitre Rabbi Tsadok ha-Cohen de Lublin, de memoire benie, p.

37, pour l'explication de cela.

אחרי הודיע אלהים אותך את כל זאת אין נבון וחכם כמוך. הענין הוא, שמה שבאומות נראה לעמקות גדול פשוט הוא בישראל.

ולזה בעיני פרעה היה נראה זאת לחכמה שאין גדולה הימנה, כי הצמצום הוא הנותן חיים באדם ובשרש אין להם חיים, לזה נראה להם זאת לחכמה עמוקה, שאני ישראל שיש להם חיים בשרש ויש להם גם חיי עוה"ב, לזה פשוטה בעיניהם זו העצה לצמצם את עצמם:

"Apres qu'Elokim t'a fait connaitre tout cela, nul n'est aussi intelligent et sage que toi" (Genese 41,39). Le sens est que ce qui, chez les nations, parait d'une tres grande profondeur est simple en Israel.

C'est que le tsimtsoum (contraction) donne la vie a l'homme, tandis qu'a la racine ils n'ont pas de vie; c'est pourquoi cela parut a Pharaon une sagesse sans egale. Mais Israel, qui ont la vie a la racine et possedent aussi la vie du olam haba (monde a venir), cette idee de se contracter leur est simple.

ויאמר פרעה אל יוסף אחרי הודיע אלהים אותך את כל זאת וגו' אתה תהיה על ביתי וגו'. הענין שפקד את יוסף על כל זה, מפני שהבין שאין בכל עמו גם אחד שיהיה מעצור לרוחו בעת שהשי"ת יאיר פניו לעולם, להבין לצמצם את עצמו ולידע שעוד יבא עת שהשי"ת ינהג אז במדה אחרת בעולם, ולהכין לעצמו חיים על אותו העת.

וכענין דאיתא בזוה"ק (בשלח נא:) למלכא דאיהו שלים מכלא וכו' מה ארחיה דההוא מלכא, אנפוי נהירין כשמשא תדיר בגין דאיהו שלים. וכד דאין, דאין לטב ודאין לביש וע"ד בעי לאסתמרא מניה.

מאן דאיהו טפשא חמי אנפוי דמלכא נהירין וחייכן ולא אסתמר מניה. ומאן דאיהו חכימא אע"ג דחמי אנפוי דמלכא נהירין אמר, מלכא ודאי שלים הוא וכו' אנא חמי דבההוא נהירו דינא יתיב ואתכסיא וכו' וע"ד בעי לאסתמרא וכו'.

ולזה דן השי"ת במדתם, היינו ישראל שמצמצמים את עצמם בעדנא דאנפי מלכא נהירין, וזוכרין בהעת שבדינא יתיב, לזה אף כשיגיע העת שהש"י ירומם מדותיו, מ"מ יזכור בהם השי"ת ויתן להם חיים והויה גם אז. אבל העכו"ם שסוברים שהשי"ת מנהג עולמו ע"פ טבע, לכן ישכחו בהשי"ת בעת שיאיר פניו לעולם, לזה כשתבא השעה שהשי"ת ירומם ויגביה מדותיו ישכח זכרם לעולםקסגמבואר לעיל פרשת לך אות לז:

באומות, אם ישפיע להם השי"ת טובה, אזי יתפשטו בה בשטף זדון ולהאבידם על ידה מעל פני האדמה. שאני בישראל הוא, שאף בעת שאנפי מלכא נהירין, גם אז לא יסמכו את עצמם על זה התקיפות שיתפשטו את עצמם בהטובה, אכן הם ביראת ה' גם אז, וכענין דאיתא בזוה"ק (בשלח נא:) מאן דחמי אנפי מלכא נהירין כו' מאן דאיהו טפשא חמי אנפוי דמלכא נהירין וחייכן ולא אסתמר מניה.

ומאן דאיהו חכימא אע"ג דחמי אנפוי דמלכא נהירין אמר מלכא ודאי שלים הוא כו' דבההוא נהירו דינא יתיב ואתכסייא. והוא, שאף אם עתה הוא יושב על כסא רחמים ומתנהג בחסד, אולי ברגע אח"ז ילבש בגדי נקם תלבושת וישב על כסא דין..

ולזה כשראה פרעה שאין גם אחד מהמצריים שיבין החלום ופתרונו רק יוסף לבד, הבין מזה שהוא מפני שאין בהם ישוב הדעת להכין מימי השובע לעת הרעב שיצרך לו, ממילא אף אם יפקוד אחד מהמצרים להטמין בר תרקב התבואה, כמו שאמרו בש"ס (שבת לא.) כלום ערבת בהם קב חומטין ופירש"י עפר מלחה והיא לא תצמח, אך כאשר יערבו העפר מליחה בתבואה תתקיים התבואה ולא תרקב. וע"ז מורה מלח, לצמצם אדם את עצמוקסדונתבאר ענין עירוב המלח, במי השלוח ח"ב מסכת ברכות (מ.) ד"ה אמר רבא [א] וזה לשונו בתוך דבריו שם:

שמלח הוא היפוך הטוב כי יצמצם התפשטות הטובה, כמו שארץ מלחה אינה מגדלת, אך לערבב מלח עם הטוב אז תוסיף טעם לטוב וכו' וזה הוא ענין הזה שמורה שיערבב הצמצום בכל דבר וכו'. וזה מורה מלח, לצמצם כל התפשטות תאותו שלא יהיה נוגע לתאות לבו, רק לערבב הכל בצמצום.

עיי"ש כל העניין, ועיין לעיל פ' וירא אות לה, ועיין לקמן פ' זו אות לו, בית יעקב הכולל פ' וירא ד"ה וירא [ג]., אף אם יראה אנפוי דמלכא נהירין עכ"ז ידע דמלכא ודאי שלים הוא ובההוא נהירו דינא יתיבקסהלעיל פרשת נח אות לח.:

Pharaon dit a Joseph: "Apres qu'Elokim t'a fait connaitre tout cela... tu seras sur ma maison..." (Genese 41,39-40). Le sens est qu'il etablit Joseph sur tout cela parce qu'il comprit que, dans tout son peuple, il n'y en avait pas un seul qui puisse retenir son esprit lorsque le Nom fait luire Sa face sur le monde, afin de comprendre qu'il doit se contracter et savoir qu'il viendra encore un temps ou le Nom conduira alors le monde par un autre attribut, et se preparer une vie pour ce temps-la.

C'est dans le sens de ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Beshallah 51b): Le roi qui est parfait en tout, quelle est sa voie? Son visage brille toujours comme le soleil parce qu'il est parfait.

Et quand il juge, il juge le bien et le mal; aussi faut-il se garder de lui. Celui qui est sot voit le visage du roi lumineux et souriant et ne se garde pas de lui.

Mais celui qui est sage, bien qu'il voie le visage du roi lumineux, dit: Le roi est certainement parfait... Moi, je vois que, dans cette lumiere, le jugement siege et se cache...

Aussi faut-il se garder... C'est pourquoi le Nom les juge selon leur attribut: Israel, qui se contractent au temps ou le visage du Roi brille, et se souviennent du temps ou Il siege en jugement, lorsque viendra le temps ou le Nom elevera Ses attributs, le Nom se souviendra d'eux et leur donnera encore alors vie et existence.

Mais les nations idolatres, qui pensent que le Nom conduit Son monde selon la nature, oublieront le Nom au temps ou Il fera luire Sa face sur le monde; c'est pourquoi, lorsque viendra l'heure ou le Nom elevera et rehaussera Ses attributs, leur souvenir sera oublie a jamais. Comme il a ete explique plus haut, paracha Lekh Lekha, par.

37: parmi les nations, si le Nom leur dispense le bien, elles s'y repandent dans un flot d'insolence, et celui-ci les aneantit de la surface de la terre. Il n'en est pas ainsi d'Israel: meme au temps ou le visage du Roi brille, ils ne s'appuient pas sur cette force pour se repandre dans le bien; ils restent alors aussi dans la crainte de ה'.

C'est le sens de ce qui est rapporte dans le Zohar (Beshallah 51b): Celui qui voit le visage du Roi lumineux... Celui qui est sot voit le visage du Roi lumineux et souriant et ne se garde pas de lui.

Mais celui qui est sage, bien qu'il voie le visage du Roi lumineux, dit: Le roi est certainement parfait... dans cette lumiere le jugement siege et se cache. C'est-a-dire que, meme s'Il siege maintenant sur le trone de misericorde et se conduit avec bonte, peut-etre, l'instant d'apres, revetira-t-Il les vetements de vengeance et siegera-t-Il sur le trone du jugement.

Lorsque Pharaon vit qu'il n'y avait pas un seul Egyptien qui comprit le reve et sa solution, sauf Joseph, il comprit que c'etait parce qu'ils n'avaient pas la stabilite d'esprit de preparer, des jours d'abondance, le temps de famine dont ils auraient besoin. Des lors, meme s'il chargeait un des Egyptiens de cacher du grain, le ble pourrirait, comme ils ont dit dans le Talmud (Chabbat 31a): "Y as-tu melange un kav de homtin?" Rachi explique: de la terre salee, et elle ne poussera pas; mais lorsqu'on melange de la terre salee au ble, le ble se conserve et ne pourrit pas.

C'est ce qu'indique le sel: que l'homme se contracte. Le sens du melange du sel a ete explique dans Mei ha-Chiloah, vol.

II, traite Berakhot (40a), s.v. "Rava dit": "Le sel est l'inverse du bien, car il contracte l'epanouissement du bien, de meme qu'une terre salee ne produit rien; mais melanger le sel au bien ajoute du gout au bien...

Tel est le sens de cela: melanger la contraction a toute chose..." Le sel indique que l'on contracte tout l'epanouissement de son desir, afin qu'il ne touche pas au desir de son cœur, mais qu'il melange tout de contraction. Voir la-bas tout le sujet; voir plus haut, paracha Vayera, par.

35; et plus bas, cette paracha, par. 36; Beth Yaakob ha-Kolel, paracha Vayera, s.v.

"Vayera" [3]. Meme s'il voit le visage du Roi lumineux, il sait pourtant que le Roi est certainement parfait et que, dans cette lumiere, le jugement siege (voir plus haut, paracha Noah, par.

38).

ויאמר פרעה אל יוסף אני פרעה ובלעדיך לא ירים איש את ידו ואת רגלו בכל ארץ מצרים וגו'. איתא ע"ז במדרש רבה (מקץ צ) רבי יהושע דסכנין בשם ר' לוי אמר מן אני של בשר ודם את למד אני של הקב"ה מה אני של בו"ד שאמר פרעה הרשע ליוסף אני פרעה היה לו כל הכבוד הזה.

לכשיבא אני של הקב"ה אני עשיתי ואני אשא עאכו"כ. הענין בזה, שתיבת אני מורה שמסתיר הכל בידו ואינו מוסר זאת בהבנת אחריםקסוכי החילוק בין אני לאנכי, אני, הוא בעת שהשי"ת מבטל את האדם ומסתיר אותו, היינו שמראה כחו ית', שאדם אין לו זה הכח, כש"כ (דברים ל״ב:ל״ט) ראו עתה כי אני אני הוא.

כי אני הוא הצמצום והיחוד של השי"ת בעצמו. ומורה שאין לאדם שום תפיסה בו ית'.

ועם כ' הדמיון מורה על המדה אני והו, וזה מה שאיתא בגמרא (שבת פט.) היה לך לעזרינו. וזה ה' אלהיך כדאיתא במדרש (רבה יתרו כט) ובמכילתא (משפטים פ' כ) אלוה לכל באי עולם ואלהיך ביותר.

היינו מה שהשי"ת משפיל עצמו לתוך הבריאה ומראה השייכות שיש לכל דבר אצלו ית'. והכ' מורה, שעד היכן שאתה פונה עצמך לי, כמו כן אני שורה בך, שיש לך תפיסה בי וכו'.

בית יעקב שמות פרשת יתרו אות צ עיי"ש.. ואף שגם תיבת אנכי מורה על נקודת החיים, אכן שמוסר הדבר בהבנת אחרים.

וזהו שאמר פרעה ליוסף אני פרעה, היינו אף שנמצא בך חכמה להבין החלום ולפתרו, אבל גוף הטובה הוא רק לי וממך נסתרה, כי לא נתגלה החלום לך רק לי, משמע מזה שאני הוא בעל הטובה וגדול אני מכל הברואים אף ממך. והוא שהשי"ת הציב עוה"ז דוגמת עלמא דאתכסייא, כמו שבעלמא עלאה הוא מלך וכהן תחותיהקסזכמבואר בזוהר הקדוש (יתרו סז.):

תא חזי בקדושה איהו מלך וכהן דמשמש תחותיה, בין לעילא בין לתתא, אית מלך לעילא דאיהו רזא דקדש הקדשים, ואיהו מלך עלאה, ותחותיה אית כהן רזא דאור קדמאה דקא משמש קמיה וכו'.. מלך היינו דרגא דאתכסייא, שאין אדם מבין החכמה שנמצא בהמלך וסדר הנהגתו.

וכהן מורה על בחינת אתה כהןקסחעיין לעיל פרשת וישב אות מב ד"ה הענין בזה., היינו שרק הוא מבין שנמצא רב חכמה וגודל יקרות בבחינת מלך ומתפשטה, ומבלעדי הכהן אין שום אדם מבין יקרות המלך וחכמתו, לזה הוא הכהן תחת המלך ומשנהו גדול מכל שאר הברואים, מפני שאין נמצא בשום אדם זו ההבנה שנמצא בבחינת כהן, שמכיר גודל יקרות המלך, שאין בשום אדם דוגמתו של המלך. וע"ז מרמז מה שאמר אני פרעה, היינו שאני הוא בחינת מלך ואתה כהן ומשנה לי, מפני שאתה מכיר שבי נמצא מקור הטובה, והא ראיה שהתגלות החלום היה רק לי ואתה הוא פותר את החלום.

ונדמה לפרעה שהמתברר גדול מהמברר, לזה אף שהוא צריך להתברר, והבירור הוא ע"י יוסף הצדיק, מ"מ כשיתברר יהיה הוא גדול מיוסף. אמנם כל זה הוא רק בישראל, מפני שיש להם מקור ושרש ברצון השי"ת, לזה לא ידח ממנו שום נדח.

אבל בעכו"ם אינו כן, שהרי נאמר (איוב ל״ז:כ״ב-כ״ג) שדי לא מצאנוהו שגיא כח, היינו שיכביד על האדם בגודל בירורים להכניס כל פעם עוד יותר בקדושה. וללקט מהעכו"ם רק מה שנתברר לטוב ומה שנשאר הוא רק פסולתקסטלעיל פרשת תולדות אות לט, פ' וישב אות יח, ספר הזמנים – הגדה של פסח עניין פסח אות א.:

Pharaon dit a Joseph: "Je suis Pharaon, et sans toi nul ne levera sa main ni son pied dans tout le pays d'Egypte..." (Genese 41,44). A ce sujet il est rapporte dans le Midrach Rabba (Miketz 90): Rabbi Yehoshoua de Sikhnin, au nom de Rabbi Levi, dit: Du "Je suis" d'un etre de chair et de sang, tu apprends le "Je suis" du Saint, beni soit-Il.

Si, du "Je suis" d'un etre de chair et de sang, lorsque le mechant Pharaon dit a Joseph: "Je suis Pharaon", il eut tout cet honneur, lorsque viendra le "Je suis" du Saint, beni soit-Il: "C'est Moi qui ai fait, et c'est Moi qui porterai", a plus forte raison. Le sens est que le mot ani (je suis) indique qu'Il tient tout cache dans Sa main et ne le livre pas a la comprehension des autres.

La difference entre ani et anokhi est que ani est lorsque le Nom annule l'homme et le cache, c'est-a-dire qu'Il montre Sa puissance, benie soit-elle, et que l'homme n'a pas cette puissance, comme il est ecrit: "Voyez maintenant que Moi, Moi Je suis Lui" (Deuteronome 32,39). Car ani est la contraction et l'unite du Nom Lui-meme, et indique que l'homme n'a aucune saisie en Lui, beni soit-Il.

Et le kaf de comparaison indique l'attribut de ani ve-Hou (אני והו, moi et Lui); c'est ce qui est rapporte dans la Guemara (Chabbat 89a): "Tu aurais du nous aider." C'est aussi "ה' ton Elokim", comme il est rapporte dans le Midrach Rabba, Yitro (29), et dans la Mekhilta, Michpatim, par. 20: Elokim de tous les habitants du monde, et ton Elokim plus particulierement.

Cela signifie que le Nom S'abaisse dans la creation et montre le lien que toute chose a avec Lui, beni soit-Il. Le kaf indique que, jusqu'ou tu te tournes toi-meme vers Moi, de meme Je reside en toi, et tu as une saisie de Moi, etc.

Beth Yaakob, Chemot, paracha Yitro, par. 90, voir la-bas.

Bien que le mot anokhi indique lui aussi le point de vie, il livre toutefois la chose a la comprehension des autres. C'est ce que Pharaon dit a Joseph: "Je suis Pharaon"; bien qu'il y ait en toi la sagesse de comprendre le reve et de le resoudre, la substance du bien n'est qu'a moi, et elle t'est cachee, car le reve ne s'est revele qu'a moi et non a toi.

Il ressort de cela que je suis le maitre du bien et que je suis plus grand que toutes les creatures, meme que toi. Le Nom a place ce monde a l'image du olam de-itkassya (monde cache): de meme que, dans le monde superieur, il y a un roi et un pretre qui sert sous lui, tant en haut qu'en bas, il y a un roi en haut, secret du Saint des saints, et il est le Roi supreme; et sous lui il y a un pretre, secret de la lumiere premiere, qui sert devant lui, etc.

(Zohar, Yitro 67a). Le roi est le degre cache, dont l'homme ne comprend ni la sagesse qui s'y trouve ni l'ordre de sa conduite.

Le pretre indique l'aspect de "Tu es pretre" (voir plus haut, paracha Vayechav, par. 42, s.v.

"Le sens de cela"): lui seul comprend qu'il y a beaucoup de sagesse et une grande valeur dans l'aspect du roi, et qu'elles se repandent. Sans le pretre, nul homme ne comprend la valeur du roi et sa sagesse; c'est pourquoi le pretre est sous le roi et son second, plus grand que toutes les autres creatures.

Car il ne se trouve chez personne cette comprehension qui est dans l'aspect du pretre, lequel reconnait la grande valeur du roi, et il n'y a chez personne de semblable au roi. C'est a cela que fait allusion ce qu'il dit: "Je suis Pharaon"; c'est-a-dire: je suis l'aspect du roi, et toi tu es pretre et mon second, parce que tu reconnais qu'en moi se trouve la source du bien.

La preuve en est que la revelation du reve ne fut qu'a moi, et toi tu en es l'interprete. Il sembla a Pharaon que ce qui est clarifie est plus grand que celui qui clarifie; c'est pourquoi, bien qu'il doive etre clarifie et que la clarification soit par Joseph le Juste, neanmoins, une fois clarifie, il sera plus grand que Joseph.

Or tout cela n'est qu'en Israel, car ils ont une source et une racine dans la volonte du Nom, de sorte qu'aucun repousse ne sera repousse de Lui. Il n'en est pas ainsi des nations idolatres, car il est dit: "Le Tout-Puissant, nous ne Le trouvons pas; Il est grand en puissance" (Job 37,22-23).

Cela signifie qu'Il accable l'homme de grandes clarifications (birourim), pour faire entrer chaque fois davantage dans la saintete. Des nations idolatres, on ne recueille que ce qui est clarifie pour le bien; ce qui reste n'est que rebut (voir plus haut, paracha Toledot, par.

39; paracha Vayechav, par. 18; Sefer ha-Zemanim - Haggada de Pessa'h, sujet de Pessa'h, par.

1).

En bref

Ce passage poursuit le Midrach : du ani de Pharaon on apprend le ani du Saint, béni soit-Il, car le roi ne se glorifie que devant son second. « Pharaon dit à Joseph : Je suis Pharaon » (Berechit 41,44) : pour le Beit Yaakov, Pharaon se glorifie en disant que le bien essentiel est à lui, le rêve ne s'étant révélé qu'à lui, et Joseph devient grand au-dessus de tout le peuple. En vérité Joseph est maître du bien, car il en comprend la profondeur ; pourtant seul le Nom dit « Moi, Moi Je suis Lui », et Joseph demande de nouveau conseil. Israël, qui se contracte et reconnaît que toute force vient du Nom, conservera son acquisition ; les nations disparaîtront.

Aussi : le sel et les homtin comme tsimtsoum (contraction) pour que le bien subsiste ; pourquoi l'abondance ne fut cachée qu'en Égypte, afin d'y attirer Israël ; Joseph comme derekh erets (conduite droite) qui précède la Torah

וזהו כונת המדרש, מאני של בשר ודם ניכר אני של הקב"ה, מה אני של בו"ד שאמר פרעה ליוסף אני פרעה היה לו כל הכבוד הזה. היינו, מזה שפרעה התפאר עצמו נגד יוסף שהוא גדול ממנו נעשה גדול מכל העם, כי נגד מי המלך מתפאר לומר אני גדול ממך, נגד אדם הדיוט אין כבודו של מלך להתפאר, אך לפני משנהו שהמשנה גדול מכל העם מתפאר המלך לומר אני גדול אף ממך, מפני שהחכמה והמדע שנמצא בי אין בך, נמצא שעי"ז שפרעה התפאר עצמו נגד יוסף לומר שמקור ושרש הטובה הוא רק בו ולא ביוסף, נשמע מזה שמלבד המלך עצמו הוא יוסף גדול מכל העם.

לכשיבא אני של הקב"ה אני עשיתי ואני אשא עאכו"כ. היינו, כשיבא היום שהשי"ת יתפאר עצמו נגד ישראל שאין בהם היקרות שנמצא בו ית', וכדכתיב (ישעיהו מ״ט:ג׳) ישראל אשר בך אתפאר, אזי יתנשאו ישראל עוד יותר, שיהיו גדולים מכל הברואים שבעולם, מאחר שהשי"ת יתפאר מה בין לי ולך אני עשיתי ואני אשא, נגד מי מתפאר השי"ת נגד הגדולים מכל העולםקעלעיל פרשת לך אות ד..

וכמו שמצינו שהשי"ת אומר על דור המדבר (תהילים צ״ה:י׳) והם לא ידעו דרכי, היינו שבאמת היו גדולים וחביבים מכל הדורות, וכדאיתא אין לך דור חביב כדור המדבר, רק דרכיו דקוב"ה הוא דלא ידעו, אבל הם גדולים מכל הדורות, כי אם לא זה לא היה הקב"ה מתפאר נגדם. וכענין דאיתא בזוה"ק (בהר קיא:) האי עבד אדון כל הארץ אקרי, היינו מאחר שנקרא עבד אלהים ממילא הוא אדון כל הארץקעאמבואר לעיל פרשת לך אות א:

איתא בזוה"ק (בהר קיא:) האי עבד אדון כל הארץ אקרי, כי יסוד המכוון מבריאת עולם היה שיקרא השי"ת בשם מלך אף בעוה"ז, כי השכל שבעוה"ז הוא שאין מלך בלא עם, ובזה שאדם עובד את השי"ת וממליכו על כל עניני עוה"ז בכלל ובפרט בהכרתו שהשי"ת הוא אדון כל המעשים, האיש הזה הוא עבדא דמארי שמיא, ואדון כל הארץ אקרי. מאחר שהוא המקיים את כל העולם, בעשותו רצון השי"ת שברא העוה"ז על זה המכוון..

וע"ז מרמז מצות שבת שקדושתה גדולה מכל הקדושות, והוא בבחינת אני, שעיקר מצות שבת הוא בלא תעשה, היינו שהשי"ת מתפאר אז שרק לו הותר לעשות ולא לישראל, וכדאיתא גם במדרש שמצות שבת מרמז על אם כן מה בין לי ולך:

Tel est le sens du Midrach: Du ani (je suis) d'un etre de chair et de sang, je reconnais le ani du Saint, beni soit-Il. Du ani d'un etre de chair et de sang: lorsque Pharaon dit a Joseph: 'Je suis Pharaon', il eut tout cet honneur.

Cela signifie que, du fait que Pharaon se glorifia devant Joseph en disant qu'il etait plus grand que lui, Joseph devint grand au-dessus de tout le peuple. En effet, devant qui le roi se glorifie-t-il en disant: 'Je suis plus grand que toi'?

Devant un homme ordinaire, il ne sied pas a l'honneur du roi de se glorifier; mais devant son second, lequel est grand au-dessus de tout le peuple, le roi se glorifie en disant: 'Je suis plus grand meme que toi, car la sagesse et la connaissance qui se trouvent en moi ne sont pas en toi.' Il s'ensuit que, lorsque Pharaon se glorifia devant Joseph en disant que la source et la racine du bien n'etaient qu'en lui et non en Joseph, on entendit par la que, a l'exception du roi lui-meme, Joseph etait grand au-dessus de tout le peuple. Lorsque viendra le ani du Saint, beni soit-Il: 'C'est Moi qui ai fait et c'est Moi qui porterai', a plus forte raison.

Cela signifie que, lorsque viendra le jour ou le Nom se glorifiera devant Israel en disant qu'ils n'ont pas la valeur qui se trouve en Lui, beni soit-Il, comme il est ecrit: 'Israel, en qui Je Me glorifierai' (Isaie 49,3), alors Israel sera eleve encore davantage et sera grand au-dessus de toutes les creatures du monde. Car lorsque le Nom se glorifie en disant: 'Quelle difference y a-t-il entre Moi et toi?

C'est Moi qui ai fait et c'est Moi qui porterai', devant qui se glorifie-t-Il? Devant ceux qui sont les plus grands de tout le monde (voir plus haut, paracha Lekh Lekha, par.

4). De meme, nous trouvons que le Nom dit de la generation du desert: 'Ils n'ont pas connu Mes voies' (Psaumes 95,10).

C'est-a-dire qu'en verite ils etaient grands et chers au-dessus de toutes les generations, comme il est enseigne: Il n'est pas de generation aussi chere que la generation du desert; seulement, ils n'ont pas connu les voies du Saint, beni soit-Il. Mais eux etaient grands au-dessus de toutes les generations, car sans cela le Saint, beni soit-Il, ne Se serait pas glorifie devant eux.

Ainsi qu'il est enseigne dans le saint Zohar (Behar 111a): 'Cet esclave est appele maitre de toute la terre.' Cela signifie que, puisqu'il est appele serviteur d'Elokim, il est par la meme appele maitre de toute la terre (voir plus haut, paracha Lekh Lekha, par. 1): le but vise par la creation du monde etait que le Nom soit appele Roi aussi dans ce monde-ci.

Car la raison de ce monde-ci est qu'il n'y a pas de roi sans peuple. Par le fait que l'homme sert le Nom et Le fait regner sur toutes les affaires de ce monde-ci, en general et en particulier, en reconnaissant que le Nom est le Maitre de tous les actes, cet homme est le serviteur de son Maitre du Ciel et est appele maitre de toute la terre, puisqu'il maintient le monde entier en faisant la volonte du Nom, qui a cree ce monde-ci pour cette intention.

A cela fait allusion le commandement du Chabbat, dont la saintete est plus grande que toutes les saintetes: il est dans l'aspect de ani, car l'essentiel du commandement du Chabbat est une interdiction. C'est-a-dire que le Nom Se glorifie alors en disant que Lui seul a recu permission d'agir, et non Israel; comme il est aussi enseigne dans le Midrach, que le commandement du Chabbat fait allusion a: 'Quelle difference y a-t-il entre Moi et toi?'.

ויאמר פרעה אל יוסף אני פרעה וגו'. איתא ע"ז במדרש רבה (מקץ צ) רבי יהושע דסכנין בשם רבי לוי אמר מן אני של בשר ודם את למד אני של הקב"ה, מה אני של בשר ודם שאמר פרעה הרשע ליוסף אני פרעה היה לו כל הכבוד הזה, לכשיבא אני של הקב"ה אני עשיתי ואני אשא עאכו"כ.

הענין בזה הוא, שפרעה התפאר לנגד יוסף ואמר אני פרעה, היינו אף שנמצא בך חכמה ומבינות להבין החלום שלי ולפתרו, אבל עיקר הטובה שלי היא, והא ראיה שהתגלות החלום שהוא עיקר הטובה לא נתגלה לך רק לי, משמע שאני הוא בעל הטובה, ואני פרעה היינו שגדול אני ממך. ובלעדיך לא ירים איש את ידו ואת רגלו וגו', היינו מפני שנמצא בך מבינות יותר מכל העם להבין הטובה והיקרות מהחלום שלי, לכן תהיה לי למשנה גדול מכל העם, וכסא מלכותי יהיה גדול ממך (כמו שנתבאר במאמר הקודם).

אמנם באמת הוא רק יוסף בעל הטובה, כי מה טובה היה לפרעה מזה שהחלום נתגלה רק לו, מאחר שלא ידע ולא הבין העומק ופתרון החלום. למשל, אם יהיה לאדם מפתח הפנימי ולא יהיה לו מפתח החיצון בהי ייעול לבא להטובה שנמצא בחדר הפנימי.

וע"ז אמר שלמה המלך ע"ה (קהלת ו׳:ב׳) איש אשר יתן לו האלהים עשר ונכסים וכבוד וגו' ולא ישליטנו האלהים לאכול ממנו וגו' זה הבל וחלי רע הוא. נמצא שיוסף הצדיק שהבין הטובה שנמצא בהחלום, היה לו שליטה ליהנות מהטובה והוא בעליה.

אכן גם הוא לא היה יכול לומר אני אני הוא, כי רק בהשי"ת נאמר (האזינו לב) ראו עתה כי אני אני הוא, לזה כשרצה להבינו לפרעה את פתרון החלום הוצרך להמלך בהשי"ת מחדש, ואף שהוא עצמו הבין כבר וכמו שאמר קודם הפתרון (מקץ מא) בלעדי אלהים יענה את שלום פרעה. וכמו שנאמר במשרע"ה (תשא לג) ואתה אמרת ידעתיך בשם וגם מצאת חן בעיני, היינו שהד"ת הם שלך ואתה מלמד תמיד ד"ת לעמך ישראל ומשימם בלבם.

אבל משה רבינו מצדו לא היה יכול ללמד לישראל אם לא ימלך בהשי"ת מחדש, וכדכתיב (תשא לד) כתב לך את הדברים האלה וגו', היינו שרק לך אני נותן הד"ת ומבינם לך, אבל אם תרצה להבינם לאחר מוכרח אתה להמלך בי ולבא אצלי מחדש, כי רק השי"ת לבדו יוכל לומר אני אני הוא, שהכל בידו ואינו צריך להמלך בשום בריה בעולם:

Pharaon dit a Joseph: 'Je suis Pharaon...' (Genese 41,44). A ce sujet, il est rapporte dans le Midrach Rabba (Miketz 90): Rabbi Yehoshoua de Sikhnin, au nom de Rabbi Levi, dit: Du ani d'un etre de chair et de sang, tu apprends le ani du Saint, beni soit-Il.

Du ani d'un etre de chair et de sang, lorsque le mechant Pharaon dit a Joseph: 'Je suis Pharaon', il eut tout cet honneur; lorsque viendra le ani du Saint, beni soit-Il: 'C'est Moi qui ai fait et c'est Moi qui porterai', a plus forte raison. Le sens est que Pharaon se glorifia devant Joseph et dit: 'Je suis Pharaon.' C'est-a-dire: bien qu'il se trouve en toi sagesse et intelligence pour comprendre mon reve et le resoudre, le bien essentiel est a moi.

La preuve en est que la revelation du reve, qui est le bien essentiel, ne t'a ete revelee qu'a moi. Il ressort de cela que je suis le maitre du bien, et 'Je suis Pharaon' signifie: je suis plus grand que toi. 'Sans toi, nul ne levera sa main ni son pied...' (Genese 41,44): puisque se trouve en toi une intelligence plus grande que chez tout le peuple pour comprendre le bien et la valeur contenus dans mon reve, tu seras mon second, grand au-dessus de tout le peuple, et seul mon trone royal sera plus grand que toi, comme il a ete explique dans l'enseignement precedent.

Mais, en verite, Joseph seul etait maitre du bien. Car quel bien Pharaon avait-il de ce que le reve ne se fut revele qu'a lui, puisqu'il n'en connaissait ni ne comprenait la profondeur ni la solution?

C'est comme un homme qui possederait la cle interieure mais non la cle exterieure: comment entrera-t-il pour parvenir au bien qui se trouve dans la chambre interieure? A cela le roi Salomon, de memoire benie, a dit: 'Un homme auquel Elokim donne richesse, biens et honneur... et Elokim ne lui donne pas pouvoir d'en jouir... cela est vanite et mal douloureux' (Ecclesiaste 6,2).

Il s'ensuit que Joseph le Juste, qui comprenait le bien contenu dans le reve, avait pouvoir de jouir du bien et en etait le maitre. Pourtant, lui non plus ne pouvait dire: 'Je suis, je suis lui'; car il n'est dit que du Nom: 'Voyez maintenant que Moi, Moi Je suis Lui' (Deuteronome 32,39).

C'est pourquoi, lorsqu'il voulut faire comprendre a Pharaon la solution du reve, il dut de nouveau demander conseil au Nom, bien qu'il eut deja compris par lui-meme, comme il avait dit avant la solution: 'Ce n'est pas moi; Elokim repondra a la paix de Pharaon' (Genese 41,16). De meme, il est dit de notre maitre Moché (Exode 33,12): 'Tu as dit: Je te connais par ton nom, et tu as aussi trouve grace a Mes yeux.' C'est-a-dire que les paroles de Torah sont a toi, que tu enseignes sans cesse des paroles de Torah a Ton peuple Israel et que Tu les mets dans leur cœur.

Mais Moché notre maitre, de son cote, ne pouvait enseigner a Israel sans demander de nouveau conseil au Nom, comme il est ecrit: 'Ecris pour toi ces paroles...' (Exode 34,27). C'est-a-dire: Je ne donne les paroles de Torah qu'a toi et Je te les fais comprendre; mais si tu veux les faire comprendre a un autre, tu dois necessairement Me demander conseil et revenir aupres de Moi, car seul le Nom peut dire: 'Moi, Moi Je suis Lui', puisque tout est dans Sa main et qu'Il n'a a demander conseil a aucune creature du monde.

וזהו שאומר מאני של פרעה את למד אני של הקב"ה, מה אני שאמר פרעה הרשע ליוסף אני פרעה היה לו כל הכבוד הזה, היינו שפרעה אמר ליוסף אני הוא בעל הטובה ואתה הוא רק מבין הטובה ויודע אתה שהטובה הוא רק לי ולא לך, מ"מ היה לו כל הכבוד הזה. לכשיבא אני של הקב"ה, שהשי"ת יראה אז מלכותו, על אחת כמה וכמה יהיה לישראל כבוד גדול.

כי באמת אין כח בשום בריה מצדה לפעול ולקנות, אכן חלק וקנין הבריאה הוא מה שיש לה מבינות שאין לה מצדה שום כח בפני עצמה, ורק שהשי"ת הוא אשר נתן לו כח לעשות חיל. לזה ישראל שמצמצמים את עצמם בעולם הזה, למאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דקב"ה (זוהר אמור צ:), ומכירים שכל כחם הוא רק מהשי"ת, זה הקנין ישאר להם לעולמי עד, אף לעתיד שיפתח השי"ת אורו ויראו כל עמי הארץ שבאמת לא היה כח בשום בריה לעשות שום פעולה מצדה, מ"מ יהיה להם התנשאות וגודל יקרות בלי גבול, מאחר שבעולם הזה נתנו מקום להגדיל כבוד שמים, שזה הוא כל קנין האדם בעולם הזהקעבונתבאר בתפארת יוסף ערב יום כפור ד"ה אשריכם:

מחמת שישראל מצידו מטהר עצמו עד מקום שידו מגעת, אף שיש לפעמים שנסתר ממנו אור השם יתברך. אבל בעת שעומד בבהירות, מטהר עצמו ומסלק ממנו כל הנאת עוה"ז, ממילא שורת הדין שינחיל להם השי"ת הטהרה מצידו, אשר הוא בקביעות, כי מחמת שישראל מצידו מכין לבו שישכין השי"ת שכינתו אצלו.

וכעין דאיתא בזוה"ק (אמור צ':) דמאיך גרמיה למישרא עליה גאותא דקוב"ה. וכעין דאיתא בש"ס (ברכות ז') על הפסוק ונפלינו אני ועמך ביקש שלא תשרה שכינה רק על ישראל, והיינו שישראל מצידו מברר עצמו ומכין עצמו להיות כלי להשראת שכינתו אצלו, ממילא שורת הדין הוא שישכון השם יתברך אצל ישראל..

אכן העכו"ם שמצדם אינם מצמצמים את עצמם ליתן מקום להשי"ת ולהרבות כבוד שמים בעולם הזה, רק שנראה להם שהם מצדם יש להם כח לפעול ולקנות הון, לכשיבא אני של הקב"ה, שהשי"ת יראה שאני אני הוא, אזי יכלו לגמרי ולא ישאר מהם שארית בעולם:

Tel est ce qu'il dit: Du ani de Pharaon, tu apprends le ani du Saint, beni soit-Il. Du ani par lequel le mechant Pharaon dit a Joseph: 'Je suis Pharaon', il eut tout cet honneur.

Cela signifie que Pharaon dit a Joseph: 'Je suis le maitre du bien, tandis que toi tu ne fais que comprendre le bien; et tu sais que le bien n'est qu'a moi, non a toi.' Et malgre cela, il eut tout cet honneur. Lorsque viendra le ani du Saint, beni soit-Il, lorsque le Nom montrera alors Sa royaute, a plus forte raison Israel aura-t-il un grand honneur.

Car, en verite, aucune creature n'a, d'elle-meme, la force d'agir et d'acquerir. Mais la part et l'acquisition de la creature consistent en ce qu'elle a l'intelligence de savoir qu'elle ne possede, d'elle-meme, aucune force autonome, et que seul le Nom lui a donne la force d'acquerir des richesses.

C'est pourquoi Israel, qui se contractent dans ce monde-ci, 'abaissent leur personne afin que repose sur eux la grandeur du Saint, beni soit-Il' (Zohar, Emor 90a), et reconnaissent que toute leur force ne vient que du Nom, conserveront cette acquisition pour les mondes eternels. Meme dans l'avenir, lorsque le Nom ouvrira Sa lumiere et que tous les peuples de la terre verront qu'en verite aucune creature n'avait de force pour accomplir quelque acte d'elle-meme, ils auront neanmoins elevation et grande valeur sans limite.

Car, dans ce monde-ci, ils ont donne place a l'accroissement de la gloire du Ciel; tel est tout l'acquis de l'homme dans ce monde-ci (comme il est explique dans Tiferet Yosef, veille de Yom Kippour, s.v. 'Heureux etes-vous': puisque Israel se purifie de son cote jusqu'ou sa main peut atteindre, bien que parfois la lumiere du Nom, beni soit-Il, lui soit cachee, lorsqu'il se tient dans la clarte, il se purifie et ecarte de lui toute jouissance de ce monde-ci. Il est alors de stricte justice que le Nom lui accorde la purete de Son cote, qui est permanente, car Israel, de son cote, prepare son cœur afin que le Nom fasse resider Sa Chekhina (Presence divine) aupres de lui.

C'est dans le sens de ce qui est enseigne dans le saint Zohar: 'Il abaisse sa personne afin que repose sur lui la grandeur du Saint, beni soit-Il.' Et dans le Talmud, Berakhot 7a, au sujet du verset: 'Et nous serons distingues, moi et Ton peuple', Moché demanda que la Chekhina ne reside que sur Israel. Cela signifie qu'Israel, de son cote, se clarifie et se prepare a devenir un keli (recepient) pour que Sa Chekhina reside aupres de lui; il est alors de stricte justice que le Nom reside aupres d'Israel).

Mais les nations, qui ne se contractent pas d'elles-memes pour donner place au Nom et augmenter la gloire du Ciel dans ce monde-ci, mais a qui il semble qu'elles possedent d'elles-memes la force d'agir et d'acquerir des richesses, lorsque viendra le ani du Saint, beni soit-Il, lorsque le Nom montrera: 'Moi, Moi Je suis Lui', elles disparaitront entierement et il ne restera d'elles aucun vestige dans le monde.

אכל שדה העיר אשר סביבותיה נתן בתוכה וגו'. איתא ע"ז במדרש רבה (מקץ צ) רבי נחמיה אמר נתן בהם עפר וקטמיות דברים שהן מעמידין פירות.

והוא עפר מליחה, כענין דאיתא גם בש"ס (שבת לא.) מערב אדם קב חומטין בכור של תבואה ואינו חושש, ופירש"י ז"ל שהוא ארץ מליחה שמשמרת את הפירות. והענין בזה, דהנה ארץ מליחה מרמז על צמצום, שאם ירצה אדם שהטובה יתקיים לו ולא תאבד ממנו, אזי יצמצם את עצמו בהטובה בלי להתפשט, וכענין דכתיב (ויקרא ב׳:י״ג) וכל קרבן מנחתך במלח תמלח.

ויעץ להם יוסף הצדיק שיצמצמו את עצמם בשני השבע לערב קב חומטין, וזהו שאמרו שאסור לאדם להתפשט בשני רעבון. וכן מרמז ע"ז במדרש שצוה להם יוסף שימולו את עצמםקעגעיין לעיל פרשה זו אות לג ובהערה קסד שם..

וזהו מכוון למה שאמרו בש"ס (ביצה טו:) הרוצה שיתקיימו נכסיו יטע בהם אדר שנאמר אדיר במרום ה'קעדוזה לשון הגמרא ביצה (טו:): אמר רבי יוחנן משום רבי אליעזר ברבי שמעון, הרוצה שיתקיימו נכסיו יטע בהן אדר, שנאמר (תהלים צג) אדיר במרום ה'.

אי נמי, אדרא כשמיה, כדאמרי אינשי, מאי אדרא, דקיימא לדרי דרי. תניא נמי הכי, שדה שיש בה אדר אינה נגזלת, ואינה נחמסת, ופירותיה משתמרין.

וברש"י שם ביאר: ופירותיה משתמרין וכו' ולי נראה שהוא מין עשב חשוב, וזרעו מתערב עם הפירות, ובשדה לבן קאמר, ומשתמרת התבואה מן הכנימה והתולעים, שריח אותו זרע מבריחן והורגן, כדאמר בחומטין שמשמר התבואה במסכת שבת (לא.).:

'Toute la nourriture des champs de la ville alentour, il la deposa au milieu d'elle...' (Genese 41,48). A ce sujet, il est rapporte dans le Midrach Rabba (Miketz 90): Rabbi Nehemia dit: Il mit parmi eux de la poussiere et des cendres, choses qui conservent les fruits.

Il s'agit de terre salee, comme il est aussi enseigne dans le Talmud (Chabbat 31a): On peut melanger un kav de homtin a un kor de cereales sans s'en soucier. Rachi, de memoire benie, explique que c'est une terre salee qui conserve les fruits.

Le sens est que la terre salee fait allusion au tsimtsoum (contraction): si l'homme veut que le bien subsiste pour lui et ne se perde pas, il doit se contracter dans le bien sans se repandre, ainsi qu'il est ecrit: 'Tu saleras de sel toute offrande de ton oblation' (Levitique 2,13). Joseph le Juste leur conseilla de se contracter durant les sept annees d'abondance, en melangeant un kav de homtin; c'est le sens de ce qu'ils ont dit: Il est interdit a l'homme de se repandre durant les annees de famine.

Le Midrach y fait aussi allusion lorsqu'il rapporte que Joseph leur ordonna de se circoncire (voir plus haut, cette paracha, par. 33 et note 164).

Cela correspond a ce qui est enseigne dans le Talmud (Beitsa 15b): Qui veut que ses biens subsistent doit planter parmi eux un adar, comme il est dit: 'Puissant dans les hauteurs est ה'' (Psaumes 93,4). Voici le texte de la Guemara (Beitsa 15b): Rabbi Yo'hanan, au nom de Rabbi Eliezer fils de Rabbi Chimon, a dit: Qui veut que ses biens subsistent doit planter parmi eux un adar, comme il est dit: 'Puissant dans les hauteurs est ה''; ou bien: adar, selon son nom, comme disent les gens: Qu'est-ce qu'un adar?

Ce qui subsiste de generation en generation. Il est aussi enseigne: Un champ ou il y a un adar n'est pas vole ni accapare, et ses fruits se conservent.

Rachi y explique: 'Ses fruits se conservent': il me semble que c'est une espece d'herbe importante dont la semence se melange aux fruits; il s'agit d'un champ de cereales, et le ble est preserve des pucerons et des vers, car l'odeur de cette semence les fait fuir et les tue, comme les homtin qui conservent le ble dans le traite Chabbat (31a).

להבין הענין, מאחר שמצינו שגזירת הרעב היתה בכל הארצות בטח היה מתחלה גם שובע בכל הארצות, א"כ למה רק במצרים הטמינו משובע לרעב ולא בכל הארצות. אכן הענין בזה, מפני שהשי"ת רצה למשוך את ישראל למצרים ולשכון בתוך בני ישראל, לזה הוצרך זו העצה מענין הצמצום להיות במצרים קודם זה.

כי דרך ארץ קודמת לתורה, כמו שמצות מילה ניתנה קודם שניתנה תורה, ואף שבאמת מצות מילה היא מגופי תורה, אבל ענין זהו המצוה הוא רק צמצום. לזה היתה העצה במצרים שהיה שם יוסף, ואמר אל פרעה אלהים יענה את שלום פרעה, אלהי"ם הוא בגימטריא הטב"ע, שהטבע הוא שיצמצם אדם את עצמו לטוב לוקעהמבואר לעיל פרשת וישב אות מד:

הענין שיוסף נגלה תחלה בגלות מצרים הוא, כי זו האומה מרוחקת ביותר מהשי"ת עד שנראה להם שאין צריכים כלל להשפעת הש"י, וכמו שנאמר בהם (יחזקאל כ״ט:ג׳) לי יאורי ואני עשיתני, לזה חפץ השי"ת להכניס שם ד"ת, ויוסף הצדיק מרמז על דרך ארץ שקדמה לתורה, שמדתו הוא חותם קדושת הברית, לצמצם את עצמו בכל כחו, ובהיות הרעב הלכו מכל העולם למצרים ששם הוא מקום התורפה מהטומאה שהם מתפשטים בשטף זדון, כדכתיב בהו (שם כג) וזרמת סוסים זרמתם, לכן הלך שם יוסף הצדיק מתחלה שיצמצם את הארץ בדרך ארץ.:

Il faut comprendre: puisque nous trouvons que le decret de famine fut dans tous les pays, il y eut certainement d'abord abondance dans tous les pays; pourquoi donc ne cacha-t-on de l'abondance pour la famine qu'en Egypte et non dans tous les pays? Mais le sens est que le Nom voulait attirer Israel en Egypte et resider au milieu des enfants d'Israel; c'est pourquoi ce conseil du tsimtsoum devait d'abord se trouver en Egypte.

Car derekh erets (la conduite droite) precede la Torah, de meme que le commandement de la circoncision fut donne avant que la Torah ne fut donnee. En verite, le commandement de la circoncision appartient aux corps memes de la Torah, mais l'objet de ce commandement n'est que le tsimtsoum.

C'est pourquoi le conseil fut en Egypte, ou etait Joseph; et il dit a Pharaon: 'Elokim repondra a la paix de Pharaon' (Genese 41,16). Elokim (אלהים) a la guematria de ha-teva (הטבע, la nature): la nature est que l'homme se contracte dans le bien (comme il est explique plus haut, paracha Vayechav, par.

44: la raison pour laquelle Joseph fut revele d'abord dans l'exil d'Egypte est que cette nation est la plus eloignee du Nom, au point qu'il leur semble qu'ils n'ont nul besoin de l'influx du Nom, beni soit-Il, comme il est dit d'eux: 'Mon fleuve est a moi, et c'est moi qui me suis fait' (Ezechiel 29,3). Le Nom voulut donc y faire entrer des paroles de Torah.

Joseph le Juste fait allusion a derekh erets qui precede la Torah; son attribut est le sceau de la saintete de l'alliance, se contracter de toute sa force. Lors de la famine, ils vinrent de tout le monde en Egypte, qui est le lieu de faiblesse de l'impurete: ils s'y repandent dans un flot d'insolence, comme il est ecrit d'eux: 'Leur flux est le flux des chevaux' (Ezechiel 23,20).

C'est pourquoi Joseph le Juste s'y rendit d'abord, afin de contracter le pays selon derekh erets).

En bref

« Certes, nous sommes coupables à l'égard de notre frère » : pourquoi Reouven, la détresse déjà venue, rappelle-t-il « Ne fauter pas contre l'enfant » ? Le Beit Yaakov rapporte de l'Ari Z"L que les tribus tiennent Yossef pour le résidu de la kelipa (écorce spirituelle) d'Avraham et d'Its'hak, et du Mei Hachiloa'h qu'elles le jugent à mort : le mauvais rapport devant Yaakov, le Juste, fondement du monde, sépare Israël de leur Père. Ayant eu pitié, elles établissent qu'il est bon ; elles sont coupables de l'avoir haï et voulu tuer sans droit, et auraient dû saisir dès lors le bien en lui. Reouven dit que la faute est davantage en lui, premier dont le cœur s'éveille à la compassion.

Aussi : Yaakov n'envoie Binyamin qu'après la garantie de Yehouda, qui perce la dissimulation jusqu'à montrer qu'il n'y en eut jamais ; le nom Israël, lettres de « li roch », revient alors ; Hanna voit dans le soupçon d'Eli le signe d'un bien.

ויאמרו איש אל אחיו אבל אשמים אנחנו על אחינו אשר ראינו צרת נפשו בהתחננו אלינו וגו' על כן באה אלינו הצרה הזאת. ויען ראובן אותם לאמר הלא אמרתי אליכם לאמר על תחטאו בילד וגו'.

והנה צריך להבין בדבר, היתכן זאת, שאחר שבאה להם הצרה שהצר להם עד מאד, חתה ראובן עוד גחלים על ראשם להקניטם במה שכבר עבר, ולהתפאר שרק הוא ראה את הנולד ולא הם. אבל הענין בזה הוא כן, אחר שנודע שהשנאה שהיה להשבטים על יוסף הוא בסבת מה שהביא דבתם רעה אל אביהם, שהוא היה הצדיק יסוד עולם אחד בתחתונים כגוונא דקוב"ה (כביכול) אחד בעליונים, ויען כי השבטים היו אז כמו כל הכלל ישראל, נחשב בעיניהם הוצאת דבתו לפני אביהם כמו שהוא עושה הפירוד בין ישראל לאביהם שבשמים, ולכן דנו אותו להרגו, כי חשבוהו לפסולת ממטתו של יעקב אבינו ע"ה, כמו ישמעאל מאברהם ועשו מיצחקקעומבואר בלקוטי תורה לאר"י הקדוש פרשת וישב ד"ה ויתנכלו וזה לשונו:

דע, כי חשבו אחי יוסף, שהוא שירים מהקליפה שנפרדה מאברהם ויצחק, בצאת מהן ישמעאל ועשו, ועדיין לא נטהרו. ומה גם בחשבם שיוסף פגם ביסוד, והטהו לצינור השמאלי ח"ו, במה שהביא דבתם רעה, היפוך השלום.

ומבואר במי השלוח ח"א וישב ד"ה לכו ונמכרנו: כי השבטים דנו אותו תחילה למיתה מחמת שהביא את דבתם רעה אל אביהם והחטא הזה היה נחשב בעיניהם לחטא בשורש חייו חלילה, כי היה מפריד בינם לבין אביהם והיה נראה בעינם כמפריד היחוד של הקב"ה עם כנסת ישראל, כי יעקב היה אז הצדיק יסוד עולם שהעולם נשען עליו, והיה במקום הש"י בעוה"ז והם היו כל ישראל, כי בתיבת אחד שבשמע ישראל היו כולם נכללים, כי א' הוא נגד יעקב, והח' נגד ח' בני הגבירות, וד' נגד ד' בני השפחות, וכפי דעתם היה רצונו להפריד היחוד הלזה..

ואחר האמת, אם לא היו מוצאים לו שום זכות והיו הורגים אותו, אז היה הקב"ה מסכים עמהם להיותם הכלל ישראל, והיה זאת כמו הסנהדרין שדנו איש אחד למיתה. אכן כאשר מצאו לו זכות ורחמו עליו, כי יהודה אמר מה בצע, והם כלם שמעו לו, מזה עצמו נתברר הדבר שהוא טוב, ורק האשם הוא בהם ושלא כדין רצו להרגו, וגם המכירה היתה שלא כדין.

וזהו הדיוק בכתוב הזה, אבל אשמים אנחנו, היינו מאחר שרחמנו עליו ולא הרגנוהו, מזה מוכח שנמצא בו הטוב, אבל האשם הוא בנו שלא כדין אנחנו שנאנוהו ורצינו להרגו, ולכן חטאנו בודאי בזה שראינו צרת נפשו בהתחננו אלינו ולא שמענו, היינו כי היה לנו להבין ולהשכיל תיכף אז בשעת מעשה כי נמצא בו דבר טוב, ממה שנמצא בלבנו רחמנות לרחם עליו. וע"ז הוסיף ראובן לאמר ואמר בי העון יותר מכם, יען אנכי הראשון הייתי שנתעורר בלבי החמלה עליו, באמרי אליכם אל תחטאו בילד, ולכן היה מהראוי לי לעורר אתכם על זה ולהבינכם כי בטח נמצא בו דבר טוב, ועתה כאשר נתברר לגמרי לטוב, לכן גם דמו הנה נדרש:

Ils se dirent chacun a son frere : Certes, nous sommes coupables a l'egard de notre frere, lorsque nous avons vu la detresse de son ame tandis qu'il nous suppliait, et nous ne l'avons pas ecoute ; c'est pourquoi cette detresse nous est venue. Reouven leur repondit : Ne vous avais-je pas dit : Ne fauter pas contre l'enfant ? etc.

Il faut comprendre ceci : est-il possible qu'apres que la detresse leur fut venue et les eut opprimes au plus haut point, Reouven ajoute encore des charbons sur leur tete, les provoquant par ce qui etait deja passe, et se vantant que lui seul avait vu ce qui allait arriver, et non eux ? Mais voici le sens.

Lorsqu'il fut connu que la haine des tribus envers Yossef provenait du mauvais rapport qu'il avait apporte a leur pere a leur sujet - leur pere etait le Juste, fondement du monde (tsaddik yesod olam), un dans les mondes inferieurs a l'image, pour ainsi dire, du Saint, beni soit-Il, un dans les mondes superieurs -, et puisque les tribus etaient alors comme la totalite d'Israel, elles consideraient qu'apporter ce mauvais rapport devant leur pere revenait a introduire la separation entre Israel et leur Pere qui est aux cieux. C'est pourquoi elles le jugerent digne de mort : elles le tenaient pour une impurete issue de la couche de notre pere Yaakov, de memoire benie, comme Yichmael issu d'Avraham et Essav issu d'Yitshak.

Ainsi qu'il est explique dans Likkoutei Torah du Ari hakadoch, section Vayechav, debutant Vayitnaklou, en ces termes : Sache que les freres de Yossef pensaient qu'il etait le residu de la kelipa (ecorce spirituelle) qui s'etait separee d'Avraham et d'Yitshak lors de la sortie d'entre eux de Yichmael et d'Essav, et qu'ils n'etaient pas encore purifies. D'autant plus qu'ils pensaient que Yossef avait porte atteinte au yesod (fondement) et l'avait incline vers le canal gauche, a D.ieu ne plaise, en apportant leur mauvais rapport, contraire de la paix.

Il est aussi explique dans Mei Hashiloah, I, Vayechav, debutant Lekhou venimkerennou : Les tribus le jugerent d'abord a mort parce qu'il avait apporte leur mauvais rapport a leur pere. Cette faute leur paraissait une faute touchant a la racine meme de sa vie, a D.ieu ne plaise, car il les separait de leur pere et apparaissait a leurs yeux comme separant l'union du Saint, beni soit-Il, et de la Communaute d'Israel.

Car Yaakov etait alors le Juste, fondement du monde, sur lequel le monde repose, et il tenait la place du Nom en ce monde-ci ; eux etaient tout Israel. En effet, tous etaient compris dans le mot Un du Chema Israel : le aleph correspond a Yaakov, le het aux huit fils des maitresses, et le dalet aux quatre fils des servantes.

Selon leur opinion, il voulait separer cette union. Mais en verite, s'ils ne lui avaient trouve aucun merite et l'avaient tue, le Saint, beni soit-Il, aurait ete d'accord avec eux, puisqu'ils etaient la totalite d'Israel ; cela aurait ete semblable au Sanhedrin qui juge un homme a mort.

Mais lorsqu'ils lui trouverent un merite et eurent pitie de lui - car Yehouda dit : Quel profit ? et tous l'ecouterent -, cela meme etablit qu'il etait bon. La culpabilite etait donc en eux : ils avaient voulu le tuer sans droit, et la vente aussi etait sans droit.

Tel est le sens precis du verset : Certes, nous sommes coupables : puisque nous avons eu pitie de lui et ne l'avons pas tue, il est prouve par la qu'il y avait en lui le bien. Mais nous sommes coupables de l'avoir hai et d'avoir voulu le tuer sans droit.

Nous avons donc certainement faute lorsque nous avons vu la detresse de son ame tandis qu'il nous suppliait et ne l'avons pas ecoute : nous aurions du comprendre et saisir aussitot, au moment de l'acte, qu'il y avait en lui quelque chose de bon, puisque notre cœur fut porte a avoir pitie de lui. Reouven ajouta a cela : La faute est davantage en moi qu'en vous, car je fus le premier dont le cœur s'eveilla a la compassion pour lui, lorsque je vous dis : Ne fauter pas contre l'enfant.

Il m'incombait donc de vous eveiller a cela et de vous faire comprendre qu'il y avait surement en lui quelque chose de bon. Maintenant que son bien est entierement etabli, son sang aussi, voici, est reclame.

ויאמר ישראל למה הרעתם לי להגיד לאיש העוד לכם אח וגו' ויאמר יהודה אל ישראל אביו שלחה הנער אתי וגו' אנכי אערבנו מידי תבקשנו אם לא הביאתיו אליך והצגתיו לפניך וחטאתי לך כל הימים וגו' ויאמר אליהם ישראל אביהם אם כן אפוא זאת עשו קחו מזמרת הארץ בכליכם והורידו לאיש מנחה מעט צרי ומעט דבש נכאת ולוט בטנים ושקדים וגו' ואת אחיכם קחו וגו' ואל שדי יתן לכם רחמים לפני האיש וגו'. הענין שלא התרעם יעקב אבינו על בניו מיד אחר ששבו ממצרים למה הרעו לו להגיד לאיש העוד להם אח.

אכן מתחלה לא עלה ברעיונו לשלח אתם את בנימין, לזה לא היה לו שום נפקא מינה אם הגידו אם לאו, ולזה כשרצה ראובן לערוב ערובה בעד בנימין לא הטה אזנו ואמר לא ירד בני עמכם, כי סימן זה היה מסור בידו שאם ימות אחד מבניו בחייו יראה פני גיהנם (הובא ברש"י פרשת וישב פרק לז פסוק לה ודומה לו בתנחומא ויגש ט) ועתה שנדמה לו שיוסף איננו וידע שכעת יראה פני גיהנם, נמצא שאם היה שולח אתם את בנימין אזי אפסה מאתו כל כח העבודה (וכמש"נ בפ' וישב אות ג, יב) וכדאיתא גם בלקוטי תורה מהאר"י הק'קעזלא מצאתי בספר לקוטי תורה ואולי כוונת דברי קדשו למה שכתב בספר הלקוטים לאר"י הקדוש פרשת ויגש ד"ה והיה כראותו כי אין הנער ומת וכו': דע, כי בנימין היה משמש במקום יוסף כאשר היה יוסף בגלות, והיה רומז הברית.

וזהו והי"ה, שהוא ת"ת, בראותו שברית העליון ירד למטה בגלות, ונשאר בנימין במקומו, ובראותו שאין הנער, שהוא יסוד סוד הברית, ומת, ר"ל יסתלק אורו וכו'.. אכן כשראה יעקב אבינו שיהודה מכניס את עצמו בזה, והתחיל לדבר עמו שאם לא ישלח אתם את בנימין לא ירדו, אזי התחיל להולד בו איזה רצון לשלחו אתם, ובפרט אחר שערב ערובה בעד בנימין שאם לא יביאנו אליו חי וחטאתי לך כל הימים אף בעוה"ב, הבין יעקב אבינו מזה שעתה יוכל לבטוח ולהשען בהשי"ת שקרובה ישועתו לבא עתה תצמח, מפני שהכיר כחו של יהודה שהוא הלב מכל ישראל, ואי אפשר להיות זאת בעולם שדבריו יהיו לבטלה, ואף שכעת ההסתר גובר ולא נראה שום ישועה, אמנם אין לך דבר שעומד בפני התשובה, ובכח הש"י להראות שלא כן היה המכוון שלו כמו שנדמה בשעת ההסתר, כדכתיב (ישעיה נו) כי לא מחשבותי מחשבותיכם וגו', והוא שאין בכח האדם להגיע עד תכלית המכוון מהשי"ת, שדבריו חיים וקיימים ויוכלו להתהפך בתחבולותיו כפי פעלם של בני אדם.

ויש בו כח ביהודה, שאף בגודל ההסתר בוקע ומראה ישועת השי"ת מפורש שיתגלה שמעולם לא היה שום הסתר כלל, רק אף שם אדיר ה' לנו. וכענין דכתיב (תהילים צ״ג:ד׳) מקולות מים רבים אדירים משברי ים אדיר במרום ה', היינו אף בגודל ההסתר גם שם אדיר במרום ה'.

ולזה ברך אותו משרע"ה (ברכה לג) שמע ה' קול יהודה וגו' ידיו רב לו ועזר מצריו תהיה, והוא שיש בו כח לשבר כל ההסתרות, ולבקוע ולהראות ישועה, עד היכן, עד שיראו מפורש שלא היתה שום הסתרה מעולם. וע"ז מרמז ברכת יעקב אבינו שאמר אליו (ויחי מט) יהודה אתה וגו', שהכיר אותו משורש התולדה שבכחו להמשיך רצון השי"ת ממקום הגבוה ביותר לבחינת אתה, שיש לו הנוכח מפורש תמיד, בכל פעולה עומד נגדו השי"ת בבהירות, וזהו נקרא אתה, וכענין דאיתא בזוה"ק (משפטים קד.) יהודה אתה אנת הוא אבא קדמאה אנת הוא אבא תנינא ולא הוה בך חילופא לעלמין.

היינו שכל הישועות שהם דרך הסתר נקראים בזוה"ק באורח יבום, אכן ביהודה היה היבום ע"י האב שאין לפניו שום הסתרה כלל, ידיו רב לו לצעוק להשי"ת ולהפיל חומת ההסתר, תוקע ומריע ומפיל חומהקעחכמו שהתבאר עניין יבום לעיל פרשת וישב אות לט ד"ה ובזה.:

Israel dit : Pourquoi m'avez-vous fait du mal en disant a cet homme que vous aviez encore un frere ? etc. Yehouda dit a Israel son pere : Envoie le jeune homme avec moi, etc.

Je me porterai garant pour lui, tu le redemanderas de ma main ; si je ne te le ramene pas et ne le place pas devant toi, je serai fautif envers toi tous les jours, etc. Israel leur pere leur dit : S'il en est ainsi, faites donc ceci : prenez dans vos recipients des meilleurs produits du pays et descendez a cet homme un present : un peu de baume et un peu de miel, des aromates et du ladanum, des pistaches et des amandes, etc.

Prenez aussi votre frere, etc. Que El Shaddai vous donne misericorde devant cet homme, etc.

Le sens est que notre pere Yaakov ne se plaignit pas a ses fils immediatement apres leur retour d'Egypte : Pourquoi m'avez-vous fait du mal en disant a cet homme que vous aviez encore un frere ? Au debut, en effet, il ne lui venait pas a l'esprit d'envoyer Binyamin avec eux ; il n'avait donc aucune consequence a tirer du fait qu'ils eussent parle ou non.

Aussi, lorsque Reouven voulut se porter garant pour Binyamin, il ne preta pas l'oreille et dit : Mon fils ne descendra pas avec vous. Car il avait recu ce signe : si l'un de ses fils mourait de son vivant, il verrait la face du Guehinom (enfer) - rapporte par Rachi, Vayechav 37,35, et semblablement dans Tan'houma, Vayigach 9.

Or, puisqu'il lui semblait que Yossef n'etait plus, et qu'il savait qu'il verrait alors la face du Guehinom, s'il envoyait Binyamin avec eux toute la force de son service divin lui serait retiree, comme il est ecrit plus haut, Vayechav, paragraphes 3 et 12. Il en est aussi ainsi dans Likkoutei Torah du Ari hakadoch.

Je ne l'ai pas trouve dans le livre Likkoutei Torah ; peut-etre les paroles saintes visent-elles ce qui est ecrit dans Sefer Halikkoutim du Ari hakadoch, Vayigach, debutant Vehaya kireoto ki ein hanar vomet, etc. : Sache que Binyamin remplissait la place de Yossef lorsque Yossef etait en exil, et il designait l'alliance. Tel est Vehaya, qui est Tiferet (harmonie) : en voyant que l'alliance superieure etait descendue en bas, en exil, et que Binyamin etait reste a sa place ; et en voyant que le jeune homme, qui est le yesod, secret de l'alliance, n'etait pas la et mourait, c'est-a-dire que sa lumiere se retirait, etc.

Mais lorsque notre pere Yaakov vit que Yehouda s'engageait ainsi et commenca a lui dire que, s'il n'envoyait pas Binyamin avec eux, ils ne descendraient pas, un certain desir de l'envoyer avec eux naquit alors en lui. Surtout apres que Yehouda se fut porte garant pour Binyamin : s'il ne le lui ramenait pas vivant, Je serai fautif envers toi tous les jours, meme dans le monde a venir.

Notre pere Yaakov comprit alors qu'il pouvait a present se fier au Nom et s'appuyer sur Lui : Son secours etait proche de venir et allait maintenant germer. Car il reconnut la force de Yehouda, qui est le cœur de tout Israel ; il est impossible en ce monde que ses paroles soient vaines.

Et bien que maintenant la dissimulation soit puissante et qu'aucun salut ne paraisse, rien ne tient devant la techouva (retour repentant), et le Nom a le pouvoir de montrer que Son intention n'etait pas ce qu'elle semblait etre au temps de la dissimulation, comme il est ecrit : Car mes pensees ne sont pas vos pensees, etc. (Isaie 56).

L'homme ne peut atteindre l'intention ultime du Nom : Ses paroles sont vivantes et subsistantes, et peuvent etre transformees par Ses voies selon les actes des hommes. Yehouda a la force de percer meme la plus grande dissimulation et de montrer explicitement le secours du Nom : il sera revele que jamais il n'y eut aucune dissimulation ; seulement, meme la, le Nom est puissant pour nous.

C'est le sens de ce qui est ecrit : Plus puissants que les voix des eaux nombreuses, que les brisures de la mer, le Nom est puissant dans les hauteurs (Psaumes 93,4) ; meme dans la plus grande dissimulation, le Nom est aussi puissant dans les hauteurs. C'est pourquoi Mochhe Rabbennou, Moché notre maitre, le benit : Ecoute, Nom, la voix de Yehouda, etc. ; ses mains sont grandes pour lui, et Tu seras son secours contre ses ennemis (Deuteronome 33).

Il a la force de briser toutes les dissimulations, de percer et de montrer le salut. Jusqu'ou ?

Jusqu'a ce qu'on voie explicitement qu'il n'y eut jamais aucune dissimulation. C'est a cela que fait allusion la benediction de notre pere Yaakov lorsqu'il lui dit : Yehouda, toi, etc.

(Vayhi 49). Il le reconnut des la racine de sa naissance : il a la force d'attirer la volonte du Nom depuis le lieu le plus eleve jusqu'a l'aspect de toi, qui est toujours une presence explicite.

Dans chaque action, le Nom se tient devant lui avec clarte ; cela est appele toi. C'est aussi le sens de ce qui est rapporte dans le Zohar (Michpatim 104a) : Yehouda, toi : tu es le premier pere, tu es le second pere, et il n'y a jamais eu en toi de changement.

Tous les secours qui passent par la dissimulation sont appeles dans le Zohar par le chemin du yiboum (levirat). Mais chez Yehouda, le yiboum etait par le pere, devant qui il n'y a absolument aucune dissimulation : ses mains sont grandes pour crier vers le Nom et faire tomber la muraille de la dissimulation ; il sonne du chofar, pousse la teroua et fait tomber la muraille.

Comme a ete explique plus haut au sujet du yiboum, Vayechav, paragraphe 39, debutant Ouvaze.

לזה כאשר שמע יעקב אבינו מפי יהודה, שאמר, תנה אותו על ידי אנכי אערבנו וגו', ידע שרוח ה' מדבר בו ונתחזק לבו בעוז ה', שבטח תבא לו ישועה, ונתרצה לשלח אתם את בנימין. אך התמרמר עליהם, למה הרעותם לי להגיד לאיש העוד לכם אח, אף אמנם שהיה סמוך לבו בטוח בהשי"ת שנכון בידו ישועת השי"ת, אבל הצר לו מאד למה הכניסו אותו עוד יותר בהסתר שישלח גם את בנימין למצרים.

וע"ז מקנתרו הכתוב (ישעיה מ) למה תאמר יעקב ותדבר ישראל נסתרה דרכי מה' ומאלהי משפטי יעבור, וכדאיתא ע"ז במדרש רבה (מקץ צא) למה הרעתם לי הוא דהוא אמר למה תאמר יעקב ותדבר ישראל נסתרה דרכי מה' וגו'קעטזה לשון המדרש שם: אלא כך אמר הקב"ה אני עוסק להמליך את בנו במצרים והוא אומר למה הרעותם לי, היא דהוא אמר (ישעיה מ) נסתרה דרכי מה' ומאלהי וגו'..

והוא שהיה לו להבין שפיהם אינו ברשותם, ואין להם מצדם שום אשמה על הגידם לאיש שעוד להם אח, ובטח ברצון השי"ת היה שידברו ויגידו לו שיש להם עוד אח, ושיצוה עליהם להביאו מצרימה, ושישלח גם הוא אותו לשם, והשי"ת ישלח עזרתו. ובפרט שגם לבו אמר לו שישועתו קרובה לבא, אחר ששמע גודל תקיפות יהודה שאמר אנכי אערבנו וגו':

C'est pourquoi, lorsque notre pere Yaakov entendit de la bouche de Yehouda : Donne-le par ma main, je me porterai garant pour lui, etc., il sut que l'esprit du Nom parlait en lui. Son cœur se fortifia dans la force du Nom, certain que le salut lui viendrait, et il consentit a envoyer Binyamin avec eux.

Mais il s'irrita contre eux : Pourquoi m'avez-vous fait du mal en disant a cet homme que vous aviez encore un frere ? Certes, son cœur etait assure et confiant dans le Nom, certain que le secours du Nom etait pret pour lui ; mais il lui etait tres penible qu'ils l'eussent fait entrer plus encore dans la dissimulation, au point d'envoyer aussi Binyamin en Egypte.

C'est a son sujet que l'Ecriture le reprend : Pourquoi dis-tu, Yaakov, et parles-tu, Israel : Ma voie est cachee au Nom, et mon droit echappe a mon Elokim ? (Isaie 40).

A ce propos, il est rapporte dans le Midrach Rabba (Miketz 91) : Pourquoi m'avez-vous fait du mal ? C'est ce qu'il est dit : Pourquoi dis-tu, Yaakov, et parles-tu, Israel : Ma voie est cachee au Nom, etc.

Voici les termes du midrach : Ainsi le Saint, beni soit-Il, dit : Je m'occupe de faire regner son fils en Egypte, et lui dit : Pourquoi m'avez-vous fait du mal ? C'est ce qu'il est dit : Ma voie est cachee au Nom et a mon Elokim, etc.

Il aurait du comprendre que leur bouche n'etait pas en leur pouvoir et qu'ils n'etaient nullement coupables, de leur propre fait, d'avoir dit a cet homme qu'ils avaient encore un frere. Assurement, telle etait la volonte du Nom : qu'ils parlent et lui disent qu'ils avaient encore un frere, qu'il leur ordonne de l'amener en Egypte, qu'il l'y envoie lui aussi, et que le Nom envoie Son secours.

D'autant plus que son cœur lui disait aussi que son salut etait proche de venir, apres avoir entendu la grande fermete de Yehouda, qui disait : Je me porterai garant pour lui, etc.

וזהו הענין שממכירת יוסף עד עתה לא נקרא בשם ישראל, רק אחר שהתחיל יהודה לדבר עמו נאמר ויאמר ישראל, שזה השם מרמז על שהיה בו בהירות השכל, שנמצא בו אותיות לי ראש, וכולל כל שמות האבות ואמהות, כדאיתא בלקוטי תורה להאר"י הק' (וישלח ד"ה ויקרא את שמו) שהוא ר"ת יצחק יעקב שרה רבקה רחל אברהם לאה. וזה השם הוא ברזא דשם הוי"ה כדאיתא בזוה"ק (וישלח קעד.) כמה דקב"ה לזמנין אתקרי הוי"ה ולזמנין אתקרי אלהים הכי נמי לזמנין אקרי ישראל ולזמנין אקרי יעקב.

והענין בזה הוא, שבשמא דאלהים נמצא גם פירוד, שאף שמא דע"ז אקרי בשמא דאלהים. ושם הוי"ה הוא כולל כל, וכן שם ישראל כולל כל אבהן ואמהן, לזה נקרא עתה בזה השם מפני שהרגיש שישועתו קרובה לבא.

ואף יהודה הרגיש אז עוז בנפשו שיושע גם הוא, לזה ערב ערובה בעד בנימין ואמר אם לא אביאנו אליך וחטאתי לאבי כל הימים, בעולם הזה ובעוה"ב, מפני שהיה סמוך לבו בטוח בה' שישועתו מוכנת לו. כי יהודה הרעים בנפשו מאד על שנכשל במכירת יוסף וציער את אביו ונסתלקה ממנו רוח הקודש, אכן כאשר שמע מפי אביו יעקב שאמר למה הרעתם לי וגו', שהוא כאומר נסתרה דרכי מה', הבין מזה שעתה יושע, מי שיתקן הכשלון של יעקב אבינו הוא יתקן גם אותי, ומזה נתחזק לבו לגשת ולערוב בערבות כזה:

C'est le sens du fait que, depuis la vente de Yossef jusqu'ici, il n'est pas appele du nom d'Israel ; ce n'est qu'apres que Yehouda commenca a lui parler qu'il est dit : Israel dit. Ce nom fait allusion a la clarte de l'intelligence qui etait en lui : il comprend les lettres de לי ראש, et inclut tous les noms des peres et des meres, comme il est rapporte dans Likkoutei Torah du Ari hakadoch, Vayichlah, debutant Vayikra et chemo : ce sont les initiales de Yitshak, Yaakov, Sarah, Rivka, Rahel, Avraham et Lea.

Ce nom est dans le mystere du Nom, comme il est rapporte dans le Zohar (Vayichlah 174a) : de meme que le Saint, beni soit-Il, est parfois appele le Nom et parfois Elokim, de meme il est parfois appele Israel et parfois Yaakov. Le sens est que, dans le nom Elokim, se trouve aussi la separation, car meme le nom de l'idolatrie est appele du nom Elokim.

Mais le Nom inclut tout, et le nom Israel inclut tous les peres et les meres. C'est pourquoi il est maintenant appele de ce nom : il sentit que son salut etait proche de venir.

Yehouda aussi sentit alors une force dans son ame, qu'il serait lui aussi sauve ; c'est pourquoi il se porta garant pour Binyamin et dit : Si je ne te le ramene pas, je serai fautif envers mon pere tous les jours, dans ce monde-ci et dans le monde a venir. Son cœur etait assure et confiant dans le Nom, car Son salut etait pret pour lui.

Yehouda fut tres trouble dans son ame d'avoir echoue dans la vente de Yossef, d'avoir afflige son pere et d'avoir cause le retrait de l'esprit saint. Mais lorsqu'il entendit de la bouche de son pere Yaakov : Pourquoi m'avez-vous fait du mal ? etc., ce qui revient a dire : Ma voie est cachee au Nom, il comprit que maintenant il serait sauve.

Celui qui reparera la defaillance de notre pere Yaakov me reparera aussi. Son cœur se fortifia ainsi pour s'avancer et se porter garant d'une telle garantie.

וכענין הזה מצינו גם בחנה שהתפלל על בנים, ותבכה ולא תאכל, והרבתה להתפלל, ויחשבה עלי לשכרה ותאמר לא אדוני אשה קשת רוח אנכי וכו' ויען עלי ויאמר לכי לשלום ואלהי ישראל יתן את שלתך וגו' ותלך האשה לדרכה ותאכל ופניה לא היו לה עוד (שמואל א א׳:י״ח). והוא שחנה הבינה שלא לחנם אירע זאת שיחשדה עלי בדבר שאין בה כלל, משמע מזה שלטובתה הוא, שע"י שיודע לו אח"כ שחשדה במה שאין בה יפייסה ויוסיף תפלה עבורה שתפקד, וכך הוהקפכדאיתא בגמרא ברכות (לא:), ויען עלי ויאמר לכי לשלום – אמר רבי אלעזר:

מכאן, לחושד את חברו בדבר שאין בו שצריך לפייסו. ולא עוד, אלא שצריך לברכו, שנאמר:

ואלהי ישראל יתן את שלתך., לזה נאמר ותלך לדרכה ותאכל ופניה לא היו לה עוד, שהיתה בטוחה שנפקדה לטובה, שאם לא זאת לא היה יוצא מפה קדוש לחשוד אדם בחנם:

Nous trouvons aussi cela chez Hanna, qui pria pour avoir des enfants, pleura sans manger et multiplia ses prieres. Eli la prit pour une femme ivre, et elle dit : Non, mon seigneur, je suis une femme au cœur accable, etc.

Eli repondit et dit : Va en paix, et l'Elokim d'Israel t'accordera ce que tu Lui as demande, etc. La femme partit par son chemin, mangea, et son visage ne fut plus le meme (I Samuel 1,18).

Hanna comprit que ce n'etait pas sans raison qu'Eli la soupconnait d'une chose qui n'etait nullement en elle. Cela indiquait que c'etait pour son bien : lorsqu'il saurait ensuite qu'il l'avait soupconnee de ce qui n'etait pas en elle, il l'apaiserait et ajouterait une priere pour elle afin qu'elle soit visitee.

C'est ainsi que cela arriva. Comme il est rapporte dans le Talmud, Berakhot 31b : Eli repondit et dit : Va en paix.

Rabbi Elazar dit : On apprend de la que celui qui soupconne son prochain d'une chose qui n'est pas en lui doit l'apaiser. Et non seulement cela : il doit le benir, comme il est dit : L'Elokim d'Israel t'accordera ce que tu Lui as demande.

C'est pourquoi il est dit : La femme partit par son chemin, mangea, et son visage ne fut plus le meme : elle etait certaine d'avoir ete visitee pour le bien. Sans cela, une bouche sainte ne serait pas sortie pour soupconner gratuitement un homme.

En bref

Ce passage poursuit : Yaakov ne veut pas s'appuyer entièrement sur cette force et prépare un réceptacle, un présent des meilleurs produits du pays. Selon le Beit Yaakov, il vise à révéler le bien intérieur de cet homme, car le pays correspond au cœur et la terre d'Israël en est l'intériorité. Nekhot, baume et lot font allusion à une pousse de salut en tout lieu, même le plus vil. Le miel, les pistaches et les amandes l'élèvent de l'exil et le contraignent à se faire connaître ; Yaakov prie « Et El Chaddai vous donnera miséricorde », le Nom Chaddai disant assez aux éclaircissements selon la force de l'homme.

Aussi : l'épée est la prière et l'arc l'acte, qui hâtent le salut ; ''Hanouka dans cette paracha, signe du salut messianique ; Joseph retarde et fait venir Benjamin pour affiner Israël dans l'exil

אמנם יעקב אבינו לא רצה לסמוך את עצמו לגמרי ע"ז התקיפות והכין כלי לקבל ישועת השי"ת, והכין סיבה לישועה, ויאמר להם זאת עשו קחו מזמרת הארץ בכליכם והורידו לאיש מנחה. והוא שהבין יעקב אבינו שבטח נמצא באיש הזה טובה בפנימיות לבו, מפני שבניו ספרו לו איך שציער אותם חוץ לדרך הטבע, ואם לא היה נמצא בו טובה במעמקי לבו, לא היה בו כח לצער את בניו כ"כ.

לכן שלח לו מזמרת הארץ, היינו פנימיות וכלל הטובה שנמצא בארץ, וארץ בעולם הוא כגוונא דלבא בצורת אדם, וארץ ישראל הוא התוך והפנימיות מכל הארצות, וכוון יעקב אבינו בזה ששלח לו מזמרת ארץ ישראל שעי"ז יתגלה העומק והפנימיות שנמצא בלבו. ומה שלח לו צרי ודבש נכאת ולט בטנים ושקדים.

שלשה מאלו המינים הורידו את יוסף למצרים, כדכתיב (וישב לז) וישאו עיניהם ויראו והנה ארחת ישמעאלים באה מגלעד וגמליהם נשאים נכאת וצרי ולט וגו' ויאמר יהודה אל אחיו מה בצע כי נהרוג את אחינו וגו' לכו ונמכרנו לישמעאלים וגו'. והענין בזה, שמזה שבאותו הזמן עברו הישמעאלים ונשאו מיני בשמים, הבין יהודה שמהנכון הוא למכרו ולא להרגו, כי פן נמצא בו דבר טוב שיוכל להתברר לטוב, ואם באמת נמצא בו דבר טוב אזי יתברר אף ממקום הרחוק ביותר.

וע"ז מרמז בשמים, שבכל מקום נמצא צמיחת ישועה ואין מקום פנוי מכבוד שמים. ומה היו נושאים נכאת וצרי ולט, נכאת היינו שמצמחת ישועה אף ממקומות הנמוכים ושפלים ביותר להעלות אף משם ישועהקפאאולי אפשר לומר, דאיתא במדרש רבה (מקץ צא) נכאת היינו שעוה, ואיתא בגמרא שבת (כ:) דשעוה היינו פסולתא דדובשא, והיינו שמצמחת ישועה אף ממקומות הנמוכים ושפלים..

צרי הוא שרף הנוטף מעצי הקטף (כריתות ו.), היינו שבכל דבר נמצא נקודה טובה לאחוז בה ולהקימה. ומזה הבין יהודה, שאם נמצא בו טובה יתברר אף במצרים ולא יאבד ביניהם.

ועוד הוסיף יעקב אבינו על אלו השלשה מינים עוד שלשה שעל ידם הגביה אותו מגלותו, ואלו הם דבש ובטנים ושקדים. דבש היינו דבש תמרים שהוא האחרון משבעת המינים ומרמז על אחרית טובה, וכדכתיב (ירמיהו כ״ט:י״א) כי אנכי ידעתי את המחשבות אשר אנכי חושב עליכם נאם ה' מחשבות שלום ולא לרעה לתת לכם אחרית ותקוה, ודרשו ע"ז בש"ס (תענית כט:) אלו דקלים, וזהו מרמז שימים יבואו שיתברר הכל לטוב שהשי"ת חושב תמיד לבלתי ידח מישראל שום נדחקפבכדאיתא במי השלוח ח"ב פרשת פקודי ד"ה אלה פקודי, ומבואר בתפארת יוסף פ' פקודי ד"ה עבודת הלוים:

כי תמר מרמז על אחרית טובה שתמר הוא האחרון מן כל שבעת המינים. ואיתא בש"ס (תענית כ"ט:) לתת לכם אחרית ותקוה אלו דקלים.

והיינו שמרמז שהשי"ת יראה לעתיד שלא יצא שום נפש אחד מישראל חוץ לגבולו, ורק כל אחד ואחד מילא רצונו ית'.. בטנים ושקדים הם פירות הממהרים להתבשל יותר מכל הפירות, וכדאיתא במדרש (קהלת רבה פרשה יב) ששקדים מתבשלים בכ"א יום ובש"ס (בכורות ח.) איתא שגם לוז ממהר להתבשל בכ"א יום.

ובזה פעל יעקב אבינו ע"ה שהוכרח יוסף להתודע אל אחיו ולא היה בו כח להתאפק, ואם לא זאת לא היה מתודע עוד להם והיה משחק עוד עמהם. כי מדתו היתה כעין ברכת יצאע"ה ורוב דגן, שזה מרמז על רוב בירורים, כענין דאיתא בש"ס (ברכות מז:) מדי דמדגן, שזה מרמז על תבואה מבוררת ומנוקהקפגכמבואר לעיל פרשת תולדות אות מה:

ורוב דגן היינו מבורר ביותר, שהיה יכול ליכתב והרבה דגן או ורב דגן, אלא כתיב ורוב דגן, רומז שהדגן בעצמו יהיה מידגן ביותר כדאיתא בש"ס (ברכות מז) האי אידגן, והיינו שהאדם יברר עצמו ביותר ולא יהיה בו שום פסולת.. לזה שלח אליו מנחה, וגם התפלל עליהם ואל שדי יתן לכם רחמים, שגם זה גרם מהירות להישועה, שהשם שד"י מרמז כענין דכתיב (איוב ל״ז:כ״ג) שדי לא מצאנוהו שגיא כח, וכדאיתא בזוה"ק (פנחס רנח.) שבמזוזה הוא השם שד"י מלבר והשם יקו"ק מלגו.

שם הוי"ה מורה, שהשי"ת מהוה את כל העולמות ומשפיע כל הטובות. והשם שד"י מורה שהאדם יברר את עצמו מצדו קודם שיקבל הטובה.

וכענין דאיתא בש"ס (ברכות ה:) שלש מתנות טובות נתן הקב"ה לישראל וכולן על ידי יסורין, תורה וארץ ישראל ועוה"ב. אכן אם היה צורך לאדם לברר את עצמו לעומת כח הטובה הנשפע לו מהשי"ת שהוא בלי גבול, ממילא היו צריכים גם הבירורים להיות בלי גבול, ולא היה בכח אדם לברר את עצמו כל כך.

וזהו שאמרו במדרש (רבה פנחס פרשה כא) כשביקש מהן לא ביקש אלא לפי כחן וכשנתן להם נתן לפי כחו. שהשי"ת צוה לישראל כפי שיש בהם כח לברר את עצמו, וע"ז מרמז השם שד"י שלא מצאנוהו שגיא כח לצוות על אדם כפי כחו ית' שהוא בלי גבול, רק שיאמר על אלו הבירורים דיקפדהמדרש שם (רבה פנחס פרשה כא) מובא על פסוק זה, וזה לשונו שם:

זש"ה (איוב ל״ז:כ״ג) שדי לא מצאנוהו שגיא כח וכתיב (שם לו) הן אל ישגיב בכחו מי כמוהו מורה, כיצד יתקיימו שני מקראות אלו, אלא כשהוא נותן להם נותן להם לפי כחו וכשהוא מבקש אינו מבקש אלא לפי כחן, ראה מה כתיב (שמות כ״ו:א׳) את המשכן תעשה עשר יריעות ועתיד הקב"ה לעשות לכל צדיק וצדיק חופה של ענני כבוד וכו' כשבקש מהם לא ביקש אלא לפי כחן (שמות כ״ז:כ׳) ואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך שמן זית זך כתית למאור להעלות נר תמיד וכשהאיר להם לפי כחו (שם יג) וה' הולך לפניהם יומם ולע"ל (ישעיהו ס׳:א׳) קומי אורי כי בא אורך וכבוד ה' עליך זרח (שם ס') ועליך יזרח ה' וכבודו עליך יראה (שם ס') והלכו גוים לאורך ומלכים לנגה זרחך וכתיב (ישעיהו ל׳:כ״ו) והיה אור הלבנה כאור החמה ואור החמה יהיה שבעתים, הוי הן אל ישגיב בכחו וכו' עיי"ש כל העניין.. ואף יעקב אבינו, התפלל על בניו בזה השם שלא יצטרכו להתברר בגודל הבירורים כפי רצונו של יוסף, שמצדו לא היה מתודע אל אחיו, אך המנחה פעלה כל זאת, שמין האחרון מהמנחה היה שקדים, ונמצא באלו האותיות השם שד"י שאומר די אלו הבירורים וממהרת להתבשל יותר מכל הפירות, ופעלה צמיחת הישועה במהירות, שכאשר באו אליו עוד הפעם לא היה בו כח עוד להתאפק:

Cependant, notre pere Yaakov ne voulut pas s'appuyer entierement sur cette force, et prepara un receptacle pour recevoir le salut du Nom, en preparant aussi une cause de salut. Il leur dit: "Faites ceci: prenez dans vos recipients des meilleurs produits du pays et faites descendre a cet homme un present." Notre pere Yaakov comprit assurement qu'il y avait dans le cœur interieur de cet homme du bien, car ses fils lui avaient raconte comment il les avait tourmentes au-dela de la voie naturelle; et si aucun bien ne s'etait trouve dans les profondeurs de son cœur, il n'aurait pas eu la force de tourmenter ainsi ses fils.

C'est pourquoi il lui envoya des meilleurs produits du pays, c'est-a-dire l'interiorite et la somme de tout le bien qui se trouve dans le pays. Car, dans la forme de l'homme, le pays dans le monde correspond au cœur; et la terre d'Israel est le milieu et l'interiorite de toutes les terres.

Notre pere Yaakov visa par l'envoi des meilleurs produits de la terre d'Israel a ce que se revelent la profondeur et l'interiorite qui se trouvaient dans son cœur. Que lui envoya-t-il?

Du baume, du miel, du nekhot, du lot, des pistaches et des amandes. Trois de ces especes firent descendre Joseph en Egypte, comme il est ecrit: "Ils leverent les yeux et virent: voici une caravane d'Ismaelites venant de Galaad, leurs chameaux portant nekhot, baume et lot...

Juda dit a ses freres: Quel profit y aura-t-il a tuer notre frere... Allons, vendons-le aux Ismaelites..." (Genese 37).

Le sens est que, de ce que les Ismaelites passerent a ce moment-la en portant des aromates, Juda comprit qu'il convenait de le vendre et non de le tuer: peut-etre se trouvait-il en lui quelque chose de bon qui pourrait etre eclairci pour le bien; et, s'il y avait effectivement en lui quelque chose de bon, cela serait eclairci meme depuis l'endroit le plus eloigne. C'est a cela que les aromates font allusion: en tout lieu se trouve une pousse de salut, et aucun lieu n'est vide de la gloire des Cieux.

Que portaient-ils? Nekhot, baume et lot.

Nekhot signifie qu'un salut pousse meme des endroits les plus bas et les plus vils, afin de faire monter un salut meme de la. On peut dire que le Midrach Rabba (Mikets 91) explique nekhot comme de la cire; et le Talmud (Chabbat 20b) dit que la cire est le residu du miel.

Cela signifie qu'un salut pousse meme des endroits les plus bas et les plus vils. Le baume est une resine qui coule des arbres a baume (Keritot 6a): dans toute chose se trouve un point bon auquel s'attacher et qu'il faut relever.

Juda comprit ainsi que, s'il se trouvait en lui du bien, il serait eclairci meme en Egypte et ne se perdrait pas parmi eux. Notre pere Yaakov ajouta encore a ces trois especes trois autres, par lesquelles il l'eleva de son exil: le miel, les pistaches et les amandes.

Le miel est le miel de dattes, dernier des sept especes, et il fait allusion a une bonne fin, comme il est ecrit: "Car Moi, Je connais les pensees que Je forme a votre sujet, parole du Nom, pensees de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une esperance" (Jeremie 29,11). Le Talmud (Taanit 29b) l'expose ainsi: "ce sont les palmiers".

Cela fait allusion a ceci: des jours viendront ou tout sera eclairci pour le bien, car le Nom pense toujours a ce qu'aucun element repousse d'Israel ne soit rejete. Comme il est rapporte dans Mei HaChiloah, II, Pekoudei, s.v.

Eleh Pekoudei, et expose dans Tiferet Yossef, Pekoudei, s.v. Avodat ha-Leviim: le palmier fait allusion a une bonne fin, car il est le dernier des sept especes; et le Talmud (Taanit 29b) explique "pour vous donner un avenir et une esperance" par "ce sont les palmiers".

Il fait ainsi allusion a ce que, dans l'avenir, le Nom veillera a ce qu'aucune ame d'Israel ne sorte de sa limite, mais que chacun, au contraire, ait accompli Sa volonte. Les pistaches et les amandes sont des fruits qui murissent plus vite que tous les autres fruits: le Midrach (Kohelet Rabba, ch.

12) dit que les amandes murissent en vingt et un jours, et le Talmud (Bekhorot 8a) dit que le noisettier murit lui aussi en vingt et un jours. Par cela, notre pere Yaakov, de memoire benie, fit que Joseph fut contraint de se faire connaitre a ses freres et n'eut plus la force de se retenir.

Sans cela, il ne se serait pas encore fait connaitre d'eux et aurait encore joue avec eux. Car sa mesure etait semblable a la benediction d'Its'hak, "et abondance de grain", qui fait allusion a une abondance d'eclaircissements, comme le dit le Talmud (Berakhot 47b), "midei de-madgan", indiquant du grain eclairci et nettoye.

Comme expose plus haut, Toledot, paragraphe 45: "abondance de grain" signifie ce qui est le plus eclairci; il aurait pu etre ecrit "beaucoup de grain" ou "un grain abondant", mais il est ecrit "abondance de grain", indiquant que le grain lui-meme sera tres affine, comme dans le Talmud (Berakhot 47b), "hai idgan"; c'est-a-dire que l'homme s'eclaircira au plus haut point et qu'il ne restera en lui aucun residu. C'est pourquoi il lui envoya un present, et pria aussi pour eux: "Et El Chaddai vous donnera misericorde." Cela aussi provoqua la promptitude du salut.

Le Nom Chaddai fait allusion a ce qui est ecrit: "Chaddai, nous ne Le trouvons pas; Il est grand en force" (Job 37,23). Le Zohar (Pinhas 258a) dit que, dans la mezouza, le Nom Chaddai est a l'exterieur et le Nom est a l'interieur.

Le Nom indique que le Nom fait etre tous les mondes et dispense tous les biens; le Nom Chaddai indique que l'homme doit, de son cote, s'eclaircir avant de recevoir le bien. C'est ainsi que le Talmud (Berakhot 5a) dit: "Le Saint, beni soit-Il, donna a Israel trois bons dons, et tous ne sont donnes que par les souffrances: la Torah, la terre d'Israel et le monde a venir." Or, si l'homme devait s'eclaircir a la mesure de la force du bien qui lui est dispense par le Nom, laquelle est sans limite, les eclaircissements devraient eux aussi etre sans limite, et l'homme n'aurait pas la force de s'eclaircir ainsi.

Tel est ce que dit le Midrach (Rabba, Pinhas, ch. 21): "Quand Il leur demanda, Il ne demanda que selon leur force; et quand Il leur donna, Il donna selon Sa force." Le Nom ordonna donc a Israel selon la force qu'ils ont de s'eclaircir; et c'est a cela que fait allusion le Nom Chaddai: "nous ne Le trouvons pas grand en force", c'est-a-dire qu'Il ne commande pas a l'homme selon Sa propre force sans limite, mais qu'Il dise a ces eclaircissements: assez.

Le Midrach dit la-bas: "Il est ecrit: 'Chaddai, nous ne Le trouvons pas, Il est grand en force'; et il est ecrit: 'Voici, D.ieu est puissant par Sa force, qui est semblable a Lui?' (Job 36). Comment ces deux versets subsistent-ils?

Lorsqu'Il leur donne, Il donne selon Sa force; lorsqu'Il demande, Il ne demande que selon leur force. Vois ce qui est ecrit: 'Tu feras le Tabernacle de dix tentures' (Exode 26,1), et dans l'avenir le Saint, beni soit-Il, fera pour chaque juste une tente de nuees de gloire...

Lorsqu'Il leur demanda, Il ne demanda que selon leur force: 'Tu ordonneras aux enfants d'Israel de t'apporter de l'huile d'olive pure, concassee pour le luminaire, afin de faire monter une lampe perpetuelle' (Exode 27,20); mais lorsqu'Il les eclaira selon Sa force: 'Le Nom marchait devant eux le jour' (Exode 13), et dans l'avenir: 'Leve-toi, resplendis, car ta lumiere est venue et la gloire du Nom s'est levee sur toi' (Isaie 60,1); 'le Nom se levera sur toi et Sa gloire apparaitra sur toi'; 'des peuples marcheront a ta lumiere et des rois a l'eclat de ton lever'; et il est ecrit: 'La lumiere de la lune sera comme la lumiere du soleil, et la lumiere du soleil sera sept fois plus grande' (Isaie 30,26). Voici donc: D.ieu est puissant par Sa force..." Vois la-bas tout le passage.

Notre pere Yaakov pria egalement sur ses fils par ce Nom, afin qu'ils n'aient pas a s'eclaircir par la grandeur des eclaircissements selon le desir de Joseph, car de son propre cote il ne se serait pas fait connaitre de ses freres. Mais le present opera tout cela: la derniere espece du present etait les amandes (שקדים), et dans ces lettres se trouve le Nom Chaddai, qui dit: "assez de ces eclaircissements"; elles murissent plus vite que tous les fruits et opererent la pousse rapide du salut, de sorte que, lorsqu'ils revinrent a lui, il n'eut plus la force de se retenir.

וזה שאמר יעקב אבינו ע"ה (ויחי מח) אשר לקחתי מיד האמרי בחרבי ובקשתי, היינו שכל הפעולות שלו היו בחרב ובקשת. חרב היינו תפלה.

וקשת הוא בעובדא, וכדאיתא בזוה"ק (במדבר קפ:) שכל פעולת ישועה מצד האדם צריך להיות בעובדא ובמילולא. מילולא היינו צמיחת ישועה חדשה.

ועובדא הוא למהר להחיש הישועה, וכדאיתא בזוה"ק (ויצא קנו:) ואי תימא דאלין דודאים פתחו מעהא דרחל. לאו דהא כתיב וישמע אליה אלהים וכו'.

ואי תימא דהא אינון למגנא אתבריאו. לאו דהא אפילו למלה דא סיועא אינון לאינון דמתעכבי ולאו אינון עקראןקפהכמבואר לעיל פרשת ויצא אות סח:

הענין בזה, כי בעומק ובשרש אין שום פעולה יכולה לשנות כלל, אך כל פעולתם הוא רק למהר ההריון, דהיינו דבר שצוה לאלף דור שהוא בהדרגה מאד, וע"י פעולה שעושה בכח אמיץ יכול לעורר את הדבר ולקרב זמנו.. אכן בעניננו, אחר שראה יעקב אבינו שיהודה מכניס את עצמו בערבות בנימין, ידע ברור שישועה מוכנת לו, כי כל עוד שנפש יהודה אינו מכניס עצמו באיזה ענין אזי לא יתפתה להתרצות בזה להכניס את עצמו בה, וקשה על האדם מאד איך לפתותו שיכניס את עצמו בזה הענין.

אכן כשיזכה אדם שנפש יהודה יתרצה להכניס את עצמו באיזה דבר, אזי יש בו כח להמשיך ישועה ממקום רם ונשא וגבוה עד מאד. לזה כששמע יעקב אבינו דברי יהודה שהתרצה לכנוס בזה הענין, ידע בבירור שישועתו מוכנת, וקירב את הישועה בהמנחה ששלח אליו, והתפלל עליהם ואל שדי יתן לכם רחמים וגו':

C'est ce que dit notre pere Yaakov, de memoire benie: "que j'ai prise de la main de l'Amorite par mon epee et par mon arc" (Genese 48): toutes ses actions etaient par l'epee et par l'arc. L'epee est la priere, et l'arc est l'acte, comme le dit le Zohar (Bamidbar 180a): toute action de salut qui vient du cote de l'homme doit etre par l'acte et par la parole.

La parole est la pousse d'un salut nouveau; l'acte sert a hater et a presser le salut, comme le dit le Zohar (Vayetse 156a): "Dirais-tu que ces mandragores ouvrirent le sein de Rachel? Non, puisqu'il est ecrit: 'D.ieu l'exauca'...

Dirais-tu qu'elles furent creees en vain? Non, car elles sont une aide, meme en cette chose, a celles qui tardent, mais elles ne sont pas la racine." Comme expose plus haut, Vayetse, paragraphe 68: dans la profondeur et a la racine, aucune action ne peut rien changer; toute leur action n'est que de hater la grossesse, c'est-a-dire une chose qu'Il a ordonnee pour mille generations et qui procede tres graduellement.

Par une action accomplie d'une force vigoureuse, on peut eveiller cette chose et rapprocher son temps. Or, dans notre sujet, lorsque notre pere Yaakov vit que Juda se portait garant pour Benjamin, il sut assurement qu'un salut lui etait prepare.

Tant que l'ame de Juda ne s'engage pas dans une affaire, elle ne se laisse pas persuader d'y consentir ni de s'y engager; et il est tres difficile de persuader l'homme de s'engager dans cette affaire. Mais lorsque l'homme merite que l'ame de Juda consente a s'engager dans une chose, elle a alors la force d'attirer un salut d'un lieu tres haut, sublime et eleve.

Aussi, lorsqu'il entendit les paroles de Juda, qui consentait a entrer dans cette affaire, notre pere Yaakov sut avec certitude que son salut etait prepare; il rapprocha le salut par le present qu'il lui envoya, et pria pour eux: "Et El Chaddai vous donnera misericorde..."

וזהו הענין שבכל שנה ושנה בשבוע שקוראין זו הפרשה חל בה חנוכה. כי נס חנוכה הוא, שהשי"ת נתן להם רמז והרגשה מישועה העתידה משני אלפים שנה של ימות המשיח, כמו שהיה ליעקב אבינו בזו הפרשה רמז ישועה עד ותחי רוח יעקב, שאז היה לו עיקר הישועה, שנרמז לו בה רמז מפורש מישועה העתידה לבא ב"ב.

והחודש הזה הוא שלישי לתשרי, כגוונא דחודש סיון שהוא שלישי לניסן, קיבלו ישראל בו את התורה שהוא אור השרשי בשלימות הבהירות. ובכסלו היה להם רק רמז מזה האור, לכן ניתן להם האור דרך פעולה, כי נר מצוה, ובקיץ בחודש השלישי הוא אור תורה:

Tel est le sens de ce que, chaque annee, 'Hanouka tombe dans la semaine ou l'on lit cette paracha. Car le miracle de 'Hanouka est que le Nom leur donna un signe et une perception du salut futur des deux mille ans des jours du Messie.

Ainsi en fut-il pour notre pere Yaakov dans cette paracha: il eut un signe de salut jusqu'a "l'esprit de Yaakov revint a la vie", car ce fut alors son salut essentiel; un signe explicite lui fut donne d'un salut qui doit venir bientot. Ce mois est le troisieme apres Tichri, a l'image du mois de Sivan, qui est le troisieme apres Nissan: Israel y recut la Torah, qui est la lumiere de la racine dans la pleine clarte.

En Kislev ils n'eurent qu'un signe de cette lumiere; c'est pourquoi la lumiere leur fut donnee par une action, car "la lampe est une mitsva", tandis qu'en ete, au troisieme mois, est la lumiere de la Torah.

הענין שלא הודיע יוסף לאביו ממצרים שעודו חי והמתין עד שבאו אחיו למצרים. ולהבין ג"כ למה צוה להביא גם את בנימין למצרים, שבזה נתגדל ההסתר עוד יותר.

שמתחלה כששמו את יוסף בבור, זה היה עיקר ההסתר, שנתן השי"ת צמצום בעולם עד ששמו את יוסף הצדיק לבור, וזה מורה על גלות ישראל, שאחר שיוסף מוסתר אין חיבור להשי"ת עם זה העולם רק בדרך הסתר. אכן מאחר שהיה עוד בנימין שהשלים מקום יוסף הצדיק, כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנג:) יוסף צדיק עלאה בנימין צדיק תתאה, אזי לא היה הגלות גדול כ"כ.

אמנם יוסף הצדיק היה נוח לו שיסבלו ישראל גלות, כי בגלות נתבררו ונתבחנו ונצרפו ישראל צירוף אחר צירוף, בכדי שלעתיד יהיו נקיים וטהורים. לזה צוה להביא גם את בנימין ורצה לעכבוקפווזה ביאור מה שהביא בקול שמחה למרן רבי שמחה בונים מפרשיסחא זי"ע פרשת מקץ ד"ה כוונת וזל"ק:

כוונת יוסף במה שצוה להביא את בנימין. כדי לצרף כל השבטים יחד ביחוד ובסדר הראוי, דהיינו עם יוסף צדיק דלעילא ובנימין צדיק דלתתא.

וכשהיו עם יעקב, המה מוכללים בו ובטלים אצלו. אמנם היה צריך לזה היחוד, דהיינו בשנים עשר שבטי ישורון, והבן., ואז היה גלות מר שלא טעמו ישראל עוד גלות כזה, מפני שאז נסתר מעיניהם כל היחוס, מאחר שנסתר צדיק עלאה וצדיק תתאה.

ואז נדמה להם שח"ו אבד סברםקפזכמו שנתבאר במאמר הקודם ובהערה קעז שם בשם ספר הלקוטים., לכן אחר שנתודע יוסף אל אחיו נאמר ותחי רוח יעקב, שמקודם זה לא ראה ולא הרגיש בעצמו חיים. ואף שלא היה אז ד"ת, אכן שנתגלה אור ושמחה לרוח יעאע"הקפחמבואר לעיל פרשה זו אות לא ובהערה קנח שם..

וזהו בחינת יהודה, כי תחלת התקרבות ישראל להשי"ת הוא ברזא דיוסף הצדיק, לצמצם עצמם ולשמור ולגדור שלא להתפשט עד שיבואו אל השלימות. אבל כשיבואו אל השלימות אזי הם ברזא דיהודה שמח וטוב לב, שהוא עיקר המכוון מהשי"ת, להתחזק במעוז ה' ולשמוח ולבטוח בהשי"ת, שמעולם ועד עולם לא נכבה אור ישראל לגמרי ח"ו.

וכמו שראו מפורש, שאחר שנתגלה יוסף הצדיק נודע להם שלא נסתרו כלל ורק מעינא אתכסו:

Voici le sens de ce que Joseph ne fit pas savoir a son pere, depuis l'Egypte, qu'il etait encore vivant, et attendit que ses freres vinssent en Egypte. Il faut aussi comprendre pourquoi il ordonna d'amener Benjamin lui aussi en Egypte, par quoi la dissimulation grandit davantage.

Au commencement, lorsqu'ils placerent Joseph dans la fosse, ce fut la dissimulation essentielle: le Nom produisit une contraction dans le monde, jusqu'a ce qu'ils placent Joseph le juste dans la fosse. Cela indique l'exil d'Israel: apres que Joseph est dissimule, il n'y a plus de lien entre le Nom et ce monde que par la voie de la dissimulation.

Toutefois, puisqu'il y avait encore Benjamin, qui completait la place de Joseph le juste, comme le dit le Zohar (Vayetse 153a): "Joseph est le juste superieur; Benjamin est le juste inferieur", l'exil n'etait pas si grand. Mais Joseph le juste desirait qu'Israel souffrit l'exil, car dans l'exil Israel fut eclairci, eprouve et affine, affinage apres affinage, afin que, dans l'avenir, ils soient nets et purs.

C'est pourquoi il ordonna d'amener aussi Benjamin et voulut retarder. Voici l'explication de ce que rapporte le livre BeKol Simha au nom de notre maitre Rabbi Simha Bunim de Pshis'ha, de memoire benie, Mikets, s.v.

Kavanat: "L'intention de Joseph lorsqu'il ordonna d'amener Benjamin etait de reunir toutes les tribus ensemble, dans l'unite et l'ordre convenables: avec Joseph, juste d'en haut, et Benjamin, juste d'en bas. Lorsqu'ils etaient avec Yaakov, ils etaient inclus en lui et annules devant lui.

Mais cette unite etait necessaire, c'est-a-dire dans les douze tribus de Yechouroun. Comprends." Alors il y eut un exil amer, tel qu'Israel n'en avait pas encore goute, car toute leur filiation fut alors dissimulee a leurs yeux, puisque le juste superieur et le juste inferieur etaient dissimules.

Il leur sembla alors, que le Ciel preserve, que leur esperance etait perdue, comme cela a ete expose dans l'enseignement precedent et dans la note 177, au nom de Sefer ha-Likutim. C'est pourquoi, apres que Joseph se fut fait connaitre de ses freres, il est dit: "l'esprit de Yaakov revint a la vie"; auparavant il ne voyait ni ne sentait en lui-meme aucune vie.

Et bien qu'il n'y eut alors aucune parole de Torah, une lumiere et une joie se revelerent a l'esprit de notre pere Yaakov, de memoire benie. C'est l'aspect de Juda: le commencement du rapprochement d'Israel au Nom est dans le secret de Joseph le juste, se contracter, se garder et etablir une cloture afin de ne pas se repandre avant d'etre parvenus a la perfection.

Mais lorsqu'ils parviennent a la perfection, ils sont dans le secret de Juda, joyeux et le cœur bon. C'est le but essentiel du Nom: se fortifier dans la forteresse du Nom, se rejouir et avoir confiance dans le Nom, car d'eternite en eternite la lumiere d'Israel ne s'eteint jamais entierement, que le Ciel preserve.

Ils le virent clairement: apres que Joseph le juste se fut revele, ils surent qu'ils n'avaient aucunement ete dissimules, mais seulement caches a la vue.

En bref

Ce passage poursuit : il en fut de même lors du miracle de ''Hanouka. Les Grecs rendent impures toutes les huiles du Sanctuaire et introduisent la tristesse dans le cœur d'Israël, qui n'a plus la force de prier. Pour le Beit Yaakov, la racine principale de l'impureté, celle d'un mort, est de perdre l'espoir lorsque la lumière est voilée, comme les morts de Ye'hezkel : « Nos os se sont desséchés, notre espoir a péri, nous sommes retranchés » (Ye'hezkel 37,11). La fiole scellée du Grand Prêtre prouve que l'attente d'être sauvés par la prière n'a pas cessé un instant : dans le voilement la lumière brillait sans interruption.

Aussi : le sceau, Binah selon l'Ari Z"L et les trois Ehyeh du Peri Ets 'Haïm ; « Je serai ce que Je serai » : un salut pousse déjà maintenant ; la Che'hina demeure comme un sceau, Ton image ne se retire jamais

וכן היה כענין הזה בנס חנוכה, שהיונים נכנסו להיכל וטמאו כל השמנים, והכניסו עצבות בלב ישראל, שנדמה להם שאבד סברם ובטל סיכויים, עד שלא היה בהם כח תפלה להתפלל עוד, וזהו עיקר אבי אבות הטומאה, כי אם יסתר האור אזי יכונה בשם טומאה, ואם יאבד תקוה מהאדם ויכנס בו עצבות שאין תקוה לו זהו נקרא אבי אבות הטומאה, טומאת מת, כמו שנאבד תקוה מהמת, כדכתיב במתי יחזקאל (יחזקאל ל״ז:י״א) העצמות האלה וגו' הנה אומרים יבשו עצמותינו ואבדה תקותנו נגזרנו לנו. ואח"ז מצאו פך אחד של שמן שהיה חתום בחותמו של כהן גדול שלא נגעו בו היונים, ומזה ראיה שלא אבד סברם ותקותם מקוות לתשועת השי"ת, ולא היה אף רגע שאבדו סברם מלהושע ע"י תפלה, אכן שהאור היה בהסתר ולא היה נראה מפורש לעין, אבל בהסתר היה זורח האור בתמידות בלי שום הפסקקפטעיין היטב לעיל פרשה זו אות לא ד"ה וכן היה..

וע"ז מרמז חותם שהוא ספירת בינ"ה, וכענין דאיתא בכתבי האר"י הק' ז"ל שחותם הוא בגמטריא חמשה עשר פעמים אקי"קקצלא נתבררה כוונת דברי קדשו דהחשבון אינו מתאים ואולי כוונתו לדברי הפרי עץ חיים שער הלולב שהובא לעיל פרשה זו אות יג ונביא גם כאן דברי קדשו: והנה נודע כי הבינה נקרא אהי"ה וכו' והנה נמשך הארה מן ג' אלו אהי"ה, ונמשכין ביסוד שלה, ונעשה מהם היסוד וכו' ולכן בהיותו בה בחי' היסוד, העולם נידון ונחתם לחיים או למות.

אמנם בחינת היסוד זה נמשך מו ג' אהי"ה הנ"ל הוא הנקרא חותם, כי הלא ג' אהי"ה דיודין (אלף הי יוד הי – קס"א) דההין (אלף הה יוד הה – קנ"א) דאלפין (אלף הא יוד הא – קמ"ג) הם גימטריא חותם וכו'. ונראה שרמז בדבריו על גמר החיתום שהוא בזאת חנוכה כדאיתא בספה"ק., כי שם אקי"ק מרמז כענין דאיתא בזוה"ק (אחרי סה:) אקי"ק זמין לאמשכא ולאולדא כלא.

והיינו, שהשי"ת יאיר לעתיד ויפתח אוצר האור להאיר כלא. ומזה שעתיד הקב"ה להנחיל לעתיד נצמח מזה ישועה גם עתה למסקי תהומא, ונולד מזה שמחה ותקיפות בלב ישראל, וע"ז מרמז הכתוב (שמות ג׳:י״ד) אהיה אשר אהיה, שמזה שעתיד אני לאולדא ישועה אהיה עמכם גם עתה.

וכן הוא בההיפך ח"ו, שכשיגרום החטא יתן השי"ת אל לבו לזכור במה שאמרו המלאכים בבריאת עולם מה אנוש כי תזכרנו. וכמו שמצינו בדור המבול, שהשי"ת הסכים עם אותן המלאכים ומשך כל החיות בחזרה ולא נשאר רק נקודה אחת נח ובניו.

וע"ז מורה חותם, כמו שנשאר בהחותם צורת אדם אף אחר שנעלם החותם, וכענין דאיתא בתקוני הזוהר הק' (תיקון כב דף סה:) שמכל הספירות כשיסתלק מהם אור ה' ישתארון כגופא בלא נשמתא, ושם (תיקון סט דף ק.) כד אסתלק מצדיק אשתאר הנהר יחרב ויבש. אבל בשכינא שהוא מדת מלכות עליה נאמר, שימני כחותם על לבך דוגמא דחותם, דאע"ג דאנת תסתלק מני בגלותא דיוקנא דילך אשתאר עמי ולא אתעדי מני לעלם:

Il en fut de meme lors du miracle de 'Hanouka: les Grecs entrerent dans le Sanctuaire et rendirent impures toutes les huiles. Ils introduisirent la tristesse dans le cœur d'Israel, car il leur semblait que leur attente et leur espoir etaient perdus, au point qu'ils n'avaient plus la force de prier.

Or c'est la racine principale de l'impurete: lorsque la lumiere est voilee, elle est appelee impurete; et lorsqu'un homme perd son espoir et qu'entre en lui une tristesse sans espoir, cela est appele la racine principale de l'impurete, l'impurete d'un mort, de meme que l'espoir est perdu pour le mort, ainsi qu'il est ecrit au sujet des morts d'Ezechiel: "Ces os... voici, ils disent: Nos os se sont desseches, notre espoir a peri, nous sommes retranches" (Ezechiel 37,11). Ensuite, ils trouverent une seule fiole d'huile qui etait scellee du sceau du Grand Pretre, et que les Grecs n'avaient pas touchee.

C'est la preuve que leur attente et leur espoir, esperant le salut du Nom beni soit-Il, n'etaient pas perdus; il ne fut pas meme un instant ou ils perdirent l'attente d'etre sauves par la priere. Certes, la lumiere etait voilee et n'etait pas manifestement visible a l'œil, mais dans le voilement la lumiere brillait continuellement, sans aucune interruption.

Voir attentivement plus haut, dans cette paracha, section 31, aux mots "Et il en fut de meme". A cela fait allusion le sceau, qui est la sefira de Binah (intelligence), comme il est rapporte dans les ecrits du saint Ari, que son souvenir soit une benediction: "sceau" (חותם) equivaut en guematria a quinze fois אקי"ק.

Le sens de ses saintes paroles n'est pas eclairci, car le calcul ne correspond pas; peut-etre voulait-il faire allusion aux paroles du Peri Ets Haim, Porte du loulav, rapportees plus haut dans cette paracha, section 13. Nous rapporterons aussi ici ses saintes paroles: "Or, il est connu que la Binah est appelee אהי"ה, etc.

Une illumination provient de ces trois אהי"ה et se prolonge dans son Yesod (fondement), et le Yesod en est forme, etc. C'est pourquoi, lorsqu'elle se trouve dans l'aspect du Yesod, le monde est juge et scelle pour la vie ou pour la mort.

Mais cet aspect du Yesod, qui provient de ces trois אהי"ה susmentionnes, est appele sceau; car les trois אהי"ה ecrits avec des yod - [אלף הי יוד הי, 161], avec des he - [אלף הה יוד הה, 151], et avec des aleph - [אלף הא יוד הא, 143] - ont pour guematria "sceau" (חותם), etc." Il semble qu'il ait fait allusion dans ses paroles a l'achevement du scellement, qui a lieu a זאת חנוכה (Zot 'Hanouka), comme il est rapporte dans les livres saints. Car le Nom אקי"ק fait allusion a ce qui est dit dans le saint Zohar (A'harei Mot 65b): "אקי"ק est pret a attirer et a engendrer le tout." C'est-a-dire que le Nom beni soit-Il eclairera dans l'avenir et ouvrira le tresor de la lumiere pour tout eclairer.

Du fait que le Saint beni soit-Il doit, dans l'avenir, faire heriter cela, un salut pousse aussi maintenant pour ceux qui sont au fond des abimes; il en nait joie et fermete dans le cœur d'Israel. A cela fait allusion le verset: "Je serai ce que Je serai" (Exode 3,14): de ce que Je dois engendrer dans l'avenir un salut, Je serai aussi maintenant avec vous.

Et de meme a l'inverse, Dieu nous en preserve: lorsque la faute le provoquera, le Nom beni soit-Il se mettra a rappeler ce que les anges avaient dit lors de la creation du monde: "Qu'est l'homme, pour que Tu te souviennes de lui?" De meme, nous trouvons a la generation du Deluge que le Nom beni soit-Il se rangea a l'avis de ces anges et retira en arriere toute vie; il ne resta qu'un seul point: Noe et ses fils. A cela renvoie le sceau: de meme que demeure dans l'empreinte du sceau la forme de l'homme, meme apres que le sceau a disparu.

Ainsi qu'il est dit dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 22, folio 65b): de toutes les sefirot, lorsque la lumiere de ה' se retire, il demeure comme un corps sans ame; et la-bas (Tikoun 69, folio 100a): "Lorsque le juste se retire, le fleuve demeure desseche et aride." Mais au sujet de la Chekhina (Presence divine), qui est l'attribut de Malkhout (royaute), il est dit: "Place-moi comme un sceau sur ton cœur"; a l'image du sceau: bien que Tu te sois eloigne de moi dans l'exil, Ton image demeure avec moi et ne se retire jamais de moi.

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