« Et les vies de Sarah furent de cent ans, vingt ans et sept ans. » Le Beit Yaakov cite le psaume du Chabbat : le mizmor indique la contraction, secret de garder (chamor) ; le chir indique l'expansion, secret de se souvenir (zakhor). Du côté du masculin, nulle contraction : elle vient du receveur ; l'âme dispense toujours la vie au corps. Après la ligature d'Its'hak, Avraham est achevé, son amour pour son fils tel l'amour du Nom pour Israël, et le Nom dit « N'étends pas ta main vers le jeune homme ». Sarah entend et son âme s'envole : la Noukva (aspect féminin) aide jusqu'à la perfection puis s'élève ; le service nouveau est de préparer une sépulture, assistance appelée Rivka.
Aussi : au temps de trouver, l'homme entre dans une dissimulation et prie pour que les doutes n'emportent pas sa clarté ; Rabbi Yo'hanan ben Zakkaï ignore sur quelle voie on le conduit ; le lavage des mains écarte l'intérêt propre
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. מזמור שיר ליום השבת טוב להודות לה' ולזמר לשמך עליון (תהילים צ״ב:א׳-ב׳).
מזמור מורה על צמצום מלשון (בהר כה) לא תזמור, כדאיתא בזוה"ק (וילך דף רפד.), והוא ברזא דשמור. ושיר מורה על התפשטות, והוא ברזא דזכור, וכדאיתא בזוה"ק (אמור צב:) זכור לדכורא שמור לנוקבאאלקמן פרשת תולדות אות א..
ושבת הוא הכולל מאלו השנים מזמו"ר ושי"ר. והענין בזה, כי מצד הדכר אין שום צמצום באורו ועומד מוכן להשפיע בתמידות, ומה שנראה לפעמים איזה צמצום שאינו חפץ להשפיע להמקבל, זה הצמצום הוא מצד המקבל, וכגוונא דשמשא וסיהרא, שהשמש מזרחת אורה בשלמות תמיד, ואף שמתרחקת מהסיהרא לפעמים ואין נראה שלמות האור, זה הוא רק מצד הסיהרא, כי השמש זורחת תמיד בלי שום השתנות בכל מקום שהיא, וכדכתיב (קהלת א׳:ה׳) וזרח השמש ובא השמש ואל מקומו שואף זורח הוא שם.
וכן הנשמה בתוך הגוף מוכנת תמיד להשפיע חיים באדם בלי שום צמצום מצדה, כי הנשמה היא ברזא דדכורא, והגוף הוא ברזא דנוקבא, כדאיתא בזוה"ק (חיי קכד.) וכן הוא ערך הנשמה נגד אור הבהיר מהשי"ת כערך הנוקבא נגד הדכורא, שאור השרשי נקרא נשמתא לנשמתא. וכן הוא כל השתלשלות העולמות ברזא דדכר ונוקבא, שזה הוא בנין שלם:
Et les vies de Sarah furent de cent ans, vingt ans et sept ans, les années des vies de Sarah. Psaume, cantique pour le jour du Chabbat: il est bon de remercier ה' et de chanter à Ton Nom, Ô Très-Haut (Psaumes 92,1-2).
Le psaume (mizmor) indique la contraction, comme dans: "tu ne tailleras pas (lo tizmor)" (Lévitique 25), ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Vayélekh, p. 284); cela relève du secret de garder (chamor).
Le cantique (chir) indique l'expansion, et cela relève du secret de se souvenir (zakhor), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Emor 92b): se souvenir est pour le masculin, garder pour la Noukva, comme il sera expliqué plus loin, paracha Toledot, paragraphe 1. Le Chabbat englobe ces deux aspects, mizmor et chir.
Voici le sens: du côté du masculin, il n'y a aucune contraction dans sa lumière, et il se tient toujours prêt à dispenser. Lorsqu'il semble parfois y avoir une contraction, qu'il ne veut pas dispenser au receveur, cette contraction vient du receveur.
C'est comme le soleil et la lune: le soleil fait toujours rayonner sa lumière dans sa plénitude; même lorsqu'il s'éloigne parfois de la lune et que la plénitude de la lumière ne paraît pas, cela ne vient que de la lune, car le soleil rayonne toujours, sans aucun changement, partout où il se trouve, ainsi qu'il est écrit: "Le soleil se lève, le soleil se couche, et il aspire à son lieu, là où il se lève" (Qohelet 1,5). De même, l'âme dans le corps est toujours prête à dispenser la vie à l'homme, sans aucune contraction de son côté, car l'âme relève du secret du masculin et le corps du secret de la Noukva, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Haye Sarah 124a).
Ainsi, le rapport de l'âme à la lumière claire provenant du Nom est celui de la Noukva au masculin; la lumière racine est appelée l'âme de l'âme. Ainsi en est-il de tout l'enchaînement des mondes, selon le secret du masculin et de la Noukva: c'est un édifice entier.
וזה הוא הענין בפרשתנו המדברת במיתת שרה אחר עקידת יצחק אבינו ע"ה, שבזה הנסיון נשלם אאע"ה ונתברר בתכלית הבירורין בשלמות, שעזב והניח כל נגיעותיו ואהבתו שהיה לו לבנו יחידו באהבתו להשי"ת, ובירר את עצמו בזו האהבה בשלמות, שלא אהב את יצחק בנו כדרך כל אהבת אב לבנו, שהוא בדרך הטבע, רק כל אהבת אברהם אבינו ליצחק שאהבו אחר העקדה היה כאהבת השי"ת לישראל, ולא מצד אהבת טבע עוה"ז. ולזה אמר אליו השי"ת, אל תשלח ידך אל הנער, והוא שמאחר שנתברר כרצון השי"ת, שכל עיקר אהבתו ליצחק הוא בלי שום נגיעה לאהבת עוה"ז, ובזה חפץ השי"ת, לזה אמר לו, אל תשלח ידך אל הנער, שבחיים כזה בוחר השי"תבעיין תפארת יוסף פרשת ויקרא ד"ה ושחט:
אברהם אבינו סילק כל נגיעות אהבת אב לבנו ולא רצה לשום ספיקות, כי פן יש לו נגיעה מצידו ולא רצה רק לשחטו. ומצידו היה יצחק אבינו כבר שחוט, נמצא כל החיים של יצחק אבינו הוא רק מן רצון השי"ת בלי שום נגיעות עוה"ז, ורק מרצון הפשוט שחפץ בחיים של ישראל, וכל החיים שלו הוא ממאמר אל תשלח ידך אל הנער, אבל מצידו היה מוכן ומזומן למסור אותו להשי"ת בחזרה.
ועיין עוד שם מאמרי ראש השנה ד"ה ויהי אחר [ב], מסכת סנהדרין (קח:) ד"ה אמר שם.. ואז נשלם אברהם אבינו בתכלית השלמות.
וכאשר שמעה שרה את זה אפס ממנה כח החיים מחיי עוה"ז, ואף ששמעה שלא נשחט מ"מ פרחה נשמתה ממנה. כי הנוקבא נתנה לאדם לסיוע ולעזר שיוכל לבא אל השלמות, והיא בבחינת תמכין דאורייתא.
אכן כ"ז הוא קודם שיבא האדם אל השלמות, אזי יצרכו לו הסייעתות, אבל אחר השלמתו אזי סייעתו עולה לעילא ואין לו צורך עוד לשום סייעתא, לזה עלתה נשמתה לעילא ונשאר רושם מכל אלו הסייעתות לעילא, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קכב:) אינון חיין כולהו לעילא. כי אחר השלמת האדם אזי הוא גדולה שמושה של תורה יותר מלמודה (ברכות ז:).
וכן כשיושלמו כל הבירורין בשלמות אז נאמר (ירמיהו ל״א:כ״ב) כי ברא ה' חדשה בארץ נקבה תסובב גבר. ומה שאאע"ה נשאר עוד בחיים שמונה וארבעים שנהגבבית יעקב הכולל פרשה זו ד"ה ויהיו [א] נכתב:
והנה אברהם חי שמונה וארבעים שנה יותר משרה. והיינו עם העשר שנים שהיה גדול משרה.
(הערת נכד מרן המחבר על מכתב הרה"ק האמרי אמת זצוק"ל מגור, נדפס בסוף ספר בית יעקב ויקרא, קונטרס לקוטי דברי תורה)., הם כנגד השמונה וארבעים טיפין שנוטפין בכל יום מעדן לגן כדאיתא בזוה"ק (חיי קכה.). והוא שאף שהסייעתא שלו עלתה השמימה ולא היה לו צורך לה עוד, אמנם היה צריך מעתה לעבודה חדשה שהיה צריך להכין מקום קבורה, שזה הוא עבודה שצריך האדם להתפלל להשי"ת שיגמור בעדו לטוב, וכדאיתא בש"ס (ברכות ח.) על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצוא חד אמר זו אשה וחד אמר זו קבורה וכו' וזו הסייעתא נקרא רבקה, כדאיתא במדרש הנעלם (חיי קכט.), שזה הכח שמתחלה נקרא שרה ואחר כך נקרא רבקה:
Tel est le sujet de notre paracha, qui traite de la mort de Sarah après la ligature d'Its'hak, notre père, de bénie mémoire. Par cette épreuve, Abraham notre père fut achevé et clarifié, de la clarification la plus complète, dans la perfection: il avait abandonné et déposé tous ses intérêts propres et l'amour qu'il portait à son fils unique, dans son amour pour le Nom.
Il se clarifia lui-même pleinement dans cet amour: il n'aimait pas son fils Its'hak comme l'amour naturel de tout père pour son fils; au contraire, tout l'amour d'Abraham notre père pour Its'hak, après la ligature, était tel l'amour du Nom pour Israël, et non un amour naturel de ce monde-ci. Aussi le Nom lui dit-Il: "N'étends pas ta main vers le jeune homme"; car, puisqu'il avait été clarifié selon la volonté du Nom, que tout l'amour qu'il portait à Its'hak était dénué de tout intérêt pour l'amour de ce monde-ci, et que c'est cela que le Nom désire, Il lui dit: "N'étends pas ta main vers le jeune homme".
C'est une telle vie que le Nom choisit. Voir Tiferet Yosef, paracha Vayikra, commence par "Et il égorgera": Abraham notre père écarta tout intérêt de l'amour d'un père pour son fils et ne voulut admettre aucun doute, de crainte d'avoir un intérêt de son côté; il ne voulut que l'égorger.
De son propre point de vue, Its'hak notre père était déjà égorgé. Il en résulte que toute la vie d'Its'hak notre père ne venait que de la volonté du Nom, sans aucun intérêt de ce monde-ci, seulement de la volonté simple qui désire la vie d'Israël; toute sa vie procède de la parole: "N'étends pas ta main vers le jeune homme".
Mais lui-même était prêt et disposé à le rendre au Nom. Voir encore là-bas, Maamarei Roch ha-Chana, commence par "Et il arriva après" [2], et Traité Sanhédrin (108b), commence par "Il dit là-bas".
Alors Abraham notre père fut achevé dans la perfection ultime. Lorsque Sarah entendit cela, la force de vivre la vie de ce monde-ci la quitta; bien qu'elle eût entendu qu'il n'avait pas été égorgé, son âme s'envola d'elle.
Car la Noukva est donnée à l'homme comme aide et soutien, afin qu'il puisse parvenir à la perfection; elle est du rang des soutiens de la Torah (tamkhin deOraita). Cependant, tout cela vaut avant que l'homme ne parvienne à la perfection, lorsqu'il a besoin de ces assistances.
Mais après son achèvement, son assistance s'élève en haut et il n'a plus besoin d'aucune assistance. C'est pourquoi son âme monta en haut, et une empreinte de toutes ces assistances demeura en haut, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Haye Sarah 122b): "Toutes ces vies sont en haut." Après l'achèvement de l'homme, le service de la Torah est plus grand que son étude (Berakhot 7b).
De même, lorsque toutes les clarifications seront achevées dans la perfection, il sera dit: "Car ה' a créé une chose nouvelle sur la terre: la femme entourera l'homme" (Jérémie 31,22). Et si Abraham notre père demeura encore en vie quarante-huit ans - dans le Beth Yaakov qui englobe cette paracha, commence par "Et les vies" [1], il est écrit: "Abraham vécut quarante-huit ans de plus que Sarah, en comptant les dix ans par lesquels il était plus âgé qu'elle" (note du petit-fils de notre maître l'auteur, sur une lettre du saint rabbin l'Imrei Émet, de bénie mémoire, de Gour, imprimée à la fin de Beth Yaakov, Lévitique, cahier Likoutei Divrei Torah) - ils correspondent aux quarante-huit gouttes qui tombent chaque jour de l'Éden vers le jardin, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Haye Sarah 125a).
Cela signifie que, bien que son assistance fût montée aux cieux et qu'il n'en eût plus besoin, il lui fallait désormais un service nouveau: préparer un lieu de sépulture. C'est un service pour lequel l'homme doit prier le Nom afin qu'Il le mène à bonne fin, comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 8a): "Pour cela, tout pieux Te priera au temps de trouver"; l'un dit: c'est une femme, et l'autre dit: c'est une sépulture, etc.
Cette assistance est appelée Rivka, comme il est rapporté dans le Midrach ha-Neelam (Haye Sarah 129a): cette force qui est d'abord appelée Sarah est ensuite appelée Rivka.
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצוא רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו (תהילים ל״ב:ו׳).
איתא ע"ז בש"ס (ברכות ח.) לעת מצוא חד אמר זו אשה וכו' וחד אמר זו תורה וחד אמר זו מיתה וחד אמר זו קבורהדעיין מי השלוח ח"א פרשת חיי ד"ה ויהיו [א].. הענין בזה הוא, לעת מצוא, מרמז על העתים שהאדם נכנס להסתרה ואין בכחו לברר את עצמו שם בכח עבודתו, מפני ששם אפסו רעיונותיו ושכלו מלברר את עצמו.
כי זאת אי אפשר שהאדם יגיע לכל מקום בבירוריו, כי במה המה חשובים נגד הפעולות העוברים על האדם, שהשכחה מצויה בו עד שאין לו ידיעה בהפעולה לא בתחלה ולא בסוף, ועל זה (ברכות כח:) אמר רבי יוחנן בן זכאי בשעה שנטה למות, ולא עוד אלא שאיני יודע באיזה דרך מוליכין אותי, וזה הוא ברור שרבי יוחנן בן זכאי בירר את עצמו בכל כחו עד היכן שידו היתה מגעת, דאם לא כן אזי לא היה מסופק אם יענש, שעל זה ניתן בינה ודעת באדם שיברר כפי כחו את קניניו. משמע מזה, שבמקום שהיה בכח שכלו לברר את עצמו, לא חיסר מהמטרה אף כחוט השערה, אכן שהיה מסופק על הפעולות שאנה א-להים לידו בלי דעת, שלא נראה בהם מפורש הכבוד שמים, שאף בנפשות היקרים ביותר מוכרח להמצא פעולות שהם בלא דעת ולא נראה בהם מפורש הכבוד שמים, כגון אכילה ושתיה ושינה, שעל הגוון אין שום חילוק בין האדם אשר לא ירים את ידו לפעול רק מה שהשי"ת חפץ ובין האדם שעושה ההיפך מרצון השי"ת, ואין בכח עבודת אדם להאיר מצדו פעולות הגוף כאלה, שהאוכל שמכניס בגופו הוא רק ד"ת, כי רק השי"ת יוכל להאיר זאת.
ולזה יש לו לאדם מיחושים בזה, מי יודע האם ירצה השי"ת להאיר אותן הפעולות, שבאמת זה תלוי בשרשו של אדם, אם הוא טוב בשורש יאיר השי"ת פעולותיו שעשה הטוב בעיני השי"תהמבואר בתפארת יוסף מסכת יומא (עג:) ד"ה יום הכיפורים: אמר אאמו"ר הרהגה"ק זללה"ה, כי כן הציב השי"ת שיראה האדם לחבר כל הבריאה להשי"ת.
היינו שיקבל כל הנאת עוה"ז ויברר את עצמו בכח עבודתו, שבזה הכח יוכל לעבוד את השי"ת, ובזה יברר את כל הבריאה וכו'. בדבר הרשות היינו אכילה ושתיה שם נסתר מהאדם ואינו רואה מפורש רצון השי"ת.
ובאמת מצד השי"ת גם שם הוא מלא אור ולית אתר פנוי מניה, אלא שמצד האדם נסתר שם רצונו ית'. וכשהאדם מגביר עצמו בכח עבודתו ונוטל מכל הנאת עוה"ז סיוע לעבודת השי"ת, רואה מפורש שכל הבריאה הוא חיבור להשי"ת והכל מלא אור..
וע"ז אמר רבי יוחנן בן זכאי, ולא עוד אלא שאיני יודע באיזה דרך מוליכין אותי, היינו אם ירצה השי"ת לבררם לטוב אם לאומקורו במי השלוח ח"א פרשת תשא ד"ה ורחצו: וכן כאשר נצטוינו לטול ידינו שחרית וקודם סעודה, הוא ג"כ קודם שיתחיל האדם לעסוק בצרכי הגוף צריך תפלה להש"י, באם שיבא לידו דבר מעניני עוה"ז שהוא ח"ו נגד רצון הש"י, אז הוא מבקש מהש"י שיטול ויסיר את תאותו מזה, ואף גם בדבר היתר נמצא ג"כ טוב והיפכו, כי באם יאכל האדם דבר היתר וילך אח"כ בכח הזה ויעשה עבירה, אז נגלה הדבר כי לא קבל כח הטוב שבזה הדבר, וע"ז הוא הרחיצה שהוא תפלה להש"י שבכל דבר לא יקבל רק כח הטוב שנמצא, כי נחלה הבאה לו לאדם ממקום אחר מתנה עליה שלא ירשנה.
ועיין עוד בבית יעקב שמות פרשת וארא אות לז, תפארת יוסף פ' תשא ד"ה וידבר וכו' ועשית, מסכת תענית (ג.) ד"ה וטל, לקמן פ' וישלח אות ג.. ובמקום שאדם נכנס לספיקות כאלה שאין לו דעת ובחירה בהן, שהם רק בהכרח וזה נקרא לעת מצוא, כענין דאיתא בש"ס (סנהדרין לז) מציאה באה בהיסח הדעת, צריך האדם לתפלה, על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצוא רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו, שהספיקות לא ישטפו את הבהירות שלו.
ובאמת הם רוב עתותיו של אדם, ועיקר הכח תלוי בצרכי הגוף שהם פעולות נסתרים, וזה הוא שאמר שלמה המלך ע"ה (קהלת ב׳:כ״ה) כי מי יאכל ומי יחוש חוץ ממני, מי יאכל חוץ ממני, היינו שהיה לו תקיפות שביד השי"ת להחיות כל פעולות הגוף, אבל מי יחוש חוץ ממני, היינו שהמיחושים שלי גדולים בערך ממיחושים של אדם אחר, כי גודל התקיפות שנמצא באדם נותן כח וחשק לפעולות הגוף שהם נסתרים, ומי יודע אם השי"ת יחיה אותם. ואף שבכל הדברים שבעולם נמצא ד"ת בשרשם, כדאיתא בזוה"ק (שמיני לה:) באורייתא ברא קב"ה עלמא, אך מצד האדם נסתרים הד"ת שנמצאים בשורש האוכל, ויוכל להחזיק בזה הכח כמו החיה והבהמה, שכל אכילתם הוא למלא תאותן ורעבונם להנאתן קא מכווני.
ולזה השי"ת החפץ למען צדקן של ישראל, הורה להם שלא יכניסו בעצמם שום דבר מצדם רק בד"ת, ולזה תקנו חכז"ל נטילת ידים קודם אכילה, שזה מרמז שהאדם מסלק הנגיעה מצדו, והוא שאף שאינו יודע פנימיות הד"ת מזה, אבל הוא מכין את עצמו מצדו וחפץ לידע הד"ת שנמצאים בזה בהסתרו. ואחר האכילה אומרים ברית ותורה בברכת המזון, זה מרמז על גודל תקיפות שיש לו, שכל מה שמכניס בגופו הוא מלא ד"ת, ומי יאכל חוץ ממני.
אכן זה הוא אחר הבירור, אבל קודם הבירור אז הוא מי יחוש, שמי יודע אם השי"ת ירצה להאיר אותן הפעולותזמבואר בתפארת יוסף הושענא רבה ד"ה אמר אייבו: ברכת הנהנין הוא, מחמת שאדם יש לו נגיעה מצידו מחמת הנאתו, ובזאת הברכה שמכיר שהשי"ת הוא הנותן מכל הטובות, ורואה שביכולתו לקבל לעצמו כל מיני סיעתות לעבודת השי"ת, ממילא מברר עצמו שנגיעתו לדבר הזה אינו מחמת הנאה של עוה"ז, אלא מחמת שרצונו לקחת לו סיעתא לעבודת השי"ת מדבר הזה וכו'.
וזה הוא הכלל מכלל הברכות שיכיר שהכל הוא מהשי"ת.:
Et les vies de Sarah furent de cent ans, vingt ans et sept ans, les années des vies de Sarah. "Pour cela, tout pieux Te priera au temps de trouver; certes, lors du flot des grandes eaux, elles ne l'atteindront pas" (Psaumes 32,6).
Il est rapporté à ce sujet dans le Talmud (Berakhot 8a): au temps de trouver, l'un dit: c'est une femme, etc.; l'un dit: c'est la Torah; l'un dit: c'est la mort; et l'un dit: c'est la sépulture. Voir Mei ha-Chiloah, I, paracha Haye Sarah, commence par "Et les vies" [1].
Le sens est que "au temps de trouver" fait allusion aux moments où l'homme entre dans une dissimulation et ne peut s'y clarifier par la force de son service, car là ses pensées et son intelligence cessent de pouvoir le clarifier. Il est en effet impossible que l'homme atteigne tout lieu par ses clarifications: que valent-elles devant les actes qui passent sur l'homme?
L'oubli lui est habituel, au point qu'il n'a connaissance de l'acte ni à son commencement ni à sa fin. C'est à ce propos qu'il est dit (Berakhot 28b) que Rabbi Yo'hanan ben Zakkai, au moment de mourir, déclara: "Et de plus, je ne sais pas sur quelle voie on me conduit." Or il est certain que Rabbi Yo'hanan ben Zakkai s'était clarifié de toutes ses forces, jusqu'où sa main pouvait atteindre.
Sans cela, il n'aurait pas été dans le doute d'être puni: intelligence et connaissance ont été données à l'homme afin qu'il clarifie ses acquis selon sa force. Il ressort de là que, là où il avait la force intellectuelle de se clarifier, il ne manqua pas le but, pas même de l'épaisseur d'un cheveu.
Mais il était dans le doute au sujet des actes que Elokim lui avait fait survenir sans qu'il en eût conscience, et dans lesquels l'honneur du Ciel ne paraît pas explicitement. Même chez les âmes les plus précieuses, il doit se trouver des actes accomplis sans conscience, où l'honneur du Ciel ne paraît pas explicitement, tels que manger, boire et dormir.
À regarder leur forme, il n'y a aucune différence entre l'homme qui ne lève pas la main pour agir sinon selon ce que le Nom désire, et l'homme qui agit à l'inverse de la volonté du Nom. La force du service de l'homme ne peut, de son propre côté, illuminer de tels actes du corps: que la nourriture qu'il introduit dans son corps ne soit que des paroles de Torah, seul le Nom peut l'illuminer.
Aussi l'homme en ressent-il du trouble: qui sait si le Nom voudra illuminer ces actes? En vérité, cela dépend de la racine de l'homme: si sa racine est bonne, le Nom illuminera ses actes, afin que ce qu'il a fait soit bon aux yeux du Nom.
Il est expliqué dans Tiferet Yosef, Traité Yoma (73b), commence par "Le jour de Kippour": mon père et maître, le saint rabbin de bénie mémoire, a dit que le Nom a ainsi établi que l'homme doit relier toute la création au Nom. C'est-à-dire qu'il recevra tout plaisir de ce monde-ci et se clarifiera par la force de son service, afin de pouvoir, par cette force, servir le Nom; il clarifiera ainsi toute la création, etc.
Dans les choses facultatives, telles que manger et boire, cela est caché à l'homme, et il ne voit pas explicitement la volonté du Nom. En vérité, du côté du Nom, même là tout est plein de lumière et "nul lieu n'est vide de Lui"; mais du côté de l'homme, Sa volonté y est cachée.
Lorsque l'homme se fortifie par la force de son service et tire de tout plaisir de ce monde-ci une aide pour servir le Nom, il voit explicitement que toute la création est un lien au Nom et que tout est plein de lumière. C'est pourquoi Rabbi Yo'hanan ben Zakkai dit: "Et de plus, je ne sais pas sur quelle voie on me conduit", c'est-à-dire: le Nom voudra-t-Il les clarifier pour le bien ou non?
La source se trouve dans Mei ha-Chiloah, I, paracha Ki Tissa, commence par "Et ils se laveront": de même que nous avons reçu l'ordre de nous laver les mains le matin et avant le repas, ainsi, avant de commencer à s'occuper des besoins du corps, l'homme doit prier le Nom. Si une chose des affaires de ce monde-ci qui, a Dieu ne plaise, est contraire à la volonté du Nom se présente à lui, il demande au Nom de prendre et d'ôter de lui son désir pour elle.
Même dans une chose permise se trouvent le bien et son contraire: si l'homme mange une chose permise puis va, avec cette force, commettre une transgression, il devient manifeste qu'il n'a pas reçu la force de bien contenue dans cette chose. Le lavage est donc une prière au Nom afin qu'en toute chose il ne reçoive que la force de bien qui s'y trouve; car, au sujet d'un héritage qui lui vient d'un autre lieu, l'homme stipule de ne pas en hériter.
Voir encore Beth Yaakov, Exode, paracha Vaera, paragraphe 37; Tiferet Yosef, paracha Ki Tissa, commence par "Et Il parla" et "Et tu feras"; Traité Taanit (3a), commencé par "Et la rosée"; et plus loin, paracha Vayichlah, paragraphe 3. Lorsqu'un homme entre dans de tels doutes, où il n'a ni connaissance ni libre choix, mais seulement la nécessité, cela s'appelle "au temps de trouver", selon ce qui est dit dans le Talmud (Sanhédrin 37a): "Une trouvaille vient lorsque l'esprit est distrait." L'homme doit alors prier: "Pour cela, tout pieux Te priera au temps de trouver; certes, lors du flot des grandes eaux, elles ne l'atteindront pas", afin que les doutes n'emportent pas sa clarté.
En vérité, ce sont là la plupart des temps de l'homme, et la force essentielle dépend des besoins du corps, qui sont des actes cachés. C'est ce que dit le roi Salomon, de bénie mémoire: "Car qui mangera et qui jouira hors de moi?" (Qohelet 2,25).
"Qui mangera hors de moi?" signifie qu'il avait la fermeté de savoir qu'il est au pouvoir du Nom de faire vivre tous les actes du corps. Mais "qui jouira hors de moi?" signifie que mes troubles sont grands en comparaison de ceux d'un autre homme, car l'ampleur de la fermeté qui est en l'homme donne force et désir aux actes cachés du corps, et qui sait si le Nom les fera vivre?
Bien que, dans toute chose du monde, se trouvent des paroles de Torah a leur racine, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Chemini 35b): "C'est par la Torah que le Saint, béni soit-Il, créa le monde", du côté de l'homme les paroles de Torah qui sont dans la racine de la nourriture sont cachées. Il peut employer cette force comme l'animal sauvage et la bête, dont toute nourriture ne vise qu'à remplir leur désir et leur faim, et dont l'intention est leur propre plaisir.
Aussi le Nom, qui désire la justice d'Israël, leur a-t-Il enseigné de ne rien introduire en eux de leur propre côté, mais seulement des paroles de Torah. C'est pourquoi les sages, de bénie mémoire, ont institué le lavage des mains avant le repas: cela indique que l'homme écarte son intérêt propre.
Même s'il ne connaît pas l'intériorité des paroles de Torah qui s'y trouvent, il se prépare de son propre côté et désire connaître les paroles de Torah qui s'y trouvent dans leur dissimulation. Après le repas, nous disons "alliance" et "Torah" dans la bénédiction après le repas: cela indique la grande fermeté qu'il possède, que tout ce qu'il introduit dans son corps est plein de paroles de Torah, "qui mangera hors de moi?" Toutefois, cela est après la clarification; avant la clarification, il est dit: "qui jouira?", car qui sait si le Nom voudra illuminer ces actes?
Il est expliqué dans Tiferet Yosef, Hochana Rabba, commence par "Il dit: Eivou": la bénédiction sur les jouissances vient de ce que l'homme a un intérêt de son côté en raison de son plaisir. Par cette bénédiction, il reconnaît que le Nom donne tous les biens et voit qu'il peut recevoir pour lui toutes sortes d'aides afin de servir le Nom; il se clarifie alors que son intérêt pour cette chose ne provient pas du plaisir de ce monde-ci, mais de son désir d'en tirer une aide pour le service du Nom, etc.
Telle est la règle de l'ensemble des bénédictions: reconnaître que tout vient du Nom.
« Pour cela tout hassid Te priera au moment favorable : que les grandes eaux ne l’atteignent pas » (Tehilim 32,6). Le Beit Yaakov enseigne que le moment favorable est une chose ultime : l’homme se clarifie selon sa force, puis prie le Nom pour qu’Il achève pour lui en bien. Les clarifications de l’homme sont comptées comme rien, car la création fut créée ex nihilo ; il rapporte de son père que le Nom scelle le service de celui qui sert de toute sa force. Le Nom verse d’abord dans le cœur la force de prier, afin que le bien soit le fruit du labeur de ses mains, et non une réception de derrière les épaules.
Aussi : l’inhumation de ce que l’âme n’a pu faire nechama, que le Nom seul fera pousser ; la femme comme keli (récipient) qui peut éteindre la clarté ; le gilgoul (réincarnation) si la racine n’est pas clarifiée.
לעת מצוא זו קבורה. היינו שזה נסתר לגמרי מדעת אדם, כי מה נכנס לתוך הקבר הגרוע שנמצא בגוף האדם, מה שלא השיגה ידו לברר ולהאיר באור, כי הנפש ניתנה באדם להאיר את הגוף, ומה שמאירה זה נקרא נשמה, וע"ז אמרו בש"ס (ע"ז ה.) עד שיכלו כל הנשמות שבגוף [וזה דאיתא בזוה"ק (חיי דף קכד:) במתניתין ואברהם זקן דאתעביד נשמתא וכו' וכמ"ש בענינו].
ומה שנשאר עוד גוף שלא היה בכח האדם לעשות ממנה נשמה, זה נכנס לקבר להטמן בעפר, כענין כל דבר הנזרע בארץ, שיקרבו הימים שהשי"ת יברר גם זאת ויצמחו מהארץ. וזה הבירור הוא רק ביד השי"ת ולא ביד שום אדם אף בחסיד שבחסידים.
שמי שהשי"ת יחתום עליו שראוי להצמיח ולהחיותו בפעולת הגוף שלו, זה יקום ויחיה. לכן צריך להתפלל כל חסיד על זה, מפני שאין לו בטוחות מצדו אם יהיה לו מקום קבורה ואיזה מקום שוה לו לקבורה, ושהעפר לא יבטלנו, כי כל עניני הגוף מבטלים הבהירות, ואין לזה שום עצה מצדו רק תפלה להתפלל להשי"ת על זהחכמו שכתב במי השלוח ח"א מסכת ברכות (כט:) ד"ה אמר ליה:
כשאתה יוצא לדרך, היינו כשאדם הולך לדרכו, היינו שצריך לעסוק בעניני עוה"ז ואז אין העצה לא תרתח ולא תרוי, כי בעניני עוה"ז לא יוכל האדם לשמור את עצמו כ"כ, כי דרך רומז על טרדה, היינו שהאדם הולך למקום טרדה, לכן העצה המלך בקונך וצא שקודם שתגיע להטרדה תמליך עליך את הש"י ותבקש בתפלה שלא יאונה לפניך דבר שהוא נגד רצון הש"י.. וממילא הוא משפט השי"ת, שמאחר שהסתיר זאת משכל האדם וסבל מזה מאד, לכן יחיה לו אף אלו הפעולות, כענין פסק תורתנו הקדושה, שאם יגזול אדם דבר מחבירו צריך להחזיר לו רק קרן כפי שגזל, ואם יגנוב דבר מחבירו שזה העלים מבעליו אף הדעת, צריך לשלם לבעליו כפל (וכמש"נ בענין שדה המכפלה באריכות לקמן אות טו):
Le moment favorable, c'est l'inhumation. Cela est entièrement caché à l'intelligence de l'homme: ce qui entre dans la tombe, la pire chose qui se trouve dans le corps de l'homme, est ce que sa main n'a pu clarifier ni éclairer de lumière.
Car l'âme a été donnée à l'homme pour éclairer le corps, et ce qu'elle éclaire s'appelle une nechama; à ce propos, ils ont dit dans le Talmud (Avoda Zara 5a): jusqu'à ce que toutes les âmes qui sont dans le corps soient épuisées. C'est ce qui est dit dans le Zohar (Hayyé Sara, p.
124b), dans la michna: Abraham était vieux, une nechama fut faite, etc., comme expliqué dans son contexte. Mais ce qui demeure encore du corps, dont l'homme n'a pas eu la force de faire une nechama, entre dans la tombe pour être enfoui dans la poussière, comme toute chose semée en terre; viendront les jours où le Nom clarifiera aussi cela et le fera pousser de terre.
Cette clarification est seulement dans la main du Nom et dans la main d'aucun homme, même du plus pieux des hassidim. Celui au sujet duquel le Nom scellera qu'il est digne de pousser et de revivre par l'action de son corps se lèvera et vivra.
C'est pourquoi tout hassid doit prier à ce sujet: de son côté, il n'a aucune assurance d'avoir un lieu d'inhumation, ni de savoir quel lieu lui convient pour l'inhumation, ni que la poussière ne l'annulera pas. Car toutes les affaires du corps annulent la clarté, et il n'a de son côté aucun remède, sinon la prière, pour prier le Nom à ce sujet.
Ainsi qu'il est écrit dans Mei HaShiloah, première partie, traité Berakhot (29b), s.v. Amar lei: Quand tu pars en chemin, c'est-à-dire quand l'homme va vers son chemin, lorsqu'il doit s'occuper des affaires de ce monde, alors le conseil n'est pas seulement: Ne t'irrite pas et ne faute pas; ne t'enivre pas et ne faute pas.
Car dans les affaires de ce monde l'homme ne peut pas tellement se garder: le chemin désigne le trouble, c'est-à-dire qu'il va en un lieu de trouble. Le conseil est donc: Fais régner ton Créateur sur toi et pars; avant d'arriver au trouble, fais régner le Nom sur toi et demande dans la prière que ne t'arrive rien qui soit contraire à la volonté du Nom.
Et c'est alors le jugement du Nom: puisqu'Il a caché cela à l'intelligence de l'homme, et que celui-ci en a beaucoup souffert, Il fera donc vivre aussi ces actions-là. C'est comme la décision de notre sainte Torah: si un homme ravit une chose à son prochain, il ne doit lui rendre que le capital, selon ce qu'il a ravi; mais s'il la vole à son prochain, et cache ainsi même la connaissance à son propriétaire, il doit lui payer le double.
Comme nous l'avons expliqué longuement, à propos du champ double, plus loin, section 15.
לעת מצוא זו אשה. היינו, גם בזה לא יספיקו בירורי האדם, כי מי יודע אם הכלי שמשפיע בה טובה לפניו ולא תכבה הבהירות שלו.
כי כח האיש נמסר לאשתו, כדאיתא במדרש רבה נשא (פרשה ט) שהפקיד גופו אצלה לשמרו, וכאשר תיטיב מעשיה ישמר גופו, וכאשר לא תיטיב תוכל בכחה לכבות הבהירות שלו. וע"ז יתפלל כל חסיד רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו, שלא תשטף הבהירות שלו, כי הגוף והכלים חזקים יותר מדעת אדם ושכלו, כמו שהדין הוא בש"ס (יבמות כג.) נכרי ועבד הבא על בת ישראל הולד כשר, וישראל הבא על הנכרית הולד כמותה, מפני שהכל תלוי לפי הכלי.
וכן כל דבר שאדם מקבל להנאת הגוף או משפיע לאחר יוכל להתגבר עליו ההסתר, שמכונה למים רבים ותשטפהו, לזאת צריך האדם לתפלה לקבורה, שהשי"ת יאיר לו פעולות הגוף, ולאשה שהשי"ת יזמין לו כלי טובה להשפעתו, שיצמח מזריעתו פירות טובים. ולזה הוכרח אאע"ה לכל אלו ההשתחויות עד שקנה השדה לקבורה מבני נח.
וכן אליעזר בשעה שהלך להביא אשה ליצחק אבינו ע"ה:
Le moment favorable, c'est la femme. Ici aussi, les clarifications de l'homme ne suffisent pas, car qui sait si le keli (récipient) auquel il dispense son bien est bon devant Lui et n'éteindra pas sa clarté?
Car la force de l'homme est remise à sa femme, comme il est dit dans le Midrach Rabba, Nasso (paracha 9), qu'il lui a confié son corps afin qu'elle le garde. Si ses actes sont bons, elle gardera son corps; mais s'ils ne sont pas bons, elle peut, par sa force, éteindre sa clarté.
À ce sujet, tout hassid priera seulement que les grandes eaux ne l'atteignent pas, afin que sa clarté ne soit pas emportée. Car le corps et les kelim sont plus forts que l'intelligence et la raison de l'homme, comme l'enseigne le Talmud (Yevamot 23a): le fils d'un non-Juif ou d'un esclave venant sur une fille d'Israël est apte, tandis que le fils d'un Israël venant sur une non-Juive est comme elle; car tout dépend du keli.
De même, pour toute chose qu'un homme reçoit pour le plaisir du corps, ou qu'il dispense à autrui, le voilement peut l'emporter sur lui; il est appelé grandes eaux et l'emporte. Aussi l'homme a besoin de la prière: pour l'inhumation, que le Nom éclaire ses actions corporelles; et pour la femme, que le Nom lui prépare un bon keli pour son influence, afin que de sa semence poussent de bons fruits.
C'est pour cela qu'Abraham notre père, sur lui la paix, dut faire toutes ces prosternations jusqu'à ce qu'il achète aux fils de Noé le champ pour l'inhumation. De même Eliezer, lorsqu'il alla prendre une femme pour Its'hak notre père, sur lui la paix.
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצוא רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו (תהילים ל״ב:ו׳).
בש"ס (ברכות ח.) דרשינן ע"ז אמר רבי חנינא לעת מצוא זו אשה שנאמר מצא אשה מצא טוב ויפק רצון מה', במערבא כי נסיב אינש אתתא אמרי ליה הכי מצא או מוצא וכו'. רבי נתן אומר לעת מצוא זו תורה וכו' רב נחמן בר יצחק אמר לעת מצוא זו קבורה וכו'.
עת מצוא, מורה על דבר תכליתי, שתכלית כל עניני עוה"ז שהוא עולם הספק ומלא הסתר הוא, שיברר האדם את עצמו כפי כחו, ואחר כל זה יצרך להתפלה, להתפלל להשי"ת שיגמור בעדו לטוב. כי כל בירורי האדם שמברר את עצמו כפי כחו והשגת שכלו, כולם כאין נחשבו, מאחר שכל עיקר הבריאה בראשיתה נבראת יש מאין, לזה צריך לתפלה להתפלל להשי"ת אחר כל הבירורין, וימסור נפשו ומאודו להשי"ת, להכיר שהשי"ת הוא הנותן בו כח לעשות חיל אף בעבודות השי"ת ובירוריוטעיין תפארת יוסף פרשת פקודי ד"ה ותכל:
כמו שביאר כבוד אאמו"ר זללה"ה, שאחר כל העבודות והבירורים שאדם מברר את עצמו, לא שייך לומר שבירר את עצמו עד הגמר, כי מי יאמר זכיתי לבי. ורק כן הציב השי"ת שאדם יעבוד את השי"ת בכל כחו עד מקום שידו מגעת, ואז כשהאדם עובד בכל כחו, אז חותם השי"ת על כל עבודתו ונקראת על שם האדם.
ועיין עוד שם מסכת פסחים (ט.) ד"ה אין.. והענין בזה הוא, שכל פעולה ומעשה שאדם עושה מצד עצמו הוא מלא ספק ואין בהם דבר מבורר, עד שאף רבי יוחנן בן זכאי שאמרו עליו בש"ס (ב"ב קלד.) שלא הניח מקרא משנה גמרא הלכות ואגדות דקדוקי תורה ודקדוקי סופרים קלין וחמורין וגזירות שוות תקופות וגמטריאות ומשלות כובסים ומשלות שועלים שיחת שדים ושיחת דקלים ושיחת מלאכי השרת ומעשה מרכבה, עכ"ז אמר גם הוא על עצמו, ולא עוד אלא שאיני יודע באיזה דרך מוליכין אותייכמבואר עליו במי השלוח ח"א מסכת ברכות (כח:) ד"ה כשחלה:
לפי שהיה תמיד בספק כמו שמצינו בגמ' (כלים פי"ז, טז) על כולן היה רבן יוחנן בן זכאי אומר, אוי לי אם אומר אוי לי אם לא אומר, ועי"ז אמר שיש לפני שני דרכים, ועי"ז אמר הכינו כסא לחזקיה מלך יהודא שבא כי גם הוא היה בספק ממעשיו כמ"ש (פסחים נו.) על ג' הודו לו ועל ג' וכו'., כדאיתא בש"ס (ברכות כח:). וזה הוא ברור שכפי כחו והשגת שכלו בירר כל עסקיו מצדו, כי אם לא היה מברר את עצמו מצדו אזי לא היה מסופק שלא טובה זאת בעיני השי"ת.
משמע מזה שעד היכן שהיה מגיע בכח עבודותיו ללבן ולברר היה מברר עסקיו, אבל לא היה ניחא דעתיה עוד אחר כל זה, מאחר שבירורי אדם לא יספיקו נגד פעולותיו הנעשים בעוה"ז שמלא ספק, וישועת האדם בהם תלוי רק ביד השי"ת לבדו, ואין זה תלוי ביד אדם שיברר את עצמו בפעלו הטוב, ואין לו בזה רק תפלה, שיתפלל למי שבידו להושיע שיגמור בעדו לטוב. ולהבין זאת, מאחר שבאמת הוא אף כח התפלה מהשי"ת, למה יצרך לאדם להתפלל כלל, הלא לפני הש"י הכל גלוי וידוע, ויודע כל צרכי בני אדם מה הם צריכים, ויוכל להשפיע לכל אדם די מחסורו בלי שום תפלה.
אכן גם זה הוא רק לטובת האדם, האיש אשר ימצא חן בעיני השי"ת וחפץ בו ה' להשפיע לו טובה בטובת עין פנים בפנים, שיקרא על יגיע כפיו, משפיע תחלה בלב האדם זה חשק וכח תפלה להתפלל על זו הטובה, ובזה יחשב לו שביגיע כפיו זכה להטובה ע"י התפלה שהתפלל עליה להשי"ת, וכדכתיב (תהילים י׳:י״ז) תכין לבם תקשיב אזנך. כי אם ישיג האדם טובה בלי תפלה, אין זה טובה שלמה, רק כמקבל מבתר כתפוי, וכדאיתא בזוה"ק (חוקת קפד.) אלא אלין דלא ידעי עיקרא דעובדא כולי האי אלא סידורא בעלמא ולא יתיר משכין עלייהו משיכו דבתר כתפוי דקב"ה וכו'.
ומי שירחש לבו תפלה להשי"ת ואח"ז יושפע לו טובה, ידע שרצון השי"ת הוא לתת לו טובה בטובת עיןיאמקורו במי השלוח ח"א פרשת מקץ ד"ה ויהי מקץ [א]: כי כך הוא מדותיו של הקב"ה טרם אשר יתן הישועה מביא בלב האדם צעקה בזה למען אשר יקרא יגיע כפיך.
וביאר זאת באריכות בתפארת יוסף מסכת תענית (כה:) ד"ה שמואל: כמו שאמר כבוד אזמו"ר הגה"ק זללה"ה, שבעת שהשי"ת רוצה ליתן לאדם טובה אז הוא מעורר אותו ונותן בלבו כח תפלה וצעקה, שיתפלל לפני השי"ת על הטובה, כדי שלא יהיה נקרא שנותן לו הטובה בחנם.
כי כל האומר הקב"ה ותרן הוא וכו' (בבא קמא נ.) מפני זה הוא נותן לו מקודם כח תפלה שיתפלל על זה, כי הטובה שנותן השי"ת לאדם, והאדם אינו מכיר שחסר לו שיתפלל על זה, ואזי כשמקבל הטובה הוא כמקבל מאחורי כתפא. אכן השי"ת רוצה בטובת האדם שיקרא הטובה שלא בא לו בחנם, אז השי"ת מעורר אותו בכח תפלה על הטובה, וכשעומד בתפלה השי"ת נותן לו די מחסורו.
וזה, טרם יקראו ואני אענה, היינו, זה כוח התפלה שהשי"ת נותן לו מקודם, כי לולא שהשי"ת נותן לו כח תפלה לא היה מתעורר מעצמו כח תפלה. וזה שהשי"ת מעורר אותו בתפלה הוא התחלת נתינת הטובה, כי האדם בעצמו אין לו כח ודעת להכיר מה חסר לו ולהבין מה יתפלל ועל מה יתפלל, רק הכח מאתו ית'.
וזה, טרם יקראו, השי"ת מעורר אותו בכח תפלה כדי שיתפלל, ואז נותן לו הטובה בהארת פנים ולא מאחורי כתפא.:
Les années de la vie de Sara furent cent ans, vingt ans et sept ans, les années de la vie de Sara. Pour cela, tout hassid Te priera au moment favorable: que les grandes eaux ne l'atteignent pas (Psaumes 32,6).
Dans le Talmud (Berakhot 8a), on enseigne à ce sujet: Rabbi Hanina dit: Le moment favorable, c'est la femme, ainsi qu'il est dit: Celui qui a trouvé une femme a trouvé le bien et a obtenu la faveur du Nom. En Occident, lorsqu'un homme prenait femme, on lui disait: As-tu trouvé, ou trouves-tu? etc.
Rabbi Nathan dit: Le moment favorable, c'est la Torah, etc. Rav Nahman bar Yitshak dit: Le moment favorable, c'est l'inhumation, etc.
Le moment favorable désigne une chose ultime: le but de toutes les affaires de ce monde, qui est le monde du doute et est rempli de voilement, est que l'homme se clarifie selon sa force. Et après tout cela, il a besoin de la prière, de prier le Nom pour qu'Il achève pour lui en bien.
Car toutes les clarifications par lesquelles l'homme se clarifie selon sa force et la portée de son intelligence sont comptées comme rien, puisque toute l'essence de la création, à son commencement, fut créée ex nihilo. C'est pourquoi, après toutes les clarifications, il doit prier le Nom et remettre son âme et ses biens au Nom, en reconnaissant que le Nom est Celui qui lui donne la force d'acquérir, même dans le service du Nom et les clarifications.
Voir Tiferet Yosef, paracha Pekoudei, s.v. Vatekhal: comme l'a expliqué l'honneur de mon père, mon maître et mon enseignant, de bénie et sainte mémoire, après tous les services et toutes les clarifications par lesquels l'homme se clarifie, il ne convient pas de dire qu'il s'est clarifié jusqu'au terme, car qui peut dire: J'ai purifié mon cœur?
Le Nom a seulement établi que l'homme serve le Nom de toute sa force, jusqu'où sa main peut atteindre; et alors, lorsqu'il sert de toute sa force, le Nom scelle tout son service, et celui-ci est appelé de son nom. Voir encore là-bas, traité Pessahim (9a), s.v.
Ein. La chose est que toute action et toute œuvre que l'homme fait de lui-même est pleine de doute, et rien n'y est clarifié.
Au point que Rabbi Yo'hanan ben Zakkai, dont il est dit dans le Talmud (Bava Batra 134a) qu'il ne laissa ni Écriture, ni michna, ni guemara, ni halakhot, ni aggadot, ni minuties de la Torah, ni minuties des scribes, ni raisonnements à fortiori, ni équivalences verbales, ni cycles, ni guematriot, ni paraboles de laveurs, ni paraboles de renards, ni conversation des démons, ni conversation des palmiers, ni conversation des anges du service, ni l'œuvre du char, dit pourtant aussi de lui-même: Et de plus, je ne sais pas par quel chemin on me mène. Comme il est expliqué à son sujet dans Mei HaShiloah, première partie, traité Berakhot (28b), s.v.
Keshehala: parce qu'il était toujours dans le doute, ainsi que nous trouvons dans la Guemara (Kelim, chap. 17, michna 16): au sujet de toutes, Rabban Yo'hanan ben Zakkai disait: Malheur à moi si je parle, malheur à moi si je ne parle pas.
C'est pourquoi il dit: Deux chemins sont devant moi; et c'est pourquoi il dit: Préparez un siège pour Hizkiyahu, roi de Juda, qui vient, car lui aussi était dans le doute au sujet de ses actes, comme il est dit (Pessahim 56a): sur trois choses ils lui donnèrent raison, et sur trois, etc. Ainsi qu'il est rapporté dans le Talmud (Berakhot 28b).
Il est pourtant certain que, selon sa force et la portée de son intelligence, il avait clarifié toutes ses affaires de son côté; car s'il ne s'était pas clarifié de son côté, il n'aurait pas été dans le doute de savoir si cette chose n'était pas bonne aux yeux du Nom. Il ressort de cela que, jusqu'où pouvait atteindre la force de son service pour blanchir et clarifier, il clarifiait ses affaires; mais son esprit n'était pas encore apaisé après tout cela, puisque les clarifications de l'homme ne suffisent pas face à ses actions faites dans ce monde rempli de doute.
Son salut en elles dépend seulement de la main du Nom, et ne dépend pas de la main de l'homme qui se clarifie par sa bonne action. Il n'a ici que la prière: prier Celui qui peut sauver, afin qu'Il achève pour lui en bien.
Mais il faut comprendre ceci: puisque même la force de la prière vient en vérité du Nom, pourquoi l'homme a-t-il besoin de prier? Tout est manifeste et connu devant le Nom; Il connaît les besoins des hommes, ce dont ils ont besoin, et Il peut dispenser à chacun ce qui lui manque sans aucune prière.
Mais cela aussi n'est que pour le bien de l'homme. L'homme qui trouve grâce aux yeux du Nom, et auquel le Nom veut donner du bien, d'un bon œil, face à face, afin que cela soit appelé le fruit du labeur de ses mains, le Nom verse d'abord dans son cœur ce désir et cette force de prier pour ce bien.
Ainsi il lui sera compté que, par le labeur de ses mains, il a mérité ce bien au moyen de la prière qu'il a adressée au Nom, ainsi qu'il est écrit: Tu affermis leur cœur, Ton oreille écoute (Psaumes 10,17). Car si l'homme obtient un bien sans prière, ce n'est pas un bien complet, mais comme celui qui reçoit de derrière les épaules (מבתר כתפוי), comme il est dit dans le Zohar (Houkat 184a): ceux qui ne connaissent pas tant soit peu la racine de la chose, mais seulement son arrangement, attirent sur eux une attirance de derrière les épaules du Saint, béni soit-Il, etc.
Celui dont le cœur fait monter une prière vers le Nom, et auquel un bien est ensuite dispensé, saura que la volonté du Nom est de lui donner du bien d'un bon œil. La source en est Mei HaShiloah, première partie, paracha Mikets, s.v.
Vayehi Mikets [1]: telle est la conduite du Saint, béni soit-Il: avant de donner le salut, Il met dans le cœur de l'homme un cri à ce sujet, afin que cela soit appelé le labeur de tes mains. Il l'explique longuement dans Tiferet Yosef, traité Taanit (25b), s.v.
Shemouel: comme l'a dit l'honneur de mon grand-père, mon maître et mon enseignant, le saint génie, de bénie mémoire, lorsque le Nom veut donner un bien à l'homme, Il l'éveille et met dans son cœur une force de prière et de cri, afin qu'il prie devant le Nom pour ce bien, afin qu'il ne soit pas dit qu'Il lui donne ce bien gratuitement. Car quiconque dit que le Saint, béni soit-Il, renonce, etc.
(Bava Kamma 50a). C'est pourquoi Il lui donne d'abord la force de prier pour cela.
Car lorsque le Nom donne un bien à l'homme et que l'homme ne reconnaît pas ce qui lui manque, pour prier à ce sujet, alors, lorsqu'il reçoit ce bien, il est comme celui qui reçoit de derrière l'épaule. Mais le Nom veut le bien de l'homme, afin que le bien soit appelé comme ne lui étant pas venu gratuitement; le Nom l'éveille donc par la force de la prière pour ce bien, et lorsqu'il se tient en prière, le Nom lui donne tout ce qui lui manque.
Voilà: Avant qu'ils n'appellent, Moi Je répondrai. C'est-à-dire: cette force de prière que le Nom lui donne auparavant; car si le Nom ne lui donnait pas la force de prier, la force de prière ne s'éveillerait pas de lui-même.
Et le fait que le Nom l'éveille à la prière est le commencement du don du bien, car l'homme n'a de lui-même ni la force ni la connaissance de reconnaître ce qui lui manque, de comprendre ce pour quoi prier et sur quoi prier; seule la force vient de Lui, qu'Il soit béni. Et voilà: Avant qu'ils n'appellent, le Nom l'éveille par la force de la prière afin qu'il prie, et alors Il lui donne le bien dans l'éclairage du visage et non de derrière l'épaule.
ולזה יתפלל כל אדם שלא יאונה לו ענין שלא יוכל למשול בשכלו עליו, וכדאיתא בש"ס (ברכות כט:) אמר ליה אליהו לאחוה דרב סלא חסידא לא תרתח ולא תחטי לא תרוי ולא תחטי וכשאתה יוצא לדרך המלך בקונך וצא. לא תרתח ולא תרוי, הם כלל כל השמירות שהאדם צריך מצדו להתברר בהם, שהם נגד כעס ותאוה.
אבל כשאתה יוצא לדרך, היינו אם יכנס לטרדא, וכדאיתא בש"ס (עירובין סד:) דרך טורדתו, ששם אין דעתו ושכלו מגיע לברר את עצמו מצדו שם, ע"ז הוא העצה המלך בקונך וצא, להקדים בתפלה עד שלא יצא ויכנס בהטרדא שיעזור לו השי"ת, שלא יארע לפניו דבר שלא יוכל למשול בשכלו על מדותיויבעיין לעיל פרשה זו אות ב ובהערה ח שם מה שהבאנו שם בשם המי השלוח., וזו העצה הוא רק בעזרת השי"ת לבד, כי באדם השכחה מצויה, וכמו שמצינו אף ביעאע"ה כשעבר לפני מקום המקדש שכח מלהתפלל, כדאיתא בש"ס (חולין צא:), ובזוה"ק (ויצא קנ.) ואנכי לא ידעתי כד"א ופני ה' לא חליתי. אכן השי"ת מצדו אם ירצה ליתן לאדם ישועה פנים בפנים, יכין לבו שיתפלל קודם הטרדא שלא יתבהל ויסתר מפני האור.
וזה הוא כונת הכתוב, על זאת יתפלל כל חסיד, שמתחסד עם קונו, ומברר את עצמו בעבודות השי"ת כפי יכלתו בפעולות ומעשים טובים, אל ידמה בנפשו מאחר שעל הפעולה אין עליו שום קטרוג א"כ למה לו להתפלל. לא כן, כי צריך לו עוד לתקן שורשו, וכענין דאיתא בזוה"ק (פנחס ריג.) לב"נ דבני בנין שפירן וכו' מסטרא דההוא בנינא דיליה אשתכח טב ושפיר.
מסטרא דיסודא ביש ועקים וכו'. ואף שכל הבירורין שבירר את עצמו מצדו לא יהיו למגן, מאחר שעשה כפי כחו, אבל יצטרך לבא בגלגולא עוד הפעם לעוה"ז, וכדאיתא בזוה"ק (פנחס רטז:) איוב בן יבמה הוה והוא ברזא דגלגולא.
ובזה הן הנפש והן פעולה שאינה מבוררת בשרשה לא יועילו לזה כמה בירורים, שאף בצירוף אחר צירוף יוכל לראות אחר זה שטעה מתחלה, לכן אין שום עצה לזה רק תפלה להתפלל להשי"ת שיברר אותו בשורש, וזה נקרא לעת מצוא, במקום שאין דעת האדם מושלת שם, וכענין דאיתא בש"ס (סנהדרין צז.) מציאה באה בהיסח הדעת:
C'est pourquoi tout homme priera que ne lui arrive pas une affaire sur laquelle il ne pourra pas régner par son intelligence. Ainsi qu'il est dit dans le Talmud (Berakhot 29b): Élie dit au frère de Rav Sala le hassid: Ne t'irrite pas et ne faute pas; ne t'enivre pas et ne faute pas; et lorsque tu pars en chemin, fais régner ton Créateur sur toi et pars.
Ne t'irrite pas et ne t'enivre pas sont la somme de toutes les gardes par lesquelles l'homme doit se clarifier de son côté: elles s'opposent à la colère et au désir. Mais lorsque tu pars en chemin, c'est-à-dire s'il entre dans le trouble, comme il est dit dans le Talmud (Erouvin 64b): Le chemin le trouble, alors sa connaissance et son intelligence n'atteignent pas le lieu où il pourrait se clarifier de son côté.
Le conseil est donc: Fais régner ton Créateur sur toi et pars, devancer par la prière, avant de sortir et d'entrer dans le trouble, afin que le Nom l'aide et qu'il ne lui arrive rien sur quoi il ne pourra pas régner par son intelligence dans ses traits de caractère. Voir plus haut, dans cette paracha, section 2, et là note 8, où nous avons rapporté ce que Mei HaShiloah dit à ce sujet.
Ce conseil n'est que par l'aide du Nom seul, car l'oubli est commun chez l'homme. Ainsi, nous trouvons même chez Yaakov notre père, sur lui la paix, que, lorsqu'il passa devant le lieu du Temple, il oublia de prier, comme il est dit dans le Talmud (Houlin 91b), et dans le Zohar (Vayetse 150a): Et moi, je ne savais pas, comme il est dit: Je n'ai pas apaisé la face du Nom.
Mais si, de Son côté, le Nom veut donner à l'homme un salut face à face, Il préparera son cœur à prier avant le trouble, afin qu'il ne soit pas bouleversé ni voilé devant la lumière. Telle est l'intention du verset: Pour cela tout hassid priera, celui qui fait bonté à son Créateur et se clarifie dans le service du Nom selon sa capacité, par des actions et de bonnes œuvres.
Qu'il ne s'imagine pas que, puisque son action n'est l'objet d'aucune accusation, pourquoi lui faudrait-il prier? Il n'en est pas ainsi: il lui faut encore réparer sa racine, comme il est dit dans le Zohar (Pinhas 213a): chez l'homme qui bâtit de beaux édifices, du côté de cet édifice il se trouve bon et beau; mais du côté du fondement, mauvais et tordu, etc.
Et même si toutes les clarifications par lesquelles il s'est clarifié de son côté ne lui serviront pas de protection, puisqu'il a agi selon sa force, il devra toutefois revenir une fois encore dans ce monde par un gilgoul (réincarnation), comme il est dit dans le Zohar (Pinhas 216b): Job était fils de yiboum (lévirat), et cela relève du secret du gilgoul. En cela, ni l'âme ni l'action qui n'est pas clarifiée à sa racine ne seront aidés par quelque nombre de clarifications que ce soit; car, même après combinaison sur combinaison, il peut voir ensuite qu'il s'était trompé dès le commencement.
Il n'y a donc aucun conseil, sinon la prière, prier le Nom qu'Il le clarifie à la racine. Cela s'appelle le moment favorable: le lieu où l'intelligence de l'homme ne règne pas, comme il est dit dans le Talmud (Sanhédrin 97a): une trouvaille vient lorsque l'esprit est détourné.
« L'essentiel des discernements et des épreuves de l'homme se trouve là où sa saisie intellectuelle n'atteint pas. » Le Beit Yaakov rapporte du Mei HaChiloa'h que seule la prière lui est alors utile : elle atteint l'Atika Kadicha (l'Ancien saint). Rien n'y arrive par hasard, et la prière paraît contingente ; D.ieu a pourtant donné place à la prière d'Israël, qui éveille le discernement à la racine. « Que l'homme prie au temps de trouver » : c'est une femme ; qu'il demande une aide selon son intelligence, afin que D.ieu ne lui envoie pas une assistance au-delà de son entendement.
Aussi : selon Rabbi Nathan, « au temps de trouver » c'est la Torah, mitsva particulière de chaque racine ; selon Rabbi Yo'hanan, c'est l'ensevelissement, achèvement des discernements et place dans la révélation de l'Atika Kadicha.
ועיקר בירורי האדם ונסיונותיו הם במקום שאין מגיע שם בתפיסת שכלו, וכדאיתא בספר מי השלוח בזו הפרשה (ח"א ד"ה ויהיו [א]) ולא יועיל לאדם שם רק תפלה, שגדולה כח התפלה שמגעת עד עתיקא קדישא, וכדאיתא בזוה"ק בשלח (דף פג:) כל בר נש דבעי בעותיה קמי מלכא וכו' בגין דינגיד ברכאן ממבועא דכלא וכו'. ואף שמהנהגת עתיקא קדישא אין שום מקום לדבר שיהיה במקרה, רק הכל הוא מעצם רצון השי"ת, ותפלה נראה היפך מזה, שנראה כמקרה, מאחר שנמסרה לרצון האדם ובחירתו, אכן השי"ת נתן מקום לתפלת ישראל שמעוררת בירור בשורש.
וזה הוא שאמרו שיתפלל אדם לעת מצוא זו אשה, שבזה הענין נכנס אדם לספק, כי אשה ניתנה לעזר ולסייעתא לאדם, ויתפלל להשי"ת שיהיה לו עזר וסייעתא לטוב כפי תפיסת שכלו ודעתו, שלא יתן לו השי"ת סייעתא למעלה משכלו, כי לפעמים יש לו לאדם סייעתא טובה, אכן שהוא גבוה מדעת האדם ואינה מבוררתיגכמבואר לעיל פרשת בראשית אות סז, ועיין לקמן פ' ויצא אות סג: כי זווג האשה הוא עזר, שהשי"ת שולח לו עזר להאדם כדכתיב (בראשית ד) אעשה לו עזר.
ויש בזה שני סוגים, האחד הוא שהאדם לוקח לו סיוע כפי הבנתו ומכלכל בדעתו איך לעזור בנפשו וכו'. והשני הוא מי שהשי"ת שולח לו סיוע שלא מדעת, וכענין דאיתא (ברכות נד.) הפרו תורתך משום עת לעשות לה' וכו', וזה גדול ומעולה ממה שהאדם לוקח לו מדעתו..
ולזה כי נסיב אינש אתתא במערבא אמרי ליה הכי מצא או מוצא, מצא שנאמר, מצא אשה מצא טוב ויפק רצון מה', מוצא דכתיב, ומוצא אני מר ממות את האשה, ואשה היא כל הסייעתות, שגם הגוף נקרא אשה לגבי הנשמה, כדאיתא בזוה"ק מדרש הנעלם חיי (דף קכד:) ובתקוני הזוהר תיקון ע' (דף קלד.) דסוס איהו נוקבא לרוכב דאיהו אדם אם זכה אתמר ביה אעשה לו עזר כנגדו ועיי"ש תיקון ס"ט (צג:) ולזה צריך תפלה להש"י:
L'essentiel des discernements et des épreuves de l'homme se trouve là où sa saisie intellectuelle n'atteint pas. C'est ce qui est rapporté dans le livre Mei HaShiloah, sur cette paracha (Ire partie, début de 'Et ils furent' [a]); la prière seule peut alors lui être utile, car la force de la prière est grande: elle atteint jusqu'à l'Atika Kadisha (l'Ancien saint).
Comme il est rapporté dans le Zohar, Bechalah (p. 83b): 'Quiconque veut présenter sa demande devant le Roi... afin que les bénédictions soient attirées de la source de tout...' Pourtant, dans la conduite de l'Atika Kadisha, rien ne peut être dit arriver par hasard: tout procède de l'essence même de la volonté de ה'.
Or la prière semble l'inverse, puisqu'elle paraît contingente, étant remise à la volonté et au choix de l'homme. Mais ה' a donné place à la prière d'Israël, qui éveille le discernement à la racine.
Tel est ce qu'ils ont dit: 'Que l'homme prie au temps de trouver' - c'est une femme. Dans cette affaire, l'homme entre en effet dans le doute: une femme a été donnée comme aide et assistance à l'homme; qu'il prie donc ה' de lui donner une aide et une assistance bonnes, selon la saisie de son intelligence et de sa connaissance, afin que ה' ne lui donne pas une assistance au-delà de son intelligence.
Car il arrive qu'un homme reçoive une bonne assistance, mais qu'elle soit au-dessus de son entendement et ne soit pas clarifiée, comme il a été expliqué plus haut, parachat Bereshit, paragraphe 67; voir aussi plus loin, parachat Vayetse, paragraphe 63. Car l'union avec une femme est une aide: ה' envoie une aide à l'homme, comme il est écrit: 'Je lui ferai une aide' (Genèse 2,18).
Il y a en cela deux sortes. La première: l'homme prend une assistance selon son intelligence et calcule par sa connaissance comment s'aider lui-même, etc.
La seconde: ה' lui envoie une assistance sans sa connaissance, selon ce qui est rapporté (Berakhot 54a): 'Ils ont annulé Ta Torah, car il est temps d'agir pour ה'', etc. Celle-ci est plus grande et plus excellente que ce que l'homme prend de son propre savoir.
C'est pourquoi, lorsqu'un homme épousait une femme en Occident, on lui disait ainsi: 'As-tu trouvé ou trouves-tu?' 'Tu as trouvé', ainsi qu'il est dit: 'Qui a trouvé une femme a trouvé le bien et obtient la faveur de ה'' (Proverbes 18,22). 'Je trouve', comme il est écrit: 'Et je trouve la femme plus amère que la mort' (Ecclésiaste 7,26). La femme est toute assistance; le corps aussi est appelé femme par rapport à l'âme, comme il est rapporté dans le Zohar, Midrach HaNeelam, Hayyei (p.
124b), et dans les Tikounei HaZohar, tikoun 70 (p. 134a): 'Le cheval est noukva (féminin) pour son cavalier, qui est l'homme; s'il le mérite, il est dit de lui: Je lui ferai une aide face à lui.' Voir là-bas, tikoun 69 (p.
93b). C'est pourquoi la prière adressée à ה' est nécessaire:
רבי נתן אומר לעת מצוא זו תורה, שנאמר (משלי ח׳:ל״ה) כי מוצאי מצא חיים. תורה מרמז על מצוה פרטית המיוחדת לאדם בשרשו, שלכל אדם יש לו מצוה מיוחדת השייכת לו בשורש, וצריך לדקדק בה בכל החומרות וגדרים יותר מאדם אחר, ובזה יתוקן שרשו, וכענין שמצינו בש"ס (שבת קיח:) אבוך במאי זהיר טפי במצות ציציתידמקורו במי השלוח ח"א פרשת ואתחנן ד"ה ואהבת:
כי לכל נפש שייך מצוה מיוחדת שעל ידה יגיע לעוה"ב כפי המצוה וכפי אשר יקיימה וזה עיקר לכל נפש. ושם בפרשת תצא ד"ה כי יקרא:
מקום שהאדם יודע שהמצוה הזאת שייכת לו בשורשו אז מחויב למסור נפשו אף על מצוה קלה וכו'. כמו שמצינו בדניאל שמסר נפשו על תפלה ומרדכי שמסר נפשו שלא השתחוה להמן ור"ע שמסר נפשו על נטילת ידים, שלא עפ"י כללי הד"ת, כי הבינו שהמצוה הזאת היתה שייכת להם בשורשם, כי לכל אדם שייך מצוה מיוחדת בפרט.
ומבואר באריכות בבית יעקב ויקרא פרשת שמיני אות כג.. והענין בזה, שאם ידקדק אדם במצוה שאינה שייכת לשרשו ויחמיר בה יותר מדאי בבטחונו שעל ידה יתוקן שרשו, ע"ז נאמר (משלי כ״ג:ד׳) אל תיגע להעשיר וגו' כי עשה יעשה לו כנפים כנשר יעוף השמים.
והוא, שבעוה"ז הסתיר השי"ת עומק הכונה שגנוז במעשה המצות, שאם לא היה בהמצוה רק הכונה בלבד, א"כ למה צוה השי"ת לעשות המצוה בפועל, משמע מזה שאין לאדם ידיעה בד"ת הצפון והגנוז במעשה המצות בעוה"ז, וכדאיתא בש"ס (סוטה כא.) אמר רב יוסף מצוה בעידנא דעסיק בה מגנא ומצלא בעידנא דלא עסיק בה אגוני מגנא אצולי לא מצלא. והוא שבעידנא דלא עסיק בה אזי לא נשאר בגוף מקדושת המצוה, לפי שאין הגוף מבין שרשהטומבואר באריכות רבה בספרי רבוה"ק כל עניין כוונת ומעשה המצוות ונביא כאן גרגרים ממשנתם והמשכיל יקחהו משם.
עיין בעין התכלת דף תיט: ובידוע דצריך עובדא ורעותא ומלולא, וכמו שלא תספיק הכוונה למלאות מקום המעשה בכל עניני עולם הזה, כגון צרכי האדם בגופו אכילה ושתיה וכדומה, כן במצות מעשיות לא תספיק הכוונה וכו'.
אכן אמת עומק יקרת מעשה המצוה, היא גבוה מכל הכוונות, ואף להיחידים שידעו בטעמי המצות מכל מקום המעשה גבוה יותר מהכוונה, שאי אפשר להגיע עד עומק תכליתם, ורק בהמעשה נכללו כל הכוונות. ועיין בתפארת יוסף ראש השנה ד"ה בחודש השביעי [א]:
כי השי"ת הלביש את אורו בלבושי ומעשה המצות. והאדם הרוצה להשיג אורו של השי"ת ע"י שמקיים את רצונו ית' בפעולת ומעשה המצות, משיג אורו של השי"ת.
ובהכרח צריך לילך ע"י פעולות ומעשה המצות, ולא די בכוונה לבד. כי אילו היה די בהכוונה לבד, למה ציוה השי"ת לגמרי את המצות.
מזה משמע שבהכוונה לבד לא יכול האדם לבוא אל אורו של השי"ת, רק ע"י מצות מעשיות, ועל ידם משיג אורו של השי"ת. עיין עוד שם בהמשך המאמר.
ועיין היטב לקמן פ' מקץ אות ה ד"ה ולהבין עניין.. אבל מצוה ששייכת לאדם, בפרט אם ירבה בדקדוקיה ובהבנתה, יאיר לו השי"ת שיבין את המצוה באור תורה, שכל עיקר המצוה תהיה דברי תורהטזמקורו במי השלוח ח"א פרשת האזינו ד"ה כשעירים.
ועיין בתפארת יוסף פ' האזינו ד"ה כשעירים: אם האדם בא אל שורש המצוה השייכת לשורש נפשו, ומרחיב את הפתח ע"י זאת המצוה, יכול באמת אח"כ להתמשך אחר רצונו ית' בכל התרי"ג עטין., ויהיה לו הבנה בכוונתה, ויראה שהלבוש והפעולה מהמצוה הוא רק בעוה"ז.
וזה הוא שאנו מתפללין (בקדושא דסדרא) הוא יפתח לבנו בתורתו, בוא"ו, וזה מרמז על הד"ת ומצות ששייכים לכל אדם מיוחד בפרט לעיקר השורש שלויזמבואר בבית יעקב ויקרא פרשת בהר אות ד: מי שהשי"ת מזכהו לבא אל המצוה השייכת לפרט נפשו ונשמתו, כי לכל אחד מישראל יש מצוה מיוחדת השייכת לנפשו כדאיתא (שבת ק:) אבוך במאי זהיר טפי.
וכמו שאמר אאמו"ר זללה"ה על מה שאנו מתפללין בקדושה דסדרא וישם בלבנו אהבתו וכן יפתח לבנו בתורתו ולא סתם אהבה ויראה ותורה, רק שהאדם מתפלל שהשי"ת ישים בלבו האהבה והיראה השיכות לו, וכן מתפלל כי הש"י יפתח לבו בהתורה, היינו המצוות השייכים לפרט נפשו וכמו שנתבאר זה הרבה פעמים (ח"א ואתחנן ד"ה ואהבת) וכשזוכה האדם ובא אל המצוה השייכת לו אז המצוה עצמה הוא מלא דברי תורה ושוב אינו אצלו כמשא ואדרבא כי רואה אז שהמצוה נושא אותו וכמו שמצינו (סוטה ל.) אצל הארון שנשא נושאיו, עצמו לא כל שכן. ועיין עוד בית יעקב שמות פ' תצוה אות טו ד"ה וזהו ג"כ.
ועיין לקמן פ' ויחי אות עז שהביא בשם האריז"ל.:
Rabbi Nathan dit: 'Au temps de trouver' - c'est la Torah, ainsi qu'il est dit: 'Car celui qui me trouve trouve la vie' (Proverbes 8,35). La Torah fait allusion à une mitsva particulière qui est propre à l'homme dans sa racine.
Car chaque homme a une mitsva particulière qui lui appartient dans sa racine; il doit y être scrupuleux, dans toutes les rigueurs et les précautions, plus qu'un autre homme, et par elle sa racine sera réparée (tikoun). C'est dans ce sens que nous trouvons dans le Talmud (Chabbat 118b): 'Ton père, en quelle mitsva était-il particulièrement scrupuleux?' - dans la mitsva des franges rituelles (tsitsit).
Sa source est dans Mei HaShiloah, Ire partie, parachat Vaethanan, début de 'Et tu aimeras': à chaque âme appartient une mitsva particulière, par laquelle elle parviendra au monde à venir, selon cette mitsva et selon la manière dont elle l'accomplira; c'est l'essentiel pour chaque âme. Et là-bas, parachat Ki Tetse, début de 'Lorsque tu rencontreras': là où l'homme sait que cette mitsva lui appartient dans sa racine, il est tenu de livrer sa vie, même pour une mitsva légère, etc.
Ainsi nous trouvons Daniel, qui livra sa vie pour la prière; Mordekhai, qui livra sa vie pour ne pas se prosterner devant Haman; et Rabbi Akiva, qui livra sa vie pour l'ablution des mains - non selon les règles ordinaires de la loi de la Torah, car ils comprirent que cette mitsva leur appartenait dans leur racine. Car à chacun appartient en particulier une mitsva spéciale.
Cela est longuement expliqué dans Beth Yaakov sur Lévitique, parachat Shemini, paragraphe 23. Or, si un homme est scrupuleux dans une mitsva qui n'appartient pas à sa racine et y ajoute trop de rigueur, certain que c'est par elle que sa racine sera réparée, c'est à son sujet qu'il est dit: 'Ne te fatigue pas à t'enrichir... car assurant il se fera des ailes, comme l'aigle il s'envolera vers les cieux' (Proverbes 23,4-5).
En effet, dans ce monde, ה' à caché la profondeur de l'intention dissimulée dans l'acte des mitsvot. Car s'il n'y avait dans la mitsva que l'intention, pourquoi ה' aurait-Il ordonné d'accomplir concrètement la mitsva?
Il ressort de là que l'homme n'a pas connaissance, dans ce monde, de ce qui est caché et enfoui dans l'acte des mitsvot. Comme il est rapporté dans le Talmud (Sota 21a): Rav Yossef dit: 'Lorsqu'il s'occupe d'une mitsva, elle protège et sauve; lorsqu'il ne s'en occupe pas, elle protège, mais ne sauve pas.' C'est-à-dire que lorsqu'il ne s'en occupe pas, il ne demeure plus dans le corps de la sainteté de la mitsva, car le corps n'en comprend pas la racine.
Tout le sujet de l'intention et de l'acte des mitsvot est longuement exposé dans les livres de nos saints maîtres; nous n'apporterons ici que quelques grains de leur enseignement, et l'homme intelligent en tirera lui-même la suite. Voir Ein HaTekhelet, p.
419: 'Il est connu qu'il faut acte, volonté et parole. De même que l'intention ne suffit pas à tenir lieu d'acte dans les affaires de ce monde, par exemple pour les besoins corporels de l'homme, nourriture, boisson et semblables, de même l'intention ne suffit pas pour les mitsvot pratiques', etc.
Mais en vérité, la profondeur et le prix de l'acte de la mitsva sont plus élevés que toutes les intentions. Même pour les individus qui connaissent les raisons des mitsvot, l'acte est pourtant plus haut que l'intention, car il est impossible d'atteindre la profondeur de leur fin; seules dans l'acte sont comprises toutes les intentions.
Voir Tiferet Yossef, Roch HaChanah, début de 'Au septième mois' [a]: 'Car ה' a revêtu Sa lumière des vêtements et de l'acte des mitsvot. L'homme qui veut atteindre la lumière de ה', en accomplissant Sa volonté bénie dans l'action et l'acte des mitsvot, atteint Sa lumière.
Il est nécessaire de passer par les actions et les actes des mitsvot, et l'intention seule ne suffit pas. Car si l'intention seule suffisait, pourquoi ה' aurait-Il ordonné les mitsvot?
Il ressort de là que l'homme ne peut parvenir à la lumière de ה' par l'intention seule, mais seulement par les mitsvot pratiques, et par elles il atteint Sa lumière.' Voir encore là-bas, dans la suite de l'article. Voir attentivement plus loin, parachat Mikets, paragraphe 5, début de 'Et comprendre la question'.
Mais une mitsva qui appartient à l'homme, surtout s'il en multiplie les scrupules et la compréhension, ה' l'éclairera afin qu'il comprenne la mitsva dans la lumière de la Torah, de sorte que toute l'essence de la mitsva devienne paroles de Torah. Sa source est dans Mei HaShiloah, Ire partie, parachat Haazinou, début de 'Comme les averses'.
Voir Tiferet Yossef, parachat Haazinou, début de 'Comme les averses': 'Si l'homme parvient à la racine de la mitsva qui appartient à la racine de son âme, et élargit l'ouverture par cette mitsva, il peut ensuite, en vérité, être attiré après Sa volonté bénie dans les six cent treize conseils.' Il en aura alors la compréhension dans son intention et verra que le vêtement et l'action de la mitsva ne sont que dans ce monde. C'est ce que nous prions dans la Kedoucha deSidra: 'Qu'Il ouvre notre cœur dans Sa Torah', avec le vav; cela fait allusion aux paroles de Torah et aux mitsvot qui appartiennent à chaque homme, individuellement, selon l'essence de sa racine.
Cela est expliqué dans Beth Yaakov sur Lévitique, parachat Behar, paragraphe 4: celui que ה' rend digne de parvenir à la mitsva appartenant au détail de son âme et de sa nechama (âme), car chaque Israélite a une mitsva particulière qui appartient à son âme, comme il est rapporté (Chabbat 118b): 'Ton père, en quelle mitsva était-il particulièrement scrupuleux?' Mon père et maître, de bienheureuse mémoire, disait au sujet de ce que nous prions dans la Kedoucha deSidra: 'Et qu'Il place dans notre cœur Son amour, et qu'Il ouvre notre cœur dans Sa Torah'; il ne s'agit pas simplement d'amour, de crainte et de Torah, mais l'homme prie pour que ה' place dans son cœur l'amour et la crainte qui lui appartiennent, et il prie aussi que le Nom ouvre son cœur dans la Torah, c'est-à-dire dans les mitsvot qui appartiennent au détail de son âme, comme cela a été expliqué souvent (Ire partie, Vaethanan, début de 'Et tu aimeras'). Lorsque l'homme mérite et parvient à la mitsva qui lui appartient, la mitsva elle-même est remplie de paroles de Torah; elle n'est alors plus pour lui comme un fardeau.
Bien au contraire, il voit alors que la mitsva le porte, comme nous trouvons (Sota 35a) au sujet de l'arche: 'Elle portait ceux qui la portaient; à plus forte raison elle-même.' Voir encore Beth Yaakov sur Exode, parachat Tetsave, paragraphe 15, début de 'Et ceci aussi'. Voir plus loin, parachat Vayehi, paragraphe 77, où il le rapporte au nom du Ari zal (Rabbi Its'hak Louria, de bienheureuse mémoire):
רבי יוחנן אמר לעת מצוא זו קבורה. קבורה מורה על השלמת כל הבירורין, שעתה יראה תיקון על כל מה דעדו עליה, ולא יצטרך לברר את עצמו עוד, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קכח.) כד עאל אברהם במערתא בקדמיתא חמא תמן נהורא ואתרמי עפרא קמיה ואתגלי ליה תרין קברין אדהכי אסתלק אדם בדיוקניה וחמא לי לאברהם וחייך, וביה ידע אברהם דתמן הוא זמין לאתקברא וכו'.
היינו בזה שראה לאדה"ר הבין האיך הוא שורש חייו, כענין שדרשו במדרש רבה (תשא מ) איפה היית ביסדי ארץ איפה שלך האיך היתה באדם הראשון. והוא, שכל זמן שהאדם הוא עוד בהסתר אזי הוא מתנסה בכל הנסיונות, ורואה לפניו את כל הבירורים שבעולם, שהם נצרכים לנפשו ובחירתו, עד שמברר את עצמו בשלימות, ומוסר את כל הכוחות שלו להשי"ת, להמליך את השי"ת עליהם, עד שיכיר שאף כח הבחירה הוא מהשי"ת, וכל מה שניתן כח בחירה לאדם הוא רק בגבול תפיסתו והיקף השגתו עד שיגיע לשרשו, וכמ"ש במקומו.
וכשמכיר שרשו על ידי עבודה ומסירת נפש כנ"ל, מאיר לו השי"ת, ומדה במדה מאיר השי"ת לאדם זה, שאף בהתגלות עתיקא קדישא שאין שם מקום לפעולות אדם, כלל יתן לו השי"ת מקום גם אז, מאחר שבהסתר היה ממליך עליו את השי"תיחמבואר העניין בתפארת יוסף חג השבועות ד"ה ויסעו: באמת עם אלו ב' הנהגות מנהג השי"ת.
והיינו שאם אדם עובד עד מקום שידו מגעת, שזה מורה הנהגת זעיר אפין, אז מראה השי"ת אשר מקומם של ישראל הוא גם במקום הזה שלא התחיל עדיין סדר של עבודה, וזה מורה שמקומם של ישראל הוא בעתיקא, וכדאיתא (תנא דבי אליהו) שני דברים קדמו לבריאת העולם תורה וישראל, דרכן של בני אדם אומרים תורה קדמה ואני אומר ישראל קדמו, והיינו שאחר העבודה מראה השי"ת לישראל שעלו במחשבה קודם שהתחיל סדר של עבודה, נמצא שהשי"ת מתנהג עם שניהם וכו'. לישראל מראה השי"ת אחר העבודה, כדאיתא בזוה"ק (האזינו רפט:) ואתקשר דא בדא עד דישתמודע דכלא חד וכלא הוא עתיקא ולא אתפרש מניה וכו', והיינו שמראה השי"ת שמקומם של ישראל עם עבודתם נכללים הכל בעתיקא.
ועיין עוד בסוד ישרים פורים אות כ.:
Rabbi Yo'hanan dit: 'Au temps de trouver' - c'est l'ensevelissement. L'ensevelissement indique l'achèvement de tous les discernements: il verra alors le tikoun de tout ce par quoi il est passé et n'aura plus besoin de se discerner lui-même.
Comme il est rapporté dans le Zohar (Hayyei, p. 128a): 'Lorsque Abraham entra d'abord dans la caverne, il y vit une lumière; de la poussière se présenta devant lui, et deux tombes lui furent révélées.
Alors Adam se leva sous son aspect, vit Abraham et lui sourit; Abraham sut ainsi qu'il était destiné à être enseveli là-bas...', etc. C'est-à-dire qu'en voyant Adam le premier homme, il comprit quelle était la racine de sa vie, selon ce qu'ils ont interprété dans le Midrach Rabba (Ki Tissa 40): 'Où étais-tu lorsque Je fondais la terre?' - où était ton 'où', comment était-il en Adam le premier homme?
En effet, tant que l'homme demeure dans la dissimulation, il est éprouvé par toutes les épreuves et voit devant lui tous les discernements du monde qui sont nécessaires à son âme et à son choix, jusqu'à ce qu'il se discerne parfaitement et livre toutes ses forces à ה', afin de faire régner ה' sur elles, jusqu'à reconnaître que la force même du choix vient de ה'. Toute force de choix donnée à l'homme n'est que dans la limite de sa saisie et de l'étendue de son attainte, jusqu'à ce qu'il parvienne à sa racine, comme il est écrit en son lieu.
Lorsqu'il reconnaît sa racine par le service et le dévouement de soi susmentionnés, ה' l'éclaire. Mesure pour mesure, ה' éclaire alors cet homme en lui donnant aussi une place dans la révélation de l'Atika Kadisha, où il n'y a absolument aucune place pour les actes de l'homme, puisqu'il avait, dans la dissimulation, fait régner sur lui ה'.
Le sujet est expliqué dans Tiferet Yossef, fête de Chavouot, début de 'Et ils partirent': 'En vérité, la conduite de ה' comporte ces deux modes. Si l'homme œuvre jusqu'au point où sa main atteint, ce qui indique la conduite de Zeir Anpin, alors ה' montre que la place d'Israël est aussi dans ce lieu où l'ordre du travail n'a pas encore commencé.
Cela indique que la place d'Israël est dans l'Atika. Comme il est rapporté (Tana deBei Eliyahou): Deux choses ont précédé la création du monde, la Torah et Israël.
La voie des hommes est de dire que la Torah a précédé; moi, je dis qu'Israël a précédé. Après le service, ה' montre donc à Israël qu'ils sont montés dans la pensée avant que l'ordre du travail ait commencé.
Il se trouve que ה' Se conduit avec les deux...', etc. Après le service, ה' montre à Israël, comme il est rapporté dans le Zohar (Haazinou, p.
289a): 'Ceci est lié à cela, jusqu'à ce que l'on sache que tout est un et que tout est Atika, sans en être séparé...', etc. C'est-à-dire que ה' montre que la place d'Israël, avec son service, est tout entière comprise dans l'Atika.
Voir encore Sod Yesharim, Pourim, paragraphe 20.
Ce passage poursuit : à la ligature, la volonté profonde du Nom était qu'Avraham n'égorgeât pas Its'hak ; le Nom ne donna pas d'ordre explicite, pour qu'il se fortifiât. Le Beit Yaakov rapporte du Zohar un miroir qui n'éclaire pas : purifié de ce monde-ci, Avraham n'entend pas « fais-le monter en holocauste » selon l'amour naturel du père. Les paroles du Nom s'interprètent selon leur temps : jusqu'à « Ne porte pas la main sur le jeune homme », il devait égorger ; ensuite l'intention n'était que de le faire monter. Il atteint sa perfection : Sara meurt, aide seulement avant la clarification, et sa vie vient du monde du mâle, le mystère de l'Ancien saint, sans choix.
Aussi : l'angle du doute, joug de la royauté des Cieux, où le choix porte le nom du labeur ; Mamré, le refus des jouissances, opposé au travail ; Habacuc élevé du côté de la femelle
וכענין שמצינו באאע"ה בנסיון העקידה, שבאמת בעומק היה רצון השי"ת שלא ישחטנו, לזה לא היה לו מאמר מפורש שישחטנו, אכן השי"ת הניח מקום הסתר לאברהם אבינו שיתגדר על ידה, וזה הוא גודל הנסיון שנשתבח בו כ"כ, מפני ששפע הנבואה הזו באה לו באספקלריא דלא נהרא, כדאיתא בזוה"ק (וירא קכ.), לזה אם היה לו לאאע"ה איזה צד נגיעה כאהבת כל אב לבנו בטבע עוה"ז, היה ביכלתו ללמוד פירוש במאמר השי"ת, שלא כוון השי"ת שישחט את יצחק בנו, רק להעלותו בלבד. אכן מפני שהיה מבורר מכל עניני עוה"ז, לזה היה מסלק כל הנגיעות שהיו לו ליצחק מטבע עוה"ז שכל אב אוהב לבנו, ובאהבתו להשי"ת לא מנע את בנו אהובו ויחידו מלהעלותו עולה כליל לגבוה.
ובאמת הם דברי השי"ת חיים וקיימים להתפרש דבר בעתו, שעד אשר לא נאמר לו אל תשלח ידך אל הנער היה הפירוש מוהעלהו לעולה שישחטנו כדין עולה, אכן אחר שנאמר לו אל תשלח ידך אל הנער, אזי הבין שעומק כוונת השי"ת לא היה לשחטו רק להעלותו, לפי שהמאמר ניתן להתפרש לפי הזמן, אין זה דרך אספקלריא דנהרא, והשי"ת אמר כן במכוון שיהיה נחשב גודל נסיון אצל אאע"ה, ויתעלה על ידו, ובזה היה לו השלמה, שמעתה לא יצרך עוד לנסיונות ובירוריןיטעיין לעיל פרשת וירא אות נג ושם בהערות נתבאר היטב העניין.. לזה מתה שרה אחר זה הנסיון, מפני שאחר השלמת בירורי האדם אז אין חיים לנוקבא, שהיא ניתנה רק לסייעתא לאדם קודם שיתברר בשלימותככמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות א ובבית יעקב הכולל פרשה זו ד"ה ויהיו [א]..
והחיים שחי אברהם אבינו אחר השלמתו הוא מעלמא דדכורא, רזא דעתיקא קדישא, שאין שם מקום לבחירת אדם כלל, אכן אחר שבירר את עצמו בעוה"ז כפי כחו, ופעל ובחר בטוב והיה מואס ברע כרצונו ובבחירתו, לזה היה לו מקום אף ברזא דעתיקא קדישא. וזה הוא דכתיב (חיי) ואחרי כן קבר אברהם את שרה אשתו אל מערת שדה המכפלה על פני ממרא.
ממרא רומז לעבודות האדם, שמצמצם את עצמו וממרא ומסרב בהנאות עוה"זכאכמו שכתב במי השלוח ח"א פרשת וירא ד"ה וירא [א]: ממרא היינו לפי שסירב ומרה בכל עניני עוה"ז.
והוסיף שם פרשת וישב ד"ה וישב [ב]: הנה אברהם אבינו ע"ה היה שורשו מדות אהבה היינו שהיה מברר כל אהבות שבעולם שלא יאהב שום דבר עוה"ז זולת רצון הש"י.
ועיין עוד לעיל פ' וירא אות טו.. ועל פני מורה שבזה היה מנגד לעבודה, כי שם אין שום מקום לעבודה ובחירת אדם, והחיים שחי אח"ז היו רק מרצון הפשוט למעלה מעבודה.
וכדאיתא ג"כ בזוה"ק (לך צו.) אברהם סליק לעילא ונטיל רזא מה' עילאה, דאיהו עלמא דדכורא. וכדאיתא ג"כ בזוה"ק (בשלח מה.) שמי שבא מסטרא דנוקבא צריך להעלותו לדרגין עילאין יתיר, כענין חבקוק שהחיה אלישע הנביא:
Et ainsi que nous trouvons chez notre père Abraham, dans l'épreuve de la ligature: en vérité, dans sa profondeur, la volonté du Nom était qu'il ne l'égorge pas. C'est pourquoi il ne reçut pas un ordre explicite de l'égorger.
Mais le Nom laissa à Abraham notre père une place de dissimulation, afin qu'il se fortifie par elle; et telle est la grandeur de l'épreuve pour laquelle il fut tant loué. Car ce flux prophétique lui parvint par un miroir qui n'éclaire pas, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayera 120a).
Ainsi, s'il avait eu quelque intérêt personnel, tel que l'amour naturel de tout père pour son fils en ce monde-ci, il aurait pu interpréter la parole du Nom en disant que le Nom n'avait pas eu l'intention qu'il égorgeât son fils Its'hak, mais seulement qu'il le fit monter. Mais, parce qu'il était purifié de toutes les choses de ce monde-ci, il écarta tous les attachements qu'il avait pour Its'hak, issus de la nature de ce monde-ci, par laquelle tout père aime son fils; et, dans son amour pour le Nom, il ne retint pas son fils aimé, son unique, de le faire monter en holocauste entier vers le Haut.
En vérité, les paroles du Nom sont vivantes et durables, et s'interprètent selon leur temps: tant qu'il ne lui fut pas dit: 'Ne porte pas la main sur le jeune homme' (Genèse 22, 12), le sens de 'fais-le monter en holocauste' était qu'il devait l'égorger selon la loi de l'holocauste. Mais après qu'il lui fut dit: 'Ne porte pas la main sur le jeune homme', il comprit que la profondeur de l'intention du Nom n'était pas de l'égorger, mais seulement de le faire monter, car la parole est donnée pour être interprétée selon le temps.
Cela n'est pas la voie du miroir qui éclaire; le Nom l'avait dit délibérément afin que cela comptât comme une grande épreuve pour Abraham notre père et qu'il s'élevât par elle. Par cela, il atteignit sa perfection: désormais, il n'aurait plus besoin d'épreuves ni de clarifications [19].
C'est pourquoi Sara mourut après cette épreuve: après que les clarifications de l'homme sont achevées, il n'y a plus de vie pour la femelle, qui n'a été donnée que comme aide à l'homme avant qu'il soit entièrement clarifié [20]. Et la vie que notre père Abraham vécut après sa perfection provenait du monde du mâle, le mystère de l'Ancien saint, où il n'y a aucune place pour le choix de l'homme.
Mais après qu'il se fut clarifié en ce monde-ci selon sa force, qu'il eut agi et choisi le bien, et qu'il eut repoussé le mal par sa volonté et son choix, il eut aussi une place dans le mystère de l'Ancien saint. C'est ce qui est écrit: 'Après cela Abraham enterra Sara, sa femme, dans la grotte du champ de Makhpéla, en face de Mamre' (Genèse 23, 19).
Mamre fait allusion aux travaux de l'homme: il se restreint et se rebelle, refuse les jouissances de ce monde-ci [21]. Et 'en face de Moriah' (מורה) signifie que par cela il était opposé au travail, car là-bas il n'y a aucune place pour le travail ni pour le choix de l'homme; et la vie qu'il vécut ensuite ne procédait que de la volonté simple, au-delà du travail.
Ainsi qu'il est également rapporté dans le saint Zohar (Lekh Lekha 96a): 'Abraham monta en haut et reçut le mystère du Hé supérieur, qui est le monde du mâle.' Et il est aussi rapporté dans le saint Zohar (Beshallah 45a) que celui qui vient du côté de la femelle doit être élevé à des degrés plus hauts, comme Habacuc, que le prophète Élisée fit revivre. [19] Voir plus haut, paracha Vayera, section 53; l'affaire y est bien expliquée dans les notes.
[20] Comme exposé plus haut dans cette paracha, section 1, et dans Beit Yaakov ha-Kolel sur cette paracha, commencement 'Et furent' [1]. [21] Comme l'écrit Mei ha-Shiloah, I, paracha Vayera, commencement 'Vayera' [1]: 'Mamre, c'est parce qu'il refusa et se rebella dans toutes les choses de ce monde-ci.' Il ajoute la-bas, paracha Vayeshev, commencement 'Vayeshev' [2]: 'Notre père Abraham, de mémoire bénie, avait pour racine l'attribut de l'amour; il clarifiait tous les amours du monde afin de n'aimer aucune chose de ce monde-ci, sauf la volonté du Nom.' Voir aussi plus haut, paracha Vayera, section 15.
ולזה השלימות בא אאע"ה אחר זה הנסיון מעקידת יצאע"ה, שהאמין בהשי"ת, אף שהמאמר בא לו באספקלריא דלא נהרא, כדאיתא בזוה"ק וירא (דף קכ.) מרחוק חמי ליה גו אספקלריא דלא נהרא, עכ"ז סילק כל נגיעותיו מצדו. והוא כענין דאיתא בזוה"ק (במדבר קכ.) רבי אלעזר שאיל לרבי שמעון אבוי אמר ליה סימנא דזווגא דיחודא מנין וכו' סימנא דא נקוט בידך והכי הוא כעין סחרא דמדבחא דתנן ובא לו לקרן דרומית מזרחית מזרחית צפונית וכו' אמר ליה והא לא יכיל עד דמקבל עליה בר נש עול מלכותא קדישא בקדמיתא ויהיב עליה עול דא, ואת אמרת דייתי לדרום בקדמיתא.
אמר ליה כלא הא אמינא לך, דהא ובא לו לקרן אמינא בקדמיתא, והא ידעת רזא דקרן ודא הוא עול מלכותא קדישא. הענין בזה הוא, דהנה קבלת עול מלכות שמים הוא רק דרך השם אדנ"י, שהוא לבוש לאדנות השי"ת בעוה"ז, ויסודו הוא במקום הסתרת האור, כדאיתא בש"ס (ב"ב כה.) שכינה במערב וגם היא ברוח צפונית, כי רוח דרומית הוא יסוד הרחמים ממדת החסד (ועיין בפירוש האר"י ז"ל על זה המאמר מזוה"ק).
וזה הוא ששאל רבי אלעזר לרבי שמעון והא לא יכיל עד דמקבל עליה ב"נ עול מלכותא קדישא בקדמיתא ואת אמרת דייתי לדרום בקדמיתא ודרום הוא ממדת החסד. והשיב לו רבי שמעון ובא לו לקרן אמינא בקדמיתא, והא ידעת רזא דקרן, ודא הוא עול מלכותא קדישא.
והוא שעיקר קבלת עול מלכות שמים ועבודת האדם הוא בשעה שהוא בהסתר וספק, ואינו יודע איך לפנות, ועל זה מרמז קרן שהוא סוף הצטרפות שתי מדות, וזה גורם הסתרה וספק בעולם. כי השתי מדות נראים כהפכיים זה מזה, ואז צריך האדם לעבוד את השי"ת בהתבוננות מי ברא אלה שמזה שנראים המדות הפכיים, משמע מזה שיש גבוה עליהם ששם המדות מתאחדים בלי שום התנגדות ביניהם, וע"ז מרמזים הקרנות, כי הקרן אינו תופס מקום בפני עצמו רק מהצטרפות שני דפנות בסופם נעשה תמונת קרן, אבל אם יתפרדו הדפנות אזי אין שום מקום להכיר שנמצא איזה קרן, וממילא תמונת הקרן מחייב שיש אחד שגבוה מכל המדות והוא מאחד אותם ומלך עליהם, שבעומק מרמז הקרן למלכות שמים דלית לה מגרמה כלום, רק מהתכללות המדות וסדר עמידתן נבנה מהם מדת מלכות שמים, אבל למעלה מזה אין שם לא עורף ולא עיפוי (חגיגה טו.) ואין שום מקום לבחירת אדם כלל.
וכמו שמצינו כתוב בצבא מעלה (יחזקאל א׳:י״ב) אל אשר יהיה שמה הרוח ללכת ילכו. אכן בעלמא הדין עולם הספקי, אם יבא אדם לקרן שיסתפק אם לפנות לכאן לרוח זה או לרוח אחרת, שם ניתן רשות וכח בחירה לאדם, ואם יבחר בטוב וימאס ברע אזי יקרא על שם יגיע כפיו של האדם, שאוכל מיגיעוכבאיתא בסוד ישרים שבת חול המועד סוכות אות כ:
היינו, כי קרן זוית אין לה מצד עצמה שום תמונה, וכל הגוון מתמונת הקרן, נתהווה רק מפאת התקרבות שני צדדים נגדיים בלתי שטחיים, כגון דרומית מזרחית וכדומה. וזהו, והא ידעת רזא דקרן ודא הוא עול מלכותא קדישא.
היינו, שהתחברות שני קצוות נגדיים, רומז לאדם הכרה שיש אחד למעלה המשולל מכל המדות, שאצלו נתאחדו כל ההפכים וכו'. וזאת ההכרה הוא קבלת עול מלכות שמים.
לעיל פ' בראשית אות ב ד"ה וכן, פ' וירא אות נו, לקמן פרשה זו אות יב, פ' ויצא אות סה, פ' ויחי אות נד, בית יעקב שמות פ' בא אות מ, פ' תצוה אות ח.. ואחר שיעבוד האדם כל צרכו כפי כחו ויבא על שלימותו, אז לא יצרך לעבודה עוד, רק כל התפשטותו יהיה מלא טובהכגכדאיתא בכמה מקומות במי השלוח עיין ח"א פ' נח ד"ה אלה בסופו:
כשאדם נשלם אז מותר להתפשט, כי אז הכל רצון ה'. ועיין שם פ' מצורע ד"ה ושלח:
ואחרי השגות ישועות הש"י שנתרפא בשורשו, אין צריך עוד לצמצם עצמו כ"כ ומותר להתפשט. וכן מבואר במגילת רות (ב) ד"ה עיניך:
בזמן הקצירה היינו שלבו של אדם מזוכך ואינו חומד רק לדבר שהוא רצון ה' זה מותר להתפשט ברצונו. ועוד שם ח"א משלי (כד) ד"ה הכן בחוץ:
אחר שתגדור עצמך בחוזק ובתקופות תהיה מוגדר מכל צד ותהיה מותר להתפשט עצמך בכל חפצך ולא תצטרך לשום גדר.. לזה אחר שבא אאע"ה על שלימותו ולא היה צריך עוד לעבודה, אז מתה שרה, שרומז על הסייעתות שהשי"ת נתן לאדם בעוה"ז, כי אחר ההשלמה אין צורך לסייעתא מאחר שמבורר כולו לטובכדכמבואר לקמן אות יד.:
C'est pourquoi notre père Abraham atteignit la perfection après cette épreuve de la ligature d'Its'hak notre père: il eut foi dans le Nom, bien que la parole lui parvînt par un miroir qui n'éclaire pas, comme il est rapporté dans le saint Zohar, Vayera (120a): 'Il le voyait de loin dans un miroir qui n'éclaire pas'; malgré cela, il écarta tous ses intérêts personnels. Cela est semblable à ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Bamidbar 120a): Rabbi Elazar demanda à Rabbi Shimon, son père: 'D'où connaît-on le signe de l'accouplement de l'union?' etc. 'Garde ce signe en main: il en est ainsi, comme le tour de l'autel, dont nous avons étudié: il venait à l'angle sud-est, est-nord, etc.' Il lui dit: 'Mais un homme ne le peut-il pas avant d'avoir d'abord accepté sur lui le joug de la royauté sainte et pris ce joug sur lui, tandis que tu dis qu'il doit venir d'abord au sud?' Il lui dit: 'Tout cela, je te le dis; mais c'est d'abord il venait à l'angle que je dis, et tu connais le mystère de l'angle: c'est le joug de la royauté sainte.' Le sens est le suivant.
L'acceptation du joug de la royauté des Cieux ne passe que par le Nom Adona-i, qui est un vêtement de la seigneurie du Nom en ce monde-ci; son fondement est dans le lieu de la dissimulation de la lumière. Comme il est dit dans le Talmud (Bava Batra 25a), la Présence divine est à l'ouest et aussi au nord; car le sud est le fondement de la miséricorde, issu de l'attribut de bonté (voir l'explication du Ari, de mémoire bénie, sur ce passage du saint Zohar).
C'est ce que Rabbi Elazar demanda à Rabbi Shimon: 'Mais un homme ne le peut-il pas avant d'avoir d'abord accepté sur lui le joug de la royauté sainte, tandis que tu dis qu'il doit venir d'abord au sud?', et le sud appartient à l'attribut de bonté. Rabbi Shimon lui répondit: 'C'est d'abord il venait à l'angle que je dis, et tu connais le mystère de l'angle: c'est le joug de la royauté sainte.' Car l'essentiel de l'acceptation du joug de la royauté des Cieux et du travail de l'homme est lorsqu'il se trouve dans la dissimulation et le doute, et ne sait vers où se tourner.
À cela fait allusion l'angle, qui est l'extrémité de l'assemblage de deux attributs; cela cause dans le monde dissimulation et doute. Car les deux attributs paraissent opposés l'un à l'autre.
L'homme doit alors servir le Nom en contemplant: 'Qui a créé ceux-ci?' Du fait que les attributs paraissent opposés, il ressort qu'il y a au-dessus d'eux un Plus-Haut où les attributs sont unis sans aucune opposition entre eux. Les angles y font allusion: l'angle n'occupe pas un lieu en lui-même; ce n'est que de l'assemblage de deux parois, à leur extrémité, que se forme la figure d'un angle.
Mais si les parois étaient séparées, il n'y aurait aucun moyen de reconnaître l'existence d'un angle. Il s'ensuit que la figure de l'angle implique qu'il y a un Un qui est au-dessus de tous les attributs, les unit et règne sur eux.
Dans sa profondeur, l'angle fait allusion à la royauté des Cieux, qui n'a rien par elle-même, mais c'est de l'inclusion mutuelle des attributs et de l'ordre de leur station que se construit l'attribut de la royauté des Cieux. Mais au-dessus de cela, il n'y a ni nuque ni lassitude (Haguiga 15a), et aucune place n'est donnée au choix de l'homme.
Ainsi trouvons-nous écrit au sujet de l'armée céleste: 'Où l'esprit devait aller, ils allaient' (Ezechiel 1, 12). Mais dans ce monde-ci, monde du doute, si l'homme arrive à l'angle et doute s'il doit se tourner ici, vers cette direction, ou vers une autre direction, alors pouvoir et force de choix lui sont donnés.
S'il choisit le bien et repousse le mal, cela portera le nom du labeur de ses mains, et il mangera du fruit de son labeur [22]. Et après que l'homme a accompli tout le travail requis selon sa force et est parvenu à sa perfection, il n'a plus besoin de travail: toute son expansion sera alors pleine de bien [23].
C'est pourquoi, après que notre père Abraham fut parvenu à sa perfection et n'eut plus besoin de travail, Sara mourut; elle fait allusion aux aides que le Nom a données à l'homme en ce monde-ci, car après la perfection il n'y a plus besoin d'aide, puisqu'il est entièrement clarifié pour le bien [24]. [22] Comme il est rapporté dans Sod Yesharim, Chabbat de Hol ha-Moed Soukkot, section 20: 'Un angle n'a, de son propre côté, aucune figure; tout son aspect provient seulement du rapprochement de deux côtés opposés et non plans, tels que sud-est et semblables.
Tel est le sens de: Tu connais le mystère de l'angle: c'est le joug de la royauté sainte. L'union de deux extrémités opposées indique à l'homme la reconnaissance qu'il y a un Un au-dessus, dépouillé de tous les attributs, chez qui tous les contraires sont unis, etc.
Cette reconnaissance est l'acceptation du joug de la royauté des Cieux.' Voir plus haut, paracha Bereshit, section 2, commencement 'Et ainsi'; paracha Vayera, section 56; plus loin dans cette paracha, section 12; paracha Vayetse, section 65; paracha Vayehi, section 54; Beit Yaakov, Chemot, paracha Bo, section 40; paracha Tetsaveh, section 8. [23] Comme il est rapporté en plusieurs endroits dans Mei ha-Shiloah.
Voir I, paracha Noach, à la fin du commencement 'Eleh': 'Lorsque l'homme est achevé, il lui est permis de s'étendre, car alors tout est volonté du Nom.' Voir là-bas, paracha Metsora, commencement 'Ve-shilah': 'Après avoir atteint les délivrances du Nom, quand il est guéri dans sa racine, il n'a plus besoin de se restreindre autant et il lui est permis de s'étendre.' Ainsi est-il expliqué dans Meguilat Ruth (2), commencement 'Einekha': 'Au temps de la moisson, c'est-à-dire lorsque le cœur de l'homme est purifié et ne désire que ce qui est la volonté du Nom, il lui est permis de s'étendre dans sa volonté.' Et encore là-bas, I, Proverbes (24), commencement 'Haken ba-houts': 'Après t'être clôturé avec force et vigueur, tu seras délimité de tout côté, et il te sera permis de t'étendre dans tous tes désirs sans avoir besoin d'aucune clôture.' [24] Comme il est expliqué plus loin, section 14.
« Et les années de la vie de Sarah. » « À cela tout homme pieux Te priera, au temps de trouver » (Tehilim) : le Talmud y voit une femme, la Torah, la circoncision, l'ensevelissement, choses au-dessus de la saisie, que le libre choix ne clarifie pas. Le Beit Yaakov dit qu'il n'y faut que la prière, afin que le Saint béni soit-Il clarifie selon les fondements et la racine. En ce monde-ci, où règne l'arbre du doute, l'homme se clarifie par les bonnes actions et ne s'introduit pas de son chef dans les doutes. Pour la Torah comme pour une compagne, le bien se reçoit selon la force des kelim (réceptacles), par degrés et dans la crainte.
Aussi : le Sanhédrin qui examine ses fondements avant de juger ; Core et les premières Tables, trop de lumière ; « elle est ma sœur, fille de mon père mais non fille de ma mère ».
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצוא רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו (תהלים צב).
הענין בזה, כדאיתא בש"ס (ברכות ח.) לעת מצוא זו אשה וכו' לעת מצוא זו תורה וכו' לעת מצוא זו מילה וכו' לעת מצוא זו קבורה וכו'כהעיין מי השלוח ח"א פרשת חיי ד"ה ויהיו [א].. לעת מצוא מורה על הענינים הבאים לפני האדם והם למעלה מתפיסתו ושכלו, שאין בכח דעתו להגיע שמה לברר את עצמו בבחירתו, על זה צריך האדם רק תפלה, שיתפלל להשי"ת, רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו, שלא ישטפו ויכבו את בהירות האור שלו.
ולזה צריך אף החסיד שבחסידים שמפלס תמיד מעגלותיו וכל פעולותיו הם לכבוד שמים. אכן בעת שנכנס לספיקות שאין כח דעתו ושכלו מגיע שמה לברר את עצמו, שם צריך לתפלה שהשי"ת יברר אותו שם.
ובענינים האלה יש לכל אדם מיחושים האם יחפוץ השי"ת לברר אותו, מאחר שלא נמסר ביד שום בריה זה הכח רק ביד השי"ת, וזה הבירור תלוי ביסודי האדם ושרשו, אם טובים הם יברר אותו השי"ת שכל פעולותיו מבוררים לטוב. אבל מי שהיסודות שלו לא טובים, זה לא יתבררכונתבאר בתפארת יוסף שמחת תורה ד"ה רוכב שמים:
וכן גם מצינו שאחר כל הטהרות והקדושות שאדם מקדש עצמו, ואם השי"ת לא יחתום עליהם לא נחשב לכלום, כמו שכתיב (איוב ט״ו:ט״ו) ושמים לא זכו בעיניו. וכן ביאר שם פרשת פקודי ד"ה אלה [א]:
כי עיקר עבודת אדם הוא להכיר בכל עבודותיו מה הוא אצל בוראו, היינו איך עבודותיו יש להם מקום אצל השי"ת. כי בכל העבודות אם ח"ו לא יחתום השי"ת עליהם שהוא מעומק הלב, אינם נחשבים לכלום..
והוא כענין דאיתא בזוה"ק (פנחס ריג.) לב"נ דבני בנין שפירין וכו' מסטרא דההוא בנינא דיליה אשתכח טב ושפיר. מסטרא דיסודא ביש ועקים וכו'.
וע"ז בכה רבי יוחנן בן זכאי ואמר, ולא עוד אלא שאיני יודע באיזה דרך מוליכין אותי, כדאיתא בש"ס (ברכות כח.)כזכמבואר לעיל פרשה זו אות ג ובהערה י שם.. ואף שידע שעד היכן שהיה בכח שכלו ודעתו ובחירתו לברר היה מברר ועסק בתורה ועבודה, עכ"ז דאג ובכה מפני שלא ידע מה הם היסודות והשורש שלו, והם הלב והכליות, אם טובים המהכחגם זה נתבאר לעיל פרשה זו אות ב, ג..
שיש לפעמים שאדם כועס על איזה דבר, ונראה לו שמותר לו לכעוס, מ"מ צריך לחוש אולי בהיסודות שלו ומעמקי הלב לא כוון לשמים. וזה הוא הענין שנצטוו הסנהדרין להיות מתונים בדין ולהלין את הדין, שבזה הזמן יבררו ויסתכלו ביסודות שלהם, אם הם מלאים אהבה ונדיבות לנפש הנידון להצילו בכל מאודם אם יוכלון ואין להם נגיעה מצדם כלל.
כי באמת יברר השי"ת לעתיד כל נפשות ישראל, ואף מי שהיה עובד עבודה זרה לבלתי ידח ממנו שום נדח מישראל, וכדכתיב (ישעיהו כ״ז:י״ג) ובאו האובדים בארץ אשור והנדחים בארץ מצרים וגו'כטכמבואר במי השלוח ח"א פרשת בראשית ד"ה ויצו, ח"ב פרשת תשא ד"ה ויפן וירד: נראה שבא לשבח בזה את ישראל שחטאם אין פוגם בשורש חייהם, רק מהשפה ולחוץ וזה הוא נקרא מבפנים, שבעומק יש בישראל שורש החיים אף במקום שנתראה על הגוון לחטא.
עיין שם בהמשך המאמר שמבאר העניין בהרחבה.. אכן עתה בעוה"ז שאילנא דספיקא שולט בה, צריך האדם לברר את עצמו בכל כחו, ולא יכניס את עצמו מצדו בספיקות על בטחונו שהשי"ת יברר אותו לעתיד.
ועל זה היסוד דנין הסנהדרין בעוה"ז ארבע מיתות לעובר עבירה, שיקבל ענשו בעוה"ז ולהביאו לחיי עוה"ב, שמבררין נפש הנידון, שרק בלבוש עוה"ז חטא, אבל בצאתו מלבוש עוה"ז הוא נקי מחטא, שכן הרוגי ב"ד יש להם חלק לעוה"ב, כדאיתא בש"ס (סנהדרין מז:). ובזה שהמיתוהו עשו לו טובה גדולה שלא יצרך להבירורים הגדולים, שלא יתבררו רק לעתיד ביום הדין הגדול, כי להגיע לתכלית הבירור שיהיה אז צריך להתברר בירורים גדולים ועצומים מאד עד אז.
אכן מאחר שסוף כל סוף הוא שהשם יתברך יברר לעתיד את כל פרט נפש ישראל שיסודו היה טוב ולא חטא מעולם, לכן צריכין הסנהדרין להביט ולהסתכל ביסודות שלהם ולבררן שהם טובים, וכוונתם רצויה ואמיתית באהבה ונדבה לאדם הנידון להביאו לחיי עוה"ב. ובמה מתבררין היסודות בעוה"ז, ע"י פעולות טובות, שזה הוא כל הקדושה שאדם קונה בעוה"ז על ידן:
"Et les années de la vie de Sarah furent cent ans, vingt ans et sept ans, les années de la vie de Sarah." "À cela tout homme pieux Te priera, au temps de trouver; seules les grandes eaux du flot ne l'atteindront point" (Psaumes 92). La chose est la suivante: il est dit dans le Talmud (Berakhot 8a): "le temps de trouver, c'est une femme", etc.; "le temps de trouver, c'est la Torah", etc.; "le temps de trouver, c'est la circoncision", etc.; "le temps de trouver, c'est l'ensevelissement", etc.
(voir Mei HaShiloah, vol. I, paracha Hayye Sarah, début de "Et les années" [a]).
Le "temps de trouver" désigne les choses qui surviennent devant l'homme et sont au-dessus de sa saisie et de son intelligence; sa connaissance ne peut y atteindre pour se clarifier par son libre choix. Pour cela, l'homme n'a besoin que de la prière: qu'il prie le Saint béni soit-Il: "seules les grandes eaux du flot ne l'atteindront point", afin qu'elles ne submergent pas et n'éteignent pas la clarté de sa lumière.
Même le plus pieux des pieux en a besoin, lui qui aplanit toujours ses sentiers et dont tous les actes sont pour la gloire du Ciel. Mais lorsqu'il entre dans des doutes, où la force de sa connaissance et de son intelligence ne parvient pas à se clarifier, il a alors besoin de la prière, afin que le Saint béni soit-Il le clarifie là-bas.
Dans ces choses, chacun éprouve des scrupules: le Saint béni soit-Il désire-t-Il le clarifier? Car cette force n'a été remise à aucune créature, mais seulement entre les mains du Saint béni soit-Il.
Cette clarification dépend des fondements de l'homme et de sa racine: s'ils sont bons, le Saint béni soit-Il le clarifiera, et tous ses actes seront clarifiés pour le bien. Mais celui dont les fondements ne sont pas bons ne sera pas clarifié (comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, Simhat Torah, début de "Celui qui chevauche les cieux": de même, nous trouvons qu'après toutes les purifications et les saintetés par lesquelles l'homme se sanctifie, si le Saint béni soit-Il ne les scelle pas, elles ne comptent pour rien, ainsi qu'il est écrit: "Les cieux ne sont pas purs à Ses yeux" (Job 15,15).
Il explique aussi, paracha Pekoudei, début de "Voici" [a]: l'essentiel du service de l'homme est de reconnaître, dans tous ses services, ce qu'il est devant son Créateur, c'est-à-dire comment ses services ont place chez le Saint béni soit-Il. Car dans tous les services, si, à Dieu ne plaise, le Saint béni soit-Il ne les scelle pas comme venant de la profondeur du cœur, ils ne comptent pour rien).
Cela rejoint ce qui est dit dans le saint Zohar (Pinhas 213a): "Pour l'homme qui engendre de beaux enfants... du côté de cette construction qui est la sienne, il se trouve bon et beau; du côté d'un fondement mauvais et tordu..." À ce sujet Rabbi Yo'hanan ben Zakkai pleura et dit: "Bien plus, je ne sais pas par quelle voie on me conduit", comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 28b; expliqué plus haut dans cette paracha, paragraphe 3 et note 10). Bien qu'il sachât que, jusqu'à la limite où son intelligence, sa connaissance et son libre choix pouvaient clarifier, il clarifiait, s'occupait de Torah et de service, il se souciait et pleurait néanmoins, parce qu'il ne savait pas quels étaient ses fondements et sa racine, à savoir le cœur et les reins, et s'ils étaient bons (cela aussi est expliqué plus haut dans cette paracha, paragraphes 2 et 3).
Il arrive en effet qu'un homme se mette en colère pour une chose et qu'il lui paraisse permis de se mettre en colère; il doit pourtant craindre qu'au fond de ses fondements et dans les profondeurs de son cœur, il n'ait pas visé le Ciel. C'est le sens de l'ordre donné au Sanhédrin d'être modérés dans le jugement et de laisser le jugement passer la nuit: durant ce temps, ils clarifieront et examineront leurs fondements, pour voir s'ils sont remplis d'amour et de générosité envers l'âme de l'accusé, afin de le sauver de toutes leurs forces s'ils le peuvent, et s'ils n'ont absolument aucun intérêt personnel.
Car, en vérité, le Saint béni soit-Il clarifiera à l'avenir toutes les âmes d'Israël, même celui qui avait pratiqué l'idolâtrie, afin qu'aucun repoussé d'Israël ne soit repoussé; ainsi qu'il est écrit: "Ce jour-là, viendront ceux qui étaient perdus au pays d'Assyrie et ceux qui étaient repoussés au pays d'Égypte..." (Isaie 27,13; expliqué dans Mei HaShiloah, vol. I, paracha Bereshit, début de "Et Il ordonna", et vol.
II, paracha Ki Tissa, début de "Et Il se tourna et descendit": cela vient louer Israël, dont la faute n'endommage pas la racine de sa vie, mais seulement l'extérieur; c'est ce qui est appelé l'intérieur: dans la profondeur, Israël possède une racine de vie, même là où l'apparence révèle une faute. Voir la suite de l'enseignement, où la chose est expliquée longuement).
Mais maintenant, en ce monde-ci, où règne l'arbre du doute, l'homme doit se clarifier de toute sa force et ne pas s'introduire, de son propre chef, dans les doutes en se fiant au fait que le Saint béni soit-Il le clarifiera à l'avenir. C'est sur ce fondement que le Sanhédrin juge en ce monde-ci les quatre peines de mort pour celui qui transgresse, afin qu'il reçoive sa peine en ce monde-ci et soit amené à la vie du monde à venir.
Il clarifie l'âme de l'accusé: il n'a fauté que dans le vêtement de ce monde-ci, mais lorsqu'il sort de ce vêtement de ce monde-ci, il est pur de faute. Car les exécutés par le tribunal rabbinique ont une part au monde à venir, comme il est dit dans le Talmud (Sanhédrin 47b).
En le faisant mourir, ils lui font ainsi un très grand bien, afin qu'il n'ait pas besoin des grandes clarifications qui ne seront faites qu'à l'avenir, au jour du grand jugement. Car pour parvenir à la finalité de la clarification qui sera alors, il faut, jusque-là, être clarifié par des clarifications très grandes et très puissantes.
Mais puisque, en fin de compte, le Saint béni soit-Il clarifiera à l'avenir toute part d'une âme d'Israël dont le fondement était bon et qui n'avait jamais fauté, les membres du Sanhédrin doivent examiner et regarder leurs propres fondements, et les clarifier comme bons, afin que leur intention soit agréable et véritable, par amour et générosité pour l'homme jugé, pour l'amener à la vie du monde à venir. Et comment les fondements sont-ils clarifiés en ce monde-ci?
Par les bonnes actions; telle est toute la sainteté que l'homme acquiert par elles en ce monde-ci:
לעת מצוא זו תורה. היינו כדאיתא בזוה"ק (מצורע נג:) מאי תורה דאורי וגלי מה דהוי סתים בקדמיתא.
וע"ז יתפלל האדם שלא יאיר לו השי"ת תקיפות גדול בד"ת יותר מדאי מכפי שיוכל שאת בכלי הקיבול שלו, שעי"ז יסיר מדת היראה ממול פניולכמו שביאר בתפארת יוסף פרשת נצבים ד"ה כי המצוה [א]: כן הציב השי"ת בעוה"ז שהכלי הוא של האדם וזה נקרא יראת שמים, ומה הוא הכלי של האדם, העיקר הוא דמאיך גרמהי למשרא עליה גאותא דקוב"ה וכו'.
והיינו שהאדם עומד בתפלה לפני השי"ת אז משפיע לו השי"ת הד"ת. ובאמת הד"ת שמשפיע השי"ת הם כמה עלאין וכמה יקירין, כמו דאיתא בזוה"ק (שם), אך הכלי שמציב האדם זה הוא בידו של אדם.
וזה, כי קרוב אליך הדבר מאד בפיך ובלבבך לעשותו, היינו כשהאדם מאיך גרמיה למישרא עליה גאותא דקוב"ה וזה הוא הכלי של אדם, אז משפיע לו השי"ת הד"ת מכמה עלאין. ועיין עוד במי השלוח ח"ב פ' ויקרא ד"ה וכל עיי"ש..
כמו שמצינו אצל קרח שפקח היה, והראה לו השי"ת שלשלת גדולה העתידה לצאת ממנו, ולא עצר כח לקבל הטובה ולהיות בישוב הדעת, ורצה לצאת חוץ לגדרו שעי"ז נאבד מן העולםלאכפי שביאר בזה במי השלוח ח"א פרשת קרח ד"ה ויקח קרח [א], [ב] עיי"ש העניין.. וכן בלוחות הראשונות שהשי"ת הראה לישראל חיבה יתירה (כאשר בארנו ההפרש שבין לוחות הראשונות לאחרונות במקומם) וכענין דאיתא בזוה"ק (ואתחנן רסא.) שבשניות נתוספו ואוי"ן, שזה מורה שלא היה בהתגלות כ"כ, ועי"ז נתנשא לבן של ישראל אחר לוחות הראשונות לצאת חוץ לגדר ועשו את העגל (וכמו שנתבאר בפ' תשא)לבנתבאר בבית יעקב שמות פרשת תשא אות מב:
עניין העדי, שהיה להם תקופות ובטוחות גדול, שהשם המפורש היה חקוק עליו, שהיה להם מן הלוחות הראשונות, שנתגלה להם הש"י פנים בפנים וכו'. שהיה להם תקופות מהר חורב, שלא יגיע ולא ישלוט בהם שום רעה, אף אם לא ייטיבו דרכם וכו'.
שקבלו בהר סיני כוחות גדולים, עד שהיו יכולים לברוא עולמות. וכאשר ראו מה שנצמח מזה {חטא העגל} נתישבו בלבם, למה לנו התקופות, מאחר שיכולנו לעבור על רצונו ית' ולקלקל מעשינו, ולא היה דעתם נוחה מהכוחות הגדולים שהיה להם מסיני וכו'.
עיי"ש כל העניין. ועניין הואוי"ן שנתוספו בלוחות האחרונים נתבאר לעיל פרשת בראשית אות ס ד"ה והלוחות ובהערה קעד שם..
וזהו דאיתא בלקוטי תורה להאר"י הק' (פרשת תשא ד"ה הלוחות) שהלוחות הראשונות הם מיסוד אמא, שזה מורה על אהבה יתירה שנקרא תורת אמך, לכן נשברו. והלוחות השניות היו מאור אבא, היינו מרזא דיראה בהדרגה ונייחא ודרך ארץ, שנקרא מוסר אביך, שמגודל האהבה הפנימית יש סביבה לבוש יראה לכן נתקיימו:
"Le temps de trouver", c'est la Torah. C'est ce qui est dit dans le saint Zohar (Metsora 53b): "Qu'est-ce que la Torah?
Celle qui éclaire et révèle ce qui était caché auparavant." À ce sujet, l'homme priera pour que le Saint béni soit-Il ne lui fasse pas briller une puissance trop grande dans les paroles de Torah, au-delà de ce que les kelim (réceptacles) qui reçoivent en lui peuvent porter; car, par cela, il éloignerait de devant lui la mesure de crainte (comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Nitsavim, début de "Car ce commandement" [a]: ainsi le Saint béni soit-Il a établi dans ce monde-ci que le keli est à l'homme, et cela est appelé crainte du Ciel. Quel est le keli de l'homme?
L'essentiel est "qu'il s'abaisse pour que la grandeur du Saint béni soit-Il repose sur lui", etc. C'est-à-dire: lorsque l'homme se tient en prière devant le Saint béni soit-Il, Celui-ci lui dispense les paroles de Torah.
En vérité, les paroles de Torah que dispense le Saint béni soit-Il sont combien élevées et combien précieuses, comme il est dit dans le Zohar cité; mais le keli que l'homme établit est entre les mains de l'homme. Tel est: "Car la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour la faire"; lorsque l'homme "s'abaisse pour que la grandeur du Saint béni soit-Il repose sur lui", ce qui est le keli de l'homme, le Saint béni soit-Il lui dispense alors les paroles de Torah depuis combien de hauteurs.
Voir encore Mei HaShiloah, vol. II, paracha Vayikra, début de "Et tout").
Nous trouvons cela chez Core, qui était avisé: le Saint béni soit-Il lui montra une grande lignée destinée à sortir de lui, mais il ne fut pas assez fort pour recevoir ce bien et demeurer posé dans son esprit. Il voulut sortir hors de sa limite, et par cela fut perdu du monde (comme il est expliqué dans Mei HaShiloah, vol.
I, paracha Core, début de "Et Core prit" [a], [b]; voir là-bas). De même, lors des premières Tables, le Saint béni soit-Il montra à Israël une affection supplémentaire (comme nous avons expliqué en son lieu la différence entre les premières Tables et les dernières).
Et c'est ce qui est dit dans le saint Zohar (Vaethanan 261a): dans les secondes, des vav ont été ajoutées, ce qui indique qu'il n'y avait pas une révélation aussi grande. Par les premières Tables, le cœur d'Israël s'enorgueillit donc pour sortir de sa limite, et ils firent le veau (comme il est expliqué dans la paracha Ki Tissa; expliqué dans Beit Yaakov, Exode, paracha Ki Tissa, paragraphe 42: le sens de l'ornement, qui leur donnait de grandes forces et assurances, car le Nom explicite y était gravé; cela leur venait des premières Tables, où le Saint béni soit-Il leur fut révélé face à face, etc.
Ils avaient les forces du mont Horeb: aucun mal ne pourrait les atteindre ni dominer sur eux, même s'ils n'amélioraient pas leur voie, etc. Ils reçurent au mont Sinaï de grandes forces, au point de pouvoir créer des mondes.
Et lorsqu'ils virent ce qui en était sorti - la faute du veau -, ils rentrèrent en eux-mêmes: pourquoi nous faut-il ces forces, puisque nous pouvions transgresser Sa volonté, qu'Il soit béni, et corrompre nos actes? Leur esprit ne fut pas en repos face aux grandes forces qu'ils avaient reçues du Sinaï, etc.
Voir là-bas tout le sujet. Le sens des vav ajoutées aux dernières Tables est expliqué plus haut, paracha Bereshit, paragraphe 60, début de "Et les Tables", et note 174 là-bas).
C'est ce qui est dit dans Likoutei Torah du saint Ari, Rabbi Its'hak Louria, paracha Ki Tissa, début de "Les Tables": les premières Tables proviennent du yessod (fondement) de Ima, ce qui indique une affection supplémentaire appelée "la Torah de ta mère"; c'est pourquoi elles furent brisées. Les secondes Tables provenaient de la lumière de Abba, c'est-à-dire du secret de la crainte, par degrés, repos et conduite convenable; elles sont appelées "la remontrance de ton père".
Car la grande affection intérieure est entourée d'un vêtement de crainte; c'est pourquoi elles subsistèrent:
לעת מצוא זו אשה. היינו מי שהשי"ת מזמין לו אשה בת זוגו לפי מדרגתו אזי הם בנייחא זה מזה.
אבל מי שאינו זוכה שיזדמן לו בת זוגו, אזי אין בו כח לקבל הטובה ואין להם נייחא זה מזה, וכדאיתא בזוה"ק (וילך רפג:). וזה הוא שאמר אאע"ה (וירא כ) וגם אמנה אחותי בת אבי היא אך לא בת אמי ותהי לי לאשה.
והוא כענין דאיתא בזוה"ק (אמור ק:) רבי אבא שלח ליה לרבי שמעון אמר אימתי זווגא דכנ"י במלכא קדישא שלח ליה וגם אמנה אחותי בת אבי היא אך לא בת אמי ותהי לי לאשה. היינו בדברי תורה שהם ברזא דאור אבא בהדרגה לפי כחו, כפי שיוכל לקבל בדעת וחשבון.
וזה שאנו מתפללין להשי"ת (קדושא דסדרא) וישם בלבנו אהבתו ויראתו באות ו', שזה מורה על השפעת טובה בהדרגה כפי כח כלי קיבול האדם בדעת ושכל:
"Le temps de trouver", c'est une femme. C'est-à-dire: celui à qui le Saint béni soit-Il destiné une femme, sa compagne, selon son degré, ils sont alors en repos l'un avec l'autre.
Mais celui qui n'a pas le mérite que sa compagne lui soit destinée n'a pas la force de recevoir le bien, et ils ne sont pas en repos l'un avec l'autre, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayelekh 283b). Tel est ce qu'a dit Abraham notre père (Genèse 20): "Mais, en vérité, elle est ma sœur, fille de mon père mais non fille de ma mère, et elle devint ma femme." Cela rejoint ce qui est dit dans le saint Zohar (Emor 100a): Rabbi Abba envoya demander à Rabbi Shimon: "Quand aura lieu l'union de l'Assemblée d'Israël avec le Roi saint?" Il lui envoya cette réponse: "Mais, en vérité, elle est ma sœur, fille de mon père mais non fille de ma mère, et elle devint ma femme." C'est-à-dire dans les paroles de Torah, qui sont dans le secret de la lumière de Abba, par degrés selon sa force, selon ce qu'il peut recevoir avec connaissance et mesure.
C'est aussi ce que nous prions le Saint béni soit-Il de nous accorder dans la Kedousha deSidra: "Qu'Il mette dans notre cœur Son amour et Sa crainte", avec la lettre vav; celle-ci indique la dispensation du bien par degrés, selon la force des kelim qui reçoivent de l'homme, dans sa connaissance et son intelligence:
« Au temps propice », c’est la mort et la sépulture : tout pieux priera le Nom afin que sa sortie vers le Monde à venir soit sans accusation, et que les deux mondes se donnent un baiser. Pour le Beit Yaakov, on entre au Monde à venir graduellement ; l’expiration dite des justes signifie que leur corps s’élève dans une sainteté et qu’ils voient cette union. Le Zohar appelle Makhpela le hé du Nom saint, Bina et Mal’hout : baiser de la lumière de l’action de l’homme et de celle du Monde à venir. Avraham expira « vieux et rassasié de jours » : il prolongea ses jours par ses œuvres jusqu’à ce baiser.
Aussi : le jour et la nuit, lumière de l’homme et du Nom ; Israël éclaire dans les ténèbres, à la différence des anges ; Mar Zoutra : honte, manque de naissance, « un peu de folie est plus précieux que la sagesse et l’honneur »
לעת מצוא זו מיתה, לעת מצוא זו קבורה. היינו שגם ע"ז יתפלל כל חסיד להשי"ת, והוא בעת שיוצא מעוה"ז לעוה"ב שיהיה בלא קטרוג, היינו שיושלם תחלה כל כך בעוה"ז עד שיוכל לקבל אור העוה"ב, שלא יהיה אצלו כהולך מהיפך אל היפך, וכדאיתא בירושלמי (יבמות פ' טו הלכה ב) על פסוק (תהלים קח) סכותה לראשי ביום נשק, ביום ששני עולמות נושקין זה לזה העולם הזה יוצא ועולם הבא נכנס, שאז צריך לתפלה שיהיו נושקין העולמות זה עם זה, עוה"ז בעוה"ב בהדי הדדי, ואז הוא עיקר יקרות עוה"ב, כשמתנהג בהדרגה.
וע"ז כוונו חכז"ל באמרם (אבות פ"ד) יפה שעה אחת של קורת רוח בעוה"ב יותר מכל חיי עוה"ז. וזה הוא דאיתא בש"ס (ב"ב טז:) לא נאמרה גויעה אלא בצדיקים, והוא שגויעה מורה על הגוף, מלשון הכתוב (דניאל י) וגויתו כתרשיש, שהגוף של הצדיק קונה אז קדושה מעבודות השי"ת ומעשים טובים שעבד ופעל בכל חיי עוה"ז בהיותו בגוף בשר.
כי בעוה"ז אין לאדם קנין עוד בפועל טוב שפעל ועשה, כי ע"י חטא אחד יאבד מה שסיגל הון ורכוש, לכן אין להחשב לו בחייו בעוה"ז קנין בקדושה ע"י מעשיו. רק לעתיד שיבטל הרע, אז יתפאר כל אחד במעשיו הטובים שעשה בעוה"ז.
וכן הצדיקים ההולכים לחיי עולם אחר גויעתן, גופן מתעלה ומתמלא קדושה יותר מהקדושה שהיה בו בעוה"ז, והוא כענין שאמרו בש"ס (מנחות צט.) בתחלה תשמישי מזבח ועכשיו גופו של מזבח. ואף שגם בדור המבול נאמרה גויעה וכדמקשינן שם בש"ס, וכן בעדת קרח נאמרה גויעה.
אכן לזה נאמר גם בהם, מפני שבגויעתן של דור המבול נקבע קדושת השם בעולם ונפלה אימתה ופחד על הנשארים בחיים, וקנו קנין יראה לנפשם לבלי עשות עוד כזאת להתפשט בשטף זדון כדור המבוללגעיין העניין בהרחבה לעיל פרשת נח אות א ד"ה ואחרי השחתת ובהערה ח שם. ועיין עוד שם אות לא, נב, נג..
וכן בגויעה בעדת קרח כתיב (קרח יז) ויהיו לאות לבני מרי ולא יהיה כקרח וכעדתו, ונעשה מזה גופו של מזבח שנקבע יראה בעולם. אבל מצד האבודים לא היה להם שום חלק בזה, ואבדו מעשיהם הטובים שפעלו עד אז, ולא היה להם שום חיבור מצדם לראות נשיקות עלמא תתאה בעלמא עלאה, התחברות עוה"ז בעוה"ב.
אבל גויעה שנאמרה בצדיקים, מורה על שמצדם יש להם התחברות עוה"ז בעוה"ב, ורואין איך שנושקין זה את זה. וזה הוא דאיתא בזוה"ק (חיי קכט) מאן מכפלה ה' דבשמא קדישא דאיהו מכפלה, היינו ספירת בינה ומלכות, נשיקת האור של פעולת אדם שהוא ברזא דמלכות, עם האור של העוה"ב שהוא ברזא דבינה.
וזה מרמז ג"כ מה שנאמר באאע"ה ויגוע וגו' זקן ושבע ימים, היינו שהאריך ימים בכח מעשיו הטובים שעשה בימי חייו, עד שהלך בפילון מפולש לחיי עוה"ב, וראה נשיקת עוה"ז בעוה"ב. וכן בכל מקום שנאמר בתורה למען יאריכון ימיך מורה ע"ז, שיאריך ימים עד שיראה נשיקת עוה"ז בעוה"ב, שאז יהיה לו קנין בהפעולות הטובות שעשהלדמבואר לקמן פרשת מקץ אות כו:
לזה נאמר במתן שכר קיום מצות בעוה"ז למען יאריכון ימיך ולא נאמר מה טובה יהיה באותן הימים, מאי משמע, שזהו העיקר לזכות להאריך ימים בימי הצמצום ולהגיע לשפעת טובה שיהיה מחדש לעוה"ב, וע"י הצמצומים והגדרים מקיום מצות השי"ת בעוה"ז יהיה לאדם חיים אף בימי הצמצום. לזה ישראל שיש להם זה המבינות ומצמצמים את עצמם בעוה"ז, ומגבילים וגודרים את עצמם שלא להתפשט בימי השובע, יזכו לחיי עוה"ב, שיאריכו ימיהם בימי הצמצום והרעב עד שיגיעו לימי השובע שיהיה מחדש.:
"Au temps propice" - c'est la mort; "au temps propice" - c'est la sépulture. Cela signifie que tout pieux priera aussi le Nom à ce sujet: au moment où il sort de ce monde vers le Monde à venir, que cela soit sans accusation.
C'est-à-dire qu'il soit d'abord suffisamment accompli dans ce monde pour pouvoir recevoir la lumière du Monde à venir, afin que cela ne soit pas pour lui comme aller d'un extrême à l'autre. Ainsi est-il rapporté dans le Yeroushalmi (Yevamot, ch.
15, halakha 2), au sujet du verset: "Tu as couvert ma tête au jour du baiser" (Psaumes 108): le jour où les deux mondes se donnent un baiser, ce monde sort et le Monde à venir entre. Alors la prière est nécessaire, afin que les mondes se donnent un baiser l'un à l'autre, ce monde et le Monde à venir ensemble.
C'est alors la valeur essentielle du Monde à venir: lorsqu'on y entre graduellement. C'est à cela que nos sages, de bénie mémoire, ont visé en disant: "Une seule heure de délice dans le Monde à venir est plus belle que toute la vie de ce monde" (Avot 4).
C'est ce qui est rapporté dans le Talmud (Bava Batra 16b): le mot "expiration" (גויעה) n'est dit que des justes. Car l'expiration renvoie au corps, comme dans le verset: "son corps (וגויתו) était comme la chrysolithe" (Daniel 10).
Le corps du juste acquiert alors une sainteté, par les œuvres du Nom et les bonnes actions qu'il a servies et accomplies durant toute sa vie en ce monde, lorsqu'il était dans un corps de chair. Car en ce monde, l'homme n'a pas encore une acquisition effective du bien qu'il a accompli et fait: par une seule faute, il peut perdre le trésor et les biens qu'il avait amassés.
Aussi ne peut-on lui compter, durant sa vie en ce monde, une acquisition de sainteté par ses actes. Mais dans l'avenir, lorsque le mal sera annulé, chacun se glorifiera des bonnes actions qu'il a faites en ce monde.
Ainsi, chez les justes qui vont vers l'autre vie éternelle, leur expiration: leur corps s'élève et se remplit d'une sainteté supérieure à celle qui était en lui dans ce monde. C'est comme ce qu'ils ont dit dans le Talmud (Menahot 99a): "Au début, accessoires de l'autel; maintenant, le corps même de l'autel." Bien que l'expiration soit aussi dite de la génération du Déluge, comme le Talmud l'objecte là-bas, et de même de l'assemblée de Kora'h, il est aussi dit à leur sujet ceci: par l'expiration de la génération du Déluge, la sainteté du Nom fut établie dans le monde, et la crainte et la peur tombèrent sur ceux qui restaient vivants; ils acquirent pour leur âme une crainte de ne plus faire ainsi, de ne plus se répandre dans le flot de l'insolence comme la génération du Déluge.
(Pour le sujet en détail, voir plus haut, paracha Noa'h, par. 1, "Et après la destruction", et note 8; voir encore là-bas, par.
31, 52 et 53.) De même, au sujet de l'expiration dans l'assemblée de Kora'h, il est écrit: "Ils seront un signe pour les fils de rébellion, et il ne sera pas comme Kora'h et son assemblée" (Kora'h 17). De cela fut fait le corps de l'autel: la crainte fut fixée dans le monde.
Mais du côté de ceux qui périrent, ils n'avaient aucune part en cela; leurs bonnes actions accomplies jusque-là furent perdues, et ils n'avaient de leur côté aucune union pour voir les baisers du monde inférieur avec le monde supérieur (נשיקות עלמא תתאה בעלמא עלאה), l'union de ce monde et du Monde à venir. Mais l'expiration dite des justes indique que, de leur côté, ils ont l'union de ce monde et du Monde à venir, et voient comment ils se donnent un baiser.
C'est ce qui est rapporté dans le Zohar (Haye Sarah 129a): "Qui est Makhpela? ה' dans le Nom saint, qui est Makhpela." C'est-à-dire la sefira de Bina et Malkhout: le baiser de la lumière de l'action de l'homme, qui est dans le mystère de Malkhout, avec la lumière du Monde à venir, qui est dans le mystère de Bina. Cela est aussi suggéré par ce qui est dit de notre père Abraham: "Il expira... vieux et rassasié de jours" (Genèse 25,8).
Il prolongea ses jours par la force de ses bonnes actions, faites aux jours de sa vie, jusqu'à passer par un couloir ouvert de part en part vers la vie du Monde à venir et voir le baiser de ce monde avec le Monde à venir. De même, partout où la Torah dit: "afin que tes jours se prolongent", cela indique ceci: qu'il prolonge ses jours jusqu'à voir le baiser de ce monde avec le Monde à venir; il aura alors une acquisition des bonnes actions qu'il a faites.
(Il est expliqué plus bas, paracha Mikets, par. 26, que c'est pourquoi, dans la récompense de l'accomplissement des mitsvot en ce monde, il est dit: "afin que tes jours se prolongent", sans dire quel bien il y aura dans ces jours.) Que signifie cela?
L'essentiel est de mériter de prolonger les jours du temps de la contraction et d'atteindre l'abondance de bien qui sera renouvelée pour le Monde à venir. Par les contractions et les limites de l'accomplissement des mitsvot du Nom en ce monde, l'homme aura une vie même aux jours de la contraction.
Ainsi Israël, qui possède cette intelligence et se restreint en ce monde, se limite et se pose des barrières afin de ne pas se répandre aux jours de satiété, méritera la vie du Monde à venir: ses jours se prolongeront aux jours de contraction et de famine, jusqu'à parvenir aux jours de satiété qui seront renouvelles.
וזה הוא דאיתא בזוה"ק (נשא קלד:) לית יום בלא לילה. יום מורה על הפעולות ועבודות שהאדם פועל כל היום כולו ומאיר לעצמו, וזה האור הבא מצד האדם הוא ברזא דזעיר אפין לעומת האור הבא מצד השי"ת, והוא לדעת כי אני ה' מקדשכם (תשא לא), שהאדם מצדו מכיר בדעת שכל כח האור שיש לו בידו הוא רק מהשי"ת, ומהפך את החשך לאור, שמכניס כל חשקות עוה"ז בקדושה, בהכירו שכל השפעת טובה הוא מהשי"ת, ומהלל ומשבח להשי"ת על שנתן לו טובה, ואומר על כל דבר ברוך אתה ה' שנתת לי זאת, וממליך את השי"ת על כל הנשפע לו.
ובזה גדול כחן של נשמת ישראל מאור של מלאכי מעלה, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קכו:). והוא כי מלאך לא יוכל להאיר בחשך, רק להגדיל האור ולשבח בתמידות את השי"ת.
שאני ישראל שבריאתן הוא מאור עצמותו ית' ולא ממעטה לבושו, שאין בכח שום בריה ומלאך ושרף ולבוש מהשי"ת לעשות זאת, לערב גוש עפר מן האדמה ולנפח בה נשמת חיים ויעמדו יחד, משמע מזה שרק עצמותו ית' הוא אשר בנה והציב צורת אדם בעולם, גוש עפר עם נשמת חיים קומה אחת, ושניהם יחד עושים רצון השי"ת בעולם, לזה יש לו מעלה יתירה לאדם שבכחו להאיר בתוך החושך. אכן בזה אין עוד שלימות, מאחר שיוכל גם להפסיד כל מה שהרויח וסיגל אם יעשה ההיפך מרצון השי"ת ח"ו, כי הרשות נתונה ביד האדם ויוכל לבחור במה שיחפוץ אם טוב ואם רע.
ולילה מורה, שאז הוא רק שליטת אור השי"ת בלב באין שום הכרה לאור הבא מצד האדם כלל, וגם אין בכחו לקלקל ולהפסיד, כי כל כלי פעולות האדם ישלים אז, אמנם אז השי"ת קובע כל הפעולות ומעשים טובים שפעל כל היום כולו שיהיו לו בקנין קבוע ועומדלהמבואר בתפארת החנוכי על זהר וירא (קב.) ד"ה ויאכלו בסופו (ד"ה וזה שאכלו): כמו שביאר כאאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה, שמצד המלאכים, אף שהם בגודל בהירות, מ"מ להפוך החשך לאור ולהוציא יקר מזולל, זה הוא רק מסטרא דצורת אדם, שהוא מרכבה להנהגת זעיר אפין.
שהאדם הוא תכלית רצון השי"ת שיתכללו כל המדות על ידו. עיין עוד לעיל פ' וירא אות טז..
ולזה הוא הטעם ג"כ מה שנשים פטורות ממצות עשה שהזמן גרמא, מפני שהנוקבא נשפע מבחינת לילה, שהשי"ת מנהג אז בבחינת עליון למעלה מדעת אדם ושכלו, ולא מבחינת יום שאז מאיר האדם לעצמולומקורו בשער מאמרי רשב"י לרבנו האריז"ל על תיקוני זוהר תיקון סט ד"ה עוד ירצה עם מ"ש חז"ל.. וכן לעולם מוכרח להיות יום ולילה, פעולת אדם שמאיר לעצמו עם אור הבא מצד השי"ת.
וזה הוא שאמרו במדרש רבה (חיי נח) ויהיו חיי שרה וכו' כהדא עגלתא תמימתא וכו' היינו כמו כל דבר עגול שנעוץ סופו בתחלתו, שהראש והסוף נוגעין ונושקין זה את זה, כן היו ימי חייה נעוצים סופן בתחלתן, שכח עבודת השי"ת מעוה"ז הבא מצד האדם היה נושק ונוגע בעולם החדש עוה"ב שנכנסה עתה בו, וכל כחות הגוף נכללו בחיי עוה"ב:
C'est ce qui est rapporté dans le Zohar (Nasso 134b): "Il n'est pas de jour sans nuit." Le jour renvoie aux actions et aux services que l'homme accomplit pendant tout le jour et par lesquels il s'éclaire lui-même. Cette lumière qui vient de l'homme est dans le mystère de Zeir Anpin, en regard de la lumière qui vient du Nom.
Il s'agit de connaître: "car Moi, ה', Je vous sanctifie" (Exode 31), c'est-à-dire que l'homme, de son côté, reconnaît par l'intelligence que toute la force de lumière qu'il détient vient seulement du Nom. Il transforme les ténèbres en lumière, introduit tous les désirs de ce monde dans la sainteté, en reconnaissant que toute influence de bien vient du Nom; il loue et célèbre le Nom de lui avoir donné le bien, et dit pour chaque chose: "Béni sois-Tu, ה', qui m'as donné ceci"; il fait régner le Nom sur tout ce qui lui est influencé.
Par cela, la force des âmes d'Israël est plus grande que la lumière des anges d'en haut, comme il est rapporté dans le Zohar (Haye Sarah 126a). Car un ange ne peut éclairer dans les ténèbres; il ne peut qu'accroître la lumière et louer continuellement le Nom.
Israël est différent, car sa création provient de la lumière de Son essence, bénie soit-Elle, et non de la diminution de Son vêtement. Aucune créature, ange, séraphin ou vêtement issu du Nom n'a le pouvoir de faire ceci: mélanger une motte de terre du sol, y insuffler une âme de vie, et les faire tenir ensemble.
Il ressort de cela que seule Son essence, bénie soit-Elle, a formé et posé la figure de l'homme dans le monde: une motte de terre avec une âme de vie, une seule stature, et tous deux ensemble font la volonté du Nom dans le monde. Aussi l'homme a-t-il une supériorité particulière: il peut éclairer au sein des ténèbres.
Cependant, il n'y a pas encore en cela de perfection, puisqu'il peut aussi perdre tout ce qu'il a gagné et amassé, s'il agit, à Dieu ne plaise, contre la volonté du Nom. Car le libre choix est donné à l'homme, et il peut choisir ce qu'il veut, le bien ou le mal.
La nuit renvoie au moment où ne règne que la lumière du Nom dans le cœur, sans aucune reconnaissance de la lumière venant de l'homme; il n'a alors pas non plus la capacité de corrompre ou de perdre. Car tous les instruments des actions de l'homme sont alors achevés; le Nom fixe alors toutes les actions et les bonnes œuvres qu'il a accomplies pendant tout le jour, afin qu'elles soient pour lui une acquisition permanente et stable.
(Comme l'a expliqué mon père et maître, le gaon saint, de bénie mémoire, dans Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, Vayera 102a, "Ils mangèrent", à la fin: du côté des anges, malgré leur grande clarté, transformer les ténèbres en lumière et tirer le précieux du vil, cela ne provient que du côté de la forme humaine, qui est le char de la conduite de Zeir Anpin. L'homme est le but de la volonté du Nom: toutes les qualités doivent être incluses par lui.
Voir encore plus haut, paracha Vayera, par. 16.) C'est aussi pourquoi les femmes sont dispensées des mitsvot positives liées au temps: la Noukva est influencée par l'aspect de la nuit, lorsque le Nom conduit selon l'aspect supérieur, au-dessus de la connaissance et de l'intelligence humaines, et non selon l'aspect du jour, lorsque l'homme s'éclaire lui-même.
(Pour la source, voir Shaar Maamarei Rashbi de notre maître le Ari, de bénie mémoire, sur Tikounei Zohar, tikoun 69, "Encore, il voudra dire", avec ce que nos sages, de bénie mémoire, ont dit.) Il faut donc toujours qu'il y ait jour et nuit: l'action de l'homme, qui s'éclaire lui-même, avec la lumière venant du Nom. C'est ce qu'ils ont dit dans le Midrach Rabba (Haye Sarah): "Et les vies de Sarah furent... comme cette jeune vache entière..." C'est-à-dire que, comme toute chose ronde dont la fin est fixée dans le commencement, la tête et la fin se touchent et se donnent un baiser, ainsi les jours de sa vie avaient leur fin fixée dans leur commencement.
La force du service du Nom en ce monde, venant de l'homme, embrassait et touchait le monde nouveau, le Monde à venir, dans lequel elle entrait à présent; et toutes les forces du corps étaient incluses dans la vie du Monde à venir.
מר זוטרא אמר לעת מצוא זו בית הכסא, במערבא אמרי הא דמר זוטרא עדיפא מכולהו שע"ז יתפלל כל חסיד. בית הכסא מורה על בושה, והוא שיתפלל האדם שלא יתבייש.
מפני שבשורש נמצא חסרון בכל אדם מהתולדה, ולזה ברא השי"ת באדם נקבים וחלולים, שלא יתגאה כי ידמה לו ששלם הוא בכל השלימות, וכדאיתא בש"ס (ב"ב עה.) שאמר הקב"ה לחירם מלך צור בך נסתכלתי ובראתי נקבים באדם, וזה נאמר לו על שעשה עצמו אלוה, ע"ז מרמזים הנקבים שבאדם על שאין בו שלימות ואי אפשר שיהיה אדם בלי חסרון, וכדכתיב (קהלת ז׳:כ׳) כי אדם אין צדיק בארץ אשר יעשה טוב ולא יחטא, שזה מורה שבשורש חיותו נמצא בכל אדם חסרוןלזכמבואר במי השלוח ח"א פרשת קרח ד"ה ועבד הלוי: כי לכל אחד יש חסרון בתולדה אשר יצרך לתקנו וע"ז אמר ישעיה הנביא ע"ה (ישעיה מח, ח) ופושע מבטן קורא לך, וזה נקרא סטר שמאלא שהניח הש"י לאדם שיתקנו.
ועיין עוד שם תהילים (כא) ד"ה ה' בעזך.. ולזה נמצא בכל אדם מותרות שנדחה ויוצא ממנו לגמרי, מותרי מאכליו ומשתיו שאין נבלע ברמ"ח אבריו, רק הולך לאיבוד ונפסל, וזה מורה על חסרון שנמצא בכל אדם מהתולדה, כי אם לא היה באדם רק טוב א"כ מהיכן ימצא בו פסולת ומותרות.
וע"ז יתפלל כל חסיד, שהחסרון המושרש בו מהתולדה יהיה דק בדקות מאד. וכמו שמצינו באאע"ה שהיה מפלס כל מעגלותיו, והיה מכלכל כל דבריו במשפט, ונשמר אף באמרי פיו שלא היה מדבר דברי מותרות מצדו, והיה מקיים בעצמו הכתוב (תהילים י״ז:ד׳) אני שמרתי ארחות פריץ.
לזה אף שאמר אברהם לפני השי"ת דבר הנראה לבושה, באמרו לו ישמעאל יחיה לפניך, שהוא עתיד להעיק לישראל, שזה נראה לחסרוןלחכדאיתא בזוהר הקדוש ויגש (רה:): כי אברהם לא ידענו, דהא אף על גב דביה קיומא דעלמא, לא אשתדל עלן כמה דאשתדל על ישמעאל, דאמר (בראשית י״ז:י״ח) לו ישמעאל יחיה לפניך..
אכן מפני שנשמר תמיד מלדבר דברי מותרות מצדו, מזה היה המשפט שהשי"ת יסכים גם ע"ז הדבור שאין בו חסרון כלללטכמבואר להלן פרשת מקץ אות יח ד"ה וזהו שאמר: וזהו שאמר דהמע"ה (תהילים י״ז:ד׳) לפעולות אדם בדבר שפתיך אני שמרתי ארחות פריץ.
היינו עי"ז שאני מצדי שומר את עצמי כפי כחי בטוח אני באלה, שאף אם ח"ו אירע מכשול תחת ידי, יצאו הדברים כבושים מהשי"ת, וזהו נקרא שמי השמים.. וע"ז נאמר (קהלת י׳:א׳) יקר מחכמה מכבוד סכלות מעט, שמי שמצדו מפלס כל דרכיו ומכלכל דבריו במשפט, לזה האדם אף אם יארע לו סכלות מעט, שיצא מפיו בלא דעת רק מה שנשלח לו מן השמים לכוון שלא מדעתו לשורש חייו, כענין שמצינו בש"ס (ב"מ צז.) איכסיף רבא לסוף אגלאי מלתא דלמיסר טעינה הוא וכו' והוא שכוון אל האמת בלא דעת, שזה נראה מתחלה כסכלות, יקר הוא מחכמה ומכבוד, מפני שיצאו הדברים כבושים רק מצדו ית' בלי תפיסת יד אדם באמצעמכמו שאיתא במי השלוח ח"א פרשת במדבר ד"ה לגד:
כי עיקר שלימות האדם הוא כשיכיר חסרונו. כמ"ש (קהלת י, א) יקר מחכמה ומכבוד סכלות מעט..
וע"ז נאמר (תהלים צב) טוב להודות לה' ולזמר לשמך עליון. טוב להודות לה', היינו בשעה שהאדם הוא בישוב הדעת מצדו זה נקרא טוב.
ולזמר לשמך עליון, היינו בשעה שהשי"ת צריך להושיע לאדם בפעולותיו למעלה מהשגת דעתו ושכלו, שם הוא רק לזמר, שהוא מלשון זמורה, היינו שיראה האדם שמצדו יהיו פעולותיו דקים מאד, וכאשר יברר לו השי"ת אף גם זאת, זה יהיה יקר מחכמה וכבוד, ולזה אמרי במערבא הא דמר זוטרא עדיפא מכולהו:
Mar Zoutra a dit: "Au temps propice" - c'est le lieu d'aisance. En Occident, ils disaient: l'enseignement de Mar Zoutra est préférable à tous les autres, et c'est à son sujet que tout pieux priera.
Le lieu d'aisance renvoie à la honte: l'homme priera donc de ne pas avoir honte. Car, à la racine, il existe chez tout homme un manque provenant de la naissance.
C'est pourquoi le Nom a créé dans l'homme des orifices et des cavités, afin qu'il ne s'enorgueillisse pas en s'imaginant parfait en toute perfection. Ainsi est-il rapporté dans le Talmud (Bava Batra 75a): le Saint, béni soit-Il, dit à Hiram, roi de Tyr: "C'est en te regardant que J'ai créé des orifices dans l'homme." Cela lui fut dit parce qu'il s'était fait dieu.
Les orifices de l'homme indiquent donc qu'il n'y a pas en lui de perfection et qu'il est impossible qu'un homme soit sans manque, comme il est écrit: "Il n'est pas d'homme juste sur terre qui fasse le bien sans fauter" (Ecclésiaste 7,20). Cela indique qu'à la racine de sa vitalité il existe chez tout homme un manque.
(Comme il est expliqué dans Mei HaShiloa'h I, paracha Kora'h, "Et le Lévite servira": chacun a un manque de naissance qu'il doit rectifier. À ce sujet, le prophète Isaie, paix sur lui, a dit: "Tu es appelé transgresseur dès le ventre" (Isaie 48,8).
Cela est appelé le côté gauche, que le Nom a laissé à l'homme afin qu'il le rectifie. Voir encore là-bas, Psaumes 21, "ה' dans Ta force".) C'est pourquoi il se trouve chez chaque homme des excédents qui sont repoussés et sortent entièrement de lui: les restes de ses aliments et de ses boissons, qui ne sont pas absorbés dans ses deux cent quarante-huit membres, mais vont à la perte et deviennent impropres.
Cela indique le manque qui existe en tout homme de naissance; car, s'il n'y avait en l'homme que du bien, d'où viendraient en lui les déchets et les excédents? Tout pieux priera donc pour que le manque enraciné en lui de naissance soit extrêmement ténu.
Nous trouvons ainsi chez notre père Abraham qu'il pesait tous ses sentiers, jugeait chacune de ses paroles avec mesure, et se gardait même dans les paroles de sa bouche de ne pas prononcer de son propre chef des paroles excédentaires. Il accomplissait en lui-même le verset: "J'ai garde les voies du violent" (Psaumes 17,4).
Aussi, bien qu'Abraham ait dit devant le Nom une parole qui semble honteuse, lorsqu'il dit: "Puisse Ismaël vivre devant Toi" (Genèse 17,18), alors qu'il devait opprimer Israël, ce qui semble être un manque - comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayigash 205a): "Abraham ne nous a pas connus, car, bien que le maintien du monde dépende de lui, il ne s'est pas occupé de nous autant qu'il s'est occupé d'Ismaël, lorsqu'il dit: 'Puisse Ismaël vivre devant Toi.'" - néanmoins, parce qu'il se gardait toujours de prononcer de son propre chef des paroles excédentaires, le jugement fut que le Nom agrée aussi cette parole, qui ne comporte aucun manque. (Il est expliqué plus bas, paracha Mikets, par.
18, "Et voici ce qu'il a dit": David, paix sur lui, a dit: "Pour les actions de l'homme, selon la parole de Tes lèvres, j'ai garde les voies du violent" [Psaumes 17,4]. C'est-à-dire: parce que, de mon côté, je me garde selon ma force, je suis assuré de ceci: même si, à Dieu ne plaise, un obstacle survient par ma main, les paroles sortiront contraintes par le Nom; cela est appelé "les cieux des cieux".) À ce sujet il est dit: "Un peu de folie est plus précieux que la sagesse et l'honneur" (Ecclésiaste 10,1).
Celui qui, de son côté, pèse toutes ses voies et juge ses paroles avec mesure, même si un peu de folie lui arrive, si une parole sort de sa bouche sans connaissance, mais seulement parce qu'elle lui a été envoyée du ciel afin qu'il vise, sans le savoir, à la racine de sa vie - comme nous trouvons dans le Talmud (Bava Metsia 97a): "Rava eut honte; à la fin, la chose fut révélée: il s'agissait d'atteler une charge..." - et qu'il ait visé la vérité sans le savoir, ce qui apparaît d'abord comme de la folie, cela est plus précieux que la sagesse et l'honneur, car les paroles sont sorties contraintes, seulement du côté du Nom, sans prise de main humaine entre les deux. (Comme il est rapporté dans Mei HaShiloa'h I, paracha Bamidbar, "Pour Gad": la perfection essentielle de l'homme est de reconnaître son manque, comme il est dit: "Un peu de folie est plus précieux que la sagesse et l'honneur" [Ecclésiaste 10,1].) À ce sujet il est dit: "Il est bon de remercier ה' et de chanter Ton Nom très-haut" (Psaumes 92).
"Il est bon de remercier ה'": lorsque l'homme est, de son côté, dans la présence d'esprit, cela est appelé bon. "Et de chanter Ton Nom très-haut": lorsque le Nom doit secourir l'homme dans ses actes au-dessus de l'atteinte de sa connaissance et de son intelligence, il ne reste la que le chant, qui est de la racine de sarment (זמורה).
L'homme verra donc que, de son côté, ses actions sont très tenues; et lorsque le Nom lui en clarifiera aussi cela, ce sera plus précieux que la sagesse et l'honneur. C'est pourquoi, en Occident, ils disaient: l'enseignement de Mar Zoutra est préférable à tous les autres.
« Les années de la vie de Sarah furent cent ans, vingt ans et sept ans. » « Tout hassid te priera au temps de trouver » (Tehilim 32,6) : pour le Beit Yaakov, l'homme se remet au Saint, béni soit-Il. L'essentiel est dans la pensée, disposée pour le Nom tant qu'elle est en puissance ; dans l'acte, elle doit être éprouvée. On bénit d'abord Torah, mitsva et nourriture, car nul ne connaît la lumière cachée ; servir D.ieu par la force de l'aliment, c'est le dominer. « Au temps de trouver », c'est l'ensevelissement : la tsedaka dont l'usage par le pauvre reste voilé. Ce monde-ci, créé par le hé, n'a ni achèvement ni perfection ; on prie qu'Il achève dans le bien.
Aussi : la femme dont la force peut dominer celle de l'homme ; Sarah, femme de valeur, le corps étant le keli (récipient) qui attire l'âme ; la force affermie d'Israël chez celui qui est ordonné et agit
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצוא רק לשטף מים רבים אליו לא יגיעו (תהילים ל״ב:ו׳)מאעיין מי השלוח ח"א פרשת חיי ד"ה ויהיו [א]..
לעת מצוא מורה שימסור האדם את עצמו להשי"ת, ועיקרה הוא במחשבה שהיא באמת טהורה, שכל זמן שלא יצאה מכח אל הפועל אז היא סדורה וערוכה כולה לה', אך כאשר תצא אל הפועל, אז צריכה להתברר, אם יחפוץ לעסוק בתורה צריך מתחלה לברך עליה, כי אין אדם יודע האור הגנוז בתורה, לכן צריך מתחלה להמליך את השי"ת על זהמבעיין במי השלוח ח"ב פרשת עקב ד"ה וזכרת: בגמ' (ברכות מ:) לא עברתי מלברכך ולא שכחתי מלהזכיר שמך עליו, ואפילו בדברי תורה אם אין האדם זוכר נותן התורה אין חכמתו נחשבת לכלום.
וכן מבואר שם תהילים (לד) ד"ה מי האיש: כשיברך את ה' בלשונו בכוונת הלב אז יבין דברי תורה לאמיתם כמו שכתיב (איוב ל״ג:ג׳) ודעת שפתי ברור מללו..
וכן בעשותו אחת ממצות ה' אשר תעשינה, צריך לברך תחלה, מפני שאין בכח האדם להבין הכוונה וד"ת שגנוז בפעולת המצוהמגנתבאר במי השלוח ח"ב מסכת ראש השנה (כט:) ד"ה יום טוב: בעוה"ז מעשי המצות המה לבושים למצות דלעילא כדאיתא בהאר"י ז"ל (עץ חיים שער פנימיות וחיצוניות דרוש ב') וזה שאנו מברכים על מצות, אשר קדשנו במצותיו וצונו, היינו שהלבוש המצות דלעילא במעשי המצות של עולם הזה..
וכן בענין אכילה, אם ירצה לאכול צריך להמליך מתחלה את השי"ת, וליטול ידיו לסלק כל נגיעותיו, כי הדבר מאכל הוא באמת בקטנות הדרגין, שהוא רק צומח או חי ולא נודע מה יהיה כאשר תבאנה אל קרבו, כי אם ילך האדם בכח האכילה לדבר מצוה, אז יעלה את המאכל למעלה למעלה, מאחר שע"י זה המאכל כנס כח ואון לעשות ולקיים חפץ ה', אבל אם ח"ו יעשה בזה הכח ההיפך מרצון השי"ת, אז תשפילנו האכילהמדכמו שביאר בתפארת יוסף פרשת תצא ד"ה כי תצא: וכן נקרא בזוה"ק (עקב ערב:) שעת סעודה שעת קרבא, והוא, כי באמת עיקר כח המחיה את האדם הוא הנקודה טובה הנמצא בהמאכל, וזה המוצא פי ד' המונח בהמאכל, ורק בזה העולם נתלבש בלבושים גשמיים, ואם האדם מקבל את המאכל והולך בזה הכח ועובד את השי"ת, אז מגביר האדם על המאכל, והיינו שמקבל את הטוב הנמצא בו, ויש לו כל מיני סיעתות לעבודת השי"ת.
שאני מי שאינו עובד את השי"ת בזה הכח, אז נקרא שהמאכל מתגבר על האדם, היינו לא די שאין לו סיעתות ממנו ורק שח"ו יכול להטרידו בכל מיני טרדות.. לכן יכיר כל איש מה יעשה, וימליך מתחלה את השי"ת על החפץ, ויתפלל כל חסיד לעת מצוא להשי"ת שיצליחהו באשר יהלוך, ושטף מים הרבים הרומז להנאות ותאות גופניות אליו לא יגיעומהעיין בתפארת יוסף פרשת אמור ד"ה שור:
איתא בש"ס (ברכות לה.) רבי לוי רמי כתיב לד' הארץ ומלואה וכתיב והארץ נתן לבני אדם, לא קשיא כאן קודם ברכה כאן לאחר ברכה, והיינו לאחר ברכה מורה, שמכיר שד' הוא הנותן של הטובה והטובה הוא בידו ית', שזה מורה ברכה, אז יש לאדם קנין גמור בהטובה ונקרא והארץ נתן לבני אדם. ועיין עוד שם מסכת מגילה (ו.) ד"ה א"ר..
וכן אם ישא אשה, שבאמת יש לאשה כח גדול מלאיש, ולפעמים יוכל להתגבר כחה מכח האיש, ותשטף הנקודה הקדושה שנמצא באיש. ולזה היו שואלין במערבא לנושא אשה הכי, מצא או מוצא, כדאיתא בקידושין (דף סו:) שבאיסורי ביאה במקום שאין קידושין הולד כמותה, וברבה (נשא פ' ט) שהבעל מפקיד גופו לאשתו לשמרו.
וזה הוא שדרשו בש"ס (שם) ע"ז הכתוב לעת מצוא זו אשהמולעיל פרשה זו אות ב ד"ה לעת מצוא זו אשה.:
Les années de la vie de Sarah furent cent ans, vingt ans et sept ans, les années de la vie de Sarah. "Tout hassid te priera au temps de trouver; même le débordement des grandes eaux ne l'atteindra pas" (Psaumes 32,6).
Voir Mei HaShiloah I, paracha Haye Sarah, comm. "Les années de la vie" [à].
"Au temps de trouver" indique que l'homme se remettra au Saint, béni soit-Il. L'essentiel est dans la pensée, qui est en vérité pure: tant qu'elle n'est pas sortie de la puissance à l'acte, elle est entièrement ordonnée et disposée pour le Nom; mais lorsqu'elle sort dans l'acte, elle doit être éprouvée.
S'il veut s'occuper de Torah, il doit d'abord réciter une bénédiction sur elle, car nul ne connaît la lumière cachée dans la Torah; il faut donc d'abord faire régner le Saint, béni soit-Il, sur cela. Voir Mei HaShiloah II, paracha Ekev, comm.
"Tu te souviendras": dans le Talmud (Berakhot 40a), "je n'ai pas omis de te bénir et je n'ai pas oublié de mentionner Ton nom sur elle"; et même dans les paroles de Torah, si l'homme ne se souvient pas du Donateur de la Torah, sa sagesse ne compte pour rien. Cela est aussi expliqué là-bas, Psaumes 34, comm.
"Quel est l'homme": lorsqu'il bénit le Nom de sa langue avec l'intention du cœur, il comprend alors les paroles de Torah selon leur vérité, comme il est écrit: "La connaissance de mes lèvres prononce avec clarté" (Job 33,3). De même, lorsqu'il accomplit l'un des commandements du Nom, il doit d'abord réciter une bénédiction, car l'homme n'a pas la force de comprendre l'intention et les paroles de Torah qui sont cachées dans l'acte du commandement.
Il est expliqué dans Mei HaShiloah II, traité Roch Hachana 29a, comm. "Yom Tov": en ce monde-ci, les actes des commandements sont des vêtements pour les commandements d'en haut, comme l'enseigne Rabbi Its'hak Louria, de mémoire bénie, dans Ets Haim, Porte de l'intériorité et de l'extériorité, discours 2.
C'est ce que nous bénissons sur les commandements: "qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné"; c'est-à-dire que les vêtements des commandements d'en haut sont dans les actes des commandements de ce monde-ci. Il en est de même pour la nourriture: s'il veut manger, il doit d'abord faire régner le Saint, béni soit-Il, et se laver les mains afin d'écarter toutes ses implications personnelles.
Car la chose mangée est véritablement dans la petitesse des degrés: elle n'est que végétal ou animal, et l'on ne sait pas ce qu'elle deviendra lorsqu'elle entrera dans ses entrailles. Si l'homme emploie la force de cette nourriture pour une chose qui est un commandement, il élève alors l'aliment très haut, puisqu'il a acquis par cet aliment force et vigueur pour faire et accomplir la volonté du Nom.
Mais s'il fait, que le Ciel préserve, par cette force le contraire de la volonté du Saint, béni soit-Il, la nourriture l'abaissera. Ainsi qu'il l'explique dans Tiferet Yossef, paracha Ki Tetse, comm.
"Lorsque tu sortiras": dans le Zohar (Ekev 272b), l'heure du repas est appelée "heure du combat" (שעת קרבא). Car en vérité, la force essentielle qui fait vivre l'homme est le bon point qui se trouve dans l'aliment, c'est la parole de la bouche du Nom qui est placée dans l'aliment.
Seulement, dans ce monde, elle est revêtue de vêtements matériels. Si l'homme reçoit l'aliment et sert le Saint, béni soit-Il, par cette force, l'homme domine alors l'aliment: il reçoit le bien qui s'y trouve et obtient toutes sortes d'aides pour le service du Saint, béni soit-Il.
Mais celui qui ne sert pas le Saint, béni soit-Il, par cette force est dit être dominé par l'aliment: non seulement il n'en reçoit aucune aide, mais il peut, que le Ciel préserve, l'importuner par toutes sortes de tourments. Chaque homme reconnaîtra donc ce qu'il doit faire, fera d'abord régner le Saint, béni soit-Il, sur l'objet, et tout hassid priera le Saint, béni soit-Il, au temps de trouver, afin qu'Il le fasse réussir dans ce qu'il entreprendra; alors le débordement des grandes eaux, qui fait allusion aux plaisirs et aux désirs corporels, ne l'atteindra pas.
Voir Tiferet Yossef, paracha Emor, comm. "Un bœuf": il est rapporté dans le Talmud (Berakhot 35a): Rabbi Levi souleva une contradiction: il est écrit "À ה' appartient la terre et ce qu'elle contient", et il est écrit "Il a donné la terre aux fils de l'homme".
Il n'y a pas de difficulté: ici avant la bénédiction, là après la bénédiction. C'est-à-dire qu'après la bénédiction, il reconnaît que le Nom est le Donateur du bien et que le bien est en Sa main, béni soit-Il; cela est le sens de la bénédiction.
Alors l'homme a une acquisition complète dans le bien, et cela est appelé: "Il a donné la terre aux fils de l'homme". Voir encore là-bas, traité Meguila 6a, comm.
"Rabbi...". De même, s'il prend une femme: en vérité, la femme a une grande force plus que l'homme, et parfois sa force peut dominer celle de l'homme, et le point de sainteté qui se trouve dans l'homme sera submergé.
C'est pourquoi, en Occident, on demandait à celui qui prenait femme: "A-t-il trouve (מצא) ou trouvé-t-il (מוצא)?", comme il est rapporté dans Kiddouchin 66a: dans les interdits d'union où il n'y a pas de kiddouchin, l'enfant est comme elle; et dans le Midrach Rabba (Nasso, chap. 9): le mari dépose son corps auprès de sa femme afin qu'elle le garde.
C'est ce qu'ils ont expliqué dans le Talmud (ibid.) sur ce verset: "Au temps de trouver", c'est la femme. Voir plus haut dans cette paracha, paragraphe 2, comm.
"Au temps de trouver, c'est la femme".
לעת מצוא זו קבורה. שגם קבורה מתייחס לענין זה, שלפעמים יזדמן שאדם מקיים מצות צדקה ונותן לעני מתת ידו, ואם יעשה העני בזה הכח רצון השי"ת, אזי תתברר המצוה והיה מעשה הצדקה שלום, אבל אם ח"ו יתן לעני שאינו הגון, ויעשה בזה הכח ההיפך מרצון השי"ת, יסייע בזה לעוברי רצונו, וזה מכונה בשם קבורה שטמון וגנוז הדבר בהעלם ולא נודע תכליתה.
ולזה יתפלל כל חסיד אל השי"ת שיעזור לו בעשיית המצוה, שיזדמן לו עני הגון שיוכל לקיים מצותיו בשלימות, כי האדם מצד תפיסתו לא יוכל לברר את עצמו בזה, כי העוה"ז מלא ספקמזלעיל פרשת לך אות כד, לקמן פ' וישלח אות מד, מה, פ' וישב אות ד ד"ה תחת ת"ח, בית יעקב הכולל פ' וישלח ד"ה ויחן.. ומכל זה יוכל האדם להבין שאף אם ח"ו יאונה תחת ידו פועל ספק שלא תתברר אח"ז לטוב, עכ"ז לא יתייאש ח"ו, ויתפלל להשי"ת שבכחו לעזור לו עדי עד לגמור בעדו לטוב, כי אין שום גמר והשלמה בעוה"ז הן בפועל טוב והן בהיפך, וזה הוא דכתיב (ישעיה כו) בטחו בה' עדי עד כי בי"ה ה' צור עולמים, שהעוה"ז נברא באחד משני אותיות הראשונים מהשם הוי"ה (מנחות כט:) שזה מרמז על שאין שלימות בעוה"זמחנתבאר בתפארת יוסף מסכת תענית (ב.) ד"ה מאימתי:
כתיב (ישעיהו כ״ו:ד׳) בטחו בד' עדי עד כי ביה ד' צור עולמים, ואיתא בש"ס (מנחות כט:) עוה"ז נברא בה' ועוה"ב נברא ביו"ד, וענין שעוה"ז נברא בה' רומז שאינו נגמר בעוה"ז שום דבר בשלימות הגמור, שהכל הוא באילנא דספיקא, כמו שהטוב אינו עדיין בתכלית השלימות כן הרע אינו בשלימות הגמור, כי אם היה נגמר בתכלית אז לא היה עוד להרע שום הויה. ועל זה נאמר (בראשית ב׳:ד׳) אלה תולדות השמים והארץ בהבראם וכמו שאיתא (שם) ובמדרש (רבה בראשית יב) בה' בראם, כי אות ה' מורה על זה שאינו מבורר עדיין שום דבר בתכליתה.:
"Au temps de trouver", c'est l'ensevelissement. Car l'ensevelissement aussi se rapporte à cette question: parfois il arrive qu'un homme accomplisse le commandement de tsedaka et donne au pauvre un don de sa main.
Si le pauvre emploie cette force selon la volonté du Saint, béni soit-Il, le commandement sera alors éprouvé, et "l'acte de la tsedaka sera paix". Mais s'il donne, que le Ciel préserve, à un pauvre qui n'en est pas digne, et que celui-ci emploie cette force au contraire de la volonté du Saint, béni soit-Il, il aidera ainsi ceux qui transgressent Sa volonté.
Cela est appelé "ensevelissement", car la chose est enfouie et cachée dans le voilement, et sa finalité n'est pas connue. Aussi, tout hassid priera le Saint, béni soit-Il, de l'aider dans l'accomplissement du commandement, afin qu'il rencontre un pauvre digne et puisse accomplir Ses commandements parfaitement.
Car, selon sa propre saisie, l'homme ne peut se clarifier lui-même en cela, puisque ce monde-ci est rempli de doute. Voir plus haut, paracha Lekh Lekha, paragraphe 24; plus bas, paracha Vayichlah, paragraphes 44-45; paracha Vayechev, paragraphe 4, comm.
"Sous le sage disciple"; Beit Yaakov ha-Kolel, paracha Vayichlah, comm. "Il campa".
De tout cela, l'homme peut comprendre que, même si une action douteuse lui échappe, que le Ciel préserve, et qu'elle ne se clarifie pas ensuite en bien, il ne désespérera pourtant pas, que le Ciel préserve. Il priera le Saint, béni soit-Il, qui a la force de l'aider à jamais à achever pour lui dans le bien.
Car il n'y a dans ce monde-ci ni achèvement ni perfection, que ce soit dans une bonne action ou dans son contraire. C'est ce qui est écrit: "Ayez confiance en ה' a jamais, car en Yah ה' est le Rocher des mondes" (Isaie 26,4).
Ce monde-ci a été créé par l'une des deux premières lettres du Nom Havaya (הוי"ה) (Mena'hot 29b), ce qui indique qu'il n'y a pas de perfection dans ce monde-ci. Il est expliqué dans Tiferet Yossef, traité Taanit 2a, comm.
"À partir de quand": il est écrit: "Ayez confiance en ה' a jamais, car en Yah ה' est le Rocher des mondes" (Isaie 26,4), et il est rapporté dans le Talmud (Mena'hot 29b): ce monde-ci fut créé par la lettre hé (ה') et le monde à venir par la lettre yod (יו"ד). Le fait que ce monde-ci ait été créé par le hé indique qu'aucune chose n'y parvient à l'achèvement parfait: tout est dans l'arbre du doute (אילנא דספיקא).
De même que le bien n'est pas encore à son sommet de perfection, de même le mal n'est pas dans une perfection complète; car s'il parvenait à son terme, le mal n'aurait plus aucune existence. Il est dit à ce sujet: "Telles sont les générations des cieux et de la terre lorsqu'ils furent créés" (Genèse 2,4), et comme il est rapporté là-bas et dans le Midrach Rabba (Bereshit 12): "Il les créa par le hé" (בה' בראם); car la lettre hé indique qu'aucune chose n'est encore clarifiée jusqu'à sa finalité.
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. אשת חיל מי ימצא ורחוק מפנינים מכרה.
בטח בה לב בעלה ושלל לא יחסר. גמלתהו טוב ולא רע וגו' דרשה צמר ופשתים ותעש בחפץ כפיה.
היתה כאניות סוחר ממרחק תביא לחמה. ותקם בעוד לילה ותתן טרף לביתה וחק לנערותיה.
זממה שדה ותקחהו מפרי כפיה נטעה כרם וגו' (משלי ל״א:ט״ו-ט״ז). בתנחומא (חיי) דרשו כל הפרשה הזה שמדבר בשרה, שאברהם אבינו היה מקונן עליה אשת חיל מי ימצא, בטח בה לב בעלה, אימתי בשעה שאמר לה אמרי נא אחותי את.
גמלתהו טוב ולא רע דרשה צמר ופשתים בין יצחק לישמעאל, שאמרה גרש האמה הזאת ואת בנה וכו'. הענין בזה, כי אשה מרמז על הכלי שמושך את הנפש לעוה"ז, והוא הגוף, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קכד:) ובתקוני הזהר (תיקון ע' קלד.) שהגוף נקרא אשה.
והוא מפני שהוא מקבל, וכענין דאיתא בזוה"ק (שמות ב.) איש וביתו באו מאן דמקבל מאחרא איהו ביתא דיליה. חיל, מורה על דבר שהוא בהתחזקות וכח גדול, וזה הכח נמצא בישראל, כי גדול המצווה ועושה ממי שאינו מצווה ועושה (קידושין לא.), הגם שאף מי שאינו מצווה ועושה מקבל שכר גמולו מהשי"ת, כמו שנאמר (שמואל א ב׳:ל׳) כי מכבדי אכבד, אכן מי שמצווה ועושה הוא בגודל התחזקות יותר:
Les années de la vie de Sarah furent cent ans, vingt ans et sept ans, les années de la vie de Sarah. "Une femme de valeur, qui la trouvera?
Sa valeur est bien au-delà des perles. Le cœur de son mari a confiance en elle, et le gain ne lui fera pas défaut.
Elle lui procure le bien et non le mal... Elle recherche laine et lin, et travaille de bon gré ses mains.
Elle est comme les navires du marchand: de loin elle apporte son pain. Elle se lève alors qu'il fait encore nuit, donne la nourriture à sa maison et la tâche à ses servantes.
Elle projette un champ et l'acquiert; du fruit de ses mains elle plante une vigne..." (Proverbes 31,10-16). Dans le Tan'houma (Haye Sarah), ils ont expliqué que tout ce passage parle de Sarah: notre père Abraham prononçait sur elle une lamentation: "Une femme de valeur, qui la trouvera?" "Le cœur de son mari a confiance en elle": quand?
Lorsqu'il lui dit: "Dis donc que tu es ma sœur". "Elle lui procure le bien et non le mal"; "elle recherche laine et lin": entre Its'hak et Ismaël, lorsqu'elle dit: "Chasse cette servante et son fils", etc.
Le sens est le suivant. La femme fait allusion au keli (recepient) qui attire l'âme vers ce monde-ci, c'est le corps.
Comme il est rapporté dans le Zohar (Haye Sarah 124b) et dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 70, 134a), le corps est appelé femme. C'est parce qu'il reçoit, selon ce qui est rapporté dans le Zohar (Shemot 2a): "Un homme et sa maison vinrent"; celui qui reçoit d'un autre est sa maison.
"Valeur" (חיל) indique une chose affermie et de grande force. Cette force se trouve en Israël, car "plus grand est celui qui est ordonné et agit que celui qui n'est pas ordonné et agit" (Kiddouchin 31a).
Bien que celui qui n'est pas ordonné et agit reçoive aussi la récompense de son acte du Saint, béni soit-Il, comme il est dit: "Car ceux qui M'honorent, Je les honorerai" (I Samuel 2,30), celui qui est ordonné et agit est toutefois dans une affirmation de force plus grande.
« Qui trouvera » : le Zohar le relie à « ce qui vous arrivera à la fin des jours ». Selon le Beit Yaakov, en ce monde-ci domine l'arbre du doute ; l'être d'Israël vient de ce que le Nom les a choisis pour Sa part, même sans connaissance. Les pères marchaient « devant » et élargissaient une petite ouverture du Nom ; dans ces générations les actes sont sans connaissance, comme dans le sommeil. La perfection est de reconnaître n'avoir rien de soi-même : il rapporte de son père que s'imaginer une force empêche d'être un char de la Présence. Qui s'annule sans tirer force même de son service peut justifier toute la création ; le Nom clarifiera qu'Israël agissait comme des commandés.
Aussi : omettre une mitsva ne se complète jamais par les autres ; « Dis donc que tu es ma sœur » prie la sainteté héréditaire quand la connaissance manque ; le butin des doutes et la guevoura prise à Avimelekh
מי ימצא. היינו כדאיתא בזוה"ק (תזריע מב:) מי ימצא כד"א אשר ימצא אתכם באחרית הימים.
והוא, כי בעוה"ז שולט אילנא דספיקא, והויית ישראל וקיומם בדורות הללו הוא מאתר עלאה, ממה שהשי"ת בחר אותם לחלקו וגורלו אף בלי דעת, כי אבותינו הקדושים אף שהיו להם נסיונות ובירורים גדולים כמו מצות מילה ונסיון העקידה, אמנם הם היו בבחינת לפני כדכתיב בהו (ויחי מח) הא-להים אשר התהלכו אבותי לפניו, שהיה להם בהירות הדעתמטכמבואר במי השלוח ח"א פרשת ויחי ד"ה ויאמר: היינו שיעקב אבינו היה מקטין עצמו נגד אבותיו אברהם ויצחק, ואמר כי להם היה חכמה ובינה גדולה מאד עד כי הרחיבו את רצון הש"י מעצמם, ואף אם פתח להם הש"י פתח קטן, היו מרחיבים ומתפשטים אותו בחכמתם כדי לעשות רצון בוראם, והבינו אף בדבר שלא האיר להם הש"י מפורש, וזה פי' אשר התהלכו היינו שהיו הולכים בכחם.
וכן מבואר לקמן פ' ויחי אות מד.. ובדורות הללו נתמעטה הדעת, ופעולות אדם הם בלא דעת, כדוגמת פעולת אדם בשעה שהוא ישן שאין בו אז שום דעת להבין מצדו מה פעל עשה.
וכענין שקרה לאאע"ה שיצא הגה מפיו ואמר (לך טו) במה אדע כי אירשנה, שזה נראה כמו שרצה שיהיה לו בטוחות בידו וברשותו, וזה אינו מבורר, כי עיקר השלימות הוא במה שיש לאדם הכרה מפורשת דלית ליה מגרמיה כלום, רק השי"ת הוא הנותן בו כח לעשות חיל, אבל מה שנראה לאדם שיש לו בידו זאת, ע"ז נאמר (תהילים צ״ד:כ׳) היחברך כסא הוות, שהכסא שנראה לה שיש לה הויה בפני עצמה לא תחובר להשי"תנמבואר בהרבה מקומות בספרי רבוה"ק ועיין סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת וירא ד"ה ולזה: כי מי שיוכל לדמות בנפשו שיש לו כח פעולה, זה אינו יכול להיות מרכבה לשכינה, וכמו שנאמר (תהילים צ״ד:כ׳) היחברך כסא הוות.
וביאר בזה כבוד אאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה כי מי שידמה לו שיש לו רכוש והון וכח פעולה, זה אינו יכול להיות כסא ומרכבה להקב"ה, כי לישא עליו כבוד שמים צריך להתבטל לפני הקב"ה במציאות ממש, זה נושא עליו כבוד שמים. ועיין עוד שם פר' יתרו ד"ה וכמו, לעיל פ' נח אות יט, לקמן פ' ויצא אות מו, פ' ויגש אות א ד"ה ולזה, פ' ויחי אות ב ד"ה וזהו, בית יעקב שמות פר' כי תשא אות כ"א, בית יעקב הכולל פר' תצוה ד"ה ואתה [א], תפארת החנוכי על זהר פ' שמיני (לח.) ד"ה ענין, תפארת יוסף פ' וילך ד"ה שובה [א], חג השבועות ד"ה בשעה [ב]..
רק עיקר השלימות הוא במה שיש לאדם הכרה שאין לו מצד עצמו כלל, וכדאיתא בש"ס (ברכות ד.) למה נקוד על לולא, אמר דוד לפני הקב"ה, רבש"ע מובטח אני בך שאתה משלם שכר טוב לצדיקים לעתיד לבא, אבל איני יודע אם יש לי חלק ביניהם אם לאו, שראה דהמע"ה מפורש שאין לו כלום בידו רק כפי שיחפוץ השי"ת כן יקוםנאמקורו במי השלוח ח"ב פרשת וישב ד"ה ויהי בעת, עיין שם כל העניין. והוסבר בתפארת יוסף הושענא רבה ד"ה אמר אייבו:
מדתו {של דוד המלך} היה לבטל עצמו לגמרי להשי"ת שלא יקבל תקיפות משום עבודה, ורק להכיר היטב שאין שום כח בלעדי השי"ת, ואפילו כחות העבודה ג"כ הוא מן השי"ת. ובמקום שאדם הולך בעבודה כזאת, שמבטל עצמו לגמרי להשי"ת, ואינו נוטל לעצמו שום כח אפילו מעבודתו, שם הוא יכול להעלות כל הבריאה לנוכח השי"ת פנים בפנים.
והוא, כי מאחר שמכיר שכל כח העבודה הוא מן השי"ת, ממילא מי שלא עבד כל כך, הוא מחמת שהשי"ת לא נתן לו כח זה, ואילו היה נותן לו השי"ת כח, מסתמא היה עובד, וממילא יכול לתרץ את כל הבריאה ולהעמידה לנוכח השי"ת. ועיין עוד הרחבת הדברים בסוד ישרים הושענא רבה אות ו, ט, י, יג ד"ה אמנם, יד, יז, יט..
וזה הוא, אשר ימצא אתכם באחרית הימים (ויחי מח), שהשי"ת בוחן את ישראל במעמקי הלב עד הטיפה האחרונה, ויברר אותם לעתיד, שכל פעולותיהם שפעלו היו מצווים ועושים, לכן בחר בהם השי"ת לגורלו וחלקונבכמבואר בתפארת יוסף מסכת ברכות (ב.) ד"ה אמר מר: ביאר כבוד אזמו"ר זללה"ה, אשר לעתיד יראה השי"ת מפורש לעיני כל, אשר האומה הישראלית המה שייכים לחלקו של הקב"ה ממש.
כי בעוה"ז הוא בהעלם גדול, ובעוה"ז צריך האדם לברר עצמו מצידו איך הוא שייך לחלקו של הקב"ה. שאני לעתיד, יראה השי"ת מפורש כי המה היו דבוקים תמיד בהשי"ת ובכל פעולתן כוונו לרצון השי"ת, כעין דכתיב (זכריה י׳:ו׳) והיו כאשר לא זנחתים..
ואף שגם באומות נמצא איזה מצות שהם מצווים ועושים, אכן לא כבני ישראל המה, כי ישראל עשו כל פעולותיהם כמצות השי"ת עליהם, והיה להם הכרה מפורשת שאין להם שום כח בפני עצמם:
Qui trouvera. C'est comme il est rapporté dans le saint Zohar (Tazria 42b): 'Qui trouvera', comme il est dit: 'ce qui vous arrivera à la fin des jours' (Berechit 49,1).
Car, en ce monde-ci, domine l'arbre du doute; l'être et la subsistance d'Israël dans ces générations viennent du lieu supérieur, de ce que le Nom les a choisis pour Sa part et Son lot, même sans connaissance. Nos saints pères, bien qu'ils aient connu de grands épreuves et discernements, tels que la mitsva de la circoncision et l'épreuve de la ligature, étaient néanmoins dans la catégorie de 'devant', comme il est écrit à leur sujet: 'le D.ieu devant qui mes pères ont marché' (Berechit 48,15): ils possédaient la clarté de l'esprit.
Ainsi est expliqué dans Mei haShiloah, première partie, paracha Vayechi, au début de 'Et il dit': notre père Yaakov se rapetissait devant ses pères Abraham et Yits'hak et disait qu'ils avaient une très grande sagesse et intelligence, au point qu'ils élargissaient eux-mêmes la volonté du Nom. Même si le Nom ne leur ouvrait qu'une petite ouverture, ils l'élargissaient et la déployaient par leur sagesse afin d'accomplir la volonté de leur Créateur; ils comprenaient même ce que le Nom ne leur avait pas explicitement éclairé.
Tel est le sens de 'devant qui ils ont marché': ils avançaient par leur propre force. Cela est également expliqué plus loin, paracha Vayechi, section 44.
Mais dans ces générations la connaissance a diminué, et les actes de l'homme sont sans connaissance, pareils à l'acte d'un homme pendant son sommeil, lorsqu'il n'a aucune connaissance pour comprendre de son côté quelle action il accomplit. C'est ainsi que, chez Abraham notre père, que la paix soit sur lui, une parole sortit de sa bouche: 'Comment saurai-je que je l'hériterai?' (Berechit 15,8).
Cela semble indiquer qu'il désirait avoir des garanties entre ses mains et sous son pouvoir; or cela n'est pas éclairci. Car la perfection essentielle est que l'homme reconnaisse explicitement qu'il ne possède rien de lui-même, mais que seul le Nom lui donne la force d'acquérir des biens.
Cependant, ce qui semble à l'homme être entre ses mains, à son sujet il est dit: 'Le trône de ruine serait-il associé à Toi?' (Tehilim 94,20): le trône qui croit avoir une existence propre ne peut s'unir au Nom. Cela est expliqué en maints endroits des livres de nos saints maîtres; voir Sod Yesharim sur la Torah, d'après un manuscrit autographe, paracha Vayera, au début de 'Et c'est pourquoi': celui qui peut s'imaginer avoir une force d'action ne peut devenir un char de la Présence divine, ainsi qu'il est dit: 'Le trône de ruine serait-il associé à Toi?' Le glorieux, mon père et maître, le saint gaon, de bénie mémoire dans la vie du monde à venir, expliquait: celui qui s'imagine posséder biens, fortune et force d'action ne peut être un trône et un char pour le Saint, béni soit-Il.
Pour porter sur lui la gloire des Cieux, il faut s'annuler devant le Saint, béni soit-Il, dans son existence même; celui-là porte sur lui la gloire des Cieux. Voir encore là-bas, paracha Yitro, au début de 'Et de même'; plus haut, paracha Noa'h, section 19; plus loin, Vayetse, section 46; Vayigach, section 1, au début de 'Et c'est pourquoi'; Vayechi, section 2, au début de 'Et ceci'; Beth Yaakov, Chemot, Ki Tissa, section 21; Beth Yaakov haKolel, Tetsave, au début de 'Et toi' [1]; Tiferet haHinoukhi sur le Zohar, Chemmini (38a), au début de 'La question'; Tiferet Yosef, Vayelekh, au début de 'Reviens' [1]; Chavouot, au début de 'À l'heure' [2].
La perfection essentielle est donc que l'homme reconnaisse n'avoir absolument rien de lui-même. Ainsi est-il rapporté dans le Talmud (Berakhot 4a): pourquoi y a-t-il des points au-dessus de 'si ce n'est'?
David dit devant le Saint, béni soit-Il: 'Maître du monde, j'ai confiance en Toi, Tu donneras une bonne récompense aux justes dans le monde à venir; mais je ne sais pas si j'aurai part parmi eux ou non.' Le roi David voyait clairement qu'il n'avait rien en main, et que seul se réalisait ce que le Nom désirait. La source se trouve dans Mei haShiloah, deuxième partie, paracha Vayechi, au début de 'Et il advint à ce temps-là'; voir tout le passage.
Tiferet Yosef, Hoshaana Rabba, au début de 'Rabbi Eivo dit', l'explique ainsi: la mesure du roi David était de s'annuler entièrement devant le Nom, afin de ne tirer aucune force de son service, mais seulement de reconnaître pleinement qu'il n'existe aucune force en dehors du Nom, et que les forces mêmes du service viennent aussi du Nom. Là où l'homme sert ainsi, en s'annulant entièrement devant le Nom et sans prendre pour lui aucune force, même de son service, il peut élever toute la création devant le Nom, face à face.
Car dès lors qu'il reconnaît que toute force du service vient du Nom, il s'ensuit que celui qui n'a pas tant servi, c'est parce que le Nom ne lui a pas donné cette force; et si le Nom lui avait donné cette force, il aurait sans doute servi. Il peut donc justifier toute la création et la placer devant le Nom.
Voir encore l'élargissement de ces paroles dans Sod Yesharim, Hoshaana Rabba, sections 6, 9, 10, 13 au début de 'Cependant', 14, 17 et 19. Tel est: 'ce qui vous arrivera à la fin des jours' (Berechit 49,1): le Nom éprouve Israël dans les profondeurs du cœur, jusqu'à la dernière goutte, et les clarifiera dans l'avenir: toutes leurs actions étaient celles de personnes commandées qui agissaient.
C'est pourquoi le Nom les a choisis pour Son lot et Sa part. Ainsi est expliqué dans Tiferet Yosef, traité Berakhot (2a), au début de 'Le maître dit': mon grand-père et maître, de bénie mémoire dans la vie du monde à venir, expliquait que, dans l'avenir, le Nom montrera clairement aux yeux de tous que la nation israélite appartient réellement à la part du Saint, béni soit-Il.
En ce monde-ci cela est très caché, et en ce monde-ci l'homme doit discerner de son propre côté comment il appartient à la part du Saint, béni soit-Il. Dans l'avenir, au contraire, le Nom montrera clairement qu'ils étaient toujours attachés au Nom et que, dans toutes leurs actions, ils visaient la volonté du Nom, comme il est écrit: 'ils seront comme si Je ne les avais pas rejetés' (Zekharia 10,6).
Même si l'on trouve aussi parmi les nations quelques mitsvot qu'elles accomplissent parce qu'elles y sont commandées, elles ne sont pas comme les enfants d'Israël: Israël accomplissait toutes ses actions comme des mitsvot que le Nom leur avait ordonnées, et ils reconnaissaient explicitement qu'ils ne possédaient aucune force propre.
ורחוק מפנינים מכרה. איתא בזוה"ק (תזריע מב:) מכרה מקחה מבעי ליה, אלא לכל אינון דלא אתדבקן בה בשלימו ולא שלמין בהדה היא מכרה לון ואסגרא לון בידא דעממין אחרנין וכו' וכדין כלהו רחיקין מאלין.
פנינים עלאין קדישין דלא יהא לו חולקא בהו הה"ד ורחוק מפנינים מכרה. והענין בזה, שאם יחסיר האדם ח"ו אחת ממצות השי"ת, אל יאמר שישלים החסרון בעשותו שאר מצות, לא כן, כי כל ימי חייו לא יגיע עוד להשלים זאת רק יהיה חסר ממנה לעולם:
'Et son prix est plus éloigné que les perles.' Il est rapporté dans le saint Zohar (Tazria 42b): il aurait fallu dire 'son acquisition', pourquoi 'son prix'? Mais pour tous ceux qui ne s'attachent pas à elle dans la perfection et ne sont pas entiers avec elle, elle les vend et les livre entre les mains d'autres peuples, etc.
Alors tous sont éloignés de ces perles supérieures et saintes, afin de ne pas y avoir de part; ainsi est-il écrit: 'Et son prix est plus éloigné que les perles.' Le sens est que si, à D.ieu ne plaise, l'homme omet une des mitsvot du Nom, il ne doit pas dire qu'il comblera ce manque en accomplissant les autres mitsvot. Il n'en est pas ainsi: tous les jours de sa vie, il ne parviendra plus à le compléter et en restera déficient pour toujours.
בטח בה לב בעלה. אימתי בשעה שאמר אמרי נא אחותי את.
הענין בזה, דהנה עסק אברהם אבינו ע"ה היה לברר את עצמו תמיד מצדו, שזה הוא בבחינת אשה יראת ה', כמו שקנין קורבה מאשה לאיש באה ע"י קנין האדם, ואם ירצה יוכל להפרד מזו הקורבה, וכן הוא הקדושה הבאה לאדם מקניניו יוכל גם להפסידה ח"ו, וכאשר ירד אברהם מצרימה ששם ההסתר מתגבר מאד, עד שלא יספיק לאדם זו הקדושה שבירר את עצמו בדעת וחשבון, מפני ששם נטרד דעת האדם, לזה אמר לשרה, אמרי נא אחותי את, ואמרו על זה בזוה"ק (לך פא:) כמד"א אמור לחכמה אחותי את, והוא תפלה שהתפלל להשי"ת שיהיה לו סייעתא מקדושת התולדה מאהבת השי"ת לישראל בשורש, שזו הקדושה הוא בבחינת קרובת אחות שאי אפשר לאדם להפרד מזו הקורבה. ובמקום שאין בכח דעת אדם לברר את עצמו מצדו אזי מאיר לו השי"ת הקדושה שיש בו מהתולדה, וכענין דכתיב (האזינו לב) אביך קנך, אביך מורה על הקדושה שהשי"ת נותן באדם מתולדה.
קנך מורה על הקדושה שאדם קונה מפעולותיונגעיין מי השלוח ח"ב פרשת קדושים ד"ה ואיש כי יקח: שלא יאמר האדם מאחר שהשי"ת אוהב אותי בשרשי אוכל לעשות כחפץ לבי, אך זה האהבה הוא דוגמת אהבת אח ואחות המושרשים באהבת התולדה בלי השתדלותם, והשי"ת רוצה שהאדם על ידי השתדלותו ופעולותיו יאהבנו השי"ת, ואם תאמר והלא התחלת הבריאה לא היה מצד פעולות אדם והתעוררות מצדו, רק השי"ת בחסדו ובטובו ברא את העולם כי חפץ חסד הוא, כמו שכתיב זכר רחמיך ה' וחסדיך כי מעולם המה (תהלים כה) שהשי"ת חפץ בחסדו בלי פעולות אדם כמו שהיה בריאת העולם, אכן זה היה רק בהתחלת הבריאה שכתיב עולם חסד יבנה, אבל אחר בריאת עולם רוצה השי"ת שרק ע"י עבודה וברורים יבחר בישראל.
ועיין עוד לעיל פרשת לך אות כו, פ' וירא אות לח, פ' תולדות אות כח.:
'Le cœur de son mari a confiance en elle.' Quand? Lorsqu'il dit: 'Dis donc que tu es ma sœur.' Le sens est le suivant.
L'occupation d'Abraham notre père, que la paix soit sur lui, était de se discerner toujours de son propre côté. Cela correspond à la catégorie de la femme qui craint le Nom: de même que l'acquisition de la proximité de la femme à l'homme vient de l'acquisition de l'homme, et que, s'il le veut, il peut se séparer de cette proximité, de même la sainteté qui vient à l'homme de ses acquisitions peut aussi, à D.ieu ne plaise, être perdue.
Lorsque Abraham descendit en Égypte, où le voilement devient très puissant, cette sainteté que l'homme a discern ee par connaissance et examen ne lui suffit pas, car la connaissance de l'homme y est troublée. Il dit donc à Sarah: 'Dis donc que tu es ma sœur.' Le saint Zohar (Lekh Lekha 81a) dit à ce propos: comme il est dit, 'Dis à la sagesse: tu es ma sœur' (Michlei 7,4).
C'était une prière qu'il adressait au Nom, afin d'avoir une assistance provenant de la sainteté héréditaire, de l'amour du Nom pour Israël à sa racine. Cette sainteté est de la catégorie de la proximité du frère et de la sœur, proximité dont l'homme ne peut se séparer.
Là où la connaissance de l'homme n'a pas la force de se discerner de son propre côté, le Nom lui fait luire la sainteté qu'il possède par hérédité, selon ce qui est écrit: 'Ton père t'a acquis' (Devarim 32,6). 'Ton père' désigne la sainteté que le Nom donne à l'homme par hérédité; 't'a acquis' désigne la sainteté que l'homme acquiert par ses actions. Voir Mei haShiloah, deuxième partie, paracha Kedochim, au début de 'Et un homme qui prendra': l'homme ne doit pas dire: puisque le Nom m'aime à ma racine, je puis faire ce que désire mon cœur.
Car cet amour ressemble à l'amour du frère et de la sœur, enraciné dans l'amour héréditaire sans leurs efforts. Or le Nom veut que, par ses efforts et ses actions, l'homme soit aimé du Nom.
Et si tu dis: le commencement de la création ne procédait-il pas des actions de l'homme et de son éveil, mais le Nom, par Sa grâce et Sa bonté, créa le monde parce qu'Il désire la bont é, comme il est écrit: 'Souviens-Toi de Tes miséricordes, Nom, et de Tes bontés, car elles sont de toujours' (Tehilim 25,6), c'est-à-dire que le Nom désire Sa bonté sans les actions de l'homme, comme lors de la création du monde? Cela ne fut toutefois qu'au commencement de la création, ainsi qu'il est écrit: 'Le monde sera bâti par bont é' (Tehilim 89,3); mais après la création du monde, le Nom veut ne choisir Israël que par le service et les discernements.
Voir encore plus haut, paracha Lekh Lekha, section 26; Vayera, section 38; Toledot, section 28.
ושלל לא יחסר. שלל מורה על דבר שנקבץ מזולתו, היינו כל הספיקות והטרדות שאדם נכנס בהם בהכרח, ומדבר באאע"ה שירד למצרים, יסוד הטרדות והספיקות, שזה היה שלא לרצון לו, מפני שמצדו היה חפץ לעבוד את השי"ת בבהירות הדעת, ולא כן במצרים ששם לא יספיק זו העבודה.
ע"ז נאמר ושלל לא יחסר, שבדברי תורה יש לאדם מבטח עוז וגודל תקיפות עד אין שיעור, שאף אם לא הספיק לו קדושת קניניו, אכן ביקש מהשי"ת שיסייע לו בהקדושה שיש לו מהשורש. וכן מדבר הכתוב הזה באבימלך בשעה שלקח את שרה, אז נתרבה שללו של אאע"ה, כי כן הוא דרך הסטרא דקדושה, שאם תלקח למקום אחר מלקטת משם כל הטובותנדמקורו במי השלוח ח"א פרשת וירא ד"ה כי עצר:
אבימלך רצה לגזול מאברהם שתחת ידו, והיה המשפט מדה כנגד מדה, ואצל הפלישתים הוא כח הגבורה שבעולם ולכן שמשון הגבור היה תמיד מתלחם עמהם, ולכן כח הגבורה הלזה ניתן לאברהם. ועיין עוד בדובר צדק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע דף צב.
ד"ה והנה: ע"ד ששמעתי על מאבימלך נתעברה שרה, כי מאין לקח אברהם גבורה להוליד בן, רק ע"י עצירה דאבימלך, באותה שעה שניטל כח מאבימלך ניתן לו.
דלפעמים כך היא המדה והמשפט, שאי אפשר להשפיע לזה רק כשיקחו מאחר. ואברהם אבינו לקח רוח חכמה ובינה מפרעה, ורוח עצה וגבורה מאבימלך, רק שאצלו היה ברוח דעת ויראת ה' והוליד יצחק.
ועיין עוד בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות רמט, פוקד עקרים למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות ב ד"ה ואברהם., וסימן לדבר ארון הקודש בשעה שנשבה בין הפלשתים, וכדאיתא בזוה"ק (משפטים צה:) וסימנא לדא ארונא קדישא דאתעשק גו פלשתים ושליטו ביה לרע לון:
'Et le butin ne lui manquera pas.' Le butin désigne une chose rassemblée chez autrui, c'est-à-dire tous les doutes et troubles dans lesquels l'homme entre nécessairement. Il est question d'Abraham notre père, que la paix soit sur lui, qui descendit en Égypte, fondement des troubles et des doutes.
Cela ne lui était pas agréable, car il désirait, de son propre côté, servir le Nom dans la clarté de l'esprit; mais il n'en était pas ainsi en Égypte, où ce service ne suffit pas. À ce sujet il est dit: 'Et le butin ne lui manquera pas.' Dans les paroles de Torah, l'homme a une confiance puissante et une très grande fermeté sans mesure.
Même lorsque la sainteté de ses acquisitions ne lui suffisait pas, il demanda au Nom de l'assister par la sainteté qu'il possédait à la racine. Ce verset traite également d'Avimelekh lorsqu'il prit Sarah: alors le butin d'Abraham notre père s'accrut.
Car telle est la voie du côté de la sainteté (sitra de-kedoucha): si elle est prise dans un autre lieu, elle y recueille tous les biens. La source est Mei haShiloah, première partie, paracha Vayera, au début de 'Car Il avait fermé': Avimelekh voulait ravir à Abraham ce qui était sous sa main, et le jugement fut mesuré pour mesure.
Chez les Philistins réside la force de guevoura (puissance) dans le monde, et c'est pourquoi Samson le vaillant les combattait toujours; cette force de guevoura fut donc donnée à Abraham. Voir encore Dober Tsedek de notre maître Rabbi Tsadok haCohen, que son mérite nous protège, page 92, au début de 'Et voici': selon ce que j'ai entendu, Sarah conçut d'Avimelekh.
D'où Abraham prit-il la guevoura pour engendrer un fils? Ce ne fut que par la fermeture subie par Avimelekh: au moment où la force fut retirée à Avimelekh, elle lui fut donnée.
Car parfois telle est la mesure et le jugement: on ne peut donner à celui-ci qu'en prenant à un autre. Abraham notre père prit à Pharaon l'esprit de sagesse et d'intelligence, et à Avimelekh l'esprit de conseil et de guevoura; mais chez lui ils étaient dans l'esprit de connaissance et de crainte du Nom, et il engendra Yits'hak.
Voir encore Tsidkat haTsadik de notre maître Rabbi Tsadok haCohen, que son mérite nous protège, section 249; Poked Akarim du même maître, section 2, au début de 'Et Abraham'. Le signe en est l'Arche sainte lorsqu'elle fut capturée parmi les Philistins, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Michpatim 95b): 'Et voici le signe: l'Arche sainte, qui fut opprimée parmi les Philistins, et ils dominèrent sur elle pour leur malheur.'
גמלתהו טוב ולא רע. גמלתהו טוב היינו מדות טובות שמוטבעים באדם מהתולדה, היה מרחיב ומגדיל אותם, וע"ז מורה אות ג' שהוא פסיעה לבר כדאיתא בזוה"ק.
אבל לא רע, כי הרע שנמצא באדם היה מעמיק ומדחה ולא נתן מקום להתפשט:
'Elle lui a fait du bien et non du mal.' 'Elle lui a fait du bien' désigne les bonnes qualités imprimées dans l'homme par hérédité: il les élargissait et les agrandissait. La lettre gimel l'indique, car elle fait un pas vers l'extérieur, comme il est rapporté dans le saint Zohar.
Mais 'non du mal': le mal qui se trouvait en l'homme, il l'approfondissait et le repoussait, sans lui laisser de place pour se déployer.
דרשה צמר ופשתים. שהיתה מבדלת בין צמר לפשתים, בין יצחק לישמעאל, במה שאמרה גרש האמה הזאת ואת בנה.
צמר מרמז על ישראל שמצמצמים את עצמם בעוה"ז שלא לקבל טובה בשלימות, רק הפירות ולא עיקר הקרן, וכמו שהזהיר שלמה המלך ע"ה (משלי כ״ז:כ״ו-כ״ז) כבשים ללבושך ומחיר שדה עתודים ודי חלב עזים ללחמך ללחם ביתך וחיים לנערותיך. היינו שלא להחזיק בטובה, רק מה שמוכרח להחזיק על ידה כח החיים בעוה"ז.
כי צמר הוא רק לבוש, גם חלב אינו עיקר הקרן, כי עיקר הקרן מניחים ישראל לעצמם לעתיד. ופשתים מורה על גוף הקרן שמכחיש בגוף הקרקע, כדאיתא בש"ס (ב"מ קט.) המקבל שדה מחבירו לשנים מועטות לא יזרענהמבואר במי השלוח ח"א מגילת רות (ב) ד"ה עיניך:
עיניך בשדה היינו שתוכל להתפשט, אשר יקצרון שבטח תגמור לטוב וכו'. וע"ז נאמר עיניך בשדה אשר יקצורון, היינו בזמן קצירה מותר להתפשט אחרי עיניו, כי שדה רומז על התפשטות הרצונות, ולכן נאמר בעשו (בראשית כה, כז) איש שדה שהלך אחר לבו בכל חפצו.
אבל בעוד שאין לב האדם מזוכך אסור להתפשט, ובעת שלב האדם מזוכך נקרא שדה אשר ברכו ה'. פשתים מפני שפשתן מכחיש גוף הקרקע לשבע שנים.
וזה הוא דאיתא בזוה"ק (קדושים פז.) ובלקוטי תורה מהאר"י הק' (ספר הלקוטים פרשת בראשית עניין קין והבל) ובתנחומא (בראשית ט) שהקרבן שהקריב קין היה זרע פשתן, מפני שהיה רוצה לקבל כל הטובות בעוה"ז, כענין שנאמר (ואתחנן ז) ומשלם לשונאיו אל פניו להאבידו. והבל הקריב צמר ולא פשתים, שקיבל רק הפירות והקרן הניח לעתיד, כענין שנאמר בישראל (שם) שומר הברית והחסד לאוהביו ולשומרי מצותיו וגו' לאלף דור:
'Elle a recherché la laine et le lin.' Elle séparait la laine du lin, Yits'hak d'Yichmael, lorsqu'elle dit: 'Chasse cette servante et son fils' (Berechit 21,10). La laine fait allusion à Israël, qui se restreint en ce monde-ci afin de ne pas recevoir pleinement le bien, mais seulement les fruits et non le capital lui-même.
Ainsi le roi Salomon, que la paix soit sur lui, a averti: 'Des agneaux pour ton vêtement, et le prix des boucs pour le champ; assez de lait de chèvres pour ta nourriture, pour la nourriture de ta maison et pour la vie de tes servantes' (Michlei 27,26-27). Cela signifie qu'il ne faut pas retenir le bien, mais seulement ce qui est nécessaire pour maintenir par lui la force de vivre en ce monde-ci.
Car la laine n'est qu'un vêtement, et le lait non plus n'est pas le capital lui-même: le capital, Israël le réserve pour lui dans l'avenir. Le lin désigne le corps même du capital, car il épuise le corps de la terre, comme il est rapporté dans le Talmud (Bava Metsia 109a): celui qui prend le champ de son prochain pour peu d'années ne le sèmera pas.
Mei haShiloah, première partie, Meguilat Ruth (2), au début de 'Tes yeux', explique: 'Tes yeux sont dans le champ' signifie que tu pourras te déployer; 'qu'ils moissonneront', que tu parviendras sûrement au bien, etc. À ce sujet il est dit: 'Tes yeux seront dans le champ qu'ils moissonneront' (Ruth 2,9): au temps de la moisson, il est permis de se déployer selon ses yeux, car le champ fait allusion au déploiement des désirs.
C'est pourquoi il est dit d'Essav: 'un homme de champ' (Berechit 25,27), qui allait selon son cœur dans tout ce qu'il désirait. Mais tant que le cœur de l'homme n'est pas purifié, il lui est interdit de se déployer; lorsque son cœur est purifié, il est appelé 'un champ que le Nom a béni'.
Le lin, parce qu'il épuise le corps de la terre pour sept ans. C'est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Kedochim 87a), dans Likoutei Torah du saint Ari, Livre des recueils, paracha Berechit, sujet de Caïn et Hevel, et dans Tan'houma (Berechit 9): l'offrande de Caïn était de la graine de lin, parce qu'il voulait recevoir tous les biens en ce monde-ci, selon ce qui est dit: 'Il paie Ses ennemis devant lui pour le faire périr' (Devarim 7,10).
Hevel, lui, offrit de la laine et non du lin: il ne reçut que les fruits et laissa le capital pour l'avenir, selon ce qui est dit d'Israël: 'gardant l'alliance et la bonté pour ceux qui L'aiment et gardent Ses mitsvot... jusqu'à mille générations' (Devarim 7,9).
ותעש בחפץ כפיה. היינו שעשתה כל הענינים בחשק ובזריזות לא בעצבות:
'Et elle agit selon le désir de ses paumes.' C'est-à-dire qu'elle accomplissait toutes les choses avec désir et promptitude, non dans la tristesse.
היתה כאניות סוחר ממרחק תביא לחמה. ממרחק היינו מאתר דלא אתיידע:
'Elle était comme les navires marchands: de loin elle apporte son pain.' 'De loin' signifie: du lieu qui n'est pas connu (atar delà ityada).
ותקם בעוד לילה ותתן טרף לביתה וחק לנערותיה. היינו שאף ממקום הנראה כחשך ולילה, אף משם קנתה ליתן טרף לביתה וחק לנערותיה, כענין שנאמר (תהילים קי״ח:כ״ב) אבן מאסו הבונים היתה לראש פנה:
'Elle se lève alors qu'il fait encore nuit, et donne la nourriture à sa maison et la part assignée à ses servantes.' C'est-à-dire que même du lieu qui paraît ténèbres et nuit, elle acquérait de quoi donner la nourriture à sa maison et la part assignée à ses servantes, selon ce qui est dit: 'La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire' (Tehilim 118,22).
« Elle a projeté un champ et l'a acquis » (Proverbes 31,16) : le champ indique l'expansion. Pour le Beit Yaakov, les Israélites se restreignent pour l'honneur du Ciel afin d'avoir ensuite une force de sainteté pour répandre le bien, à l'image d'Avraham qui ordonne à sa maison de garder la voie de Hachem. La volonté du Saint, béni soit-Il, est de faire du bien à Ses créatures : « il vivra par eux », et tel est le secret de Chabbat, le Nom du Saint, béni soit-Il. Sarah meurt après la ligature, car même sa lumière environnante se retire ; Its'hak vit par « Ne porte pas la main sur le jeune homme », lumière fixée en lui et en sa descendance.
Aussi : achat de Ma'hpéla, possession selon la pensée, vav retranché à Éphron ; Sarah femme de valeur et confiance d'Avraham (« tu es ma sœur ») ; éloge de Sarah, cessation du service, Messie fils de Yossef et mauvais penchant
זממה שדה ותקחהו מפרי כפיה נטעה כרם. שדה מורה על התפשטות, והוא שישראל מצמצמים את עצמם לכבוד שמים, ועיקר מחשבתם וזממם הוא שיהיה בהם אח"ז כח קדושה להתפשט הטובהנה, וכענין דכתיב באאע"ה (וירא יח) כי ידעתיו למען אשר יצוה את בניו ואת ביתו אחריו ושמרו דרך ה' וגו' למען הביא ה' על אברהם וגו' כי זה הוא באמת רצון השי"ת להיטיב לבריותיו, ואף במצות השי"ת הוא וחי בהם ולא שימות בהם, וזה הוא ברזא דשבת שמא דקב"הנוכדאיתא בזוהר הקדוש (יתרו פח:):
מהו שבת, שמא דקודשא בריך הוא וכו'., שהוא שבת ומנוחה, להחיות ולהיטיב לבריותיו. ולזה מתה שרה אחר העקידה, והוא כענין דאיתא בש"ס (נדה לא.) שלשה שותפין יש באדם הקב"ה ואביו ואמו.
אמו רוצה שלא יהיה לבן כל כך צמצומים, אך שאף בעוה"ז יטעימו אותו מפרי מעשיו. ואביו הוא בהסכם שאף אם לא יטעימו אותו בימי עלומיו רק בסוף ימיו.
והשי"ת משגיח לעיקר הטובה שישאר לו לעולם שכולו ארוך. אכן אם הטובה מעוה"ז לא תתנגד לטובת העתיד, אזי חפץ גם השי"ת להשפיע לאדם טובה אף גם בעוה"ז, וכדאיתא בזוה"ק (יתרו פב:) בגין דמאריה בעא לאוטבא ליה בעלמא דין ובעלמא דאתי ויתיר בעלמא דאתי וכו'.
ואור אימא נקרא אור פנימי, ואור אבא נקרא אור מקיף, נגד אור אימאנזכמבואר בחינה זו בעץ החיים שער ו – שער עקודים פרק ה בסוף הפרק במהדורא קמא ד"ה והנה באדם עיי"ש.. ואור השי"ת הוא אור מקיף, עד שאף אור אבא הוא לעומת זה האור רק אור פנימי, ועיקר חיות האדם בעוה"ז הוא מאור פנימי מהטובה שאדם מרגיש בה.
אמנם לפעמים יוכל אדם להתקיים אף מאור מקיף שסוכך עליו כצל על ראשו, כמו שמצינו ביצחק אבינו ע"ה בשעה שהעלה אותו אאע"ה על העקדה שאז נסתלק ממנו כל האור פנימי שלו ושל אברהם אביו, רק כל החיים שהיה להם אח"ז היה, ממאמר השי"ת, אל תשלח ידך אל הנערנחעיין בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קכא: בעת שנאמר המאמר אל תשלח ידך, אז נתגלה האור העליון ממקום שהוא למעלה מכל גבולים, ונשאר אור הזה קבוע ביצחק ובזרעו, שבאמת הוא עולה תמימה, אחר שהוסכם בדעתו ובדעת אברהם אבינו שיקרב עולה, וכל חייו הוא מהמאמר שנאמר לו אל תשלח ידך אל הנער, ומזה נקבע בזרעו שיהיו מוכנים לקבל אור הזה בכל זמן שיצרך להם.
וכן מבואר בסוד ישרים ראש השנה אות עז: במעשה העקידה, מסר אברהם אבינו ע"ה מצדו לגמרי את יצחק לרצונו ית'.
וכל החיים שהיה נשאר ליצחק אחר העקדה, היה רק מזה המאמר ית' שאמר, אל תשלח ידך אל הנער. נמצא שכל הוית יצחק וזרעו וזרע זרעו עד סוף כל הדורות, הוא רק משורש הרצון ית' וכו'.
עיי"ש הרחבת הדברים. עיין עוד בתפארת יוסף פ' ויקרא ד"ה ושחט., שזה הוא ברזא דאור מקיף, שהשי"ת חפץ שיהיה עוד בחיים, אבל שרה מתה ופרחה נשמתה מפני שנסתלק ממנה אף אור מקיף שלה:
Elle a projeté un champ et l'a acquis; du fruit de ses mains, elle a planté une vigne (Proverbes 31,16). Le champ indique l'expansion: les Israélites se restreignent eux-mêmes pour l'honneur du Ciel, et le principal de leur pensée et de leur projet est qu'ils aient ensuite une force de sainteté pour répandre le bien.
C'est à l'image de ce qui est écrit au sujet d'Abraham notre père, de bienheureuse mémoire: 'Car Je l'ai connu afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de ה'... afin que ה' fasse venir sur Abraham...' (Genèse 18,19). Car telle est véritablement la volonté du Saint, béni soit-Il: faire du bien à Ses créatures.
Même dans les commandements du Saint, béni soit-Il, il est dit: 'il vivra par eux', et non qu'il meure par eux. Tel est le secret de Chabbat, le Nom du Saint, béni soit-Il, comme il est rapporté dans le saint Zohar: 'Qu'est-ce que Chabbat?
Le Nom du Saint, béni soit-Il...' (Yitro 88b): Chabbat et repos, pour faire vivre et faire du bien à Ses créatures. C'est pourquoi Sarah mourut après la ligature [d'Its'hak].
Cela rejoint ce qui est dit dans le Talmud: 'Il y a trois associés dans l'homme: le Saint, béni soit-Il, son père et sa mère' (Nidda 31a). Sa mère veut que le fils n'ait pas tant de restrictions, mais qu'on lui fasse aussi goûter en ce monde le fruit de ses œuvres.
Son père consentrait même à ce qu'on ne lui en fasse pas goûter dans les jours de sa jeunesse, pourvu que ce soit à la fin de ses jours. Mais le Saint, béni soit-Il, veille au bien essentiel qui lui demeurera pour le monde qui est entièrement long.
Toutefois, si le bien de ce monde ne contredit pas le bien futur, le Saint, béni soit-Il, désire aussi prodiguer à l'homme du bien en ce monde, comme le dit le saint Zohar: 'Parce que son Maître veut lui faire du bien en ce monde et dans le monde à venir, et davantage dans le monde à venir...' (Yitro 82b). La lumière de Ima (la Mère) est appelée lumière intérieure, et la lumière de Abba (le Père) lumière environnante, vis-à-vis de la lumière de Ima - comme cette distinction est expliquée dans Etz 'Hayim, Porte 6, Porte des Aqoudim, ch.
5, à la fin du chapitre dans la première édition, au passage 'Vehineh be-adam'. La lumière du Saint, béni soit-Il, est une lumière environnante, au point que même la lumière de Abba n'est, face à elle, qu'une lumière intérieure.
La vie principale de l'homme en ce monde vient de la lumière intérieure, du bien qu'il ressent. Mais parfois l'homme peut subsister aussi par une lumière environnante qui le couvre comme une ombre sur sa tête.
Ainsi trouvons-nous Its'hak notre père, de bienheureuse mémoire, lorsque Abraham notre père, de bienheureuse mémoire, le fit monter pour la ligature: toute sa lumière intérieure, et celle de son père Abraham, se retira alors de lui. Toute la vie qui leur resta ensuite venait seulement de la parole du Saint, béni soit-Il: 'Ne porte pas la main sur le jeune homme' (Genèse 22,12).
C'est le secret de la lumière environnante: le Saint, béni soit-Il, veut qu'il demeure encore en vie. Dans l'ouverture de Shaar Haemouna - Beit Yaakov, p.
121, il est expliqué qu'à la parole 'Ne porte pas la main sur le jeune homme', la lumière supérieure, venant du lieu au-dessus de toute limite, fut révélée et demeura fixée en Its'hak et en sa descendance; car il est véritablement une offrande parfaite, puisqu'Its'hak et Abraham notre père avaient consenti dans leur pensée à ce qu'il soit offert en holocauste. Toute sa vie provient donc de cette parole, et cette réalité fut fixée dans sa descendance: ils seront prêts à recevoir cette lumière chaque fois qu'ils en auront besoin.
Il est également expliqué dans Sod Yesharim, Roch Hachana, par. 77, que lors de la ligature Abraham notre père remit entièrement Its'hak, de son côté, à la volonté divine; toute la vie qui resta à Its'hak après elle vint seulement de cette parole: 'Ne porte pas la main sur le jeune homme'.
Ainsi, toute l'existence d'Its'hak, de sa descendance et de la descendance de sa descendance jusqu'à la fin de toutes les générations ne vient que de la racine de la volonté divine. Voir aussi Tiferet Yosef, paracha Vayikra, passage 'Veshahat'.
Mais Sarah mourut et son âme s'envola, car même sa lumière environnante se retira d'elle.
ובתנחומא דרשו זה הכתוב על שקנה אאע"ה מערת המכפלה מיד עפרון, ולא דיבר מקנינה עד אחר מיתת שרה, בכדי שלא ירגישו גודל היקרות שנמצא בה, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קכא.) בגין דלא ישגחון עליה. ואל יעלה על לב אדם שאאע"ה הונה לעפרון בקניית שדה המכפלה, כי באמת לא היה לעפרון קנין בגודל היקרות שבה, מפני שאין קנין לאדם בדבר אך כפי שיש לו בה תפיסה ונותן דעתו ושמירתו עליה, וכדאיתא במס' אבות (פ"ב מ"ח) מרבה נכסים מרבה דאגה, שזה מורה שכפי דאגת אדם ויגיעתו על דבר כן ירבה אחוזת קנינו.
וכמו שמובא פסק דין בהגהת אשר"י בש"ס בבא מציעא (פרק שני) במעשה שאירע באחד שקנה בדיל מנגר עכו"ם בחזקת בדיל לכסות גגו, ושוב נמלך ומכרו לישראל אחר בחזקת בדיל, ואח"כ נמצא שהוא כולו כסף מבפנים, אך בחוץ היה מחופה בבדיל, ופטרו ה"ר אליעזר ממיץ, כי אמר שלא זכה בו הישראל שקנה מן העכו"ם, כיון שלא ידע ולא נתכוון לקנות הכסף, והודה לו ר"ת. הרי לך שאין קנין לאדם בדבר רק כפי תפיסת דעתו בה וכפי השמירה שנותן עליהנטזה העניין מבואר רבות בכל ספרי רבוה"ק ומקורו במי השלוח ח"ב ד"ה והפליתי [ב], ועיין עוד לעיל פ' נח אות יט ד"ה קנים, פ' לך אות כט, בית יעקב שמות פ' תרומה אות טו, בית יעקב ויקרא פ' צו אות טז, בית יעקב הכולל חג השבועות ד"ה בחודש, ספר הזמנים חג הפסח אות י, שער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קכו, תפארת החנוכי על זוהר פרשת לך (עח:) ד"ה והוא, תפארת יוסף מס' חגיגה (ג:) ד"ה איזהו..
אכן, מי שיש לו הכרה שלה' הארץ ומלואה, ומברך על כל דבר להשי"ת, בהכרתו שמאת השי"ת נשפע לו הטובה, לזה יש לו קנין בהדבר אף למעלה מתפיסת שכלו במקום שאין דעתו מגיע שם. וכדאיתא בתנחומא (נשא יח) יברכך ה' וישמרך, עם הברכה שמירה, מלך בשר ודם יש לו אוהב בסוריא והוא יושב ברומי, שלח המלך אחריו עלה ובא אצלו, נתן לו מאה לטרין של זהב טענו יצא לדרך, נפלו עליו לסטים ונטלו כל מה שנתן לו המלך וכל מה שהיה אצלו, שמא יכול המלך לשמרו מן הלסטים, לפיכך כתיב, יברכך ה' וישמרך.
היינו שאדם שיש לו הכרה שכל השפעת טובה הם רק להשי"ת בלבד, ומצדו אין לו כלל, עי"ז יזכה לברכת השי"ת, שבהשפעתה נמצא גם שמירה למעלה מדעת אדםסכמבואר במי השלוח ח"א מסכת ביצה (ו.) ד"ה ואמר: עיקר החיזוק הוא לאדם כשיבין כי הש"י הוא הנותן כח לעשות חיל ולא שיאמר כחי ועוצם ידי, ובאם יטע זאת הידיעה בכל קניניו אז יתקיימו..
אבל לעפרון, שלא היה לו זו ההכרה, לא היה לו קנין בהטובה וגודל היקרות שנמצא בשדה המכפלה, מאחר שלא היה לו שום תפיסה בזה, ובעיניו היה נראה כשדה אחרת בלי שום חילוק ביניהם. אכן בעד זה הקנין מועט שהיה לו כפי תפיסת דעתו, שילם לו אאע"ה אגר שלים, ארבע מאות שקל כסף עובר לסוחר.
וכן כשקנה דהמע"ה את הגורן מארונה היבוסי לבנות שם מקדש ה', היה צריך גם הוא לתת לו כסף מלא, כמו שנאמר (דה"י א כא) כי קנה אקנה בכסף מלאסאמבואר העניין לקמן פרשה זו אות יג ד"ה ומקום המקדש וד"ה וכן עפרון.. וזה הוא הטעם שמתחלה כתיב עפרון בוא"ו ואח"ז כשמכר את שדה המכפלה כתיב עפרן חסר וא"ו.
כי אות וא"ו מורה על חיבור, ומתחלה שהיה שקול בדעתו אם למכור או לאו, והיה לו עוד מעט מזו ההכרה שלה' הארץ, אז לא היה כח באברהם אבינו להוציא אותה מתחת ידו. אבל אחר זה שעזב את שדה המכפלה, וחמד לממון הרב שנתן לו אאע"ה, אז נחסר ממנו הוא"ו, מפני שלא היה לו עוד שום חיבור להשי"ת, ויקם השדה למקנה לאברהם, בלי שום ערעור:
Dans le Tan'houma, ce verset est applique au fait qu'Abraham notre père, de bienheureuse mémoire, acheta la grotte de Makhpéla à Ephron. Il ne parla de son acquisition qu'après la mort de Sarah, afin qu'ils ne perçoivent pas la grandeur du prix qui s'y trouvait, comme le dit le saint Zohar: 'afin qu'ils ne posent pas les yeux sur elle' (Haye Sara 121a).
Que personne ne pense qu'Abraham notre père ait trompé Ephron dans l'achat du champ de Makhpéla. En vérité, Ephron ne possédait pas la grandeur du prix qui s'y trouvait, car l'homme ne possède une chose que selon la prise qu'il a sur elle, l'attention qu'il lui donne et la garde qu'il exerce sur elle.
C'est ce qui est dit dans les Maximes des Pères: 'Qui augmente les biens augmente les soucis' (Avot 2,8): selon le souci et l'effort de l'homme pour une chose, sa possession en est d'autant accrue. Ainsi est rapporté un jugement dans les Hagahot Achri sur le Talmud Baba Metsia, ch.
2: un homme avait acheté de l'étain à un artisan non-juif, le tenant pour de l'étain afin de couvrir son toit. Il se ravisa et le vendit à un autre Israélite comme étain; ensuite on trouva qu'il était entièrement d'argent à l'intérieur, mais recouvert d'étain à l'extérieur.
Rabbi Eliezer de Metz l'en exempta, car il dit que l'Israélite qui avait acheté au non-juif ne l'avait pas acquis, puisqu'il ne savait pas et n'avait pas eu l'intention d'acheter l'argent; Rabbenu Tam lui donna raison. Tu vois donc que l'homme ne possède une chose que selon la prise de sa pensée sur elle et selon la garde qu'il lui accorde.
Cette idée est expliquée maintes fois dans les livres de nos saints maîtres; sa source est Mei HaShiloah II, passage 'Vehifleti [2]'. Voir aussi plus haut, Noa'h, par.
19, passage 'Kanim'; Lekh Lekha, par. 29; Beit Yaakov, Exode, Terouma, par.
15; Lévitique, Tsav, par. 16; Beit Yaakov HaKolel, Chavouot, passage 'Bahodesh'; Sefer HaZmanim, Pessa'h, par.
10; Shaar Haemouna - ouverture de Beit Yaakov, p. 126; Tiferet HaHanoukhi sur le Zohar, Lekh Lekha 78b, passage 'Vehou'; et Tiferet Yosef, Haguiga 3a, passage 'Eizehou'.
Toutefois, celui qui reconnaît que 'à ה' est la terre et ce qu'elle contient', et qui bénit le Saint, béni soit-Il, pour toute chose, reconnaissant que le bien lui est prodigué par le Saint, béni soit-Il, possède cette chose même au-delà de la prise de son intelligence, là où sa connaissance n'atteint pas. Comme il est rapporté dans le Tan'houma: 'Que ה' te bénisse et te garde' - avec la bénédiction, la garde.
Un roi de chair et de sang a un ami en Syrie, tandis qu'il siège à Rome. Le roi le fit appeler: il monta et vint auprès de lui.
Le roi lui donna cent litrin d'or; il les chargea et prit la route. Des brigands se jetèrent sur lui et prirent tout ce que le roi lui avait donné et tout ce qu'il avait.
Le roi peut-il le garder des brigands? C'est pourquoi il est écrit: 'Que ה' te bénisse et te garde' (Nombres 6,24; Nasso 18).
Cela signifie qu'un homme qui reconnaît que tout flux de bien n'appartient qu'au Saint, béni soit-Il, et que de son propre côté il n'a absolument rien, méritera par cela la bénédiction du Saint, béni soit-Il, dont le flux contient aussi une garde au-delà de la connaissance humaine. Comme l'explique Mei HaShiloah I, Beitsa 6a, passage 'Veamar': le principal renforcement pour l'homme est de comprendre que le Saint, béni soit-Il, donne la force d'acquérir des biens, et de ne pas dire: 'Ma force et la puissance de ma main'; s'il plante cette connaissance dans toutes ses possessions, elles subsisteront.
Mais Ephron, qui n'avait pas cette reconnaissance, ne possédait ni le bien ni la grandeur du prix qui se trouvaient dans le champ de Makhpéla, puisqu'il n'en avait aucune prise; à ses yeux, ce champ semblait comme un autre, sans aucune différence. Toutefois, Abraham notre père paya pleinement la contrepartie de la faible possession qu'Ephron avait selon la prise de son esprit: quatre cents chekels d'argent acceptés par le marchand.
De même, lorsque David le roi acheta l'aire à Aravna le Jébusien pour y bâtir le Sanctuaire de ה', il dut lui aussi donner le plein prix, comme il est dit: 'Car j'achèterai en plein argent' (I Chroniques 21,24). Cette idée est expliquée plus loin dans cette paracha, par.
13, passages 'Oumekom HaMikdach' et 'Vekhen Ephron'. Voilà pourquoi Ephron est d'abord écrit avec un vav (עפרון), puis, lorsqu'il vend le champ de Makhpéla, il est écrit sans vav (עפרן).
La lettre vav indique le lien. Au début, lorsqu'il hésitait en son esprit à vendre ou non, et qu'il avait encore un peu de cette reconnaissance que 'à ה' est la terre', Abraham notre père ne pouvait la faire sortir de sa main.
Mais ensuite, lorsqu'il abandonna le champ de Makhpéla et convoita la grande somme que lui donnait Abraham notre père, le vav lui fut retranché, car il n'avait plus aucun lien avec le Saint, béni soit-Il; et le champ se dressa comme acquisition d'Abraham, sans aucune contestation.
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. אשת חיל מי ימצא ורחוק מפנינים מכרה בטח בה לב בעלה וגו' (משלי ל״א:י׳-י״א).
אשה מורה על כח התשוקה והחשק, שנמצא בלב האדם להשתדל ולהשתוקק להוספת ד"ת, כי הכח שהשי"ת השפיע והטביע באדם מהתולדה נקרא דכר, וכח התשוקה שנמצא באדם שזה עולה למעלה מכפי כחו, נקרא בשם אשה. ע"ז אמר שלמה המלך ע"ה, אשת חיל מי ימצא, היינו מי ימצא כח תשוקה והשתדלות שיהיה בו חיל לפעול בזו התשוקה.
ורחוק מפנינים מכרה. פנינים הוא מלשון פנימיות, מה שהד"ת מראין הארת פנים לישראל.
מכרה, היינו בזה הוא ההבדל שבין ישראל לאומות, כדכתיב (קדושים כ) ואבדיל אתכם מן העמים להיות לי, שע"י הדברי תורה נפרשו ונבדלו ישראל מן האומות, שהם רחוקים מיראה עלאה, אף שעושים מעשים הנראים יפים על הגון, וכדאיתא בזוה"ק (תזריע מב:) מכרה מקחה מבעיא ליה אלא לכל אינון דלא אתדבקן בה בשלימו לא שלמין בהדה היא מכרה לון ואסגרא לון בידא דעממין אחרנין וכו' וכדין כולהו רחיקין מאלין פנינין עלאין קדישין וכו'. והענין בזה הוא, שמי שהד"ת מתנכרין לו ואינן רוצים להתגלות אליו, רחוק הוא מיראה עלאה, פנינין עלאין קדישין, כי פנינים הוא נוטריקון פ"ן פ"ן, וזה מרמז על יראה עלאה, וזה הוא מצד האומות מפני שאין פונים עצמן לד"ת, לזה הם מתנכרין להם, אבל הד"ת מצדם מוסרין עצמן להתגלות לכל מי שפונה את עצמו אליהםסבתפארת יוסף חג השבועות ד"ה דרש בר קפרא..
וזה הוא הענין שדרשו בתנחומא (חיי) כל הפרשה הזו על אברהם ושרה, שהיא היתה אשת חיל. והוא, כי אאע"ה היה הראשון שנבדל מן העמים, ורוח אחרת היתה עמו, ושרה ניתנה לו לעזר ולסייעתא עד שיבא אל השלימות, עד היכן, עד שהשי"ת אמר אליו כל אשר תאמר אליך שרה שמע בקולה:
Les années de la vie de Sarah furent cent ans, vingt ans et sept ans, les années de la vie de Sarah (Genèse 23,1). 'Une femme de valeur, qui la trouvera? Son prix est loin des perles.
Le cœur de son mari a confiance en elle...' (Proverbes 31,10-11). La femme indique la force du désir et de l'aspiration qui se trouve dans le cœur de l'homme, pour s'efforcer et aspirer à un accroissement de paroles de Torah.
La force que le Saint, béni soit-Il, a prodiguée et imprimée dans l'homme par nature est appelée mâle; la force du désir qui est dans l'homme, et qui s'élève au-dessus de la mesure de sa force, est appelée femme. C'est à ce sujet que Salomon le roi, de bienheureuse mémoire, a dit: 'Une femme de valeur, qui la trouvera?', c'est-à-dire: qui trouvera une force de désir et d'effort ayant la vaillance d'agir par ce désir? 'Son prix est loin des perles.' Perles (פנינים) vient du terme intérieur (pnimiyout), ce par quoi les paroles de Torah montrent aux Israélites l'éclat du visage. 'Son prix' (מכרה): c'est la différence entre Israël et les nations, comme il est écrit: 'Je vous ai séparés des peuples pour être à Moi' (Lévitique 20,26; Kedochim 20).
Par les paroles de Torah, Israël fut séparé et distingué des nations, qui sont loin de la crainte supérieure, même lorsqu'elles accomplissent des actes qui paraissent droits et beaux. Ainsi dit le saint Zohar: 'Il aurait fallu dire: son acquisition; mais pour tous ceux qui ne s'attachent pas à elle avec plénitude, elle n'est pas entière avec eux: elle leur est étrangère et les livre entre les mains des autres peuples... alors tous sont éloignés de ces perles supérieures et saintes...' (Tazria 42b).
Voici le sens: celui auquel les paroles de Torah sont étrangères, et auquel elles ne veulent pas se révéler, est loin de la crainte supérieure, des perles supérieures et saintes. Car perles (פנינים) est l'acronyme de פ"ן פ"ן, et cela fait allusion à la crainte supérieure.
Cela tient aux nations: elles ne se tournent pas (ponim) vers les paroles de Torah, aussi celles-ci leur deviennent-elles étrangères. Mais les paroles de Torah, de leur côté, se donnent pour se révéler à quiconque se tourne vers elles.
Voir Tiferet Yosef, Chavouot, passage 'Darach Bar Kappara'. C'est ce qu'ils ont enseigné dans le Tan'houma (Haye Sara), appliquant toute cette paracha à Abraham et Sarah: Sarah était la femme de valeur.
Abraham notre père, de bienheureuse mémoire, fut le premier à se séparer des peuples, et un autre esprit était avec lui; Sarah lui fut donnée comme aide et soutien jusqu'à ce qu'il parvienne à la perfection. Jusqu'où?
Jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, lui dise: 'Tout ce que Sarah te dira, écoute sa voix' (Genèse 21,12).
בטח בה לב בעלה. היינו שבטח בה בשעה שאמר אמרי נא אחותי את, ואף שבכל התורה כולה מצינו אין מקרא יוצא מידי פשוטו, אמנם עיקר הד"ת מדברים רק מפנימיות האדם ולא רק על הלבוש בלבד.
והוא שאברהם אבינו בטח עצמו על כח עבודה שלו שביגיע כפיו בא לו, שזה מכונה בשם אשה (כמש"נ באורך בענין ג), ונתחזק בבטחונו שלא יפסיד מזו הקדושה, ואף אם ירד לספיקות ומקומות נעלמים היה סמוך לבו בטוח שבטח יצליח, כי אם לא היה יודע בטח שיצליח בזה, אזי לא היה רשאי לירד בספק, מאחר שהשי"ת חתם עליו, אכן מפני שהיה בטוח שיגמור לטוב, לזה ירד מצרימהסגעיין כל העניין לעיל פרשת לך אות כו ד"ה וזה הוא ג"כ, פרשת וירא אות לח.. מה כתיב אח"ז ויבא אברהם לספוד לשרה ולבכותה.
והוא כענין דאיתא בש"ס (סוכה נב.) האי הספידא מאי עבידתיה וכו' חד אמר על משיח בן יוסף שנהרג וחד אמר על יצר הרע שנהרג וכו' והם ענין אחד, הא בהא תליא, ששניהם מרמזים על כח עבודה שיאפס אז, כדאיתא בש"ס (נדה סא:) מצות בטלות לעתיד לבא, ולזה יתבטל יצר הרע מן העולם, שלא יהיה לאדם חשק לדבר איסור, וממילא יתבטלו כל העבודות, שע"ז מורה מה שאמרו משיח בן יוסף יהרג, כי שרש שבט יוסף מורה על עבודה, ואז לא יוכל אדם לקנות ד"ת חדשים, רק הד"ת שכבר קנה יקבעו בלבו בל יסורו עוד ממנו, אבל חדשות לא יתוסף:
'Le cœur de son mari a confiance en elle' (Proverbes 31,11). Cela signifie qu'il eut confiance en elle lorsqu'il dit: 'Dis donc que tu es ma sœur' (Genèse 12,13).
Bien que, dans toute la Torah, aucun verset ne sorte de son sens simple, les paroles de Torah parlent essentiellement de l'intérieur de l'homme, et non seulement du vêtement extérieur. Abraham notre père eut confiance en la force de son service, qui lui venait du labeur de ses mains; celle-ci est appelée femme, comme il a été longuement expliqué au sujet du par.
3. Il se fortifia dans sa confiance de ne pas perdre cette sainteté.
Même s'il descendait dans des doutes et des lieux cachés, son cœur, appuyé et confiant, était certain qu'il réussirait. Car s'il n'avait pas su avec certitude qu'il réussirait en cela, il ne lui aurait pas été permis de descendre dans le doute, puisque le Saint, béni soit-Il, avait apposé Son sceau sur lui.
Mais parce qu'il était certain d'achever pour le bien, il descendit en Égypte. Voir tout ce sujet plus haut, Lekh Lekha, par.
26, passage 'Vezehou gam ken', et Vayera, par. 38.
Que dit ensuite le verset? 'Abraham vint faire l'éloge de Sarah et la pleurer' (Genèse 23,2). Cela rejoint ce qui est dit dans le Talmud: 'À quoi sert cette oraison funèbre?...
L'un dit: pour le Messie fils de Joseph qui fut tué; l'autre dit: pour le mauvais penchant qui fut tué' (Soukka 52a). C'est une seule et même idée, car l'un dépend de l'autre: tous deux font allusion à la force du service qui cessera alors.
Comme il est dit dans le Talmud: 'Les commandements seront annulés dans le monde à venir' (Nidda 61b). C'est pourquoi le mauvais penchant sera annulé du monde: l'homme n'aura plus le désir d'une chose interdite, et tous les services cesseront de ce fait.
C'est ce qu'indique leur parole selon laquelle le Messie fils de Joseph sera tué, car la racine de la tribu de Joseph indique le service. Alors l'homme ne pourra plus acquérir de nouvelles paroles de Torah; seules les paroles de Torah qu'il aura déjà acquises seront fixées dans son cœur, sans jamais plus s'en retirer, mais rien de nouveau ne s'y ajoutera.
Ce passage poursuit l'enseignement sur la ligature d'Its'hak, dernière épreuve par laquelle Avraham parvint à la perfection. Le Beit Yaakov enseigne que toute force de service se retira alors de lui, et Sara mourut pour lui : elle est la femme vaillante, le désir qui fait monter l'homme au-dessus de sa mesure. Une fois achevé, il ne convient plus d'entrer dans un risque ; Avraham pleure, car il ne peut plus gagner. Il retira tout attachement à Its'hak, sans même prier : le Nom dit « Ne porte pas la main sur le jeune homme » sans éveil d'en bas, et ne voulut pas qu'il introduise même ceci dans le risque.
Aussi : jusqu'à Avraham les abondances se prenaient avec impudence ; le chant nouveau vient du dispensateur, comme la lune du soleil ; la résurrection s'appuie sur le hevel de-garmei (résidu des os) pour que l'homme se reconnaisse
וזה הוא הענין בפרשתנו שמדברת ממיתת שרה, שאחר שנאמר בפרשה הקודמת עקידת יצאע"ה, נסיון האחרון, שבזה נשלם בכל השלימות, והשי"ת חתם עליו שירא א-להים הוא, מאז והלאה לא היה צריך לעבודה עוד, ונתבטל ממנו כל כח עבודה והסייעתות שלו שהיו לו עד אז, שבא אל השלימות על ידם. ואז מתה עליו שרה הנקראת אשת חיל, והוא כח התשוקה שנמצא באדם העולה למעלה מכפי כחו, בכדי שלא יכנס עוד בשום ספקסדכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות א., כי קודם שיסגל אדם הון ממצות ופעולות טובות, אזי יוכל לכנוס בספק פן ירויח, אכן אחר השלמתו אזי לא יתכן שיכנס בספק להכניס רכוש רב באחריות אולי ירויח ואולי יפסיד.
כמו אם יהיה לאדם דבר יקר, אזי אינו רוצה לעשות בה שום מסחר, וע"ז בכה אאע"ה על שאפס מאתו כח עבודה ולא יוכל מעתה להרויח, הן אמת שלא יפסיד אבל לא ירויח, מאחר שנשלם כבר במעשה העקידהסהנתבאר עניינו בתפארת יוסף פרשת וילך ד"ה וילך [ב]: בכל אדם יש מעלה שיכול בכל פעם להוסיף ד"ת וכבוד שמים, וכמו שכתיב (תהילים ע״א:י״ד) ואני תמיד איחל והוספתי על כל תהלתך, אבל יש גריעות שביכולת ח"ו לפסוד ג"כ, אבל בעת שנשלם הגם שיש גריעות שאין ביכולת להוסיף עוד, אבל בזה יש יתרון ומעלה שאין ביכולת להפסיד., שעיקר השלמתו היה לו אז, שהעיר בזה החסד הראשון מבריאת העולם, שהיה בלי שום אתערותא דלתתא, רק השי"ת צוה ונבראו, כן סילק אברהם אבינו כל הנגיעות שהיו לו ליצחק מאהבת אב לבנו, ולא היה שום מניעה מצדו, עד שאף חשק להתפלל להשי"ת על זה לא בא בלבו, ומצדו כבר היה נשחט.
רק השי"ת מצדו בחסדו אמר אליו, אל תשלח ידך אל הנער, בלי שום אתערותא דלתתא, ובזה הוא עיקר היקרות, כי דבר הבא לאדם מכח תפלתו, יוכל להיות שהישועה הוא מכח חוצפא כלפי שמיא דמהני, אבל הישועה הבאה לאדם בלי אתערותא דיליה, רק מחסדי השי"ת, זו היא ישועה ברורה ויקרהסומבואר העניין בבית יעקב ויקרא פרשת תזריע אות כז: כי כן העמיד השי"ת בעולם, אף שיוכל להיות שלא ברצונו, מ"מ כשהאדם יתעקש ורוצה דווקא שיתן לו השי"ת זה, אז נותן לו הש"י, כי חוצפא מהני עיי"ש.
ובעניננו מבואר בבית יעקב שמות פרשת תרומה אות לה: שנולד אברהם וכו', וכל הליכותיו היו לנגב וכו', דהיינו סילוק נגיעה, והלך בצמצום מאד, עד שהעלה גם את בנו שהיה חביב לו מכל, והיה כלו מבורר, שהיה ירא שמא נטל אותו ע"י חוצפא, כמו שבעוה"ז יש גוון שיכולים ליטול בע"כ של השי"ת, ואינו מרצון השי"ת.
ע"כ הסכים והעלה אותו להקריבו, שאם הוא אינו מרצון השי"ת גם הוא אינו חפץ בו, והחזיר אותו להשי"ת. והאיר לו השי"ת שהוא מרצונו, ואמר לו אל תשלח ידך אל הנער, והשפיל השי"ת עצמו מכתרא לכתרא ומנזרא לנזרא עד אצלו, והראה לו שהוא לגמרי מרצונו ית', שלא מסר אותו להשי"ת בדרך אגב, רק בקביעות לעולמי עד וכו'..
לכן לא רצה השי"ת שיכניס אף זה בספק, לזה מתה שרה. וזה הוא הענין שפתיחת המדרש הוא (רבה חיי נח) זשה"כ יודע ה' ימי תמימים ונחלתם לעולם תהיה, כי עד שבא אברהם אבינו לעולם היו כל השפעות טובה כאדם שנוטל בחוצפא, אכן כאשר בא אברהם אבינו לעולם, הוא היה הראשון שהיה מפלס מעגלותיו וכלכל במשפט דבריו, ימיו היו תמימים, שהשי"ת השגיח על פעולותיו הטובים איך יתכללו בנחלה שלעולם תהיה:
Tel est le sens de notre section, qui traite de la mort de Sara. Après qu'il fut dit, dans la section précédente, que la ligature d'Its'hak notre père, que la paix soit sur lui, était la dernière épreuve, par laquelle il parvint à une perfection complète, et que le Nom attesta de lui qu'il était craignant Elokim, il n'eut plus, dès lors, besoin de service.
Toute force de service et tous les secours qu'il avait eus jusque-là, par lesquels il était parvenu à la perfection, se retirèrent de lui. Alors Sara mourut pour lui.
Elle est appelée femme vaillante (אשת חיל), et elle est la force du désir qui se trouve en l'homme, le faisant monter au-dessus de sa mesure, afin qu'il n'entre plus dans aucun risque, comme cela a été expliqué plus haut, dans cette section, paragraphe 1. En effet, avant qu'un homme n'ait amassé un capital de mitsvot et de bonnes actions, il peut entrer dans le doute: peut-être y gagnera-t-il.
Mais une fois sa perfection achevée, il ne convient plus qu'il entre dans un risque, en mettant une grande richesse sous sa responsabilité, peut-être gagnera-t-il et peut-être perdra-t-il. Ainsi, lorsqu'un homme possède une chose précieuse, il ne veut faire avec elle aucun commerce.
C'est pourquoi Abraham notre père, que la paix soit sur lui, pleura: sa force de service avait cessé pour lui, et il ne pouvait plus désormais gagner. Il est vrai qu'il ne perdrait pas, mais il ne gagnerait pas, puisqu'il avait déjà été achevé par l'acte de la ligature.
(Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, section Vayelekh, début de Vayelekh [2]: en tout homme se trouve un avantage, par lequel il peut ajouter chaque fois des paroles de Torah et de l'honneur du Ciel, comme il est écrit: 'Et moi, j'espérerai toujours, et j'ajouterai à toute ta louange' (Psaumes 71,14). Mais il y a un défaut: il peut aussi, à Dieu ne plaise, perdre.
Lorsqu'il est achevé, bien qu'il y ait le défaut de ne plus pouvoir ajouter, il y a cet avantage et cette supériorité de ne plus pouvoir perdre.) Car son achèvement essentiel eut lieu alors: il éveilla la première bonté depuis la création du monde, qui fut sans aucun éveil d'en bas, mais le Nom ordonna et ils furent créés. De même, Abraham notre père retira tous les attachements qu'il avait à Its'hak, issus de l'amour d'un père pour son fils; de son côté, il n'y eut aucun empêchement, au point que le désir de prier le Nom à ce sujet ne monta même pas dans son cœur.
De son côté, Its'hak était déjà égorgé. Seulement, le Nom, de son côté et par Sa bonté, lui dit: 'Ne porte pas la main sur le jeune homme' (Genèse 22,12), sans aucun éveil d'en bas.
C'est en cela que réside la valeur principale. Car une chose qui vient à l'homme par la force de sa prière peut être une délivrance obtenue par une impudence envers le Ciel qui est efficace.
Mais la délivrance qui vient à l'homme sans éveil de sa part, seulement par les bontés du Nom, est une délivrance claire et précieuse. (Le sujet est expliqué dans Beth Yaakob sur Lévitique, section Tazria, paragraphe 27: le Nom a disposé ainsi le monde: même si cela peut ne pas être selon Sa volonté, lorsque l'homme s'obstine et veut précisément que le Nom le lui donne, le Nom le lui donne, car l'impudence est efficace; voir là-bas.
Et dans notre sujet, il est expliqué dans Beth Yaakob sur Exode, section Terouma, paragraphe 35: Abraham naquit, et toutes ses marches étaient vers le Negev, c'est-à-dire retrait de tout attachement; il alla avec une très grande restriction, jusqu'à élever son fils, qui lui était plus cher que tout. Tout fut clarifié: il craignait de l'avoir pris par impudence, de même que dans ce monde il existe une manière de prendre contre le gré du Nom, ce qui n'est pas selon la volonté du Nom.
Il consentit donc et l'éleva pour le sacrifier: si cela n'était pas selon la volonté du Nom, lui non plus ne le désirait pas, et il le rendit au Nom. Le Nom l'éclaira que cela était selon Sa volonté, et lui dit: 'Ne porte pas la main sur le jeune homme'.
Le Nom S'abaissa de couronne à couronne et de diadème à diadème jusqu'à lui, et lui montra que cela était entièrement selon Sa volonté bénie, qu'il ne l'avait pas remis au Nom de façon occasionnelle, mais de manière fixe, pour toujours, etc.) C'est pourquoi le Nom ne voulut pas qu'il introduise même ceci dans le risque, et Sara mourut. Tel est aussi le sens de l'ouverture du Midrach (Rabba, Hayyei Noach): 'Le Nom connaît les jours des intacts, et leur héritage sera pour toujours' (Psaumes 37,18).
Jusqu'à ce qu'Abraham notre père vienne au monde, toutes les abondances de bien étaient comme chez un homme qui prend avec impudence. Mais lorsqu'Abraham notre père vint au monde, il fut le premier à aplanir ses sentiers et à peser ses paroles selon le jugement.
Ses jours étaient intacts, car le Nom veillait sur ses bonnes actions, afin de voir comment elles seraient incluses dans un héritage qui sera pour toujours.
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. בזוה"ק (חיי קכג.) רבי יוסי פתח מזמור שירו לה' שיר חדש כי נפלאות עשה הושיעה לו ימינו וזרוע קדשו.
האי קרא אוקמוהו חבריא דפרות אמרוהו, כמה דכתיב, וישרנה הפרות בדרך, מאי וישרנה דהוו אמרי שירתא חדתא, ומאי שירה אמרו מזמור שירו לה' שיר חדש כי נפלאות עשה וכו' ואי תימא דאינהו מגרמייהו אמרי שירתא דא, הכי הוא ודאי דרזא עילאה איהו, אבל הני ארונא הוה על גבייהו וכיון דארונא אשתקיל עלייהו ושויוה לעילא אינון שרירו שירתא, דהא כיון דאתנטיל מנייהו ארונא הוו געאן כארח שאר פרות דעלמא ולא אמרו שירתא וכו' מזמור הא אוקימנא ואתמר ובכלא כתיב מזמור לדוד או לדוד מזמור והכא לא אמרו דוד כלל, אלא מזמור דרוח קודשא זמין לזמרא ליה לזמנא דיוקים קוב"ה לישראל מעפרא, וכדין שירו לה' שיר חדש כדין איהו חדש וכו'. א"ר חייא כתיב אין כל חדש תחת השמש, והכא שירתא דא איהי חדש ואיהי תחת השמש דהא תחות שמשא להוי.
ומאי איהו דא סיהרא וכדין הוה חדש תחת השמש. מאי טעמא בגין כי נפלאות עשה ומאן אינון נפלאות האי דכתיב הושיעה לו ימינו וזרוע קדשו.
הושיעה לו למאן להאי דרגא דאמר שירתא דא בגין דבהו אסתמיך בימינא ובשמאלא. הושיעה לו ימינו וזרוע קדשו.
הושיעה לו ימינו ודאי לההוא דרגא דהיא מזמור אימתי בזמנא דיקומון מתי עלמא ויתערון מעפרא כדין יהא חדש מה דלא אתעביד בהאי עלמא. הענין בזה, כי חדשות אינו מכח המקבל רק מכח המשפיע, כמו הלבנה בעת שהיא בחסרונה ומקבלת אור מהשמש המשפיע בה אזי נקראת חדשה, ומתחדשת עוד יותר עד שעומדת על מלאותה, ואזי אין בהם עוד חדשות, מאחר שאינה מקבלת שפע משמשא המשפעת בה, ומאז תחסר משלימותה מעט מעט עד שלא נראית כללסזמבואר העניין בבית יעקב שמות פרשת בא אות לג..
וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קלח.) מזמור שירו לה' שיר חדש וכו' אלא ודאי חדש איהו וחדש לא אקרי אלא באתחדתותא דסיהרא, כד אתנהירת מן שמשא כדין איהו חדש ודא איהו שירו לה' שיר חדש. וכן הוא בכל פרט נפש ישראל, שאם יתחזק בעבודת השי"ת להתקרב אליו, אזי נשפע בו בכל פעם חשק והתחדשות מפני שקרוב הוא להמאציל שמצדו הוא רק חדשות, וכדכתיב (תהילים ל״ו:י׳) כי עמך מקור חיים באורך נראה אור, אכן אחר השלמת האדם ורגילתו בד"ת אזי אין בו חדשות ומתיישן:
'La vie de Sara fut de cent ans, de vingt ans et de sept ans; telles furent les années de la vie de Sara' (Genèse 23,1). Dans le Zohar (Hayyei Sara 123a), Rabbi Yosse ouvrit: 'Psaume.
Chantez au Nom un chant nouveau, car Il a fait des merveilles; Sa droite et Son bras saint Lui ont apporté le salut' (Psaumes 98,1). Ce verset, les compagnons l'ont établi au sujet des vaches, car il est écrit: 'Les vaches allèrent tout droit par le chemin' (1 Samuel 6,12).
Que signifie 'elles allèrent tout droit'? Elles disaient un chant nouveau.
Et quel chant dirent-elles? 'Psaume. Chantez au Nom un chant nouveau, car Il a fait des merveilles', etc.
Et si tu dis qu'elles disaient d'elles-mêmes ce chant, il en est certainement ainsi, car c'est un secret suprême. Mais l'Arche était sur elles; et lorsque l'Arche fut retirée d'elles et posée en haut, elles chantèrent un chant.
Car, lorsque l'Arche leur fut enlevée, elles mugirent comme les autres vaches du monde et ne dirent pas de chant, etc. 'Psaume': nous l'avons déjà établi et enseigné; partout il est écrit 'Psaume de David' ou 'De David, psaume', et ici David n'est nullement mentionné. C'est un psaume que l'Esprit saint est destiné à chanter au temps où le Saint, béni soit-Il, relèvera Israël de la poussière.
Alors: 'Chantez au Nom un chant nouveau', car alors il sera nouveau, etc. Rabbi Hiyya dit: Il est écrit: 'Il n'y a rien de nouveau sous le soleil' (Ecclésiaste 1,9); or ce chant est nouveau et il est sous le soleil, puisqu'il sera sous le soleil.
Qu'est-ce donc? La lune; et alors il y aura du nouveau sous le soleil.
Pourquoi? Parce que 'Il a fait des merveilles'.
Et quelles sont ces merveilles? Ce qui est écrit: 'Sa droite et Son bras saint Lui ont apporté le salut'. 'Sa droite Lui a apporté le salut': à qui?
À ce degré qui dit ce chant, car il est soutenu par la droite et par la gauche. 'Sa droite Lui a apporté le salut', assurément, à ce degré qui est le psaume. Quand?
Au temps où les morts du monde se lèveront et se réveilleront de la poussière; alors sera nouveau ce qui n'a pas été fait dans ce monde. Le sens est que le renouveau ne provient pas du receveur, mais seulement de celui qui dispense.
Ainsi la lune, lorsqu'elle est dans sa diminution et reçoit la lumière du soleil qui dispense sur elle, est appelée nouvelle; elle se renouvelle encore jusqu'à se tenir dans sa plénitude. Alors il n'y a plus en elle de renouveau, puisqu'elle ne reçoit plus l'abondance du soleil qui dispense sur elle; dès lors, elle diminue de sa perfection, peu à peu, jusqu'à ne plus paraître du tout.
(Le sujet est expliqué dans Beth Yaakob sur Exode, section Bo, paragraphe 33.) Et comme il est dit dans le Zohar (Terouma 138a): 'Psaume. Chantez au Nom un chant nouveau', etc.
Certes, il est nouveau; et n'est appelé nouveau que ce qui est renouvelé par la lune, lorsqu'elle est éclairée par le soleil: alors elle est nouvelle, et tel est 'Chantez au Nom un chant nouveau'. Il en est ainsi dans chaque élément de l'âme d'Israël: s'il se fortifie dans le service du Nom pour s'en rapprocher, un désir et un renouveau se déversent en lui chaque fois, car il est proche de l'Émanateur, dont le côté n'est que renouveau, comme il est écrit: 'Car auprès de Toi est la source de la vie; dans Ta lumière nous voyons la lumière' (Psaumes 36,10).
Mais après l'achèvement de l'homme et son accoutumance aux paroles de Torah, il n'y a plus en lui de renouveau, et il vieillit.
וזה הוא ענין תחיית המתים, שנשאר באדם הבלא דגרמי, כדאיתא בזוה"ק (שלח קסט), והוא מזה שנקבע בגוף האדם ד"ת אמיתיים כל חד כפום יסודא דיליה שקנה לעצמו ביגיע כפיו בעבודות וסבלנות, ובזה הכח יעורר אותו השי"ת לתחיה. כי כל פעולה ורצון ומחשבה טובה צפון וגנוז אצל השי"ת ולא יאבד שמץ מהם, וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קנ.) ולית רעותא טבא דיתאביד מקמי מלכא קדישא.
ובזוה"ק (משפטים ק:) אפילו הבל דפומא אתר ודוכתא אית ליה וכו'. כי אם לא היה נשאר באדם כלל רשימה מיגיע כפיו, אזי לא היה נחשב לאדם שום חלק כלל בהתחיה רק כבריה חדשה, ועיקר היקרות מתחיית המתים הוא רק מה שהאדם יכיר את עצמו לעתיד שכבר היה בעולם קודם ששכב, ועתה הוסיף לקום ואינו בריה חדשהסחמבואר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה ויזרע יצחק [ב]:
וזה דאיתא בש"ס (סנהדרין צ"א.) לעתיד שיעמדו המתים יעמדו במומן ויתרפאו, שלא יאמרו אחרים המית ואחרים החיה. כי זה יש להם אמונה שהשי"ת יכול לברוא תמיד יש מאין, וכמו שאנו אומרים המחדש בכל יום תמיד מעשה בראשית.
ורק זאת שיאמינו שעיקר התחיה של עתיד יהיה מעבודה של עוה"ז, שמזה שהאדם הולך בעבודה בזה העולם מזה יהיה כח התחיה, זאת לא יאמינו. ולזה יראה להם השי"ת שיעמדו במומן ויתרפאו, כדי שיכירו שאינם בריאות חדשות, רק הכל מזה העולם.
וכל כח התחיה הוא מעבודה של זה העולם. ועיין עוד שם שמיני עצרת ד"ה ביום השמיני [ג].
והרחבת העניין בסוד ישרים פרשת פרה אות ט, תפארת החנוכי על זוהר פרשת וישב (קפב.) ד"ה לעת. לעיל פרשת וירא אות כא ד"ה וזה הוא העניין..
אכן כ"ז הוא רק מצד המקבל, אבל מצד השי"ת המשפיע אין שום התיישנות כלל, וכדאיתא בש"ס (יבמות טז:) מי איכא זקנה קמיה רק מצד המקבל נמצא התיישנות. וזה נקרא תחת השמש, והוא הסיהרא שהוא רק מקבל משמשאסטנתבאר בתפארת יוסף מסכת תענית (כח:) ד"ה רב:
כל הטבע הוא רק מפאת התיישנות הנמצא בהבריאה, כדאיתא בש"ס (יבמות טז:) נער הייתי גם זקנתי שר העולם אמרו, היינו שכל התיישנות הוא רק מצד הבריאה, אבל כשמזדכך תפיסתו של אדם, מכיר שהכל הוא רק כחו ית'.. וזה הוא קושיית הזוה"ק, הא אין כל חדש תחת השמש והכא שירתא דא איהי חדש ואיהי תחת השמש, דהא תחות שמשא להוי ומאי איהו דא סיהרא וכדין הוה תחת השמש מאי טעמא.
ומתרץ, בגין כי נפלאות עשה, שאז יעשה השי"ת נפלאות מה שלא נעשה בעוה"ז, ומאן אינון נפלאות האי דכתיב הושיעה לו ימינו וזרוע קדשו וכו' דבהו אסתמיך ימינא ושמאלא. הושיעה לו ימינו, היינו שהשי"ת ישבר ויכלה אז כל המקטרגים, וזרוע קדשו היינו שמאלא, הרומז לפעולות אדם, ושניהם יצטרפו ויתחברו יחד, פעולות אדם עם פעולות השי"ת, מה שאין להבין זאת בהבנת עוה"ז.
כי בעוה"ז הציב השי"ת שכל ימי חייו יסייע ויעזור למלאכת השי"ת ע"י עבודתו, וכענין דאיתא בש"ס (שבת פט) היה לך לעזרנו, ואחר שימות אזי אפס מאתו זה הכח מלסייע ולעזור למלאכת השי"ת כמו בחיים, ואף שבאמת אף זה הכח הוא רק מהשי"ת, אמנם השי"ת הציב לבוש כזה מנדיבת טובו וחסדו להניח מקום לאדם להתגדר בו. נמצא שכל כח התחדשות הוא מכח המשפיע ולא מכח המקבל, ולעתיד יתחברו ויצטרפו יחד פעולות אדם עם פעולות השי"ת, שאף בההרגל שישראל יהיו רגילין בד"ת, מכל מקום יהיו גם חדשות מה שאין להבין בעוה"ז.
כי בעוה"ז הוא שדבר חדש אינו בהרגל, ומה שהוא בהרגל אינו חדש, יש מעלה בזה מה שאין בזה ובזה מה שאין בזה, חדש הוא חביב על האדם ואינו רגיל בה, והרגל הוא במעלה שאין אדם נכשל בו:
Tel est le sens de la résurrection des morts. Il demeure en l'homme un hevel de-garmei (résidu imperceptible des os), comme il est dit dans le Zohar (Chelah 169a), et cela vient de ce que de vraies paroles de Torah ont été fixées dans le corps de l'homme, chacun selon le fondement qu'il s'est acquis par le labeur de ses mains, dans les services et la patience.
Par cette force, le Nom le réveillera pour la résurrection. Car toute action, tout désir et toute bonne pensée sont cachés et enfouis auprès du Nom, et aucune parcelle n'en est perdue, comme il est dit dans le Zohar (Terouma 150a): 'Aucun bon désir ne se perd devant le Roi saint.' Et dans le Zohar (Michpatim 100a): 'Même le souffle de la bouche a un lieu et une place', etc.
Car si aucune trace du labeur de ses mains ne demeurait dans l'homme, l'homme n'aurait aucune part dans la résurrection et serait seulement une créature nouvelle. Or la valeur principale de la résurrection des morts est seulement que l'homme se reconnaîtra lui-même dans l'avenir: il était déjà dans le monde avant de se coucher, et maintenant il s'est ajouté de se lever, et il n'est pas une créature nouvelle.
(Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, fête de Soukkot, début de Vayizra Yitshak [2]: ce qui est dit dans le Talmud (Sanhédrin 91a), 'Dans l'avenir, lorsque les morts se lèveront, ils se lèveront avec leurs défauts et seront ensuite guéris', afin qu'on ne dise pas: d'autres ont fait mourir et d'autres ont fait revivre. Ils ont foi que le Nom peut toujours créer l'être à partir du néant, comme nous disons: 'Qui renouvelle chaque jour, constamment, l'œuvre de la création.' Mais ce qu'ils ne croiront pas, c'est que la résurrection future sera principalement issue du service de ce monde: de la marche de l'homme dans le service en ce monde viendra la force de la résurrection.
Le Nom leur montrera donc qu'ils se lèveront avec leurs défauts puis seront guéris, afin qu'ils reconnaissent qu'ils ne sont pas de nouvelles créatures, mais que tout provient de ce monde. Toute la force de la résurrection provient du service de ce monde.
Voir encore là-bas, Chemini Atseret, début de Beyom hachemini [3]. Le sujet est aussi développé dans Sod Yesharim, section Para, paragraphe 9; Tiferet HaHanokhi sur le Zohar, section Vayechhev (182a), début de Leet; plus haut, section Vayera, paragraphe 21, début de Veze hou ha-inyan.) Cependant, tout cela n'est que du côté du receveur.
Du côté du Nom, qui dispense, il n'y a aucune vétusté, comme il est dit dans le Talmud (Yevamot 16b): 'Y a-t-il une vieillesse devant Moi?' Ce n'est que du côté du receveur que se trouve la vétusté. Cela est appelé sous le soleil: c'est la lune, qui ne fait que recevoir du soleil.
(Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef sur le traité Taanit 28b, début de Rav: toute la nature n'est qu'en raison de la vétusté qui se trouve dans la création, comme il est dit dans le Talmud (Yevamot 16b): 'J'étais jeune, et j'ai aussi vieilli' - le prince du monde l'a dit. Cela signifie que toute vétusté n'est que du côté de la création; mais lorsqu'une personne purifie sa perception, elle reconnaît que tout n'est que Sa force bénie.) Telle est la question du Zohar: 'Il n'y a rien de nouveau sous le soleil', et ce chant est nouveau et sous le soleil, puisqu'il doit être sous le soleil.
Qu'est-ce donc? La lune.
Et alors il y aura sous le soleil. Pourquoi?
Il répond: 'Parce qu'Il a fait des merveilles': alors le Nom fera des merveilles qui n'ont pas été faites dans ce monde. Et quelles sont ces merveilles?
Ce qui est écrit: 'Sa droite et Son bras saint Lui ont apporté le salut', etc., car la droite et la gauche le soutiennent. 'Sa droite Lui a apporté le salut': le Nom brisera et anéantira alors tous les accusateurs. 'Son bras saint' est la gauche, qui fait allusion aux actions de l'homme; les deux se joindront et s'uniront, les actions de l'homme aux actions du Nom. Cela ne peut pas se comprendre selon l'intelligence de ce monde.
Car dans ce monde, le Nom a établi que l'homme, tous les jours de sa vie, aide et assiste l'œuvre du Nom par son service, comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 89a): 'Tu devais nous aider.' Après sa mort, cette force de seconder et d'aider l'œuvre du Nom cesse pour lui, telle qu'elle était dans la vie. Bien qu'en vérité cette force aussi ne vienne que du Nom, le Nom a placé un tel vêtement, par la générosité de Sa bonté et de Sa grâce, afin de laisser à l'homme une place où se distinguer.
Il s'ensuit que toute force de renouveau vient de celui qui dispense, non du receveur. Dans l'avenir, les actions de l'homme et les actions du Nom se joindront et s'uniront: même dans l'accoutumance d'Israël aux paroles de Torah, il y aura pourtant du renouveau, ce qui ne peut être compris dans ce monde.
Car dans ce monde, ce qui est nouveau n'est pas habituel, et ce qui est habituel n'est pas nouveau. Chacun possède un avantage que l'autre ne possède pas, et inversement: le nouveau est cher à l'homme et il n'y est pas habitué; l'habitude a l'avantage que l'homme n'y trébuche pas.
Ce passage poursuit l'enseignement des deux temps des paroles de Torah, qui dans l'avenir seront réunis, le Saint, béni soit-Il, appelant le chant et la résurrection au nom de l'homme. « Et les vies de Sarah furent » (Berechit 23, 1) : dès qu'elle est achevée de toute perfection, la force de vie se retire d'elle et elle ne veut plus entrer dans les incertitudes. Le Beit Yaakov rapporte de son père que « Les femmes sages ont bâti leur maison » : elles demeurent assurées du capital déjà en main ; l'homme désire entrer dans une affaire, même s'il peut perdre. « Furent » signifie qu'elle eut être et subsistance, et de cette force viendra la résurrection.
Aussi : téfilines qui indiquent l'ajout et mezouza qui indique l'œuvre achevée ; « chana » au singulier pour cent et vingt du côté du Nom, « chanim » au pluriel pour sept du côté de l'homme ; la mort de Sarah après la ligature d'Its'hak
וכן הוא גם בד"ת בעוה"ז, שבעת שאדם משתדל לקנות ד"ת אזי יוכל להפסיד ולהרויח, ואחר שבא על שלימות ד"ת, אזי לא יוכל להפסיד ולא להרויח, ולעתיד יהיו אלו השנים יחד, וכדאיתא במדרש רבה (צו ט) לעתיד יביא הקב"ה רוח ארגוסטון שינשב רוח דרומית עם רוח צפונית יחד, משא"כ בזה העולם, שבזה העולם הוא בשעה שרוח דרומית מנשבת אין רוח צפונית מנשבת. והוא, כי דרום מורה לימינא שהוא מצד השי"ת, וצפון מורה על שמאלא פעולת אדם, ובעוה"ז נראים כהפכיים ומתנגדים זה לזה, בעת שפועל זה הכח לא יפעול זה הכח, ולעתיד יהיו שניהם יחד, וכדאיתא במדרש הנעלם (תולדות קלד:) הה"ד הדודאים נתנו ריח א"ר יצחק אל תקרי הדודאים אלא הדודים, זהו הגוף והנשמה בהם דודים ורעים זה עם זהעעיין בתפארת החנוכי על זוהר פרשת תולדות במדרש הנעלם דף קלד:
ד"ה הדודאים כל העניין שם.. ושם (בדף קלט.) ועתיד הקב"ה להתעורר רוח אחד לקיים הגוף שיהיה כלול מד' רוחות (ועיין זוהר ויחי דף רלה.
וזהר נשא קל:) ואף שכל ההתחדשות הוא רק מהשי"ת, אכן מפני שאין הקב"ה מקפח שכר כל בריה, לכן קורא השירה על שם האדם, שהם משוררים השיר חדש. כמו בהפרות פלשתים שטענו את הארון כתיב בהו וישרנה הפרות בדרך, ובאמת לא הם היו המשוררים רק מכח הארון הקודש אשר על העגלה, שמכיון שניטל הארון מעל העגלה אזי היו געאן כשאר פרות, מ"מ נקרא על שמם שהפרות אמרוהו, ונלמד מזה בקל וחומר שאין הקב"ה מקפח שכר נפש מישראל, לזה יקרא התחיה על שם האדם.
וכמו שלעתיד ישבר השי"ת ויכלה כל המקטרגים ורק ימינו תושיע לו, כן היה כאן, כשנשבה הארון לארץ פלשתים ונתגברה הסט"א, אם היה חזרתו ע"י נצוח מלחמה היה נחשבת הישועה שמפעולת אדם נעשית, אכן עתה שנמסר בידם ונתנוהו תחת דגון א-להיהם, ושם הראה השי"ת נפלאותיו והושיעה לו ימינו ושבר כל המקטרגים ועבודה זרה שלהם, והארון חזר למקומו בין ישראל, והראה בזה שאמתת דברי תורה הם רק בישראל, בזה נראה שזה הכח הוא רק מהשי"ת המשפיע, וזה הוא המזמור שיר חדש. ועל זה אומר שם בזוה"ק שלא נאמר מזמור לדוד ולא לדוד מזמור, כי המזמר יהיה השי"ת, אכן מפני שאין הקב"ה מקפח שכר כל בריה, לכן קורא השירה על שם האדם שהם ישוררו, כמו בפרות הפלשתים שטענו את הארון כתיב בהו וישרנה הפרות בדרך, ואף שהם לא היו המשוררים, כי כשלקחו מהם ארון הקודש היו צועקים כשאר פרות, ורק מכח קדושת הארון אשר על העגלה היו משוררים, מ"מ נקרא על שמם שהפרות אמרוהו, ונלמד מזה בקל וחומר שאין הקב"ה מקפח שכר נפש מישראל ויהיה נקרא התחיה על שמם.
וזו הפתיחה הוא על ויהיו חיי שרה, שאז נשלמה בכל השלימות, ונקבעו בה הד"ת בקביעות. וזה הוא ויהיו שהיה לה הויה וקיום, ומזה הכח יהיה התחיה.
וזה הוא כונת הזוה"ק (חיי קכג.) ויהיו חיי שרה דהוו ממש דאתבריאו ואתקיימו לעילא. ומיתת שרה היה אחר עקידת יצחק, שאז בא אברהם אבינו על שלימותו ולא נוסף לו עוד שום חדשות, לכן מתה שרה, כי עיקר התחדשות הוא בנוקבא, ועתה שנשלם נקח מאתו הנוקבא, והחיים שחי אאע"ה אחר זה היה מרזא דעתיקא קדישא מעין העתיד אחר שיברר השי"ת את כל ישראלעאכמבואר לעיל פרשה זו אות א, בית יעקב הכולל פרשה זו ד"ה ויהיו [א].:
Il en est ainsi aussi des paroles de Torah dans ce monde-ci: lorsqu'un homme s'efforce d'acquérir des paroles de Torah, il peut perdre ou gagner; mais après être parvenu à la perfection des paroles de Torah, il ne peut plus ni perdre ni gagner. Dans l'avenir, ces deux temps seront réunis, comme il est dit dans le Midrach Rabba (96, 9): dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, fera venir un vent argeston, un vent du sud soufflant avec un vent du nord simultanément.
Il n'en est pas ainsi dans ce monde-ci: lorsque le vent du sud souffle, le vent du nord ne souffle pas. Car le sud indique la droite, qui est du côté du Nom, et le nord indique la gauche, l'action de l'homme; dans ce monde-ci, ils paraissent opposés et contraires l'un à l'autre: quand cette force agit, l'autre n'agit pas.
Dans l'avenir, tous deux seront réunis, comme il est dit dans le Midrach ha-Neelam (Toledot 134b): "Les mandragores ont donné leur parfum" (Genèse 30, 14); Rabbi Yitshak dit: ne lis pas ha-doudaim (les mandragores), mais ha-dodim (les bien-aimés): c'est le corps et l'âme, qui sont bien-aimés et amis l'un de l'autre. Voir Tiferet ha-Hinukhi sur le Zohar, parachat Toledot, Midrach ha-Neelam, 134b, s.v. ha-doudaim, pour tout le sujet.
Et il est dit là-bas (139a): dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, éveillera un vent pour maintenir le corps, qui sera inclus des quatre vents. Voir Zohar, Vayehi 235a, et Zohar, Nasso 130a.
Bien que tout le renouvellement ne vienne que du Nom, puisqu'Il ne prive aucune créature de sa récompense, Il appelle le chant au nom de l'homme: ce sont eux qui chanteront le chant nouveau. Ainsi, des vaches des Philistins qui portaient l'Arche, il est écrit: "Les vaches allèrent droit par le chemin" (I Samuel 6, 12).
En vérité, ce ne furent pas elles qui chantaient, mais cela provenait de l'Arche sainte sur le chariot: dès que l'Arche fut retirée du chariot, elles meuglaient comme les autres vaches. Néanmoins, cela est appelé de leur nom, comme si les vaches l'avaient dit.
Nous en apprenons a fortiori que le Saint, béni soit-Il, ne prive pas une âme d'Israël de sa récompense; aussi la résurrection sera-t-elle appelée au nom de l'homme. De même que dans l'avenir le Nom brisera et anéantira tous les accusateurs, et que Sa droite seule le sauvera, ainsi en fut-il ici: lorsque l'Arche fut prise en captivité au pays des Philistins et que la sitra ahara (l'Autre Côté) se renforça, si son retour avait eu lieu par la victoire d'une guerre, le salut aurait été considéré comme venant de l'action humaine.
Mais maintenant qu'elle fut livrée entre leurs mains et qu'ils la placèrent sous Dagon, leur dieu, le Nom y montra Ses merveilles; Sa droite le sauva, brisa tous les accusateurs et leur idolâtrie, et l'Arche revint à sa place parmi Israël. Il montra ainsi que la vérité des paroles de Torah n'est qu'en Israël, et il fut manifesté que cette force vient seulement du Nom qui influe.
Tel est le psaume: "Un chant nouveau". À ce sujet, le saint Zohar dit qu'il n'est écrit ni "Psaume de David" ni "De David, psaume", car Celui qui chante sera le Nom.
Mais puisque le Saint, béni soit-Il, ne prive aucune créature de sa récompense, Il appelle le chant au nom de l'homme: ils le chanteront. Ainsi des vaches philistines qui portaient l'Arche, il est écrit: "Les vaches allèrent droit par le chemin"; bien qu'elles ne fussent pas celles qui chantaient, car lorsqu'on leur prit l'Arche sainte elles criaient comme les autres vaches, et qu'elles ne chantaient que par la force de la sainteté de l'Arche sur le chariot, néanmoins cela est appelé de leur nom, comme si les vaches l'avaient dit.
Nous en apprenons a fortiori que le Saint, béni soit-Il, ne prive pas une âme d'Israël de sa récompense, et que la résurrection sera appelée de leur nom. Cette ouverture porte sur "Et les vies de Sarah furent" (Genèse 23, 1), car alors elle fut achevée en toute perfection, et les paroles de Torah furent fixées en elle de manière permanente.
C'est le sens de "furent": elle eut être et subsistance, et de cette force viendra la résurrection. Telle est l'intention du saint Zohar (Hayye Sarah 123a): "Et les vies de Sarah furent", elles furent réellement, car elles furent créées et établies en haut.
La mort de Sarah eut lieu après la ligature d'Its'hak; alors notre père Abraham parvint à sa perfection, et aucune nouveauté ne lui fut plus ajoutée. C'est pourquoi Sarah mourut, car le renouvellement essentiel est dans la Noukva, et maintenant qu'il fut achevé, la Noukva lui fut prise.
Les vies que notre père Abraham vécut ensuite relevaient du secret de l'Atik Kadisha (l'Ancien saint), à l'image de l'avenir, après que le Nom aura éclairci tout Israël. Comme expliqué ci-dessus, dans cette paracha, paragraphe 1, Beit Yaakov ha-Kolel sur cette paracha, s.v.
"Et les vies" [1].
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. הענין בזה, שכאשר רק נשלמה בכל השלימות הראוי עד שלא היה לה עוד שום עסק בעוה"ז, אפס ממנה כח החיים ולא רצתה לכנוס עוד בספיקות.
וזה הוא שאומר כבוד אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה, חכמות נשים בנתה ביתה (משלי י״ד:א׳) שזו היא החכמה שנמצא בנשים, לשבת ביתה ולא לכנוס לספיקות בהרכוש שקבצה כבר ויש לה בידה, אף שתוכל גם להרויח, אך שנוח לה להיותה בטוחה בהקרן בלי הרוחה מהלכניס הקרן בספק שתוכל להפסיד אף הקרן. והדכר הוא בהיפך מזה שחפץ לכנוס בעסק, אף שיוכל להפסיד מה שיש לו בידו אבל יוכל להיות שירויח הון רב עד אין שיעור וגדולה, וזו המעלה ממעלת החכמה שנמצא בין הנשים, וכדאיתא במס' נדה (דף מה:) שנתן הקב"ה בינה יתירה באשה יותר מן האיש, והזכר דרכו לכנוס ולאסוף, וכדאיתא יבמות (דף סה:) איש דרכו לכבוש ואין אשה דרכה לכבושעבעיין במי השלוח ח"ב משלי (יד) ד"ה חכמות:
חכמות נשים הוא מתינות וישוב הדעת שיהיה לו בכל דבר מעצור לרוחו, וזה הוא חכמה המתלבשת בבינה וכו'. וכדאיתא בגמ' (יבמות סה:) איש דרכו לכבש ואין אשה דרכה לכבש שלא תרצה לכנוס באחריות סכנה, וזה דאיתא בגמ' (נדה מה:) מלמד שנתן הקב"ה בינה יתירה באשה יותר מבאיש ובינה הוא כח המצמצם כדאיתא בזה"ק (בא מב:) וזה הוא בנתה ביתה היינו קנין קבוע בקדושה..
וזה הוא דאיתא בש"ס (מנחות לב.) תפלין שבלו מהו שיעשה מהן מזוזה, ומסקינן שם דאסור מפני שקדושת תפלין גדולה מקדושת מזוזה. והוא כענין דאיתא בזוה"ק (משפטים קיט:) ובהאר"י הק' (שער הכוונות תפילין, דרוש א) שהארבע פרשיות תפלין הם כנגד ארבעה אותיות מהשם הוי"ה, והשני פרשיות הכתובים גם במזוזה הם כנגד שני אותיות אחרונים ו"ק, שהם הנוקבא משני אותיות הראשונים י"ק כידועעגוכמבואר בשער ההקדמות בענין טו"ר סוד אחור באחור בסופו וזל"ק:
וע"כ נצטווינו במצות המזוזה שהיא נוקבא דז"א העומדת שם בפתח ההוא וכו'.. י"ק מורה על כל הנשמה תהלל י"ה, שמאלו השני אותיות נתוסף ונתרבה הלול ושבח להשי"ת, והם ברזא דתפלין.
והשני אותיות ו"ק מרמזים על מעשה ופעולת אדם נשלמים, שהשי"ת מסכים וחותם עליהם, ואלו הפעולות הם שלמים וקבועים בקביעות בלי הוספה. ולזה הוא קביעת מזוזה דרך ביאת אדם לבית, מפני שמרמזת על פעולות נגמרים ונשלמים, כמו כל התבואות שמתחייבים במעשר בגמר השלמתן כשרואים פני הבית.
ועל זה מרמז גם החילוק מה שמזוזה צריכה שרטוט ותפלין אין צריכים שרטוט כדאיתא בש"ס (מנחות לב:). כי שרטוט מורה על סדר ושורה נאה, והוא כמו אדם העוסק בעסק ומשא ומתן באמצע, אזי אינו משגיח על סדר להניח המעות בסדר ושורה ולמנות ולספור כמה עולה הונו ורכושו להתרבות ולהתוסף, אכן אחר כלותו מסחרו, אזי מניח הונו בסדר ושורה למנות כמה עולה הונו כמה הרויח.
וכן הוא החילוק שבין תפילין למזוזה. תפלין מרמזין על הוספה, לכן אין צריכין שרטוט, מאחר שלא נודע לו כמה הרויח.
אבל מזוזה מורה על דבר נשלם, שכבר נודע לו מספרה, לכן צריכה שרטוט. וזה הוא ג"כ הענין שמצות תפלין הוא ביום, כי יום מורה על עת שאדם פועל ועוסק במסחרו לעשות מעשהו בדעת וחשבון, להרבות הון בקדושה כל שעה יותר, וכל החילוקים שבין תפלין למזוזה הם בנויים על זה היסוד והשורש:
"Et les vies de Sarah furent de cent ans, de vingt ans et de sept ans, les années des vies de Sarah" (Genèse 23, 1). Le sujet est que, dès qu'elle fut achevée de toute perfection convenable, au point de n'avoir plus aucune affaire dans ce monde-ci, la force de vie se retira d'elle et elle ne voulut plus entrer dans les incertitudes.
C'est ce que disait l'honneur de mon père, mon maître et enseignant, le saint génie, de mémoire bénie: "Les femmes sages ont bâti leur maison" (Proverbes 14, 1). Telle est la sagesse qui se trouve chez les femmes: demeurer dans leur maison et ne pas entrer dans les incertitudes, avec le bien qu'elles ont déjà rassemblé et qui est en leur main.
Elles pourraient certes encore gagner, mais elles préfèrent être assurées de leur capital, sans le gain qui viendrait d'exposer le capital au risque, car elles pourraient perdre même le capital. L'homme est à l'inverse: il désire entrer dans une affaire; bien qu'il puisse perdre ce qu'il tient en main, il peut peut-être gagner une fortune très grande et sans mesure.
Cette qualité dépasse la qualité de sagesse qui se trouve parmi les femmes, comme il est rapporté dans le traité Nidda (45b): le Saint, béni soit-Il, a donné à la femme une intelligence supplémentaire plus qu'à l'homme. Et la voie de l'homme est d'entrer et d'amasser, comme il est rapporté dans Yevamot (65b): la voie de l'homme est de conquérir, et non celle de la femme.
Voir Mei ha-Shiloah, II, Proverbes 14, s.v. "Les femmes sages": la sagesse des femmes est la modération et le calme de l'esprit, afin qu'en toute chose elle impose une retenue à son esprit; c'est la sagesse qui se revêt de bina (intelligence discernante), etc.
Comme il est rapporté dans le Talmud (Yevamot 65b): la voie de l'homme est de conquérir, et non celle de la femme, car elle ne veut pas entrer sous la responsabilité du danger. Et c'est ce qui est rapporté dans le Talmud (Nidda 45b): cela enseigne que le Saint, béni soit-Il, a donné à la femme une intelligence supplémentaire plus qu'à l'homme; la bina est une force de restriction, comme il est dit dans le saint Zohar (Bo 42b).
Tel est le sens de "elle a bâti sa maison": une acquisition fixe en sainteté. C'est aussi le sens de ce qui est rapporté dans le Talmud (Menahot 32a): des tefillin usés, peut-on en faire une mezouza?
Et l'on conclut là-bas que cela est interdit, car la sainteté des tefillin est plus grande que celle de la mezouza. Cela correspond à ce qui est dit dans le saint Zohar (Mishpatim 119b) et chez le saint Ari, Rabbi Yitshak Louria, dans Shaar ha-Kavanot, au sujet des tefillin: les quatre paragraphes des tefillin correspondent aux quatre lettres du Nom ה'; les deux paragraphes écrits aussi dans la mezouza correspondent aux deux dernières lettres, vav-hé (ו-ק), qui sont la Noukva par rapport aux deux premières lettres, yod-hé (י-ק), comme on le sait.
Comme il est expliqué dans Shaar ha-Hakdamot, au sujet de Tour, le secret de a'hor be-a'hor (dos à dos), à la fin: "C'est pourquoi nous avons reçu l'ordre de la mitsva de mezouza, qui est la Noukva de Zeir Anpin, se tenant là à cette entrée", etc. Yod-hé indique "que toute âme loue Yah" (Psaumes 150, 6): par ces deux lettres s'ajoutent et se multiplient louange et éloges envers le Nom; elles relèvent du secret des tefillin.
Les deux lettres vav-hé font allusion à l'œuvre et à l'action achevées de l'homme, auxquelles le Nom consent et qu'Il scelle; ces actions sont achevées et fixées sans ajout. Aussi la fixation de la mezouza se fait-elle à l'entrée de l'homme dans la maison, car elle fait allusion aux actions terminées et achevées, comme tous les produits qui deviennent assujettis à la dîme à l'achèvement de leur perfection, lorsqu'ils voient la face de la maison.
La différence selon laquelle la mezouza requiert le lignage et les tefillin ne le requièrent pas, comme il est rapporté dans le Talmud (Menahot 32b), y fait aussi allusion. Car le lignage indique ordre et belle ligne.
C'est comme l'homme qui s'occupe d'une affaire et de commerce: en son milieu, il ne veille pas à l'ordre, à disposer son argent en ordre et en ligne, ni à compter et calculer à combien se monte sa fortune et ses biens pour les accroître et les ajouter. Mais après avoir terminé son commerce, il dispose sa fortune en ordre et en ligne, afin de compter à combien elle se monte et combien il a gagné.
Il en est ainsi de la différence entre tefillin et mezouza. Les tefillin font allusion à l'ajout, c'est pourquoi ils ne requièrent pas le lignage, puisqu'il ne sait pas encore combien il a gagné.
Mais la mezouza indique une chose achevée, dont il connaît déjà le nombre; c'est pourquoi elle requiert le lignage. C'est aussi le sujet du fait que la mitsva des tefillin est le jour: le jour indique le temps où l'homme agit et s'occupe de son commerce, pour accomplir son action avec connaissance et calcul, et augmenter à chaque heure davantage le capital de sainteté.
Toutes les différences entre tefillin et mezouza sont bâties sur ce fondement et cette racine.
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. הענין שבמאה ועשרים כתיב שנה לשון פרטי ובשבע כתיב שנים לשון רבים.
הוא כענין דאיתא בזוה"ק (חיי קכג.) מאה שנה כללא דכלא קב"ה דאתכליל מאתר עלאה סתימה דכל סתימין במאה ברזא דמאה ברכאן דכל יומא וכן עשרים שנה ובגין כך כתיב שנה רזא דיחודא. והוא, כי מנינא דאדם הוא רק עד עשרה ומעשרה ולעילא הוא רשות בפני עצמו, דכל בי עשרה שכינתא שריא (סנהדרין לט.) וזה הוא שאומרים שלש קדושות קדוש קדוש קדוש, שהם שלשה מנינים עשרה ומאה ואלף, ולעומת זה היו בישראל שרי עשרות שרי מאות שרי אלפים.
שרי עשרות היינו הנפש שמברר את עצמו בכל דבר ואינו משוקע בהטובה כאיש אחר, ומדוגל הוא במעשה מאיש אחר, והוא כנגד קדוש הראשון. ואח"ז הם שרי מאות, שזה מברר עצמו עוד יותר משרי עשרה והוא מקודש בשתי קדושותעדוכמש"נ בלקוטי תורה פרשה זו וזל"ק:
היא מאה, דהיינו בחינת כתר שבכתר, וכל מה שהוא יותר עליון, עולין חשבונו יותר למאות שגם הי' הכלולים בו, הם כלולים מי'.. ושרי חמשים נתבאר בענין ברכת המזון, ששרשם הוא בשרי מאות.
ואח"ז הם שרי אלפים, שזה מברר את עצמו עוד יותר, ויש בו שלש קדושות. אכן כ"ז הוא רק מצד השי"ת, שברכה דקב"ה אלף, כדאיתא בזוה"ק (ויצא קסא.) ברכתא דלעילא לא פחות מאלף וכו', אבל פעולת אדם מצדו לא יגיעו רק עד עשרה, וכענין דאיתא בש"ס (ב"מ לח.) רוצה אדם בקב שלו יותר מתשעה קבין של חבירו, והוא שעד תשעה ניכר עוד שהוא מיגיע כפיו של אדם, ולמעלה מזה לא יגיעו פעולותיו.
ולזה במאה ועשרים כתיב שנה, לשון פרטי, שהם מצד השי"ת והם ענין אחד. עשרים היינו שתי קומות, כמש"נ בענין סוכה.
והוא כי בי עשרה שכינתא שריא, שניכר קדושת השי"ת בעולם. ועשרים הוא קדושה מופלגת שנדע שלא נדע והוא שתי קומותעהנתבאר בבית יעקב ויקרא פרשת בחקתי אות פ:
קוממיות היינו שני קומות. כי בעוה"ז הציב השי"ת, שרשות אדם עד עשרה, ולמעלה מעשרה אין רשות אדם שולט.
ולמעלה מעשרים אין עין אדם שולטת. ולכן סוכה ומבוי שגבוהים מעשרים פסולים, לפי שאין עיני אדם שולטים שם כמ"ש (עירובין ב., סוכה ב.).
וכן מבואר בבית יעקב הכולל חג הסוכות ד"ה בסכות [א]: והנה מה שנגבל בעשרים אמה, לפי שגבול בני אדם הוא עד עשרה, כמו דאיתא בגמרא (סוכה ה.) ולא עלו משה ואליהו למרום וכו', למטה מעשרה.
וגם גבול השכינה עד עשרה, מעולם לא ירדה שכינה למטה וכו', למעלה מעשרה (שם). לפי שעיקר חיות האדם בעוה"ז שנברא נבדל מבוראו, עיקר חיותו שיוכל לומר כחי ועוצם ידי.
וכאשר יתפשט האדם כחו עד עשרה, היינו שלא ימליך את הקב"ה, אז גם השי"ת יגביה מדותיו ויאמר כי אני אני הוא (האזינו לב). וזהו עשרים אמה, שהאדם הוא מובדל מהשי"ת.
עיי"ש המשך הדברים. ועיין עוד הרחבת הדברים בסוד ישרים חג הסוכות אות טו באמצע העניין שם..
ובשבע כתיב שנים לשון רבים, שזה הוא מצד האדם, והם ברזא דסיהרא, שלפעמים היא נקודה חדא ופעמים מתרבה ומתגדלה, כן הם השבע מדות, פעמים הם נקודה חדא ופעמים הם מתרבים, כי אין צדיק בארץ שיעמוד תמיד בדרגא חדא בלי שינוי, רק פעמים יש לו ירידת הדרגין ופעמים מתעלה, לאו כל העתים שוות, לכן נאמר לשון רבים מפני שמתחלקים ומשתנים לפעמיםעועיין לקמן פרשה זו אות יב ובהערה עח שם מה שכתבנו בשם האריז"ל.:
"Et les vies de Sarah furent de cent ans, de vingt ans et de sept ans, les années des vies de Sarah" (Genèse 23, 1). Le sujet est que, pour cent et vingt, il est écrit shana (année), au singulier, tandis que pour sept, il est écrit shanim (années), au pluriel.
Cela correspond à ce qui est dit dans le saint Zohar (Hayyé Sarah 123a): "Cent ans: la totalité de tout, le Saint, béni soit-Il, qui est inclus depuis le lieu supérieur, le caché de tous les cachés, dans cent, selon le secret des cent bénédictions de chaque jour; et de même vingt ans. Aussi est-il écrit shana, le secret de l'unité." Car le compte de l'homme ne va que jusqu'à dix, et au-dessus de dix se trouve un domaine distinct: "en tout groupe de dix, la Présence divine réside" (Sanhédrin 39a).
C'est le sens des trois saintetés que nous disons: "Saint, saint, saint" (Isaie 6, 3), qui sont les trois comptes de dix, cent et mille. En correspondance, il y avait en Israël des chefs de dizaines, des chefs de centaines et des chefs de milliers.
Les chefs de dizaines sont l'âme qui s'éclaircit elle-même en toute chose, qui ne s'enfonce pas dans le bien comme un autre homme, et qui se distingue par l'action d'un autre homme; ils correspondent au premier "saint". Ensuite viennent les chefs de centaines: celui-ci s'éclaircit encore davantage que les chefs de dizaines et est sanctifié de deux saintetés.
Comme il est écrit dans Likoutei Torah sur cette paracha: "Elle est cent", c'est-à-dire le degré de keter dans keter; et plus une chose est élevée, plus son compte s'élève vers les centaines, de sorte que même les dix qui y sont inclus sont inclus chacun de dix. Les chefs de cinquante ont été expliqués au sujet de la bénédiction après le repas: leur racine est dans les chefs de centaines.
Ensuite viennent les chefs de milliers: celui-ci s'éclaircit encore davantage et possède trois saintetés. Mais tout cela n'est que du côté du Nom, car la bénédiction du Saint, béni soit-Il, est mille, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayetse 161a): "La bénédiction d'en haut n'est pas moindre que mille." Mais les actions de l'homme de son côté ne parviennent que jusqu'à dix, comme il est rapporté dans le Talmud (Bava Metsia 38a): "Un homme préfère son propre kav à neuf kavim de son prochain." Jusqu'à neuf, on reconnaît encore qu'il vient du labeur des mains de l'homme; au-dessus de cela, ses actions ne parviennent pas.
C'est pourquoi pour cent et vingt il est écrit shana, au singulier: ils sont du côté du Nom et constituent une seule chose. Vingt signifie deux tailles, comme il a été expliqué au sujet de la soukka.
Car dans un groupe de dix la Présence divine réside, et la sainteté du Nom est reconnue dans le monde. Vingt est une sainteté extraordinaire, afin que nous sachions que nous ne savons pas, et cela constitue deux tailles.
Cela a été expliqué dans Beit Yaakov, Lévitique, parachat Behoukotai, paragraphe 80: qomemiyout (droiture) signifie deux tailles. Car dans ce monde-ci le Nom a fixé que le domaine de l'homme va jusqu'à dix; au-dessus de dix, le domaine de l'homme ne règne pas.
Au-dessus de vingt, l'œil de l'homme ne règne pas. Aussi une soukka et une alleyway qui ont plus de vingt coudées sont-elles impropres, puisque les yeux de l'homme n'y dominent pas, comme il est dit (Erouvin 2a; Soukka 2a).
De même, Beit Yaakov ha-Kolel, fête de Soukkot, s.v. "Dans les soukkot" [1], explique: la limite de vingt coudées est fixée car la limite des hommes est jusqu'à dix, comme il est dit dans la Guemara (Soukka 5a): Moché et Élie ne montèrent pas au ciel, etc., au-dessous de dix; et la limite de la Présence divine est aussi de dix: la Présence divine ne descendit jamais au-dessous, etc., au-dessus de dix.
Car la vie essentielle de l'homme dans ce monde-ci, créé séparé de son Créateur, est de pouvoir dire: "Ma force et la puissance de ma main" (Deutéronome 8, 17). Lorsque l'homme étend sa force jusqu'à dix, c'est-à-dire qu'il ne fait pas régner le Saint, béni soit-Il, alors le Nom élève aussi Ses attributs et dit: "Car Moi, Moi, Je suis" (Deutéronome 32, 39).
Tel est le sens des vingt coudées: l'homme est séparé du Nom. Voir là-bas la suite du sujet, ainsi que son développement dans Sod Yesharim, fête de Soukkot, paragraphe 15, au milieu du sujet.
Dans sept, il est écrit shanim, au pluriel: cela est du côté de l'homme et relève du secret de la lune, qui est parfois un point unique et parfois augmente et grandit. Ainsi les sept attributs sont parfois un point unique et parfois se multiplient.
Car il n'est pas de juste sur terre qui demeure toujours à un seul degré sans changement: parfois il connaît une descente des degrés, parfois il s'élève; tous les temps ne sont pas semblables. Aussi l'expression est-elle au pluriel, parce qu'ils se partagent et changent parfois.
« Les années de la vie de Sara. » Dans le Zohar, ces vies sont toutes en haut ; cent est le secret des cent bénédictions. Pour le Beit Yaakov, cent désigne le discernement intégral de l'homme, le Saint, béni soit-Il, y étant inclus : par les cent bénédictions on donne de la force à Celui qui influe. Après qu'Avraham se fut discerné dans les dix sefirot à cent ans, la circoncision lui fut donnée et le Nom lui montra que ses actions vivraient pour l'éternité. Les trente-sept années jusqu'à la ligature d'Its'hak, Sara reste en vie comme aide ; les trente-sept suivantes, le Nom illumine chaque jour une génération jusqu'à la fin des six mille ans, et Sara meurt.
Aussi : « année » pour cent et vingt, union constante ; « années » pour les sept de ce monde, Chema du matin et crainte dans l'action ; Kiryat Arba, Yaakov et David, sainteté des pères fixée dans Israël
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. בזוה"ק (חיי קכב.) אינון חיין כלהו לעילא וכו' במאה ברזא דמאה ברכאן וכו'.
והנה אאע"ה חי מאה ושבעים וחמש שנה. מאה היינו בירור האדם בשלימות וקב"ה אתכליל בהו, כי השי"ת הוא המשפיע לכל המקבלים, ובהמאה ברכאן דכל יומא נותנים עוז בהמשפיע להשפיע להמקבלים, וכענין דכתיב (תהילים ס״ח:ל״ה) תנו עוז לא-להים, שבירורי האדם מוסיפים אומץ בגבורה של מעלה.
לזה אחר שנעשה אאע"ה בן מאה שנה ובירר את עצמו כל צרכו בעשר ספיראן, וכל ספירה כלולה מעשרה, אז ניתן לו מצות מילה, שבזה הראה לו השי"ת שכל הפעולות שעשה והאיר אותם יחיו לעולמי עד. ואח"ז התחיל השי"ת לברר לו כל הפעולות שעשה קודם דבור הראשון, טרם שנעשה בן שבעים וחמש שנה, כי מהדבור הראשון והלאה לא פעל שום דבר אם לא ראה בה מפורש רצון השי"ת.
אכן קודם זה המאמר, בע"ה שנה הראשונות, שהיו ימים של מי יחוש, בירר אותם השי"ת אחר שנעשה בן מאה שנה, והע"ה שנה האחרונות הם חלוקים לשנים, בשלשים ושבע שנה הראשונות האיר לו השי"ת כל הע"ה שנה הראשונות, שאף בפעולת הגוף לא יצא חוץ מרצון השי"ת, ואז היה לו כל ההשלמה בעקידת יצחק, שאז נאמר לו לך אכול בשמחה לחמך וגו' כי כבר רצה הא-להים את מעשיך כדאיתא במדרש (קהלת רבה ט). ובהשלשים ושבע שנה האחרונות שאחר העקידה, האיר לו השי"ת כל הדורות שיצאו ממנו עד אחר עבור ששת אלפים שנה, שכל יוצאי חלציו לא יצאו מרצון השי"ת.
וכל זה האיר לו השי"ת בהל"ז שנה האחרונות, בכל יום האיר לו השי"ת דור עוד יותר. לזה בהשלשים ושבע שנה הראשונות שאחר המאה שנה, שהם היו חסרים לשלימותו, היה צריך לסיוע משרה אשתו שתהיה בחיים עוד עד שיבא אל השלימות, כי האשה נתנה לאדם לעזר, כדאיתא (בראשית ב׳:י״ח) אעשה לו עזר.
ובשלשים ושבע שנים האחרונות, שמצדו כבר נשלם בכל שלימותו, רק שהשי"ת האיר לו אז באותן השנים הדורות הבאים אחריו, אזי לא היה צריך עוד לסיוע, לזה מתה שרה אחר העקידה, שעברו הל"ז שנים הראשונותעזכמבואר לקמן פרשה זו אות יד.:
" Les années de la vie de Sara furent cent ans, vingt ans et sept ans, les années de la vie de Sara. " Dans le saint Zohar (Hayyé Sara 122a) : " Ces vies sont toutes en haut... dans cent est le secret des cent bénédictions...
" Or Abraham, notre père, que la paix soit sur lui, vécut cent soixante-quinze ans. Cent désigne le discernement intégral de l'homme, et le Saint, béni soit-Il, y est inclus.
Car le Nom est Celui qui influe sur tous les receveurs, et par les cent bénédictions quotidiennes on donne de la force à Celui qui influe, afin qu'Il influe sur les receveurs, selon ce qui est écrit : " Donnez de la force à Elokim " (Psaumes 68,35). Les discernements de l'homme ajoutent de la vigueur à la puissance d'en haut.
C'est pourquoi, après qu'Abraham notre père eut atteint l'âge de cent ans et se fut discerné autant qu'il le fallait dans les dix sefirot, chaque sefira étant incluse de dix, le commandement de la circoncision lui fut donné. Par cela, le Nom lui montra que toutes les actions qu'il avait accomplies et illuminées vivraient pour l'éternité.
Après cela, le Nom commença à lui discerner toutes les actions qu'il avait accomplies avant la première parole, avant qu'il eût atteint soixante-quinze ans. Car à partir de la première parole, il ne fit rien sans y voir explicitement la volonté du Nom.
Mais avant cette parole, durant les soixante-quinze premières années, qui étaient des jours dont qui se soucierait, le Nom les discerna après qu'il eut atteint cent ans. Les soixante-quinze dernières années se divisent en deux : durant les trente-sept premières années, le Nom illumina pour lui les soixante-quinze premières, de sorte que, même dans les actions du corps, il ne s'était pas écarté de la volonté du Nom.
Il eut alors toute sa perfection lors de la ligature d'Its'hak, lorsqu'il lui fut dit : " Va, mange ton pain dans la joie... car déjà Elokim a agréé tes actions ", comme il est rapporté dans le Midrach (Qohelet Rabba 9). Durant les trente-sept dernières années, après la ligature, le Nom illumina pour lui toutes les générations qui sortiraient de lui jusqu'à la fin des six mille ans, afin que tous ceux qui sortiraient de ses reins ne sortissent pas de la volonté du Nom.
Tout cela, le Nom le lui illumina durant les trente-sept dernières années : chaque jour, le Nom lui illuminait une génération de plus. Aussi, durant les trente-sept premières années après les cent ans, qui manquaient encore à sa perfection, il avait besoin de l'aide de Sara son épouse, afin qu'elle restât en vie jusqu'à ce qu'il parvînt à la perfection.
Car la femme a été donnée à l'homme comme aide, ainsi qu'il est dit : " Je lui ferai une aide " (Genèse 2,18). Durant les trente-sept dernières années, où de son côté il était déjà accompli en toute perfection et où le Nom ne faisait que lui illuminer les générations à venir, il n'avait plus besoin d'aide.
C'est pourquoi Sara mourut après la ligature, lorsque les trente-sept premières années furent passées, comme il sera expliqué plus loin dans cette paracha, paragraphe 14.
ויהיו חיי שרה מאה שנה ועשרים שנה ושבע שנים שני חיי שרה. בזוה"ק (חיי קכג.) ת"ח רזא דמלה מאי שנא בכלהו דאמר שנה שנה ובאינון שבע דאמר שנים וכו' מאה שנה כללא דכלא קב"ה דאתכליל מאתר עלאה וכו' ובגין כך כתיב שנה רזא דיחודא דלא אתפרש מחשבה ויובלא לעלמין.
שבע שנים אלין אתפרשן ונפקאן מכללא סתימאה וכו'. הענין בזה הוא, כי מאה ועשרים הם קודם הפירוד, ממקום שזווגייהו תדיר, לכן כתיב שנה.
ושבע הוא מנינא דעוה"ז, שמשם מתחיל הפירוד כענין דכתיב (בראשית ב) ומשם יפרד שהיקף שבעה הוא בעוה"זעחוכמבואר בשער מאמרי רשב"י לרבנו האריז"ל (פ' חיי שרה) בביאור מאמר זה בזוה"ק וזל"ק: הכתר כולל כל הי"ס, אשר כל אחד כלולה מעשר, סך הכל מאה, והוא נגד הכתר.
ואבא ואימא הם נקראים עשרים שנה, כי כל אחד מהם כלול מי"ס שבו, הרי עשרים בין שניהם. וז"א ונוקבא שהם בחינת שבעה קצוות, הם נקראים שבע שנים.
וכבר ביארתי במקום אחר, כי אריך אפין ואבא ואימא הם רחמים גמורים וכו'. ולכן אינו מזכיר בהם שנים בלשון רבים, אלא שנה בלשון יחיד וכו' אבל בז"א ונוקביה הזכיר שנים, בלשון רבים, לפי שמתפרשאן בדינא ורחמי עכל"ק.
ועיין עץ החיים שער יד – שער אבא ואימא – פרק ז בסופו.. והוא כענין דאיתא במדרש רבה (נח לב) מצינו שאומרים מקצת שבחו של הקב"ה בפניו וכולו שלא בפניו.
שלא בפניו אומרים הודו לה' כי טוב כי לעולם חסדו, ובפניו אומרים מה נורא מעשיך. והענין בזה, שקודם כל פעולה שצריך אדם לקבל עליו עול מלכותא דלעילא, ויכיר אחדות השי"ת שאין שום כח בעולם ואין שום דבר מתנהג בעולם מבלעדי רצון השי"ת.
ולזה בהשכמת הבוקר קודם כל פעולה, צריך לקבל כל אדם על עצמו עול מלכות שמים, ויאמר, שמע ישראל ה' א-להינו ה' אחד, שהוא יחודא עלאה בזווגייהו תדיר בלי הפסק, שיכיר האדם שאף בעוה"ז אין שום דבר מתנהג מבלעדי רצון השי"תעטכן ביאר בתפארת יוסף פרשת תבא ד"ה והיה [ב]: בזה שישראל מקבל עליו עול מלכות שמים בבוקר, ואומר שמע ישראל ד' א-להינו ד' אחד, בזה מברר עצמו שבכל עבודתו מכיר שמצד השי"ת אינו צריך להבריאה, והכל היה מצד טובו וחסדו אשר חפץ להיטיב לבריותיו..
אמנם בהיקף שבעה, היינו בהפעולה עצמה, שם נמצא פירוד, שנראה שבכח האדם לעשות ההיפך מרצון השי"ת, אזי אומרים, מה נורא מעשיך, שצריך אדם להתנהג ביראה ולא יעשה מה שאין בו רצון השי"ת. כי אם יאמר האדם כיון שאין שום דבר מתנהג מבלעדי רצון השי"ת, א"כ למה לו לאדם שיצמצם את עצמו בפעולותיו, יעשה מה שלבו חפץ.
ע"ז אמרו בתנחומא (בראשית) קוצותיו תלתלים וכו' שמע ישראל ה' א-להינו ה' אחד, אם אתה עושה מד' ר' אתה מחריב את העולם. שבזה ההתפשטות עושה אדם מדלי"ת רי"ש ועובד לאל אחר, ולא ברצון השי"ת נעשה זאת, רק מכח עצמו, וזה נקרא בש"ס (סנהדרין ו:) בוצע ברך, שעושה ברכה על מה שגזל ואומר ברוך אתה ה' שנתת לי את זה, זה הוא מעלמא דפרודא.
אמנם כ"ז הוא בזעירו דאפין, שהשי"ת הרכין עצמו בתפיסת הברואים, ובתפיסת אדם בהיקף שבעה שם נראה שיוכל אדם לעשות מדלי"ת רי"ש, אם לא יצמצם את עצמו לילך בהכרה של ה' אחד, לזה צריך לילך ביראה מה נורא מעשיך. אבל למעלה מזעיר אפין שם זוווגייהו תדיר (זוהר ויקרא ד.), ויש שם הכרה מפורשת שאין שום כח אחר ח"ו מבלעדי רצון השי"ת, רק ה' אחד העושה כל (וכמש"נ לעיל בפרשת בראשית אות ב' ד"ה וכן)פעיין לעיל פרשה זו אות ג ד"ה ולזה השלימות בסופו ובהערה כב שם.:
" Les années de la vie de Sara furent cent ans, vingt ans et sept ans, les années de la vie de Sara. " Dans le saint Zohar (Hayyé Sara 123a) : " Viens et vois le secret de la chose : pourquoi, pour toutes, est-il dit année, année, tandis que pour ces sept il est dit années...
Cent ans est la totalité de tout, le Saint, béni soit-Il, qui est inclus depuis le lieu supérieur... C'est pourquoi il est écrit année, secret de l'unité, dont la Pensée et le Jubilé ne se séparent jamais pour les mondes.
Les sept années, elles, se séparent et sortent de la totalité cachée... " Le sujet est que cent et vingt sont avant la séparation, depuis le lieu où leur union est constante ; c'est pourquoi il est écrit année.
Sept est le nombre de ce monde, d'où commence la séparation, selon ce qui est écrit : " Et de là il se séparait " (Genèse 2) ; le cycle de sept appartient à ce monde. Ainsi qu'il est expliqué dans le Shaar Maamarei Rashbi de notre maître le Ari, que sa mémoire soit en bénédiction (paracha Hayyé Sara), au sujet de ce passage du saint Zohar : " Le keter comprend les dix sefirot, dont chacune est incluse de dix, soit au total cent, et cela correspond au keter.
Abba et Imma sont appelés vingt ans, car chacun contient en lui dix sefirot, soit vingt à eux deux. Zeir Anpin et Noukva, qui sont les sept extrémités, sont appelés sept années.
J'ai déjà expliqué ailleurs que Arikh Anpin, Abba et Imma sont miséricorde totale... Aussi ne les mentionne-t-il pas par années au pluriel, mais par année au singulier...
Tandis que pour Zeir Anpin et sa Noukva, il mentionne années au pluriel, parce qu'ils se distinguent en jugement et miséricorde. " Voir aussi Ets 'Hayim, porte 14, porte de Abba et Imma, chapitre 7, à la fin.
Cela rejoint ce qui est rapporté dans le Midrach Rabba (58,32) : nous trouvons que l'on dit une partie de la louange du Saint, béni soit-Il, devant Lui, et sa totalité hors de Sa présence. Hors de Sa présence, on dit : " Rendez grâce au Nom, car Il est bon, car Sa bonté est éternelle " ; et devant Lui, on dit : " Que Tes œuvres sont redoutables.
" Le sujet est que, avant toute action, l'homme doit accepter sur lui le joug de la royauté d'en haut et reconnaître l'unité du Nom : aucune force n'existe dans le monde et rien ne s'y conduit en dehors de la volonté du Nom. Aussi, au réveil du matin, avant toute action, chacun doit accepter sur lui le joug de la royauté des cieux et dire : " Écoute Israël, ה' notre Elokim, ה' est un " ; c'est l'unité supérieure, dont l'union est constante sans interruption, afin que l'homme reconnaisse que, même en ce monde, rien ne se conduit en dehors de la volonté du Nom.
Ainsi est-il expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Tavo, début " Vehaya " : quand Israël accepte sur lui le joug de la royauté des cieux le matin et dit : " Écoute Israël, ה' notre Elokim, ה' est un ", il se discerne par cela dans tout son service, sachant que, du côté du Nom, Il n'avait aucun besoin de la création, et que tout provient de Sa bonté et de Sa grâce, car Il voulut faire du bien à Ses créatures. Mais dans le cycle de sept, c'est-à-dire dans l'action elle-même, se trouve la séparation.
Il semble que l'homme ait le pouvoir de faire l'inverse de la volonté du Nom ; on dit donc : " Que Tes œuvres sont redoutables ", car l'homme doit se conduire dans la crainte et ne pas faire ce qui ne contient pas la volonté du Nom. Car si l'homme disait : puisque rien ne se conduit en dehors de la volonté du Nom, pourquoi devrait-il se restreindre dans ses actions ?
Qu'il fasse ce que son cœur désire. À cela, ils ont dit dans le Tan'houma (Genèse) : " Ses boucles sont ondulées...
Écoute Israël, ה' notre Elokim, ה' est un : si tu fais d'un dalet un resh, tu détruis le monde. " Par cet étalement, l'homme fait du dalet un resh et sert un autre dieu ; cela ne se fait pas par la volonté du Nom, mais par sa propre force.
C'est ce qui est appelé dans le Talmud (Sanhédrin 6b) " botséa berekh " : il prononce une bénédiction sur ce qu'il a volé et dit : " Tu es béni, ה', qui m'as donné ceci ". Cela appartient au monde de la séparation.
Mais tout cela concerne Zeir Anpin, où le Nom S'est abaissé dans la saisie des créatures. Dans la saisie de l'homme, au cycle de sept, il paraît que l'homme peut faire du dalet un resh s'il ne se restreint pas pour aller dans la conscience de " ה' est un " ; il doit donc marcher dans la crainte : " Que Tes œuvres sont redoutables.
" Mais au-dessus de Zeir Anpin, leur union est constante (Zohar, Vayikra 4a), et s'y trouve la reconnaissance manifeste qu'il n'est, à Dieu ne plaise, aucune autre force en dehors de la volonté du Nom, mais seulement " ה' est un ", qui fait tout, comme cela a été expliqué plus haut dans la paracha Bereshit, paragraphe 2, début " Vekhen ", et voir plus haut dans cette paracha, paragraphe 3, début " Velakhen hasheleimout ", et la note 22.
ותמת שרה בקרית ארבע היא חברון. בזוה"ק (חיי קכה.) בקרית ארבע היא חברון דאתחבר דוד מלכא באבהן וע"ד לא הוה מיתתה בידא אחרא אלא בקרית ארבע.
הענין בזה, כדאיתא עוד בזוה"ק (קדושים פו.) לפני לא נוצר אל דא יעקב ואחרי לא יהיה דא דוד. לפני לא נוצר אל דא יעקב, היינו שלא חתם השי"ת על שום בריה קודם שנולדו הג' אבות הקדושים, שהם נקראים נקודה קדמאה, שהתחילו לעבוד את השי"ת בכל כחם, והיו מבררין ומצרפין את עצמן מצדם לעמוד הכן לישועת השי"ת, כענין שאנו מתפללין וטהר לבנו לעבדך באמת, עד שכל השתלשלות שלהם היתה ברורה ונקיה.
ולזה הם נקראים בשם אבות, לפי שאין בכח שום אדם לברר ולקדש את עצמו עד שיגיע לעצם מדרגת יראתם, מפני שהם היו מבררים את עצמם במאד מאד, ואבות זכו לבניהם שלא יצרכו לבירורים גדולים ועצומים כאלהפאכמו שנתבאר בתפארת יוסף מסכת תענית (טו.) ד"ה סדר: אמר בזה כבוד אזמו"ר הגה"ק זללה"ה, שעל ידי העבודה שישראל עובדים מגיעין לקדושת אבות.
היינו שאברהם היה עובד את השי"ת במסירות הנפש, עד היכן שעקד את יצחק בנו והעלה אותו לשחוט, ואיתא במדרש (רבה וירא נו) שאחר הנסיון הזה ביקש אברהם אבינו ע"ה מהשי"ת שלא ינסה אותו עוד בנסיון כזה, היינו שביקש מהשי"ת שיקבע קדושת עבודה הזאת לדורות בלב כל ישראל, שלא יצטרכו לילך עוד בעבודה כזאת, רק שהשי"ת יחתום שקדושה זאת קבועה בלבם בלי שום עבודה, וכל אימת שילכו בעבודה, יעוררו קדושה זאת הקבועה בלבם מקדושת אבות.. ואחרי לא יהיה דא דוד, היינו שיהיה בו קביעות קדושה, עד שלא היה צריך בירורים כ"כ, ואף השלא מדעת שלו היה מלא קדושה, כענין דאיתא במדרש רבה (בחקתי לה) חשבתי דרכי ואשיבה רגלי אל עדותיך בכל יום הייתי מחשב למקום פלוני אני הולך והיו רגלי מוליכות אותי לבית המדרש, היינו שאף הליכתו שלא מדעת היה מבורר ומכוון אל האמת.
ולזה נקרא דהמע"ה בזוה"ק (ויחי רלג:) סיהרא דלית לה מגרמה כלום, שהשי"ת הסכים על כל פעולותיו שמאתו יצאו הדברים כבושים, והוא היה גמר השלימות מכל הענינים, ולא היה בו דבר שאין בו כבוד שמים, רק כל עניניו היו ברורים ונקיים. כמו מה שאדם אוכל ושותה לאחר ברכה, שמכיר שהשי"ת הוא בעל הטובה, וכענין דאיתא בש"ס (ברכות לה.) רבי לוי רמי כתיב לה' הארץ ומלואה וכתיב השמים שמים לה' והארץ נתן לבני אדם, לא קשיא כאן קודם ברכה כאן לאחר ברכהפבכמבואר בתפארת יוסף פרשת כי תבא ד"ה כי תכלה:
דהנה מי נקרא בעליה של הטובה, מי שמכיר שהטובה אינו שלו רק לד' הארץ ומלואה, וכדאיתא בש"ס (ברכות לד:) רבי לוי רמי כתיב לד' הארץ ומלואה וכתיב והארץ נתן לבני אדם לא קשיא כאן קודם ברכה כאן לאחר ברכה, קודם ברכה היינו קודם שמוסר הטובה להשי"ת וזה נקרא קודם ברכה, אז הטובה אינו שלו רק לד' הארץ ומלואה, ואז הוא כמאמר הכתוב (חגי ב׳:ח׳) לי הכסף ולי הזהב נאום ד' צבאות, ולאחר ברכה היינו שמכיר שהטובה אינה שלו ומוסר הטובה להשי"ת, שזה נקרא אחר הברכה, אז אומר השי"ת והארץ נתן לבני אדם, היינו שיש להאדם חלק בהטובה ונקרא על שם האדם. ועיין עוד שם פ' אמור ד"ה שור, לקמן פ' ויגש אות ל..
ולזה היה חלקו של דהמע"ה מה שמצא מקום המקדש, וכדאיתא בש"ס (זבחים נד:) וילך דוד ושמואל וישבו בניות ברמה וכו' שהיו יושבין ברמה ועוסקין בנויו של עולם, אמרי כתיב וקמת ועלית אל המקום מלמד שבית המקדש גבוה מכל ארץ ישראל וכו' לא הוו ידעי דוכתיה היכא, אייתי ספר יהושע בכולהו כתיב וירד ועלה הגבול ותאר הגבול, בשבט בנימין ועלה כתיב וירד לא כתיב, אמרי ש"מ הכא הוא מקומו וכו', ועל דבר זה נתקנא דואג האדומי בדוד, כדכתיב כי קנאת ביתך אכלתני, וכתיב זכור ה' לדוד את כל ענותו אשר נשבע וגו' אם אתן שנת לעיני לעפעפי תנומה עד אמצא מקום לה' וגו'. ולזה אמרו בזוה"ק (וישלח קסח.) דוד מלכא לא הוה ליה חיים כלל, כי כל חיי עוה"ז הוא שאדם יאיר לעצמו בכח הבחירה שבו למאוס ברע ולבחור בטוב, ויזכה להוספת טובה ע"י עבודתו, ויישר עקימא בימי חייו בעוה"ז וימלא החסרון:
" Sara mourut à Kiryat Arba, qui est Hebron. " Dans le saint Zohar (Hayyé Sara 125a) : " À Kiryat Arba, qui est Hebron : le roi David fut uni aux patriarches, et c'est pourquoi sa mort ne fut pas dans une autre main, mais à Kiryat Arba.
" Le sujet est, comme il est encore rapporté dans le saint Zohar (Kedoshim 86a) : " Avant Moi, aucun dieu ne fut formé ", cela est Yaakov ; " et après Moi il n'y en aura pas ", cela est David. " Avant Moi, aucun dieu ne fut formé ", cela est Yaakov : le Nom ne scella aucune créature avant la naissance des trois saints patriarches, qui sont appelés le point premier.
Ils commencèrent à servir le Nom de toute leur force ; ils se discernaient et se purifiaient eux-mêmes, de leur propre côté, pour se tenir prêts au salut du Nom, selon ce que nous prions : " Purifie notre cœur pour Te servir en vérité ", jusqu'à ce que tout leur enchaînement fût clair et pur. C'est pourquoi ils sont appelés pères : aucune personne n'a le pouvoir de se discerner et de se sanctifier avant de parvenir à l'essence même du degré de leur crainte, car ils se discernaient eux-mêmes extrêmement.
Les pères méritèrent pour leurs fils qu'ils n'aient pas besoin de discernements aussi grands et aussi puissants. Ainsi qu'il est expliqué dans Tiferet Yossef, traité Taanit 15a, début " Seder " : notre maître et ancêtre, le saint gaon, de bénie mémoire, disait que, par le service qu'Israël accomplit, il atteint à la sainteté des pères.
Abraham servit le Nom avec le don de soi, jusqu'à ligaturer Its'hak son fils et l'élever pour l'égorger. Il est rapporté dans le Midrach (Rabba, Vayera 56) qu'après cette épreuve Abraham notre père, que la paix soit sur lui, demanda au Nom de ne plus l'éprouver par une telle épreuve.
Il demandait au Nom de fixer pour les générations la sainteté de ce service dans le cœur de tout Israël, afin qu'ils n'aient plus besoin d'un tel service, mais que le Nom scelle cette sainteté comme fixée dans leur cœur sans aucun service ; chaque fois qu'ils accompliraient un service, ils éveilleraient cette sainteté fixée dans leur cœur par la sainteté des pères. " Après Moi il n'y en aura pas ", cela est David : une sainteté était fixée en lui, de sorte qu'il n'avait pas besoin de discernements si grands.
Même ce qu'il faisait sans le savoir était rempli de sainteté, selon ce qui est rapporté dans le Midrach Rabba (Behoukotai 35) : " Je pensais à mes chemins, et mes pieds retournaient vers Tes témoignages " ; chaque jour, je pensais aller en tel lieu, et mes pieds me conduisaient à la maison d'étude. C'est-à-dire que même sa marche sans conscience était discerné et dirigée vers la vérité.
C'est pourquoi le roi David, que la paix soit sur lui, est appelé dans le saint Zohar (Vayehi 233b) " la lune qui n'a rien d'elle-même " : le Nom consentit à toutes ses actions, car les choses sortaient de Lui parfaitement maîtrisées. Il fut l'achèvement de la perfection dans tous les domaines, et il n'y avait en lui aucune chose qui ne fût pas pour l'honneur du Ciel ; tous ses actes étaient clairs et purs.
Il en est comme de l'homme qui mange et boit après une bénédiction, car il reconnaît que le Nom est le maître du bienfait, ainsi qu'il est rapporté dans le Talmud (Berakhot 35a) : Rabbi Levi souleva une contradiction : il est écrit " Au Nom appartient la terre et ce qu'elle contient ", et il est écrit " Les cieux sont les cieux du Nom, mais la terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme ". Il n'y a pas de difficulté : ici avant la bénédiction, là après la bénédiction.
Ainsi qu'il est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Ki Tavo, début " Ki tékhalé " : qui est appelé propriétaire du bienfait ? Celui qui reconnaît que le bienfait n'est pas à lui, mais que " au Nom appartient la terre et ce qu'elle contient ".
Comme il est rapporté dans le Talmud (Berakhot 34b) : Rabbi Levi souleva une contradiction : il est écrit " Au Nom appartient la terre et ce qu'elle contient ", et il est écrit " La terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme ". Il n'y a pas de difficulté : ici avant la bénédiction, là après la bénédiction.
Avant la bénédiction signifie avant de remettre le bienfait au Nom ; le bienfait n'est alors pas à lui, mais " au Nom appartient la terre et ce qu'elle contient ". C'est alors ce que dit le verset : " À Moi l'argent et à Moi l'or, dit ה' des armées " (Haggai 2,8).
Après la bénédiction signifie qu'il reconnaît que le bienfait n'est pas à lui et remet le bienfait au Nom ; cela est appelé après la bénédiction. Le Nom dit alors : " La terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme ", c'est-à-dire que l'homme a une part dans le bienfait et qu'il est appelé du nom de l'homme.
Voir encore la paracha Emor, début " Shor ", et plus loin, paracha Vayigash, paragraphe 30. Aussi la part du roi David, que la paix soit sur lui, fut de trouver le lieu du Temple, comme il est rapporté dans le Talmud (Zevahim 54b) : " David et Samuel allèrent et demeurèrent à Nayoth de Rama...
" Ils étaient assis à Rama et s'occupaient de la construction du monde. Ils dirent : il est écrit " Tu te lèveras et monteras vers le lieu ", ce qui enseigne que le Temple est plus haut que toute la terre d'Israël...
Ils ne savaient pas où était son lieu. Ils apportèrent le livre de Josue : partout il est écrit " la frontière descend ", " la frontière monte ", " la frontière se prolonge " ; dans la tribu de Benjamin, il est écrit " elle monte ", mais il n'est pas écrit " elle descend ".
Ils dirent : nous apprenons de là que c'est ici son lieu... C'est à ce sujet que Doeg l'Édomite jalousa David, ainsi qu'il est écrit : " Le zèle de Ta maison m'a dévoré ", et : " Souviens-Toi, ה', de David et de toute son affliction, lui qui jura...
Si je donne du sommeil à mes yeux, de l'assoupissement à mes paupières, jusqu'à ce que je trouve un lieu pour le Nom... " C'est pourquoi ils ont dit dans le saint Zohar (Vayishlah 168a) : " Le roi David n'avait aucune vie en propre ".
Car toute la vie de ce monde consiste en ce que l'homme s'illumine lui-même par la force de son libre choix, en refusant le mal et en choisissant le bien ; il mérite l'ajout du bien par son service, redresse ce qui est tordu durant les jours de sa vie en ce monde et comble le manque.
Le lieu du Sanctuaire indique une sainteté inhérente et permanente dans les corps d'Israël, emplis de paroles de Torah jusqu'en leur jouissance corporelle. Le Beit Yaakov enseigne que le Temple, plus haut que le monde entier, fait allusion à cette sainteté établie, à l'image du Chabbat, que D.ieu a fixée en Israël avant même leur service ; la lumière venant de l'homme, à l'image d'une fête, s'annule devant elle. L'acquisition ne correspond qu'à la saisie de l'intériorité : il suffit de savoir qu'une grande valeur y est cachée et d'y prendre garde. David a ainsi une acquisition dans le lieu du Sanctuaire, Avraham dans le champ de Makhpéla ; Aravna et Efron n'en ont que dans le vêtement.
Aussi : soixante-dix ans d'Adam réparent sa faute et permettent de vivre ici-bas après la perfection ; Adam savait qu'il est bon de rendre grâce, David vida son cœur ; les pères et David forment le char des lettres du Nom.
ומקום המקדש מורה, שנמצא קדושה בקביעות גופן של ישראל, והמה מלאים ד"ת עד שאף הנאת הגוף שלהם מלא ד"תפגמבואר העניין בסוד ישרים הושענא רבה אות ו עיי"ש כל העניין. וכן מבואר בתפארת יוסף מסכת חגיגה (ג:) ד"ה איזהו:
ביאר בזה כבוד אזמו"ר הגה"ק זללה"ה, כי בית המקדש היה גבוה מכל העולם, כדאיתא בש"ס (זבחים נד:) וקמת ועלית וגו' (דברים יז) מלמד שבית המקדש גבוה מכל ארץ ישראל וארץ ישראל גבוה מכל ארצות. וזה שהמקדש היה גבוה מכל העולם, מורה על הקדושה בקביעות שהוא כמו קדושת שבת שהוא קבוע וקיימא מצידו ית' וכו'.
וקדושה דקבוע וקיימא רומז על הקדושה שקבע השי"ת בישראל ובחר בהם אף טרם עבודתם. ומקום המקדש שהיה גבוה מכל העולם רומז על זאת הקדושה שהוא בקביעות גבי ישראל גם טרם עבודתם..
וזה האור גדול מהאור שאדם מאיר לעצמו, כי זה האור קבוע וקיימא כגוונא דקדושת שבת, ואור הבא מצד האדם הוא כגוונא דקדושת יום טוב, לזה מתבטל האור הבא מצד האדם נגד האור הגדול הזה כהתבטלות כל דבר קטן לפני דבר גדול, לזה לא הוה ליה לדוד חיים כלל בעוה"ז, מאחר שהיה בו קדושה בקביעות מהתולדה, ונולד שלם בכל השלימות, ולא היה לפניו שום עקימין שיצרך לישר אותן בעוה"ז, ואז אין להנשמה שום שייכות להבראות בעוה"ז. וכדאיתא במדרש (ילקוט שמעוני פ' בראשית רמז מא) שהראה הקב"ה לאדם הראשון את דוד המלך חקוקים לו שלש שעות חיים ונתן לו שבעים שנה משנותיו שיחיה ויהיה מזמר לפני הקב"ה.
כי שורש החיים של דוד המלך ע"ה היה רק ההכרה שהכל מהשי"ת, ולזה נברא לגלות הכתוב האחרון שבתהלים, כל הנשמה תהלל יה, וכמו שנתבאר במדרש (בראשית רבה פרשה יד) על כל נשימה ונשימה צריך להלל, ולזה היו חקוקים לו שלש שעות. והכוונה בזה הוא, כדאיתא, דלתפלה צריך שלש שעות אחת קודם התפלה ואחת לתפלה ואחת אחר התפלה.
וחלקו היה מציאת מקום המקדש, ובהיות מקום המקדש תחת יד ארונה היבוסי לא היה לו שום קנין בקדושת המקום, מאחר שלא היה לו שום הכרה להפריש בין זה המקום המלא קדושה בקביעות לבין מקום אחר, לפי שלא היה לו שום תפיסה בפנימיות זה המקום, והקנין שיש לאדם בדבר הוא רק כפי הידיעה והתפיסה שיש לו בהפדלעיל פרשה זו אות ו ד"ה ובתנחומא.. לא כן שידע מהות הענין דוקא, רק שידע שנמצא בגניזו בטמירו גודל יקרות, ויתן דעתו לשמרה, כמו שאדם נותן דעת לשמור אבנים יקרות וסגולת מלכים, אז יגדל קניניו בה.
וכמו שישראל אומרים (בסדר התפילה) אשרינו מה טוב חלקנו ומה נעים גורלנו וכו' באהבה בכל יום שמע ישראל וגו' ה' אחד, אף שאין להם ידיעה במהות הענין בתפיסת שכלם, כי עד כמה יעלה תפיסת אדם להשיג. אמנם מאחר שיודעים שיש בזה בגניזו גודל יקרות, עד ששמח בזה יותר מעל כל הון ורכוש שבעולם, ונותן דעתו עליה לשמרה יותר משמירת כסף וזהב וסגולת מלכים, לזה יש לישראל חלק וקנין בגוף הדברפהכמו שכתב בבית יעקב ויקרא פרשת צו אות טז:
ולזה הוא העצה, שיכוון אדם בעת עשית המצוה, שבאמת יקרה היא מפנינים וכל חפציו לא ישוו בה, ואף שאחר כל זה אין לו בה השגה ותפיסה להבינה, אכן עכ"ז יש לו בה קנין, מפני גודל אמונתו, שמאמין שיש בזה יקר מפנינים. כמו, אם ידע אדם על חתיכה שבידו שהוא של זהב, ואף אם לא ידע ערכה ומחירה, עכ"ז יהיה לו בה קנין זהב.
כמו בענין שמע ישראל שקורא האדם, אף כי לפי עומק כוונת המסירות נפש בזה וסודו אינו יכול להגיע בתפיסתו, אכן יען ששומר זאת כבבת עינו בבוקר ובערב, ויודע שיש בזה האמונה שמתקשר בזה בהשי"ת, לכן יש לו קנין גמור בזה.. וכן דהמע"ה שהיה לו ידיעה ביקרות הפנימיות שנמצא במקום המקדש, לזה היה לו קנין בגוף המקום.
אבל ארונה, שלא היה לו שום תפיסה בפנימיות שנמצא במקום המקדש, לזה לא היה לו קנין רק בהלבוש ממקום המקדש:
Le lieu du Sanctuaire indique qu'il existe une sainteté inhérente et permanente dans les corps d'Israël, et qu'ils sont emplis de paroles de Torah, au point que même leur jouissance corporelle est emplie de paroles de Torah. La chose est expliquée dans Sod Yésharim, Hoshanah Rabbah, lettre 6; voir là-bas tout le sujet.
Ainsi est-il expliqué dans Tiferet Yossef, traité Hagiga 3b, s.v. Quel est-il: mon grand-père et maître, le saint gaon, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, expliqua que le Temple était plus haut que le monde entier, comme il est rapporté dans le Talmud (Zevahim 54b): "Tu te lèveras et tu monteras..." (Deutéronome 17,8), ce qui enseigne que le Temple est plus haut que toute la terre d'Israël, et la terre d'Israël plus haute que toutes les terres.
Que le Sanctuaire fût plus haut que le monde entier indique la sainteté inhérente et permanente, pareille à la sainteté du Chabbat, qui est établie et subsiste de la part du Nom, béni soit-Il. Une sainteté établie et subsistante fait allusion à la sainteté que le Nom, béni soit-Il, a fixée en Israël et par laquelle Il les a choisis avant même leur service.
Le lieu du Sanctuaire, plus haut que le monde entier, fait allusion à cette sainteté qui demeure établie en Israël, avant même leur service. Cette lumière est plus grande que celle qu'un homme fait luire pour lui-même, car elle est établie et subsiste, à l'image de la sainteté du Chabbat; tandis que la lumière venant de l'homme est à l'image de la sainteté d'une fête.
C'est pourquoi la lumière venant de l'homme s'annule devant cette grande lumière, comme toute petite chose s'annule devant une grande chose. Aussi David le roi, de mémoire bénie, n'avait-il aucune vie dans ce monde-ci: il possédait une sainteté inhérente dès sa naissance, était né parfait dans toute perfection, et n'avait devant lui aucune torsion qu'il dût redresser dans ce monde-ci; dès lors, l'âme n'a aucun rapport à être créée dans ce monde-ci.
Comme il est rapporté dans le Midrach (Yalkout Chimoni, Bereshit, allusion 41), le Saint, béni soit-Il, montra à Adam le premier homme David le roi, pour lequel étaient inscrites trois heures de vie; Adam lui donna soixante-dix ans de ses années afin qu'il vive et chante devant le Saint, béni soit-Il. Car la racine de la vie de David le roi, de mémoire bénie, n'était que la reconnaissance que tout vient du Nom; aussi fut-il créé pour révéler le dernier verset des Psaumes: "Que toute âme loue Yah" (Psaumes 150,6).
Comme il est expliqué dans le Midrach (Bereshit Rabbah, chapitre 14), il faut louer pour chaque souffle. Aussi trois heures de vie lui étaient-elles inscrites.
Cela signifie, comme il est rapporté, que la prière requiert trois heures: une avant la prière, une pour la prière et une après la prière. Sa part était la découverte du lieu du Sanctuaire.
Tant que le lieu du Sanctuaire était entre les mains d'Aravna le Jébusien, il n'avait aucune acquisition dans la sainteté du lieu, puisqu'il n'avait aucune reconnaissance permettant de séparer ce lieu, empli d'une sainteté inhérente et permanente, d'un autre lieu; il n'avait aucune saisie de l'intériorité de ce lieu. L'acquisition qu'un homme a dans une chose ne correspond qu'à la connaissance et à la saisie qu'il en a.
Voir ci-dessus, cette paracha, lettre 6, s.v. "Et dans le Tan'houma".
Il ne faut pas pour autant connaître exactement l'essence de la chose; il suffit de savoir qu'une grande valeur y est cachée et dissimulée, et de prendre soin de la garder, comme un homme prend soin de pierres précieuses et des trésors des rois: alors son acquisition y grandit. Ainsi Israël dit dans l'ordre de la prière: "Heureux sommes-nous, combien notre part est bonne et notre lot agréable...", puis chaque jour, avec amour: "Écoute, Israël... le Nom est Un"; ils n'ont pourtant pas connaissance de l'essence de la chose dans la saisie de leur intelligence, car jusqu'où la saisie de l'homme peut-elle monter pour atteindre?
Toutefois, puisqu'ils savent qu'une grande valeur y est cachée et dissimulée, au point qu'ils s'en réjouissent plus que de toute fortune et de tout bien du monde, et qu'ils y prennent garde plus qu'à l'argent, à l'or et aux trésors des rois, Israël a une part et une acquisition dans la chose même. Comme il est écrit dans Beth Yaakov, Vayikra, paracha Tsav, lettre 16: c'est pourquoi le conseil est que l'homme ait l'intention, lorsqu'il accomplit la mitsva, qu'elle est en vérité plus précieuse que les perles et que tous ses biens ne l'égalent pas; et même si, après tout cela, il n'a ni appréhension ni saisie pour la comprendre, il y a néanmoins une acquisition, en raison de la grandeur de sa foi: il croit qu'elle est plus précieuse que les perles.
De même, si un homme sait que le morceau qu'il tient est d'or, même s'il n'en connaît ni la valeur ni le prix, il possède néanmoins une acquisition d'or. Ainsi, lorsqu'un homme récite "Écoute, Israël", il ne peut atteindre par sa saisie la profondeur de l'intention du don de soi et son secret; mais puisqu'il le garde comme la prunelle de son œil matin et soir et sait que la foi par laquelle il s'attache au Nom s'y trouve, il y a en cela une acquisition entière.
David le roi, de mémoire bénie, connaissait la valeur de l'intériorité qui se trouve au lieu du Sanctuaire; c'est pourquoi il avait une acquisition dans le lieu même. Mais Aravna, qui n'avait aucune saisie de l'intériorité qui se trouve au lieu du Sanctuaire, n'avait d'acquisition que dans le vêtement du lieu du Sanctuaire.
וכן עפרון החתי שלא היה לו שום ידיעה בפנימיות האור הגנוז בשדה המכפלה, ממילא לא היה לו קנין רק בהלבוש. אבל עיקר הבעלים בגוף המקום הם אברהם אבינו ע"ה בשדה המכפלה, ודהמע"ה בגורן ארונה שהוא מקום המקדש, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קכז:) לית מלה אתגליא אלא למאריה.
והחיים שחי דהמע"ה בעוה"ז היה מה שנתן לו אדם הראשון שבעים שנה מחייו, וכדאיתא בזוה"ק (וישלח קסח.) ובמדרש רבה (נשא יד). ואותן השבעים שנה היו ממבחר שנותיו מנפיחת הרוח חיים שהשי"ת נפח בו כדכתיב (בראשית ב׳:ז׳) ויפח באפיו נשמת חיים, ואז לא עקם שום אדם עוד שהוא יצטרך לישרא עקימא, מאחר שהוא היה הראשון מהבריאה, וחייו היו מבוררים בתכלית השלימות עוד קודם שבא לעוה"זפומבואר בתפארת החנוכי על זהר פרשת וישלח (קסח.):
ר' שמעון אמר הא אתמר דדוד מלכא עד לא הוה לא הוו ליה חיים כלל, בר דאדם קדמאה יהיב ליה שבעין שנין מדיליה וכו'. וכמו שביאר כאאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה שאדם נתן לדוד המלך ע"ה המובחר משנותיו.
כי אדה"ר אמר טוב להודות לה', אבל לא היה יכול להודות. היינו להתבטל במציאות ממש מלפני כבוד שמים, אף שהיה יודע בעומק, אבל הגוף לא היה מסכים לזה.
וכדאיתא במדרש שוחר טוב (מזמור צב) אמרו לו לאדה"ר מי גרם לך המיתה אמר להם אני הוא שגרמתי לעצמי וכו'. ולא אמר אתמול הייתי מוטל גולם לפניך, מאין היה בי כח לעבור רצונך (הרי שבדעתו הכיר בטוב שטוב להודות) אכן כל זה הבין רק בדעתו, אבל השורש מזה היה רק בדוד המלך ע"ה שאמר ולבי חלל בקרבי.
וכדאיתא בזוה"ק פנחס (רכז:) דוד אעבר ליה מלביה וקטיל ליה {העביר היצר הרע מלבו והרגו} הה"ד ולבי חלל בקרבי וכו'. לעיל פ' בראשית אות סה ד"ה ולפני., וכענין דאיתא בש"ס (ר"ה יא.) שהברואים הראשונים לדעתן נבראו לצביונם נבראו, שהשי"ת נמלך בהם מתחלה אם רוצים להבראות בעוה"ז ואמרו הן, מפני שהיו בטוחים שלא יפסד מקדושתו כלל, מאחר שזה הוא רצון השי"ת שיבראו בעוה"ז והוא חפץ רק להיטיבפזמבואר העניין לקמן פרשת ויגש אות יב ד"ה ויאמר אבינו, אות טו ד"ה וזו הטענה.
עיי"ש היטב אריכות הדברים.. וזה החיים הוא מרזא דדכורא מעתיקא קדישא ששם אין שום נפקא מינה במעשה בני אדם.
ומזה החיים שהוא קדושת קביע וקיימא, ניתן לדהמע"ה, שזה החיים יוכל אדם לחיות בעוה"ז אף אחר תכלית שלימותו, ויש בזה עומק עמוק שלא יוכל אדם לבוא על זה העומק, אכן אם יהיה מתחלה בעוה"ז. ובאותן השבעים שנה שאדה"ר נתן לדהמע"ה תיקן את החטא של אדה"ר.
והענין שאמרו בזוה"ק (שם) שהשבעים שנה הם ממה שנתנו לו האבות מחייהם, היינו שהוכרח להתקשר בהאבות הקדושים שיושפע לו מכח עבודתם. ולזה בראשית מלכות דהמע"ה מלך בחברון, ששם הוא מקום האבות הקדושים.
וזה רומז דוד מלכא דאתחבר באבהן, שהאבות הם מרכבה לשלש אותיות השרשיות של שם הוי"ה, ודוד הוא מרכבה לה' תתאה שהיא כפולהפחכדאיתא בזוהר הקדוש ויחי (רמח:): דתנינן, אבהן אינון רתיכא {מרכבה} קדישא ורתיכא לאו פחות מארבע.
ותנינן, קודשא בריך הוא אחבר למלכא דוד בהדייהו, ואתעבידו רתיכא שלימתא וכו'., וכמו שמתבאר לקמן (ענין טו, טז, יז):
De même, Efron le Hittite, qui n'avait aucune connaissance de l'intériorité de la lumière cachée dans le champ de Makhpéla, n'avait d'acquisition que dans le vêtement. Mais les véritables propriétaires du lieu même sont Abraham notre père, de mémoire bénie, pour le champ de Makhpéla, et David le roi, de mémoire bénie, pour l'aire d'Aravna, qui est le lieu du Sanctuaire.
Comme il est dit dans le saint Zohar (Haye Sarah 127b): "Nulle parole ne se révèle si ce n'est à son maître." La vie que David le roi, de mémoire bénie, vécut dans ce monde-ci provenait des soixante-dix années qu'Adam le premier homme lui donna de sa vie, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayishlah 168a) et dans le Midrach Rabbah (Nasso 14). Ces soixante-dix années étaient les meilleures de ses années, issues du souffle de vie que le Nom, béni soit-Il, souffla en lui, comme il est écrit: "Il souffla dans ses narines une âme de vie" (Genèse 2,7).
Alors aucun homme n'avait encore subi de torsion qu'il eût besoin de redresser, puisqu'il était le premier de la création; sa vie était clarifiée dans la perfection la plus entière avant même qu'il vienne dans ce monde-ci. Cela est expliqué dans Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, paracha Vayishlah 168a: Rabbi Chimon dit: "Cela a été enseigné: David le roi n'avait absolument aucune vie, sinon celle que le premier homme lui donna, soixante-dix années des siennes..." Mon père et maître, le saint gaon, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, expliqua qu'Adam donna à David le roi, de mémoire bénie, les meilleures de ses années.
Car Adam le premier homme dit: "Il est bon de rendre grâce au Nom" (Psaumes 92,2), mais il ne pouvait rendre grâce. C'est-à-dire qu'il ne pouvait s'annuler réellement devant la gloire du Ciel: il le savait profondément, mais le corps n'y consentait pas.
Comme il est rapporté dans le Midrach Chohar Tov (Psaumes 92): on demanda à Adam le premier homme: "Qui t'a cause la mort?" Il répondit: "C'est moi qui me la suis causée." Il ne dit pas: "Hier, j'étais étendu devant Toi comme une masse informe; d'où m'est venue la force de transgresser Ta volonté?" Cela montre que, dans sa connaissance, il reconnaissait combien il est bon de rendre grâce; mais il ne le comprenait que par sa connaissance. La racine de cela ne fut que David le roi, de mémoire bénie, qui dit: "Mon cœur est vide au-dedans de moi" (Psaumes 109,22).
Comme il est dit dans le saint Zohar, Pinhas 227b: "David l'écarta de son cœur et le tua", c'est-à-dire qu'il écarta de son cœur le mauvais penchant et le tua; c'est ce qui est écrit: "Mon cœur est vide au-dedans de moi". Voir ci-dessus, paracha Bereshit, lettre 65, s.v.
"Et devant". Cela rejoint ce qui est rapporté dans le Talmud (Roch Hachana 11a), que les premières créatures furent créées avec leur connaissance et selon leur volonté: le Nom, béni soit-Il, leur demanda d'abord si elles voulaient être créées dans ce monde-ci, et elles dirent oui, car elles étaient certaines de ne rien perdre de leur sainteté, puisque telle est la volonté du Nom, béni soit-Il, qu'elles soient créées dans ce monde-ci, et qu'Il ne désire que faire le bien.
La chose est expliquée plus loin, paracha Vayigash, lettre 12, s.v. "Et notre père dit", et lettre 15, s.v.
"Et voici l'argument"; voir là-bas attentivement l'ample développement. Cette vie relève du secret du masculin de l'Atik Kadisha (l'Ancien saint), où il n'y a aucune différence selon les actes des hommes.
De cette vie, qui est la sainteté établie et subsistante, il fut donné à David le roi, de mémoire bénie, afin que l'homme puisse vivre dans ce monde-ci même après avoir atteint la perfection la plus entière. Il y a en cela une profondeur très profonde à laquelle l'homme ne peut parvenir, sinon s'il se trouve d'abord dans ce monde-ci.
Par les soixante-dix années qu'Adam le premier homme donna à David le roi, il répara la faute d'Adam le premier homme. Ce que le saint Zohar dit, au même endroit, que les soixante-dix années provenaient de celles que les pères lui avaient données de leur vie, signifie qu'il dut s'attacher aux saints pères afin que l'influence lui vienne de la force de leur service.
Aussi, au début de sa royauté, David le roi régna à Hebron, qui est le lieu des saints pères. Cela fait allusion à David le roi qui est lié aux pères: les pères sont la Merkava (char) des trois lettres fondamentales du Nom, et David est la Merkava du hé final, qui est double.
Comme il est rapporté dans le saint Zohar, Vayehi 248b: "Nous avons enseigné que les pères sont le char saint, et qu'un char ne compte pas moins de quatre [éléments]. Nous avons enseigné que le Saint, béni soit-Il, unit David le roi à eux, et ils devinrent un char complet..." Comme cela sera expliqué plus loin (sujets 15, 16 et 17).
Le Zohar dit de la grotte de Ma'hpéla : « Qui est double ? Le hé du saint Nom, qui est double. » Le Beit Yaakov y voit la lumière du Saint béni soit-Il, qui illumine et vivifie même l'action du corps, plus précieuse que celle qu'un homme illumine par lui-même : le dernier hé indique le service du corps, le premier hé cette lumière. Mamre conseille en chaque homme de choisir ce que veut D.ieu, même si le corps en souffre ; la grotte s'y oppose : la terre d'Israël y est repliée, et il sera clarifié que D.ieu a donné à l'homme la force d'agir.
Aussi : echkol et Aner, avis qui regardent le corps ; Sarah meurt après la ligature d'Its'hak, Avraham n'ayant plus besoin du secours pour monter et descendre ; Israël héritera le double après l'échec et la techouva d'amour
וענין מערת המכפלה הוא כדאיתא בזוה"ק (חיי קכח:) חייך לאו שדה היא מכפלה ולא מערתא היא מכפלה וכו' מאן מכפלה ה' דבשמא קדישא דאיהי מכפלה וכו'. והוא, כי מערת המכפלה מורה על האור הבא מצד השי"ת, שהשי"ת יאיר ויחיה אף פעולת הגוף, וזה האור יקר במעלה מהאור שאדם מאיר לעצמו, וכענין דאיתא במדרש רבה (חיי נח) כל מי שהוא קבור בתוכה בטוח ששכרו כפול ומכופל.
וע"ז מרמזין ההי"ן דבשמא קדישא, ה' אחרונה מרמז על עבודה וכחות הגוף, וה' הראשונה מרמז על האור הבא מצד השי"ת. ומקומה הוא על פני ממרא, שהוא אחד מהשלשה יועצים שהיה לאאע"ה, והוא נתן לו עצה על המילה.
ולא רק לאברהם אבינו אך לכל פרט אדם נמצא בחינת אלו השלשה יועצים, כי אין תורתנו הקדושה מדברת לפי שעה. אכן, כמו שעיקר הד"ת המה נצחיים, כן כל הספורי מעשיות הבאים בתורתנו הקדושה הם למוד נצחיי לכל פרט אדם לעיקר החיים.
והוא, כי נמצא בכל אדם שלש דעות. אשכול, מורה על הדעה שבאדם המלמדתו לקבל כל הדברים בתוך הגוף ומבטת אף במה שהוא רק לפי שעה.
ענר, מורה על הדעה שנמצא באדם לבחור במה שהוא טוב לכל הגוף, ואלו השנים לא הניחו את אברהם אבינו שימול את עצמו. ממרא, מורה על הדעה שנמצא באדם המיעצתו היפך מאלו השנים, שכל מבטה ורצונה הוא לבחור במה שהשי"ת חפץ ולא במה שיהיה טוב לגופו של אדם.
וזה נקרא ממרא, שממרא ומסרב בעניני עוה"ז, במקום שיראה להיכן רצון השי"ת נוטה, אז מסרב במה שיוטב להגוף, ואינו חפץ בזה רק במה שהשי"ת חפץ, ואף שיש לו סבלנות לפי שעה. וזו הנקודה היא אשר נתנה עצה לאברהם אבינו על המילהפטלעיל פרשת וירא אות טו עיי"ש..
ומערת המכפלה הוא מנגד לממרא, שמתנגדת לזו הנקודה המכונה בשם ממרא. כי מערת המכפלה היינו שנתכפלה כל ארץ ישראל תחת זה המקום, שהוא השורש וכלל הנקודה העולה מזה.
וכן בכל מקום שאמרו חכז"ל שנתכפלה ארץ ישראל תחת מקום פרטי מורה ע"ז, שזה המקום הוא הכלל והשורש העולה מכל הארץ. וארץ ישראל מרמז על עבודה, שזה הוא עיקר החיים בעוה"ז, מה שאדם מאיר לעצמו להבין ולהשכיל ולהרגיש טעמי המצותצעיין העניין בתפארת יוסף ראש השנה ד"ה וידעת היום ושם נתבאר כולו., וכענין דאיתא בש"ס (פסחים סח:) שרב יוסף אמר אי לאו האי יומא כמה יוסף איכא בשוקא.
ומערת המכפלה שכל א"י נתכפלה תחתיה, מרמז שהכל נכפל תחת השי"ת ועתיד להתברר, שכל הפעולות שנעשו בעולם לא היו מכח אדם, אך השי"ת הוא אשר נתן כח באדם לעשות מעשהו, ואף פעולות הגוף יאירו באור, ואז יוכל להתחבר אף הפשוט שבישראל שעשה רק מצוה גולמית כוון בזה המעשה לרצון השי"ת כגדול שבישראלצאכמו שביאר במי השלוח ח"ב פרשת משפטים ד"ה ויקח ספר הברית: באמת כל עניני תורה ומצות אין דעת האדם משגת לעומק הכונה, כי באם היה יכול האדם להשיג עומק השורש אזי היה די בכונה לבד בלי פעולה, אכן לפי שאין דעת האדם משגת, לכן צריך האדם לפעולות שעל ידם יגמור עומק האור בלב האדם שאף שלא מדעתו נקבע אח"כ בו קדושה.
עיין עוד שם מסכת סוכה (ו:) ד"ה תנו רבנן.. וזהו מתנגד לממרא, שרומז לעובדי הש"י המאירים לעצמם בכח עבודתן.
וע"ז אמר שלמה המלך ע"ה (קהלת ב׳:ט״ו) כמקרה הכסיל גם אני יקרני ולמה חכמתי אני אז יותר. וכן כוון ע"ז באמרו (שם ז) אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני, שדרשו בש"ס (נדה ט.) שזה מדבר בטעמי המצות.
ובטח ידע שלמה המלך ע"ה כל טעמי המצות, אכן כוונתו היה על אחר הבירור שיהיה לעתיד. ועל זה איתא (אבות פ"ד מי"ז) יפה שעה אחת בתשובה ומעשים טובים בעוה"ז מכל חיי עוה"ב.
וזה הוא הענין כאן אחר עקידת יצחק, שחתם השי"ת על אאע"ה שכל פעולותיו אף מה שעשה שלא מדעת כוון לרצון השי"ת, אז נטלה ממנו הסייעתא והעזר שניתן לו בעוה"ז. כי אשה רומז לסייעתא ועזר שניתן לו לאדם בעוה"ז, שתעזרהו לצאת ולבא לדרגין עלאין.
אבל אחר שנשלם אברהם אבינו ולא היה יכול עוד לצאת ולבא, אז מתה שרה, והחיים שחי אברהם ע"ה אחר זה היה מסטרא דדכורא כחייו של דהמע"ה, ובהשבעים שנה שנתן אדה"ר לדהמע"ה תיקן דה"מ את חטא אדה"רצבומבואר זאת בשער מאמרי רז"ל להאריז"ל (בסופו קודם הפירוש לפרקי אבות) וזל"ק: למה נתן לו חיים, ולא הניח אותו שיהיה נפל, הטעם הוא, בעבור שעיקר תקנתו היה בדוד וכו'.
הנה לתקן לגמרי מהקללה שנתקלל מפי הקב"ה, שאמר לו כי ביום אכלך ממנו מות תמות. כי בגלגול דוד המלך נאמר בו, דוד מלך ישראל חי וקים, כנגד ב' מיתות, נאמר לו ב' ברכות, חי וקים., ובראשית ממלכת דוד מלך בחברון ששם התקשר בהאבות הקדושים, שנשפע לו מכח עבודתם, ועל יד זה זכה למלוכה:
Le sens de la grotte de Makhpéla est celui qui est rapporté dans le saint Zohar (Haye Sarah 128b) : "Par ta vie, ce n'est ni le champ qui est double ni la grotte qui est double... Qui est double ?
Le hé du saint Nom, qui est double..." Cela signifie que la grotte de Makhpéla indique la lumière qui vient du Saint béni soit-Il : le Saint béni soit-Il illuminera et vivifiera même l'action du corps. Cette lumière est bien plus précieuse que celle qu'un homme illumine par lui-même, ainsi qu'il est dit dans le Midrach Rabba (Haye Noah) : quiconque y est enterré est assuré que sa récompense sera double et redoublée.
Les hé du saint Nom y font allusion : le dernier hé indique le service et les forces du corps, et le premier hé indique la lumière qui vient du Saint béni soit-Il. Son emplacement est face à Mamre, qui fut l'un des trois conseillers qu'avait notre père Abraham, et qui lui donna le conseil de la circoncision.
Ceci ne concerne pas seulement notre père Abraham : chez chaque individu se trouve l'aspect de ces trois conseillers, car notre sainte Torah ne parle pas seulement pour une heure. De même que les principes de la Torah sont éternels, tous les récits d'actes qui viennent dans notre sainte Torah sont un enseignement éternel, pour chaque individu, sur l'essentiel de la vie.
Car il y a en tout homme trois opinions. Eshkol indique l'opinion qui enseigne à l'homme à recevoir toutes choses dans le corps et à regarder même ce qui n'est que temporaire.
Aner indique l'opinion présente en l'homme qui le fait choisir ce qui est bon pour tout le corps. Ces deux-là ne laissèrent pas notre père Abraham se circoncire.
Mamre indique l'opinion présente en l'homme qui le conseille à l'inverse de ces deux-là : tout son regard et son désir sont de choisir ce que veut le Saint béni soit-Il, et non ce qui sera bon pour le corps de l'homme. C'est pourquoi il est appelé Mamre : il se rebelle et refuse dans les affaires de ce monde.
Là où il voit vers quoi penche la volonté du Saint béni soit-Il, il refuse ce qui profitera au corps; il ne désire que ce que désire le Saint béni soit-Il, même s'il doit en souffrir pour un temps. C'est ce point qui donna à notre père Abraham le conseil de la circoncision (voir plus haut, Vayera, section 15).
La grotte de Makhpéla est l'opposé de Mamre : elle s'oppose à ce point appelé Mamre. Car que toute la terre d'Israël ait été repliée sous la grotte de Makhpéla signifie que ce lieu est la racine et le principe général qui en ressort.
De même, partout où nos sages de bénie mémoire disent que la terre d'Israël fut repliée sous un lieu particulier, cela indique que ce lieu est le principe général et la racine qui ressortent de toute la terre. La terre d'Israël indique le service; c'est l'essentiel de la vie dans ce monde, ce que l'homme illumine par lui-même afin de comprendre, de saisir et de sentir les raisons des commandements (voir le sujet dans Tiferet Yosef, Roch ha-Chana, début de "Tu sauras aujourd'hui", où tout cela est expliqué).
Ainsi qu'il est rapporté dans le Talmud (Pessa'him 68b), Rav Yosef disait : "Sans ce jour, combien de Yosef y aurait-il au marché !" La grotte de Makhpéla, sous laquelle toute la terre d'Israël a été repliée, indique que tout est double sous le Saint béni soit-Il, et qu'il sera clarifié dans l'avenir que toutes les actions accomplies dans le monde ne venaient pas de la force de l'homme, mais que le Saint béni soit-Il a donné à l'homme la force d'accomplir son acte. Même les actions du corps s'illumineront de lumière.
Alors même le plus simple d'Israël, qui n'a accompli qu'une mitsva brute et a visé par cet acte la volonté du Saint béni soit-Il, pourra s'unir au plus grand d'Israël. Comme il est expliqué dans Mei ha-Chiloa'h, II, Michpatim, début de "Il prit le livre de l'alliance" : en vérité, l'intelligence de l'homme n'atteint pas la profondeur de l'intention dans toutes les affaires de Torah et de mitsvot; car si l'homme pouvait atteindre la profondeur de la racine, l'intention seule suffirait sans action.
Mais, puisque son intelligence ne l'atteint pas, il a besoin d'actions, par lesquelles la profondeur de la lumière s'achève dans son cœur, et, même sans qu'il le sache, la sainteté se fixe ensuite en lui. Voir encore ibid., Soukka 6a, début de "Nos maîtres ont enseigné".
Cela s'oppose à Mamre, qui fait allusion à ceux qui servent ה' et s'illuminent eux-mêmes par la force de leur service. C'est à ce propos que le roi Salomon, de bénie mémoire, a dit : "Le sort du sot m'arrivera aussi; pourquoi donc ai-je été plus sage ?" (Qohelet 2,15).
C'est encore à cela qu'il visa en disant : "J'ai dit : je serai sage, mais elle est loin de moi" (ibid. 7); le Talmud (Nidda 9a) expliqué que cela parle des raisons des commandements.
Certes, le roi Salomon, de bénie mémoire, connaissait toutes les raisons des commandements; son intention portait sur l'après de la clarification qui aura lieu dans l'avenir. À ce sujet, il est enseigné (Avot 4,17) : "Une heure de repentir et de bonnes actions dans ce monde est plus belle que toute la vie du monde à venir." Tel est ici le sens, après la ligature d'Its'hak : le Saint béni soit-Il attesta pour notre père Abraham que toutes ses actions, même celles qu'il fit sans le savoir, visaient la volonté du Saint béni soit-Il.
Alors lui fut retiré le secours et l'aide qui lui avaient été donnés dans ce monde. Car la femme indique le secours et l'aide donnés à l'homme dans ce monde pour l'aider à monter et descendre aux degrés supérieurs.
Mais après que notre père Abraham fut accompli et ne put plus monter et descendre, Sarah mourut. La vie que vécut ensuite Abraham, de bénie mémoire, était du côté masculin (sitra de-dkhura), comme la vie du roi David, de bénie mémoire.
Par les soixante-dix ans qu'Adam le premier homme donna au roi David, le roi David répara la faute d'Adam le premier homme. Ceci est expliqué dans Cha'ar Maamarei Razal du Ari zal, à la fin, avant l'explication des Pirkei Avot : "Pourquoi lui donna-t-il une vie et ne le laissa-t-il pas être un avorton ?
La raison en est que sa réparation principale devait être par David... Voici : pour réparer entièrement la malédiction prononcée par le Saint béni soit-Il, lorsqu'Il lui dit : 'Le jour où tu en mangeras, tu mourras.' Dans la réincarnation du roi David, il est dit : 'David, roi d'Israël, est vivant et subsiste'; en regard des deux morts, deux bénédictions lui furent dites : 'vivant' et 'subsiste'." Au début du règne de David, il régna à Hebron, où il était lié aux saints patriarches; l'influx lui fut versé par la force de leur service, et par cela il mérita la royauté.
ויבא אברהם לספוד לשרה ולבכתה. איתא במדרש רבה (חיי נח) מהיכן בא מהר המוריה ומתה שרה מאותה צער.
והענין בזה הוא, שאחר העקידה הבטיח לו השי"ת שלא ינסה אותו עוד, וזה הנסיון היה גמר השלמתו, שלא יכנס עוד בשום ענין לקנות קנין חדש, ולזה מתה שרה אז מפני שלא היה לו שום צורך עוד לאשה. כי אשה מורה על השלמת דבר, ומאחר שאברהם היה נשלם בכל לכן מתה שרה אשתו.
וכענין דאיתא בזוה"ק (חיי קכה.) כד יומי דבר נש אתקיימו בדרגין עלאין אתקיים ב"נ בעלמא. כיון דלא אתקיים בדרגין עלאין נפקי ונחתי לתתא עד דקריבו להאי דרגא דמותא שריא ביה.
כי הנוקבא הוא כמו הסיהרא, שבחצי חודש הראשון מתגברת והולכת עד שעומדת על מילואה, ומאז ועד הסוף החודש מתמעטת והולכת, וכדאיתא בזוה"ק (מקץ קצו:) בכחך דא היא אשה דקאמרון דאיהי חילא לאתתקפא בה בעלמא דין ובעלמא דאתי ובעי ב"נ למזכי בה בהאי עלמא בהאי חילא בגין דיתתקף בה בההוא עלמא. ולזה, כאשר בא אאע"ה על גמר שלימותו מתה שרה.
ואברהם שהוא הדכר הוא כמו השמשא, שכתוב בה (תהילים ק״ד:י״ט) שמש ידע מבואו, שלהדכר יש לו חיים גבוהים יותר, לזה נשאר עוד אברהם בחיים אף אחר השלימות:
"Abraham vint faire l'oraison de Sarah et la pleurer" (Genèse 23,2). Il est dit dans le Midrach Rabba (Haye Noah) : D'où venait-il ?
Du mont Moria; Sarah mourut de ce chagrin. Le sens est qu'après la ligature, le Saint béni soit-Il lui promit de ne plus l'éprouver.
Cette épreuve fut l'achèvement de son accomplissement : il ne devait plus entrer dans aucune affaire pour acquérir une acquisition nouvelle. Aussi Sarah mourut-elle alors, car il n'avait plus aucun besoin d'une femme.
Car la femme indique l'achèvement d'une chose, et puisque Abraham était accompli en tout, Sarah son épouse mourut. Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Haye Sarah 125a) : "Lorsque les jours de l'homme se maintiennent dans les degrés supérieurs, l'homme se maintient dans le monde.
Lorsqu'ils ne se maintiennent pas dans les degrés supérieurs, ils sortent et descendent en bas, jusqu'à approcher le degré où la mort repose sur lui." Car la Noukva (principe féminin) est comme la lune : durant la première moitié du mois, elle augmente jusqu'à se tenir dans sa plénitude; depuis lors jusqu'à la fin du mois, elle diminue. Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Mikets 196b) : "Par ta force, c'est la femme, dont on dit qu'elle est une force pour se fortifier dans ce monde et dans le monde à venir; l'homme doit mériter cette force dans ce monde, afin de se fortifier par elle dans cet autre monde." Aussi, lorsque notre père Abraham parvint au terme de sa perfection, Sarah mourut.
Abraham, qui est le masculin, est comme le soleil, à propos duquel il est écrit : "Le soleil connaît son coucher" (Psaumes 104,19). Le masculin a une vie plus élevée; c'est pourquoi Abraham demeura encore en vie, même après l'accomplissement.
שדה המכפלה אשר על פני ממרא. איתא ע"ז בזוה"ק (חיי קכח:) רבי אלעזר שאיל לרבי שמעון אבוי אמר האי מערתא לאו איהו כפילתא וכו' אבל ודאי חייך לאו מערתא איהו מכפלה ולאו שדה אקרי מכפלה וכו' מאן מכפלה ה' דבשמא קדישא דאיהי מכפלה וכו'.
הענין בזה, דהנה י' דבשמא קדישא רומז לספירת חכמה. ה' ראשונה רומז לספירת בינה ואתקריאת כפילא.
ו' רומז לתפארת. ה' אחרונה רומז למלכות, ואתקריאת קלישא, וממנה נקח כל עבודות האדם דינא דמלכותא, והיא ברזא דמלכות שמים דלית לה עיינין (זוה"ק משפטים צה.).
כי לפעמים נראה שפעולת זה האדם אין להם מקום כלל, ובאמת כל עיקר שכר האדם הוא רק מאלו הפעולות, שאין אדם עומד על דברי תורה אא"כ נכשל בהם (גיטין מג.) ומפני שאדם זה סבל מפעולות כאלה, לכן יקבל שכר עליהם. כי לעתיד אחר הבירור תאיר ה' ראשונה הרומזת לבינה, דמינה דינין מתערין, כדאיתא בזוה"ק (אחרי סה.), וע"ז לא יבא האדם בלתי דרך שכחה והסתרה, כמו שמצינו בש"ס (מגילה יב.) מדקאמר בינותי מכלל דטעה.
אכן עתה קודם הבירור, כשיאונה לאדם פעולה כזו יסבול מאד מזה, מאחר שלעין נראה שלא טוב עשה מאחר שהיא דרך כשלוןצגומבואר על זה בסוד ישרים ערב יום כפור אות לט: כי אחר תשובה מנהיר השי"ת, שממני יצאו הדברים כבושים, שיתרחק לעבור דרך אותו כשלון, כי אין אדם עומד על דברי תורה אלא א"כ נכשל בהם, ואם לא היה עובר מקודם דרך זה הכשלון, לא היה לו יתכן כלל להגיע להכרה יקרה כמו שיש לו עכשיו.
ומוסיף על זה בתפארת יוסף מס' מגילה (ט:) ד"ה ואף: הענין הוא כמו שביאר בזה כבוד אזמו"ר הגה"ק זללה"ה, אשר יש לאדם לפעמים פעולות כאלה אשר אינו רואה הכבוד שמים מאלו הפעולות, עד היכן שנדמה לו שבאותן הפעולות עשה ההיפך לגמרי ח"ו מרצון השי"ת.
ואח"כ כשאדם עושה תשובה מאהבה, ומתפלל וצועק מעומק לבו להשי"ת, אז מאיר לו השי"ת שמעולם לא נעתק ח"ו מרצון השי"ת אפילו כחוט השערה. ועל אלו הפעולות מאיר השי"ת לאדם הזה, שהיה מן אלו הדברים שאין אדם עומד עליהם אלא א"כ נכשל בהם, והיינו מחמת שהשי"ת רצה ליתן לו דברי תורה ולא היה ביכולת האדם לבוא על אלו הדברי תורה מחמת גודל עמקות שיש בהם, ומאיר השי"ת להאדם שלא היה יכול לעמוד עליהם רק על ידי כשלון, ומהצעקה של הכשלון אחר התשובה בא על אלו הדברי תורה.
לעיל פרשת נח אות ה, לקמן פ' ויגש אות ד.. והוא משעה שהטעה הנחש את חוה, שאדם וחוה הם כנגד ו"קצדוכדאיתא בכתבי האריז"ל בשער הפסוקים פרשת בראשית סימן ג ד"ה ויקרא וזל"ק:
למה שידעת, כי זעיר אפין ונוקביה הם אדם וחוה, ונודע כי ב' אותיות י"ה הם באבא ואימא, וב' אותיות אחרונות של ההוי"ה ו"ה הם מזעיר ואילך וכו'. וכן מבואר בלקוטי תורה בראשית על פסוק ויקרא האדם שם אשתו חוה..
ומזה נמצא מיחושים באדם, פן עשותו זו הפעולה נצמחה מהסתת הנחש ולא מה' אחרונה דבשמא קדישא, מפני שבעוה"ז הוא אילנא דספיקא שולט ורגליה יורדות מות, ולזה ניתן עבודה לאדם, שע"י עבודה יברר כל אדם את מעשיו לפי כחו בעוה"ז, ולעתיד יברר השי"ת לטוב את כל פעולות ישראל שברצונו נעשו, כי השי"ת חושב מחשבות לבלתי ידח מישראל שום נדח. ואף שאמרו בש"ס (ב"ק נ.) כל האומר הקב"ה ותרן יוותרו מעיו, אכן השי"ת יברר לעין כל שבדין הוא שאין בפעולותיהן של ישראל שום חטא כלל, שיש לו להשי"ת כל העצות האיך לזכות את ישראל, כדכתיב (תהילים ק״ל:ז׳-ח׳) והרבה עמו פדות והוא יפדה את ישראל מכל עונותיוצהכמו שביאר במי השלוח ח"ב פרשת וארא ד"ה והפליתי [א]:
והפליתי ביום ההוא שלעתיד הקב"ה ילמד זכות על ישראל ויגלה מפורש שלא נמצא בלב ישראל שום מחשבות און. וזה הפלאת זכות יהיה ממקור הרחמים שנקרא פדיון וכו'.
היינו שפדיה רומז שאפילו אם מצד משפט מגיע עונש, אכן השי"ת יש לו עצות כמו שכתיב (ישעיהו מ״ג:ד׳) ואתן אדם תחתיך, וזה שכתיב (תהילים ק״ל:ז׳-ח׳) והרבה עמו פדות והוא יפדה את ישראל מכל עונותיו. וזה הפדיון הוא למעלה מכל סדר ההנהגה והמציאות., וכמו שתיקנו (בנוסח התפלה) ורב להושיע.
ואז כאשר יברר השי"ת בבירור מפורש את כל זה, יהיה בדין שיתן לישראל שכר כפול ומכופל, מאחר שסבל בכפל הצטער כ"כ בעשותו זאת, מפני שנדמה לו שחטא לנגד השי"ת ונשבר לבו בקרבו, עד שנעלם ממנו גם התיקון גם השכר המוכן להנתן לו בעד זאת, לכן משנה יירשו וכענין דכתיב (ישעיהו ס״א:ז׳) תחת בשתכם משנה וכלמה ירנו חלקם לכן בארצם משנה יירשו:
"Le champ de Makhpéla qui est face à Mamre" (Genèse 23,17). Le saint Zohar dit à ce sujet (Haye Sarah 128b) : Rabbi Elazar questionna son père Rabbi Chimon : "Cette grotte n'est-elle pas double... ?
Mais assurément, par ta vie, ce n'est pas la grotte qui est Makhpéla, et le champ non plus n'est pas appelé Makhpéla... Qui est Makhpéla ?
Le hé du saint Nom, qui est double..." Le sens est le suivant. Le yod du saint Nom indique la sefira de 'Hokhma (Sagesse).
Le premier hé indique la sefira de Bina (Intelligence), et il est appelé le double. Le vav indique Tiferet.
Le dernier hé indique Malkhout (Royauté), et il est appelé le faible. De lui nous prenons tous les services de l'homme : "la loi de la royauté est la loi"; il est dans le secret de la royauté des Cieux, qui n'a pas d'yeux (saint Zohar, Michpatim 95a).
Car parfois il semble que les actions de cet homme n'ont absolument aucune place, alors qu'en vérité toute la récompense de l'homme vient précisément de ces actions. "L'homme ne se tient pas sur les paroles de Torah, a moins d'y avoir échoué" (Guitin 43a); puisque cet homme a souffert de telles actions, il en recevra une récompense.
Car dans l'avenir, après la clarification, le premier hé, qui indique Bina et dont les jugements s'éveillent, s'illuminera, comme il est dit dans le saint Zohar (Aharei 65a). Or l'homme n'y parvient que par le chemin de l'oubli et de la dissimulation, comme nous trouvons dans le Talmud (Meguila 12a) : "Puisqu'il dit : 'selon mon intelligence' (בינותי), il s'ensuit qu'il se trompa." Mais à présent, avant la clarification, lorsqu'une telle action arrive à l'homme, il en souffre beaucoup, car à ses yeux il semble qu'il n'a pas bien agi, puisqu'elle est un chemin d'échec.
Cela est expliqué dans Sod Yesharim, veille de Yom Kippour, section 39 : après le repentir, le Saint béni soit-Il illumine l'homme en lui montrant que les choses sont sorties de Lui, quoique cachées, et qu'il fallait passer par cet échec, car "l'homme ne se tient pas sur les paroles de Torah, a moins d'y avoir échoué". S'il n'avait pas auparavant passé par cet échec, il n'aurait nullement pu parvenir à la connaissance précieuse qu'il a maintenant.
Tiferet Yosef, traité Meguila 9a, début de "Et même", ajoute au nom de son saint maître, de bénie mémoire : il arrive parfois à l'homme des actions dont il ne voit pas l'honneur des Cieux, au point qu'il lui semble que, par ces actions, il a tout à fait fait l'inverse, à Dieu ne plaise, de la volonté du Saint béni soit-Il. Ensuite, lorsqu'il fait un repentir d'amour, prie et crie au Saint béni soit-Il du fond de son cœur, le Saint béni soit-Il l'illumine en lui montrant que jamais, à Dieu ne plaise, il ne s'était écarté de Sa volonté, pas même de l'épaisseur d'un cheveu.
Sur ces actions, le Saint béni soit-Il illumine cet homme : elles étaient parmi les choses sur lesquelles l'homme ne se tient qu'après y avoir échoué. C'est parce que le Saint béni soit-Il voulait lui donner des paroles de Torah, et que l'homme ne pouvait parvenir à ces paroles de Torah a cause de leur grande profondeur.
Le Saint béni soit-Il l'illumine alors : il ne pouvait s'y tenir que par l'échec, et c'est du cri poussé après le repentir pour cet échec qu'il parvient à ces paroles de Torah. Voir plus haut, Noah, section 5, et plus bas, Vayigach, section 4.
Ceci date de l'heure où le serpent trompa Ève, car Adam et Ève correspondent à Vav-Ketsavot (les six extrémités). Ainsi qu'il est dit dans les écrits du Ari zal, Cha'ar ha-Pessoukim, Bereshit, chapitre 3, début de "Il appela" : "Tu sais que Zeir Anpin et sa Noukva sont Adam et Ève; les deux lettres yod-hé sont dans Abba et Imma, et les deux dernières lettres du Nom, vav-hé, sont de Zeir et au-delà..." Cela est également expliqué dans Likoutei Torah, Bereshit, sur le verset : "L'homme appela sa femme Ève".
De là vient chez l'homme l'appréhension que l'action qu'il a faite ait poussé par l'incitation du serpent et non par le dernier hé du saint Nom. Car dans ce monde, l'arbre du doute domine et "ses pieds descendent vers la mort".
C'est pourquoi le travail fut donné à l'homme : par le travail, chacun clarifie ses actions selon sa force dans ce monde. Dans l'avenir, le Saint béni soit-Il clarifiera favorablement toutes les actions d'Israël accomplies selon Sa volonté, car le Saint béni soit-Il forme des pensées afin qu'aucun exilé d'Israël ne soit repoussé.
Bien qu'il soit dit dans le Talmud (Bava Kama 50a) : "De celui qui dit que le Saint béni soit-Il passe outre, on laissera passer ses entrailles", le Saint béni soit-Il établira aux yeux de tous qu'il est juste qu'il n'y ait absolument aucune faute dans les actions d'Israël. Le Saint béni soit-Il a tous les conseils pour rendre Israël méritant, comme il est écrit : "Auprès de Lui est une rédemption abondante; Il rachètera Israël de toutes ses fautes" (Psaumes 130,7-8).
Comme il est expliqué dans Mei ha-Chiloa'h, II, Vaera, début de "Je distinguerai" [1] : dans l'avenir, le Saint béni soit-Il plaidera en faveur d'Israël et révélera explicitement qu'aucune pensée mauvaise ne se trouvait dans le cœur d'Israël. Cette merveilleuse défense viendra de la source de la miséricorde appelée rédemption.
La rédemption indique que, même si la justice exige une peine, le Saint béni soit-Il a des conseils, comme il est écrit : "Je donnerai un homme à ta place" (Isaie 43,4); tel est le sens de : "Auprès de Lui est une rédemption abondante; Il rachètera Israël de toutes ses fautes". Cette rédemption est au-dessus de tout ordre de conduite et de réalité.
C'est aussi ce qu'ils ont institué dans le texte de la prière : "abondant pour sauver". Alors, lorsque le Saint béni soit-Il aura explicitement clarifié tout cela, il sera juste de donner à Israël une récompense double et redoublée, puisqu'il a souffert doublement et s'est tant affligé en faisant cela : il lui semblait avoir fauté envers le Saint béni soit-Il, et son cœur était brisé en lui, au point que lui étaient cachés aussi bien la réparation que la récompense prête à lui être donnée pour cela.
C'est pourquoi ils hériteront au double, comme il est écrit : "Au lieu de votre honte, il y aura le double; au lieu de l'opprobre, ils pousseront des cris de joie pour leur part. C'est pourquoi ils hériteront le double dans leur terre" (Isaie 61,7).
Ce passage poursuit le paiement double du voleur, la double part du premier-né et le salut double de Joseph par Éphraïm et Manassé. Le Beit Yaakov enseigne que le double ה du Nom saint fait allusion à la récompense donnée au double après le grand voilement. Les pères, clarifiés selon leur force, sont ensevelis à Makhpéla, où le premier ה éclaire le dernier ה ; le Midrach assure une récompense doublée à quiconque y est enseveli, en face de Mamré. Les deux ה sont une seule chose : service de l'homme (Ad-nai) et bina (intelligence) ; le ו, secret de Yaakov, les unit par le service, et le seuil compte déjà comme l'intérieur.
Aussi : « au temps de trouver », Torah, femme et mort, où l'homme entre dans des doutes ; par la techouva, deux tailles sans restrictions ; mezouza et bénédiction montrent que toute la maison et toute la nourriture sont pour le Ciel
ולזה הוא הדין שהגנב משלם כפל וגזלן אינו משלם רק הקרן. כי בגזלן יש לבעלים עוד תקוה אולי ישיב לו הגזלן החפץ שגזל ממנו, מאחר שיודע היכן הוא החפץ שלו.
אבל בגנב לא נשאר לבעלים שום תקוה, מאחר שלא ידע מי לקח ממנו החפץ שלו, שאז יעלה על לבו פן הוא מהשי"ת, מפני שאין לו שייכות לזה החפץ בשורש עד שהתייאש לגמרי ממנה. לכן כאשר ימצא הגנב ישלם שנים, אחת לקרן ככל גזל ואחת לכפל, שצריך לברר את עצמו, כי כל דברי עוה"ז הם כגלגל החוזר בעולם מעשיר לזה ומוריד לזה, שלפעמים הוא שהחפץ שיש לחבירו שייכות אליו ולא לחבירו, ובפרט כשיש לו עוד חשק לזה החפץ, משמע מזה שיש לו שייכות לזה החפץ.
אכן לא בזה בחר השי"ת שיגנוב מחבירו ויבחר בזה החפץ רק בדברים ברורים ונקיים, שיברר את עצמו בלא תחמוד, לכן צריך הגנב לשלם שנים לרעהו, חלק אחד יותר מהקרן, שבזה מראה לבעלים טובת עין, שלא יהיו לו שום מיחושים אולי אין לו שייכות לזה החפץ בשורש, כי להגנב אין שייכות באמת להחפץ רק לו. וזה הוא ג"כ הענין שהבכור נוטל פי שנים, מפני שהטפה הראשונה יוצאה מן האדם בגודל זרם הסתרה ושכחה, ונעלם מהאדם אם נמצא קדושה בו וסובל מאד מזה, לכן הנפש שיולד מזה יהיה בו קדושה בכפליםצונתבאר בתפארת יוסף פרשת במדבר ד"ה קח את הלוים:
ביאר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, דהנה בעת הולדת הבכור שם יש ביותר התגברות התאוה, כי בעת ההולדה שם אין אדם יכול לברר עצמו עד גמר הבירור, וכדאיתא במדרש (רבה תזריע יד) אפילו חסיד שבחסידים אי אפשר שלא יהיה בו צד אחד מעון, כי בגמר ההולדה אפס ממנו כח הבחירה, ואין יכול לומר שם זכיתי לבי. וביותר בעת הולדת הבכור, שם אין ביכולת האדם לברר עצמו עד הבירור, וממילא יש בו גודל תקיפות, מאחר שהניח השי"ת מקום כזה אשר אין ביד האדם לברר עצמו שם, מסתמא יש שם כחות גדולות..
ולזה כשנעלם יוסף הצדיק מיעקב אביו החזיר לו הש"י בכפלים, שהוליד שני שבטים במצרים. שהיה נעלם מתחלה מיעקב אבינו ע"ה ונסתרה מעיניו ישועתו זאתצזכמבואר בסוד ישרים פורים אות כב וזה לשונו בתוך הדברים:
בעת שהשי"ת מושיע ומחזיר את האור, מחזיר כפלים לתושיה, כמו שביאר אזמו"ר הגה"ק זצלל"ה, שע"י זה שנעלם יוסף הצדיק, החזיר לו השי"ת ליעקב אבינו כפליים לתושיה יוסף הצדיק עם שני השבטים אפרים ומנשה., וכמו ששלח לו יוסף העגלות, שדרשו, שרמז לו בזה על שפירש ממנו בפרשת עגלה ערופה, שזה רומז על גודל הסתרה לא נודע מי הכהו (וכמש"נ במקומו פרשת וישב אות כז):
C'est pourquoi le voleur paie le double, tandis que le ravisseur ne paie que le principal. Car, pour le ravisseur, les propriétaires gardent encore l'espoir qu'il leur rendra l'objet qu'il leur a ravi, puisqu'ils savent où se trouve leur objet.
Mais pour le vol, aucun espoir ne reste aux propriétaires, puisqu'ils ne savent pas qui leur a pris leur objet; ils en viennent alors à penser que cela vient du Nom, parce qu'ils n'ont aucun lien avec cet objet dans sa racine, jusqu'à en désespéré entièrement. Aussi, lorsque le voleur est trouvé, il paie deux: l'un pour le principal, comme en tout cas de ravissement, et l'autre pour le double.
Car il doit se clarifier lui-même: toutes les choses de ce monde sont comme une roue qui tourne dans le monde, enrichissant l'un et abaissant l'autre. Parfois, l'objet que détient son prochain lui est lié, à lui, et non à son prochain; surtout lorsqu'il garde un désir pour cet objet, ce qui montre qu'il y a un lien avec cet objet.
Toutefois, le Nom n'a pas choisi qu'il vole son prochain et choisisse cet objet, mais qu'il agisse en choses claires et pures, et se clarifie lui-même par le commandement: Tu ne convoiteras pas (לא תחמוד). Aussi le voleur doit-il payer deux à son prochain, une part de plus que le principal; par cela, il montre aux propriétaires une bonne disposition, afin qu'ils n'aient aucune inquiétude: peut-être n'avaient-ils pas de lien avec cet objet dans sa racine?
En vérité, le voleur n'a aucun lien avec cet objet: il appartient seulement aux propriétaires. Tel est aussi le sens de ce que le premier-né reçoit une double part.
Car la première goutte sort de l'homme dans un grand flot de voilement et d'oubli; l'homme ne sait pas s'il s'y trouve de la sainteté, et en souffre beaucoup. C'est pourquoi l'âme qui en naît possède une sainteté double.
Il est expliqué dans Tiferet Yosef, paracha Bemidbar, au passage "Prends les Lévites": notre maître, que son souvenir soit pour la bénédiction, expliquait que, lors de l'engendrement du premier-né, le désir se renforce davantage. Au moment de l'engendrement, l'homme ne peut se clarifier lui-même jusqu'au terme de la clarification, comme il est dit dans le Midrach (Vayikra Rabba, Tazria 14): même le plus pieux des pieux ne peut être exempt d'un aspect de faute; car au terme de l'engendrement, la force de choisir lui fait défaut et il ne peut dire: J'ai purifié mon cœur.
Cela est plus fort encore lors de l'engendrement du premier-né: l'homme n'a pas la capacité de se clarifier jusqu'à la clarification; il s'y trouve donc une grande vigueur. Puisque le Nom a laissé une place où l'homme ne peut se clarifier lui-même, il y a certainement là de grandes forces.
Aussi, lorsque Joseph le juste disparut aux yeux de son père Yaakov, le Saint, béni soit-Il, le lui rendit au double: il engendra deux tribus en Égypte. Au début, cela avait été caché à Yaakov notre père, de mémoire bénie, et ce salut avait été dissimulé à ses yeux.
Comme il est expliqué dans Sod Yesharim, Pourim, section 22: lorsque le Nom sauve et ramène la lumière, Il la rend doublement, pour la sagesse. Comme l'expliquait notre maître, le saint génie, de mémoire bénie: parce que Joseph le juste avait disparu, le Nom rendit à Yaakov notre père une sagesse doublée, Joseph le juste avec les deux tribus, Ephraim et Manassé.
Et de même Joseph lui envoya les chariots (עגלות); ils ont expliqué qu'il lui indiquait par là la section de la génisse à la nuque brisée (עגלה ערופה), qu'il étudiait lorsqu'il s'était séparé de lui. Cela fait allusion à un grand voilement: on ne sait pas qui l'a frappé, comme il est expliqué à sa place, paracha Vayéchhev, section 27.
ועל זה רומז כפל ההי"ן דשמא קדישא, היינו שאחר שיעבור האדם את גודל ההסתר ושכחה ויסבול מאד מכל זה, אזי ינתן לו שכרו בכפלים. לכן אבותינו הקדושים שהיו מבררין את עצמם בכל הפעולות לפי כחן, והיה להם גודל סבלנות וצמצומים, לכן הסכים השי"ת על כל אשר פעלו שטוב הוא, ואף שאם ירצה השי"ת לדקדק עמהן ימצא גם עליהם, כי מי יאמר זכיתי לבי.
אמנם מאחר שהם עשו כפי כחן, הסכים עליהם השי"ת, כי אין הקב"ה בא בטרוניא עם בריותיוצחכמו שביאר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה כל האזרח: שהאבות היו עובדים כ"כ להשי"ת, עד שהשי"ת חתם עליהם שהם נמשכים אחר רצון השי"ת תמיד..
ולזה נקברו במערת המכפלה, שה' ראשונה האירה בה' אחרונה, שזה רומז שיהיה להם שכר כפול. וכדאיתא במדרש רבה (חיי נח) שכל מי שהוא קבור בה בטוח ששכרו כפול ומכופל.
והיכן הוא זה המקום, על פני ממרא, למי שמסרב וממאן בכל טובות עוה"ז שמתנגדים לכבוד שמים, הוא מצמצם את עצמו בהם כפי כחוצטלעיל פרשת וירא אות טו עיי"ש., אזי מאיר לו השי"ת ה' ראשונה בה' אחרונה. וזה הוא דאיתא בש"ס (ברכות ח.) לעת מצוא זו תורה וכו' זו אשה וכו' זו מיתה וכו'.
כל אלו מרמזים במקום שאדם נכנס לספיקות ומוסר עצמו לזולתו ואינו יודע בעצמו איך יתראהקעיין מי השלוח ח"א פרשת חיי ד"ה ויהיו [א]. נתבאר כל זה לעיל במאמרים ראשונים בפרשה זו..
חד אמר זו תורה, היינו שעיקר ד"ת הם כשמוציאם בפה ולא בשעה שהם במחשבה, שכן אין מברכין על ד"ת שבמחשבה (שו"ע אורח חיים סימן מ"ז ס"ד) וכשמוציא הד"ת מפיו ומוסר אותם לזולתו, אזי לא יוכל לידע איך יתראו. וחד אמר זו אשה, שבזה נכנס לספיקות שאינו יודע איך יתראו הולדות אשר יוליד ממנה.
וח"א זו מיתה, היינו שלפעמים עושה אדם פעולה ונדמה לו שנכשל בזה עד שאין לו עוד תקוה ותקנה, לזה כשיתברר כ"ז יהיה לאדם שכר כפול ומכופל בטובה, וע"ז מרמז אות ו' דבשמא קדישא, שע"י תשובה שישוב האדם ויברר עסקיו יהיה שכרו כפול, ואז לא יצטרך האדם עוד לצמצומיםקאבית יעקב הכולל פרשת חיי ד"ה ויתן לי.. וזה הוא דאיתא (ספרא בחקותי) ואולך אתכם קוממיות אטייל עמכם בגן עדן שמא תאמרו שלא יהיה לכם דרך ארץ תלמוד לומר והייתי לכם לא-להים (סנהדרין ק.) קוממיות היינו שתי קומות, והוא שאז לא יצטרכו עוד לצמצם את עצמם לדרך ארץ, כי יהיה קבוע בהם בתמידות, וזשה"כ והייתי לכם לא-להים (וכמו שמבואר בפ' בחקותי)קבנתבאר בבית יעקב ויקרא פרשת בחקתי אות פ:
כאן מבטיח השי"ת לישראל, שלעתיד יוליך את ישראל שני קומות, למעלה מעשרים, אף במקום שלא שלטא ביה עין בריה וכו'. היינו אף מקומות ופעולות שלא עלה על דעת אדם שיוכל להגיע לשם ולהוושע ולתקן, שם מבטיח השי"ת, אשר אף במקום, עין לא ראתה אלקים זולתך, יעשה למחכים לו, וזה ואולך אתכם קוממיות.:
À cela fait allusion le double ה du Nom saint: après que l'homme aura traversé le grand voilement et l'oubli, et aura beaucoup souffert de tout cela, sa récompense lui sera donnée au double. Aussi nos saints pères, qui se clarifiaient eux-mêmes dans tous leurs actes selon leur force, et connaissaient une grande patience et des restrictions, le Nom agreea tout ce qu'ils avaient fait, car cela était bon.
Même si le Nom voulait les examiner avec précision, Il pourrait trouver aussi contre eux, car qui peut dire: J'ai purifié mon cœur? Mais puisqu'ils firent selon leur force, le Nom les agreea, car le Saint, béni soit-Il, ne traite pas Ses créatures avec exigence.
Comme il est expliqué dans Tiferet Yosef, fête de Soukkot, au passage "Tout l'indigène": les pères servaient tant le Nom que le Nom scella sur eux qu'ils suivaient toujours Sa volonté. Aussi furent-ils ensevelis dans la grotte de Makhpéla: le premier ה y éclairait le dernier ה, ce qui fait allusion à une récompense double.
Le Midrach Rabba (Hayyé Noa'h) dit que quiconque y est enseveli est assuré que sa récompense sera doublée et multiplee. Et où se trouve ce lieu?
En face de Mamre: pour celui qui refuse et rejette tous les biens de ce monde qui s'opposent à l'honneur du Ciel, et se restreint en eux selon sa force, comme il est expliqué plus haut, paracha Vayera, section 15, le Nom éclaire le premier ה dans le dernier ה. Tel est le sens de ce qui est dit dans le Talmud (Berakhot 8a): "Au temps de trouver", c'est la Torah; c'est une femme; c'est la mort.
Toutes ces choses font allusion à l'endroit où l'homme entre dans des doutes, se remet à autrui et ne sait pas lui-même comment les choses se montreront. L'un dit: c'est la Torah, c'est-à-dire que l'essentiel des paroles de Torah est lorsqu'il les fait sortir par la bouche, et non lorsqu'elles sont dans la pensée, car on ne récite pas de bénédiction sur les paroles de Torah qui restent dans la pensée (Choulhan Aroukh, Ora'h 'Hayim 47,4).
Lorsqu'il fait sortir les paroles de Torah de sa bouche et les remet à autrui, il ne peut savoir comment elles se montreront. L'un dit: c'est une femme, car il entre alors dans des doutes et ne sait pas comment se montreront les enfants qu'il engendrera d'elle.
Et l'un dit: c'est la mort, c'est-à-dire que parfois l'homme accomplit un acte et lui semble avoir échoué par là, au point de ne plus avoir ni espoir ni réparation. Lorsque tout cela se clarifiera, l'homme recevra une récompense doublée et multiplee en bien.
À cela fait allusion la lettre ו du Nom saint: par le retour (techouva) de l'homme, lorsqu'il revient et clarifie ses affaires, sa récompense sera doublée, et il n'aura plus besoin de restrictions. Tel est ce qui est dit dans le Sifra, Bé'houkotai: "Je vous ferai marcher droits" (Lvitique 26,12) - Je me promènerai avec vous dans le jardin d'Éden.
Diriez-vous qu'alors vous n'aurez pas les manières du monde? L'Écriture enseigne: "Je serai pour vous Elokim" (Sanhédrin 100a).
"Droiture" (קוממיות) signifie deux tailles: alors ils n'auront plus besoin de se restreindre pour les manières du monde, car elles seront fixées en eux continuellement. C'est le sens du verset: "Je serai pour vous Elokim", comme il est expliqué dans la paracha Bé'houkotai.
Il est expliqué dans Beth Yaakov sur Vayikra, paracha Bé'houkotai, section 80: le Nom promet ici à Israël que, dans l'avenir, Il fera marcher Israël en deux tailles, au-dessus de vingt coudées, jusque dans un lieu où l'œil de la créature n'a pas régné. Cela veut dire: même dans des lieux et des actes dont l'homme n'avait pas imaginé qu'il puisse y parvenir, y être sauvé et les réparer, le Nom promet que, même dans le lieu dont il est dit: "Aucun œil n'a vu, Elokim, sauf Toi, ce qu'Il fera pour qui L'attend" (Isaie 64,3), Il le fera; tel est le sens de "Je vous ferai marcher droits".
שדה המכפלה. בזוה"ק (חיי קכט.) ודאי מאן מכפלה ה' דבשמא קדישא דאיהי מכפלה וכו'.
הענין בזה, דהנה השני ההי"ן הם ה' עלאה וה' תתאה, ובאמת הם ענין אחד, מה' תתאה נקח עבודת אדם והיא ברזא דשם אדנ"י, וה' עלאה היא ברזא דבינה, שיש לו הבנה שאין לו שום כח מצדו רק הש"י הוא העושה כל, אשר לא יקוה לאיש ולא ייחל לבני אדם, וכדכתיב (משלי ח) אני בינה, ומינה דינין מתערין, כדאיתא בזוה"ק (אחרי סה.) ובגין דקרינן לה אם נוקבא גבורה ודינא מינה נפיק. והענין, כמו שהאדם כשעומד לפני מלך, אז מי שרואה אותו מאחוריו נראה לו שאין לזה האיש שום חיים כלל, מפני שעומד בלי שום תנועה, ולזה דינין מתערין מינה, היינו שמהאחוריים ממנה יוכל להתפשט לחוץ, שיאמר שאין צורך לעבודות וצמצומים, כי הכל הוא מהשי"ת.
אבל הפנים מאות ה' הוא נוכח השי"ת. ואות ו' מחבר את השני ההי"ן יחד, והוא רזא דיעקב שמחבר השני ההי"ן ע"י עבודה, שאדם עובד ומברר את עצמוקגכמו דאיתא בזוהר מקץ (קצג:):
במשפט, דא יעקב, דאיהו קיומא דארעא, ועל דא ו' אתזן מן ה' עלאה, ה' תתאה אתזנת מן ו', דקיומא דארעא איהו במשפט, דהא משפט יעמיד ארץ בכל תקונוי, וזן לה., אף שהוא עוד רק בהשער נחשב לו כאלו כבר נכנס מבפנים. שבזה שנפש ישראל מברר את עצמו שכוונתו לשמים, בזה מלמד על כל הכלל כולו שהוא לכבוד שמים.
אם יקבע מזוזה בשער הבית, אזי אף שנראה כל הבית מלא שכחה, אכן מזה שנראה שקבע מזוזה ללמד על הכלל כלו יצא, שכל הבית מלא קדושה. כי דבר הלמד מתחלתו או מענינו או מסופו, לא ללמד על עצמו יצא אלא ללמד על הכלל כולו יצא.
וכן באכילת האדם, אף שאוכל להנאת עצמו למלא נפשו כי ירעב, אכן בזה שמברך להשי"ת תחלה וסוף הוא נלמד שכל אכילתו מלא כבוד שמיםקדמבואר זה בזוהר – רעיא מהימנא פרשת עקב (רע:): פקודא דא לברכא ליה לקודשא בריך הוא על כל מה דאכיל ושתי ואתהני בהאי עלמא וכו'.
בגין דברכאן דבריך בר נש לקודשא בריך הוא, אתי לאמשכא חיין ממקורא דחיי לשמיה דקודשא בריך הוא קדישא וכו'. ואתי לאתמשכא מתמן לכל עלמא וכו'.
כיון דההיא ברכה אתייא ושרייא על רישיה, מתמן אתפשט בכל עלמא וכו'. עיין שם כל העניין., שזה הכתוב בתורה (עקב ח) ואכלת ושבעת וברכת אין הפירוש דוקא שיברך אחר האכילה, רק שאם עושה רצון השי"ת ומברך, אזי הוא כל אכילתו מלא ברכת השי"ת, כי כל הנקרא בשמו לכבודו בראוקהמקורו במי השלוח ח"א פרשת תרומה ד"ה ויקחו [ב], פרשת בהעלותך ד"ה ותדבר עיי"ש.
ונתבאר בתפארת יוסף שביעי של פסח ד"ה ויהי בשלח: כמו שאיתא בש"ס (ברכות לה.) רבי לוי רמי כתיב לד' הארץ ומלואה וכתיב והארץ נתן לבני אדם לא קשיא כאן קודם ברכה כאן לאחר ברכה.
כי לאחר ברכה מורה, שמכיר האדם שכל טובה הוא מהשי"ת, שאומר המוציא לחם מן הארץ. היינו שמכיר שד' הוא הנותן של הטובה, אז נותן לו השי"ת הטובה בקנין קבוע ומשלחן גבוה קא זכי ליה.
זאת אינו נקרא בחנם, כי האדם יש לו קנין בהטוב. אבל קודם ברכה, שהאדם אינו מכיר עדיין שהשי"ת הוא הנותן של הטובה, אז אין לאדם שום קנין בהטובה, ואז נקרא לד' הארץ ומלואה, והאדם המקבל הטובה נקרא שמקבל בחנם.
עיין עוד שם פ' אמור ד"ה שור, פ' תבא ד"ה כי, מס' מגילה (ו.) ד"ה א"ר.. ובזה יתחברו ה' עלאה בה' תתאה, להאיר ולהזריח עניני עוה"ז שנראה שבחושך המה, יזככם האדם ע"י עבודה שיזרח בהם אור, לראות שאין שום הבדל בין עוה"ז לעולמות העליונים.
וזה לא מסר השי"ת ביד אומה ולשון רק לזרעו של יעקב בלבד, שבהם הסכים השי"ת שנמצא בהם כוונה לשמים, אבל העכו"ם אין בהם כח להאיר כזה, וכדכתיב בישראל (וירא כב) ויירש זרעך את שער אויביו והתברכו בזרעך כל גויי הארץ:
Le champ de Makhpéla. Dans le Zohar (Hayyé Sara 129a): "Certes, qu'est Makhpéla?
Le ה du Nom saint, qui est double..." Le sens en est que les deux ה sont le ה supérieur et le ה inférieur, et qu'ils constituent en vérité une seule chose. Du ה inférieur, nous recevons le service de l'homme; il est dans le secret du Nom Ad-nai.
Le ה supérieur est dans le secret de la bina (intelligence): il a la compréhension qu'il ne possède aucune force de lui-même, mais que le Nom fait tout, afin qu'il n'espère pas en l'homme ni n'attende des fils de l'homme. Comme il est écrit: "Moi, la bina" (Proverbes 8,14), et "de lui les jugements sont éveillés", ainsi qu'il est rapporté dans le Zohar (Aharei Mot 65a): puisque nous l'appelons mère, féminine, de lui sortent la force et le jugement.
Le sens en est le suivant: lorsqu'un homme se tient devant le roi, celui qui le voit de derrière a l'impression que cet homme n'a aucune vie, puisqu'il se tient sans aucun mouvement. Aussi les jugements sont-ils éveillés d'elle: de son dos, ils peuvent s'étendre vers l'extérieur, jusqu'à dire qu'il n'est nul besoin de service ni de restrictions, puisque tout vient du Nom.
Mais la face de la lettre ה est la présence du Nom. La lettre ו unit les deux ה; elle est le secret de Yaakov, qui unit les deux ה par le service, lorsque l'homme travaille et se clarifie lui-même.
Même s'il ne se trouve encore qu'au seuil, cela lui est compté comme s'il était déjà entré à l'intérieur. En se clarifiant, l'âme d'Israël montre que son intention est pour le Ciel; par cela, elle enseigne sur l'ensemble entier qu'il est pour l'honneur du Ciel.
Si l'on fixe une mezouza au seuil de la maison, même si toute la maison paraît pleine d'oubli, le fait visible qu'on a fixé une mezouza montre pour l'ensemble entier que toute la maison est pleine de sainteté. Car une chose qui est apprise de son commencement, de son contexte ou de sa fin n'est pas sortie pour enseigner sur elle-même, mais pour enseigner sur l'ensemble entier.
De même pour la nourriture de l'homme: même s'il mange pour son propre plaisir, pour rassasier son âme lorsqu'elle a faim, puisqu'il bénit le Nom avant et après, il est appris que toute sa nourriture est pleine de l'honneur du Ciel. Cela est expliqué dans le Zohar, Raya Mehemna, paracha Ekev (270a): le commandement est de bénir le Saint, béni soit-Il, pour tout ce que l'homme mange, boit et dont il profite dans ce monde.
Par les bénédictions qu'il adresse au Saint, béni soit-Il, l'homme attire la vie de la source de vie vers le Nom saint, puis de là vers tout le monde; lorsque cette bénédiction vient et repose sur sa tête, elle s'étend de là à tout le monde. C'est le sens de ce qui est écrit dans la Torah: "Tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras" (Deutéronome 8,10).
Le sens n'est pas seulement qu'il bénisse après avoir mangé; mais s'il accomplit la volonté du Nom et bénit, toute sa nourriture est alors pleine de la bénédiction du Nom, car "tout ce qui est appelé de Mon nom, Je l'ai créé pour Ma gloire" (Isaie 43,7). La source en est dans Mei HaChiloa'h I, paracha Terouma, au passage "Prenez", et paracha Béha'alotékha, au passage "Et elle parla".
Tiferet Yosef explique, septième jour de Pessa'h, au passage "Ce fut lorsqu'il envoya": comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 35a), Rabbi Levi soulève une contradiction: il est écrit "Au Nom est la terre et sa plénitude" (Psaumes 24,1), et il est écrit "La terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme" (Psaumes 115,16). Il n'y a pas de contradiction: l'un est avant la bénédiction, l'autre après la bénédiction.
Après la bénédiction, l'homme montre qu'il reconnaît que tout bien vient du Nom, lorsqu'il dit: "Qui fait sortir le pain de la terre." C'est-à-dire qu'il reconnaît que le Nom donne ce bien; le Nom lui donne alors ce bien comme une acquisition et il l'obtient de la table d'en haut. Cela n'est pas appelé un don gratuit, car l'homme a une acquisition dans ce bien.
Mais avant la bénédiction, lorsque l'homme ne reconnaît pas encore que le Nom donne ce bien, l'homme n'a aucune acquisition dans ce bien; alors s'applique "Au Nom est la terre et sa plénitude", et celui qui reçoit le bien est appelé récepteur gratuit. Voir encore la paracha Emor, au passage "Bœuf", la paracha Tavo, au passage "Car", et Meguila 6a, au passage "Rabbi dit".
Par cela, le ה supérieur s'unira au ה inférieur, afin d'éclairer et de faire rayonner les choses de ce monde qui paraissent être dans l'obscurité. L'homme les purifiera par le service, de sorte qu'une lumière y rayonnera, et qu'il verra qu'il n'y a aucune différence entre ce monde et les mondes supérieurs.
Le Nom n'a confié cela à aucune nation ni langue, mais seulement à la descendance de Yaakov: chez eux, le Nom a agréé qu'il se trouve une intention pour le Ciel. Les nations idolâtres, en revanche, n'ont pas la force d'une telle illumination.
Ainsi est-il écrit à propos d'Israël: "Ta descendance héritera la porte de ses ennemis, et toutes les nations de la terre seront bénies par ta descendance" (Genèse 22,17-18).
« Le champ de la Ma'hpéla ». Le Zohar dit que Ma'hpéla est le ה double du saint Nom. Le Beit Yaakov explique que six mots d'« Écoute Israël » sont l'unification supérieure et six mots de « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais » l'unification inférieure : le Saint, béni soit-Il, entoure les six directions. Le yod se contracte dans le vav afin que les créatures le saisissent ; le ה double s'incline vers les créatures tel qu'il est. Par cette crainte et le Chabbat, Il construit un bien double et paie un salaire double pour le passé et pour l'avenir. Tel est le secret du ה double : la Chemitta et le Yovel.
Aussi : trois points du monde et la grotte, ouverture du Gan Éden, que son père rapporte aux tombeaux de la maison de David ; Abraham était vieux : prière entendue si l'âme est dans la paume, Chema avant la Amida
שדה המכפלה. בזוה"ק (חיי קכט.) מאן מכפלה ה' דבשמא קדישא דאיהי מכפלה.
הענין בזה, דהנה בשמע ישראל נמצא שית תיבין והוא רזא דיחודא עלאה. וכן בברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד נמצא ג"כ שית תיבין והוא ברזא דיחודא תתאהקוכמבואר בזוהר הקדוש בהרבה מקומות, וראה בראשית (יח:):
ואנון יחודא אחרא רזא ושמו אחד בשכמל"ו יחודא דלתתא, יחודא עלאה (דברים ו׳:ד׳) שמע ישראל, יהו"ה א-להינו יהו"ה אחד, דא לקביל דא.. המנין ששה מרמז על שהשי"ת מקיף השית סטרין מעלה ומטה וארבע רוחות העולם.
וכן סידר האר"י הק' ז"ל (שער הכוונות – ענין סעודת ליל שבת) יגלה לן טעמיה דבתריסר נהמי דאינון את בשמיה כפילא וקלישא. וגם השנים עשר שבטי ישורון הם ברזא דשית שית, שית הם ברזא דפנים ושית ברזא דאחוריים כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנה.).
והנה י' ו' משמא קדישא הם ברזא דדכורא שעומדים תמיד בפנים, י' מורה על דביקות בהשי"ת והוא עיקר היש, שלפעמים הוא מלאת כל ארעא, וממנה מצטמצם לאות ו' עד שיהיה להם תפיסה להברואים. וה' הכפולה היא מרזא דאחוריים שאין מצטמצם ממנה רק שמרכנת עצמה להברואים כמו שהיא.
והוא כענין דכתיב (תבוא כז) ואלה יעמדו על הקללה, ששה שבטים היו עומדים על הקללה, שזה מרמז על שהיה בהם תמיד יראה מופלגת, וזה הוא ברזא דכפילא, שעי"ז בונה השי"ת טובה כפולה, שאח"ז לא יצרך עוד ליראה מופלגת, וגם שכרו יתן לו בכפל עי"ז שהיה בו עד עתה יראה גדולה כ"כ. כי אם לא היה מראה לו השי"ת רק מכאן ולהבא ולא על העבר, אזי לא היה בנייחא עוד על העבר למה הוצרך להיות ביראה כ"כ, לזה ישלם לו השי"ת משכרתו כפולה על העבר ולעתיד.
וכגוונא דשבת שבעוה"ז נראה שיש בו כל הצמצומים, ובעומק מרמז יום השבת על יום שכולו שבת ומנוחה לחיי עולמים, שעי"ז שאדם מצמצם את עצמו בשבת בונה השי"ת טובה גדולה, שיבא היום שאז לא יצטרך אדם למעשה ידיו ויוכל להתפשט כפי אות נפשו. והוא כענין דאיתא בש"ס (ברכות נו:) א"ל בר קפרא לרבי וכו' ראיתי שני ידי שנחתכו.
א"ל לא תצטרך למעשה ידיך. א"ל ראיתי שני רגלי שנקטעו, א"ל על סוס אתה רוכב.
ואף שבעוה"ז אם יחסר לאדם הכלי פעולה לא יהיה לו סבה להתפרנס, מ"מ פתר לו שלא יצטרך למעשה ידיוקזמבואר בהרבה מקומות בספרנו זה ומקורו במי השלוח ח"א פרשת קדושים ד"ה את שבתתי: כי שבת לעת עתה היא לנו צמצום גדול ולעתיד ינחיל לנו הש"י יום שכלו שבת שלא נצטרך לשום מלאכה, וע"ז צריך לצפות.
ובתפארת יוסף שבת חוה"מ סוכות ד"ה ויעקב: שבאמת בעוה"ז נדמה לאדם שבת הוא צמצום גדול, כי בחול מכין אדם לעצמו כל צרכי אוכל נפש לחם לאכול ובגד ללבוש ובשבת אסור הכל, ונדמה לאדם בעוה"ז שהוא צמצום גדול, אבל בעומק מרמז שבת ליום שכולו שבת ומנוחה לחיי העולמים.
כי שבת מרמז כמו שאיתא בש"ס (שבת ל:) עתידה ארץ ישראל שתוציא גלוסקאות וכלי מילת. והיינו שלא יוצרך האדם לכלי פעולותיו, כי על שבת איתא בזוה"ק (בשלח סג:) מניה מתברכין יומין עילאין.
והיינו, שבשורש מקבל האדם אז כח עבודה על כל ששת ימי המעשה. עיין עוד שם חג הסוכות ד"ה ולקחתם [ב], בית יעקב ויקרא פרשת תזריע אות ז ד"ה והענין, עיין לעיל פ' בראשית אות ב ובהערה ט שם..
והענין בכל זה הוא, דהנה השי"ת הציב בנין עוה"ז שיהיה בחינת משפיע ומקבל עשיר ועני, כענין דאיתא בש"ס (שבת ב.) פשט העני את ידו ונתן בעל הבית לתוכה, שהמקבל מנשא את עצמו מעט והמשפיע מרכין ומשפיל את עצמו, עד שאחד באחד יגשו ויתחברו יחד. וכן בכל השפעות עושה השי"ת מחצה ומניח מקום לאדם שיגמור החצי, השי"ת מצמיח ואדם קוצר וכדומה לזה.
אבל בשבת אז בונה הש"י שהטובה יגיע עד פי המקבל, שלא יצטרך המקבל לסייע להשפעת השי"ת, ובשבת הוא בנין אלו השנים מעבר ועתיד, שמעתה לא יצטרך אדם לצמצם את עצמו כ"כ, ועל מה שצמצם את עצמו עד עתה, יתן לו השי"ת טובה בעד זה שלא יצטרך עוד למעשה ידיו, ודא הוא רזא דה' מכפלה שמיטה ויובל:
Le champ de la Makhpéla. Dans le saint Zohar (Hayyé Sara 129a) : Qui est Makhpéla ?
Le ה' du saint Nom, qui est double. Voici le sens.
Dans Écoute Israël se trouvent six mots, et c'est le secret de l'unification supérieure. De même, dans "Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais" se trouvent aussi six mots : c'est le secret de l'unification inférieure, comme le saint Zohar l'explique en maints endroits.
Vois Bereshit (18) : "Et ils sont une autre unification, le secret de Son Nom Un dans Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais : l'unification inférieure ; l'unification supérieure : Écoute Israël, ה' notre Elokim, ה' est Un (Deutéronome 6,4), celle-ci en regard de celle-là." Le nombre six indique que le Saint, béni soit-Il, entoure les six directions : haut, bas et les quatre points du monde. Ainsi le Ari, de bénie mémoire, a agencé (Shaar ha-Kavanot, sujet du repas de la nuit de Chabbat) : "Il nous révélera la raison des douze pains, qui sont la lettre double et affaiblie dans Son Nom." Les douze tribus de Yeshouroun sont également selon le secret de six et six : six selon le secret du visage et six selon le secret du dos, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayetse 155a).
Or le yod et le vav du saint Nom sont selon le secret du mâle, qui se tient toujours dans le visage. Le yod indique l'attachement au Saint, béni soit-Il, et il est l'essentiel de l'être ; parfois il remplit toute la terre, puis il se contracte dans la lettre vav afin que les créatures puissent le saisir.
Le ה' double est selon le secret du dos : il ne se contracte pas, mais s'incline vers les créatures tel qu'il est. Cela est semblable à ce qui est écrit : "Et ceux-ci se tiendront sur la malédiction" (Deutéronome 27) : six tribus se tenaient sur la malédiction.
Cela indique qu'il y avait toujours en elles une crainte très grande. C'est le secret du double : par elle, le Saint, béni soit-Il, construit un bien double ; ensuite, il n'y aura plus besoin d'une crainte si grande, et Il lui donnera en double sa récompense pour avoir eu jusqu'à présent une si grande crainte.
Car si le Saint, béni soit-Il, ne lui montrait que l'avenir et non le passé, il ne serait plus apaisé au sujet du passé : pourquoi devait-il être dans une crainte si grande ? C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, lui paiera un salaire double pour le passé et pour l'avenir.
De même, le Chabbat de ce monde semble contenir toutes les contractions ; mais en profondeur, le jour de Chabbat indique le jour qui sera entièrement Chabbat et repos pour la vie des mondes. Par le fait que l'homme se restreint le Chabbat, le Saint, béni soit-Il, construit un grand bien : viendra le jour où l'homme n'aura plus besoin de l'œuvre de ses mains et pourra s'épancher selon la lettre de son âme.
C'est comme ce qui est rapporté dans le Talmud (Berakhot 56b) : Bar Kappara dit à Rabbi : "J'ai vu mes deux mains coupées." Il lui dit : "Tu n'auras pas besoin de l'œuvre de tes mains." Il dit : "J'ai vu mes deux pieds coupés." Il lui dit : "Tu monteras à cheval." Bien que dans ce monde, s'il manque à l'homme l'instrument d'action, il n'ait pas de moyen de subsistance, il lui interpréta pourtant qu'il n'aurait pas besoin de l'œuvre de ses mains. Cela est expliqué en maints endroits de notre livre, et sa source est Mei ha-Shiloah I, parachat Kedoshim, débutant "Mes Chabbat" : le Chabbat est pour l'heure une grande restriction, et dans l'avenir le Saint, béni soit-Il, nous donnera en héritage un jour entièrement Chabbat, où nous n'aurons besoin d'aucun travail ; c'est cela qu'il faut attendre.
Et dans Tiferet Yossef, Chabbat de Hol ha-Moed Soukkot, débutant "Et Yaakov" : en vérité, dans ce monde le Chabbat semble à l'homme une grande restriction, car en semaine il prépare tous ses besoins de nourriture : pain à manger et vêtement à porter ; le Chabbat, tout est interdit, et dans ce monde cela semble une grande restriction. Mais en profondeur, le Chabbat indique le jour entièrement Chabbat et repos pour la vie des mondes.
En effet, le Chabbat indique, comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 30b), que la terre d'Israël produira dans l'avenir des galettes et des vêtements précieux. Cela veut dire que l'homme n'aura plus besoin des instruments de son action, car le saint Zohar dit au sujet du Chabbat (Beshallah 63b) : "D'elle sont bénis les jours supérieurs." C'est-à-dire qu'à la racine, l'homme reçoit alors la force de travailler pendant les six jours d'œuvre.
Vois encore là-bas, Fête de Soukkot, débutant "Et vous prendrez" [2] ; Beth Yaakov, Vayikra, parachat Tazria, lettre 7, débutant "Et voici le sens" ; voir plus haut, parachat Bereshit, lettre 2 et note 9. Le sens de tout cela est que le Saint, béni soit-Il, a établi l'édifice de ce monde sous la forme de celui qui donne et de celui qui reçoit, du riche et du pauvre, comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 2a) : "Le pauvre étendit sa main et le maître de maison y déposa [l'objet]." Celui qui reçoit se soulève un peu, et celui qui donne s'incline et s'abaisse, jusqu'à ce que l'un approche l'autre et qu'ils s'unissent.
Ainsi, dans toutes les influences, le Saint, béni soit-Il, fait une moitié et laisse à l'homme la place d'achever l'autre moitié : le Saint, béni soit-Il, fait pousser et l'homme moissonne, et ainsi de suite. Mais le Chabbat, le Saint, béni soit-Il, construit pour que le bien arrive jusqu'à la bouche de celui qui reçoit, sans qu'il ait besoin d'aider l'influence du Saint, béni soit-Il.
Le Chabbat est l'édifice de ces deux aspects, le passé et l'avenir : désormais l'homme n'aura pas besoin de se restreindre autant ; et pour ce qu'il s'est restreint jusqu'à présent, le Saint, béni soit-Il, lui donnera un bien tel qu'il n'aura plus besoin de l'œuvre de ses mains. Tel est le secret du ה' double : la Chemitta et le Yovel.
שדה המכפלה. איתא בזוה"ק (תצוה קפד:) שיש תלת נקודין בעלמא.
נקודה אמצעיתא דחריבו דעלמא. ונקודה אמצעיתא דכל ישובא סטרא דקדושה איהו.
נקודא דנטלא מאימא עלאה טמירא איהי גן עדן דלתתא דקיימא באמצעיתא דכל עלמא לכל סטרין דחריבו וישובא וכו'. ישובא מורה על ארץ ישראל וירושלים, שמרמזין על כל העבודות.
וחריבו מורה על מדברות שהוא היפך מישוב, שאין שם בני אדם שיעסקו בעבודת השי"ת. ועדן דלתתא שהיא נקודה השלישית הוא הכולל אלו השנים, ומעולה מכולם.
ומערת המכפלה היא פתחא דגן עדן, כדאיתא בזוה"ק (לך פא) במערה דכפילתא תמן איהו פתחא דגן עדן וכו'. ואומר כבוד אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה שזה מרמז על קברי בית דוד, שבש"ס (ב"ק טז:) מביא ראיה מה שהניזק משלם מן העליה מאי עליה מעולה שבנכסים, וכן הוא אומר וישכב חזקיהו עם אבותיו ויקברוהו במעלה קברי בית דוד, ואמר רבי אלעזר במעלה אצל מעולים שבמשפחה ומאן נינהו דוד ושלמה:
Le champ de la Makhpéla. Le saint Zohar dit (Tetsave 184b) qu'il y a trois points dans le monde : le point médian de la désolation du monde ; le point médian de toute région habitée, qui est le côté de sainteté ; et le point qui reçoit de la Mère supérieure cachée : c'est le Gan Éden d'en bas, qui se tient au milieu de tout le monde, de tous les côtés de désolation et d'habitation, etc.
La région habitée indique la terre d'Israël et Jérusalem, qui indiquent tous les travaux divins. La désolation indique les déserts, qui sont l'opposé de l'habitation, car il n'y a pas là d'hommes qui s'occupent du service du Saint, béni soit-Il.
Et l'Éden d'en bas, qui est le troisième point, comprend ces deux [aspects] et les dépasse tous. La grotte de la Makhpéla est l'ouverture du Gan Éden, comme le dit le saint Zohar (Lekh Lekha 81a) : "Dans la grotte doublée se trouve l'ouverture du Gan Éden", etc.
Mon père et maître, le saint gaon, de bénie mémoire, disait que cela indique les tombeaux de la maison de David. Dans le Talmud (Bava Kama 16b), on prouve que le responsable d'un dommage paie de l'aliyah : qu'est-ce que l'aliyah ?
Le meilleur des biens. Et ainsi est-il dit : "Hizkiyahou reposa avec ses pères, et on l'ensevelit dans la hauteur des tombeaux de la maison de David" ; Rabbi Elazar dit : dans la hauteur, auprès des plus élevés de la famille.
Et qui sont-ils ? David et Salomon.
ואברהם זקן. בתנחומא (חיי) פתח, ילמדנו רבינו היה רוכב על חמור והגיע עונת תפלה כיצד יעשה.
כך שנו רבותינו היה רוכב על החמור והגיע זמן תפלה ירד. ואם אינו יכול לירד שאין דעתו מיושבת עליו וכו' יהא מתפלל כשהוא רוכב וכו' ואין לך אדם שכוון דעתו ולבו לתפלה כאברהם אבינו שאמר לפני הקב"ה חלילה לך מעשות כדבר הזה, כיון שראה הקב"ה שהיה מבקש זכות שלא להחריב את העולם התחיל משבחו ואמר לו יפיפית מבני אדם.
א"ל איזה הוא היופי שלי אני ובני נכנסין לעיר ואין בני אדם מכירין בין האב לבן וכו'. אמר אברהם, רבש"ע צריך אתה להפריש בין האב לבן ובין נער לזקן שיתכבד הזקן בנער.
א"ל הקב"ה חייך ממך אני מתחיל, הלך ולן באותו הלילה ועמד בבוקר כיון שעמד ראה שהלבין שער ראשו וזקנו. אמר לפניו רבש"ע עשיתני דוגמא, א"ל עטרת תפארת שיבה והדר זקנים שיבה, לכך נאמר ואברהם זקן.
הענין בזה, דהנה עיקר התפלה שאדם נענה לו בה הוא כדאיתא בש"ס (תענית ח.) אין תפלתו של אדם נשמעת אא"כ משים נפשו בכפו, שנאמר נשא לבבנו אל כפים. משים נפשו בכפו, היינו ששכלו ימשול על תאותו ורצונותיו, שאף כשיתפלל על דבר מה לא יהיה משוקע להפציר שינתן לו רק זאת, אכן שרצונו ותפלתו יהיה בידו, כמו אדם האוחז חפץ בידו מוכן למסרה חזרה לבעלים אם לא יהיה ברצון טוב לתתה לו, כן ישים נפשו ותפלתו בכפו לעמוד הכן מצדו, שלא יכוון בתפלתו רק אם השי"ת ירצה ברצון טוב לתת לו זאת, אבל אם אין רצון השי"ת שינתן לו זאת, אזי גם הוא עצמו מצדו לא יבחר בזה ומסלק את עצמו מנגיעהקחמקורו במי השלוח ח"ב פרשת משפטים ד"ה זבח לא-להים יחרם:
זבח לא-להים יחרם בלתי לה' לבדו. זה רומז גם על תפלה שהאדם מתפלל על איזה ענין טובה שהש"י יתן לו, לא יתפלל בעקשות ולא יהיה נוגע לזה מאוד, כי פן אין זה רצון הש"י.
וזה רומז זבח לא-להים שזה השם רומז על גבורה (ומשותף גם לחול), אבל שם הוי' ב"ה רומז על עמוד האמצעי וזהו בלתי לה' לבדו.. ולזה ג"כ תקנו אכנה"ג קריאת שמע קודם תפלה, שיקבל אדם עליו מתחלה עול מלכות שמים יחודא עלאה, שמבטל את עצמו לגמריקטכמו שביאר בהרחבה במי השלוח ח"א פרשת צו ד"ה המקריב:
קודם כל תפלה על כל טובה שהאדם שואל מה', צריך להקדים תחילה קבלת עול מלכות שמים שלימה, וזהו ענין קריאת שמע קודם תפלה. וע"ז רומז שמע ישראל על סילוק נגיעה מצד האדם, כי רומז כי בלתי רצון ה' לבדו הוא הנמצא.
וזה שאמר שלמה המלך ע"ה (מלכים א' ח, לט) אשר תדע את לבבו, היינו אם באמת הטובה הלזו שמבקש עליה הוא לכבוד שמים לעשות רצון קונו תשמע לו, ואם ח"ו נמצא בהטובה שמתפלל עליה איזה צד שתמניעו מעבדות ה' לא תשמע לו. וכן מבואר שם ח"ב פרשת ואתחנן ד"ה מה:
צריך לומר ק"ש קודם שמנה עשרה, כדי למסור דעתו לדעת המקום ולסלק כל הנגיעה והתשוקה והרצון של האדם, ואח"כ יתפלל על דעת המקום אם ניחא לפניו שיתפלל על דבר זה. בית יעקב שמות פ' תשא אות כב..
ואחר שיקרא ק"ש יתפלל שלש ראשונות, כדאיתא בש"ס (ברכות לב.) צריך לסדר מתחלה שבחו של מקום ואח"כ יתפלל. שלש ראשונות הם שבחו של מקום, ומה שהם שלשה מרמזים, שקודם שיתחיל האדם להתפלל על צרכי הגוף ימלך בהשלשה אבות הקדושים, שלא יכוין בתפלתו רק על מה שגם האבות יסכימו, שהם מצדם לא בחרו רק במה שהשי"ת חפץקיכעין זה נתבאר בתפארת יוסף מסכת תענית (ג.) ד"ה וטל:
יקרא ק"ש היינו, למסור כל נפשו לרצונו ית', ואח"כ מסדר תפלתו. כי בהשלש הראשונות מסדר שבחו של מקום, ומכיר שחפץ השי"ת בעבודת אדם, ואח"כ יכול להתפלל גם על צרכי הגוף, כי ע"י צרכי הגוף יהיה בכחו למלאות רצונו ית', שחפץ בחיי עוה"ז של האדם, למען שיעבוד אותו בתורה ומצות, וזאת אי אפשר רק ע"י חיי עוה"ז, נמצא שצרכי הגוף שלו הוא ג"כ כבוד שמים..
וזה הוא ג"כ הענין דאיתא בש"ס (שם לא.) רנה זו תפלה תפלה זו בקשה, רנה מורה על זה שהאדם ימסור את עצמו קודם תפלה להשי"ת, שלא יהיה אדוק וחבוש בזה הדבר שחפץ להתפלל עליו, רק אם ירצה השי"ת לתת לו ברצון, ואח"ז יוכל להתפלל ולבקש מהשי"ת. אבל אם לא ימסור כל רצונותיו מתחלה להשי"ת לסלק נגיעותיו, אזי אין תפלתו תפלה, מאחר שהוא חבוש ואסור בזה שירצה להתפלל עליו, ואין חבוש מתיר עצמו מבית האסוריםקיאומובא במי השלוח ח"א פרשת שופטים ד"ה לא תטע:
לא תטע לך אשרה כל עץ אצל מזבח ה' אלקיך. הענין בזה אף שנצטוה האדם שיהיה כפוף תחת תלמיד חכם וכו'.
זהו רק בד"ת, אבל בתפלה אסור להיות כפוף תחת שום גוון כי מזבח הוא מקום תפלה ועבודה. וכן מובא לקמן פ' מקץ אות ה ד"ה וזה נקרא:
אכן באמת צריך האדם למצוא תחלה חיים בעצמו, שלא יהיה משועבד וכפוף תחת שום דבר טובה, שאם יהיה כפוף תחת איזה טובה אזי לא יוכל להתפלל עליה, כי אין חבוש מתיר עצמו מבית האסורין, לכן יסלק כל נגיעותיו שיש לו מצדו ועי"ז ימשיך רצון השי"ת להשפיע לו.:
Et Abraham était vieux. Dans le Tan'houma (Hayyé Sara), il ouvre : "Que nous enseigne notre maître ?
Si l'on chevauchait un âne et que vint le temps de la prière, que ferait-on ?" Ainsi nos maîtres ont enseigné : si l'on chevauchait un âne et que vint le temps de la prière, on descend. Et si l'on ne peut descendre, parce que son esprit ne serait pas apaisé, etc., on priera en chevauchant, etc.
Et nul n'orienta son esprit et son cœur vers la prière comme Abraham notre père, qui dit devant le Saint, béni soit-Il : "Loin de Toi d'agir ainsi". Lorsque le Saint, béni soit-Il, vit qu'il demandait un mérite afin de ne pas détruire le monde, Il commença à le louer et lui dit : "Tu es le plus beau des fils de l'homme".
Il Lui dit : "Quelle est ma beauté ? Moi et mon fils entrons dans une ville, et les hommes ne distinguent pas le père du fils, etc." Abraham dit : "Maître du monde, Tu dois distinguer le père du fils et le jeune de l'ancien, afin que l'ancien soit honoré par le jeune." Le Saint, béni soit-Il, lui dit : "Par ta vie, c'est par toi que Je commence." Il alla dormir cette nuit-là et, se levant le matin, il vit que les cheveux de sa tête et de sa barbe avaient blanchi.
Il dit devant Lui : "Maître du monde, Tu as fait de moi un exemple." Il lui dit : "La vieillesse est une couronne de gloire et la vieillesse est la parure des anciens" ; c'est pourquoi il est dit : "Et Abraham était vieux." Le sens en est que l'essentiel de la prière par laquelle l'homme est exaucé est ce qui est dit dans le Talmud (Taanit 8a) : "La prière de l'homme n'est entendue que s'il place son âme dans sa paume", comme il est dit : "Élevons notre cœur avec nos paumes". Placer son âme dans sa paume veut dire que son intelligence domine son désir et ses volontés : même lorsqu'il prie pour une chose, il ne doit pas être absorbé à insister pour que cette seule chose lui soit donnée.
Sa volonté et sa prière doivent plutôt être dans sa main, tel l'homme qui tient un objet dans sa main, prêt à le rendre à son propriétaire s'il ne veut pas le lui donner de bon gré. Ainsi il placera son âme et sa prière dans sa paume, prêt de son côté : dans sa prière, il ne visera cette chose que si le Saint, béni soit-Il, veut de bon gré la lui donner.
Mais si le Saint, béni soit-Il, ne veut pas qu'elle lui soit donnée, alors lui-même ne la choisira pas et se retirera de tout intérêt personnel. La source en est dans Mei ha-Shiloah II, parachat Mishpatim, débutant "Un sacrifice aux élohim sera voué à la destruction, sauf à ה' seul" : cela indique aussi la prière, lorsque l'homme prie pour quelque bien que le Saint, béni soit-Il, lui donne.
Il ne priera pas avec obstination et ne sera pas trop intéressé par cela, car peut-être que ce n'est pas la volonté du Saint, béni soit-Il. C'est le sens de "un sacrifice aux élohim" : ce nom indique la guevoura (et est aussi commun), tandis que le Nom, béni soit-Il, indique la colonne médiane ; tel est "sauf à ה' seul".
C'est aussi pourquoi les Hommes de la Grande Assemblée ont institué la récitation du Chema avant la prière : que l'homme accepte d'abord le joug de la royauté des cieux, l'unification supérieure, en s'annulant entièrement. Comme il l'a longuement expliqué dans Mei ha-Shiloah I, parachat Tsav, débutant "Celui qui offre" : avant toute prière pour tout bien que l'homme demande au Nom, il doit d'abord faire précéder une acceptation entière du joug de la royauté des cieux ; tel est le sens de la récitation du Chema avant la prière.
Écoute Israël indique le retrait de l'intérêt personnel de l'homme, car il indique que rien n'existe sinon la seule volonté du Nom. C'est ce que dit le roi Salomon, de paix sur lui (I Rois 8,39) : "afin que Tu connaisses son cœur" ; c'est-à-dire : si ce bien qu'il demande est véritablement pour l'honneur des cieux, afin de faire la volonté de son Créateur, écoute-le ; mais si, à Dieu ne plaise, le bien pour lequel il prie contient quelque aspect qui l'empêcherait de servir le Nom, ne l'écoute pas.
Il est aussi expliqué là-bas, II, parachat Vaethanan, débutant "Quoi" : il faut dire le Chema avant la Amida, afin de remettre son esprit à l'esprit du Lieu et d'écarter tout intérêt, toute convoitise et toute volonté de l'homme ; ensuite il priera selon l'esprit du Lieu, s'il Lui est agréable qu'il prie pour cette chose. Beth Yaakov, Shemot, parachat Ki Tissa, lettre 22.
Après avoir lu le Chema, il priera les trois premières [bénédictions], comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 32a) : "Il faut d'abord ordonner la louange du Lieu, puis prier." Les trois premières sont la louange du Lieu. Leur nombre de trois indique qu'avant de commencer à prier pour les besoins du corps, l'homme doit demander conseil aux trois saints pères, afin de ne viser dans sa prière que ce à quoi les pères aussi consentiraient ; car de leur côté ils n'ont choisi que ce que le Saint, béni soit-Il, désire.
Cela est expliqué de façon semblable dans Tiferet Yossef, traité Taanit (3a), débutant "Et la rosée" : il lira le Chema, c'est-à-dire remettra toute son âme à Sa volonté, béni soit-Il, puis il ordonnera sa prière. Car dans les trois premières [bénédictions], il ordonne la louange du Lieu et reconnaît que le Saint, béni soit-Il, désire le service de l'homme ; ensuite il peut aussi prier pour les besoins du corps, car ces besoins lui donneront la force d'accomplir Sa volonté, béni soit-Il, qui désire la vie de ce monde de l'homme, afin qu'il Le serve par la Torah et les commandements.
Or cela n'est possible que par la vie de ce monde ; il s'ensuit que ses besoins corporels sont eux aussi l'honneur des cieux. C'est aussi le sens de ce qui est dit dans le Talmud (ibid.
31a) : "La rina est la prière ; la prière est la demande." La rina indique que l'homme se remettra d'abord lui-même au Saint, béni soit-Il, avant la prière ; il ne sera pas attaché et lié à la chose pour laquelle il veut prier, mais seulement si le Saint, béni soit-Il, veut la lui donner. Ensuite il pourra prier et demander au Saint, béni soit-Il.
Mais s'il ne remet pas d'abord toutes ses volontés au Saint, béni soit-Il, pour écarter ses intérêts personnels, sa prière n'est pas une prière, puisqu'il est lié et emprisonné dans cette chose pour laquelle il veut prier ; et un prisonnier ne se libère pas lui-même de la prison. Cela est rapporté dans Mei ha-Shiloah I, parachat Shoftim, débutant "Tu ne planteras pas" : "Tu ne planteras pas pour toi d'ashéra, aucun arbre, près de l'autel de ה' ton Elokim." Le sens en est que, bien qu'il soit ordonné à l'homme d'être soumis à un sage de la Torah, etc., cela ne concerne que les paroles de Torah ; mais dans la prière, il lui est interdit d'être soumis à quelque aspect que ce soit, car l'autel est le lieu de la prière et du service.
Il est aussi rapporté plus loin, parachat Mikets, lettre 5, débutant "Et cela s'appelle" : l'homme doit d'abord trouver la vie en lui-même, afin de n'être asservi et soumis à aucun bien. Car s'il était soumis à quelque bien, il ne pourrait pas prier pour lui, car un prisonnier ne se libère pas lui-même de la prison.
Il écartera donc tous les intérêts personnels qui lui appartiennent ; par cela, il attirera la volonté du Saint, béni soit-Il, de lui donner.
Ce passage poursuit : à l'heure de la prière, l'âne est l'asservissement au désir et à la matière (homer) ; l'homme descend de ce désir, et s'il ne le peut, lorsqu'il y va de la vie, il prie encore monté. Nul n'a dirigé son cœur vers la prière comme Avraham, qui dit « Loin de Toi ! ». Le Beit Yaakov rapporte de l'Ari Z"L que les gens de Sodome se réincarneront dans ses fils ; il serait juste qu'Avraham attende leur chute, mais son cœur est pur et il prie pour l'honneur du Nom. Même non exaucé, il ne met pas en cause la mesure de justice ; le Nom le loue : nul n'est aussi libre que lui dans la prière.
Aussi : les accusations d'en haut retiennent les flux d'abondance et l'on prie pour les annuler ; le grand prêtre priait en sortant du Saint des saints ; Israël se restreint dans ce monde pour le monde à venir
וזה הוא שאומר היה רוכב על חמור והגיע עונת תפלה כיצד יעשה. חמור מורה במקום שאדם כפוף ומשועבד תחת חפצו ורצונו, כי חמור הוא לעול ולמשא, וגם הוא מלשון חומר, שחפץ בדבר חומריי, כיצד יעשה, האם מותר לו להתפלל עליו שתנתן לו זאת.
כך שנו רבותינו, היה רוכב על גבי החמור והגיע עונת תפלה ירד, שירד מזה הרצון ולא יהיה חבוש, כי אין חבוש מתיר עצמו מבית האסורים, ולא יוכל לפעול בתפלתו אם לא ירד מזה, רק יכוין בתפלתו שמצדו אינו בוחר רק במה שהשי"ת חפץקיבעיין בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת חיי ד"ה ואברהם זקן שמאריך בביאור מאמר זה. לעיל פ' וירא אות מו..
אבל אם זו הטובה תדחהו מרצון השי"ת אזי גם הוא אינו חפץ בהקיגמבואר במי השלוח ח"א פרשת ראה ד"ה כי אם: נלמד לאדם דרך התפלה איך להתפלל לה' כמו דאיתא בגמ' (ברכות כח:) יכון את לבו כנגד בית קדשי קדשים, היינו כשאדם ירצה להתפלל יראה מתחילה אם הדבר שרוצה להתפלל עליו הוא רצון הש"י.
ובתפארת יוסף מסכת ברכות (ג.) ד"ה תניא: כי האדם קודם שמתפלל על צרכיו צריך לברר עצמו וכו'.
בירור א', שלא יהיה ח"ו זאת התפלה נגד רצונו ית', שיתנה מקודם שאם הטובה הזאת שמתפלל עליה הוא נגד רצונו ית', אזי אינו חפץ בה כלל. ועיין עוד בזה בתפארת יוסף פ' צו ד"ה זאת, מס' תענית (טז.) ד"ה תנו.
לקמן פרשת וישלח אות טו.. ואם אינו יכול לירד, היינו שהדבר שרוצה להתפלל עליו אינו ממותרות הנאת הגוף החמריי רק מה שחיי אדם תלויים בו, כגון אם יש לו חולה בתוך ביתו וחפץ להתפלל שיתרפא, שזה בטח גם רצון השי"ת, יהא מתפלל כשהוא רוכב, היינו אף שיש לו נגיעה לזו התפלה מותר לו להתפלל, והשי"ת יברר אותו שאינו מתעקש וכפוף תחת זה, שהשי"ת יצרף זו התפלה לתפלה אחרת שהיה בה לגמרי בן חורין, וכדאיתא (שבת יב) בקושי התירו לבקר את החולה בשבת.
והענין שצריך לאדם תפלה להשי"ת שימלא משאלותיו, הלא גלוי לפני השי"ת מצפוני לב בני אדם מה חסר לו, ויוכל להשפיע לו בלי שום תפלה די מחסורו, מאחר שלבו זך ומסר כל רצונותיו להשי"ת קודם התפלה, א"כ למה לו להתפלל עוד אח"ז על צרכיו. אכן מפני שמסירת רצוניות הם רק להשי"ת בלבד, ונמצא צבאי מעלה מקטרגים תמיד על האדם.
ואף בראשית בריאת עולם קטרגו צבא מעלה ואמרו מה אנוש כי תזכרנו, וע"י הקטרוגים נעצרים כל ההשפעות, לזה ג"כ מתפללין שלא יהיה מניעה מצד הקטרוג מלהשפיע טובה, שיתבטלו כל המקטרגים והמשטינים, וכדאיתא בש"ס (סנהדרין מד:) לעולם יבקש אדם רחמים שיהיו הכל מאמצים את כחו ואל יהיו לו צרים מלמעלה. וזה הוא הענין ג"כ שהכהן גדול לא היה מתפלל בבית קדש הקדשים רק בצאתו מן הקודש (יומא נב:), כי בקודש הקדשים אין שום מקום שתחול מניעה וקטרוג, והשי"ת מצדו משפיע תמיד, אכן בצאתו מן הקודש לבית החיצון ששם יוכל לחול עליו קטרוג שתעצר ההשפעה, שם היה מתפלל, שהתפלה פעלה שלא יקטרגו ושלא תמנע השפעת טובה:
C'est en ce sens qu'il est dit : S'il était à cheval sur un âne et que vint le temps de la prière, que fera-t-il ? L'âne indique l'état où l'homme est plié et asservi sous son désir et sa volonté ; car l'âne est fait pour le joug et le fardeau, et le mot renvoie aussi à la matière (homer), lorsqu'il désire une chose matérielle.
Que fera-t-il ? Lui est-il permis de prier pour qu'elle lui soit donnée ?
Ainsi nos maîtres ont enseigné : s'il était monté sur l'âne et que vint le temps de la prière, il descendra. Qu'il descende de ce désir et ne soit plus captif, car un prisonnier ne se libère pas lui-même de la prison ; il ne pourra rien accomplir par sa prière s'il ne descend pas de cela.
Il orientera seulement sa prière : de son propre chef, il ne choisit que ce que le Nom désire. (Note 212 : voir Sod Yesharim sur la Torah, d'après son manuscrit saint, parachat Chayei Sara, début de 'Ve-Avraham zaken', qui développe cet enseignement ; plus haut, parachat Vayera, section 46.) Mais si ce bien doit l'écarter de la volonté du Nom, lui-même non plus ne le désire pas.
(Note 213 : il est expliqué dans Mei HaShiloach, I, parachat Reeh, début de 'Ki im' : l'homme apprend la voie de la prière, comment prier le Nom, comme il est dit dans la Guemara (Berakhot 28b) : 'Il dirigera son cœur vers le Saint des saints.' Cela veut dire : lorsqu'un homme veut prier, il examinera d'abord si la chose pour laquelle il veut prier est la volonté du Nom. Dans Tiferet Yosef, traité Berakhot (3a), début de 'Tania' : avant de prier pour ses besoins, l'homme doit se clarifier lui-même, etc.
Première clarification : que cette prière ne soit pas, à D.ieu ne plaise, contre Sa volonté, béni soit-Il. Il posera d'abord cette condition : si ce bien pour lequel il prie est contre Sa volonté, béni soit-Il, alors lui-même ne le désire nullement.
Voir encore Tiferet Yosef, parachat Tsav, début de 'Zot', traité Taanit (16a), début de 'Tenu' ; plus bas, parachat Vayishlah, section 15.) Et s'il ne peut descendre, c'est-à-dire que la chose pour laquelle il veut prier n'est pas un surplus des plaisirs du corps matériel, mais une chose dont dépend la vie d'un homme, par exemple s'il a un malade dans sa maison et désire prier pour sa guérison, ce qui est assurrement aussi la volonté du Nom, il priera en étant monté : bien qu'il ait un intérêt personnel dans cette prière, il lui est permis de prier. Le Nom le clarifiera, afin qu'il ne s'obstine pas et ne soit pas asservi à cela ; le Nom associera cette prière à une autre prière dans laquelle il était entièrement libre, comme il est dit (Chabbat 12a) : 'C'est avec peine qu'ils ont permis de visiter le malade le Chabbat.' Or l'homme a besoin de prier le Nom afin qu'Il accomplisse ses demandes.
Pourtant, les replis du cœur des hommes et ce qui leur manque sont manifestes devant le Nom ; Il pourrait leur octroyer, sans aucune prière, de quoi combler leur manque. Puisque son cœur est pur et qu'avant la prière il a remis tous ses désirs au Nom, pourquoi devrait-il encore prier ensuite pour ses besoins ?
Mais cette remise de ses désirs n'est faite qu'au Nom seul, et les armées célestes accusent donc constamment l'homme. Dès le commencement de la création du monde, les armées d'en haut accusèrent et dirent : 'Qu'est l'homme, pour que Tu te souviennes de lui ?' (Psaumes 8,5).
Par ces accusations, tous les flux d'abondance sont retenus. C'est pourquoi on prie aussi afin qu'aucun empêchement, venant de l'accusation, ne fasse obstacle à l'effusion du bien : que tous les accusateurs et les adversaires soient annulés.
Ainsi est-il dit dans le Talmud (Sanhédrin 44b) : 'Qu'un homme demande toujours miséricorde afin que tous fortifient sa force et qu'il n'ait pas d'adversaires d'en haut.' Tel est aussi le sens de ce que le grand prêtre ne priait pas dans le Saint des saints, mais seulement en sortant du sanctuaire (Yoma 52b) : dans le Saint des saints, il n'y a aucune place pour un obstacle ou une accusation, et le Nom, de Son côté, dispense toujours. Mais quand il sortait du sanctuaire vers la maison extérieure, où une accusation pouvait survenir et retenir l'effusion, il priait là-bas ; la prière agissait pour qu'ils n'accusent pas et que l'effusion du bien ne soit pas retenue.
ואין לך שכוון לבו ודעתו לתפלה כאברהם אבינו שאמר לפני הקב"ה חלילה לך. הענין בזה, דהנה השי"ת אמר (וירא יח) המכסה אני מאברהם אשר אני עושה וגו' כי ידעתיו למען אשר יצוה את בניו וגו' למען הביא ה' על אברהם וגו'.
והוא שהשי"ת אמר לאברהם, שזה אי אפשר שיהיה להם תקנה לאנשי סדום כמו שהם מפני שהם רעים וחטאים מאד, אכן בזאת יתתקנו שיתגלגלו בבניו של אברהם אחר זמן לטוב, וכדאיתא בהאר"י הק' ז"ל (שער הפסוקים פ' שמות ד"ה ויקח) שדור המדבר היו הגלגול מאנשי סדום. נמצא לפי זה, שהיה מהראוי שיצפה אברהם אבינו למפלתן של סדום מפני שהיה נוגע לזה, אכן מפני שלבו היה זך, סילק כל הנגיעות שהיו לו מצדו והתפלל עליהם (שם) ויגש אברהם ויאמר האף תספה צדיק עם רשע חלילה לך מעשות כדבר הזה וגו' השופט כל הארץ לא יעשה משפט.
היינו, שאברהם המליץ עליהם, שמצדו אין לו שום נגיעה אליהם, מאחר שהם לגמרי ההיפך ממדתו מדת החסד שהיטיב לכל עובר ושב, והם אמרו בואו ונשבית תורת הרגל מארצנו. וגם זאת שהיה אהבת השי"ת בוער בקרבו עד שסילק כל נגיעותיו, ואף את בנו יחידו ואהובו שהיו כל חייו תלויים בו, השליך כ"ז מנגד, והעלהו עולה לה' מאהבת השי"ת שהיה בו, משמע מזה שעומק לבו היה זך בלי שום נגיעה מצדו במקום שהיה כבוד שמים.
אמנם חלילה לך, חולין הוא לך, חילול שם שמים יש בזה, פן יאמרו הדורות הבאים שהיו בהם צדיקים, חלילה לך מעשות כדבר הזה להמית צדיק עם רשע וגו' עשה למען שמך שלא יתחלל. כי כן הוא מדת השי"ת, שאף במקום שדן במדת הדין מצדיקין בני אדם עליהם את הדין, ואף כעסו של השי"ת ברור ונקי, וכדכתיב ביה (דניאל ז׳:ט׳) ושער ראשה כעמר נקא, שאין מקום לשום בריה לטעון נגד השי"ת למה עכרתני, כי אף דכתיב (ואתחנן ז) ומשלם לשונאיו אל פניו להאבידו, אבל הם מצדם ניחא להם בזאת, ובוחרים יותר שיהיה להם טובת עוה"ז מכל חיי עוה"ב, ואין להם שום תרעומות על השי"ת, כי כן דרכו של הקב"ה שאינו בא בטרוניא עם בריותיו, רק כפי שהם עצמם בוחרים ברצונם הטוב, שאף עיקר הבריאה בראשית בריאת עולם היה לדעתם ולצביונם (ראש השנה יא.) ששאל את פיהם אם רוצים להבראות ואמרו הן:
Nul n'a dirigé son cœur et son esprit vers la prière comme notre père Abraham, lorsqu'il dit devant le Saint, béni soit-Il : 'Loin de Toi !' Le sens en est le suivant. Le Nom dit (Vayera 18) : 'Cacherai-Je à Abraham ce que Je fais... ?
Car Je l'ai connu, afin qu'il ordonne à ses fils... afin que le Nom fasse venir sur Abraham...' Le Nom disait à Abraham que les gens de Sodome, tels qu'ils étaient, ne pouvaient avoir de remède, car ils étaient très mauvais et pécheurs ; mais ils seraient rectifiés en se réincarnant plus tard dans les fils d'Abraham, pour le bien. Ainsi l'enseigne le saint Ari, de mémoire bénie, dans Shaar HaPesoukim, parachat Chemot, début de 'Vayikah' : la génération du désert était la réincarnation des gens de Sodome.
Il aurait donc été juste qu'Abraham notre père attende la chute de Sodome, puisqu'il y était intéressé. Mais son cœur était pur : il écarta tous les intérêts qui lui étaient propres et pria pour eux : 'Abraham s'approcha et dit : Détruiras-Tu donc le juste avec le méchant ?
Loin de Toi d'agir ainsi... Le Juge de toute la terre ne fera-t-Il pas justice ?' (Genèse 18,23.25).
Abraham plaidait donc pour eux : de son propre chef, il n'avait aucun intérêt les concernant, puisqu'ils étaient entièrement à l'opposé de son attribut, l'attribut de bonté, par lequel il faisait du bien à tout passant, tandis qu'eux disaient : 'Venez, abolissons de notre pays la loi du passage à pied.' De plus, l'amour du Nom brûlait en lui au point qu'il avait écarté tous ses intérêts ; même son fils unique et aimé, dont dépendait toute sa vie, il jeta tout cela devant lui et l'offrit en holocauste au Nom, par l'amour du Nom qui était en lui. Il en ressort que le fond de son cœur était pur, sans aucun intérêt propre, là où était en jeu l'honneur du Ciel.
Mais : 'Loin de Toi !' C'est chose profane pour Toi ; il y aurait en cela une profanation du Nom, de peur que les générations futures ne disent qu'il y avait parmi eux des justes. 'Loin de Toi d'agir ainsi, de faire mourir le juste avec le méchant...' Agis pour Ton Nom, afin qu'Il ne soit pas profane. Car telle est la mesure du Nom : même là où Il juge par la mesure de justice, les hommes justifient sur eux-mêmes le jugement.
Même la colère du Nom est limpide et pure, comme il est écrit à Son sujet : 'Les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure' (Daniel 7,9). Nulle créature ne peut prétendre devant le Nom : 'Pourquoi m'as-Tu troublé ?' Car bien qu'il soit écrit : 'Il repaie Ses ennemis à leur face, pour les détruire' (Deutéronome 7,10), eux, de leur côté, s'en accommodent et préfèrent le bien de ce monde à toute la vie du monde à venir.
Ils n'ont aucun grief contre le Nom, car telle est la voie du Saint, béni soit-Il : Il ne traite pas Ses créatures avec rigueur arbitraire, mais selon ce qu'elles choisissent elles-mêmes par leur bon vouloir. Même au commencement de la création du monde, elles furent créées selon leur connaissance et selon leur désir (Roch Hachana 11a) : Il leur demanda si elles voulaient être créées, et elles dirent oui.
אבל לא כאלה חלק יעקב, שבהם השפיע השי"ת זה הכח והחכמה והמדע שיעזבו וימאסו בהנאות ותאות עוה"ז, ויעזבו כל חיי עוה"ז בכדי שיקנו להם חיי עוה"ב, שזה הוא עיקר החיים, ואין להם נייחא שיהיה להם רק חיי עוה"ז, וכדכתיב בהו (שם) האל הנאמן שומר הברית והחסד לאוהביו ולשומרי מצותיו לאלף דור. וכמו שמשלו משל במדרש (ילקוט שמעוני פ' עקב רמז תתמז) משל לנאמן שהפקידו אצלו פקדונות והטמין אותם בחדר ובתיבה ופקדון אחד תלה אחורי הדלת בכדי שיהיה מצוי, והנמשל הוא שהעכו"ם מתפשטים את עצמם בעוה"ז בכל התאות בשטף זדון, אף כי יודעים שאח"ז ילכו לאבדון ניחא להם זאת.
אבל ישראל מצמצמים את עצמם בכל הנאות מעוה"ז בבטחונם שימצאו חיים יקרים מאלה, ונאמן הוא השי"ת ליתן להם טובה בחיי עולם. ואף שגם להם יש לפעמים התבטלות, אכן כונתם בזה הוא שעי"ז ינתן להם מבוקשם ויכלו להתפשט בה בשטף וזרםקידעיין בתפארת יוסף פרשת אמור ד"ה ולאחותו:
כי באמת בחר השי"ת בישראל מאחר שמבררים עצמם בזה העולם בבירורים גדולים, עד היכן שישראל אינו בנייחא בעוה"ז מכל טובה שנמצא אצלו, אם לא שיראה מקודם שמזאת הטובה ביכולתו להגיע לחיי העוה"ב. אבל אם לא יראה שמזאת הטובה ביכולתו להגיע לרצונו ית' אינו בנייחא, אף שיש לו כל הטובות, שאני האומות מתפשטים עצמם בתאות עוה"ז בלי שום מעצור.
ואף שנמצא לפעמים גוון של עבודה אצלם, שזה מורה שעל הגוון מסלק עצמו מתאות עוה"ז, זה הכל לתכלית שובב ופרא, שעי"ז יהיה ביכולתו להתפשט עצמו יותר, לזה בחר השי"ת בישראל. ואף שבאמת כל הבריאה היה מחסדו ית' וכמו שכתיב (תהילים פ״ט:ג׳) כי אמרתי עולם חסד יבנה, לאו דוקא ישראל.
והיה ביכולתו של השי"ת לברוא גם האומות בדיעות כאלה שלא יהיו בנייחא משום דבר של עוה"ז, ובאם היה בורא אותם בדיעות כאלה, בטח גם הם היו מבררים את עצמם בברורים הנ"ל. אבל על זה איתא בש"ס (ראש השנה יא:) כל מעשי בראשית לדעתן נבראו לצביונם נבראו, שהשי"ת ברא כל הברואים כפי צביון של כל אחד ואחד.
והביט השי"ת לצביון של ישראל שהם רוצים רק לתכלית חיי עוה"ב, ולזה ברא השי"ת אותם בדיעות כאלה, שאני האומות שהביט השי"ת שדעתם וצביונם הוא שהם רוצים רק בהתפשטות תאות עוה"ז, לזה ברא אותם כפי דעתם.. וכמו שמצינו בבלעם שאמר (בלק כב) אם רע בעיניך אשובה לי, וכונתו היתה שעי"ז יסכים גם השי"ת שילך עמם כפי הרצון שהיה קשור בו ולא זז מרצונו.
וזה הוא דכתיב (דניאל ז׳:ט׳) ושער ראשה כעמר נקא, שכל מעשי השי"ת הם מבוררים אף לעין אדם. לזה טען אאע"ה לפני הקב"ה חלילה לך, פן יחולל שם ה' בהדורות אשר יבואו אחריהם.
ולזה מפני שלא היה לאאע"ה מצדו שום נגיעה לאנשי סדום, לזה אף שלא פעל בתפלתו ולא נענה בה, לא הרהר אחר מדת הדין, וכדכתיב (וירא יט) וישכם אברהם בבקר וגו' וישקף על פני סדום ועמורה וגו' וירא והנה עלה קיטור הארץ כקיטור הכבשן, שהעשן משרפת ארצם, היה נדמה בעיניו רק כעשן העולה מכבשן, מפני שכל כונתו בהתפללו עליהם היה רק לכבד שם ה', שזה הוא רצון השי"ת שלא יתחלל שמו בגוים, לזה כשראה שרצון השי"ת הוא שיהפך ארצם לגפרית ומלח היה בנייחא מזה שרצונו זה כבודו. וזהו דאיתא בתנחומא (וירא ה) על זה, הוא הדבר שאמר אברהם הוא הדבר שאמר איוב אלא איוב בלעה פגה ואברהם בלעה בשלה, איוב אמר אחת היא על כן אמרתי תם ורשע הוא מכלה, אבל אברהם אמר האף תספה צדיק עם רשע, חזר ואמר חלילה לך מעשות כדבר הזה.
איוב בלעה פגה, היינו שהרהר אחר מדת הדין ואמר תם ורשע הוא מכלה, אבל אברהם בלעה בשלה, היינו מפני שמתחלה לא היה לו שום נגיעה מצדו בתפלתו, רק כל תפלתו היה לכבוד שמים, לכן אף כי לא נענה בתפלתו לא הרהר אחר שנעשה מדת הדין. כיון שראה הקב"ה שהיה מבקש זכות שלא להחריב את העולם התחיל משבחו ואמר לו יפיפית מבני אדם, שאין עוד בן חורין כמותך בתפלה:
Mais telle n'est pas la part de Yaakov. En eux, le Nom a infusé cette force, cette sagesse et cette connaissance : qu'ils abandonnent et méprisent les plaisirs et les désirs de ce monde, qu'ils renoncent à toute la vie de ce monde afin d'acquérir la vie du monde à venir, qui est la vie essentielle.
Ils ne se satisfont pas de n'avoir que la vie de ce monde, comme il est écrit à leur sujet : 'Le D.ieu fidèle, qui garde l'alliance et la bonté pour ceux qui L'aiment et gardent Ses commandements, jusqu'à mille générations' (Deutéronome 7,9). Ils ont donné une parabole dans le Midrach (Yalkout Chimoni, parachat Ekev, allusion 847) : un homme digne de confiance reçut des dépôts ; il les cacha dans une chambre et dans un coffre, mais il suspendit un dépôt derrière la porte pour qu'il soit disponible.
Le sens est que les nations s'étendent dans ce monde en tous les désirs, dans le flot de l'insolence ; même sachant qu'elles iront ensuite à la perdition, elles s'en accommodent. Mais Israël se restreint dans tous les plaisirs de ce monde, certain de trouver des vies plus précieuses que celles-ci ; et le Nom est fidèle pour leur donner le bien de la vie éternelle.
Même si eux aussi connaissent parfois l'effacement de soi (bitoul), leur intention est que, par lui, leur désir leur soit accordé et qu'ils puissent s'y épancher avec impétuosité et abondance. (Note 214 : voir Tiferet Yosef, parachat Emor, début de 'Ve-laahoto' : en vérité, le Nom a choisi Israël parce qu'ils se clarifient dans ce monde par de grandes clarifications, jusqu'à ce qu'Israël ne se satisfasse d'aucun bien de ce monde qu'il possède, à moins de voir d'abord que ce bien lui permet d'atteindre la vie du monde à venir.
Mais s'il ne voit pas que ce bien lui permet d'atteindre Sa volonté, béni soit-Il, il ne s'en satisfait pas, même s'il possède tous les biens. Les nations, elles, s'étendent dans les désirs de ce monde sans aucun frein.
Et même si l'on trouve parfois chez elles une apparence de service, qui montre qu'extérieurement elles se retirent des désirs de ce monde, tout cela vise une fin indocile et sauvage : pouvoir ainsi s'étendre davantage. C'est pourquoi le Nom a choisi Israël.
Pourtant, toute la création fut en vérité issue de Sa bonté, béni soit-Il, comme il est écrit : 'J'ai dit : le monde sera bâti par bonté' (Psaumes 89,3), et pas seulement Israël. Le Nom aurait pu créer les nations aussi avec des dispositions telles qu'elles ne se satisfassent de rien de ce monde ; s'Il les avait créées avec de telles dispositions, elles se seraient assurément elles aussi clarifiées par les clarifications susdites.
Mais le Talmud enseigne à ce propos (Roch Hachana 11a) : 'Toutes les œuvres du commencement furent créées selon leur connaissance, elles furent créées selon leur désir' ; le Nom créa toutes les créatures selon le désir propre à chacune. Le Nom considéra le désir d'Israël, qui ne veut que la fin de la vie du monde à venir, et c'est pourquoi Il les créa avec de telles dispositions ; tandis que pour les nations, le Nom considéra que leur avis et leur désir ne visaient que l'expansion dans les désirs de ce monde, et c'est pourquoi Il les créa selon leur avis.) C'est comme nous le trouvons chez Balaam, qui dit : 'Si cela est mauvais à Tes yeux, je reviendrai en moi' (Balak 22) ; son intention était que le Nom aussi consentirait ainsi à ce qu'il aille avec eux, selon le désir auquel il était attaché et dont il ne s'était jamais écarté.
Tel est le sens de : 'Les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure' (Daniel 7,9) : tous les actes du Nom sont clarifiés, même aux yeux de l'homme. C'est pourquoi Abraham notre père dit devant le Saint, béni soit-Il : 'Loin de Toi !', de peur que le Nom ne soit profane parmi les générations qui viendraient après eux.
Et puisque Abraham notre père n'avait, de son propre chef, aucun intérêt concernant les gens de Sodome, même s'il n'obtint rien par sa prière et qu'elle ne fût pas exaucée, il ne mit pas en cause la mesure de justice. Ainsi est-il écrit : 'Abraham se leva de bon matin... il regarda vers Sodome et Gomorrhe... et voici, la fumée de la terre montait comme la fumée d'une fournaise' (Genèse 19,27-28).
La fumée de l'incendie de leur pays lui parut seulement comme la fumée montant d'une fournaise, car toute son intention, en priant pour eux, n'était que d'honorer le Nom : telle est la volonté du Nom, que Son Nom ne soit pas profane parmi les nations. Aussi, lorsqu'il vit que la volonté du Nom était de changer leur terre en soufre et en sel, il s'en accomoda, car cette volonté était Son honneur.
C'est le sens de ce qui est rapporté dans le Tan'houma (Vayera 5) : à ce sujet, 'Abraham a dit la chose que Job a dite ; mais Job l'a avalée non mûre, et Abraham l'a avalée mûre. Job a dit : C'est tout un, c'est pourquoi j'ai dit : Il anéantit l'innocent et le méchant.
Mais Abraham a dit : Détruiras-Tu donc le juste avec le méchant ?, puis il revint et dit : Loin de Toi d'agir ainsi.' Job l'avait avalée non mûre, c'est-à-dire qu'il mit en cause la mesure de justice et dit : 'Il anéantit l'innocent et le méchant.' Mais Abraham l'avait avalée mûre : dès le commencement, sa prière ne comportait aucun intérêt propre, toute sa prière ne visant que l'honneur du Ciel ; aussi, bien qu'il ne fût pas exaucé dans sa prière, il ne mit pas en cause ce qui avait été fait selon la mesure de justice. Lorsque le Saint, béni soit-Il, vit qu'il cherchait un mérite pour ne pas détruire le monde, Il commença à le louer et lui dit : 'Tu es le plus beau des fils de l'homme' ; nul n'est aussi libre que toi dans la prière.
« Quel est mon bel aspect ? Moi et mon fils entrons dans la ville, et les hommes ne distinguent pas le père du fils. » L'œil ne sépare pas la prière d'Avraham, claire de tout intérêt, d'une prière intéressée ; le Saint, béni soit-Il, commence par lui et blanchit ses cheveux : « Avraham était vieux. » Selon le Beit Yaakov, les cheveux noirs font allusion, avant l'accomplissement, à la contraction qui domine les désirs, et l'empêchement de l'influx vient du receveur, comme un père qui frappe son fils par amour. Après les dix épreuves et la ligature d'Its'hak, les cheveux blancs clarifient qu'Avraham est rempli de sainteté : son insistance pour Sodome n'a aucun intérêt personnel, seulement l'honneur du Ciel.
Aussi : sur la mer il apparaît en guerrier aux cheveux noirs, au Sinaï en vieillard de miséricorde ; l'exil est une charité qui édifie Jérusalem par les prosélytes ; Sarah l'honore « mon seigneur, vieux ».
א"ל איזה הוא היופי שלי אני ובני נכנסין לעיר ואין בני אדם מכירין בין האב לבן וכו' צריך אתה להפריש בין האב לבן וכו'. היינו שלעין אין הכרת שום חילוק והבדל בין התפלה שלי שהיא ברורה וזכה מנגיעה, לבין תפלה שהיא בנגיעה, ויאמרו בני אדם שאף בתפלתי היתה איזו נגיעה מצדי, לזה לא פעלה ולא נעניתי עליה, מפני שהייתי חבוש וכפוף תחת הנגיעה.
א"ל הקב"ה חייך ממך אני מתחיל, הלך ולן באותו הלילה ועמד בבקר, כיון שעמד ראה שהלבין שער ראשו וזקנו, אמר לפניו רבש"ע עשיתני דוגמא, א"ל (משלי ט״ז:ל״א) עטרת תפארת שיבה (משלי כ׳:כ״ט) והדר זקנים שיבה, לכך נאמר ואברהם זקן. הענין בזה, דהנה שערות מרמזים על מותרות שאדם מתאוה ממה שהוא חוצה לו, כמו שהשערות הם חוץ לגוף, וכדאיתא באדרא רבא קדישא (נשא קלד.) שערי דנפקי ממותרי מוחא.
וכן איתא שם באדרא רבא קדישא (נשא קלב.) דהני שערי בגין דממוחא אשתכחו לאתמשכא למוחא לתתא (ועיין בעץ החיים שער י"ג פרק י"א להאר"י הק' ז"ל)קטוהסבר בעניין השערות שנקראו מותרות עיין בתפארת החנוכי על זוהר פרשת נשא (קכז:) ד"ה תאני עיי"ש.. והשי"ת עשה את האדם בצלמו, שלא יתעצב ויתעקש לבקש לעצמו יותר מלחבירו, כי עיקר החיים הוא מיעקב אבינו, והוא היה אוהב כל ישראל בשוה, וכאן בהתפלל אברהם על הסדומים והפציר בתפלה שנראה לעין כעקשות, עד שאמרו במדרש רבה (וירא מט) שהכין את עצמו לשלשה דברים ואחת מהן היא מלחמה, וזה הוא שאמר שאין ניכר שום חילוק בינו לבין אחר והוא ששערותיו שחורות.
אמנם כ"ז הוא קודם שיש לאדם השלמה, אז מרמזין השערות על צמצום, שיצמצם את עצמו להתגבר על תאותיו, ובפנימיות מרמזין השערות על מניעת וצמצום השפעה מצד המקבל. והוא כי בכל כלי השפעה יש בהם שערות, במוח ובזקן, שזה מרמז שנשאר עוד שפע בהמשפיע, רק המניעה היא מצד המקבל שאין בכחו לקבל השפע באורח מישור רק מלבוש ההיפך, שעל הלבוש נראה זאת ח"ו כקמצנות, וכמו אב הרודה את בנו להדריכו בדרך טובים ומלמד אותו איזו חכמה נפלאה, ואין בכחו לקבלה ולהבינה עד שאביו מיסרו בשוטים ובעקרבים, ולעין נראה זאת כאכזריות חמה מהאב, אבל האמת הוא רק מנדיבתו ואהבתו שיש לו לבנו ורוצה בטובת בנו שייטב לו כל הימים, לזה כדאי הוא לו אף להכותו עד שיבין החכמה.
וכן ראה הנביא בשפע הנבואה, ושער ראשה כעמר נקא (דניאל ז׳:ט׳), והוא שבאמת השי"ת מצדו מלא אהבה ונדבת חסד להשפיע כל הטובות לישראל, רק המניעה הוא מצד המקבל, לזה נראה לעין לבוש ההיפך. וכן ימי הגלות, שלעין נראה שסובלים מזה מאד, אבל בעומק נבנו מזה כל הטובות, לכן נראה בעוה"ז לבוש ההיפך.
וכדאיתא (פסחים דף פז:) צדקות פרזונו, צדקה עשה הקב"ה עם ישראל שפזרןקטזנתבאר במי השלוח ח"ב תהלים (קמז) ד"ה בונה ירושלים: עיקר בנין ירושלים הוא בזמן הגלות שפזר השי"ת את ישראל בין העכו"ם שיקבלו כל הטובות מהם ולהכניסם לקדושה.
ומבואר בבית יעקב ויקרא פרשת צו אות א: כי בכל בנין המדרגות נבנים רק מפזרונם של ישראל, כמ"ש (פסחים פז:) לא הגלה הקב"ה את ישראל לבין העכו"ם אלא כדי שיתוספו עליהם גרים וכו' מאי דכתיב (שופטים ה׳:י״א) צדקת פרזונו בישראל, צדקה עשה הקב"ה בישראל שפזרן לבין העכו"ם וכו'.
והוא שמזה שישראל פזורים בין העכו"ם המלאים זדון ועכ"ז אינם שוכחים בהש"י, ומגבירים שכלם על תאוותם, ומוציאים בלעם מפיהם ומקרבין לקדושה וסובלים מזה, מזה יתברר לכל אחד ואחד מקומו ומדרגתו בקודש, זהו עצמו הוא בנין חומת ציון וירושלים. עיי"ש כל דבריו.
וכן בתפארת יוסף ראש השנה ד"ה והיה ביום ההוא: כי עיקר הגלות היה כמו שאיתא בש"ס (פסחים פז:) צדקת פרזונו צדקה עשה הקב"ה עם ישראל וכו' שיתוספו עליהם גרים.
והיינו כמו הזורע אשר זורע במפולת יד ותכלית כוונתו שיצמח מזה זריעה. וכמו כן יראה השי"ת לעתיד אשר תכלית כוונת הגלות הוא שיתוספו נפשות אצל ישראל.
עיין עוד בית יעקב שמות פ' שמות אות ה, ט, פ' תרומה אות כז ד"ה מאדמים, תפארת יוסף פ' תצא ד"ה כי תצא, מס' תענית (ה.) ד"ה אמר, מס' מגילה (ט:) ד"ה וגם, לקמן פ' תולדות אות מט ד"ה לתת לך, פ' ויצא אות י, פ' וישב אות כ, פ' ויחי אות מט.. וזה הוא דאיתא בתנחומא (שם) שהשי"ת אמר לאברהם דיו לעבד להיות כרבו, היינו כמו שהשי"ת נשאר תמיד עומק עמוק מה שאין בכח הברואים לקבל ולהבין, עד שנראה לעין לבוש ההיפך, אם כן מה איכפת לך אם לא יבינו בני אדם עומק כונתך ויחשבו עליך ההיפך, דיו לעבד להיות כרבוקיזכל העניין כאן מבואר בסוד ישרים חג הסוכות אות ו עיי"ש.:
Il lui dit : Quel est mon bel aspect ? Moi et mon fils entrons dans la ville, et les hommes ne distinguent pas le père du fils, etc.
Il faut que tu distingues le père du fils, etc. C'est-à-dire que, pour l'œil, aucune différence ni distinction n'est perceptible entre ma prière, claire et pure de tout intérêt personnel, et une prière intéressée.
Les hommes diront donc que ma prière aussi comportait quelque intérêt de ma part, et c'est pourquoi elle n'a pas agi et je n'ai pas été exaucé à son sujet : parce que j'étais lié et soumis à cet intérêt. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Par ta vie, je commence par toi.
Il alla passer la nuit en ce lieu et se leva le matin. Lorsqu'il se leva, il vit que les cheveux de sa tête et de sa barbe avaient blanchi.
Il dit devant Lui : Maître de l'univers, Tu as fait de moi un modèle. Il lui dit : 'La vieillesse est une couronne de gloire' (Proverbes 16,31) ; 'la parure des vieillards est la vieillesse' (Proverbes 20,29).
C'est pourquoi il est dit : 'Abraham était vieux.' Le sujet est le suivant. Les cheveux font allusion aux excédents auxquels l'homme aspire à partir de ce qui est extérieur à lui, de même que les cheveux sont hors du corps.
C'est ce qui est rapporté dans la Sainte Grande Idra (Nasso 134a) : 'Les cheveux qui sortent des excédents du cerveau' (שערי דנפקי ממותרי מוחא). Il y est aussi rapporté dans la Sainte Grande Idra (Nasso 132a) : 'Ces cheveux, parce qu'ils se trouvent issus du cerveau, s'étendent vers le cerveau d'en bas' (דהני שערי בגין דממוחא אשתכחו לאתמשכא למוחא לתתא).
Voir aussi Etz 'Hayim, porte 13, ch. 11, de Rabbi Its'hak Louria, de bénie mémoire.
Une explication du sujet des cheveux, appelés excédents, se trouve dans Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, paracha Nasso (127b), début 'Tanéi'. Le Saint, béni soit-Il, a fait l'homme à Son image, afin qu'il ne s'attriste ni ne s'entête à rechercher pour lui-même plus que son prochain.
Car l'essentiel de la vie vient de notre père Yaakov, et il aimait tous Israël de manière égale. Or ici, lorsqu'Abraham pria pour Sodome et insista dans sa prière, cela apparut à l'œil comme de l'entêtement, au point que le Midrach Rabba (Vayera 49) dit qu'il se prépara à trois choses, dont l'une était la guerre.
C'est ce qu'il dit : aucune différence entre lui et un autre n'est reconnaissable, et ses cheveux sont noirs. Toutefois, tout ceci précède l'accomplissement de l'homme.
Alors les cheveux font allusion à la contraction : qu'il se restreigne afin de dominer ses désirs. Intérieurement, les cheveux font allusion à l'empêchement et à la contraction de l'influx du côté du receveur.
En effet, dans tout instrument d'influx se trouvent des cheveux, dans le cerveau et dans la barbe. Cela indique qu'il reste encore de l'influx chez celui qui le donne ; l'empêchement vient seulement du receveur, qui n'a pas la force de recevoir l'influx de façon droite, mais seulement dans le vêtement de son contraire.
Dans ce vêtement, cela apparaît, à Dieu ne plaise, comme de l'avarice. Ainsi un père qui domine son fils pour le guider dans la voie du bien et lui enseigne une sagesse merveilleuse : le fils n'a pas la force de la recevoir et de la comprendre jusqu'à ce que son père le corrige par les verges et les scorpions.
Aux yeux, cela apparaît comme une cruelle colère du père ; mais la vérité est que cela vient seulement de sa générosité et de l'amour qu'il porte à son fils, voulant le bien de son fils afin qu'il soit heureux tous ses jours. C'est pourquoi il vaut la peine, pour lui, de le frapper même jusqu'à ce qu'il comprenne la sagesse.
Le prophète vit pareillement dans l'influx de la prophétie : 'les cheveux de sa tête étaient comme de la laine blanche' (Daniel 7,9). En vérité, le Saint, béni soit-Il, est de Son côté plein d'amour et d'une générosité de bontés, pour répandre tous les biens sur Israël ; mais l'empêchement est du côté du receveur, et c'est pourquoi le vêtement contraire apparaît aux yeux.
Il en est de même des jours de l'exil : aux yeux, il semble qu'ils en souffrent énormément, mais dans la profondeur tous les biens sont édifices par cela ; c'est pourquoi le vêtement contraire apparaît dans ce monde-ci. Comme il est rapporté (Pessahim 87b) : 'les justices de Ses dispersions' (צדקות פרזונו) : le Saint, béni soit-Il, a fait une charité à Israël en les dispersant.
Il est expliqué dans Mei HaShiloah, II, Psaumes (147), début 'Boney Yerushalayim' : l'essentiel de l'édification de Jérusalem est au temps de l'exil, lorsque le Saint, béni soit-Il, a dispersé Israël parmi les nations afin qu'ils en reçoivent tous les biens et les fassent entrer dans la sainteté. Il est expliqué dans Beth Yaakov, Lévitique, paracha Tsav, lettre 1 : dans toute construction des degrés, ceux-ci ne sont bâtis que par la dispersion d'Israël, comme il est dit (Pessahim 87b) : 'Le Saint, béni soit-Il, n'a exilé Israël parmi les nations que pour que des prosélytes s'ajoutent à eux', etc.
Que signifie ce qui est écrit : 'les justices de Ses dispersions en Israël' (Juges 5,11) ? Le Saint, béni soit-Il, a fait une charité à Israël en les dispersant parmi les nations, etc.
Le fait qu'Israël soit dispersé parmi les nations pleines de malveillance, et que, malgré cela, ils n'oublient pas le Nom, qu'ils font prévaloir leur intelligence sur leurs désirs, qu'ils font sortir Balaam de leur bouche, le rapprochent de la sainteté et souffrent pour cela, établit pour chacun son lieu et son degré dans la sainteté. Cela même est l'édification de la muraille de Sion et de Jérusalem.
Voir là-bas toutes ses paroles. De même, dans Tiferet Yossef, Roch Hachana, début 'Vehaya bayom hahu', il est expliqué que l'essentiel de l'exil était, comme il est rapporté dans le Talmud (Pessahim 87b), 'les justices de Ses dispersions' : le Saint, béni soit-Il, a fait une charité à Israël, etc., afin que des prosélytes s'ajoutent à eux.
Cela est semblable au semeur qui sème à pleine main et dont l'intention ultime est qu'il pousse de cette semence. De même, le Saint, béni soit-Il, verra dans l'avenir que l'intention ultime de l'exil est que des âmes s'ajoutent à Israël.
Voir encore Beth Yaakov, Exode, paracha Chemot, lettres 5 et 9 ; paracha Terouma, lettre 27, début 'Méadimim' ; Tiferet Yossef, paracha Ki Tetse, début 'Ki Tetse' ; Traité Taanit (5a), début 'Amar' ; Traité Meguila (9a), début 'Végam' ; ci-dessous, paracha Toledot, lettre 49, début 'Latet lekha' ; paracha Vayetse, lettre 10 ; paracha Vayechav, lettre 20 ; paracha Vayehi, lettre 49. C'est ce qui est rapporté dans Tan'houma (ibid.) : le Saint, béni soit-Il, dit à Abraham : Il suffit au serviteur d'être comme son maître.
C'est-à-dire que, de même que le Saint, béni soit-Il, demeure toujours une profondeur profonde que les créatures n'ont pas la force de recevoir ni de comprendre, jusqu'à ce que le vêtement contraire apparaisse aux yeux, que t'importe donc que les hommes ne comprennent pas la profondeur de ton intention et pensent de toi le contraire ? Il suffit au serviteur d'être comme son maître.
Tout le sujet ici est expliqué dans Sod Yésharim, fête de Soukkot, lettre 6 ; voir là-bas.
אבל אחר השלמת האדם, אזי אין בו שום מותרות וכעס, רק כל עניניו מלאים קדושה, וכמו שמצינו בזוה"ק (נשא קכז.) שקדושה בשערא תליא, וכדכתיב (נשא ו) קדוש יהיה גדל פרע שער ראשוקיחמבואר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת תזריע (מח:) ד"ה אמר ר' יהודה: הנזיר מורה, שמכיר מקום צמצומו, שבזה צריך לצמצם בעת הזה כפי שורש נפשו וכו'.
ובנזירותו מתקן נפשו למעלה מהבריאה, שמקבל שפע אור לחזק כח כלי קיבול שלו, עד שאח"כ יוכל לקבל דבר זה בקדושה, ומקבל ממקום שאין שם שום לבוש, ומשם כל הבריאה הוא בלי קליפה, שאינה יכולה להרע לשום בריאה וכו'. וזה שקדושת הנזיר בשערוי תליא, שקדושתו היא לקבל כלי קיבול, שיראה שבכל דבר אף מעניני עולם הזה יש בו כח קדושה שיצמח ממנו כבוד שמים., ולזה הכהן גדול שהוא מבורר בסטרא דחסד נקי מכעס, נצטוה לגדל שער, כדכתיב (יחזקאל מ״ד:כ׳) כסום יכסמו את ראשיהם, ופירשו בש"ס (סנהדרין כב:) שיהיה ראשו של זה בצד עיקרו של זה, שיכסו השערות את כל הראשקיטנתבאר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת תזריע (מט.) ד"ה אמר ר' יצחק:
בכהן גדול נאסר הגילוח לגמרי, כנזכר עניין תספורת של כהן גדול. וזה רומז, שהוא מתקן אף השערות וכל המותרות ואינו צריך לגלחם.
עיי"ש.. וזה הוא הענין שאמרו והובא ברש"י ז"ל (פ' יתרו) שנגלה הקב"ה בים כגבור מלחמה ובסיני נראה כזקן מלא רחמים, להורות וללמד לבני ישראל בים, אחר שיצאו ישראל ממצרים ולא היה בהם עוד שלימות, נתגלה להם אז כגבור מלחמה בשערות שחורות, לרמז להם שיצמצמו את עצמם בפעולותיהן.
ובסיני במתן תורה, שאז היה בהם השלימות, ולא היה צורך להם לצמצומים, כי פתח דברותיו היה (יתרו כ) אנכי ה' א-להיך, שפתח להם שמים וארץ וראו כולם שאין עוד מלבדו ית' ולית אתר פנוי מניה, ממילא אין צורך לצמצום, כי כל העולם מלא קדושת השי"ת. וכן הדבור (שם) לא תשא את שם ה' א-להיך לשוא, שזה מורה על שאין שום דבר שוא בעולם, כי באורייתא ברא קב"ה עלמא, כדאיתא בזוה"ק (שמיני לה:), ממילא אין מקום שיצרך עוד האדם לצמצם את עצמו, מאחר שכל הבריאה מלא קדושה, לזה נגלה להם השי"ת כזקן מלא רחמים בשערות לבנות, שזה מרמז על שלימות אדם.
וכן הציב השי"ת בריאת אדם בצלם א-להים, שבימי נערותו שערותיו שחורים, לרמז לו שיצמצם את עצמו, כי בימי הבחרות אזי התאוה גוברת על האדם, לזה יראה כל אדם לצמצם את עצמו להתגבר על רצונותיו. ובימי הזקנה, כאשר יבא אדם על שלימותו אזי שערותיו הם לבנות, שזה מרמז על שלימות האדם, שכן מצינו שמראה הלבן מורה על דבר ברור בשלימות בטוב וכן בההיפך.
בההיפך מצינו (תזריע יג) שאם נראה שער לבן בנגע הוא מסימני טומאה, ואיתא ע"ז במדרש (תזריע טו) אמר ר"א משל לגינת ירק שהמעין לתוכה, כל זמן שהמעין לתוכה ירקה משחיר פסק המעין הלבין ירקה, כך זכה אדם ושער שחור צמח בו נרפא הנתק טהור והוא ואם לאו ושער בנגע הפך לבן. משמע מזה, שמראה הלבן מורה שאין בהנגע לחלוחית מטובה.
וכדאיתא ג"כ במדרש רבה (חיי ס) לבן מלובן ברשע. ובטובה מרמזין השערות לבנות שהוא מבורר לטוב בשלימות בלי שום לחלוחית מרעקככמו כן ביאר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת תזריע (נ.) ד"ה אמר ר' יצחק:
שער לבן מורה בטובה, שהוא גבוה ומשולל מכל גוון וכו'. ובהבדלה בכח הרע, הסימן משערות לבנות שהוא נמשך אחר יצר הרע בלי שום מדה מתאווה וחמדה, רק שמושרש בו כח רע בנפשו.
עיי"ש כל העניין.. וזהו דאיתא בספר יצירה (פ"ב מ"ד) אין למטה מנגע ואין למעלה מעונג.
וכדאיתא בזוה"ק (תזריע מט.) שבנגע הלבן הוא סימן טומאה, ואף שבכל מקום הלבן רחמים, ולכן אף בנגע כלו הפך לבן טהורקכאעיין הרחבת הדברים בבית יעקב ויקרא פרשת תזריע אות ל ד"ה וסימן שער ונביא כאן מעט מדבריו הק': ושערות לבנות רומזים, שאף על הלבוש ולפי שעה אין שום כעס ח"ו, כעניין שנאמר (דניאל ז׳:ט׳) ושער ראשה כעמר נקא, שזה רומז לעתיקא קדישא, ששם ישראל דבוקים בשורש תמיד בלי שום הפסק אף רגע.
וכדאיתא באדרא רבה קדישא (נשא קלא:, קלב.). וגם בצדיקים מצינו רמז לזה בקדושה (חיי כד) ואברהם זקן.
אכן זה רק אם השערות לבנות הם שלא במקום נגע, אבל אם הם במקום נגע, זה מורה שרק פושט טלפיו על הגוון והלבוש, שיתדמה שהוא מבורר מכעס, אבל באמת עומק לבו מלא כעס תוך ומרמה, ורק בפיו מכסה החמס שבלבו. עיי"ש כל העניין ותבין היטב.
ועיין עוד בית יעקב הכולל פ' תזריע ד"ה וידבר [ד], סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת תזריע ד"ה וזה שהסתיר.. ולזה אחר שנתנסה אברהם אבינו ע"ה בעשרה נסיונות ובעקידת יצחק הלבינו שערותיו, שהשי"ת בירר אותו שהוא מלא קדושה וכל התפשטותו מלא טובה.
ואף הפציר בתפלה על הסדומיים שהיה נראה לעין כעקשות והתעצמות, אבל כל כונתו היה לכבוד שמים שלא יתחלל, ולא היה לו שום נגיעה מצדו, לזה היה מותר לו להתפשט ולעמוד על דעתו, וזהו דאיתא בתנחומא (חיי) בשביל ארבעה דברים זקנה קופצת על האדם ואחת מהן היא אשה רעה, אבל אברהם אשתו מכבדתו וקראתו אדוני זקן. אשה רעה מרמז על כחות הגוף כדאיתא בתקוני הזוהר הק' (תקון ע דף קלד.) ובזוה"ק (וישב קפא:) כי אשה רוצה שבעלה יתעצם ויתעקש בכל דבר.
אבל אברהם אשתו מכבדתו וקראתו אדוני ואדוני זקן, היינו מפני שבאמת לא היה אברהם אבינו מתעצם ומתעקש בשום דבר בעולם מעניני עוה"ז, לכן נקרא בשם אדון, שהיה בן חורין בתפלה בלי שום נגיעה מצדו ולא היה כפוף תחת רצונותיו. אכן במקום שראה שיהיה כבוד שמים בזה שיעמוד על דעתו בעקשות והפצרות, אזי היה מתעצם בלי שום נטיה, להרבות בזה כבוד שמים, וכמו שהפציר בתפלה על הסדומיים שלא יתחלל שם שמים, באמרם כך עשה לדור המבול ולדור הפלגה.
ואף בהשי"ת מצינו במקום שחפץ להיטיב לבריותיו, אף שאין לפני השי"ת שום דבר הכרח רק רצון בלבד, מ"מ אינו רוצה לקבל שום קטרוג, ועומד בדעתו בלי שום נטיה להשפיע לאדם טובהקכבבית יעקב הכולל פרשת חיי ד"ה ואברהם זקן.:
Mais après l'accomplissement de l'homme, il n'y a en lui aucun excédent ni colère ; tous ses sujets sont seulement remplis de sainteté. Comme nous trouvons dans le saint Zohar (Nasso 127a) : 'la sainteté dépend des cheveux' (קדושה בשערא תליא), et comme il est écrit : 'il sera saint, il laissera croître librement les cheveux de sa tête' (Nombres 6).
Il est expliqué dans Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, paracha Tazria (48b), début 'Amar Rabbi Yehouda' : le nazir indique qu'il reconnaît le lieu de sa contraction, que c'est en cette chose qu'il doit se restreindre à ce moment selon la racine de son âme, etc. Par son nazirat, il répare son âme au-dessus de la création, recevant un influx de lumière pour renforcer la force de son instrument de réception, jusqu'à pouvoir ensuite recevoir cette chose dans la sainteté.
Il reçoit d'un lieu où il n'y a aucun vêtement, et de là tout l'être créé est sans kelipa (écorce), qui ne peut faire de mal à aucune créature, etc. C'est en cela que la sainteté du nazir dépend de ses cheveux : sa sainteté consiste à recevoir un instrument de réception, afin qu'il voie qu'en toute chose, même parmi les choses de ce monde-ci, se trouve une force de sainteté dont peut croître l'honneur du Ciel.
C'est pourquoi le grand prêtre, qui est purifié dans le côté de la bontés et libre de colère, reçut l'ordre de faire croître ses cheveux, comme il est écrit : 'Ils couperont leurs cheveux, ils ne se raseront pas la tête' (Ezechiel 44,20). Le Talmud (Sanhédrin 22b) l'explique : que la tête de l'un soit à côté de la racine de l'autre, afin que les cheveux couvrent toute la tête.
Il est expliqué dans Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, paracha Tazria (49a), début 'Amar Rabbi Yitshak' : au grand prêtre, la coupe des cheveux fut entièrement interdite, comme il est mentionné au sujet de la coiffure du grand prêtre. Cela indique qu'il répare même les cheveux et tous les excédents, et n'a pas besoin de les couper.
Voir là-bas. C'est le sens de ce qui est dit, et rapporté par Rachi, de bénie mémoire (paracha Yitro) : le Saint, béni soit-Il, se révéla sur la mer comme un guerrier de guerre et, au Sinaï, apparut comme un vieillard plein de miséricorde.
Cela enseigne aux enfants d'Israël que, sur la mer, après qu'Israël fut sorti d'Égypte et qu'ils n'avaient pas encore la perfection, Il se révéla à eux comme un guerrier de guerre aux cheveux noirs, pour leur indiquer qu'ils devaient se restreindre dans leurs actes. Au Sinaï, lors du don de la Torah, alors qu'ils avaient la perfection et n'avaient plus besoin de restrictions, car Il ouvrit Ses paroles par : 'Je suis le Nom, ton Dieu' (Exode 20), Il leur ouvrit les cieux et la terre, et tous virent qu'il n'y a rien en dehors de Lui, qu'aucun lieu n'est vide de Lui.
Il n'est donc plus besoin de contraction, car le monde entier est rempli de la sainteté du Nom. De même, la parole : 'Tu ne porteras pas le nom du Nom, ton Dieu, en vain' (ibid.), indique qu'il n'y a aucune chose vaine dans le monde.
Car le Saint, béni soit-Il, créa le monde par la Torah, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Chemini 35b). Il n'y a donc pas de place pour que l'homme ait encore besoin de se restreindre, puisque toute la création est pleine de sainteté.
C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, se révéla à eux comme un vieillard plein de miséricorde, aux cheveux blancs, ce qui fait allusion à l'accomplissement de l'homme. De même, le Saint, béni soit-Il, fixa la création de l'homme à l'image de Dieu : aux jours de sa jeunesse, ses cheveux sont noirs, pour lui indiquer qu'il se restreigne, car aux jours de la vigueur juvénile le désir prévaut sur l'homme.
Aussi chaque homme doit-il veiller à se restreindre pour dominer ses volontés. Aux jours de la vieillesse, lorsque l'homme parvient à son accomplissement, ses cheveux sont blancs, ce qui fait allusion à l'accomplissement de l'homme.
Nous trouvons en effet que la couleur blanche indique une chose clarifiée et achevée dans le bien, et pareillement dans le contraire. Dans le contraire, nous trouvons (Lévitique 13) que, si un poil blanc apparaît dans une plaie, c'est l'un des signes d'impureté.
Il est rapporté à ce sujet dans le Midrach (Tazria 15) : Rabbi Elazar dit : À quoi cela est-il semblable ? À un jardin potager dans lequel entre une source.
Tant que la source y entre, son vert noircit ; lorsque la source cesse, son vert blanchit. Ainsi, si l'homme a mérité et qu'un poil noir y a poussé, la teigne est guérie et il est pur ; sinon, le poil dans la plaie est devenu blanc.
Il en ressort que la couleur blanche indique que la plaie ne contient aucune humidité de bien. De même, il est rapporté dans le Midrach Rabba (Haye Sara 60) : 'blanc blanchi dans la méchanceté.' Dans le bien, les cheveux blancs indiquent qu'il est clarifié pour le bien dans sa perfection, sans aucune humidité de mal.
De même, Tiferet HaHinoukhi sur le Zohar, paracha Tazria (50a), début 'Amar Rabbi Yitshak', explique : le cheveu blanc indique, dans le bien, qu'il est élevé et dénué de toute couleur, etc. Et dans la distinction de la force du mal, le signe est les cheveux blancs : il est entraîné après le mauvais penchant sans aucune mesure de désir ni de convoitise ; seule la force du mal est enracinée dans son âme.
Voir là-bas tout le sujet. C'est ce qui est rapporté dans le Sefer Yetsira (2,4) : 'Il n'est rien de plus bas que la plaie et rien de plus haut que le délice' (ענג).
Le saint Zohar rapporte (Tazria 49a) que, dans la plaie, le blanc est un signe d'impureté, bien que partout ailleurs le blanc soit miséricorde ; c'est pourquoi, même dans le cas où 'toute la plaie est devenue blanche', il est pur. Voir l'élargissement dans Beth Yaakov, Lévitique, paracha Tazria, lettre 30, début 'Vesiman sear', dont voici un peu des saintes paroles : les cheveux blancs font allusion à ce que, même dans le vêtement et pour l'heure, il n'y a aucune colère, à Dieu ne plaise, comme il est dit : 'les cheveux de sa tête étaient comme de la laine blanche' (Daniel 7,9).
Cela fait allusion à l'Ancien Saint (Atika Kadisha), où Israël est toujours attaché à la racine sans la moindre interruption, pas même un instant, comme il est rapporté dans la Sainte Grande Idra (Nasso 131b, 132a). Chez les justes aussi nous trouvons cette allusion dans la sainteté : 'Abraham était vieux' (Haye Sara 24).
Mais cela ne vaut que lorsque les cheveux blancs ne sont pas dans le lieu de la plaie. Lorsqu'ils sont dans le lieu de la plaie, cela indique qu'il étend seulement ses sabots sur la couleur et le vêtement, afin de paraître clarifié de toute colère, alors qu'en vérité la profondeur de son cœur est remplie de colère, de duplicité et de tromperie, et que sa bouche seule couvre la violence de son cœur.
Voir là-bas tout le sujet et tu comprendras bien. Voir encore Beth Yaakov Hakolel, paracha Tazria, début 'Vayédaber' [4], et Sod Yésharim sur la Torah, manuscrit de son écriture sainte, paracha Tazria, début 'Vezé shehestir'.
C'est pourquoi, après qu'Abraham notre père, que sa mémoire soit en bénédiction, eut été éprouvé par dix épreuves et par la ligature d'Its'hak, ses cheveux blanchirent : le Saint, béni soit-Il, le clarifia comme étant entièrement rempli de sainteté, et toute son expansion remplie de bien. Même lorsqu'il insista dans sa prière pour les Sodomites, ce qui paraissait aux yeux comme entêtement et obstination, toute son intention était pour l'honneur du Ciel, afin qu'il ne fût pas profane, et il n'avait aucun intérêt personnel.
Il lui fut donc permis de s'étendre et de rester ferme sur son avis. C'est le sens de ce qui est rapporté dans Tan'houma (Haye Sara) : pour quatre choses, la vieillesse saute sur l'homme, et l'une d'elles est une mauvaise femme.
Mais la femme d'Abraham l'honorait et l'appelait 'mon seigneur, vieux'. La mauvaise femme fait allusion aux forces du corps, comme il est rapporté dans les saintes Réparations du Zohar (Tikoun 70, 134a) et dans le saint Zohar (Vayechav 181b), car une femme veut que son mari se renforce et s'entête en toute chose.
Mais la femme d'Abraham l'honorait et l'appelait 'mon seigneur', et 'mon seigneur est vieux' ; cela signifie qu'en vérité Abraham notre père ne se renforçait ni ne s'entêtait en aucune chose de ce monde-ci. C'est pourquoi il fut appelé seigneur : il était libre dans la prière, sans aucun intérêt personnel et non soumis à ses volontés.
Cependant, là où il voyait que l'honneur du Ciel résulterait de ce qu'il tint ferme son avis par entêtement et insistance, il se renforçait sans aucune inclination, pour multiplier ainsi l'honneur du Ciel. Ainsi, il insista dans la prière pour les Sodomites afin que le Nom du Ciel ne fût pas profane, car ils diraient : Ainsi fit-Il à la génération du déluge et à la génération de la dispersion.
Même chez le Saint, béni soit-Il, nous trouvons que, lorsqu'Il veut faire du bien à Ses créatures, bien que rien ne soit pour Lui une nécessité, mais seulement volonté, Il ne veut pas accepter la moindre accusation et reste ferme sur Son avis, sans aucune inclination, pour répandre le bien sur l'homme. Beth Yaakov Hakolel, paracha Haye Sara, début 'VéAbraham zaken'.
« Abraham était vieux, avancé en jours, et Hachem avait béni Abraham en tout. » « Vieux » (zaken) désigne celui qui a acquis la sagesse. Le Beit Yaakov enseigne qu'Abraham s'était éclairci, par son choix, jusqu'à voir clairement que, sans le Nom, il ne peut rien faire au monde ; aussi le Saint, béni soit-Il, lui acquit-Il les cieux et la terre et le considéra comme s'il avait créé le monde entier. Eliezer est appelé « l'ancien de sa maison » lorsque son cœur est assuré en Hachem ; lorsqu'il doute, il est appelé « homme », homme de guerre, pour faire sortir le précieux du vil, une âme précieuse, de la kelipat nogah (écorce de clarté).
Aussi : pourquoi il est d'abord dit « D.ieu des cieux et D.ieu de la terre », puis seulement « D.ieu des cieux » ; le nouveau Nom Mah qui répare les rois brisés ; l'âme qui ne veut pas descendre dans le corps, lieu de doute
ואברהם זקן בא בימים וה' ברך את אברהם בכל. ויאמר אברהם אל עבדו זקן ביתו המושל בכל אשר לו וגו'.
זקן מורה שזה קנה חכמה, כדאיתא בש"ס (קידושין לב:), לזה הקנה לו הש"י שמים וארץ, כדאיתא בברייתא דמס' אבות (פרק ששי) אברהם קנין אחד, והקב"ה הקנה לו שמים וארץ. והוא מפני שאאע"ה בירר את עצמו בבחירתו בכל לבבו נפשו ומאדו, עד שראה מפורש שמבלעדי השי"ת לא יעשה שום דבר בעולם, לזה הקנה לו השי"ת שמים וארץ, והעלה עליו כאלו הוא ברא את כל העולם, מאחר שהכל תלוי בבחירתו.
וכענין דאיתא בירושלמי (ראש השנה פ"ד ה"ח) מעלה אני עליכם כאלו נבראתם בריה חדשה ואתם עשיתם עצמכם. וזה מורה שהשי"ת קרא את כח הבחירה על שם האדם, שכל עיקר בריאת עולם היה על ידו, וכענין דאיתא במדרש (בראשית רבה ח) שהשי"ת נמלך בנפשותן של צדיקים וברא את העולם.
ולזה נקרא אף אליעזר עבדו של אאע"ה בשם זקן, זקן ביתו, בשעה שהיה נכון לבו בטוח בה' שיצליח דרכו להביא את רבקה לאשה ליצחק, שזה הוא עיקר ההשתדלות בעולם להוציא הקדושה מההיפך, וזה הוא דכתיב, ויאמר אברהם אל עבדו זקן ביתו המושל בכל אשר לו [וכן נדרש בזוהר הקדוש (פ' חיי קכז. וכל ההמשך שם בפרשה) כל הענין על ירידת הנשמה להגוף ושובה למקורה אחר שהתבררה בעוה"ז, וכל תהלוכות האדם עד זמן התחיה הכל נכלל במעשי האבות הנזכרים בתורה] ואח"ז שהיה מסופק מעט האם הצליח דרכו והיה עומד משתאה, אזי נקרא בשם איש, מפני שהיה צריך אז לעבודה, לזה נקרא איש, על שם איש מלחמה, וכדכתיב והאיש משתאה לה מחריש לדעת ההצליח ה' דרכו אם לא.
וכדאיתא בזוה"ק (פנחס רכו.) ובתקוני הזוהר (תיקון כא דף עב.) והאיש משתאה לה דא רזא דה' איש מלחמה, והוא שהיה בא לניצוח להוציא נפש יקרה יקר מזולל מקליפת נוגה, שמזו הקליפה פעמים מתעלה לקדושה ופעמים לא, לכן היה צריך לניצוח. וכל עיקר בריאת עולם היה ע"ז המכוון להוציא יקר מזולל, שנראה כביכול שהשי"ת חפץ כבוד מהבריאה:
"Abraham était vieux, avancé en jours, et ה' avait béni Abraham en tout." Abraham dit à son serviteur, l'ancien de sa maison, qui gouvernait tout ce qui était à lui, etc. "Vieux" (zaken) indique celui qui a acquis la sagesse, comme il est rapporté dans le Talmud (Kiddouchin 32b).
Aussi le Saint, béni soit-Il, lui acquit-Il les cieux et la terre, comme il est rapporté dans la baraïtha du traité Avot (chapitre 6): "Abraham est une acquisition, et le Saint, béni soit-Il, lui a acquis les cieux et la terre." Cela tient à ce que notre père Abraham s'était éclairci lui-même, par son choix, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, jusqu'à voir clairement que, sans le Nom, il ne peut rien faire au monde. Aussi le Saint, béni soit-Il, lui acquit-Il les cieux et la terre, et le considéra comme s'il avait créé le monde entier, puisque tout dépend de son choix.
C'est dans le même sens qu'il est rapporté dans le Yeroushalmi (Roch Hachana 4, 8): "Je le compte pour vous comme si vous aviez été créés créatures nouvelles et comme si vous vous étiez faits vous-mêmes." Cela indique que le Saint, béni soit-Il, a appelé la force du choix du nom de l'homme, car toute l'essence de la création du monde fut par lui; ainsi qu'il est rapporté dans le Midrach (Bereshit Rabba 8), que le Saint, béni soit-Il, consulta les âmes des justes et créa le monde. C'est pourquoi Eliezer, serviteur de notre père Abraham, est lui aussi appelé "vieux", "l'ancien de sa maison", lorsque son cœur était prêt et assuré en ה' qu'Il ferait réussir sa voie pour amener Rivka comme femme à Its'hak.
Car c'est l'essentiel de l'effort dans le monde: faire sortir la sainteté de son opposé. C'est ce qui est écrit: "Abraham dit à son serviteur, l'ancien de sa maison, qui gouvernait tout ce qui était à lui" [et le saint Zohar (Hayyé Sara 127a, ainsi que toute la suite dans cette paracha) interprète tout le sujet comme la descente de l'âme dans le corps et son retour à sa source après qu'elle s'est éclaircie en ce monde; tous les cheminements de l'homme jusqu'au temps de la résurrection sont inclus dans les actes des pères mentionnés dans la Torah].
Ensuite, lorsqu'il eut un peu de doute sur la réussite de sa voie et se tint stupéfait, il fut appelé "homme", car il avait alors besoin de service; c'est pourquoi il fut appelé "homme", du nom de "homme de guerre", comme il est écrit: "L'homme la regardait, stupéfait et silencieux, pour savoir si ה' avait fait réussir sa voie ou non" (Genèse 24,21). Comme il est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 226a) et dans les Tikounei Zohar (Tikoun 21, 72a): "L'homme la regardait, stupéfait" est le secret de "ה' est un homme de guerre"; il venait pour la victoire, afin de faire sortir le précieux du vil, une âme précieuse, de la kelipat nogah (écorce de clarté).
De cette kelipa, elle s'élève parfois vers la sainteté et parfois non; c'est pourquoi il avait besoin de victoire. Toute l'essence de la création du monde vise à faire sortir le précieux du vil, et il semble, pour ainsi dire, que le Saint, béni soit-Il, désire un honneur de la création:
וזה הוא דאיתא (עץ החיים שער י' – שער התיקון – פ"א) שם מ"ה החדשקכגוזל"ק האריז"ל שם: והנה כאשר עלה ברצון המאציל להחיות את המתים, ולתקן את המלכים האלו הנשברים והנפולים בעולם הבריאה וכו'.
והוציא שם מ"ה {יו"ד ה"א וא"ו ה"א} החדש ונתקנו המלכים. ובלקוטי תורה פרשת בראשית בתחילתו הביא:
ואחר השבירה, נזדווגו הס"ג עם הע"ב העליון, ויצא המ"ה החדש והוא היה המתקן, וז"ש ויאמר א-להים יהי אור שהוא המ"ה המתקן, ויהי אור, ואז נעשה התיקון, והוא ז' ימי בראשית. עיין לקמן פרשת מקץ אות י"ד ד"ה אמנם., שזה נתחדש בבריאת עולם מה שלא היה מקודם.
כי באמת השי"ת מצדו נקרא עתיקא קדישא, דנעתק מכל הבריאה ואין לו שום נפקותא ממעשה בני אדם, וכמו שאנו אומרים (בסדר התפלה) אתה הוא עד שלא נברא העולם אתה הוא משנברא העולם. אכן כל התחדשות הבריאה הוא רק לטובת האדם, שיקרא על שם יגיע כפיו מה שיכניס מההיפך לקדושה, ובזה ייטב לו בעוה"ז ובעוה"ב.
לכן נקרא אליעזר כאן בשם איש מלחמה (וכדאיתא בזוה"ק (תזריע מח.) בענין איש ואדם ואיש נקרא עבד למלכא אקרי איש לגבי אדם דלעילא וע"ש)קכדמבואר עניינו במי השלוח ח"א פרשת תזריע ד"ה אדם: איתא בזוה"ק (ויקרא מ"ח.) כמה שמות יש לאדם ואדם עילאה על כלהו.
היינו כי שם איש הוא הנוכח לשם אשה, כי אשה מורה שאין לה כח להתגבר על רצון לבה, ואיש היינו אף שיבא לו תשוקות ורצונות יוכל להתגבר עליהם, אבל אדם מורה שהוא מנושא על כל החמדות והרצונות שלא יבא לו שום רצון וחשק ללבו בלתי לדבר שהוא רצון הש"י., שהיה צריך לניצוח, מפני שקליפת נוגה עלולה להטעות, שמתחלה נראה שמאירה קצת, ואח"ז יוכל להשתנות מכמו שהיה. וכמו שאנו רואים כאן בזו הפרשה שמתחלה הסכימו כולם לדברי אליעזר, ואח"כ חזרו מזה ואמרו תשב הנערה וגו'.
וכמו שמצינו בכורש מלך פרס שאמרו עליו בש"ס (ר"ה ג:) מתחלה כשר היה ואח"כ החמיץ. ולזה כאשר הסכימו לדברי אליעזר ואמרו, הנה רבקה לפניך קח ולך, נקרא אז בשם עבד אברהם, וכדכתיב, ויהי כאשר שמע עבד אברהם את דבריהם, מפני שהיה בטוח שיקיימו הבטחתם.
וכשחזרו אח"כ ואמרו, תשב הנערה וגו', אזי נקרא בשם איש, התלכי עם האיש הזה, והוא מפני שלא האמין עוד בהם שיקיימו הבטחתם, מפני שראה שחזרו בהם מתחלה ג"כ ולא רצו לקיים הבטחתם, עד שיצא מגבולם עם רבקה, אז נקרא עוד הפעם בשם עבד אברהם. שאאע"ה היה זקן מבחינת עתיקא קדישא, וכדכתיב, וישלחו את רבקה אחותם ואת מנקתה ואת עבד אברהם.
ואף דאיתא בזוה"ק (נשא קכט: קלג.) וכמה פעמים באדרא רבה קדישא, שזעיר אפין ועתיקא קדישא הם שני ענינים, אבל באמת הם כלא חד, וכדאיתא בזוה"ק (האזינו רפט:) ואתקשר דא בדא ודא בדא עד דישתמודע דכלא חד וכלא הוא עתיקא ולא אתפרש מניה כלום.
והוא, כי בהמשפיע נכלל גם הנשפע, אבל הנשפע אינו כולל את המשפיע, כי יש בכלל מאתים מנה ואין בכלל מנה מאתיםקכהכל העניין בהבדל שבין זעיר אנפין ועתיקא קדישא מבואר היטב בתפארת יוסף חג השבועות ד"ה ויסעו מרפידים עיי"ש.:
C'est ce qui est rapporté dans Etz Haim (Porte 10 - Porte du tikoun - chap. 1), au sujet du nouveau Nom Mah (מ"ה); ainsi parle la mémoire de notre maître Rabbi Its'hak Louria, de bénie mémoire: "Lorsque monta dans la volonté de l'Émanateur de faire revivre les morts et de réparer ces rois brisés et tombés dans le monde de Beria, etc., Il fit sortir le nouveau Nom Mah {Youd Hé Vav Hé}, et les rois furent réparés." Et dans Likutey Torah, au début de la paracha Bereshit, il est rapporté: "Après la brisure, le Sag s'unit au Av supérieur, et le nouveau Mah sortit; il fut celui qui répare.
C'est ce qui est dit: 'Elokim dit: Que la lumière soit'; c'est le Mah qui répare. 'Et la lumière fut', et alors le tikoun fut accompli: ce sont les sept jours de la Création." Voir plus loin, paracha Mikets, section 14, "Cependant". Cela fut renouvelé à la création du monde, ce qui n'était pas auparavant.
Car en vérité, du côté du Saint, béni soit-Il, Il est appelé Atika Kadisha (l'Ancien saint), retiré de toute la création, et les actes des hommes ne produisent pour Lui aucune conséquence. Comme nous disons dans l'ordre de la prière: "Tu es Celui qui était avant que le monde ne fût créé; Tu es Celui qui est depuis que le monde fut créé." Mais tout le renouvellement de la création n'est que pour le bien de l'homme: que soit appelé à son nom, par le labeur de ses mains, ce qu'il fera entrer de l'opposé dans la sainteté; par cela, il sera bien pour lui dans ce monde et dans le monde à venir.
C'est pourquoi Eliezer est ici appelé "homme de guerre" [comme il est rapporté dans le saint Zohar (Tazria 48a) au sujet de ich et adam: "L'homme est appelé serviteur du Roi par rapport à l'Adam d'en haut"; voir là-bas]. Son sens est expliqué dans Mei Hachiloah, I, paracha Tazria, "Adam": il est rapporté dans le saint Zohar (Vayikra 48a): "L'homme porte plusieurs noms, et Adam supérieur est au-dessus de tous." Le nom ich désigne celui qui se tient en face du nom icha (femme), car la femme indique qu'elle n'a pas la force de surmonter le désir de son cœur; ich désigne celui qui, même si des envies et des volontés lui viennent, peut les surmonter.
Mais adam indique qu'il est élevé au-dessus de toutes les convoitises et les volontés, de sorte qu'aucune volonté ni désir ne vient à son cœur, sinon pour ce qui est la volonté du Saint, béni soit-Il. Il avait besoin de victoire, parce que la kelipat nogah est susceptible de tromper: au commencement elle paraît un peu lumineuse, puis elle peut changer de ce qu'elle était.
Nous le voyons dans cette paracha: au commencement, tous consentirent aux paroles d'Eliezer, puis ils se rétractèrent et dirent: "Que la jeune fille demeure, etc." De même, nous trouvons Cyrus, roi de Perse, dont il est dit dans le Talmud (Roch Hachana 3b): il était juste au commencement, puis il s'aigrit. C'est pourquoi, lorsqu'ils consentirent aux paroles d'Eliezer et dirent: "Voici Rivka devant toi, prends-la et va", il fut alors appelé "serviteur d'Abraham", comme il est écrit: "Lorsque le serviteur d'Abraham entendit leurs paroles", car il était assuré qu'ils tiendraient leur promesse.
Lorsqu'ensuite ils se rétractèrent et dirent: "Que la jeune fille demeure, etc.", il fut appelé "homme": "Iras-tu avec cet homme?" Il ne crut alors plus qu'ils tiendraient leur promesse, car il vit qu'ils s'étaient déjà rétractés au commencement et n'avaient pas voulu tenir leur promesse. Jusqu'à ce qu'il sortit de leur territoire avec Rivka, il fut de nouveau appelé "serviteur d'Abraham".
Car notre père Abraham était vieux selon l'aspect d'Atika Kadisha, comme il est écrit: "Ils envoyèrent Rivka, leur sœur, sa nourrice et le serviteur d'Abraham" (Genèse 24,59). Bien qu'il soit rapporté dans le saint Zohar (Nasso 129b, 133a), et maintes fois dans la sainte Idra Rabba, que Zeir Anpin et Atika Kadisha sont deux choses, en vérité tout est un, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Haazinou 289a): "Ceci est lié à cela et cela à ceci, jusqu'à ce qu'il soit connu que tout est un, que tout est Atika, et que rien ne se sépare de Lui." Cela signifie que le donneur comprend aussi le receveur, mais le receveur ne comprend pas le donneur, car deux cents comprennent cent, mais cent ne comprennent pas deux cents:
ואשביעך בה' א-להי השמים וא-להי הארץ וגו'. ויאמר אליו העבד אולי לא תאבה האשה ללכת אחרי אל הארץ הזאת וגו'.
ויאמר אליו אברהם וגו' ה' א-להי השמים וגו' הוא ישלח מלאכו לפניך ולקחת אשה לבני משם. הענין בזה, למה מתחלה נאמר ה' א-להי השמים וא-להי הארץ, ואח"ז נאמר רק א-להי השמים ולא א-להי הארץ.
אכן אאע"ה חידש זאת בעולם שהשי"ת הוא א-להי הארץ ג"כקכוכמבואר ביסוד החסידות – הקדמה לבית יעקב דף ח: ואברהם אבינו התחיל להאיר לעולם, שהש"י נמצא גם בעוה"ז.
וזה ששם בן נח שהוא מלכי צדק מלך שלם היה עובד הש"י בהשגת שם אל עליון, כמו שנאמר (בראשית י״ד:י״ח-י״ט) והוא כהן לאל עליון ויברכהו ויאמר ברוך אברם לאל עליון קונה שמים וארץ וברוך אל עליון אשר מגן צריך בידיך. כי עליון מורה על מה שהוא למעלה מהשגת ותפיסת האדם, וכן היה למוד התורה והעבודה מה שהיה קודם מתן תורה, היה בגודל התבטלות ונסיונות וסבלנות עצומה, ועי"ז הגיעו להשגת ידיעת מציאות הש"י, שההנהגה היתה במדת עליון.
אכן אברהם אבינו היה מכיר שהש"י מלא כל הארץ כבודו, והסיר ערלת ההסתר המסתרת בין אור הש"י להשגת האדם, וזה שאחר מצות המילה מצינו (בראשית כ״א:ל״ג) ויקרא שם בשם ה' אל עולם. היינו שניכר מציאותו בכל הויות הבריאה.
ועיין מי השלוח ח"א פ' לך ד"ה ויאמר אברהם.. כי א-להי השמים, היינו במקום שאדם הוא בבהירות השכל ונראה לעין כל איך שזה האדם עושה רצון השי"ת.
ואברהם אבינו חידש, שהשי"ת הוא גם א-להי הארץ, שאף בארץ לא נעשה שום דבר מבלעדי רצון השי"ת, ולא כמו שהעכו"ם אומרים שח"ו עזב ה' את הארץ ואינו משגיח על מעשה בני אדםקכזכמבואר בתפארת יוסף פרשת קרח ד"ה בקר: כמו שאמר כבוד אזמו"ר זללה"ה החילוק בין דעתם של ישראל ובין דעתם של אומות העולם.
שדעתם של ישראל הוא, כמו שאנו אומרים המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית, והיינו לא שהשי"ת ברא פעם אחת הטבע ומאז והלאה מתנהגת מעצמה, לא כן ח"ו, אלא שהשי"ת משפיע חיים לכל הבריאה בכל רגע ורגע, ואם יפסוק השגחתו להבריאה רגע אחת, אז יתבטל תיכף. וכמו שאיתא בתקוני זוה"ק (הקדמה יז:) וכד אנת תסתלק מנהון אשתארין כלהון שמהן כגופא בלא נשמתא.
וזה מורה, שאם יסור ח"ו השגחתו אפילו רגע אחת, לא יהיה להבריאה שום קיום כלל. וכל הקיום הוא מזה שהשי"ת נותן להבריאה חיים בכל רגע ורגע, וכמו שכתוב (נחמיה ט׳:ו׳) ואתה מחיה את כולם.
וכל זה הוא דעתם של ישראל, לא כן הוא דעתם של האומות, שהם קורין להשי"ת אלהא דאלהא, כדאיתא בש"ס (מנחות קי.) והיינו שהם אומרים שהשי"ת נתן כח לצבא מעלה ומתנהגת העולם מעצמה. ועיין עוד שם חג הסוכות ד"ה ולקחתם [א]..
לזה אמר לאליעזר ה' א-להי השמים וא-להי הארץ, שעל ידי נתחדש זאת בעולם. ואחר ששאל אותו אליעזר, אולי לא תאבה האשה ללכת אחרי אל הארץ הזאת, אזי לא אמר לו רק א-להי השמים, היינו שלא יגלה לרבקה את זה שאף בארץ לא נעשה שום דבר בלעדי רצון השי"ת, וכל הארץ מלאה כבוד השי"ת כמו בשמים, ולא יאיר לפניה ממקום עלאה דזווגייהו תדיר, כי אז תאמר למה לי לצאת מחוץ לארץ לארץ ישראל, מאחר שבאמת אין שום חילוק בין ארץ לשמים ובין ארץ ישראל לחו"ל, רק (מלאכי א׳:י״א) בכל מקום מוקטר מוגש לשמו ית' מנחה טהורה כרצון השי"ת, לזה אמר ה' א-להי השמים הוא ישלח מלאכו לפניך ולקחת אשה לבני, היינו שרק מצד המלאך שמאחד שמים וארץ הוא עושה רצון השי"ת אף בחו"ל כמו בא"י, אך מצד המלאך של שמים לבד היא מוכרחת לצאת מחו"ל לארץ ישראל, ואז תוכל לקיים רצון השי"ת.
שבאמת הוא, שרק מי שמברר את עצמו מצדו, לזה האדם נקרא השי"ת אלוה, כדאיתא במדרש (רבה וישלח עו) הבוחר בדרכיהםקכחוזה לשון המדרש וישלח רבה (עו, ד): ויאמר יעקב א-להי אבי אברהם וא-להי אבי יצחק, הא לעשו לא, אלא הבוחר בדרכיהם והעושה כמעשיהם אני מתקיים עליו, מי שאינו בוחר בדרכיהם ואינו עושה כמעשיהם איני מתקיים עליו..
אבל מי שלא יברר את עצמו מצדו, לזה האדם לא נקרא השי"ת אלוה. נמצא לפי זה שמוכרחת היא לצאת מחו"ל לארץ ישראל, שכל הדר בא"י דומה כמי שיש לו אלוה וכל הדר בחו"ל דומה כמי שאין לו אלוה, כדאיתא בש"ס (כתובות קי:) ובזוה"ק (יתרו עט:).
אמנם כל זה החילוק הוא רק מצד האדם, אבל מצד השי"ת אין שום חילוק באמת בין שמים לארץ. וכמו שנזכר לעיל שעניני האבות כוללים כל התורה, וכמ"ש בזוה"ק (מדרש הנעלם חיי קכז.) שמרומז בזה ענין ירידת הנשמה להגוף, שהנשמה קודם ירידתה להגוף מצדה לא תחפוץ לכנוס לאחריות וסכנה בעוה"ז, ששם הוא בלא בחירה, ואי אפשר להפסיד, אך השי"ת חפץ להיטיב ולהגדיל טובה להבריאה במה שתעבוד אותו מתוך ההסתר, ועי"ז תגיע למעלה היותר גדולה שתקנה בעוה"זקכטנתבאר במקומות רבים בספרי רבוה"ק עיין סוד ישרים ראש השנה אות כח וז"ל:
נוח לו לאדם שלא נברא משנברא וכו'. ודייק אאזמו"ר הגה"ק זצללה"ה למה לא אמרו ז"ל טוב לו לאדם וכו' אלא נח לו וכו', משמע מזה שבאמת טוב לו יותר לאדם שנברא, כי כיון שרצונו ית' שתהיה הנפש בגוף האדם בוודאי הוא טובה גדולה להנפש, כי בטח יודע השי"ת שהנפש יגמור בכי טוב את רצון המשלחה לעולם הזה.
רק כל הפחד הוא מצד האדם שמתיירא מאוד לכנוס במקום ספק נח לו שלא נברא משום שהנפש היא במקום טהרה, כמאמר אלקי נשמה שנתת בי טהורה היא, לכן אין ברצונה לירד לעולם הזה שהוא אילנא דספיקא שהוא מסופק במציאות השי"ת, לכן הנפש אינה בנייחא ויש לה צעקה גדולה מאוד, כי תתיירא פן תפסיד ח"ו מסיבת הספקות והסתרות. ועיין עוד בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קלו, בית יעקב שמות פ' משפטים אות יא ד"ה ומשפט, סוד ישרים הושענא רבה אות ד ד"ה וביאור, אות ט, תפארת יוסף פורים ד"ה רבי יוחנן, חג השבועות ד"ה ואתם, פ' נצבים ד"ה אתם נצבים [ד], מס' ברכות (יא:) ד"ה מאי, לקמן פרשת ויגש אות ו ד"ה וזהו ג"כ, אות ח ד"ה וזהו..
וכדאיתא בפסיקתא רבתי בפרשת החודש (תהילים מ׳:ו׳) רבות עשית אתה ה' נפלאותיך ומחשבותיך אלינו, כל הנפלאות ומחשבות שחשבת כדי שיהא אדם נזקק לביתו, וכמ"ש הענין במקומו:
"Je te ferai jurer par ה', Dieu des cieux et Dieu de la terre, etc." Le serviteur lui dit: "Peut-être la femme ne voudra-t-elle pas me suivre vers cette terre, etc." Abraham lui dit: "ה', Dieu des cieux, etc., enverra Son ange devant toi, et tu prendras de là-bas une femme pour mon fils." Il faut comprendre pourquoi il est d'abord dit: "ה', Dieu des cieux et Dieu de la terre", puis seulement "Dieu des cieux", et non "Dieu de la terre". Notre père Abraham a innové dans le monde que le Saint, béni soit-Il, est aussi Dieu de la terre.
Comme il est expliqué dans Yesod Hahassidout, introduction à Beth Yaakov, p. 8: notre père Abraham commença à illuminer le monde en montrant que le Nom se trouve aussi en ce monde.
C'est pourquoi Shem, fils de Noé, qui est Malki-Tsedek, roi de Shalem, servait le Nom dans l'appréhension du Nom El Elyon, comme il est dit: "Il était prêtre du Dieu très-haut. Il le bénit et dit: 'Béni soit Abram par le Dieu très-haut, acquéreur des cieux et de la terre; et béni soit le Dieu très-haut qui a livré tes ennemis entre tes mains'" (Genèse 14,18-20).
Elyon indique ce qui est au-dessus de l'appréhension et de la saisie de l'homme. De même, l'étude de la Torah et le service qui précédaient le don de la Torah étaient une très grande annulation de soi, des épreuves et une patience immense; par cela, ils parvenaient à l'appréhension de la connaissance de l'existence du Nom, car la conduite était selon l'attribut d'Elyon.
Mais notre père Abraham reconnaissait que "toute la terre est pleine de Sa gloire"; il enleva le prépuce du voile qui cache entre la lumière du Nom et l'appréhension de l'homme. C'est pourquoi, après le commandement de la circoncision, nous trouvons: "Il invoqua là-bas le Nom de ה', Dieu du monde" (Genèse 21,33), c'est-à-dire que Son existence est reconnaissable dans tous les êtres de la création.
Voir Mei Hachiloah, I, paracha Lekh Lekha, "Abraham dit". "Dieu des cieux" signifie le lieu où l'homme est dans la clarté de l'intellect, et où il apparaît aux yeux de tous que cet homme accomplit la volonté du Saint, béni soit-Il.
Notre père Abraham a innové que le Saint, béni soit-Il, est aussi Dieu de la terre: même sur la terre, rien ne se fait sans la volonté du Saint, béni soit-Il. Ce n'est pas comme disent les idolâtres: "Le Nom a, à Dieu ne plaise, abandonné la terre et ne surveille pas les actes des hommes." Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Korah, "Au matin": mon maître, le saint grand rabbin de bénie mémoire, disait quelle est la différence entre l'opinion d'Israël et celle des nations.
L'opinion d'Israël est celle que nous disons: "Dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour continuellement l'œuvre de la Création." Cela ne signifie pas que le Saint, béni soit-Il, a créé une fois la nature et que, depuis lors, elle se dirige d'elle-même, à Dieu ne plaise; mais Il donne la vie à toute la création à chaque instant. S'Il cessait de la surveiller un seul instant, elle s'annulerait aussitôt.
Comme il est dit dans les Tikounei Zohar (introduction, 17b): "Lorsque Tu Te retires d'eux, tous les noms restent comme un corps sans âme." Cela indique que si, à Dieu ne plaise, Sa surveillance se retirait même un instant, la création n'aurait aucune subsistance. Toute sa subsistance vient de ce que le Saint, béni soit-Il, donne la vie à la création à chaque instant, comme il est écrit: "Tu les fais tous vivre" (Nehemie 9,6).
Telle est l'opinion d'Israël; celle des nations n'est pas ainsi, car elles appellent le Saint, béni soit-Il, "dieu des dieux", comme il est rapporté dans le Talmud (Menahot 110a): elles disent que le Saint, béni soit-Il, a donné une force à l'armée céleste et que le monde se dirige de lui-même. Voir encore là-bas, Fête des cabanes, "Vous prendrez" [1].
Aussi dit-il à Eliezer: "ה', Dieu des cieux et Dieu de la terre", car c'est par lui que cela fut innové dans le monde. Mais après qu'Eliezer lui demanda: "Peut-être la femme ne voudra-t-elle pas me suivre vers cette terre?", il ne lui dit que "Dieu des cieux".
C'est-à-dire qu'il ne révélerait pas à Rivka que, même sur terre, rien ne se fait sans la volonté du Saint, béni soit-Il, et que toute la terre est pleine de la gloire du Saint, béni soit-Il, comme les cieux. Il ne l'éclairerait pas depuis le lieu supérieur de Son union continuelle (ממקום עלאה דזווגייהו תדיר), car elle dirait alors: pourquoi me faut-il sortir de l'étranger vers la terre d'Israël, puisqu'en vérité il n'y a aucune différence entre la terre et les cieux, ni entre la terre d'Israël et l'étranger?
Il est seulement dit: "En tout lieu, on fait fumer et on présente à Son Nom une offrande pure" (Malachie 1,11), selon la volonté du Saint, béni soit-Il. Aussi dit-il: "ה', Dieu des cieux, enverra Son ange devant toi, et tu prendras de là-bas une femme pour mon fils".
C'est-à-dire que, du seul côté de l'ange qui unit les cieux et la terre, elle accomplit la volonté du Saint, béni soit-Il, même à l'étranger comme en terre d'Israël; mais du côté de l'ange des cieux seulement, elle est obligée de sortir de l'étranger vers la terre d'Israël, et alors elle pourra accomplir la volonté du Saint, béni soit-Il. En vérité, seul celui qui s'éclaircit de son propre côté appelle le Saint, béni soit-Il, son Dieu, comme il est rapporté dans le Midrach (Rabba, Vayichlah 76): "Celui qui choisit leurs voies".
Voici le texte du Midrach Vayichlah Rabba (76,4): "Yaakov dit: 'Dieu de mon père Abraham et Dieu de mon père Its'hak' (Genèse 32,10) - non pas d'Esau, mais: celui qui choisit leurs voies et agit selon leurs actes, Je demeure sur lui; celui qui ne choisit pas leurs voies et n'agit pas selon leurs actes, Je ne demeure pas sur lui." Mais celui qui ne s'éclaircit pas de son propre côté n'appelle pas le Saint, béni soit-Il, son Dieu. Il s'ensuit qu'elle doit sortir de l'étranger vers la terre d'Israël, car "quiconque habite en terre d'Israël est semblable à celui qui a un Dieu, et quiconque habite à l'étranger est semblable à celui qui n'a pas de Dieu", comme il est rapporté dans le Talmud (Ketoubot 110b) et dans le saint Zohar (Yitro 79b).
Toutefois, toute cette différence n'est que du côté de l'homme; du côté du Saint, béni soit-Il, il n'y a en vérité aucune différence entre les cieux et la terre. Comme il a été mentionné plus haut, les sujets des pères comprennent toute la Torah.
Ainsi qu'il est écrit dans le saint Zohar (Midrach Hanéelam, Hayyé Sara 127a), est ici allusionnée la descente de l'âme dans le corps: avant sa descente dans le corps, l'âme, de son propre côté, ne veut pas entrer dans la responsabilité et le danger de ce monde, car là-bas il n'y a pas de choix et il est impossible de subir une perte. Mais le Saint, béni soit-Il, désire faire du bien et accroître le bien de la création, en ce qu'elle Le sert au sein du voilement; par cela, elle parviendra au degré le plus élevé qu'elle acquerra en ce monde.
Cela est expliqué en maints endroits dans les livres de nos saints maîtres. Voir Sod Yesharim, Roch Hachana, section 28: "Il serait plus reposant pour l'homme de n'avoir pas été créé que d'avoir été créé, etc." Mon aïeul et maître, le saint grand rabbin de bénie mémoire, demanda pourquoi nos sages ne disent pas: "Il serait meilleur pour l'homme, etc.", mais "il serait plus reposant pour lui, etc." Cela implique qu'en vérité il est meilleur pour l'homme d'avoir été créé, car puisque Sa volonté est que l'âme soit dans le corps de l'homme, c'est certainement un grand bien pour l'âme: le Saint, béni soit-Il, sait assurément que l'âme accomplira pour le mieux la volonté de Celui qui l'envoie en ce monde.
Mais toute la crainte vient du côté de l'homme, qui redoute beaucoup d'entrer dans un lieu de doute; il lui serait plus reposant de n'avoir pas été créé, car l'âme se trouve dans un lieu de pureté, selon la parole: "Mon Dieu, l'âme que Tu as placée en moi est pure." C'est pourquoi elle ne veut pas descendre dans ce monde, qui est l'arbre du doute, où l'existence du Saint, béni soit-Il, est douteuse. L'âme n'est donc pas en repos et pousse un très grand cri, car elle craint de perdre, à Dieu ne plaise, à cause des doutes et des voilements.
Voir encore Shaar Haémouna - introduction à Beth Yaakov, p. 136; Beth Yaakov, Chemot, paracha Michpatim, section 11, "Et jugement"; Sod Yesharim, Hochana Rabba, section 4, "Explication", section 9; Tiferet Yossef, Pourim, "Rabbi Yo'hanan"; Fête des semaines, "Et vous"; paracha Nitsavim, "Vous vous tenez" [4]; traité Berahot (11b), "Quel est"; plus loin, paracha Vayigach, section 6, "Et ceci aussi", section 8, "Et ceci".
Comme il est rapporté dans la Pesiqta Rabbati, paracha Hahodech, sur "Tu as beaucoup fait, Toi ה', Tes merveilles et Tes pensées envers nous" (Psaumes 40,6): "Toutes les merveilles et pensées que Tu as conçues afin que l'homme ait besoin de sa maison", comme le sujet est expliqué à sa place:
« Je te ferai jurer par Hachem, D.ieu des cieux et D.ieu de la terre. » Eliezer dit « dans son pays » : demeurer au milieu du Cananéen, c’est qu’il entoure et domine. Pour le Beit Yaakov, une femme de là ferait cela à Avraham, qui demeure dans son pays pour y disperser le ’hessed. Au commencement, le Nom fait se retirer de tout désir de ce monde, cieux seuls, pour extraire Rivka de la kelipa. Il rapporte de son père que « Elle n’est pas dans les cieux » : après la perfection, plus de barrières. Le Nom a créé ce monde : on se sépare d’abord, puis l’on s’étend ; accompli, Avraham nomme cieux et terre, et pour Rivka les cieux seuls.
Aussi : le serment des sept lumières : Eliezer, de maudit, devient béni ; Avraham vieux, béni en toute chose, secret d’Atika Kadicha et liberté ; Makhpéla extraite des fils de Heth, nommés dix fois
ואשביעך בה' א-להי השמים וא-להי הארץ אשר לא תקח אשה לבני מבנות הכנעני אשר אנכי יושב בקרבו וגו'. להבין הענין, שכאשר סיפר אליעזר לפני לבן ובתואל את דברי אברהם אבינו שינה את הלשון, דכתיב, וישבעני אדוני לאמר לא תקח אשה לבני מבנות הכנעני אשר אנכי יושב "בארצו".
וכן למה בספר יהושע (טז) נאמר וישב הכנעני בקרב אפרים, ובספר שופטים (א) נאמר וישב האשרי בקרב הכנעני. אכן, וישב הכנעני בקרב אפרים מורה, שאף שלא הורישו את הכנעני לגמרי, מ"מ היו מקיפים אותם ודחקום מכל עבריהם ומשלו עליהם.
כי יש קליפה שהיא בפנימיות הפרי, כדאיתא בתיקוני זוה"ק (תיקון סט דף קט.) אית אילנא דטוב ורע דקליפין דאינון גרעינין אינון מלגיו רע ומוחא דקיק מלבר טב. וישב האשרי בקרב הכנעני מורה, שהכנענים היו מקיפים אותם ומשלו עליהם.
וזה הוא שאמר אברהם אבינו לאליעזר, אשר לא תקח אשה לבני מבנות הכנעני, כי אם תקח משם אשה לבני, אזי תגרום ח"ו שאהיה יושב בקרבו, שהוא יקיף אותי וימשול עלי. כי כנעני מורה שהוא מקיף את הקדושה, כדאיתא בסתרי תורה (לך פ.) כנעני דאסחר גופא לדינין בישין, ומאחר שכל עסקי הוא להוציא וללקט מהם מדת החסד, שיהיה נתמעט וכלה מהם כפרי החג, שע"ז אנכי יושב בארצו, שיש לי מעט שייכות עמהם עוד יותר, לפזר ביניהם מדת החסד.
והענין שכאן נאמר א-להי השמים וא-להי הארץ, ואח"ז נאמר ה' א-להי השמים אשר לקחני מבית אבי וגו' ולקחת אשה לבני משם. כי שמים מרמזים על בהירות היותר גדול, שאין יכולים לסבול אף כגרעין חרדל מעוה"ז, כדאיתא בזוה"ק (ויגש רז.)קלעיין תפארת יוסף פ' האזינו ד"ה האזינו [ג]:
כי שמים מרמזים על בהירות עד שאין ביכלתם לקבל שום לבוש מעוה"ז. כדאיתא בזוה"ק (ויקהל קצז.) שמים לא יכולין למסבל אפילו כגרעין חרדל מגופא דהאי עלמא..
וזה היתה כוונת אברהם אבינו באמרו א-להי השמים אשר לקחני מבית אבי, שבראשית התקרבותו להשי"ת נתן בו השי"ת דעה שיתנהג בבחינת שמים לבד, לברר ולנקות את עצמו מכל חמדת עוה"ז כפי כל כחו, ולהסתלק מנגוע אליהם אף בקצהו, והשי"ת היה מסייע לו שיגמור לטוב. וכן כל אדם בתחלת התקרבותו להשי"ת, שעוד לבו אינו מזוכך, והוא מסובך עוד בחשקות עניני עוה"ז, אזי צריך לצמצם את עצמו בכל כחו ולהסתלק מהם לגמרי.
ואמר לו לאליעזר שזה ה' א-להי השמים ישלח מלאכו לפניך, שתוכל להוציא את רבקה משם, כי להפרידה מהקליפה שבבית אביה שמורגלת בה עד עתה אי אפשר רק בבחינת שמים לבד, שתסתלק מכל נגיעה לחשקי עוה"ז:
"Je te ferai jurer par ה', D-ieu des cieux et D-ieu de la terre, que tu ne prendras pas pour mon fils une femme parmi les filles du Cananéen au milieu duquel je demeure", etc. Il faut comprendre ceci: lorsque Eliezer rapporta à Lavan et Betouel les paroles d'Abraham notre père, il modifia l'expression, comme il est écrit: "Mon maître m'a fait jurer en disant: Tu ne prendras pas pour mon fils une femme parmi les filles du Cananéen au milieu duquel je demeure dans son pays." De même, pourquoi est-il dit dans le livre de Josue (16): "Le Cananéen demeura au milieu d'Ephraim", tandis qu'il est dit dans le livre des Juges (1): "L'Asherite demeura au milieu du Cananéen"?
Or, "le Cananéen demeura au milieu d'Ephraim" indique que, bien qu'ils n'aient pas entièrement chassé le Cananéen, ils l'entouraient néanmoins, le pressaient de tous côtés et dominaient sur lui. Car il y a une kelipa (écorce spirituelle) qui est à l'intérieur du fruit, ainsi qu'il est dit dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 69, fol.
109a): "Il y a un arbre de bien et de mal: les kelipot, qui sont les noyaux, sont mauvaises à l'intérieur, et une fine moelle bonne est à l'extérieur." "L'Asherite demeura au milieu du Cananéen" indique que les Cananéens les entouraient et dominaient sur eux. C'est ce qu'Abraham notre père dit à Eliezer: "Tu ne prendras pas pour mon fils une femme parmi les filles du Cananéen"; car si tu prends de là une femme pour mon fils, tu causeras, à D-ieu ne plaise, que je demeure au milieu de lui, c'est-à-dire qu'il m'entoure et domine sur moi.
Car le Cananéen indique qu'il entoure la sainteté, comme il est dit dans les Mystères de la Torah (Lekha 80): "Le Cananéen entoure le corps de jugements mauvais." Et puisque toute mon occupation est d'en extraire et d'en recueillir l'attribut de 'hessed (bonté), afin qu'il diminue et disparaisse d'eux comme les taureaux de la fête, c'est pour cela que "je demeure dans son pays": j'ai encore quelque rapport avec eux, afin de disperser parmi eux l'attribut de 'hessed. Le sens est que, ici, il est dit: "D-ieu des cieux et D-ieu de la terre", et qu'ensuite il est dit: "ה', D-ieu des cieux, qui m'a pris de la maison de mon père... tu prendras de là une femme pour mon fils." Les cieux font allusion à la clarté la plus grande, qui ne peut supporter même un grain de moutarde de ce monde-ci, comme il est dit dans le Zohar (Vayigash 207a; voir Tiferet Yossef, Haazinou, s.v.
Haazinou): les cieux font allusion à une clarté telle qu'ils ne peuvent recevoir aucun vêtement de ce monde-ci. Il est dit dans le Zohar (Vayakhel 197a): "Les cieux ne peuvent supporter même un grain de moutarde du corps de ce monde." Telle était l'intention d'Abraham notre père en disant: "D-ieu des cieux qui m'a pris de la maison de mon père": au commencement de son rapprochement du Nom, le Nom lui donna la connaissance de se conduire seulement selon l'aspect des cieux, de se purifier et de se nettoyer, de toute la force dont il était capable, de tout désir de ce monde-ci, et de se retirer de les toucher, même à leur extrémité; et le Nom l'assistait pour qu'il achève dans le bien.
Ainsi tout homme, au début de son rapprochement du Nom, alors que son cœur n'est pas encore purifié et qu'il est encore embrouillé dans les convoitises des choses de ce monde-ci, doit se restreindre de toute sa force et s'en retirer entièrement. Il dit à Eliezer que ce ה', D-ieu des cieux, enverra Son ange devant toi, afin que tu puisses faire sortir Rivka de là; car la séparer de la kelipa de la maison de son père, à laquelle elle est habituée jusqu'à présent, n'est possible que selon l'aspect des cieux seuls, en se retirant de tout contact avec les convoitises de ce monde-ci.
והענין שמשה רבנו ע"ה אמר (דברים ל) לא בשמים היא. היינו כמו שאומר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה בספר מי השלוח (ח"א פרשת נצבים ד"ה לא) שכל זה הוא רק מעבר, קודם שיברר אדם את עצמו ועד שיבא לשלימות ד"ת, אזי צריך אדם לצמצם את עצמו בכל מאדו.
אבל אחר שיבא אדם אל השלימות, אזי נאמר לא בשמים היא ולא מעבר לים היא, כי קרוב אליך הדבר מאד בפיך ובלבבך לעשותו, מאחר שלבו נקי וזך אזי מטעימין אותו מפרי מעשיו בעוה"זקלאזה לשון המי השלוח ח"א פרשת נצבים ד"ה לא בשמים: ביאר זה הוא ע"פ דאיתא בתנא דבי אליהו (זוטא פרק יב) משל למלך בשר ודם שעשה חומה שעל ידיהם יתכנסו לפלטרין גדולים ועשה פתח צר בהחומה ומי שאינו אוהב למלך אינו מייגע עצמו והאוהב דוחק עצמו שהוא יודע שאחר הצער מיד יבא לתענוגים גדולים, וכן כאן בעוד שלא השיג ד"ת כמה עילאין וכמה יקירין אינון, וכשבא על ד"ת אז לא בשמים הוא ולא מעבר וכו' וקרוב אליך בפיך וכו', ע"כ לא אמר מרע"ה אלו הדברים רק בסדרה הזאת שהיא אחר סדרה הנו"ן, כשבאה למדרגה הזו אז לא בשמים היא וקרוב וכו', היינו אף שצריך האדם לגדרים וסייגים בעוד שלא השיג ד"ת, אבל כשהשיג בשלימות אינו צריך לזה.
ועיין עוד בית יעקב הכולל פ' נצבים ד"ה כי המצוה.. לזה כתיב א-להי השמים וא-להי הארץ, שמאחר שברא השי"ת את העוה"ז שמסתיר מעין אדם את הבהירות, משמע מזה שלא בחר הש"י בזה שיתנהג האדם בתמידות רק בבהירות לבד להסתלק מכל עניני עוה"ז, דא"כ למה ברא הש"י עוה"ז, כי בהירות לבד היה גם קודם שנברא העוה"ז.
מאי משמע, שעיקר המכוון מהבריאה היה, שאם יתנהג האדם בפרישה להסתלק מתחלה מחמדת עוה"ז שלא יהיה לו שום נגיעה אליהם, ואז יוכל לראות אח"כ שמלא כבוד ה' אף בכל הארץ, ויוכל אז להתפשט אף בהנאות עוה"ז כפי חשק לבוקלבעיין לעיל פרשה זו אות ג בסופו ד"ה ולזה השלימות ובהערה כג שם., מאחר שרואה עתה שאין מקום פנוי מכבוד השי"ת. ולזה אמרו בירושלמי (שלהי קידושין) א"ר יוחנן עתיד אדם ליתן דין וחשבון על כל מה שראו עיניו ולא אכל מהם, כי באמת נמצא בכל הנבראים כבוד שמים.
ולזה כאשר בא אברהם אבינו ע"ה לימי הזקנה, ונשתלם בעבודת השי"ת, אמר, א-להי השמים וא-להי הארץ, שכעת אין אצלי שום נפקא מינה בין שמים לארץ, נהירין לי שבילי דארעא כשבילי דשמיא בלי שום הבדל כלל. ואח"ז נאמר א-להי השמים בלבד, היינו כמו שאצלי כאשר לקחני מבית אבי הייתי צריך לעבוד את השי"ת ברזא דאלהי שמים לבד, כן עתה צריכה בחינת זו העבודה מא-להי השמים לבד.
כי אצל רבקה שעתה הוא ראשית התקרבותה להשי"ת, ולהוציא אמן של כל ישראל מבין הקליפה, צריכים לעבודה גדולה מרזא דאלהי השמים לבדקלגכמו שנתבאר במאמר הקודם. ועיין עוד לקמן פרשה זו אות כז..
וכן מרמז זה על תחלת הפרשה שמדבר בקנין מערת המכפלה, שאאע"ה היה חפץ להוציא בלעם מפיהם מקום קדוש מבין קליפת בני חת, היה צריך גם אז לעבודות גדולות, וע"ז אמרו במדרש רבה (חיי נח) שנאמר עשרה פעמים בני חת בפרשה, שכל המברר מקחו של צדיק כאלו קיים עשרת הדברות:
Le sens est que Moché notre maître, que sa mémoire soit bénie, dit (Deutéronome 30): "Elle n'est pas dans les cieux." C'est-à-dire, comme le dit mon père et maître, le saint génie, que le souvenir du juste et saint soit pour la vie du monde à venir, dans le livre Mei ha-Shiloah (I, Nitsavim, s.v. Lo): tout cela n'est qu'un passage.
Avant qu'un homme se soit clarifié et jusqu'à ce qu'il parvienne à la perfection des paroles de Torah, il doit se restreindre de toutes ses forces. Mais après qu'il est parvenu à la perfection, il est dit: "Elle n'est pas dans les cieux, ni au-delà de la mer; car la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour l'accomplir"; puisque son cœur est propre et pur, on lui fait alors goûter, dans ce monde-ci, du fruit de ses actes.
Voici les termes du Mei ha-Shiloah (I, Nitsavim, s.v. Lo ba-shamayim): cela s'explique d'après ce qui est rapporté dans Tanna de-vei Eliyahou (Zouta, chap.
12): parabole d'un roi de chair et de sang qui fit un mur par lequel on entrerait dans de grands palais, et pratiqua dans le mur une porte étroite. Celui qui n'aime pas le roi ne se donne pas de peine; mais celui qui l'aime se presse, car il sait qu'après la peine il viendra aussitôt à de grands délices.
Ainsi ici, tant qu'il n'a pas atteint combien les paroles de Torah sont élevées et précieuses; mais lorsqu'il parvient aux paroles de Torah, alors "elle n'est pas dans les cieux ni au-delà... et elle est très proche de toi, dans ta bouche..." C'est pourquoi Moché notre maître ne dit ces paroles que dans cette section, qui vient après la section des cinquante: lorsqu'on parvient à ce degré, alors "elle n'est pas dans les cieux" et elle est proche, etc. C'est-à-dire que, bien que l'homme ait besoin de barrières et de précautions tant qu'il n'a pas atteint les paroles de Torah, il n'en a plus besoin lorsqu'il les a atteintes dans leur perfection.
Voir encore Beth Yaakob ha-Kolel, Nitsavim, s.v. Ki ha-mitsva.
C'est pourquoi il est écrit: "D-ieu des cieux et D-ieu de la terre". Puisque le Nom a créé ce monde-ci, qui cache à l'œil de l'homme la clarté, il en résulte qu'Il n'a pas choisi que l'homme se conduise continuellement dans la seule clarté, en se retirant de toutes les choses de ce monde-ci.
Car, si tel était le cas, pourquoi le Nom aurait-Il créé ce monde-ci? La seule clarté existait déjà avant que ce monde-ci ne fût créé.
Qu'en résulte-t-il? L'intention principale de la création était que l'homme se conduise d'abord dans la séparation, en se retirant du désir de ce monde-ci pour n'avoir aucun contact avec lui; alors il pourra voir ensuite que "toute la terre est pleine de la gloire de ה'", et pourra aussi s'étendre dans les jouissances de ce monde-ci selon le désir de son cœur, puisqu'il voit maintenant qu'il n'est aucun lieu vide de la gloire du Nom.
C'est pourquoi ils ont dit dans le Yeroushalmi (fin de Kiddoushin): Rabbi Yo'hanan a dit: "L'homme devra rendre jugement et compte pour tout ce que ses yeux ont vu et dont il n'a pas mangé." Car, en vérité, la gloire des cieux se trouve dans tous les êtres créés. C'est pourquoi, lorsqu'Abraham notre père, que sa mémoire soit bénie, arriva aux jours de la vieillesse et fut accompli dans le service du Nom, il dit: "D-ieu des cieux et D-ieu de la terre".
À présent il n'y a pour moi aucune différence entre les cieux et la terre; les sentiers de la terre me sont lumineux comme les sentiers des cieux (נהירין לי שבילי דארעא כשבילי דשמיא), sans aucune différence. Ensuite il est dit seulement: "D-ieu des cieux"; c'est-à-dire que, de même que lorsque le Nom me prit de la maison de mon père, je devais Le servir dans le secret du D-ieu des cieux seuls, ainsi maintenant cette forme de service requiert-elle le D-ieu des cieux seuls.
Car chez Rivka, dont c'est maintenant le commencement du rapprochement du Nom, et pour faire sortir la mère de tout Israël du milieu de la kelipa, il faut un grand service, du secret du D-ieu des cieux seuls, comme cela a été expliqué dans l'enseignement précédent. Voir encore plus loin dans cette section, paragraphe 27.
Cela fait aussi allusion au début de la section, qui traite de l'acquisition de la grotte de Makhpéla: Abraham notre père, que sa mémoire soit bénie, voulant extraire de leur bouche un lieu saint du milieu de la kelipa des fils de Heth, avait alors également besoin de grands services. À ce sujet, ils ont dit dans le Midrach Rabba (Haye Noah) que "fils de Heth" est mentionné dix fois dans la section: quiconque éclaircit l'achat d'un juste, c'est comme s'il avait accompli les dix Commandements.
ואשביעך בה' וגו'. איתא ע"ז בזוה"ק (וישב קפא:) מאי ואשביעך לאתלבשא ברזא דשבע נהורין עלאין דאינון רזא דשלימו עלאה וכו'.
הענין בזה הוא, כי שבועה הוא מלשון שבעה, שבזה המספר נכלל כל אמונת ישראל, שעי"ז שמצמצמין את עצמם ישראל בעוה"ז שמחוצבת משבעה ימי הבנין, לכן אף כאשר יבא יום שכולו שבת ומנוחה בעולם שכולו ארוך, שאז יתבטלו כל עניני עוה"ז, אבל לישראל יהיה הויה גם אז. וע"ז מרמז מה שהבטיח השי"ת כמה פעמים, למען יאריכון ימיךקלדעיין לעיל פרשה זו אות ד בהערה לד שם..
היינו להגיע לימות המשיח שנקרא שמיני, שהוא ברזא דבינה, ואז יתקיימו לעדי עד. וכענין דאיתא בזוה"ק (נשא קלה:) שבשבעה מלכים כתיב בהו וימת וימת, עד המלך השמיני דלא כתיב ביה וימת, שהיה לו קיום והויה.
וזה הוא שאמר אאע"ה לאליעזר ואשביעך. היינו שנתן לו חלק בישראל ויהיה לו נייחא אם יגמור לו זה הדבר ויוציא את הכלל ישראל מגלות.
כי רבקה היא אמן של כל ישראל. וזה הוא דאיתא בזוה"ק (שלח קנח.) ובגין דהוה שליח מהימנא מה כתיב ביה בוא ברוך ה' שיצא מכלל ארור ובא לכלל ברוך (ועיין בזוה"ק אמור קג.
ובלקוטי תורה להאר"י ז"ל פ' חיי ד"ה ענין אליעזר)קלהוזל"ק של האריז"ל בשער הפסוקים פרשת חיי סימן כד: אמרו רז"ל כי אליעזר עבד אברהם היה עבד כנעני, הנקרא ארור, ויצא מכלל ארור ונעשה ברוך וכו'.
והנה אליעזר עבד אברהם היה נשמה קדושה, שנתערבה בקליפה של כנען הארור, וניתנה לאליעזר הנזכר. ולכן נקרא דמשק אליעזר, שהיה דולה ומשקה מתורת רבו לאחרים.
המושל בכל אשר לו, שליט ביצרו הוה, והיה חכם גדול וחסיד כנודע, ועי"כ יצא מכלל ארור ונעשה ברוך ע"י אברהם.:
"Je te ferai jurer par ה'", etc. Il est dit à ce sujet dans le Zohar (Vayeshev 181b): "Que signifie: Je te ferai jurer?
Te revêtir du secret des sept lumières supérieures, qui sont le secret de la perfection supérieure", etc. Le sens est que le serment se dit d'après sept; dans ce nombre est incluse toute la foi d'Israël.
Car du fait qu'Israël se restreint dans ce monde-ci, qui est taillé dans les sept jours de l'édification, même lorsqu'arrivera le jour qui sera tout Chabbat et repos, dans le monde tout entièrement long, lorsque toutes les choses de ce monde-ci seront annulées, Israël aura encore l'existence. C'est à cela que fait allusion ce que le Nom a promis plusieurs fois: "afin que tes jours se prolongent"; c'est-à-dire parvenir aux jours du Messie, appelés le huitième, qui est dans le secret de Bina (intelligence), et alors ils subsisteront à jamais.
Ainsi qu'il est dit dans le Zohar (Nasso 135b): des sept rois il est écrit "et il mourut, et il mourut", jusqu'au huitième roi, dont il n'est pas écrit "et il mourut", car il avait maintien et existence. C'est ce qu'Abraham notre père dit à Eliezer: "Je te ferai jurer"; c'est-à-dire qu'il lui donna une part en Israël, et qu'il trouverait apaisement s'il menait cette affaire à terme et faisait sortir l'ensemble d'Israël de l'exil.
Car Rivka est la mère de tout Israël. C'est ce qui est dit dans le Zohar (Shelah 158a): "Puisqu'il était un émissaire fidèle, qu'est-il écrit à son sujet? 'Viens, béni de ה''" - il sortit de la catégorie de maudit et entra dans celle de béni.
Voir le Zohar, Emor 103a, et Likoutei Torah de Rabbi Its'hak Louria, de mémoire bénie, Haye Sara, s.v. Inyan Eliezer.
Voici les termes de Rabbi Its'hak Louria, de mémoire bénie, dans Shaar ha-Pessoukim, Haye Sara, no 24: nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit qu'Eliezer, serviteur d'Abraham, était un serviteur cananéen, appelé maudit, et qu'il sortit de la catégorie de maudit pour devenir béni, etc. Or Eliezer, serviteur d'Abraham, était une âme sainte qui s'était mêlé à la kelipa du Canaan maudit et avait été donnée audit Eliezer.
C'est pourquoi il fut appelé Damessek Eliezer: il puisait et abreuvait les autres de la Torah de son maître. "Il dominait sur tout ce qui était à lui": il dominait son penchant; il était, comme on le sait, un grand sage et un pieux.
Par cela, il sortit de la catégorie de maudit et devint béni par Abraham.
ואברהם זקן בא בימים וה' ברך את אברהם בכל. בכל מורה שבא לשלימות, שיוכל מעתה להתפשט כפי שירצה, ולא יצרך עוד לצמצומים, אך בכל התפשטותו לא יגיעהו שום הפסד וחסרון, כענין דכתיב (עקב ח) לא תחסר כל בה.
וע"ז מרמז מלת זקן, זה קנה חכמה, כדאיתא בש"ס (קידושין לב:), ומרמז לבחינת עתיקא קדישא, דכתיב ביה (דניאל ז׳:ט׳) ושער ראשה כעמר נקא, שנעתק מכל הבריאה, ששם אין שום נפקותא ממעשה בני אדם, ואין שום התרבות כבודו ית' מבריאת העולם, וכענין שאנו אומרים (בסדר התפלה) אתה הוא עד שלא נברא העולם אתה הוא משנברא העולם. ובעת שהשי"ת מתלבש בזו הבחינה הוא ברזא דעתיקא, דנעתק מהני יומין, כי הש"י הציב לבושים וגוונים בעולם, פעמים בזה ופעמים בזה, כענין דאיתא שבים נראה השי"ת כבחור ובסיני נראה כזקן.
בים נראה כבחור עושה מלחמה כדכתיב (בשלח טו) ה' איש מלחמה, מפני שבא לנקום נקם ממצרים עוברי רצונו לכן נראה בלבוש זה, שזה מרמז שכל המכוון מבריאת עולם היה רק לכבודו, שיעבדוהו בני אדם ויעשו רצון השי"ת, מזה היה המשפט שהמצריים שהם עוברי רצונו ולא עבדו את השי"ת נטבעו בים ונאבדו מן העולם. וכשבא הקב"ה ליתן תורה לישראל אזי נראה בלבוש זקן ויושב בישיבה, רזא דעתיקא קדישא, שזה מרמז על שאין להשי"ת שום נפקותא במעשה בני אדם אם ייטיבו ואם ירעו, אך כל הבריאה הוא מפני שחפץ חסד הוא להיטיב לבריותיו.
ובעת שהשי"ת מתנהג ברזא דעתיקא, אזי תפחד כל הבריאה, מפני שזו ההנהגה הוא למעלה מתפיסת אדם, ואין להשי"ת שום התחברות עם הבריאה, כי כל הבריאה הוא כדברים של מה בכך. ולזה בשבת שאז עוסק השי"ת בעולמות עליונים למעלה מתפיסת אדם, שזה מורה על שאין להשי"ת שום נפקותא במעשה בני אדם, לזה הותר לדבר בשבת דברים של מה בכך.
ומזה נקח פחד גדול על הבריאה בעוה"ז שמתהה לבו של אדם, אבל באמת מזה הוא עיקר קיום ומשתיתו של עולם. כי במקום שיש לאדם איזה נגיעה, אז הוא חבוש וכפוף תחת חפצו ורצונו, ואין חבוש מתיר עצמו מבית האסורים (ברכות ה:), אבל כשאין לאדם שום נגיעה מצדו שיהיה קשור ואסור עי"ז לרצונותיו, אזי הוא בן חורין היותר גדול.
וזה הוא שאמרו בש"ס (סנהדרין כו.) מאי תושיה דברים של תהו שהעולם מושתת עליהם:
"Et Abraham était vieux, avancé en jours, et ה' avait béni Abraham en toute chose." "En toute chose" indique qu'il est parvenu à la perfection: il peut désormais s'étendre comme il le veut et n'a plus besoin de restrictions; cependant, dans toute son expansion, aucune perte ni aucun manque ne l'atteindront, comme il est écrit (Deutéronome 8,9): "Tu ne manqueras de rien en elle." Le mot "vieux" fait allusion à "celui-ci a acquis la sagesse" (זה קנה חכמה), comme il est dit dans le Talmud (Kiddoushin 32b), et fait allusion à l'aspect d'Atika Kadisha (l'Ancien saint), dont il est écrit (Daniel 7,9): "Les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure." Il s'est détaché de toute la création; là-bas, il n'y a aucune conséquence des actes des hommes, ni aucune augmentation de Sa gloire, qu'Il soit béni, par la création du monde. Ainsi que nous disons dans l'ordre de la prière: "Tu es le Même avant que le monde ait été créé; Tu es le Même depuis que le monde à été créé." Lorsque le Nom se revêt de cet aspect, Il est dans le secret d'Atika, détaché de ces jours, car le Nom a posé dans le monde des vêtements et des couleurs, tantôt sous cette forme et tantôt sous celle-là.
Ainsi qu'il est dit: sur la mer, le Nom apparut comme un jeune homme, et au Sinaï Il apparut comme un vieillard. Sur la mer Il apparut comme un jeune homme faisant la guerre, comme il est écrit (Exode 15,3): "ה' est un homme de guerre", car Il venait tirer vengeance des Égyptiens, qui transgressaient Sa volonté; c'est pourquoi Il apparut sous ce vêtement.
Cela fait allusion à ce que toute l'intention de la création du monde était seulement Sa gloire: que les hommes Le servent et accomplissent la volonté du Nom. De là vint le jugement que les Égyptiens, qui transgressaient Sa volonté et ne servaient pas le Nom, furent noyés dans la mer et périrent du monde.
Mais lorsque le Saint, béni soit-Il, vint donner la Torah a Israël, Il apparut sous le vêtement d'un vieillard assis dans une académie, secret d'Atika Kadisha. Cela fait allusion à ce que le Nom n'a aucune conséquence des actes des hommes, qu'ils fassent le bien ou le mal; toute la création est seulement parce qu'Il désire le 'hessed, afin de faire du bien à Ses créatures.
Lorsque le Nom se conduit dans le secret d'Atika, toute la création tremble, car cette conduite est au-dessus de la saisie de l'homme et le Nom n'a aucune relation avec la création, puisque toute la création est comme des choses sans importance. C'est pourquoi, le Chabbat, lorsque le Nom s'occupe des mondes supérieurs, au-dessus de la saisie de l'homme, ce qui indique que les actes des hommes n'ont pour Lui aucune conséquence, il est permis de parler le Chabbat de choses sans importance.
De cela, la création en ce monde-ci prend une grande crainte, qui abat le cœur de l'homme; mais, en vérité, c'est de cela que vient l'existence et le fondement principaux du monde. Car là où l'homme a quelque attache, il est lié et courbé sous son désir et sa volonté, et un prisonnier ne se délivre pas lui-même de la prison (Berakhot 5b).
Mais lorsque l'homme n'a de son côté aucune attache qui le lie et l'enchaîne ainsi à ses volontés, il est le plus grand des hommes libres. C'est ce qu'ils ont dit dans le Talmud (Sanhédrin 26a): "Que signifie touchiya?
Des paroles de tohu (vacuité) sur lesquelles le monde est fondé."
Ce passage poursuit la perfection d'Avraham : il y parvient après la mort de Sarah. Le Beit Yaakov enseigne que c'est par la Noukva que l'homme vient à sa perfection ; une fois accompli, il n'en a plus besoin, et Sarah meurt. Toute la vie en ce monde n'est que d'atteindre cette perfection. La vie d'Avraham ensuite relève d'Atika Kadicha, côté masculin, aspect du yovel, souffle venu de la volonté simple. La vieillesse, « il a acquis la sagesse », fixe la sainteté : il ne perd plus rien, sans pouvoir encore ajouter. Le Nom lui accorde alors une vie du côté masculin, et le cœur est assuré.
Aussi : avancé dans les jours, la sainteté se fixe par la peine des montées et des descentes ; le baal techouva atteint la perfection d'un coup ; makel, mateh et mich'enet répondent à nefèch, roua'h et nechama.
ואימת בא אאע"ה לזה השלימות, אחר מיתת שרה אשתו, כי ע"י הנוקבא יבא האדם לשלימותו, ואחר שנשלם לא היה לו צורך עוד לבחינת נוקבא ומתה שרה. כי כל חיי אדם בעוה"ז הוא רק להגיע אל השלימות, ואחר שיגיע אל השלימות, אזי אין לו חיים עוד בעוה"זקלוכמבואר לעיל פרשה זו אות א, ג ד"ה רבו, בית יעקב הכולל פ' חיי ד"ה ויהיו [א]..
אכן חיי אאע"ה שחי אחר זה השלימות היה מרזא דעתיקא קדישא, מסטרא דדכורא שהוא בחינת יובלא, שהוא מנפיחת רוח חיים מרצון הפשוט, וכדאיתא בש"ס (ר"ה כו.) מאי משמע דהאי יובלא לישנא דדכרא הוא. וזה הוא שאמרו בתנחומא (חיי בריש הפרשה) אמר אברהם רבש"ע צריך אתה להפריש בין האב לבן ובין נער לזקן, א"ל הקב"ה חייך ממך אני מתחיל, הלך ולן באותו הלילה ועמד בבקר כיון שעמד ראה שהלבין שער ראשו וזקנו, אמר לפניו רבש"ע עשיתני דוגמא, א"ל עטרת תפארת שיבה והדר זקנים שיבה, ולכך נאמר ואברהם זקן וכו', זשה"כ אשת חיל עטרת בעלה, זה אברהם שהיה מקונן על שרה וכו', וכיון שמתה קפצה זקנה על אברהם, מה כתיב אחריו, ואברהם זקן, אמר הקב"ה די לעבד להיות כרבו וכו' כשראה דניאל אמר, ושער ראשה כעמר נקא, וכתיב ואברהם זקן.
הענין בזה, שאברהם טען לפני השי"ת מה הוא החילוק ביני שהשתדלתי בעבודה ובררתי את עצמי כל כחי, ובין אדם אחר שלא בירר את עצמו. שבעת שאדם עומד בעבודה הוא בבהירות, וברגע אחד יכול לשכחו ולאבד הבהירות, לזה ניתן לו זקנה שמרמז על זה קנה חכמה, שכבר נשלם בכל השלימות, שמעתה לא יפסיד מקדושתו כלל.
אכן ע"ז אמר רבש"ע עשיתני דוגמא, היינו שאמת הוא שזה הוא טובה ומעלה גדולה מה שהורגלתי כ"כ בקדושה ובד"ת עד שלא אוכל עוד לצאת מגדר הקדושה, אבל לא אוכל גם לבא למעלה יתירה מזו, מאחר שאין לי עוד כח עבודהקלזכמו שביאר בתפארת יוסף פרשת וילך ד"ה וילך [ב]: בכל אדם יש מעלה שיכול בכל פעם להוסיף ד"ת וכבוד שמים, וכמו שכתיב (תהילים ע״א:י״ד) ואני תמיד איחל והוספתי על כל תהלתך, אבל יש גריעות שביכולת ח"ו לפסוד ג"כ, אבל בעת שנשלם הגם שיש גריעות שאין ביכולת להוסיף עוד, אבל בזה יש יתרון ומעלה שאין ביכולת להפסיד., ובזה הנני נחשב רק כדוגמא בלי שום כח חיים, מפני שאין לי חיים מרזא דנוקבא, שע"י זה החיים שהוא מרזא דנוקבא יתוסף באדם קדושה כל פעם מחדש, והיה אאע"ה מקונן על מיתת שרה.
וע"ז אמר לו השי"ת, דיו לעבד להיות כרבו וכו' שכשראה דניאל אמר, ושער ראשה כעמר נקא. והוא שהשפיע לו השי"ת חיים אמתיים מסטרא דדכורא, מרזא דעתיקא קדישא, דנעתק מהני יומין, שזה החיים יפה ביותר מכל חיי עוה"ז, וכדאיתא במס' אבות (פ"ד מכ"ב) יפה שעה אחת של קורת רוח בעוה"ב מכל חיי עוה"ז, כי אז סמוך לב אדם בטוח בהשי"ת, שאף אם יתפשט כרצון לבו עכ"ז לא יפסיד כלל.
ולזה אחר זה השלימות התפשט אאע"ה והוליד אלו התולדות הנאמרים בפרשה, כי כשיבא האדם לזה השלימות, אזי יוכל להתפשט בכל אשר ימצא לו רצון וחשק, מפני שבירר את עצמו שאין בלבו רק טובקלחכדלקמן פרשה זו אות לג.:
Et quand Abraham, notre père, est-il parvenu à cette perfection? Après la mort de Sarah son épouse.
Car c'est par la Noukva (aspect féminin) que l'homme vient à sa perfection; et, une fois accompli, il n'avait plus besoin de l'aspect de Noukva, et Sarah mourut. En effet, toute la vie de l'homme dans ce monde n'est que d'atteindre la perfection; et après y être parvenu, il n'a plus de vie en ce monde, ainsi qu'il a été expliqué plus haut dans cette paracha, paragraphe 1, 3, s.v.
Rabou, et dans Beit Yaakov ha-Kolel, parachat Chayei, s.v. Vayihyou [1].
Toutefois, la vie d'Abraham notre père après cette perfection relevait du secret de Atika Kadisha (l'Ancien saint), du côté masculin, qui est l'aspect du yovel, issu du souffle d'une vie venant de la volonté simple. Comme il est rapporté dans le Talmud (Roch Hachana 26a): D'où sait-on que yovla est une expression de mâle?
C'est ce qu'ils ont dit dans le Tan'houma (Chayei, au début de la paracha): Abraham dit: Maître du monde, Tu dois séparer entre le père et le fils, entre le jeune homme et le vieillard. Le Saint, béni soit-Il, lui dit: Par ta vie, Je commencerai par toi.
Il alla dormir cette nuit-là et se leva le matin; lorsqu'il se leva, il vit que les cheveux de sa tête et de sa barbe avaient blanchi. Il dit devant Lui: Maître du monde, Tu as fait de moi un exemple.
Il lui dit: 'La couronne de gloire est la vieillesse, la parure des vieillards est la vieillesse' (Proverbes 16,31); c'est pourquoi il est dit: 'Abraham était vieux', etc. C'est ce que dit l'Écriture: 'Une femme de valeur est la couronne de son mari' (Proverbes 12,4): c'est Abraham qui se lamentait sur Sarah, etc.
Et, lorsqu'elle mourut, la vieillesse fondit sur Abraham. Qu'est-il écrit après cela? 'Abraham était vieux'.
Le Saint, béni soit-Il, dit: Il suffit au serviteur d'être comme son maître, etc. Lorsqu'il vit Daniel, il dit: 'Les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure' (Daniel 7,9), et il est écrit: 'Abraham était vieux'.
Le sens est le suivant. Abraham réclama devant le Nom: quelle différence y a-t-il entre moi, qui me suis applique au service et me suis épuré de toutes mes forces, et un autre homme qui ne s'est pas épuré?
Tant que l'homme se tient dans le service, il est dans la clarté; mais, en un instant, il peut l'oublier et perdre cette clarté. C'est pourquoi lui fut donnée la vieillesse, qui indique 'il a acquis la sagesse' (ze kana h'okhma): il est déjà achevé en toute perfection, et désormais il ne perdra plus rien de sa sainteté.
Mais à cela il dit: Maître du monde, Tu as fait de moi un exemple. Cela signifie qu'il est vrai que c'est un bien et un très grand degré que je me sois tant habitué à la sainteté et aux paroles de Torah que je ne puisse plus sortir du domaine de la sainteté; mais je ne peux pas non plus parvenir à un degré supérieur, puisque je n'ai plus de force de service, comme il l'a expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Vayelekh, s.v.
Vayelekh [2]: en tout homme il y a l'avantage de pouvoir ajouter chaque fois des paroles de Torah et l'honneur du Ciel, comme il est écrit: 'Et moi, j'espère toujours, et j'ajouterai à toute Ta louange' (Psaumes 71,14); mais il y a le défaut qu'il puisse, à Dieu ne plaise, aussi perdre. Tandis que, lorsqu'il est achevé, même s'il y a le défaut de ne plus pouvoir ajouter, il y a en cela l'avantage et le degré de ne plus pouvoir perdre.
Ainsi je ne suis considéré que comme un exemple, sans aucune force de vie, car je n'ai pas une vie issue du secret de la Noukva. Car par cette vie, qui est le secret de la Noukva, la sainteté s'ajoute à l'homme chaque fois de nouveau; et Abraham notre père se lamentait sur la mort de Sarah.
À cela le Nom lui dit: Il suffit au serviteur d'être comme son maître, etc., puisqu'en voyant Daniel, il dit: 'Les cheveux de sa tête étaient comme de la laine pure'. Le Nom lui accorda alors une vie véritable du côté masculin, du secret de Atika Kadisha, qui est séparé des jours anciens; cette vie est bien plus belle que toute la vie de ce monde, comme il est rapporté dans les Pirkei Avot (4,22): Une heure de contentement dans le monde à venir est plus belle que toute la vie de ce monde.
Car alors le cœur de l'homme est assuré, confiant dans le Nom: même s'il se déploie selon le désir de son cœur, il ne perdra malgré tout absolument rien. C'est pourquoi, après cette perfection, Abraham notre père se déploya et engendra les descendances mentionnées dans la paracha; car lorsque l'homme arrive à cette perfection, il peut se déployer en tout ce vers quoi il trouve désir et attrait, parce qu'il s'est épuré et qu'il n'y a dans son cœur que le bien, comme il sera expliqué plus loin dans cette paracha, paragraphe 33.
ואברהם זקן בא בימים וה' ברך את אברהם בכל. זקן מורה שזה קנה חכמה, ויש לו קדושה בקביעות ואינו צריך לצמצומים עוד.
וזה בא לו אחר עקידת יצחק, ואחר שנמול, ונתנסה עשר נסיונות שלא נתנסה שום בריה בעולם, ונשתנה מהיפך להיפך, כענין גר שנתגייר שצריך להתהפך ולהשתנות מהיפך להיפך, מפני שהורגל על דרך לא טוב עד עתה. וכן אאע"ה בא אל השלימות ונשתנה מכמו שהיה עד עתה שהיה צריך לעבודות וצמצומים, ועתה נקבעה בו קדושה בקביעות שלא יצרך עוד לעבודות וצמצומיםקלטכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות א, ז, יח ד"ה אבל..
ולזו המדרגה לא יוכל אדם לבא רק בהדרגה, ועל זה מורה בא בימים, כפי תפיסת האדם, כדאיתא בזוה"ק (חיי קכט.) ואברהם זקן בא בימים וכו' באינון יומין עלאין באינון יומין ידיעאן וכו'. וזה הוא דאיתא בש"ס (עירובין נו.) כל עיר שיש בה מעלות ומורדות מזקינים בחצי ימיהם, שבטבע זה העולם הוא, שאם יהלך אדם בדרך ישר לאט לאט אזי לא יזקין בחצי ימיוקמנתבאר בקומץ המנחה למרן רבי צדוק הכהן זי"ע ח"ב אות נב:
הזקנה מצד היגיעה כמ"ש בקידושין (לג.) כמה הרפתקי וכו' וכמ"ש בעירובין (נו.) מעלות ומורדות וכו' אזקינון. וכן בימי האדם יש עליות וירידה בימי חייו, שע"ז הוא כל היגיעה ועבודה ועי"ז מזדקן כמ"ש זה קנה וכו' והקנין הוא ביגיעה וכו'.
ועד אברהם לא היתה זקנה ויגיעה כמותו, שהוא יגע ומצא, אבל לא היה צריך ליגיעה, רק הקב"ה יהיב חכמתא לחכימין דייקא, וכל דרכיו משפט, ומברר כי הוא היה בשלימות היגיעה, ולכך מגיע לו גם בלי יגיעה והוא חלקו.. וכן הוא בד"ת ג"כ, שלא יגיע אדם אל השלימות אך בהדרגה, שלפעמים נראה לו לאדם שהוא במדרגה גדולה, ואח"ז רואה חסרון בעצמו ומתחזק עי"ז בעבודת הש"י לתקן את זה החסרון, והוא כענין גערה, שע"י הגערה מתחזק האדם בד"ת כל פעם עוד יותר, עד שמגיע אל עיקר שלימותו.
אכן בעל תשובה מגיע אל שלימות בבת אחת באורח דילוגקמאמבואר במי השלוח ח"ב פרשת צו ד"ה וידבר: הצעקה שהבעל תשובה צועק להשי"ת שיושיע אותו זה עולה למעלה במקום שאין צדיק גמור מגיע, וכדאיתא בזה"ק (חיי שרה קכ"ט:) דבעלי תשובה אינון קריבין למלכא יתיר מכלהו ואינון משכי עלייהו ברעותא דלבא יתיר ובחילא סגיא לאתקרבא למלכא., כדאיתא בזוה"ק (חיי קכט:) זכאין אינון מאריהון דתשובה דהא בשעתא חדא ביומא חדא ברגעא חדא קריבין לגבי קוב"ה מה דלא הוה הכי אפילו לצדיקים גמורים דאתקריבו גבי קוב"ה בכמה שנין.
אברהם לא עאל באינון יומין עלאין עד דהוה סיב. וע"ז מרמז, כל עיר שיש בה מעלות ומורדות מזקינים בחצי ימיהם, שהבעל תשובה מגיע לזקנה זה קנה חכמה בחצי ימיו:
'Abraham était vieux, avancé dans les jours, et le Nom avait béni Abraham en tout' (Genèse 24,1). Vieux indique: il a acquis la sagesse; la sainteté est établie en lui de façon fixe et il n'a plus besoin de restrictions.
Cela lui advint après la ligature d'Its'hak, après qu'il eut été circoncis et mis à l'épreuve par dix épreuves, comme aucune créature au monde ne le fut; il fut transformé d'un extrême à l'autre. Il en est comme du converti qui se convertit: il doit se renverser et se transformer d'un extrême à l'autre, car jusqu'alors il avait été habitué à une voie qui n'était pas bonne.
Ainsi Abraham notre père parvint à la perfection et fut transformé par rapport à ce qu'il était jusque-là, lorsqu'il avait besoin de services et de restrictions; maintenant la sainteté fut établie en lui de façon fixe, de sorte qu'il n'aurait plus besoin de services ni de restrictions, comme il a été expliqué plus haut dans cette paracha, paragraphes 1, 7 et 18, s.v. Aval.
L'homme ne peut parvenir à ce degré que graduellement. C'est ce qu'indique 'avancé dans les jours', selon la saisie de l'homme, comme il est rapporté dans le Zohar (Chayei 129a): 'Abraham était vieux, avancé dans les jours' - dans ces jours supérieurs, dans ces jours connus, etc.
C'est ce qui est rapporté dans le Talmud (Erouvin 56a): Toute ville qui a des montées et des descentes, ses habitants vieillissent au milieu de leurs jours. Car telle est la nature de ce monde: si l'homme marche doucement sur un chemin droit, il ne vieillira pas au milieu de ses jours.
Ainsi l'a expliqué le Komets ha-Min'ha de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen, que son mérite nous protège, II, paragraphe 52: la vieillesse vient de la peine, comme il est dit dans Kiddoushin (33a): combien d'épreuves..., et comme il est dit dans Erouvin (56a): montées et descentes... ils vieillissent. Il y a ainsi, dans les jours de l'homme, des montées et des descentes pendant les jours de sa vie; c'est là toute la peine et le service, et par cela il vieillit, comme il est dit: il a acquis..., et cette acquisition vient par la peine.
Jusqu'à Abraham il n'y avait pas eu de vieillesse ni de peine comme la sienne: il peine et trouve; pourtant il n'avait pas besoin de peine, mais le Saint, béni soit-Il, donne la sagesse précisément aux sages, et toutes Ses voies sont justice. Il établit clairement qu'il était dans la perfection de la peine; c'est pourquoi cela lui revient aussi sans peine, et c'est sa part.
Il en est de même des paroles de Torah: l'homme ne parvient à la perfection que graduellement. Parfois il lui semble qu'il est à un grand degré, puis il voit un manque en lui-même et, par cela, il se fortifie dans le service du Nom pour réparer ce manque.
C'est à l'image d'une réprimande: par la réprimande, l'homme se fortifie dans les paroles de Torah chaque fois davantage, jusqu'à parvenir à l'essentiel de sa perfection. Mais le baal techouva (celui qui revient) parvient à la perfection d'un seul coup, par la voie du saut, comme il est expliqué dans Mei ha-Chiloa'h, II, parachat Tsav, s.v.
Vayedaber: le cri que le baal techouva pousse vers le Nom pour qu'Il le sauve monte en haut, dans un lieu où le juste parfait ne parvient pas; comme il est rapporté dans le Zohar (Chayei Sara 129b): les maîtres du retour sont plus proches du Roi que tous les autres, et ils attirent sur eux, par le désir du cœur plus grand et par une force immense, l'approche du Roi. Comme il est rapporté dans le Zohar (Chayei 129b): Heureux sont les maîtres de la techouva, car en une seule heure, en un seul jour, en un seul instant, ils s'approchent du Saint, béni soit-Il, ce qui n'est pas ainsi même pour les justes parfaits qui s'approchent du Saint, béni soit-Il, durant de nombreuses années.
Abraham n'entra dans ces jours supérieurs que lorsqu'il fut vieux. C'est ce que suggère: Toute ville qui a des montées et des descentes, ils vieillissent au milieu de leurs jours; le baal techouva parvient, au milieu de ses jours, à la vieillesse: il a acquis la sagesse.
ואברהם זקן בא בימים וה' ברך את אברהם בכל. הענין בזה, כענין דאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון י כד:) האי אבנא היינו מלכות שמים זמנין דאזעיר גרמיה ולא נשאר אלא נקודה חדא וזמנין דמלאת כל ארעא.
והוא כענין דאיתא גם בש"ס (גיטין סח:) וזה היה חלקי מכל עמלי חד אמר מקלו וחד אמר מקידו. והוא כי למקל יש לו שלשה שמות.
מקל. מטה.
משענת. כמו שיש לחיות אדם שלש בחינות נפש.
רוח. ונשמה.
נפש, היינו סור מרע, והוא בחינת מקל, שהאדם מסגף עצמו וסר מכל תאות עוה"ז. רוח, מורה שיש לו כח קדושה להטות את עצמו אף לעשות טוב, והוא בחינת מטה שלא זה שסר מרע בשב ואל תעשה, אך אף זה, שמטה לזכות לעשות טוב קום ועשה.
נשמה, היא בבחינת משענת, שיודעה ומכירה את בוראה ואין לה שום סמיכה ומשען על מעשיה הטובים רק על השי"ת לבדו. וכשיהיה אדם בזו המדרגה הוא בבחינת טהרהקמבנשמה היא כולה מן העליונים ולה אין שום חטא ופגם מגיע, כמו שאנו אומרים א-להי נשמה שנתת בי טהורה היא.
כמבואר בתפארת יוסף שבת חוה"מ פסח ד"ה אמר רב הונא ובעוד מקומות רבים.. כי ענין טומאה הוא מי שנראה לו שאבדה תקותו, כדכתיב (יחזקאל ל״ז:י״א) הנה אומרים יבשו עצמותינו אבדה תקותנו נגזרנו לנו.
ולזה הוא טומאת מת הגדולה שבטומאות, מפני שאין לך מי שנראה לו שאבדה תקותו כמו המתקמגמקורו במי השלוח ח"א פרשת אמור ד"ה אמור [ג]: ומת מורה וכו' כי לא ימצא בו שום כח פעולה לתקן את אשר עוות בחייו.
ונתבאר באריכות העניין בבית יעקב ויקרא פ' אמור מאמרים א – י, בית יעקב הכולל פ' פרה ד"ה ויקחו. ועיין עוד בתפארת יוסף פ' פרה ד"ה וידבר:
כי ענין טומאת מת מורה מה שהוא אפס ממנו תקוה ואין לו שום תוחלת להשי"ת, כי כל זמן שהוא עדיין בחיים יש לו קווי להשי"ת. אבל במת אפס ממנו תקוה, ואין רואה בתפיסתו שום קו להשי"ת, כי המתפלל על המת הרי זה תפלת שוא כיון שאינו מכיר בדעתו שום קו להשי"ת לא שייך שום תפלה..
ועיקר דחיית היצה"ר והמקטרגים הוא בבחינת מקל לסור מרע, כי בבחינת עשה טוב יש גם לאומות אחיזה, שגם הם עושים טוב לפעמים, מה שאין כן בסור מרע אין להם אחיזה שאין בכחם לצמצם את עצמם בהנאות וחמדות עוה"זקמדכמבואר בתפארת יוסף פרשת אמור ד"ה ולאחותו: שאני האומות שאף שנמצא אצלם גוון של עבודה, שנדמה שמסיר עצמו מחיי עוה"ז, אבל בעומק הוא כל כוונתו שע"י כך יהיה ביכולתו להתפשט עצמו בלי שום מעצר..
וע"ז מרמז הפלוגתא שבש"ס (שם) חד אמר שנשאר לו מקלו, שהוא מרמז על סור מרע, שהאדם יצמצם את עצמו בכל כחו למסור כל רצונותיו להשי"ת, שהוא מכוון למאמר התיקונים, האי אבנא זמנין דאזעיר גרמיה ולא נשאר אלא נקודה חדא. וחד אמר שנשאר לו מקידו, שהיא כלי לשאוב בה מים, והוא ההיפך מבחינת מקל, כי מקידה מרמז על שנשאר בו כל התשוקות להתפשט את עצמו בכח הקדושה שבו ולמלאת כל ארעא.
ואף שאלו השתי בחינות הם שני הפכים, שאני בשלמה המלך ע"ה שכל כוונתו בהם היה להשי"ת, לזה הם ענין אחדקמהכל העניין מבואר במי השלוח ח"א פרשת חיי ד"ה ואברהם זקן עיין שם. והוסיף על זה שם בגליון הערה ה' וזה לשונו:
וזה גם ענין שלמה המלך ע"ה חד אמר מקלו מורה על חיים וחד אמר קידו מורה על חשק, וזה המחלוקת ביניהם, כי זאת ידוע כי השורש מכל הטובות לא נאבדו ממנו רק שהיה לו כח עצום שהיה יכול לפשט כל הטובות עד אין שיעור, וגם היה יכול לצמצם כל הטובות בתוכו, וזה נקרא סגולה וכמבואר על זה בתיקוני הזהר כי יוכל לצמצם ולהתפשט. וזהו חד אמר קידו כי היה יכול להכניס כל הטובות לתוך התשוקה ולהטמינם בה, ובעת שירצה היו באים אליו בחזרה כן היה גדול כח חשקו, וחד אמר מקלו כי גם החשק היה יכול להסתיר, רק כן היה גדול כח חיותו כי בחיים שלו היה נמצא כח גדול שהיה יכול להשיג על ידו גם החשק גם כל הטובות.
בית יעקב שמות פ' יתרו אות סז ד"ה וכן נאמר.:
'Abraham était vieux, avancé dans les jours, et le Nom avait béni Abraham en tout' (Genèse 24,1). Le sens est celui de ce qui est rapporté dans les Tikounei Zohar (Tikoun 10, 24b): cette pierre, c'est-à-dire la Malchout Shamayim (royauté du Ciel), parfois se rapetisse elle-même et il n'en reste qu'un seul point, et parfois elle emplit toute la terre.
Cela correspond aussi à ce qui est rapporté dans le Talmud (Guittin 68a): 'Et ceci fut ma part de tout mon labeur' (Ecclésiaste 2,10): l'un dit son bâton, et l'autre dit sa cruche. Car le bâton a trois noms: makel, mateh, mich'enet, de même que la vitalité de l'homme a trois aspects: nefech (âme vitale), roua'h (esprit) et nechama (âme supérieure).
Nefech, c'est 'écarte-toi du mal'; c'est l'aspect du makel, lorsque l'homme s'afflige lui-même et se retire de tous les désirs de ce monde. Roua'h indique qu'il a une force de sainteté pour s'incliner lui-même également à faire le bien; c'est l'aspect du mateh, non pas seulement celui qui s'écarte du mal dans l'abstention et l'inaction, mais aussi celui qui incline vers le mérite pour faire le bien, en se levant et agissant.
La nechama est l'aspect de la mich'enet: elle connaît et reconnaît son Créateur et n'a aucun appui ni soutien dans ses bonnes actions, mais seulement dans le Nom. Quand l'homme est à ce degré, il est dans l'aspect de la tahara (pureté), car la nechama est tout entière d'en haut et aucun péché ni défaut ne l'atteint, comme nous disons: 'Mon Dieu, l'âme que Tu as placée en moi est pure'.
Cela est expliqué dans Tiferet Yossef, Chabbat de Hol ha-Moed Pessa'h, s.v. Amar Rav Houna, et en de nombreux autres endroits.
Car l'impureté est l'état de celui à qui il semble que son espoir est perdu, comme il est écrit: 'Voici, ils disent: nos os se sont desséchés, notre espoir est perdu, nous sommes retranchés' (Ezechiel 37,11). C'est pourquoi l'impureté du mort est la plus grande des impuretés, car il n'est personne à qui il semble que son espoir est perdu comme le mort.
La source en est Mei ha-Chiloa'h, I, parachat Emor, s.v. Emor [3]: le mort indique... car aucune force d'action ne se trouve en lui pour réparer ce qu'il a faussé dans sa vie.
La question est longuement expliquée dans Beit Yaakov, Vayikra, parachat Emor, discours 1-10, et dans Beit Yaakov ha-Kolel, parachat Para, s.v. Vayik'hou.
Voir aussi Tiferet Yossef, parachat Para, s.v. Vayedaber: l'impureté du mort indique que l'espoir est nul pour lui et qu'il n'a aucune attente vers le Nom; car tant qu'il est encore en vie, il a une attente vers le Nom.
Mais chez le mort, l'espoir est nul et, dans sa saisie, il ne voit aucun fil vers le Nom; car prier pour le mort est une prière vaine, puisqu'il ne reconnaît dans sa conscience aucun fil vers le Nom, et aucune prière n'est donc possible. L'essentiel du rejet du yetser hara (mauvais penchant) et des mekatregim (accusateurs) est dans l'aspect du makel, de 's'écarter du mal'; car, dans l'aspect de 'faire le bien', les nations ont aussi une prise, puisqu'elles font elles aussi parfois le bien.
Il n'en est pas ainsi de 's'écarter du mal': elles n'ont pas de prise, car elles n'ont pas la force de se restreindre dans les jouissances et les convoitises de ce monde. Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Emor, s.v.
Oula'hoto: les nations sont différentes, car, même si l'on trouve chez elles une apparence de service, qui semble les retirer de la vie de ce monde, au profond tout leur dessein est que, par cela, elles puissent se déployer sans aucune entrave. C'est ce que suggère la divergence dans le Talmud cité plus haut: l'un dit qu'il lui resta son makel, qui suggère 's'écarter du mal', que l'homme se restreigne de toutes ses forces pour remettre toutes ses volontés au Nom.
Cela correspond à la parole des Tikounim: cette pierre parfois se rapetisse elle-même et il n'en reste qu'un seul point. L'autre dit qu'il lui resta sa mekida, un ustensile pour puiser l'eau; c'est l'opposé de l'aspect du makel, car la mekida suggère que demeurent en lui tous les désirs de se déployer par la force de sainteté qui est en lui et d'emplir toute la terre.
Et bien que ces deux aspects soient deux opposés, chez le roi Salomon, de mémoire bénie, dont toute l'intention était pour le Nom, ils ne font qu'une seule chose. Toute la question est expliquée dans Mei ha-Chiloa'h, I, parachat Chayei, s.v.
Ve-Avraham zaken; voir là-bas. Il y ajouta, dans la note marginale 5, ceci: cela est aussi l'affaire du roi Salomon, de mémoire bénie.
L'un dit: son makel indique la vie, et l'autre dit: sa mekida indique le désir. C'est leur divergence.
Car il est connu que la racine de tous les biens ne fut pas perdue de lui; seulement, il avait une force immense, par laquelle il pouvait déployer tous les biens sans mesure, et pouvait aussi restreindre tous les biens en lui. Cela s'appelle segoula (propriété singulière), comme il est expliqué à ce sujet dans les Tikounei Zohar: il peut se restreindre et se déployer.
Ainsi l'un dit: sa mekida, car il pouvait faire entrer tous les biens dans le désir et les y cacher; et, quand il le voulait, ils revenaient à lui, tant la force de son désir était grande. L'autre dit: son makel, car il pouvait aussi dissimuler le désir; seulement, la force de sa vitalité était si grande que, dans sa vie, se trouvait une grande force par laquelle il pouvait atteindre le désir aussi bien que tous les biens.
Beit Yaakov, Chemot, parachat Yitro, paragraphe 67, s.v. Vekhen neemar.
Ce passage poursuit un enseignement sur l'influx de sainteté qui s'étend en tout. « Hachem bénit Avraham en tout » (Berechit 24,1) : le Beit Yaakov y voit en Avraham la force de s'étendre en tout ; la bénédiction du Saint béni soit-Il est la paix, et toute perfection est en Lui. Bakol a pour valeur numérique ben : le Nom de quatre lettres rempli de hé se plie jusqu'à la saisie de l'homme et éveille les créatures, dans le secret des eaux féminines (mayin noukvin), à être comprises dans le Nom. Tous les biens se rapprochent alors d'eux-mêmes de l'homme en qui le Nom réside ; Israël en reçoit la profondeur, les nations n'en ont que la couleur extérieure.
Aussi : Ismaël sort du surplus du ''hessed, sans connaissance ; Its'hak n'a que mikol, Yaakov a kol ; anokhi des Cananéens : charme d'apparence, et Rivka « sortait », le bien séparé du mal.
ועל זה מרמז מה דכתיב וה' ברך את אברהם בכל. היינו שהיה בו השפעת קדושה עד שהיה בו כח להתפשט בכל.
וזה הוא ברכה דקוב"ה, כי ברכה דקוב"ה שלום (עוקצין ג, יב). ולזה נקרא השי"ת כל מפני שיש בו כל השלימות, ואף ברכת כהנים נכללה בזו הברכהקמומבואר בסוד ישרים שמחת תורה אות סט:
ישא ה' פניו אליך וישם לך שלום. היינו כמבואר בגמרא (חגיגה יד.) איזהו נשיאות פנים, כל שנושאים פנים לדורו בזכותו.
אכן על נשיאת פנים מתעורר תמיד קטרוג, לזה נאמר, וישם לך שלום, היינו שיתן לך השי"ת שתמצא בעצמך כל השלימות, אזי לא תתירא משום קטרוג. ועיין עוד בתפארת החנוכי על זהר פרשת ויגש דף רז:
ד"ה והענין.. ולזה נקרא עיר ציון כל, כדכתיב (תהלים נ) מציון מכלל יופי.
וכדכתיב (עקב ח) לא תחסר כל בה, מפני שציון הוא הכלל מכל העולם, וכל הצמחים וגידי הארץ הם מיסוד ציון, שמשם הושתת העולם, כדאיתא בש"ס (יומא נד:) ובמדרש (קהלת ב). ובזו הברכה נתברך אאע"ה מפני שהיה מנושא על כל הנאות עוה"ז כדאיתא בש"ס (פסחים פח.) אברהם קראו הר, שזה מרמז על שהיה מנושא מכל הנאות עוה"ז, ולא היה לו שום נגיעה אליהםקמזכמבואר במי השלוח ח"א פרשת כי תשא ד"ה ויפן:
וע"י ד"ת יוכל להשתנות ולהיות מורם ומובדל מכל חמדה, כי בהר מורה ע"ז, כי בהר לא נמצא לחלוחית כמו בעמק, וכן אברהם אבינו ע"ה יען כי היה מובדל מכל חמדה לכך אמר (בראשית כב) היום בהר ה' יראה. ועיין עוד שם ח"ב פ' תשא ד"ה ויפן., אכן כאשר ירד מעט ממדרגתו אזי נולד ממנו ישמעאלקמחמבואר לקמן פרשת מקץ אות ח ד"ה אמנם:
מרמז על הפסולת שנפרד מאאע"ה שמדתו מדת החסד, וקרא שם המקום הר, כדאיתא בש"ס (פסחים פח.) אברהם קראו הר, והוא שהיה מנושא מכל חמדות עוה"ז ומסר כל קניניו להשי"ת עד שאף בהחיים שלו שכח, ומסוספיתא דיליה, היינו מגודל אהבה וחסד בהסעפותה ללבושים רחוקים, יצא מזה חמדה ותשוקה זרה וגאות, ויצא ישמעאל שהתפשט ביותר מדת החסד בלא דעת כלל, עד ששכח בהחיים שלו והשפיע כל מה שהיה לו בלא דעת, ועליו נאמר (משלי ו׳:ל״ב) משחית נפשו הוא יעשנה.. והענין שאצל אברהם נאמר בכל וביצחק נאמר מכל וביעקב נאמר כל.
הענין בזה, דהנה בכ"ל עולה בגימטריא ב"ן, וכיון שהיה לו בן היה צריך להשיאו אשה להתפשט מדת החסד בעולם למלאות כל ארעא, וע"ז רומז תיבת בכל שהוא בגימטריא ב"ן (שער הפסוקים פרשת חיי ד"ה ויתן לי) והוא השם הוי"ה במילוי ההי"ן, שמזה השם הוא כל ההתפשטות, כי אות ה' מורה על התפשטות ביותר, שיש בה שלשה קוין, התפשטות לרוח דרומי ומזרחי ונקודה בגוה, שממנה מתפשטים הצדדים. ויצחק אבינו היה בהיפך מזה, שבעת שנראה שהיה לו ירידת המדרגה אזי היה בו בחינת כל, כמו שכתוב בעת שברך את יעקב בלי דעת (תולדות כז) ואכל מכל, אכן שלא היה לו רק מכל ולא כל, מפני שכח הראות ניטל ממנו, כדכתיב (שם) ותכהין עיניו.
אך יעקב אע"ה היה בתמידות בזו המדרגה, לזה כתיב בו (וישלח לג) וכי יש לי כל, שהשי"ת אחזו תמיד בימינו, הן בעת שהיה בעלית הדרגין והן בעת שהיה בירידת הדרגין, וכדכתיב (ויחי מח) הא-להים הרועה אותי מעודי עד היום הזהקמטכמו שהביא במי השלוח ח"א פרשת ויחי ד"ה ויאמר: האלקים הרועה אותי מעודי עד היום הזה, היינו בכל פרט מעשה שאני עושה, אני צריך שהש"י יאיר עיני איך הוא רצונו ית'.
וכן הביא בפרי צדיק ראש השנה אות ח: והנורא כנגד יעקב אע"ה, שאמר מה נורא המקום הזה.
פי' כמו שאמר האלקים אשר התהלכו אבותי לפניו, שהם עבדו בהשתדלותם כל אחד במדרגתו, אברהם במדת אהבה ויצחק במדת יראה, ועל עצמו אמר האלקים הרועה אותי וגו' שאין לו ע"י השתדלותו כלום, רק מה שהשי"ת מאיר לו ורועה אותו וכו'., ולכן לא היה במטתו שום פסולת ומטתו היתה שלמה ועיין בענין דלקמןקנומבואר עוד באריכות לקמן פרשת ויצא אות כז עיי"ש.:
C'est à cela que fait allusion ce qui est écrit: 'Le Nom bénit Abraham en tout' (Genèse 24,1). C'est-à-dire qu'il y avait en lui un influx de sainteté, au point qu'il avait la force de s'étendre en tout.
Telle est la bénédiction du Saint béni soit-Il (Koudsha Berikh Hou), car 'la bénédiction du Saint béni soit-Il est la paix' (Ouktsin 3,12). C'est pourquoi le Nom est appelé 'tout', car toute perfection est en Lui; et même la bénédiction des cohanim est comprise dans cette bénédiction, comme il est expliqué dans Sod Yésharim, Simhat Torah, lettre 69: 'Que le Nom lève Sa face vers toi et t'accorde la paix.' C'est-à-dire, comme il est expliqué dans la Guemara (Haguiga 14a): qu'est-ce qu'une élévation de face?
Que l'on lève la face à sa génération par son mérite. Toutefois, de cette élévation de face s'éveille toujours une accusation; c'est pourquoi il est dit: 'et qu'Il t'accorde la paix', c'est-à-dire que le Nom te donne de trouver en toi-même toute perfection; alors tu ne craindras aucune accusation.
Voir encore Tiferet HaHinukhi à ce sujet, paracha Vayigach, p. 207, début de l'article Veha-inyan.
C'est pourquoi la ville de Sion est appelée 'tout', comme il est écrit: 'De Sion, perfection de la beauté' (Psaumes 50), et: 'Tu n'y manqueras de rien' (Deutéronome 8). Car Sion est la totalité de tout le monde, et toutes les plantes et les veines de la terre proviennent du fondement de Sion, d'où le monde fut établi, comme il est rapporté dans le Talmud (Yoma 54b) et dans le Midrach (Qohelet Rabba 2).
Abraham notre père fut béni de cette bénédiction parce qu'il était élevé au-dessus de tous les plaisirs de ce monde, comme il est rapporté dans le Talmud (Pessahim 88a): 'Abraham l'appela montagne.' Cela indique qu'il était élevé au-dessus de tous les plaisirs de ce monde et n'avait avec eux aucun attachement. Ainsi qu'il est expliqué dans Mei HaShiloah, I, paracha Ki Tissa, début de l'article Vayifen: par les paroles de Torah, l'homme peut changer et être élevé et séparé de tout désir; la montagne le montre, car il ne se trouve pas d'humidité sur la montagne comme dans la vallée.
De même Abraham notre père, puisqu'il était séparé de tout désir, dit: 'Aujourd'hui, sur la montagne, le Nom se montrera' (Genèse 22). Voir encore là-bas, II, paracha Tissa, début de Vayifen.
Mais lorsqu'il descendit un peu de son degré, Ismaël naquit de lui. Il est expliqué plus loin, paracha Mikets, lettre 8, début de l'article Amnam, que cela fait allusion au rebut qui se sépara d'Abraham notre père, dont l'attribut était le 'hessed; il nomma le lieu montagne, comme dans le Talmud: 'Abraham l'appela montagne', car il était élevé au-dessus de tous les désirs de ce monde et remit tous ses biens au Nom, au point d'oublier même sa propre vie.
Mais de son surplus (מסוספיתא דיליה), par la grandeur de l'amour et du 'hessed, dans ses ramifications vers des vêtements lointains, sortirent un désir et une convoitise étrangers, ainsi que l'orgueil; Ismaël sortit, qui étendit sans mesure l'attribut du 'hessed, sans aucune connaissance, jusqu'à oublier sa propre vie et répandre sans connaissance tout ce qu'il possédait. C'est de lui qu'il est dit: 'Il détruit son âme, celui qui le fait' (Proverbes 6,32).
Or, chez Abraham il est dit bakol (בכל), chez Its'hak mikol (מכל), et chez Yaakov kol (כל). En effet, bakol (בכ'ל) a pour valeur numérique ben (ב'ן), et puisqu'il avait un fils, il devait lui donner une femme afin que l'attribut du 'hessed s'étende dans le monde et remplisse toute la terre.
C'est à cela que fait allusion le mot bakol, qui a pour valeur numérique ben, comme il est expliqué dans Shaar HaPessoukim, paracha Haye Sara, début de Vayiten li. C'est le Nom de quatre lettres rempli de hé, d'où vient toute extension; car la lettre hé indique une très grande extension: elle a trois lignes, une extension vers le sud et vers l'est, et un point en son sein, d'où les côtés s'étendent.
Its'hak notre père était à l'inverse: lorsqu'il semblait descendre de son degré, il avait alors l'aspect de kol, comme il est écrit lorsqu'il bénit Yaakov sans le savoir: 'J'ai mangé de tout' (Genèse 27). Mais il n'avait que mikol et non kol, parce que la force de sa vue lui fut retirée, comme il est écrit: 'Ses yeux s'étaient obscurcis' (ibid.).
Yaakov notre père, en revanche, fut constamment à ce degré; c'est pourquoi il est écrit à son sujet: 'J'ai tout' (Genèse 33,11). Le Nom le tenait toujours par sa droite, tant dans la montée des degrés que dans leur descente, comme il est écrit: 'Le Dieu qui me fait paître depuis ma jeunesse jusqu'à ce jour' (Genèse 48,15).
Ainsi qu'il est rapporté dans Mei HaShiloah, I, paracha Vayehi, début de Vayomer: dans chaque détail de l'acte que j'accomplis, il me faut que le Nom éclaire mes yeux sur Sa volonté. De même Pri Tsaddik, Roch HaChana, lettre 8, rapporte: 'le redoutable' correspond à Yaakov notre père, qui dit: 'Que ce lieu est redoutable!' Il explique: comme il dit, 'le Dieu devant qui ont marché mes pères'; ils servirent par leur effort, chacun selon son degré, Abraham par l'attribut d'amour et Its'hak par l'attribut de crainte.
Mais de lui-même il dit: 'Le Dieu qui me fait paître', car il ne possède rien par son propre effort, seulement ce que le Nom éclaire et dont Il le nourrit. C'est pourquoi il n'y eut aucune impureté dans sa couche, et sa couche fut parfaite.
Voir la question plus loin, paracha Vayetse, lettre 27.
ואברהם זקן וגו' וה' ברך את אברהם בכל. בכל עולה בגימטריה ב"ן, שהיה לו בן, וכדאיתא והובא ברש"י ז"ל.
והענין בזה הוא, כי בעצם השפעת השי"ת ודבורו אין לאדם שום תפיסה, אכן למקום שהשי"ת שולח דברו ומשפיע שם ברצונו, אזי נמשכים אח"ז כל הברואים ברצונם להתדבק בזה המקום, וכן כל הטובות רוצים להתכלל בהשי"ת, וכענין דכתיב (תהילים ס״ח:י״ב) ה' יתן אמר המבשרות צבא רב. והוא מפני שהשי"ת הוא השלם בכל השלימות בלי שום חסרון כלל, כי ברכה דקוב"ה הוא שלום, כדאיתא (עוקצין פ"ג, יב) לזה רוצים כל הטובות להתכלל בהשי"ת, וממילא מתקרבים לאדם זה שהשי"ת שוכן בקרבו.
וזה הוא וה' ברך את אברהם בכל, בהשם ב"ן, שזה השם ב"ן שהוא הוי"ה במילוי ההי"ן מרכין ומוריד עצמו עד תפיסת אדם, ומעורר אותם ברזא דמים נוקבין, שיחפצו להתנשא ולהתכלל בהשי"תקנאכדאיתא בשער הפסוקים לרבנו האריז"ל פרשת חיי סימן כד ד"ה ויאמר בא: והוא בגמטריא ב"ן, שהיא הוי"ה דההין {יו"ד ה"ה ו"ו ה"ה}, שהוא סוד ההוא רוחא דשדי בה בגווה שבמלכות, אשר על ידו עולים המים נוקבין, מהנוקבא לגבי דכורא עכ"ל..
ולזה כל הולדה נקרא בן. ולאאע"ה היה לו נקודה זו שמעוררת לכל הברואים שיתנשאו להתכלל בהשי"ת, ממילא היו לו כל הטובות בשלימות, ע"ז מרמז תיבת בכ"ל, כי בעכו"ם אין שום טובה בשלימות, ורק השי"ת הוא השלם בכל הטובות, וברך את אברהם בחירו בזו הברכה, שיהיה להם שלימות כל הטובות, ומזה נוכל להבין עד היכן היה אאע"ה דבוק בהשי"תקנבכעין זה ביאר בתפארת יוסף פרשת נשא ד"ה יברכך:
יברכך ד' וישמרך. והיינו שהשי"ת ישכין אצלך כל מיני ברכות וטובות.
ובאמת נמצא אצל האומות ג"כ מיני טובות, ורק החילוק הוא, שהאומות אין להם רק הגוון מהטובה, אבל עומק של הטובה אין להם, ולישראל מנחיל השי"ת עומק של הטובה, והיינו שישראל מקבל המוצא פי ד' המונח בהטובה.:
'Abraham était vieux, etc., et le Nom bénit Abraham en tout' (Genèse 24,1). Bakol a pour valeur numérique ben, car il avait un fils, comme il est rapporté dans la Guemara et cité par Rachi.
Le sens est le suivant: de l'influx et de la parole du Nom eux-mêmes, l'homme n'a aucune saisie. Mais au lieu où le Nom envoie Sa parole et répand selon Sa volonté, toutes les créatures sont ensuite attirées, de leur propre volonté, à s'attacher à ce lieu.
Ainsi aussi tous les biens désirent être compris dans le Nom, selon ce qui est écrit: 'Le Nom donne la parole; les messagères forment une grande armée' (Psaumes 68,12). Car le Nom est parfait de toute perfection, sans aucune carence; la bénédiction du Saint béni soit-Il est la paix, comme il est rapporté (Ouktsin 3,12).
C'est pourquoi tous les biens désirent être compris dans le Nom et, de lui-même, ils se rapprochent de cet homme dans lequel le Nom réside. Tel est le sens de: 'Le Nom bénit Abraham en tout', par le Nom Ben; ce Nom Ben, qui est le Nom de quatre lettres rempli de hé, se plie et descend jusqu'à la saisie de l'homme, et les éveille dans le secret des eaux féminines (mayin noukvin), afin qu'ils désirent s'élever et être compris dans le Nom.
Ainsi est-il rapporté dans Shaar HaPessoukim de notre maître le Ari zal, paracha Haye Sara, paragraphe 24, début de Vayomer ba: il a pour valeur numérique Ben, qui est le Nom de quatre lettres rempli de hé (יוד הה וו הה); c'est le secret de cet esprit qu'Il jette en elle, dans la royauté (Malkhout), par lequel les eaux féminines montent de la féminine vers le masculin. C'est pourquoi toute engendrement est appelée ben.
Abraham notre père possédait cette pointe qui éveille toutes les créatures à s'élever pour être comprises dans le Nom; dès lors, tous les biens étaient à lui dans leur perfection. C'est à cela que fait allusion le mot bakol, car chez les nations il n'y a aucun bien dans sa perfection; seul le Nom est parfait de tous les biens, et Il bénit Abraham Son élu de cette bénédiction, afin qu'ils possèdent la perfection de tous les biens.
De cela nous pouvons comprendre jusqu'où Abraham notre père était attaché au Nom. C'est de même qu'il est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Nasso, début de Yévarekhekha: 'Que le Nom te bénisse et te garde.' Cela signifie que le Nom fasse demeurer auprès de toi toutes sortes de bénédictions et de biens.
En vérité, les nations aussi possèdent des sortes de biens; mais la différence est que les nations n'en ont que la couleur extérieure, et non la profondeur. Au peuple d'Israël, le Nom donne en héritage la profondeur du bien: ils reçoivent l'émission de la bouche du Nom déposée dans ce bien.
אשר לא תקח אשה לבני מבנות הכנעני אשר אנכי יושב בקרבו. הענין דכתיב אשר אנכי יושב ולא נאמר אשר אני יושב בקרבו.
הוא כמו שביאר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה (מי השלוח ח"א פרשת יתרו ד"ה אנכי) החילוק שבין אנכי לאני. אנכי מורה על דבר שלא נגמר עוד בשלימות, לזה נאמר בכ"ף הדמיון, ואני מורה על דבר שלם.
וזה הוא שנאמר כאן, אשר לא תקח אשה לבני מבנות הכנעני אשר אנכי יושב בקרבו, בכ"ף הדמיון, שהיה להם שקר החן והבל היופי על הדמות והגוון, וכדאיתא עליהם במדרש רבה (לך לט) שהיו עוסקין בישוב הארץ, ונשאו חן בעיני אאע"ה מתחלה, מפני שזה הוא גוון טוב. אבל במעמקי לבם לא היה בהם שום טובה, וכדאיתא בזוה"ק (לך פ.) כנעני דאסחר גופא לדינין בישין, והם כדוגמת הפרי קודם גמרה, אזי הוא מעורב עוד הפרי עם הקליפה ולא נפרד ממנה, ויש בהקליפה איזה קליטת טעם וריח מהפרי.
וכן היה להכנענים איזה נשיאת חן על הדמיון והגוון, ומזה צריך להשמר מאד לבל להתערב עמהם. כמו שמצינו בש"ס (סוטה כב:) אל תתיראי מן הפרושין ולא ממי שאינן פרושין אלא מן הצבועים, היינו מי שנראה טוב על הגוון, ופנימיות לבו הוא רק רע, משמע מזה, שאף אם מצמצם את עצמו לפעמים באיזה תאוה, הוא רק בכדי שעי"ז יוכל להתפשט אחר זמן בשטף זדון לעשות מזמת לבוקנגעיין לעיל פרשה זו אות כה ובהערה קמד שם., לזה צריכים להשמר ממנו שלא ללמוד ממעשיו.
כי מי שנראה רע בכולו אף על הגוון ידע האדם להזהר ממנו. אך מי שעל הגוון נראה טוב ועומק לבו מלא רע, יוכל לסאבא למי אשר לא ידע להזהר ממנוקנדכעין זה ביאר במי השלוח ח"ב פרשת כי תשא ד"ה ויאמר משה [ב]:
השמר לך פן תכרת ברית ליושב הארץ, היינו שלא יהיה לשום נפש מישראל שום התחברות עם עכו"ם ושלא יוטב בעיניו שום מדה ממידותיהם אף שנראה שהוא מדה טובה.. ואנכי דכתיב בישראל, שנגלה הש"י לעיני כל העם על הר סיני ואמר (יתרו כ) אנכי ה' א-להיך, זה הוא מעלה יתירה מאני, שהכ"ף הדמיון מורה שעוד לא נגמר העסק שיש להשי"ת עם ישראל, ועוד יש לו עסק עמהם תמיד שיוכלו להעלות ולקנות וללקט מקליפה לקדושה.
וזה הוא ברזא דתפלין, שמרמזים על דביקות השי"ת עם ישראלקנהכמבואר במי השלוח ח"א פרשת כי תשא ד"ה והסירותי: תפלין מרמזין על דביקות וחיבור כמו (בראשית ל) נפתולי אלקים.
היינו שאנו מקושרין בהקב"ה אף כי יעבור עלינו מה לא נתפרד ממנו. ועיין עוד בתפארת החנוכי על זהר פרשת וישלח (קסח:) ד"ה כתיב הכא:
והענין, כי תפילין רומזים על שורש החיבור שיש להש"י עם ישראל דרך כל המסכים המסתירים, כי תפילין הוא לשון חיבור וכו'. עיי"ש כל הענין., ויש בהם ארבע פרשיות שהם כנגד השם יקו"ק, כדאיתא בזוה"ק (משפטים קיט:) ובאריז"ל (שער הכוונות – תפילין, דרוש א) והוא כי ישראל לא יבחרו בזה להתפשט במזמת הלב, אכן שמצמצמים את עצמם מכל התאות בעוה"ז ומצפים לטובת העתיד, שזה הוא טובה שלימה המתקיים לעד.
ומצד האומות נקרא השי"ת אנכי, כל זמן שלא נתלקט מהם הגוון הטוב. אבל אחר הבירור שנתברר הטובה מהקליפה ואין בהקליפה עוד שום טעם מהפרי, אזי נקרא השי"ת אני, וכדכתיב (האזינו לב) ראו עתה כי אני אני הוא וגו'.
לכן צוה אאע"ה לאליעזר עבדו שלא יקח אשה לבנו מבנות הכנעני, רק לבית אביו ילך, והצליח בשליחותו, שעודו מדבר והנה רבקה יוצאת, וכדאיתא בזוה"ק (חיי קלג.) והנה רבקה יוצאת באה מבעיא ליה מאי יוצאת דקוב"ה אפיק לה מכל אינון בני מתא דכולהו חייבין והא יוצאת מכללא דלהון. והוא שהיה בה שלימות, שנפרד הטוב מהרע והפרי מהקליפה, ונזרקה הקליפה ונשאר בהפרי רק טובה מבוררתקנוכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות כא.:
'Tu ne prendras pas pour mon fils une femme parmi les filles du Canaanite au milieu duquel je demeure' (Genèse 24,3). Le sens de ce qui est écrit anokhi (אנכי), et non ani (אני), est celui qu'expliqua mon père et maître, le saint gaon, de bénie mémoire, dans Mei HaShiloah, I, paracha Yitro, début de l'article Anokhi: la différence entre anokhi et ani.
Anokhi indique une chose qui n'est pas encore achevée dans sa perfection; c'est pourquoi il est dit avec le kaf de comparaison. Ani indique une chose parfaite.
C'est ce qui est dit ici: 'parmi les filles du Canaanite au milieu duquel anokhi je demeure', avec le kaf de comparaison: leur charme et leur beauté étaient mensongers, ne tenant qu'à l'apparence et à la couleur. Le Midrach Rabba (Lekh Lekha 39) dit à leur sujet qu'ils s'occupaient d'établir le pays, et ils trouvèrent d'abord grâce aux yeux d'Abraham notre père, car c'est une bonne apparence.
Mais au profond de leur cœur, il n'y avait aucun bien, comme il est dit dans le Zohar (Lekh Lekha 80a): 'Le Canaanite livre le corps aux mauvais jugements.' Ils sont semblables au fruit avant sa maturité: le fruit est encore mêlé à l'écorce et n'en est pas séparé, et l'écorce retient quelque saveur et quelque odeur du fruit. De même, les Canaanites avaient quelque attrait par l'apparence et la couleur, et il faut beaucoup se garder de se mêler à eux.
C'est comme nous trouvons dans le Talmud (Sota 22b): 'Ne crains ni les peroushim ni ceux qui ne sont pas peroushim, mais les hypocrites.' C'est-à-dire celui qui paraît bon à l'extérieur, tandis que l'intérieur de son cœur n'est que mal. Il ressort de cela que, même s'il se restreint parfois dans une convoitise, ce n'est que pour pouvoir ensuite s'étendre, après un temps, dans le flot de la malveillance et accomplir le dessein de son cœur.
Voir plus haut dans cette paracha, lettre 25 et note 144. Il faut donc se garder de lui, afin de ne pas apprendre de ses actes.
Car de celui qui paraît mauvais en tout, même extérieurement, l'homme sait se garder. Mais celui qui paraît bon extérieurement et dont la profondeur du cœur est pleine de mal peut souiller celui qui ne sait pas s'en garder.
De même Mei HaShiloah, II, paracha Ki Tissa, début de Vayomer Moché [2], explique: 'Garde-toi de conclure une alliance avec l'habitant du pays' signifie qu'aucune âme d'Israël n'ait aucun lien avec une nation, et qu'aucun de ses traits ne lui plaise, même s'il semble être un bon trait. Quant à l'anokhi qui est écrit au sujet d'Israël, lorsque le Nom se révéla aux yeux de tout le peuple au mont Sinaï et dit: 'Anokhi, le Nom, ton Dieu' (Exode 20,2), il s'agit d'un degré supérieur à ani.
Car le kaf de comparaison indique que l'œuvre que le Nom a avec Israël n'est pas encore achevée et qu'Il a encore sans cesse une œuvre avec eux, afin qu'ils puissent élever, acquérir et recueillir de la kelipa vers la sainteté. Tel est le secret des tefilin (phylactères), qui font allusion à l'attachement du Nom avec Israël, comme il est expliqué dans Mei HaShiloah, I, paracha Ki Tissa, début de Vehasiroti: les tefilin font allusion à l'attachement et à l'union, comme 'les liens de Dieu' (Genèse 30); nous sommes liés au Saint béni soit-Il et, quoi qu'il nous arrive, nous ne nous séparerons pas de Lui.
Voir encore Tiferet HaHinukhi à ce sujet, paracha Vayishlah (168b), début de l'article Ketiv hakha: les tefilin font allusion à la racine de l'union que le Nom a avec Israël à travers tous les voiles qui cachent, car tefilin est un terme d'union. Ils contiennent quatre passages, correspondant au Nom de quatre lettres, comme il est rapporté dans le Zohar (Michpatim 119b) et chez le Ari zal (Shaar HaKavanot, tefilin, discours 1).
Israël ne choisit pas de s'étendre selon le dessein du cœur; ils se restreignent plutôt de toutes les convoitises de ce monde et attendent le bien futur, qui est un bien parfait demeurant à jamais. Du côté des nations, le Nom est appelé anokhi tant que l'apparence bonne n'a pas été recueillie d'entre elles.
Mais après le tri (birour), lorsque le bien est séparé de la kelipa et que l'écorce ne garde plus aucun goût du fruit, le Nom est appelé ani, comme il est écrit: 'Voyez maintenant que Moi, Moi, Je suis Lui' (Deutéronome 32,39). C'est pourquoi Abraham notre père ordonna à son serviteur Eliezer de ne pas prendre une femme pour son fils parmi les filles du Canaanite, mais d'aller à la maison de son père.
Il réussit dans sa mission: alors qu'il parlait encore, voici Rebecca qui sortait. Le Zohar (Haye Sara 133a) dit: ne fallait-il pas dire 'Rebecca vient'?
Que signifie 'sortait'? Le Saint béni soit-Il la fit sortir de tous les habitants de la ville, qui étaient tous coupables; elle sortit donc de leur ensemble.
Car elle était dans la perfection: le bien s'était séparé du mal, le fruit de l'écorce; l'écorce fut rejetée, et il ne resta dans le fruit qu'un bien purifié, comme il a été expliqué plus haut dans cette paracha, lettre 21.
« Bois, et j'abreuverai aussi tes chameaux » (Berechit 24,14) : Éliézer se fixe ce signe, enseigne le Beit Yaakov, car l'attribut d'Its'hak est la guevoura, incluse dans les 'hassadim lorsqu'elle est dans la clarté. Quand elle se ramifie en vêtements qui occultent, il en dérive une colère qui n'est que mal, dont naît Ésaü, sans part à la racine. Le guimel prolonge l'influx jusqu'à l'extrémité des degrés ; Rébecca y fait entrer la sainteté. Din rafya (jugement doux) face au din kashya (jugement dur), elle enfante Yaakov, attaché à D.ieu jusqu'à l'extrémité de ses degrés.
Aussi : le bien de sainteté s'acquiert par la prière, D.ieu ajoutant la rosée à la pluie demandée ; les nations reçoivent gratuitement, sans part du receveur ; Éliézer dit « Je suis le serviteur d'Avraham », la gratitude revenant au verseur
והיה הנערה אשר אומר אליה הטי נא כדך ואשתה ואמרה שתה וגם גמליך אשקה אותה הוכחת לעבדך ליצחק וגו'. הענין שעשה לעצמו את זה הסימן, כי מדת יצחק אבינו הוא מדת הגבורה, ומדת הגבורה כשהיא בבהירות היא כלולה במדת החסד.
ומה שנראה לעין שמדת הגבורה הוא רתחא וכעס, הוא כענין דאיתא בתנא דבי אליהו רבא (פ"א) שהשי"ת מתנהג עם ישראל כמו אב שאומר לבנו ארי אני עליכם דוב אני עליכם, שעומק כוונת האב בזה הכעס הוא לטובת הבן שעי"ז ייטיב דרכו, כן הוא כוונת השי"ת לטובת ישראל להזריח יראה בלבם שימשכו אחר רצון השי"ת, ובאמת השי"ת הוא אז מלא רחמים על ישראל. אכן בהסתעפות מדת גבורה בלבושים מסתירים, נסתעף ממנה מדת כעס באכזריות חמה, שהוא רק רע, וכמו שנולד ממנו עשו, שנאמר עליו (תהילים י״ז:י״ג) פלטה נפשי מרשע חרבך, שהוא עצמו אינו מכיר השורש ממדת הגבורה, שבשרשה היא כלולה בחסד, והוא אינו מכיר זאת ואין לו חלק כלל בה, מפני שהוא ההיפך לגמרי משורש המדהקנזכמבואר בתפארת יוסף פרשת זכור ד"ה זכור:
לא שייך לומר שעשו הרשע יש לו חלק מעט מאורו של יצחק אבינו, מאחר שחטא נגד אבותיו, ועשה ממש ההיפך ממעשיהם. לכן אין לו שום התיחסות לחיים של יצחק אבינו.
וזה שמסיים המדרש, בשעה שיצא מבטן אמו חתך עיקר מיתרין שלה כדי שלא תלד, והיינו שנטל עם עצמו כל כח ההולדה, שלא יהיה לו חלק בהם, שלא נשאר כלום אצל יצחק ורבקה ממנו. עיין עוד שם פ' תצא ד"ה זכור..
לזה כשהלך אליעזר להביא אשה ליצחק שמדתו מדת גבורה עשה לעצמו זה הסימן, והיה הנערה וגו' ואמרה שתה וגם גמליך אשקה אותה הוכחת לעבדך ליצחק, אות ג' מורה על ירידת השפע עד סוף כל המדרגות, כי ג' איתא בזוה"ק (בלק רג:) ששרשה אות ו' ואושיט פסיעה לבר, ומורה שממשיך השפע עד סוף כל המדרגות, שיש באות ג' וא"ו ופסיעה לבר, ו' מורה על קו השפעה, והפסיעה לבר מורה על ירידת השפע, כדאיתא בזוה"ק (ויחי רמד:) גימל יהיב. ובזה שאמרה לו וגם גמליך אשקה רמזה לו, שאף בהפסיעה לבר תשקה ותכניס קדושה, ומזה ידע שראויה היא רבקה להזדווג ליצחק, וכדאיתא בזוה"ק (תולדות קלז.) שיצחק ורבקה הם דינא קשיא ודינא רפיא.
דינא רפיא מורה שהיה בה קדושה, שהזרע שיתעבר בבטנה יהיה דבוק בהשי"ת אף בסופא דדרגין דיליה, ולזה נולד ממנה יעקב אבינו ע"ה מהשפעת החסד שבשרשה השפיעה ביעקב, עד שאף בסופא דדרגין דיליה היה קשור ודבוק בהשי"ת ואף שלא מדעת, וכדכתיב (ויצא כח) והנה ה' נצב עליו שזה היה בשעת שינהקנחכמו שיתבאר לקמן פרשת ויצא אות כד, כה עיי"ש.:
"La jeune fille à qui je dirai : Incline donc ta cruche, que je boive, et qui dira : Bois, et j'abreuverai aussi tes chameaux - c'est elle que Tu auras désignée pour Ton serviteur, pour Its'hak", etc. (Genèse 24,14).
Voici le sens : il se fixa ce signe, car l'attribut de notre père Its'hak est l'attribut de guevoura. Or l'attribut de guevoura, lorsqu'il est dans la clarté, est inclus dans l'attribut de hassadim.
Ce qui apparaît aux yeux comme l'attribut de guevoura - emportement et colère - est semblable à ce qui est rapporté dans le Tanna devei Eliyahou Rabba (ch. 1) : le Saint, béni soit-Il, Se conduit envers Israël comme un père qui dit à son fils : Je suis pour vous un lion, je suis pour vous un ours.
La profondeur de l'intention du père, dans cette colère, est le bien du fils, afin qu'il améliore sa voie. Ainsi, l'intention du Saint, béni soit-Il, est le bien d'Israël : faire luire la crainte dans leur cœur afin qu'ils soient entraînés après Sa volonté ; et, en vérité, le Saint, béni soit-Il, est alors plein de miséricorde pour Israël.
Toutefois, lorsque l'attribut de guevoura se ramifie en vêtements qui occultent, il en dérive un attribut de colère, d'une cruauté ardente, qui n'est que mal. C'est de lui qu'est né Ésaüe, au sujet duquel il est dit : "Délivre mon âme du méchant, par Ton épée" (Psaumes 17,13).
Lui-même ne reconnaît pas la racine issue de l'attribut de guevoura, laquelle est incluse en sa racine dans le hesed ; il ne la reconnaît pas et n'y a aucune part, car il est tout l'opposé de la racine de l'attribut. Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Zakhor, au titre de "Zakhor" : on ne peut dire qu'Ésaüe le méchant ait une petite part de la lumière de notre père Its'hak, puisqu'il a fauté contre ses pères et a fait exactement l'inverse de leurs actes.
Il n'a donc aucun rapport avec la vie de notre père Its'hak. C'est ce que conclut le midrach : lorsqu'il sortit du ventre de sa mère, il coupa les principaux liens de sa matrice afin qu'elle n'enfante plus ; c'est-à-dire qu'il prit avec lui toute la force de l'enfantement, pour n'y avoir aucune part, de sorte qu'il ne resta rien de lui chez Its'hak et Rebecca.
Voir encore là-bas, paracha Ki Tetse, au titre de "Zakhor". C'est pourquoi, lorsque Eliezer alla chercher une femme pour Its'hak, dont l'attribut est la guevoura, il se fixa ce signe : "La jeune fille... et qui dira : Bois, et j'abreuverai aussi tes chameaux - c'est elle que Tu auras désignée pour Ton serviteur, pour Its'hak".
La lettre guimel (ג) indique la descente de l'influx jusqu'à l'extrémité de tous les degrés. Car il est dit dans le Zohar (Balak 203b) que sa racine est la lettre vav (ו), "et elle étend un pas vers l'extérieur" ; elle indique que l'influx se prolonge jusqu'à l'extrémité de tous les degrés.
En effet, la lettre guimel comprend un vav et un pas vers l'extérieur : le vav indique la ligne de l'influx, et le pas vers l'extérieur indique la descente de l'influx, comme il est dit dans le Zohar (Vayehi 244b) : "Le guimel donne". En lui disant : "J'abreuverai aussi tes chameaux", elle lui indiqua que, même dans ce pas vers l'extérieur, elle abreuverait et y ferait entrer la sainteté.
Par cela il sut que Rebecca était digne de s'unir à Its'hak, comme il est dit dans le Zohar (Toledot 137a) : Its'hak et Rebecca sont le din kashya (jugement dur) et le din rafya (jugement doux). Le din rafya indique qu'il y avait en elle de la sainteté : la descendance qui serait conçue dans son ventre resterait attachée au Saint, béni soit-Il, même à l'extrémité de ses degrés.
C'est pourquoi notre père Yaakov, que son hesed de racine influença, naquit d'elle ; jusqu'à l'extrémité de ses degrés, il était lié et attaché au Saint, béni soit-Il, même sans le savoir, comme il est écrit : "Voici, ה' se tenait sur lui" (Genèse 28), ce qui eut lieu durant son sommeil, comme cela sera expliqué plus loin, paracha Vayetse, sections 24-25.
והיה הנערה אשר אומר אליה וגו' ואמרה שתה וגם גמליך אשקה אותה הוכחת לעבדך ליצחק. הענין שאליעזר עשה לעצמו את זה הסימן, לכאורה היה סימן יפה לו אם יהיה בה נדיבות גדול עד שבעצמה תתרחם עליו ועל הגמלים להשקותם, היא ראויה לכנוס בביתו של אברהם אבינו לינשא ליצחק אבינו ע"ה.
אכן הענין בזה הוא, דהנה השי"ת שהוא רב חסד מתנהג עם בריותיו ואומר להם, בני פתחו לי נקב כחודה של מחט ואני אפתח לכם פתח כפתחו של אולם כדאיתא (שיר רבה פרשה ה), היינו שהאדם יהיה המתחיל והש"י יגמור בעדו בהוספה מרובה על העיקר, וכדאיתא בש"ס (תענית ד) שלשה שאלו שלא כהוגן וכו'. אף כנסת ישראל שאלה שלא כהוגן והקב"ה השיבה כהוגן, שנאמר ונדעה נרדפה לדעת את ה' וגו' ויבא כגשם לנו, אמר לה הקב"ה בתי את שואלת דבר שפעמים מתבקש ופעמים אין מתבקש, אבל אני אהיה לך דבר המתבקש לעולם שנאמר אהיה כטל לישראל.
הענין בזה, כי גשם אין בכח שום אומה ולשון להביאו לעוה"ז, מפני שהגשם לא ירד בלתי בכח תפלה והם משוללים עבודת השי"ת, לזה לא ירד הגשם מצדם, וכל השפעת טובתם היא שלא בתפלה ואין להם שום קנין בהטובה מצדם. והשפעת טובה שהשי"ת משפיע לישראל הוא מכח תפלתם, שצועקים ונענים ויש להם חלק וקנין בהטובה, וזה הוא עיקר הטובה ושלימותה שיש לאדם נייחא ממנה, וכענין דאיתא במד"ר (קהלת ד) רעותיה דמתקרי לעי ונגיס.
וזה הוא שכנסת ישראל שואלת גשם בכח התפלה שנמצא בישראל, והקב"ה יתן להם תוספת מרובה על העיקר להוסיף להם טל מדעתוקנטהעניין מבואר בהרחבה בספר הזמנים – הגדה של פסח עניין טל אות א, סוד ישרים א' דפסח אות ב, כד. עיין שם כל העניין..
ולזה עשה אליעזר לעצמו זה הסימן, אם יבקש ממנה מעט רק לשתות, ויהיה בה נדיבות יתירה עד שתוסיף מדעתה להשקות אף את הגמלים, אותה הוכחת לעבדך ליצחק. כי גמל מורה על נדיבות יתירהקסעיין בבית יעקב ויקרא פרשת שמיני אות לו ד"ה וזהו העניין., כמש"נ בענין הקודם, שנפש כזה ראוי להכנס בישראל, מאחר שהוא בהיפך מדעת האומות שהם מסט"א, שטבע הסט"א הוא להשפיע וליתן טובה בחנם, בכדי שלא יקרא על שם האדם שביגיע כפיו זכה לזו הטובה, וכענין דאיתא בזוה"ק (תרומה קכח.) בגין דרוח מסאבא איהו אזדמן תדיר במגנא ובריקניא ואזדבן בלא אגרא וכו'.
והוא מפני שאינם רוצים בשורש טובת האדם אשר ייטב לו בזה ובבא. אבל מסטרא דקדושה לא נשפע טוב רק ע"י תפלה, שיבקש מתחלה מהשי"ת על זו הטובה, ואז ינתן לו, וזה הוא מנדיבות חסדי הש"י שחפץ ומצפה לטובת הבריאה, שייטב לו שיקרא הטובה על שם האדם שביגיע כפיו זכה להטובה ע"י התפלה שהתפלל להשי"ת עליה וכדאיתא בזוה"ק (שם)קסאכמבואר לקמן פרשת ויחי אות לה ד"ה ולזה:
כי כל האומות עובדי כו"ם מקבלים על ידי שרים של מעלה, ואין זאת בכח שום שר להשפיע למטה הימנו על זה האופן שיהיה נקרא השפעתו על שם יגיע כפו של המקבל, ואף שנתן בהם השי"ת כחות גדולים, כמו שנאמר כח וגבורה נתן בהם וגו', מכל מקום כל השפעתם למטה מהם הוא רק בבחינת חנם, ולא שיהיה להמקבל חלק במה שמקבל, כדאיתא בזוה"ק (תרומה דף קכח.) בגין דרוח מסאבא איהו אזדמן תדיר במגנא ובריקניא וכו' והיינו שלא יהיה להמקבל חלק בהשפעתם ע"י יגיע כפו. כי רק להשי"ת יש זאת הנדיבות להשפיע להמקבל על זה האופן שיהיה נקרא על שם יגיע כפו של המקבל וכו'.
והוא ית' הוא כל רצונו שיהיה להמקבל חלק בהשפעה, שיהיה נקרא על שם המקבל שהוא פעל אותה בעבודת תפלתו.. לכן כשרצה אליעזר להוציא אמן של ישראל מבין הגוים עשה לעצמו הסימן, שאם כאשר יהיה הוא המעורר אותה ליתן לו מעט מים, והיא תוסיף לו מצדה ונדיבותה הטובה להשקות אף את הגמלים, היא האשה הראויה להיות אמן של ישראלקסבנתבאר בתפארת יוסף מסכת פסחים (נו.) ד"ה ת"ר:
כאשר שלח אותו אאע"ה ואמר אליו ולקחת אשה לבני ליצחק (בראשית כ״ד:ד׳) עשה לעצמו זה הסימן, והיה הנערה אשר אומר אליה הטי נא כדך ואשתה ואמרה שתה וגם לגמליך אשקה אותה הוכחת לעבדך ליצחק (שם) ואיתא ע"ז (ברש"י ז"ל על מקומו) כדאי היא ליכנס לביתו של אברהם אבינו, היינו מאחר שהצורך בה שתהא ראויה להכנס לביתו של אברהם אבינו, לזה מהצורך שימצא גם בזה הנפש ממדה זו להכניס הכרת אור השי"ת אף לגמולי מחלב ועתיקי משדים, כי ע"י שיקבעו הכרה הזאת מאבותינו הקדושים באותן הדורות, ועי"ז יוקבע זאת לדור דורים שישאר בישראל הכרה זאת לעדי עד.. וע"ז מרמז גמל על נדיבות יתירה כמש"נ בענין הקודם, והוא מבהמות הטמאים, מפני שצריך להתברר, ובזה תתברר שראויה להיות אמן של בנ"י, שאמרו בש"ס על הכנס"י שהיא שואלת מצדה גשם והשי"ת מוסיף מצדו טל.
ולא עשה עצמו הסימן אם תתן לו בלא אמירה, כי לא כאלה חלק יעקבקסגבית יעקב הכולל פרשת חיי ד"ה והיה הנערה.:
"La jeune fille à qui je dirai... et qui dira : Bois, et j'abreuverai aussi tes chameaux - c'est elle que Tu auras désignée pour Ton serviteur, pour Its'hak." Voici le sens du signe qu'Eliezer se fixa. À première vue, un beau signe aurait été qu'elle possédât une grande générosité, au point que, d'elle-même, elle aurait pitié de lui et des chameaux et les abreuverait ; elle serait alors digne d'entrer dans la maison de notre père Abraham et d'épouser notre père Its'hak.
Mais voici le fond de la chose. Le Saint, béni soit-Il, qui abonde en hesed, Se conduit envers Ses créatures et leur dit : "Mes fils, ouvrez-Moi une ouverture comme le chas d'une aiguille, et Je vous ouvrirai une ouverture comme le portail du Oulam" (Cantique Rabba, paracha 5).
L'homme doit donc commencer, et le Saint, béni soit-Il, achèvera pour lui, par un ajout beaucoup plus grand que l'essentiel. Comme il est rapporté dans le Talmud (Taanit 4a) : trois demandent de manière inconvenante, etc.
L'assemblée d'Israël demanda, elle aussi, de manière inconvenante, et le Saint, béni soit-Il, lui répondit de manière convenable, ainsi qu'il est dit : "Connaissons, poursuivons la connaissance de ה'... Il viendra à nous comme la pluie" (Osée 6,3).
Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Ma fille, tu demandes une chose qui parfois est souhaitée et parfois ne l'est pas ; mais Moi, Je serai pour toi une chose souhaitable à jamais, comme il est dit : "Je serai comme la rosée pour Israël" (Osée 14,6). Voici le sens : aucune nation ni langue n'a le pouvoir de faire venir la pluie dans ce monde, car la pluie ne descend que par la force de la prière, et elles sont privées du service du Nom.
La pluie ne descend donc pas de leur fait, et tout l'influx de leur bien est sans prière ; elles n'ont aucune acquisition dans ce bien de leur fait. Mais l'influx de bien que le Saint, béni soit-Il, accorde à Israël provient de la force de leur prière : ils crient et reçoivent réponse, et ils ont part et acquisition dans ce bien.
C'est là l'essentiel du bien et sa perfection : l'homme y trouve satisfaction, selon ce qui est dit dans le Midrach Rabba (Qohelet 4) : "routiyya demitqari lae venagis". C'est pourquoi l'assemblée d'Israël demande la pluie par la force de la prière qui se trouve en Israël, et le Saint, béni soit-Il, leur donnera un ajout beaucoup plus grand que l'essentiel, en leur ajoutant de Lui-même la rosée, comme cela est longuement expliqué dans Sefer ha-Zemanim - Haggada de Pessa'h, sujet de la rosée, section 1, et Sod Yesharim I, Pessa'h, sections 2 et 24.
Voir là-bas tout le sujet. C'est pourquoi Eliezer se fixa ce signe : s'il lui demandait un peu, seulement à boire, et qu'elle eût une générosité supplémentaire, au point d'ajouter d'elle-même d'abreuver aussi les chameaux, "c'est elle que Tu auras désignée pour Ton serviteur, pour Its'hak".
Car le chameau indique une générosité supplémentaire, comme expliqué dans le sujet précédent (voir Beit Yaakov, Vayikra, paracha Shemini, section 36, au titre de "Veze hou ha-inyan"). Une telle âme est digne d'entrer en Israël, car elle est à l'inverse de l'avis des nations, qui relèvent de la Sitra A'hra (l'Autre Côté).
La nature de la Sitra A'hra est de répandre et de donner du bien gratuitement, afin que ce bien ne soit pas attribué à l'homme qui l'a acquis par le labeur de ses mains. Comme il est dit dans le Zohar (Terouma 128a) : "car l'esprit d'impureté se présente toujours gratuitement et dans le vide, et se vend sans salaire", etc.
C'est parce qu'elles ne veulent pas le bien véritable de l'homme, pour son bien dans ce monde et dans le monde à venir. Mais du côté de la sainteté, le bien n'est répandu que par la prière : il doit d'abord demander au Saint, béni soit-Il, ce bien, puis il lui sera donné.
C'est la générosité des hassadim du Nom : Il désire et attend le bien de la création, afin qu'il soit bon pour elle, et que le bien soit attribué à l'homme qui l'a acquis par le labeur de ses mains, grâce à la prière qu'il a adressée au Saint, béni soit-Il, à son sujet. Comme il est dit dans le Zohar (ibid.), et comme cela sera expliqué plus loin, paracha Vayehi, section 35, au titre de "Velakhen" : toutes les nations idolâtres reçoivent par les princes d'en haut, et aucun prince n'a le pouvoir de répandre vers ceux qui sont au-dessous de lui d'une manière telle que son influx soit attribué au labeur des mains du receveur.
Bien que le Saint, béni soit-Il, leur ait donné de grandes forces, ainsi qu'il est dit : "Il leur donna force et puissance", etc., tout leur influx vers ceux qui sont au-dessous d'eux n'est que gratuit ; le receveur n'a aucune part dans ce qu'il reçoit, comme il est dit dans le Zohar (Terouma 128a) : "car l'esprit d'impureté se présente toujours gratuitement et dans le vide", etc., c'est-à-dire que le receveur n'a aucune part à leur influx par le labeur de ses mains. Car seul le Saint, béni soit-Il, a cette générosité : répandre au receveur de manière que cela soit attribué au labeur des mains du receveur, etc.
Toute Sa volonté est que le receveur ait une part à l'influx, qu'il soit attribué au receveur qui l'a produit par le service de sa prière. C'est pourquoi, lorsqu'Eliezer voulut faire sortir la mère d'Israël du milieu des nations, il se fixa ce signe : si, alors qu'il l'inciterait à lui donner un peu d'eau, elle ajoutait de son côté, dans la générosité de son bien, d'abreuver aussi les chameaux, elle serait la femme digne d'être la mère d'Israël.
Comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, traité Pessahim (56a), au titre de "Tannou Rabbanan" : lorsque notre père Abraham l'envoya et lui dit : "Tu prendras une femme pour mon fils Its'hak" (Genèse 24,4), il se fixa ce signe : "La jeune fille à qui je dirai : Incline donc ta cruche, que je boive, et qui dira : Bois, et j'abreuverai aussi tes chameaux - c'est elle que Tu auras désignée pour Ton serviteur, pour Its'hak" (ibid.). Il est dit à ce sujet, dans Rachi sur place : elle est digne d'entrer dans la maison de notre père Abraham.
Puisqu'il était nécessaire qu'elle soit digne d'entrer dans la maison de notre père Abraham, il fallait donc aussi trouver en cette âme cet attribut : faire entrer la reconnaissance de la lumière du Saint, béni soit-Il, même chez ceux qui sont sevrés du lait et éloignés des mamelles. Car, par le fait que nos saints pères fixèrent cette reconnaissance en ces générations-là, elle fut fixée de génération en génération, afin que cette reconnaissance demeure en Israël pour toujours.
Le chameau fait donc allusion à la générosité supplémentaire, comme expliqué dans le sujet précédent ; il est parmi les bêtes impures parce qu'il doit être clarifié. Par cela sera clarifiée qu'elle est digne d'être la mère des enfants d'Israël : la Guemara dit de l'assemblée d'Israël qu'elle demande d'elle-même la pluie, et que le Saint, béni soit-Il, ajoute de Lui-même la rosée.
Il ne fit pas son signe sur le fait qu'elle lui donnerait sans qu'il parle, car telle n'est pas la part de Yaakov, comme il est expliqué dans Beit Yaakov ha-Kolel, paracha Hayye Sara, au titre de "Vehaya ha-naara".
ויאמר עבד אברהם אנכי. איתא במדרש רבה (חיי ס) ע"י ששרת את הצדיק באמונה יצא מכלל ארור ובא לכלל ברוך ונאמר עליו בוא ברוך ה'.
הענין בזה, כדאיתא בש"ס (ב"ק צב:) חמרא למאריה וטיבותא לשקייה, משמע מזה שעיקר צריך להחזיק טובה להשקייא. אכן זה הוא רק אם יש להשקייא הכרה שהוא איננו בעל הטובה, רק הוא כפוף תחת בעל היין שהוא בעל הטובה, כי אם יאמר השקייא שהטובה היא שלו אזי תלקח מאתו הטובה, כי עיקר הטובה באה לו מכח האדוןקסדלקמן פרשת וישב אות יג ד"ה לזה..
וזה הוא הענין באליעזר עבד אברהם, שהיה לו זו ההכרה שעיקר הטובה וההצלחה באה לו בזכותו של אאע"ה שהוא האדון בהטובה, ואליעזר הוא העבד, לזה מגיע גם לו ברכה, טיבותא לשקייה, שהיה יכול לומר שהוא קרובו של אאע"ה והודה על האמת ויאמר עבד אברהם אנכי:
"Il dit : Je suis le serviteur d'Abraham" (Genèse 24,34). Il est dit dans le Midrach Rabba (Hayye Sara 60) : parce que tu as servi le juste avec fidélité, tu es sorti de la catégorie des maudits et tu es entré dans celle des bénis ; il est dit de lui : "Viens, béni de ה'" (Genèse 24,31).
Voici le sens, selon ce qui est dit dans le Talmud (Bava Qamma 92b) : "Le vin est au maître, et la gratitude au verseur." Il en ressort que l'essentiel est de savoir gré au verseur. Mais cela n'est vrai que si le verseur reconnaît qu'il n'est pas le maître du bien, qu'il est seulement soumis au maître du vin, lequel est le maître du bien.
Car si le verseur disait que le bien est à lui, le bien lui serait retiré ; l'essentiel du bien lui vient par la force du maître, comme cela sera expliqué plus loin, paracha Vayyeshev, section 13, au titre de "Lakhen". Tel est le sens concernant Eliezer, serviteur d'Abraham : il reconnaissait que l'essentiel du bien et de la réussite lui venait par le mérite de notre père Abraham, le maître du bien, tandis qu'Eliezer était le serviteur.
C'est pourquoi la bénédiction lui revient aussi : "la gratitude au verseur". Il aurait pu dire qu'il était le proche parent de notre père Abraham, mais il reconnut la vérité et dit : "Je suis le serviteur d'Abraham."
« Et je suis venu aujourd’hui à la source » : le Talmud (Sanhédrin 95a) apprend que la terre s’est contractée pour Eliezer. Le Beit Yaakov dit que le Nom אקו"ק est le Nom de la contraction de la terre ; Eliezer l’a appris des initiales de la parole d’Avraham : « Je te ferai jurer par Hachem, D.ieu du ciel et D.ieu de la terre ». Avraham était prompt dans les affaires du Ciel, char pour la Présence divine ; Eliezer possédait la force de son maître pour unifier le Nom. Cet acte est semblable à la rédemption d’Égypte : Eliezer racheta Rébécca du sein de la kelipa (écorce). Quand Israël aura recueilli toutes les étincelles parmi les peuples, la rédemption sera complète.
Aussi : Pessa'h se rapporte à Avraham et est dans la hâte ; Rébécca abreuve les chameaux jusqu’à la fin de tous les degrés ; une mitsva faite pour se glorifier ne donne aucune vie, Betouel meurt et Efron perd le vav
ואבא היום אל העין. ילפינן מזה בש"ס (סנהדרין צה.) מכאן שקפצה לו הארץ.
והוא, כי זה השם אקו"ק הוא השם של קפיצת הארץ. ומהיכן למד זאת אליעזר, ממאמר אאע"ה שאמר אליו ואשביעך בה' א-להי השמים וא-להי הארץ, ראשי תיבין אקו"ק.
והוא, מפני שעל אאע"ה כתיב (תהילים ק״י:ג׳) לך טל ילדותך כמו שנדרש במדרש (שו"ט שם) עליו. כי אברהם אבינו היה מהיר וזריז בחפצי שמים, וכדכתיב בו וישכם אברהם בבקר.
ברזא דלעילא דכתיב (תהילים קמ״ז:ט״ו) עד מהרה ירוץ דברו, לכן זכה להיות מרכבה לשכינה, והיה בו כח קדושה מהמאציל. וכן חג הפסח המתייחס לאברהם אבינו הוא בחפזוןקסהנתבאר לעיל פרשת לך אות א:
לך טל ילדותך. היינו שהיה בו זריזות יתירה להתרגש מיד לעשות רצון השי"ת, שאף הגוף שלו הסכים לזה בלי שום התנגדות למנעו בטבע עצלות הגוף.
מפני שהוא היה בתמידות חם וזריז כמו בילדותו ולא נס לחו, וכדכתיב ביה וישכם אברהם בבוקר. מבואר כמו כן בספר הזמנים – הגדה של פסח עניין מצה אות ד:
אברהם אבינו שהיה נמשך ג"כ אחר השי"ת במהירות גדול, וכמו שכתיב בעצם היום הזה נימול וגו'. בלי עיכוב כלל וכו'.
יען שמיד שהיה לו הארה מהשי"ת היה נמשך תיכף אחר רצונו ית' כמו שנאמר לו ועשה במהירות כמש"כ וישכם אברהם בבוקר. וכן איתא (מנחות טז.) זריזותא דאברהם אבינו קמ"ל.
היינו שלא הוצרך כלל לישב עצמו, אלא מיד התפעל לציווי השי"ת במהירות מאד. וזה היה יען שהיה קרוב מאד להשי"ת, לכן פעל בו מיד מאמר השי"ת..
לזה גם אליעזר שהיה קרוב לאאע"ה היה בו כח אדוניו ליחד השם שקפצה לו הארץ. ונעשה ממנו פרשה גדולה בתורה וחזרה ונשנה, וכמו שדרשו במדרש רבה (חיי ס) יפה שיחתן של עבדי בתי אבות מתורתן של בנים וכו'.
מפני שזה המעשה הוא כמו גאולתן של ישראל ממצרים, שגאל אותם הקב"ה ממצרים שהוא תורף מקום טומאה, וכן גאל אליעזר את רבקה אם כל ישראל מבין הקליפה, שזה הוא עיקר עולם התיקון, כי משך הגלות הוא רק עי"ז שהקדושה מפוזר ומפורד בין העמים. אבל כאשר ילקטו ישראל את כל הניצוצין והקדושות הבלוע בפיהם עד שלא ישאר מה להוציא עוד, אז יהיה הגאולה בשלימותקסומבואר במי השלוח ח"ב תהילים (קמז) ד"ה בונה:
עיקר בנין ירושלים הוא בזמן הגלות שפזר השי"ת את ישראל בין העכו"ם שיקבלו כל הטובות מהם ולהכניסם לקדושה ואז יהיה רצון השי"ת מאוד בהתפשטות. ועיין עוד בית יעקב שמות פרשת תרומה אות כז ד"ה מאדמים:
לזה הוגלו ישראל לבין האומות, שיטלו כל הכחות שלהם וכו'. ואח"כ כשיטלו כל הטוב שיש בין האומות, אזי יהיה שמן למאור, זה מלך המשיח, שנאמר ערכתי נר למשיחי וכו'..
לכן נכתבה ונשנה זו הפרשה ופרטי הפעולות וברכת אברהם אבינו עד שיתקיים לתקן עולם במלכות שדי (תפלת עלינו לשבח) שיתתקנו ויושלמו כל הגבולים, אז תהיה הגאולה בשלימות, שבזה השם כלולים כל הטובות שיהיו לעתידקסזמבואר בסוד ישרים ראש השנה אות מח: אחר שיתוקן העולם במלכות שד"י, היינו שיסיר השי"ת את המסכים המבדילים, אזי יתגלה מפורש כמו שהוא באמת מצד השי"ת, שאין שום גבול כלל.
וכל מה שנראה מצד תפיסת האדם שהוא בגבול, הוא באמת ג"כ בלי גבול וכו'. וזה הוא כל המכוון מרצונו ית' בבריאת עולם, שיתקן עולם במלכות שד"י, שישיג האדם את האור הבלתי גבול בתוך גבול הבנת תפיסתו, בהכרה מפורשת שאין באמת מצד השי"ת שום גבול כלל.
ועיין עוד שם אות מז., כדאיתא במסכת עוקצין (פ"ג) עתיד הקב"ה להנחיל לכל צדיק וצדיק שלש מאות ועשר עולמות שנאמר להנחיל אוהבי י"ש. והוא שאות ש' מורה על מספר הריבוי היותר גדול מכל האל"ף בי"ת, כי ת' שאחר השי"ן רומז לעוה"ב, כדאיתא ג"כ במי השלוח (ח"א פ' נח ד"ה אלה).
והש' מורה שלעתיד אחר שישלמו הבירורין, יתן הש"י לישראל את כל הטובות שצמצמו את עצמם בהם בעוה"ז יתן להם אז בטובת עין בהתפיסה שלהם, שיקרא על שם יגיע כפיהם. וכענין דכתיב (לך יז) לתת לך את ארץ מגוריך, היינו במקום שהיית במגור ופחד בסבלנות וצמצומים בעוה"ז, יתן לו השי"ת אז הטובה באשר הוא עמל.
וכן איתא בזוה"ק (ויקהל רד.) שאות ש' רומז לתלת קוין, היינו כל התפשטות הבריאה שהקב"ה חילק מעשיו ומלך עליהםקסחכעין זה מפרש בסוד ישרים ליל פורים אות כז ד"ה ששון: כי כל התפשטות שהציב השי"ת בזה העולם נכלל ברזא דתלת קוין.
ואות שי"ן רומז על רזא דתלת קוין, כמבואר בזוה"ק (ויקהל רד.) ש' הא אוקמוה רזא דתלת אבהן דמתאחדין בבת יחידה וכו'. וזה השי"ן הוא מצידו ית'.
ועיין עוד בתפארת החנוכי על זוהר פרשת פקודי (רכח.) ד"ה ונחשת.. וכן עולה ש"י חצי גמטריא כתר, שרומז למילוי דסיהרא, שלעתיד ישתמשו שניהם בכתר אחד, משא"כ בעוה"ז אי אפשר שישתמשו שנים בכתר אחד כדאיתא בש"ס (חולין ס:).
ואות י' מורה על חכמה עלאה הנמשך וכדאיתא בזוה"ק (האזינו רצ:). ומרמז על כח הנתינה, כי אות י' הוא האות הראשון מהשם יקו"ק, שהוא המהוה כל.
ואות ד' מורה על ארבע מאות עלמין דכסופין שמובא בתוספתא (זהר חיי קכג:). אכן לזה לא יגיע האדם בכח עבודותיו, רק הוא תוספתו של הקב"ה המרובה על העיקר, שהשי"ת יתן טובה לאדם באותו הלבוש עצמו שסבל בו, עד שהאדם עצמו יראה זאת בתפיסתו אז.
אבל אדם מצדו אין לו שום טעימה מזו הטובה שיבא רצון וחשק בלבו להתפלל עליה. כי כל הטובות מעוה"ז הם מה ששייף השי"ת לאדם מאותו המין, שבעוה"ז הוא הטובה מכוסה בלבוש ההיפך, ועי"ז ששייפין לו מאותו המין יש לו הרגשה מעט מהטוב הצפון.
למשל אם ישייפו לאדם דבש על פיו, מזה ידע שנמצא מתיקות בעולם, אך שאין בכחו להגיע עדיה, ולאדם זה יגדל צערו מאד יותר מלאדם שאיננו יודע כלל אם נמצא מתיקות בעולם. ומאחר שאין לו שום ידיעה ממילא אין לו שום חסרון.
שאני מי שיודע בטובה אך הוא חסר ממנה יגדל צערו מאד, וע"ז מרמזין הת' עלמין דכסופין שמרומזין באות ד', היינו מה שאדם דל ונכסף להם, שבעוה"ז אין לו שום תפיסה בהם, כמו כל מעשי המצות שאין לאדם רק הרגלים והצמצומים בהם, שבעוה"ז הם מכוסין בלבוש ההיפך מהטובה הצפונה בה, ולעתיד יגלה השי"ת לאדם הטוב הצפון וטעמי המצות, שעד עתה היה אדם דל מהם ונכסף אליהםקסטמבואר העניין לקמן פרשת וישלח אות ג ד"ה ובאמת, בית יעקב שמות פרשת תשא אות נט ד"ה ויאמר לא, בית יעקב ויקרא פ' צו אות א, בית יעקב הכולל פ' תשא ד"ה ויאמר אני, פ' מסעי ד"ה ולא, פ' ראה ד"ה ראה [א].. וזה הוא שאמרה אליו רבקה וגם גמליך אשקה, עד סוף כל הדרגיןקעעיין לעיל פרשה זו אות כט בהערה קסב שם., והוא הת' עלמין דכסופין שהת' רומז לעתיקא קדישא כדאיתא בזוה"ק (נשא קכח:) והיינו דתנינן ברישומי אתוון ת' רשים רישומא לעתיק יומין.
וע"ז מרמז הת' שלעתיד יתן השי"ת טובה בזה הלבוש עצמו בתפיסת אדם שהיה לו בעוה"ז, וכל חשק האדם שהתאוה וחשק בעוה"ז יהיה מלא אור וקדושה בזה הלבוש עצמו:
"Et je suis venu aujourd'hui à la source". Le Talmud (Sanhédrin 95a) apprend de là que la terre s'est contractée pour lui.
En effet, ce Nom, אקו"ק, est le Nom de la contraction de la terre. D'où Eliezer l'a-t-il appris ?
De la parole de notre père Abraham : "Je te ferai jurer par ה', D.ieu du ciel et D.ieu de la terre" ; les initiales forment אקו"ק. Car il est écrit au sujet de notre père Abraham : "À toi la rosée de ta jeunesse" (Psaumes 110,3), comme le Midrach (Choher Tov, ad loc.) l'interprète à son sujet.
Notre père Abraham était prompt et diligent dans les affaires du Ciel, ainsi qu'il est écrit de lui : "Abraham se leva tôt le matin". Selon le secret d'en haut, ainsi qu'il est écrit : "Sa parole court très vite" (Psaumes 147,15) ; c'est pourquoi il mérita d'être un char pour la Présence divine, et il y avait en lui une force de sainteté venant de l'Émanateur.
De même, la fête de Pessa'h, qui se rapporte à notre père Abraham, est dans la hâte. 165 Il a été expliqué plus haut, parachat Lekh Lekha, paragraphe 1 : "À toi la rosée de ta jeunesse", signifie qu'il avait une diligence extraordinaire à s'émouvoir aussitôt pour accomplir la volonté du Saint, béni soit-Il ; même son corps y consentait, sans aucune résistance pour l'en empêcher, selon la nature de la paresse du corps.
Car il était continuellement ardent et diligent comme dans sa jeunesse, et sa vigueur ne s'était pas enfuie, ainsi qu'il est écrit à son sujet : "Abraham se leva tôt le matin". Cela est aussi expliqué dans Sefer HaZmanim - Haggada de Pessa'h, sujet de la matsa, paragraphe 4 : notre père Abraham était lui aussi attiré après le Saint, béni soit-Il, avec une très grande rapidité, comme il est écrit : "En ce jour même il fut circoncis", etc., sans aucun délai.
Car dès qu'il recevait un éclaircissement du Saint, béni soit-Il, il suivait aussitôt Sa volonté, béni soit-Il ; quand il lui était dit : "Fais", il le faisait rapidement, comme il est écrit : "Abraham se leva tôt le matin". De même, il est dit (Mena'hot 16a) : "Il nous enseigne la diligence de notre père Abraham".
Cela signifie qu'il n'avait nul besoin de réfléchir, mais était aussitôt touché par le commandement du Saint, béni soit-Il, avec une très grande promptitude. Cela venait de ce qu'il était très proche du Saint, béni soit-Il ; aussi Sa parole agissait-elle en lui aussitôt.
Aussi Eliezer, qui était proche de notre père Abraham, possédait-il la force de son maître pour unifier le Nom, et la terre s'est contractée pour lui. De lui fut faite une grande paracha dans la Torah, répétée une seconde fois, comme l'ont enseigné les sages dans le Midrach Rabba (Hayyé Sara 60) : "La conversation des serviteurs des maisons des pères est plus belle que leur enseignement aux fils", etc.
Car cet acte est semblable à la rédemption d'Israël hors d'Égypte : le Saint, béni soit-Il, les racheta d'Égypte, qui est le cœur même du lieu de l'impureté ; de même Eliezer racheta Rébécca, mère de tout Israël, du sein de la kelipa (écorce). C'est là l'essentiel du monde du tikoun (rectification), car la durée de l'exil ne vient que de ce que la sainteté est dispersée et séparée parmi les peuples.
Mais lorsqu'Israël aura recueilli toutes les étincelles et toutes les saintetés englouties dans leur bouche, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien à en extraire, alors la rédemption sera complète. 166 Il est expliqué dans Mei HaChiloa'h, II, Psaumes 147, début de "Il bâtit" : l'essentiel de l'édification de Jérusalem est au temps de l'exil, lorsque le Saint, béni soit-Il, a dispersé Israël parmi les nations idolâtres afin qu'ils en reçoivent tous les biens et les fassent entrer dans la sainteté ; alors la volonté du Saint, béni soit-Il, se révélera pleinement dans l'expansion.
Voir encore Beit Yaakov, Chemot, parachat Terouma, paragraphe 27, début de "Rouges" : c'est pour cela qu'Israël fut exilé parmi les nations, afin de prendre toutes leurs forces, etc. Puis, lorsqu'ils auront pris tout le bien qui se trouve parmi les nations, cela deviendra de l'huile pour le luminaire : c'est le roi Messie, ainsi qu'il est dit : "J'ai préparé une lampe pour Mon oint", etc.
C'est pourquoi cette paracha a été écrite et répétée, avec le détail des actes et de la bénédiction de notre père Abraham, jusqu'à ce que s'accomplisse : "Réparer le monde sous la royauté de Chaddai" (prière Aleinou leChabea'h), de sorte que toutes les limites soient réparées et achevées. Alors la rédemption sera complète, car dans ce Nom sont inclus tous les biens qui seront dans l'avenir.
167 Il est expliqué dans Sod Yechorim, Roch Hachana, paragraphe 48 : après que le monde sera réparé sous la royauté de Chaddai, c'est-à-dire lorsque le Saint, béni soit-Il, aura retiré les écrans qui séparent, il sera manifeste clairement, tel qu'il est en vérité du point de vue du Saint, béni soit-Il, qu'il n'existe aucune limite. Tout ce qui, du point de vue de la perception humaine, apparaît comme limité est en vérité aussi sans limite.
C'est là toute l'intention de Sa volonté, béni soit-Il, dans la création du monde : réparer le monde sous la royauté de Chaddai, afin que l'homme saisisse la lumière sans limite dans les limites de la compréhension de sa perception, en reconnaissant clairement qu'en vérité, du point de vue du Saint, béni soit-Il, il n'existe aucune limite. Voir encore là-bas, paragraphe 47.
Ainsi qu'il est dit dans le traité Ouktsin (chap. 3) : le Saint, béni soit-Il, donnera en héritage à chaque juste trois cent dix mondes, comme il est dit : "Pour donner en héritage à ceux qui M'aiment, yech (יש)".
La lettre chine indique le nombre de l'abondance le plus grand de tout l'alef-beth, car le tav, qui suit le chine, fait allusion au monde à venir, comme il est aussi expliqué dans Mei HaChiloa'h (I, parachat Noa'h, début de "Voici"). Le chine indique que dans l'avenir, après l'achèvement des séparations, le Saint, béni soit-Il, donnera à Israël tous les biens pour lesquels ils se sont restreints dans ce monde ; Il les leur donnera alors généreusement, dans leur perception, et ils seront appelés d'après le labeur de leurs mains.
Comme dans ce qui est écrit (Lekh Lekha 17) : "Je te donnerai le pays de tes séjours" : au lieu où il était dans le séjour et la crainte, dans la patience et les restrictions de ce monde, le Saint, béni soit-Il, lui donnera alors le bien dans lequel il a peiné. De même, il est dit dans le saint Zohar (Vayakhel 204a) que la lettre chine fait allusion aux trois lignes, c'est-à-dire à toute l'expansion de la création, selon laquelle le Saint, béni soit-Il, a divisé Ses œuvres et a régné sur elles.
168 Sod Yechorim, nuit de Pourim, paragraphe 27, début de "Joie", explique de la même manière : toute expansion que le Saint, béni soit-Il, a établie dans ce monde est incluse dans le secret des trois lignes. La lettre chine fait allusion au secret des trois lignes, comme il est expliqué dans le saint Zohar (Vayakhel 204a) : "Le chine, ils l'ont établie comme le secret des trois pères qui s'unissent dans la fille unique", etc.
Ce chine est de Son côté, béni soit-Il. Voir encore Tiferet HaHanoukhi sur le Zohar, parachat Pekoudei (228a), début de "Et le cuivre".
Et שי totalise aussi la moitié de la valeur numérique de keter (couronne), ce qui fait allusion au remplissage de la lune : dans l'avenir, les deux se serviront d'une même couronne, tandis que dans ce monde deux ne peuvent se servir d'une même couronne, comme il est dit dans le Talmud (Houlin 60b). La lettre yod indique la 'hokhma d'en haut qui se propage, comme il est dit dans le saint Zohar (Haazinou 290a).
Elle fait allusion à la force du don, car le yod est la première lettre du Nom יקו"ק, qui fait être toute chose. La lettre dalet fait allusion aux quatre cents mondes du désir (almin dekhisoufin), rapportés dans la Tosefta (Zohar, Hayyé 123b).
Toutefois, l'homme ne parvient pas à cela par la force de ses œuvres ; ce n'est que l'ajout du Saint, béni soit-Il, abondant au-delà de l'essentiel : le Saint, béni soit-Il, donnera à l'homme le bien dans le vêtement même dans lequel il a souffert, au point que l'homme le verra lui-même alors dans sa perception. Mais l'homme, de son côté, n'a aucun goût de ce bien, de sorte que viennent dans son cœur une volonté et un désir de prier pour lui.
Car tous les biens de ce monde sont ce que le Saint, béni soit-Il, frotte à l'homme de cette même espèce : dans ce monde, le bien est couvert d'un vêtement opposé, et, parce qu'on lui frotte de cette espèce, il éprouve quelque peu le bien caché. Par exemple, si l'on frotte du miel sur la bouche d'un homme, il saura par là qu'il existe de la douceur dans le monde, mais qu'il n'a pas la force de l'atteindre.
La souffrance de cet homme grandira beaucoup plus que celle de l'homme qui ne sait pas du tout s'il existe de la douceur dans le monde ; puisque celui-ci n'en a aucune connaissance, il n'en éprouve aucune absence. Il n'en est pas de même pour celui qui connaît le bien mais en est dépourvu : sa souffrance grandit beaucoup.
À cela font allusion les quatre cents mondes du désir, contenus dans la lettre dalet : l'homme en est pauvre et les désire, car dans ce monde il n'en a aucune perception. Il en est ainsi de tous les actes des mitsvot : l'homme n'y a que les habitudes et les restrictions ; dans ce monde, ils sont couverts d'un vêtement opposé au bien qui y est caché.
Dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, révélera à l'homme le bien caché et les raisons des mitsvot, dont jusqu'alors l'homme était pauvre et après lesquelles il languissait. 169 Le sujet est expliqué plus loin, parachat Vayichla'h, paragraphe 3, début de "Et en vérité" ; Beit Yaakov, Chemot, parachat Tissa, paragraphe 59, début de "Et Il dit : non" ; Beit Yaakov, Vayikra, parachat Tsav, paragraphe 1 ; Beit Yaakov haKolel, parachat Tissa, début de "Et Je dirai" ; parachat Massei, début de "Et non" ; parachat Reeh, début de "Vois" [1].
C'est ce que Rébécca lui dit : "Et j'abreuverai aussi tes chameaux", jusqu'à la fin de tous les degrés. 170 Voir plus haut dans cette paracha, paragraphe 29, note 162.
Cela correspond aux quatre cents mondes du désir ; le tav fait allusion à Atika Kadicha (l'Ancien saint), comme il est dit dans le saint Zohar (Nasso 128b) : "C'est ce que nous avons appris dans les traces des lettres : le tav inscrit une trace pour l'Ancien des jours". Ce tav fait ainsi allusion à ce que, dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, donnera le bien dans ce vêtement même, selon la perception que l'homme avait dans ce monde ; tout le désir auquel l'homme aspirait et qu'il convoitait dans ce monde sera rempli de lumière et de sainteté dans ce vêtement même :
ויען לבן ובתואל ויאמר מה' יצא הדבר וגו'. איתא במדרש רבה (חיי ס) שבתואל נגף בזה הלילה.
והענין בזה הוא, שמי שעושה מצוה רק להתפאר בה ולא לכבודו ית' אין לו שום חיים מהמצוה אשר עשה. אכן אם יעשה מצוה רק לכבודו ית', שהש"י צוה ועשה, שנוטל ומפזר מממונו לקיים מצות השי"ת, ובוטח בהשי"ת בכל לבו, יש לו מזה חיים אמתיים.
וזה הוא הענין בזו הפרשה, שכאשר הסכימו וגמרו להוציא מביניהם הניצוץ הקדוש אזי מיד מת בתואל אביה, מאחר שלא היה לו אחיזה בשורש החיים של זו הקדושה, ולבן נשאר עוד בחיים מפני בנותיו שהיו עתידין להולד ממנו. וכן כאשר גמר עפרון בדעתו למכור מקום קדושה מערת המכפלה מתחת ידו, אזי נכתב אח"כ עפרן חסר ו', שאות ו' מורה על חיים כדאיתא בזוהר הקדוש (ויחי רמא:) וממנו אפסו החייםקעאכמבואר לעיל פרשה זו אות ו ד"ה ובתנחומא.:
"Laban et Betouel répondirent et dirent : la chose est sortie de ה'", etc. Le Midrach Rabba (Hayyé Sara 60) rapporte que Betouel fut frappé cette nuit-là.
Le sens est que celui qui accomplit une mitsva seulement pour s'en glorifier, et non pour l'honneur du Saint, béni soit-Il, ne tire aucune vie de la mitsva qu'il a accomplie. Mais s'il accomplit une mitsva seulement pour l'honneur du Saint, béni soit-Il, parce que le Saint, béni soit-Il, l'a ordonnée et qu'il l'accomplit, prenant de son argent et le dispersant pour observer les mitsvot du Saint, béni soit-Il, tout en plaçant toute sa confiance dans le Saint, béni soit-Il, alors il en reçoit une vie véritable.
C'est le sens de cette paracha : lorsqu'ils consentirent et décidèrent de faire sortir de leur sein l'étincelle sainte, Betouel, son père, mourut aussitôt, car il n'avait aucune prise à la racine de la vie de cette sainteté. Laban resta encore en vie à cause de ses filles, qui devaient naître de lui.
De même, lorsqu'Efron se détermina à vendre le lieu saint de la grotte de Makhpéla, qui était sous sa main, son nom fut ensuite écrit עפרן, sans le vav ; la lettre vav indique la vie, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayehi 241b), et la vie cessa de lui. 171 Comme expliqué plus haut dans cette paracha, paragraphe 6, début de "Et dans le Tan'houma".
« Et Avraham ajouta et prit une femme » : dans ces engendrements il n'y a absolument aucune lumière, car ils naissent d'Avraham après son achèvement, sans travail ni contractions (tsimtsoum). Le Beit Yaakov rapporte, d'après le Sefer Raziel, que D.ieu créa le monde en détournant Sa face, afin que l'homme se contracte toujours et Le reconnaisse ; si l'homme ne se contracte pas d'abord, même une naissance sainte ne compte pour rien. Les Sages ont dit qu'Avraham leur transmit un nom d'impureté ; le mot « cadeaux » s'écrit sans vav. Ces enfants naissent du degré de ''hessed d'Avraham : les nations s'opposent les unes aux autres, et Israël trouve du repos.
Aussi : pourquoi Avraham prend femme dans sa vieillesse face à Ésaüe ; dans l'avenir Its'hak consentira aux biens ; Ketoura et Zimran éveillent vers le ''hessed ; Yo'hani, le ''hessed par degrés ; l'impureté selon celui qui reçoit ; Efron sans vav
ויוסף אברהם ויקח אשה וגו' ותלד לו וכו'. זשה"כ (תהילים ע״א:י״ד) ואני תמיד איחל והוספתי על כל תהלתך.
הענין בזה, דהנה באלו התולדות לא היה אור כלל, מפני שנולדו מאברהם אחר שנשלם, ולא היה צריך עוד לשום עבודה וצמצומיםקעבכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות כג., מאחר שנבחן ונצרף ונתנסה ועמד ביצרו, ממילא נקבע בו קדושה בל ימוט לנצח ממנו, לזה ההולדות שהוליד אח"ז לא היה להם עסק בצמצומים ועבודות להכיר על ידם את השי"ת, והמשיך השי"ת את אורו מהם, ולא נשאר בהם שום אור כלל. כי השי"ת ברא את העולם בהסתר פנים כדאיתא (בספר רזיאל בסתרי אותיות דר"ע) בשעה שברא הקב"ה את עולמו הפך את פניו ממנו, בכדי שהאדם יהיה תמיד ביראה, ויצמצם את עצמו תמיד, שעי"ז יכיר את השי"ת שהוא ברא כל ומושל בכל, ועי"ז יוכל לבא להשלמהקעגביאר לעיל פרשת בראשית אות יא ד"ה איתא:
באם היה אור ישר לא היו הברואים יכולים לקבל, ולכן העמיד השי"ת אור חוזר שהבריאה תוכל לקבל האור וכו'. כמו שהעומד לפני המלך מתבטל במציאות מאימת הכבוד, עד שהרואה אותו מאחוריו אינו רואה בו שום תנועת כח חיים, ורק כשהופך פניו אז נראים פעולותיו, וזה הוא אור חוזר, וכדאיתא בסתרי אותיות (בספר רזיאל) כשברא הקב"ה את העולם הפך את פניו ממנה, וכנ"ל שהשי"ת חפץ שיהיה כח להבריאה לקבל האור ולפעול בו., שאח"ז לא יצרך עוד לצמצומים ועבודות, רק אף ההתפשטות שלו יהיה טוב.
אבל אם לא יעבוד האדם מתחלה לצמצם את עצמו בל להתפשט, אזי אף אם יולד קדוש מרחם אמו ואביו לא יחשב לכלום, כי אין לך נולד בקדושה מהולדת בריאת עולם, שכל העולם נברא בד"ת, כדאיתא בזוה"ק (שמיני לה:) באורייתא ברא קוב"ה עלמא, ובראשית הבריאה היה העולם מלא קדושה, מ"מ כשנסתרה ונעלמה הקדושה הזו בהסתעפות הדורות דור המבול ודור הפלגה, הוציא השי"ת את אורו מהם ולא נשאר בהם שום קדושה, רק ההיפך ששכן בהם כח הטומאה. וכן הוא הענין בתולדות אברהם אבינו שהוליד אחר השלמתו, שלא היה בו עוד כח עבודה וצמצומים, וההולדה מזה היו ג"כ בלי כח עבודה וצמצום, זה הוא רק רע וטומאה, אף שנולדו מזרע קודש.
והם כמו הגוף בשעה שהנשמה יצאה ממנו, שאז שורה עליו כח הטומאה. וזה הוא שאמרו בש"ס (סנהדרין צא.) שאברהם אבינו מסר לאלו התולדות שם טומאה, היינו שלא היה בהם קדושה, ממילא היה בהם שם טומאהקעדומבואר בספר הלקוטים להאריז"ל (פרשת חיי ד"ה ולבני הפלגשים) וזל"ק:
מתנת חסר ו' כתיב. מכאן סמכו רז"ל לדרוש, שם הטומאה מסר להם.
כי כיון שראוי להיות בו אחת מאותיות השם הגדול, ובא חסר, הוא רמז לקליפה המעכבת גילוי הקדושה באותו מעשה. עכל"ק.
וכן איתא בלקוטי תורה (פרשת חיי): דע, כי כל מקום שיוכל ליכנוס אות משם הוי"ה ואינה נכנסת, הוא מפני הטומאה.
לכן אמרו רז"ל, שמסר להם שם טומאה, מתנת חסר כתיב., וכענין דאיתא בזוה"ק (תצוה קפ:) בגין דאית שמהן קדישין עלאין דקיימין ברעו דרוחא ולבא בלא מלולא כלל. ואית שמהן קדישין תתאין דקיימין במלה ובמשיכו דמחשבה ורעו עלייהו.
ואית שמהן אחרנין לתתא דאינון מההוא סטרא אחרא דאיהו מסטרא דמסאבא ואלין לא קיימן אלא ברעו דעובדא לתתא לסלקא רעו דההוא עובדא דלתתא לגביה. בגין דאיהו סטרא אחרא לאו איהו אלא בעובדין דהאי עלמא לאסתאבא בהון כגוונא דבלעם ואינון בני קדם.
והענין שהוצרך אאע"ה להוליד תולדות האלה, לפי שאלו האומות הם כענין דכתיב (שופטים ג׳:א׳) ואלה הגוים אשר הניח ה' לנסות בהם את ישראל, והיו ראוים להולד מיצחק אבינו ע"ה כדאיתא בלקוטי תורה מהאר"י הק' (פ' חיי), וכן משמע מזוה"ק (פ' חיי קלג:). אכן מפני שמדת יצחק הוא מדת הגבורה, ואם היו נולדים מיצחק אזי היו מעיקים ומצירים מאד לישראל, וכדאיתא בלקוטי תורה (שם), לזה נולדו מאאע"ה דרגא דחסד שהוא ההיפך ממדת גבורה, ועי"ז הם מתנגדים זה לזה, ובין כך יש להם נייחא לישראל, מאחר שהעכו"ם היו מתלחמים זע"ז, וישראל מטין עצמן לכף זכות, פעמים ברזא דחסד ופעמים ברזא דגבורה, עי"ז היה להם נייחא, וכדאיתא בזוה"ק (משפטים צה.) מאן הוא נחשא דפרח באוירא ואזיל בפרודא ובין כך ובין כך אית נייחא לחד נמלה דשכיב בין שנוי שרי בחבורה וסיים בפרודא.
הענין הזה מדבר במי שהתחלתו ושירותו מהתולדה הוא ממקום קדושה. נחשא דפרח באוירא ואזיל בפרודא, היינו שהעכו"ם מתנגדים זה לזה.
ובין כך אית נייחא לחד נמלה דשכיב בין שנוי, מדבר בישראל שהיו נתונים בין העכו"ם שרצו לנשכם תמיד, והשי"ת גרה אותם אומה באומה שילחמו זה בזה בכדי שיהיה שלום על ישראל:
Et Abraham ajouta et prit une femme, etc., et elle lui enfanta, etc. C'est ce qui est écrit : "Moi, j'espère toujours, et j'ajouterai à toute Ta louange" (Psaumes 71,14).
Voici le propos. Dans ces engendrements il n'y avait absolument aucune lumière, car ils naquirent d'Abraham après qu'il eut atteint son achèvement : il n'avait plus besoin d'aucun travail ni de contractions (tsimtsoum).
Ainsi qu'il a été expliqué plus haut dans cette paracha, section 23 : puisqu'il avait été éprouvé, purifié, mis à l'épreuve et avait tenu ferme contre son penchant, une sainteté immuable pour l'éternité fut d'elle-même établie en lui. Aussi les enfants qu'il engendra ensuite n'eurent-ils pas à s'occuper de contractions ni de travaux par lesquels reconnaître le Nom, et le Nom retira Sa lumière d'eux ; il ne leur resta aucune lumière.
Car le Nom créa le monde dans la dissimulation de Sa face, comme il est rapporté dans le Sefer Raziel, dans les Mystères des lettres de Rabbi Akiva : au moment où le Saint, béni soit-Il, créa Son monde, Il détourna Sa face de lui, afin que l'homme demeurât toujours dans la crainte et se contractât toujours ; par cela il reconnaîtrait le Nom, qui a tout créé et règne sur tout, et par cela pourrait parvenir à l'achèvement. Il a été expliqué plus haut, parachat Bereshit, section 11, au nom du Midrach : si la lumière avait été directe, les créatures n'auraient pu la recevoir ; aussi le Nom instaura-t-Il une lumière réfléchie, afin que la création puisse recevoir la lumière, etc.
Il en va comme de celui qui se tient devant le roi : il est annulé dans son existence par crainte de l'honneur, au point que celui qui le voit de derrière ne perçoit en lui aucun mouvement de force vitale ; ce n'est que lorsqu'il tourne son visage que ses actions apparaissent. Cela est la lumière réfléchie.
Et ainsi est-il rapporté dans les Mystères des lettres, dans le Sefer Raziel : quand le Saint, béni soit-Il, créa le monde, Il détourna Sa face d'elle ; comme dit plus haut, le Nom veut que la création ait la capacité de recevoir la lumière et d'agir par elle. Après cela, l'homme n'aura plus besoin de contractions ni de travaux, car même son épanouissement sera bon.
Mais si l'homme ne travaille pas d'abord à se contracter, afin de ne pas s'épandre, alors même s'il naît saint du ventre de sa mère et de son père, cela ne compte pour rien. Car il n'est aucune naissance plus sainte que celle de la création du monde : le monde entier fut créé par la Torah, comme il est rapporté dans le Zohar (Shemini 35a) : "Le Saint, béni soit-Il, créa le monde par la Torah." Au commencement de la création, le monde était plein de sainteté ; néanmoins, lorsque cette sainteté fut cachée et dissimulée dans le déploiement des générations, la génération du déluge et la génération de la dispersion, le Nom retira Sa lumière d'eux et aucune sainteté ne leur resta, mais au contraire la force de l'impureté habita en eux.
Il en est de même des enfants de notre père Abraham qu'il engendra après son achèvement : il n'avait plus en lui de force de travail ni de contraction, et ces enfants naquirent eux aussi sans force de travail ni de contraction. Cela n'est que mal et impureté, bien qu'ils soient nés d'une semence sainte.
Ils sont comme le corps lorsque l'âme l'a quitté : alors la force de l'impureté réside sur lui. C'est le sens de ce qu'ont dit les Sages dans le Talmud (Sanhédrin 91a) : notre père Abraham transmit à ces enfants un nom d'impureté ; c'est-à-dire qu'il n'y avait pas en eux de sainteté, et par conséquent il y avait en eux un nom d'impureté.
Il est expliqué dans le Sefer ha-Likutim du Ari zal, parachat Chayei Sara, sur "et aux fils des concubines" : "Le mot cadeaux (מתנת) est écrit sans vav. De là les Sages ont pris appui pour enseigner qu'il leur transmit un nom d'impureté.
Car, puisqu'une des lettres du grand Nom devait y figurer et qu'elle manque, c'est une allusion à la kelipa (écorce d'impureté) qui empêche la révélation de la sainteté dans cette action." Fin de citation. De même, il est rapporté dans Likoutei Torah, parachat Chayei : "Sache que partout où une lettre du Nom à quatre lettres pourrait entrer et n'entre pas, cela vient de l'impureté.
C'est pourquoi les Sages ont dit qu'il leur transmit un nom d'impureté : le mot cadeaux est écrit sans vav." Et cela rejoint ce qui est rapporté dans le Zohar (Tetsaveh 180a) : "Il y a des noms saints et supérieurs qui subsistent dans le vouloir de l'esprit et du cœur, sans aucune parole. Il y a des noms saints inférieurs qui subsistent dans la parole, et dans l'attraction de la pensée et du vouloir sur eux.
Et il y a d'autres noms, en bas, qui relèvent de l'Autre Côté, du côté de l'impureté ; ils ne subsistent que dans le vouloir de l'action d'en bas, pour faire monter vers lui le vouloir de cette action d'en bas. Car l'Autre Côté n'est que dans les actes de ce monde, pour les souiller, à l'exemple de Balaam et des fils de l'Orient." La raison pour laquelle notre père Abraham dut engendrer ces enfants est que ces peuples sont à l'image de ce qui est écrit : "Voici les nations que le Nom laissa pour éprouver par elles Israël" (Juges 3,1).
Ils auraient dû naître de notre père Its'hak, comme il est rapporté dans Likoutei Torah du saint Ari, parachat Chayei, et ainsi ressort-il aussi du Zohar, parachat Chayei (133a). Mais puisque l'attribut d'Its'hak est celui de la guevoura, s'ils étaient nés d'Its'hak, ils auraient opprimé et accablé Israël avec une grande force, comme il est rapporté dans Likoutei Torah, là-bas.
C'est pourquoi ils naquirent de notre père Abraham, degré de hassad, à l'opposé de l'attribut de guevoura. De ce fait ils s'opposent les uns aux autres, et entre-temps Israël trouve du repos, puisque les nations idolâtres se combattent entre elles, tandis qu'Israël s'incline vers le côté du mérite, tantôt dans le secret du hassad, tantôt dans le secret de la guevoura ; par cela ils trouvent du repos.
Ainsi qu'il est rapporté dans le Zohar (Mishpatim 95a) : "Qui est le serpent qui vole dans l'air et va dans la séparation ? Entre-temps et entre-temps, une fourmi couchée entre les dents trouve du repos ; il commence par l'assemblage et finit par la séparation." Ce propos parle de celui dont le commencement et le service issus de la naissance procèdent d'un lieu de sainteté.
"Le serpent qui vole dans l'air et va dans la séparation", ce sont les nations idolâtres qui s'opposent les unes aux autres. "Entre-temps, une fourmi couchée entre les dents trouve du repos", cela parle d'Israël, placé entre les nations idolâtres qui voulaient toujours le mordre.
Le Nom les excitait, nation contre nation, pour qu'elles se combattent entre elles, afin qu'Israël ait la paix.
ויסף אברהם ויקח אשה ושמה קטורה ותלד לו את זמרן ואת יקשן וגו'. הענין שאאע"ה נשא אשה לעת זקנתו והוליד אלו התולדות, מפני שראה ברוח הקודש שעשו יולד מיצחק אבינו ע"ה, ומצדו יצטרך יעקב אבינו לברר את עצמו ביותר נגד עשו העומד ומקטרג עליו תמידקעהוכדאיתא בספר הלקוטים להאריז"ל (פרשת חיי ד"ה ויוסף):
שיצחק שמח בעשו שישלוט הוא בישראל ולא אחרים, ולכן ויאהב יצחק את עשו, על שהיה שולט על ישראל, ולא שיביאו אומה אחרת לשלוט עליהם., ואם היו נולדים גם אלו התולדות מיצחק אבינו שהיו ראוים באמת להולד ממנו כדאיתא בלקוטי תורה מהאר"י הק' (פ' חיי) אזי היו קשים הבירורים מאד על יעקב, כי מצד יצחק אבינו ע"ה צריך האדם לברר את עצמו ביותר, שכן בברכו את יצחק אבינו ע"ה (תולדות כז) ברכו ברוב דגן שזה מורה על דבר ברורקעוכמבואר במי השלוח ח"ב פרשת תולדות ד"ה ויתן לך, ונתבאר לקמן פרשת תולדות אות מה: ורוב דגן, היינו מבורר ביותר, שהיה יכול ליכתב והרבה דגן או ורב דגן, אלא כתיב ורוב דגן, רומז שהדגן בעצמו יהיה מידגן ביותר, כדאיתא בש"ס (ברכות מז) האי אידגן, והיינו שהאדם יברר עצמו ביותר ולא יהיה בו שום פסולת, ומהבירורים נצמח כל מיני סבלנות, ומי שסובל הוא בדאגה .
ועיין עוד שם אות מג ד"ה ורוב., לזה נולדו מאברהם אבינו ע"ה דרגא דחסד, לזה אין להם כח קטרוג כ"כ שיצרכו ישראל להתברר כנגדם. ולעתיד יאמר השי"ת ליצחק אבינו ע"ה שדי הבירורים שנתבררו ישראל בהם עד עתה, ומעתה יסכים גם הוא מצדו שיבואו עליהם כל הטובות, וכדכתיב (ישעיה מג) אומר לצפון תני, צפון הוא דרגא דיצחק, וכדאיתא בש"ס (שבת פט:) לעתיד לבא יאמר לו הקב"ה לאברהם בניך חטאו לי אמר לפניו רבש"ע ימחו על קדושת שמך וכו' אמר לו ליצחק בניך חטאו לי אמר לפניו רבש"ע בני ולא בניך וכו'.
והוא שיצחק אבינו יראה אז אהבתו הגדולה, עד שיעורר אף את אברהם ויעקב, שכל כונתם שאמרו מתחלה ימחו על קדושת שמך היה רק בכדי שיוכרח יצאע"ה להתעורר גם הוא, כי יצחק אבינו לא יתעורר רק בהכרח גדול, כענין דכתיב (האזינו לב) כי ידין ה' עמו וגו' כי יראה כי אזלת יד ואפס עצור ועזוב וגו' ראו עתה כי אני אני הוא ואין א-להים עמדי אני אמית ואחיה מחצתי ואני ארפא:
Et Abraham ajouta et prit une femme, dont le nom était Ketoura ; elle lui enfanta Zimran, Yokshan, etc. La raison pour laquelle notre père Abraham prit une femme dans sa vieillesse et engendra ces enfants est qu'il vit par esprit saint qu'Ésaüe naîtrait de notre père Its'hak, de sorte que Yaakov notre père devrait se purifier de façon encore plus grande face à Ésaüe, qui se tient continuellement pour l'accuser.
Il est rapporté dans le Sefer ha-Likutim du Ari zal, parachat Chayei, sur "et Abraham ajouta" : Its'hak se réjouissait d'Ésaüe, afin qu'il domine lui-même Israël et non d'autres ; c'est pourquoi Its'hak aimait Ésaüe : parce qu'il dominait Israël, plutôt que de voir une autre nation dominer sur eux. Si ces enfants aussi étaient nés de notre père Its'hak, dont ils devaient en vérité naître, comme il est rapporté dans Likoutei Torah du saint Ari, parachat Chayei, les purifications auraient alors été très dures pour Yaakov.
Car du côté de notre père Its'hak, l'homme doit se purifier davantage. Lorsqu'Il bénit notre père Its'hak (Toledot 27), Il le bénit par "une abondance de blé", ce qui indique une chose clarifiée.
Comme il est expliqué dans Mei ha-Shiloah, tome II, parachat Toledot, sur "Et Il te donnera", et expliqué plus loin, parachat Toledot, section 45 : "une abondance de blé" signifie le plus clarifié. Il aurait pu être écrit : "beaucoup de blé" ou "un blé abondant", mais il est écrit "rov dagan" (רוב דגן, abondance de blé), ce qui fait allusion à ce que le blé lui-même soit le plus purifié, comme dans le Talmud (Berakhot 47a) : "haï idgan".
Cela signifie que l'homme doit se clarifier au plus haut point, sans qu'aucun rebut ne demeure en lui ; et des clarifications naissent toutes sortes de patience, et celui qui endure est dans le souci. Voir encore là-bas, section 43, sur "rov".
C'est pourquoi ils naquirent de notre père Abraham, degré de hassad, et ils n'ont donc pas une force d'accusation telle qu'Israël doive se purifier face à eux. Dans l'avenir, le Nom dira à notre père Its'hak que les clarifications par lesquelles Israël a été purifié jusqu'à présent suffisent ; désormais, Its'hak aussi consentira, de son côté, à ce que tous les biens viennent sur eux.
Comme il est écrit : "Je dirai au Nord : Donne ; et au Sud : Ne retiens pas" (Isaie 43,6). Le Nord est le degré d'Its'hak, et comme il est rapporté dans le Talmud (Chabbat 89b) : Dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, dira à Abraham : "Tes fils ont fauté contre Moi." Il dira devant Lui : "Maître du monde, qu'ils soient effacés pour la sainteté de Ton Nom", etc.
Il dira à Its'hak : "Tes fils ont fauté contre Moi." Il dira devant Lui : "Maître du monde, mes fils, et non Tes fils", etc. Notre père Its'hak montrera alors son grand amour, au point d'éveiller aussi Abraham et Yaakov.
Car toute leur intention, lorsqu'ils dirent d'abord : "Qu'ils soient effacés pour la sainteté de Ton Nom", était seulement de contraindre notre père Its'hak à s'éveiller lui aussi. Car notre père Its'hak ne s'éveille que sous une grande contrainte, comme il est écrit : "Car le Nom jugera Son peuple... car Il verra que leur force s'en est allée, qu'il n'y a plus ni retenu ni abandonné...
Voyez maintenant que Moi, Moi Je suis, et qu'il n'y a pas de dieu avec Moi ; Moi Je fais mourir et Je fais vivre, J'ai frappé et Je guérirai" (Deutéronome 32).
ויסף אברהם ויקח אשה ושמה קטורה ותלד לו את זמרן וגו'. איתא בלקוטי תורה מהאר"י הק' (פ' חיי) שאלו התולדות היו ראוים להולד מיצחק, אך אם היו נולדים מיצחק אבינו היו מעיקים ומקטרגים מאד לישראל, לזה נולדו מאאע"ה דרגא דחסד, וכן משמע מזוה"ק (חיי קלג:), וע"ז מרמז מה שנקראת בשם קטורה, שקשרה עצמה במדת החסד, שעי"ז יהיה גם הסבלנות בדרגא דחסד, לכוון עי"ז את לב ישראל להשי"ת ולעורר את לבם, וכדאיתא בזוה"ק (שלח קעג:) שלעתיד יאמר השי"ת לאברהם בניך חטאו והוא יאמר לפנים ילקון על חוביהון וכדכתיב (ישעיהו מ״ג:ו׳) אומר לצפון תני ולתימן אל תכלאי, תימן הוא דרגא דאברהם כדכתיב ביה (לך יב) הלוך ונסוע הנגבה.
וע"ז מרמז זמרן מלשון התעוררות, שכ"ז הוא לעורר לב ישראל שיכוונו אל האמת. וזה הוא דאיתא בש"ס (זבחים סב.) וכמה אמר רב יוסף אמה מחכו עליה וכו' אמר ליה אביי דלמא מקום מערכה קאמר מר, אמר ליה מר דגברא רבא הוא ידע מאי קאמינא קרי עלייהו בני קטורה, והוא מפני שבא מהטעות אל האמת קרא אותם בני קטורה, שקשרה עצמה במדת החסד לכוון על ידם אל האמת.
ואח"ז אומר שם בש"ס, בני אחתיה דרבי טרפון הוו יתבין קמיה דר' טרפון פתח ואמר, ויוסף אברהם ויקח אשה ושמה יוחני, אמרי ליה קטורה כתיב, קרי עליהם בני קטורה. יוחני מרמז על שפעת החסד בהדרגה, שיהיה בכח אדם לקבל, כי אם לא יהיה השפעת החסד בהדרגה לא יהיה בכח אדם לקבל, וכמו שבברכת כהנים שצוה השי"ת כה תברכו את בני ישראל וגו' יאר ה' פניו אליך ויחנך, שיהיה בכח אדם לקבל הארת פני השי"ת שיהיה בהדרגהקעזמבואר בספר הזמנים – הגדה של פסח חג הפסח – ברכת כהנים ד"ה יאר:
לזה נאמר ויחנך, שזה צריך להיות ברחמים גדולים, שהשי"ת יתן בהדרגה וכו'. שלא יקבע בלב האדם הארת פני השי"ת ביתר שאת יותר ממה שיש בלבו יראת השם יתברך בקביעות, לבל יטריד אותו ממעמדו ולא יצא חוץ לרצון השי"ת.:
Et Abraham ajouta et prit une femme, dont le nom était Ketoura, et elle lui enfanta Zimran, etc. Il est rapporté dans Likoutei Torah du saint Ari, parachat Chayei, que ces enfants auraient dû naître d'Its'hak ; mais, s'ils étaient nés de notre père Its'hak, ils auraient beaucoup opprimé Israël et l'auraient beaucoup accusé.
C'est pourquoi ils naquirent de notre père Abraham, degré de hassad. Ainsi ressort-il aussi du Zohar, Chayei (133a).
C'est à cela que fait allusion son nom Ketoura : elle se lia à l'attribut de hassad, afin que l'endurance aussi relève du degré de hassad, et que par elle le cœur d'Israël soit dirigé vers le Nom et leur cœur éveillé. Ainsi qu'il est rapporté dans le Zohar (Shelah 173a), dans l'avenir le Nom dira à Abraham : "Tes fils ont fauté", et il dira : "Qu'ils soient d'abord frappés pour leurs fautes".
C'est ce qui est écrit : "Je dirai au Nord : Donne ; et au Sud : Ne retiens pas" (Isaie 43,6). Le Sud est le degré d'Abraham, ainsi qu'il est écrit de lui : "Il allait et voyageait vers le Neguev" (Genèse 12).
Zimran fait allusion à l'éveil. Tout cela vise à éveiller le cœur d'Israël pour qu'il se dirige vers la vérité.
C'est le sens de ce qui est rapporté dans le Talmud (Zevahim 62b) : "Combien ? demanda Rav Yosef. Ils se moquèrent de lui, etc.
Abaye lui dit : Peut-être le maître voulait-il parler de l'emplacement de l'autel ? Il lui répondit : Le maître est un grand homme ; il sait ce que je dis.
Il les appela fils de Ketoura." Parce qu'il était passé de l'erreur à la vérité, il les appela fils de Ketoura : elle se lia à l'attribut de hassad pour les diriger par elle vers la vérité. Puis le Talmud dit : Les neveux de Rabbi Tarfon étaient assis devant Rabbi Tarfon.
Il ouvrit et dit : "Et Abraham ajouta et prit une femme, dont le nom était Yohani." Ils lui dirent : "Il est écrit Ketoura." Il les appela fils de Ketoura. Yohani fait allusion à l'abondance du hassad dispensée graduellement, afin que l'homme puisse la recevoir.
Car si l'abondance du hassad n'était pas dispensée graduellement, l'homme ne pourrait la recevoir. Ainsi, dans la bénédiction des kohanim, le Nom ordonna : "Ainsi bénirez-vous les enfants d'Israël...
Que le Nom fasse luire Sa face vers toi et te fasse grâce" ; afin que l'homme soit capable de recevoir l'illumination de la face du Nom, celle-ci doit être graduelle. Il est expliqué dans Sefer ha-Zémanim, Haggadah de Pessa'h, Fête de Pessa'h, sur la bénédiction des kohanim, "Que le Nom fasse luire" : c'est pourquoi il est dit "et te fasse grâce" ; cela doit se faire avec de très grandes miséricordes, afin que le Nom donne graduellement, etc.
L'illumination de la face du Nom ne doit pas se fixer dans le cœur de l'homme avec une force plus grande que celle de la crainte constante du Nom béni soit-Il dans son cœur, afin qu'elle ne le trouble pas dans sa position et qu'il ne sorte pas de la volonté du Nom.
ולבני הפילגשים אשר לאברהם נתן אברהם מתנת וגו'. אמרו ע"ז בש"ס (סנדרין צא.) שם טומאה מסר להם.
והענין בזה הוא, שבאמת מצד השי"ת אין דבר טומאה יורד מן השמים, והחילוק הוא מצד המקבל הטובה והשפעת השי"ת, מי שמכיר בקבלת שפעת טובה שלא בכחו ועוצם ידו עשה לו חיל, רק השי"ת הוא הנותן בו כח ושפעת טובה, זו היא טובה מלאה קדושה, והמקבלה הוא בן חורין בקבלת הטובה, מאחר שמכיר שמצדו אין לו שום כח, ממילא איננו משוקע וכפוף בה, וכדאיתא בזוה"ק (תצוה קפ:) בענין השמות בגין דאית שמהן קדישין עלאין דקיימין ברעו דרוחא ולבא בלא מלולא ואית דקיימין במלה ובמשיכו דמחשבה ורעו עלייהו ואית שמהן אחרנין לתתא דאינון מההוא סטרא אחרא דאיהו מסטרא דמסאבא ואלין לא קיימין אלא ברעו דעובדא לתתא. והענין בזה הוא, שמי שנדמה לו שבכחו ועוצם ידו עשה לו חיל, אזי הוא כפוף ומשוקע בהטובה, וכאשר יקבלה הוא עריק מקמי מאריה, זה נקרא שם טומאה.
ולזה כתיב כאן מתנת חסר ו' רזא דאות אמת, כי אות ו' מורה על חיים של אמת מהמקור, כדאיתא בזוה"ק ויחי (דף רמא:) ונתתם לי אות אמת ומאי איהו אות אמת דא את ו' בגין דביה שריין חיין. שאות ו' הוא התקשרות, ומורה על בחירה שבוחר בטוב ודבוק בהשי"ת, ומי שנחסר ממנו אות ו' משמע מזה שהוא נפרד מהשי"ת, לפי שאין לו אלא הפעולה הוא נפרד מהמקור לעולם המעשה שהוא עלמא דפרודא, וכמו שנזכר בזוה"ק הנ"לקעחכמו שנתבאר בשם האריז"ל לעיל פרשה זו אות לג ובהערה קעד שם..
וכמו בעפרון, שמתחלה כאשר היה שקול עוד בדעתו אם למכור מקום הקדושה אם לאו כתיב עפרון בוא"ו, ואחר שגמר בדעתו לבחור בממון ולמכור שדה המכפלה שאז נפרד מהשי"ת, אזי כתיב עפרן בלא וא"וקעטלעיל פרשה זו אות ו ד"ה ובתנחומא, אות לב.. וישלחם מעל יצחק בנו בעודנו חי קדמה אל ארץ קדם.
היינו אף שהיו זה אצל זה, אבל הפירוד והחילוק שביניהם הוא כרחוק מזרח ממערב:
Et aux fils des concubines qu'avait Abraham, Abraham donna des cadeaux, etc. Les Sages ont dit à ce sujet dans le Talmud (Sanhédrin 91a) : "Il leur transmit un nom d'impureté." Voici le propos.
En vérité, du côté du Nom, aucune chose impure ne descend du ciel. La différence tient à celui qui reçoit le bien et l'influx du Nom.
Celui qui reconnaît, en recevant un influx de bien, que ce n'est pas sa force ni la puissance de sa main qui lui ont acquis cette richesse, mais que c'est le Nom qui lui donne la force et l'influx du bien, ce bien est entièrement saint. Celui qui le reçoit est libre dans la réception de ce bien : puisqu'il reconnaît qu'il n'a de lui-même aucune force, il n'y est donc ni plongé ni assujetti.
Ainsi qu'il est rapporté dans le Zohar (Tetsaveh 180a), au sujet des noms : "Il y a des noms saints et supérieurs qui subsistent dans le vouloir de l'esprit et du cœur, sans parole ; d'autres subsistent dans la parole, dans l'attraction de la pensée et du vouloir sur eux ; et il y a d'autres noms, en bas, qui relèvent de l'Autre Côté, du côté de l'impureté, et ceux-là ne subsistent que dans le vouloir de l'action d'en bas." Le propos est que celui qui s'imagine que c'est sa force et la puissance de sa main qui lui ont acquis cette richesse est assujetti et plongé dans ce bien ; et lorsqu'il le reçoit, il est un fugitif devant son Maître. Cela s'appelle un nom d'impureté.
C'est pourquoi le mot cadeaux (מתנת) est ici écrit sans vav, le secret de la lettre de vérité. Car la lettre vav indique la vie véritable provenant de la source, comme il est rapporté dans le Zohar, Vayhi (241a) : "Donnez-moi un signe de vérité.
Quel est ce signe de vérité ? C'est la lettre vav, car la vie réside en elle." La lettre vav est un lien : elle indique le choix de celui qui choisit le bien et s'attache au Nom.
Celui auquel manque la lettre vav est donc séparé du Nom, car il ne possède que l'action : il est séparé de la source vers le monde de l'action, qui est le monde de la séparation (alma de-perouda), comme il est mentionné dans le Zohar cité plus haut. Comme il a été expliqué au nom du Ari zal plus haut dans cette paracha, section 33, et dans la note de la section 24.
Il en va de même d'Efron : au début, lorsqu'il hésitait encore à vendre ou non le lieu de sainteté, Efron (עפרון) est écrit avec un vav ; mais après avoir décidé de choisir l'argent et de vendre le champ de Makhpéla, lorsqu'il se sépara du Nom, il est écrit Efran (עפרן), sans vav. Voir plus haut dans cette paracha, sections 6, sur "Et dans le Tan'houma", et 32.
"Il les envoya loin d'Its'hak son fils, de son vivant, vers l'Orient, au pays de l'Orient" (Genèse 25,6). C'est-à-dire que, bien qu'ils fussent l'un à côté de l'autre, la séparation et la différence entre eux étaient comme la distance de l'Orient à l'Occident.
« Et voici les générations d'Ismaël, fils d'Avraham » : il est appelé fils d'Avraham plus que les nations qu'il engendra, car Agar était encore servante de Sarah et Avraham n'avait pas sa perfection ; il y avait en lui un peu de sainteté. Selon le Beit Yaakov, les descendants nés après la mort de Sarah, sans déficience à parfaire, n'ont ni sainteté ni force intérieure ; les convertis d'Ismaël sont plus élevés. L'essentiel de la sainteté d'Avraham se trouvait dans Its'hak, né à cent ans. Du fils de la servante, dont la vie venait de « Puisse Ismaël vivre devant Toi », on apprend à plus forte raison l'alliance d'Its'hak, à jamais, dans le monde tout entier long.
Aussi : les noms des descendants de Ketoura, garde du corps sans sainteté ; les douze princes d'Ismaël, kelipa avant le fruit ; « il tomba devant tous ses frères », Hod et les quatre prosternations
ואלה תולדות ישמעאל בן אברהם וגו'. הענין שישמעאל נקרא בן אברהם יותר מהאומות שהוליד אחר כך, לפי שבלידת ישמעאל היתה הגר אמו שפחת שרה עוד, שלא היה אאע"ה נשלם עוד בכל השלימות, לזה היה בו מעט קדושה, כי האדם קודם השלמתו הוא נכנס לכל הספיקות פן ירויח מזה.
אבל התולדות שהוליד אח"ז שמתה שרה והיה נשלם בכל השלימות ולא היה צריך לשום עבודה כלל, מאחר שלא היה בו עוד שום חסרון שיצרך להשלימו, לא היה חפץ עוד להשפיל את עצמו ולכנוס בספק פן ירויח, לזה לא היה באלה התולדות שום קדושה וכח בפנימיותקפכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות לג.. ולזה גרי ישמעאל הם גדולים במעלה מגרי שאר האומותקפאעיין לקמן פרשת תולדות אות ז ד"ה וזהו., כדאיתא בזוה"ק (יתרו פז.), וגם הוא נבחר מאחיו שנולדו אחר השלמת אברהם אבינו כדאיתא בזוה"קקפבעיין בקומץ המנחה למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות מז..
ועיקר קדושת אאע"ה היה ביצחק בנו שנולד לו בשנת המאה, בעת שנחלפו הזמנים, קודם שהיו לו כל השלימות, ואח"ז היו בו כל השלימות, ועיקר גדלות הדרגין היה בו אז. וזה הוא שאמרו במדרש (רבה לך מז) מבן האמה קל וחומר לבן הגבירה, אם להם יש חצרים וטירות ק"ו שיהיה לכל צדיק וצדיק עולם בפני עצמו.
והוא, כי כאן הציב השי"ת לבושין בעוה"ז כמו שאין לו ח"ו שלימות בעולם הזה רק ישראל משלימין החסר, וכדכתיב (תהילים קל״ה:ד׳) כי יעקב בחר לו י"ק, והוא שאין השם שלם רק ע"י יעקב וישראל שמשלימין את השם, וכביכול שמוכרח הוא להשפיל עצמו להושיע את ישראל ולכלות כל המקטרגים והמשטינים מעל ישראל. ומבן האמה נלמד ק"ו לבן הגבירה, מה בן האמה שכל החיים שלו היה רק ממאמר אברהם אבינו שאמר לפני השי"ת לו ישמעאל יחיה לפניך, ונענה לו השי"ת, ולישמעאל שמעתיך.
ק"ו לבן הגבירה, שהשי"ת מצדו ומרצונו אמר ואת בריתי אקים את יצחק, שזה קיים לעד לעולם, אכן מפני שהשי"ת אינו חפץ להשתמש בזה בעוה"ז רק לעולם שכולו ארוך:
Et voici les générations d'Ismaël, fils d'Abraham, etc. Ismaël est appelé fils d'Abraham plus que les nations qu'il engendra par la suite, car, lors de la naissance d'Ismaël, sa mère Agar était encore la servante de Sarah, et Abraham notre père n'était pas encore parvenu à toute sa perfection.
Il y avait donc en lui un peu de sainteté, car avant sa perfection l'homme entre dans tous les doutes, dans la crainte d'en tirer profit. Mais les descendants qu'il engendra ensuite, après la mort de Sarah, lorsqu'il était parvenu à toute sa perfection et n'avait plus besoin d'aucun travail, puisqu'il ne lui restait aucune déficience à parfaire, il ne désirait plus s'abaisser et entrer dans le doute, dans la crainte d'en tirer profit.
Aussi ces descendants ne possédaient-ils aucune sainteté ni force intérieure, comme il a été expliqué plus haut dans cette paracha. C'est pourquoi les convertis d'Ismaël sont plus élevés que les convertis des autres nations, comme il est dit dans le Zohar, et lui-même fut choisi parmi ses frères nés après la perfection d'Abraham notre père, comme il est dit dans le Zohar.
Or l'essentiel de la sainteté d'Abraham notre père se trouvait dans son fils Its'hak, qui lui naquit à cent ans, au moment où les temps se transformèrent: avant cela, il n'avait pas toutes les perfections, et après cela il les eut toutes; alors se trouvait en lui l'essentiel de la grandeur des degrés. C'est le sens de ce que dit le Midrach: Du fils de la servante, à plus forte raison du fils de la maîtresse: s'ils ont des cours et des palais, à plus forte raison chaque juste aura son monde propre.
Car ici le Nom a établi des vêtements dans ce monde, comme s'Il n'avait, à D.ieu ne plaise, aucune perfection en ce monde, et que seul Israël comble ce qui manque, ainsi qu'il est écrit: [Car Yaakov, le Nom l'a choisi pour Lui] (Psaumes 135,4). Cela signifie que le Nom n'est complet que par Yaakov et Israël, qui complètent le Nom; et, pour ainsi dire, Il est obligé de S'abaisser afin de sauver Israël et d'éliminer d'Israël tous les accusateurs et les dénonciateurs.
Et du fils de la servante on apprend, à plus forte raison, pour le fils de la maîtresse: le fils de la servante, toute sa vie, ne provenait que de la parole d'Abraham notre père au Nom: [Puisse Ismaël vivre devant Toi], et le Nom lui répondit: [Au sujet d'Ismaël, Je t'ai entendu.] À plus forte raison le fils de la maîtresse, à propos duquel le Nom dit de Son propre chef et par Sa volonté: [J'établirai Mon alliance avec Its'hak]; cela subsiste à jamais. Mais le Nom ne désire pas s'en servir dans ce monde-ci, seulement dans le monde qui est tout entier long.
ואלה תולדות ישמעאל בן אברהם אשר ילדה הגר המצרית שפחת שרה לאברהם וגו' בכור ישמעאל נביות וקדר וגו'. הענין בזה, אף שלפי ראות העין נראה שהתולדות מבני קטורה המה חשובים מישמעאל, כי ישמעאל הוא בן שפחה ובני קטורה הם בני גבירה, אכן באמת לא כן הוא, כי בהיותה שפחת שרה היה בה מעלה יתירה מהיותה אח"ז גבירה בבית אאע"ה.
וביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה (מי השלוח ח"א חיי ד"ה ואלה) ששמות אלו התולדות מרמזים על שמירת כחות הגוף בעוה"ז, ונמצא בהם שקר החן, והוא שבהיות אלו הכחות ברשותן אזי אין בהם שום קדושה, שכן הזהירה גם תורתנו הקדושה (ואתחנן ד) ונשמרתם מאד לנפשותיכם ואמרו בש"ס (ברכות לב:) שזה קאי על שמירת הגוף בעוה"ז, כי האדם צריך לשמור כלי הגוף שיהיו בריאים וחזקים ואז ישכיל ויצליח בדברי תורה, וכדאיתא בש"ס (נדרים לח.) אין השכינה שורה אלא על חכם גבור ועשיר, שכן הציב השי"ת שע"י אלו הכלים יוכל האדם לקבל ד"ת, שכן אם יתגלגל נפש אדם בבהמה או חיה, אזי גם נפש האדם נחשבת כבהמה ואין לו קומה:
Et voici les générations d'Ismaël, fils d'Abraham, qu'Agar l'Égyptienne, servante de Sarah, enfanta à Abraham, etc. Le premier-né d'Ismaël fut Nébayot, puis Kedar, etc.
Bien que, à première vue, les descendants des fils de Ketoura paraissent plus importants qu'Ismaël, car Ismaël est fils d'une servante tandis que les fils de Ketoura sont fils d'une maîtresse, il n'en est pas ainsi en vérité: lorsqu'elle était servante de Sarah, elle possédait un avantage plus grand que lorsqu'elle devint ensuite maîtresse dans la maison d'Abraham notre père. Mon père et maître, le saint gaon de mémoire bénie, expliqua que les noms de ces descendants font allusion à la garde des forces du corps dans ce monde-ci; et il s'y trouve une grâce trompeuse.
En effet, lorsque ces forces sont sous leur propre domination, elles n'ont aucune sainteté. Notre sainte Torah elle-même nous avertit: [Gardez très soigneusement vos âmes] (Deutéronome 4,15), et le Talmud dit que cela concerne la sauvegarde du corps dans ce monde-ci.
Car l'homme doit garder les instruments du corps afin qu'ils soient sains et forts; alors il comprendra et réussira dans les paroles de Torah. Ainsi qu'il est dit dans le Talmud: la Présence divine ne réside que sur un sage, un fort et un riche.
Car le Nom a établi que c'est par ces instruments que l'homme peut recevoir les paroles de Torah. Si l'âme d'un homme se réincarne dans une bête ou dans un animal sauvage, l'âme humaine elle aussi est considérée comme une bête, et elle n'a pas de stature.
שנים עשר נשיאים לאומתם. הענין שהיה לישמעאל שנים עשר נשיאים דוגמת השנים עשר נשיאים שבקדושה, כי קליפה קודמת לפרי תמיד, לזה היה מתחלה שנים עשר נשיאי ישמעאל שהם הקליפה, והוא לטובת הפרי, שיהיה טוב לישראל, וכן מתחלת הבריאה הכין השי"ת כל הטובות עבור האדם שיהיה טוב לוקפגהאריך בזה לקמן פרשת תולדות אות ז עיי"ש.:
Douze princes selon leurs peuples. Ismaël eut douze princes, à l'image des douze princes de sainteté, car la kelipa (écorce) précède toujours le fruit.
C'est pourquoi il y eut d'abord les douze princes d'Ismaël, qui sont la kelipa; et cela est pour le bien du fruit, afin qu'il soit bon pour Israël. Ainsi, dès le commencement de la création, le Nom prépara tous les biens pour l'homme, afin que cela lui soit bon, comme cela sera développé plus loin dans la paracha Toledot.
על פני כל אחיו נפל. מתחלה נאמר ישכון ואח"ז נאמר נפל, הוא כמו שאמרו בזוה"ק (יתרו פו.) והוא יהיה פרא אדם.
פרא אדם ולא אדם. פרא אדם משום דאתגזר ושירותא דאדם הוה ביה וכו' ולא אשתלים בפקודי אורייתא.
אבל זרעא דישראל דאשתלמו בכלא אקרון אדם ממש. והוא שאף שהיה בו חכמה איך לשמור את הגוף, שזה מועיל לרוח הקודש, כדאיתא בש"ס (נדרים לח.) אין הקב"ה משרה שכינתו אלא על חכם גבור ועשיר, אכן מי שאינו דבוק בהשי"ת אזי אין שום חשיבות באלה החכמות, לזה כתיב ביה על פני כל אחיו נפל, שהעיקר הוא להיות דבוק בהשי"ת, כי מי שהוא דבוק בהשי"ת רודפים אחריו כל הטובות ממילא, וכענין דאיתא בש"ס (יומא יח.) והכהן הגדול מאחיו, גדלהו משל אחיוקפדמי השלוח ח"א פרשת חיי ד"ה ואלה, ונתבאר לעיל פרשה זו אות לח עיי"ש.:
Il tomba devant tous ses frères. Il est d'abord dit: il demeurera, puis il est dit: il tomba.
C'est comme il est dit dans le Zohar: [Il sera un père d'homme (פרא אדם). Père d'homme, et non homme.
Père d'homme, parce qu'il fut circoncis et qu'il y eut en lui un commencement d'homme, etc., mais il ne s'accomplit pas dans les commandements de la Torah. Mais la descendance d'Israël, qui s'accomplit en tout, est réellement appelée Adam.] Bien qu'il eût la sagesse de garder le corps, ce qui est utile à l'esprit saint, comme il est dit dans le Talmud: le Saint, béni soit-Il, ne fait résider Sa Présence que sur un sage, un fort et un riche, celui qui n'est pas attaché au Nom ne trouve aucune importance dans ces sagesses.
C'est pourquoi il est écrit de lui: [Il tomba devant tous ses frères.] Car l'essentiel est d'être attaché au Nom: celui qui est attaché au Nom, tous les biens le poursuivent d'eux-mêmes. C'est dans ce sens qu'il est dit dans le Talmud: [Le grand prêtre parmi ses frères] - rends-le grand grâce aux biens de ses frères, comme l'explique mon père et maître, le saint gaon de mémoire bénie, et comme il a été expliqué plus haut dans cette paracha.
הנה זו הפרשה היא החמישית ורומז על ספירת הו"ד. וארבעה פעמים נאמרה השתחויה בזו הפרשה, שנים באברהם ושנים באליעזר, כמו ארבע השתחויות שבשמונה עשרה, באבות תחלה וסוף ובהודאה תחלה וסוף.
כי תפלה הוא לאתר דלא אתיידע, במקום שנעלם מהאדם מאין יבא עזרו, ומוסר נפשו מבטל כל רצונותיו להשי"ת, ומתפלל להשי"ת שיעזור לוקפהכמבואר במי השלוח ח"א פרשת אמור ד"ה ושור עיי"ש. ובגליון שם אות ומבואר:
והענין, אשר בתפלה אסור להתפלל לשום מדה חלילה, רק לעילת העילות, הגם מה שהאדם מתפלל לפרטי טובות זה גם כן הוא מדה, שמתפלל על דבר זה מיוחד ולא להשי"ת שיהיה עמו בכלל, אכן זה אינו תפלה להמדה, רק להשי"ת שישפיע לו דרך מדה הזאת. ועיי"ש באורך., וכן מתנהג השי"ת תמיד עם האדם, שכאשר יתעלם ממנו איך יוכל להושע ויש לו מיחושים ופחד ביותר, אזי ישלח לו השי"ת עזרתו ממקורא עלאה, וכענין דכתיב (לך יז) לתת לך את ארץ מגוריך, שזה מורה שבמקום שאדם במגור ופחד שם יתן לו השי"ת כל הטובותקפומבואר לעיל פרשת לך אות נ עיי"ש., וזה הוא שאמרו בש"ס (יומא נג:) רבא חזייה לאביי דיהב שלמא לימינא ברישא א"ל מי סברת לימין דידך לשמאל דידך קא אמינא דהוי ימינו של הקב"ה.
הענין בזה שמאל דאדם מורה על צמצומי האדם, שמצמצם את עצמו ואז הוא לימינא דקב"ה, אבל אם יתן אדם שלמא לימינא דיליה, היינו שיתפשט את עצמו בהנאות עוה"ז אזי הוא לשמאלא דקב"ה. וזה הוא שאומר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה (ברכות ח.) על זאת יתפלל כל חסיד אליך לעת מצוא חד אמר זו אשה וחד אמר זו קבורה וכו', היינו שכל אלו הם דברים נעלמים כעובר בבטן אמו, שנעלם מתפיסת האדם מאין יבוא עזרו, ומבטל להשי"ת כל רצונותיו, ומתפלל אליו, ואז מצמיח לו השי"ת כל הטובות וישועותקפזלעיל פרשה זו אות ב, ג, ד..
וזה הוא דאיתא בזוה"ק (חיי קכט.) מאן מכפלה ה' דבשמא קדישא דאיהי מכפלה ה' עלאה ה' תתאה. ה' תתאה היינו מלכות שמרמז על כל עבודות אדם וצמצומיו, ה' עלאה היינו בינה מעלמא דחירות עלמא דיובלא, והם זה נגד זה, וכמו שאמרו בש"ס (עירובין נג.) מאי מכפלה בית ועליה על גביו, בית מורה על צמצום שצריך האדם מצדו לצמצם את עצמו ומזה נבנה עליה על גביו, היינו השפעת כל הטובות וברכותקפחלעיל פרשה זו אות טו, טז.:
Voici que cette paracha est la cinquième et fait allusion à la sefira de Hod. Quatre fois il est fait mention de prosternation dans cette paracha, deux fois chez Abraham et deux fois chez Eliezer, à l'image des quatre prosternations de la prière des Dix-huit bénédictions: au début et à la fin des Avot, et au début et à la fin de la reconnaissance.
Car la prière est le lieu qui n'est pas connu, l'endroit où il est caché à l'homme d'où viendra son secours; il livre son âme, annule tous ses désirs au Nom, et prie le Nom de l'aider. Dans la prière, il est interdit de prier une quelconque mesure, à D.ieu ne plaise, mais seulement la Cause des causes.
Même lorsque l'homme prie pour des biens particuliers, cela aussi est une mesure, puisqu'il prie pour une chose déterminée et non pour que le Nom soit avec lui en général; pourtant ce n'est pas une prière adressée à la mesure, mais au Nom, afin qu'Il lui donne par cette mesure. Ainsi le Nom agit-Il toujours avec l'homme: lorsqu'il lui est caché comment il pourra être sauvé, et qu'il a de grandes inquiétudes et une grande peur, alors le Nom lui envoie Son secours depuis la source supérieure, comme il est écrit: [Pour te donner le pays de tes séjours] (Genèse 17,8).
Cela enseigne que, dans le lieu où l'homme est dans la crainte et la peur, le Nom lui donnera tous les biens. C'est le sens de ce qui est dit dans le Talmud: Rava vit Abaye qui donnait d'abord le salut à droite.
Il lui dit: [Penses-tu que je parle de ta droite, qui est ta gauche? Je parle de la droite du Saint, béni soit-Il.] La gauche de l'homme indique ses tsimtsoum (restrictions): quand il se restreint, elle est la droite du Saint, béni soit-Il.
Mais si l'homme donne le salut à sa droite, c'est-à-dire s'il s'étend dans les plaisirs de ce monde-ci, alors elle est la gauche du Saint, béni soit-Il. Mon père et maître, le saint gaon de mémoire bénie, explique ainsi: [Pour cela tout homme pieux Te priera au temps où l'on trouve]; l'un dit: c'est une femme, et l'autre dit: c'est l'ensevelissement, etc.
Tous ces sujets sont cachés, comme un foetus dans le ventre de sa mère: l'homme ne saisit pas d'où viendra son secours, il annule tous ses désirs au Nom et Le prie; alors le Nom lui fait pousser tous les biens et les délivrances. C'est aussi ce qui est dit dans le Zohar: [Qu'est Makhpéla?
La lettre hé (ה) dans le saint Nom, qui est le redoublement du hé supérieur et du hé inférieur.] Le hé inférieur est la Malkhout, qui fait allusion à tous les travaux et restrictions de l'homme; le hé supérieur est la Bina, le monde de la liberté, le monde du jubilé. Ils se font face.
Ainsi le Talmud dit-il: Qu'est Makhpéla? Une maison et une chambre haute au-dessus d'elle.
La maison indique la restriction: l'homme doit, de son côté, se restreindre; de cela est bâtie une chambre haute au-dessus d'elle, c'est-à-dire l'influx de tous les biens et de toutes les bénédictions.