« Yaakov sortit de Béer Chéva et alla vers 'Haran » (Berechit 28,10.14). Le Beit Yaakov lit cela dans « Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat » (Yechaya 58,13) : les pieds restent inclus dans la connaissance, et l'homme ne cherche pas ses affaires ce jour-là. La parole est interdite, car elle achève l'intention et compte pour un acte ; la pensée seule ne produit rien. Le délice ouvre une lumière de sagesse, à l'inverse de la plaie qui enferme. « Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov » est un héritage sans bornes : Yaakov reconnaît que tout vient du Saint béni soit-Il.
Aussi : le Chabbat transmet de lui-même les biens à qui cesse ses affaires ; nourriture, vêtement et habitation dans l'avenir ; signe du Chabbat et de la circoncision, Noukva et aspect masculin.
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה וגו' ופרצת ימה וקדמה וצפנה ונגבה וגו'. זה שאמר הכתוב (ישעיהו נ״ח:י״ג) אם תשיב משבת רגלך עשות חפצך ביום קדשי וקראת לשבת ענג לקדוש ה' מכובד וכבדתו מעשות דרכיך ממצוא חפצך ודבר דבר אז תתענג על ה' וגו' והאכלתיך נחלת יעקב אביך כי פי ה' דבר.
אם תשיב משבת רגלך, היינו שלא תעשה מעשה שהגוף יעשה אותו מעצמו בלא חשבון ומחשבה. והוא שלא יטריד האדם את עצמו בעסקים שהם מטרידים דעתו ושכלו.
וזהו כונת הכתוב, אם תשיב משבת רגלך, היינו שהרגלים שהם סוף הגוף ורחוקים מכח המחשבה, גם המה יהיו נכללים תמיד שלא ירוחקו מדעת וחשבון שבראשאכמבואר בתפארת יוסף שבת חוה"מ סוכות ד"ה ויעקב: אמר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה אשר אדם בעבודתו צריך להרגיל עצמו בעבודה על כל אברי פעולותיו, שכל אבריו ירגישו מהקדושה, שאפילו הרגל שהוא רחוק מן המחשבה שבראש, יכניס בו ג"כ קדושה מהמחשבה שבראש, שבהגיעו חוץ לתחום ירגיש הרגל בעצמו שעד פה היה רצונו ית' לילך ולא יותר.
וזה אם תשיב משבת רגלך. עיין לעיל פ' נח אות א, לקמן פרשה זו אות סב ובהערה קנח שם.
פ' וישב אות א, ב, פ' ויחי אות ו.. כי כן הוא הטעם משיעור ארבע אמות שנתנו חכמים לשובתי שבת (עירובין מח:, תנחומא במדבר) כדי שיטול חפץ ממרגלותיו ויניח מראשותיו.
ממצוא חפצך, היינו שלא תרצה ביום הזה להתפשט חפציך וקניניך רק תכניס כל קניניך למסרם להש"י, כי רק ביה בעי לאשתדלא כדאיתא בזהר הק' (בשלח מז:). ודבר דבר, היינו כדאיתא בזוהר הק' (אמור קה.) הרהור לא עביד מידי.
כי באמת גמר כל ענין במעשה הוא רק מהשי"ת, כי בלתי רצונו לא יעשה שום דבר בעולם, ולזה נאסר דיבור בשבת, כי דיבור הוא גמר המכוון ונחשב כמעשהבנתבאר בסוד ישרים פורים אות יב ד"ה ועל זה: כי עיקר הגמר הוא רק כאשר בא בדיבור ובמלולא, שאפילו מה שיצא לפועל במעשה, כל זמן שאין מחשבתו ניכרת מתוך מעשיו אין בזה שום גמר, כי יכולין עדיין לפרש בה פירושים שונים.
משא"כ אחר שבא במלולא אזי נגמר הדבר ושוב אין לשנות בה שום פירוש רק כפי משמעות הדיבור. עיין עוד לעיל פ' נח אות ז, לקמן פ' ויגש אות א, תפארת יוסף חג הפסח ד"ה רבן גמליאל, פ' נצבים ד"ה אתם נצבים [ג]., אבל הרהור לאו כלום עביד, ורק במחשבה הניח השי"ת מקום לאדם להתגדר בו, וכמו שכתוב (תהילים צ״ד:י״א) ה' יודע מחשבות אדם כי המה הבל, ואם מחשבותיו טובים הם אז הם הבל דעלמא קאים עליה, כדאיתא בזוהר הק' (ויצא קמו:), ועיין סתרי תורה (ויצא דף קנה:) כל מלין דעלמא אזלין בתר מחשבה והרהורא, ומבאר שם דלרעה אין ההרהור רק כשמצטרף למעשה, וכן מצטרף לטובה למעשה, אז פועל ביותר בהרהור ומחשבהגעיין במי השלוח ח"ב פרשת ויקרא ד"ה אל פתח:
אם יש לאדם רצון ומחשבה טובה הוא מיד לפני ה', אכן זה הוא מצד המחשבה, אבל מצד הגוף שהאדם הוא מורכב בגוף שחפץ בהסתרה ובקל יוכל לשכוח רצון הטוב, לכן העצה היא להביא את הרצון והמחשבה לידי מעשה, כדי שיתקיים אצלו.. אז תתענג על ה', היינו שיהיה האדם דבוק ומקושר בגבוה מעל גבוה, ואז תתענג, כי עונג הוא ההיפך מנגע, ונגע הוא כדאיתא בזוהר הק' (תזריע דף מט:) נגע צרעת סגירו דנהורא עלאה, היינו שהוא מוסגר ומושקע בהדבר שהוא חושק ואינו יכול לזוז ממנה, ועונג הוא היפך מזה, שנפתח לו אור חכמה עליונה ויראה איך הוא מקושר במקום הזה בכל עניניו, וצריך האדם למסור בחזרה כל הכחות שלו, להשי"ת ביום הקדוש הזה, כדאיתא בזוהר הק' (בשלח מז.) וקראת דיזמין ליה.
ומי שכופף עצמו תחת שעבוד ועול מלכות השי"ת הוא מנושא על כל והוא בן חורין היותר גדול, וזהו עיקר העונגדוכדאיתא בהקדמת תקוני הזהר (יב.): ענ"ג שבת בהפוכא נג"ע, מאן דאית ליה ולא מקיים ליה, אתהפך ליה לנג"ע.:
Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran... et tu te répandras à l'ouest, à l'est, au nord et au sud (Berechit 28,10.14). C'est ce que dit l'Écriture : Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat, en ne faisant pas tes affaires en Mon saint jour, et si tu appelles le Chabbat délice, si tu honores ce qui est saint pour le Nom, si tu l'honores en ne suivant pas tes voies, en ne recherchant pas tes affaires et en ne prononçant pas de parole, alors tu feras tes délices du Nom...
Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père, car la bouche du Nom a parlé (Isaie 58,13-14). Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat, c'est-à-dire que tu ne fasses pas un acte que le corps accomplirait de lui-même, sans examen ni pensée.
L'homme ne doit pas se troubler par des occupations qui troublent son esprit et son intelligence. Tel est le sens de l'Écriture : si tu retiens ton pied à cause du Chabbat, c'est-à-dire que les pieds, qui sont l'extrémité du corps et éloignés de la force de la pensée, eux aussi soient toujours inclus, afin de ne pas être éloignés de la connaissance et de l'examen qui sont dans la tête.
Ainsi est-il expliqué dans Tiferet Yossef, Chabbat de Hol haMoed Soukkot, au passage commençant par Et Yaakov : mon grand-père, mon maître et rabbi, que son souvenir soit pour la vie du monde futur, disait que l'homme doit, dans son service, s'habituer à servir par tous les membres qui agissent, de sorte que tous ses membres ressentent la sainteté. Même dans le pied, qui est éloigné de la pensée qui est dans la tête, il introduira aussi une sainteté issue de la pensée qui est dans la tête ; lorsqu'il arrive hors de la limite, le pied ressent de lui-même que la volonté béni soit-Il était d'aller jusque-là et non plus loin.
Voilà : si tu retiens ton pied à cause du Chabbat. Voir plus haut, parachat Noah, paragraphe 1 ; plus loin dans cette paracha, paragraphe 62 et note 158 ; parachat Vayechev, paragraphes 1-2 ; parachat Vayehi, paragraphe 6.
Car c'est la raison de la mesure de quatre coudées que les sages ont accordée à ceux qui observent le Chabbat (Erouvin 48b ; Tan'houma, Bamidbar), afin qu'il prenne un objet à ses pieds et le pose près de sa tête. En ne recherchant pas tes affaires, c'est-à-dire que tu ne veuilles pas, ce jour-là, étendre tes affaires et tes acquisitions ; introduis plutôt toutes tes acquisitions pour les remettre au Saint béni soit-Il, car c'est seulement de Lui qu'il faut s'occuper, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Bechalah 47b).
Et en ne prononçant pas de parole : comme il est enseigné dans le saint Zohar (Emor 105a), la pensée ne produit rien. En vérité, l'achèvement de toute chose dans l'acte ne vient que du Saint béni soit-Il, car sans Sa volonté rien ne se fait dans le monde.
C'est pourquoi la parole est interdite le Chabbat : la parole est l'achèvement de l'intention et elle est considérée comme un acte. Ainsi est-il expliqué dans Sod Yesharim, Pourim, paragraphe 12, au passage commençant par Et à ce sujet : l'achèvement essentiel n'est que lorsqu'une chose vient dans la parole et l'énonciation.
Même ce qui s'est réalisé dans l'acte, tant que la pensée n'est pas reconnaissable à travers les actes, n'a aucun achèvement, car on peut encore l'interpréter de diverses manières. Mais après qu'elle est venue dans l'énonciation, la chose est achevée et aucune interprétation ne peut plus être changée, sinon selon le sens de la parole.
Voir encore plus haut, parachat Noah, paragraphe 7 ; plus loin, parachat Vayigach, paragraphe 1 ; Tiferet Yossef, fête de Pessa'h, au passage commençant par Rabban Gamliel ; parachat Nitsavim, au passage commençant par Vous vous tenez [3]. Mais la pensée ne fait rien.
C'est seulement dans la pensée que le Saint béni soit-Il a laissé à l'homme une place pour s'y distinguer, comme il est écrit : Le Nom connaît les pensées de l'homme, qu'elles sont vanité (Tehilim 94,11). Si ses pensées sont bonnes, elles sont la vanité sur laquelle le monde se tient, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Vayetze 146b).
Voir Sitré Torah (Vayetze 155b) : toutes les paroles du monde vont selon la pensée et la méditation. Il y est expliqué que, pour le mal, la méditation ne compte que lorsqu'elle s'associe à l'acte ; de même, lorsqu'elle s'associe à l'acte pour le bien, il agit davantage par la méditation et la pensée.
Voir Mei HaShiloah, seconde partie, parachat Vayikra, au passage commençant par Vers l'entrée : si l'homme a une bonne volonté et une bonne pensée, elles sont aussitôt devant le Nom. Mais cela est du côté de la pensée ; du côté du corps, dont l'homme est composé et qui désire la dissimulation, il peut aisément oublier la bonne volonté.
Le conseil est donc d'amener la volonté et la pensée à l'acte, afin qu'elles subsistent chez lui. Alors tu feras tes délices du Nom : l'homme sera attaché et lié au plus haut des hauteurs, et alors tu feras tes délices.
Car le délice (ענג) est l'opposé de la plaie (נגע). La plaie est, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Tazria 49b), la fermeture de la lumière supérieure : l'homme est enfermé et plongé dans la chose qu'il désire et il ne peut s'en mouvoir.
Le délice est l'inverse : une lumière de la sagesse supérieure s'ouvre pour lui, et il voit comment il est lié à cet endroit dans toutes ses affaires. L'homme doit remettre en retour toutes ses forces au Saint béni soit-Il en ce saint jour, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Bechalah 47a) : et tu l'appelleras, c'est-à-dire tu l'inviteras.
Celui qui se plie sous la servitude et le joug de la royauté du Saint béni soit-Il est élevé au-dessus de tout et il est le plus grand des hommes libres. Tel est l'essentiel du délice, comme il est enseigné dans l'introduction des Tikounei haZohar (12a) : le délice (ענג) du Chabbat, renversé, est la plaie (נגע) ; celui qui le possède et ne l'accomplit pas, cela se renverse pour lui en plaie (נגע).
והאכלתיך נחלת יעקב אביך. היינו נחלה בלי מצרים, כי נחלת יעקב היא בלי מצרים, כדאיתא (שבת קיח.).
והענין בזה, כי כל בריה היא מוגבלת ומוגדרת בגבולים, וכשהוא בענינו השייך לו הוא נסתר מאור חבירו, ונסתר ממנו איך יוצאים ממקור אחד, והוא רק ענף מאילן שגם חבירו יונק ממנו, ומצד השי"ת צופה הוא לטובת כל הברואים בשוה, כי כל מה שברא הוא מהסתעפות מדה ממדותיו, ולפי שכל הבריאה הוא רק ברצון ולא משום סבה הכרחיית, כי השי"ת הוא השלם האמתי, ולכן מצדו אין חילוק בין דבר שנראה בעולם הזה לדבר גדול לבין דבר שנראה כדבר קטן, שמאחר שגם הגדול אינו הכרחיי לו ית', והוא עד שלא נברא העולם והוא משנברא העולם, ולכן אינו עוזב השגחתו אפילו מדבר קטן שבקטנים, ורק מצד הבריאה שהיא חסרה, לכן יש אצלה דברים עקריים ודברים טפלים, מפני שהוא בקטנות הדעת ואין שכלו מקיף כל דבר, לזה אם ישיג איזה טובה הוא אוחז בה, כי ירא לנפשו פן אם יעמיק בעסק אחר אז יאבד הדבר שהיה בידו מקודם. למשל, מי שמזמין אורח אצלו, אם יתן הבעל הבית לאורח איזה דבר יאחוז בו ויתן עיניו בו כל שעה כי ירא פן ילקח ממנו, ואם יתנו לו איזה דבר מעולה ומשובח מהקדום, אז יאחוז בו ויעזוב הקדום, ורק השני יהיה אצלו לעיקר, וכל זה הוא מפני כי קטן שכלו ודעתו מלהחזיק בשניהם יחד, ובעת שהוא משועבד לזה הדבר אין בכחו להשיג האחר.
שאני השי"ת שהכל שלו והוא גדול העצה ורב העליליה, והוא אין סוף ואין תכלית בלי שום מדה וגבול, והוא מקיף את כל העולם, וכמו דאיתא במדרש (רבה בראשית יא, תנחומא תשא לג) אמר ליה טורנוסרופוס לרבי עקיבא ואם כן שרצה הקב"ה שיכבדו את השבת למה הוא עושה בו מלאכה כדרך שעושה בחול, משיב רוחות מעלה עננים מוריד גשמים. והשיב לו, שאין אצל השי"ת שום חילוק רשות, היינו שאינו מוטרד בשום דבר, לכן מותר לו לטלטל בחצירוהמקורו במי השלוח ח"ב מסכת ראש השנה (כט:) ד"ה יום טוב:
דאיתא במדרש (רבה בראשית יא, ו) ששאל טורניסרופוס את רבי עקיבא למה הקב"ה מוריד גשמים ועושה מלאכה בשבת והשיב לו כיון שהקב"ה אין רשות אחרת עמו, והיינו שאצל השי"ת כל העולם ברשותו ולכן אין שום דבר אצלו מלאכה שהרי הכל בידו ואין שום חילוק אצלו אף שישתנה מרשות לרשות ומצורה לצורה שהרי הכל ברשותו ובידו. ועיין עוד לקמן פרשת ויגש אות יא ד"ה והוא..
וכמו דאיתא (מגילה לא.) כל מקום שאתה מוצא גדולתו שם אתה מוצא ענוותנותו, היינו שמצד השי"ת הם כולם שוין כקטן כגדול, והוא מקיף את שניהם יחד:
Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père. Cela signifie un héritage sans bornes, car l'héritage de Yaakov est sans bornes, comme il est enseigné (Chabbat 118b).
En voici le sens. Toute créature est limitée et définie par des limites.
Lorsqu'elle est dans l'affaire qui lui appartient, elle est cachée à la lumière de son compagnon ; il lui est aussi caché qu'ils sortent d'une source unique et qu'elle n'est qu'une branche de l'arbre dont son compagnon se nourrit également. Du côté du Saint béni soit-Il, Il veille également au bien de toutes les créatures, car tout ce qu'Il a créé est le prolongement d'un attribut parmi Ses attributs.
Toute la création n'est que par volonté et non par une cause nécessaire, car le Saint béni soit-Il est la perfection véritable. De Son côté, il n'y a donc aucune différence entre une chose qui apparaît dans ce monde comme grande et une chose qui apparaît comme petite.
Même la grande chose ne Lui est pas nécessaire ; Il est avant que le monde ne soit créé et Il est après qu'il a été créé. C'est pourquoi Il ne délaisse pas Sa providence, même pour la plus petite des petites choses.
Mais du côté de la création, qui est imparfaite, il y a des choses essentielles et des choses secondaires, parce que son intelligence est petite et qu'elle ne saisit pas toute chose. Si elle obtient quelque bien, elle le tient fermement, car elle craint pour elle-même que, si elle s'approfondit dans une autre occupation, elle ne perde la chose qu'elle avait auparavant entre les mains.
Par exemple, celui qui invite un hôte chez lui : si le maître de maison donne à l'hôte une chose, celui-ci la tient et y porte les yeux à toute heure, craignant qu'on ne la lui prenne. Si on lui donne une chose supérieure et meilleure que la première, il la tient et abandonne la première ; seule la seconde devient essentielle pour lui.
Tout cela vient de ce que son intelligence et sa connaissance sont trop petites pour tenir les deux ensemble ; tant qu'il est asservi à cette chose, il n'a pas la force d'atteindre l'autre. Il n'en est pas ainsi du Saint béni soit-Il, car tout est à Lui.
Il est grand en conseil et abondant en œuvres ; Il est sans fin et sans terme, sans aucune mesure ni limite, et Il entoure le monde entier. Ainsi est-il enseigné dans le Midrach (Berechit Rabba 11 ; Tan'houma, Ki Tissa 33) : Turnus Rufus dit à Rabbi Akiva : si le Saint béni soit-Il veut que l'on honore le Chabbat, pourquoi y accomplit-Il une œuvre comme les jours de semaine, en faisant souffler les vents, monter les nuages et tomber les pluies ?
Il lui répondit qu'il n'y a pour le Saint béni soit-Il aucune distinction de domaine, c'est-à-dire qu'Il n'est troublé par aucune chose ; il Lui est donc permis de porter dans Sa cour. La source se trouve dans Mei HaShiloah, seconde partie, traité Roch Hachana (29b), au passage commençant par Yom Tov : il est enseigné dans le Midrach (Berechit Rabba 11,6) que Turnus Rufus demanda à Rabbi Akiva pourquoi le Saint béni soit-Il fait tomber les pluies et accomplit une œuvre le Chabbat.
Il lui répondit que, puisque le Saint béni soit-Il n'a pas d'autre domaine avec Lui, tout le monde est dans Son domaine. Aucune chose n'est donc pour Lui une œuvre, car tout est dans Sa main ; il n'y a pour Lui aucune différence, même lorsqu'une chose passe d'un domaine à un autre et d'une forme à une autre, car tout est dans Son domaine et dans Sa main.
Voir encore plus loin, parachat Vayigach, paragraphe 11, au passage commençant par Et Lui. Et ainsi qu'il est enseigné (Meguila 31a) : partout où tu trouves Sa grandeur, tu trouves Son humilité.
Du côté du Saint béni soit-Il, tous sont égaux, le petit comme le grand, et Il les entoure tous les deux ensemble.
ולכן נתן לישראל מצות שבת, שרומז לזה שלא יטריד האדם משום דבר מעניני עולם הזה, שעל ידי שישבות ויקיים רצון השי"ת ויתדבק בהשי"ת, וממילא לא ימשך אחר עניני עולם הזה, וישיג אור ממקור העליון שלא יהיה חסר, וממילא ינחיל לו השי"ת כל הטובות, וכדאיתא (ברכות דף נו:) שפתר רבי לבר קפרא על שראה ידיו שנחתכו, ופתר לו לא תצטרך למעשה ידך. וזהו שכר השבת, שבשביל שהאדם מצמצם עצמו מלעסוק בעניני עולם הזה, ועיקר מלאכת שבת הוא כמו שנחשב בכלל גדול (שבת עג.) צרכי האדם, אכילה ומלבושים ודירה, ולכן לעתיד תעשה ארץ ישראל גלוסקאות וכלי מילת כדאיתא (שבת ל:), וכן ישבו בסוכת עורו של לויתןועיין לקמן פרשה זו אות ו בהערה כט שם., שכל זה רומז לאור שנמשך ממנו שפע חיים והקפת התלבשות והתחסות בסתר עליון.
וממילא לאדם טוב מטעימין אותו מפרי מעשיו בעולם הזה (קדושין מא.) גם כן, ואף בעניני עולם הזה יבואו לו כל מיני טובות בלא יגיעה, כי כשלא יוטרד מעניני עולם הזה מטעם שידע שלה' הארץ ומלואה, אז ינחיל לו השי"ת כל מיני טובות, כי המניעה לאדם מלהיות כלי קיבול לטובות, הוא מחמת שיוכל לבוא על ידם לשכחה, וכשיודע שהכל הוא מהשי"ת אז לא יוטרד ויהיה כלי קיבול, ולכל מי שהוא כלי קיבול לזה מנחיל השי"ת. וזהו כונת המדרש ששאל טורנוספרופוס את רבי עקיבא, אם כדבריך שהקב"ה מכבד את השבת אל ישיב בה רוחות אל יוריד בה גשמים כו' והשיב לו שדומה לחצר שאין בו דיורין כי אם אחד, ומותר לו לטלטל בכל החצר בלי שום עירוב.
והוא, כי עיקר טרדת האדם הוא מפני שאינו בטוח בשום דבר עד שמכניסו לרשותו, ואז יש לו בטוחות שהוא בגבולו, ולכן הוא במדה וגבול. ולכן בגופו של אדם מותר כל המלאכות, שהרי שיניו טוחנות וכל כלי גופו פועלים בקרבו, לפי שכשבא לתוכו אינו נקרא מלאכה.
אבל אצל השי"ת הוא הכל ברשותו, והוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו, לכן אינו נקרא אצלו שום דבר מלאכה ועבודה. וזהו נחלת יעקב אביך, שיעקב אבינו ע"ה מדתו הוא לאחד כל המדות, לפי שמכיר שהכל הוא מהשי"ת, מפני שכולל כל המדות, וזהו שמירת שבת וכל נחלתו בלי מצרים.
וכן כל מי ששומר את השבת, ששובת מכל צרכי הגוף ורק דבוק הוא בהשי"ת, כי שבת הוא שמא דקב"ה כדאיתא בזוה"ק (יתרו דף פח:), ומכיר שהכל שלו, ואינו משועבד תחת שום דבר מעניני עולם הזה, רק הוא בן חורין ומנושא מכל, לכן תנתן לו נחלה בלי מצרים. וזהו דאיתא בהקדמת תיקוני הזוהר (ב.) דלא ישתכח בר נש פחות מתרווייהו אות שבת או אות תפילין ומילה, שהם שני יודי"ן מן יאקדונק"י, כי שבת הוא נוקבא, ואות הוא שבזה שהאדם מצמצם את עצמו ואינו פועל שום פעולה, בזה הוא מקושר ואחוז בדכורא, היינו שאצל השי"ת הוא הכל דברים של מה בכך, ובמצות מילה הוא אף הפעולה יש בה גם כן מדכורא, וכדאיתא (שם) מי יעלה לנו השמימה ראשי תיבין מילה וסופי תיבין יקו"ק, וכן בכל מעשי המצות אומרים מקודם לשם יחוד קוב"ה ושכינתיה, שבפעולה הגשמיית שעושה מעשה המצוה הוא מייחד בדכוראזמבואר לעיל פרשת בראשית אות י:
קוב"ה נקרא כשהוא משפיע לישראל, שלהשפיע אין ביכולת שום נברא, שמחמת שגם הוא צריך לקבל והוא נוגע לצד עצמו יש בו צמצום. ולכן רק השי"ת, מחמת שהוא קדוש בלי נגיעה לכן יכול להשפיע.
ושכינתא מורה על כלי קיבול, שהשי"ת מעמיד שיוכלו לקבל. וקוב"ה מורה שהוא יכול לערוך ולמדוד כמה להשפיע.
ונתבאר באריכות בספר דובר צדק למרן רבי צדוק הכהן מלובלין זי"ע בתחילתו עיין שם כל העניין ונביא כאן גרגרים אחדים מתוך העניין: עניין לשם יחוד קוב"ה ושכינתיה וכו'.
וביאורו הפשוט כמ"ש בריש פ' כיצד מברכין (לה:) אביו הקב"ה אמו כנסת ישראל, ועניין כנס"י הוא האם ומקור השורש וכו' והוא הנקרא שכינה בכל מקום וכו'. לפי שהוא התגלות ד' השוכן בתוך בני ישראל ובקרבם לעולם וכו'.
והיינו, כי באמת עצם אור ד' גדול מאד, וא"א להיות מושג ללב בני אדם כלל, כמ"ש כי לא יראני האדם וחי. וזהו תואר הקב"ה, הוראת קדושה בכל מקום הבדלה, שהוא נבדל מבני אדם.
והיינו אור ד' הנבדל מלבות הישראלי. ולפי שרצה ית"ש שישיגו הנבראים ג"כ מאורו, צמצם ית' הארתו שתהיה מוגבלת ומצומצמת ולא בתוקף וחוזק כ"כ, והוא כח אור שכינתו ית' בתוך לבבות ישראל וכו'.
עיי"ש.:
C'est pourquoi Il donna à Israël la mitsva du Chabbat, qui y fait allusion : l'homme ne doit se troubler pour aucune chose des affaires de ce monde. En cessant son activité, en accomplissant la volonté du Saint béni soit-Il et en s'attachant à Lui, il ne sera de lui-même pas entraîné après les affaires de ce monde ; il atteindra une lumière de la source supérieure, sans manquer de rien, et le Saint béni soit-Il lui transmettra de lui-même tous les biens.
Ainsi est-il enseigné (Berakhot 56a) : Rabbi interpréta pour Bar Kappara, qui avait vu ses mains coupées : tu n'auras pas besoin de l'œuvre de tes mains. Tel est le salaire du Chabbat : parce que l'homme se restreint en ne s'occupant pas des affaires de ce monde.
L'œuvre essentielle du Chabbat est comprise dans la grande règle des besoins de l'homme : la nourriture, les vêtements et l'habitation. C'est pourquoi, dans l'avenir, la terre d'Israël produira des gâteaux et des vêtements de fine laine, comme il est enseigné (Chabbat 30b), et ils s'assoiront dans la soukka faite de la peau du Léviathan.
Voir plus loin dans cette paracha, paragraphe 6 et note 29. Tout cela fait allusion à la lumière dont se prolonge l'abondance de vie, l'enveloppement du vêtement et l'abri dans le secret supérieur.
De lui-même, l'homme bon goûte aussi en ce monde au fruit de ses actes (Kiddouchin 41a), et même dans les affaires de ce monde toutes sortes de biens lui parviendront sans effort. Lorsqu'il ne se troublera pas par les affaires de ce monde, sachant qu'au Nom appartiennent la terre et ce qu'elle contient, le Saint béni soit-Il lui transmettra toutes sortes de biens.
Car ce qui empêche l'homme d'être un réceptacle pour les biens est qu'ils pourraient le conduire à l'oubli. Lorsqu'il sait que tout vient du Saint béni soit-Il, il ne se troublera pas et sera un réceptacle ; à quiconque est un réceptacle de cela, le Saint béni soit-Il le transmet.
Tel est le sens du Midrach : Turnus Rufus demanda à Rabbi Akiva : si, selon tes paroles, le Saint béni soit-Il honore le Chabbat, qu'Il n'y fasse pas souffler les vents ni tomber les pluies, etc. Il lui répondit que cela ressemble à une cour où ne demeure qu'un seul homme : il lui est permis de porter dans toute la cour sans aucun érouv (association de domaines).
C'est que le trouble essentiel de l'homme vient de ce qu'il n'est assuré de rien jusqu'à ce qu'il l'introduise dans son domaine ; il a alors l'assurance qu'elle est dans sa limite, et se trouve donc dans une mesure et une limite. C'est pourquoi toutes les œuvres sont permises dans le corps de l'homme : ses dents broient et tous les organes de son corps agissent en son sein ; puisqu'une chose entre en lui, elle n'est pas appelée œuvre.
Mais pour le Saint béni soit-Il, tout est dans Son domaine. Il est le lieu du monde et le monde n'est pas Son lieu ; aucune chose n'est donc pour Lui une œuvre ni un travail.
Tel est l'héritage de Yaakov ton père : Yaakov notre père, que la paix soit sur lui, avait pour attribut d'unifier tous les attributs, car il reconnaît que tout vient du Saint béni soit-Il, puisqu'il inclut tous les attributs. Tel est l'observance du Chabbat et tout son héritage sans bornes.
De même, quiconque observe le Chabbat, cesse toutes les nécessités du corps et ne s'attache qu'au Saint béni soit-Il - car le Chabbat est un nom du Saint béni soit-Il, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Yitro 88b) - reconnaît que tout est à Lui. Il n'est asservi à aucune chose des affaires de ce monde ; il est seulement libre et élevé au-dessus de tout, et un héritage sans bornes lui sera donc donné.
Ainsi est-il enseigné dans l'introduction des Tikounei haZohar (2a) : qu'un homme ne se trouve jamais privé des deux, du signe du Chabbat ou du signe des tefilin et de la circoncision, qui sont les deux yod de יאקדונקי. Car le Chabbat est Noukva (aspect féminin), et le signe est qu'en se restreignant et en n'accomplissant aucune action, l'homme est lié et attaché au dikhera (aspect masculin).
Cela signifie que, pour le Saint béni soit-Il, toutes les choses sont de peu de conséquence. Dans la mitsva de la circoncision, même l'action comporte aussi l'aspect du dikhera, comme il est enseigné là-bas : Qui montera pour nous aux cieux ?
(Devarim 30,12) : les initiales forment מילה et les dernières lettres יקוק. De même, avant tous les actes des mitsvot, nous disons : pour l'unification du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina ; par l'action matérielle qui accomplit l'acte de la mitsva, il unit dans le dikhera.
Ainsi est-il expliqué plus haut, parachat Berechit, paragraphe 10 : le Saint béni soit-Il est appelé ainsi lorsqu'Il donne à Israël. Aucune créature ne peut donner, car elle doit elle-même recevoir et elle est concernée par elle-même ; il y a donc en elle une contraction.
Seul le Saint béni soit-Il, parce qu'Il est saint et sans intérêt propre, peut donner. La Chekhina indique le réceptacle que le Saint béni soit-Il établit afin que l'on puisse recevoir.
Le Saint béni soit-Il indique qu'Il peut ordonner et mesurer combien donner. Cela est longuement expliqué au début du livre Dover Tsedek de notre maître Rabbi Tsadok haCohen de Lublin, que le souvenir du juste soit pour la vie du monde futur.
Voir là-bas toute la question ; nous en apporterons ici quelques grains. La question de pour l'unification du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina, etc., s'explique simplement par ce qui est dit au début de Comment récite-t-on les bénédictions ?
(Berakhot 35b) : son père est le Saint béni soit-Il, sa mère est l'assemblée d'Israël. L'assemblée d'Israël est la mère et la source de la racine, etc., et elle est appelée Chekhina en tout lieu, car elle est la révélation du Nom qui demeure à jamais parmi les enfants d'Israël et en leur sein.
En vérité, la lumière essentielle du Nom est très grande et ne peut aucunement être saisie par le cœur des hommes, comme il est écrit : L'homme ne Me verra pas et ne vivra pas (Chemot 33,20). Le titre du Saint béni soit-Il indique en tout lieu la sainteté, c'est-à-dire la séparation : Il est séparé des hommes.
C'est la lumière du Nom, séparée des cœurs d'Israël. Mais parce qu'Il a voulu que les créatures atteignent elles aussi Sa lumière, le Nom béni soit-Il a contracté Son illumination, afin qu'elle soit limitée et restreinte, sans tant de force ni de vigueur ; telle est la force de la lumière de Sa Chekhina béni soit-Il dans les cœurs d'Israël, etc.
Voir là-bas.
« Yaakov sortit de Be'er Cheva et alla vers 'Haran » (Berechit 28,10) : c'est ce que dit le verset « Si tu retiens ton pied le Chabbat », « Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père » (Yechaya 58,13-14). Pour le Beit Yaakov, le pied est le lieu où l'illumination est faible : il y faut retenue, afin de ne pas fouler hors de la limite. En se contractant et en reconnaissant qu'il n'a pas de kelim (récepteurs), l'homme acquiert le jour que le Nom a préparé pour Lui-même. L'héritage de Yaakov est sans limites : les barrières ne sont que dans l'acte ; par son vœu de dîme, Yaakov remit tout au Nom jusqu'à la Mal'hout et mérita cet héritage.
Aussi : « Souviens-toi » et « Garde » réunissent tous les commandements ; plus de bien et d'acquisition dans les commandements négatifs que dans les positifs ; avant la bénédiction le bien est au Nom, après il est à l'homme.
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה וגו'. זהו שאומר הכתוב (ישעיהו נ״ח:י״ג) אם תשיב משבת רגלך עשות חפצך ביום קדשי וקראת לשבת ענג לקדוש ה' מכובד וגו' והאכלתיך נחלת יעקב אביך וגו'.
אם תשיב משבת רגלך, היינו מקום שהארת האדם קטנה, כי סוג האדם שהולך בקומה זקופה, עיקר הדעת והשכל שלו הוא בהראש, ומשם נשתלשל ומסתעף למטה לשאר האברים עד להרגלים, ושם הוא ההארה מועטת, לכן צריך שם התאפקות ומתינות לבל ידרוך חוץ לגבול. ושבת היא כלל כל התורה זכור ושמור, זכור כולל כל המצות עשה ושמור כולל כל המצות לא תעשה.
כדאיתא בתיקוני הזוהר (תיקון נה דף פח:)חכדאיתא בירושלמי ברכות פרק א הלכה ה: זכור את יום השבת לקדשו, למען תזכרו, רבי אומר זו מצות שבת שהיא שקולה כנגד כל מצותיה של תורה, דכתיב ואת שבת קדשך הודעת להם ומצות וחוקים ותורה צוית וגו' להודיעך שהיא שקולה כנגד מצותיה של תורה.
ומבואר במי השלוח ח"א פרשת יתרו ד"ה זכור: כי כל התרי"ג מצות נקראים שבת כדאיתא בזוה"ק (שמות פח:) מאי שבת שמא דקוב"ה.
והיינו כשבא לאדם חשק לעשות רצון הש"י מה שצוה לעשות ולהזהר ממה שציוה שלא לעשות וכאשר נתן זאת אל לבו נאמר זכור את יום השבת וכו', ואח"כ כשבא לאדם שכחה והעלמה מרצון הש"י ועשה מה שעשה נאמר ששת ימים וכו'.. וזהו דכתיב (תהילים צ״ב:א׳-ב׳) מזמור שיר ליום השבת טוב להודות לה', היינו בשעה שהאדם הולך בדעה ברורה.
ולזמר לשמך עליון, הוא בשעה שהשי"ת נקרא עליון למעלה מתפיסת האדם, ואז צריך האדם להתנהג בצמצום מאד (וכמש"נ במקומו)טלעיל פרשת נח אות ב.. עשות חפצך ביום קדשי, יום קדשי, היינו שהכין השי"ת לעצמו את זה היום ואין לאדם בו שום קנין.
אך בזה שמצמצם את עצמו ומכיר שאין לו כלים, על ידי זה יש לו קנין גם בזה היום, כי השי"ת ברא את הכל לכבודו כדכתיב (ישעיה מג) ולכבודי בראתיו וגו' ומה הוא הכבוד שמים היוצא לנו מדברים אשר נאסרו לו להאדם. אכן בזה שהאדם מכיר שאין לו זה הדבר, על ידי זה יש לו בו קנין, והכרה זו הוא כבוד שמים.
וזהו וקראת לשבת ענג, וכדאיתא בזוה"ק (בשלח מז.) וקראת דיזמין ליה, והוא שלא תאמר שאין בזה שום טובה במה שנאסר על האדם, אדרבא במצות לא תעשה יש בה יותר טובה וקנין מהנמצא במצות עשה, וכדאיתא (שבת ע:) דידע ליה לשבת בלאו אבל בעשה לא הוה ידיעה. האמת הוא, שבמצות עשה יש בה מעלה במה שיש לו להאדם תפיסה מה הוא רצון השי"ת, ובמצות לא תעשה יש מעלה שמכיר שהשי"ת חפץ להקנות לו מה שלמעלה מתפיסתו, דאם לא כן למה נבראו כלל דברים האסורין על האדם.
לקדוש ה' מכובד, היינו שתמשיך כל זה לתוך לבושים נאים, וכדאיתא (שבת קיג.) רבי יוחנן קרי למאניה מכבדותי. והאכלתיך נחלת יעקב אביך, נחלת יעקב היינו כדאיתא (שבת קיח.) שנחלתו הוא בלי מצרים.
והענין בזה, כי שם אדנ"י הוא מצר וגבול לשם הוי"ה, וכדאיתא בזוה"ק (בראשית נא.) שיש אשא תכלא ואשא חיוורא. אשא חוורא היינו שאינו נתפס בגדר וגבול, ומרמז על המחשבה, כי במחשבה אין שום צמצום ואין שם שום איסור, כי מותר לו לאדם לידע הכל כדאיתא (שבת עה.) לא תלמד לעשות אבל אתה למד להבין ולהורות.
ומה דאיתא (בספר בן סירא) במופלא ממך אל תדרוש במכוסה ממך אל תחקור, הוא כדאיתא בזוהר הק' (נשא קכג.) שמחמת שהאדם חפץ להשיג מה שאינו שלו, לזה מבלבלין ומטרידין אותו שלא ידע, וכל הגדרים והסייגים הם רק במעשה. וזה הוא הענין שלמעלה מעשרה שהוא רשות השי"ת, כדאיתא (סוכה ה.) מעולם לא ירדה שכינה למטה מעשרה, שם אין שום חילוק רשויות.
וזהו ענין דאיתא (בראשית רבה יא, תנחומא תשא לג) ששאל טורנוסרופוס את רבי עקיבא, אם כדבריך שהקב"ה מכבד את השבת אל ישיב בה רוחות אל יוריד בה גשמים, והשיב לו, שדומה למי שדר יחידי בחצר ואין בו דיורין אחרים שיאסרו עליו, מותר לו לטלטל בכל החצר בלי עירוב. וכן השי"ת שכל העולם שלו הוא ואין לאחרים חלק בו, מפני זה אין אצלו שום חילוק רשויות ומותר לו לטלטל בכל העולם, ואינו מטריד דעתו בטלטול משמים לארץ, כי השמים שמים לה' ולה' הארץ ומלואהילעיל במאמר הקודם בהערה ה שם..
אבל למטה מעשרה שהוא רשות האדם יש שם גדרים וסייגים ואסור להוציא מחוץ לגבולו, כי שם אי אפשר להעלות הדבר והפעולה לקדושה, ולא כן שלא יעלה אותה רק עוד ימשך אחריה למטה ממדרגתו. והן אמת שצריך האדם להעלות כל הדברים להשי"ת, אך אימתי לאחר הברכה שמברך עליה, שאז נאמר והארץ נתן לבני אדם, שיש לו אז בהם קניןיאכמבואר בתפארת יוסף פרשת כי תבא ד"ה כי תכלה:
דהנה מי נקרא בעליה של הטובה, מי שמכיר שהטובה אינו שלו רק לד' הארץ ומלואה, וכדאיתא בש"ס (ברכות לד:) רבי לוי רמי כתיב לד' הארץ ומלואה וכתיב והארץ נתן לבני אדם לא קשיא כאן קודם ברכה כאן לאחר ברכה, קודם ברכה היינו קודם שמוסר הטובה להשי"ת וזה נקרא קודם ברכה, אז הטובה אינו שלו רק לד' הארץ ומלואה, ואז הוא כמאמר הכתוב (חגי ב׳:ח׳) לי הכסף ולי הזהב נאום ד' צבאות, ולאחר ברכה היינו שמכיר שהטובה אינה שלו ומוסר הטובה להשי"ת, שזה נקרא אחר הברכה, אז אומר השי"ת והארץ נתן לבני אדם, היינו שיש להאדם חלק בהטובה ונקרא על שם האדם. ועיין עוד שם פ' אמור ד"ה שור, לקמן פ' ויגש אות ל..
וזהו גם כן הענין כאן ביעקב שנדר להפריש מעשר, כדכתיב, וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך, והיינו שהחזיר הכל להשי"ת עד המדרגה האחרונה שהוא מדה העשירית מדת מלכות, שרומז לעולם הזה, וממילא על ידי זה זכה לנחלה בלי מצריםיבלקמן פרשה זו אות ס.:
"Yaakov sortit de Béer-Sheva et alla vers Haran" (Genèse 28,10), etc. C'est ce que dit le verset : "Si tu retiens ton pied le Chabbat, de faire tes affaires en Mon jour saint, et que tu appelles le Chabbat délice, saint et honoré pour le Nom, etc., Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père" (Isaie 58,13-14).
"Si tu retiens ton pied le Chabbat" (אם תשיב משבת רגלך), c'est-à-dire le lieu où l'illumination de l'homme est faible. Car l'espèce humaine marche debout : l'essentiel de sa connaissance et de son intelligence est dans la tête, et de là elle se propage et se ramifie vers le bas, aux autres membres, jusqu'aux pieds.
Là, l'illumination est faible ; aussi faut-il y avoir retenue et modération, afin de ne pas fouler hors de la limite. Le Chabbat est la totalité de toute la Torah : "Souviens-toi" et "Garde" (זכור ושמור).
"Souviens-toi" comprend tous les commandements positifs, et "Garde" tous les commandements négatifs. Comme il est dit dans les Tikkounei ha-Zohar (Tikkoun 55, fol.
88b), et dans le Talmud de Jérusalem, Berakhot, chap. 1, halakha 5 : "Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier" (Exode 20,8) ; "afin que vous vous souveniez" (Nombres 15,40).
Rabbi dit : c'est le commandement du Chabbat, qui équivaut à tous les commandements de la Torah, car il est écrit : "Tu leur fis connaître Ton saint Chabbat, et Tu leur prescrivis des commandements, des lois et une Torah", etc. (Nehemie 9,14), pour t'enseigner qu'il équivaut à tous les commandements de la Torah.
Il est expliqué dans Mei ha-Chiloah, I, paracha Yitro, s.v. "Souviens-toi", que les six cent treize commandements sont tous appelés Chabbat, comme il est dit dans le saint Zohar (Exode 88b) : "Qu'est-ce que Chabbat ?
Le nom du Saint, béni soit-Il." C'est-à-dire : lorsqu'il vient à l'homme le désir de faire la volonté du Nom, ce qu'Il a ordonné de faire, et de se garder de ce qu'Il a ordonné de ne pas faire, et qu'il met cela dans son cœur, il est dit : "Souviens-toi du jour du Chabbat", etc. Ensuite, lorsqu'il vient à l'homme l'oubli et l'occultation de la volonté du Nom, et qu'il fait ce qu'il fait, il est dit : "Six jours...", etc.
C'est ce qui est écrit : "Psaume, cantique pour le jour du Chabbat. Il est bon de rendre grâce au Nom" (Psaumes 92,1-2) : c'est lorsque l'homme marche dans une connaissance claire.
"Et de chanter Ton nom, Très-Haut" : c'est lorsque le Nom est appelé Très-Haut, au-dessus de la saisie de l'homme ; alors l'homme doit se conduire avec une extrême contraction (tsimtsoum), comme il a été expliqué à son endroit (plus haut, paracha Noah, section 2). "De faire tes affaires en Mon jour saint" : "Mon jour saint" signifie que le Nom a préparé ce jour pour Lui-même, et l'homme n'y possède rien.
Mais en se contractant et en reconnaissant qu'il n'a pas de kelim (récepteurs), il acquiert aussi ce jour. Car le Nom a tout créé pour Sa gloire, ainsi qu'il est écrit : "Je l'ai créé pour Ma gloire", etc.
(Isaie 43,7). Or quelle gloire du Ciel résulte-t-elle pour nous des choses interdites à l'homme ?
Cependant, lorsque l'homme reconnaît que cette chose n'est pas à lui, il y acquiert quelque chose ; et cette reconnaissance est la gloire du Ciel. C'est le sens de : "Tu appelleras le Chabbat délice" (וקראת לשבת ענג).
Comme il est dit dans le saint Zohar (Beshallah 47a), "tu appelleras" signifie "tu l'inviteras" (דיזמין ליה). Ne dis donc pas qu'il n'y a aucun bien dans ce qui est interdit à l'homme ; au contraire, dans les commandements négatifs il y a plus de bien et d'acquisition que dans les commandements positifs, comme il est dit (Chabbat 70a) : "Il connaît le Chabbat par le négatif, mais par le positif il n'y avait pas de connaissance." La vérité est que le commandement positif a l'avantage que l'homme saisit quelle est la volonté du Nom ; le commandement négatif a l'avantage qu'il reconnaît que le Nom veut lui conférer ce qui est au-dessus de sa saisie.
Car sinon, pourquoi les choses interdites à l'homme auraient-elles été créées ? "Saint et honoré pour le Nom" (לקדוש ה' מכובד) signifie : fais entrer tout cela dans de beaux vêtements.
Comme il est dit (Chabbat 113a) : Rabbi Yo'hanan appelait ses vêtements "mes honneurs". "Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père" : l'héritage de Yaakov, comme il est dit (Chabbat 118a), est sans limites.
Le sens en est que le Nom אדנ"י est une étroitesse et une limite pour le Nom ; comme il est dit dans le saint Zohar (Genèse 51a), il y a le feu bleu (אשא תכלא) et le feu blanc (אשא חיוורא). Le feu blanc n'est pas saisi dans une définition ni une limite, et il fait allusion à la pensée : dans la pensée il n'y a aucune contraction ni aucun interdit, car il est permis à l'homme de tout connaître, comme il est dit (Chabbat 75a) : "Tu n'apprendras pas pour faire, mais tu apprendras pour comprendre et enseigner." Ce qui est dit dans le livre Ben Sira, "Ce qui est trop merveilleux pour toi, ne le recherche pas ; ce qui est caché pour toi, ne l'examine pas", est, comme il est dit dans le saint Zohar (Nasso 123a), que parce que l'homme désire atteindre ce qui n'est pas à lui, on le trouble et on le tourmente afin qu'il ne sache pas.
Toutes les limites et les barrières ne sont que dans l'acte. C'est le sens de ce qui est au-dessus de dix [palmes], domaine du Nom, comme il est dit (Soukkah 5a) : "Jamais la Chekhina ne descendit au-dessous de dix" ; là, il n'y a aucune distinction de domaines.
C'est aussi le sens de ce qui est dit (Bereshit Rabbah 11 ; Tan'houma Ki Tissa 33) : Tournosrouphos demanda à Rabbi Akiva : "Si, selon tes paroles, le Saint, béni soit-Il, honore le Chabbat, qu'Il n'y envoie pas les vents et qu'Il n'y fasse pas tomber la pluie." Il lui répondit : "Cela ressemble à celui qui habite seul dans une cour, où il n'y a pas d'autres habitants pour le lui interdire : il lui est permis de transporter dans toute la cour sans érouv (délimitation)." De même, le Nom, à qui appartient le monde entier et dans lequel nul autre n'a de part, n'a aucune distinction de domaines ; il Lui est permis de transporter dans le monde entier. Il ne trouble pas Sa pensée par le transport du ciel à la terre, car "les cieux sont les cieux du Nom", et au Nom sont la terre et sa plénitude (voir plus haut, dans le précédent discours, note 5).
Mais au-dessous de dix, qui est le domaine de l'homme, il y a des limites et des barrières, et il est interdit de faire sortir hors de sa limite. Car là il est impossible d'élever la chose et l'action à la sainteté ; et non seulement elle ne s'élèvera pas, mais elle entraînera encore l'homme au-dessous de son degré.
Il est vrai que l'homme doit élever toutes les choses vers le Nom ; mais quand ? Après la bénédiction qu'il prononce sur elles.
Alors il est dit : "La terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme" (Psaumes 115,16) ; il y possède alors une acquisition. Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Ki Tavo, s.v.
"Lorsque tu achèveras" : qui est appelé le propriétaire du bien ? Celui qui reconnaît que le bien n'est pas à lui, mais que "au Nom est la terre et sa plénitude".
Comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 35a) : Rabbi Levi objecta : il est écrit "au Nom est la terre et sa plénitude", et il est écrit "La terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme" ; ce n'est pas une difficulté : ici avant la bénédiction, ici après la bénédiction. "Avant la bénédiction" signifie avant qu'il remette le bien au Nom, et cela est appelé avant la bénédiction ; alors le bien n'est pas à lui, mais "au Nom est la terre et sa plénitude".
C'est alors ce que dit le verset : "À Moi l'argent et à Moi l'or, parole du Nom des armées" (Haggée 2,8). "Après la bénédiction" signifie qu'il reconnaît que le bien n'est pas à lui et remet le bien au Nom ; cela est appelé après la bénédiction.
Alors le Nom dit : "La terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme" : l'homme a une part dans le bien, et celui-ci est appelé de son nom. Voir encore la paracha Emor, s.v.
"Bœuf", et plus bas, paracha Vayigash, section 30. Tel est aussi le sens ici, chez Yaakov, de son vœu de prélever la dîme, ainsi qu'il est écrit : "De tout ce que Tu me donneras, je T'en donnerai assurment la dîme" (Genèse 28,22).
C'est-à-dire qu'il remit tout au Nom, jusqu'au dernier degré, la dixième mesure, la mesure de la royauté (malkhout), qui fait allusion à ce monde-ci ; de ce fait, il mérita un héritage sans limites (plus bas dans cette paracha, section 60).
« Yaakov sortit de Béer Chéva et alla vers 'Haran » (Berechit 28,10). Le Beit Yaakov l'entend par « Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat » (Yechaya 58,13) : la sainteté est mêlée jusqu'aux pieds, dernier vêtement où l'intériorité risque d'être oubliée. Les jours profanes, l'homme entre dans les vêtements ; le Chabbat, le Saint béni soit-Il ramène la création à Sa pensée d'avant le monde, et l'homme cesse toute action. Il s'interrompt au milieu de l'affaire, sans annuler ce qu'il a acquis, pour attirer de la lumière dans les jours d'action. L'héritage de Yaakov est sans limites : dans l'intériorité, ni borne ni opposition.
Aussi : le commerce de la Torah, meilleur que celui de l'argent, car l'effort n'est pas perdu ; Yaakov à 'Haran clarifie que le Saint béni soit-Il se trouve dans les acquisitions.
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה וגו'. זה שאמר הכתוב (ישעיהו נ״ח:י״ג) אם תשיב משבת רגלך עשות חפצך ביום קדשי וקראת לשבת ענג לקדוש ה' מכובד וכבדתו מעשות דרכיך ממצוא חפצך ודבר דבר אז תתענג על ה' והרכבתיך על במתי ארץ והאכלתיך נחלת יעקב אביך.
אם תשיב משבת רגלך, היינו שתשיב רגלך לאחוריך מלפסוע בהם יותר מהשיעור בשביל שבת, שכל כך יקבע אצלך קדושת השבת, שבהליכתך בהגיעך לתחום שבת ירגיש כל גופך, ואף אם תפשוט רגלך לצאת מהתחום תחזירו בתוך הלוכך אף בלא דעתך, שקדושת שבת תהיה נבלל בכל הגוף שלך, ואף בהרגלים, כי סוף כל דבר נקרא רגל, וכדאיתא בזוה"ק (נשא קמג. פקודי רלב.).
והענין הוא כמו שהרגל הוא סוף הגוף ומנשא את הגוף ממקום למקום. וכן הלבוש האחרון מכל הקדושות נקרא רגל, כי כל קדושה מסתעפת ללבושים רבים זה למטה מזה, ובכל לבוש נמצא זכרון מן הפנימיות עד הלבוש האחרון ששם נשכח הפנימיות מהקדושה, וצריך האדם להתגבר ולהחזיר את הלבוש לאחוריו, שלא יניחו להתפשט כל כך למרחוק עד שישתכח ממנו הפנימיות והשורש לגמרי ח"ויגעיין לעיל פרשה זו אות א ובהערה א שם..
וזהו אם תשיב משבת רגלך, כי בכל ימות החול ניתן לו רשות לאדם להתפשט לעבוד ולפעול פעולת ה' ולכנוס בלבושים, ובשבת מחזיר השי"ת את כל הבריאה לכמו שהיתה מתחלה כשהיתה כלולה עוד במחשבתו ית' עוד קודם שנברא העולם, שאז היו כל הלבושים באור ובבהירות, כדאיתא (תנחומא בראשית א) שהתורה היתה כתובה קודם שנברא העולם אש שחורה על גבי אש לבנה, ומהדברי תורה נסתעף למטה ללבושים, כדאיתא בזוה"ק (שמיני לה:) באורייתא ברא קב"ה עלמא, ובשבת מחזיר השי"ת את כל הלבושים לפניו פנים בפנים ומביט בפניהם, ולכן צריך האדם גם כן לשבות מכל הפעולות והלבושים ביום השבת שלא יתפשט ביותר, ולא כמו שהתפשט בימי החול, רק יביט להשי"ת בלבד בזה היוםידמבואר בתפארת יוסף פרשת בהעלותך ד"ה בהעלותך: ביום השבת נתבטל כל פעולות אדם, ואז מראה השי"ת איך שכל כח הפעולה הוא ג"כ מאתו ית', ומי שירצה להעמיק רואה זאת מפורש גם בעוה"ז, איך שאז נתבטל לגמרי פעולת אדם.
עיין שם העניין. לעיל פ' נח אות א..
וזה הוא, עשות חפצך ביום קדשי, היינו שזה היום הוא של השי"ת, לכן לא תכניס דברים קטנים וענינים שפלים לבית המלך, כי בשבת אז מתאחד הישראל עם השי"ת, והשי"ת אינו עוסק אז רק בחיים, ולזה תקנו לנו (בנוסח ברכת המזון) לומר בשבת רצה והחליצנו, החליצנו היינו שנהיה מופשטים מלבושים דהיינו רצונות גשמיים, לפי שזה היום הוא בקדושה עצומה ומופשט מכל הלבושים. וכענין דכתיב בהתגלות השי"ת למשה וליהושע כתיב בהו של נעליך וגו' (שמות ג, יהושע ה).
ואז בזה היום רק ביה בעי לאשתדלא, בפנימיות החיים, כדאיתא בזוה"ק (בשלח דף מז:) מאן דמזמין אושפיזא ביה בעי לאשתדלא ולא באחרא. וקראת לשבת עונג, הוא כדאיתא בזוה"ק (הקדמה ה:) שיש שבת דמעלי שבתא ושבתא דיומא ממש.
קדושה דמעלי שבתא הוא בבחינת שמור, היינו התחלת כניסת האדם לטוב, ואז הוא צריך לשמור מפני שאינו מורגל עוד בטוב. וקדושת צפרא דשבתא, הוא בבחינת זכור, שכבר מורגל הוא בטוב, וכמו שתקנו לנו אנשי כנסת הגדולה (בנוסח תפלת שבת) והנחילנו ה' א-להינו באהבה וברצון, היינו שיתן לנו שמחה בלב ושיהיה לבנו מלא רצון, וכל זאת ינחיל לנו בנחלה.
לקדוש ה' מכובד וכבדתו מעשות דרכיך ממצוא חפצך, היינו מה שסגלת והרבית הון בקדושה בששת ימי החול לא תבטל, ויותר מזה לא תוציא, רק תעמוד ותנוח באמצע כמו שאתה עומד, וכדאיתא תנחומא (מטות) ילמדנו רבינו כמה תקיעות תוקעין בערב שבת כו' תוקעין שלישית כו' אם היה הנר ביד האשה מנחת אותה בארץ. ומה שכבר קנה וסיגל, בזה יעמוד לנוכח השי"ת, והשי"ת יאיר לו באיזה חיים עסק באלו הלבושיםטווע"ז מורה שימוש אות המ"ם מ'עשות דרכיך מ'מצוא חפצך, שיפסיק באמצע ענין.
והטעם, כי מה שפועל בימי החול, אע"פ שמתפשט עצמו בהלבוש, בכל זאת יש בו זכירה בנקודה מועטת מהפנימיות. אבל אם היה גומר את הלבוש ביום השבת, היה שוכח לגמרי בהמקור והפנימיות המחיה את הלבוש, והיה נאחז בהלבוש מופרד, ולכן צריך שיפסיק באמצע ענין שעומד בו בכניסת יום השבת, שלא יניח את הלבוש להתפשט עוד יותר, רק יחזיר עצמו לשוב להשורש ומקור כל הלבושים, בכדי שימשיך אור גם בכל מה שפעל ועשה בחול, בכדי שלא יתקלקל אצלו מה שהתפשט והרחיב גבול בימי המעשה.
לעיל פרשת נח אות א ד"ה וכבדתו.. וכל מה שהתפשט יותר הקדושה בימי החול, יש לו פנימיות חיים יותר בשבתטזכדאיתא במי השלוח ח"א מסכת ראש השנה (כט:) ד"ה יו"ט:
כי שבת הוא חותם ששת ימי בראשית היינו ששת ימי המעשה, שכל המעשים הנעשים בששת ימי המעשה אין להם יסוד עד שהש"י מבררם ביום השבת, ובשבת יגזור עליהם איך יתקיימו. ובתפארת יוסף שמיני עצרת ד"ה ביום השמיני [א]:
שבת מורה ליום שכולו שבת ומנוחה לחיי העולמים, כי שבת מורה שמשיג אז אור השי"ת, שמכיר שע"י עבודתו אשר עבד משיג אורו של השי"ת. ולזה נקרא שבת מלא כף נחת, וממילא מכיר האדם אז, שגם ששת ימי המעשה ג"כ אינו עמל אצלו, כיון שרואה שע"י פעולת של ששת ימי המעשה השיג אורו של שבת.
כמו שאיתא בש"ס (עבודה זרה ג.) מי שטרח בערב שבת יאכל בשבת, והיינו, שע"י טרחותיו אשר טרח ויגע השיג האור הזה, ממילא מכיר האדם למפרע אשר כל הפעולות של ששת ימי המעשה ג"כ אינו עמל אצלו.. כי בימות החול הסתיר השי"ת פנימיות החיים בלבושים, ובשבת אז מאיר הקב"ה ומגלה את הפנימיות היוצא לנו מלבושים והתפשטות של ימי החול, ויותר מזה אין השי"ת רוצה שיוסיפו.
ובימי החול ג"כ נמצא כגוונא דקדושת שבת, שאף שיש לו רשות לאדם לכנוס בלבושים והתפשטות מכל מקום הוא בגבול, כי ללבושים המרוחקים ביותר אסור לו להכנס, ובשבת נאסר בכלל מליטול שום לבוש. ושביתת השבת שאדם שובת מלברר ומלנקות האוכל מהקליפה, הוא יקר ביותר מבאם היה מוציא האוכל מהקליפה.
כמו שצונו השי"ת בקרבן הפסח (בא יב) ועצם לא תשברו בו, כי הקרבן פסח היה לרמז מה שהשי"ת האיר לעיניהם האור מכל הלבושים שקנו בהיותם במצרים, שהגיעו להתכלל בצורת אדם, כמו האוכל שמתעלה מדומם לצומח עד שנעשה מאכל לאדם, וזה רומז אכילת הפסח שבא מצאן שהוא דחלא דמצרים (כמו שנתבאר במקומו)יזעיין העניין בבית יעקב שמות פרשת בא אות מא., והוא שעל ידי זה יוציאו הטובה שנמצא בהם, מכל מקום נצטוו שלא ישברו בו עצם, ואף שאם ישברו אותם ימצאו בתוכם עוד מאכל אדם, אכן שאינו כדאי להאריך כל כך זמן הבירורים, מאחר שהוא על ידי טרחא יתירה, ואף שאם היו שוהים עוד במצרים היו יכולים עוד להוציא מהםיחעיין הרחבת העניין בבית יעקב שמות פרשת בא אות נה, ועיין עוד לעיל פ' תולדות אות לט, לקמן פרשה זו אות י, פ' וישב אות יח, ספר הזמנים – הגדה של פסח עניין פסח אות א.. על זה כתיב, ממצוא חפצך, לא שתבטל ח"ו מה שקנית וסגלת בימי החול, רק שיותר מזה לא תתפשט עצמך להוציא עוד.
אז תתענג על ה' וגו' והאכלתיך נחלת יעקב אביך, נחלת יעקב הוא בלי מצרים, כדאיתא (שבת קיח.), והענין בזה כי בפנימיות אין שום גדר וגבול, וכל הגדרים והמצרים הם רק בפעולות עולם הזה, שאסור לו לאדם להתפשט עצמו יותר מדאי, כי אולי נמצא בו מעט כעס וכדומה, ואם יתפשט עצמו ביותר יוכל לצאת לחוץ, מחמת שאינו נקי ומבורר מפסולת, לזה צריך האדם לגדור בעדו לגמרי. אבל נחלת אבינו יעקב הוא בלי מצרים, כי הוא נקי ומבורר ולא היה בו שום פסולת ולא כעס, כי השי"ת חתם עליו.
וכן מי שהוא בפנימיות החיים אין לו שם שום מיצר וגבול, כי כל הגדרים הם רק בלבושים שלא להתפשט בו יותר מדאי, כי אם יתפשט ביותר אז זה הלבוש יוכל להזיק ללבוש אחר, אבל בהפנימיות שם הכל מתאחד ואין שום התנגדות מצוי שם:
"Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran" (Genèse 28,10), etc. C'est ce que dit le verset : "Si, à cause du Chabbat, tu retiens ton pied, de faire tes affaires en Mon saint jour, si tu appelles le Chabbat délice, le saint [jour] du Nom honorable, et si tu l'honores en ne suivant pas tes chemins, en ne recherchant pas tes affaires et en ne prononçant pas de parole, alors tu te délecteras dans le Nom ; Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre et Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père" (Isaie 58,13-14).
"Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat" signifie : que tu ramèneras ton pied en arrière, de ne pas faire avec lui plus de pas que la mesure [permise] pour le Chabbat. La sainteté du Chabbat doit être si bien fixée en toi que, lorsque tu marches et arrives à la limite du domaine du Chabbat, ton corps entier le ressente ; et même si tu tends le pied pour sortir du domaine, tu le ramèneras au cours de ta marche, même sans en avoir conscience.
La sainteté du Chabbat sera mêlée à tout ton corps, même aux pieds ; car l'extrémité de toute chose est appelée pied, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Nasso 143a ; Pekoudei 232a). Le sens est semblable au pied, qui est l'extrémité du corps et porte le corps d'un lieu à l'autre.
De même, le dernier vêtement de toutes les saintetés est appelé pied. Car toute sainteté se ramifie en de nombreux vêtements, l'un au-dessous de l'autre, et dans chaque vêtement se trouve une réminiscence de l'intériorité, jusqu'au dernier vêtement, où l'intériorité de la sainteté est oubliée.
L'homme doit se fortifier et ramener ce vêtement en arrière, pour ne pas le laisser s'étendre si loin que l'intériorité et la racine en soient entièrement oubliées, à Dieu ne plaise (voir plus haut, cette paracha, paragraphe 1 et sa note 1). Tel est "Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat".
Durant tous les jours profanes, permission est donnée à l'homme de s'étendre, de servir et d'accomplir l'œuvre du Nom, et d'entrer dans les vêtements. Mais le Chabbat, le Saint béni soit-Il ramène toute la création à ce qu'elle était au commencement, quand elle était encore incluse dans Sa pensée, avant même que le monde fut créé.
Alors tous les vêtements étaient lumière et clarté, comme il est rapporté (Tan'houma, Bereshit 1) : avant que le monde fut créé, la Torah était écrite, feu noir sur feu blanc. Des paroles de Torah se ramifient en bas les vêtements, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Shemini 35a) : "Par la Torah, le Saint béni soit-Il créa le monde." Et le Chabbat, le Saint béni soit-Il ramène devant Lui tous les vêtements face à face et les regarde.
Aussi l'homme doit-il cesser, le jour du Chabbat, toutes les actions et tous les vêtements, afin de ne pas s'étendre davantage comme il s'étendait les jours profanes ; ce jour-là, il ne doit regarder que le Saint béni soit-Il (il est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Béha'alotékha, s.v. Béha'alotékha : le jour du Chabbat, toute action de l'homme est annulée ; alors le Saint béni soit-Il montre que toute force d'action vient aussi de Lui.
Celui qui veut approfondir le voit explicitement même en ce monde : l'action de l'homme y est alors entièrement annulée. Voir là-bas ; plus haut, parachat Noah, paragraphe 1).
C'est cela : "de faire tes affaires en Mon saint jour" ; ce jour est celui du Saint béni soit-Il. N'introduis donc pas de petites choses ni d'affaires viles dans la maison du Roi.
Car le Chabbat, Israël s'unit au Saint béni soit-Il, et le Saint béni soit-Il ne s'occupe alors que de vie. C'est pourquoi ils ont institué pour nous, dans la bénédiction après le repas, de dire le Chabbat : "Agrée et délivre-nous" (retsé vehahlitsénou).
"Délivre-nous" signifie : que nous soyons dépouillés des vêtements, c'est-à-dire des volontés matérielles ; car ce jour est d'une sainteté immense et dépouillé de tous les vêtements. C'est dans ce sens que, lors de la révélation du Saint béni soit-Il à Moché et à Josue, il est écrit à leur sujet : "Ôte tes sandales" (Exode 3 ; Josue 5).
En ce jour, "il faut ne s'occuper que de Lui", de l'intériorité de la vie, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Beshallah 47b) : "Celui qui invite un hôte doit s'occuper de lui et non d'autre chose." "Tu appelleras le Chabbat délice" : il est rapporté dans le Zohar saint (Introduction 5a) qu'il y a le Chabbat de la veille du Chabbat et le Chabbat du jour même. La sainteté de la veille du Chabbat relève de "Garde" (shamor), c'est-à-dire du début de l'entrée de l'homme dans le bien ; il doit alors se garder, car il n'est pas encore accoutumé au bien.
La sainteté du matin du Chabbat relève de "Souviens-toi" (zakhor) : il est déjà accoutumé au bien. Ainsi les Hommes de la Grande Assemblée ont-ils institué pour nous, dans la prière du Chabbat : "Fais-nous hériter, Nom notre Elokim, avec amour et bon vouloir" ; donne-nous de la joie dans le cœur et que notre cœur soit plein de vouloir, et fais-nous hériter tout cela comme un héritage.
"[Tu appelleras] le saint [jour] du Nom honorable, et tu l'honoreras en ne suivant pas tes chemins, en ne recherchant pas tes affaires" : ce que tu as amassé et abondamment acquis dans la sainteté durant les six jours profanes, ne l'annule pas ; mais n'en fais pas sortir davantage. Tiens-toi et repose-toi au milieu, tel que tu es debout.
Ainsi rapporte le Tan'houma (Matot) : "Notre maître nous a enseigné : combien de sonneries souffle-t-on a la veille du Chabbat ? ... On souffle la troisième ...
Si la femme tient une lampe, elle la pose à terre." Ce qu'il a déjà acquis et amassé, qu'il s'y tienne devant le Saint béni soit-Il ; le Saint béni soit-Il l'éclairera sur la vie dont il s'est occupé dans ces vêtements (la lettre mem de "en ne suivant pas tes chemins, en ne recherchant pas tes affaires" indique qu'il faut s'interrompre au milieu d'une affaire). La raison est que ce que l'homme opère les jours profanes, bien qu'il se déploie dans le vêtement, conserve néanmoins un souvenir, en un point infime, de l'intériorité.
Mais s'il achevait le vêtement le jour du Chabbat, il oublierait entièrement la source et l'intériorité qui font vivre le vêtement, et il s'attacherait au vêtement séparé. Il doit donc s'interrompre au milieu de l'affaire où il se tient à l'entrée du Chabbat, ne pas laisser le vêtement s'étendre encore, mais se ramener à la racine et source de tous les vêtements, afin d'attirer de la lumière aussi dans tout ce qu'il a opéré et fait durant les jours profanes, pour que ne se corrompe pas en lui ce qu'il a déployé et dont il a élargi la limite les jours d'action (voir plus haut, parachat Noah, paragraphe 1, s.v.
"et tu l'honoreras"). Plus la sainteté s'est étendue les jours profanes, plus il possède d'intériorité de vie le Chabbat (comme il est rapporté dans Mei HaShiloah I, traité Roch Hachana 29b, s.v.
Yom Tov : le Chabbat est le sceau des six jours de la création, c'est-à-dire des six jours d'action ; toutes les actions accomplies durant ces six jours n'ont pas de fondement jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il les clarifie le jour du Chabbat, et le Chabbat Il décide comment elles subsisteront. Et dans Tiferet Yossef, Chemini Atseret, s.v.
"Le huitième jour" [1] : le Chabbat indique le jour qui sera tout Chabbat et repos pour la vie des mondes, car le Chabbat indique qu'il atteint alors la lumière du Saint béni soit-Il, reconnaissant que par son travail il atteint Sa lumière. C'est pourquoi le Chabbat est appelé plein d'une paume de repos ; l'homme reconnaît alors de lui-même que les six jours d'action ne sont pas non plus pour lui un labeur, puisqu'il voit que par l'action des six jours il a atteint la lumière du Chabbat.
Comme il est dit dans le Talmud (Avoda Zara 3a) : "Qui a peiné la veille du Chabbat mangera le Chabbat" ; c'est par ses peines et son labeur qu'il a atteint cette lumière, et l'homme reconnaît ainsi rétrospectivement que toutes les actions des six jours ne sont pas non plus pour lui un labeur). Car les jours profanes, le Saint béni soit-Il cache l'intériorité de la vie dans les vêtements ; le Chabbat, le Saint béni soit-Il éclaire et révèle l'intériorité qui nous vient des vêtements et du déploiement des jours profanes, et le Saint béni soit-Il ne veut pas qu'on ajoute au-delà.
Dans les jours profanes aussi se trouve une sorte de sainteté du Chabbat : bien que l'homme ait permission d'entrer dans les vêtements et le déploiement, il y a une limite ; il lui est interdit d'entrer dans les vêtements les plus éloignés. Le Chabbat, il est interdit en général de prendre quelque vêtement que ce soit.
Le repos du Chabbat, par lequel l'homme cesse de trier et de nettoyer la nourriture de la kelipa (écorce), est plus précieux que s'il retirait la nourriture de la kelipa. Ainsi le Saint béni soit-Il nous a ordonné au sujet du sacrifice pascal : "Vous ne briserez aucun os en lui" (Exode 12,46).
Le sacrifice pascal indiquait que le Saint béni soit-Il avait éclairé leurs yeux de la lumière de tous les vêtements qu'ils avaient acquis en Égypte, jusqu'à parvenir à être inclus dans la forme de l'homme, telle la nourriture qui s'élève du minéral au végétal jusqu'à devenir nourriture de l'homme. Cela est indiqué par la consommation du sacrifice pascal, issu du petit bétail, qui était la divinité des Égyptiens (comme expliqué à sa place ; voir Beit Yaakov, Chemot, parachat Bo, paragraphe 41).
Par cela ils feraient sortir le bien qui se trouvait en eux. Toutefois, il leur fut ordonné de ne pas y briser d'os, bien qu'en les brisant ils trouvent encore en eux de la nourriture pour l'homme.
Il ne convient pas de prolonger à ce point le temps des birourim (clarifications), puisqu'ils s'accomplissent par une peine excessive, bien que, s'ils étaient restés encore en Égypte, ils eussent pu encore en extraire [du bien] (voir le développement dans Beit Yaakov, Chemot, parachat Bo, paragraphe 55 ; voir aussi plus haut, parachat Toledot, paragraphe 39 ; plus loin dans cette paracha, paragraphe 10 ; parachat Vayeshev, paragraphe 18 ; Sefer HaZemanim - Haggada de Pessa'h, sujet Pessa'h, paragraphe 1). C'est à ce propos qu'il est écrit : "en ne recherchant pas tes affaires" ; non que tu annules, à Dieu ne plaise, ce que tu as acquis et amassé les jours profanes, mais que tu ne te déploies pas davantage pour en extraire encore.
"Alors tu te délecteras dans le Nom ... et Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père." L'héritage de Yaakov est sans limites, comme il est rapporté (Chabbat 118a). Le sens est que dans l'intériorité il n'y a aucune borne ni limite ; toutes les bornes et limites ne concernent que les actions de ce monde.
Il est interdit à l'homme de se déployer trop, car peut-être s'y trouve-t-il un peu de colère ou semblable ; s'il se déploie trop, il peut sortir dehors, parce qu'il n'est ni nettoyé ni clarifié de tout déchet. L'homme doit donc se clôturer entièrement.
Mais l'héritage de notre père Yaakov est sans limites, car il était nettoyé et clarifié, sans aucun déchet ni colère, car le Saint béni soit-Il l'avait scellé. De même, celui qui est dans l'intériorité de la vie n'y a aucune étroitesse ni limite ; toutes les bornes ne sont que dans les vêtements, afin de ne pas trop s'y déployer.
Car s'il se déploie trop, ce vêtement peut nuire à un autre vêtement ; tandis que dans l'intériorité, tout s'unit et aucune opposition ne s'y trouve.
(ג–ב) ויצא יעקב מבאר שבע. כתיב (משלי ג׳:י״ד) כי טוב סחרה מסחר כסף.
הענין בזה, כי מסחרה של תורה הוא בהיפך ממסחרי עולם הזה, כי מסחר עולם הזה אין אדם נהנה מגוף המסחר עצמו רק מהריוח המגיע לו מהמסחר, אבל מסחרה של תורה, אף גוף המסחר בעצמו טוב הוא. כי לשון מסחר הוא שהאדם סובב סביב, שתרגום אונקלוס על סביב, סחור סחור (תרומה כה), והיינו שבדברי תורה מה שהאדם סובב סביבה, והוא כשלא קיבל עוד אור הדברי תורה בשלימות, והוא בעת שהקב"ה עוסק עוד בנתינה, אזי מה טוב הוא, כי הקב"ה עוסק עמו במסחר ואין מעלים עיניו ממנו, אז הוא באהבה רבה מאד שאין לשער שבחיטמבואר במי השלוח ח"ב משלי (ג) ד"ה כי טוב:
סחרה נקרא מה שהאדם מסבב ומשתדל לקנות ד"ת מלשון סחור, ובעניני עולם הזה מי שמשתדל לקנות איזה דבר וכשאינו עולה בידו לקנות אז כל פעולותיו לריק כיון שלא גמר כחפצו, אבל בדברי תורה מי שמחזר ומשתדל לקנות ד"ת אף שלא עלתה בידו גם זה השתדלנות לא נאבד כדאיתא בזוה"ק (תרומה קנ:) ולית רעותא טבא דיתאביד מקמי מלכא קדישא וכדאיתא במס' אבות (פרק ה', מי"ד) הולך ואינו עושה שכר הליכה בידו, וזה כי טוב סחרה היינו ההשתדלות להשיג דברי תורה טוב מסחר כסף. לקמן פ' וישלח אות מב..
והנה אבינו יעקב ע"ה כשהלך לחרן היה הליכתו לקנות אור דברי תורה, לברר שהשי"ת נמצא בכל קניני עולם הזה, שזה היה ענין יעקב אבינו בעסקיו עם הצאן בחרןככמו שיתבאר היטב לקמן פרשה זו אות עא עיי"ש., ואז ראה שהשי"ת נצב עליו אף בשינה, והראה לו הקב"ה גודל אהבתו:
(3-2) "Yaakov sortit de Béer Cheva" (Genèse 28,10). Il est écrit : "Son commerce est meilleur que le commerce de l'argent" (Proverbes 3,14).
Le sens est que le commerce de la Torah est l'inverse des commerces de ce monde. Dans le commerce de ce monde, l'homme ne tire pas profit du corps du commerce lui-même, mais seulement du gain qui lui vient du commerce.
Dans le commerce de la Torah, le corps du commerce lui-même est bon. Car le terme commerce (sahar) désigne le fait que l'homme tourne autour ; la traduction d'Onkelos de "autour" est "sahor sahor" (Exode 25).
Dans les paroles de Torah, le fait que l'homme tourne autour d'elles, c'est lorsqu'il n'a pas encore reçu parfaitement la lumière des paroles de Torah et que le Saint béni soit-Il est encore occupé à donner ; combien cela est bon ! Car le Saint béni soit-Il commerce avec lui et ne détourne pas Ses yeux de lui ; alors Il est dans un amour immense, sans mesure (il est expliqué dans Mei HaShiloah II, Proverbes 3, s.v.
"Son commerce est meilleur" : "son commerce" désigne le fait que l'homme tourne autour et s'efforce d'acquérir des paroles de Torah, selon le mot sahor. Dans les affaires de ce monde, celui qui s'efforce d'acquérir une chose mais ne parvient pas à l'acquérir voit toutes ses actions rester vaines, puisqu'il n'a pas achevé selon son désir.
Mais dans les paroles de Torah, celui qui recherche et s'efforce d'acquérir des paroles de Torah, même s'il n'y parvient pas, cet effort non plus n'est pas perdu, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Terouma 150a) : "Aucune bonne volonté ne se perd devant le Roi saint", et comme il est rapporté dans les Pirkei Avot (chapitre 5, michna 14) : "Celui qui marche mais n'accomplit pas, il a en main la récompense de sa marche." Tel est "son commerce est meilleur" : l'effort pour atteindre les paroles de Torah est meilleur que le commerce de l'argent ; voir plus loin, parachat Vayishlah, paragraphe 42). Or notre père Yaakov, de bénie mémoire, lorsqu'il alla à Haran, y allait pour acquérir la lumière des paroles de Torah, pour clarifier que le Saint béni soit-Il se trouve dans toutes les acquisitions de ce monde.
Tel fut l'objet de Yaakov notre père dans son occupation des troupeaux à Haran (comme il sera bien expliqué plus loin dans cette paracha, paragraphe 71). Alors il vit que le Saint béni soit-Il se tenait sur lui, même durant son sommeil, et le Saint béni soit-Il lui montra la grandeur de Son amour.
« Yaakov sortit de Béer Chéva et alla vers 'Haran ». Le Beit Yaakov rapporte du Zohar qu'il alla vers un autre domaine, lieu du jugement et du courroux. « Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat » (Yechaya 58,13) vise l'interdiction des travaux, dont le tri hors de la kelipa : le Chabbat fait allusion à l'avenir, où toute force d'action vient du Saint béni soit-Il. Manger reste permis, bien que l'aliment contienne du déchet, allusion aux pieds du Roi, mitsvot dont on ne goûte pas le sens et qui serviront encore. Le délice du Chabbat est le bien dans sa perfection. L'héritage de Yaakov est sans limites.
Aussi : « ton Créateur, Yaakov », création et contraction ; « Celui qui t'a formé, Israël », formation et expansion ; Yaakov sans déchet, sa couche entière.
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה. בזוהר הק' (ויצא קמז.) ואזל לרשו אחרא וכו' וילך חרנה אתר דדינא ורוגזא תמן.
זה שאמר הכתוב (ישעיהו נ״ח:י״ג) אם תשיב משבת רגלך עשות חפצך ביום קדשי וקראת לשבת ענג וגו' והאכלתיך נחלת יעקב אביך. אם תשיב משבת רגלך, היינו אם תסיע ותחזיר רגלך לאחור מלפסוע לעבר הגבול מהתחום בשביל שבת.
הענין הוא, כי בשבת אסורים כל הל"ט מלאכות, כמו בורר אוכל מתוך הפסולת שמברר האוכל מהקליפה. והטעם הוא, כי שבת מרמז על לעתיד, שעתידה ארץ ישראל שתוציא גלוסקאות וכלי מילת ולא תצטרך למעשה ידך כדאיתא (שבת ל:)כאעיין לקמן פרשה זו אות ו ובהערה כט שם..
והיינו שהשי"ת יראה אז, שכל כח הפעולה הוא מאתו ית', ולא יהיה מקום אז לפעולות אדם. לא כמו שהוא בעולם הזה, שעיקר הבריאה הוא כענין דאיתא (שבת פט.) היה לך לעזרני, שהאדם עוזר לברר את כל הבריאה, וכדאיתא (תנחומא תזריע ה) שמעשי בני אדם נאים יותר, ולזה ניתן לאדם ברית מילה לתקן כח הבריאה לברור את הפסולת מהאוכלכבהרחבת העניין בבית יעקב ויקרא פרשת תזריע אות יב, יג עיי"ש..
אבל לעתיד יהיה ה' אחד. ועל זה מרמז שמירת שבת שאסורים אז כל פעולות אדם, והיה שורת הדין שיהיה אסור לאדם אף לאכול, שיהיה כמו יום הכפורים, כי בהאוכל שאדם מכניס בתוך גופו יש בו גם כן פסולת, והא ראיה שנדחה לחוץ.
אכן הענין הוא, כי יש רגלי דמלכא ורישא דמלכא, וכדאיתא בזוה"ק (יתרו פב.) לא דמי רישא דמלכא לרגלוהי דמלכא. והוא, כי הדברי תורה שאדם מבין ומרגיש בהם טעם נקרא רישא דמלכא, והמצות שאין מרגישין בהם טעם והם בעולם הזה כמשא על האדם, כי הדבר שהאדם מבין בדעת יש לו בו תענוג, אבל בהמצות אין אדם מרגיש בדעת, ולזה איתא (ברכות יז.) אלופינו מסובלים במצות, וזה נקרא רגלי דמלכא, כדאיתא בזוה"ק (לך פו.) לרגלו לאתחברא ביה בפולחניה ולקרבא ליה לגביה.
ולעתיד שהבטיח לנו השי"ת (חולין קמב.) למען יאריכון ימיך, ליום שכולו ארוך ליום שכולו שבת, קודם שיחדש השי"ת את עולמו, אז יהיו השעשועים מישראל שהשי"ת יטעים אותם בטעם כל המצות שסבלו מהם בעולם הזהכגעיין במי השלוח ח"ב פרשת בא ד"ה והיה [א], ובתפארת יוסף ראש השנה ד"ה וידעת היום: הנה בהתחלה, שאדם הולך לקיים את המצות מעשיות, הם כמשא כבד על האדם, כדאיתא בש"ס (ברכות יז.) אלופינו מסובלים, מסובלים במצות וכו'.
והיינו שמוטל עלינו להעמיק בהלבושים האלה ולראות האורה נמצא בהם. כי באם לא יכיר את הד"ת הנלבש בזאת הפעולה, אז הוא כמשא כבד על האדם, כמו שכתיב (במדבר ז׳:ט׳) עבודת הקודש עליהם בכתף ישאו וכו'.
ואח"כ כשבא אדם על הכרה הזאת לראות ולהכיר הד"ת הנמצאים בלבושי ומעשה המצות, סיים, וידעת היום והשבות אל לבבך כי ד' הוא הא-להים. והיינו שמכיר שד' הוא הא-להים, ששם הוי' נמצא בכל אלו הלבושים בשמים ממעל ועל הארץ מתחת אין עוד.
עיין עוד סוד ישרים שמחת תורה אות סג, סד, לקמן פ' זו אות כו, פ' וישלח אות א, פ' מקץ אות ח, פ' ויחי אות ה ד"ה עשות, בית יעקב ויקרא פרשת צו אות א., ויבינו אז המצות כמו דברי תורה. נמצא אף שיהיה אז ה' אחד, שרומז שלא יהיה מקום עוד לפעולות אדם, מכל מקום תשאר השארה גם אז ממצות ומפעולת האדם.
ולזה אף ששבת מרמז על יום שכולו שבת, שיתבטלו אז כל הפעולות, אבל לאכול מותר לו לאדם, אף שיש בהאוכל פסולת שגם כן רומז לרגלי מלכא, שזאת גם כן ישמש אז. וזה הוא כונת הזוה"ק, ואזל לרשו אחרא וכו' וילך חרנה אתר דדינא ורוגזא תמן, היינו בזה העולם מעורה אוכל עם פסולת ומתערין דינא ורגזא מתמן.
וזה הוא, אם תשיב משבת רגלך, דייקא, כענין דדרשינן בגמרא (ברכות יא.) בשבתך ובלכתך בשבת דידך ובלכת דידך הוא דמחייבת אבל דמצוה פטירת, כן הוא כונת הכתוב כאן, רגלך דידך הוא דאסור אבל בלכת דמצוה, היינו במקום שיצא לך משם כבוד שמים, אז מותר לך. והמכוון בזה הוא על האכילה, ולכן אף שכל המלאכות והבירורין אסורין בשבת, אבל לאכול מותר לו לאדם, ואף שעדיין יש בה פסולת, שמפעולת אדם יתברר שמה שנכלל בתוכו בקדושה לא היה רק לכבוד שמים.
עשות חפצך ביום קדשי, קדש הוא מה שהוא בכח גדול ותוקף וכמו שנדרש על תקדש תוקד אש (קידושין נז:) והיינו שכל חפצי עולם הזה הם כהבל נגד הקדושה. וקראת לשבת עונג, היינו שבשבת הם כל הטובות בשלימות, כדאיתא (בספר יצירה פ"ב מ"ד) אין למעלה מעונג.
וההיפך מעונג הוא נגע ומתרגמינן סגירו, והיינו שהוא מוסגר בהסגר ובגבול, כי כל טובות הנמצאים בעולם הזה הוא כל מילי דמעלי להאי קשה להאי ודמעלי להאי קשה להאי, אבל העונג מיום השבת הוא בשלימות הטובכדכמבואר במי השלוח ח"ב פרשת תצא ד"ה כי תצא [א] בסופו: יש מעשים שצריכים בירורים ויש מקום שאין צריך בירור, וכמו קדושת שבת שההנאות האדם ותענוגיו הם בקדושה, ואין צריכים לבירורים, וזה רומז המשנה במס' שבת (קלז:) אין תולין את המשמרת ביו"ט ואין נותנין לתלויה בשבת, שבת ויו"ט אין צריך לבירורים שכל המלאכות שנאסרו בשבת רומזין שכן השי"ת מנהג נגד ישראל, ועל הנאת שבת ויו"ט חותם השי"ת שאינם צריכים לבירורים..
לקדוש ה' מכובד, היינו שתקדשהו ותכבדהו אף בכל הלבושים שבו, וכדאיתא (שבת קיג.) רבי יוחנן קרי למאניה מכבודתי, כי בהלבוש מהמצוה גם כן נמצא קדושה. והאכלתיך נחלת יעקב אביך, היינו נחלה בלי מצרים כדאיתא (שבת דף קיח.):
" Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran. " Dans le saint Zohar (Vayetzei 147a) : " Il alla vers un autre domaine (לרשו אחרא), etc.
" ; " et il alla vers Haran " : c'est le lieu où se trouvent le jugement et le courroux. C'est ce que dit l'Écriture : " Si tu retiens ton pied, le Chabbat, de faire tes affaires en Mon jour saint, et si tu appelles le Chabbat délice, etc., alors Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père " (Isaie 58,13-14).
" Si tu retiens ton pied du Chabbat " signifie : si tu détournes et ramène ton pied en arrière, pour ne pas franchir la limite du domaine à cause du Chabbat. Le sujet est que, le Chabbat, les trente-neuf travaux sont interdits, tel le tri de l'aliment hors du déchet, par lequel on sépare l'aliment de la kelipa (écorce).
La raison en est que le Chabbat fait allusion à l'avenir, lorsque la terre d'Israël produira des pains tout faits et des vêtements précieux, et que tu n'auras pas besoin du travail de tes mains, comme il est rapporté (Chabbat 30b ; voir ci-dessous, dans cette paracha, paragraphe 6 et note 29). C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, montrera alors que toute la force de l'action vient de Lui, et il n'y aura alors plus de place pour les actions de l'homme.
Il n'en est pas ainsi dans ce monde-ci, dont l'essentiel de la création est conforme à ce qui est dit (Chabbat 89a) : " Tu aurais dû M'aider " : l'homme aide à séparer toute la création. Il est aussi rapporté (Tan'houma, Tazria 5) que les actes des hommes sont plus beaux ; c'est pourquoi l'alliance de la circoncision fut donnée à l'homme, afin de rectifier la force de la création, de séparer le déchet de l'aliment (pour un développement, voir Beth Yaakov, Vayikra, parachat Tazria, paragraphes 12-13).
Mais dans l'avenir, le Nom sera Un. La garde du Chabbat y fait allusion : toutes les actions humaines y sont interdites.
Selon la stricte justice, il aurait même fallu interdire à l'homme de manger, et ce jour serait comme Yom Kippour, car l'aliment que l'homme fait entrer dans son corps contient aussi un déchet ; la preuve en est qu'il est rejeté dehors. Mais le sujet est qu'il y a les pieds du Roi et la tête du Roi, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Yitro 82a) : " La tête du Roi ne ressemble pas aux pieds du Roi.
" Les paroles de Torah que l'homme comprend et dont il ressent le goût sont appelées la tête du Roi. Les mitsvot dont on ne ressent pas le goût, et qui sont dans ce monde-ci comme un fardeau pour l'homme, sont les pieds du Roi.
Car ce que l'homme comprend par son intelligence lui procure du plaisir, tandis que, dans les mitsvot, l'homme ne le ressent pas par son intelligence ; c'est pourquoi il est dit (Berakhot 17a) : " Nos chefs sont chargés des mitsvot ". Cela s'appelle les pieds du Roi, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Lekh Lekha 86a) : " à Son pied, pour s'attacher à Lui dans Son service et se rapprocher de Lui.
" Dans l'avenir, au sujet duquel le Saint, béni soit-Il, nous a promis (Houllin 142a) : " afin que tes jours se prolongent ", le jour qui est entièrement long, le jour qui est entièrement Chabbat, avant que le Saint, béni soit-Il, ne renouvelle Son monde, les délices qu'Il tirera d'Israël seront qu'Il leur fera goûter le sens de toutes les mitsvot qu'ils ont portées dans ce monde-ci (voir Mei HaShiloah, II, parachat Bo, début " Vehaya " [1], et Tiferet Yosef, Roch HaChana, début " Veyadata hayom " : au commencement, lorsque l'homme va accomplir les mitsvot pratiques, elles sont comme un lourd fardeau pour lui, ainsi qu'il est dit dans le Talmud [Berakhot 17a] : " Nos chefs sont chargés ", chargés des mitsvot, etc. Cela signifie qu'il nous incombe de pénétrer ces vêtements et d'y voir la lumière qui s'y trouve.
Car s'il ne reconnaît pas la parole de Torah revêtue dans cette action, elle est pour lui comme un lourd fardeau, ainsi qu'il est écrit [Nombres 7,9] : " Le service sacré leur incombait, ils portaient sur l'épaule ", etc. Ensuite, lorsque l'homme parvient à cette reconnaissance, voyant et reconnaissant les paroles de Torah qui se trouvent dans les vêtements et l'acte des mitsvot, il conclut : " Sache donc aujourd'hui et ramène-le à ton cœur : ה' est Elokim ".
Cela signifie qu'il reconnaît que ה' est Elokim, que le Nom Havaya se trouve dans tous ces vêtements, " dans les cieux en haut et sur la terre en bas, il n'y en a pas d'autre ". Voir encore Sod Yesharim, Simhat Torah, paragraphes 63-64 ; ci-dessous, cette paracha, paragraphe 26 ; parachat Vayishlah, paragraphe 1 ; parachat Mikets, paragraphe 8 ; parachat Vayehi, paragraphe 5, début " Assot " ; Beth Yaakov, Vayikra, parachat Tsav, paragraphe 1).
Ils comprendront alors les mitsvot comme les paroles de Torah. Il résulte que, bien que le Nom soit alors Un, ce qui indique qu'il n'y aura plus de place pour les actions de l'homme, il restera néanmoins alors aussi un reste des mitsvot et de l'action de l'homme.
C'est pourquoi, bien que le Chabbat fasse allusion au jour entièrement Chabbat, où toutes les actions seront annulées, il est permis à l'homme de manger, bien que l'aliment contienne du déchet, ce qui fait aussi allusion aux pieds du Roi : cela aussi servira alors. Telle est l'intention du saint Zohar : " Il alla vers un autre domaine, etc. ; et il alla vers Haran, lieu où se trouvent le jugement et le courroux.
" C'est-à-dire que, dans ce monde-ci, l'aliment est mêlé au déchet, et que le jugement et le courroux s'éveillent de là. C'est " Si tu retiens ton pied du Chabbat ", précisément, selon ce que nous exposons dans la Guemara (Berakhot 11a) sur " quand tu seras assis et quand tu iras " : c'est lorsque tu es assis et que tu vas pour toi-même que tu es tenu, mais tu es dispensé pour une mitsva.
Ainsi est l'intention du verset ici : ton pied à toi est interdit, mais dans une marche pour une mitsva, c'est-à-dire en un lieu dont sortira pour toi la gloire du Ciel, cela t'est permis. L'intention vise ici le fait de manger.
Aussi, bien que tous les travaux et tous les tris soient interdits le Chabbat, il est permis à l'homme de manger, même s'il s'y trouve encore du déchet, car par l'action de l'homme il sera clarifié que ce qui y est inclus dans la sainteté n'était que pour la gloire du Ciel. " Faire tes affaires en Mon jour saint " : saint (kodech) est ce qui est dans une grande force et une grande fermeté, comme on l'expose sur " tu sanctifieras, tu consumeras par le feu " (Kiddouchin 57b).
Cela signifie que toutes les affaires de ce monde-ci sont comme vanité devant la sainteté. " Tu appelleras le Chabbat délice " signifie que, le Chabbat, tous les biens sont dans leur perfection, comme il est rapporté (Sefer Yetsira 2,4) : " Il n'est rien au-dessus du délice.
" L'opposé de délice (oneg) est plaie (nega), et nous traduisons [en araméen] " enfermement " (סגירו) : il est enfermé dans une clôture et une limite. Car tous les biens qui se trouvent dans ce monde-ci sont tels que " ce qui est bon pour celui-ci est mauvais pour celui-là, et ce qui est bon pour celui-là est mauvais pour celui-ci " ; mais le délice du jour du Chabbat est le bien dans sa perfection (comme il est expliqué dans Mei HaShiloah, II, parachat Tetse, fin du début " Ki tetse " [1] : il y a des actes qui exigent des clarifications, et un lieu qui ne requiert pas de clarification, telle la sainteté du Chabbat, où les plaisirs et les délices de l'homme sont dans la sainteté et ne requièrent pas de clarification.
Cela est indiqué par la michna, traite Chabbat [137b] : " On ne suspend pas le filtre un jour de fête et l'on ne verse pas dans un filtre suspendu le Chabbat. " Le Chabbat et les jours de fête ne requièrent pas de clarifications, car tous les travaux interdits le Chabbat indiquent que tel est le comportement du Saint, béni soit-Il, envers Israël ; et sur le plaisir du Chabbat et du jour de fête, le Saint, béni soit-Il, scelle qu'ils ne requièrent pas de clarification).
" Pour le saint du Nom, honoré " signifie que tu le sanctifiés et l'honores, même dans tous ses vêtements, comme il est rapporté (Chabbat 113a) : Rabbi Yo'hanan appelait ses vêtements " mes honneurs ", car dans le vêtement de la mitsva aussi se trouve la sainteté. " Je te nourrirai de l'héritage de Yaakov ton père " signifie un héritage sans limites, comme il est rapporté (Chabbat 118a).
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה. זה שאמר הכתוב (ישעיה מג) ועתה כה אמר ה' בראך יעקב ויוצרך ישראל אל תירא כי גאלתיך קראתי בשמך לי אתה.
איתא (ויקרא רבה לו) אמר הקב"ה לעולמו, עולמי עולמי מי בראך, אומר לך מי בראך אומר לך מי יצרך, יעקב בראך ישראל יצרך, דכתיב בראך יעקב ויוצרך ישראל. הענין בזה, כי הקב"ה ברא את העולם שהוא סתום שאין ידוע למה נברא, ואף שנאמר (ישעיה מג) ולכבודי בראתיו, אכן הכי נאמר ח"ו שהקב"ה נצרך לכבוד, אך כל הבריאה היא ממדת טובו וחסדו, וענותנותו היה רוצה להתפשט באורו ולהקרא מלך בברואים שפלים, ולבקש כבוד מבריותיו להקרא עליהם מלךכהעיין בתפארת יוסף ראש השנה ד"ה אמרו לפני [ב] וזה לשונו בתוך הדברים:
באמת מצד השי"ת, אינו צריך כלל לעבודה והמלכה של ישראל, כמו שאנו אומרים אדון עולם אשר מלך בטרם כל יציר נברא. והיינו שמצידו הוא בשלימות ג"כ בלתי עבודת ישראל וכו'.
נמצא שמצד השי"ת היה בשלימות הכבוד שמים גם בלי עבודת ישראל, רק מחמת שהשי"ת חפץ להיטב לבריותיו הציב רצון כזה בזה העולם, שכביכול אינו בשלימות רק ע"י עבודה והמלכה של ישראל, ורצונו של מלך מלכי המלכים זה כבודו. שדוקא ע"י עבודה והמלכה של ישראל נשלם הכבוד שמים.
ומחמת שהשי"ת הציב רצון כזה, ואצל השי"ת אין שום דבר שיהיה לפי שעה ושיהיה דבר אגב. רק הרצון הזה יש לו קיום ועיקר בכל העולמות, שכל קיום העולמות הוא מן הרצון הזה שחפץ בעבודת ישראל.
עיין עוד בסוד ישרים ראש השנה אות לג.. וזה הוא כונת הכתוב, ולכבודי בראתיו.
והשי"ת מתנהג במשפט וביושר, והמשפט הוא כי מכבדי אכבד, שמי שהוא מכבד את השי"ת, השי"ת מכבדו, והוא גם כן קיים לעד. ולכן המצות הם גם כן גולמים, ואין אדם יודע הטעם מהמצות, ועל זה אמר קהלת (קהלת ו) אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממניכומבואר בתפארת יוסף ראש השנה ד"ה תקעו [ב]:
וזה הענין של מצות צריכות כוונה, היינו, אף שאחר הכוונה שאדם מתחיל בפעולת המצוה נתלבש האור בפעולה גולמית והאור נתעלם, אבל לזה צריכין הכוונה, כדי שהכל ילך אחר הכוונה, וזה הוא אצל האדם.. וזה הוא אומרו בראך יעקב, לשון בריאה הוא צמצום, והשם יעקב גם כן מורה על צמצום, והוא שהיה מצמצם עצמו ביותר ולא היה רוצה רק בכבוד שמים, ועל זה נאמר אחר זה ויוצרך ישראל, שלשון יצירה והשם ישראל שניהם מרמזים על התפשטותכזכדאיתא בתפארת החנוכי על זהר פ' ויצא דף קמז.
ד"ה תרין: יעקב מורה כדאיתא בתזוה"ק תקון סט (קיב.) יו"ד עקב, פי' שאוחז בכל דבר בעקב, היינו שבעת שצריך להתברר, נקרא יעקב בבחינת קטנות.
וכדכתיב (עמוס ז) מי יקום יעקב כי קטן הוא. ולכן בעת שמברר עצמו אינו מתפשט בשום תקיפות, רק נכנס בצמצומים בכל ענין לקבל רק מה שהוא מבורר לכבוד שמים.
וישראל מורה שיש לו אור ישר מהשי"ת שמנהג אותו תמיד, ישר אל, ולכן מותר להתפשט, ובכל חפצו השי"ת עמו., והוא שהקב"ה התחיל לגלות התפשטות אורו, והראה לו שכל העולם מלא כבודו, עד שאף המלאך של עשו שהוא המקטרג הגדול שאומר מה אנוש כי תזכרנו, גם אותו הכריח יעקב שיודה להכבוד שמים שמתגלה על ידי יעקב. וכן מי שקורא קריאת שמע בבוקר השכם ואומר שמע ישראל וגו' ה' אחד, דהיינו שאין בעולם מושיע בלתי השי"ת, והוא שמכיר שכל הצדקות שהאדם עושה, אם לא יסכים הקב"ה על ידו, אז כל פעולותיו ומחשבותיו ללא כלום, עליו נאמר בגמרא (מנחות צט:) כל הקורא קריאת שמע כאילו קיים והגית בו יומם ולילה, היינו שהקב"ה מראה לו שכל פעולותיו הם לכבוד שמו ית', שזה הוא נקודת אמצעית רצונו של אדם אם השי"ת יחתום עליו.
וזאת הבהירות היתה ביעקב אבינו ע"ה, כי באברהם ויצחק היה נמצא עוד פסולת וביעקב לא היה שום פסולת ומטתו היתה שלמה. אל תירא כי גאלתיך, זה הוא ברכה של ויתן לך.
קראתי בשמך לי אתה, זה הוא הברכה של ואל שדי, שמי שהוא דבוק בזה השם והולך תמיד בצמצום אין לו לירא משום דבר בעולםכחכדלעיל פרשת תולדות אות מח עיי"ש.:
" Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran. " C'est ce que dit l'Écriture (Isaie 43) : " Et maintenant, ainsi dit ה', ton Créateur, Yaakov, et Celui qui t'a formé, Israël : ne crains pas, car Je t'ai racheté ; Je t'ai appelé par ton nom, tu es à Moi.
" Il est rapporté (Vayikra Rabba 36) : le Saint, béni soit-Il, dit à Son monde : " Mon monde, Mon monde, qui t'a créé ? Il te dira qui t'a créé ; il te dira qui t'a formé : Yaakov t'a créé, Israël t'a formé, ainsi qu'il est écrit : ton Créateur, Yaakov, et Celui qui t'a formé, Israël.
" Le sujet est que le Saint, béni soit-Il, a créé le monde, lequel est caché, car on ne sait pas pourquoi il fut créé. Bien qu'il soit dit (Isaie 43) : " Je l'ai créé pour Ma gloire ", cela ne veut certes pas dire, à Dieu ne plaise, que le Saint, béni soit-Il, a besoin de gloire.
Toute la création procède de Sa bonté et de Sa grâce ; dans Son humilité, Il voulut étendre Sa lumière, être appelé Roi parmi les créatures basses, et demander à Ses créatures de L'honorer en L'appelant leur Roi (voir Tiferet Yosef, Roch HaChana, début " Imrou lefanai " [2] ; voici ses paroles au milieu du développement : en vérité, du côté du Saint, béni soit-Il, Il n'a nul besoin du service ni de la royauté d'Israël, ainsi que nous disons : " Maître du monde, qui régnait avant que toute créature fût créée. " Cela signifie que, de Son côté, Il est aussi dans la perfection sans le service d'Israël, etc.
Il en résulte que, du côté du Saint, béni soit-Il, la gloire du Ciel était parfaite même sans le service d'Israël. Mais parce que le Saint, béni soit-Il, désire faire du bien à Ses créatures, Il a établi dans ce monde-ci une volonté telle que, pour ainsi dire, ce n'est parfait que par le service et la royauté d'Israël ; et la volonté du Roi des rois des rois, c'est Sa gloire.
Car c'est précisément par le service et la royauté d'Israël que s'achève la gloire du Ciel. Parce que le Saint, béni soit-Il, a établi une telle volonté, et qu'auprès du Saint, béni soit-Il, rien n'est momentané ou accessoire, cette volonté a une permanence et est essentielle dans tous les mondes : toute la subsistance des mondes vient de cette volonté, qu'Il désire le service d'Israël.
Voir encore Sod Yesharim, Roch HaChana, paragraphe 33). Telle est l'intention du verset : " Je l'ai créé pour Ma gloire.
" Le Saint, béni soit-Il, Se conduit selon le jugement et la droiture ; le jugement est : " Ceux qui M'honorent, Je les honorerai ". Celui qui honore le Saint, béni soit-Il, est honoré par le Saint, béni soit-Il, et cela aussi subsiste à jamais.
Aussi les mitsvot sont-elles aussi des matières brutes, et l'homme ne connaît pas leur raison. À ce propos, Qohelet dit (Qohelet 6) : " J'ai dit : je serai sage ; mais elle est loin de moi " (comme il est expliqué dans Tiferet Yosef, Roch HaChana, début " Tikeou " [2] : tel est le sujet de " les mitsvot exigent une intention ".
Bien qu'après l'intention, lorsque l'homme commence l'acte de la mitsva, la lumière se revête dans l'acte brut et que la lumière se dissimule, l'intention est nécessaire afin que tout suive l'intention ; et cela relève de l'homme). C'est le sens de " ton Créateur, Yaakov " : le mot création (beria) est une contraction (tsimtsoum), et le nom Yaakov indique également une contraction.
Il se contractait extrêmement et ne voulait que la gloire du Ciel. C'est pourquoi il est dit ensuite : " Celui qui t'a formé, Israël " ; le mot formation (yetsira) et le nom Israël font tous deux allusion à l'expansion (comme il est rapporté dans Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, parachat Vayetzei, folio 147a, début " Terin " : Yaakov indique, comme il est rapporté dans les Tikounei Zohar, tikoun 69 [112a], " yod, talon " (יו"ד עקב), c'est-à-dire qu'il saisit toute chose par le talon.
Lorsqu'une chose doit être clarifiée, il est appelé Yaakov, sous l'aspect de petitesse, ainsi qu'il est écrit [Amos 7] : " Comment Yaakov se relèvera-t-il ? Car il est petit.
" Lorsqu'il se clarifie, il ne s'étend donc dans aucune force, mais entre dans des contractions dans toute affaire afin de ne recevoir que ce qui est clarifié pour la gloire du Ciel. Israël indique qu'il a une lumière droite du Saint, béni soit-Il, qui le conduit toujours, droit vers Dieu (yashar El) ; il lui est donc permis de s'étendre, et dans tout son désir le Saint, béni soit-Il, est avec lui).
C'est que le Saint, béni soit-Il, commença à révéler l'expansion de Sa lumière et lui montra que le monde entier est rempli de Sa gloire, jusqu'à ce que même l'ange d'Esau, qui est le grand accusateur et dit : " Qu'est l'homme pour que Tu te souviennes de lui ? ", Yaakov le contraignit aussi à reconnaître la gloire du Ciel révélée par Yaakov.
De même, celui qui récite le Chema tôt le matin et dit : " Écoute, Israël, etc., ה' est Un ", c'est-à-dire qu'il n'y a dans le monde aucun sauveur en dehors du Saint, béni soit-Il, et qui reconnaît que toutes les justices accomplies par l'homme ne sont rien, si le Saint, béni soit-Il, ne les approuve pas : ses actions et ses pensées sont alors sans rien. À son sujet, il est dit dans la Guemara (Menahot 99b) : " Quiconque lit le Chema est comme s'il avait accompli : tu le méditeras jour et nuit.
" Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, lui montre que toutes ses actions sont pour la gloire de Son Nom, béni soit-Il ; tel est le point central du désir de l'homme, si le Saint, béni soit-Il, y appose Son sceau. Cette clarté se trouvait chez notre père Yaakov, de mémoire bénie.
Car chez Abraham et Its'hak il se trouvait encore du déchet, tandis que chez Yaakov il n'y avait aucun déchet, et sa couche était entière. " Ne crains pas, car Je t'ai racheté " : c'est la bénédiction de " Qu'Il te donne ".
" Je t'ai appelé par ton nom, tu es à Moi " : c'est la bénédiction de " El Shaddaï ". Celui qui est attaché à ce Nom et marche toujours dans la contraction n'a à craindre aucune chose dans le monde (comme ci-dessus, parachat Toledot, paragraphe 48).
« Et Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran. » Le Beit Yaakov cite « Quand Hachem ramena les captifs de Sion, nous étions comme des rêveurs » (Tehilim 126,1) : Sion, ce sont les repères de la Torah. En ce monde le bien principal est chez les nations, le repère et la patience chez Israël ; dans l'avenir le Saint, béni soit-Il, ramène l'essentiel au lieu du repère. Ce monde est un rêve, contraction hors du corps du bien, et le Chabbat indique que nous n'aurons plus besoin de l'œuvre de nos mains. Dans le voilement, D.ieu éclaire de la pensée du jour pour joindre la séparation et supporter l'exil.
Aussi : l'aleph, lumière du daat (connaissance), chevauche le zayin et unit les sept middot (attributs) ; Yaakov, ayant pris à Ésaü tout le bien, s'exile à Haran et D.ieu lui dit en rêve : « Voici, Je suis avec toi ».
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה. זה שאמר הכתוב (תהילים קכ״ו:א׳-ב׳) שיר המעלות בשוב ה' את שיבת ציון היינו כחולמים אז ימלא שחוק פינו וגו'.
ציון, היינו הציונים והראשי פרקים והסימנים של הדברי תורה, שמרמזים שלעתיד ימשיך השי"ת את האור והרצון השרשי לתוכם. והענין בזה, כי שכר מצוה בהאי עלמא ליכא, ולכן הציונים של הטובות המה אצל ישראל, ועיקר הטובה הוא אצל האומות.
אבל לעתיד יהיה כלול יחד אצל ישראל, והוא שיחזיר השי"ת אף עיקר הטובה למקום שהציונים שמה. וזהו שתקנו לנו (בנוסח תפלת שמונה עשרה) המחזיר שכינתו לציון, שיחזיר השי"ת את העיקר למקום הציון.
ובעולם הזה הטובה העיקרית אצל האומות, והציון והסבלנות הוא אצל ישראל. וזה הוא כגוונא דשבת, שנצטווינו בעולם הזה להיות מוגדר ולסבול כל השביתות, כמו שמסודר בש"ס (שבת עג.) אבות מלאכות, מלאכת אכילה ולבישה, וזה מורה אשר לעתיד לא נצטרך למעשי ידינו, ובעולם הזה שהוא כחלום, נדמה שהאדם נאסר בכל פעולה, ובאמת זה רומז על לעתיד שהוא הפתרון, ואז באמת לא נצטרך למעשה ידינו, וכמו שאמרו (שבת ל:) עתידה ארץ ישראל שתוציא גלוסקאות וכלי מילת, וכדאיתא (ברכות נו:) ראיתי שתי ידי שנחתכו ופתר לו שלא תצטרך למעשה ידך, והוא כי החלום הוא הצמצום מגוף הטובה, ולכן בחלום נדמה לו שנחתכו ידיוכטמבואר בהרבה מקומות בספרנו זה ומקורו במי השלוח ח"א פרשת קדושים ד"ה את שבתתי:
כי שבת לעת עתה היא לנו צמצום גדול ולעתיד ינחיל לנו הש"י יום שכלו שבת שלא נצטרך לשום מלאכה, וע"ז צריך לצפות. ובתפארת יוסף שבת חוה"מ סוכות ד"ה ויעקב:
שבאמת בעוה"ז נדמה לאדם שבת הוא צמצום גדול, כי בחול מכין אדם לעצמו כל צרכי אוכל נפש לחם לאכול ובגד ללבוש ובשבת אסור הכל, ונדמה לאדם בעוה"ז שהוא צמצום גדול, אבל בעומק מרמז שבת ליום שכולו שבת ומנוחה לחיי העולמים. כי שבת מרמז כמו שאיתא בש"ס (שבת ל':) עתידה ארץ ישראל שתוציא גלוסקאות וכלי מילת.
והיינו שלא יוצרך האדם לכלי פעולותיו, כי על שבת איתא בזוה"ק (בשלח סג:) מניה מתברכין יומין עילאין. והיינו, שבשורש מקבל האדם אז כח עבודה על כל ששת ימי המעשה.
עיין עוד שם חג הסוכות ד"ה ולקחתם [ב], בית יעקב ויקרא פרשת תזריע אות ז ד"ה והענין, עיין לעיל פ' בראשית אות ב ובהערה ט שם.. ולעתיד כשישיב ה' את שיבת ציון, אז נראה כי הטובות שהיו לנו בעולם הזה לא היו רק כחלום, שהוא מהרהורא דיומא, כי חלום הוא התחברות, כענין דאיתא (חולין קכג:) עור חליםללעיל פרשת תולדות אות יג ד"ה כמו, לקמן פ' וישב אות ה., והוא כי בעת שהשי"ת רואה שהאדם הוא בהסתר מאד בחשכת לילה, אז מנהיר ליה מהרהורא דיממא מעין הטובות העתידות לבא עלינו, בכדי לחבר מעט הפירוד שבעולם הזה הדומה לאישון לילה, שיהיה לנו כח לסבול הגלות והחושך.
כי לילה נקרא פירוד כדאיתא (סוטה מח.) אף הוא ביטל את המעוררים שהיו עומדים לוים על דוכן ואומרים עורה למה תישן ה' כו' והלא כבר נאמר הנה לא ינום ולא יישן שומר ישראל, אלא בזמן שישראל שרויין בצער והעכו"ם בנחת ושלוה, לכך נאמר עורה למה תישן ה', כי בזמן שישראל ח"ו בצרה אז הוא ההשפעה הנשפע להם בבחינת שינה, כנגד ההשפעה הנשפע להם בשעת הרוחה דאז כתיב (תהילים קכ״א:ד׳) הנה לא ינום ולא יישן שומר ישראל. אז ימלא שחוק פינו, הוא כענין דאיתא בזוה"ק (בשלח נד.) אסתכלנא בכל תושבחן דשבחו לקוב"ה וכולם פתחו באז כו' וכד אתחבר נהירו דא' ומטי לז' מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם היינו פירוד, וכשאלף רוכב עלייהו היינו אלופו של עולם, אז הוא מאחד אותם ונעשה מזה שירהלאמבואר בתפארת יוסף שביעי של פסח ד"ה אז ישיר:
הענין בזה, דהנה יש שבע מדות שהשי"ת מנהג בהם את עולמו, כמו שכתוב (דברי הימים א כ״ט:י״א) לך ד' הגדולה והגבורה עד לך ד' הממלכה. ועיקר היקרות שלהם הוא בעת שיש התכללות המדות.
כי אם תתפשט המדה בלי גבול וצמצום, אז יכול לצמוח מהמדה בעצמה כל מיני הופכים, עד שיצמח גם ההיפך מהמדה וכו'. וזה מורה לשון הזוה"ק, מאן זיי"ן דא חרב לד' מלאה דם, היינו בעת שהמדות אין להם שום התכללות, וכל מדה מתפשטת עד לקצה אחרון שלה, אז המדות עצמם הם מלא פירוד.
ועיקר היקרות הוא בעת שא' רוכב על זיי"ן, והיינו שזה מורה על התכללות המדות, שכל מדה מצמצמת עצמה בצמצום וגבול להשתמש במקום הראוי, כי א' רומז על אור הדעת, ובעת שאור הדעת מאיר להשבע מדות אז עיקר יקרות שלהם. וזה ענין של פתיחת רבי אבא, אסתכלנא בכל שירין ותושבחן וכולם פתחו באז.
והיינו, כי ענין שירה ביאר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, שמורה על הסתכלות באור השי"ת פנים אל פנים וכו'. ולזה כל השירות כולם פתחו באז, שמחמת שמגיע האדם להביט ישר להשי"ת פנים אל פנים, ממילא מכיר שמי שרוצה לעבוד את השי"ת נתבקעו נגדו כל הכחות הטבע, ומניחים אותו להכיר אור השי"ת המלובש בכל כחות עוה"ז והבן.
עיין עוד בבית יעקב שמות פרשת בשלח אות נה, נז, סא.. ולזה פתח (התנחומא בזו הסדרה) ילמדנו רבינו ההורג את הנפש בשגגה להיכן היה גולה כו' ויעקב אבינו גלה לחרן כו' וכדאיתא בזוה"ק (ויצא קמז.) אזיל לרשו אחרא, כי כאשר נטל יעקב הברכות מעשו היה אז כמו הורג נפש, שנטל ממנו כל הטוב והחיים, ולכן גלה יעקב לחרן לרשו אחרא ונתירא, וכאשר ראה הקב"ה שהוא מתירא, אז אנהיר ליה מהרהורא דיממא, ונגלה אליו בחלום, ואמר לו הנה אנכי עמך (וכמ"ש הענין לקמן)לבעיין הסבר בדבר בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת ויצא ד"ה ויצא [א].:
Et Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran. C'est ce que dit l'Écriture (Psaumes 126,1-2) : "Cantique des degrés.
Quand ה' ramena les captifs de Sion, nous étions comme des rêveurs ; alors notre bouche se remplit de rire, etc." Sion, ce sont les repères, les têtes de chapitres et les signes des paroles de Torah, qui indiquent que, dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, y prolongera la lumière et la volonté originelles. Le sens en est que la récompense d'une mitsva n'est pas en ce monde ; c'est donc chez Israël que se trouvent les repères des biens, tandis que le bien essentiel est chez les nations.
Mais dans l'avenir, tout sera réuni chez Israël : le Saint, béni soit-Il, ramènera aussi le bien essentiel au lieu où sont les repères. C'est ce qu'ils ont institué pour nous (dans le texte de la prière des Dix-huit Bénédictions) : "qui ramène Sa Chekhina (Présence divine) à Sion" ; le Saint, béni soit-Il, ramènera l'essentiel au lieu du repère.
En ce monde, le bien principal est chez les nations, et le repère et la patience sont chez Israël. Ceci est à l'image du Chabbat : nous avons reçu l'ordre, dans ce monde, d'être délimités et de supporter toutes les abstentions, comme sont ordonnés dans le Talmud (Chabbat 73a) les travaux principaux, les travaux de manger et de se vêtir.
Cela indique que dans l'avenir nous n'aurons pas besoin de l'œuvre de nos mains. Dans ce monde, qui est comme un rêve, il semble que l'homme est interdit dans toute action ; mais, en vérité, cela fait allusion à l'avenir, qui en est l'interprétation, et alors nous n'aurons réellement pas besoin de l'œuvre de nos mains.
Comme ils ont dit (Chabbat 30b) : "La terre d'Israël produira à l'avenir des gâteaux et des vêtements de laine fine" ; et comme il est rapporté (Berakhot 56b) : "J'ai vu mes deux mains coupées", et il lui interpréta : "Tu n'auras pas besoin de l'œuvre de tes mains." Car le rêve est une contraction hors du corps même du bien ; c'est pourquoi, dans le rêve, il lui semble que ses mains sont coupées. Comme cela est expliqué en de nombreux endroits de notre livre, et que la source en est dans Mei HaShiloah, I, parachat Kedochim, début "Et Mes Chabbats" : pour le moment, le Chabbat est pour nous une grande contraction, et dans l'avenir le Nom, béni soit-Il, nous donnera en héritage un jour entièrement Chabbat, où nous n'aurons besoin d'aucun travail ; c'est vers cela qu'il faut espérer.
Et dans Tiferet Yosef, Chabbat de Hol Hamoed Soukkot, début "Et Yaakov" : en vérité, dans ce monde, il semble à l'homme que le Chabbat est une grande contraction, car durant la semaine l'homme se prépare tous les besoins de nourriture, du pain à manger et un vêtement à porter, tandis que le Chabbat tout est interdit ; dans ce monde, il lui semble que c'est une grande contraction. Mais dans sa profondeur, le Chabbat fait allusion au jour entièrement Chabbat et repos pour la vie des mondes.
Car le Chabbat fait allusion, comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 30b) : "La terre d'Israël produira à l'avenir des gâteaux et des vêtements de laine fine" ; c'est-à-dire que l'homme n'aura pas besoin des instruments de ses actions. Car au sujet du Chabbat il est dit dans le saint Zohar (Bechala'h 63b) : "D'elle sont bénis les jours supérieurs" ; c'est-à-dire qu'à la racine l'homme reçoit alors la force de travail pour les six jours de l'œuvre.
Voir encore là-bas, Fête de Soukkot, début "Et vous prendrez" [2] ; Beth Yaakov, Vayikra, parachat Tazria, section 7, début "Et le sujet" ; voir plus haut, parachat Berechit, section 2 et note 9 là-bas. Et dans l'avenir, lorsque ה' ramènera les captifs de Sion, on verra que les biens que nous avions dans ce monde n'étaient que comme un rêve, provenant de la pensée du jour.
Car le rêve (חלום) est jonction, comme il est dit (Houllin 123b) : "la peau de חלים" ; quand le Saint, béni soit-Il, voit que l'homme est dans un très grand voilement, dans l'obscurité de la nuit, Il l'éclaire de la pensée du jour, d'un aperçu des biens qui doivent nous venir, afin de joindre un peu la séparation qui est dans ce monde, semblable à la prunelle de la nuit, afin que nous ayons la force de supporter l'exil et l'obscurité. Car la nuit est appelée séparation, comme il est dit (Sota 48a) : "Il abolit aussi les réveilleurs, qui étaient des Lévites debout sur l'estrade et disaient : 'Réveille-Toi, pourquoi dors-Tu, ה', etc.' Or il est déjà dit : 'Voici, Il ne sommeille ni ne dort, le Gardien d'Israël.' Mais lorsque Israël demeure dans la souffrance et que les idolâtres sont dans le confort et la tranquillité, alors il est dit : 'Réveille-Toi, pourquoi dors-Tu, ה'.'" Car lorsque Israël, à Dieu ne plaise, est dans la détresse, la profusion qui lui est épanché est sous l'aspect du sommeil, par opposition à la profusion qui lui est épanché au temps du soulagement, où il est écrit (Psaumes 121,4) : "Voici, Il ne sommeille ni ne dort, le Gardien d'Israël." "Alors notre bouche se remplit de rire" est comme ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Bechala'h 54a) : "J'ai considéré toutes les louanges qui louent le Saint, béni soit-Il, et toutes commencent par אז, etc.
Et lorsque la lumière de l'aleph se joint et atteint le zayin, qui est ce zayin ? Une épée pour ה', pleine de sang" - c'est la séparation.
Lorsque l'aleph chevauche sur eux, c'est-à-dire le Maître du monde, Il les unit et il en résulte un chant. Comme il est expliqué dans Tiferet Yosef, Septième jour de Pessa'h, début "Alors Moché chanta" : le sens en est le suivant.
Voici qu'il y a sept middot (attributs) par lesquelles le Saint, béni soit-Il, conduit Son monde, comme il est écrit (I Chroniques 29,11) : "À Toi, ה', la grandeur et la puissance", jusqu'à "À Toi, ה', la royauté". Leur valeur essentielle est lorsqu'il y a inclusion mutuelle des attributs.
Car si l'attribut s'étend sans limite ni contraction, toutes sortes d'opposés peuvent croître de l'attribut même, jusqu'à ce que pousse aussi l'opposé de l'attribut, etc. C'est ce qu'indique le langage du saint Zohar : "Qui est ce zayin ?
Une épée pour ה', pleine de sang" ; c'est-à-dire que, lorsque les attributs n'ont aucune inclusion mutuelle et que chaque attribut s'étend jusqu'à sa dernière extrémité, les attributs eux-mêmes sont alors pleins de séparation. Leur valeur essentielle est lorsque l'aleph chevauche le zayin ; cela indique l'inclusion mutuelle des attributs, chaque attribut se contractant, par contraction et limite, afin de servir au lieu approprié.
Car l'aleph fait allusion à la lumière du daat (connaissance), et lorsque la lumière du daat éclaire les sept attributs, c'est alors leur valeur essentielle. Tel est le sens de l'ouverture de Rabbi Abba : "J'ai considéré tous les chants et toutes les louanges, et tous commencent par אז." Car notre maître et ancien, notre maître et rabbi, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, expliqua que le chant indique une contemplation de la lumière du Nom face à face, etc.
C'est pourquoi tous les chants commencent par אז : lorsque l'homme arrive à regarder droit le Saint, béni soit-Il, face à face, il reconnaît de lui-même que, pour celui qui veut servir le Saint, béni soit-Il, toutes les forces de la nature se fendent devant lui et le laissent reconnaître la lumière du Nom revêtue dans toutes les forces de ce monde ; comprends. Voir encore Beth Yaakov, Chemot, parachat Bechala'h, sections 55, 57 et 61.
C'est pourquoi le Tan'houma ouvre, dans cette paracha : "Enseigne-nous, notre rabbi : celui qui tue une personne involontairement, où allait-il en exil ? etc. Et notre père Yaakov s'exila à Haran, etc." Comme il est dit dans le saint Zohar (Vayetzei 147a) : "il alla vers un autre domaine" (אזיל לרשו אחרא).
Car lorsque Yaakov prit les bénédictions à Esau, ce fut alors comme s'il avait tué une personne : il lui prit tout le bien et la vie. C'est pourquoi Yaakov s'exila à Haran, vers un autre domaine, et il eut peur.
Lorsque le Saint, béni soit-Il, vit qu'il avait peur, Il l'éclaira de la pensée du jour, Se révéla à lui dans un rêve et lui dit : "Voici, Je suis avec toi" (comme le sujet sera expliqué plus bas). Voir l'explication de la chose dans Sod Yesharim sur la Torah, d'après un manuscrit, parachat Vayetzei, début "Et Yaakov sortit" [1].
« Yaakov sortit de Béer Chéva et alla vers 'Haran » (Berechit 28,10). « Nul n'est comme Él, Yéchouroun » (Devarim 33,26) : le Beit Yaakov explique qu'Él est la lumière de la sagesse. Chez Avraham, le ''hessed reste bon tant qu'il coule de la source ; éloigné, il engendre Yichmaël. Yaakov, appelé Él, éclaire ses actions par la connaissance, afin que le contraire ne s'en ramifie pas. Yéchouroun mesure les 'hassadim selon la volonté du Nom. Les cha'hakim sont les contraires qui se broient : ''hessed et guevoura, inclus en Yaakov, qui s'écarte du doute et rencontre le Lieu.
Aussi : heureux celui dont le D.ieu de Yaakov est son aide : il pèse ses chemins avant l'acte ; l'exil de Yaakov comparé à qui tue par erreur, la terre ne distinguant pas l'involontaire.
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה. אין כאל ישרון רוכב שמים בעזרך ובגאותו שחקים (ברכה לג).
אין כאל ישרון, הענין בזה, דהנה השם אל מרמז על חכמה וחשבון וישוב הדעת בכל דבר, וכדאיתא בזוה"ק (צו לא.) אל בכל אתר נהיר דחכמתא. והוא, כי כל הענינים ואף מדת טובה כשתהיה במדה מוגבלת אזי אין לה שלימות, כי עיקר השלימות הוא רק כשמקבלת תמיד ממקור החיים, וכמו שמצינו באאע"ה שמדתו מדת החסד, וכל זמן שהיתה המדה רק אצלו ונבעה ממקור החיים היתה טובה מאד, מפני שהאיר בהמדה אור הדעת.
אכן כשנתרחקה המדה והסתעפה בלבושים יצא ממנו ישמעאל שמשפיע ועושה חסד אף לעוברי רצונו. וזהו נקרא גמל שהוא מחיות הטמאות וכמש"נ במי השלוח (ח"א פרשת שמיני ד"ה בגמל)לגוזה לשון המי השלוח שם (ח"א פרשת שמיני ד"ה בגמל):
גמל מורה על מהירות וזה מה דאיתא במס' שבת (קד.) מאי טעמא מהדר אפי דגימ"ל לגביה דל"ת שכן דרך גומלי חסדים לרדוף אחר דלים, וכשלא במקום הראוי אז הוא מהירות שאינו נושא חן בעיני הבריות ג"כ, ע"כ נאמר בו לשון הוה היינו שבשעת מעשה ניכר שהמעשה אינה נכונה, וזה ענין אות גימ"ל כשהוא ביו"ד מורה על גמילות חסדים, וכשהוא שלא ביו"ד מורה על מהירות הנקרא גמל. וכן מבואר בבית יעקב ויקרא פרשת שמיני אות לו ד"ה וזהו..
אמנם יעקב אבינו ע"ה נקרא אל, כדאיתא בש"ס (מגילה יח.) מנין שקרא הקב"ה ליעקב אל שנאמר ויקרא לו אל א-להי ישראל, כי כל מעשיו שפעל בעולם האיר אותם וכללם באור הדעת שלא יסתעף מהם ההיפך, וזה מרמז הכתוב שאין כאל ישרוןלדוכן איתא בתפארת יוסף שמחת תורה ד"ה אין כאל: אמר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה שיעקב אבינו ע"ה נקרא את אלו שני השמות אל וישרון.
כמו דאיתא בש"ס (מגילה יח.) מנין שהקב"ה קרא לו ליעקב אל שנאמר (בראשית ל״ג:כ׳) ויקרא לו אל א-להי ישראל. וכן נקרא ישרון.
והיינו, כי שם אל מורה על כל התפשטות הטובה שנתפשט מחסד השי"ת. והשם ישרון מורה שאדם צריך להביט אל קו המדה, וימדוד את כל החסדים כמה שברצונו ית', ומה שאין ברצונו ית' יהיה מוכן למסור תיכף להשי"ת.
כי אף מדת החסד שהוא מדה יקרה מאד, ואם לא יביט לרצונו ית' יכול לצמוח מזה גודל אכזריות. לזה צריך להביט תמיד אל עומק רצונו ית'.
וזה שמשרע"ה אחר כל הברכות שבירך לישראל סיים, אין כאל ישרון. והיינו שהישראל עומד תמיד ישר ומביט אל קו המדה, שכל טובה שרואה שהוא מרצונו ית' הוא מקבל.
אבל במקום שמושיט פסיעה לחוץ, והיינו שכל טובה שיוצאת מגבול היקף רצונו ית', הוא תמיד מוכן ומזומן למסור את הטובה בחזרה להשי"ת ולא לקבלו.. רוכב שמים בעזרך ובגאותו שחקים.
שחקים מרמז על תרין הפכיים ששוחקין וסותרין זה את זהלהכדאיתא בזוהר הקדוש רעיא מהימנא פנחס (רלו.): שחקים, דבהון ריחים דטוחנים מן לצדיקים לעתיד לבא, ואינון אקרון שחקים, ע"ש (שמות ל׳:ל״ו) ושחקת ממנה הדק, ואינון נצח והוד וכו'.
נצח והוד תרין פלגי גופא אינון {והיינו הפכים} כגוונא דתרין תאומים, ובגין דא אתקריאו שחקים, תרווייהו כחדא {שעושים פעולה אחת כגוונא דריחים ורכב}. ועיין עוד בתפארת יוסף שמחת תורה ד"ה רוכב שמים:
שחקים מרמזים על כל מיני הופכיים שנמצאים בעולם, והוא כדאיתא בזוה"ק (פנחס רלו.) שחקים דבהון רחיים דטוחנים מן לצדיקים לעתיד לבוא ע"ש ותבין, והיינו כי אצל השי"ת לא נמצא שום הפכים כי אצלו נתאחדו כל מיני הפכים.. וביעקב אבינו היה התכללות והתאחדות שתי המדות, שבו נכללו מדת אברהם ומדת יצחק, חסד וגבורה.
מדת אאע"ה הוא מדת החסד, היינו שהכניס עצמו לעבודה גדולה בזהירות עצום לברר את עצמו בכל מיני בירורים. ומדת יצחק אבינו ע"ה הוא מדת הגבורה, היינו שלא רצה להכניס את עצמו לבירורים והתנהג רק ע"פ כללי ד"ת, וכדאיתא במי השלוח (ח"א פ' ויחי ד"ה שכל) שיצחק אמר יקוב הדין את ההר והתנהג ע"פ כללים מפורסמים.
ואלו השתי מדות הם תרין הפכייםלוכמבואר שם במי השלוח ח"א פרשת ויחי ד"ה שכל את ידיו: להיות כי יצחק אבינו היה מדרגתו מדות הגבורה, ולכן רצה לברך את עשו, כי מדת הגבורה מורה על ד"ת (מגילה לא:) כך שמע משה מפי הגבורה ולכן אמר יקוב הדין את ההר, ולכך לא היה בכחו לעשות נגד המשפט ורצה לברך את עשו ביען כי היה בכור.
אך כי הש"י סומך ידים טהורות כי הידים הם ענפי הלב, ולבו היה טהור ומזוכך וסיבב הדבר שיברך את יעקב בלא דעתו, וע"ז נאמר (תהילים ט״ז:ה׳) אתה תומיך גורלי. ובסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת ויצא ד"ה ויצא [ב]:
ויצחק אבינו היה עיקר מדתו שהאדם יצמצם עצמו, וכן צמצם קדושתו לבלתי תתפשט אלא במקום הראוי. לכן הראה לו השי"ת כשרצה לברך את עשו, שצריך צמצום בכל פרט מעשה, והראה לו כי שלא מדעתו ברך רק את יעקב וכו'.
ועיין עוד לקמן פ' ויחי אות מ, מא, מב., וכענין דאיתא בש"ס (ע"ז יז.) רבי חנינא ורבי יונתן הוו קאזלי באורחא מטו להנהו תרי שבילי חד פצי אפתחא דע"ז וחד פצי אפתחא דבי זונות א"ל חד לחבריה ניזול אפתחא דע"ז דנכיס יצריה א"ל אידך ניזיל אפתחא דבי זונות ונכפייה ליצרן ונקבל אגרא. והם שני הפכיים, שזה לא רצה לכנוס בספק ולא לקבל שכר, וזה רצה לכנוס בבירורים וגודל עבודה וצמצומיםלזזה העניין נתבאר במי השלוח ח"ב פרשת יתרו ד"ה לא תשתחוה:
איתא בגמ' (ע"ז יז:) א"ל אידך ניזיל אפיתחא דבי זונות ונכפייה ליצרין ונקבל אגרא וכו' א"ל מנא לך הא ופירש"י ז"ל מנא לך הא, דסמכת אנפשך למיתי הכא ולא מיסתפית מיצר הרע, מזה מוכח שאדם אסור להכניס עצמו בנסיון ואפילו אם מכוין שעי"ז יתרבה כבוד שמים בהתגברו על היצר וזה הוא לא תעבדם, ושאני רבי חנינא ורבי יונתן שהיו בטוחים שהדברי תורה שיש בהם תשמור אותם כדמסיים (שם בגמ') (ע"כ סמך עצמו ע"ז ולא הלך אפיתחא דע"ז משום דכתיב אל תקרב אל פתח ביתה ומוקמינן בעבודה זרה כדאיתא בתוס' (שם ד"ה ניזיל) והראשון היה רוצה יותר ללכת אפיתחא דע"ז מלהכניס עצמו בנסיון). לקמן פרשת וישלח אות ד ד"ה וכדאיתא..
וזהו שנאמר ויפגע במקום, כמו שדרשו במדרש רבה (ויצא סח) למה מכנין שמו של הקב"ה וקוראין אותו מקום שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו, כי השי"ת אין צריך לעולמו רק כל העולם צריכין לו, ויעאע"ה פגע ג"כ במקום, שמדתו הוא להסתלק מספק, שלא הכניס את עצמו בספיקות ולא רצה לא הן ולא שכרן, כי לא היה נצרך להם, מפני שהיה מקושר בהש"י וצורתו חקוקה בכסא הכבודלחבית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ויצא [א].:
"Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran" (Berechit 28,10). "Nul n'est comme le D.ieu de Yéshouroun, qui chevauche les cieux à ton aide, et les nuées dans Sa grandeur" (Devarim 33,26).
"Nul n'est comme Él, Yéshouroun" : le propos est le suivant. Le Nom Él fait allusion à la sagesse, au compte et à la présence d'esprit en toute chose, comme il est dit dans le saint Zohar (Tsav 31a) : "Él, en tout lieu, est la lumière de la sagesse." Car toutes les choses, et même une bonne qualité, lorsqu'elle est dans une mesure limitée, n'ont pas de perfection ; la perfection essentielle ne se trouve que lorsqu'elle reçoit continuellement de la source de vie.
Ainsi trouvons-nous chez notre père Avraham, que son souvenir soit une bénédiction, dont la qualité était le hassed : tant que cette qualité était seulement en lui et coulait de la source de vie, elle était très bonne, car la lumière de la connaissance éclairait cette qualité. Mais lorsque la qualité s'éloigna et se ramifia dans des vêtements, Ishmael en sortit, qui répand et pratique le hassed même envers ceux qui transgressent Sa volonté.
Cela est appelé gamal (chameau), qui est parmi les bêtes impures, comme il est expliqué dans Mei HaShiloah (partie 1, parachat Shemini, s.v. "Bagamal").
[Note : voici le langage du Mei HaShiloah, ibid. : Gamal indique la rapidité, et c'est ce qui est dit dans le traité Chabbat (104a) : "Pourquoi le pied du gimel est-il tourné vers le dalet ? Parce que les bienfaiteurs ont l'usage de poursuivre les pauvres." Lorsqu'elle n'est pas à sa juste place, c'est une rapidité qui ne trouve pas non plus grâce aux yeux des gens.
C'est pourquoi le mot est au présent : au moment de l'acte, il apparaît que l'action n'est pas juste. Et tel est le sens de la lettre gimel : lorsqu'elle est écrite avec un yod (גימ"ל), elle indique la pratique du hassed ; lorsqu'elle est écrite sans yod (גמל), elle indique la rapidité appelée gamal.
Voir aussi Beit Yaakov, Vayikra, parachat Shemini, ot 36, s.v. "Vézehou".] Toutefois notre père Yaakov, que son souvenir soit une bénédiction, est appelé Él, comme il est dit dans le Talmud (Meguila 18a) : "D'où savons-nous que le Saint béni soit-Il appela Yaakov Él ?
Car il est dit : 'Il l'appela Él, le D.ieu d'Israël.'" Toutes les actions qu'il produisit dans le monde, il les éclaira et les inclut dans la lumière de la connaissance, afin que leur contraire ne s'en ramifie pas. C'est ce que fait allusion le verset : "Nul n'est comme Él, Yéshouroun." [Note : il est aussi dit dans Tiferet Yossef, Simhat Torah, s.v.
"Ein kaÉl" : mon maître, mon grand-père, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, à dit que notre père Yaakov est appelé par ces deux noms, Él et Yéshouroun. Comme il est dit dans le Talmud (Meguila 18a) : "D'où savons-nous que le Saint béni soit-Il appela Yaakov Él ?
Car il est dit (Berechit 33,20) : 'Il l'appela Él, le D.ieu d'Israël.'" Il est aussi appelé Yéshouroun. Le Nom Él indique toute l'expansion du bien qui s'est répandue du hassed du Nom béni soit-Il.
Le nom Yéshouroun indique que l'homme doit regarder la ligne de mesure (kav hamidah) et mesurer tous les hassadim selon la mesure où ils sont Sa volonté, qu'Il soit béni ; et ce qui n'est pas Sa volonté, qu'il soit prêt à le remettre aussitôt au Nom béni soit-Il. Car même la qualité du hassed, qui est une qualité très précieuse, peut, s'il ne regarde pas Sa volonté, faire pousser une grande cruauté.
Il faut donc regarder continuellement la profondeur de Sa volonté, qu'Il soit béni. C'est pourquoi Moché notre maître, après toutes les bénédictions qu'il donna à Israël, conclut : "Nul n'est comme Él, Yéshouroun." Israël se tient toujours droit et regarde la ligne de mesure : tout bien dont il voit qu'il est Sa volonté, qu'Il soit béni, il le reçoit.
Mais là où il fait un pas hors de la limite, c'est-à-dire tout bien qui sort de la frontière encerclant Sa volonté, qu'Il soit béni, il est toujours prêt et disposé à remettre ce bien au Nom béni soit-Il et à ne pas le recevoir.] "Qui chevauche les cieux à ton aide, et les nuées dans Sa grandeur" : les nuées (shehakim) font allusion à deux contraires qui se broient et se contredisent l'un l'autre. [Note : comme il est dit dans le saint Zohar, Raya Mehemna, Pinhas (236a) : "Shehakim, car en eux sont les meules qui moulent la manne pour les justes dans l'avenir ; ils sont appelés shehakim, comme il est dit (Chemot 30,36) : 'Tu en broieras une part très fine' ; et ils sont Netsa'h et Hod, etc.
Netsa'h et Hod sont les deux moitiés du corps, c'est-à-dire des contraires, à la manière de deux jumeaux ; c'est pourquoi ils sont appelés shehakim, les deux faisant une seule action, à la manière des meules et du char." Voir encore Tiferet Yossef, Simhat Torah, s.v. "Rokhev shamayim" : shehakim font allusion à toutes les sortes de contraires qui sont dans le monde, comme il est dit dans le saint Zohar (Pinhas 236a) : "Shehakim, en lesquels les meules moulent la manne pour les justes dans l'avenir", et comprends.
Car chez le Nom béni soit-Il il n'y a aucun contraire : chez Lui, tous les contraires sont unifiés.] Chez notre père Yaakov se trouvaient l'inclusion et l'unification de ces deux qualités, car les qualités d'Avraham et de Yitshak, hassed et guevoura, étaient incluses en lui. La qualité de notre père Avraham est le hassed : il s'introduisait dans un grand service, avec une extrême vigilance, afin de se clarifier par toutes sortes de clarifications.
La qualité de notre père Yitshak, que son souvenir soit une bénédiction, est la guevoura : il ne voulut pas s'introduire dans des clarifications et se conduisait seulement selon les règles de la Torah, comme il est dit dans Mei HaShiloah (partie 1, parachat Vayehi, s.v. "Sekhel") : Yitshak disait : "Que le jugement perce la montagne", et se conduisait selon les règles connues.
Ces deux qualités sont deux contraires. [Note : il est expliqué là dans Mei HaShiloah, partie 1, parachat Vayehi, s.v.
"Et yadaw" : puisque le degré de notre père Yitshak était les qualités de guevoura, il voulut bénir Essav, car la qualité de guevoura indique les paroles de Torah, comme il est dit (Meguila 31a) : "Ainsi Moché l'entendit de la bouche de la Guevoura" ; il dit donc : "Que le jugement perce la montagne." Il n'avait donc pas la force d'agir contre le jugement et voulut bénir Essav parce qu'il était l'aîné. Mais le Nom béni soit-Il soutient des mains pures, car les mains sont les branches du cœur ; son cœur était pur et raffiné, et Il arrangea la chose afin qu'il bénit Yaakov sans le savoir.
C'est à cela que se rapporte : "Tu soutiens mon lot" (Tehilim 16,5). Et dans Sod Yesharim sur la Torah, de manuscrit saint, parachat Vayetze, s.v.
"Vayetze" [2] : notre père Yitshak avait pour qualité essentielle que l'homme se restreigne, et il restreignait ainsi sa sainteté afin qu'elle ne s'étende qu'au lieu qui convient. C'est pourquoi le Nom béni soit-Il lui montra, lorsqu'il voulut bénir Essav, qu'il faut une restriction dans chaque détail de l'acte, et lui montra que, sans le savoir, il n'avait béni que Yaakov, etc.
Voir encore plus loin, parachat Vayehi, ot 40, 41 et 42.] Et c'est semblable à ce qui est dit dans le Talmud (Avoda Zara 17a) : Rabbi Hanina et Rabbi Yonatan marchaient sur la route et arrivèrent à deux chemins, l'un passait devant une entrée d'idolâtrie et l'autre devant une entrée de maison de prostitution. L'un dit à son compagnon : "Allons par l'entrée de l'idolâtrie, car son inclination est égorgée." L'autre lui dit : "Allons par l'entrée de la maison de prostitution, contraignons notre inclination et recevons une récompense." Ce sont deux contraires : l'un ne voulut pas entrer dans le doute ni recevoir la récompense, et l'autre voulut entrer dans les clarifications, dans un grand service et des restrictions.
[Note : ce sujet est expliqué dans Mei HaShiloah, partie 2, parachat Yitro, s.v. "Lo tishtahavé" : il est dit dans la Guemara (Avoda Zara 17b) : "L'autre lui dit : allons par l'entrée de la maison de prostitution, contraignons notre inclination et recevons une récompense, etc.
Il lui dit : d'où le sais-tu ?" Rachi, que sa mémoire soit une bénédiction, explique : "D'où le sais-tu ?" Sur quoi t'appuies-tu pour venir ici sans craindre le mauvais penchant ? Cela prouve qu'il est interdit à l'homme de se mettre à l'épreuve, même s'il vise ainsi à accroître la gloire du Ciel en dominant son penchant ; c'est le sens de "vous ne les servirez pas".
Rabbi Hanina et Rabbi Yonatan étaient différents, car ils étaient assurés que les paroles de Torah qui étaient en eux les garderaient, comme conclut la Guemara. C'est sur cela que l'un s'appuya ; il ne passa pas devant l'entrée de l'idolâtrie parce qu'il est écrit : "Ne t'approche pas de l'entrée de sa maison", que nous rapportons à l'idolâtrie, comme il est dit dans les Tossafot (ibid., s.v.
"Nezil"). Le premier préférait passer devant l'entrée de l'idolâtrie plutôt que de se mettre à l'épreuve.
Voir plus loin, parachat Vayishlah, ot 4, s.v. "Oukhedeita".] C'est le sens de ce qui est dit : "Il rencontra le lieu" (Berechit 28,11), comme l'enseigne le Midrach Rabba (Vayetze 68) : pourquoi donne-t-on au Saint béni soit-Il le nom de Lieu (Makom) ?
Parce qu'Il est le lieu du monde et que le monde n'est pas Son lieu. Car le Nom béni soit-Il n'a pas besoin de Son monde, mais tous les mondes ont besoin de Lui.
Notre père Yaakov rencontra lui aussi le Lieu : sa qualité était de s'écarter du doute ; il ne se mettait pas dans les doutes et ne voulait ni eux ni leur récompense, car il n'en avait pas besoin, était lié au Nom béni soit-Il, et sa forme était gravée sur le Trône de gloire. [Note : Beit Yaakov hakolel, parachat Vayetze, s.v.
"Vayetze" [1].]
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה. אשרי שאל יעקב בעזרו שברו על ה' א-להיו (תהילים קמ״ו:ה׳).
והיינו, מי שמכניס עצמו תחת מדת יעאע"ה, כי מדת יעקב אבינו היתה, כמו דאיתא בזוה"ק (קדושים פו.) קוב"ה קרא ליעקב אל הה"ד לפני לא נוצר אל. כי מדת אאע"ה היה, אחר שהכיר כי השי"ת הוא הבורא, ממילא מתחייב מזה שיעזוב האדם כל חמדות עוה"ז ויבטל כל הרצונות שלו מפני רצון השי"ת, וזה הוא שתיקן תפלת שחרית, היינו בבקר, כשיעמוד האדם ממשכבו, קודם שיתחיל עוד לעסוק בעניני עוה"ז, צריך להמליך עליו את השי"ת.
ומדת יצחק היה, שירגיש איך השי"ת נמצא בתוך לבו. ומדת יעקב אבינו היה, שלא יעשה מעשה שתצטרך לבירור אחר עשייתו, רק קודם שעשה כל דבר, היה מפלס כל דרכיו להשכיל איך הוא בשרש רצון השי"תלטכמו שהביא במי השלוח ח"א פרשת ויחי ד"ה ויאמר:
האלקים הרועה אותי מעודי עד היום הזה, היינו בכל פרט מעשה שאני עושה, אני צריך שהש"י יאיר עיני איך הוא רצונו ית'. ועיין בתפארת החנוכי על זהר ויחי (דף רכב.) ד"ה תניא:
ויעקב אבינו, לפי שהיו כל מעשיו מבוררים בשעת הפעולה, וכדאיתא בזוה"ק קדושים (פו.) קוב"ה קרא ליעקב אל הה"ד לפני לא נוצר אל. וכמו שביאר כאאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה שיעקב אבינו לא עשה שום דבר שיוצרך לבירורים אח"כ, ורק שבירר פעולותיו שיהיו מבוררים ומזוככים בשעת הפעולה.
וזה פירוש, לפני לא נוצר אל, שאינו מקבל השפעת חסדים בלא אור השי"ת. וזה לפני, שלא נוצר לפני האור שום חסד מצד יעקב אבינו.
לקמן פ' ויחי אות ז, אות יח ד"ה וכל מדה.. והנה זאת המדה היא הגדולה שבכל מדות האבות, כי מדות האבות התעוררו הארת אור השי"ת כמו שהיה התחלת הרצון מבריאת העולם, כי אז היה ניכר מפורש הארת אור השי"ת.
אכן אח"כ נתיישנה זו ההכרה המפורשת ונתהווה בהבריאה הסתר וצמצום, עד שבאו האבות לעולם אברהם ויצחק, ואצלם היה ההשגה בשכל. אף כי השכל הוא למעלה מהמעשה, כי עבודה הוא בלב והתפיסה והשכל הוא בהמוח, אכן ע"י עבודה יוכל להגיע למעלה מהראש, כי הידים אף שהם ענפי הלב, ויכול האדם להגביה אותם למעלה מהראש על ידי שפועל בהם פעולות מעשי המצות.
ויעקב היה משיג בכל פעולה שהיה מכליל אף כלי פעולותיה בדעה ושכל, כמ"ש וישא יעקב רגליו, היינו שהגביה גם כח רגליו לכללם בדעה והשכלמעיין לקמן פרשת ויחי אות מא, בית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ויצא [ב].:
"Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran" (Berechit 28,10). "Heureux celui dont le D.ieu de Yaakov est son aide, dont l'espoir est en ה', son D.ieu" (Tehilim 146,5).
Cela désigne celui qui s'introduit sous la qualité de notre père Yaakov : la qualité de notre père Yaakov était, comme il est dit dans le saint Zohar (Kedoshim 86a) : "Le Saint béni soit-Il appela Yaakov El, ainsi qu'il est écrit : 'Avant Moi nul El n'a été formé.'" La qualité de notre père Avraham était qu'après avoir reconnu que le Nom béni soit-Il est le Créateur, il s'ensuit que l'homme doit abandonner tous les attraits de ce monde et annuler toutes ses volontés devant la volonté du Nom béni soit-Il. C'est pourquoi il institua la prière de Shaharit : le matin, lorsque l'homme se lève de son lit, avant de commencer à s'occuper des affaires de ce monde, il doit faire régner sur lui le Nom béni soit-Il.
La qualité de Yitshak était de sentir comment le Nom béni soit-Il se trouve dans son cœur. La qualité de notre père Yaakov était de ne pas faire une action qui requerrait une clarification après l'avoir accomplie ; avant toute chose, il pesait tous ses chemins pour comprendre comment elle était dans la racine de la volonté du Nom béni soit-Il.
[Note : comme Mei HaShiloah, partie 1, parachat Vayehi, s.v. "Vayomer", l'apporte : "Le D.ieu qui m'a fait paître depuis mon enfance jusqu'à ce jour" - dans chaque détail de l'acte que je fais, il faut que le Nom béni soit-Il éclaire mes yeux sur ce qu'est Sa volonté, qu'Il soit béni.
Voir Tiferet HaHanoukhi sur le Zohar, Vayehi (222a), s.v. "Tania" : notre père Yaakov, parce que toutes ses actions étaient clarifiées au moment de l'action, comme il est dit dans le saint Zohar, Kedoshim (86a) : "Le Saint béni soit-Il appela Yaakov El, ainsi qu'il est écrit : 'Avant Moi nul El n'a été formé.'" Ainsi l'a expliqué mon père, mon maître, le Rav, le Gaon saint, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir : Yaakov ne fit aucune chose qui requerrait des clarifications ensuite ; il clarifiait seulement ses actions afin qu'elles soient clarifiées et raffinées au moment de l'action.
Tel est le sens de "Avant Moi nul El n'a été formé" : il ne recevait aucun influx de hassadim sans la lumière du Nom béni soit-Il. "Avant Moi" signifie qu'avant la lumière aucun hassed ne se formait du côté de notre père Yaakov.
Voir plus loin, parachat Vayehi, ot 7 et ot 18, s.v. "Vekhol midah".] Cette qualité est la plus grande de toutes les qualités des Patriarches, car les qualités des Patriarches éveillaient l'illumination de la lumière du Nom béni soit-Il telle qu'était la volonté initiale lors de la création du monde, lorsque l'illumination de la lumière du Nom béni soit-Il était alors manifestement reconnaissable.
Mais ensuite cette reconnaissance manifeste s'usa, et dans la création se produisirent dissimulation et restriction, jusqu'à ce que les Patriarches, Avraham et Yitshak, vinrent au monde ; chez eux, la connaissance était dans l'intellect. Bien que l'intellect soit au-dessus de l'action, car le service est dans le cœur tandis que la saisie et l'intellect sont dans le cerveau, l'homme peut, par le service, parvenir au-dessus de sa tête : les mains, bien qu'elles soient les branches du cœur, il peut les élever au-dessus de sa tête en opérant par elles les actions pratiques des mitsvot.
Yaakov saisissait, dans chaque action, et incluait même les kelim de ses actions dans la connaissance et l'intellect, comme il est écrit : "Yaakov leva ses pieds" (Berechit 29,1) ; il éleva même la force de ses pieds afin de les inclure dans la connaissance et l'intellect. [Note : voir plus loin, parachat Vayehi, ot 41 ; Beit Yaakov hakolel, parachat Vayetze, s.v.
"Vayetze" [2].]
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה. פתח התנחומא (בזו הפרשה) ילמדנו רבינו ההורג את הנפש בשגגה להיכן היה גולה כו' ויעקב אבינו גלה לחרן בורח בנפשו ונתיירא שלא יהרוג אותו הרשע עשו אחיו, כיון שראהו הקב"ה בצרה נגלה עליו בחלום כו'.
הענין שמדמה המדרש גלות יעקב אבינו להורג נפש בשגגה הוא, כי דם היינו פירוד שמפריד את הנפש מהגוף, ובמהות הארץ יש בה גם פסולת, ואף שיש בה גם טובות כי היא מצמחת כל הטובות, אבל יש בה גם פסולת ופירוד, ולכן אם ישפך ויגיע עליה דם ומתחברים יחד, הפירוד שנמצא בארץ והדם שהוא ג"כ פירוד, אז תוססת הארץ וצועקת ואינה שותקת, כדכתיב (מסעי לה) ולארץ לא יכופר וגו' כי אם בדם שופכו. והוא כי הארץ לית לה עיינין להבחין בין שוגג למזיד ובין טוב לרע, ולכן יתחייב מכחה אף מי שהרג בשוגג, כי אינה מבחנת בין שוגג למזיד.
ולזה מחוייב האדם ההורג שוגג לברוח לערי מקלט, שם הוא מקום הקדושה ומקום העבודה של הכהנים והלוים (וכמש"י כל הענין בפ' מסעי)מאכמבואר בתפארת יוסף פרשת האזינו ד"ה האזינו [ה]: כמו שמצינו שאצל הארץ נאמר (במדבר ל״ה:ל״ג) ולארץ לא יכופר לדם אשר שפך בה כי אם בדם שופכו, שאינה מבחנת בין שוגג למזיד, ואצל ערי מקלט שהכהנים והלוים הרעישו כ"כ בעבודתם עד שהכניסו עיינין בהארץ שתבחין בין שוגג למזיד.:
"Yaakov sortit de Béer Cheva et alla vers Haran" (Berechit 28,10). Le Tan'houma ouvre, dans cette paracha : "Que nous enseigne notre maître ?
Celui qui tue une personne par erreur, où était-il exilé ?", etc. Notre père Yaakov s'exila à Haran, fuyant pour sa vie et craignant que son frère Essav le méchant ne le tue.
Lorsque le Saint béni soit-Il le vit dans l'affliction, Il se révéla à lui dans un rêve, etc. La raison pour laquelle le Midrach compare l'exil de notre père Yaakov à celui qui tue une personne par erreur est la suivante : le sang est une séparation, car il sépare l'âme du corps.
Dans l'essence de la terre aussi il y a du rebut ; elle possède certes des biens, puisqu'elle fait pousser tous les biens, mais elle possède aussi du rebut et de la séparation. Aussi, lorsqu'un sang est versé et atteint la terre, et qu'ils se joignent, la séparation qui se trouve dans la terre et le sang, qui est lui aussi une séparation, la terre bouillonne alors, crie et ne se tait pas, comme il est écrit : "La terre ne recevra pas d'expiation pour le sang versé sur elle, si ce n'est par le sang de celui qui l'a versé" (Bemidbar 35,33).
La terre n'a pas d'yeux pour distinguer entre l'involontaire et le volontaire, entre le bien et le mal ; c'est pourquoi, par sa force, même celui qui a tué involontairement devient coupable, car elle ne distingue pas entre l'involontaire et le volontaire. C'est pourquoi celui qui a tué involontairement doit fuir vers les villes de refuge : c'est là le lieu de la sainteté et le lieu du service des kohanim et des leviim, comme sera expliqué tout le sujet dans la parachat Massei.
[Note : comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Haazinou, s.v. "Haazinou" [5] : ainsi trouvons-nous qu'au sujet de la terre il est dit (Bemidbar 35,33) : "La terre ne recevra pas d'expiation pour le sang versé sur elle, si ce n'est par le sang de celui qui l'a versé" ; elle ne distingue pas entre l'involontaire et le volontaire.
Aux villes de refuge, les kohanim et les leviim faisaient tant de tumulte dans leur service qu'ils donnaient des yeux à la terre pour qu'elle distingue entre l'involontaire et le volontaire.]
Ce passage poursuit : après les bénédictions, Essav se sépare entièrement de la sainteté d'Its'hak, comme l'âme du corps, et Yaakov est exilé à 'Haran. « Yaakov sortit de Bé'er Cheva et alla vers 'Haran » (Berechit 28,10). Its'hak veut bénir Essav, pensant que Yaakov clarifie tous ses vêtements et en extrait la lumière. Selon le Beit Yaakov, le Nom établit que, si la chose est difficile à clarifier, l'Assemblée d'Israël ne s'attarde pas en exil pour elle : « Vous n'en briserez aucun os » (Chemot 12,46) indique une rédemption avant le temps. Its'hak comprend alors que Yaakov ne prend que les vêtements qui ont un tikoun (réparation) ; le reste périt avec Essav.
Aussi : dans les voiles le Nom attache Israël à Lui par le rêve et les pierres unies ; Yirmeyah et Daniel ne louent D.ieu que selon leur appréhension ; l'exil parmi les nations fait sortir la gloire du Ciel et des convertis.
וכענין הזה היה ג"כ ביעקב עם עשו, כי מקודם שקיבל יעקב את הברכות היה לעשו עוד איזה חבור ודביקות בקדושת יצחק, ולאחר שקיבל יעקב את הברכות אז נתפרד עשו לגמרי מהקדושה מכל וכל. וזהו כגוונא דהורג נפש, שמפריד הנפש מהגוף, כן הוא הפריד את עשו מהקדושה, ולכן גלה לחרןמבנתבאר ענינו בנאות דשא למרן מביסקיביץ זי"ע פרשת ויצא ד"ה ויצא [א]:
אך העניין הוא כך, כי בתחילה היה עשו צד את יצחק בפיו, שהיה שואל אותו איך מעשרין התבן ואת המלח, כדי שידמה ליצחק שהוא צדיק. אך עתה שקיבל יעקב הברכות, ונודע ליצחק שעשו רשע, אמר עשו בלבו, עתה אעשה כל הרעות באתגליא.
וזה דכתיב, יקרבו ימי אבל אבי, ואמר המדרש, אקרב אבלו של אבא, והאיך יתכן זה, הלא עשו זהיר בכבוד אבותיו. אלא בזה שיעשה כל הרעות באתגליא, בזה יקרב מיתת יצחק.
ודבר זה היה יעקב גורם, לזה צוותה אותו לברוח לחרן.. ובדרך נגלה עליו הקב"ה בחלום, להראות שאף בשינה שאין בו דעת אז הוא גם כן מחובר להשי"תמגכמבואר לקמן פרשה זו אות יט, כב..
וזאת הבין יעקב אבינו ע"ה מזה שראה שמכל האבנים נעשה אבן אחת, כי בעלמא דפרודא הוא כל בריה משגחת על עצמה ואינה משגחת על חברתה, וכאן נתאחדו האבנים ונעשה מהן אבן אחת, מוכח מזה שהשי"ת שהוא אחד יחיד בעולם שוכן עליהם ומזה הם מתאחדים. ומזה הבין וראה, שהוא מתאחד ומחובר בהשי"ת.
וכן השי"ת מתנהג תמיד בכל הסתרות וחשכת הטלטולים, נותן לישראל נשיאת ראש על ידי חלום, כמו יוסף הצדיק אצל פרעה שהלך וגדל על ידי חלום, וכן דניאל אצל נבוכדנצר, וכל זה הוא להראות שאף בכל הטלטולים והסתרות יש בעומק חיבור ודביקות לישראל עם השי"ת, והקב"ה ברוב רחמיו שולח לנו הארה מועטת להתחזק בה לבל להתייאש ח"ו מכל וכל. כי הן אמת הוא שמצד עתיקא קדישא הוא, הנה לא ינום ולא ישן שומר ישראל, וכדאיתא בזוה"ק (נשא קכט:) שעיינין דעתיקא רומזין לנוני ימא דלית לון כסותא על עינא ולית גבינין על עינא, וכל ההסתרות הם רק מצד זעיר אנפין מסטרא דילן לפי תפיסתנו.
ואף שזו התפיסה נראה שאינה אמת בעומק, אכן כיון שהשי"ת העמיד ברצונו שתהיה זו ההנהגה בעולם, שלפי תפיסת הברואים יראה העוה"ז הסתר וחשך, מוכח מזה שגם זה הוא אמת, כיון שרצונו הוא שתמצא זאת בעולם. וכענין דאיתא (יומא סט:) ירמיה לא אמר נורא דניאל לא אמר גבור מפני שאמרו איה הן נוראותיו ואיה הן גבורותיו כו' והאיך עבדי הכי ועקרי תקנתא דתקין משה כו' מתוך שיודעין בהקב"ה אמתי הוא לפיכך לא כזבו בו, היינו שאמרו רק לפי תפיסתם שהיתה להם אז ולא חנפו אותו, כי כן הוא רצונו ית', עד שאח"כ האיר השי"ת לעיני אנשי כנה"ג הארה מעתיקא, ואז אמרו הן הן גבורותיו והן הן נוראותיומדביאור העניין בתפארת החנוכי על זוהר פרשת ואתחנן (רס.) ד"ה אתה החלות:
בכל הדברים שאדם אומר בתפלה זכה ובשבח השי"ת, אינו יכול לשבח רק אם נמצא בו מאור הש"י מה שרואה. וכדאיתא ביומא (סט:) שמשה אמר האל הגדול הגבור והנורא, וירמיה לא אמר נורא, נכרים מקרקרין בהיכלו, איה נוראותיו.
ודניאל אמר, נכרים משתעבדים בבניו, איה גבורותיו, לא אמר גבור. וכנסת הגדולה החזירו עטרה ליושנה לפי שראו גבורותיו ונוראותיו.
וכמו שביאר בענינו כאאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה. והש"ס מסיים שם, ורבנן היכי עבדי הכי ועקרי תקנתא דתקין משה, אמר רבי אלעזר, מתוך שיודעין בהקדוש ברוך הוא שאמתי הוא, לפיכך לא כיזבו בו.
ואף שידעו שמשה אמת ותורתו אמת, והש"י הוא גדול וגבור ונורא, אבל איך יאמרו בתפלה שבח הש"י מה שלא נמצא בתוך לבם ראיה והבנה מפורשת. והרי גם גדול גבור ונורא אין ערוך לשבחו, אלא שזה אמר משה שכל כך ראה, וזה הוא השלימות בעולם שלשה מדות אלו, כשאדם משיגם בהתבוננות רוממותו וכו'.
עיי"ש.. ומה דאיתא באדרא זוטא (רצ.) דעתיקא קדישא וזעיר אנפין הוא כלא חד מלה, כל זה הוא רק מצד עתיקא נכלל בה גם זעיר אנפין, כי יש בכלל מאתים מנה, אבל מצד זעיר אנפין הוא עולם בפני עצמו, היינו שבאמת נמצא בעוה"ז גלות והסתר, כי כן רצה השי"ת, רק הקדוש ב"ה ברוב רחמיו וחסדיו מאיר הארה מאורו הזך בכל הסתרות כמו על ידי חלומות (וכמבואר לעיל)מהכמו שמבואר במי השלוח ח"ב מסכת כתובות (ה.) ד"ה השיב:
רבי חייא מצדו הכיר שבכל הסתר אפילו היותר גדול גם כן יש חסד אל כל היום, וכדאיתא באדרא רבא (נשא קכט.) שבאור עתיקא קדישא לית שמאלא בהאי עתיקא סתימאה כלא ימינא, ובאמת הכל משורש מלא חסד ורחמים ואף מה שנזכר שם באדרא רבא וזוטא דבזעיר אפין אית שמאלא גם כן, אכן משורש הכל הוא רב חסד כדאיתא (שם קמא.) עתיקא דעתיקין וזעיר אפין כלא חד וכו'.:
Il en fut de même de Yaakov avec Essav: avant que Yaakov ne reçoive les bénédictions, Essav gardait encore quelque lien et attachement à la sainteté d'Its'hak; mais après que Yaakov eut reçu les bénédictions, Essav se sépara absolument et entièrement de la sainteté. C'est comme celui qui tue une personne et sépare l'âme du corps: ainsi Yaakov sépara Essav de la sainteté; c'est pourquoi il fut exilé à 'Haran.
Cela est expliqué dans Naot Deshe, de notre maître de Biskovitz, que son mérite nous protège, parachat Vayetze, s.v. Vayetze [a]: Mais voici l'affaire.
Au début, Essav chassait Its'hak par sa bouche: il lui demandait comment on prélève la dîme sur la paille et sur le sel, afin de paraître juste aux yeux d'Its'hak. Mais à présent que Yaakov a reçu les bénédictions et qu'Its'hak a su qu'Essav était un impie, Essav se dit: Désormais, je ferai ouvertement toutes les mauvaises actions.
C'est ce qui est écrit: "Les jours de deuil de mon père approcheront" (Genèse 27,41); et le Midrach dit: "Je rapprocherai le deuil de mon père." Comment cela est-il possible, puisque Essav était soigneux de l'honneur de ses parents? Mais en faisant ouvertement toutes les mauvaises actions, il rapprochera la mort d'Its'hak.
Yaakov en fut la cause; c'est pourquoi elle lui ordonna de fuir à 'Haran. En chemin, le Saint, béni soit-Il, se révéla à lui en rêve, afin de montrer que même dans le sommeil, où il n'y a pas de connaissance, il est néanmoins attaché au Nom.
Comme cela est expliqué plus loin dans cette paracha, paragraphe 19, note 22. Yaakov notre père, de bénie mémoire, comprit cela en voyant que de toutes les pierres fut faite une seule pierre.
Car dans le monde de la séparation (alma de-perouda), chaque créature veille sur elle-même et ne veille pas sur son semblable; mais ici les pierres s'unirent et devinrent une seule pierre. Cela prouve que le Nom, Un et unique au monde, réside sur elles, et que c'est de Lui qu'elles s'unissent.
Il comprit et vit par là qu'il était uni et attaché au Nom. Ainsi le Nom se conduit toujours dans tous les voiles et l'obscurité des errances: Il donne à Israël l'élévation de la tête par le rêve, comme Yosef le Juste auprès de Pharaon, qui avança et grandit par le rêve, et de même Daniel auprès de Nevoukhadnetsar.
Tout cela est pour montrer que même dans toutes les errances et tous les voiles il y a, en profondeur, union et attachement d'Israël au Nom; et le Saint, béni soit-Il, dans Sa grande miséricorde, nous envoie une faible illumination pour nous y fortifier, afin que nous ne désespérions pas, à D.ieu ne plaise, absolument et entièrement. Car il est vrai que du côté de Atika Kadicha (l'Ancien saint), il est dit: "Voici, le gardien d'Israël ne sommeille ni ne dort" (Psaumes 121,4).
Le saint Zohar (Nasso 129a) dit que les yeux de l'Atika font allusion aux poissons de la mer, qui n'ont ni couverture sur l'œil ni sourcils sur l'œil. Tous les voiles ne viennent que du côté de Zeir Anpin, de notre côté, selon notre appréhension.
Même si cette appréhension semble ne pas être vraie en profondeur, puisque le Nom a établi dans Sa volonté que telle soit la conduite du monde, que selon l'appréhension des créatures ce monde-ci paraisse voilé et obscurité, il s'ensuit que cela aussi est vrai, puisque Sa volonté est que cela se trouve dans le monde. C'est dans le sens de ce qui est rapporté (Yoma 69b): Yirmeyah ne dit pas "redoutable" et Daniel ne dit pas "puissant", parce qu'ils dirent: Où sont Ses actes redoutables, et où sont Ses puissances? etc.
Comment purent-ils agir ainsi et abolir la formule qu'avait instituée Moché? Parce qu'ils savaient que le Saint, béni soit-Il, est véridique, ils ne mentirent donc pas à Son sujet.
C'est-à-dire qu'ils ne dirent que ce qui correspondait à leur appréhension d'alors et ne Lui firent pas de flatterie, car telle était Sa volonté, que Son nom soit béni. Puis le Nom illumina les yeux des Hommes de la Grande Assemblée d'une illumination provenant de l'Atika, et ils dirent alors: "Ce sont bien là Ses puissances, ce sont bien là Ses actes redoutables." Explication de cela dans Tiferet Ha'Hanokhi sur le Zohar, parachat Vaet'hanan (260a), s.v.
Ata ha'hilota: Dans toutes les paroles qu'un homme dit dans une prière pure et dans la louange du Nom, il ne peut louer que s'il y trouve la lumière du Nom qu'il voit. Comme il est rapporté dans Yoma (69b): Moché dit: "le D.ieu grand, puissant et redoutable"; Yirmeyah ne dit pas "redoutable": des étrangers vocifèrent dans Son sanctuaire, où sont Ses actes redoutables?
Et Daniel dit: des étrangers asservissent Ses fils, où sont Ses puissances? Il ne dit pas "puissant".
Les Hommes de la Grande Assemblée remirent la couronne dans son état premier, parce qu'ils virent Ses puissances et Ses actes redoutables. Comme l'expliqua à ce propos mon maître, mon père, le rav, le gaon et le saint, de bénie mémoire.
La Guemara conclut là-bas: Comment les sages purent-ils agir ainsi et abolir la formule instituée par Moché? Rabbi Elazar dit: Parce qu'ils savaient que le Saint, béni soit-Il, est véridique, ils ne mentirent donc pas à Son sujet.
Bien qu'ils sussent que Moché est vérité, que sa Torah est vérité, et que le Nom est grand, puissant et redoutable, comment auraient-ils pu dire dans la prière une louange du Nom dont ils ne trouvaient pas dans leur cœur une vision et une compréhension explicites? Même "grand, puissant et redoutable" n'est pas à la mesure de Sa louange; mais Moché dit cela selon tout ce qu'il avait vu, et ce sont les trois attributs de perfection dans le monde, lorsque l'homme les saisit dans la contemplation de Son exaltation, etc.
Voir là-bas. Quant à ce qui est rapporté dans l'Idra Zouta (290a), que Atika Kadicha et Zeir Anpin sont entièrement une seule chose, cela n'est que du côté de l'Atika, qui inclut aussi Zeir Anpin, car dans deux cents est inclus cent.
Mais du côté de Zeir Anpin, c'est un monde en soi: c'est-à-dire qu'il y a réellement dans ce monde-ci exil et voile, car telle fut la volonté du Nom. Seulement, le Saint, béni soit-Il, dans Sa grande miséricorde et Sa bonté, fait luire une illumination de Sa lumière pure dans tous les voiles, par exemple au moyen des rêves, comme expliqué plus haut.
Comme il est expliqué dans Mei HaChiloa'h, tome II, traité Ketoubot (5a), s.v. Heshiv: Rabbi 'Hiya, de son côté, reconnut que dans tout voile, même le plus grand, se trouve aussi "une bonté qui dure tout le jour" (Psaumes 52,3).
L'Idra Rabba (Nasso 129a) dit en effet: Dans la lumière de Atika Kadicha, il n'y a pas de gauche dans cet Atika caché, tout est droite. En vérité, tout tire sa racine, pleine de bonté et de miséricorde.
Même ce qui est dit là dans l'Idra Rabba et l'Idra Zouta, que dans Zeir Anpin il y a aussi une gauche, à la racine de tout se trouve néanmoins une grande bonté, comme il est dit (ibid. 141a): Atika des Atikin et Zeir Anpin sont entièrement un, etc.
ויצא יעקב מבאר שבע וילך חרנה. פתח התנחומא (בזו הפרשה) ילמדנו רבינו ההורג את הנפש בשגגה להיכן היה גולה כו' לערי מקלט כו' ויעקב אבינו גלה לחרן בורח בנפשו כו' כיון שראהו הקב"ה בצרה נגלה עליו בחלום כו' כיון שראו האבנים כו' נמחו כולם ונעשו אבן אחת.
הענין שרצה יצחק לברך את עשו, וכי לא ידע שעשו צריך להתברר על ידי יעקב שהוא אור, וכל פעולה צריכה לילך ע"י אור. אכן יצחק אבינו היה סובר שיעקב יצטרך לברר כל הלבושים של עשו, ועד כמה שיהיה בכחו לברר ולהוציא יהיה מוכרח להוציא מהם אור, ואז אחר שיתבררו כל הלבושים של עשו לטוב, אזי ממילא יהיה הוא הגדול.
אבל באמת העמיד השי"ת שבאם קשה הדבר להתברר לטוב אזי לא יחפצו כנסת ישראל אותה, כי אינה כדאית להתעכב אף רגע אחד בתוך הגלות בשביל זה, ועל זה מרמז המצוה ועצם לא תשברו בו (וכמש"נ לעיל). כי היציאה ממצרים היה באמת עדיין לפני הזמן, והא ראיה כי אומה שנאבדת בזמנה אזי השי"ת במנוחה ושמח על אבדם, וכדאיתא בזוה"ק (נח סד:) ה' למבול ישב בלחודוי כו' ושיצי עלמא ונח רוגזיה, וכדאיתא (נח סא:) בשעתא דאתעביד דינא דחייביא חדוון ותושבחן קמיה כו' והני מילי כד מטא זמנא כו' ולכן ישב אז בנייחא.
ועל מצרים איתא (סנהדרין לט:) מאי דכתיב ולא קרב זה אל זה כל הלילה, בקשו מלאכי השרת לומר שירה לפני הקב"ה, אמר להן הקב"ה מעשי ידי טובעין בים ואתם אומרים שירה לפני, וכדאיתא עוד (שם) מפני מה לא נאמר בהודאה זו כי טוב לפי שאין הקב"ה שמח במפלתן של רשעים, וכל זה הוא מפני שהיה קודם זמנא, והיינו שהיו יכולים להוציא עוד משם, כמו שכל זמן שהפרי מתגדלת נתוסף ונעשה מהקליפה ג"כ פרי, כן ע"י אריכות הטלטולים מוציאין ישראל עוד קדושה שנמצא שם, וכדאיתא (פסחים פז:) צדקה עשה הקב"ה בישראל שפזרן לבין העכו"ם, ואיתא עוד (שם) לא הגלה הקב"ה את ישראל לבין העכו"ם אלא כדי שיתוספו עליהם גרים. והענין הוא, כי כל אומה נבראת לכבודו יתברך שיצא מהם כבוד שמים רק שהם בהיפך, ובזה שישראל נכנסין לבין האומות, ומבררין איך נבנה גם מהם כבוד שמים והמכוון של השי"ת.
ובזה נמצא יקרות גדול, להבין ולהוציא כבוד שמים גם בההיפךמונתבאר במי השלוח ח"ב תהלים (קמז) ד"ה בונה ירושלים: עיקר בנין ירושלים הוא בזמן הגלות שפזר השי"ת את ישראל בין העכו"ם שיקבלו כל הטובות מהם ולהכניסם לקדושה.
ומבואר בבית יעקב ויקרא פרשת צו אות א: כי בכל בנין המדרגות נבנים רק מפזרונם של ישראל, כמ"ש (פסחים פז:) לא הגלה הקב"ה את ישראל לבין העכו"ם אלא כדי שיתוספו עליהם גרים וכו' מאי דכתיב (שופטים ה׳:י״א) צדקת פרזונו בישראל, צדקה עשה הקב"ה בישראל שפזרן לבין העכו"ם וכו'.
והוא שמזה שישראל פזורים בין העכו"ם המלאים זדון ועכ"ז אינם שוכחים בהש"י, ומגבירים שכלם על תאוותם, ומוציאים בלעם מפיהם ומקרבין לקדושה וסובלים מזה, מזה יתברר לכל אחד ואחד מקומו ומדרגתו בקודש, זהו עצמו הוא בנין חומת ציון וירושלים. עיי"ש כל דבריו.
וכן בתפארת יוסף ראש השנה ד"ה והיה ביום ההוא: כי עיקר הגלות היה כמו שאיתא בש"ס (פסחים פז:) צדקת פרזונו צדקה עשה הקב"ה עם ישראל וכו' שיתוספו עליהם גרים.
והיינו כמו הזורע אשר זורע במפולת יד ותכלית כוונתו שיצמח מזה זריעה. וכמו כן יראה השי"ת לעתיד אשר תכלית כוונת הגלות הוא שיתוספו נפשות אצל ישראל.
עיין עוד בית יעקב שמות פ' שמות אות ה, ט, פ' תרומה אות כז ד"ה מאדמים, תפארת יוסף פ' תצא ד"ה כי תצא, מס' תענית (ה.) ד"ה אמר, מס' מגילה (ט:) ד"ה וגם, לעיל פ' תולדות אות מט ד"ה לתת לך, לקמן פ' וישב אות כ.. וע"ז מרמז הקרבן פסח שהקריבו ישראל ביציאתם ממצרים, כי הפסח בא מן הצאן והוא הדחלא של מצרים (וכמש"י במקומו)מזעיין העניין בבית יעקב שמות פרשת בא אות מא..
והיו יכולין להוציא עוד כבוד שמים ממצרים, רק שהשי"ת אמר שיותר מזה אינו כדאי להמתין עוד, לפי שלוחצים ומציקין מאד לישראל, ואז הקב"ה מאבדם אף קודם הזמן, וכדאיתא בזוהר הקדוש (נח סא:). וזהו שצונו השי"ת שלא לשבור בו עצם, לרמז בזה שהגאולה הוא קדם זמנא, כמו העצם שנמצא בתוכו מוח, ואם ישברו אותו יוכלו להוציא את המוח, כן במצרים נמצא עוד קדושה, שאם יתעכבו יוכלו עוד להוציא, אך שאינו כדאי להמתין ולהתעכב עבור זה בגלות עודמחעיין הרחבת העניין בבית יעקב שמות פרשת בא אות נה, ועיין עוד לעיל פ' תולדות אות לט, לעיל פרשה זו אות ג, לקמן פ' וישב אות יח, ספר הזמנים – הגדה של פסח עניין פסח אות א..
וזאת לא ידע יצחק, והיה סובר שיעקב יהיה מוכרח להוציא כל מה שיוכל להוציא ולברר להקדושה מהנמצא בהלבושים של עשו, וממילא יתכלל לגמרי לטוב, כי בטח נמצא אצל השי"ת בירור נגד כל הלבושים שבעולם, ואף להרחוקים ביותר. ומזה שהזדמן השי"ת לידו שבא אצלו אבינו יעקב מלובש בלבושי עשו לקבל את הברכות, הבין מזה שלא כן כאשר נדמה לו מקודם, רק שיעקב לא יצטרך לברר וללבן כל הלבושים של עשו לגמרי, רק שיש לבושים שאינם כדאי שיסבול מהם יעקב, ואף שנמצא בהם ג"כ מאכל יאבדו גם הם גם המאכל הנמצא בהם.
וכענין שמצינו בגמרא (ברכות ה:) שאמרו רבי חייא בר אבא ורבי יוחנן לא הן ולא שכרן. רק הלבושים של עשו שהיה להם תיקון, אותם נטל יעקב ממנו וקיבל בהם את הברכותמטעיין במי השלוח ח"א פרשת תולדות בגליון אות י:
וזה היה דעת יצחק כי עשו מברר את זאת, כי באמת ראה כל מעשיו ורצה לברכו, ולפי שעל הלבוש לא היו מעשיו מפוארים לכן צוה שיכניסו להסתר וממילא כאשר יברכו אז יהיה כל מעשיו טובים. וזה היה ברצון השי"ת שבזה הכונה יברך את יעקב, כי באם היה מברך את יעקב בדעת לא היה מברכו בדעה הזאת, אבל עתה כאשר יאונה מעשה לישראל שלא מדעת הוא גם כן טובה.
עיין לעיל פרשת תולדות אות לג ובהערה קל שם, אות לד., והלבושין שנשארו עוד אצל עשו לא הוצרך לו ליעקב שיתקן אותם והלכו עמו לאבדון:
"Yaakov sortit de Bé'er Cheva et alla vers 'Haran" (Genèse 28,10). Le Tan'houma ouvre, dans cette paracha: Que nous enseigne notre maître?
Celui qui tue une personne involontairement, où était-il exilé? etc. Dans les villes de refuge, etc.
Yaakov notre père fut exilé à 'Haran, fuyant pour sa vie, etc. Lorsque le Saint, béni soit-Il, le vit dans la détresse, Il se révéla à lui en rêve, etc.
Lorsque les pierres le virent, etc., toutes s'effacèrent et devinrent une seule pierre. L'affaire est qu'Its'hak voulut bénir Essav.
Ne savait-il pas qu'Essav devait être clarifié par Yaakov, qui est lumière, et que toute action doit passer par la lumière? Mais Its'hak notre père pensait que Yaakov devrait clarifier tous les vêtements d'Essav; et dans la mesure où il aurait la force de les clarifier et d'en faire sortir, il serait contraint d'en faire sortir de la lumière.
Alors, après que tous les vêtements d'Essav auraient été clarifiés vers le bien, il serait de lui-même le grand. Mais en vérité le Nom a établi que, si la chose est difficile à clarifier vers le bien, l'Assemblée d'Israël (Knesset Israël) ne la désire pas, car il ne vaut pas la peine de s'attarder ne fût-ce qu'un instant de plus dans l'exil à cause d'elle.
À cela font allusion le commandement et le verset: "Vous n'en briserez aucun os" (Exode 12,46), comme il a été expliqué plus haut. Car la sortie d'Égypte eut en vérité lieu avant le temps.
La preuve en est que, lorsqu'une nation est perdue à son heure, le Nom est en repos et se réjouit de sa perte, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Noa'h 64b): "H' s'assit seul pour le Déluge", etc.; Il détruisit le monde et Son courroux s'apaisa. Il est encore rapporté (Noa'h 61b): "À l'heure où le jugement est accompli sur les coupables, il y a joie et louanges devant Lui", etc.; et cela ne vaut que lorsque le temps est arrivé.
C'est pourquoi Il était alors assis en repos. Mais à propos de l'Égypte, il est rapporté (Sanhédrin 39b): Que signifie ce qui est écrit: "L'un ne s'approcha pas de l'autre durant toute la nuit" (Exode 14,20)?
Les anges serviteurs voulurent chanter devant le Saint, béni soit-Il; le Saint, béni soit-Il, leur dit: "L'œuvre de Mes mains se noie dans la mer, et vous chantez devant Moi?" Il est encore rapporté là-bas: Pourquoi n'est-il pas dit dans cette louange "car Il est bon"? Parce que le Saint, béni soit-Il, ne se réjouit pas de la chute des impies.
Tout cela est parce que c'était avant le temps: il était encore possible d'en extraire. De même que, tant que le fruit grandit, il s'ajoute et que même de l'écorce devient aussi un fruit, ainsi, par la prolongation des errances, Israël fait encore sortir la sainteté qui s'y trouve.
Comme il est rapporté (Pessa'him 87b): Le Saint, béni soit-Il, fit une charité à Israël en les dispersant parmi les nations; et il est encore rapporté là-bas: Le Saint, béni soit-Il, n'exila Israël parmi les nations que pour que des convertis s'ajoutent à eux. L'affaire est que toute nation fut créée pour Sa gloire, afin que la gloire du Ciel sorte d'elle; seulement, elles sont à l'inverse.
Aussi, Israël entre parmi les nations et clarifie comment, d'elles aussi, se construit la gloire du Ciel et le dessein du Nom. En cela se trouve une très grande valeur: comprendre et faire sortir la gloire du Ciel même de l'inverse.
Cela est expliqué dans Mei HaChiloa'h, tome II, Psaumes (147), s.v. Boneh Yerouchalayim: L'essentiel de la construction de Yerouchalayim se fait au temps de l'exil, lorsque le Nom disperse Israël parmi les nations afin qu'ils reçoivent tous les biens d'elles et les fassent entrer dans la sainteté.
Il est expliqué dans Beit Yaakov, Vayikra, parachat Tsav, paragraphe 1: Dans toute construction des degrés, ils ne sont construits que par la dispersion d'Israël, comme il est dit (Pessa'him 87b): Le Saint, béni soit-Il, n'exila Israël parmi les nations que pour que des convertis s'ajoutent à eux, etc. Que signifie ce qui est écrit: "La justice de Ses habitants dispersés en Israël" (Juges 5,11)?
Le Saint, béni soit-Il, fit une charité à Israël en les dispersant parmi les nations, etc. Cela signifie que, du fait qu'Israël est dispersé parmi les nations pleines de malveillance et que, malgré cela, ils n'oublient pas le Nom, font prévaloir leur intelligence sur leur convoitise, retirent la parole de Bilaam de leur bouche, rapprochent vers la sainteté et en souffrent, se clarifient par cela pour chacun et chacune sa place et son degré dans le saint.
Cela même est la construction de la muraille de Sion et de Yerouchalayim. Voir là-bas toutes ses paroles.
De même, dans Tiferet Yossef, Roch HaChana, s.v. Vehaya bayom hahu: L'essentiel de l'exil était comme il est dit dans le Talmud (Pessa'him 87b): "La justice de Ses habitants dispersés", le Saint, béni soit-Il, fit une charité à Israël, etc., afin que des convertis s'ajoutent à eux.
C'est comme le semeur qui sème à pleines mains et dont l'intention finale est que la semence pousse. Ainsi le Nom verra dans l'avenir que l'intention finale de l'exil est que des âmes s'ajoutent à Israël.
Voir encore Beit Yaakov, Chemot, parachat Chemot, paragraphes 5 et 9; parachat Terouma, paragraphe 27, s.v. Meodamim; Tiferet Yossef, parachat Tetse, s.v.
Ki tetse; traité Ta'anit (5a), s.v. Amar; traité Meguila (9a), s.v.
Vegam; plus haut, parachat Toledot, paragraphe 49, s.v. Latet lekha; plus loin, parachat Vayechav, paragraphe 20.
À cela fait allusion le sacrifice pascal qu'Israël offrit lors de sa sortie d'Égypte, car le Pessa'h vient du petit bétail et celui-ci était l'objet de crainte des Égyptiens, comme il sera expliqué à sa place. Voir l'affaire dans Beit Yaakov, Chemot, parachat Bo, paragraphe 41.
Ils pouvaient encore faire sortir de l'Égypte la gloire du Ciel; mais le Nom dit qu'au-delà de cela, il ne valait plus la peine d'attendre, parce qu'ils opprimaient et accablaient très fortement Israël. Alors le Saint, béni soit-Il, les perd même avant le temps, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Noa'h 61b).
C'est ce que signifie l'ordre que le Nom nous a donné de ne pas y briser un os: il indique que la rédemption est avant le temps. De même que l'os contient de la moelle et que, si on le brise, on peut en faire sortir la moelle, ainsi il restait encore de la sainteté en Égypte, que l'on aurait pu encore faire sortir en s'attardant; seulement, il ne valait pas la peine d'attendre et de s'attarder davantage dans l'exil pour cela.
Voir l'élargissement de la question dans Beit Yaakov, Chemot, parachat Bo, paragraphe 55; voir encore plus haut, parachat Toledot, paragraphe 39; plus haut dans cette paracha, paragraphe 3; plus loin, parachat Vayechav, paragraphe 18; Sefer HaZemanim - Haggada de Pessa'h, question de Pessa'h, paragraphe 1. Its'hak ne savait pas cela.
Il pensait que Yaakov serait contraint de faire sortir tout ce qu'il pourrait faire sortir et de clarifier pour la sainteté ce qui se trouvait dans les vêtements d'Essav; Essav serait alors de lui-même entièrement inclus dans le bien, car il y a assurément auprès du Nom une clarification qui correspond à tous les vêtements du monde, même aux plus éloignés. Du fait que le Nom fit arriver entre ses mains notre père Yaakov, vêtu des vêtements d'Essav, pour recevoir les bénédictions, Its'hak comprit que ce n'était pas comme il l'avait imaginé auparavant.
Yaakov n'aurait pas à clarifier et blanchir entièrement tous les vêtements d'Essav. Il y a des vêtements pour lesquels il ne vaut pas la peine que Yaakov souffre; même s'il s'y trouve aussi de la nourriture, ils périront avec la nourriture qui s'y trouve.
C'est comme ce que nous trouvons dans la Guemara (Berakhot 5b), où Rabbi 'Hiya bar Abba et Rabbi Yo'hanan dirent: "Ni eux ni leur récompense." Mais les vêtements d'Essav qui avaient un tikoun (réparation), Yaakov les prit de lui et reçut en eux les bénédictions. Voir Mei HaChiloa'h, tome I, parachat Toledot, dans la marge, paragraphe 10: Telle était l'opinion d'Its'hak: Essav clarifie cela.
Car il voyait en vérité toutes ses actions et voulait le bénir; et, puisque ses actions n'étaient pas splendides dans le vêtement, il ordonna de les introduire dans le voile. Alors, lorsqu'il bénirait, toutes ses actions seraient bonnes.
Telle fut la volonté du Nom: par cette intention, il bénirait Yaakov. Car s'il avait béni Yaakov sciemment, il ne l'aurait pas béni avec cette intention; mais maintenant, lorsqu'un événement arrive à Israël sans intention, il est aussi un bien.
Voir plus haut, parachat Toledot, paragraphe 33 et sa note 130, paragraphe 34. Quant aux vêtements qui restèrent encore auprès d'Essav, Yaakov n'avait pas besoin de les réparer, et ils allèrent avec lui à la perdition.
Ce passage poursuit : l'exil de Yaakov fut compté comme un homicide involontaire, car l'exil vient de n'avoir ni place ni lien parmi les créatures. Voyant Yaakov dans la peine, le Saint, béni soit-Il, se révèle : Yaakov n'a plus besoin de clarifications (birourim), et « il rencontra le lieu ». Le Beit Yaakov enseigne qu'il parvient au Lieu du monde ; là où le Nom réside, les pierres deviennent une seule pierre. Yaakov est l'essentiel de l'intention du Nom, et sa forme est gravée sur le Trône de gloire : il saisit la volonté par laquelle le Nom porte le monde, et toutes les créatures ne sont que pour lui.
Aussi : le serviteur par gradations et le fils à la manière du Chabbat ; le héros sur le cheval et le Nom de seigneurie ; les nations toujours sans repos
ולכן נחשב זאת ליעקב כהורג נפש בשגגה, ונגלה ממקומו וממשפחתו ומבית אביו. כי הענין שהאדם גולה ממקומו מבית אביו וממשפחתו, הוא מחמת שאין לו מקום וחבור וצוותא עם הברואים, וכדאיתא (מכות יב:) הרג באותה העיר גולה משכונה לשכונה ובן לוי גולה מעיר לעיר (וכמש"י הענין במקומו בענין ערי מקלט).
ואומר עוד (שם) המדרש וכיון שראה הקב"ה את יעקב בצער נגלה עליו, והוא שהראה לו שלא יצטרך עוד לבירורים יותר, ואז ויפגע במקום, היינו שלא יצטער ולא ידאג על המקום שלו, שנדמה לו עד עתה כי אין לו חבור להמקום, ועתה הראהו הקב"ה כי לא כן הוא כאשר ידמה לו בלבבו, ובא אל עיקר המקום שלו מקומו של עולם, והוא כדאיתא ברבה (ויצא סח) מפני מה מכנין שמו של הקב"ה וקוראין אותו מקום שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו, ובזה המקום פגע אבינו יעקב. וכשראו האבנים את כבודו ית' נעשו כולם אבן אחת, כי במקום שהשי"ת שוכן שם הוא רק אחדות, וכדאיתא (ברכות יב.) מי ששיכן את שמו בבית הזה הוא ישכין ביניכם אהבה ואחוה ושלום וריעות.
וכן כל השש מדות כששוכן בהם רצון השי"ת אז אינם מתנגדים זה לזה, אבל כשמתרומם מהם אור ורצון השי"ת אז הם סותרים זא"ז. כמו חסד וגבורה שנראים שני הפכיים, שזה רוצה להיטיב וזה רוצה להיפך.
וכן בכל דבר בפרט כלולים כל המדות. ובעת שהשי"ת מזריח בהם את אורו ורצונו, אז הם מתאחדים באחדות, ואם לאו יתמקמקו, כענין דכתיב (זכריה י״ד:י״ב) המק בשרו והוא עומד על רגליונעיין בסוד ישרים ראש השנה אות ס:
כוונת בנין המקדש הוא כדי שיתאחדו שם כל ישראל ביחד כאיש אחד ובלב אחד וע"י זה יהיה שוכן אצלם רצונו ית' בהתגלות מפורש לעיני כל וכו'. שכל מקום שיש אחדות בשלימות שם נמשך רצונו ית' וכו'.
אמת ויציב הדבר שבמקום שהברואים מתאחדים ביחד בלב אחד שוכן ביניהם רצונו ית', אבל זאת האחדות והחיבור ביחד תלוי נמי ברצונו ית', במקום שחפץ השי"ת לשכון שם הוא מאחד את הלבבות ושוכן ביניהם, אבל אין זאת ביד אדם לאחד את הלבבות מהברואים, כי ברצונו ית' אין שום הכרח ח"ו. עיי"ש העניין..
וכן נמצא בפרט האדם שלבו מלא מחלוקת ופירוד בעצמו ואינו בנייחא משום דבר בעולם, כדכתיב בנבוכדנצר הנה עפלה לא ישרה נפשו בו (חבקוק ב׳:ד׳), ואף שכל העולם היה כבוד תחת ידונאמבואר ענינו בבית יעקב שמות פרשת תרומה אות יב: אמר הקדוש ברוך הוא לישראל, איני מטריח על האומות, אלא עליכם בלבד.
ראה מה כתיב, הנה עפלה לא ישרה נפשו בו וכו', זה נבוכדנצר. כיצד, המליך אותו הקדוש ברוך הוא על כל העולם ולא היה שמח בחלקו, שנאמר, לא ישרה נפשו בו.
העניין בזה שהעכו"ם אין נפשם מיושבת עליהם וחייהם לא ניחא להם, שהרי נבוכדנצר שהיה מולך בכיפה, ולא חסר דבר מכל הטובות של עולם, נאמר עליו, לא ישרה נפשו בו, כי לא היה בניחא. שהאומות אומרים כוחם ועוצם ידם ובאומות אין רצון, ולכן הש"י אינו שורה בהם, ותמיד הם ברוגזא ואינם בניחא, גם אם יהיו מלאים עם כל הטובות ויתפשטו עצמן עד אין שיעור לא ישלים להם.
עיי"ש כל העניין. לעיל פ' נח אות נב ד"ה ואף אצל, פ' לך אות א ד"ה והעניין בזה..
וכל זה הפירוד הוא רק במקום שאין בו רצון השי"ת, וכמו שהדין הוא בדבר הצריך שיעור, שאם לשריפה קאי אז אמרינן כתותי מכתת שיעוריה (ר"ה כח. סוכה לא:), ודבר שאין צריך שעור אז אף דלשריפה קאי הוא כשר.
והענין בזה, שאין חושבין אותו כמי שאינו בעולם כלל, כי אפר מעצי אשרה כשר לכיסוי הדם (חולין פט.), מוכח מזה דלא אמרינן דכמאן דליתא בעולם דמי, אכן בדבר הצריך שעור אז אמרינן כיון דלשריפה קאי כתותי מכתת שעוריה, שהוא כחלקים נפרדים ואין בהם חבור שיהיה בהם השעור הצריך, כי כח האש הוא שמפרר את הכל לחלקים נפרדים. וכן מי שהוא גולה לערי מקלט, זה הוא לו לסימן שצריך הוא להתברר במדת כעס ומפרידין אותו ממשפחתו וממקומו, וכשיברר את עצמו אזי יש לו נייחא אף שם:
C'est pourquoi cela fut compté à Yaakov comme un homicide involontaire: il fut exilé de son lieu, de sa famille et de la maison de son père. Car le fait qu'un homme soit exilé de son lieu, de la maison de son père et de sa famille provient de ce qu'il n'a ni place, ni lien, ni compagnie parmi les créatures.
Comme il est rapporté (Makkot 12b): s'il a tué dans cette ville, il est exilé d'un quartier à un autre; et un Lévite est exilé d'une ville à une autre (comme cela est expliqué à sa place au sujet des villes de refuge). Le midrach dit encore (ibid.): lorsque le Saint, béni soit-Il, vit Yaakov dans la peine, Il se révéla à lui.
Il lui montra ainsi qu'il n'aurait plus besoin de clarifications (birourim), et alors: "il rencontra le lieu" (ויפגע במקום). C'est-à-dire qu'il ne devait plus souffrir ni se soucier de son lieu; jusqu'alors, il lui semblait n'avoir aucun lien avec le lieu, et le Saint, béni soit-Il, lui montra que ce n'était pas comme son cœur se le représentait: il parvint à la racine de son lieu, au Lieu du monde.
Comme il est enseigné dans Bereshit Rabba (Vayetze 68): pourquoi donne-t-on au Saint, béni soit-Il, le nom de Lieu, et L'appelle-t-on Lieu? Parce qu'Il est le lieu du monde, et que le monde n'est pas Son lieu.
C'est à ce Lieu que notre père Yaakov parvint. Lorsque les pierres virent Sa gloire, béni soit-Il, elles devinrent toutes une seule pierre.
Car là où le Nom réside, il n'y a que l'unité. Comme il est dit (Berakhot 12a): "Celui qui a fait résider Son Nom dans cette Maison fera résider parmi vous amour, fraternité, paix et amitié." De même, les six attributs, lorsque la volonté du Nom réside en eux, ne s'opposent pas l'un à l'autre; mais lorsque la lumière et la volonté du Nom se retirent d'eux, ils se contredisent.
Ainsi la bonté et la rigueur semblent deux contraires: l'une veut faire du bien et l'autre veut le contraire. De même, dans toute chose particulière sont compris tous les attributs.
Lorsque le Nom fait luire en eux Sa lumière et Sa volonté, ils s'unissent dans l'unité; sinon ils se désagrégeront, comme dans le verset: "sa chair fondra tandis qu'il se tient sur ses pieds" (Zacharie 14,12). Voir Sod Yesharim, Roch Hachana, par.
60: l'intention de la construction du Temple est que tous les Israélites s'unissent là comme un seul homme et d'un seul cœur; par cela Sa volonté, béni soit-Il, résidera chez eux dans une révélation explicite aux yeux de tous, etc. Car en tout lieu où l'unité est parfaite, Sa volonté, béni soit-Il, se prolonge, etc.
Il est vrai et certain que, là où les créatures s'unissent d'un seul cœur, Sa volonté, béni soit-Il, réside parmi elles. Mais cette unité et cette liaison dépendent aussi de Sa volonté, béni soit-Il: au lieu où le Nom désire résider, Il unit les cœurs et réside parmi eux.
Il n'est pas au pouvoir de l'homme d'unir les cœurs des créatures, car dans Sa volonté, béni soit-Il, il n'y a aucune nécessité, à Dieu ne plaise. Voir là-bas toute la question.
On le trouve aussi chez l'homme particulier: son cœur est rempli de querelle et de division en lui-même, et rien au monde ne lui apporte le repos, comme il est écrit au sujet de Nabuchodonosor: "Voici, son âme est enflée; elle n'est pas droite en lui" (Habacuc 2,4). Et pourtant le monde entier était soumis à son honneur.
Comme cela est expliqué dans Beit Yaakov, Chemot, parachat Terouma, par. 12: le Saint, béni soit-Il, dit à Israël: "Je ne fatigue pas les nations, mais vous seuls." Vois ce qui est écrit: "Voici, son âme est enflée; elle n'est pas droite en lui"; il s'agit de Nabuchodonosor.
Comment? Le Saint, béni soit-Il, le fit régner sur le monde entier, et il n'était pas heureux de son lot, comme il est dit: "elle n'est pas droite en lui".
Cela signifie que l'âme des nations idolâtres n'est pas posée sur elles et que leur vie ne leur est pas agréable. Nabuchodonosor régnait sur toute la terre et ne manquait d'aucun des biens de ce monde, mais il est dit de lui: "elle n'est pas droite en lui", car il n'était pas en repos.
Les nations disent: "ma force et la puissance de ma main"; il n'y a pas de volonté chez les nations, et c'est pourquoi le Nom ne réside pas en elles. Elles sont toujours dans l'agitation et sans repos; même si elles sont comblées de tous les biens et s'étendent elles-mêmes sans mesure, cela ne les comblera pas.
Voir là-bas toute la question. Ci-dessus, parachat Noa'h, par.
52, début "Et même chez"; parachat Lekh Lekha, par. 1, début "Et voici l'explication".
Toute cette division n'est que là où la volonté du Nom ne se trouve pas. Il en va comme de ce qui requiert une mesure: si cela est destiné à être brûlé, nous disons: "sa mesure est broyée en miettes" (Roch Hachana 28a; Soukka 31b); mais ce qui ne requiert pas de mesure demeure valide, bien qu'il soit destiné à être brûlé.
Car on ne le considère pas comme n'étant absolument pas dans le monde: la cendre des arbres d'une Ashéra est valide pour couvrir le sang (Houlin 89a), ce qui prouve que nous ne disons pas qu'elle est comme inexistante dans le monde. Cependant, pour ce qui requiert une mesure, nous disons que, puisqu'il est destiné à être brûlé, sa mesure est broyée en miettes: il est comme des parties séparées, sans liaison entre elles pour former la mesure requise, car la force du feu réduit tout en parties séparées.
De même, celui qui est exilé dans les villes de refuge y reçoit le signe qu'il doit être clarifié par l'attribut de la colère: on le sépare de sa famille et de son lieu. Lorsqu'il se sera clarifié, il trouvera le repos même là-bas.
וכאן הראה לו השי"ת ליעקב שהיה גולה ממקומו, שמעתה אינו צריך עוד לבירורין כאלו, כי אין בו שום שמץ מכעס. ואמר לו השי"ת ופרצת ימה וקדמה וגו', והוא כי הנה יש מדרגת עבד ומדרגת בן.
העבד צריך לעבוד את רבו בהדרגה, וכגוונא דימי החול שכל העבודות המה בהדרגה דרך מדרגות ומסכים ובירורים. וכן אנו רואים שעשו החסיר עצמו מהבכורה ע"י זה שהלך בלא הדרגה, כדכתיב (תולדות כה) הלעיטני נא, שפוך הרבה לתוכה.
אבל מדרגת בן, היינו במקום שרצון השי"ת שוכן שם, הוא כגוונא דשבת שאז יש להם עליה אף לכמה מדרגות ביחד, וכן מקבלים כמה טובות בבת אחת שלא בהדרגה, וכדאיתא (סוכה מט:) רבא אכסא דברכתא אגמע גמיעי, היינו בבת אחת, וזהו ופרצת ימה וקדמה וגו':
Ici, le Nom montra à Yaakov, qui était exilé de son lieu, que désormais il n'avait plus besoin de telles clarifications, car il n'avait en lui aucune trace de colère. Le Nom lui dit: "Tu te répandras à l'ouest et à l'est, etc." (ופרצת ימה וקדמה וגו').
Car il y a le degré de serviteur et le degré de fils. Le serviteur doit servir son maître graduellement, à la manière des jours de semaine, où tous les services s'accomplissent graduellement, par degrés, écrans et clarifications.
Nous voyons de même qu'Esaue se priva du droit d'aînesse en allant sans gradation, comme il est écrit (Toledot 25): "Fais-moi avaler, je te prie" (הלעיטני נא), "verse beaucoup dedans". Mais le degré de fils, c'est-à-dire le lieu où réside la volonté du Nom, est à la manière du Chabbat: alors ils peuvent monter plusieurs degrés ensemble et recevoir plusieurs bienfaits d'un seul coup, sans gradation.
Comme il est rapporté (Soukka 49b): "Rava but d'un coup la coupe de bénédiction"; c'est-à-dire d'un seul coup. Tel est: "Tu te répandras à l'ouest et à l'est, etc."
ויפגע במקום וילן שם וגו'. מקום, היינו שע"י זה נמצא כאן האדם, לכן נקרא זאת מקומו של אדם, כיון שהוא צריך לזה המקום, והמקום מקיפו, וכמו אם תניח חפץ על איזה מקום אזי נקרא זה מקומו של החפץ, כי החפץ צריך לזה המקום.
ולזה ג"כ מקום המקדש נקרא סתם מקום, כדכתיב (שופטים יז) וקמת ועלית אל המקום, לפי שהוא משתיתו של עולם כדאיתא (יומא נד:), והקב"ה נקרא מקום לפי שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו כדאיתא ברבה (ויצא סח). והוא שכל העולם צריכים להשי"ת שיושיעם ויסבלם, אבל השי"ת אינו צריך להם לבריותיו, כי אתה הוא עד שלא נברא העולם, ואין לו שום יתרון מהבריאה.
אכן מכיון שאנו רואים שברא הקב"ה את העוה"ז, מוכח מזה כי בטח יש לו איזה מכוון שבהעולם, ומהו המכוון והרצון של השי"ת דא יעקב, כי הוא עיקר המכוון ומטרת הרצון של השי"ת, והוא הנקודה שחפץ בה המלך ה', כי צורתו חקוקה בכסא הכבוד, וכל העולם לא נברא רק לצוות לו, ועליו יסמוכו ויתקיימו בעולם. והוא כענין דאיתא (פסחים נד.
אבות פ"ה) אף צבת בצבת עשויה, וצבתא קמייתא מאן עביד הא לאו בריה בידי שמים היא. צבת הוא דבר שבו אוחזין כל הדברים שבעולם, וכן אבינו יעקב אחז בהרצון של השי"ת שעל ידי זה יסבול השי"ת את כל העולם, נמצא שהוא עיקר המכוון מכל הברואים, וכל הברואים המה רק בשבילו, ולזה כתיב בו סתם ויפגע במקום, שפגע במקום שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו:
"Il rencontra le lieu et y passa la nuit, etc." (ויפגע במקום וילן שם וגו). Le lieu est ce par quoi l'homme se trouve ici; c'est pourquoi on l'appelle le lieu de l'homme, puisqu'il a besoin de ce lieu et que le lieu l'entoure.
Ainsi, si tu poses un objet en quelque endroit, cet endroit est appelé le lieu de l'objet, parce que l'objet a besoin de ce lieu. C'est aussi pourquoi le lieu du Temple est simplement appelé "le Lieu", comme il est écrit: "Tu te lèveras et tu monteras vers le Lieu" (Deutéronome 17,8), parce qu'il est la pierre de fondation du monde, comme il est rapporté (Yoma 54b).
Le Saint, béni soit-Il, est appelé Lieu, car Il est le lieu du monde et le monde n'est pas Son lieu, comme il est rapporté dans Bereshit Rabba (Vayetze 68). En effet, tous les mondes ont besoin du Nom, béni soit-Il, pour les sauver et les porter, tandis que le Nom n'a pas besoin des créatures: "Tu es Celui qui était avant que le monde ne fût créé", et la création ne Lui apporte aucun surplus.
Cependant, puisque nous voyons que le Saint, béni soit-Il, a créé ce monde-ci, il est prouvé qu'Il a sûrement quelque intention dans le monde. Quelle est l'intention et la volonté du Nom?
C'est Yaakov: il est l'essentiel de l'intention et le but de la volonté du Nom. Il est le point que le Roi, le Nom, désire, car sa forme est gravée sur le Trône de gloire.
Le monde entier ne fut créé que pour lui être associé; c'est sur lui qu'ils s'appuieront et subsisteront dans le monde. C'est le sens de ce qui est enseigné (Pessahim 54a; Avot, ch.
5): "Une pince est faite au moyen d'une pince, mais la première pince, qui l'a faite? N'est-elle pas une créature des mains du Ciel?" La pince est l'instrument par lequel on saisit toutes les choses du monde.
De même, notre père Yaakov saisit la volonté du Nom, par laquelle le Nom portera le monde entier. Il est donc l'essentiel de l'intention parmi toutes les créatures, et toutes les créatures ne sont que pour lui.
C'est pourquoi il est écrit simplement à son sujet: "il rencontra le Lieu", car il rencontra le Lieu qui est le lieu du monde et dont le monde n'est pas le lieu.
ומדמה זאת המדרש (שם) לגבור שהוא רוכב על הסוס וכליו משופעים אילך ואילך, הסוס טפילה לרוכב ואין הרוכב טפילה לסוס כו'. והענין בזה הוא, דהנה עצמותו ית' הוא מהוה כל וזה הוא השרש מכל עניני עולם הזה והבא, אכן שהעמיד השי"ת ברצונו שבעוה"ז ישלוט השם א"ד, כדאיתא (פסחים נ.) העוה"ז נכתב אני בי"ה ונקרא בא"ד, והוא שרצון השי"ת הוא שהאדם יצמצם עצמו בעוה"ז, ועי"ז יזכה לכל הטובות הנבראים בעולם.
אמנם השי"ת רצה לבראות התפשטות הטובה ג"כ שידמה בעולם שיוכל האדם להתפשט כחפצונבכמבואר במי השלוח ח"א פרשת ראה ד"ה כי ירחיב: משם א"ד"נ"י היינו הכרת האדם וגבול תפיסתו מזה נצמח כל הגבולין שעד כאן מותר להתפשט ומכאן ואילך אסור, היינו כמה שימצא באדם כח עבודה כך יוכל להתפשט את עצמו בטובות.
ועיין עוד ח"א מס' פסחים (נ.) ד"ה ביום, ח"ב מס' פסחים (נ.) ד"ה ביום [ב], תפארת יוסף מס' פסחים (נ.) ד"ה והיה בסופו., וזהו משל לגבור שרוכב על הסוס וכליו משופעים אילך ואילך, ונדמה לעיני בשר שהגבור הוא מצומצם בתוך הכלים, והסוס מוליך את הגבור שיתנהג כפי מה שהסוס יוליך אותו, ובאמת הוא להיפך שהגבור הוא נושא את הכלים ומנהיג את הסוס במתג ורסן כחפצו. וההתפשטות מטובה נקרא כליו משופעים אילך ואילך, ועי"ז שיצמצמו את עצמם ויראו ויבינו כי השי"ת הוא מנהיג העולם כחפצו ורצונו, יזכו לקנות הטובה.
והנה אומות העולם נתפסים ונאחזים בגוונים ולבושים ובהתפשטות הטובה, ואומרים שהם העיקר, ובאמת לעתיד יהיו כל הטובות נכללים ונכנסים תחת הקדושה, רק שהם מתפשטים עתה בעוה"ז בהיפך מרצון השי"ת, כי בעוה"ז צריך אדם לצמצם את עצמו בכל אשר יפנהנגמבואר בתפארת יוסף פרשת במדבר ד"ה וידבר [א]: כי האומות בעת שהשי"ת משפיע להם מתפשטים עצמם בכל מיני התפשטות וכו', ואין להם שום יראה אפילו שלא מדעת ג"כ, שאני ישראל מאחר שאפילו בהתפשטות היותר גדול הוא מוכן ומזומן לקבל עליו כל הסבלנות, ורק זאת חסר להם שכבוד שמים אינו בשלימות.
ממילא יש להם תמיד חיבור עם אור השי"ת. לעיל פרשת נח אות לג ד"ה וזהו כוונת.:
Le midrach (ibid.) compare cela à un héros monté sur un cheval, dont les objets sont penchés de part et d'autre: le cheval est secondaire au cavalier, et le cavalier n'est pas secondaire au cheval, etc. Le sens est le suivant.
Son essence, béni soit-Il, fait exister toute chose; c'est la racine de toutes les réalités de ce monde-ci et du monde à venir. Cependant, le Nom a établi dans Sa volonté que, dans ce monde-ci, règne le Nom de seigneurie (אדני), comme il est enseigné (Pessahim 50a): dans ce monde-ci, le Nom s'écrit "Je serai" et se prononce par le Nom de seigneurie.
Cela signifie que la volonté du Nom est que l'homme se restreigne dans ce monde-ci; par cela il méritera tous les biens créés dans le monde. Néanmoins, le Nom voulut aussi créer le déploiement du bien, afin qu'il paraisse dans le monde que l'homme puisse se déployer selon son désir.
Comme cela est expliqué dans Mei HaShiloah, I, parachat Reeh, début "Lorsque tu élargiras": le Nom de seigneurie (אדני) est la conscience de l'homme et la limite de sa saisie. De lui procèdent toutes les limites: jusqu'ici il est permis de se déployer, et à partir d'ici cela est interdit.
Selon la force de service qui se trouve chez l'homme, il peut ainsi se déployer dans les biens. Voir encore I, traité Pessahim 50a, début "En ce jour"; II, traité Pessahim 50a, début "En ce jour" [2]; Tiferet Yossef, traité Pessahim 50a, début "Et ce sera à la fin".
Tel est l'exemple du héros monté sur le cheval, dont les objets sont penchés de part et d'autre. Aux yeux de chair, il semble que le héros soit restreint dans les objets et que le cheval le conduise, de sorte qu'il se comporte selon la direction où le cheval le mène.
En vérité, c'est l'inverse: le héros porte les objets et dirige le cheval à son gré, par le mors et la bride. Le déploiement du bien est appelé "ses objets sont penchés de part et d'autre".
Lorsqu'ils se restreindront et verront et comprendront que le Nom dirige le monde selon Son désir et Sa volonté, ils mériteront d'acquérir le bien. Les nations du monde, elles, sont prises et attachées aux couleurs, aux vêtements et au déploiement du bien, et disent qu'ils sont l'essentiel.
En vérité, dans l'avenir tous les biens seront inclus et entreront sous la sainteté. Pour l'heure, elles se déploient dans ce monde-ci à l'inverse de la volonté du Nom, car dans ce monde-ci l'homme doit se restreindre en tout ce vers quoi il se tourne.
Comme cela est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Bamidbar, début "Et Il parla" [1]: lorsque le Nom répand sur les nations, elles se déploient en toutes sortes de déploiements, etc., et n'ont aucune crainte, même sans le savoir. Israël est différent: même dans le plus grand déploiement, il est prêt et disposé à accepter toute souffrance; il ne leur manque que ceci, que la gloire du Ciel ne soit pas parfaite.
Ils ont donc toujours une liaison avec la lumière du Nom. Ci-dessus, parachat Noa'h, par.
33, début "Et telle est l'intention".
Ce passage poursuit ce que D.ieu montra à Yaakov : le lieu du monde, dur à l'intellect, qu'il nomme maison de D.ieu et porte des cieux, où se tient la crainte. « Il rencontra le lieu » (Berechit 28,11) : le Midrach demande pourquoi l'on nomme D.ieu Makom (Lieu), parce qu'Il est le lieu du monde et que le monde n'est pas Son lieu. Le Beit Yaakov dit qu'Il contracta Sa lumière pour que ce monde subsiste ; l'âme monte et descend, désirant la lumière d'en haut et la préciosité de ce monde-ci, pour tirer le précieux du vil. Les lumières qui se heurtent font jaillir une lumière qui les unit ; Avraham et Its'hak paraissent s'opposer, Yaakov, Tiferet, les comprend.
Aussi : l'os luz d'où le corps sera rebâti pour la résurrection ; les explorateurs calomniant le pays aux fruits inhabituels ; le vœu de la dîme, force d'éprouver D.ieu
וזאת הראה הקב"ה ליעקב ויפגע במקום שהוא מקומו של עולם, שעי"ז שיצמצמו את עצמם בעולם הזה ישיגו כל הטובות בשלימות. כי בעוה"ז אדם עושה מעשה ויכול להיות שיתחייב מזה המעשה כוונה אחרת מכוונתו, כי לא מחשבותיו מחשבותינו, והשי"ת מנהג שלא מדעת האדם.
וגם מקום המקדש, לפי שכנוס וכלול בו קדושת השי"ת, היה נדמה לעיני אדם בגודל קשיות היפך מדעת האדם, וזהו דכתיב, ויקח את האבן. וע"ז רומז השם לוז שהיה לעיר בראשונה, דהיינו מבריאת העולם נקרא שם העיר לוז, ולוז הוא יקר ביותר וממהר צמיחתו לכ"א יום כדאיתא (בכורות ח.), ומעצם הלוז יבנה כל הגוף לתחית המתים כדאיתא במדרש הנעלם פ' תולדות (קלז.), אכן שאינו רוצה להמסר לתפיסת שכל האדם והוא קשה מאד, כדאיתא (בראשית רבה כח) שהלוז שבאדם הוא קשה מאד שהכה עליה בפטיש על הסדן ונבקע הסדן ולא נשבר הלוז, והוא שאינו רוצה למסור ולכפוף את עצמו להגיע לתפיסת שכל האדם.
וכמו שאנו רואים במרגלים כשהלכו לרגל את הארץ ולקחו מפירותיהן, ועי"ז הוציאו דבת הארץ, ואמרו כשם שפירותיהן משונין כך העם משונה כדאיתא (ברש"י במדבר יג, כג), והוא שאינה רוצה למסור עצמה בתפיסת שכל האדם. וכן הלוז היה נראה רחוק מישועה לתפיסת שכל האדם, ויעקב קרא את שמה לטובה בית אל, וזאת פעל אבינו יעקב והיה מרכך את זה המקום, ואמר אין זה כי אם בית א-להים, והוא שכאשר יתפלל שם נפש מישראל יענוהו מן השמיםנדלקמן פרשה זו אות נז, נח..
וזהו שאמר, מה נורא המקום הזה וגו' וזה שער השמים, כי עיקר היראה הוא נגד השער, כי שם הוא המרכז, וכשתנענע המרכז תנועה קטנה אז היקף העיגול היוצא יתנענע הרבה. ועיקר האזהרה הוא על השער, כדאיתא (ברכות נד.) לא יקל אדם את ראשו נגד שער כו'נהכמבואר לקמן פרשת ויחי אות ז ד"ה ולכן:
וזהו על דרך שאמרו חז"ל (ברכות נד.) לא יקל אדם את ראשו נגד שער המזרח, אף שהעומד אחרי בית הכפורת קרוב יותר לקדש הקדשים וכן העומד מן הצד אף על פי שהוא קרוב לפנים יותר מהשער, אבל העומד נגד השער רואה מפורש האויר המתחלף תמיד נגדו מקדש לחול ומחול לקודש בלתי סדר המסודר בתפיסת אדם, ומזה בא לו להאדם גודל היראה.. ולכן אין התבואה חייבת במעשר עד שיראה פני הבית דרך השער, כי כשבא אל השער רומז שמגיע למקום המרכז והשלימות, ואז צריך ליראה, כדאיתא בזוה"ק (יתרו עט.) באתר דשלימו אשתכח תמן דחילו אשתכח, ומעשר רומז ליראה כדכתיב (ראה טו) למען תלמד ליראה.
ולכן נדר יעקב אבינו ע"ה וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך, כי יעקב היה בחיר האבות, כי עד שלשה דורות לא פסקה זוהמא כדאיתא (שבת קמו.), והוא נתמרח ונעשה כרי, וכשבא נגד השער אז נתחייב במעשר, ונדר לעשר כל אשר ינתן לו, כי אז הוא עיקר היראה. וממצות מעשר יבא תקיפות ללב שבזה מותר לנסות את השי"ת כדאיתא (תענית ט.), וכדכתיב (מלאכי ג׳:י׳) ובחנוני נא בזאת וגו' אם לא אפתח לכם וגו' והריקותי לכם ברכה עד בלי דינועניין המעשר מבואר בתפארת יוסף שמיני עצרת ד"ה עשר תעשר.
(וכמו שנתבאר לקמן ענין נז)נזבית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ויפגע.:
Et voici ce que le Saint, béni soit-Il, montra à Yaakov: "il rencontra le lieu" (Genèse 28,11), qui est le lieu du monde; c'est en se contractant dans ce monde-ci qu'ils atteindront tous les biens dans leur perfection. Car, dans ce monde-ci, l'homme accomplit un acte, et il peut en découler une intention autre que la sienne, car Ses pensées ne sont pas nos pensées, et le Saint, béni soit-Il, dirige sans que l'homme en ait conscience.
De même, le lieu du Temple, parce que la sainteté du Saint, béni soit-Il, y est rassemblée et incluse, paraissait aux yeux de l'homme d'une très grande dureté, contraire à l'entendement humain. C'est ce qui est écrit: "il prit la pierre" (Genèse 28,11).
À cela fait allusion le nom de Luz, qui était d'abord celui de la ville: c'est-à-dire que depuis la création du monde, la ville était nommée Luz. Le luz est très précieux et pousse rapidement, en vingt et un jours, comme il est rapporté (Bekhorot 8a); et de l'os luz (os impérissable selon la tradition) sera rebâti tout le corps pour la résurrection des morts, comme il est rapporté dans le Midrach ha-Neelam, parachat Toledot (137a).
Mais il ne veut pas se livrer à la saisie de l'intellect humain et il est très dur, comme il est rapporté (Bereshit Rabba 28): le luz de l'homme est très dur; on le frappa au marteau sur l'enclume, l'enclume se fendit et le luz ne se brisa pas. Il ne veut pas se livrer ni se soumettre pour parvenir à la saisie de l'intellect humain.
Ainsi le voyons-nous chez les explorateurs: lorsqu'ils allèrent explorer le pays et prirent de ses fruits, ils en vinrent par là à calomnier le pays, disant: de même que ses fruits sont inhabituels, de même le peuple est inhabituel, comme il est rapporté dans Rachi sur Nombres 13,23. C'est qu'il ne veut pas se livrer à la saisie de l'intellect humain.
Le Luz aussi paraissait, pour l'intellect humain, loin du salut; mais Yaakov lui donna favorablement le nom de Beth-El. Notre père Yaakov opéra cela et assouplit ce lieu; il dit: "Ce n'est autre que la maison de D.ieu" (Genèse 28,17).
Lorsqu'une âme d'Israël y priera, on lui répondra des cieux. Voir plus bas dans cette paracha, sections 57-58.
C'est ce qu'il dit: "Que ce lieu est redoutable... et ceci est la porte des cieux" (Genèse 28,17). Car l'essentiel de la crainte se tient face à la porte, car c'est là le centre: si tu imprimes un petit mouvement au centre, la circonférence du cercle qui en sort se mouvra beaucoup.
L'avertissement essentiel porte sur la porte, comme il est rapporté (Berakhot 54a): "Qu'un homme ne traite pas légèrement sa tête face à la porte..." Comme expliqué plus bas, parachat Vayehi, section 7, début "Ve-lakhen": les Sages, de mémoire bénie, ont dit (Berakhot 54a): "Qu'un homme ne traite pas légèrement sa tête face à la porte orientale." Même celui qui se tient derrière le Beth ha-Kapporet est plus près du Saint des Saints, et celui qui se tient sur le côté est aussi plus près de l'intérieur que de la porte; mais celui qui se tient face à la porte voit distinctement l'air qui change sans cesse devant lui, du sacré au profane et du profane au sacré, hors de l'ordre arrangé dans la saisie humaine. De cela vient à l'homme une grande crainte.
C'est pourquoi la récolte n'est astreinte à la dîme que lorsqu'elle voit la face de la maison par la porte: lorsqu'elle parvient à la porte, cela indique qu'elle atteint le lieu du centre et de la perfection, et alors il faut craindre, comme il est dit dans le Zohar (Yitro 79a): "Là où se trouve la perfection, là se trouve la crainte." La dîme fait allusion à la crainte, comme il est écrit: "afin que tu apprennes à craindre" (Reeh 15). C'est pourquoi notre père Yaakov, de mémoire bénie, fit le vœu: "De tout ce que Tu me donneras, je T'en donnerai la dîme" (Genèse 28,22).
Yaakov était l'élu des pères, car durant trois générations l'impureté ne cessa pas, comme il est rapporté (Chabbat 146a); il fut soumis au mireah (finition du tas de récolte) et devint un tas. Lorsqu'il parvint face à la porte, il devint donc astreint à la dîme, et il voua de donner la dîme de tout ce qui lui serait donné, car là est l'essentiel de la crainte.
De la mitsva de la dîme vient une force au cœur, par laquelle il est permis de mettre le Saint, béni soit-Il, à l'épreuve, comme il est rapporté (Taanit 9a), et comme il est écrit: "Éprouvez-Moi donc par cela... si Je ne vous ouvrirai pas... et ne répandrai pas sur vous une bénédiction sans mesure" (Malakhi 3,10). La question de la dîme est expliquée dans Tiferet Yosef, Shemini Atseret, début "Asser teasser", comme il a été expliqué plus bas, section 57, dans Beth Yaakov ha-Kolel, parachat Vayetze, début "Vayifga".
ויפגע במקום וילן שם וגו'. איתה ע"ז ברבה (ויצא סח) למה מכנין שמו של הקב"ה וקורין אותו מקום, מפני שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו.
הענין בזה הוא, כי השי"ת צמצם את אורו בכדי שיתהווה העוה"ז ויתקיים, והוא כדאיתא בשוחר טוב (תהלים סב) הנשמה הזו עולה ויורדת בגוף. והענין בזה הוא, כי השי"ת שלח וקבע נקודה יקרה וגדולה במקום עמוק בתהום ובארץ, והוא גדול יותר מהאור שבעולם העליון רק שהוא בעוה"ז בלא אור, כדאיתא בזוה"ק (משפטים צה.) עולימתא שפירתא ולית לה עיינין, שמדת מלכות שמים לית לה עיינין.
ולזה הנפש שהיא מעולם העליון ששם הוא רק אור עולה ויורדת ואין לה נייחא, והשקט לא תוכל, כי כל חפצה ורצונה לעלות למעלה, ששם הוא האור מפורש שיש בורא ושליט. אכן היקרות שבעוה"ז הוא מעולה וגבוה יותר, ולזה חושקת גם לזה האור שנמצא בעוה"ז, כי לא ראי זה כראי זה, המעלה שנמצא בעולם העליון ששם הוא רק אור ואין חשך מגיע לשם, זו המעלה לא נמצא בעוה"ז, והיקרות שנמצא בעוה"ז הוא יקר ומעולה מהאור שלמעלה, ולזה היא עולה ויורדת ואין לה מקום השקטנחומבואר כמו כן בתפארת החנוכי על זהר בהקדמה (דף א.) ד"ה וכמה:
שבאמת מקור מחצב הנשמה הוא מאור בהיר מאד, וכשהיא בגוף היא בהסתרת פנים. אכן לזה הנשמה מאירה מאור גדול יותר ממלאכי השרת וכו'.
והוא לפי שנבראת כדי ליכנס להסתר ולהוציא יקר מזולל להראות ולברר שגם במקום הזה יש אור השי"ת, וממילא נשמע שאורה גדול מאד שיכולה להיכנס להסתר וחשך וכו'. ומזה נשמע שהנשמה כחה גדול ביותר, והיא חלק אלוה ממעל, ממקום גבוה כזה שביכולתה להכנס בכל ההסתרות וכו'.
אכן לפי שבכל עת תשאף הנשמה לחזות בנועם אור בהיר, לצאת מחשכת ההסתר. לכן מראה לה הש"י שמלא כל הארץ כבודו, ורואה את יוצרה שנמצא גם בהסתר הזה, ממילא מסכמת לחזור לשבת בתוך הגוף, אחר שממקום זה תוציא אור יקר מאד וכו' עיי"ש.
ועיין עוד לעיל פרשת נח אות ו ד"ה והנה בהתחלת, פ' לך אות לא ד"ה ויוצאי., והצד השוה שבהם הוא בהשי"ת, כי בהשי"ת נכללו כל האורות יחד, וממנו האור יוצא לעולם, ולפניו כחשכה כאורה, ותולה ארץ על בלימה, והוא מקומו של כל העולם ואין העולם מקומו, רק השי"ת הוא מקומו ומקיימו של העולם. וזהו דאיתא בהאר"י הק' (פרי עץ חיים שער חג המצות פרק ז על מימרא ברוך המקום) שהשם הוי"ה אם תכה י' פעמים י'.
ה' פעמים ה'. ו' פעמים ו'.
ה' פעמים ה'. הוא בגימטריא מקו"םנטמקורו בתיקוני זוהר תיקון מב דף פא:..
והוא שבכל מקום שנמצא לשון בטישה בזוה"ק (נח סה. פקודי רכו.
רסח:) הוא משני אורות כשנוגעים זה בזה אז יתעורר לבקוע אור גבוה שנתגלה שיש אור ממוצע ביניהם מהשי"ת, הכולל את שניהם ומחיה ומקיים אותם יחדסכמבואר בשער ההקדמות לרבנו האר"י ז"ל בדרוש כיצד נעשו הכלים: ואמנם יש עוד אור ד', נולד מבין האורות הנזכרים.
והוא כי בהיות אור הג' הנקרא אור חוזר נמשך ויורד למטה להאיר בספירה, ואז פוגע באור השני הנקרא רשימו, אשר נשאר למטה. והנה הם חלוקים בטבעם, כי זה אור ישר ורחמים, וזה אור חוזר ודין, ולכן מכים ובוטשים זה בזה.
ובפרט כי אור הרשימו חושק וחפץ לעלות אל מקורו שהוא אור הראשון כנזכר, ואע"פ שאינו עולה בפועל כנזכר, כי הרשימו נשאר קיים לעולם למטה, ועם כל זה חשקו ותאותו לעלות כנזכר, אבל האור החוזר הנה הוא יורד למטה, ועם כל זה חשקו ותאוותו לעלות כנזכר. אבל האור החוזר, הנה הוא יורד למטה כנזכר, ונמצאו הפכיים בטבעם, ואז מכים זה בזה, כנודע כי אין שום בטישה והכאה אלא בהיות האורות חלוקים בטבעם, ואז נולד מביניהם ע"י הכאתם זה בזה ניצוצות של אור וכו'.
ואלו הניצוצות הם אור הרביעי שאמרנו. וכן מבואר בעץ החיים שער ו – שער עקודים פרק ה..
וזהו שסידר האר"י ז"ל בזמירות של ליל שבת (שער הכוונות ענין ליל שבת) הלא בטיש בטישין, והוא שהאורות נראים לעין כמתנגדים זה לזה, ומי מקיים אותם, מוכח מזה שנמצא בורא שלפניו אין שום חילוק בין זה לזה והוא מאחד אותם. וכן הוא הענין כאן, שאמר לו השי"ת ליעקב אני ה' א-להי אברהם אביך וא-להי יצחק, ואיתא על זה בזוה"ק (ויצא קנ.) איהו באמצעיתא, כי כאן גם כן בטשין האורות דא לדא, מדת אברהם חס"ד ומדת יצחק גבור"ה, ונראים כמתנגדים זה לזה, ויעקב הוא עמודא דאמצעיתא שהוא מדת תפארת הכולל את שניהם יחד, וזהו ויפגע במקום וכמבוארסאלקמן פרשה זו אות כט ובהערה קח שם.:
"Il rencontra le lieu et y passa la nuit..." (Genèse 28,11). Il est dit à ce sujet dans le Midrach Rabba (Vayetze 68): pourquoi nomme-t-on le Saint, béni soit-Il, et l'appelle-t-on Makom, le Lieu?
Parce qu'Il est le lieu du monde et que le monde n'est pas Son lieu. Le sens en est que le Saint, béni soit-Il, contracta Sa lumière afin que ce monde-ci soit formé et subsiste.
C'est ce qui est rapporté dans Shoher Tov (Psaumes 62): cette âme monte et descend dans le corps. Le sens en est que le Saint, béni soit-Il, envoya et fixa un point précieux et grand dans un lieu profond, dans l'abîme et dans la terre; il est plus grand que la lumière du monde supérieur, mais il est dans ce monde-ci sans lumière, comme il est dit dans le Zohar (Mishpatim 95a): "une belle jeune fille qui n'a pas d'yeux"; la mesure de la royauté des cieux n'a pas d'yeux.
Aussi l'âme, qui vient du monde supérieur où il n'y a que de la lumière, monte et descend et n'a aucun repos; elle ne peut être en paix, car tout son désir et son vouloir sont de monter en haut, là où la lumière montre clairement qu'il y a un Créateur et un Souverain. Mais la préciosité de ce monde-ci est plus excellente et plus haute; c'est pourquoi elle désire aussi cette lumière qui se trouve dans ce monde-ci, car l'une ne ressemble pas à l'autre.
La qualité qui se trouve dans le monde supérieur, où il n'y a que lumière et où les ténèbres ne parviennent pas, cette qualité ne se trouve pas dans ce monde-ci; et la préciosité qui se trouve dans ce monde-ci est plus précieuse et plus excellente que la lumière d'en haut. C'est pourquoi elle monte et descend et n'a aucun lieu de repos.
De même qu'il est expliqué dans Tiferet ha-Hanokhi sur le Zohar, dans l'introduction (folio 1), début "Ve-khama": en vérité, la source de l'âme est une lumière très éclatante, et lorsqu'elle est dans le corps elle est sous le voile de la Face. Mais c'est pourquoi l'âme brille d'une lumière plus grande que les anges serviteurs, etc.
Elle fut créée pour entrer dans le voile et en tirer le précieux du vil, afin de montrer et d'établir que même en ce lieu il y a la lumière du Saint, béni soit-Il. Il s'ensuit que sa lumière est très grande, puisqu'elle peut entrer dans le voile et les ténèbres, etc.
Il s'ensuit que la force de l'âme est très grande et qu'elle est une part divine d'en haut, d'un lieu si élevé qu'elle peut entrer dans tous les voiles, etc. Mais puisque l'âme aspire à tout moment à contempler le charme d'une lumière éclatante, à sortir des ténèbres du voile, le Saint, béni soit-Il, lui montre que toute la terre est remplie de Sa gloire; elle voit son Créateur, qui se trouve aussi dans ce voile, et consent ainsi à retourner habiter dans le corps, puisque de ce lieu elle tirera une lumière très précieuse, etc.
Voir là-bas. Voir aussi plus haut, parachat Noa'h, section 6, début "Ve-hineh be-hathalat", et parachat Lekh Lekha, section 31, début "Ve-yotsei".
Ce qu'ils ont en commun est dans le Saint, béni soit-Il: en Lui toutes les lumières sont incluses ensemble, et de Lui la lumière sort vers le monde; devant Lui, les ténèbres sont comme la lumière; Il suspend la terre sur le néant. Il est le lieu de tout le monde et le monde n'est pas Son lieu: seul le Saint, béni soit-Il, est le lieu du monde, le fait subsister et le maintient.
C'est ce qui est rapporté au nom du saint Ari, Rabbi Yitshak Louria, dans Peri Ets Hayyim, Porte de la fête des Matsot, chapitre 7, au sujet de l'énoncé "Béni soit le Lieu": le Nom divin, si l'on multiplie י' par י', ה' par ה', ו' par ו', puis ה' par ה', a pour valeur numérique Makom ("Lieu"). La source est dans Tikkounei Zohar, tikkoun 42, folio 81b.
Et partout où se trouve, dans le Zohar, le terme de batisha (heurt), il s'agit de deux lumières: lorsqu'elles se touchent l'une l'autre, elles éveillent à faire jaillir une lumière haute, qui révèle qu'il existe entre elles une lumière intermédiaire venant du Saint, béni soit-Il, qui les englobe toutes deux, les vivifie et les maintient ensemble. Comme il est expliqué dans Shaar ha-Hakdamot de notre maître le Ari, de mémoire bénie, dans le discours "Comment les kelim furent-ils formés": il y a encore une quatrième lumière, née entre les lumières susdites.
Lorsque la troisième lumière, appelée lumière réfléchie, s'étend et descend pour éclairer la sefira, elle rencontre la seconde lumière, appelée rechimo (trace résiduelle), qui est restée en bas. Elles sont de nature différente: l'une est lumière directe et miséricorde, l'autre lumière réfléchie et jugement; elles se frappent donc et se heurtent l'une l'autre.
En particulier, la lumière du rechimo désire et aspire à monter vers sa source, qui est la première lumière, comme il a été dit; bien qu'elle ne monte pas en acte, car le rechimo demeure toujours en bas, son désir et son aspiration sont néanmoins de monter. Mais la lumière réfléchie descend en bas, comme il a été dit, et son désir et son aspiration sont néanmoins de monter; elles se trouvent donc opposées de nature.
Alors elles se frappent, car aucun heurt ni coup ne se produit sinon lorsque les lumières sont de nature différente. Par leur choc l'une contre l'autre, naissent entre elles des étincelles de lumière, etc.
Ces étincelles sont la quatrième lumière dont nous avons parlé. Cela est aussi expliqué dans Ets Hayyim, Porte 6 - Porte des Akoudim, chapitre 5.
C'est ce que le Ari, de mémoire bénie, a ordonné dans les zemirot de la nuit de Chabbat (Shaar ha-Kavanot, question de la nuit de Chabbat): "halo batish batishin". Les lumières paraissent à l'œil s'opposer l'une à l'autre; qui les maintient?
Il est évident par là qu'il existe un Créateur pour qui il n'y a aucune différence entre l'une et l'autre et qui les unit. Il en est de même ici, lorsque le Saint, béni soit-Il, lui dit: "Je suis ה', le D.ieu d'Abraham ton père et le D.ieu d'Yitshak" (Genèse 28,13).
Il est dit à ce sujet dans le Zohar (Vayetze 150a): "Il est au milieu", car ici aussi les lumières se heurtent l'une à l'autre (da le-da): la mesure d'Abraham est hassadim et celle d'Yitshak guevourot, et elles paraissent s'opposer l'une à l'autre. Yaakov est le pilier du milieu, la mesure de Tiferet, qui les comprend toutes deux ensemble.
Tel est "il rencontra le Lieu", comme expliqué plus bas dans cette paracha, section 29 et note 108.
« Il rencontra le lieu » : le Midrach Rabba (Vayetzei 68) demande pourquoi l'on nomme le Saint, béni soit-Il, Lieu : Il est le lieu du monde, et le monde n'est pas Son lieu. Le Beit Yaakov dit que le nom Elokim est Sa lumière contractée et revêtue afin que la création la supporte. Les nations L'appellent « D.ieu des dieux » en tenant que la nature gouverne sans Sa providence ; Israël dit que le Nom renouvelle chaque jour l'œuvre du commencement et fait vivre à chaque instant. Le cavalier du Midrach conduit le cheval : le Nom retient et conduit le monde selon Son désir, et retient Sa lumière pour que la création existe.
Aussi : les vêtements de la lumière première pour que le service soit le labeur de l'homme ; le Chema, yihouda ila'a et yihouda tata'a, selon ce qu'il rapporte de son père.
ויפגע במקום וגו'. במדרש רבה (ויצא סח) למה שמכנין שמו של הקב"ה וקוראין אותו מקום לפי שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו כו' לגבור שהוא רוכב על הסוס וכליו משופעים אילך ואילך הסוס טפילה לרוכב ואין הרוכב טפילה לסוס כו'.
הענין בזה הוא, דהנה בשלהי מנחות (קי.) מגנה שם את האומות בזה שקוראין את השי"ת אלהא דאלהיא, ואף שגם דוד המלך אמר (תהלים קלז) הודו לא-להי הא-להים כי לעולם חסדו, ובמשנה תורה גם כן כתיב (עקב י) א-להי הא-להים אשר לא ישא פנים ולא יקח שחד. אכן הענין בזה הוא, כי בחינת א-להים הוא שהשי"ת צמצם את אורו הזך ונתן מקום להבריאה למען יוכל שאת שלא יתבטל בהתרבות האורסבכמבואר בתפארת יוסף שמחת תורה ד"ה אתה הראת [א]:
שם א-להים, מורה מה שהשי"ת הלביש את אורו בלבושים כדי שיהיה לאדם תפיסה, עד היכן שזה הכח שהציב השי"ת שנדמה לאדם לפעמים שעשה ח"ו להיפך מן רצון השי"ת, נכלל ג"כ בשמא דאלהים, כדאיתא בזוה"ק (בחוקתי קיג.) אף שעבד עבודה זרה ג"כ נקרא בשמא דאלהים אחרים.. ודעת האומות הוא, שאמת הוא שהשי"ת הוא קדמון לכל העולם, ועל זה מורה מה שקוראין את שם ה' אלהא דאלהיא, אבל משעה שברא את הבריאה, מאז עזב ה' את הארץ, והטבע מנהגת בעולם בלי השגחתו ית', כן הוא דעתם המשובשת.
אבל לא כאלה חלק יעקב, כי ישראל אומרים שמאז ועד עולם לא יבצר ח"ו השגחת השי"ת, כי מבלעדו לא ירים איש את ידו ואת רגלו, וכח וגבורה הנמצא בכל צבא מעלה הוא מהשי"ת הנותן בהם כח וגבורה להיות מושלים, ופועל בהם תמיד כמו בשעה שבראם. וזהו, הודו לא-להי הא-להים כי לעולם חסדו, והוא שאף שנתן בהם כח וגבורה שיתהוו בעולם, על כל זה הוא מהוה אותם בכל רגע שלא יתבטלו בהתפשטות אורו, ועדיין הוא מנהג את עולמו, והוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו, והשי"ת הוא הנותן מקום להויוות העולם מצמצם את אורו לבל יתפשט ויתבטלו ממציאותםסגמבואר בתפארת יוסף פרשת קרח ד"ה בקר:
כמו שאמר כבוד אזמו"ר זללה"ה החילוק בין דעתם של ישראל ובין דעתם של אומות העולם. שדעתם של ישראל הוא, כמו שאנו אומרים המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית, והיינו לא שהשי"ת ברא פעם אחת הטבע ומאז והלאה מתנהגת מעצמה, לא כן ח"ו, אלא שהשי"ת משפיע חיים לכל הבריאה בכל רגע ורגע, ואם יפסוק השגחתו להבריאה רגע אחת, אז יתבטל תיכף.
וכמו שאיתא בתקוני זוה"ק (הקדמה יז:) וכד אנת תסתלק מנהון אשתארין כלהון שמהן כגופא בלא נשמתא. וזה מורה, שאם יסור ח"ו השגחתו אפילו רגע אחת, לא יהיה להבריאה שום קיום כלל.
וכל הקיום הוא מזה שהשי"ת נותן להבריאה חיים בכל רגע ורגע, וכמו שכתוב (נחמיה ט׳:ו׳) ואתה מחיה את כולם. וכל זה הוא דעתם של ישראל, לא כן הוא דעתם של האומות, שהם קורין להשי"ת אלהא דאלהא, כדאיתא בש"ס (מנחות קי.) והיינו שהם אומרים שהשי"ת נתן כח לצבא מעלה ומתנהגת העולם מעצמה וכו'.
שאומרים שיש כח בצבאי מעלה לנהג בזה העולם, וזה אשר חלק להם, שהשי"ת הניח מקום להם לטעות כדי להחליקן ולטרדם מן העולם. וזה הוא החילוק בין אמונת ודעתם של ישראל לדעתם של האומות.
והוסיף על זה שם במאמרי חג הסוכות ד"ה בסוכות [ב]: כמו שאיתא בש"ס (מנחות קי.) דקראן ליה אלהא דאלהא.
אף שמצינו שדהע"ה ג"כ אמר (תהילים קל״ו:ב׳) הודו לא-להי הא-להים. אכן החילוק הוא, שהאומות אין רצונם בתפיסתם להכיר את אור השורש.
הן אמת שזה מודים שלמעלה מדעתם הציב השי"ת כל אלו הלבושים, אבל בתפיסתם אינם רוצים לידע מה. וזה מרמז דקראן ליה אלהא דאלהא.
שאני אצל ישראל מרמז, שזה שאמר דהע"ה הודו לא-להי הא-להים, והיינו שישראל אחר כל אלו התלבשות שהציב השי"ת, רצונם להכיר בדעתם את אור השורש, ורצונם להכיר בתפיסתם את הרצון של השי"ת מכל הלבושים של עוה"ז, וזה מרמז הודו לא-להי הא-להים שנאמר אצל ישראל.. וזה הוא כונת המדרש לגבור שרוכב על הסוס וכליו משופעים אילך ואילך, היינו שהשי"ת העמיד בעולם התפשטות מטובה עד שיכול להתדמות לעיני הבריאה שהטבע מתנהג בעצמו, כמו שנדמה לעין שהסוס מנהג את הגבור עם הכלים שעליו, אבל האמת הוא לא כן, כי הגבור הוא סובל את כליו ומנהיג את הסוס כרצונו במתג ורסן לבל ילך אנה ואנה.
כן הנמשל הוא בהשי"ת, שהאמת הוא לא כאשר ידמה לב האדם על ידי זה שנמצא בהתפשטות טובה בעולם שהעולם כמנהגו מתנהג, לא כן הוא, רק השי"ת הוא המושל והמעציר בעולם ומנהיגה כרצונו, ואוחז באורו לבל יתפשט, בכדי שיהיה הויה להבריאה ולא תתבטל בריבוי אורו ית':
'Il rencontra le lieu', etc. Dans le Midrach Rabba (Vayetzei 68) : pourquoi donne-t-on au Saint, béni soit-Il, le nom de Lieu ?
Parce qu'Il est le lieu du monde, et le monde n'est pas Son lieu, etc. Cela est semblable à un vaillant homme monté sur un cheval, dont les ustensiles pendent de ci et de là : le cheval est accessoire au cavalier, et le cavalier n'est pas accessoire au cheval, etc.
Le sens en est le suivant. À la fin du traité Menahot (110a), les nations sont blâmées de nommer le Nom 'Dieu des dieux'.
Pourtant, le roi David a également dit : 'Rendez grâce au Dieu des dieux, car Sa bonté est éternelle' (Psaumes 136,2), et dans le Deutéronome aussi il est écrit : 'Dieu des dieux, qui ne fait pas acception de personnes et ne prend pas de pot-de-vin' (Deutéronome 10,17). Mais le sens est que l'aspect Elokim est que le Nom a contracté Sa lumière pure et a donné une place à la création, afin qu'elle puisse la supporter et ne s'annule pas devant l'abondance de la lumière, ainsi qu'il est expliqué dans Tiferet Yosef, Simhat Torah, début de 'Ata hareta' [1] : le nom Elokim indique que le Nom a revêtu Sa lumière de vêtements afin que l'homme puisse la saisir.
Jusqu'au point où cette force que le Nom a posée, par laquelle il semble parfois à l'homme qu'il a fait, à Dieu ne plaise, le contraire de la volonté du Nom, est elle aussi incluse dans le nom Elokim ; comme il est dit dans le saint Zohar (BehoukotaI 113a), même s'il a servi l'idolâtrie, il est aussi appelé par le nom 'dieux autres'. Or l'opinion des nations est qu'il est vrai que le Nom précède tout le monde, et c'est ce qu'indique le fait qu'elles L'appellent 'Dieu des dieux' ; mais depuis qu'Il a créé la création, depuis lors le Nom a abandonné la terre, et la nature gouverne le monde sans Sa providence, béni soit-Il.
Telle est leur opinion faussée. Mais telle n'est pas la part de Yaakov : car Israël dit que, depuis lors et à jamais, la providence du Nom ne fera pas défaut, à Dieu ne plaise ; car sans Lui personne ne lève ni la main ni le pied.
La force et la puissance qui se trouvent dans toute l'armée d'en haut viennent du Nom, qui leur donne force et puissance pour dominer, et agit en elles continuellement comme à l'heure où Il les créa. Tel est le sens de : 'Rendez grâce au Dieu des dieux, car Sa bonté est éternelle' : bien qu'Il leur ait donné force et puissance pour prendre être dans le monde, Il les fait être à chaque instant afin qu'elles ne s'annulent pas dans l'expansion de Sa lumière ; Il gouverne encore Son monde, Il est le lieu du monde et le monde n'est pas Son lieu.
Le Nom donne place aux êtres du monde, contractant Sa lumière afin qu'elle ne s'étende pas et qu'ils ne s'annulent pas de leur réalité, ainsi qu'il est expliqué dans Tiferet Yosef, paracha Korah, début de 'Boker'. Comme l'a dit mon vénéré maître, mon grand-père, de sainte mémoire, la différence entre l'opinion d'Israël et celle des nations : l'opinion d'Israël est celle que nous exprimons en disant : 'Dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour continuellement l'œuvre du commencement.' Cela ne signifie pas que le Nom a créé une seule fois la nature et que, depuis lors, elle se gouverne d'elle-même, à Dieu ne plaise ; mais que le Nom fait couler la vie vers toute la création à chaque instant.
S'Il interrompait Sa providence sur la création un seul instant, elle s'annulerait aussitôt. Comme il est dit dans les Tikounei Zohar (introduction, 17b) : 'Quand Tu Te retires d'eux, tous les noms restent comme un corps sans âme' (וכד אנת תסתלק מנהון אשתארין כלהון שמהן כגופא בלא נשמתא).
Cela indique que si, à Dieu ne plaise, Sa providence se retirait ne serait-ce qu'un instant, la création n'aurait aucune subsistance. Toute sa subsistance vient de ce que le Nom donne vie à la création à chaque instant, comme il est écrit : 'Et Toi, Tu les fais tous vivre' (Nehemie 9,6).
Telle est toute l'opinion d'Israël ; il n'en est pas ainsi de l'opinion des nations, qui appellent le Nom 'Dieu des dieux', comme il est rapporté dans le Talmud (Menahot 110a). Elles disent que le Nom a donné une force à l'armée d'en haut et que le monde se conduit de lui-même, etc.
Elles disent qu'il y a dans les armées d'en haut une force pour conduire ce monde. C'est ce qui leur a été imparti : le Nom leur a laissé une place pour se tromper, afin de les faire glisser et de les chasser du monde.
Telle est la différence entre la foi et l'opinion d'Israël, et l'opinion des nations. Il ajoute la-bas, dans Maamarei Hag Soukkot, début de 'Basoukkot' [2] : comme il est rapporté dans le Talmud (Menahot 110a), qu'elles L'appellent 'Dieu des dieux'.
Bien que nous trouvions que David, de bénie mémoire, a aussi dit : 'Rendez grâce au Dieu des dieux' (Psaumes 136,2), la différence est que les nations ne veulent pas, dans leur saisie, reconnaître la lumière de la racine. Il est vrai qu'elles reconnaissent que, au-delà de leur connaissance, le Nom a placé tous ces vêtements ; mais dans leur saisie, elles ne veulent pas savoir quoi.
C'est ce qu'indique le fait qu'elles L'appellent 'Dieu des dieux'. Chez Israël, c'est différent : ce que David, de bénie mémoire, a dit, 'Rendez grâce au Dieu des dieux', signifie qu'après tous ces revêtements posés par le Nom, Israël désire reconnaître dans sa connaissance la lumière de la racine ; il désire reconnaître dans sa saisie la volonté du Nom à travers tous les vêtements de ce monde-ci.
C'est ce qu'indique 'Rendez grâce au Dieu des dieux', dit au sujet d'Israël. Telle est l'intention du Midrach par le vaillant homme monté sur le cheval, dont les ustensiles pendent de ci et de là : le Nom a établi dans le monde une telle expansion de bontés qu'il peut sembler aux yeux de la création que la nature se conduit d'elle-même, comme il semble à l'œil que le cheval conduit le vaillant homme et les ustensiles qui sont sur lui.
Mais la vérité n'est pas ainsi : le vaillant homme porte ses ustensiles et conduit le cheval selon son désir, par le mors et la bride, afin qu'il n'aille ni ici ni la. Ainsi en est-il dans l'image du Nom : la vérité n'est pas telle qu'elle semble au cœur de l'homme, du fait qu'il existe dans le monde une expansion de bien et que le monde semble suivre son cours.
Il n'en est pas ainsi : le Nom domine le monde, le retient et le conduit selon Son désir ; Il retient Sa lumière afin qu'elle ne s'étende pas, pour que la création ait une existence et ne s'annule pas dans l'abondance de Sa lumière, béni soit-Il.
ויפגע במקום וגו'. במדרש רבה (ויצא סח) למה מכנין שמו של הקב"ה וקוראין אותו מקום לפי שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו כו', לגבור שהוא רוכב על הסוס וכליו משופעים אילך ואילך הסוס טפילה לרוכב ואין הרוכב טפילה לסוס.
והענין הוא, כי השי"ת הוא מקיף את כל העולם ואין העולם מקיפו, כי הוא בלי שום מדה וגבול, והוא אין תכלית ואין סוף וממלא כל עלמין וסובב כל עלמין, כדאיתא בזוה"ק (בהר קט:) ולית אלהא אחרא עילא ותתא ומכל סטרא ומלגו דעשר ספירן דמנהון כלא ובהון כלא תליא ואנת בכל ספירה בארכה ורחבה עילא ותתא ובין כל ספירה וספירה ובעובי דכל ספירה וספירה, ואנת הוא דמקרב לקב"ה ושכינתיה בכל ספירה וספירה וכו'. היינו, כי באמת לא יעשה שום דבר בלתי רצון השי"ת, כי באם לא היה רצון השי"ת שיעשה אז לא היה בכח הבריאה לפעול שום דבר בעולם, וכל פעולות האדם הם ג"כ מהשי"ת, אך לא מטעם השגת ותפיסת האדם, אבל יש לו להשי"ת טעם עמוק יותר מכפי השגת האדם אשר לא יושג בשום צד, כי הוא עמוק עמוק ומי ימצאנו.
וזה הוא מקומו של עולם, היינו כל דבר שבעולם מתנהג הכל אך כרצונו ולא יתנהג בלי רצונו, אבל אין העולם מקומו, היינו לא כפי תפיסת אדם. ואומר עוד שם, לגבור שהוא רוכב על הסוס הסוס טפילה לרוכב ואין הרוכב טפילה לסוס, והענין בזה, כי כל האור וההכרה שנמצא בעולם הזה, אף שמכירין שנמצא השי"ת המושל בעולם, זה האור הוא כשרגא בטיהרא נגד אורו ית'.
ואף דאיתא (פסחים ח.) למה הצדיקין דומין בפני השכינה כנר בפני האבוקה ונר הוא מעט כממש בפני אבוקה, כי מהרבה נרות נעשה אבוקה, ושרגא בטיהרא לא מהני כללסדלעיל פרשת בראשית אות כז, פרשת נח אות ג, יט, בית יעקב ויקרא פר' צו אות א, טז, בית יעקב הכולל פ' כי תשא ד"ה וידבר [א], סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פ' מקץ ד"ה ויהי.. אכן הענין בזה הוא, שהשי"ת ברוב טובו וחסדו מצמצם את אורו הרב מהכיל לטובת ישראל שלא יתבטלו בהתרבות האור, וזה נקרא שכינתא, שכל המדרגות שהציב השי"ת בעולם הם לבושים לאורו כדי שתוכל הבריאה לקבל, כדאיתא בזוהר הק' (בלק רד:) נהורא קדמאה דברא קב"ה הוה נהיר עד דלא הוו יכלין עלמין למסבליה, מה עבד קב"ה עבד נהורא לנהוריה לאתלבשא דא בדא, וכן כל שאר נהורין עד דעלמין כולהו אתקיימו בקיומייהו ויכלין למסבל וכו'סהכמבואר בתפארת יוסף פרשת נצבים ד"ה אתם נצבים [ב]:
הענין בזה דהנה איתא בזוה"ק (בלק רד:) נהורא קדמאה דברא קוב"ה עלמא לית יכול עלמא למסבלא מה עביד קוב"ה עביד נהורא לנהורא ויקריה ליקריה לאתלבשא דא בדא. היינו שבנהורא קדמאה לא היה שום לבוש, ורק הכירה כל הבריאה שבלעדי השי"ת לא ירים איש את ידו ואת רגלו, ולפיכך לית יכול עלמא למסבלא, היינו שלא היה שום מקום לעבודה, כיון שלא היה שום בחירה ולא היה נקרא העבודה על שם העובדה ולא היה לו שום חלק בה.
מה עביד קוב"ה עביד נהורא לנהורא וכו', היינו שהציב השי"ת לבושים המסתירים, וזה היה מחמת שהשי"ת חפץ להיטיב לבריותיו, כדי שיהיה נקרא העבודה יגיע כפו של אדם. עיין לעיל פ' בראשית אות א, תפארת יוסף פ' בראשית ד"ה בראשית [א], פ' תצוה ד"ה ואתה, פ' תצא ד"ה כי תצא..
ושכינתא הוא מדרגה עשירית מדת מלכות, הלבוש האחרון שהציב השי"ת בעולם, וכדמוכח בתקוני הזוהר (תיקון כו דף עא:)סועניין השכינה נתבאר באריכות בספר דובר צדק למרן רבי צדוק הכהן מלובלין זי"ע בתחילתו עיין שם כל העניין.. אבל האמת הוא שכל האור וההכרה שבעולם הזה הוא כשרגא בטיהרא, וזהו כגבור הרוכב על הסוס וכליו משופעים אילך ואילך, היינו אף שבהסוס יש בו גם כן כח, מפני שבהסתר יש בו מעט אור, כי הולך הוא בדרך, אבל טפילה הוא לרוכב, כי הרוכב מנהיג את הסוס כפי שיחפוץ, וזה הוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו:
'Il rencontra le lieu', etc. Dans le Midrach Rabba (Vayetzei 68) : pourquoi donne-t-on au Saint, béni soit-Il, le nom de Lieu ?
Parce qu'Il est le lieu du monde, et le monde n'est pas Son lieu, etc. Cela est semblable à un vaillant homme monté sur un cheval, dont les ustensiles pendent de ci et de là : le cheval est accessoire au cavalier, et le cavalier n'est pas accessoire au cheval.
Le sens en est que le Nom entoure tout le monde, et le monde ne L'entoure pas, car Il est sans aucune mesure ni limite ; Il est sans fin ni terme, remplit tous les mondes et entoure tous les mondes. Comme il est rapporté dans le saint Zohar (Behar 109b) : 'Il n'est pas d'autre Dieu en haut ni en bas, de tout côté et au-dedans des dix sefirot, dont tout procède et auxquelles tout est attaché ; et Tu es dans chaque sefira, dans sa longueur et sa largeur, en haut et en bas, entre chaque sefira et chaque sefira, et dans l'épaisseur de chaque sefira et chaque sefira ; et Tu es Celui qui rapproche le Saint, béni soit-Il, et Sa Chekhina dans chaque sefira et chaque sefira', etc.
C'est-à-dire qu'en vérité, rien ne se fait sans la volonté du Nom ; car si le Nom ne voulait pas qu'une chose se fasse, la création n'aurait pas la force d'accomplir aucune chose dans le monde. Toutes les actions de l'homme aussi viennent du Nom, mais non selon le motif de la connaissance et de la saisie de l'homme : le Nom a un motif plus profond que la saisie de l'homme, qui ne peut être atteint d'aucune manière, car il est profond, profond, qui le trouvera ?
Tel est le sens de 'Il est le lieu du monde' : toute chose du monde se conduit uniquement selon Sa volonté et ne se conduit pas sans Sa volonté. Mais 'le monde n'est pas Son lieu' signifie : non selon la saisie de l'homme.
Il dit encore là-bas : 'un vaillant homme monté sur le cheval ; le cheval est accessoire au cavalier et le cavalier n'est pas accessoire au cheval.' Le sens en est que toute la lumière et toute la connaissance qui existent dans ce monde-ci, bien que l'on reconnaisse que le Nom domine le monde, cette lumière est comme une lampe en plein jour devant Sa lumière, béni soit-Il. Et bien qu'il soit dit (Pessahim 8a) : 'À quoi les justes ressemblent-ils devant la Chekhina ?
À une lampe devant une torche', et qu'une lampe soit réellement peu de chose devant une torche, car une torche est faite de nombreuses lampes, une lampe en plein jour n'est absolument d'aucune utilité, ainsi qu'il a été expliqué plus haut, paracha Bereshit, paragraphe 27 ; paracha Noah, paragraphes 3 et 19 ; Beit Yaakov sur Vayikra, paracha Tsav, paragraphes 1 et 16 ; Beit Yaakov Hakolel, paracha Ki Tissa, début de 'Vayedaber' [1] ; Sod Yesharim sur la Torah, d'après son manuscrit saint, paracha Mikets, début de 'Vayehi'. Mais le sens est que le Nom, dans l'abondance de Sa bonté et de Sa grâce, contracte Sa lumière trop grande pour être contenue, pour le bien d'Israël, afin qu'ils ne s'annulent pas dans l'abondance de la lumière.
Cela est appelé Chekhinta : tous les degrés que le Nom a placés dans le monde sont des vêtements de Sa lumière, afin que la création puisse recevoir. Comme il est dit dans le saint Zohar (Balak 204b) : 'La lumière première que le Saint, béni soit-Il, créa brillait, et les mondes ne pouvaient la supporter.
Que fit le Saint, béni soit-Il ? Il fit une lumière pour que la lumière se revête l'une dans l'autre, et ainsi toutes les autres lumières, jusqu'à ce que tous les mondes subsistent dans leur subsistance et puissent supporter', etc.
Ainsi qu'il est expliqué dans Tiferet Yosef, paracha Nitsavim, début de 'Atem nitsavim' [2] : le sens est qu'il est dit dans le saint Zohar (Balak 204b) : 'La lumière première que le Saint, béni soit-Il, créa, le monde ne pouvait la supporter. Que fit le Saint, béni soit-Il ?
Il fit une lumière pour que la lumière et sa gloire pour que la gloire se revêtent l'une dans l'autre.' Cela signifie que dans la lumière première il n'y avait aucun vêtement ; toute la création reconnaissait seulement que, sans le Nom, personne ne lève ni la main ni le pied. C'est pourquoi le monde ne pouvait la supporter : il n'y avait aucune place pour le service, puisqu'il n'y avait aucun libre choix ; le service n'était pas appelé du nom de celui qui le faisait et celui-ci n'y avait aucune part.
Que fit le Saint, béni soit-Il ? Il posa des vêtements qui cachent.
Cela venait de ce que le Nom voulait faire du bien à Ses créatures, afin que le service soit appelé le labeur de la paume de l'homme. Voir plus haut, paracha Bereshit, paragraphe 1 ; Tiferet Yosef, paracha Bereshit, début de 'Bereshit' [1] ; paracha Tetsave, début de 'Veata' ; paracha Tetse, début de 'Ki tetse'.
La Chekhinta est le dixième degré, l'attribut de Malkhout, le dernier vêtement que le Nom a posé dans le monde, comme cela ressort des Tikounei Zohar (Tikoun 26, folio 71b). La question de la Chekhina a été longuement expliquée dans le livre Dover Tsedek de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen de Lublin, de bénie mémoire, à son commencement ; voir là-bas toute la question.
Mais la vérité est que toute la lumière et toute la connaissance de ce monde-ci sont comme une lampe en plein jour. Tel est le vaillant homme monté sur le cheval, dont les ustensiles pendent de ci et de là : bien que le cheval ait aussi une force, parce que dans le voilement il y a un peu de lumière, puisqu'il va sur le chemin, il est accessoire au cavalier, car le cavalier conduit le cheval selon son désir.
Tel est le sens de : Il est le lieu du monde, et le monde n'est pas Son lieu.
ויפגע במקום וגו'. במדרש רבה (ויצא סח) איתא על זה מפני מה מכנין שמו של הקב"ה וקוראין אותו מקום, לפי שהוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו.
הענין בזה הוא, כי הנה אנו אומרים (קריאת שמע) שמע ישראל וגו' ה' אחד, היינו שכל הכח פעולה הנמצא בעולם הוא גם כן מהשי"ת, ומבלעדו לא ירים איש את ידו ורגלו, רק הוא הנותן כח בהבריאה שתעשה חיל, ובזו המדה כולם שוים כקטן כגדול ואין שום מדרגות. אכן כל המדרגות הם מתחילין מיחודא תתאה, שהוא ברוך שם כבוד מלכותו, שהשי"ת במקום גדולתו המציא ענותנותו ורצה בכבוד מבריותיו להקרא מלך עליהם, ומזו המדה המה כל המדרגות, שמזה יוצא יותר כבוד שמים, ומזה עוד יותר, כמו שחייב אדם לכבד את אביו מחמת שהוא הוליד אותו ומקבל ממנו טובה גלויה שהוא עילה וסבה להווייתוסזענין יחודא עלאה ויחודא תתאה מבואר בספר סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת ויחי ד"ה וענין וזל"ק:
וכמו שנתבאר מפי אאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה, בענין שמע ישראל וברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד, יחודא עלאה ויחודא תתאה. שענין שמע ישראל, הוא הכרת רוממות הש"י, וממילא כל הבריאה נכללת ביחודו.
וברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד, רומז שאחר שחפץ הש"י בהבריאה, ממילא כשבחר בישראל לכבודו, כל מה שיתגדלו ישראל יגדל כבוד שמים, אחר שהשי"ת נתן מקום לעבודת ישראל. ואלו השנים הם כלל קריאת שמע, שכל כמה שהאדם מפקיד נפשו להשי"ת, מהכרתו רוממות השי"ת שהכל נכלל ביחודו, כן מאיר הש"י השפעתו, שכל מי שמכיר כבודו ויחודו, זה הוא כבוד מלכותו בעולם הזה, שעליו מאיר ויחופף עליו בהשגחתו, שעל ידו יתגדל כבוד שמים בעולם הזה.
ועיין עוד בספר דובר צדק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע בתחילתו אות ג' ד"ה וזה ענין שמע ישראל כל הענין שם.:
'Il rencontra le lieu', etc. Dans le Midrach Rabba (Vayetzei 68), il est rapporté à ce sujet : pourquoi donne-t-on au Saint, béni soit-Il, le nom de Lieu ?
Parce qu'Il est le lieu du monde et le monde n'est pas Son lieu. Le sens en est que nous disons, dans le Chema : 'Écoute, Israël... ה' est Un' ; c'est-à-dire que toute force d'action qui se trouve dans le monde vient également du Nom, et que sans Lui personne ne lève ni la main ni le pied.
C'est Lui seul qui donne à la création la force d'agir vaillamment. Sous ce rapport, tous sont égaux, petit et grand, et il n'y a aucun degré.
Mais tous les degrés commencent avec le yihouda tata'a (unité inférieure), qui est : 'Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais' ; le Nom, au lieu de Sa grandeur, a fait apparaître Son humilité et a voulu recevoir l'honneur de Ses créatures en être appelé Roi sur elles. De cet attribut viennent tous les degrés : par l'un sort davantage de gloire des Cieux, et par l'autre davantage encore.
Ainsi l'homme est tenu d'honorer son père parce qu'il l'a engendré et qu'il en reçoit un bien apparent, celui-ci étant la cause et le motif de son existence. La question de yihouda ila'a (unité supérieure) et de yihouda tata'a est expliquée dans Sod Yesharim sur la Torah, d'après son manuscrit saint, paracha Vayhi, début de 'Veinyan', et voici ses paroles : comme nous l'avons entendu de la bouche de mon père, mon maître, le rav, le gaon et le saint, de bénie mémoire, au sujet de 'Écoute, Israël' et de 'Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais', yihouda ila'a et yihouda tata'a.
Le sens de 'Écoute, Israël' est la reconnaissance de l'élévation du Nom ; par conséquent, toute la création est incluse dans Son unité. 'Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais' indique qu'après que le Nom a désiré la création, lorsqu'Il a choisi Israël pour Sa gloire, plus Israël grandit, plus grandit la gloire des Cieux, puisque le Nom a donné place au service d'Israël. Ces deux choses sont l'ensemble du Chema : dans la mesure où l'homme confie son âme au Nom, par sa reconnaissance de l'élévation du Nom, selon laquelle tout est inclus dans Son unité, ainsi le Nom fait luire Son influx.
Car quiconque reconnaît Sa gloire et Son unité, cela est la gloire de Son royaume dans ce monde-ci ; sur lui le Nom fait luire et planer Sa providence, et par lui grandit la gloire des Cieux dans ce monde-ci. Voir encore Dover Tsedek de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen, de bénie mémoire, au commencement, paragraphe 3, début de 'Veze inyan Chema Israël', pour toute la question là-bas.
Le Saint béni soit-Il désire la création, puisqu'Il a créé le monde, puis Il la détruit par le Déluge : on n'atteint pas la profondeur de Sa volonté. Le Beit Yaakov en tire qu'Il est le lieu du monde. Quiconque fait procéder davantage de gloire du Ciel est plus proche de Son intention, « Je l'ai créé pour Ma gloire ». Il n'a nul besoin de la création ; du côté des créatures, Il dispose un vêtement pour qu'elles Le servent. Une chose interdite n'est pas encore donnée à la saisie de l'homme. « Il rencontra le lieu » : au changement se reconnaît un Créateur, et cette connaissance est constante chez Yaakov.
Aussi : Yaakov ne monte pas, la volonté profonde voulant qu'il se clarifie ; le prince d'Édom monte en apparence et sera fait descendre ; l'échelle est l'homme, par qui les créatures s'élèvent face au Maître.
והנה אנו רואים שחפץ הקב"ה בבריאת העולם ובהוייתו, כי הלא הקב"ה בכבודו ובעצמו ברא את העולם. והנה רואים אנו שאחר כך החריבה ושטפה במי המבול, ומזה אנו יודעים שאין לנו כח לבוא עד תכונתו ועומק המכוון מרצונו ית', וזהו כונת המדרש שאין העולם מקומו רק השי"ת הוא מקומו של עולם, שהוא ית' יודע המכוון מכל העולם כולו.
וכל מי שיודע יותר כונת ורצון השי"ת בהבריאה הוא מקורב יותר להמכוון שלו, כדכתיב (ישעיה מג) ולכבודי בראתיו, שכל הבריאה הוא שיבוא ממנה כבוד שמים, וממי שיבוא כבוד שמים ביותר ויכוון יותר למטרת כונת ורצון השי"ת, הוא יותר קרוב להמכוון של השי"ת, ולעיקר המכוון של השי"ת אין בכח להגיע ולידע, אך כל מי שרוצה לדעת רצון השי"ת ומתקרב עצמו ועובד להשי"ת ורוצה להכיר כבוד שמים בכל דבר, זה הוא קרוב לרצון השי"תסחכמו שביאר בתפארת יוסף פרשת נצבים ד"ה אתם נצבים [א]: עיקר הכרתו של אדם הוא להכיר שהקב"ה הוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו.
והיינו שאצל השי"ת הוא השלימות היותר גדול ואינו צריך כלל להבריאה, ורק מצד הבריאה שהשי"ת חפץ להיטב לבריותיו הציב לבוש שיעבדו אותו, וכביכול שכבוד שמים חסר בלתי עבודת ישראל, ואחר הבירור שישראל מברר עצמו, אז מראה השי"ת שבמקום הזה שאין צריך כלל להבריאה, שזה נקרא עתיקא קדישא שם נכללו כל עבודת ישראל.. ומזה יוצאים כל איסורים, את זה תאכל ואת זה לא תאכל, כי אם יאכל הדבר איסור יטריד אותו וישכח אל מחוללו.
כי השי"ת ברא את זה הדבר, מפני שאין שום דבר בעולם שיטרידו, וכל מה שברא הקב"ה יוצא ממנו כבוד שמים אף ממה שנראה ההיפך, כי כגבוה שמים מהארץ כן גבהו דרכיו מדרכינו ומחשבותיו ממחשבותינו, כי האדם אם יאכל את הדבר האסור יוטרד דעתו ויעכור מחשבותיוסטמבואר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה בסוכות [א]: כי ענין כל דברים האסורים הוא שהשי"ת לא נתנה אל תפיסת האדם, כי באמת מצידו לא ברא דבר לבטלה, ורק שלא נתנה עדיין אל תפיסת האדם שיהיה ביכלתו לקבלו ולהחזירו לנוכח השי"ת.
וכמו שאיתא (תו"כ) אל יאמר האדם נפשי קצה בבשר חזיר אלא יאמר אפשי ומה אעשה שאבי שבשמים גזר עלי, והיינו שלא נתן השי"ת אל האדם כלי שיהיה ביכולתו לקבלו לתוכו וכו'. וזה הוא החילוק שאצל דברים המותרים נתן השי"ת כח לאדם שיהיה ביכולתו ללחום עם המאכל ולהתגבר עליו.
אבל דברים האסורים עוד לא נתנה השי"ת אל תפיסת האדם שיהיה ביכלתו להגביר על המאכל. ועיין עוד פ' נשא ד"ה איש [א].
וכן מבואר בעין התכלת דף תלו: כמו שנתבאר בטעמי מאכלות אסורות שכל המאכלים המותרים מסייעים את האדם לעבודת הש"י שיכול האדם להכניסם לתוכו ולעבוד בכחם את הש"י.
והמאכלות האסורות ממשיכים את האדם לתוך חשכת הסתר דעת, וכשיכניסם לתוכו או יהנה מאלו שאסורים בהנאה, יתגברו עליו וימשיכוהו לרע לו. אכן בשורש כל דבר יש נקודה אחת טובה שנבראת לתכלית הטוב, ורק אחר הסתעפות התלבשות לבושים מתעלם בהם שורשם, והלבוש הוא רע שאין האדם יכול לגבור עליו לעבוד בכחם את הש"י..
ומזה גם כן ניכר כבוד שמו ית', שאצלו ית' אין שום דבר שיטרידו ח"ו, כי דעתו גבוה מכל הדברים שבעולם, והוא מקיף את כל העולם ואין דבר בעולם שיקיפו. וזהו ויפגע במקום, היינו בהתחלת השינוי, למשל כאור הבקר, שאז הוא השתנות, שמקודם זה היה ערב, ובזה הרגע התחיל להאיר היום, ומזה ניכר שנמצא בורא בעולם שהוא ממעל לאלו השנים.
וזו המדה הוא מקומו של עולם, שמזה הרצון מתחיל רצון בריאת העולם, היינו ממקום שרצה שתהיה הבריאה, שם מתחיל היקף תפיסת האדם. וזו ההכרה היתה בתמידות אצל יעקב אבינו ע"ה, לכן נאמר עליו (ישעיהו מ״ג:א׳) בוראך יעקב ויוצרך ישראל, והיינו שהוא היה הבריאה היותר קרוב להרצון יתברך והמכוון שלו בבריאת העולם:
Voici que nous voyons que le Saint, béni soit-Il, désire la création du monde et son existence, car le Saint, béni soit-Il, Lui-même a créé le monde. Or nous voyons qu'ensuite Il l'a détruit et submergé par les eaux du Déluge; de cela nous savons que nous n'avons pas la force de parvenir jusqu'à Sa nature et à la profondeur de l'intention de Sa volonté, béni soit-Il.
Tel est le sens du midrach: le monde n'est pas Son lieu, mais Il est le lieu du monde, car Lui, béni soit-Il, connaît l'intention de tout le monde entier. Quiconque connaît davantage l'intention et la volonté du Saint, béni soit-Il, dans la création est plus rapproché de Son intention, comme il est écrit: 'Je l'ai créé pour Ma gloire' (Isaie 43,7); toute la création est faite afin que la gloire du Ciel en procède.
Celui de qui procède davantage de gloire du Ciel, et qui vise davantage le but de l'intention et de la volonté du Saint, béni soit-Il, est plus proche de Son intention. Il n'est pas en notre pouvoir d'atteindre et de connaître l'intention essentielle du Saint, béni soit-Il; mais quiconque veut connaître Sa volonté, se rapproche et sert le Saint, béni soit-Il, et veut reconnaître la gloire du Ciel en toute chose, celui-là est proche de la volonté du Saint, béni soit-Il.
Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Nitsavim, début 'Vous vous tenez': la connaissance essentielle de l'homme est de reconnaître que le Saint, béni soit-Il, est le lieu du monde et que le monde n'est pas Son lieu. Cela veut dire que, chez le Saint, béni soit-Il, se trouve la perfection la plus grande, et qu'Il n'a nullement besoin de la création.
Ce n'est que du côté de la création, parce que le Saint, béni soit-Il, veut faire du bien à Ses créatures, qu'Il a disposé un vêtement pour qu'elles Le servent; et, pour ainsi dire, la gloire du Ciel manque sans le service d'Israël. Après la clarification par laquelle Israël se clarifie lui-même, le Saint, béni soit-Il, montre que dans ce lieu où Il n'a nullement besoin de la création, appelé Atika Kadisha (l'Ancien saint), sont inclus tous les services d'Israël.
De là sortent toutes les interdictions: 'Tu mangeras ceci et tu ne mangeras pas cela'; car, s'il mangeait une chose interdite, elle le troublerait et il oublierait Celui qui l'a formé. Car le Saint, béni soit-Il, a créé cette chose, parce qu'il n'est aucune chose au monde qui Le trouble; et de tout ce que le Saint, béni soit-Il, a créé procède la gloire du Ciel, même de ce qui semble le contraire.
Car, de même que les cieux sont élevés au-dessus de la terre, ainsi Ses voies sont élevées au-dessus de nos voies et Ses pensées au-dessus de nos pensées; car si l'homme mangeait une chose interdite, son esprit serait troublé et ses pensées s'obscurciraient. Il est expliqué dans Tiferet Yossef, fête de Soukkot, début 'Dans les cabanes': toute chose interdite tient à ce que le Saint, béni soit-Il, ne l'a pas donnée à la saisie de l'homme.
Car, en vérité, de Son côté, Il n'a rien créé en vain; seulement, Il ne l'a pas encore donnée à la saisie de l'homme, afin que celui-ci puisse la recevoir et la ramener devant le Saint, béni soit-Il. Ainsi est-il rapporté dans le Torat Kohanim: que l'homme ne dise pas: 'Mon âme est dégoûtée de la chair de porc', mais: 'Je le désire, mais que puis-je faire?
Mon Père qui est aux cieux me l'a décrété.' Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, n'a pas donné à l'homme de réceptacle qui lui permette de la recevoir en lui, etc. Telle est la différence: pour les choses permises, le Saint, béni soit-Il, a donné à l'homme la force de combattre l'aliment et de le dominer; mais pour les choses interdites, le Saint, béni soit-Il, ne les a pas encore données à la saisie de l'homme, afin qu'il puisse dominer l'aliment.
Voir encore parachat Nasso, début 'Un homme'. De même, il est expliqué dans Ein HaTékhélet, p.
436: ainsi qu'il a été expliqué au sujet des raisons des aliments interdits, tous les aliments permis aident l'homme dans le service du Nom, béni soit-Il, car l'homme peut les faire entrer en lui et servir le Nom, béni soit-Il, par leur force. Les aliments interdits entraînent l'homme dans l'obscurité du voilement de la connaissance; s'il les fait entrer en lui ou tire profit de ceux dont le profit est interdit, ils le domineront et l'entraîneront vers son mal.
Cependant, à la racine de toute chose se trouve un point bon, créé pour la finalité du bien; seulement, après la ramification et le revêtement de vêtements, leur racine se dissimule en eux, et le vêtement est mauvais, l'homme ne pouvant le dominer afin de servir le Nom, béni soit-Il, par leur force. Par cela aussi se reconnaît la gloire de Son Nom, béni soit-Il: auprès de Lui, béni soit-Il, il n'est aucune chose qui Le trouble, à D.ieu ne plaise, car Sa connaissance est élevée au-dessus de toutes les choses du monde; Il entoure le monde entier, et aucune chose du monde ne L'entoure.
Tel est: 'Il rencontra le lieu' (Genèse 28,11), c'est-à-dire au commencement du changement, par exemple à la lumière du matin: c'est alors un changement, car auparavant c'était le soir et, à cet instant, le jour commença à luire. De cela se reconnaît qu'un Créateur se trouve dans le monde, au-dessus de ces changements.
Cette mesure est 'le lieu du monde': de cette volonté commence la volonté de la création du monde; c'est-à-dire qu'à partir du lieu où Il a voulu que la création soit, commence le cercle de la saisie humaine. Cette connaissance était constante chez notre père Yaakov, de sorte qu'il est dit de lui: 'Ton Créateur, Yaakov, et Celui qui t'a formé, Israël' (Isaie 43,1).
Cela signifie qu'il était la créature la plus proche de la volonté, béni soit-Il, et de Son intention dans la création du monde.
ויקח מאבני המקום וישם מראשותיו. איתא על זה (רבה ויצא סח) שהיה מתירא מן החיות.
ובתנחומא (ויצא א) איתא מלמד שהראה לו הקב"ה לאבינו יעקב שרה של בבל עולה שבעין עוקים כו' ושל אדום עלה ולא ידע כמה, באותה שעה נתיירא יעקב אבינו ואמר שמא לזה אין לו ירידה, אמר לו הקב"ה אל תירא עבדי יעקב כו' אם תגביה כנשר ואם בין כוכבים שים קנך משם אורידך נאם ה' כו' (עובדיה א׳:ד׳) אמר ליה הקב"ה ליעקב, יעקב למה אין אתה עולה, באותה שעה נתירא אבינו יעקב ואמר כשם שיש לאלו ירידה כו' אמר ליה הקב"ה אם אתה עולה אין לך ירידה, ולא האמין ולא עלה. הענין בזה, וכי לא האמין יעקב בהשי"ת ח"ו שאם יעלה שוב לא ירד.
אכן יעקב אבינו היה מכיר שעומק רצון השי"ת הוא שלא יעלה למדתו, כי מדתו הוא מדת אמת, והוא שרוצה לברר את עצמו מכל צדדיו ואינו חפץ זולת רצון השי"ת, ולזה לא רצה לעלות, אף שאמר לו השי"ת שיעלה, כי זאת היה יודע שאם יעלה אז יהיה קשה לדחותו, כי הדבר שהוא עתיד להתברר אף שעדיין אינו מבורר, על כל זה אם יעלה לא ירד, ולא ידחו אותו, וכענין דאיתא (ר"ה טז.) הלכך כי חזי אינש דמצלח זרעא אפלא ליקדים וליזרע חרפא דעד דמטי למדייניה קדים סליק. והיינו שמכיון שסלקא באביב קשה להפסידה.
וכל זה ידע אבינו יעקב, אכן שהיה מכיר עומק הרצון מהשי"ת שחפץ שלא יעלה לכן לא רצה לעלות, כי הוא לא היה חפץ זולת מה שהוא ברצון השי"ת. וכאשר ראה השר של אדום עולה ולא ידע כמה התחיל לפחוד ולהתיירא שמא ח"ו אין לו ירידה, עד שהראה לו השי"ת מה שנאמר עליו, ואם בין כוכבים שים קנך משם אורידך (עובדיה א׳:ד׳), היינו שבזה העולם אין הלב מבורר עוד בעומק אך על הגוון, ולזה אף מי שלעולם לא יבורר על כל זה יכול ליפות עצמו על הגוון, כי עומק הלב אינו מבורר עוד, ולזה היה יכול זה השר לעלות להקב"ה, כי מאן מפיס, כי גם לו היה שקר החן וגוון תפארת, כי אם לא היה לו גוון טוב אז לא היה יכול לעלות כל עיקר להקב"ה, ולכן נתיירא יעקב עד שהראה לו השי"ת מה שנאמר עליו, שאם יעלה שמים לרום יורידוהו משם:
'Il prit des pierres du lieu et les mit sous sa tête' (Genèse 28,11). Il est dit à ce sujet dans le Midrach Rabba, Vayetze 68, qu'il craignait les bêtes sauvages.
Et dans le Tan'houma, Vayetze 1, il est dit: cela enseigne que le Saint, béni soit-Il, montra à notre père Yaakov que le prince de Babylone montait soixante-dix échelons, etc., et que celui d'Edom monta sans qu'il sût jusqu'où. À ce moment, notre père Yaakov eut peur et dit: 'Peut-être celui-ci ne descend-il pas?' Le Saint, béni soit-Il, lui dit: 'Ne crains pas, Mon serviteur Yaakov', etc.: 'Quand tu élèverais ton nid comme l'aigle et le placerais parmi les étoiles, Je te ferais descendre de là, dit ה'' (Ovadia 1,4), etc.
Le Saint, béni soit-Il, dit à Yaakov: 'Yaakov, pourquoi ne montes-tu pas?' À ce moment, notre père Yaakov eut peur et dit: 'De même que ceux-ci descendent', etc. Le Saint, béni soit-Il, lui dit: 'Si tu montes, tu ne descendras pas'; mais il ne crut pas et ne monta pas.
Le propos est le suivant: Yaakov n'aurait-il pas cru au Saint, béni soit-Il, à D.ieu ne plaise, que s'il montait il ne redescendrait plus? Mais notre père Yaakov reconnaissait que la profondeur de la volonté du Saint, béni soit-Il, était qu'il ne montât pas à sa mesure, car sa mesure est la mesure de vérité: il veut se clarifier de tous ses côtés et ne désire rien sinon la volonté du Saint, béni soit-Il.
C'est pourquoi il ne voulut pas monter, bien que le Saint, béni soit-Il, lui eût dit de monter; car il savait ceci: s'il montait, il serait alors difficile de le repousser. En effet, une chose destinée à être clarifiée, bien qu'elle ne soit pas encore clarifiée, si elle monte ne redescend pas, et on ne la repousse pas.
Ainsi qu'il est dit (Roch HaChana 16a): 'C'est pourquoi, lorsqu'un homme voit que sa semence réussit, qu'il se hâte de semer tôt, car avant que son jugement n'arrive, elle aura déjà poussé.' Cela signifie que, dès lors qu'elle est montée au printemps, il est difficile de la perdre. Notre père Yaakov savait tout cela; mais il reconnaissait que la profondeur de la volonté du Saint, béni soit-Il, voulait qu'il ne montât pas, et c'est pourquoi il ne voulut pas monter, car il ne désirait rien sinon ce qui était dans la volonté du Saint, béni soit-Il.
Lorsqu'il vit le prince d'Edom monter sans savoir jusqu'où, il commença à craindre et à redouter que, à D.ieu ne plaise, il n'eût pas de descente, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, lui montrât ce qui est dit à son sujet: 'Quand tu placerais ton nid parmi les étoiles, Je te ferais descendre de là' (Ovadia 1,4). Cela veut dire que, dans ce monde, le cœur n'est pas encore clarifié en profondeur, mais seulement quant à l'apparence.
C'est pourquoi, même celui qui ne sera jamais clarifié peut pourtant s'embellir dans l'apparence, car la profondeur du cœur n'est pas encore clarifiée. C'est pourquoi ce prince pouvait monter vers le Saint, béni soit-Il, car qui peut trancher?
Lui aussi avait une grâce mensongère et une apparence de splendeur; car s'il n'avait pas eu une bonne apparence, il n'aurait nullement pu monter vers le Saint, béni soit-Il. Yaakov eut donc peur, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, lui montrât ce qui est dit de lui: même s'il monte au ciel dans les hauteurs, on le fera descendre de là.
ויחלם והנה סלם מוצב ארצה וראשו מגיע השמימה. הנה אדם הוא כגוונא דסולם, מה סולם הכל עולים על ידו, כן הוא הצורת אדם, שכל הברואים מתעלים על ידו, מדומם לצומח ומצומח לחי ומחי למדבר, והמדבר דהוא צורת אדם, מעלה אותם ומעמידם פנים בפנים נוכח פני האדון ה'.
וכענין דאיתא במדרש (ויצא סח) והנה סלם זה הכבש, מוצב ארצה זה מזבח כו', וראשו מגיע השמימה אלו הקרבנות שריחן עולה לשמים. והוא, כי בזמן שביהמ"ק קיים והיו מקריבין בו קרבנות אזי נתעלו כל הברואים הדומם והצומח והחי עד שבא ארי של אש ואכל אותם, כדאיתא (יומא כא:) ובזוה"ק (פ' צו לב:), ונתעלו כולם ונכללו בהמרכבהעכדאיתא במי השלוח ח"ב פרשת ויקרא ד"ה ויקרא [א]:
להבין ענין הקרבנות כי כשאדם עושה חלילה היפוך מרצון השי"ת בזה מוריד כל הברואים, וכשעושה תשובה נתעלו כל הברואים, ולכן כשאדם חוטא ומקריב בהמה שהיא מדרגה קטנה מצורת אדם, והכהן והבעלים מתפללין על הקרבן שיעלה לרצון לפני ה' וע"י עבודת הכהן נכללת הבהמה בשור אשר במרכבה, כדאיתא בזה"ק (פנחס רמ:) וזה שאיתא שם (רמא.) בשעתא דקרבנא שלים אריה נחית ועאל באשא ואכיל ואתהני מתמן. וכן בקרבן עופות איתא (שם) שנכללים בנשר אשר במרכבה, וזה הקרבן היה מאיר לכל העולמות.
ומבואר בבית יעקב ויקרא פרשת ויקרא אות ה ד"ה וזה דאיתא בספרא: כגון אש המזבח, שהיה יורד ארי של אש מהמרכבה והקרבנות נכללו בו, ונתכללו בהויה הראשונה בשורש המקור, ובזה נתקנו כל הברואים.
שהדומם נותן כחו בצומח, וצומח בחי, כי הבהמה אוכלת מצמחי האדמה. אכן הבהמה נראית רחוקה מאד מהשי"ת, כי אין בה שום כח בחירה מצדה, ובמה שתחשוק ותתאוה אין בכחה לצמצם עצמה מזה החשק.
ובזה שנכללה בהארי של אש, היו מתקרבין כל כתרין כחדא, ומתאחדין כל הכחות שיתייצבו בעוצם התבטלות לפני השי"ת. עיין לקמן פ' וישלח אות כח, פ' וישב אות יט..
ועכשיו שלחנו של אדם מכפר, היינו על ידי זה שהאדם אוכל אותם ובזה הכח הוא פועל עבודת השי"ת, על ידי זה יש להם עליה לכל הברואיםעאמבואר בתפארת יוסף חג הפסח ד"ה כי תבואו: אמר כבוד אזמו"ר זללה"ה, מחמת שיש בכל הברואים חשקות אשר רוצים להתכלל בצורת אדם, שמחמת שהצורת אדם יכול להעלות אותם ממדרגתם ולהחזירם להשי"ת פנים בפנים.
ומחמת חשקות הברואים, מתעורר אצל הצורת אדם ג"כ חשקות לקבל לתוכו כל הטובות.. וראשו מגיע השמימה כתיב בה' לבסוף, היינו בשמי השמים הגבוהים עד אין סוף:
'Il rêvait, et voici une échelle dressée vers la terre, dont le sommet atteignait les cieux' (Genèse 28,12). Voici: l'homme est à l'image de l'échelle; de même que tous montent par l'échelle, ainsi est la forme de l'homme: toutes les créatures s'élèvent par lui, du minéral au végétal, du végétal à l'animal, et de l'animal au parlant.
Le parlant, qui est la forme de l'homme, les élève et les place face à face devant la face du Maître, ה'. Ainsi qu'il est dit dans le midrach (Vayetze 68): 'Voici une échelle', c'est la rampe; 'dressée vers la terre', c'est l'autel, etc.; 'son sommet atteint les cieux', ce sont les sacrifices dont l'odeur monte vers les cieux.
En effet, lorsque le Temple était debout et qu'on y offrait les sacrifices, toutes les créatures, le minéral, le végétal et l'animal, étaient élevées, jusqu'à ce qu'un lion de feu descendit et les mangeât, comme il est dit (Yoma 21b) et dans le saint Zohar, parachat Tsav 32b; toutes s'élevaient et étaient incluses dans le Char (merkava). Ainsi qu'il est rapporté dans Mei HaShiloah, II, parachat Vayikra, début 'Il appela': pour comprendre la question des sacrifices, lorsqu'un homme agit, à D.ieu ne plaise, à l'inverse de la volonté du Saint, béni soit-Il, il fait descendre toutes les créatures; et lorsqu'il se repent, toutes les créatures s'élèvent.
C'est pourquoi, lorsqu'un homme faute et offre une bête, qui est d'un degré inférieur à la forme de l'homme, le cohen et les propriétaires prient pour que le sacrifice monte avec agrément devant ה'; et par le service du cohen, la bête est incluse dans le bœuf qui est dans le Char, comme il est dit dans le saint Zohar (Pinhas 240b). Et voici ce qui est dit là-bas (241a): 'Lorsque le sacrifice est complet, le lion descend, entre dans le feu, mange et en tire profit.' De même, pour le sacrifice d'oiseaux, il est dit là-bas qu'ils sont inclus dans l'aigle qui est dans le Char; et ce sacrifice illuminait tous les mondes.
Il est expliqué dans Beth Yaakov sur Vayikra, parachat Vayikra, paragraphe 5, début 'Et voici ce qui est dit dans le Sifra': par exemple le feu de l'autel, d'où descendait un lion de feu issu du Char, et les sacrifices étaient inclus en lui; ils étaient inclus dans l'être premier, à la racine de la source, et par cela toutes les créatures étaient réparées. Car le minéral donne sa force au végétal, et le végétal à l'animal, puisque la bête mange les plantes de la terre.
Pourtant, la bête semble très éloignée du Saint, béni soit-Il, car elle ne possède de son côté aucune force de choix; et ce qu'elle convoite et désire, elle n'a pas la force de s'en restreindre. Mais lorsqu'elle était incluse dans le lion de feu, toutes les couronnes se rapprochaient ensemble, et toutes les forces s'unissaient, afin de se tenir dans une puissante annulation de soi devant le Saint, béni soit-Il.
Voir plus loin, parachat Vayishlah, paragraphe 28, et parachat Vayeshev, paragraphe 19. À présent, la table de l'homme expie: lorsqu'il les mange et agit, par cette force, au service du Saint, béni soit-Il, toutes les créatures ont ainsi une élévation.
Il est expliqué dans Tiferet Yossef, fête de Pessa'h, début 'Lorsque vous entrerez': mon maître, mon grand-père, de bénie mémoire, disait: puisque toutes les créatures ont des désirs et veulent être incluses dans la forme de l'homme, la forme de l'homme peut les élever de leur degré et les ramener face à face devant le Saint, béni soit-Il. Et du fait des désirs des créatures, les désirs s'éveillent aussi chez la forme de l'homme de recevoir en elle tous les biens. 'Son sommet atteint les cieux' s'écrit avec un hé à la fin: c'est-à-dire jusqu'aux cieux des cieux, les plus hauts, jusqu'à l'infini.
« Et il rêvait, et voici : une échelle était dressée vers la terre » (Berechit 28,12). Le Beit Yaakov enseigne que le rêve vient des pensées du jour : selon la clarification diurne dans le service, une lumière plus haute s’épanche la nuit et l’on montre à l’homme la racine de son âme. Yaakov, très épuré à la veille, voit cette racine, aspect de Zeir Anpin ; il rapporte de Rabbi Tsadok haKohen que même sans rien faire ses pensées sont : « et voici, le Nom se tient au-dessus de lui ». Dans le sommeil ne demeure que la qousta dehayyouta (une trace de vitalité) : s’il est bon dans cette racine, la lumière s’épanche ; la colère à la veille la restreint.
Aussi : les préposés des nations sur l’échelle, la tête parlant à la queue dans l’exil ; les anges qui se taisent le jour pour l’honneur d’Israël, dont le service depuis le voilement dépasse le leur ; le bœuf élevé jusqu’au char
ויחלם והנה סלם מוצב ארצה. איתא במסכת ברכות (נה:
נו.) שהחלום הוא מהרהורי דיומא. דהיינו, כפי מה שמברר את עצמו ביום, שאז יוצא האדם לפעלו ולעבודתו עבודת השי"ת, כן גם כן אף בשעה ששובת, דהיינו בלילה, שאז שובת האדם מפעולה וישן לו, אז שופע לו אור ממקום גבוה יותר, שאז אין מראין לו לאדם אלא משורש נפשו.
ואם האדם מברר את עצמו ביום כפי כחו, אז מראים לו בלילה אור הגבוה עוד יותר, כי אז אין לו שום מניעות שימניע ממנו השפעת האור, שכל זמן שהוא ניעור אז הוא משוקע בחמדת גופו. ולכן יעקב אבינו שהיה מזוכך מאד בשעה שהיה ניעור, לכן הראה לו הקב"ה בשינה משורש נפשו שהוא בחינת זעיר אפיןעבכמו שנתבאר בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות ג:
וכמו ששמעתי בזה ע"פ ויחלום יעקב, שמהחלומות ניכר מעלת האדם, אם גם כשאינו עושה כלום רעיונותיו רק, והנה ה' נצב עליו. ועיין במחשבות חרוץ למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות י בסופו:
ושמעתי בשם הר"ב ז"ל דהחלומות הם בירור האדם במה מעמקי לבו שקועים ויעקב אע"ה שהוא הדבוק באמת באלקים חיים, ושורש מדת הדביקות הנמצא בברואי מטה, גם בחלומו, והנה ה' נצב עליו. עיין לעיל פ' לך אות כו ד"ה אכן מאז., וכדאיתא בזוה"ק (נשא קכט.) רעוא דרעוין רעותא דזעיר אפין לקבלי ההוא רעותא וכו' אימת אתגליא בשעתא דצלותא דמנחה דשבתא, ואז הוא חלק יעקב.
ולזה סידר האר"י הק' ז"ל אז (שער הכוונות – סעודה שלישית) דלית דינין דתקיפין, וזהו בשבת לעת ערב, שזה רומז כגוונא דשינת יעקב אבינו, שבשינה נשאר רק קוסטא דחיותא, כדאיתא בזוה"ק (לך פג.) נפשא דבר נש כד סליק לערסיה נפקת מניה וסלקא לעילא כו' ולא אשתאר בה בהדי גופא בר חד רשימו דקסטא דחיותא. והיינו משורש נפשו נשארה לו השארה גם בלילה, אם טוב הוא בשורש נפשו אז בלילה בשעה שישן ואין לו שום מניעה מחמדת עולם הזה, אז שופע לו אור גבוה יותרעגכמבואר במי השלוח ח"א פרשת ויצא ד"ה הארץ מובא לקמן פרשה זו אות לג..
אכן מי שהוא בכעס כשהוא ניעור, גם הקוסטא דחיותא שלו היא גם כן מצומצמת בו מאדעדוכמו שנתבאר בזוהר הקדוש שם (לך פג.) בהמשך דבריו: ונפשא אזלא ובעיא לסלקא, וכמה דרגין לדרגין לסלקא שטאת והיא אתערעת בהני קומרין טהירין דמסאבותא, אי היא דכיאת דלא אסתאבת ביממא סלקא לעילא {אם היא טהורה שלא נטמאה ביום עולה למעלה} ואי לאו דכיאת אסתאבת בינייהו ואתדבקת בהו ולא סלקא יתיר {ואם אינה טהורה אז נשארת ונטמאת ביניהם ואין נותנים לה לעלות} ותמן מודעי לה מלין ואיהי אתדבקת מאינון מלין דזמן קריב וכו' וכדין אזלא כהאי גוונא כל ליליא עד דיתער ב"נ ותאבת לאתרה, זכאין אינון צדיקייא דגלי לון קודשא בריך הוא רזין דיליה בחלמא בגין דיסתמרון מן דינא ווי לאינון חייבי עלמא דמסאבין גרמייהו ונפשייהו.:
"Et il rêvait, et voici: une échelle était dressée vers la terre" (Genèse 28,12). Il est enseigné dans le traité Berakhot (55b-56a) que le rêve provient des pensées du jour.
C'est-à-dire: selon la manière dont l'homme se clarifie durant le jour, lorsqu'il part à son œuvre et à son service, le service du Nom, béni soit-Il, ainsi, même lorsqu'il chôme, c'est-à-dire la nuit, lorsqu'il cesse son action et dort, une lumière provenant d'un lieu plus élevé s'épanche sur lui; car alors on ne montre à l'homme que la racine de son âme. Et si l'homme se clarifie durant le jour selon sa force, on lui montre la nuit une lumière plus haute encore, car alors rien ne fait obstacle à l'influx de la lumière; tant qu'il est éveillé, il est en effet plongé dans la convoitise de son corps.
Aussi Yaakov notre père, qui était très épuré lorsqu'il était éveillé, le Saint, béni soit-Il, lui montra dans son sommeil la racine de son âme, qui est l'aspect de Zeir Anpin, comme il est expliqué dans Tzidkat haTsadik, de notre maître Rabbi Tsadok haKohen, de bénie mémoire, paragraphe 3: J'ai entendu à ce sujet, sur le verset "Yaakov rêvait", que les rêves font connaître le degré de l'homme: si, même lorsqu'il ne fait rien, ses seules pensées sont: "et voici, le Nom se tient au-dessus de lui". Vois aussi Mahshavot Harouts, de notre maître Rabbi Tsadok haKohen, de bénie mémoire, à la fin du paragraphe 10: J'ai entendu au nom du Rav, de bénie mémoire, que les rêves sont la clarification de l'homme: dans quoi les profondeurs de son cœur sont-elles plongées?
Et Yaakov notre père, attaché en vérité au Dieu vivant, lui qui est la racine de la qualité d'attachement existant chez les créatures d'en bas, même dans son rêve: "et voici, le Nom se tient au-dessus de lui". Vois plus haut, Lekh Lekha, paragraphe 26, s.v.
Akhen méaz. Et comme il est enseigné dans le saint Zohar (Nasso 129a): "le vouloir des vouloirs, le vouloir de Zeir Anpin correspondant à cette volonté...
Quand se révèle-t-il? Au moment de la prière de minha du Chabbat"; alors c'est la part de Yaakov.
C'est pourquoi le saint Ari, de bénie mémoire, institua alors (Shaar haKavanot, Séouda Chélichit) qu'il n'y a pas de jugements rigoureux. Cela est au Chabbat vers le soir, ce qui fait allusion à la manière du sommeil de Yaakov notre père: dans le sommeil ne demeure que la qousta dehayyouta (une trace de vitalité), comme il est enseigné dans le saint Zohar (Lekh Lekha 83a): "l'âme de l'homme, lorsqu'il monte sur son lit, sort de lui et s'élève en haut... et il ne reste avec le corps qu'une seule empreinte, la trace de vitalité".
De la racine de son âme, il lui reste donc une irradiation, même la nuit. S'il est bon dans la racine de son âme, la nuit, lorsqu'il dort et qu'aucune convoitise de ce monde-ci ne lui fait obstacle, une lumière plus haute s'épanche sur lui, comme il est expliqué dans Mei haChiloah, I, paracha Vayetze, s.v.
Haarets, rapporté plus bas dans cette paracha, paragraphe 33. Mais celui qui est en colère lorsqu'il est éveillé, sa qousta dehayyouta aussi est très restreinte en lui.
Ainsi qu'il est expliqué dans la suite du saint Zohar cité (Lekh Lekha 83a): "L'âme s'en va et désire s'élever; elle erre et s'éveille, degré après degré, parmi ces impuretés lumineuses. Si elle est pure et ne s'est pas souillée le jour, elle s'élève en haut; si elle n'est pas pure, elle est souillée parmi elles, s'y attache et ne monte plus.
Là, on lui fait connaître des choses, et elle s'attache à ces choses d'un temps prochain... Elle va ainsi toute la nuit, jusqu'à ce que l'homme s'éveille et retourne à son lieu.
Heureux les justes, à qui le Saint, béni soit-Il, révèle dans le rêve Ses secrets afin qu'ils se gardent du jugement; malheur aux coupables du monde, qui souillent leurs corps et leurs âmes."
ויחלם והנה סלם מוצב ארצה וראשו מגיע השמימה והנה מלאכי א-להים עולים ויורדים בו. איתא בזוה"ק (ויצא קמט:) אלין ממנן דכל עמין דאינון סלקין ונחתין בהאי סולם כד ישראל חטאן מאיך האי סולם וסלקין אינהו ממנן וכד ישראל מתכשרן עובדייהו אסתלק האי סולם וכלהו ממני נחתא לתתא ואתעבר שולטנותא כו'.
ואעפ"כ, אף דאינון ממנן סלקין ונחתין ח"ו בחשכת הגלות, על כל זה רישא מדבר ליה לזנבא, כדאיתא בזוה"ק (במדבר קיט:) אוף הכי השתא בגלותא כהאי גוונא רישא כפיף לעפרא וזנבא שליט כו' ועם כל דא מאן מדבר ליה לזנבא כו' האי רישא מדבר לזנבאעהעיין הסבר המאמר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת במדבר (קיט) ד"ה אוף הכי וד"ה ועם כל דא. ושם מבואר כל העניין..
ואיתא עוד בזוה"ק (תרומה קעג.) מלאכין עלאין כד בעאן לאתאחדא במאריהון כו' נחתין שיתין רבוא דמלאכי קדישי ואפילו שינתא על כל בני עלמא. והוא כי יש רקיע ששמו מעון, שבו כתות של מלאכי השרת שאומרות שירה בלילה וחשות ביום מפני כבודן של ישראל כדאיתא (חגיגה יב:), כי בעת שהם אומרים שירה אז מפילין שינה על בני אדם, היינו שכנגד זה השיר והשבח שהמלאכים מהללים לשמו ית', נגד זה לא נחשבו כל השירות ותשבחות מהעולם הזה למאומה, ומזה ניקח שינה על האדם, שהוא כישן למול השירה מהמלאכים.
אכן השי"ת חפץ בכבודן של ישראל גם כן, לכן הם חשים ביום, בכדי שיהיה להם הויה לישראל, והשי"ת מצמצם קדושתם בכדי שיתראה כבודן של ישראל. ומי הוא הגדול המלאכים או ישראל, הוא כדאיתא (מדרש רבה ויגש צד) בשעה שהמלך נראה עם אלו הם גדולים ובשעה שהמלך נראה עם אלו הם הגדוליםעווכן ביאר בתפארת יוסף חג השבועות ד"ה בשעה שהקדימו [ד]:
איתא בש"ס (חגיגה יב:) מעון שבו כתות של מלאכי השרת שאומרים שירה בלילה וחשות ביום מפני כבודן של ישראל וכו', והיינו שזה מורה מה שנאמר אצלם והדר לשמוע, שיש להם הבנה שמניחין מקום לעבודת ישראל. שמכירין מאחר שישראל יש להם הסתרת אור ועובדים מתוך ההסתר, מזה מבינים שגדולה עבודת ישראל מעבודתם, וזה מורה וחשות ביום מפני כבודן של ישראל..
ובאמת קדושת ישראל גדולה מקדושתם, כי ישראל נקראים (משלי ל״א:י״ד) ממרחק תביא לחמה, שהם מאירים אף בהחושך. ולזה בהתחלת הקדושה (מברכת יוצר) אומרים אותה בלשון הקודש דאנן חברים בהדייהו, אבל קדושה דסדרא (ובא לציון) נאמרת בלשון תרגום לשון שמלאכי השרת אין מכירין.
וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קכט.) ועל דא אנן אמרין קדושא דא בלשון הקודש כו' ובגין כך אנן נטלין קדושן יתיר ועאלין תרעין עלאין וכו' קדושה די בסופא איהי תרגום כו'. וזהו דאיתא בלקוטי תורה מהאר"י הק' (פ' לך ד"ה ותרדמה) שתרגום הוא בגמטריא תרדמה, היינו שישראל מאירין אף בהחושך ואף בשינה ושלא מדעת יש בהם קדושה, וזה הוא עיקר חלק יעקב אבינו, שאף בחלום נאמר והנה ה' נצב עליועזכמבואר במי השלוח ח"א פרשת ויצא ד"ה והנה [ב]:
והנה ה' נצב עליו. זה הפסוק בעצמו הוא ברכה, וביאר זה כמו שקדושת שבת היא קבוע וקיימא בלי שום הקדשה ואתערותא מישראל רק מצד הש"י בעצמו הוא קדוש, לא כימים טובים שישראל מקדשין אותם, כך הוא קדושת יעקב אבינו כקדושת שבת, שקדוש מצד הש"י ואינו צריך לשום אתערותא, וע"כ לא נאמר עומד עליו רק נצב כי עומד משמע שעתה עומד עליו ולא מקודם והיינו מכח אתערותא דיליה, אבל נצב היינו שתמיד מקושר עמו.
ועיין בצדקת הצדיק שהובא לעיל אות יח בהערה עב שם. לקמן פרשה זו אות כה., שקדושת ישראל הוא, שאף בכל השכחות יכולים לקרב ולדבק הכל להשורש.
כמו שישראל מקריבין קרבן מבהמה ומעלין אותה עד שנכלל בהמרכבה ע"י הארי של אש (כמ"ש הענין בפ' ויקרא צו)עחכמבואר לעיל אות יז בהערה ע שם., כי השור שלמטה מסתעף מהשור שבמרכבה העליונה, כי השור שבמרכבה על ידי שהוא דבוק ונתקשר כל כך בהשי"ת עד שנתבטלו מדעתם מכל וכל ואין להם שום דעת בפני עצמו, וכדכתיב (יחזקאל א׳:י״ב) אל אשר יהיה שמה הרוח ללכת ילכו, ומאחוריים שלהם נדמה שאין להם שום חיים, מזה נסתעף השור שלמטה, שהוא לגמרי בלא שום דעת שור חומריי, ואף שגם בהדומם נמצא גם כן קדושה ורצון השי"ת, אכן הקדושה הוא שלא מדעתם ואין להם שום חלק בהקדושהעטכמו כן מפורש בעניין אומות העולם והדומם כמבואר בתפארת יוסף פרשת במדבר ד"ה וידבר ד' [ג]: שאני האומות שאצלם אינו נמצא זה הכח, ורק כל אחד ואחד משוקע בתאותו, ובאמת עולה מהם ג"כ כבוד שמים, כי השי"ת יש לו מכוון מבריאתם ורק שהוא למעלה מדעתם.
והכבוד שמים העולה מהם עולה מהדומם ג"כ, כי השי"ת יש לו מכוון מכל הבריאה, אבל אין להם שום חלק בהכבוד שמים העולה מהם.. וזהו כוונת הקרבן שמקריבין ישראל, היינו אף את השכחה שהוא בלי דעת מחזירין להשורש שיכלל בהמרכבה, כמו השור שלמטה שהוא בלי דעת כלל ומקריבין אותו על גבי מזבח ומעלין אותו עד שיכלל בהמרכבה, שארי של אש בא מן השמים ושרף אותו, וזה לא נמצא רק בישראל שהם יכולין להאיר אף את החושך, כדכתיב (תהלים מט) היערוך לה' בבני אלים, ודרש על זה בתנחומא (פ' צו) אין יערוך אלא קרבנות, והוא שהצבא מעלה אין יכולים להקריב קרבן להאיר את החושך וההסתר כמו ישראל, שכל השכחות יכולים לקשרם ולהחזירם פנים בפנים נוכח פני ה', וזאת היא מדת יעקב אבינו ע"ה ביותר, כי יעקב הוא אות ו' מהשם הוי"ה כדאיתא בזוה"ק (שלח קסג:) והוא מחבר ה' תתאה לה' עלאה.
והצבא מעלה אם יהיו למטה בהסתר ושכחה אז יהיו בלי שום דעת כמו השור שלמטה. ולזה כתיב מקודם ויפגע במקום, כי קודם שהאדם מברר את עצמו להאיר כל קניניו אז הם הצבא מעלה גדולים ממנו במעלה.
אבל אחר כך כתיב (ויצא לב) ויפגעו בו מלאכי א-להים והתחננו לו ורצו להתכלל בו, וכדאיתא בזוה"ק (ויצא קסה.)פוזה לשון הזוהר הקדוש שם פרשת ויצא (סה.): תא חזי, כד נפק יעקב למיהך לחרן, בלחודוי {לבדו} הוה דלא אינסיב, מה כתיב ויפגע במקום וגו', ולא אתיבו ליה אלא בחלמא.
השתא דאנסיב והוה אתי בכלהו שבטין {שנשא אשה ובא עם כל השבטים}, כביכול משריין עלאין פגעין ביה ואתחננו ליה {מחנות עליונים פגעו בו והתחננו אליו שיברך אותם} דכתיב ויפגעו בו, אינון אהדרו למפגע ביה. בקדמיתא איהו ויפגע במקום {בתחילה היה יעקב מתחנן במקום – בשכינה שבאה עם המלאכים שעולים ויורדים בו} השתא אינון ויפגעו בו {עתה המלאכים התחננו אליו}, בגין דבגיניה דיעקב ובאינון שבטין אתשקיין אינון ממיא דימא רבא {לפי שבשביל יעקב והשבטים הם מקבלים השפעתם ממימי השפע}.
עכלה"ק., כי אחר שבירר את עצמו היה בו תוספת קדושה ביתר עוז מהקדושה שנמצא בהמלאכים, כי ישראל מאתר רחיקא יכולים להעלות גם כן קדושה מה שאין נמצא בהמלאכים:
"Et il rêvait, et voici: une échelle était dressée vers la terre, son sommet atteignait les cieux, et voici des anges d'Elokim montaient et descendaient par elle" (Genèse 28,12). Il est enseigné dans le saint Zohar (Vayetze 149b): "Ce sont les préposés de toutes les nations qui montent et descendent sur cette échelle.
Lorsque Israël faute, cette échelle s'abaisse et ces préposés montent; lorsque les œuvres d'Israël sont rendues droites, cette échelle s'élève, tous les préposés descendent en bas et leur domination s'écarte..." Néanmoins, bien que ces préposés montent et descendent, à Dieu ne plaise, dans l'obscurité de l'exil, la tête parle pourtant à la queue, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Bamidbar 119b): "Ainsi maintenant dans l'exil: la tête est courbée dans la poussière et la queue domine... Et malgré tout, qui parle à la queue?...
Cette tête parle à la queue." Vois l'explication de cet enseignement dans Tiferet haHanoukhi sur le Zohar, paracha Bamidbar (119b), s.v. Af hakhi et s.v.
Veïm kol da; toute la question y est expliquée. Il est encore enseigné dans le saint Zohar (Terouma 173a): "Lorsque les anges supérieurs veulent s'unir à leur Maître... six cent mille anges saints descendent et font tomber le sommeil sur tous les habitants du monde." En effet, il existe un firmament appelé Maon, où se trouvent des groupes d'anges du service qui disent un chant la nuit et se taisent le jour par égard pour l'honneur d'Israël, comme il est enseigné (Haguiga 12b).
Lorsqu'ils disent ce chant, ils font tomber le sommeil sur les hommes: face à ce chant et cette louange dont les anges louent Son Nom, béni soit-Il, tous les chants et louanges de ce monde-ci ne comptent pour rien; de cela l'homme est saisi de sommeil, comme endormi en regard du chant des anges. Mais le Nom, béni soit-Il, désire aussi l'honneur d'Israël; c'est pourquoi ils se taisent le jour, afin qu'Israël ait une existence, et le Nom, béni soit-Il, restreint leur sainteté afin que l'honneur d'Israël apparaisse.
Qui est plus grand, les anges ou Israël? Cela dépend de ceux avec qui le roi se montre, comme il est enseigné (Midrach Rabba, Vayigash 94): "Lorsque le roi apparaît avec ceux-ci, ceux-ci sont grands; et lorsqu'il apparaît avec ceux-là, ceux-là sont grands." Ainsi l'a également expliqué Tiferet Yossef, Chavouot, s.v.
Bechaâ shehikdimou [4]: Il est enseigné dans le Talmud (Haguiga 12b): "Maon, où sont des groupes d'anges du service qui disent un chant la nuit et se taisent le jour par égard pour l'honneur d'Israël". Cela indique ce qui est dit à leur propos: "et magnificence pour entendre"; ils comprennent qu'ils doivent laisser place au service d'Israël.
Sachant qu'Israël connaît le voilement de la lumière et sert depuis ce voilement, ils comprennent que le service d'Israël est plus grand que le leur; c'est ce qu'indique: "ils se taisent le jour par égard pour l'honneur d'Israël". En vérité, la sainteté d'Israël est plus grande que la leur, car Israël est appelé: "Elle apporte son pain de loin" (Proverbes 31,14): ils illuminent même dans l'obscurité.
C'est pourquoi, au commencement de la kedoucha, dans la bénédiction de Yotser, on la dit en langue sainte, car nous sommes leurs compagnons; mais la kedoucha déSidra, Ouva léTsion, se dit en araméen, langue que les anges du service ne connaissent pas. Comme il est enseigné dans le saint Zohar (Terouma 129a): "C'est pourquoi nous disons cette kedoucha en langue sainte... et, de ce fait, nous recevons une sainteté plus grande et entrons dans les portes supérieures...
La kedoucha qui est à la fin est en traduction..." C'est ce qui est enseigné dans Likoutei Torah du saint Ari, s.v. Vataradéma: "traduction" a pour guematria "tardéma" (תרדמה, profond sommeil).
Israël illumine même dans l'obscurité, même dans le sommeil et à son insu, et il y a en lui de la sainteté. C'est la part essentielle de Yaakov notre père: même dans le rêve il est dit: "et voici, le Nom se tient au-dessus de lui", comme il est expliqué dans Mei haChiloah, I, paracha Vayetze, s.v.
Vehiné [2]: "Et voici, le Nom se tient au-dessus de lui". Ce verset est lui-même une bénédiction.
Il l'explique ainsi: de même que la sainteté du Chabbat est fixe et permanente sans aucune sanctification ni éveil d'Israël, mais est sainte du fait du Nom, béni soit-Il, Lui-même, et non comme les fêtes qu'Israël sanctifie, ainsi la sainteté de Yaakov notre père est-elle comme celle du Chabbat: sainte du fait du Nom, béni soit-Il, et ne requiert aucun éveil. Aussi n'est-il pas dit "se tient" sur lui, mais "se tient fermement"; "se tient" signifie qu'Il se tient maintenant sur lui et non auparavant, ce qui provient de son éveil, tandis que "se tient fermement" signifie qu'Il lui est toujours lié.
Vois Tzidkat haTsadik cité plus haut au paragraphe 18, note 72, et plus bas dans cette paracha, paragraphe 25. La sainteté d'Israël est que, même dans tous les oublis, ils peuvent rapprocher et attacher le tout à la racine.
De même qu'Israël offre un sacrifice d'une bête et l'élève jusqu'à ce qu'elle soit incluse dans le char par le lion de feu, comme est expliqué le sujet dans les parachiot Vayikra et Tsav, ainsi qu'il est expliqué plus haut au paragraphe 17, note 70. Car le bœuf d'en bas dérive du bœuf du char supérieur.
Le bœuf du char, parce qu'il est si attaché et lié au Nom, béni soit-Il, qu'ils s'annulent entièrement de leur propre conscience et n'ont aucune conscience propre, comme il est écrit: "Partout où l'esprit devait aller, ils allaient" (Ezechiel 1,12), et que, de leur arrière, ils semblent n'avoir aucune vie, de lui dérive le bœuf d'en bas, qui est entièrement sans conscience, un bœuf matériel. Bien que dans l'inanimé aussi se trouvent la sainteté et la volonté du Nom, béni soit-Il, cette sainteté est hors de leur conscience et ils n'ont aucune part à la sainteté.
Ainsi cela est également explicite concernant les nations et l'inanimé, comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Bamidbar, s.v. Vayedaber ה' [3]: Les nations sont différentes, car cette force ne se trouve pas chez elles; chacun est seulement plongé dans sa convoitise.
En vérité, une gloire céleste monte aussi d'elles, car le Nom, béni soit-Il, a un dessein dans leur création, mais cela est au-dessus de leur conscience. La gloire céleste qui monte d'elles monte aussi de l'inanimé, car le Nom, béni soit-Il, a un dessein dans toute la création; mais elles n'ont aucune part à la gloire céleste qui monte d'elles.
Telle est l'intention du sacrifice qu'Israël offre: même l'oubli qui est sans conscience, ils le ramènent à la racine pour qu'il soit inclus dans le char. Ainsi le bœuf d'en bas, entièrement sans conscience, est offert sur l'autel et élevé jusqu'à être inclus dans le char: un lion de feu vient du ciel et le consume.
Cela ne se trouve que chez Israël, qui peut illuminer même l'obscurité, comme il est écrit: "Peut-on comparer au Nom les fils des puissants?" (Psaumes 29,1), et le Tan'houma (paracha Tsav) l'expose ainsi: "il n'y a de comparaison que les sacrifices". Les armées d'en haut ne peuvent offrir un sacrifice pour illuminer l'obscurité et le voilement comme Israël, car tous les oublis, Israël peut les attacher et les ramener face à face devant la face du Nom.
C'est la qualité de Yaakov notre père plus que toute autre, car Yaakov est la lettre vav du Nom Havayah, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Shelah 163b), et il joint le hé inférieur au hé supérieur. Si les armées d'en haut se trouvaient en bas dans le voilement et l'oubli, elles seraient sans aucune conscience, comme le bœuf d'en bas.
C'est pourquoi il est d'abord écrit: "Il rencontra le lieu" (Genèse 28,11), car avant que l'homme se clarifie pour illuminer toutes ses acquisitions, les armées d'en haut le dépassent en degré. Mais ensuite il est écrit: "Les anges d'Elokim le rencontrèrent" (Genèse 32,2); ils le supplièrent et voulurent être inclus en lui.
Comme il est enseigné dans le saint Zohar (Vayetze 165a): "Viens et vois: lorsque Yaakov sortit pour aller à Haran, il était seul et n'avait pas pris femme. Que dit l'Écriture?
Il rencontra le lieu... et ils ne lui répondirent que dans le rêve. Maintenant qu'il avait pris femme et venait avec toutes les tribus, si l'on peut dire, les camps supérieurs le rencontrèrent et le supplièrent, comme il est écrit: Les anges d'Elokim le rencontrèrent; eux revinrent le rencontrer.
Au début, lui: il rencontra le lieu; maintenant, eux: ils le rencontrèrent, car grâce à Yaakov et à ces tribus ils s'abreuvent des eaux de la grande mer." Après qu'il se fut clarifié, une sainteté plus forte s'ajouta donc en lui que celle qui se trouve chez les anges, car depuis un lieu lointain Israël peut aussi élever une sainteté qui ne se trouve pas chez les anges.
« Et voici, des anges d'Elokim montaient et descendaient sur lui » (Berechit 28,12) : les anges n'ont pas de sauts et restent à un seul degré, n'ayant que leur mission. Selon le Beit Yaakov, l'homme saute d'un contraire à l'autre, et par la techouva les fautes volontaires lui sont comptées comme des mérites. S'ils fautent d'un cheveu, les anges restent là et ne réparent pas ; dans la clarté, ils ne montent plus. Il rapporte de son grand-père qu'ils n'ont pas de libre choix : leur service n'est pas le labeur de leurs mains. Israël marche de degré en degré et peut gagner ; par lui montent les créatures et l'armée d'en haut, toute leur élévation par Yaakov.
Aussi : un monde et un tiers, la sainteté sans limite et Israël dans la pensée deux mille ans avant le monde ; Avraham voyant six mille ans, Yaakov quatre anges ; les anges de miséricorde auprès de Lot, revenus par Yaakov
והנה מלאכי א-להים עולים ויורדים בו. הענין דכתיב בהו במלאכים עולים ויורדים הלא גמירי דאין להם קפיצין, כדאיתא (רבה תולדות סה) ובירושלמי (ברכות פ"א ה"א) ובזוה"ק (תרומה קע.), והם עומדים תמיד במדרגה אחת בלי שום השתנות מצד עצמם שאין בהם אלא שליחותן.
אכן הענין בזה, כי מהו ענין קפיצין שנמצאים באדם הוא, שאף שלפעמים הם במדרגה תחתונה יכולים לקפוץ ולהתהפך מהיפך להיפך, וכענין דכתיב (ויחי נ) ואתם חשבתם עלי רעה א-להים חשבה לטובה. וכן ע"י תשובה, שיתחרט האדם וישוב מחטאו לבל ישוב עוד לכסלה, אז זדונות נחשבים לו לזכיות כדאיתא (יומא פו:).
ויש עוד ענין קפיצה ודילוג בדברים הטובים מעיקרם כמו במצוה או בעבודת ה', והוא שאף שלעין אדם נראה כי קטן הוא ונעשה בהשתדלות מועט, אבל השי"ת יכול להגדיל את המצוה והעבודה למרבה ולהגדילה, וכדכתיב (ישעיהו מ״ט:ד׳) אני אמרתי לריק יגעתי וגו' אכן משפטי את ה' ופעולתי את א-להי. אבל לא כן המלאכים, כי אם יחטאו לפי דעתם ויעתקו כחוט השערה מרצון השי"ת, אזי הם עומדים תמיד בזו המדרגה ואין בכחם לתקן את אשר עותו, ואם הם עומדים בבהירות האור, אזי המה עומדים לעולם בזו המדרגה ואין בכחם להתעלות יותר מזהפאכמו שהובא בתפארת יוסף פרשת במדבר ד"ה איש על דגלו:
והענין בזה כמו שביאר כבוד אזמו"ר זללה"ה, שבאמת אצל מלאכי מעלה לא שייך שהעבודה שלהם יהיה נקרא על שמם, מחמת שאין להם שום בחירה לעשות ההיפך מרצונו ית', ואין להם שום מניעות שיוצרכו להתגבר עליהם, כי למה שאין ברצונו ית' אין להם אפילו שום חשקות לעשות, כמו שנאמר אצלם (יחזקאל א׳:י״ב) אל אשר יהיה שמה הרוח ללכת ילכו לא יסבו בלכתן, והוא שאין להם שום נטיה למה שאין ברצונו ית', ולזה לא שייך שהעבודה שלהם יהיה נקרא יגיע כפיהם. וזה מורה אצל מלאכי מעלה דגלים, שהעבודה שלהם הוא בסדר מסודר שאין ביכולתם להפסיד כלום, וגם לא להרויח, ורק הוא בסדר מסודר, שאני אצל ישראל כתיב (זכריה ג׳:ז׳) ונתתי לך מהלכים בין העומדים האלה, שישראל נקרא מהלך שיכול לילך ממדרגה למדרגה ואין לו שום סדר ויכול להרויח בעבודתו, אמת הוא שיכול להפסיד ג"כ חלילה אבל יכול להרויח ג"כ.
ועיין שם פ' נצבים ד"ה אתם נצבים [ג], לקמן פ' וישב אות טז ד"ה כי כל.. אבל ישראל יכולים לעלות כל שעה ושעה מעלה מעלה עד לרום המעלות, ועל ידיהם מתעלים כל הברואים שבעולם, ואף הצבא מעלה.
וכמו שמצינו שכל הבהמות והחיות מסתעפים ממרכבה העליונה, ומזה שהשור וארי שבמרכבה עומדים בבהירות מאד לפני השי"ת בלי שום השארת דעה לעצמם, מזה מסתעף שהשור שבעולם הזה הוא בלי שום דעת לגמרי והוא בהמה ממש, ועל ידי עבודת הקרבנות שישראל מעלים על המזבח נתעלה הבהמה מעלה מעלה, עד שבא ארי של אש ואכלה ונתכללה למעלה בהמרכבה, וגם נעשה על ידה חדוה בכל העולמות וכדאיתא בזוה"ק (פנחס רמא.) יונה או שפנינא כו' ובגין כך הוי קרבנא שלים וכד אתהנון מעקרא ויסודא דילהון כדין נחת רוח לאדלקא בוצינין עלאין וכו'פבכמבואר לעיל אות יז בהערה ע שם.. וכל הצבא מעלה מתעלים גם כן ע"י עבודת האדם, וכדכתיב (זכריה ג׳:ז׳-ח׳) ונתתי לך מהלכים בין העומדים האלה, שע"י מעשה ועבודת בני אדם יש להם מצד שהם נבראו לתכלית בריאת האדם, וכדאיתא במדרש (רבה בראשית ח) שאמר הקב"ה למלאכים א"כ (תהילים ח׳:ח׳) צנה ואלפים כלם, שכל אלה הם רק לתכלית בריאת האדם נבראופגכמו שהביא מלשון המדרש לעיל פרשת בראשית אות עז..
ומצד התחברותם לאדם יש למלאכים ג"כ מצד האדם כח בחירה בזה, וכמו שנתבאר בענינו, ומצד זה יש גם להמלאכים הנקראים עומדים הליכה ועליה. והעיקר והכלל מכל זה הוא יעקב אבינו ע"ה, כי יעקב משמש במרום והוא רגל השלישי מהמרכבה, ולזה נאמר אצלו והנה מלאכי א-להים עולים ויורדים בו, שכל עלייתם הוא על ידי יעקב אבינו וכדאיתא בזוה"ק (ויצא קמט:
ובסתרי תורה קמט.) (ועיין לקמן ענין כב):
"Et voici, des anges d'Elokim montaient et descendaient sur lui" (Genèse 28,12). La question est que, chez les anges, il est écrit: "montaient et descendaient"; or nous avons reçu qu'ils n'ont pas de sauts, comme il est rapporté dans Berechit Rabba, Toledot 65, le Talmud de Jérusalem (Berakhot 1,1) et le Zohar (Terouma 170a).
Ils se tiennent toujours à un seul degré, sans aucun changement de leur part, car ils ne possèdent que leur mission. Mais le sens des sauts qui se trouvent chez l'homme est que, même s'il est parfois à un degré inférieur, il peut sauter et se renverser d'un contraire à l'autre, ainsi qu'il est écrit: "Vous aviez projeté contre moi le mal; Elokim l'a projeté pour le bien" (Genèse 50,20).
De même, par la repentance: si l'homme regrette et revient de son faute, afin de ne plus retourner à sa folie, les fautes volontaires lui sont comptées comme des mérites, comme il est dit (Yoma 86b). Il y a encore un saut et un bond dans les choses qui sont bonnes de par leur racine, telle une mitsva ou le service de ה': bien qu'aux yeux de l'homme elle paraisse petite et accomplie par un faible effort, le Saint, béni soit-Il, peut multiplier et agrandir la mitsva et le service, comme il est écrit: "Moi, j'ai dit: c'est en vain que je me suis fatigué... pourtant mon droit est auprès de ה', et ma récompense auprès de mon Elokim" (Isaie 49,4).
Il n'en est pas ainsi des anges: s'ils fautent selon leur entendement et s'écartent de l'ordre du Saint, béni soit-Il, de l'épaisseur d'un cheveu, ils demeurent toujours à ce degré et n'ont pas le pouvoir de réparer ce qu'ils ont faussé. S'ils se tiennent dans la clarté de la lumière, ils demeurent toujours à ce degré et ne peuvent s'élever davantage.
Ainsi qu'il est rapporté dans Tiferet Yossef, paracha Bamidbar, sur "Chacun près de son étendard". Le sens en est, comme l'a expliqué l'honneur de mon grand-père, que, chez les anges d'en haut, leur service ne peut véritablement être appelé leur œuvre: ils n'ont aucun libre choix d'agir contre Sa volonté, ni aucun empêchement qu'ils devraient surmonter.
Ils n'ont pas même le désir de faire ce qui n'est pas Sa volonté, comme il est dit à leur sujet: "Partout où l'esprit voulait aller, ils allaient; ils ne se tournaient pas dans leur marche" (Ezechiel 1,12). Leur service ne peut donc pas être nommé le labeur de leurs mains.
Les étendards des anges d'en haut indiquent que leur service est dans un ordre agencé: ils ne peuvent rien perdre, ni rien gagner, mais seulement suivre un ordre agencé. Chez Israël, au contraire, il est écrit: "Je te donnerai des chemins parmi ces immobiles" (Zacharie 3,7): Israël est appelé celui qui marche, car il peut aller de degré en degré, sans ordre fixe, et peut gagner par son service.
Il est vrai qu'il peut aussi, à Dieu ne plaise, perdre; mais il peut aussi gagner. Voir là-bas, paracha Nitsavim, sur "Vous vous tenez" [3], et plus loin, paracha Vayéchov, sec.
16, sur "Car tout...". Mais Israël peut monter, à chaque instant, toujours plus haut, jusqu'au sommet des degrés; par lui montent toutes les créatures du monde, et même l'armée d'en haut.
Nous trouvons en effet que toutes les bêtes et tous les animaux se ramifient depuis le Char (merkava) supérieur. Du fait que le bœuf et le lion du Char se tiennent avec une très grande clarté devant le Saint, béni soit-Il, sans laisser aucune pensée pour eux-mêmes, il se ramifie que le bœuf de ce monde est entièrement sans intelligence et est une bête véritable.
Par le service des sacrifices qu'Israël élève sur l'autel, la bête s'élève toujours plus haut, jusqu'à ce qu'un lion de feu vienne et la mange; elle est alors incluse en haut dans le Char. Par elle aussi se fait une joie dans tous les mondes, comme il est dit dans le Zohar (Pinhas 241a): "Une colombe ou une tourterelle... et c'est pourquoi le sacrifice est entier; et lorsqu'ils jouissent de leur racine et de leur fondement, alors il y a une volonté agréable pour allumer les lumières supérieures..." Comme expliqué plus haut, sec.
17, note ע. Toute l'armée d'en haut s'élève aussi par le service de l'homme, comme il est écrit: "Je te donnerai des chemins parmi ces immobiles" (Zacharie 3,7-8).
Ils le doivent aux actes et au service des hommes, car ils furent créés pour la finalité de la création de l'homme, comme il est dit dans le Midrach (Berechit Rabba 8): le Saint, béni soit-Il, dit aux anges: "Dans ce cas, menu bétail et bœufs, tous ensemble" (Psaumes 8,8); tous ceux-là ne furent créés que pour la finalité de la création de l'homme. Voir ce qui fut cité du langage du Midrach plus haut, paracha Berechit, sec.
77. Par leur union à l'homme, les anges aussi reçoivent de l'homme une puissance de libre choix en cela, comme expliqué dans son lieu; par ce côté, les anges eux-mêmes, appelés les immobiles, ont marche et élévation.
Le principal et la règle de tout cela est notre père Yaakov, de mémoire bénie: Yaakov sert dans les hauteurs et il est la troisième jambe du Char. C'est pourquoi il est dit de lui: "Et voici, des anges d'Elokim montaient et descendaient sur lui": toute leur élévation est par notre père Yaakov, comme il est dit dans le Zohar (Vayetze 149a, et Sitrei Torah 149a).
Voir plus loin, question 22.
והנה מלאכי א-להים עולים ויורדים בו. איתא על זה (רבה ויצא סח) רבי ברכיה אמר עולם ושליש עולם הראה לו, עולים אין פחות משנים ויורדים שנים, ומנין שהמלאך שלישו של עולם שנאמר וגויתו כתרשיש, ותרשיש גמירי דהוי תרי אלפי פרסה כדאיתא (חולין צא:).
והענין בזה, כי כל דבר קדושה הוא בלי שום גבול, כמו שישראל עלו במחשבה שני אלפים שנה קודם בריאת עולם, כדאיתא (ב"ר פא) וכן כל כלי המקדש היה בהם חצאי אמות ולא היה בהם אמות מצומצמות בשלימות, וזה רומז שהוא בלי גבול ויכול להתפשט עוד לאין שיעור (וכמו שיתבאר במקומו בפ' תרומה תצוה)פדעיין בית יעקב שמות פרשת תרומה אות מג, נ. בית יעקב הכולל פרשת תרומה ד"ה ועשו ארון.:
"Et voici, des anges d'Elokim montaient et descendaient sur lui" (Genèse 28,12). Il est dit à ce sujet (Berechit Rabba, Vayetze 68): Rabbi Berekhia dit: Il lui montra un monde et un tiers de monde.
Ceux qui montent ne sont pas moins de deux, et ceux qui descendent sont deux; d'où savons-nous que l'ange est le tiers du monde? Car il est dit: "Son corps était comme de la chrysolithe (תרשיש)"; et nous avons reçu que la chrysolithe est de deux mille parasanges, comme il est dit (Houlin 91b).
Le sens en est que toute chose de sainteté est sans aucune limite. Ainsi, Israël est monté dans la pensée deux mille ans avant la création du monde, comme il est dit (Berechit Rabba 1).
De même, tous les ustensiles du Sanctuaire avaient des demi-coudées et non des coudées mesurées dans leur plénitude; cela indique qu'ils sont sans limite et peuvent encore s'étendre sans mesure, comme cela sera expliqué en son lieu dans les parachiot Terouma et Tetsave. Voir Beit Yaakov, Chemot, paracha Terouma, sec.
43 et 50, et Beit Yaakov ha-Kolel, paracha Terouma, sur "Ils feront une arche".
והנה מלאכי א-להים עולים ויורדים בו. איתא על זה (רבה ויצא סח) מלאכי השרת על ידי שגילו מסטורין של הקב"ה נדחו ממחיצתן קל"ח שנה כו' היכן חזרו כאן, עולים ויורדים בתחלה עולים ואח"כ יורדים, והיו מעלים ומורידים ביעקב ושבחו אותו למאד, כמו שאומר במדרש שם מקודם זה המאמר, מעלים ומורידים בו אפזים בו קפזים בו שונטים בו, שנאמר (ישעיהו מ״ט:ג׳) ישראל אשר בך אתפאר את הוא שאיקונין שלך חקוקה למעלה עולים למעלה ורואין איקונין שלו ויורדים למטה ומוצאין אותו ישן.
והענין בזה הוא, כי מה היה החטא שלהם, הוא בזה שאמרו ללוט (וירא יט) כי גדלה צעקתם את פני ה' וישלחנו ה' לשחתה, ועתה היה להם עליה בזכותו של יעקב. ולמה גלו זאת ללוט מפני שמלאכי רחמים היו, לכן גלו לו ללוט שאברהם כבר התפלל עליהם ולא הועילה תפלתו.
וזהו שאמרו כי גדלה צעקתם יותר מצעקת אברהם בתפלתו, כי צעקתם אשר עלה למעלה הכריע את תפלת אברהם שבקש רחמים עליהם, וגלו ללוט שאברהם התפלל עליהם, כי אכן אמרו לו שגדלה צעקתם את פני ה', היינו הצעקה שבא מפני ה', כי הצדיק שבדור הוא הנקרא פני ה'פהכמבואר עניין קריאת הצדיקים פני ה' בבית יעקב שמות פרשת תשא אות נג., כדאיתא בזוה"ק (בא לח.) מאן פני האדון ה' דא רבי שמעון בן יוחאי, ובפ' בשלח (נג.) בפניו דא יעקב כו' בפניו דא אברהם. וכאשר שמע לוט מפי המלאכים שאברהם כבר התפלל עליהם ולא הועילה תפלתו, מזה התעורר לוט להתפלל על כל העיר צוער, כי בטח שתפלתו תועיל על כל העיר, מאחר שאברהם כבר התפלל עליהם, ובטח לא היתה תפלת אברהם לריק, ואף שלא הועילה על כולם על כל זה נשאר ממנה רושם, ועל זה הכח בטח לוט והתפלל על כל העיר.
כי אם לא היה יודע לוט מתפלת אברהם אזי בודאי לא היה מתפלל על כל העיר, כי היה די לו בהצלת נפשו, כי הוא בעצמו לא היו לו זכותים גדולים לתלות עליהם. רק ע"י זה שהמלאכים גלו לו שאברהם ערך עליהם תפלה ותחנונים, בטח על זה הכח תפלה לבקש רחמים על כל העיר, וזה היה החטא שלהם:
"Et voici, des anges d'Elokim montaient et descendaient sur lui" (Genèse 28,12). Il est dit à ce sujet (Berechit Rabba, Vayetze 68): Les anges du service, parce qu'ils révélèrent des secrets du Saint, béni soit-Il, furent repoussés de leur enceinte durant cent trente-huit ans...
Où revinrent-ils? Ici: "ils montaient et descendaient"; d'abord ils montaient, puis ils descendaient.
Ils faisaient monter et descendre Yaakov et le louaient grandement, comme le Midrach le dit avant cette parole: "Ils le faisaient monter et descendre, ils sautaient sur lui (אפזים בו), bondissaient sur lui (קפזים בו), se jetaient sur lui (שונטים בו)", ainsi qu'il est dit: "Israël, en qui Je Me glorifierai" (Isaie 49,3). Ton effigie est gravée en haut: ils montaient en haut, voyaient son effigie, descendaient en bas et le trouvaient endormi.
Le sens en est: quel était leur faute? C'est qu'ils dirent à Lot: "Car grand est leur cri devant la face de ה', et ה' nous a envoyés pour la détruire" (Genèse 19,13).
Or maintenant ils avaient une élévation par le mérite de Yaakov. Pourquoi révélèrent-ils cela à Lot?
Parce qu'ils étaient des anges de miséricorde; ils révélèrent donc à Lot qu'Abraham avait déjà prié pour eux et que sa prière n'avait pas été utile. C'est ce qu'ils dirent: "Car grand est leur cri", plus grand que le cri d'Abraham dans sa prière; leur cri, monté en haut, avait fait pencher la balance contre la prière d'Abraham qui avait demandé miséricorde pour eux.
Ils révélèrent à Lot qu'Abraham avait prié pour eux. Ce qu'ils dirent: "Car grand est leur cri devant la face de ה'", veut dire le cri qui venait contre la face de ה', car le juste de la génération est appelé la face de ה', comme expliqué sur l'appellation des justes, "face de ה'", dans Beit Yaakov, Chemot, paracha Ki Tissa, sec.
53; ainsi qu'il est dit dans le Zohar (Bo 38a): "Qui est la face du Seigneur ה'? C'est Rabbi Chimon bar Yohai", et dans Bechalah (53a): "Sa face, c'est Yaakov...
Sa face, c'est Abraham." Lorsque Lot entendit des anges qu'Abraham avait déjà prié pour eux et que sa prière n'avait pas été utile, Lot fut éveillé à prier pour toute la ville de Tsoar. Il eut confiance que sa prière serait utile pour toute la ville, puisque Abraham avait déjà prié pour eux; il était sur que la prière d'Abraham n'avait pas été vaine.
Même si elle n'avait pas été utile pour tous, il en restait une trace; c'est sur cette force que Lot eut confiance et pria pour toute la ville. Car si Lot n'avait pas su qu'Abraham avait prié, il n'aurait certainement pas prié pour toute la ville: il lui aurait suffi de sauver sa propre vie, car il n'avait pas lui-même de grands mérites sur lesquels s'appuyer.
Mais parce que les anges lui révélèrent qu'Abraham avait présenté pour eux prière et supplications, il eut confiance en cette force de prière pour demander miséricorde pour toute la ville. Telle fut leur faute.
ואף כי מהו ענין חטא במלאכים, שאין לפניהם שום חושך והסתרה, רק הולכים תמיד באור פני מלך, ולזה הם נקראים עירין קדישין (דניאל ד) מפני שהם נעורים תמיד ואין בהם שום שכחה, כי אין למעלה שום הסתר ושכחה ורואין תמיד שהשי"ת הוא המנהג אותם. אכן ענין החטא שלהם הוא, שלמדה זו שהם משתלחים מתפשטים אותה קצת יותר ממה שהורשה להם.
ואלו המלאכים שהיו מלאכי רחמים, התפשטו מדת הרחמנות מעט יותר מהראוי להם, ולכן נענשו, כי תשובה אין מועילה למעלה, כי בשר ודם יכול לשוב מדרכיו והקב"ה מקבלו, כי יכול לתרץ את עצמו שזה שחטא הוא מפני שהחושך וההסתר מכסה פניו ושכחה ושינה מוכן לפניו, כי כן דרכי בני אדם. אבל המלאכים שנקראים עירין קדישין, שהם נעורים בקדושה תמיד, ואין לפניהם לא שכחה ולא שינה, ומה הוא התירוץ אשר יתרצו עצמם שתקובל תשובתם על ידו.
אך כיון שהם בבהירות מאד בתמידות, ומה הוא הענין לחשוב עליהם חטא, הלא הם רואים מפורש שכל הכח שלהם הוא מהשי"ת, ואיך נאמר עליהם שהתפשטו מדת השי"ת יותר מהצורך. אכן מצד שנשתלחו בזכות אאע"ה, נתערבו בלבוש תחתון מעולם הזה, ומצד זה היה להם קצת בחירה מצד אברהם, אבל מצדם אין שום שייכות בחירה.
וכן בכל מקום שתמצא ענין חטא במלאכים אז מעורב בו מענין אדם, כמו המלאכים הראשונים שנחשב להם חטא במאמרם מה אנוש כי תזכרנו. אבל מצדם בלבד אין שום שייכות חטא, כי הם רואים מפורש שאין בידם שום בחירה, אכן כאן בזכותו של יעקב שהולך תמיד מאור נתעלו מבחינת יעקב וחזרו למחיצתן.
וכאשר עלו למעלה היו משבחים ומהללים כח בחינת יעקב אבינו ע"ה בפני מלאכי מעלה, והוכיחו אותם לבל יאמרו עוד כאשר אמרו בבריאת העולם מה אנוש כי תזכרנו. הן אמת, כי מה ערך האור הקטן הנמצא באדם לנגד האור שבמלאכים, והאור של האדם הוא רק כחודה של מחט, אבל בזה האור הקטן נמצא כח גדול עד אין שיעור, ויכול להפוך בכח עבודתו את החושך לאור מה שאין בנמצא כלל זה הכח בהמלאכים, כי אין בהם שום הסתר שיחסרו המטרה על ידו, ולזה אם אחד מהם יחטא כחוט השערה לא מהניא ליה שום תשובה (וכמו שנתבאר בפ' וירא אות כט)פולקמן פרשת וישב אות ט ד"ה וזהו דאיתא.:
Bien que: quel sens y a-t-il à une faute chez les anges? Il n'y a devant eux aucune obscurité ni dissimulation; ils vont toujours dans la lumière de la face du Roi.
Ils sont donc appelés les saints veilleurs (עירין קדישין) (Daniel 4), car ils sont toujours éveillés et ne connaissent aucun oubli; il n'y a en haut aucune dissimulation ni oubli, et ils voient toujours que le Saint, béni soit-Il, les conduit. Mais le sens de leur faute est que l'attribut pour lequel ils sont envoyés, ils l'étendent un peu plus qu'il ne leur est permis.
Ces anges, qui étaient des anges de miséricorde, étendirent l'attribut de miséricorde un peu plus qu'il ne leur convenait, et c'est pourquoi ils furent punis. Car la repentance n'est pas utile en haut: la chair et le sang peut revenir de ses voies et le Saint, béni soit-Il, l'accueille, car il peut s'excuser en disant que, s'il a fauté, c'est que l'obscurité et la dissimulation couvrent sa face, et que l'oubli et le sommeil se présentent à lui; telles sont les voies des hommes.
Mais les anges, appelés les saints veilleurs, sont toujours éveillés dans la sainteté, et il n'y a devant eux ni oubli ni sommeil: quelle excuse pourraient-ils donner pour que leur repentance soit reçue? Toutefois, puisqu'ils sont continuellement dans une très grande clarté, pourquoi leur imputer une faute?
Ils voient clairement que toute leur force vient du Saint, béni soit-Il; comment dire qu'ils ont étendu l'attribut du Saint, béni soit-Il, au-delà du besoin? Mais parce qu'ils furent envoyés par le mérite de notre père Abraham, de mémoire bénie, ils se mêlèrent à un vêtement inférieur de ce monde; par ce côté ils eurent quelque libre choix du fait d'Abraham, mais de leur propre côté il n'y a aucun rapport au libre choix.
De même, partout où tu trouveras une affaire de faute chez les anges, une affaire de l'homme y est mêlée, comme les premiers anges auxquels fut imputée une faute dans leur parole: "Qu'est l'homme pour que Tu te souviennes de lui?" Mais de leur seul côté, il n'y a aucun rapport à la faute, car ils voient clairement qu'ils n'ont aucun libre choix. Ici cependant, par le mérite de Yaakov, qui marche toujours depuis la lumière, ils furent élevés par l'aspect de Yaakov et revinrent dans leur enceinte.
Lorsqu'ils montèrent en haut, ils louaient et glorifiaient devant les anges d'en haut la force de l'aspect de notre père Yaakov, de mémoire bénie, et leur demonstraient qu'ils ne devaient plus dire, comme ils l'avaient dit à la création du monde: "Qu'est l'homme pour que Tu te souviennes de lui?" Il est vrai que la valeur de la petite lumière qui se trouve chez l'homme, face à la lumière des anges, n'est que comme la pointe d'une aiguille; mais dans cette petite lumière se trouve une force sans mesure: par la puissance de son service, elle peut changer l'obscurité en lumière. Cette force ne se trouve nullement chez les anges, car ils n'ont aucune dissimulation qui puisse leur faire manquer le but.
C'est pourquoi, si l'un d'eux faute de l'épaisseur d'un cheveu, aucune repentance ne lui est utile, comme expliqué dans la paracha Vayera, sec. 29; voir aussi plus loin, paracha Vayéchov, sec.
9, sur "Et voici ce qui est rapporté".
והנה מלאכי א-להים עולים ויורדים. איתא על זה במדרש רבה (ויצא סח) עולם ושליש עולם הראה לו, עולים אין פחות משנים ויורדים שנים, ומנין שהמלאך שלישו של עולם, שנאמר וגויתו כתרשיש.
ולהלן גבי אברהם אבינו לא היו רק שלשה מלאכים. והענין בזה, כי לאברהם הראה לו הקב"ה את כל העולם, וכמו שנמצא בעולם שיתא אלפי פרסה כן הוא בזמן שיתא אלפי שנין הוה עלמא, ולאברהם הראה הקב"ה את כל הששת אלפים שנה הכלל מכל העולם.
ולאבינו יעקב הראה השי"ת ארבעה מלאכים, היינו כל העולם ועוד שליש עולם, הוא שני אלפים שנה קודם בריאת העולם, שישראל עלו במחשבה, והעיקר והשורש מכל זה הוא יעקב כדכתיב (ישעיהו מ״ג:א׳) כה אמר ה' בוראך יעקב ויוצרך ישראל. ואיתא על זה במדרש רבה (ויקרא לו) אומר לעולם מי בראך מי יצרך, יעקב בראך יעקב יצרךפזעיין תפארת יוסף מסכת חגיגה (יב:) ד"ה ערבות.:
"Et voici, des anges d'Elokim montaient et descendaient" (Genèse 28,12). Il est dit à ce sujet dans le Midrach Rabba (Vayetze 68): Il lui montra un monde et un tiers de monde.
Ceux qui montent ne sont pas moins de deux, et ceux qui descendent sont deux. D'où savons-nous que l'ange est le tiers du monde?
Car il est dit: "Son corps était comme de la chrysolithe (תרשיש)". Or, plus haut, chez notre père Abraham, il n'y avait que trois anges.
Le sens en est qu'à Abraham le Saint, béni soit-Il, montra le monde entier. De même qu'il y a dans le monde six mille parasanges, ainsi le monde existe dans le temps six mille ans; le Saint, béni soit-Il, montra donc à Abraham l'ensemble de tout le monde, les six mille ans.
Mais à notre père Yaakov, le Saint, béni soit-Il, montra quatre anges, c'est-à-dire le monde entier et encore un tiers de monde: les deux mille ans avant la création du monde, lorsque Israël monta dans la pensée. Le principal et la racine de tout cela est Yaakov, comme il est écrit: "Ainsi dit ה', ton Créateur, Yaakov, et Celui qui t'a formé, Israël" (Isaie 43,1).
Il est dit à ce sujet dans le Midrach Rabba (Vayikra Rabba): Il dit au monde: "Qui t'a créé? Qui t'a formé?
Yaakov t'a créé, Yaakov t'a formé." Voir Tiferet Yossef, traité Hagiga 12b, sur "Aravot".
« Hachem se tenait sur lui » (Berechit 28,13) : le Zohar relie nitsav au gouverneur qui contraint, distinct du roi que le peuple fait régner par choix. Le Beit Yaakov enseigne que l’essentiel de la création est de faire régner le Saint, béni soit-Il, par le choix ; ici nitsav montre que, même dans le sommeil sans connaissance, Il gouverne Yaakov. Chez Israël se trouvent royauté, par connaissance, et domination, sans connaissance ; chez D.ieu elles sont unies. Il rapporte du Mei ha-Chiloa'h que nitsav, de la racine de matséva, indique une sainteté établie d’Atika (l’Ancien), qui demeure même sans action.
Aussi : quand Israël se tourne vers D.ieu, Sa gloire l’aide à se purifier ; Yaakov (Yechouroun) n’est enraciné dans aucun attribut et suit Sa volonté ; leurs fautes ne leur sont pas imputées s’ils ne désirent que cette volonté.
והנה ה' נצב עליו. בזוה"ק (ויצא קנ.) נצב עליו, וכתיב אין מלך באדום נצב מלך.
נצב היינו המושל בכח ומכריח שיסורו למשמעתו ומעציר ומושל בעם. וענין ממשלה נמצא אף בכל הברואים שבעולם, כמו שתקנו (בנוסח התפלה של שבת) כח וגבורה נתן בהם להיות מושלים בקרב תבל.
ואף מי שמכריח את הסוס והבהמה במתג ורסן שבידו שלא תפנה אנה ואנה כי אם כרצונו, גם הוא נקרא בשם מושל. אמנם השם מלוכה לא נקרא רק על הני אדם שיש להם בחירה, אם ירצו לא ישמעו אליו ולא יהיו כפופים תחתיו, והם בדעתם ובבחירתם ממליכים אותו עליהם ומכריחים דעתם לדעת המלך ולכבודו, מפני שיש בהם דעת ומכירים כבוד מלכותו, זהו נקרא מלך, כדאיתא בפרקי רבי אליעזר (פרק יא) לפי שהעם ממליכין את המלך ואין המלך ממליך לעצמו אם אין העם ממליכין אותופחלקמן פרשת וישב אות כד..
וזהו עיקר בריאת עולם שימליכו עליהם בכח הבחירה הניתן להם את השי"תפטעיין לעיל פרשה זו אות ה ובהערה כה שם.. ולזה כתיב כאן לשון נצב, כי עתה הראה השי"ת ליעקב שאף בשינה שאין לו שום דעת גם אז הוא מושל עליו, והוא שלא נעתק גם אז מרצון השי"ת.
וזהו (בתפלת שבת) המלוכה והממשלה לחי עולמים, היינו אצל ישראל נמצא אלו השתים, המלוכה שממליכים מדעתם והממשלה שלא מדעתםצלקמן פרשת וישלח אות מח בסופו: המלוכה והממשלה לחי עולמים, שניהם גם יחד מה שאין בנמצא כלל בהבנת עוה"ז.
כי מלוכה הוא שממליכים בדעת ובבחירה ברצון הטוב, מפני שמכירים ששכלו וחכמתו של המלך גברה מחכמתם, לכן ממליכים אותו עליהם. וממשלה הוא שמכריח בכח מפני שכחו גדול מכחם, ומושל עליהם בהתגברותו עליהם להכניעם תחת ידו, ובתפיסת האדם הם שני הפכיים.
ואצל השם יתברך הם יחד (תפלת שבת) המלוכה והממשלה לחי עולמים., והוא שאף בכל הטרדות והשכחות לא נעתקו מרצון השי"ת, ולזה נאמר כאן ה' נצב עליו היינו אף בעת השינה הוא מושל עליוצאלעיל פרשה זו אות יט ובהערה עז שם, לקמן פרשה זו אות כה.:
Et voici, ה' se tenait sur lui (Genèse 28,13). Dans le saint Zohar (Vayetze 150a): "il se tenait sur lui"; et il est écrit: "il n'y eut pas de roi en Edom; un gouverneur régna".
Le terme nitsav désigne celui qui gouverne par la force, contraint les autres à lui obéir, les retient et domine le peuple. La domination se trouve également chez toutes les créatures du monde, ainsi qu'ils ont institué dans la liturgie du Chabbat: "Il leur donna force et puissance pour dominer au sein du monde habité." Même celui qui contraint le cheval ou la bête par le mors et la bride qu'il tient, afin qu'elle ne se tourne ni ici ni la, mais seulement selon son vouloir, est aussi appelé gouverneur.
Mais le nom de royauté ne s'applique qu'aux hommes qui ont le libre choix: s'ils le veulent, ils ne l'écouteront pas et ne lui seront pas soumis; c'est eux qui, par leur connaissance et leur choix, le font régner sur eux et contraignent leur jugement à se conformer à celui du roi et à son honneur. Car ils ont de l'intelligence et reconnaissent l'honneur de sa royauté: c'est cela qui est appelé roi, comme il est dit dans les Pirkei de-Rabbi Eliezer (chap.
11): le peuple fait le roi, et le roi ne se fait pas roi lui-même si le peuple ne le fait pas roi sur lui (voir plus loin, parachat Vayeshev, par. 24).
Tel est l'essentiel de la création du monde: qu'ils fassent régner sur eux, par la force du choix qui leur a été donnée, le Saint, béni soit-Il (voir plus haut dans cette paracha, par. 5 et note 25).
C'est pourquoi le terme nitsav est écrit ici: à présent, le Saint, béni soit-Il, montra à Yaakov que, même dans le sommeil, lorsqu'il n'a aucune connaissance, Il le gouverne aussi; et même alors il ne s'écarta pas de la volonté du Saint, béni soit-Il. C'est le sens de: "la royauté et la domination au Vivant des mondes" (liturgie du Chabbat).
Chez Israël se trouvent ces deux choses: la royauté, qu'ils font régner de leur propre connaissance, et la domination, qui agit sans leur connaissance. Voir à la fin de la parachat Vayichlah, par.
48: "La royauté et la domination au Vivant des mondes" sont réunies, ce qui ne se trouve nullement dans la compréhension de ce monde-ci. La royauté consiste à faire régner, par connaissance, par choix et par bon vouloir, parce qu'on reconnaît que l'intelligence et la sagesse du roi surpassent les nôtres; c'est pourquoi on le fait régner sur soi.
La domination consiste à contraindre par la force, parce que sa force est plus grande que la leur; il les domine en les surpassant et en les soumettant sous sa main. Dans la saisie de l'homme, ce sont deux contraires.
Chez le Saint, béni soit-Il, ils sont unis: "la royauté et la domination au Vivant des mondes". Même dans tous les troubles et tous les oublis, ils ne se sont pas écartés de la volonté du Saint, béni soit-Il.
C'est pourquoi il est dit ici: "ה' se tenait sur lui", c'est-à-dire que, même durant le sommeil, Il le gouverne (voir plus haut dans cette paracha, par. 19 et note 77; plus loin dans cette paracha, par.
25).
והנה ה' נצב עליו וגו'. איתא במי השלוח (חלק א' ד"ה והנה [ב]) שזה הפסוק עצמו הוא ברכה מהשי"תצבעיין לעיל פרשה זו אות יח ובהערה עב שם, אות יט ובהערה עז שם.
ועיין עוד בדובר צדק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע דף יא:.. והענין בזה הוא, כי החילוק בין לשון נצב ובין לשון עומד הוא, נצב, מורה על עמידה הכרחית כמו הדומם שעמידתו אינו מצד בחירה ורצון, והוא מלשון מצבה, כי על הרוב נאמר בדבר הדומם לשון נצב, כמו (וישב לז) וגם נצבה, אבל באדם שייך לשון עמידה, שעמידתו הוא רק מצד בחירתו ורצונו שעומד לפוש או לכתף.
וכאן נאמר לשון נצב, היינו שהשי"ת הראה לו ששוכן עמו בתמידות קדושה בקביעות. ויאמר אני ה', היינו אור בהיר בקביעות אף בלי שום פעולת אדם, רק אף בשינה בשעה שישן לו ושובת מכל הפעולות ועבודות, גם אז שוכן השי"ת אצלו, ולזה כתיב בו, ויפגע במקום, שפגע במקום האמיתי והשרשי בהשי"ת שהוא מקומו של עולם, ואין העולם מקומו, שחפץ בעולמו, שלא מצד מה שהעולם חפץ בו.
וזה הוא הענין שבקריעת ים סוף נאמר (בשלח לג) נצבו כמו נד, ובירדן נאמר (יהושע ג) ויעמדו המים. כי קריעת ים סוף היה רק מצד השי"ת בלבד ולא מכח תפלה ועבודה של ישראל, כדאיתא בזוה"ק (בשלח מח:) מה תצעק אלי בעתיקא תליא.
ולזה לולא שהיה מאמר מהשי"ת שישובו המים היו עומדים כן עד עולם, מאחר שלא היה בכח פעולות ועבודות ישראל רק מעתיקא, לזה כתיב שם לשון נצב. אבל בקיעת הירדן, שלא היה רק מכח תפלתן ועבודתן של ישראל, לכן לא הוצרך למאמר חדש מהשי"ת שישובו המים, מאחר שכל עמידתן לא היה אלא לשעה בכדי שיוכלו לעבור בו, כמו שהתפללו, ומאליהם שבו המים אחר שעברו, לכן נאמר שם לשון עמידה, שכל עמידתו ניקח מכח עבודת ישראל שהם בעלי בחירהצגעוד בעניין זה עיין בבית יעקב שמות פרשת בשלח אות מג..
וכן כאן נאמר לשון נצב, שמורה על זה שהראה לו השי"ת, כי ההתקשרות שיש לו עם ישראל אין זה מצד מעשיהם הטובים בלבד, כי מצד זה יוכל לפעמים להפסק ההתקשרות שיש לו עם ישראל ח"ו. אכן ההתקשרות שיש לו עמהם הוא בבחינת נצב, כמו דבר דומם שאי אפשר לו לזוז ממקומו, כן אי אפשר שתנתק הקדושה הקבועה וקיימא דאתיא מעתיקא, ולא רק על ידי פעולתם הטוב שמושכין את רצון השי"ת אליהם, אך אף בלי שום פעולה קבועה בהם קדושת השי"תצדכמו שביאר בתפארת יוסף פרשת נצבים ד"ה אתם נצבים [א]:
כמו שמצינו אצל יעקב אבינו ע"ה שהלך בבירורים היותר גדולים, כתיב (בראשית כ״ח:י״ג) והנה ד' נצב עליו, נצב, רומז על עתיקא קדישא, וכתיב (שם) הארץ אשר אתה שוכב וגו' ואיתא בש"ס (חולין צא.) קיפל כל ארץ ישראל תחתיו, וארץ ישראל רומז על עבודה, והיינו שהראה לו השי"ת שכל עבודתו נכלל בעתיקא קדישא, וזה מורה והנה ד' נצב עליו. ואצל קריעת ים סוף ג"כ כתיב (שמות י״ד:י״ג) התיצבו וראו את ישועת ד' אשר יעשה לכם היום, כי שם היה קטרוג גדול מה נשתנו אלו מאלו הללו והללו וכו' כדאיתא בזוה"ק (תרומה קע:) והראה השי"ת, כי כל ישראל מקומם הוא בעתיקא קדישא, כדאיתא בזוה"ק (בשלח מח) מה תצעק אלי בעתיקא תליא מילתא.:
Et voici, ה' se tenait sur lui, etc. Il est rapporté dans Mei ha-Shiloach (première partie, début de "Et voici" [2]) que ce verset lui-même est une bénédiction venant du Saint, béni soit-Il (voir plus haut dans cette paracha, par.
18 et note 72, par. 19 et note 77; voir aussi Dober Tsedek de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen, que son mérite nous protège, p.
11). L'idée est la suivante.
La différence entre nitsav et omed est que nitsav indique une station imposée, comme celle de l'inanimé, dont la position ne provient ni d'un choix ni d'un vouloir; le mot est de la même racine que matséva, monument. Car le plus souvent, le terme nitsav est dit d'une chose inanimée, comme: "et elles se tenaient dressées" (Genèse 37).
Mais pour l'homme convient le terme de station debout, car il ne se tient que par son choix et son vouloir, pour se reposer ou prendre appui. Ici est écrit nitsav, ce qui signifie que le Saint, béni soit-Il, lui montra qu'Il demeure avec lui continuellement, dans une sainteté établie.
"Et Il dit: Je suis ה'": c'est une lumière claire, établie, même sans aucune action de l'homme. Même durant le sommeil, lorsqu'il dort et cesse toute action et tout service, le Saint, béni soit-Il, demeure encore à ses côtés.
C'est pourquoi il est écrit de lui: "il arriva au lieu" (Genèse 28,11): il atteignit le lieu véritable et radical, le Saint, béni soit-Il, qui est le Lieu du monde, et le monde n'est pas Son lieu; Il désire Son monde, non parce que le monde Le désire. C'est ainsi qu'au partage de la mer des Joncs il est dit: "elles se dressèrent comme une digue" (Exode 15,8), tandis qu'au Jourdain il est dit: "les eaux s'arrêtèrent" (Josue 3).
Le partage de la mer des Joncs vint du seul côté du Saint, béni soit-Il, et non par la force de la prière et du service d'Israël, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Beshallah 48b): "Pourquoi cries-tu vers Moi? La chose dépend d'Atika" (Atika, l'Ancien).
C'est pourquoi, sans une parole du Saint, béni soit-Il, ordonnant aux eaux de revenir, elles seraient restées ainsi pour toujours, puisque cela ne provenait pas de l'action et du service d'Israël, mais seulement d'Atika. C'est pourquoi le terme nitsav y est employé.
En revanche, la fente du Jourdain ne vint que par la force de la prière et du service d'Israël. Il ne fut donc pas nécessaire d'une nouvelle parole du Saint, béni soit-Il, ordonnant le retour des eaux: toute leur immobilité n'était que temporaire, afin qu'ils puissent passer, selon leur prière; d'elles-mêmes les eaux revinrent après leur passage.
C'est pourquoi le terme de station y est employé: toute cette station tire sa réalité du service d'Israël, qui possède le libre choix (sur ce sujet, voir Beit Yaakov, Chemot, parachat Beshallah, par. 43).
Ici aussi le terme nitsav est employé, ce qui indique que le Saint, béni soit-Il, lui montra que le lien qu'Il a avec Israël ne vient pas seulement de leurs bonnes actions, car de ce côté le lien qu'Il a avec Israël pourrait parfois, à Dieu ne plaise, être interrompu. Mais le lien qu'Il a avec eux est de l'ordre de nitsav: comme une chose inanimée qui ne peut bouger de son lieu, ainsi la sainteté fixe et subsistante qui vient d'Atika ne peut être détachée.
Elle ne dépend pas seulement de leurs bonnes actions, par lesquelles ils attirent vers eux la volonté du Saint, béni soit-Il; même sans aucune action, la sainteté du Saint, béni soit-Il, demeure établie en eux. Ainsi qu'il est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Nitsavim, début de "Vous vous tenez" [1]: comme nous le trouvons chez notre père Yaakov, de mémoire bénie, qui passa par les discernements les plus grands, il est écrit: "et voici, ה' se tenait sur lui" (Genèse 28,13).
Nitsav fait allusion à Atika Kadicha (l'Ancien saint). Il est écrit: "la terre sur laquelle tu es couché..." (ibid.), et il est rapporté dans le Talmud (Houlin 91a) qu'Il replia toute la terre d'Israël sous lui.
La terre d'Israël fait allusion au service; le Saint, béni soit-Il, lui montra donc que tout son service était inclus dans Atika Kadicha, et c'est ce qu'indique "et voici, ה' se tenait sur lui". Au partage de la mer des Joncs aussi il est écrit: "Tenez-vous en place et voyez le salut de ה' qu'Il accomplira pour vous aujourd'hui" (Exode 14,13), car il y eut alors une grande accusation: "En quoi ceux-ci sont-ils différents de ceux-là, ceux-ci et ceux-là...", comme il est rapporté dans le saint Zohar (Terouma 170a).
Le Saint, béni soit-Il, montra que le lieu de tout Israël est dans Atika Kadicha, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Beshallah 48): "Pourquoi cries-tu vers Moi? La chose dépend d'Atika."
והנה ה' נצב עליו וגו'. הנה כאן הראה השי"ת לאבינו יעקב סדר מסודר שלא נתראה עוד לשום בריה בעולם סדר כזה, והוא שהראהו השי"ת שבכל עת שיבוא איש מישראל ויפנה את עצמו להשי"ת, ואזי הנה כבוד א-להי ישראל עומד אצלו וממציא עצמו אליו.
ואף שהוא אל מסתתר, מכל מקום מי שפונה את עצמו מעניני עולם הזה ורוצה להכיר בעינא פקיחא שנמצא השי"ת והוא ברא את העולם וכולם המה תחת ממשלתו, ואזי השי"ת עוזר לו ומסייעהו שיבא על ההכרה הזו. וזהו והנה ה' נצב עליו, שהשי"ת נצב תמיד על האדם ומסייע לו בעזרו שהישראל יפנה עצמו להשי"ת, והבא לטהר יסייע לו בכל הסייעתותצהוכן ביאר בתפארת יוסף פרשת נצבים ד"ה כי המצוה [ב]:
הנה באמת כשאדם הולך בעבודה ובבירורים יכול למצוא בכל מיני לבושים של זה העולם אור השי"ת, עד היכן שאפילו במדת מלכות ברזא דאור חוזר, יכול גם שם להכיר אור השי"ת מפורש כמו בשמים. כי שמים מרמזים על בהירות, ובגודל עבודה יכול גם בכל מיני לבושים למצוא אור השי"ת, ויכול לקרב את עצמו להשי"ת בכל מיני התקרבות וכו'.
וזה ולא בשמים הוא, והיינו שלאדם נדמה שבשמים שם הוא בהירות גדול. אבל להכיר בלבושים של זה העולם אור השי"ת, צריך יגיעה רבה אשר אין להשיגה, אבל באמת על ידי עבודה יכול להכיר היטב אור השי"ת מפורש בתוך כל הלבושים של זה העולם.
וזה כי קרוב אליך הדבר מאד בפיך ובלבבך לעשותו.:
Et voici, ה' se tenait sur lui, etc. Ici le Saint, béni soit-Il, montra à notre père Yaakov un ordre règle, tel qu'un ordre semblable ne fut plus montré à aucune créature au monde.
Il lui montra que, chaque fois qu'un homme d'Israël vient et se tourne vers le Saint, béni soit-Il, alors voici que la gloire du Dieu d'Israël se tient près de lui et se rend disponible à lui. Bien qu'Il soit un Dieu qui Se cache, celui qui se détourne des choses de ce monde-ci et veut reconnaître, d'un œil éveillé, que le Saint, béni soit-Il, existe, qu'Il a créé le monde et que tous sont sous Sa domination, le Saint, béni soit-Il, l'aide et l'assiste pour qu'il parvienne à cette connaissance.
C'est le sens de "et voici, ה' se tenait sur lui": le Saint, béni soit-Il, se tient continuellement sur l'homme et l'aide de Son secours afin que l'Israël se tourne vers le Saint, béni soit-Il; celui qui vient se purifier, on l'assiste par toutes les assistances. Ainsi est-il expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Nitsavim, début de "Car la mitsva" [2]: en vérité, lorsque l'homme avance dans le service et les discernements, il peut trouver, dans tous les vêtements de ce monde, la lumière du Saint, béni soit-Il, au point que même dans l'attribut de malkhout, dans le secret de la lumière réfléchie, il peut reconnaître aussi la lumière du Saint, béni soit-Il, aussi explicitement que dans les cieux.
Car les cieux font allusion à la clarté; par un grand service, on peut aussi trouver la lumière du Saint, béni soit-Il, dans tous les vêtements, et se rapprocher du Saint, béni soit-Il, par toutes sortes de rapprochements, etc. C'est le sens de "elle n'est pas dans les cieux" (Deutéronome 30,12): l'homme s'imagine que là-bas, dans les cieux, se trouve une grande clarté.
Mais reconnaître la lumière du Saint, béni soit-Il dans les vêtements de ce monde exige un très grand effort, difficile à atteindre; pourtant, par le service, on peut reconnaître clairement la lumière explicite du Saint, béni soit-Il, au sein de tous les vêtements de ce monde. C'est le sens de: "Car la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour l'accomplir" (Deutéronome 30,14).
ויאמר אני ה' א-להי אברהם אביך וא-להי יצחק וגו'. איתא על זה בזוה"ק (ויצא קנ.) ימינא ושמאלא ויעקב בגווייהו כו' דיעקב אחיד לתרין סטרין כו' שאני יעקב דאשתלים לעילא ותתא אבל לא באתגליא כו' אלא חמא דישתלים לבתר זמנא כו' אלא אשגחותא דקב"ה ונטירו דיליה לא אשתביק מניה דיעקב לעלמין כו'.
היינו שהשי"ת נתן לו הבטחה שישמור אותו ויבררו אף בהשלא מדעת שלו ולא יפול ממנו צרור ארץ, ושמו מוכיח עליו שנקרא ישרון, והיינו שעומד ביושר נכח השי"ת בלי שום נטיה מצדו, רק מביט תמיד לרצון השי"ת. אם רצון השי"ת הוא במדת החסד אזי נמשך אחר רצון השי"ת במדת החסד, ואם השי"ת יבחר ויחפוץ אז במדת הגבורה, אז הוא מוכן להמשך אחר רצון השי"ת בזו המדה, והוא מצדו אינו דבוק ומושרש במדה, אך הוא מביט לרצון השי"ת איך הוא וכן לעולםצוכמו שהביא במי השלוח ח"א פרשת ויחי ד"ה ויאמר:
האלקים הרועה אותי מעודי עד היום הזה, היינו בכל פרט מעשה שאני עושה, אני צריך שהש"י יאיר עיני איך הוא רצונו ית'. וכן הביא בפרי צדיק ראש השנה אות ח:
והנורא כנגד יעקב אע"ה, שאמר מה נורא המקום הזה. פי' כמו שאמר האלקים אשר התהלכו אבותי לפניו, שהם עבדו בהשתדלותם כל אחד במדרגתו, אברהם במדת אהבה ויצחק במדת יראה, ועל עצמו אמר האלקים הרועה אותי וגו' שאין לו ע"י השתדלותו כלום, רק מה שהשי"ת מאיר לו ורועה אותו וכו'.
לכן מדתו כנגד תואר הנורא, פי' שנופל עליו היראה והפחד מהשי"ת בלא השתדלותו וכו'. וזה שאמר שקראו בית כשאמר מה נורא המקום הזה, סיים אין זה כי אם בית אלקים, בקביעות.
לקמן פרשת ויחי אות ד, ז, עט.. אבל לא כן המה העכו"ם, כי אם ישוקע במדה אחת אי אפשר להזיזו ממנהצזכמבואר במי השלוח ח"א פרשת בשלח ד"ה נכחו:
דהנה אומה הישראלית אשר הם חלק הש"י הם דבוקים בחיים פשוטים בלי שום לבוש ויונקים ממקור חיים ההוא, וכמו שהש"י מופשט מכל מדות ומכל גוון, רק פשוט בתכלית הפשיטות, כן ישראל הם במקור חיותם אין אחיזתם בשום גוון ולבוש וכח, הן בחכמה, הן בהתנשאות או בעשירות, בלתי בה' לבדו. אבל האומות יש להם לכל אומה ואומה איזה כח וגוון אחר, אשר מזה ימשך כח חיותם ובזה הם נאחזים.
וכן ביאר באריכות לעיל פרשת נח אות יב ד"ה ובזה: ובזה יש הבדל בין ישראל לאומות העולם, שעם ישראל הם נאצלים ממקור הרצון עצמו, ולזאת נמצא בהם כח התקשרות עלמא תתאה בעלמא עילאה, להשיב כל המדות למקורם ולחברם בעצם הרצון, לפי שאינם קשורים בשרשם בשום פרט מהמדות, רק בעצם רצונו יתברך, וממילא גם רצונו יתברך נקשר עם רצונם, עד שכל מעשיהם ופעולותם נמצאים והולכים אחר עומק הרצון העליון המשולל מכל מדה, ואינם מתפשטים בשום מדה, רק כפי שמאיר להם עומק רצונו יתברך השיעור והגבול שיתפשטו.
אבל האומות, הם מקבלים כל חיותם וכחם רק מהשבעים שרים של מעלה, כדאיתא בזוה"ק (ויקרא ח.) שהם כוחות המדות, שכל אומה נאחזת בכח אחד פרטי מהמדות שהוא השר שלה, ומשם נמשך אופיא של כל אומה ואומה שמתפשטת בכח מדתה כפי שרשה לאין קץ, לפי שאין בהם ענין השבת לקשר ולחבר כל פרטי המדות להרצון העליון ע"י כח הצמצום הנקרא ברית, שיוכל לשוב ולהתהפך ממדה למדה ההפכית לה, ולהגיע להרצון המנושא ומשולל מכל המדות. ומבואר בהרחבה העניין בבית יעקב שמות פרשת בא אות מה עיין שם..
וכן מצינו בכל החסרונות של ישראל והחטאים שלהם שלא היו רק מחמת שלא נראה לעיניהם איך הוא רצון השי"ת, אבל בהרגע שהאיר לעיניהם רצון השי"ת איך הוא, אז מיד רדפו ורצו אחר רצונו ית'. כמו במרגלים שאמרו, הננו ועלינו אל המקום וגו' (שלח יד).
שאני בהאומות דכתיב בהו (ישעיהו כ״ו:י׳) בארץ נכחות יעול, היינו אף במקום שרואים מוכח ומפורש את רצונו ית', גם אז עושים להיפך. ולזה לא נחשב על ישראל שום חטא ח"ו, מאחר שהם מקבלים עליהם בשחרית עול מלכות שמים, שאין חפצים רק רצון השי"ת בלבד, לכן אף אם ח"ו יאונה להם איזה חטא לא יחשב עליהם, מכיון שהם מצדם אינם בוחרים רק רצונו ית', לכן נחשב החטא כנחלה הבאה לו לאדם ממקום אחר שאדם מתנה עליה שלא יירשנה, כדאיתא (כתובות פג.), ואם ח"ו יארע לו איזה טעות אז על השי"ת לבררוצחכמבואר לקמן פרשה זו אות נג ובהערה קמג שם..
והשם ישרון נקרא ליעקב, וזה מורה שאף בתוך השינה הוא דבוק בהשי"ת ואין ממנו שום הסתעפות לרע ח"ו ומדתו שלמה:
Et Il dit: Je suis ה', Dieu d'Avraham ton père et Dieu d'Its'hak, etc. Le saint Zohar dit à ce sujet (Vayetze 150a): "la droite et la gauche, et Yaakov entre elles...
Yaakov tient aux deux côtés... Yaakov est accompli en haut et en bas, mais non ouvertement... il vit qu'il serait accompli plus tard... mais la providence du Saint, béni soit-Il, et Sa garde ne s'écarteront jamais de Yaakov..." Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, lui promit de le garder et de le discerner même dans ce qui est en lui sans sa connaissance, et qu'aucune motte de terre ne tombera de lui.
Son nom en témoigne, car il est appelé Yechouroun: il se tient droit face au Saint, béni soit-Il, sans aucune inclination venant de lui-même, et ne regarde sans cesse que la volonté du Saint, béni soit-Il. Si la volonté du Saint, béni soit-Il, est dans l'attribut de bonté, il est alors attiré après la volonté du Saint, béni soit-Il, dans l'attribut de bonté; et si le Saint, béni soit-Il, choisit et désire alors l'attribut de rigueur, il est prêt à être attiré après la volonté du Saint, béni soit-Il, dans cet attribut.
De son côté, il n'est ni attaché ni enraciné dans un attribut; il regarde seulement quelle est la volonté du Saint, béni soit-Il, et il en est ainsi toujours. Comme il est rapporté dans Mei ha-Shiloach, première partie, parachat Vayehi, début de "Et il dit": "Le Dieu qui me fait paître depuis mon existence jusqu'à ce jour" (Genèse 48,15), c'est-à-dire que, dans chaque détail d'acte que j'accomplis, il faut que le Saint, béni soit-Il, éclaire mes yeux pour me montrer quelle est Sa volonté, béni soit-Il.
Il est également rapporté dans Pri Tsadik, Roch ha-Chana, par. 8: "le redoutable" correspond à Yaakov notre père, de mémoire bénie, qui dit: "Que ce lieu est redoutable" (Genèse 28,17).
Cela signifie, comme il dit: "le Dieu devant qui mes pères ont marché" (Genèse 48,15): ils servirent par leur effort, chacun selon son degré, Avraham dans l'attribut de l'amour et Its'hak dans l'attribut de la crainte. Mais de lui-même il dit: "le Dieu qui me fait paître...", car il ne possède rien par son propre effort, mais seulement ce que le Saint, béni soit-Il, lui éclaire et par quoi Il le fait paître, etc.
C'est pourquoi son attribut correspond au qualificatif "le redoutable": la crainte et la peur du Saint, béni soit-Il, tombent sur lui sans son effort, etc. C'est pourquoi, lorsqu'il dit: "Que ce lieu est redoutable", il l'appelle une maison et conclut: "Ce n'est rien d'autre qu'une maison de Dieu" (Genèse 28,17), de façon permanente.
Voir plus loin, parachat Vayehi, par. 4, 7 et 79.
Il n'en est pas de même pour les nations: lorsqu'elles sont plongées dans un attribut, il est impossible de les en déplacer. Comme il est expliqué dans Mei ha-Shiloach, première partie, parachat Beshallah, début de "Face à face": la nation israélite, qui est la part du Saint, béni soit-Il, est attachée à la vie simple, sans aucun vêtement, et puise à cette source de vie.
De même que le Saint, béni soit-Il, est dépouillé de tous les attributs et de toute couleur, simple dans l'absolue simplicité, de même Israël, à la source de sa vitalité, ne tient à aucune couleur, aucun vêtement ni aucune force, ni à la sagesse, ni à l'élévation, ni à la richesse, mais à ה' seul. Les nations, en revanche, possèdent chacune une force et une couleur distinctes, dont procède leur vitalité et auxquelles elles sont attachées.
Ainsi est-il longuement expliqué plus haut, parachat Noa'h, par. 12, début de "Et en ceci": il y a en cela une différence entre Israël et les nations du monde.
Le peuple d'Israël émane de la source même de la volonté; il porte donc la capacité de relier le monde d'en bas au monde d'en haut, de ramener tous les attributs à leur source et de les unir à la volonté elle-même. Car ils ne sont, à leur racine, attachés à aucun détail des attributs, mais seulement à Sa volonté, béni soit-Il; dès lors, Sa volonté, béni soit-Il, est aussi liée à la leur, jusqu'à ce que tous leurs actes et toutes leurs actions soient et aillent selon la profondeur de la volonté suprême, dépouillée de tout attribut.
Ils ne se deployent dans aucun attribut, sauf selon que la profondeur de Sa volonté, béni soit-Il, les éclaire sur la mesure et la limite de leur déploiement. Les nations, en revanche, reçoivent toute leur vitalité et leur force seulement des soixante-dix princes d'en haut, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayikra 8a): ce sont les forces des attributs.
Chaque nation tient à une force particulière des attributs, qui est son prince; de là procède le caractère de chaque nation, qui se déploie sans fin dans la force de son attribut selon sa racine. Car elles n'ont pas le retour qui lie et unit tous les détails des attributs à la volonté suprême, par la force de la contraction appelée alliance, grâce à laquelle elles pourraient revenir, se transformer d'un attribut en son contraire et parvenir à la volonté élevée, dépouillée de tous les attributs.
L'idée est expliquée en détail dans Beit Yaakov, Chemot, parachat Bo, par. 45; voir là-bas.
Nous trouvons également que tous les manques et toutes les fautes d'Israël ne venaient que de ce que la volonté du Saint, béni soit-Il, ne leur apparaissait pas. Mais à l'instant où Sa volonté leur apparut telle qu'elle est, ils poursuivirent aussitôt et coururent après Sa volonté, béni soit-Il.
Ainsi les explorateurs dirent: "Nous voici, et nous monterons vers le lieu..." (Nombres 14). Il en est autrement des nations, dont il est écrit: "Dans un pays de rectitude, il agit injustement" (Isaie 26,10): même dans un lieu où elles voient Sa volonté, béni soit-Il, prouvée et explicite, elles font encore le contraire.
C'est pourquoi aucune faute, à Dieu ne plaise, n'est imputée à Israël: puisqu'ils acceptent sur eux, au matin, le joug de la royauté des cieux et ne désirent que la volonté du Saint, béni soit-Il, même si, à Dieu ne plaise, quelque faute leur arrive, elle ne leur est pas imputée. Puisqu'ils ne choisissent, de leur côté, que Sa volonté, béni soit-Il, la faute est considérée comme un héritage qui vient à l'homme d'un autre lieu et au sujet duquel il pose une condition de ne pas hériter, comme il est dit (Ketoubot 83a).
Si, à Dieu ne plaise, une erreur lui arrive, il incombe alors au Saint, béni soit-Il, de la discerner (comme il est expliqué plus loin dans cette paracha, par. 53 et note 143).
Le nom de Yechouroun est donné à Yaakov; cela indique que, même dans le sommeil, il est attaché au Saint, béni soit-Il, et qu'aucune ramification vers le mal, à Dieu ne plaise, ne procède de lui; son attribut est complet.
Ce passage poursuit : d'Avraham et d'Its'hak est aussi sorti le contraire. Pour le Beit Yaakov, la qualité d'Avraham, qu'aucun lieu n'est vide de la gloire du Ciel, peut, passée à l'acte sans contraction, laisser Yichmaël ; celle d'Its'hak, que le Saint, béni soit-Il, ne fait remise à aucune créature, peut, dans le corps, laisser Éssaou. De Yaakov ne naît aucun déchet : Yechouroun se tient droit, attaché à D.ieu même dans le sommeil. « Je suis Hachem, D.ieu d'Avraham ton père, et D.ieu d'Its'hak » : Yaakov est au milieu ; « ton père » n'est dit que d'Avraham, la guevoura n'étant clarifiée en lui qu'en Égypte.
Aussi : les signes de pureté des bêtes et des oiseaux ; la différence entre « ani » et « anokhi » ; la révélation par le Sanctuaire, le Chabbat et l'âme de Yaakov.
כי מאברהם ויצחק נסתעף אף ההיפך, כי מדת אברהם אבינו הוא להכיר שאין שום מקום פנוי מכבוד שמים, כדכתיב (תהילים קמה) גדול ה' ומהלל מאד, שהוא מהולל בכל המקומות ומלא כבודו את כל הארץצטכמבואר במי השלוח פרשת תולדות ד"ה ואלה תולדות: כי ענין אברהם אבינו היה שהיה משתוקק תמיד לד"ת מאד מאד ושיתפרסם בעולם כי הש"י מלך עליהם, וזאת הוא מדות האהבה.
ובפרשת לך ד"ה ויאמר אברם: עיקר עבודתו ותשוקתו שהיתה תמיד שיתגלה על ידו גם בעולם העשיה שהש"י שולט ומושל בכל, ויקרא גם אלקי הארץ., וזו הדעה היא יקרה במאד, כדאיתא (תמיד כח.) רבי אומר איזוהי דרך ישרה שיבור לו האדם וכו' יחזיק באמונה יתירה.
והענין בזה שאמר יתירה, היינו כי מצד שכל ותפיסת האדם נראה כיתירה, מפני שיש הסתרה בעולם, אבל באמת מצד השי"ת הוא כן לאמיתו של דבר, כי הכל הוא מאתו יתברך ואין זה יתירה מצד האמת, אבל משלימות זאת האמונה הוא שתהיה דבוקה תמיד בדעת האדם, אבל לא שתצא מכח אל הפועל, היינו שיסמוך האדם על זה לומר מאחר שהכל הוא מהשי"ת יתפשט עצמו במעשיו בלי שום צמצום ועבודה, ומכח האמונה היתירה הזו יוכל להסתעף שישכח את השי"ת, כמו שנסתעף מאברהם אבינו ע"ה ונולד ממנו ישמעאל מהתפשטות זו הדיעה שאין מקום פנוי מכבוד שמים, והוא מתפשט עצמו בכל תאות עולם הזה, ואומר שאין שום צורך לאדם לצמצם עצמו, מכיון שמלא כבודו את כל הארץקכמבואר לקמן פרשת מקץ אות ג ד"ה וזהו דכתיב.. וכל זמן שזה התקיפות היה אצל אברהם אבינו בהדעה שלו היה בה יקרות רב למאד, וזה נקרא בזוה"ק (בראשית דף נא.) אשא חוורא.
ובפעולות עוה"ז צריך להיות אשא תכלא, כי בעוה"ז אין ביכולת לקבל אשא חוורא כי אם ע"י אשא תכלא, כי אשא תכלא רומז על צמצום ויראה שניכר בה הדבר שנשרף בתוכהקאעניין האש מבואר בבית יעקב שמות פרשת תרומה אות נד, סוד ישרים שמיני עצרת אות א בסופו.:
Car d'Abraham et d'Its'hak est aussi sorti le contraire. La qualité d'Abraham notre père est de reconnaître qu'il n'est aucun lieu vide de la gloire du Ciel, comme il est écrit : 'Grand est ה' et très loué' (Psaumes 145,3), car Il est loué en tous lieux et toute la terre est remplie de Sa gloire.
Ainsi qu'il est expliqué dans Mei HaShiloach, paracha Toldot, s.v. 'Voici les générations' : Abraham notre père désirait toujours, extrêmement, les paroles de Torah et que soit publié dans le monde que le Saint, béni soit-Il, règne sur eux ; telle est la qualité de l'amour. Et dans Lekh Lekha, s.v. 'Et Abram dit' : l'essentiel de son service et de son désir était que se révèle par lui, même dans le monde de l'action, que le Saint, béni soit-Il, gouverne et domine tout, et qu'Il soit aussi appelé le Dieu de la terre.
Cette pensée est très précieuse, comme il est rapporté (Tamid 28a) : Rabbi dit : 'Quel est le droit chemin que l'homme choisira ? ... Qu'il tienne une foi surabondante.' Ce qu'il appelle surabondante signifie que, du point de vue de l'intelligence et de la saisie humaine, elle paraît surabondante, car il y a un voilement dans le monde.
Mais en vérité, du point de vue du Saint, béni soit-Il, il en est ainsi en toute vérité : tout vient de Lui, béni soit-Il ; ce n'est donc pas surabondant au regard de la vérité. La perfection de cette foi consiste à ce qu'elle demeure toujours attachée à la conscience de l'homme, mais non qu'elle passe de la puissance à l'acte : que l'homme ne s'appuie pas sur elle pour dire que, puisque tout vient du Saint, béni soit-Il, il se laisse aller dans ses actes sans aucune contraction ni travail.
De cette foi surabondante peut sortir qu'il oublie le Saint, béni soit-Il, comme il est sorti d'Abraham notre père, de mémoire bénie : Ishmael naquit de ce déploiement de la pensée qu'il n'est aucun lieu vide de la gloire du Ciel ; il se laisse aller à tous les désirs de ce monde et dit que l'homme n'a nul besoin de se restreindre, puisque toute la terre est remplie de Sa gloire. Tout le temps que cette vigueur se trouvait chez Abraham notre père, dans sa pensée, elle était extrêmement précieuse ; c'est ce qui est appelé dans le saint Zohar (Bereshit 51a) le feu blanc (אשא חוורא).
Mais dans les actions de ce monde il faut être le feu bleu (אשא תכלא), car dans ce monde on ne peut recevoir le feu blanc que par le feu bleu. Le feu bleu allude à la contraction et à la crainte, en ce que l'on reconnaît la chose qui brûle en lui.
ומדת יצחק אבינו הוא להורות לבני אדם שאין הקב"ה מוותר לשום בריה, ובעוד שזו המדה היתה בבחינת הדעת והשכל אזי מה טובה היא, אבל כאשר יצאה לפועל על כלי הגוף ששם השכחה וההסתר מצויים, נסתעף מזה עשו הרשע איש שדה, שאין בו שום רחמנות ושופך דם הבריות ושונא כל הברואים. ומפני זה הוצרכו אבותינו הקדושים לכלכל דבריהם תמיד בדעת וחשבון, להיות בהשי"ת מבטחם וזכרונם, שלא יעשו שום דבר בלא דעת וחשבון, שלא יטרדו ושלא יפלו בהסתר ושכחה, לבל יצמח מזה ח"ו ההיפך מרצון השי"ת, כי אף מכל הדעות היקרים ביותר, כשנכנסת בלבושים מסתירים יוכל להסתעף ממנה ההיפךקבכמבואר במי השלוח ח"א פרשת בא ד"ה משכו:
דהנה האבות נקראים אבות לפי שכל מחשבתם לא היה במקרה רק ממקור החיים ולא היו אצלם שום מחשבה בטילה. ומכל מחשבותם יצאו נפשות אף לאחר כמה דורות.
וכן מבואר שם פרשת במדבר ד"ה במדבר: כמו כן מצינו אף בהאבות שאף שכל מעשיהם היו תמיד לש"ש, אך ממה שלפעמים לא כוונו לעומק רצון הש"י יצא לפועל אחר איזה דורות, ונולדו מזה נפשות לא טובים..
אבל מיעקב אבינו ע"ה לא נולד שום פסולת ומטתו שלמה היתה, ואף הסתעפות שלו גם כן מחובר בהשי"ת, וגם בשינה בשעה שישן לו גם אז הוא דבוק בהשי"ת ואינו מחובר בשום מדה. ועל זה מורה שמו הנקרא לו ישורון, שעומד בשורה בשוה וממוזג בלי שום נטיה לשום צד, ולא היה אפשר לו להתפשט במדה אחת יותר מהראויקגבית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ויצא [א], פ' ברכה ד"ה אין.
לעיל פרשה זו אות ז., ואף מעשיו שעשה שלא מדעת היו גם כן נכוחים וישרים. ומטעם זה גם כן הוא הסימני טהרה בבהמות ועופות טהורים.
מעלה גרה בבהמה, מורה שאינו חוטף האור מהשי"ת ותמיד הוא מוכן להחזירו. ואצבע יתירה בעוף, מורה על ישוב הדעת, כי האצבע הוא מחזיר פניו מהרגל ורומז שבכל מרוצתו יש לו מעצור וישוב הדעת, שאף שרוצה לילך לרוח זו בקל יוכל לחזור לאחוריו פן נכון לפניו לשוב לאחוריו, וכמש"נ מי השלוח (חלק א' פ' שמיני ד"ה סימני עופות, סימני בהמה).
ולכן מפני שיש בהם כח הבחירה לבחור בטוב, אם יאירו להם טובה ימשכו אחר הטוב ויוכל האדם להכריחם לרצונו ולהעמידם לנכח רצון השי"ת. אבל לא כן המה בהמות הטמאות, כי הם משוקעים ועקשים בהמדה שלהם, ואף אם יאירו לתוכם באור בהיר לא ימשכו אחר האור, כי אין להם כח בחירה שיוכל האדם להכריחם כרצון השי"ת, מפני כי אדוקים ואחוזים הם בהמדה המוטבעת בהםקדכמו שביאר בבית יעקב ויקרא פרשת שמיני אות מ:
וזה רומז ג"כ השני סימני טהרה, מעלת גרה ומפריס פרסה, מדה והיפוכה, מפריס פרסה רומז על גודל תקופות ובטחון, ומעלת גרה רומז על מדת היראה. ובכח בחירת אדם להכניס במדתם דעת, לנטות ולזוז ממדה למדה כפי רצונו ית' וכו'.
עיין שם כל העניין.. וזהו שהבטיח לו השי"ת ליעקב שישמרנו, היינו שלא ישאר ממנו שום פסולתקהלקמן פרשת ויחי אות מא..
וזהו שכתוב מקודם אנ"י שענינו הוא בלי דעת האדם, כי אני היינו אנא מאן דאנא, והוא בלי שום צמצום ובירורים מצד דעת האדם ויגיע כפיו. וכל זה הבטיח לו אחר שיבוא על מקומו בשלום, אבל בעוד שהוא על הדרך אמר לו והנה אנכי עמך, אות כ' שבאנכי מורה על ידיעת האדם ויגיע כפיו, כענין דכתיב (תשא לא) לדעת כי אני ה' מקדשכם, והוא שלעת עתה יצמצם את עצמו בכל אשר יפנה ישכיל בשכל ודעת בכל מה דאפשרקוכי החילוק בין אני לאנכי, אני, הוא בעת שהשי"ת מבטל את האדם ומסתיר אותו, היינו שמראה כחו ית', שאדם אין לו זה הכח, כש"כ (דברים ל״ב:ל״ט) ראו עתה כי אני אני הוא.
כי אני הוא הצמצום והיחוד של השי"ת בעצמו. ומורה שאין לאדם שום תפיסה בו ית'.
ועם כ' הדמיון מורה על המדה אני והו, וזה מה שאיתא בגמרא (שבת פט.) היה לך לעזרינו. וזה ה' א-להיך כדאיתא במדרש (רבה יתרו כט) ובמכילתא (משפטים פ' כ) אלוה לכל באי עולם וא-להיך ביותר.
היינו מה שהשי"ת משפיל עצמו לתוך הבריאה ומראה השייכות שיש לכל דבר אצלו ית'. והכ' מורה, שעד היכן שאתה פונה עצמך לי, כמו כן אני שורה בך, שיש לך תפיסה בי וכו'.
בית יעקב שמות פרשת יתרו אות צ עיי"ש.. וזהו שאמר יעקב אחר כך ואנכי לא ידעתי, ומקשה בזהר הק' (ויצא קנ.) וכי תווהא הוא דלא ידע הלא השי"ת נסתר ונעלם מעין כל חי, אלא כמה דאת אמר ופני ה' לא חליתי אמר וכי כל האי אתגלי לי ולא אסתכלנא למנדע אנכי ולמיעל תחות גדפי דשכינתא למהוי שלים.
והוא שתמה עצמו על מה שלא הכניס את עצמו בעבודה ויגיע כפיו, שעל ידי יגיעו יזכה להתגלות השי"ת. ושכינתא גם כן מורה על עבודת האדם ויגיע כפיו:
La qualité d'Its'hak notre père est d'enseigner aux hommes que le Saint, béni soit-Il, ne fait remise à aucune créature. Tant que cette qualité se trouvait dans la connaissance et l'intellect, quel bien elle était !
Mais lorsqu'elle passa à l'acte dans les instruments du corps, où l'oubli et le voilement sont présents, il en sortit Esaou le méchant, homme des champs, qui n'a aucune pitié, verse le sang des créatures et hait tous les êtres créés. C'est pourquoi nos pères saints devaient constamment soutenir leurs paroles par connaissance et calcul, mettre dans le Saint, béni soit-Il, leur confiance et leur souvenir, et ne rien faire sans connaissance ni calcul, afin de ne pas être troublés ni tomber dans voilement et oubli, de peur qu'il n'en pousse, à Dieu ne plaise, le contraire de la volonté du Saint, béni soit-Il.
Car même des pensées les plus précieuses, lorsqu'elles entrent dans des vêtements qui voilent, peut sortir le contraire. Mais de Yaakov notre père, de mémoire bénie, ne naquit aucun déchet, et sa couche fut entière.
Même son prolongement reste attaché au Saint, béni soit-Il ; même dans le sommeil, lorsqu'il dort, il est alors encore attaché au Saint, béni soit-Il et n'est lié à aucune qualité. C'est ce qu'indique son nom, Yeshouroun (ישורון) : il se tient droit, égal et équilibré, sans aucune inclinaison d'un côté ; il ne lui était pas possible de se déployer dans une qualité unique au-delà de ce qui convenait.
Même les actes qu'il fit sans connaissance étaient droits et justes. C'est aussi la raison des signes de pureté des bêtes et oiseaux purs.
Le fait de ruminer chez la bête indique qu'elle ne ravit pas la lumière au Saint, béni soit-Il, et est toujours prête à la rendre. Le doigt supplémentaire chez l'oiseau indique la présence d'esprit : le doigt détourne sa face du pied, et allude à ce que, dans toute sa course, il a un frein et une présence d'esprit ; même s'il veut aller de ce côté, il peut facilement revenir en arrière, de peur qu'il ne soit juste pour lui de revenir.
C'est pourquoi, puisqu'ils ont la force du choix pour choisir le bien, lorsqu'on les éclaire de bien ils suivent le bien, et l'homme peut les plier à sa volonté et les placer devant la volonté du Saint, béni soit-Il. Il n'en est pas ainsi des bêtes impures : elles sont enfoncées et obstinées dans leur qualité ; même si une lumière éclatante les éclaire, elles ne suivent pas la lumière, car elles n'ont pas la force du choix par laquelle l'homme pourrait les contraindre selon la volonté du Saint, béni soit-Il, tant elles sont collées et attachées à la qualité imprimée en elles.
C'est ce que le Saint, béni soit-Il, promit à Yaakov en disant qu'Il le garderait : il ne resterait de lui aucun déchet. C'est aussi ce qui est écrit auparavant : 'אני' (Je), dont le sens est sans la connaissance de l'homme ; car 'אני' signifie 'ana man de-ana' (je suis qui je suis), sans aucune contraction ni tri de la part de la connaissance de l'homme et du labeur de ses mains.
Il lui promit tout cela après qu'il serait revenu en paix à son lieu ; mais tant qu'il était en chemin, Il lui dit : 'Et voici, אנכי, Je suis avec toi.' La lettre kaf de אנכי indique la connaissance de l'homme et le labeur de ses mains, comme dans : 'afin de savoir que Je suis ה' qui vous sanctifie' (Exode 31,13). Pour l'heure, il devait se restreindre et, partout où il se tournerait, agir avec intelligence et connaissance autant que possible.
La différence entre אני et אנכי est la suivante : אני est lorsque le Saint, béni soit-Il, annule l'homme et le voile, c'est-à-dire qu'Il montre Sa puissance, que l'homme ne possède pas, comme il est écrit : 'Voyez maintenant que Moi, Moi Je suis' (Deutéronome 32,39). אני est la contraction et l'unité du Saint, béni soit-Il, Lui-même, et indique que l'homme n'a aucune saisie de Lui. Avec le kaf de comparaison, cela indique la qualité de 'ani ve-hou' (אני והו), et c'est ce qui est rapporté dans la Guemara (Chabbat 89a) : 'Tu aurais dû nous aider.' C'est aussi 'ה' ton Elokim', comme il est rapporté dans le Midrach Rabba, Yitro 29, et la Mekhilta, Mishpatim 20 : Dieu de tous ceux qui viennent au monde, et ton Dieu plus particulièrement ; c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, S'abaisse dans la création et montre le lien que toute chose a avec Lui.
Le kaf indique : jusqu'où tu te tournes vers Moi, de même Je réside en toi ; tu as une saisie de Moi. C'est ce que Yaakov dit ensuite : 'Et אנכי, je ne le savais pas.' Le saint Zohar (Vayetzei 150a) demandé : est-ce donc une étonnement qu'il ne le sût pas, alors que le Saint, béni soit-Il, est caché et voilé aux yeux de tout vivant ?
Mais c'est comme tu dis : 'Et je n'ai pas apaisé la face de ה'' ; il dit : 'Tout cela m'a été révélé et je n'ai pas regardé pour connaître אנכי et entrer sous les ailes de la Chekhina (Présence divine), afin d'être entier.' Il s'étonnait de n'avoir pas introduit son être dans le service et le labeur de ses mains, par lesquels il aurait mérité la révélation du Saint, béni soit-Il. La Chekhina aussi indique le service de l'homme et le labeur de ses mains.
ויאמר אני ה' א-להי אברהם אביך וא-להי יצחק וגו'. איתא בזוה"ק (ויצא קנ.) איהו באמצעיתא.
והענין בזה, כי כל הפעולות הטובים הם מבחינת גבורה, שהאור מצטמצם ומתעטף במעשה המצות כמו תפילין וציצית. וכן כל התורה נקרא גבורה, כדאיתא (מכות כד.) כך שמע משה מפי הגבורה, והוא מדת יצחק, והראה לו השי"ת ליעקב, שכל הפעולות והאורות שהאיר אברהם אבינו בעולם צריכים לעבור דרך עליו שהוא הרצון, כי יעקב הוא הו' מהשם הק' המחבר לשני ההי"ן יחד (זוהר מקץ קצג:).
ולזה נאמר אברהם אביך, היינו שאלו האורות שהאיר אברהם אבינו בעולם כבר הם בקנין אצלך בשלימות, לכן כתיב אביך, שכח האב הוא בהבן. וביצחק לא נאמר אביך, אף שמהפעולות שוב נולד רצון, כמו שאנו מתפללים (תפלת שבת) קדשנו במצותיך.
אכן הענין הוא כמו שאמר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה (מי השלוח ח"א ויצא ד"ה ויאמר ובגליון אות ד) שיעקב אבינו לא היה מבורר עוד בשלימות במדת יצחק, אך אחר כך שחזר בשלימות מלבן וירד למצרים אז נאמר לו א-להי אביך (בראשית מז)קזבית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ויאמר אליו.:
'Et Il dit : Je suis ה', Dieu d'Abraham ton père, et Dieu d'Its'hak...' Il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetzei 150a) : 'Il est au milieu.' Le sens est que tous les bons actes relèvent de la guevoura (puissance rigoureuse), car la lumière se contracte et s'enveloppe dans l'acte des mitsvot, telles que les tefilin et les tsitsit. Toute la Torah est aussi appelée guevoura, comme il est rapporté (Makkot 24a) : 'Ainsi Moché l'entendit de la bouche de la Guevoura.' C'est la qualité d'Its'hak.
Le Saint, béni soit-Il, montra à Yaakov que tous les actes et toutes les lumières qu'Abraham notre père avait fait luire dans le monde devaient passer par lui, qui est la volonté. Car Yaakov est le vav du saint Nom, qui joint les deux hé ensemble (Zohar, Miketz 193b).
C'est pourquoi il est dit : 'Abraham ton père' ; ces lumières qu'Abraham notre père avait fait luire dans le monde étaient déjà acquises chez toi dans leur plénitude. Aussi est-il écrit 'ton père', car la force du père est dans le fils.
Mais pour Its'hak il n'est pas dit 'ton père', bien que des actes naisse à nouveau la volonté, comme nous prions dans la prière de Chabbat : 'Sanctifie-nous par Tes mitsvot.' Toutefois, le sens est comme le disait mon père et maître, le saint gaon, que sa mémoire soit pour la vie du monde à venir, dans Mei HaShiloach I, Vayetzei, s.v. 'Et Il dit' et note 4 : Yaakov notre père n'était pas encore pleinement clarifié dans la qualité d'Its'hak. Mais ensuite, lorsqu'il revint entier de chez Laban et descendit en Égypte, il lui fut dit : 'Dieu de ton père' (Genèse 47).
ויאמר אני ה' א-להי אברהם אביך וא-להי יצחק וגו'. הענין שלא נאמר אביך ביצחק, כי יעקב אבינו הוא עמודא דאמצעיתא, כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנ.) איהו באמצעיתא כגוונא דנר האמצעי של המנורה, שהשלשה נרות שמצד זה והשלשה שמצד זה כולם פונים לנר האמצעי, וכן היה אבינו יעקב צריך להתברר במדות החסד והגבורה שכולם יפנו אליו, ואז לא היה עוד מדתו מדת התפארת מבורר בשלימות ובהתגלות, כדאיתא בזוה"ק (ויצא דף קנ.) שאני יעקב דאשתלים לעילא ותתא אבל לא באתגליא, ורק במדת החסד היה כבר נשלם.
לזה כתיב אברהם אביך, כי אלו השלשה קנים שמצדו האחד היו פונים אצלו, אך השלשה קנים שמצדו השני מדת הגבורה היו פונים עוד להלאה, והיה צריך עוד להתברר בהם, היינו להשיג עומק הדברי תורה איך הם יקרים, ומזה נצמח כל העונשין, שכל מי שיודע יותר צריך לשמור את עצמו יותרקחכדאיתא במי השלוח ח"א פרשת ויצא ד"ה ויאמר: והיינו דאמר אביך גבי אברהם ולא גבי יצחק, דהנה מדות אברהם הוא מדות אהבה ומדות יצחק הוא מדות יראה.
והנה במקום שהאהבה בהשפעה מרובה מצטמצם מדות היראה, וכן כשנמצא מדת היראה בשלימות מצטמצם מדות האהבה, אבל ליעקב אבינו ע"ה היו שניהם במשקל, וזאת נקרא מדות תפארת, והוא מדות יעקב אבינו כלול משניהם ואינם סותרים זה את זה. ובגליון שם אות ד כתב:
ולכן לא נאמר אביך על יצחק, כי במדת האהבה היה כבר מזוקק אבל במדת היראה עוד היה צריך להתברר. ועיין בית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ויאמר..
וזה הוא דאיתא במדרש (רבה תולדות סח) יצחק חידש יסורין, כי מדות הגבורה מורה, שירגיש האדם איך השי"ת נמצא בתוכו, ומזה צריך האדם לסבול, ויעקב לא היה אז מבורר בזו המדה, רק כשירד למצרים אז נאמר (ויגש מה) ותחי רוח יעקב אביהם, ואז היה יעקב אבינו נשלם מכל, כי בהשבע עשרה שנה שחי במצרים אז היה כבר נשלם אף במדת יצחק בהתגלות, ואז נאמר (ויגש מה) לא-להי אביו יצחקקטכמבואר לקמן פרשת ויגש אות כו עיי"ש., והמנורה היתה אז בשלימות, וכל הנרות שמצד זה ומצד זה היו כולם פונים למול נר האמצעי, מדת החסד ומדת הגבורה והוא היה מאחדם במדת התפארת, דאחיד להאי סטרא ולהאי סטרא, וזה הוא דאיתא בזוה"ק (שם) חמא דישתלים לבתר זמנא:
'Et Il dit : Je suis ה', Dieu d'Abraham ton père, et Dieu d'Its'hak...' Le sens de ce que 'ton père' n'est pas dit pour Its'hak est que Yaakov notre père est le pilier du milieu, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetzei 150a) : 'Il est au milieu', à l'image de la lampe centrale de la menora, vers laquelle sont toutes tournées les trois lampes d'un côté et les trois lampes de l'autre côté. De même, notre père Yaakov devait être clarifié dans les qualités du hesed (bonté) et de la guevoura, afin que toutes se tournent vers lui.
Alors sa qualité, la tiferet (harmonie), n'était pas encore pleinement clarifiée ni révélée, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetzei 150a) : 'Yaakov est différent : il fut achevé en haut et en bas, mais non dans la révélation.' Seule la qualité du hesed était déjà achevée. C'est pourquoi il est écrit : 'Abraham ton père', car les trois branches de son premier côté étaient tournées vers lui ; mais les trois branches de son autre côté, la qualité de la guevoura, étaient encore tournées plus loin, et il devait encore y être clarifié.
C'est-à-dire qu'il devait atteindre la profondeur des paroles de Torah, combien elles sont précieuses ; de là viennent tous les châtiments, car quiconque sait davantage doit davantage se garder. C'est ce qui est rapporté dans le Midrach (Rabba, Toldot 68) : Its'hak inaugura les souffrances.
Car la qualité de guevoura indique que l'homme ressente combien le Saint, béni soit-Il, se trouve en lui, et de cela l'homme doit souffrir. Yaakov n'était pas alors clarifié dans cette qualité ; ce ne fut que lorsqu'il descendit en Égypte qu'il est dit : 'Et l'esprit de Yaakov leur père revint à la vie' (Genèse 45,27).
Alors Yaakov notre père fut achevé en toute chose, car durant les dix-sept ans qu'il vécut en Égypte, il fut déjà achevé aussi dans la qualité d'Its'hak, de façon révélée ; alors il est dit : 'au Dieu de son père Its'hak' (Genèse 46,1). La menora était alors complète : toutes les lampes de ce côté et de l'autre étaient tournées vers la lampe centrale, la qualité du hesed et la qualité de la guevoura, et lui les unissait dans la qualité de tiferet, 'tenant ce côté et cet autre côté'.
C'est ce qui est rapporté dans le saint Zohar : 'Il vit qu'il serait achevé après un temps.'
ויאמר אני ה' וגו'. זה שאמר הכתוב (שיר השירים א׳:ג׳) שמן תורק שמך, שאז התחיל להתגלות אליו, כי זה המקום הוא נסתר מאד מן האדם, ויעקב אבינו השיג מעט מזה המקום ורק בחלום.
וזהו דאיתא בזוהר הק' (ויצא קנ.) ואנכי לא ידעתי כמד"א ופני ה' לא חליתי, היינו שלא הייתי יודע התחברות של השי"ת עם זה העולם שהוא במקום הזה, וכן בנפש, כי בעולם הוא ההתקשרות במקום המקדש ובנפש הוא ביעקב אבינו, כי השי"ת הראה לו כאן שהוא חפץ ובוחר בו בשרשו ואף שלא על ידי עבודהקיכמבואר באריכות במי השלוח ח"א פרשת ויצא ד"ה והנה ה' [א]: הנה זאת ידוע כי עיקר התגלות הש"י בעולם הוא ע"י שלשה היינו עולם, שנה, נפש.
עולם הוא מקום המקדש אשר שם הוא התגלות אלוקותו ית', ושנה היא בהמבחר שבזמנים הוא שבת שבו נמצא התגלות אלקותו, ונפש הוא על נפשות מישראל יתגלה שכינתו. והנה כאן היו אלה השלשה בשלימות, מקום המקדש שנא' אין זה כי אם בית אלקים, והזמן המבחר כי בטח היה התגלות הזאת בשבת קודש, ונפש הוא יעקב אבינו המובחר שבנפשות שבו נכללו כל נפשות ישראל כמ"ש (ישעיהו כ״ט:כ״ג) והקדישו את קדוש יעקב.:
'Et Il dit : Je suis ה'...' C'est ce que dit le verset : 'Une huile répandue est Ton nom' (Cantique des cantiques 1,3). Car alors la révélation commença à lui apparaître, puisque ce lieu est très caché à l'homme ; Yaakov notre père atteignit un peu de ce lieu, et seulement dans un rêve.
C'est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Vayetzei 150a) : 'Et אנכי, je ne le savais pas', comme il est dit : 'Et je n'ai pas apaisé la face de ה'' ; c'est-à-dire : je ne connaissais pas le lien du Saint, béni soit-Il, avec ce monde, qui est en ce lieu. Il en est de même dans l'âme : dans le monde, le lien est au lieu du Sanctuaire ; dans l'âme, il est en Yaakov notre père.
Car le Saint, béni soit-Il, lui montra ici qu'Il le désirait et le choisissait à sa racine, même sans passer par le travail. Il est longuement expliqué dans Mei HaShiloach I, Vayetzei, s.v. 'Et voici ה'' : il est connu que la révélation essentielle du Saint, béni soit-Il, dans le monde passe par trois choses : monde, année, âme.
Le monde est le lieu du Sanctuaire, où se trouve la révélation de Sa divinité ; l'année est le choix des temps, le Chabbat, où se trouve la révélation de Sa divinité ; et l'âme est les âmes d'Israël sur lesquelles Sa Chekhina se révèle. Ici ces trois choses se trouvaient dans leur plénitude : le lieu du Sanctuaire, comme il est dit : 'Ceci n'est autre que la maison de Dieu' ; le temps élu, car cette révélation eut certainement lieu durant le saint Chabbat ; et l'âme, Yaakov notre père, le plus élu des âmes, en qui toutes les âmes d'Israël étaient incluses, comme il est écrit : 'Ils sanctifieront le Saint de Yaakov' (Isaie 29,23).
« Je suis Hachem » : la parole est un murmure ; le Nom murmure à Israël et met dans son cœur un appel et un désir : qu'il veuille savoir qu'il y a un Créateur dans le monde, qui le gouverne selon Sa volonté. Selon le Beit Yaakov, d'après l'attribut d'Avraham, le ''hessed, tu es pur et clarifié ; c'est pourquoi il est écrit « ton père ». Il n'est pas écrit « ton père » à propos d'Its'hak, car dans cet attribut il n'était pas encore clarifié. Les paroles de Torah lui sont précieuses, et ce niveau ne s'atteint que par les souffrances : Its'hak a innové les souffrances, et l'homme ne se tient sur les paroles de Torah que s'il y a échoué.
Aussi : la terre promise : tous les biens sont en profondeur en Israël, et le Nom scelle même les actes sans connaissance ; « tu te répandras » commence par l'ouest, don d'Atika Kadicha ; Avraham et Moché reçoivent un autre ordre des points cardinaux.
ויאמר אני ה' וגו'. אמירה הוא לחישה כדאיתא בזוה"ק (אמור דף פח:) אמור אל הכהנים בלחישו, שהשי"ת לוחש להישראל ונותן בלבו קריאה ותשוקה שירצה להודע שיש בורא בעולם ושליט בו כרצונו.
אני ה' א-להי אברהם אביך, היינו במדת אברהם שהוא מדת החסד אתה נקי ומבורר, ולכן כתיב כאן אביך, אכן מצדך אתה צריך להתברר עוד. וא-להי יצחק, וכאן לא כתיב אביך, כי במדת יצחק לא היה מבורר עוד, כי מדת יצחק הוא שיקרו בעיניו הדברי תורה, ואף שאצל כל אחד ואחד מישראל הם יקרים אצלו, אכן אינו דומה השמירה שאדם שומר חפץ ששוה אלף זהובים למי ששומר חפץ שאינו שוה רק מאה זהובים, וזהו היותר יקר במעלה בזה העולם, כי אנו רואים שהשכר של האדם הוא לפי שהחזיק ושמר את הדברי תורה.
וכן העונש הוא גם כן לפי מה שפשע בשמירת הדברי תורה, וכדכתיב בה במרים (בהעלותך יב) ואביה ירק ירק בפניה הלא תכלם שבעת ימים, ואיתא על זה (בבא קמא כה) קל וחומר לשכינה ארבעה עשר יום, ואף על פי כן היה די לה שבעה ימים כמו אם לא היתה חוטאת רק כנגד אביה, והטעם בזה מפני שאין הבנתה ושכלה גדולה כל כך, ולכן אף החטא שלה אינו נוגע כל כך בעומק, כי היא בל למדה צדק כל כך. ולזה לא כתיב אביך גבי יצחק, כי למדתו אי אפשר להגיע רק על ידי יסורים, כדאיתא (רבה תולדות סח) יצחק חידש יסורין.
והוא כענין דאיתא (גיטין מג.) אין אדם עומד על דברי תורה אלא אם כן נכשל בהם, כי הדברי תורה שאין לעמוד עליהם רק על ידי יסורין, ומה הם היסורין, על ידי שנכשל בהדברי תורה לכן מגיע לו עונש על זה ובא לידי יסורים, וממילא אחר כך הם יקרים עליו הדברי תורה, כי בדמים קנה אותם ועומדים לו ביוקרקיאעיין לעיל פרשה זו אות כט ובהערה קח שם.:
Et Il dit: Je suis ה', etc. La parole est un murmure, comme il est dit dans le Zohar sacré (Emor 88b): "Dis aux cohanim en murmurant".
Le Nom murmure à Israël et met dans son cœur un appel et un désir: qu'il veuille savoir qu'il y a un Créateur dans le monde, qui le gouverne selon Sa volonté. "Je suis ה', le Dieu d'Abraham ton père": c'est-à-dire que, selon l'attribut d'Abraham, qui est l'attribut du 'hessed, tu es pur et clarifié; c'est pourquoi il est écrit ici "ton père".
Mais de ton côté, tu dois encore être clarifié. "Et le Dieu d'Its'hak": ici, il n'est pas écrit "ton père", car dans l'attribut d'Its'hak il n'était pas encore clarifié.
L'attribut d'Its'hak est que les paroles de Torah lui sont précieuses. Bien qu'elles soient précieuses aux yeux de tout Israël, la garde d'un objet qui vaut mille zuzim ne ressemble pas à celle d'un objet qui ne vaut que cent zuzim.
C'est la chose la plus précieuse en valeur dans ce monde, car nous voyons que la récompense de l'homme est selon qu'il a saisi et garde les paroles de Torah. De même, la punition est selon la faute commise dans la garde des paroles de Torah, comme il est écrit au sujet de Myriam: "Si son père lui avait craché, craché au visage, ne serait-elle pas humiliée sept jours?" (Nombres 12,14).
Il est dit à ce sujet (Bava Kama 25a): à plus forte raison pour la Chekhina, quatorze jours. Et pourtant, sept jours lui suffisaient, comme si elle n'avait fauté qu'envers son père.
La raison est que sa compréhension et son intelligence n'étaient pas si grandes; aussi sa faute n'atteint-elle pas une telle profondeur, car elle n'avait pas tant appris la droiture. C'est pourquoi il n'est pas écrit "ton père" à propos d'Its'hak, car son niveau ne peut être atteint que par les souffrances, comme il est dit (Bereshit Rabba, Toldot 68): Its'hak a innové les souffrances.
Cela rejoint ce qui est dit (Gittin 43a): un homme ne se tient sur les paroles de Torah que s'il y a échoué. Les paroles de Torah ne se tiennent donc que par les souffrances.
Quelles sont ces souffrances? Parce qu'il a échoué dans les paroles de Torah, une punition lui parvient pour cela et il vient à souffrir; alors les paroles de Torah lui deviennent précieuses, car il les a acquises à prix d'argent et elles lui coûtent cher.
(Voir plus haut, dans cette paracha, paragraphe 29 et note 108.)
הארץ אשר אתה שוכב עליה לך אתננה וגו'. זה המקום הוא שער שיכיר האדם לדעת כי אני ה' מקדשכם (תשא לא), היינו שיהיה ניכר עליך אלהותו ית', כדאיתא (כתובות קי:) כל הדר בארץ ישראל דומה כמי שיש לו אלוהקיבמבואר במי השלוח ח"ב פרשת תבא ד"ה אעברה..
והיה זרעך כעפר הארץ. היינו כי בישראל נמצאים כל הטובות, כמו שבארץ נכללים כל הטובות דכתיב (קהלת ג׳:כ׳) הכל היה מן העפר, והגשמים שמצמיחין את הארץ אין זה הולדה חדשה רק שמעוררין הטובה שנמצא בהארץ, כן בישראל נמצאים כל הטובות בעומק רק שצריך להתעורר את הטובה, אבל אם רק יעוררו אותה, אזי ימצאו בישראל כל הטובות, הפך בה והפך בה דכולא בה:
"La terre sur laquelle tu es couché, Je te la donnerai", etc. Ce lieu est la porte par laquelle l'homme reconnaît et sait: "Je suis ה' qui vous sanctifie" (Exode 31,13), c'est-à-dire que Sa divinité soit reconnaissable sur toi, comme il est dit (Ketoubot 110b): tout habitant de la terre d'Israël est semblable à quelqu'un qui a un Dieu.
(Cela est expliqué dans Mei HaShiloah, II, Ki Tavo, s.v. Eebra.) "Ta descendance sera comme la poussière de la terre": c'est que tous les biens se trouvent en Israël, comme tous les biens sont compris dans la terre, ainsi qu'il est écrit: "Tout venait de la poussière" (Qohelet 3,20).
Les pluies qui font pousser la terre ne sont pas une naissance nouvelle, mais elles éveillent le bien qui se trouve dans la terre. Ainsi, tous les biens se trouvent en profondeur en Israël; il faut seulement éveiller ce bien.
Mais si on l'éveille, tous les biens se trouveront en Israël: "Tourne-la et retourne-la, car tout est en elle".
הארץ אשר אתה שוכב עליה לך אתננה ולזרעך. היינו שכל מה שהוא נתייגע בו יתן לו השי"ת בקנין שיהיה שלו, ואף בעת שהוא שוכב יחתום עליו השי"ת.
כי שכיבה מורה על מעשים שהאדם עושה שלא מדעת, כמו בשעה שהאדם ישן שאין השכל מושל אז על הגוף, והבטיח לו השי"ת שיהא הכל נמסר לידו בשלימות, ואף המעשים שהם שלא מדעת גם הם יהיו טובים וישכון בהם רצון השי"ת, ובכל מקום שייגע את עצמו יתנהו השי"ת אחר כך לזרעו בשלימותקיגכמו שכתב במי השלוח ח"א פרשת ויצא ד"ה הארץ: הארץ אשר אתה שכב עליה לך אתננה.
ענין הברכה הזאת היא שאפילו בשעת השכיבה והשינה יהיו רעיונותיך ברורים ונקיים.:
"La terre sur laquelle tu es couché, Je te la donnerai, et à ta descendance": tout ce pour quoi il s'est fatigué, le Nom le lui donnera en possession, afin que cela soit à lui; même lorsqu'il est couché, le Nom y apposera Son sceau. Car le coucher indique les actes que l'homme accomplit sans connaissance, comme lorsque l'homme dort et que l'intelligence ne gouverne alors pas le corps.
Le Nom lui promit que tout serait remis entre ses mains en perfection; même les actes sans connaissance seraient bons, et la volonté du Nom y résiderait. Partout où il se sera donné de la peine, le Nom le donnera ensuite à sa descendance en perfection.
(Comme il est écrit dans Mei HaShiloah, I, Vayetzei, s.v. La terre: "La terre sur laquelle tu es couché, Je te la donnerai.
La portée de cette bénédiction est que, même au moment du coucher et du sommeil, tes pensées soient clarifiées et pures.")
ופרצת ימה וקדמה וצפנה ונגבה. הנה לפי הנראה היה מהראוי לכתוב להיפך תחלה מזרח ואחר כך מערב, כי מזרח הוא אור שממנו אורה יוצא לעולם, היינו שמתחלה צריך האדם לעבוד באור המאיר ובא לעיניו, וכן מהראוי היה להקדים דרום לצפון כי דרום הוא ימין.
אכן הענין הוא, כשהבירור הוא מצד האדם צריך מתחלה לברר עצמו במקום שעושה מדעת ובהארת השכל, ואם יברר עצמו שבמקום ששכלו מושל עליו עשה כרצון השי"ת, אז יעיד עליו השי"ת, שאף במקום שעשה שלא מדעת גם אז כוון למטרת רצון השי"תקידוכן ביאר בתפארת יוסף מסכת פסחים (ט.) ד"ה אין חוששין: כמו שאמר כבוד אזמו"ר זללה"ה, אם האדם מצידו מנקה ומטהר ומברר עצמו עד מקום שידו מגעת.
אז השי"ת מעיד עליו שהוא נמשך תמיד אחר רצונו ית', ויש לו חיבור עם אור רצונו ית'.. וכל זה הוא כשהבירור הוא מצד האדם, אבל כשהשי"ת יברר את האדם, אז יעיד עליו רק על מקום שעשה שלא מדעת, וזהו העיקר, כי במה נחשב הוא דעת האדם נגד רצון השי"ת.
לכן כתיב כאן מתחלה ימה ואחר כך קדמה וצפנה ונגבה, כי על יעקב אבינו חתם השי"ת והסכים על ידו על כל מעשיו, ואף מה שפעל ועשה שלא מדעת חתם השי"ת שמו עליו, וממילא זה גדול יותר ממה שעושה בדעת, ולכן מתחיל תחלה ימה:
"Tu te répandras à l'ouest, à l'est, au nord et au sud". À première vue, il aurait convenu d'écrire l'inverse, d'abord l'est et ensuite l'ouest, car l'est est la lumière d'où la clarté sort vers le monde: l'homme doit d'abord servir dans la lumière qui éclaire et vient devant ses yeux.
De même, il aurait convenu de faire précéder le sud au nord, car le sud est la droite. Mais voici le sens: lorsque le discernement vient du côté de l'homme, il doit d'abord se clarifier dans le lieu où il agit avec connaissance et dans l'éclairage de l'intelligence.
S'il se clarifie en montrant que, là où son intelligence règne sur lui, il a agi selon la volonté du Nom, alors le Nom témoignera de lui que, même là où il a agi sans connaissance, il visait aussi le but de la volonté du Nom. (Ainsi l'a expliqué Tiferet Yosef, Pessahim 9a, s.v.
Ein hosheshin: "Comme l'a dit la gloire de mon maître, notre seigneur et maître, de bienheureuse et sainte mémoire: si l'homme, de son côté, se nettoie, se purifie et se clarifie jusqu'au point où sa main atteint, alors le Nom témoigne de lui qu'il est toujours attiré par Sa volonté, et qu'il est lié à la lumière de Sa volonté.") Tout cela vaut lorsque le discernement vient du côté de l'homme. Mais lorsque le Nom clarifie l'homme, Il ne témoigne de lui que sur le lieu où il a agi sans connaissance; et c'est l'essentiel, car que vaut la connaissance de l'homme face à la volonté du Nom?
C'est pourquoi il est écrit ici d'abord "à l'ouest", puis "à l'est, au nord et au sud": le Nom a scellé et approuvé tous les actes de notre père Yaakov; même ce qu'il a opéré et fait sans connaissance, le Nom y a apposé Son sceau. Cela est donc plus grand que ce qu'il accomplit avec connaissance; c'est pourquoi il commence par l'ouest.
ופרצת ימה וקדמה וצפנה ונגבה. הענין בזה, שכתוב לשון ופרצת הוא כענין דכתיב (זכריה ג׳:ז׳) ונתתי לך מהלכים בין העומדים האלה, כי המלאך נקרא עומד, ואף שהולך מדרגא לדרגא, אך הליכתו הוא בהדרגה כפי שהשי"ת מאיר לו כן ביכלתו לעלות, וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קע.) משריין עלאין לית להון קפיצין.
שאני בני ישראל דכתיב בהו (משלי ל״א:ט״ו) ותקם בעוד לילה ותתן טרף לביתה, היינו מאתר רחיקא כדאיתא בזוה"ק (אמור דף צ.), ובכחם לילך שלא בהדרגה, כענין דכתיב (ישעיהו ס״ד:ב׳) בעשותך נוראות לא נקוה, ולכן נקרא איש הישראלי מהלך, ולזה כתיב כאן ופרצתקטועיין לעיל פרשה זו אות כ ובהערה פא שם.. והנה אנכי עמך.
ומתחלה כתיב אני, כי לשון אני מורה שהשי"ת אין לו שום צורך לפעולת האדם, ולשון אנכי מורה שהשי"ת מתנהג עמו מדה במדהקטזכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות כז ד"ה ומדת יצחק ובהערה קו שם., והיינו כי בזה העולם צריך האדם לעבוד עבודת ה', וכמו שהאדם מדבק עצמו להשי"ת בעבודתו ומעשיו הטובים כן השי"ת מתחבר עמו. ואם האדם מפריד עצמו ח"ו מעבודת ה', אז גם הקב"ה מגביה ומנשא את אורו ממנוקיזעיין תפארת יוסף חג השבועות ד"ה ויסעו מרפידים:
כמו שמצינו שהציב השי"ת אם תדרשנו ימצא לך (דברי הימים א כ״ח:ט׳), והיינו שכל כמה שאדם דורש ומחפש ומבקש אחר רצונו ית', כן מאיר לו השי"ת, שכמה שאדם מעורר למטה כן מאיר לו השי"ת למעלה.:
"Tu te répandras à l'ouest, à l'est, au nord et au sud". Le terme "tu te répandras" est de la même teneur que le verset: "Je te donnerai des chemins parmi ceux qui se tiennent ici" (Zacharie 3,7).
L'ange est appelé "celui qui se tient"; bien qu'il aille de degré en degré, sa marche est graduelle: selon que le Nom l'éclaire, ainsi il peut monter. Comme il est dit dans le Zohar sacré (Terouma 170a): les camps supérieurs n'ont pas de sauts.
Il en va autrement des enfants d'Israël, dont il est écrit: "Elle se lève alors qu'il fait encore nuit et donne la nourriture à sa maison" (Proverbes 31,15), c'est-à-dire d'un lieu lointain, comme il est dit dans le Zohar sacré (Emor 90a). Ils ont la force d'aller sans gradation, comme il est écrit: "Quand Tu accomplissais des choses redoutables que nous n'attendions pas" (Isaie 64,2); c'est pourquoi l'homme d'Israël est appelé "celui qui marche", et c'est pourquoi il est écrit ici "tu te répandras".
(Voir plus haut, dans cette paracha, paragraphe 20 et note 81.) "Voici, Anokhi est avec toi". Au commencement il est écrit "Ani", car le terme "Ani" indique que le Nom n'a aucun besoin de l'action de l'homme; le terme "Anokhi" indique que le Nom se conduit avec lui mesure pour mesure.
(Comme expliqué plus haut dans cette paracha, paragraphe 27, s.v. Et l'attribut d'Its'hak, et note 106.) En ce monde, l'homme doit accomplir le service du Nom; de même que l'homme s'attache au Nom par son service et ses bonnes actions, ainsi le Nom S'unit à lui.
Si l'homme se sépare, à Dieu ne plaise, du service du Nom, alors le Saint béni soit-Il élève et retire aussi Sa lumière de lui. (Voir Tiferet Yosef, Chavouot, s.v.
Ils partirent de Refidim: "Comme nous trouvons que le Nom a posé: 'Si tu Le recherches, Il se laissera trouver par toi' (I Chroniques 28,9). Autant l'homme recherche, cherche et demande Sa volonté, autant le Nom l'éclaire; autant l'homme éveille en bas, autant le Nom éclaire en haut.")
ופרצת ימה וקדמה וצפנה ונגבה. לכאורה היה מהראוי לכתוב בהיפך קדמה וימה נגבה וצפנה.
אכן השי"ת הראה לו שחפץ ליתן לו טובה לעולמי עד מעתיקא קדישא ולא רק מצד פעולותיו הטובים, כי מצד פעולת אדם שמאיר לעצמו היה מהראוי להקדים מתחלה מזרח ואחר כך דרום שהם מורים על אור, שהאדם מאיר בשכלו ומקיים רצון השי"ת ומיטיב מעשיו. אבל צפון ומערב מורה על מקום שאין כל האדם מגיע לשם, כי מערב הוא מאחוריו של אדם שאין האדם רואה מה נעשה מאחוריו.
וכן צפון הוא משמאלו של אדם, שאין האדם שולט בשמאלו כשליטתו בימין. וכאן מקדים מערב למזרח וצפון לדרום מקומות שאין שכל האדם מגיע לשם, ומעתיקא קא אתיא:
"Tu te répandras à l'ouest, à l'est, au nord et au sud". À première vue, il aurait convenu d'écrire à l'inverse: à l'est et à l'ouest, au sud et au nord.
Mais le Nom lui montra qu'Il désirait lui donner un bien pour toujours, depuis Atika Kadisha (l'Ancien sacré), et non seulement du côté de ses bonnes actions. Car du côté de l'action de l'homme, qui s'éclaire lui-même, il aurait convenu de faire précéder l'est puis le sud, qui indiquent la lumière: l'homme s'éclaire par son intelligence, accomplit la volonté du Nom et améliore ses actes.
Mais le nord et l'ouest indiquent le lieu où tout homme ne parvient pas; l'ouest est derrière l'homme, car l'homme ne voit pas ce qui se fait derrière lui. Le nord est aussi à la gauche de l'homme, et l'homme ne domine pas sa gauche comme il domine sa droite.
Ici, l'ouest précède l'est et le nord le sud: des lieux où l'intelligence de l'homme ne parvient pas. Cela vient d'Atika.
ופרצת ימה וקדמה וצפנה ונגבה. ולהלן גבי אברהם כתיב (לך יג) צפנה ונגבה וקדמה וימה.
כי ימה היינו שנכנס בההסתר והחשך, ולזה כתיב אחר זה וקדמה שהבטיחהו השי"ת להופיע לו אור. אכן אברהם שלא נכנס מעולם בהסתר וחשך, אך עוד קודם שנכנס בההסתר הופיע לו השי"ת אורו הזך, והראה לו כי לא יפסיד אף אם יכניס את עצמו בההסתר, לכן נאמר בו וקדמה, שמקודם שהכניס עצמו בההסתר הזריח לו השי"ת את אורו, ואחר כך וימה, היינו אחר זה שהיה בטוח כי לא יפסיד הכניס עצמו בההסתרקיחעיין לעיל פרשת לך אות כח ד"ה אמנם..
ובמשה נאמר (ואתחנן ד) תימנה ומזרחה. כי נגבה היינו שמנוגב מכל חמדת והנאות עולם הזהקיטכמבואר גבי אברהם אבינו במי השלוח ח"א פרשת וירא ד"ה ויסע:
ויסע משם אברהם ארצה הנגב, היינו כי אאע"ה מאד בירר כל מיני אהבה שבעולם שלא יהיה בלתי לה' לבדו וכו'.. ותימן היינו מבטח עוז כדאיתא בזוה"ק (במדבר קכ.) ובדרום תקיפו דוכתא, והיינו שהוא בטוח בנפשו שכל הנאות שלו הם הכל לכבוד שמים, וזהו שלימות והתגלות ביותר.
וכאן כתיב נגב, היינו מנוגב מכל הנאות, שאין בזה מבטח עוז. וכתיב קדמה, היינו שאין להאדם בה השגה כל כך, ועל זה מורה השם קדמה שהוא קדם מדעתו ושכלו.
ובמשה כתיב מזרחה, והיינו שזורח בהאדם שיוכל להשיג בשכלו וזהו התגלות ביותרקכמבואר באריכות בבית יעקב הכולל פרשת ואתחנן ד"ה עלה: עלה ראש הפסגה ושא עיניך ימה וצפנה ותימנה ומזרחה וראה בעיניך וגו'.
העניין שנאמר תחילה מערב וצפון ואח"כ דרום ומזרח, אף כי עיקר האור הוא במזרח ודרום. וגם גבי אברהם אבינו, גם כן נאמר שלא כסדר האור, כי שם נאמר (לך יג) צפונה ונגבה וקדמה וימה.
ומהצורך היה לכתוב בשניהם מזרח ודרום תחילה. אכן לכל אחד ניתן לפי היקרות שהיה אצלו.
כי מדת אברהם אבינו עליו השלום היה ארץ הנגב. היינו, מסולק מכל הנאה מצדו, ומנוגב מכל חמדה.
וכן נתן לו השי"ת, שיהיה לו הארת אור ה' בצפון כמו בנגב. כי צפון הוא רחוק מן האור.
וכמו שבמקום הנגב, שהוא מסולק נגיעה, יכוון לרצון השי"ת, כן יכוון אף בצפון. וזהו צפונה, היינו שלא מדעת, ונגבה הוא דבר שיש לו בירור.
ואח"כ נאמר לו וקדמה וימה, כי הוא היה חפץ בבירורים, לכן ניתן לו תחלה שיברר את עצמו במזרח, במקום שהדעת שולט, וכפי שיברר את עצמו במזרח על פי הארת ה' המפורשת, כן יקנה במערב, היינו שיכוון אף בלי דעת לרצון השי"ת. ומשה רבנו ע"ה היה אצלו עיקר לכוון שלא מדעת, כי במקום שהיה אור ה' מפורש נגד עיניו, לא היה צריך לבירורים.
ולכן היה העיקר אצלו ימה וצפונה. ואח"כ נאמר לו דרום ומזרח, שזה כל שכן שקנה בשלימות.:
"Tu te répandras à l'ouest, à l'est, au nord et au sud". Plus loin, au sujet d'Abraham, il est écrit: "au nord, au sud, à l'est et à l'ouest" (Genèse 13,14).
"À l'ouest" signifie qu'il entre dans le voilement et l'obscurité; c'est pourquoi il est écrit ensuite "à l'est", car le Nom lui promit de faire paraître pour lui la lumière. Mais Abraham n'entra jamais dans le voilement et l'obscurité: avant même d'y entrer, le Nom fit paraître pour lui Sa lumière limpide et lui montra qu'il ne perdrait rien, même s'il s'introduisait dans le voilement.
C'est pourquoi il est dit à son sujet "à l'est": avant qu'il ne s'introduise dans le voilement, le Nom fit luire pour lui Sa lumière; puis "à l'ouest", c'est-à-dire qu'après avoir eu l'assurance de ne rien perdre, il s'introduisit dans le voilement. (Voir plus haut, Lekh Lekha, paragraphe 28, s.v.
Cependant.) À propos de Moché, il est dit: "vers le sud et vers l'est" (Deutéronome 4,49). "Au sud" signifie qu'il est desséché de tout désir et plaisir de ce monde.
(Ainsi qu'il est expliqué au sujet de notre père Abraham dans Mei HaShiloah, I, Vayera, s.v. Il partit: "Abraham partit de là vers le pays du Negev": cela signifie que notre père Abraham, de bienheureuse mémoire, clarifia beaucoup tous les genres d'amour du monde, afin qu'ils ne soient que pour ה' seul, etc.) "Vers le sud" signifie une puissante assurance, comme il est dit dans le Zohar sacré (Bamidbar 120a): "Dans le sud est le lieu de la force".
C'est qu'il est assuré en lui-même que tous ses plaisirs sont pour l'honneur du Ciel; c'est une perfection et une révélation plus grandes. Ici, il est écrit "Negev", c'est-à-dire desséché de tous les plaisirs, sans cette puissante assurance.
Et il est écrit "à l'est", c'est-à-dire que l'homme n'y a pas une si grande appréhension; le nom "à l'est" indiqué ce qui précède sa connaissance et son intelligence. À propos de Moché, il est écrit "vers l'est", c'est-à-dire qu'une lumière resplendit en l'homme, qu'il peut saisir par son intelligence; c'est une révélation plus grande.
(Cela est longuement expliqué dans Beit Yaakov HaKolel, Vaethanan, s.v. Monte: "Monte au sommet de la cime, lève tes yeux vers l'ouest, le nord, le sud et l'est, et vois de tes yeux", etc.
Le fait que l'ouest et le nord soient dits d'abord, puis le sud et l'est, bien que la lumière essentielle soit à l'est et au sud, demande explication. De même, à propos de notre père Abraham, l'ordre n'est pas celui de la lumière, car il y est dit: "vers le nord, vers le sud, vers l'est et vers l'ouest" (Genèse 13,14).
Il aurait fallu écrire dans les deux cas l'est et le sud d'abord. Mais chacun reçut selon ce qui était précieux pour lui.
L'attribut de notre père Abraham, que la paix soit sur lui, était le pays du Negev: il était écarté de tout plaisir pour son propre compte et desséché de tout désir. Le Nom lui donna donc que la lumière de ה' brille pour lui au nord comme au Negev.
Le nord est éloigné de la lumière. De même que dans le Negev, où il est écarté de tout intérêt, il vise la volonté du Nom, de même il la vise aussi au nord.
Tel est "vers le nord": sans connaissance; et "vers le sud" est une chose dont il a le discernement. Puis il lui fut dit "à l'est et à l'ouest", car il désirait les discernements.
Il lui fut donc donné d'abord de se clarifier à l'est, dans le lieu où la connaissance domine; et selon qu'il se clarifierait à l'est, d'après l'éclairage explicite du Nom, il acquerrait l'ouest, c'est-à-dire qu'il viserait la volonté du Nom même sans connaissance. Pour Moché notre maître, que la paix soit sur lui, l'essentiel était de viser sans connaissance, car là où la lumière du Nom était explicite devant ses yeux, il n'avait pas besoin de discernements.
Chez lui, l'essentiel était donc l'ouest et le nord; puis il lui fut dit le sud et l'est, ce qu'il avait acquis, à plus forte raison, en perfection.")
« Toutes les familles de la terre seront bénies par toi et par ta descendance » : pour le Beit Yaakov, la lumière est sans limite. Les biens des nations existent aussi, mais le bien y est dans l'obscurité, volé et borné par une limite ; venu en Israël, il sera entièrement saint, reçu dans la grande lumière de la face du Roi de vie, d'une puissance plus grande, sans limite. Tel est « seront bénies » : ce bien sera béni par la bénédiction du Nom. Il rapporte du Mei HaChiloa'h qu'Israël est dispersé parmi les soixante-dix nations pour recevoir leurs forces ; lorsque le Nom les délivrera, Il leur donnera ces forces, sainteté et sans limite, car elles viendront du Nom.
Aussi : la lumière de Yaakov se répand aux nations par les gerim (convertis) ; Anokhi inclut Ani et Hou et laisse place au service ; « Je te ramènerai vers la adama » : retour à la crainte première, Yaakov beau aussi dans son apparence
ונברכו בך כל משפחות האדמה ובזרעך. הענין בזה הוא, כי אור אינו חלק מוגבל רק הוא בלי גבול, לכן כל הטובות שיש להאומות, כי גם ביניהם נמצא טובות, ולכן מצינו שנביאי ישראל כשהתנבאו על פורענות איזו אומה התאוננו עליהם, כמו (ישעיהו ט״ז:י״א) מעי למואב ככנור יהמו, וכל זה בשביל הטובה שנמצא בהם.
אכן שאצלם הוא הטובה בחשך, כמו מי שגונב איזה דבר, כי הטובה שנמצא בהם גנוב הוא אתם ואצלם היא מוגבלת בגבול, אבל כשיבוא לתוך ישראל אזי תהיה מלאה קדושה, ויהיה ניכר לכל שהטובה עצמה שהוא בין העכו"ם בחשך וכשתתכלל בישראל יקחוה בגודל אור פני מלך חיים ותהיה ביתר שאת ויתר עוז, כי בישראל תהיה בלי גבול. וזהו "ונברכו" שבישראל תהיה הטובה מבורכת בברכת השי"ת וינבעו ממקור החיים והברכהקכאמקורו במי השלוח ח"א פרשת וירא ד"ה כי עצר:
כי כל כחות האו"ה אצלם הוא בגבול וכאשר יבאו לתוך ישראל אז יהיה בלי שום גבול כי הם דבוקים בהש"י ג"כ בשורשם ולא בשום גבול, ולזאת יתפזרו ישראל לבין האומות כדי שיקבלו כל כחותם שנמצא אצל כל אחד מהשבעים אומות, ואצלם יהיה בלי גבול. ועיין עוד שם פ' בשלח ד"ה נכחו:
האומות יש להם לכל אומה ואומה איזה כח וגוון אחר, אשר מזה ימשך כח חיותם ובזה הם נאחזים וכו'. כל אחד לפי דרכו.
והנה הש"י פיזר את ישראל לבין האומות, והוא כדי שיהיו בין הכחות ההם, והם יתבררו ויצרפו ויתלבנו באלו הכחות ולא יפנו אליהם ורק בה' ישימו בטחונם. ולעתיד כשהש"י יגאול אותם אז יתן להם כל הכחות שבררו עצמם בהם, והיינו התנשאות של בבל, וטובת עשירות שנמצא בפלשתים, והרחבה של מואב, וכן כלם יתן להם בעבור הצער שסבלו מהנסיונות שהיו להם בגלות.
אך כאשר יטע הש"י אלו הטובות בין ישראל, אז יהיו מלאים קדושה וגם יהיו בלי גבול שבישראל יהיו מהש"י, כי באו"ה כל הטובות הם בשיעור וקצבה, אבל בישראל יהיו בהשגחות הש"י ממילא יהיו בלי גבול מאחר שהש"י הוא בלתי גבול.:
"Toutes les familles de la terre seront bénies par toi et par ta descendance." Le sujet est le suivant: la lumière n'est pas une part limitée, mais elle est sans limite. Aussi tous les biens que possèdent les nations - car il se trouve aussi du bien parmi elles - font que les prophètes d'Israël, lorsqu'ils prophétisaient un malheur sur une nation, se lamentaient à son sujet, ainsi: "Mes entrailles retentissent pour Moab comme une harpe" (ישעיהו ט"ז,י"א).
Et tout cela, à cause du bien qui se trouve en elles. Toutefois, chez elles le bien est dans l'obscurité, comme celui qui vole une chose: le bien qui se trouve en elles leur est volé, et chez elles il est borné par une limite.
Mais lorsqu'il viendra en Israël, il sera entièrement saint; tous reconnaîtront que ce bien même qui est dans l'obscurité parmi les nations, lorsqu'il sera inclus en Israël, sera reçu dans la grande lumière de la face du Roi de vie; il sera d'une puissance et d'une force plus grandes, car en Israël il sera sans limite. Tel est "seront bénies": en Israël, le bien sera béni par la bénédiction du Nom et jaillira de la source de la vie et de la bénédiction.
Sa source est dans Mei HaShiloach, I, Vayera, sur "car Il avait retenu": toutes les forces des nations sont chez elles limitées; lorsqu'elles entreront en Israël, elles seront sans aucune limite, car elles sont aussi attachées au Nom dans leur racine, et ne sont soumises à aucune limite. C'est pourquoi Israël sera dispersé parmi les nations: afin de recevoir toutes leurs forces, qui se trouvent dans chacune des soixante-dix nations, et qui seront chez Israël sans limite.
Voir encore ibid., Beshallah, sur "face à face": chaque nation possède une force et une nuance distincte, d'où procède la force de sa vie et à laquelle elle est attachée, chacune selon sa voie. Or le Nom a dispersé Israël parmi les nations afin qu'ils soient au milieu de ces forces; qu'ils soient triés, purifiés et blanchis dans ces forces, sans se tourner vers elles, mais en mettant leur confiance seulement en ה'.
Dans l'avenir, lorsque le Nom les délivrera, Il leur donnera toutes les forces dans lesquelles ils se seront eux-mêmes triés: la fierté de Babylone, le bien de la richesse qui se trouve chez les Philistins, l'ampleur de Moab, et ainsi toutes les autres, en retour de la souffrance qu'ils auront endurée dans les épreuves de l'exil. Mais lorsque le Nom implantera ces biens parmi Israël, ils seront emplis de sainteté et sans limite, car chez Israël ils viendront du Nom.
En effet, chez les nations tous les biens sont mesurés et fixés; tandis que chez Israël, ils seront sous la providence du Nom et donc sans limite, puisque le Nom est sans limite.
ונברכו בך כל משפחות האדמה. הענין בזה, כי כמו שמנר אחד יכולים להדליק כמה אלפים נרות, כן מאורו של יעקב אבינו ע"ה מתפשט אור אל כל האומות, והם הם הגרים שמתגיירים בהם.
והנה אנכי עמך ושמרתיך בכל אשר תלך והשיבותיך וגו'. זהו ברכה שברכו ברכה של גלות, כדמוכח בתיקוני הזוהר (תיקון ל דף עד:) שאנכי הוא כולל אני והוא, היינו עלמא עלאה ועלמא תתאה, שהאדם יוכל גם כן לפעול על ידי עבודתו, וכדאיתא (שבת פט.) שהקב"ה אמר לו למשה היה לך לעזרני, היינו שהשי"ת חפץ ונותן מקום לעבודת האדם ופעולותיו, שהאדם יעבוד אותו ויברכו.
והשיבותיך אל האדמה, היינו שאכניס זה אל הקדושה על ידי זה:
"Toutes les familles de la terre seront bénies par toi." Le sujet est que, de même que l'on peut allumer plusieurs milliers de bougies à partir d'une seule bougie, ainsi la lumière de notre père Yaakov, de bénie mémoire, se répand vers toutes les nations; ce sont les gerim (convertis) qui se convertissent parmi elles. "Voici, Je suis avec toi, Je te garderai partout où tu iras, et Je te ramènerai..." C'est une bénédiction dont Il le bénit, la bénédiction de l'exil, comme il ressort des Tikkounei haZohar (Tikoun 30, fol.
74b): Anokhi inclut Ani et Hou, c'est-à-dire le monde supérieur et le monde inférieur; l'homme aussi peut agir par son service. Ainsi qu'il est dit (Chabbat 89a) que le Saint, béni soit-Il, dit à Moché: "Tu aurais dû M'aider".
Cela signifie que le Nom désire et laisse place au service et aux actions de l'homme: que l'homme Le serve et Le bénisse. "Je te ramènerai vers cette terre" signifie: J'introduirai cela dans la sainteté par ce moyen.
והנה אנכי עמך וגו'. היינו על הדרך קודם שנשלם ונתברר בפועל, וכדאיתא בזוהר הקדוש (ויצא קנ.) שאני יעקב דאשתלים לעילא ותתא אבל לא באתגליא כו' אלא חמא דאשתלים לבתר זמנא וכו'.
וקודם שנתברר בפועל אזי נתגלה אליו השי"ת בבחינת אנכ"י דהוא עבודה, כי אנ"י מורה שאין השי"ת מגלה את רצונו השרשי לתפיסת האדם, "ואנכי" מורה שהשי"ת נותן לאדם תפיסה ברצונו השרשי ורוצה שהאדם יסייעו בעבודותיו, כענין דאיתא (סוכה מה.) אני והוקכבכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות כז ד"ה ומדת יצחק ובהערה קו שם.. אני מורה אנא מאן דאנא, שאינו צריך לעבודת האדם.
וזהו דאיתא אחר זה בזוה"ק (שם) אכן יש ה' במקום הזה ואנכי לא ידעתי וכי תווהא הוא דלא ידע אלא מאי ואנכי לא ידעתי כמד"א (שמואל א יג) ופני ה' לא חליתי, אמר וכי כל האי אתגלי לי ולא אסתכלנא למנדע אנכי וכו' להוי שלים. היינו שהשי"ת שלח לפניו התגלות רב כזה, והוא לא הכין עצמו כלל לזה התגלות שיהיה גם לו חלק בזה, וכענין דכתיב (תולדות כא) ותאמר אם כן למה זה אנכי, כי מתחלה ראתה שכינה במשכנא, כדאיתא בזוה"ק (חיי קלג.) כיון דאתת רבקה אהדרת שכינתא וכו', ואחר כך כשנתעברה והתחיל להתפשט הפנימיות לחוץ לתוך התפיסה דהוא בחינת אנכי, וכשראתה שתוליד גם רשע אמרה, אם כן למה זה לי בחינת אנכי, מה שיצא הפנימיות מפורש, הלא היה יותר טוב לי שיהיה עוד בהעלם היפך מבחינת אנכיקכגעיין לעיל פרשת תולדות אות כב..
וזהו הבטחת השי"ת ליעאע"ה והנה אנכי עמך, היינו ימי מהלכך בדרך אהיה עמך בבחינת אנכי:
"Voici, Je suis avec toi..." Cela concerne le chemin avant que l'achèvement et le discernement ne se réalisent effectivement. Comme il est dit dans le saint Zohar (Vayetzei 150a): "Yaakov est achevé en haut et en bas, mais non de manière révélée... il vit seulement qu'il serait achevé après un temps..." Avant que cela ne soit effectivement discerné, le Nom se révèle à lui sous l'aspect d'Anokhi, qui est le service.
Car Ani indique que le Nom ne révèle pas Sa volonté essentielle à la saisie de l'homme; Anokhi indique que le Nom donne à l'homme une saisie de Sa volonté essentielle et désire que l'homme L'assiste par son service, selon ce qui est dit (Soukka 45a): "Moi et Lui". Moi indique: "Je suis Celui que Je suis", qui n'a pas besoin du service de l'homme.
Ceci est exposé plus haut dans cette paracha, section 27, sur "et l'attribut d'Yitshak", et dans la note 106. C'est ce qui est dit ensuite dans le saint Zohar (ibid.): "Certes, il y a ה' en ce lieu, et moi je ne le savais pas." Est-il étonnant qu'il ne le sût pas?
Mais que signifie "et moi je ne le savais pas"? Selon ce qui est dit: "Je n'ai pas imploré la face de ה'" (I Samuel 13,12).
Il dit: "Une révélation si grande m'a été dévoilée, et je ne me suis pas tourné vers elle pour connaître Anokhi... afin d'être entier." Cela signifie que le Nom avait envoyé devant lui une révélation si grande, et lui ne s'était nullement préparé à cette révélation, afin d'y avoir lui aussi une part. Tel est le sens du verset: "Si tel est le cas, pourquoi suis-je (אנכי)?" (Berechit 25,22).
Au début, Rivka vit la Chekhina (Présence divine) dans le sanctuaire, comme il est dit dans le Zohar (Hayye Sara 133a): lorsque Rivka vint, la Chekhina revint. Puis, lorsqu'elle devint enceinte, l'intériorité commença à s'étendre vers l'extérieur, dans la saisie, qui est l'aspect d'Anokhi.
Et lorsqu'elle vit qu'elle enfanterait aussi un impie, elle dit: "Si tel est le cas, pourquoi ai-je l'aspect d'Anokhi, puisque l'intériorité est sortie en clarté? Ne m'aurait-il pas mieux valu qu'elle demeure encore cachée, l'inverse de l'aspect d'Anokhi?" Voir plus haut, Toledot, section 22.
Telle est la promesse du Nom à Yaakov notre père, de bénie mémoire: "Voici, Anokhi est avec toi"; durant les jours où tu chemineras sur la route, Je serai avec toi sous l'aspect d'Anokhi.
והנה אנכי עמך וגו'. ולמעלה מן הענין כתיב אני.
והענין בזה, כי אני מורה על מה שהוא ביד השי"ת ואין לאדם תפיסה בו, וכגוונא דמצות לא תעשה שאין לו להאדם שום תפיסה בהם כלל, רק הוא אור מקיף, כמו קדושת אבות שמסייע לאדם רק לטוב, אבל אם יעשה ההיפך ח"ו אינו יכול לפגום בזו הקדושהקכדמקורו במי השלוח ח"א פרשת וזאת הברכה ד"ה תורה: כי מה שהשרישו האבות בלב כל ישראל שלא יזוז ולא ימוט לעולם ואין שום חטא יכול לפגום זאת הקדושה וכו', ומה שהש"י חלק לכל נפש מישראל שהוא יחדש בהתורה חדשות בזה יוכל האדם לפגום ח"ו., וזהו יחודא עלאה שמע ישראל וגו' ה' אחד.
ואנכי מורה שגם האדם מסייע וכדמוכח בתיקוני הזהר (תיקון ל דף עד:) שאנכי כולל אני והוא, וזהו כגונא דמצות עשה שיש לו להאדם תפיסה בהם, וזהו יחודא תתאה, ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועדקכהמבואר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה בסוכות [א]: דהנה השי"ת ציוה מצות עשה ומצות ל"ת, ומן מצות עשה משיג האדם אור פנימי, שמזה שהאדם מיגע עצמו לקיים רצונו ית' בקום ועשה, מזה קובע האדם אצלו קדושה קבועה בלב, וזה נקרא אור פנימי.
ומן מצות ל"ת משיג האדם אור מקיף, שמזה שהאדם שומר עצמו, שמה שהשי"ת ציוה שלא לעשות אינו עושה. מזה רואה שהשי"ת מגין עליו ומקיף אותו לשמרו מכל מיני איסורים.
ועיין עוד הרחבת העניין בסוד ישרים חג הסוכות אות ד.. וזהו שהבטיחו השי"ת והנה "אנכי" עמך, שלא אתנהג עמך למעלה משכלך, בכדי שתוכל לקבלו בתפיסתך:
"Voici, Anokhi est avec toi..." Plus haut dans le passage, il est écrit Ani. Le sujet est que Ani indique ce qui est entre les mains du Nom et auquel l'homme n'a pas de saisie, comme les mitsvot lo ta'asse (commandements négatifs), auxquelles l'homme n'a absolument aucune saisie: elles sont seulement une lumière enveloppante (or makif).
Ainsi la sainteté des pères aide l'homme uniquement vers le bien; mais s'il agit à l'inverse, à D.ieu ne plaise, il ne peut endommager cette sainteté. Sa source est dans Mei HaShiloach, I, Vezot HaBerakha, sur "Torah": ce que les pères ont enraciné dans le cœur de tout Israël ne bougera et ne chancellera jamais, et aucune faute ne peut endommager cette sainteté; mais ce que le Nom a attribué à chaque âme d'Israël, afin qu'elle innove dans la Torah, l'homme peut, à D.ieu ne plaise, l'endommager.
C'est l'unification supérieure: "Écoute, Israël... ה' est Un" (Devarim 6,4). Anokhi indique que l'homme aussi assiste, comme il ressort des Tikkounei haZohar (Tikoun 30, fol.
74b), où Anokhi inclut Ani et Hou. Cela correspond aux mitsvot asse (commandements positifs), auxquelles l'homme a une saisie; c'est l'unification inférieure: "Béni soit à jamais le Nom de la gloire de Son règne." Comme l'expose Tiferet Yosef, Soukkot, sur "Dans les cabanes" [1]: le Nom a ordonné des commandements positifs et négatifs.
Des commandements positifs, l'homme obtient une lumière intérieure, car, en se donnant de la peine pour accomplir Sa volonté dans l'action, il fixe en lui une sainteté durable dans le cœur; cela est appelé lumière intérieure. Des commandements négatifs, il obtient une lumière enveloppante: en se gardant de faire ce que le Nom a ordonné de ne pas faire, il voit que le Nom le protège et l'entoure afin de le garder de toutes les interdictions.
Voir aussi le développement du sujet dans Sod Yesharim, Soukkot, section 4. Telle est la promesse du Nom: "Voici, Anokhi est avec toi", Je ne Me conduirai pas avec toi au-delà de ton intelligence, afin que tu puisses Le recevoir dans ta saisie.
והנה "אנכי" עמך ושמרתיך בכל אשר תלך. הנה זאת הוא נגד הברכה הראשונה של והנה ה' נצב עליוקכוכמבואר לעיל פרשה זו אות מב..
אכן כאן הבטיח לו השי"ת שכבר הוא מבורר ונקי בזו המדה. מקודם אמר לו השם יתברך, שהן אמת שמצדי אתה מבורר אבל לא מצדך, כי מצדך עדיין צריך להתברר.
וכאן הבטיח לו השי"ת שמבורר הוא בכל האופנים, הן מצד השי"ת והן מצדו. וכל זה הוא מפני שהוצרך אבינו יעקב לילך להסתרות ולבושי עולם הזה הוצרך לקדושה הגדולה ביותר, כי מי שהוא יושב אהל בבית המדרש אינו צריך לקדושה גדולה כל כך, אבל מי שיוצא לשוט בעולם הזה, שההסתר הולך וגדל עד כי גדל מאד, והוא הולך לעסוק בעניני עולם הזה, צריך לו קדושה גדולה מאד שיוכל לעמוד בה כנגד ההסתרקכזכמו שכתב במי השלוח ח"א מסכת ברכות (כט:) ד"ה אמר ליה:
כשאתה יוצא לדרך, היינו כשאדם הולך לדרכו, היינו שצריך לעסוק בעניני עוה"ז ואז אין העצה לא תרתח ולא תרוי, כי בעניני עוה"ז לא יוכל האדם לשמור את עצמו כ"כ, כי דרך רומז על טרדה, היינו שהאדם הולך למקום טרדה, לכן העצה המלך בקונך וצא שקודם שתגיע להטרדה תמליך עליך את הש"י ותבקש בתפלה שלא יאונה לפניך דבר שהוא נגד רצון הש"י., ולכן כתיב כאן "אנכי" שמורה על זה שהשי"ת נתן לו בקנין את זה, שלא יצטרך עוד לברר את עצמו בזו המדה:
"Voici, Anokhi est avec toi et Je te garderai partout où tu iras." Cela correspond à la première bénédiction: "Voici, ה' se tenait au-dessus de lui", comme exposé plus haut dans cette paracha, section 42. Toutefois, ici le Nom lui promit qu'il était déjà discerné et purifié dans cet attribut.
Auparavant, le Saint béni soit-Il lui avait dit: il est vrai que, de Mon côté, tu es discerné, mais non de ton côté; car de ton côté, tu dois encore être discerné. Ici, le Nom lui promit qu'il était discerné de toutes les manières, tant du côté du Nom que du sien.
Tout cela, parce que notre père Yaakov devait aller dans les voiles et les cachettes de ce monde; il avait besoin d'une très grande sainteté. Celui qui demeure dans la tente, à la maison d'étude, n'a pas besoin d'une sainteté si grande; mais celui qui sort parcourir ce monde, où le voile grandit sans cesse jusqu'à devenir très grand, et qui va s'occuper des affaires de ce monde, à besoin d'une très grande sainteté pour pouvoir y tenir face au voile.
Ainsi qu'il est écrit dans Mei HaShiloach, I, Berakhot 29b, sur "Il lui dit": "Lorsque tu sors en chemin" signifie lorsque l'homme va à son chemin, c'est-à-dire doit s'occuper des affaires de ce monde. Alors le conseil n'est pas: "Ne t'irrite pas et ne t'enivre pas", car dans les affaires de ce monde l'homme ne peut pas tant se garder.
En effet, chemin fait allusion à la préoccupation: l'homme va en un lieu de préoccupation. Le conseil est donc: "Fais régner ton Roi sur toi et sors"; avant d'arriver à la préoccupation, fais régner sur toi le Nom et demande par la prière qu'il ne t'arrive rien qui soit contraire à la volonté du Nom.
C'est pourquoi il est écrit ici Anokhi, indiquant que le Nom lui avait donné cela en acquisition, de sorte qu'il n'aurait plus à se discerner dans cet attribut.
והנה "אנכי" עמך וגו'. הענין בזה, מה זה דכתיב לעיל מיניה אני, כי אני, מורה שהאדם הוא נשלם בשלימות ולא יוכל להפסיד ממה שסיגל ואף לא להרבות הון, זה מורה מה דכתיב לעיל אני ה' א-להי אברהם אביך וא-להי יצחק, כי הם כבר נשלמו בשלימות הבירורים, ולכן ייחד שמו עליהם.
ואנכי מורה, בעת שהשי"ת מתחיל לגלות את רצונו השרשי לתוך תפיסתו של האדם, כי אות כ' מורה על דבר שאינו בשלימות עוד, והוא כמו דמיון וגוון כנגד האור שנמצא בה בעומק, כי אות הכ' הוא כ' הדמיון, וכמו שנתבאר במי השלוח (חלק א' פ' יתרו ד"ה אנכי [א]). וזהו והנה אנכי עמך, היינו אצלך אני במדרגת אנכי, כי יעקב לא היה נשלם עוד אז בפועלקכחכדאיתא במי השלוח ח"ב פרשת וילך ד"ה וילך:
אברהם נשלם בשעת העקידה ויצחק לאחר העקדה ויעקב בנסיעתו לארץ מצרים., עד היכן, עד אשר אם עשיתי את אשר דברתי לך, "אם" הוא מלשון ספק, כי כל זמן שאדם הולך מדרגא לדרגא אזי הוא בספק עוד, כי אמת הוא שיכול להרבות ולסגל הון, אך כי יוכל גם להפסיד מה שסיגל, לכן כתיב לשון ספק. עד אשר אם עשיתי את אשר דיברתי לך.
היינו להמדרגה שאמרתי לך מקודם אני ה' א-להי וגו', עד אשר תבוא לזו המדרגה אהיה נקרא אצלך בבחינת אנכיקכטכמבואר במי השלוח ח"א פרשת וילך ד"ה לא אוכל: הנה כל זמן שלא נשלם האדם יוכל עוד להשיג ולהגיע למעלות, אך יוכל ג"כ ח"ו לאבד מה שהשיג מקודם, אבל אחר שנשלם לא יוכל עוד לאבד מה שהשיג מקודם, וג"כ לא יוכל עוד להשיג יותר:
"Voici, Anokhi est avec toi..." Le sujet est: qu'est-ce qui est écrit au-dessus de cela, Ani? Ani indique que l'homme est achevé dans son achèvement: il ne peut perdre ce qu'il a acquis ni augmenter son capital.
C'est le sens de ce qui est écrit plus haut: "Je suis ה', le D.ieu d'Avraham ton père et le D.ieu d'Yitshak"; ils étaient déjà achevés dans la plénitude des discernements, et c'est pourquoi Il unit Son Nom à eux. Anokhi indique le moment où le Nom commence à révéler Sa volonté essentielle dans la saisie de l'homme.
Car la lettre kaf indique une chose qui n'est pas encore achevée; elle est comme une image et une nuance en regard de la lumière qui se trouve en elle, dans sa profondeur, puisque la lettre kaf est le kaf de comparaison, comme il est expliqué dans Mei HaShiloach (I, Yitro, sur Anokhi [1]). Tel est "Voici, Anokhi est avec toi": auprès de toi, Je suis au degré d'Anokhi, car Yaakov n'était pas encore alors achevé dans les faits, comme il est dit dans Mei HaShiloach, II, Vayelekh, sur "Vayelekh": Avraham fut achevé à l'heure de la ligature, Yitshak après la ligature, et Yaakov lorsqu'il voyagea vers la terre d'Égypte.
Jusqu'à quand? "Jusqu'à ce que J'aie fait ce que Je t'ai dit".
Im ("si") est une expression de doute: tant que l'homme va de degré en degré, il est encore dans le doute. Car il est vrai qu'il peut augmenter et acquérir du capital, mais il peut aussi perdre ce qu'il a acquis; c'est pourquoi l'expression du doute est employée.
"Jusqu'à ce que J'aie fait ce que Je t'ai dit", c'est-à-dire jusqu'au degré dont Je t'ai dit plus haut: "Je suis ה', le D.ieu..." Jusqu'à ce que tu parviennes à ce degré, Je serai appelé auprès de toi sous l'aspect d'Anokhi. Comme l'expose Mei HaShiloach, I, Vayelekh, sur "Je ne peux plus": tant que l'homme n'est pas achevé, il peut encore atteindre et parvenir à des élévations, mais il peut aussi, à D.ieu ne plaise, perdre ce qu'il avait atteint auparavant; après son achèvement, il ne peut plus perdre ce qu'il avait atteint, ni atteindre davantage.
והנה אנכי עמך ושמרתיך בכל אשר תלך. זה הפסוק הוא נגד והנה ה' נצב עליו, כי והנה ה' נצב עליו מורה, שאף אם יעשה כל מה שלבו חפץ יסכים השי"ת עמו.
ולזה אמר לו ושמרתיך, היינו שלא אניח להתפשט כל החשק וחמדת לבבך, רק תמיד ימשול שכלו על הגוף וישמרהו לבל להתפשט ביותר, וזהו והשיבותיך אל האדמה הזאת, כי אדמה מורה על גוון הארץ מלמעלה, והוא שאף על הגוון יהיו מעשיו טובים אף מהודריםקלבית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה והנה אנכי.:
"Voici, Anokhi est avec toi et Je te garderai partout où tu iras." Ce verset correspond à "Voici, ה' se tenait au-dessus de lui", car "Voici, ה' se tenait au-dessus de lui" indique que, même s'il faisait tout ce que désire son cœur, le Nom y consentirait. Aussi lui dit-Il: "Je te garderai", c'est-à-dire Je ne laisserai pas se répandre tout le désir et toute la convoitise de ton cœur; mais son intelligence dominera toujours son corps et le gardera de se répandre trop.
Tel est "Je te ramènerai vers cette terre", car adama indique la nuance de la terre d'en haut: même dans la nuance, ses actes seront bons, et même parfaits. Beth Yaakov haKolel, Vayetzei, sur "Voici, Anokhi".
והשיבותיך אל האדמה וגו'. אמר כבוד אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה (מי השלוח ח"א מסכת ברכות (לה.) ד"ה על פירות) החילוק שבין אדמה לארץ הוא.
כי אדמה הוא השטח העליון ממעל לארץ, וארץ היינו העומק, ולכן מברכינן המוציא לחם מן הארץ. וכאן שנכנס אבינו יעקב לספיקות, הבטיחהו השי"ת והשיבותיך אל האדמה, היינו היראה הראשונה, ויבררו השי"ת שאף זה היה רק טוב.
והנה יש שני מיני בני אדם, יש אדם שעומד כל היום בעבודה, שיש לו גוון יפה, כמו בשעה שהאדם עומד מעוטף בטלית ומעוטר בתפילין ונראה לעין כל שהוא תמיד בעבודה ויראה. ויש אדם שעל הגוון לא נראה בו שום יראה ועבודה, רק שעומד בשוק ומצפה ומקוה לישועת ה', וליעקב אבינו ע"ה הבטיח השי"ת שיהיה יפה אף נאה גם על הגוון:
"Je te ramènerai vers la adama..." Mon père, mon maître et enseignant, le saint génial de mémoire bénie, a dit (Mei HaShiloach, I, Berakhot 35a, sur "Sur les fruits"): il y a une différence entre adama et erets. Adama est la surface supérieure au-dessus de erets, et erets est la profondeur; c'est pourquoi nous bénissons: "Qui fait sortir le pain de la terre".
Ici, puisque notre père Yaakov entra dans les doutes, le Nom lui promit: "Je te ramènerai vers la adama", c'est-à-dire vers la crainte première; le Nom discernera que même cela n'était que bien. Or il y a deux sortes d'hommes.
Il y a l'homme qui se tient toute la journée dans le service et qui a une belle apparence, comme lorsque l'homme se tient enveloppé de son talit et paré de ses tefilin: il apparaît aux yeux de tous qu'il est toujours dans le service et la crainte. Et il y a l'homme chez qui n'apparaît, dans son apparence, ni crainte ni service; il se tient seulement au marché, attend et espère le secours de ה'.
Le Nom promit à notre père Yaakov, de bénie mémoire, qu'il serait beau, et même agréable, aussi dans son apparence.
« Car Je ne te délaisserai pas jusqu'à ce que J'aie fait ce que Je t'ai dit. » L'homme a besoin de l'aide de D.ieu à chaque instant : que signifie « jusqu'à ce que J'aie fait » ? Selon le Beit Yaakov, en ce monde l'on peut chaque fois acquérir davantage, promis sans diminution. Par la royauté de Chaddai, chacun a sa part dans une limite ; la possession principale est de reconnaître que tout est dans la main de D.ieu, sous condition. Qui s'imagine une richesse en main devient un « trône de malheur » : la lumière se retire et la richesse se perd. Dans l'avenir, la part sera fixe comme le Chabbat, et l'on reconnaîtra le don de D.ieu, sans interruption.
Aussi : promesse à Yaakov d'éclairer les deux mille ans où D.ieu est appelé « Hou » ; Midrach des anges deux à deux et le tiers du monde ; mers et déserts sans reconnaissance de Sa gloire
כי לא אעזבך עד אשר אם עשיתי את אשר דברתי לך. והענין בזה, הלא האדם צריך לעזרת השי"ת בכל רגע ורגע הן בעולם הזה והן בעולם הבא, ומהו זה הלשון עד אשר אם עשיתי.
אכן כי בעולם הזה יכול האדם לקנות בכל פעם יותר, לכן הבטיחהו השי"ת שכל כמה שיוכל בכחו לקנות ולהרבות הון יקנה בלי מגרעתקלאבית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה כי לא.. כי לא אעזבך עד אשר אם עשיתי את אשר דברתי לך.
הענין בזה, וכי לאחר כן יעזבהו ח"ו, אכן כאן מיירי בענין השם אנכי, שזו המדרגה אינה צריכה כי אם בעולם הזה, כי הוא מרמז על עבודה. כי שם אני מרמז על מה שהשי"ת יראה לעתיד שתמיד היה שוכן עליהם בתמידות אף בלי שום פעולת אדם, כדכתיב (האזינו לב) ראו עתה כי אני אני הואקלבכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות לט, מ, מא בשם התיקוני זוהר עיי"ש..
אכן בזה העולם שרצה השי"ת לתקן עולם במלכות שדי, צריך האדם לעבודה. והוא, כי בעולם הזה חלק השי"ת לכל אחד חלקו בגבול, ומי שרוצה לבלוע את חלק חבירו אז הוא אובד אף את חלקו.
ולזה צריך עבודה לעבוד את ה', ולהכיר כי השי"ת הוא הנותן לו כח לעשות חיל, כי זה הוא עיקר הרכוש והונו של אדם מה שמכיר שאין לו כלל בידו רק הכל הוא ביד השי"ת, וכל מה שבידו הוא רק על תנאי ואין לו שום דבר בקביעות, זהו עיקר הרכוש שיש לו לאדם בזה העולםקלגמקורו במי השלוח ח"א מסכת ביצה (טו:) ד"ה ואמר: עיקר החיזוק הוא לאדם כשיבין כי הש"י הוא הנותן כח לעשות חיל ולא שיאמר כחי ועוצם ידי., וכדאיתא (ברכות ד.) למה נקוד על לולא כו' אבל איני יודע אם יש לי חלק.
ואם יש לו לאדם הכרה זו אזי הוא בתוקף רב, כי אם ידמה בדעתו שיש לו הון בידו, שאז הוא כסא הוות, ואז הקב"ה מגביה את אורו ומרימו וכל הונו יתקלקל ויפסדקלדמבואר בהרבה מקומות בספרי רבוה"ק ועיין סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת וירא ד"ה ולזה: כי מי שיוכל לדמות בנפשו שיש לו כח פעולה, זה אינו יכול להיות מרכבה לשכינה, וכמו שנאמר (תהילים צ״ד:כ׳) היחברך כסא הוות.
וביאר בזה כבוד אאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה כי מי שידמה לו שיש לו רכוש והון וכח פעולה, זה אינו יכול להיות כסא ומרכבה להקב"ה, כי לישא עליו כבוד שמים צריך להתבטל לפני הקב"ה במציאות ממש, זה נושא עליו כבוד שמים. ועיין עוד שם פר' יתרו ד"ה וכמו, לעיל פ' נח אות יט, פ' חיי אות ו ד"ה מי ימצא, לקמן פ' ויגש אות א ד"ה ולזה, פ' ויחי אות ב ד"ה וזהו, בית יעקב שמות פר' כי תשא אות כ"א, בית יעקב הכולל פר' תצוה ד"ה ואתה [א], תפארת החנוכי על זהר פ' שמיני (לח.) ד"ה ענין, תפארת יוסף פ' וילך ד"ה שובה [א], חג השבועות ד"ה בשעה [ב]..
ולזה צריך האדם לעבודה, לכן כתיב כאן בלשון תנאי, עד אשר אם עשיתי. לעתיד כשיתוקן העולם במלכות שדי ויכיר כל אחד חלקו, ואז יתן השי"ת לכל אחד ואחד חלקו בחיים בקביעות, להנחיל לאוהביו יש, כמו קדושת שבת שהוא קבוע וקיימא, ואף אם יהיה לו אז בקביעות, אבל יכיר כי השי"ת הוא הנותן לו חיל, ולכן יהיה לו חלקו הניתן לו עד עולם בלי הפסק:
Car Je ne te délaisserai pas jusqu'à ce que J'aie fait ce que Je t'ai dit. La question est la suivante : l'homme a besoin de l'aide du Nom, béni soit-Il, à chaque instant, tant en ce monde que dans le monde à venir ; que signifie donc cette expression : jusqu'à ce que J'aie fait ?
En vérité, dans ce monde, l'homme peut chaque fois acquérir davantage ; c'est pourquoi le Nom, béni soit-Il, lui promit que, tout ce qu'il pourrait acquérir par sa force et accroître comme richesse, il l'acquerrait sans diminution. [Note 131 : Beth Yaakov ha-Kolel, paracha Vayetzei, début 'Car Je ne te délaisserai pas' : 'Car Je ne te délaisserai pas jusqu'à ce que J'aie fait ce que Je t'ai dit.' La question est : après cela, l'abandonnerait-Il, à D.ieu ne plaise ?
En vérité, il s'agit ici du Nom 'Anokhi' (Je), car ce degré n'est requis que dans ce monde, puisqu'il fait allusion au service. En effet, le Nom 'Ani' (Je) fait allusion à ce que le Nom, béni soit-Il, montrera dans l'avenir : qu'Il demeurait toujours auprès d'eux continuellement, même sans aucune action de l'homme, comme il est écrit : 'Voyez maintenant que Moi, Moi Je suis' (Deutéronome 32,39), ainsi qu'il a été expliqué plus haut, dans cette paracha, paragraphes 39, 40 et 41, au nom des Tikounei Zohar ; vois-là.] Mais dans ce monde, puisque le Nom, béni soit-Il, a voulu réparer le monde par la royauté de Chaddai, l'homme a besoin de service.
C'est que, dans ce monde, le Nom, béni soit-Il, a assigné à chacun sa part dans une limite ; et celui qui veut engloutir la part de son compagnon perd alors même sa propre part. C'est pourquoi l'homme a besoin de service, de servir ה', et de reconnaître que le Nom, béni soit-Il, est Celui qui lui donne la force d'acquérir des biens ; car la possession et la richesse principales de l'homme sont sa reconnaissance qu'il n'a absolument rien en sa main, mais que tout est dans la main du Nom, béni soit-Il, et que tout ce qui est en sa main ne l'est que sous condition, sans qu'il possède rien de fixe.
Telle est la possession principale de l'homme dans ce monde. [Note 132 : Sa source est Mei HaChiloah, I, traité Beitsa 15b, début 'Et il dit' : 'Le renforcement principal pour l'homme est de comprendre que le Nom, béni soit-Il, donne la force d'acquérir des biens, et de ne pas dire : ma force et la puissance de ma main.' Et comme il est rapporté (Berakhot 4a) : Pourquoi y a-t-il des points sur 'loulé' ? etc. 'Mais je ne sais pas si j'ai une part.'] Si l'homme a cette reconnaissance, alors il est dans une grande fermeté.
Car s'il s'imagine qu'il a une richesse en main, il devient alors un 'trône de malheur' (כסא הוות), et le Saint, béni soit-Il, élève sa lumière et l'en retire, et toute sa richesse se corrompt et se perd. [Note 133 : Cela est expliqué en de nombreux endroits dans les livres de nos saints maîtres.
Voir Sod Yesharim sur la Torah, de manuscrit, paracha Vayera, début 'Et c'est pourquoi' : 'Celui qui peut s'imaginer avoir une force d'action ne peut être un char pour la Présence divine ; comme il est dit : 'S'associera-t-il à Toi, le trône de malheur ?' (Psaumes 94,20).' Mon père et maître, le saint grand rabbin, de mémoire bénie, expliquait : celui qui s'imagine posséder des biens, de la richesse et une force d'action ne peut être un trône et un char pour le Saint, béni soit-Il ; car, pour porter sur lui la gloire du Ciel, il doit s'annuler devant le Saint, béni soit-Il, dans son existence même ; c'est celui-là qui porte sur lui la gloire du Ciel. Voir encore là-bas, paracha Yitro, début 'Et comme' ; plus haut, paracha Noah, paragraphe 19 ; paracha Hayyé Sarah, paragraphe 6, début 'Qui trouvera' ; plus loin, paracha Vayigach, paragraphe 1, début 'Et c'est pourquoi' ; paracha Vayehi, paragraphe 2, début 'Et voici' ; Beth Yaakov, Exode, paracha Ki Tissa, paragraphe 21 ; Beth Yaakov ha-Kolel, paracha Tetsaveh, début 'Et toi' [1] ; Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, paracha Chemini 38a, début 'La question' ; Tiferet Yossef, paracha Vayélekh, début 'Reviens' [1] ; Chavouot, début 'À l'heure' [2].] C'est pourquoi l'homme a besoin de service, et il est ici écrit dans le langage d'une condition : 'jusqu'à ce que J'aie fait'.
Dans l'avenir, lorsque le monde sera réparé par la royauté de Chaddai et que chacun reconnaîtra sa part, le Nom, béni soit-Il, donnera alors à chacun sa part dans la vie de manière fixe : 'pour faire hériter la substance à ceux qui M'aiment' (Proverbes 8,21), comme la sainteté du Chabbat, qui est fixe et subsistant. Et même s'il la possédera alors de manière fixe, il reconnaîtra que le Nom, béni soit-Il, est Celui qui lui donne la puissance ; sa part qui lui est donnée sera donc pour toujours, sans interruption :
עד אשר אם עשיתי את אשר דברתי לך. דיבור הוא לשון קשה, כי לפעמים נקרא השי"ת בשם עליון, שקשה לו לאדם להבין הנהגת השי"ת להשיגה בשכלו ובתפיסתו כי הוא למעלה משכלו, והבטיחו השי"ת ליעקב לתרץ לו כל מה שקשה בעיניו.
וזהו דאיתא ברבה (ויצא סח) עולים תרי ויורדים תרי עולם ושליש עולם הראה לו. כי הנה ששת אלפים שנה הוא עלמא, ושני אלפים שנה קודם בריאת עולם עלה במחשבה לברוא את העולם, ומאז קדמה התורה לעולם.
ואף שמצד השי"ת אין שום שייכות זמן לומר סכום וחשבון, שזה הסכום קודם בריאת העולם עלה במחשבה, כי אין אצלו שום שינוי זמן ואין אצלו שום השתנות הרצון כלל, אכן מצד השי"ת אין שום חילוק בין קודם שנברא העולם לאחר שנברא, כי העולם היה מצויין כן תמיד כמו עתה שיצאה לפועל, ומצד השי"ת אין שום חילוק בין כח לפועלקלהכדאיתא בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף צב: וכמו שיסדו לנו אנשי כנסת הגדולה, אתה הוא ה' א-להינו עד שלא נברא העולם אתה הוא משנברא העולם.
ואף שיש לומר שאחר שברא הש"י תפיסה זו והשגה זאת ורצה בה, אם כן גם לפי תפיסתנו איך נאמר אתה הוא עד שלא נברא העולם. הרי שיש חילוק, שקודם שנברא העולם היה הכל רק בכח ומשנברא העולם הוא בפועל.
אכן באמת זה החילוק בין למה שהוא בכח, בין למה שהוא בפועל מה שכבר נעשה, זה החילוק הוא רק מצדנו הנפעלים והנעשים, מה שחלק לנו הש"י השגה כזו, שמצדנו יש חילוק בין כח לפועל. לפי שכן סדר לנו הש"י והעריך אותנו, שבעשותינו אם ירצה האדם להוציא מן כחו לפעולתו צריך להיות דרך פעולה ועשייה וצריך לעבור דרך גבולים וזמן מקום.
אבל מצד הבורא אין שום חילוק בין מה שהוא בכח למה שהוא בפועל. וכן איתא בתפארת יוסף ראש השנה ד"ה אמרו לפני [ב]:
מצד השי"ת הוא מלך בטרם כל יציר נברא. וכדאיתא בזוה"ק (פנחס רנז:) קודם דברא עלמא, קוב"ה אתקרי רחום וחנון על שם בריין דעתידין למברא.
ואף שמקודם היה רק בכח ועכשיו הוא בפועל, אבל זה החילוק בין מה שבכח לבין מה שבפועל, זה הוא ג"כ מצידנו, מחמת שאנו נתונים תחת המקום והזמן, לזה יש חילוק בין מה שבכח ובין מה שבפועל. אבל מצד השי"ת אין שום חילוק.
עיי"ש כל העניין. ועיין עוד סוד ישרים ראש השנה אות לג, תפארת יוסף פ' במדבר ד"ה אל תכריתו [ג]..
אכן מצד הנבראים הוא החילוק, שמקודם השני אלפים שנה שקדמו לבריאת העולם אין להם שום שייכות כלל וכלל, ולאותן השני אלפים שנה שקדמו לבריאת העולם יש להם שייכות קצת לזה העולם, ומשם נצמח לו לאדם כל מיני קשיות, שאז היה השי"ת נקרא "הוא", כי "הוא" רומז לעלמא עילאה כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנו:), והוא נעלם מתפיסת הברואים, שהרי לא היו עוד אז נבראים שיכירו אותו ית' לקרותו בשם "אתה". מה שאין כן אחר שנברא העולם נקרא השי"ת בשם אתה, שהבריות מכירים אותו ומספרים הודו ושבחו ואומרים ברוך אתה.
אכן גם בעולם הזה נמצא רושם מאותן השני אלפים שנה שקדמו לבריאת העולם, שהיה הקב"ה נקרא בשם "הוא" טמיר ונעלם מתפיסת הברואים, והם כגון ימים ומדברות שאין שם בריה שתכיר כבודו וגדלו ית', ושם גם עתה נקרא השי"ת בשם הוא, ואין האדם מבין מה הנאה יש לו להשי"ת בבריאת מקומות אלו ומהו הכבוד שמים היוצא לנו משם, ואם כן למה נבראו הלא כל העולם לכבודו בראה, ובים ומדבר אינו נראה שם כבודו כדאיתא בתנחומא (סוף פרשת ויקרא) ובמכילתא (פ' בא)קלומבואר לעיל פרשת לך אות מח: שהכרת כבודו ית' הוא רק במקום יישוב בני אדם, שהברואים מכבדים אותו והם בנייחא.
אבל בים ובמדבר שאין שם בני אדם שיכבדוהו, אין שם הכרת כבודו ית', והאדם הבא שם הוא מוטרד, עד שאינו מכיר כלל אם נמצא גם שם כבודו יתברך, לכן ברח יונה מפני ה' לים ששם אין דעת האדם מיושבת עליו. עיין עוד לקמן פ' וישלח אות ד ד"ה וכדאיתא:
כענין דאיתא בתנחומא (שלהי ויקרא ח) לא מצינו בים כבודו, והוא כי בישוב שם נמצא כל הפירות ומזון שהאדם נהנה מהם ונותן עליהם אמרי שפר להש"י שהשפיע לו זאת, ואומר על כל דבר ברוך אתה, כי הש"י מנהג בישוב ברזא דאתגלייא, כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנח:) אתה הוא ברזא דאתגלייא וזהו כבודו ית' שהבריאה מכיר כבודו באתגלייא. שאני בים ובמדבר שם אין הכרת כבודו ית' ברזא דאתגלייא רק בבחינת הו"א ברזא דאתכסייא..
וכן יש כמה שאלות על השי"ת בכמה דברים שאין האדם מבין הנהגתו. וכל זה נצמח משליש העולם שקדם לבריאת העולם, וכוחם ואורם מזריח בכל המקומות ימה וצפונה וקדמה ונגבה, ובכל אלו המקומות נקרא השי"ת עליון, וכן בכמה זמנים שנקרא השי"ת בהם עליון, והבטיחהו השי"ת ליעקב אבינו להאיר לו השני אלפים שנה בכל הקצוות, להבינו בבינה ידועה, ויראה בעיני שכלו אף את השליש שנקרא השי"ת בהם בשם הוא, מה יהיה רצונו וכוונתו בבריאתם.
וזה הוא עד אשר אם עשיתי את אשר דברתי לך, שיתורצו לו כל הקושיות:
Jusqu'à ce que J'aie fait ce que Je t'ai dit. La parole est une expression dure, car parfois le Nom, béni soit-Il, est appelé 'le Très-Haut' ; il est difficile à l'homme de comprendre la conduite du Nom, béni soit-Il, et de la saisir par son intelligence et sa perception, car elle est au-dessus de son intelligence.
Le Nom, béni soit-Il, promit à Yaakov de résoudre pour lui tout ce qui lui était difficile. C'est ce qui est rapporté dans le Midrach Rabba (Vayetzei 68) : 'ils montaient deux à deux et descendaient deux à deux' ; Il lui montra le monde et un tiers du monde.
Car le monde est de six mille ans, et deux mille ans avant la création du monde, Il envisagea de créer le monde ; des lors, la Torah a précédé le monde. Bien que, du côté du Nom, béni soit-Il, aucun temps ne soit pertinent pour dire un nombre et un calcul, que ce nombre ait été envisagé avant la création du monde, car il n'y a auprès de Lui aucun changement de temps ni aucune variation de volonté, du côté du Nom, béni soit-Il, il n'y a aucune différence entre avant que le monde fut créé et après qu'il fut créé.
Car le monde était toujours ainsi présent, comme il est maintenant réalisé ; et du côté du Nom, béni soit-Il, il n'y a aucune différence entre le potentiel et l'actuel. [Note 134 : Comme il est rapporté dans Chaar HaEmouna, introduction à Beth Yaakov, p.
92 : 'Ainsi que nous l'ont institué les hommes de la Grande Assemblée : Tu es ה', notre D.ieu, avant que le monde fut créé ; Tu es le même depuis que le monde fut créé.' On peut objecter : après que le Nom, béni soit-Il, eut créé cette perception et cette compréhension et l'eut voulue, comment, même selon notre perception, dire : 'Tu es le même avant que le monde fut créé' ? Il y a donc une différence : avant la création du monde, tout n'était que potentiel, et depuis sa création, il est actuel.
Mais, en vérité, cette différence entre ce qui est potentiel et ce qui est actuel, ce qui est déjà réalisé, n'est que de notre côté, nous qui sommes produits et faits. Le Nom, béni soit-Il, nous a départi une telle compréhension, selon laquelle il y a pour nous une différence entre le potentiel et l'actuel.
Car le Nom, béni soit-Il, nous a ainsi ordonnés et disposés : dans notre faire, si l'homme veut faire passer sa puissance à son acte, il doit passer par l'action et le faire, et doit traverser les limites, le temps et le lieu. Mais du côté du Créateur, il n'y a aucune différence entre ce qui est potentiel et ce qui est actuel.
Ainsi est-il rapporté dans Tiferet Yossef, Roch Hachana, début 'Dites devant Moi' [2] : du côté du Nom, béni soit-Il, Il est Roi avant que toute créature fût créée. Et comme il est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 257b) : avant qu'Il créât le monde, le Saint, béni soit-Il, était appelé miséricordieux et compatissant à cause des créatures qu'Il devait créer.
Bien qu'auparavant cela ne fût que potentiel et que maintenant cela soit actuel, cette différence entre le potentiel et l'actuel est elle aussi de notre côté, parce que nous sommes placés sous le lieu et le temps ; c'est pourquoi il y a une différence entre ce qui est potentiel et ce qui est actuel. Mais du côté du Nom, béni soit-Il, il n'y a aucune différence.
Vois là-bas tout le sujet. Voir encore Sod Yesharim, Roch Hachana, paragraphe 33 ; Tiferet Yossef, paracha Bamidbar, début 'Ne retranchez pas' [3].] Mais du côté des créatures se trouve la différence : les deux mille ans qui précédèrent la création du monde n'ont absolument aucune relation avec elles ; et les deux mille ans qui précédèrent la création du monde ont quelque relation avec ce monde.
De là poussent à l'homme toutes sortes de difficultés, car alors le Nom, béni soit-Il, était appelé 'Hou' (Lui), et 'Hou' fait allusion au monde supérieur (alma ilaah), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetzei 156a) ; Il est caché à la perception des créatures, puisqu'il n'y avait pas encore de créatures pour Le connaître et L'appeler du nom de 'Toi'. Ce qui n'est pas le cas après que le monde fut créé : le Nom, béni soit-Il, est appelé du nom de 'Toi', car les créatures Le reconnaissent, racontent Sa reconnaissance et Sa louange, et disent : 'Béni sois-Tu.' Cependant, dans ce monde aussi, il se trouve une trace de ces deux mille ans qui précédèrent la création du monde, lorsque le Saint, béni soit-Il, était appelé 'Hou', caché et voilé à la perception des créatures.
Ce sont, par exemple, les mers et les déserts, où il n'y a pas de créature qui reconnaisse Sa gloire et Sa grandeur ; là aussi, maintenant, le Nom, béni soit-Il, est appelé 'Hou'. L'homme ne comprend pas quel profit le Nom, béni soit-Il, retire de la création de ces lieux, ni quelle gloire du Ciel nous en sort ; pourquoi donc ont-ils été créés ?
Car Il a créé tout le monde pour Sa gloire, tandis que, dans la mer et le désert, Sa gloire n'apparaît pas, comme il est rapporté dans le Tan'houma (fin de la paracha Vayikra) et dans la Mekhilta (paracha Bo). [Note 135 : Expliqué plus haut, paracha Lekh Lekha, paragraphe 48 : la reconnaissance de Sa gloire, béni soit-Il, n'est que dans un lieu habité par les hommes, où les créatures L'honorent et sont en repos.
Mais dans la mer et le désert, où il n'y a pas d'hommes pour L'honorer, il n'y a pas de reconnaissance de Sa gloire, béni soit-Il ; l'homme qui s'y rend est troublé, jusqu'à ne plus reconnaître du tout si Sa gloire, béni soit-Il, s'y trouve aussi. C'est pourquoi Jonas s'enfuit devant ה' vers la mer, où l'esprit de l'homme n'est pas apaisé.
Voir encore plus loin, paracha Vayichlah, paragraphe 4, début 'Et comme il est rapporté' : ainsi qu'il est rapporté dans le Tan'houma (fin de Vayikra 8) : 'Nous n'avons pas trouvé Sa gloire dans la mer.' Car dans un lieu habité se trouvent tous les fruits et la nourriture dont l'homme profite ; il donne pour eux de belles paroles au Nom, béni soit-Il, qui les lui a accordés, et dit pour toute chose : 'Béni sois-Tu.' Car le Nom, béni soit-Il, conduit le lieu habité selon le mystère révélé (raza de-itgalya), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetzei 158b) : 'Toi' est dans le mystère révélé ; c'est Sa gloire, béni soit-Il, que la création reconnaisse Sa gloire dans le révélé. Il en est autrement dans la mer et le désert : il n'y a pas la reconnaissance de Sa gloire, béni soit-Il, dans le mystère révélé, mais seulement selon l'aspect de 'Hou', dans le mystère caché (raza de-itkasya).] Il y a de même de nombreuses questions au sujet du Nom, béni soit-Il, dans bien des choses dont l'homme ne comprend pas Sa conduite.
Tout cela pousse du tiers du monde qui précéda la création du monde ; leur force et leur lumière rayonnent dans tous les lieux, vers la mer, le nord, l'orient et le sud. Dans tous ces lieux, le Nom, béni soit-Il, est appelé le Très-Haut ; et de même dans plusieurs temps où le Nom, béni soit-Il, est appelé le Très-Haut.
Le Nom, béni soit-Il, promit à notre père Yaakov de lui illuminer les deux mille ans dans toutes les directions, afin qu'il les comprenne par une intelligence connue ; il verra par les yeux de son intelligence même le tiers dans lequel le Nom, béni soit-Il, est appelé 'Hou', et quel est Son vouloir et Son intention en les créant. C'est là le sens de : 'jusqu'à ce que J'aie fait ce que Je t'ai dit' : toutes les difficultés lui seront résolues.
« Assurément, Hachem est dans ce lieu, et moi je ne le savais pas. » Quel lieu serait sans Sa gloire, alors qu’elle emplit toute la terre ? Le Beit Yaakov dit que Yaakov comprend que ce lieu est si élevé que l’essentiel de la Providence n’y laisse aucune place aux actions de l’homme : toute force vient du Nom, comme dans le Temple autour de l’Arche. Même là, le Nom se tient devant lui pour une grâce gratuite ; « je ne le savais pas » : il n’avait aucune préparation. Sa connaissance lui fut enlevée ; le Nom voulut montrer qu’Il l’éclaire sans ses actions ; ce lieu est la maison d’Elokim et la porte des cieux pour les prières d’Israël.
Aussi : la lettre kaf et les dix tefahim (palmes), jusqu’à joindre la volonté d’Israël à celle du Nom ; David conclut du lieu redoutable que c’est le Temple ; la kelipa enveloppe d’abord ce lieu, et Yaakov oublie d’unifier dans le Chema
וייקץ יעקב משנתו ויאמר אכן יש ה' במקום הזה ואנכי לא ידעתי. הענין בזה, וכי איזה מקום הוא אשר יאמרו עליו שח"ו אין שם כבודו ית', הלא מלא כבוד ה' את כל הארץ.
אכן, דהנה אבינו יעקב ע"ה ראה והבין בבינה ידועה שזה המקום הוא מנושא ויקר ביותר, ועיקר השגחת השי"ת אינו אלא במקום הזה, עד שאין מקום לפעולות אדם, כי שם מכיר האדם שכל כח פעולה שבו הוא רק מהשי"ת הנותן בו כח לעשות חיל, ובלתי זה לא יוכל להרים את ידו ורגלו, וממילא לא יוכל אדם לדמות שמה שחפץ בו השי"ת הוא מפני שפעולותיו נכוחים וישרים, כיון שרואה ברור שכל הכח פעולה שבו הוא רק מה שפועל בו השי"ת אבל לא מכחוקלזמבואר בהרחבה בסוד ישרים ראש השנה אות יד: כי העניין של העשר קדושות זו למעלה מזו שהיה סביב למקדש כמו דאיתא במשנה (כלים פ"א) וכו' שהם לבושים סביב הארון, ומקום ארון אינו מן המדה, היינו שהאור שאינו מן המדה ובלי גבול נתלבש באלו הגבולים, ומחמת זה היה במקדש הכרה מפורשת שאין האדם פועל כלום, רק שכל פעולות אדם הוא כחו ית' לבד.
וממילא היו מכירים שם היטב, שכל העבודות והפעולות המה הכל לבושים לאורו ית', ואין האדם מוסיף ומחדש כלום בפעולת עבודותו, מאחר שכל מה שעושה אדם, זה הכל פועל השי"ת לבדו. כי במקדש היה הכרה מפורשת, שאתה הוא משנברא העולם ואתה הוא עד שלא נברא העולם, בלי שום שינוי כלל.
עיי"ש המשך הדברים.. וכשראה אבינו יעקב ע"ה שאף בזה המקום שניכר לעין כל שאין מגיע לו התנשאות בעד מפעליו, ומ"מ עומד השי"ת לנגדו גם שם בהארת פנים, לכן גמר אומר, אכן יש ה' במקום הזה, ואף שיגיע כפי אין כאן, והשי"ת במקומו עומד להיטיב עמי ולחונן אותי חסד חנם, מוכח מזה שאהבת הש"י אלי אינה תלויה בשום דבר ואף בלי פעולותי הטובים.
וכן הוא אומר, ואנכי לא ידעתי, היינו שלא היה לי שום הכנה מצדי. כי מדת יעקב אבינו ע"ה הוא שהלך תמיד באור הדעת והשכל, ולא היה חושב אף דיבור בטל כל הימים שיצטרך אח"כ לברר את דיבורו, למה היה חושב במחשבתו דיבורו זה, לא זה הדרך שדרך בה אבינו יעקב.
אך שהכין וגם חקר מקודם לחשוב מה הוא רצון השי"ת, שיחשוב האדם במחשבתו בבהירות גדול, בזה הדרך נהג אבינו יעקב כל הימים אשר היה חי. וכשבא לזה המקום נלקח מאתו כל הדעת והשכל שלו, כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנ.) כד"א ופני ה' לא חליתי, מוכח מזה שרצה השי"ת להראות לי, שאף בלי פעולותי הוא מאיר לי הארת פניו.
אין זה כי אם בית א-להים, והנני גוזר וכן יקום, שזה המקום יהיה בית א-להים, וזה שער השמים, שדרך זה המקום יעברו ויתעלו תפלות ישראל, מכיון שאף בזה המקום שאין לי לסמוך על שום פעולה ואף כאן הוא חפץ להיטיב לי ודורש טובתי, מוכח מזה שזה המקום הוא בגודל הארת פני ה' ביותר, לכן אני חפץ ומתפלל שיתעלו דרך זה המקום כל התפלות והצרכים של ישראל. והנה אין שום פעולה, ואין שום אדם שיוכל לפעול פעולה להמשיך על ידה את רצון השי"ת השרשי אצלו, כי השי"ת מובדל מזה העולם והוא מכל נעלם.
אך להבין למה ברא השי"ת את העולם, הלא לא היה אז שום התעוררות מצד הבריאה. אכן שיש לו להשי"ת מכוון ורצון אחד שהוא נמשך אחר זה הרצון, והוא שבתות ומועדים בשנה, ומקדש בעולם, ויעקב בנפש, ובו אחוז רצון השם יתברך, ועל זה רומז מה דאיתא (אבות פרק ה) אף צבת בצבת עשויהקלחלעיל פרשה זו אות יא ד"ה וזאת, בית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ויפגע.:
Yaakov s'éveilla de son sommeil et dit : Assurément, ה' est dans ce lieu, et moi je ne le savais pas. Voici le sens : quel est donc le lieu dont on dirait, à D.ieu ne plaise, que Sa gloire n'y est pas ?
Car la gloire de ה' emplit toute la terre. Mais notre père Yaakov, de mémoire bénie, vit et comprit par une connaissance claire que ce lieu est très élevé et précieux, et que l'essentiel de la Providence du Nom n'est que dans ce lieu, au point qu'il n'y a pas de place pour les actions de l'homme.
Car l'homme y reconnaît que toute force d'agir qu'il possède ne vient que du Nom, qui lui donne la force d'acquérir; sans cela, il ne pourrait lever ni main ni pied. Dès lors, l'homme ne peut s'imaginer que ce que le Nom désire de lui est dû à la justesse et à la droiture de ses actions, puisqu'il voit clairement que toute sa force d'agir est seulement celle que le Nom agit en lui, et non sa propre force.
Comme cela est longuement expliqué dans Sod Yesharim, Roch Hachana, par. 14 : le sujet des dix saintetés, l'une au-dessus de l'autre, qui entouraient le Temple, comme l'enseigne la Michna (Kelim, ch.
1), est qu'elles étaient des vêtements autour de l'Arche. Or, le lieu de l'Arche ne faisait pas partie de la mesure : la lumière qui est sans mesure et sans limite s'était revêtue de ces limites.
C'est pourquoi, dans le Temple, il y avait la reconnaissance explicite que l'homme n'agit en rien, mais que toutes ses actions ne sont que Sa force, bénie soit-Il. Ils y reconnaissaient donc parfaitement que tous les services et toutes les actions sont des vêtements de Sa lumière, bénie soit-Il; l'homme n'ajoute ni ne renouvelle rien par l'action de son service, puisque tout ce que l'homme fait, le Nom seul l'accomplit.
Car dans le Temple était manifeste la reconnaissance : Tu es le Même depuis que le monde fut créé, et Tu es le Même avant que le monde fut créé, sans aucun changement. Voir la suite là-bas.
Lorsque notre père Yaakov, de mémoire bénie, vit que, même dans ce lieu où il était évident à tous qu'aucune grandeur ne lui revient du fait de ses œuvres, le Nom se tenait néanmoins devant lui, là aussi, dans l'éclat de Sa face, il conclut : Assurément, ה' est dans ce lieu. Et même si ma main n'atteint rien ici, le Nom reste dans Son lieu pour me faire du bien et m'accorder une grâce gratuite; il est donc prouvé que l'amour du Nom pour moi ne dépend d'aucune chose, même pas de mes bonnes actions.
Et c'est ce qu'il dit : et moi je ne le savais pas, c'est-à-dire que je n'avais de mon côté aucune préparation. Car le trait de notre père Yaakov, de mémoire bénie, était d'aller toujours dans la lumière de la connaissance et de l'intelligence.
Tous ses jours, il ne pensait pas même une parole vaine qui l'obligerait ensuite à examiner sa parole : pourquoi avait-il pense dans sa pensée cette parole ? Telle n'était pas la voie de notre père Yaakov.
Il préparait et recherchait d'abord quelle était la volonté du Nom, afin que l'homme pense dans sa pensée avec une très grande clarté; ainsi se conduisit notre père Yaakov tous les jours de sa vie. Mais lorsqu'il vint en ce lieu, toute sa connaissance et son intelligence lui furent enlevées, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetze, 150a), selon ce qui est dit : Je n'ai pas imploré la face de ה' (1 Samuel 13,12).
Il est prouvé de cela que le Nom voulut me montrer que, même sans mes actions, Il m'éclaire de l'éclat de Sa face. Ce n'est rien d'autre que la maison d'Elokim, et je décrète - et ainsi cela s'accomplira - que ce lieu sera la maison d'Elokim; et ceci est la porte des cieux : par ce lieu passeront et s'élèveront les prières d'Israël.
Puisque, même dans ce lieu où je ne peux m'appuyer sur aucune action, Il désire néanmoins me faire du bien et recherche mon bien, il est prouvé que ce lieu est au plus haut degré de l'éclat de la face de ה'. C'est pourquoi je désire et prie pour que toutes les prières et tous les besoins d'Israël s'élèvent par ce lieu.
Or, il n'est aucune action ni aucun homme qui puisse, par une action, attirer la volonté du Nom qui est enracinée en Lui, car le Nom est séparé de ce monde et caché à tout. Mais pourquoi le Nom a-t-Il créé le monde, alors qu'il n'y avait encore aucun éveil de la part de la création ?
Il est vrai que le Nom a une intention et une volonté uniques, vers lesquelles cette volonté est attirée : les Chabbat et les fêtes dans l'année, le Temple dans le monde, et Yaakov dans l'âme. La volonté du Nom, bénie soit-Il, y est attachée.
À cela fait allusion ce qui est enseigné (Avot, ch. 5) : Même la pince fut faite par une pince.
Voir plus haut, cette paracha, par. 11, s.v. וזאת, Beit Yaakov comprenant Vayetze, s.v. ויפגע.
וייקץ יעקב משנתו ויאמר אכן יש ה' במקום הזה ואנכי לא ידעתי. איתא על זה בזוה"ק (ויצא קנ.) וכי תווהא הוא דלא ידע, אלא מאי ואנכי לא ידעתי כמד"א ופני ה' לא חליתי כו'.
הענין בזה, כי אות כ' מרמז על עבודה, כי רשותו של אדם הוא עד עשרה טפחים, וכנגד זה מאיר אורו יתברך עד עשרה טפחים, כדאיתא (סוכה ה.) מעולם לא ירדה שכינה למטה מעשרה ולא עלה משה ואליהו למעלה מעשרה, והאדם מיום הולדו הוא בהטפח האחרון, כי היצר מושך אותו מהשי"ת עד קצה האחרון, וכנגדו מגביה השי"ת עצמו למעלה לרום, היינו שיש קטרוג על האדם מה אנוש כי תזכרנו, וכמו שהאדם מתגבר עצמו על היצר ומגביה את עצמו לרום המעלות ומבטל רצונו מפני רצון השי"ת, לעומתו השי"ת ברוב ענותנותו הגדולה, מרכין ומנמיך את רצונו השרשי אל האדם, ומבטל רצון אחרים מפני רצונו, ומשבר כל הקטרוגים עד אשר אחד באחד יגשו רצון הישראל ברצון השי"ת. וע"ז מרמז אות הכ', כי למעלה מעשרים לא שלטה בה עינא כדאיתא (סוכה ב.), ועיין זוה"ק (פנחס רנה:) שמצד ישראל הם טפחים ומצד הקב"ה הם אמות, וכמ"ש במקומוקלטנתבאר בבית יעקב הכולל חג הסוכות ד"ה בסוכות [א]:
לפי שעיקר חיות האדם בעולם הזה שנברא נבדל מבוראו, עיקר חיותו שיוכל לומר כוחי ועוצם ידי. וכאשר יתפשט האדם כחו עד עשרה, היינו שלא ימליך את הקב"ה, אז גם השי"ת יגביה מידותיו ויאמר, כי אני אני הוא (האזינו לב).
וזהו עשרים אמה שהאדם הוא מובדל מהשי"ת, שהאדם מתפשט בתוך עשרה שלמטה, וממילא הקב"ה יגביה למעלה. אבל כשהאדם מצמצם עצמו וממליך את השי"ת על כל הנאותיו, אז כביכול השי"ת לא יגביה מידותיו למעלה, רק ישלח אמרתו כפי כח האדם.
וכן מבואר בתפארת יוסף מסכת סוכה (ב.) ד"ה מנא הני: וזה מורה שיעור עשרים אמה, כי זה הגבול שהציב השי"ת שהאדם מברר עצמו עד מקום שידו מגעת, זה מורה המספר עשרה, וכדאיתא (סוכה ה.) מעולם לא עלה משה ואליהו למעלה מעשרה.
וזה כנגד זה הציב השי"ת לפום צערא אגרא, היינו עד כמה שהאדם מחסר עצמו הן בממון והן בגוף בעבודתו, כנגד זה מנחיל השי"ת טובה עד שנזדווגו ביחד העשרה שהם מצד תפיסת האדם עם העשרה שהם מצידו ית', וכדאיתא (שם) מעולם לא ירדה שכינה למטה מעשרה, וכשנתאחדו יחד זה נקרא עשרים.. וזהו שאמר יעקב "ואנכי" לא ידעתי, היינו שנתגלה קדושה רבה כזו בשינה ולא היה לו שום הכנה מקודם, ויש אור שם הוי"ה במקום הזה, היינו השם הוי"ה המהווה כל הברואים שיהיה להם הויה בפני עצמם בפעלם הטוב, ועל זה התפלא את עצמו איך לא היה לו שום הכנה להתגלות כזה, ומזה נדמה לאדם שהקב"ה אינו חפץ בעבודת האדם.
ואחר זה אמר, אין זה כי אם בית א-להים וזה שער השמים, היינו שמגודל קדושת המקום הרגיש והבין מזה עצמו שהשי"ת חפץ בעבודת האדם, כי אם לא היה חפץ בה למה הראה לו הקדושה העצומה שנמצא בזה המקום, הלא היה יכול להיות בזה המקום בלי שום הרגשה מהקדושה ולא להודע ממנה. אכן מזה עצמו שהראה לו השי"ת הקדושה העצומה, הרגיש והוכיח לו מזה, שאדרבה כי השי"ת חפץ הוא בעבודת האדם, ולכן אמר אין זה כי אם בית א-להים, שכאן הוא עיקר מקום העבודה האמיתית.
וכמו דהמע"ה שראה את המלאך עומד במקום המקדש ונבהל ונתיירא מאד, כי על הגוון היה המקום מפוחד מאד, והוכיח לעצמו מזה, שאם ימתיק את המקום הזה יהיה כאן מקום הרחמים ביותר, ולכן קנה זה המקום למקדש לתלפיותקמכדכתיב בדברי הימים א פרק כא: וישא דויד את עיניו וירא את מלאך ה' עמד בין הארץ ובין השמים וחרבו שלופה בידו נטויה על ירושלים ויפול דויד וגו'.
ולא יכול דויד ללכת לפניו לדרוש א-להים כי נבעת מפני חרב מלאך ה'. ויאמר דויד זהו בית ה' הא-להים וזה מזבח לעולה לישראל..
וכן היה כאן הענין, שעל הגוון נדמה לו ליעקב שאין השי"ת חפץ בעבודת האדם, ומזה עצמו הוכיח לו שזה הוא עיקר מקום עבודה שחפץ בה המלך ה':
Yaakov s'éveilla de son sommeil et dit : Assurément, ה' est dans ce lieu, et moi je ne le savais pas. Le saint Zohar dit à ce propos (Vayetze, 150a) : Est-il donc étonnant qu'il ne sût pas ?
Mais que signifie : Et moi, je ne le savais pas ? Selon ce qui est dit : Je n'ai pas imploré la face de ה', etc.
Voici le sens. La lettre kaf fait allusion au service, car le domaine de l'homme s'étend jusqu'à dix tefahim (palmes), et, en regard, Sa lumière, bénie soit-Il, éclaire jusqu'à dix tefahim, comme il est enseigné (Soukka 5a) : Jamais la Chekhina ne descendit au-dessous de dix, et Moché et Élie ne montèrent pas au-dessus de dix.
Depuis le jour de sa naissance, l'homme se tient dans la dernière palme, car le mauvais penchant le tire loin du Nom jusqu'à l'extrême limite; en regard, le Nom S'élève vers les hauteurs, c'est-à-dire qu'il existe une accusation contre l'homme : Qu'est l'homme, pour que Tu te souviennes de lui ? (Psaumes 8,5).
Et de même que l'homme se fortifie contre le mauvais penchant, s'élève aux plus hauts degrés et annule sa volonté devant la volonté du Nom, de même le Nom, dans Sa très grande humilité, incline et abaisse Sa volonté enracinée vers l'homme, annule les autres volontés devant Sa volonté et brise toutes les accusations, jusqu'à ce que, l'un s'approchant de l'autre, la volonté d'Israël se joigne à la volonté du Nom. À cela fait allusion la lettre kaf : au-dessus de vingt, l'œil ne domine pas, comme il est enseigné (Soukka 2a).
Voir le saint Zohar (Pinhas, 255b) : du côté d'Israël, ce sont des palmes, et du côté du Saint, béni soit-Il, ce sont des amot (coudées). Et comme il est expliqué ailleurs dans Beit Yaakov comprenant la fête de Soukkot, s.v. בסוכות [1] : puisque l'essentiel de la vitalité de l'homme dans ce monde, créé séparé de son Créateur, est de pouvoir dire : Ma force et la puissance de ma main, lorsque l'homme étend sa force jusqu'à dix, c'est-à-dire qu'il ne fait pas régner le Saint, béni soit-Il, alors le Nom aussi élève Ses attributs et dit : Car Moi, Moi, Je suis (Deutéronome 32,39).
Ce sont les vingt coudées : l'homme est séparé du Nom lorsque l'homme s'étend dans les dix d'en bas, et le Saint, béni soit-Il, S'élève par conséquent vers le haut. Mais lorsque l'homme se restreint et fait régner le Nom sur toutes ses jouissances, alors, pour ainsi dire, le Nom n'élève pas Ses attributs vers le haut, mais envoie Sa parole selon la force de l'homme.
Ainsi est-il expliqué dans Tiferet Yossef, traité Soukka (2a), s.v. מנא הני : la mesure de vingt coudées indique cette limite que le Nom a fixée, afin que l'homme s'éprouve jusqu'où sa main atteint; cela est indiqué par le nombre dix, comme il est enseigné (Soukka 5a) : Jamais Moché et Élie ne montèrent au-dessus de dix. Le Nom a posé cela en regard : Selon la peine, la récompense.
C'est-à-dire : dans la mesure où l'homme se prive, tant de biens que de corps, dans son service, le Nom lui transmet en regard le bien, jusqu'à ce que les dix qui sont du côté de la saisie de l'homme s'unissent aux dix qui sont de Son côté, bénie soit-Il. Comme il est enseigné là-bas : Jamais la Chekhina ne descendit au-dessous de dix; et quand ils sont unis, cela est appelé vingt.
C'est ce que dit Yaakov : Et moi (ואנכי), je ne le savais pas. Une sainteté si grande lui fut révélée dans le sommeil, sans qu'il eût aucune préparation préalable; et il y a en ce lieu la lumière du Nom ה', qui fait être toutes les créatures afin qu'elles aient un être propre par leur bonne action.
Il s'étonna donc : comment n'avais-je aucune préparation à une telle révélation ? De cela, l'homme imagine que le Saint, béni soit-Il, ne désire pas le service de l'homme.
Ensuite il dit : Ce n'est rien d'autre que la maison d'Elokim, et ceci est la porte des cieux. C'est-à-dire que, par l'immense sainteté du lieu, il ressentit et comprit de cela même que le Nom désire le service de l'homme.
Car s'Il ne le désirait pas, pourquoi lui aurait-Il montré la sainteté immense qui se trouve en ce lieu ? Il aurait pu être en ce lieu sans aucune perception de sainteté et sans en avoir connaissance.
Mais de ce fait même que le Nom lui montra l'immense sainteté, il ressentit et en reçut la preuve : au contraire, le Nom désire le service de l'homme. C'est pourquoi il dit : Ce n'est rien d'autre que la maison d'Elokim : ici est le lieu essentiel du vrai service.
De même, David, de mémoire bénie, vit l'ange se tenant au lieu du Temple, fut bouleversé et très effrayé, car, en apparence, le lieu était très redoutable. Il en conclut que, s'il adoucissait ce lieu, ce serait ici le lieu de miséricorde par excellence.
Il acheta donc ce lieu pour en faire le Temple, vers lequel toutes les bouches se tournent, comme il est écrit dans 1 Chroniques, ch. 21 : David leva les yeux et vit l'ange de ה' se tenant entre la terre et le ciel, son épée degainnee dans sa main, étendue sur Jérusalem; David tomba, etc.
David ne pouvait aller devant lui pour rechercher Elokim, car il était épouvanté devant l'épée de l'ange de ה'. David dit : Ceci est la maison de ה' Elokim, et ceci est l'autel de l'holocauste pour Israël.
Il en fut ainsi ici : en apparence, il sembla à Yaakov que le Nom ne désirait pas le service de l'homme; et de cela même il lui fut prouvé que c'est le lieu essentiel du service que le Roi désire.
וייקץ יעקב משנתו ויאמר אכן יש ה' במקום הזה ואנכי לא ידעתי. איתא בזוה"ק (ויצא קנ.) וכי תווהא הוא דלא ידע אלא מאי ואנכי לא ידעתי כמד"א (שמואל א יג) ופני ה' לא חליתי כו'.
וכי תווהא הוא דלא ידע, היינו כי הלא השי"ת יוכל לדבר עם האדם מבין שערות ראשו, וכדאיתא במדרש רבה (בראשית פד) פעמים שמדבר עם האדם מבין שערות ראשו כמ"ש ויען ה' את איוב מן השערה, וכן כתיב שם (איוב ד׳:ט״ו) ורוח על פני יחלוף וגו' ולא אכיר, אלא כמד"א ופני ה' לא חליתי היינו שלא המלכתי את השי"ת כמו שהורגלתי תמיד, לכן אמר אין זה למהוי בטיל כי אם בית א-להים לאשתמשא ביה ולמעבד ביה פירין, היינו שצריך להיות כאן קדושה בקביעות. וזה שער השמים, שכאן הוא המקום שיכולים לחבר השמים וארץ על ידי עבודה, שהשמים מרכינים עצמם למטה והארץ מתנשאת למעלה עד שפוגעים זה בזה והם כלא חד.
לכן אמר, אין זה למהוי בטיל, כי אם בית א-להים לעבוד ולפעול בו עבודת ה', כי כן הוא ענין הקרבנות, שבודאי מצד הש"י אין שום חילוק, כן הוא כבודו ית' מהשור שלמטה כמו מהשור שבמרכבה. אכן הקרבת הקרבן הוא, שגם האדם יכיר איך יוצא לנו כבוד שמים גם מהשור של מטהקמאעיין לעיל פרשה זו אות יז ובהערה ע שם., והאדם הוא כגוונא דסולם שעולים ויורדים על ידו, כן האדם מעלה כל הנבראים שלמטה ואף מהם יהיה הכרה איך נמצא בכל הברואים כבוד שמים:
Yaakov s'éveilla de son sommeil et dit : Assurément, ה' est dans ce lieu, et moi je ne le savais pas. Il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetze, 150a) : Est-il donc étonnant qu'il ne sût pas ?
Mais que signifie : Et moi, je ne le savais pas ? Selon ce qui est dit (1 Samuel 13) : Je n'ai pas imploré la face de ה', etc.
Est-il donc étonnant qu'il ne sût pas ? Car le Nom peut assurment parler à l'homme d'entre les cheveux de sa tête, comme il est dit dans le Midrach Rabba (Bereshit 84) : Parfois Il parle à l'homme d'entre les cheveux de sa tête, ainsi qu'il est dit : Et ה' répondit à Job du sein de la tempête.
Et il est aussi écrit là-bas : Un souffle passa sur mon visage... je ne le reconnus pas (Job 4,15). Mais selon ce qui est dit : Je n'ai pas imploré la face de ה', c'est-à-dire que je n'ai pas fait régner le Nom comme j'en avais toujours l'habitude.
C'est pourquoi il dit : Que ce lieu ne soit pas abandonné, mais qu'il soit une maison d'Elokim, afin de s'en servir et d'y produire des fruits. Cela signifie qu'une sainteté doit s'y trouver de façon établie.
Et ceci est la porte des cieux : ici est le lieu où l'on peut unir les cieux et la terre par le service. Les cieux s'inclinent vers le bas et la terre s'élève, jusqu'à ce qu'ils se rencontrent et ne fassent qu'un.
C'est pourquoi il dit : Que ce lieu ne soit pas abandonné, mais qu'il soit une maison d'Elokim, pour y servir et y accomplir le service de ה'. Tel est le sens des sacrifices.
Certes, du côté du Nom, il n'y a aucune différence : Sa gloire, bénie soit-Elle, vient aussi bien du bœuf d'en bas que du bœuf du Char céleste. Mais l'offrande du sacrifice consiste en ce que l'homme aussi reconnaisse comment la gloire des cieux procède pour nous même du bœuf d'en bas.
Voir plus haut, cette paracha, par. 17 et la note là-bas.
L'homme est à l'image de l'échelle, par laquelle on monte et on descend; de même, l'homme élève toutes les créatures d'en bas, et d'elles aussi viendra la reconnaissance de la présence de la gloire des cieux dans toutes les créatures.
ויאמר אכן יש ה' במקום הזה ואנכי לא ידעתי. הענין בזה, מהו דין דכתיב ויאמר.
היינו, כי ארץ ישראל ומקום הנורא הזה היה כבוש עדיין ומוקף בהקליפה סביב, וכאן התחיל להתגלות קצת ולצאת לאור, וע"ז מרמז האמירה, כי ע"י האמירה אדם מגלה מה שבלבו, וכן הם דרכיו של הקב"ה, שהמקום שהניח בו השי"ת קדושה עצומה ביותר, בתחלה הוא משועבד זה המקום תחת הקליפה שמסבבו בכדי שתוציא יקר רב מזולל. לכן היה ארץ ישראל מתחלה ביד הכנענים, וכדאיתא בזוה"ק (לך פג.) אי לא אתיהיבת ארעא קדישא לכנען בקדמיתא וישלוט בה לא הות ארעא חולקיה ועדביה דקוב"ה.
וכן מקום המקדש שהיה מתחלה תחת יבוס ותחת ארונה, וכדאיתא ע"ז בזוה"ק (ויקהל ריד.) אמאי אקרי ארונה אלא כתיב ארונה וכתיב ארנן, בעוד דההוא אתר הווה תחות ידיה אקרי ארונה ארון דסטרא אחרא כו'. וכן עתה בזמן יעקב אבינו ע"ה היה הקליפה מתגברת על זה המקום הנורא, עד שאף ליעקב אבינו לא היה באפשר שתתגלה לו הקדושה יקרה הזו רק בחלום ולא לפי ראות עיניו.
וזהו שהתפלא יעקב אבינו ואנכי לא ידעתי, ואיתא על זה בזוה"ק (ויצא קנ.) וכי תווהא הוא דלא ידע, אלא כמד"א ופני ה' לא חליתי, היינו שהשכחה גברה כל כך עד היכן עד ששכח ליחד היחוד שהיה מיחד וממליך תמיד את השם יתברך עליו בשמע ישראל, וכל זה מפני גודל הקליפה וההסתר שהיה סובב ומקיף את המקום הזה:
Il dit : Assurément, ה' est dans ce lieu, et moi je ne le savais pas. Voici le sens de ce qui est écrit : Il dit.
La terre d'Israël et ce lieu redoutable étaient encore conquis et entourés de toutes parts par la kelipa (écorce spirituelle); c'est ici qu'ils commencèrent quelque peu à se dévoiler et à paraître à la lumière. C'est à cela que fait allusion la parole, car par la parole l'homme dévoile ce qui est dans son cœur.
Telles sont aussi les voies du Saint, béni soit-Il : le lieu dans lequel le Nom a déposé une sainteté immense est d'abord asservi à la kelipa qui l'entoure, afin que tu tires le précieux du vil. C'est pourquoi la terre d'Israël fut d'abord entre les mains des Cananéens, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Lekha, 83a) : Si la terre sainte n'avait pas d'abord été donnée à Canaan, afin qu'il y domine, elle ne serait pas devenue la part et la demeure du Saint, béni soit-Il.
De même, le lieu du Temple fut d'abord sous Yévous et sous Aravna, comme il est dit à ce sujet dans le saint Zohar (Vayakhel, 214a) : Pourquoi est-il appelé Aravna ? Car il est écrit Aravna et il est écrit Arnan.
Tant que ce lieu était sous sa main, il était appelé Aravna : aron de l'autre côté, etc. De même, au temps de notre père Yaakov, de mémoire bénie, la kelipa se renforçait sur ce lieu redoutable, au point que même notre père Yaakov ne pouvait voir se dévoiler pour lui cette précieuse sainteté que dans un rêve, et non selon la vue de ses yeux.
C'est ce dont notre père Yaakov s'étonna : Et moi, je ne le savais pas. Le saint Zohar dit à ce sujet (Vayetze, 150a) : Est-il donc étonnant qu'il ne sût pas ?
Mais selon ce qui est dit : Je n'ai pas imploré la face de ה'. Cela signifie que l'oubli avait dominé à tel point qu'il avait oublié d'unifier l'unification par laquelle il unissait et faisait toujours régner sur lui le Nom, bénie soit-Il, dans le Chema Israël.
Et tout cela venait de la grandeur de la kelipa et de la dissimulation qui entouraient et enveloppaient ce lieu.
« Que ce lieu est redoutable ! » et « c’est la porte des cieux » : le Nom montre à Yaakov que ce lieu est le centre entre le monde caché et le monde révélé, le lieu du Temple et de la pierre de fondation. Selon le Beit Yaakov, s’y unissent la sainteté permanente du côté du Nom et celle qui vient du service d’Israël. Ce dévoilement vient en rêve, sans conscience ni préparation, afin que Yaakov ne s’imagine pas avoir attiré la volonté essentielle du Nom. Que le rêve ne s’oublie pas prouve que le commencement vient du Nom, mais que l’homme doit aussi s’efforcer, comme il est dit : « Tu aurais dû m’aider. »
Aussi : où la perfection est présente, la crainte l’est, et Yaakov se fortifie alors comme serviteur ; Chema et prière, centre du jour, tiennent l’homme même au voilement ; l’huile versée est générosité de regard, comme les paroles de Torah.
ויאמר מה נורא המקום הזה וגו' וזה שער השמים. היינו שהראה לו הש"י שזה המקום הוא המרכז והנקודה האמצעית בין עלמא דאתכסיא לעלמא דאתגליא, והוא מקום המקדש, ושם הוא האבן שתיה שממנה הושתת העולם ונתיסדה כדאיתא (יומא נד:), היינו שהוא ההתחלה מרצון השי"ת, ומשם והלאה מתחיל כח עבודהקמבוכן מבואר בתפארת יוסף מסכת חגיגה (ג:) ד"ה איזהו:
הנה במקום המקדש היה ניכר מפורש זאת הקדושה דקבוע וקיימא גבי ישראל, ולזה היה נמי שם כל העבודות, כי שם היה ניכר ג"כ מפורש איך שחפץ השי"ת בעבודת ישראל שיבררו עצמם, מדוע באמת בחר השי"ת בישראל יותר מכל האומות וכו'. נמצא שבמקום המקדש היו מתאחדים אלו שני הקדושות, הקדושה שהוא בקביעות מצידו ית' עם הקדושה שהוא על ידי עבודת ישראל, עד שהיה חיבור גמור מתפיסת ישראל עם אורו ית'..
ולזה אמר, אין זה כי אם בית א-להים. והענין בזה, כי ההתגלות הזה באה לו ע"י חלום שלא מדעת בלי שום הכנה שלו, כי אם היתה באה לו זאת ע"י ההכנה שלו, היה יכול להדמות לו שהוא הגורם לזה להמשיך רצון השי"ת השרשי, ועל ידו באה לו ההתגלות, לכן היה לו כל זה ההתגלות בחלום שאין לו אז שום דעת.
אכן אחר זה הוכיח לעצמו מזה שהעיקר הוא לאדם להשתדל ולעבוד עבודת הש"י, והראיה לזה, כי אם לא היה צריך שום פעולת אדם רק בלי שום עבודה, היה מהראוי שישתכח ויעלם ממנו כל החלום, ומזה שלא נשתכח ממנו החלום והכיר על ידו התגלות השי"ת, מוכח מזה שההתחלה הוא ע"י השי"ת, אך האדם מצדו צריך ג"כ להשתדל כענין דאיתא (שבת פט.) היה לך לעזרני:
Il dit: 'Que ce lieu est redoutable! ... et c'est la porte des cieux.' Cela signifie que le Nom lui montra que ce lieu est le centre et le point médian entre le monde caché (עלמא דאתכסיא) et le monde révélé (עלמא דאתגליא); c'est le lieu du Temple. Là se trouve la pierre de fondation (אבן שתיה), dont le monde fut établi et fondé, comme il est dit (Yoma 54b).
C'est-à-dire que c'est le commencement venu de la volonté du Nom, et qu'à partir de là commence la force du service. Il est aussi expliqué dans Tiferet Yosef, traité Haguiga 3b, s.v. 'Eizehou': au lieu du Temple, cette sainteté fixe et permanente chez Israël était manifestement reconnaissable; c'est pourquoi tous les services s'y faisaient aussi.
Car il y était aussi clairement reconnu combien le Nom désire le service d'Israël, afin qu'ils se clarifient eux-mêmes: pourquoi, en vérité, le Nom a-t-Il choisi Israël plus que toutes les nations, etc. Il s'ensuit qu'au lieu du Temple s'unissaient ces deux saintetés: la sainteté qui est permanente de Son côté, béni soit-Il, et la sainteté qui vient du service d'Israël, jusqu'à produire une union complète entre la saisie d'Israël et Sa lumière.
C'est pourquoi il dit: 'Ceci n'est autre que la maison d'É-lokim.' Le sens en est que ce dévoilement lui vint par un rêve, sans conscience et sans aucune préparation de sa part. Car, si cela lui était venu par sa propre préparation, il aurait pu s'imaginer être celui qui avait attiré la volonté essentielle du Nom, et que le dévoilement lui était venu par son moyen.
C'est pourquoi tout ce dévoilement lui vint dans un rêve, lorsqu'il n'a aucune conscience. Mais ensuite, il se prouva par là que l'essentiel pour l'homme est de s'efforcer et de travailler au service du Nom.
La preuve en est que, s'il n'était besoin d'aucune action humaine, mais que tout soit sans aucun service, il aurait été juste que tout le rêve s'oublie et disparaisse de lui. Or, du fait que le rêve ne s'oublia pas et qu'il reconnut par lui le dévoilement du Nom, il est prouvé que le commencement vient du Nom, mais que l'homme, de son côté, doit aussi s'efforcer, comme il est dit (Chabbat 89a): 'Tu aurais dû m'aider.'
מה נורא המקום הזה אין זה כי אם בית א-להים. איתא ע"ז בזוה"ק (ויצא קנ:) אין זה למהוי בטיל כו' אלא לאשתמשא ביה ולמעבד ביה פירין כו'.
והוא, כאשר ראה יעקב השלימות כזה, שהראה לו הש"י שהוא שוכן בו תמיד אף בלי שום עבודה, שזה הוא בבחינת בן, אז אמר אבינו יעקב, שמעתה טוב לו להתחזק עוד יותר בעבודת ויראת השי"ת להיות בבחינת עבד. וזהו עיקר הטובה להתחזק בעבודה ויראה, וכענין דאיתא בזוה"ק (יתרו עט.) בכל אתר דהוי שלימותא שכיח אקרי נורא, אי הכי אמאי תרגומו דחילו ולא שלים, אמר ליה לית דחילו אלא באתר דהוי שלימותא שכיח כו', כי אז צריך ליראה עוד יותר.
וכן הוא בכל פרט נפש, שבעת שהוא מוטרד בצרכי הגוף אז אי אפשר לו להיות תמיד בדביקות וביראה, כי לא נתנה תורה למלאכי השרת. אכן אם בתוך הטרדא הוא חוזר וניעור עצמו לזכור בהשי"ת, והולך לבתי כנסיות ובתי מדרשות, שאז הוא בישוב הדעת וזוכר חסדי ה' כעל כל אשר גמלו, ועומד לנכח פני האדון ה' מעוטף בטלית ומעוטר בתפילין, אז הוא מחויב לחזק את עצמו בכל יכלתו וכחו ביראה ועבודה, כי הקריאת שמע והתפלה היא המרכז של כל היום.
כמו המרכז, אם יעתק מעט ממקומו וישנהו קצת ממקומו אזי יראה החסרון בכל הקצוות יותר ויותר, ואם בהקצוות יעתק קצת אזי לא ניכר כל כך ההשתנות בהמרכז. וכן הוא הענין בקריאת שמע ותפלה, שאז הוא עיקר השלימות, ואז צריך האדם להתחזק את עצמו ביראת א-להים, כי באתר דשלימו שכיח תמן דחילו שכיח, כי אם לא יתחזק עצמו אז ביראת א-להים, מאין יהיה לו חיים על כל היוםקמגכמבואר לקמן פרשת ויחי אות כד:
ועל זה הענין תקנו חכמינו ז"ל בכל בקר קריאת שמע ותפלה, כי זה הקבלת עול מלכות שמים שבבקר, אוחז את האדם ומקיף אותו כל היום, אפילו בעת שנסתלק ממנו הדעת והבחירה, כי הקבלת עול מלכות שמים שמקבל עליו האדם בבקר פועל בו אפילו בשעת ההעלם לבל יפסק ממנו הקדושה לגמרי ח"ו. עיין לעיל פ' וירא אות לא.:
'Que ce lieu est redoutable! Ceci n'est autre que la maison d'É-lokim.' Il est dit à ce sujet dans le saint Zohar (Vayetze 150b): 'Ceci ne doit pas être annulé... mais être employé et y produire des fruits...' Lorsque Yaakov vit une telle perfection, le Nom lui ayant montré qu'Il demeure toujours en lui même sans aucun service - ce qui relève de l'aspect du fils -, notre père Yaakov dit qu'il lui était désormais bon de se fortifier davantage dans le service et la crainte du Nom, afin d'être dans l'aspect du serviteur.
C'est le principal bien: se fortifier dans le service et la crainte. Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Yitro 79a): 'En tout lieu où la perfection est présente, elle est appelée redoutable.
Si tel est le cas, pourquoi son Targoum est-il la crainte et non la perfection? Il lui dit: il n'y a de crainte qu'au lieu où la perfection est présente...' Car alors il faut craindre davantage.
Il en est ainsi dans chaque particularité de l'âme: lorsqu'elle est occupée aux besoins du corps, elle ne peut être constamment dans l'attachement et la crainte, car la Torah n'a pas été donnée aux anges du service. Mais si, au sein de cette occupation, il revient et se réveille pour se souvenir du Nom, et va dans les synagogues et les maisons d'étude, alors qu'il est en pleine présence d'esprit, se souvient des bontés du Nom pour tout ce qu'Il lui a prodigué, et se tient devant le Maître, le Nom, enveloppé du talit et couronné des tefilin, il lui incombe alors de se fortifier de toute sa capacité et de toute sa force dans la crainte et le service.
Car le Chema et la prière sont le centre de toute la journée. Comme pour le centre: s'il est déplacé un peu de son lieu et changé légèrement, le manque se verra de plus en plus à toutes les extrémités; mais si les extrémités sont un peu déplacées, le changement ne se reconnaît pas autant dans le centre.
Il en est de même du Chema et de la prière: c'est alors l'essentiel de la perfection, et l'homme doit alors se fortifier dans la crainte d'É-lokim, car là où la perfection est présente, la crainte est présente. S'il ne se fortifie pas alors dans la crainte d'É-lokim, d'où lui viendra la vie pour toute la journée?
Comme il est expliqué plus loin, parachat Vayehi, paragraphe 24. C'est pour cela que nos sages, de mémoire bénie, ont institué chaque matin le Chema et la prière: cette acceptation du joug de la royauté des cieux, que l'homme accepte le matin, le tient et l'entoure toute la journée, même lorsque la conscience et le libre arbitre se sont retirés de lui.
Car l'acceptation du joug de la royauté des cieux, que l'homme prend sur lui le matin, agit en lui même à l'heure du voilement, afin que la sainteté ne cesse pas entièrement de lui, à D.ieu ne plaise. Voir plus haut, parachat Vayera, paragraphe 31.
מה נורא המקום הזה וגו'. איתא בזוה"ק (יתרו עט.) באתר דשלימו תמן דחילו אשתכח כו'קמדעיין לקמן פרשה זו אות ס ובהערה קנג שם..
וזה שער השמים, היינו זה המקום הוא שער שנתקשר ומתחבר מדת "אתה" לבחינת "הוא", כי שם הוא האבן שתיה שנשתת ונתיסד ממנה העולם כדאיתא (יומא נד:), וזה המקום הוא בית קדש הקדשים, לכן נמצא בזה המקום יראה ופחד, פן יתגבר בחינת "הוא" הרומז לעלמא עלאה. שבחינת "אתה" רומז לעלמא תתאה כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנח:).
ולכן היה בו יראה פן יסתר ממנו בחינת "אתה" והשי"ת יתנהג בבחינת "הוא", וע"י יראה ממשיכין את השי"ת שיתנהג בבחינת "אתה" ג"כקמהמבואר במי השלוח ח"א פרשת בשלח ד"ה ללכת: כתיב (תהילים ס״ח:ל״ו) נורא אלקים ממקדשיך אל ישראל הוא נתן עז ותעצמות.
נורא אלקים, היינו אף שבאמת יש להפחיד ולירא מפניו, אך במקום בהמ"ק אשר משם יוצאת היראה כמ"ש נורא אלקים ממקדשך, שם נותן עוז ותעצומות לעמו ישראל.:
'Que ce lieu est redoutable!...' Il est dit dans le saint Zohar (Yitro 79a): 'Là où la perfection est présente, la crainte se trouve...' Voir plus loin dans cette paracha, paragraphe 60 et note 153. 'Et c'est la porte des cieux': ce lieu est la porte où l'attribut de 'Ata' (אתה, Tu) est relié et uni à l'aspect de 'Hou' (הוא, Lui), car c'est la pierre de fondation dont le monde fut établi et fondé, comme il est dit (Yoma 54b). Ce lieu est le Saint des saints; c'est pourquoi la crainte et la peur s'y trouvent, de peur que l'aspect de 'Hou', qui renvoie au monde supérieur, ne l'emporte.
Car l'aspect de 'Ata' renvoie au monde inférieur, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayetze 158b). Aussi avait-il peur que l'aspect de 'Ata' ne lui soit dissimulé et que le Nom ne se conduise selon l'aspect de 'Hou'.
Par la crainte, on attire le Nom afin qu'Il se conduise aussi selon l'aspect de 'Ata'. Il est expliqué dans Mei HaChiloah, I, parachat Bechalah, s.v. 'Lalechet': il est écrit: 'Redoutable est É-lokim depuis Tes sanctuaires; au peuple d'Israël, Il donne force et puissance' (Psaumes 68,36). 'Redoutable est É-lokim': bien qu'en vérité il faille Le redouter et Le craindre, au lieu du Temple, d'où sort la crainte, comme il est dit: 'Redoutable est É-lokim depuis Ton sanctuaire', là Il donne force et puissance à Son peuple Israël.
וזה שער השמים. הענין בזה, כי זה המקום היה נראה גבוה מאד, ממקום שהשי"ת נקרא עתיקא קדישא, והוא שמלא כבודו את כל הארץ ואין לשום אדם תפיסה בו.
ולזה אמר וזה שער השמים, היינו שהשי"ת נקרא זעיר אפין ג"כ, שהציב לעצמו גוון לפי תפיסת האדם שיוכל להשיג בתפיסת שכלו, כמו שנאמר לפעמים בהשי"ת לשון לא שמע ולא ראה לא האזין, וכל זה הוא רק מצד האדם שלפי תפיסתו נדמה לו כן, כי הכי נאמר ח"ו שלפעמים נמצא השתנות בהש"י. אך כל זה הוא רק לפי ראות עיני אדם, וכמו דאיתא כמה פעמים באדרא רבא קדישא בתיקונא דזעיר אפין (דף קלח) ההוא בזעיר אפין אתמר, כמו שנאמר (איוב ב׳:ג׳) ותסיתני בו לבלעו חנם, ובזוה"ק (בא לג.) איתא על זה אי הכי לאו בדינא הוה כו' אלא כלא בדינא הוה כו' ותסיתני בו ביה קיימא בדעתיה דאיהו חשיב דהא תסיתני כו'.
כי באמת אין שום שייכות לשון הסתה בהשי"ת, רק כיון שלדעתו של איוב היה שהשי"ת שומע לההסתה של השטן, לכן הוא המשפט שיעבור עליו משפט שידמה לו כך. וזה שער השמים, מזה הלשון משמע שרק כאן השי"ת שומע וזה הוא השער, אף שכבודו מלא כל העולם, אכן מצד האדם הוא כל זה, שאם יעבוד את השי"ת ויירא מפניו אז ישמע לו, וזה המקום הוא מקום עבודה המיוחד בכל העולם, אבל מצד השי"ת אין שום חילוק ואין שום השתנות כללקמומבואר בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קכט:
שכמו שהאדם קובע בנפשו אמונת הש"י, כן מנהג עמו הש"י, וכדאיתא בזוה"ק (וירא קג:) נודע בשערים בעלה דא קוב"ה דאיהו אתיידע ואתדבק לפום מה דמשער בלביה כל חד כמה דיכיל לאתדבקא ברוח דחכמתא. וכמו שכתבנו בהקדמה בענין השגחת הש"י שהוא כפי אמונת האדם.
וכדאי' בתו"כ (בחוקותי) ואם תלכו עמי קרי אף אני אלך וגו' אם תעשו אותי עראי בעולם אף אני אעשה אתכם עראי בעולם. והיינו שמי שמאמין וסובר שהעולם מקרה הוא, כפי אמונתו כן מנהג עמו הש"י, והוא נתון תחת המקרה, וכשיאמין שהש"י משגיח בכל פרט, אז מצדו משגיח הש"י בכל פרט הבריאה לטובתו.
וכן מבאר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת בא (לג.) ד"ה ביה: ביה קיימא בדעתיה דאיהו חשיב דהא תסיתני כמה דאמר (איוב י׳:ג׳) ועל עצת רשעים הופעת אמר איוב התפתית על מימר דההוא מקטרגא.
פי' שבאמת אין הרצון משתנה ע"י הקטרוג, רק כפי המקבל כפי השגתו. וכדאיתא בזוה"ק (וירא קג:) נודע בשערים בעלה וכו' ולפום מה דמשער בליביה הכי אתיידע בלביה.:
'Et c'est la porte des cieux.' Le sens en est que ce lieu paraissait très élevé, issu du niveau où le Nom est appelé Atika Kadicha (l'Ancien saint), Celui dont la gloire emplit toute la terre et auquel aucun homme n'a de prise. C'est pourquoi il dit: 'Et c'est la porte des cieux.' C'est-à-dire que le Nom est aussi appelé Zeir Anpin, car Il a établi pour Lui-même un aspect selon la prise de l'homme, afin que celui-ci puisse le saisir par son intelligence.
Ainsi, on emploie parfois à propos du Nom les expressions: Il n'entend pas, Il ne voit pas, Il n'écoute pas. Tout cela n'est que du côté de l'homme, auquel il apparaît ainsi selon sa prise.
Car dirait-on, a D.ieu ne plaise, qu'il y ait parfois un changement dans le Nom? Tout cela n'est que selon le regard de l'homme.
De même, il est dit plusieurs fois dans l'Idra Rabba Kadicha, dans la réparation de Zeir Anpin (folio 138a): 'Cela est dit de Zeir Anpin.' Ainsi qu'il est dit: 'Tu M'as incité contre lui pour l'engloutir sans cause' (Job 2,3). Et dans le saint Zohar (Bo 33a), il est dit à ce sujet: 'Si tel est le cas, cela n'était donc pas dans le jugement... mais tout était dans le jugement... 'Tu M'as incité contre lui': en lui, cela se tenait dans son esprit, car il pensait: voici, Tu M'as incité...' Car en vérité aucune expression d'incitation ne se rapporte au Nom.
Mais, puisque selon l'esprit de Job le Nom écoutait l'incitation du Satan, il est juste qu'un jugement passe sur lui qui lui fasse paraître qu'il en est ainsi. 'Et c'est la porte des cieux': cette expression implique que ce n'est qu'ici que le Nom entend et que c'est la porte, bien que Sa gloire emplisse le monde entier. Mais tout cela est du côté de l'homme: s'il sert le Nom et Le craint, alors Il l'entend; et ce lieu est le lieu de service particulier dans tout le monde.
Mais du côté du Nom, il n'y a aucune différence ni aucun changement. Il est expliqué dans Chaar HaÉmouna - introduction à Beit Yaakov, p.
129 - que, de même que l'homme fixe dans son âme sa foi au Nom, de même le Nom se conduit envers lui. Comme il est dit dans le saint Zohar (Vayera 103a): 'Son maître est connu aux portes': c'est le Saint, béni soit-Il, qui est connu et auquel on s'attache selon ce que chacun mesure dans son cœur, selon ce qu'il peut s'attacher à l'esprit de sagesse.
Et comme nous l'avons écrit dans l'introduction au sujet de la providence du Nom, elle est selon la foi de l'homme. Et comme il est dit dans le Torat Kohanim (Behoukotai): 'Si vous marchez avec Moi par hasard, Moi aussi Je marcherai...' Si vous Me faites occasionnel dans le monde, Moi aussi Je vous ferai occasionnels dans le monde.
Cela signifie que celui qui croit et pense que le monde est hasard, le Nom se conduit envers lui selon sa foi, et il est livré au hasard; mais lorsqu'il croit que le Nom veille sur chaque détail, alors, de Son côté, le Nom veille sur chaque détail de la création pour son bien. Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, parachat Bo (33a), s.v. 'Bih', explique aussi: 'En lui, cela se tenait dans son esprit, car il pensait: voici, Tu M'as incité', comme le dit Job: 'Et Tu as fait briller le conseil des méchants' (Job 10,3); Job disait: Tu T'es laissé persuader par la parole de cet accusateur.
Cela signifie qu'en vérité la volonté ne change pas par l'accusation, mais selon le receveur et selon sa saisie. Comme il est dit dans le saint Zohar (Vayera 103a): 'Son maître est connu aux portes...', et selon ce qu'il mesure dans son cœur, Il est ainsi connu dans son cœur.
ויצק שמן על ראשה וגו'. הענין בזה, כי שמן מרמז על אור וטובת עין, כמו שמנר אחד יכולים להדליק כמה נרות ואין האור חסר כלום, כן הוא השמן, כדכתיב (מלכים ב ד׳:ב׳) אין לי כי אם אסוך שמן, ואמר אלישע שמזה יוכל להתרבות ההשפעה והברכה, וכדאיתא בזוה"ק (יתרו פז:) ודאי הא ברכתא שלימתא בהאי כו'קמזוזה לשון הזוהר הקדוש שם (יתרו פז:):
ר' שמעון פתח (מלכים ב ד׳:ב׳) ויאמר אליה אלישע מה אעשה לך הגידי לי מה יש לך בבית, אמר לה אלישע כלום אית לך על מה דתשרי ברכתא דקודשא בריך הוא וכו'. כיון דאמרה אין לשפחתך כל בבית כי אם אסוך שמן, אמר ודאי הא ברכתא שלימתא בהאי דכתיב (קהלת ז׳:א׳) טוב שם משמן טוב, דשמא קדישא משמן נפקא לאתברכא לאדלקא בוצינין קדישין, מאי שמן דא, ר' יצחק אמר כמה דאת אמר (תהילים קל״ג:ב׳) כשמן הטוב על הראש וגו', ר' אלעזר אומר אלין טורי דאפרסמונא דכיא, אמר ר' שמעון טוב שם כמה טבא שמא עלאה דבוצינין עלאין קדישין כד כלהו נהרין משמן טוב כמה דאמינא..
וכן נמשלו דברי תורה לשמן, שאם ילמד אדם לחבירו לא יחסר מחכמתו כלום. וכן העשה מתפשט לכמה לא תעשה, למשל, העשה מואהבת לרעך כמוך, מתפשט ללא תרצח ולא תשנא את אחיך ועוד כמה אביזריהו מזה, רק השי"ת העלים העשה ומזה הם כל הלא תעשה.
אבל בעת שהשי"ת יאיר ויגלה מפורש העשה, אז לא יהיה מקום להלא תעשה. וזהו דאיתא בזוה"ק מהאי אילנא אתמליאת כל ארעא.
וזהו ויצק שמן, שבהד"ת נמצא התפשטות כמו בשמן, וכן הטובת עין שנמצא בשמן שיכולים להדליק מנר אחד כמה נרות ולא יחסר אורו. וכן הוא בד"ת, שיכול אחד ללמד לכמה תלמידים ולא יחסירו מחכמתו.
ובזה המקום נמצא ג"כ טובת עין מאד, שזה המקום חפץ להשפיע כל הטובות לישראל, ולכן גם כן היו מושחים כל כלי המקדש קודם עבודתם בשמן המשחה, שישפיעו לישראל כל הטובות בטובת עיןקמחעיין בבית יעקב שמות פרשת תשא אות כה: שמן מורה על נדיבות וטובת עין שנמשך אל האדם.
ששמן הוא אור, ואור יש בו נדיבות, שאין בכל דבר גשם בעולם שיתן מעצמותו לחבירו וממנו לא יחסר כלום, כמו האור שרוצה להמסר להאדם ביותר. וכמו שמנר אחד מדליקין הרבה נרות ואין אורו חסר כלום, וכדאיתא בגמרא נר לאחד נר למאה.
וכמו שכתיב (שיר השירים א׳:ג׳) שמן תורק שמך, שיש בו נדיבות למתפשט ולהשפיע לחבירו. ומזה נתוסף בו ברכה וריבוי וכו'.
עיי"ש ועיין לקמן פרשה זו אות סא ד"ה ולזה.:
'Et il versa de l'huile sur son sommet...' Le sens en est que l'huile renvoie à la lumière et à la générosité de regard, comme on peut allumer plusieurs lampes à partir d'une seule lampe sans que sa lumière diminue; ainsi en est-il de l'huile. Comme il est écrit: 'Je n'ai rien, sinon une fiole d'huile' (II Rois 4,2), et Élisée dit que de cela l'influence et la bénédiction pouvaient se multiplier.
Comme il est dit dans le saint Zohar (Yitro 87b): 'Certes, la bénédiction parfaite est en ceci...' Voici le texte du saint Zohar (Yitro 87b): Rabbi Chimon ouvrit: 'Élisée lui dit: Que ferai-je pour toi? Dis-moi ce que tu as dans la maison.' Élisée lui dit: 'As-tu quelque chose sur quoi la bénédiction du Saint, béni soit-Il, puisse reposer?' ...
Lorsqu'elle dit: 'Ta servante n'a rien dans la maison, sinon une fiole d'huile', il dit: 'Certes, la bénédiction parfaite est en cela', comme il est écrit: 'Un bon nom vaut mieux qu'une bonne huile' (Qohelet 7,1), car le Nom saint sort de l'huile pour bénir et allumer les luminaires saints. Qu'est-ce que cette huile?
Rabbi Yitshak dit: comme tu dis: 'Comme la bonne huile sur la tête...' (Psaumes 133,2). Rabbi Elazar dit: ce sont les montagnes du baume pur.
Rabbi Chimon dit: 'Un bon nom': combien est bon le Nom supérieur des luminaires supérieurs et saints, lorsque tous les fleuves viennent de la bonne huile, comme je l'ai dit. Les paroles de Torah sont également comparées à l'huile: si un homme enseigne à son prochain, sa sagesse ne diminue en rien.
De même, le commandement positif s'étend en plusieurs interdictions. Par exemple, le commandement positif: 'Tu aimeras ton prochain comme toi-même', s'étend à 'Tu ne tueras pas', 'Tu ne haïras pas ton frère' et à plusieurs de ses dépendances.
Mais le Nom a dissimulé le commandement positif, et de lui procèdent toutes les interdictions. Lorsqu'Il éclairera et révélera explicitement le commandement positif, il n'y aura plus de place pour l'interdiction.
C'est ce qui est dit dans le saint Zohar: 'De cet arbre, toute la terre fut remplie.' Et c'est le sens de 'Il versa de l'huile': dans les paroles de Torah se trouve l'expansion, comme dans l'huile; et il s'y trouve aussi cette générosité de regard, puisqu'on peut allumer plusieurs lampes à partir d'une seule lampe sans que sa lumière diminue. Il en est de même des paroles de Torah: un seul peut enseigner à de nombreux élèves sans diminuer de sa sagesse.
En ce lieu se trouve aussi une très grande générosité de regard: ce lieu désire répandre tous les biens sur Israël. C'est pourquoi on oignait aussi d'huile d'onction tous les ustensiles du Temple avant leur service, afin qu'ils répandent tous les biens sur Israël avec générosité de regard.
Voir Beit Yaakov, Chemot, parachat Ki Tissa, paragraphe 25: l'huile indique la générosité et la générosité de regard qui se prolonge vers l'homme. Car l'huile est lumière, et la lumière contient de la générosité: il n'y a aucune substance matérielle dans le monde qui donne de son essence à son prochain sans que rien ne lui manque, comme la lumière, qui désire se donner à l'homme au plus haut point.
Comme on allume de nombreuses lampes à partir d'une seule lampe sans que sa lumière diminue, ainsi qu'il est dit dans la Guemara: une lampe pour un, une lampe pour cent. Et comme il est écrit: 'Ton nom est une huile répandue' (Cantique des cantiques 1,3): il y a en elle la générosité de s'étendre et d'influencer son prochain.
De cela s'ajoutent en elle bénédiction et abondance, etc. Voir là-bas, et voir plus loin dans cette paracha, paragraphe 61, s.v. 'C'est pourquoi'.
« Il appela ce lieu Beth Él, mais Louz était auparavant le nom de la ville. » Louz est close et scellée : le Saint, béni soit-Il, a dissimulé Sa voie, afin qu'on ne sache pas la profondeur de Son intention. Selon le Beit Yaakov, si tout ce qu'Il édifie était manifeste, il n'y aurait aucune contraction (tsimtsoum). À Louz on se lasse de vivre : la vraie vie éternelle ajoute toujours joie. Au Temple, par la vie passagère du service, l'homme acquiert la vie du monde à venir. Yaakov nomme le lieu Beth Él : la vie éternelle éclairera aussi ce monde-ci, et D.ieu réside de façon permanente en tous les lieux d'Israël.
Aussi : fruit du louz en vingt et un jours, monde caché ; « je reviendrai en paix », on peut modifier la vérité pour la paix ; « que ce lieu est redoutable », là où est la perfection la crainte se trouve.
ויקרא את שם המקום ההוא בית אל ואולם לוז שם העיר לראשונה. לוז הוא דבר סתום וחתום שאין בה תפיסה להבריאה, כי השי"ת הסתיר דרכו והנהגתו שלא ידעו מה הוא עומק המכוון שלו ומה הוא בונה, על זה מורה השם לוז, וכדכתיב (שופטים א׳:כ״ד) הראנו נא את מבוא העיר, שלא ידעו איך לכנוס בה, וע"ז אמר שלמה המלך ע"ה (קהלת ט) אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני.
והענין בזה הוא, כי אם היה בהתגלות לעין האדם כל מה שהשי"ת בונה בכל הנהגותיו, אזי לא היה שום צמצום בעולם, וע"ז מרמז השם לוז, שהוא סתום וחתום מכל בריה. וכן הוא הענין דאיתא בזוה"ק (תרומה קנא:) אתר אית בישובא דלא שלטא ביה ההוא מחבלא כו' לא מתין עד דנפקין לבר מקרתא כו' מאי טעמא לא שלטא תמן ההוא מלאך מחבלא כו' אי תימא בגין קדושה לית אתר בקדושה בכל ישובא כגוונא דארץ ישראל כו' אלא מיומא דאתברי עלמא אתתקן ההוא אתר לקיומא כו', כד ברא קוב"ה עלמא ברא ליה ברזא דאתוון ואתגלגלו אתוון וברא עלמא בגלופי דשמא קדישא כו', אמר קוב"ה די יסתיים בי' אשתארת אות ט' בההוא דוכתא תליא באוירא כו' ט' איהו אות דנהירו חיין כו' ועל דא בגין דהוה ט' תליא על גב ההוא אתר לא שלטא ביה מותא כו' ואי תימא אי הכי דבההוא אתר שריין חיים אמאי לא אתבני תמן בי מקדשא למיהב חיין ליתבהא, אלא הכא בהאי אתר אתקיים בגין את חד דשריא עליה בבי מקדשא כל אתוון כלהו שארן ביה כו' ותו דארעא קדישא יהיב חיין וכפרה ליתבהא בההוא עלמא, ואתר דא לאו הכי יהיב חיין לההוא אתר בהאי עלמא ולא בעלמא דאתי, ובי מקדשא בהפוכא מתמן בגין דאיתא חולקא לישראל בההוא עלמא ולא בעלמא דא כו'.
והוא כענין דאיתא בהקדמה (דף ג.) עאלת אות ט' אמרה קמיה, רבון עלמא ניחא קמך למברי בי עלמא כו' אמר לה לא אברי בך עלמא דהא טובך סתים בגווך וצפון בגווך כו' לית ביה חולקא לעלמא דא דאנא בעי למברי אלא בעלמא דאתי. והוא שהאור הצפון באות ט' אי אפשר להמשיכו שיאיר מאור העתיד לבא שיאיר אף בעוה"ז, כי שם הוא החיים בתכלית ההסתר.
שבעוה"ז הציב השי"ת שהחיי שעה הם גוון מחיי עולם, היינו שע"י חיי שעה יוכל האדם לקנות חיי עוה"ב. ושם הוא החיי עולם גניז וסתים מאד, עד שנדמה שם שזה החיים שלהם הוא חיי עולם, ובאמת זה הוא יותר רחוק מחיי עולם, והא ראיה שהם קצים בחיים, כדמוכח בזוה"ק דנפקין לבר מקרתא, וכדאיתא (סוטה מו:) על זה המקום לוז שאין למלאך המות רשות לכנוס בה אלא זקנים שבהן בזמן שדעתן קצה עליהם יוצאין חוץ לחומה.
הרי לך שהם קצים בזה החיים, ואין זה סימן טוב לאדם לקוץ בחייו, כדאיתא בתנא דבי אליהו רבה (פרק יד). מוכח מזה שאין זה חיי עולם, כי חיי עולם האמתיים הם תמיד נובעים ממקור החיים, וכל רגע ורגע מוסיפין חיים ושמחה באדם.
ובמקום המקדש היה זה ניכר מאד שהיה שם האדם נח ושמח בחייו, מפני שראה שע"י החיי שעה שעבד בה את השי"ת יקנה על ידה חיי עולם, וממילא הבין שהמיתה הוא רק מסטרא דילן, שמצד השי"ת לא יכלה החיים, וכדאיתא בתיקוני הזהר (תיקון סז צח:) באצילות לית תמן לא מיתה ולא חטא:
Il appela ce lieu Beth Él, mais Louz était auparavant le nom de la ville. Louz est une chose close et scellée, dont la créature ne peut avoir prise; car le Saint, béni soit-Il, a dissimulé Sa voie et Sa conduite, afin qu'ils ne sachent pas quelle est la profondeur de Son intention ni ce qu'Il édifie.
C'est ce qu'indique le nom Louz, comme il est écrit: "Montrez-nous donc l'entrée de la ville" (Juges 1,24), car ils ne savaient comment y entrer. À ce sujet, le roi Salomon, de bénie mémoire, dit: "J'ai dit: Je deviendrai sage; mais elle est loin de moi" (Qohelet 7,23).
Le sujet est que si tout ce que le Saint, béni soit-Il, édifie dans toutes Ses conduites était manifeste aux yeux de l'homme, il n'y aurait aucune contraction (tsimtsoum) dans le monde. Le nom Louz y fait allusion: il est fermé et scellé pour toute créature.
Ainsi est-il rapporté dans le Zohar (Terouma 151b): il est un lieu habité où cet ange destructeur ne domine pas... ils ne meurent pas avant de sortir hors de la cité... Pourquoi cet ange destructeur n'y domine-t-il pas?...
Dirais-tu que c'est à cause de la sainteté? Il n'est pas de lieu saint dans toute région habitée semblable à la Terre d'Israël...
Mais, depuis le jour où le monde fut créé, ce lieu fut préparé pour subsister... Lorsque le Saint, béni soit-Il, créa le monde, Il le créa par le secret des lettres; les lettres se déplacèrent, et Il créa le monde par les gravures du Nom saint...
Le Saint, béni soit-Il, dit: "Il suffit que la lettre qui achève le mot y demeure"; la lettre ט demeura suspendue dans ce lieu, dans l'air... ט est la lettre de la lumière de vie... Aussi, parce que ט était suspendue au-dessus de ce lieu, la mort n'y dominait pas...
Dirais-tu: si donc la vie réside en ce lieu, pourquoi le Temple n'y fut-il pas bâti, pour donner vie à ses habitants? Mais ici ce lieu subsiste à cause d'une seule lettre qui y réside; au Temple, toutes les lettres y résident...
De plus, la Terre sainte donne vie et expiation à ses habitants dans le monde à venir; ce lieu-ci, au contraire, donne vie en ce monde, mais non dans le monde à venir. Le Temple est l'inverse, car Israël a une part dans le monde à venir, non dans ce monde...
Cela est pareil à ce qui est rapporté dans l'Introduction (p. 3): la lettre ט entra et dit devant Lui: "Maître du monde, qu'il Te plaise de créer le monde par moi..." Il lui répondit: "Je ne créerai pas le monde par toi, car ton bien est caché au-dedans de toi et dissimulé au-dedans de toi... il n'a pas part au monde que Je veux créer, mais au monde à venir." La lumière cachée dans la lettre ט ne peut être attirée afin que la lumière de l'avenir éclaire aussi ce monde-ci, car la vie y est dans une dissimulation extrême.
Le Saint, béni soit-Il, a établi en ce monde que la vie passagère est une teinte de la vie éternelle: par la vie passagère, l'homme peut acquérir la vie du monde à venir. La vie éternelle y est très cachée et dissimulée, au point qu'il semble que leur vie soit la vie éternelle; mais en vérité elle en est plus éloignée.
Preuve: ils se lassent de vivre, comme le prouve le Zohar, puisqu'ils sortent hors de la cité. Et il est rapporté au sujet de Louz (Sota 46b) que l'ange de la mort n'a pas permission d'y entrer; seuls les vieillards, lorsque leur esprit se lasse d'eux, sortent hors de la muraille.
Vois donc qu'ils se lassent de cette vie. Or il n'est pas bon pour l'homme de se lasser de sa vie, comme il est rapporté dans le Tanna devei Eliyahou Rabba (chap.
14). Cela prouve que ce n'est pas la vie éternelle: la vraie vie éternelle jaillit toujours de la source de vie, et à chaque instant elle ajoute vie et joie en l'homme.
Dans le lieu du Temple, cela était très apparent: l'homme y était apaisé et joyeux de sa vie, car il voyait que, par la vie passagère dans laquelle il servait le Saint, béni soit-Il, il acquerrait la vie éternelle. Il comprenait donc que la mort n'est que de notre côté; du côté du Saint, béni soit-Il, la vie ne s'épuise pas.
Ainsi est-il dit dans les Tikounei ha-Zohar (tikoun 67, 98b): "Dans Atsilout, il n'y a ni mort ni faute."
וזה מקום המקדש עצמו קודם ששינה יעקב את שמה היה בבחינה זו ג"כ, וע"ז מורה מה שהיה שמה לוז לראשונה, כי כל הדברים ששמם לוז הם למעלה מתפיסת האדם שאין לה מקום בהבנת האדם, ולזה איתא ג"כ (סוטה מו:) לוז שצובעין בה את התכלת, היינו משם יוצא נהורא תכלא והיינו יראה, כי אין האדם מבין מבוא העיר להבין מה בונה הש"י בזה. וכן העצם שיבנה ממנו התחיה "לוז" שמו, והוא ג"כ מורה על ישועה שאין לה מקום בתפיסת האדם, כדכתיב על זו הישועה (ישעיהו ס״ד:ב׳) בעשותך נוראות לא נקוה, שאין בלבו של אדם קווי לזו הישועהקמטכמבואר במי השלוח ח"ב ישעיה (כה) ד"ה ואמר [ב]:
ואמר ביום ההוא הנה א-להינו זה קוינו לו ויושיענו זה ה' קוינו לו. קוינו הוא לשון קו שמורה על דברים שיש בתפיסת האדם ציפוי לישועה ואינו מייאש עצמו, נגילה ונשמחה בישועתו זה מורה כענין שכתיב (ישעיהו ס״ד:ב׳) בעשותך נוראות לא נקוה, שיש מקומות שהאדם מייאש עצמו מצדו ואין לו שום קו וציפוי להישועה שאין זה בתפיסתו ועל זה אמר הכתוב שזה הישועה הוא רק מצד השי"ת ונגילה ונשמחה בישועתו..
וכן הוא זה העצם קשה בטבע, כדאיתא במדרש רבה (בראשית כח) נתנו על הסדן נבקע הסדן ולא נבקע העצם. ובזוה"ק (ויחי ריד:) לוז דא ירושלים עלאה.
וקודם שבא אבינו יעקב לעולם, אם היה אדם עובד את השי"ת הוצרך לו למסור נפשו מכל וכל עד שלא ישאר לו שום השארת חיים בתפיסתו, וכדאיתא (פסחים פח.) אברהם קראו הר, היינו בליטה מפורשת. ויצחק קראו שדה, היינו ג"כ שלא השאיר לעצמו כלל, רק כל מה שהיה בידו החזירו וזרעו לעבודת השי"ת, כדכתיב (תולדות כו) ויזרע יצחק (וכמש"נ בפ' תולדות אות ג ד"ה וזה היה, אות ח).
והוא שמקום עבודה הזה היה כל כך מוסתר ונכסה מהאדם עד שהוכרח למסור נפשו בלי שום השארה, כמו שמצינו שאברהם מסר נפשו באור כשדים וכן יצחק בעקדהקנכמבואר לעיל פרשת וירא אות נו עיי"ש, ועיין עוד בתפארת יוסף מסכת פסחים (פח.) ד"ה א"ר אלעזר: וזה לא כאברהם שקראו הר, שלא יהיה בכח אדם להכיר כחו ית' ואורו בלתי שיבטל עצמו לגמרי וכו'.
אכן אחר שבא אאע"ה קראו בשם ד' אל עולם (בראשית כא), שהתחיל להאיר בתפיסת אדם אף בעוה"ז, שע"י עבודה יוכל להגיע לאורו ית', אכן בגודל עבודה עצומה שיבטל עצמו לגמרי בתפיסתו וכו'. ומי שהיה רוצה להכיר אורו ית' היה מוכרח לבטל את עצמו דעתו ותפיסתו לגמרי, מבלי השאיר לו כל.
וזה לא כאברהם, כי השי"ת חפץ בהשארת אדם.. ויעקב פעל כל זאת בתפלתו, שמאז והלאה אם יפנה אדם להשי"ת לעבדו אז לא יצרך לו למסור עצמו להשי"ת בלי שום השארה, שלא יהיה המקום הזה בהעלם כל כך כאשר היה עד הנה, אך כל מי שיפנה עצמו להשי"ת יתגלה לו הפנימיות מכל דבר, ויודע לו כי יש לו להשי"ת מכוון אחר בכל דבר, לא כמו שנדמה בזה העולם.
וזאת הכניס יעקב בזה שכינה שם העיר לטובה וקראה בית אל, וע"ז מרמז השם בית, שיאיר גם לעוה"ז מחיי עולםקנאוכן ביאר בסוד ישרים שבת חוה"מ סוכות אות ה: כמו שמצינו אצל יעקב, ויקרא שם המקום ההוא בית אל ואולם לוז שם העיר לראשונה.
היינו, כי לוז מורה על מקום היותר קשה שנמצא גבי אדם, כדאיתא (בראשית רבה פ' כח) שיש באדם עצם קשה בטבע, טחנו בריחים ולא נטחן, שרפו באש ולא נשרף, נתנו על הסדן והתחיל מכה עליו בפטיש, נחלק הסדן ונבקע הפטיש ולא חסר כלום ושמו לוז וכו'. וזה רומז על גודל העקשות לבל ימסור עצמו להשי"ת.
ובכל זאת האיר יעקב אבינו בעבודתו אף במקום העקשות כמו זו, והכניס שם ג"כ הכנעה לעבודתו ית'. לזה קראו בית אל, היינו שהראה גם שם קדושה בקביעות.
וזה הוא ויקרא שם המקום ההוא בית אל ואולם לוז שם העיר לראשונה, להורות בזה, שאין שום מקום גבי ישראל שלא ימסור עצמו להשי"ת, כי השי"ת שוכן הקביעות בכל המקומות של ישראל.:
Ce lieu même du Temple, avant que Yaakov n'en changeât le nom, était lui aussi dans cette dimension. C'est ce qu'indique le fait que son premier nom fut Louz: toute chose nommée Louz est au-dessus de la saisie humaine et n'a pas de place dans l'entendement de l'homme.
Il est aussi rapporté (Sota 46b): "Louz, où l'on teint l'azur." C'est-à-dire que de là sort une lumière d'azur, qui est la crainte; car l'homme ne comprend pas l'entrée de la ville ni ce que le Saint, béni soit-Il, édifie par cela. De même, l'os dont sera bâtie la résurrection porte le nom de "louz"; lui aussi indique un salut qui n'a pas place dans la saisie de l'homme.
Il est écrit de ce salut: "Quand Tu accomplis des choses redoutables que nous n'attendions pas" (Isaie 64,2), car le cœur de l'homme n'espère pas ce salut. Ainsi est expliqué dans Mei ha-Shiloah, II, Isaie (25), sur "Et l'on dira en ce jour: voici notre Elokim, nous L'avons espéré et Il nous a sauvés; voici ה', nous L'avons espéré" [b]: "Nous avons espéré" est le terme de qav (ligne), qui indique les choses dont l'homme a la saisie et dont il attend le salut sans désespérer.
"Réjouissons-nous et exultons de Son salut" indique, comme il est écrit: "Quand Tu accomplis des choses redoutables que nous n'attendions pas" (Isaie 64,2), qu'il y a des situations où l'homme désespère de son propre côté et n'a aucune ligne ni attente du salut, car cela n'est pas dans sa saisie. Le verset dit donc que ce salut vient seulement du côté du Saint, béni soit-Il: "Réjouissons-nous et exultons de Son salut." Cet os est aussi dur par nature, comme il est rapporté dans le Midrach Rabba (Bereshit 28): on le posa sur l'enclume; l'enclume se fendit, mais l'os ne se fendit pas.
Dans le Zohar (Vayehi 214b): "Louz est la Jérusalem d'en haut." Avant que notre père Yaakov vienne au monde, si un homme voulait servir le Saint, béni soit-Il, il devait livrer son âme entièrement, jusqu'à ne laisser aucune survivance de vie dans sa propre saisie. Ainsi est-il rapporté (Pessahim 88a): "Abraham l'appela montagne", c'est-à-dire une éminence explicite.
Its'hak l'appela "champ", ce qui signifie aussi qu'il ne se laissait absolument rien: tout ce qu'il possédait, il le rendait et l'ensemenccait pour le service du Saint, béni soit-Il, comme il est écrit: "Its'hak sema" (Toldot 26; comme nous l'avons expliqué dans la paracha Toldot, section 3, début "Et cela était", section 8). Ce lieu du service était si caché et voilé à l'homme qu'il devait livrer son âme sans aucun reste, ainsi qu'Abraham livra son âme dans la fournaise des Chaldéens et Its'hak lors de la ligature.
Ainsi est expliqué plus haut, paracha Vayera, section 56; voir aussi Tiferet Yosef, Pessahim 88a, début "Rabbi Elazar dit": "Et non comme Abraham, qui l'appela montagne: nul homme ne pouvait reconnaître Sa puissance et Sa lumière sans s'annuler entièrement..." Toutefois, après la venue d'Abraham notre père, de bénie mémoire, il l'appela "Él, Dieu du monde" (Bereshit 21): il commença à faire briller dans la saisie de l'homme, même en ce monde, que par le service il peut atteindre Sa lumière, quoique par un travail immense où il s'annule entièrement dans sa saisie... Celui qui voulait reconnaître Sa lumière devait annuler entièrement son moi, son esprit et sa saisie, sans rien laisser.
"Et non comme Abraham, car le Saint, béni soit-Il, désire qu'il reste quelque chose de l'homme." Yaakov accomplit tout cela par sa prière: désormais, si l'homme se tourne vers le Saint, béni soit-Il, pour Le servir, il ne lui sera pas nécessaire de se livrer au Saint, béni soit-Il, sans aucun reste, et ce lieu ne sera plus aussi voilé qu'il l'avait été jusque-là. Mais quiconque se tourne vers le Saint, béni soit-Il, se verra révéler l'intérieur de toute chose; il saura que le Saint, béni soit-Il, a une intention autre en toute chose, différente de ce qui paraît dans ce monde.
Yaakov introduisit cela en donnant à la ville un bon nom et en l'appelant Beth Él. Le nom de maison y fait allusion: la vie éternelle éclairera aussi ce monde-ci.
Ainsi est expliqué dans Sod Yésharim, Chabbat de Hol ha-Moed Soukkot, section 5: comme chez Yaakov, "Il appela ce lieu Beth Él, mais Louz était auparavant le nom de la ville." Louz indique le lieu le plus dur qui se trouve chez l'homme, comme il est rapporté (Bereshit Rabba, chap. 28): il y a chez l'homme un os naturellement dur; on le moud aux meules et il ne se moud pas, on le brûle au feu et il ne brûle pas, on le pose sur l'enclume et l'on commence à le frapper au marteau, l'enclume se fend et le marteau se brise sans qu'il perde rien; son nom est Louz...
Cela fait allusion à la grande obstination à ne pas se livrer au Saint, béni soit-Il. Et pourtant Yaakov notre père, par son service, éclaira même en un lieu d'obstination tel que celui-là, et y introduisit aussi la soumission à Son service.
C'est pourquoi il l'appela Beth Él: il y montra aussi une sainteté permanente. Tel est "Il appela ce lieu Beth Él, mais Louz était auparavant le nom de la ville": pour enseigner qu'il n'est aucun lieu chez Israël où l'homme ne se livre au Saint, béni soit-Il, car le Saint, béni soit-Il, réside de façon permanente en tous les lieux d'Israël.
ויקרא את שם המקום ההוא בית אל ואולם לוז שם העיר לראשונה. איתא (בכורות ח.) שאילן הלוז נגמר פריו לכ"א יום, בגימטריא שם אקי"ק, שמרמז אנא זמין לאולדא כדאיתא בזוה"ק (אחרי סה:), וזהו עלמא דאתכסייא שאין בתפיסת האדם.
וכינה יעקב את שם העיר בית אל, שזה המקום יהיה מקום המקדש מקום מיוחד לעבודת ה' והתגלות השכינה. וכן היה זה המקום עצמו בהסתר והעלם בעת שקנה דוד את הגורן מארונה, שמקודם היה נדמה שהוא מקום חשך, ואח"כ נתגלה המקום לישראל ששם הוא מקום המקדש, וכל עיקר התגלות והשראת השכינה היה במקום זה שנקרא בית אל.
(כדאיתא לעיל ענין נא):
Il appela ce lieu Beth Él, mais Louz était auparavant le nom de la ville. Il est rapporté (Bekhorot 8a) que le fruit de l'arbre de louz parvient à maturité en vingt et un jours, soit la guematria du Nom אקי"ק, qui fait allusion à "Je suis prêt à enfanter", comme il est rapporté dans le Zohar (Aharei 65a).
Cela est le monde caché, qui n'est pas dans la saisie de l'homme. Yaakov donna à la ville le nom de Beth Él: ce lieu serait le lieu du Temple, un lieu particulier au service de ה' et à la révélation de la Chekhina (Présence divine).
Ce lieu même fut aussi dans la dissimulation et le voilement lorsque David acheta l'aire d'Arauna. Auparavant il semblait être un lieu de ténèbres; ensuite le lieu fut révélé à Israël comme étant le lieu du Temple.
Toute l'essence de la révélation et de la résidence de la Chekhina était en ce lieu appelé Beth Él. (Comme rapporté plus haut, section 51.)
ושבתי בשלום אל בית אבי. הענין בזה, דהנה המלאכים יש בהם כח גדול, כדאיתא (ברכות ד:) מיכאל באחת ואליהו טס העולם בארבע טיסות, ומכירים בארבע טיסות שמלא כל הארץ כבודו.
ועצום מהם האדם עושה דברו, כי השלימות הגמור הוא באדם, ושלום הוא שמו של הקב"ה שהוא כולל הכל, ולכן אמר יעקב ושבתי בשלום, כי היה צריך עוד להתפגש עם המלאך ולהתאבק עמו, ובשלום יוכל להתגבר עליו, כי שלום דוחה הכל אפילו אמת, כי מותר לשנות מפני דרכי שלום:
"Et je reviendrai en paix à la maison de mon père." Le sujet est que les anges possèdent une grande puissance. Ainsi est-il rapporté (Berakhot 4b): Mikhael accomplit sa mission en un seul vol, et Eliyahou parcourt le monde en quatre vols; ils reconnaissent en quatre vols que "toute la terre est pleine de Sa gloire".
Plus puissant qu'eux est l'homme qui accomplit Sa parole, car la perfection entière est dans l'homme. Shalom (paix) est un Nom du Saint, béni soit-Il, qui inclut tout.
Yaakov dit donc: "Je reviendrai en paix", car il devait encore rencontrer l'ange et lutter avec lui; par la paix il pourrait le vaincre, car la paix repousse tout, même la vérité: il est permis de modifier la vérité pour les voies de la paix.
מה נורא המקום הזה וגו' וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך. נורא היינו במקום השלימות הגמור, וכדאיתא בזוה"ק (יתרו עט.) באתר דשלימו תמן דחילו אשתכח.
וכן כתיב (תהילים ל״ד:י׳) יראו את ה' קדושיו כי אין מחסור ליראיו, מחמת שאין מחסור לכן צריך ליראה. וכן מצות מעשר הוא אחר שנתמרח בכרי ונגמר מלאכתוקנבונאמר בפרשת מעשר (ראה יד):
עשר תעשר את כל תבואת זרעך וגו' למען תלמד ליראה את ה' א-להיך וגו'.. וכן מעשר בהמה הוא אחר ההולדה, וצריך שיולד אצל ישראל כדאיתא (בכורות נו.).
והענין בזה, למה במקום השלימות צריכים ליראה, כי כל זמן שלא נשלם עוד הדבר יש בו שמירה עדיין מצד השי"ת, כמו הפרי כל זמן שלא נגמרה יש לה שומר הקליפה שמקיפה, וכדאיתא (חגיגה ה.) הן בקדושיו לא יאמין כו' הני לאורחא קא בעינא. אבל כשהוא בשלימות אז יש יראה שלא יתקלקל, וכמו שאם יעתיק אדם את המרכז ממקומו מעט יוכר ההשתנות בהקצוות הרבה, וכן כשעומד בשלימות מכוון נכח השי"ת צריך ליראה מאד, כי אם יחסיר שם אף מעט יוכר החסרון בכלל העולם כלו.
ולכן לא מצינו בהאבות לשון נורא עד יעקב אבינו ע"ה, מפני שלא היה בהם עוד שלימות, אבל ביעקב שהיו בו כל השלימות, לזה כתיב ביה נורא, כי באתר דשלימו תמן דחילו אשתכחקנגהיינו כי כל מה שנגמר אצל האדם השלמות ביותר נצמח לו מזה יראה ביותר כי מכיר ביותר שאין לו מבטח עוז על שום דבר בזה העולם. כדלקמן פ' ויחי אות ז ד"ה ולכן, עיין לעיל פ' וירא אות י..
כי כל זמן שאין עוד שלימות אז ניכר הכבוד שמים מצד הבריאה בכלל. אבל אח"כ בעידנא דשלימותא צריך שיוכר הכבוד שמים ע"י האדם בפרט, לכן צריך אז ליראה את ה', ולכן נתן אז מעשר, היינו שהחזיר הכל להשי"ת והגביה מלמטה לעשרה למעלה להשם יתברך, ולכן נתן לו השי"ת נחלה בלי מצרים:
"Que ce lieu est redoutable... et de tout ce que Tu me donneras, je T'en prélèverai sûrement la dîme." Redoutable signifie: au lieu de la perfection entière, comme il est rapporté dans le Zohar (Yitro 79a): "Là où est la perfection, la crainte se trouve." Il est aussi écrit: "Craignez ה', vous Ses saints, car rien ne manque à ceux qui Le craignent" (Psaumes 34,10). Parce qu'il ne manque rien, il faut craindre.
De même, le commandement de la dîme vient après que le produit a été tassé dans le tas et que son travail est achevé. Il est dit dans la section de la dîme (Reeh 14): "Tu prélèveras la dîme de tout le produit de ta semence... afin que tu apprennes à craindre ה', ton Elokim..." De même, la dîme du bétail vient après la naissance, et l'animal doit être ne chez Israël, comme il est rapporté (Bekhorot 56a).
Le sujet est: pourquoi, au lieu de la perfection, faut-il craindre? Tant que la chose n'est pas encore achevée, elle possède encore une garde du côté du Saint, béni soit-Il; ainsi le fruit, tant qu'il n'est pas arrivé à terme, a pour gardienne l'écorce, la kelipa (enveloppe), qui l'entoure.
Il est rapporté (Haguiga 5b): "Voici qu'Il ne se fie pas à Ses saints... ceux-ci sont requis pour le chemin." Mais lorsqu'elle est parfaite, il y a la crainte qu'elle ne s'abîme. Ainsi, si un homme déplace le centre un peu de sa place, le changement se reconnaît beaucoup aux extrémités.
De même, lorsqu'il se tient dans une perfection dirigée exactement face au Saint, béni soit-Il, il faut beaucoup craindre, car s'il y manque même un peu, le manque se reconnaîtra dans le monde entier. Aussi ne trouvons-nous pas chez les Pères le terme "redoutable" avant Yaakov notre père, de bénie mémoire, car la perfection n'était pas encore en eux.
Mais chez Yaakov, qui possédait toutes les perfections, il est écrit "redoutable", car "là où est la perfection, la crainte se trouve". C'est-à-dire que plus la perfection acquise par l'homme est complète, plus la crainte qui en pousse est grande, car il reconnaît davantage qu'il n'a aucune assurance forte en aucune chose de ce monde.
Comme il sera dit plus loin, paracha Vayehi, section 7, début "C'est pourquoi"; voir plus haut paracha Vayera, section 10. Tant qu'il n'y a pas encore perfection, la gloire du Ciel est discernable par la création en général.
Mais ensuite, au temps de la perfection, la gloire du Ciel doit être discernable par l'homme en particulier; il faut alors craindre ה'. C'est pourquoi il donna alors la dîme: il rendit tout au Saint, béni soit-Il, et éleva d'en bas vers les dix d'en haut, vers le Saint, béni soit-Il.
C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, lui donna un héritage sans limites.
« Et de tout ce que Tu me donneras, je T'en prélèverai assurément la dîme. » La Guemara enseigne de ne pas dépasser un cinquième, et le Beit Yaakov explique pourquoi Yaakov sépare deux dîmes : les choses de ce monde ont deux kelipot, comme la noix. La coque extérieure se jette, la kelipa intérieure se mange avec la nourriture. L'Israélite donne la première dîme au Lévi, qui peut la purifier, et reçoit les neuf qav au-dessus de sa saisie ; la seconde, il la détache et la mange à Jérusalem. L'obligation naît à la porte : du côté de D.ieu tout est fruit, la kelipa n'existe que du côté de l'homme.
Aussi : la mila que l'on jette et la peria que l'on dévoile ; l'huile versée sur le sommet, lumière de Torah qui s'étend sans diminuer ; Yaakov élève les pieds jusqu'à la tête.
וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך. ילפינן מזה בגמרא (כתובות נ.) המבזבז אל יבזבז יותר מחומש, ולמה חלקו יעקב לשני מעשרות.
אכן הענין בזה, שיש בכל דברי עוה"ז שמתנהגת אחר ד"ת שתי קליפות, כמו דאיתא בזוה"ק (תרומה קלא.) וזרח משעיר למו ולא כתיב לשעיר בגין דרזא דמהימנותא הכי איהו דרגין מגו דרגין אלין פנימאין מאלין, קליפה גו קליפה ומוחא גו מוחא כו'. וכן כל דברי עוה"ז יש בהם קליפה גו קליפה כמו באגוז, דאיתא (זוהר תרומה קמ:) דהאי קליפה דלבר לאו איהי תקיפא קליפה דאיהי לגו מינה איהי קליפא תקיפא כו', כי באגוז הקליפה העליונה זורקין לגמרי ואינה מאכל אדם כלל, ותחת זו הקליפה יש עוד קליפה רכה שבפני עצמה אינה ראויה לאכלה ועם המאכל יחד נאכלת.
וכן יש בעולם פרי שהוא קליפה לגמרי לפני אדם ואינו יכול לאכלה בשום אופן, כי אם יאכל ממנה תגרם לו היזק. ובאמת בהקליפה יש בה כח גדול יותר מהנמצא בתוך הפרי, ורק שאין בכח האדם לקבלו.
וכן הוא בכל הקליפות שמקיפים לקדושה, יש בהם כח עצום וניצוץ הקדושה שבהם מוסתרת, והניצוץ הזה גדול בכח עד מאד וגבוה יותר מכח האדם, שהאדם מצדו אינו יכול לקבלו כי גברה ממנו. ולכן צריכים ליתן מעשר ראשון ללוי, שהישראל מצווה להפריש מתבואתו וליתנו ללוי, היינו שאין בישראל כל כך עבודה שיוכל לעכב את המעשר ראשון לעצמו, וע"י שנותן ללוי חלקו הוא זוכה בהמותר משלחן גבוה (וכמש"נ בפ' ראה פסוק עשר תעשר)קנדמבואר בסוד ישרים שמיני עצרת אות כו:
העניין מעשר רומז על הלבוש האחרון מהבריאה, שהוא תפיסת הבחירה של אדם וכו'. וזאת הבחירה שבתפיסת אדם נקרא עשירי מדת המלכות וכו'.
כי מזאת המידה מתחיל תפיסת הבחירה. ולזה נקראת זאת המידה העשירית קב שלו, שעליו רמזו ז"ל, רוצה אדם בקב שלו יותר מט' קבין של חבירו.
כלומר במה שיש להאדם בתוך תפיסתו, בזה מתגבר מאד החשק גבי האדם, וזהו רוצה האדם בקב שלו. ולכן כאשר האדם מוסר זאת להשי"ת, היינו בזה שמפריש המעשר, אזי מנחיל לו השי"ת כל התשעה קבין הנשארים, שהם למעלה מתפיסתו, וקא זכי אותם בקנין גמור משלחן גבוה.
כי כל עוד שלא הפריש המעשר, אין לו עדיין שום קניין בהשפעתו ית', אכן כאשר מוסר את העשירי, אזי מסכימים כל מערכת הבריאה, שישיג קניין בכל הט' קבין הנשארים. ועיין עוד שם אות כג, כז, לא..
ואף שמותר לישראל לאכול מעשר ראשון, אבל אינו רשאי להניחו לעצמו וצריך ליתנהו להלוי, כי בלוים יש בהם כח ועבודה לזכך זו הקליפה. ומעשר שני הוא כמו הקליפה השניה שנאכלת על יד המאכל, וזה הוא מעשר שני שמפרישו לעצמו ואוכלו בירושלים, שצריך להכניס בו עבודה שלא יאכלו שלא מדעתקנהוכן מבואר בסוד ישרים שמיני עצרת אות כט ד"ה הנה:
וצריכין להפריש שתי מעשרות, והוא כעניין שמצינו גבי קליפת הערלה, שצריכין להסיר הקליפה הראשונה לגמרי, והשניה צריכין רק לנתקה ממקומה והשאר נשאר בקדושה. כך המעשר ראשון, צריכין למסור לגמרי להלוי, כי אם יקבל זה המעשר לעצמו, אזי יסתיר בעדו לגמרי את האור.
כי רק הלוי, יען שיש בו בקביעות קדושה, כדכתיב, ואתנם לו מורא וייראני וגו' הוא יכול לקבל זה המעשר. אולם המעשר שני, הוא רק בהסתר כשהוא במקומו, אבל כשנותקין אותו ממקומו והוליכו לירושלים, שם הוא בכח הישראל נמי שפיר לקבלו פנים בפנים..
ולכן הוא זמן ההתחייבות ממעשר הוא בשעת מירוח ובראיית פני הבית בהכניסו דרך שער כדאיתא (ברכות לא.), היינו שמצד השי"ת אין שום קליפה והכל הוא פרי, ואף השלא מדעת יוכל השי"ת להושיע, כי לעתיד יושיע השי"ת אף לתינוק שנשבה בין הנכרים ולא ידע עיקר שבת. רק מצד האדם יש קליפה ופרי, לכן הוא התחייבות המעשר בשעה שמכניסו דרך שער, כענין דאיתא (ברכות נד.) לא יקל אדם ראשו נגד שער המזרח, ובאמת נמצא יותר קדושה אחורי בית הכפורת שהוא סמוך לקדש הקדשים ולמה דוקא נגד שער המזרח.
אכן שבמזרח הוא פתח שנכנס להתפיסה של האדם. כי מצד השי"ת אין שום חילוק בין מקום השער למקום הכותל, כי אפילו מחיצה של ברזל אינה מפסקת לפני השי"ת, וכל החילוק הוא רק מצד האדם, שבמקום שאין לו שום תפיסה שם הוא רק השי"ת ואין שום רע נוגע שם.
רק במקום שמתחיל תפיסת האדם שם יש טוב ורע:
Et de tout ce que Tu me donneras, je T'en prélèverai assurément la dîme. Nous apprenons de la Guemara (Ketoubot 50a) que celui qui dépense ne doit pas dépenser plus d'un cinquième.
Pourquoi Yaakov sépara-t-il deux dîmes? Voici le sens: dans toutes les choses de ce monde, qui se conduisent selon la connaissance de la Torah, il y a deux kelipot (écorces), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Terouma 131a): 'Il resplendit depuis Séir pour eux', et non 'vers Séir', car dans le secret de la foi, il en est ainsi: des degrés au sein de degrés, les uns intérieurs aux autres, kelipa dans kelipa et moelle dans moelle, etc.
De même, dans toutes les choses de ce monde, il y a kelipa dans kelipa, comme dans la noix. Il est rapporté (Zohar, Terouma 140b): 'Cette kelipa extérieure n'est pas forte; la kelipa qui est à l'intérieur d'elle est une kelipa forte', etc.
Car la coque supérieure de la noix est entièrement jetée et n'est nullement nourriture humaine; sous cette coque, il y a une autre kelipa tendre qui, par elle-même, ne convient pas à être mangée, mais est mangée avec la nourriture. Ainsi, il y a dans le monde un fruit qui est entièrement kelipa pour l'homme, et qu'il ne peut manger d'aucune façon, car s'il en mangeait, il en subirait dommage.
En vérité, la kelipa possède une force plus grande que ce qui se trouve au-dedans du fruit; seulement l'homme n'a pas la force de la recevoir. Il en est de même de toutes les kelipot qui entourent la sainteté: elles possèdent une force immense, et l'étincelle de sainteté qui est en elles est cachée.
Cette étincelle est très grande en force, et plus élevée que la capacité de l'homme; de son côté, l'homme ne peut la recevoir, car elle l'emporte sur lui. C'est pourquoi il faut donner la première dîme au Levi: l'Israélite est tenu de la séparer de sa récolte et de la donner au Levi.
Cela signifie que l'Israélite n'a pas un travail suffisant pour pouvoir retenir pour lui-même la première dîme; en donnant sa part au Levi, il mérite le surplus de la table d'en haut, comme expliqué dans la paracha Reeh sur le verset 'Tu prélèveras assurément la dîme'. Il est expliqué dans Sod Yésharim, Chemini Atseret, section 26: la dîme fait allusion au dernier vêtement de la création, qui est la saisie du libre choix de l'homme.
Ce libre choix dans la saisie de l'homme est appelé le dixième, la mesure de la malkhout (royauté), car la saisie du libre choix commence à partir de cette mesure. Elle est donc appelée son qav, mesure de grain, le dixième, auquel nos sages de bénie mémoire ont fait allusion: 'Un homme préfère son propre qav à neuf qav d'autrui.' C'est-à-dire que, dans ce qui est au-dedans de sa saisie, le désir de l'homme s'intensifie beaucoup, et tel est 'un homme préfère son propre qav'.
Aussi, lorsqu'il remet cela au Saint, béni soit-Il, en séparant la dîme, le Saint, béni soit-Il, lui fait hériter les neuf qav restants, qui sont au-dessus de sa saisie, et il les acquiert en possession complète de la table d'en haut. Tant qu'il n'a pas séparé la dîme, il n'a encore aucune possession dans l'influence divine; mais lorsqu'il remet le dixième, tout l'ordre de la création consent à ce qu'il acquière les neuf qav restants.
Voir aussi là-bas, sections 23, 27 et 31. Bien qu'il soit permis à l'Israélite de manger la première dîme, il n'a pas le droit de la conserver pour lui-même et doit la donner au Levi, car les Leviim ont la force et le travail de purifier cette kelipa.
La seconde dîme est comme la seconde kelipa, qui est mangée avec la nourriture: c'est la seconde dîme, qu'il sépare pour lui-même et mange à Jérusalem. Il faut y introduire un travail, afin qu'elle ne soit pas mangée sans connaissance.
Ainsi est expliqué dans Sod Yésharim, Chemini Atseret, section 29, début 'Voici': il faut séparer deux dîmes. Cela est semblable à la kelipa de l'orla (incirconcision): il faut retirer entièrement la première kelipa; quant à la seconde, il suffit de la détacher de son lieu, et le reste demeure dans la sainteté.
Ainsi, la première dîme doit être entièrement remise au Levi, car si l'on recevait cette dîme pour soi-même, elle cacherait complètement la lumière. Seul le Levi, parce que la sainteté est établie en lui, comme il est écrit: 'Je lui donnai la crainte, et il Me craignit', etc., peut recevoir cette dîme.
Mais la seconde dîme ne dissimule que lorsqu'elle est à sa place; une fois détachée de son lieu et conduite à Jérusalem, l'Israélite aussi peut bien la recevoir face à face. C'est pourquoi le moment où l'on devient redevable de la dîme est celui du lissage du tas et de la vision de la face de la Maison, lorsqu'on y entre par la porte, comme il est rapporté (Berakhot 31a).
Cela signifie que, du côté du Saint, béni soit-Il, il n'y a aucune kelipa et que tout est fruit. Même celui qui agit sans connaissance, le Saint, béni soit-Il, peut le sauver, car à l'avenir Il sauvera même l'enfant capturé parmi les non-Juifs, qui ne connaissait pas le principe du Chabbat.
Mais du côté de l'homme il y a kelipa et fruit; c'est pourquoi l'obligation de la dîme commence lorsqu'il l'introduit par la porte. Cela rejoint ce qui est rapporté (Berakhot 54a): 'Que l'homme ne se conduise pas légèrement face à la porte orientale.' En vérité, une sainteté plus grande se trouve derrière le Saint des saints, qui est proche du Saint des saints; pourquoi donc précisément face à la porte orientale?
Mais à l'orient est l'ouverture par laquelle on entre dans la saisie de l'homme. Du côté du Saint, béni soit-Il, il n'y a aucune différence entre le lieu de la porte et celui de la muraille, car même une cloison de fer ne fait pas séparation devant le Saint, béni soit-Il.
Toute la différence n'est que du côté de l'homme: dans le lieu dont il n'a aucune saisie, il n'y a que le Saint, béni soit-Il, et aucun mal ne peut l'atteindre. Ce n'est qu'au lieu où commence la saisie de l'homme qu'il y a bien et mal.
וזהו ג"כ עיקר החילוק שבין מקום המקדש לשאר המקומות, כי באמת הוא מלא כל הארץ כבודו, רק בזה המקום המקדש ובפרט בשער המזרח שם היה שער השמים, שהשי"ת הרכין עצמו ליתן תפיסה להברואים, ושם היה המקום שניכר בו, לדעת כי אני ה' מקדשכם. ולכן מבחינת זה השער נולדים שני המעשרות ששם הוא השלימות.
ולכן כשהגיע יעקב להכרת השער הזה קיבל על עצמו לעשר שני מעשרות, ואמר וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך. אבל מצד השי"ת אין שום חילוק בין קליפה לפרי, רק מצד האדם הוא החילוק, שאין בו כח לקבל הקליפה שמא יזיקו.
לכן אמר יעקב וזה שער השמים, שהשי"ת רוצה ליתן לו לאדם תפיסה והבנה בעצמו, כי אם לא זה לא היה מראה לי שום חלום. ולכן עשר אעשרנו לך, וכדאיתא בזוה"ק (נח עב:) והאבן הזאת אשר שמתי מצבה כו', ואיכא דאמרי דא רשימו דאות קדישא די בבשרא.
כי משם הם כל ההולדות והפנימיות שבאדם יוצא להתגלות, שמקום הזה נקרא בזוה"ק (בא לו.) פתח הגוף והרוח, ושם הם שתי קליפות מילה ופריעה. מילה הוא העור הראשון שמבדילין אותו מן האדם וזורקין אותו לגמרי.
ופריעה היא הקליפה השניה שאין זורקין אותה לגמרי רק שצריכים להאירה באורקנוכמו שנתבאר בשער המצוות לרבנו האריז"ל פרשת לך בסופו: ובזה נבאר מצות המילה, כי הנה בתחילה כורתים את הערלה, והיא עור החיצון, הכלי החיצון מג' הכלים של היסוד, מבחי' זמן העיבור, ויען שם אחיזת החיצונים, לכן כורתין הערלה ההיא ומשליכין אותה.
ואח"כ פורעין העור שלפנים ממש, שהוא הכלי האמצעי של היסוד, מבחי' זמן היניקה, שהוא בחי' א-להי"ם שהוא דין, אלא שהוא קדוש. ולכן אין כורתין ומשליכין אותו, כמו עור החיצון.
אמנם כונתינו לפרוע, כדי שיתגלה הכלי הג' של היסוד הפנימי שבכולם האמיתי, הנקרא קדש קדשים, ובהתגלותו תתבטל אחיזת החיצונים. עכל"ק.
ומבואר בספר הזמנים – הגדה של פסח ד"ה ואעבור עליך: ובמילה עצמה נמצא אלו השנים, דינא ורחמי, הרומז למילה ופריעה.
שמילה הוא מה שהוא רע לגמרי, וצריך להסיר ולהפריד הרע, שבזה המקום יש שכחה גדולה, שהאדם יוכל לשכוח ח"ו בהשי"ת לגמרי. ומצות פריעה הוא בהעור השני הדבוק להערלה, וצריכין להסיר ולשנות המקום, במה שפורעין את העור הדבוק להערלה, שלא יוכל לעורר השכחה כמקודם מחמת דביקותו.
לכן המצוה הוא לפרעו, היינו להזיזו ממקומו ראשון ולא להשליכו וכו'. כמו כן כאן שמשנה מן זה המקום שלא יוכל עוד לבא לזה וכדכתיב (משלי ד׳:ט״ו) פרעהו אל תעבור בו.
שמזה הפסוק למדו חכז"ל על גדר ערוה, כדאיתא (יבמות כא.) רמז לשניות מן התורה מניין, היינו היכא אסמכוהו רבנן אקרא, ר' אושעיא אמר, מהכא, פרעהו אל תעבר בו שטה מעליו ועבור. היינו שאם לא יצמצם עצמו באלו השניות, יוכל ח"ו לבוא לגוף האיסור לשורש ערוה, והשניות הם גדר לערוה דאוריתא.
וזה מורה על קדש עצמך במותר לך, שהוא גדר להאיסור. ולזה צריך לאלו השנים מילה ופריעה.
ועיין לעיל פרשת וירא אות ח, לקמן פ' וישב אות יב ד"ה ולזה, בית יעקב ויקרא פ' תזריע אות כז ד"ה וטמאה [ב], סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פ' וירא בתחילתה ד"ה הענין., ואף הקליפה הראשונה אסור לנהוג בה קלנא כדמוכח בזוה"ק (ויקהל רג:), ולא יזרקו אף הקליפה הראשונה על הארץ בבזיון, כי מצד השי"ת אין שום קליפה בעולם ואף זו הקליפה:
C'est aussi la différence essentielle entre le lieu du Temple et les autres lieux. En vérité, 'toute la terre est pleine de Sa gloire'; mais en ce lieu du Temple, et particulièrement à la porte orientale, était la porte du ciel: le Saint, béni soit-Il, S'y inclinait pour donner une saisie aux créatures.
C'est là qu'il était reconnaissable, afin de savoir: 'Je suis ה' qui vous sanctifie.' C'est donc de l'aspect de cette porte que naissent les deux dîmes, car là se trouve la perfection. Lorsque Yaakov parvint à la reconnaissance de cette porte, il prit sur lui de prélever deux dîmes et dit: 'Et de tout ce que Tu me donneras, je T'en prélèverai assurément la dîme.' Mais du côté du Saint, béni soit-Il, il n'y a aucune différence entre kelipa et fruit; la différence n'existe que du côté de l'homme, qui n'a pas la force de recevoir la kelipa, de peur qu'elle ne lui nuise.
Yaakov dit donc: 'Ceci est la porte du ciel', car le Saint, béni soit-Il, veut donner à l'homme saisie et intelligence par lui-même; sans cela, Il ne m'aurait montré aucun rêve. C'est pourquoi: 'je T'en prélèverai assurément la dîme.' Ainsi est-il rapporté dans le Zohar (Noah 72b): 'Cette pierre que j'ai posée comme monument', etc.; certains disent: 'C'est l'empreinte du signe saint qui est dans la chair.' Car de là viennent toutes les générations, et l'intériorité de l'homme sort à la révélation.
Ce lieu est appelé dans le Zohar (Bo 36a) 'l'ouverture du corps et de l'esprit', et il y a là deux kelipot: la mila (circoncision) et la peria (dévoilement). La mila est la première peau, que l'on sépare de l'homme et que l'on jette entièrement.
La peria est la seconde kelipa, que l'on ne jette pas entièrement, mais qu'il faut éclairer de lumière. Comme cela a été expliqué dans Shaar ha-Mitsvot de notre maître le Ari zal, paracha Lekh Lekha, à la fin: 'Nous expliquerons par là le commandement de la circoncision.
On coupe d'abord l'orla, qui est la peau extérieure, le réceptacle extérieur des trois réceptacles du yessod (fondement), de l'aspect du temps de gestation; les forces extérieures y ayant prise, on coupe cette orla et on la jette. Ensuite on dévoile la peau qui est réellement à l'intérieur, le réceptacle médian du yessod, de l'aspect du temps d'allaitement; c'est l'aspect d'Elokim, qui est rigueur, mais une rigueur sainte.
On ne la coupe donc pas et on ne la jette pas comme la peau extérieure. Notre intention est de la dévoiler, afin que se révèle le troisième réceptacle du yessod, intérieur à tous, le véritable, appelé Saint des saints; par sa révélation, la prise des forces extérieures s'annulera.' Fin de la citation sainte.
Il est expliqué dans Sefer ha-Zémanim, Haggada de Pessa'h, début 'Et Je passai près de toi': dans la circoncision elle-même se trouvent ces deux aspects, rigueur et miséricorde, qui font allusion à la mila et à la peria. La mila concerne ce qui est entièrement mauvais, et il faut retirer et séparer le mal.
En ce lieu se trouve un grand oubli, au point que l'homme pourrait, à D.ieu ne plaise, oublier entièrement le Saint, béni soit-Il. Le commandement de la peria concerne la seconde peau, attachée à l'orla: il faut la retirer et changer son lieu, en dévoilant la peau attachée à l'orla, afin qu'elle ne puisse plus éveiller l'oubli comme auparavant par son attachement.
C'est pourquoi le commandement est de la dévoiler, c'est-à-dire de la déplacer de son premier lieu et non de la jeter, etc. Il en est de même ici: on la change de ce lieu afin qu'elle ne puisse plus y venir, comme il est écrit: 'Évite-la, ne passe pas par elle' (Proverbes 4,15).
De ce verset, nos sages de bénie mémoire ont appris la barrière relative à l'interdit sexuel, comme il est rapporté (Yevamot 21a): 'D'où sait-on que les interdits de second rang ont un indice dans la Torah? Sur quel verset les sages les ont-ils appuyés?
Rabbi Hoshaya dit: d'ici: Évite-la, ne passe pas par elle; écarte-t'en et passe.' Cela signifie que, s'il ne se limite pas dans ces interdits de second rang, il pourrait, à D.ieu ne plaise, parvenir au corps de l'interdit, à la racine de l'union interdite. Les interdits de second rang sont une barrière autour de l'interdit sexuel de la Torah.
Cela indique: 'Sanctifie-toi dans ce qui t'est permis', qui est une barrière pour l'interdit. Il faut donc ces deux choses: mila et peria.
Voir plus haut, paracha Vayera, section 8; plus bas, paracha Vayeshev, section 12, début 'C'est pourquoi'; Beth Yaakov sur Vayikra, paracha Tazria, section 27, début 'Et elle sera impure' [2]; et Sod Yésharim sur la Torah, manuscrit saint, paracha Vayera, au commencement, début 'Le sujet'. Il est interdit même de traiter la première kelipa avec mépris, comme le prouve le Zohar (Vayakhel 203a): on ne doit pas jeter avec déshonneur sur la terre même la première kelipa, car du côté du Saint, béni soit-Il, il n'existe aucune kelipa dans le monde, pas même cette kelipa.
ולזה אמר יעקב עשר אעשרנו, מכיון שהשי"ת חפץ לגלות לי כל הרצון שלו, לכן אתפשט את עצמי בקדושה עד שיצאו ברואים שיהיה מפורש בהם כבוד שמים בבני ישראל. ולזה כתיב ויצק שמן על ראשה, שמן מרמז על אור שמתפשט עצמו מאד, כדכתיב (תהלים קלג) כשמן הטוב וגו' כי שם צוה ה' את הברכה וגו' וכדאיתא בזוה"ק (יתרו פז:).
ואף שבפסוק נאמרה הברכה על טל, אבל טל ושמן אחד הם. כמו דמסיק שם, כטל חרמון שיורד על הררי ציון.
ואין לך מובחר בעולם להמשיל דברי תורה כשמן המרמז על אור, כמו אור יכולים להדליק ממנו כמה וכמה נרות ואורו אינו חסר, כן הם ד"ת המתפשטים לכמה וכמה בני אדם ואין החשיבות שלהם נחסר כללקנזעיין לעיל פרשה זו אות נו ובהערות שם.. ולא כן הם שאר החכמות שכל מה שמתפרסמים יותר נגרע ערכם וחשיבותם מהם, לפי שאינם טובה בעצם, רק הידיעה בהם זהו הטובה שנמצא בהם, וכל חשיבותם הוא מחמת שאין הרבה בני אדם יודעין אותם, אבל ד"ת עיקר שלימות הוא כשמתפרסם יותר.
ואף שכל הטובות גשמיות ג"כ לא נגרע מהם החשיבות, ואף שיש להם לכמה בני אדם הטובות האלו, אכן החילוק הוא שבדבר גשמיי אף שהיא עצם טובה, אבל אם יתנה לחבירו לא ישאר בידו כלום. ובדברי תורה הוא, זה שונה לזה פרקו וזה שונה לזה נמצא ביד זה שנים וביד זה שנים כדאיתא בתנחומא (תרומה), ואף מחשיבותם לא יגרע כלום.
כי בכל החכמות ומלאכות אם ילמד לחבירו יגרעו מחשיבותם, כי עיקר החשיבות שלהם הוא אם לא ידעו בה אנשים רבים. ובדברי תורה הוא להיפך שעיקר החשיבות יהיה כשתמלא הארץ דעה, ולכן לא יגרע מהם כלל רק הם עומדים בחשיבותם לעולם, מה שאין כן בכל החכמות וטובות עולם הזה שאי אפשר להיות בהם שניהם יחד, רק או שיחסר לו כל הטובה אם יתנה לחבירו או שיגרע החשיבות.
אבל דברי תורה נמשלו לאור, שאם תדליק ממנה אף אלף נרות לא יחסר מאורה כלל, לכן יצק שמן על ראשה שיהיה מאיר לעולם, ואף אם יתפשט ויפורש באר היטב:
C'est pourquoi Yaakov dit: 'Je T'en prélèverai assurément la dîme.' Puisque le Saint, béni soit-Il, désire me révéler tout Son vouloir, je m'étendrai moi-même dans la sainteté, jusqu'à ce que sortent des créatures chez lesquelles la gloire du Ciel soit explicite parmi les enfants d'Israël. C'est pourquoi il est écrit: 'Il versa de l'huile sur son sommet.' L'huile fait allusion à une lumière qui s'étend beaucoup, comme il est écrit: 'Comme la bonne huile', etc., 'car c'est là que ה' a ordonné la bénédiction', etc.
(Psaumes 133), et comme il est rapporté dans le Zohar (Yitro 87b). Bien que dans le verset la bénédiction soit dite sur la rosée, la rosée et l'huile sont une seule chose, comme il est conclu là-bas: 'Comme la rosée du Hermon qui descend sur les montagnes de Sion.' Rien au monde ne convient mieux que l'huile pour comparer les paroles de Torah, car elle fait allusion à la lumière.
D'une lumière, on peut allumer de nombreuses lampes sans que sa lumière diminue; de même, les paroles de Torah s'étendent à de nombreux hommes sans que leur importance ne diminue du tout. Voir plus haut dans cette paracha, section 56, et les notes là-bas.
Il n'en est pas ainsi des autres sagesses: plus elles se publient, plus leur valeur et leur importance diminuent, car elles ne sont pas un bien en elles-mêmes; seule la connaissance qu'on en a est le bien qui s'y trouve. Toute leur importance vient de ce que peu d'hommes les connaissent.
Mais pour les paroles de Torah, la perfection essentielle est qu'elles se publient davantage. Même les biens matériels ne perdent pas leur importance parce que plusieurs hommes les possèdent; la différence est que, dans une chose matérielle, bien qu'elle soit un bien en elle-même, si l'on la donne à son prochain, il ne reste plus rien dans sa main.
Pour les paroles de Torah, celui-ci enseigne à celui-là son chapitre, et celui-là enseigne à celui-ci: il se trouve que chacun en a deux, comme il est rapporté dans le Tan'houma (Terouma), et rien ne diminue de leur importance. En effet, dans toutes les sagesses et tous les métiers, si l'on enseigne à son prochain, leur importance diminue, car leur importance essentielle est que beaucoup de personnes ne les connaissent pas.
Pour les paroles de Torah, c'est l'inverse: leur importance essentielle sera lorsque 'la terre sera remplie de connaissance'. Elles ne diminuent donc nullement et demeurent toujours dans leur importance.
Il n'en est pas ainsi de toutes les sagesses et de tous les biens de ce monde, où les deux choses ne peuvent aller ensemble: ou bien tout le bien lui manque s'il le donne à son prochain, ou bien son importance diminue. Mais les paroles de Torah sont comparées à la lumière: même si l'on en allume mille lampes, rien ne manque à sa lumière.
C'est pourquoi il versa de l'huile sur son sommet, afin qu'elle éclaire à jamais, même si elle s'étend et est expliquée très clairement.
וישא יעקב רגליו. היינו שהגביה את הרגלים עד הראש, היינו שכל הדרגין שלו הגביה להשכל והדעה שבראש, וזהו יקרות גדול, שכל כך קבע בנפשו עד שהכניס עבודה אף לכלי הפעולה שבגוף, וכדאיתא בירושלמי ברכות (פ"ב) נחזיק טיבותא לרישא דכד מטי למודים מנפשיה כרעקנחעיין לעיל פרשה זו אות א ובהערה א שם.
ועיין בסדרי טהרות כלים דף קע: בפירוש הארוך ד"ה תניא:
אמר אאמו"ר הגאון הקדוש שליט"א (זצוק"ל), כי בשבת צריך אדם לקנות שביתה, היינו שיכיר וידע מקומו, וכפי הכרתו כן מותר להתפשט. וכשאדם בא על מקום שלא מדעת, אין ביכולתו לקנות רק ד' אמות, כדי שיטול חפץ מתחת מרגלותיו ומניח תחת מראשותיו.
וזה רומז שהאדם יכול להמליך שכלו ודעתו על כל איבריו, ויכול לתקן עצמו, שאף פעולת רגליו היותר רחוקים מהראש יהיו נכנעים תחת שכלו, ויקרא שם חכמתו על כל פעולותיו, וזהו עבודת האדם בכח שכלו.:
'Yaakov leva ses pieds.' Cela signifie qu'il éleva les pieds jusqu'à la tête, c'est-à-dire qu'il éleva tous ses degrés vers l'intelligence et la connaissance qui sont dans la tête. C'est une très grande grandeur: il fixa tant cela en son âme qu'il introduisit le travail jusque dans les réceptacles de l'action du corps.
Ainsi est-il rapporté dans le Talmud de Jérusalem, Berakhot, chapitre 2: 'Tenons gratitude à notre tête: lorsqu'elle arrive à Modim, elle s'incline d'elle-même.' Voir plus haut dans cette paracha, section 1 et sa note 1. Voir aussi Sidrei Taharot, Kelim, p.
170, long commentaire, début 'Il est enseigné': mon père et maître, le saint gaon, de bénie mémoire, a dit que, le Chabbat, l'homme doit acquérir un lieu de repos, c'est-à-dire reconnaître et connaître son lieu; selon sa reconnaissance, il lui est permis de s'étendre. Lorsqu'un homme arrive en un lieu sans connaissance, il ne peut acquérir que quatre coudées, afin de prendre un objet de dessous ses pieds et de le poser sous sa tête.
Cela fait allusion à ce que l'homme peut faire régner son intelligence et sa connaissance sur tous ses membres et se réparer, de sorte que même l'action de ses pieds, les plus éloignés de la tête, soit soumise à son intelligence. Il appellera sa sagesse sur toutes ses actions: tel est le travail de l'homme par la force de son intelligence.
« Et Yaakov aima Ra'hel. » De la Torah, des Prophètes et des Écrits, on apprend que la femme vient au mari de par le Nom. Le Beit Yaakov enseigne deux sortes d'aide : celui qui va vers son union prend une aide selon son entendement ; celui dont l'union vient à lui la reçoit sans en avoir conscience, selon « il est temps d'agir pour le Nom », et cela est plus grand. Il rapporte de l'Ari Z"L que Yaakov alla chez Lavan pour Ra'hel, monde révélé, ce que l'homme saisit par son intelligence, et que Léa lui vint d'elle-même, monde caché, au-delà de la saisie.
Aussi : la Torah orale ajoute des haies à la Torah écrite, aller vers son union, ou vient à elle au-delà de la saisie ; le nom Yehouda porte les lettres du Nom, le dalet indiquant qu'il ne possède rien et sert pourtant
ויאהב יעקב את רחל וגו'. איתא (מועד קטן יח:, רבה ויצא סח) מן התורה ומן הנביאים ומן הכתובים מה' אשה לאיש.
מן התורה דכתיב (חיי כד) מה' יצא הדבר, מן הנביאים דכתיב (שופטים י״ד:ד׳) ואביו ואמו לא ידעו כי מה' הוא. מן הכתובים דכתיב (משלי י״ט:י״ד) בית והון נחלת אבות ומה' אשה משכלת.
יש שהוא הולך אצל זווגו ויש שזווגו בא אצלו, יצחק זווגו בא אצלו כו' יעקב הלך אצל זווגו כו'. הענין בזה הוא, כי זווג האשה הוא עזר, שהשי"ת שולח לו עזר להאדם כדכתיב (בראשית ד) אעשה לו עזר.
ויש בזה שני סוגים, האחד הוא שהאדם לוקח לו סיוע כפי הבנתו ומכלכל בדעתו איך לעזור בנפשו, וזהו מי שהולך אצל זווגו. והשני הוא מי שהשי"ת שולח לו סיוע שלא מדעת, וכענין דאיתא (ברכות נד.) הפרו תורתך משום עת לעשות לה', וזהו מי שזווגו בא אצלו, וזה גדול ומעולה ממה שהאדם לוקח לו מדעתוקנטהעניין של עת לעשות לה' מבואר בכלליות במי השלוח ח"א פרשת חקת ד"ה ויסעו:
איתא בגמ' (ברכות נד.) עת לעשות לה' הפרו תורתיך ר' נתן אומר הפרו תורתיך משום עת לעשות לה'. הענין בזה היא כך, שדברי הת"ק הם שבשעה שמבורר לאדם על דבר שעתה הוא עת לעשות לה' כמו אליהו בהר הכרמל, אז מהצורך להפר כללי ד"ת ורק להתנהג עפ"י בינה שהש"י מבין לאדם, ור' נתן אומר בשעה שאין הבינה מפורשת לנוכח אדם שאז מחייב האדם להתנהג את עצמו עפ"י כללי ד"ת ומצות מבלי לצאת מגדר ההלכה, ור"נ אומר באם שלב האדם נמשך אחרי רצון הש"י ומסלק ממנו כל נגיעותיו ואח"כ יזמין לו הש"י מעשה שידמה לו שח"ו הסיר מגדר כללי ד"ת, וע"ז אמר ר"נ כי לאדם שלבו נמשך אחר רצון ה' וגם שהסיר ממנו כל נגיעה, בטח לא יאונה לו עון ח"ו, ובטח ידע כי הוא אז עת לעשות לה'.
בית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ויאהב.. והנה האר"י הק' (ליקוטי תורה פ' תולדות ד"ה וקח לך) מחשב זווג יעקב ורחל להולך אצל זווגו, וזווג יעקב ולאה לזווגו בא אצלו.
כי הליכתו ללבן היה בשביל רחל ולאה באה לו מאליה. וענין סייעתא שלא מדעת הוא, שאף אם ידמה לאדם שאינו עושה טוב, ואחר כך מתברר לטוב, זה נקרא זווגו בא אצלו, ונקרא "אם".
כמו שמצינו באדם הראשון שחוה היתה באה אצלו, כדכתיב (בראשית ד) ויבאה אל האדם, והיא ניתנה לו לעזר שילך אחר דעתה וישמע לדבריה אף במקום שידמה לו כפעולה שאינה טובה, וכדאיתא במי השלוח חלק ראשון בפ' בראשית (ד"ה ויאמר האדם), ולכן קראה "אם" כל חי. וכן זווג יצחק ורבקה היה זווגו בא אצלו, ולכן בשעה שברך את יעקב התנהג יצחק אחר דעת רבקה למעלה מדעתו.
וכן זווגא דיעקב ולאה נקרא בזוה"ק (ויצא קנג:) עלמא דאתכסיא, היינו למעלה מהתפיסה, כי בני לאה לא היו נושאים חן כל כך על הגוון כבני רחל, כי היו צריכים לבירורים, כמו יהודה בתמר וראובן בבלהה, ואף שאחר כך נתבררו שהם גדולים למאד, אבל האדם אינו רוצה להכניס עצמו בספק, ועל זה איתא בזוה"ק (ויצא קנד:) מכאן דסאני בר נש עריין דאמיה. כי האדם רוצה לילך בטח בכל דרכיו, אך לאדם שטוב לפניו ית' מזמין לו הקב"ה מעשה שעל הגוון נדמה שלא טובה היא, ואחר כך מבררה השי"ת שהיה למעלה מהשגתו.
וכמו שמצינו בבני לאה שרוב עניני בניה היו כך. וכמו שנבנה מלכות בית דוד על ידי יהודה ותמר ועל ידי רות המואביה, וכן הולדת דוד עצמו היה בענין זה, כדאיתא ברבה (תזריע יד)קסכמבואר במי השלוח ח"א ד"ה ויהי ער בסופו:
כי כל הבנינים של מלכות בית דוד מנהיג הקב"ה ע"י בנינים כאלה אף שבשעת מעשה היה נראה לו שחטא כי יהודה חשבה לזונה כי כסתה פניה, היינו שהדבר היה בסוד מהש"י וכמו שמבואר (סוטה י':) ממני יצאו הדברים היינו בסוד כבוש שנעלם אף מנביאים הבנין של מלכות בית דוד. ועיין לקמן פרשה זו אות סו ד"ה וכן, פ' וישב אות ז' ד"ה ואחר., ולכן נקרא זאת זווגו בא אצלו והוא בעלמא דאתכסיא, כי זאת הזמין לו השי"ת, אף שהוא מדעתו לא היה חפץ בזה.
ואחר כך נתברר עומק הכונה, מה יקר חסדי השי"ת ומה גדלה היקרות מאלו השבטים. וזווגא דיעקב ורחל נקרא בזוה"ק (ויצא קנג:) עלמא דאתגלייא, וזה נקרא הולך אצל זווגו, וזה מורה על מה שהאדם משיג בשכלו והולך בדעת ומפורש לעיניו מה הוא עושה.
וכן השבטים שנולדו ממנה נשאו חן בעיני יעקב אבינו ע"ה, כי הם היו תפארת לעושיה, היינו לאדם העושה את הפעולה יש לו תפארת בה לעיני אדם, שהוא עושה מעשיו בגודל בהירות ומתינות וישוב הדעת וצמצום, וזאת נמצא ביוסף הצדיק ובנימין הצדיקקסאלקמן פרשת וישב אות ו, פ' ויגש אות ב ד"ה מושל וד"ה ובחינת., וזהו נקרא עלמא דאתגלייא, והולך אצל זווגו:
Et Yaakov aima Rachel, etc. Il est enseigné (Moed Katan 18b; Bereshit Rabbah, Vayetzei 68): de la Torah, des Prophètes et des Écrits, on apprend que la femme vient au mari de par le Nom.
De la Torah, comme il est écrit: 'La chose est sortie du Nom' (Genèse 24,50); des Prophètes: 'Son père et sa mère ne savaient pas que cela venait du Nom' (Juges 14,4); des Écrits: 'Maison et richesses sont un héritage des pères, mais une femme avisée vient du Nom' (Proverbes 19,14). Il en est qui va vers son union, et il en est dont l'union vient à lui: l'union d'Its'hak vint à lui, etc.; Yaakov alla vers son union, etc.
Le sens est que l'union avec une femme est une aide: le Saint, béni soit-Il, envoie à l'homme une aide, comme il est écrit: 'Je lui ferai une aide' (Genèse 2,18). Il y a là deux sortes.
La première: l'homme prend une aide selon son entendement, et réfléchit par lui-même comment se secourir; c'est celui qui va vers son union. La seconde: le Saint, béni soit-Il, lui envoie une aide sans qu'il en ait conscience, selon ce qui est enseigné: 'Violez Ta Torah, car il est temps d'agir pour le Nom' (Berakhot 54a); c'est celui dont l'union vient à lui.
Cela est plus grand et plus excellent que ce que l'homme prend de son propre discernement. Le sujet de 'il est temps d'agir pour le Nom' est expliqué dans sa généralité dans Mei HaShiloach, I, paracha Houkat, début 'Vayisseou': il est enseigné dans la Guemara (Berakhot 54a): 'Il est temps d'agir pour le Nom: ils ont violé Ta Torah.' Rabbi Nathan dit: 'Ils ont violé Ta Torah parce qu'il est temps d'agir pour le Nom.' Le premier Tanna enseigne que, lorsqu'il est clarifié à l'homme que le moment présent est un temps d'agir pour le Nom, comme Élie au mont Carmel, il lui faut alors enfreindre les règles de la Torah et ne se conduire que selon le discernement que le Saint, béni soit-Il, lui fait comprendre.
Rabbi Nathan dit que, lorsque ce discernement ne se trouve pas explicite devant l'homme, celui-ci est tenu de se conduire selon les règles de la Torah et les commandements, sans sortir du cadre de la halakha. Rabbi Nathan dit encore: si le cœur de l'homme est attiré vers la volonté du Nom et qu'il en écarte tous ses intérêts personnels, puis que le Saint, béni soit-Il, lui occasionne un acte qui lui semble, à Dieu ne plaise, sortir du cadre des règles de la Torah, alors, pour un homme dont le cœur est attiré vers la volonté du Nom et qui a écarté toute motivation personnelle, aucune faute ne lui arrivera certainement, à Dieu ne plaise; il saura certainement que c'est alors un temps d'agir pour le Nom.
Beth Yaakov haKolel, Vayetzei, début 'Vayahev'. Le saint Ari (Likoutei Torah, Toledot, début 'Vekah lekha') compte l'union de Yaakov et Rachel parmi ceux qui vont vers leur union, et l'union de Yaakov et Léa parmi celles qui viennent à l'homme.
Car il alla chez Laban pour Rachel, et Léa lui vint d'elle-même. L'aide venue sans conscience signifie que, même si l'homme s'imagine ne pas faire le bien, puis qu'il est ensuite clarifié que c'était pour le bien, cela s'appelle: son union vient à lui; et elle est appelée 'mère' (אם).
Ainsi chez Adam le premier homme, Ève vint à lui, comme il est écrit: 'Il la fit venir à l'homme' (Genèse 2,22). Elle lui fut donnée comme aide afin qu'il suive son avis et écoute ses paroles, même là où cela lui semble une action qui n'est pas bonne, comme il est enseigné dans Mei HaShiloach, I, Bereshit, début 'Vayomer haAdam'; c'est pourquoi il l'appela 'mère de tout vivant' (Genèse 3,20).
De même, l'union d'Its'hak et Rébécca vint à lui; c'est pourquoi, lorsqu'il bénit Yaakov, Its'hak se conduisit selon l'avis de Rébécca, au-dessus de son propre entendement. L'union de Yaakov et Léa est appelée dans le saint Zohar (Vayetzei 153b) 'le monde caché' (עלמא דאתכסיא), c'est-à-dire au-delà de la saisie.
Les fils de Léa n'étaient pas aussi agréables d'apparence que les fils de Rachel, car ils devaient passer par des clarifications, tels Juda avec Tamar et Reouven avec Bilha. Bien qu'il ait ensuite été clarifié qu'ils étaient très grands, l'homme ne veut pas s'introduire dans le doute.
C'est à ce propos qu'il est enseigné dans le saint Zohar (Vayetzei 154a): 'De là, l'homme hait la nudité de sa mère.' Car l'homme désire avancer sûrement dans toutes ses voies. Mais à l'homme qui est bon devant Lui, que le Saint, béni soit-Il, lui occasionne un acte qui, a l'apparence, ne semble pas bon, le Nom clarifie ensuite qu'il était au-delà de sa compréhension.
Ainsi en fut-il de la plupart des affaires des fils de Léa. C'est ainsi que fut édifiée la royauté de la maison de David, par Juda et Tamar et par Ruth la Moabite; la naissance même de David fut aussi de cet ordre, comme il est enseigné dans Bereshit Rabbah (Tazria 14).
Comme il est expliqué dans Mei HaShiloach, I, fin du début 'Vayehi Er': le Saint, béni soit-Il, dirige tous les édifices de la royauté de la maison de David par de telles constructions. Au moment de l'acte, Juda crut avoir fauté, car il la prit pour une prostituée puisqu'elle avait couvert son visage; c'est-à-dire que la chose était un secret venant du Nom.
Ainsi qu'il est expliqué (Sota 10b): 'De Moi sont sorties les choses', c'est-à-dire que l'édification de la royauté de la maison de David fut un secret enfoui, caché même aux prophètes. Voir plus bas dans cette paracha, paragraphe 66, début 'Vekhen', et Vayeshev, paragraphe 7, début 'Veahar'.
C'est pourquoi cela est appelé: son union vient à lui, et cela appartient au monde caché; le Nom le lui avait préparé, bien que de son propre avis il n'eût pas désiré cela. Ensuite fut clarifié la profondeur de l'intention: combien précieuses sont les bontés du Nom, et combien grande est la valeur de ces tribus.
L'union de Yaakov et Rachel est appelée dans le saint Zohar (Vayetzei 153b) 'le monde révélé' (עלמא דאתגליא); cela s'appelle aller vers son union. Cela indique ce que l'homme saisit par son intelligence, lorsqu'il agit avec connaissance et que ce qu'il fait est explicite à ses yeux.
Les tribus nées d'elle trouvèrent aussi grâce aux yeux de notre père Yaakov, de bénie mémoire, car elles étaient une parure pour celui qui agit: l'homme qui accomplit l'acte en retire de la parure aux yeux des hommes, parce qu'il accomplit ses actes avec grande clarté, modération, présence d'esprit et retenue. Cela se trouve chez Joseph le juste et Benjamin le juste.
Voir plus haut Vayeshev, paragraphe 6, et Vayigash, paragraphe 2, débuts 'Moshel' et 'Ouvehinat'. Cela est appelé le monde révélé, et aller vers son union.
יש מי שהולך אצל זווגו ויש מי שזווגו בא אצלו (רבה ויצא סח). הנה תורה שבעל פה הוא זווגא מתורה שבכתב, כי תורה שבכתב, הוא בבחינת דכורא ותורה שבעל פה הוא בבחינת נוקבא.
כי תורה שבכתב הוא מצות עשה ולא תעשה, ותורה שבעל פה הוא להוסיף גדרים וסייגים על האדם שלא יבוא לעבור על אחת ממצות ה'. ובמקום שתורה שבעל פה הוא לפרש באר היטב את התורה שבכתב, ולהוסיף סייג וגדר לבל יעברו גבולה, זה נקרא יש מי שהולך אצל זווגו, כי הוא לסיוע להתורה שבכתב שיבינו מה כלול בה ועד כמה מתפשטת.
אבל במקום שהדין הוא הפרו תורתך משום עת לעשות לה', זה נקרא זווגו בא אצלו, היינו למעלה מהשכל והתפיסה, וזהו נקרא זווגו בא אצלו:
Il en est qui va vers son union, et il en est dont l'union vient à lui (Bereshit Rabbah, Vayetzei 68). La Torah orale est l'union de la Torah écrite: la Torah écrite est dans l'aspect masculin, et la Torah orale dans l'aspect féminin.
Car la Torah écrite consiste en commandements positifs et interdictions, tandis que la Torah orale ajoute à l'homme des clôtures et des haies afin qu'il ne vienne pas à transgresser l'un des commandements du Nom. Là où la Torah orale explique très clairement la Torah écrite, et ajoute une haie et une clôture afin qu'on n'en franchisse pas la limite, cela s'appelle: il en est qui va vers son union.
Car elle aide la Torah écrite, afin que l'on comprenne ce qui y est inclus et jusqu'où elle s'étend. Mais là où la loi est: 'Violez Ta Torah parce qu'il est temps d'agir pour le Nom', cela s'appelle: son union vient à lui, c'est-à-dire au-delà de l'intelligence et de la saisie; et cela s'appelle: son union vient à lui.
ותהר עוד ותלד בן ותאמר הפעם אודה את ה' על כן קראה שמו יהודה. הנה זה השם מורה כמאמר הכתוב (ישעיהו ס״ו:ב׳) ואל זה אביט אל עני ונכה רוח וחרד על דברי.
כי בשם יהודה יש בו כל השם הוי"ה. והד' שבשמו מורה על שאין לו מצדו כלום רק מה שהשי"ת משפיע לו, וכאשר השי"ת משפיע לו תפלה שיוכל לקבל הטובה, אז נעשה מהד' ה', ואם לאו הוא דל"ת, וכדאיתא בזוה"ק (משפטים דף קד.
ושם קכג:) כי דל"ת מורה שמצדו הוא עני ונכה רוחקסבמי השלוח ח"א פרשת ויחי ד"ה ויקרא.. ועל זה מורה מה שהדל"ת יש לה שני כתלים דרום ומזרח, והביאור בזה הוא, כדאיתא (ברכות דף יג:) שצריך להאריך בד' של אחד כי זה הוא עיקר היחוד בתיבת אחד, מה שמייחדין ומחברין א"ח עם דל"ת, כדאיתא (בתיקונים תיקון כא דף נד:) ומסטרא דצדיק איהו יחוד דילה דאיהו קוצא דאת ד' מן אחד דקשיר בין א"ח ובין דל"ת.
והתחלת היחוד הוא מסטרא דדרום, כדאיתא בזוה"ק במדבר (דף קכ.) ברזין קטירין דבעיתו ליחדא יחודא בטופסרא דקטרא עלאה קבילו עלייכו עול מלכותא קדישא וכו' ובדא תעלון בקיסטרא קדישא דדרום ואסחרו סטרא עלמא וכו' ובדרום תקיעו דוכתא ותמן תשרון וכו' והכי הוא כעין סחרא דמדבחא דתנן ובא לו לקרן דרומית מזרחית וכו' ובגין כך מדרום למזרח דתוקפא דדרום במזרח הוא ובעי לאתקשרא כחדא דרום במזרח וכו'קסגכדאיתא בתפארת החנוכי על מאמר הזהר פ' במדבר (קכ.) המובא כאן: כי דרום מורה על תקיפות, שהוא מרזא דחכמה והחכמה תעוז לחכם.
וקבלת עול מלכות שמים היא ראשית חכמה יראת ה'. ודרום מורה לחכמה המלובשת בחסד..
והענין בזה הוא, כי צפון ומערב המה בהסתרת האור כידוע, וזה מורה על מה שהאדם יוכל לדמות בנפשו שיש לו כח מה ולומר כחי ועוצם ידי. אבל דרום ומזרח המה מורים על זריחת האור בלב האדם, לדעת ולהכיר כי אין לו שום כח מצד עצמו, והוא באמת דל ומסכן מצפה לישועת השי"ת אשר בלתו אין לו ישועה, והקוצא של הדל"ת מורה על עבודת האדם בטוב פעולותיו לעשות רצון יוצרו, כי האמנם יודע האדם כי כל פעולותיו מאין ואם יצדק מה יפעל לו יתברך, בכל זאת הוא חרד על דבר ה' ויעשה בתמימות מצות ה' כמו שנצטוינו בתורתו הקדושה.
וזה הוא ההפרש שבין אות דל"ת ובין אות ר', אשר לכאורה ג"כ מורה על דלי"ת ומסכנותא, וכמ"ש (משלי ל׳:ח׳) ריש ועושר אל תתן לי. אבל ההפרש הוא בזה שבהר' אין קוצא, וזה מורה מה שהאדם יכופף קומתו לגמרי ויאמר, מאחר שאין פעולת אדם נחשב לכלום למה אעשה מעתה שום דבר, הלא עבודתי אשר אעבוד את ה' במה נחשב הוא.
וזה הוא בודאי מחריב את העולם, וכמו שאמרו בתנחומא (בראשית א) אם אתה עושה מד' רי"ש אתה מחריב את העולם, והכונה כמו שאמרנו, כי בזה הוא מחריב את העולם שנברא לכבוד ה' לקיים התורה והמצות ולעבוד את ה', אם אמנם ידוע על נכון כי פעולות אדם המה הבל, אבל מחויב האדם לעשות. וכמו שאמרו ז"ל (ספרי במדבר פ' פנחס קמג ד"ה כמנחת הבוקר) ונחת רוח לפניו שאמר ונעשה רצונו, יען כי כך עלה ברצונו הפשוט שחפץ בעבודת עמו ישראל לזכותם.
וזהו הרמוז באות ד' מה שיש לו קוצא, שהוא מורה על עבודה, וגם השני כתלים דרום ומזרח על זריחת האור מהשי"ת, היינו הישועה ממנו לבדו ואין בלתו. והוא כענין דאיתא (במס' סוכה דף מה.) אני והו הושיעה נא, היינו כי הר' מורה על והוא בלבד, והד' מורה על אני והוא, ובעולם הזה אסור להתנהג בבחינת והוא, שהוא הרי"ש, וכמו דאיתא בזוה"ק (בהקדמה דף ב:) שאותיות קו"ף ורי"ש ביחד הם אתוון דשקר וכמו שנבאר במאמרנו בפ' תצוה (אות ח) וכמו שנתבאר באריכות בפ' בראשית (אות ב ד"ה וכן)קסדאיתא בסוד ישרים שבת חול המועד סוכות אות כ:
היינו, כי קרן זוית אין לה מצד עצמה שום תמונה, וכל הגוון מתמונת הקרן, נתהווה רק מפאת התקרבות שני צדדים נגדיים בלתי שטחיים, כגון דרומית מזרחית וכדומה. וזהו, והא ידעת רזא דקרן ודא הוא עול מלכותא קדישא.
היינו, שהתחברות שני קצוות נגדיים, רומז לאדם הכרה שיש אחד למעלה המשולל מכל המדות, שאצלו נתאחדו כל ההפכים וכו'. וזאת ההכרה הוא קבלת עול מלכות שמים.
לעיל פ' בראשית אות ב ד"ה וכן, פ' וירא אות נו, פ' חיי אות ג ד"ה רבי יוחנן בסופו, אות יב, לקמן פ' ויחי אות נד, בית יעקב שמות פ' בא אות מ, פ' תצוה אות ח.:
'Elle conçut encore et enfanta un fils; elle dit: Cette fois je remercierai le Nom. C'est pourquoi elle appela son nom Juda' (Genèse 29,35).
Ce nom indique ce que dit le verset: 'Mais c'est vers celui-ci que Je regarderai: vers le pauvre, le contrit d'esprit et celui qui tremble à Ma parole' (Isaie 66,2). Dans le nom Juda se trouvent toutes les lettres du Nom.
Le dalet (ד) de son nom indique qu'il ne possède rien de lui-même, seulement ce que le Saint, béni soit-Il, lui dispense. Lorsqu'il lui dispense la prière par laquelle il peut recevoir le bien, le dalet devient hé (ה); sinon, il est dalet (ד).
Comme il est enseigné dans le saint Zohar (Michpatim 104a et 123b), le dalet indique qu'il est, de son propre côté, pauvre et contrit d'esprit. Voir Mei HaShiloach, I, Vayehi, début 'Vayikra'.
Cela est indiqué par le fait que le dalet a deux parois, au Sud et à l'Est. L'explication est la suivante.
Il est enseigné (Berakhot 13b) qu'il faut prolonger le dalet du mot 'Un' (אחד), car l'essentiel de l'unification dans ce mot consiste à unir et joindre alef et het avec ד. Comme il est enseigné (Tikkounei Zohar, Tikoun 21, 54a): 'Du côté du juste se trouve son unification: c'est la pointe de la lettre ד de אחד, qui relie alef et het et ד.' Le commencement de l'unification vient du côté du Sud, comme il est enseigné dans le saint Zohar, Bamidbar (120a): 'Dans les secrets des liens, lorsque vous voulez unir l'unité selon la forme du lien suprême, prenez sur vous le joug de la royauté sainte...
Par cela vous entrerez dans l'enceinte sainte du Sud et ferez le tour du monde... Au Sud, fixez votre lieu et là demeurerez...
Ainsi en est-il de la marche autour de l'autel, car nous avons enseigné: il arrivait à la corne sud-est... C'est pourquoi l'on va du Sud vers l'Est: la force du Sud est dans l'Est, et il faut lier ensemble le Sud et l'Est...' Comme il est enseigné dans Tiferet haHanokhi sur ce passage du Zohar de Bamidbar (120a): le Sud indique la force, car il est du secret de la sagesse, et 'la sagesse rend le sage fort' (Ecclésiaste 7,19).
L'acceptation du joug de la royauté du Ciel est le commencement de la sagesse: la crainte du Nom. Le Sud indique la sagesse revêtue de bonté.
Le Nord et l'Ouest sont, comme on le sait, dans le voilement de la lumière; cela indique que l'homme peut s'imaginer avoir quelque force et dire: 'Ma force et la puissance de ma main' (Deutéronome 8,17). Mais le Sud et l'Est indiquent le lever de la lumière dans le cœur de l'homme, afin qu'il sache et reconnaisse qu'il n'a absolument aucune force de lui-même, qu'il est vraiment pauvre et misérable, attendant le salut du Saint, béni soit-Il, sans lequel il n'a aucun salut.
La pointe du dalet indique le service de l'homme par la bonté de ses actes, pour faire la volonté de son Créateur. Certes, l'homme sait que tous ses actes sont néant et que, s'il est juste, que peut-il faire pour Lui?
Pourtant il tremble à la parole du Nom et accomplit avec simplicité les commandements du Nom, comme il nous a été ordonné dans Sa sainte Torah. Telle est la différence entre la lettre dalet et la lettre resh (ר), qui, en apparence, indique elle aussi pauvreté et indigence, comme il est écrit: 'Ne me donne ni pauvreté ni richesse' (Proverbes 30,8).
Mais la différence est que le resh n'a pas de pointe. Cela indique que l'homme courbe entièrement sa stature et dit: puisque l'acte de l'homme ne compte pour rien, pourquoi ferais-je désormais quoi que ce soit?
Quel compte vaut donc le service par lequel je sers le Nom? Cela détruit assurément le monde.
Comme ils ont dit dans le Tan'houma (Bereshit 1): 'Si tu fais du dalet un resh, tu détruis le monde.' Le sens est ce que nous avons dit: il détruit ainsi le monde, créé pour la gloire du Nom, afin d'accomplir la Torah et les commandements et de servir le Nom. Bien qu'il soit assurément connu que les actes de l'homme sont vanité, l'homme est obligé d'agir.
Comme nos maîtres, de bénie mémoire, l'ont dit (Sifrei Bamidbar, Pinhas 143, début 'Keminhat haBoker'): 'Il y a devant Lui une satisfaction, car Il a parlé et Sa volonté a été accomplie.' Car telle est Sa volonté simple: Il désire le service de Son peuple Israël afin de lui procurer du mérite. Cela est suggéré par la lettre dalet, qui a une pointe indiquant le service, ainsi que deux parois, au Sud et à l'Est, indiquant le lever de la lumière du Saint, béni soit-Il, c'est-à-dire que le salut vient de Lui seul et qu'il n'est nul autre.
Cela rejoint ce qui est enseigné (Soukka 45a): 'Moi et Lui, sauve-nous donc'; le resh indique 'Lui' seul, tandis que le dalet indique 'moi et Lui'. Dans ce monde, il est interdit de se conduire selon l'aspect de 'Lui', qui est le resh.
Comme il est enseigné dans le saint Zohar (Introduction, 2b), les lettres kouf (ק) et resh (ר), ensemble, sont les lettres du mensonge, comme nous l'expliquerons dans notre discours sur Tetsaveh, paragraphe 8, et comme cela a été longuement expliqué dans Bereshit, paragraphe 2, début 'Vekhen'. Il est enseigné dans Sod Yesharim, Chabbat de Hol haMoed Soukkot, paragraphe 20: une corne n'a de son propre côté aucune forme; toute l'apparence de sa configuration ne se forme que par le rapprochement de deux côtés opposés qui ne sont pas dans un même plan, tels le Sud et l'Est.
C'est le secret de la corne: le joug de la royauté sainte. L'union de deux extrémités opposées indique à l'homme la reconnaissance qu'il est un Unique au-dessus, dénué de tous attributs, en qui tous les contraires sont unis.
Cette reconnaissance est l'acceptation du joug de la royauté du Ciel. Voir plus haut Bereshit, paragraphe 2, début 'Vekhen'; Vayera, paragraphe 56; Hayei Sara, paragraphe 3, début 'Rabbi Yo'hanan', à la fin, et paragraphe 12; plus bas, Vayehi, paragraphe 54; Beth Yaakov, Chemot, Bo, paragraphe 40; Tetsaveh, paragraphe 8.
Le Talmud enseigne : si quelqu’un dit « j’ai peiné et n’ai pas trouvé », ne le crois pas. Le Beit Yaakov rapporte du Me ha-Chiloa'h que cela concerne Rachel : elle s’était beaucoup fatiguée dans la prière, mais elle n’était pas éclairée sur son trait de jalousie et ne frappait pas à la porte. Une loi du monde veut qu’on heurte d’abord le mur ; par l’abondance de prière on parvient à la porte, et un léger coup suffit. Celui qui prie comme il convient reçoit face à face et voit que le Saint, béni soit-Il, lui donne le bienfait.
Aussi : Rachel introduisit sa servante, jalouse seulement par émulation des savants, et fut visitée ; Léa, fatiguée pour ses fils, rend grâce pour des actes laids sur le vêtement et beaux en profondeur ; Yaakov, dit El, clarifie tout avant d’agir.
איתא בש"ס (מגילה ו:) אם יאמר לך אדם יגעתי ולא מצאתי אל תאמין לא יגעתי ומצאתי אל תאמין. איתא על זה במי השלוח (ח"א פרשת ויצא ד"ה ותאמר) על הפסוק ותהר עוד, שזה קאי על רחל ולאה, שרחל אמרה יגעתי ולא מצאתי, שמאד יגעה את עצמה ובקשה כמה תפלות וכמה בקשות שיושיע לה ה' ולא עלתה בידה, ובאמת יש בזה משפטים גדולים.
והענין בזה, כי אם יקיש אדם בקירות הבית אפילו כל היום כולו לא יועיל לו כלום, כי אי אפשר לפתוח לו שם. אבל אם יקיש בפתח בהיקש מועט יִפָתֵח.
וכן רחל באמת יגעה את עצמה מאד בתפלה אבל לא במה שהיתה צריכה, כדכתיב ויחר אף יעקב ברחל, לפי שלא היתה מבוררת בעיקר החסרון שלה במדת הקנאה שהיה בה, כדכתיב, ותקנא רחל באחותה, ורצתה להשיג בקשתה קודם שנתבררה בהחסרון שהיה בה, והיה נדמה לה שהיתה מיגעת עצמה למאד, אבל לא היתה דופקת במקום הפתח. ואף בזה הציב השי"ת משפט בעולם, עד כמה צריכין להקיש ולדפוק על הכותל שלא במקום הפתח שלאחר זה יבואו למקום הפתח, וכענין דאיתא (ברכות לב:) אם רואה אדם שהתפלל ולא נענה יחזור ויתפלל, והוא שעל ידי ריבוי תפלה יגיע למקום הפתח, כי אין מראין לו לאדם בחנם שורש מדתו, רק כשמברר עצמו תחלה שלא בעיקר מדתו וכשבא על שורש מדתו אז די לו בהיקש מועט.
ויש לו לאדם לבטוח ולהתחזק שלא יגיע לו שום היזק מזה, ובודאי השי"ת יראה לו הפתח שלא נתייגע עצמו לחנם, וכדכתיב (תהלים לד) אשרי אדם עוז לו בך מסלות בלבבם. וכענין דאיתא בזוה"ק (חקת קפד.) תא חזי כל מאן דידע לסדרא עובדא כדקא יאות ולסדרא מלין כדקא יאות, הא ודאי מתערי לקב"ה לאמשכא מלין עלאין דמתכשרן כו' מאי חשיבו דילהון דצדיקייא כו' דידעי לכוונא לבא ורעותא יתיר מאלין אחרנין דלא ידעי כל כך, אלא אלין דלא ידעי עקרא דעובדא כולי האי אלא סדורא בעלמא ולא יתיר משכין עלייהו משיכו דבתר כתפוי דקב"ה כו' ואלין דידעי ומכווני לבא ורעותא מפקי ברכאן מאתר דמחשבה כו'.
והיינו שלזה שאינו יודע להתפלל כדקא יאות נותנים לו כמבתר כתפא כמו דרך הכותל, ולזה שמתפלל כדקא יאות נותנים לו דרך הפתח פנים בפנים, ורואה שהשי"ת הוא הנותן לו הטובה, וזהו יקרות גדול. שגם יעקב אבינו ע"ה התפלל על זה שזה יהיה שער השמים, שכל מי שיבוא לכאן וישפוך שיח תפלתו לפני השי"ת יראה לו השי"ת פנים בפנים כי מאתו באה לו הטובהקסהמי השלוח ח"ב פרשת תשא ד"ה ויאמר משה [א]., כי אפילו דבר קטן אם השי"ת מראה שהטובה באה מאתו, אזי אין לך יקרות גדול מזה.
אכן בזה יש משפט עד כמה שישהה האדם עד בואו אל הפתח, יש צדיק וטוב לו שמראין לו הפתח מיד ויש צדיק כו':
Il est rapporté dans le Talmud (Meguila 6b): Si quelqu'un te dit: J'ai peiné et n'ai pas trouvé, ne le crois pas; je n'ai pas peiné et j'ai trouvé, ne le crois pas. Il est rapporté à ce propos dans le Me ha-Shiloah (I, Vayetze, s.v.
Vatomar), sur le verset: 'Elle conçut encore', que cela concerne Rachel et Léa: Rachel disait: J'ai peiné et n'ai pas trouvé. Elle s'était extrêmement fatiguée, avait demandé par maintes prières et maintes supplications que le Nom la secoure, et n'y était pas parvenue; et en vérité, de grands jugements sont ici en jeu.
Voici le sens de cela. Si un homme frappe contre les murs de la maison, même toute la journée, cela ne lui sert à rien, car il est impossible de lui ouvrir là.
Mais s'il frappe à la porte, un léger coup l'ouvrira. Ainsi Rachel s'était réellement beaucoup fatiguée dans la prière, mais non en ce qu'elle devait faire, comme il est écrit: 'La colère de Yaakov s'enflamma contre Rachel' (Genèse 30,2).
Car elle n'avait pas été éclairée quant au défaut essentiel qui était en elle, le trait de jalousie, comme il est écrit: 'Rachel fut jalouse de sa sœur' (Genèse 30,1); elle voulait atteindre sa demande avant que le défaut qui était en elle éclaire, et il lui semblait qu'elle se fatiguait beaucoup, mais elle ne frappait pas à l'endroit de la porte. En cela aussi, le Saint, béni soit-Il, a établi dans le monde une loi: combien il faut frapper et heurter le mur, hors de l'endroit de la porte, avant de parvenir ensuite à l'endroit de la porte.
C'est comme ce qui est rapporté (Berakhot 32b): Si un homme voit qu'il a prié et n'a pas reçu de réponse, qu'il prie de nouveau. Par l'abondance de prière, il parvient à l'endroit de la porte.
Car on ne montre pas gratuitement à l'homme la racine de son trait; seulement lorsqu'il s'est d'abord clarifié dans ce qui n'est pas la racine de son trait, et qu'il atteint alors la racine de son trait, un léger coup lui suffit. L'homme doit avoir confiance et se fortifier: aucun dommage ne lui viendra de cela, et assurment le Saint, béni soit-Il, lui montrera la porte; il ne se sera pas fatigué en vain.
Ainsi qu'il est écrit: 'Heureux l'homme dont la force est en Toi, les chemins sont dans leur cœur' (Psaumes 34). C'est aussi le sens de ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Houkat 184a): 'Viens et vois: quiconque sait ordonner l'acte comme il convient et disposer les paroles comme il convient, éveille assurment le Saint, béni soit-Il, à attirer les paroles supérieures qui sont appropriées...
Quelle est leur importance, celle des justes?... Ils savent diriger le cœur et la volonté plus que ces autres qui ne savent pas autant.
Mais ceux qui ne connaissent pas tellement la racine de l'acte, seulement l'ordonnancement et rien de plus, attirent sur eux un flux venant de derrière les épaules du Saint, béni soit-Il... Tandis que ceux qui savent et dirigent le cœur et la volonté font sortir des bénédictions du lieu de la Pensée...' C'est-à-dire que celui qui ne sait pas prier comme il convient reçoit comme de derrière l'épaule, par le chemin du mur; celui qui prie comme il convient reçoit par le chemin de la porte, face à face, et voit que le Saint, béni soit-Il, est Celui qui lui donne le bienfait.
C'est une très grande valeur. Notre père Yaakov, de bienheureuse mémoire, pria lui aussi pour que ce lieu soit une porte du Ciel: que quiconque viendrait là et répandrait la parole de sa prière devant le Saint, béni soit-Il, Le voie face à face, car le bienfait lui vient de Lui (Me ha-Shiloah II, Ki Tissa, s.v.
Vayomer Moché [1]). Car même pour une petite chose, si le Saint, béni soit-Il, montre que le bienfait vient de Lui, il n'est pas de plus grande valeur que cela.
Mais il y a ici un jugement: combien de temps l'homme attendra avant de parvenir à la porte. Il y a le juste pour qui tout va bien, auquel on montre aussitôt la porte, et il y a le juste, etc.
וכן מצינו כאן ברחל שהאיר לה השי"ת באיזה דבר צריכה להתברר, ובררה עצמה בזה שהכניסה שפחתה שנקיה היא ממדת קנאה, ותפלתה וקנאתה זכה והוא רק לשם שמים, ונתבררה שהוא רק קנאת סופרים ולא קנאה בצרות עין, ואז מיד נפקדה. ולאה נראתה על הגוון כמי שלא יגעה ומצאה, שנדמה שהשי"ת נתן לה את יהודה בחנם.
ובאמת אין הקב"ה נותן בחנם רק על ידי יגיעה, כי השי"ת העיד עליה שיגעה את עצמה מאד בשלשה בנים הראשונים (וכמש"נ באריכות במי השלוח על זה). וכדאיתא בזוה"ק (ויצא קנה.) מכאן דסאני בר נש עריין דאמיה, כי יעקב אבינו ע"ה היו לו כמה פעולות שעשה שלא מדעת שהיו לו עליהם מחושים גדולים ולא היה בנייחא מהם, כי ישנם פעולות שהם מעלמא דאתגליא, היינו שאדם עושה אותם בדעת וחשבון, אבל עד היכן מגיע דעתו של אדם הלא מצער הוא.
לזה הזדמן לו השי"ת מעלמא דאתכסייא פעולה שלא מדעת, שעל הלבוש אין לה גוון נאה, ואין האדם בנייחא מזה, וסובל מזה מאד ומייגע עצמו לתקנם, ואחר כך פותח לו השי"ת ומראה כי לא ענה מלבו, שרק הלבוש למעלה לא היה נאה, אבל בפנימיות ובעומק הם משובחים אף נאים ומלאים הם כל טוב. וכן מצינו כל עסקם של שבט יהודה שמתחלה הם נראים על הלבוש ההיפך מרצון השי"ת, ואחר כך רואים כולם איך הם נאים ומשובחיםקסועיין לעיל פרשה זו אות סג בהערה קס, ועיין לקמן פרשת וישב אות ז ד"ה ואחר., וכמו שאמר דוד המלך ע"ה בספרו (תהלים קיח) אבן מאסו הבונים היתה לראש פנה, שמתחלה מאסו בזה האבן ואחר כך עשאוהו לאבן פנה.
לכן אמרה לאה הפעם אודה את ה', שעל זה צריכין להביא קרבן תודה, כי על הגוון היו נראים מעשיה כמו שאינם נאים והיה לה סבלנות בבירורים ועל זה חייבים תודה (וכמש"נ בפ' צו ובענין חג הפסח)קסזמבואר בבית יעקב ויקרא פרשת צו אות כה: קרבן תודה בא על נס כדאיתא בתנחומא (צו), היינו שהיה במקום סכנה, ולא הבין מצדו האיך ינצל, ורק השי"ת בחסדו הצילו.
ולהבין באמת, למה אירע לאדם זה כזאת, אם באמת לא חטא, למה הכניסו השי"ת למקום סכנה, ואם חטא למה ניצל. אכן השי"ת מצדו מתנהג עם האדם מדה במדה.
יען שהאדם מצדו הכניס עצמו בפעולה שבתפיסתו נראה לו שחטא, ואין לו הבנה שזו הפעולה יתוקן לטוב, ורק השי"ת בחסדו בירר אותו, שאחז בעומק לבו ושמר אותו שלא יחטא. לעומת זה מכניסו השי"ת למקום סכנה, שבתפיסת שכל אדם לא נראה לו שום קו איך ינצל, ורק השי"ת מצדו שומר אותו שלא יגיע לו הפסד ונזק וכו'.
וזהו ג"כ עניין קרבן תודה שמביאין על הנס, שהשי"ת מצדו האיר להם פעולה זו שטובה היא בעומק, ואף שמצדם נדמה להם שאין תיקון לפעולה זו. עיי"ש כל העניין..
וכן הוא כל הסדר מזה השבט, שמתחלה יש בהם פעולות שלא מדעת שאינם נאים על הלבוש, ואחר כך מאיר להם השי"ת. וכדאיתא במדרש (ויצא רבה פרשה עא) לאה תפסה בהודיה ובניה פתחו גם כן בהודיה, שכן דוד המלך ע"ה אמר (תהלים קיח) הודו לה' כי טוב:
Nous trouvons ainsi ici, chez Rachel, que le Saint, béni soit-Il, l'éclaira sur la chose dans laquelle elle devait se clarifier. Elle se clarifia en cela: elle introduisit sa servante, qui était pure du trait de jalousie; sa prière et sa jalousie étaient pures et seulement pour le Ciel.
Il fut éclairci qu'il ne s'agissait que de l'émulation des savants (קנאת סופרים), et non de jalousie de regard étroit; alors elle fut aussitôt visitée. Léa semblait, en apparence, être de celles qui n'ont pas peine et trouvent: il semblait que le Saint, béni soit-Il, lui avait donné Juda gratuitement.
Mais en vérité le Saint, béni soit-Il, ne donne pas gratuitement, mais seulement par l'effort; car le Saint, béni soit-Il, témoigna à son sujet qu'elle s'était beaucoup fatiguée pour les trois premiers fils, comme cela a été longuement expliqué dans le Me ha-Shiloah. Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetze 155a): 'De là, un homme hait la nudité de sa mère.' Car notre père Yaakov, de bienheureuse mémoire, eut plusieurs actes qu'il accomplit sans savoir, et à leur sujet il eut de grandes douleurs, sans en être en paix.
Il y a en effet des actes qui relèvent du monde révélé (עלמא דאתגליא): l'homme les accomplit avec connaissance et calcul. Mais jusqu'où parvient la connaissance de l'homme?
Elle est bien étroite. Aussi le Saint, béni soit-Il, lui fait-il rencontrer, du monde caché (עלמא דאתכסיא), un acte accompli sans savoir.
Sur le vêtement il n'a pas belle apparence, l'homme n'en est pas en paix, en souffre beaucoup et se fatigue à le réparer. Ensuite, le Saint, béni soit-Il, lui ouvre et montre qu'Il ne l'a pas affligé de Son cœur: seul le vêtement extérieur n'était pas beau, mais à l'intérieur et en profondeur ces actes sont louables, mêmes beaux, et remplis de tout bien.
Nous trouvons de même que toute l'affaire de la tribu de Juda paraît d'abord, sur le vêtement, à l'inverse de la volonté du Saint, béni soit-Il; après quoi tous voient combien elle est belle et louable (voir ci-dessus, cette paracha, paragraphe 63, note 160, et ci-dessous, Vayeshev, paragraphe 7, s.v. Ve-ahar).
Comme le roi David, de bienheureuse mémoire, le dit dans son livre: 'La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire' (Psaumes 118,22). D'abord ils rejetèrent cette pierre, puis ils en firent la pierre angulaire.
Léa dit donc: 'Cette fois je remercierai le Nom' (Genèse 29,35), car il faut pour cela apporter une offrande de reconnaissance. En apparence ses actes semblaient ne pas être beaux; elle eut patience dans les clarifications, et pour cela on doit rendre grâce, comme cela a été expliqué dans la paracha Tsav et au sujet de la fête de Pessa'h.
Il est expliqué dans Beth Yaakov sur Lévitique, Tsav, paragraphe 25: l'offrande de reconnaissance est apportée pour un miracle, comme il est rapporté dans le Tan'houma (Tsav), c'est-à-dire que l'homme se trouvait dans un lieu de danger, ne comprenait pas de son côté comment il serait sauvé, et seul le Saint, béni soit-Il, dans Sa bonté, le sauva. Mais pour comprendre en vérité: pourquoi pareille chose arriva-t-elle à cet homme?
S'il n'avait pas fauté, pourquoi le Saint, béni soit-Il, l'introduisit-Il dans un lieu de danger? Et s'il avait fauté, pourquoi fut-il sauvé?
Mais le Saint, béni soit-Il, Se conduit envers l'homme mesure pour mesure. Car l'homme, de son côté, s'est introduit dans un acte qui, selon sa propre appréhension, lui semble une faute; il ne comprend pas comment cet acte pourra être réparé pour le bien.
Seul le Saint, béni soit-Il, dans Sa bonté, l'a clarifié: Il a saisi la profondeur de son cœur et l'a garde afin qu'il ne faute pas. En contrepartie, le Saint, béni soit-Il, l'introduit dans un lieu de danger où, selon l'appréhension de l'intelligence humaine, n'apparaît aucune voie par laquelle il sera sauvé; et seul le Saint, béni soit-Il, de Son côté le garde pour qu'il ne lui advienne ni perte ni dommage, etc.
Tel est aussi le sujet de l'offrande de reconnaissance, apportée pour le miracle: le Saint, béni soit-Il, éclaire de Son côté que cet acte est bon en profondeur, bien que de leur côté il leur semble qu'il n'est pas de réparation pour cet acte. Voir là tout le sujet.
Tel est également tout l'ordre de cette tribu: au commencement, il y a chez eux des actes accomplis sans savoir, qui ne sont pas beaux sur le vêtement, puis le Saint, béni soit-Il, les éclaire. Ainsi qu'il est rapporté dans le Midrach (Vayetze Rabba 71): Léa s'attacha à la reconnaissance et ses fils ouvrirent eux aussi par la reconnaissance, car le roi David, de bienheureuse mémoire, dit: 'Rendez grâce au Nom car Il est bon' (Psaumes 118,1).
ויחר אף יעקב ברחל ויאמר התחת א-להים אנכי וגו'. להבין מפני מה היתה התשובה של יעקב אליה על זה האופן, הלא היא לא רצתה ממנו רק שיתפלל בעדהקסחכמו שהקשה במי השלוח ח"א פרשת ויצא ד"ה ותאמר:
כאשר בקשה מיעקב אבינו שיתפלל בעדה חרה אפו עליה. ולהבין זאת כי הלא כדין עשתה, כי מי שיש לו צרה בתוך ביתו ילך אצל חכם (בבא בתרא קטז.) וכן הקשה הרמב"ן ז"ל.
עיין שם תירוצו.. אבל הענין בזה הוא כדאיתא בזוה"ק (קדושים פו.) לפני לא נוצר אל דתנינן קרא קב"ה ליעקב אל וכו' ואחרי לא היה דהא דוד הכי אקרי וכו'.
והבאור בזה הוא כי יעקב בבחינת "לפני", היינו שתמיד התנהג בבהירת השכל ולא היה אצלו שום דבר לבטלה, וכמו שאמרו חכז"ל (מקץ רבה פרשה צא) לא דיבר יעקב אבינו דבר לבטלה מעולם, מפני שכל מעשיו היו מבוררים בתכלית הבירור, וכל דבר שקל בפלס המשפט והשכל בטרם עשאו, אם יצא מזה המעשה כבוד שמים אז עשה הדבר. וזהו דכתיב (תהילים קמ״ו:ה׳) אשרי שאל יעקב בעזרו ולא כתיב אל אברהם או אל יצחק, מפני שמדרגתו בענין עבודת הבורא ב"ה היה גבוה מכל מדרגות האבות, וזהו דכתיב שברו על ה' א-להיו, היינו ליסודו ושרשו, וכדאיתא בזוה"ק (בשלח מח.) ה' א-להיו לאתר דהוה קשיר ביה.
כי מדת אברהם הוא חסד והוא נקרא בחינת יום בוקר דאברהם, כדאיתא בזוה"ק (תולדות קמא:) ויקרא א-להים לאור יום דא אברהם דאיהו נהורא דיממא ונהורא דיליה אזיל ונהיר ואתתקף בתיקונא דיומא וכו'. היינו שכל תשוקתו ועבודתו היתה להאיר בתוך החשך, להראות לכל העולם שיש בורא עולם מנהיג ומשגיח בפרטי מעשי בני האדם, ולכן הכניס עצמו בכל הספיקות, ובתוך ההסתר ממש בירר עצמו בצמצומים וברורים גדולים, עד שהאיר בתוך החשך ונתגלה שמה כבוד השי"תקסטלעיל פרשת תולדות אות ג ד"ה וזהו דאיתא..
וכדאיתא בזוה"ק (לך פא:) וירד אברם מצרימה לגור שם מאי טעמא למצרים וכו' ואברהם כיון דידע ועאל בהימנותא שלימתא בעא למנדע כל אינון דרגין דאתאחדן לתתא ומצרים הוה נטיל מימינא ובגין כך נחת למצרים. (עוד שם) אוף הכא הקריב, דאקריב גרמיה לקב"ה כדקא יאות.
לבוא מצרימה, לאשגחא באינון דרגין ולאתרחקא מנייהו ולאתרחקא מעובדי מצריםקעעיין בתפארת החנוכי על זוהר פרשת לך (פב.) ד"ה ולפי: ולפי שאברהם אבינו ע"ה הוא מרכבה למדת החסד של הקב"ה, ולכן נסע למצרים, כי שם הוא פסולת ממדת החסד, שמסתעף שם להתלבש בלבושים הרחוקים מאור השי"ת, ולכן שם ההשפעה בשפע רב, עד שנאמר בה, כגן ה' כארץ מצרים, ונדמה להם שאין צריכין כלל להנותן וכו'.
ולפי שאברהם אבינו קנה מדת החסד בשרשו, היה צריך לירד למצרים לראות כל הסתעפות ממדת החסד וגם הפסולת ממנו, לראות איך גם הפסולת הזה הוא מחסד הש"י, ואיך יצמח מהם כבוד שמים וכו'.. (עוד שם בדף פג:) לבתר ידע דבעי לאצטרפא ולאתעטרא בדרגין, מיד וירד אברהם מצרימה, ואשתזיב מתמן ולא אתפתא גו אינון טהירין ואתצריף ותב לאתריה וכו' ואתדבק במהימנותא עלאה דכתיב הנגבה.
אבל לא היה בטוח בהמעשים שנעשו שלא מדעת שכווון בזה לרצונו יתברך:
'La colère de Yaakov s'enflamma contre Rachel et il dit: Suis-je à la place d'Elokim, etc.?' (Genèse 30,2). Il faut comprendre pourquoi Yaakov lui répondit de cette manière: elle ne voulait pourtant de lui que de prier pour elle, comme le demande le Me ha-Shiloah I, Vayetze, s.v.
Vatomar: lorsque Rachel demanda à notre père Yaakov de prier pour elle, sa colère s'enflamma contre elle. Il faut comprendre cela, car elle avait agi selon le droit: celui qui a une peine dans sa maison doit aller chez un sage (Bava Batra 116a).
Nahmanide, de bienheureuse mémoire, pose lui aussi cette question; voir sa réponse là-bas. Mais le sujet est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Kedoshim 86a): 'Avant Moi aucun El ne fut formé'; nous avons appris que le verset appelle Yaakov El, etc.; 'et après Moi il n'y en eut pas', car David est ainsi appelé, etc.
L'explication est que Yaakov était dans l'aspect de 'avant' (לפני), c'est-à-dire qu'il se conduisait toujours dans la clarté de l'intelligence, et qu'il n'y avait chez lui aucune chose vaine. Comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, dans le Midrach (Mikets Rabba 91): notre père Yaakov ne prononça jamais une parole vaine.
Car tous ses actes étaient clarifiés jusqu'à l'extrême clarification; avant d'accomplir toute chose, il la pesait dans la balance du jugement et de l'intelligence. Si cet acte devait produire la gloire du Ciel, alors il l'accomplissait.
Tel est le sens de ce qui est écrit: 'Heureux celui dont le El de Yaakov est son secours' (Psaumes 146,5), et il n'est pas écrit: le El d'Abraham ou d'Its'hak, car son degré dans le service du Créateur, béni soit-Il, était plus élevé que tous les degrés des patriarches. Tel est aussi le sens de: 'son attente est dans le Nom son Elokim', c'est-à-dire dans son fondement et sa racine, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Beshalah 48a): 'le Nom son Elokim', au lieu auquel il était attaché.
Car le trait d'Abraham est le 'hessed, et il est appelé l'aspect du jour, le matin d'Abraham, ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Toledot 141b): 'Elokim appela la lumière Jour': c'est Abraham, qui est la lumière du jour; sa lumière va, illumine et se renforce dans le tikoun du jour, etc. C'est-à-dire que tout son désir et son service étaient d'éclairer au sein de l'obscurité, de montrer au monde entier qu'il y a un Créateur du monde qui dirige et surveille les actes particuliers des hommes.
C'est pourquoi il s'introduisit dans tous les doutes et, au cœur même de la dissimulation, se clarifia par de grandes contractions et clarifications, jusqu'à ce qu'il éclairât dans l'obscurité et que la gloire du Nom s'y dévoilât (voir ci-dessus, Toledot, paragraphe 3, s.v. Vezehou de-ita).
Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Lekh Lekha 81a): 'Abram descendit en Égypte pour y séjourner. Pourquoi en Égypte? ...
Quand Abraham eut connu et entra dans une foi parfaite, il voulut connaître tous ces degrés qui s'attachent en bas; et l'Égypte prenait de la droite, c'est pourquoi il descendit en Égypte.' Et encore là-bas: 'Ici aussi, il s'approcha: il s'approcha lui-même du Saint, béni soit-Il, comme il convient, en venant en Égypte, pour observer ces degrés, s'en éloigner et s'éloigner des serviteurs de l'Égypte.' Voir Tiferet ha-Hinoukhi sur le Zohar, Lekh Lekha (82a), s.v. Oulefi: puisque notre père Abraham, de bienheureuse mémoire, est le char du trait de 'hessed du Saint, béni soit-Il, il voyagea donc vers l'Égypte, car s'y trouve le déchet du trait de 'hessed, qui s'y ramifie en se revêtant de vêtements éloignés de la lumière du Nom.
Aussi l'influence y est-elle en abondance, au point qu'il est dit d'elle: 'comme le jardin du Nom, comme la terre d'Égypte' (Genèse 13,10), et il leur semble qu'ils n'ont nul besoin du Donateur, etc. Parce que notre père Abraham avait acquis le trait de 'hessed à sa racine, il devait descendre en Égypte afin de voir tous les rameaux du trait de 'hessed et aussi son déchet, pour voir comment ce déchet aussi vient du 'hessed du Nom et comment la gloire du Ciel en surgira, etc.
Et encore là-bas (83b): 'Après avoir su qu'il devait être purifié et paré de degrés, aussitôt Abraham descendit en Égypte; il en fut sauvé, ne fut pas séduit au milieu de ces splendeurs, fut purifié, revint à son lieu et s'attacha à la foi supérieure, ainsi qu'il est écrit: vers le Neguev.' Mais il n'avait pas assurance, dans les actes accomplis sans savoir, d'avoir ainsi visé Sa volonté, qu'Il soit béni.
La mesure d'Its'hak est la guevoura, aspect de la nuit : par sa crainte, il n'entrait dans aucune situation douteuse. Après « Ne porte pas la main sur l'enfant », même sans connaissance son cœur était affermi. Le Beit Yaakov enseigne que Yaakov inclut la nuit dans le jour et fait entrer la lumière de la connaissance dans tous les membres. Sa mesure, nommée « nouveau », fait voir au moment de l'acte comment on accomplit la volonté du Nom. Il dit à Rachel « Suis-je à la place d'Elokim ? » : sa mesure est « avant », et il n'insiste en prière que pour ce qui est clairement destiné à la gloire du Nom.
Aussi : yossef dit de même « Suis-je à la place d'Elokim ? » ; david relève de l'aspect « après », le Nom le discerne même sans connaissance ; rachel, en donnant sa servante, se discerne dans la jalousie pour le Ciel.
ומדת יצחק אבינו הוא גבורה, שהוא בחינת לילה, וכדאיתא (שם בזהר תולדות קמב.) ובגין כך ויקרא א-להים לאור יום ולחשך קרא לילה דא יצחק וכו' היינו שהיה לו יראה מופלגת, ומרוב פחדו לא חפץ לכנוס בשום ספיקות שיהיה צריך לברורין, אבל מכח הקדושה שנקבע אצלו ממעשה העבודה שמסר נפשו כלו לה', וכל חיותו נמשך מעצם רצונו יתברך באמרו אל תשלח ידך אל הנער (וכמו שנתבאר בפ' וירא בענין העקידה)קעאעיין בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קכא: בעת שנאמר המאמר אל תשלח ידך, אז נתגלה האור העליון ממקום שהוא למעלה מכל גבולים, ונשאר אור הזה קבוע ביצחק ובזרעו, שבאמת הוא עולה תמימה, אחר שהוסכם בדעתו ובדעת אברהם אבינו שיקרב עולה, וכל חייו הוא מהמאמר שנאמר לו אל תשלח ידך אל הנער, ומזה נקבע בזרעו שיהיו מוכנים לקבל אור הזה בכל זמן שיצרך להם.
וכן מבואר בסוד ישרים ראש השנה אות עז: במעשה העקידה, מסר אברהם אבינו ע"ה מצדו לגמרי את יצחק לרצונו ית'.
וכל החיים שהיה נשאר ליצחק אחר העקדה, היה רק מזה המאמר ית' שאמר, אל תשלח ידך אל הנער. נמצא שכל הוית יצחק וזרעו וזרע זרעו עד סוף כל הדורות, הוא רק משורש הרצון ית' וכו'.
עיי"ש הרחבת הדברים. עיין עוד בתפארת יוסף פ' ויקרא ד"ה ושחט..
הנה היה לו מבטח עוז בה' כי נמצא עמו, וגם בעשותו מעשה שלא מדעת היה לבו נכון ובטוח כי כוון לרצונו יתברך. וכמו שמצינו כי ברכתו ליעקב היתה שלא מדעתו וכוון בזה לרצונו יתברך (וכמו שמבואר בפ' תולדות בפסוק וצודה לי צידה אות לח).
אבל מדת יעקב היא העולה על גביהן בהכלילו מדת לילה ביום, והשלא מדעת של יצחק הכניס הוא לאור הדעת, היינו שכל כך פעל בתפלתו ובעבודתו עבודת בוראו יתברך להכניס גם בכל אברי הגוף מאור הדעת, שיזדככו וישכילו שלא יצא אחד מהם מגדר רצונו יתברך. והשי"ת האיר לו שגם בזמן שהאדם יעסוק בצרכי גופו לא יהיה נעתק מהם מרצונו יתברך, כמאה"כ (משלי ג׳:ו׳) בכל דרכיך דעהו, וכמו שמצינו אצלו דכתיב שכל את ידיו (ויחי מח)קעבנתבאר לקמן פרשת ויחי אות מא ד"ה ולכן:
וזה שנאמר ביעקב (ויצא כט) וישא יעקב רגליו וגו' לרמז שהיה בכחו להגביה גם הרגלים שלו, היינו מה שהוא רחוק מאד מן הדעת, היה גם כן יכול לכללו בדעת וחשבון. וכן כאן נאמר שכל את ידיו, ומתרגמינן אחכמינון לידוהי, היינו שאף אצבעות הידים שהם רחוקים מהמוח נשא אותם למעלה והאיר בהם חכמה וכו'.
ויעקב נקרא גופא דמלכא, שהוא בחינת עמודא דאמצעיתא, והוא היה יכול להגביה הידים ורגלים דמלכא שהם מדת אברהם ויצחק ולכללם בשורש הדעת.. וכמו שכתוב (ויצא כט) וישא יעקב רגליו, היינו שגם הרגלים שהמה רחוקים מהראש בתכלית הריחוק, נשא אותם לבחינת אור הדעת מהראשקעגכמו שמבואר לעיל פרשה זו אות סב ובהערה קנח שם..
ומדתו נקרא בפי המקובלים חדש כדאיתא בעץ החיים (שער התיקון פרק א ב ג) שם מ"ה החדשקעדעניין שם מ"ה {יו"ד ה"א וא"ו ה"א} החדש מבואר לעיל פרשת חיי אות יט, לקמן פרשת מקץ אות י"ד ד"ה אמנם.. כי מדותיהם של אברהם ויצחק נכללים בבריאת העולם, היינו מדת יום ומדת לילה, אשר הכונה בהם הוא שאופן אחד הוא בעבודת הבורא בבחינת יום, מה שיברר האדם עצמו בכל דבר להיות אור רצונו יתברך נראה מפורש בעת עשותו כל מעשיו, ואופן השני הוא בבחינת לילה שיכוין לרצונו יתברך שלא מדעת, אבל מדת יעקב הוא חדש, יען שהוא המציא הדרך החדש הזה בעבודת הבורא יתברך.
וכדאיתא במדרש רבה (ויצא סח) עולים שנים ויורדים שנים עולם ושליש עולם הראה לו, והכונה בזה הוא כי כלל העולם הוא ששת אלפים שנה, ושליש הוא שני אלפים שנה, וזאת הראה לו הקב"ה בחלום, כי הלא בכח עבודתו פעל לתקן גם מה שלמעלה מבריאת עולם:
La mesure de notre père Its'hak est la guevoura, qui est l'aspect de la nuit. Ainsi qu'il est rapporté (Zohar, Toledot 142a): "Et Elokim appela la lumière Jour, et aux ténèbres Il donna le nom de Nuit - cela est Its'hak", etc.
Cela signifie qu'il possédait une crainte extraordinaire et que, par l'abondance de sa peur, il ne désirait entrer dans aucune situation douteuse nécessitant des discernements. Mais par la force de la sainteté qui fut fixée en lui par l'acte du service divin, lorsqu'il remit entièrement sa vie au Nom, et que toute sa vitalité procédait de l'essence de Sa volonté bénie, lorsqu'Il dit: "Ne porte pas la main sur l'enfant" (comme cela a été expliqué dans la section Vayera au sujet de la ligature),[171] il avait une ferme assurance dans le Nom, qu'Il était avec lui.
Même lorsqu'il agissait sans connaissance, son cœur était affermi et confiant qu'il avait visé la volonté bénie. Ainsi trouvons-nous que sa bénédiction à Yaakov fut donnée sans connaissance, et qu'il visa par elle Sa volonté bénie (comme expliqué dans la section Toledot sur le verset: "Chasse-moi du gibier", no 38).
[171] Voir Shaar ha-Emouna - Introduction au Beth Yaakob, p. 121b: lorsque fut prononcée la parole "Ne porte pas la main", la lumière supérieure se révéla, depuis le lieu qui est au-dessus de toute limite.
Cette lumière demeura fixée en Its'hak et en sa descendance, car en vérité il était une offrande parfaite, puisque son esprit et celui de notre père Abraham avaient consenti à ce qu'il fut offert en holocauste. Toute sa vie procédait de la parole qui lui fut dite: "Ne porte pas la main sur l'enfant".
De cela fut fixé dans sa descendance qu'ils seraient prêts à recevoir cette lumière chaque fois qu'ils en auraient besoin. Il est expliqué de même dans Sod Yesharim, Roch ha-Chana, no 77: dans l'acte de la ligature, notre père Abraham, de son côté, remit Its'hak entièrement à Sa volonté bénie.
Toute la vie qui resta à Its'hak après la ligature ne provenait que de cette parole bénie qui dit: "Ne porte pas la main sur l'enfant". Il en résulte que toute l'existence d'Its'hak, de sa descendance et de la descendance de sa descendance jusqu'à la fin de toutes les générations, ne provient que de la racine de la volonté bénie, etc.
Voir là-bas l'ample développement. Voir encore Tiferet Yossef, section Vayikra, début "Et il égorgera".
Mais la mesure de Yaakov est celle qui s'élève au-dessus d'elles, en incluant la mesure de la nuit dans le jour. Ce qui, chez Its'hak, était sans connaissance, il le fit entrer dans la lumière de la connaissance.
C'est-à-dire qu'il œuvra tant, par sa prière et son service du Créateur béni, à faire entrer la lumière de la connaissance jusque dans tous les membres du corps, afin qu'ils se purifient et comprennent, et qu'aucun d'eux ne sorte du cadre de Sa volonté bénie. Le Nom l'éclaira aussi: même lorsque l'homme s'occupe des besoins de son corps, il ne sera pas détaché, par eux, de Sa volonté bénie, ainsi qu'il est dit: "Dans toutes tes voies, connais-Le" (Proverbes 3,6).
Ainsi trouvons-nous a son sujet qu'il est écrit: "Il croisa ses mains" (Vayehi 48).[172] Yaakov est appelé le Corps du Roi (goufa de-malka); il est l'aspect de la colonne médiane (amouda de-emtsa'ita). Il pouvait élever les mains et les pieds du Roi, qui sont les mesures d'Abraham et d'Its'hak, et les inclure dans la racine de la connaissance.
Ainsi qu'il est écrit: "Yaakov leva ses pieds" (Vayetze 29): même les pieds, qui sont extrêmement éloignés de la tête, il les éleva jusqu'à l'aspect de la lumière de la connaissance venant de la tête.[173] [172] Il est expliqué plus bas, section Vayehi, no 41, début "Et c'est pourquoi": ce qui est dit de Yaakov, "Yaakov leva ses pieds", indique qu'il avait le pouvoir d'élever même ses pieds, c'est-à-dire ce qui est très éloigné de la connaissance; il pouvait aussi l'inclure dans la connaissance et le compte. De même ici il est dit: "Il croisa ses mains", et le Targoum traduit: "Il rendit ses mains sages" (אחכמינון לידוהי).
Même les doigts des mains, éloignés du cerveau, il les éleva et y fit briller la sagesse, etc. [173] Comme expliqué plus haut dans cette section, no 62 et note 158.
Les kabbalistes nomment sa mesure "nouveau", comme il est rapporté dans Etz 'Hayim (Porte du tikoun, chap. 1-3), le nouveau Nom MaH.[174] Car les mesures d'Abraham et d'Its'hak sont comprises dans la création du monde, c'est-à-dire la mesure du jour et la mesure de la nuit.
Leur intention est la suivante: une voie dans le service du Créateur est l'aspect du jour, lorsque l'homme se discerne lui-même en toute chose, afin que la lumière de Sa volonté bénie apparaisse explicitement lorsqu'il accomplit tous ses actes. La seconde voie est l'aspect de la nuit: il vise Sa volonté bénie sans connaissance.
Mais la mesure de Yaakov est nouvelle, car c'est lui qui institua cette voie nouvelle dans le service du Créateur béni. Comme il est rapporté dans le Midrach Rabba (Vayetze 68): "Deux montent et deux descendent; Il lui montra un monde et un tiers de monde." Cela signifie que la totalité du monde est de six mille ans, et que le tiers est de deux mille ans.
Le Saint béni soit-Il lui montra cela dans le rêve, car par la force de son service il œuvra à réparer même ce qui est au-dessus de la création du monde. [174] La notion du nouveau Nom MaH (יו"ד ה"א וא"ו ה"א) est expliquée plus haut, section Haye Sarah, no 19, et plus bas, section Miketz, no 14, début "Cependant".
וזהו הענין דאיתא (בב"ר פ' כב) עורי צפון זו העולה שהיתה נשחטת בצפון מהו עורי דבר שהיה ישן ונתעורר, ובואי תימן אלו שלמים שהיו נשחטים בדרום. היינו כי עולה הוא רמז למדת יצחק, ועל זו המדה כתיב לשון עורי, היינו דבר שהיה כבר לעולמים ורק צריכה להתעוררות.
אבל שלמים שהוא מדת יעקב כדאיתא בזוה"ק (ויקרא יב:) כתיב בה ובואי, דהיינו מחדש מה שלא היה עוד בעולם. והביאור בזה הוא, דהנה כתיב (תהילים לג) בדבר ה' שמים נעשו, היינו שבכל דבר שבעולם יש בו קדושה ודברי תורה רק שהוא נסתר ונעלם בהבריאה, ובהקרבת העולה שהאדם מקריב, הוא מעורר הקדושה הראשונה שמבראשית בריאת העולם.
וכן היה מדת יצחק אבינו ע"ה, שהיה מעורר זו הקדושה שמבראשית הבריאה, אשר אז נראה מפורש שמבלעדי השי"ת אין כח לשום בריה לפעול מאומה והכל מאתו יתברך. אבל מדת יעקב היא חדשה, שהוא המציא התחדשות זאת העבודה שלא יצטרך האדם לברר עצמו אחר עשותו המעשה, אבל בשעת מעשה יראה בכל דבר האיך הוא עושה רצון השי"ת.
והנה איתא בזוה"ק (פקודי רמה:) שבמקום שאדם מפציר בתפלה אז ההשפעה שנשפעה לו היא מעורבת במעט רע, ורק השי"ת מברר את האדם כי תפלתו לא היתה רק על הטוב הנמצא בזה. וכן ראינו אצל אברהם ויצחק שנולד מהם עשו וישמעאל, אבל השי"ת בירר אותם שרצונם וחפצם לא היה רק לטוב.
ולכן אמר יעקב לרחל התחת א-להים אנכי, היינו שמדתו אינה מבחינת "אחרי" שהוא בחינת דוד המלך ע"ה, היינו שהשי"ת בירר אותו לטוב גם כל מעשיו אשר עשה שלא מדעת, שהוא נמשך ממדת יצחק, כי המלכות נתבנה מהגבורות, כדאיתא בזוה"ק (האזינו רצו.) ודלת ראשך כארגמן אתקטר גבורה בחמש גבוראן ואתפשטת נוקבא בסטרהא. ונוקבא הוא המלכות, וכמו שאמר דהע"ה (תהילים קי״ט:נ״ט) חשבתי דרכי ואשיבה רגלי אל עדותיך, ואמרו על זה במדרש רבה (בחקותי לה) אמר דוד בכל יום הייתי מחשב למקום פלוני אני הולך והיו רגלי מוליכות אותי לבית המדרשקעהכמו שהתבאר לעיל פרשת חיי אות יג:
דאיתא עוד בזוה"ק (קדושים פו.) לפני לא נוצר אל דא יעקב ואחרי לא יהיה דא דוד. לפני לא נוצר אל דא יעקב, היינו שלא חתם השי"ת על שום בריה קודם שנולדו הג' אבות הקדושים, שהם נקראים נקודה קדמאה וכו'.
ואחרי לא יהיה דא דוד, היינו שיהיה בו קביעות קדושה, עד שלא היה צריך בירורים כ"כ, ואף השלא מדעת שלו היה מלא קדושה, כענין דאיתא במדרש רבה (בחקתי לה) חשבתי דרכי ואשיבה רגלי אל עדותיך בכל יום הייתי מחשב למקום פלוני אני הולך והיו רגלי מוליכות אותי לבית המדרש, היינו שאף הליכתו שלא מדעת היה מבורר ומכוון אל האמת.. אבל מדתי היא מבחינת "לפני" וכמו שאמר (ויחי מח) הא-להים אשר התהלכו אבותי לפניו הא-להים הרועה אותי מעודי, שבכל רגע ורגע אני רואה מפורש איך השי"ת מנהיג ורועה אותיקעוכמו שהביא במי השלוח ח"א פרשת ויחי ד"ה ויאמר:
האלקים הרועה אותי מעודי עד היום הזה, היינו בכל פרט מעשה שאני עושה, אני צריך שהש"י יאיר עיני איך הוא רצונו ית'. וכן הביא בפרי צדיק ראש השנה אות ח:
והנורא כנגד יעקב אע"ה, שאמר מה נורא המקום הזה. פי' כמו שאמר האלקים אשר התהלכו אבותי לפניו, שהם עבדו בהשתדלותם כל אחד במדרגתו, אברהם במדת אהבה ויצחק במדת יראה, ועל עצמו אמר האלקים הרועה אותי וגו' שאין לו ע"י השתדלותו כלום, רק מה שהשי"ת מאיר לו ורועה אותו וכו'.
לקמן פ' ויחי אות עט., ולכן איני יכול להפציר בתפלה, כי אם על דבר מבורר ומפורש לכבוד השי"ת. ולכן אמר (ויחי מט) בסודם אל תבא נפשי בקהלם אל תחד כבודי.
והאמנם כי בטח ראה יעקב שהשי"ת יברר אותם לטוב, אבל לא רצה שיתיחד עליהם כבודו, יען שהוא נגד בחינת מדתו, אשר מעולם לא רצה לסמוך עצמו על זה שהשי"ת יברר אותו אחר כןקעזכמבואר לקמן פרשת ויחי אות סג: בסודם אל תבוא נפשי וגו'.
היינו שיש בהם בעומק סוד יקר, אמנם שצריכין עדיין להמתיקו, כדכתיב (תהילים נ״ה:ט״ו) אשר יחדו נמתיק סוד וגו' היינו שיש סוד שצריכין להמתיקו. והם היו אומרים שיש להם הבנה בלבם מה לעשות, וביקש יעקב אבינו שכבודו לא ילך עמהם..
וכן מצינו גבי יוסף, מפני שהיה זיו איקונין שלו דומה ליעקב, אמר הוא ג"כ (ויחי נ) התחת א-להים אני ואתם חשבתם עלי רעה א-להים חשבה לטובה, היינו כי לפי בחינתי המעשה איננה טובה לפי מראית העין, אבל ואתם לפי בחינת מדתכם, אתם חשבתם עלי רעה וא-להים חשבה לטובה, היינו שהשי"ת יברר אתכם כי כונתכם היתה רק לטובהקעחוכן נתבאר לקמן פרשת ויחי אות פג: וזהו שאמר יוסף לאחיו, התחת א-להים אני, היינו וכי אני במדרגת אחרי, שיהיה לי בטוחות שהשי"ת יתקן את מעשי וכו', הלא אין זאת דרגא שלי כלל, כי לפי מדתי אני מחויב להיות מעביר על מדותי.
ואתם חשבתם עלי רעה א-להים חשבה לטובה, היינו, שרק בכם הניח השי"ת זאת החיים, שאפילו אתם עושים דבר שנראה לעינים על הגוון בשעת מעשה רעה, אף על פי כן מתקן אותה השי"ת אחר כך לטובה, ומראה בה רצונו ית'. אבל אני צריך לפעול כל המעשים באופן שיהיה לפנים גם כן טוב.
ועיין לקמן פרשה זו אות סט.. ויען כי רחל אמנו לא היתה אז מתבררת בשלמות במדת הקנאה, לכן אמר לה יעקב כי הוא לא יכול להפציר בתפלה בעבורה לפי בחינת מדתו שהוא "לפני" שבכל מעשיו רואה רצונו יתברך, ולכן כתיב, ותאמר הנה אמתי וגו', וכונתה בזה כענין דאיתא בגמרא (מגילה דף יג.) אין אשה מתקנאת אלא בירך חברתה, ובזה שנתנה שפחתה ליעקב ביררה עצמה במדת הקנאה שכל כונתה היא לשם שמיםקעטכמו שנתבאר במי השלוח ח"א פרשת ויצא ד"ה ותאמר שהובאו תחילת דבריו לעיל הערה קסח ושם מבואר:
לפי שנאמר ותקנא רחל באחותה והוצרכה הקנאה להתברר אם היא קנאת סופרים שהיא לשם שמים או קנאה בעלמא כפי דרך הטבע ח"ו וכו'. ע"כ לפי שרחל הוצרכה להתברר במדות קנאה וקודם שנתבררה בזאת לא הועיל לה שום תפלה וכל יגיעתה וכו'.
ע"כ ויחר ליעקב, מחמת שמקודם היתה צריכה להתברר קנאתה, אך כשאמרה ליעקב הנה אמתי לפניך וכו' ואבנה גם אנוכי ממנה, מזה נראה שכוונתה היתה לש"ש שהרי הכניסה צרתה לתוך ביתה.:
Tel est le sujet de ce qui est rapporté (Midrach Rabba, section 22): "Réveille-toi, nord" - c'est l'holocauste, qui était égorgé au nord. Que signifie "Réveille-toi"?
Une chose qui dormait et s'est éveillée. "Et viens, sud" - ce sont les sacrifices de paix, qui étaient égorgés au sud.
L'holocauste fait allusion à la mesure d'Its'hak, et c'est de cette mesure qu'il est écrit "Réveille-toi": une chose qui existait déjà depuis toujours et qui a seulement besoin d'éveil. Mais des sacrifices de paix, qui sont la mesure de Yaakov, ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Vayikra 12b), il est écrit "Et viens", c'est-à-dire qu'il renouvelle ce qui n'était pas encore dans le monde.
L'explication est la suivante. Il est écrit: "Par la parole du Nom les cieux furent faits" (Psaumes 33).
Cela signifie que toute chose du monde contient de la sainteté et des paroles de Torah, mais qu'elles sont cachées et voilées dans la création. Par l'offrande de l'holocauste que l'homme présente, il éveille la sainteté première, celle de l'origine de la création du monde.
Telle était aussi la mesure de notre père Its'hak, de bénie mémoire: il éveillait cette sainteté de l'origine de la création, où il apparaît explicitement que, sans le Nom béni soit-Il, aucune créature n'a la force d'accomplir quoi que ce soit, et que tout procède de Lui. Mais la mesure de Yaakov est nouvelle: il institua ce renouvellement dans le service, afin que l'homme n'ait pas besoin de se discerner après avoir accompli l'acte, mais qu'au moment même de l'acte il voie en toute chose comment il accomplit la volonté du Nom.
Or il est rapporté dans le saint Zohar (Pekoudei 245b) que, dans le domaine où l'homme insiste en prière, l'influence qui lui est départie est mêlée d'un peu de mal; seul le Nom discerne l'homme, car sa prière ne visait que le bien qui se trouve en cela. Ainsi voyons-nous qu'Esau et Ismaël naquirent d'Abraham et d'Its'hak, mais le Nom les discerna, car leur désir et leur volonté ne visaient que le bien.
C'est pourquoi Yaakov dit à Rachel: "Suis-je à la place d'Elokim?" Sa mesure n'est pas de l'aspect de "après", qui est l'aspect du roi David, de bénie mémoire: le Nom le discerna comme bon, même pour tous les actes qu'il accomplit sans connaissance, ce qui procède de la mesure d'Its'hak. Car la royauté est construite à partir des guevourot, ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Haazinou 296a): "La chevelure de ta tête est comme la pourpre: la guevoura est liée à cinq guevourot, et la Noukva se déploie de son côté." La Noukva est la royauté.
Ainsi le roi David, de bénie mémoire, dit: "J'ai pensé à mes voies, et mes pieds sont revenus vers Tes témoignages" (Psaumes 119,59). À ce sujet, le Midrach Rabba (Bé'houkotai 35) dit: David disait: "Chaque jour je pensais: je vais à tel endroit, et mes pieds me conduisaient à la maison d'étude."[175] [175] Comme expliqué plus haut, section Haye Sarah, no 13: il est encore rapporté dans le saint Zohar (Kedochim 86a): "Avant Moi aucun dieu ne fut formé" - cela est Yaakov; "et après Moi il n'y en aura pas" - cela est David.
"Avant Moi aucun dieu ne fut formé", cela est Yaakov: le Nom ne scella aucune créature avant la naissance des trois saints pères, qui sont appelés le point premier, etc. "Et après Moi il n'y en aura pas", cela est David: la sainteté y était fixée, de sorte qu'il n'avait pas besoin d'autant de discernements; même ce qui était sans connaissance chez lui était plein de sainteté, comme dans l'enseignement du Midrach Rabba: "J'ai pensé à mes voies, et mes pieds sont revenus vers Tes témoignages"; chaque jour je pensais aller à tel endroit, et mes pieds me conduisaient à la maison d'étude.
Même sa marche sans connaissance était donc discerné et dirigé vers la vérité. Mais ma mesure est de l'aspect de "avant", ainsi qu'il est dit: "L'Elokim devant qui mes pères ont marché, l'Elokim qui me fait paître depuis que je suis jusqu'à ce jour" (Vayehi 48).
À chaque instant, je vois explicitement comment le Nom me conduit et me fait paître.[176] Je ne peux donc insister dans la prière que pour une chose clairement et explicitement destinée à la gloire du Nom. C'est pourquoi il dit: "Dans leur conseil secret, que mon âme ne vienne pas; à leur assemblée, que ma gloire ne s'unisse pas" (Vayehi 49).
Certes, Yaakov voyait assurément que le Nom les discernerait comme bons, mais il ne voulut pas que sa gloire s'unisse à eux, car cela s'opposait à l'aspect de sa mesure: jamais il ne voulut se reposer sur le fait que le Nom le discernerait ensuite.[177] [176] Comme rapporté dans Mei ha-Chiloa'h, I, section Vayehi, début "Et il dit": "L'Elokim qui me fait paître depuis que je suis jusqu'à ce jour" signifie que, dans chaque détail d'acte que j'accomplis, j'ai besoin que le Nom éclaire mes yeux pour me montrer quelle est Sa volonté bénie. Il est aussi rapporté dans Pri Tsaddik, Roch ha-Chana, no 8: "et le redoutable" correspond à Yaakov, de bénie mémoire, qui dit: "Que ce lieu est redoutable!" Cela signifie, comme il dit: "L'Elokim devant qui mes pères ont marché": ils servirent par leur effort, chacun selon sa mesure, Abraham dans la mesure de l'amour et Its'hak dans la mesure de la crainte.
Mais de lui-même il dit: "L'Elokim qui me fait paître", car il n'obtient rien par son effort, seulement ce que le Nom l'éclaire et le fait paître, etc. Voir plus bas, section Vayehi, no 79.
[177] Comme expliqué plus bas, section Vayehi, no 63: "Dans leur conseil secret, que mon âme ne vienne pas", etc. Il y a en eux, dans la profondeur, un précieux secret, mais qui doit encore être adouci, ainsi qu'il est écrit: "Nous adoucissions ensemble un secret" (Psaumes 55,15), c'est-à-dire qu'il est un secret qui doit être adouci.
Eux disaient avoir dans leur cœur l'intelligence de ce qu'ils devaient faire, et notre père Yaakov demanda que sa gloire n'aille pas avec eux. De même trouvons-nous chez Yossef: parce que l'éclat de son visage ressemblait à Yaakov, il dit lui aussi: "Suis-je à la place d'Elokim?
Vous aviez pensé du mal contre moi; Elokim l'a pensé pour le bien" (Vayehi 50). Cela signifie: selon mon aspect, l'acte n'est pas bon selon ce que l'œil voit; mais vous, selon l'aspect de votre mesure, vous avez pensé du mal contre moi, et Elokim l'a pensé pour le bien, c'est-à-dire que le Nom vous discernera, car votre intention ne visait que le bien.[178] [178] Il est de même expliqué plus bas, section Vayehi, no 83: Yossef dit à ses frères: "Suis-je à la place d'Elokim?" C'est-à-dire: suis-je au degré de "après", pour avoir l'assurance que le Nom réparera mes actes?
Ce n'est nullement mon degré, car selon ma mesure je suis tenu de passer outre à mes mesures. "Vous aviez pensé du mal contre moi; Elokim l'a pensé pour le bien": le Nom n'a laissé cette vie qu'en vous, de sorte que même lorsque vous accomplissez une chose qui, aux yeux et au moment de l'acte, paraît mauvaise, le Nom la répare ensuite pour le bien et y révèle Sa volonté bénie.
Mais moi, je dois accomplir tous les actes de manière qu'ils soient aussi bons auparavant. Voir plus bas dans cette section, no 69.
Et puisque notre mère Rachel n'était pas alors entièrement discerné dans la mesure de la jalousie, Yaakov lui dit qu'il ne pouvait insister dans la prière pour elle, selon l'aspect de sa mesure qui est "avant", car dans tous ses actes il voit Sa volonté bénie. C'est pourquoi il est écrit: "Et elle dit: voici ma servante", etc.
Son intention était ici conforme à ce qui est rapporté dans la Guemara (Meguila 13a): "Une femme n'est jalouse que de la cuisse de son amie." En donnant sa servante à Yaakov, elle se discerna elle-même dans la mesure de la jalousie, de sorte que toute son intention fut pour le Ciel.[179] [179] Comme expliqué dans Mei ha-Chiloa'h, I, section Vayetze, début "Et elle dit", dont le début des paroles a été cité plus haut, note 168. Il y est expliqué: puisque Rachel jalousa sa sœur, la jalousie devait être discernée: était-elle une jalousie des scribes, pour le Ciel, ou une simple jalousie selon la voie naturelle, à Dieu ne plaise?
C'est pourquoi Rachel devait être discerné dans la mesure de la jalousie, et avant d'y être discerné, aucune prière ni tout son labeur ne lui furent utiles, etc. C'est pourquoi Yaakov se mit en colère: auparavant, sa jalousie devait être discerné.
Mais lorsqu'elle dit à Yaakov: "Voici ma servante devant toi", etc., "et je serai moi aussi édifiée par elle", il apparut de cela que son intention était pour le Ciel, puisqu'elle fit entrer sa rivale dans sa maison.
« Donne-moi, je te prie, des mandragores de ton fils » : le Zohar rapporte que le Saint, béni soit-Il, fit tourner la chose par ces mandragores afin qu'Issakhar naisse ; elles aident les retardés, sans être la racine. Le Beit Yaakov entend qu'à la racine aucune action ne change rien ; elle ne fait que hâter ce qu'Il a ordonné pour mille générations. La parole éclot une délivrance nouvelle ; l'acte l'accélère. Il rapporte de son père que Akoudim est l'unité complète dans la racine, Nekoudim la séparation après la descente, et Beroudim l'union par le service de la création. Yaakov prend le joug du service du Nom et reçoit les bénédictions : ce qui était à lui lui est donné.
Aussi : Yossef, adversaire d'Essav, se clarifie par sa propre sainteté ; le feu blanc de Yaakov et le feu bleu de Yossef consument ensemble ; Binyamin, le juste inférieur, doit naître en terre d'Israël
תני נא לי מדודאי בנך וגו'. איתא על זה בזוה"ק (ויצא קנו:) לאו דודאים אולידו לה לרחל אלא קוב"ה קא גלגל מלה ע"י דאינון דודאים בגין דיפוק יששכר כו'.
הענין בזה, כי בעומק ובשרש אין שום פעולה יכולה לשנות כלל, אך כל פעולתם הוא רק למהר ההריון, דהיינו דבר שצוה לאלף דור שהוא בהדרגה מאד, וע"י פעולה שעושה בכח אמיץ יכול לעורר את הדבר ולקרב זמנוקפכמבואר לקמן פרשת מקץ אות לט ד"ה וזה שאמר: וכדאיתא בזוה"ק (במדבר קכ:) שכל פעולת ישועה מצד האדם צריך להיות בעובדא ובמילולא.
מילולא, היינו צמיחת ישועה חדשה. ועובדא, הוא למהר להחיש הישועה, וכדאיתא בזוה"ק (ויצא קנו:) ואי תימא דאלין דודאים פתחו מעהא דרחל, לאו דהא כתיב וישמע אליה א-להים וכו'.
ואי תימא דהא אינון למגנא אתבריאו, לאו דהא אפילו למלה דא סיועא אינון לאינון דמתעכבי ולאו אינון עקראן.. וזהו עקדים נקדים וברדים.
עקדים, היינו שהוא מקושר ומיוחד הכל משרש מחשוף הלבן, וזה הוא בחינת עונג שהוא מקושר ממקום גבוהקפאמבואר העניין כולו בעץ החיים שער ו – שער עקודים פרק א: כי לבן הוא סוד לובן העליון, אשר הוא קודם כל אצילות הזה, והוא עושה את כל אלו הבחינות, שהם עקודים נקודים ברודים, לצורך האצילות שיאציל אחריהם, אשר הוא נקרא בשם יעקב.
והתחיל בעקודים וכו', להיות י' אורות פנימים ומקיפים מקושרים ומחוברים יחד בתוך כלי אחד, אשר לסבה זו נקרא עקודים וכו' עי"ש.. וכשירד האור למטה כשיגיע למקום בינה, ששם הוא ראשית ההתחלקות המדות, כדאיתא בזוה"ק (בא מב:) וקרא ליה בינה כו' לבתר והכהו לשבעה נחלים כו' וקרא לון גדולה וגבורה כו', שם נעשה בחינת נקדים, היינו שנתפרד לנקודות.
וברדים היינו עולם התיקוןקפבמבואר בעץ החיים שער יא – שער המלכים פרק א: דע כי הלא קודם מציאות התיקון של האצילות, יצאו י' נקודות וכולם כלולים בכח נקודה אחת והוא מציאות הכתר וכו'.
אך אח"כ יצאו כולם כאחד, ונתהוו אלו י' נקודות, כל אחד בפני עצמו. וכאשר נתקן רישא דעתיק {עולם התיקון} אז נקרא ברודים., שישראל בפעלם הטוב הם מעלים ומיחדים שיתעלה מהתחתון למעלה למעלה עד לרוםקפגכמו כן ביאר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת לך (פה:) ד"ה וכד נשמתין:
כן קיבלתי מאאמו"ר הגאון הקדוש זללה"ה, שעניין עקודים הוא, שהוא כלול אחד ממש בשורש. ונקודים, היינו הפירוד שנעשה אחר שירד.
וברודים, היינו התחברות הזיווג שנעשה ע"י עבודת הבריאה והכרתה את בוראה. ובזה הוא סוד בורא עולמות ומחריבן.
בורא עולמות הוא עקודים, היינו הבריאה דכר ונוקבא כחדא. והחרבן הוא הפירוד, והזווג שלאחר כך הוא בסוד ברודים, שהוא עולם התיקון.
ועיין עוד בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת ויצא ד"ה וזה דאיתא.. כי באמת בשרש הוא הכל אחד, ברזא דשבת שמאחד הכל לשרשו, אבל עכו"ם ששבת חייב מיתה, כי הם באמת בהשרש אינם מתאחדים.
וזהו דיעקב אבינו לא אטעי ליה לעשו כדאיתא בזוה"ק (תולדות קמה.), שמתחלה לקח בכרתו והנה עתה אהדר מלה ונטיל ברכתי, שהם אותן האותיות עצמן אתוון דדין כאתוון דדין, ורק שיעקב קבל עליו עול עבודת השי"ת וממילא קבל את הברכות, וזהו משלו נתנו לו, שלא אטעיה כלל לעשו, רק כיון שמתחלה אטעה חויא לחוה וגרם בזעת אפיך תאכל לחם, החזיר הוא הדבר לקדמותו שיהיה יעבדוך עמים וגו', וכן כל הברכות שנתברך מדידיה נטל, כי באמת בשרש כך הואקפדזה לשון הזוהר הקדוש ויצא (קס.): תא חזי דיעקב הכי אשתדל לגבי עשו, בגין ההוא סטרא דיליה, לאתחכמא עלוי ולמיזל עמיה בעקימו בכל מה דאצטריך, בגין לשלטאה עלוי ברישא וסופא, וכלא כדקא יאות {היינו שלא הטעה אותו}, ורישא וסופא כחדא, דא כגוונא דא, כמה דכתיב בכרתי ולבתר ברכתי, שירותא וסופא כחדא, דא כגוונא דא, בגין לשלטאה עלוי באורח מישר כדקא חזי ליה {היינו שלקח הבכורה – עול עבדות ה' – ועי"ז לקבל הברכות}.
לעיל פ' תולדות אות מו, מז.:
'Donne-moi, je te prie, des mandragores de ton fils', etc. Il est rapporté à ce sujet dans le Zohar sacré (Vayetze, 156b): Ce ne furent pas les mandragores qui firent enfanter Rachel, mais le Saint, béni soit-Il, fit tourner la chose par ces mandragores, afin qu'Issakhar naisse, etc.
Le sens en est que, dans la profondeur et à la racine, aucune action ne peut rien changer du tout; toute leur action consiste seulement à hâte la conception. C'est-à-dire qu'une chose qu'Il a ordonnée pour mille générations, et qui vient très graduellement, peut, par une action accomplie avec une grande force, être éveillée et rapprochée de son temps, comme il sera expliqué plus bas, dans la paracha Mikets, passage 39, au début de 'Et voici ce qu'il dit'.
Et il est rapporté dans le Zohar sacré (Bamidbar, 120b) que toute action de délivrance venant de l'homme doit se faire par l'acte et par la parole. La parole est l'éclosion d'une délivrance nouvelle; l'acte est de hâte et d'accélérer la délivrance.
Ainsi est-il rapporté dans le Zohar sacré (Vayetze, 156b): Et si tu dis que ces mandragores ouvrirent le sein de Rachel, non, car il est écrit: 'Elokim l'écouta', etc. Et si tu dis qu'elles furent créées en vain, non, car même pour cela elles sont une aide à ceux qui sont retardés, mais elles n'en sont pas la racine (cause décisive).
Tel est le sens de Akoudim, Nekoudim et Beroudim. Akoudim signifie que tout est lié et unifié à la racine de 'l'exposition du blanc' (מחשוף הלבן); c'est l'aspect du délice, lié à partir d'un lieu élevé.
Tout le sujet est expliqué dans Ets ha-'Hayim, porte 6, Porte des Akoudim, ch. 1: le blanc est le secret de la blancheur suprême, qui précède toute cette émanation; il produit tous ces aspects, Akoudim, Nekoudim et Beroudim, pour l'émanation qu'Il émanera après eux, appelée Yaakov.
Il commença par les Akoudim, etc.: dix lumières intérieures et environnantes liées et jointes ensemble dans un seul keli (récipient), et c'est pour cela qu'elles sont appelées Akoudim, etc. Lorsque la lumière descend et arrive au lieu de Binah (intelligence), où commence la différenciation des middot (attributs), comme il est rapporté dans le Zohar sacré (Bo, 42b): Il l'appela Binah, etc.; ensuite Il le fendit en sept fleuves, etc., et les appela Gedoulah et Guevourah, etc., alors apparaît l'aspect de Nekoudim: elle s'est séparée en points.
Beroudim désigne le monde du tikoun, lorsque, par leur bonne action, Israël élève et unifie, et que ce qui est d'en bas monte toujours plus haut. Il est expliqué dans Ets ha-'Hayim, porte 11, Porte des Rois, ch.
1: avant la réalité du tikoun de l'Atsilout, dix points sortirent, tous inclus en puissance dans un seul point, qui est la réalité de Keter, etc. Puis ils sortirent tous ensemble, et ces dix points se formèrent, chacun à part.
Et lorsque la tête de Atik, le monde du tikoun, fut réparée, on les appela Beroudim. Ainsi Rabbi Yaakov Leiner explique également dans Tiferet ha-Hanokhi sur le Zohar, paracha Lekh Lekha (85b), au début de 'Et lorsque les âmes': J'ai reçu de mon père, mon maître, le saint gaon, de mémoire bénie, que Akoudim est une unité complète dans la racine; Nekoudim, la séparation qui se produit après la descente; et Beroudim, l'union de l'accouplement qui se fait par le service de la création et par sa reconnaissance de son Créateur.
C'est le secret de 'Il crée des mondes et les détruit'. La création des mondes est Akoudim, la création de mâle et femelle ensemble; la destruction est la séparation, et l'accouplement qui suit est le secret de Beroudim, le monde du tikoun.
Voir encore Sod Yesharim sur la Torah, de son manuscrit, paracha Vayetze, au début de 'Et ceci est rapporté'. En vérité, à la racine tout est un, dans le secret du Chabbat, qui unifie tout à sa racine.
Mais l'idolâtre qui observe le Chabbat est passible de mort, car ils ne s'unissent pas en vérité dans la racine. C'est pourquoi Yaakov notre père ne trompa pas Essav, comme il est rapporté dans le Zohar sacré (Toledot, 145a): il prit d'abord son droit d'aînesse, et voici, maintenant il a repris la chose et pris ma bénédiction; ce sont les mêmes lettres, les lettres de ceci comme les lettres de cela.
Yaakov prit seulement sur lui le joug du service du Nom, et reçut ainsi les bénédictions. Ce qui était à lui lui fut donné: il ne trompa donc nullement Essav.
Mais puisque le serpent avait d'abord trompé Havah et avait causé: 'C'est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain' (Genèse 3,19), il remit la chose dans son état premier, afin que 'des peuples te servent', etc.; et de même, de toutes les bénédictions dont il fut béni, il prit ce qui était à lui, car telle est la vérité à la racine. Voici les mots du Zohar sacré, Vayetze (160a): Viens et vois: Yaakov agit ainsi envers Essav à cause de son côté, afin d'user d'intelligence envers lui et d'aller avec lui de biais dans tout ce qui était nécessaire, afin de dominer sur lui au commencement et à la fin, et tout était comme il convenait - c'est-à-dire qu'il ne le trompa pas.
Le commencement et la fin sont un, l'un comme l'autre, ainsi qu'il est écrit: 'mon droit d'aînesse', puis 'ma bénédiction'; commencement et fin sont un, l'un comme l'autre, afin de dominer sur lui par une voie droite, comme il convenait envers lui - c'est-à-dire qu'il prit le droit d'aînesse, le joug du service du Nom, et reçut ainsi les bénédictions. Voir plus haut, paracha Toledot, passages 46-47.
ויהי כאשר ילדה רחל את יוסף ויאמר יעקב אל לבן שלחני ואלכה אל מקומי וגו'. איתא ברבה (ויצא עג) כיון שנולד יוסף שטנו של עשו שנאמר ויאמר יעקב אל לבן שלחני ואלכה אל מקומי ולארצי כו' מסורת היא שאין עשו נופל אלא ביד בניה של רחל כו' וכדכתיב והיה בית יעקב אש ובית יוסף להבה ובית עשו לקש וגו' (עובדיה א׳:י״ח).
והענין בזה הוא, כי קדושת יעקב והאבות הוא כדכתיב (תהלים סה) אשרי תבחר, ומזה הכח היה לו תקיפות לעשו ג"כ, כי אמר, מאחר שהשי"ת חתם עצמו על יצחק ורבקה שהם לחלקו, יש לו ג"כ בטוחות ותקיפות לעשות כל מה שלבו חפץ, כדכתיב (עובדיה א׳:ג׳) שוכני בחגוי סלע אומר בלבו מי יורדני ארץקפהעיין לעיל פרשת תולדות אות נא ובהערה קצא שם.. ומצדם של האבות לא יבורר מה שהאיר השי"ת כי ביצחק ולא כל יצחק.
ואף על כל השבטים יש לו ג"כ טענה שאף הם אינם מבוררים בשלימות רק שהש"י יברר אותם, כענין דאיתא ברבה (בחקותי לה) חשבתי דרכי ואשיבה רגלי אל עדותיך, אמר דוד רבש"ע בכל יום ויום הייתי מחשב למקום פלוני כו' אני הולך והיו רגלי מביאות אותי לביהכ"נ ולבית המדרש, אף שהם מצדם ומרצונם רוצים לעשות דבר רשות, על כל זה השי"ת מנהיגם למעלה מדעתם ורצונם ומכניס אף זאת לדבר מצוה, וכל זה הוא מפני שהם בני האבות. וע"ז יש לו ג"כ טענה שאף הוא נולד מהאבות.
אבל יוסף הצדיק מדתו הוא שלא לסמוך על קדושת האבות בלבד, רק לברר את עצמו בצמצומים רבים וקדושת עצמו להרגיש בעצמו הקדושה, ושיהיו מעשיו טובים אף נאים אפילו על הלבוש, שלא יהיה שום טענה עליו, מכיון שהוא מברר עצמו מצדו ביותר, ולכן כתיב בו (ויחי נ) התחת א-להים אני, היינו שהוא היה בבחינת "פני" כי הוא היה זיו איקונין של אביו יעקב, דכתיב בו (תהלים קמו) שברו על ה' א-להיו, וכדאיתא בזוה"ק (קדושים פו.) לפני לא נוצר אל דא יעקב וכדאיתא לעיל (אות סז ד"ה וזהו העניין). לכן יפלו בני עשו ביד בניה של רחל, כי עליהם אין לו שום טענה, ומצדו מבורר המאמר כי ביצחק ולא כל יצחק, וכדאיתא במדרש (רבה וישלח עו) העושה כמעשיהם אני מתקיים עליו כו'קפווזה לשון המדרש רבה וישלח (עו, ד):
ויאמר יעקב א-להי אבי אברהם וא-להי אבי יצחק, הא לעשו לא, אלא הבוחר בדרכיהם והעושה כמעשיהם אני מתקיים עליו, מי שאינו בוחר בדרכיהם ואינו עושה כמעשיהם איני מתקיים עליו.. ועל יוסף הצדיק נאמר במדרש שהוא דומה לפעמון של זהב והגיל שלו של מרגליות שהוא מבהיק.
וזהו (סדר התפלה) הזך והזוהר לחי עולמים. זך היינו בהירות וזכות שלא לסמוך על שום תקיפות.
והזהר הוא הברק והבהקה שהוא על הלבוש, שזה רומז לתקיפות, שהתקיפות הוא מה שסומך על עבודתו, כי דבר שהוא זך וברור כזכוכית אינו יכול להצהיב ולהבהיק. וזה אינו נמצא בהאומות שיוכלו לברר ולצמצם את עצמם.
ומיוסף הוא התחלת הגלות, והוא ממה שנמצא גם בהאומות איזה שקר החן והבל היופי, שעל הגוון מיפים את עצמם ומצמצמים עצמם על הגוון, ומזה סובלין ישראל סבלנות רב וטלטולים לברר את עצמם כל כך, להראות שזה אינו בנמצא כלל בהעכו"ם. ועל זה היה עיקר גלות מצרים, מזה שיוסף מל אותם והכניס בתוכם גוון מה ממדתו מדת יסוד רזא דברית, ומכח זה סבלו כל הגלות, וכדאיתא בהאר"י הק' (ליקוטי תורה מקץ ד"ה לכו אל יוסף, שער הפסוקים מקץ ד"ה ויאמר פרעה).
ואיתא בזוה"ק (ויצא קנח:) שיעקב אע"ה ראה שיולדו ממנו שנים עשר שבטים ולא רצה שיולד בנימין בחוץ לארץ שישלמו שם הי"ב שבטי ישורון. והענין הוא, כי אם היה גם בנימין נולד בחוץ לארץ והוא היה נקרא צדיק תתאה, כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנג:) ואזי לא היו יוצאים ח"ו מהגלות לעולם אם היה להעכו"ם איזה אחיזה במדתו, ולכן אמר שלחני ואלכה אל מקומי ולארצי, וכוונתו שיולד בנימין בא"י ולא בחוץ לארץ.
כי בנימין הוא רק צדיק תתאה כדאיתא בזוה"ק (שם), והבירורים שלו לא היו מספיקין לעמוד בהם נגד האומות. אבל יוסף הצדיק הוא צדיק עלאה, והוא שטנו של עשו ועומד לנגדו, כי עליו אין לו שום טענה, וזהו דאיתא במדרש אין עשו נופל אלא ביד בניה של רחל, והוא מדת יוסף הצדיקקפזלקמן פרשת וישלח אות י, פ' וישב אות יז.:
'Et il arriva, lorsque Rachel eut enfanté Yossef, que Yaakov dit à Lavan: Laisse-moi partir, afin que j'aille en mon lieu et dans mon pays', etc. Il est rapporté dans le Midrach Rabbah (Vayetze 73): Lorsque Yossef naquit, naquit l'adversaire d'Essav, comme il est dit: 'Yaakov dit à Lavan: Laisse-moi partir afin que j'aille en mon lieu et dans mon pays', etc.
La tradition veut qu'Essav ne tombe que par la main des fils de Rachel, comme il est écrit: 'La maison de Yaakov sera un feu, la maison de Yossef une flamme, et la maison d'Essav du chaume' (Ovadia 1,18). Le sens en est que la sainteté de Yaakov et des pères est ainsi qu'il est écrit: 'Heureux celui que Tu choisis' (Psaumes 65,5).
C'est de cette force qu'Essav aussi tirait sa fermeté, car il disait: Puisque le Nom S'est engagé envers Yits'hak et Rivkah, qui sont de son partage, il a lui aussi assurance et fermeté pour faire tout ce que son cœur désire, ainsi qu'il est écrit: 'Habitant dans les retraites du rocher, disant en son cœur: Qui me fera descendre à terre?' (Ovadia 1,3). Voir plus haut, paracha Toledot, passage 51 et la note 191.
Du côté des pères, on ne peut toutefois pas clarifier ce que le Nom a fait luire par: 'en Yits'hak une descendance portera ton nom', mais non tout Yits'hak. Et même au sujet de toutes les tribus, il a aussi une prétention: elles non plus ne sont pas entièrement clarifiées; c'est seulement le Nom qui les clarifiera.
Cela rejoint ce qui est rapporté dans le Midrach Rabbah (Bé'houkotai 35): 'Je médite mes voies, et je ramène mes pas vers Tes témoignages' (Psaumes 119,59). David dit: Maître du monde, chaque jour je projetais d'aller en tel lieu, etc., mais j'allais et mes pas me conduisaient à la synagogue et à la maison d'étude.
Bien qu'ils veuillent, de leur propre chef et par leur propre volonté, faire une chose permise, le Nom les conduit au-dessus de leur savoir et de leur volonté, et transforme même cela en chose de mitsvah. Tout cela vient de ce qu'ils sont fils des pères.
Et contre cela aussi, il a la prétention d'être ne des pères. Mais la mesure de Yossef le Juste est de ne pas s'appuyer sur la seule sainteté des pères, mais de se clarifier lui-même par de nombreuses restrictions et par sa propre sainteté, de ressentir en lui-même la sainteté, et que ses actes soient bons et beaux, même dans leur vêtement extérieur, afin qu'il ne reste contre lui aucune prétention.
Puisqu'il se clarifie ainsi au plus haut point de son propre côté, il est écrit à son sujet: 'Suis-je à la place d'Elokim?' (Genèse 50,19). C'est-à-dire qu'il était dans l'aspect de 'devant Moi', car il était le rayonnement de l'image de son père Yaakov, de qui il est écrit: 'Son espoir est dans le Nom, son Elokim' (Psaumes 146,5).
Et il est rapporté dans le Zohar sacré (Kedochim, 86a): 'Avant Moi aucun dieu ne fut formé' - ceci est Yaakov, comme expliqué plus haut, passage 67, au début de 'Et tel est le sens'. C'est pourquoi les fils d'Essav tomberont entre les mains des fils de Rachel: contre eux il n'a aucune prétention, et de leur côté se clarifie la parole: 'en Yits'hak', mais non tout Yits'hak.
Ainsi est-il rapporté dans le Midrach (Rabbah, Vayichlah 76): 'Celui qui choisit leurs voies et fait leurs actes, Je Me maintiens sur lui; celui qui ne choisit pas leurs voies et ne fait pas leurs actes, Je ne Me maintiens pas sur lui.' Et il est dit dans le Midrach de Yossef le Juste qu'il ressemble à une clochette d'or dont la bordure est de perles et qui brille. C'est le sens de la prière: 'le pur et le lumineux, qui donne vie aux mondes'.
Pur signifie la clarté et la pureté de ne s'appuyer sur aucune fermeté. Lumineux est l'éclat et le rayonnement qui est sur le vêtement; cela indique la fermeté, qui consiste à s'appuyer sur son propre service.
Car une chose pure et claire comme le verre ne peut jaunir ni resplendir. Cela ne se trouve pas chez les nations: elles ne peuvent se clarifier et se restreindre elles-mêmes.
L'exil commence avec Yossef. Car même chez les nations se trouve quelque chose de 'mensongère est la grâce et vaine est la beauté' (Proverbes 31,30): elles s'embellissent et se restreignent quant à l'apparence extérieure.
De cela Israël endure grande patience et grands déplacements, pour se clarifier à ce point et montrer que cela ne se trouve nullement chez les idolâtres. Ce fut la cause principale de l'exil d'Égypte: Yossef les circoncit et introduisit en eux une certaine teinte de sa mesure, la mesure de Yessod (fondement), secret de l'alliance; et c'est par cette force qu'ils subirent tout l'exil, comme l'enseigne le saint Ari, dans Likoutei Torah, Mikets, au début de 'Allez vers Yossef', et dans Chaar ha-Pessoukim, Mikets, au début de 'Pharaon dit'.
Il est rapporté dans le Zohar sacré (Vayetze, 158b) que Yaakov notre père vit que douze tribus naîtraient de lui et ne voulut pas que Binyamin naisse hors de la terre d'Israël, afin que les douze tribus de Yechouroun ne s'y complètent pas. Le sens en est que si Binyamin aussi était né hors de la terre d'Israël, lui qui est appelé le juste inférieur, comme il est rapporté dans le Zohar sacré (Vayetze, 153b), alors ils ne sortiraient jamais, à Dieu ne plaise, de l'exil, si les idolâtres avaient quelque prise sur sa mesure.
C'est pourquoi il dit: 'Laisse-moi partir afin que j'aille en mon lieu et dans mon pays'; son intention était que Binyamin naisse en terre d'Israël et non hors de la terre d'Israël. Car Binyamin n'est que le juste inférieur, comme le rapporte le Zohar sacré au même endroit, et ses clarifications ne suffisaient pas pour tenir contre les nations.
Mais Yossef le Juste est le juste supérieur; il est l'adversaire d'Essav et se tient face à lui, car celui-ci n'a contre lui aucune prétention. Tel est le sens de ce qui est rapporté dans le Midrach: Essav ne tombe que par la main des fils de Rachel; c'est la mesure de Yossef le Juste.
Voir plus bas, paracha Vayichlah, passage 10, et paracha Vayichev, passage 17.
ויהי כאשר ילדה רחל את יוסף ויאמר יעקב אל לבן שלחני ואלכה אל מקומי ולארצי תנה את נשי ואת ילדי וגו'. איתא במדרש רבה על זה (ויצא עג) כיון שנולד יוסף שטנו של עשו שנאמר ויאמר יעקב אל לבן שלחני וגו' מסורת היא שאין עשו נופל אלא ביד בניה של רחל, וכדכתיב ג"כ (עובדיה א׳:י״ח) והיה בית יעקב אש ובית יוסף להבה ובית עשו לקש.
הענין בזה, כי באמת הוא עיקר הכח באש, כי להבה בלבד בלא אש אינו שורף כלל, רק שאש בלא להבה אינו שולט למרחוק. והיינו, כי יעקב אבינו ע"ה דבוק באשא חוורא ויוסף באשא תכלא, וכדאיתא בזוה"ק (בראשית נא.) החילוק שבין אשא חוורא לאשא תכלא, שתכלא אשתני לגוונין אלין לזמנין תכלא או אוכמא ולזמנין סומקא ונהורא חוורא לא אשתני לעלמיןקפחעניין האש מבואר בבית יעקב שמות פרשת תרומה אות נד, סוד ישרים שמיני עצרת אות א בסופו..
אשא תכלא הוא ששורף ומכלה לכל מי שנוטל כח לעצמו ואומר שיש לו הוות כדכתיב (תהלים צב) היחברך כסא הוות, והאומות אומרים שיש להם כח בפני עצמם מהרוח חיים שניתן להם, ויוסף הצדיק הוא העומד לנגד זה ומכלה זה הכח. ויעקב אבינו הוא אשא חוורא שהוא גבוה למעלה מאשא תכלא, שאשא תכלא הוא שניכר קצת גוון בו מדבר שנשרף בתוכו, וכדאיתא בזוה"ק שם, והאי כרסיא תכלא אוכמא אתאחד במלה אחרא לאתדלקא דהוא מתתא וההוא אתער ליה לאתאחדא בנהורא חוורא וכו' אבל האי תכלא אשתני לגוונין אלין לזמנין תכלא או אוכמא ולזמנין סומקא.
אבל יעקב אבינו אין שום דבר מתנגד להאור שלו, כי הוא מביט להעומק ולהשרש, ובאמת הוא שבכל מקום נעשה רצון השי"ת אפילו ע"י מי שנדמה לו שעובר רצונו ית', וכדכתיב (מלאכי א׳:י״א) בכל מקום מוקטר מוגש לשמי וגו', היינו השי"ת מנהג למעלה מהשגתו, ובאמת אינו יכול לעבור על רצונו, ואף אם יאמר שכחו ועוצם ידו עשה לו חיל לא יתנגד לאור שלו. אבל יוסף אינו מסכים על זה, ורוצה לברר גם בהלבוש האחרון ועל הגוון החיצון שמקיים רצון השם יתברך בפועל טוב, אכן להבה בלבד גם כן אינה יכולה לשלוט בהם ולכלה, רק שניהם יחד אוכלים ודולקים בהם:
'Et il arriva, lorsque Rachel eut enfanté Yossef, que Yaakov dit à Lavan: Laisse-moi partir, afin que j'aille en mon lieu et dans mon pays. Donne-moi mes femmes et mes enfants', etc.
Il est rapporté à ce sujet dans le Midrach Rabbah (Vayetze 73): Lorsque Yossef naquit, naquit l'adversaire d'Essav, comme il est dit: 'Yaakov dit à Lavan: Laisse-moi partir', etc. La tradition veut qu'Essav ne tombe que par la main des fils de Rachel, comme il est aussi écrit: 'La maison de Yaakov sera un feu, la maison de Yossef une flamme, et la maison d'Essav du chaume' (Ovadia 1,18).
Le sens en est qu'en vérité la force principale est dans le feu: une flamme seule, sans feu, ne brûle nullement; mais le feu sans flamme ne s'étend pas au loin. Yaakov notre père, de mémoire bénie, est attaché au feu blanc (אשא חוורא), et Yossef au feu bleu (אשא תכלא), comme il est rapporté dans le Zohar sacré (Bereshit, 51a), au sujet de la différence entre le feu blanc et le feu bleu: le bleu change selon ces couleurs, tantôt bleu ou noir, tantôt rouge; la lumière blanche ne change jamais.
Le sujet du feu est expliqué dans Beth Yaakov, Chemot, paracha Teroumah, passage 54, et dans Sod Yésharim, Chemini Atseret, passage 1, à la fin. Le feu bleu brûle et anéantit quiconque prend une force pour lui-même et dit qu'il possède des 'maux' (הוות), ainsi qu'il est écrit: 'Le trône de maux s'alliera-t-il à Toi?' (Psaumes 94,20).
Les nations disent qu'elles ont une force autonome issue du souffle de vie qui leur fut donné. Yossef le Juste se tient face à cela et anéantit cette force.
Yaakov notre père est le feu blanc, plus élevé que le feu bleu. Car dans le feu bleu apparaît quelque peu la couleur de ce qui brûle en lui, comme il est rapporté dans le Zohar au même endroit: Cette braise bleue-noire se lie à une autre chose pour s'enflammer, celle qui est en bas; celle-ci l'éveille à s'unir à la lumière blanche, etc.
Mais ce bleu change selon ces couleurs, tantôt bleu ou noir, tantôt rouge. En Yaakov notre père, rien ne s'oppose à sa lumière, car il regarde la profondeur et la racine.
En vérité, en tout lieu la volonté du Nom se réalise, même par celui qui semble transgresser Sa volonté, ainsi qu'il est écrit: 'En tout lieu on fait fumer l'encens et l'on présente une offrande à Mon Nom', etc. (Malakhi 1,11).
C'est-à-dire que le Nom conduit au-dessus de sa compréhension; en vérité, on ne peut passer outre Sa volonté. Même si quelqu'un dit: 'Ma force et la puissance de ma main m'ont acquis cette richesse' (Deutéronome 8,17), il ne s'oppose pas à Sa lumière.
Mais Yossef ne consent pas à cela: il veut clarifier, même dans le vêtement dernier et dans la couleur extérieure, que l'on accomplit la volonté du Nom par une bonne action effective. Cependant, la flamme seule ne peut pas non plus dominer sur eux ni les anéantir; seuls les deux ensemble les consument et brûlent en eux.
« Yaakov prit pour lui des baguettes, il les pela et il les plaça dans les rigoles. » Le Zohar y voit les tefillin de la tête. Selon le Beit Yaakov, Lavan reconnaît que la bénédiction lui est venue par Yaakov, mais il tient pour essentielle la lumière que D.ieu fera luire en fendant l'obscurité. Yaakov répond qu'elle ne luira que pour celui qui a marché dans la lumière en ce monde, par son service, et il le montre aux brebis liées : un léger éveil fait sortir la blancheur. Il rapporte de son père que les réceptacles de la lumière future s'acquièrent ici par le resserrement et la patience.
Aussi : les tefillin de la tête éclairent jusque dans l'obscurité, celles du bras seulement en elles-mêmes ; Lavan, qui marche dans l'obscurité, se couvrira de honte.
ויקח לו יעקב מקל וגו' ויפצל בהן וגו' ויצג את המקלות וגו' ברהטים בשקתות המים. איתא ע"ז בזוה"ק בסתרי תורה (ויצא קסב.) נטל אינון מקלות תפלין דרישא ברהטים אתר ודוכתא לדיורי תפלין.
הענין בזה, כי עיקר טענת לבן עם יעקב ודאי לא היה על הכבשים של יעקב שהם שלו, שהרי הוא עצמו הודה ליעקב שלרגליו באה לו הברכה, כדכתיב (ויצא ל) נחשתי ויברכני ה' בגללך. אכן טענת לבן היה, שהוא העיקר אצל השי"ת והברכה היא שלו, ואף שבא לו דרך יעקב.
כי השי"ת הציב בבריאת העולם חשך ואור, חשך הוא שאין בכח הבריאה להאיר רק הקב"ה בעצמו יאיר ויבקיע את החשך שיתראה ממנו האור, וזה האור הוא משובח ומעולה מהאור שהאדם מאיר לעצמו, וזהו האור מצד השי"ת שהוא חשך מצד האדם כדאיתא (זוה"ק בראשית טז.), ואור מצד האדם הוא מה שאדם מאיר לעצמו על ידי פעולותיוקפטלפי שהשי"ת העלה ברצונו הפשוט לבראות העולם למען ייטיב לבריותיו. ויען כי זה האור הקדמון היה אור גדול עד שאין בכל הבריאה להשיגו, ולכן מצד הבריאה נקרא זה האור הגדול חשך.
וכן איתא בספר מעין החכמה (המכונה למרע"ה) וז"ל, שאין החשך הקדמון מכלל מספרם כי ממנו תוצאות כלם כו' לכך נקרא חשך מחשיך, ולא בשביל שהוא דומה לחשך, אלא מפני שאין בריה יכולה להסתכל בה וכו' כאדם שאין לו כח להסתכל בעין השמש החזק. כל זאת מבואר לעיל פרשת בראשית אות כח, עיין אריכות הסבר בדבר בתפארת החנוכי על זהר בראשית (טו.) ד"ה בראשית, כל הענין שם.
תפארת יוסף חג השבועות ד"ה אלה הדברים.. וזאת ידע אף לבן שבפנימיות כל הדברים שבעולם נמצא אור, כדכתיב (תהילים נ״ב:ג׳) חסד אל כל היום, ואיתא ע"ז בזוה"ק (צו לא.) ואף דכתיב (תהילים ז) ואל זועם בכל יום כו' אל בכל אתר נהירו דחכמתא עלאה כו', והעיקר הוא האורקצכמבואר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת צו (לא.) ד"ה אבל:
שם א"ל הוא שורש החסדים במקורם בחכמה, ששם הוא רחמים גמורים, דמניה לא אתערו דינין כלל וכו'. כי שם אינו ניכר התחלקות המידות, ורק חכמה פשוטה, שכך גזרה חכמתו שרצונו להיטיב וכו'.
וכן הוא החסד השורשי, שבשורש הוא חכמה, אכן כאשר יתלבש בלבושים, ואחר שבעולם ההסתר והחושך שנמצא טוב ורע, ומזה יסתעף שיתלבש החסד בלבוש, להעביר ממשלת זדון מן הארץ {היינו, וא"ל זועם בכל יום} וזה הוא לבוש הטובה במקום הזה., כל זה ידע לבן ג"כ. והוא עצמו הודה ליעקב שהברכה באה לו ע"י יעקב.
אכן כל טענתו היה שכאשר יְשַב֯ר ויבקיע השי"ת את החשך ויראה האור מתוכו, יהיה בו יקרות גדול יותר מן האור שהאדם מאיר לעצמו. לכן אמר, אף שהברכה באה לו ע"י יעקב שמאיר בעצמו אבל לא זה הוא עיקר האור, כי אין לו דמיון וערך להאור שהשי"ת יאיר, לכן הוא עיקר הברכה שלו שאינו מאיר לעצמו, כי קטן הוא זה האור, ורק אורו ית' זה הוא העיקר, ובטח תבא העת שיאיר השי"ת את אורו היפה וברה, אזי יהיה הוא הגדול, לפי שלא רצה להאיר לעצמו, רק המתין עד שיאיר השי"ת בעצמו.
ויעקב אבינו טען, כי לעת עתה הוא בעוה"ז חשך בחשך, וכאשר תבא העת שיאיר השי"ת אורו הרב למי יאיר זה האור, רק לזה שהלך באור, שהאיר לעצמו בעוה"ז הדומה לחשך ע"י עבודתו ופעלו הטוב בעיני השי"ת, וכדאיתא (שבת עז:) מאי טעמא עיזי מסגי ברישא והדר אימרי אמר ליה כברייתו של עולם דברישא חשוכא והדר נהורא. שהציב השי"ת בעולם הזה האור מוקף ומסובב בחשך, לפי שהניח מקום לאדם להתגדר בו, שהאדם יסיר את החשך ויאיר אף בהחשך, לכן כשיאיר השי"ת את אורו הבהיר לא יאיר רק למי שהלך מצדו באור ופעל ועשה רצונו ית' שרצה בבריאת עולמו, ולא ברא השי"ת את החשך רק בשביל מי שחפץ באור, שבשבילו יאיר גם את החשךקצאוהרחיב ביאורו בזה בסוד ישרים שמיני עצרת אות יט:
וביאר בזה אאמו"ר הג' הק' זצל"ה, כי בעולם הזה הוא האור יקר מאד, רק כלים לקבל מהם בעתיד את האור יכולים לקנות שפיר בעוה"ז. אבל לעתיד, שוב אין להשיג שום כלי קיבול, כי מי שלא הכין עצמו מערב שבת אין לו מה שיאכל בשבת.
אכן, האור יהיה לעתיד בזול מאד, רק כלים אין להשיג אז לקנות. לזה צריכין לקנות כלים בעוה"ז, כדי שיהיה בעתיד במה שיקבל את האור.
ועיקר הכלי קיבול לאור הוא הצמצום והסבלנות שסובל האדם בעד כבוד שמים בזה העולם. וכפי שסבל האדם, כך יהיה לו לעתיד כלים לקבל את האור.
ועיין עוד שם אות יג בהרחבת הדברים. לעיל פרשת בראשית אות כד..
ולכן כל בריאת לבן לא היה רק בשביל יעקב שעל ידו גם הוא יאיר:
"Yaakov prit pour lui des baguettes... il les pela... et il plaça les baguettes... dans les rigoles, dans les abreuvoirs." Le saint Zohar dit à ce sujet, dans les Secrets de la Torah (Vayetzei 162a) : "Il prit ces baguettes : les tefillin de la tête ; dans les rigoles, le lieu et emplacement des demeures des tefillin." Voici le sens. L'argument principal de Laban contre Yaakov ne portait certainement pas sur les brebis de Yaakov, qui étaient à lui ; car Laban lui-même reconnut que la bénédiction lui était venue par les pas de Yaakov, comme il est écrit : "J'ai deviné, et le Nom m'a béni à cause de toi" (Vayetzei 30).
Mais la prétention de Laban était qu'il était l'essentiel devant le Saint, béni soit-Il, et que la bénédiction était sienne, bien qu'elle lui fut venue par Yaakov. Car le Saint, béni soit-Il, a placé dans la création du monde obscurité et lumière.
L'obscurité signifie que la création n'a pas la force d'éclairer ; seul le Saint, béni soit-Il, éclairera Lui-même et fendra l'obscurité, afin que la lumière en apparaisse. Et cette lumière est plus précieuse et plus élevée que celle que l'homme s'éclaire à lui-même.
C'est la lumière du côté du Saint, béni soit-Il, qui est obscurité du côté de l'homme, comme il est dit dans le saint Zohar (Bereshit 16a). La lumière du côté de l'homme est ce que l'homme s'éclaire à lui-même par ses actes, car le Saint, béni soit-Il, a voulu dans Sa volonté simple créer le monde afin de faire du bien à Ses créatures.
Et puisque cette lumière primordiale était une si grande lumière que nulle créature ne peut l'atteindre, cette grande lumière est donc appelée obscurité du côté de la création. Ainsi est-il dit dans le livre Maayan ha-'Hokhma (attribué à notre maître Moché) : "L'obscurité primordiale n'est pas comprise dans leur nombre, car d'elle procèdent toutes leurs issues...
C'est pourquoi elle est appelée obscurité qui obscurcit, non parce qu'elle ressemble à l'obscurité, mais parce qu'aucune créature ne peut la regarder..., comme l'homme qui n'a pas la force de regarder le soleil éclatant." Tout cela a été expliqué plus haut, parachat Bereshit, section 28 ; voir l'explication développée dans Tiferet ha-Hanokhi sur le Zohar, Bereshit (15a), début "Bereshit", tout le sujet là-bas ; et Tiferet Yossef, Chavouot, début "Éleh ha-Devarim". Laban aussi savait que dans l'intérieur de toutes les choses du monde se trouve une lumière, comme il est écrit : "La bonté de Él est tout le jour" (Psaumes 52,3).
Le saint Zohar dit à ce sujet (Tzav 31a), bien qu'il soit écrit : "Él est irrité chaque jour" (Psaumes 7), "Él est en tout lieu la lumière de la 'Hokhma supérieure..." ; l'essentiel est la lumière. Comme cela est expliqué dans Tiferet ha-Hanokhi sur le Zohar, parachat Tzav (31a), début "Aval" : le Nom Él est la racine des hassadim dans leur source, dans la 'Hokhma, où il y a des miséricordes parfaites, dont aucun jugement ne s'éveille jamais.
Car la répartition des attributs n'y est pas reconnaissable, et il n'y a que la 'Hokhma simple : ainsi Sa 'Hokhma a-t-elle decree que Sa volonté est de faire du bien. Tel est aussi le hesed originel, dont la racine est 'Hokhma.
Mais lorsqu'il se revêt de revêtements, dans le monde de voilement et d'obscurité où se trouvent bien et mal, il en résulte que le hesed se revêt d'un vêtement pour faire disparaître de la terre la domination de l'insolence - c'est-à-dire : "Él est irrité chaque jour". C'est le vêtement du bien dans ce lieu.
Tout cela, Laban aussi le savait. Il reconnut lui-même à Yaakov que la bénédiction lui était venue par Yaakov.
Mais toute sa prétention était que, lorsque le Saint, béni soit-Il, briserait et fenderait l'obscurité, et que la lumière apparaîtrait d'elle, elle aurait une valeur bien plus grande que la lumière que l'homme s'éclaire à lui-même. Il dit donc : bien que la bénédiction me soit venue par Yaakov, qui s'éclaire de lui-même, ce n'est pas là l'essentiel de la lumière, car elle ne peut être comparée ni mise en rapport avec la lumière que le Saint, béni soit-Il, éclairera.
La bénédiction principale est donc à moi, qui ne m'éclaire pas moi-même, car cette lumière est petite ; seule Sa lumière, béni soit-Il, est l'essentiel. Certes viendra le temps où le Saint, béni soit-Il, fera luire Sa belle et claire lumière ; alors je serai le grand, puisque je n'ai pas voulu m'éclairer moi-même, mais ai attendu que le Saint, béni soit-Il, éclaire Lui-même.
Yaakov notre père soutint qu'à présent ce monde-ci est obscurité dans l'obscurité ; et lorsque viendra le temps où le Saint, béni soit-Il, fera luire Sa grande lumière, pour qui cette lumière luira-t-elle ? Seulement pour celui qui a marché dans la lumière, qui s'est éclairé lui-même dans ce monde-ci semblable à l'obscurité, par son service et son œuvre agréable aux yeux du Saint, béni soit-Il.
Comme il est dit (Chabbat 77b) : "Pourquoi les chèvres vont-elles d'abord, puis les brebis ?" Il lui répondit : "Comme la création du monde : d'abord l'obscurité, puis la lumière." Le Saint, béni soit-Il, a placé en ce monde la lumière entourée et environnée d'obscurité, car Il a laissé à l'homme un lieu où se fortifier : que l'homme écarte l'obscurité et éclaire même dans l'obscurité. C'est pourquoi, lorsque le Saint, béni soit-Il, fera luire Sa lumière éclatante, elle ne luira que pour celui qui a marché de son côté dans la lumière, a agi et accompli Sa volonté, béni soit-Il, celle qu'Il voulait lors de la création de Son monde.
Le Saint, béni soit-Il, n'a créé l'obscurité que pour celui qui désire la lumière ; pour lui, Il éclairera aussi l'obscurité. Cela est développé dans Sod Yésharim, Chemini Atseret, section 19.
Mon père, le gaon saint, de bénie mémoire, expliqua ceci : en ce monde-ci, la lumière est fort précieuse ; mais les réceptacles permettant de recevoir dans l'avenir la lumière peuvent être acquis convenablement en ce monde-ci. Mais dans l'avenir, on ne pourra plus obtenir aucun réceptacle, car celui qui ne s'est pas préparé à la veille de Chabbat n'a rien à manger le Chabbat.
La lumière, à l'avenir, sera très peu coûteuse ; seulement, on ne pourra plus alors acquérir de réceptacles. Il faut donc acquérir des réceptacles en ce monde-ci, afin d'avoir dans l'avenir de quoi recevoir la lumière.
Le réceptacle essentiel de la lumière est le tsimtsoum (contraction) et la patience par laquelle l'homme endure, en ce monde, pour l'honneur du Ciel. Selon ce que l'homme aura enduré, ainsi aura-t-il dans l'avenir des réceptacles pour recevoir la lumière.
Voir encore là-bas, section 13, où les choses sont développées ; plus haut, parachat Bereshit, section 24. C'est pourquoi toute la création de Laban n'était que pour Yaakov, par qui lui aussi éclairera.
ולבן אמר, נחשתי ויברכני ה', היינו עיקר ושרש הברכה לי הוא. רק בגללך שאתה היית הגורם לזה, אבל העיקר לי הוא:
Laban dit : "J'ai deviné, et le Nom m'a béni" ; c'est-à-dire : la bénédiction principale et sa racine sont pour moi. Seulement, c'est à cause de toi, qui en as été la cause ; mais l'essentiel est pour moi.
ויאמר יעקב מתי אעשה גם אנכי לביתי. היינו מעתה צריך אני להראות שהאור שלי הוא העיקר עד עולם.
ובירר לו זאת במבחן הכבשים, והראה לו שע"י מעט התעוררות נתעורר הלובן להתגלות ולצאת לאור, כדכתיב, מחשוף הלבן, שמראה לובן מרמז על אור וחסדי השי"ת, ומזה ראיה שהעיקר הוא שיתנהג האדם כל ימי חייו באור שיאיר לעצמו ע"י פעולותיו הטובים, שבזה מקיימים רצון השי"ת והמכוון שהיה לו בבריאת העולם. ובאיזה מקום העמיד אלו המקלות "בהמקושרות" היינו רק באותן שמקושרים במי שאמר והיה העולם ועוסקין בישוב העולםקצבכדאיתא בזוהר הקדוש סתרי תורה ויצא (קסב.):
אינון פנימאין מתקשרין במלכא קדישא ומתקשרין בישראל בנין קדישין לקודשא בריך הוא ואלין אקרון הצאן המקשרות, משריין דאינון מקשרות עילא ותתא.. אך שבאמת נמצא גם בהאומות טובה ואור, אכן שהוא בתוך תוכן שלהן עמוק עמוק מי ימצאנו, שמוקף ומסובב בלבושים רבים ואין בהם שלימות, לפי שאין השי"ת שוכן בהם.
כי באמת איזה חשך יאיר השי"ת אתר דרהטי דמוחא, היינו מקום שעל כל פנים היה בו מחשבה טובה לפעמים, כמו שיש לפעמים באדם שאף אם הוא מוטרד בטרדא רבה מ"מ עובר עליו מחשבה טובה. ומהיכן באה זאת, מקדושת תפילין של ראש.
כי תפילין של ראש מרמז שיושיע השי"ת מראשית המחשבה עד סוף המחשבה והיה קדש, כמש"נ בפרשת בא. קדש והיה כי יביאך הם ראשית המחשבה.
שמע והיה אם שמוע הם סוף המעשה, והם נגד השני אותיות האחרונים של השם הוי"ה ב"ה, כדאיתא (בהקדמת זוה"ק יג:), וכל פעולה שהשי"ת חותם עצמו עליה שיאיר אותה נקרא תפילין. וכל זה הוא רק באתר דרהטי דמוחא, היינו במקום שיש לו לאדם מעט אור מצדו.
אבל מה שהוא חשך לגמרי זאת לא יאיר השי"ת לפני האדם, וזאת הראה לו יעקב אבינו ללבן, שהוא יתבטל לגמרי, כי בחשך הוא ובחשך ילך ובחשך שמו יכוסהקצגכדאיתא בזוהר הקדוש שם סתרי תורה ויצא (קסב:): בשעתא דזהרא דנורא בנהירו דשכינתא אתגליא כל אינון דרגין אחרנין אתכספן ומתעטפי מההוא זהרא ולא יכלו לקרבא לגביה {היינו כל מדרגות הס"א מתעטפים ומתביישים ואין בהם אור כלל} וכל אינון דרגין קדישין דאינון תקונא דיליה בשעתא דאתגליא ההוא זהרא מיד חדאן וסלקן לאתקרבא בהדיה ולאתקשרא לגביה {דכל מי שבקדושה עולה ומתקרב ומתקשר לעילא} ואיהו בהו אתתקנת וסתרא דא והיה העטופים ללבן והקשורים ליעקב..
ותפילין של יד הוא רק אור בפני עצמו, כמו שב ואל תעשה, שלמקום אחר אין בה כח להאיר. כמו שיש ממונים רבים שאם יש להם התמנות על דבר אחד אין יכולים לשלוט במקום אחר.
וכמו שאנו אומרים (בנוסח התפלה) כי הוא לבדו פועל גבורות כו' שרק הוא לבדו פועל בכל אשר ירצה, וזולת הוא ית' לבדו, אם ירצו לפעול במקום אחר צריכים לקבל הארה מחדש מהשי"ת, ואין די להם מה שקבל לחלקם בשעה שנאצלו. ותפילין של ראש יכולין להאיר למקום החשך, כי הבית עצמו של תפילין של ראש יש בו קדושת כתב מלמעלה גם על הבית והשיני"ן שבו, מה שאין כן בתפילין של יד שאין בכח האור שלהם להאיר לתוך החשך רק בפני עצמוקצדעיין כל העניין דתפילין באריכות בתפארת החנוכי על זוהר פרשת וישלח (קסח:) ד"ה כתיב הכא.:
Yaakov dit : "Quand ferai-je moi aussi pour ma maison ?" Cela signifie : désormais, je dois montrer que ma lumière est l'essentiel pour toujours. Il le lui clarifia par l'épreuve des brebis et lui montra que, par un léger éveil, la blancheur s'éveille à se révéler et à sortir à la lumière, comme il est écrit : "l'exposition du blanc" (מחשוף הלבן).
L'apparition de la blancheur fait allusion à la lumière et aux hassadim du Saint, béni soit-Il. C'est donc une preuve que l'essentiel est que l'homme se conduise tous les jours de sa vie dans la lumière, qu'il s'éclaire lui-même par ses bonnes actions ; ainsi s'accomplissent la volonté du Saint, béni soit-Il, et le dessein qu'Il avait dans la création du monde.
Où Yaakov plaça-t-il ces baguettes ? "Parmi celles qui étaient liées" (בהמקושרות), c'est-à-dire seulement parmi celles qui sont liées à Celui qui a parlé et le monde fut, et qui s'occupent de l'établissement du monde.
Comme il est dit dans le saint Zohar, Secrets de la Torah, Vayetzei (162a) : "Ces intérieures sont liées au Roi saint et lient les enfants saints d'Israël au Saint, béni soit-Il ; elles sont appelées le troupeau des liées, les camps qui lient le haut et le bas." Mais, en vérité, il se trouve aussi parmi les nations du bien et de la lumière ; toutefois, cela est au plus profond de leur intérieur : qui le trouvera ? C'est entouré et environné de nombreux revêtements, et il n'y a pas chez elles de perfection, car le Saint, béni soit-Il, ne demeure pas en elles.
Car, en vérité, quelle obscurité le Saint, béni soit-Il, éclaire-t-Il ? "Le lieu où court l'esprit" (אתר דרהטי דמוחא), c'est-à-dire le lieu où il y eut parfois, tout au moins, une bonne pensée.
Ainsi, il arrive parfois à l'homme que, bien qu'il soit troublé par une grande préoccupation, une bonne pensée le traverse néanmoins. D'où vient-elle ?
De la sainteté des tefillin de la tête. Car les tefillin de la tête font allusion à ceci : le Saint, béni soit-Il, sauvera depuis le commencement de la pensée jusqu'à la fin de la pensée, et cela sera saint, comme il est expliqué dans la parachat Bo.
"Sanctifie" et "quand le Nom te fera entrer" sont le commencement de la pensée. "Écoute" et "si vous écoutez" sont la fin de l'action ; ils correspondent aux deux dernières lettres du Nom הוי'ה, béni soit-Il, comme il est dit dans l'introduction du saint Zohar (13a).
Toute action que le Saint, béni soit-Il, signe de Lui-même afin de l'éclairer est appelée tefillin. Et tout ceci n'est que dans "le lieu où court l'esprit", c'est-à-dire en un lieu où l'homme a quelque peu de lumière de son propre côté.
Mais ce qui est entièrement obscur, le Saint, béni soit-Il, ne l'éclaire pas devant l'homme. Yaakov notre père montra cela à Laban : il s'annulera entièrement, car il est dans l'obscurité, marche dans l'obscurité, et son nom sera couvert d'obscurité.
Comme il est dit dans le saint Zohar, là-bas, Secrets de la Torah, Vayetzei (162a) : "Lorsque la splendeur du feu se révèle dans la lumière de la Chekhina, tous les autres degrés ont honte, se couvrent de cette splendeur et ne peuvent s'en approcher" - c'est-à-dire que tous les degrés de la sitra a'hra (l'autre côté) se couvrent et ont honte, et n'ont aucune lumière. "Et tous les degrés saints, qui sont sa réparation, des que cette splendeur se révèle se réjouissent, montent pour s'en approcher et s'y lier" - car tout ce qui est dans la sainteté monte, s'approche et se lie en haut.
"Et par eux il est réparé ; tel est le secret de : les couvertes à Laban et les liées à Yaakov." Les tefillin du bras ne sont qu'une lumière en elles-mêmes, semblables à l'abstention d'agir ; elles n'ont pas la force d'éclairer un autre lieu. Il y a ainsi de nombreux préposés : s'ils sont nommés sur une chose, ils ne peuvent gouverner ailleurs.
De même que nous disons dans le texte de la prière : "Lui seul accomplit des puissances..." ; Lui seul accomplit tout ce qu'Il veut. Hormis Lui, béni soit-Il, s'ils veulent agir dans un autre lieu, ils doivent recevoir une nouvelle illumination du Saint, béni soit-Il ; ce qu'ils ont reçu comme leur part au moment où ils ont été émanes ne leur suffit pas.
Les tefillin de la tête peuvent éclairer le lieu d'obscurité, car le boîtier même des tefillin de la tête porte la sainteté de l'écriture d'en haut, jusque sur le boîtier et ses lettres chin ; ce qui n'est pas le cas des tefillin du bras, dont la lumière n'a pas la force d'éclairer à l'intérieur de l'obscurité, mais seulement en elles-mêmes. Voir tout le sujet des tefillin, longuement, dans Tiferet ha-Hanokhi sur le Zohar, parachat Vayichlah (168a), début "Katouv hakha".
« Yaakov vit le visage de Lavan, et voici, il n'était plus à son égard comme hier et avant-hier. » Hachem lui dit de retourner au pays de ses pères. Le Tan'houma ouvre par une lampe à forme d'idole : tant que l'étincelle de sainteté était en Lavan, Yaakov s'unissait à lui pour l'extraire ; après les douze tribus, il ne resta que la sitra a'hra (l'Autre Côté), une idolâtrie véritable. Le Beit Yaakov enseigne que les bâtons des brebis sont le secret des tefillin : une victoire sans folie ni imagination. Une fois les étincelles recueillies, Lavan est comme une cendre qui ne produit pas de fruits, et D.ieu dit de ne plus s'attarder.
Aussi : les tsitsit, trône qui protège Israël des accusateurs ; les tefillin extraient des paroles de Torah hors de la kelipa ; Rabbi Bounem : le séjour chez Lavan recueille les bons traits tenus en exil.
וירא יעקב את פני לבן והנה איננו עמו כתמול שלשום ויאמר ה' אל יעקב שוב אל ארץ אבותיך וגו'. בתנחומא (ויצא) פתח על זה ילמדנו רבינו, נר שיש עליו צורת עכו"ם מהו שידליק ישראל ממנו את הנר, כך שנו רבותינו כו' אסור לישראל להדליק בו כו'.
הענין שפתח המדרש בזו ההלכה כאן, הוא מפני שזה מרמז על לבן. והוא כי כל עוד שהיה בלבן הניצוץ קדושה והוליד בנותיו היקרות, היה לו עוד התחברות עם הקדושה, והיה צריך לו ליעקב להתחבר עמו להוציא ממנו הקדושה, אבל אחר שהזדווג עם בנותיו והוליד מהם שנים עשר שבטי ישרון, הוציא מאתו כל הקדושה ולא נשאר בו רק הסטרא אחרא, וזהו עבודה זרה ממשקצהכמבואר במי השלוח ח"ב פרשת ויצא ד"ה וישמע הובאו דבריו לקמן פרשה זו אות עג בהערה קצח שם..
ואח"כ עשה עמו עסק הכבשים, והוא שהיה מכריח וניצח הסטרא אחרא להכניס ממנה להקדושה, וכדאיתא בזוה"ק בסתרי תורה (ויצא קסב.) שפעולת המקלות הוא סוד תפילין, כי תפילין רומז על ניצוח כדכתיב (תבוא כח) וראו כל עמי הארץ כי שם ה' נקרא עליך ויראו ממך, ותניא רבי אליעזר הגדול אומר אלו תפילין שבראש (ברכות ו.). ותפילין צריכין גוף נקי שלא יישן ולא יפיח בהם (שבת מט.).
היינו כל דבר נצוח אף דבר קטן כפצילת המקלות, אם הוא בלא שטות, שזה מורה שלא יפיח בהם, ובלא דמיון, שזה מורה שלא יישן בהם, אם הנצוח הוא נקי באלו השניים, זה הוא כגוונא דתפילין. ואזי יוכל לעשות מכל מערכי הבריאה שיבהיק אורם, ויתראה מפורש שכל הדברים שבעולם הם מלאים ד"ת.
כי באורייתא ברא קוב"ה עלמא, כדאיתא בהקדמת זוה"ק ובפרשת שמיני (לה:) ויתראה מפורש שבכל הבריאה טמון ד"ת, וזה רזא דתפילין. וציצית ותפילין הם רזא דאדם יושב על הכסא, כדאיתא בזוה"ק (תרומה קלט.) תכלת דא הוא כרסייא כו' בגין דעבדין ביה כריכן לציצית.
ובהקדמת תקוני הזהר (דף י.) ודמות פניהם פני אדם הכא בהאי שמא רזא דתפלין וציצית. ציצית דהוא כסא רומז שהוא הגנה לישראל מהמקטרגיםקצונתבאר בעין התכלת דף תנ ד"ה והיינו:
יש תכלת המכלה מצד שדוחה הרע, ויש המשפיע כל טוב וחסד. וכדאיתא בזוה"ק תרומה (קלט.) תכלת דא איהו כרסייא דכתיב ביה כמראה אבן ספיר דמות כסא וכתיב ונוגה לו סביב בגין דביה עבדין כריכן לציצית וכו'.
אכן במצות ציצית מעוררים לתקן הכל שיהיה הצמצום לכלות כל המקטריגים ולהשפיע שפע וברכה לעובדי ה' ולמקיימי מצותיו., ותפילין דהוא יושב על הכסא, רומז שמנצח הסטרא אחרא ומכניס ומעורר להוציא ד"ת אף ממקומות רחוקים, מלקט אותם מהקליפה להקדושה. וזה היה עיקר העסק של יעקב אבינו בבית לבן, שמקודם נאמר נחשתי ויברכני ה' בגללך, ואמר כבוד אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה (מי השלוח ח"א בראשית ד"ה ויאמר האדם, ח"ב בראשית ד"ה בראשית [ב]) שנחש היינו שעושה בדמיון רמאות כמו הקדושה ולפעמים מצליח ג"כ.
וכל זה הוא רק בשעה שיש לו עוד איזה ניצוץ קדושה ויש לו התחברות עמה, וכל זמן שלא לקט יעקב אבינו מלבן כל הניצוצין שהיו בו, היה לו עוד איזה חן וכח, אבל אחר שלקט כל הניצוצות קדושה שהיו בו, אז נשאר ריקן מכל ולא היה בו שום צמיחה, וכמו אפר דלא עביד איבין. כי עפר אף שיש בו גם פסולת מ"מ יש בו גם טובה ומצמיח עוד, כדאיתא בזוה"ק (וישלח קע.) החילוק שבין עפר לאפרקצזנתבאר בבית יעקב הכולל פרשת פרה ד"ה ויקחו:
והנה זו הפרה תשרף לאפר, ואפר הוא דבר שנראה שאין לו שום תיקון. כי מעפר יוכל לצמוח מה, ואפר אינו מצמיח (זוה"ק וישלח קע.).
כי גם האש לא ישלוט באפר, כי אש לא אמרה הון (משלי ל׳:ט״ז) שכל מה שיש בתוכו הון האש סותר כחו, ואפר לא תירא מהאש. ועיין עוד בסוד ישרים פרשת פרה אות יב בסופו..
ואז נאמר לו מהשי"ת שוב אל ארץ אבותיך, כי עתה הוא כעבודה זרה ממש, ואין לך עוד כאן שום עסק להתמהמה בעבורו:
Yaakov vit le visage de Lavan, et voici, il n'était plus à son égard comme hier et avant-hier. Et ה' dit à Yaakov : Retourne au pays de tes pères, etc.
Le Tan'houma (Vayetze) ouvre sur cela : "Enseigne-nous, notre maître : une lampe portant la forme d'une idole, un Israël peut-il en allumer une lampe ? Ainsi nos maîtres ont enseigné, etc. : il est interdit à un Israël d'en allumer, etc." La raison pour laquelle le midrach ouvre ici par cette halakha est qu'elle fait allusion à Lavan.
En effet, tant que l'étincelle de sainteté se trouvait en Lavan et qu'il avait engendré ses précieuses filles, il avait encore un lien avec la sainteté, et Yaakov devait s'unir à lui afin d'en extraire la sainteté. Mais après s'être uni à ses filles et avoir engendré d'elles les douze tribus de Yechouroun, il en avait retiré toute la sainteté, et il ne resta en lui que la sitra a'hra (l'Autre Côté) : c'était une idolâtrie véritable, comme cela est expliqué dans Mei HaChiloah, IIe partie, parachat Vayetze, au début de "Vayichma", dont les propos sont cités plus loin dans cette paracha, lettre 73, note 198.
Puis il conclut avec lui l'affaire des brebis : il contraignait et vainquait la sitra a'hra afin d'en introduire [quelque chose] dans la sainteté. Comme il est dit dans le Zohar, Secrets de la Torah (Vayetze 162a), l'opération des bâtons est le secret des tefillin, car les tefillin font allusion à la victoire, ainsi qu'il est écrit : "Tous les peuples de la terre verront que le Nom de ה' est appelé sur toi, et ils te craindront" (Deutéronome 28,10).
Et il est enseigné : Rabbi Eliezer le Grand dit : ce sont les tefillin de la tête (Berakhot 6a). Les tefillin exigent un corps pur, afin qu'on n'y dorme pas et qu'on n'y émette pas de flatulences (Chabbat 49a).
Cela signifie que toute victoire, même une chose infime telle que la division des bâtons, si elle est sans folie - ce que signifie l'interdiction d'y émettre des flatulences - et sans imagination - ce que signifie l'interdiction d'y dormir -, si la victoire est pure de ces deux choses, elle est à l'image des tefillin. Alors il pourra faire que, de toutes les dispositions de la création, leur lumière brille, et il apparaîtra clairement que toutes les choses du monde sont remplies de paroles de Torah.
Car le Saint, béni soit-Il, a créé le monde par la Torah, comme il est rapporté dans l'introduction du Zohar et dans la parachat Chemini (35b) ; il apparaîtra clairement que, dans toute la création, est cachée une parole de Torah, et tel est le secret des tefillin. Les tsitsit et les tefillin sont le secret de l'homme assis sur le trône, comme il est rapporté dans le Zohar (Terouma 139a) : "Le bleu azur, c'est le trône, etc., car on en fait des enroulements pour les tsitsit." Et dans l'introduction des Tikkounei haZohar (folio 10a) : "La ressemblance de leurs faces était une face d'homme" : ici, dans ce Nom, est le secret des tefillin et des tsitsit.
Les tsitsit, qui sont le trône, indiquent qu'ils protègent Israël contre les accusateurs, comme cela est expliqué dans Ein HaTekhelet, folio 450, au début de "Vehaynou" : il est un bleu azur qui anéantit en repoussant le mal, et il en est un qui prodigue tout bien et toute bonté. Et comme il est rapporté dans le Zohar, Terouma (139a) : "Le bleu azur est le trône, à propos duquel il est écrit : comme l'aspect d'une pierre de saphir, ressemblance d'un trône ; et il est écrit : une clarté l'entourait, car on en fait des enroulements pour les tsitsit, etc." Toutefois, par le commandement des tsitsit, on éveille à réparer le tout, afin que la contraction anéantisse tous les accusateurs et prodigue abondance et bénédiction aux serviteurs de ה' et à ceux qui accomplissent Ses commandements.
Les tefillin, qui sont celui qui siège sur le trône, indiquent qu'il vainc la sitra a'hra, qu'il introduit et éveille à extraire des paroles de Torah même de lieux éloignés, en les recueillant de la kelipa (écorce spirituelle) vers la sainteté. Telle était l'affaire essentielle de notre père Yaakov dans la maison de Lavan.
Car auparavant il est dit : "J'ai deviné que ה' m'a béni à cause de toi" ; et l'honneur de mon père et maître, le saint génie de mémoire bénie, a dit (Mei HaChiloah, Ier partie, Bereshit, au début de "Vayomer haAdam" ; IIe partie, Bereshit, au début de "Bereshit" [2]) que nahach ["j'ai deviné"] signifie qu'il agit par une tromperie imaginaire, semblable à la sainteté, et réussit parfois lui aussi. Or cela n'est possible que tant qu'il a encore une étincelle de sainteté et un lien avec elle.
Tant que notre père Yaakov n'avait pas recueilli de Lavan toutes les étincelles qui s'y trouvaient, il lui restait quelque grâce et quelque force ; mais après qu'il eut recueilli toutes les étincelles de sainteté qui étaient en lui, il demeura vide de tout et il n'y eut plus en lui aucune croissance, semblable à une cendre qui ne produit pas de fruits. Car la poussière, bien qu'elle contienne aussi des déchets, contient également du bon et fait encore pousser [ce qui y est semé], comme il est rapporté dans le Zohar (Vayichlah 170a), quant à la différence entre poussière et cendre.
Cela est expliqué dans Beit Yaakov HaKolel, parachat Para, au début de "Vayikhou" : cette vache sera brûlée en cendre, et la cendre semble n'avoir aucun tikoun (réparation). De la poussière, quelque chose peut pousser, mais la cendre ne fait pas pousser (Zohar, Vayichlah 170a).
Même le feu ne domine pas la cendre, car "le feu ne dit pas : Assez" (Proverbes 30,16) : tout ce qui contient un bien, le feu en détruit la force, tandis que la cendre ne craint pas le feu. Voir aussi Sod Yesharim, parachat Para, lettre 12, à la fin.
Alors le Saint, béni soit-Il, lui dit : "Retourne au pays de tes pères", car à présent il est une idolâtrie véritable, et tu n'as plus ici aucune affaire qui justifie de t'attarder pour lui.
ויאמר ה' אל יעקב שוב אל ארץ אבותיך וגו'. פתח על זה בתנחומא (ויצא) ילמדנו רבינו נר שיש עליו צורת עבודה זרה כו'.
הענין שפתח כאן בזו ההלכה, כי עבודה זרה מרמז על דבר שנתרוקנה ממנו הקדושה מכל וכל, זה נקרא עבודה זרה. והנה כתיב (קהלת ב׳:כ״ו) כי לאדם שטוב לפניו נתן חכמה ודעת ושמחה ולחוטא נתן ענין לאסוף ולכנוס לתת לטוב לפני הא-להים.
והענין בזה, כי אף שנמצא גם בהאומות שקר החן והבל היופי לעין אדם, כמו עשו שהיה מיפה את עצמו בפני אביו יצחק, וכן בלבן היה איזה חן על הגוון בעוד שהיו כלולים בו רחל ולאה אמותינו הקדושות, אכן אצלו היה הקדושה בשביה ובגלות. ובאמת אף מעט הטוב שלעיני אדם הוא גם כן מכח קדושת ישראל, כנאמר אצלנו (משלי ג׳:ד׳) ומצא חן ושכל טוב בעיני א-להים ואדם.
אכן העיקר הוא מקודם בעיני א-להים ואחר זה אף בעיני אדם, בכדי שלא יהיו עליו קטרוגים. וכל הימים שנשתהא אבינו יעקב בבית לבן, ולבן קיבל השפעתו על ידו, היה בו עוד מעט קדושה, אבל כאשר הלך ממנו אבינו יעקב אז נתרוקנה הקדושה ממנו ולא נשאר בו שום צד קדושה.
וע"ז מורה התרפים שהיה לו ללבן, כי ענין התרפים הוא, ששוחטין אדם ואחר שיצא ממנו כל כח החיים שלו אז הם עובדין אותו, כדאיתא בתנחומא (ויצא יב). וכשיצא ממנו יעקב היה כל עבודתו של לבן לכלי ריק בלי שום חיים, משל לעומד נגד אספקלריא ומביט בה אז נראה צורתו בהאספקלריא, אבל אם יתרחקו מהאספקלריא אז אין צורתו נראה בהאספקלריא.
וכן כשהלך יעקב מלבן לא נשאר בו ללבן שום רושם מקדושה. ולכן קודם שהלך יעקב מאתו אמר, נחשתי ויברכני ה', היינו שעל הגוון היה בו עוד איזה רשימה מקדושה, כמו שנתבאר לעיל, בשעה שגר שם יעקב.
אבל אח"כ לקח וליקט יעקב מאתו כל הקדושה. וכן לקט כל הקדושה מעשו וקיבל הברכות מיצחק, שהיה בדעתו ליתנם לעשו.
וכן מלבן לקט הכל, כדכתיב (ויצא לא) כי כל העשר אשר הציל א-להים מאבינו לנו הוא ולבנינו. וכן אמר להם יעקב (שם) רואה אני את פני אביכן כי איננו אלי כתמול שלשום, היינו אחר שנלקט ממנו כל הקדושה שהיה בו, לא היה לו עוד אותו הפנים שהיה לו מקודם זה, כי עתה הוא רק עבודה זרה ממש, כי נתרוקנה מאתו כל כח הקדושה והחיים שהיה בו מקודם.
לזה פתח התנחומא בזו הפרשה נר של עבודה זרה מהו שידליק ישראל ממנו כו'קצחכמבואר במי השלוח ח"א פרשת תצא ד"ה כי תצא: ושבית שביו.
היינו הדבר הטוב הנמצא בהאומה, כי בכל האומות נמצא כח טוב, אך כל זמן שהיא ביניהם היא בשביה אך כשיבא לבין ישראל יהיה הטוב בשלימות. וכן מבואר בח"ב פרשת ויצא ד"ה וישמע:
ביאר בזה רבינו ר' בונם זללה"ה מפרשיסחא שעיקר ישיבת יעקב אצל לבן היה ללקוט ממנו כל הדיעות טובות ומדות טובות ולהכניסם לקדושה, וכל זמן שזה המדה היא אצלם אז היא בגלות כי עושים עם המדה היפך מרצון השי"ת, אבל כשתכנוס זו המדה לתוך ישראל לא נשאר עוד אצל העכו"ם שום כח במדה זו כי הם רק כקוף בפני אדם, וכל זמן שהמדה הוא עוד אצלם נתראה על הגוון שהם לבוש למדה זו של השי"ת יותר מישראל, וזה נקרא שהמדה היא בגלות, אבל כשתכנוס לישראל אז הם יקיימו בה רצון השי"ת, כי הם כלי פעולה לרצונו יתברך, וכל זמן שהמדה היא עוד בין עכו"ם יש להם גוון חן בעוה"ז, וזורח זאת בפניו, ויצא לפועל על רכוש וקנינים. וכאשר שמע יעקב מבני לבן שאמרו לקח יעקב את כל אשר לאבינו, אע"פ שהם בעצמם לא הבינו מה שהיו אומרים, אך יעקב אבינו הבין שהשי"ת שלח זאת לפיהם כדי שהוא יבין שכבר קיבל ממנו כל כחו, וכל המדות טובות שנקראו נצוצות קדושות נכנסו כבר לישראל, ולכן אין לו עוד שום עסק עמו, ומיד וירא יעקב את פני לבן והנה איננו עמו כתמול שלשום והבין מזה שניטל ממנו כל הגוון חן שהיה לו ואין פניו עוד כראשונה, ולכן היה צריך לברוח ממנו, שכבר לא היה בלבן שום ניצוץ טוב שיעצור בעדו מלהרע ליעקב.
ושלח לקרוא לרחל וללאה, והם הבינו כוונתו והסכימו לדבריו ואמרו כי כל העשר אשר הציל א-להים מאבינו לנו הוא ולבנינו, היינו כי מה שקבלנו מאתו הטובות היה כמציל מידו, שכל הטובות שייכים בשורש לזרע ישראל ועיין עוד בתפארת יוסף פרשת תצא ד"ה כי תצא בסוף העניין.:
Et ה' dit à Yaakov : Retourne au pays de tes pères, etc. Le Tan'houma (Vayetze) ouvre sur cela : "Enseigne-nous, notre maître : une lampe portant la forme d'une idole, etc." La raison pour laquelle il ouvre ici par cette halakha est que l'idolâtrie fait allusion à une chose dont la sainteté s'est entièrement retirée ; cela s'appelle idolâtrie.
Or il est écrit : "À l'homme qui est bon devant Lui, Il a donné sagesse, connaissance et joie ; mais au pécheur Il a donné la tâche d'amasser et d'accumuler, pour donner à celui qui est bon devant Elokim" (Ecclésiaste 2,26). Le sens est que, bien que chez les nations aussi se trouvent, aux yeux de l'homme, la grâce mensongère et la beauté vaine, comme Essav qui s'embellissait devant son père Yitshak, et de même Lavan avait quelque grâce en apparence tant que Rachel et Léa, nos saintes mères, étaient comprises en lui, chez lui cependant la sainteté était captive et en exil.
En vérité, même le peu de bien qui apparaît aux yeux de l'homme provient aussi de la sainteté d'Israël, comme il est dit à notre sujet : "Trouve grâce et bon discernement aux yeux d'Elokim et de l'homme" (Proverbes 3,4). Mais l'essentiel est d'abord aux yeux d'Elokim, et après cela aussi aux yeux de l'homme, afin qu'il n'y ait pas contre lui d'accusations.
Tous les jours durant lesquels notre père Yaakov demeura dans la maison de Lavan et Lavan recevait son influx par son intermédiaire, il y avait encore en lui un peu de sainteté. Mais lorsque notre père Yaakov le quitta, la sainteté se retira de lui et il ne resta en lui aucune facette de sainteté.
C'est ce qu'indiquent les terafim (idoles domestiques) que Lavan possédait : les terafim consistent à égorger un homme et, après que toute sa force de vie est sortie de lui, à le servir, comme il est rapporté dans le Tan'houma (Vayetze 12). Lorsque Yaakov le quitta, tout le culte de Lavan n'était plus qu'un récipient vide, sans aucune vie.
Cela ressemble à celui qui se tient devant un miroir et y regarde : sa forme apparaît dans le miroir ; mais s'il s'en éloigne, sa forme n'apparaît plus dans le miroir. Ainsi, lorsque Yaakov quitta Lavan, il ne resta en Lavan aucune trace de sainteté.
C'est pourquoi, avant que Yaakov ne le quitte, il disait : "J'ai deviné que ה' m'a béni" ; c'est-à-dire qu'en apparence il y avait encore en lui une certaine empreinte de sainteté, comme expliqué ci-dessus, pendant que Yaakov y habitait. Mais ensuite Yaakov prit et recueillit de lui toute la sainteté.
De même, il recueillit toute la sainteté d'Essav et reçut de Yitshak les bénédictions dont celui-ci pensait les donner à Essav. Et de Lavan aussi il recueillit tout, comme il est écrit (Vayetze 31) : "Toute la richesse qu'Elokim a sauvée de notre père est à nous et à nos enfants." Et Yaakov leur dit également (ibid.) : "Je vois le visage de votre père : il n'est plus à mon égard comme hier et avant-hier" ; c'est-à-dire qu'après que fut recueillie de lui toute la sainteté qui s'y trouvait, il n'avait plus le visage qu'il avait auparavant, car à présent il n'était qu'une idolâtrie véritable : toute force de sainteté et de vie qui était en lui auparavant s'était retirée de lui.
C'est pour cela que le Tan'houma ouvre dans cette paracha : "Une lampe d'idolâtrie, un Israël peut-il en allumer une lampe ? etc.", comme cela est expliqué dans Mei HaChiloah, Ier partie, parachat Ki Tetse, au début de "Ki Tetse" : "Tu captureras ses captifs" - c'est la bonne chose qui se trouve dans la nation. Car dans toutes les nations se trouve une force bonne, mais tant qu'elle est parmi elles, elle est captive ; lorsqu'elle viendra parmi Israël, le bien sera entier.
De même est expliqué dans la IIe partie, parachat Vayetze, au début de "Vayichma" : notre maître Rabbi Bounem, de mémoire bénie, de Pshiskha, expliquait que le séjour essentiel de Yaakov chez Lavan était de recueillir de lui toutes les bonnes opinions et les bons traits, et de les introduire dans la sainteté. Tant que ce trait est chez eux, il est en exil, car ils usent de ce trait à l'inverse de la volonté du Saint, béni soit-Il.
Mais lorsque ce trait entre dans Israël, il ne reste plus chez l'idolâtre aucune force dans ce trait, car ils ne sont que comme un singe devant l'homme. Aussi longtemps que le trait demeure chez eux, il apparaît en apparence qu'ils sont davantage qu'Israël le vêtement de ce trait du Saint, béni soit-Il ; cela s'appelle que le trait est en exil.
Mais lorsqu'il entre dans Israël, ils accomplissent par lui la volonté du Saint, béni soit-Il, car ils sont les instruments d'action de Sa volonté. Tant que le trait est encore parmi les idolâtres, ils ont une apparence de grâce dans ce monde, et cela brille sur leur visage et se manifeste en richesses et possessions.
Lorsque Yaakov entendit les fils de Lavan dire : "Yaakov a pris tout ce qui était à notre père", bien qu'eux-mêmes ne comprissent pas ce qu'ils disaient, notre père Yaakov comprit que le Saint, béni soit-Il, avait mis cela dans leur bouche afin qu'il comprenne qu'il avait déjà reçu de lui toute sa force et que tous les bons traits, appelés étincelles de sainteté, étaient déjà entrés dans Israël. Il n'avait donc plus aucune affaire avec lui.
Aussitôt : "Yaakov vit le visage de Lavan, et voici, il n'était plus à son égard comme hier et avant-hier" ; il comprit de cela que lui avait été retirée toute l'apparence de grâce qu'il avait, que son visage n'était plus comme auparavant, et qu'il devait donc le fuir. Car il ne restait plus en Lavan aucune bonne étincelle qui l'empêchât de nuire à Yaakov.
Il envoya appeler Rachel et Léa ; elles comprirent son intention et consentirent à ses paroles, disant : "Toute la richesse qu'Elokim a sauvée de notre père est à nous et à nos enfants", c'est-à-dire que les biens que nous avons reçus de lui étaient comme sauvés de sa main, car tous les biens appartiennent à leur racine à la descendance d'Israël. Voir encore Tiferet Yossef, parachat Ki Tetse, au début de "Ki Tetse", à la fin de l'explication.
« Et Elokim a soustrait le bétail de votre père et me l'a donné. » Pour le Beit Yaakov, tout bien qui sort du mal vers le bien, du méchant vers le juste, comporte une délivrance. Tant que le bien est aux mains des nations, il est dans la dégradation ; entre les mains d'Israël, il y a délivrance. Le Saint, béni soit-Il, remet d'abord le bien à un étranger afin qu'il ne reste pas en sa main, puis le rend à ses propriétaires : aux nations les biens acquis, à Israël la connaissance. De bonnes lois sont imprimées en elles par nature, sans le jugement de se restreindre ; Il les extrait et les introduit en Israël.
Aussi : Rahel, enceinte de Benjamin, ne se lève pas afin de ne pas s'humilier en lieu étranger ; cette tribu, à la frontière, introduit dans la sainteté le bien extérieur et ne s'incline pas hors de sa limite.
ויצל א-להים את מקנה אביכם ויתן לי. הענין שכתוב כאן לשון הצלה, כי כל טובה כשיוצאה מתחת הרע להטוב מרשע לצדיק יש לה הצלה בזה, וכל זמן שהטובה היא תחת העכו"ם הוא בהשחתה, וכשהטובה ביד ישראל יש לה הצלה בזה.
כי כל הבריאה לדעתה נבראה כדאיתא (ר"ה יא.) ורוצה להיות תמיד באור, והעכו"ם בחשך הולכים בה ואזי היא בגלות. וכן העמיד השי"ת בעוה"ז, שמתחלה מוסר הטובה ליד זר שלא ישאר בידו הטובה, כענין דכתיב (קהלת ב׳:כ״ו) ולחוטא נתן ענין לאסוף ולכנוס לתת לטוב לפני הא-להים, ואח"כ יוחזר הטובה ליד בעליה שהטובה הוא שלו.
וכן אנו רואים שבהעכו"ם נתן השי"ת כל הקנינים, ובישראל נתן הדעת, כדכתיב (שם) כי לאדם שטוב לפניו נתן חכמה ודעת, וזהו עיקר כדאיתא (נדרים מא.) דעה קנית מה חסרת, אבל הטובה שבידם לא ישאר אצלם, וכדאיתא (שבת פה.) אלה בני שעיר החורי שנעשו בני חורין מנכסיהן, היינו שהחזירו הטובה לבעליהםקצטנתבאר בהרחבה במי השלוח ח"א תהילים (צב) ד"ה כי הנה: כי כל אומות העולם הם אויביך ולכן אין להם שום צד חיים בשורשם, כי באמת רק רצון הש"י הוא הנמצא ואין נמצא אחר זולתו, ומאחר שהם מתנגדים לרצונו אין להם חיים בשורשם, אך לעת עתה עוד הוא רצון הש"י בקיומם בכדי שעל ידם יתנשא ישראל ביותר, אבל מצד עצמותם אין בהם שום תועלת להש"י, וא"כ כאשר יאבדו לא יהיה להם שום טענה מה שהם הולכים לאבדון וישראל יורשים כל טובם, כי מה עשה להם, הלא היטיב להם כל ימיהם והיה להם כל השפעות טובה, ומה שלא ישאר מהם השארה, זה לא היה להם מעולם שום חיים שהוא לעד, כי מאחר שלא נבראו אלא לטובת ישראל, ובעתם ובזמנם יאבדו כי הם שונאים לישראל ולהש"י, וכל טובם ירשו ישראל.
ועיין עוד שם בח"ב פרשת שופטים ד"ה ואכלת: טובה מפורשת הוא רק בשביל ישראל והם מינה השי"ת לשומרים וכדאיתא בגמ' (ע"ז מ':) ברוך המקום שמסר עולמו לשומרים שהוא שמר שבעים שנה את היין תפוחים בשביל רבינו הקדוש ונתראה מפורש שכל הזמן שהיה משומר תחת ידו היה רק בשביל רבינו הקדוש, וכל הטובות שיש להם הוא שכר שמירתם וטרחתם, אכן אם יעיקו לכם אז נאמר ואכלת את שלל איביך אשר נתן ה' א-להיך לך שתטול את שלך ויהיה לך כל הטובה..
וכל ההויה שלהם הוא מזה שמוטבע בהם חוקים טובים מהתולדה כמו שמוטבע בכל הברואים, כענין דכתיב (איוב ל״ה:י״א) מלפנו מבהמות ארץ ומעוף השמים יחכמנו, וכדאיתא ע"ז (עירובין ק:) אלמלי לא נתנה תורה היינו למדין צניעות מחתול וגזל מנמלה וכו' וכן נטבעו בהעכו"ם חוקים טובים וחכמות גדולות, ויש בהם בקיאות ומבינות בישובה של ארץ, כדאיתא (שבת פה.) שהיו אומרים מלא קנה זה לזיתים מלא קנה זה לגפנים כו' שמריחים את הארץ כו' ונדמה להם שאינם צריכים להשי"ת כלל, רק שבידם הוא הכח לעשות לעצמם חיל, כי הן אמת שמוטבעים בהם חוקים טובים, אכן המשפט אין בהם שיצמצמו עצמם בהחוקה בחכמה ודעת זאת אין בהםרונתבאר במי השלוח ח"ב מס' ברכות (ח:) ד"ה תניא: שאף מה שנמצא בהם מדות וגוונים טובים, אינם מחמת שנמצא בהם כוונה לשם שמים ורק הוא מוטבע בהם, כדמצינו שיש חוקים טובים גם בבהמות וחיות, כדאיתא בגמ' (עירובין ק':) וכו', כי כל דבר שהוא בתורת מדה ואינו בדעת והשכל בשביל להרבות כבוד שמים, אף שהוא גוון טוב אין בו טוב בשורש, כי כל דבר שהוא בתורת מדה יש בה ההיפך גם כן, כדאיתא בגמ' (חולין סג.) למה נקרא שמה חסידה שעושה חסידות עם חברותיה ומכל מקום היא עוף טמא, כי לפי שהוא בתורת מדה ונמצא בה רחמנות גם על אכזרי, והמרחם על אכזרי נעשה אכזר על רחמני, כדאיתא (מדרש שמואל פרשה יח).
ועיין עוד בתפארת החנוכי על זהר פרשת עקב (רבע.) ד"ה והוה מובא לקמן פ' מקץ אות א הערה ג, תפארת יוסף פ' האזינו ד"ה בהנחל [ב], פ' שמיני ד"ה ויאמר.. נמצא לפי זה שהחוקה הטובה נמשך מהם כל פעם יותר, כי אצלם היא בשביה, והשי"ת מכניסן לבין ישראל כל הטובות והקנינים שלהם.
כי בישראל נמצא משפט כנגד כל האומות, כדכתיב (תהילים פ״א:ה׳) כי חק לישראל הוא משפט לא-להי יעקב, וכמו שמוציא השי"ת מכל הברואים את החוקים הטבועים בהם ומכניסם בהצורת אדם, כן הוא מוציא החוקים והקנינים שבעכו"ם ומכניסם בישראלראכמו שנתבאר במי השלוח ח"א פרשת חיי שרה ד"ה ואלה: כתיב (תהילים קי״א:ו׳) כח מעשיו הגיד לעמו לתת להם נחלת גוים, היינו כי לישראל מצדם מאין הצורך להם לידע שום חכמות הטבע, כי ע"פ תורת ה' והתנהגות הש"י הם מתנהגים מבלי צורך להם כלל להתנהגות הטבעיות, רק מי שאמר לשמן וידליק הוא יאמר לחומץ וידליק.
הש"י מאהבתו אותם רצה להודיעם גם חכמות הטבע וזאת ג"כ נמצא בהתורה, כמו שמצינו בגמ' (פסחים לח:) לא ילעוס אדם חיטין בפסח להניח על גבי מכתו, ממילא נשמע אשר חיטין לעוסין יפה למכה וכמו שמצינו בכמה מקומות. ולזה כח מעשיו היינו התורה הגיד לעמו לתת להם נחלת גוים, כי נחלתם הוא הטבע וגם זאת נמצא בכח מעשיו אשר הגיד לעמו.:
Et Elokim a soustrait le bétail de votre père et me l'a donné. Le fait que le texte emploie ici le terme de délivrance s'explique ainsi: tout bien qui sort du mal vers le bien, du méchant vers le juste, comporte par cela une délivrance.
Tant que le bien est entre les mains des nations, il est dans la dégradation; lorsqu'il est entre les mains d'Israël, il y a par cela délivrance. Car toute la création fut créée avec son consentement, comme il est dit (Roch Hachana 11a), et elle veut toujours être dans la lumière; or les nations marchent dans les ténèbres, et alors elle est en exil.
Ainsi le Saint, béni soit-Il, a disposé ce monde: au début Il remet le bien à la main d'un étranger, afin que le bien ne reste pas en sa main, comme il est écrit: " Au pécheur Il a donné la charge de recueillir et d'amasser, pour donner à celui qui est bon devant Elokim " (Qohelet 2,26). Puis le bien sera rendu à ses propriétaires, car le bien est à eux.
Nous voyons de même que le Saint, béni soit-Il, a donné aux nations tous les biens acquis, tandis qu'à Israël Il a donné la connaissance, comme il est écrit là-bas: " À l'homme qui est bon devant Lui, Il a donné sagesse et connaissance "; et cela est l'essentiel, comme il est dit (Nedarim 41a): " Tu as acquis la connaissance, que te manque-t-il? " Mais le bien qui est entre leurs mains ne restera pas chez eux, comme il est dit (Chabbat 85a): " Ceux-ci sont les fils de Séir le Horite ", devenus libres de leurs biens; c'est-à-dire qu'ils ont rendu le bien à ses propriétaires.
Il est expliqué plus amplement dans Mei HaChiloah, I, Psaumes (92), début " Car voici ": " Car toutes les nations du monde sont Tes ennemies; elles n'ont donc aucune part de vie dans leur racine. En vérité, seule la volonté du Nom existe, et il n'existe rien d'autre que Lui; puisqu'elles s'opposent à Sa volonté, elles n'ont pas de vie dans leur racine.
Mais, pour le moment, leur subsistance est encore voulue par le Nom, afin que par elles Israël soit davantage élevé. Toutefois, de leur propre essence, elles ne sont d'aucune utilité au Saint, béni soit-Il; aussi, lorsqu'elles périront, elles n'auront aucun argument de ce qu'elles vont à la perdition tandis qu'Israël hérite de tout leur bien.
Car qu'a-t-Il fait pour elles? Il leur a fait du bien tous leurs jours et elles ont reçu tous les flux de bien.
Et si aucun reste ne demeure d'elles, c'est qu'elles n'ont jamais eu une vie éternelle: puisqu'elles n'ont été créées que pour le bien d'Israël, elles périront en leur temps et à leur heure, car elles haïssent Israël et le Nom; et Israël héritera de tout leur bien. " Voir encore là-bas, II, paracha Choftim, début " Et tu mangeras ": " Le bien explicite n'est que pour Israël; Il les a établies comme gardiennes.
Ainsi qu'il est dit dans la Guemara (Avoda Zara 40a): "Béni soit le Lieu qui a remis Son monde à des gardiens", car il avait garde durant soixante-dix ans le vin de pommes pour notre maître le saint Rabbi. Il apparaît clairement que tout le temps où il était garde sous sa main n'était que pour notre maître le saint Rabbi.
Tous les biens qu'elles possèdent sont la récompense de leur garde et de leur peine. Mais si elles vous oppriment, alors il est dit: "Tu mangeras le butin de tes ennemis, que ה' ton Elokim t'a donné" (Deutéronome 21,14): tu prendras ce qui est tien et tout le bien sera à toi.
" Toute leur existence provient de ce que de bonnes lois sont imprimées en elles par nature, comme elles le sont dans toutes les créatures, ainsi qu'il est écrit: " Il nous instruit par les bêtes de la terre, et nous rend sages par les oiseaux du ciel " (Job 35,11). Et comme il est dit (Erouvin 100b): " Si la Torah n'avait pas été donnée, nous aurions appris la pudeur du chat, le vol de la fourmi, etc.
" De même, de bonnes lois et de grandes sagesses sont imprimées dans les nations; elles ont expertise et intelligence dans le peuplement de la terre, comme il est dit (Chabbat 85a): elles disaient: " Cette pleine canne est pour les oliviers, cette pleine canne est pour les vignes ", etc., car elles sentent la terre, etc. Il leur semble donc qu'elles n'ont nul besoin du Nom, que le pouvoir de se faire une richesse est dans leur main.
Car il est vrai que de bonnes lois sont imprimées en elles; mais le jugement, de se restreindre elles-mêmes dans cette loi par sagesse et connaissance, elles ne l'ont pas. Il est expliqué dans Mei HaChiloah, II, Berakhot (8a), début " Il est enseigné ": même les qualités et dispositions bonnes qui se trouvent en elles ne procèdent pas d'une intention pour le Ciel, mais sont seulement imprimées en elles.
Nous trouvons de bonnes lois également chez les bêtes et les animaux sauvages, comme il est dit dans la Guemara (Erouvin 100b), etc. Car toute chose qui est de l'ordre d'un trait de caractère, et non de la connaissance et de l'intelligence pour accroître l'honneur du Ciel, même si elle est une bonne disposition, n'a pas de bien dans sa racine.
Toute chose de l'ordre d'un trait de caractère a aussi son contraire, comme il est dit dans la Guemara (Houlin 63a): pourquoi son nom est-il hassida (cigogne)? Parce qu'elle fait bontés à l'égard de ses compagnes; et pourtant c'est un oiseau impur.
Car, étant de l'ordre d'un trait de caractère, elle a aussi compassion du cruel; or celui qui a pitié du cruel devient cruel envers le compatissant, comme il est dit (Midrach Chmouel, paracha 18). Voir encore Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, paracha Ekev (274a), début " Et il était ", cité plus bas, paracha Mikets, lettre a, note 3; Tiferet Yosef, paracha Haazinou, début " Quand il fit hériter " [2], et paracha Chemini, début " Et il dit ".
Il s'ensuit que la bonne loi est sans cesse davantage tirée d'elles, car chez elles elle est captive; et le Saint, béni soit-Il, fait entrer parmi Israël tous leurs biens et leurs acquisitions. Car chez Israël se trouve le jugement correspondant à toutes les nations, comme il est écrit: " Car c'est une loi pour Israël, un jugement pour le Dieu de Yaakov " (Psaumes 81,5).
De même que le Saint, béni soit-Il, extrait de toutes les créatures les lois qui leur sont imprimées et les introduit dans la forme de l'homme, ainsi extrait-Il les lois et les acquisitions qui sont chez les nations et les introduit-Il en Israël. Comme il est expliqué dans Mei HaChiloah, I, paracha Hayyé Sarah, début " Et voici ": il est écrit: " Il a fait connaître à Son peuple la puissance de Ses actes, pour leur donner l'héritage des nations " (Psaumes 111,6).
C'est-à-dire que, du fait d'Israël lui-même, il n'aurait aucun besoin de connaître les sciences de la nature; car, selon la Torah du Nom et la conduite du Nom, ils se conduisent sans avoir nul besoin des conduites naturelles. Celui qui dit à l'huile de brûler dira au vinaigre de brûler.
Par amour pour eux, le Saint, béni soit-Il, voulut aussi leur faire connaître les sciences de la nature, et cela aussi se trouve dans la Torah. Ainsi nous trouvons dans la Guemara (Pessa'him 39a): un homme ne doit pas mâcher des grains de blé pendant Pessa'h afin de les poser sur sa plaie; il en résulte que le blé mâché est bon pour une plaie, et ainsi en bien des lieux.
Telle est donc la " puissance de Ses actes ", c'est-à-dire la Torah, qu'Il a fait connaître à Son peuple pour leur donner l'héritage des nations; car leur héritage est la nature, et celle-ci aussi se trouve dans la puissance de Ses actes qu'Il a fait connaître à Son peuple. "
ותאמר אל אביה אל יחר בעיני אדוני כי לא אוכל לקום מפניך וגו'. הנה זה היה ברצון השי"ת שלא תכניע את עצמה במקום זר, לפי שהיתה מעוברת אז עם בנימין הצדיק, וזה השבט שומר השי"ת תמיד שלא יכפפו ויכניעו את עצמם במקום זררבמבואר בתרגום שני מגילת אסתר פרק ג פסוק ג ויאמרו עבדי המלך אשר בשער המלך למרדכי מדוע אתה עובר על מצות המלך:
אמרין ליה, לא כרע אבוך יעקב קדם עשו אחוי די הוא אבוי דהמן. אמר לון, אנא מזרעית דבנימין, וכד סגיד יעקב קדם עשו, בנימין לא ילוד הוה, ולא סגיד קדם אינש מן יומוי.
מטול כדין נטר יתיה קיים עלמא במעי אמיה {לכן שמר אותו בורא העולם במעי אמו לאורך זמן}, עד עידן דיסקון לארעא דישראל, ויתבני בית מקדשא בארעיה ותשריה שכינתיה בתחומיה, וכל בית ישראל יחדון תמן, ועממין כרעין וסגידין בארעיה. ואנא לית אנא כרע וסגיד קדם המן רשיעא בעל דבבא הדין..
וכן בשעה שהשתחוו האמהות עם כל השבטים לפני עשו, אז הסתיר יוסף הצדיק את אמו, כדכתיב (וישלח לג) ואחר נגש יוסף ורחל, וכדאיתא ע"ז ברבה (וישלח עח) ביוסף כתיב ואחר נגש יוסף ורחל וישתחוו, אלא אמר יוסף, הרשע הזה עינו רמה שלא יתלה עינו ויביט את אמי, וגבהה קומתו וכסה אותה. וכן מרדכי דמבנימין קאתי כתיב בו (אסתר ג׳:ב׳) ומרדכי לא יכרע ולא ישתחוה.
כי זה השבט עומד על הַסְפַר לקבץ ולקבל טובות מבחוץ להכניסם לקדושה. וכמש"נ במי השלוח (חלק א' פ' ויחי על הפסוק בנימין זאב יטרף) ולכן הוא צריך שמירה ביותר שלא ימשך ח"ו לנטות לחוץ מגדרו, ולכן ישמרהו ה' לעדרגמבואר בהרבה מקומות במי השלוח וזה לשונו בח"ב פרשת ויחי ד"ה בנימין:
בנימין נקרא טורף, כדאיתא בגמ' (זבחים נג:) בחלקו של טורף. ואבנו בחושן נקרא ישפה, יש פה לחטוף ולקבל ממקומות הרחוקים ביותר ומכניס זאת לקדושה.
מפני ששבט בנימין עומד על הספר וכל דבר טוב וניצוץ קדוש שרואה בין העכו"ם מכניסה לקדושה. וע"ע ח"א פ' ויחי ד"ה בנימין, פ' תצוה ד"ה ומלאת בו, פ' במדבר ד"ה לבנימין, ח"ב פ' מקץ ד"ה א-להים, לקמן פ' ויגש אות א ד"ה ויהודה יש לו וד"ה אכן, בית יעקב הכולל פרשת ויצא ד"ה ותאמר.:
Et elle dit à son père: " Que cela ne déplaise pas aux yeux de mon seigneur, car je ne puis me lever devant toi ", etc. Or cela était par la volonté du Saint, béni soit-Il, afin qu'elle ne s'humilie pas dans un lieu étranger, car elle était alors enceinte de Benjamin le juste.
C'est la tribu que le Saint, béni soit-Il, garde toujours, afin qu'ils ne se courbent ni ne s'humilient dans un lieu étranger. Il est expliqué dans le Targoum Cheni sur le rouleau d'Esther, chapitre 3, verset 3, sur: " Les serviteurs du roi qui étaient à la porte du roi dirent à Mordekhai: pourquoi transgresses-tu l'ordre du roi?
" Ils lui dirent: " Ton père Yaakov ne s'est-il pas prosterné devant Essav, son frère, qui est l'ancêtre de Haman? " Il leur répondit: " Je suis de la descendance de Benjamin.
Lorsque Yaakov se prosterna devant Essav, Benjamin n'était pas encore né, et il ne s'est prosterné devant aucun homme de tous ses jours. C'est pourquoi le Créateur du monde le garda longtemps dans le ventre de sa mère, jusqu'au moment où ils montèrent en terre d'Israël, que le Temple fut bâti sur son territoire, que la Présence divine reposa dans son domaine, que toute la maison d'Israël s'y réjouit et que les peuples se prosternent dans son territoire.
Quant à moi, je ne me prosterne ni ne m'incline devant Haman le méchant, ce maître ennemi. " De même, lorsque les mères et toutes les tribus se prosternèrent devant Essav, Yosef le juste dissimula sa mère, comme il est écrit: " Ensuite Yosef et Rahel s'approchèrent et se prosternèrent " (Berechit 33).
Et comme il est dit à ce sujet dans Bereshit Rabba (Vayichlah 78): à propos de Yosef, il est écrit: " Ensuite Yosef et Rahel s'approchèrent et se prosternèrent. " Yosef dit: " Cet impie a le regard hautain; qu'il ne lève pas les yeux et ne regarde pas ma mère.
" Il dressa donc sa taille et la couvrit. De même, à propos de Mordekhai, qui vient de Benjamin, il est écrit: " Mordekhai ne s'agenouillait ni ne se prosternait " (Esther 3,2).
Car cette tribu se tient à la frontière, pour rassembler et recevoir les biens de l'extérieur afin de les introduire dans la sainteté. Comme il est expliqué dans Mei HaChiloah (I, paracha Vayehi, sur le verset " Benjamin est un loup qui dévore "), elle a donc besoin d'une garde plus grande, afin qu'elle ne soit pas entraînée, à Dieu ne plaise, à s'incliner hors de sa limite; c'est pourquoi ה' la gardera à jamais.
Cela est expliqué en de nombreux endroits dans Mei HaChiloah, dont voici les termes, II, paracha Vayehi, début " Benjamin ": " Benjamin est appelé le dévoreur, comme il est dit dans la Guemara (Zevahim 53b): "dans la part du dévoreur". Sa pierre dans le pectoral est appelée yachfé (ישפה), "il y a une bouche", pour arracher et recevoir des lieux les plus lointains, et introduire cela dans la sainteté.
Car la tribu de Benjamin se tient à la frontière, et toute bonne chose et toute étincelle sainte qu'elle voit parmi les nations, elle les introduit dans la sainteté. " Voir encore I, paracha Vayehi, début " Benjamin "; paracha Tetsaveh, début " Et tu le rempliras "; paracha Bamidbar, début " Pour Benjamin "; II, paracha Mikets, début " Elokim "; plus bas, paracha Vayigach, lettre a, début " Et Yehouda a " et début " Toutefois "; Beit Yaakov HaKolel, paracha Vayetze, début " Et elle dit ".
« Que ce tertre et ce monument soient témoins » (Berechit 31,52). Avraham et Avimelekh concluent aussi une alliance ; de « je jurerai », le Beit Yaakov dit qu'Avraham parle comme par contrainte. Par cette alliance, les Pères se séparent des nations, qui reçoivent le bien dans le flot de leur convoitise ; Israël ne jouit pas de ce monde sans bénédiction, par restriction (tsimtsoum). Avimelekh et Lavan veulent faire jurer aux Pères de n'entrer pas dans leur territoire. Le Nom les éclaire : tout le bien sera dans la lumière de la face, en échange du service ; Il pourra élargir le territoire d'Israël, et ce que les nations reçoivent dans les ténèbres, Il le donnera dans Sa lumière.
Aussi : feu son grand-père : Israël mérite la part du Saint, car il accepte toute patience ; dans l'avenir, « notre bouche se remplira de rire » ; le Midrach : les nations passèrent les premières outre leur serment.
עד הגל הזה ועדה המצבה אם אני לא אעבור אליך את הגל הזה ואם אתה לא תעבור אלי את הגל הזה ואת המצבה הזאת לרעה. והנה גבי אאע"ה ואבימלך מצינו ג"כ שכרתו ברית שלא יבא בגבולו, וכמו דכתיב שם (וירא כא) ויאמר אברהם אנכי אשבע ומזה הלשון אנכי אשבע, משמע כמו שאומר דבר מתוך הכרח.
אכן בזה הברית גמרו האבות להגביל ולהפריד בינם לבין אומות העולם. כי באומות העולם כשישפיע להם השי"ת טובה יקבלוה בגודל זרם חמדתם בלי שום דעת וחשבון, פן ואולי אין רצון השי"ת שוכן בזו הטובה הם מסיחים זאת מדעתם.
אכן בישראל כשמקבלים כל הטובות אין נהנים מעוה"ז בלא ברכה, והוא קבלת מלכות שמים, שממליך בקונו, אם השי"ת חפץ ליתנה להם בטובת עין אז הם נהנים מהטובה. וכל הבירורים שישראל מבררים עצמם בקבלת טובה וכל קבלתם הוא בצמצוםרדכמבואר בתפארת יוסף פרשת במדבר ד"ה וידבר ד' [א]:
כי האומות בעת שהשי"ת משפיע להם מתפשטים עצמם בכל מיני התפשטות, ואף שמציבים להם דחלא לפעמים שמזרחת להם יראה שלא מדעת, זה הכל כשאין להם טובת עוה"ז, אבל כשיש להם טובת עוה"ז אז מתפשטים עצמם בכל מיני התפשטות ואין להם שום יראה אפילו שלא מדעת ג"כ, שאני ישראל מאחר שאפילו בהתפשטות היותר גדול הוא מוכן ומזומן לקבל עליו כל הסבלנות, ורק זאת חסר להם שכבוד שמים אינו בשלימות. ממילא יש להם תמיד חיבור עם אור השי"ת.
לעיל פ' לך אות לז.. כי רק לעתיד אז ימלא שחוק פינו, שהשי"ת יראה לישראל בשכר צמצומם שצמצמו עצמם, לכן יתן להם אז בכל מיני הרחבה, ולא יהיה יראת עונש רק יראת דרך ארץ וכיבודרהכמבואר בתפארת יוסף פרשת האזינו ד"ה כי ידין [ב] בתוך דבריו:
כי ידין ד' עמו. אמר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, אשר השי"ת ישפוט אותנו שבדין אנו ראוין להיות עמו, ואנחנו ראוין לחלקו של הקב"ה, כי מאחר שישראל יכול לקבל עליו כל מיני סבלנות וכל מיני עבודות, עד היכן שאפילו החטא מקבל על עצמו, והאומות אינם יכולים לקבל שום סבלנות, ואינם רוצים לילך בעבודה, מזה נתברר שישראל הן ראוין לחלקו של הקב"ה וכו'..
והנה אבימלך בשעתו ולבן בשעתו הם היו בזמנם הגדולים שבאומות העולם, שהעמידם השי"ת זה לעומת זה נגד האבות הקדושים, ולכן רצו להשביע את האבות שלא יכנסו בעולם הזה בגבולם, כי דימו שהאבות מתנהגים בצמצום בכדי שיוכלו לקבל טובת עוה"ז בגודל התפשטות בלא שום יראה ויגיעה. והיה קשה להאבות להגדיר עצמם בקביעות בענין זה, שאולי ירצה השי"ת להנחילם טובה בלי יגיעה.
והאיר להם השי"ת שיסכימו לזה, שכל טובתם שיקבלו יהיה בהארת אור הניתן בהארת פנים. ועיקר הארת פנים הוא, שהשי"ת יאיר להם שקבלו הטובה חלף עבודתם את השי"ת.
כי באמת אם השי"ת חפץ להנחיל אוהביו טובה יתן לו כח עבודה, ויראה לו אח"כ כי הטובה באה לו בשביל יגיע כפיו. וזה שנשבעו שלא יכנסו בגבולם, כי כשיחפוץ השם יתברך יוכל להרחיב גבול ישראל, שכל הטובות יכנסו בגבולם, וכל מה שהעכו"ם מקבלים בחשך יתן השם יתברך לישראל באורו, ולא יקרא שנכנסו בגבולם, כי גבולם הוא חשך וגבול ישראל הוא אור.
והשי"ת יכול להאיר שיכנס הכל לתוך האור שיאיר לישראל. ולכן כשרצה הקב"ה להנחיל את ישראל את ארם נהרים וארם צובה וכן מואב עברו הם תחלה, כדאיתא במדרש רבה (ויצא פרשה עד) למנצח מכתם לדוד ללמד בהצותו את ארם נהרים ואת ארם צובהרומבואר במדרש רבה (פרשה עד) שהאומות עברו ראשונים על שבועתם וזל"ק:
בשעה ששלח דוד את יואב לארם נהרים ולארם צובה פגע באדומיים בקש לזנבן הוציאו לו אפיסטולי שלהם (דברים ב׳:ג׳) רב לכם סוב את ההר וגו', פגע במואביים בקש לזנבן והוציאו לו אפיסטולי שלהם (שם) אל תצר את מואב ואל תתגר בם מלחמה, באותה שעה שלח יואב אצל דוד וכו'. הלך לו אצל סנהדרין אמר להם רבותי לא באתי לכאן אלא ללמד אם נותנים אתם לי רשות אני מלמד, שלחתי את יואב לארם נהרים ולארם צובה ופגע באדומיים והוציאו לו אפיסטולי שלהן רב לכם, והלא הם פרצו את הגדר תחלה (שופטים ג׳:י״ג) ויאסוף אליו את בני עמון, פגע במואביים ובקש לזנבן והוציאו לו אפיסטולי שלהן, אל תצר את מואב, והם לא פרצו הגדר תחלה, (במדבר כ״ב:ה׳) וישלח מלאכים אל בלעם ועתה לכה ארה לי.:
"Que ce tertre et ce monument soient témoins: si je ne passe pas vers toi ce tertre, et si toi tu ne passés pas vers moi ce tertre et ce monument pour le mal" (Berechit 31,52). Or, chez Avraham notre père, sur lui la paix, et Avimelekh, nous trouvons aussi qu'ils conclurent une alliance, afin qu'il ne vienne pas dans son territoire.
Ainsi qu'il est écrit là-bas (Berechit 21): "Avraham dit: Je jurerai"; et de cette expression, "je jurerai", il ressort qu'il dit cela comme par contrainte. Par cette alliance, les Pères achevèrent de fixer une limite et de se séparer des nations du monde.
Car, lorsque le Nom leur dispense un bien, les nations du monde le reçoivent dans le grand flot de leur convoitise, sans aucune connaissance ni examen; quant à la crainte que, peut-être, la volonté du Nom ne réside pas dans ce bien, ils l'écartent de leur esprit. Mais lorsqu'Israël reçoit tous les biens, il ne jouit pas de ce monde sans bénédiction: c'est l'acceptation de la royauté des Cieux, par laquelle il fait régner son Créateur.
Si le Nom désire les lui donner d'un œil favorable, alors ils jouissent du bien. Et tous les discernements par lesquels Israël se discerne lui-même dans la réception du bien, et toute sa réception, sont par restriction (tsimtsoum) [רד], comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Bamidbar, s.v.
"Vayedaber ה'" [a]: lorsque le Nom dispense aux nations, elles se déploient en tout genre de déploiement; et même si parfois une crainte (dahla) leur est présentée, et qu'une peur leur brille sans qu'elles en aient conscience, tout cela est lorsqu'elles n'ont pas le bien de ce monde. Mais lorsqu'elles possèdent le bien de ce monde, elles se déploient en tout genre de déploiement et n'ont aucune peur, pas même une peur dont elles n'ont pas conscience.
Israël est différent: même dans le déploiement le plus grand, il est prêt et disposé à accepter sur lui toute patience; il ne lui manque que ceci: que l'honneur des Cieux ne soit pas dans sa plénitude. Dès lors, ils sont toujours liés à la lumière du Nom.
Plus haut, parachat Lekh Lekha, sec. 37.
Car ce n'est que dans l'avenir que "notre bouche se remplira de rire" (Tehillim 126,2): le Nom montrera à Israël, en récompense de leur restriction, par laquelle ils se sont eux-mêmes restreints, et alors Il leur donnera toute sorte d'ampleur. Il n'y aura pas crainte du châtiment, mais seulement une crainte respectueuse et l'honneur [רה], comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Haazinou, s.v.
"Ki yadin ה' amo" [b], au sein de ses paroles: "Car le Nom jugera Son peuple" (Devarim 32,36). Feu mon grand-père et maître, de mémoire bénie, dit à ce sujet: le Nom nous jugera ainsi: selon le jugement, nous méritons d'être Son peuple, et nous méritons la part du Saint, béni soit-Il; car Israël peut accepter sur lui toute sorte de patience et toute sorte de service, au point qu'il accepte même le péché sur lui-même, tandis que les nations ne peuvent accepter aucune patience et ne veulent pas aller dans le service.
De là il est établi qu'Israël est digne de la part du Saint, béni soit-Il, etc. Or, Avimelekh en son temps et Lavan en son temps étaient, à leur époque, les grands parmi les nations du monde; le Nom les plaça l'un en regard de l'autre face aux Pères saints.
C'est pourquoi ils voulurent faire jurer aux Pères qu'ils n'entreraient pas dans ce monde dans leur territoire, car ils imaginaient que les Pères se conduisaient par restriction afin de pouvoir recevoir le bien de ce monde dans un grand déploiement, sans aucune crainte ni effort. Il était difficile aux Pères de se circonscrire de façon permanente en cette matière, car peut-être le Nom voudrait leur faire hériter un bien sans effort.
Le Nom les éclaira afin qu'ils y consentent: tout le bien qu'ils recevraient serait dans l'éclat de la lumière donnée dans la lumière de la face. Et l'essentiel de la lumière de la face est que le Nom les éclaire en leur montrant qu'ils ont reçu le bien en échange de leur service du Nom.
Car, en vérité, si le Nom veut faire hériter un bien à ceux qui L'aiment, Il lui donne la force de travailler, puis Il lui montre que ce bien lui vient par le labeur de ses mains. C'est cela qu'ils jurèrent: ne pas entrer dans leur territoire.
Car, lorsque le Nom béni soit-Il le voudra, Il pourra élargir le territoire d'Israël, de sorte que tous les biens entreront dans leur territoire; et tout ce que les nations idolâtres reçoivent dans les ténèbres, le Nom béni soit-Il le donnera à Israël dans Sa lumière. Et cela ne sera pas appelé entrer dans leur territoire, car leur territoire est ténèbres, tandis que le territoire d'Israël est lumière.
Le Nom peut éclairer, de sorte que tout entre dans la lumière qu'Il éclairera pour Israël. C'est pourquoi, lorsque le Saint, béni soit-Il, voulut faire hériter à Israël Aram-Naharaïm, Aram-Tsova ainsi que Moav, ils passèrent outre les premiers, comme il est rapporté dans le Midrach Rabba (Vayetze, paracha 74): "Au chef des musiciens.
Miktam de David, pour enseigner, lorsqu'il combattit Aram-Naharaïm et Aram-Tsova" (Tehillim 60,1) [רו]. Il est expliqué dans le Midrach Rabba (paracha 74) que les nations passèrent les premières outre leur serment, et voici son langage: lorsqu'il envoya Yoav vers Aram-Naharaïm et Aram-Tsova, David rencontra les Édomites et voulut les retrancher; ils lui présentèrent leurs lettres: "Assez pour vous de tourner autour de cette montagne" (Devarim 2,3), etc.
Il rencontra les Moavites et voulut les retrancher; ils lui présentèrent leurs lettres: "Ne harcèle pas Moav et ne les provoque pas à la guerre" (ibid.). À ce moment, Yoav envoya demander à David, etc.
Il alla chez le Sanhédrin et leur dit: "Mes maîtres, je ne suis venu ici que pour enseigner; si vous me donnez permission, j'enseignerai. J'ai envoyé Yoav vers Aram-Naharaïm et Aram-Tsova; il rencontra les Édomites et ils lui présentèrent leurs lettres: 'Assez pour vous'.
Or, ne furent-ils pas les premiers à rompre la barrière: 'Il rassembla auprès de lui les fils d'Ammon' (Choftim 3,13)? Il rencontra les Moavites et voulut les retrancher; ils lui présentèrent leurs lettres: 'Ne harcèle pas Moav'.
Or, ne furent-ils pas les premiers à rompre la barrière: 'Il envoya des messagers à Balaam... Et maintenant, viens donc et maudis-moi' (Bamidbar 22,5)?"