« Va-t'en vers le pays que Je te montrerai. » Le Midrach lit « Parole de Hachem à mon seigneur » au sujet d'Avraham. Pour le Beit Yaakov, Avraham fit régner D.ieu sur le monde et L'appela Adon ; il fut appelé adon et reçut le monde, car le fondement est que D.ieu soit appelé roi en ce monde-ci, et il n'y a pas de roi sans peuple. Celui qui Le fait régner sur toutes les affaires est serviteur du Maître des cieux et maître de toute la terre, puisqu'il maintient le monde. Avraham se contracta (tsimtsoum), asséché de tout désir, et mérita d'être à la droite de D.ieu, car il n'y a pas de gauche en haut.
Aussi : le Midrach du palais illuminé : D.ieu désire une assemblée pour le nom du Ciel, chacun clarifiant son prochain ; sans cette racine l'union est la séparation, comme la génération de la dispersion ; la rosée de sa jeunesse, corps prompt sans paresse.
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו' אל הארץ אשר אראך. נאם ה' לאדוני שב לימיני עד אשית אויביך הדום לרגליך וגו' (תהילים קי).
זה הכתוב נדרש במדרש (שוחר טוב תהילים קי) על אברהם אבינו ע"ה. והענין בזה, דהנה אאע"ה המליך את השי"ת על כל העולם כולו ועשאו אדון כל הארץ, והרגיל את שמו יתברך בפי כל, וכדאיתא בש"ס (ברכות ז) לא היה אדם שקראו להקב"ה אדון עד שבא אברהם וקראו אדון.
ולזה נקרא גם הוא בשם אדון והקנה לו השי"ת את כל העולם, וכדאיתא בתנחומא (בהר). והוא כענין דאיתא בזוה"ק (בהר קיא:) האי עבד אדון כל הארץ אקרי.
כי יסוד המכוון מבריאת עולם היה שיקרא השי"ת בשם מלך אף בעוה"ז, כי השכל שבעוה"ז הוא שאין מלך בלא עם, ובזה שאדם עובד את השי"ת וממליכו על כל עניני עוה"ז בכלל ובפרט בהכרתו שהשי"ת הוא אדון כל המעשים, האיש הזה הוא עבדאלקמן פרשה זו אות נ ובהערה רמו שם. דמארי שמיא, ואדון כל הארץ אקריא.
מאחר שהוא המקיים את כל העולם, בעשותו רצון השי"ת שברא העוה"ז על זה המכוון. ולזה נקרא אאע"ה בשם אדון, כדכתיב ביה נאם ה' לאדוני שב לימיני עד אשית אויביך הדום לרגליך.
היינו בזה, שאאע"ה לא רצה לילך חושך רק באור פני מלך ה', וצמצם את עצמו בכל עניניו, וכדכתיב ביה (לך יב) הלוך ונסוע הנגבה, שלשון נגב מורה על שהיה מנוגב מכל חמדת עוה"זבכדאיתא במי השלוח ח"א פרשת וירא ד"ה ויסע: ויסע משם אברהם ארצה הנגב, היינו כי אאע"ה מאד בירר כל מיני אהבה שבעולם שלא יהיה בלתי לה' לבדו וכו'.
ומבואר בספר ישראל קדושים למרן רבי צדוק הכהן מלובלין זי"ע אות ט ד"ה כי הג' אבות: ואברהם אבינו ע"ה היה הלוך ונסוע הנגבה, היינו אוחז בהילוך ובהשתדלות להגיע למדרגה, להיות מנוגב מכל תאוות וחמדות עולם הזה לגמרי, ועל זה היה השתדלותו כל ימיו.
לקמן פ' תולדות אות יא.. וכן מרמז רוח הדרומי ע"ז, שכן אורה יוצאה מרוח דרומי, ולכן זכה להתנשא למעלה להיות תמיד בימין ה' שכן אין שמאל למעלה.
ואויביו היו להדום רגליו, שהוציא אור מתוך החושך אף מסטר שמאלא. כי באמת נמצא אור בגניזו אף בסטר שמאלא, וכדאיתא בזוה"ק (שלח קעג:) אומר לצפון תני, לזמנא דאתי יימא קב"ה לצפון בך יהבית כל טיבו וכו'.
עמך נדבות ביום חילך. היינו שכל העולם יתרצו ויתנדבו להכנע תחת מדת אאע"ה ועבודותיו, מאחר שדבוק הוא בהשי"ת תמיד.
בהדרי קודש. היינו שהוא תיקן כל הפעולות שהיו בדורות הקודמים בשטף זדון וזרם בליעל, והוא הכניסם לקדושה לעבוד בהם עבודת ה' (וכמ"ש לקמן בענין למד).
לך טל ילדותך. היינו שהיה בו זריזות יתירה להתרגש מיד לעשות רצון השי"ת, שאף הגוף שלו הסכים לזה בלי שום התנגדות למנעו בטבע עצלות הגוף.
מפני שהוא היה בתמידות חם וזריז כמו בילדותו ולא נס לחו, וכדכתיב ביה וישכם אברהם בבוקר וכדאיתא בש"ס (חולין טז.) זריזותא דאברהם קא משמע לןגמבואר כמו כן בספר הזמנים – הגדה של פסח עניין מצה אות ד: אברהם אבינו שהיה נמשך ג"כ אחר השי"ת במהירות גדול, וכמו שכתיב בעצם היום הזה נימול וגו'.
בלי עיכוב כלל וכו'. יען שמיד שהיה לו הארה מהשי"ת היה נמשך תיכף אחר רצונו ית' כמו שנאמר לו ועשה במהירות כמש"כ וישכם אברהם בבוקר.
וכן איתא (מנחות טז.) זריזותא דאברהם אבינו קמ"ל. היינו שלא הוצרך כלל לישב עצמו, אלא מיד התפעל לציווי השי"ת במהירות מאד.
וזה היה יען שהיה קרוב מאד להשי"ת, לכן פעל בו מיד מאמר השי"ת.. וזה הוא מפני שאין למעלה לא עורף ולא עיפוי כדאיתא בש"ס (חגיגה טו.) וכדכתיב בחיות הקודש (יחזקאל א) אל אשר יהיה שמה הרוח ללכת ילכו לא יסבו בלכתן.
ולכן אף שאברהם אבינו היה בעוה"ז שיש בו עורף ועיפוי, שאני האדם הגדול בענקים שזכה להיות מרכבה לשכינת ה', והכניע את כל הגוף תחת שכלו וחכמתו, לזה הרגיש בזריזות כרגע את רצון השי"ת מה דבר ה', ואל אשר היה שמה הרוח ללכת הלך בלי שום מניעהדוכדאיתא במסכת סופרים פכ"א ה"ט וזה לשונו: האדם הגדול בענקים זה אברהם אבינו וכו' וכמבואר במי השלוח ח"ב קהלת (ד) ד"ה ראיתי:
הנה אברהם אבינו היה הראשון שפרסם וגילה אור השי"ת בגודל כח אף העניני העולם הזה, כי כל עניניו היה בהתגברות מאד כמו שאיתא (מסכת סופרים פכ"א ה"ט) והוא בירר כל תשוקותיו שבכל דבר נמצא כבוד שמים.. וכמו שאנו רואים שכל אברי האדם נכנעים תחת שכלו להרגיש כרגע מחשבות האדם ורצונו, עד שאף אצבעות רגליו היו מרגישים הרצון שבמוח ללכת אל מקום הזה שעולה במחשבתו:
"Et ה' dit à Avram : Va-t'en (lekh lekha)... vers le pays que Je te montrerai." "Parole de ה' à mon seigneur : Assieds-toi à Ma droite jusqu'à ce que Je fasse de tes ennemis un marchepied pour tes pieds" (Psaumes 110). Ce verset est interprété dans le Midrach (Cho'har Tov, Tehillim 110) au sujet d'Avraham Avinou (notre père, sur lui la paix).
Le sens en est le suivant : Avraham Avinou fit régner Hachem sur le monde entier et Le fit maître (adon) de toute la terre, et rendit Son nom béni familier dans la bouche de tous, comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 7) : nul homme n'avait appelé le Saint, béni soit-Il, du nom d'Adon (Seigneur), jusqu'à ce que vienne Avraham et L'appelle Adon. C'est pourquoi lui aussi fut appelé du nom d'adon, et Hachem lui remit en propriété le monde entier, comme il est dit dans le Tan'houma (Behar).
Cela rejoint ce qui est dit dans le Zohar (Behar 111b) : ce serviteur est appelé maître de toute la terre. Car le fondement visé depuis la création du monde était que Hachem soit appelé du nom de roi même en ce monde-ci ; car le principe rationnel de ce monde est qu'il n'y a pas de roi sans peuple, et lorsqu'un homme sert Hachem et Le fait régner sur toutes les affaires de ce monde, en général et en particulier, en reconnaissant que Hachem est le maître de toutes les œuvres, cet homme est le serviteur (voir plus loin, cette section, lettre noun, et la note 246) du Maître des cieux, et il est appelé maître de toute la terre.
Puisqu'il maintient l'existence du monde entier, en accomplissant la volonté de Hachem qui a créé ce monde en vue de ce dessein. C'est pourquoi Avraham Avinou est appelé du nom d'adon, comme il est écrit à son sujet : "Parole de ה' à mon seigneur : assieds-toi à Ma droite jusqu'à ce que Je fasse de tes ennemis un marchepied pour tes pieds." C'est-à-dire ceci : Avraham Avinou ne voulut point marcher dans l'obscurité, mais seulement dans la lumière de la face du roi, ה', et il se contracta (tsimtsoum) en toutes ses affaires, comme il est écrit à son sujet (Lekh 12) : "Allant et voyageant vers le sud (hanéguev)" - car le terme neguev indique qu'il était asséché (menougav) de tout désir de ce monde (comme il est dit dans le Mei HaShiloa'h, 1re partie, parashat Vayera, s.v.
Vayisa : "Et Avraham partit de là vers le pays du sud (hanéguev)", c'est-à-dire qu'Avraham Avinou tria intensément toutes les formes d'amour qui sont dans le monde, afin qu'aucune ne soit sinon pour ה' seul, etc. ; et il est expliqué dans le livre Israël Kedoshim de notre maître Rabbi Tsadok haKohen de Lublin, que son mérite nous protège, lettre 9, s.v. Ki hag' avot : et Avraham Avinou était "allant et voyageant vers le sud", c'est-à-dire s'attachant à la marche et à l'effort pour atteindre le degré d'être asséché de tous les désirs et convoitises de ce monde entièrement, et tel fut son effort tous ses jours.
Voir plus loin, parashat Toledot, lettre 11). Et de même le vent du sud (roua'h hadromi) fait allusion à cela, car c'est du vent du sud que sort la lumière ; c'est pourquoi il mérita de s'élever en haut pour être toujours à la droite de ה', car il n'y a pas de gauche en haut.
Et ses ennemis furent le marchepied de ses pieds, car il fit sortir la lumière du sein de l'obscurité, même du côté gauche (sitra semala). Car en vérité la lumière se trouve, en son trésor caché, même du côté gauche, comme il est dit dans le Zohar (Chela'h 173b) : "Il dit au nord : donne ; dans le temps à venir, le Saint, béni soit-Il, dira au nord : en toi J'ai déposé tout le bien", etc.
"Ton peuple s'offre volontairement au jour de ton armée" (beyom 'héylekha) - c'est-à-dire que le monde entier consentira et s'offrira de bon gré à se soumettre sous la mesure d'Avraham Avinou et sous ses services, puisqu'il est attaché à Hachem en permanence. "Dans les splendeurs de la sainteté" (béhadrei kodech) - c'est-à-dire qu'il répara toutes les actions qui avaient eu lieu dans les générations précédentes, dans le flot de la malveillance et le courant de la perversité (belial), et il les introduisit dans la sainteté pour accomplir par elles le service de ה' (comme nous l'écrirons plus loin à propos de la lettre lamed).
"À toi la rosée de ta jeunesse" (lekha tal yaldoutekha) - c'est-à-dire qu'il y avait en lui un empressement supplémentaire à s'émouvoir aussitôt pour faire la volonté de Hachem, au point que même son corps y consentait sans aucune opposition qui l'en empêchât par la paresse naturelle du corps. Parce qu'il était continuellement ardent et prompt comme en sa jeunesse, et sa sève ne l'avait pas quitté, comme il est écrit à son sujet : "Et Avraham se leva de bon matin", et comme il est dit dans le Talmud (Houlin 16a) : c'est l'empressement d'Avraham que cela nous enseigne (cela est expliqué de même dans le livre HaZemanim - Haggada de Pessa'h, sujet de la matsa, lettre 4 : Avraham Avinou, qui était lui aussi entraîné à la suite de Hachem avec une grande rapidité, comme il est écrit : "au cœur même de ce jour il fut circoncis", etc., sans aucun retard, etc.
Car dès qu'il recevait une illumination de Hachem, il était aussitôt entraîné à la suite de Sa volonté, comme il lui fut dit, et il agissait avec rapidité, comme il est écrit : "et Avraham se leva de bon matin". Et de même il est dit (Mena'hot 16a) : c'est l'empressement d'Avraham Avinou que cela nous enseigne.
C'est-à-dire qu'il n'eut nullement besoin de se poser, mais aussitôt il s'émut pour l'ordre de Hachem avec une très grande rapidité. Et cela parce qu'il était très proche de Hachem, aussi la parole de Hachem agissait-elle en lui aussitôt).
Et cela parce qu'il n'y a en haut ni nuque (oref) ni lassitude (eipouy), comme il est dit dans le Talmud (Haguiga 15a), et comme il est écrit au sujet des saintes 'hayot (Yé'hezkel 1) : "vers la où l'esprit devait aller elles allaient, elles ne se détournaient pas en marchant". C'est pourquoi, bien qu'Avraham Avinou fût en ce monde-ci où il y a nuque et lassitude, cet homme, le plus grand parmi les géants, qui mérita d'être un char (merkava) pour la Chekhina de ה', et qui soumit tout le corps sous son intellect et sa sagesse - pour cela il ressentit avec empressement, à l'instant, la volonté de Hachem, ce que ה' disait, et vers la où l'esprit devait aller il allait sans aucun empêchement (et comme il est dit dans le traité Soferim, ch.
21, halakha 9, en ces termes : "L'homme le plus grand parmi les géants", c'est Avraham Avinou, etc. ; et comme il est expliqué dans le Mei HaShiloa'h, 2e partie, Kohelet (4), s.v. Raiti : voici, Avraham Avinou fut le premier à proclamer et révéler la lumière de Hachem, par sa grande force, même dans les affaires de ce monde-ci, car toutes ses affaires étaient dans un immense surpassement, comme il est dit (traité Soferim ch.
21 h. 9), et il tria tous ses désirs, reconnaissant qu'en toute chose se trouve la gloire du Ciel).
Et de même que nous voyons que tous les membres de l'homme se soumettent sous son intellect pour ressentir à l'instant les pensées de l'homme et sa volonté, au point que même les orteils de ses pieds ressentaient la volonté qui est dans le cerveau, d'aller vers tel endroit qui monte en sa pensée :
וזה הוא דאיתא במדרש (לך רבה לט) שאברהם אבינו ראה בירה דולקת ואמר תאמר שהבירה בלא מנהיג, הציץ עליו בעל הבירה ואמר אני הוא בעל הבירה, כך לפי שהיה אבינו אברהם אומר תאמר שהעולם הזה בלא מנהיג, הציץ עליו הקב"ה ואמר לו אני הוא בעל העולם. הענין בזה, אחר שראה אאע"ה עצת דור הפלגה בבנותם עיר ומגדל.
עיר רומז לאחדות, כדכתיב (תהילים מ״ו:ה׳) נהר פלגיו ישמחו עיר. ומגדל הוא דבר גבוה הנראה למרחוק, והוא שהנקודה האמצעית תהיה כלולה בהם והיא תגן עליהם.
וזאת עשו אחר שראו סופן של דור המבול, שמחה ה' את כל היקום מעל פני האדמה מאדם ועד בהמה, ולא נשאר מהם אך נח ובניו, ומהם נבנה העולם עוד הפעם, הבינו מזה, שמבריאת עוה"ז ואילך חפץ השי"ת בקיום העולם ולא בהשחתתה, ואף בשעה שהשי"ת כועס על עולמו, גם אז נמצא בהכלל איש שחפץ בו השי"ת והוא מקיים את העולם, לזה נתייעצו ועשו שלום ביניהם שפה אחת ודברים אחדים להיות אגודה אחת, וממילא יהיה השי"ת כביכול מוכרח לקיימם בעולם, מאחר שנמצא ביניהם איש זה הנבחר בעיני השי"ת שעל ידו יתקיים העולם, וכמו שנתבאר בפ' נח (ענין נב, נג) והפיצם השי"ת משם. ואח"ז נתפלא מאד אאע"ה ואמר מה זאת תאמר שהבירה בלא מנהיג, היינו מהיכן יצמח זאת שיוכלו בני אדם להתאחד אם לא יהיה בזה כוונה לשם שמים, דהנה מה הוא ענין האחדות בזה שיש לאדם הכרה באור השי"ת ומקבל עליו עול מלכות שמים להכיר שה' אחד, וכן לחבירו יש ג"כ זו ההכרה, בזה יתאחדו כולם אגודה אחת כנסיה להשי"ת, מאחר שנמצא בכל אחד כוונה לשם שמים לה' אחד, וכדכתיב (ישעיהו ו׳:ג׳) וקרא זה אל זה ואמר קדוש, ומתרגמינן ומקבלין דין מן דין, ובזה האחדות חפץ השי"ת וטובה היא אל האדם, והוא שאף שבפרטן אינם מבוררים, אכן ביסדם אגודה על הארץ יתחברו ויצטרפו כל הפרטים ונעשים כמו נפש אחת, וכל המדות טובות שנמצאים בכל פרט ופרט מצטרפים לכלל אחד להיותם ברורים ונקיים בכל.
שכן כל אחד מברר את חבירו, זה האדם מבורר בזה הפרט וזה מבורר בזה הפרט, וכשיתחברו כנסיה אחת לה' אז אחד מזריח מקדושתו בחבירו וחבירו בו, וממילא אף אם נמצא איזה חסרון בהפרט מ"מ לא יוכל לחול עליהם שום קטרוג, מאחר שהשני משלים את זה החסרון כי הוא מבורר בה, וכמ"ש בפרשת נצביםהבית יעקב הכולל פרשת נצבים ד"ה אתם נצבים [ב]: אתם נצבים.
במדרש תנחומא (נצבים סא) אימתי בזמן שתהיו כלכם אגודה אחת. כי כל ישראל ביחד הם בכלל נפש אחד, ולכן אחד מברר מעשה חבירו.
כי איך יוכל לומר שנמצא באיזה נפש מישראל שום כעס בלב, והלא זה אינו כועס כלל. וכן בכל עניין.
וזה עניין שנאמר (מלכים ב ד׳:י״ג) בתוך עמי אנכי יושבת.. וזה הוא שהציץ עליו בעל הבירה, היינו שהסכים השי"ת על זה, שבאחדות כזה חפץ השי"ת ונקראה בשם כנסיה לשם שמים.
כי אם אין שורש כוונתם לשם שמים, אזי מה יועיל הם התחברותם ואגודתם, הלא זה הוא עיקר הפירודומבואר בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות קצו: ג' אהבות יש, אהבת הקב"ה והתורה וישראל, וכולם חד כידוע בזוהר דהא בלא הא לא סגי.
ואהבת הש"י הוא השורש, כי אהבת ישראל לבד בלא השי"ת הוא אוהב צוותא וחברותא, והוא דור הפלגה שג"כ אהבו חברותא. ועיין במחשבות חרוץ למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות יט בתחילתו:
רק כינוס לצדיקים יפה, אבל לרשעים אדרבה הפיזור יפה (סנהדרין עא:). ודור הפלגה שהיו עם אחד בתכלית האהבה, גרמו להם תכלית הפירוד בחילוק אומות ולשונות.:
Et voici ce qui est dit dans le Midrach (Lekh Rabba 39) : Avraham Avinou vit un palais illuminé (bira doleket) et dit : "Se peut-il que ce palais soit sans dirigeant ?" Le maître du palais se pencha vers lui et dit : "C'est moi le maître du palais." De même, parce qu'Avraham Avinou disait : "Se peut-il que ce monde-ci soit sans dirigeant ?", le Saint, béni soit-Il, se pencha vers lui et lui dit : "C'est Moi le maître du monde." Le sens en est le suivant : après qu'Avraham Avinou eut vu le dessein de la génération de la dispersion (dor haflaga), qui bâtissait une ville et une tour. La ville fait allusion à l'unité, comme il est écrit (Psaumes 46:5) : "Un fleuve, ses bras réjouissent la ville." Et la tour est une chose élevée, visible de loin, et c'est que le point central serait inclus en eux et les protégerait.
Et ils firent cela après avoir vu la fin de la génération du déluge, où ה' effaça tout être existant de la surface de la terre, de l'homme jusqu'à la bête, et il ne resta d'eux que Noa'h et ses fils, et c'est d'eux que le monde fut rebâti une nouvelle fois. Ils comprirent de là que, depuis la création de ce monde et désormais, Hachem désire l'existence du monde et non sa destruction ; et même à l'heure où Hachem est en colère contre Son monde, même alors se trouve dans l'ensemble un homme que Hachem désire, et c'est lui qui maintient le monde.
Pour cela ils prirent conseil et firent la paix entre eux, "une seule langue et des paroles unies", pour être une seule association ; et par là même Hachem serait pour ainsi dire contraint de les maintenir dans le monde, puisqu'il se trouve parmi eux cet homme choisi aux yeux de Hachem, par lequel le monde serait maintenu, comme cela a été expliqué dans la paracha de Noa'h (sujets 52, 53). Et Hachem les dispersa de là.
Et après cela Avraham Avinou s'étonna grandement et dit : "Qu'est-ce donc ? Se peut-il que le palais soit sans dirigeant ?" - c'est-à-dire : d'où pourrait germer que des êtres humains puissent s'unir, s'il n'y a pas en cela une intention pour le nom du Ciel ?
Car voici quel est le sens de l'unité : du fait qu'un homme a la reconnaissance de la lumière de Hachem et accepte sur lui le joug de la royauté des cieux, pour reconnaître que ה' est un, et que de même son prochain possède lui aussi cette reconnaissance - par cela ils s'uniront tous en une seule association, une assemblée (kenessia) pour Hachem, puisqu'il se trouve en chacun une intention pour le nom du Ciel, pour ה' un, comme il est écrit (Isaie 6:3) : "Et l'un appelle l'autre et dit : Saint", et nous traduisons (Targoum) : "et ils reçoivent l'un de l'autre" ; et c'est cette unité que Hachem désire, et elle est un bien pour l'homme. Et c'est que, même si dans leur détail ils ne sont pas clarifiés, cependant, en les fondant en une association sur la terre, tous les détails se joignent et se combinent et deviennent comme une seule âme, et toutes les bonnes qualités qui se trouvent en chaque détail se combinent en un seul ensemble, pour qu'ils soient clairs et purs en tout.
Car chacun clarifie son prochain : cet homme est clarifié en tel détail, et celui-là est clarifié en tel autre détail ; et lorsqu'ils se combinent en une seule assemblée pour ה', alors l'un fait rayonner de sa sainteté dans son prochain, et son prochain en lui ; et par là même, même si quelque manque se trouve dans le détail, néanmoins aucune accusation ne peut se poser sur eux, puisque le second complète ce manque, car il est clarifié en cela, comme il est écrit dans la paracha de Nitsavim (le Beth Yaakov, pour l'ensemble de la paracha de Nitsavim, s.v. Atem nitsavim [2] : "Vous vous tenez debout." Dans le Midrach Tan'houma (Nitsavim 61) : quand ?
Au moment où vous serez tous une seule association. Car tout Israël ensemble est compris dans une seule âme, c'est pourquoi l'un clarifie l'action de son prochain.
Car comment pourrait-on dire qu'il se trouve dans quelque âme d'Israël une colère au cœur, alors que celui-ci ne se met nullement en colère ? Et de même en tout sujet.
Et tel est le sens de ce qui est dit (2 Rois 4:13) : "C'est au milieu de mon peuple que je demeure"). Et c'est cela "le maître du palais se pencha vers lui", c'est-à-dire que Hachem consentit à cela : que c'est une telle unité que Hachem désire, et elle est appelée du nom d'assemblée pour le nom du Ciel.
Car si la racine de leur intention n'est pas pour le nom du Ciel, alors à quoi serviront leur union et leur association ? Voici, c'est là précisément la séparation principale (cela est expliqué dans le Tsidkat haTsaddik de notre maître Rabbi Tsadok haKohen, que son mérite nous protège, lettre 196 : il y a trois amours, l'amour du Saint, béni soit-Il, de la Torah et d'Israël, et tous ne font qu'un, comme il est connu dans le Zohar, que l'un sans l'autre ne suffit pas.
Et l'amour de Hachem est la racine, car l'amour d'Israël seul, sans Hachem, n'est qu'amour de la compagnie et de la camaraderie, et c'est ce que fut la génération de la dispersion, qui elle aussi aima la camaraderie. Et vois dans le Ma'hchevot 'Harouts de notre maître Rabbi Tsadok haKohen, que son mérite nous protège, lettre 19, à son début : seul le rassemblement est bon pour les justes, mais pour les méchants, au contraire, la dispersion est bonne (Sanhédrin 71b) ; et la génération de la dispersion, qui était un seul peuple au comble de l'amour, s'attira le comble de la séparation, par la division en nations et en langues) :
Ce passage poursuit l'explication : ce monde-ci est un monde de séparation (alma de-perouda). Le Beit Yaakov enseigne que l'homme relie les êtres séparés : des forces opposées tiennent par l'ordre du Nom béni, et l'âme mêle lumière et ténèbre. S'il accepte Son unité, devant qui « comme la ténèbre ainsi la lumière », elles s'unissent en lui ; une assemblée tournée vers Hachem Un est un seul faisceau. Recevoir la royauté des cieux en marchant ne fait régner le Nom que sur la teinte (gaven) ; Il désire une acceptation permanente du fond du cœur. L'alliance entre les morceaux fait allusion à leur unité à la racine.
Aussi : Nabuchodonosor et les nations, sans repos même dans l'abondance ; les fruits de la terre d'Israël qui affluent sans séparation ; les korbanot, où le bœuf matériel s'inclut dans le bœuf de la merkava
והענין בזה, דהנה באמת העוה"ז הוא עלמא דפרודא, וכדאיתא בזוה"ק (בראשית כב) כד מטי לעלמא דפרודא (דאיהו עולם הנבדלים) אמר נעשה אדם. שהאדם הוא מחבר כל הנבראים שהם נפרדים, וכמו שנתבאר הענין בפרשת בראשית ד"ה נעשה אדם (לעיל פרשת בראשית אות לט, מ).
שבנין האדם עצמו הוא מכמה כחות הפכיים ונבדלים, בשר ודם, עצמות וגידין, אש, רוח, מים ועפר. ואם לא מוצא פי ה' המאחדם ומחיה אותם, הלא אז יתפרדו כל יסוד ליסודו ובנין האדם היה מתבטל.
וכן נמצא בכל פרט נפש אור וחושך, לפי שבריאתו הוא בעוה"ז עלמא דפרודא, ואם לא יקבל עליו עול מלכות השי"ת, שלפניו אין שום חושך כלל רק כחשיכה כאורה לילה כיום יאיר, א"כ איך יוכל להתחבר אור שלו עם החושך שנמצא בחבירו, ופרט האדם עצמו איך יקום מעורב אור בחושך. ולזה מצינו נאמר (חבקוק ב׳:ד׳) הנה עפלה לא ישרה נפשו בו, שנפש עצמו מתקוטטת עמו ואין לו שום נייחא בעוה"ז, ונדרש במדרש תנחומא (תרומה סי' ד) על נבוכדנצרזמבואר ענינו בבית יעקב שמות פרשת תרומה אות יב:
אמר הקדוש ברוך הוא לישראל, איני מטריח על האומות, אלא עליכם בלבד. ראה מה כתיב, הנה עפלה לא ישרה נפשו בו וכו', זה נבוכדנצר.
כיצד, המליך אותו הקדוש ברוך הוא על כל העולם ולא היה שמח בחלקו, שנאמר, לא ישרה נפשו בו. העניין בזה שהעכו"ם אין נפשם מיושבת עליהם וחייהם לא ניחא להם, שהרי נבוכדנצר שהיה מולך בכיפה, ולא חסר דבר מכל הטובות של עולם, נאמר עליו, לא ישרה נפשו בו, כי לא היה בניחא.
שהאומות אומרים כוחם ועוצם ידם ובאומות אין רצון, ולכן הש"י אינו שורה בהם, ותמיד הם ברוגזא ואינם בנייחא, גם אם יהיו מלאים עם כל הטובות ויתפשטו עצמן עד אין שיעור לא ישלים להם. עיי"ש כל העניין.
לעיל פרשת נח אות נב ד"ה ואף, לקמן פ' ויצא אות י ד"ה ולכן נחשב.. אכן אם יקבל האדם עליו אחדותו יתברך, שלפניו כחשיכה כאורה, עי"ז יתאחדו גם בו האור והחושך, מאחר שיש לו הכרה שמקור ושורש הכל הוא ה' אחד.
וכן אם יתחברו כנסיה כל אחד יכוון לה' אחד, אזי הם אגודה אחת בלי שום פירוד, וכמו שמצינו בש"ס (פסחים נג:) בין שאמרו להדליק ובין שאמרו שלא להדליק שניהם לדבר אחד נתכוונו. וזה הוא ענין כריתת ברית שנהגו לפנים לכרות בהמה לשנים ולעבור בין בתריה, לרמז בזה, שבשורש הם אחד, רק נפש הבהמית מבדלת ומסתיר זאת מעיניהם, לזה נראה לפי ראות עין אדם שהם נפרדים, אבל בהסתלק מהם כח הגשמיי אז נראה איך שהם כמו נפש אחד ממש ממקור אחד המה נחצבים מה' אחד בלי שום פירוד.
וזה לעומת זה עשה הא-להים שאף בקדושה נמצא עיר ומגדל, שכן ירושלים נקרא עיר (תהילים מ״ו:ה׳) נהר פלגיו ישמחו עיר א-להים, ונקרא מגדל (שיר השירים ד׳:ד׳) כמגדל דויד צוארך, ודור הפלגה רצו ג"כ לעשות דוגמת זה כקוף בפני אדם, וכדאיתא בזוה"ק (נח עד:), וכוונתם היתה שעי"ז ימשכו את השי"ת לרצונם ע"י האחדות שביניהם, וממילא יוכלו אח"כ להתפשט ולעשות כל מה שיחפצו על בטחונם, שכביכול יוכרח השי"ת להסכים על כל פעולתם, וכל כוונתם הטובה לא היתה רק על הלבוש והגוון, כי עומק כוונתם היה שעי"ז יוכלו להתפשט כאות לבם. וכגוונא דבלעם, שעל הגוון מסר רצונו להשי"ת, ואמרתו היתה מהודרת (בלק כב) את אשר ישים א-להים בפי אותו אדבר, ועומק כוונתו היתה שעי"ז ישיג שפע נבואה מהשי"ת ושיסכים על רצונותיו לקלל עם בחירו, שכן בסוף השיא עצה להחטיאם כאשר רק מצא מקום לזה.
וכן הוא מדות העכו"ם, בשעה שירצו לפעול להשיג טובה יתיצבו כמו לבוש על הגוון בתפלה שישפיע להם השי"ת איזה טובה, וכאשר רק השג ישיגוה ירום לבבם לאמר שכחם ועוצם ידם עשה להם חיל (וכמש"נ בפ' נח בפסוק הוא היה גבור ציד אות נא):
L'explication en ceci : voici qu'en vérité ce monde-ci (ha-olam ha-ze) est un monde de séparation (alma de-perouda), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Berechit 22) : lorsqu'Il parvint au monde de la séparation (qui est le monde des êtres séparés), Il dit 'Faisons l'homme'. Car l'homme relie toutes les créatures qui sont séparées, comme la chose a été expliquée dans la paracha Berechit, s.v. 'Faisons l'homme' (ci-dessus paracha Berechit, sections 39, 40).
Car la constitution de l'homme lui-même est faite de plusieurs forces opposées et distinctes : chair et sang, os et tendons, feu, air (roua'h), eau et poussière. Et si l'ordre issu de la bouche de ה', qui les unit et les fait vivre, n'était pas là, alors chaque élément se séparerait pour retourner à son élément, et la constitution de l'homme serait annulée.
De même se trouvent dans chaque âme particulière lumière et ténèbre, parce que sa création est en ce monde-ci, monde de séparation ; et s'il ne prend pas sur lui le joug de la royauté du Nom béni (Hachem Yitbarakh, le Nom qu'Il soit béni), devant qui il n'y a aucune ténèbre du tout, mais 'comme la ténèbre ainsi la lumière, la nuit brille comme le jour' (Ps 139,12), alors comment sa lumière pourrait-elle s'unir à la ténèbre qui se trouve chez son prochain, et, pour l'individu lui-même, comment pourrait subsister un mélange de lumière dans la ténèbre ? C'est pourquoi nous trouvons qu'il est dit (Habaquq 2,4) 'Voici l'orgueilleux, son âme n'est pas droite en lui', car son âme se querelle avec lui et il n'a aucun repos (nayha) en ce monde.
Et il est exposé dans le Midrach Tan'houma (Terouma section 4) au sujet de Nabuchodonosor [Note : son sujet est expliqué dans Beit Yaakov Chemot, paracha Terouma, section 12 : Le Saint, béni soit-Il, dit à Israël : Je n'impose pas de fardeau aux nations, mais à vous seulement. Vois ce qui est écrit : 'Voici l'orgueilleux, son âme n'est pas droite en lui' etc., c'est Nabuchodonosor.
Comment cela ? Le Saint, béni soit-Il, le fit régner sur le monde entier et il ne se réjouissait pas de sa part, comme il est dit : 'son âme n'est pas droite en lui'.
L'explication en ceci : les idolâtres (akoum, les non-juifs adorateurs d'astres et de constellations) n'ont pas l'âme apaisée en eux et leur vie ne leur est pas agréable ; car voici Nabuchodonosor qui régnait sur toute la sphère du monde et ne manquait d'aucun des biens du monde, et il est dit de lui 'son âme n'est pas droite en lui', car il n'était pas dans le repos. Car les nations disent [que ce sont] leur force et la puissance de leur main, et dans les nations il n'y a pas de volonté [tournée vers le Nom], c'est pourquoi le Nom béni ne réside pas en elles, et elles sont toujours dans l'agitation (rogza) et non dans le repos ; et même si elles sont combles de tous les biens et s'étendent elles-mêmes sans mesure, cela ne les comblera pas.
Vois-y tout le sujet. Ci-dessus paracha Noah section 52 s.v. 've-af' ; plus loin paracha Vayetse section 10 s.v. 've-lakhen nehchav'.].
Cependant, si l'homme accepte sur lui Son unité, béni soit-Il, devant qui la ténèbre est comme la lumière, par cela s'uniront aussi en lui la lumière et la ténèbre, du moment qu'il a la conscience que la source et la racine de tout est ה' Un. De même, si une assemblée se réunit et que chacun oriente [son intention] vers ה' Un, alors ils sont un seul faisceau sans aucune séparation, comme nous trouvons dans le Talmud (Pesahim 53b) : que ce soit ceux qui ont dit d'allumer ou ceux qui ont dit de ne pas allumer, les deux ont visé une seule et même chose.
Et c'est le sens de la conclusion d'une alliance (kritout berit), qu'on avait coutume jadis de couper une bête en deux et de passer entre ses morceaux (bein betarav), pour faire allusion par là à ce que, dans la racine, ils sont un ; seule l'âme animale sépare et cache cela à leurs yeux, de sorte qu'aux yeux de l'homme ils paraissent séparés ; mais lorsque se retire d'eux la force matérielle, alors on voit combien ils sont comme une seule âme véritablement : d'une seule source ils sont taillés, de ה' Un, sans aucune séparation. Et 'l'un en face de l'autre Dieu (Elokim) a fait' (Qohelet 7,14), de sorte que même dans la sainteté se trouvent 'ville et tour' : ainsi Jérusalem est appelée 'ville' (Ps 46,5) 'un fleuve dont les canaux réjouissent la ville de Dieu (Elokim)', et elle est appelée 'tour' (Cantique 4,4) 'comme la tour de David est ton cou' ; et la génération de la dispersion (dor ha-palaga) voulut elle aussi faire à l'image de cela, comme un singe devant l'homme, ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Noah 74b) ; et leur intention était que, par cela, ils attireraient le Nom béni à leur volonté par l'unité qui était entre eux, et que dès lors ils pourraient ensuite s'étendre et faire tout ce qu'ils voudraient en s'appuyant sur leur assurance, comme si le Nom béni serait contraint de consentir à toutes leurs actions ; et toute leur intention 'bonne' ne portait que sur le vêtement (levouch) et la teinte (gaven, l'aspect extérieur, la couleur), car la profondeur de leur intention était que, par cela, ils pourraient s'étendre selon le désir de leur cœur.
Et de la même façon que Biléam, qui pour la teinte livrait sa volonté au Nom béni, et sa parole était ornée (Balaq 22) 'ce que Dieu (Elokim) mettra dans ma bouche, cela je le dirai', et la profondeur de son intention était que, par cela, il obtiendrait l'afflux (chefa) de prophétie du Nom béni et qu'Il consentirait à ses volontés de maudire le peuple de Son élu ; car à la fin il donna le conseil de les faire pécher dès qu'il trouva un lieu pour cela. Et telle est la mesure (midda) des idolâtres : au moment où ils veulent agir pour obtenir un bien, ils se tiennent comme un vêtement sur la teinte, dans la prière, pour que le Nom béni leur fasse affluer quelque bien ; et dès qu'ils l'ont obtenu, leur cœur s'élève pour dire que 'leur force et la puissance de leur main leur ont procuré cette richesse' (comme il est expliqué dans la paracha Noah sur le verset 'il fut un puissant chasseur', section 51).
וזה הוא פתיחת התנחומא בפרשתנו (לך) ילמדנו רבינו מהו לקבל עליו מלכות שמים כשהוא מהלך כו' אסור לקבל עליו מלכות שמים כשהוא מהלך אלא יעמוד במקום אחד ויכוון לבו לשמים באימה וביראה ברתת ובזיע ביחוד השם ויקרא שמע ישראל וגו' ה' אחד, כל אחד ואחד בכוונת הלב וכו'. קבלת מלכות שמים כשהוא מהלך היינו, שרק על הגוון הוא ממליך עליו את השי"ת, עד אשר יעבור ויהלך את המעבר וישיג חפץ לבו ואז יתפשט לו בה, וע"ז אמרו שאסור לעשות כן, אכן הקבלת עול מלכות שמים תהיה מעומק הלב בקביעות, בזה יחפוץ השי"ת.
ואם יתחברו כנסיה ויעשו אגודה אחת בזו הכוונה להמליך עליהם את ה' אחד, אזי יהיה בזו הכנסיה שלימות גמור בלי שום פירוד, ואף אם יאמר אחד דבר הלכה וחבירו יחלוק עליו ויפסק ההלכה היפך ממנו, עכ"ז מותאמים הם בשורש ושם אין בדבריהם שום התחלקות מאחר שכוונתם אחד. וכדאיתא בש"ס (פסחים נג:) בין שאמרו להדליק ובין שאמרו שלא להדליק שניהם לדבר אחד נתכוונו ואלו ואלו דברי א-להים חיים.
ועל התחברות כזה צופה השי"ת בתמידות להיטיב להם כל הימיםחמקורו במי השלוח ח"א פרשת ואתחנן ד"ה שמור תשמרון: כי התרי"ג מצות נתן ה' לישראל והם שוים לכל נפש לקיימם מבלי שום שינוי לנפש אחת מחבירו, אך עדותיו היינו טעמי המצות, כל אחד ואחד מרגיש טעם בהמצוה טעם מיוחד שאין חבירו מרגיש בו, ולא כפי הבנת חבירו, וכמו שמצינו בגמ' (פסחים נג:) בין שאמרו להדליק ובין שאמרו שלא להדליק שניהם לדבר אחד נתכוונו, כי בתחילה היה נראה שהאחד חולק על חבירו, אך באמת לא נחלקו כי שניהם לדבר אחד נתכוונו ולא יחלוק אחד על מדותיו של חבירו, כי יבין שחבירו לא יוכל להשמר רק באופן אחר, לא כפי שמירתו.
ונתבאר בתפארת החנוכי על זוהר בהקדמה דף א. ד"ה אמאי:
כמו שמצינו בגמ' (פסחים נג:) בין שאמרו להדליק ובין שאמרו שלא להדליק שניהם לדבר אחד נתכוונו, והיינו שבשרשם הם אחד ממש. רק שכל אחד יודע שלפי תכונת נפשו השמירה היא כשידליק נר ביום הכפורים, ולזה השמירה היותר מעולה הוא כשלא ידליק.
ולכן אינם מתנגדים זה לזה. וכל זה כשמאיר להם שורש וטעם הדבר, אבל כאשר נעלם הטעם, וכן התלמידים הבאים אחריהם כשיחלקו בדבר ששורש הטעם נעלם, אז נראים כמתנגדים זה לזה התנגדות גמורה וכו' עיי"ש.
עיין עוד מי השלוח ח"א פ' ויחי ד"ה גד, בית יעקב שמות פ' בא אות ט ד"ה ושם, תפארת החנוכי על זוהר פרשת צו דף לא. ד"ה אבל, תפארת יוסף חג השבועות ד"ה ויחן..
ולזה בארץ ישראל, דכתיב בה (מלכים א ט׳:ג׳) והיו עיני ולבי שם כל הימים בתמידות בלי שום פירוד, לזה היו פירות ארץ ישראל בישובה נשפעים בטובת עין מאד, וכמו שנקראת (דניאל יא) ארץ צבי, וכדאיתא ע"ז בש"ס (כתובות קיב). וע"ז מרמז ג"כ ענין הקרבנות, שהקריבו על המזבח כל עניני עוה"ז שיתעלו ויתכללו בשרשם, ונתעלו בהמות ארץ עד השור שבמרכבה, שרבץ על מזבח ה' ארי של אש מן השמים שנתכלל בו השור הגשמיי.
והוא מאחר שהעלוהו לשרשו, ובהשורש אין שום חילוק בין שור הגשמיי לבין שור שבמרכבה, כי כל הנקרא בשמו ולכבודו בראה, וכן מתגדל ומתקדש כבודו יתב' מזה כמו מזה בלי שום הבדל (וכש"נ הענין בפ' ויקרא צו), ולזה כל מין שהיה קרב על גבי המזבח היה מברך את מינו בגודל התרבות וכדאיתא בתנחומא (תצוה)טכדאיתא במי השלוח ח"ב פרשת ויקרא ד"ה ויקרא [א]: להבין ענין הקרבנות כי כשאדם עושה חלילה היפוך מרצון השי"ת בזה מוריד כל הברואים, וכשעושה תשובה נתעלו כל הברואים, ולכן כשאדם חוטא ומקריב בהמה שהיא מדרגה קטנה מצורת אדם, והכהן והבעלים מתפללין על הקרבן שיעלה לרצון לפני ה' וע"י עבודת הכהן נכללת הבהמה בשור אשר במרכבה, כדאיתא בזה"ק (פנחס רמ:) וזה שאיתא שם (רמא.) בשעתא דקרבנא שלים אריה נחית ועאל באשא ואכיל ואתהני מתמן.
וכן בקרבן עופות איתא (שם) שנכללים בנשר אשר במרכבה, וזה הקרבן היה מאיר לכל העולמות. ומבואר בבית יעקב ויקרא פרשת ויקרא אות ה ד"ה וזה דאיתא בספרא:
כגון אש המזבח, שהיה יורד ארי של אש מהמרכבה והקרבנות נכללו בו, ונתכללו בהויה הראשונה בשורש המקור, ובזה נתקנו כל הברואים. שהדומם נותן כחו בצומח, וצומח בחי, כי הבהמה אוכלת מצמחי האדמה.
אכן הבהמה נראית רחוקה מאד מהשי"ת, כי אין בה שום כח בחירה מצדה, ובמה שתחשוק ותתאוה אין בכחה לצמצם עצמה מזה החשק. ובזה שנכללה בהארי של אש, היו מתקרבין כל כתרין כחדא, ומתאחדין כל הכחות שיתייצבו בעוצם התבטלות לפני השי"ת.
עיין לקמן פ' ויצא אות יז, פ' וישלח אות כח, פ' וישב אות יט. ועניין זה הורחב בבית יעקב ויקרא פרשת ויקרא (אות א ד"ה וזה עניין הקרבנות, אות ל ועוד) ופרשת צו (אות א בסופו, אות י, יא ד"ה וזהו, טו ועוד) תפארת יוסף פ' צו ד"ה אדם [ב].:
Et c'est l'ouverture du Tan'houma dans notre paracha (Lekh) : 'Que notre maître nous enseigne : qu'en est-il de recevoir sur soi la royauté des cieux quand on marche, etc. ? Il est interdit de recevoir sur soi la royauté des cieux quand on marche, mais on doit se tenir en un seul lieu et diriger son cœur vers les cieux avec crainte et frayeur, avec tremblement et frisson, dans l'unification du Nom, et réciter Écoute Israël etc. ה' Un, chacun avec l'intention du cœur, etc.'.
Recevoir la royauté des cieux quand on marche, cela signifie que ce n'est que sur la teinte (gaven) qu'il fait régner sur lui le Nom béni, jusqu'à ce qu'il ait traversé et parcouru le passage et obtenu le désir de son cœur, et alors il s'étend à son aise ; c'est de cela qu'ils ont dit qu'il est interdit d'agir ainsi. En revanche, l'acceptation du joug de la royauté des cieux doit se faire du fond du cœur, de façon permanente (be-kevi'out) ; c'est cela que désire le Nom béni.
Et si une assemblée se réunit et forme un seul faisceau avec cette intention de faire régner sur eux ה' Un, alors il y aura dans cette assemblée une plénitude parfaite sans aucune séparation ; et même si l'un énonce une parole de halakha et que son compagnon le contredit et que la halakha est tranchée à l'opposé de lui, malgré cela ils sont accordés dans la racine, et là, dans leurs paroles, il n'y a aucune division, du moment que leur intention est une. Comme il est rapporté dans le Talmud (Pesahim 53b) : que ce soit ceux qui ont dit d'allumer ou ceux qui ont dit de ne pas allumer, les deux ont visé une seule et même chose, et 'les uns et les autres sont paroles du Dieu vivant (Elokim 'hayim)'.
Et sur une telle union le Nom béni veille continuellement pour leur faire du bien tous les jours [Note : sa source est dans Mei ha-Chiloah, tome 1, paracha Vaethanan, s.v. 'chamor tichmeroun' : car les 613 commandements (taryag mitsvot), ה' les a donnés à Israël, et ils sont égaux pour toute âme quant à leur accomplissement, sans aucune différence d'une âme à l'autre ; mais 'Ses témoignages' (édotav), c'est-à-dire les raisons des commandements (ta'amei ha-mitsvot) : chacun ressent dans le commandement un goût particulier que son compagnon ne ressent pas, et non selon la compréhension de son compagnon ; comme nous trouvons dans la Guemara (Pesahim 53b) : que ce soit ceux qui ont dit d'allumer ou ceux qui ont dit de ne pas allumer, les deux ont visé une seule et même chose ; car au début il paraissait que l'un contredisait l'autre, mais en vérité ils ne divergeaient pas, car les deux ont visé une seule chose, et l'un ne contredira pas les mesures (middot) de son compagnon, car il comprendra que son compagnon ne peut se garder que d'une autre façon, non selon sa propre gardienneté. Et cela est expliqué dans Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, dans l'introduction, folio 1a, s.v. 'amaï' : comme nous trouvons dans la Guemara (Pesahim 53b) : que ce soit ceux qui ont dit d'allumer ou ceux qui ont dit de ne pas allumer, les deux ont visé une seule et même chose ; et cela [signifie] que dans leur racine ils sont véritablement un ; seulement chacun sait que, selon la nature de son âme, la gardienneté consiste à allumer une bougie le jour de Kippour, et pour tel autre la gardienneté la plus élevée est de ne pas allumer.
C'est pourquoi ils ne s'opposent pas l'un à l'autre. Et tout cela quand la racine et la raison de la chose leur éclaire ; mais lorsque la raison est cachée, et de même les disciples qui viennent après eux, lorsqu'ils divergent sur une chose dont la racine de la raison est cachée, alors ils apparaissent comme s'opposant l'un à l'autre d'une opposition totale, etc.
Vois-y. Vois encore Mei ha-Chiloah I, paracha Vayehi s.v. 'Gad' ; Beit Yaakov Chemot, paracha Bo section 9 s.v. 've-cham' ; Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, paracha Tsav folio 31a s.v. 'aval' ; Tiferet Yossef, fête de Chavouot s.v. 'va-yihan'.].
Et c'est pourquoi, dans la terre d'Israël, dont il est écrit (1 Rois 9,3) 'Mes yeux et Mon cœur seront là tous les jours', continuellement, sans aucune séparation, pour cela les fruits de la terre d'Israël, quand elle est habitée, affluaient avec une très grande générosité (litt. 'un bon œil'), comme elle est appelée (Daniel 11) 'terre de beauté (erets tsvi)', et comme il est rapporté à ce sujet dans le Talmud (Ketoubot 112). Et sur cela fait aussi allusion le sujet des sacrifices (korbanot), par lesquels on offrait sur l'autel toutes les choses de ce monde afin qu'elles s'élèvent et s'incluent dans leur racine ; et les bêtes de la terre s'élevaient jusqu'au bœuf de la merkava (le char céleste), car un lion de feu descendu des cieux se couchait sur l'autel de ה', et le bœuf matériel s'incluait en lui.
Et cela parce qu'on l'avait élevé à sa racine ; et dans la racine il n'y a aucune différence entre le bœuf matériel et le bœuf de la merkava, car 'tout ce qui est appelé par Son Nom, c'est pour Sa gloire que Je l'ai créé' (Isaie 43,7), et de même Sa gloire, béni soit-Il, est magnifiée et sanctifiée par l'un comme par l'autre sans aucune différence (comme la chose est expliquée dans les parachiot Vayikra et Tsav) ; et c'est pourquoi chaque espèce qui était offerte sur l'autel bénissait son espèce par un grand accroissement, comme il est rapporté dans le Tan'houma (Tetsave) [Note : comme il est rapporté dans Mei ha-Chiloah, tome 2, paracha Vayikra, s.v. 'Vayikra [1]' : pour comprendre le sujet des sacrifices : car lorsqu'un homme fait, à Dieu ne plaise, le contraire de la volonté du Nom béni, il fait descendre par cela toutes les créatures, et lorsqu'il fait techouva, toutes les créatures s'élèvent ; c'est pourquoi, lorsqu'un homme pèche et offre une bête, qui est un degré inférieur à la forme de l'homme, et que le prêtre (kohen) et les propriétaires (be'alim) prient sur le sacrifice pour qu'il monte en faveur devant ה', par le service du kohen la bête est incluse dans le bœuf qui est dans la merkava, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 240b) ; et c'est ce qui est rapporté là (241a) : au moment où le sacrifice est achevé, un lion descend et entre dans le feu, mange et jouit de là. Et de même pour le sacrifice d'oiseaux il est rapporté (là) qu'ils sont inclus dans l'aigle qui est dans la merkava, et ce sacrifice illuminait tous les mondes.
Et il est expliqué dans Beit Yaakov Vayikra, paracha Vayikra, section 5, s.v. 've-ze de-ita be-Sifra' : par exemple le feu de l'autel, où un lion de feu descendait de la merkava et les sacrifices s'incluaient en lui, et ils s'incluaient dans l'être premier (ha-havaya ha-richona), dans la racine de la source, et par cela toutes les créatures étaient réparées (nitkenou). Car l'inanimé (domem) donne sa force au végétal (tsomeah), et le végétal au vivant (haï), car la bête se nourrit des végétaux de la terre.
Cependant la bête paraît très éloignée du Nom béni, car il n'y a en elle aucune force de libre choix de son côté, et dans ce qu'elle désire et convoite elle n'a pas le pouvoir de se restreindre (tsimtsoum) de ce désir. Et par le fait qu'elle est incluse dans le lion de feu, toutes les couronnes (ketarin) se rapprochaient comme une seule, et toutes les forces s'unissaient pour se tenir dans une intense annulation (bitoul) devant le Nom béni.
Vois plus loin paracha Vayetse section 17, paracha Vayichlah section 28, paracha Vayechev section 19. Et ce sujet a été développé dans Beit Yaakov Vayikra, paracha Vayikra (section 1 s.v. 've-ze inyan ha-korbanot', section 30 et ailleurs) et paracha Tsav (section 1 à sa fin, sections 10, 11 s.v. 've-zéhou', 15 et ailleurs) ; Tiferet Yossef, paracha Tsav s.v. 'adam [2]'.]
Ce passage poursuit : dans leur racine, la génération de la Dispersion n'avait aucun bien, tout leur charme ne portant que sur l'apparence extérieure, et D.ieu les dispersa lorsque ce charme prit fin. Pour le Beit Yaakov, Avraham était attaché en permanence au Vivant des mondes, le fond du cœur empli de la volonté de D.ieu sans inclination de son propre côté, ardent comme en sa jeunesse. Toute chose détachée de Celui qui la donne se compte comme créature autonome et s'expose à la perte ; liée à D.ieu, elle demeure chaude comme à son commencement. Le pain de proposition était chaud lors de son retrait comme lors de sa disposition.
Aussi : la maison de Garmou cuisait de l'intérieur et savait retirer le pain ; les artisans d'Alexandrie n'avaient que l'apparence extérieure et s'attribuaient la force ; en Égypte le Nil arrose sans qu'on attende la pluie
וזה הוא הענין שדור הפלגה נפוצו מעל פני האדמה, מפני שבשורש לא היה בהם שום טובה, וכל החן שלהם לא היה רק על הגוון, ולכן כאשר תם זה החן והלך לו, משם הפיצם ה' והוי חדי קב"ה במפלתן בגין דאתאבידו בזמנייהו ואשתלים חובייהו, ואז הקב"ה שמח במפלתן של רשעים, וכדכתיב (משלי י״א:י׳) באבוד רשעים רנה, וכדאיתא ע"ז בזוה"ק (נח סא.). שאני אברהם אבינו ע"ה, שהיה דבוק בשורש בתמידות בהשי"ת, ועומק לבו היה מלא רצון השי"ת בלי שום נטיה מצדו, והיה זריז וחם לקיים רצונו יתברך, וכדכתיב ביה (וירא כה) וישכם אברהם בבוקר וכו' וילך כאשר דבר אליו ה', וקראו הקב"ה אברהם אוהבי, ועליו נאמר (תהילים ק״י:ג׳) לך טל ילדותך, שהיה זריז וחם תמיד בעבודת השי"ת כמו בילדותו ולא נס לחו.
וזה נקח ממה שהיה דבוק בתמידות בחי עולמים, לזה היה תמיד חם וזריז. וכל דבר שדבוק בחי עולמים לא תתיישן ולא תתעפש לעולם.
כי כל ההפסד והקלקול נקח מזה שנעתק הדבר מהנותן וכבריה בפני עצמה תחשב לה, עד שנראה לה שעוצם ידה עתקו גם גברו חיל, ומאז עלול הדבר להפסד וקלקול. אבל הדבר שקשורה ודבוקה תמיד בהשי"ת חמימה היא תמיד כבתחלתה.
וכמו שמצינו בלחם הפנים שהיתה מונחת על שלחן ה' תמיד לא נתעפשה מעולם ולא היה בה שום הפסד וקלקול, והיה חם בסילוקו כמו בסידורו, וכדכתיב (שמואל א כ״א:ז׳) לחם חם ביום הלקחו, וכדאיתא בש"ס (חגיגה כו:) שבלחם הפנים הראו חבת ישראל לפני המקום ראו סילוקו כסידורוימבואר בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת חיי שרה ד"ה בזה"ק: כי כל דבר כשהוא חדש הוא מתקיים, כי עוד שורה עליו אהבת הנותן, אכן כאשר תדמה הבריאה שכבר הטובה היא בידה, אז יוציא השי"ת מעט מעט אהבתו כפי תפיסת הבריאה מדה במדה, ולכן יתחיל להתקלקל אחר שיתיישן כל דבר, ולכן כל הוה נפסד וכו'.
אכן הלחם הפנים שהיה מונח לפני ה' והיה יונק מן המקור, לכן לא נתיישן כלל. עיין לקמן פ' וירא אות א, פ' תולדות אות טז, מד, פ' ויחי אות ב ד"ה וזהו, בית יעקב שמות פרשת תשא אות סד ד"ה והנה, פ' פקודי אות יא ד"ה שאני, נאות דשא פ' לך ד"ה ומלכי, סוד ישרים ערב יום כפור אות לח, שמיני עצרת אות לג..
וכן מצינו בגפן של זהב שהיתה במקדש, אף שהיה רק דומם מ"מ הוציא פירותיו בעתו, מפני שהיה עומד לפני ה', וכדאיתא בש"ס (יומא כא) בשעה שבנה שלמה את בית המקדש נטע בו כל מיני מגדים של זהב והיו מוציאין פירות בזמנןיאוהתבאר עניין המקדש בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף צא: שבמקום המקדש שנאמר בו (דברי הימים ב ז׳:ט״ז) והיו עיני ולבי שם כל הימים, שם האיר הש"י למעלה מן הסדר שהטביע בעולם, ולמעלה מן הסדר שסדר דעת האדם משכלו וידיעתו, וכל הנכנס למקום המקדש בקדושה ובטהרה היה רואה זאת גם בעיני בשר, והבין זאת בדעתו ושכלו, ששם הראה הקב"ה נסים נגלים והושגו בהשגת האדם.
וכן מבואר בסוד ישרים ראש השנה אות ס': כי כוונת בנין המקדש הוא כדי שיתאחדו שם כל ישראל ביחד כאיש אחד ובלב אחד וע"י זה יהיה שוכן אצלם רצונו ית' בהתגלות מפורש לעיני כל.
ובתפארת יוסף מס' תענית (יז.) ד"ה תנו רבנן: שאני במקדש ששם היה מלכות בהתגלות, עד היכן שהיו רואים שאף הדומם הוא מלא אור השי"ת, כדאיתא בש"ס (יומא כא:) בשעה שבנה שלמה את בית המקדש נטע בו כל מיני מגדים של זהב והיו מוציאין פירותיהן בזמנן, שהכהנים היו עומדים שם בבהירות גדול עד שהיו ממשיכין התגלות כבוד שמים, כשהיה אדם בא להקריב קרבן היה רואה מלכות שמים בהתגלות.
עיין עוד בית יעקב שמות פ' תרומה אות ל, תפארת יוסף פ' פקודי ד"ה ולא.:
C'est là le sens de ce que la génération de la Dispersion (dor haflaga, la génération de la tour de Babel) fut dispersée sur la face de la terre : parce que dans leur racine il n'y avait en eux aucun bien, et tout leur charme (hen) ne portait que sur l'apparence extérieure (gavan, la teinte, le vernis). C'est pourquoi, lorsque ce charme prit fin et s'en alla, de là ה' les dispersa.
Et 'le Saint béni soit-Il se réjouit de leur chute, parce qu'ils s'étaient perdus en leur temps et que leur faute s'était accomplie' (araméen : ve-havi hadi Koudsha berikh Hou be-mapaltan begin de-itabidou bi-zemanaihou ve-ishtelim houvaihou) ; alors le Saint béni soit-Il se réjouit de la chute des méchants, ainsi qu'il est écrit (Proverbes 11,10) 'à la perte des méchants, chant de joie', comme cela figure à ce sujet dans le Zohar (Noah 61a). Il en va autrement d'Avraham notre père, la paix sur lui, qui était attaché à la racine en permanence à ה', dont le fond du cœur était empli de la volonté de ה' sans aucune inclination de son propre côté, et qui était empressé et ardent à accomplir Sa volonté, béni soit-Il, ainsi qu'il est écrit à son sujet (Vayera, ch.
22) 'Avraham se leva de bon matin, etc., et il alla comme ה' le lui avait dit'. Le Saint béni soit-Il l'appela 'Avraham qui M'aime' (Avraham ohavi), et de lui il est dit (Psaumes 110,3) 'à toi la rosée de ta jeunesse' - car il était empressé et ardent en tout temps au service de ה' comme en sa jeunesse, et sa vigueur ne s'était pas flétrie (Deut 34,7 : 've-lo nas lécho').
Et cela vient de ce qu'il était attaché en permanence au Vivant des mondes (Haï olamim) ; c'est pourquoi il était toujours ardent et empressé. Or toute chose attachée au Vivant des mondes ne vieillit jamais et ne se corrompt jamais.
Car toute perte et corruption vient de ce que la chose se détache de Celui qui la donne, et qu'elle se compte comme une créature (beria) autonome, au point qu'il lui semble que 'la force et la puissance de sa main lui ont procuré cette richesse' (cf. Deut 8,17 : 'kohi ve-otsem yadi'), et dès lors la chose est exposée à la perte et à la corruption.
Mais la chose qui est liée et attachée constamment à ה' demeure chaude toujours comme à son commencement. Ainsi que nous le trouvons pour le pain de proposition (le'hem ha-panim) qui était posé sur la table de ה' en permanence : il ne moisit jamais, il n'y eut en lui aucune perte ni corruption, et il était chaud lors de son retrait comme lors de sa disposition, ainsi qu'il est écrit (I Samuel 21,7) 'du pain chaud au jour où on le prend', et comme il est enseigné dans le Talmud (Haguiga 26b) : par le pain de proposition on montrait l'affection d'Israël devant le Lieu (ha-Makom, le Nom) - 'voyez son retrait comme sa disposition'.
[Cela est expliqué dans Sod Yesharim sur la Torah, d'après le manuscrit de l'auteur, parachat Haye Sara, s.v. 'ba-Zohar ha-kadoch' : car toute chose, tant qu'elle est neuve, subsiste, car repose encore sur elle l'amour de Celui qui donne ; mais lorsque la créature s'imagine que le bien est déjà en sa main, alors ה' retire peu à peu Son amour, à la mesure de la saisie possessive de la créature, mesure pour mesure, et c'est pourquoi toute chose commence à se corrompre après avoir vieilli, et donc 'tout ce qui vient à l'être se corrompt', etc. Mais le pain de proposition, qui était posé devant ה' et qui tétait de la Source, ne vieillissait pas du tout.
Voir plus loin parachat Vayera, alinéa 1 ; parachat Toledot, alinéas 16 et 44 ; parachat Vayehi, alinéa 2, s.v. 've-zéhou' ; Beit Yaakov Chemot, parachat Tissa, alinéa 64, s.v. 've-hine' ; parachat Peqoudé, alinéa 11, s.v. 'chani' ; Néot Déshe, parachat Lekh, s.v. 'ou-Malki' ; Sod Yesharim, veille de Yom Kippour, alinéa 38 ; Chemini Atseret, alinéa 33.] De même nous trouvons pour la vigne d'or qui se trouvait dans le Temple : bien qu'elle ne fût qu'inanimée (domem), elle produisait néanmoins ses fruits en leur temps, parce qu'elle se tenait devant ה', ainsi qu'il est rapporté dans le Talmud (Yoma 21) : lorsque Salomon bâtit le Temple, il y planta toutes sortes d'arbres à fruits précieux (migdanim) d'or, et ils produisaient des fruits en leur temps. [Le sujet du Temple est expliqué dans le Chaar ha-Emouna - introduction au Beit Yaakov, folio 91 : au lieu du Temple, dont il est dit (II Chroniques 7,16) 'Mes yeux et Mon cœur y seront tous les jours', là, ה' faisait luire Sa lumière au-dessus de l'ordre qu'Il a imprimé dans le monde, et au-dessus de l'ordre selon lequel s'ordonne la connaissance de l'homme par son intellect et son savoir ; et quiconque entrait au lieu du Temple en sainteté et en pureté voyait cela même avec les yeux de chair, et le comprenait par sa raison et son intellect, car là le Saint béni soit-Il montrait des miracles manifestes qui étaient saisis par la perception (hasaga) de l'homme.
De même il est expliqué dans Sod Yesharim, Roch ha-Chana, alinéa 60 : l'intention de la construction du Temple est que tout Israël s'y unisse ensemble comme un seul homme et d'un seul cœur, et que par cela réside auprès d'eux Sa volonté, béni soit-Il, en une révélation manifeste aux yeux de tous. Et dans le Tiferet Yossef, traité Taanit (17a), s.v. 'Tanou rabanan' : il en va autrement dans le Temple, où la royauté (malkhout) était en révélation, au point qu'on y voyait que même l'inanimé est empli de la lumière de ה' - ainsi qu'il est rapporté dans le Talmud (Yoma 21b) : lorsque Salomon bâtit le Temple, il y planta toutes sortes d'arbres à fruits précieux d'or, et ils produisaient leurs fruits en leur temps - car les kohanim s'y tenaient dans une grande clarté, au point qu'ils faisaient descendre (mamshikhin) la révélation de la gloire du Ciel : quand un homme venait offrir un sacrifice, il voyait la royauté du Ciel en révélation.
Voir encore Beit Yaakov Chemot, parachat Terouma, alinéa 30 ; Tiferet Yossef, parachat Peqoudé, s.v. 've-lo'.]
וזה הוא ג"כ הענין דאיתא בש"ס (חגיגה כו.) שלחם הפנים שעשו של בית גרמו לא היה מתעפש, מפני שהיו מסיקין מבפנים ואופין בפנים, והביאו אומנין מאלכסנדריא של מצרים ונתעפש הלחם שעשו, מפני שהיו מסיקין מבחוץ ואופין מבחוץ, לאפות היו יודעין כמו של בית גרמו ולא ידעו לרדות כמותן ונשתברה הלחם שעשו. הענין בזה, דהנה כמו שבפרט כל אדם נמצאים אברים מחולקים, כן אין מעלת אדם דומה לחבירו.
באדם נמצא עצמות וגידין, שערות וצפרנים. עצמות וגידין הם קרובין ביותר לגוף האדם והם יסוד ושורש הגוף, לזה אם יעלה על דעת האדם לעשות דבר מה, אזי האבר המיוחד לעשות זו הפעולה ירגיש כרגע לסור למשמעתו, ואף אצבעות רגליו שרחוקים המה מהראש עכ"ז ירגישו כרגע לעשות פעולת השכל שבראש כי הם מיסוד הגוף.
ונמצא בו ג"כ שערות וצפרנים שהם כמו מותרות הגוף, והחיים שנמצא בהם מצומצם מאד, עד שאם יתגדלו ביותר יצערוהו עדי יסיר אותם מעליו. וזה הוא הענין שהיו דבוקים בשורש, שכן מתרגמינן על עצמות "גרמין", והוא מלשון עצמיות, שהיו קרובים ביותר לעצמיות רצונו יתב'.
וזה מרמז אמרם ז"ל שהיו אופין מבפנים, והוא שהיו ממליכין עליהן את השי"ת מעומק רצון לבם, ואף גם ידעו איך לרדות את הפת, היינו אף אחר שהיתה הטובה בידם היה להם הכרה שלה' הארץ ומלואה, ומצדם אין להם כח לעשות חיל רק ה' א-להים הוא הנותן להם כח לעשות חיל, לכן לחמם לא נתעפשה ולא נשתברה, חם היתה בסילוקה כבסידורה, מפני שקרובים היו אל ה' אחדיבכמבואר בתפארת יוסף פרשת אמור ד"ה שור או כשב: באם האדם השיג כבר הטובה הנכלל מתוך כל שבע המדות, ועוד מכיר שהטובה עדיין הוא בידו ית', לא שהשי"ת מסר כבר הטובה מרשותו, אלא שהוא עדיין גם כעת בידו ית' והוא רק זוכה משלחן גבוה, אז יש להאדם קנין גמור בהטובה, ואז יש לו קנין של אמת בהטובה שהשיג מאת השי"ת.
וכמו שאיתא בש"ס (ברכות לה.) רבי לוי רמי כתיב לד' הארץ ומלואה וכתיב והארץ נתן לבני אדם, לא קשיא כאן קודם ברכה כאן לאחר ברכה, והיינו לאחר ברכה מורה, שמכיר שד' הוא הנותן של הטובה והטובה הוא בידו ית', שזה מורה ברכה, אז יש לאדם קנין גמור בהטובה ונקרא והארץ נתן לבני אדם. עיין עוד שם פ' תבא ד"ה כי תכלה, מס' מגילה (ו.) ד"ה א"ר..
ואומנין שהובאו מאלכסנדריא של מצרים ידעו לאפות כמותן, היינו בשעה שהיו מקבלין שפעת השי"ת, קודם גמר הקבלה אז המליכו עליהם את המלך ה', שכן אפיה מרמז על התחלת השפע שהשי"ת מתחיל להשפיע. אכן שהיו מסיקין מבחוץ, והוא שכל זה לא היה רק על הגוון מבחוץ.
וגם לרדות כמותן לא יכלו, היינו בגמר קבלתם שפעת השי"ת, אז אמרו שיש להם עצמם כח לעשות חיל והשפע מצדם בא להם. וארץ מולדתם היה ארץ מצרים שהיא ההיפך מארץ ישראל.
בארץ ישראל כתיב (עקב יא) כי הארץ אשר אתה בא שמה לרשתה לא כארץ מצרים היא אשר יצאתם משם אשר תזרע את זרעך והשקית ברגלך כגן הירק. והארץ אשר אתם עוברים שמה לרשתה וגו' למטר השמים תשתה מים.
והוא שבארץ מצרים אינם צריכים לטפה של מטר, שנילוס עולה ומשקה, לזה נראה להם שבכחם ועוצם ידם עושים לעצמם חיליגעיין ברסיסי לילה למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות לה: וזה עניין מצרים שנקרא ערוות הארץ, כי עניין ארץ הוא כח השתדלות וכו'.
שזה עיקר עבודת ויגיעת האדם בעוה"ז מצד העולם הזה וכו'. וערוות הארץ, היינו גנות עניין הארץ, שאין צריך עבודה, כי נילוס עולה ומשקה.
משא"כ ארץ ישראל, ארץ אשר ה' אלקיך דורש וגו' למטר השמים וגו' וצריך עבודה ותפילה ויחול לה', ואי אפשר להשקיע עצמו בשלוה כ"כ. וזה עיקר קדושת הארץ, שלא להשקיע בדמיונות של שלוה, רק לידע שצריך השתדלות, ואדם לעמל יולד וכו'.
וערוות הארץ נקרא השיקוע בעוה"ז בלא השתדלות רק הוזים שוכבים. וכן מבואר בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת ויחי ד"ה ויחי:
כי ישיבת מצרים גורמת הסתרה, שמסתרת כבוד שמים, ששם נראה כי עזב ה' אותה תחת הטבע, כי הנילוס מעצמו עולה ומשקה ולא תרגיש חסרונה. כי כל השותה ממי גשמים, תראה שהיא חסרה וצריכה להשפעה מהש"י.
אכן ארץ מצרים כל השפעותיה מלמטה ואין צריכים למעלה, כי בתוכה יש כח ההשפעה וכח קבלה, וזה הוא הפך מארץ ישראל, אשר שם הרגשת כבוד שמים, וכמו שכתיב (עקב יא) ארץ אשר ה' אלקיך דורש אותה תמיד עיני ה' אלקיך בה וכו' עיי"ש. לקמן פ' וירא אות לה, פ' מקץ אות יז, פ' ויגש אות לד..
ולזה האומנין שהובאו משם לאפות לחם הפנים לא הצליח מעשה ידיהם ונשתברה ונתעפשה לחמם, כי עומק לבם רחקה מהשי"ת, והחזירו את של בית גרמו למקומם, שהמליכו לאל מעומק לבם מראשית הקבלה ועד אחריתה לא סר לבם לחשוב לעצמם איזה כח מצדם, לזה לא נתעפשה לחמם ולא נשתברה:
C'est aussi le sens de ce qui est rapporté dans le Talmud (Haguiga 26a) : le pain de proposition que confectionnait la maison de Garmou (beit Garmou) ne moisissait pas, parce qu'ils chauffaient le four de l'intérieur et cuisaient à l'intérieur ; on fit venir des artisans d'Alexandrie d'Égypte, et le pain qu'ils confectionnèrent moisit, parce qu'ils chauffaient de l'extérieur et cuisaient de l'extérieur. Cuire, ils savaient le faire comme la maison de Garmou, mais ils ne savaient pas retirer le pain du four (lirdot) comme eux, et le pain qu'ils confectionnèrent se brisa.
Voici le sens de la chose : de même que, dans le détail, chez tout homme se trouvent des membres distincts, ainsi le niveau d'un homme ne ressemble pas à celui de son prochain. Chez l'homme se trouvent des os et des tendons, des cheveux et des ongles.
Les os et les tendons sont les plus proches du corps de l'homme et ils en sont le fondement et la racine ; c'est pourquoi, si l'homme conçoit de faire quelque chose, alors le membre spécialement destiné à accomplir cette action ressent à l'instant le besoin de se plier à son ordre ; et même les orteils de ses pieds, qui sont éloignés de la tête, ressentent néanmoins à l'instant le besoin d'accomplir l'action de l'intellect qui est dans la tête, car ils font partie du fondement du corps. Et se trouvent aussi en lui des cheveux et des ongles, qui sont comme les surplus (motarot) du corps, et la vie qui se trouve en eux est très réduite (metsoumtsemet), au point que s'ils croissent trop ils lui causent de la gêne, jusqu'à ce qu'il les retire de lui.
Et c'est là le sens de ce qu'ils étaient attachés à la racine : car on traduit en araméen le mot 'os' (עצמות) par 'garmin' (גרמין) - lequel est de la même racine que 'atsmiout' (l'essence, l'être même) - car ils étaient les plus proches de l'essence même de Sa volonté, béni soit-Il. Et c'est cela que fait allusion la parole de nos maîtres, de mémoire bénie, qu'ils cuisaient de l'intérieur : c'est-à-dire qu'ils intronisaient sur eux ה' depuis le fond de la volonté de leur cœur ; et de plus ils savaient aussi comment retirer le pain du four (lirdot), c'est-à-dire que, même après que le bien fut en leur main, ils avaient la conscience que 'à ה' appartient la terre et ce qu'elle contient' (cf.
Psaumes 24,1), et que, de leur côté, ils n'ont pas la force d'acquérir de la puissance, mais que c'est ה' Elokim qui leur donne la force d'acquérir de la puissance (cf. Deut 8,18) ; c'est pourquoi leur pain ne moisit pas et ne se brisa pas, il était chaud lors de son retrait comme lors de sa disposition, parce qu'ils étaient proches de ה' unique.
[comme cela est expliqué dans le Tiferet Yossef, parachat Emor, s.v. 'chor o kessev' : si l'homme a déjà obtenu le bien inclus à partir de l'ensemble des sept mesures (middot), et qu'il reconnaît encore que le bien est toujours dans la main de ה', béni soit-Il - non que ה' ait déjà transmis le bien hors de Son domaine, mais qu'il est encore, même à présent, dans Sa main, béni soit-Il, et que lui, l'homme, ne fait que bénéficier de la table d'en haut (choulhan gavoha) - alors l'homme détient une acquisition (kinyan) complète sur le bien, et il a alors une acquisition véritable du bien qu'il a obtenu de ה'. Comme il est rapporté dans le Talmud (Berakhot 35a) : Rabbi Levi opposa deux versets - il est écrit 'à ה' appartient la terre et ce qu'elle contient' (Psaumes 24,1), et il est écrit 'et la terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme' (Psaumes 115,16) ; il n'y a pas de contradiction : ici avant la bénédiction, là après la bénédiction.
C'est-à-dire qu'après la bénédiction cela enseigne : qu'il reconnaît que ה' est Celui qui donne le bien et que le bien est dans Sa main, béni soit-Il - et c'est cela que la bénédiction enseigne - alors l'homme détient une acquisition complète sur le bien, et il est dit 'et la terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme'. Voir encore là-bas, parachat Ki Tavo, s.v. 'ki tekhale' ; traité Meguila (6a), s.v. 'A.
R.' (Amar Rabbi).] Et les artisans que l'on avait fait venir d'Alexandrie d'Égypte savaient cuire comme eux : c'est-à-dire qu'au moment où ils recevaient l'abondance (chefa) de ה', avant l'achèvement de la réception, ils intronisaient alors sur eux le roi ה' - car la cuisson fait allusion au commencement de l'abondance, lorsque ה' commence à répandre Son influx. Mais ils chauffaient de l'extérieur : c'est-à-dire que tout cela ne portait que sur l'apparence extérieure (gavan).
Et ils ne purent pas non plus retirer le pain comme eux, c'est-à-dire qu'à l'achèvement de leur réception de l'abondance de ה', ils dirent alors qu'ils avaient eux-mêmes la force d'acquérir de la puissance et que l'abondance leur venait de leur propre côté. Or leur terre natale était la terre d'Égypte, qui est l'opposé de la terre d'Israël.
Au sujet de la terre d'Israël il est écrit (Ekev, ch. 11 [Deut 11,10-11]) : 'car la terre où tu viens pour en prendre possession n'est pas comme la terre d'Égypte d'où vous êtes sortis, où tu semais ta semence et l'arrosais avec ton pied comme un jardin potager ; mais la terre où vous passez pour en prendre possession, etc., c'est de la pluie du ciel qu'elle boit de l'eau'.
Et cela signifie qu'en terre d'Égypte on n'a pas besoin d'une goutte de pluie, car le Nil monte et arrose ; c'est pourquoi il leur semble que c'est par leur force et la puissance de leur main qu'ils se procurent la richesse (cf. Deut 8,17).
[Voir dans Resisei Layla de notre maître Rabbi Tsadok ha-Kohen, que le souvenir du juste soit une bénédiction, alinéa 35 : c'est là le sens de l'Égypte qui est appelée 'la nudité de la terre' (ervat ha-arets, cf. Genèse 42,9), car le sens de 'terre' (erets) est la force de l'effort humain (hishtadlout), etc. - car c'est là l'essentiel du service et du labeur de l'homme en ce monde, du côté de ce monde-ci, etc.
Et 'la nudité de la terre', c'est-à-dire l'aspect honteux (genout) de cette 'terre', où l'on n'a pas besoin d'effort, car le Nil monte et arrose. Il n'en va pas de même pour la terre d'Israël, 'terre que ה' ton Elokim recherche, etc., de la pluie du ciel, etc.', où il faut effort, prière et espérance tournée vers ה', et où l'on ne peut pas se plonger à ce point dans la quiétude.
Et c'est là l'essentiel de la sainteté de la Terre : ne pas se plonger dans les illusions de quiétude, mais savoir qu'il faut de l'effort, et que 'l'homme est né pour le labeur' (Job 5,7), etc. Et 'la nudité de la terre' désigne l'enfoncement en ce monde sans effort, des gens qui seulement 'rêvassent, couchés' (cf.
Isaie 56,10). De même il est expliqué dans Sod Yesharim sur la Torah, d'après le manuscrit de l'auteur, parachat Vayehi, s.v. 'Vayehi' : le séjour en Égypte cause un occultement (hastara), car il dissimule la gloire du Ciel - là, il semble que ה' l'ait abandonnée sous la loi de la nature, car le Nil monte et arrose de lui-même et l'on n'y ressent pas son manque ; car quiconque boit de l'eau de pluie voit qu'elle est en manque et qu'elle a besoin de l'influx de ה'.
Mais la terre d'Égypte, tous ses influx viennent d'en bas et l'on n'a pas besoin d'en haut, car en elle se trouvent la force de l'influx et la force de réception (kabala) ; et c'est l'opposé de la terre d'Israël, où se trouve la sensation de la gloire du Ciel, ainsi qu'il est écrit (Ekev, ch. 11 [Deut 11,12]) 'terre que ה' ton Elokim recherche continuellement, les yeux de ה' ton Elokim sont sur elle, etc.', voir là-bas.
Voir plus loin parachat Vayera, alinéa 35 ; parachat Miketz, alinéa 17 ; parachat Vayigach, alinéa 34.] C'est pourquoi les artisans que l'on avait fait venir de là pour cuire le pain de proposition ne réussirent pas l'œuvre de leurs mains : leur pain se brisa et moisit, car le fond de leur cœur s'était éloigné de ה'. On rétablit alors la maison de Garmou à sa place, car ceux-ci intronisaient Dieu depuis le fond de leur cœur : du commencement de la réception jusqu'à son terme, leur cœur ne s'écarta pas jusqu'à s'attribuer quelque force de leur propre côté ; c'est pourquoi leur pain ne moisit pas et ne se brisa pas.
Ce passage poursuit : que tout homme fasse régner sur lui le Saint béni soit-Il depuis les profondeurs du cœur, comme Avraham dans sa jeunesse et sa vieillesse. « Je te ferai devenir une grande nation » (Berechit 12,2) : le Tan'houma dit « Je fais de toi une créature nouvelle », comme s'il s'était créé lui-même. Le Beit Yaakov y voit le niveau d'Avraham : selon la Guemara, la récompense tient à l'effort, et l'ardeur vaut plus que l'acte. D.ieu a posé ici l'apparence du libre choix ; l'homme se contracte pour Sa volonté derrière le voile. Mesure pour mesure, Il ôtera le voile, et l'acte sera appelé du nom de l'homme à jamais.
Aussi : l'épreuve future de la souka, où Israël ne donne pas de coup de pied ; Avraham, une seule acquisition, le monde bâti par le ''hessed ; le maître du palais jette un regard sur lui
ולזאת ימשך כל אדם להמליך עליו את השי"ת בשלימות ממעמקי הלב מראשית ועד אחרית. וכמו שהתנהג אבינו אברהם שהשתדל בתמידות להיות מהיר וזריז בעבודת השי"ת, כן בילדותו וכן בזקנתו בלי שום חילוק, לא פסק ממנו החשק והרצון לעבוד את ה' הנכבד והנורא.
וזה הוא שאמר אליו השי"ת ואעשך לגוי גדול, ודרשו ע"ז בתנחומא (לך) אני עושה אותך בריה חדשה. היינו שיחשב לו כאלו הוא ברא את עצמו.
והענין בזה, דהנה דרגא דאאע"ה היה כענין שאמרו בש"ס (ברכות ו:) אגרא דכלא דוחקא, אגרא דפרקא רהטא. והוא שעיקר היקרות בעוה"ז הוא החשק והרצון לעבודת השי"ת ויקר הוא מהפעולה עצמה, ואף כי קטן הוא, וכמו שאמר המלך שלמה (קהלת א׳:א׳-ב׳) הבל הבלים אמר קהלת וגו' אבל זה ההבל מקיים ומעמיד את העולם, וכדאיתא בזוה"ק (ויצא קמו:) האי ספרא אוקים ליה על שבע הבלים ועלמא קאים עלייהו, ועיקר העסק שיש להשי"ת עם הברואים בעוה"ז הוא החשק והרצון וההשתדלות, ואף שיבוא היום שיפתח ה' את אורו הזך ויראה לעין כל שכל הפעולה נעשה מאתו יתברך, ולהבריאה לא היה מצדה שום כח פעולה מבלעדי הש"י.
אכן כן דרכו יתברך מדה במדה, כמו שבעוה"ז שהשי"ת הציב גוון שהבחירה ביד האדם למאוס ברע ולפעול הטוב בעיני ה', והאדם ממליך עליו את השי"ת, ואף שנתון בחושך בהסתר העולם הזה, מ"מ מצמצם את עצמו עבור רצונו יתברך ובוחר בטוב ומואס ברע, לכן יתן לו השי"ת מקום אף לעתיד, שיסיר מחיצת ההסתר מעין אדם, ויראה מפורש אז שמעולם לא היה לו מצד עצמו שום כח פעולה. אבל אצל השי"ת אין שום דבר לפי שעה ולא אגב וטפל.
לזה מאחר שבעוה"ז הרשות נתונה ביד האדם ויכולת בידו לפעול ההיפך, והוא צמצם את עצמו מעשות מזמת לבו ועשה הטוב בעיני ה' כפעם בפעם, לכן יקרא על שמו אף הפעולה עד עולם שבכחו עשה כל זאתידכמו שהתבאר היטב בתפארת יוסף מסכת תענית (ז.) ד"ה אמר: כי על תחיית המתים נאמר (מלאכי ג׳:ב׳) ומי יכלכל את יום בואו, היינו כי אז יתבטל כל פעולת האדם, אמנם לישראל מלמד השי"ת עצה שיהיה בכחם לכלכל את יום בואו ולא יגיע להם גם אז שום התבטלות, כי השי"ת מנהיג תמיד מדה במדה, כיון שבזה העולם הולכים ישראל וגודרים את עצמם בבחירתם הטובה בכל מיני עבודות, לזה הוא שורת הדין נותן שיהיה להם קיום הויה גם אז, אף בזמן שיתבטלו כל פעולת האדם, והעכו"ם ילכו לאבדון, אבל לישראל יהיה אז ג"כ כל הקיום, ויהיה בכחם אז לקבל כל הטובות, כי לא יהיו מעורבים בשום רע..
וזה הוא כוונת התנחומא ואשימך אין כתיב רק ואעשך, אני עושה אותך בריה חדשה שיהיה כאלו אתה בראת את עצמך. ולכל זה יבא האדם ע"י החשק והרצון שיהיה לו לעבודת השי"ת, וכדאיתא בירושלמי (שביעית פ"ו ה"א) מה מקיים ר"א ואת בכורות בקרנו וצאננו מכיון שקבלו עליהם דברים שלא היו מחוייבין עליהן אפילו דברים שהיו מחוייבין עליהן העלה עליהן כאלו מאליהן קבלו עליהם:
Et pour cela, que tout homme s'attache à faire régner sur lui le Saint béni soit-Il (ha-Shem Yitbarakh, השי"ת, 'le Nom béni soit-Il') en plénitude, depuis les profondeurs du cœur, du commencement jusqu'à la fin. Comme se conduisit notre père Abraham, qui s'efforça continuellement d'être prompt et diligent dans le service de ha-Shem, tant dans sa jeunesse que dans sa vieillesse sans aucune différence : jamais ne cessa en lui l'ardeur et la volonté de servir ה' l'Honoré et le Redoutable.
Et c'est ce que lui dit ha-Shem 'Je te ferai devenir une grande nation' (ואעשך לגוי גדול, Genèse 12,2), et l'on a expliqué à ce sujet dans le Tan'houma (Lekh) : 'Je fais de toi une créature nouvelle', c'est-à-dire que cela lui est compté comme s'il s'était créé lui-même. Le sens en est le suivant : le niveau (darga) de notre père Abraham, la paix sur lui (אאע"ה, Avraham Avinou alav ha-chalom), était à la manière de ce qu'ils ont dit dans le Talmud (Berakhot 6b) : 'la récompense de l'assemblée est dans la bousculade, la récompense de la leçon est dans la course' (אגרא דכלה דוחקא, אגרא דפרקא רהטא) - c'est-à-dire que la récompense tient à l'effort.
C'est que l'essentiel de la valeur dans ce monde-ci (olam ha-ze) est l'ardeur et la volonté pour le service de ha-Shem, et cela vaut plus que l'acte lui-même, même s'il est petit. Comme l'a dit le roi Salomon (Ecclésiaste 1,1-2) 'Vanité des vanités, dit Qohelet, etc.', mais cette vanité (hevel) maintient et fait subsister le monde, ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Vayetse 146b) : 'ce livre, il l'a fondé sur sept vanités (havalim) et le monde tient sur elles'.
Et l'essentiel de l'occupation qu'a ha-Shem avec les créatures dans ce monde-ci est l'ardeur, la volonté et l'effort. Et bien que viendra le jour où ה' ouvrira Sa lumière limpide et fera voir aux yeux de tous que tout l'acte est accompli par Lui, béni soit-Il, et que la création n'avait d'elle-même aucun pouvoir d'agir hormis ha-Shem béni soit-Il.
Certes, telle est Sa voie, béni soit-Il, mesure pour mesure (mida ke-neged mida) : de même que dans ce monde-ci ha-Shem a établi une apparence (gaven) selon laquelle le libre choix est dans la main de l'homme, pour rejeter le mal et accomplir le bien aux yeux de ה', et que l'homme fait régner sur lui ha-Shem, et bien qu'il soit placé dans les ténèbres, dans le voile (hester) de ce monde, malgré tout il se contracte (metsamtsem, se restreint lui-même) pour Sa volonté, béni soit-Il, et choisit le bien et rejette le mal, c'est pourquoi ha-Shem lui donnera place aussi pour l'avenir : Il ôtera la cloison du voile de l'œil de l'homme, et il verra alors explicitement que jamais il n'eut de lui-même aucun pouvoir d'agir. Mais auprès de ha-Shem rien n'est pour un instant, ni accessoire ni secondaire.
Aussi, puisque dans ce monde-ci la permission est donnée à la main de l'homme et qu'il a la capacité d'agir à l'opposé, et qu'il s'est contracté de faire les desseins de son cœur et a fait le bien aux yeux de ה' à chaque fois, c'est pourquoi l'acte aussi sera appelé de son nom à jamais, car par sa force il a fait tout cela (note 14 : comme cela est bien expliqué dans le Tiferet Yosef, traité Taanit 7a, s.v. Amar : car au sujet de la résurrection des morts il est dit (Malachie 3,2) 'et qui soutiendra le jour de Sa venue', c'est-à-dire qu'alors tout acte de l'homme sera annulé ; toutefois, à Israël ha-Shem enseigne un conseil, afin qu'ils aient la force de soutenir le jour de Sa venue et qu'aucune annulation ne les atteigne même alors, car ha-Shem conduit toujours mesure pour mesure : puisque dans ce monde Israël se clôture par son bon libre choix dans toutes sortes de services, la stricte justice (chourat ha-din) veut qu'ils aient subsistance d'être même alors, au temps où tout acte de l'homme sera annulé et où les nations idolâtres iront à la perdition ; mais pour Israël il y aura alors aussi toute la subsistance, et ils auront la force de recevoir tous les biens, car ils ne seront mêlés d'aucun mal).
Et c'est là l'intention du Tan'houma : il n'est pas écrit 'Je te placerai' (ואשימך) mais seulement 'Je te ferai' (ואעשך) - 'Je fais de toi une créature nouvelle', afin que ce soit comme si tu t'étais créé toi-même. Et à tout cela l'homme parvient par l'ardeur et la volonté qu'il a pour le service de ha-Shem, comme il est dit dans le Talmud de Jérusalem (Chevi'it chap.
6, hal. 1) : comment R.
Eliezer maintient-il 'et les premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail' (Deutéronome 12,6) ? Puisqu'ils ont accepté sur eux des choses auxquelles ils n'étaient pas obligés, même les choses auxquelles ils étaient obligés, Il le leur a compté comme s'ils les avaient acceptées d'eux-mêmes.
וזה הוא דאיתא בש"ס (ע"ז ג.) שלעתיד יבחנו העכו"ם במצות סוכה שיאמר להם השי"ת מצוה קלה יש לי וסוכה שמה וכו'. ויוציא הקב"ה חמה מנרתקה וכו' יבעטו בסוכתם ויצאו.
ומקשינן והא אנן נמי פטירי ותרצינן דבעוטי לא מבעטי ישראל. והענין הוא, כי באמת הוא הדין שאף ישראל פטורים מסוכה במקום שמצטערין, אכן ההבדל שבין ישראל לעמים הוא, שלישראל יש להם געגועין ומשתדלים בכל עוז וכל ישעם וחפצם הוא לקיים רצון בוראם, ומה מאד קשה לו יציאתו מן הסוכה מדוע לא יעשה מצות השי"ת אשר צוהו, אבל לבעט בהשי"ת ח"ו לא יעלה על לבם, לכן נחשב להם כאלו קיימו את המצוה בכל פרטותיה, מאחר שמצדו הוא מצטער למה לא יוכל להשלים מצות המלך.
ואינהו בעוטי מבעטי בהשי"ת למה זה צויתנו לעשות זה ומדוע לא תתן לנו להשלימה, והוא מפני שמצדם לא ירצו זאת, אכן מצות המלך אין להשיב, כי מי יוכל לדון עם מי שתקיף ממנו, מוכרחים המה לקיים מאמריו, וכשיצטערו ויוכרחו לעזוב סוכתם ולצאת ממנה כל אחד יבעט בסוכתו ויצאטומבואר במקומות רבים ומקורו במי השלוח ח"א פרשת אמור ד"ה גם מאמר. ועיין בסוד ישרים חג הסוכות אות יב, פט.
תפארת יוסף חג הסוכות ד"ה בסוכות [א], בסוכות [ב], כל האזרח. מס' סוכה (ב.) ד"ה סוכה ושם מבואר:
לעתיד יהיה ג"כ הבירור מצות סוכה, כמו שאיתא בש"ס (עבודה זרה ג.) שיאמרו העכו"ם תנה לנו מראש ונעשנה, והקב"ה משיב להם מצוה קלה יש לי וסוכה שמה, והקב"ה מוציא חמה מנרתיקה מיד כל אחד בועט בסוכתו ויוצא, ופריך הגמ' הלא גם לנו פטור, כי המצטער פטור מן הסוכה, ומתרץ הגמ' מיהו בעוטי לא מבעטי אינהו בעוטי מבעטי. ובזה מבררים עצמם ישראל, כי מבטלים כל דעתם ותפיסתם נגד רצונו ית', כי אין להם שום דעה נגד השי"ת.
ואם בתחלה היה רצונו ית' שיעשה סוכה עשה, וכעת רצונו שיצא יוצא. אך לא כן האומות, באם ימצא אצלם גוון של עבודה, היינו כי כן השיגו בתפיסתם ודעתם דעה.
ואם יראה השי"ת להם, כי זאת אינו רצונו יתקצפו ויבעטו, שרוצים שהשי"ת ינהג כמו שהם מבינים בתפיסתם ודעתם, ולא ירצו להכנע מפני רצון השי"ת. שאני ישראל שמראים בזה שמצידם אין להם כלום רק מה שהשי"ת נותן להם, ואם יראו כי באמת ממלאים רצון השי"ת יעשו זאת, ואם יראו שרצון השי"ת בהיפכו יכנעו מפני רצונו ית'.:
Et c'est ce qui est dit dans le Talmud (Avoda Zara 3a) : à l'avenir les nations idolâtres seront éprouvées par la mitsva de la souka ; ha-Shem leur dira 'j'ai une mitsva facile, souka est son nom, etc.', et le Saint béni soit-Il (ha-Kadoch Baroukh Hou) fera sortir le soleil de son étui, etc., ils donneront un coup de pied à leur souka et sortiront. Et l'on objecte : mais nous aussi nous en sommes exemptés ! et l'on répond : quant à donner un coup de pied, Israël ne donne pas de coup de pied.
Le sens en est que, en vérité, la loi est que même Israël est exempt de la souka là où l'on souffre ; cependant la différence entre Israël et les nations est qu'Israël éprouve des élans de nostalgie (gaaguim) et s'efforce de toute sa vigueur, et que tout son salut et tout son désir est d'accomplir la volonté de son Créateur, et combien lui est pénible sa sortie de la souka - pourquoi n'accomplirait-il pas la mitsva de ha-Shem qu'Il lui a ordonnée ? Mais donner un coup de pied contre ha-Shem, à Dieu ne plaise (has ve-chalom), ne montera pas sur son cœur ; c'est pourquoi cela lui est compté comme s'il avait accompli la mitsva dans tous ses détails, puisque, de son côté, il souffre de ne pouvoir parachever la mitsva du Roi.
Tandis qu'eux, quant à donner un coup de pied, ils donnent un coup de pied contre ha-Shem : 'pourquoi nous as-Tu ordonné de faire ceci et pourquoi ne nous laisses-Tu pas la parachever ?' - et cela parce que, de leur côté, ils ne le voudraient pas ; or à l'ordre du Roi on ne répond pas, car qui peut plaider avec plus fort que soi ? Ils sont contraints d'accomplir Ses paroles, et lorsqu'ils souffriront et seront contraints de quitter leur souka et d'en sortir, chacun donnera un coup de pied à sa souka et sortira (note 15 : cela est expliqué en de nombreux endroits, et sa source est dans le Mei ha-Chiloah, 1re partie, parachat Emor, s.v.
Gam maamar. Voir aussi le Sod Yecharim, fête de Souccot, sections 12 et 89 ; Tiferet Yosef, fête de Souccot, s.v.
Ba-soukot [a], Ba-soukot [b], Kol ha-ezrah ; traité Souka 2a, s.v. Souka, où il est expliqué : à l'avenir il y aura de même le triage (birour) de la mitsva de la souka, comme il est dit dans le Talmud (Avoda Zara 3a) que les nations idolâtres diront 'donne-la-nous d'avance et nous l'accomplirons', et le Saint béni soit-Il leur répond 'j'ai une mitsva facile, souka est son nom', et le Saint béni soit-Il fait sortir le soleil de son étui, aussitôt chacun donne un coup de pied à sa souka et sort ; et la Guemara objecte : n'en sommes-nous pas exemptés nous aussi, car celui qui souffre est exempt de la souka ? et la Guemara répond : toutefois, quant à donner un coup de pied, ceux-là ne donnent pas de coup de pied, tandis qu'eux, quant à donner un coup de pied, ils donnent un coup de pied.
Et par cela Israël se trie lui-même, car ils annulent tout leur avis et toute leur conception (tefisa) devant Sa volonté, béni soit-Il, car ils n'ont aucune opinion contre ha-Shem : si au début Sa volonté était qu'il fasse la souka, il l'a faite, et maintenant que Sa volonté est qu'il sorte, il sort. Mais il n'en va pas ainsi des nations : s'il se trouve chez elles une apparence (gaven) de service, c'est qu'elles ont saisi par leur conception et leur avis une opinion ; et si ha-Shem leur montre que ceci n'est pas Sa volonté, elles s'irriteront et donneront un coup de pied, car elles veulent que ha-Shem se conduise comme elles le comprennent dans leur conception et leur avis, et ne voudront pas se soumettre devant la volonté de ha-Shem.
Israël est différent, car il montre par là que, de son côté, il n'a rien sinon ce que ha-Shem lui donne : s'ils voient qu'en vérité ils accomplissent la volonté de ha-Shem, ils le feront, et s'ils voient que la volonté de ha-Shem est à l'opposé, ils se soumettront devant Sa volonté, béni soit-Il).
וזה שאמרו (אבות פ"ו) אברהם קנין אחד, והוא שכל ישעו וכל חפצו היה רק להשלים רצון השי"ת ולהמליכו על כל העולם כלו, לכן הקנה לו השי"ת את כל העולם, שזה הוא עיקר המכוון מבריאת עולם ועליו נברא העולםטזוכמו כן ביאר בתפארת יוסף מסכת סנהדרין (קח:) ד"ה אמר שם [א]: וכן אאע"ה שהיה אחד המכוון מכל עיקר הבריאה והיה כולל את כל העולם כולו, כמו שאמרו עליו במדרש (רבה בראשית לט) א"ר חנינא אפילו ספינות שהיו מפרשות בים הגדול היו ניצולות בזכותו של אברהם, ולא של יין נסך היו אתמהא, אלא חלא מוזיל חמרא, בכל מקום שיין עכו"ם מצוי יין של ישראל נמכר בזול.
דהיינו יען שהוא היה עיקר המכוון מכל הבריאה, וכל העולם כולו ומלואו היו נכללים תחתיו., שכן מדתו הוא מדת החסד ועולם חסד יבנה, וכדאיתא בזוה"ק (בראשית ג:) וברבה (בראשית יב) אל תקרי בהבראם אלא באברהם. וכן מים הוא ברזא דחסד וכתיב (בראשית א׳:ב׳) ורוח א-להים מרחפת על פני המים.
והוא שעיקר הבריאה היה להרצון והתשוקה שבאדם, לזה אף כי לעתיד יפתח השי"ת ויגלה לן אורו המאיר לעין כל, ויכירו כלם וידעו שמעולם לא היה בהם שום כח פעולה מבלעדו יתברך, עכ"ז לא יתבטל האור שהאירה הבריאה לעצמה בהתגברות ההסתרה שבעוה"ז ועל שמם יקרא שביגיע כפם באו לכל זה. וכדאיתא בזוה"ק (פנחס רמא.) שפנינא חדא וכו' חד שרגא דקיק דליק מניה אתמליא כל עלמא.
והוא שמפני גודל הסבלנות שישראל סובלים בעלמא הדין בצמצומם בעניני עוה"ז בכל כחם, ומאירים לעצמם לסור מדרכי חשך וחלקלקות לילך דרך סלולה באור פני מלך ה', לזה אף לעתיד יחשב לישראל שביגיעם קנו כל זה. וזה הוא שאמר הנביא לעתיד (הושע י׳:י״ב) זרעו לכם לצדקה וקצרו לפי חסד, וכמו שדרשו ע"ז בש"ס (סוכה מט:) קצרו לפי חסד שבה.
והוא כפי שהיה לו תשוקה ורצון כן יקצור תבואתו ועל חשבונו יחשב לויזמבואר בתפארת יוסף פרשת פקודי ד"ה אלה פקודי [א]: וכדכתיב (הושע י׳:י״ב) זרעו לכם לצדקה קצרו לפי חסד, ואיתא בש"ס (סוכה מט.) אין הצדקה משתלמת אלא לפי חסד שבה, היינו שעיקר מן הצדקה הוא החסד שבצדקה, שבאמת אין נפקא מינה בין רב למעט ובלבד שיכוון, היינו עד כמה שאדם מחסר עצמו מהונו הן בממון והן בכח.
ועד כמה שאדם מעמל ומיגע עצמו בשביל רצון השי"ת, כן רואה ומכיר איך שתפיסתו יש לו חיבור עם אור השי"ת. ואם מעמל עצמו יותר, וביותר זריזות ונדיבות, כן מכיר שהוא מקורב להשי"ת יותר., ולזה פותחין בא-להי אברהם וחותמין מגן אברהם:
Et c'est ce qu'ils ont dit (Avot chap. 6) : 'Abraham, une seule acquisition' ; c'est que tout son salut et tout son désir n'était que de parachever la volonté de ha-Shem et de Le faire régner sur le monde entier, c'est pourquoi ha-Shem lui a fait acquérir le monde entier, car telle est la visée essentielle de la création du monde, et c'est pour lui que le monde fut créé (note 16 : de même l'a expliqué le Tiferet Yosef, traité Sanhédrin 108b, s.v.
Amar cham [a] : ainsi notre père Abraham, la paix sur lui, qui était l'un des buts de toute l'essence de la création et incluait le monde entier, comme ils ont dit à son sujet dans le Midrach (Rabba, Genèse 39) : R. Hanina a dit, même les navires qui voguaient sur la grande mer étaient sauvés par le mérite d'Abraham. - N'était-ce pas du vin de libation (yayin nessekh) ?
Étonnant ! - Non, mais 'le vinaigre fait baisser le vin' : en tout lieu où le vin des idolâtres est courant, le vin d'Israël se vend à bas prix. C'est-à-dire, parce qu'il était la visée essentielle de toute la création, et que le monde entier et sa plénitude étaient inclus sous lui).
Car sa mesure (mida) est la mesure de la bonté ('hessed), et 'le monde sera bâti par la bonté' (olam 'hessed yibaneh, Psaumes 89,3), et comme il est dit dans le saint Zohar (Berechit 3b) et dans le Rabba (Genèse 12) : ne lis pas 'be-hibaram' (lorsqu'ils furent créés) mais 'be-Avraham' (par Abraham) (בהבראם / באברהם). De même l'eau est dans le secret (raza) de la bonté ('hessed), et il est écrit (Genèse 1,2) 'et le souffle d'Elokim planait sur la face des eaux'.
C'est que l'essentiel de la création était pour la volonté et le désir (techouka) qui sont dans l'homme ; c'est pourquoi, même si à l'avenir ha-Shem ouvrira et révélera Sa lumière qui éclaire aux yeux de tous, et que tous reconnaîtront et sauront que jamais il n'y eut en eux aucun pouvoir d'agir hormis Lui, béni soit-Il, malgré tout ne s'annulera pas la lumière que la créature a fait luire pour elle-même en surmontant le voile (hastara) de ce monde-ci, et de leur nom il sera dit que c'est par le labeur de leurs mains qu'ils sont parvenus à tout cela. Et comme il est dit dans le saint Zohar (Pinhas 241a) : une seule perle, etc., une seule petite lampe fine s'allume, et par elle le monde entier se remplit.
C'est qu'à cause de la grandeur de la patience (savlanout) qu'Israël endure en ce monde-ci (alma ha-din), dans sa contraction (tsimtsoum) dans les affaires de ce monde de toute sa force, et parce qu'ils s'éclairent eux-mêmes pour se détourner des voies de ténèbres et de glissades (halaklakot) et marcher sur un chemin frayé dans la lumière de la face du roi ה', pour cela, même à l'avenir, il sera compté à Israël que par leur labeur ils ont acquis tout cela. Et c'est ce qu'a dit le prophète pour l'avenir (Osée 10,12) 'Semez pour vous selon la justice (tsedaka) et moissonnez selon la bonté ('hessed)', et comme on l'a expliqué à ce sujet dans le Talmud (Souka 49b) : 'moissonnez selon la bonté qui s'y trouve'.
C'est que selon le désir et la volonté qu'il a eus, ainsi moissonnera-t-il sa récolte, et cela lui sera compté à son propre compte (note 17 : cela est expliqué dans le Tiferet Yosef, parachat Pekoudei, s.v. Ele pekoudei [a] : comme il est écrit (Osée 10,12) 'Semez pour vous selon la justice, moissonnez selon la bonté', et il est dit dans le Talmud (Souka 49a) : la tsedaka n'est rétribuée que selon la bonté qui s'y trouve, c'est-à-dire que l'essentiel de la tsedaka est le 'hessed qui est dans la tsedaka, car en vérité il n'y a pas de différence entre beaucoup et peu pourvu que l'intention y soit, c'est-à-dire selon la mesure où l'homme se prive de son bien, tant en argent qu'en force.
Et selon la mesure où l'homme peine et se fatigue pour la volonté de ha-Shem, ainsi voit-il et reconnaît-il comment sa conception a un lien avec la lumière de ha-Shem ; et s'il peine davantage, avec plus d'empressement et de générosité, ainsi reconnaît-il qu'il est plus rapproché de ha-Shem). Et c'est pourquoi l'on commence par 'Dieu d'Abraham' (Elokei Avraham) et l'on scelle par 'Bouclier d'Abraham' (Maguen Avraham).
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו' אל הארץ אשר אראך. כי אצק מים על צמא ונוזלים על יבשה כן אצוק רוחי על זרעך וברכתי על צאצאיך (ישעיהו מ״ד:ג׳).
הכתוב הזה מדבר באבינו אברהם ע"ה, שצמאה נפשו תמיד וצפה וקוה ונפשו שוקקה לידע מי הוא אשר ברא כל זאת, והתפלא על הדורות הראשונים שנאבדו ונמחו מן העולם באפס תקוה, תמה על זה, הלא השי"ת ברא את העולם בחסדו וחפץ בהויית עולם, וא"כ מהיכן נקח זאת שימצאו בעולם דעות משובשות כאלה, עד שיגרם להם שיאבדו מן העולם, מי הוא בעל הבירה המנהיג כל זאת. ואז הציץ עליו בעל הבירה, וכדאיתא במדרש לך (רבה לט), התפלא ואמר מי הוא בעל הבירה הציץ עליו בעל הבירה וכו'.
והענין שאמרו הציץ עליו ולא אליו. רמזו לנו בזה, שהשי"ת אמר לו שעיקר בריאת העולם היה בשבילו, ועליו יסמוכו שיולד נפש אברהם אבינו בעולם שעל ידו יתגלה כבוד מלכותו בעולם.
וזה דייק המדרש עליו, היינו על תכונת יסודו של אברהם, שהוא יעורר הפליאה הזאת בעולם, ועל התעוררות הזה העולם קיים כדי שישאלו הברואים מי ברא אלהיחכמבואר עניינו במי השלוח ח"א פרשת לך ד"ה ויאמר ה': נאמר במדרש (בראשית רבה פרשה לט) מי הוא בעל הבירה, הציץ עליו בעל הבירה וכפי הנראה היה לו לכתבו הציץ אליו ולא עליו, אך בראות אברהם אבינו ע"ה את עסק דור הפלגה זאת יקרא בשם בירה דולקת כי היה בעיניו לפלא מאד והרעים בנפשו מי ברא אלה, הציץ עליו בעל הבירה היינו שהשיב לו הקב"ה הלא תראה בעצמך כי לכל העולם לא יקשה ואין אחד מהם שם על לב לאמר מי עשה זאת ואך בעיניך יפלא, ומהרעמות לבך תוכל לשער אשר בוודאי נמצא בורא הסובל כל עלמין וממלא כל עלמין והוא העיר לבך ונפשך לזה, וזה לשון עליו היינו על קושייתו שזה בעצמו הוא תירץ מספיק לפניו.
וכן ביאר בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן אות רמז: וכן שמעתי על הציץ עליו בעל הבירה וכו' לשון עליו, ר"ל שאמר לו שאתה בעצמך ג"כ מכלל בעל הבירה, כי הלא כל העולם רואים זה ואין לבבם רועש כלל להשיג שיש בעל הבירה ולבקשו, וזה שאתה מבקש, גם זה הוא מצידי, ובלבך מקום שכינתי..
וכדאיתא בזוה"ק הקדמה (א:) מי קיימא לשאלה מי ברא אלה (כמו שנתבאר בענינו). וקודם שבא אברהם אבינו ע"ה לעולם הוו עלמין דאתחרבו, וכדאיתא בזוה"ק (הקדמה ג:) תהו היה העולם קודם שנולדו האבות, וכדאיתא ג"כ בזוה"ק (תרומה קטו:) עד לא הוה מתקלא לא הוו משגיחין אפין באפין.
והענין בזה כי מתקלא הוא ברזא דיוסף הצדיק מדת יסוד, כח השפע שנשפע מהמוח ברזא דברית, והוא היה מצמצם את עצמו לפלס מעלותיו ולכונן דרכו בדעת וחשבון להכין מימי השובע לימי הרעביטמבואר לקמן פרשת מקץ אות כ, כב, כו, כח, לא, לב. בית יעקב הכולל פ' מקץ ד"ה יעשה.:
'ה' dit à Abram : Va pour toi (lekh lekha), etc., vers le pays que Je te montrerai' (Genèse 12,1). 'Car je répandrai des eaux sur l'assoiffé et des ruisseaux sur la terre sèche, ainsi répandrai-je mon esprit sur ta descendance et ma bénédiction sur tes rejetons' (Isaie 44,3). Ce verset parle de notre père Abraham, la paix sur lui, dont l'âme était toujours assoiffée, guettant et espérant, son âme languissante de connaître qui est Celui qui a créé tout cela ; et il s'étonnait au sujet des premières générations qui furent perdues et effacées du monde sans nul espoir.
Il s'interrogeait sur cela : ha-Shem n'a-t-Il pas créé le monde par Sa bonté et désiré l'existence du monde ? Si donc, d'où nous vient ceci, que se trouvent dans le monde des opinions aussi corrompues, au point de causer leur perte du monde ?
Qui est le maître du palais (baal ha-bira) qui conduit tout cela ? Et alors le maître du palais jeta un regard sur lui, comme il est dit dans le Midrach Lekh (Rabba 39) : il s'étonna et dit 'qui est le maître du palais ?', le maître du palais jeta un regard sur lui, etc.
Le sens de ce qu'ils ont dit 'jeta un regard sur lui (alav)' et non 'vers lui (elav)' : ils nous ont fait allusion par là que ha-Shem lui a dit que l'essentiel de la création du monde était pour lui, et que sur lui on s'appuierait pour que naisse dans le monde l'âme d'Abraham notre père, par qui se révélera dans le monde la gloire de Sa royauté. Et c'est ce que le Midrach a précisé 'sur lui' (alav), c'est-à-dire sur la nature du fondement d'Abraham, qui éveillera cet émerveillement dans le monde ; et par cet éveil le monde subsiste, afin que les créatures demandent 'qui a créé ces choses' (מי ברא אלה, mi bara ele) (note 18 : comme son sens est expliqué dans le Mei ha-Chiloah, 1re partie, parachat Lekh, s.v.
Va-yomer ha-Shem : il est dit dans le Midrach (Berechit Rabba, parachat 39) 'qui est le maître du palais ?', le maître du palais jeta un regard sur lui (alav) ; et selon toute apparence il aurait dû l'écrire 'jeta un regard vers lui (elav)' et non 'sur lui (alav)'. Mais lorsqu'Abraham notre père, la paix sur lui, vit l'affaire de la génération de la dispersion (dor ha-palaga), celle-ci est appelée du nom de 'palais en flammes', car c'était à ses yeux un très grand étonnement, et il tonna en son âme 'qui a créé ces choses ?'. 'Le maître du palais jeta un regard sur lui', c'est-à-dire que le Saint béni soit-Il lui répondit : ne vois-tu pas toi-même que pour le monde entier cela ne fait pas difficulté, et qu'aucun d'entre eux ne prend à cœur de dire 'qui a fait cela', et qu'à tes yeux seuls cela fait merveille ?
Et du grondement de ton cœur tu peux estimer qu'assurément il se trouve un Créateur qui porte tous les mondes et emplit tous les mondes, et c'est Lui qui a éveillé ton cœur et ton âme à cela. Et tel est le sens de 'sur lui (alav)', c'est-à-dire sur sa question, car cela même constituait pour lui une réponse suffisante.
De même l'a expliqué le Tsidkat ha-Tsadik de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen, section 246 : de même j'ai entendu au sujet de 'le maître du palais jeta un regard sur lui (alav), etc.', l'expression 'sur lui' - cela veut dire qu'Il lui dit que toi-même aussi tu fais partie du maître du palais, car voici, le monde entier voit cela et leur cœur ne frémit nullement pour saisir qu'il existe un maître du palais et pour Le chercher ; et cela même que tu cherches, cela aussi vient de Mon côté, et dans ton cœur est le lieu de Ma présence (Chekhina)). Et comme il est dit dans le saint Zohar, Introduction (1b) : 'Mi' (Qui) se dresse pour la question 'qui a créé ces choses' (mi bara ele) (comme cela a été expliqué en son sujet).
Et avant qu'Abraham notre père, la paix sur lui, ne vint au monde, il y eut des mondes qui furent détruits, comme il est dit dans le saint Zohar (Introduction 3b) : le monde était tohou (chaos) avant que ne naissent les patriarches, et comme il est dit également dans le saint Zohar (Terouma 115b) : tant qu'il n'y avait pas de balance (matkela), on ne se regardait pas face à face. Le sens en est que la balance (matkela) est dans le secret (raza) de Joseph le juste, la mesure de Yessod (fondement), la force de l'influx (chefa) qui se déverse depuis le cerveau (moah) dans le secret de l'alliance (berit) ; et il se contractait (metsamtsem) pour peser ses degrés et affermir sa voie avec discernement (daat) et calcul, afin de préparer, depuis les jours de la satiété, pour les jours de la famine (note 19 : expliqué plus loin, parachat Miketz, sections 20, 22, 26, 28, 31 et 32 ; Beit Yaakov ha-kolel, parachat Miketz, s.v.
Yaaseh).
Les générations qui précédèrent Avraham n'étaient pas « dans la balance » : une lumière en surabondance les répandait sans frein, et elles furent annulées. Le Beit Yaakov rapporte du Zohar haKadoch et de l'Ari Z"L qu'elles recevaient les chambres intérieures sans les extérieures. Avraham se contracte (tsimtsoum) et clarifie de son côté jusqu'où sa main atteint ; chez lui les midot (attributs) s'incluent et commence le monde du tikoun (réparation). D.ieu lui dit : « Moi, voici Mon alliance avec toi » et « toi, tu garderas Mon alliance ». « Va-t'en (lekh lekha) » : Rachi lit « pour ton plaisir et pour ton bien » ; qu'il voie par la connaissance et se contracte pour la part de son prochain.
Aussi : si tu es devenu sage, tu es sage pour toi-même, sans rien ajouter à la Torah ; la génération de la dispersion unit les cœurs dans les ténèbres pour contraindre la Che'hina ; le maître du palais se penche sur Avraham
והנה הדורות שקדמו לאברהם לא הוי במתקלא, מפני שהיה בהם אור בהתרבות עד שהתפשטו את עצמם בלי מעצור, ונתבטלו בהתרבות האור ולא היה בהם חיים. וכדאיתא בזוה"ק (נשא קמב.) ובספר הלקוטים להאר"י הקדוש (וישלח) על הכתוב ואלה המלכים אשר מלכו בארץ אדום וכו' הה"ד וימת וימת דלא אתקיימו ולא אתבסמו דינא בדינא וכו'.
וזה היה להם מפני שהיו מקבלים חדרים הפנימיים בלי חדרים החיצונים, לזה לא היה להם דרך איך ליעול, וכדאיתא בש"ס (שבת לא:). ומעלמין דאתחרבו נבנה עולם התיקון.
ובא אברהם אבינו בעולם ולא הלך בזה הדרך, וצמצם את עצמו לעבוד את ה' ביראה כל הימים ואזיל דרגא בתר דרגא, מתחלה היה עובד את השי"ת ברזא דחדרים החיצונים, וע"י השיג היקרות מחדרים הפנימיים ולא בטח את עצמו עליהם שהשי"ת יברר אותו, אך גם הוא מצדו בירר את קניניו עד מקום שידו הגיעכנתבאר בתפארת יוסף חג השבועות ד"ה דרש ההוא גלילאה: וזה כוונת המדרש (רבה בראשית ב) תהו היה העולם עד שלא בא אברהם, והיינו שהיה נחשב עדיין לתהו ולעלמין דאתחרבו, והוא מחמת שלא נמצא בהם התכללות המדות, ורק שבעת שהשי"ת הראה להם ממדותיו התפשטו עצמן במדה הזאת בלי גבול, אבל אח"כ כשבא אברהם אבינו ע"ה ואצלו היה התכללות המדות, והיינו שהוא הבין היטב שהשי"ת חפץ בזה העולם בעבודה, ואעפ"כ אינו מחויב המציאות.
והלך בעבודה וצמצום מצידו עד מקום שידו מגעת. ולזה התחיל אצלו עולם התיקון, שעד שבא אאע"ה נקרא תהו וממנו ואילך הוא נחשב לעולם התיקון..
וזה הוא שאמר אליו הש"י (לך יז) אני הנה בריתי אתך וגו' ואתה את בריתי תשמור, והוא שהשי"ת אמר אליו אמת הוא שמצדי אתה מבורר, אכן עצתך הוא שתשמור גם אתה מצדך את בריתי ותצמצם את עצמך כפי יכלתך, שגם אתה תבין ההתקשרות שיש לך בהשי"ת ולא תבטח ע"ז שבריתי אתךכאלקמן פרשת וירא אות ח.. וזה הוא דאיתא בתנחומא (בהר) אל תונו, אמר הקב"ה אף אני מכרתי העולם כלו לאברהם אבינו ולא הוניתי אותו חזר והקנה אותו לי.
והוא שהשי"ת מלמדנו בדרך טובים ומיעץ אותנו שלא להשען על התקיפות שמצד השי"ת בלבד, רק לצמצם את עצמו עד המקום שיגיע אדם בכחו לעשות יעשה וישמור מצדו את הברית וההתקשרות, שגם הוא ירגיש ההתקשרות, ובזה יקנה את כל העולם (וכמו שנתבאר בפ' בראשית נח ולקמן ענין ג). ועיין לקמן סוף הפרשה (ענין נז):
Voici que les générations qui précédèrent Abraham n'étaient pas 'dans la balance' (be-matkala, en équilibre), car il y avait en elles une lumière en surabondance, au point qu'elles se répandirent sans frein, et furent annulées par la surabondance de la lumière, et il n'y avait pas de vie en elles. Comme il est dit dans le Zohar haKadosh (Zohar, Naso 142a) et dans le Sefer haLikoutim de l'Ari haKadosh (le saint Ari, Rabbi Its'hak Louria) (section Vayichlah), sur le verset 'Et voici les rois qui régnèrent au pays d'Edom' etc.
(Genèse 36,31), c'est ce qui est écrit 'et il mourut, et il mourut' (Genèse 36) : car ils ne subsistèrent pas et ne furent pas adoucis, la rigueur (dina) par la rigueur, etc. Et cela leur advint parce qu'ils recevaient les chambres intérieures (hadarim ha-penimiim) sans les chambres extérieures (hadarim ha-hitsonim) ; c'est pourquoi ils n'avaient pas de voie par où entrer, comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 31b).
Et de mondes qui furent détruits (almin de-ith'arevou) fut bâti le monde du tikoun (réparation). Or Abraham notre père vint au monde et ne suivit pas cette voie ; il se contracta lui-même (tsimtsoum) pour servir ה' dans la crainte tous les jours, et il allait de degré en degré (darga batar darga).
Au commencement il servait le Nom béni soit-Il (haChem yitbarakh) dans le secret des chambres extérieures, et par cela il atteignit la préciosité des chambres intérieures ; et il ne se fia pas à elles [pour compter] que le Nom béni soit-Il le clarifierait (yevarer), mais lui aussi, de son côté, clarifia ses acquisitions jusqu'au lieu où sa main atteignait [note : comme expliqué dans Tiferet Yossef, Chavouot, s.v. 'darach hahou Gelila'a']. Et c'est l'intention du Midrach (Berechit Rabba 2) : 'le monde était tohou (chaos) tant qu'Abraham n'était pas venu' - c'est-à-dire qu'il était encore tenu pour tohou et pour les mondes détruits, et cela parce qu'il ne s'y trouvait pas d'inclusion mutuelle des midot (attributs, hitkalelout ha-midot) ; seulement, lorsque le Nom béni soit-Il leur montrait l'un de Ses attributs, ils se répandaient dans cet attribut sans limite.
Mais ensuite, lorsque vint Abraham notre père, la paix sur lui, chez lui il y avait l'inclusion des midot, c'est-à-dire qu'il comprit bien que le Nom béni soit-Il désire ce monde par le service (avoda), et malgré cela [ce monde] n'est pas d'existence nécessaire (mehouyav ha-metsiout). Et il alla dans le service et la contraction (tsimtsoum) de son côté, jusqu'au lieu où sa main atteint.
Et c'est pourquoi chez lui commença le monde du tikoun : car jusqu'à la venue d'Abraham notre père, la paix sur lui, [le monde] était appelé tohou, et à partir de lui il est tenu pour le monde du tikoun. Et c'est ce que lui dit le Nom béni soit-Il (Lekh, Genèse 17) : 'Moi, voici Mon alliance avec toi' etc. 'et toi, tu garderas Mon alliance' - c'est-à-dire que le Nom béni soit-Il lui dit : il est vrai que de Mon côté tu es clarifié (mevorar) ; toutefois ton conseil est que toi aussi, de ton côté, tu gardes Mon alliance et que tu te contractes selon ta capacité, afin que toi aussi tu comprennes le lien (hitkachrout) que tu as avec le Nom béni soit-Il, et que tu ne te fies pas [au seul fait] que 'Mon alliance est avec toi' [note : voir plus loin parachat Vayera, alinéa 8].
Et c'est ce qui est dit dans le Tan'houma (Behar) : 'ne vous lésez pas' (al tonou, Lévitique 25,14) - le Saint béni soit-Il dit : Moi aussi J'ai vendu le monde entier à Abraham notre père et Je ne l'ai pas lésé ; il revint et me le fit acquérir. C'est-à-dire que le Nom béni soit-Il nous enseigne dans la voie des bons et nous conseille de ne pas nous appuyer sur la seule force qui vient du Nom béni soit-Il, mais de se contracter jusqu'au lieu où l'homme parvient par sa force : ce qu'il peut faire, qu'il le fasse, et qu'il garde de son côté l'alliance et le lien, afin que lui aussi ressente le lien, et par cela il acquerra le monde entier (comme expliqué dans parachat Berechit, [section] 'Noah', et plus loin sujet 3).
Et vois plus loin, à la fin de la paracha (sujet 57).
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו' אל הארץ אשר אראך. אם חכמת חכמת לך ולצת לבדך תשא (משלי ט׳:י״ב).
איתא ע"ז בזוה"ק (ויצא קסג.) כד יתחכם בר נש באורייתא תועלתא דיליה הוא דהא באורייתא לא יכול לאוספא אפילו אות אחת. ולצת לבדך תשא, דהא אורייתא לא יגרע משבחאה כלום וכו'.
והענין בזה הוא כדאיתא במי השלוח, אם חכמת חכמת לך, היינו אם באת על ד"ת חדשים חכמת לך, שכל ההתחדשות הוא רק מצדך, אבל בהד"ת לא הוספת שום חדשות כלל, כי באמת היה אף זה כלול בד"ת רק ממך היה זה גנוז ונעלם עד עתה. וכמו שמצינו שדייקו חכז"ל ודרשו על כל אות ונקודה יתירה שבד"ת, האם יעלה בלבך שהם חידשו זאת ומקודם זה לא היה כלול זאת בד"ת, ובאמת היה כלול זה בד"ת מראש ועד סוף, רק מצד האדם היו עד עתה סתומים וחתומים ממנו ההתחדשות הזה, ועתה בא גם הוא על זה, אבל לא יעלה על הדעת שהוסיפו כלום לד"ת.
וכדאיתא (תענית ט, ורבה יתרו כח) שכל נבואה מרומז בתורת משה, להורות בזה שלא נתחדש כלל בד"ת. ולצת לבדך תשא, היינו אם תרצה להביא לך ראיה מד"ת לדבר שאין בו רצון הש"י, לבדך תשא זה הפירוש המעוקם והנלוז, אבל לא יעלה על הדעת שתכניס את זה הפירוש בהד"ת.
וכדאיתא בתנחומא (תזריע) לא יגורך רע אין הרע גוררת אותך. כי הד"ת מתנשאים לראש ויעמדו בבהירותם מרחוק ולא יכנס בהם שום פירוש מעוקםכבומבואר דבר זה בזוה"ק הובאו דבריו ביסוד החסידות – הקדמה לבית יעקב דף נט:
ואמר על זה מאמר זה"ק (ויצא קסג.) ושלמה מלכא אמר אם חכמת חכמת לך דכד יתחכם בר נש באורייתא תועלתא דיליה איהו דהא באורייתא לא יכיל לאוספא אפילו אות אחת. ולצת לבדך תשא דהא אורייתא לא תגרע משבחהא כלום וליצנותא דיליה הוא ואשתאר ביה לאובדא ליה מהאי עלמא ומעלמא דאתי.
ומפורש יוצא מדברי זוה"ק ששניהם ענין אחד, כל המתגאה בנפשו ויאמר שהוא יכול לחדש ולהוסיף דברי תורה מה שלא קיבל, הרי הוא כמו המתלוצץ על דברי תורה שהתורה קלה בעיניו. עיין בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת לך ד"ה וענין צדקה.:
'Et ה' dit à Abram : Va-t'en (lekh lekha)' etc. 'vers le pays que Je te montrerai' (Genèse 12,1). 'Si tu es devenu sage, tu es sage pour toi-même ; et si tu as raillé, seul tu [le] porteras' (Proverbes 9,12). Il est dit à ce sujet dans le Zohar haKadosh (Vayetse 163a) : lorsqu'un homme s'enrichit de sagesse (yith'akem) dans la Torah, c'est son propre profit, car dans la Torah il ne peut ajouter même une seule lettre ; 'et si tu as raillé, seul tu [le] porteras', car la Torah ne diminue en rien sa louange, etc.
Et l'explication en est comme il est dit dans le Mei haChiloah (ouvrage de Rabbi Mordekhai Yossef de Izbica) : 'si tu es devenu sage, tu es sage pour toi' - c'est-à-dire, si tu es parvenu à des paroles de Torah (divre Torah) nouvelles, tu es sage pour toi, car tout ce renouvellement n'est que de ton côté ; mais aux paroles de Torah tu n'as ajouté aucune nouveauté, car en vérité cela aussi était inclus dans les paroles de Torah, seulement cela t'était caché et dissimulé jusqu'à présent. Et de même que nous trouvons que nos Sages, de mémoire bénie, ont scruté et interprété (darchou) chaque lettre et chaque point superflu des paroles de Torah - te viendrait-il à l'esprit qu'ils aient innové cela et qu'auparavant ce ne fût pas inclus dans les paroles de Torah ?
En vérité cela était inclus dans les paroles de Torah du début à la fin ; seulement, du côté de l'homme, ce renouvellement lui était jusqu'à présent fermé et scellé, et maintenant lui aussi y est parvenu ; mais il ne saurait venir à l'esprit qu'ils aient rien ajouté aux paroles de Torah. Comme il est dit (Taanit 9, et Chemot Rabba, Yitro 28) que toute prophétie est déjà en allusion dans la Torah de Moché, pour enseigner par là que rien n'a été innové dans les paroles de Torah. 'Et si tu as raillé, seul tu [le] porteras' - c'est-à-dire, si tu veux tirer pour toi une preuve des paroles de Torah pour une chose où n'est pas la volonté du Nom béni soit-Il, seul tu porteras cette interprétation tordue et dévoyée, mais il ne saurait venir à l'esprit que tu introduises cette interprétation dans les paroles de Torah [elles-mêmes].
Comme il est dit dans le Tan'houma (Tazria) : 'le mal ne séjournera pas auprès de Toi' (Psaumes 5,5) - le mal ne t'entraîne pas. Car les paroles de Torah s'élèvent au sommet et se tiennent dans leur clarté à distance, et aucune interprétation tordue n'y pénètre [note : cette chose est expliquée dans le Zohar haKadosh, ses propos sont rapportés dans Yessod haHassidout, introduction au Beit Yaakov, page 59 : et il dit à ce sujet ce propos du Zohar haKadosh (Vayetse 163a) : et le roi Salomon a dit 'si tu es devenu sage, tu es sage pour toi', car lorsqu'un homme s'enrichit de sagesse dans la Torah, c'est son propre profit, car dans la Torah il ne peut ajouter même une seule lettre ; 'et si tu as raillé, seul tu [le] porteras', car la Torah ne diminue en rien sa louange, et la raillerie est sienne, et elle demeure en lui pour le perdre de ce monde-ci et du monde à venir.
Et il ressort explicitement des propos du Zohar haKadosh que les deux sont une seule et même chose : quiconque s'enorgueillit en son âme et dit qu'il peut innover et ajouter des paroles de Torah qu'il n'a pas reçues, est semblable à celui qui raille les paroles de Torah, pour qui la Torah est chose légère à ses yeux. Vois dans Sod Yecharim sur la Torah, d'après le manuscrit de la main sainte, parachat Lekh, s.v. 'we-inyan tsedaka'].
וזה הוא דאיתא ברש"י ז"ל, לך לך להנאתך ולטובתך, היינו שרק לעצמך תוסיף טובה, אבל להשי"ת מצדו אין שום נפקותא בזה ולא יתוסף לו מזה. אל הארץ אשר אראך.
היינו כי דור הפלגה ידעו זאת שאין השי"ת רוצה בהשחתת העולם, כי מבריאת עולם ואילך חפץ בהויות עולם, ואף אם אין העולם כדאי, כדאיתא במדרש (בראשית רבה כט) ונח מצא חן, אף נח לא היה כדאי אלא שמצא חן, לזה כאשר המטיר ה' מי המבול על הארץ השאיר את נח ובניו שמהם יבנה העולם כי איננו חפץ בהשחתת כל העולם. וכאשר באו על זה, אז נתיעצו שהם מצדם יעשו שלום ואחדות ביניהם, ובזה יהיה השי"ת מוכרח לשכון ביניהם, מאחר שנמצא ביניהם אף זה האיש שהעולם יבנה על ידו (וכמש"נ בפ' נח ענין נב נג).
ויבקשו למצא בקעה המחזקת את כלם, ומצאו בקעה בארץ שנער ששם ננערו מתי מבול, וכדאיתא במדרש נח (רבה לח) התכנסו כל העכו"ם לראות איזה בקעה מחזקת להם ולבסוף מצאו. והענין בזה, דהנה כל העבודות זרות של האומות הם שבמקום שידעו שצריכים להתברר, אכן הם אינם רוצים לצמצם את עצמם להתברר בדעת וחשבון, לכן הם מעמידים לנכח פניהם דחלא ודמות של יראתם שהם יראים ממנה, בכדי שזו הדחלא תשפיע בהם יראה שלא מדעת, ואז יוכלו להתפשט באין מעצור על זה הסמך, ולא יצטרכו עוד לברר ולצמצם את עצמו להאיר כל דבר באור, כי אין רצונם בזה שילכו באור הדעת רק לעשות במחשך מעשיהם, כענין דכתיב (ישעיהו כ״ט:ט״ו) והיה במחשך מעשיהם, שרצונם הוא שהיראה תסבב אותם שלא מדעתכגדוגמא ליראה זו מבואר במי השלוח ח"א פרשת בשלח ד"ה נכחו וזל"ק:
אבל האומות יש להם לכל אומה ואומה איזה כח וגוון אחר, אשר מזה ימשך כח חיותם ובזה הם נאחזים. כגון בבל כחם הוא בהתנשאות, ופלשתים כחם במה שכל אחד מהם יבקש תחבולה עד אשר ימצא סיבה לפרנסה, או חכמה ידוע או מלאכה אשר יהיה בטוח לבו כי יהיה לו במה להתכלכל.
וענין מואב וקליפתם הוא תקופות, שהוא חזק בדעתו מכח אכילות, ושאר דברים כאלה המחזיקים ומרחיבים הדעת, וזה ענין ע"ז שלהם ששמו כמוש, היינו תבנית אדם נכמש ממראה ילדותו, כי מזה הם יראים פן ינטל מהם את זאת ההרחבה כאדם לעת זקנתו שתאות אכילתו מתמעטת ואין הרחבה בדעתו. וכן שאר האומות כל אחד לפי דרכו.
ועיין עוד לקמן פרשה זו אות יא ד"ה וזה הוא מדת, אות כו ד"ה ובזה נבדלים, פ' מקץ אות יז ד"ה והעניין.. וזה מרמז מה שמצאו הבקעה בארץ שנער, שבזה המקום נקבע יראה שלא יחמסו זה את זה, ששם ננערו מתי מבול, כדאיתא במס' שבת (קיג:) ולכן נקבע במקום הזה יראה קבועה שיצמצמו עצמם ושאחד יתן מקום לחברו, וזה המקום יזריח בהם יראה שלא מדעת, והם יוכלו להתפשט בשטף הזדון על זה הסמך.
ומשם הפיצם ה', היינו מה הוא חשוב השלום שעשיתם ביניכם, ואף שדבר גדול הוא ששמי נקרא שלום, כדאיתא בש"ס (שבת י:), אבל כל עקר המכוון שלכם הוא שעי"ז תשכחו את שמי, עתה אתרומם ואסלק מכם את שכינתי להמשיך בחזרה אצלי את הרצון השרשי, אז תתפרדו כל פועלי און ואין שלום אמר ה' לרשעים. ומאלו השני דורות הבין אבינו אברהם לדעת עיקר המכוון מרצון השי"ת, שאמת הוא שחפץ השי"ת באחדות ושלום, אך לא כמו שעשו דור הפלגה מעשיהם במחשך בהתפשטות כל אחד את חלקו בלי שום מעצור, וחלק חבירו לא יאיר לו רק שלא מדעת, לא כאלה חלק יעקב, כי הם מצמצמים את עצמם להאיר כל מעשיהם בדעת בכדי שיחול עליהם כבוד שמים, וכל כוונתם בהתחברותם באחדות, שכל אחד ירגיש בדעת שלו אף את חלק חבירו, וכמו שבא במצות ה' (תשא לא) לדעת כי אני ה' מקדשכם, שכ"א יצמצם חלקו אף בשביל חלק חבירו ולעבוד את ה' ביראה לדעת כל אנשי מעשהו באור הדעת שבוכדמבואר במי השלוח ח"ב פרשת קדושים ד"ה ואהבת:
ואהבת לרעך כמוך אני ה'. שממצות ואהבת לרעך כמוך יתגדל כבוד שמים.
שמצד הטבע כל הטובות שאדם מסגל הוא מכניסם לעצמו, ומנין יבוא שאדם רוצה להיטיב עם חבירו להשפיע לו ממה שחנן אותו ה', הוא מפני שיודע שכמו שהוא נברא מהשי"ת כן גם חבירו נברא מהשי"ת והלא אב אחד לכלנו אל אחד בראנו ולמה נמנע מלגמול חסד זה את זה זרע ברוכי ה', וגם ממה שיודע האדם שלא כחו ועוצם ידו עשה לו חיל רק מתת ה' היא לו וממילא יקיים בו רצון הנותן, ונמצא מזה עצמו שאוהב את רעהו כמוהו נתגדל כבוד שמים. ומבואר בסוד ישרים ראש השנה אות ס:
לזה היו בונים במקום שננערו שם מתי מבול, כי כל חפצם היה ליקח את רצונו ית' ביד חזקה שיהיה שוכן אצלם למען יהיה להם קיום הויה בהכרח בחוצפא כלפי שמיא, ולכן הראה להם השי"ת הגם שאמת ויציב הדבר שבמקום שהברואים מתאחדים ביחד בלב אחד שוכן ביניהם רצונו ית', אבל זאת האחדות והחיבור ביחד תלוי נמי ברצונו ית' במקום שחפץ השי"ת לשכון שם הוא מאחד את הלבבות ושוכן ביניהם אבל אין זאת ביד אדם לאחד את הלבבות מהברואים, כי ברצונו ית' אין שום הכרח ח"ו, לכן האחדות שהם היו עושים נגד רצונו ית' ובהכרח היו מתאספין ביחד, אחדות כזאת הוא באמת פירוד גמור.:
Et c'est ce qui est dit dans Rachi, de mémoire bénie : 'lekh lekha' - pour ton plaisir et pour ton bien ; c'est-à-dire que ce n'est qu'à toi-même que tu ajouteras du bien, mais pour le Nom béni soit-Il, de Son côté, il n'y a en cela aucune différence (nafkouta) et rien ne Lui est ajouté par là. 'Vers le pays que Je te montrerai' - c'est-à-dire que la génération de la dispersion (dor haflaga) savait ceci : que le Nom béni soit-Il ne veut pas la destruction du monde, car depuis la création du monde et au-delà Il désire l'existence du monde, même si le monde n'en est pas digne, comme il est dit dans le Midrach (Berechit Rabba 29) : 'et Noah trouva grâce' - Noah non plus n'était pas digne, mais il trouva grâce ; c'est pourquoi, lorsque ה' fit pleuvoir les eaux du déluge sur la terre, Il laissa Noah et ses fils, dont serait rebâti le monde, car Il ne désire pas la destruction du monde entier. Et lorsqu'ils parvinrent à cela, alors ils se conseillèrent que, de leur côté, ils feraient paix et unité entre eux, et par cela le Nom béni soit-Il serait contraint de résider parmi eux, puisque se trouvait parmi eux jusqu'à cet homme par qui le monde serait rebâti (comme expliqué dans parachat Noah, sujets 52 et 53).
Et ils cherchèrent à trouver une vallée (bik'a) qui puisse les contenir tous, et ils trouvèrent une vallée au pays de Chin'ar, là où avaient été secoués (ninaarou) les morts du déluge, comme il est dit dans le Midrach de Noah (Berechit Rabba 38) : tous les idolâtres (ovde kokhavim) se rassemblèrent pour voir quelle vallée pouvait les contenir, et finalement ils en trouvèrent une. Et l'explication en est la suivante : voici que toutes les idolâtries (avodot zarot) des nations consistent en ceci - que là où elles savent qu'elles doivent être clarifiées (lehitbarer), pourtant elles ne veulent pas se contracter pour être clarifiées par la connaissance et le calcul (daat we-hechbon) ; c'est pourquoi elles dressent en face d'elles une idole (dahala, objet de crainte) et une figure de leur culte qu'elles redoutent, afin que cette idole leur insuffle une crainte sans connaissance (chelo mi-daat), et alors elles pourront se répandre sans frein en s'appuyant là-dessus, et n'auront plus besoin de clarifier ni de se contracter pour éclairer chaque chose par la lumière ; car leur volonté n'est pas de marcher dans la lumière de la connaissance, mais d'accomplir leurs actes dans les ténèbres, selon ce qui est écrit (Isaie 29,15) : 'et leurs actes sont dans les ténèbres', car leur volonté est que la crainte les enveloppe sans connaissance [note : un exemple de cette crainte est expliqué dans le Mei haChiloah, tome 1, parachat Bechalah, s.v. 'nikho', et voici ses saints propos : mais les nations, chaque nation possède une force et une teinte particulière, d'où provient la force de leur vitalité et par quoi elles se rattachent [à l'existence].
Par exemple Babel, leur force est dans l'orgueil (hitnasseout) ; et les Philistins, leur force est en ceci que chacun d'eux cherche un stratagème jusqu'à trouver un moyen de subsistance, ou un savoir connu, ou un métier par lequel son cœur sera assuré d'avoir de quoi se sustenter. Et le propre de Moab et de leur kelipa (écorce, force impure) est les cycles (tekoufot) : c'est-à-dire qu'il est fort en son esprit par la force des nourritures, et d'autres choses semblables qui renforcent et élargissent l'esprit (daat), et c'est le sens de leur idole nommée Kemoch (כמוש), c'est-à-dire la figure d'un homme flétri (nikmach) par rapport à l'apparence de sa jeunesse ; car de cela ils ont peur : qu'on leur retire cette expansion, comme l'homme au temps de sa vieillesse dont l'appétit de nourriture diminue et dont l'esprit n'a plus d'expansion.
Et de même les autres nations, chacune selon sa voie. Vois encore plus loin, cette même paracha, alinéa 11 s.v. 'we-ze hou midat', alinéa 26 s.v. 'ou-vaze nivdalim', parachat Miketz alinéa 17 s.v. 'we-ha-inyan'].
Et cela est fait en allusion par le fait qu'ils trouvèrent la vallée au pays de Chin'ar : car en ce lieu fut fixée une crainte de ne pas se voler les uns les autres, là où avaient été secoués les morts du déluge, comme il est dit au traité Chabbat (113b) ; et c'est pourquoi fut fixée en ce lieu une crainte permanente, qu'ils se contractent et que chacun cède la place à son prochain ; et ce lieu ferait resplendir en eux une crainte sans connaissance, et ils pourraient se répandre dans le flot de la malveillance (zadon) en s'appuyant là-dessus. 'Et de là ה' les dispersa' (Genèse 11,8) - c'est-à-dire : que vaut la paix que vous avez faite entre vous ? Et bien que ce soit une grande chose que Mon nom soit appelé 'paix' (chalom), comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 10b), toutefois tout le fond de votre intention est que par cela vous oubliiez Mon nom ; maintenant Je M'élèverai et Je retirerai de vous Ma Chekhina, pour ramener vers Moi la volonté radicale (ha-ratson ha-chorchi) ; alors 'vous vous disperserez, vous tous ouvriers d'iniquité', et 'il n'y a pas de paix, dit ה', pour les méchants' (Isaie 48,22).
Et de ces deux générations [du déluge et de la dispersion] notre père Abraham comprit et sut le fond de l'intention de la volonté du Nom béni soit-Il : qu'il est vrai que le Nom béni soit-Il désire l'unité et la paix, mais non comme fit la génération de la dispersion, qui accomplissait ses actes dans les ténèbres, chacun se répandant dans sa part sans aucun frein, et la part de son prochain ne l'éclairant que sans connaissance ; 'la part de Yaakov n'est pas comme celles-là' (Jérémie 10,16), car eux se contractent pour éclairer tous leurs actes par la connaissance, afin que la gloire du Ciel repose sur eux, et toute leur intention, dans leur union dans l'unité, est que chacun ressente dans sa propre connaissance même la part de son prochain, comme cela vient dans le commandement de ה' (Ki Tissa, Exode 31) : 'pour savoir que Moi ה' Je vous sanctifie' - que chacun contracte sa part même en faveur de la part de son prochain, et serve ה' dans la crainte, afin de connaître tous les hommes de son entourage à la lumière de la connaissance qui est en lui [note : comme expliqué dans le Mei haChiloah, tome 2, parachat Kedochim, s.v. 'we-ahavta' : 'tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis ה'' (Lévitique 19,18) - car par le commandement 'tu aimeras ton prochain comme toi-même' la gloire du Ciel est agrandie ; car par nature, tous les biens qu'un homme accumule, il les fait entrer pour lui-même, et d'où viendrait qu'un homme veuille faire du bien à son prochain, lui prodiguer de ce dont ה' l'a gratifié ? C'est parce qu'il sait que, de même que lui a été créé par le Nom béni soit-Il, de même son prochain a été créé par le Nom béni soit-Il ; n'avons-nous pas tous un seul Père, un seul Dieu (É-l) nous a créés (Malachie 2,10), et pourquoi nous abstiendrions-nous de nous faire mutuellement du 'hessed, nous, descendance bénie de ה' ?
Et aussi parce que l'homme sait que ce n'est pas sa force ni la puissance de sa main qui lui a procuré cette richesse (Deutéronome 8,17), mais que c'est un don de ה' qui lui est fait, et par conséquent il accomplira en cela la volonté du Donateur ; il se trouve, du fait même qu'il aime son prochain comme lui-même, que la gloire du Ciel est agrandie. Cela est expliqué dans Sod Yecharim, Roch haChana, alinéa 60].
C'est pour cela qu'ils bâtissaient au lieu où avaient été secoués les morts du déluge, car tout leur désir était de prendre la volonté de [Dieu] béni soit-Il d'une main forte, afin qu'Il réside chez eux pour qu'ils aient une existence subsistante par contrainte, avec effronterie envers le Ciel (houtspa kelapei chemaya) ; c'est pourquoi le Nom béni soit-Il leur montra : bien que ce soit chose vraie et certaine que, au lieu où les créatures s'unissent ensemble d'un seul cœur, Sa volonté béni soit-Il réside parmi elles, néanmoins cette unité et cette union ensemble dépendent elles aussi de Sa volonté béni soit-Il : au lieu où le Nom béni soit-Il désire résider, là Il unifie les cœurs et réside parmi elles, mais il n'est pas au pouvoir de l'homme d'unifier les cœurs des créatures, car dans Sa volonté béni soit-Il il n'y a aucune contrainte, à Dieu ne plaise (has we-chalom) ; c'est pourquoi l'unité qu'ils faisaient contre Sa volonté béni soit-Il, se rassemblant ensemble par contrainte - une telle unité est en vérité une séparation totale.
וזה אמר השי"ת לך לך וגו' אל הארץ אשר אראך, שלא יעשה שום דבר במחשך, רק לראות תמיד בעין שכלו שירגיש אף מחלק חבירו ולצמצם את עצמו בשבילו, ובשלום ואחדות כזה חפץ השי"ת ולא שיביט האדם רק לעצמו. וכמו שנמצא קדושת שבת שקדוש אף בלי קדושת האדם, עם כל זה יש בו גדרים וסייגים שהאדם עצמו ירגיש הקדושה.
וכן נמצא קדושת אבות, והאדם יכול לסמוך ולהשען עליהם, וישראל אינם רוצים בזה אך לדעת בעצמם כי ה' מקדשם, וזה הוא אל הארץ אשר אראך. וזה הוא הענין דאיתא במדרש לך (רבה לט) שאברהם התפלא ואמר מי הוא בעל הבירה הציץ עליו בעל הבירה ולא אמרו הציץ אליו, לרמז בזה, שהוא עצמו הוא עיקר המכוין בעולם מה שלא היה מקודם שנברא העולםכהכמבואר לעיל פרשה זו אות ב ובהערה יח שם..
כי מה שדור המבול והפלגה רצו בהתפשטות זה היה עוד קודם שנברא העולם, בעת שהיה כמוס בעצמותו ית' ואין בזה שום התחדשות, ומאז שהוציא השי"ת את העולם מכח אל הפועל ומהעלם אל הגילוי היה בכדי שהבריאה מצדה תוסיף לחדש בארץ, ולדעת כי ה' מקדשם. ואברהם אבינו בירר זאת לחלקו, להאיר כל דבר בדעת וחשבון וכדכתיב (ישעיהו מ״א:ב׳) מי העיר ממזרח צדק, ומזרח הוא אור, והכתוב הזה נדרש על אברהם אבינו:
Et c'est [pourquoi] le Nom béni soit-Il dit : 'va-t'en (lekh lekha)' etc. 'vers le pays que Je te montrerai' - qu'il ne fasse aucune chose dans les ténèbres, mais qu'il voie toujours avec l'œil de son intellect, de sorte qu'il ressente même [quelque chose] de la part de son prochain et qu'il se contracte en sa faveur ; c'est une telle paix et une telle unité que désire le Nom béni soit-Il, et non que l'homme ne regarde qu'à lui-même. Et de même que se trouve la sainteté du Chabbat, qui est saint même sans la sanctification de l'homme, malgré tout il comporte des barrières et des haies (gedarim we-seyagim) afin que l'homme lui-même ressente la sainteté.
Et de même se trouve la sainteté des Pères (avot), sur laquelle l'homme peut compter et s'appuyer ; mais Israël ne le veut pas - [ils veulent] seulement savoir par eux-mêmes que ה' les sanctifie ; et c'est [le sens de] 'vers le pays que Je te montrerai'. Et c'est le sujet de ce qui est dit dans le Midrach Lekh (Berechit Rabba 39) : qu'Abraham s'étonna et dit : qui est le maître du palais (baal ha-bira) ?
Le maître du palais se pencha sur lui (hetsits alav) - et ils ne dirent pas 'se pencha vers lui' (hetsits elav) - pour faire allusion par là que lui-même [Abraham] est l'essentiel de la finalité voulue dans le monde, ce qui n'existait pas avant que le monde fut créé [note : comme expliqué plus haut, cette même paracha, alinéa 2, et dans la note 18 là-bas]. Car ce que la génération du déluge et de la dispersion voulait par l'expansion, cela existait déjà avant que le monde fut créé, au temps où [tout] était dissimulé dans Son essence béni soit-Il, et il n'y a en cela aucun renouvellement ; et depuis que le Nom béni soit-Il a fait sortir le monde de la puissance à l'acte (mi-koah el ha-poal) et du caché au révéler, ce fut afin que la création, de son côté, ajoute du renouvellement sur la terre, et pour savoir que ה' les sanctifie.
Et Abraham notre père clarifia cela pour sa part : éclairer chaque chose par la connaissance et le calcul, selon ce qui est écrit (Isaie 41,2) : 'qui a suscité de l'orient la justice (tsedek)' - et l'orient (mizrah) est lumière, et ce verset est interprété au sujet d'Abraham notre père.
Ce passage poursuit l'enseignement du Zohar : Avraham, voyant le soleil et la lune s'annuler, comprend que D.ieu a dressé des contraires pour qu'on ne regarde que vers Lui, vers la racine des choses. « Va pour toi » : le Beit Yaakov enseigne que le Saint béni soit-Il se glorifie d'Israël auprès des idolâtres, car en exil ils n'apprennent pas leurs actes. L'exil renforce les dissimulations et exige plus de sainteté ; Il n'épanche que selon le besoin. Avraham craignait d'entrer en Égypte avec la sainteté de la terre d'Israël, bâtit un autel et invoqua le Nom ; assoiffé, cette même sainteté s'éveilla et s'élargit en lui sans fin.
Aussi : « qui a créé ceux-là » : mi est le lieu de la question ; l'aide vient de ce qui est opposé ; le propriétaire du palais se pencha « vers lui », car Avraham est le but et l'intériorité de la création.
וזה הוא הענין דאיתא בזוה"ק (לך פו.) מי העיר ממזרח דא אברהם דלא נטיל אתערותא לגבי קוב"ה אלא ממזרח, בגין דחמא שמשא דנפיק בצפרא מסטרא דמזרח נטיל אתערותא לנפשיה, דאיהו קוב"ה אמר דא הוא מלכא דברא יתי פלח ליה כל ההוא יומא, לרמשא חמא שמשא דאתכניש וסיהרא נהרא אמר דא הוא ודאי דשליט על האי פולחנא דפלחית כל האי יומא דהא אתחשך קמיה ולא נהיר פלח ליה כל האי ליליא, לצפרא חמא דאזלא חשוכא ואתנהיר סטרא דמזרח אמר ודאי כל אלין מכלא אית עלייהו ושליט דאנהיג לון וכו'. הענין בזה, שכאשר ראה שהם מתבטלים זה מפני זה, הבין מזה שהשי"ת לא הסתיר עצמו לגמרי, לזה הציב שני הפכים, שע"י שניהם יכירו שיש גבוה עליהם ומושל בהם ולא יביטו רק אליו.
ולזה ג"כ העמיד השי"ת בעולם בכל דבר דכר ונוקבא. וכדכתיב ג"כ (ישעיהו מ׳:כ״ו) שאו מרום עיניכם וראו מי ברא אלה.
אלה היינו כל הפרטים שהציב השי"ת בעולם, ומי הוא אתר דקיימא לשאלה, שיבקש האדם לדעת מי ברא אלהכונתבאר בתפארת יוסף מסכת פסחים (קטז.) ד"ה מזגו: ביאר בזה כבוד אאמו"ר הגה"ק זללה"ה שכאשר אדם רואה שינוי בהנהגה, מכיר מזה שנמצא אדון המנהיג העולם, ומתעורר בו שאלה מי הוא האדון בעל הבנין והמנהיג.
וכמו שמצינו באברהם אבינו ע"ה שאמרו עליו במדרש (רבה בראשית לט) א"ר יצחק משל לאחד שהיה עובר ממקום למקום וראה בירה אחת דולקת אמר תאמר שהבירה הזאת בלא מנהיג הציץ עליו בעל הבירה, א"ל אני הוא בעל הבירה, כך לפי שהיה אבינו אברהם אומר תאמר שהעוה"ז בלא מנהיג, הציץ עליו הקב"ה ואמר ליה אני הוא בעל העולם. ואחר שמכיר אדם ורואה שהשי"ת הוא אדון העולם, אז מתעורר אצלו השאלה מה, היינו איזה ומה הוא ההתפשטות קדושה והכבוד שמים שיצמח מזה, והוא מחמת שהשי"ת בחר בעבודת האדם, שהניח מקום שיוכל האדם להתגדר כביכול שביגיע כפו עשה וכנס לעצמו חיל בקדושה.
לזה מתעורר באדם השאלה מה שחפץ לדעת איזה קדושה וכבוד שמים יצמח מזה. עיין לקמן במאמרים הבאים עוד הסברים בזה..
ולזה המכוון ברא השם יתברך כל הפרטים הנקראים אלה, וכדאיתא בהקדמת זוה"ק (א:) (וכמש"נ בפ' בראשית) שהשי"ת חפץ שישאלו הברואים מי הוא הבורא, ולכן ברא הקב"ה דברים הפכיים בעולם. וכמש"נ במי השלוח (ח"א פרשת בראשית בפסוק אעשה לו עזר כנגדו), שהעזר הוא מדבר שכנגדוכזמבואר היטב בתפארת יוסף פרשת בראשית ד"ה ויאמר ד':
הענין בזה, דזה עצמו היה בריאה מן השי"ת שלאדם לא ימצא לו עזר, דהיינו שבתפיסתו בל ימצא לו עזר. וכמו שביאר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה אעשה לו עזר כנגדו, היינו אצל הבריאה הוא כל עזר מדבר שכנגדו, היינו הציב השי"ת לאדם כל מיני מניעות והאדם הולך ומרחיב כבוד שמים ומסלק ממנו כל המניעות, ומחזיר את כל הדברים פנים בפנים להשי"ת, ואז רואה האדם שיש לו מן אלו המניעות כל הסיעתות., ולא כמלך בשר ודם שמעמיד דמות דיוקנו שייראו מפני זה הדמות, אכן השי"ת אינו חפץ בזה שיביטו רק על הדמות והגוון, אך להביט אל השורש והפנימיות מהשי"ת.
וע"ז מרמז מה שברא השי"ת את השמים שהם בהירים ביותר עד שאין יכולין לקבל אף כגרעין חרדל מעוה"ז, כדאיתא בזוהר הקדוש (ויגש רז.), וברא גם את הארץ הגשמית ונמצא בה הסתרה ביותר, עד שנמצא בה טובות שמשכחים ומטרידים דעת האדם לגמרי כמו יין ושכר וכדומה, ומאלו השנים ניכר שנמצא בורא שברא את כל אלה, ומושל בשמים ובארץ וגבוה הוא מעל אלה השנים. כי אם לא היה בעולם רק שמים בלבד, היה במשמע שעיקר המכוון מבריאת העולם הוא שיהיה רק בהירות לבד, לזה ברא השי"ת גם את הארץ הגשמיי, שנמצא בה טובות שמשכחים ומסתירים את האור מהאדם, ומהיכן יש להם הויה לאלו הטובות בעולם, לא זו אף זו שיוצא לנו מאלו הטובות קדושות גדולות ויקרותכחכדאיתא בתפארת יוסף פרשת האזינו ד"ה האזינו [ג]:
כי שמים מרמזים על זה המקום שהוא למעלה מגבול תפיסת הבריאה. ובמקום שאין גבול תפיסת הבריאה משגת שם הוא בהירות גדול, כי שם אין שום עונש ואין שום העדר.
וארץ מרמז על הסתרות שהציב השי"ת בעוה"ז, כי הארץ הוא במקום שכבר התחיל תפיסת הבריאה וכו'. והיינו שאלו הרצונות היינו זה הרצון שהציב השי"ת בהירות, והרצון שהציב השי"ת שיהיה הסתרה, המה הכל מרצונו ית'.
עיין עוד שם בפרשת האזינו במאמרים שם., כדאיתא בש"ס (ברכות לה.) אין אומרים שירה אלא על היין, וכן נמצא בארץ מקום מקדשנו שמשם כל הקדושות יוצאות, משמע מזה שנמצא ה' אחד שגבוה עליהם וברא את כל אלה, ובכל פרטי הבריאה נמצא שורש ופנימיות קדושה, והאדם יבין לאשורו, שכל ההסתכלות יהיה רק לשורש ופנימיות הדברים, לא רק על הגוון והלבושכטעיין בתפארת יוסף מסכת חגיגה (ח.) ד"ה ת"ר: כי עיקר הנייחא והשמחה הוא רק בדיעה, וכשמכיר האדם שזאת הדיעה צלולה הוא נמי רק שהשי"ת חנן אותו בדיעה צלולה כזו, מזה נתרבה בנפשו עוז בגודל שמחה, כמו שמצינו (דברי הימים א כ״ט:ט׳) וישמחו העם על התנדבם כי בלב שלם התנדבו לד' וגו', היינו ששמחו מזה בעצמו שחנן להם השי"ת בדיעה צלולה על זאת הנדיבות וכו'.
אמנם במקדש היו עומדים ישראל, בעת שהיו עולים לירושלים, בדיעה צלולה כ"כ, עד שהכירו בבהירות עצום שממך הכל ומידך נתנו לך, היינו שגם זאת הדיעה צלולה להכיר זאת הוא נמי מהשי"ת.. וזה הוא כוונת המדרש לך (רבה לט) הציץ עליו בעל הבירה ולא אמרו הציץ אליו, לרמז שהשי"ת הציץ והראה על אברהם עצמו, שהוא הוא המכוון והפנימיות מבריאת העולם, שכל עיקר המכוון היה שהאדם יביט לפנימיות ושורש כל דבר להכיר שהעולם אין מתנהג בדרך טבע עולם כמנהגו, אך השי"ת הוא העושה כל.
וזה הוא דכתיב (ישעיהו מ״ד:ו׳) כה אמר ה' אני ראשון ואני אחרון ומבלעדי אין א-להים, היינו מי שהוא מבלעדי, ואומר לנפשו שבכחו ועוצם ידו עשה לעצמו חיל, לזה האדם שהוא מבלעדי, אין א-להים, היינו שאין לו באמת שום כח. שאני האדם שמכיר זאת מהשי"ת באה לו הברכה, ומצד עצמו אין לו שום כח, עליו אומר הכתוב (תהילים פ״ב:ו׳) אני אמרתי א-להים אתם, ומכלל הן אתה שומע לאו:
Tel est le sens de ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Lech Lécha 86a) : 'Qui a éveillé depuis l'orient' (מי העיר ממזרח) - c'est Abraham, qui ne prenait d'éveil vers le Saint béni soit-Il que depuis l'orient ; car, voyant le soleil sortir le matin du côté de l'orient, il prenait un éveil en son âme : 'Celui-ci est le roi qui m'a créé', et il le servait tout ce jour-là. Vers le soir, voyant le soleil se retirer et la lune briller, il disait : 'Celui-ci gouverne assurément ce service que j'ai servi tout ce jour, puisque le premier s'est obscurci devant lui et ne brille plus', et il le servait toute cette nuit.
Au matin, voyant l'obscurité s'en aller et le côté de l'orient s'illuminer, il disait : 'Assurément, sur tous ceux-là il y a Quelqu'un au-dessus, qui les gouverne et les conduit', etc. Le sens en est que, voyant qu'ils s'annulaient l'un devant l'autre, il comprit de là que le Saint béni soit-Il ne s'était pas entièrement dissimulé ; c'est pourquoi Il a dressé deux contraires, afin que par les deux on reconnaisse qu'il y a plus haut qu'eux Quelqu'un qui les domine, et qu'on ne regarde que vers Lui.
C'est aussi pourquoi le Saint béni soit-Il a établi dans le monde, en toute chose, masculin et féminin (dakhar ve-noukva). Et comme il est écrit également (Isaie 40,26) : 'Levez vos yeux en haut et voyez qui a créé ceux-là (eleh)'. 'Ceux-là' (eleh), ce sont tous les détails que le Saint béni soit-Il a dressés dans le monde ; et 'qui' (mi) est le lieu ouvert à la question, où l'homme cherchera à savoir qui a créé ceux-là [Note : cela est expliqué dans le Tiferet Yossef, traité Pessahim (116a), s.v. 'Mazgou' : notre père, maître et enseigneur, le saint gaon - que son souvenir soit une bénédiction pour la vie du monde à venir - à expliqué que, lorsqu'un homme voit un changement dans la conduite du monde, il reconnaît par là qu'il existe un Maître qui conduit le monde, et s'éveille en lui la question : qui est ce Maître, le propriétaire de l'édifice et son conducteur.
Comme nous le trouvons au sujet d'Abraham notre père, la paix sur lui, dont il est dit au Midrach (Rabba, Bereshit 39) : Rabbi Yitzhak dit : parabole d'un homme qui passait d'un lieu à l'autre et vit un palais (bira) illuminé ; il dit : diras-tu que ce palais est sans conducteur ? Le propriétaire du palais se pencha vers lui et dit : c'est moi le propriétaire du palais.
Ainsi, parce qu'Abraham notre père disait : diras-tu que ce monde-ci est sans conducteur ?, le Saint béni soit-Il se pencha vers lui et lui dit : c'est moi le propriétaire du monde. Et une fois que l'homme reconnaît et voit que le Saint béni soit-Il est le Maître du monde, alors s'éveille chez lui la question 'quoi' (mah), à savoir : quel est et qu'est le déploiement de sainteté et de gloire du Ciel qui croîtra de là ; et cela parce que le Saint béni soit-Il a choisi le service de l'homme, laissant une place où l'homme puisse se distinguer, pour ainsi dire, en sorte que par le labeur de ses mains il agisse et amasse pour lui-même une armée dans la sainteté.
C'est pourquoi s'éveille en l'homme la question 'quoi', désirant savoir quelle sainteté et quelle gloire du Ciel croîtront de là. Vois plus loin, dans les enseignements à venir, d'autres explications à ce sujet.].
Et c'est vers ce but que le Nom béni soit-Il a créé tous les détails appelés 'ceux-là' (eleh), comme il est rapporté dans l'introduction du saint Zohar (1a) (et comme nous l'avons expliqué dans la paracha Bereshit), que le Saint béni soit-Il désire que les créatures demandent qui est le Créateur, et c'est pourquoi le Saint béni soit-Il a créé dans le monde des choses opposées. Et comme nous l'avons expliqué dans le Mei ha-Shiloah (t.
I, paracha Bereshit, sur le verset 'Je lui ferai une aide qui lui corresponde' - אעשה לו עזר כנגדו), que l'aide vient de ce qui lui est opposé (ke-negdo) [Note : comme cela est bien expliqué dans le Tiferet Yossef, paracha Bereshit, s.v. 'Va-yomer H.' : le sens en est que cela même fut une création du Saint béni soit-Il, que l'homme ne trouve pas d'aide pour lui - c'est-à-dire que dans sa saisie (tefissa) il ne trouve pas d'aide. Et comme l'a expliqué notre grand-père, maître et enseigneur - que son souvenir soit une bénédiction - 'Je lui ferai une aide qui lui corresponde' : à savoir que, du côté de la création, toute aide vient de ce qui lui est opposé ; le Saint béni soit-Il a dressé pour l'homme toutes sortes d'empêchements (meniot), et l'homme s'en va élargissant la gloire du Ciel et écartant de lui tous les empêchements, ramenant toutes les choses face à face vers le Saint béni soit-Il ; et alors l'homme voit qu'il a tiré de ces empêchements mêmes toutes les aides.].
Et non pas comme un roi de chair et de sang qui dresse l'effigie de son image pour qu'on la craigne à cause de cette image ; mais le Saint béni soit-Il ne désire pas cela, qu'on ne regarde que l'image et la couleur (gaven), mais bien qu'on regarde vers la racine et l'intériorité issues du Saint béni soit-Il. Et c'est ce qu'indique le fait que le Saint béni soit-Il a créé les cieux, qui sont très lumineux, au point de ne pouvoir contenir même un grain de moutarde de ce monde-ci, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayigash 207a) ; et Il a créé aussi la terre matérielle, où se trouve une dissimulation plus grande, au point qu'il s'y trouve des biens qui font entièrement oublier et détourner l'esprit de l'homme, tels le vin, la boisson forte et le semblable.
Et de ces deux-là on reconnaît qu'il existe un Créateur qui a créé tout cela, qui domine dans les cieux et sur la terre et qui est plus haut que ces deux. Car s'il n'y avait dans le monde que les cieux seuls, on comprendrait que le but principal de la création du monde n'est que la seule luminosité ; c'est pourquoi le Saint béni soit-Il a créé aussi la terre matérielle, où se trouvent des biens qui font oublier et dissimulent la lumière à l'homme.
Et d'où ces biens tiennent-ils leur existence dans le monde ? Bien plus : de ces biens mêmes sortent pour nous de grandes et précieuses saintetés [Note : comme il est rapporté dans le Tiferet Yossef, paracha Haazinou, s.v. 'Haazinou' [3] : car les cieux font allusion à ce lieu qui est au-dessus de la limite de la saisie de la création.
Et au lieu où la limite de la saisie de la création n'atteint pas, là est une grande luminosité, car là il n'y a nul châtiment et nul manque (heder). Et la terre fait allusion aux dissimulations que le Saint béni soit-Il a dressées en ce monde-ci, car la terre est au lieu où a déjà commencé la saisie de la création, etc.
Et cela signifie que ces volontés - la volonté par laquelle le Saint béni soit-Il a dressé la luminosité, et la volonté par laquelle le Saint béni soit-Il a dressé la dissimulation - toutes procèdent de Sa volonté béni soit-Il. Vois encore là, dans la paracha Haazinou, parmi les enseignements qui s'y trouvent.], comme il est rapporté dans le Talmud (Berakhot 35a) : on ne dit de chant que sur le vin ; et de même se trouve dans la terre le lieu de notre Sanctuaire, d'où sortent toutes les saintetés.
On comprend de là qu'il existe un ה' unique qui est plus haut qu'eux et qui a créé tout cela ; et dans chaque détail de la création se trouve une racine et une intériorité de sainteté. Et l'homme comprendra pleinement que tout le regard ne doit se porter que vers la racine et l'intériorité des choses, non pas seulement sur la couleur et le vêtement (levouch) [Note : vois dans le Tiferet Yossef, traité Haguiga (8a), s.v. 'Tanou Rabbanan' : car l'essentiel du repos et de la joie n'est que dans la conscience (dea) ; et lorsque l'homme reconnaît que cette conscience est limpide - cela aussi n'est que parce que le Saint béni soit-Il l'a gratifié d'une conscience aussi limpide - de là se multiplie en son âme la vigueur dans la grandeur de la joie, comme nous trouvons (I Chroniques 29,9) : 'et le peuple se réjouit de leurs dons volontaires, car c'est d'un cœur entier qu'ils firent ces dons à ה'', etc., à savoir qu'ils se réjouirent de cela même, que le Saint béni soit-Il les avait gratifiés d'une conscience limpide au sujet de cette générosité, etc.
Or, au Sanctuaire, Israël se tenait, lorsqu'ils montaient à Jérusalem, dans une conscience si limpide qu'ils reconnaissaient avec une lucidité immense que 'de Toi vient tout, et de Ta main nous T'avons donné', à savoir que cette conscience limpide même, pour reconnaître cela, vient elle aussi du Saint béni soit-Il.]. Et tel est le sens du Midrach Lech (Rabba 39) : 'le propriétaire du palais se pencha vers lui (alav)' - et il n'est pas dit 'se pencha à lui (elav)' - pour faire allusion que le Saint béni soit-Il s'est penché et a montré Abraham lui-même, car c'est lui qui est le but et l'intériorité de la création du monde ; car tout le but principal était que l'homme regarde vers l'intériorité et la racine de toute chose, pour reconnaître que le monde n'est pas conduit selon la voie de la nature du monde à son ordinaire, mais que le Saint béni soit-Il est Celui qui fait tout.
Et c'est ce qui est écrit (Isaie 44,6) : 'Ainsi dit ה' : Je suis premier et Je suis dernier, et hors de Moi il n'y a pas d'Elokim', à savoir : celui qui se pense hors de Moi, et qui dit en son âme que c'est par sa force et la puissance de sa main qu'il s'est fait à lui-même une armée, pour cet homme-là qui est hors de Moi, 'il n'y a pas d'Elokim', c'est-à-dire qu'il n'a en vérité aucune force. Tandis que l'homme qui reconnaît que cela vient du Saint béni soit-Il, la bénédiction lui vient ; et par lui-même il n'a aucune force.
Sur lui l'Écriture dit (Psaumes 82,6) : 'Moi j'ai dit : vous êtes des Elokim', et de l'affirmation tu entends la négation.
ויאמר ה' אל אברם לך לך וכו'. ויאמר לי עבדי אתה ישראל אשר בך אתפאר (ישעיהו מ״ט:ג׳).
הענין בזה, דהנה השי"ת מתפאר לנגד ישראל שאין בהם הבהירות של השי"ת ומתפאר עם ישראל לנגד העכו"ם שאין כמוהם בעולם, שאין לשום אומה הבהירות שנמצא בישראל. ולזה ברא את העכו"ם בעולם, בכדי שיהיה לישראל נגד מי להתפאר, כי הם מתפשטים בשטף זדון, וישראל אף שהם מוגלים בין האומות מ"מ אין למדין ממעשיהם, בזה מתפאר השי"ת עם עמו ישראל נגד האומות ואומר ראו תפארת בריה שבראתי בעולמי.
והנה עי"ז שישראל גולים מארצם ומפוזרים בין האומות, מקום ארץ התגברות ההסתרות ארץ העמים, לכן יצרך להם יותר קדושה מהימים שהיו יושבין על אדמתן ארץ שה' דורש אותה תמיד. כי אם לא היו מוכרחים להתגברות קדושה, אזי לא היה הש"י משפיע להם קדושה עצומה ביותר, כי בחנם, במקום שאין צורך לאדם לקדושה אך כאגב וטפל, לא ישפיע לו השי"ת, וכדאיתא במס' ביצה (כה:) מפני מה נתנה תורה לישראל מפני שהן עזין, וכדכתיב (ישעיהו מ״ד:ג׳) כי אצק מים על צמא ונוזלים על יבשה כן יצוק רוחי על זרעך וגו', שרק אם האדם צמא ותאב לישועת ה', וקדושת השי"ת חסר לו לגוף החיים, לזה האדם ישפיע השי"ת קדושתו כפי אשר יצרך לו.
וזה הוא הענין באאע"ה כאשר ירד מצרימה, שהוא מקום חשך תורף הטומאה, עד שאין בכח קדושת מלאך ושרף לכנוס שמה, כדאיתא במדרש הנעלם (וירא קיז.)למבואר בתפארת החנוכי על זהר פרשת לך דף פג. ד"ה והנה מה:
מפני שמצרים מצירה לכל המידות שלא יתראה שורש החסדים שבהם וכו'. וכדאיתא במדרש הנעלם (וירא קיז.) אין לך אומה מזוהמת בכל טומאה כמו המצרים, דכתיב בהו אשר בשר חמורים בשרם.
שהם חשודים על משכב זכור והם באים מחם וכו' עד שאין מלאך יכול להכנס לשם וכו'. ולפי שאברהם היה שורש מדת החסד, לכן היה עיקר בירוריו במצרים, שהם ג"כ מפסולת הסתעפות מדת החסד., ונתיירא מאד לכנוס שמה גם הוא בכח העבודה והקדושה שהיה בו בארץ ישראל, שאין בה די סיפוק להאיר ההסתר שנמצא בארץ מצרים, מאחר שבארץ ישראל אין התגברות ההסתר כ"כ, לזה אין התגברות הקדושה ג"כ כל כך, מאחר שאין האדם מוכרח לה, לכן בנה מזבח לה' ויקרא בשם ה', שיסייעו לעמוד בגודל ההסתר, מפני שלא הרגיש עוז בנפשו שיוכל להתגבר שם בהקדושה שקנה לעצמו בארץ ישראל.
וכאשר בא מצרימה, הרגיש עוז בעצמו בעומק לבו שיהיה לו כח להתגבר שמה בכח הקדושה שכבר נמצא בו, והוא שהשי"ת התפשט והרחיב את זו הקדושה עצמה, שמקודם נראה לו שאין די בה לכנוס לארץ מצרים, ועתה נתרחבה ונתאזרה בו. והוא, כי קודם שהיתה הכרחי לו קדושה גדולה מזו, לא נשפע לו שפעת ברכה בזו הקדושה שתהיה אצלו כמותר כי למה הוא לו.
אכן בירידתו מצרימה מגור מסביב מלכנוס בה, והיה צמא לישועת ה', אז העיר השי"ת הקדושה שבעומק לבו והתפשטה והרחיבה בעוז, אז ראה וגם חקרה שיוכל לעמוד בה אף שם. וכן דרכו ית' מעולם, שכפי שיצרך לאדם קדושה נגד הדבר רשות שמכניס את עצמו בה, כן ישפיע לו, ואם יצרך ליותר קדושה, אזי יעיר השי"ת את זו הקדושה עצמה שנמצא מכבר בעומק לבו, ותתפשט ותתרחב עד שהאדם עצמו יבין שזו היא הקדושה עצמה שהיתה בו מקודם, אכן בעת שלא היה מוכרח ליותר קדושה אזי ישנה בו, ובעת שיצרך לו יותר קדושה אזי תתעורר עד בלי דילאכמבואר בתפארת החנוכי על זהר פרשת לך דף פב.
ד"ה וזה השגה: שאין הש"י נותן טובה לאדם רק בעת ובמקום שצריך לה.
ואחר שהלך אברהם למצרים, למקום החושך, הוצרך להשיג השגה זאת להיות מרכבה לשורש החסד וכו'.:
Et ה' dit à Abram : Va pour toi (lekh lekha), etc. 'Et Il me dit : Tu es Mon serviteur, Israël, en qui Je me glorifie' (Isaie 49,3). Le sens en est le suivant : voici, le Saint béni soit-Il se glorifie à l'égard d'Israël - qui n'ont pas par eux-mêmes la luminosité du Saint béni soit-Il - et Il se glorifie avec Israël à l'égard des idolâtres (akoum), car il n'y a pas leur pareil dans le monde : aucune nation n'a la luminosité qui se trouve en Israël.
C'est pourquoi Il a créé les idolâtres dans le monde, afin qu'Israël ait devant qui se glorifier ; car eux se répandent dans le flot de la malveillance (zadon), tandis qu'Israël, bien qu'exilés parmi les nations, n'apprennent malgré tout pas de leurs actes. En cela le Saint béni soit-Il se glorifie avec Son peuple Israël à l'égard des nations, et dit : voyez la splendeur (tiferet) de la créature que j'ai créée dans mon monde.
Et voici, du fait même qu'Israël sont exilés de leur terre et dispersés parmi les nations - lieu de terre où se renforcent les dissimulations, 'la terre des peuples' - il leur faut par conséquent plus de sainteté que durant les jours où ils habitaient sur leur sol, terre que ה' recherche continuellement. Car s'ils n'étaient pas contraints à un renforcement de sainteté, alors le Nom béni soit-Il ne leur épancherait pas une sainteté des plus puissantes ; car en vain, en un lieu où l'homme n'a pas besoin de sainteté sinon de façon accessoire et secondaire, le Saint béni soit-Il ne lui épanche pas.
Comme il est rapporté au traité Beitza (25b) : pourquoi la Torah a-t-elle été donnée à Israël ? Parce qu'ils sont durs (azin).
Et comme il est écrit (Isaie 44,3) : 'Car je répandrai des eaux sur l'assoiffé et des ruisseaux sur la terre sèche ; ainsi répandrai-je Mon esprit sur ta descendance', etc., car ce n'est que si l'homme est assoiffé et avide du salut de ה', et que la sainteté du Saint béni soit-Il lui manque pour le corps même de la vie, que le Saint béni soit-Il épanchera sa sainteté sur cet homme selon ce dont il a besoin. Et tel est le sens, au sujet d'Abraham notre père la paix sur lui, lorsqu'il descendit en Égypte, qui est un lieu de ténèbres, le comble de l'impureté, au point que la force de la sainteté d'un ange ou d'un séraphin n'a pas le pouvoir d'y entrer, comme il est rapporté dans le Midrach ha-Neelam (Vayera 117a) [Note : cela est expliqué dans le Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, paracha Lech, page 83a, s.v. 'Ve-hineh mah' : parce que l'Égypte (Mitsrayim) resserre (metsira) toutes les midot, en sorte que ne se manifeste pas la racine des hassadim qui sont en elles, etc.
Et comme il est rapporté dans le Midrach ha-Neelam (Vayera 117a) : tu n'as pas de nation aussi souillée de toute impureté que les Égyptiens, car il est écrit d'eux 'dont la chair est comme la chair des ânes' (Ezechiel 23,20) ; ils sont suspects de rapports entre hommes (mishkav zakhar) et ils viennent de Ham, etc., au point qu'aucun ange ne peut y entrer, etc. Et parce qu'Abraham était la racine de la midah de 'hessed, c'est pourquoi l'essentiel de ses tris (berourim) fut en Égypte, qui est elle aussi issue du rebut de la ramification de la midah de 'hessed.], et il eut grande crainte d'y entrer, lui aussi, avec la force du service et de la sainteté qu'il avait en terre d'Israël, laquelle n'a pas de quoi suffire à éclairer la dissimulation qui se trouve en terre d'Égypte ; car puisqu'en terre d'Israël le renforcement de la dissimulation n'est pas si grand, il n'y a pas non plus un tel renforcement de la sainteté, puisque l'homme n'y est pas contraint.
C'est pourquoi il bâtit un autel à ה' et invoqua le Nom de ה', pour qu'ils l'aident à tenir dans la grandeur de la dissimulation, parce qu'il ne sentait pas en son âme la vigueur de pouvoir s'y renforcer par la sainteté qu'il s'était acquise en terre d'Israël. Et lorsqu'il vint en Égypte, il sentit en lui-même, au fond de son cœur, une vigueur : qu'il aurait la force de se renforcer là-bas par la force de la sainteté qui se trouvait déjà en lui ; et cela, parce que le Saint béni soit-Il déploya et élargit cette sainteté elle-même, qui auparavant lui semblait insuffisante pour entrer en terre d'Égypte, et qui maintenant s'élargit et se ceignit de force en lui.
Et cela : parce qu'avant qu'une sainteté plus grande que celle-là ne lui fut nécessaire, ne s'épanchait pas sur lui un flot de bénédiction dans cette sainteté telle qu'elle serait chez lui comme un surplus - car pourquoi lui serait-elle donnée ? Mais lors de sa descente en Égypte, dans la crainte tout autour d'y entrer, et étant assoiffé du salut de ה', alors le Saint béni soit-Il éveilla la sainteté qui était au fond de son cœur, et elle se déploya et s'élargit avec vigueur ; alors il vit et scruta même qu'il pourrait y tenir, là aussi.
Et telle est Sa voie béni soit-Il de tout temps : selon ce dont l'homme a besoin en sainteté face à la chose permise (davar reshut) dans laquelle il s'engage, ainsi Il lui épanche ; et s'il a besoin de plus de sainteté, alors le Saint béni soit-Il éveille cette sainteté elle-même qui se trouvait déjà au fond de son cœur, et elle se déploie et s'élargit, jusqu'à ce que l'homme lui-même comprenne que c'est là la sainteté même qui était en lui auparavant - sauf qu'au temps où il n'était pas contraint à davantage de sainteté, elle sommeillait en lui, et au temps où il a besoin de plus de sainteté, alors elle s'éveille sans fin [Note : comme cela est expliqué dans le Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, paracha Lech, page 82a, s.v. 'Ve-zeh hassaga' : que le Nom béni soit-Il ne donne de bien à l'homme qu'au temps et au lieu où il en a besoin. Et après qu'Abraham fut allé en Égypte, au lieu des ténèbres, il lui fallut atteindre cette appréhension pour être un char (merkava) à la racine du 'hessed, etc.].
Ce passage poursuit : l'homme prie « Ne nous conduis ni à l'épreuve ni au mépris », car il ne sent pas la sainteté enfouie en lui ; le Nom l'éprouve pour l'éveiller, et Avraham, descendu en Égypte, voit que cette force suffisait déjà. « Hachem dit à Abram : Va-t'en » (Berechit 12,1) : pour le Beit Yaakov, les anges des nations (akoum) dispensent le bien d'un seul coup, sans bienveillance, et les nations n'ont aucune part dans l'effusion (hachpaa) ; Israël reçoit par degrés, prie pour son manque et a une part. Avraham le premier suscite d'invoquer le Nom pour tous ; qui dit Vayekhoulou s'associe à la Création, dont l'essentiel est de reconnaître Sa royauté.
Aussi : selon l'Ari Z"L, les initiales de « Yotser mecharetim va-acher mecharetav » forment moum (défaut) ; « Béni Celui qui a partagé de Sa sagesse à ceux qui Le craignent » pour les sages d'Israël, « qui a donné » pour ceux des nations
וזה הוא הענין שאנו מתפללין בכל יום (ברכות השחר), ואל תביאנו לא לידי נסיון ולא לידי בזיון, והוא שאף שכל עיקר התנשאות האדם בא לו על ידי נסיון, ולמה יתפלל שלא יבא לידי נסיון, אכן מפני שאינו מרגיש עוז בנפשו קודם הנסיון, שיספיק לו הקדושה שנמצא בו להתגבר בה בנסיון, לכן מתפלל לפני השי"ת שלא יביאנו לידי נסיון פן מה יעשה באחריתו. אכן השי"ת הוא יודע עד היכן מגיע כח הקדושה שנמצא בלב האדם, לכן מנסה אותו בנסיון ברצותו ית' לנשאות את האדם, ומעורר את הקדושה שבו ומרחיבה ומתפשטה, מפני שאז האדם צמא לישועת ה', שיתגבר כח הקדושה יותר בכדי שיוכל לעמוד בנסיון.
לזה מתפללין ולא לידי בזיון, שהשי"ת יעזרו שלא יתבזה ויגמור בעדו לטוב שיוכל לעמוד בהנסיון, ואז מעורר השי"ת הקדושה שנמצא בו מכבר, אזי מבין האדם עצמו שיוכל לעמוד בנסיון בזו הקדושה עצמה. אכן קודם שהיה מוכרח ליותר קדושה היה נעלם ממנו גודל הקדושה, ועתה כאשר נצרך לו נתגלה לו זאת, שבזו הקדושה עצמה יוכל להתגבר ולעמוד בנסיוןלבעיין לקמן פרשת ויגש אות יב ד"ה אכן:
וזהו שמתפללין בכל יום, ואל תביאנו לא לידי נסיון ולא לידי בזיון, והוא שהאדם מצדו מתפלל שלא יבא לידי נסיון פן לא יוכל עמוד בנסיון. אכן מפני שלא יוכל האדם להתנשא ולבוא למקומו אם לא ע"י נסיון, לזה מתפלל לפני השי"ת, ואל תביאנו לידי בזיון, שאם יבוא לידי נסיון יושיעו השי"ת שלא יעבור על רצון השי"ת, שאז יתבזה.
אמנם אף אם לא יהיה באדם כח להתגבר בנסיון אשר יתנסה בו, גם אז לא יופסד מאתו מה שנתון בידו, כי יוכל לטעון טענה נוצחת להשי"ת למה הביאותני עד הלום, מאחר שהכל גלוי וידוע לפניך ולא נצפן ממך דבר, ויודע אתה מבראשית מה שעתיד להיות, ולמה זה נסיתני.. ולכן כשעלה ברצונו ית' לנשאות את אבינו אברהם, שיכירו וידעו כל אדם גודל יקרות הקדושה שנמצא בעומק לבו, אזי, ויאמר ה' אל אברם לך לך, טלטל עצמך ממקום למקום עד שירד מצרימה מקום תורף הטומאה, ונתיירא מלכנוס שמה, מפני שעוד לא הרגיש עוז בקדושת נפשו שיוכל לעמדו בנסיון, ויבן מזבח ויקרא אברם בשם ה', שיסייע לו לבל יחטיא מטרת רצון השי"ת, ואז הושיעו השי"ת כשנכנס למצרים, והתעורר הקדושה הצפונה והגנוזה בעומק לבו, אז ראה חסדי השי"ת, שבאמת עוד קודם שהכניסו השי"ת לנסיון היה בו כח קדושה לעמוד בנסיונו, שאין הקב"ה בא בטרוניא עם בריותיו שיעשו יותר מכפי כחן, כי זה לעומת זה עשה הא-להים, כפי כח קדושה שנמצא באדם כן מכניסו בנסיון.
אכן האדם מצדו קודם הנסיון אינו מרגיש גודל הקדושה שגנוזה בו ונעלמה היא ממנו. אמנם השי"ת היודע תעלומות סתרי כל חי וצופה לטובת האדם, מכניסו בנסיון שיתנשא על ידו, כי עי"ז מתעוררת הקדושה ויוצאה מכח אל הפועל, וזה הוא חלק האדם שיחשב על שמו שביגיעו קנה לו קדושתו הזאת:
C'est là le sens de ce que nous prions chaque jour (dans les bénédictions du matin, Birkhot ha-chahar) : 'Ne nous conduis ni à l'épreuve (nissayon) ni au mépris (bizayon).' En effet, bien que toute l'élévation de l'homme lui vienne par l'épreuve, pourquoi prie-t-il de ne pas venir à l'épreuve ? Parce que, avant l'épreuve, il ne ressent pas de force en son âme, ne sachant si la sainteté qui est en lui lui suffira pour l'emporter dans l'épreuve ; c'est pourquoi il prie devant le Nom, béni soit-Il, de ne pas le conduire à l'épreuve, de peur de ce qu'il adviendrait de lui à la fin.
Mais le Nom, béni soit-Il, sait jusqu'où parvient la force de sainteté qui se trouve dans le cœur de l'homme ; c'est pourquoi Il l'éprouve, dans Son désir, qu'Il soit béni, d'élever l'homme : Il éveille la sainteté qui est en lui, l'élargit et la déploie, car alors l'homme a soif du salut du Nom, que la force de sainteté s'accroisse davantage afin qu'il puisse tenir dans l'épreuve. C'est pourquoi l'on prie aussi 'ni au mépris' : que le Nom, béni soit-Il, l'aide à ne pas être avili et mène à bien pour lui le bien, qu'il puisse tenir dans l'épreuve ; et alors le Nom, béni soit-Il, éveille la sainteté qui se trouvait déjà en lui, et l'homme comprend de lui-même qu'il peut tenir dans l'épreuve par cette même sainteté.
Or, avant qu'il n'eût besoin de davantage de sainteté, la grandeur de la sainteté lui était cachée ; et maintenant, lorsqu'il en a eu besoin, cela lui a été dévoilé : que par cette même sainteté il peut l'emporter et tenir dans l'épreuve. [Note 32 : voir plus loin, parachat Vayigach, ot 12, s.v. 'אכן' : C'est ce que l'on prie chaque jour, 'Ne nous conduis ni à l'épreuve ni au mépris' : l'homme, de son côté, prie de ne pas venir à l'épreuve, de peur de ne pouvoir y tenir.
Mais parce que l'homme ne peut s'élever et parvenir à sa place que par l'épreuve, il prie devant le Nom, béni soit-Il : 'Ne nous conduis pas au mépris', c'est-à-dire que s'il vient à l'épreuve, le Nom le sauve pour qu'il ne transgresse pas la volonté du Nom, transgression par laquelle il serait avili. Toutefois, même si l'homme n'a pas la force de l'emporter dans l'épreuve qu'il subit, même alors il ne perd pas ce qui a été remis en sa main, car il peut avancer un argument décisif devant le Nom : pourquoi m'as-Tu amené jusqu'ici, puisque tout est manifeste et connu devant Toi, que rien ne T'est caché, et que Tu sais dès le commencement ce qui adviendra ; pourquoi donc m'as-Tu éprouvé ?] C'est pourquoi, lorsqu'il monta dans Sa volonté, qu'Il soit béni, d'élever notre père Abraham, afin que tout homme reconnaisse et connaisse la grandeur du prix de la sainteté qui se trouve au fond de son cœur, alors : 'Le Nom dit à Abram : Va-t'en (Lekh lekha)' (Genèse 12,1) - déplace-toi de lieu en lieu jusqu'à descendre en Égypte, lieu du comble de l'impureté.
Il craignit d'y entrer, parce qu'il ne ressentait pas encore de force dans la sainteté de son âme pour pouvoir tenir dans l'épreuve ; 'il bâtit un autel et Abram invoqua le nom du Nom' (Genèse 12,8), pour qu'Il l'aide à ne pas manquer le but de la volonté du Nom. Alors le Nom le sauva lorsqu'il entra en Égypte, et la sainteté cachée et enfouie au fond de son cœur s'éveilla ; alors il vit les bontés (hassadim) du Nom : qu'en vérité, déjà avant que le Nom ne l'introduisît dans l'épreuve, il y avait en lui une force de sainteté pour tenir dans son épreuve.
Car le Saint, béni soit-Il, n'agit pas avec excès envers Ses créatures en leur demandant plus que leur force, car 'Dieu a fait l'un en face de l'autre' (Qohelet 7,14) : selon la force de sainteté qui se trouve dans l'homme, ainsi Il l'introduit dans l'épreuve. Mais l'homme, de son côté, avant l'épreuve, ne ressent pas la grandeur de la sainteté enfouie en lui, et elle lui est cachée.
Toutefois le Nom, qui connaît les mystères cachés de tout vivant et veille au bien de l'homme, l'introduit dans l'épreuve afin qu'il s'élève par elle, car par cela la sainteté s'éveille et passe de la puissance à l'acte ; et telle est la part de l'homme, qui sera comptée à son nom, car par son labeur il a acquis cette sainteté qui est la sienne.
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו'. מי העיר ממזרח צדק יקראהו לרגלו (ישעיהו מ״א:ב׳).
איתא על זה בזוה"ק (לך פו.) מי העיר ממזרח דא אברהם וכו'. הענין בזה הוא דהנה החילוק שבין ישראל לעכו"ם הוא כדכתיב (תהילים קל״ה:ט״ז) פה להם ולא ידברו וגו' שזה מדבר בממונים שלהם שמשפיעים להם טובה השפעה מרובה בבת אחת שלא בהדרגה, למעלה מתפיסתם, שלא בטובת עין, מפני שאין בהם רצון שיהיה להם חלק בההשפעה, ולזה נדמה להאומה שתחת ידם שבכחם ועוצם ידם עשו להם חיל, ואין יכולים לראות מי הוא המשפיע להם, ובדעתם שהם לקחו לעצמם ההשפעה, לכן אין להם שום חלק בההשפעה.
וזה שסידר האר"י ז"ל בכוונת התפלה (פרי עץ חיים שער הקריאת שמע פ"א – שער הכוונות ענין ברכת יוצר) יוצר משרתים ואשר משרתיו ר"ת מום. וביאור הענין, שאין ביכלתם להאיר למה שתחת הנהגתם שילכו באורלגוכן מבואר לקמן פרשת וישלח אות ה ד"ה והנה האופיא:
וכן הוא הענין בשרי מעלה להיותם קרובים אל המאציל ב"ה, ורואים כי כחם הוא מהשי"ת, אז אין שום חסרון במדתם, אבל כאשר יסתעף מדה זו אל האומה מהעכו"ם והמה בבחירתם הרעה יפעלו בה כרצונם וזדון לבם, אזי נקראו עוברי רצונו יתברך, והמה רשעים גמורים. וזה הוא דאיתא בהאריז"ל (פרי עץ חיים שער הק"ש פרק א) יוצר מ'שרתים ו'אשר מ'שרתיו ראשי תיבות מו"ם לרמז שאף שהם עומדים ברומו של עולם, מכל מקום יש בהם מום, מאחר שאין בהם כח להשפיע כחם להאומה מהעכו"ם שתחת ממשלתם באותה קדושה עצמה שהם בה, שתספיק להשכילם ולהדריכם בדרך הטובה.
ועיין עוד לקמן פ' מקץ אות יז ד"ה והעניין.. שאני לישראל, חלק ה' ועמו, משפיע להם השי"ת בהדרגה בטובת עין, ויש להם הכרה שהשי"ת הוא הנותן להם כח לעשות חיל, ואין להם שום כח מצדם בהשפעת ה', לכן יש להם ג"כ חלק בההשפעה.
ומה הוא חלקם, התפלה שמתפללים להשי"ת שישפיע להם די מחסורם, ומכירים שהם בעלי חסרון ורק השי"ת הוא השלם בכל השלמות, ובכחו למלאות ולהשלים חסרונם, ולזה יש גם להם חלק בהשפעת ה'לדנתבאר בתפארת החנוכי על זהר פרשת וישלח (קע.) ד"ה אבל: העניין ביאר אאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה שבישראל נותן הקב"ה הטובה והחיים בהדרגה כדי שיהיה יגיע כפיו.
ואף אם ח"ו מפסיד, מפסיד בבת אחת, כדי שיהיה לו טענה להש"י כי נשאתני ותשליכני, ועיי"ז מחזיר לו הקב"ה. אבל באומות העולם הוא בהיפוך, שמקבל חיים בבת אחת שלא ע"י יגיעו, וכשמפסיד, מפסיד בהדרגה, כדי שיורגל בירידה ולא יהיה לו טענה.
עיין לקמן פ' מקץ אות יח.. וזה הוא הענין דאיתא בש"ס (ברכות נח.) הרואה חכמי ישראל אומר ברוך שחלק מחכמתו ליראיו, והרואה חכמי עכו"ם אומר ברוך שנתן מחכמתו.
והוא שישראל שהם חלק ה' ונחלתו כדכתיב (האזינו לב) כי חלק ה' עמו, לכן הוא אומר בהם ברוך שחלק, שהם חלק מחלקו ית'. ובעכו"ם הוא אומר ברוך שנתן, והוא, שכפי שעלה ברצונו ית' שיתן להם נתן להם לגמרי עד שלא יצטרכו לבא לפניו עוד, ולזה כל שעה ושעה מתמעט הכח שבידם, מאחר שאין להם שום השפעה מחדש, עד שנכלה ונשאר שמם וריק.
וכענין דאיתא בזוה"ק (וישלח קע.)להכדאיתא במי השלוח ח"ב ברכות (נח.) ד"ה תנו רבנן: ולהבין החילוק בין הברכות האלו שבישראל אומר שחלק וגם ליראיו ובעכו"ם אומר שנתן וגם לבשר ודם, אך כתיב (דברים לב) כי חלק ה' עמו, ואיתא בזוה"ק (בהרבה מקומות) קוב"ה אורייתא וישראל חד לכן לא שייך בישראל לשון נתינה שמורה על שנפרד הדבר מרשותו לגמרי ועוד אין מקושר עם השי"ת החכמה שיש לו להאדם, נמצא שהחכמה מסתרת הכרת השי"ת מתגשמת עד שאומר החכם שהוא כוחו ועוצם ידו, וע"י זה הוא מתרחק מהשי"ת מאוד, וזה הוא רק בעכו"ם לכן אומר שנתן מחכמתו לבשר ודם, היינו שהפריד זאת מרשותו ואין השי"ת מקושר עם המקבל.
אבל בישראל, כיון שבהשיגם החכמה עוד מתגבר אצלם הכרת השי"ת המשפיע, ומתקרבים ע"י זה להשי"ת, לכן שייך אצלם לשון שחלק מחכמתו ליראיו, שמורה שבאמת כל היכא שאיתא, ברשותא דמריה איתא, ואין לו להאדם בזה רק טובת הנאה שעל ידי זה החכמה כל מה שמתחכים יותר יש לו עוד יותר הכרה מפורשת בהשי"ת, ומוסיף בכל יום השתדלות להכיר את המשפיע, ולכן בזה נקרא יראיו, וגם לשון שחלק שבאמת הוא עם חכמתו דבוק בהשי"ת כי חלק ה' עמו יעקב חבל נחלתו. ועיין סוד ישרים פרשת פרה אות ח, לקמן פ' מקץ אות י..
שאני לישראל משפיע הש"י על יד על יד כפי שיוכלו שאת, בכדי שיכירו וידעו מי הוא הנותן להם חיל וכח, ובכל שעה ורגע באים מחדש אל פני האדון ה' א-להי ישראל שישפיע להם השפעה חדשה, והיה טרם יקראו וה' יענה, וזו ההשפעה עומדת לעדי עד ואף להם יחשב חלק וקנין בזה, וכדכתיב בהו, כי חלק ה' עמו, מפני שהשי"ת משפיע להם בטובת עין מאד שיחשב להם שביגיע כפיהם, היינו בתפלתם קנו זאתלועיין מי השלוח ח"ב פרשת וישב ד"ה והוא: כשהשי"ת מצמיח ישועות לישראל המה קיימים לעולמי עד ולכן מושיע לישראל בהדרגה כדי שיודמה להאדם שביגיע כפו בא לו הישועה ויורגל בה, ואם ח"ו נפסק טובה מישראל נפסקת בבת אחת כדי שיורגש להאדם חסרון הטובה ויטעון לפני הש"י כי נשאתני ותשליכני מפני שמרגיש בחסרונו וע"י זה יושע, אבל בעכו"ם כשנותן השי"ת להם טובה נותן אותה בבת אחת שיכיר שלא מיגיע כפו באה לו הטובה, ובעת שנפסקת נפסקת בהדרגה כדי שלא ירגישו ולא יהיו להם טענה.
ועיין עוד שם פ' ויחי ד"ה בן פורת.. וזה הוא הענין דאיתא בש"ס (שבת קיט:) כל האומר ויכולו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית, והוא כי עיקר בריאת העולם היה שיכירו הברואים מלכותו ואחדותו ית' ולהמליכו על כל, ולולא זאת לא יתקיימו שמים וארץ, נמצא שהאדם שיש לו זו ההכרה, הוא גומר ומשלים בריאת העולם, היינו כבוד שמים.
ואאע"ה היה הראשון שהמציא בעוה"ז לקרוא כולם בשם ה', ואת פועל ה' יביטו ומעשה ידיו יראו, להכיר מלכותו בארץ ולהמליכהו על כל עניני העולם, וידעו שמאת השי"ת נשפעו להם, וצאצאי מעיו בעקבותיו ילכו וכל הציפוי והקווי שלהם הוא רק זאתלזמקורו במי השלוח ח"א פרשת בראשית ד"ה ויכולו [ב]: איתא בגמ' (שבת קיט:) כל האומר ויכולו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית.
והענין בזה כי עיקר בריאת העולם היה בכדי שיכירו ישראל את מלכותו ואחדותו ית' שמו, כמו שהתחיל אברהם אבינו ע"ה להמציא זאת ולקרא בשם ה' אלקי הארץ ולזה יקוה כל נפש מישראל, ולולא זאת לא נתקיימו שמים וארץ כדאיתא בגמ' (שבת פח.) אם מקבלין ישראל את התורה מוטב ואם לאו וכו' ומי שמכיר מלכות הש"י בעולם אז הוא גומר את הבריאה כי דיבור כמעשה. עיין עוד שם פ' מטות ד"ה איש [א].:
'Le Nom dit à Abram : Va-t'en, etc.' (Genèse 12,1). 'Qui a suscité de l'orient celui que la justice appelle à sa suite ?' (Isaie 41,2). Il est enseigné à ce sujet dans le Zohar (Lekh 86a) : 'Qui a suscité de l'orient - c'est Abraham', etc.
Le sens en est le suivant. Voici : la différence entre Israël et les nations idolâtres (akoum) tient à ce qui est écrit (Psaumes 135,16) : 'Ils ont une bouche et ne parlent pas', etc.
Cela parle de leurs anges préposés, qui leur dispensent le bien par une effusion (hachpaa) abondante, d'un seul coup et non par degrés, au-delà de leur capacité de saisie, sans bienveillance (sans 'bon œil'), parce qu'il n'y a pas en eux la volonté que ces nations aient une part dans l'effusion. De ce fait, il semble à la nation qui est sous leur main que c'est par leur force et la puissance de leur main qu'elles se sont fait cette richesse, et elles ne peuvent voir qui est Celui qui les fait affluer ; pensant qu'elles ont pris pour elles-mêmes l'effusion, elles n'ont donc aucune part dans l'effusion.
C'est ce que l'Ari (Rabbi Yits'haq Louria), de mémoire bénie, a disposé dans les intentions (kavanot) de la prière (Peri Ets Haim, Chaar de la lecture du Chema, ch. 1 - Chaar ha-Kavanot, sujet de la bénédiction Yotser) : 'Yotser mecharetim va-acher mecharetav' (Formateur des officiants, et Celui dont les officiants...) - dont les initiales forment moum (מום, 'défaut').
Explication : ils n'ont pas le pouvoir d'illuminer ce qui est sous leur conduite pour que ceux-ci marchent dans la lumière. [Note 33 : de même il est expliqué plus loin, parachat Vayichlah, ot 5, s.v. 'והנה האופן' : Ainsi en est-il des princes d'en haut (sarei maala) : étant proches de Celui qui émane (ha-Maatsil), béni soit-Il, et voyant que leur force vient du Nom, il n'y a alors aucun manque dans leur mesure (midda) ; mais lorsque cette mesure se ramifie vers la nation idolâtre, et que celle-ci, par son mauvais libre choix, agit avec elle selon son gré et la malveillance de son cœur, alors ces forces sont appelées transgresseurs de Sa volonté, qu'Il soit béni, et elles sont des impies achevés.] C'est ce qui est enseigné au nom de l'Ari, de mémoire bénie (Peri Ets Haim, Chaar du Chema, ch.
1) : 'Yotser Mecharetim Va-acher Mecharetav' - initiales de moum (מו'ם, 'défaut') - pour faire allusion au fait que, bien qu'ils se tiennent au sommet du monde, ils comportent néanmoins un défaut, puisqu'ils n'ont pas la force de dispenser leur force à la nation idolâtre placée sous leur domination avec cette même sainteté dans laquelle ils se trouvent, sainteté qui suffirait à les rendre intelligents et à les guider dans la bonne voie (voir encore plus loin, parachat Miketz, ot 17, s.v. 'והענין'). Il en va différemment pour Israël, part du Nom et Son peuple : le Nom leur dispense par degrés, avec bienveillance ('bon œil'), et ils ont la conscience que c'est le Nom qui leur donne la force de faire fortune ; ils n'ont aucune force propre dans l'effusion du Nom, c'est pourquoi ils ont eux aussi une part dans l'effusion.
Et quelle est leur part ? La prière qu'ils adressent au Nom pour qu'Il leur dispense de quoi combler leur manque, et le fait de reconnaître qu'ils sont détenteurs de manque et que seul le Nom est parfait en toute perfection, ayant le pouvoir de combler et de compléter leur manque ; ainsi ont-ils, eux aussi, une part dans l'effusion du Nom.
[Note 34 : expliqué dans le Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, parachat Vayichlah (170a), s.v. 'אבל' : mon seigneur, père et maître, le rav gaon saint - que son souvenir soit pour la vie du monde à venir - à expliqué la chose : pour Israël, le Saint, béni soit-Il, donne le bien et la vie par degrés, afin qu'il y ait le labeur de ses mains ; et même si, à Dieu ne plaise, il subit une perte, il la subit d'un seul coup, afin d'avoir un argument devant le Nom, 'Tu m'as soulevé puis rejeté' (cf. Psaumes 102,11), et par cela le Saint, béni soit-Il, lui restitue le bien.
Mais pour les nations du monde c'est l'inverse : elles reçoivent la vie d'un seul coup, sans labeur, et lorsqu'elles subissent une perte, elles la subissent par degrés, afin de s'accoutumer à la chute et de n'avoir pas d'argument. Voir plus loin, parachat Miketz, ot 18.] C'est le sens de ce qui est enseigné dans le Talmud (Berakhot 58a) : 'Celui qui voit des sages d'Israël dit : Béni Celui qui a partagé de Sa sagesse à ceux qui Le craignent ; et celui qui voit des sages des nations dit : Béni Celui qui a donné de Sa sagesse.' Voici : Israël, part du Nom et Son héritage, comme il est écrit (Haazinou, Deutéronome 32) : 'Car la part du Nom, c'est Son peuple' (Deutéronome 32,9) - c'est pourquoi l'on dit à leur sujet 'Béni qui a partagé', car ils sont une part de Sa part, qu'Il soit béni.
Et pour les nations l'on dit 'Béni qui a donné', c'est-à-dire que, selon ce qui monta dans Sa volonté de leur donner, Il le leur a donné entièrement, au point qu'elles n'ont plus besoin de venir encore devant Lui ; de ce fait, à chaque heure la force qui est en leur main diminue, puisqu'elles n'ont aucune effusion nouvelle, jusqu'à ce qu'elle s'épuise et qu'il ne reste d'elles que dévastation et vide. Et il en va à l'instar de ce qui est enseigné dans le Zohar (Vayichlah 170a).
[Note 35 : comme il est enseigné dans le Me ha-Chiloah, tome II, Berakhot (58a), s.v. 'תנו רבנן' : pour comprendre la différence entre ces bénédictions - car pour Israël l'on dit 'qui a partagé' et aussi 'à ceux qui Le craignent', tandis que pour les nations l'on dit 'qui a donné' et aussi 'à la chair et au sang' - or il est écrit (Deutéronome 32) : 'Car la part du Nom, c'est Son peuple', et il est enseigné dans le Zohar (en de nombreux endroits) : 'Le Saint, béni soit-Il, la Torah et Israël sont un' ; c'est pourquoi le terme de 'don' (netina), qui indique que la chose s'est totalement séparée de Son domaine, ne s'applique pas à Israël. La sagesse que possède l'homme : il se trouve que chez les nations la sagesse dissimule la reconnaissance du Nom et se matérialise, au point que le sage dit qu'elle est sa force et la puissance de sa main, et par cela il s'éloigne fort du Nom ; cela n'existe que chez les nations, c'est pourquoi l'on dit 'qui a donné de Sa sagesse à la chair et au sang', c'est-à-dire qu'Il l'a séparée de Son domaine et que le Nom n'est pas rattaché au receveur.
Mais pour Israël, puisque en atteignant la sagesse se renforce encore chez eux la reconnaissance du Nom qui dispense, et qu'ils se rapprochent par là du Nom, c'est pourquoi s'applique à eux le terme 'qui a partagé de Sa sagesse à ceux qui Le craignent', ce qui indique qu'en vérité, partout où elle se trouve, elle se trouve dans le domaine de son Maître ; l'homme n'a en cela qu'une jouissance dérivée : par cette sagesse, plus il s'instruit, plus il a une reconnaissance explicite du Nom, et il ajoute chaque jour à son effort pour reconnaître Celui qui dispense - c'est pourquoi il est en cela appelé 'ceux qui Le craignent' ; de même pour le terme 'qui a partagé', car en vérité l'homme, avec sa sagesse, est attaché au Nom : 'car la part du Nom, c'est Son peuple ; Yaakov, le lot de Son héritage' (Deutéronome 32,9). Voir Sod Yecharim, parachat Para, ot 8 ; plus loin, parachat Miketz, ot 10.] Il en va différemment pour Israël : le Nom leur dispense peu à peu, selon ce qu'ils peuvent porter, afin qu'ils reconnaissent et connaissent qui est Celui qui leur donne fortune et force ; et à chaque heure et chaque instant ils viennent à nouveau devant la face du Maître, le Nom, Dieu d'Israël, pour qu'Il leur dispense une effusion nouvelle, et 'avant qu'ils n'appellent, le Nom répondra' (cf.
Isaie 65,24) ; et cette effusion demeure à tout jamais, et il leur est aussi compté une part et une acquisition en cela, comme il est écrit à leur sujet : 'car la part du Nom, c'est Son peuple' - parce que le Nom leur dispense avec une très grande bienveillance, en sorte qu'il leur soit compté comme venant du labeur de leurs mains, c'est-à-dire que par leur prière ils l'ont acquis. [Note 36 : voir Me ha-Chiloah, tome II, parachat Vayechev, s.v. 'והוא' : lorsque le Nom fait germer des saluts pour Israël, ils subsistent à tout jamais ; c'est pourquoi Il sauve Israël par degrés, afin qu'il semble à l'homme que c'est du labeur de ses mains que le salut lui vient et qu'il s'y accoutume ; et si, à Dieu ne plaise, un bien est interrompu pour Israël, il l'est d'un seul coup, afin que l'homme ressente le manque du bien et argumente devant le Nom, 'Tu m'as soulevé puis rejeté', parce qu'il ressent son manque - et par cela il est sauvé.
Mais pour les nations, lorsque le Nom leur donne un bien, Il le leur donne d'un seul coup, en sorte qu'elles reconnaissent que ce n'est pas du labeur de leurs mains que le bien leur vient ; et lorsqu'il est interrompu, il l'est par degrés, afin qu'elles ne le ressentent pas et n'aient pas d'argument. Voir encore là-bas, parachat Vayehi, s.v. 'בן פורת'.] C'est le sens de ce qui est enseigné dans le Talmud (Chabbat 119b) : 'Quiconque dit Vayekhoulou (les cieux furent achevés, Genèse 2,1) devient associé au Saint, béni soit-Il, dans l'œuvre de la Création.' Voici : l'essentiel de la création du monde était que les créatures reconnaissent Sa royauté et Son unité, qu'Il soit béni, et Le fassent régner sur tout ; sans cela, cieux et terre ne subsisteraient pas.
Il se trouve donc que l'homme qui possède cette reconnaissance parachève et complète la création du monde, c'est-à-dire la gloire du Ciel. Or notre père Abraham, la paix sur lui, fut le premier à susciter en ce monde d'invoquer, pour tous, le nom du Nom : 'ils contemplent l'œuvre du Nom et voient l'ouvrage de Ses mains' - reconnaître Sa royauté sur la terre et Le faire régner sur toutes les affaires du monde, et savoir que c'est du Nom que tout leur a été dispensé ; et les rejetons de ses entrailles marchent sur ses traces, et toute leur attente et leur espoir n'est que cela.
[Note 37 : sa source est dans le Me ha-Chiloah, tome I, parachat Berechit, s.v. 'ויכולו' (b) : il est enseigné dans la Guemara (Chabbat 119b) : 'Quiconque dit Vayekhoulou devient associé au Saint, béni soit-Il, dans l'œuvre de la Création.' Le sens en est que l'essentiel de la création du monde était qu'Israël reconnaisse Sa royauté et l'unité de Son nom, qu'Il soit béni, comme Abraham notre père, la paix sur lui, commença à susciter cela et à invoquer le nom du Nom, Dieu de la terre ; c'est vers cela qu'aspire toute âme d'Israël, et sans cela cieux et terre n'auraient pas subsiste, comme il est enseigné dans la Guemara (Chabbat 88a) : 'Si Israël accepte la Torah, tant mieux, et sinon, etc.' Et celui qui reconnaît la royauté du Nom dans le monde parachève la Création, car la parole est comme l'acte. Voir encore là-bas, parachat Matot, s.v. 'איש' (a).]
« Tsédeq le convoque à Sa suite » (Yechaya 41,2) : le Talmud dit qu'Hachem fera revenir Tsédeq de l'occident à l'orient. Pour le Beit Yaakov, la conduite de ce monde et l'influx de Hachem relèvent du secret de Tsédeq : des statuts (houkim) imprimés dans l'homme sans conscience. Savoir que « Je suis Hachem qui vous sanctifie », Il le réserve pour l'avenir ; ici, tout bien vient des paroles de Torah accoutumées, gravées à l'insu. Tsédeq, secret de Mal'hout Chamayim, est « la belle jeune fille qui n'a pas d'yeux ». Avraham, dont l'attribut fait briller cette connaissance, voyait Tsédeq à l'occident et n'engendrait pas en ce monde ; Hachem y place Tsédeq à l'orient, dans le daat, et tel est son enfantement.
Aussi : à trois ans Avraham reconnut son Créateur et servait le chant par lequel le soleil loue Hachem ; les armées d'en haut et l'herbe dominent et grandissent par ce chant ; « Béni sois-Tu » est dit par la part de D.ieu en l'homme
צדק יקראהו לרגלו. הענין בזה, כדאיתא בש"ס (שבת קנו:) מאי דעתך דקאי צדק במערב מהדרנא ומוקמינא ליה במזרח.
הענין בזה, כי התנהגות העוה"ז והשפעת השי"ת בעוה"ז הוא ברזא דצדק, היינו ע"י החוקים הטובים שמוטבעים באדם והרגלו בהם חק ולא יעבור שלא מדעת. כי מלדעת כי אני ה' מקדשכם, זאת יצפין השי"ת לישרים לעתיד, ואז יתגלה ויפתח השי"ת שכרו ופעולתו לשלם לאדם כפעלו שעבדו בלבב שלם לדעת.
אבל בעוה"ז הם כל השפעות טובה רק מד"ת שאדם מורגל בהם ומוטבעים בו שלא מדעת ואינו מרגיש בהם, וכדאיתא בש"ס ביצה (טז.) מאי משמע דהאי חוק לישנא דמזונא הוא שנאמר ואכלו את חקם. וחוק הוא שהדבר נחקק ונטבע בלב האדם שלא מדעת, וזהו נקרא צדק, שהוא ברזא דמלכות שמים, כדאיתא בהקדמת תקונים (דף יז.) צדק מלכותא קדישא, ובזוה"ק (נשא קמח.) כתרא עשיראה הוא ואתקרי צדק, ומדה זו נקרא בזוה"ק (משפטים צה.) עולמתא שפירתא דלית לה עיניין (וכמש"נ הענין במקומו)לחמבואר בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קיב:
באמת לפני השי"ת אין חילוק בין הנהגת הטבע לנסים, שהרי גם הטבע הוא מנהיג תמיד ומחדש בכל יום תמיד מעשה בראשית, אלא שהנהגת הטבע הסתיר השי"ת שלא יתראה בה כבוד מלכותו יתברך שהוא מנהיג בהטבע. וזה שנקראת מדה זו לית לה עיינין בזוה"ק.
ועיין הרחבת העניין בתפארת החנוכי על זוהר בהקדמה דף א. ד"ה וכמה בסופו, תפארת יוסף חג הסוכות ד"ה ויזרע יצחק [א], פ' אחרי ד"ה ולא תקיא..
וכדאיתא בש"ס (ברכות נא.) עשרה דברים נאמרו בכוס של ברכה כו' ונותן עיניו בו. כוס מורה על מלכות שמים דלית ליה עיינין, וצריך האדם להמשיך לה עיינין בעבודתו אשר יעבודלטעיין שער מאמרי רשב"י לרבנו האר"י ז"ל בתחילתו על ספר התיקונים בתיקון כ' ד"ה דע כי הכלה וזל"ק:
וגם בראשה, שיש שם נצח והוד פנימים, הנרמזים בעינים, אין לה, ולפיכך צריך ליתן עיניו בכוס של ברכה, להמשיכם לה מהזכר העליון. עיי"ש כל העניין..
כי כל עבודת האדם הוא להעלות כל הדברים אל הראיה והדעת לדעת את ה' המקדשם, והנהגת עוה"ז הוא רק במדת צדק דלית לה עיינין כן בהטובה וכן בההיפוך, שאין הקב"ה מעניש את האדם אלא אם הוא מורגל ומושרש בהרע ח"ו. וראה אאע"ה את מדת הצדק במערב, שכל השפעת טובה שנשפע מאת ה' בעוה"ז שהוא ברזא דצדק הוא במערב ולא במזרח, שהוא מדת אברהם אבינו ע"ה להזריח לעין כל ולדעת כי אני ה' מקדשכםמכמבואר במי השלוח פרשת תולדות ד"ה ואלה תולדות:
כי ענין אברהם אבינו היה שהיה משתוקק תמיד לד"ת מאד מאד ושיתפרסם בעולם כי הש"י מלך עליהם, וזאת הוא מדות האהבה. ובפרשת לך ד"ה ויאמר אברם:
עיקר עבודתו ותשוקתו שהיתה תמיד שיתגלה על ידו גם בעולם העשיה שהש"י שולט ומושל בכל, ויקרא גם אלקי הארץ., ומזו המדה אין שום הולדה בעוה"ז, כי זאת יצפין השי"ת לעתיד מה שאדם מכריח את עצמו בראשיתו לד"ת, אז יפתח השי"ת ויגלה לו שכר פעולת האדם מצדו. אבל בעוה"ז הוא כל השפעת טובה מהד"ת שאדם מורגל בהם וקבועים בו ועושה אותם בלי שום הכרח.
לכן אאע"ה שחלקו בקדש היה לדעת כי אני ה' מקדשכם, וכדכתיב ביה אל הארץ אשר אראך, היה רואה באצטגנינות שלו שלא יוליד בעוה"ז, שממדתו לא יוכל להיות שום הולדה בעוה"ז רק הכל מתוקן לעתיד לבא. ואמר לו השי"ת מאי דעתך דקאי צדק במערב מהדרנא ומוקמינא ליה במזרח, שהוא ממדתך, אף שאין מזה שום הולדה בעוה"ז, אבל בכח השי"ת ליתן אף שם מדת הצדק שהוא חוקים ופעולות טובים שלא מדעת האדם, וממילא יוכל להיות הולדה אף בעוה"ז, שיכניס מדת מלכות שמים במזרח, היינו באור הדעת, ויתרבה כבוד שמים מתוך הכרת כבוד השי"ת בדעת, וזה הוא הולדת אברהם אבינו:
"Tsédeq (la justice) le convoque à Sa suite" (צדק יקראהו לרגלו) (Isaie 41,2). Le sens en est celui-ci, selon ce qui est enseigné dans le Talmud (Chabbat 156b) : "Quel est ton raisonnement ?
Parce que [l'astre] Tsédeq (Jupiter) se tient à l'occident [tu crains de ne pas avoir d'enfant] ? Je le ferai revenir et le placerai à l'orient." Le sens en est le suivant : la conduite de ce monde-ci (olam ha-ze) et l'influx (hachpaa) de Hachem (béni soit-Il) en ce monde relèvent du secret (raza) de Tsédeq, c'est-à-dire des bons statuts (houkim) imprimés dans l'homme et de son accoutumance à eux, "un statut qu'on ne transgresse pas" (hok vélo yaavor), sans en avoir conscience.
Car le fait de savoir que "Je suis ה' qui vous sanctifie" (כי אני ה' מקדשכם), cela Hachem le réserve, le tient caché pour les hommes droits en vue de l'avenir ; alors Hachem révélera et ouvrira Sa récompense et Son action, pour rétribuer l'homme selon son œuvre, [pour] L'avoir servi d'un cœur entier en pleine conscience (le-daat). Mais en ce monde, tous les influx de bien ne viennent que des paroles de Torah (divrei Torah) auxquelles l'homme est accoutumé et qui sont imprimées en lui à son insu, sans qu'il les ressente.
Ainsi qu'il est enseigné dans le Talmud Beitsa (16a) : "D'où déduit-on que ce mot hok a le sens de nourriture (mezona) ? De ce qu'il est dit 'et ils mangèrent leur hok, leur part'" (Genèse 47,22).
Or le hok, c'est que la chose est gravée (nehkak) et imprimée dans le cœur de l'homme sans qu'il le sache ; et cela s'appelle Tsédeq, qui relève du secret de Malkhout Chamayim (la royauté des Cieux), comme il est dit dans l'introduction des Tikounim (Tikounei Zohar, p.17a) : "Tsédeq, la royauté sainte (malkhouta kadicha)", et dans le saint Zohar (Nasso 148a) : "c'est la dixième couronne (kitra assiraa) et elle est appelée Tsédeq" ; et cet attribut (midah) est appelé dans le saint Zohar (Michpatim 95a) : "la belle jeune fille qui n'a pas d'yeux" (oulemta chapirta de-let lah einayin) (comme nous l'avons expliqué en son lieu). [Note : expliqué dans le Chaar ha-Emouna - introduction au Beit Yaakov, p.112 : en vérité, devant Hachem il n'y a aucune différence entre la conduite de la nature et les miracles, car la nature aussi, Il la conduit en permanence et Il renouvelle chaque jour, sans cesse, l'œuvre de la Création ; seulement, la conduite de la nature, Hachem l'a dissimulée afin que n'y paraisse pas la gloire de Sa royauté (béni soit-Il), Lui qui conduit le monde par la nature.
Et c'est pourquoi cet attribut est appelé "elle n'a pas d'yeux" dans le saint Zohar. Voir le développement de la question dans le Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, introduction p.1a, s.v.
"ve-khama" à la fin ; Tiferet Yossef, fête de Souccot, s.v. "va-yizra Yits'hak" [1] ; parachat Aharei, s.v.
"ve-lo taki".] Et comme il est enseigné dans le Talmud (Berakhot 51a) : "Dix choses ont été dites au sujet de la coupe de bénédiction... et il pose ses yeux sur elle." La coupe désigne la royauté des Cieux "qui n'a pas d'yeux", et l'homme doit lui attirer des yeux par le service qu'il accomplit. [Note : voir le Chaar Maamrei Rachbi de notre maître le Ari (de mémoire bénie), à son début, sur le livre des Tikounim, au Tikoun 20, s.v.
"sache que la fiancée", et voici ses paroles saintes : "Et aussi en sa tête, où se trouvent Netsa'h et Hod intérieurs, allusionnés par les yeux, elle n'en a pas ; c'est pourquoi il faut poser ses yeux sur la coupe de bénédiction, pour les lui attirer depuis le mâle supérieur." Voir là-bas toute la question.] Car tout le service de l'homme consiste à élever toutes choses vers la vision et la connaissance (daat), pour connaître ה' qui les sanctifie ; et la conduite de ce monde-ci ne se fait que par l'attribut de Tsédeq "qui n'a pas d'yeux", tant pour le bien que pour son contraire : car le Saint béni soit-Il ne châtie l'homme que s'il est accoutumé et enraciné dans le mal (à Dieu ne plaise). Or Avraham Avinou (la paix sur lui) vit l'attribut de Tsédeq à l'occident - car tout influx de bien qui s'épanche de ה' en ce monde, relevant du secret de Tsédeq, est à l'occident et non à l'orient - lui dont l'attribut est de faire briller la connaissance aux yeux de tous et de faire savoir que "Je suis ה' qui vous sanctifie".
[Note : expliqué dans le Mei ha-Chiloah, parachat Toldot, s.v. "ve-ele toldot" : le propre d'Avraham Avinou était qu'il aspirait toujours, très intensément, aux paroles de Torah, et à ce qu'il soit publié dans le monde que Hachem règne sur eux ; et c'est l'attribut de l'amour.
Et dans la parachat Lekh, s.v. "va-yomer Avram" : l'essentiel de son service et de son désir, constant, était qu'il se révèle par lui, jusque dans le monde de l'action (olam ha-assiya), que Hachem gouverne et domine sur tout, et qu'Il soit appelé aussi le Dieu de la terre.] Et de cet attribut il ne résulte aucun enfantement en ce monde, car cela Hachem le réserve pour l'avenir : ce que l'homme se contraint lui-même, à son commencement, [à accomplir] pour les paroles de Torah, alors Hachem ouvrira et lui révélera la récompense de l'action de l'homme, du côté de celui-ci.
Mais en ce monde, tout influx de bien vient des paroles de Torah auxquelles l'homme est accoutumé, qui sont fixées en lui, et qu'il accomplit sans aucune contrainte. C'est pourquoi Avraham Avinou, dont la part dans la sainteté était de savoir que "Je suis ה' qui vous sanctifie" - comme il est écrit à son sujet "vers la terre que Je te ferai voir" (Genèse 12,1) - voyait par son astrologie qu'il n'engendrerait pas en ce monde ; car, de par son attribut, il ne pouvait y avoir aucun enfantement en ce monde, tout étant préparé, réservé pour le monde à venir.
Et Hachem lui dit : "Quel est ton raisonnement ? Parce que Tsédeq se tient à l'occident ?
Je le ferai revenir et le placerai à l'orient" - c'est-à-dire [qu'Il tirera] de ton attribut : bien qu'il n'en résulte aucun enfantement en ce monde, il est pourtant au pouvoir de Hachem de donner, même là, l'attribut de Tsédeq - qui est fait de statuts et d'actions bonnes accomplis à l'insu de l'homme - de sorte qu'il puisse y avoir enfantement même en ce monde : Il fera entrer l'attribut de la royauté des Cieux dans l'orient, c'est-à-dire dans la lumière de la connaissance (daat), et la gloire du Ciel se multipliera par la reconnaissance de la gloire de Hachem dans la connaissance - et tel est l'enfantement d'Avraham Avinou.
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו'. בתנחומא איתא (לך) א"ר חנינא בא וראה חיבתו של אברהם אבינו לפני בוראו, שבן שלש שנים הכיר אברהם את בוראו שנאמר עקב אשר שמע אברהם בקולי ע' שבעים ק' מאה ב' שנים הרי מאה ושבעים ושנים, וכל ימיו של אברהם קע"ה, הא למדת שבן שלש שנים הכיר אברהם את בוראו.
הענין בזה שאאע"ה בירר את עצמו שמעולם לא היה עובד לשמש וירח בתורת אלוהות, ואף שאמרו עליו במדרש ובזוה"ק (לך פו.) שמתחילה היה עובד לשמש וירח אבל לא בתורת אלוהות. והוא דהנה כח ממשלת השמש והירח הוא ע"י קילוסם ושבחם את השי"ת, בזה מזריחים תוקף אורם בעולם ומושלים בקרב הארץ, והולכים סביבות ההיקף.
שכן מצינו, שבעת שדוממין מלומר שירה אזי אינם מהלכים בקרב הארץ, כדכתיב (יהושע י׳:י״ב) שמש בגבעון דום, ודרשו בתנחומא (אחרי) דום מלומר שירה. והוא כאשר רצה יהושע להעמיד החמה במקומה ולא תסבב היקף העולם אז הדמימה מלומר שירה ושבח לה', וממילא לא היה בה כח להלך ולסבבמאנתבאר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת בלק דף קפו.
ד"ה עניין: כדאיתא במדרש תנחומא (אחרי) יהושע אמר לשמש דום מלומר שירה, ולא היה מהלך ולא היה מנהיג ההויה אז במה שניתן לה כח וגבורה לאותות ולמועדים ולימים ושנים.
כי כל כוחות הבריאה הם רק שאומרים שירה, היינו מביטים באורח ישר לשורשם וכו'. והכח הזה אחר שנתבטל נמסר לדומה, היינו דומיה ושתיקה..
וכן כל צבאי מעלה ממשלתם הוא רק בזה שמשבחים ומפארים ליוצרם על שם כבוד מלכותו. וזה הוא הענין דאיתא במדרש (בראשית פרשה י) ובזוה"ק (תרומה קעא:) אין לך כל עשב בארץ שאין לו מזל ברקיע שמכה בו ואומר לו גדל, והוא שע"י כח קדושת השיר שהמזל מפאר להשי"ת, נשפע בהעשב השפעת השי"ת, וצומח ומתגדל ומתרומם למעלה מהארץ ברצותו להתכלל בהשיר ושבחה שמזלו משבח להשי"ת, שגם העשב חפץ להלל להשי"ת ועי"ז הולך וגדל.
ומי שמשיג עצם השיר שהשמש משבחת להשי"ת, האדם הזה לא יחשוב כלל אור השמש לעיקר, כי יודע הוא ששורש כל הוא השירה והשבח שהוא כח משפעת השי"ת. וכן מה שאאע"ה היה עובד להשמש בימי הקטנות, לא היה עובד לאור השמש, אכן להשירה שהשיג איך שהשמש משבחת להשי"ת שהוא כח מהשי"ת, לזה היה עובד.
וזה הוא דאיתא בזוה"ק (בלק רא) מזמור שירו לה' שיר חדש וגו' הושיעה לו ימינו הושיעה לו למאן להאי מזמור וכו' ובזוה"ק (חיי קכג.) הכא אית לאסתכלא דכל מה דברא קב"ה בעלמא כלהו אמרי תשבחן וכו' וכי תימא דאינהו מגרמייהו אמרו שירתא דא הכא הוא ודאי דרזא עילאה הוא אבל הני ארונא הוה על גבייהו וכו' כיון דאתנטל ארונא הוו געאן כאורח שאר פרות דעלמאמביתבאר העניין לקמן פרשת חיי אות ח.. וזהו הוא ג"כ הענין שתיקנו בנוסח כל הברכות לומר ברוך אתה, כי מצד האדם איך יתכן לומר למלך מלכי המלכים לשון נוכח, הלא השי"ת נסתר ונעלם מעין כל חי ולא נראה בו כל תמונה, אכן החלק אלוה ממעל שנמצא באדם זה הכח אומר ברוך אתה לנכח השי"ת.
וחייו אשר חי היו קע"ה שנים. לע"ה שנים הראשונים היה לו מאמר הראשון מהשי"ת.
ואחר שהגיע למאה שנים הוליד בן שזה הוא עיקר השלימות, כענין דאיתא בזוה"ק (בראשית לב:) מיא אעדיאו ואולידו חשוכא. ובע"ה שנים האחרונים בירר את עצמו על ע"ה שניו הראשונים שהם כולם לה'.
ומה שאמרו שבן שלש שנים היה בשעה שהתחיל להכיר את בוראו כי בשתי שנים הראשונים שהם ימי יניקה אז האדם דבוק עוד בעולם שבא ממנו:
"Et ה' dit à Avram : Va vers toi (lekh lekha)..." (Genèse 12,1). Dans le Tan'houma il est dit (Lekh) : Rabbi Hanina a dit : viens et vois l'affection d'Avraham Avinou devant son Créateur, car à l'âge de trois ans Avraham reconnut son Créateur, ainsi qu'il est dit "parce qu' (ekev) Avraham a écouté Ma voix" (Genèse 26,5) : dans (עקב), ע (ayin) = 70, ק (kouf) = 100, ב (bet) = 2, soit 172 ; et tous les jours d'Avraham furent 175 (קע"ה).
Tu apprends donc qu'à trois ans (175 moins 172) Avraham reconnut son Créateur. Le sens en est qu'Avraham Avinou clarifia en lui-même que jamais il n'avait servi le soleil et la lune à titre de divinités (be-torat élohout) ; et bien qu'on ait dit de lui, dans le Midrach et dans le saint Zohar (Lekh 86a), qu'au début il servait le soleil et la lune, ce n'était pourtant pas à titre de divinités.
Et voici : le pouvoir de domination du soleil et de la lune se fait par leur louange et leur éloge de Hachem ; par cela ils font rayonner la force de leur lumière dans le monde, dominent au sein de la terre, et parcourent leur circuit. Car ainsi trouvons-nous que, lorsqu'ils se taisent (domemin) et cessent de dire le chant (chira), alors ils ne cheminent plus au sein de la terre, comme il est écrit (Josue 10,12) "Soleil, à Guivon tiens-toi coi (dom)", et l'on a expliqué dans le Tan'houma (Aharei) : "dom" signifie se taire, cesser de dire le chant.
Et c'est [ce qui arriva] lorsque Josue voulut faire tenir le soleil en sa place et qu'il ne parcoure plus le circuit du monde : alors il fut réduit au silence, cessant de dire le chant et l'éloge de ה', et par conséquent il n'eut plus la force de cheminer et de tourner. [Note : expliqué dans le Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, parachat Balak p.186a, s.v.
"inyan" : comme il est dit dans le Midrach Tan'houma (Aharei), Josue dit au soleil "tais-toi, cesse de dire le chant", et il ne chemina plus et ne conduisit plus l'existence (ha-havaya) alors, par ce qui lui avait été donné comme force et puissance "pour des signes, pour des temps fixés, pour des jours et des années" (Genèse 1,14). Car toutes les forces de la Création ne sont que par le fait qu'elles disent le chant, c'est-à-dire qu'elles regardent d'un droit chemin vers leur racine, etc.
Et cette force, une fois annulée, fut remise à Doumah, c'est-à-dire au mutisme et au silence.] De même, toutes les armées d'en haut (tsivei maala) : leur domination ne tient qu'à ceci, qu'elles louent et glorifient leur Facteur au nom de la gloire de Sa royauté. Et c'est là le sens de ce qui est dit dans le Midrach (Berechit, paracha 10) et dans le saint Zohar (Terouma 171b) : "Il n'est pas un brin d'herbe (ésev) sur la terre qui n'ait un mazal (astre, force céleste) au firmament, lequel le frappe et lui dit : Grandis !" Et c'est que, par la force de la sainteté du chant par lequel le mazal glorifie Hachem, l'influx de Hachem s'épanche sur l'herbe, et elle pousse, grandit et s'élève au-dessus de la terre, dans son désir de se joindre au chant et à l'éloge par lequel son mazal loue Hachem ; car l'herbe aussi désire louer Hachem, et par cela elle va croissant.
Et celui qui saisit l'essence du chant par lequel le soleil loue Hachem, cet homme ne tiendra nullement la lumière du soleil pour l'essentiel, car il sait que la racine de tout est le chant et l'éloge, qui est une force émanant de Hachem. Et de même, ce qu'Avraham Avinou faisait en servant le soleil aux jours de sa petite enfance, il ne servait pas la lumière du soleil, mais bien le chant qu'il avait saisi - comment le soleil loue Hachem, ce qui est une force venant de Hachem - c'est cela qu'il servait.
Et c'est ce qui est dit dans le saint Zohar (Balak 201) : "Un psaume : chantez à ה' un chant nouveau... Sa droite L'a secouru (hochia lo yemino)" - "hochia lo" (elle L'a secouru), pour qui ?
Pour ce psaume, etc. (Psaumes 98,1).
Et dans le saint Zohar (Hayei [Sarah] 123a) : "Ici il faut observer que tout ce que le Saint béni soit-Il (קב"ה) a créé dans le monde, tous disent des louanges, etc. ; et si tu dis qu'ils disent ce chant d'eux-mêmes - ici, assurément, c'est un secret suprême (raza ilaa) ; mais ces [vaches] avaient l'Arche sur elles, etc. ; dès que l'Arche leur fut retirée, elles mugirent à la manière des autres vaches du monde" (cf. I Samuel 6).
[Note : la question sera expliquée plus loin, parachat Hayei [Sarah], section 8.] Et c'est aussi le sens de ce qu'on a institué, dans la formule de toutes les bénédictions, de dire "Béni sois-Tu (Baroukh Ata)" : car, du côté de l'homme, comment serait-il possible de s'adresser au Roi des rois des rois à la deuxième personne (lachon nokhah) ? Hachem est en effet caché et dissimulé aux yeux de tout vivant, et nulle image ne se voit en Lui ; mais la "part de Dieu d'en haut" (helek Eloha mi-maal) qui se trouve en l'homme, cette force-là dit "Béni sois-Tu" face à Hachem.
Et sa vie, qu'il vécut, fut de 175 ans. Durant les 75 premières années (עה) il eut la première parole de Hachem ; et après avoir atteint cent ans il engendra un fils, ce qui est l'essentiel de la perfection, à la manière de ce qui est dit dans le saint Zohar (Berechit 32b) : "les eaux se retirèrent et engendrèrent l'obscurité" (maya adeou ve-olidou hachokha).
Et durant les 75 dernières années il clarifia en lui-même ses 75 premières années, [établissant] qu'elles étaient toutes pour ה'. Et ce qu'on a dit, qu'il avait trois ans lorsqu'il commença à reconnaître son Créateur, [s'explique] parce que durant les deux premières années, qui sont les jours de l'allaitement (yenika), l'homme est encore attaché au monde d'où il est venu.
« Va vers toi » et « Qui a suscité de l'orient » (Yechaya 41,2). Le Beit Yaakov, d'après le Zohar, voit en Avraham celui qui sert le soleil puis la lune et comprend qu'un roi les conduit, le grand n'étant pas repoussé par le moindre. La lune figure les convoitises sans frein, le soleil le calcul des sentiers : ni la génération du déluge ni celle de la Dispersion n'atteignent la gloire du Ciel. D.ieu désire le service et laisse un lieu d'erreur où l'homme prie. Il retourne la justice de l'occident à l'orient, matin d'Avraham : les créatures s'unissent et l'on agit avec simplicité sans craindre le contraire de Sa volonté.
Aussi : soleil et lune figurent Bina et 'Ho'hma, qui s'empruntent l'un à l'autre et prouvent un seul Conducteur ; la royauté de David paraît issue du lévirat mais va par une voie droite depuis la racine.
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו'. מי העיר ממזרח צדק יקראהו לרגלו וגו' (ישעיהו מ״א:ב׳).
בזוה"ק (לך פו.) מי העיר ממזרח דא אברהם דלא נטיל אתערותא לגבי קב"ה אלא ממזרח בגין דחמא שמשא דנפיק בצפרא מסטרא דמזרח כו' פלח ליה כל ההוא יומא לרמשא חמא שמשא דאתכניש וסיהרא נהרא כו' פלח ליה כל ההוא ליליא. לצפרא חמא דאזלא חשוכא ואתנהיר סטרא דמזרח אמר ודאי כל אלין מלכא אית עלייהו ושליט דאנהיג לון כו'.
והוא שכאשר ראה אאע"ה שזרח השמש ובא השמש וירח הגיה אורו, ובבוקר זרחה עוד השמש ושקע אור הלבנה, אז הבין שנמצא גבוה עליהם ומושל על כולם, כי אין הגדול נדחה מפני קטן ממנו, והם נדחין זה מפני זה. והענין שהיה עובד לשמש וירח, כי ירח מרמז על כל התשוקות שבעולם, ואם ילך האדם אחר חמדת לבבו וישען שמאחר שהשי"ת ברא אלו התשוקות באדם משמע מזה שחפץ השי"ת בזאת, זה הוא כסיל בחושך הולך ובקל יוכל לטעות.
ושמש מורה על אור, שאדם מפלס מעגלותיו בחשבון ודעת בכל הספקות לדעת במה חפץ השי"ת, וכנראה שהאדם הזה הולך לבטח דרכו, אבל אין עוד בזה כל השלימות, שכן אנו רואין שדור המבול שהלכו אחר תאותם בלי מעצור על סמיכתם שזה הוא רצון השי"ת, נשטפו ונמחה זכרם מן העולם. ואחריהם היה דור הפלגה שהלכו בדעת ועשו שלום ביניהם, שבזו המדה חפץ השי"ת באמת, אבל גם בזה לא כוונו לרצון השי"ת, שבזה השלום שעשו ביניהם אגודה אחת לא היה כבוד שמים (וכמש"נ בפ' נח אות נב, נג.
ובפרשתנו אות א). ואף שברא השי"ת אותן המאורות שיתנהג אדם על פיהם, וכדכתיב (בראשית א׳:י״ח) ולמשול ביום ובלילה, וכמו שאנו אומרים (בתפלת שבת) כח וגבורה נתן בהם להיות מושלים בקרב תבל.
אכן השי"ת חפץ בעבודת האדם אשר יעבוד, לכן אין שלימות בזה העולם, והשאיר השי"ת בכל המדות שבעולם מקום שיוכלו לטעות, ובזה המקום צריך אדם להתפלל להשי"ת ולעבדו ויעורר אף את כחות הגוףמגעיין מי השלוח ח"א פרשת ויקרא הערה ז בגליון: כי כל הכחות חלק השי"ת לכל העמים, כדאיתא ברמב"ם ריש ה' תשובה על טעות דור אנוש כי אמרו מאחר שהשי"ת חלק כבוד למשמשיו, גם אנו נחלוק להם כבוד, ולנו צוה השי"ת לבלתי לעבוד לשום מדה ולא לשום כח בלתי לה' לבדו, והנה באמת מפני מה אסור לכבד לכל הכוחות הלא השי"ת גם כן כח וגבורה נתן בהם, אכן בעולם הזה לפי שכח השי"ת נסתר ולא יתברר אם האדם חולק להם כבוד מפני שזה הוא כבוד ה' כמו שחולקים כבוד לעבדי המלך שזהו כבוד המלך, אבל בעוה"ז ידמה שחולקים להם כבוד מצד עצמותם שהם בפני עצמם יש בהם כח חס ושלום זולת כח השי"ת אשר חלק ונתן להם..
וזה הוא שאמר הכתוב (שיר השירים ז׳:ב׳) מה יפו פעמיך בנעלים בת נדיב ודרשו על זה בש"ס (חגיגה ג) בת בתו של אברהם שנקרא נדיב שנאמר (תהילים מ״ז:י׳) נדיבי עמים נאספו עם א-להי אברהם, והוא היה הראשון שהתעורר לגבי קב"ה ונטל אתערותא מסטר מזרחמדכמבואר במי השלוח ח"א מסכת חגיגה (ג.) ד"ה דרש: אברהם אבינו ע"ה שהיה תחלה לגרים, שהיו כל העולם עובדי ע"ז והוא יצא מן הכלל, אף שלא ידע עוד במה שהוא בוחר וחושק, והיה צועק מי ברא אלה עד שנגלה אליו הש"י..
וזה הוא דאיתא בש"ס (שבת קנו) אמר ליה מאי דעתך דקאי צדק במערב מהדרנא ליה ומוקמינא ליה במזרח, ואז תוכל להוליד. והענין בזה, דהנה אאע"ה ראה את הצדקות ומעשה הטוב והשפעת השי"ת ברוח מערבי, שמורה על חושך וצמצום, שכל אחד מתיירא להשפיע לזולתו.
ואף דאיתא במדרש (בראשית רבה ח) שצדק אמר יברא, אבל אינו חפץ להוציא הדבר לגמרי מתחת ידו, שמתיירא פן יצמח מזה מה שהוא לא לרצון השי"ת. ואמר לו השי"ת מהדרנא ומוקמינא ליה במזרח, שמשם אורה יוצאה והוא בוקר דאברהם.
כי לילה מורה על פירוד, שכן איתא במדרש (רבה ויקרא א) שבלילה הברואים נפרדים זה מזה ואין בהם אחדות, ובוקר דאברהם מורה שאז הוא וקרא זה אל זה ומקבלין דין מן דין, שהברואים מתיחדים ומשפיעים זה לזה, אורו ית' זורח על כנפות הארץ, ואז אין לאדם לפחוד פן יצמח מזה ההיפך מרצון השי"ת, רק יעשה בתמימות ויכוון לטוב כפי השגתו, ואז ישען בה' א-להיו שעושה הטוב בעיני ה', ולא יצמח מזה ההיפך מרצון השי"ת. ולזה נקרא בזוה"ק (יתרו פא.) בוקר דאברהם שהוא היה הראשון שהזריח לו האור הזה:
Et le Nom dit à Abram: Va vers toi (lekh lekha), etc. Qui a suscité de l'orient celui que la justice appelle sur ses pas, etc.
(Isaie 41,2). Dans le Zohar haKadosh (Lekh 86a): "Qui a suscité de l'orient", c'est Abraham, qui ne reçut d'éveil (itarouta) envers le Saint béni soit-Il que depuis l'orient, parce qu'il vit le soleil qui sort le matin du côté de l'orient, etc., il le servit toute cette journée-là; au soir il vit le soleil se retirer et la lune briller, etc., il la servit toute cette nuit-là; au matin il vit que l'obscurité s'en allait et que le côté de l'orient s'illuminait, il dit: assurément, sur tous ceux-là il y a un roi et un souverain qui les conduit, etc.
Et cela signifie que, lorsque Abraham notre père, la paix soit sur lui, vit que le soleil se levait puis que le soleil se couchait et que la lune faisait resplendir sa lumière, et qu'au matin le soleil se levait de nouveau et que la lumière de la lune sombrait, alors il comprit qu'il se trouve un être élevé au-dessus d'eux et qui domine sur tous, car le grand n'est pas repoussé devant un plus petit que lui, tandis qu'eux se repoussent l'un l'autre. Et le sens de ce qu'il servait le soleil et la lune: car la lune fait allusion à toutes les convoitises (tichoukot) du monde; et si l'homme suit le désir de son cœur et s'appuie sur l'idée que, puisque le Nom béni soit-Il a créé ces convoitises dans l'homme, cela impliquerait que le Nom béni soit-Il le veut ainsi, celui-là est un insensé qui marche dans les ténèbres et peut aisément se tromper.
Et le soleil indique la lumière: l'homme pèse ses sentiers avec calcul et connaissance dans tous les doutes, pour savoir ce que veut le Nom béni soit-Il; il semble que cet homme marche en sûreté sur son chemin, mais il n'y a pas encore en cela la perfection entière. Car ainsi voyons-nous que la génération du Déluge, qui suivit son désir sans frein en s'appuyant sur l'idée que telle était la volonté du Nom béni soit-Il, fut emportée par les eaux et son souvenir effacé du monde.
Et après eux vint la génération de la Dispersion (dor haflaga), qui marcha avec connaissance et fit la paix entre ses membres, mesure (mida) que le Nom béni soit-Il veut en vérité; mais en cela non plus ils ne visèrent pas la volonté du Nom béni soit-Il, car dans cette paix qu'ils firent entre eux, formant un seul faisceau, il n'y avait pas la gloire du Ciel (comme il est écrit dans la paracha Noé, alinéas 52-53, et dans notre paracha, alinéa 1). Et bien que le Nom béni soit-Il ait créé ces luminaires afin que l'homme se conduise selon eux, comme il est écrit (Genèse 1,18) "et pour dominer sur le jour et sur la nuit", et comme nous disons (dans la prière du Chabbat) "il leur a donné force et puissance (guevoura) pour être les dominateurs au sein du monde".
En vérité le Nom béni soit-Il désire le service (avoda) de l'homme, qu'il le serve; c'est pourquoi il n'y a pas de perfection en ce monde, et le Nom béni soit-Il a laissé dans toutes les mesures du monde un endroit où l'on peut se tromper, et en cet endroit l'homme doit prier le Nom béni soit-Il et le servir, et il éveillera même les forces du corps. (Note 43 : voir Mei haShiloah, 1re partie, paracha Vayikra, remarque 7 en marge: car toutes les forces, le Nom béni soit-Il les a départies à tous les peuples, comme il est rapporté dans le Rambam au début des Lois du repentir, au sujet de l'erreur de la génération d'Enoch, car ils dirent: puisque le Nom béni soit-Il a départi de l'honneur à ses serviteurs, nous aussi leur rendrons honneur; or à nous le Nom béni soit-Il a ordonné de ne servir aucune mesure ni aucune force, si ce n'est le Nom seul.
Et en vérité, pourquoi donc est-il interdit d'honorer toutes ces forces, alors que le Nom béni soit-Il leur a lui aussi donné force et puissance? C'est qu'en ce monde-ci, parce que la force du Nom béni soit-Il est cachée, il ne serait pas clairement établi que, si l'homme leur rend honneur, c'est parce que tel est l'honneur du Nom, comme on rend honneur aux serviteurs du roi, ce qui est l'honneur du roi; mais en ce monde-ci il paraîtrait qu'on leur rend honneur pour eux-mêmes, comme s'ils possédaient par eux-mêmes une force, à Dieu ne plaise, en dehors de la force du Nom béni soit-Il qui la leur a départie et donnée.) Et c'est ce que dit le verset (Cantique des cantiques 7,2) "Que tes pas sont beaux dans les sandales, fille de noble (bat nadiv)", et l'on a expliqué là-dessus dans le Talmud (Haguiga 3) "fille de la fille d'Abraham, qui est appelé noble (nadiv)", comme il est dit (Psaumes 47,10) "les nobles des peuples se sont rassemblés, le peuple du Dieu d'Abraham"; et il fut le premier à s'éveiller envers le Saint béni soit-Il et à recevoir l'éveil (itarouta) depuis le côté de l'orient.
(Note 44 : comme expliqué dans le Mei haShiloah, 1re partie, traité Haguiga (3a), s.v. "Darach": Abraham notre père, la paix soit sur lui, qui fut le premier des convertis, alors que tout le monde était adorateur d'idolâtrie et que lui sortit du lot, bien qu'il ne sût pas encore ce qu'il choisissait et désirait, et il criait "qui a créé cela" jusqu'à ce que le Nom béni soit-Il se révélât à lui.) Et c'est ce qui est rapporté dans le Talmud (Chabbat 156): il lui dit: quelle est ta pensée?
Que l'astre Tsedeq (la justice) se tient à l'occident? Je le retournerai et le placerai à l'orient, et alors tu pourras engendrer.
Et le sens en est le suivant: voici qu'Abraham notre père, la paix soit sur lui, voyait la justice, la bonne action et l'influx (hachpaa) du Nom béni soit-Il du côté occidental, lequel indique l'obscurité et la contraction (tsimtsoum), où chacun craint d'influencer autrui. Et bien qu'il soit rapporté dans le Midrach (Berechit Rabba 8) que Tsedeq (la justice) dit "qu'il soit créé", il ne veut cependant pas faire sortir la chose entièrement de sous sa main, car il craint qu'il n'en germe ce qui n'est pas selon la volonté du Nom béni soit-Il.
Et le Nom béni soit-Il lui dit: je le retourne et je le place à l'orient, d'où la lumière sort, et c'est le matin d'Abraham. Car la nuit indique la séparation, ainsi qu'il est rapporté dans le Midrach (Vayikra Rabba 1) que la nuit les créatures se séparent l'une de l'autre et il n'y a pas d'unité entre elles; et le matin d'Abraham indique qu'alors "l'un appelle l'autre et ils reçoivent l'un de l'autre", que les créatures s'unissent et s'influencent l'une l'autre, Sa lumière, qu'Il soit béni, se levant sur les extrémités de la terre; et alors l'homme n'a pas à craindre qu'il n'en germe le contraire de la volonté du Nom béni soit-Il, mais il agira avec simplicité (temimout) et visera le bien selon sa compréhension, et alors il s'appuiera sur le Nom son Dieu, faisant ce qui est bon aux yeux du Nom, et il n'en germera pas le contraire de la volonté du Nom béni soit-Il.
Et c'est pourquoi il est appelé dans le Zohar haKadosh (Yitro 81a) "le matin d'Abraham", car il fut le premier à qui cette lumière se leva:
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו'. מי העיר ממזרח צדק יקראהו לרגלו וגו' (ישעיהו מ״א:ב׳).
איתא ע"ז בזוה"ק (לך פו.) מי העיר ממזרח דא אברהם דלא נטיל אתערותא לגבי קב"ה אלא ממזרח בגין דחמא שמשא דנפיק בצפרא מסטרא דמזרח וכו' פלח ליה כל ההוא יומא. ורמשא חמא שמשא דאתכניש וסיהרא נהרא וכו' פלח ליה כל ההוא ליליא.
לצפרא חמא דאזלא חשוכא ואתנהיר סטרא דמזרח אמר ודאי כל אלין מלכא אית עלייהו ושליט דאנהיג לון וכו'. והענין בזה, דהנה כח ממשלה שנמצא בשמש וירח הוא כמו שאנו אומרים (בתפלת שבת) כח וגבורה נתן בהם להיות מושלים בקרב תבל, ובפנימיות הם מרמזים על חכמה ובינה.
ומתחלה היה נראה לו לאברהם אבינו ע"ה שטוב לו לאדם להתנהג כפי חכמתו שתאיר בפניו, ואח"ז ראה שלפעמים נסתרה החכמה מעין האדם, ואז הוא נמשך רק אחר רצון הלב מדת בינה, שאין הדעת מאיר בו בעידן עשותו מעשהו, רק אחר הפעולה רואה הוא שהשי"ת גמר עליו לטוב כל מה שפעל ועשה. כמו שאמר החכם מכל אדם (משלי ל׳:א׳-ב׳) כי בער אנכי מאיש ולא בינת אדם לי וגו' ודעת קדושים אדע.
ולא בינת אדם לי, מורה על פעולה שהיא לגמרי למעלה מתפיסתו, כי בינת אדם מרמז שיש לו עוד שייכות לחכמה, שיש לו עוד כח בחירה, וכדאיתא בזוה"ק (פנחס רכט.) חכמה לא אשתמודע אלא מגו בינה, שכח הבחירה הוא רק בחכמה, ובינה מורה שאין בה שום כח בחירה. וכדאיתא באדרא זוטא (האזינו רצ.) חכמה ובינה בחד מתקלא אתקלא דכר ונוקבא.
ועל בחי' נוקבא איתא בזוה"ק (אחרי סה) ובגין דקרינן לה אם נוקבא דינין מינה מתערין, שמדת בינה היא מאירה בלתי אחר ההסתר, כדאיתא (מגילה יב) מדאמר בינותי מכלל דטעה, ואומר לא בינת אדם לי, אף בפעולה כזו שאין לי שום תפיסה בשעת עשיה, אכן אחר זה, ודעת קדושים אדע, שנראה שהפעולה היתה טובה מראש ועד סוף, לכן היה נראה לו לאברהם שעיקר הוא הבינה. כי שמש מרמז על ספירת בינה, כדאיתא בזוה"ק (משפטים קטו:) שמקור קבלת השמש הוא מבינה והירח מקבלת מחכמהמהאולי יש לבאר כמאמר המי השלוח ח"א פרשת אמור ד"ה והבאתם:
אף שהירח הוא תחת השמש אך כדאיתא בזוה"ק (בראשית רלז:) אין לסיהרא עלאה קא מנינין, שהשמש היא מקבלת אור מסיהרא עילאה עיי"ש.. וכשראה אאע"ה אח"כ ששוב האיר לו החכמה, הבין מזה שנמצא בורא בעולם שברא כל אלה ומושל בהם, ולזה ברא השי"ת הכל בשיתוף.
חמה ולבנה. יום ולילה.
זכר ונקבה. מים עליונים ומים תחתונים.
ולוין זה מזה כדאיתא בתנחומא (משפטים) ובזוה"ק מדרש הנעלם (תולדות קלו). ונשמע מזה שה' הוא א-להים אין עוד מלבדו, שאם יעלה ח"ו על דעת האדם ששתי רשויות הם א"כ איך יכולים לכנוס אחד בגבול חבירו.
וכמו שמצינו בש"ס (סנהדרין לט.) היכי שביק ליה לאעבורי מיא בארעיה, ומהיכן נקח שיכנס אחד בגבול חבירו, משמע מזה שהשי"ת הוא אשר ברא כל אלה ומנהיגם כרצונו. וכעין דאיתא במדרש (נח רבה צא) אם ראית זכר רץ אחר נקבה קבלהו.
ואם תראה נקבה רצה אחר הזכר אל תקבלהו. היינו אם תראה שיש לזכר התגברות על הנוקבא קבלהו, שכן הציב השי"ת בעולם.
ואם תראה נקבה רצה אחר הזכר אל תקבלהו, מפני שזה הוא ההיפך מחוק הדרך ארץ שהציב השי"ת בעולם שהזכר ימשול על הנקבה:
Et le Nom dit à Abram: Va vers toi (lekh lekha), etc. Qui a suscité de l'orient celui que la justice appelle sur ses pas, etc.
(Isaie 41,2). Il est rapporté là-dessus dans le Zohar haKadosh (Lekh 86a): "Qui a suscité de l'orient", c'est Abraham, qui ne reçut d'éveil envers le Saint béni soit-Il que depuis l'orient, parce qu'il vit le soleil qui sort le matin du côté de l'orient, etc., il le servit toute cette journée-là; et au soir il vit le soleil se retirer et la lune briller, etc., il la servit toute cette nuit-là; au matin il vit que l'obscurité s'en allait et que le côté de l'orient s'illuminait, il dit: assurément, sur tous ceux-là il y a un roi et un souverain qui les conduit, etc.
Et le sens en est le suivant: voici que la force de domination qui se trouve dans le soleil et la lune est comme nous disons (dans la prière du Chabbat) "il leur a donné force et puissance pour être les dominateurs au sein du monde", et dans leur intériorité ils font allusion à 'Hokhma et Bina (Sagesse et Discernement). Et au début il paraissait à Abraham notre père, la paix soit sur lui, qu'il est bon pour l'homme de se conduire selon sa sagesse ('hokhma) qui l'éclaire; et ensuite il vit que parfois la Sagesse se cache de l'œil de l'homme, et alors il est entraîné seulement à la suite du désir du cœur, mesure de Bina, où la connaissance (daat) ne l'éclaire pas au moment où il accomplit son acte, mais c'est seulement après l'action qu'il voit que le Nom béni soit-Il a décrété sur lui, pour le bien, tout ce qu'il a agi et fait.
Comme l'a dit le plus sage de tous les hommes (Proverbes 30,1-2) "car je suis plus stupide qu'un homme et je n'ai pas le discernement (binat adam) d'un homme, etc., et la connaissance des saints je la connais". "Et je n'ai pas le discernement d'un homme" indique une action qui est entièrement au-dessus de sa saisie; car "le discernement d'un homme" fait allusion au fait qu'il a encore un rapport avec la Sagesse, qu'il a encore un pouvoir de libre arbitre (behira); et comme il est rapporté dans le Zohar haKadosh (Pinhas 229a) "la Sagesse ne se fait connaître que depuis l'intérieur du Discernement (Bina)", car le pouvoir de libre arbitre n'est que dans la Sagesse, tandis que Bina indique qu'il n'y a en elle aucun pouvoir de libre arbitre.
Et comme il est rapporté dans l'Idra Zouta (Haazinou 290a) "'Hokhma et Bina en une seule balance sont pesées, mâle et femelle (dekhar veNoukva)". Et sur l'aspect (behina) de Noukva il est rapporté dans le Zohar haKadosh (Aharei 65) "et parce que nous l'appelons mère, étant Noukva, des rigueurs (dinim) s'éveillent d'elle", car la mesure de Bina n'éclaire qu'après la dissimulation (hester), comme il est rapporté (Meguila 12) "du fait qu'il dit 'j'ai discerné (binoti)', on déduit qu'il s'était trompé"; et le verset dit "je n'ai pas le discernement d'un homme", même dans une action de ce genre où je n'ai aucune saisie au moment de l'accomplir, mais après cela "la connaissance des saints je la connais", car il apparaît que l'action était bonne du début à la fin; c'est pourquoi il paraissait à Abraham que l'essentiel est Bina.
Car le soleil fait allusion à la sefira de Bina, comme il est rapporté dans le Zohar haKadosh (Michpatim 115b) que la source de la réception du soleil est depuis Bina, et la lune reçoit depuis 'Hokhma. (Note 45 : peut-être faut-il l'expliquer selon le propos du Mei haShiloah, 1re partie, paracha Emor, s.v.
"vehavetem": bien que la lune soit au-dessous du soleil, comme il est rapporté dans le Zohar haKadosh (Berechit 237b), le soleil reçoit sa lumière d'une lune supérieure (sihara ila'a), voir là-bas.) Et lorsque Abraham notre père, la paix soit sur lui, vit ensuite que de nouveau la Sagesse l'éclairait, il comprit de là qu'il se trouve un Créateur dans le monde qui a créé tout cela et domine sur eux; et c'est pourquoi le Nom béni soit-Il a tout créé par appariement (chitouf): soleil et lune, jour et nuit, mâle et femelle, eaux supérieures et eaux inférieures, et ils s'empruntent l'un à l'autre, comme il est rapporté dans le Tan'houma (Michpatim) et dans le Zohar haKadosh, Midrach haNeelam (Toledot 136). Et l'on entend de là que le Nom est Dieu, il n'y en a pas d'autre que Lui; car s'il montait, à Dieu ne plaise, à l'esprit de l'homme qu'il y a deux puissances (chetei rechouyot), alors comment pourraient-elles pénétrer l'une dans le domaine de l'autre?
Et comme nous trouvons dans le Talmud (Sanhédrin 39a) "comment l'un lui permettrait-il de faire passer les eaux dans son propre territoire?", et d'où prendrions-nous que l'un pénètre dans le domaine de l'autre, cela implique que c'est le Nom béni soit-Il qui a créé tout cela et les conduit selon Sa volonté. Et à l'instar de ce qui est rapporté dans le Midrach (Noé Rabba 91): "si tu vois un mâle courir après une femelle, accepte-le; et si tu vois une femelle courir après le mâle, ne l'accepte pas".
C'est-à-dire: si tu vois qu'il y a chez le mâle une prédominance sur la Noukva, accepte-le, car ainsi le Nom béni soit-Il l'a établi dans le monde; et si tu vois une femelle courir après le mâle, ne l'accepte pas, parce que c'est le contraire de la règle de la bienséance (derekh eretz) que le Nom béni soit-Il a établie dans le monde, à savoir que le mâle domine sur la femelle:
והנה רואין אנו לפעמים, שאף אם יתגבר כח הנוקבא על כח הדכר יצמח אף מזה הולדה יקרה, וכמו מלכות בית דוד, שנראה שכל ההשתלשלות שלהם היה באורח יבוםמועיין בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת וישב ד"ה ענין חותם: שנראה שכל מלכות בית דוד נבנה באורח יבום, אכן לזה מעיד עליו הכתוב כדאיתא (סוטה י:) יהודה וכו' זכה ונקרא כולו על שמו של הקב"ה וכו'.
ובהמשך בד"ה העניין מבאר היטב כל העניין. ועיין עוד לקמן פ' וישב אות ל"ט, מ, בית יעקב הכולל פ' וישב ד"ה ויהי בעת, פ' ויקהל ד"ה ראו..
וכן לפעמים נמשכים מים עליונים אחר מים התחתונים, כי גם מהם ניכר שבחו יתברך, וכדכתיב (תהילים צ״ג:ד׳) מקולות מים רבים אדירים משברי ים אדיר במרום ה', וכדאיתא במדרש (בראשית רבה ה) שהמים מקלסין להשי"ת ואומרים אדיר במרום ה'מזנתבאר בתפארת יוסף פרשת בראשית ד"ה ויאמר א-להים: כי באמת מצד השי"ת אין שום הבדל בין מים העליונים למים התחתונים, כי בשורש הם לאחדים.
וכמו שאמר כבוד אזמו"ר זללה"ה, שמה שלא נחשב בהקפיטל הללו את ד' המים אשר מתחת השמים, שמחשב שם מים העליונים ולמה לא מחשב המים התחתונים ג"כ וכו'. והוא כי שם מיירי בעת שעומדים להלל לפני ד', ובעת שמהללים, אין כלל מים התחתונים, כי הכל נחשב מים העליונים..
ומכל זה ניכר מלכות השי"ת בעולם שהוא ברא כל ומושל על כל. וזה הוא רצון השי"ת שחפץ בבריאת העולם ויצר בו את האדם שירצה לידע מי ברא אלה.
ומי שהוא נקי אגב אמו יש לו דעה זו. והנה באמת הוא מלכות בית דוד באורח מישור ורק לפי הראות נראה שהשתלשלותן הוא באורח יבום, כדאיתא בזוה"ק (משפטים ק"ג ק"ד) חד רב ועילאה דהוה בעלמא וגזעא ושרשא דקשוט ואיהו עובד אבי ישי אבי דוד וכו' האיך נפיק שרשא דקשוט מגו אתר דא וכו'.
ושם (קד.) יהודה אתה יודוך יהודה אבא קדמאה ואבא תנינא ולא הוה ביה חליפין לעלמין, וכל הענין שםמחכמבואר סוד הדבר בתפארת החנוכי על זוהר פרשת משפטים (קד.) ד"ה יהודה: יהודה אבא קדמאה ואבא תניינא ולא הוה ביה חליפין לעלמין וכו'.
היינו כשמדת מלכות מתכוננת, מאיר בה מעתיקא, בסוד אבא יסד ברתא, ומתגלה הרצון מעיקרו ושרשו, שלא היה באורח יבום כלל, שזה הוא מסודר מאד וכו'. עיי"ש עומק הדברים..
וזה הוא דאיתא בזוה"ק (לך עח.) עוד אשגח ותקיל וצריף למיקם על ברירא דמלה ההוא אתר ולא הוה ידע וכו' כד מטא לההוא אתר חמא תקיפו דעמיקין ולא יכיל למיקם ביה כיון דחמא קב"ה אתערותא דיליה ותיאובתא דיליה מיד אתגלי עליה ואמר לך לך כו' וממולדתך מההוא חכמה דאת משגח ותקיל תולדתא דילך וכו' אל הארץ אשר אראך, אראך מה דלא יכילת למיקם עליה ולא יכילת למינדע חילא דההוא ארעא דאיהו עמיק וסתים:
Et voici que nous voyons parfois que, même si la force de la Noukva l'emporte sur la force du mâle (dekhar), il en germe aussi un enfantement précieux, comme la royauté de la maison de David, dont il apparaît que tout leur enchaînement (hichtalchelout) s'est fait par la voie du lévirat (yiboum). (Note 46 : et voir dans Sod Yecharim sur la Torah, d'après le manuscrit du saint auteur, paracha Vayechev, s.v.
"inyan hotam": qu'il apparaît que toute la royauté de la maison de David s'est bâtie par la voie du lévirat; mais à ce sujet le verset témoigne pour lui, comme il est rapporté (Sota 10b) "Juda... eut le mérite et fut appelé tout entier du nom du Saint béni soit-Il", etc. Et dans la suite, s.v.
"haInyan", il explique bien tout le sujet. Et voir encore plus loin, paracha Vayechev, alinéas 39-40, Beit Yaakov haKolel paracha Vayechev s.v.
"vayehi baet", paracha Vayakhel s.v. "reou".) Et de même, parfois les eaux supérieures sont attirées à la suite des eaux inférieures, car d'elles aussi se reconnaît Sa louange, qu'Il soit béni, comme il est écrit (Psaumes 93,4) "plus que les voix des eaux nombreuses, plus puissantes que les brisants de la mer, puissant dans les hauteurs est le Nom", et comme il est rapporté dans le Midrach (Berechit Rabba 5) que les eaux louent le Nom béni soit-Il et disent "puissant dans les hauteurs est le Nom".
(Note 47 : comme expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Berechit, s.v. "vayomer Elokim": car en vérité, du côté du Nom béni soit-Il il n'y a aucune différence entre les eaux supérieures et les eaux inférieures, car dans leur racine elles sont unies.
Et comme l'a dit l'honneur de mon maître, grand-père et rabbi, que sa mémoire soit une bénédiction pour la vie du monde à venir, expliquant pourquoi dans ce chapitre des Psaumes ne sont pas comptées les quatre sortes d'eaux qui sont sous les cieux, car on y compte les eaux supérieures, et pourquoi ne compte-t-on pas aussi les eaux inférieures, etc. C'est que là il est question du moment où les créatures se tiennent pour louer devant le Nom, et au moment où elles louent, il n'y a pas du tout d'eaux inférieures, car tout est compté comme eaux supérieures.) Et de tout cela se reconnaît la royauté (malkhout) du Nom béni soit-Il dans le monde, à savoir qu'Il a tout créé et domine sur tout.
Et telle est la volonté du Nom béni soit-Il, qui a désiré la création du monde et y a formé l'homme afin qu'il veuille savoir "qui a créé cela". Et celui qui est pur dès le sein de sa mère possède cette connaissance.
Et voici qu'en vérité la royauté de la maison de David va par une voie droite, et ce n'est que selon l'apparence qu'il semble que leur enchaînement se fait par la voie du lévirat, comme il est rapporté dans le Zohar haKadosh (Michpatim 103-104) "un homme grand et élevé qui était dans le monde, souche et racine de vérité, et c'est Oved, père de Yichai, père de David, etc.; comment est sortie une racine de vérité du sein de tel lieu, etc.". Et là-bas (104a) "Juda, c'est toi que loueront tes frères, Juda: premier père et second père, et il n'y eut jamais en lui de substitution", et tout le sujet est là-bas.
(Note 48 : le secret de la chose est expliqué dans Tiferet haHanoukhi sur le Zohar, paracha Michpatim (104a), s.v. "Yehouda": "Juda, premier père et second père, et il n'y eut jamais en lui de substitution", etc.
C'est-à-dire: lorsque la mesure de Malkhout se dispose, le monde Atika l'éclaire, dans le secret de "Abba a fondé la fille (Abba yassad berata)", et la volonté se révèle depuis son principe et sa racine, de sorte qu'il n'y eut point du tout de voie de lévirat, ce qui est très ordonné, etc. Voir là-bas la profondeur des choses.) Et c'est ce qui est rapporté dans le Zohar haKadosh (Lekh 78a): "Il regardait encore, pesait et affinait pour parvenir à l'élucidation de la chose, de savoir quel était ce lieu, et il ne le savait pas, etc.; quand il parvint à ce lieu, il vit la puissance des profondeurs et ne put s'y tenir; dès lors que le Saint béni soit-Il vit son éveil et son ardent désir, aussitôt Il se révéla à lui et dit: 'Va vers toi (lekh lekha)', etc., 'et va de ton lieu natal', depuis cette Sagesse que tu observes et pèses, c'est ton engendrement, etc., 'vers la terre que Je te ferai voir' - Je te ferai voir ce sur quoi tu n'as pu te tenir et dont tu n'as pu connaître la force de cette terre, qui est profonde et scellée":
Ce passage poursuit le sens de « Lekh lekha ». Avraham voit l'enchaînement des rois de David, naissance qui paraît se faire par yiboum (lévirat), et n'en saisit la profondeur qu'en sauvant Loth. Le Beit Yaakov enseigne que D.ieu l'illumine : « la pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue pierre d'angle » (Tehilim 118,22), et ce déplacement n'était que pour les deux bonnes perles, Naama l'Ammonite et Ruth la Moabite. Il rapporte du Mei ha-Chiloa'h que « Lekh lekha » dit de quitter la sagesse de ce monde pour celle de la Torah, que l'on ne maîtrise qu'en s'y introduisant et en y trébuchant d'abord (Guitin 43a). Dans leur intériorité, ils procèdent par voie droite ; « Ata » (Toi) revient surtout à Juda.
Aussi : la séparation dans la création pour reconnaître « Qui a créé ceux-ci » ; Avraham L'appelle « montagne », Its'hak « champ », Yaakov « maison » ; Chalom, Nom de D.ieu, et la génération de la dispersion qui ne tient qu'au dehors de la paix jusqu'à servir le feu
הענין בזה, כאשר ראה אאע"ה ההשתלשלות ממלכי בית דוד שיצמחו בזה הארץ, שנראה שתולדתם הוא באורח יבום, ולא היה יכול להשיג העומק שלהם, עד עת מלחמת המלכים שהלך להציל את לוט, אז הבין שאבן מאסו הבונים היתה לראש פנה, והאיר לו השי"ת שכוונת הליכתו להציל את לוט, היתה רק להציל השתי פרידות טובות נעמה העמונית ורות המואביה (וכמש"נ במי השלוח ח"א פרשה זו ד"ה לך)מטזה לשון המי השלוח ח"א פרשת לך ד"ה לך: אל הארץ אשר אראך, זאת היא כנגד פרשת מלכים, כי בשם הראה לו הש"י כל הסודות ואף כי על המעשה לא היה ראוי להציל את לוט כי נולדו ממנו אח"כ האומות המעיקים לישראל ומה גם כי נצטוו שלא יבא עמוני וכו' ונראה שלא נמצא בהם שום טוב לקרבם לישראל, והראה לו הקב"ה כי נקבותיהם מותרות מיד ומאתם יצא מלכות דוד ושלמה וכמו שיתבאר שלא הלך להציל בלתי השתי פרידות טובות (בבא קמא לח:).
עיין לקמן פרשה זו אות יד [ג], אות כז, אות לג, אות לה.. ואמר לו השי"ת לך לך, והוא כי חכמת התורה מובדלת מחכמת עוה"ז, שכל החכמות יוכל האדם לעמוד עליהם אף אם לא ייגע את עצמו כ"כ לסבול מהם ויוכל לעמוד על עומקם.
אבל חכמת התורה, אם ירצה אדם להבינם ולעמוד על אמתתן יוכרח להכניס את עצמו בתוכן ולסבול מהם, שכן אין אדם עומד על דברי תורה אא"כ נכשל בהם כדאיתא בש"ס (גיטין מג.)ננתבאר היטב במי השלוח ח"א פרשת דברים ד"ה אחד: אחד עשר יום מחרב.
כי בקבלת התורה עוד לא נזדכך לב ישראל להמשך אחר רצון הש"י בשלימות, ורק בשכלם הבינו כי טוב לפניהם לקיים רצון הש"י ולבם לא היה מזוכך, אך בביאת ארץ אז נזדכך לבם, וזה שאמר להם מרע"ה אחד עשר יום מחורב, היינו כשהייתם בחורב וקבלתם התורה היה בדעתיכם כי כבר נזדכך לבכם, כי הלכתם בג' ימים. ובאמת אינו כן כי יש מרחק אחד עשר יום, ולא קניתם ד"ת שיקבעו בלבכם, רק אחר הארבעים שנה ע"י המכשולות והנסיונות עי"ז נזדכך לבכם, שאין אדם עומד על ד"ת אלא א"כ נכשל בהם (גיטין מג.)..
ואמר לו השי"ת לך לך, לך מחכמת עוה"ז ולך לחכמת התורה. ואף שנראה לך שמלכות בית דוד בא בגלגולין עקימין באורח יבום, אבל אם תעמיק ותכניס את עצמך בפנימיות שלהם תראה מפורש שהם באורח מישר, ועיקר בחינת א'ת'ה' שייך ביותר לשבטו של יהודה, וכדכתיב (ויחי מט) יהודה אתה, ואיתא ע"ז בזוה"ק (משפטים קד.) אתה אתר דא צריך לשמא דא ולא אחרא יהודה אבא קדמאה ואבא תנינא ולא הוה ביה חילופא לעלמין.
ואתה מרמז שהוא פנים בפנים באורח מישר. ולהבין זאת למה הציב השי"ת זאת ההנהגה שנראה בזה העולם שנמצא פירוד בהבריאה, מאחר שהשי"ת הוא אחד, א"כ היה מהנכון שבעולם שברא ג"כ לא יהיה שום פירוד רק התכללות.
אכן אין דבר נעלם מהשי"ת והיה גלוי לפניו שימצאו ברואים בעולם שירצו לשכח את שם ה' כמו דור הפלגה, שכל אחדותם היה לבנות המגדל, ועי"ז ישכחו את השי"ת, וכדאיתא בש"ס (סנהדרין קט.) אויר מגדל משכח, לכן הפיצם ה' ונתפרדו ביותר, וכדאיתא במדרש (לך רבה לט) שדור הפלגה משולים לבירה דולקת, וכח האש הוא המפרד ביותר, וכדאיתא בש"ס (ר"ה כח., סוכה לא:) כיון דלשריפה קאי כתותי מכתת שיעוריה, וע"י הפירוד ניכר מי ברא אלה. וראשית זו ההכרה היתה ע"י אבותינו הקדושים, שעל ידם נתגלה כבוד מלכותו יתברך אף בעוה"ז, וכדאיתא בש"ס (פסחים פח.) אברהם קראו הר, יצחק קראו שדה, יעקב קראו ביתנאמקורו במי השלוח מסכת פסחים (פח.) ד"ה ואמר:
אברהם קראו הר היינו שיש בליטה שנמצא בורא עולם וצריך האדם לשמוע בקולו ולעזוב כל חמדת עוה"ז בעבור עבודתו. ויצחק קראו שדה, היינו שהש"י נמצא בכל מקום, וכל מה שהאדם מפסיד בעבור עבדות הש"י הכל יחזיר לו ביתר שאת כמו שדה שזורעים בתוכה.
ויעקב קראו בית כי אין האדם יכול להרים את ידו ורגלו בלתי רצונו ית', כמו בית שהוא מוקף כן האדם מוקף שלא יוכל לעבור רצון הש"י.. אברהם קראו הר, היינו שנכנס למקומות כאלה שאי אפשר לאדם להתקיים שם, ובזה הראה לכל שמלא כל הארץ כבודו, והוא הנותן דעת באדם להתקיים אף שם, כי הר רומז לכח עצום, שאף שהוא נעלם מכל מקום ניכר בליטה מפורשת שיש במקום הזה כח גדול, וע"י עבודה נתגלה פנימיותו.
יצחק קראו שדה, היינו שהחזיר כל דבר להשי"ת אשר נתנה לו, בבטחונו בהשי"ת שאם טוב הדבר בעיניו אז יצמיח לו עוד טובה גדולה מזו, כמו שכוונת הזורע כור בשדהו הוא להכניס ממנה כמה כוריןנבכמבואר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה ויזרע [ג]: אמר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, שמדתו של יצחק נמשל לזריעה.
כמו זריעה אשר מי שאין לו הבנה בזריעה, נדמה לו שהזורע מאבד לארץ לגמרי, אבל הזורע בעצמו מאמין היטב שיוצמח מזה הרבה. כי כלום אדם זורע סאה, אלא להוציא ממנו הרבה כורין וכו'.
וזה הענין שנמשל לזריעה, כי בזריעה שם אינו מכיר כמה הוספות שיכול להוסיף עליו השי"ת, כי אם יהיה מעט צמיחה כמו תבואה שלא הביאה שליש, מ"מ מכירין כמה יכול להוסיף על זה, אבל בזריעה שם אין מכירין כמה שיכול להוסיף עליו השי"ת. ומבואר כל עניין הזריעה ביצחק אבינו בסוד ישרים חג הסוכות אות נה, סט, עב, לקמן פ' תולדות אות ב, ג ד"ה וזהו וד"ה וזה, פ' וישלח אות ד ד"ה וכשרצה, פ' ויגש אות כז..
יעקב קראו בית, היינו שהיה לו התכללות מאלו השנים, ולא היה חפץ בשום התפשטות בעולם, וכשרצה לעשות איזה פעולה התיישב מתחלה פן ואולי לא בחר ה' בזה, והיה מברר מתחלה כל עניניו שלא יוצרכו להתברר אח"כ. ובאלה השלשה כחות הוא כלל כל העולם כולו:
Le sens de la chose : lorsque notre père Abraham, la paix soit sur lui, vit l'enchaînement (hishtalshelout) des rois de la maison de David destinés à germer dans ce pays -- dont il apparaissait que leur naissance se faisait par voie de yiboum (lévirat) -- il ne pouvait pas en saisir la profondeur, jusqu'au temps de la guerre des rois où il alla sauver Loth ; alors il comprit que 'la pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue pierre d'angle' (Ps 118,22), et le Saint béni soit-Il l'illumina : l'intention de son déplacement pour sauver Loth n'était que de sauver les deux bonnes perles (péridot, litt. les deux bonnes détachées), Naama l'Ammonite et Ruth la Moabite (comme il est écrit dans le Mei ha-Shiloah, 1re partie, cette paracha, s.v. Lekh).
[Note 49 : Voici le texte du Mei ha-Shiloah, 1re partie, parashat Lekh, s.v. Lekh : 'Vers le pays que Je te ferai voir' (Gn 12,1) -- ceci correspond à la section des rois, car là (be-sham) le Nom lui montra tous les secrets ; et bien que, quant à l'acte, il n'était pas convenable de sauver Loth, car de lui naquirent ensuite les nations qui oppriment Israël, et d'autant plus qu'il fut ordonné qu'un Ammonite n'entre pas dans l'assemblée (Dt 23,4), et il apparaissait qu'il ne se trouvait en eux aucun bien pour les rapprocher d'Israël -- pourtant le Saint béni soit-Il lui montra que leurs femelles sont permises immédiatement, et que d'elles sortirait la royauté de David et de Salomon ; et comme cela sera expliqué, il n'alla sauver que pour les deux bonnes perles (Baba Kama 38b).
Voir plus loin, cette paracha, alinéa 14 [3], alinéa 27, alinéa 33, alinéa 35.] Et le Saint béni soit-Il lui dit 'Lekh lekha' (Va pour toi) : car la sagesse de la Torah est distincte de la sagesse de ce monde. Toutes les sagesses, l'homme peut les maîtriser même s'il ne se fatigue pas tant à en souffrir, et il peut en atteindre la profondeur ; mais la sagesse de la Torah, si l'homme veut la comprendre et atteindre sa vérité, il est contraint de s'introduire lui-même en son sein et d'en souffrir, car l'homme ne maîtrise les paroles de la Torah que s'il y a d'abord trébuché, comme il est enseigné dans le Talmud (Guitin 43a).
[Note 50 : Cela est bien expliqué dans le Mei ha-Shiloah, 1re partie, parashat Devarim, s.v. Ehad : 'Onze jours depuis Horeb' (Dt 1,2).
Car lors du don de la Torah le cœur d'Israël n'était pas encore purifié pour se laisser entraîner parfaitement après la volonté du Nom ; par leur seul intellect ils comprirent qu'il était bon pour eux d'accomplir la volonté du Nom, mais leur cœur n'était pas purifié ; c'est seulement à l'entrée dans le pays que leur cœur fut purifié. Et c'est ce que leur dit notre maître Moché, la paix soit sur lui : 'Onze jours depuis Horeb', c'est-à-dire : quand vous étiez à Horeb et receviez la Torah, vous pensiez que votre cœur était déjà purifié, car vous marchiez comme en trois jours ; mais en vérité il n'en est pas ainsi, car il y a une distance de onze jours, et vous n'aviez pas acquis les paroles de la Torah au point qu'elles se fixent en votre cœur ; c'est seulement après les quarante ans, par les obstacles et les épreuves, que par cela votre cœur fut purifié, car l'homme ne maîtrise les paroles de la Torah que s'il y a trébuché (Guitin 43a).] Et le Saint béni soit-Il lui dit 'Lekh lekha' : va-t'en de la sagesse de ce monde et va vers la sagesse de la Torah.
Et bien qu'il t'apparaisse que la royauté de la maison de David advient par des roulements tortueux (guilgoulin akoumin) par voie de yiboum, cependant, si tu approfondis et t'introduis dans leur intériorité, tu verras clairement qu'ils procèdent par voie droite ; et l'essentiel de l'aspect (behina) de 'Ata' (Toi, dont les lettres sont aleph-tav-hé, אתה) revient surtout à la tribu de Juda, ainsi qu'il est écrit (Vayehi, Gn 49,8) 'Juda, c'est toi (Ata)', et il est dit à ce sujet dans le saint Zohar (Mishpatim 104a) : 'Ata -- ce lieu-ci à besoin de ce Nom-ci et non d'un autre ; Juda est le premier père et le second père, et il n'y eut jamais en lui de substitution.' Et 'Ata' fait allusion à ce qui est face à face, par voie droite. Et pour comprendre ceci -- pourquoi le Saint béni soit-Il a établi cette conduite où l'on voit en ce monde qu'il se trouve de la séparation (piroud) dans la création, alors que le Saint béni soit-Il est Un ; il aurait donc été convenable que dans le monde qu'Il a créé il n'y ait pareillement aucune séparation, mais seulement inclusion (hitkallelout) -- sache que rien n'est caché au Saint béni soit-Il, et il était dévoilé devant Lui qu'il se trouverait dans le monde des créatures qui voudraient oublier le Nom de ה', comme la génération de la dispersion (dor haflaga), dont toute l'unité visait à bâtir la tour, et par cela ils oublieraient le Saint béni soit-Il, comme il est enseigné dans le Talmud (Sanhédrin 109a) : 'l'air de la tour fait oublier' ; c'est pourquoi ה' les dispersa et ils furent séparés à l'extrême, comme il est dit dans le Midrach (Lekh Rabba 39) que la génération de la dispersion est comparée à un palais en flammes ; et la force du feu est ce qui sépare le plus, comme il est enseigné dans le Talmud (Roch ha-Shana 28a, Souka 31b) : 'puisqu'il est voué à la combustion, sa mesure est déjà considérée comme broyée' (ketoutei mekhatat shiourei) ; et par la séparation on reconnaît 'Qui a créé ceux-ci' (Is 40,26).
Et le commencement de cette reconnaissance se fit par nos saints pères, par qui l'honneur de Sa royauté, qu'Il soit béni, se révéla même en ce monde, comme il est enseigné dans le Talmud (Pessahim 88a) : Abraham L'appela 'montagne', Its'hak L'appela 'champ', Yaakov L'appela 'maison'. [Note 51 : Sa source est dans le Mei ha-Shiloah, traité Pessahim (88a), s.v.
Vé-amar : Abraham L'appela 'montagne', c'est-à-dire qu'il y a une saillie (protubérance) où se trouve le Créateur du monde, et l'homme doit écouter Sa voix et abandonner tout désir de ce monde en faveur de Son service. Et Its'hak L'appela 'champ', c'est-à-dire que le Nom se trouve en tout lieu, et tout ce que l'homme perd en faveur du service du Nom, Il le lui rendra avec surcroît, comme un champ que l'on ensemence.
Et Yaakov L'appela 'maison', car l'homme ne peut lever sa main ni son pied sans Sa volonté, qu'Il soit béni ; comme une maison qui enveloppe, ainsi l'homme est enveloppé et ne peut transgresser la volonté du Nom.] Abraham L'appela 'montagne', c'est-à-dire qu'il entra dans des lieux tels qu'il est impossible à l'homme d'y subsister, et par cela il montra à tous que 'toute la terre est remplie de Sa gloire' (Is 6,3), et que c'est Lui qui donne à l'homme l'esprit (daat) de subsister même là ; car 'montagne' fait allusion à une force immense, car bien qu'Il soit caché en tout lieu, on reconnaît par une saillie manifeste qu'il y a en ce lieu une grande force, et par le service (avoda) son intériorité se révèle. Its'hak L'appela 'champ', c'est-à-dire qu'il rendait toute chose au Saint béni soit-Il qui la lui avait donnée, dans sa confiance (bitahon) en le Saint béni soit-Il que si la chose était bonne à Ses yeux, alors Il ferait germer pour lui un bien encore plus grand que celui-ci ; comme l'intention de celui qui sème un kor (mesure) dans son champ est d'en rentrer plusieurs kor.
[Note 52 : Comme expliqué dans le Tiferet Yossef, fête de Souccot, s.v. Va-yizra [3] : Ainsi parla l'honneur de mon aïeul, mon maître et enseignant, que le souvenir du juste et saint soit pour la vie du monde à venir -- la mesure (midda) d'Its'hak est comparée au semis.
Comme le semis, où celui qui n'a pas l'intelligence du semis imagine que le semeur perd le grain dans la terre entièrement, mais le semeur lui-même croit fermement qu'il en germera beaucoup ; car un homme sème-t-il une saa (mesure) sinon pour en tirer beaucoup de kor, etc. Et voici ce qui est comparé au semis : dans le semis, là, on ne reconnaît pas combien d'ajouts le Saint béni soit-Il peut y ajouter ; car s'il y a une petite pousse, comme une récolte qui n'a pas atteint le tiers de sa maturité, on reconnaît tout de même combien on peut y ajouter, mais dans le semis, là, on ne reconnaît pas combien le Saint béni soit-Il peut y ajouter.
Et toute la question du semis chez Its'hak notre père est expliquée dans le Sod Yesharim, fête de Souccot, alinéas 55, 69, 72 ; plus loin parashat Toldot alinéas 2, 3 s.v. Vé-zehou et s.v.
Vé-zeh ; parashat Vayishlah alinéa 4 s.v. Ou-khshe-ratsa ; parashat Vayigash alinéa 27.] Yaakov L'appela 'maison', c'est-à-dire qu'il avait l'inclusion (hitkallelout) de ces deux mesures, et il ne désirait aucune expansion dans le monde ; et quand il voulait accomplir quelque action, il réfléchissait d'abord, de peur que ה' peut-être n'ait pas choisi cela, et il clarifiait d'abord toutes ses affaires afin qu'elles n'aient pas à être clarifiées ensuite.
Et dans ces trois forces est compris le monde tout entier.
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו'. בזוה"ק (לך עו:) רבי אבא פתח שמעו אלי אבירי לב הרחוקים מצדקה, כמה תקיפין לבייהו דחייביא דחמאן שבילי ואורחי דאורייתא ולא מסתכלין בהו וכו' וכיון דאינון רחוקים מצדקה רחוקין אינון משלום דלית לון שלום.
הענין בזה, דהנה שלום הוא שמא דקב"ה כדאיתא בש"ס (שבת י:), והוא מפני שהשי"ת הוא השלם בכל השלימות, וכל השלימות שנמצא בעולם הוא מהשי"ת, ובמדת השלום נכללו כל הטובות. וזה הוא הענין שפתח הזוה"ק בזו הפרשה בענין השלום, מה כתיב לעיל מיניה בנין דור הפלגה, שהתאחדו אגודה אחת אחר שראו הכליון שנעשה בדורות אשר קדמו להם דור אנוש ודור המבול, שכל מעשיהם היו להיותן עורקין קמי מארייהו בכדי שלא יתבטלו ברב האור, והיה ביניהם גזל וחמס ומחלוקת ועל זה נחתם גזר דינם, וכדאיתא בש"ס (סנהדרין קח.) ובמדרש נח (פרשה לח).
ולזה לא רצו דור הפלגה לפנות בזה הדרך, פן גם עליהם יעבור זה הכוס, ואמרו זה לזה בואו ונעשה תחבולה שמעתה יוכרח השי"ת להשכין שכינתו בנו, ועשו אגודה אחת באהבה ואחדות, בחשבם שעי"ז יוכרח השי"ת לשכון בהם ולהשפיע להם כל הטובות כל אשר יחפצו, מאחר שראו שמעת שברא השי"ת את העוה"ז חפץ הוא בהוית העולם ולא בהשחתתה. שכן אף בדור המבול שהשי"ת מחה את כל היקום מעל פני האדמה, עכ"ז השאיר שארית בארץ נח הצדיק ובניו, משמע שבכל דור ודור, אף בדור החייב כליה, מ"מ נמצא ביניהם איש אשר בו יבחר ה', ועליו עומד כל העולם, נמצא שאם יעשו כולם אגודה אחת, שאף זה האיש הנבחר יהיה ביניהם, שהשי"ת דורש טובתו וחפץ בקיומו, ממילא לא יוכל לשלוט בהם שום קץ וכליון, והשי"ת יהיה ח"ו מוכרח לשכון בהם ולהשפיע להם כל משאלותםנגכל העניין מבואר לעיל פרשת נח אות נא, נב, נג, נד..
אמנם כן הוא באמת, שמה טוב הוא מדת השלום, שהשי"ת נקרא בשם שלום, ומזה שיש בין הברואים אהבה ואחוה ושלום בין איש ובין רעהו, משמע מזה שה' אחד הוא השוכן ביניהם ומאחד אותם, שאם לא כן אפוא מי הוא המאחד אלו הפרטים וההפכיים, שכן נמצא בכל פרט התערבות חושך ואור, ואיך יוכל להתאחד חושך של זה האיש עם האור שנמצא בחבירו, ויעשו כולם אגודה אחת. משמע מזה שכל זה הוא מפני שהשי"ת שהוא אחד ושלם בכל השלימות שוכן ביניהם, ועי"ז יוכלו להתאחד גם הםנדכמו שביאר בתפארת יוסף פרשת נשא ד"ה וישם:
כי כל זמן שיש עדיין מחלוקת ופירוד אצל ישראל אין הברכה עדיין בשלימות. וכדאיתא (סוף עוקצין) לא מצא הקב"ה כלי מחזיק ברכה לישראל אלא שלום, וע"ז הוא הברכה של וישם לך שלום, שהשי"ת ישכין ביניכם אחדות ושלום ועי"ז יהיה הברכה בשלימות..
אכן כ"ז הוא אם ייטיבו דרכם ומעלליהם אל השי"ת לבחור בטוב ולמאוס ברע, אזי יבחר גם בהם השי"ת וישכון בהם אהבה ואחוה ושלום וישפיע להם כל הטובותנהעיין לעיל פרשה זו אות א הרחבת ההסבר בעניין.. שאני דור הפלגה שהיו אוחזים רק בהרגלים, היינו בלבוש האחרון מזו המדה, שעיקר הכוונה שלהם בעשותם אגודה אחת היה שעי"ז ישפיע להם השי"ת כל הטובות, וכאשר ינתן להם השפעת ה' אז יתפשטו בה כאות נפשם וכחפץ לבם:
'Et ה' dit à Abram : Va pour toi, etc.' (Gn 12,1). Dans le saint Zohar (Lekh 76b) : Rabbi Abba ouvrit son propos : 'Écoutez-moi, cœurs orgueilleux (abirei lev), éloignés de la justice' (Is 46,12) -- combien sont endurcis les cœurs des coupables qui voient les sentiers et les chemins de la Torah et ne les regardent pas, etc. ; et puisqu'ils sont éloignés de la justice (tsedaka), ils sont éloignés de la paix, car ils n'ont pas de paix.
Le sens de la chose : car voici, 'Shalom' (Paix) est un Nom du Saint béni soit-Il, comme il est enseigné dans le Talmud (Chabbat 10b) ; et cela parce que le Saint béni soit-Il est le Parfait en toute perfection, et toute la perfection qui se trouve dans le monde vient du Saint béni soit-Il, et dans la mesure de la paix sont inclus tous les biens. Et c'est la raison pour laquelle le saint Zohar a ouvert cette paracha par le thème de la paix : qu'est-il écrit juste avant ?
La construction de la génération de la dispersion, qui s'unirent en un seul faisceau après avoir vu l'anéantissement (kilayon) qui advint aux générations qui les précédèrent, la génération d'Enosh et la génération du déluge, dont toutes les actions consistaient à fuir devant leur Maître (orkin kamei mareihon) afin de ne pas être annulés dans l'abondance de la lumière ; et il y avait parmi eux vol, violence (hamas) et discorde, et sur cela fut scellé leur verdict, comme il est enseigné dans le Talmud (Sanhédrin 108a) et dans le Midrach Noah (paracha 38). C'est pourquoi la génération de la dispersion ne voulut pas se tourner dans cette voie, de peur que sur eux aussi ne passe cette coupe ; et ils se dirent l'un à l'autre : Venez, faisons une ruse (tahboula), de sorte que désormais le Saint béni soit-Il soit contraint de faire demeurer Sa Chekhina en nous ; et ils firent un seul faisceau dans l'amour et l'unité, pensant que par cela le Saint béni soit-Il serait contraint de demeurer en eux et de leur épancher tous les biens, tout ce qu'ils désireraient, puisqu'ils voyaient que, dès le moment où le Saint béni soit-Il a créé ce monde, Il désire l'existence du monde et non sa destruction.
Car même dans la génération du déluge, où le Saint béni soit-Il effaça tout être de la surface de la terre, malgré cela Il laissa un reste sur la terre : Noé le juste et ses fils -- ce qui implique qu'à chaque génération, même dans une génération passible d'anéantissement, il se trouve pourtant parmi eux un homme que ה' choisira, et sur qui tient le monde entier. Il s'ensuit que s'ils font tous un seul faisceau, en sorte que même cet homme choisi soit parmi eux -- lui dont le Saint béni soit-Il recherche le bien et désire le maintien -- alors nécessairement aucune fin ni anéantissement ne pourra les dominer, et le Saint béni soit-Il serait, à Dieu ne plaise, contraint de demeurer en eux et de leur épancher toutes leurs demandes.
[Note 53 : Toute cette question est expliquée plus haut, parashat Noah, alinéas 51, 52, 53, 54.] En vérité il en est bien ainsi : combien bonne est la mesure de la paix, car le Saint béni soit-Il est appelé du nom de 'Shalom' ; et du fait qu'il y a entre les créatures amour, fraternité et paix entre un homme et son prochain, cela implique que 'ה' Un' est Celui qui demeure parmi eux et les unifie ; car sinon, qui donc unifierait ces particuliers et ces contraires ? Puisqu'il se trouve en chaque particulier un mélange de ténèbre et de lumière, comment la ténèbre de cet homme pourrait-elle s'unir avec la lumière qui se trouve chez son compagnon, et qu'ils fassent tous un seul faisceau ?
Cela implique que tout cela n'est que parce que le Saint béni soit-Il, qui est Un et parfait en toute perfection, demeure parmi eux, et par cela eux aussi peuvent s'unir. [Note 54 : Comme l'a expliqué le Tiferet Yossef, parashat Nasso, s.v.
Vé-yasem : car tant qu'il y a encore discorde et séparation chez Israël, la bénédiction n'est pas encore complète ; et comme il est enseigné (fin du traité Ouktsin) : le Saint béni soit-Il n'a trouvé pour Israël aucun réceptacle contenant la bénédiction sinon la paix, et c'est cela la bénédiction de 'et qu'Il te donne (yasem) la paix' (Nb 6,26), que le Saint béni soit-Il fasse demeurer parmi vous unité et paix, et par cela la bénédiction sera complète.] Cependant tout cela n'est que s'ils améliorent leur voie et leurs actes envers le Saint béni soit-Il, pour choisir le bien et rejeter le mal ; alors le Saint béni soit-Il les choisira eux aussi et fera demeurer en eux amour, fraternité et paix, et leur épanchera tous les biens. [Note 55 : Voir plus haut, cette paracha, alinéa 1, pour un développement de l'explication sur ce sujet.] Il en va autrement de la génération de la dispersion, qui ne se tenaient qu'aux 'jambes' (ha-raglayim), c'est-à-dire au vêtement le plus extérieur de cette mesure ; car leur intention essentielle en faisant un seul faisceau était que par cela le Saint béni soit-Il leur épanche tous les biens, et lorsque l'épanchement de ה' leur serait donné, alors ils s'y étendraient selon le désir de leur âme et l'envie de leur cœur.
וזה השלום הוא מעלמא דפרודא, עד היכן, עד שעבדו לכח האש, שכן נמרוד שהיה הראש מדור הפלגה אמר לאברהם אבינו אני איני משתחוה אלא לאור וכו' כדאיתא במדרש (נח רבה צח). ולמה היו עובדים לאש, מפני שהיו מתיראים פן יפיצם ה', לזה היו עובדים לאש, שכן הוא האופיא של כל האומות שמהדבר שמתיראים שלא יבוא עליהם עושים זאת לדחלא ועובדים לזהנולעיל פרשה זו אות ג ד"ה וזה הוא דאיתא ברש"י ובהערה כג שם., וכענין דאיתא במי השלוח פ' בשלח ח"א (בפסוק נכחו תחנו).
ומה הוא כח האש שמפרר כל דבר לפירורים, שאינו מכלה הדבר לגמרי אך מפרר לפירורים, כדמשמע בש"ס (סוכה לא:) שלולב של אשירה פסול, ובש"ס (חולין פט) אפר של עצי אשרה כשר לכיסוי הדם, משמע מזה דלא אמרינן דכמאן דליתא דמי דא"כ במה מכסה את הדם, שהתורה צותה לכסות את הדם, מוכח מזה דלא אמרינן דכמאן דליתא דמי, לזה כשר לכיסוי הדם. והטעם שלולב של עצי אשירה פסול הוא מטעם כתותי מכתת שיעוריה כדאיתא שם הטעם בגמרא, לזה הוא פסול, כי לולב צריך שיעור, ולולב של אשירה עומד לשריפה, לכן אמרינן כתותי מכתת שיעוריה, אף דלא אמרינן דכמאן דליתא דמי, אכן אין בו ההתחברות והוה כמו שנתפרד לפירודים ופירורים ואין בו השיעור.
ולזה היו עובדים לכח האש ועשאוהו לדחלא, שלא יגיעם קץ זה, ומגורת רשע היא תבואנו, הם אמרו פן נפוץ, וה' הפיצם מעל פני האדמה. ואף שבאמת שורש כח המחלק ומפרד יש בו טובה גדולה במקומו ובעתו, שהשפע הנשפע מהש"י אין כח הכלי קיבול של האדם לקבלו כשהוא בשפע רב שהוא בגודל אור יותר מכפי שנמצא כח בהבריאה לקבל, לזה צריך לאדם כח המפרר שיוכל אדם לקבל שפעת השי"ת בהדרגה על יד על ידנזמבואר לעיל פרשת נח אות נב ד"ה וזהו כענין, פרשת ויצא אות ו.:
Et cette paix est du monde de la séparation (alma de-perouda) -- jusqu'où ? Jusqu'à ce qu'ils servent la force du feu ; car Nemrod, qui était le chef de la génération de la dispersion, dit à Abraham notre père : 'Moi, je ne me prosterne que devant le feu', etc., comme il est dit dans le Midrach (Noah Rabba 98).
Et pourquoi servaient-ils le feu ? Parce qu'ils craignaient que ה' ne les disperse ; c'est pourquoi ils servaient le feu, car telle est la nature (oufya) de toutes les nations : de la chose qu'elles craignent qu'elle ne vienne sur elles, elles font un objet de crainte-idolâtrie (dahala) et le servent.
[Note 56 : Plus haut, cette paracha, alinéa 3, s.v. Vé-zeh hou, ce qui est rapporté dans Rachi, et note 23 là-bas.] Et comme la chose rapportée dans le Mei ha-Shiloah, parashat Beshalah, 1re partie (sur le verset 'vous camperez en face de lui', Ex 14,2).
Et qu'est-ce que la force du feu ? Qu'elle émiette toute chose en miettes, sans consumer la chose entièrement mais en l'émiettant en miettes ; comme il ressort du Talmud (Souka 31b) qu'un loulav (branche de palmier) provenant d'une ashéra (arbre idolâtre) est invalidé, et du Talmud (Houlin 89) que la cendre du bois d'une ashéra est valide pour recouvrir le sang -- ce qui implique qu'on ne dit pas qu'elle est considérée comme inexistante (ke-man de-leta dami), car s'il en était ainsi, avec quoi recouvrirait-on le sang ?
Or la Torah a ordonné de recouvrir le sang ; il est donc prouvé qu'on ne dit pas qu'elle est comme inexistante, et c'est pourquoi elle est valide pour recouvrir le sang. Et la raison pour laquelle un loulav de bois d'ashéra est invalidé relève du principe 'sa mesure est déjà considérée comme broyée' (ketoutei mekhatat shiourei), comme la raison en est donnée là dans la Guemara : c'est pour cela qu'il est invalidé, car un loulav requiert une mesure, et un loulav d'ashéra est voué à la combustion ; c'est pourquoi on dit que 'sa mesure est déjà broyée', bien qu'on ne dise pas qu'elle est comme inexistante ; cependant il n'y a pas en lui de cohésion, et il est comme ce qui s'est séparé en séparations et en miettes, et il n'a pas la mesure.
Et c'est pourquoi ils servaient la force du feu et en firent un objet de crainte-idolâtrie, afin que cette fin ne les atteigne pas ; mais 'ce que redoute le méchant, c'est cela qui lui advient' (Pr 10,24) : eux, ils dirent 'de peur que nous ne soyons dispersés', et ה' les dispersa de la surface de la terre. Et bien qu'en vérité la racine de la force qui divise et sépare recèle un grand bien en son lieu et en son temps -- car quant à l'épanchement (shefa) épanché par le Nom, la force du réceptacle (keli) de réception de l'homme ne suffit pas à le recevoir lorsqu'il vient en grande abondance, en une grandeur de lumière supérieure à la force qui se trouve dans la création pour recevoir -- c'est pourquoi l'homme a besoin de la force qui émiette, afin qu'il puisse recevoir l'épanchement du Saint béni soit-Il par degrés, progressivement (peu à peu).
[Note 57 : Expliqué plus haut, parashat Noah, alinéa 52, s.v. Vé-zehou ke-inyan ; parashat Vayetse, alinéa 6.]
Ce passage poursuit la signification des Noms tirés de « Tu ouvres Ta main » : les initiales valent 91, yessod de l'abondance ; les finales forment Hatakh, qui la découpe pour que les créatures la reçoivent. « Va vers toi » : Rabbi Its'hak dit qu'Avraham, voyant un palais illuminé, demanda s'il était sans maître, et le maître se pencha. Pour le Beit Yaakov, les nations refusent de se restreindre dans les jouissances, car D.ieu fait tout sans l'aide d'aucune créature. Avraham agit avec crainte et daat, clarifiant ses actes de peur de viser sa jouissance. D.ieu conduit le monde par celui qui Le sert ainsi ; les idolâtres, Il ne les conduit nullement.
Aussi : ceux qui transgressent n'ont aucune part dans l'agir, comme Pharaon ; les mitsvot sont ici des vases vides que le Nom emplira de goût ; Israël aura place au jour grand et redoutable par la splendeur suprême
וזה הוא כוונת השמות היוצאים מהפסוק (תהילים קמ״ה:ט״ז) פותח את ידך ראשי תיבות הם פא"י, בגמטריא צ"א משולב הויה ואדני, שזה רומז על יסוד השפע הנשפע מהשי"ת, וסופי תיבות הם אותיות חת"ךנחכמבואר בפרי עץ חיים שער הזמירות פרק ה., וזה מרמז על התחתכות השפע רב לחתיכות ולחלקים נפרדים, בכדי שעי"ז יהיה כח בהברואים לקבל שפעת השי"ת. ובזה ניכר ההבדל שבין ישראל לעמים, שישראל מקבלים עליהם עול מלכות שמים בכל הכח חיים שנמצא בהם, לזה לא ישלוט בהם אף כח האש, כמו שאנו רואים שכשהפילו את אברהם לכבשן האש באור כשדים לא נשרף, ואף שכח האש מכלה את כל.
כי כן הנהגת השי"ת עם הבריאה מדה במדה, כמו שישראל עושים מצות השי"ת בשלימות הרצון, כן לעומתם מתנהג עמהם השי"ת למעלה מהטבע רק ברצון. והעכו"ם, שכל פעולותיהן הוא כמו מכונה מלאכתית מוצקת, שאם יסבבו הגלגל תעשה מלאכתה אף שהיא גולם בלי רוח חיים, וכן המה עושים הטוב בהשענם על הסמך שעי"ז יוכרח השי"ת למלא משאלות לבם.
אבל לא בחר ה' בזה, כי עיקר הרצון והכוונה מהשי"ת הוא שאדם יתמשך אחר רצונו, שכל אשר יפנה ישכיל ברצון חי, ולא כמו מכונה הסובבת כפי כחה הקבוע בה בלא חיים. וזה הוא כוונת הזוה"ק על דור הפלגה, דחמאן שבילי מאורחוי דאורייתא אבל רחוקים אינון מצדקה שהוא חיים, שכן איתא בזוה"ק (וירא קח) שצדקה הוא ברזא דחיים:
Et telle est la signification des Noms qui dérivent du verset (Psaumes 145,16) 'Tu ouvres Ta main' (potea'h et yadekha) : les initiales (rashei tevot) forment les lettres פ, א, י, dont la guematria est 91, combinaison du Nom (Havaya) et d'Adonaï, ce qui fait allusion au yessod (fondement) de l'abondance (chefa) qui s'épanche de la part du Nom ; et les finales (sofei tevot) forment les lettres ח, ת, ך (le nom Hatakh, comme expliqué dans le Péri Ets Haim, Portail des Zémirot, chapitre 5), ce qui fait allusion au découpage de l'abondance surabondante en morceaux et en parties séparées, afin que par là les créatures aient la force de recevoir l'abondance du Nom. Et par cela se reconnaît la différence entre Israël et les nations : Israël prend sur lui le joug de la royauté des cieux avec toute la force vitale qui se trouve en lui, aussi la puissance même du feu ne domine-t-elle pas sur lui, comme nous voyons que, lorsqu'on jeta Abraham dans la fournaise ardente à Our-Kasdim, il ne fut pas brûlé, quoique la puissance du feu consume tout.
Car ainsi est la conduite du Nom envers la création, mesure pour mesure : de même qu'Israël accomplit les commandements du Nom dans la perfection du vouloir, de même, en regard, le Nom se conduit avec lui au-dessus de la nature, uniquement par le vouloir. Quant aux idolâtres (akoum), dont toutes les actions sont comme une machine artificielle rigide qui, si l'on en tourne la roue, accomplit son ouvrage bien qu'elle soit un golem sans souffle de vie, ainsi accomplissent-ils le bien en s'appuyant sur l'idée que par là le Nom sera contraint de combler les demandes de leur cœur.
Mais le Nom n'a pas choisi cela, car le vouloir et l'intention essentiels du Nom sont que l'homme se laisse entraîner à la suite de Sa volonté, de sorte que, partout où il se tourne, il agisse avec discernement dans un vouloir vivant, et non comme une machine qui tourne selon sa force fixe, sans vie. Et telle est l'intention du saint Zohar au sujet de la génération de la dispersion (dor haflaga) : 'ils voyaient les sentiers parmi les voies de la Torah, mais ils sont éloignés de la tsedaka' - laquelle est la vie, car il est enseigné dans le saint Zohar (Vayera 108) que la tsedaka relève du secret de la vie.
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו'. א"ר יצחק משל לאחד שהיה עובר ממקום למקום ראה בירה אחת דולקת.
אמר תאמר שהבירה הזו בלא מנהיג הציץ עליו בעל הבירה. א"ל אני הוא בעל הבירה.
כך לפי שהיה אבינו אברהם אומר, תאמר שהעולם הזה הוא בלא מנהיג, הציץ עליו הקב"ה ואמר לו אני הוא בעל העולם (לך רבה לט). הענין בזה דהנה האומות אומרים שאין צורך שהאדם יצמצם את עצמו בהנאת עולם הזה שעי"ז יהיה לו הכרה בהנהגת השי"ת שהציב בעוה"ז, כי זה נראה כאלו הוא מסייע להנהגת השי"ת, וכי צריך הוא לסיועת שום בריאה, הלא הוא לבדו עושה כל שבכחו הגדול והיכולת בידו להנהיג את כל העולם בלא שום סיוע, ואף העולה במחשבות האדם וכל רצונותיו הלא המה מהשי"ת, וא"כ למה יצמצם האדם את עצמו באלו הרצונות, ולזה כל אשר יעלה על רוח האדם וכל חפציו יעשה.
אכן אברהם אבינו לא בחר בדרכיהם להלוך אחר מחשבות לבו, רק היה ביראת ה' תמיד לעשות מעשהו בחשבון ודעת, כי אמר אולי אין השי"ת מנהיג אותי בזה הרצון העולה על רוחי, מאחר שנתן באדם חכמה ודעת מה שאין כן בשום בריאה, משמע מזה שאין טוב לאדם לעשות מעשהו בלי דעת כבהמה, דא"כ למה לו בינה ודעת שנתנו לו מן השמים, וכל מה שפעל ועשה אף כי בדעת עשהו, עכ"ז היה מעמיק בה לבררה עוד יותר, כי פן מפני שהוא נוגע לעצמו לעשות זאת לזה אף השכל מטעהו ולהנאתו קא מכוון ואסור. וכן היה עסקו תמיד לברר ולנקות פעולותיו ומעשה ידיו בבירור אחר בירור.
ולזה הרעיש והתפלא תאמר שהעולם בלא מנהיג, ואמר לו השי"ת אני הוא בעל העולם, והוא שבאמת מנהיג השי"ת את כל העולם, ולא יעשה שום דבר מבלעדו ית', ומה שיעשה האדם הוא רצון השי"ת, אכן ע"י מי יעשה השי"ת שליחותו לקיים רצונו, מאן דרדיף אבתריה למנדע ליה לקב"ה לעבדו ביראה ופחד לעשות מעשיו בדעת וחשבון. לזה מראה השי"ת שהוא בעל העולם ומנהיגה, ומבלעדו לא ירים איש את ידו ואת רגלו.
אבל בעכו"ם, מצדם אין השי"ת מנהיג אותם כלל, וכדאיתא בזוה"ק (ויקרא קג:) נודע בשערים בעלה כל חד וחד לפום מה דמשער בלביה ובנפשו הכי אתיידע בלביהנטכמבואר בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קכט: כמו שהאדם קובע בנפשו אמונת הש"י, כן מנהג עמו הש"י, וכדאי' בזוה"ק (וירא קג:) נודע בשערים בעלה דא קוב"ה דאיהו אתיידע ואתדבק לפום מה דמשער בלביה כל חד כמה דיכיל לאתדבקא ברוח דחכמתא.
וכמו שכתבנו בהקדמה בענין השגחת הש"י שהוא כפי אמונת האדם. וכדאי' בתו"כ (בחוקותי) ואם תלכו עמי קרי אף אני אלך וגו' אם תעשו אותי עראי בעולם אף אני אעשה אתכם עראי בעולם.
והיינו שמי שמאמין וסובר שהעולם מקרה הוא, כפי אמונתו כן מנהג עמו הש"י, והוא נתון תחת המקרה, וכשיאמין שהש"י משגיח בכל פרט, אז מצדו משגיח הש"י בכל פרט הבריאה לטובתו. וכן נתבאר בתפארת יוסף שמיני עצרת ד"ה עשר:
שכמה שאדם קובע בלבו השגחת השי"ת, כן משגיח עליו השי"ת. וכמו שאיתא בזוה"ק (וירא קג:) נודע בשערים בעלה דא קוב"ה דאתידע ואתדבק לפום מה דמשער בלביה והיינו שכפי שאדם מכין עצמו על השראת אורו ית', כן שורה עליו השי"ת ושומרו.
עיי"ש כל העניין.:
'Et le Nom dit à Abram : Va vers toi (lekh lekha), etc.' Rabbi Its'hak a dit : une parabole. Un homme passait d'un lieu à un autre ; il vit un palais (bira) illuminé.
Il dit : dira-t-on que ce palais est sans maître ? Le maître du palais se pencha vers lui.
Il lui dit : c'est moi le maître du palais. Ainsi, parce que notre père Abraham disait : dira-t-on que ce monde est sans conducteur ?, le Saint béni soit-Il se pencha vers lui et lui dit : c'est moi le maître du monde (Lekh Rabba 39).
Voici le sens de la chose. Les nations disent qu'il n'est pas besoin que l'homme se restreigne dans la jouissance de ce monde afin d'avoir par là une reconnaissance de la conduite du Nom qu'Il a établie en ce bas monde ; car cela paraîtrait comme s'il prêtait main-forte à la conduite du Nom - or a-t-Il besoin de l'aide d'aucune créature ?
N'est-ce pas Lui seul qui fait tout, puisque, par Sa grande puissance et Son pouvoir, il est en Sa main de conduire le monde entier sans aucune aide ; et même ce qui monte dans les pensées de l'homme et tous ses désirs, ne viennent-ils pas du Nom ? S'il en est ainsi, pourquoi l'homme se restreindrait-il dans ces désirs ?
Aussi, tout ce qui monte en l'esprit de l'homme et tous ses souhaits, qu'il les accomplisse. Or Abraham notre père ne choisit pas leur voie d'aller à la suite des pensées de son cœur, mais il se tenait toujours dans la crainte du Nom pour faire ses actes avec réflexion et discernement (da'at) ; car il disait : peut-être le Nom ne me conduit-il pas dans ce désir qui monte en mon esprit ; dès lors qu'Il a donné à l'homme sagesse et discernement, ce qu'aucune autre créature n'a, cela implique qu'il n'est pas bon pour l'homme de faire son acte sans discernement, comme une bête ; car s'il en était ainsi, à quoi bon l'intelligence (bina) et le discernement qui lui ont été donnés du Ciel.
Et tout ce qu'il œuvrait et faisait, bien qu'il le fit avec discernement, il y approfondissait encore pour le clarifier davantage, de peur que, parce que cela le touche personnellement, l'intellect même ne l'égare et qu'il ne vise sa propre jouissance, ce qui serait interdit. Et telle fut toujours son occupation : clarifier et purifier ses actions et l'œuvre de ses mains, clarification après clarification.
C'est pourquoi il fut saisi d'étonnement : dira-t-on que le monde est sans conducteur ? Et le Nom lui dit : c'est moi le maître du monde.
C'est qu'en vérité le Nom conduit le monde entier, et rien ne se fait sans Lui, béni soit-Il, et ce que l'homme fait est la volonté du Nom ; toutefois, par qui le Nom accomplit-Il Sa mission pour réaliser Sa volonté ? Par celui qui poursuit la connaissance du Saint béni soit-Il, pour Le servir dans la crainte et l'effroi, faisant ses actes avec discernement et réflexion.
C'est pourquoi le Nom montre qu'Il est le maître du monde et son conducteur, et que sans Lui nul ne lève la main ni le pied. Mais les idolâtres, de leur côté, le Nom ne les conduit nullement, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayikra 103b) : 'son époux est connu aux portes' (Proverbes 31,23) - chacun selon ce qu'il conçoit en son cœur et en son âme, ainsi cela est connu en son cœur.
[Note : comme expliqué dans le Chaar haÉmouna (Portail de la Foi), introduction au Beit Yaakov, feuillet 129 : de même que l'homme fixe en son âme la foi au Nom, ainsi le Nom se conduit avec lui, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayera 103b) 'son époux est connu aux portes' - c'est le Saint béni soit-Il, qui est connu et auquel on s'attache selon ce que chacun conçoit en son cœur, chacun autant qu'il peut s'attacher au souffle de la sagesse. Et comme nous l'avons écrit dans l'introduction, au sujet de la providence (hashga'ha) du Nom, qui est selon la foi de l'homme.
Et comme il est dit dans le Torat Kohanim (Be'houkotai) : 'et si vous marchez avec Moi par hasard (keri)... Moi aussi J'irai...' - si vous faites de Moi une chose occasionnelle dans le monde, Moi aussi Je vous ferai occasionnels dans le monde.
C'est-à-dire : celui qui croit et pense que le monde est hasard, selon sa foi le Nom se conduit avec lui, et il est livré au hasard ; et lorsqu'il croit que le Nom veille (mashgia'h) sur chaque détail, alors, de son côté, le Nom veille sur chaque détail de la création pour son bien. De même il est expliqué dans le Tiferet Yossef, Chemini Atseret, s.v. 'esser' : autant l'homme fixe en son cœur la providence du Nom, autant le Nom veille sur lui.
Et comme il est dit dans le saint Zohar (Vayera 103b) 'son époux est connu aux portes' - c'est le Saint béni soit-Il, qui est connu et auquel on s'attache selon ce que chacun conçoit en son cœur ; c'est-à-dire : selon que l'homme se prépare à la résidence de Sa lumière, ainsi le Nom repose sur lui et le garde. Vois là-bas toute la matière.]
ומה שהשי"ת מנהיג ע"י עוברי רצונו, שבאמת אין בכח שום בריה לעשות היפך מכפי רצון השי"ת, אבל אין להם שום חלק בפעולותיהם, ואין לחשוב אותם לשלוחים העושים רצון משלחם, כי עשייתם הוא כמעשה קוף בעלמא מעשה אצטבע בעלמא, מאחר שאין להם שום הכרה ותפיסה בהנהגת השי"ת, ומצדם מנהג הש"י למעלה משכלם, ולכן אין להם חלק ונחלה בהנהגת הש"י שמנהג בהם, וכמו שיצא כבוד שמים מפרעה שאמר מי כמכה באלים ה' כדאיתא במדרש (בשלח פרשה ח), אבל הוא בעצמו לא היה לו חלק בהכבוד שמים והשארתו הוא רק בתוך ישראל, שמצדם יצא אף מפרעה כבוד שמים, אבל פרעה עצמו אין לו שום חלק בזהסעניין זה נתבאר בהרחבה גדולה בספרי רבוה"ק עיין בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קכז: היינו אף שהש"י עושה שליחותו ע"י הכל ואפילו ע"י עוברי רצונו כעשו הרשע, בכל זאת הוא עצמו אינו רואה איך נעשה על ידו שליחות הש"י, וזהו שאינו רואה גאות ה', אף מה שנעשה על ידו, וכמו שמצינו שנתגדל שם שמים ע"י פרעה כדאי' במכילתא (פ' ח) מי כמכה באלים ה' אמר פרעה.
וכן ע"י המן בשעתו כדאי' במס' מגלה (י:) והיה לה' לשם אלו ימי פורים, לאות עולם לא יכרת זה מקרא מגלה, והם בעצמם אין להם שום חלק בהכבוד שמים שנתגדל ונתרבה על ידם. ובתפארת יוסף סוכות ד"ה בסוכות [ג'] וזה לשונו:
כי באמת כשאדם מגיע לשורש הבהירות, מכיר שהשי"ת מקיף כל הבריאה לבל יטו מרצונו ית', שאפילו מאותם שהם מלא זדון נגד רצונו ית'. גם המה מקיף אותם השי"ת ורק החילוק הוא שאצל האומות הוא כמו שכתוב (תהילים ק״מ:ט׳) זממו אל תפק ירומו סלה.
שהשי"ת מקיף אותם למעלה מדעתם ולהם אין שום חלק בהכבוד שמים העולה מהם. וכמו שמצינו שכבוד שמים עולה מכל האומות כגון מן פרעה בשעתו ומן המן בשעתו, נתעלה כבודו ית' מהם ג"כ.
אבל אין להם שום חלק בזה. מאחר שהוא למעלה מתפיסתם, כי בתפיסתם רצו לעשת ההיפך מזה.
ועיין עוד בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת נח ד"ה והנראה, פ' ויצא ד"ה ושבית, תפארת יוסף חג הסוכות ד"ה למען [ב], שמיני עצרת ד"ה ביום [ב], פורים ד"ה ר' יוחנן, פ' במדבר ד"ה וידבר [ד], חג השבועות ד"ה בשעה [ד], לקמן פ' תולדות אות ב ד"ה והנה.. וזה הוא שנאמר (יחזקאל צט) ושלחתי אש במגוג וביושבי האיים לבטח.
היינו מפני שהם יושבים לבטח בלי שום דאגה ופחד ליראה את ה', רק כל אשר יעלה על מחשבותם יעשוהו בלי שום מעצור, והש"י מנהג על ידיהם למעלה מדעתם, כדאיתא במגילה (ו.) זממו אל תפק ירומו סלה, אחר שאמר בארץ נכוחות יעול. והענין בפירוש ירומו סלה היינו, שנוהג עמם באור מקיף שעומד מרחוק כדאיתא (בעץ חיים), והוא כדאיתא בפסחים (פז:) בהא נחתינן ובהא סלקינן.
ובישראל כתיב (שם) ואת שם קדשי אודיע בתוך עמי ישראל, והוא שבזה יהיה ניכר ההבדל שבין ישראל לאומות, והוא כשיודיע השי"ת את שם קדשו אורו הרב אזי העכו"ם יתבטלו, מאחר שהם ההיפך מזה ואינם נותנים מקום בזה העולם שיודע שם קדשו, לזה הוא המדה שכאשר יודיע השי"ת את שם קדשו הגדול והנורא אזי לא יהיה להם מקום והויה בעולם:
Et quant à ce que le Nom conduit par le moyen de ceux qui transgressent Sa volonté : en vérité, aucune créature n'a le pouvoir de faire le contraire de la volonté du Nom, mais ils n'ont aucune part dans leurs actions, et il ne faut pas les tenir pour des émissaires (chelou'him) accomplissant la volonté de celui qui les envoie ; car leur agir est comme l'acte d'un singe, purement (comme un simple geste machinal) [Note : autre version, 'comme un acte machinal purement'], puisqu'ils n'ont aucune reconnaissance ni saisie de la conduite du Nom ; de leur côté, le Nom conduit au-dessus de leur intellect, et c'est pourquoi ils n'ont ni part ni héritage dans la conduite du Nom qui s'exerce à travers eux. De même que la gloire du Ciel sortit de Pharaon, qui dit 'Qui est comme Toi parmi les puissants, ô le Nom' (Exode 15,11), comme il est dit dans le Midrach (Bechala'h, paracha 8) ; mais lui-même n'avait aucune part dans cette gloire du Ciel, et ce qui en subsiste n'est qu'au sein d'Israël, du côté duquel sortit, même de Pharaon, la gloire du Ciel ; mais Pharaon lui-même n'a aucune part en cela.
[Note : ce point est expliqué très largement dans les livres de nos saints maîtres ; vois le Chaar haÉmouna, introduction au Beit Yaakov, feuillet 127 : a savoir, bien que le Nom accomplisse Sa mission par tout, et même par ceux qui transgressent Sa volonté comme Esav le mécréant, lui-même pourtant ne voit pas comment s'accomplit par lui la mission du Nom, et c'est là ce qu'il ne voit pas de la majesté du Nom, même ce qui s'accomplit par lui ; comme nous trouvons que le nom du Ciel fut magnifié par Pharaon, ainsi qu'il est dit dans la Mekhilta (chap. 8) 'Qui est comme Toi parmi les puissants, ô le Nom' - c'est Pharaon qui le dit.
De même par Haman en son temps, comme il est dit au traité Meguila (10b) : 'et ce sera pour le Nom un renom' - ce sont les jours de Pourim, 'un signe éternel qui ne sera pas retranché' - c'est la lecture de la Meguila ; et eux-mêmes n'ont aucune part dans la gloire du Ciel qui fut magnifiée et multipliée par eux. Et dans le Tiferet Yossef, Souccot, s.v. 'baSouccot' [3], voici ses termes : car en vérité, lorsque l'homme parvient à la racine de la clarté, il reconnaît que le Nom entoure toute la création pour qu'elle ne dévie pas de Sa volonté, en sorte que même ceux qui sont pleins de malice contre Sa volonté, eux aussi le Nom les entoure ; la seule différence est que, chez les nations, il en est comme il est écrit (Psaumes 140,9) 'leur dessein, ne l'accomplis pas, qu'ils s'élèvent, sela' - le Nom les entoure au-dessus de leur connaissance, et ils n'ont aucune part dans la gloire du Ciel qui s'élève d'eux.
Et de même que nous trouvons que la gloire du Ciel s'élève de toutes les nations, par exemple de Pharaon en son temps et de Haman en son temps, Sa gloire fut exaltée par eux aussi ; mais ils n'y ont aucune part, puisque cela est au-dessus de leur saisie, car dans leur intention ils voulaient faire le contraire de cela. Vois encore le Sod Yésharim sur la Torah, du manuscrit de notre saint maître, paracha Noa'h s.v. 'vehanir'é', paracha Vayetse s.v. 'vechavita', Tiferet Yossef, fête de Souccot s.v. 'lema'an' [2], Chemini Atseret s.v. 'bayom' [2], Pourim s.v. 'Rabbi Yo'hanan', paracha Bamidbar s.v. 'vayedaber' [4], fête de Chavouot s.v. 'bicha'a' [4], plus loin paracha Toldot, alinéa 2, s.v. 'vehine'.] Et c'est ce qui est dit (Ezechiel 39,6) : 'Et J'enverrai un feu dans Magog et sur les habitants des îles en sécurité.' C'est-à-dire : parce qu'ils demeurent en sécurité, sans aucun souci ni crainte de révérer le Nom, mais tout ce qui monte en leurs pensées ils l'accomplissent sans aucun frein, et le Nom conduit par leur intermédiaire au-dessus de leur connaissance, comme il est dit dans Meguila (6a) 'leur dessein, ne l'accomplis pas, qu'ils s'élèvent, sela', après qu'il eut dit 'au pays de la droiture il agit perversement'.
Et le sens de 'qu'ils s'élèvent, sela' est qu'Il se conduit avec eux par une lumière entourante (or makif) qui se tient à distance, comme il est dit (dans le Ets Haim) ; et c'est comme il est dit dans Pessa'him (87b) : 'par ceci nous descendons et par ceci nous montons'. Et au sujet d'Israël il est écrit (ibid.) : 'et Je ferai connaître le nom de Ma sainteté au milieu de Mon peuple Israël' ; c'est en cela que se distinguera la différence entre Israël et les nations : lorsque le Nom fera connaître le nom de Sa sainteté, Sa lumière abondante, alors les idolâtres (akoum) s'annuleront, puisqu'ils sont l'opposé de cela et ne donnent aucune place, en ce monde, à ce que soit connu le nom de Sa sainteté ; c'est pourquoi telle est la mesure : lorsque le Nom fera connaître le nom de Sa sainteté, grand et redoutable, alors il n'y aura plus pour eux ni place ni existence dans le monde.
אבל ישראל יוסיפו אומץ אז מזוהרא עלאה שיתפשט בעולם, מאחר שכל ישעם וחפצם ותשוקתם הוא למאיך גרמייהו למשרי עלייהו גאותא דקב"ה, ליתן מקום שיראה וימלא כבודו את כל הארץ, לכן הוא המדה שאף כאשר יבא היום הגדול והנורא יהיה להם מקום והויה אף אז. ואומר עוד (שם) ולא אחל את שם קדשי.
הענין בזה, דהנה מצות מעשיות שישראל מקיימים בעוה"ז אינם מרגישים בהם שום טעם, ובעוה"ז הם המצות נראים ככלים חלולים ונבובים, שעוד לא נתמלאו התרי"ג מצות באור ה' שיהיה לאדם הרגשה בטעמם ושיהנה מהם, כי זה הוא רצון השי"ת שיעשם האדם, ולעתיד יתגלה מפורש האור הטמון בהם, ולעת עתה צוה השי"ת לעשותם אף אם לא ירגיש בהם שום טעם ימשך אחר רצון השי"תסאעיין במי השלוח ח"ב פרשת בא ד"ה והיה [א], ובתפארת יוסף ראש השנה ד"ה וידעת היום: הנה בהתחלה, שאדם הולך לקיים את המצות מעשיות, הם כמשא כבד על האדם, כדאיתא בש"ס (ברכות יז.) אלופינו מסובלים, מסובלים במצות וכו'.
והיינו שמוטל עלינו להעמיק בהלבושים האלה ולראות האורה נמצא בהם. כי באם לא יכיר את הד"ת הנלבש בזאת הפעולה, אז הוא כמשא כבד על האדם, כמו שכתיב (במדבר ז) עבודת הקודש עליהם בכתף ישאו וכו'.
ואח"כ כשבא אדם על הכרה הזאת לראות ולהכיר הד"ת הנמצאים בלבושי ומעשה המצות, סיים, וידעת היום והשבות אל לבבך כי ד' הוא הא-להים. והיינו שמכיר שד' הוא הא-להים, ששם הוי' נמצא בכל אלו הלבושים בשמים ממעל ועל הארץ מתחת אין עוד.
כי באמת, אין בכח אדם להרגיש טעם והנאה בעשותו מצות ה', שכן אומר הכתוב (תהילים לו) מה יקר חסדך א-להים. חסד מרמז על תשוקה וחשק לד"ת ומצות ה', ומעיד הכתוב שהוא דבר יקר עד מאד, ואף צדיק גמור אין בכחו לעשות לעצמו חשק לד"ת ומצות, שאם לא כן לא היה נקרא יקרסבמקורו במי השלוח ח"א מסכת ברכות (יד:) ד"ה ואמר:
כתיב (תהלים לו) מה יקר חסדך אלקים, חסד היינו תשוקה לד"ת וזאת נקרא יקר, לפי שאין זאת ביד האדם לקחת לו. ונתבאר בתפארת יוסף פרשת נצבים ד"ה אתם נצבים [ד]:
ומצד הבריאה הוא מה יקר חסדך שצריך כמה יגיעות קודם שמגיע להכיר החסד הזה וכו'. שמקודם אין כל אחד מכיר זאת ונדמה לו שהחסד הזה הוא יקר מאד..
ולזה אומר הכתוב שאז לא יהיו המצות שנקראים שם קדשי חלולים מטעמם, כי אז ימלא אותם השי"ת בטעם וחשק. וכ"ז יעשה השי"ת לישראל, מאחר שגם ישראל היו יכולים לישב בטח בעוה"ז לעשות כל חפץ לבם, והם לא כן עשו, אך צמצמו את עצמם בכל כחם להבין ולדעת לעשות רק הטוב בעיני ה', ונתנו מקום שיתגדל ויתקדש שמיה רבה, לכן הנה ימים באים שיפתח להם השי"ת כל המקורות של טובה וישראל יושעו בה' תשועת עולמים:
Mais Israël redoublera de force, alors, grâce à la splendeur suprême (zohara ila'a) qui se répandra dans le monde ; puisque tout leur salut, leur désir et leur aspiration est d'abaisser leur propre être pour faire reposer sur eux la majesté du Saint béni soit-Il, afin de donner place à ce que soit vu, et que Sa gloire remplisse toute la terre ; c'est pourquoi telle est la mesure : même lorsque viendra le jour grand et redoutable, il y aura pour eux place et existence, même alors. Et il dit encore (ibid.) : 'et Je ne profanerai pas le nom de Ma sainteté' (Ezechiel 39,7).
Voici le sens de la chose. Les commandements pratiques (mitsvot ma'assiot) qu'Israël accomplit en ce monde, ils n'y ressentent aucun goût, et en ce monde ces commandements apparaissent comme des vases (kelim) creux et vides, car les 613 commandements ne se sont pas encore emplis de la lumière du Nom, en sorte que l'homme aurait sensation de leur goût et en jouirait ; car telle est la volonté du Nom, que l'homme les accomplisse, et dans l'avenir se révélera explicitement la lumière cachée en eux ; pour l'heure, le Nom a ordonné de les accomplir, même si l'homme n'y ressent aucun goût - qu'il se laisse entraîner à la suite de la volonté du Nom.
[Note : vois le Me haChiloa'h, 2e partie, paracha Bo, s.v. 'vehaya' [1], et le Tiferet Yossef, Roch haChana s.v. 'veyadata hayom' : au commencement, lorsque l'homme va accomplir les commandements pratiques, ils sont comme un fardeau pesant sur l'homme, comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 17a) 'nos chefs sont chargés' - chargés de commandements, etc. C'est-à-dire qu'il nous incombe d'approfondir ces vêtements et de voir la lumière qui s'y trouve ; car si l'homme ne reconnaît pas la parole de Torah revêtue dans cet acte, alors il est comme un fardeau pesant sur lui, comme il est écrit (Nombres 7) 'le service du sanctuaire était sur eux, ils le portaient sur l'épaule', etc.
Puis, quand l'homme parvient à cette reconnaissance, à voir et à reconnaître les paroles de Torah qui se trouvent dans les vêtements et l'accomplissement des commandements, il conclut : 'et tu sauras aujourd'hui et tu ramènes à ton cœur que le Nom est Dieu (Elokim)'. C'est-à-dire qu'il reconnaît que le Nom est Dieu, que le Nom (Havaya) se trouve dans tous ces vêtements, 'dans les cieux en haut et sur la terre en bas, il n'y a rien d'autre'.
Car en vérité, il n'est pas au pouvoir de l'homme de ressentir goût et plaisir en accomplissant les commandements du Nom, ainsi que le dit le verset (Psaumes 36) 'que précieuse est Ta bonté ('hessed), ô Dieu' ; 'hessed fait allusion à l'aspiration et au désir des paroles de Torah et des commandements du Nom, et le verset atteste que c'est chose extrêmement précieuse ; et même le juste parfait n'a pas le pouvoir de se créer à lui-même le désir des paroles de Torah et des commandements, car sinon cela ne serait pas appelé 'précieux'. [Note : à sa source dans le Me haChiloa'h, 1re partie, traité Berakhot (14b), s.v. 've'amar' : il est écrit (Psaumes 36) 'que précieuse est Ta bonté, ô Dieu' ; 'hessed, c'est l'aspiration aux paroles de Torah, et cela est appelé 'précieux' parce qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme de le prendre pour lui.
Et il est expliqué dans le Tiferet Yossef, paracha Nitsavim s.v. 'atem nitsavim' [4] : du côté de la création, c'est 'que précieuse est Ta bonté', car il faut bien des efforts avant de parvenir à reconnaître cette bonté, etc. ; car au début nul ne le reconnaît, et il lui semble que cette bonté est fort précieuse (c.-à-d. difficile à atteindre).] C'est pourquoi le verset dit qu'alors les commandements, appelés 'le nom de Ma sainteté', ne seront pas creux de leur goût, car alors le Nom les emplira de goût et de désir. Et tout cela, le Nom le fera pour Israël, puisque Israël aussi aurait pu demeurer en sécurité en ce monde à faire tout le désir de son cœur, et ils n'ont pas agi ainsi, mais se sont restreints de toute leur force pour comprendre et savoir à ne faire que le bien aux yeux du Nom, et ont donné place à ce que soit magnifié et sanctifié Son grand Nom (yitgadal veyitkadash shmeh raba) ; c'est pourquoi voici, des jours viennent où le Nom leur ouvrira toutes les sources du bien, et Israël sera sauvé par le Nom d'un salut éternel.
« Hachem dit à Abram : Va vers toi (lekh lekha). » Rabbi Its'hak dit : Avraham, voyant le déluge (violence contre la bonté) puis la dispersion (unité), s'étonne : le monde est-il sans conducteur, que veut le Nom ? Le Beit Yaakov enseigne que D.ieu désire la paix (chalom) et un édifice éternel : l'homme se restreint dans ce qui est temporaire pour préparer le monde tout entier Chabbat. Avraham ne se contente d'aucune saisie ni d'aucun salut, même éternel ; tout est temporaire au regard de ce que le Nom peut encore lui faire connaître, sans limite. Première et dernière épreuves sont d'une seule façon : marche, et non arrêt.
Aussi : le erouv tavshilin : même la sainteté du jour de fête laisse celle, plus haute, du Chabbat, fixe et établie ; chez les nations, une crainte minime à leur insu et des idoles, comme la tour de la génération de la dispersion
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו'. א"ר יצחק משל לאחד שהיה עובר ממקום למקום וראה בירה אחת דולקת אמר תאמר שהבירה בלא מנהיג.
הציץ עליו בעל הבירה ואמר אני הוא בעל הבירה. כך לפי שהיה אבינו אברהם אומר תאמר שהעולם הוא בלא מנהיג ואמר לו הקב"ה אני הוא בעל העולם (לך רבה לט).
והענין בזה, כאשר ראה אאע"ה את דור המבול שהתפשטו את עצמם ביותר, ולא היה ביניהם שום אחדות רק גזל וחמס, וכדכתיב (בראשית ו׳:י״ג) כי מלאה הארץ חמס, היפך מכפי שהציב השי"ת, שברא את העולם בחסד כדכתיב (תהילים פ״ט:ג׳) כי אמרתי עולם חסד יבנה, והבין העולם עצמו שלא תתקיים על זאת, ונמח כל היקום בשטף מי המבול, ולא נשאר מהם אך נח ובניו. ואחריהם עמד דור הפלגה בשפה אחת ודברים אחדים ואף הם נפוצו.
לזה עמד תמה ואמר, תאמר שהעולם בלא מנהיג, במה חפץ השי"ת לא במחלוקת ולא באחדות. הציץ עליו בעל הבירה ואמר אני הוא בעל הבירה, היינו באמת חפץ אני במדת השלום, ולזה לא נמחו מן העולם רק נפוצו על פני האדמה, כי עוד לא בזה השלום בחר ה', שכוונתם היה שעי"ז יוכלו אחר כך להתפשט בעולם הזה שהוא רק לפי שעהסגעיין לעיל פרשת נח אות נב, נג ובהערות שם..
אכן הש"י יחפוץ בדבר שיתקיים לעדי עד, שהאדם יצמצם את עצמו בכל עניני עוה"ז שהם רק לפי שעה, בכדי שיקנו עי"ז בנין עד עד, להכין בעוה"ז על עולם שכלו שבת ומנוחה לחי עולמים, מי שיטרח בערב שבת יאכל בשבת, וכדאיתא בש"ס עבודה זרה (ג.). וזה הוא שאמרו הציץ עליו ולא אליו, והוא שאמר לו השי"ת שכן הוא רצוני, כמו שאתה מתנהג, להביט על כל מה שנמצא בעולם ולידע מי ברא אלה, ולהעמיק בכל פעם עוד יותר בלי גבול.
שכן אאע"ה אף שבא על המכוון בהשגת שכלו, עכ"ז ידע שכל תפיסתו והשגת שכלו הוא רק לפי שעה, נגד מה שביכולת ה' להודיעו עוד עמוק עמוק מי ימצאנו, ולא היה מסתפק עצמו במה שהיה לו בידו. ואף בקדושת ה' שהאיר השי"ת בהשגת שכלו, ידע שהוא רק כסלקא דעתך כנגד הקמ"ל שיכול השי"ת להאיר לו עוד יותר עד אין סוף, וצפה וקוה תמיד להשי"ת שישיג בשכלו כל פעם עוד יותר המכוון של השי"ת, וכן התנהג מראשית כניסתו לדרכי ה' ועד אחריתו השגיא מאדסדכמבואר לעיל פרשה זו אות ב ובהערה יח שם..
שמתחלה היה עובד לשמש שהיה סובר שהוא העיקר, ואח"ז הבין שנמצא גבוה וגבוהים עליהם, והעמיק לחפור בזה עד שבא למדרגה עלאה דיליה, ולא היה מסתפק עצמו במה שכבר השיג בשכלו:
'Et le Nom dit à Abram : Va vers toi (lekh lekha), etc.' Rabbi Its'hak a dit : parabole d'un homme qui passait d'un lieu à un autre et vit un palais (bira) illuminé. Il dit : dira-t-on que ce palais est sans conducteur ?
Le maître du palais se pencha vers lui et dit : c'est moi le maître du palais. Ainsi, parce que notre père Abraham disait : dira-t-on que le monde est sans conducteur ?, le Saint béni soit-Il lui dit : c'est moi le maître du monde (Lekh Rabba 39).
Voici le sens de la chose. Lorsque notre père Abraham, paix sur lui, vit la génération du déluge (dor hamaboul) qui s'était extrêmement répandue, et parmi laquelle il n'y avait aucune unité mais seulement rapine et violence (hamas), comme il est écrit (Genèse 6,13) 'car la terre est remplie de violence' - à l'opposé de ce qu'a établi le Nom, qui a créé le monde par la bonté ('hessed), comme il est écrit (Psaumes 89,3) 'car J'ai dit : le monde sera bâti par la bonté' - et il comprit que le monde lui-même ne subsisterait pas sur cela, et tout ce qui existe (yekoum) fut effacé par le flot des eaux du déluge, et il ne resta d'eux que Noé et ses fils.
Et après eux se leva la génération de la dispersion (dor haflaga), 'd'une seule langue et de paroles unes' (Genèse 11,1), et eux aussi furent dispersés. C'est pourquoi il fut saisi d'étonnement et dit : dira-t-on que le monde est sans conducteur ?
Que veut donc le Nom - ni la discorde ni l'unité ? Le maître du palais se pencha vers lui et dit : c'est moi le maître du palais - c'est-à-dire : en vérité Je désire la mesure de la paix (shalom), et c'est pourquoi ils ne furent pas effacés du monde mais seulement dispersés sur la face de la terre, car ce n'est pas encore cette paix-là que le Nom a choisie, puisque leur intention était que par là ils pourraient ensuite se répandre en ce bas monde, lequel n'est que temporaire (lefi sha'a - pour un temps).
[Note : vois plus haut, paracha Noa'h, alinéas 52-53, et les notes là-bas.] Mais le Nom désire une chose qui subsiste à tout jamais : que l'homme se restreigne (yetsamtsem) dans toutes les affaires de ce bas monde, qui ne sont que temporaires, afin d'acquérir par là un édifice éternel, pour préparer en ce bas monde en vue du monde qui est tout entier chabbat et repos pour le Vivant des mondes (Hei ha'olamim) ; celui qui peine la veille de chabbat mangera le chabbat, comme il est enseigné dans le Talmud, traité Avoda Zara (3a). Et c'est ce qu'ils ont dit : 'il jeta les yeux sur lui (alav)' et non 'vers lui (elav)' - c'est-à-dire que le Nom lui dit : telle est Ma volonté, comme tu te conduis : regarder tout ce qui se trouve dans le monde et savoir 'qui a créé ces choses' (Isaie 40,26), et approfondir chaque fois davantage, sans limite.
Car notre père Abraham, bien qu'il eût atteint le but visé par la saisie de son intellect, savait pourtant que toute sa compréhension et la saisie de son intellect n'étaient que temporaires au regard de ce qu'il est au pouvoir du Nom de lui faire connaître, plus profond encore - 'profond, profond, qui le trouvera ?' (Ecclésiaste 7,24) - et il ne se contentait pas de ce qu'il avait déjà en main. Et même dans la sainteté du Nom que le Nom faisait resplendir dans la saisie de son intellect, il savait que ce n'était que comme un 'on aurait pu penser' (salka da'atakh) en regard du 'cela nous enseigne' (ka mashma lan), car le Nom peut lui faire resplendir davantage encore, jusqu'à l'infini (ein sof) ; et il espérait et attendait toujours du Nom de saisir par son intellect, chaque fois davantage, le but visé par le Nom ; et ainsi se conduisit-il depuis le commencement de son entrée dans les voies du Nom jusqu'à sa fin, qui fut très grandement élevée (cf.
Job 8,7). [Note : comme expliqué plus haut, cette paracha, alinéa 2, et la note 18 là-bas.] Car au commencement il servait le soleil, pensant qu'il était l'essentiel ; puis il comprit qu'il se trouve plus haut, et de plus hauts encore au-dessus d'eux, et il approfondit ses recherches en cela jusqu'à parvenir à son degré suprême (madrega ila'a dilei), et il ne se contentait pas de ce qu'il avait déjà saisi par son intellect.
וכמו שנמצא חילוקים בבני אדם, אחד יסתפק ויתענג אם יהיה בטוח על פרנסה משך שבעים שנה, ויש אשר לא יתענג עוד מזה, אך אם יהיה לו על משך יותר שישאר אחריו לזכרון. ויש אשר לא יתענג עד אם יהיה לו עושר רב אשר יספיק לו על משך ששת אלפים שנה כל הימים שיתקיים העוה"ז.
ואבינו אברהם לא היה בנייחא אף מתענוג כזה ואף מעושר שיוכל להספיק על משך הרבה אלפים שנה, מפני שידע שכ"ז הוא רק חיי שעה בגבול ותחום, ולמה יתענג מזה, הלא בכחו הגדול יתברך להנחיל חיי עולם בלי שום גבול. ואף כשבא לו ישועת ה' בחיי עולם היה עובד את השי"ת אף בזה, מפני שהאמין בהשי"ת, שנמצא חיי עולם אצל השי"ת להנחיל לאוהביו מה שאין בכח האדם להשיג כלל בתפיסת שכלו כח השי"ת, וכל מה שנושע בה' היה נחשב אצלו כלפי שעה לעומת הישועה שנשארה עוד בכח השי"ת, והאמין בה' ויחשבה לו צדקה, ושלח לו ישועותיו בכל פעם מחדש למלאות מבוקשו.
ואאע"ה היה עובד את השי"ת באלה הישועות, עד שנושע תשועת עולמים, והדר הדרנא ליה לקוב"ה והיה עובדו אף גם בזאת, כי האמין בה', שאף בתשועת עולמים לא השיג בתפיסתו, והאמונה שהיה בכחו לקבל זה הבינו השי"תסהעיין הרחבת העניין בבית יעקב שמות פרשת יתרו אות פט.. אכן אף בחיי עולם נמצא חילוקים למרבה, מאי משמע, שאף את בנו אהובו יחידו שניתן לו למאה שנה, היה עובד השי"ת אף בישועת חיי עולם הזו, והקריבו עולה לה', וצפה וקוה לה' להגיע עד התכלית והשורש מכל דבר, וכמו שהעיד עליו השי"ת (תולדות כו) עקב אשר שמע אברהם בקולי, בקולי דייקא עד אין סוף, שמעולם לא נתמלאה תאותו וצפויו, כי מה שיקוה אדם לחבירו שיעשה לו איזה טובה, אזי אם יעשה לו טובה זו יתמלא מבוקשו, שאני אאע"ה שכל הציפוי והקווי שלו היתה אל השי"ת שהוא בלי שום גבול, לכן לא היה גבול להציפוי והקיווי שלו ג"כ:
Et de même qu'il se trouve des différences parmi les hommes : l'un se contente et se réjouit s'il est assuré de sa subsistance (parnassa) pour une durée de soixante-dix ans ; il en est un autre qui ne se réjouit pas de cela, mais seulement s'il en a pour une durée plus longue, de sorte qu'il en reste après lui en souvenir. Et il en est un autre qui ne se réjouit que s'il possède une grande richesse qui lui suffise pour une durée de six mille ans, tous les jours où subsistera ce bas monde.
Or notre père Abraham ne trouvait de repos (nayacha) même pas dans une telle jouissance, ni dans une richesse qui pourrait suffire pour une durée de plusieurs milliers d'années, parce qu'il savait que tout cela n'est que vie temporaire (hayei sha'a), dans une limite et une borne ; et pourquoi s'en réjouirait-il ? N'est-il pas en Sa grande puissance, béni soit-Il, de faire hériter la vie éternelle (hayei olam) sans aucune limite ?
Et même lorsque lui venait le salut du Nom en vie éternelle, il servait le Nom en cela aussi, parce qu'il croyait au Nom qu'il se trouve auprès du Nom une vie éternelle à faire hériter à ceux qui L'aiment, ce que l'homme n'a nullement le pouvoir de saisir par la compréhension de son intellect - la puissance du Nom ; et tout ce dont il était sauvé par le Nom était considéré à ses yeux comme temporaire au regard du salut qui demeurait encore dans la puissance du Nom ; et 'il crut au Nom, et Il le lui compta comme justice (tsedaka)' (Genèse 15,6), et Il lui envoyait Ses saluts chaque fois à nouveau pour combler sa demande. Et notre père Abraham servait le Nom par ces saluts, jusqu'à être sauvé d'un salut éternel (teshou'at olamim) ; et de nouveau il revenait au Saint béni soit-Il (hadar hadrana lei - 'de nouveau je reviens à Lui') et Le servait encore même en cela, car il croyait au Nom que même dans le salut éternel il n'avait pas saisi par sa compréhension, et la foi qu'il était en son pouvoir de recevoir cela, le Nom la lui fit comprendre.
[Note : vois le développement de la matière dans le Beit Yaakov, Chemot, paracha Yitro, alinéa 89.] Mais même dans la vie éternelle il se trouve des différences à l'infini (lemarbe). Qu'est-ce à dire ?
Que même son fils bien-aimé, son unique, qui lui fut donné à l'âge de cent ans, il servait le Nom même dans ce salut de vie éternelle, et il l'offrit en holocauste (ola) au Nom, espérant et attendant du Nom de parvenir jusqu'au but ultime (takhlit) et à la racine (shoresh) de toute chose, et comme le Nom l'a attesté à son sujet (Toldot 26) : 'parce qu'Abraham a écouté Ma voix' (Genèse 26,5) - 'Ma voix' précisément, jusqu'à l'infini, car jamais son désir et son attente ne furent comblés ; car lorsqu'un homme espère de son prochain qu'il lui fasse quelque bienfait, alors, s'il lui fait ce bienfait, sa demande est comblée ; mais il en va autrement de notre père Abraham, dont toute l'attente et l'espérance étaient dirigées vers le Nom qui est sans aucune limite, aussi n'y avait-il pas non plus de limite à son attente et à son espérance.
וזה הוא דאיתא בתנחומא (לך) נסיון הראשון כנסיון האחרון וכו' היינו שמתחלה ועד סוף היה נסיונו בגוונא חדא, שלא הסתפק עצמו בלפי שעה, וכל מה שהשיג בתפיסת שכלו היה נחשב אצלו כלפי שעה נגד מה שביכולת השי"ת להשפיע לו. אכן שמתחלה היה הנסיון בחיי שעה ואח"ז נתנסה זה הנסיון עצמו בחיי עולם.
ראשית עבודותיו היו בדברים קטנים שהם לגמרי לפי שעה, ולא היה בנייחא מזה החיים שהוא חיי שעה, והשליך כ"ז מנגד, ואף חיי כמה וכמה אלפים שנה, ולא בחר כי אם בחיי עולם. זה היה הנסיון הראשון בלך לך, היינו שהיה בבחינת הליכה ולא עמידה, שהיה הולך בכל רגע ורגע למקום שלא היה בו עד כה, ובאחרונה נתנסה זה עצמו בחיי עולם, והקריב את בנו יחידו לעולה לה', כי האמין בה' שהישועה שבידו היא לא נחשבה לעומת חיי עולם שנשאר עוד אצל השי"ת שהוא בלי גבול, עד שהחיי עולם שבידו כנגד החיי עולם שביד השי"ת הוא כמו החילוק שבין חיי שעה לבין חיי עולם.
וזה הוא דאיתא בש"ס (יומא כח.) ובתנחומא (לך) שאף עירובי תבשילין קיים אברהם אבינו, והוא כי עירובי תבשילין הוא שבורר מנה יפה ליום טוב ומנה יפה לשבת, כדאיתא במס' ביצה (טו:), להורות לנו שאף שהשפיע השי"ת לאדם חיי עולם קדושת יום טוב, ידע האדם שעוד נמצא חיי עולם גבוהים מאלה והוא קדושת שבת שקביע וקיימא אף בלי קדושת האדם. וכמו שיש חילוק בין ימי חול ליו"ט, כן נמצא חילוק והבדל בין קדושת יום טוב לקדושת שבת, קדושת יו"ט הוא שישראל מקדשי ליה, וקדושת שבת הוא קביע וקיימא ועת רצון ורעוא דרעויןסוהתבאר בתפארת יוסף חג השבועות ד"ה ת"ר [א]:
באמת מהיכן ניקח כח לישראל לקדש את המועדות וראשי חדשים, הוא הכל יען אשר יש בו קדושת שבת שהוא קבוע וקיימא, כדאיתא בזוה"ק (תרומה קלה.) אנן נטלין מתורה שבכתב תורה שבעל פה וכו' וכן מקדושת שבת קדושת יו"ט. ועיין עוד שם חג הפסח ד"ה וידבר ד'.:
Et c'est ce qui est enseigné dans le Tan'houma (Lekh) : 'la première épreuve (nissayon) est comme la dernière épreuve', etc. - c'est-à-dire que du commencement jusqu'à la fin son épreuve fut d'une seule et même façon (begavna 'hada) : qu'il ne se contentait pas du temporaire, et tout ce qu'il saisissait par la compréhension de son intellect était à ses yeux comme temporaire au regard de ce qu'il est au pouvoir du Nom de lui prodiguer (lehashpia). Toutefois, au commencement l'épreuve était dans la vie temporaire (hayei sha'a), et ensuite cette même épreuve fut éprouvée dans la vie éternelle (hayei olam).
Le commencement de ses services (avodot) se fit dans de petites choses, entièrement temporaires ; et il ne trouvait pas de repos dans cette vie qui est vie temporaire, et il rejeta tout cela loin de lui, même une vie de plusieurs et plusieurs milliers d'années, et il ne choisit que la vie éternelle. Telle fut la première épreuve, dans 'Va vers toi (lekh lekha)' - c'est-à-dire qu'il était dans l'aspect de la marche (halikha) et non de l'arrêt (amida), allant à chaque instant vers un lieu où il n'avait pas encore été ; et en dernier lieu cela même fut éprouvé dans la vie éternelle, et il offrit son fils unique en holocauste au Nom, car il croyait au Nom que le salut qu'il avait en main ne comptait pour rien au regard de la vie éternelle qui demeurait encore auprès du Nom, lequel est sans limite, au point que la vie éternelle qu'il avait en main, en regard de la vie éternelle qui est en la main du Nom, est comme la différence entre la vie temporaire et la vie éternelle.
Et c'est ce qui est enseigné dans le Talmud (Yoma 28b) et dans le Tan'houma (Lekh) : que notre père Abraham accomplit même le erouv tavshilin (mélange des mets - disposition permettant, une veille de fête tombant avant chabbat, de cuisiner le jour de fête pour le chabbat). En effet, le erouv tavshilin consiste à mettre de côté une belle portion pour le jour de fête (yom tov) et une belle portion pour le chabbat, comme il est enseigné au traité Betsa (15b), pour nous enseigner que, même lorsque le Nom prodigue à l'homme une vie éternelle - la sainteté du jour de fête - l'homme sache qu'il se trouve encore une vie éternelle plus élevée que celle-là, à savoir la sainteté du chabbat, qui est fixe et établie (kavia vekayama) même sans la sanctification de l'homme.
Et de même qu'il y a une différence entre les jours profanes et le jour de fête, de même se trouve une différence et une distinction entre la sainteté du jour de fête et la sainteté du chabbat : la sainteté du jour de fête est que c'est Israël qui le sanctifie (Israël mekadshei lei), tandis que la sainteté du chabbat est fixe et établie, et 'temps de faveur' (et ratson) et 'volonté des volontés' (ra'ava deshavine). [Note : cela est expliqué dans le Tiferet Yossef, fête de Chavouot, s.v. 'Tanou Rabbanan' [1] : en vérité, d'où Israël prend-il la force de sanctifier les fêtes et les néoménies (roshei 'hodashim) ?
Tout cela parce qu'il y a en lui la sainteté du chabbat qui est fixe et établie, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Terouma 135a) 'nous prenons de la Torah écrite la Torah orale', etc., et de même, de la sainteté du chabbat, la sainteté du jour de fête. Vois encore là-bas, fête de Pessa'h, s.v. 'Vayedaber'.]
וזה הוא מדת אאע"ה שלא רצה להתפשט בעניני עוה"ז כאנשי דורו, ואף בעניני קדושה שהשפיע לו השי"ת לא היה מתפשט בה, מפני שהיה סמוך לבו בטוח בה' שנמצא אצל השי"ת קדושה גדולה ורחבה מני ים, גדולה ממדת השגת תפיסת שכל האדם, חיי חיים עד אין סוף ואין תכלית, מה שאין בכחו אף לצפות ולקוות לזו הקדושה, ונגלה עליו הקב"ה ואמר אני בעל הבירהסזבית יעקב הכולל פרשת לך ד"ה ויאמר [א].. היינו לך ולדורות הבאים שילכו בעקבותיך אראה להם שאני מנהיג את כל הענינים שבעולם, ואף בעניני עוה"ז ימצאו דברי א-להים חיים, והוא מפני שמצדך אינך בוחר במה שיטרידך בחיי שעה, לזה אצלך הוא רצוני חי בכל הענינים שבעולם.
שכן הכניס אברהם אבינו אף בעוה"ז שידעו כולם מקטן ועד גדול שנמצא בורא בעולם, אל חי וקיים ומשגיח על כל הפרטים, וכל ישעו וחפצו של אברהם אבינו היה רק לחיי עולם, וצמצם את עצמו בכל אשר דרך בכדי שיבא עי"ז לחיי עולם. נמצא שאף בעת שעסק בעניני עוה"ז גם בהם נמצא חיי עולם, והוא המבוא שדרך שם הלך מדרגא לדרגא וזכה לחיי עולם והוא הגורם לזה.
שאני בהאומות אין רצון השי"ת חי, מאחר שהם מצדם בוחרים בדרכיהם ומחשבותיהם הם רק לחיי שעה, ומטרידים את דעתם רק בחיי שעה, ואוחזים רק בלבושים ואינם יודעים כלל מחיי עולם, לזה אין בחיי שעה שלהם שום חיים, מאחר שכל ציפוים וקווים הוא רק למה שהוא לפי שעה. ואף שגם להם יש יראה מצומצמת, שמזריח להם בסתר מעט יראה שנמצא בורא ומושל בעולם, וכדכתיב (מלאכי א׳:י״א) בכל מקום מוקטר מוגש לשמי ומנחה טהורה כי גדול שמי בגוים וגו', והוא שזורח להם יראה מועטת, ואף שכל הנעשה בעולם נראה לעיניהם שבדרך הטבע הוא, וכדאיתא בש"ס (מנחות קי.) שהם קוראין את שם השי"ת אלהא דאלהיא, שהשי"ת נתן כח להטבע שתנהג ותפעל בעצמה בעוה"ז.
אכן מזה שרואים לפעמים שבמקום אחד צומח הזרע שזרעו בה ובמקום אחר לא יצמח, ואף ששני המקומות שוים, וכן עוד כיוצא בזה מזה, זורח אף להם מעט יראה, אכן הם מצדם רוצים לדחות היראה שלא תעלה על מחשבתם זאת שנמצא בורא המושל בעולם ומנהיגה. אך בזאת נאות להם, להתפשט ע"ז הסמך שזורח להם יראה שלא מדעת, וע"ז ישענו להתפשט בשטף זדון לבם, וכן הם כל העבודות זרות של האומות, שמעמידים איזה דחלא מה שמתייראים פן יעבור עלימו זאת, מעמידים זאת לנגד עיניהם תמיד, שמזה יתייראו ושתזריח בהם בסתר יראה שלא מדעת, בכדי שיוכלו להטריד הדעה שלהם שלא יעלה על מחשבתם זאת להלוך רק באור, לא כן, אך מצדם יבחרו שבמקום שיוכלו להתפשט בזדון לבם בהדעת שלהם כן ירבו להתפשט על הסמך שנמצא בהם יראה שלא מדעתסחמבואר במי השלוח ח"א פרשת בשלח ד"ה נכחו וזל"ק:
אבל האומות יש להם לכל אומה ואומה איזה כח וגוון אחר, אשר מזה ימשך כח חיותם ובזה הם נאחזים. כגון בבל כחם הוא בהתנשאות, ופלשתים כחם במה שכל אחד מהם יבקש תחבולה עד אשר ימצא סיבה לפרנסה, או חכמה ידוע או מלאכה אשר יהיה בטוח לבו כי יהיה לו במה להתכלכל.
וענין מואב וקליפתם הוא תקופות, שהוא חזק בדעתו מכח אכילות, ושאר דברים כאלה המחזיקים ומרחיבים הדעת, וזה ענין ע"ז שלהם ששמו כמוש, היינו תבנית אדם נכמש ממראה ילדותו, כי מזה הם יראים פן ינטל מהם את זאת ההרחבה כאדם לעת זקנתו שתאות אכילתו מתמעטת ואין הרחבה בדעתו. וכן שאר האומות כל אחד לפי דרכו.
ועיין בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף עז: ועל זה נאמר (ישעיה מג) לפסלו יסגד לו, שזה היראה נקרא כמה פעמים בזה"ק (וארא כט.) דחלא דלהון, שמפני שהם חסרים, ישתחוו למקום שנדמה להם שכשיציב לנגדו יראה ממה שמכיר חסרונו, מזה ישופע לו למלאות די חסרונו.
ואף שבהדחלא עצמה אין בה שום כח למלאות לו, ורק שנדמה לו שע"י היראה שמציב חסרונו לנגדו, בזה יהיה הוא בעצמו שלם, וא"כ עובד רק לחסרונו שירא ממנו, וזה יקרא לפסלו יסגוד, היינו למקום שהוא פסול ומחוסר. ועיין עוד לעיל פרשת בראשית אות כח ד"ה וכן גם, אות עג ד"ה אבל, לקמן פרשה זו אות כו ד"ה ובזה נבדלים.
בית יעקב שמות פרשת בשלח אות סד.. וזה היה גם כוונת דור הפלגה בבנותם המגדל בארץ שנער ששם ננערו מתי מבול, והם פחדו מזה שלא יבא עליהם עוד כזאת, לזה בנו שם מגדל שתזריח בהם יראה שלא מדעת:
Et telle est la mesure de notre père Abraham : il ne voulut pas se répandre dans les affaires de ce bas monde comme les gens de sa génération, et même dans les affaires de sainteté que le Nom lui prodiguait il ne se répandait pas, parce que son cœur était ferme et assuré dans le Nom qu'il se trouve auprès du Nom une sainteté grande et large, plus que la mer, plus grande que la mesure de la saisie et de la compréhension de l'intellect humain, une vie des vies (hayei ''hayim) jusqu'à l'infini et sans terme, ce à quoi il n'est même pas en son pouvoir d'espérer et d'aspirer, cette sainteté-là ; et le Saint béni soit-Il se révéla à lui et dit : c'est moi le maître du palais. [Note : Beit Yaakov haKolel, paracha Lekh, s.v. 'Vayomer' [1].] C'est-à-dire : à toi et aux générations à venir qui marcheront sur tes traces, Je montrerai que Je conduis toutes les affaires du monde, et que même dans les affaires de ce bas monde ils trouveront des 'paroles du Dieu vivant' (divrei Elokim ''hayim), et cela parce que, de ton côté, tu ne choisis pas ce qui te distrairait dans la vie temporaire ; c'est pourquoi, chez toi, Ma volonté est vivante dans toutes les affaires du monde.
Car ainsi notre père Abraham introduisit-il, même en ce bas monde, que tous sachent, du plus petit au plus grand, qu'il se trouve un Créateur dans le monde, un Dieu vivant et permanent qui veille (mashgia'h) sur tous les détails ; et tout le salut et le désir de notre père Abraham n'étaient que pour la vie éternelle, et il se restreignit (tsimtsem) en tout ce où il cheminait afin de parvenir par là à la vie éternelle. Il en résulte que, même lorsqu'il s'occupait des affaires de ce bas monde, en elles aussi se trouvait la vie éternelle ; et c'est l'entrée (mavo) par laquelle il chemina, allant de degré en degré (midarga ledarga) et méritant la vie éternelle - et c'est cela qui en fut la cause.
Il en va autrement chez les nations : la volonté du Nom n'y est pas vivante, puisque, de leur côté, elles choisissent leurs propres voies, et leurs pensées ne sont que pour la vie temporaire, et elles occupent leur esprit uniquement de la vie temporaire, et ne saisissent que les vêtements (levushim) et ne savent rien du tout de la vie éternelle ; c'est pourquoi il n'y a dans leur vie temporaire aucune vie, puisque toute leur attente et leur espérance ne sont que pour ce qui est temporaire. Et bien qu'elles aussi aient une crainte restreinte (yir'a metsoumtsemet), car il resplendit pour elles en secret un peu de crainte qu'il se trouve un Créateur qui gouverne le monde, comme il est écrit (Malachie 1,11) 'en tout lieu on offre de l'encens à Mon nom, et une offrande pure, car grand est Mon nom parmi les nations', etc. - c'est qu'il resplendit pour elles une crainte minime - et bien que tout ce qui se fait dans le monde apparaisse à leurs yeux comme se faisant par la voie de la nature (teva), comme il est enseigné dans le Talmud (Mena'hot 110a) qu'elles appellent le nom du Nom 'Dieu des dieux' (Elaha de'elahaya), car le Nom a donné à la nature la force de se conduire et d'agir d'elle-même en ce bas monde.
Mais du fait qu'elles voient parfois qu'en un endroit la semence qu'on y a semée pousse, et qu'en un autre endroit elle ne pousse pas, bien que les deux endroits soient semblables, et d'autres choses du même genre, il resplendit pour elles aussi un peu de crainte ; mais elles, de leur côté, veulent repousser cette crainte, pour que ne monte pas en leur pensée ceci : qu'il se trouve un Créateur qui gouverne le monde et le conduit. Mais voici ce qui leur convient : se répandre en s'appuyant sur ce fondement qu'il resplendit pour elles une crainte à leur insu (shelo mida'at - sans connaissance), et sur cela elles s'appuient pour se répandre dans le flot de l'insolence de leur cœur (zdon libam) ; et ainsi sont toutes les idolâtries (avodot zarot) des nations : elles dressent quelque objet de crainte (da'hala - idole redoutée) - ce dont elles ont peur qu'il ne s'abatte sur elles - elles le dressent devant leurs yeux en permanence, afin d'en avoir crainte et qu'il resplendisse en elles en secret une crainte à leur insu, afin de pouvoir distraire leur pensée, pour qu'il ne monte pas en leur esprit ceci : de marcher uniquement dans la lumière - non pas ainsi ; mais, de leur côté, elles choisissent que, là où elles peuvent se répandre dans l'insolence de leur cœur par leur pensée, là elles se répandent d'autant plus, en s'appuyant sur ce qu'il se trouve en elles une crainte à leur insu.
[Note : expliqué dans le Mei haShiloa'h, 1re partie, paracha Bechala'h, s.v. 'nikho', et voici ses saintes paroles : Mais les nations, chaque nation à quelque force et teinte (gavan) particulière, d'où découle la force de leur vitalité et à laquelle elles s'accrochent. Par exemple, Babel : leur force est dans l'orgueil (hitnass'ut) ; les Philistins : leur force est en ce que chacun d'eux cherche un stratagème (ta'hboula) jusqu'à trouver un moyen de subsistance, ou quelque savoir déterminé, ou un métier par lequel son cœur soit assuré d'avoir de quoi se sustenter.
Et l'affaire de Moab et de leur écorce (kelipa) est celle des 'saisons' (tekoufot) : c'est celui qui est fort dans sa pensée par la force de la nourriture (akhilut) et d'autres choses semblables qui renforcent et élargissent la pensée (da'at) ; et c'est là l'affaire de leur idole nommée Kemosh (Kemosh), à savoir la figure d'un homme flétri (nikhmash) de l'apparence de sa jeunesse, car de cela ils ont peur, de crainte que ne leur soit retirée cette expansion (harhava), comme l'homme au temps de sa vieillesse dont l'appétit de nourriture diminue et dont la pensée n'a plus d'expansion. Et de même pour les autres nations, chacune selon sa voie.
Et vois le Chaar haEmouna - introduction au Beit Yaakov, feuillet 77 : et c'est sur cela qu'il est dit (Isaie 43) 'il se prosterne devant son idole' (lefislo yisgad lo), car cette crainte est appelée plusieurs fois dans le saint Zohar (Vaera 29a) 'leur objet de crainte' (da'hala dilhon), car, parce qu'ils sont dans le manque (haserim), ils se prosternent devant un lieu dont il leur semble que, lorsqu'il dressera devant lui une crainte de ce dont il reconnaît le manque, de cela il lui sera prodigué de quoi combler l'étendue de son manque. Et bien que dans l'objet de crainte lui-même il n'y ait aucune force pour le combler, mais seulement qu'il lui semble que, par la crainte où il dresse son manque devant lui, par cela il sera lui-même complet (shalem), et s'il en est ainsi, il ne sert que son propre manque dont il a peur, et cela s'appelle 'il se prosterne devant son idole (pessel)' - c'est-à-dire devant un lieu qui est disqualifié (passoul) et manquant (mehousar).
Et vois encore plus haut, paracha Bereshit, alinéa 28 s.v. 'Vekhen gam', alinéa 73 s.v. 'Aval', plus loin cette paracha alinéa 26 s.v. 'Uvaze nivdalim' ; Beit Yaakov, Chemot, paracha Bechala'h, alinéa 64.] Et telle fut aussi l'intention de la génération de la dispersion (dor haflaga) en bâtissant la tour au pays de Shinar (Chin'ar) - là où furent secoués (nin'aru) les morts du déluge - car ils avaient peur qu'une telle chose ne s'abatte encore sur eux ; c'est pourquoi ils y bâtirent une tour afin qu'il resplendisse en eux une crainte à leur insu.
Ce passage poursuit : bien que David dise « Rendez grâce au Hachem des dieux » (Tehilim 136,2), il le dit pour les vingt-six générations nourries par une bonté gratuite (''hessed 'hinam). « Va pour toi » : le Tan'houma lit « Nous avons une petite sœur, et elle n'a pas de seins » (Cantique 8,8) d'Avraham, qui raccommode le monde. Selon le Beit Yaakov, devenu « âme vivante » (Berechit 2,7), l'homme retourne par la prière l'avis du Nom de la rigueur à la miséricorde ; Avraham joint les séparés et fait reposer la Che'hina. Elle est encore petite : aucun miracle ne donne la « victoire » (nitsoua'h) de plaider « que feras-tu de ton grand Nom », ni des enfants qui fassent reconnaître les profondeurs du cœur.
Aussi : avraham trouve la conduite du Nom chez les nations et dans le palais illuminé ; le cri des créatures sans libre choix est une prière ; l'homme couvre le manque ('hisaron) et prie pour que le Nom l'efface à la racine
הנה אף שגם דוד המלך אמר (תהילים קל״ו:ב׳) הודו לא-להי הא-להים, שזה משמע ח"ו כמו שהאומות קראן ליה אלהא דאלהיא, אכן דוד המלך אמרו בין הכ"ו כי לעולם חסדו, שאמר זה השבח על הכ"ו דורות שמבריאת עולם עד מתן תורה, שהקב"ה זן אותם בחסדו חסד חנם, וממתן תורה ואילך חפץ השי"ת שהאדם ימשיך אור ורצון השי"ת בתפיסתו, ובזה יעבוד עבודת השי"ת כל הימים אשר יחיהסטכמבואר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה בסוכות [ב]: אצל האומות אף שנמצא לפעמים אצלם עבודה אבל הוא רק על הגוון, ורצונם תמיד להסתיר את אור השורש שבל יכירו בתפיסתם רצונו ית', וכמו שאיתא בש"ס (מנחות ק.) דקראן ליה אלהא דאלהא.
אף שמצינו שדהע"ה ג"כ אמר (תהילים קל״ו:ב׳) הודו לא-להי הא-להים. אכן החילוק הוא, שהאומות אין רצונם בתפיסתם להכיר את אור השורש.
הן אמת שזה מודים שלמעלה מדעתם הציב השי"ת כל אלו הלבושים, אבל בתפיסתם אינם רוצים לידע מה. וזה מרמז דקראן ליה אלהא דאלהא.
סוד ישרים סוכות אות ג.. ואף שהשי"ת נקרא עליון שהוא משולל מכל גוון ולמעלה מכל תפיסה, אך ע"י עבודה יכיר גם הוא איך שחסדו ית' והשגחתו על כל ומלכותו בכל משלה.
והעכו"ם מצדם רוצים לדחות זאת מעיניהם שלא יאיר להם כלל שנמצא בורא בעולם (וכענין שנתבאר בפסוק ומקללך אאר לקמן פרשה זו אות כ) לזה אין להם שום הכרה מצדם איך שרצון השי"ת חי בכל הענינים. אבל אבינו אברהם, כל ימיו אשר חי היה מייגע את עצמו תמיד להכיר מפורש בתפיסת שכלו איך שרצון השי"ת חי בכל, לזה היה לו הכרה שהשי"ת הוא חי החיים, ואף גם בעניני עוה"ז נמצא חיים מרצון השי"תעלעיל פרשה זו אות ה ד"ה צדק ובהערה מ שם., ובאשר עמל מצא והמציא שגם בהאומות מנהג השי"ת.
וזה הוא כוונת המדרש משל לבירה דולקת וכו' תמה ואמר תאמר שהבירה בלא מנהיג. והיינו אחר שראה מה נעשה בדינם של דור המבול ודור הפלגה, והאיר לו השי"ת שהוא בעל הבירה, והוא שהשי"ת הראה לו אף המכוון שהיה לו באלו הדורות.
ולזה אמרו הציץ עליו ולא אליו, שרק בזה בוחר השי"ת, שאדם יחפש ויבקש תמיד לידע בכל אשר יאונה לפניו מי ברא אלה ומי מנהיג ומושל בעולם. ולזה האדם ממציא עצמו השי"ת להבינו כוונתו אף בהבירה דולקת:
Voici que, bien que le roi David lui-même ait dit (Psaumes 136,2) 'Rendez grâce au Dieu des dieux' (Elohei ha-Elokim), ce qui pourrait sembler, à Dieu ne plaise, comme lorsque les nations l'appellent 'le dieu des dieux' (alaha de-alahaya), en vérité le roi David l'a dit parmi les vingt-six [versets] 'car sa bonté est éternelle' (ki le-olam hasdo) : il a prononcé cette louange au sujet des vingt-six générations qui s'étendent de la création du monde jusqu'au don de la Torah, durant lesquelles le Saint béni soit-Il les nourrissait par sa bonté, une bonté gratuite (hesed hinam) ; et à partir du don de la Torah, le Nom (le Saint béni soit-Il) désire que l'homme fasse descendre la lumière et la volonté du Nom dans sa propre appréhension (tefissa), et que par cela il serve le service du Nom tous les jours de sa vie [note 69 : comme expliqué dans Tiferet Yossef, fête de Souccot, s.v. 'be-Soukot' [2] : Chez les nations, même si l'on trouve parfois chez elles un service [divin], celui-ci ne porte que sur l'apparence extérieure (gaven, teinte), et leur volonté est toujours de dissimuler la lumière de la racine, afin qu'elles ne reconnaissent pas dans leur appréhension sa volonté, qu'Il soit béni ; ainsi qu'il est enseigné dans le Talmud (Menahot 100a) qu'elles l'appellent 'le dieu des dieux' (alaha de-alaha). Bien que nous trouvions que David, le roi, la paix sur lui, ait aussi dit (Psaumes 136,2) 'Rendez grâce au Dieu des dieux', en vérité la différence est que les nations, dans leur appréhension, ne veulent pas reconnaître la lumière de la racine.
Il est vrai qu'elles admettent qu'au-dessus de leur entendement le Nom a placé tous ces vêtements (levushim), mais dans leur appréhension elles ne veulent rien savoir. Et c'est ce que laisse entendre 'qu'elles l'appellent le dieu des dieux'.
Sod Yesharim, Souccot, ot 3.]. Et bien que le Nom soit appelé 'Supérieur' (Elyon), car Il est dépouillé de toute teinte et au-dessus de toute appréhension, pourtant par le service [de l'homme] Lui aussi sera reconnu : comment sa bonté, qu'Il soit béni, et sa providence sont sur tout, et sa royauté règne sur tout.
Or les idolâtres, quant à eux, veulent repousser cela de leurs yeux, afin qu'il ne leur soit nullement éclairé qu'il se trouve un Créateur dans le monde (comme la question expliquée à propos du verset 'et qui te maudit, je le maudirai' (ou-mekalelekha aor), ci-après dans cette même paracha, ot 20) ; c'est pourquoi ils n'ont, de leur côté, aucune reconnaissance de la manière dont la volonté du Nom est vivante en toutes choses. Mais notre père Abraham, tous les jours de sa vie, s'exerçait toujours à reconnaître explicitement, dans l'appréhension de son intellect, comment la volonté du Nom est vivante en tout ; c'est pourquoi il avait la reconnaissance que le Nom est le Vivant des vivants (haï ha-'hayim), et que même dans les affaires de ce monde-ci se trouve de la vie [émanant] de la volonté du Nom [note 70 : voir ci-dessus, cette même paracha, ot 5, s.v. 'tsedek', et note 40 là-bas].
Et parce qu'il a peiné, il a trouvé et découvert que même chez les nations [se trouve] la conduite du Nom. Et c'est là l'intention du Midrach : une parabole d'un palais illuminé (bira doleket), etc., il s'étonna et dit : diras-tu que le palais est sans dirigeant ?
C'est-à-dire, après qu'il eut vu ce qui advint dans le jugement de la génération du déluge et de la génération de la dispersion, le Nom lui éclaira qu'Il est le maître du palais ; c'est que le Nom lui montra aussi l'intention (mekhouvan) qu'Il avait dans ces générations. Et c'est pourquoi ils ont dit : 'Il jeta un regard sur lui et non vers lui', car c'est seulement en cela que le Nom choisit : que l'homme cherche et demande toujours à savoir, en tout ce qui se présente devant lui, qui a créé ceci et qui dirige et gouverne le monde.
Et pour cela l'homme, le Nom se rend Lui-même disponible pour lui faire comprendre son intention, même dans le palais illuminé :
ויאמר ה' אל אברם לך לך וגו'. בתנחומא (לך) פתח רבי ברכיה אחות לנו קטנה ושדים אין לה, במה הכתוב מדבר באברהם וכו'.
קטנה, שעדיין לא עשה לו הקב"ה נסים. ולמה נקרא אחות, שאיחה את העולם להקב"ה כאדם הזה שקורע ומאחה.
ושדים אין לה, שעדיין לא היו לו בנים. הענין בזה, דהנה אברהם אבינו עשה חיבור בעולם אחר שנעשה פירוד והוא חיבר את הנפרדים, כי מתחלה בשעת הבריאה אז לא היה בעולם שום פירוד, כי כל דיבור ודיבור היה מתבטל להשי"ת, ולא היה לו שום הויה מצד עצמו, אך היה נכלל בעצמותו יתברך, ולא היה כח לשום בריאה לחוות דעת בהנהגת השי"ת להתפלל לפניו להפוך דעתו של הקב"ה ממדת אכזריות למדת רחמנות, מפני שכל זמן שידי בוראן היה ממשמש בהם לא היו יכולים לחשוב כלל שיש להם דעת בפני עצמן.
אכן אחר שנגמרה כללות הבריאה, והצורת אדם בא לעולם, ויהי האדם לנפש חיה, אז ניתן לו כח תפלה לפעול על ידה להפוך דעתו של הקב"ה ממדת אכזריות למדת רחמנות, וכדאיתא בש"ס (סוכה יד.) למה נמשלה תפלתן של צדיקים לעתר וכו' כך תפלתן של צדיקים מהפכת דעתו של הקב"ה ממדת אכזריות למדת רחמנות. וכדאיתא בזוה"ק (תזריע מו.) ויהי האדם לנפש חיה לרוח ממללא דיכלא למללא קמי מלכא.
וכל מיני רצונות וחפץ הברואים מה שחסר להם נכלל בכח התפלהעאעניין כח הדיבור מבואר לקמן פרשת וירא אות ד ד"ה ושלימות: ומה הוא עיקר הכח מהצורת אדם, כח הדבור שנמצא באדם.
שהציב השי"ת בעולם שהאדם יחוה אף דעתו בהנהגת השי"ת, ותגזר אמר ויקם לך, וכדאיתא במדרש (ויקרא ב) כי מדי דברי בו, די דבורי שנתתי בו. וכדאיתא בזוה"ק (תזריע מו:) ויהי האדם לנפש חיה, והות באדם לרוח ממללא דיכלא למללא קמי מלכא מה דלית כן בשאר בריין.
וענין כח הדיבור בעוה"ז הוא, שע"י הדיבור יכול האחד להתחבר עם חבירו ולהטות דעתו לדעתו. ושורש כח הדיבור למעלה, הוא הכח תפלה, וכדאיתא בגמרא סוכה (דף יד.) למה נמשלה תפלתן של צדיקים לעתר, מה עתר מהפכת התבואה בגורן ממקום למקום, אף תפלתן של צדיקים מהפכת דעתו של הקב"ה ממדת אכזריות למדת רחמנות.
לזה ניתן כח באדם, שיוכל לעשות גוף הבריאה, ובזה יכוון לרצון השי"ת להרבות הון בקדושה שיתקיים בו לעד בקביעות. ומבואר כמו כן בתפארת החנוכי על זהר פרשת תזריע (דף מו:) ד"ה ודא וזה לשונו בתוך הדברים:
וכן בכל איש יש התכללות מכל בני האדם. ועיקר התכללות הוא כח הדיבור, וממילא שורש כח הדיבור הוא, דיכול למללא קדם מלכא וכו'.
במקום שנתן השי"ת כח בחירה, שם מסר הש"י הנהגתו להבריאה. וזה דאיתא במס' סוכה (יד.) למה נמשלה תפלתן של צדיקים לעתר וכו' אף תפלתן של צדיקים מהפכת דעתו של הקב"ה ממדת אכזריות למדת רחמנות.
וזה הוא שורש כח הדיבור שנקרא רוח ממללא. וזה הוא רצון השי"ת שבני אדם יהפכו מידותיו למדת רחמנות.
ועיין עוד שם בתפארת החנוכי על זהר פרשת וירא (צז.) ד"ה הנצנים, ועיין עוד לעיל פ' בראשית אות נד, לקמן פ' וירא אות יא., ויראה כל אדם שיהיה בו תפלה בשורש נפשו, שלא ירצה מה שהוא ההיפך מרצון השי"ת, מאחר שהוא בעל בחירה:
Et le Nom (ה') dit à Abram : 'Va pour toi' (lekh lekha), etc. Dans le Tan'houma (Lekh), Rabbi Berakhia ouvrit : 'Nous avons une petite sœur, et elle n'a pas de seins' (Cantique 8,8), de qui l'Écriture parle-t-elle ?
D'Abraham, etc. 'Petite', car le Saint béni soit-Il ne lui avait pas encore fait de miracles. Et pourquoi est-elle appelée 'sœur' (ahot) ?
Parce qu'il a raccommodé (iha) le monde au Saint béni soit-Il, comme cet homme qui déchire et recoud. 'Et elle n'a pas de seins', car il n'avait pas encore d'enfants. Le sens de cela : voici, Abraham notre père a opéré une jonction (hibbour) dans le monde après qu'une séparation (peiroud) se fut produite, et il a joint les [éléments] séparés ; car au commencement, à l'heure de la création, il n'y avait alors dans le monde aucune séparation, car chaque parole [créatrice] s'annulait devant le Nom et n'avait aucune existence (havaya) par elle-même, mais était incluse dans son essence, qu'Il soit béni ; et aucune créature n'avait le pouvoir d'exprimer un avis dans la conduite du Nom, de prier devant Lui pour retourner l'avis du Saint béni soit-Il de la mesure de rigueur (akhzeriout) à la mesure de miséricorde (rahmanout), parce que tant que les mains de leur Créateur les manipulaient encore, elles ne pouvaient nullement penser qu'elles avaient un avis propre.
En vérité, après que l'ensemble de la création fut achevé et que la forme de l'homme vint au monde, 'et l'homme devint une âme vivante' (Genèse 2,7), alors lui fut donné le pouvoir de la prière, pour agir par elle et retourner l'avis du Saint béni soit-Il de la mesure de rigueur à la mesure de miséricorde, ainsi qu'il est enseigné dans le Talmud (Souccot 14a) : 'Pourquoi la prière des justes est-elle comparée à une fourche (eter)', etc., 'ainsi la prière des justes retourne l'avis du Saint béni soit-Il de la mesure de rigueur à la mesure de miséricorde'. Et comme il est enseigné dans le Zohar (Tazria 46a) : 'et l'homme devint une âme vivante', un esprit parlant (roua'h memalela) qui peut parler devant le Roi.
Et toutes sortes de volontés et de désirs des créatures, ce qui leur manque, est inclus dans le pouvoir de la prière [note 71 : le sujet du pouvoir de la parole est expliqué ci-après, paracha Vayera, ot 4, s.v. 'ou-shlemout' : Et quel est l'essentiel du pouvoir de la forme de l'homme ? Le pouvoir de la parole (koa'h ha-dibbour) qui se trouve dans l'homme.
Car le Nom a établi dans le monde que l'homme exprime aussi son avis dans la conduite du Nom, 'et tu décréteras une chose et elle se réalisera pour toi' (Job 22,28) ; ainsi qu'il est enseigné dans le Midrach (Vayikra 2) : 'car chaque fois que je parle de lui' (Jérémie 31,20), 'assez de ma parole que j'ai mise en lui'. Et comme il est enseigné dans le Zohar (Tazria 46b) : 'et l'homme devint une âme vivante', il y eut en l'homme un esprit parlant qui peut parler devant le Roi, ce qui n'est pas ainsi chez les autres créatures.
Et le sens du pouvoir de la parole en ce monde-ci est que, par la parole, l'un peut se joindre à son compagnon et incliner son avis vers le sien. Et la racine du pouvoir de la parole, en haut, c'est le pouvoir de la prière ; ainsi qu'il est enseigné dans la guemara Souccot (feuillet 14a) : 'Pourquoi la prière des justes est-elle comparée à une fourche ?
De même que la fourche retourne le grain sur l'aire d'un endroit à un autre, ainsi la prière des justes retourne l'avis du Saint béni soit-Il de la mesure de rigueur à la mesure de miséricorde.' Pour cela un pouvoir fut donné à l'homme, qu'il puisse faire le corps de la création, et par là orienter [les choses] vers la volonté du Nom, pour multiplier la richesse dans la sainteté afin qu'elle subsiste en lui à jamais, de façon permanente. Et il est expliqué de même dans Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, paracha Tazria (feuillet 46b), s.v. 'veda', et voici ses termes au milieu du propos : Et de même, en chaque homme il y a une inclusion (hitkalelout) de tous les hommes.
Et l'essentiel de l'inclusion, c'est le pouvoir de la parole ; et de là même, la racine du pouvoir de la parole est qu'il peut parler devant le Roi, etc. Là où le Nom a donné le pouvoir de choix (be'hira), là Il a remis sa conduite à la création.
Et c'est ce qui est enseigné dans le traité Souccot (14a) : 'Pourquoi la prière des justes est-elle comparée à une fourche', etc., 'ainsi la prière des justes retourne l'avis du Saint béni soit-Il de la mesure de rigueur à la mesure de miséricorde'. Et c'est là la racine du pouvoir de la parole, appelé 'esprit parlant' (roua'h memalela).
Et telle est la volonté du Nom : que les hommes retournent ses mesures vers la mesure de miséricorde. Et vois encore là, dans Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, paracha Vayera (97a), s.v. 'ha-nitsanim' ; et vois encore ci-dessus, paracha Berechit, ot 54, et ci-après, paracha Vayera, ot 11.].
Et que tout homme veille à ce qu'il y ait en lui une prière, dans la racine de son âme, à ne pas vouloir ce qui est l'opposé de la volonté du Nom, dès lors qu'il est doué de libre choix :
אכן צעקת הברואים שאינם בעלי בחירה ומבקשים מאל אכלם, אף זה הוא תפלה שיכולים להענות על ידה, וכדאיתא בש"ס (תענית טז.) באנשי נינוה שאסרו העגלים לבד ואמותיהן לבד וצעקתם עלתה השמימה ופעלה אצל השי"ת. אכן כ"ז היה כל הימים שלא השחיתו את דרכם על הארץ, אבל אחר שהשחיתו את דרכם וכל אחד היה דורש רק טובת עצמו ואף אם היה מעיק בזה לאחרים ויתפרדו כל פועלי און.
ולכן ירום ה' והגביה את מדותיו ואורו מהם, ואזי מעצמו יצא מהם כל כח החיים שלהם מעט מעט. כי רק במקום שנמצא שם אחדות ואהבה בין הברואים שם ישכין השי"ת שכינת כבודועבעיין לעיל פרשה זו אות ג ד"ה וזה הוא דאיתא ובהערה כד שם..
אבל במקום שנשמע בה חמס ושוד, עתה ארומם יאמר ה', עתה אנשא מלהשכין עוד שכינתי בעוה"ז, וכדכתיב (תהילים נ״ז:י״ב) רומה על שמים א-להים וגו'. ואיתא ע"ז בזוה"ק (נח מח:) רבי אבא פתח רומה על שמים וכו' ווי לון לחיבייא דאינון חטאן וכו' דחיין לה לשכינתא מארעא וגרמין דתסתלק מעלמא ושכינתא אקרי א-להים ועלה כתיב רומה על שמים א-להים.
עד שבא אברהם אבינו לעולם וחיבר את הנפרדים ואגודה על ארץ יסד, אזי השכין שכינה בארץ כימי עולם בשעת הבריאה:
En vérité, le cri des créatures qui ne sont pas douées de libre choix et qui demandent à Dieu leur nourriture, cela aussi est une prière par laquelle elles peuvent être exaucées ; ainsi qu'il est enseigné dans le Talmud (Taanit 16a) au sujet des gens de Ninive, qui attachèrent les veaux d'un côté et leurs mères de l'autre, et leur cri monta vers les cieux et agit auprès du Nom. En vérité, tout cela était [ainsi] tant qu'ils n'avaient pas corrompu leur voie sur la terre ; mais après qu'ils eurent corrompu leur voie, chacun ne recherchant que son propre bien, même si cela accablait les autres, alors 'tous les ouvriers d'iniquité se dispersent'.
Et c'est pourquoi 'ה' s'élève' et Il a élevé ses mesures et sa lumière loin d'eux ; et alors, de lui-même, toute la force de leur vie sortit d'eux peu à peu. Car ce n'est qu'à l'endroit où se trouvent l'unité et l'amour entre les créatures que le Nom fait reposer la Présence de sa gloire (Chekhina) [note 72 : voir ci-dessus, cette même paracha, ot 3, s.v. 've-ze hou de-ita', et note 24 là-bas].
Mais à l'endroit où l'on entend violence et pillage, 'maintenant je me lèverai, dit ה'', maintenant je m'élèverai [au point] de ne plus faire reposer ma Présence en ce monde-ci, ainsi qu'il est écrit (Psaumes 57,12) : 'Élève-toi au-dessus des cieux, Dieu' (רומה על שמים אלה-ים), etc. Et il est enseigné à ce sujet dans le Zohar (Noah 48b) : Rabbi Abba ouvrit : 'Élève-toi au-dessus des cieux', etc., malheur aux coupables qui pèchent, etc., qui repoussent la Chekhina de la terre et causent qu'elle se retire du monde ; et la Chekhina est appelée 'Elokim' (אלה-ים), et à son sujet il est écrit 'Élève-toi au-dessus des cieux, Elokim'.
Jusqu'à ce que vint Abraham notre père au monde, et il joignit les [éléments] séparés et 'fonda son faisceau (agouda) sur la terre' (Amos 9,6) ; alors il fit reposer la Chekhina sur la terre comme aux jours d'antan, à l'heure de la création :
ולכן דרשו עליו המקרא הזה אחות לנו קטנה כזה שהוא מאחה את הקרע, היינו שמתחלה היתה שלמה ונתקרע ונתאחה עוד הפעם, כן מתחלת הבריאה היה חיבור ובבא רשע בא גם בוז, ששכינת עוזו ית' עלתה השמימה עד הרקיע השביעי ע"י חטאותם. ובבא אברהם אבינו התחיל להוריד ולהשכין שכינת ה', וכדאיתא במדרש רבה (נשא מג)עגעיין לעיל פרשה זו אות ב ד"ה והנה ובהערה כ שם..
אך עוד היתה קטנה, מפני שלא עשה לו עוד הקב"ה שום נס, ולא היה לו שום ניצוח שיוכל לטעון טענתו להשי"ת מה תעשה לשמך הגדול איך יחולל. כי אם השי"ת מראה מטובו וחסדו להושיע להבריאה פעם אחת, אזי יוכל אדם לבא בטענה נוצחת להשי"ת לצעוק הושיעה ה', כי פן מה תעשה לשמך הגדול, וזה הוא עיקר הניצוח שיש לאדם.
וכענין דאיתא בש"ס (סנהדרין מד.) עשיר יענה עזות זה יהושע, והוא בהלחמו על עי ולא הצליח בפעם ראשון אז אמר מה תעשה לשמך הגדול, מאחר שהתחלת להושיע מקודם וישראל גברו חיל, ועתה אם תעזוב אותם מלהושיעם יהיה ח"ו חילול ה' בזה. אבל לאברהם אבינו לא נעשה לו עוד שום נס אז שיקרא עליו שם ה' שיוכל לבוא בטענה ומה תעשה לשמך הגדול.
ושדים אין לה, שלא היו לו עוד בנים שיוכר על ידם תעלומות ומעמקי לבו של אאע"ה, כי בנים רומזים על פנימיות ומעמקי לבו של אדם ותעלומותיו, לכן לא היה ניכר עוד אז עומק היקרות הצפון בלב אברהם אבינועדכמבואר במי השלוח ח"ב פרשת ויחי ד"ה ויחי: כי תעלומות לב האדם נתראה ביוצאי חלציו שעל ידם נתגלה מחשבותיו.
וכן מבואר בח"א עדויות (ד.) ד"ה במשנה, והובא גם בדובר צדק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע דף צד: וז"ל:
וכן שמעתי דהבנים נקראים תעלומות לב, כי גלוי שורש הנפש דאב הוא דרך הלב. וכן הוא בפרי צדיק פרשת בא אות ב ד"ה והנה, תקנת השבים דף כח..
והענין שלפעמים צדיק מוליד רשע זה נצמח מפני שנמצא רע בעומק לבו שאינו מבורר עוד. והוא כי כל הברואים נבראו עם חסרון, אכן האדם מצדו יראה שעכ"פ לא יתפשט החסרון יותר מכפי שהיה ביציאתו מרחם אמו, רק יכסה אותו לבל יתראה החוצה, וכדכתיב (שמות כ״ח:מ״ב) ועשה להם מכנסי בד לכסות בשר ערוה.
כי להעביר את החטא ולמחותו לגמרי זאת אין ביד האדם, רק שצריך תמיד להרבות בעבודה ותפלה שיעזור לו השי"ת שימחה החסרון בשורש, והאדם מצדו יעשה לפי כחו ויתאמץ לכסות הרע שנמצא בו מהתולדה, ויעמיק את הרע בתוך הגוף שלא תתפשט כלל. והמדה טובה שנמצא בו יפשטה וירחיבה שתתראה גם למעלה על הלבוש.
וזהו עיקר עבודת האדם, ועל ידי הרבה עבודה ותפלה יתרפא החסרון בשרשו:
Et c'est pourquoi on a interprété à son sujet ce verset : 'Nous avons une petite sœur', comme celui qui recoud la déchirure, c'est-à-dire qu'au début elle était entière, puis fut déchirée, puis recousue une nouvelle fois ; ainsi, depuis le début de la création il y avait jonction, et lorsque vint le méchant vint aussi le mépris, car la Présence de sa force, qu'Il soit béni, monta vers les cieux jusqu'au septième firmament à cause de leurs fautes. Et lorsque vint Abraham notre père, il commença à faire descendre et à faire reposer la Présence de ה', ainsi qu'il est enseigné dans le Midrach Rabba (Nasso 43) [note 73 : voir ci-dessus, cette même paracha, ot 2, s.v. 've-hine', et note 20 là-bas].
Mais elle était encore petite, parce que le Saint béni soit-Il ne lui avait encore fait aucun miracle, et il n'avait aucune 'victoire' (nitsoua'h) qui lui permît de plaider son argument devant le Nom : 'que feras-tu de ton grand Nom', comment sera-t-il profane. Car si le Nom montre de sa bonté et de sa grâce pour sauver la création une seule fois, alors l'homme peut venir avec un argument décisif devant le Nom pour crier 'sauve, ה'', car sinon 'que feras-tu de ton grand Nom', et c'est là l'essentiel de la 'victoire' que possède l'homme.
Et de même qu'il est enseigné dans le Talmud (Sanhédrin 44a) : 'le pauvre parle en suppliant, mais le riche répond avec insolence' (Proverbes 18,23), c'est Josue : lorsqu'il combattit contre Aï et ne réussit pas la première fois, alors il dit 'que feras-tu de ton grand Nom', dès lors que tu as commencé à sauver auparavant et qu'Israël l'avait emporté avec force, et que maintenant, si tu les abandonnes sans les sauver, il y aura, à Dieu ne plaise, une profanation de ה' en cela. Mais pour Abraham notre père, aucun miracle ne lui avait encore été fait alors, [tel] que le Nom de ה' soit invoqué sur lui, [de sorte] qu'il pût venir avec l'argument 'et que feras-tu de ton grand Nom'. 'Et elle n'a pas de seins', car il n'avait pas encore d'enfants par lesquels seraient reconnus les mystères et les profondeurs du cœur d'Abraham notre père, la paix sur lui ; car les enfants font allusion à l'intériorité et aux profondeurs du cœur de l'homme et à ses mystères ; c'est pourquoi la profondeur du trésor caché dans le cœur d'Abraham notre père n'était pas encore reconnaissable alors [note 74 : comme expliqué dans Mei ha-Shiloa'h, deuxième partie, paracha Vayehi, s.v. 'Vayehi' : car les mystères du cœur de l'homme se manifestent dans ceux qui sortent de ses reins, par lesquels se révèlent ses pensées.
Et de même il est expliqué dans les Hiddoushim, [traité] Edouyot (4a), s.v. 'ba-Michna', et cité aussi dans Dover Tsedek de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen, que son mérite nous protège, feuillet 94, et voici ses termes : Et de même j'ai entendu que les enfants sont appelés 'mystères du cœur', car la révélation de la racine de l'âme du père se fait par la voie du cœur. Et de même dans Peri Tsadik, paracha Bo, ot 2, s.v. 've-hine', Takanat ha-Shavim feuillet 28.].
Et le sens de ce que parfois un juste engendre un méchant : cela pousse parce qu'il se trouve un mal dans la profondeur de son cœur, qui n'est pas encore clarifié. Et c'est parce que toutes les créatures ont été créées avec un manque (hisaron) ; en vérité, l'homme, quant à lui, veillera à ce qu'en tout cas le manque ne s'étende pas plus qu'il ne l'était à sa sortie du sein de sa mère, seulement il le couvrira afin qu'il ne se montre pas au dehors, ainsi qu'il est écrit (Exode 28,42) : 'et fais-leur des caleçons de lin pour couvrir la chair de nudité'.
Car faire passer la faute et l'effacer entièrement, cela n'est pas au pouvoir de l'homme ; seulement il doit toujours multiplier le service et la prière, afin que le Nom l'aide à effacer le manque à la racine ; et l'homme, quant à lui, agira selon sa force et s'efforcera de couvrir le mal qui se trouve en lui depuis la naissance, et il enfoncera le mal à l'intérieur du corps afin qu'il ne s'étende nullement. Et la bonne mesure qui se trouve en lui, il l'étendra et l'élargira afin qu'elle se montre aussi en haut, sur le vêtement.
Et c'est là l'essentiel du service de l'homme ; et par un service et une prière abondants, le manque sera guéri à sa racine :
Ce passage poursuit : le Nom dit à Avraham Lekh Lekha, déplace-toi d'un lieu à l'autre, à la manière d'une fiole de baume ; par le déplacement l'intériorité du cœur passe à l'acte, et le manque de la racine se dissimule et s'anéantit. Pour le Beit Yaakov, l'homme se reconnaît à sa coupe, sa bourse et sa colère, dans les affaires de ce monde. Avraham descend en Égypte, où aucun ange n'entre, et y demeure dans sa sainteté. L'âme ne désire pas descendre en ce monde, mais y est contrainte afin que soit reconnue sa sainteté.
Aussi : le point « bat », désir ardent gardé pour Avraham ; il sert le soleil puis reconnaît le Créateur qui comble les manques ; le maître du palais pose son regard sur lui : le monde fut créé pour lui
וזה הוא שאמר השי"ת לאברהם לך לך, ודרשו ע"ז בתנחומא (לך) טלטל עצמך ממקום למקום וכו' משל לצלוחית של פליטון וכו'. היינו שע"י טלטולו יודע הפנימיות שבלבו ויצא לפועל מעמקי לבו הטובים, והחסרון שבשורש יסתיר שלא יתפשט לחוץ ואזי ממילא יכלה.
ולזה יבא האדם בעבודתו אשר יעבוד את השי"ת ע"י שיכניס את עצמו בפעולות ועניני עוה"ז, ועי"ז ניכר האדם מה הוא. שכן איתא בש"ס (עירובין סה:) בשלשה דברים אדם ניכר בכוסו בכיסו ובכעסו, ואינו נותן סימן באדם להכיר אותו בשעה שעומד בבית הכנסת מלובש בטלית של מצוה ומעוטר בתפילין, משמע שאין ראיה מזה.
אכן עיקר ההכרה הוא בשעה שמכניס את עצמו בהסתרות בעניני עוה"ז, בעסקו עם הבריות בשוקים וברחובות, אז יכולים להכיר היקרות שבאדם מה הוא במעמקי לבועהלקמן פרשת וישב אות יז ד"ה ובזו, אות מ ד"ה וזו.. ואמר לו השי"ת לך לך להנאתך ולטובתך וטלטל עצמך ממקום למקום, עד שירד למצרים ששם הוא התגברות ההסתרה כ"כ עד שאין בכח שום מלאך ושרף לכנוס שמה, כדאיתא במדרש הנעלם (וירא קיז.)עווזה לשון הזוהר הקדוש פרשת וירא (קיז.) במדרש הנעלם:
אמר הקדוש ברוך הוא, אומה זו של מצרים מזוהמת ומטונפת, ואין ראוי לשגר מלאך ולא שרף, דבר קדוש, בין רשעים ארורים מטונפים, אלא אני עושה מה שאין יכול לעשות מלאך ולא שרף ולא שליח, שאני אומר ממקום קדושתי יהא כך, ומיד נעשה וכו', ועל הדרך הזה נאמר אני ולא מלאך וכו'., והוא עמד בקדושתו, מזה נראה גודל יקרות הפנימיות שנמצא בעומק לבו, מאחר שאף במקום הזה עמד בקדושתו ולא נחסר מאמונתו כלל, והיה כמו קודם שירד לשם, בזה יצא לפועל הקדושה והאמונה שבמעמקי לבו, וכדאיתא בזוה"ק (לך פג.) ת"ח אי אברהם לא ייחות למצרים ולא יצטרף תמן בקדמיתא לא יהא חולק עדביה דקב"ה וכו'. כי מצדו לא היה חפץ אברהם אבינו לכנוס בהסתרת עניני עוה"ז ורצה להיות תמיד בבהירות, וכענין דאיתא בסתרי תורה (לך עט.) אברהם דא נשמתא, והנשמה מצדה לא תחפוץ לירד לעוה"ז, אכן קודם שתכנס בתוך הגוף לעוה"ז אזי אין הכרה כ"כ מהו יקרותה, מאחר שהיא בין העומדים לפני השי"ת מלאכי מעלה האומרים שירה לפני השי"ת תמיד, ואין שם שום הסתרה כלל רק בהירות, ואין זה רבותא שעומדת בקדושתה, אכן כשתתערב נשמת אלוה ממעל עם גוש עפר מן האדמה בעוה"ז, אזי מה גדלה קדושתה מקדושת צבאי מעלה שאין בהם זה הכח לכנוס בעניני עוה"זעזעיין לקמן פרשה זו אות לא ד"ה ויוצאי ובהערה קפב שם..
וזה נמצא בפרט כל האדם נשמת חיים שנחצבה ממקום קדוש. ובכלל כל העולם היה אברהם אבינו הנשמה, ולזה היה בו כח קדושה לירד מצרימה.
ומצדו לא היה חפץ להכניס את עצמו בהסתרות עניני עוה"ז, אך להיות בבהירות תמיד באור ה', וכמו שהנשמה מצדה לא תחפוץ לירד לעוה"ז, אכן בכדי שיוכר גודל כח הקדושה שבה לזה מוכרחת לירד לעוה"זעחנתבאר במקומות רבים בספרי רבוה"ק עיין סוד ישרים ראש השנה אות כח וז"ל: נוח לו לאדם שלא נברא משנברא וכו'.
ודייק אאזמו"ר הגה"ק זצללה"ה למה לא אמרו ז"ל טוב לו לאדם וכו' אלא נח לו וכו', משמע מזה שבאמת טוב לו יותר לאדם שנברא, כי כיון שרצונו ית' שתהיה הנפש בגוף האדם בוודאי הוא טובה גדולה להנפש, כי בטח יודע השי"ת שהנפש יגמור בכי טוב את רצון המשלחה לעולם הזה. רק כל הפחד הוא מצד האדם שמתיירא מאוד לכנוס במקום ספק, נח לו שלא נברא, משום שהנפש היא במקום טהרה, כמאמר אלקי נשמה שנתת בי טהורה היא, לכן אין ברצונה לירד לעולם הזה שהוא אילנא דספיקא שהוא מסופק במציאות השי"ת, לכן הנפש אינה בנייחא ויש לה צעקה גדולה מאוד, כי תתיירא פן תפסיד ח"ו מסיבת הספקות והסתרות.
ועיין עוד בפתיחה לבית יעקב – שער האמונה (דף קלו), סוד ישרים הושענא רבה אות ד ד"ה וביאור, אות ט, תפארת יוסף פורים ד"ה רבי יוחנן, חג השבועות ד"ה ואתם, פ' נצבים ד"ה אתם נצבים [ד], מס' ברכות (יא:) ד"ה מאי, ועיין הרחבת דברים לקמן פ' ויגש אות ו ד"ה וזהו, בית יעקב הכולל פ' ויגש ד"ה והנה.. וכן כאשר עלה ברצון השי"ת שיוכר גודל הקדושה שבנפש אברהם אבינו, אמר לו לך לך מארצך, והלך ממקום למקום עד שבא מצרימה, ואף שם לא פסק מעבוד את ה' לאהבה אותו לדבקה בו, משם נתברר לחולקיה ועדביה דקב"ה, עד שבא אל הארץ אשר אראך, והוא כגוונא דכתיב (ישעיהו מ״ט:ג׳) ויאמר לו עבדי אתה ישראל אשר בך אתפאר:
Et c'est ce que le Nom (béni soit-Il) a dit à Abraham : Lekh Lekha (va vers toi), et l'on a expliqué cela dans le Tan'houma (Lekh) : déplace-toi d'un lieu à l'autre, etc. ; à la manière d'une fiole de baume parfumé (tselohit chel palyeton), etc. C'est-à-dire que par son déplacement se révèle l'intériorité qui est dans son cœur, et les bons [trésors] des profondeurs de son cœur passent à l'acte ; tandis que le manque qui est dans la racine se dissimule et ne se répand pas au-dehors, et alors de lui-même il s'anéantit.
C'est ainsi que l'homme parvient dans son service divin, qu'il rend au Nom (béni soit-Il) en s'introduisant dans les actions et les affaires de ce monde-ci (olam ha-ze), et par là se reconnaît l'homme, ce qu'il est. Car il est enseigné dans le Talmud (Erouvin 65b) : l'homme se reconnaît à trois choses, à sa coupe (kosso), à sa bourse (kisso) et à sa colère (kaasso) ; et [le Talmud] ne donne pas comme signe, pour reconnaître l'homme, le moment où il se tient à la synagogue revêtu du talith de la mitsva et paré des téfilines - ce qui implique qu'il n'y a pas de preuve à partir de cela.
En vérité, l'essentiel de la reconnaissance est au moment où il s'introduit dans les dissimulations (hastarot) des affaires de ce monde, dans son commerce avec les créatures sur les marchés et dans les rues ; alors on peut reconnaître la préciosité qui est dans l'homme, ce qu'il est au plus profond de son cœur (note : voir plus loin parashat Vayechev, alinéa 17 s.v. Ouvazo, alinéa 40 s.v.
Vezo). Et le Nom (béni soit-Il) lui a dit Lekh Lekha - pour ton plaisir et pour ton bien - déplace-toi d'un lieu à l'autre, jusqu'à ce qu'il descende en Égypte, où la dissimulation se renforce à tel point qu'aucun ange ni séraphin n'a le pouvoir d'y entrer, comme il est rapporté dans le Midrach ha-Neelam (Vayera 117a) (note : voici les termes du saint Zohar, parashat Vayera (117a), dans le Midrach ha-Neelam : le Saint béni soit-Il dit : cette nation d'Égypte est souillée et impure, et il ne convient pas d'y envoyer un ange ni un séraphin, chose sainte, parmi des impies maudits et souillés ; mais Moi Je fais ce qu'un ange ne peut faire, ni un séraphin ni un émissaire, car Je dis depuis le lieu de Ma sainteté : qu'il en soit ainsi, et aussitôt cela se fait, etc. ; et c'est en ce sens qu'il est dit Moi et non un ange, etc.).
Et lui [Abraham] demeura dans sa sainteté ; de là se voit la grandeur de la préciosité de l'intériorité qui se trouve au fond de son cœur, puisque même en ce lieu il demeura dans sa sainteté et ne fut nullement diminué de sa foi (emouna), et il fut comme avant de descendre la-bas ; par là passèrent à l'acte la sainteté et la foi qui sont au plus profond de son cœur, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Lekh 83a) : Viens et vois - si Abraham n'était pas descendu en Égypte et n'y avait pas été d'abord affiné (éprouvé), il n'aurait pas eu de part au lot du Saint béni soit-Il, etc. Car, de son côté, Abraham notre père ne désirait pas entrer dans la dissimulation des affaires de ce monde et voulait être toujours dans la clarté (behirout), à la manière de ce qui est rapporté dans les Sitrei Torah (Lekh 79a) : Abraham, c'est l'âme (nechama) ; et l'âme, de son côté, ne désire pas descendre en ce monde.
Toutefois, avant qu'elle n'entre dans le corps en ce monde, il n'y a pas grande reconnaissance de ce qu'est sa préciosité, puisqu'elle se trouve parmi ceux qui se tiennent devant le Nom (béni soit-Il), les anges d'en haut qui chantent le cantique devant le Nom continuellement, et là il n'y a aucune dissimulation, seulement la clarté ; et ce n'est pas là un exploit qu'elle demeure dans sa sainteté. Mais lorsque l'âme divine d'en haut se mêle à une motte de poussière de la terre en ce monde, alors combien grande est sa sainteté par rapport à la sainteté des armées d'en haut, qui n'ont pas ce pouvoir d'entrer dans les affaires de ce monde (note : voir plus loin, cette même paracha, alinéa 31 s.v.
Veyotsei, et note 182 là-bas). Et cela se trouve en particulier chez chaque homme - l'âme de vie (nichmat 'hayim) qui fut taillée d'un lieu saint.
Et de manière générale, pour le monde entier, Abraham notre père était l'âme ; c'est pourquoi il y avait en lui une force de sainteté pour descendre en Égypte. Et, de son côté, il ne désirait pas s'introduire dans les dissimulations des affaires de ce monde, mais être toujours dans la clarté, dans la lumière du Nom ; de même que l'âme, de son côté, ne désire pas descendre en ce monde, cependant, afin que soit reconnue la grandeur de la force de sainteté qui est en elle, pour cela elle est contrainte de descendre en ce monde (note : cela est expliqué en de nombreux endroits dans les livres de nos saints maîtres ; voir Sod Yecharim, Roch Hachana alinéa 28, dont voici les termes : il vaut mieux (nah) pour l'homme ne pas avoir été créé que d'avoir été créé, etc.
Et mon aïeul, mon maître, le saint gaon (que son souvenir soit une bénédiction pour la vie du monde à venir) à précisé : pourquoi nos maîtres de mémoire bénie n'ont-ils pas dit il est bon pour l'homme, etc., mais plutôt il vaut mieux (nah) pour lui, etc. ? Cela implique qu'en vérité il est meilleur pour l'homme d'avoir été créé ; car puisque telle est Sa volonté (béni soit-Il) que l'âme soit dans le corps de l'homme, c'est assurément un grand bien pour l'âme, car le Nom (béni soit-Il) sait à coup sur que l'âme accomplira pour le mieux la volonté de Celui qui l'envoie en ce monde.
Seulement, toute la crainte vient du côté de l'homme, qui redoute fort d'entrer dans un lieu de doute : il vaut mieux (nah) pour lui ne pas avoir été créé, parce que l'âme est dans un lieu de pureté, selon la formule mon Dieu, l'âme que Tu as placée en moi est pure ; c'est pourquoi elle ne désire pas descendre en ce monde qui est l'arbre du doute (ilana de-sfeka), lequel doute de l'existence du Nom (béni soit-Il) ; c'est pourquoi l'âme n'est pas en repos et pousse un très grand cri, car elle craint de perdre, à Dieu ne plaise, à cause des doutes et des dissimulations. Et voir encore l'introduction au Beit Yaakov - Chaar ha-Emouna (page 136), Sod Yecharim Hochana Rabba alinéa 4 s.v.
Ouviour, alinéa 9, Tiferet Yossef Pourim s.v. Rabbi Yo'hanan, fête de Chavouot s.v.
Veatem, parashat Nitsavim s.v. Atem nitsavim [4], traité Berakhot (11b) s.v.
Mai, et voir le développement plus loin, parashat Vayigach alinéa 6 s.v. Vezehou, Beit Yaakov ha-Kolel parashat Vayigach s.v.
Vehine). Et de même, lorsqu'il monta dans la volonté du Nom (béni soit-Il) que soit reconnue la grandeur de la sainteté qui est dans l'âme d'Abraham notre père, Il lui dit Lekh Lekha, va-t'en de ton pays ; et il alla d'un lieu à l'autre jusqu'à ce qu'il vint en Égypte, et même là il ne cessa de servir le Nom, de L'aimer et de s'attacher à Lui ; de là fut clarifié [qu'il était] pour la part et le lot du Saint béni soit-Il, jusqu'à ce qu'il vint au pays que Je te montrerai.
Et c'est à l'image de ce qui est écrit (Isaie 49,3) : Il me dit : tu es Mon serviteur, Israël, en qui Je me glorifierai.
ויאמר ה' אל אברם וגו'. כתיב (תהילים מ״ה:י׳-י״א) שמעי בת וראי והטי אזנך ושכחי עמך ובית אביך וגו'.
בת היינו הנקודה האמצעית, שכל תקות האדם הוא לזאת הנקודה, כדאיתא בזוה"ק (ויקהל רד.) ורזא דמלה בכל אתר נקודה דאיהי עיקרא דכלא איהו בתעטכל עניין בחינת בת מבואר בהרחבה בתפארת החנוכי על זהר ויקהל (רד.) כל העניין שם.. והנה השי"ת הצפין באברהם נקודה של חשק, שכל תשוקתו יהיה רק להשי"ת, וזאת הנקודה הצפין השי"ת עוד מקודם בריאת עולם מדור דור.
עד שבא אאע"ה שמר השי"ת זאת הנקודה שלא תתקלקל בשטף הזדון של דורות הקודמים, כי הוא היה עיקר המכוון מבריאת עולם שעל ידו יתגלה כבוד מלכותו ית', שכן היה הוא הראשון שהתפלא לידע מי הוא בעל הבירה כדאיתא במדרש (לך רבה לט), והעמיק לידע הנהגת העולם מי הוא המשפיע טובה. ומתחלה עבד לשמש כדאיתא בזוה"ק (לך פו.), והוא כי עיקר הצורת אדם הוא הדעת, ובעוה"ז הוא אור העיקר, שע"י האור יבא לאדם דעת איך להתנהג, ופנימיות האור הוא ספירת חכמה להבחין בין טוב לרע והוא עיקר הטובה, לזה היה עובד להשמש שמרמזת לחכמה.
אכן כאשר ראה שיש להשמש העדר בלילה, אז הבין שהוא ג"כ רק עלול ומסובב ולא עילה וסיבה, שאף בהשמש ובכל המשפיעים נמצא חסרון ואין בהם השלימות, אז אמר א"כ מי הוא המשפיע לי טובה, משמע מזה שנמצא בורא שברא כל אלה ומשפיע לכל אחד והוא שלם בכל השלימות ומשלים את כל החסרונותפלעיל פרשה זו אות ח.:
Et le Nom dit à Abram, etc. Il est écrit (Psaumes 45,10-11) : Écoute, ma fille (bat), vois et prête l'oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père, etc. 'Bat' (la fille), c'est le point central (ha-nekouda ha-emtsait), car tout l'espoir de l'homme tend vers ce point, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayakhel 204a) : et le secret de la chose - en tout lieu, le point qui est l'essence du tout, c'est lui 'bat' (fille) (note : tout le thème de l'aspect de 'bat' est expliqué en détail dans le Tiferet ha-Hanouki sur le Zohar Vayakhel (204a), tout ce thème là-bas).
Et voici, le Nom (béni soit-Il) a dissimulé en Abraham un point de désir ardent (hechek), de sorte que toute son aspiration ne soit que vers le Nom ; et ce point, le Nom l'a dissimulé dès avant la création du monde, de génération en génération. Jusqu'à la venue d'Abraham notre père (que la paix soit sur lui), le Nom garda ce point afin qu'il ne se corrompe pas dans le flot de malveillance des générations précédentes, car il était le but essentiel de la création du monde, [à savoir] que par lui se révèle la gloire de Sa royauté (béni soit-Il) ; car il fut le premier à s'étonner de savoir qui est le maître du palais (baal ha-bira), comme il est rapporté dans le Midrach (Lekh Rabba 39), et il approfondit pour connaître la conduite du monde, [pour savoir] qui est celui qui prodigue le bien.
Et au début il servit le soleil, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Lekh 86a) ; et cela [s'explique] car l'essentiel de la forme de l'homme est la connaissance (daat), et en ce monde-ci la lumière est l'essentiel, car par la lumière vient à l'homme la connaissance de la manière de se conduire ; et l'intériorité de la lumière est la sefira de 'Hokhma (sagesse), pour discerner entre le bien et le mal, et c'est cela l'essentiel du bien ; c'est pourquoi il servait le soleil, qui fait allusion à la 'Hokhma. Toutefois, lorsqu'il vit que le soleil connaît une absence pendant la nuit, alors il comprit que lui aussi n'est qu'un effet et un terme causé (aloul oumessoubav), et non une cause et un principe (ila vesiba) ; que même dans le soleil et dans tous ceux qui prodiguent [l'influx] se trouve un manque, et qu'il n'y a pas en eux la perfection.
Alors il dit : s'il en est ainsi, qui est celui qui me prodigue le bien ? Cela implique qu'il existe un Créateur qui a créé tout cela et prodigue [l'influx] à chacun, et qui est parfait de toute perfection et comble tous les manques (note : ci-dessus, cette même paracha, alinéa 8).
ואז הציץ עליו בעל הבירה ואמר אני הוא בעל הבירה כדאיתא במדרש (שם), והוא שהשי"ת הראה לו שהוא הוא המשלים כל החסרונות, ולכן אמרו שהציץ עליו. ולכאורה מהראוי היה שיאמרו הציץ אליו, אכן כוונת המדרש הוא, שאמר לו השי"ת לאברהם אבינו ע"ה שעליו נבראת העולם והוא המקיים את כל העולם כלו, שעל זה המכוון ברא השי"ת את העולם, שירצו הברואים לידע מי ברא אלה ומי משפיע כל הטובות.
והראה השי"ת לאברהם אבינו שכל דבר הוא בהשגחה פרטית, ולא כמו שהעכו"ם אומרים שהשי"ת חלק כח להטבע והטבע תתנהג ותפעל בעצמה, ולזה קורין הם את שם ה' אלהא דאלהיא, כדאיתא בש"ס (מנחות קי.)פאכמבואר בארוכה לעיל פרשה זו אות יא עיי"ש., אבל לא כאלה חלק יעקב כי יוצר הכל הוא, ויודעים שמבלעדו יתברך לא ירים איש את ידו ואת רגלו, ואף שנתן השי"ת כח ממשלה בהצבא מעלה להיות מושלים בקרב תבל, אכן באמת מנהיג השי"ת אף בהטבע, ובידו לשנות הטבע כפי שירצה, וכל כח ממשלה שיש להם הוא מפני שמכירים ויודעים שאין להם שום כח מצדם, לזה משפיע בהם השי"ת את זה הכח. וכענין דאיתא בזוה"ק (פנחס רנז:) אל סהיד עליה וכו'.
ואברהם אבינו היה הראשון שנתגלה לו זאת שכל הנעשה בעולם הוא בהשגחה פרטית מהשי"תפבעיין במי השלוח ח"א פרשת לך ד"ה עוד: כי כאשר התחיל אברהם אבינו להתבונן בהשינוים אשר חליפות עברו על העולם בדור המבול ובדור הפלגה אז בא להרעיש בלבו להבין מי ברא אלה, והשיבו הקב"ה לא כאלה חלק יעקב.
כי דרך אומות העולם כשרואין איזה שינוי בההנהגה אז יתחילו לשוב מדרכם וירצו להבין, אבל כשהעולם מתנהג עפ"י דרך הטבע אז אין מהם שם על לב להבין, כי זאת אינם מאמינים בהש"י אשר גם דרך הטבע היא בידו בכל רגע ובלעדו אין שום דבר שולט. אבל חלק יעקב לא כאלה כי יוצר הכל הוא, היינו שישראל מאמינים שלולא שהש"י סובל העולם לא נתקיימה אף רגע, וזה כשרצה אאע"ה להשיג את בוראו עפ"י שינוי הטבע אמר לו הקב"ה לך לך היינו לחלק יעקב שתכיר אף בדרך הטבע את גדולת הש"י.:
Et alors le maître du palais posa sur lui son regard (hetsits alav) et dit : c'est Moi le maître du palais, comme il est rapporté dans le Midrach (ibidem) ; et cela [signifie] que le Nom (béni soit-Il) lui montra que c'est Lui qui comble tous les manques, et c'est pourquoi ils ont dit qu'Il posa son regard sur lui (alav). Or, à première vue, il eût été convenable qu'ils disent 'Il posa son regard vers lui' (הציץ אליו) ; cependant l'intention du Midrach est que le Nom (béni soit-Il) dit à Abraham notre père (que la paix soit sur lui) que c'est pour lui - sur lui (עליו) - que le monde fut créé, et qu'il maintient le monde tout entier ; car c'est dans ce but que le Nom (béni soit-Il) a créé le monde : que les créatures veuillent savoir qui a créé ces choses (mi bara ele) et qui prodigue tous les biens.
Et le Nom (béni soit-Il) montra à Abraham notre père que toute chose relève de la providence particulière (hachgaha peratit), et non comme le disent les idolâtres (akoum) que le Nom aurait réparti un pouvoir à la nature et que la nature se conduirait et agirait d'elle-même ; et c'est pourquoi ils nomment le Nom de Hachem 'Dieu des dieux' (Elaha de-elahaya), comme il est rapporté dans le Talmud (Menahot 110a) (note : comme expliqué longuement ci-dessus, cette même paracha, alinéa 11, voir là-bas). Mais la part de Yaakov n'est pas comme celles-là, car Il est le Formateur de tout (yotser ha-kol), et ils savent que sans Lui (béni soit-Il) nul ne lèverait sa main ni son pied ; et bien que le Nom (béni soit-Il) ait donné un pouvoir de domination aux armées d'en haut pour qu'elles gouvernent au sein du monde, en vérité le Nom conduit même la nature, et il est en Son pouvoir de changer la nature selon Son gré ; et tout pouvoir de domination qu'elles possèdent, c'est parce qu'elles reconnaissent et savent qu'elles n'ont aucun pouvoir de leur propre côté ; c'est pourquoi le Nom (béni soit-Il) fait affluer en elles ce pouvoir.
Et à la manière de ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 257b) : Dieu (El) témoigne sur lui, etc. Et Abraham notre père fut le premier à qui cela fut révélé, [à savoir] que tout ce qui se fait dans le monde relève de la providence particulière du Nom (béni soit-Il) (note : voir le Mei ha-Chiloah, 1re partie, parashat Lekh, s.v.
Od : car lorsque Abraham notre père commença à contempler les changements qui, tour à tour, passèrent sur le monde à la génération du déluge et à la génération de la dispersion, alors il en vint à s'émouvoir en son cœur pour comprendre qui a créé ces choses, et le Saint béni soit-Il lui répondit : la part de Yaakov n'est pas comme celles-là. Car la coutume des nations du monde est que, lorsqu'elles voient quelque changement dans la conduite [du monde], alors elles commencent à revenir de leur voie et veulent comprendre ; mais lorsque le monde se conduit selon la voie de la nature, alors elles n'y prêtent pas attention pour comprendre, car elles ne croient pas au Nom (béni soit-Il) dont la voie même de la nature est entre Ses mains à chaque instant, et sans qui rien ne domine.
Mais la part de Yaakov n'est pas comme celles-là, car Il est le Formateur de tout, c'est-à-dire qu'Israël croit que si le Nom (béni soit-Il) ne portait pas le monde, il ne subsisterait pas même un instant ; et cela, lorsque Abraham notre père voulut atteindre son Créateur par le changement de la nature, le Saint béni soit-Il lui dit Lekh Lekha, c'est-à-dire vers la part de Yaakov, afin que tu reconnaisses, même dans la voie de la nature, la grandeur du Nom (béni soit-Il)).
Ce passage poursuit « Va-t'en (lekh lekha) de ton pays et de ton lieu de naissance » (Berechit 12,1), le lieu de la sagesse d'Avraham et son habitude, d'après le Mei ha-Chiloah. Pour le Beit Yaakov, le Midrach « Écoute, fille, incline ton oreille » (Tehilim 45,11) éveille à regarder le point (nekouda) mis dans l'âme, la Che'hina, prunelle que regardait Avraham. Selon l'œil ce point paraît à l'opposé ; qui incline l'oreille avec force voit que seul le vêtement paraît à l'opposé et qu'il est bon. D.ieu montre alors la profondeur, tiferet ; cette paracha allude aux Dix Paroles, car tiferet tranche entre ''hessed et guevoura, et l'essentiel de la Torah est dans la troisième sefira.
Aussi : la terre montrée à la guerre des rois, racine d'Avraham plus haute que la leur ; Our-Kasdim tenu par le derekh erets, hors des paroles de Torah ; bénédiction qui attache à la racine et prépare le réceptacle
וזה הוא שאמר לו השי"ת לך לך מארצך וממולדתך. מארצך, היינו ממקומך, והוא כי אברהם אבינו היה מדוגל מאד בחכמתו.
וממולדתך, היינו מההרגל שלך (וכמש"נ במי השלוח ח"א ד"ה לך). אל הארץ אשר אראך, והיכן היא הארץ הזאת שהראהו, אכן במלחמת המלכים אז ראה את ארצו.
דהנה מה שלפעמים מצליח אחד יותר מחבירו זה יוכל להיות ע"י זכותו, אבל מה שחיי חבירו נדחים ונכלים מפניו לאו בזכותא תליא זאת, וע"ז מורה תיבת ארץ, כי בארץ כתיב (במדבר ל״ה:ל״ג) ולארץ לא יכופר וגו' כי אם בדם שופכו, שמצדה הם כל העולם שוים כן זה וכן זה לא ידחה אחד מפני חבירו. ולאברהם אבינו הראה השי"ת ארץ אחרת, שארצו הרומז על מצב יסודו ושרשו גבוה מארצם מיסודם ושרשםפגמקור העניין מבואר במי השלוח ח"ב ישעיה (נא) ד"ה הביטו:
שורשו {של אברהם אבינו}הוא למעלה מכל מערכת הבריאה ואף שלא היה לו עדיין זכות אבות ותורה ומצות., ולכן נדחו מפניו אותם המלכים, שאברהם האיר אור מלכות שמים אפילו לארץ הגשמי התחתונהפדכמבואר במי השלוח ח"ב פרשת לך ד"ה אל תירא: כי כאשר הרג אברהם את המלכים פחד מאוד, כי מה שאדם מצליח יותר מחבירו הוא מחמת שיש בקרבו יותר עבודה ומעשים טובים, אבל אם חיי חבירו יבוטלו עבורו מזה יש לאדם פחד עצום שהרי השי"ת ברא גם אותו ונתן לו הויה וכל זמן שהוא קיים ודאי יש לו להשי"ת איזה צורך בו, ומזה פחד מאוד, עד שאמר לו השי"ת אל תירא, כי באמת חייהם אין ואפס נגד חיי ישראל כי מחצבם ממקור עליון, וזה נקרא כריתת ברית עמו שהראה לו מחצבו.
לקמן פרשה זו אות טו.. והענין שלא נכתב נסיון אור כשדים בתורה הוא, כי מה שעמד בזה הנסיון לא היה ע"י השגתו בד"ת רק על פי שכל שהוא חוץ מד"ת (וכמש"נ במי השלוח חלק שני), ומסירת נפשו בכבשן האש היה מפני שהתיישב בדעתו ממה נפשך, אם נמצא מנהיג בעולם שברא בני אדם שיגדילו שמו הגדול ושיתגדל כבודו ית' על ידם, מה טוב הוא שאמסור את עצמי בעבור כבוד שמו הגדול, ומוכן אני מצדי למסור את נפשי עליו.
ואם עולם כמנהגו נוהג וח"ו אין מי שמנהיגה אזי למה לי חיים כאלה שכל חיותנו בהם שבעים שנה. והנה אף האומות אומרים שיש מנהיג, אכן שזה העולם הוא אצלו כאגב ואינו רוצה בכבוד שהברואים יכבדוהו, והוא כי כל אחד אומר לפי שרשו, כמו שהעכו"ם הם רק אגב ומקרה, כן הם אומרים על כל ההנהגה, וזה הוא שאומר הכתוב הטי אזנך, להטות אוזן להעומק, שכן בכל דבר נמצא בעומק ד"ת, ולכן לא נכתב בתורה נסיון אור כשדים מפני שעמידתו בזה הנסיון לא היה בד"ת רק בדרך ארץ שקדמה לתורה, ובזו הפרשה מתחיל לדבר בד"תפהכמו שביאר במי השלוח ח"א פרשת נח ד"ה ויהיו ימי תרח:
הכריתת ברית שהיה עם אאע"ה היה בד"ת והוא לא היה צריך לעסוק בדרך ארץ, כי ד"א קדמה לתורה וכו'. כי מי שעוסק בד"ת אין צריך לעיין על ד"א כי הד"א מתגולל עמו בכל הענינים אף שלא מדעתו.
עיין שם ח"ב פ' נח ד"ה בעשרה. ועיין כל העניין בבית יעקב הכולל פרשת לך ד"ה ויאמר [ב]..
וזה הוא לך לך, להביט אל העומק, שבעומק אין דבר כי אם ד"ת. ואעשך לגוי גדול ואברכך, היינו שאתן לך ברכה בהתרבות, וכן הוא מלשון המשנה (כלאים פ"ז) המבריך את הגפן, שפירושו שקושרו בהשורש שלו, והוא שאמר לו השי"ת לאברהם אבינו ע"ה שכל טובה שישפיע לו יַרְאֶה לו מהיכן זכה להטובה, ואיזה פעולה גרמה לזה בכדי שיקרא על שמו שביגיעה זכה להטובהפולקמן פרשה זו אות יז, בית יעקב הכולל פרשת לך ד"ה ואעשך..
ואגדלה שמך והיה ברכה, היינו שהבטיחהו השי"ת שקודם ביאת הטובה יכין אותו שיהיה כלי שלם שיהיה בו כח לקבל הטובהפזבית יעקב הכולל פרשת לך ד"ה והיה ברכה.:
Et c'est ce que le Nom lui dit: 'Va-t'en (lekh lekha) de ton pays et de ton lieu de naissance' (Genèse 12,1). 'De ton pays' - c'est-à-dire de ton lieu, car Abraham notre père était très éminent dans sa sagesse. 'Et de ton lieu de naissance' - c'est-à-dire de ton habitude (comme il est dit dans le Mei ha-Chiloah, 1re partie, s.v. 'Lekh'). 'Vers le pays que Je te montrerai' - et où est ce pays qu'Il lui montra ? En vérité, c'est lors de la guerre des rois qu'il vit alors son pays.
Car voici: ce qui fait que parfois l'un réussit plus que son prochain peut provenir de son mérite (zekhout) ; mais que la vie de son prochain soit repoussée et consumée devant lui, cela ne dépend pas du mérite (lav bi-zkhouta talia). Et c'est ce qu'indique le mot 'terre/pays' (erets), car au sujet de la terre il est écrit (Nombres 35,33): 'et pour la terre il n'y a d'expiation... que par le sang de celui qui l'a versée' - car de son côté tout le monde est égal, celui-ci comme celui-là, l'un ne sera pas repoussé devant son prochain.
Or à Abraham notre père le Nom montra une autre terre, car sa terre - qui fait allusion à l'état de son fondement et de sa racine - est plus haute que leur terre, que leur fondement et leur racine. [note פג: la source de ce thème est expliquée dans le Mei ha-Chiloah, 2e partie, Isaie (51), s.v. 'Habitou': sa racine {celle d'Abraham notre père} est au-dessus de tout l'ordre de la Création, bien qu'il n'eût pas encore le mérite des pères ni la Torah et les mitsvot.] Et c'est pourquoi ces rois furent repoussés devant lui, car Abraham fit rayonner la lumière de la royauté des cieux (malkhout chamayim) même sur la terre matérielle inférieure.
[note פד: comme expliqué dans le Mei ha-Chiloah, 2e partie, parachat Lekh, s.v. 'Al tira': car lorsque Abraham tua les rois il eut grand-peur ; car ce qui fait qu'un homme réussit plus que son prochain vient de ce qu'il y a en lui plus de service divin et de bonnes actions, mais si la vie de son prochain est annulée à cause de lui, l'homme en conçoit une peur immense, car le Nom l'a créé lui aussi et lui a donné l'existence, et tant qu'il subsiste, certainement le Nom a quelque besoin de lui ; c'est de cela qu'il eut grand-peur, jusqu'à ce que le Nom lui dise 'Ne crains pas', car en vérité leur vie n'est que néant et rien face à la vie d'Israël, dont l'origine est d'une source supérieure ; c'est ce qu'on appelle l'alliance conclue avec lui, car Il lui montra son origine. Voir plus loin, cette même paracha, lettre 15.] Et la raison pour laquelle l'épreuve d'Our-Kasdim (Our des Chaldéens, la fournaise) n'est pas écrite dans la Torah, c'est que ce par quoi il tint bon dans cette épreuve ne fut pas par sa compréhension des paroles de Torah (divrei Torah), mais selon une raison qui est en dehors des paroles de Torah (comme il est dit dans le Mei ha-Chiloah, 2e partie).
Et le sacrifice de sa vie (mesirout nefech) dans la fournaise ardente fut parce qu'il s'établit dans son esprit un raisonnement 'de toute manière' (mimah nafchakh): s'il se trouve un Conducteur dans le monde, qui a créé les hommes pour qu'ils magnifient son grand Nom et que sa gloire béni soit-Il soit exaltée par eux, comme il est bon que je me livre moi-même pour l'honneur de son grand Nom, et je suis prêt, pour ma part, à livrer ma vie pour Lui ; et si le monde suit son cours et que, à Dieu ne plaise, il n'y a personne qui le conduise, alors à quoi bon pour moi une telle vie, dont toute notre vitalité en elle n'est que soixante-dix ans. Et voici, même les nations disent qu'il y a un Conducteur, mais que ce monde n'est pour Lui qu'accessoire (ke-agav) et qu'Il ne désire pas l'honneur que les créatures Lui rendraient ; et cela parce que chacun parle selon sa racine: de même que les idolâtres ne sont eux-mêmes qu'accessoire et hasard, de même ils le disent de toute la conduite du monde.
Et c'est ce que dit le verset 'incline ton oreille' - incliner l'oreille vers la profondeur, car en toute chose se trouve, dans la profondeur, des paroles de Torah. C'est pourquoi l'épreuve d'Our-Kasdim n'a pas été écrite dans la Torah, parce que sa tenue dans cette épreuve ne fut pas par les paroles de Torah mais par le derekh erets (la conduite droite) qui précéda la Torah ; et dans cette paracha il commence à parler par les paroles de Torah.
[note פה: comme l'a expliqué le Mei ha-Chiloah, 1re partie, parachat Noah, s.v. 'Va-yihyou yemei Térah': l'alliance qui fut avec Abraham notre père fut par les paroles de Torah, et il n'avait pas besoin de s'occuper du derekh erets, car le derekh erets a précédé la Torah, etc. Car celui qui s'occupe des paroles de Torah n'a pas besoin de veiller au derekh erets, car le derekh erets se déroule avec lui en toutes choses, même à son insu.
Voir là, 2e partie, parachat Noah, s.v. 'Be-assara'. Et voir tout ce thème dans le Beit Yaakov ha-Kolel, parachat Lekh, s.v. 'Va-yomer' [2].] Et c'est cela 'Lekh lekha' - regarder vers la profondeur, car dans la profondeur il n'y a rien sinon des paroles de Torah. 'Et Je ferai de toi une grande nation et Je te bénirai' (Genèse 12,2), c'est-à-dire que Je te donnerai une bénédiction dans l'accroissement ; et c'est du langage de la Michna (Kilayim ch.
7) 'ha-mavrikh et ha-gefen' (celui qui provigne la vigne), dont le sens est qu'on l'attache à sa racine. Et c'est ce que le Nom dit à Abraham notre père, paix sur lui: que tout bien qu'Il lui prodiguera, Il lui montrera d'où il a mérité ce bien et quelle action l'a produit, afin que cela soit appelé à son nom, qu'il a mérité ce bien par son effort (yegia).
[note פו: et voir plus loin, cette paracha, lettre 17 ; Beit Yaakov ha-Kolel, parachat Lekh, s.v. 'Va-e'essekha'.] 'Et Je grandirai ton nom et sois une bénédiction' (Genèse 12,2), c'est-à-dire que le Nom lui promit qu'avant la venue du bien Il le préparerait à être un réceptacle (kli) parfait, ayant en lui la force de recevoir le bien. [note פז: Beit Yaakov ha-Kolel, parachat Lekh, s.v. 'Ve-haya berakha'.]
ויאמר ה' אל אברהם לך לך וגו'. ר' ברכיה פתח (תהילים מ״ה:י״א-י״ב) שמעי בת וראי והטי אזנך ושכחי עמך ובית אביך ויתאו המלך יפיך ליפותך בעולם (לך רבה לט).
שמעי בת, היינו שהשי"ת מעורר את לב האדם שיסתכל בנפשו להנקודה שנתן בו השי"ת, וזו הנקודה נקראת בת, וכדאיתא בזוה"ק (יתרו פה.) בת היתה לו לאברהם אבינו דא שכינתא ודא הוא בת. וזה הוא שנאמר בו (יומא כח:) שאצטגנינות יתירה היה בו, כי בת הוא מלשון בת עין, שהיא הנקודה האמצעית שבעין.
וכן אמרו עליו (אבות דר"נ לג) ששתי כליותיו היו נובעות חכמה, והוא שהסתכל בתמידות להנקודה האמצעית שנתן בו השי"ת. ומזהיר הכתוב לכל אחד ואחד, שישמע להבת, שמרמז על הנקודה האמצעית שבוערת בקרבו ומעוררת אותו לעבוד את השי"ת, כמו שעשה אאע"ה שמעצמו התעורר לקים כל מצות ה' ואפילו עירובי תבשילין, כדאיתא בש"ס (יומא כח:) ובמדרש (תנחומא לך).
אכן שלפי ראות העין נראה שזאת הנקודה יוצאה בגוף האדם להיפךפחנתבאר ענינו במי השלוח ח"א פרשת קרח ד"ה ומדוע [ב]: כי בכל נפש מישראל נמצא נקודה טובה ויקרה אשר חלק לה השי"ת בפרט, אך בעוה"ז הנקודה הזאת היא בלבוש שנראה להיפך וזה פירש ובצל ידי כסיתיך.
והנה גם לנפשות יקרות תיקן הש"י לבושים הנראים היפך מיקרותם. ועיין עוד שם ח"ב ישעיה (נא) ד"ה ואשם.
ובבית יעקב ויקרא פ' בהר אות יב מבאר: כי כל דבר שבתוך החיים הוא מעלה גדולה, ובתוך הלבוש נראה לחסרון גדול.
וכל מה שבפנימיות מעלה גדולה, אז בלבוש נדמה לחסרון גדול וכו'. עיי"ש העניין., וכדאיתא במדרש (תולדות סג) כיון שראה שמואל את דוד אדמוני אמר שופך דמים הוא כעשו, לזה אמר והטי אזנך, היינו שאם יטה אזנו בכח, שכן הטיה הוא מלשון פעולה בכח עצום, ואם יטה אזנו ויכוף עצמו יראה בחוש מפורש שרק הלבוש הוא נראה להיפך ובאמת טובה היא, כי לא ברא השי"ת דבר בחנם, ואם האדם יטה אזנו לזאת הנקודה יַרְאֶה לו השי"ת שהנקודה הזאת טובה היא.
ואח"ז אומר עוד שם במדרש, אמר הקב"ה לאברהם אבינו טלטל עצמך ממקום למקום, והוא כי השי"ת נתן כח הטוב בכל הברואים, אכן שאין להם מבינות מה חפץ השי"ת בזה. ולצורת אדם מטעים השי"ת מה יעסוק עמהם ומבינם כל זאת.
וזה הוא כוונת הכתוב ויתאו המלך יפיך, שהשי"ת יראה להאדם העומק הצפון בו ויבינו מה רוצה בזה העסק, וזהו נקרא יופי ותפארת, וזה הוא ליפותך בעולם, כי בזו הפרשה הראה השי"ת לאברהם אבינו ע"ה כל עשרת הדברות, וכדאיתא בזוה"ק (לך פח:) בזו הפרשה, אחר הדברים האלה אלין פתגמי אורייתא דכתיב את הדברים האלה דבר ה' אל כל קהלכם בהר וגו' מה להלן פתגמי אורייתא אוף הכא פתגמי אורייתא. והענין בזה, כי פרשת יתרו הוא שבע עשרה למנין הפרשיות, תפארת שבתפארת, נאמרו שם עשרת הדברות.
ופרשת ואתחנן הוא תפארת שבמלכות, לכן נשנו שם עשרת הדברות, ופרשתנו היא שלישית למנין כנגד תפארת לכן נרמז גם בה עשרת הדברות. והענין בזה כדאיתא בזוה"ק (שמיני לה:) באורייתא ברא קוב"ה עלמא, ואיתא בזוה"ק (מצורע נג:) מאי תורה בגין דאורי וגלי מה דהוה סתים בקדמיתא דלא אתיידע לזה בכל מקום שהוא נגד ספירה שלישית נרמזו בהם דברי תורה, כי בכל מקום שנמצא שני הפכיים שם יתראה כבוד מלכות השי"ת בעולם שה' אחד הוא שמחברם ומאחדםפטעיין בתפארת החנוכי על זוהר בהקדמה (א:) ד"ה בראשית הרחבת הסבר בעניין., ומדת תפארת הוא המכריע בין חסד לגבורהצמבואר בתפארת יוסף חג השבועות ד"ה דרש ההוא גלילאה:
עיקר האור של המדות, הוא בעת שיש התכללות המדות, שהתכללות המדות הוא הקיום והחיים והאור של המדה, כי בלא התכללות המדות מתפשטת המדה עצמה בלי שום גבול עד לקצה האחרון שבה, אבל במקום שיש התכללות המדות, היינו שכל מדה נותנת מקום גם למדה המתנגדת לה ואין לה שום עיקשות במדתה, שבשביל כוונה לשם שמים תוכל להתאחד עם חברתה ג"כ, זה העיקר של התכללות המדות, ואז הוא עיקר החיים והאור והקיום. כמו שראינו שגם במדת התפארת הרומז להתכללות המדות, גם בה נמצא כמה מיני התכללות המדות וכו'.
ומ"מ גמר מעולם התיקון היה בעת מתן תורה, שלאחר שלשה דורות שישראל נתבררו במצרים שהיה אצלם כמה וכמה הסתרות אור וסבלו עבור כבוד שמים. ולזה האיר להם השי"ת במתן תורה, שאם ילכו בעבודה מצידם ולא יקבלו להם שום תקיפות שהם מחויבים המציאות, אז יבררו כל הדורות הקודמין שהשי"ת יאיר להם, שאפילו במקומות שהיה בהסתרות האור היו ג"כ מקושרים עם אור רצונו ית'.
וזה פירוש הפסוק, יחיינו מימים ביום השלישי יקמנו ונחיה לפניו, שביום השלישי הרומז על התכללות המדות, מכיר האדם האור והחיים של המדות הקודמים, שאף שמקודם נדמה שחסד וגבורה הם שני הופכים, אבל אח"כ מכיר האדם החיים מהם ג"כ. עיין עוד סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת יתרו ד"ה להיות השלישי..
ובפרשת בראשית נכתב ענין אדם הראשון, ובפ' נח נכתב ענינו של נח. ובזו הפרשה מדבר באאע"ה שהתחיל להכיר את השי"ת, מזה שהבין שאין העולם מתנהג בדרך הטבע, משמע מזה שנמצא בורא שברא כל העולם ומושל בכל ומנהיגם כרצונו.
וזה הוא גם כן דאיתא בש"ס (שבת פח.) בריך רחמנא דיהב לן אוריין תליתאי וכו' שעיקר הד"ת הם בספירה שלישית:
Et le Nom (ה') dit à Abraham: 'Va-t'en...' (Genèse 12,1). Rabbi Berakhia ouvrit (son propos par ce verset) (Psaumes 45,11-12): 'Écoute, fille, et vois, incline ton oreille, oublie ton peuple et la maison de ton père, et le roi désirera ta beauté' - pour t'embellir dans le monde (Lekh Rabba 39). 'Écoute, fille': c'est-à-dire que le Nom éveille le cœur de l'homme à regarder dans son âme le point (nekouda) que le Nom a mis en lui ; et ce point est appelé 'fille' (bat), comme il est dit dans le saint Zohar (Yitro 85a): 'Abraham avait une fille' - c'est la Chekhina, et c'est cela la 'fille'.
Et c'est ce qui est dit de lui (Yoma 28b): qu'une astrologie supérieure (itstaguninout) était en lui, car 'bat' est du langage de 'bat ayin' (la prunelle de l'œil), qui est le point central de l'œil. Et de même ils dirent de lui (Avot de-Rabbi Nathan 33) que ses deux reins faisaient jaillir la sagesse - c'est qu'il regardait continuellement vers le point central que le Nom avait mis en lui.
Et le verset avertit chacun d'écouter la 'fille', qui fait allusion au point central qui brûle en lui et l'éveille à servir le Nom, comme fit Abraham notre père, qui de lui-même s'éveilla à accomplir toutes les mitsvot du Nom, et même le érouv tavchilin, comme il est dit dans le Talmud (Yoma 28b) et dans le Midrach (Tan'houma Lekh). Mais selon ce que voit l'œil, il apparaît que ce point sort dans le corps de l'homme à l'opposé de sa vraie nature.
[note פח: son propos est expliqué dans le Mei ha-Chiloah, 1re partie, parachat Korah, s.v. 'Oumadoua' [2]: car dans chaque âme d'Israël se trouve un point bon et précieux que le Nom lui a attribué en particulier, mais dans ce monde-ci ce point est dans un vêtement (levouch) qui paraît à l'opposé, et c'est ce qu'explique 'et à l'ombre de ma main Je t'ai couvert' (Isaie 51,16). Et voici, même aux âmes précieuses le Nom a préparé des vêtements qui paraissent à l'opposé de leur préciosité.
Et voir encore là, 2e partie, Isaie (51), s.v. 'Va-assim'. Et dans le Beit Yaakov, Lévitique, parachat Behar, lettre 12, il explique: car toute chose qui est à l'intérieur de la vie est une grande élévation, et sous le vêtement elle paraît un grand manque ; et tout ce qui est en intériorité une grande élévation semble alors, sous le vêtement, un grand manque, etc.
Voir là ce thème.] Et comme il est dit dans le Midrach (Toledot 63): lorsque Samuel vit David rougeaud (admoni), il dit: 'c'est un verseur de sang, comme Esav'. C'est pourquoi il est dit 'incline ton oreille', c'est-à-dire que s'il incline son oreille avec force - car 'inclinaison' (hatia) est du langage d'une action à force puissante - et s'il incline son oreille et se contraint, il verra clairement, par les sens, que seul le vêtement paraît à l'opposé et qu'en vérité elle est bonne, car le Nom n'a rien créé en vain ; et si l'homme incline son oreille vers ce point, le Nom lui montrera que ce point est bon.
Et après cela il est dit encore là dans le Midrach: le Saint béni soit-Il dit à Abraham notre père: déplace-toi de lieu en lieu - et cela parce que le Nom a placé la force du bien dans toutes les créatures, mais elles n'ont pas le discernement de ce que le Nom désire en cela ; et à la forme humaine (tsourat adam) le Nom fait goûter de quoi s'occuper avec elles et lui fait comprendre tout cela. Et c'est l'intention du verset 'et le roi désirera ta beauté': que le Nom montrera à l'homme la profondeur cachée en lui et lui fera comprendre ce qu'Il veut par cette occupation ; et cela s'appelle beauté et splendeur (tiferet), et c'est cela 'pour t'embellir dans le monde'.
Car dans cette paracha le Nom montra à Abraham notre père les dix Paroles (les Dix Commandements), comme il est dit dans le saint Zohar (Lekh 88b) sur cette paracha: 'après ces choses' (Genèse 15,1) - ce sont les paroles de la Torah, car il est écrit 'ces paroles, le Nom les prononça à toute votre assemblée sur la montagne...' (Deutéronome 5,19): de même que là-bas ce sont les paroles de la Torah, de même ici ce sont les paroles de la Torah. Et l'explication en est que la parachat Yitro est la dix-septième dans le compte des parachiot - tiferet dans tiferet - et c'est là que furent dites les Dix Paroles ; et la parachat Va-ethanan est tiferet dans malkhout, c'est pourquoi les Dix Paroles y sont répétées ; et notre paracha est la troisième dans le compte, correspondant à tiferet, c'est pourquoi les Dix Paroles y sont aussi allusées.
Et l'explication en est comme il est dit dans le saint Zohar (Chemini 35b): 'par la Torah le Saint béni soit-Il créa le monde' ; et il est dit dans le saint Zohar (Metsora 53b): qu'est-ce que la Torah ? Parce qu'elle enseigne et dévoile ce qui était caché au commencement et n'était pas connu.
C'est pourquoi, en tout lieu qui correspond à la troisième sefira, les paroles de la Torah y sont allusées ; car en tout lieu où se trouvent deux contraires, là se manifestera la gloire de la royauté du Nom dans le monde, car le Nom (ה') est Un, qui les relie et les unifie. [note פט: voir dans le Tiferet hé-Hanoukhi sur le Zohar, dans l'introduction (1b), s.v. 'Berechit', un développement de l'explication sur ce thème.] Et la mesure (midda) de tiferet est celle qui tranche entre 'hessed (bonté) et guevoura (rigueur).
[note צ: exposé dans le Tiferet Yossef, fête de Chavouot, s.v. 'Darach ha-hou Gelila'a': l'essentiel de la lumière des middot est au moment où il y a inclusion des middot (hitkalelout ha-middot), car l'inclusion des middot est le maintien, la vie et la lumière de la midda ; car sans l'inclusion des middot, la midda elle-même s'étend sans aucune limite jusqu'à son extrémité ultime, mais là où il y a inclusion des middot - c'est-à-dire que chaque midda fait place aussi à la midda qui s'oppose à elle et n'a aucune obstination dans sa propre mesure, de sorte que, pour une intention au nom du Ciel, elle peut s'unir aussi à sa compagne - c'est cela l'essentiel de l'inclusion des middot, et c'est alors l'essentiel de la vie, de la lumière et du maintien. De même que nous voyons que même dans la midda de tiferet, qui fait allusion à l'inclusion des middot, il s'y trouve aussi plusieurs sortes d'inclusion des middot, etc.
Et quoi qu'il en soit, l'achèvement du monde de la réparation (olam ha-tikoun) eut lieu au moment du don de la Torah: après trois générations où Israël s'affina en Égypte, où il y eut pour eux maintes occultations de lumière et où ils souffrirent pour l'honneur du Ciel, pour cela le Nom leur fit rayonner sa lumière au don de la Torah - que s'ils marchent dans le service de leur côté et n'acceptent en eux aucune dureté parce qu'ils s'y croient contraints par la réalité, alors ils affineront toutes les générations précédentes, pour qui le Nom fera rayonner sa lumière, montrant que même dans les lieux où il y avait des occultations de lumière, ils étaient eux aussi reliés à la lumière de sa volonté béni soit-Il. Et c'est l'explication du verset: 'Il nous fera revivre après deux jours, le troisième jour Il nous relèvera et nous vivrons devant Lui' (Osée 6,2): car au troisième jour, qui fait allusion à l'inclusion des middot, l'homme reconnaît la lumière et la vie des middot précédentes ; car bien qu'auparavant il ait semble que 'hessed et guevoura soient deux contraires, ensuite l'homme reconnaît la vie qui vient d'elles aussi.
Voir encore le Sod Yecharim sur la Torah, d'après le manuscrit du saint auteur, parachat Yitro, s.v. 'Lihyot ha-chelichi'.] Et dans la parachat Berechit est écrit le propos d'Adam le premier homme, et dans la parachat Noah est écrit le propos de Noé ; et dans cette paracha il parle d'Abraham notre père, qui commença à reconnaître le Nom, du fait qu'il comprit que le monde ne se conduit pas selon la voie de la nature - il en ressort qu'il existe un Créateur qui a créé tout le monde, domine sur tout et les conduit selon sa volonté. Et c'est aussi ce qui est dit dans le Talmud (Chabbat 88a): 'Béni soit le Miséricordieux qui nous a donné une Torah triple' (oraian telitai) etc. - car l'essentiel des paroles de Torah est dans la troisième sefira.
« Va-t'en » (Lekh lekha) correspond à « Je suis Hachem ton D.ieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte ». Selon le Beit Yaakov, la sortie d'Égypte fut afin qu'Israël ne soit plus englouti dans quoi que ce soit : l'homme s'engloutit parfois dans de petits plaisirs et croit que c'est là sa vie, comme Israël en Égypte, où aucun esclave ne pouvait s'enfuir, car il lui semblait mieux servir l'Égypte qu'être prince ailleurs. L'essentiel de l'exil fut d'être englouti dans une seule opinion. D.ieu désire que l'homme soit prêt à chaque instant à se laisser entraîner uniquement selon Sa volonté : Il dit à Avraham de sortir de son habitude.
Aussi : anokhi et le pays montré sans fin, perception par image seulement ; famine en Égypte et « Tu n'auras pas d'autres dieux », Torah donnée au manque ; Lot séparé puis sauvé, le Nom non porté en vain.
[א] לך לך הוא כנגד (יתרו כ) אנכי ה' א-להיך אשר הוצאתיך מארץ מצרים. שיציאת מצרים היתה שלא יהיו ישראל משוקעים עוד בשום דבר, שכן נמצא לפעמים שהאדם משוקע בהנאות ותאות קטנות ואין בכחו להפרד מהם, מפני שנראה לו שהם חייו, וכן היו ישראל משוקעים במצריםצאמקורו במי השלוח ח"ב תהילים (פא) ד"ה אנכי:
אנכי ה' א-להיך המעלך מארץ מצרים. ארץ מצרים הוא משוקעת בכל מיני יצרים רעים, וזה שהוסיף דוד המלך עליו השלום לשון המעלך שבכל התורה נזכר לשון הוציאך, כי חוץ מה שצוה השי"ת להשמר מכל דבר איסור צריך האדם להזהר אף בדברים המותרים שלא יהיה משוקע בחמדתם רק יהיה למעלה מכל תשוקה וחמדה.
והוסיף ביאור בבית יעקב שמות תשא ס"ד: ואמר אאמו"ר זללה"ה מי שמרגיל את עצמו באיזה טובה אשר קשה לו להפרד ממנה הוא עובר על הלאו לא תוסיפון לשוב בדרך הזה עוד, כי זה הוא באביזריהו מזה הלא תעשה.
כי ענין מצרים הוא אשר היו ממולאים בכל טוב וכל טובות עולם הזה ולא תחסר כל בה כמו שכתוב (בראשית יג) כגן ה' כארץ מצרים, והיו מסבבים את האדם בגודל תשוקות וחמדות עד אשר עברו ראשו כמבואר שאין עבד יכול לברוח. וזה היה טומאת וקליפת מצרים, שהיה ממציר ומגביל את האדם ומקיף אותו בכל סביבותיו אשר לא יוכל להיפרד ממנה.
וכן נמצא החסרון הזה באדם, כשירגיל את עצמו באיזה טובה קטנה אשר יש לו נייחא בזה, אשר אף אם ירצה להעלותו לאיזה מעמד יותר נכבד ונעלה מזה המעמד שעומד כעת, לא יוכל להפרד ממעמדו והרגלו אשר עומד בו לזוז ממנו. ובסוד ישרים ליל פסח כ"ג ד"ה מרור כתב:
שהלאו עליו עובר הוא ולא ישיב את העם מצרימה עיי"ש. ועיין עוד סוד ישרים ליל ש"ק חוה"מ פסח אות א, תפארת החנוכי על זוהר פרשת בא דף לה.
ד"ה עד.. וכענין דאיתא (מכילתא יתרו) שלא היה עבד יכול לברוח ממצרים, והוא מפני שהיה נדמה לו שטוב לו לעבוד את מצרים מלהיות שר במקום אחרצבכמבואר במי השלוח ח"ב פרשת בא ד"ה ויאמר ה' [ב]:
כי במצרים היה עיקר השעבוד כדאיתא (במכילתא יתרו א) שאין עבד היה יכול לברוח ממצרים, לפי שהיתה משופעת בחמדות עולם הזה, כמו שנאמר (בראשית יג) כגן ה' כארץ מצרים, והיה נוח לו להיות עבד במצרים מלהיות שר בארץ אחרת. ובתפארת יוסף מסכת פסחים (קטז.) ד"ה מזגו:
בגלות מצרים היו ישראל משוקעים ומשופעים בכל טוב עד שלא הרגישו כלל את הגלות, שיחסר להם יציאה לחירות, כי על ארץ מצרים נאמר (בראשית י״ג:י׳) כגן ד' כארץ מצרים, שהיו משופעים מאד בטובה מרובה, וכמו שכתיב (במדבר י״א:ה׳) זכרנו את הדגה אשר נאכל במצרים חנם, ואיתא (בספרי) חנם בלא מצות, ואיתא (מכילתא יתרו) שאין עבד יכול לברוח ממצרים, היינו מפני שהיה נוח להם להיותם עבדים במצרים מלהיותם סגנים ובני חורין בארץ אחרת. ולא היו מצפים לצאת מארץ מצרים ולקבל עליהם עול מצוות, ולא היה להם שום צעקה לגאולה.
עיין עוד שם פורים ד"ה ויבא עמלק, חג הפסח ד"ה ויקרא [א]. בית יעקב הכולל חג הפסח ד"ה מרור..
וכן נמצא לפעמים שאדם משוקע בשכל ודעה אחת ולא יוכל לזוז ממנה, וזה היה עיקר גלות מצרים, שהיה להם נייחא מזה שהם עבדים, והיה נדמה להם שמעולם הם עבדים, וזהו שנאמר אשר הוצאתיך מבית עבדים. ואכן אין השי"ת חפץ בזה שהאדם יהיה כפוף תחת דעה אחת ויתעקש בה לבל יזוז ממנה, אבל בזה חפץ השי"ת שהאדם יהיה נכון בכל רגע להמשך רק אחר רצון השי"תצגמבואר בזוהר הקדוש (וירא קט.) והוא מסבות מתהפך.
קב"ה מסבב סבובין ואייתי עובדין בעלמא לאתקיימא, ולבתר דחשיבו בני נשא דיתקיימון אינון עובדין, קב"ה מהפך לון לאינון עובדין מכמה דהוה בקדמיתא וכו'. ונתבאר במי השלוח ח"ב ישעיה (נד) ד"ה ושמתי:
כי ישראל אינם משוקעים בשום מדה רק תמיד מתהפכים ברגע אחת ממדה למדה כפי רצון השי"ת. עיין סוד ישרים שבת חוה"מ סוכות אות לא..
וזה הוא דאיתא בזוה"ק (ויקהל רטז:) שאומרים שמונה פעמים אמת בגאולה ואז יכול האדם להתפלל להשי"ת, והוא שכל זמן שהאדם הוא עבד, על זה כתיב (אמור כא) ואשה גרושה מאישה לא יקחו, אך אחר שנגאלו ישראל ממצרים ונעשו בני חורין אזי הם יכולים להתפלל להשי"ת, כי מאחר שהוציאם הקב"ה ממצרים שוב לא יכנסו שם, וכדכתיב (בשלח יד) לא תוסיפו לראותם עוד עד עולם. ונגד זה אמר הש"י לאברהם לך לך מארצך וממולדתך, היינו שיצא מההרגל שלו וימשך בתמידות רק אחר רצון השי"ת:
[1] 'Va-t'en' (Lekh lekha) correspond à (Yitro 20) 'Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte'. Car la sortie d'Égypte fut afin qu'Israël ne soit plus englouti (submergé) dans quoi que ce soit ; car on trouve parfois que l'homme est englouti dans de petits plaisirs et de petits désirs et n'a pas la force de s'en séparer, parce qu'il lui semble que c'est là sa vie ; et ainsi Israël était englouti en Égypte.
(Note 91 : sa source est dans Mei haShiloah vol. 2, Tehilim (81) s.v.
Anokhi : 'Je suis ה' ton Dieu qui te fais monter du pays d'Égypte'. Le pays d'Égypte est englouti dans toutes sortes de mauvais penchants ; et ce qu'a ajouté David roi d'Israël la paix sur lui, l'expression 'qui te fais monter' - alors que dans toute la Torah est mentionnée l'expression 'qui te fais sortir' - c'est que, outre ce que Dieu béni a ordonné de se garder de toute chose interdite, l'homme doit prendre garde même aux choses permises à ne pas être englouti dans leur convoitise, mais à se tenir au-dessus de tout désir et de toute convoitise.
Et il a ajouté une explication dans Beit Yaakov Shemot Tisa 64 : Et mon père maître et rabbin, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, à dit : celui qui s'habitue à quelque bien dont il lui est difficile de se séparer transgresse l'interdit 'vous ne retournerez plus jamais par ce chemin' (Devarim 17,16), car cela relève des accessoires de cet interdit. Car le propre de l'Égypte est qu'ils étaient comblés de tout bien et de tous les biens de ce monde et que rien n'y manquait, comme il est écrit (Bereshit 13) 'comme le jardin de ה', comme le pays d'Égypte', et ils enveloppaient l'homme par la grandeur des désirs et des convoitises jusqu'à le submerger, comme il est expliqué qu'aucun esclave ne pouvait s'enfuir.
Et telle était l'impureté et la kelipa (écorce, force impure) de l'Égypte, qui enserrait et limitait l'homme et l'entourait de toutes parts de sorte qu'il ne pouvait s'en séparer. Et de même se trouve ce défaut chez l'homme, lorsqu'il s'habitue à quelque petit bien où il a du repos, de sorte que même s'il veut l'élever à un rang plus honorable et plus haut que le rang où il se tient à présent, il ne peut se séparer de son état et de son habitude où il se tient pour en bouger.
Et dans Sod Yesharim, nuit de Pessa'h 23 s.v. Maror, il écrit : que l'interdit qu'il transgresse est 'il ne fera pas retourner le peuple en Égypte' (Devarim 17,16), voir là-bas.
Et voir encore Sod Yesharim, nuit du saint Chabbat de Hol haMoed Pessa'h lettre 1, Tiferet haHanoukhi sur le Zohar parashat Bo p. 35 s.v.
Ad.) Et de même qu'il est enseigné (Mekhilta Yitro) qu'aucun esclave ne pouvait s'enfuir d'Égypte, et c'est parce qu'il lui semblait qu'il valait mieux servir l'Égypte que d'être prince en un autre lieu. (Note 92 : comme expliqué dans Mei haShiloah vol.
2, parashat Bo s.v. VaYomer ה' [2] : car en Égypte était l'essentiel de l'asservissement, comme il est enseigné (Mekhilta Yitro 1) qu'aucun esclave ne pouvait s'enfuir d'Égypte, parce qu'elle regorgeait des convoitises de ce monde, comme il est dit (Bereshit 13) 'comme le jardin de ה', comme le pays d'Égypte', et il lui était plus agréable d'être esclave en Égypte que prince en un autre pays.
Et dans Tiferet Yosef, traité Pesahim (116a) s.v. Mazgu : dans l'exil d'Égypte, Israël était englouti et comblé de tout bien au point de ne pas ressentir du tout l'exil, qu'il leur manque une sortie vers la liberté, car du pays d'Égypte il est dit (Bereshit 13,10) 'comme le jardin de ה', comme le pays d'Égypte', qu'ils regorgeaient d'un très grand bien, et comme il est écrit (Bamidbar 11,5) 'nous nous souvenons du poisson que nous mangions en Égypte gratuitement', et il est enseigné (Sifri) 'gratuitement' sans mitsvot, et il est enseigné (Mekhilta Yitro) qu'aucun esclave ne peut s'enfuir d'Égypte, c'est-à-dire parce qu'il leur était plus agréable d'être esclaves en Égypte que dignitaires et hommes libres en un autre pays.
Et ils n'aspiraient pas à sortir du pays d'Égypte et à recevoir sur eux le joug des mitsvot, et ils n'avaient aucun cri vers la délivrance. Voir encore là-bas Pourim s.v.
VaYavo Amalek, fête de Pessa'h s.v. VaYikra [1].
Beit Yaakov haKolel, fête de Pessa'h s.v. Maror.) Et de même se trouve parfois que l'homme est englouti dans un seul intellect et une seule opinion et ne peut en bouger ; et tel fut l'essentiel de l'exil d'Égypte, qu'ils avaient du repos de ce qu'ils étaient esclaves, et il leur semblait qu'ils avaient de tout temps été esclaves, et c'est ce qui est dit 'qui t'ai fait sortir de la maison d'esclaves'.
Et en vérité Dieu béni ne désire pas que l'homme soit soumis sous une seule opinion et s'y obstine pour ne pas en bouger ; mais Dieu béni désire que l'homme soit prêt à chaque instant à se laisser entraîner uniquement selon la volonté de Dieu béni. (Note 93 : comme expliqué dans le saint Zohar (Vayera 109a) 'et c'est Lui qui fait tourner les circonstances en les retournant' (Iyov 37,12) : le Saint béni soit-Il fait tourner des tours et amène des actes dans le monde pour qu'ils s'établissent, et après que les hommes ont pensé que ces actes s'établiront, le Saint béni soit-Il les retourne de ce qu'ils étaient au début, etc.
Et il est expliqué dans Mei haShiloah vol. 2, Yeshayahou (54) s.v.
VeSamti : qu'Israël n'est englouti dans aucune mesure (midda) mais se retourne toujours en un instant d'une mesure à une autre selon la volonté de Dieu béni. Voir Sod Yesharim, Chabbat de Hol haMoed Souccot lettre 31.) Et c'est ce qui est enseigné dans le saint Zohar (Vayakhel 216b) qu'on dit huit fois 'vérité' (émet) dans la bénédiction de la délivrance, et qu'alors l'homme peut prier Dieu béni ; car tant que l'homme est esclave, sur cela il est écrit (Emor 21) 'et une femme divorcée de son mari ils ne prendront pas', mais après qu'Israël fut délivré d'Égypte et devint homme libre, alors ils peuvent prier Dieu béni, car puisque le Saint béni soit-Il les a fait sortir d'Égypte, ils n'y rentreront plus, comme il est écrit (Beshalah 14) 'vous ne les reverrez plus jamais'.
Et en regard de cela Dieu béni dit à Abraham 'va-t'en de ton pays et de ta patrie', c'est-à-dire qu'il sorte de son habitude et se laisse entraîner continuellement uniquement selon la volonté de Dieu béni :
ואל הארץ אשר אראך הוא ג"כ מכוון נגד מאמר אנכי. שכן מרמז תיבת אנכי ולא כתיב אני, ועיין בפרשת יתרוצדמבואר במי השלוח ח"א פרשת יתרו ד"ה אנכי [א]:
אנכי ה' אלקיך. ולא נאמר אני, כי אילו היה כתיב אני, היה משמע שגילה אז הקב"ה לישראל את כל אורו בשלימות ולא יוכלו אח"כ להעמיק בדבריו, כי כבר גילה הכל, אך הכ"ף מורה שאינו בשלימות ורק דמות ודמיון הוא להאור שיגלה הקב"ה לעתיד.
ועיין עוד בבית יעקב שמות פרשת יתרו אות צ, צ"ה. סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת יתרו ד"ה העניין., שהענין מה שנאמר אנכי לרמז בזה שכל השגת האדם הוא רק בדרך דמיון, אבל מקום כבודו ליכא מאן דידע, ואין בכח שום בריה להשיג כבודו יתברך שהוא אין סוף ואין תכלית, וזה הוא אל הארץ אשר אראך, שהשי"ת אמר לאברהם, שעד היכן שישיג בכח שכלו להכיר כבודו יתברך יוכל להראות לו עוד יותר ויותר עד אין סוף:
'Et vers le pays que Je te ferai voir' correspond aussi à la parole 'Anokhi' (Je suis). Car le mot 'Anokhi' fait allusion à cela, et il n'est pas écrit 'Ani' ; et vois dans parashat Yitro.
(Note 94 : comme expliqué dans Mei haShiloah vol. 1, parashat Yitro s.v.
Anokhi [1] : 'Anokhi ה' ton Dieu' (Elokekha). Et il n'est pas dit 'Ani', car s'il était écrit 'Ani', cela signifierait que le Saint béni soit-Il a alors dévoilé à Israël toute Sa lumière en plénitude et qu'ils ne pourraient plus ensuite approfondir Ses paroles, car Il aurait déjà tout dévoilé ; mais le kaf (de Anokhi) indique que ce n'est pas en plénitude et que ce n'est qu'une image et une ressemblance de la lumière que le Saint béni soit-Il dévoilera dans l'avenir.
Et voir encore Beit Yaakov Shemot, parashat Yitro lettre 90, 95. Sod Yesharim sur la Torah, du manuscrit du saint auteur, parashat Yitro s.v. haInyan.) Le sens de ce qui est dit 'Anokhi' est de faire allusion par là que toute la perception de l'homme n'est que par voie d'image, mais le lieu de Sa gloire, nul ne le connaît, et aucune créature n'a la force de saisir Sa gloire béni soit-Il qui est infinie et sans terme ; et c'est le sens de 'vers le pays que Je te ferai voir', que Dieu béni dit à Abraham : jusqu'où il saisira par la force de son intellect à reconnaître Sa gloire béni soit-Il, Il pourra lui en montrer encore plus et plus, sans fin :
[ב] ויהי רעב בארץ וירד אברם מצרימה, הוא נגד לא יהיה לך וגו'. והוא שכל זמן שדבוק האדם בהשי"ת, אז אין מקום להזהירו שלא יסור מאחרי השי"ת, מאחר שהאדם רואה אז שאין שום כח בעולם מבלעדי השי"ת ולמי יפנה אם לא להשי"ת, שכן במלאכי מעלה שאין שום הסתרה מצוי בהם, לזה לא היה להם טענה שתנתן להם התורה.
וכדאיתא בש"ס (שבת פח:) שמתחלה טענו המלאכים שתנתן להם הד"ת, ואחר שהשיב להם משה רבינו ע"ה כלום למצרים ירדתם כלום יצה"ר מצוי ביניכם אז שתקו ולא ענו עוד, כי השי"ת לא יתן ד"ת לאדם אך אם יחסרו לו, אבל אם לא יחסרו לו אזי לא יתנם השי"ת, וכמו שמצינו בתנא דבי אליהו זוטא (פרק יד) והובא בתנחומא (וילך) אמר אליהו פעם אחת מצאני אדם אחד שלא היה בו לא מקרא ולא משנה והיה מתלוצץ ומלעיג כנגדי, ואמרתי לו בני מה אתה משיב לאביך שבשמים ליום הדין, ואמר לי רבי יש לי דברים שאני משיבו, בינה ודעת לא נתנו לי מן השמים שאקרא ואשנה. ואמרתי לו בני מה מלאכתך, ואמר לי ציד אני, ואמרתי לו בני מי למדך שתביא פשתן ותארגהו מצודות ותשליכהו לים ותעלה הדגים מן הים, ואמר לי רבי בזה נתנו לי בינה ודעה מן השמים.
היינו מחמת שהיה דחוק לפרנסה היה בו דעת להמציא לעצמו סבה להפרנסה. וכן אם יצרך אדם לד"ת ויבקש אחריהם ויחפשם כמטמונים אזי יבוא עליהם, וכדכתיב (משלי ב׳:ד׳) אם תבקשנה ככסף וגו', וזה ודאי אדם גדול היה שנתגלה לו אליהו זכור לטוב, אכן הודיעו שצריך לבקש ולחפש אחרי הדברי תורה לא כאדם שרוצה להרויח הון רב היינו מותרות, רק שיראה חסרונו, שבלא דברי תורה חסר חיים, וזהו שאמר לו שיבקשם כפרנסתו אז ימצא לךצהכמבואר במי השלוח ח"א מסכת שבת (פח:) ד"ה ואמר:
כי התורה לא ניתנה רק להשלים החסרון כמ"ש (תהלים יט) תורת ה' תמימה וכו', והוא כי קנין התורה אינו כקניני הון עוה"ז, כי קנין עוה"ז הוא דבר מותרות ואפשר להתקיים בלעדה, והתורה אינה כן רק כמ"ש (דברים לב) כי הוא חייכם שעיקר חיות האדם תלוי בה, כי התורה משלמת את בריאת האדם במה שחסר לו מיום הולדו. עיין בסוד ישרים שמחת תורה אות לח..
ולזה כל הימים שהיה אברהם אבינו ע"ה בארץ ישראל ששם אין התגברות ההסתר כ"כ, וכדאיתא בש"ס כתובות (קי:) כל הדר בארץ ישראל דומה כמי שיש לו אלוה, אז לא היה מקום שיחול המאמר לא יהיה לך א-להים אחרים. אכן כאשר ירד למצרים מקום הסתר ושכחה מצויה שם, שהוא כגוונא דעבודה זרה, ואאע"ה התגבר בגודל קדושתו שלא יפול שמה להשתקע, וכדאיתא בזוה"ק (לך פג.) דסליק ולא נחית, אז הבין את המאמר לא יהיה לך:
[2] 'Et il y eut une famine dans le pays et Abram descendit en Égypte' (Bereshit 12,10) correspond à 'Tu n'auras pas d'autres dieux' etc. Et c'est que, tant que l'homme est attaché à Dieu béni, alors il n'y a pas lieu de l'avertir de ne pas se détourner de derrière Dieu béni, puisque l'homme voit alors qu'il n'y a aucune force dans le monde hormis Dieu béni, et vers qui se tournerait-il sinon vers Dieu béni ; car chez les anges d'en haut, où aucune occultation ne se trouve, pour cela ils n'avaient pas d'argument pour que la Torah leur soit donnée.
Et comme il est enseigné dans le Talmud (Chabbat 88b) qu'au début les anges arguèrent que les paroles de la Torah leur soient données, et qu'après que Moché notre maître la paix sur lui leur eut répondu 'Êtes-vous descendus en Égypte ? Le mauvais penchant (yetser hara) se trouve-t-il parmi vous ?', alors ils se turent et ne répondirent plus ; car Dieu béni ne donne les paroles de la Torah a l'homme que si elles lui manquent, mais si elles ne lui manquent pas, alors Dieu béni ne les donne pas.
Et comme nous trouvons dans Tana deVei Eliyahou Zouta (chapitre 14), rapporté aussi dans le Tan'houma (Vayelekh) : Eliyahou dit : une fois un homme me rencontra qui n'avait en lui ni Écriture (Mikra) ni Michna, et il se moquait et raillait contre moi, et je lui dis : mon fils, que répondras-tu à ton Père qui est aux cieux au jour du jugement ? Et il me dit : Rabbi, j'ai de quoi lui répondre - l'intelligence et la connaissance ne m'ont pas été données du ciel pour que je lise et que j'étudie.
Et je lui dis : mon fils, quel est ton métier ? Et il me dit : je suis pêcheur.
Et je lui dis : mon fils, qui t'a appris à prendre du lin, à en tisser des filets, à les jeter à la mer et à remonter les poissons de la mer ? Et il me dit : Rabbi, pour cela on m'a donné intelligence et connaissance du ciel.
C'est-à-dire que, du fait qu'il était à l'étroit pour sa subsistance, il avait en lui la connaissance pour s'inventer un moyen de subsistance. Et de même, si l'homme a besoin des paroles de la Torah et les recherche et les cherche comme des trésors, alors il les atteindra, comme il est écrit (Michle 2,4) 'si tu la cherches comme l'argent' etc.
Et celui-ci était certainement un grand homme, puisque Eliyahou, son souvenir en bien, se dévoila à lui ; mais il lui fit savoir qu'il faut rechercher et chercher les paroles de la Torah non comme un homme qui veut gagner une grande fortune, c'est-à-dire du superflu, mais qu'il voie son manque, que sans les paroles de la Torah la vie manque ; et c'est ce qu'il lui dit, qu'il les cherche comme sa subsistance, alors tu trouveras. (Note 95 : comme expliqué dans Mei haShiloah vol.
1, traité Chabbat (88b) s.v. VéAmar : car la Torah n'a été donnée que pour compléter le manque, comme il est écrit (Tehilim 19) 'la Torah de ה' est parfaite' etc. ; et c'est que l'acquisition de la Torah n'est pas comme les acquisitions de la fortune de ce monde, car l'acquisition de ce monde est chose superflue et l'on peut subsister sans elle, mais la Torah n'est pas ainsi, mais comme il est écrit (Devarim 32) 'car elle est votre vie', que l'essentiel de la vie de l'homme dépend d'elle, car la Torah parachève la création de l'homme en ce qui lui manque depuis le jour de sa naissance.
Voir dans Sod Yesharim, Simhat Torah lettre 38.) Et pour cela, tous les jours où Abraham notre père la paix sur lui fut au pays d'Israël, où l'emprise de l'occultation n'est pas si grande, et comme il est enseigné dans le Talmud Ketoubot (110b) 'quiconque réside au pays d'Israël est comparable à celui qui a un Dieu', alors il n'y avait pas lieu que s'applique la parole 'Tu n'auras pas d'autres dieux'. Mais lorsqu'il descendit en Égypte, lieu où l'occultation et l'oubli se trouvent, ce qui est de l'ordre de l'idolâtrie (avoda zara), et qu'Abraham notre père la paix sur lui l'emporta par la grandeur de sa sainteté pour ne pas y tomber ni s'y engloutir, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Lekh 83a) 'qu'il monta et ne descendit pas', alors il comprit la parole 'Tu n'auras pas' :
ופרשת הפרד נא מעלי הוא ג"כ מכוון להמאמר לא יהיה לך. והוא כי על הגוון עשה לוט כמעשה אאע"ה.
אכן הכתוב מעיד שלא נשא אותם הארץ לשבת יחדו. והוא כי ארץ רומז על הלב כידועצונתבאר בבית יעקב הכולל פרשת בהר ד"ה וידבר:
כי ארץ נמשלה ללב, כמו הארץ שממנה כל טובות יוצאים, והיא כוללת הכל, כן הלב נכלל ברצונו הכל., ובעומק הלב היה ניכר החילוק וההבדל שבין אברהם אבינו לבין לוט. שעומק לב אאע"ה היה מלא חכמה ויראה ודעת לעבוד את ה', ובעומק לבו של לוט לא היה שום עבודה ויראה, שכן נולדו ממנו אומות ישראל סובלים מהם, וכדאיתא בש"ס (סנהדרין צו:) עמון ומואב שבבי בישי דירושלים הווצזמי השלוח ח"א פרשת לך ד"ה לך הובאו דבריו לעיל פרשה זו אות ח ד"ה הענין בהערה מט שם.
לקמן פרשה זו אות כט.:
Et la section 'Sépare-toi donc de moi' (Bereshit 13,9) correspond aussi à la parole 'Tu n'auras pas'. Et c'est que, en apparence (sur la teinte, le vernis extérieur), Lot agissait comme Abraham notre père la paix sur lui.
Mais le verset atteste que 'le pays ne les portait pas pour habiter ensemble' (Bereshit 13,6). Et c'est que 'pays' (erets) fait allusion au cœur, comme on sait.
(Note 96 : comme expliqué dans Beit Yaakov haKolel, parashat Behar s.v. VaYedaber : car la terre est comparée au cœur, comme la terre d'où sortent tous les biens et qui contient tout, ainsi le cœur inclut tout dans sa volonté.) Et dans la profondeur du cœur se reconnaissait la différence et la distinction entre Abraham notre père et Lot.
Car la profondeur du cœur d'Abraham notre père la paix sur lui était pleine de sagesse, de crainte et de connaissance pour servir ה', et dans la profondeur du cœur de Lot il n'y avait aucun service ni aucune crainte, car de lui naquirent des nations qui font souffrir Israël, et comme il est enseigné dans le Talmud (Sanhédrin 96b) 'Ammon et Moav [furent] les mauvais voisins de Jérusalem'. (Note 97 : Mei haShiloah vol.
1, parashat Lekh s.v. Lekh ; ses propos ont été rapportés plus haut dans cette paracha lettre 8 s.v. haInyan, dans la note 49 là-bas.
Plus loin dans cette paracha lettre 29.) :
[ג] וזה שהלך להציל את לוט הוא כנגד לא תשא את שם ה' א-להיך לשוא. שם מורה על דוגמא שמראה האדם מעין עסקיו מה המה.
והענין הוא שאף שלא היה בעומק לבו של לוט שום יראה מ"מ הלך אברהם אבינו להצילו, מפני שהיה לו הארה מהשי"ת שזה שהוא נאה על לבושו, משמע מזה שיצמח ממנו איזה טובה, וכן הוה שנולדו ממנו שתי פרידות טובות נעמה העמונית ורות המואביה. וזה הוא לא תשא את שם ה' א-להיך לשוא, שם מורה על הדוגמא שממנה ניכר פנימיות לב האדם מה הוא, ואף שאין בו רק שם ה', היינו שטוב הוא רק על הגוון ולבו בל עמו, עכ"ז לא תשא זאת לשוא ח"ו:
[3] Et le fait qu'il alla sauver Lot correspond à 'Tu ne porteras pas le Nom de ה' ton Dieu en vain'. 'Nom' (shem) indique l'échantillon que l'homme montre, une représentation de ce que sont ses occupations. Et l'idée est que, bien qu'il n'y eût dans la profondeur du cœur de Lot aucune crainte, Abraham notre père alla malgré tout le sauver, parce qu'il avait une illumination de Dieu béni : que ce qui est beau sur son vêtement (son apparence) laisse entendre qu'il en germera quelque bien ; et ainsi fut-il, car de lui naquirent deux bonnes perles séparées (péridot) : Naama l'Ammonite et Ruth la Moabite.
Et c'est le sens de 'Tu ne porteras pas le Nom de ה' ton Dieu en vain' : 'Nom' indique l'échantillon par lequel se reconnaît l'intérieur du cœur de l'homme, ce qu'il est ; et bien qu'il n'y ait en lui qu'un 'nom' de ה' (une simple apparence), c'est-à-dire qu'il n'est bon qu'en apparence et que son cœur n'est pas avec lui, malgré tout ne porte pas cela en vain, à Dieu ne plaise :
ופרשת הפרד נא מעלי ג"כ מכוון נגד זה המאמר. והוא, כי אברהם לימד את לוט מה שלמד מאת השי"ת, ולוט הלך בדרכי אברהם, אכן שהיה רק לפנים ולא מלבו, לכן נפרד ממנו, כי לא נשא אותם הארץ לשבת יחדו.
ארץ מורה על הלב, ובלבבם לא הושוו אברהם ולוט יחד. ומתחלה למד אותו אברהם אבינו ד"ת שהיה בו, וכדאיתא (לך רבה מא) שהיה קלסתר פניו דומה לאברהם ולפנים עשה כמעשהו, עד שהאיר לו השי"ת שלא ישא את שם ה' לשוא, היינו שלא ילמד ללוט מעתה הד"ת שנקראים שם ה' ולא ידבר אותם על לב שאינו שומע ולשוא ישחית דבריו הנעימיםצחעיין מי השלוח ח"א פרשת לך ד"ה לך:
נגד פ' הפרד נא מעלי שאמר ללוט כי לוט היה חכם ודומה בקלסתר פנים לאברהם, היינו בכל הענינים עשה מעשים כמו אברהם, ועל המעשה לא היה ניכר שום חילוק בינו לבין אברהם, אך הש"י בעצמו צפה והריח את מעשיו שאינם טובים ושלח הארה בלב אברהם שיפרד מעליו ולא ישגיח על חכמתו ועל מעשיו, שאינם מעומק לבו.. לכן אמר לו הפרד נא מעלי אם השמאל ואימנה ואם הימין ואשמאילה, אם מעצמך תלך לשמאל אלך לימין, ואם תלך אתה הימין אז אלכה אני עוד יותר הימין ואשמאיל אותך בעל כרחך, שתהיה אתה תמיד בשמאל ואני אהיה תמיד בימין וכדאיתא במדרש (לך רבה מא):
Et la section 'Sépare-toi donc de moi' correspond aussi à cette parole. Et c'est qu'Abraham enseigna à Lot ce qu'il avait appris de Dieu béni, et que Lot marcha dans les voies d'Abraham, mais que ce n'était qu'en façade et non de son cœur ; c'est pourquoi il se sépara de lui, car 'le pays ne les portait pas pour habiter ensemble'. 'Pays' indique le cœur, et dans leur cœur Abraham et Lot n'étaient pas semblables ensemble.
Et au début Abraham notre père lui enseigna les paroles de la Torah qui étaient en lui, et comme il est enseigné (Lekh Rabba 41) que les traits de son visage ressemblaient à Abraham et qu'en façade il faisait comme ses actes, jusqu'à ce que Dieu béni l'illumine pour qu'il ne porte pas le Nom de ה' en vain, c'est-à-dire qu'il n'enseigne plus désormais à Lot les paroles de la Torah qui sont appelées 'Nom de ה'', et qu'il ne les adresse pas à un cœur qui n'écoute pas, gaspillant en vain ses paroles agréables. (Note 98 : voir Mei haShiloah vol.
1, parashat Lekh s.v. Lekh : en regard de la section 'Sépare-toi donc de moi' qu'il dit à Lot, car Lot était sage et ressemblait par les traits du visage à Abraham, c'est-à-dire qu'en toutes choses il faisait des actes comme Abraham, et que sur l'acte ne se reconnaissait aucune différence entre lui et Abraham ; mais Dieu Lui-même scrutait et flairait ses actes qui n'étaient pas bons, et envoya une illumination dans le cœur d'Abraham pour qu'il se sépare de lui et ne prête pas attention à sa sagesse ni à ses actes, qui n'étaient pas de la profondeur de son cœur.) C'est pourquoi il lui dit 'Sépare-toi donc de moi ; si tu vas à gauche, j'irai à droite, et si tu vas à droite, j'irai à gauche' (Bereshit 13,9) : si de toi-même tu vas à gauche, j'irai à droite, et si toi tu vas à droite, alors moi j'irai encore plus à droite et je te ferai aller à gauche malgré toi, de sorte que toi tu sois toujours à gauche et moi toujours à droite, et comme il est enseigné dans le Midrach (Lekh Rabba 41) :
« J’ai levé ma main vers Hachem » correspond au Chabbat. Pour le Beit Yaakov, dans une affaire qui fait doute et doit être clarifiée, l’homme écarte tous ses intérêts personnels (négiot). Avraham doute s’il faut sauver Lot, de qui naissent Ruth la Moabite et Naama l’Ammonite aussi bien que les mauvais rejetons de Jérusalem ; bien que son intention soit de ne sauver que les deux bonnes perles, il écarte tout intérêt personnel par cet acte. Yehochoua voue Jéricho à l’interdit pour qu’il n’en résulte aucun profit. Cela s’appelle Chabbat, car le Chabbat clarifie les actes des six jours ouvrables, qui sont pour le Ciel.
Aussi : Malki-Tsedek prie afin de comprendre le salut de Lot ; la génisse de trois ans correspond à l’honneur du père et de la mère ; retenir le bien est un meurtre, épancher sans volonté divine un adultère.
[ד] הרימותי ידי אל ה' וכו' הוא נגד שבת. והוא שבדבר שיסופק לאדם ותצרך להתברר, העצה בזה שיסלק האדם כל נגיעותיו, וכאן היה אברהם אבינו מסופק אם לילך ולהציל את לוט ואם יחדל, כי הדבר היה נוטה לכאן ולכאן, שנולדו ממנו רות המואביה ונעמה העמונית, וכנגד יצאו ממנו שבבי בישי דירושלים, והיה צריך הדבר להתברר, ואף שבאמת היה כוונת אברהם להציל רק השתי פרידות טובות, מ"מ היה צריך בירור אולי נמצא בו איזה נגיעה ללוט, לכן היה מסלק כל הנגיעה בזו הפעולהצטנתבאר במי השלוח ח"א פרשת לך ד"ה הרימותי:
הענין שלא רצה אאע"ה להנות ממלך סדום אף שמצינו שקבל מפרעה ומאבימלך, יען כי הליכתו להציל את לוט היה צריך בירור, כי בלוט היה נמצא כח טוב לפי שנולדו ממנו נעמה העמונית ורות המואביה, והיתר היה רע כי נולדו ממנו עמון ומואב כמו שנתבאר, והוצרך לברר את עצמו שכל כוונתו לא היתה בעומק רק להציל השתי פרידות טובות (בבא קמא לח:) ובכל מקום שהאדם צריך לבירורין אז העצה היעוצה לו לסלק ולהסיר תחילה את כל נגיעותיו להנאתו, ואז יברר הש"י שאף מה שעשה נגד המשפט גם זה היה טוב כי (תהלים קיט) עת לעשות לה' הפרו תורתך. ועיין עוד בנאות דשא פרשת בלק ד"ה וירא בלק:
אמר אאמו"ר ז"ל כי העצה לזה, שיסלק האדם את עצמו מנגיעה, שלא יהנה מדבר זה, אזי הקב"ה עונה אותו אף שאינו מבורר, כדכתיב, וידר ישראל נדר וגו' והחרמתי את עריהם, פירוש שלא יהנה ממנו, לפיכך, וישמע ה' בקול ישראל. עיין עוד בית יעקב שמות פר' יתרו אות ו ד"ה והנה, לקמן פרשה זו אות לה, פרשת וירא אות לו..
וכן כשכבש יהושע את יריחו בשבת והיה צריך בירור לזה, החרימה שלא יהיה ממנה שום הנאה, כדכתיב (יהושע ו). וזאת נקרא שבת, שכן שבת מברר את כל מעשי אדם שבששת ימי חול שהם לשמיםקכדאיתא במי השלוח ח"א מסכת ראש השנה (כט:) ד"ה יו"ט:
כי שבת הוא חותם ששת ימי בראשית היינו ששת ימי המעשה, שכל המעשים הנעשים בששת ימי המעשה אין להם יסוד עד שהש"י מבררם ביום השבת, ובשבת יגזור עליהם איך יתקיימו. ובתפארת יוסף שמיני עצרת ד"ה ביום השמיני [א]:
שבת מורה ליום שכולו שבת ומנוחה לחיי העולמים, כי שבת מורה שמשיג אז אור השי"ת, שמכיר שע"י עבודתו אשר עבד משיג אורו של השי"ת. ולזה נקרא שבת מלא כף נחת, וממילא מכיר האדם אז, שגם ששת ימי המעשה ג"כ אינו עמל אצלו, כיון שרואה שע"י פעולת של ששת ימי המעשה השיג אורו של שבת.
כמו שאיתא בש"ס (עבודה זרה ג.) מי שטרח בערב שבת יאכל בשבת, והיינו, שע"י טרחותיו אשר טרח ויגע השיג האור הזה, ממילא מכיר האדם למפרע אשר כל הפעולות של ששת ימי המעשה ג"כ אינו עמל אצלו. עיין לקמן פרשה זו אות לה, פ' ויצא אות ג, פ' וישב אות ל.:
[4] 'J'ai levé ma main vers ה'' etc. correspond au Chabbat. Et c'est que, dans une affaire qui fait doute à l'homme et qui doit être clarifiée, le conseil en cela est que l'homme écarte tous ses intérêts personnels (négiot, implications intéressées) ; et ici Abraham notre père était dans le doute, s'il fallait aller sauver Lot ou s'en abstenir, car la chose penchait de-ci de-là, car de lui naquirent Ruth la Moabite et Naama l'Ammonite, mais à l'opposé sortirent aussi de lui les mauvais rejetons (shevavei bishei, les mauvais voisins) de Jérusalem, et la chose avait besoin d'être clarifiée ; et bien qu'en vérité l'intention d'Abraham fût de ne sauver que les deux bonnes perles séparées (peridot), néanmoins il fallait une clarification, peut-être se trouvait-il en lui quelque intérêt personnel envers Lot ; c'est pourquoi il écartait tout intérêt personnel par cet acte.
(Note 99 : expliqué dans Mei haShiloah vol. 1, parashat Lekh s.v.
Harimoti : le fait qu'Abraham notre père la paix sur lui ne voulut pas tirer profit du roi de Sodome, bien que nous trouvions qu'il accepta de Pharaon et d'Avimelekh, c'est parce que son aller pour sauver Lot avait besoin de clarification ; car en Lot se trouvait une force bonne, du fait que de lui naquirent Naama l'Ammonite et Ruth la Moabite, mais le reste était mauvais, car de lui naquirent Ammon et Moav comme cela a été expliqué ; et il lui fallut se clarifier lui-même que toute son intention n'était pas, dans la profondeur, sinon de sauver les deux bonnes perles séparées (Bava Kama 38b). Et en tout lieu où l'homme a besoin de clarifications, alors le conseil qui lui est donné est d'écarter et de retirer d'abord tous ses intérêts personnels à son profit, et alors Dieu béni clarifiera que même ce qu'il a fait à l'encontre du jugement, cela aussi était bon, car (Tehilim 119) 'il est temps d'agir pour ה', ils ont annulé Ta Torah'.
Et voir encore Néot Deshe parashat Balak s.v. VaYar Balak : mon père maître et rabbin, son souvenir pour la vie du monde à venir, à dit que le conseil pour cela est que l'homme s'écarte lui-même de tout intérêt personnel, qu'il ne tire pas profit de cette chose, alors le Saint béni soit-Il lui répond même si la chose n'est pas clarifiée, comme il est écrit 'et Israël fit un vœu' etc. 'et je vouerai à l'interdit (herem) leurs villes', c'est-à-dire qu'il n'en tirera pas profit ; c'est pourquoi 'ה' entendit la voix d'Israël'.
Voir encore Beit Yaakov Shemot parashat Yitro lettre 6 s.v. VeHineh, plus loin dans cette paracha lettre 35, parashat Vayera lettre 36.) Et de même, lorsque Josue conquit Jericho pendant le Chabbat et qu'une clarification était nécessaire pour cela, il la voua à l'interdit afin qu'il n'en résulte aucun profit, comme il est écrit (Josue 6).
Et cela est appelé Chabbat, car le Chabbat clarifie tous les actes de l'homme accomplis durant les six jours ouvrables, qui sont pour le Ciel. (Note 100 : comme il est rapporté dans Mei haShiloah vol.
1, traité Roch hachana (29b) s.v. Yom Tov : car le Chabbat est le sceau des six jours de la création, c'est-à-dire des six jours d'action, car tous les actes accomplis durant les six jours ouvrables n'ont pas de fondement jusqu'à ce que Dieu béni les clarifie au jour du Chabbat, et au Chabbat Il décrète sur eux comment ils subsisteront.
Et dans Tiferet Yosef Shemini Atseret s.v. BaYom haShemini [1] : le Chabbat indique le jour qui est tout entier Chabbat et repos pour la vie des mondes, car le Chabbat indique que l'on atteint alors la lumière de Dieu béni, que l'on reconnaît que par le service qu'il a servi il atteint la lumière de Dieu béni.
Et pour cela le Chabbat est appelé 'plein d'une poignée de repos' (mêlé kaf nahat), et par la même l'homme reconnaît alors que même les six jours ouvrables ne sont pas non plus pour lui une peine, puisqu'il voit que par l'action des six jours ouvrables il a atteint la lumière du Chabbat. Comme il est rapporté dans le Talmud (Avoda Zara 3a) 'celui qui a peiné à la veille du Chabbat mangera le Chabbat', c'est-à-dire que par les efforts qu'il a fournis et peinés il a atteint cette lumière, et par la même l'homme reconnaît rétrospectivement que toutes les actions des six jours ouvrables ne sont pas non plus pour lui une peine.
Voir plus loin dans cette paracha lettre 35, parashat Vayetse lettre 3, parashat Vayeshev lettre 30.)
ואף פרשת ומלכי צדק מלך שלם הוציא לחם ויין והוא כהן לאל עליון הוא נגד שבת. והוא, כי כהן היינו עובד ה', ומפני שהיה מכיר את אברהם אבינו לצדיק, לא הבין למה זה מסר את נפשו להציל את לוט שנולדו ממנו שבבי בישי דירושלים, לזה היה כהן עובד עבודה זו תפלה להשי"ת, שיאיר עיניו להבין הדבר על בוריו.
וזה הוא ג"כ הענין דאיתא במדרש (וירא רבה נו) שם קרא את שם ירושלים שלם ואברהם יראה, שם קראה שלם, היינו שלא רצה להיות במחלוקת על השי"ת ולהיות עם דור הפלגה באגודה אחת, ואף שנראה שהיה שלום בינם, אכן בהצותם על ה' על ידי אגודתם, ממילא אין לך מחלוקת גדולה מזה שרצו להבדל מעם השי"ת שכל השלום שלוקאנתבאר לעיל פרשת נח אות נב, נג, פרשה זו אות א ד"ה וזה הוא דאיתא במדרש ובהערה ו שם., לכן קרא את שם העיר שלם. ואברהם אבינו קרא אותה יראה, והוא שהראה לכל שאין שום מקום פנוי שלא יצמח משם כבוד שמים, וכענין דאיתא בהאר"י הקדוש (שער הפסוקים פ' שמות ד"ה ויקם) שדור הפלגה נתגלגלו בדור המדבר, ומפני שבבנין המגדל חטאו בחומר ולבנים, לכן היה משפטם לעבוד את מצרים עבודת פרך בחומר ולבנים, ולכן קרא את שם המקום יראה.
וזה הוא ג"כ שאמר לו השי"ת (לך יב) ונברכו בך כל משפחות האדמה, מלשון המבריך את הגפן, שהדורות שנתפשטו ביותר יהיו נברכים ונשתלים בך ויתפשטו בקדושהקבלקמן פרשה זו אות כב, פרשת וירא אות כב ד"ה וזה הוא שאומר, אות כג, כה.. ולזה קרא אברהם אבינו את שם ה' (וירא כא) אל עולם, שהראה כבודו יתברך אף בההעלם, וכענין דאיתא במדרש (קהלת רבה ג) שעולם הוא מלשון העלם.
ושֵם לא היה יכול לראות זאת שאף באלו המקומות נמצא כבוד שמים, לכן קרא בשם ה' אל עליון, שהיה למעלה מתפיסתו פעולת אברהם אבינו שמסר נפשו להציל את לוט ורצה להבין זאת. ובאמת היה אברהם אבינו עצמו מסופק בזה, אם לרדוף אחר המלכים להציל את לוט אם לאו, וכדכתיב (לך יד) ויחלק עליהם לילה, שהיה חושך והסתר וספק לו עצמו מה לעשות, עד שהאיר ה' את עיניו שירדוף אחריהם ויציל את לוט מפני השתי פרידות טובות שיצאו ממנוקגמקור הדברים במי השלוח ח"א פרשת לך ד"ה ומלכי.
ועיין בנאות דשא פרשת לך ד"ה ומלכי: דאיתא במדרש, כשנאמר לו אל תירא אברם, ממי היה מתירא, משם בן נח.
עניין הדבר אמר אאמו"ר ז"ל, כי לשם בן נח היה לו תרעומות על שהלך להציל את לוט. כי שם היה מלך שלם, שרצה בקיום ירושלים.
ועמון ומואב שיבבא בישי דירושלים מחריבי קרתא, והיה קשה לו עד מאד על שהלך להציל ללוט. עד שהאיר הקב"ה עיניו, וראה שלא הלך להציל רק אלו שתי פרידות טובות.
וזה שנקרא מלכי צדק, שלא החליט בדעתו לדון את אברהם ע"ה לכף חוב, רק התפלל להקב"ה שיאיר עיניו מפני מה הלך להציל את לוט.. ולכן בזו הפעולה קרא אברהם עצמו את שם ה' אל עליון, להורות שהיה למעלה מתפיסת שכלו איך הוא הכבוד שמים בזו הפעולה.
אף שאברהם גילה בעולם שיקרא הש"י אל עולם, כמ"ש (וירא כא) ויקרא שם בשם ה' אל עולם, אכן בענין הזה קרא את השי"ת אל עליון כנ"לקדכמבואר ביסוד החסידות – הקדמה לבית יעקב דף ח: ואברהם אבינו התחיל להאיר לעולם, שהש"י נמצא גם בעוה"ז.
וזה ששם בן נח שהוא מלכי צדק מלך שלם היה עובד הש"י בהשגת שם אל עליון, כמו שנאמר (בראשית י״ד:י״ח-י״ט) והוא כהן לאל עליון ויברכהו ויאמר ברוך אברם לאל עליון קונה שמים וארץ וברוך אל עליון אשר מגן צריך בידיך. כי עליון מורה על מה שהוא למעלה מהשגת ותפיסת האדם, וכן היה למוד התורה והעבודה מה שהיה קודם מתן תורה, היה בגודל התבטלות ונסיונות וסבלנות עצומה, ועי"ז הגיעו להשגת ידיעת מציאות הש"י, שההנהגה היתה במדת עליון.
אכן אברהם אבינו היה מכיר שהש"י מלא כל הארץ כבודו, והסיר ערלת ההסתר המסתרת בין אור הש"י להשגת האדם. עיין לקמן פרשה זו אות לג..
וזה הוא ענין שבת דכתיב בה, ולזמר לשמך עליון, שהוא למעלה מהשגת האדם. וזה הוא שהקדים שם את ברכת אברהם לברכת השי"ת, מפני שבא על העומק הזה ע"י אברהם, ומכאן זכה אברהם לכהונה משם בן נח וכדאיתא בש"ס (נדרים לב:)קהעיין הרחבת הביאור בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת לך ד"ה והיה ברכה.:
Et de même la section 'Et Malki-Tsedek roi de Shalem fit sortir du pain et du vin, et il était prêtre du Dieu suprême (El Elyon)' correspond au Chabbat. Et c'est que 'prêtre' (kohen) signifie serviteur de ה', et parce qu'il reconnaissait Abraham notre père comme un juste, il ne comprenait pas pourquoi celui-ci avait livré sa vie pour sauver Lot, de qui naquirent les mauvais rejetons de Jérusalem ; c'est pourquoi le prêtre accomplissait ce service, une prière à Dieu béni, afin qu'Il illumine ses yeux pour comprendre la chose dans sa clarté.
Et c'est aussi l'idée de ce qui est rapporté dans le Midrach (Vayera Rabba 56) : Shem appela le nom de Jérusalem 'Shalem', et Abraham 'Yireh' ; Shem l'appela 'Shalem', c'est-à-dire qu'il ne voulait pas être en controverse contre Dieu béni ni être avec la génération de la dispersion (dor haflaga) en une seule ligue (agouda), et bien qu'il parût qu'il y avait paix entre eux, en vérité, par leur querelle contre ה' au moyen de leur ligue, par la même il n'est pas de controverse plus grande que celle-là, de vouloir se séparer du peuple de Dieu béni, à qui appartient toute la paix. (Note 101 : expliqué plus haut parashat Noah lettres 52, 53, cette paracha lettre 1 s.v.
VeZe Hu deIta baMidrash et dans la note 6 là-bas.) C'est pourquoi il appela le nom de la ville 'Shalem'. Et Abraham notre père l'appela 'Yireh' (Il verra), c'est qu'il montra à tous qu'il n'est aucun lieu vide d'où ne germera la gloire du Ciel, et de l'ordre de ce qui est rapporté au nom du saint Ari (Shaar haPesoukim parashat Shemot s.v.
VaYakam) : que la génération de la dispersion se réincarna dans la génération du désert, et parce que, lors de la construction de la tour, ils fautèrent avec le mortier et les briques, c'est pourquoi leur jugement fut de servir l'Égypte d'un travail dur (avodat parekh) avec le mortier et les briques, et c'est pourquoi il appela le nom du lieu 'Yireh'. Et c'est aussi ce que Dieu béni lui dit (Lekh 12) 'et par toi seront bénies toutes les familles de la terre', de la racine de 'provigner la vigne' (mavrikh), que les générations qui se sont le plus répandues seront provignées et replantées en toi et se répandront dans la sainteté.
(Note 102 : plus loin dans cette paracha lettre 22, parashat Vayera lettre 22 s.v. VeZe Hu sheOmer, lettres 23, 25.) Et pour cela Abraham notre père appela le nom de ה' (Vayera 21) 'El Olam' (Dieu du monde), qu'il montra Sa gloire béni soit-Il même dans l'occultation (héélem), et de l'ordre de ce qui est rapporté dans le Midrach (Kohelet Rabba 3) que 'olam' (monde) est de la racine de 'héélem' (occultation).
Et Shem ne pouvait pas voir cela, que même en ces lieux se trouve la gloire du Ciel ; c'est pourquoi il appela au nom de ה' 'El Elyon' (Dieu suprême), car l'acte d'Abraham notre père, qui livra sa vie pour sauver Lot, était au-dessus de sa saisie, et il voulait le comprendre. Et en vérité Abraham notre père lui-même était dans le doute à ce sujet, s'il fallait poursuivre les rois pour sauver Lot ou non, comme il est écrit (Lekh 14) 'et il se divisa contre eux la nuit', car il y avait ténèbre, occultation et doute pour lui-même sur ce qu'il fallait faire, jusqu'à ce que ה' illumine ses yeux pour qu'il les poursuive et sauve Lot à cause des deux bonnes perles séparées qui sortirent de lui.
(Note 103 : la source des propos est dans Mei haShiloah vol. 1, parashat Lekh s.v.
UMalki. Et voir Néot Deshe parashat Lekh s.v.
UMalki : car il est rapporté dans le Midrach, lorsqu'il lui fut dit 'ne crains pas Abram', de qui avait-il peur ? De Shem fils de Noah.
L'explication de la chose, dit mon père maître et rabbin son souvenir pour la vie du monde à venir : car Shem fils de Noah avait des récriminations contre lui pour être allé sauver Lot ; car Shem était roi de Shalem, qui désirait la pérennité de Jérusalem, et Ammon et Moav sont les mauvais rejetons de Jérusalem, destructeurs de la cité, et cela lui était extrêmement pénible qu'il fut allé sauver Lot ; jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il illumine ses yeux, et il vit qu'il n'était allé sauver que ces deux bonnes perles séparées. Et c'est pourquoi il est appelé Malki-Tsedek (roi de justice), car il ne trancha pas dans son esprit de juger Abraham la paix sur lui défavorablement, mais il pria le Saint béni soit-Il d'illuminer ses yeux sur la raison pour laquelle il était allé sauver Lot.) Et c'est pourquoi, dans cet acte, Abraham lui-même appela le nom de ה' 'El Elyon', pour enseigner que la manière dont la gloire du Ciel se trouve dans cet acte était au-dessus de la saisie de son intellect ; bien qu'Abraham eût dévoilé dans le monde qu'on appelle Dieu béni 'El Olam', comme il est dit (Vayera 21) 'et il appela là au nom de ה' El Olam', néanmoins dans cette affaire il appela Dieu béni 'El Elyon' comme ci-dessus.
(Note 104 : comme expliqué dans Yesod haHassidut, introduction au Beit Yaakov, page 8 : Et Abraham notre père commença à illuminer le monde, que Dieu béni se trouve aussi dans ce monde-ci. Et c'est que Shem fils de Noah, qui est Malki-Tsedek roi de Shalem, servait Dieu béni dans la perception (hasaga) du nom El Elyon, comme il est dit (Bereshit 14,18-19) 'et il était prêtre du Dieu suprême, et il le bénit et dit : béni soit Abram par le Dieu suprême, possesseur des cieux et de la terre, et béni soit le Dieu suprême qui a livré tes adversaires en ta main'.
Car 'Elyon' (suprême) indique ce qui est au-dessus de la perception et de la saisie de l'homme ; et ainsi était l'étude de la Torah et le service qui existait avant le don de la Torah : il était dans une grande annihilation (bitoul), des épreuves et une patience immense, et par cela ils parvinrent à la perception de la connaissance de l'existence de Dieu béni, car la conduite (hanhaga) était selon la mesure 'Elyon'. Néanmoins Abraham notre père reconnaissait que toute la terre est pleine de la gloire de Dieu béni, et il retira le prépuce (orla) de l'occultation qui dissimule entre la lumière de Dieu béni et la perception de l'homme.
Voir plus loin dans cette paracha lettre 33.) Et c'est là l'idée du Chabbat, dont il est écrit 'et pour chanter Ton Nom, Suprême (Elyon)', qui est au-dessus de la perception de l'homme. Et c'est pourquoi Shem fit précéder la bénédiction d'Abraham à la bénédiction de Dieu béni, parce qu'il parvint à cette profondeur par le moyen d'Abraham ; et de là Abraham mérita la prêtrise (kehouna) de Shem fils de Noah, comme il est rapporté dans le Talmud (Nedarim 32b).
(Note 105 : voir l'élargissement de l'explication dans Sod Yesharim sur la Torah, du manuscrit du saint auteur, parashat Lekh s.v. VeHeye Berakha.)
[ה] קחה לי עגלה משלשת הוא כנגד כיבוד אב ואם. שלזה נסמכה כיבוד אב ואם לשבת, להורות לנו שאם יחטא האדם בבירורי מעשי ידיו שזה נקרא שבת, תשובתו בצדו לקיים כיבוד אב ואם, שיתקן האדם החסרון שנטבע בו מיום הולדו משורש אב ואם, ובמה יתקן זאת, בעבודה אשר יעבוד ירגיש טעם אף בעומק הזה.
וע"ז מרמזין עבודות הקרבנות, שיקדיש אדם כל מעשיו להשי"ת ואח"כ יזכה בהם משלחן גבוהקוכדאיתא בתפארת יוסף פרשת ויקרא ד"ה ושחט: בעת הקרבת הקרבן העיד השי"ת על האדם, שמצידו יכול למסור את כל הונו ורכושו בחזרה לגמרי להשי"ת.
ורק מה שנשאר בחיים עם הקנינים שלו, הוא רק מאחר שרואה האדם איך שהשי"ת חפץ בעבודתו ממילא צריך להשאר בחיים, כדי שיוכל לעבוד עוד. ונמצא שכל חיותו עם כל הקנינים הוא הכל מן זה הרצון שהשי"ת בחר בעבודה, וכל קנינו הוא משלחן גבוה קא זכי, וכל היכא דאיתא בי גזא דרחמנא איתא..
וזה הוא כיבוד אב ואם, כדאיתא בזוה"ק (יתרו צ.) אביך דא קוב"ה ואמך דא כנסת ישראל. אב הוא חכמה, שידע האדם ויבין בכל מעשיו קודם עשותן בכל אשר יפנה ישכיל, שאף כי יתראה לו שטובים הם עכ"ז יהיה מתון בהם לבררם מתחלה בבירורים גדולים, כדאיתא בזוה"ק קדושים (פב.) איש אמו ואביו תיראו אבא איהו חכמה וכו' ואימא לשמשא לאבא וכו' ויאמר איהו בכל מאמר עד תלתין ותרין יהי כן.
ויהי כן וכו' בל"ב שבילין דבהון אתברי כל עובדא דבראשית:
[5] 'Prends-moi une génisse de trois ans' correspond à l'honneur du père et de la mère. Car c'est pour cela que l'honneur du père et de la mère a été accolé au Chabbat, pour nous enseigner que si l'homme faute dans les clarifications des œuvres de ses mains, ce qui est appelé Chabbat, son remède est à son côté : accomplir l'honneur du père et de la mère, que l'homme répare le manque qui a été imprimé en lui depuis le jour de sa naissance, de la racine du père et de la mère.
Et par quoi réparera-t-il cela ? Par le service qu'il servira, il ressentira un goût même dans cette profondeur.
Et c'est ce à quoi font allusion les services des sacrifices (korbanot) : que l'homme consacre tous ses actes à Dieu béni, et qu'ensuite il en jouisse depuis la table d'en haut. (Note 106 : et comme il est rapporté dans Tiferet Yosef parashat Vayikra s.v.
VeShahat : au moment de l'offrande du sacrifice, Dieu béni a témoigné au sujet de l'homme que, de son côté, il peut remettre tout son avoir et ses biens entièrement en retour à Dieu béni ; et ce qui reste en vie avec ses possessions, ce n'est que du fait que l'homme voit combien Dieu béni désire son service, et que par la même il doit rester en vie afin de pouvoir servir encore. Et il se trouve que toute sa vie avec toutes ses possessions provient entièrement de cette volonté de Dieu béni qui a choisi le service, et toute sa possession, c'est de la table d'en haut qu'il en jouit (mishoulhan gavoha ka zakhi), et partout où se trouve le trésor du Miséricordieux, elle s'y trouve.) Et c'est cela l'honneur du père et de la mère, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Yitro 90a) 'ton père, c'est le Saint béni soit-Il, et ta mère, c'est l'Assemblée d'Israël (Kenesset Israël)'.
Le père, c'est la sagesse ('hokhma), que l'homme sache et comprenne dans tous ses actes avant de les accomplir, 'en tout ce vers quoi il se tourne il agira avec discernement', que même s'il lui paraît qu'ils sont bons, malgré tout il soit posément mesuré (matoun) à leur égard pour les clarifier d'abord par de grandes clarifications, comme il est rapporté dans le saint Zohar Kedoshim (82a) 'chacun craindra sa mère et son père' : le père, c'est la sagesse etc., et la mère sert le père etc., et il disait à chaque parole (maamar), jusqu'à trente-deux, 'qu'il en soit ainsi', 'et il en fut ainsi' etc., par les trente-deux sentiers (netivot) par lesquels fut créé tout l'ouvrage de la création (maasse bereshit).
ומה שנתבשר שיצחק יִוָלֵד ממנו הוא ג"כ מכוון לזה, כי יצחק היה מבורר בזה שהיה עולה תמימה לה':
Et le fait qu'il fut annoncé qu'Its'hak naîtrait de lui vise aussi cela, car Its'hak était clarifié en cela qu'il était une offrande (ola) parfaite (temima) pour ה'.
[ו] בא נא אל שפחתי הוא נגד לא תרצח. והוא, כי מניעת טובה מבעליה הוא ג"כ בכלל רציחה.
ואברהם אבינו מצדו היה מתעצל בזה, והאיר לו הש"י שבמקום שצריך אדם לקבל ואינו מקבל עליו הכתוב אומר (משלי י״ח:ט׳) גם מתרפה במלאכתו אח הוא לבעל משחית, וכדאיתא בש"ס (יבמות קג:) כל יהודי שאינו עוסק בפריה ורביה כאלו שופך דמים וכו' רבי עקיבא אומר כאלו ממעט את הדמות בן עזאי אומר כאלו שופך דמים וממעט את הדמות וכן הוא במדרש (נח רבה לד):
[6] 'Viens donc vers ma servante' correspond à 'Tu ne tueras pas'. Et c'est que retenir le bien à ses ayants droit relève aussi du meurtre.
Et Abraham notre père, de son côté, était indolent en cela, et Dieu béni l'illumina que, là où l'homme doit recevoir et ne reçoit pas, à son sujet le verset dit (Michle 18,9) 'même celui qui se relâche dans son ouvrage est frère de l'homme destructeur', et comme il est rapporté dans le Talmud (Yevamot 63b) : 'tout Juif qui ne s'adonne pas à la procréation (peria ve-revia), c'est comme s'il versait le sang' etc. ; Rabbi Akiva dit : 'comme s'il diminuait l'image (demout)' ; Ben Azzai dit : 'comme s'il versait le sang et diminuait l'image' ; et de même dans le Midrach (Noah Rabba 34).
[ז] שמיעתו לשרה לגרש האמה הוא נגד לא תנאף. והוא שבמקום שאין רצון השי"ת להשפיע ואם הוא ישפיע אזי יקרא בשם מנאף.
וזה הוא ג"כ שאמר לו השי"ת התהלך לפני והיה תמים, היינו שילך עפ"י מערכת שכלו ולא לפי תשוקת הגוף, כי הנואף הולך אחר תשוקת הגוף, ותיבת לפני מורה שיהיה דעת האדם ומחשבתו דבוקה בהשי"ת, והנואף הוא היפך מזה ועליו נאמר (משלי ו׳:ל״ב) נואף אשה חסר לב, שהוא מרוחק מאד מהשי"ת כי שַׂנֵא שַלַח הוא כדכתיב (מלאכי ב) וכדדרשינן בשלהי מסכת גיטין (צ:)קזעיין היטב במלאכי פרק ב פסוקים י – טז ובמפרשים שם, מצודות ורד"ק, שמבארים כל העניין באר היטב ובהקשר לאברהם אבינו ע"ה ותבין.:
[7] Le fait qu'il écouta Sara pour renvoyer la servante correspond à 'Tu ne commettras pas d'adultère'. Et c'est que, là où il n'y a pas de volonté de Dieu béni d'épancher (d'influer, hachpaa), et que l'homme épanche néanmoins, alors il est appelé du nom d'adultère (menaèf).
Et c'est aussi ce que Dieu béni lui dit 'Marche devant Moi et sois intègre (tamim)', c'est-à-dire qu'il marche selon l'ordonnancement de son intellect et non selon le désir du corps, car l'adultère (noèf) va après le désir du corps ; et le mot 'devant Moi' (lefanai) indique que la connaissance de l'homme et sa pensée soient attachées à Dieu béni, et l'adultère est l'opposé de cela, et de lui il est dit (Michle 6,32) 'l'adultère d'une femme est dépourvu de cœur', car il est très éloigné de Dieu béni, car il est 'sané shalah' (שנא שלח, il hait, qu'il renvoie) comme il est écrit (Malachie 2), et comme nous l'exposons à la fin du traité Guitin (90b). (Note 107 : vois bien dans Malachie chapitre 2 versets 10 à 16 et dans les commentateurs là-bas, Metsoudot et Radak, qui expliquent toute l'affaire très clairement et en lien avec Abraham notre père la paix sur lui, et tu comprendras.)
Le commandement de la circoncision (mila) correspond à « tu ne voleras pas ». Selon le Beit Yaakov, l'homme se restreint (tsimtsoum) dans son influx (hachpaa) et, ne recevant que la volonté de D.ieu en lui, transmet un influx clarifié (mevorar) ; dans l'expansion (hitpachtout), il reçoit comme un voleur. Avant d'être circoncis, Avraham tombait sur sa face devant la Che'hina, honteux tel celui qui reçoit ce qui n'est pas à lui. La Guemara enseigne que « c'est le trou qui vole » : le lieu où transmettre de façon incorrecte fait aussi recevoir ainsi. Si la réception est clarifiée, une force masculine de sainteté domine le penchant et ne transmet que le bien.
Aussi : « Sara ta femme t'enfantera un fils » et « puisse Ismaël vivre devant toi » correspondent à « tu ne porteras pas de faux témoignage » ; Sarai devenue Sara et l'alliance avec Its'hak correspondent à « tu ne convoiteras pas »
[ח] ומה שנצטווה על מצות מילה הוא נגד לא תגנוב. והוא שהאדם יצמצם עצמו בהשפעתו, והוא שאם יקבל רק מה שרצון השי"ת בו אז יוכל להשפיע ג"כ השפעה מבוררת, אבל אם יקבל בהתפשטות אזי הוא מקבל כגנב.
וכדאיתא שקודם שנימול לא היה יכול לעמוד לפני השכינה ונפל על פניו, היינו שנתבייש כמקבל דבר שאינו שלו. וזה הוא דאיתא בש"ס (גיטין מה.) לאו עכברא גנב אלא חורא גנב, היינו עי"ז שיש לו מקום להשפיע מה שמקבל לזה הוא מקבל קבלותיו שלא כהוגן, כי אם לא היה לאדם מקום להשפיע שלא כהוגן אזי לא היה מקבל קבלותיו שלא כהוגן, לזה נתן השי"ת עצה לאברהם אבינו שיצמצם את עצמו בהשפעתו כרצון השי"ת, וממילא לא ירצה לקבל רק הטוב בעיני השי"ת.
ולזה ג"כ נצטוה שימול יליד ביתו ומקנת כספו, והוא שלא יעלים הטובה ממי שירצה להתחבר עמו אם יש לו איזה שייכות עמו, כי בעולם העליון שאין שם דברים גשמיים נקרא זאת בשם גניבה, היינו העלמה. והנה אף שנראה שעיקר צריך האדם לצמצם את עצמו בהשפעה, כי בהקבלה אין הרע מפורש עוד, ובאמת הוא עיקר יסוד הבירורים בשעת הקבלה, שאם היה מקבל כהוגן, אזי היה נקל לו לצמצם עצמו להתגבר על יצרו ולהשפיע כהוגן.
אבל אם כבר קיבל קבלותיו שלא כהוגן, מה שמסתיר ומעלים האור, אזי קשה לו להתגבר על יצרו ולהשפיע כראוי. והענין הוא, כי בשעת הקבלה תש כחו כנקבה, ובשעת ההשפעה הוא בכח דכר כגבור תקיף, לזה אם הקבלה מבוררת, אזי יש לו כח דכר דקדושה להתגבר על יצרו כגבור תקיף ולהשפיע רק טוב כפי קבלתו.
שאני אם קיבל שלא כהוגן בבחינת נוקבא שבו, אז קשה לו להתגבר על יצרו אף בכח הדכר שבו. ויסוד יצר הקבלה שנמצא באדם הוא מזה שיש לו מקום להשפיע בבחירתו במקום האסור לו, ולכן ניתן לאברהם מצות מילה, כח צמצום בהשפעתו, וממילא לא יהיה לו יצר לקבל רק מה שרצון השי"ת בו, ואזי יהיה אף בשעת הקבלה בבחינת דכר, כי כל יצר הקבלה נקח מכח השפעה כנ"ל, ויהיה נקל לו להשפיע רק מה שיבחר בו השי"ת (וכמש"נ בפ' בא בפסוק קדש לי כל בכור וכמש"נ במי השלוח ח"א שם)קחוזה לשון המי השלוח שם ח"א פרשת בא ד"ה קדש לי [ב]:
הענין למה אמר משה לישראל תחילה פרשת מצות קודם פרשת בכור שציוה לו הקב"ה לאמור להם. אך הענין בזה כי פרשת בכור מורה כי הש"י צוה לאמור להם הפרשה הזאת כדי להיות ברור ונקי מתאות, כי בהטיפה של בכור התגברות התאוה שולטת, וזה ענין קדש לי כל בכור, אך משה רבינו ע"ה ידע כי אין באפשרות להשמר מתאוה הזאת, רק אם יהיה האדם תחילה בהיר ונקי מתאות אכילה, שאם האדם נקי בקבלותיו אז גם השפעותיו מבוררים, כי הצוואר המקבל מכוון נגד ברית המעור, על זאת הכוונה אמר להם תחילה פרשת מצה קודם פרשת בכור.
וכן מביא בסוד ישרים ראש השנה אות כ: כי כאשר מבורר האדם בקבלותיו יתברר ממילא בהשפעותיו וכו'.
שאם יהיה אדם נקי בקבלותיו, ממילא יהיו השפעותיו נמי מבוררים. ועיין עוד לקמן פרשת ויחי אות לה ד"ה ויען, בית יעקב ויקרא פרשת בחוקותי אות לג, בית יעקב הכולל פרשת בשלח ד"ה ויצעק, נאות דשא פסח ד"ה איתא בזוה"ק..
וזה הוא דאיתא בתנחומא (לך) עד שלא מל כל זמן שהיתה השכינה מדברת עמו היה נופל, משמל היה מסיח עמו והוא עומד, שנאמר (וירא יח) ואברהם עודנו עומד לפני ה' ולא עוד וכו' אלא שהיה יושב וכו'. קודם שמל היה נופל, היינו שלא היה יכול להסתכל בשכינת הכבוד, והוא כענין הגנב שהוא בוש בקבלתו (וכמו שנתבאר בפ' משפטים אות ה ד"ה והנה):
[8] Ce qui fut ordonné au sujet du commandement de la circoncision (mila) correspond à 'tu ne voleras pas'. C'est que l'homme doit se restreindre (tsimtsoum) dans son influx (hachpaa) : s'il ne reçoit que ce qui est la volonté de ה' en lui, alors il pourra transmettre lui aussi un influx clarifié (mevorar) ; mais s'il reçoit dans l'expansion (hitpachtout), alors il reçoit comme un voleur.
Et comme il est enseigné qu'avant d'être circoncis il ne pouvait se tenir devant la Chekhina et tombait sur sa face, c'est-à-dire qu'il avait honte tel celui qui reçoit une chose qui n'est pas la sienne. Et c'est ce qui est enseigné dans le Talmud (Guittin 45a) : 'ce n'est pas la souris qui vole mais le trou qui vole' (לאו עכברא גנב אלא חורא גנב), c'est-à-dire : parce qu'il a un lieu où transmettre ce qu'il reçoit, pour cela il reçoit ses réceptions de façon incorrecte ; car si l'homme n'avait pas de lieu où transmettre de façon incorrecte, il ne recevrait pas non plus ses réceptions de façon incorrecte.
Pour cela ה' donna un conseil à Abraham notre père : qu'il se restreigne dans son influx selon la volonté de ה', et de ce fait il ne voudra recevoir que ce qui est bon aux yeux de ה'. Et pour cela aussi il lui fut ordonné de circoncire l'enfant né dans sa maison et l'acquis de son argent : c'est qu'il ne dissimule pas le bien à celui qui veut s'unir à lui s'il a quelque rapport (chaykhout) avec lui ; car dans le monde supérieur, où il n'y a pas de choses matérielles, cela s'appelle du nom de vol, c'est-à-dire dissimulation (helem).
Et voici, bien qu'il semble que l'essentiel soit que l'homme se restreigne dans l'influx - car dans la réception le mal n'est pas encore explicite - en vérité l'essentiel du fondement des clarifications (berourim) est au moment de la réception : car s'il recevait de façon convenable, il lui serait aisé de se restreindre, de dominer son penchant (yetser) et de transmettre de façon convenable. Mais s'il a déjà reçu ses réceptions de façon incorrecte, ce qui cache et dissimule la lumière, alors il lui est difficile de dominer son penchant et de transmettre comme il convient.
Et l'affaire est que, au moment de la réception, sa force faiblit comme une femelle (noukva), tandis qu'au moment de l'influx il est dans la force masculine (dekhar) tel un puissant guerrier. Pour cela, si la réception est clarifiée, il a une force masculine de sainteté pour dominer son penchant tel un puissant guerrier et ne transmettre que le bien selon sa réception.
Il en va autrement s'il a reçu de façon incorrecte dans l'aspect (behina) de la noukva qui est en lui : alors il lui est difficile de dominer son penchant, même par la force masculine qui est en lui. Et le fondement du penchant à recevoir qui se trouve dans l'homme provient de ce qu'il a un lieu où transmettre, par son libre choix, dans le lieu qui lui est interdit.
C'est pourquoi fut donné à Abraham le commandement de la circoncision, force de restriction (tsimtsoum) dans son influx, et de ce fait il n'aura plus de penchant à recevoir sinon ce qui est la volonté de ה' en lui, et alors il sera, même au moment de la réception, dans l'aspect masculin (dekhar) ; car tout le penchant à recevoir est pris de la force d'influx comme ci-dessus, et il lui sera aisé de ne transmettre que ce que ה' choisira (comme il est expliqué dans la paracha Bo sur le verset 'consacre-moi tout premier-né', Exode 13,2, et comme il est expliqué dans le Mei HaChiloah, tome 1, là-bas). - Note (voici le texte du Mei HaChiloah, là-bas, tome 1, paracha Bo, s.v. 'consacre-moi' [2]) : l'affaire, pourquoi Moché dit-il d'abord à Israël la section des matsot avant la section du premier-né que le Saint béni soit-Il lui avait ordonné de leur dire. Mais l'affaire en cela : la section du premier-né indique que ה' ordonna de leur dire cette section afin d'être clair et net de tout désir, car dans la goutte du premier-né domine la puissance du désir, et tel est le sens de 'consacre-moi tout premier-né' ; mais Moché notre maître, la paix sur lui, savait qu'il n'est pas possible de se garder de ce désir, sinon si l'homme est d'abord limpide et net du désir de manger, car si l'homme est net dans ses réceptions, alors ses influx aussi sont clarifiés, car la gorge qui reçoit est disposée face à l'alliance de la chair (berit hamaor) ; c'est dans cette intention qu'il leur dit d'abord la section de la matsa avant la section du premier-né.
Et de même il rapporte dans Sod Yecharim, Roch Hachana, alinéa 20 : lorsque l'homme est clarifié dans ses réceptions, il se clarifie de ce fait dans ses influx, etc. ; car si l'homme est net dans ses réceptions, de ce fait ses influx aussi seront clarifiés. Vois encore plus loin paracha Vayehi alinéa 35 s.v. 'vayaan', Beit Yaakov Vayikra paracha Behoukotai alinéa 33, Beit Yaakov HaKolel paracha Bechalah s.v. 'vayitsaak', Néot Dèche Pessa'h s.v. 'ita bezohar'.
Et c'est ce qui est enseigné dans le Tan'houma (Lekh) : avant qu'il ne fût circoncis, tout le temps que la Chekhina parlait avec lui il tombait ; une fois circoncis, elle s'entretenait avec lui et il se tenait debout, comme il est dit (Vayera, Genèse 18) 'et Abraham se tenait encore debout devant ה'', et non seulement cela, etc., mais il était assis, etc. Avant d'être circoncis il tombait, c'est-à-dire qu'il ne pouvait contempler la Chekhina de gloire ; cela est semblable au voleur qui a honte de sa réception (comme il a été expliqué dans la paracha Michpatim, alinéa 5, s.v. 'vehine').
[ט] אבל שרה אשתך יולדת לך בן הוא כנגד לא תענה ברעך עד שקר. והוא כי מה דכתיב ויפול אברהם על פניו ויצחק, אל יעלה על הדעת ח"ו שאברהם אבינו לא האמין שבכוחו ית' לעשות זו הפליאה, אכן שאברהם אבינו אמר, שלא יקרא זאת על שמו שבתפלתו פעל כל זאת, מאחר שמצדו אין לו אף צפוי וקווי לזאת הישועה, אמת שבכחו יתברך לעשות זאת, אבל יהיה כמו שינוי הטבע, וא"כ לא יקרא על שמו שביגיעו בא לו ולא יהיה לו חלק בה.
ואמר לו השי"ת הממני יפלא כל דבר, בכחי לעשות פליאה זו להראות שבפעולתך וביגיעך בא לך, שמעולם לא כלתה מאתך הציפוי והקווי לזו הישועה (וכמש"נ בפ' וירא בפסוק ותלד שרה בן לזקניו)קטמבואר בגליון מי השלוח פרשת וירא ד"ה ותכחש אות ג: כי באמת האמין כי השי"ת יכול להושיע לו שיוליד, אכן אין זה הולדה מצדו בלתי כמו שהשי"ת יכול לברוא דבר חדש וזה היה צחיקת אברהם הלבן מאה שנה יוליד, כי איך יקרא זה על שמי.
וזה שנאמר ותלד שרה לאברהם בן לזקניו, היינו שהאיר לו השי"ת כי בעומק לבו היה לו בטחון שיוליד. וכן מבואר בסוד ישרים ראש השנה אות סד:
וכמו שביאר בזה אאזמו"ר הגה"ק זצללה"ה שהלשון לזקוניו מורה על קו הסתכלותו, היינו שהאיר לו השי"ת, שזאת ההולדה לא היתה באורח דילוג למעלה מתפיסתו שהישועה תהיה אצלו כמו חדשות, ע"ד שמצינו (סנהדרין צא) מה דלא הוה הוה, אלא שבאמת היה אצלו גם מלפנים ציפוי וקווי לזאת הישועה. עיי"ש אריכות הדברים ועיין עוד לקמן פ' וירא אות כא ד"ה וכן היתה, בית יעקב הכולל ראש השנה ד"ה וה' פקד.:
[9] 'Mais Sara ta femme t'enfantera un fils' (Genèse 17,19) correspond à 'tu ne porteras pas contre ton prochain de faux témoignage'. C'est que, quant à ce qui est écrit 'et Abraham tomba sur sa face et rit' (Genèse 17,17), qu'il ne monte pas à l'esprit, à Dieu ne plaise, qu'Abraham notre père n'ait pas cru qu'il fut au pouvoir de ה' d'accomplir cette merveille.
Plutôt, Abraham notre père dit que cela ne serait pas appelé à son nom - à savoir que ce serait par sa prière qu'il aurait accompli tout cela - puisque de son côté il n'a aucune attente ni espérance (tsipouy vekivouy) de ce salut. Il est vrai qu'il est au pouvoir de ה' de le faire, mais ce serait comme un changement de la nature, et alors cela ne serait pas appelé à son nom - que ce serait par son labeur que cela lui serait venu - et il n'y aurait pas de part pour lui en cela.
Et ה' lui dit : 'Y a-t-il chose trop merveilleuse pour moi ?' (Genèse 18,14) - il est en mon pouvoir de faire cette merveille pour montrer que c'est par ton action et par ton labeur qu'elle t'est venue, car jamais n'a cessé de toi l'attente et l'espérance de ce salut (comme il est expliqué dans la paracha Vayera sur le verset 'et Sara enfanta un fils à sa vieillesse'). - Note (expliqué dans la glose (guilayon) du Mei HaChiloah, paracha Vayera, s.v. 'vatkhahech', alinéa 3) : en vérité il croyait que ה' pouvait le sauver en le faisant engendrer, mais ce ne serait pas un engendrement de son côté, seulement comme ה' peut créer une chose nouvelle ; et tel était le rire d'Abraham, 'un homme de cent ans engendrera-t-il ?', car comment cela serait-il appelé à mon nom. Et c'est ce qui est dit 'et Sara enfanta à Abraham un fils à sa vieillesse (lizkounav)', c'est-à-dire que ה' l'illumina : dans les profondeurs de son cœur il avait la confiance (bitahon) qu'il engendrerait.
Et de même il est expliqué dans Sod Yecharim, Roch Hachana, alinéa 64 : comme l'a expliqué à ce sujet mon aïeul le saint gaon, de mémoire bénie, que l'expression 'à sa vieillesse (lizkounav)' indique la ligne de sa contemplation, c'est-à-dire que ה' l'illumina, que cet engendrement ne fut pas par voie de saut au-delà de sa saisie, en sorte que le salut serait pour lui comme une nouveauté - à la manière de ce que nous trouvons (Sanhédrin 91) 'ce qui n'était pas fut' - mais qu'en vérité il y avait chez lui, déjà auparavant, attente et espérance de ce salut. Vois là-bas le développement des propos, et vois encore plus loin paracha Vayera alinéa 21 s.v. 'vekhen hayta', Beit Yaakov HaKolel Roch Hachana s.v. 'veHachem pakad'.
ואף מה שאמר לו ישמעאל יחיה לפניך, הוא נגד זה המאמר לא תענה ברעך, כי רעך דא קוב"ה כדאיתא בזוה"ק (בשלח נה:), והשי"ת הבטיחהו (לך) וברכתי אותה וגם נתתי ממנה לך בן, ולמה אמר לו ישמעאל יחיה לפניך ונראה זאת כעדות שקר, ואמר לו השי"ת לא תאמר כן, רק כאשר יעצתי היא תקום ותהיה שרה אשתך יולדת לך בן. והאיר לו השי"ת זה המאמר עד שהוא בעצמו גירש אותו מביתו אח"כ.
אכן מפני שבאותה השעה צדיק היה, הראה לו השי"ת שלא יתן בו עיניו על מה שיהיה בו אח"כ, כי באשר הוא שם צדיק הוא ואין לדונו לחוב, וכדאיתא בש"ס (ר"ה טז:) ובמדרשקיעיין בית יעקב הכולל פרשת וירא ד"ה וה' פקד.:
Et même ce qu'il lui dit 'puisse Ismaël vivre devant toi' (Genèse 17,18) correspond aussi à cet énoncé 'tu ne porteras pas contre ton prochain', car 'ton prochain (reakha)', c'est le Saint béni soit-Il, comme il est enseigné dans le Zohar (Bechalah 55b). Et ה' lui avait promis (Lekh) 'et je la bénirai et je te donnerai aussi d'elle un fils' ; alors pourquoi dit-il 'puisse Ismaël vivre devant toi', ce qui paraît comme un faux témoignage ?
Et ה' lui dit : ne dis pas ainsi, mais comme je l'ai conseillé cela se réalisera, et Sara ta femme t'enfantera un fils. Et ה' lui illumina cet énoncé, au point que lui-même le chassa ensuite de sa maison.
Cependant, parce qu'à cette heure-là il était juste, ה' lui montra de ne pas porter les yeux sur ce qu'il deviendrait par la suite, car là où il est (baacher hou cham) il est juste et on ne doit pas le juger à charge, comme il est enseigné dans le Talmud (Roch Hachana 16b) et dans le Midrach. - Note : vois Beit Yaakov HaKolel paracha Vayera s.v. 'veHachem pakad'.
[י] שרי אשתך לא תקרא את שמה שרי כי שרה שמה, הוא נגד לא תחמוד. היינו שהכל שלו ולא יחמוד עוד לחלק חבירו:
[10] 'Sarai ta femme, tu ne l'appelleras plus de son nom Sarai, car Sara est son nom' (Genèse 17,15) correspond à 'tu ne convoiteras pas'. C'est-à-dire que tout est à lui et il ne convoitera plus la part de son prochain.
ואת בריתי אקים את יצחק הוא ג"כ נגד זה. כי יצחק אבינו כל חמדותיו ותשוקותיו לא היו רק לשמים, והיה מבורר מאד בזהקיאכמבואר במי השלוח ח"א פרשת וישב ד"ה וישב [ב]:
דהנה אברהם אבינו ע"ה היה שורשו מדות אהבה היינו שהיה מברר כל אהבות שבעולם שלא יאהב שום דבר עוה"ז זולת רצון הש"י, ויצחק היה מבורר בזאת המדה כי הוא נולד מאברהם אבינו אחר כל הברורים שברר את עצמו. ומדתו היתה רק לברר מדות היראה היינו לברר כל היראות שלא ירא משום גוון רק מה' לבדו.
ועיין לקמן פ' ויחי אות ו: ויצחק אבינו היה מדתו מדת גבורה, לעזוב כל חמדת עולם הזה, לכך היה צריך לברר במקום שעזב טובה, אבל בקבלת טובה היה נקי ומבורר ולא היה צריך לברר כלום, וממילא כשעלה בלבו איזה אהבה לא הוצרך לברר עצמו בה.:
'Et j'établirai mon alliance avec Its'hak' (Genèse 17,21) correspond aussi à cela. Car Its'hak notre père, toutes ses convoitises et tous ses désirs n'étaient que pour le Ciel, et il était très clarifié en cela. - Note (comme expliqué dans le Mei HaChiloah, tome 1, paracha Vayechev, s.v. 'vayechev' [2]) : voici, Abraham notre père, la paix sur lui, sa racine était les mesures (midot) d'amour, c'est-à-dire qu'il clarifiait toutes les amours du monde afin de n'aimer aucune chose de ce monde hormis la volonté de ה' ; et Its'hak était clarifié dans cette mesure, car il naquit d'Abraham notre père après toutes les clarifications par lesquelles celui-ci s'était clarifié.
Et sa mesure à lui était seulement de clarifier les mesures de la crainte, c'est-à-dire de clarifier toutes les craintes, afin de ne craindre aucune nuance (gavan) sinon ה' seul. Et vois plus loin paracha Vayehi alinéa 6 : et Its'hak notre père, sa mesure était la mesure de rigueur (guevoura), abandonner toute convoitise de ce monde ; c'est pourquoi il devait clarifier là où il abandonnait un bien, mais dans la réception d'un bien il était net et clarifié et n'avait rien à clarifier ; et de ce fait, lorsque montait en son cœur quelque amour, il n'avait pas besoin de se clarifier en cela.
« Et tous les gens de sa maison, né dans la maison et acquis à prix d'argent, furent circoncis avec lui » (Berechit 17,27). Le Beit Yaakov rattache cela à Rabbi Levi, qui oppose « À Hachem est la terre et sa plénitude » (Tehilim 24,1) et « Et la terre Il l'a donnée aux fils de l'homme » (Tehilim 115,16) : avant la bénédiction le bien n'appartient pas encore, et en jouir transgresse « Tu ne convoiteras pas » ; après, l'homme fait régner le Nom et reçoit de la table d'en haut. Le né dans la maison attend le huitième jour, six jours d'œuvre et le Chabbat pour une chose entière ; l'acquis à prix d'argent est circoncis dès le premier jour.
Aussi : l'honneur du pays, la famine et Lot dans « va pour toi » ; le pays montré aux guerres des rois, sans faute sur Avraham ; Canaan sans daat, le pays des séjours du libre choix, les deux forces réparées ensemble.
וכל אנשי ביתו יליד בית ומקנת כסף מאת בן נכר נמולו אתו, הוא כנגד זה. והוא כדאיתא בש"ס (ברכות לה:) רבי לוי רמי כתיב לה' הארץ ומלואה וכתיב והארץ נתן לבני אדם לא קשיא כאן קודם ברכה כאן אחר ברכה.
והוא, כי קודם הברכה אין הטובה שלו עוד, ואם ירצה ליהנות ממנה אז יעבור על לא תחמוד, שאני אחר הברכה שממליך את השי"ת על הדבר, אז מותר לו ליהנות כי משלחן גבוה קא זכיקיבמקורו במי השלוח ח"א פרשת תרומה ד"ה ויקחו [ב], פרשת בהעלותך ד"ה ותדבר עיי"ש. ונתבאר בתפארת יוסף שביעי של פסח ד"ה ויהי בשלח:
כמו שאיתא בש"ס (ברכות לה.) רבי לוי רמי כתיב לד' הארץ ומלואה וכתיב והארץ נתן לבני אדם לא קשיא כאן קודם ברכה כאן לאחר ברכה. כי לאחר ברכה מורה, שמכיר האדם שכל טובה הוא מהשי"ת, שאומר המוציא לחם מן הארץ.
היינו שמכיר שד' הוא הנותן של הטובה, אז נותן לו השי"ת הטובה בקנין קבוע ומשלחן גבוה קא זכי ליה. זאת אינו נקרא בחנם, כי האדם יש לו קנין בהטוב.
אבל קודם ברכה, שהאדם אינו מכיר עדיין שהשי"ת הוא הנותן של הטובה, אז אין לאדם שום קנין בהטובה, ואז נקרא לד' הארץ ומלואה, והאדם המקבל הטובה נקרא שמקבל בחנם. עיין עוד שם פ' אמור ד"ה שור, פ' תבא ד"ה כי, מס' מגילה (ו.) ד"ה א"ר.
לקמן פ' חיי אות טז.. וזה הוא החילוק שבין יליד בית ומקנת כסף.
יליד בית נמול לשמונה ומקנת כסף נמול ליום אחד, וכענין דאיתא בש"ס (שבת קלה.) כל שאמו טמאה לידה נמול לשמונה. והוא, כי בזה שאמו שומרת ימי לידה, ימי טומאה וטהרה, זהו שומר להבן שלא יזיק לו קליפת הערלה.
ומה שצוה השי"ת להמתין עד שמונה ימים משפט אדם ובהמה יחד, כענין דאיתא בזוה"ק (אמר צא.) עד דיעבור עליה שבת חד. ולכאורה מטעם זה היה מהראוי שתיכף אחר שבת ירצה קרבן ה' ואף אם יולד בערב שבת.
אכן הענין בזה, דהנה השי"ת ברא ששה טובות בעולם, לך ה' הגדולה והגבורה וגו' ובכל יום מששת ימי המעשה נכלל טובה אחת מהששה ימיםקיגכדאיתא בזוהר הקדוש שמות פרשת יתרו דף פח. וזל"ק:
דההוא יומא מתברכאן מיניה כל שיתא יומין עלאין וכל חד וחד יהיב מזוניה לתתא כל חד ביומוי מההיא ברכה דמתברכאן ביומא שביעאה.. ויום השבת הוא היסוד מהששה ימים והטובות שנכללים בהם, כי שבת מורה על כבוד שמים, ומשבת יתפשט קדושה לכל ששת הימים, וטובות ששת ימי המעשה נכללו ביום השבת קדש.
ולזה הקפידה התורה שלא יקריב קרבן קודם שיעברו עליו שבעת ימים כדי להקריב דבר שלם, שבשבעת הימים הכולל מהם הוא שבת, אחר עבור ששת ימי המעשה גדולה וגבורה וגו' לאל אשר שבת מכל המעשים להמליכו על כל הכחות שסיגל האדם בימי המעשה, שאז יש לאדם קנין גמור בהטובות שבכל ימי המעשהקידנתבאר במי השלוח ח"א פרשת אמור ד"ה שור: שור או כשב או עז כי יולד והיה שבעת ימים תחת אמו ומיום השמיני והלאה ירצה לקרבן אשה לה'.
ובזוהר הקדוש (ויקרא צא.) מפרש הטעם בכדי שיעבור עליו שבת אחד, ומטעם זה היה ראוי להרצות תיכף אחר שבת, אף שנולד בערב שבת, ולמה הקפידה התורה על שבעת ימים שלמים. כי הנה הש"י ברא ששה טובות בעולם גדולה וגבורה וכו' ובכל יום מששת ימי המעשה נכלל טובה אחת מאלו הטובות כידוע.
ושבת הוא היסוד והעיקר לכל הטובות, כי שבת מורה על כבוד שמים ומשבת יתפשט קדושה לכל ששת ימי המעשה, וטובות ששת הימים נכללים בשבת. ועי"ז הקפידה התורה על שבעת ימים, כי האדם צריך להקריב לפני הקב"ה דבר שלם כגון, הקרבן אחר שעברו עליו ששת ימי המעשה, היינו שנכלל בהם כל הטובות וגם יום השבת היינו להמליך את הקב"ה על כל הטובות אשר סיגל בששת ימי המעשה ואז יקרבו לה', ובאם לא עברו עליו ששת ימי המעשה אז לא קבל כל הטובות מאת הש"י ואיך יקרב לפני ה' דבר שאינו שלם, ואף כי עבר עליו שבת לא נמצא בו שלימות הבריאה, אך כאשר עברו עליו ששת ימי המעשה וגם יום השבת היינו שסיגל כל הטובות והמליך לבוראו עליהם, אז ירצה לקרבן ולכן כתיב וביום השמיני תתנו לי.
עיין עוד בית יעקב ויקרא פרשת אמור אות כה., ואת כל זה יקריב קרבן לה', כי מקודם זה לא יחשב לו שמקריב קרבן לה', כי חמיתון מאן דנטיל מבי מלכא ויהיב לבי מלכא וכדאיתא בזוה"ק (שמיני לח.)קטועיין עוד בבית יעקב ויקרא פרשת אמור אות כט, תפארת יוסף חג הפסח ד"ה וידבר ה'.. אכן כאשר יעברו ששה ימים כל תשוקת וחמדת האדם, ועכ"ז לא יעבור על לא תחמוד רק יחזיר הדבר לה' אשר נתנה לו, אז ירצה לקרבן אשה ריח ניחוח לה'.
וכן הוא באדם, כאשר יעברו עליו ששה ימים ובכל יום ויום מוסיף אהבה לבנו, וביום השביעי ממליך את השי"ת על כל אלה, וביום השמיני מחזיר להשי"ת כל הטובות שבידו, אז ירצה דמו. והאהבה אשר יאהוב את בנו אחר זאת אין בזה משום לא תחמוד, מאחר דמשלחן גבוה קא זכי ליה.
וכל השבעת ימים שהאשה סופרת ימי טהרה מגינה על בנה שלא יקטרג עליו ערלת בשרו, שסבלנות האם מה שמבררת עצמה באלו השבעה ימים וכמו שמבואר (בפ' תזריע), זה מגין על הבן. אבל כשגמרה ספירת טהרתה ומצותה והגיע יום השמיני, אז צריך להסיר הערלה מיד, מאחר שיש לחוש לקטרוג הערלה, כיון שאין אמו טמאה לידה עוד ואינה סופרת טהרה, אזי תוכל לעבור על לא תחמוד (וכמו שנתבאר ענין זה באורך בפ' תזריע)קטזעיין בית יעקב ויקרא פרשת תזריע אות כד, כה, כו, כז.
בית יעקב הכולל פרשת תזריע ד"ה וידבר [ג].:
Et tous les gens de sa maison, ne dans la maison et acquis à prix d'argent auprès d'un fils d'étranger, furent circoncis avec lui (Genèse 17,27) : cela correspond à ce qui suit. Et c'est comme il est enseigné dans le Talmud (Berakhot 35b) : Rabbi Levi opposa deux versets ; il est écrit À ה' est la terre et sa plénitude (Psaumes 24,1) et il est écrit Et la terre Il l'a donnée aux fils de l'homme (Psaumes 115,16).
Pas de difficulté : ici avant la bénédiction, là après la bénédiction. Et voici : car avant la bénédiction le bien ne lui appartient pas encore, et s'il veut en jouir il transgresse alors Tu ne convoiteras pas (Exode 20,14) ; il en va autrement après la bénédiction, lorsqu'il fait régner le Nom béni soit-Il sur la chose ; alors il lui est permis d'en jouir, car c'est de la table d'en haut qu'il reçoit (mishoulhan gavoah ka zaki).
(note 112 : sa source est dans Mei haShiloah, tome 1, parachat Terouma s.v. veyikhou [2], parachat Behaalotekha s.v. vatedaber, voir là-bas.) Et cela est expliqué dans Tiferet Yossef, septième jour de Pessa'h, s.v. vayehi beshalah : comme il est enseigné dans le Talmud (Berakhot 35a) : Rabbi Levi opposa deux versets ; il est écrit À ה' est la terre et sa plénitude et il est écrit Et la terre Il l'a donnée aux fils de l'homme. Pas de difficulté : ici avant la bénédiction, là après la bénédiction.
Car après la bénédiction indique que l'homme reconnaît que tout bien vient du Nom béni soit-Il, puisqu'il dit Celui qui fait sortir le pain de la terre. C'est-à-dire qu'il reconnaît que ה' est le donateur du bien ; alors le Nom lui donne le bien en possession permanente (kinyan), et c'est de la table d'en haut qu'il reçoit.
Cela n'est pas appelé gratuit, car l'homme possède un droit sur le bien. Mais avant la bénédiction, lorsque l'homme ne reconnaît pas encore que le Nom est le donateur du bien, alors l'homme n'a aucune possession sur le bien, et alors on dit À ה' est la terre et sa plénitude, et l'homme qui reçoit le bien est dit le recevoir gratuitement.
Vois encore là-bas parachat Emor s.v. shor, parachat Tavo s.v. ki, traité Meguila (6a) s.v. amar Rabbi ; plus loin parachat Hayei [Sara] alinéa 16. Et telle est la distinction entre né dans la maison et acquis à prix d'argent.
Le né dans la maison est circoncis au huitième jour, et l'acquis à prix d'argent est circoncis dès le premier jour, à la manière de ce qui est enseigné dans le Talmud (Chabbat 135a) : tout enfant dont la mère est impure par l'enfantement est circoncis au huitième jour. Et voici : par le fait que sa mère observe les jours de l'enfantement, jours d'impureté et de pureté, cela protège le fils afin que la kelipa (kelipot, écorce impure) du prépuce ne lui nuise pas.
Et ce que le Nom a ordonné, d'attendre huit jours - loi de l'homme et de la bête ensemble -, est à la manière de ce qui est enseigné dans le saint Zohar (Emor 91a) : jusqu'à ce qu'un Chabbat passe sur lui. Et à première vue, pour cette raison, il conviendrait qu'aussitôt après Chabbat il soit agréé comme offrande de ה', même s'il naissait la veille de Chabbat.
Or voici l'affaire : car le Nom a créé six biens dans le monde, À Toi ה' la grandeur et la puissance etc. (1 Chroniques 29,11), et en chaque jour des six jours de l'œuvre est inclus un bien parmi les six jours.
(note 113 : comme il est enseigné dans le saint Zohar, Chemot parachat Yitro page 88a, et voici ses termes : de ce jour sont bénis tous les six jours supernes, et chacun d'eux donne sa subsistance en bas, chacun en son jour, de cette bénédiction dont ils sont bénis au septième jour.) Et le jour du Chabbat est le yessod (fondement) des six jours et des biens qui y sont inclus, car Chabbat indique la gloire du Ciel, et de Chabbat se répand la sainteté vers les six jours, et les biens des six jours de l'œuvre sont inclus dans le saint jour du Chabbat. Et pour cela la Torah a exige qu'on n'offre pas d'offrande avant que sept jours ne passent sur lui, afin d'offrir une chose entière, car parmi les sept jours celui qui les inclut est Chabbat ; après l'écoulement des six jours de l'œuvre - grandeur et puissance etc. - au Dieu qui s'est reposé de toutes les œuvres, pour Le faire régner sur toutes les forces que l'homme a acquises durant les jours de l'œuvre ; car alors l'homme a une possession complète sur les biens de tous les jours de l'œuvre.
(note 114 : expliqué dans Mei haShiloah tome 1 parachat Emor s.v. shor : Un bœuf, ou un mouton, ou une chèvre, lorsqu'il naîtra, restera sept jours sous sa mère, et à partir du huitième jour et au-delà il sera agréé en offrande par le feu pour ה' (Lévitique 22,27). Et dans le saint Zohar (Vayikra 91a) on explique la raison : afin qu'un Chabbat passe sur lui ; et pour cette raison il conviendrait de l'agréer aussitôt après Chabbat, même s'il est né la veille de Chabbat ; et pourquoi la Torah a-t-elle exige sept jours entiers ?
Car voici, le Nom a créé six biens dans le monde, grandeur et puissance etc., et en chaque jour des six jours de l'œuvre est inclus l'un de ces biens, comme on sait. Et Chabbat est le fondement et l'essentiel de tous les biens, car Chabbat indique la gloire du Ciel, et de Chabbat se répand la sainteté vers les six jours de l'œuvre, et les biens des six jours sont inclus dans Chabbat.
Et par cela la Torah a exige sept jours, car l'homme doit offrir devant le Saint béni soit-Il une chose entière, telle l'offrande, après que les six jours de l'œuvre ont passé sur elle - c'est-à-dire que tous les biens y sont inclus - et aussi le jour du Chabbat, c'est-à-dire pour faire régner le Saint béni soit-Il sur tous les biens qu'il a acquis durant les six jours de l'œuvre, et alors ils seront offerts à ה'. Et si les six jours de l'œuvre n'ont pas passé sur elle, alors elle n'a pas reçu tous les biens du Nom, et comment offrir devant ה' une chose qui n'est pas entière ; et même si un Chabbat a passé sur elle, la perfection de la création ne s'y trouve pas.
Mais lorsque les six jours de l'œuvre ont passé sur elle, ainsi que le jour du Chabbat - c'est-à-dire qu'elle a acquis tous les biens et fait régner son Créateur sur eux -, alors elle est agréée en offrande, et c'est pourquoi il est écrit Et au huitième jour tu Me le donneras (Exode 22,29). Vois encore Beit Yaakov, Vayikra, parachat Emor alinéa 25.) Et tout cela il l'offre en offrande à ה', car auparavant on ne lui compte pas qu'il offre une offrande à ה', car avez-vous vu celui qui prend de la maison du roi et donne à la maison du roi, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Chemini 38a).
(note 115 : vois encore dans Beit Yaakov Vayikra parachat Emor alinéa 29, Tiferet Yossef fête de Pessa'h s.v. vayedaber ה'.) Or lorsque passent six jours - tout le désir et la convoitise de l'homme - et que malgré cela il ne transgresse pas Tu ne convoiteras pas, mais restitue la chose à ה' qui la lui a donnée, alors elle est agréée en offrande par le feu, parfum agréable à ה'. Et de même en est-il pour l'homme : lorsque passent sur lui six jours et qu'en chaque jour il ajoute de l'amour pour son fils, et qu'au septième jour il fait régner le Nom béni soit-Il sur tout cela, et qu'au huitième jour il restitue au Nom béni soit-Il tous les biens qu'il a en main, alors son sang est agréé.
Et l'amour dont il aime son fils après cela ne comporte rien de Tu ne convoiteras pas, puisque c'est de la table d'en haut qu'il reçoit. Et tous les sept jours durant lesquels la femme compte les jours de pureté protègent son fils afin que le prépuce de sa chair ne l'accuse pas, car la patience de la mère, en ce qu'elle se clarifie (mevarer, s'affine) durant ces sept jours, comme il est expliqué (dans parachat Tazria), cela protège le fils.
Mais lorsqu'elle a achevé le compte de sa pureté et de son commandement, et que le huitième jour est arrivé, alors il faut retirer le prépuce aussitôt, puisqu'il y a lieu de craindre l'accusation du prépuce, car dès lors que sa mère n'est plus impure par l'enfantement et ne compte plus la pureté, alors il pourrait transgresser Tu ne convoiteras pas (comme cette affaire est expliquée longuement dans parachat Tazria). (note 116 : vois Beit Yaakov Vayikra parachat Tazria alinéas 24, 25, 26, 27 ; Beit Yaakov haKolel parachat Tazria s.v. vayedaber [3].)
לך לך מארצך וממולדתך ומבית אביך אל הארץ אשר אראך. מארצך היינו מהכבוד שהיה לך בארצך.
וממולדתך הוא כמו שנתבאר במי השלוח (ח"א פרשה זו) שזה נתנסה בפרשת ויהי רעב. ומבית אביך כמש"נ שם שזה נאמר לו על לוט בן אחיו, שצוהו השי"ת להתרחק מהצוותא שהיה לו עם לוטקיזעיין לעיל אות יד [ג] ד"ה ופרשת..
אל הארץ אשר אראך, הוא נגד מלחמות המלכים, שלפי ראות העין נראה זאת לאשמה מה שהרג את אלו הנפשות, כי לענוש נפש אדם ביסורין זה הוא ע"י מעשיו הרעים יֵעָנֵש, אבל להרוג נפש אדם משמע מזה שאומר הוא על האומן שעשה וברא את הנפש הזה בחסרון ואין לו מקום לחיות בעולם, מאחר שנפשו רעה משורש הבריאה. ע"ז אמר לו השי"ת אשר אראך, והוא שאראה לך שאתה עיקר הבריאה ובחרתי בך מעולם ומרחם הקדשתיך, ואין עליך שום אשמה ועון בזהקיחעיין לעיל פרשה זו אות יג ד"ה וזה הוא ובהערה פד שם..
ואעשך לגוי גדול, היינו שהראה לו השי"ת שכל הדברים שנמצאים בעולם הם בהשגחת השי"ת ואין שום דבר במקרה, והוא ע"י שמכיר האדם שכח החיים שנמצא בו הוא מנפיחת רוח אלוה שנפח באפיו נשמת חיים, ומזה יולד באדם חשק למעשה המצות, שהכלל ממעשה המצות הוא ואהבת לרעך כמוך, וכדאיתא בש"ס (שבת לא.) דעלך סני לחברך לא תעביד זהו כלל גדול בתורה, והוא נסתעף מזה שיש לו הכרה שאל אחד בראנו יוצר אחד לכולנו, לזה צריך לאהוב את חבירו ולצפות טובתוקיטמבואר במי השלוח ח"ב פרשת קדושים ד"ה ואהבת: ואהבת לרעך כמוך אני ה'.
שממצות ואהבת לרעך כמוך יתגדל כבוד שמים. שמצד הטבע כל הטובות שאדם מסגל הוא מכניסם לעצמו, ומנין יבוא שאדם רוצה להיטיב עם חבירו להשפיע לו ממה שחנן אותו ה', הוא מפני שיודע שכמו שהוא נברא מהשי"ת כן גם חבירו נברא מהשי"ת והלא אב אחד לכלנו אל אחד בראנו ולמה נמנע מלגמול חסד זה את זה זרע ברוכי ה', וגם ממה שיודע האדם שלא כחו ועוצם ידו עשה לו חיל רק מתת ה' היא לו וממילא יקיים בו רצון הנותן, ונמצא מזה עצמו שאוהב את רעהו כמוהו נתגדל כבוד שמים.
עיין עוד תפארת יוסף חג השבועות ד"ה ויחן, פרשת נצבים ד"ה לעברך [ב].. ובעבור זה אמר לו השי"ת לאברהם אבינו ע"ה, שמה שאמרתי לך ואעשך הוא רק כשתהיה לגוי גדול, היינו שלעת עתה רק בנפשך תוכל להתפשט במדתך אבל לא לדורך, כי רק אחד היה אברהם, אכן כאשר תהיה לגוי גדול, אתפשטותא דישראל ששים רבוא, אז תוכל להתפשט במדתך להאיר לכלם:
Va pour toi, de ton pays, de ton lieu de naissance et de la maison de ton père, vers le pays que Je te montrerai (Genèse 12,1). De ton pays, c'est-à-dire de l'honneur que tu avais dans ton pays.
Et de ton lieu de naissance, c'est comme il est expliqué dans Mei haShiloah (tome 1, cette paracha) que cela fut éprouvé dans le passage Et il y eut une famine. Et de la maison de ton père, comme il est expliqué là-bas, que cela lui fut dit au sujet de Lot le fils de son frère, car le Nom lui ordonna de s'éloigner de la compagnie qu'il avait avec Lot.
(note 117 : vois plus haut alinéa 14 [3] s.v. ouparachat.) Vers le pays que Je te montrerai : cela correspond aux guerres des rois, car selon la vue de l'œil cela apparaît comme une faute, ce qu'il a tué de ces âmes. Car punir une âme humaine par des souffrances, cela se fait par ses mauvaises actions il sera puni ; mais tuer une âme humaine implique de cela qu'il dise, au sujet de l'Artisan qui a fait et créé cette âme, qu'Il l'a faite avec un manque et qu'elle n'a pas de place pour vivre dans le monde, puisque son âme est mauvaise depuis la racine de la création.
À ce propos le Nom lui dit que Je te montrerai, c'est-à-dire que Je te montrerai que tu es l'essentiel de la création et que Je t'ai choisi de toujours, et que depuis le sein maternel Je t'ai consacré, et qu'il n'y a sur toi aucune faute ni iniquité en cela. (note 118 : vois plus haut, cette paracha, alinéa 13 s.v. vezeh hou, et dans la note 84 là-bas.) Et Je ferai de toi une grande nation, c'est-à-dire que le Nom lui montra que toutes les choses qui se trouvent dans le monde sont sous la providence (hashgaha) du Nom et que rien n'est par hasard ; et cela, par le fait que l'homme reconnaît que la force de vie qui se trouve en lui vient du souffle de l'esprit de Dieu qui a insufflé en ses narines une haleine de vie (Genèse 2,7), et de cela naît dans l'homme un désir pour l'accomplissement des commandements.
Car le principe général de l'accomplissement des commandements est Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Lévitique 19,18), et comme il est enseigné dans le Talmud (Chabbat 31a) : ce qui t'est odieux, ne le fais pas à ton prochain, tel est le grand principe de la Torah. Et cela découle de ceci qu'il a la reconnaissance qu'un seul Dieu nous a créés, un seul Façonneur pour nous tous (cf.
Malachie 2,10) ; pour cela il doit aimer son prochain et espérer son bien. (note 119 : expliqué dans Mei haShiloah tome 2 parachat Kedoshim s.v. veahavta : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis ה' (Lévitique 19,18).
Car du commandement Tu aimeras ton prochain comme toi-même se magnifie la gloire du Ciel. Car par nature tous les biens que l'homme acquiert, il les fait entrer pour lui-même ; et d'où viendrait qu'un homme veuille faire du bien à son prochain, lui dispenser de ce dont ה' l'a gratifié ?
C'est parce qu'il sait que, de même qu'il fut créé par le Nom béni soit-Il, de même son prochain fut créé par le Nom béni soit-Il, et n'avons-nous pas un seul père pour nous tous, un seul Dieu nous a créés, et pourquoi s'abstiendrait-on de se faire du 'hessed l'un à l'autre, semence bénie de ה' ? Et aussi de ce que l'homme sait que ce n'est pas sa force et la puissance de sa main qui lui ont fait cette richesse (cf.
Deutéronome 8,17), mais que c'est un don de ה' pour lui, et par là même il accomplit en elle la volonté du Donateur ; et il ressort de cela même, qu'il aime son prochain comme lui-même, que la gloire du Ciel se magnifie. Vois encore Tiferet Yossef fête de Chavouot s.v. vayihan, parachat Nitzavim s.v. leovrekha [2].) Et pour cela le Nom dit à Avraham notre père, paix sur lui, que ce que Je t'ai dit Je ferai de toi n'est que lorsque tu deviendras une grande nation, c'est-à-dire que pour l'heure ce n'est qu'en ton âme que tu peux te déployer selon ta mesure (mida), mais non pour ta génération, car Avraham n'était qu'un seul.
Or lorsque tu deviendras une grande nation, le déploiement (itpashtouta) d'Israël, soixante myriades (600000), alors tu pourras te déployer selon ta mesure pour illuminer pour eux tous.
אל הארץ אשר אראך. הענין בזה, שהשי"ת אמר לאברהם שלא יעשה שום דבר בלי דעת, אכן כל עשיותיו יעשה בהשכל בדברי תורה, ועי"ז יקנה שכל הטובות יקראו על יגיעו, ובזה חפץ הישראל ביותרקכעיין בתפארת החנוכי על זוהר פרשת לך דף עז:
בסתרי תורה: ומסר לה מאה מפתחאן דברכאן דכל יומא לאשלמא לדרגין עלאין כחושבן ל"ך ל"ך דהא כלהו אתמסר לה בגין לאתקנא בהו לגנתא ולמפלח לה ולנטרא לה.
פי' מאה ברכות חשבון לך לך וכו'. וזהו עניין לך לך שנצטוה אברהם.
היינו שילך ויסתלק מכל ספק ויסור מרע, ואחר כל הבירורים יראה שהוא להנאתו ולטובתו. היינו שהש"י יתן לו מקום לכל פעולותיו ומצוות עשה שיקיים..
ועכו"ם הם בהיפוך, שכל עשייתם במחשך שלא מדעת, לכן השפע שנשפע להם הוא ג"כ למעלה מדעתם, ולזה נקרא מצדם ארץ כנען, לרמז שאצלם הוא רק מקיף שאין להם דעת בההנהגה, וכענין דאיתא בזוה"ק (לך פ.) אמאי אקרי כנעני דאסחר גופא לדינין בישין, והוא שכל עשייתם הוא בלי שום דעת, שלא היה להם שום בחירה. ומצד אאע"ה נקרא הארץ הזאת (לך יז) ארץ מגוריך, שהוא מלשון מגור ויראה, שזה מרמז על מקום שיש בחירה לאדם.
והנה בשעה שהאדם הוא בבהירות ובדעת שלמה, אזי לא יאונה לו כל און ולא יעבור על מצות ה'. אכן עיקר עבודת האדם הוא שיעמוד לו על השעה שהזדון מתגבר עליו.
ולאבינו אברהם הקנה השי"ת שבישראל יתוקנו אלה הכחות שניהם כאחד, הן מה שעשה האדם בדעת בבחירה, והן מה שעשה האדם בלא דעת כלל, ולזה אמר אליו השי"ת (לך יז) ונתתי לך ולזרעך אחריך את ארץ מגוריך את כל ארץ כנען. וכן נאמר עליהם (בלק כג) כתועפות ראם לו.
והוא שלעתיד יעזור השי"ת מכל אלה, תועפות מורה על פעולה שלא היה בה שום דעת, כי הוא מלשון מעופף במהירות, וזה הוא נגד ארץ כנען, וראם מורה על פעולה שנעשה בגודל עוז ובמותר תקיפות, ואף שהוא בבחירה וישוב הדעת, ולעתיד יעזור השי"ת בכל זה שהוא יברר הכל לטובקכאמקורו במי השלוח ח"א פרשת שופטים ד"ה שפטים [ד]: היינו לסוף יראה הש"י לאדם שכל מה שהתנהג עמו היה לטובה, ולא סר האדם מרצונו אף שעשה מעשה בלי דעת, כי הש"י תיכף ימלוך אף על כחות שאינם ביד האדם כגון השמיעה והראיה, ועל זה נאמר (במדבר כ״ג:כ״ב) כתועפות ראם לו, היינו הכחות הנמהרים שלא יגיע להם שליטות האדם בהם ישלוט ה' לבדו.:
Vers le pays que Je te montrerai. Voici l'affaire : le Nom dit à Avraham de ne rien faire sans connaissance (daat), mais d'accomplir tous ses actes avec intelligence, dans les paroles de la Torah ; et par cela il acquiert que tous les biens soient appelés sur son labeur, et c'est cela que l'Israélite désire le plus.
(note 120 : vois dans Tiferet haHanoukhi sur le Zohar parachat Lekh page 77, dans Sitrei Torah : et Il lui remit cent clefs de bénédictions, de chaque jour, pour parachever les degrés supernes, selon le compte de לך לך, car toutes lui furent remises afin de réparer (letakken, tikoun) par elles le jardin, et de le travailler et de le garder. Explication : cent bénédictions, le compte de לך לך etc.
Et tel est le sens de לך לך dont Avraham fut ordonné, c'est-à-dire qu'il aille et se retire de tout doute et se détourne du mal, et qu'après toutes les clarifications (berourim) il voie que c'est pour son agrément et pour son bien ; c'est-à-dire que le Nom lui donnera une place pour toutes ses actions et les commandements positifs qu'il accomplira.) Et les nations idolâtres sont à l'opposé, car tout leur agir se fait dans l'obscurité, sans connaissance ; c'est pourquoi le flux (shefa) qui se déverse sur elles est lui aussi au-dessus de leur connaissance, et pour cela, de leur côté, il est appelé pays de Canaan, pour faire allusion au fait que, chez elles, ce n'est qu'un enveloppant (makif, lumière encerclante) et qu'elles n'ont pas de connaissance dans la conduite ; à la manière de ce qui est enseigné dans le saint Zohar (Lekh 80a) : pourquoi est-il appelé Cananéen ? parce qu'il tourne le corps vers de mauvais jugements (dinim). Et cela signifie que tout leur agir est sans aucune connaissance, car ils n'avaient aucun libre choix.
Et du côté d'Avraham notre père, paix sur lui, ce pays est appelé (Lekh, Genèse 17) pays de tes séjours (eretz megourekha), qui vient de l'expression magor (effroi) et crainte, ce qui fait allusion à un lieu où l'homme a le libre choix. Or, à l'heure où l'homme est dans la clarté et la connaissance parfaite, alors aucun méfait ne lui adviendra et il ne transgressera pas le commandement de ה'.
Mais l'essentiel du service de l'homme, c'est qu'il tienne bon à l'heure où le mauvais penchant délibéré (zadon) prend le dessus sur lui. Et à notre père Avraham le Nom accorda qu'en Israël ces deux forces soient réparées (tikoun) ensemble comme une seule : tant ce que l'homme a fait avec connaissance et libre choix, que ce que l'homme a fait sans connaissance du tout.
Et pour cela le Nom lui dit (Genèse 17,8) Et Je donnerai à toi et à ta semence après toi le pays de tes séjours, tout le pays de Canaan. Et de même il est dit d'eux (Balak, Nombres 23,22) telles les hauteurs du réem (bœuf sauvage) est sa force.
Et cela signifie que, dans l'avenir, le Nom aidera en tout cela : toafot indique une action où il n'y avait aucune connaissance, car il vient de l'expression voler avec rapidité, et cela correspond au pays de Canaan ; et réem indique une action accomplie avec grande vigueur et avec un surcroît de puissance, et bien qu'elle soit avec libre choix et esprit posé ; et dans l'avenir le Nom aidera en tout cela, car Il clarifiera tout pour le bien. (note 121 : sa source est dans Mei haShiloah tome 1 parachat Choftim s.v. shoftim [4] : c'est-à-dire qu'à la fin le Nom montrera à l'homme que tout ce qu'Il a conduit avec lui était pour le bien, et que l'homme ne s'est pas écarté de Sa volonté même s'il a fait un acte sans connaissance, car le Nom régnera aussitôt même sur des forces qui ne sont pas dans la main de l'homme, telles l'ouïe et la vue, et à ce propos il est dit (Nombres 23,22) telles les hauteurs du réem est sa force, c'est-à-dire les forces précipitées que la domination de l'homme n'atteint pas, sur elles ה' seul régnera.)
« Et je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai, et je rendrai grand ton nom, et sois une bénédiction » (Berechit 12,2). Le Beit Yaakov rapporte du Zohar et du Talmud : « D.ieu d’Avraham », « D.ieu d’Its’hak », « D.ieu de Yaakov », on scelle avec toi et non avec tous. Avraham, du ’hessed, révèle qu’il n’existe rien hormis la vie simple ; Its’hak, de la guevoura, fend les dissimulations pour rattacher toute chose à la racine, « je te bénirai » du langage de celui qui bouture ; Yaakov, dans Tiferet, étend la volonté du Nom béni sans rien abandonner entièrement. On scelle avec Avraham, car le ’hessed n’a aucun déchet et ne fait jamais défaut.
Aussi : la bénédiction longue se referme sur le bien que l’homme ajoute ; Mal’hout laisse l’empreinte du sceau, et la résurrection, secret d’Its’hak, guérit le manque ; « je te ferai » crée à neuf le point de vie qui rassemble les possessions.
ואעשך לגוי גדול ואברכך ואגדלה שמך והיה ברכה. ובזוה"ק (לך עח.) ר"ש אמר ואעשך לגוי גדול מסטרא דימינא ואברכך מסטרא דשמאלא ואגדלה שמך מסטרא דאמצעיתא והיה ברכה מסטרא דארעא דישראל.
חכמי הש"ס דרשו על זה (פסחים קיז:) ואעשך לגוי גדול זה שאומרים א-להי אברהם. ואברכך זה שאומרים א-להי יצחק.
ואגדלה שמך זה שאומרים א-להי יעקב. יכול בכולן חותמין ת"ל והיה ברכה בך חותמין ולא בכולן.
ואעשך לגוי גדול זה שאומרים א-להי אברהם, מסטרא דחסד דרגא דאברהם, שהוא המציא וגילה בעולם שאין דבר בלתי חיים פשוטים מהשי"ת. ואברכך זה שאומרים א-להי יצחק, מסטרא דגבורה דרגא דיצחק, שהוא בירר בעולם ובקע כל ההסתרות להחזיר כל הענינים להשי"ת לחברם בהשורש, ולהכיר שהכל שלו יתברך, וממדתו נסתעף כל הונו ורכושו של אדם, שע"י עבודתו וצמצוציו יקרא על שמו שביגיע כפו זכה לשפעת השי"ת, מאחר שעובד עבודת השי"ת ומתגבר על תאות לבו, ובוקע כל ההסתרות לחבר ולדבק כל הענינים בהשורש, לכן אומר השי"ת שכן הוא השורת הדין נותן, שכח השורש יהיה בהענפים בהברואים העובדים אותו יתברך, ועל שמם יקרא, שהם עצמם פעלו כל זאת במעשה ידיהם, וע"ז מורה לשון ואברכך, שהוא מלשון המבריך בהש"ס, שמה שהבריכו זה צמחקכבעיין בית יעקב הכולל פרשת לך ד"ה ואעשך:
ואעשך לגוי גדול ואברכך. שיתן לו ברכה בהתרבות, מלשון המבריך את הגפן, שפירושו שקושרו בשורשו.
והוא שיראה לו הקב"ה על כל טובה וטובה מאיזה מעשה טובה זכה לה, ויהיה יגיע כפו. ונתבאר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה ויזרע יצחק [ב]:
אמר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה שמדתו של יצחק הוא זריעה. והיינו כי עיקר זריעה שאדם מכיר שהצמיחה בא מזריעתו, כי לעיני האדם נדמה שהגרעין הנזרע בארץ נרקב ונתקלקל לגמרי, אבל אחר הצמיחה מכיר האדם שכל כח הצמיחה הוא מהזריעה שזרע.
כי זה הוא ענין זריעה, שמבטל עצמו להשי"ת וכדאיתא בש"ס (שבת לא.) אמונת זה סדר זרעים והובא בתוספות שם בשם הירושלמי שמאמין בחי עולם וזורע, ומזאת האמונה בא לו כל כח הצמיחה ומזה שהצמיחה הוא דוקא מן הגרעין הנזרע, מזה ראיה שהצמיחה בא מזריעתו. ועיין עוד בהרחבת הדבר במאמרי ליל ב' של חג הסוכות בסוד ישרים..
ואגדלה שמך זה שאומרים א-להי יעקב, ברזא דתפארת, שמגדיל ומרחיב ומתפשט רצון השי"ת על כל הענינים. אאע"ה בירר את כל האהבות להשי"ת ואם היה לו איזה אהבה יתירה היה מניחה ועזבה לגמרי.
ויצחק אבינו ע"ה היה מבורר במדת הכעס. ויעקב אבינו ע"ה דרכו בקדש היתה שלא לעזוב לגמרי שום דבר להסירה מאתו, אכן שהיה מצמצם את עצמו בה שלא להתפשט ביותר:
Et je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai, et je rendrai grand ton nom, et sois une bénédiction (Genèse 12,2). Et dans le saint Zohar (Zohar ha-Kadoch, Lekh 78a), Rabbi Shimon dit : 'et je ferai de toi une grande nation' du côté de la droite, 'et je te bénirai' du côté de la gauche, 'et je rendrai grand ton nom' du côté du milieu, 'et sois une bénédiction' du côté de la terre d'Israël.
Les sages du Talmud (ha-Shas) ont exposé à ce sujet (Pesahim 117b) : 'et je ferai de toi une grande nation', c'est ce que l'on dit 'Dieu d'Abraham' ; 'et je te bénirai', c'est ce que l'on dit 'Dieu d'Its'hak' ; 'et je rendrai grand ton nom', c'est ce que l'on dit 'Dieu de Yaakov'. On pourrait croire qu'avec tous on scelle (la bénédiction) ; c'est pourquoi l'enseignement dit (talmud lomar) 'et sois une bénédiction' : avec toi on scelle et non avec tous. 'Et je ferai de toi une grande nation', c'est ce que l'on dit 'Dieu d'Abraham', du côté du 'hessed (bonté), le degré d'Abraham, car c'est lui qui a découvert et révélé dans le monde qu'il n'existe rien hormis la vie simple provenant du Nom béni (ha-Shem yitbarakh). 'Et je te bénirai', c'est ce que l'on dit 'Dieu d'Its'hak', du côté de la guevoura (rigueur), le degré d'Its'hak, car c'est lui qui a clarifié dans le monde et fendu toutes les dissimulations pour ramener toutes les choses au Nom béni, les rattacher à la racine, et reconnaître que tout est à Lui, béni soit-Il ; et de son attribut a découle tout l'avoir et le bien de l'homme, de sorte que par son service et ses contractions (tsimtsoumim) cela soit appelé de son nom, car par le labeur de ses mains il a mérité l'abondance du Nom béni, puisqu'il accomplit le service du Nom béni et l'emporte sur le désir de son cœur, et fend toutes les dissimulations pour rattacher et faire adhérer toutes les choses à la racine ; c'est pourquoi le Nom béni dit qu'ainsi le veut la stricte justice (shourat ha-din), à savoir que la force de la racine se trouve dans les branches, dans les créatures qui Le servent, béni soit-Il, et que cela soit appelé de leur nom, car ce sont eux-mêmes qui ont accompli tout cela par l'œuvre de leurs mains ; et c'est ce qu'indique le terme 've-avarechecha' (et je te bénirai), qui est du langage de 'ha-mavrikh' dans le Talmud (celui qui bouture, marcotte la vigne en la reliant à sa racine), car ce qu'il a bouturé a poussé (Note 122 : voir Beit Yaakov ha-kolel, parashat Lekh, s.v. 've-è'escha' : 'et je ferai de toi une grande nation et je te bénirai' - qu'Il lui donne la bénédiction par accroissement, du langage de 'celui qui marcotte la vigne', dont le sens est qu'il la relie à sa racine ; à savoir que le Saint béni soit-Il lui montrera, pour chaque bien, par quelle bonne action il l'a mérité, et ce sera le labeur de ses mains.
Et cela est expliqué dans Tiferet Yosef, fête de Souccot, s.v. 'va-yizra Yitshak' [2] : mon maître et aïeul (que son souvenir soit une bénédiction) a dit à ce sujet que l'attribut d'Its'hak est le fait de semer. C'est-à-dire que l'essentiel du semer est que l'homme reconnaisse que la croissance provient de son ensemencement, car aux yeux de l'homme il semble que le grain semé en terre pourrit et se gâte entièrement, mais après la germination l'homme reconnaît que toute la force de croissance provient de la semence qu'il a semée.
Car tel est le sens du semer : que l'homme s'annule devant le Nom béni, comme il est enseigné dans le Talmud (Chabbat 31a) que 'emouna' (la foi) c'est l'ordre Zeraim (Semences), et il est rapporté dans les Tossafot là-bas au nom du Talmud de Jérusalem qu'il a foi dans le Vivant des mondes et il sème, et de cette foi lui vient toute la force de croissance ; et du fait que la croissance provient précisément du grain semé, de là une preuve que la croissance provient de son ensemencement. Voir encore le développement de la chose dans mes discours de la deuxième nuit de la fête de Souccot dans Sod Yésharim). 'Et je rendrai grand ton nom', c'est ce que l'on dit 'Dieu de Yaakov', dans le secret de Tiferet, car il agrandit, élargit et étend la volonté du Nom béni sur toutes les choses.
Notre père Abraham (paix sur lui) a clarifié toutes les amours vers le Nom béni, et s'il avait quelque amour excessif il le déposait et l'abandonnait entièrement. Et notre père Its'hak (paix sur lui) était épuré dans l'attribut de la colère.
Et notre père Yaakov (paix sur lui), sa voie dans la sainteté était de ne rien abandonner entièrement pour l'écarter de lui, mais de se contracter en cela afin de ne pas trop s'étendre.
והיה ברכה, בך חותמין ולא בהם. הענין בזה, דהנה ברכת אבות הוא מברכות הארוכות, שכן ישנם ברכות שהם ממטבע ארוכה ויש ג"כ ממטבע קצרה.
קצרה מורה על הטובה שבאה מצדו יתברך. וארוכה מורה על שהאדם ממשיך ומתפשט הטובה ביותר, כמו, כן ה' א-להינו יגיענו למועדים ורגלים אחרים.
והנה הטובה שבאה מצדו יתברך מבוררת היא, אכן מה שהאדם מוסיף מדיליה זה צריך להתברר, ע"ז תקנו בברכות ארוכות שישנו עוד הפעם לברך את ברכת השי"ת בחתימת ברכות הארוכות לכלול את הטובה בהשי"ת. וזה הוא בך חותמין ולא בהם, היינו בירור השלם הוא רזא דחסד דרגא דאברהם שאין בה שום פסולת, ויסוד העולם בנוי על מדת החסד, שכן הוא אומר (תהילים פ״ט:ג׳) עולם חסד יבנה.
ואף שגם מדת יעקב אבינו ע"ה אין בה פסולת, אבל כבר היה לעולמים שנעלמה מעין כל חי גם מדת יצחק גם מדת יעקב, מי לנו גדול מירמיה הנביא ודניאל, ובעת שגבר ההסתר פסקו מלומר גבור ונורא, שהוא מדת יצחק ויעקב, כדאיתא בש"ס (יומא סט:). אבל גדול שהוא מדת אברהם לא פסקו מלומר, שכן מדת החסד לא יבצר לעולם:
'Et sois une bénédiction' : avec toi on scelle et non avec eux. Le sens de ceci : voici, la bénédiction des Pères (Avot) fait partie des bénédictions longues ; car il existe des bénédictions dont la formule (matbéa) est longue, et il en existe aussi dont la formule est courte.
La courte indique le bien qui vient de Son côté, béni soit-Il. Et la longue indique que l'homme prolonge et étend le bien davantage, comme : 'ainsi, Hachem notre Dieu, fais-nous parvenir à d'autres solennités et fêtes de pèlerinage.' Or le bien qui vient de Son côté, béni soit-Il, est déjà clarifié ; mais ce que l'homme ajoute de son propre chef, cela doit être clarifié.
À ce sujet on a institué, dans les bénédictions longues, de bénir encore une fois la bénédiction du Nom béni à la conclusion (hatima) des bénédictions longues, afin d'inclure le bien dans le Nom béni. Et c'est cela 'avec toi on scelle et non avec eux' : à savoir que la clarification parfaite est le secret du 'hessed, le degré d'Abraham, en lequel il n'y a aucun déchet (pesolet), et le fondement du monde est bâti sur l'attribut de 'hessed, ainsi qu'il est dit (Psaumes 89,3) : 'le monde sera bâti par la bonté ('hessed).' Et bien que l'attribut de notre père Yaakov (paix sur lui) non plus ne comporte aucun déchet, il fut cependant des temps où se dérobait aux yeux de tout vivant tant l'attribut d'Its'hak que l'attribut de Yaakov : qui avons-nous de plus grand que le prophète Jérémie et Daniel ?
Or, au temps où la dissimulation (hester) l'emporta, ils cessèrent de dire 'puissant' (gibor) et 'redoutable' (nora), qui sont l'attribut d'Its'hak et de Yaakov, comme il est enseigné dans le Talmud (Yoma 69b). Mais 'grand' (gadol), qui est l'attribut d'Abraham, ils ne cessèrent pas de le dire, car l'attribut de 'hessed ne fait jamais défaut.
וזה דאיתא בזוה"ק הנ"ל, והיה ברכה מסטרא דארעא דישראל, הוא מדת מלכות שמים, שזה הוא הסגולה הקבועה במדה הזאת, שעל כל המדות נאמר עליהם (בהקדמת תיקוני זוהר יז:) כד אנת תסתלק מנהון ישארון כגופא בלא נשמתא, אבל במדת מלכות שמים איתא בזוה"ק (משפטים קיד.) שימני כחותם על לבך, אורחא דחותם כיון דאתדבק בההוא אתר דאתדבק ביה שביק ביה כל דיוקניה אע"ג דהאי חותם אזיל הכא והכא וכו' כעל דיוקניה שביק תמן ותמן קיימא. וזה הוא שאמרו במדרש (לך רבה נט) א"ר יודן קובע אני לך ברכה בשמונה עשרה, והוא שזו הברכה קבוע וקיימא לעולם בלי שום הפסק.
ואומר עוד שם, א"ר אחוי בשם רבי זעירא שלך קודמת לשלי, בשעה שהוא אומר מגן אברהם אח"כ מחיה המתים, וכן איתא (נשא רבה יא) ובזוה"ק (לך). ולהבין זאת, הלא גם ברכת מגן אברהם הוא מברכותיו של השי"ת, שבכחו הגדול מגין על אברהם וזרעו.
אכן הענין בזה, דהנה ברכת מחיה המתים הוא ברזא דיצחק, וזה נקרא ברכת השי"ת, שכן ענין התחיה מרמז שמראין לאדם מקור מחצבו מהיכן הוא, וזה אין בכח שום בריה בעולם לראות זאת. שכן איתא בכתבי האר"י הקדוש שכמה גדולי עולם היו והלכו בדרכי ה' בשלימות ולא השיגו מקורם ושרשם.
וזה רזא דיצחק, וכדאיתא בש"ס (שבת פט:) אמר להם יצחק עד שאתם מקלסין לי קלסו להקב"ה ומחוי להו יצחק הקב"ה בעינייהו. וזה מרמז על ענין תחית המתים, שאין זה בכח שום בריה בעולם להראות לאדם יסודו ושורש מחצבו, לרפאות שורש חסרונו, ולנחמו על יגונו, לא נמסרה זאת ביד שום אמצעי רק ביד השי"ת לבדו נתנה זאת.
וכדאיתא בש"ס (תענית ב.) שמפתח של תחית המתים הוא ביד השי"ת, שנאמר, וידעתם כי אני ה' בפתחי את קברותיכם. ויצחק אבינו הוא מראה זאת לאדם שאין זה רק ביד הקב"ה לרפאות שורש חסרון האדם.
וע"ז מרמז תחית המתים, שעיקר התחיה יהיה שיכיר כל אדם חסרונו ומומיו ליישר מה שעקם, ואז ירפאהו השי"ת, כדאיתא בש"ס (סנהדרין צא:) שהמתים יעמדו במומן שלא יאמרו אחרים המית ואחרים החיה ואח"כ ירפא השי"ת את מומן, שכן ע"י שיעמדו במומן יכירו את עצמם, כי אם ישאלו לאדם אם זוכר הוא הימים שהיו בטובה לא יזכור הימים האלה בבא עליו הרעה, אבל אם ישאלו לאדם אם זוכר הוא אותן הימים שסבל בהם, אזי יזכור כל הרפתקאות דעדו עליו באותם הימיםקכגנתבאר בתפארת יוסף מסכת פסחים (סח.) ד"ה ורעו: כמו שאיתא בש"ס (סנהדרין צא.) הא כיצד עומדין במומן ומתרפאין, היינו שהאדם יכיר את עצמו שמאותן הסבלנות שסבל בעוה"ז יש לו עתה כח התחיה.
וזה כוונתן שיעמדו במומן היינו שיכירו שמהחסרון שהיה להם בעוה"ז, שבעומק הציב השי"ת זאת שיתראה חסרון למען צדקו, בכדי שיהיה מקום לאדם להתגדר בו. ובעוה"ז סבל האדם מזה מאד, ובירר את עצמו עד מקום שידו מגעת, מזה יש לו עתה רפואה למחץ מכתו, וכמו שכתיב (זכריה ח׳:ד׳) ואיש משענתו בידו.
מכאן תשובה לאומרים אין תחית המתים מן התורה. עיין עוד שם חג הסוכות ד"ה ויזרע [ב], שמיני עצרת ד"ה ביום השמיני [ג].:
Et c'est ce qui est enseigné dans le saint Zohar cité ci-dessus : 'et sois une bénédiction' du côté de la terre d'Israël, c'est l'attribut de la royauté des cieux (Malkhout Chamayim), car telle est la vertu (segoula) fixée dans cet attribut ; car de tous les attributs il est dit (dans l'introduction du Tikoune Zohar 17b) : 'quand toi tu te retires d'eux, ils demeurent comme un corps sans âme' ; mais au sujet de l'attribut de la royauté des cieux il est enseigné dans le saint Zohar (Michpatim 114a) : 'placé-moi comme un sceau sur ton cœur' (Cantique 8,6) - la voie du sceau : dès lors qu'il adhère à ce lieu auquel il adhère, il y laisse toute son empreinte ; bien que ce sceau s'en aille ici et là, etc., son empreinte, il la laisse la et elle y demeure. Et c'est ce qu'ils ont dit dans le Midrach (Bereshit Rabba, Lekh 59) : Rabbi Yudan a dit : 'je te fixe une bénédiction dans le Chemone-Esré (les Dix-huit bénédictions)', à savoir que cette bénédiction est fixée et subsiste à jamais sans aucune interruption.
Et il dit encore là : Rabbi Ahva a dit au nom de Rabbi Zeira : 'la tienne précède la mienne', au moment où l'on dit 'Bouclier d'Abraham' (Maguen Avraham) puis ensuite 'Celui qui fait revivre les morts' (Méhayé ha-metim) ; et de même il est enseigné (Bamidbar Rabba, Nasso 11) et dans le saint Zohar (Lekh). Et pour comprendre ceci : la bénédiction 'Bouclier d'Abraham' ne fait-elle pas elle aussi partie des bénédictions du Nom béni, car par Sa grande puissance Il protège Abraham et sa descendance ?
Mais voici le sens de la chose : la bénédiction 'Celui qui fait revivre les morts' est dans le secret d'Its'hak, et celle-ci est appelée 'la bénédiction du Nom béni', car le thème de la résurrection (tehiya) fait allusion à ce que l'on montre à l'homme la source d'où il a été taillé, d'où il provient, et cela, aucune créature au monde n'a le pouvoir de le voir. Car il est enseigné dans les écrits du saint Ari (Rabbi Its'hak Louria) que plusieurs grands du monde furent, et marchèrent dans les voies de Hachem en perfection, et n'atteignirent pas leur source et leur racine.
Et c'est le secret d'Its'hak, comme il est enseigné dans le Talmud (Chabbat 89b) : Its'hak leur dit : 'avant que vous ne me louiez, louez le Saint béni soit-Il', et Its'hak leur montra le Saint béni soit-Il de leurs propres yeux. Et cela fait allusion au thème de la résurrection des morts : aucune créature au monde n'a le pouvoir de montrer à l'homme son fondement et la racine d'où il a été taillé, de guérir la racine de son manque, et de le consoler de son chagrin ; cela n'a été remis entre les mains d'aucun intermédiaire (emtsai), c'est entre les mains du Nom béni seul que cela a été donné.
Et comme il est enseigné dans le Talmud (Taanit 2a) que la clef de la résurrection des morts est entre les mains du Nom béni, ainsi qu'il est dit : 'et vous saurez que je suis Hachem lorsque j'ouvrirai vos tombeaux' (Ezechiel 37,13). Et notre père Its'hak montre cela à l'homme : que ce n'est qu'entre les mains du Saint béni soit-Il de guérir la racine du manque de l'homme.
Et c'est à cela que fait allusion la résurrection des morts : l'essentiel de la résurrection sera que chaque homme reconnaisse son manque et ses défauts (moumim) afin de redresser ce qu'il a rendu tortueux, et alors le Nom béni le guérira, comme il est enseigné dans le Talmud (Sanhédrin 91b) que les morts se lèveront avec leur défaut, afin que d'autres ne disent pas : 'l'un a fait mourir et un autre a fait vivre', et qu'ensuite le Nom béni guérira leur défaut ; car par le fait qu'ils se lèveront avec leur défaut ils se reconnaîtront eux-mêmes. Car si l'on demande à l'homme s'il se souvient des jours où il était dans le bien-être, il ne se souviendra pas de ces jours-là lorsque le malheur fond sur lui ; mais si l'on demande à l'homme s'il se souvient de ces jours où il a souffert, alors il se souviendra de toutes les vicissitudes qui lui sont advenues en ces jours-là (Note 123 : cela est expliqué dans Tiferet Yosef, traité Pesahim (68a), s.v. 've-rou' : comme il est enseigné dans le Talmud (Sanhédrin 91a) : 'comment cela ? ils se lèvent avec leur défaut et sont guéris', à savoir que l'homme se reconnaîtra lui-même, car de ces souffrances qu'il a endurées en ce monde il a maintenant la force de la résurrection.
Et telle est leur intention par 'ils se lèvent avec leur défaut', à savoir qu'ils reconnaîtront que c'est du manque qu'ils avaient en ce monde - car dans la profondeur le Nom béni a disposé cela pour qu'apparaisse un manque en vue de sa justesse, afin qu'il y ait de la place pour que l'homme s'y distingue - et en ce monde l'homme en a beaucoup souffert et s'est clarifié lui-même jusqu'où sa main atteint ; de cela il a maintenant une guérison pour la meurtrissure de sa plaie, comme il est écrit (Zacharie 8,4) : 'et chacun son bâton à la main'. De là une réponse à ceux qui disent que la résurrection des morts n'est pas issue de la Torah.
Voir encore là-bas, 'fête de Souccot' s.v. 'va-yizra' [2], 'Chemini Atseret' s.v. 'ba-yom ha-chemini' [3]).
ולזה מצפים ומחכים ומקוים כל איש ישראל לימי התחיה ליישרא עקימא, שאז יכיר כל אדם מה שעקם ויישר, וכדאיתא בזוה"ק (בשלח נד.) ואי תימא הואיל ואתקשרו בצרורא דחיי ומתענגי בעינוגא עלאה אמאי ייחות לון קוב"ה לארעא וכו' דבעי קוב"ה ליישרא לעקימא. וכדמצינו בש"ס (ברכות יח:) ששמואל רצה לשאול על אביו שהיה בעוה"ב ושאל היכן אבא ואמרו אבא טובא איכא הכא, ואמר ששמו אבא בר אבא ולא ידעו עוד מי הוא, ואמר היכן אבא בר אבא אבוה דשמואל אז ידעו מי הוא.
והוא, כי כאשר שאל על אביו ונתן בו סימן מי הם אבותיו ואבות אבותיו לא ידעו מי הוא, כי אין לו שיכות אליהם להמשך אחריהם, אכן כשנתן בו סימן על הבן שיש לו בעולם הזה בחיים עוד אזי ידעו מי הוא, כי לזה העולם יש לו עוד שייכות להמשך אחריו ליישרא עקימאקכדבית יעקב הכולל פרשת לך ד"ה ואגדלה שמך [א].:
Et c'est cela qu'attendent, espèrent et guettent tout homme d'Israël : les jours de la résurrection, pour redresser le tortueux, car alors chaque homme reconnaîtra ce qu'il a rendu tortueux et le redressera, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Beshalah 54a) : 'et si tu dis : puisqu'ils sont liés dans le faisceau des vivants (tseror ha-'hayim) et jouissent d'une jouissance suprême, pourquoi le Saint béni soit-Il les ferait-Il descendre vers la terre, etc.' - c'est que le Saint béni soit-Il veut redresser le tortueux. Et comme nous trouvons dans le Talmud (Berakhot 18b) que Chemouel voulut s'enquérir de son père qui était dans le monde à venir, et il demanda : 'où est Abba ?', et ils dirent : 'il y a ici beaucoup d'Abba' ; il dit que son nom était 'Abba bar Abba', et ils ne savaient toujours pas qui il était ; il dit : 'où est Abba bar Abba, le père de Chemouel ?', alors ils surent qui il était.
Et voici le sens : lorsqu'il s'enquit de son père et donna comme signe qui étaient ses ancêtres et les ancêtres de ses ancêtres, ils ne surent pas qui il était, car il n'a plus de rattachement à eux pour être entraîné à leur suite ; mais lorsqu'il donna comme signe le fils qu'il a dans ce monde, encore en vie, alors ils surent qui il était, car à ce monde il a encore un rattachement pour être entraîné à sa suite, afin de redresser le tortueux (Note 124 : Beit Yaakov ha-kolel, parashat Lekh, s.v. 've-agadla shmecha' [1]).
ואעשך לגוי גדול. הענין בזה כדאיתא בתנחומא (לך) ואשימך אין כתיב כאן אלא ואעשך, אמר לו אותך אני בורא בריה חדשה כענין שנאמר ויעש א-להים את הרקיע וכו'.
והוא דהנה בשעה שנולד הצורת אדם בעולם אזי הוא הנקודה שניתן בו מהשי"ת בקטנות מצומצם בלי שום התפשטות, אכן כשיגדל וקונה קדושה לעצמו אזי מתחיל להתפשט הקדושה בכל פעם עוד יותר, וקונה לעצמו בית שדה וכרם עבדים ושפחות וקנינים רבים כאלה, ומוליד בנים ובנות, שכל אלה מרחיבין דעתו של אדם. ובאמת אף בשעה שנולד האדם גם אז כלולים בו כל הקנינים וההרחבות.
אכן מפני שהחיים שלו מצומצם אז בקטנות הנקודה לכן עומדים הקנינים אז מרחוק. אמנם אחר שאדם הולך וגדל, אזי נותן השי"ת חשק ותשוקה בזו הנקודה, לשאוף ולאסוף ולכנוס אליו כל הקנינים השייכים לנקודתו וכלולים בהקכהמבואר בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות פו:
כל מה שהוא מקנין האדם, אשתו ובניו, עבדו ואמתו, שורו וחמורו, אהלו וכספו וזהבו וכל אשר לו, הכל הוא משורש נפשו. כי גם כל הדצ"ח משורשים בנפש האדם ושורש חיותם ממנו כנודע.
ומה שקנוי לו הוא ששורש חיותם ממנו. ועיין עוד שם אות קס:
האדם נפשו כוללת מכל נפשות משרתיו והנכנעים תחתיו וכו'. ובספר דברי סופרים למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות ג הביא:
כל הקנינים של אדם הם שייכים לו בתולדה ובשורשו וכו'. ועכ"א בסוטה (מז.) ג' חינות הן, חן אשה על בעלה, ומקח על מקחו, דזהו הסימן שהוא זיווגו ומקחו השייך לו, כאשר יש לו חן בעיניו והוא חושק בו דווקא.
ועכ"א רוצה אדם בקב שלו יותר וכו', ואע"פ שהכל אחד וגם זה כשיקנה יהיה שלו, אבל זה הוא מקחו ושלו בשורש יש לאדם חשק בזה דווקא וכו'., ואז יתחברו יחד האדם עם כל קניניו, ואז נקרא האדם בריה חדשה. וזה הוא דאיתא בזוה"ק (לך פה.) כד נשמתין נפקין דכר ונוקבא כחדא נפקין לבתר כיון דנחתי מפרשין דא לסטרא דא ודא לסטרא דא וקוב"ה מזווג לון לבתר.
והוא כי כל הרכושים כלולים ברזא דזיווגא. וזה הוא שדרשו ואגדלה שמך מוסיף אני ה' על שמך, והוא כי עוד לא ניתן לו כללא דברכתא רק נקודה של חיים ברכת והיה ברכה, שזה מורה על הנקודת החיים שהשי"ת נותן באדם מיום הולדו, ששואב מרחוק ההרחבות ומתברך ומתגדל בכל פעם עוד יותר.
וזה הוא רק נקודה ממה שהיה עתיד להתגדל שמו בתוספת ה' שנאמר לו והיה שמך אברהם, ועתה בא לו הבטחת השי"ת שעתיד להגדיל שמו, וע"ז מורה מאמר השי"ת ואגדלה שמך, שאז הנקודה תתפשט בעוצם קדושתה, וכדאיתא בזוה"ק (ויקרא יא:) ה' בתראה דבשמא קדישא וכו' וההוא אתפשטותא דנפיק מניה כגוונא דההוא נהר וכו' (ועיין בזוה"ק משפטים קכג:):
'Et je ferai de toi une grande nation.' Le sens de ceci, comme il est enseigné dans le Tan'houma (Lekh) : il n'est pas écrit ici 've-asimekha' (je te placerai) mais 've-è'escha' (je te ferai) - Il lui dit : 'toi, je te crée en une création nouvelle', à la manière de ce qui est dit : 'et Dieu (Elokim) fit le firmament', etc. (Genèse 1,7).
Et voici : au moment où la forme de l'homme naît dans le monde, elle est le point (nekouda) qui lui est donné par le Nom béni, en petitesse (katnout), contracté, sans aucune expansion ; mais lorsqu'il grandit et acquiert de la sainteté pour lui-même, alors la sainteté commence à s'étendre chaque fois davantage, et il acquiert pour lui une maison, un champ, une vigne, des serviteurs et des servantes et de nombreuses possessions de ce genre, et il engendre des fils et des filles, tout cela élargissant l'esprit de l'homme. Et en vérité, même au moment où l'homme naît, déjà alors sont incluses en lui toutes les possessions et tous les élargissements ; mais parce que sa vie est alors contractée dans la petitesse du point, c'est pourquoi les possessions se tiennent alors à distance.
Toutefois, après que l'homme grandit peu à peu, alors le Nom béni place un désir et une aspiration dans ce point, pour aspirer, rassembler et faire entrer vers lui toutes les possessions qui appartiennent à son point et y sont incluses (Note 125 : expliqué dans Tsidkat ha-Tsadik de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen (que son mérite nous protège), alinéa 86 : tout ce qui fait partie des possessions de l'homme - sa femme et ses enfants, son serviteur et sa servante, son bœuf et son âne, sa tente, son argent, son or et tout ce qui est à lui - tout provient de la racine de son âme. Car tout le minéral-végétal-animal (domem-tsomeah-haï) aussi est enraciné dans l'âme de l'homme et la racine de leur vitalité provient de lui, comme il est connu ; et ce qui lui est acquis, c'est ce dont la racine de la vitalité provient de lui.
Et voir encore là-bas, alinéa 160 : l'âme de l'homme englobe toutes les âmes de ses serviteurs et de ceux qui sont soumis sous lui, etc. Et dans le livre Divrei Sofrim de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen (que son mérite nous protège), alinéa 3, il rapporte : toutes les possessions de l'homme lui appartiennent par naissance et par sa racine, etc.
Et de même dans Sota (47a) : il y a trois grâces (hinot) - la grâce de la femme aux yeux de son mari, et la grâce d'un achat aux yeux de son acquéreur - car c'est là le signe que c'est son conjoint et son acquisition qui lui appartient, lorsqu'il a de la grâce à ses yeux et qu'il le désire précisément. Et de même : l'homme préfère un kav de ce qui est à lui, etc. ; et bien que tout soit un, et que cela aussi, une fois qu'il l'acquerra, sera à lui, cependant celui-ci est son acquisition et le sien à la racine, l'homme a un désir en cela précisément, etc.).
Et alors s'uniront ensemble l'homme et toutes ses possessions, et alors l'homme est appelé 'création nouvelle'. Et c'est ce qui est enseigné dans le saint Zohar (Lekh 85a) : lorsque les âmes sortent, mâle et femelle (dakhar ve-noukva), elles sortent comme une seule ; ensuite, une fois descendues, elles se séparent, celle-ci d'un côté et celle-là de l'autre, et le Saint béni soit-Il les accouple par la suite.
Et cela signifie que tous les biens sont inclus dans le secret de l'accouplement (zivouga). Et c'est cela qu'ils ont exposé : 'et je rendrai grand ton nom' - 'j'ajoute, moi Hachem, à ton nom' ; car il ne lui a pas encore été donné la totalité de la bénédiction (klala de-birkhata), seulement un point de vie, la bénédiction 'et sois une bénédiction', ce qui indique le point de vie que le Nom béni place dans l'homme dès le jour de sa naissance, qui puise de loin les élargissements et se bénit et s'agrandit chaque fois davantage.
Et cela n'est qu'un point de ce par quoi son nom était destiné à être agrandi, par l'ajout du 'hé' (ה) dont il lui fut dit : 'et ton nom sera Abraham' (Genèse 17,5) ; et maintenant lui vient la promesse du Nom béni que Son nom sera agrandi à l'avenir, et c'est à cela que fait allusion la parole du Nom béni 'et je rendrai grand ton nom', car alors le point s'étendra dans l'intensité de sa sainteté. Comme il est enseigné dans le saint Zohar (Vayikra 11b) : le 'hé' (ה) final du saint Nom, etc., et cette expansion qui sort de lui est à la manière de ce fleuve, etc.
(et voir dans le saint Zohar, Michpatim 123b).
« Et je ferai de toi une grande nation » (Berechit 12,2) : le Nom a promis à Avraham une perception claire, en toutes choses, de la manière dont elles se tiennent sous Sa providence. Le Beit Yaakov rapporte du Mei ha-Chiloa'h que D.ieu veille sur les nations ensemble pour la perpétuation de l'espèce, et de Sion sur chaque âme. Sur ceux qui se confient au Nom, Il veille par une providence particulière ; du fait de celui qui se confie, Il veille sur le monde entier. Le Midrach enseigne que même les tonneaux de vin de libation (yeyn nesekh) de Gallia à Aspamia étaient bénis grâce à Avraham, afin qu'il ait du vin à bon marché.
Aussi : la bénédiction comme surcroît par le tsimtsoum (contraction), à la manière du Chabbat ; le nom a la valeur de volonté : rien de facultatif du côté du Nom, l'homme clarifie ; la bénédiction attire, et le Nom bénit ceux qui bénissent Avraham
ואעשך לגוי גדול. הענין בזה הוא, שהשי"ת הבטיח לו לאברהם אבינו ע"ה שיהיה לו הכרה בכל הענינים איך שהם בהשגחת השי"ת, אף שבכל העולם בכלל משגיח הש"י בהשגחה כללית לקיום המין וכמ"ש בספר (מי השלוח ח"א פרשת במדבר ד"ה וידבר) על הכתוב ה' יספור בכתוב עמים עיין שםקכווזה לשון המי השלוח שם ח"א פרשת במדבר ד"ה וידבר:
כמ"ש (תהילים פ״ז:ה׳) ה' יספור בכתוב עמים. ולציון יאמר איש ואיש יולד בה.
ה' יספור בכתוב עמים היינו כי על האומות ג"כ משגיח הקב"ה, אך לא על כל נפש בפרט רק על כולם בכלל לקיום המין. ולציון יאמר איש ואיש יולד בה, היינו שמשגיח הקב"ה על כל נפש בפרט .
עיין בית יעקב שמות פרשת בא אות כא, ובתפארת יוסף פ' במדבר ד"ה וידבר ד' [ג] נתבאר כל העניין באר היטב.. אבל על הבוטחים בה' משגיח השי"ת בהשגחה פרטית, וכדאיתא בזוה"ק (וירא קג:) נודע בשערים בעלה דא קוב"ה דאיהו אתידע ואתדבק לפום מה דמשער בלביה וכו', והיינו כי מצד הבוטח בה' משגיח השי"ת על כל העולם בהשגחה פרטית, וכענין דאיתא במדרש רבה (לך לט) אפילו חביות של יין נסך שהיו הולכות מגליא לאספמיא היו מתברכות בשביל אברהם שיהיה לו יין בזולקכזעיין היטב ביאור העניין לעיל אות י ובהערה נט שם.:
"Et je ferai de toi une grande nation" (Genèse 12,2). Le sens en est que le Nom (béni soit-Il) a promis à Avraham notre père (paix sur lui) qu'il aurait une perception claire, en toutes choses, de la manière dont elles se tiennent sous la providence du Nom ; car même si, dans le monde en général, le Nom exerce une providence générale destinée à la perpétuation de l'espèce - comme il est écrit dans le livre (Mei ha-Shiloah, tome I, parashat Bamidbar, s.v.
"Va-yedaber") sur le verset "ה' dénombre en inscrivant les peuples" (Psaumes 87,6), voir là-bas. Voici le langage du Mei ha-Shiloah là-bas, tome I, parashat Bamidbar, s.v.
"Va-yedaber" : comme il est écrit (Psaumes 87,5-6) "ה' dénombre en inscrivant les peuples ; et de Sion il sera dit : tel homme et tel autre y est né". "ה' dénombre en inscrivant les peuples" - c'est-à-dire que sur les nations aussi le Saint (béni soit-Il) veille, mais non sur chaque âme en particulier, seulement sur toutes ensemble, en général, pour la perpétuation de l'espèce.
"Et de Sion il sera dit : tel homme et tel autre y est né" - c'est-à-dire que le Saint (béni soit-Il) veille sur chaque âme en particulier. Voir Beit Yaakov, Shemot, parashat Bo, alinéa 21, et dans Tiferet Yossef, parashat Bamidbar, s.v.
"Va-yedaber" 4 [3], où toute la question est bien expliquée. Mais sur ceux qui se confient en ה', le Nom veille par une providence particulière, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Vayera 103b) : "Il est connu aux portes, son époux" (Proverbes 31,23) - cela désigne le Saint béni soit-Il, qui est connu et auquel on s'attache selon ce que chacun mesure en son cœur, etc.
Et cela signifie que, du fait de celui qui se confie en ה', le Nom veille sur le monde entier par une providence particulière ; à la manière de ce qui est enseigné dans le Midrach Rabba (Lekh 39) : même les tonneaux de vin de libation (yeyn nesekh, vin lié à l'idolâtrie) qui allaient de Gallia (la Gaule) à Aspamia (l'Espagne) étaient bénis grâce à Avraham, afin qu'il ait du vin à bon marché. Voir bien l'explication de la question plus haut, alinéa 10, et dans la note 59 là-bas.
ואברכך. ברכה מורה על נוספות, והוא שהשי"ת הבטיח לו שבאשר הוא עמל ומצמצם את עצמו, בזה עצמו יתוסף לו טובה ברכת ה', וכגוונא דשבת שבעוה"ז הוא הצמצום היותר גדול, שכן צריך האדם לצמצם את עצמו בכל אשר יפנה, בעבודת קרקע, באפיה ובישול, ולבושים, כדאיתא (שבת עג.).
ובעומק מרמז שבת על יום שכולו שבת ומנוחה, שלא יצטרך אז האדם למעשה ידיו, שעתידה ארץ ישראל שתוציא גלוסקאות וכלי מילת, שנאמר יהי פסת בר בארץ כדאיתא בש"ס (שבת ל:). ובזה יחפוץ האדם שלא יהיה נהמא דכסופא, רק על שמו ויגיע כפו תחשב לו אז טוב לוקכחמבואר בהרבה מקומות בספרנו זה ומקורו במי השלוח ח"א פרשת קדושים ד"ה את שבתתי:
כי שבת לעת עתה היא לנו צמצום גדול ולעתיד ינחיל לנו הש"י יום שכלו שבת שלא נצטרך לשום מלאכה, וע"ז צריך לצפות. ובתפארת יוסף שבת חוה"מ סוכות ד"ה ויעקב:
שבאמת בעוה"ז נדמה לאדם שבת הוא צמצום גדול, כי בחול מכין אדם לעצמו כל צרכי אוכל נפש לחם לאכול ובגד ללבוש ובשבת אסור הכל, ונדמה לאדם בעוה"ז שהוא צמצום גדול, אבל בעומק מרמז שבת ליום שכולו שבת ומנוחה לחיי העולמים. כי שבת מרמז כמו שאיתא בש"ס (שבת ל:) עתידה ארץ ישראל שתוציא גלוסקאות וכלי מילת.
והיינו שלא יוצרך האדם לכלי פעולותיו, כי על שבת איתא בזוה"ק (בשלח סג:) מניה מתברכין יומין עילאין. והיינו, שבשורש מקבל האדם אז כח עבודה על כל ששת ימי המעשה.
עיין עוד שם חג הסוכות ד"ה ולקחתם [ב], בית יעקב ויקרא פרשת תזריע אות ז ד"ה והענין, עיין לעיל פ' בראשית אות ב ובהערה ט שם.:
"Et je te bénirai" (Genèse 12,2). La bénédiction (berakha) indique un surcroît ; et c'est que le Nom lui a promis que, dans la mesure où il peine et se restreint (se contracte, tsimtsoum : contraction, retrait), par cela même lui sera ajouté du bien, la bénédiction du Nom.
À la manière du Chabbat, qui, dans ce monde-ci, est la contraction (tsimtsoum) la plus grande, car l'homme doit se restreindre en tout ce vers quoi il se tourne : dans le travail de la terre, dans la cuisson et la cuisine, et pour les vêtements, comme il est enseigné (Chabbat 73a). Et, en profondeur, le Chabbat fait allusion au jour qui est tout entier Chabbat et repos, où l'homme n'aura plus besoin de l'ouvrage de ses mains, car la terre d'Israël est destinée à produire des pains fins (galouskaot) et des vêtements de laine fine (kelei milat), ainsi qu'il est dit "qu'il y ait abondance de blé dans le pays" (Psaumes 72,16), comme il est enseigné dans le Talmud (Chabbat 30b).
Et par cela l'homme désirera qu'il n'y ait pas de "pain de la honte" (nahama de-khisoufa, le pain reçu sans l'avoir mérité), mais qu'il lui soit compté selon son nom et le labeur de ses mains ; alors ce sera bon pour lui. Expliqué en de nombreux endroits dans notre livre, et sa source est dans le Mei ha-Shiloah, tome I, parashat Kedoshim, s.v.
"Et mes chabbats" : car le Chabbat, pour l'heure présente, est pour nous une grande contraction, et dans l'avenir le Nom nous fera hériter d'un jour qui est tout entier Chabbat, où nous n'aurons besoin d'aucun travail, et c'est cela qu'il faut espérer. Et dans Tiferet Yossef, Chabbat de hol ha-moed de Souccot, s.v.
"Ve-Yaakov" : car en vérité, dans ce monde-ci, il semble à l'homme que le Chabbat est une grande contraction, car en semaine l'homme se prépare tous les besoins de subsistance, du pain à manger et un vêtement à porter, et le Chabbat tout est interdit, et il semble à l'homme, dans ce monde-ci, que c'est une grande contraction ; mais en profondeur le Chabbat fait allusion au jour qui est tout entier Chabbat et repos pour la vie des mondes. Car le Chabbat fait allusion, comme il est enseigné dans le Talmud (Chabbat 30b), à ce que la terre d'Israël est destinée à produire des pains fins et des vêtements de laine fine.
Et cela signifie que l'homme n'aura pas besoin des instruments de ses actions, car au sujet du Chabbat il est enseigné dans le saint Zohar (Beshalah 63b) : "de lui sont bénis les jours supérieurs". Et cela signifie qu'à la racine l'homme reçoit alors la force de travail pour les six jours de l'ouvrage.
Voir encore là-bas, fête de Souccot, s.v. "Ou-lekahtem" [2], Beit Yaakov, Vayikra, parashat Tazria, alinéa 7, s.v.
"Ve-ha-inyan" ; voir plus haut, parashat Bereshit, alinéa 2, et dans la note 9 là-bas.
ואגדלה שמך. ש"ם הוא בגימטריא רצון, והוא שהשי"ת הבטיח לאברהם אבינו ע"ה להאיר לו בכל עניניו אף בעניני עוה"ז, שכולם הם ברצונו ית' ואין בהם שום דבר רשות.
כי באמת כל ענינים הם ד"ת, אכן מה שנמצא דבר רשות בעולם שתלוים בבחירת האדם אם ירצה יקבלם ואם ירצה ימאס בהם הרשות נתונה, זה הוא רק מצד האדם, וצריכין להתברר, שאם יעשה האדם בזה הכח שקיבל מעניני עוה"ז מצות השי"ת, אז נחשב לו אף הקבלה למצות ה', מאחר שעי"ז אסף חיל לעשות מצות השי"ת. וכן אם יעשה ח"ו ההיפוך, אזי נחשב לו אף הקבלה לחטא.
אבל מצד השי"ת אין שום דבר רשות בעולם, רק או מצות עשה או מצות לא תעשה, כי האיך יעלה על דעת האדם לחשוב על שם ה' דבר רשות, שנראה כמו שעזב ה' את הארץ ומסר ההנהגה לרצון האדם, אם ירצה יעשה ואם ירצה יחדל, ואין לו להשי"ת שום נפקא מינה מזה ח"ו, משמע מזה שבאמת מצדו ית' אין שום דבר רשות בעולם רק כל דבר הוא בד"ת. אכן מצד האדם נראה שנמצא דבר שרשות נתונה לו, ומי שפונה עצמו לד"ת רואה הוא עצמו איך שאין שום דבר רשות בעולם, שכל עניני דברי הרשות הם צריכים בירור, כגון אכילת הרשות, אם ילך בכח האכילה ויעשה דבר מצוה יתברר שהאכילה היתה אכילת מצוה, וכן להיפך.
ואם האדם יעבוד את השי"ת בכל כחו, אז יתעלו כל דברי הרשות שקיבל ויהיה מצות ה'קכטעיין בבית יעקב שמות פרשת תרומה אות סט: כמו שאמר אאמו"ר זצוקללה"ה שצריך שיהיה חדרי לבבו מלא בדברי תורה שלא יהיה שום דבר רשות, או איסור או מצוה.
ומבואר בספר בארות המים (פ' צו ד"ה והרים את הדשן) בשם הרה"ק רבי מענדלי מרימנאב זי"ע: שאין בעולם רשות, רק או מצוה או עבירה.
ומבאר זאת בתפארת יוסף פרשת נשא ד"ה איש [ב]: כי השי"ת הציב בעוה"ז ג' דברים, מצוה איסור רשות.
ובאמת הקשה על זה כבוד אזמו"ר זללה"ה מה שייך שיהיה רשות אצל האדם, אם ירצה יעשה אם לא ירצה לא יעשה, ממה נפשך אם יקבל סיעתא מה לדבר עבודה, אזי לדבר מצוה יחשב, ואם לא יקבל ממנו שום סיוע לעבודה, אז הוא אסור ככל האיסורים. ורק הענין בזה, מחמת שהשי"ת הציב בזה העולם אילנא דספיקא והיינו שהציב השי"ת הסתרות אור בזה העולם, על כן הציב השי"ת דברי רשות ונתן לאדם בחירה, שיהיה בכח בחירתו לברר הדברים האלה על ידי עבודתו, וכמו שכתיב (משלי כ״ג:א׳) כי תשב ללחום את מושל בין תבין את אשר לפניך.
וכן איתא בזוה"ק (עקב ערב.) שעת סעודה שעת קרבא, והיינו שאם האדם ילך בכח בחירתו ויברר עצמו באלו הדברים ויחזירם להשי"ת פנים בפנים, אז הוא מנצח את המאכל, ולהיפך להיפך. וזה מורה ענין רשות, שיש לאדם בחירה חפשית בזה ויכול לברר עצמו בכח בחירתו.
עיין עוד בספר הזמנים הגדה של פסח עניין בדיקת חמץ ד"ה אמר ר' אבהו.:
"Et je rendrai grand ton nom" (Genèse 12,2). Le mot "nom" (שם) a la valeur numérique (guematria) de "volonté" (ratson) ; et c'est que le Nom a promis à Avraham notre père (paix sur lui) de l'illuminer dans toutes ses affaires, même dans les affaires de ce monde-ci, car toutes sont dans Sa volonté (béni soit-Il) et il n'y a en elles rien de facultatif (reshout : le domaine du permis, ni prescrit ni interdit).
Car en vérité toutes les affaires sont paroles de Torah (divrei Torah) ; cependant, ce qui se trouve de facultatif dans le monde - choses qui dépendent du choix de l'homme, s'il le veut il les accepte et s'il le veut il les rejette, le libre choix (reshout) étant donné - cela n'est que du côté de l'homme, et ces choses doivent être clarifiées (birour) : car si l'homme accomplit, par cette force qu'il a reçue des affaires de ce monde, les commandements du Nom, alors même la réception de ces choses lui est comptée comme un commandement du Nom, puisque par cela il a amassé des forces pour accomplir les commandements du Nom. Et de même, s'il fait (à Dieu ne plaise) l'inverse, alors même la réception lui est comptée comme une faute.
Mais du côté du Nom, il n'y a rien de facultatif dans le monde, seulement soit un commandement positif, soit un commandement négatif ; car comment monterait-il à l'esprit de l'homme de penser, au sujet du nom de ה', une chose facultative - ce qui reviendrait à dire que ה' a abandonné la terre et remis la conduite du monde à la volonté de l'homme : s'il veut il fait, s'il veut il s'abstient, et le Nom n'en aurait rien à faire (à Dieu ne plaise) ? Il en résulte qu'en vérité, de Son côté (béni soit-Il), il n'y a rien de facultatif dans le monde, mais toute chose est parole de Torah.
Cependant, du côté de l'homme, il apparaît qu'il se trouve une chose dont le libre choix lui est donné ; et celui qui se tourne vers les paroles de Torah voit par lui-même comment il n'y a rien de facultatif dans le monde, car toutes les affaires du domaine facultatif ont besoin de clarification (birour) : par exemple la nourriture facultative - s'il va, par la force de cette nourriture, accomplir une chose de commandement, il se clarifiera que cette nourriture était une nourriture de commandement, et de même à l'inverse. Et si l'homme sert le Nom de toute sa force, alors s'élèveront toutes les choses facultatives qu'il a reçues et elles deviendront commandement du Nom.
Voir dans Beit Yaakov, Shemot, parashat Terouma, alinéa 69 : comme l'a dit mon seigneur père et maître (que le souvenir du juste saint soit une bénédiction pour la vie du monde à venir) qu'il faut que les chambres de son cœur soient remplies de paroles de Torah, afin qu'il n'y ait rien de facultatif, ni interdit ni commandement. Et il est expliqué dans le livre Beerot ha-Mayim (parashat Tsav, s.v.
"Ve-herim et ha-deshen") au nom du saint rabbin Rabbi Mendeli de Rimanov (que son mérite nous protège) : qu'il n'y a pas de facultatif dans le monde, seulement soit un commandement, soit une transgression. Et cela est expliqué dans Tiferet Yossef, parashat Nasso, s.v.
"Ish" [2] : que le Nom a placé dans ce monde-ci trois choses : commandement, interdit, facultatif. Et en vérité l'honorable mon grand-père et maître (que son souvenir soit une bénédiction pour la vie du monde à venir) à soulevé là-dessus l'objection : quel sens y a-t-il à ce qu'il existe du facultatif chez l'homme - s'il le veut il le fait, s'il ne le veut pas il ne le fait pas ?
De toute façon : s'il reçoit une aide (siata) pour l'affaire du service divin, alors cela sera compté comme une chose de commandement ; et s'il n'en reçoit aucune aide pour le service, alors c'est interdit comme tous les interdits. Et le sens en est seulement ceci : parce que le Nom a placé dans ce monde l'arbre du doute (ilana de-sfeka) - c'est-à-dire que le Nom a placé des occultations de lumière dans ce monde - c'est pourquoi le Nom a placé des choses facultatives et a donné à l'homme le libre choix, afin qu'il soit dans le pouvoir de son choix de clarifier ces choses par son service, comme il est écrit (Proverbes 23,1) "quand tu t'assieds pour manger avec un gouvernant, discerne bien ce qui est devant toi".
Et de même il est enseigné dans le saint Zohar (Ekev 272a) : "l'heure du repas est l'heure du combat" - c'est-à-dire que si l'homme va par la force de son choix, se clarifie dans ces choses et les rend au Nom face à face, alors il l'emporte sur la nourriture, et à l'inverse c'est l'inverse. Et cela indique le sens du facultatif : que l'homme a en cela un libre choix et peut se clarifier par la force de son choix.
Voir encore dans le Sefer ha-Zmanim, Hagada de Pessa'h, sujet de la recherche du hamets, s.v. "Amar Rabbi Abbahou".
והיה ברכה. היינו כח המושך לרצון השי"ת, כדאיתא בזוה"ק (בלק קצ:
עקב רעא.) מאי ברכה אמשכותאקלמבואר בתפארת יוסף שמחת תורה ד"ה וזאת הברכה [ב]: איתא בזוה"ק (בלק קצ:) מאי ברכה אמשכותא היינו שממשיך אורו של השי"ת עד תפיסתו, ואז מאיר השי"ת לאדם שכל אלו הכחות לא נבראו אלא בשבילו, ורואה שכל העולם כולו לא נברא אלא לצוות לזה.
וכמו שמצינו אצל אאע"ה שאיתא במדרש (רבה לך לט) אפילו ספינות שהיו מפרשות בים הגדול היו נתברכות בשביל אברהם אבינו, ופריך והלא של נסך הם ומתרץ חלא מוזיל חמרא.:
"Et sois une bénédiction" (Genèse 12,2). C'est-à-dire la force qui attire vers la volonté du Nom, comme il est enseigné dans le saint Zohar (Balak 190b ; Ekev 271a) : "qu'est-ce que la bénédiction (berakha) ?
Une attraction (amshakhouta)". Expliqué dans Tiferet Yossef, Sim'hat Torah, s.v.
"Ve-zot ha-berakha" [2] : il est enseigné dans le saint Zohar (Balak 190b) "qu'est-ce que la bénédiction ? Une attraction" - c'est-à-dire qu'il attire et fait descendre la lumière du Nom jusqu'à sa saisie (sa capacité de réception), et alors le Nom illumine l'homme au point que toutes ces forces n'ont été créées que pour lui, et il voit que le monde entier n'a été créé que pour tenir compagnie à celui-ci.
Comme nous le trouvons au sujet d'Avraham notre père (paix sur lui), ainsi qu'il est enseigné dans le Midrach (Rabba, Lekh 39) : même les navires qui voguaient sur la grande mer étaient bénis grâce à Avraham notre père ; et l'on objecte : mais n'étaient-ils pas chargés de vin de libation ? Et l'on répond : le vinaigre fait baisser le prix du vin.
ואברכה מברכיך ומקללך אאר. הענין בזה, דהנה אז בימי אאע"ה שהתחיל לחדש בעולם דרך ה' נתחלקו ההמון לשתי כתות אוהבים ואויבים.
מהם אהבו אותו בכל לבם ומצא חן בעיניהם בהמציאו דרך חדש לטוב להם כל הימים, מה שלא ידעו מזה מעולם שהלכו עד עתה בדרכי חושך וחלקלקות, וכשבא אאע"ה לעולם המציא להם דרך הטוב ואשרו אותו ברכה בקרב הארץ, והכירו לו טובה על שהמציא וחידש להם דרכי ה' הנכוחים, וקיימו וקבלו עליהם שלא להשתטות עוד מהיום והלאה בשטותיהם שדרכו והתנהגו בהם עד היום הזה, וגיירו את עצמם, והם ברכו את אאע"ה. ומהם היו ששנאוהו על זאת, ולא הוטב בעיניהם דרך הישר ולא פנו אליו, כי פן יראה בעיניו ולבבו יבין ושב ורפא לו, והמה היו בעוכריו וקללוהו קללה נמרצת, ואף כי מה עשה להם רעה הלא הרשות נתונה בידם לעשות או לא, אכן הנייחא ושלות השקט שהיה להם מקודם זה אפסה מהם.
שכן מקודם שבא אאע"ה לעולם והמציא דרך חדש שיכלכל אדם דברו במשפט לפלס מעגל רגליו בחכמה ודעת וחשבון, עשו מזמת לבם כאות נפשם והיה להם שלות השקט, ולא אמרו אף בלבם נירא נא את ה' הבורא ומנהיג כל, מאחר שלא ידעו כלל אם נמצא דרך טוב מאלה, לכן היה לבם הנייחא בפעלם מעשה ידיהם בלי שום מיחושיםקלאלעיל פרשה זו אות יא ד"ה והנה.. אכן מאז שבא אאע"ה והמציא להם דרך חדש ומאס בדרכיהם, אז שנאוהו וקללוהו, אף שאחכ"ז הם לא אבו בדרכיו הלוך, אבל עלה בלבם מיחושים פן הוא אומר אמת שנמצא בורא שברא כל ומושל בכל ומנהיג את כל העולם כרצונו, ועי"ז כלה מהם הנייחא ושלות השקט שהיה להם מקודם.
וכענין דכתיב (בשלח טו) שמעו עמים ירגזון חיל אחז יושבי פלשת וגו'. והאנשים האלה קללו אותו למה הרע לנו האיש הזה להגיד לנו העוד נמצא דרך אחר טוב מזה, שידע האדם שיש בורא שברא את כל ומשגיח עליהם, ושיצמצם את עצמו האדם בכל עניניו להכיר זאת, ואליו יתפללו אך בו ואין מבלעדו מושיע, הלא מה טובו הימים הראשונים קודם בואו שלא ידענו משום חדשות אך עולם כמנהגו נהג, אם זורעין צומח, וכל אשר שאלו עינינו והתאוות נפשנו עשינו בגודל התפשטות, בלי שום מיחושים לדאוג על זה שאנו עוסקים בדברים קטנים.
ע"ז אמר אליו השי"ת ואברכה מברכיך ומקללך אאר:
"Et je bénirai ceux qui te béniront, et celui qui te maudira je le maudirai" (Genèse 12,3). Le sens en est : voici, alors, aux jours d'Avraham notre père (paix sur lui), lorsqu'il commença à innover dans le monde la voie de ה', la masse des gens se divisa en deux camps, des amis et des ennemis.
Certains l'aimèrent de tout leur cœur et il trouva grâce à leurs yeux, en inventant pour eux une voie nouvelle, bonne pour eux tous les jours - ce qu'ils n'avaient jamais connu, eux qui avaient marché jusque-là dans des voies de ténèbres et de glissements ; et lorsque Avraham notre père vint au monde, il inventa pour eux la bonne voie, et ils le déclarèrent heureux d'une bénédiction au sein du pays, et lui reconnurent du bien pour avoir inventé et innové pour eux les voies droites de ה' ; et ils prirent sur eux, s'y engageant, de ne plus se conduire follement, désormais et à l'avenir, dans les folies dans lesquelles ils avaient marché et s'étaient conduits jusqu'à ce jour, et ils se convertirent, et ceux-là bénirent Avraham notre père. Et parmi eux il y en eut qui le haïrent pour cela, et la voie droite ne leur plut pas et ils ne se tournèrent pas vers lui, de peur qu'il ne voie de ses yeux, que son cœur ne comprenne, qu'il ne revienne et ne soit guéri ; et ceux-là furent ses persécuteurs et le maudirent d'une malédiction acharnée.
Et pourtant, quel mal leur avait-il fait ? N'avaient-ils pas le libre choix (reshout) de faire ou de ne pas faire ?
Cependant, la quiétude et la tranquillité paisible qu'ils avaient auparavant avait cessé pour eux. Car auparavant, avant qu'Avraham notre père ne vienne au monde et n'invente une voie nouvelle - selon laquelle l'homme conduirait ses affaires avec mesure, pour aplanir le sentier de ses pas avec sagesse, connaissance et calcul - ils agissaient selon la machination de leur cœur, comme le désirait leur âme, et ils avaient la tranquillité paisible, et ils ne disaient même pas en leur cœur "craignons donc ה', le Créateur qui conduit tout", puisqu'ils ne savaient nullement s'il existait une voie meilleure que celles-là ; c'est pourquoi leur cœur était en quiétude dans l'accomplissement de l'ouvrage de leurs mains, sans aucun scrupule.
Voir plus haut dans cette paracha, alinéa 11, s.v. "Ve-hine".
Cependant, depuis qu'Avraham notre père vint et inventa pour eux une voie nouvelle et rejeta leurs voies, alors ils le haïrent et le maudirent, bien que, après cela, ils ne voulussent pas marcher dans ses voies ; mais il monta en leur cœur des scrupules, de peur qu'il ne dise vrai - qu'il se trouve un Créateur qui a créé tout, qui domine sur tout et conduit le monde entier selon Sa volonté - et par cela cessa pour eux la quiétude et la tranquillité paisible qu'ils avaient auparavant. À la manière de ce qui est écrit (Beshalah 15,14) "les peuples ont entendu, ils tremblent ; l'effroi a saisi les habitants de la Philistie, etc.".
Et ces gens le maudirent : pourquoi cet homme nous a-t-il fait ce mal, de nous annoncer qu'il existe encore une autre voie, meilleure que celle-ci - que l'homme sache qu'il y a un Créateur qui a créé tout et veille sur eux, et que l'homme se restreigne dans toutes ses affaires pour reconnaître cela, et que ce soit vers Lui qu'ils prient, Lui seul, et qu'il n'y a pas de sauveur en dehors de Lui ? Combien n'étaient-ils pas bons, les premiers jours, avant sa venue, où nous ne connaissions aucune nouveauté, mais le monde suivait son cours coutumier : si l'on sème, cela pousse ; et tout ce que nos yeux demandaient et que notre âme désirait, nous le faisions avec une grande expansion, sans aucun scrupule ni souci de ce que nous nous occupions de choses petites.
Là-dessus le Nom lui dit : "et je bénirai ceux qui te béniront, et celui qui te maudira je le maudirai".
« Et en toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Berechit 12,3) : le Saint béni soit-Il a promis à Avraham qu’il serait pour toujours le principe et la racine. Pour le Beit Yaakov, celui qui s’attache à D.ieu est appelé du nom d’Avraham, rameau du grand arbre. Leur existence procède du « Va-t’en » : il déploie de lieu en lieu la sainteté de son cœur, selon le mystère d’Its’hak et de Yaakov, et des âmes naissent ; la force de tenir face au yetser rayonne encore de lui en Israël. On s’incline à « Bouclier d’Avraham » : nul n’atteint son fondement, les Pères sont scellés comme principes, et Avraham est le plus grand, commencement du point pour toujours.
Aussi : « ve-nivrekhou » comme on marcotte l’arbre : elles sont replantées dans sa sainteté (Ari Z"L : Dispersion réincarnée dans le désert) ; Avram suit aussitôt le commandement, sans délibération, comme les ’Hayot du Char.
ונברכו בך כל משפחות האדמה. הענין בזה הוא, שהשי"ת הבטיחהו לאברהם אבינו ע"ה שהוא יהיה לעולם העיקר והשורש הראשון, ומי שיבוא להסתופף בצל ה' ולדבקה בו על שם אברהם יקרא זאת, שהוא חפר הבאר הזאת והם יחשבו לענפים המתפשטים מאילן הגדול אבינו אברהם, שהוא הנקודה הראשית, וכל משפחות האדמה הוא ההויה שלהם ממאמר השי"ת לאברהם לך לך, טלטל עצמך ממקום למקום להודיע טבעך בעולם, והוא שעי"ז יתגדל ויתקדש שמיה רבה, שיהיה ניכר לכל הקדושה שנמצא באברהם אבינו ע"י שיתפשט את עצמו בעברו ממקום למקום.
ואף ההולדה שהוליד את יצחק בנו ואת יעקב אבינו ע"ה הוא מכח זה המאמר, שכן מפני שהתפשט קדושה שבו לפעמים ברזא דיצחק ופעמים ברזא דיעקב, והתברר הקדושה שנמצא במעמקי לבו ובפנימיותו, ומזה נולדו נפשות בעולם בגוונא דין. ומאז ועד עולם נחשב אאע"ה לעיקר ושורש, ומה שנמצא אף היום כח באדם לעמוד ביצרו ובנסיון הוא מרזא דאאע"ה שזורח בישראל עד היום הזהקלבוכעין זה מבואר בתפארת יוסף מסכת תענית (טו.) ד"ה סדר תעניות:
איתא במדרש (רבה וירא נו) שאחר הנסיון הזה ביקש אברהם אבינו ע"ה מהשי"ת שלא ינסה אותו עוד בנסיון כזה, היינו שביקש מהשי"ת שיקבע קדושת עבודה הזאת לדורות בלב כל ישראל, שלא יצטרכו לילך עוד בעבודה כזאת, רק שהשי"ת יחתום שקדושה זאת קבועה בלבם בלי שום עבודה, וכל אימת שילכו בעבודה, יעוררו קדושה זאת הקבועה בלבם מקדושת אבות.. ולזה נקראים האבות אלים כדכתיב (תהילים כט) הבו לה' בני אלים ודייקינן בש"ס (מגילה יז:) מנין שאומרים אבות שנאמר הבו לה' בני אלים, והוא שישראל מתפללים בראשית התפלה שכח אבותיהם תסייעם, וזה הוא ונברכו בך כל משפחות האדמה, שאף אחר כל ההתפשטות והבירורים שלך תהיה אתה הגדול ושורש העקרי.
ולכן כורעין במגן אברהם, להראות בזה שהוא הגדול, ואין בכח שום איש להגיע ליסודו ושרשו, שאף אם יזכה האדם לדרגא דאברהם, הוא רק להכלל בהתפשטות הענפים מאאע"ה, אבל לעיקר יסודו ושרשו שנתברך בברכת והיה ברכה אין בכח שום אדם להגיעקלגמקורו במי השלוח ח"ב פרשת חיי שרה ד"ה ויסף אברהם: והאיר לו השי"ת שכולם יהיו צריכים להתחיל בהשער וההוספה שהוסיף אברהם אבינו..
ולזה נקראו בשם אבות לרמז בזה, שהם הראשית והשורש ואין בכח אדם להגיע לעיקרן. שכן איתא (תנא דבי אליהו פ' כה) לעולם יאמר אדם מתי יגיעו מעשי למעשי אבותי, ואיתא ג"כ בש"ס (ברכות טז:) אין קורין אבות אלא לשלשה, והוא שעליהם חתם השי"ת שהם היסוד הראשית ועקרים, ומה שהולידו בעולם הם רק תולדות וענפים ואין בכחם להשיג מעלות האבות בשלימות.
ולכן כורעין בברכת אבות, לרמז שהם העיקרים והגדולים וחפץ הוא להתכלל בעבודת האבות שעבדו את ה' באהבה ויראה. ובמגן אברהם כורעין עוד הפעם, לרמז בזה, שאף שזורח בלב ישראל קדושה מכל השלשה אבות אבל אאע"ה הוא הגדול שבאבות.
וזה הוא שאמר לו השי"ת ונברכו בך כל משפחות האדמה, שכל המתברך יתברך בך, שאתה תהיה ראשית הנקודה עד עולםקלדעיין הרחבת הביאור בעניין בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת לך ד"ה ובאמת.:
'Et en toi seront bénies toutes les familles de la terre' (Genèse 12,3). Le sens en est que le Saint béni soit-Il (Hachem yitbarakh) a promis à Avraham notre père, la paix sur lui, qu'il serait pour toujours le principe (ikar) et la racine première ; et celui qui viendra s'abriter à l'ombre de ה' et s'attacher à Lui sera appelé du nom d'Avraham, car c'est lui qui a creusé ce puits, et eux seront comptés comme des rameaux qui se déploient à partir du grand arbre, notre père Avraham, qui est le point premier (la nekouda première).
Et 'toutes les familles de la terre' : leur existence procède de la parole du Saint béni soit-Il à Avraham 'Va-t'en' (lekh lekha, לך לך), déplace-toi de lieu en lieu pour faire connaître ta nature dans le monde ; c'est par là que sera magnifié et sanctifié Son grand Nom (yitgadel veyitkadech chemeh raba), afin que soit reconnue par tous la sainteté qui se trouve en Avraham notre père du fait qu'il se déploie lui-même en passant de lieu en lieu. Et même l'engendrement, qu'il engendra Its'haq son fils et Yaakov notre père, la paix sur lui, provient de la force de cette parole ; car du fait qu'il déploya la sainteté qui était en lui, tantôt selon le mystère d'Its'haq (be-raza de-Its'haq) et tantôt selon le mystère de Yaakov, la sainteté qui se trouvait dans les profondeurs de son cœur et en son intériorité se clarifia (hitbarer), et de cela naquirent des âmes dans le monde de cette manière (be-gavna den).
Et depuis lors et pour toujours Avraham notre père, la paix sur lui, est compté comme principe et racine ; et le fait qu'il se trouve encore aujourd'hui dans l'homme une force pour tenir face à son penchant (yetser) et dans l'épreuve provient du mystère d'Avraham notre père, la paix sur lui, qui rayonne en Israël jusqu'à ce jour. [Note 132 : Une chose semblable est expliquée dans le Tiferet Yossef, traité Taanit (15a), s.v. 'seder taaniyot' : il est rapporté dans le Midrach (Rabba, Vayera 56) qu'après cette épreuve Avraham notre père, la paix sur lui, demanda au Saint béni soit-Il de ne plus l'éprouver par une telle épreuve, c'est-à-dire qu'il demanda au Saint béni soit-Il de fixer la sainteté de ce service (avoda) pour les générations dans le cœur de tout Israël, afin qu'ils n'aient plus besoin d'aller dans un tel service, mais que le Saint béni soit-Il scelle cette sainteté comme fixée dans leur cœur sans aucun service ; et chaque fois qu'ils iront dans le service, ils réveilleront cette sainteté fixée dans leur cœur par la sainteté des Pères.] Et c'est pourquoi les Pères sont appelés 'puissants' (elim), comme il est écrit (Psaumes 29,1) 'Rendez à ה', fils des puissants' (havou la-Chem bnei elim), et on déduit dans le Talmud (Meguila 17b) : d'où sait-on que l'on mentionne les Pères ?
De ce qu'il est dit 'Rendez à ה', fils des puissants'. C'est qu'Israël prie au début de la prière pour que la force de leurs Pères les assiste ; et c'est là le sens de 'et en toi seront bénies toutes les familles de la terre' : que même après tout ton déploiement et tes clarifications (birourim), c'est toi qui seras le grand et la racine principale.
C'est pourquoi l'on s'incline à 'Bouclier d'Avraham' (Maguen Avraham), pour montrer par là qu'il est le grand, et qu'il n'est au pouvoir d'aucun homme d'atteindre son fondement (yessod) et sa racine ; car même si l'homme mérite le degré d'Avraham, ce n'est que pour être inclus dans le déploiement des rameaux issus d'Avraham notre père, mais quant au principe de son fondement et de sa racine, lui qui fut béni par la bénédiction 'et sois une bénédiction' (veheyé berakha), il n'est au pouvoir d'aucun homme d'y atteindre. [Note 133 : Sa source est dans le Mei ha-Chiloa'h, 2e partie, parachat 'Hayei Sara, s.v. 'vayossef Avraham' : le Saint béni soit-Il l'illumina en lui révélant que tous devraient commencer par la porte (chaar) et l'ajout (hossafa) qu'Avraham notre père a ajouté.] Et c'est pourquoi ils sont appelés du nom de 'Pères' (avot), pour faire allusion qu'ils sont le commencement et la racine, et qu'il n'est au pouvoir de l'homme d'atteindre leur principe.
Ainsi il est rapporté (Tana de-vei Eliyahou ch. 25) : l'homme doit toujours dire 'quand mes actes atteindront-ils les actes de mes Pères ?' ; et il est rapporté aussi dans le Talmud (Berakhot 16b) : on ne donne le nom de 'Pères' qu'à trois.
C'est qu'eux, le Saint béni soit-Il les a scellés comme le fondement premier et les principes, tandis que ce qu'ils ont engendré dans le monde n'est que descendance et rameaux, et ceux-ci n'ont pas le pouvoir d'atteindre les niveaux des Pères en plénitude. C'est pourquoi l'on s'incline à la bénédiction des Pères (birkat avot), pour faire allusion qu'ils sont les principes et les grands, et l'homme désire être inclus dans le service des Pères qui ont servi ה' avec amour et crainte.
Et à 'Bouclier d'Avraham' on s'incline encore une fois, pour faire allusion par là que, bien qu'il rayonne dans le cœur d'Israël une sainteté provenant des trois Pères, Avraham notre père, la paix sur lui, est le plus grand des Pères. Et c'est là le sens de ce que lui dit le Saint béni soit-Il 'et en toi seront bénies toutes les familles de la terre' : que tout ce qui est béni sera béni en toi, car tu seras le commencement du point pour toujours.
[Note 134 : Voir l'ampliation de l'explication de ce sujet dans le Be-sod Yecharim sur la Torah, d'après le manuscrit de l'auteur (mi-ketav yad kodcho), parachat Lekh, s.v. 'ou-ve-émet'.]
ונברכו בך כל משפחות האדמה. ונברכו הוא מלשון הש"ס מבריכין את האילן, והוא ע"פ מה דאיתא בהאר"י הקדוש (שער הפסוקים פ' שמות ד"ה ויקם) שדור הפלגה נתגלגלו בדור המדבר יוצאי מצרים, וע"י שחטאו דור הפלגה בבנותם המגדל בחומר ולבנים לכן העבידו המצרים את ישראל בחומר ולבנים עבודת פרך.
וזה הוא ונברכו בך כל משפחות האדמה, שהם עצמם יהיו נברכים ונשתלים בך בקדושתךקלהלעיל פרשה זו אות יד [ד] ד"ה ואף, לקמן פרשת וירא אות כב ד"ה וזה הוא שאומר, אות כג, כה.:
'Et en toi seront bénies toutes les familles de la terre' (Genèse 12,3). 've-nivrekhou' (et seront bénies) est du langage du Talmud 'on marcotte l'arbre' (mavrikhin et ha-ilan, מבריכין את האילן : terme d'horticulture, coucher un rameau en terre pour qu'il y prenne racine), et c'est d'après ce qui est rapporté au nom du saint Ari (Chaar ha-Pessoukim, parachat Chemot, s.v. 'vayakom') : que la génération de la Dispersion (dor ha-Palaga) se réincarna dans la génération du désert, ceux qui sortirent d'Égypte ; et parce que la génération de la Dispersion avait fauté en bâtissant la tour avec du mortier et des briques (be-'homer ou-levenim), les Égyptiens firent servir Israël avec du mortier et des briques, un labeur écrasant (avodat parekh). Et c'est là le sens de 'et en toi seront bénies toutes les familles de la terre' : qu'eux-mêmes seront marcottés et replantés en toi, dans ta sainteté.
[Note 135 : Ci-dessus, cette même paracha, alinéa 14 [4], s.v. 've-af' ; plus loin parachat Vayera, alinéa 22, s.v. 've-ze hou che-omer', alinéas 23, 25.]
וילך אברם כאשר דבר אליו ה'. מזה נראה יקרות אבותינו הקדושים, שאף שאאע"ה לא היה עוד אז בשלימות הגמור, כמו שראינו שהשי"ת הבטיחהו על הזרע והוא אמר אח"כ הן לי לא נתתה זרע.
ואיתא ג"כ בזוה"ק (לך צא.) שעד לא אתגזיר אברהם לא הוי ממלל עמיה אלא מהאי דרגא וכו' כיון דאתגזיר מה כתיב וירא ה' אל אברהם. מ"מ היה נמשך תיכף אחר רצון השי"ת וציוויו.
ואף שאורו יתברך בעית, שבזו הרגע נמצא כאן וברגע הוא בשמי השמים, שאורו יתב' הוא מטי ולא מטי (זהר בראשית טז:) וכמו שבש"ס (פסחים ח.) משלו אור השכינה לאור אבוקה שהוא מקטיף אקטופיקלווכדאיתא בעץ החיים לרבנו האריז"ל שער ז – מטי ולא מטי – פרק א וזל"ק: והענין, כי תחילה מטי האור תוך הכלי של הכתר ואח"כ מסתלק ממנו וכו'.
וכן עשה בכל י' הכלים, וזה נקרא מטי ולא מטי הנזכר בזוהר תמיד. ולעולם יש בטבע האור ההוא לבוא ולהאיר, ואח"כ מסתלק.
כמו שיש בטבע שלהבת הנר, שהיא מתנועעת, וכן נשאר תמיד האור ההוא להיות מטי ולא מטי בכלים האלו וכו'. ומבואר בתפארת יוסף מס' פסחים (ח.) ד"ה תנו רבנן:
רבינא אמר האי משך נהורא והאי מיקטף איקטופי, כי אורו ית' מטי ולא מטי, כמו שאיתא בזוה"ק (בראשית טז:) עד היכן שאפילו ד"ת היותר יקרים הקבועים בו מתולדה, אם אדם יסיח דעתו מהם כמעט רגע יוכל לאבדם, וכמו שכתיב (משלי כ״ג:ה׳) התעיף עיניך בו ואיננו. אכן ד"ת שאדם קונה ביגיעה ועבודה מצידו ואין לו בהם היסח הדעת, זה נשאר לאדם בקנין עדי עד..
עכ"ז כשנאמר לו לך לך מארצך מהמדה שהוא מוטבע בה מיום הולדו, וממולדתך שהוא מההנהגה שמתנהג בארצו, ומבית אביך שהוא החכמה, שעל ידה ידע אדם באיזה מדה לבחור ולהתנהג, והאדם שירצה לסלק את עצמו מהמדות שהוא מורגל ומוטבע בהם מיום הולדו, צריך לזה אריכות הזמן להתיישב עצמו מקודם. שאני מי שדבוק בהשי"ת נמשך אחר רצון השי"ת כרגע בלי שום ישוב ואריכות הזמןקלזכמו שביאר בתפארת יוסף מסכת סוכה (ב.) ד"ה סוכה בסופו:
ובזה מבררים עצמם ישראל, כי מבטלים כל דעתם ותפיסתם נגד רצונו ית', כי אין להם שום דעה נגד השי"ת וכו'. אך לא כן האומות, באם ימצא אצלם גוון של עבודה, היינו כי כן השיגו בתפיסתם ודעתם דעה.
ואם יראה השי"ת להם, כי זאת אינו רצונו יתקצפו ויבעטו, שרוצים שהשי"ת ינהג כמו שהם מבינים בתפיסתם ודעתם, ולא ירצו להכנע מפני רצון השי"ת. שאני ישראל שמראים בזה שמצידם אין להם כלום רק מה שהשי"ת נותן להם, ואם יראו כי באמת ממלאים רצון השי"ת יעשו זאת, ואם יראו שרצון השי"ת בהיפכו יכנעו מפני רצונו ית'..
וכמו שמצינו בחיות המרכבה שכתוב בהם (יחזקאל א׳:ט׳) לא יסבו בלכתן, והאבות הן הן המרכבה, כדאיתא בזוה"ק (צו כח:) ובמדרש (רבה לך מז)קלחנתבאר במי השלוח ח"א פרשת בחקתי ד"ה וזה פירש בתשלום שם: ובתפיסת אדם לא ימצא שני הפכים בנושא אחד יען שהאדם רוצה להיות במנוחה לכן לא יוכל להלחם ברגע אחד עם שני הפכים, אכן מי שנמשך אחר רצון הש"י ואין בו נטיה לשום צד נגיעה מצדו יאיר לו השי"ת בזה, ולכן נקראו האבות מרכבה לשכינה מפני שנמשכו אחר רצון הש"י..
וכמו דאיתא בש"ס (שבת פח:) על יוצאי ירכו אנן דסגינן בשלימותא כתיב בן תומת ישרים תנחם, וכאשר נאמר להם לקבל התורה לא התיישבו את עצמם מקודם וקדמו עשיה לשמיעהקלטמבואר בתפארת יוסף חג השבועות ד"ה בשעה שהקדימו [ב], [ג].:
'Et Avram s'en alla comme ה' le lui avait dit' (Genèse 12,4). De là se voit la préciosité de nos saints Pères : car bien qu'Avraham notre père, la paix sur lui, ne fût pas encore alors dans la plénitude achevée, comme nous l'avons vu, que le Saint béni soit-Il lui avait promis quant à la descendance et que lui-même dit ensuite 'voici, Tu ne m'as pas donné de descendance' (Genèse 15,3) ; et il est rapporté aussi dans le saint Zohar (Lekh 91a) que 'tant qu'Avraham n'était pas circoncis, [Il] ne parlait avec lui que depuis ce degré-ci, etc. ; dès lors qu'il fut circoncis, qu'est-il écrit ?
Et ה' apparut à Avraham'. Malgré tout, il était aussitôt entraîné à la suite de la volonté du Saint béni soit-Il et de Son commandement.
Et bien que Sa lumière, béni soit-Il, soit rapide (ba'it), qu'en cet instant elle se trouve ici et l'instant suivant elle est aux cieux des cieux, car Sa lumière, béni soit-Il, est 'atteignant et non-atteignant' (mati ve-lo mati, מטי ולא מטי) (Zohar Berechit 16b), et comme dans le Talmud (Pessa'him 8a) on a comparé la lumière de la Chekhina à la lumière d'une torche qui palpite par à-coups (mekatef iktoufei). [Note 136 : Et comme il est rapporté dans le Ets ''Hayim de notre maître le Ari zal, portique 7 (mati ve-lo mati), chapitre 1, et voici ses saintes paroles : Le sens en est que d'abord la lumière atteint (mati) l'intérieur du réceptacle (keli) de la Couronne (Keter) puis s'en retire, etc. ; et de même il fit pour l'ensemble des dix réceptacles (kelim), et cela s'appelle 'atteignant et non-atteignant' mentionné constamment dans le Zohar.
Et il est toujours dans la nature de cette lumière de venir et d'illuminer, puis de se retirer, comme il est dans la nature de la flamme de la lampe qu'elle se meut ; ainsi cette lumière demeure toujours 'atteignant et non-atteignant' dans ces réceptacles, etc. Et cela est expliqué dans le Tiferet Yossef, traité Pessa'him (8a), s.v. 'tanou rabanan' : Ravina a dit, celle-ci prolonge la lumière et celle-là palpite par à-coups (mikatef iktoufei), car Sa lumière, béni soit-Il, est 'atteignant et non-atteignant', comme il est rapporté dans le saint Zohar (Berechit 16b) ; au point que, même les paroles de Torah (divrei Torah) les plus précieuses fixées en l'homme depuis sa naissance, si l'homme en détourne son attention un court instant il peut les perdre, comme il est écrit (Proverbes 23,5) 'Poses-tu tes yeux sur elle qu'elle n'est déjà plus'.
Mais les paroles de Torah que l'homme acquiert par son effort et son labeur, dont il ne détourne pas l'attention, celles-là demeurent à l'homme en possession pour toujours.] Malgré tout, lorsqu'il lui fut dit 'va-t'en de ton pays' (lekh lekha me-artsekha), de la mesure (midda) dans laquelle il est imprimé depuis le jour de sa naissance ; 'et de ton lieu natal' (mi-moladtekha), qui est la conduite selon laquelle il se comporte dans son pays ; 'et de la maison de ton père' (mi-beit avikha), qui est la sagesse (''hokhma) par laquelle l'homme sait quelle mesure choisir et selon laquelle se conduire ; alors qu'ordinairement l'homme qui veut se retirer des mesures auxquelles il est accoutumé et dans lesquelles il est imprimé depuis le jour de sa naissance a besoin pour cela d'un long temps pour se poser d'abord, il en va autrement de celui qui est attaché au Saint béni soit-Il : il est entraîné à la suite de la volonté du Saint béni soit-Il à l'instant, sans aucune délibération ni longueur de temps. [Note 137 : Comme l'a expliqué le Tiferet Yossef, traité Souka (2a), s.v. 'souka' a sa fin : Par là Israël se clarifie lui-même, car ils annulent tout leur avis et leur saisie (tefisa) devant Sa volonté, béni soit-Il, car ils n'ont aucun avis propre face au Saint béni soit-Il, etc.
Mais il n'en va pas ainsi des nations : s'il se trouve chez elles une teinte de service divin, c'est parce qu'elles ont ainsi atteint par leur saisie et leur avis une opinion ; et si le Saint béni soit-Il leur montre que ceci n'est pas Sa volonté, elles s'irritent et regimbent, car elles veulent que le Saint béni soit-Il se conduise comme elles le comprennent par leur saisie et leur avis, et ne veulent pas se soumettre devant la volonté du Saint béni soit-Il. Il en va autrement d'Israël, qui montre par là que, de son côté, il n'a rien sinon ce que le Saint béni soit-Il lui donne ; s'ils voient qu'ils accomplissent véritablement la volonté du Saint béni soit-Il ils le feront, et s'ils voient que la volonté du Saint béni soit-Il est à l'opposé, ils se soumettent devant Sa volonté, béni soit-Il.] Et comme nous trouvons au sujet des 'Hayot du Char (la Merkava) dont il est écrit (Ezechiel 1,9) 'elles ne se détournaient pas dans leur marche' (lo yissabou be-lekhtan) ; et les Pères, ce sont eux le Char, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Tsav 28b) et dans le Midrach (Rabba, Lekh 47).
[Note 138 : Cela est expliqué dans le Mei ha-Chiloa'h, 1re partie, parachat Be'houkotai, s.v. 've-ze perech', dans le complément là-bas : Dans la saisie de l'homme on ne trouve pas deux contraires dans un même sujet, parce que l'homme veut être dans le repos ; c'est pourquoi il ne peut combattre en un seul instant avec deux contraires. Mais celui qui est entraîné à la suite de la volonté du Saint béni soit-Il et n'a en lui aucun penchant vers quelque côté d'intérêt personnel (negia), le Saint béni soit-Il l'illumine en cela ; c'est pourquoi les Pères sont appelés Char de la Chekhina, parce qu'ils furent entraînés à la suite de la volonté du Saint béni soit-Il.] Et comme il est rapporté dans le Talmud (Chabbat 88b) au sujet de ceux issus de ses reins : 'nous qui marchons dans l'intégrité, il est écrit de nous (Proverbes 11,3) l'intégrité des hommes droits les guide' ; et lorsqu'il leur fut dit de recevoir la Torah, ils ne délibèrent pas d'abord et firent précéder le 'faire' à l'écouter (naassé ve-nichma).
[Note 139 : Expliqué dans le Tiferet Yossef, fête de Chavouot, s.v. 'be-chaa che-hikdimou' [2], [3].]
« Abram traversa le pays jusqu’au lieu de Sichem » (Berechit 12,6). Le Zohar dit qu’ainsi lui fut révélé ce qu’il ne savait pas, cette force profonde qui domine sur la terre. Pour le Beit Yaakov, Sichem est le renforcement des occultations et des doutes d’Israël, sans conscience. Avraham ne savait pas comment cela pourrait être clarifié jusqu’à ceci : dès qu’Israël se clarifie dans les midot (attributs) selon sa compréhension, le Nom clarifie que les actes faits dans l’occultation seront triés et blanchis pour le bien. Il rapporte au nom de l’Ari Z"L que « le pays, voici, il est vaste » a pour initiales Rabbi 'Hanina ben Teradion ; alors Avraham sut qu’aucun banni ne serait repoussé.
Aussi : quatre formulations de la donation du pays jusqu’au choix d’avant tout service et à l’élévation du père ; « dis que tu es ma sœur », prière à la descente en Égypte ; sainteté d’épouse et de sœur sans éveil de l’homme.
ויעבור אברם בארץ עד מקום שכם. בזוה"ק (לך עט:) הכי אתגלי ליה מה דלא הוה ידע ההוא חילא עמיקא לשלטא על ארעא ובגין כך וירא מה דהוה מתכסי מניה וכדין ויבן שם מזבח לה' הנראה אליו.
הענין בזה הוא, דהנה מקום שכם הוא התגברות ההסתרות וההעלם וספיקות של ישראל מה שנעשה בלי דעת, וכדאיתא בש"ס (סנהדרין קב.) שכם מקום מוכן לפורעניות, בשכם עינו את דינה, שם מכרו את יוסף, שם נחלקה מלכות בית דוד, והמקום ההוא מאוים ביותרקמעיין לקמן פרשת וישב אות כח.. ולא ידע אאע"ה איך יוכל כל זה להתברר, עד שבא על זה שמאחר שישראל יבררו את עצמם במדות כפי השגתם, ממילא יושיעם השי"ת ויברר להם שאף המעשים אשר עשו בהעלם שלא מדעת יתבררו ויתלבנו לטובקמאמבואר במי השלוח ח"ב פרשת תבא ד"ה כי תכלה, ועיין עוד תפארת יוסף פרשת פקודי ד"ה ותכל:
כמו שביאר כבוד אאמו"ר זללה"ה, שאחר כל העבודות והבירורים שאדם מברר את עצמו, לא שייך לומר שבירר את עצמו עד הגמר, כי מי יאמר זכיתי לבי. ורק כן הציב השי"ת שאדם יעבוד את השי"ת בכל כחו עד מקום שידו מגעת, ואז כשהאדם עובד בכל כחו, אז חותם השי"ת על כל עבודתו ונקראת על שם האדם.
ועיין עוד שם מסכת פסחים (ט.) ד"ה אין חוששין.. ואז בנה שם מזבח לה' הנראה אליו, כי משם הוא קדושה יקרה עוד יותר, וכדאיתא בהאר"י הק' (לקוטי תורה וישלח) והארץ הנה רחב"ת ידים ראשי תיבות "רבי חנינא בן תרדיון".
והוא, כי ר' חנינא בן תרדיון הוא המעולה שבגבאי צדקה, ושורש ענין גבאי צדקה הוא, שהוא השומר את פעולות ישראל הנעשים מבלי דעת לבלתי ידח מהם נדח, ור' חנניא בן תרדיון המעולה בענין הזה ובפעולותיו הגדיל עד מאד, והרחיב את גבול ישראל לבלתי ידח מהם שום נדח, בהיותו גזבר נאמן בצדקת ה' להחזיר כל השכחות וההעלמות של ישראל שיתבררו לטוב. שכן עיקר ההעלם הוא במצות צדקה, שבשעה שנותן הצדקה לא יוכל לידע עוד אם קיים בזה המכוון מרצון השי"ת, כי לא ידע האדם מה יצמח מזה, אם יקבלה אדם הגון וכשר ויעשה בזה הכח מצות ה' אזי הוברר הדבר שזרע צדקתו על מים רבים, אבל אם תבא הצדקה ליד אדם שאינו הגון ויעשה בזה הכח ההיפך מרצון השי"ת, נמצא שאף נתינת הצדקה לא טובה היא, ומה רמה זו המצוה מגבול תפיסת האדם שאין בכחו להגיע עד תכליתה.
כי עיקר מצות צדקה הוא, נותנה ואינו יודע למי נותנה נוטלה ואינו יודע ממי נוטלה, כדאיתא בש"ס (בבא בתרא י:), ואם כן לא יוכל לידע מה יצמח מזה. והעצה לזה אמרו בש"ס (שם) שיתן לארנקי של צדקה דממונה עליה כרבי חנינא בן תרדיון, ואז יהיה סמוך לבו בטוח בה' שזרע צדקתו על מים רבים והיה מעשה הצדקה שלום, שבטח לא יאונה לו כל און, וכל היוצא מתחת ידו מתוקן הואקמבעיין הרחבת הדברים בבית יעקב ויקרא פרשת בחקתי אות כט, לז..
וזה הוא ויעבור אברם בארץ עד מקום שכם, שהוא מקום גודל ההסתרות, ולא ידע ההוא חילא עמיקא, ואחר שבא על זה שאף זה יתברר לטוב בנה מזבח לה' הנראה אליו, שנתגלה לו אז עומק תחת, מה היה רחוק ממנו עד עתה, שראה שהארץ הנה רחב"ת ידים, ראשי תיבות "רבי חנינא בן תרדיון" שהוא נמצא שם, אז ידע כי לא ידח שום נדח, וזה הוא עיקר עומק ארץ ישראל. (ועיין מענין זה בפ' וישלח בסופה)קמגהרחבת הדברים בספר פתיל תכלת דף קע וזה לשונו:
כי אור הבינה מתפשטת עד הוד, ושם הוא תכלית הבירורים, כדאיתא בזוהר הקדוש (תצא רפ.) ובג"ד כד אתגליא אימא עילאה כו' וחמשה נהירין אית לה דאתקריאו קרני החמה עד הוד ומתמן עד הוד הוו נהרין בך כו' יעו"ש. והענין הוא, כי עד שם מגיע בירורי אור הבינה, וכן מצינו בבירור מצד האדם, שאי אפשר בכח האדם לברר מצדו אלא עד חמשה דורות וכו'.
וכן הוא בכל פעולת אדם, שאף שחושב דרכיו בראשיתם לכלכל דרכיו במשפט מצדו, אכן אין כח דעתו ובינתו מגיע עד לתכלית הפעולה, רק עד לתולדה החמישית היוצאה מפעולותיו, ואף בדברים היותר מבוררים כגון מצות צדקה כשהיא מצד האדם ברורה ונקיה, כדאיתא במסכת בבא בתרא (י:) שנותנה ואינו יודע למי נותנה, נוטלה ואינו יודע ממי נוטלה ודממונה עליה כרבי חנינא בן תרדיון, מ"מ אין בכח האדם לחשוב דרכיו בזה, רק עד תולדה החמישית, א) ליתן ממון שהוא נקי מן הגזל וכדומה, ב) שיתן מצדו מנדבת לבו, ג) שימסרנה לגבאי הגון, ד) תפלה להש"י שימציא להגבאי עני הגון. ומה שיעשה העני עם הצדקה שיקבל, שבאם יעשה מצוה בכח צדקה זו יהיה הנותן מסייע ידי עושה מצוה וכן להיפך, זה הוא תולדה החמישית, שאין על זה כח תפלה מפורש רק צעקה בלב, וזה נקרא הוד שבהוד.
ומה שיכול להסתעף מכאן ואילך בזה גם צעקה בלב אפס מבינת האדם וכו'. ועיין מי השלוח ח"א פ' מסעי ד"ה כן [א], לקמן פ' וישלח אות מד, מה, פ' וישב אות ד ד"ה תחת ת"ח, בית יעקב הכולל פ' וישלח ד"ה ויחן.:
'Abram traversa le pays jusqu'au lieu de Sichem' (Genèse 12,6). Dans le saint Zohar (Lekh 79b): ainsi lui fut révélé ce qu'il ne savait pas -- cette force profonde qui domine sur la terre, et c'est pourquoi 'il vit' ce qui lui était caché, et alors 'il bâtit là un autel à ה' qui lui était apparu'.
Le sens est le suivant. Le lieu de Sichem, c'est le renforcement des occultations, du caché et des doutes d'Israël, ce qui se produit sans conscience (sans savoir) ; comme il est enseigné dans le Talmud (Sanhédrin 102a): Sichem est un lieu prédisposé au malheur -- à Sichem on a violenté Dina, là on a vendu Joseph, là s'est divisé le royaume de la maison de David ; et ce lieu est des plus redoutables [Note 140: voir plus loin, parashat Vayeshev, section 28].
Et Abraham notre père, sur lui la paix, ne savait pas comment tout cela pourrait être clarifié, jusqu'à ce qu'il parvienne à ceci: dès lors qu'Israël se clarifiera lui-même dans les midot (attributs) selon sa compréhension, de ce fait le Nom les sauvera et clarifiera pour eux que même les actes accomplis dans l'occultation, sans conscience, seront triés et blanchis pour le bien [Note 141: comme expliqué dans Mei HaShiloah vol. 2, parashat Ki Tavo, s.v. 'ki tekhaleh' ; et voir encore Tiferet Yosef, parashat Pekoudei, s.v. 'va-tekhel': comme l'a expliqué l'honoré mon seigneur mon père mon maître et rabbin, de mémoire bénie pour la vie du monde à venir, qu'après tous les services et les clarifications par lesquels l'homme se clarifie lui-même, on ne peut dire qu'il s'est clarifié jusqu'à l'achèvement, car qui dira 'j'ai purifié mon cœur' ?
Le Nom a seulement établi que l'homme serve le Nom de toute sa force, jusqu'où sa main atteint ; et alors, quand l'homme travaille de toute sa force, le Nom scelle tout son service et celui-ci est appelé au nom de l'homme. Voir encore là, traité Pessahim (9a), s.v. 'ein hosheshin'].
Et alors 'il bâtit là un autel à ה' qui lui était apparu', car de là vient une sainteté plus précieuse encore ; comme il est rapporté au nom du saint Ari (Likoutei Torah, Vayishlah): 'et le pays, voici, il est vaste (רחב"ת ידים)' (Genèse 34,21) -- les initiales (רחב"ת) forment 'Rabbi Hanina ben Teradion'. Et c'est que Rabbi Hanina ben Teradion est le plus éminent des collecteurs de tsedaka (aumône).
La racine de la fonction de collecteur de tsedaka, c'est qu'il garde les actions d'Israël accomplies sans conscience, afin qu'aucun banni ne soit repoussé d'eux. Et Rabbi Hanina ben Teradion, éminent en cette matière, a par ses actions immensément grandi, et a élargi la frontière d'Israël afin qu'aucun banni ne soit repoussé, étant un trésorier fidèle dans la justice de ה' pour restituer tous les oublis et occultations d'Israël afin qu'ils soient triés pour le bien.
Car l'essentiel de l'occultation est dans la mitsva de tsedaka: au moment où il donne la tsedaka, il ne peut savoir s'il a accompli l'intention voulue par le Nom, car l'homme ne sait ce qui en germera. Si la reçoit un homme digne et droit, et qu'il accomplit avec cette force les commandements de ה', alors la chose est clarifiée: il a semé sa justice sur de grandes eaux.
Mais si la tsedaka parvient à la main d'un homme indigne, et qu'il fait avec cette force l'inverse de la volonté de ה', il se trouve que même le don de la tsedaka n'est pas bon. Et combien cette mitsva est élevée au-delà de la portée de l'homme, qui n'a pas le pouvoir d'atteindre son terme.
Car l'essentiel de la mitsva de tsedaka est: il la donne sans savoir à qui il la donne, il la reçoit sans savoir de qui il la reçoit, comme il est enseigné dans le Talmud (Baba Batra 10b) ; et s'il en est ainsi, il ne peut savoir ce qui en germera. Et le conseil pour cela, disent-ils au Talmud (ibid.): qu'il donne à la bourse de tsedaka dont le responsable est comme Rabbi Hanina ben Teradion ; et alors son cœur sera ferme, confiant en ה', qu'il a semé sa justice sur de grandes eaux, et 'l'œuvre de la tsedaka sera paix' (Isaie 32,17), car assurément aucun mal ne lui adviendra, et tout ce qui sort de sa main est réparé (tikoun) [Note 142: voir le développement dans Beit Yaakov, Vayikra, parashat Behoukotai, sections 29 et 37].
Et c'est le sens de 'Abram traversa le pays jusqu'au lieu de Sichem', qui est le lieu de la grandeur des occultations, 'et il ne savait pas cette force profonde' ; et après être parvenu à ceci -- que cela aussi serait trié pour le bien -- 'il bâtit un autel à ה' qui lui était apparu', car lui fut alors révélé un profond en-bas, ce qui lui était éloigné jusqu'à présent: il vit que 'le pays, voici, il est vaste (רחב"ת ידים)', initiales de 'Rabbi Hanina ben Teradion' qui s'y trouve ; alors il sut qu'aucun banni ne serait repoussé, et c'est l'essentiel de la profondeur de la terre d'Israël. (Et voir sur ce sujet parashat Vayishlah, à sa fin.) [Note 143: développement dans le livre Petil Tekhelet, page 170, et voici son langage: car la lumière de la Bina se déploie jusqu'à Hod, et là est le terme des clarifications (birurim), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Tetse 280a): 'et c'est pourquoi, quand la Mère supérieure (Ima ilaa) se révèle... et elle a cinq lumières appelées les rayons du soleil, jusqu'à Hod, et de là jusqu'à Hod elles brillaient en toi...', vois-y.
Le sens est que jusque-là parvient la clarification de la lumière de la Bina ; et de même nous trouvons, pour la clarification du côté de l'homme, qu'il est impossible par la force de l'homme de clarifier de son côté sinon jusqu'à cinq générations, etc. Et de même pour toute action de l'homme: bien qu'il pense à ses voies à leur commencement, pour conduire ses affaires avec jugement de son côté, cependant la force de son savoir et de son intelligence n'atteint pas le terme de l'action, mais seulement la cinquième conséquence issue de ses actions.
Et même dans les choses les plus clarifiées, comme la mitsva de tsedaka lorsqu'elle est, du côté de l'homme, claire et nette -- comme il est enseigné au traité Baba Batra (10b): il la donne sans savoir à qui il la donne, il la reçoit sans savoir de qui il la reçoit, et son responsable est comme Rabbi Hanina ben Teradion -- néanmoins l'homme n'a pas le pouvoir de penser ses voies en cela, sinon jusqu'à la cinquième conséquence: a) donner un argent net de vol et semblable ; b) qu'il donne de son côté, de la générosité de son cœur ; c) qu'il le remette à un collecteur digne ; d) une prière à ה' qu'Il procure au collecteur un pauvre digne. Et ce que fera le pauvre avec la tsedaka qu'il recevra -- que s'il accomplit une mitsva par la force de cette tsedaka, le donateur soutiendra les mains de celui qui accomplit la mitsva, et de même à l'inverse -- cela est la cinquième conséquence, sur laquelle il n'y a pas de force de prière explicite, seulement un cri dans le cœur, et cela s'appelle Hod she-be-Hod (le Hod dans le Hod).
Et ce qui peut se ramifier de là et au-delà, là aussi un cri dans le cœur, mais cela dépasse l'intelligence de l'homme, etc. Et voir Mei HaShiloah vol.
1, parashat Massei, s.v. 'ken' [1] ; plus loin parashat Vayishlah, sections 44 et 45 ; parashat Vayeshev, section 4, s.v. 'tahat talmid 'hakham' ; Beit Yaakov ha-Kolel, parashat Vayishlah, s.v. 'va-yihan'].
לזרעך אתן את הארץ הזאת. הענין שכאן כתיב לזרעך אתן.
ואח"ז כתיב לך אתתנה ולזרעך. ואח"ז כתיב לזרעך נתתי את הארץ הזאת.
ואח"ז כתיב ונתתי לך ולזרעך אחריך. והוא מתחלה בא לו מאמר השי"ת לזרעך אתן, והוא שהשי"ת גמר אומר שאף מה שעשה שלא מדעת יחתום עליהם שכוון למטרת השי"ת בשלימות.
אכן מאחר שנעשה שלא מדעת א"כ לא יקראו על שם יגיעו, לזה בא לו הבטחת השי"ת לך אתננה ולזרעך, והוא שהשי"ת יתן הרגשה בלבו בכדי שעי"ז יקרא שביגיע כפיו זכה לזאת. אמנם כל אלה ההבטחות שהובטח עד הנה הוא רק מצד עבודתו, שהוא מצדו יקרב את עצמו להשי"ת, אבל לא הובטח עוד שהשי"ת בחר בו למעלה מכל העבודות, ושרשו גבוה מאד במקום שהוא למעלה מכל העבודות, מפני שהוא עלה במחשבה תחלה, והש"י מצדו בוחר בו אף בלי שום עבודה, שזה הוא עיקר ושורש כל, לזה בא לו הבטחת השי"ת אחר זה לזרעך נתתי, לשעבר, שאף קודם כל עבודותיו ופעולותיו בחר בו ה'.
אכן לפי זה לא יהיה לאחד התנשאות על חבירו, לזה בא לו הבטחת השי"ת ונתתי לך ולזרעך אחריך, שאתה תהיה מנושא לעולם אב קודם לבנו. "ולזרעך אחריך" בגימטריא "ישורון"קמדמבואר בסוד ישרים שמחת תורה אות מב:
עניין ישרון, היינו אור ישר, כלומר שיש אור ישר מהשי"ת עד הנפש הנמוך ביותר מישראל בלי שום מסך המבדיל, וסדר של אור ישר הוא כשיש מדרגות בישראל וכו' עיי"ש. עיין עוד שם אות מג.
והקף העניין עיין היטב מי השלוח ח"א פ' וזאת הברכה ד"ה ויהי בישרון, בית יעקב הכולל פ' לך ד"ה לזרעך, פ' וזאת הברכה ד"ה ויהי בישרון.:
'À ta descendance je donnerai ce pays' (Genèse 12,7). Le point est qu'ici il est écrit 'à ta descendance je donnerai' ; puis il est écrit 'à toi je la donnerai et à ta descendance' (Genèse 13,15) ; puis il est écrit 'à ta descendance j'ai donné ce pays' (Genèse 15,18) ; puis il est écrit 'et je donnerai à toi et à ta descendance après toi' (Genèse 17,8).
Et c'est qu'au début lui vint la parole de ה' 'à ta descendance je donnerai': le Nom a décrété que même ce qu'il a fait sans conscience, Il scellera sur eux qu'il a visé le but de ה' en perfection. Cependant, puisque cela s'est fait sans conscience, ces actes ne seront pas appelés au nom de son labeur ; c'est pourquoi lui vint la promesse de ה' 'à toi je la donnerai et à ta descendance': le Nom donnera un ressenti dans son cœur, afin que par là il soit dit que c'est par le labeur de ses mains qu'il a mérité cela.
Toutefois, toutes ces promesses faites jusqu'ici ne relèvent que de son service -- que de son côté il se rapproche de ה' ; mais il n'a pas encore été promis que le Nom l'a choisi au-dessus de tous les services, et que sa racine est très haute, en un lieu au-dessus de tous les services, parce qu'il 'est monté dans la pensée en premier' (ala be-mahshava tehila), et que le Nom, de son côté, le choisit même sans aucun service -- ce qui est l'essentiel et la racine de tout. C'est pourquoi lui vint après cela la promesse de ה' 'à ta descendance j'ai donné', au passé: que même avant tous ses services et actions, le Nom l'a choisi.
Cependant, selon cela, personne n'aurait d'élévation sur son prochain ; c'est pourquoi lui vint la promesse de ה' 'et je donnerai à toi et à ta descendance après toi': que toi tu seras élevé à jamais, le père précédant son fils. 'Et à ta descendance après toi' (ולזרעך אחריך) à la valeur numérique (guematria) de 'Yeshouroun' (ישורון) [Note 144: expliqué dans Sod Yesharim, Simhat Torah, section 42: la notion de Yeshouroun, c'est-à-dire lumière droite (or yashar), autrement dit qu'il y a une lumière droite depuis le Nom jusqu'à l'âme la plus basse d'Israël, sans aucun écran (massakh) séparateur ; et l'ordre de la lumière droite se réalise lorsqu'il y a des degrés en Israël, etc., voir là. Voir encore la section 43.
Et pour l'ampleur du sujet, voir attentivement Mei HaShiloah vol. 1, parashat Vezot HaBerakha, s.v. 'va-yehi vi-Yeshouroun' ; Beit Yaakov ha-Kolel, parashat Lekh, s.v. 'le-zar'akha' ; parashat Vezot HaBerakha, s.v. 'va-yehi vi-Yeshouroun'].
ויהי רעב בארץ וירד אברם מצרימה וגו' ויהי כאשר הקריב לבוא מצרימה ויאמר אל שרי אשתו וגו' והיה כי יראו אותך המצרים וגו' והרגו אותי ואותך יחיו אמרי נא אחותי את למען ייטב לי בעבורך וחיתה נפש בגללך. בזוה"ק (לך פא:) איתא על זה, דחמא עמה שכינתא וכו' כמה דכתיב אמור לחכמה אחותי את.
הנה כל הספורים מאבותינו הקדושים שנמצא בתורת ה' גם הם מלאים אור וד"ת, וזה שאמר אברהם לשרה אמרי נא אחותי את, זה הוא תפלה שהתפלל להשי"ת בירידתו למצרים, מקום תורף השערי טומאה, והתיישב אאע"ה בעצמו בראותו לאיזה מקום הוא נכנס, לדרגין תתאין, שאדם הראשון ונח הצדיק לא היה בכחם לעמוד בה. כדאיתא בזוה"ק (שם פג.) ודרגין דלתתא דקא נחית אברהם לעומקיא דלהון וידע לון ולא אתדבק בהו ותב לקמי מאריה ולא אתפתי בהו כאדם דכד מטא לההוא דרגא אתפתי בנחש וגרים מותא לעלמא.
ולא אתפתי כנח דכד נחית ומטא לההוא דרגא מה כתיב וישת מן היין וישכר ויתגל בתוך אהלה, אהלה כתיב בה'. אבל אברהם מה כתיב ויעל אברהם ממצרים דסליק וכו'.
והתפלל אז שהקדושה שהיא בבחינת אשה תהיה עתה בבחינת אחותי, שיוכל על ידה לעמוד בההסתר. והוא, כי נמצא שני מיני קדושות, כמו שמצינו שלפעמים כתיב (יתרו כ) אנכי ה' א-להיך אשר הוצאתיך מארץ מצרים וכתיב (הושע יג) ואנכי ה' א-להיך מארץ מצרים, שמכתוב הראשון משמע, שהשי"ת התדבק עם ישראל ע"י פעולותיהם ומעשיהם הטובים שעבדו את השי"ת ביציאתם ממצרים.
ומהכתוב השני משמע, שעוד בהיותם בארץ מצרים ערום ועריה ממעשים טובים התקשר השי"ת עמםקמהדאיתא בזוהר הקדוש (קדושים פד:) ואנכי ה' א-להיך מארץ מצרים ולא כתיב אשר הוצאתיך מארץ מצרים כו' אלא מן יומא דהוו ישראל בעלמא לא אשתמודע יקרא דקוב"ה בר בארעא דמצרים דהוו בהאי פולחנא קשיא וצווחו לקבליה ולא אשתנו מנמוסא דלהון לעלמין, ותמן אתבחינו אבהתנא כדהבא מגו שפכה כו' דתמן הוה באתגלייא יקרא דיליה. וכמו שנתבאר לקמן פרשת ויגש אות יז:
וכענין שמצינו שכתוב שני פעמים (הושע יב, יג) ואנכי ה' א-להיך מארץ מצרים, שאף בהיותם במצרים שלא היה להם שום ד"ת וצמצומים מצדם, גם שם בחר בהם השי"ת והשפיע בהם ד"ת שלא מדעת ממקום רם ונשא וגבוה עד מאד, שלא יתערבו בין האומות. ועיין עוד לקמן פרשת וישלח אות יא ד"ה וזהו..
ואלו השתי קדושות הם בבחינת אשה ואחות. הקדושה שברזא דאחות הוא, כי באמת נמצא קדושה בקביעות בלב ישראל להתגבר על כל הרפתקאות שיעברו עליהם, שלא יצאו חוצה מרצון השי"ת, והוא בלי שום התעוררות מצד האדם, וכדאיתא בש"ס (סנהדרין נח:) ואיש כי יקח את אחותו חסד הוא, מפני מה לא נשא אדם את בתו כדי שישא קין את אחותו, שנאמר כי אמרתי עולם חסד יבנה.
והוא, כי התעוררות החסדים שמקיימים את העולם הוא מה שהברואים מעוררים רצון בהשי"ת ע"י עבודה ותפלה, ואז בבריאת עולם לא היה עוד שום התעוררות החסדים מצד הבריאה, מאחר שלא היה עוד שום בריאה בעולם, אך כל הבריאה היתה מחסדי השי"ת בלבד, וזו הקדושה נקראת בבחינת אחות, כמו שקרבת אח ואחות הוא בלי שום קנין מצד האדם, כן הוא זו הקדושה שמוטבעת באדם מהתולדה. וכל זה היה קודם שנגמר הבריאה, בנה השי"ת את העולם בחסדו, בכדי שיהיה הויית עולם:
'Il y eut une famine dans le pays, et Abram descendit en Égypte, etc. Et il arriva, comme il approchait pour entrer en Égypte, qu'il dit à Sarai sa femme, etc.: Et il arrivera, quand les Égyptiens te verront, etc., ils me tueront et te laisseront vivre.
Dis donc que tu es ma sœur, afin qu'il me soit fait du bien à cause de toi et que mon âme vive grâce à toi' (Genèse 12,10-13). Dans le saint Zohar (Lekh 81b), il est rapporté sur cela: qu'il vit la Chekhina avec elle... comme il est écrit 'Dis à la sagesse: tu es ma sœur' (Proverbes 7,4).
Voici, tous les récits de nos saints pères qui se trouvent dans la Torah de ה' sont eux aussi remplis de lumière et de paroles de Torah. Et ce qu'Abraham dit à Sara, 'dis donc que tu es ma sœur', c'est une prière qu'il adressa à ה' lors de sa descente en Égypte, cœur même des portes d'impureté.
Abraham notre père, sur lui la paix, réfléchit en lui-même en voyant en quel lieu il entrait -- vers les degrés inférieurs (dargin tatain), où Adam le premier homme et Noé le juste n'eurent pas la force de tenir. Comme il est rapporté dans le saint Zohar (ibid.
83a): et les degrés d'en bas, dans les profondeurs desquels Abraham descendit, il les connut et ne s'y attacha pas, et il revint devant son Maître et ne se laissa pas séduire par eux -- à la différence d'Adam qui, parvenu à ce degré, se laissa séduire par le serpent et causa la mort au monde ; et il ne se laissa pas séduire comme Noé qui, quand il descendit et parvint à ce degré, qu'est-il écrit ? 'et il but du vin, s'enivra et se découvrit au milieu de sa tente' (Genèse 9,21) -- 'sa tente' (אהלה) est écrit avec un hé ; mais Abraham, qu'est-il écrit ? 'et Abraham monta d'Égypte' (Genèse 13,1), car il remonta, etc. Et il pria alors que la sainteté, qui est de l'aspect 'épouse' (isha), soit maintenant de l'aspect 'ma sœur' (ahoti), afin de pouvoir, grâce à elle, tenir dans l'occultation.
Et c'est qu'il existe deux sortes de saintetés, comme nous trouvons que parfois il est écrit (Yitro, Exode 20): 'Je suis le Nom ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte', et il est écrit (Osée 13): 'Et moi, le Nom ton Dieu depuis le pays d'Égypte'. Du premier verset il ressort que le Nom s'est attaché à Israël par leurs actions et leurs bonnes œuvres, par lesquelles ils ont servi le Nom lors de leur sortie d'Égypte.
Et du second verset il ressort que, alors même qu'ils étaient au pays d'Égypte, nus et dénudés de bonnes œuvres, le Nom s'est lié à eux [Note 145: comme il est rapporté dans le saint Zohar (Kedoshim 84b): 'Et moi, le Nom ton Dieu depuis le pays d'Égypte', et il n'est pas écrit 'qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte', etc. ; mais depuis le jour où Israël fut au monde, la gloire du Saint béni soit-Il ne fut connue que dans le pays d'Égypte, où ils étaient dans ce dur labeur et crièrent vers Lui, et ne changèrent jamais leurs coutumes ; et là nos pères furent éprouvés comme l'or au milieu du creuset, etc., car là sa gloire fut en révélation. Et comme cela a été expliqué plus loin, parashat Vayigash, section 17 ; et de même que nous trouvons écrit deux fois (Osée 12 et 13): 'Et moi, le Nom ton Dieu depuis le pays d'Égypte', que même lorsqu'ils étaient en Égypte, où ils n'avaient aucune parole de Torah ni contractions (tsimtsoumim) de leur côté, là aussi le Nom les a choisis et a fait couler en eux des paroles de Torah sans conscience, depuis un lieu élevé, exalté et très haut, afin qu'ils ne se mêlent pas parmi les nations.
Et voir encore plus loin, parashat Vayishlah, section 11, s.v. 've-zehu']. Et ces deux saintetés sont de l'aspect 'épouse' et 'sœur'.
La sainteté qui est dans le mystère (raza) de 'sœur', c'est qu'en vérité il se trouve une sainteté fixée de façon permanente dans le cœur d'Israël, pour surmonter toutes les vicissitudes qui passeront sur eux, afin qu'ils ne sortent pas au-dehors de la volonté de ה' -- et cela sans aucun éveil du côté de l'homme. Comme il est enseigné dans le Talmud (Sanhédrin 58b): 'et un homme qui prend sa sœur, c'est hesed (grâce)' (Lévitique 20,17) -- pourquoi Adam n'a-t-il pas épouse sa fille ?
Afin que Caïn épouse sa sœur, comme il est dit 'car j'ai dit: le monde sera bâti par le hesed' (Psaumes 89,3). Et c'est que l'éveil des hassadim (bontés) qui maintiennent le monde, c'est ce par quoi les créatures éveillent la volonté en ה' au moyen du service et de la prière ; or, lors de la création du monde, il n'y avait pas encore d'éveil des hassadim du côté de la création, puisqu'il n'y avait pas encore de créature au monde, mais toute la création fut par les seules bontés de ה'.
Et cette sainteté est appelée de l'aspect 'sœur': de même que la proximité du frère et de la sœur est sans aucune acquisition du côté de l'homme, ainsi en est-il de cette sainteté imprimée en l'homme depuis la naissance. Et tout cela fut avant que la création ne soit achevée: le Nom a bâti le monde par sa bonté, afin qu'il y ait existence du monde.
« Depuis que le monde a été créé, le Nom a désiré la sainteté relevant de l'aspect « femme », à savoir que les créatures éveillent un désir auprès du Nom par le service qu'elles Lui rendent. » Pour le Beit Yaakov, cette proximité vient des acquisitions, comme celle d'un homme avec sa femme. Après les Patriarches, D.ieu désire que l'homme acquière cette proximité par ses actes ; le roi David dit : « Heureux celui que Tu choisis et rapproches » : « Tu choisis » indique la sainteté fixe dès la naissance, « Tu rapproches » celle du labeur des mains. L'homme doit se donner de la peine pour les deux : le secret de la sœur et le secret de la femme.
Aussi : le sommeil du talmid ''hakham, rempli de paroles de Torah ; les actes sans intention que le Nom agrée seulement chez qui sert avec discernement et calcul ; les idolâtres, l'idole de métal fondu et la génération de la Dispersion
אכן מאז שנברא העולם, חפץ השי"ת בקדושה שבבחינת אשה, שהברואים יעוררו רצון בהשי"ת בעבודת ה' אשר יעבדוהו, וזו הקדושה היא בבחינת אשה יראת ה', כמו שקרבת אדם עם אשתו באה לו רק ע"י קניניו, שהוא קורבה מאהבה קנינית, כן הוא זו הקדושהקמועיין מי השלוח ח"ב פרשת קדושים ד"ה ואיש כי יקח: שלא יאמר האדם מאחר שהשי"ת אוהב אותי בשרשי אוכל לעשות כחפץ לבי, אך זה האהבה הוא דוגמת אהבת אח ואחות המושרשים באהבת התולדה בלי השתדלותם, והשי"ת רוצה שהאדם על ידי השתדלותו ופעולותיו יאהבנו השי"ת, ואם תאמר והלא התחלת הבריאה לא היה מצד פעולות אדם והתעוררות מצדו, רק השי"ת בחסדו ובטובו ברא את העולם כי חפץ חסד הוא, כמו שכתיב זכר רחמיך ה' וחסדיך כי מעולם המה, (תהלים כה) שהשי"ת חפץ בחסדו בלי פעולות אדם כמו שהיה בריאת העולם, אכן זה היה רק בהתחלת הבריאה שכתיב עולם חסד יבנה, אבל אחר בריאת עולם רוצה השי"ת שרק ע"י עבודה וברורים יבחר בישראל.
ועיין עוד לקמן פרשת וירא אות לח, פ' חיי אות ו ד"ה בטח בה, פ' תולדות אות כח.. ובזה יבדל התלמיד חכם מעם הארץ, ואף בשעת השינה מדוגל הת"ח, שהשינה שלו הוא ג"כ מלא ד"ת, שזהו ברור שאינו דומה שינת הת"ח לשינת עם הארץ, והוא מאחר שהת"ח עוסק בכל היום כולו בתורת ה' באהבה ויראה, לכן אף כל מה דיעדי עליה, אף בשעת השינה, יסכים השי"ת ויחתום עליו שגם אז הוא דבוק בהשי"ת ועובד אותוקמזכמו שנתבאר בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות ג:
וכמו ששמעתי בזה ע"פ ויחלום יעקב, שמהחלומות ניכר מעלת האדם, אם גם כשאינו עושה כלום רעיונותיו רק, והנה ה' נצב עליו. ועיין במחשבות חרוץ למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות י בסופו:
ושמעתי בשם הר"ב ז"ל דהחלומות הם בירור האדם במה מעמקי לבו שקועים וכו' עיי"ש. ועיין עוד לקמן פ' ויצא אות יח, כה..
וכן אם יאונה לאדם תחת ידו פעולה שלא מדעת, על כל אלה יחתום השי"ת שטובה בעיניו וכשר הדבר לעשותה, כי יעיד עליו השי"ת שנמצא בו קדושה גדולה ויתירה בקביעות מהתולדה, שעל ידה יש כח באדם להתפשט קדושתו אף על זה, אבל כ"ז הוא רק למי שמצדו עובד את השי"ת כל הימים בדעת וחשבון, אז אף כי ישן הוא ואף אם יאונה תחת ידו פעולה שלא מדעת, יגמור השי"ת בעדו שמאתו יצאו הדברים והם מלאים קדושת ה'. אבל מי שמצדו אינו בוחר בעבודה לעבוד את ה' כפי הכח שהשפיע בו השי"ת לפלס מעגלותיו לעשות מעשהו בדעת וחשבון, אזי לא יעלה על דעת האדם שלא יחשוב ה' לו עון בפעלו מעשים בלא דעת, ושיסכים השי"ת עליהם שנמצא בהם קדושה, לא כן הוא, כי רק לאדם שעובד את השי"ת עד מקום שידו מגעת, אזי אף אם יאונה לו מעשה בלי דעת יסכים עליה השי"ת שעשה הטוב בעיניו, כי מהיכן יבא באדם זה רצון לעשות היפך מרצון השי"ת, מאחר שאינו בוחר בזהקמחעיין מי השלוח ח"א פרשת חקת ד"ה ויסעו:
באם שלב האדם נמשך אחרי רצון הש"י ומסלק ממנו כל נגיעותיו ואח"כ יזמין לו הש"י מעשה שידמה לו שח"ו הסיר מגדר כללי ד"ת, וע"ז אמר ר"נ כי לאדם שלבו נמשך אחר רצון ה' וגם שהסיר ממנו כל נגיעה, בטח לא יאונה לו עון ח"ו, ובטח ידע כי הוא אז עת לעשות לה'. ובתפארת יוסף מסכת פסחים (ט.) ד"ה אין חוששין:
כמו שאמר כבוד אזמו"ר זללה"ה, אם האדם מצידו מנקה ומטהר ומברר עצמו עד מקום שידו מגעת. אז השי"ת מעיד עליו שהוא נמשך תמיד אחר רצונו ית', ויש לו חיבור עם אור רצונו ית'.
ועיין עוד לקמן פ' וישלח אות יא, מד ד"ה וזהו.. אבל האדם שאינו מברר את עמו בדעת ובחשבון, אז אם עשה איזה פעולה בלי דעת, למה יסכים השי"ת ויגמור בעדו שעשה הטוב בעיני השי"ת.
ואם יאמר האדם הזה להסמך ולהשען על קדושת התולדה שמוטבע בו, וכגוונא דקדושת אבות שכל אדם שוה בה, ע"ז נאמר, ואיש כי יקח את אחותו חסד הוא, כי מאז שנברא העולם חפץ השי"ת שהאדם יקנה קדושה ע"י עבודתו ויגיע כפיו, שזו הקדושה היא בבחינת אשה. והאבות היו בענין זה כמו ראשית בריאת העולם, שלאברהם האיר הש"י קודם מעשיו ופעולותיוקמטוכמו שנתבאר במאמר הקודם עיי"ש..
אבל אחר שהיו האבות, יחפוץ הש"י שהאדם יקנה לו קרבת הש"י על ידי מעשיו ועבודתו, וכמו שאמר המלך דוד ע"ה (תהילים ס״ה:ה׳) אשרי תבחר ותקרב וגו' קדוש היכלך. תבחר מורה על הקדושה ששוכנת באדם בקביעות מיום הולדו.
ותקרב מורה על הקדושה ששוכנת באדם ע"י קניניו ויגיע כפיו. וצריך האדם לייגע את עצמו לקנות שתי הקדושות רזא דאחות ורזא דאשה:
En vérité, depuis que le monde à été créé, le Nom (béni soit-Il) a désiré la sainteté relevant de l'aspect 'femme', à savoir que les créatures éveillent un désir auprès du Nom par le service de Dieu qu'elles Lui rendent ; et cette sainteté relève de l'aspect 'femme, crainte de Dieu' (isha yireat Hachem) : de même que la proximité d'un homme avec sa femme ne lui vient que par ses acquisitions (kinyanav), étant une proximité issue d'un amour d'acquisition (ahava kinyanit), ainsi en est-il de cette sainteté. [Note 146 : voir Mei HaShiloah, t.
II, parachat Kedochim, s.v. 've-ich ki yikah' : que l'homme ne dise pas : puisque le Nom m'aime dans ma racine, je puis agir selon le désir de mon cœur ; car cet amour-là est à l'image de l'amour d'un frère et d'une sœur, enraciné dans l'amour de la naissance (ahavat ha-tolada) sans effort de leur part ; or le Nom veut que l'homme, par son effort et ses actes, se fasse aimer du Nom. Et si tu objectes : le commencement de la Création ne procédait pourtant pas des actes de l'homme ni d'un éveil venu de lui, mais le Nom, dans Sa grâce et Sa bonté, a créé le monde car Il aime la grâce (hafets 'hessed), comme il est écrit : 'Souviens-Toi de Tes miséricordes, Nom, et de Tes grâces, car de toujours elles sont' (Tehilim 25), signifiant que le Nom désire faire grâce sans les actes de l'homme, comme il en fut de la Création du monde ; en vérité cela ne valut qu'au commencement de la Création, dont il est écrit : 'le monde se bâtit par la grâce' (olam 'hessed yibaneh) ; mais après la création du monde, le Nom veut ne choisir Israël que par le service et les tris (berourim).
Voir encore plus loin, parachat Vayera, ot 38 ; parachat Haye, ot 6, s.v. 'betah bah' ; parachat Toledot, ot 28.] Et par là se distingue le talmid 'hakham (sage de la Torah) de l'homme du commun (am ha-arets) ; même durant le sommeil le talmid 'hakham l'emporte, car son sommeil aussi est plein de paroles de Torah ; il est clair que le sommeil du talmid 'hakham ne ressemble pas au sommeil de l'homme du commun, et cela parce que le talmid 'hakham s'occupe toute la journée de la Torah de Dieu avec amour et crainte ; aussi, même tout ce qui passe sur lui, même durant le sommeil, le Nom l'agrée et le scelle sur lui, attestant que même alors il est attaché au Nom et Le sert. [Note 147 : comme il est expliqué dans Tsidkat ha-Tsadik de notre maître Rabbi Tsadok ha-Cohen (que son mérite nous protège), ot 3 : et de même que j'ai entendu à ce sujet, sur le verset 'et Yaakov rêva' (va-yahalom Yaakov), que c'est par les rêves que se reconnaît le degré de l'homme, si même quand il ne fait rien ses seules pensées sont : 'et voici, le Nom se tenait sur lui'.
Voir aussi Mahchevot Harouts du même maître, ot 10 à la fin : et j'ai entendu au nom du Rav (de mémoire bénie) que les rêves sont le tri de l'homme selon ce qui est enfoui au fond de son cœur, etc., voir là-bas. Voir encore plus loin parachat Vayetse, ot 18, 25.] De même, s'il advient à l'homme, sous sa main, un acte fait sans intention (chelo mi-daat), sur tout cela le Nom scelle que la chose est bonne à Ses yeux et qu'il était convenable de la faire, car le Nom témoigne à son sujet qu'il se trouve en lui une sainteté grande et surabondante, fixée de naissance, par laquelle l'homme a le pouvoir d'étendre sa sainteté même sur cela ; mais tout cela ne vaut que pour celui qui, de son côté, sert le Nom tous les jours avec discernement et calcul (be-daat ve-hechbon) ; alors, même s'il dort et même s'il advient sous sa main un acte sans intention, le Nom parachèvera pour lui que de Lui sont sorties ces choses et qu'elles sont pleines de la sainteté de Dieu.
Mais celui qui, de son côté, ne choisit pas le service pour servir Dieu selon la force que le Nom a répandue en lui, afin d'aplanir ses sentiers et d'accomplir son œuvre avec discernement et calcul, alors il ne saurait venir à l'esprit de l'homme que Dieu ne lui compterait pas comme faute d'accomplir des actes sans discernement, ni que le Nom les agréerait comme s'il s'y trouvait de la sainteté ; il n'en est pas ainsi, car c'est seulement pour l'homme qui sert le Nom jusqu'où sa main atteint que, même s'il lui advient un acte sans discernement, le Nom l'agrée comme ayant fait le bien à Ses yeux ; car d'où viendrait à cet homme un désir de faire le contraire de la volonté du Nom, puisqu'il ne choisit pas cela. [Note 148 : voir Mei HaShiloah, t.
I, parachat Houkat, s.v. 'va-yisou' : si le cœur de l'homme est entraîné à la suite de la volonté de Dieu et qu'il écarte de lui tous ses intérêts propres (negiot), et qu'ensuite Dieu lui présente un acte qui lui semble avoir, à Dieu ne plaise, franchi le cadre général des paroles de Torah, sur cela Rabbi Nahman a dit que, pour l'homme dont le cœur est entraîné à la suite de la volonté de Dieu et qui a aussi écarté de lui tout intérêt propre, assurément il ne lui adviendra pas de faute, à Dieu ne plaise, et il saura assurément que c'est alors le temps d'agir pour le Nom. Et dans Tiferet Yossef, traité Pessahim (9a), s.v. 'ein hochechin' : comme l'a dit l'honoré mon maître grand-père (que le souvenir du juste soit une bénédiction), si l'homme, de son côté, se nettoie, se purifie et se trie lui-même jusqu'où sa main atteint, alors le Nom témoigne à son sujet qu'il est toujours entraîné à la suite de Sa volonté (qu'Il soit béni) et qu'il a une jonction avec la lumière de Sa volonté.
Voir encore plus loin parachat Vayichlah, ot 11 ; 44, s.v. 've-zehu'.] Mais l'homme qui ne se trie pas lui-même avec discernement et calcul, alors s'il a fait quelque acte sans discernement, pourquoi le Nom l'agréerait-il et parachèverait-il pour lui qu'il a fait le bien aux yeux du Nom ? Et si cet homme prétend s'appuyer et se reposer sur la sainteté de naissance (kedushat ha-tolada) inscrite en lui, à la manière de la sainteté des Patriarches (kedushat avot) à laquelle tout homme est égal, sur cela il est dit : 'et si un homme prend sa sœur, c'est 'hessed' (Vayikra 20,17) ; car depuis que le monde à été créé, le Nom a désiré que l'homme acquière la sainteté par son service et le labeur de ses mains, cette sainteté relevant de l'aspect 'femme'.
Et les Patriarches, en cette affaire, étaient comme le commencement de la création du monde, car à Abraham Dieu a illuminé avant ses actes et ses œuvres. [Note 149 : comme il a été expliqué dans l'enseignement précédent, voir là-bas.] Mais après qu'il y eut les Patriarches, Dieu désire que l'homme acquière pour lui la proximité de Dieu par ses actes et son service, comme l'a dit le roi David (que la paix soit sur lui) (Tehilim 65,5) : 'Heureux celui que Tu choisis et rapproches... saint est Ton palais.' 'Tu choisis' (tivhar) indique la sainteté qui réside dans l'homme de façon fixe depuis le jour de sa naissance ; 'Tu rapproches' (te-karev) indique la sainteté qui réside dans l'homme par ses acquisitions et le labeur de ses mains.
Et l'homme doit se donner de la peine pour acquérir les deux saintetés : le secret de la sœur (raza de-ahot) et le secret de la femme (raza de-isha).
ובזה נבדלים ישראל מעכו"ם, שהם לא יחפצו בהקדושה שבא ע"י יגיעו של האדם, שמצמצם את עצמו בהנאותיו ותאות גופו שלא להתפשט אחר ראות עיניו, אכן יסמכו וישענו על הקדושה שמוטבע באדם מיום הולדו בקביעות, וע"ז הסמך המה מתפשטים בשטף זדון, באמרם שבזו הקדושה שקבוע באדם יש בה כח לעמוד לעומת כל ההתפשטות ותאות הגוףקנכמבואר בתפארת יוסף פרשת האזינו ד"ה כי ידין [ב] בתוך דבריו: כי ידין ד' עמו.
אמר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, אשר השי"ת ישפוט אותנו שבדין אנו ראוין להיות עמו, ואנחנו ראוין לחלקו של הקב"ה, כי מאחר שישראל יכול לקבל עליו כל מיני סבלנות וכל מיני עבודות, עד היכן שאפילו החטא מקבל על עצמו, והאומות אינם יכולים לקבל שום סבלנות, ואינם רוצים לילך בעבודה, מזה נתברר שישראל הן ראוין לחלקו של הקב"ה וכו' מאחר שישראל עד מקום שידו מגעת הולך בעבודה, ועל זה המקום שאין בכחו לבררו, יבררו השי"ת. שאני האומות, שאינם רוצים לילך בשום עבודה מצידם וכו'.
ורק שהם סומכים ע"ז התקיפות של קדושת אבות, יתבטלו לגמרי, כי ישראל מברר עצמו עד מקום שידו מגעת, והשאר יכול לסמוך ע"ז התקיפות, אבל הם שאינם רוצים להתחיל אפילו מעט מצידם לברר עצמם, על זה אומר השי"ת ואין מידי מציל שיתבטלו לגמרי. ועיין מי השלוח ח"א פ' בשלח ד"ה סוס, תפארת יוסף שמחת תורה ד"ה ויאמר ד' מסיני., לכן יוכל כל האדם לתור אחר ראות עיניו ותאות לבו בלי שום מגור ופחד שמא יצא חוץ לגבולו.
וכן הוא דרכם מאז מעולם ועד עולם, להציב לעצמם איזה דחלא, שבכל עת שיעבור לפניה ויזכור בה יתיירא, וזו הדחלא תזריח בהם יראה שלא מדעת, בכדי שיוכלו עי"ז להתפשט בכל תאות נפשם, בהשענם על זו היראה שהדחלא מזריח בהם בקביעות. וזו הדחלא נקראת א-להי מסכה, יראה גולמית בלי דעת, רק כדבר מוצק, שהשי"ת צוה עליה א-להי מסכה לא תעשה לךקנאוכעין זה מפרש בתפארת יוסף פרשת אמור ד"ה ולאחותו:
האומות מתפשטים עצמם בתאות עוה"ז בלי שום מעצור. ואף שנמצא לפעמים גוון של עבודה אצלם, שזה מורה שעל הגוון מסלק עצמו מתאות עוה"ז, זה הכל לתכלית שובב ופרא, שעי"ז יהיה ביכולתו להתפשט עצמו יותר.
ועיין עוד לעיל פרשה זו אות ג ד"ה וזה הוא דאיתא, אות יא ד"ה וזה הוא מדת אאע"ה.. וזה הוא ענין דור הפלגה ג"כ בבנותם המגדל בארץ שנער ששם ננערו מתי מבול, לכן אמרו שזה המקום מלומד ומורגל ביראה, להזריח באדם יראה בקביעות שלא מדעת, שלא יתפשט האדם ביותר עד שיזיק גם לחבירו.
שעי"ז שדור המבול נתפשטו ביותר, עד שאחד לא נתן מקום לחבירו במלאם את הארץ גזל וחמס, נשטפו ונמחו מן העולם. ומאז נקבע במקום שננערו מתי המבול יראה בקביעות, שלא יתפשט אדם בהתפשטות כזה עוד, ונעשו שפה אחת ודברים אחדים בהתכללות אחד בחבירו, שכל אחד יתן מקום לחבירו, ובזה היה להם מבטח עוז שעתה יוכלו להתפשט כאות נפשם, מבטחונם שההתפשטות הזה הוא מלא יראה מאחר שהוא בהתכללותקנבהרחבת עניין זה מבואר לעיל פרשת נח אות נב, נג.
ועיין עוד פרשה זו אות ג ד"ה וזה הוא דאיתא.. וזה הוא דאיתא במדרש (רבה נח לח) שאמרו בואו ונעשה עמו מלחמה, והוא שלא היו רוצים בעבודה לקדש את עצמם למטה.
ולזה נקראים האומות מחריבי קרתא, שהם מתנגדים לרצון מי שאמר והיה העולם, שברא צורת אדם בעולם, מדוגל בחכמתו ותבונתו מבהמות ארץ ומעוף השמים, לעשות מעשהו בדעת ובחשבון, לבחור בטוב ולמאוס ברע, משמע מזה שהשי"ת חפץ בעבודה שיעבוד האדם בשעה שנשפע לו מאת השי"ת, ולפי דעת האומות הוא בריאת הצורת אדם אך למותר, כי למה לו לאדם דעה וחכמה יותר מכל הברואים, מאחר שאינו משתמש בה, ולזה הוא שורת הדין שמתנגדי הבריאה ימחו מן העולם. ועם הנבחר מהשי"ת ומכוונים לרצון השי"ת, שברא הצורת אדם בבחירה רשות נתונה בידו, והם מצמצמים את עצמם בעבודתם עבודת ה' לעשות מעשיהם בדעת וחשבון כפי רצון השי"ת שהציב הבריאה ע"ז המכוון, לכן משנה יירשו שיתקיימו בעולם הזה ובעוה"ב.
וזה הוא שאמר אאע"ה בירידתו למצרים בין האומות, והרגו אותי ואותך יחיו, והוא, כי זכר מורה על עבודה שעובד האדם בדעת וחשבון שלא לילך ארחות עקלקלות, ומזה לא יתרצו האומות, אך אותך יחיו, כי נוקבא מורה על יראה שלא מדעת בזה הם רוציםקנגוכעין זה מבואר בלקוטי תורה לרבנו האריז"ל פרשת לך ד"ה ויהי כאשר הקריב: הנה נא וכו' החיצונים מתאוין לאחוז בה, שהם משרשי הגבורות, וירצו גם להתאחז בי, דהיינו החסדים.
אמרי נא אחותי את, ואחר שיאחזו בך, הרי כאילו נאחזו בי, וירפו ממני, וזהו וחיתה נפשי בגללך.:
Et par là Israël se distingue des idolâtres (akoum, adorateurs d'étoiles et de constellations) : eux ne désirent pas la sainteté qui vient par le labeur de l'homme, lequel se restreint dans ses plaisirs et les désirs de son corps pour ne pas s'étendre à la suite de ce que voient ses yeux ; ils s'appuient plutôt et se reposent sur la sainteté fixée en l'homme depuis le jour de sa naissance de façon permanente, et forts de cet appui ils s'étendent dans un flot d'insolence (zadon), disant que cette sainteté fixée en l'homme a la force de tenir face à toute expansion et à tout désir du corps. [Note 150 : comme il est expliqué dans Tiferet Yossef, parachat Haazinou, s.v. 'ki yadin' [2], au milieu de son propos : 'Car le Nom jugera Son peuple' (ki yadin Hachem amo).
L'honoré mon maître grand-père (que le souvenir du juste soit une bénédiction) a dit ici que le Nom nous jugera en ce que, en droit, nous sommes dignes d'être à Lui et dignes de la part du Saint béni soit-Il ; car puisque Israël peut prendre sur lui toutes sortes d'endurance et toutes sortes de services, au point d'accepter sur soi la faute même, tandis que les nations ne peuvent supporter aucune endurance et ne veulent pas aller dans le service, il en ressort clairement qu'Israël est digne de la part du Saint béni soit-Il, etc. ; puisque Israël, jusqu'où sa main atteint, va dans le service, et l'endroit qu'il n'a pas la force de trier, le Nom le triera. Il en va autrement des nations, qui ne veulent aller dans aucun service de leur côté, etc.
Et parce qu'elles s'appuient seulement sur cette robustesse de la sainteté des Patriarches, elles seront entièrement annulées ; car Israël se trie lui-même jusqu'où sa main atteint, et pour le reste il peut s'appuyer sur cette robustesse, mais elles, qui ne veulent pas commencer même un peu, de leur côté, à se trier elles-mêmes, sur cela le Nom dit : 'et nul ne sauve de Ma main', qu'elles seront entièrement annulées. Voir Mei HaShiloah t.
I, parachat Bechalah, s.v. 'sous' ; Tiferet Yossef, Simhat Torah, s.v. 've-yomar Hachem mi-Sinaï'.] Aussi tout homme peut-il explorer à la suite de ce que voient ses yeux et du désir de son cœur, sans nulle appréhension ni crainte de sortir hors de sa limite. Et telle est leur voie depuis toujours et pour toujours : se dresser à eux-mêmes quelque idole redoutée (dahala), afin qu'à chaque fois qu'il passe devant elle et s'en souvient il soit saisi de crainte ; et cette idole fait rayonner en eux une crainte sans discernement (yira chelo mi-daat), afin qu'ils puissent par ce moyen s'étendre selon tout le désir de leur âme, s'appuyant sur cette crainte que l'idole fait rayonner en eux de façon permanente.
Et cette idole redoutée est appelée 'dieu de métal fondu' (elohei masecha), une crainte grossière et sans discernement, comme une chose figée, au sujet de laquelle le Nom a ordonné : 'tu ne te feras pas de dieu de métal fondu' (Chemot 34,17). [Note 151 : dans un sens semblable, Tiferet Yossef, parachat Emor, s.v. 'ou-le-ahoto', explique : les nations s'étendent dans les désirs de ce monde sans nul frein ; et bien qu'on trouve parfois chez elles une teinte (gaven) de service, ce qui indiquerait que, sur cette teinte, on s'écarte des désirs de ce monde, tout cela n'a pour but que le dévergondage et la sauvagerie, afin de pouvoir par là s'étendre davantage.
Voir encore plus haut, dans cette parachah, ot 3, s.v. 've-ze hou de-ita', et ot 11, s.v. 've-ze hou midat Avraham avinou.] Et c'est aussi l'affaire de la génération de la Dispersion (dor ha-palaga), lorsqu'ils bâtirent la tour au pays de Chinar, là où 'furent secoués' (na'aru) les morts du Déluge ; c'est pourquoi ils dirent que ce lieu est instruit et accoutumé à la crainte, propre à faire rayonner en l'homme une crainte permanente sans discernement, afin que l'homme ne s'étende pas au point de nuire aussi à son prochain. Car parce que la génération du Déluge s'était étendue à l'excès, au point que nul ne laissait de place à son prochain, remplissant la terre de vol et de violence (gazel ve-hamas), ils furent emportés et effacés du monde.
Et depuis lors s'est fixée, au lieu où furent secoués les morts du Déluge, une crainte permanente, pour que l'homme ne s'étende plus d'une telle extension ; et ils devinrent 'd'une seule langue et de paroles unies' (Berechit 11,1) par inclusion mutuelle de l'un dans l'autre, chacun laissant place à son prochain, et par là ils eurent une puissante assurance qu'ils pourraient désormais s'étendre selon le désir de leur âme, confiants que cette expansion est pleine de crainte puisqu'elle est en inclusion (be-hitkallelut). [Note 152 : le développement de ce sujet est exposé plus haut, parachat Noah, ot 52, 53.
Voir encore cette parachah, ot 3, s.v. 've-ze hou de-ita'.] Et c'est ce qui est rapporté dans le Midrach (Rabba, Noah 38) : ils dirent 'venons et faisons-Lui la guerre' ; c'est qu'ils ne voulaient pas du service pour se sanctifier eux-mêmes en bas. Et pour cela les nations sont appelées 'destructrices de la cité' (mahrivei karta), car elles s'opposent à la volonté de Celui qui a dit et le monde fut, qui a créé la forme de l'homme (tsourat adam) dans le monde, distinguée par sa sagesse et son intelligence des bêtes de la terre et des oiseaux du ciel, pour accomplir son œuvre avec discernement et calcul, choisir le bien et rejeter le mal ; il ressort de là que le Nom désire le service que l'homme accomplit à l'heure où lui est prodigué l'afflux venu du Nom ; or, selon l'avis des nations, la création de la forme de l'homme est superflue, car pourquoi l'homme aurait-il connaissance et sagesse plus que toutes les créatures s'il ne s'en sert pas ; et pour cela c'est la stricte mesure du droit (chourat ha-din) que les opposants à la Création soient effacés du monde.
Tandis que le peuple choisi par le Nom, qui vise la volonté du Nom, lequel a créé la forme de l'homme avec le libre choix (behira), la permission (rechout) étant remise en sa main, et qui se restreint dans son service, le service de Dieu, pour accomplir ses actes avec discernement et calcul selon la volonté du Nom qui a établi la Création sur ce dessein, pour cela ils hériteront au double (michneh), subsistant dans ce monde-ci et dans le monde à venir. Et c'est ce qu'a dit Abraham notre père (que la paix soit sur lui) lors de sa descente en Égypte parmi les nations : 'et ils me tueront et te laisseront vivre' (Berechit 12,12) ; c'est que le masculin (zakhar) indique le service que l'homme accomplit avec discernement et calcul pour ne pas aller par des sentiers tortueux, et cela les nations ne l'agréeront pas ; mais 'toi elles te feront vivre', car le féminin (noukva) indique la crainte sans discernement, et cela elles le veulent.
[Note 153 : dans un sens semblable, il est expliqué dans Likoutei Torah de notre maître le Ari (que sa mémoire soit bénie), parachat Lekh, s.v. 'va-yehi ka-acher hikriv' : 'voici donc' etc., les forces extérieures (hitsonim) désirent la saisir, car elles sont des racines des guevourot, et elles voudront aussi se saisir de moi, c'est-à-dire des hassadim ; 'dis donc que tu es ma sœur', et après qu'elles se seront saisies de toi, c'est comme si elles s'étaient saisies de moi, et elles me lâcheront ; et c'est : 'et mon âme vivra grâce à toi' (Berechit 12,13).]
Ce passage poursuit le décret de Pharaon : noyer les mâles, en qui est la crainte avec conscience, et laisser vivre les femelles, dont la sainteté est fixe sans conscience. Avraham, s’approchant de l’Égypte, dit à Sara : « ils me tueront » (Berechit 12,12), car les Égyptiens veulent l’opposé du secret du masculin et la laisseraient vivre de toute leur force. Le Beit Yaakov entend « Dis, je te prie, que tu es ma sœur » (Berechit 12,13) comme une prière : que la sainteté acquise sous l’aspect « femme », qu’on peut perdre, se fixe sous l’aspect « sœur ». « Et mon âme vivra grâce à toi » : dans cette inclusion, la sainteté n’a aucun déploiement ; il ne le veut que pour les jours d’Égypte.
Aussi : le Midrach de Yossef livré à lui-même en Égypte, Hachem avec lui ; après la sortie, il poste au loin la sainteté « sœur » et se renforce dans le service ; le Zohar : il vit la Che’hina avec elle
וזה הוא ג"כ גזירתו של פרעה שגזר על ישראל (שמות א׳:כ״ב) כל הבן הילוד היארה תשליכהו וכל הבת תחיון, והוא כי זאת יודעים כל האומות ששורש ויסוד העולם המה ישראל, ושפעת השי"ת נשפע לישראל תחלה, והם נוטלים מהתמצית מיד ישראל אבל לא מהשי"תקנדנתבאר במי השלוח ח"א פרשת האזינו ד"ה בהנחל: יצב גבולות עמים היינו מאין נמצא הקיום של האומות בעולם, הוא למספר בני ישראל היינו מההשפעות והחיים שנשפע לישראל משם נוטלים האומות הפסולת של ישראל ומהם יכולים להתקיים בעולם, כי חלק ה' עמו יעקב חבל נחלתו וישראל הם העיקר., וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קנב:) ובגיניהון דישראל יהיב מזונא ושבעא לכל עלמא ואלמלא ישראל לא יהיב קב"ה מזונא לעלמא, לזה לא גזר לכלות כל ישראל ח"ו, כי אז מהיכן היה להם הויה בעולם, אם אין ישראל אין כלום, כדאיתא בש"ס (ע"ז י:) כשם שאי אפשר לעולם בלא רוחות כך אי אפשר לעולם בלא ישראל.
והוא כי יסוד בנין העולם הוא מדת היראה, שהברואים יצמצמו את עצמם בכל פעולותיהן, שלא יעשו רק מה שיתגדל ויתקדש שמו יתברך על ידם, והחיל אשר נגע יראת ה' בלבם מי הם הלא ישראל, וכדכתיב בהו (עקב י) ועתה ישראל מה ה' א-להיך שואל מעמך כי אם ליראה וגו'. אכן באחת יבערו ויכסלו האומות, שהם אומרים שבאמת עיקר המכוון מבריאת העולם הם האומות, וכל הבריאה מישראל לא היה רק בכדי שעל ידם יהיה קיום והויה והשפעת חסדי ה' לאומות, נמצא שישראל טפלים להם, וכדאיתא בתנחומא (וארא) שחכמי פרעה אמרו לפרעה שמענו שבן חכמים הוא בן מלכי קדם, אמר להם הקב"ה לעצמכם קראתם חכמים ולי בן חכמים.
והענין בזה הוא, שבאמת עיקר כוונת השי"ת בבריאת העולם היה על ישראלקנהכפי שביאר במי השלוח ח"ב פרשת האזינו ד"ה כי חלק: כי חלק ה' עמו יעקב חבל נחלתו וכו'.
צורתא דשמעתתא של שירת האזינו הוא הפסוק הזה שמורה שכונת הקב"ה בבריאת עולם היה רק עבור בני ישראל שהם חלקו וחבל נחלתו וישראל ימליכו את השי"ת בכל לב ונפש., והאומות אומרים שכל בריאת ישראל לא היה רק בשבילם. והעולה על רוחם הוא שאין צורך למדת היראה כ"כ, ודי לאדם אם יזרח בו יראה שלא מדעת ומה שלבבו יחשוק ועיניו יראו יעשה כחפץ לבו ואות נפשו, יתפשט את עצמו בתענוגי עוה"ז, ועל היראה שלא מדעת יִשָענו.
וישראל הם ההיפך מזה, שהם אומרים שהעיקר הוא יראת ה' והוא אוצרו, וכל הטובות עוה"ז הם טפלים ליראה, ונבראו בעולם רק בכדי שיהיה אחיזה להיראה שלא תתבטלקנועיין מי השלוח ח"א פרשת צו ד"ה והרים.. וכל הימים שחי האדם על פני האדמה יעבוד עבודת ה' בדעת וחשבון לדעת כי ה' מקדשם.
וזה הוא כח קדושת הזכרים מישראל, שעיקר מדת היראה והצמצום הוא בהם, שיש להם יראה במוח והתחדשות קדושה בכל זמן, שכן הוא מחוייב במצות עשה שהזמן גרמא, ובזה העכו"ם לא יחפצו, לכן גזרו להטביע את הזכרים ואת הנקבות להחיות, כי קדושת הנוקבא הוא רק מה שיש בה מהתולדה, ומצדה אין לה דעת רק מה שהדכר משפיע בה יראה בקביעות שלא מדעת, ואין לה שום התחדשות, שכן היא פטורה ממצות עשה שהזמן גרמא וכדאיתא בש"ס (קדושין כט.). וכל מה שהזכרים של ישראל יקנו קדושה ע"י עבודה, יכנס להנקבות של ישראל קדושה קבועה שלא מדעת, וכדאיתא במס' (ע"ז כז) איתתא כמאן דמהילא דמיא, היינו שבאשה נקבע הקדושה שלא מדעת.
וביראה הבאה לאדם בקביעות שלא מדעת יבחרו ויחפצו גם הם, לכן צוו להחיות הנקבות של ישראל, בכדי שיתקיים העולם על ידם, כי אם אין ישראל בעולם אין לעולם שום הויה וקיום, ולקיום העולם די בקדושת הנקבות של ישראל שקדושתם הוא שלא מדעת, ועל הסמך מקדושת הנקבות של ישראל שתזרח בהמצרים ישענו להתפשט בכל חפץ לבם בשטף זדון:
Et telle est aussi la teneur du décret de Pharaon qui décréta sur Israël (Exode 1,22) : 'Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve, et toute fille, laissez-la vivre.' Car voici ce que savent toutes les nations : que la racine et le fondement du monde, c'est Israël, et que l'effluve (chefa) du Nom béni soit-Il se déverse d'abord sur Israël ; elles prennent du résidu (temtsit) de la main d'Israël, mais non du Nom béni soit-Il (note 154 : cela est expliqué dans le Mei HaChiloah, 1re partie, parachat Haazinou, s.v. 'behanhel' : 'Il fixa les frontières des peuples' (Deut 32,8) signifie : d'où provient la subsistance des nations dans le monde ; 'selon le nombre des enfants d'Israël', c'est-à-dire des influences et de la vie qui se déversent sur Israël ; de là les nations prennent le déchet (pesolet) d'Israël, et par lui elles peuvent subsister dans le monde, car 'la part de Hachem est Son peuple, Yaakov le lot de Son héritage', et Israël est l'essentiel). Et comme il est dit dans le Zohar (Terouma 152b) : 'et c'est grâce à Israël qu'Il donne nourriture et satiété au monde entier, et n'était Israël, le Saint béni soit-Il ne donnerait pas de nourriture au monde.' C'est pourquoi il ne décréta pas d'anéantir tout Israël, à Dieu ne plaise, car alors d'où auraient-elles une existence dans le monde ; s'il n'y a pas d'Israël, il n'y a rien, comme il est dit dans le Talmud (Avoda Zara 10b) : 'De même qu'il est impossible au monde d'être sans vents, de même il est impossible au monde d'être sans Israël.' Et cela, parce que le fondement de l'édifice du monde est la mesure de la crainte (yira), à savoir que les créatures se contractent (se limitent) dans toutes leurs actions, et ne font que ce qui grandit et sanctifie Son Nom béni soit-Il par leur intermédiaire.
Et la troupe dont le cœur a été touché par la crainte de Hachem, qui est-elle ? N'est-ce pas Israël, comme il est écrit à leur sujet (Ekev, Deut 10,12) : 'Et maintenant, Israël, qu'est-ce que Hachem ton Dieu demande de toi, sinon de craindre...' etc.
Cependant, en une chose les nations s'abrutissent et deviennent sottes : elles disent qu'en vérité l'intention essentielle de la création du monde, ce sont les nations, et que toute la création d'Israël n'a eu lieu que pour que par lui il y ait subsistance, existence et effusion des bontés de Hachem sur les nations ; il en résulterait qu'Israël leur serait subordonné (tafel). Comme il est dit dans le Tan'houma (Vaera) : les sages de Pharaon dirent à Pharaon : 'Nous avons entendu qu'il est fils de sages, fils des rois d'antan.' Le Saint béni soit-Il leur dit : 'Vous-mêmes, vous vous êtes appelés sages, et Moi, vous m'avez appelé fils de sages.' Et le sens de cela : en vérité, l'intention essentielle du Nom béni soit-Il dans la création du monde était pour Israël (note 155 : comme il l'a expliqué dans le Mei HaChiloah, 2e partie, parachat Haazinou, s.v. 'ki helek' : 'car la part de Hachem est Son peuple, Yaakov le lot de Son héritage' etc.
La forme même de l'enseignement (tsourta dichmaata) du Cantique de Haazinou est ce verset, qui indique que l'intention du Saint béni soit-Il dans la création du monde n'était que pour les enfants d'Israël, qui sont Sa part et le lot de Son héritage, et qu'Israël intronise le Nom béni soit-Il de tout cœur et de toute âme). Or les nations disent que toute la création d'Israël n'a eu lieu que pour elles.
Et ce qui leur monte à l'esprit, c'est qu'il n'y a pas tellement besoin de la mesure de la crainte, et qu'il suffit à l'homme qu'une crainte brille en lui sans conscience (chelo mi-daat), tandis que ce que son cœur convoite et ce que ses yeux voient, il le fait selon le désir de son cœur et l'envie de son âme, se répandant dans les plaisirs de ce monde, et s'appuyant sur la crainte sans conscience. Et Israël est l'opposé de cela : il dit que l'essentiel est la crainte de Hachem, qui est son trésor, et que tous les biens de ce monde sont subordonnés à la crainte, et qu'ils n'ont été créés dans le monde que pour donner prise à la crainte, afin qu'elle ne s'annule pas (note 156 : voir Mei HaChiloah, 1re partie, parachat Tsav, s.v. 'veherim').
Et tous les jours que l'homme vit sur la face de la terre, qu'il accomplisse le service de Hachem avec conscience (daat) et calcul, pour savoir que Hachem les sanctifie. Et telle est la force de la sainteté des mâles d'Israël : c'est en eux qu'est l'essentiel de la mesure de la crainte et de la contraction (tsimtsoum), car ils ont la crainte dans l'esprit et un renouvellement de sainteté à chaque instant, puisqu'il est astreint aux commandements positifs liés au temps (mitsvot asse chehazman grama).
Et de cela les idolâtres ne veulent pas ; c'est pourquoi ils décrétèrent de noyer les mâles et de laisser vivre les femelles. Car la sainteté de la Noukva (le féminin) n'est que ce qui est en elle par nature (toldot), et de son propre côté elle n'a pas de conscience, seulement ce que le mâle (dakhar) fait affluer en elle : une crainte permanente sans conscience, et elle n'a aucun renouvellement, puisqu'elle est dispensée des commandements positifs liés au temps, comme il est dit dans le Talmud (Kidouchin 29a).
Et tout ce que les mâles d'Israël acquièrent comme sainteté par le service (avoda), entre chez les femelles d'Israël comme une sainteté fixe sans conscience, comme il est dit dans le traité (Avoda Zara 27a) : 'la femme est considérée comme déjà circoncise', c'est-à-dire que chez la femme la sainteté est fixée sans conscience. Et la crainte qui vient à l'homme de façon permanente, sans conscience, elles aussi la choisissent et la désirent ; c'est pourquoi ils ordonnèrent de laisser vivre les femelles d'Israël, afin que le monde subsiste par elles, car s'il n'y a pas d'Israël dans le monde, le monde n'a aucune existence ni subsistance, et pour la subsistance du monde la sainteté des femelles d'Israël suffit, dont la sainteté est sans conscience ; et sur l'appui de la sainteté des femelles d'Israël qui brillera chez les Égyptiens, ils comptent pour se répandre selon tout le désir de leur cœur dans un flot d'iniquité (chetef zadon).
וזה הוא ג"כ ענין אברהם אבינו ע"ה, כאשר ירד מצרימה מקום התגברות ההסתרה, שבמקום כזה צריך האדם לגודל התגברות לחזק את עצמו לעמוד בקדושתו ולבקוע את ההסתר, מה שאין כן אם יושב האדם בביתו ובארצו שאין שם התגברות ההסתרה כ"כ, ממילא די לו בקדושה שתדירה אצלו. ובפרט אאע"ה שישב ודר עד עתה בארץ ישראל, ארץ שה' דורש אותה תמיד, היה די לו בקדושה שהיה רגיל בה עד עתה, אכן כאשר הכין דרכו לנסוע מצרימה לא היה די לו הקדושה שקנה לעצמו בארץ ישראל.
וכענין דאיתא במדרש (מקץ פו) ויהי ה' את יוסף הא עם שאר השבטים לא, א"ר יודן משל לבהמיי שהיו לפניו י"ב בהמות טעונות יין נכנסה אחת מהם לחנותו של עכו"ם הניח הי"א והלך לו אחריה. אמרו לו מה אתה מניח הי"א והולך לו אחר האחת.
אמר להם אלו ברשות הרבים הן ואיני חושש עליהן שמא יעשו נסך. כך אלו ברשות אביהם הן וגדולים הם, אבל זה שהוא קטן וברשות עצמו, לפיכך ויהי ה' את יוסף.
ואז אמר אבינו אברהם לשרה אשתו כאשר הקריב לבא מצרימה, והיה כי יראו אותך המצרים וגו' והרגו אותי, כי חלקו של אאע"ה בקודש היה לדעת כי אני ה' מקדשכם (תשא לא) וצאצאיו הבאים אחריו יאחזו וילפתו ארחות דרכו שלא לעשות דבר אם לא יצמח ממנה כבוד שמים, ומצמצמים את עצמם בעבודה אשר יעבדו להכיר על ידה שנמצא בורא בעולם ומושל בכל ומנהג כרצונו, ושלא להשען ולבטוח על קדושה הקבוע בהם מאבותיהם הקדושים. והמצרים לא יאבו בזה לצמצם את עצמם שלא לעשות מזמת לבם, אך עושים כל מזמת לבם על בטחונם שקדושה קבוע בהם מהתולדהקנזמבואר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה בסוכות [ב]:
עיקר עבודה אצל ישראל הוא כמו שכתיב (שמות ל״א:י״ג) לדעת כי אני ד' מקדישכם. והיינו שהעבודה אצל ישראל הוא שרוצה לדעת ולהכיר בתפיסתו את אור רצונו ית'.
שאני אצל האומות שאף שנמצא לפעמים אצלם עבודה אבל הוא רק על הגוון, ורצונם תמיד להסתיר את אור השורש שבל יכירו בתפיסתם רצונו ית'.. לכן נתיירא אאע"ה פן יהרגו אותו, מפני שהם רוצים ההיפך מרזא דדכורא, ואותה יחיו בכל עוז.
לא זה שלא יהרגו אותה, שהיא אינה מתנגדת להם, שכן נוקבא מרמז על קדושה קבועה שלא מדעת, אך אף זה שיחיו אותה בכל עוז, בכדי שע"ז הסמך שנמצא בה יראה בקביעות ברזא דנוקבא של ישראל ויעשו כל מזמת לבם בשטף זדון. לכן אמר, אמרי נא אחותי את למען ייטב לי בעבורך, היינו שבזו הקדושה ירצו גם הם, שלא יצרך האדם מצדו שום צמצום לזו הקדושה.
ובהקדושה שהיה באברהם שקנה לעצמו שהוא בבחינת אשה לא בטח עוד לכנוס למצרים, כי הקדושה שבאה לאדם ע"י קניניו יוכל להפסידה ח"ו שעולה ויורדת עמוקנחכמו שנתבאר במי השלוח ח"א פרשת וילך ד"ה לא אוכל: הנה כל זמן שלא נשלם האדם יוכל עוד להשיג ולהגיע למעלות, אך יוכל ג"כ ח"ו לאבד מה שהשיג מקודם.
ובתפארת יוסף פ' במדבר ד"ה איש על דגלו: אצל ישראל כתיב (זכריה ג׳:ז׳) ונתתי לך מהלכים בין העומדים האלה, שישראל נקרא מהלך שיכול לילך ממדרגה למדרגה ואין לו שום סדר ויכול להרויח בעבודתו, אמת הוא שיכול להפסיד ג"כ חלילה אבל יכול להרויח ג"כ., וכמו הקורבה שבא לאדם ע"י אישות יוכל להפסידה.
וכן נמצאים הסתרות בעולם שלא יוכל האדם לעמוד בהם בקדושה שברזא דאשה, אכן בקדושה הקבועה בו מאבותינו הקדושים. ואאע"ה היה ראשון לאבות, ולא היה עוד קדושת אבות אז, כי הוא חפר את הבאר הזאת ומצא, ואבותיו שקדמו לו לא הנחילוהו קדושה מצדם, לכן אמר לשרה שתאמרי נא אחותי את, והוא שהתפלל להשי"ת שהקדושה שקנה ביגיעו יקבעה השי"ת בו בקביעות בבחינת אחות שלא תפסד מן האדם, וכגוונא דקדושת אבות שנמצא בכל איש ישראל בקביעותקנטובבית יעקב הכולל פרשת לך ד"ה אמרי הוסיף בזה:
כי אשה הינו עזר מצד השי"ת הניתן לאדם. והנה אשה היא אהבת הכרה, ואחות היא אהבת התולדה.
והנה קודם מצות מילה הוצרך אברהם בכל דבר להשתדל, ועדיין לא נטבע בו הקדושה, שיהיה נקבע בו אף בלי דעתו. אך אחר שנימול נטבע בו הקדושה אף שלא מדעתו.
ואנו ירשנו זאת הקדושה שנשארת בנו לעולמים.. וכדאיתא בזוה"ק (לך פא:) אמרי נא אחותי את וכו' דחמא עמה שכינתא ובגין כך אתרחיץ אברהם ואמר אחותי היא וכו' כדכתיב אמור לחכמה אחותי את.
והוא שהקדושה שברזא דאשה תקבע בו ברזא דאחות כקדושה הקבוע מהתולדה, קדושת ה' בלבד בלי שום התערבות מצד האדם, וזו הקדושה הוא ברזא דאהבה ולא יראה. וחיתה נפשי בגללך, הענין בזה, כי בהתכללות קדושה שבבחינת אשה בהקדושה שבבחינת אחות, אזי לא נראתה הקדושה ואין לה שום התפשטות כלל, לזה אמר וחיתה נפשי, והוא שעכ"פ להנפש יהיה הויה בזו הקדושה כל ימי היותו בארץ מצרים, כי במקום שאין ברירה שם יוכל האדם לסמוך על הקדושה שקבוע וקיימא בו מהתולדה בלי עבודה מצדו.
ובזה רצה אאע"ה אך בימי היותו במצרים, אבל אחר שיצא משם התנהג כמקודם, שהקדושה שהיתה לו בבחינת אחות העמידה מרחוק להגן, והוא מצדו התחזק בעבודת ה' להתפשט כבוד שמים על כל הקניניםקסעיין הרחבת העניין בתפארת החנוכי על זוהר פרשת לך דף פב. ד"ה וזה שנרמז.:
Et telle est aussi la teneur d'Abraham notre père, paix sur lui : lorsqu'il descendit en Égypte, lieu de l'intensification de l'occultation (hastara) - car en un tel lieu l'homme a besoin d'un grand surcroît d'effort pour se renforcer, tenir dans sa sainteté et fendre l'occultation - tandis que si l'homme demeure dans sa maison et dans son pays, où il n'y a pas une telle intensification de l'occultation, alors la sainteté qui lui est habituelle lui suffit. Et en particulier Abraham notre père, qui jusqu'à présent avait demeuré et habité en terre d'Israël, terre que Hachem recherche continuellement : la sainteté à laquelle il était accoutumé jusqu'à présent lui suffisait.
Mais lorsqu'il prépara son chemin pour voyager en Égypte, la sainteté qu'il avait acquise pour lui-même en terre d'Israël ne lui suffit plus. Et c'est comme ce qui est dit dans le Midrach (Miketz 86) : 'Et Hachem était avec Joseph' (Gen 39,2) - mais avec les autres tribus, non ?
Rabbi Youdan dit : une parabole avec un conducteur de bêtes qui avait devant lui douze bêtes chargées de vin ; l'une d'elles entra dans la boutique d'un idolâtre ; il laissa les onze et alla derrière elle. On lui dit : pourquoi laisses-tu les onze et vas-tu derrière l'unique ?
Il leur dit : celles-ci sont dans le domaine public et je ne crains pas à leur sujet qu'on en fasse du vin de libation (nessekh). De même, celles-ci sont dans le domaine de leur père et sont adultes, mais celui-ci qui est jeune et livré à lui-même, c'est pourquoi 'Et Hachem était avec Joseph.' Et alors notre père Abraham dit à Sara sa femme, comme il s'approchait d'entrer en Égypte : 'Et il arrivera que, lorsque les Égyptiens te verront... ils me tueront' (Gen 12,12).
Car la part d'Abraham notre père dans la sainteté était 'de savoir que Je suis Hachem qui vous sanctifie' (Ki Tissa, Ex 31,13), et ses descendants qui viennent après lui saisissent et s'attachent aux voies de son chemin, pour ne rien faire sinon ce dont germe la gloire du Ciel, et ils se contractent dans le service qu'ils accomplissent, afin de reconnaître par lui qu'il y a un Créateur dans le monde, qui domine sur tout et conduit selon Sa volonté, et pour ne pas s'appuyer et se fier sur la sainteté fixée en eux par leurs saints pères. Or les Égyptiens ne consentent pas en cela à se contracter pour ne pas accomplir le dessein de leur cœur ; ils accomplissent au contraire tout le dessein de leur cœur, dans leur assurance qu'une sainteté est fixée en eux par nature (note 157 : comme il est expliqué dans le Tiferet Yossef, fête de Souccot, s.v. 'besouccot [2]' : l'essentiel du service chez Israël est comme il est écrit (Ex 31,13) 'pour savoir que Je suis Hachem qui vous sanctifie', à savoir que le service chez Israël consiste à vouloir savoir et reconnaître, dans sa saisie, la lumière de Sa volonté bénie.
Il en va autrement chez les nations : bien qu'on trouve parfois chez elles un service, il n'est que superficiel (al hagavan), et leur volonté est toujours d'occulter la lumière de la racine, afin de ne pas reconnaître dans leur saisie Sa volonté bénie). C'est pourquoi Abraham notre père craignit qu'ils ne le tuent, parce qu'ils veulent l'opposé du secret du masculin (raza dedekhoura), tandis qu'elle, ils la laisseraient vivre de toute leur force.
Non seulement ils ne la tueraient pas, puisqu'elle ne s'oppose pas à eux, car la Noukva fait allusion à une sainteté fixe sans conscience, mais bien plus : ils la laisseraient vivre de toute leur force, afin que, sur cet appui - qu'il se trouve en elle une crainte permanente dans le secret de la Noukva d'Israël - ils accomplissent tout le dessein de leur cœur dans un flot d'iniquité. C'est pourquoi il dit : 'Dis, je te prie, que tu es ma sœur, afin qu'il me soit fait du bien grâce à toi' (Gen 12,13), c'est-à-dire que cette sainteté, eux aussi la désirent, sainteté pour laquelle l'homme n'a besoin, de son côté, d'aucune contraction.
Et dans la sainteté qui était en Abraham, qu'il avait acquise pour lui-même, laquelle relève de l'aspect 'femme' (icha), il ne se fiait pas encore pour entrer en Égypte, car la sainteté qui vient à l'homme par ses acquisitions, il peut la perdre, à Dieu ne plaise, car elle monte et descend avec lui (note 158 : comme il est expliqué dans le Mei HaChiloah, 1re partie, parachat Vayelekh, s.v. 'lo oukhal' : voici, tant que l'homme n'est pas achevé, il peut encore atteindre et parvenir à des degrés, mais il peut aussi, à Dieu ne plaise, perdre ce qu'il a atteint auparavant. Et dans le Tiferet Yossef, parachat Bamidbar, s.v. 'ich al diglo' : au sujet d'Israël il est écrit (Zacharie 3,7) 'et Je te donnerai des allées parmi ceux qui se tiennent ici', car Israël est appelé 'marcheur' (mehalekh), qui peut aller de degré en degré, n'a aucun ordre fixe et peut gagner dans son service ; il est vrai qu'il peut aussi perdre, à Dieu ne plaise, mais il peut aussi gagner).
Et de même que la proximité qui vient à l'homme par le mariage, il peut la perdre. Et de même il se trouve dans le monde des occultations dans lesquelles l'homme ne peut tenir avec la sainteté qui relève du secret de 'femme', mais seulement avec la sainteté fixée en lui par nos saints pères.
Or Abraham notre père fut le premier des patriarches, et il n'y avait pas encore alors de sainteté des patriarches, car c'est lui qui creusa ce puits et trouva, et ses ancêtres qui l'avaient précédé ne lui léguèrent aucune sainteté de leur côté. C'est pourquoi il dit à Sara de dire 'je te prie, tu es ma sœur' : il pria le Nom béni soit-Il pour que la sainteté qu'il avait acquise par son labeur, le Nom béni soit-Il la fixe en lui de façon permanente sous l'aspect 'sœur' (ahot), afin qu'elle ne se perde pas de l'homme, à la manière de la sainteté des patriarches qui se trouve en tout homme d'Israël de façon permanente (note 159 : et dans le Beit Yaakov général, parachat Lekh, s.v. 'imri', il a ajouté à ce sujet : car 'femme' (icha) est une aide du côté du Nom béni soit-Il donnée à l'homme.
Or 'femme' est un amour de reconnaissance (ahavat hakara), et 'sœur' (ahot) est un amour de filiation (ahavat hatolada). Et voici, avant le commandement de la circoncision, Abraham devait s'efforcer en toute chose, et la sainteté n'était pas encore imprimée en lui de manière à être fixée en lui même sans sa conscience ; mais après qu'il fut circoncis, la sainteté fut imprimée en lui même sans sa conscience, et nous avons hérité de cette sainteté qui demeure en nous pour toujours).
Et comme il est dit dans le Zohar (Lekh 81b) : 'Dis, je te prie, que tu es ma sœur' etc. - car il vit la Chekhina avec elle, et pour cette raison Abraham se fia et dit 'elle est ma sœur' etc., comme il est écrit 'Dis à la sagesse : tu es ma sœur' (Prov 7,4). Et cela signifie que la sainteté relevant du secret de 'femme' se fixerait en lui dans le secret de 'sœur', comme la sainteté fixée par nature : la sainteté de Hachem seule, sans aucun mélange du côté de l'homme ; et cette sainteté relève du secret de l'amour (ahava) et non de la crainte. 'Et mon âme vivra grâce à toi' - le sens en est que, dans l'inclusion (hitkalelout) de la sainteté de l'aspect 'femme' dans la sainteté de l'aspect 'sœur', la sainteté n'apparaît plus et n'a aucun déploiement du tout ; c'est pourquoi il dit 'et mon âme vivra', à savoir qu'à tout le moins l'âme aura une existence dans cette sainteté tous les jours de son séjour au pays d'Égypte, car en un lieu où il n'y a pas de choix, l'homme peut s'appuyer là sur la sainteté fixée et établie en lui par nature, sans service de son côté.
Et cela, Abraham notre père ne le voulut que durant les jours de son séjour en Égypte ; mais après qu'il en fut sorti, il se conduisit comme auparavant : la sainteté qu'il avait sous l'aspect 'sœur', il la posta au loin pour protéger, et lui, de son côté, se renforça dans le service de Hachem pour déployer la gloire du Ciel sur toutes les acquisitions (note 160 : voir le développement du sujet dans le Tiferet HaHanoukhi sur le Zohar, parachat Lekh, page 82a, s.v. 'vezeh chenirmaz').
« Et Lot aussi avait des tentes » (Berechit 13,5) : les tentes ne sont écrites que chez Lot. Le Beit Yaakov enseigne qu'Avraham sauve Lot parce que de lui sortiront les braises mauvaises de Jérusalem : la lumière est d'Avraham, les réceptacles de Lot. Tant qu'ils sont chez Lot, aucune lumière n'y est ; inclus en Avraham, ils s'emplissent, et Lot n'y a aucune part. De là naissent Ruth et Naama, d'où David, l'élu trouvé à Sodome. La promesse « Lève tes yeux » était prête dès la sortie d'Égypte, mais s'attarde tant que Lot, dont les biens touchent à l'Égypte, n'est pas séparé.
Aussi : le nord est le bien caché pour le monde à venir, le sud le service qui y mène ; l'orient précède l'occident, bien non encore acquis.
וגם ללוט ההולך את אברם היה צאן ובקר ואהלים. הענין שבאברהם לא כתיב אהלים רק בלוט כתיב אהלים.
דהנה מה שהלך אאע"ה להציל את לוט שנולדו ממנו שבבי בישי דירושלים, כדאיתא בש"ס (סנהדרין צו:) עמון ומואב שבבי בישי דירושלים הוא, כי שורש האור הוא אברהם אבינו, אכן הכלים הוצרך להוציא מלוט, ואצל לוט לא היו להכלים שום חשיבות, כענין דאיתא בזוה"ק (לך עח:) וימנע מרשעים אורם, מרשעים דא תרח אורם דא אברהם. והוא שלא היה לתרח מצדו שום חלק בהאור שהיה באאע"הקסאכמו שנתבאר במי השלוח ח"א פרשת נח ד"ה בעשרה, וכמבואר בתפארת החנוכי על זהר פ' לך (עח:) ד"ה דבר אחר:
שאף כי תרח נראה שהוא הצנור שדרכו עבר אברהם, ושורש אברהם היה נמצא בו, מ"מ לא נחשב אברהם לבן תרח, שבמקום הזה הבדיל הש"י בין אברהם לדורות הקודמים, ואין לתרח שום חלק ויחס בקדושת אברהם. והוא, כי כל מה שיגיע להאדם הוא רק במקום שיש לו השגה ועובד את הש"י, זה הוא חלקו.
אבל במקום שאינו משיג ואינו עובד את הש"י בזה, כל מעשיו אף שנצמח מהם כבוד שמים, אבל אם אינו בעבודתו בבחירה ודעת, אינו נקרא על שמו. וזהו וימנע מרשעים אורם, שהאור שנטמן אף בשרשם נעלם מהם ואין להם שום קנין בו.
וכן מבואר בתפארת יוסף פרשת זכור ד"ה זכור: כדאיתא בזוה"ק (לך עח:) וימנע מרשעים אורם (איוב ל״ח:ט״ו) וימנע מרשעים דא תרח ובני ביתיה אורם דא אברהם וכו'.
והיינו כמו שביאר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, דהנה באמת לא שייך לומר שיש לתרח שום התיחסות לאברהם אבינו, מאחר שהיה ממש היפך ממנו, ולזה לא שייך לומר שתרח הוא הצינור שדרך עליו עבר אברהם אבינו, ורק אין לו שום חלק באור של אברהם אבינו, מאחר שעשה היפך ממש מאאע"ה. וזה, וימנע מרשעים, אורם דא אברהם, שתרח אין לו שום חלק באור של אברהם אבינו, ורק אברהם נחשב לבריה חדשה..
וכן היה בלוט, שבהיות הכלים אצלו לא היה בהם שום אור, אכן כשנתכללו הכלים באאע"ה הכניס בהם אור, אבל ללוט לא היה שום חלק בזה האור מצדו רק הכל מצד אברהם. כמו שמעט שמן הדולק יועיל להדליק ממנו כמה נרות, אבל מי שאין לו נר דולק ממה ידלק.
והסיבה שהוצרך להציל את לוט הוא, יען כי אורו של אברהם כמו שהוא בלי התפשטות זה היה אף בעולם העליון, ומה חידש בבואו בזה העולם. משמע מזה שרצון השי"ת הוא שיתפשט אורו בזה העולם, מאי משמע, שאף בהכלים הנראים היפך מטובה אף אותם מילא טוב ורצון השי"ת, שכן נולדו אח"כ מלוט רות המואביה ונעמה העמונית, שיצא מהם המלך דוד נעים זמירות ישראל, שהיה לו התכללות מכל הקדושת אבות וקדושת כל ישראלקסבכדאיתא בשער הפסוקים לרבנו האריז"ל פרשת לך סימן יד ד"ה ויקחו:
כי לוט היא הקליפה וכו'. והנה בתוך קליפות לוט נתערבו ב' פרידות טובות, רות ונעמה העמונית כנזכר במאמרי חז"ל.
ובכל נשמה מאלו השניים, כלולים כמה וכמה נשמות, עד סוף כל הדורות. הלא תראה, כי כל זרע מלכות בית דוד יצאו מהם וכו'.
ונתבאר עוד שם בפרשת וירא סימן יט ד"ה ותאמר., ועל הגוון היה נראה ההיפך מזה, וכדאיתא במדרש (לך מא) מצאתי דוד עבדי היכן מצאתיו בסדום, מכל מקום היה בחיר ה' וכדכתיב (דה"י ב ו) לא בחרתי בעיר וגו' ולא בחרתי באיש וגו' ואבחר בירושלים וגו' ואבחר בדוד וגו'קסגכמו שביאר בכמה מקומות במי השלוח עיין ח"א פרשת לך ד"ה לך הובאו דבריו לעיל אות ח בהערה מט. וכן שם ד"ה ומלכי צדק..
וכמו שעיר ירושלים היה נראה על הגון שמשם הדינין יוצאין, ובאמת יצאו משם כל החסדים וכל השפעות טובות לישראלקסדכמבואר במי השלוח ח"א פרשת בשלח ד"ה ללכת: כתיב (תהילים ס״ח:ל״ו) נורא אלקים ממקדשיך אל ישראל הוא נתן עז ותעצמות.
נורא אלקים, היינו אף שבאמת יש להפחיד ולירא מפניו, אך במקום בהמ"ק אשר משם יוצאת היראה כמ"ש נורא אלקים ממקדשך, שם נותן עוז ותעצומות לעמו ישראל. וע"ז נאמר ברוך אלקים, היינו שאל יחוש האדם כי פן עי"ז יפסוק ההשפעה.
ע"ז מסיים ברוך אלקים היינו שיש לו מקור חיים שהוא נובע תמיד ואינו מפסיק.:
'Et Lot aussi, qui allait avec Abram, avait du petit bétail, du gros bétail et des tentes' (Genèse 13,5). Le point est que chez Abraham il n'est pas écrit 'tentes' (ohalim), c'est seulement chez Lot qu'il est écrit 'tentes'.
Car voici: ce pour quoi Avraham Avinu (Abraham notre père, la paix sur lui) alla sauver Lot, c'est que de lui naquirent les 'braises mauvaises de Jérusalem', comme il est dit dans le Talmud (Sanhédrin 96b): 'Ammon et Moab sont les braises mauvaises de Jérusalem'. Car la racine de la lumière, c'est Abraham notre père; mais les kelim (réceptacles) devaient être tirés de Lot, et chez Lot les kelim n'avaient aucune valeur, à la manière de ce qui est dit dans le Zohar saint (Lekh 78b): 'Il retient aux méchants leur lumière' (Job 38,15) -- 'aux méchants', c'est Térah; 'leur lumière', c'est Abraham.
C'est que Térah n'avait, de son côté, aucune part dans la lumière qui était en Avraham Avinu [Note: comme il est expliqué dans le Mei HaShiloah, première partie, parachat Noah, passage débutant 'be-assara', et comme l'expose le Tiferet HaChanuki sur le Zohar, parachat Lekh (78b), passage 'davar aher': bien que Térah paraisse être le conduit par lequel Abraham passa, et que la racine d'Abraham se trouvât en lui, néanmoins Abraham n'est pas compté comme fils de Térah, car en ce lieu le Nom béni sépara Abraham des générations précédentes, et Térah n'a aucune part ni relation dans la sainteté d'Abraham. Et cela, car tout ce qui parvient à l'homme n'est que là où il possède une compréhension et sert le Nom béni: là est sa part.
Mais là où il ne comprend pas et ne sert pas le Nom béni en cela, toutes ses actions, même s'il en résulte une gloire du Ciel, s'il n'y est pas par son service, par choix et par conscience, ne sont pas appelées de son nom. Et c'est: 'Il retient aux méchants leur lumière' -- la lumière enfouie même dans leur racine leur reste cachée et ils n'y ont aucune acquisition.
Ainsi l'expose le Tiferet Yosef, parachat Zakhor, passage 'Zakhor': comme il est dit dans le Zohar saint (Lekh 78b): 'Il retient aux méchants leur lumière' (Job 38,15) -- 'Il retient aux méchants', c'est Térah et les gens de sa maison; 'leur lumière', c'est Abraham, etc. Et c'est comme l'a expliqué l'honneur de notre maître, grand-père et rabbi, que son souvenir soit pour la vie du monde à venir: en vérité il ne convient pas de dire que Térah ait quelque relation avec Abraham notre père, puisqu'il était exactement son opposé; c'est pourquoi il ne convient pas de dire que Térah soit le conduit par lequel passa Abraham notre père -- mais seulement qu'il n'a aucune part dans la lumière d'Abraham notre père, puisqu'il fit précisément l'opposé d'Avraham Avinu.
Et c'est: 'Il retient aux méchants' -- 'leur lumière, c'est Abraham' -- que Térah n'a aucune part dans la lumière d'Abraham notre père, et qu'Abraham seul est compté comme une créature nouvelle (beria hadasha).] Et de même il en fut pour Lot: tant que les kelim étaient chez lui, il n'y avait en eux aucune lumière; mais lorsque les kelim furent inclus (nitkalelu) en Avraham Avinu, il y introduisit de la lumière. Mais Lot n'avait de son côté aucune part en cette lumière: tout venait du côté d'Abraham.
De même qu'un peu d'huile allumée permet d'allumer à partir d'elle plusieurs bougies, alors que celui qui n'a pas de bougie allumée, à partir de quoi allumerait-il? Et la raison pour laquelle il fallut sauver Lot est celle-ci: la lumière d'Abraham, telle qu'elle est sans déploiement (hitpashtut), existait déjà même dans le monde supérieur -- qu'a-t-il donc innové en venant en ce monde?
On en déduit que la volonté du Nom béni est que sa lumière se déploie en ce monde. Et d'où le déduit-on?
De ce que même les kelim qui paraissent opposés au bien, ceux-là aussi le bien et la volonté du Nom béni les emplirent; car de Lot naquirent ensuite Ruth la Moabite et Naama l'Ammonite, dont sortit le roi David, le doux chantre d'Israël, qui possédait l'inclusion de toute la sainteté des patriarches et de la sainteté de tout Israël [Note: comme il est dit dans le Shaar HaPesukim de notre maître l'Ari zal (Rabbi Its'hak Louria), parachat Lekh, paragraphe 14, passage 'va-yikhu': car Lot est la kelipa (écorce, force impure), etc. Or au sein des kelipot de Lot se mêlèrent deux bonnes 'graines séparées', Ruth et Naama l'Ammonite, comme il est mentionné dans les paroles de nos Sages; et en chacune des âmes de ces deux-là sont incluses de très nombreuses âmes, jusqu'à la fin de toutes les générations.
Ne vois-tu pas que toute la descendance de la royauté de la maison de David sortit d'elles, etc. Cela est encore expliqué là même, parachat Vayera, paragraphe 19, passage 've-tomer'.] Et selon l'apparence, on voyait le contraire de cela, comme il est dit dans le Midrach (Lekh 41): 'J'ai trouvé David mon serviteur' -- où l'ai-je trouvé?
À Sodome. Malgré tout il était l'élu de ה', comme il est écrit (2 Chroniques 6): 'Je n'ai pas choisi de ville... et je n'ai pas choisi d'homme... mais j'ai choisi Jérusalem... et j'ai choisi David...' [Note: comme il l'explique en plusieurs endroits du Mei HaShiloah -- voir première partie, parachat Lekh, passage 'Lekh', ses propos rapportés plus haut, lettre 8, en note 49; et de même là, passage 'u-Malki-Tsedek'.] Et de même que la ville de Jérusalem paraissait, selon l'apparence, le lieu d'où sortent les jugements (dinin), alors qu'en vérité en sortirent tous les hassadim (bontés) et tous les bons flux (hashpaot) pour Israël [Note: comme il est exposé dans le Mei HaShiloah, première partie, parachat Beshalah, passage 'lalekhet': il est écrit (Psaumes 68,36) 'Redoutable est Elokim depuis tes sanctuaires, le Dieu d'Israël, c'est Lui qui donne force et puissances'. 'Redoutable est Elokim': bien qu'en vérité il y ait à craindre et à trembler devant Lui, pourtant au lieu du Temple d'où sort la crainte, comme il est dit 'redoutable est Elokim depuis ton sanctuaire', c'est là qu'Il donne force et puissances à son peuple Israël.
Et sur cela il est dit 'béni soit Elokim', c'est-à-dire que l'homme ne doit pas craindre que par là le flux s'interrompe; c'est pourquoi il conclut 'béni soit Elokim', à savoir qu'il a une source de vie qui jaillit continuellement et ne s'interrompt pas.]
וה' אמר אל אברם אחרי הפרד לוט מעמו שא נא עיניך וראה וגו' צפונה ונגבה וקדמה וימה. הענין שלא נאמר ויאמר ה' אך וה' אמר, משמע מזה שכבר היה זה הדיבור עצמו מוכן להאמר אליו רק שנתעכב.
והענין הוא, כי באמת חפץ השי"ת תמיד בטובת האדם להיטיב לו כפי אשר יוכל שאת, וכדכתיב (תהילים פ״א:י״א) אנכי ה' א-להיך המעלך מארץ מצרים הרחב פיך ואמלאהו, לזה היה מהראוי שיאמר לו זה המאמר תיכף אחר שיצא ממצרים. שכן קודם שיצא ממצרים לא היה בו עוד כח קדושה להתפשט כ"כ, מפני שלא היה מצורף ומבורר בשלמות.
ומי שאינו מבורר עוד, אם הוא בענין הלאו של לא תנאף, אזי אם יתפשט את עצמו יוכל לפעול רע לעצמו. ואם הוא בלאו של לא תרצח, יוכל לעשות רע לאחרים ג"כ.
וכן אבינו אברהם ע"ה, קודם שיצא ממצרים לא היה בו כח קדושה עוד שיוכל לקבל התפשטות מטובה, וע"ז מורה שם מצרים שמיצר ודוחק כל דבר שלא ינתן לאדם, וניחא לזה מה שלא נאמר לו המאמר הזה קודם שיצא ממיצר ודוחק, אכן אחר שיצא מזה המקום ונתברר בשלמות היה בדין שיאמר לו השי"ת הבטחתו זאת ליתן לו התפשטות מטובהקסהעיין במי השלוח ח"ב תהילים (פא) ד"ה אנכי: אנכי ה' א-להיך המעלך מארץ מצרים.
ארץ מצרים הוא משוקעת בכל מיני יצרים רעים, וזה שהוסיף דוד המלך עליו השלום לשון המעלך שבכל התורה נזכר לשון הוציאך, כי חוץ מה שצוה השי"ת להשמר מכל דבר איסור צריך האדם להזהר אף בדברים המותרים שלא יהיה משוקע בחמדתם רק יהיה למעלה מכל תשוקה וחמדה, ובאם יהיה מבורר בזה שלא יהיה נכנע תחת שום חמדה ותשוקה אז מבטיחו השי"ת הרחב פיך ואמלאהו שיתן לו השי"ת כל משאלות לבו בהרחבה.. אמנם מפני שעוד לא נתפרד ממנו לוט, שהיה להקנינים שלו שייכות עם הקנינים שבארץ מצרים, ואף שקניני אאע"ה היו ברורים ונקיים בלי שום שייכות עם מצרים, כי מה שאמר לשרה אשתו למען ייטב לי בעבורך לא היה סמיכתו וכוונתו על מה שייטיבו לו מצרים, אכן כוונתו היה להטבת שכינתא וכדאיתא בזוה"ק (לך פא:) אמרי נא אחותי את וכו' דחמא עמה שכינתא וכו' כדתיב אמור לחכמה אחותי את וכו'.
והוא, כי אאע"ה נתיירא כאשר ירד מצרימה מקום שלא היה כח לשום מלאך ושרף לכנוס שמה בקדושתו, כדאיתא במדרש הנעלם (וירא קיז.), ונתיירא מאד להשען על קדושה שקנה ביגיעו שהוא ברזא דאשה, כי זו הקדושה לא תספיק לאדם בגודל ההסתר, לכן התפלל והתחנן מהשי"ת שיקבע בו קדושה בקביעות בלבו יקבענה, וזו הקדושה הוא ברזא דאחות שהוא מצדו יתברך בלי קנין האדם. וע"ז כוון אברהם אבינו באמרו אמרי נא אחותי את, שהשי"ת ישפיע בו קדושה מצדו ית' שיתכלל בחינת אשה בבחינת אחות למען ייטב לי בזה, שכן יש בכלל מאתים מנה, וחיתה נפשי בגללך.
והוא שבאמת הוא העיקר שהאדם יקנה לעצמו קדושה לדעת כי אני ה' מקדשכם, אכן בגודל הסתר כזה יוכל להתעלם מן האדם זאת. לכן ביקש מהשי"ת שכל משך הזמן שיתעכב במצרים יתחברו עמו סייעתות הקדושה מצדו ית', והקדושה שיש לו מצד עצמו שקטנה היא במעלתה לעומת הקדושה שמצדו ית' תתכלל בהקדושה הגדולה, וע"ז מרמז לשון בגללך, שפירושו הוא התכללות דבר בתוך דבר, כענין דכתיב (ראה טו) כי בגלל הדבר הזה יברכך ה' א-להיך, והוא שע"י שאתה תהיה נכלל בזה הדבר יברכך ה'.
וכן אמר אברהם אבינו וחיתה נפשי בגללך, שעי"ז שהשי"ת ישפיע בו קדושתו שבקביעות, וקדושת יגיעו שקנה לעצמו יוכלל בקדושה שמצדו ית', שגבוה הוא במעלה מקדושת פעולת האדם, עי"ז וחיתה נפשיקסועיין לעיל אות כו ועיין עוד בתפארת החנוכי על זוהר פרשת לך דף פב. ד"ה ת"ח כל העניין שם.:
'Et ה' dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui: Lève donc tes yeux et regarde... vers le nord et vers le sud, vers l'orient et vers l'occident' (Genèse 13,14). Le point est qu'il n'est pas dit 'Et ה' dit' (va-yomer) mais 'Et ה' avait dit' (ve-ha-Shem amar): on en déduit que cette parole elle-même était déjà prête à lui être dite, mais qu'elle s'était attardée.
Et le point est celui-ci: en vérité le Nom béni désire toujours le bien de l'homme, lui faire du bien autant qu'il peut le porter, comme il est écrit (Psaumes 81,11): 'Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait monter du pays d'Égypte; élargis ta bouche et je la remplirai'. Aussi eût-il été convenable de lui dire cette parole aussitôt après qu'il fut sorti d'Égypte.
Car avant qu'il ne sortît d'Égypte, il n'y avait pas encore en lui de force de sainteté pour se déployer à ce point, parce qu'il n'était pas encore affiné et clarifié (mevorar) en perfection. Et celui qui n'est pas encore clarifié: si c'est dans l'affaire de l'interdit de 'tu ne commettras pas d'adultère', alors s'il se déploie il peut se faire du mal à lui-même; et si c'est dans l'interdit de 'tu ne tueras pas', il peut faire du mal à autrui également.
De même Abraham notre père, la paix sur lui: avant de sortir d'Égypte, il n'y avait pas encore en lui de force de sainteté telle qu'il pût recevoir un déploiement du bien; et c'est ce qu'indique le nom 'Mitsraim' (Égypte), qui enserre et comprime (metsar ve-dohek) toute chose afin qu'elle ne soit pas donnée à l'homme. Ainsi s'explique bien que cette parole ne lui fut pas dite avant qu'il ne sortît de l'étroitesse et de la contrainte; mais après qu'il fut sorti de ce lieu et se fut clarifié en perfection, il était juste que le Nom béni lui énonçât cette promesse de lui donner un déploiement du bien [Note: voir Mei HaShiloah, deuxième partie, Psaumes (81), passage 'Anokhi': 'Je suis ה' ton Dieu qui t'ai fait monter du pays d'Égypte'.
Le pays d'Égypte est enfoncé dans toutes sortes de mauvais penchants (yetsarim); et David le roi, la paix sur lui, ajouta ici l'expression 'qui t'ai fait monter' (ha-maalkha), alors que partout dans la Torah est mentionnée l'expression 'qui t'ai fait sortir' (hotsiakha), car outre que le Nom béni a ordonné de se garder de toute chose interdite, l'homme doit prendre garde même dans les choses permises à ne pas s'enfoncer dans leur convoitise, mais à être au-dessus de tout désir et de toute convoitise; et s'il est clarifié en cela, de sorte qu'il ne soit soumis à aucune convoitise ni désir, alors le Nom béni lui promet 'élargis ta bouche et je la remplirai', qu'Il lui donnera toutes les demandes de son cœur avec largesse.] Toutefois, parce que Lot ne s'était pas encore séparé de lui -- Lot dont les biens avaient un rapport avec les biens du pays d'Égypte, et bien que les biens d'Avraham Avinu fussent clairs et purs, sans aucun rapport avec l'Égypte, car ce qu'il dit à Sara sa femme 'afin qu'on me fasse du bien grâce à toi' (Genèse 12,13), son appui et son intention ne portaient pas sur le bien que les Égyptiens lui feraient, mais son intention visait le bien de la Chekhina (la Présence divine), comme il est dit dans le Zohar saint (Lekh 81b): 'Dis donc que tu es ma sœur, etc.' -- car il vit la Chekhina avec elle, etc., comme il est écrit 'Dis à la sagesse: tu es ma sœur' (Proverbes 7,4), etc. Et cela: Avraham Avinu eut crainte lorsqu'il descendit en Égypte, lieu où aucun ange ni séraphin n'avait la force d'entrer dans sa sainteté, comme il est dit dans le Midrach HaNe'elam (Vayera 117a); et il craignit fort de s'appuyer sur la sainteté qu'il avait acquise par son effort, qui est dans le secret (raza) du 'féminin' (isha), car cette sainteté ne suffit pas à l'homme dans la grandeur de l'occultation (hester).
C'est pourquoi il pria et supplia le Nom béni de fixer en lui une sainteté de façon permanente -- qu'Il la fixât en son cœur --, et cette sainteté est dans le secret de la 'sœur' (ahot), qui vient de Lui, béni soit-Il, sans acquisition de l'homme. Et c'est ce que visait Abraham notre père en disant 'Dis donc que tu es ma sœur': que le Nom béni fasse fluer en lui une sainteté de son côté à Lui, afin que l'aspect (behina) de 'femme' soit inclus dans l'aspect de 'sœur', 'afin qu'on me fasse du bien par cela', car 'dans deux cents il y a cent' (le plus grand comprend le moindre), 'et que mon âme vive grâce à toi'.
Et cela: en vérité l'essentiel est que l'homme acquière pour lui-même une sainteté, pour savoir que 'Je suis ה' qui vous sanctifie' (Lévitique 20,8); mais dans une occultation aussi grande, cela peut se dérober à l'homme. C'est pourquoi il demanda au Nom béni que, durant tout le temps où il s'attarderait en Égypte, s'adjoignissent à lui les aides de la sainteté de son côté à Lui; et que la sainteté qu'il possède de son propre côté -- petite en son rang face à la sainteté qui vient de Lui -- fut incluse dans la grande sainteté.
Et c'est ce à quoi fait allusion l'expression 'bi-glalekh' (grâce à toi), dont le sens est l'inclusion d'une chose au sein d'une autre, à la manière de ce qui est écrit (Reeh 15,10): 'car à cause de (bi-glal) cette chose ה' ton Dieu te bénira' -- à savoir que, du fait que tu seras inclus dans cette chose, ה' te bénira. Et de même Abraham notre père dit 'et que mon âme vive grâce à toi (bi-glalekh)': par le fait que le Nom béni fera fluer en lui sa sainteté permanente, et que la sainteté de son effort qu'il a acquise pour lui-même sera incluse dans la sainteté qui vient de Lui -- laquelle est plus haute en rang que la sainteté de l'action de l'homme -- par cela 'mon âme vivra' [Note: voir plus haut lettre 26, et voir encore le Tiferet HaChanuki sur le Zohar, parachat Lekh, feuillet 82a, passage 'ta hazi', toute la teneur là-bas.]
אמנם כל זה לא היה חפץ אך במשך הימים שנתעכב במצרים, ששם אין מספיק לאדם קדושת פעולותיו, אבל ביציאתו ממצרים חזר לימי עלומיו לעבוד ולמשא עול מלכותא דלעילא ביגיעו בכל כחו, והסייעתות שמצדו ית' העמיד מרחוק, והתפשט קדושת השי"ת בכל קניניו, ואז היו באמת כל קניניו מבוררים ונקיים, שכן אנו רואים שאף מארץ מצרים יצא מבורר, משמע מזה שהשי"ת דבוק עמו בתמידות, ממילא אין לקניניו שום שייכות למצרים. אכן הקנינים שהיו ללוט ההולך אתו לא היו מבוררים והיה להם שייכות למצרים, לכן לא היה יכול להאמר עוד זה המאמר והתפשטות מטובה לאאע"ה.
אבל כאשר נפרד לוט מעמו, אז וה' אמר אל אברהם וגו' שא נא עיניך וגו' צפונה ונגבה וקדמה וימה וגו' לך אתננה ולזרעך. והענין ששינה הכתוב סדר הרוחות, שכן בדגלים הוא הסדר מזרח דרום מערב צפון.
ואף לפי הסדר שבכאן היה מהראוי להחשב נגבה קודם צפונה כמו שקדמה קודם ימה. והענין בזה הוא, דהנה רוח צפון מורה על טוב הצפון לעתיד לבא אחר כל הבירורים, והוא ברזא דיצחק אבינו וכדאיתא בזוה"ק (שלח קעג:) ובמדרש (רבה נח לד) עורי צפון אלו עולות הנשחטות בצפון.
וכדאיתא ג"כ בזוה"ק (שם) לזמנא דאתי קרי קוב"ה לצפון ויימא ליה בך יהבית כל טיבו וכל אגר טב לבני דסבלו כמה בישין בהאי עלמא על קדושת שמי וכו'קסזנתבאר לעיל פרשת בראשית אות יז ועיין שם הערה ס בשם התפארת החנוכי.. ונגבה הוא העבודה שעל ידה יבוא האדם לקנות הטובה של צפון.
וכאן שהיה אבינו אברהם מבורר בזו העבודה של נגבהקסחעיין לעיל פרשה זו אות א בהערה ב שם., לכן נאמר לו מתחלה צפונה קודם נגבה, שהיתה הטובה מוכנת לו מאחר שכבר היה לו בקנין העבודה שברזא דנגבה. אבל הטובה שברזא דימה לא קנה עוד, והעבודה שעל ידה יוכל האדם לבא לזו הטובה הוא רזא דקדמה, לכן נאמר תחלה קדמה ואח"כ ימה, שאם יעבוד את השי"ת בעבודת קדמה יזכה לטובת ימה, והשי"ת הבטיחהו שיזכה לעבוד את השי"ת בעבודת קדמה וע"י יזכה לטובת ימה, לכן נאמר צפונה ונגבה קדמה וימה.
(ועיין בפרשת ויצא אות לד, לו, לז, נתבאר ענין זה באריכות יותר)קסטמבואר באריכות בבית יעקב הכולל פרשת ואתחנן ד"ה עלה: עלה ראש הפסגה ושא עיניך ימה וצפנה ותימנה ומזרחה וראה בעיניך וגו'.
העניין שנאמר תחילה מערב וצפון ואח"כ דרום ומזרח, אף כי עיקר האור הוא במזרח ודרום. וגם גבי אברהם אבינו, גם כן נאמר שלא כסדר האור, כי שם נאמר (לך יג) צפונה ונגבה וקדמה וימה.
ומהצורך היה לכתוב בשניהם מזרח ודרום תחילה. אכן לכל אחד ניתן לפי היקרות שהיה אצלו.
כי מדת אברהם אבינו עליו השלום היה ארץ הנגב. היינו, מסולק מכל הנאה מצדו, ומנוגב מכל חמדה.
וכן נתן לו השי"ת, שיהיה לו הארת אור ה' בצפון כמו בנגב. כי צפון הוא רחוק מן האור.
וכמו שבמקום הנגב, שהוא מסולק נגיעה, יכוון לרצון השי"ת, כן יכוון אף בצפון. וזהו צפונה, היינו שלא מדעת, ונגבה הוא דבר שיש לו בירור.
ואח"כ נאמר לו וקדמה וימה, כי הוא היה חפץ בבירורים, לכן ניתן לו תחלה שיברר את עצמו במזרח, במקום שהדעת שולט, וכפי שיברר את עצמו במזרח על פי הארת ה' המפורשת, כן יקנה במערב, היינו שיכוון אף בלי דעת לרצון השי"ת. ומשה רבנו ע"ה היה אצלו עיקר לכוון שלא מדעת, כי במקום שהיה אור ה' מפורש נגד עיניו, לא היה צריך לבירורים.
ולכן היה העיקר אצלו ימה וצפונה. ואח"כ נאמר לו דרום ומזרח, שזה כל שכן שקנה בשלימות.:
Toutefois, tout cela n'était désiré que durant les jours où il s'attarda en Égypte, où la sainteté de ses actions ne suffit pas à l'homme; mais à sa sortie d'Égypte il revint aux jours de sa jeunesse pour servir et porter le joug de la royauté d'en haut (malkhuta di-l'eila) par son effort, de toute sa force; les aides venant de Lui, béni soit-Il, il les tint à distance, et la sainteté du Nom béni se déploya dans tous ses biens; et alors, en vérité, tous ses biens étaient clarifiés et purs. Car nous voyons que même du pays d'Égypte il sortit clarifié: on en déduit que le Nom béni était attaché à lui continuellement, et que dès lors ses biens n'ont aucun rapport avec l'Égypte.
Mais les biens qui appartenaient à Lot, qui allait avec lui, n'étaient pas clarifiés et avaient un rapport avec l'Égypte; c'est pourquoi cette parole et ce déploiement du bien ne pouvaient pas encore être dits à Avraham Avinu. Mais lorsque Lot se sépara de lui, alors 'Et ה' dit à Abraham...
Lève donc tes yeux... vers le nord et vers le sud, vers l'orient et vers l'occident... à toi je le donnerai, et à ta descendance' (Genèse 13,14-15). Et le point est que le verset a changé l'ordre des directions, car pour les étendards (degalim) l'ordre est: est, sud, ouest, nord.
Et même selon l'ordre d'ici, il eût convenu de compter le sud avant le nord, de même que l'orient précède l'occident. Et le point là-dessus: la direction du nord (tsafon) indique le bien réservé (tsafun, caché) pour le monde à venir, après tous les affinements (birurim); et c'est dans le secret d'Its'hak notre père, comme il est dit dans le Zohar saint (Shelah 173b) et dans le Midrach (Rabba, Noah 34): 'Éveille-toi, aquilon (nord)' -- ce sont les holocaustes (olot) égorgés au nord; et comme il est dit également dans le Zohar saint (ibid.): au temps à venir, le Saint béni soit-Il appellera le nord et lui dira: en toi j'ai déposé tout le bien et toute la bonne récompense pour mes enfants qui ont enduré tant de maux en ce monde pour la sainteté de mon Nom, etc.
[Note: cela a été expliqué plus haut, parachat Bereshit, lettre 17, et voir là, note 60, au nom du Tiferet HaChanuki.] Et le sud (negba) est le service par lequel l'homme parvient à acquérir le bien du nord. Et ici, parce qu'Abraham notre père était déjà clarifié dans ce service du sud [Note: voir plus haut, cette parachat, lettre 1, en note 2 là-bas.], c'est pourquoi il lui fut dit d'abord le nord avant le sud, car le bien lui était déjà prêt, puisqu'il avait déjà en acquisition le service qui est dans le secret du sud.
Mais le bien qui est dans le secret de l'occident (yama), il ne l'avait pas encore acquis; et le service par lequel l'homme peut parvenir à ce bien est le secret de l'orient (kedma); c'est pourquoi il est dit d'abord l'orient puis l'occident: s'il sert le Nom béni par le service de l'orient, il méritera le bien de l'occident; et le Nom béni lui promit qu'il mériterait de servir le Nom béni par le service de l'orient et que, par là, il mériterait le bien de l'occident; c'est pourquoi il est dit 'vers le nord et vers le sud, vers l'orient et vers l'occident'. (Et vois parachat Vayetse, lettres 34, 36, 37, où ce point est expliqué plus longuement.) [Note: cela est exposé longuement dans le Beit Yaakov, recueil complet, parachat Vaethanan, passage 'Aleh': 'Monte au sommet de la Pisga et lève tes yeux vers l'occident, le nord, le sud et l'orient, et regarde de tes yeux...' (Deutéronome 3,27).
Le point: il est dit d'abord l'ouest et le nord, puis le sud et l'est, bien que l'essentiel de la lumière soit à l'est et au sud. Et de même chez Abraham notre père, il est dit également dans un ordre autre que celui de la lumière, car là il est dit (Lekh 13,14) 'vers le nord et vers le sud, vers l'orient et vers l'occident'.
Or il eût fallu écrire dans les deux cas l'est et le sud d'abord. Mais à chacun il fut donné selon ce qui lui était précieux.
Car la mesure (mida) d'Abraham notre père, la paix sur lui, était 'la terre du sud (Neguev)', c'est-à-dire écarté de tout profit de son côté, et asséché de tout désir; et ainsi le Nom béni lui donna qu'il eût l'illumination de la lumière de ה' au nord comme au sud, car le nord est éloigné de la lumière; et de même qu'au lieu du sud, écarté de tout intérêt, il vise la volonté du Nom béni, ainsi vise-t-il même au nord. Et c'est 'vers le nord (tsafona)', c'est-à-dire hors de la conscience (she-lo mi-daat), tandis que 'le sud (negba)' est une chose où il a de la clarté.
Et ensuite il lui est dit 'et vers l'orient et vers l'occident', car il désirait les affinements; c'est pourquoi il lui fut donné d'abord de se clarifier à l'est, là où la conscience domine, et selon qu'il se clarifie à l'est d'après l'illumination explicite de ה', ainsi acquiert-il à l'ouest, c'est-à-dire qu'il vise, même sans conscience, la volonté du Nom béni. Quant à Moché notre maître, la paix sur lui, l'essentiel chez lui était de viser sans conscience, car là où la lumière de ה' était explicite devant ses yeux, il n'avait pas besoin d'affinements; c'est pourquoi l'essentiel chez lui était l'occident et le nord.
Et ensuite il lui fut dit le sud et l'est, car à plus forte raison les avait-il acquis en perfection.]
« Et le Nom dit à Abram après que Lot se fut séparé de lui » (Berechit 13,14) : « et le Nom, Lui, dit » indique que la parole est déjà prête, retardée à cause de Lot. Selon le Beit Yaakov, Lot fait comme Avraham l'accueil des hôtes et la guemilout 'hassadim, du seul vêtement extérieur et sans daat (conscience) : il n'a aucune acquisition dans ce bien. En choisissant la plaine du Jourdain et Sodome, Lot se tourne vers la machination de son cœur. Le Nom cache le don du pays de Canaan, de peur que Lot ne mange verte une germination de salut encore mêlée à la kelipa, tenue alors pour une parole dite en exil.
Aussi : « je le donnerai » au futur : l'effluence s'épanche progressivement sous le secret du Nom Ehyeh, afin que l'homme la reçoive ; en terre d'Israël, union du Nom et d'Elokim, hors de la Terre, distractions qui troublent la conscience.
וה' אמר אל אברם אחרי הפרד לוט מעמו וגו'. ויאמר ה' לא כתיב כאן רק וה' אמר, משמע מזה שכבר היה דבר ה' נכון להאמר לו עוד קודם, והעיכוב היה מפני לוט שהיה עוד עמו.
והענין בזה הוא, כי לוט עשה על הגוון כמו שפעל אברהם אבינו ועשה, אברהם היה עוסק בהכנסת אורחים ובגמילות חסדים וכן עשה גם לוט. אכן אברהם אבינו עשה זאת מעומק לבו, ולוט אף שפעל ועשה כפעולת אברהם אבל רק על הגוון נדמה לו, ועומק לבו היה מלא שנאה להשי"תקעמבואר במי השלוח ח"א פרשת לך ד"ה לך:
כי לוט היה חכם ודומה בקלסתר פנים לאברהם, היינו בכל הענינים עשה מעשים כמו אברהם, ועל המעשה לא היה ניכר שום חילוק בינו לבין אברהם, אך הש"י בעצמו צפה והריח את מעשיו שאינם טובים ושלח הארה בלב אברהם שיפרד מעליו ולא ישגיח על חכמתו ועל מעשיו, שאינם מעומק לבו. ועיין עוד לעיל פרשה זו אות יד [ב] ד"ה ופרשת..
ואף הגוון הטוב שהיה כרוך בו שע"ז נקרא בשם לוט מלשון הכתוב (שמואל א כא) לוטה בשמלה, אף זה היה בלי דעת, ולא היה לו שום חלק בהטוב מצדו. שכן השתי פרידות טובות שנולדו ממנו לא היה לו שום דעת בהם שיקרא על שמו וחלקו, שכן הדבר שאין לאדם בו דעת אין לו בו שום קנין.
וכמו שהובא פסק דין בהגהות אשר"י בש"ס (ב"מ פ"ב סי' ט) אחד קנה בדיל מנגר עכו"ם בחזקת בדיל ומכרו לישראל חבירו ג"כ בחזקת בדיל, ואח"כ נמצא שהיה כסף מבפנים, ופטרו את הלוקח השני מליתן לו כלום בחזרה, מאחר שהלוקח הראשון לא היה יודע מזה כלל, ממילא לא נתכוון לקנות הכסף שבפנים, וכל קנין האדם הוא רק כפי הדעת שיש לו בוקעאזה העניין מבואר רבות בכל ספרי רבוה"ק ומקורו במי השלוח ח"ב ד"ה והפליתי [ב], ועיין עוד לעיל פ' נח אות יט ד"ה קנים, לקמן פ' חיי אות ו ד"ה ובתנחומא, בית יעקב שמות פ' תרומה אות טו, בית יעקב ויקרא פ' צו אות טז, בית יעקב הכולל חג השבועות ד"ה בחודש, ספר הזמנים חג הפסח אות י, שער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קכו, תפארת החנוכי על זוהר פרשת לך (עח:) ד"ה והוא, תפארת יוסף מס' חגיגה (ג:) ד"ה איזהו.. אכן השי"ת הציב בעוה"ז עולם עשייה, שיפעול האדם ויעשה, ומאחר שעל הגוון עשה גם לוט כמעשה אברהם אבינו, ומאן מפיס לומר שזה עושה הטוב בעיני ה' וזה עושה בתרמית לבו, הלא בעוה"ז אין השי"ת דן את הלבבות רק לפי פעלם בכלי הפעולה, ואם היה נאמר המאמר הזה ביחידות לאברהם אבינו ולא ללוט היה מקום להתלונן למה לא נאמר המאמר ללוט ג"כ, מאחר שעוד לא נתברר שפעולת אברהם הוא פועל טוב ופעולות לוט הם ההיפך.
אמנם כאשר נפרדו זה מזה, לוט בחר את כל ככר הירדן אנשי סדום ובנותיו, אז הוברר שלוט מצדו פונה את עצמו למזמת לבו, ואף הגוון מטובה שנמצא בו אין לו בו שום קנין וחלק מאחר שהוא בלא דעת, אכן שלהשי"ת יש לו בזה עומק עמוק מי ימצאנו ואח"ז וה' אמר אל אברם וגו':
Et le Nom dit à Abram après que Lot se fut séparé de lui, etc. (Genèse 13,14).
Il n'est pas écrit ici (ויאמר ה') "et Il dit", mais (וה' אמר) "et le Nom, Lui, dit" ; cela indique que la parole du Nom était déjà prête à lui être dite auparavant, et que le retard était à cause de Lot qui était encore avec lui. Voici l'explication : Lot agissait en apparence (al ha-gavôn, sur la seule teinte extérieure) comme Abraham notre père agissait et faisait.
Abraham s'occupait de l'accueil des hôtes et des actes de bonté (guemilout hassadim), et Lot faisait de même. Mais Abraham notre père le faisait du fond de son cœur, tandis que Lot, bien qu'il agit et fit comme l'action d'Abraham, ne lui ressemblait qu'en apparence, et le fond de son cœur était plein de haine envers le Nom (Hachem Itbarakh, le Nom béni soit-Il).
[Note : expliqué dans le Mei HaShiloah I, parachat Lekh, s.v. "Lekh" : Lot était sage et ressemblait par les traits du visage à Abraham, c'est-à-dire qu'en toutes choses il accomplissait des actes semblables à ceux d'Abraham, et par l'acte aucune différence n'était perceptible entre lui et Abraham ; mais le Nom Lui-même scrutait et flairait ses actes qui ne sont pas bons, et Il envoya une illumination dans le cœur d'Abraham afin qu'il se sépare de lui et ne prête pas attention à sa sagesse ni à ses actes, qui ne venaient pas du fond de son cœur.
Voir encore plus haut, cette même paracha, lettre 14[2], s.v. "ou-parachat".] Et même l'apparence de bien qui était attachée à lui - et c'est pourquoi il fut appelé du nom de Lot (לוט), du langage du verset (1 Samuel 21,10) "enveloppée (louta) dans un manteau" -, cela aussi était sans conscience (daat), et de son côté il n'avait aucune part dans ce bien.
Car les deux bonnes descendances (peridot - les deux lignées issues de lui, dont sortirent la royauté de David et le roi Messie) qui naquirent de lui, il n'en avait aucune conscience, de sorte qu'elles fussent appelées à son nom et à sa part ; car une chose dont l'homme n'a pas conscience, il n'y possède aucune acquisition (kinyan). Comme il est rapporté une décision (pesak din) dans les Hagahot Ashri sur le Talmud (Baba Metsia ch.
2, section 9) : quelqu'un acheta de l'étain à un artisan non-juif en le présumant être de l'étain, et le revendit à son compagnon juif en le présumant lui aussi être de l'étain ; ensuite on trouva qu'il y avait de l'argent à l'intérieur, et l'on exempta le second acheteur de rien rendre, puisque le premier acheteur n'en savait rien du tout et n'avait donc pas eu l'intention d'acquérir l'argent qui était à l'intérieur ; car toute acquisition de l'homme n'est que selon la conscience (daat) qu'il en a. [Note : ce sujet est exposé amplement dans tous les livres de nos saints maîtres ; sa source est dans le Mei HaShiloah II, s.v.
"ve-hifleti"[2] ; voir encore plus haut parachat Noah lettre 19 s.v. "kanim", plus loin parachat Haye lettre 6 s.v.
"ou-va-Tan'houma", Beit Yaakov Chemot parachat Terouma lettre 15, Beit Yaakov Vayikra parachat Tsav lettre 16, Beit Yaakov (recueil général) fête de Chavouot s.v. "ba-hodech", Sefer HaZmanim fête de Pessa'h lettre 10, Chaar HaEmouna - introduction au Beit Yaakov feuillet 126, Tiferet HaHanoukhi sur le Zohar parachat Lekh (78b) s.v.
"ve-hou", Tiferet Yossef traité Haguiga (3b) s.v. "eizehou".] Or le Nom a établi en ce monde-ci le monde de l'action (olam ha-assiya), pour que l'homme agisse et fasse ; et puisque en apparence Lot aussi faisait comme l'action d'Abraham notre père, qui pourrait trancher (man mafis) et dire que celui-ci fait le bien aux yeux du Nom et que celui-là agit par la tromperie de son cœur ?
Car en ce monde le Nom ne juge pas les cœurs, mais seulement selon leur œuvre dans l'instrument de l'action. Et si cette parole avait été dite en particulier à Abraham notre père et non à Lot, il y aurait eu lieu de se plaindre : pourquoi la parole ne fut-elle pas dite à Lot aussi, puisqu'il n'était pas encore clarifié que l'action d'Abraham est une œuvre bonne et que les actions de Lot sont le contraire ?
Cependant, lorsqu'ils se séparèrent l'un de l'autre, Lot choisit toute la plaine du Jourdain, les gens de Sodome et ses villes filles ; alors il fut clarifié que Lot, de son côté, se tourne lui-même vers la machination de son cœur, et que même l'apparence de bien qui se trouvait en lui ne lui vaut aucune acquisition ni part, puisqu'elle est sans conscience ; mais le Nom, Lui, a en cela une profondeur profonde - qui la trouvera ? (cf.
Ecclésiaste 7,24). Et après cela : "et le Nom dit à Abram, etc."
וה' אמר אל אברם אחרי הפרד לוט מעמו וגו'. ויאמר ה' לא כתיב כאן רק וה' אמר, משמע מזה, שעוד קודם זה היה מאמר ה' מוכן להאמר לאברהם אבינו ע"ה שתנתן לו ארץ כנען, אכן השי"ת הסתיר זאת עד עתה מפני לוט שהיה עמו, בכדי שלא יפיג ויופסד מאמר ה', שכן שמו מעיד עליו שכל מעשיו לא היו רק על הלבוש מלשון הכתוב (שמואל א כא) לוטה בשמלהקעבכמבואר במאמרים הקודמים עיי"ש., וכאשר הרגיש צמיחת ישועה היה מחזיק בה במהירות ואכלה פגה בעודה מעורבת עם הקליפה.
וזה הוא הענין ג"כ דאיתא במדרש (רבה לך מא) שבהמותיו של לוט יצאו פתוחים ושל אברהם יצאו זמומיםקעגעיין במדרש בראשית רבה פרשה מא: היו אומרים להם רועי אברהם, הותר הגזל, היו אומרים להם רועי לוט כך אמר הקב"ה לאברהם לזרעך אתן את הארץ הזאת, ואברהם פרדה עקרה ואינו מוליד, למחר הוא מת ולוט בן אחיו יורשו ואין אכלין מדידהון אינון אכלין, אמר להם הקב"ה כך אמרתי לו לזרעך נתתי, אימתי לכשיעקרו שבעה עממים מתוכה, והכנעני והפרזי אז יושב בארץ, עד עכשיו מתבקש להם זכות בארץ..
ובזה המאמר גילה השי"ת לאברהם אבינו ע"ה שיתן לו התפשטות מקדושה בגודל תקיפות, ואם היה מגלה זאת בעוד שהיה לו התחברות עם לוט בן אחיו והוא היה אוכלה פגה, היה נחשב זאת שמאמר השי"ת הוא בגלות, שכן כל גלותן של ישראל הוא פיזורם בין העכו"ם לברר הטוב מההיפך, לקבל כל דבר זך ונקי בלי התערבות שום קליפהקעדכמבואר ענינו במי השלוח ח"א פרשת וירא ד"ה כי עצר: לזאת יתפזרו ישראל לבין האומות כדי שיקבלו כל כחותם שנמצא אצל כל אחד מהשבעים אומות, ואצלם יהיה בלי גבול.
וכן מבואר בח"ב תהילים (קמז) ד"ה בונה: שפזר השי"ת את ישראל בין העכו"ם שיקבלו כל הטובות מהם ולהכניסם לקדושה ואז יהיה רצון השי"ת מאוד בהתפשטות..
והוא, כי האדם שקדוש מעומק הלב לא יפנו אליו הסט"א לרצות להתדבק בו, שמעצמם יבינו שאין להם שום שייכות לאדם זה ואף בפניו לא יסתכלו. אכן מי שאין נקי בעומק לבו כ"כ רק על הגוון, באדם זה יחפצו להתדבק בו ולהתחבר עמו, ומזה הוא כל הסבלנות לפום צערא אגרא, מי שסובל יותר ומברר את עצמו מזוקק הוא לחולקיה ועדביה דקוב"ה ביותר, כדכתיב (בהעלותך יא) כי הם זקני העם ושוטריו, והוא מפני שסבלו בגלות כובד סבל לכן יתחשבו עתה לזקני העם ושוטריוקעהכמו שנתבאר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה הנה יום:
כי לעתיד יאיר השי"ת לישראל שכל הטובות שינחילם, הכל נבנה מהסבלנות שסבלו ישראל בעוה"ז. וכמו שכתיב (קהלת ג׳:ט׳) באשר הוא עמל.
וכמו שכתיב (תהילים כ׳:ג׳) ישלח עזרך מקודש ומציון יסעדך. ואיתא במדרש (תנחומא קדושים) ישלח עזרך מקודש מקדושת מעשים שבך ומציון יסעדך מציון מעשים שבך.
והיינו שמזה הסבלנות שסבלו, נבנה כל הישועה של לעתיד, שמכל שעל ושעל שסבלו עתיד השי"ת להאיר להם.. וכדאיתא ג"כ בזוה"ק (לך פג.) אלמלא נחתי ישראל בקדמיתא למצרים ולא יצרפו תמן לא הוו עמא יחידא דיליה וכו' אי לא אתיהיבת ארעא קדישא לכנען בקדמיתא וישלוט בה לא הוות ארעא חולקיה ועדביה דקוב"ה.
והוא שאף הארץ הוצרכה להיות בגלות מפני שעוד לא נתבררה לחולקיה ועדביה דקוב"ה, ולזה מקודם שנאמר זה לא נחשב בפסוק הפרזי, רק כאן נאמר הפרזי, לרמז ע"ז שהארץ עודה פרוזה בלי גדרים ולא נתבררה עודקעועיין הרחבת הדברים בסוד ישרים חג הסוכות אות טז.. ולכן לא נאמר ג"כ המאמר הזה בעוד שהיה עמו לוט, כי הוא היה אוכלה פגה, ובאמת היה צורך להמתין עוד עד שיבא העת שיבאו לציון וירושלים בשמחה ברצון ה':
Et le Nom dit à Abram après que Lot se fut séparé de lui, etc. (Genèse 13,14).
Il n'est pas écrit ici (ויאמר ה') "et Il dit", mais (וה' אמר) "et le Nom, Lui, dit" ; cela indique que déjà auparavant la parole du Nom était prête à être dite à Abraham notre père, la paix sur lui, à savoir que le pays de Canaan lui serait donné. Mais le Nom cacha cela jusqu'à présent à cause de Lot qui était avec lui, afin que la parole du Nom ne s'évente ni ne se gâte ; car son nom témoigne de lui que toutes ses actions n'étaient que sur le vêtement extérieur (levouch), du langage du verset (1 Samuel 21,10) "enveloppée (louta) dans un manteau".
[Note : comme expliqué dans les enseignements précédents, voir là.] Et lorsqu'il sentait la germination d'un salut (yeshoua), il s'en emparait avec hâte et la mangeait verte et non mûre (pega) alors qu'elle était encore mêlée à la kelipa (l'écorce, la force impure). Et c'est aussi le sens de ce qui est dit dans le Midrach (Rabba, Lekh 41), que les bêtes de Lot sortaient la gueule libre et celles d'Abraham sortaient muselées.
[Note : voir le Midrach Bereshit Rabba paracha 41 : les bergers d'Abraham leur disaient : le vol est interdit ; les bergers de Lot leur disaient : ainsi a dit le Saint béni soit-Il à Abraham, "à ta descendance je donnerai ce pays", or Abraham est une mule stérile qui n'engendre pas ; demain il mourra et Lot le fils de son frère en héritera - et ils mangent pourtant de ce qui n'est pas à eux ! Le Saint béni soit-Il leur dit : ainsi lui ai-je dit, "à ta descendance j'ai donné", mais quand ? lorsque les sept nations seront extirpées de son sein ; "et le Cananéen et le Perizzien étaient alors dans le pays" (Genèse 13,7), jusqu'à présent un droit leur est encore reconnu dans le pays.] Et par cette parole le Nom révéla à Abraham notre père, la paix sur lui, qu'Il lui donnerait une expansion de sainteté avec une grande force (tekifout) ; et s'Il avait révélé cela tant qu'Abraham avait encore un lien avec Lot le fils de son frère, lequel la mangeait non mûre, cela aurait été tenu pour une parole du Nom prononcée en exil (galout).
Car tout l'exil d'Israël est leur dispersion parmi les nations pour trier le bien d'avec son contraire, pour recevoir toute chose pure et nette sans mélange d'aucune kelipa. [Note : comme le sujet est expliqué dans le Mei HaShiloah I parachat Vayera s.v.
"ki atsar" : c'est pourquoi Israël se disperse parmi les nations, afin de recevoir toutes les forces qui se trouvent chez chacune des soixante-dix nations, et chez eux ces forces seront sans limite. De même dans la partie II, Psaumes (147) s.v.
"boneh" : le Nom a dispersé Israël parmi les nations pour qu'ils reçoivent d'elles tous les biens et les fassent entrer dans la sainteté, et alors la volonté du Nom sera pleinement dans l'expansion.] Et voici : l'homme qui est saint du fond du cœur, la Sitra A'hra (l'autre côté, le domaine impur) ne se tourne pas vers lui pour vouloir s'y attacher, car d'eux-mêmes ils comprennent qu'ils n'ont aucun rapport avec cet homme, et ils ne regarderont même pas sa face. Mais celui qui n'est pas si pur au fond de son cœur, seulement en apparence, c'est à cet homme-là qu'ils désirent s'attacher et s'associer.
Et de là vient toute la patience dans la souffrance : "selon la peine, la récompense" (Avot 5,23, pum tsaara agra) ; celui qui souffre davantage et se clarifie en se purifiant est raffiné davantage pour la part et le lot du Saint béni soit-Il (houlkeih ve-adbeih de-Koudcha Berikh Hou), comme il est écrit (Nombres 11,16, Behaalotekha) "car ce sont eux les anciens du peuple et ses officiers" ; et c'est parce qu'ils ont supporté en exil un lourd fardeau qu'ils seront désormais comptés comme les anciens du peuple et ses officiers. [Note : comme expliqué dans le Tiferet Yossef fête de Souccot s.v.
"hine yom" : à l'avenir le Nom illuminera Israël de telle sorte que tous les biens dont Il les fera hériter seront entièrement bâtis de la patience qu'Israël a supportée en ce monde. Comme il est écrit (Ecclésiaste 3,9) "dans ce pour quoi il peine", et (Psaumes 20,3) "qu'Il envoie ton secours depuis le sanctuaire et depuis Sion qu'Il te soutienne".
Et il est dit dans le Midrach (Tan'houma Kedochim) : "qu'Il envoie ton secours depuis le sanctuaire" - depuis la sainteté des actes qui sont en toi ; "et depuis Sion (tsion) qu'Il te soutienne" - depuis la marque (tsiyoun) des actes qui sont en toi. C'est-à-dire que de cette patience qu'ils ont endurée est bâti tout le salut de l'avenir, car pour chaque pas enduré le Nom illuminera pour eux à l'avenir.] Et comme il est dit aussi dans le saint Zohar (Lekh 83a) : si Israël n'était pas descendu d'abord en Égypte et n'y avait pas été affiné, ils n'auraient pas été le peuple unique qui est le Sien, etc. ; si la terre sainte n'avait pas été donnée d'abord à Canaan et qu'il n'y eût dominé, la terre n'aurait pas été la part et le lot du Saint béni soit-Il.
C'est que la terre elle-même dut être en exil, parce qu'elle n'était pas encore clarifiée comme part et lot du Saint béni soit-Il ; et c'est pourquoi, auparavant, avant que cela fut dit, le Perizzien (ha-Perizi) n'était pas mentionné dans le verset, et ce n'est qu'ici qu'il est mentionné, pour faire allusion à ceci que la terre est encore ouverte (peruza, sans murailles ni clôture) et n'est pas encore clarifiée. [Note : voir le développement dans le Sod Yesharim fête de Souccot lettre 16.] Et c'est pourquoi cette parole non plus ne fut pas dite tant que Lot était avec lui, car il la mangeait non mûre ; et en vérité il fallait attendre encore, jusqu'à ce que vienne le temps où l'on viendra à Sion et à Jérusalem dans la joie, selon la volonté du Nom.
כי את כל הארץ אשר אתה רואה לך אתננה ולזרעך עד עולם. הענין שאח"ז כתיב לזרעך נתתי, ואמרו ע"ז במדרש (לך מד) שאף מאמרו של הקב"ה מעשה, ולמה כתיב כאן אתננה.
אכן הענין בזה הוא, דהנה מצד השי"ת אין שום חילוק באמת מקודם הנתינה לאחר הנתינה, אך כל החילוק הוא מצד האדם המקבל שפעת השי"ת, שקודם הקבלה הוא ברזא דשם אקי"ק אנא זמין לאולדא כדאיתא בזוה"ק (אחרי סה:), וע"ז כתיב אתן, והוא שנשפע מאת ה' בהדרגה בכדי שיוכל לקבלה. כענין דאיתא בזוה"ק (וישלח קע.) פתח לו פתחא דנהורא דקיק זעיר ולבתר פתחא אחרינא דאיהו רב מיניה וכו' וכדאיתא במדרש (איכה רבה פרשה כט) ובירושלמי (ברכות פ"א ה"א) אם תבא הגאולה בבת אחת ואין יכולים לסבול ישועה גדולה שהיא באה מתוך צרות גדולות, לכך היא באה קמעה קמעה וכו'קעזנתבאר בתפארת החנוכי על זהר פרשת וישלח (קע.) ד"ה אבל:
העניין ביאר אאמו"ר הרב הגאון הקדוש זללה"ה שבישראל נותן הקב"ה הטובה והחיים בהדרגה כדי שיהיה יגיע כפיו. ואף אם ח"ו מפסיד, מפסיד בבת אחת, כדי שיהיה לו טענה להש"י כי נשאתני ותשליכני, ועיי"ז מחזיר לו הקב"ה.
אבל באומות העולם הוא בהיפוך, שמקבל חיים בבת אחת שלא ע"י יגיעו, וכשמפסיד, מפסיד בהדרגה, כדי שיורגל בירידה ולא יהיה לו טענה. ועיין עוד במי השלוח ח"ב פרשת ויחי ד"ה בן פורת, לקמן פ' מקץ אות יח..
וזה הוא ברזא דאקי"ק, שזה השם מרמז שעוד לא הגיע הזמן שתנתן הטובה ליד האדם, רק אחר עבור זמן אזי יוציא הקב"ה הטובה מנרתקה, ויהיה השם הוי"ה בשלימות וימסר בתפיסת האדם, שבהקבלה שורה על הדבר השם הוי"הקעחמבואר העניין בבית יעקב שמות פרשת שמות אות מד: ושם אהי"ה מורה כדאיתא בזוה"ק (אחרי סה:) אנא זמין לאולדא ולאמשכא כולא, אף שאין בו תפיסה לעת עתה.
אכן השי"ת עתיד להמשיך כח הזה שיגיע לתפיסת אדם, וע"י עבודה ישיג האדם קנין גם בלבוש שאינו משיג מפורש וכו'. ולעתיד יתגלה השם הוי"ה כדאיתא (פסחים נ) ויצא מלה מנרתקה ויהיה הכל אחד.
ועיין עוד שם אות מה.. וזה הוא ג"כ החילוק בין ארץ ישראל לחוץ לארץ.
בארץ ישראל שם הוא החיבור מהשם הוי"ה עם השם א-להים, שהשי"ת דורש אותה תמיד ובכל פעולה יש הכרה שה' הוא הא-להים, וכדאיתא בש"ס (כתובות קי:) ובזוה"ק (יתרו עט.) כל הדר בא"י דומה כמי שיש לו אלוה. והאור שנשפע שמה הוא בשפע, לדעת כי אני ה' מקדשכםקעטכדאיתא במי השלוח ח"ב פרשת ואתחנן ד"ה אעברה:
דאיתא בגמ' (כתובות קי:) כל הדר בארץ ישראל דומה כמי שיש לו אלוה וכו' כדאיתא בזה"ק (יתרו עט.) ומשה לא קאמר א-להיך אלא לאינון דהוו זמינין למיעאל לארעא קדישא ולקבלא אפי שכינתא ומה דלא אמר א-להינו משום דהא משה לא זכה למיעאל לארעא וכו' וזה שאיתא בגמ' (ברכות מח:) משה תקן לישראל ברכת הזן וכו' יהושע תקן להם ברכת הארץ, ובברכת הזן כתיב לשון נסתר ובטובו הגדול וכו' וברכת הארץ שתקן יהושע הוא בלשון נוכח, לפי שהדר בארץ ישראל דומה כמי שיש לו אלוה, כי בארץ ישראל מפורש שהשי"ת נמצא בכל פרט אף בעניני עולם הזה.. ובשאר ארצות שם נמצא פירוד בין השם הוי"ה לשם א-להים, מפני שנמצא שם טרדות גדולות המטרידים דעת האדם שלא יכיר את ממשלת השי"ת שמושל אף בעוה"ז, עד שאמרו בש"ס (שם) כל הדר בחוץ לארץ דומה כמי שאין לו אלוה, וזהו נצמח מפני ארץ העמים, שהאומות מטרידים את הדעה שלהם, ואף שבאמת זורח אף להם מעט יראה וכדאיתא בש"ס (מנחות קי.) שהם קוראים את שם ה' אלהא דאלהיא, אכן הם מצדם ידחוהו בשתי ידים במקום אשר לא יעלה עוד על לבם, ומטרידים את הדעת שבהם והיראה הזורחת להם מרחוק, לכן אף בארצותיהם נמצא טרדות כאלה עד שאין בכח אדם להכיר שהשי"ת מנהיג בעולםקפעיין בסוד ישרים חג הסוכות אות יט בביאור העניין בהרחבה..
אכן אאע"ה לא בחר באלה ולא היה בנייחא מזה להטריד את עצמו לילך חושך לא אור, אך מצדו היה עובד את השי"ת תמיד להכיר ולדעת שה' הוא הא-להים, ואף בגודל ההסתר לא יתעלם מנגד עיניו שהשי"ת מושל בעולם. לכן כאשר עלה ממצרים דנחית וסליק, אז נתן לו הקב"ה את ארץ ישראל, שכל הדר שם דומה כמי שיש לו אלוה, שבכל הפעולות לא יתעלם מני אדם ממשלת השי"ת וידע שה' הוא הא-להים:
Car tout le pays que tu vois, à toi je le donnerai, et à ta descendance pour toujours (Genèse 13,15). Question : puisque plus loin il est écrit "à ta descendance j'ai donné" (Genèse 15,18, au passé accompli), et que l'on a dit à ce sujet dans le Midrach (Lekh 44) que même la parole du Saint béni soit-Il est déjà un acte accompli, pourquoi est-il écrit ici "je le donnerai" (atnena, au futur) ?
Voici l'explication : du côté du Nom, il n'y a en vérité aucune différence entre l'avant et l'après du don ; toute la différence est du côté de l'homme qui reçoit l'effluence (chefa) du Nom. Avant la réception, cela est dans le secret (raza) du Nom (אקי"ק, écriture euphémique du Nom Ehyeh) : "Je suis prêt à enfanter", comme il est dit dans le saint Zohar (Aharei 65b) ; c'est pourquoi il est écrit "je donnerai", à savoir que cela s'épanche du Nom progressivement (be-hadraga) afin que l'homme puisse la recevoir.
Tel le sujet rapporté dans le saint Zohar (Vayishlah 170a) : Il lui ouvrit une ouverture de lumière, mince et petite, puis une autre ouverture plus grande qu'elle, etc. ; et comme il est dit dans le Midrach (Eikha Rabba paracha 29) et dans le Talmud de Jérusalem (Berakhot ch. 1, hal.
1) : si la rédemption venait d'un seul coup, ils ne pourraient pas supporter un salut si grand, qui vient du sein de grandes détresses ; c'est pourquoi elle vient peu à peu (kimaa kimaa), etc. [Note : expliqué dans le Tiferet HaHanoukhi sur le Zohar parachat Vayishlah (170a) s.v.
"aval" : mon seigneur père et maître, le rav, le gaon saint (que son souvenir soit pour la vie du monde à venir), à expliqué le sujet ainsi : en Israël, le Saint béni soit-Il donne le bien et la vie progressivement, afin que ce soit le labeur de ses mains ; et même si, à Dieu ne plaise, il perd, il perd d'un seul coup, afin qu'il ait un argument devant le Nom - "Tu m'as porte puis Tu m'as rejeté" (Psaumes 102,11) -, et par cela le Saint béni soit-Il le lui rend. Mais pour les nations du monde c'est l'inverse : elles reçoivent la vie d'un seul coup, sans leur labeur, et quand elles perdent, elles perdent progressivement, afin qu'elles s'habituent à la descente et n'aient pas d'argument.
Voir encore le Mei HaShiloah II parachat Vayehi s.v. "ben porat", plus loin parachat Miketz lettre 18.] Et c'est le secret du Nom (אקי"ק, Ehyeh) : ce Nom fait allusion à ce que le temps n'est pas encore venu où le bien serait remis en main de l'homme ; ce n'est qu'après qu'un temps se soit écoulé que le Saint béni soit-Il fera sortir le bien de son étui (nartika), et le Nom (הוי"ה, écriture euphémique du Tétragramme) sera dans sa plénitude et sera livré à la saisie de l'homme, car lors de la réception le Nom (הוי"ה) repose sur la chose.
[Note : le sujet est expliqué dans le Beit Yaakov Chemot parachat Chemot lettre 44 : le Nom Ehyeh (אהי"ה) indique, comme il est dit dans le saint Zohar (Aharei 65b), "Je suis prêt à enfanter et à tout faire couler", bien qu'il n'y ait pas encore en lui de saisie pour le moment ; mais le Nom fera couler à l'avenir cette force pour qu'elle parvienne à la saisie de l'homme, et par le service (avoda) l'homme obtiendra une acquisition même dans le vêtement qu'il ne saisit pas explicitement, etc. Et à l'avenir le Nom (הוי"ה) se révélera, comme il est dit (Pessahim 50) : "et la chose sortira de son étui", et tout sera un.
Voir encore là, lettre 45.] Et c'est aussi la différence entre la terre d'Israël et l'extérieur de la Terre. En terre d'Israël se trouve l'union du Nom (הוי"ה) avec le Nom Elokim, car le Nom la recherche continuellement, et en chaque action il y a reconnaissance que "le Nom est Elokim" (Hachem hou ha-Elokim) ; et comme il est dit dans le Talmud (Ketoubot 110b) et dans le saint Zohar (Yitro 79a) : quiconque réside en terre d'Israël est semblable à celui qui a un Dieu.
Et la lumière qui s'y épanche est abondante, pour connaître "car Je suis le Nom qui vous sanctifie". [Note : comme il est dit dans le Mei HaShiloah II parachat Vaethanan s.v.
"e'evera" : il est dit dans la Guemara (Ketoubot 110b) que quiconque réside en terre d'Israël est semblable à celui qui a un Dieu, etc. ; comme il est dit dans le saint Zohar (Yitro 79a) que Moché n'a dit "ton Dieu" qu'à ceux qui étaient destinés à entrer en la terre sainte et à recevoir la face de la Chekhina, et s'il n'a pas dit "notre Dieu", c'est parce que Moché n'a pas mérité d'entrer en la terre, etc. Et c'est ce qui est dit dans la Guemara (Berakhot 48b) : Moché institua pour Israël la bénédiction "Celui qui nourrit" (Birkat ha-Zan), etc., et Josue leur institua la bénédiction de la Terre ; or dans la bénédiction "Celui qui nourrit" il est écrit au langage de l'absent, "et dans sa grande bonté", etc., tandis que la bénédiction de la Terre qu'institua Josue est au langage de l'interpellation directe, parce que celui qui réside en terre d'Israël est semblable à celui qui a un Dieu, car en terre d'Israël il est explicite que le Nom se trouve dans chaque détail, même dans les affaires de ce monde.] Et dans les autres pays se trouve une séparation entre le Nom (הוי"ה) et le Nom Elokim, parce que là se trouvent de grandes distractions (teradot) qui troublent la conscience de l'homme, de sorte qu'il ne reconnaisse pas le règne du Nom, qui gouverne même en ce monde ; jusqu'à ce qu'ils dirent dans le Talmud (ibid.) : quiconque réside hors de la Terre est semblable à celui qui n'a pas de Dieu.
Cela découle du "pays des peuples" (erets ha-amim), car les nations troublent leur conscience ; et bien qu'en vérité un peu de crainte brille même pour elles - comme il est dit dans le Talmud (Menahot 110a) qu'elles appellent le Nom du Nom "le Dieu des dieux" (Elaha de-elahaya) -, elles le repoussent pourtant, de leur côté, des deux mains, vers un lieu où il ne remontera plus à leur cœur, et elles troublent la conscience qui est en elles et la crainte qui brille pour elles de loin ; c'est pourquoi, même dans leurs pays, se trouvent de telles distractions, au point qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme d'y reconnaître que le Nom conduit le monde. [Note : voir le Sod Yesharim fête de Souccot lettre 19 pour l'explication développée du sujet.] Mais Abraham notre père, la paix sur lui, ne choisit pas cela, et il ne lui était pas agréable de se laisser distraire pour marcher dans l'obscurité et non dans la lumière ; de son côté il servait le Nom continuellement, pour reconnaître et savoir que "le Nom est Elokim", et même dans la grandeur de l'occultation (hester) il ne laissait pas se dérober de devant ses yeux que le Nom gouverne le monde.
C'est pourquoi, lorsqu'il monta d'Égypte - "qui descendit et remonta" (de-nahit ve-salik) -, alors le Saint béni soit-Il lui donna la terre d'Israël, où quiconque réside est semblable à celui qui a un Dieu, où en toutes les actions le règne du Nom ne se dérobe pas à l'homme et où il sait que "le Nom est Elokim".
Ce passage poursuit l'enseignement : les descendants reconnaissent la vie du Nom dans ce monde-ci ; Yaakov, par la prière, tient l'intériorité de l'épée et de l'arc ; Avraham descend en Égypte comme l'âme dans le corps. « Et Malki-Tsedek fit sortir du pain et du vin » : la prêtrise passe de Chem à Avraham. Pour le Beit Yaakov, le prêtre est le canal des effluences ; le pain soutient le cœur en montrant que D.ieu seul gouverne, le vin réjouit en montrant qui Il choisit. Avraham fait du « Lui » le secret du « Toi » jusque dans mer et désert, et Chem le bénit d'abord pour avoir dévoilé cette gloire.
Aussi : « j'ai donné » et « je donnerai », sans distinction du côté de D.ieu, grande du côté de l'homme ; après l'Égypte, la Terre promise en fixité ; « possesseur des cieux et de la terre », providence qui répare chaque jour.
ויוצאי חלציו הלכו בעקבותיו להכיר שאף בכל לבושי עוה"ז נמצא חיים מהשי"ת, והכניסו כבוד שמים בכל עניני עוה"ז, וכדאיתא בזוה"ק (וישלח קעג:) יעקב שלימו דאבהן איהו ואיהו אחיד לכל סטרין וקרא שמיה ישראל וכו' וכדכתיב ביה (ויחי מח) אשר לקחתי מיד האמרי בחרבי ובקשתי, וכמו שפירשו חז"ל הלא כתיב (תהילים מ״ד:ז׳) כי לא בקשתי אבטח וחרבי לא תושיעני, אכן בזה כוון על כח התפלה שבו, וכדאיתא על זה בש"ס (ב"ב קכג.) והובא ברש"י ז"ל על מקומו, וכן תרגמו אונקלוס, בצלותי ובבעותי, והוא שהיה לו הפנימיות של כל דבר מחרב ומקשת וכדומה, שהעיקר מכל דבר הוא הפנימיות (וכמו שנתבאר בפ' ויחי אות נא)קפאכמבואר העניין היטב שם עיי"ש. ומסיים שם:
ואף שאין המקרא יוצא מידי פשוטו ג"כ, אשר יעקב אבינו היה נלחם כנגד אויביו בחרבו ובקשתו, כי בפעולותיו הגשמיים היו ג"כ חיים אמתיים. וכעין זה ראה בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה בסוכות [ג]..
ועל זה מרמזים השני כתובים נתתי ואתן, שמצד השי"ת נאמר נתתי, שמצדו יתברך אין שום חילוק בין אמירה לנתינה ולמה שנתון כבר. אכן מצד האדם נמצא חילוק גדול בין מה שנתון כבר למה שעתיד להנתן לו.
והענין שאאע"ה ירד מצרימה הוא כענין דאיתא במדרש (שוחר טוב תהלים סב) הנשמה הזאת כל שעה שהיא עולה ויורדת ומבקשת לצאת מן האדם האיך היא עומדת בתוכו, אלא הקב"ה מלא כל הארץ כבודו מניחה בגופו והיא באה לצאת ורואה את יוצרה וחוזרת לאחוריה. והוא, כי נשמת האדם הנחצבה ממעל תחפוץ כל שעה לעלות למקור מחצבה ולא להפנות אל עוה"ז שכולו גשם, אך בהראות לה שמלא כל הארץ כבוד ה' לית אתר פנוי מניה, ואף בהגוף נמצא ד"ת, ועוד תוסיף אומץ בקדושת ה' כשיתברר אף הגוף, ותוציא יקר מזולל, אז יורדת, כי מה לה לעלות לעולם העליון מאחר שאף עוה"ז מאיר מכבודוקפבכן מבואר לעיל פ' נח אות ו ד"ה והנה בהתחלת:
שהנשמה חושקת כל שעה לחזור להמקור שנאצלה משם. וכשמראה לה השי"ת כי מלא כל הארץ כבודו, אזי חוזרת להיות בזה העולם, לפי שמבחנת שיש בזה יקרות יותר להרחיב ולהגדיל את כבוד מלכותו גם בעולם הזה השפל, שהאור מוסתר והחושך גובר, וכדכתיב (ירמיהו ט״ו:י״ט) ואם תוציא יקר מזולל כפי תהיה.
ועל כן חוזרת לאחוריה להתקיים עם הגוף, שעי"ז תוכל למצוא כבוד שמים גם בחשכת ההסתר שבעוה"ז, ויש לה נייחא ביותר להשאר בתוך הגוף. עיין עוד לקמן פרשת ויצא אות יב.
ומבואר כמו כן בתפארת החנוכי על זהר בהקדמה (דף א.) ד"ה וכמה: שבאמת מקור מחצב הנשמה הוא מאור בהיר מאד, וכשהיא בגוף היא בהסתרת פנים.
אכן לזה הנשמה מאירה מאור גדול יותר ממלאכי השרת וכו'. והוא לפי שנבראת כדי ליכנס להסתר ולהוציא יקר מזולל להראות ולברר שגם במקום הזה יש אור השי"ת, וממילא נשמע שאורה גדול מאד שיכולה להיכנס להסתר וחשך וכו'.
ומזה נשמע שהנשמה כחה גדול ביותר, והיא חלק אלוה ממעל, ממקום גבוה כזה שביכולתה להכנס בכל ההסתרות וכו'. אכן לפי שבכל עת תשאף הנשמה לחזות בנועם אור בהיר, לצאת מחשכת ההסתר.
לכן מראה לה הש"י שמלא כל הארץ כבודו, ורואה את יוצרה שנמצא גם בהסתר הזה, ממילא מסכמת לחזור לשבת בתוך הגוף, אחר שממקום זה תוציא אור יקר מאד וכו' עיי"ש.. ואברהם אבינו ע"ה היה בעוה"ז כגוונא שהנשמה בהגוף, שכן נקרא בזוה"ק (לך עט:) נשמתא לנשמתא, והוא האיר לכל העולם שמלא כבוד ה' את כל העולם, וממנו התחיל להיות שלימות להנפש בעוה"ז.
והנה אברהם אבינו המכוון לנשמה התחיל להתנשא ולהתרומם מהעוה"ז המכונה לגוף, והיה עולה ויורד. וע"ז מרמז הכתוב ויהי רעב בארץ, כי ארץ מורה על קביעות, שכן חן מקום על יושביו לישב בטח על מקומו בל לזוז מארצו, וכדאיתא במדרש (נח רבה לד) ובש"ס (סוטה מז.), ואף שנמצא ארץ שהיא רחבה וטובה מארצו, אף על פי כן אין רצונו לזוז מארצו.
ולאברהם אבינו לא היה לו נייחא והשקט לא יוכל בקביעות, מפני שרצה לעלות ולהתדבק בהמקור והשורש שממנו נחצבה, לכן הוכרח לירד מצרימה, שזה המקום הוא בהתגברות ההסתרות וההעלמות מה שאין כל בכל העולם כלו, ואאע"ה האיר אף שם ממשלת השי"ת וכשכבודו מלא אף שם, ואז היה לו נייחא והשקט לשכון בטח בדד בעוה"ז, ולכן כאשר ירד מצרימה ועלה משם בשלום, אז הבטיח לו השי"ת להנחילו את הארץ שה' דורש אותה בתמידות ולתתה לו בקביעות חן המקום על יושביו, ובזה בחר אף הוא מצדו והיה חפץ בה, מפני ששם הוא שפע אור הדעת לדעת כי אני ה' מקדשכם, ולהכיר בכל פעולה ופעולה איך שמלאה כבוד ה'קפגעיין הרחבת הדברים בסוד ישרים חג הסוכות אות טז כל העניין שם.:
Et ceux issus de ses reins (ses descendants) marchèrent sur ses traces pour reconnaître que, même dans tous les vêtements de ce monde-ci, se trouve la vie provenant du Nom béni soit-Il, et ils introduisirent la gloire du Ciel dans toutes les affaires de ce monde-ci, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Vayichlah 173b): Yaakov est la perfection des Pères, et il embrasse tous les côtés, et Il l'appela du nom d'Israël, etc., et comme il est écrit à son sujet (Vayehi 48): 'que j'ai pris de la main de l'Emori par mon épée et par mon arc'; et comme l'ont expliqué nos Sages de mémoire bénie: n'est-il pas écrit (Tehilim 44:7) 'car ce n'est pas en mon arc que je me confie, et mon épée ne me sauvera pas'? En vérité, par cela il visait la force de la prière qui était en lui, comme il est rapporté à ce sujet dans le Talmud (Bava Batra 123a), rapporté par Rachi de mémoire bénie sur place, et de même l'a traduit Onkelos: 'par ma prière et par ma supplication'; c'est-à-dire qu'il possédait l'intériorité de chaque chose - de l'épée, de l'arc et de semblables - car l'essentiel de toute chose est l'intériorité (comme cela a été expliqué dans la parachat Vayehi, section 51).
(Note 181: comme la chose est bien expliquée là, voir là. Et il conclut là: bien que le verset ne quitte pas non plus son sens simple, à savoir que Yaakov notre père combattait ses ennemis par son épée et son arc, car dans ses actions physiques aussi il y avait une vie véritable.
Et de semblable à cela, voir dans Tiferet Yosef, fête de Souccot, s.v. 'baSuccot' [3].) Et c'est ce que suggèrent les deux versets 'j'ai donné' et 'je donnerai': du côté du Nom béni soit-Il il est dit 'j'ai donné', car de Son côté béni soit-Il il n'y a aucune distinction entre le dire, le don et ce qui est déjà donné. En vérité, du côté de l'homme il se trouve une grande distinction entre ce qui est déjà donné et ce qui sera donné à l'avenir.
Et le sens du fait qu'Avraham notre père, la paix soit sur lui, descendit en Égypte est semblable à ce qui est rapporté dans le Midrach (Chohar Tov, Tehilim 62): cette âme, à chaque instant elle monte et descend et cherche à sortir de l'homme - comment se tient-elle en lui? Mais le Saint béni soit-Il, dont la gloire remplit toute la terre, la dépose dans son corps; et elle vient pour sortir, voit son Créateur et retourne en arrière.
Et cela, car l'âme de l'homme, taillée d'en haut, désire à chaque instant monter vers la source dont elle fut taillée et non se tourner vers ce monde-ci qui est entièrement matière; mais lorsqu'on lui montre que la gloire de ה' remplit toute la terre, 'qu'il n'est aucun lieu vide de Lui', et que même dans le corps se trouvent des paroles de Torah, et qu'elle ajoutera encore de la force dans la sainteté de ה' lorsque le corps aussi sera clarifié, et qu'elle 'fera sortir le précieux du vil' - alors elle descend, car quel besoin a-t-elle de monter au monde supérieur puisque même ce monde-ci rayonne de Sa gloire. (Note 182: ainsi est-il expliqué plus haut, parachat Noa'h, section 6, s.v. 'vehine' au début: que l'âme convoite à chaque instant de retourner à la source d'où elle fut émanée.
Et lorsque le Nom béni soit-Il lui montre que Sa gloire remplit toute la terre, alors elle revient être en ce monde, car elle discerne qu'il y a en cela une plus grande préciosité: élargir et agrandir la gloire de Sa royauté aussi dans ce monde-ci inférieur, où la lumière est cachée et l'obscurité l'emporte, comme il est écrit (Yirmeyahou 15:19) 'et si tu fais sortir le précieux du vil, tu seras comme Ma bouche'. Et c'est pourquoi elle retourne en arrière pour subsister avec le corps, car par là elle peut trouver la gloire du Ciel même dans l'obscurité de l'occultation de ce monde-ci, et elle a plus de repos à demeurer dans le corps.
Voir encore plus loin, parachat Vayetse, section 12. Et il est expliqué de même dans Tiferet haH'anouki sur le Zohar, dans l'introduction (feuillet 1a), s.v. 'vekama': qu'en vérité la source d'où l'âme fut taillée est une lumière très claire, et lorsqu'elle est dans le corps elle est dans l'occultation de la face.
En vérité, pour cela même l'âme rayonne d'une lumière plus grande que les anges de service, etc. Et cela parce qu'elle fut créée afin d'entrer dans l'occultation et de faire sortir le précieux du vil, pour montrer et clarifier que même en ce lieu il y a la lumière du Nom béni soit-Il; d'où l'on entend que sa lumière est très grande puisqu'elle peut entrer dans l'occultation et l'obscurité, etc.
Et de là on entend que la force de l'âme est très grande, et qu'elle est une part de Dieu d'en haut, d'un lieu si élevé qu'il est en son pouvoir d'entrer dans toutes les occultations, etc. En vérité, parce qu'à chaque instant l'âme aspire à contempler l'agrément de la lumière claire, à sortir de l'obscurité de l'occultation, c'est pourquoi le Nom béni soit-Il lui montre que Sa gloire remplit toute la terre, et elle voit son Créateur qui se trouve aussi dans cette occultation, et d'elle-même elle consent à retourner demeurer dans le corps, puisque de ce lieu elle fera sortir une lumière très précieuse, etc., voir là.) Et Avraham notre père, la paix soit sur lui, était en ce monde-ci à la manière de l'âme dans le corps, car il est appelé dans le Zohar saint (Lekh 79b) 'âme de l'âme' (nechamta lenechamta), et il illumina le monde entier de ce que la gloire de ה' remplit le monde entier, et de lui commença à exister une perfection pour l'âme en ce monde-ci.
Et voici qu'Avraham notre père, qui correspond à l'âme, commença à s'élever et à se hisser au-dessus de ce monde-ci qui correspond au corps, et il montait et descendait. Et c'est ce que suggère le verset 'et il y eut une famine dans le pays (arets)', car 'arets' (terre, pays) indique la fixité, car le charme d'un lieu agit sur ses habitants pour qu'ils demeurent en sûreté à leur place sans bouger de leur terre, comme il est rapporté dans le Midrach (Noa'h Rabba 34) et dans le Talmud (Sota 47a); et bien qu'il se trouve une terre plus vaste et meilleure que la sienne, malgré cela il ne désire pas bouger de sa terre.
Mais Avraham notre père n'avait ni repos ni tranquillité, il ne pouvait demeurer dans la fixité, parce qu'il voulait monter et s'attacher à la source et à la racine dont il fut taillé; c'est pourquoi il fut contraint de descendre en Égypte, car ce lieu est dans le renforcement des occultations et des dissimulations tel qu'il n'en est point dans le monde entier, et Avraham notre père y illumina même la souveraineté du Nom béni soit-Il, et que Sa gloire remplit même là, et alors il eut repos et tranquillité pour demeurer en sûreté, solitaire, en ce monde-ci. Et c'est pourquoi, lorsqu'il descendit en Égypte et en remonta en paix, alors le Nom béni soit-Il lui promit de lui donner en héritage la Terre - que ה' recherche continuellement - et de la lui donner de manière fixe, le charme du lieu sur ses habitants; et en cela lui aussi choisit de son côté et la désira, parce que là se trouve l'abondance de la lumière de la connaissance (daat) pour savoir 'que Je suis ה' qui vous sanctifie', et pour reconnaître en chaque action comment elle est emplie de la gloire de ה'.
(Note 183: voir le développement de ces propos dans Sod Yecharim, fête de Souccot, section 16, tout le sujet là.)
ומלכי צדק מלך שלם הוציא לחם ויין והוא כהן לאל עליון. בזוה"ק (לך פז.) בעי קוב"ה למיפק כהונתא משם כו' אתיהיבת כהונתא לאברהם וכו'.
כהן הוא שעל ידו נשפעים כל הטובות וכל ההשפעות, ולכן כאשר ראה מלכי צדק שעתה הוא אברהם אבינו הנבחר לשרת לה', שעל ידו ילכו ההשפעות, הוציא לחם ויין, לרמז לו שעתה הוא אברהם אבינו כלל ההשפעות והצינור. שכן לחם ויין הם כלל כל ההשפעות.
לחם הוא רק סעדתא דלבא, שיראה האדם שעולם ומלואו כלו לה' ואין להברואים חלק בממשלת העולם, רק השי"ת מנהגה כרצונו הטוב, ולפי זה אין לאדם להתיירא מפני חבירו, ואף היתום שהוא מהכושלים, מ"מ אין לו להתיירא משום בריה בעולם, מאחר שיש לו על מי להשען ולבטוח במי שכל הממשלה שלו, שהשי"ת הוא המושל ומשגיח בעולם ומנהיגה, וזה הוא רק סעדתא דלבא כמו לחם. ויין הוא המשמח לבב אנוש, והוא כשיסייע השי"ת לאדם שיראה גם הוא במי בוחר השי"ת ומי העומד בסוד ה', זה משמח לב האדם כיין המשמח לבב אנוש.
וזה הוא דאיתא בהאר"י הקדוש (שער הכוונות – ענין סעודה שלישית) והא אזמין עתיק יומין למצחא, היינו בהראותו ית' המצח שלו, שכל הברואים יכירו וידעו העולם ומלואו של מי הוא, ואז ממילא יהיה, עדי יהון חלפין, שלא יהיה לאדם ממשלה על רעהו, שכן זה הוא נברא מהשי"ת כמו חבירו. רעו דיליה דגלי ליה, היינו בשעה שהשי"ת מברר לעין האדם במי בוחר ובמי יחפוץ כעת, אזי לבטלא לכל קליפין, שכולם יתבטלו.
וכן הכתוב אומר (תהלים ל) שמע ה' וחנני ה' היה עוזר לי. שמע ה' וחנני הוא בבחינת לחם סעדתא דלבא, שאף זה הוא ישועת ה' שיראה האדם זאת, ה' היה עוזר לי הוא בבחינת יין המשמח שהוא ישועה ביתר עוז:
'Et Malki-Tsedek, roi de Chalem, fit sortir du pain et du vin, et il était prêtre du Dieu suprême.' Dans le Zohar saint (Lekh 87a): le Saint béni soit-Il voulut faire sortir la prêtrise (kehouna) de Chem, etc., la prêtrise fut donnée à Avraham, etc. Le prêtre (kohen) est celui par l'intermédiaire duquel s'épanchent tous les biens et toutes les effluences (hachpaot); c'est pourquoi, lorsque Malki-Tsedek vit que désormais c'est Avraham notre père qui est l'élu pour servir ה', par qui passeront les effluences, il fit sortir du pain et du vin, pour lui faire allusion que désormais Avraham notre père est l'ensemble des effluences et le canal (tsinor).
Car le pain et le vin sont l'ensemble de toutes les effluences. Le pain n'est que 'le soutien du cœur' (saadeta deliba), afin que l'homme voie que le monde et sa plénitude sont entièrement à ה' et que les créatures n'ont aucune part dans le gouvernement du monde - seul le Nom béni soit-Il le conduit selon Sa volonté bonne; et selon cela l'homme n'a pas à craindre son prochain, et même l'orphelin, qui est parmi les faibles, malgré tout n'a à craindre aucune créature au monde, puisqu'il a sur qui s'appuyer et en qui se confier - en Celui à qui appartient tout le gouvernement, car le Nom béni soit-Il est Celui qui gouverne, veille sur le monde et le conduit; et cela n'est que 'le soutien du cœur', comme le pain.
Et le vin est ce 'qui réjouit le cœur de l'homme' (Tehilim 104:15), c'est-à-dire lorsque le Nom béni soit-Il aide l'homme à voir lui aussi qui le Nom béni soit-Il choisit et qui se tient dans le secret de ה' - cela réjouit le cœur de l'homme comme le vin qui réjouit le cœur de l'homme. Et c'est ce qui est rapporté au nom du saint Ari (Rabbi Yits'hak Louria, Chaar haKavanot - sujet du troisième repas): 'et voici que l'Ancien des jours (Atik Yomin) est convié au front', c'est-à-dire lorsqu'Il montre, béni soit-Il, Son front, de sorte que toutes les créatures reconnaissent et savent à qui appartiennent le monde et sa plénitude; et alors, de soi-même, il en sera 'jusqu'à ce qu'ils passent', c'est-à-dire que l'homme n'aura pas de domination sur son prochain, car celui-ci est créé par le Nom béni soit-Il tout comme son compagnon. 'Son ami qu'Il lui dévoile', c'est-à-dire au moment où le Nom béni soit-Il clarifie aux yeux de l'homme qui Il choisit et en qui Il désire à présent, alors 'pour annuler toutes les kelipot' (écorces, forces d'impureté), qui toutes s'annuleront.
Et de même le verset dit (Tehilim 30): 'Écoute ה' et fais-moi grâce, ה' sois mon secours.' 'Écoute ה' et fais-moi grâce' relève de l'aspect du pain, 'le soutien du cœur', car cela aussi est un salut de ה' que l'homme le voie; 'ה' sois mon secours' relève de l'aspect du vin qui réjouit, qui est un salut avec plus de force encore.
ומלכי צדק וגו' והוא כהן לאל עליון ויברכהו ויאמר ברוך אברם לאל עליון וגו' וברוך אל עליון וגו'. בזוה"ק (לך פז.) בעא קוב"ה למיפק כהונתא משם כדכתיב ברוך אברם לאל עליון כיון דאקדים ברכתא דאברהם לברכתא דמאריה אמר ליה אברהם וכי מקדימין ברכתא דעבדא לברכתא דמאריה מיד אתיהיבת כהונתא לאברהם וכו' אתה כהן לעולם על דברתי מלכי צדק וכו'.
ברוך אברם כמה דאמרינן ברוך אתה וכו'. והענין בזה, דהנה אברהם אבינו חידש בעולם לעשות מהו"א רזא דאת"ה.
והוא, כי השי"ת השליש את העולם שליש ישוב שליש ים שליש מדבר. בישוב הוא רזא דאתה, שנמצאים שם בני אדם והשי"ת משפיע להם כל הטובות, והברואים מודים ומשבחים עליהם ומפארים ליוצרם על כבוד מלכותו, להכיר שמאתו יתב' באה להם הברכה, וממליכים את השי"ת על כל הטוב שהשפיע להם ואומרים ברוך אתה.
ובמדבר וים אין שם הכרת כבודו יתברך, וכדאיתא במכילתא (בא) ובתנחומא (ויקרא)קפדעיין לקמן פרשה זו אות מח ובהערה רלז שם., ושם נקרא השי"ת הו"א, וכענין דאיתא בזוה"ק (ויצא קנח:) אתה עלמא תתאה הוא עלמא עלאה. וכן הוא בכל פרט נפש אדם שהוא עולם קטן, בשעה שהוא בנייחא שלו ושאנן ומקבל עליו עול מלכות שמים בכל אשר יפנה, אז ישכיל ויצליח להראות לכל באי עולם הכבוד שמים שנמצא בכל דבר, וזה הוא כמו בישוב.
אכן בשעה שהוא מוטרד בהסתר והעלם שמסתירים את היראה מלבו, זהו דומה לים שאין שם כבודו:
'Et Malki-Tsedek, etc., et il était prêtre du Dieu suprême, et il le bénit et dit: béni soit Avram par le Dieu suprême, etc., et béni soit le Dieu suprême, etc.' Dans le Zohar saint (Lekh 87a): le Saint béni soit-Il voulut faire sortir la prêtrise de Chem, ainsi qu'il est écrit 'béni soit Avram par le Dieu suprême'; dès lors qu'il fit précéder la bénédiction d'Avraham à la bénédiction de son Maître, Avraham lui dit: est-ce qu'on fait précéder la bénédiction du serviteur à la bénédiction de son Maître? Aussitôt la prêtrise fut donnée à Avraham, etc., 'tu es prêtre pour toujours selon la parole de Malki-Tsedek', etc. 'Béni soit Avram' - comme nous disons 'béni sois-Tu (baroukh Ata)', etc.
Et le sens en est: voici, Avraham notre père innova dans le monde de faire du (הוא) - 'Lui', la troisième personne, le nom caché - le secret du (אתה) - 'Toi', la deuxième personne, le nom présent. Et cela, car le Nom béni soit-Il divisa le monde en trois: un tiers zone habitée, un tiers mer, un tiers désert.
Dans la zone habitée c'est le secret du (אתה) 'Toi', car s'y trouvent des hommes et le Nom béni soit-Il leur épanche tous les biens, et les créatures Le remercient, Le louent pour ces biens et glorifient leur Créateur pour la gloire de Sa royauté, reconnaissant que c'est de Lui béni soit-Il que leur vient la bénédiction, et ils intronisent le Nom béni soit-Il sur tout le bien qu'Il leur a épanché et disent 'béni sois-Tu (baroukh Ata)'. Mais dans le désert et la mer il n'y a pas là de reconnaissance de Sa gloire béni soit-Il, comme il est rapporté dans la Mekhilta (Bo) et dans le Tan'houma (Vayikra) (note 184: voir plus loin dans cette même paracha, section 48, et note 237 là), et là le Nom béni soit-Il est appelé (הוא) 'Lui', à la manière de ce qui est rapporté dans le Zohar saint (Vayetse 158b): '(אתה) Toi - le monde inférieur; (הוא) Lui - le monde supérieur'.
Et il en est de même pour chaque individu, l'âme de l'homme qui est un petit monde: au moment où il est dans son repos et sa quiétude et prend sur lui le joug de la royauté du Ciel en tout ce vers quoi il se tourne, alors il aura l'intelligence et réussira à montrer à tous les venants au monde la gloire du Ciel qui se trouve en toute chose - et cela est comme dans la zone habitée. En vérité, au moment où il est troublé par l'occultation et la dissimulation qui cachent la crainte de son cœur, cela ressemble à la mer où Sa gloire n'est pas [manifeste].
ואברהם אבינו ע"ה היה עוסק בתמידות בעבודת השי"ת, והשתדל להראות גלוי לכל, שאף במקומות הנעלמים ונסתרים נמצא כבוד השי"ת ועשה מהו"א רזא דאת"ה, לכן נאמר עליו אתה כהן. והוא, כי כהן היינו עובד ה', והוא היה כהן עובד, שאף במקום שהשי"ת נקרא שם ברזא דהו"א ונראה כמו שלא יחפוץ בעבודת האדם, אבל אברהם אבינו שהאיר שאף בימים ובמדבריות נמצא כבוד שמים, והמשיך חסד לעלמא תתאה, שאף שם יהיה ברזא דאת"ה כמו בישוב, וזהו שנאמר בו (וירא כב) ויקרא שם בשם ה' אל עולם שהוא מלשון העלם, כדאיתא במדרש (קהלת רבה ג) גם את העולם נתן בלבם, העלם כתיב, שהועלם מהם שם המפורש, ואף בההעלם האיר אברהם אבינו הכבוד שמים בשלימות וקרא בשם ה'.
וזהו הראה אברהם אבינו בהצילו את לוט שנולדו ממנו שבבי בישי דירושלים ונעלמה מעין כל הכבוד שמים שנמצא בו. אכן הוא השליך את נפשו מנגד להלחם עם המלכים להציל ממות נפשו והאיר אף בו כבודו יתברך, שכן נולדו ממנו אח"ז שתי פרידות טובות.
ולכן הקדים שם את ברכת אברהם לברכת ה' כענין דאיתא בש"ס (ב"ק צב:) חמרא למאריה וטיבותא לשקייה, שאף שעיקר הטובה הוא לשותה היין מ"מ אף לבעל היין מגיע טובה, שמבלעדו לא היה ניכר הטובה. וזה היה כוונת שם הצדיק, שאף שבאמת נמצא כבוד שמים בכל מקום בים ובמדבר וכדכתיב (ישעיהו מ״ג:ז׳) כל הנקרא בשמי ולכבודי בראתיו, אבל מי גילה רז זה שעד עתה לא שזפתו עין בריה, הלא אברהם, לכן אמר ברוך אברם לאל עליון, שהוא חידש זאת בעולם להראות שאף במקום שנקרא השי"ת עליון, שהוא למעלה מתפיסת אדם, שאין שם ישוב, אף שם מלא כבוד ה' וצריך להחזיק לו טובה ולברכו מקודםקפהלעיל פרשה זו אות יד [ד] ד"ה ואף פרשת ובהערה קד, קה שם..
ואומר עוד שם בזוה"ק (לך פז.) אל עליון כמד"א ה' א-להינו. והוא שהשי"ת מתנהג עם האדם בהדרגה בכדי שלא יופסד הכלי של ישראל, רק כפי שיוכלון שאת שפעת חסדי ה'קפוכמבואר לעיל פרשה זו אות לא ובהערה קעז שם..
קונה שמים וארץ כדאמרינן מלך העולם, זה הוא ברכה שמברכין קודם כל הטובות, והוא שלא יזיק הטובה את הדעה של האדם שכן המלך חפץ בטובת עמו. וזה הוא קונה שמים וארץ, היינו שהשי"ת מתקן אותם תדיר, וכדאיתא בזוה"ק (ויגש רז.) כונן שמים בתבונה מאי כונן אלא כונן כל יומא ויומא וכו' הן שמים לא זכו בעיניו וכי סלקא דעתך דגריעותא הוא משמים אלא חשיבו הוא וכו'.
והוא כי השמים מרמזים על גודל בהירות, וזה הוא קונה שמים וארץ כנגד מלך העולם, שהשי"ת מתקנם תדיר, שלא הרחיק את הבריאה מהבהירות שתהא לה כח פעולה בפני עצמה, אך תדיר מתקנם ומשגיח עליהם בהשגחה פרטית, קונה שמים וארץקפזעיין תפארת יוסף פ' האזינו ד"ה האזינו [ג]: כי שמים מרמזים על בהירות עד שאין ביכלתם לקבל שום לבוש מעוה"ז.
כדאיתא בזוה"ק (ויקהל קצז.) שמים לא יכולין למסבל אפילו כגרעין חרדל מגופא דהאי עלמא. ועיין עוד לעיל פ' בראשית אות ד, ה.:
Et Avraham notre père, la paix soit sur lui, s'occupait continuellement du service du Nom béni soit-Il, et s'efforçait de montrer au vu de tous que, même dans les lieux cachés et dissimulés, se trouve la gloire du Nom béni soit-Il, et il fit du (הוא) 'Lui' le secret du (אתה) 'Toi'; c'est pourquoi il est dit de lui 'tu es prêtre'. Et cela, car 'prêtre' signifie serviteur de ה', et il était un prêtre servant, car même dans le lieu où le Nom béni soit-Il est appelé par le secret du (הוא) 'Lui' et paraît comme s'Il ne désirait pas le service de l'homme - mais Avraham notre père illumina que même dans les mers et les déserts se trouve la gloire du Ciel, et attira le ''hessed (bonté) vers le monde inférieur (alma tataa), pour que là aussi ce soit par le secret du (אתה) 'Toi' comme dans la zone habitée.
Et c'est ce qui est dit de lui (Vayera 22): 'et il proclama là le nom de ה', Dieu du monde (olam)' - qui est du langage de la dissimulation (helem), comme il est rapporté dans le Midrach (Kohelet Rabba 3): 'Il a aussi mis le monde (haolam) dans leur cœur' - il est écrit 'helem' (dissimulation), c'est-à-dire que le Nom explicite (Chem haMeforach) leur fut dissimulé; et même dans cette dissimulation Avraham notre père illumina la gloire du Ciel en perfection et proclama le nom de ה'. Et c'est ce que montra Avraham notre père en sauvant Lot - de qui naquirent les mauvais rejetons (chevavei bichei) de Jérusalem - et en qui la gloire du Ciel qui se trouvait était dissimulée à tout œil.
En vérité, il jeta sa vie au péril pour combattre les rois afin de sauver son âme de la mort, et il illumina même en lui Sa gloire béni soit-Il, car après cela naquirent de lui deux bonnes perles (péridot, allusion à Ruth et Naama). C'est pourquoi Chem fit précéder la bénédiction d'Avraham à la bénédiction de ה', à la manière de ce qui est rapporté dans le Talmud (Bava Kama 92b): 'le vin est au maître et la reconnaissance à l'échanson', car bien que l'essentiel du bien revienne à celui qui boit le vin, malgré tout au propriétaire du vin aussi revient du bien, puisque sans lui le bien n'aurait pas été perceptible.
Et telle était l'intention de Chem le juste: bien qu'en vérité la gloire du Ciel se trouve en tout lieu, dans la mer et dans le désert, comme il est écrit (Yechayahou 43:7) 'tout ce qui est appelé par Mon nom, pour Ma gloire Je l'ai créé' - mais qui a dévoilé ce secret que jusqu'à présent nul œil de créature n'avait aperçu? N'est-ce pas Avraham?
C'est pourquoi il dit 'béni soit Avram par le Dieu suprême', car c'est lui qui innova cela dans le monde en montrant que même dans le lieu où le Nom béni soit-Il est appelé 'suprême' (elyon), qui est au-dessus de la saisie de l'homme, où il n'y a pas de zone habitée, même là la gloire de ה' est pleine, et il faut Lui en être reconnaissant et Le bénir d'abord (note 185: plus haut dans cette paracha, section 14 [4], s.v. 'veaf parachat', et notes 104, 105 là). Et il dit encore là dans le Zohar saint (Lekh 87a): '(אל עליון) le Dieu suprême' - comme dans l'expression 'ה' notre Dieu'.
Et cela signifie que le Nom béni soit-Il se conduit avec l'homme graduellement afin que ne se gâte pas le vase (keli) d'Israël, seulement selon ce qu'ils peuvent porter de l'abondance des bontés de ה' (note 186: comme expliqué plus haut dans cette paracha, section 31, et note 177 là). 'Possesseur des cieux et de la terre' - comme nous disons 'Roi du monde' - c'est la bénédiction que l'on récite avant tous les biens, et cela pour que le bien ne nuise pas à l'entendement (dea) de l'homme, car le roi désire le bien de son peuple. Et c'est cela 'possesseur des cieux et de la terre', c'est-à-dire que le Nom béni soit-Il les répare continuellement, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Vayigach 207a): ''Il a affermi les cieux par l'intelligence' - qu'est-ce que 'affermi'?
Sinon qu'Il affermit chaque jour et chaque jour, etc.; 'voici, les cieux ne sont pas purs à Ses yeux' - te viendrait-il à l'esprit que c'est une déficience s'agissant des cieux? Mais c'est [au contraire] leur importance, etc.' Et cela car les cieux suggèrent la grandeur de la clarté (behirout), et c'est cela 'possesseur des cieux et de la terre' en correspondance avec 'Roi du monde', car le Nom béni soit-Il les répare continuellement: Il n'a pas éloigné la Création de la clarté au point qu'elle ait une force d'action par elle-même, mais Il les répare continuellement et veille sur eux par une providence particulière (hachgaha peratit), 'possesseur des cieux et de la terre' (note 187: voir Tiferet Yosef, parachat Haazinou, s.v. 'Haazinou' [3]: car les cieux suggèrent une clarté telle qu'ils n'ont pas la capacité de recevoir aucun vêtement de ce monde-ci, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Vayakhel 197a): 'les cieux ne peuvent supporter même comme un grain de moutarde du corps de ce monde-ci'; et voir encore plus haut, parachat Berechit, sections 4, 5.).
« Et béni soit le D.ieu Très-Haut qui a livré (migén) tes adversaires en ta main » (Berechit 14,20). Selon le Beit Yaakov, migén signifie que le Saint béni soit-Il a encerclé les adversaires et les a livrés malgré eux en la main d'Avraham. Il y a magén, protection et garde de l'homme, et migén, encerclement comme un cachot. Dans la massore les lettres sont les mêmes ; toute la différence est dans la lecture, comme l'interprétation d'un rêve. Les affaires de ce monde-ci sont comme un rêve : elles s'interprètent pour le châtiment ou pour la faveur. Pour Avraham, c'est « Je suis un bouclier (magén) pour toi » ; pour ses ennemis, c'est migén.
Aussi : pourquoi Avraham refuse le butin de Sodome, pour écarter tout intérêt ; le bien caché chez les tués se clarifie s'ils s'incluent en lui, par la vision de Chaddai ; Israël craint encore quand la face du Roi resplendit
וברוך אל עליון אשר מִגֵן צריך בידך. מִגֵן מורה על שהשי"ת הסביבם והקיפן שלא יוכלו לפנות ולברוח אנה ואנה ומסרם ליד אברהם אבינו בעל כרחייהו שימיתם.
והענין בזה הוא, דאית מָגֵן ואית מִגֵן. מָגֵן היינו הגנה ושמירה, שהשי"ת מקיף את האדם ושומרו שינצל מכל רע ומגין עליו.
ומִגֵן היינו שהשי"ת הקיפם סביב וסגר אותם כבמסגר ונתן זמם ורסן בפיהם שלא יוכלו לילך לדרכם, אך מסרם ביד אאע"ה שינצח אותם. והוא כענין דאיתא בש"ס (ברכות נז.) בענין חלום יין יש שותהו וטוב יש שותהו ורע לו.
תלמיד חכם לעולם טוב לו וכו' נתנוהו בקולר והסיפו לו שמירה על שמירתו. והוא, כי החלום רומז על ההיפך מהלבושקפחכענין דאיתא בש"ס (ברכות נו:) שחלם לבר קפרא שנחתכו שתי ידיו ופתר לו רבי שלא יצטרך למעשה ידיו.
וחלם לו עוד שנקטעו רגליו ופתר לו על סוס אתה רוכב. ואף שבתפיסת שכל עוה"ז הוא, שאם יחסר לאדם שתי ידיו או שתי רגליו יחסר לו לחמו וימות ברעב, אבל בעומק מרמז זאת על טובה גנוזה שבפנים להלבוש מתפיסת עוה"ז.
לקמן פרשת וישב אות ד ד"ה ונסמך לזה מכאן אמרו הנותן פת לתינוק., ושניהם כלולים בו, החלום שהוא הלבוש והפתרון שהוא הפנימיות מהחלום. והנה כל עניני עוה"ז הם כחלום, שכן צריכים להפתר אם לשבט אם לחסד.
וזה הוא הענין כאן שבמסורת אין שום חילוק בין מָגֵן למִגֵן אתוון דדין הן אתוון דדין, וכל החילוק הוא במקרא שהוא כפתרון החלום. ולאאע"ה נפתר אם למקרא מָגֵן, אנכי מָגֵן לך, שהבטיחו השי"ת להגן בעדו ולסוכך עליו.
ולשונאיו נפתר אם למקרא מִגֵן, שנמסרו בעל כרחם ביד אברהם אבינו שלא יוכלו להנצל מידו לברוח לדרכם:
Et béni soit le Dieu Très-Haut qui a livré (migén, מִגֵן) tes adversaires en ta main (Genèse 14,20). Le mot (migén) indique que le Saint béni soit-Il les a entourés et encerclés, de sorte qu'ils ne pouvaient se tourner ni fuir de-ci de-là, et Il les a livrés malgré eux en la main de notre père Avraham (Avraham Avinou) pour qu'il les mette à mort.
Le sens en est ceci : il y a (magén, מָגֵן) et il y a (migén, מִגֵן). (magén) c'est la protection et la garde : le Saint béni soit-Il entoure l'homme et le garde afin qu'il soit sauvé de tout mal, et le protège.
Et (migén) c'est que le Saint béni soit-Il les a encerclés tout autour et les a enfermés comme dans un cachot, et a mis muselant et bride en leur bouche afin qu'ils ne puissent aller leur chemin, mais Il les a livrés en la main de notre père Avraham pour qu'il les vainque. Et c'est semblable à ce qui est rapporté dans le Talmud (ha-Shas ; Berakhot 57a) au sujet du rêve de vin : il en est qui le boivent et cela leur est bon, il en est qui le boivent et cela leur est mauvais ; au sage (talmid 'hakham) toujours cela lui est bon, etc.
On l'a mis au carcan et on lui a ajouté une garde par-dessus sa garde. Et cela [parce] que le rêve fait allusion à l'inverse par rapport au vêtement (levouch), comme ce qui est rapporté dans le Talmud (Berakhot 56b) : Bar Kappara rêva que ses deux mains avaient été coupées, et Rabbi lui interpréta qu'il n'aurait pas besoin du travail de ses mains ; et il rêva encore que ses jambes avaient été tranchées, et il lui interpréta : tu chevaucheras un cheval.
Et bien que, selon la saisie de l'intellect de ce monde-ci (olam ha-zeh), si un homme perd ses deux mains ou ses deux jambes son pain lui manque et il meurt de faim, en profondeur cela fait allusion à un bien caché à l'intérieur, au-dedans du vêtement, [bien] issu de la saisie de ce monde-ci (voir plus loin, parashat Vayeshev, ot 4, s.v. 've-nismakh la-zeh' : de là ils ont dit : celui qui donne du pain à un enfant...). Et les deux sont compris en lui : le rêve, qui est le vêtement, et l'interprétation, qui est l'intériorité du rêve.
Et voici que toutes les affaires de ce monde-ci sont comme un rêve, car elles doivent être interprétées, soit pour le châtiment (le-shevet) soit pour la faveur (le-hesed). Et c'est le sens ici : que dans la massore (la tradition du texte consonantique) il n'y a aucune différence entre (magén, מָגֵן) et (migén, מִגֵן) -- les lettres de l'un sont les lettres de l'autre -- et toute la différence est dans la lecture vocalisée (mikra), qui est comme l'interprétation du rêve.
Et pour notre père Avraham cela s'interprète selon la lecture (magén) : 'Je suis un bouclier (magén) pour toi' (Genèse 15,1), car le Saint béni soit-Il lui a promis de le protéger et de l'abriter. Et pour ses ennemis cela s'interprète selon la lecture (migén) : qu'ils ont été livrés malgré eux en la main de notre père Avraham, sans pouvoir échapper à sa main ni fuir leur chemin.
ויאמר אברם אל מלך סדום הרמותי ידי אל ה' וגו' אם מחוט ועד שרוך נעל וגו'. הענין שלא רצה אברהם אבינו ליהנות מזה, הלא מצד הדין היה זוכה לעצמו בכל הרכוש שהציל מהגייס, וכמו שהפסק דין מובא בש"ס (בבא קמא קיד.) המציל מן הנהר ומן הגייס וכו' הרי אלו שלו, ולמה לקח מפרעה מתנות ומזה לא רצה ליהנות.
אכן הענין בזה, דהנה בכל מקום שיעשה אדם איזה פעולה שצריכה להתברר, אזי העצה היעוצה לטוב לו שיסלק כל נגיעותיו, שלא יהיה שום נוגע מצדו לזו הפעולה. וזה הוא הטעם שהחרים יהושע את יריחו חרם לה' מפני שכבשה בשבת, כדאיתא במדרש (נשא רבה יד), ואף שהשי"ת הסכים על זה, וכמו שדרשו (שבת יט.) עד רדתה אפילו בשבת, מ"מ לא רצה להנות ממעשה חול שנעשה בשבת, שאף הוא היה צריך בירור, כי המצוה בזה הוא לכבוש שונאי ישראל, וזאת היה ביכולת לכבוש בחול שלא יצטרכו לחלל שבת, והיה צריך בירור, כי בכל מקום שיעבור אדם על מאמר התורה אז עולה המאמר למרום וקובל על האדם הזה, לכן היתה עצת יהושע שיסלק כל נגיעותיו, וממילא אין מקום לקטרג עליו, שכן נראה מזה שכל כוונתו היה רק לעשות חפץ צורו.
וכן אאע"ה, כאשר הרג כל הנפשות האלה בשביל להציל את לוט שאח"כ נולדו ממנו שבבי בישי דירושלים, אף שעיקר כוונתו היה רק להציל השתי פרידות טובות, שנולדו ממנו נעמה העמונית ורות המואביה, מ"מ היתה פעולה זו צריכה להתברר, לכן לא רצה ליהנות כלל מהרכוש שהציל ואף שבדין זכה בה. ומתחלה אף שם בן נח היה מסופק בזה, כדכתיב והוא כהן לאל עליון, היינו שהתפלל השם יתברך שיאיר לעיניו כוונת אברהם אבינו, וכשבא על ביאור הדבר נתן לו לחם וייןקפטעיין לעיל פרשה זו אות יד [ד] ובהערות צט, קג שם.:
Et Avram dit au roi de Sodome : J'ai levé ma main vers ה'... [je jure] que d'un fil jusqu'à une courroie de sandale [je ne prendrai rien]...
(Genèse 14,22-23). Le sens de ce que notre père Avraham ne voulut pas tirer profit de cela : n'aurait-il pas, selon le droit (din), acquis pour lui-même tout le bien qu'il avait sauvé de la troupe guerrière ?
Comme la décision de droit rapportée dans le Talmud (Baba Kama 114a) : celui qui sauve [des biens] du fleuve ou de la troupe, etc., ceux-ci sont à lui. Alors pourquoi a-t-il pris de Pharaon des présents, et de ceci il n'a pas voulu tirer profit ?
Or le sens en est ceci : voici, en tout lieu où un homme accomplit quelque action qui doit être clarifiée par le discernement (birour), le conseil avisé pour son bien est qu'il écarte tous ses intérêts personnels (négi'ot), afin qu'il n'y ait de son côté aucun intérêt dans cette action. Et c'est la raison pour laquelle Yehoshua voua Jericho par interdit (herem) à ה', parce qu'il l'avait conquise un chabbat, comme il est dit dans le Midrach (Nasso Rabba 14).
Et bien que le Saint béni soit-Il y ait consenti, comme ils ont exposé (Chabbat 19a) '[tu l'assiégeras] jusqu'à ce qu'elle tombe' -- même un chabbat -- néanmoins il ne voulut pas tirer profit d'une œuvre profane (de jour ordinaire) accomplie un chabbat, car cela aussi requérait un discernement. Car le commandement en cela est de conquérir les ennemis d'Israël, et cela, on aurait pu le conquérir en jour ordinaire sans avoir à profaner le chabbat, et cela requérait un discernement ; car en tout lieu où un homme transgresse une parole de la Torah, alors cette parole monte en haut et porte plainte contre cet homme.
C'est pourquoi le conseil de Yehoshua fut qu'il écarte tous ses intérêts, de sorte qu'il n'y ait plus lieu de l'accuser, car il apparaît ainsi que toute son intention n'était que d'accomplir le désir de son Rocher. Et de même notre père Avraham : lorsqu'il tua toutes ces âmes pour sauver Loth -- dont sortirent ensuite les mauvais rejetons (shevavei bishei) de Jérusalem -- bien que son intention principale n'ait été que de sauver les deux bons rejetons de choix (peridot tovot) sortis de lui, Naama l'Ammonite et Ruth la Moabite, néanmoins cette action devait être clarifiée.
C'est pourquoi il ne voulut nullement tirer profit du bien qu'il avait sauvé, bien que selon le droit il l'eût acquis. Et au début, même Chem fils de Noé fut en doute à ce sujet, comme il est écrit 'et il était prêtre du Dieu Très-Haut' (Genèse 14,18) -- c'est-à-dire qu'il pria le Nom béni soit-Il d'éclairer à ses yeux l'intention de notre père Avraham ; et lorsqu'il parvint à l'explication de la chose, il lui donna du pain et du vin (voir plus haut, cette paracha, ot 14 [4], et dans les notes 99, 103 là-bas).
אחר הדברים האלה היה דבר ה' אל אברם במחזה לאמר אל תירא אברם וגו' שכרך הרבה מאד. במדרש (לך רבה מד) לפי שהיה אבינו אברהם מתפחד ואומר, תאמר אותן אוכלוסין שהרגתי היה בהם צדיק אחד וירא שמים אחד.
שהיה מתפחד אולי לא היה רצון ה' במלחמתו זאת, וע"ז מורה לשון מחזה, שלא היה לו זה באספקלריא המאירה, כדאיתא בזוה"ק (לך פח:) במחזה דא שמא דאתגלי לאבהן ומאן איהו שד"י כדכתיב מחזה שדי יחזה, וכן כתיב וארא אל אברהם אל יצחק ואל יעקב באל שדי. הענין בזה, דהנה השם שד"י הוא מלשון שדיים, שמצמצמים ההשפעה להטיפה טיף אחר טיף שלא בבת אחת, כדאיתא בזוה"ק (פקודי רנג.) ואקרי אל שד"י בגין דנפיק מאלין שדים וכו'.
כי כמו שהשדיים מצמצמים החלב שלא יזוב בבת אחת כדי שיוכל התינוק לינק, כן זה השם הוא ברזא דאור חוזר מטי ולא מטי שאין בו עוד השלימות, לכן תהיה ההשפעה מזה השם מצומצמתקצכמבואר לקמן פרשת ויחי אות א: כי ענין השם שד"י הוא, שבזה השם הלביש השי"ת כל מיני טובות, כדי שלא יקבל אדם כל הטובה בבת אחת יותר מכפי כחו.
כי כאשר יקבל אדם את התורה בבת אחת שלא בהדרגה, אזי לא יוכל לקנות יותר, ולא עוד אלא שיפסיד מה שבידו ג"כ. כמו תינוק כשיתנו לו מאכל גס לא יוכל לעכל אותו, וצריכים להרגיל את התינוק מעט מעט בהדרגה, ולהניק אותו מתחלה בשדים.
ובזוה"ק (פקודי רנג.) שנקרא שם שד"י מלשון שדים, שהם מצמצים את ההשפעה של האם שירד להתינוק דרך נקבים דקים מאד שלא יזיק אותו. כן הלביש הש"י בעוה"ז כל מיני טובות בשם שד"י, ועל זה כתיב (ויחי) ברכות שדים ורחם, היינו שיורדים בהדרגה להאדם כדי שיהיה בכחו לקבל אותם..
ובמשה רבינו לא מצינו זה השם, שעליו העיד הכתוב (שלח יב) בכל ביתי נאמן הוא, והוא כבר נשתלם בזה השם, שכן משה בגימטריא "אל שדי", וכמו שנתבאר באריכות (בבית יעקב פרשת וארא אות א – יא). אך בהאבות מצינו זה השם, ואף בזה השם עצמו נמצא כמה מדרגות, שכן אאע"ה עצמו אף שכתוב ושמי ה' לא נודעתי להם, מ"מ אחר שמל כתיב גם בו וירא אליו ה', והוא מאחר שעשה מעשה בגופו שאי אפשר להשתנות עוד נתמלא כל גופו קדושהקצאמבואר היטב לקמן פרשת וירא אות ד ד"ה ושלימות, אות ה, יא..
ולזה נתיירא אברהם אבינו מפני שלא היה באספקלריא המאירה רק במחז"ה שד"י, ופחד פן היה בהם עוד טוב, והבטיחהו השי"ת אל תירא וגו' שכרך הרבה מאד, שבאמת כן הוא כמו שרחש לבך שנמצא בהם דבר טוב, כי באמת נמצא בכל ענינים איזה טובה, ואף בתאות אדם נמצא טובה בהעלם, כי בלא זה לא היה שום רצון בישראל להתאות לזה, אכן הטובה היא בהעלם. וכן היה באמת אף בהם איזה טובה בהעלם, אמנם צריכה להתברר הטובה, והוא אם יתכללו בך ויולדו ממך אזי יתבררו לטוב, וזה הוא שהבטיחהו השם יתברך בזו הפרשה ונברכו בך כל משפחות האדמה, מלשון הש"ס מבריכין את האילן, והוא שלא יוכלו לקבל שום קדושה אך אם יתנטעו בך, וכן בכל הטובות תהיה אתה השורש והעיקרקצבלעיל אות יד [ד], כב.:
Après ces choses, la parole de ה' fut adressée à Avram dans une vision (mahazèh), disant : Ne crains pas, Avram... ton salaire est très grand (Genèse 15,1). Dans le Midrach (Lekh Rabba 44) : parce que notre père Avraham s'effrayait et disait : peut-être y avait-il parmi ces multitudes que j'ai tuées un seul juste, un seul craignant le Ciel.
Car il craignait que peut-être la volonté de ה' n'ait pas été dans cette guerre qu'il mena ; et c'est ce qu'indique le terme (mahazèh, vision), [signifiant] que cela ne lui vint pas par le miroir lumineux (aspaklaria ha-me'ira, la vision claire et directe). Comme il est dit dans le saint Zohar (ha-Zohar ha-Kadoch ; Lekh 88b) : (be-mahazèh) -- c'est le Nom qui se révéla aux Pères ; et lequel est-ce ?
(Chaddai, שד"י), comme il est écrit 'il contemple la vision de Chaddai (mahazèh Chaddai)' (Nombres 24,4) ; et de même il est écrit 'Je suis apparu à Avraham, à Yitzhak et à Yaakov comme El Chaddai' (Exode 6,3). Le sens en est ceci : voici que le Nom (Chaddai, שד"י) est de la même racine que 'shadayim' (les seins), qui restreignent l'influx (hashpa'a) en le donnant goutte après goutte et non d'un seul coup, comme il est dit dans le saint Zohar (Pekoudei 253a) : et il est appelé El Chaddai parce qu'il sort de ces seins (shadayim), etc.
Car de même que les seins restreignent le lait afin qu'il ne s'écoule pas d'un seul coup, pour que le nourrisson puisse téter, ainsi ce Nom est dans le secret (raza) de la lumière retournante (or hozer), 'qui atteint et n'atteint pas' (mati ve-lo mati), en qui la perfection n'est pas encore ; c'est pourquoi l'influx issu de ce Nom est restreint et contracté (comme expliqué plus loin, parashat Vayehi, ot 1 : car le sens du Nom (Chaddai) est que, par ce Nom, le Saint béni soit-Il a revêtu toutes sortes de biens, afin que l'homme ne reçoive pas tout le bien d'un seul coup, au-delà de sa force ; car si l'homme recevait la Torah d'un seul coup, sans progression graduelle, alors il ne pourrait rien acquérir de plus, et bien plus il perdrait aussi ce qu'il a en main ; tel un nourrisson à qui l'on donne une nourriture grossière : il ne peut la digérer, et il faut habituer le nourrisson peu à peu, graduellement, et l'allaiter d'abord au sein ; et dans le saint Zohar (Pekoudei 253a) : il est appelé du Nom (Chaddai) de la racine de 'shadayim' (seins), car ils restreignent l'influx de la mère qui descend vers le nourrisson par des orifices très fins, afin qu'il ne lui nuise pas ; ainsi le Saint béni soit-Il a revêtu en ce monde-ci toutes sortes de biens dans le Nom (Chaddai), et à ce propos il est écrit (Vayehi) 'bénédictions des seins et de la matrice' (Genèse 49,25), c'est-à-dire qu'ils descendent graduellement vers l'homme afin qu'il ait la force de les recevoir). Et chez Moché notre maître nous ne trouvons pas ce Nom, lui de qui l'Écriture atteste (Chelah 12) 'dans toute ma maison il est fidèle' (Nombres 12,7) ; et il s'était déjà perfectionné par ce Nom, car (Moché, משה) a la même valeur numérique (guematria) que 'El Chaddai' (אל שדי), comme il a été expliqué longuement (dans le Beit Yaakov, parashat Vaera, ot 1 à 11).
Mais chez les Patriarches nous trouvons ce Nom ; et même dans ce Nom lui-même se trouvent plusieurs degrés. Car notre père Avraham lui-même, bien qu'il soit écrit 'et mon Nom ה' je ne me suis pas fait connaître à eux' (Exode 6,3), néanmoins après qu'il se fut circoncis il est écrit aussi de lui 'et ה' lui apparut' (Genèse 18,1) ; et cela, parce qu'ayant accompli dans son corps un acte qui ne peut plus changer, tout son corps se remplit de sainteté (expliqué en détail plus loin, parashat Vayera, ot 4, s.v. 'ou-shelemout', ot 5, 11).
Et c'est pour cela que notre père Avraham eut peur : parce que cela ne lui vint pas par le miroir lumineux, mais seulement par la vision (mahazèh) de Chaddai ; et il craignit qu'il n'y eût encore du bien en eux. Et le Saint béni soit-Il lui promit : 'Ne crains pas... ton salaire est très grand' -- car en vérité il en est ainsi que ton cœur l'a pressenti, qu'il se trouve en eux quelque chose de bon.
Car en vérité il se trouve en toute chose quelque bien, et même dans le désir (ta'ava) de l'homme se trouve un bien dans l'occultation (hé'elem), car sans cela il n'y aurait en Israël aucun désir de le convoiter ; mais le bien est caché. Et de même, en vérité, il y avait aussi en eux quelque bien caché ; toutefois ce bien doit être clarifié, et c'est : s'ils s'incluent en toi et naissent de toi, alors ils seront clarifiés pour le bien.
Et c'est ce que le Nom béni soit-Il lui promit dans cette paracha : 'et par toi seront bénies toutes les familles de la terre' (Genèse 12,3) -- du langage du Talmud 'on provigne l'arbre' (mavrikhin, le marcottage) -- c'est-à-dire qu'ils ne pourront recevoir aucune sainteté sinon s'ils sont plantés en toi ; et de même, pour tous les biens, tu seras la racine et le fondement (plus haut, ot 14 [4], 22).
אל תירא אברם וגו'. הענין שאאע"ה נתיירא אחר שהצליח ונעשה לו נס הוא, כי באומות אם ישפיע להם השי"ת טובה, אזי יתפשטו בה בשטף זדון ולהאבידם על ידה מעל פני האדמה.
שאני בישראל הוא, שאף בעת שאנפי מלכא נהירין, גם אז לא יסמכו את עצמם על זה התקיפות שיתפשטו את עצמם בהטובה, אכן הם ביראת ה' גם אזקצגכמבואר בתפארת יוסף פרשת במדבר ד"ה וידבר ד' [א]: כי האומות בעת שהשי"ת משפיע להם מתפשטים עצמם בכל מיני התפשטות, ואף שמציבים להם דחלא לפעמים שמזרחת להם יראה שלא מדעת, זה הכל כשאין להם טובת עוה"ז, אבל כשיש להם טובת עוה"ז אז מתפשטים עצמם בכל מיני התפשטות ואין להם שום יראה אפילו שלא מדעת ג"כ, שאני ישראל מאחר שאפילו בהתפשטות היותר גדול הוא מוכן ומזומן לקבל עליו כל הסבלנות, ורק זאת חסר להם שכבוד שמים אינו בשלימות.
ממילא יש להם תמיד חיבור עם אור השי"ת. לקמן פ' מקץ אות לג., וכענין דאיתא בזוה"ק (בשלח נא:) מאן דחמי אנפי מלכא נהירין כו' מאן דאיהו טפשא חמי אנפוי דמלכא נהירין וחייכן ולא אסתמר מניה.
ומאן דאיהו חכימא אע"ג דחמי אנפוי דמלכא נהירין אמר מלכא ודאי שלים הוא כו' דבההוא נהירו דינא יתיב ואתכסייא. והוא, שאף אם עתה הוא יושב על כסא רחמים ומתנהג בחסד, אולי ברגע אח"ז ילבש בגדי נקם תלבושת וישב על כסא דין.
וכן מעיד הכתוב על אבינו הראשון שאמר אליו השי"ת אל תירא משמע שנתיירא, שאין אומרים אל תירא אלא למי שמתיירא (מדרש רבה וישלח עו), והוא שהסכים עליו השי"ת שהוא ירא א-להים באמת מעומק לבו הזך, ולזה הוא מתיירא בשעה שהשי"ת משפיע לו שפעת חסדו, ובשכר זה הבטיחהו ששכרו הרבה מאדקצדנתבאר בתפארת יוסף פרשת בראשית ד"ה והארץ: כי בעת שהשי"ת מראה לאדם שנותן מקום לעבודתו, אז צריך לעבוד את השי"ת ביותר ואל יקח לו תקיפות, מאחר שהשי"ת מראה לו איך עבודתו יש לו מקום, רק יעבוד ויגדור ויצמצם עצמו יותר, ויכיר שאין שום שלימות אצל הבריאה רק עיקר השלימות הוא אצל השי"ת, כדאיתא בזוה"ק (בשלח נא:) מאן דחמי אנפי מלכא נהירין מאן דאיהו טפשא אמר הא אנפי מלכא וכו' מאן דאיהו חכימא אמר מלכא ודאי שלים הוא דינא יתיב ואתכסיא.
היינו מי שהוא טיפש ובעת שהשי"ת נותן לו מקום לעבודתו, אז נוטל לעצמו תקיפות. אבל מאן דאיהו חכימא, אינו נוטל לעצמו שום כח ורק מגדיר עצמו ביותר.:
Ne crains pas, Avram... (Genèse 15,1).
Le sens de ce que notre père Avraham eut peur après avoir réussi et qu'un miracle se fut accompli pour lui est ceci : chez les nations, si le Saint béni soit-Il leur accorde un bien, alors elles s'y répandent dans un flot d'orgueil malveillant (zadon), [de sorte] à les faire périr par ce moyen de dessus la face de la terre. Il en va autrement en Israël : car même au moment où 'la face du Roi resplendit' (anpei malka nehirin), même alors ils ne s'appuient pas sur cette assurance présomptueuse (tekifout) au point de se répandre dans le bien, mais ils demeurent dans la crainte de ה' même alors (comme expliqué dans le Tiferet Yossef, parashat Bamidbar, s.v. 'va-yedaber ד'' [1] : car les nations, au moment où le Saint béni soit-Il leur accorde l'influx, se répandent en toutes sortes d'expansion ; et bien qu'on leur dresse parfois un objet de crainte (dahala) qui fait poindre en elles une crainte à leur insu, cela n'est que lorsqu'elles n'ont pas le bien de ce monde-ci ; mais lorsqu'elles ont le bien de ce monde-ci, alors elles se répandent en toutes sortes d'expansion et n'ont aucune crainte, pas même à leur insu ; Israël est différent : puisque, même dans l'expansion la plus grande, il est prêt et disposé à prendre sur lui toute l'endurance (sovlanout), et seule leur manque ceci, que la gloire du Ciel n'est pas dans sa perfection ; de ce fait ils ont toujours un lien avec la lumière du Saint béni soit-Il ; voir plus loin, parashat Miketz, ot 33).
Et c'est semblable à ce qui est dit dans le saint Zohar (Beshalah 51b) : celui qui voit la face du Roi resplendir, etc. -- celui qui est sot voit la face du Roi resplendissante et riante et ne se garde pas de Lui ; mais celui qui est sage, bien qu'il voie la face du Roi resplendissante, dit : assurément le Roi est parvenu à sa plénitude, etc., car dans cette lumière le jugement (din) siège et se cache. Et cela [signifie] : même si maintenant Il siège sur le trône de miséricorde et se conduit avec bonté (hesed), peut-être l'instant d'après revêtira-t-Il des habits de vengeance comme vêtement et siégera-t-Il sur le trône de jugement (din).
Et de même l'Écriture atteste au sujet de notre premier père : puisque le Saint béni soit-Il lui dit 'Ne crains pas', cela implique qu'il craignait, car on ne dit 'Ne crains pas' qu'à celui qui craint (Midrach Rabba Vayishlah 76) ; et cela [montre] que le Saint béni soit-Il attesta à son sujet qu'il craignait Dieu véritablement, du fond de son cœur pur, et c'est pourquoi il craint au moment où le Saint béni soit-Il lui accorde l'abondance de sa bonté (hesed) ; et pour cela, en récompense, Il lui promit que son salaire serait très grand (expliqué dans le Tiferet Yossef, parashat Bereshit, s.v. 've-ha-arets' : car au moment où le Saint béni soit-Il montre à l'homme qu'Il donne place à son service (avoda), alors il doit servir le Saint béni soit-Il davantage et ne pas s'arroger d'assurance (tekifout), puisque le Saint béni soit-Il lui montre combien son service a sa place ; qu'il serve seulement, se délimite (yigdor) et se restreigne (yetsamtsem) davantage, et qu'il reconnaisse qu'il n'y a aucune perfection auprès de la créature, mais que la perfection essentielle est auprès du Saint béni soit-Il ; comme il est dit dans le saint Zohar (Beshalah 51b) : celui qui voit la face du Roi resplendir -- celui qui est sot dit 'voici la face du Roi', etc., celui qui est sage dit 'assurément le Roi est parfait, le jugement siège et se cache' ; c'est-à-dire : celui qui est sot, au moment où le Saint béni soit-Il lui donne place à son service, alors s'arroge de l'assurance ; mais celui qui est sage ne s'arroge aucune force, et seulement se délimite davantage).
« Un oiseau de proie descendit sur les carcasses, et Abram les repoussa » (Berechit 15,11) : Rachi rapporte que l'oiseau désigne David, fils de Yichai, que le Ciel n'autorise pas à exterminer avant le Messie. Pourquoi Abram le repousse-t-il ? Pour le Beit Yaakov, cela rejoint le Zohar : le sud, attribut d'Avraham, retient les bénédictions, car Avraham, roc qui les a vendus, choisit les exils. Il lui semblait que le temps des bien-aimés n'était pas venu : des lèvres il dit qu'ils soient frappés pour leurs fautes ; au profond du cœur il désire que D.ieu les délivre vite. Dans l'avenir, l'intérieur de son cœur sera révélé.
Aussi : Its'hak, vent du nord, service qui complète le côté gauche ; le Nom rendra la peine comme un champ semé ; four et torche au passé, joie après les souffrances
וירד העיט על הפגרים וישב אותם אברם. הובא ע"ז בדרשת חכז"ל (פרקי ר"א פרק כח) והובא ברש"י ז"ל על מקומו שבזה נרמז שיבוא דוד בן ישי לכלותם ואין מניחין אותו מן השמים עד שיבא מלך המשיח.
ולהבין הענין, למה השיב אברם את העיט הרומז על דוד בן ישי, הוא כענין דאיתא בזוה"ק (שלח קעג:) אומר לצפון תני ולתימן אל תכלאי וכי אורחא הוא דדרום לממנע ברכאן, והא כל ברכאן מסטרא דדרום וכל טבין דעלמא מדרום נפקי ואיהו אמר לתימן אל תכלאי, אלא בהאי שעתא יתער קוב"ה לאברהם ויימא ליה קום דהא מטא זמנא דאנא פריק לבניך למיהב לון אגר טב על כל מה דסבלו בגלותא, ומגו דאברהם הוי בזבינו דלהון, דכתיב אם לא כי צורם מכרם דא אברהם, הוה ליה כמאן דלא טב בעינוי וכו' ויימא גבי מחוביהון גבי מחטאיהון וכו' ובגין כך אומר לצפון תניקצהוכמבואר כמו כן במדרש שמות רבה פרשת פקודי נא: אמר הקב"ה, כל ימים שיהיו בניך עסוקים בתורה ובקרבנות הם ניצולים מהן, אלא עתידין בניך לבטל הקרבנות, במה אתה מבקש שישתעבדו בניך בגיהנם או בגליות.
א"ר חנינא בר פפא, אברהם בירר לו הגליות, ומנין שנא' (דברים ל״ב:ל׳) אם לא כי צורם מכרם זה אברהם, שנאמר (ישעיהו נ״א:א׳) הביטו אל צור חוצבתם, וה' הסגירם שהסכים הקב"ה אחריו, אמר ר' הונא בשם ר' אחא וזקן אחר בשם ר', עמד לו אברהם תמה ולא היה יודע מה שיברור לו עד שאמר לו הקב"ה שיברור את הגליות, שנאמר (תהילים ס״ו:י״ב) הרכבת אנוש לראשנו שעבדתנו בגליות.. וכענין הזה איתא במסכת שבת (פט:) שיצחק אבינו מלמד זכות על ישראל, ויצחק רומז לצד צפון שהוא מדת גבורה.
והוא, כי רוח צפון אינה מסובבת כדאיתא בש"ס (ב"ב כה:). והניח השי"ת את הרוח הזה להתגדר בו, וחסר הוא עוד מבריאת העולם, וכדאיתא בש"ס (שם), והאדם ישלים אותו הרוח להגדירו בעבודתו עבודת ה'קצוכמבואר בבית יעקב ויקרא פרשת ויקרא אות לה ד"ה וזה:
ביאר בזה כ"ק אאמו"ר הגה"ק זללה"ה כי העולם הזה דומה לאכסדרה שמוקפת משלש רוחות ורוח צפונית אינה מסובבת כדאיתא (ב"ב כה.) רוח צפונית הוא סטרא דשמאלא והוא הפתח אשר על ידו עבודת ישראל יסובבו אף סטרא שמאלא כדאיתא בזוה"ק (במדבר קעח:) וכו'. וזה שאומר לשם מי שאמר והיה העולם לימינא ולשמאלא שכן הציב השי"ת שסטר צפון יושלם ע"י עבודת ישראל וקרבנותיהן., וכדאיתא בזוה"ק (קרח קעח:) ועבד הלוי הוא הוא אשלים לסטר שמאלא הוא אשלים לפגימו דעלמא ואפילו סטרא דצפון דאשתאר חסר בעלמא כד ברא קוב"ה עלמא וכו'קצזעיין לקמן פרשה זו אות מג בהערה ריב שם..
ולעתיד יחזיר הש"י לישראל על כל מה שסבלו בעוה"ז עבור כבודו, ואף אז יראו מפורש שבאמת לא יצאה מתחת יד השי"ת דבר שאינו מתוקן בכל השלימות, עכ"ז שכרו יהיה אתו ופעולתו לפניו לשלם לאיש כפעלו שסבל בעוה"ז, וכענין דאיתא בש"ס (פסחים פח.) יצחק קראו שדה, והוא כמו ששדה אם יזרעו בה כור אחד תצמיח כמה וכמה כורין, כן בעבודת האדם אשר יעבוד להשי"ת ויסבול בעולם הזה, יצמיחו לו שהשי"ת יתן לו בעד יגיעו ביתר עוזקצחמקורו במי השלוח ח"א מסכת פסחים (פח.) ד"ה ואמר: ויצחק קראו שדה, היינו שהש"י נמצא בכל מקום, וכל מה שהאדם מפסיד בעבור עבדות הש"י הכל יחזיר לו ביתר שאת כמו שדה שזורעים בתוכה.
וכן מבואר בתפארת יוסף חג הסוכות ד"ה ויזרע יצחק [ג]: אמר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה, שמדתו של יצחק נמשל לזריעה.
כמו זריעה אשר מי שאין לו הבנה בזריעה, נדמה לו שהזורע מאבד לארץ לגמרי, אבל הזורע בעצמו מאמין היטב שיוצמח מזה הרבה. כי כלום אדם זורע סאה, אלא להוציא ממנו הרבה כורין.
ועיין עוד סוד ישרים חג הסוכות אות סט, לקמן פ' וישלח אות מה ד"ה וכן.. לזה לעתיד יתער זאת מרוח צפוני רזא דיצחק הרומז על עבודהקצטנתבאר בתפארת החנוכי על זהר פ' קרח (דף קעח:) ד"ה ובג"כ:
והעניין, שראשית ומקור בריאת העולם הוא בחסד, כדכתיב (תהילים פ״ט:ג׳) כי אמרתי עולם חסד יבנה. אכן הסתעפות מדת החסד ראשית התלבשותו הוא במדת הגבורה כמו שנתבאר לעיל.
אכן מצד התלבשות מדת הגבורה עד קצה האחרון, מסתעף התלבשות לבוש שנדמה לעיני האדם שהוא רע לגמרי, וזה נקרא סטר שמאלא שאינו נגמר. וזה דאיתא במס' ב"ב (כה:) עולם לאכסדרה הוא דומה ורוח צפונית אינה מסובבת, שעוד לא נראה תכלית הטוב הנמצא בלבוש הזה, אכן ע"י עבודה בצימצומים כנ"ל יושלם גם לבוש הזה, שנתברר הטוב הנמצא גם בזה הלבוש.
עד שיוגמר הבירור לעתיד, אז יתגלה שהטוב היותר מעולה יש רק בלבוש הזה וכו'. וכדאיתא בזוה"ק (שלח קעג:) אומר לצפון תני וכו' בך יהבית כל טיבו וכל אגר טב.
עיי"ש כל העניין. עיין לעיל פ' בראשית אות יז..
אכן עוד זאת מקשינן בזוה"ק, וכי ארחא דדרום מדת אברהם שהוא רזא דחסד לממנע ברכאן, וכן למה השיב את העיט הרומז לדוד בן ישי שירצה לכלותם וכי דרכו בכך. אמנם כוונת אברהם אבינו הוא בזה, מפני שנראה לו שעוד לא בא עת דודים שיגאלו ישראל מגלותן, לכן אומר גם הוא ילקון על חטאיהון, והוא רק מהשפה ולחוץ, כי בעומק לבו יחפוץ שיגאל אותם השי"ת עד מהרה, ולעתיד שיאמר השי"ת ידענא מה דבלבך ולא יצרך לומר אמריו מהשפה ולחוץ ויתגלה הפנימיות שבלבו, שכן אף גם רצון השי"ת, אז יקבץ נדחם ויגאלו גאולה שלמה שתהיה בקרוב:
"Un oiseau de proie descendit sur les carcasses, et Abram les repoussa" (Genèse 15,11). Cela est rapporté à ce sujet dans le commentaire des Sages (Pirkei de-Rabbi Eliezer, ch.
28), et Rachi, de bénie mémoire, le rapporte ici: y est indiqué que David, fils de Yichai, viendra les exterminer, mais on ne le laisse pas faire depuis le Ciel avant la venue du roi Messie. Il faut comprendre: pourquoi Abram repoussa-t-il l'oiseau de proie qui désigne David, fils de Yichai?
Cela rejoint ce qui est dit dans le saint Zohar (Chelah 173b): "Je dirai au nord: Donne, et au sud: Ne retiens pas" (Isaie 43,6). Est-il dans l'usage du sud de retenir les bénédictions?
Or toutes les bénédictions sont du côté du sud, et tous les biens du monde sortent du sud; pourquoi dit-Il donc au sud: Ne retiens pas? Mais alors le Saint, béni soit-Il, éveillera Abraham et lui dira: Lève-toi, car est arrivé le temps où Je délivrerai tes fils, afin de leur donner une bonne récompense pour tout ce qu'ils ont souffert dans l'exil.
Et parce qu'Abraham était leur vendeur, comme il est écrit: "si leur Roc ne les avait vendus" (Deutéronome 32,30), et ce Roc est Abraham, il était comme quelqu'un pour qui cela n'était pas bon à ses yeux, etc.; il dira: Recouvre leurs dettes, recouvre leurs fautes, etc. C'est pourquoi: "Je dirai au nord: Donne".
De même est expliqué dans le Midrach Chemot Rabba, paracha Pekoudei 51: Le Saint, béni soit-Il, dit: Tant que tes fils s'occupent de Torah et des sacrifices, ils sont sauvés de cela. Mais tes fils aboliront à l'avenir les sacrifices: que choisis-tu, qu'ils soient asservis dans la géhenne ou dans les exils?
Rabbi Hanina bar Papa dit: Abraham choisit les exils. D'où le sait-on?
De ce qui est écrit: "si leur Roc ne les avait vendus" (Deutéronome 32,30): c'est Abraham, comme il est dit: "Regardez vers le roc d'où vous avez été taillés" (Isaie 51,1). "Et le Nom les a livrés" signifie que le Saint, béni soit-Il, consentit à son choix.
Rabbi Houna au nom de Rabbi Aha, et un ancien au nom de Rabbi, dirent: Abraham resta stupéfait et ne savait pas ce qu'il choisirait, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, lui dise de choisir les exils, ainsi qu'il est dit: "Tu as fait monter un homme sur nos têtes" (Psaumes 66,12), Tu nous as asservis dans les exils. Il en va de même de ce qui est dit dans le traité Chabbat (89b): notre père Its'hak plaide en faveur d'Israël; Its'hak désigne le côté nord, qui est l'attribut de guevoura.
Car le vent du nord n'est pas entouré, comme il est dit dans le Talmud (Bava Batra 25b). Le Nom a laissé ce vent afin qu'on s'y fortifie; il manque encore à la création du monde, et l'homme le complettera, ce vent, en l'entourant par son service, le service du Nom.
Cela est expliqué dans Beth Yaakov, Vayikra, paracha Vayikra, lettre 35, début "Vezeh": mon saint maître et père, de sainte mémoire, expliqua que ce monde est semblable à un portique entouré de trois côtés, et que le vent du nord n'est pas entouré, comme il est dit (Bava Batra 25a). Le vent du nord est le côté gauche (sitra de-smala); c'est la porte par laquelle le service d'Israël entourera aussi le côté gauche, comme il est dit dans le saint Zohar (Bamidbar 178b), etc.
C'est le sens de: Au nom de Celui qui a dit et le monde fut, à droite et à gauche; car le Nom a établi que le côté nord soit complété par le service d'Israël et leurs sacrifices. Ainsi est-il dit dans le saint Zohar (Korah 178b): "Et le Lévite fera le service": c'est lui qui complettera le côté gauche, qui complettera la défaillance du monde, même le côté nord qui demeura déficient dans le monde lorsque le Saint, béni soit-Il, créa le monde, etc.
Voir plus loin, dans cette paracha, lettre 43, note 212. Dans l'avenir, le Nom rendra à Israël pour tout ce qu'ils ont souffert dans ce monde-ci pour Son honneur.
Alors même ils verront clairement qu'en vérité rien qui ne soit rectifié dans toute sa perfection n'est sorti de la main du Nom. Néanmoins, Sa récompense est avec Lui et Son œuvre devant Lui, pour payer chacun selon son œuvre, selon ce qu'il a souffert dans ce monde-ci.
Cela rejoint ce qui est dit dans le Talmud (Pessahim 88a): Its'hak l'appela un champ. De même que, si l'on sème dans un champ un kor, il fera pousser de nombreux korim, ainsi le service de l'homme, le service qu'il accomplit pour le Nom et les souffrances qu'il endure dans ce monde-ci, produiront pour lui: le Nom lui donnera pour sa peine avec une force accrue.
La source est Mei HaChiloah I, traité Pessahim (88a), début "Veamar": "Its'hak l'appela un champ" signifie que le Nom se trouve en tout lieu, et que tout ce que l'homme perd pour le service du Nom, Il le lui rendra avec davantage de force, comme un champ dans lequel on sème. Ainsi est-il expliqué dans Tiferet Yossef, fête de Soukkot, début "Vayizra Its'hak" [3]: mon maître, de sainte mémoire, dit que l'attribut d'Its'hak est comparé aux semailles.
Celui qui ne comprend pas les semailles à l'impression que le semeur perd entièrement [sa semence] dans la terre; mais le semeur lui-même croit fermement qu'il en poussera beaucoup. En effet, quelqu'un sème-t-il une seah sinon pour en faire sortir de nombreux korim?
Voir encore Sod Yechari, fête de Soukkot, lettre 69, et plus loin, paracha Vayichlah, lettre 45, début "Vekhen". C'est pourquoi, dans l'avenir, cela s'éveillera du vent du nord, le mystère d'Its'hak, qui désigne le service.
Cela est expliqué dans Tiferet HaHanoukhi sur le Zohar, paracha Korah (p. 178b), début "Ouvgin Kakh": la racine et la source de la création du monde sont dans le 'hessed, comme il est écrit: "J'ai dit: le monde sera bâti par 'hessed" (Psaumes 89,3).
Toutefois, le premier revêtement issu de l'attribut de 'hessed est dans l'attribut de guevoura, comme expliqué plus haut. Mais du fait que le revêtement de l'attribut de guevoura se prolonge jusqu'à l'extrême limite, il en sort un revêtement qui paraît aux yeux de l'homme être entièrement mauvais; c'est ce qui s'appelle le côté gauche, qui n'est pas achevé.
C'est ce qui est dit dans le traité Bava Batra (25b): le monde ressemble à un portique et le vent du nord n'est pas entouré; car la finalité du bien qui se trouve dans ce revêtement n'est pas encore apparue. Mais par le service dans les restrictions, comme dit plus haut, ce revêtement aussi sera achevé, lorsque sera éclairci le bien qui se trouve également dans ce revêtement.
Jusqu'à ce que le tri soit achevé dans l'avenir, alors il sera révélé que le bien le plus excellent ne se trouve que dans ce revêtement, etc. Ainsi est-il dit dans le saint Zohar (Chelah 173b): "Je dirai au nord: Donne", etc.: "En toi J'ai placé tout bien et toute bonne récompense." Voir tout le passage là-bas.
Voir plus haut, paracha Berechit, lettre 17. Toutefois, le saint Zohar objecte encore: est-il dans l'usage du sud, l'attribut d'Abraham qui est le mystère du 'hessed, de retenir les bénédictions?
Et de même, pourquoi repoussa-t-il l'oiseau de proie qui désigne David, fils de Yichai, lequel voudrait les exterminer: est-ce sa voie? Mais telle est l'intention de notre père Abraham: il lui semblait que le temps des bien-aimés n'était pas encore venu, pour qu'Israël soit délivré de son exil; c'est pourquoi lui aussi dit: Qu'ils soient frappés pour leurs fautes.
Mais ce n'est que des lèvres au dehors, car au profond de son cœur il désire que le Nom les délivre vite. Et dans l'avenir, quand le Nom dira: Je sais ce qui est dans ton cœur, il n'aura plus besoin de dire ses paroles des lèvres au dehors; l'intérieur de son cœur sera révélé.
Car tel est aussi le vouloir du Nom: alors Il rassemblera leurs dispersés et les délivrera d'une délivrance complète, bientôt.
ויהי השמש לבוא ותרדמה נפלה על אברם. במדרש (לך רבה מד) היה אבינו אברהם יושב ותוהה כל אותו היום ואמר במה אברורכמבואר במי השלוח ח"א פרשת חקת ד"ה זאת חקת:
ולעתיד יברר הקב"ה שגם לפי שעה לא היה צער לשום נפש מישראל. ובתפארת יוסף מסכת מגילה (ט:) ד"ה ואף:
שהשי"ת יראה לעתיד, שמכל אלו הזמנים והסבלנות שישראל היו סובלים בעוה"ז, יראו את האור מכל אלו הזמנים וכו'. והיינו שהשי"ת יראה איך שהיו תמיד מחוברים ומקושרים עם אור רצונו ית'.
בגיהנם או במלכיות, אמר לו הקב"ה לאברהם קטע הדין מוניטא, ונתן לו עצה שיברור בשעבוד מלכיות. הענין בזה הוא, כי כל הטובות שבעוה"ז אין בהם שלימות עוד, אבל הטובות שיתן השי"ת לעתיד יהיו מבוררין בשלימות, לכן בירר לעצמו הטובות שלעתיד ודחה הטובות שבעוה"ז, ורצה להיות בעוה"ז בשעבוד מלכיות, כי אף הסבלנות שסובל האדם בעוה"ז הם ג"כ מרחמי ה', שכל בנין העולם הוא במדת החסד כדכתיב (תהילים פ״ט:ג׳) כי אמרתי עולם חסד יבנה, ועי"ז ייטיב השי"ת לישראל אחריתן עדי עדר:
"Et comme le soleil allait se coucher, une torpeur tomba sur Abram" (Genèse 15,12). Dans le Midrach (Lekha Rabba 44), notre père Abraham resta assis et perplexe tout ce jour-là, et dit: Que choisirai-je, la géhenne ou les royaumes?
Le Saint, béni soit-Il, dit à Abraham: Tranche ce jugement, et lui conseilla de choisir l'asservissement aux royaumes. Cela est expliqué dans Mei HaChiloah I, paracha Houkat, début "Zot Houkat": dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, éclaircira que même pour un instant il n'y eut de souffrance pour aucune âme d'Israël.
Et dans Tiferet Yossef, traité Meguila (9a), début "Veaf": dans l'avenir, le Nom montrera que, de tous ces temps et de toutes les souffrances qu'Israël supportait dans ce monde-ci, ils verront la lumière venant de tous ces temps, etc. C'est-à-dire que le Nom montrera comment ils étaient toujours unis et liés à la lumière de Son vouloir, béni soit-Il.
Le sens est que tous les biens de ce monde-ci n'ont pas encore de perfection, mais les biens que le Nom donnera dans l'avenir seront éclaircis en toute perfection. C'est pourquoi il choisit pour lui-même les biens de l'avenir et repoussa les biens de ce monde-ci; il voulut être dans ce monde-ci sous l'asservissement des royaumes.
Car même les souffrances que l'homme endure dans ce monde-ci sont aussi des miséricordes du Nom; toute la construction du monde est dans l'attribut de 'hessed, comme il est écrit: "J'ai dit: le monde sera bâti par 'hessed" (Psaumes 89,3). Par cela, le Nom fera du bien à Israël dans leur fin jusqu'à jamais.
והנה תנור עשן ולפיד אש אשר עבר בין הגזרים האלה. עובר לא נאמר אלא עבר, והוא שהשי"ת הראה לו השמחה והנייחא שיהיה לישראל אז, אחר כל הסבלנות שיסבלו בעולם ויתבררו בשלימות, לכן נאמר לשון עבר, שהראה לו השי"ת מה שכבר עבר ומה יהיה בסופה שיתן להם אחרית ותקוה, וביום ההוא תגדל הרנה והשמחה בישראל, כי השי"ת יַרְאֶה להם שמבוררים הם מתחלה ועד סוףראנתבאר בתפארת יוסף מסכת ברכות (ב.) ד"ה אמר מר:
כמו שביאר כבוד אזמו"ר זללה"ה, אשר לעתיד יראה השי"ת מפורש לעיני כל, אשר האומה הישראלית המה שייכים לחלקו של הקב"ה ממש. כי בעוה"ז הוא בהעלם גדול, ובעוה"ז צריך האדם לברר עצמו מצידו איך הוא שייך לחלקו של הקב"ה.
שאני לעתיד, יראה השי"ת מפורש כי המה היו דבוקים תמיד בהשי"ת ובכל פעולתן כוונו לרצון השי"ת, כעין דכתיב (זכריה י׳:ו׳) והיו כאשר לא זנחתים.. וזה מורה ג"כ מה שנאמר כאן והנ"ה כענין דאיתא במדרש (במדבר רבה ג) הנה הוא לשון שמחה.
"Voici: un four fumant et une torche de feu qui passa entre ces morceaux" (Genèse 15,17). Il n'est pas dit "qui passait", mais "qui passa".
Le Nom lui montra la joie et le repos intérieur qu'Israël aura alors, après toutes les souffrances qu'ils supporteront dans le monde et après qu'ils auront été éclaircis en toute perfection. C'est pourquoi le texte emploie le passé: le Nom lui montra ce qui était déjà passé et quelle en serait l'issue, qu'Il leur donnerait une fin et une espérance.
En ce jour, le chant de joie et la joie grandiront en Israël, car le Nom leur montrera qu'ils sont éclaircis du commencement à la fin. Cela est expliqué dans Tiferet Yossef, traité Berakhot (2a), début "Amar Mar": comme l'expliqua mon maître, de sainte mémoire, dans l'avenir le Nom montrera clairement aux yeux de tous que la nation israélite appartient véritablement à la part du Saint, béni soit-Il.
Dans ce monde-ci, cela est très caché, et l'homme doit, dans ce monde-ci, s'éclaircir de son côté comment il appartient à la part du Saint, béni soit-Il. Il en sera autrement dans l'avenir: le Nom montrera clairement qu'ils furent toujours attachés au Nom et qu'en tous leurs actes ils visaient le vouloir du Nom, ainsi qu'il est écrit: "Ils seront comme si Je ne les avais pas délaissés" (Zacharie 10,6).
Cela indique aussi ce qui est dit ici: "Voici" (והנה), car, comme il est dit dans le Midrach (Bamidbar Rabba 3), הנה est une expression de joie.
« En ce jour-là, Hachem conclut une alliance avec Abram : À ta descendance J'ai donné cette terre, le Keni, le Kénizi et le Kadmoni » (Berechit 15,18-19). Le Beit Yaakov enseigne que ces trois peuples, Edom, Ammon et Moav dans la kelipa (écorce), correspondent à Keter, ''Hokhma et Bina : l'homme n'a pas la force de s'y clarifier. Quand il se clarifie dans les sept attributs, réceptacles de l'action, D.ieu le clarifie aussi dans ces trois-là, qui correspondent au cerveau. Israël n'ayant pas entièrement dépossédé les sept peuples, D.ieu ne lui donna pas ces trois-là ; aux jours du Messie, les sept clarifiés, la lyre aura huit puis dix cordes, et les dix peuples leur seront remis.
Aussi : el Chaddai atteste chez Avraham une restriction dans le bienfait, et Avraham se circoncit ; il attendit une parole explicite de D.ieu avant de modifier les membres ; les enfants sont suggérés dans la bénédiction « sur les justes »
ביום ההוא כרת ה' את אברם ברית לאמר לזרעך נתתי את הארץ וגו' את הקיני ואת הקנזי ואת הקדמוני וגו'. הנה אלו השלשה אומות אדום ועמון ומואב בקליפה, הם מכוונים לעומת השלשה ספירות הראשונים כתר חכמה בינהרבעיין לקוטי תורה להאריז"ל פרשה זו ד"ה את הקיני וזל"ק:
הנה בא"י יש י' אומין נגד י' מדות שבקדושה. וכנגדם יש ג"כ בקליפה, והז' מהם שהם תחתונים, יכלו ישראל לכבוש.
אבל הקליפות שהם כנגד ג' ראשונות שלה, לא יכלו, שהם קליפות דקות ביותר וגדולות, והם קיני וקניזי וקדמוני. קיני נגד בינה שבה וכו'.
קניזי נגד חכמה וכו'. קדמוני נגד כתר.
וכן ביאר גם בספר הלקוטים פרשה זו., שהם למעלה מגבול תפיסת האדם ואין בכח אדם לברר את עצמו באלו השלשה, ונקראים בתיקוני הזהר (הקדמה שניה יז.) הנסתרות לה' א-להינו. ובזוה"ק (פנחס רכג.) כד מטי לג' ספירין עילאין פתח ואמר (תהילים קל״א:א׳) ה' לא גבה לבי ולא רמו עיני ולא הלכתי בגדולות ובנפלאות ממני.
אכן כשיברר אדם את עצמו בהשבע מדות שניתן כח באדם להתברר בהם, אזי יבררו השי"ת אף באלו השלשה שאין בכחו להתברר בהם שהם מכוונים נגד המוח שבאדם. כי השבע מדות הם כנגד כלי הפעולה, ובכח אדם לברר את עצמו לפעול טוב, אבל במחשבה שבמוח לא יוכל אדם לברר את עצמו, אכן מאחר שאדם עושה כפי כחו עד המקום שיכול לברר, לכן יברר אותו השי"ת אף במקום שלא יוכל להגיע בכח שכלו, כי מה לו לעשות ולא עשהרגעיין לעיל פרשה זו אות כו ד"ה אכן מאז ובהערה קמח שם..
ונחשבו אלו השלשה אומות ראשונה, שהם נגד אדום עמון ומואב, כדאיתא בש"ס (ב"ב נו.), והוא שאם יוכלו לכבוש אלו השלשה, נבין מזה שכבר ביררו את עצמם בהשבע שבכחם להתברר בהם. ומזה שאנו רואים שלא יכלו להוריש השבע אומות לגמרי, משמע מזה שלא ביררו את עצמם בשלימות בהשבע מדות, לזה לא הוריש להם השי"ת אלו השלשה, ולעתיד שימסר השי"ת בידם אף אלו השלשה אז יראו באר היטב שכבר נתבררו בשלימות בהשבע מדות.
וזה ההתגלות היה לאברהם אבינו במחזה ובתרדמה שהוא לשון תרגום, כדאיתא בהאר"י הק' (לקוטי תורה לך ד"ה ותרדמה) שתרגום הוא בגימטריא תרדמה, והוא שהשי"ת הטעימו לאברהם אבינו מכל המאורעות שיעברו על פרטי ישראל. כי מכלל ישראל הטעימו השי"ת כל מה דיעדי על כל פרט ופרט מישראל, כי בשינה יכול להתגלות לאדם יותר ממה שיוכל להתגלות לו בהקיץרדעיין לקמן פרשת וישב אות ה ד"ה ולהבין ענין החלום..
והנה אלו השלשה אומות לא כבשו ישראל כלל בעוה"ז, ובהבטחת השי"ת לאברהם היו בראשונה, כי באמת הם עיקר הטובה, אכן כל הימים שלא כבשו ישראל את השבע אומות בשלימות, שזה מורה שלא ביררו את עצמם עוד בהשבע מדות בשלימות, כדכתיב (יהושע ט״ז:י׳) ולא הורישו את הכנעני, שזה מורה שנשאר עוד ספיקות בישראל, לזה לא היה כח בישראל לכבוש השלשה אומות. ולימות המשיח שיכבשו ישראל השבעה אומות בשלימות, אז יהיה הכנור של שמונה נימין כדאיתא (ערכין יג:), והנימא השמינית לא תהיה דבר חדש, אך השבע נימין יתבררו, והשי"ת יזריח אורו בהם להאירם בבהירות, שיאיר לעין כל שכבר כבשו ישראל השבעה אומות בשלימות, ואז יהיה המשפט שינתנו להם אף השלשה שאין בכחם לברר את עצמם לנגדם, וימסרו בידם כל העשרה אומות, שתוספתו של הקב"ה מרובה על העיקר, ואז יהיה הכנור של עשר נימין, וכדאיתא (שם) כנור של מקדש של שבעה נימין היה וכו' ושל ימות המשיח של שמונה וכו' ושל עולם הבא של עשר שנאמר עלי עשוררהמבואר בתפארת יוסף שמיני עצרת ד"ה ביום השמיני [ב]:
כי באמת יש היקף שבעה והיקף שמונה כדאיתא בש"ס (ערכין יג:) כינור של מקדש של שבעה נימין ושל ימות המשיח של שמונה ושל עתיד של עשר. והיינו, כי ההיקף שבעה מרמז על המדות שהשי"ת מנהג בהן את עולמו, והשלש ראשונות מרמזים שהם למעלה מהתפיסה של אדם.
וכשאדם מברר עצמו עד מקום שידו מגעת בההיקף שבעה, נותן לו השי"ת חלק גם בהשלש ראשונות, נמצא שישראל עומדים בהתקרבות גדול, שתפיסתו מגיע עד אור אין סוף. עיין עוד שם ד"ה ביום השמיני [ג], [ד].
בית יעקב ויקרא פרשת תזריע אות ז ד"ה והענין, סוד ישרים שמיני עצרת אות ז.. ואף שהכריתת ברית היה על הטובה שיהיה באחרונה, מ"מ כתיב גם בה נתתי, מאחר שהשי"ת הבטיח ליתנה לו, ומאמרו של הקב"ה נחשב כאלו כבר ניתנה, כדאיתא במדרש (לך רבה מד) וכדאיתא בש"ס (פסחים קיז:) דקריאת שמע גאל ישראל דצלותא גואל ישראל.
דק"ש, היינו מצד השי"ת אין שום חילוק בין אמירה לנתינה ובין מה שניתן כבר. דצלותא, היינו מצד האדם, צריך להיות לו מיחושים מה זה ששוהה הדבר מלבוארועיין לקמן פרשה זו אות מט ובהערה רמג שם., שעוד לא נכבשו השבעה אומות בשלימות, אין זה כי אם שעיקר הנקודה אשר צוה עליה ה' לא תחיה כל נשמה אולי עודה חיה, ואחר שיברר השי"ת שקיימו ישראל כל אשר צוה עליהם השי"ת, אז היה הכנור של שמונה נימין ואח"כ יתמלא על עשר:
" En ce jour-là, le Nom conclut une alliance avec Abram, disant : À ta descendance J'ai donné cette terre [...] le Keni, le Kénizi et le Kadmoni [...] " (Genèse 15,18-19). Voici que ces trois peuples, Edom, Ammon et Moav dans la kelipa (écorce), correspondent aux trois premières sefirot : Keter, 'Hokhma et Bina.
[Voir Likkoutei Torah du Ari zal, sur cette paracha, s.v. Et le Keni, et voici son langage : En terre d'Israël, il y a dix peuples correspondant aux dix attributs de sainteté.
Et, en face d'eux, il y en a également dans la kelipa. Les sept d'en bas, Israël pouvait les conquérir.
Mais les kelipot correspondant à ses trois premières [sefirot], ils ne le pouvaient pas, car ce sont des kelipot extrêmement subtiles et grandes : le Keni, le Kénizi et le Kadmoni. Le Keni correspond à sa Bina, etc.
Le Kénizi à la 'Hokhma, etc. Le Kadmoni à Keter.
Ainsi est-il aussi expliqué dans le Sefer ha-Likkoutim sur cette paracha.] Elles sont au-dessus de la limite de la saisie de l'homme, et l'homme n'a pas la force de se clarifier lui-même dans ces trois-là. Elles sont appelées dans les Tikounei ha-Zohar (seconde introduction, 17a) : " Les choses cachées appartiennent au Nom, notre Elokim " (Deutéronome 29,28).
Et dans le saint Zohar (Pinhas 223a) : lorsqu'il arriva aux trois sefirot supérieures, il ouvrit et dit : " Nom, mon cœur ne s'est pas enorgueilli, mes yeux ne se sont pas élevés, et je n'ai pas marché dans ce qui est grand ni dans ce qui est trop merveilleux pour moi " (Psaumes 131,1). Mais lorsque l'homme se clarifie lui-même dans les sept attributs, dans lesquels il a reçu la force de se clarifier, alors le Nom le clarifiera aussi dans ces trois-là, où il n'a pas la force de se clarifier, car elles correspondent au cerveau de l'homme.
Les sept attributs correspondent aux kelim (réceptacles) de l'action, et l'homme a la force de se clarifier afin d'agir bien. Mais dans la pensée du cerveau, l'homme ne peut se clarifier lui-même.
Toutefois, parce que l'homme agit selon sa force, jusqu'au lieu qu'il peut clarifier, le Nom le clarifiera donc aussi dans le lieu qu'il ne peut atteindre par la force de son intelligence : car que pouvait-il faire qu'il n'a pas fait ? [Voir plus haut, sur cette paracha, paragraphe 26, s.v.
Mais depuis lors, et note 148.] Ces trois peuples sont considérés les premiers, car ils correspondent à Edom, Ammon et Moav, comme il est rapporté dans le Talmud (Bava Batra 56a). C'est-à-dire que s'ils pouvaient conquérir ces trois-là, nous comprendrions par là qu'ils se sont déjà clarifiés eux-mêmes dans les sept [attributs] qu'ils peuvent clarifier.
Et puisque nous voyons qu'ils ne purent déposséder entièrement les sept peuples, il s'ensuit qu'ils ne se sont pas clarifiés complètement dans les sept attributs ; c'est pourquoi le Nom ne leur donna pas en héritage ces trois-là. Dans l'avenir, lorsque le Nom les remettra aussi, ces trois-là, entre leurs mains, alors on verra très clairement qu'ils se sont déjà clarifiés complètement dans les sept attributs.
Cette révélation fut donnée à notre père Abraham dans une vision et dans une torpeur, mot qui est de la langue du targoum (traduction araméenne). Car il est rapporté au nom du saint Ari (Likkoutei Torah, Lekh Lekha, s.v.
Et une torpeur) que targoum a pour valeur numérique torpeur (תרדמה). Cela signifie que le Nom fit goûter à notre père Abraham tous les événements qui passeraient sur les particuliers d'Israël.
Car, à partir de la totalité d'Israël, le Nom lui fit goûter tout ce qui arriverait à chaque particulier d'Israël ; en effet, dans le sommeil peut être révélé à l'homme davantage que ce qui peut lui être révélé à l'état de veille. [Voir plus loin, paracha Vayechhev, paragraphe 5, s.v.
Et comprendre la question du rêve.] Or, ces trois peuples, Israël ne les a nullement conquis dans ce monde-ci. Et dans la promesse du Nom à Abraham ils étaient en premier, car ils sont en vérité le bien essentiel.
Toutefois, tant qu'Israël n'a pas conquis complètement les sept peuples - ce qui indique qu'ils ne se sont pas encore complètement clarifiés dans les sept attributs -, ainsi qu'il est écrit : " Ils ne dépossédèrent pas le Cananéen " (Josue 16,10), ce qui indique qu'il reste encore des doutes en Israël, Israël n'avait pas la force de conquérir les trois peuples. Aux jours du Messie, lorsqu'Israël conquerra complètement les sept peuples, alors la lyre aura huit cordes, comme il est rapporté (Arakhin 13b).
La huitième corde ne sera pas une chose nouvelle ; mais les sept cordes seront clarifiées, et le Nom fera luire Sa lumière en elles pour les illuminer avec clarté, afin qu'il apparaisse à tout œil qu'Israël a déjà conquis complètement les sept peuples. Alors sera le jugement de leur donner aussi les trois [peuples] face auxquels ils n'ont pas la force de se clarifier eux-mêmes ; les dix peuples tous entiers leur seront remis, car l'ajout du Saint, béni soit-Il, est plus grand que l'essentiel.
Alors la lyre aura dix cordes. Comme il est rapporté là-bas : la lyre du Sanctuaire avait sept cordes [...] celle des jours du Messie huit [...] et celle du monde à venir dix, ainsi qu'il est dit : " Sur un instrument à dix cordes " (Psaumes 92,4).
[Il est expliqué dans Tiferet Yossef, Chemini Atseret, s.v. Le huitième jour [2] : il y a en vérité une enceinte de sept et une enceinte de huit, comme il est rapporté dans le Talmud (Arakhin 13b) : la lyre du Sanctuaire avait sept cordes, celle des jours du Messie huit, et celle de l'avenir dix.
L'enceinte de sept fait allusion aux attributs par lesquels le Nom conduit Son monde ; les trois premières font allusion à ce qu'elles sont au-dessus de la saisie de l'homme. Lorsque l'homme se clarifie jusqu'au lieu où sa main atteint dans l'enceinte de sept, le Nom lui donne aussi une part dans les trois premières.
Il en ressort qu'Israël se tient dans une grande proximité, telle que sa saisie atteint jusqu'à la lumière de l'Infini. Voir encore là-bas, s.v.
Le huitième jour [3], [4], Beth Yaakov, Vayikra, paracha Tazria, paragraphe 7, s.v. Et la question, et Sod Yesharim, Chemini Atseret, paragraphe 7.] Bien que la conclusion de l'alliance concernât le bien qui serait en dernier, il est néanmoins écrit aussi à son sujet : " J'ai donné ", puisque le Nom promit de la lui donner.
La parole du Saint, béni soit-Il, est considérée comme si elle avait déjà été donnée, comme il est rapporté dans le Midrach (Lekh Rabba 44) et dans le Talmud (Pessahim 117b) : dans la récitation du Chema, " Qui a racheté Israël ", et dans la prière, " Qui rachète Israël ". Dans le Chema, c'est du point de vue du Nom : il n'y a aucune différence entre la parole et le don, ni entre ce qui est donné et ce qui l'a déjà été.
Dans la prière, c'est du point de vue de l'homme : il doit ressentir ce que vaut le retard de la chose. [Voir plus loin, sur cette paracha, paragraphe 49 et note 243.] Si les sept peuples ne sont pas encore complètement conquis, ce n'est que parce que le point essentiel, à propos duquel le Nom a ordonné : " Tu ne laisseras vivre aucune âme ", est peut-être encore vivant.
Lorsque le Nom clarifiera qu'Israël a accompli tout ce que le Nom leur a ordonné, alors la lyre aura huit cordes, puis elle sera accomplie à dix.
ויהי אברם בן תשעים שנה ותשע שנים וירא ה' אל אברם ויאמר אליו אני אל שדי התהלך לפני והיה תמים. הנה זה השם שוכן בכלל ישראל, ומעיד בהם שאין שום ישראל חפץ בהתפשטות להתפשט את עצמו בטובה.
כי מי שמתפשט עצמו בטובה, אזי אין לו שום הכרה שהטובה באה לו מהשי"ת ושהוא מושל בעולמו אשר ברא. וכן ברא השי"ת עולמות עליונים ונתן בהם כח להשפיע טובה בעולם, והיו יכולים לחשוב שיש להם איזה כח מצד עצמם, וזה השם מעיד עליהם שאין להם שום כח מפני עצמם, אך מה שהשי"ת נותן בהםרזעיין לעיל פרשה זו אות ז ובהערה מג שם..
כי זה השם שד"י מורה על צמצום כדאיתא בש"ס (חגיגה יב.). ולזה כשאמר השי"ת לאברהם אבינו אני אל שדי, שהסכים עליו שנמצא בו צמצום לצמצם את עצמו בטובה, אז נמול אברהם מעצמו, שזה מורה על שיש לו צמצום בהשפעה, וכן מצינו בתנחומא (לך) שאברהם לא עשה שום פעולה, אך בשעה שנפל על פניו רמז הקב"ה לאותו מקום ועקצו עקרב ונמצא מהול.
ועקרב ג"כ מורה על צמצום בהשפעה, שכן נמצא בו קרירות וצנינות ביותר, כדאיתא בש"ס (ע"ז כח) חמימי לעקרבא. והוא, כי מראשית בריאת עולם עד שבא אברהם אבינו לעולם, היה נראה להברואים שמותר לו לאדם להתפשט את עצמו בהטובה שנשפע לו, ולומר כחי ועוצם ידי עשה לי את החיל הזהרחכמו שנתבאר בתחלת הפרשה אות א, ב וכו'..
אכן כאשר בא אאע"ה לעולם, אז ראה שכל הכח שבאדם הוא רק מהשי"ת, והוא מנהיג בעולם כרצונו, ומבלעדו לא יעשה שום דבר בעולםרטמבואר בבית יעקב שמות פרשת וארא אות ד ד"ה והאבות: והאבות היו מצמצמים בכל הנאות עולם הזה לכבודו ית'.
ועל אלו הצמצומים רומז השם שד"י, שלא יתפשט האדם את עצמו יותר מדאי בזה העולם הספק. ששם שד"י מורה על גבולים וגדרים שכל אחד יצמצם מדתו ולא יתפשט יותר מן הראוי וכו'.
עיי"ש כל העניין. ועיין עוד שם אות ג, יא., ולזה אמר שהדרך הישר לפני איש הוא להחזיר הטובה להשי"ת, ולהכיר שכל הטובה בא לו מהשי"ת, וכדאיתא בתנחומא (בהר) אני הוא שהקניתי את העולם לאברהם אבינו חזר והקנה אותה לירילקמן פרשה זו אות נ ובהערה רמו שם..
וכשאמר לו השי"ת התהלך לפני והיה תמים, אז הבין שכל הבריאה היה על דעת זה, וזה נקרא רצון הפשוט. ולהבין הענין, למה לא מל אברהם אבינו את עצמו קודם שנאמר לו מהשי"ת, מאחר שקיים כל התורה כולה, כדאיתא בש"ס (יומא כח.).
אכן היה ירא לנפשו לשנות אברי הגוף, שנראה מזה כאומר שיש חסרון בשורש הבריאה וצריכה תיקון, והוה כאומר לאומן כמה מכוער כלי זה שעשית (תענית כ:). ואבותינו הקדושים עמדו בתמידות נוכח השי"ת פנים בפנים, לכן לא מל עצמו עד שהיה לו מאמר השי"ת מפורש, שרמז לו השי"ת שהניח זה המקום לאדם להתגדר בו ולתקן את עצמו.
וכדאיתא ע"ז בתנחומא (תזריע) שמעשה בני אדם נאים ממעשה הקב"ה. והוא שהשי"ת ברא את האדם שהרשות נתונה בידו ויכול להתפשט כרצון לבו, והאדם מצדו יצמצם את עצמו ועי"ז יוכל לקבל השפעת השי"ת מבורר, וההולדה אשר יוליד תהיה בנין עדי עד ויצמח מהם כבוד שמיםריאעיין במי השלוח ח"ב פרשת לך ד"ה ויאמר א-להים:
קיים אברהם אבינו כל המצות קודם שנצטוה עליהם, אבל מצות מילה הוא שהאדם יתקן בריאת השי"ת שנברא בחסרון, לכן קודם שנצטוה לא היה יכול מצדו לשנות ולתקן בריאת השי"ת כי היה דומה חלילה כאומר כמה מכוער כלי זה שעשית וכו'. ועיין עוד בספר הזמנים – הגדה של פסח בפסקא ואעבור עליך ד"ה ודפסחא דינא:
כמו כן במילה, הניח השי"ת מקום להתגדר בו, שבזה המקום יש שכחה גדולה, והאדם אומר לפני השי"ת דעה בהנהגתו. וזהו עיקר כח הדיבור.
וזהו אתגלי מלה שיוכל האדם לומר להשי"ת כמה מכוער כלי זה שעשית ואני צריך לתקנו. שלכן היה אברהם אבינו ירא לימול עצמו עד שנצטווה, דהאיך יתקן עצמו מה שברא השי"ת, שבטח ברא אותו בשלימות וכו'.
וכן מבואר בסוד ישרים פורים אות יג ד"ה ששון: כי מילה נדמה להאדם שהוא מתקן את החסרון שברא השי"ת בהאדם.
אמנם, וכי ברא השי"ת ח"ו חסרון, אלא שבאמת הוא קדושת ברית מילה בקביעות גמור גבי כל נפש מישראל אף אם לא מל את עצמו וכו'. אלא שאין יתכן כלל להאדם שיכיר קדושת הברית מילה הנמצא בו בקביעות, כי אם ע"י שמל עצמו מקודם וכו' ואחר שנימול, נתגלה למפרע שיש בו קדושת ברית מילה בקביעות..
וזה הוא הענין שבכל השמונה עשרה ברכות לא נרמז ברכה על בנים, לבר מברכת על הצדיקים שם נרמז תפלה על בנים ותן שכר טוב, שרומז על בנים, כענין דכתיב (תהילים קכ״ז:ג׳) נחלת ה' בנים שכר פרי הבטן, וסיום הברכה הוא בא"ה משען ומבטח לצדיקים, ובנים נקראו משענת, כדאיתא בש"ס (כתובות סד.) בעינא חוטרא לידא וכו'. וזו ההבטחה הוא לצדיקים, כי צדיק רומז על צמצום שמצמצם עצמו בטובה:
" Abram était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans ; le Nom apparut à Abram et lui dit : Je suis El Chaddai ; marche devant Moi et sois intègre " (Genèse 17,1). Voici que ce Nom réside dans la totalité d'Israël et témoigne à leur sujet qu'aucun Israël ne désire s'étendre en se déployée dans le bienfait.
Car celui qui se déploie dans le bienfait n'a alors aucune reconnaissance que le bienfait lui vient du Nom et qu'Il gouverne Son monde qu'Il a créé. Ainsi le Nom créa les mondes supérieurs et leur donna la force de répandre le bienfait dans le monde ; ils pouvaient penser qu'ils avaient quelque force par eux-mêmes.
Ce Nom témoigne à leur sujet qu'ils n'ont aucune force par eux-mêmes, mais seulement ce que le Nom met en eux. [Voir plus haut, sur cette paracha, paragraphe 7 et note 43.] Car ce Nom Chaddai (שד"י) indique la restriction, comme il est rapporté dans le Talmud (Haguiga 12a).
C'est pourquoi, lorsque le Nom dit à notre père Abraham : " Je suis El Chaddai ", Il attestait chez lui qu'il y avait une restriction pour se restreindre lui-même dans le bienfait ; alors Abraham se circoncit de lui-même, ce qui indique qu'il avait une restriction dans l'influence. Ainsi trouvons-nous dans le Tan'houma (Lekh Lekha) qu'Abraham ne fit aucune action ; mais lorsqu'il tomba sur sa face, le Saint, béni soit-Il, fit un signe vers cet endroit, un scorpion le piqua, et il se trouva circoncis.
Le scorpion aussi indique la restriction dans l'influence, car il s'y trouve une froideur et une fraîcheur très grandes, comme il est rapporté dans le Talmud (Avoda Zara 28b) : " Les choses chaudes pour le scorpion ". C'est-à-dire que, depuis le commencement de la création du monde jusqu'à la venue de notre père Abraham dans le monde, il semblait aux créatures qu'il était permis à l'homme de se déployer dans le bienfait qui lui était répandu, et de dire : " Ma force et la puissance de ma main m'ont procuré cette richesse " (Deutéronome 8,17).
[Comme expliqué au début de cette paracha, paragraphes 1, 2, etc.] Mais lorsque notre père Abraham vint au monde, il vit que toute la force de l'homme ne vient que du Nom, qui conduit le monde selon Sa volonté, et que sans Lui rien ne se fait dans le monde. [Il est expliqué dans Beth Yaakov, Chemot, paracha Vaera, paragraphe 4, s.v.
Les pères : les pères se restreignaient dans toutes les jouissances de ce monde pour Son honneur, qu'Il soit béni. Ces restrictions sont évoquées par le Nom Chaddai : que l'homme ne se déploie pas trop dans ce monde du doute.
Le Nom Chaddai indique des limites et des barrières, afin que chacun restreigne sa mesure et ne se déploie pas au-delà de ce qui convient, etc. Voir là-bas tout le sujet.
Voir encore là-bas, paragraphes 3, 11.] C'est pourquoi il dit que la voie droite pour l'homme est de restituer le bienfait au Nom et de reconnaître que tout le bienfait lui vient du Nom, comme il est rapporté dans le Tan'houma (Behar) : " C'est Moi qui ai acquis le monde à notre père Abraham ; il me le rendit et Me l'acquit. " [Plus loin, sur cette paracha, paragraphe 50 et note 246.] Et lorsque le Nom lui dit : " Marche devant Moi et sois intègre ", il comprit que toute la création était selon cet avis, et cela s'appelle la volonté simple.
Il faut comprendre pourquoi notre père Abraham ne se circoncit pas avant que le Nom le lui eût dit, alors qu'il accomplissait toute la Torah, comme il est rapporté dans le Talmud (Yoma 28b). Mais il craignait pour lui-même de modifier les membres du corps, car cela semble dire qu'il y a un manque à la racine de la création et qu'elle a besoin de réparation ; il serait comme celui qui dit à l'artisan : " Combien est laid ce vase que tu as fait " (Taanit 20a).
Nos saints pères se tenaient continuellement devant le Nom, face à face ; c'est pourquoi il ne se circoncit pas jusqu'à ce qu'il eût une parole explicite du Nom, par laquelle le Nom lui fit signe qu'Il avait laissé cet endroit afin que l'homme s'y distingue et se répare lui-même. Comme il est rapporté à ce propos dans le Tan'houma (Tazria), les actes des hommes sont plus beaux que les actes du Saint, béni soit-Il.
Cela signifie que le Nom créa l'homme en lui donnant permission : il peut se déployer selon le désir de son cœur ; mais l'homme, de son côté, se restreint lui-même, et par cela il peut recevoir l'influence du Nom de manière clarifiée. La génération qu'il engendrera sera une construction perpétuelle, et la gloire du Ciel croîtra d'eux.
[Voir Mei ha-Chiloah, II, paracha Lekh Lekha, s.v. Et Elokim dit : notre père Abraham accomplit tous les commandements avant d'y avoir été ordonné, mais le commandement de la circoncision consiste en ce que l'homme répare la création du Nom, créée avec un manque.
C'est pourquoi, avant d'y être ordonné, il ne pouvait de son côté modifier et réparer la création du Nom, car il aurait, à Dieu ne plaise, ressemble à celui qui dit : " Combien est laid ce vase que tu as fait ", etc. Voir encore Sefer ha-Zemanim - Haggada de Pessa'h, dans le passage " Et Je passai près de toi ", s.v.
Car Pessa'h est jugement : de même dans la circoncision, le Nom a laissé un endroit afin que l'homme s'y distingue ; en cet endroit, il y a un grand oubli, et l'homme exprime devant le Nom une opinion sur Sa conduite. Telle est la force essentielle de la parole.
C'est le dévoilement de la parole, par lequel l'homme peut dire au Nom : " Combien est laid ce vase que Tu as fait, et je dois le réparer. " C'est pourquoi notre père Abraham craignait de se circoncire jusqu'à ce qu'il en eût été ordonné : comment pouvait-il réparer ce que le Nom avait créé, puisqu'Il l'avait certainement créé dans la perfection, etc.
Ainsi est-il expliqué dans Sod Yesharim, Pourim, paragraphe 13, s.v. Joie : la circoncision paraît à l'homme réparer le manque que le Nom a créé en l'homme.
Or, le Nom, à Dieu ne plaise, aurait-Il créé un manque ? En vérité, la sainteté de l'alliance de la circoncision est établie de manière complète chez toute âme d'Israël, même si elle ne s'est pas circoncise.
Mais il est tout à fait impossible à l'homme de reconnaître la sainteté de l'alliance de la circoncision établie en lui, sinon lorsqu'il se circoncit d'abord ; puis, après qu'il a été circoncis, il est révélé rétroactivement que la sainteté de l'alliance de la circoncision est établie en lui.] Tel est le sujet selon lequel, dans les dix-huit bénédictions, aucune bénédiction concernant les enfants n'est suggérée, excepté dans la bénédiction " sur les justes ", où est suggérée une prière pour les enfants : " Donne une bonne récompense " fait allusion aux enfants, comme il est écrit : " Les enfants sont l'héritage du Nom, le fruit du ventre est une récompense " (Psaumes 127,3). La conclusion de la bénédiction est : " Béni sois-Tu, ה', soutien et assurance des justes " ; les enfants sont appelés soutien, comme il est rapporté dans le Talmud (Ketoubot 64a) : " Je veux un bâton pour ma main ", etc.
Cette promesse est pour les justes, car le juste fait allusion à la restriction, lui qui se restreint dans le bienfait.
« Je suis El Chaddaï ; marche devant Moi et sois intègre. » Le Beit Yaakov enseigne, avec Rachi, que ce Nom dit que la divinité de D.ieu suffit à toute créature : hors de Lui, nulle perfection. L'homme naît dans le manque, Sitra Smala (côté gauche) à réparer ; sa sagesse ne retient pas son esprit. La Torah parfaite complète ce manque, « car elle est votre vie » ; les commandements positifs font servir D.ieu par le corps. Il faut encore circoncire le prépuce : « De ma chair je contemple Hachem ». Avraham servait dès sa jeunesse de tout son cœur, mais n'est appelé intègre et « marchant devant Hachem » qu'après avoir reconnu son manque et s'être circoncis.
Aussi : El, lumière de la sagesse, et Chaddaï qui restreint, mati vélo mati (atteint et n'atteint pas) ; prépuce jeté (« ma force et la puissance de ma main ») et peria écartée ; fruits des arbres, trois ans incirconcis puis sainteté de louanges
ויאמר ה' אל אברם אני אל שדי התהלך לפני והיה תמים. בזה רמז לו השי"ת לאבינו אברהם שמבלעדי השי"ת אין שום שלימות לשום בריה בעולם, וע"ז מורה זה השם שד"י, שיש די באלהותו לכל בריה (כדאיתא ברש"י כאן).
והענין בזה הוא, דהנה כמו שסטר שמאלא נבראת חסר (וכמש"נ באריכות לעיל ענין לח), כן הציב השי"ת בריאת אדם, שכל אדם נברא בחסרון מיום הולדו, פושע מבטן (ישעיה מח), ולא יספיק לו חכמתו לעצור בעד רוחוריבמקורו במי השלוח ח"א פרשת קרח ד"ה ועבד הלוי הוא: איתא בזוה"ק (במדבר קעח:) שהלוי צריך להשלים סטר שמאלא ע"י עבודתו, והוא כי בעת שיבא לאדם תאווה בלבו ומתגבר עליה בכל כוחו ומונע א"ע ממנה, עי"ז נשלם בו גם החסרון שיש בו מיום הולדו, כי לכל אחד יש חסרון בתולדה אשר יצרך לתקנו וע"ז אמר ישעיה הנביא ע"ה (ישעיה מח) ופושע מבטן קורא לך, וזה נקרא סטר שמאלא שהניח הש"י לאדם שיתקנו.
ועיין עוד שם מס' בכורות (ח:) ד"ה משרי דסכינא, לעיל פ' בראשית אות ז ד"ה וכמו כן.. אכן ע"י תורת ה' התמימה, ישלים אף זה החסרוןריגכמבואר במי השלוח ח"א מסכת שבת (פח:) ד"ה ואמר:
התורה לא ניתנה רק להשלים החסרון כמ"ש (תהלים יט) תורת ה' תמימה וכו', והוא כי קנין התורה אינו כקניני הון עוה"ז, כי קנין עוה"ז הוא דבר מותרות ואפשר להתקיים בלעדה, והתורה אינה כן רק כמ"ש (דברים לב) כי הוא חייכם שעיקר חיות האדם תלוי בה, כי התורה משלמת את בריאת האדם במה שחסר לו מיום הולדו. ועיין עוד שם פרשת בראשית ד"ה ויאמר אל האשה.
ובח"ב תהילים (יט) ד"ה תורת, מס' ברכות (מ.) ד"ה ואמר.. כי אם היה סיפק בחכמת אדם להתגבר נגד יצרו הרוצה לבלעו בכל רגע, אזי לא היה שום צורך לאדם למצות עשה, והיה די לו במצות לא תעשה בלבד.
משמע מזה שאין סיפק בחכמתו לתקן החסרון שנטבע בו, לזה השי"ת החפץ בטובת האדם גילה לו מצוות עשה שיעבוד בהם את השי"ת בכח הגוףרידעיין מי השלוח ח"א פרשת וילך ד"ה וילך.. ועוד זאת לא תספיק לו בשלימות, עד שיצטער באברי הגוף ויחסיר מאתו את ערלת הגוף בהמולו את בשר ערלתו.
וכל זה הוא מפני שאדם הוא בגוף עפר מן האדמה, שמסתיר מעיניו בהירות השי"ת, ולכן כאשר ירצה האדם שיבא לו התגלות השי"ת ימול בשר ערלתו, כענין דכתיב (איוב יט) ומבשרי אחזה אלוה, ובזה יקרא האדם מתהלך לפני ה'רטוכמבואר בזוהר הקדוש בראשית פרשת לך לך דף צד. וזה לשונו:
פתח אידך ואמר (איוב יט) ומבשרי אחזה אלוק מאי ומבשרי ומעצמי מבעי ליה אלא מבשרי ממש, ומאי היא, דכתיב (ירמיה יא) ובשר קדש יעברו מעליך וכתיב (בראשית יז) והיתה בריתי בבשרכם דתניא בכל זמנא דאתרשים ב"נ בהאי רשימא קדישא דהאי את מניה חמי לקודשא בריך הוא, מניה ממש, ונשמתא קדישא אתאחידת ביה., וישלים אף את החסרון שנמצא בו מיום הולדו ויהיה תמים. ולזה אף שאאע"ה היה ירא את ה' מעודו, והיה עובד את השי"ת בכל לבבו נפשו ומאדו, עכ"ז לא נקרא תמים עוד עד שהכיר חסרונו וימל אברהם, ואז היה תמים ונקרא מתהלך לפני ה':
"Et ה' dit à Abram : Je suis El Shaddaï ; marche devant Moi et sois intègre." Par cela, le Saint, béni soit-Il, fit allusion à notre père Abraham : en dehors de Lui, il n'est aucune perfection pour aucune créature du monde. C'est ce qu'indique ce Nom, Shaddaï : Sa divinité suffit à toute créature, comme l'explique Rachi ici.
Voici le sens : de même que la Sitra Smala (le côté gauche) fut créée déficiente, comme il a été longuement exposé plus haut au sujet de Noé, ainsi le Saint, béni soit-Il, a établi la création de l'homme : tout homme est créé dans le manque dès le jour de sa naissance, "tu es appelé transgresseur dès le ventre" (Isaie 48,8), et sa sagesse ne suffit pas à retenir son esprit. Dans Mei HaShiloach, I, parachat Kora'h, s.v.
"Et le Lévite...", il est rapporté au Zohar (Nombres 178b) que le Lévite doit par son service parfaire la Sitra Smala. Car lorsqu'un désir entre dans le cœur de l'homme et qu'il le surmonte de toute sa force, s'en empêchant lui-même, il complète par cela aussi le manque qui est en lui depuis le jour de sa naissance.
Chacun a en effet un manque de naissance qu'il lui faut réparer ; c'est à ce sujet qu'Isaie, de bénie mémoire, a dit : "tu es appelé transgresseur dès le ventre" (Isaie 48,8). C'est ce qu'on appelle la Sitra Smala, que le Saint, béni soit-Il, a laissée à l'homme pour qu'il la répare.
Voir encore ibid., traité Bekhorot 8b, s.v. "Mishri de-sakina", et plus haut, Bereshit, paragraphe 7, s.v.
"Et de même". Toutefois, par la Torah de ה', qui est parfaite, il completara aussi ce manque.
Comme il est expliqué dans Mei HaShiloach, I, traité Chabbat 88a, s.v. "Et il dit" : la Torah n'a été donnée que pour compléter le manque, comme il est dit : "La Torah de ה' est parfaite" (Psaumes 19,8).
L'acquisition de la Torah n'est pas comme les acquisitions de la richesse de ce monde : l'acquisition de ce monde est une chose superflue, dont on peut subsister sans elle ; la Torah n'est pas ainsi, mais, comme il est dit, "car elle est votre vie" (Deutéronome 32,47), la vie essentielle de l'homme en dépend, car la Torah complète la création de l'homme en ce qui lui manque depuis sa naissance. Voir encore ibid., Bereshit, s.v.
"Et il dit à la femme", et II, Psaumes 19, s.v. "La Torah", traité Berakhot 40a, s.v.
"Et il dit". Car si la sagesse de l'homme suffisait à triompher de son mauvais penchant qui veut l'engloutir à tout instant, l'homme n'aurait nul besoin de commandements positifs, et les interdictions seules lui suffiraient.
Il en ressort que sa sagesse ne suffit pas à réparer le manque imprimé en lui. Aussi le Saint, béni soit-Il, qui désire le bien de l'homme, lui a révélé des commandements positifs, afin qu'il serve le Saint, béni soit-Il, par la force du corps.
Voir Mei HaShiloach, I, parachat Vayélekh, s.v. "Vayélekh".
Et même cela ne lui suffira pas pour la perfection, jusqu'à ce qu'il souffre dans les membres de son corps et retranche de lui le prépuce du corps, en circoncisant la chair de son prépuce. Tout cela vient de ce que l'homme est un corps de poussière tiré de la terre, qui cache à ses yeux la clarté du Saint, béni soit-Il.
Aussi, lorsque l'homme veut que la révélation du Saint, béni soit-Il, lui advienne, qu'il circoncise la chair de son prépuce, ainsi qu'il est écrit : "De ma chair je contemple Dieu" (Job 19,26). Par cela, l'homme sera appelé : "marchant devant ה'", et il complétera aussi le manque qui se trouve en lui depuis sa naissance, et sera intègre.
Ainsi, bien qu'Abraham notre père, sur lui la paix, craignît ה' dès sa jeunesse et servît le Saint, béni soit-Il, de tout son cœur, de toute son âme et de tous ses biens, il ne fut pas encore appelé intègre avant d'avoir reconnu son manque et qu'Abraham se fût circoncis ; alors il fut intègre et fut appelé "marchant devant ה'". Comme il est exposé dans le saint Zohar, Bereshit, parachat Lekh Lekha, 94a : "Un autre ouvrit et dit : 'De ma chair je contemple Dieu' (Job 19,26) ; il aurait dû dire 'de mon os'.
Mais 'de ma chair' signifie véritablement de ma chair. Qu'est-elle ?
Comme il est écrit : 'La chair sainte passera loin de toi' (Jérémie 11,15), et : 'Mon alliance sera dans votre chair' (Genèse 17,13). Car il a été enseigné : chaque fois qu'un homme est marqué de ce signe saint, c'est par ce signe qu'il voit le Saint, béni soit-Il, réellement par lui, et l'âme sainte est attachée à lui."
אני אל שדי התהלך לפני והיה תמים. הענין בזה, דהנה השם אל מורה על נהירו דחכמתא, כדאיתא בזוה"ק (צו ל:
אחרי סה.) שכל ההשפעה היא משם הוי"ה והשם שד"י מצמצם השפעת השי"ת. והנה כח ההולדה שמתהווה בהצורת אדם, וביותר בהולד בן זכר, הוא מהשפעת השם הוי"ה, ומזה יולד בריה שתוכל להתפשט ולהוות עוד יותר בפני עצמה, ולזה מאחר שההולדה שבאה מכח הדכר הוא מעצם אור של השי"ת, לכן אי אפשר שיהיה הולדה, אכן ע"י שכחה והעלם בלי דעת האדם כלל רק מעצם אור והכח מהשי"ת.
וכח ההולדה שבא מכח הנוקבא הוא ממאמר השי"ת שמסתיר את הבריאה שלא תביט באור הבהיר, כענין דכתיב (תשא לג) ושכותי כפי, וכדכתיב (ישעיהו נ״א:ט״ז) ובצל ידי כסיתיך. והנה עצם אורו יתברך הוא מטי ולא מטי, כדאיתא בזוה"ק (בראשית טז:), ואל ידמה האדם בנפשו שיש לו תפיסה באורו יתברך, שהרי אנו רואים שלפעמים נסתר ונעלם האור הזה מעין כל חי, והוא כי השי"ת ברא את העולם בבוצינא דקרדנותא, כדאיתא בזוה"ק (בראשית טו.), וזה מרמז על שנברא העולם אור עם חושך, לזה אם יראה לאדם שיש לו תפיסה באור ה' אזי החושך ממשמש ובא לעיניו, ולעולם הוא האור מטי ולא מטי, שהרגע שנתגלה לו יראה אור נועם ה' ומיד נעלם ממנו, ואינו יכול לקבוע בנפשו קביעת השגה זו, ורק תמיד הוא על אופן הנזכר כמ"ש (יחזקאל א׳:י״ד) והחיות רצוא ושוב, וזה הוא מטי ולא מטירטזוזה לשון קדשו של רבנו האריז"ל בעץ החיים שער ז – שער מטי ולא מטי פרק ב:
גם דע, כי שיעור הזמן אשר לא מטי האור בספירות הוא רגע אחד לבד, וזה סוד כי רגע באפו. כי הסתלקות האור, שהוא לא מטי, היה מחמת זעם, ואף מחמת התחתונים, שאין בהם כח.
אך המשך בחינת מטי, שהוא חזרת האור למטה, להחיות העולמות, אין בהם שיעור, כי כפי מעשה תחתונים כך יהיה. וזהו חיים ברצונו, כפי הרצון שיהיה אז, ר"ל כפי מעשה בני אדם, כך ימשך זמן החיים ההם..
וזה הוא דאיתא בש"ס (מגילה יט:) אלמלא נשתייר ממערה שעמד בה משה ואליהו כמלא נקב מחט סדקית לא היו יכולים לעמוד מפני האורה. ולהבין הענין למה נקיט נקב מחט סדקית, ולמה לא נקטינן יותר גוזמא חודה של מחט, שאף זה השיעור לא נשתייר.
משמע מזה שכחודה של מחט נשתייר, אכן כמלא נקב מחט סדקית, והוא שיוכל אדם לאחוז ולהשיג האור כמו שממשיכין חוט בנקב מחט, שיש בהחוט שני ראשין ראשו אחד הוא שאוחז האדם בידו וראשו השני הוא העומד למעלה, ושיהיה אחיזה לאדם בהאור בל יבצר ממנו זה לא נשתייר, כי אז לא היו יכולים לעמוד מפני האורה, וזה רומז מחט סדקית, שעשויה לחבר סדקין, ונקב כזה לא נשאר, היינו שלא נשאר לאדם אחיזה וחיבור שיוכל לחבר האור הבהיר לגבול השגת ותפיסת שכלו שישאר אצלו בתמידות קבועריזנתבאר לקמן פרשת ויחי אות ח ד"ה וזהו מעשה, בית יעקב ויקרא פרשת שמיני אות כד, פ' אחרי אות ח ד"ה וזה, פ' בהר אות כג.. והנה בשעה שהשי"ת משפיע השפעתו, היינו בשעת ההולדה, אף שהאדם הוא בשכחה ובהעלם, מ"מ אין לו להתיירא אז מאחר שמאתו יתברך יצאו הדברים כבושים, וכמו שמצינו ביהודה שאמר השי"ת (וישב יז) צדקה ממני.
אף שאי אפשר לאדם להתברר בזה בשלימות בלי שום הנאת הגוףריחמי השלוח ח"א מסכת ברכות (טו:) ד"ה קרא., וכדאיתא במדרש (תזריע רבה יד) אפילו חסיד שבחסידים שלא יהיה לו צד אחד מעון, מפני שאי אפשר בלי הנאת הגוף. אכן עיקר הצמצום הוא קודם הזיווג, ואחר הזיווג אז הוא עיקר היראה כדכתיב (מלאכי ב׳:ה׳) מפני שמי נחת הוא, היינו קודם שמי, אבל בשמי בעצמו שם הוא מלא טובה.
וכדאיתא בזוה"ק (עקב רעא:) גחינא דרישא באתה אבל ה' זקיף ראשיה, וכדאיתא ג"כ בש"ס (ברכות יב.). וכל הצמצום הוא מקודם הזיווג ולאחריו, מפני שמקודם יוכל אדם לקבל האור ביותר, ולאחריו יוכל לומר שבכחו ועוצם ידו עשה חיל.
ומאלו השני חסרונות מתהוה עור הערלה ועור הפריעה. עור הערלה הוא כנגד כחי ועוצם ידי, וזה הוא רע בכולו, לכן הוא המצוה למול בשר הערלה ולהשליכה לגמרי.
ועור הפריעה הוא נגד מה שקיבל האור יותר מהראוי וזהו אינו רע בכולו, לכן הוא המצוה בזה לפרוע ולפשוט את העור הילך והילך, והוא כענין שאמר המלך שלמה (משלי ד׳:ט״ו) פרעהו אל תעבר בו (וכמש"נ הענין באריכות בפ' וירא)ריטכמו שנתבאר בשער המצוות לרבנו האריז"ל פרשת לך בסופו: ובזה נבאר מצות המילה, כי הנה בתחילה כורתים את הערלה, והיא עור החיצון, הכלי החיצון מג' הכלים של היסוד, מבחי' זמן העיבור, ויען שם אחיזת החיצונים, לכן כורתין הערלה ההיא ומשליכין אותה.
ואח"כ פורעין העור שלפנים ממש, שהוא הכלי האמצעי של היסוד, מבחי' זמן היניקה, שהוא בחי' א-להי"ם שהוא דין, אלא שהוא קדוש. ולכן אין כורתין ומשליכין אותו, כמו עור החיצון.
אמנם כונתינו לפרוע, כדי שיתגלה הכלי הג' של היסוד הפנימי שבכולם האמיתי, הנקרא קדש קדשים, ובהתגלותו תתבטל אחיזת החיצונים. עכל"ק.
ומבואר בספר הזמנים – הגדה של פסח ד"ה ואעבור עליך: ובמילה עצמה נמצא אלו השנים, דינא ורחמי, הרומז למילה ופריעה.
שמילה הוא מה שהוא רע לגמרי, וצריך להסיר ולהפריד הרע, שבזה המקום יש שכחה גדולה, שהאדם יוכל לשכוח ח"ו בהשי"ת לגמרי. ומצות פריעה הוא בהעור השני הדבוק להערלה, וצריכין להסיר ולשנות המקום, במה שפורעין את העור הדבוק להערלה, שלא יוכל לעורר השכחה כמקודם מחמת דביקותו.
לכן המצוה הוא לפרעו, היינו להזיזו ממקומו ראשון ולא להשליכו וכו'. כמו כן כאן שמשנה מן זה המקום שלא יוכל עוד לבא לזה וכדכתיב (משלי ד׳:ט״ו) פרעהו אל תעבור בו.
שמזה הפסוק למדו חכז"ל על גדר ערוה, כדאיתא (יבמות כא.) רמז לשניות מן התורה מניין, היינו היכא אסמכוהו רבנן אקרא, ר' אושעיא אמר, מהכא, פרעהו אל תעבר בו שטה מעליו ועבור. היינו שאם לא יצמצם עצמו באלו השניות, יוכל ח"ו לבוא לגוף האיסור לשורש ערוה, והשניות הם גדר לערוה דאוריתא.
וזה מורה על קדש עצמך במותר לך, שהוא גדר להאיסור. ולזה צריך לאלו השנים מילה ופריעה.
ועיין לקמן פ' וירא אות ח, פ' וישב אות יב ד"ה ולזה, בית יעקב ויקרא פ' תזריע אות כז ד"ה וטמאה [ב], סוד ישרים עה"ת מכתי"ק פ' וירא בתחילתה ד"ה הענין.. וזה הענין מצינו ג"כ באילנות וזרעים והם ברזא דדכר ונוקבא.
זרעים הוא שזורעים בכל שנה ושנה מחדש והוא בבחינת נוקבא. ואילנות הוא שנוטעים פעם אחת ומצמיח בכל שנה מאליו, שהשרף עולה ומשקה ועושה פרי, כדאיתא (ברש"י ז"ל בש"ס ר"ה יב:) וזה הוא ברזא דדכר, לכן הוא מצות ה' באילנות (ויקרא י״ט:כ״ג-כ״ד) שלש שנים יהיה לכם ערלים, לא יאכלו פירותיהם, ובשנה הרביעית מותרים הפירות לאכלם, אך קודש הלולים יהיו לה' לאכלם במקום הקודש עיר ציון בשמחה, והוא כמו שמצינו בצורת אדם מילה ופריעה:
"Je suis El Shaddaï ; marche devant Moi et sois intègre." Voici le sens. Le Nom El indique la lumière de la sagesse, comme il est rapporté au saint Zohar (96b ; A'harei Mot 65a) : toute l'influence vient du Nom, et le Nom Shaddaï restreint l'influence du Saint, béni soit-Il.
Or la force de la procréation qui se forme dans la figure humaine, surtout dans la naissance d'un fils mâle, vient de l'influence du Nom. De là vient au monde une créature pouvant se déployer et produire encore davantage par elle-même.
Puisque la procréation venant de la force du mâle procède de l'essence de la lumière du Saint, béni soit-Il, il ne peut donc y avoir procréation que par oubli et occultation, sans aucune conscience de l'homme, seulement par l'essence de la lumière et de la force venant du Saint, béni soit-Il. La force de la procréation venant de la Noukva (le féminin) procède de la parole du Saint, béni soit-Il, qui voile la création afin qu'elle ne regarde pas la lumière éclatante, selon ce qui est écrit : "Je te couvrirai de Ma paume" (Exode 33,22), et : "Je t'ai couvert de l'ombre de Ma main" (Isaie 51,16).
Or Sa lumière essentielle est mati vélo mati (elle atteint et n'atteint pas), comme il est rapporté au saint Zohar (Bereshit 16a). Que l'homme ne s'imagine donc pas posséder une saisie de Sa lumière, béni soit-Il.
Car nous voyons que parfois cette lumière est cachée et dissimulée aux yeux de tout vivant. Le Saint, béni soit-Il, a en effet créé le monde par la boutsina de-qardinouta (lampe de sévérité), comme il est rapporté au Zohar (Bereshit 15a) ; cela fait allusion à ce que le monde fut créé lumière avec obscurité.
Aussi, si l'homme croit avoir saisie de la lumière de ה', l'obscurité vient réellement toucher ses yeux. La lumière est toujours mati vélo mati : à l'instant où elle se révèle, il voit la lumière de la douceur de ה', et aussitôt elle lui est dissimulée ; il ne peut fixer en lui cette saisie de manière stable.
Elle est toujours seulement dans la modalité susdite, ainsi qu'il est écrit : "Les Hayot couraient et revenaient" (Ezechiel 1,14) ; tel est mati vélo mati. Voici les propres termes de notre maître Rabbi Its'hak Louria, l'Arizal, dans Ets ''Hayim, porte 7, "Porte de Mati vélo Mati", chapitre 2 : "Sache encore que la durée pendant laquelle la lumière n'atteint pas les sefirot n'est qu'un seul instant.
C'est le secret de : 'un instant dans Sa colère' (Psaumes 30,6). Car le retrait de la lumière, qui est lo mati, fut causé par la colère, et aussi par les inférieurs, qui n'en ont pas la force.
Mais la durée de l'aspect mati, qui est le retour de la lumière en bas pour vivifier les mondes, n'a pas de mesure, car elle dépend des actes des inférieurs. C'est : 'la vie dans Sa faveur' (Psaumes 30,6) ; selon la volonté qui sera alors, c'est-à-dire selon les actes des hommes, ainsi se prolongera le temps de cette vie." Il est aussi rapporté dans le Talmud (Meguila 19b) : "Si de la caverne où se tenaient Moché et Élie il était resté autant que le trou d'une aiguille à coudre, ils n'auraient pu se tenir devant la lumière." Il faut comprendre pourquoi le texte choisit le trou d'une aiguille à coudre et non une exagération plus forte, la pointe d'une aiguille, qui n'aurait même pas subsiste.
Il en ressort que la mesure d'une pointe d'aiguille était bien restée, mais non un trou d'aiguille à coudre. Cela signifie qu'un homme aurait pu tenir et saisir la lumière comme on fait passer un fil dans le trou d'une aiguille : le fil a deux extrémités, l'une que l'homme tient dans sa main et l'autre qui se tient en haut.
Qu'il ne reste pas à l'homme une prise de la lumière qui ne lui soit jamais refusée, cela est nécessaire, car alors ils n'auraient pu se tenir devant la lumière. L'aiguille à coudre, faite pour joindre les fentes, y fait allusion : il ne resta pas un tel trou, c'est-à-dire qu'il ne resta pas à l'homme de prise ni de lien pour joindre la lumière éclatante à la limite de la saisie et de l'appréhension de son intelligence, afin qu'elle demeure chez lui dans une permanence fixe.
Cela sera expliqué plus loin, parachat Vaye'hi, paragraphe 8, s.v. "Et telle est l'action" ; Beth Yaakov, Vayikra, parachat Shemini, paragraphe 24 ; A'harei Mot, paragraphe 8, s.v.
"Et ceci" ; Behar, paragraphe 23. Or, lorsque le Saint, béni soit-Il, dispense Son influence, c'est-à-dire à l'heure de la procréation, bien que l'homme soit dans l'oubli et l'occultation, il ne doit pas alors craindre, car les choses cachées sont sorties de Lui, béni soit-Il.
Ainsi trouvons-nous pour Juda que le Saint, béni soit-Il, dit : "Elle est plus juste que moi" (Genèse 38,26). Bien qu'il soit impossible à l'homme de se clarifier en cela parfaitement, sans aucune jouissance corporelle, comme il est rapporté dans Mei HaShiloach, I, traité Berakhot 15b, s.v.
"Il lut", et dans le Midrach (Vayikra Rabba 14) : "Même le plus pieux des pieux n'est pas sans une part de faute, car il est impossible sans jouissance du corps." Toutefois, la restriction essentielle est avant l'union ; après l'union, c'est alors la crainte essentielle, comme il est écrit : "Il tremblait devant Mon Nom" (Malachie 2,5), c'est-à-dire avant Mon Nom ; mais dans Mon Nom lui-même, tout y est plein de bien. Ainsi qu'il est rapporté au saint Zohar (Ekev 271a) : "Il incline sa tête dans le 'Tu', mais ה' relève sa tête", et aussi dans le Talmud (Berakhot 12a).
Toute la restriction est avant l'union et après elle : avant, parce que l'homme peut recevoir la lumière de façon excessive ; après, parce qu'il peut dire : "C'est ma force et la puissance de ma main qui m'ont acquis cette richesse" (Deutéronome 8,17). De ces deux manques procèdent la peau du prépuce et la peau de la peria (mise à nu).
La peau du prépuce correspond à "ma force et la puissance de ma main" ; elle est entièrement mauvaise, c'est pourquoi le commandement est de circoncire la chair du prépuce et de la jeter entièrement. La peau de la peria correspond à ce qu'il a reçu de la lumière plus qu'il ne convenait ; elle n'est pas entièrement mauvaise.
C'est pourquoi le commandement est de la découvrir et de repousser la peau ici et là, selon ce que le roi Salomon a dit : "Écarte-le, ne passe pas par lui" (Proverbes 4,15), comme le sujet a été longuement expliqué dans la paracha Vayera. Ainsi qu'il est expliqué dans Shaar HaMitsvot de notre maître l'Arizal, parachat Lekh Lekha, à la fin : "Nous expliquerons par cela le commandement de la circoncision.
D'abord on coupe le prépuce, qui est la peau extérieure, le keli extérieur parmi les trois kelim du Yesod, de l'aspect du temps de la gestation. Puisque les forces extérieures y ont prise, on coupe ce prépuce et on le jette.
Ensuite on découvre la peau qui est exactement à l'intérieur, le keli intermédiaire du Yesod, de l'aspect du temps de l'allaitement, qui est l'aspect de Elokim, le jugement, mais saint. On ne le coupe donc pas et on ne le jette pas comme la peau extérieure.
Notre intention est de le découvrir afin que se révèle le troisième keli du Yesod, intérieur à tous, le véritable, appelé Saint des saints ; quand il se révèle, la prise des forces extérieures est annulée." Et il est expliqué dans Sefer HaZmanim, Haggada de Pessa'h, s.v. "Et Je passai près de toi" : "Dans la circoncision elle-même se trouvent ces deux, rigueur et miséricorde, qui font allusion à la circoncision et à la peria.
La circoncision concerne ce qui est entièrement mauvais et qu'il faut retirer, séparer du mal ; en ce lieu il y a un grand oubli, l'homme peut, à Dieu ne plaise, oublier entièrement le Saint, béni soit-Il. Le commandement de la peria concerne la seconde peau attachée au prépuce.
Il faut l'écarter et changer son emplacement, en découvrant la peau attachée au prépuce, afin qu'elle ne puisse plus susciter l'oubli comme auparavant à cause de son attachement. Le commandement est donc de la découvrir, c'est-à-dire de la déplacer de son premier emplacement et non de la jeter, etc." De même ici, on change de ce lieu afin qu'il ne puisse plus y revenir, comme il est écrit : "Écarte-le, ne passe pas par lui" (Proverbes 4,15).
C'est de ce verset que nos Sages, de bénie mémoire, ont appris la barrière autour de la nudité interdite, comme il est rapporté (Yevamot 21a) : "D'où sait-on que les interdits secondaires ont un appui dans la Torah ?" C'est-à-dire : sur quel verset les Sages les ont-ils appuyés ? Rabbi Hoshaïa dit : de ce verset : "Écarte-le, ne passe pas par lui ; détourne-t'en et passe." Car si l'homme ne se restreint pas dans ces interdits secondaires, il peut, à Dieu ne plaise, parvenir au corps même de l'interdit, à la racine de la nudité interdite ; les interdits secondaires sont une barrière pour la nudité interdite de la Torah.
Cela indique : "Sanctifie-toi dans ce qui t'est permis", qui est une barrière pour l'interdit. C'est pourquoi ces deux sont nécessaires, circoncision et peria.
Voir plus loin, parachat Vayera, paragraphe 8 ; Vayeshev, paragraphe 12, s.v. "C'est pourquoi" ; Beth Yaakov, Vayikra, Tazria, paragraphe 27, s.v.
"Et elle sera impure [2]" ; Sod Yesharim sur la Torah, manuscrit de sa propre main, Vayera au début, s.v. "Le sujet".
Nous trouvons aussi ce sujet dans les arbres et les semences ; ils sont dans le secret de dakar et Noukva. Les semences sont semées de nouveau chaque année et sont dans l'aspect de la Noukva.
Les arbres sont plantés une fois, puis poussent chaque année d'eux-mêmes : la sève monte, abreuve et produit du fruit, comme le dit Rachi, de bénie mémoire, dans le Talmud, Roch Hachana 12b. C'est dans le secret de dakar.
C'est pourquoi tel est le commandement de ה' concernant les arbres : "Pendant trois ans, leurs fruits seront pour vous incirconcis ; on ne les mangera pas. La quatrième année, tous leurs fruits seront une sainteté de louanges pour ה'" (Lévitique 19,23-24).
La quatrième année, les fruits sont permis à la consommation, mais ils sont une sainteté de louanges pour ה', à manger dans le lieu saint, la ville de Sion, dans la joie. Il en est comme de la forme humaine : circoncision et peria.
« Je suis El Chaddaï ; marche devant Moi et sois intègre. » Pour le Beit Yaakov, ce Nom indique que le Saint, béni soit-Il, mesure à chaque créature la place qui lui convient : Sa divinité suffit à tous selon leur besoin, même aux plus petits, comme l'explique Rachi. Partout où tu trouves Sa grandeur, tu trouves Son humilité. De là procède le service de l'homme : selon la peine, la récompense. Dans ce monde, D.ieu a caché la grâce des mitsvot ; ceux qui les accomplissent malgré le mépris seront payés selon leur peine, et dans l'avenir cette grâce sera révélée, le Nom Chaddaï réparé sans dissimulation.
Aussi : la circoncision n'est révélée à Avraham qu'à quatre-vingt-dix-neuf ans, pour qu'il serve encore par le labeur ; elle fixe la sainteté dans le corps même sans connaissance consciente ; il ne peut se circoncire qu'après « Voici, Mon alliance est avec toi »
אני אל שדי התהלך לפני והיה תמים. זה השם שד"י מורה על שהשי"ת מודד לכל בריה מקומה הראוי לה ומשגיח על הקטן כגדול, לא כבשר ודם שנמצא אצלו דברים עיקרים ודברים שהם אצלו כטפל ומותר ואין לו צורך בהם, אבל אצל השי"ת כל הענינים הם בהשתוות בלי שום הבדל, ע"ז מורה השם שד"י שיש די באלהותו לכל בריה כדאיתא (רש"י על מקומו), והוא שמספיק לכל הברואים די צרכם, ואף להברואים הקטנים.
וזה נמשך מרזא דעליוןרכעיין הרחבה בעניין זה בתפארת החנוכי על זוהר פרשת פנחס דף רטו. ד"ה אמר ליה., שכל מקום שאתה מוצא גדולתו של הקב"ה שם אתה מוצא ענותנותו, כדאיתא בש"ס (מגילה לא.), וזה נרמז בהכתוב (תהילים צ״א:א׳) יושב בסתר עליון בצל שדי יתלונןרכאמקורו במי השלוח ח"ב פרשת יתרו ד"ה וישמע יתרו [ה]:
כי כה אמר רם ונשא וגו' מרום וקדוש אשכון ואת דכא ושפל רוח וגו' ואיתא על זה בגמ' (מגילה לא.) כל מקום שאתה מוצא גבורתו של הקב"ה אתה מוצא ענוותנותו, היינו אף שהשי"ת נקרא רם ונשא שהוא מרומם ומנושא אף על כל צבאי מעלה, מ"מ שוכן את דכא ושפל אשר ישתוקק להארת פניו.. ומזה הוא עבודת האדם ויגיע כפיו לפום צערא אגרא, באשר הוא עמל ביותר בעבודת ה' כן יעלה שכרו.
והנה בזה העולם, שהסתיר השי"ת החן ממעשה המצות, ונמצאים בני אדם המבזים ומלעיגים ביראי ה' ההולכים בתורת ה', והם מתגברים ע"ז ומייגעים את עצמם בכל עוז לקיים מצות השי"ת, לכן ישלם להם ה' כגמולם לפי יגיעם, נמצא שההסתרה שבעוה"ז הוא לטוב לנו כל הימים להרבות שכר מקיימי מצות כפי סבלנותם בבשתם משנה יירשו. ולעתיד שיתברר הכל על נכון, ויתגלה אז החן והיופי ממעשה המצות, וישאו חן בעיני כל רואם, אזי לא יבוזו עוד למי שיקיים מצות ה', ואז לא יהיה עוד עבודה ויגיעה לאדם לעבוד עבודת ה'רכבלעיל פרשה זו אות י ובהערה סא שם., וע"ז אנו מצפים ומחכים כל שעה.
וזה הוא שאנו אומרים אחר כל תפלה (עלינו לשבח) ועל כן נקוה לך ה' א-להינו לראות מהרה בתפארת עוזך להעביר גלולים מן הארץ, היינו שיראה לכל התפארת ויופי החן מהמצוות, אז יעברו הגלולים מן הארץ, והוא הבזיונות שמבזים ומלעיגים עלינו. לתקן עולם במלכות שדי, היינו שיתוקן זה השם בשלימות שלא יהיה עוד הסתרה בעולםרכגמבואר בסוד ישרים ראש השנה אות מח:
אחר שיתוקן העולם במלכות שד"י, היינו שיסיר השי"ת את המסכים המבדילים, אזי יתגלה מפורש כמו שהוא באמת מצד השי"ת, שאין שום גבול כלל. וכל מה שנראה מצד תפיסת האדם שהוא בגבול, הוא באמת ג"כ בלי גבול וכו'.
וזה הוא כל המכוון מרצונו ית' בבריאת עולם, שיתקן עולם במלכות שד"י, שישיג האדם את האור הבלתי גבול בתוך גבול הבנת תפיסתו, בהכרה מפורשת שאין באמת מצד השי"ת שום גבול כלל. ועיין עוד שם אות מז., שלא יכנף עוד מוריך, ואז יאיר אור ה' לכל הכתוב לחיים, ויתגלה השם בן ארבע אותיות "יקוק", והיה ה' למלך על כל הארץ ביום ההוא יהיה ה' אחד ושמו אחדרכדעיין הרחבת הדברים בבית יעקב שמות פרשת וארא אות ג., ויתקיים בנו מקרא שכתוב (ישעיהו כ״ה:ט׳) ואמר ביום ההוא הנה א-להינו וגו' זה ה' קוינו לו נגילה ונשמחה בישועתו:
"Je suis El Shaddaï; marche devant Moi et sois intègre." Ce Nom, Shaddaï, indique que le Saint, béni soit-Il, mesure à chaque créature la place qui lui convient et veille sur le petit comme sur le grand; non pas comme un être de chair et de sang, chez qui certaines choses sont essentielles et d'autres accessoires, superflues et inutiles; mais, chez le Saint, béni soit-Il, tous les sujets sont égaux, sans aucune différence. C'est ce qu'indique le Nom Shaddaï: Sa divinité suffit à toute créature, comme l'explique Rachi en ce lieu; Il suffit à tous les êtres créés selon leur besoin, même aux plus petits.
Cela procède du mystère suprême (רזא דעליון; voir un développement dans Tiferet ha-Hanokhi sur le Zohar, paracha Pinhas, p. 215, début de 'Amar lei'): partout où tu trouves la grandeur du Saint, béni soit-Il, tu trouves Son humilité, comme il est dit dans le Talmud (Meguila 31a).
Cela est suggéré dans le verset: "Celui qui habite dans le secret du Très-Haut logera à l'ombre de Shaddaï" (Psaumes 91,1; la source en est Mei ha-Shiloah II, paracha Yitro, début de 'Va-yishma Yitro' [5]: "Ainsi parle le Haut et l'Élevé... J'habite dans les hauteurs et la sainteté, et avec l'opprimé et l'humble d'esprit..." À ce sujet le Talmud dit: partout où tu trouves la puissance du Saint, béni soit-Il, tu trouves Son humilité.
C'est-à-dire que, bien que le Saint, béni soit-Il, soit appelé Haut et Élevé, exalté et porte au-dessus de toutes les armées célestes, Il réside néanmoins avec l'opprimé et l'humble, qui aspire à l'éclat de Sa face). De là procède le service de l'homme et le labeur de ses mains: selon la peine, la récompense (lefum tsaara agra).
Car, dans ce monde, le Saint, béni soit-Il, a caché la grâce des actes de mitsvot, et l'on trouve des hommes qui méprisent et raillent les craignant le Nom qui suivent la Torah du Nom. Mais eux surmontent cela et se fatiguent de toutes leurs forces pour accomplir les mitsvot du Saint, béni soit-Il; aussi le Nom les paiera selon leur rétribution, selon leur peine.
Il se trouve que la dissimulation de ce monde est pour notre bien, tous les jours, afin de multiplier la récompense de ceux qui accomplissent les mitsvot selon leur patience: "À la place de leur honte, ils hériteront du double" (Isaie 61,7). Dans l'avenir, lorsque tout sera établi correctement et que la grâce et la beauté des actes de mitsvot seront révélées, et qu'ils trouveront grâce aux yeux de tous ceux qui les verront, on ne méprisera plus celui qui accomplit les mitsvot du Nom.
Alors, l'homme n'aura plus de service ni de peine dans le service du Nom (voir plus haut, cette paracha, section 10 et note 61). C'est ce que nous espérons et attendons à toute heure.
C'est aussi ce que nous disons après chaque prière, dans Aleinou lechabeah: "C'est pourquoi nous espérons en Toi, ה' notre Elokim, pour voir bientôt la splendeur de Ta force, faire disparaître les idoles de la terre"; c'est-à-dire que la splendeur et la belle grâce des mitsvot seront visibles pour tous. Alors les idoles disparaîtront de la terre: ce sont les humiliations par lesquelles ils nous méprisent et nous raillent.
"Réparer le monde par la royauté de Shaddaï": ce Nom sera réparé dans sa perfection, de sorte qu'il n'y aura plus de dissimulation dans le monde (comme l'explique Sod Yesharim, Roch ha-Chana, section 48: après que le monde sera réparé par la royauté de Shaddaï, le Saint, béni soit-Il, retirera les écrans qui séparent; alors sera clairement révélé ce qui est, en vérité, du côté du Saint, béni soit-Il: qu'il n'existe aucune limite. Tout ce qui, selon la saisie de l'homme, semble limité est en vérité aussi sans limite.
Tel est le but entier de Sa volonté, béni soit-Il, dans la création du monde: réparer le monde par la royauté de Shaddaï, afin que l'homme saisisse la lumière sans limite dans les limites de la saisie de son intelligence, en reconnaissant clairement qu'en vérité, du côté du Saint, béni soit-Il, il n'existe aucune limite; voir aussi section 47). "Ton Maître ne se cachera plus" (Isaie 30,20); alors la lumière du Nom éclairera tous ceux qui sont inscrits pour la vie, le Nom de quatre lettres, ה', sera révélé, et "ה' sera roi sur toute la terre; en ce jour-là, ה' sera Un et Son Nom sera Un" (Zacharie 14,9; voir le développement dans Beit Yaakov, Chemot, paracha Vaera, section 3).
Et s'accomplira pour nous le verset: "En ce jour-là, on dira: voici notre Elokim... voici ה', nous L'avons espéré; exultons et réjouissons-nous de Son salut" (Isaie 25,9).
ויאמר ה' אל אברם אני אל שדי התהלך לפני והיה תמים. הענין שלא נאמרה לו זו המצוה עד שהיה קרוב למאה שנה.
כי אם היה מל את עצמו קודם זה, אזי היו נדחים ממנו כמה וכמה עבודות מעבודת ה' שלא היה לו צורך בהם. והוא, כי כל המצות שרשם הוא ברזא דמצות מילה, שמורה על צמצום.
וזה הוא שנאמר לו במצות מילה, להמול כל זכר יליד בית ומקנת כסף. מקנת כסף מורה על צמצום בדברים הכרחים, כגון אכילה וכדומה.
ויליד בית מורה על צמצום במותרות, כגון שתיה וכדומה. וקודם שנאמר לאברהם מצות מילה אז היה מייגע את עצמו בעבודת ה' על כל דבר שפעל ועשה, והיה לו מיחושים פן ואולי אינו מכוון בפעלו לקיים רצון השי"ת, ולהנאת גופו קא מכוון ואסור.
אכן, אחר שהגיע לימי הזקנה ונתמעט כחו מעבוד עוד עבודות קשות שבקודש לצמצם את עצמו ביותר, אזי האיר לו השי"ת שמעתה לא יצטרך עוד לגודל צמצום כ"כ, ואמר לו מצות מילה שהוא כלל כל המצות. והוא כענין שמדמה בש"ס (מגילה כד:) הסתכלות במרכבה, לסומא שלא ראה מימיו, והוא שמבין באבנתא דלבא רק החוש חסר ממנו.
כן הוא הענין באאע"ה, שבאמת אף קודם שמל אברהם אבינו היה לו מבינות בכל מצות ה', אך החוש היה נחסר לו, והוא קביעות בלב, שיקבע בו קדושת ה' בל ימוט לעולם, זה נתחדש לו מעתהרכהלעיל פרשה זו אות מב בהערה ריא שם.. כי לדעת שה' מקדשו זאת לא נתחדש לו עתה, אדרבה קודם שנמול היה לו הכרה זו עוד יותר, מאחר שהיה עובד ביתר עוז, אכן זה הלימוד נתחדש לו אחר שמל, שכאשר הסיר מאתו הצפורן היתר, אזי היה מבורר בכל הפעולות ונקבע בו מעתה עבודת ה' בקביעות אף בלי דעת, כן זו המצוה הוא בקביעות עם האדםרכוכדאיתא במי השלוח ח"ב פרשת חיי שרה ד"ה ויסף:
כי מצות מילה רומז על זה, שהאדם מוסיף ועושה חותם בבשר הגוף שעל ידו יקבע בגופו קדושה בקביעות שיהיה גם בהגוף רשימה שהוא לחלקו של השי"ת. עיין בסוד ישרים פורים אות כא ד"ה ששון:
כי מילה מורה, על הרשימה שנקבע בהגוף, כלומר שהגוף מוקף בהקדושה ואי אפשר לו לצאת ממנה. כעין מאמרם ז"ל במדרש שוחר טוב (ו) כשנכנס בבית המרחץ היה מביט בעצמו ואמר הריני ערום מן המצוות, וכשהיה מסתכל במילה שהיא שקולה נגד כל המצוות, דעתו מתקררת.
כיון שראה דוד כך אמר מזמור עליו וכו'. לקמן פ' וירא אות ד, פ' מקץ אות יח ד"ה כי כונת., אף בשעה שאסור לו לעסוק בד"ת, כמו בשעה שהוא עומד בבית המרחץ ובשעה שהוא ישן, וכדאיתא בש"ס (מנחות מג:) בשעה שנכנס דוד לבית המרחץ וראה עצמו ערום אמר אוי לי שאעמוד ערום בלא מצוה, כיון שנזכר במילה שבבשרו נתיישבה דעתו.
ולזה לא גילה לו השי"ת זו המצוה כל הימים שהיה כחו גדול לעבוד את ה', כי השי"ת חפץ בעבודת האדם בכדי שיקרא על שמו שביגיע כפיו זכה להשפעת ה'. אכן אחר שנשלמו לו תשעים ותשע שנה קודם שהגיע לשנת המאהרכזמבואר בבית יעקב שמות פרשת תרומה אות ה ד"ה והענין:
וכן היה באברהם, שלא רצה רצה השי"ת ליתן לו מצוות מילה בתחלה, מפני שקודם המילה היה נדמה לו בכל מקום שאינו מבורר, מאחר שבאמת היה לו חסרון בגוף, ועיי"ז היה מרבה ד"ת. עד שהיה קרוב למאה שנה, שאז נשלמו לו כל הכוחות שבאדם, אז ריחם עליו השי"ת ונתן לו זאת המצוה, אז ראה שהוא מבורר בכל מקום..
כי בשנת המאה אזי הוא האדם כמת ובטל מן העולם כדאיתא במסכת אבות (סוף פ"ה), והוא שכל הנהגת האדם שהרגיל את עצמו בהם עד מאה שנה, ומאז מוטבעים ונקבעים בהאדם בקביעות, שמעתה עוד לא ישונה אם טוב טוב ואם בהיפך ג"כ לא ישונה, שמעתה אף בלי שום דעת יעשה כאשר הורגל עד עתה ממנה לא יזוזרכחכמבואר לקמן פרשת וישלח אות מה ד"ה וכן מקום: המנין מאה מרמז על עת שבא אדם על שלימותו ואיכללו ביה כל הדרגין, כמו אברהם אבינו שניתן לו בן למאה שנה אחר המולו בשר ערלתו, ובא על שלימותו הנכונה, ואז מכיר האדם מה טובה מוכן לו, וכל ההפסדות שהפסיד הן בממון והן בגוף.
על כולם סמוך לבו בטוח בה' שכולם בספר נכתבים ואין שכחה לפני השי"ת, וכל פרוטה ופרוטה מצטרפת לחשבון ולא נאבד כלל, רק השי"ת יחזיר לו לעתיד על כל מה שסבל ונתייגע בזה העולם בעבור שמו הגדול, וע"ז מרמז החשבון מאה., ולזה כשנשלמו צ"ט שנה לאברהם אבינו שהיה עובד את השי"ת כל ימיו, מעתה הגיע העת שהתחילה להקבע בו העבודות שפעל ועשה עד עתה, אז גילה לו השי"ת רז זה, כדכתיב (תהלים כה) סוד ה' ליראיו ובריתו להודיעם, שזה הכתוב נדרש (ויקרא רבה פרשה מט) על המילה, והיה זה המאמר בסוד עד צ"ט שנה כל הימים שהיה בו כח עוד לקנות קדושה ע"י עבודותיורכטעיין לקמן פרשה זו אות נו, פ' וירא אות יד, בית יעקב ויקרא פרשת בהר אות י בסופו, בית יעקב הכולל פ' וירא אות יד.. והענין שאברהם אבינו לא מל את עצמו קודם, זה מאחר שקיים כל התורה כולה, כי הדין הוא בש"ס (ע"ז כז.) שהמל ימול ומי שאינו מל לא ימול, לזה כל זמן שלא נאמר לו מאמר השי"ת אני הנה בריתי אתך לא היה נקרא מל, וממילא לא היה יכול למול את עצמו.
אכן אחר שאמר לו השי"ת אני הנה בריתי אתך, שזה מורה שהוא נמול בשורש, היה יכול למול את עצמו בפועלרלכמבואר בתפארת יוסף מסכת פסחים (ט.) ד"ה אין: הענין בזה, כמו שאמר כבוד אזמו"ר זללה"ה, אם האדם מצידו מנקה ומטהר ומברר עצמו עד מקום שידו מגעת.
אז השי"ת מעיד עליו שהוא נמשך תמיד אחר רצונו ית', ויש לו חיבור עם אור רצונו ית'. כמו שכתוב באאע"ה (בראשית י״ז:ד׳) אני הנה בריתי אתך וגו' המול ימול וגו', אף שבאמת הדין הוא המל ימול, ואיך מל אברהם אבינו את עצמו, ומה זה שאמר לו השי"ת אני הנה בריתי אתך קודם שמל עצמו.
אך הענין הוא, כיון שאאע"ה בירר עצמו עד מקום שידו מגיע, ממילא העיד עליו השי"ת שהוא מבורר וכאילו הוא נימול, כיון שלא היה בידו לברר עצמו יותר.:
"Et ה' dit à Abram: Je suis El Shaddaï; marche devant Moi et sois intgre." Le sujet est que cette mitsva ne lui fut pas dite avant qu'il ne fût proche de cent ans. Car s'il s'était circoncis avant cela, bien des travaux du service du Nom auraient été écartés de lui, alors qu'il en avait besoin.
En effet, la racine de toutes les mitsvot est dans le mystère de la mitsva de la circoncision, qui indique la restriction. C'est ce qui lui fut dit dans la mitsva de la circoncision: circoncire tout mâle né dans sa maison et acquis par l'argent.
"Acquis par l'argent" indique la restriction dans les choses nécessaires, telles que manger et ce qui lui ressemble. "Né dans sa maison" indique la restriction dans les choses superflues, telles que boire et ce qui lui ressemble.
Avant que la mitsva de la circoncision ne fût dite à Abraham, il se fatiguait dans le service du Nom pour toute chose qu'il opérait et faisait; il craignait peut-être de ne pas avoir l'intention, dans son acte, d'accomplir la volonté du Saint, béni soit-Il, mais d'avoir l'intention du plaisir de son corps, ce qui est interdit. Toutefois, lorsqu'il parvint aux jours de la vieillesse et que sa force diminua, ne lui permettant plus de travailler aux autres travaux difficiles de sainteté, de se restreindre davantage, le Saint, béni soit-Il, l'éclaira: désormais, il n'aurait plus besoin d'une si grande restriction.
Il lui dit la mitsva de la circoncision, qui est la règle de toutes les mitsvot. Cela est semblable à ce que le Talmud compare (Meguila 24b) à la contemplation du Char (merkava), chez un aveugle qui n'a jamais vu: il comprend par la pierre du cœur (avanta de-liba), mais le sens lui manque.
Tel est le sujet chez notre père Abraham: en vérité, même avant qu'Abraham notre père ne fût circoncis, il avait l'intelligence de toutes les mitsvot du Nom, mais le sens lui manquait, à savoir une fixation dans le cœur, afin que la sainteté du Nom y soit fixée et ne chancelle jamais. Cela lui fut renouvelé désormais (voir plus haut, cette paracha, section 42, note 211).
Car savoir que le Nom le sanctifie ne lui fut pas renouvelé maintenant; au contraire, avant qu'il ne fût circoncis, cette conscience était chez lui encore plus grande, puisqu'il servait avec une force plus grande. Mais cet enseignement lui fut renouvelé après qu'il se fut circoncis: lorsqu'il eut retiré de lui l'ongle superflu, toutes les actions furent clarifiées, et désormais le service du Nom fut fixé en lui durablement, même sans connaissance consciente.
Ainsi, cette mitsva demeure fixée avec l'homme (comme il est dit dans Mei ha-Shiloah II, paracha Hayyé Sara, début de 'Va-yosef': la mitsva de la circoncision fait allusion à ceci, que l'homme ajoute et fait un sceau dans la chair du corps, par lequel la sainteté est fixée durablement dans son corps, de sorte que le corps aussi porte la marque qu'il appartient à la part du Saint, béni soit-Il. Voir Sod Yesharim, Pourim, section 21, début de 'Sasson': la circoncision indique la marque fixée dans le corps; c'est-à-dire que le corps est entouré de sainteté et ne peut en sortir.
Cela ressemble à leur parole, de bénie mémoire, dans le Midrach Chohar Tov [6]: lorsqu'il entra dans le bain, il se regarda et dit: "Je suis nu de mitsvot"; mais lorsqu'il regarda la circoncision, qui équivaut à toutes les mitsvot, son esprit se rassérénait. Quand David vit cela, il dit un psaume à son sujet, etc.
Voir plus loin, paracha Vayera, section 4; paracha Mikets, section 18, début de 'Ki kavanat'). Cela vaut même à l'heure où il lui est interdit de s'occuper de paroles de Torah, comme lorsqu'il se tient dans le bain ou lorsqu'il dort, ainsi qu'il est dit dans le Talmud (Menahot 43b): lorsque David entra dans le bain et se vit nu, il dit: "Malheur à moi, qui me tiens nu sans mitsva." Lorsqu'il se souvint de la circoncision qui était dans sa chair, son esprit se rassit.
C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, ne lui révéla pas cette mitsva tous les jours où sa force était grande pour servir le Nom: le Saint, béni soit-Il, désire le service de l'homme, afin qu'il soit appelé à son nom, puisqu'il a mérité par le labeur de ses mains l'influx du Nom. Toutefois, après que ses quatre-vingt-dix-neuf ans furent accomplis, avant qu'il n'atteigne l'année cent (comme l'explique Beit Yaakov, Chemot, paracha Terouma, section 5, début de 'Veha-inyan': chez Abraham aussi, le Saint, béni soit-Il, ne voulut pas donner au début la mitsva de la circoncision, car avant la circoncision il lui semblait, en tout lieu, ne pas être clarifié, puisque son corps avait réellement un manque; par cela il multipliait les paroles de Torah.
Lorsqu'il fut proche de cent ans, toutes les forces de l'homme furent alors accomplies; le Saint, béni soit-Il, eut pitié de lui et lui donna cette mitsva, et alors il vit qu'il était clarifié en tout lieu). Car, dans l'année cent, l'homme est comme mort et annulé du monde, comme il est dit dans le traité Avot (fin du chapitre 5).
C'est-à-dire que toutes les conduites auxquelles l'homme s'est habitué jusqu'à cent ans sont des lors imprimées et fixées en lui durablement; désormais elles ne changeront plus, si elles sont bonnes elles resteront bonnes, et si elles sont à l'inverse, elles ne changeront pas non plus. Désormais, même sans aucune connaissance, il fera ce à quoi il s'est habitué jusque-là, et ne s'en écartera pas (comme l'explique plus loin, paracha Vayichlah, section 45, début de 'Vehen makom': le nombre cent fait allusion au temps où l'homme atteint sa perfection et comprend tous les degrés, comme Abraham notre père, à qui un fils fut donné à cent ans après qu'il eut circoncis la chair de son prépuce et eut atteint sa juste perfection.
Alors l'homme reconnaît quel bien lui est préparé, et toutes les pertes qu'il a subies, tant en argent qu'en son corps. Pour toutes, son cœur est assuré et confiant dans le Nom: toutes sont écrites dans le livre et il n'y a pas d'oubli devant le Saint, béni soit-Il; chaque menue monnaie s'ajoute au compte et rien ne se perd.
Le Saint, béni soit-Il, le lui rendra dans l'avenir pour tout ce qu'il a souffert et pour lequel il s'est fatigué dans ce monde, à cause de Son grand Nom; c'est à cela que fait allusion le compte de cent). C'est pourquoi, lorsque les quatre-vingt-dix-neuf ans d'Abraham notre père furent accomplis, lui qui avait servi le Saint, béni soit-Il, tous ses jours, arriva désormais le temps où les travaux qu'il avait opérés et faits jusque-là commençaient à être fixés en lui.
Alors le Saint, béni soit-Il, lui révéla ce mystère, comme il est écrit: "Le secret de ה' est pour ceux qui Le craignent, et Son alliance leur est donnée à connaître" (Psaumes 25,14). Ce verset est interprété dans Vayikra Rabba (paracha 49) au sujet de la circoncision; cette parole resta un secret jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf ans, durant tous les jours où il avait encore la force d'acquérir la sainteté par ses travaux (voir plus loin, cette paracha, section 56; paracha Vayera, section 14; Beit Yaakov, Vayikra, paracha Behar, fin de section 10; Beit Yaakov ha-Kolel, paracha Vayera, section 14).
La raison pour laquelle Abraham notre père ne se circoncit pas auparavant est qu'il accomplit toute la Torah. Car la loi est, dans le Talmud (Avoda Zara 27a): "Celui qui est circoncis circoncira, et celui qui n'est pas circoncis ne circoncira pas." Aussi, tant que la parole du Saint, béni soit-Il, "Voici, Mon alliance est avec toi" ne lui avait pas été dite, il n'était pas appelé circoncis, et ne pouvait donc se circoncire lui-même.
Mais après que le Saint, béni soit-Il, lui eut dit: "Voici, Mon alliance est avec toi", ce qui indique qu'il était circoncis à la racine, il put se circoncire en acte (comme l'explique Tiferet Yosef, traité Pessahim 9a, début de 'Ein': ainsi que disait la gloire de mon maître, mon grand-père, de bénie et sainte mémoire: si l'homme, de son côté, nettoie, purifie et clarifie sa personne jusqu'à la limite de sa main, le Saint, béni soit-Il, témoigne alors de lui qu'il suit toujours Sa volonté, béni soit-Il, et qu'il est lié à la lumière de Sa volonté, béni soit-Il. Ainsi qu'il est écrit de notre père Abraham: "Voici, Mon alliance est avec toi" (Genèse 17,4), puis "circoncire, tu circonciras", bien que la loi soit en vérité: "celui qui est circoncis circoncira".
Comment Abraham notre père s'est-il donc circoncis lui-même, et pourquoi le Saint, béni soit-Il, lui dit-Il "Voici, Mon alliance est avec toi" avant qu'il se circoncît? Mais le sujet est que, puisqu'Abraham notre père s'était clarifié jusqu'à la limite de sa main, le Saint, béni soit-Il, témoigna de lui qu'il était clarifié et comme déjà circoncis, car il n'était pas en son pouvoir de se clarifier davantage).
« Je suis El Chadaï ; marche devant Moi et sois intègre » (Berechit 17,1). Selon le Beit Yaakov, ce Nom s'abaisse vers les créatures afin qu'elles y atteignent par leur bonne action. La justice de ce monde veut que Sa lumière soit dispensée graduellement, selon ce qu'elles peuvent porter. Les lettres chad sont les actes de l'homme et le youd le point du Saint, béni soit-Il : sans ce Nom, aucune action n'a de lien avec Lui, et la filiation se perd. Qu'Avraham garde ce Nom, allusion à la restriction, afin que ses affaires se fassent avec connaissance et compte, secret de l'alliance.
Aussi : la génération du Déluge, qui a repoussé ce Nom et fut annulée ; nourriture et boisson élevées par le service ; Pinhas, qui est Élie, préposé au livre des filiations
ויאמר ה' אל אברהם אני אל שדי התהלך לפני והיה תמים. הענין בזה, דהנה נמצאים שמות הקדושים שרחוקים הם מתפיסת האדם ולא יגיע שמה בפעולותיו, וכענין דכתיב (איוב ל״ה:ז׳) אם צדקת מה תתן לו.
וזה השם "שדי" הוא שמרכין עצמו להברואים שיגיעו אליו בפעלם הטוב, וכענין שמצינו בזוה"ק (בא לז.) דנחית בכתרוי מכתרא לכתרא מנזרא לנזרא מנהירו לנהירו ומבוצינא לבוצינא לאשגחא בעלאין ותתאין, היינו שיהיה לו התחברות עם הברואים, ע"ז מרמז זה השם "שדי" וכדכתיב (איוב ל״ז:כ״ג) שדי לא מצאנוהו שגיא כח. והוא, כי אורו יתברך אין בכח שום בריאה לקבלו, אכן המשפט מעוה"ז נותן שהשי"ת ישפיע אורו בהדרגה כפי אשר יוכלון הברואים שאתו, מאחר שהברואים מצמצמים את עצמם בכדי שיוכלו לקבל אורו יתברך, וכ"ז הוא לטובת הברואים, כי מצדו יתברך אין לו שום צורך לזהרלאביאר בתפארת יוסף מסכת פסחים (סח.) ד"ה ורעו:
הענין בזה, כי השפעת השי"ת לזה העולם הוא בסדר והשתלשלות מדרגא לדרגא בעלאין ותתאין. ובעת שירצה האדם להמשיך ההשפעה לזה העולם, צריכה ג"כ להיות בסדר והשתלשלות מדרגא לדרגא, כעין שנאמר (ישעיה ו) וקרא זה אל זה ומתרגמינן ומקבלין דין מן דין.
ובזוה"ק (בא לז.) דנחית בכתרוי מכתרא לכתרא מנזרא לנזרא מנהירו לנהירו מבוצינא לבוצינא לאשגחא בעלאין ותתאין וכו'.. ולזה דור המבול שהתפשטו עצמם עד בלי די עד שדחו מעצמם בחינת השם "שדי", כדכתיב בהו שאמרו (איוב כ״א:ט״ו) מה שדי כי נעבדנו, לכן היתה שורת הדין שאף גם השי"ת השפיע אורו בלא הדרגה ונתבטלו הם לגמרי.
כי השי"ת הראה להם שאין להם שום חשיבות בעולם, וכבוד שמים במקומו עומד אף זולתם, וכדאיתא בזוה"ק (נח סד:) ה' למבול ישב בלחודוהי, ומהם נקבע יראה בעולם בקביעות. לזה מאז והלאה הוא השורה שהשפעת השי"ת תהיה בהדרגהרלבכמו שביאר בתפארת יוסף חג השבועות ד"ה דרש ההוא גלילאה וזה לשונו:
כמו שראינו שהיה עשרה דורות מאדם ועד נח שהם התפשטו עצמן עד בלי גבול, ולא נתנו שום מקום אחד לזולתו, וכשבא ימי המבול שהשי"ת התרומם עצמו למעלה מן זה העולם, אז נאמר (בראשית ז׳:כ״ג) וימח את כל היקום, שנאבדו ונתבטלו לגמרי. עיין לעיל פ' נח אות ב ד"ה והנה דורות, אות כ, נב..
ומאחר שכ"ז הוא רק לטובת הברואים, לכן יראה כל איש מעשהו לשמור את דרך עץ החיים ללכת בבחינת זה השם "שדי" ולא לדחותו מעצמם, מאחר שעי"ז השם הוא התדבקות והתקרבות כל דבר להשי"ת. וכענין שנתבאר זה השם בזוה"ק (תצא רעז.) שהוא מפעולת אדם, והוא שאותיות ש"ד הם פעולות אדם ואות י' הוא הנקודה של השי"ת.
שיראה כל אדם לברר עניניו שיהיה להם חיבור והתקשרות להשי"ת. אבל בלא זה השם אין שום חיבור מפעולת אדם להשי"ת, וכדאיתא (שם) שיצר הרע איהו שד יהודי ונשמתא י' איהו אמה העבריה, ובה ההוא שד אתהדר שדי וע"ש כל הענין.
והוא שיכול האדם להכניס אלו היצרים לקדושה ע"י עבודתו עבודת השי"ת, כמו אכילה ושתיה שאדם מכניס בגופו, ומצדו אין האדם רואה איך שיש לזה התחברות להשי"ת, אכן ע"י עבודתו אשר יעבוד עבודת ה' בכחו זה שהכניס בגופו, מתעלה המאכל ומתקרב להשי"תרלגעיין בתפארת יוסף מסכת יומא (עג:) ד"ה יום הכפורים: אמר אאמו"ר הרהגה"ק זללה"ה, כי כן הציב השי"ת שיראה האדם לחבר כל הבריאה להשי"ת.
היינו שיקבל כל הנאת עוה"ז ויברר את עצמו בכח עבודתו, שבזה הכח יוכל לעבוד את השי"ת, ובזה יברר את כל הבריאה וכו'. וכשהאדם מגביר עצמו בכח עבודתו ונוטל מכל הנאת עוה"ז סיוע לעבודת השי"ת, רואה מפורש שכל הבריאה הוא חיבור להשי"ת והכל מלא אור.
ועיין עוד שם מס' תענית (יא.) ד"ה אמר.. וכ"ז הוא ע"י שהאדם נמול ומצמצם את עצמו שלא להתפשט בעניני עוה"ז, אז יוכל להבין ענין החיבור שיש לכל דבר בהשורש, והוא ברזא דזה השם, כי אתוון ש"ד מרמזים על פעולת אדם שנמצא בהם שכחה והעלם, ואות י' מורה על התקרבות והתחברות הדבר להשי"ת:
Le Nom dit à Abraham : 'Je suis El Shaddaï ; marche devant Moi et sois intègre' (Genèse 17,1). Le sens en est le suivant.
Il existe des Noms sacrés qui sont hors de la prise de l'homme, et auxquels ses actes ne peuvent atteindre, ainsi qu'il est écrit : 'Si tu es juste, que Lui donnes-tu ?' (Job 35,7). Mais ce Nom, 'Shaddaï' (שדי), s'abaisse vers les créatures afin qu'elles puissent y atteindre par leur bonne action.
C'est ce que nous trouvons dans le saint Zohar (Bo 37a) : 'Il descend dans Ses couronnes, de couronne en couronne, de diadème en diadème, de lumière en lumière, de flambeau en flambeau, pour surveiller les supérieurs et les inférieurs.' Cela signifie qu'Il ait une relation avec les créatures ; c'est à cela que fait allusion ce Nom, 'Shaddaï', ainsi qu'il est écrit : 'Shaddaï, nous ne Le trouvons pas ; Il est grand en force' (Job 37,23). Car aucune créature n'a la force de recevoir Sa lumière, bénie soit-Il.
Toutefois, la justice de ce monde veut que le Saint, béni soit-Il, dispense Sa lumière graduellement, selon ce que les créatures peuvent porter, puisqu'elles se restreignent afin de pouvoir recevoir Sa lumière, bénie soit-Il. Et tout cela est pour le bien des créatures, car de Son côté, béni soit-Il, Il n'a aucun besoin de cela.
(Ainsi l'a expliqué dans Tiferet Yossef, traité Pessahim 68a, s.v. 'Verou' : 'Le sens en est que l'influx du Saint, béni soit-Il, vers ce monde suit un ordre et un enchaînement, de degré en degré, chez les supérieurs et les inférieurs. Lorsque l'homme veut prolonger l'influx vers ce monde, cela doit également suivre un ordre et un enchaînement, de degré en degré, comme il est dit : 'L'un appelait l'autre' (Isaie 6), et nous traduisons : 'Ils reçoivent l'un de l'autre.' Et dans le saint Zohar (Bo 37a) : 'Il descend dans Ses couronnes, de couronne en couronne, de diadème en diadème, de lumière en lumière, de flambeau en flambeau, pour surveiller les supérieurs et les inférieurs', etc.') Aussi, la génération du Déluge, qui s'était étendue sans mesure, jusqu'à repousser loin d'elle la dimension du Nom 'Shaddaï', ainsi qu'il est écrit à son sujet qu'ils dirent : 'Qu'est Shaddaï pour que nous Le servions ?' (Job 21,15), fut-elle, selon la ligne de justice, soumise elle aussi à ce que le Saint, béni soit-Il, déverse Sa lumière sans gradation, et ils furent entièrement annulés.
Car le Saint, béni soit-Il, leur montra qu'ils n'ont aucune importance dans le monde, tandis que l'honneur du Ciel demeure à sa place, même sans eux, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Noah 64b) : 'Le Nom siégea seul pour le Déluge' ; et, par eux, la crainte fut établie de façon permanente dans le monde. C'est pourquoi, dès lors, la règle est que l'influx du Saint, béni soit-Il, se fasse graduellement.
(Comme il l'a expliqué dans Tiferet Yossef, Chavouot, s.v. 'Darach hahu Gelila'a' : 'Nous avons vu qu'il y eut dix générations d'Adam à Noah ; elles se sont étendues sans limite et n'ont laissé aucune place à autrui. Lorsque vinrent les jours du Déluge, et que le Saint, béni soit-Il, s'éleva au-dessus de ce monde, il fut dit : 'Il effaça tout être subsistant' (Genèse 7,23) : ils périrent et furent entièrement annulés.' Voir plus haut, paracha Noah, par.
2, s.v. 'Véhiné dorot', par. 20, 52.) Puisque tout cela n'est que pour le bien des créatures, chacun examinera donc ses actes afin de garder la voie de l'arbre de vie et de marcher selon la dimension de ce Nom, 'Shaddaï', sans le repousser loin de soi.
Car, par ce Nom, toute chose s'attache et se rapproche du Saint, béni soit-Il. C'est ainsi que ce Nom est expliqué dans le saint Zohar (Ki Tetse 277a) comme relevant de l'action de l'homme : les lettres שד sont les actes de l'homme, et la lettre י est le point du Saint, béni soit-Il.
Que chacun examine ses affaires afin qu'elles aient lien et attachement au Saint, béni soit-Il. Mais sans ce Nom, aucune action de l'homme n'a de lien avec le Saint, béni soit-Il, comme il est rapporté là-bas : 'Le mauvais penchant est un démon juif (שד יהודי), et l'âme est le י, la servante hébraïque ; en elle, ce démon redevient Shaddaï' ; voir là-bas tout le sujet.
L'homme peut ainsi introduire ces penchants dans la sainteté par son service du Nom : par exemple, la nourriture et la boisson qu'il introduit dans son corps. De son côté, il ne voit pas quel lien cela a avec le Saint, béni soit-Il ; mais, par son service, lorsqu'il accomplit le service du Nom avec cette force qu'il a introduite dans son corps, l'aliment s'élève et se rapproche du Saint, béni soit-Il.
(Voir Tiferet Yossef, traité Yoma 73b, s.v. 'Yom haKippourim' : 'Mon père et maître, le saint rabbin de bénie mémoire, disait que le Saint, béni soit-Il, a disposé ainsi les choses : l'homme doit relier toute la création au Saint, béni soit-Il. Il doit recevoir tout plaisir de ce monde et se purifier par la force de son service, afin de pouvoir servir le Saint, béni soit-Il, par cette force ; ainsi il clarifie toute la création, etc.
Lorsque l'homme se fortifie dans la force de son service et tire de tout plaisir de ce monde une aide pour servir le Saint, béni soit-Il, il voit clairement que toute la création est liée au Saint, béni soit-Il, et que tout est empli de lumière.' Voir encore là-bas, traité Taanit 11a, s.v. 'Amar'.) Et tout cela vient de ce que l'homme est circoncis et se restreint, sans s'étendre dans les affaires de ce monde ; alors il peut comprendre le lien que toute chose possède dans sa racine. Tel est le secret de ce Nom : les lettres שד font allusion à l'action de l'homme, où se trouvent oubli et voilement, tandis que la lettre י indique le rapprochement et le lien de la chose avec le Saint, béni soit-Il.
וכן יוכל האדם לשמור יחוסו להכיר מי הולידו, עד היכן, עד שיאמר להשי"ת הלא אתה אבינו, עי"ז שישמור רזא דשמא דין "שדי", אבל אם לא ישמור רזא דשמא דא אזי יאבד ממנו יחוסו. והענין בזה הוא, כי באמת נמצא בזה המקום התפשטות ושכחה והעלם הגדול עד מאד, עד היכן שאף אדם צדיק לפעמים יולד ממנו אדם רשע, והעצה היעוצה לאדם לטוב לו אף בזה, הוא שיזעיר ויצמצם המקום הזה כפי כחו, ואז יוכל לומר לך לאומן שעשאני שלא נתן בי כח יותר.
שכאשר האדם מצמצם עצמו כפי כחו בגודל העבודה עד מקום שידו מגעת, ועל זה המקום שאין כח האדם מגיע ושולט שם, כמו בהולדה שמוכרחה להיות ע"י שכחה והעלם, אז יכול האדם להשען על הטענה לך לאומן שעשאני, היינו שהשי"ת יגמור בעדו לטוברלדלעיל פרשה זו אות מד.. וממילא האדם הזה יראה שאין דבר בעולם מבלעדי א-להים, אך לכל חפץ יש לו התחברות להשי"ת שהוא ברא כל ומנהיג את כל ומושל בכל, והאדם מצדו אין לו שום כח בפני עצמו.
ולזה פינחס בן אלעזר בן אהרן הכהן שהיה מבורר ברזא דשמא דא, והיה שומר הברית חי וקיים הוא לעולם, ואין מידת הדין יכולה לפגוע בו, ולא יחול עליו שום קטרוג, ואף על השלא מדעת שלו, מאחר שרואה יחוסורלהכעין זה ביאר בצדקת הצדיק למרן רבי צדוק הכהן זי"ע אות קנז: אילו היה נמצא אדם שומר הברית כל ימיו בתכלית, שלא נתכוין מעולם באותו האבר להנאתו, היה חי לעולם.
וכמו שאמרו חז"ל (ויקרא רבה פ' כז) אם יאמר לך אדם שאלו לא חטא אדם הראשון ואכל מאותו העץ היה חי וקים לעולם אמור לו אתה כבר היה אליהו שלא חטא הוא חי וקים לעולם. ואליהו נקרא מלאך הברית כנודע., איך שכל דבר הוא מהשי"ת, א"כ למה ישלח השי"ת תחת ידו דבר שאינו מתוקן, מאחר שבירר את עצמו כפי כחו, ויכול לומר לך לאומן שעשאני ואמור לו כמה מכוער כלי זה שעשית.
ולזה אליהו דהוא פנחס ממונה על ספר יחוסן של ישראל, כדאיתא בש"ס קידושין (עא.)רלועיין בסוד ישרים ליל שביעי של פסח אות כא: כי כאשר מצמצם אדם את עצמו עד מקום שידו מגעת, אזי כשמגיע למקום שאין ידו מגעת, שם יש תקיפות גדול לומר, לך לאומן שעשני ואמור לו מה מכוער כלי זה שעשית וכו'.
ובגמ' רמזו זאת באמרם על אליהו הנביא שהוא מזרע יוסף הצדיק, ואליהו הוא הקוסטא דחיותא מהכלל ישראל, שהוא חי וקים לעולם, להורות שלא יהיה נעדר בהסתר הגלות, אפילו כחוט השערה מישראל. ואיתא נמי בגמ' (קדושין עא.) שאליהו ממונה על ספר היוחסין של ישראל, היינו שהוא משמר היחוס של ישראל שלא יופסק ח"ו בהסתר הגלות וכו'.
ועיין עוד בעניין זה לקמן פרשת וישב אות א ד"ה והתגלות, אות ו ד"ה וזה הוא.. וכענין הזה מצינו באאע"ה שבעיבור הראשון של הגר נאבד ממנו היחוס עד שאמר בעצמו הנה שפחתך בידך וגו', והיה נדמה לו שהזרע שהשפיע בה נאבד כי עבד אין לו חייס, כדאיתא בש"ס (יבמות סב), ובעיבור השני כתיב ויקרא אברהם את שם בנו הנולד לו, והוא שנתוודע לו יחוסו, אז ידע שלא נאבד ממנו כלל.
וזהו שאמר לו השי"ת, אני אל שדי התהלך לפני והיה תמים, והוא שינטור לעולם את זה השם המרמז על צמצום, שכל עניניו יהיו בדעת ובחשבון שהוא ברזא דברית, שהוא גמר חתימת השם שד"י, כדאיתא בתנחומא (סדר לך) ואם את בריתי תשמור אז תהיה תמים, והוא שיהיה לך התחברות ודבקות להשי"ת, כדכתיב (דברים יח) תמים תהיה עם ה' א-להיך:
Ainsi l'homme peut garder sa filiation, reconnaître qui l'a engendré, jusqu'à pouvoir dire au Saint, béni soit-Il : 'N'es-Tu pas notre Père ?', en gardant le secret de ce Nom, 'Shaddaï'. Mais s'il ne garde pas le secret de ce Nom, sa filiation se perdra pour lui.
Le sens en est qu'en ce lieu se trouvent une expansion, un oubli et un voilement très grands, au point que même d'un juste peut parfois naître un méchant. Le conseil donné à l'homme, pour son bien même en cela, est de réduire et de restreindre ce lieu selon sa force ; alors il peut dire : 'Va à l'artisan qui m'a fait, car il ne m'a pas donné davantage de force.' Lorsque l'homme se restreint selon sa force, dans la grandeur du service, jusqu'au point où sa main atteint, alors, pour ce lieu où la force de l'homme n'atteint ni ne règne pas - comme la conception, qui doit nécessairement passer par oubli et voilement -, il peut s'appuyer sur l'argument : 'Va à l'artisan qui m'a fait' ; c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, achèvera pour lui le bien.
(Voir plus haut, cette paracha, par. 44.) Cet homme verra alors qu'il n'est rien au monde en dehors d'Elokim : tout désir a un lien avec le Saint, béni soit-Il, qui a tout créé, dirige tout et domine tout ; et l'homme, de son côté, n'a aucune force propre.
C'est pourquoi Pinhas, fils d'Elazar, fils d'Aaron le cohen, qui était purifié dans le secret de ce Nom et gardait l'alliance, est vivant et subsiste à jamais. La mesure du jugement ne peut l'atteindre, aucune accusation ne peut peser sur lui, pas même pour ce qui est involontaire, car il voit sa filiation : toute chose vient du Saint, béni soit-Il.
Pourquoi donc le Saint, béni soit-Il, laisserait-Il venir sous sa main une chose non réparée, puisqu'il s'est clarifié selon sa force ? Il peut dire : 'Va à l'artisan qui m'a fait et dis-lui : 'Quel vilain ustensile tu as fait !'' (Taanit 20a).
(De façon analogue, Rabbi Tsadok haCohen de Lublin, de bénie mémoire, explique dans Tsidkat haTsadik, par. 157 : 'S'il se trouvait un homme qui gardait l'alliance toute sa vie parfaitement, sans jamais viser de cet organe son propre plaisir, il vivrait à jamais.
Comme nos maîtres de bénie mémoire ont dit (Vayikra Rabba, paracha 27) : si un homme te dit que, si Adam le premier homme n'avait pas fauté et mangé de cet arbre, il vivrait et subsisterait à jamais, réponds-lui : voici déjà Élie qui n'a pas fauté et qui vit et subsiste à jamais.' Et Élie est appelé, comme on le sait, l'Ange de l'Alliance.) C'est pourquoi Élie, qui est Pinhas, est préposé au livre des filiations d'Israël, comme il est rapporté dans le Talmud, Kiddouchin 71a. (Voir Sod Yesharim, septième nuit de Pessa'h, par.
21 : 'Lorsque l'homme se restreint jusqu'au point où sa main atteint, quand il arrive ensuite au lieu où sa main n'atteint pas, il a alors une grande force pour dire : 'Va à l'artisan qui m'a fait et dis-lui : Quel vilain ustensile tu as fait !', etc. La Guemara y a fait allusion en disant d'Élie le prophète qu'il est de la descendance de Yossef le juste.
Élie est le support de vie de l'ensemble d'Israël, lui qui vit et subsiste à jamais, pour indiquer que, dans le voilement de l'exil, pas même l'épaisseur d'un cheveu ne sera retranchée d'Israël. La Guemara dit aussi (Kiddouchin 71a) qu'Élie est préposé au livre des filiations d'Israël : il garde ainsi la filiation d'Israël, afin qu'elle ne soit pas interrompue, à Dieu ne plaise, dans le voilement de l'exil, etc.' Voir encore à ce sujet plus loin, paracha Vayeshev, par.
1, s.v. 'Vehitgalout', par. 6, s.v. 'Veze hou'.) Nous trouvons de même chez notre père Abraham que, lors de la première conception de Hagar, sa filiation se perdit pour lui, au point qu'il dit lui-même : 'Voici, ta servante est entre tes mains', etc.
Il lui semblait que la semence qu'il avait donnée en elle était perdue, car l'esclave n'a pas de filiation, comme il est rapporté dans le Talmud, Yevamot 62b. Mais à la seconde conception, il est écrit : 'Abraham appela le nom de son fils qui lui était né' ; sa filiation lui fut alors révélée, et il sut qu'elle n'avait nullement été perdue.
Tel est ce que le Saint, béni soit-Il, lui dit : 'Je suis El Shaddaï ; marche devant Moi et sois intègre.' Qu'il garde toujours ce Nom, qui fait allusion à la restriction, afin que toutes ses affaires soient faites avec connaissance et compte, ce qui est le secret de l'alliance, le sceau final du Nom שדי, comme il est dit dans le Tan'houma (ordre Lekh Lekha) : 'Si tu gardes Mon alliance, alors tu seras intègre.' Ainsi tu auras lien et attachement au Saint, béni soit-Il, comme il est écrit : 'Tu seras intègre avec le Nom, ton Elokim' (Deutéronome 18,13).
« Marche devant Moi et sois intègre. » « Voici, Mon alliance est avec toi » indique qu'Avraham est attaché au Nom sans aucune action de sa part ; le mot « devant » indique que l'homme doit, de son côté, reconnaître comment il est attaché au Nom, et pour cela agir et servir. Pour le Beit Yaakov, le secret de la Face du Nom est Son honneur, reconnu dans un lieu habité. Jonas fuit vers la mer, où l'esprit est troublé et Son honneur n'est pas mentionné, afin que la prophétie ne repose pas sur lui. Par la saisie de l'intelligence, « toi, tu garderas Mon alliance » : les craignants du Nom servent avec connaissance jusqu'à voir comment ils sont attachés sans conscience.
Aussi : de Son côté Avraham était né circoncis, et de cela il a la force de se contracter et de se circoncire lui-même ; dans le Chema « Il a racheté Israël », dans la prière « Il rachète Israël »
התהלך לפני והיה תמים. להבין הענין הוא, שאף כי אמר לו השי"ת אני הנה בריתי אתך, שזה מורה שהוא דבוק בהשי"ת אף בלי שום פעולה מצדו, אכן הלשון "לפני" מורה שהאדם מצדו יכיר איך שהוא דבוק בהשי"ת, לזה צריך האדם לפעול ולעבוד.
והוא, כי באמת אין בכח שום אדם לנטות מרצון השי"ת וכדכתיב (מלאכי א׳:י״א) ובכל מקום מוקטר מוגש לשמי ומנחה טהורה. אך רזא דפני ה', שמורה על כבוד השי"ת, וכדכתיב (יונה א׳:י׳) כי מלפני ה' הוא בורח, והוא שגם יונה ידע שהשי"ת נמצא בכל מקום, ואין מקום שיאמר האדם שיסתר ויחביא את עצמו מהשי"ת ח"ו.
אכן הוא ברח מלפני ה', שמרמז על כבודו יתברך, שהכרת כבודו ית' הוא רק במקום יישוב בני אדם, שהברואים מכבדים אותו והם בנייחא, אבל בים ובמדבר שאין שם בני אדם שיכבדוהו אין שם הכרת כבודו ית', והאדם הבא שם הוא מוטרד עד שאינו מכיר כלל אם נמצא גם שם כבודו יתברך. לכן ברח יונה מפני ה' לים, ששם אין דעת האדם מיושבת עליו, וכדאיתא בזוה"ק (לך פה.) ויקם יונה לברוח תרשישה מלפני ה', ושם מסיים שהנביא ודאי ידע כי אי אפשר לברוח מפני השם, אלא שרצה לברוח מארץ ישראל כדי שלא תחול עליו הנבואה בחוץ לארץ.
ובזהר תרומה (קעא.) מדייק לשון מלפני ה' ולא כתיב לפני וז"ל, אלא ודאי הכי הוא מלפני דהא רוח נבואה לא אתיא מגו שכינתא אלא מלפני אינון תרין דרגין דנביאים דקא שריין על שכינתא, ומההוא אתר דחיל למהוי תמן בארעא קדישא ועל דא מלפני. ובש"ס (תמיד לב.) יורדי הים אין דעתן מיושבת עליהן, ולזה אין שם הכרת כבודו יתברך, וכדאיתא במכילתא (בא) ובתנחומא (ויקרא) שיונה אמר לא מצינו בים כבודורלזכמו שהתבאר בשער האמונה – פתיחה לבית יעקב דף קלג:
והענין הוא שביאר בזוה"ק, שבאמת האיך יכול האדם לברוח מפני השי"ת, ואיך יאמר נביא ה' שיברח מהש"י, אלא שרצה בטובתן של ישראל שלא תשרה עליו הנבואה, וכדאי' במכילתא (ריש פ' בא) יונה תבע כבוד הבן ולא תבע כבוד האב. ולכן רצה להטריד דעתו שלא תשרה עליו הנבואה, וכדאי' במכילתא (שם) וגם בהוספה למדרש תנחומא (סו"פ ויקרא) אמר יונה אני בורח מלפניו למקום שאין שם כבודו, מה אעשה אם אעלה לשמים שם כבודו שנאמר (תהלים קיב) על השמים כבודו.
ואם על הארץ שם כבודו שנאמר (ישעיהו ו׳:ג׳) מלא כל הארץ כבודו, הריני בורח לים שאין נאמר שם כבודו. והענין שבים לא נזכר כבודו, לפי שבים דעתו של אדם נטרדת, כדאי' במס' תמיד (דף לב.) כל נחותי ימא לא מייתבא דעתיהון עד דסלקין ליבשתא.
ולפי שאין הנבואה שורה אלא על חכם וכשהוא בישוב הדעת, לכן רצה להטריד דעתו כדי שלא תשרה עליו הנבואה. ובתפארת יוסף פ' בראשית ד"ה ויאמר א-להים:
ובעת שהאדם אינו רואה מפורש הכבוד שמים שעולה מן הדבר, שם נטרד מאד דעת האדם, כי במקום שרואה אדם הכבוד שמים שיכול להגיע עוד מזה אין נטרד כ"כ. אבל בים ששם נדמה שלא מצינו שם כבודו, לזה נטרד שם דעת האדם.
עיין עוד לעיל פ' בראשית אות ב ד"ה וזה דאיתא, לקמן פ' וישלח אות ד ד"ה וכדאיתא, בית יעקב שמות פרשת בשלח אות ס, פ' יתרו אות ב, פ' פקודי אות ט, בית יעקב הכולל פרשת בשלח ד"ה אז ישיר [ג], תפארת החנוכי על זהר פ' לך (פג.) ד"ה והנה כל.. וזה הוא הענין שהשי"ת אמר לאאע"ה ואני הנה בריתי אתך, היינו מצדי אתה דבוק אף בלי שום פעולה כלל, אכן אם תרצה להשיג כבוד ה' בתפיסת שכלך, ואתה את בריתי תשמור, ובזה יבחרו יראי ה', שאף כי יראו בחוש שכל מעשי האדם ותחבולותיו הם מהשי"ת אף הנעשה בלי דעת, אבל הם מצדם אין רוצים בזה, אך עושים מעשיהם בהשכל ודעת בכל אשר יפנורלחנתבאר בתפארת יוסף ראש השנה ד"ה הביאו לפני:
אמרו לפני מלכיות בר"ה. והיינו שאל יאמר האדם, מאחר שהשי"ת נותן זאת הקדושה בקביעות אצל האדם, ממילא לא יוצרך לשום עבודה.
וע"ז אמרה הגמ' אמרו לפני מלכיות, כי מלכיות רומז על מה שהאדם ממליך בדעתו את השי"ת, שלא יסמוך האדם על הקדושה הקבועה הנמצא אצלו ורק תמיד יעבוד את השי"ת בבחירתו. עיין עוד שם חג השבועות ד"ה אתם ראיתם..
וזה הוא שנאמר לו (לך יז) לתת לך את ארץ מגוריך את כל ארץ כנען. והוא, שאצל האומות נקרא רק ארץ כנען בלבד, שאחר שהראה להם השי"ת שאין בכח האדם לעבור על רצון השי"ת אינם עובדים אותו.
ובישראל נקרא ארץ מגוריך, שאף כי הם דבוקים בהשי"ת אף בלא דעת, מ"מ הם מצדם לא יחפצו בזאת, אך לעבוד את הש"י תמיד לקדש את עצמם מדעת, עד אשר יבאו ע"י עבודתם למקום שיראו איך הם דבוקים בהשי"ת אף שלא מדעתרלטבית יעקב שמות פרשת וארא אות טז.. וע"ז מרמז מצות מילה שעומדת לאדם בתמידיות אף בשעה שאינו עובד את השי"ת מצדו, וכענין דאיתא בש"ס (מנחות מג:) בשעה שנכנס דוד לבית המרחץ וראה עצמו ערום אמר אוי לי שאעמוד ערום בלא מצוה, כיון שנזכר במילה שבבשרו נתיישבה דעתורמכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות מו.:
"Marche devant Moi et sois intègre". Pour comprendre ceci: bien qu'Il lui ait dit: "Voici, Mon alliance est avec toi", ce qui indique qu'il est attaché au Nom même sans aucune action de sa part, le mot "devant" (לפני) indique que l'homme doit, de son côté, reconnaître comment il est attaché au Nom; pour cela, l'homme doit agir et servir.
Car, en vérité, nul homme n'a le pouvoir de se détourner de la volonté du Nom, comme il est écrit: "En tout lieu, on fait fumer de l'encens pour Mon Nom, et une offrande pure" (Malachie 1,11). Mais le secret de la Face du Nom (פני ה') indique Son honneur, comme il est écrit à propos de Jonas: "car il fuyait de devant le Nom" (Jonas 1,10).
Jonas aussi savait assurment que le Nom se trouve en tout lieu et qu'il n'est aucun lieu où l'homme puisse dire qu'il se cachera et se dissimulera du Nom, à Dieu ne plaise. Mais il fuyait de devant le Nom, ce qui fait allusion à Son honneur, béni soit-Il.
La reconnaissance de Son honneur n'est que dans un lieu habité par les hommes: les créatures L'honorent et elles sont en repos. Mais, en mer et au désert, où il n'y a pas d'hommes pour L'honorer, il n'y a pas de reconnaissance de Son honneur; et l'homme qui y entre est troublé, au point de ne plus reconnaître du tout si Son honneur, béni soit-Il, s'y trouve aussi.
C'est pourquoi Jonas s'enfuit devant le Nom vers la mer, où l'esprit de l'homme n'est pas apaisé. Ainsi est-il rapporté dans le Zohar (Lekh Lekha 35a): "Jonas se leva pour fuir à Tarsis de devant le Nom"; il y est conclu que le prophète savait certes qu'il est impossible de fuir de devant le Nom, mais qu'il voulait fuir la terre d'Israël afin que la prophétie ne repose pas sur lui hors de la terre.
Et le Zohar Terouma (171a) précise le terme "de devant le Nom" (מלפני ה'), et non "devant" (לפני), et dit: "Cela est assurment ainsi: de devant, car l'esprit de prophétie ne vient pas de l'intérieur de la Chekhina, mais de devant, de ces deux degrés des prophètes qui résident sur la Chekhina; et il fuyait d'être là, en terre sainte; c'est pourquoi: de devant." Dans le Talmud (Tamid 32a): "L'esprit des gens qui descendent en mer n'est pas apaisé." Aussi n'y a-t-il pas là de reconnaissance de Son honneur, béni soit-Il. Il est rapporté dans la Mekhilta (Bo) et dans le Tan'houma (Vayikra) que Jonas dit: "Nous n'avons pas trouvé Son honneur dans la mer", comme il a été expliqué dans Shaar ha-Emouna - introduction au Beth Yaakov, p.
133. Le sens en est que le Zohar explique: comment l'homme pourrait-il en vérité fuir de devant le Nom, et comment un prophète du Nom dirait-il qu'il Le fuit?
Mais il voulait le bien d'Israël, afin que la prophétie ne repose pas sur lui, comme il est rapporté dans la Mekhilta (début de Bo): "Jonas réclama l'honneur du fils et ne réclama pas l'honneur du Père." Il voulait donc troubler son esprit afin que la prophétie ne repose pas sur lui. Ainsi est-il rapporté dans la Mekhilta (ibid.) et aussi dans l'addition au Midrach Tan'houma (fin de Vayikra): "Jonas dit: Je fuis de devant Lui vers un lieu où Son honneur n'est pas.
Que ferai-je si je monte aux cieux? Son honneur y est, comme il est dit: 'Au-dessus des cieux est Son honneur' (Psaumes 112,4).
Et s'il est sur la terre, Son honneur y est, comme il est dit: 'Toute la terre est pleine de Son honneur' (Isaie 6,3). Je fuis donc vers la mer, où Son honneur n'est pas mentionné." Le sens est qu'en mer Son honneur n'est pas mentionné, parce que l'esprit de l'homme y est troublé, comme il est rapporté dans le traité Tamid (32a): "L'esprit de tous ceux qui descendent en mer ne s'apaise pas jusqu'à ce qu'ils montent sur la terre ferme." Et, puisque la prophétie ne repose que sur le sage lorsqu'il est dans l'apaisement de l'esprit, il voulut troubler son esprit afin que la prophétie ne repose pas sur lui.
Dans Tiferet Yosef, Bereshit, s.v. Vayomer Elokim, il est expliqué: lorsque l'homme ne voit pas explicitement l'honneur du Ciel qui peut encore s'élever de la chose, son esprit est alors fort troublé; car, dans un endroit où l'homme voit l'honneur du Ciel qui peut encore en provenir, il n'est pas aussi troublé.
Mais en mer, où il semble que Son honneur ne s'y trouve pas, l'esprit de l'homme y est donc troublé. Voir plus haut, Bereshit, section 2, s.v.
Veze de-ita; plus bas, Vayishlah, section 4, s.v. Oukhede-ita; Beth Yaakov, Chemot, Beshalah, section 60; Yitro, section 2; Pekoudei, section 9; Beth Yaakov ha-kolel, Beshalah, s.v.
Az Yachir [3]; Tiferet ha-Hanoukhi sur le Zohar, Lekh Lekha (83a), s.v. Vehineh kol.
Tel est le sens de ce que le Nom dit à Rabbi Abraham, notre père: "Voici, Mon alliance est avec toi"; de Mon côté, tu es attaché même sans aucune action. Mais si tu veux atteindre l'honneur du Nom par la saisie de ton intelligence, alors "toi, tu garderas Mon alliance".
Les craignants du Nom choisissent cela: bien qu'ils voient de manière sensible que tous les actes et les desseins de l'homme viennent du Nom, même ce qui est fait sans conscience, ils ne veulent pas, de leur côté, s'en remettre à cela; ils accomplissent plutôt leurs actes avec intelligence et connaissance, dans toutes les directions où ils se tournent. Il est expliqué dans Tiferet Yosef, Roch ha-Chana, s.v.
Haviou lefanai: "Dites devant Moi les royautés à Roch ha-Chana." L'homme ne doit pas dire que, puisque le Nom lui donne constamment cette sainteté, il n'a des lors besoin d'aucun travail. C'est à ce sujet que la Guemara dit: "Dites devant Moi les royautés", car les royautés font allusion à ce que l'homme fait régner le Nom dans sa conscience: qu'il ne s'appuie pas sur la sainteté fixe qui se trouve en lui, mais serve toujours le Nom par son choix.
Voir encore là, Chavouot, s.v. Atem reitem.
C'est ce qui lui est dit: "pour te donner la terre de tes séjours, toute la terre de Canaan" (Genèse 17). Chez les nations, elle est appelée seulement "la terre de Canaan"; après que le Nom leur a montré qu'il n'est pas au pouvoir de l'homme de transgresser Sa volonté, elles ne Le servent pas.
Mais chez Israël elle est appelée "la terre de tes séjours": bien qu'ils soient attachés au Nom même sans conscience, ils ne veulent pas, de leur côté, s'en remettre à cela; ils servent plutôt toujours le Nom, se sanctifiant consciemment, jusqu'à ce qu'ils parviennent, par leur service, au lieu où ils verront comment ils sont attachés au Nom même sans conscience. Voir Beth Yaakov, Chemot, Vaera, section 16.
La mitsva de la circoncision y fait allusion: elle demeure constamment chez l'homme, même lorsqu'il ne sert pas le Nom de son propre côté. Ainsi est-il rapporté dans le Talmud (Menahot 43b): lorsque David entra dans le bain et se vit nu, il dit: "Malheur à moi de me tenir nu sans mitsva." Lorsqu'il se souvint de la circoncision qui était dans sa chair, son esprit s'apaisa, comme il a été expliqué plus haut dans cette paracha, section 46.
אני הנה בריתי אתך וגו'. הענין בזה הוא, שהשי"ת אמר לאאע"ה שמצדו ית' הוא נולד מהול בלי התפשטות, ומצדו ית' אין לו שום צורך לצמצום, אכן אתה מצדך תשמור את בריתי לצמצם את עצמך, וע"י זה יהיה לך חלק בהתקשרות שיש לך בהשי"ת.
ומהיכן נקח כח באדם לצמצם את עצמו מצדו, אך עי"ז שהשי"ת מסכים עליו שהוא נמול בשורש ואין לו צורך לצמצום עוד מצדו ית', מזה יש כח באדם לצמצם את עצמורמאלעיל פרשה זו אות מב ובהערה ריא שם.. וזה הוא שאאע"ה מל את עצמו, ואף שהדין הוא (ע"ז טז, לך רבה מו) המל ימול, ואיך מל אברהם את עצמו, משמע מזה שהשי"ת העיד עליו שמצדו הוא נולד מהול, לזה מותר לו למולרמבלעיל פרשה זו אות מו בסופו..
וזה הוא כגוונא דמצינו בש"ס (פסחים קיז:) דקריאת שמע גאל ישראל ודצלותא גואל ישראל. דק"ש גאל ישראל, היינו שגאולים כבר ואין עליהם עוד שום שעבוד וגלות משליטת עכו"ם, מזה שאנו רואים שהשי"ת גאל אותם ממצרים, עדות הוא לבאי עולם שהמה פדויים עד עולם ולא יפסק מהם ח"ו.
ודצלותא גואל ישראל, היינו ישראל מצדם יכלכלו את עצמם ביראה וידעו שמצדם צריכים הם להגאל, וע"ז מתפללים להשי"ת שיגאל אותם בקרוב, וזה הוא חלק ישראל בגאולת ה' שיגאלם בקרוב, לזה אומרים בתפלה גואל ישראלרמגעיין לקמן פרשת וישלח אות טו באריכות העניין. ובתפארת יוסף מסכת פסחים (ט.) ד"ה אין חוששין ביאר בדבר:
כמו שאיתא בש"ס (פסחים קיז:) בקריאת שמע גאל ישראל ודצלותא גואל ישראל, כי בק"ש מקבל עליו עול מלכות שמים, ומי שהוא מקבל עליו עול מלכות שמים מעבירין ממנו עול מלכות ועול דרך ארץ, היינו שהשי"ת יברר אותו שאין לו שום סבלנות. וזה בק"ש גאל ישראל, כי זה היה בגאולת מצרים, כמו שאנו אומרים ויוצא את עמו ישראל מתוכם לחרות עולם.
ודצלותא גואל ישראל, היינו כי זה מה שהאדם בא לברר עצמו מצידו מתפלל גואל ישראל, היינו שמתפלל שיראה לו השי"ת איך שע"י עבודתו יהיה נגאל משאר גלויות. ועיין עוד בית יעקב ויקרא פרשת צו אות ח.:
"Voici, Mon alliance est avec toi", etc. Le sens est que le Nom dit à Rabbi Abraham, notre père, que de Son côté, béni soit-Il, il était né circoncis, sans extension (hitpachtout), et que de Son côté, béni soit-Il, il n'avait aucun besoin de se contracter.
Mais toi, de ton côté, garde Mon alliance: contracte-toi, et tu auras ainsi une part dans l'attachement que tu as au Nom. D'où l'homme prendra-t-il la force de se contracter de son propre côté?
De ce que le Nom agrée qu'il est circoncis à la racine et n'a plus besoin, de Son côté, béni soit-Il, de se contracter: de cela l'homme a la force de se contracter. Voir plus haut cette paracha, section 42, et la note 211.
C'est pourquoi Rabbi Abraham, notre père, se circoncit lui-même. Or la loi est: "celui qui circoncit circoncira" (Talmud, Avoda Zara 16b; Lekh Lekha Rabba 46); comment donc Abraham se circoncit-il lui-même?
Il ressort de là que le Nom témoigna de lui que, de Son côté, il était né circoncis; il lui fut donc permis de se circoncire. Voir plus haut dans cette paracha, à la fin de la section 46.
Cela correspond à ce que nous trouvons dans le Talmud (Pessahim 117b): dans la récitation du Chema, "Il a racheté Israël" (גאל ישראל), et dans la prière, "Il rachète Israël" (גואל ישראל). Dans le Chema, "Il a racheté Israël" signifie qu'ils sont déjà rachetés et qu'il ne reste plus sur eux aucune servitude ni exil sous la domination des nations idolâtres.
Du fait que nous voyons que le Nom les a rachetés d'Égypte, c'est un témoignage pour les habitants du monde qu'ils sont affranchis pour toujours et que cela ne cessera jamais, à Dieu ne plaise. Dans la prière, "Il rachète Israël" signifie qu'Israël, de son côté, se conduit dans la crainte et sait que, de son côté, il a besoin d'être racheté; c'est pourquoi il prie le Nom de le racheter prochainement.
C'est la part d'Israël dans la rédemption du Nom, qu'Il les rachètera prochainement; c'est pourquoi ils disent dans la prière: "Il rachète Israël". Voir plus bas, Vayishlah, section 15, où le sujet est longuement traité.
Tiferet Yosef, traité Pessahim (9), s.v. Ein Hochechin, l'explique ainsi: comme il est rapporté dans le Talmud (Pessahim 117b), dans le Chema, "Il a racheté Israël", et dans la prière, "Il rachète Israël".
Car dans le Chema l'homme accepte sur lui le joug de la royauté du Ciel, et de celui qui accepte sur lui le joug de la royauté du Ciel, on retire le joug de la royauté et le joug de la voie terrestre; c'est-à-dire que le Nom établira clairement qu'il n'a aucune charge à supporter. C'est le "Il a racheté Israël" du Chema, car c'est ce qui eut lieu lors de la sortie d'Égypte, comme nous disons: "Il fit sortir Son peuple Israël du milieu d'eux vers une liberté éternelle." Dans la prière, "Il rachète Israël" signifie que, pour ce que l'homme vient clarifier de son propre côté, il prie: "Il rachète Israël", c'est-à-dire qu'il prie que le Nom lui montre comment, par son service, il sera racheté des autres exils.
Voir encore Beth Yaakov, Vayikra, Tsav, section 8.
« Je te donnerai, à toi et à ta descendance après toi, le pays de tes séjours, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et Je serai pour eux Elokim. » Tes séjours est de la langue de crainte. Selon le Beit Yaakov, avant d'avoir une part de l'influx du Nom, l'homme sert dans la crainte ; ensuite cela devient possession perpétuelle. Chez les nations, l'héritage ne dure qu'un temps, car elles se répandent dans le bien. L'héritage durable consiste à reconnaître que le Saint, béni soit-Il, donne la force et à Lui retransmettre le bien. Avraham choisit cette voie. Il influencera Sa bénédiction graduellement selon les réceptacles.
Aussi : la circoncision demeure même sans connaissance ni compte ; à la résurrection chacun se reconnaîtra comme au sortir du sommeil ; « le vin est à son maître, et le bienfait au verseur »
ונתתי לך ולזרעך אחריך את ארץ מגוריך את כל ארץ כנען לאחוזת עולם והייתי להם לא-להים. מגוריך הוא מלשון יראה ופחד מגור מסביב (זוה"ק וישב קפ.), והוא שקודם שיש לאדם קנין בהשפעת ה', אזי יעבוד את השי"ת ביראה ורעדה לכלכל במשפט דבריו.
אבל אחר שיש לאדם קנין בה, אזי תהיה לו לאחוזת עולם ולא יצרך למדת היראה כל כך. והענין בזה הוא, דהנה מצינו אף בעכו"ם לשון נחלה (האזינו לב) בהנחל עליון גוים, אכן אין זה לאחוזת עולם, רק לפי שעה תתקיים בידם, ורק מצדם יקרא נחלה, שנראה להם שבעוצם כחם יוכלו לקחת זאת, והיא תהיה להם לנחלה, ובאמת עי"ז תאבד מידם הטובה, מאחר שהם מתפשטים בהטובה שניתן להם, לזה לא תתקיים בידם.
כי עיקר הנחלה שמתקיים לעולם הוא בהכיר האדם שהשי"ת הוא הנותן כח באדם לעשות חיל, ושלא יתפשט בהטובה, אך להקנותה בחזרה להשי"ת להכיר בתמידות שמאתו באה לו הטובהרמדכמו שהתבאר בתפארת יוסף פרשת האזינו ד"ה בהנחל [ב]: אצל האומות נמי הנחיל להם השי"ת כחות יקרים, רק אצלם הוא בהפרידו בני אדם, שאצלם המדות האלה מלא פירוד, שבהכוחות האלה לא נמצא בהם שום חשיבות מחמת שהם משוקעים בהם, ואינם יכולים להשתמש בדעת עם אלו המדות, ואינם מקיימים עם אלו הכחות רצונו ית'.
וזה יצב גבולות עמים למספר בני ישראל, שבאמת אלו הכחות הציב השי"ת, כדי שישראל יקבלו מהם זאת, ויעבדו עם אלו הכחות את השי"ת., ואזי יַקְנֶה לו השי"ת הטובה בחזרה לאדם, ואז הוא הטובה נקיה ומבוררת דמשלחן גבוה קא זכי להרמהעיין במי השלוח ח"א פרשת בשלח ד"ה סוס: אומות העולם בעת שרואים חמדת עוה"ז, אין להם כח לצמצם את עצמם רק מתפשטים בכל תאות לבם, ע"כ נאמר קודם סוס ואח"כ רוכבו, שאחר שממלאים כל תאותם ואין להם כח ליותר, אז יחדלו עשות וכו'.
כשהש"י יתן טובה לישראל, קודם שיבא ליד האדם, יצמצם אותה, שלא יקח עד שיראה את הנותן, ואח"כ יתן אותה בכדי שאח"כ יוכל לקחתה בכל רצון לבו.. ולזה אאע"ה שבחר לו זה הדרך, כדאיתא בתנחומא (בהר) אמר הקב"ה אף אני מכרתי העולם כלו לאברהם אבינו ולא הוניתי אותו, חזר והקנה אותו לי, לכן הבטיחהו השי"ת לתת לו ארץ מגוריך לאחוזת עולם ולזרעו אחריו, שלא תפסק מאתו הטובה שישפיע להםרמומבואר בתפארת יוסף שביעי של פסח ד"ה אשירה לד':
מאחר שישראל אחר כל הגדרים וצמצומים שעובד את השי"ת, ואחר כל העבודות מכיר שאפילו זה הכח שעבד את השי"ת ג"כ הוא שהשי"ת נתן לו זה הכח לעבוד אותו, ואינו נוטל לעצמו שום כח, רק מכיר שהכל הוא מן השי"ת, ממילא מזה ראיה ששוכן השי"ת אצלו. וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קכח:) מנא ידעינן דקוב"ה אתרעי' ביה בבר נש ושויה מדוריה ביה כד חזינן דרדיף אבתריה בכל לבא ובכל נפשא.
מזה ראיה שהשי"ת שוכן אצלו ויש לו קנין בכל העבודות. וכדאיתא במדרש (תנחומא בהר א) מכרתי את כל העולם לאברהם אבינו ולא הוניתי אותו וחזר והקנה אותו לי.
וכמו שאמר כבוד אזמו"ר זללה"ה, מאין הוא הסימן שלא הוניתי אותו והקניתי לו את כל העולם כולו. מן חזר והקנה אותו לי, מאחר שנתתי לו כח לחזור הכל לי, מזה ראיה שיש לו קנין בעולם.
ואז כשמברר את עצמו, כך רואה איך שכל הבריאה הוא הכל בשבילו, וכל העולם כולו לא נברא אלא לצוות לזה. וביתר ביאור מבואר בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת נח ד"ה והנראה דעיקר:
אכן שלימות השפעה זאת הוא, שהבריאה תשוב להביט פנים בפנים לבוראה, והיינו כי תחזור כל קבלתה בהודאה ובהכרה גמורה שכל כחה הוא מהש"י וזהו ע"י צורת אדם. וכדאיתא במדרש (תנחומא בהר א) מכרתי את כל העולם לאברהם ולא הוניתי אותו חזר והקנה אותה לי.
והיינו, כי שלימות השפע הוא רק מה שהאדם מקבל ישיב אותו להש"י. ובאמת ההשפעה היא תמיד אדוקה ואחוזה בשורשה, ורק למי שמכיר הכרה שלימה שכל ההשפעה היא מהש"י, מנהג הש"י מדה במדה ואומר שמה שהאדם מכיר ומוסר הכל להש"י הוא יגיע כפיו, ומהונו כיבד את הש"י ובכחו עבדו.
וכל מי שאינו עובד את הש"י בהכרה שכל ההשפעה ממנו, את זה הש"י מנהג למעלה מכח שכלו ותפיסתו וכו'. עיין עוד תפארת החנוכי על זוהר פרשת לך (פב.) ד"ה ת"ח, סוד ישרים ראש השנה אות סא ד"ה ותהר, תפארת יוסף חג השבועות ד"ה וביום הבכורים, פ' תבא ד"ה ובאת, מס' סנהדרין (קח:) ד"ה אמר שם [א].
לעיל פ' נח אות א ד"ה אמנם.. והייתי להם לא-להים, היינו שהשי"ת ישפיע להם ברכתו בהדרגה, כפי עבודתם אשר יעבדו עבודת השי"ת ויכינו לעצמם כלי קיבול, כן ימלא השי"ת כליהםרמזהתבאר בתפארת יוסף מסכת חגיגה (ב.) ד"ה הכל חייבין:
צריך האדם מצידו להעמיד כלי קבול, וכדכתיב (תהילים י׳:י״ז) תכין לבם תקשיב אזנך, היינו כפי מה שמכין האדם מצידו כלי לקבל, כך משלים לו השי"ת וממלא לו הכלי.. וע"ז מרמזים כל עבודות ומצות (מילה), שכפי שהאדם יעמיד כלי לקבל הארת השי"ת כן ימלא ה' אותם, וכענין שמצינו הבטחת הש"י שהבטיח לישראל שבקיימם מצותיו יאריכו ימים, שזה מורה על שיהיה לאדם תפיסה בברכת השי"ת.
והמשל בזה, אם יתנו לאדם הון עתק בבת אחת אז ישתנה מעמדו הראשונה, וזאת אין עוד טובה שלימה, אכן אם ינתן לו על יד על יד דרגא בתר דרגא, אזי אף בשעה שיעמוד במעלה העליונה יזכור ימי עלומיו וקטנות המעלות שקדמו לזו העת ממעמדו לא יהרס, וזהו טובה שלמה. וכן הוא ברזא דגלגולא, שהשי"ת הציב בעולם שנפש אדם תוכל להתגלגל כמה פעמים, אכן אז לא יכיר את עצמו כלל מה היה בראשונה.
שאני לאאע"ה הבטיח השי"ת עליו ועל זרעו והייתי להם לא-להים, שהארת השי"ת יהיה לישראל לאט לאט שלא יתקלקל הכלי שלהםרמחכמו שביאר בזה בתפארת יוסף פרשת במדבר ד"ה אל תכריתו [ב]: והיינו שאם יקבלו את האור בלי שום נרתיק יכולים להתבטל בביטול גמור, ורק כל האור יהיה מוצנע בלבוש, והאור יאיר לו מתוך כל הלבושים כמה שיוצרך לו, כי אם לאו יכולים להתבטל בפועל ממש.
וזה אינו הרצון של השי"ת.. וכדאיתא בש"ס (סנהדרין צא:) אני אמית ואחיה מחצתי ואני ארפא, אמר הקב"ה מה שאני ממית אני מחיה והדר מה שמחצתי אני ארפא, והוא שלא יהיה כבריה חדשה, אכן כל אחד יכיר את עצמו כדוגמת איש אשר יעור משנתורמטמבואר לקמן פרשת וירא אות כא ד"ה וזה הוא הענין:
אבל באמת נשאר בתמידות באדם הבלא דגרמי בלי הפסק, שעי"ז יתעורר לתחיה לעתיד, וכדאיתא בזוה"ק (שלח קסט.). ואז כשיחיו המתים, יברר השי"ת לעין כל שבאמת לא התייאש האדם אף כרגע מלקוות להשי"ת שיחיה עוד, וכל הימים שהיה נראה שמת והלך לו היה כמו אם ישכב אדם לישון על איזה שעות, שאם יתעורר משנתו אזי זכור יזכור שהוא עצמו הוא אשר שכב ועתה הוסיף לקום, ויזכור מה היה לו מקודם השינה, ויכיר את עצמו.
וכן לעתיד כשיחיו המתים יכיר כל אדם את עצמו, ויזכור כל הרפתקאות דעדו עליה בחייו והימים אשר שכב, ועתה יראה שהוא עצמו הוסיף עוד לקום ולחיות. וכדאיתא בש"ס (סנהדרין צא:) אני אמית ואחיה מחצתי ואני ארפא, מה מחיצה ורפואה באחד אף מיתה וחיים באחד.
היינו, כמו שהאיש אשר יחלה ויבריא אזי יכיר את עצמו ויזכור כל אשר עבר עליו, כן המתים אשר יעמדו לעתיד יכירו את עצמם, וזה הוא סוד ועמקות גדול להבין זאת.:
"Je te donnerai, à toi et à ta descendance après toi, le pays de tes séjours, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et Je serai pour eux Elokim." Tes séjours (מגוריך) est de la langue de crainte et de peur, "la terreur de tous côtés" (מגור מסביב) (saint Zohar, Vayechev 180a). Avant qu'un homme n'ait acquis une part de l'influx du Nom, il sert le Saint, béni soit-Il, dans la crainte et le tremblement, afin de conduire ses paroles avec jugement.
Mais après qu'il y a acquis une part, cela lui devient une possession perpétuelle, et il n'a plus besoin à ce point de l'attribut de crainte. Le sujet est le suivant.
Nous trouvons, même chez les nations, le terme d'héritage: "Quand le Très-Haut donna aux nations leur héritage" (Deutéronome 32,8). Mais ce n'est pas pour elles une possession perpétuelle: cela ne subsiste dans leurs mains que pour un temps.
Ce n'est appelé héritage que de leur point de vue, car il leur semble que, par la force de leur puissance, elles peuvent le prendre et qu'il sera leur héritage. Mais, en vérité, par cela même, le bien sera perdu de leurs mains, car elles se répandent dans le bien qui leur a été donné; c'est pourquoi il ne subsiste pas entre leurs mains.
Car l'héritage qui subsiste à jamais consiste essentiellement en ce que l'homme reconnaisse que le Saint, béni soit-Il, donne à l'homme la force d'acquérir des richesses, et qu'il ne se répande pas dans le bien, mais le retransmette au Saint, béni soit-Il, en reconnaissant constamment que le bien lui vient de Lui. Ainsi qu'il est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Haazinou, s.v.
Behanhel: le Saint, béni soit-Il, a également fait hériter les nations de forces précieuses, mais chez elles cela est "lorsqu'Il sépara les fils d'Adam"; ces attributs y sont entièrement séparés. Dans ces forces, elles ne trouvent aucune importance parce qu'elles y sont plongées; elles ne peuvent employer la connaissance avec ces attributs, ni accomplir Sa volonté, béni soit-Il, avec ces forces.
Cela est: "Il fixa les frontières des peuples selon le nombre des enfants d'Israël" (Deutéronome 32,8): en vérité, le Saint, béni soit-Il, a disposé ces forces afin qu'Israël les reçoive d'eux et serve le Saint, béni soit-Il, par ces forces. Alors le Saint, béni soit-Il, acquiert de nouveau le bien pour l'homme; le bien est alors pur et clarifié, car il mérite de la table d'En-Haut.
Voir Mei HaChiloa'h, I, paracha Bechala'h, s.v. Sous: lorsque les nations voient les convoitises de ce monde, elles n'ont pas la force de se restreindre, mais se répandent dans tout le désir de leur cœur.
C'est pourquoi il est dit d'abord "le cheval", puis "son cavalier"; après avoir comblé tous leurs désirs et n'avoir plus de force pour davantage, elles cessent d'agir, etc. Lorsque le Saint, béni soit-Il, donne un bien à Israël, avant qu'il ne parvienne aux mains de l'homme, Il le restreint, afin qu'il ne le prenne pas avant d'avoir vu Celui qui donne; ensuite Il le lui donne, afin qu'il puisse ensuite le prendre selon tout le désir de son cœur.
C'est pourquoi Abraham notre père, qui choisit cette voie, est concerné par ce qui est rapporté dans le Tan'houma (Behar): le Saint, béni soit-Il, dit: "Moi aussi, J'ai vendu le monde entier à Abraham notre père et Je ne l'ai pas lésé; il est revenu et Me l'a acquis de nouveau." C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, lui promit de lui donner, ainsi qu'à sa descendance après lui, le pays de tes séjours en possession perpétuelle: le bien qu'Il leur influencera ne cessera pas de leur parvenir. Il est expliqué dans Tiferet Yossef, septième jour de Pessa'h, s.v.
Achira la-Shem: puisqu'Israël, après toutes les haies et les restrictions par lesquelles il sert le Saint, béni soit-Il, reconnaît après tous les services que même cette force par laquelle il a servi le Saint, béni soit-Il, est aussi une force que le Saint, béni soit-Il, lui a donnée pour Le servir, et qu'il ne prend aucune force pour lui-même, mais reconnaît que tout vient du Saint, béni soit-Il, cela prouve par conséquent que le Saint, béni soit-Il, demeure chez lui. Comme il est dit dans le saint Zohar (Terouma 128b): "Comment savons-nous que le Saint, béni soit-Il, se plaît en un homme et y établit Sa demeure?
Lorsque nous le voyons Le poursuivre de tout son cœur et de toute son âme." C'est la preuve que le Saint, béni soit-Il, demeure chez lui et qu'il a acquis tous les services. Comme il est dit dans le Midrach (Tan'houma, Behar 1): "J'ai vendu le monde entier à Abraham notre père et Je ne l'ai pas lésé; il est revenu et Me l'a acquis de nouveau." Et comme le disait l'honneur de mon maître et grand-père, de mémoire bénie: d'où est le signe que Je ne l'ai pas lésé et que Je lui ai acquis le monde entier?
Du fait qu'il est revenu et Me l'a acquis de nouveau: puisque Je lui ai donné la force de tout Me rendre, c'est la preuve qu'il a une acquisition dans le monde. Alors, lorsqu'il se clarifie, il voit ainsi que toute la création est entièrement pour lui, et que le monde entier n'a été créé que pour se joindre à cela.
Plus explicitement encore, il est exposé dans Sod Yechariim sur la Torah, d'un saint manuscrit, paracha Noa'h, s.v. Veha-niré: la perfection de cet influx est que la création revienne regarder face à face son Créateur, c'est-à-dire qu'elle restitue tout ce qu'elle reçoit dans l'action de grâce et la reconnaissance parfaite que toute sa force vient du Saint, béni soit-Il; et cela se fait par la forme de l'homme.
Comme il est dit dans le Midrach (Tan'houma, Behar 1): "J'ai vendu le monde entier à Abraham et Je ne l'ai pas lésé; il est revenu et Me l'a acquis de nouveau." La perfection de l'abondance est donc seulement que ce que l'homme reçoit, il le rende au Saint, béni soit-Il. En vérité, l'influx demeure toujours attaché et tenu à sa racine; seulement, à celui qui reconnaît d'une reconnaissance complète que tout l'influx vient du Saint, béni soit-Il, le Saint, béni soit-Il, applique mesure pour mesure et dit que ce que l'homme reconnaît et remet entièrement au Saint, béni soit-Il, est le labeur de ses mains, qu'il a honoré le Saint, béni soit-Il, de son avoir et L'a servi par sa force.
Quant à quiconque ne sert pas le Saint, béni soit-Il, dans la reconnaissance que tout l'influx vient de Lui, le Saint, béni soit-Il, le conduit au-delà de la force de son intelligence et de sa saisie, etc. Voir encore Tiferet Ha'Hanoukhi sur le Zohar, paracha Lekh (82a), s.v.
Ta 'hezei; Sod Yechariim, Roch Hachana, lettre 61, s.v. Va-tahar; Tiferet Yossef, fête de Chavouot, s.v.
Ou-ve-yom ha-bikourim; paracha Tavo, s.v. Ou-vata; traité Sanhédrin (108b), s.v.
Amar cham [1]; plus haut, paracha Noa'h, lettre 1, s.v. Amnam.
"Et Je serai pour eux Elokim": le Saint, béni soit-Il, leur influencera Sa bénédiction graduellement; selon le service par lequel ils serviront le Saint, béni soit-Il, et se prépareront des réceptacles, ainsi le Saint, béni soit-Il, remplira leurs réceptacles. Cela est expliqué dans Tiferet Yossef, traité 'Haguiga (2a), s.v.
Ha-kol 'hayavin: l'homme doit, de son côté, établir un réceptacle, ainsi qu'il est écrit: "Tu prépares leur cœur, Ton oreille écoute" (Psaumes 10,17). C'est selon ce que l'homme prépare de son côté comme réceptacle pour recevoir que le Saint, béni soit-Il, le complète et remplit son réceptacle.
Toutes les œuvres et les commandements, notamment la circoncision, y font allusion: selon que l'homme établit un réceptacle pour recevoir l'illumination du Saint, béni soit-Il, ainsi le Nom les remplit. C'est également le sens de la promesse du Saint, béni soit-Il, à Israël: s'ils accomplissent Ses commandements, leurs jours se prolongeront; cela indique que l'homme aura une saisie de la bénédiction du Saint, béni soit-Il.
Voici l'image: si l'on donne à un homme une fortune énorme d'un seul coup, son état premier sera transformé, et ce n'est pas encore un bien complet. Mais si elle lui est donnée peu à peu, degré après degré, même lorsqu'il se tiendra au plus haut degré, il se souviendra des jours de sa jeunesse et des petits degrés qui ont précédé ce temps; il ne se corrompra pas du fait de son rang, et c'est un bien complet.
Il en est de même dans le mystère de la réincarnation: le Saint, béni soit-Il, a établi dans le monde qu'une âme humaine puisse se réincarner plusieurs fois, mais alors elle ne se reconnaît nullement elle-même, ni ce qu'elle était auparavant. Il en va autrement pour Abraham notre père: le Saint, béni soit-Il, lui promit, à lui et à sa descendance, "Je serai pour eux Elokim", que l'illumination du Saint, béni soit-Il, viendrait à Israël lentement, afin que leurs réceptacles ne se détériorent pas.
Comme cela est expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Bamidbar, s.v. Al takhritou [2]: s'ils recevaient la lumière sans aucun étui, ils pourraient être annulés dans une annulation complète.
La lumière doit seulement être cachée dans un vêtement, et elle lui éclairera depuis tous les vêtements selon ce dont il aura besoin; autrement, ils pourraient être annulés effectivement, et telle n'est pas la volonté du Saint, béni soit-Il. Comme il est rapporté dans le Talmud (Sanhédrin 91b): "Je fais mourir et Je fais vivre; J'ai blessé et Je guéris" (Deutéronome 32,39).
Le Saint, béni soit-Il, dit: "Ce que Je fais mourir, Je le fais vivre, puis ce que J'ai blessé, Je le guérirai"; il ne sera pas une créature nouvelle, mais chacun se reconnaîtra, à l'image d'un homme qui s'éveille de son sommeil. Il est expliqué plus loin, paracha Vayera, lettre 21, s.v.
Vezé hou ha-inyan: mais, en vérité, il demeure constamment dans l'homme le souffle de l'os (havla de-garmei), sans interruption, par lequel il s'éveillera à la résurrection future, comme il est dit dans le saint Zohar (Chela'h 169a). Alors, lorsque les morts vivront, le Saint, béni soit-Il, établira aux yeux de tous qu'en vérité l'homme n'a pas désespéré, pas même un instant, d'espérer dans le Saint, béni soit-Il, qu'Il le ferait encore vivre.
Tous les jours où il semblait mort et parti étaient comme lorsqu'un homme se couche pour dormir quelques heures: lorsqu'il s'éveille de son sommeil, il se souvient très bien que c'est lui-même qui était couché et qui s'est maintenant levé de nouveau; il se souvient de ce qu'il avait avant le sommeil et se reconnaît. De même, dans l'avenir, lorsque les morts vivront, tout homme se reconnaîtra; il se souviendra de toutes les aventures qui l'ont atteint durant sa vie et des jours où il fut couché, et il verra maintenant que c'est lui-même qui s'est encore levé pour vivre.
Comme il est rapporté dans le Talmud (Sanhédrin 91b): "Je fais mourir et Je fais vivre; J'ai blessé et Je guéris": de même que la blessure et la guérison sont dans un seul individu, ainsi la mort et la vie sont dans un seul individu. C'est-à-dire: de même que l'homme qui tombe malade puis guérit se reconnaît et se souvient de tout ce qui lui est arrivé, de même les morts qui se lèveront dans l'avenir se reconnaîtront.
C'est là un grand mystère et une grande profondeur à comprendre.
ונתתי לך ולזרעך אחריך את ארץ מגוריך את כל ארץ כנען לאחוזת עולם והייתי להם לא-להים. מגוריך מורה על הפעולות שאדם מתיירא מהם מלשון מגור ופחד (זוה"ק וישב קפ.) ומאיזה פעולה יפחד לב האדם, מארץ כנען, והוא במקום שאדם נכנע תחת הפעולה שלא היה לו ידיעה בה לא בתחלה ולא בסוף, כי במקום שהיה לאדם איזה ידיעה במה שפעל, אזי בטוח הוא שלא ירד מעשהו זה לשאול, כדכתיב (קהלת ט׳:י׳) כי אין מעשה וחשבון ודעת וחכמה בשאול, ואיתא ע"ז בזוה"ק (קרח קעח.) מאן דאשתדל בדעת ובחכמה למנדע למאריה וכו' הוא לא ישתאר תמן וכו'רנכמבואר ענינו במי השלוח ח"א פרשת שופטים ד"ה שופטים [א]:
שפטים ושטרים תתן לך. היינו שיחשוב האדם את דרכיו בכל מעשיו שיעשה וכמו שמסיים בסוף למען תחיה, כי הדברים שיעש.
במשפט לא ילכו לאבדון כמו דאיתא בזוה"ק (במדבר קעח.) כי אין מעשה ודעת וחשבון בשאול, מעשה הנעשה בחשבון לא תפול בשאול. וכן מבואר בתפארת יוסף פרשת נצבים ד"ה אתם נצבים [ה]:
באמת בזה העולם בוחר השי"ת בגודל ישוב הדעת, שעיקר הוא כמו שכתיב (שמות ל״א:י״ג) לדעת כי אני ד' מקדישכם, וכמו שכתיב (קהלת ט׳:י׳) כי אין מעשה וחשבון ודעת וחכמה בשאול, ואיתא בזוה"ק (קרח קעח.) מאן דאשתדל בדעת והחכמה למינדע למאריה וכו' לא אשתאר תמן וכו' כי במקום שאדם הולך בדעת לא יכול להשאר באבדון ח"ו.. אכן במקום שאין בו ידיעה שם האדם מתיירא.
והשי"ת הבטיח לאאע"ה שרצונו ישכון אף באלו הפעולות. ואף כי גם להאומות יש להם שלות השקט ומעשיהם הם בלי חשבון כלל, אכן שלותם הוא רק לפי שעה.
ולאברהם אבינו הבטיח השי"ת שלות השקט לאחוזת עולם. וע"ז מרמז מצות מילה, שהיא בתמידות עם האדם אף בשעה שאין בו שום דעת וחשבון ואף כי ישן הוא, וכדאיתא בש"ס (מנחות מג:) בשעה שנכנס דוד לבית המרחץ וראה עצמו ערום אמר אוי לי שאעמוד ערום בלא מצוה, כיון שנזכר במילה שבבשרו נתיישבה דעתו, לאחר שיצא אמר עליה שירה, שנאמר למנצח על השמינית מזמור לדוד, על מילה שניתנה בשמיני.
וזו המצוה היא בתמידות עם האדם אף במקום שאין בו שום ידיעהרנאכמו שנתבאר לעיל פרשה זו אות מו.. והייתי להם לא-להים, היינו אף שיהיו לו כל הטובות מ"מ לא ישכח את השי"ת, והוא כענין דאיתא בש"ס (ב"ק צב.) חמרא למאריה וטיבותא לשקייה, והוא שאם מכיר האדם שנמצא מרא בעולם אזי טיבותא תהיה לשקייה, שיוכל להתפשט בהטובה שישפיע לו השי"תרנבכמו שיתבאר לקמן פרשת חיי שרה אות ל:
הענין בזה כדאיתא בש"ס (ב"ק צב:) חמרא למאריה וטיבותא לשקייה, משמע מזה שעיקר צריך להחזיק טובה להשקייא. אכן זה הוא רק אם יש להשקייא הכרה שהוא איננו בעל הטובה רק הוא כפוף תחת בעל היין שהוא בעל הטובה, כי אם יאמר השקייא שהטובה היא שלו אזי תלקח מאתו הטובה, כי עיקר הטובה באה לו מכח האדון.
לקמן פ' וישב אות יג ד"ה לזה.:
"Je te donnerai, à toi et à ta descendance après toi, le pays de tes séjours, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et Je serai pour eux Elokim." Tes séjours (מגוריך) indiquent les actes dont l'homme a peur, selon les mots séjour (מגור) et peur (saint Zohar, Vayechev 180a). Et de quel acte le cœur de l'homme a-t-il peur?
Du pays de Canaan: c'est le lieu où l'homme se soumet sous l'acte dont il n'avait connaissance ni au commencement ni à la fin. Car là où l'homme avait quelque connaissance de ce qu'il accomplissait, il est assuré que cet acte ne descendra pas au Cheol, ainsi qu'il est écrit: "Car il n'y a ni œuvre, ni compte, ni connaissance, ni sagesse dans le Cheol" (Ecclésiaste 9,10).
Et il est dit à ce sujet dans le saint Zohar (Kora'h 178a): "Celui qui s'applique par la connaissance et la sagesse à connaître son Maître, etc., ne demeure pas là-bas, etc." Comme le sens en est expliqué dans Mei HaChiloa'h, I, paracha Choftim, s.v. Choftim [1]: "Tu placeras pour toi des juges et des officiers" (Deutéronome 16,18), c'est-à-dire que l'homme doit examiner ses voies dans tous les actes qu'il accomplit; et comme le verset conclut: "afin que tu vives", les choses qu'il accomplit avec jugement ne vont pas à la perdition, comme il est dit dans le saint Zohar (Bamidbar 178a): "Car il n'y a ni œuvre, ni connaissance, ni compte dans le Cheol"; un acte accompli avec compte ne tombe pas au Cheol.
Il est également expliqué dans Tiferet Yossef, paracha Nitsavim, s.v. Atem nitsavim [5]: en vérité, dans ce monde, le Saint, béni soit-Il, choisit la grandeur de la présence d'esprit; l'essentiel est comme il est écrit: "afin de savoir que Je suis le Nom qui vous sanctifie" (Exode 31,13), et comme il est écrit: "Car il n'y a ni œuvre, ni compte, ni connaissance, ni sagesse dans le Cheol" (Ecclésiaste 9,10).
Il est dit dans le saint Zohar (Kora'h 178a): "Celui qui s'applique par la connaissance et la sagesse à connaître son Maître, etc., ne demeure pas là-bas, etc." Car là où l'homme marche avec connaissance, il ne peut demeurer dans la perdition, à Dieu ne plaise. Mais là où il n'y a pas de connaissance, l'homme a peur.
Le Saint, béni soit-Il, promit à Abraham notre père que Sa volonté résiderait même dans ces actes. Or, les nations aussi ont une quiétude paisible et leurs actes sont totalement sans compte; mais leur quiétude n'est que pour un temps.
Au contraire, le Saint, béni soit-Il, promit à Abraham notre père une quiétude paisible en possession perpétuelle. C'est à cela que fait allusion le commandement de la circoncision: il est constamment avec l'homme, même lorsqu'il n'a aucune connaissance ni compte, et même lorsqu'il dort.
Comme il est rapporté dans le Talmud (Mena'hot 43b): lorsque David entra dans le bain et se vit nu, il dit: "Malheur à moi, car je me tiens nu sans commandement." Dès qu'il se souvint de la circoncision qui était dans sa chair, son esprit se rassura. Après être sorti, il chanta à son sujet, ainsi qu'il est dit: "Au chef de chant, sur la huitième, psaume de David" (Psaumes 12,1), au sujet de la circoncision qui fut donnée le huitième jour.
Ce commandement demeure constamment avec l'homme, même au lieu où il n'a aucune connaissance. Comme il a été expliqué plus haut dans cette paracha, lettre 46.
"Et Je serai pour eux Elokim": même s'il aura tous les biens, il n'oubliera pas le Saint, béni soit-Il. C'est dans le sens de ce qui est rapporté dans le Talmud (Bava Kama 92b): "Le vin est à son maître, et le bienfait au verseur." Lorsqu'un homme reconnaît qu'il y a un maître dans le monde, le bienfait va au verseur: il peut se répandre dans le bien que le Saint, béni soit-Il, lui influencera.
Comme il sera expliqué plus loin, paracha 'Haye Sarah, lettre 30: le sens de ce qui est rapporté dans le Talmud (Bava Kama 92b), "Le vin est à son maître, et le bienfait au verseur", indique que l'essentiel est de tenir le verseur pour bénéficié du bien. Mais cela n'est vrai que si le verseur reconnaît qu'il n'est pas le maître du bien, mais qu'il est soumis au maître du vin, qui est le maître du bien.
Car si le verseur dit que le bien est à lui, le bien lui sera retiré, puisque l'essentiel du bien lui vient par la force du maître. Plus loin, paracha Vayechev, lettre 13, s.v.
Lezé.
« Je te donnerai tout le pays de Canaan, et Je serai pour eux Elokim » : le Sifrei pose la condition que D.ieu soit pour eux Elokim, et le Midrach rattache l'héritage de la terre au mérite de l'omer. Selon le Beit Yaakov, une lumière enfouie dans la terre d'Israël veut être élevée par les créatures ; les sept nations n'y ont aucun droit, car elle fuyait devant son maître ; Israël l'élève par les commandements dépendants de la terre. Yehochoua circoncit le peuple, puis l'omer d'orge, nourriture animale, tamisé par treize tamis, s'élève plus haut que le pain de proposition. Par l'omer, l'homme annule toute sa saisie devant le Saint, béni soit-Il, et les actes sans conscience s'élèvent.
Aussi : la conduite où l'homme s'imagine choisir est vérité et honneur de D.ieu, qui suspend le jugement des fautes de nature ; garder l'alliance pour savoir pourquoi le Nom l'a choisi ; la circoncision d'Avraham annule Sodome, opposée au ''hessed
ונתתי לך ולזרעך אחריך את ארץ מגוריך את כל ארץ כנען והייתי להם לא-להים. איתא בספרי (סוף פ' שלח) על מנת שאהיה לכם לא-להים.
וברבה (אמור כח) איתא שבזכות העומר יירשו ישראל את הארץ. והענין בזה הוא, כי בארץ ישראל נמצא אור צפון וגנוז, ומגמתה היא שמשתוקקת מאד להמשך אחר הברואים שיעלו את האור הזה הגנוז, וכל זמן שהיו שם השבעה אומות היתה עורקת מקמי מאריה, משמע מזה שאין להם קנין וזכות בישיבת ארץ ישראל.
שאני ישראל שהעלו את האור הגנוז בארץ, ע"י עשותם מצות התלויות בארץ, משמע מזה שיש להם קנין וזכות בארץ. וזה הוא שהבטיח השי"ת לאאע"ה ונתתי לך ולזרעך וגו' את כל ארץ כנען, על מנת שאהיה לכם לא-להים, שאז תזכו בישיבתה.
והנה בארץ נמצא גם פסולת, וכדאיתא במדרש (רבה עקב ג) מה פרי אדמתך סיגים, אכן ע"י הבירורים אשר יברר האדם תתעלה קדושת הארץ מעלה מעלה, וזה הוא דכתיב (יהושע ה׳:י״א) שמל אותם יהושע ואח"כ אכלו מעבור הארץ, ודרשו על זה חכמי הש"ס (ר"ה יג.) שבהקרבת העומר דבר הכתוב, והוא כי במצות מילה ופריעה נכללים כל הצמצומים והבירורים, ואחר שמל אותם יהושע, שזה מורה על שמבוררים הם, אזי הקריב את העומר הבא משעורים מאכל בהמה, והעלו את האור כ"כ, עד שהעומר היה מנופה בשלש עשרה נפה, מה שאין זה אף בלחם הפנים שלא היה מנופה רק בשתים עשרה נפה (וכמש"נ באריכות בענין העומר)רנגעיין בספר הזמנים – הגדה של פסח עניין עומר אות ב, יב.. ואף שמעלת לחם הפנים גדולה עד מאד, ומרמז על אהבת השי"ת והתקשרותו עם בני ישראל, וכדאיתא בש"ס (חגיגה כו:) ראו חבתכם לפני המקום סילוקו כסידורו, שלחם הפנים היה חם ביום הלקחורנדנתבאר במי השלוח ח"ב פרשת אמור ד"ה וידבר ה':
לחם הפנים שרומז על אהבה וחיבה שבלחם הפנים מראה השי"ת שאוהב מאוד את ישראל ורוצה תמיד בטובתם כדאיתא בגמ' (חגיגה כו:) שמגביהין אותו ומראין בו לעולי רגלים לחם הפנים ואומרים להם ראו חיבתכם לפני המקום סילוקו כסידורו, ומזה יבוא גודל תקופות לישראל. ועיין עוד בית יעקב ויקרא פרשת אמור אות נז, נח.
תפארת יוסף פ' אמור ד"ה ולקחת.. עכ"ז העומר מעולה עוד יותר, ולזה כתיב ביה לשון והניף את העומר, להורות על הנפתו מעלה מעלה, וכדאיתא בזוה"ק (בלק קפח:) מאי תנופה תנו פה:
Je te donnerai, ainsi qu'à ta descendance après toi, le pays où tu séjournes, tout le pays de Canaan, et Je serai pour eux Elokim. Il est rapporté dans le Sifrei (fin de la paracha Chelah) : à condition que Je sois pour vous Elokim.
Et dans le Midrach Rabba (Emor 28), il est rapporté que c'est par le mérite de l'omer qu'Israël héritera de la terre. Le sens est qu'en terre d'Israël se trouve une lumière cachée et enfouie, et que son aspiration est très grande : elle désire être attirée après les créatures, afin qu'elles élèvent cette lumière enfouie.
Tant que les sept nations y étaient, elle fuyait devant son maître ; il ressort de là qu'elles n'ont ni possession ni droit à habiter la terre d'Israël. Il en va autrement d'Israël, qui élève la lumière enfouie dans la terre par l'accomplissement des commandements dépendants de la terre ; il ressort de là qu'ils ont possession et droit sur la terre.
C'est ce que le Saint, béni soit-Il, promit à notre père Abraham : Je te donnerai, ainsi qu'à ta descendance, tout le pays de Canaan, à condition que Je sois pour vous Elokim ; alors vous mériterez d'y habiter. Or, dans la terre se trouve aussi du rebut, comme il est rapporté dans le Midrach (Rabba, Ekev 3) : les fruits de ta terre sont des scories.
Mais, par les discriminations que l'homme opère, la sainteté de la terre s'élève toujours plus haut. C'est ce qui est écrit : Josue les circoncit, puis ils mangèrent du produit de la terre (Josue 5,11) ; et les sages du Talmud (Roch Hachana 13a) l'ont expliqué du sacrifice de l'omer.
Car le commandement de la circoncision et de la peria (dévoilement après la circoncision) comprend toutes les restrictions et toutes les discriminations. Après que Josue les eut circoncis, ce qui indique qu'ils étaient triés, il offrit l'omer, provenant d'orge, nourriture animale ; ils élevèrent tellement la lumière que l'omer fut tamisé par treize tamis, ce qui n'était pas le cas même du pain de proposition, qui ne passait que par douze tamis (comme nous l'avons longuement expliqué au sujet de l'omer).
Voir Sefer ha-Zmanim - Haggada de Pessa'h, sujet de l'omer, sections 2 et 12. Bien que le degré du pain de proposition soit très grand et qu'il allude à l'amour du Saint, béni soit-Il, et à Son lien avec les enfants d'Israël, comme il est rapporté dans le Talmud (Haguiga 26b) : Voyez votre affection devant le Lieu ; son retrait était comme sa disposition.
Le pain de proposition était chaud le jour où il était enlevé. Il est expliqué dans Mei ha-Chiloah II, paracha Emor, début (וידבר ה') : le pain de proposition, qui allude à l'amour et à l'affection, montre que le Saint, béni soit-Il, aime très fortement Israël et désire toujours leur bien ; comme il est rapporté dans la Guemara (Haguiga 26b), on le soulevait et on le montrait aux pèlerins en leur disant : Voyez votre affection devant le Lieu ; son retrait était comme sa disposition.
De là viendra la grande période pour Israël. Voir aussi Beth Yaakob, Vayikra, paracha Emor, sections 57-58, et Tiferet Yossef, paracha Emor, début (ולקחת).
Néanmoins, l'omer est encore supérieur ; c'est pourquoi il est dit à son sujet : il balancera l'omer, afin d'indiquer son élévation toujours plus haute, comme il est rapporté dans le Zohar (Balak 188b) : Qu'est-ce que la tenoufa (balancement) ? (תנו פה, donnez la bouche).
והוא שבהקרבת העומר ביררו ישראל כל פעולותיהם, אף אשר נעשו בלי דעת, שכן היה בא משעורים מאכל בהמה. ומהיכן יזכה אדם לזה שיהיה בו כח לברר אף המעשה בהמה שעשה בלי דעת אדם הוא, שאם מברר את עצמו בדעת עד המקום שכחו מגיע שמה, אזי יתעלו אף הפעולות שעשה קודם זה בלי דעתרנהמבואר העניין בתפארת יוסף חג הפסח ד"ה כי תבואו:
מצות עומר שמצותו היה מן הלח וכמו שאיתא בש"ס (מנחות עב.), זה מורה שלא נגמר בשולה עדיין. וכן היה משעורים מאכל בהמה, שזה מורה שעוד עדיין אינו בתפיסת אדם, ואיזה בירור שייך על זה.
רק מצות עומר מורה שמבטל כל תפיסתו נגד השי"ת, לא כמו בשאר כל המצות שמורה שנותן מקום לתפיסתו, ומברר את עצמו על זה, אבל לא כן מצות העומר, כי מצות עומר מורה שמבטל כל תפיסתו ודעתו לגמרי נגד השי"ת, וזה הוא בירור גדול. ולזה רומז מאמר חז"ל (מנחות סו.) שהעומר היה מנופה בי"ג מיני נפה, שזה מורה שהיה מבורר יפה, ובירר כזה שאדם מבטל כל תפיסתו, זה הוא בירור גדול נגד המקטריגים, כי קטרוג אינו יכול לחול על האדם רק במקום שתפיסת אדם שולטת, וכמו שמצינו בזוה"ק (תשא קפז:) ברכתא לא שריא על מלה דאתמני.
וכן איתא בש"ס (בבא מציעא מב.) אין ברכה שורה אלא בדבר הסמוי מן העין, והיינו, כי דבר המנוי מורה שכבר מקבלו לתוך תפיסתו, לזה לא יכול לחול עליו שום ברכה, כי מאחר שתפיסתו הוא בגבול ותכלית, לזה לא יכול לבוא לשום התרבות. אבל עומר שמורה שאדם מבטל כל תפיסתו, ועם זה יכול לזכות נגד כל המקטריגים.
עיין עוד שם חג השבועות ד"ה וביום, סוד ישרים ב' דפסח אות ד.. וכענין שמצינו בש"ס (חולין קלג.) באביי שמתחלה היה חוטף מתנות כהונה אמינא חבובי קא מחבבנא מצוה, כיון דשמענא להא, ונתן שלא יטול מעצמו, מיחטף לא חטיפנא מימר אמרי הבו לי, וכיון דשמענא להא דתניא הצנועין מושכין את ידיהם והגרגרנים חולקים מישקל נמי לא שקילנא.
והענין הוא, שבזה בירר את עצמו, שאף בעת שהיה חוטף המתנות היה ג"כ כוונתו רצויה רק לחבובי מצוה, ואף שאביי ידע בנפשיה גם אז בשעת חטיפה שכוונתו ברורה ונקיה רק לחבובי מצוה ולא היה לו פניה למלאות תאות הגוףרנומקורו במי השלוח ח"א מסכת חולין (קלג.) ד"ה אמר, וכמו כן ביאר על לשון הגמרא בסוד ישרים עה"ת מכתי"ק פרשת מקץ ד"ה כי כל בסופו: שאחר שנתברר {אביי} בזה, שאחר שמעו סילק את ידיו, ממילא גם מעשיו הראשונים נתבררו, שמה שחטף הוא באמת רק ממה שחיבב את המצוות.
שהרי מה שיש להתברר בזה שיש בו נגיעה לצד עצמו, הרי נתברר במה שסילק ונמנע מלקבל אחר שמעו. וכן הם כל בירורי ישראל, שאחר שנתברר, אז יתעלה גם מה שעשו מתוך ההסתר יתברר גם כן שהוא מעומק הרצון הטוב.
וראה לקמן פ' מקץ אות יא., אכן לעיני בשר היה צריך לכל אלו הבירורים, מפני שנמצא בני אדם שחוטפים למלא תאות נפשם בהיותם גרגרנים וזוללים בשר למו, ואף שנמצא מי שכל כוונתו הוא רק לחבובי מצוה אכן מאן מפיס, כי לעין אדם כן זה חוטף וכן זה חוטף בהשתוות, ואף שזה מלא פנימיות וכוונתו רצויה רק לשמים, מ"מ הדמיון והגוון שבעוה"ז עושה רושם עד שיוכרח האדם לברר את עצמו כנגד זה הדמיון, שכן כל הויות העוה"ז הם רק בדמיון וגוון, וכדאיתא במדרש (בראשית רבה ח) אמת אומר אל יברא שהעולם מלא שקרים, והוא שנדמה לאדם שרשות נתונה בידו לעשות כבחירתו, ובאמת זה הוא רק על הגוון, כפי תפיסת האדם בעוה"ז כן מנהג בו השי"ת בדעתו, שנראה לאדם שביכלתו לפעול כפי רצון לבו, וכענין דאיתא בזוה"ק (בא לג) ביה בדעתיה קיימא וכו'רנזעיין לעיל פרשה זו אות י בהערה נט שם.. אבל באמת לאמתו הוא שמבלעדי הש"י לא יעשה שום דבר בעולם, ואין בכח שום בריה לשנות רצון השי"ת, ויקרבו הימים שכל אדם יכיר זאת ובעיניו יראה שלא יהיה בעולם כי אם ה' אחד ושמו אחד, והשמים כעשן ימלחו והארץ כבגד תבלה כדכתיב (ישעיה נא):
C'est que, par l'offrande de l'omer, Israël a trié tous ses actes, même ceux accomplis sans conscience, car il provenait d'orge, nourriture animale. D'où l'homme méritera-t-il d'avoir la force de trier même l'acte animal qu'il accomplit sans conscience ?
Il le peut lorsqu'il se trie lui-même, consciemment, jusqu'au point où sa force parvient ; alors s'élèvent également les actes accomplis auparavant sans conscience. Le sujet est expliqué dans Tiferet Yossef, Pessa'h, début (כי תבואו) : le commandement de l'omer était d'en apporter du grain frais, comme il est rapporté dans le Talmud (Menahot 72a) ; cela indique qu'il n'avait pas encore achevé de mûrir.
Il provenait aussi d'orge, nourriture animale, ce qui indique qu'il n'est pas encore dans la saisie de l'homme. Quelle discrimination est donc possible ?
Mais le commandement de l'omer indique qu'il annule toute sa saisie devant le Saint, béni soit-Il. Ce n'est pas comme les autres commandements, qui indiquent qu'il laisse une place à sa saisie et se trie lui-même à partir d'elle.
Le commandement de l'omer, lui, indique qu'il annule entièrement sa saisie et sa conscience devant le Saint, béni soit-Il, et c'est une grande discrimination. C'est à cela qu'allude l'enseignement de nos sages (Menahot 66a) selon lequel l'omer était tamisé par treize sortes de tamis : il était ainsi bien trié.
Une telle discrimination, où l'homme annule toute sa saisie, est grande contre les accusateurs, car l'accusation ne peut s'attacher à l'homme qu'au lieu où règne sa saisie, comme nous trouvons dans le Zohar (Ki Tissa 187b) : la bénédiction ne repose pas sur une chose qui a été denomgree. Et il est aussi rapporté dans le Talmud (Bava Metsia 42a) : la bénédiction ne réside que dans ce qui est caché au regard.
C'est-à-dire qu'une chose denomgree indique qu'il l'a déjà reçue dans sa saisie ; aucune bénédiction ne peut donc s'y attacher, car sa saisie est limitée et finie, et aucun accroissement ne peut y venir. Mais l'omer indique que l'homme annule toute sa saisie ; de cette manière, il peut mériter de l'emporter contre tous les accusateurs.
Voir aussi ibid., Chavouot, début (וביום), et Sod Yechariim II de Pessa'h, section 4. Il en va comme ce que nous trouvons dans le Talmud (Houlin 133a) au sujet d'Abaye : au début il s'emparait des dons sacerdotaux, disant : Je chéris ainsi le commandement.
Lorsqu'il entendit l'enseignement selon lequel il faut donner et ne pas prendre de soi-même, il ne s'en empara plus, mais disait : Donnez-moi. Puis, lorsqu'il entendit la baraïtha : les modestes retirent leurs mains et les avides se partagent, il cessa même de les recevoir.
Le sens est qu'il se tria par là : même lorsqu'il s'emparait des dons, son intention était bonne, uniquement de chérir le commandement. Bien qu'Abaye sachât déjà alors, au moment de s'en emparer, que son intention était pure et nette, seulement de chérir le commandement, sans visée pour satisfaire le désir du corps, cela est expliqué dans Mei ha-Chiloah I, traité Houlin 133a, début (אמר), ainsi que dans Sod Yechariim sur la Torah, manuscrit saint, paracha Mikets, début (כי כל בסופו) : après qu'Abaye se fut clarifié en cela, lorsqu'après avoir entendu il retira ses mains, ses premiers actes se trouvèrent eux aussi clarifiés ; ce dont il s'était emparé venait vraiment seulement de son amour des commandements.
Car ce qui devait être éclairci, à savoir s'il y avait en lui un intérêt propre, fut éclairci lorsqu'il se retira et s'abstint de recevoir après avoir entendu. Ainsi sont toutes les discriminations d'Israël : après qu'une chose est clarifiée, même ce qu'ils firent dans la dissimulation s'élève et se révèle venir de la profondeur du bon vouloir.
Voir plus bas, paracha Mikets, section 11. Cependant, pour les yeux de chair, tous ces éclaircissements étaient nécessaires, car il existe des hommes qui s'emparent pour remplir le désir de leur âme, étant avides et dévorant de la chair pour eux-mêmes.
Même s'il existe quelqu'un dont toute l'intention est seulement de chérir le commandement, qui peut en juger ? À l'œil humain, celui-ci s'empare et celui-là s'empare de la même façon.
Bien que celui-ci soit plein d'intériorité et que son intention soit bonne, uniquement pour le Ciel, l'apparence et la forme de ce monde font impression, au point que l'homme doit se clarifier contre cette apparence. Car tous les états de ce monde ne sont qu'apparence et forme, comme il est rapporté dans le Midrach (Bereshit Rabba 8) : la Vérité dit : Qu'il ne soit pas créé, car le monde est plein de mensonges.
C'est que l'homme s'imagine avoir la permission d'agir selon son choix ; en vérité, ce n'est que l'apparence. Selon la saisie de l'homme dans ce monde, le Saint, béni soit-Il, le conduit selon Son savoir, de sorte qu'il lui semble pouvoir agir selon le désir de son cœur, comme il est rapporté dans le Zohar (Bo 33) : cela tient à sa pensée, etc.
Voir plus haut, cette paracha, section 10, note 59. Mais en vérité absolue, rien ne se fait au monde en dehors du Nom ; aucune créature n'a le pouvoir de changer la volonté du Saint, béni soit-Il.
Les jours approchent où tout homme reconnaîtra cela et verra de ses yeux qu'il n'y aura au monde que le Nom Un et Son Nom Un ; les cieux se dissiperont comme une fumée et la terre s'usera comme un vêtement, comme il est écrit (Isaie 51).
אכן מאחר שהשי"ת הציב וברא הנהגה זו בעולם הזה ברצונו שידמה בתפיסת האדם שרשות נתונה, משמע מזה שאף זו ההנהגה הוא אמת ורצונו זהו כבודו, שכן זה הוא כל הקיום והויית עוה"ז, כענין דאיתא במדרש (שמות רבה ג) על שמי אתה שואלני לפי מדתי אני נקרא, בעת שאני תולה על חטאיו של אדם אני נקרא אל שדי, והוא כי באמת מי איכא ספיקא קמי שמיא הלא כל תעלומות לב יודע הוא, וכל מה שיהיה בסוף גלוי לפניו, אכן לפי הנהגת העוה"ז עולם זמני שהציב השי"ת וברוב חסדו החפץ להצדיק כל בריה, מזה יש לה הויה אף להרשעים שכל חייהם הוא רק לפי שעה. ולזה אף שנמצא חטאים באדם שהם מהתולדה וכדכתיב (תהילים נ״א:ז׳) ובחטא יחמתני אמי, ומאותן החטאים לא יוכל אדם לברר את עצמו, אכן השי"ת ברוב חסדו וטובו תולה על חטא האדם ודן אותו באשר הוא שם בההוה, שכל עוד שיוכל להפוך בזכות האדם שלא עשה פעולה בשאט נפש תולה לו על חטאיורנחמבואר במי השלוח ח"ב פרשת כי תצא ד"ה כי תצא [ב]:
בחטא נמצא שני ענינים אחד מחסרון הנטבע בתולדתו וזאת אין מכיר האדם יען שנטבע בו מתולדה, אבל מה שהחסרון מחטיאו בזה מרגיש האדם תיכף, אכן מזה קשה לו לפרוש מהחטא, ועל זה מבטיח הפסוק ונתנו ה' א-להיך בידך, והיינו שתכיר חסרון התולדה באיזו ענין הוא ותדע לפרוש ממנו.. וכן אנו רואים שכמה וכמה ד"ת יקרים מתהווים מעוה"ז הדמיוני והזמני, והד"ת האלה המה נצחיים עומדים ברומו של עולם לעד לעולם.
ולזה אף בפעולה שנראה על הגוון אשר לא טובה היא, אף שבשרשה טובה היא, מ"מ צריך האדם לברר את עצמו לעיני אדם לברר פעולתו זאת להאירה אף לפי תפיסת אדם, כי מאחר שלעין אדם נראה זו הפעולה היפך מטובה, משמע מזה שאף בפנימיות אינה נקיה ומבוררת עוד בשלימות, לזאת צריך האדם לזככה אף למראה עיני אדם. וזה הוא ג"כ הענין שאביי הוה מברר את עצמו במתנות כהונה ואף שידע בעצמו שבאמת עיקר כוונתו לשמים, אכן לעין אדם היה מברר את עצמו שחטיפתו לא היתה כחטיפת הגרגרנים אך לחבובי מצוה, ואחר שבירר עצמו שנמנע מכל וכל, אז נתברר שגם מה שחטף תחלה היה ג"כ לשם שמים, ולקח מתנות בערב יום הכפורים, היינו שקיבל זה עצמו בגודל בהירות וכ"ש הענין (בענין ערב יום כפור)רנטעיין סוד ישרים ערב יום הכפורים אות לב שמבאר מדוע נטל דווקא בעיו"כ מתנות.:
Cependant, puisque le Saint, béni soit-Il, a établi et créé de Sa volonté cette conduite dans ce monde, afin que l'homme s'imagine avoir permission d'agir, il ressort que cette conduite aussi est vérité, et que cette volonté est Son honneur. Car c'est toute la subsistance et l'existence de ce monde, comme il est rapporté dans le Midrach (Shemot Rabba 3) au sujet de : Tu demandes Mon Nom ?
Je suis appelé selon Ma mesure ; lorsque Je suspends le châtiment des fautes de l'homme, Je suis appelé El Chaddai. En vérité, y a-t-il un doute devant le Ciel ?
Ne connaît-Il pas tous les secrets du cœur, et tout ce qui sera à la fin n'est-il pas dévoilé devant Lui ? Mais selon la conduite de ce monde temporaire qu'a établi le Saint, béni soit-Il, dans Sa grande bonté, désirant justifier toute créature, les méchants aussi ont une existence, bien que toute leur vie ne soit que pour un temps.
C'est pourquoi, même si l'homme porte des fautes qui viennent de sa nature, comme il est écrit : Dans la faute ma mère m'a conçu (Psaumes 51,7), et que de ces fautes il ne peut se clarifier lui-même, le Saint, béni soit-Il, dans Sa grande bonté, suspend le jugement pour la faute de l'homme et le juge tel qu'il est à présent. Aussi longtemps qu'Il peut faire pencher l'homme du côté du mérite, en ce qu'il n'a pas agi de propos délibéré, Il l'attribue à ses fautes.
Il est expliqué dans Mei ha-Chiloah II, paracha Ki Tetse, début (כי תצא) [2] : dans la faute se trouvent deux choses : l'une est le manque imprimé dans sa nature, que l'homme ne reconnaît pas car il y est imprimé dès sa naissance ; mais lorsque le manque le fait fauter, l'homme le ressent aussitôt. Il lui est toutefois difficile de se séparer de la faute, et à ce sujet le verset promet : le Nom, ton Elokim, le livrera entre tes mains ; c'est-à-dire que tu reconnaîtras en quoi consiste le défaut de ta nature et sauras t'en séparer.
Nous voyons de même que beaucoup de paroles de Torah précieuses naissent de ce monde imaginaire et temporaire, et ces paroles de Torah sont éternelles, demeurant pour toujours au plus haut du monde. Aussi, dans un acte dont l'apparence semble mauvaise, bien que sa racine soit bonne, l'homme doit se clarifier aux yeux des hommes et clarifier cet acte afin de l'éclairer même selon la saisie humaine.
Car puisqu'aux yeux de l'homme cet acte semble le contraire du bien, il ressort que même dans son intériorité il n'est pas encore entièrement pur et clarifié ; l'homme doit donc le purifier jusqu'à l'apparence des yeux humains. C'est aussi le sujet de ce qu'Abaye se clarifiait au sujet des dons sacerdotaux.
Bien qu'il sût en lui-même que son intention essentielle était réellement pour le Ciel, il se clarifia aux yeux des hommes : sa saisie des dons n'était pas celle des avides, mais pour chérir le commandement. Après s'être clarifié en s'abstenant entièrement, il fut clarifié que ce dont il s'était emparé au début était aussi pour le Ciel.
Il reçut des dons à la veille de Yom Kippour, c'est-à-dire qu'il reçut cette chose même dans une très grande clarté ; tel est aussi le sujet de la veille de Yom Kippour. Voir Sod Yechariim, veille de Yom Kippour, section 32, qui explique pourquoi il reçut précisément des dons à cette veille.
ואתה את בריתי תשמור. הכתוב הזה מרמז על עבודה מצד האדם, באם ירצה להבין בתפיסתו להכיר מפני מה בחר בו ה' להתקשר עמו בברית, אזי יצטרך לעבודה לשמור את מצות ה', ולזה נקרא זו המצוה בזוה"ק (וירא צח:) פתח האהל, שזה מורה על ההכרה זו לידע בנפשיה מפני מה בחר בו ה'רסעיין לעיל פרשת נח אות לג ד"ה וזהו כוונת, לקמן פרשת וירא אות יג.:
Et toi, garde Mon alliance. Ce verset fait allusion au travail qui incombe à l'homme.
S'il veut comprendre selon sa saisie pourquoi le Nom l'a choisi pour conclure une alliance avec lui, il devra travailler à garder les commandements du Nom. C'est pourquoi ce commandement est appelé dans le Zohar (Vayera 98b) la porte de la tente : cela indique cette connaissance de savoir en soi-même pourquoi le Nom l'a choisi.
Voir plus haut, paracha Noah, section 33, début (וזהו כוונת), et plus bas, paracha Vayera, section 13.
והיה לאות ברית ביני וביניכם וגו'. הענין בזה הוא כדאיתא במס' אבות (פ"ב) בטל רצונך מפני רצונו כדי שיבטל רצון אחרים מפני רצונך.
והוא, כי מדת אברהם הוא מדת החסד להתפשט ולהרבות טוב לכל, היפך מאנשי סדום שרצו למנוע מדת החסד לבל ייטיבו לשום אדם, וכדאיתא עליהם בש"ס (סנהדרין קט.) שאמרו בואו ונשכח תורת הרגל מארצנו, לזה אחר שמל אאע"ה את עצמו ובירר את מדותיו אזי נהפכה סדום ובנותיה, שכן אם תתברר נפש מישראל באיזה מדה אז מתבטלת האומה המתנגדת לזו המדה, לזה כאשר הסיר אברהם מאתו את ערלת בשרו, נתבטלה ערלת כל העולם, סדום ובנותיהרסאעיין בבית יעקב שמות פרשת בא אות נו: הנה המצוה היתה קודם יציאת מצרים לימול הערלה.
כי במצרים הוא התגברות התאווה והשכחה מהשי"ת. וכמו כן נקרא מצרים ערוות הארץ, שג"כ מורה על זה שהיו שוכחים בהשי"ת לגמרי שהוא המנהיג.
ונגד זה צוה השי"ת לבני ישראל שהיו משוקעים בתוכם, לחתוך הערלה ולצמצמם בזה המקום. וזה הוא מילה, רחמי לישראל ודינא למצרים, שמכח זה נאבדו מכל וכל.
וכמו כן מצינו באברהם אבינו ע"ה, שאחר מצוות מילה נהפכה סדום, שהיו ג"כ מלאים כל טוב וכו'. ובסוד ישרים ליל שביעי של פסח אות טו [א]:
והנה כאשר נתבררו ישראל באיזה מידה בתכלית השלימות, אזי נתבטל מן העולם אותה האומה שהיא עומדת נגד זו המידה וכו' עיי"ש. ועיין עוד לקמן פרשת וירא אות כג, כד, כו ד"ה ומהפכת.:
Et ce sera le signe d'une alliance entre Moi et vous, etc. Le sujet est celui qui est rapporté dans les Pirkei Avot (chap.
2) : Annule ta volonté devant Sa volonté, afin qu'Il annule la volonté des autres devant ta volonté. La qualité d'Abraham est celle du hesed, la bonté, qui se répand et multiplie le bien pour tous, à l'inverse des gens de Sodome, qui voulaient empêcher la qualité de bonté, afin de ne faire de bien à personne.
Il est rapporté à leur sujet dans le Talmud (Sanhédrin 109a) qu'ils disaient : Venez, faisons oublier de notre terre la loi du pèlerinage. Aussi, après que notre père Abraham se fut circoncis et eut clarifié ses qualités, Sodome et ses filles furent renversées.
Car lorsqu'une âme d'Israël est clarifiée dans une qualité, la nation opposée à cette qualité est annulée. Aussi, lorsque Abraham retira de lui le prépuce de sa chair, le prépuce du monde entier fut annulé : Sodome et ses filles.
Voir Beth Yaakob, Shemot, paracha Bo, section 56 : le commandement, avant la sortie d'Égypte, était de circoncire le prépuce. Car l'Égypte est le renforcement du désir et de l'oubli du Saint, béni soit-Il.
L'Égypte est aussi appelée la nudité de la terre, ce qui indique également qu'on y oubliait entièrement le Nom, qui est le conducteur. Contre cela, le Saint, béni soit-Il, ordonna aux enfants d'Israël, qui étaient plongés parmi eux, de couper le prépuce et de se restreindre en cet endroit.
Tel est le sens de la circoncision : miséricorde pour Israël et jugement pour l'Égypte ; par sa force ils disparurent entièrement. De même nous trouvons chez Abraham notre père, de mémoire bénie : après le commandement de la circoncision, Sodome, qui était aussi pleine de tout bien, fut renversée.
Et dans Sod Yechariim, septième nuit de Pessa'h, section 15 [1] : lorsqu'Israël fut clarifié dans une qualité avec une perfection complète, la nation qui s'oppose à cette qualité fut annulée du monde, etc. Voir aussi plus bas, paracha Vayera, sections 23, 24, 26, début (ומהפכת).
« Elokim dit à Avraham : Saraï, ta femme, tu ne l’appelleras plus Saraï, car son nom est Sarah. » Par cette parole, le Saint, béni soit-Il, montra à Avraham qu’il est élu et délimité de Son côté, même sans action, comme « une femme est comme déjà circoncise ». L’accusation demeure : « En quoi ceux-ci diffèrent-ils de ceux-là ? » Le Beit Yaakov enseigne qu’Israël doit se distinguer lui-même, afin qu’il apparaisse à tous que ceux-ci diffèrent de ceux-là. Quatre paroles de la circoncision sont une prophétie pour chaque âme : crainte, alliance sans action, service de l’homme, et intelligence pour établir aux yeux de tous que l’action est bonne.
Aussi : Avraham circoncis à quatre-vingt-dix-neuf ans, le prépuce superflu dont le retrait renverse Sodome ; après la circoncision, ses actes de « Garde » à « Souviens-toi » ; il rapporte du Mei HaChiloah le paresseux comme une haie d’épines, les droits aplanis par l’amour
ויאמר א-להים אל אברהם שרי אשתך לא תקרא את שמה שרי כי שרה שמה וגו'. בזה המאמר הראה השי"ת לאאע"ה שמצדו יתברך הוא מבורר ומצומצםרסבעיין לעיל אות מט ובהערות שם., כענין דאיתא בש"ס (ע"ז כז.) אתתא כמאן דמהילא דמיא, ואף בלי שום פעולה מצדם.
אכן ע"ז נמצא קטרוג מה נשתנו אלו מאלו, מאחר שאינו מברר את עצמו מצדו. וכמו שהיה הקטרוג על ישראל בעברם את הים, ונצרך להם ישועת ה' לעשות להם נס ופלא, אזי קטרגו עליהם שרי מעלה מה נשתנו אלו מאלו הללו עובדי עבודה זרה והללו עובדי עבודה זרה וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קע:) ובמדרש רבה (בשלח כא), והוא מפני שהיו עוד ערום ועריה מפעולות ולא היה להם ד"ת עוד.
ואף כי יבוא יום שיברר השי"ת שישראל מבוררים בשורש מכל אלה, אכן לעין אדם שלא ימצא עליו שום קטרוג מוכרח גם הישראל לברר את עצמו מצדו, שיתברר לעין כל שבאמת נשתנו אלו מאלו, ומזה הם כל הסבלנות של ישראל והצמצומיםרסגעיין תפארת יוסף מסכת ברכות (ב.) ד"ה אמר הובאו דבריו לעיל פרשה זו אות מ בהערה רא שם. ועיין עוד בסוד ישרים ליל שביעי של פסח אות ה בסופו..
וארבעה מאמרים נאמרו בפרשת מילה. א) ויאמר אליו אני אל שדי וגו'.
ב) וידבר אתו א-להים לאמר אני הנה בריתי אתך. ג) ויאמר א-להים אל אברהם ואתה את בריתי תשמור.
ד) ויאמר א-להים אל אברהם שרי אשתך לא תקרא את שמה שרי כי שרה שמה. ואלו המאמרים הם נבואה לכל דור ולכל פרט נפש ישראל, לידע איך השי"ת עוסק עם כל פרט ופרט נפש ישראל, ואף שכל התורה היא רק דרכי נבואה להבין ולהשכיל העסק שיש להשי"ת עם עמו ישראל, אכן כאן הוא נבואת השי"ת מפורש ביותר בסוד השם יקו"ק.
מאמר הראשון רומז לאות י' משם הוי"ה, שהוא ראשית ההארה, וראשית ההארה הוא יראת ה', וע"ז מורה אומר השי"ת אני אל שדי אני ולא אתה, ומזה נצמח גודל יראה לאדם, שאם יאמר האדם שזך הוא בלי פשע יבררו השי"ת להיפך. ואם יכיר ערכו שהוא בעל חסרון, אזי יברר אותו השי"ת שהוא שלם, וכענין דאיתא בש"ס (שבת פט.) אמר לו הקב"ה למשה הואיל ומיעטת עצמך תקרא התורה על שמך שנאמר זכרו תורת משה עבדי.
ומאמר השני הוא כנגד אות ה' משם הוי"ה, ורומז על אהבת השי"ת לישראל, ונותן תקיפות בלב ישראל, כי אף שזכות אבות תמה ברית אבות לא תמה, כדאיתא בש"ס (שבת נה.) ובתוספות שם. זכות אבות מורה על כח עבודת האבות, וברית אבות מורה כענין דכתיב אני הנה בריתי אתך, שזה מורה על התקשרות השי"ת עם ישראל אף בלי שום פעולה ומעשה הטוב מצדם.
וזה המאמר נאמר לאברהם קודם שמל, א"כ כי אם לא היה נאמר לו מתחלה זה המאמר לא היה ביכלתו להמול, כי האיך יקדים אדם לה'רסדלעיל פרשה זו אות מב ובהערה ריא שם.. ומאמר השלישי מורה על עבודה מצד האדם.
ומאמר הרביעי מורה על מבינות בעוה"ז, לברר אף בעוה"ז לעין כל את המעשה אשר יעשון כי טוב הוא. ובאלו הארבעה פרשיות נאמר שלש עשרה בריתות כנגד שלש עשרה מדות הרחמים שהם הכולל כלל כל העולם.
במאמר הראשון נאמר רק פעם אחת ברית שהוא ברזא דאות י' משם הוי"ה. ובמאמר השני נאמרו שלש בריתות שהוא ברזא דאות ה' משם הוי"ה ובאות ה' נמצא שלשה קוין.
ובמאמר השלישי נאמרו שש בריתות שהוא ברזא דאות ו' משם הוי"ה ששה קצוות. ובמאמר הרביעי נאמרו שלש בריתות שהוא ברזא דאות ה' תתאה משם הוי"ה.
ושני המאמרים הראשונים שהם ברזא די"ק הם בנסתרות על אלין תרין כתיב הנסתרות לה' א-להינו. ושני מאמרים האחרונים שהם ברזא דו"ק הם גלויים והאדם יוכל להגיע שם בפעלו הטוב בעיני ה'.
ובזה ניכר ההבדל שבין ישראל לעמים, שדרך העכו"ם הוא שאם יהיה להם איזה טובה יתפשטו בה ביותר, אבל ישראל זרע אברהם אוהבו, שאף כי הראה לו השי"ת שקדוש הוא אף בלי שום פעולה מצדו, אתתא כמאן דמהילא דמיא, והוא לא סמך את עצמו על זה. וכן ישראל היוצאים ממנו לא יחפצו בזאת להשען ולבטוח על הבירור שהוא אף בלי שום פעולה מצדם, אכן כל הימים אשר המה חיים על פני האדמה מצמצמים את עצמם ועוסקים בתורה ומצות מעשיות, לברר ולהאיר לעין כל מפני מה רק בהם בחר ה'רסהלעיל פרשה זו אות ב ד"ה והנה בסופו..
וע"ז נאמר (משלי ט״ו:י״ט) דרך עצל כמשוכת חדק ואורח ישרים סלולה וכדאיתא ע"ז במי השלוח (ח"א פרשת בא) בפסוק משכו וקחו לכם צאןרסוזה לשון קדשו במי השלוח ח"א פרשת בא ד"ה משכו: כתיב (משלי ט״ו:י״ט) דרך עצל כמשוכת חדק ואורח ישרים סלולה.
דרך עצל היינו אף שאדם מונע את עצמו ממעשים רעים וממחשבות רעות ורצונות רעות, אף שאינו עושה זאת מחמת אהבת הש"י רק עושה כעצל, כגון שמבין שבעוה"ז לא יצלחו לו דברים כאלה, או באופן אחר שאינו מאהבת הש"י, אז דרכו הוא כמשוכת חדק, כי הלב לא יוכל להיות פנוי ממחשבות ורצונות אף רגע אחת, וכאשר יסור מחשבות תאוה מלבו יבא ללבו מחשבת כעס וכדומה, וכל דרכיה המה כמשוכת חדק, כי לעולם יצטרך לסגוף ועבודה קודם שיסור דבר אחד מלבו יבא ללבו דבר אחר שאינו הגון. אבל אורח ישרים היינו שפונה מכל דבר מחמת אהבת השי"ת, זה הוא דרכו סלול לטוב, כי כאשר יסור מלבו איזה דבר רע ישאר בלבו אהבת הש"י, וממילא לא יבא ללבו שום דבר אחר שלא כהוגן.
עיין עוד בבית יעקב שמות פרשת בא אות מז, סוד ישרים א' דפסח אות ד, ה, יב, טו, יח, כ.:
Elokim dit à Abraham : "Sarai, ta femme, tu ne l'appelleras plus Sarai, car son nom est Sarah", etc. Par cette parole, le Saint, béni soit-Il, montra à notre père Abraham que, de Son côté, il est élu et délimité (voir plus haut, par.
49 et les notes là-bas), selon ce qui est dit dans le Talmud (Avoda Zara 27a) : "Une femme est comme déjà circoncise", et cela même sans aucune action de leur part. Mais sur cela se trouve l'accusation : "En quoi ceux-ci diffèrent-ils de ceux-là ?", puisqu'il ne se distingue pas lui-même de son côté.
Telle fut l'accusation contre Israël lorsqu'ils traversèrent la mer : ils eurent besoin du salut de ה' pour qu'Il fit pour eux miracle et prodige ; alors les princes célestes les accusèrent : "En quoi ceux-ci diffèrent-ils de ceux-là ? Ceux-ci servent l'idolâtrie et ceux-là servent l'idolâtrie", comme il est rapporté dans le Zohar (Terouma 170b) et dans le Midrach רבה (Bechalah 21).
Cela parce qu'ils étaient encore nus et dépouillés d'actes, et n'avaient pas encore de connaissance (דעת). Certes, viendra le jour où le Saint, béni soit-Il, établira qu'Israël est, à sa racine, distingué de tous ceux-là ; mais afin qu'aux yeux de l'homme aucune accusation ne puisse être trouvée contre lui, Israël doit aussi se distinguer lui-même de son côté, afin qu'il apparaisse à tous qu'en vérité ceux-ci diffèrent de ceux-là.
De là viennent toutes les souffrances d'Israël et les restrictions (voir Tiferet Yossef, traité Berakhot 2a, s.v. Amar, cité plus haut dans cette paracha, par.
40, note 201 ; voir aussi Sod Yesharim, septième nuit de Pessa'h, par. 5, fin).
Quatre paroles furent dites dans le passage de la circoncision : a) "Il lui dit : Je suis El Chaddai..." b) "Elokim parla avec lui en disant : Voici, Mon alliance est avec toi." c) "Elokim dit à Abraham : Quant à toi, tu garderas Mon alliance." d) "Elokim dit à Abraham : Sarai, ta femme, tu ne l'appelleras plus Sarai, car son nom est Sarah." Ces paroles sont une prophétie pour chaque génération et pour chaque âme particulière d'Israël, afin de savoir comment le Saint, béni soit-Il, agit envers chaque âme particulière d'Israël. Toute la Torah n'est certes que les voies de la prophétie, pour comprendre et saisir l'action du Saint, béni soit-Il, envers Son peuple Israël ; mais ici se trouve la prophétie explicite au plus haut point, dans le secret du Nom.
La première parole fait allusion à la lettre yod du Nom, qui est le commencement de l'illumination, et le commencement de l'illumination est la crainte de ה'. À cela correspond ce que le Saint, béni soit-Il, dit : "Je suis El Chaddai" - Moi, et non toi.
De là naît chez l'homme une grande crainte : si l'homme dit qu'il est pur, sans faute, le Saint, béni soit-Il, établira le contraire ; et s'il reconnaît sa valeur, qu'il est un être déficient, le Saint, béni soit-Il, établira qu'il est entier. Ainsi qu'il est dit dans le Talmud (Chabbat 89a) : le Saint, béni soit-Il, dit à Moché : "Puisque tu t'es amoindri, la Torah sera appelée de ton nom", comme il est dit : "Souvenez-vous de la Torah de Moché, Mon serviteur" (Malachie 3,22).
La deuxième parole correspond à la lettre hé du Nom et fait allusion à l'amour du Saint, béni soit-Il, pour Israël ; elle donne force au cœur d'Israël. Car bien que le mérite des pères soit achevé, l'alliance des pères n'est pas achevée, comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 55a) et dans les Tossafot là-bas.
Le mérite des pères indique la force du service des pères ; l'alliance des pères indique ce qui est écrit : "Voici, Mon alliance est avec toi", ce qui indique l'attachement du Saint, béni soit-Il, à Israël même sans aucune action ni bonne œuvre de leur part. Cette parole fut dite à Abraham avant qu'il se circoncît ; si donc cette parole ne lui avait pas d'abord été dite, il n'aurait pas eu la possibilité de se circoncire.
Car comment l'homme précéderait-il ה' ? (voir plus haut, cette paracha, par.
42, note 211). La troisième parole indique le service du côté de l'homme.
La quatrième parole indique l'intelligence dans ce monde-ci, pour établir, même dans ce monde-ci et aux yeux de tous, que l'action qu'ils accompliront est bonne. Dans ces quatre passages sont dites treize alliances, correspondant aux treize attributs de miséricorde, qui englobent la totalité du monde.
Dans la première parole, alliance n'est dite qu'une fois : cela est dans le secret de la lettre yod du Nom. Dans la deuxième parole, trois alliances sont dites : cela est dans le secret de la lettre hé du Nom, et dans la lettre hé il y a trois traits.
Dans la troisième parole, six alliances sont dites : cela est dans le secret de la lettre vav du Nom, les six extrémités. Dans la quatrième parole, trois alliances sont dites : cela est dans le secret du hé inférieur du Nom.
Les deux premières paroles, qui sont dans le secret de י"ק (yod-hé), sont cachées ; à propos de ces deux-ci il est écrit : "Les choses cachées appartiennent à ה' notre Elokim" (Deutéronome 29,28). Les deux dernières paroles, qui sont dans le secret de ו"ק (vav-hé), sont révélées, et l'homme peut y parvenir par son action bonne aux yeux de ה'.
C'est par cela que se reconnaît la différence entre Israël et les nations : le chemin des idolâtres est que, s'ils reçoivent quelque bien, ils s'y étendent excessivement. Mais Israël est la semence d'Abraham, Son ami : bien que le Saint, béni soit-Il, lui ait montré qu'il est saint, même sans aucune action de son côté - "une femme est comme déjà circoncise" -, Abraham ne s'appuya pas sur cela.
De même, Israël issu de lui ne veut pas s'appuyer ni se fier à cette distinction qui existe sans aucune action de son côté. Au contraire, tous les jours où ils vivent sur la face de la terre, ils se restreignent et s'occupent de Torah et de mitsvot pratiques, afin d'établir et d'éclairer aux yeux de tous pourquoi ה' ne les a choisis qu'eux (voir plus haut, cette paracha, par.
2, s.v. Véhiné, fin).
À ce sujet il est dit : "Le chemin du paresseux est comme une haie d'épines, mais la voie des hommes droits est aplanie" (Proverbes 15,19). Il est rapporté à ce sujet dans Mei HaChiloah (I, paracha Bo), sur le verset "Tirez et prenez pour vous du petit bétail" : "Il est écrit : 'Le chemin du paresseux est comme une haie d'épines, mais la voie des hommes droits est aplanie' (Proverbes 15,19).
Le chemin du paresseux : même lorsqu'un homme se retient d'actes mauvais, de pensées mauvaises et de volontés mauvaises, s'il ne le fait pas par amour de ה' mais comme un paresseux - par exemple, parce qu'il comprend que de telles choses ne lui réussiront pas dans ce monde-ci, ou d'une autre manière qui ne vient pas de l'amour de ה' -, son chemin est comme une haie d'épines. Car le cœur ne peut être libre de pensées et de volontés même un seul instant ; lorsqu'une pensée de désir quitte son cœur, une pensée de colère ou autre chose y entre.
Tous ses chemins sont donc comme une haie d'épines : il aura toujours besoin de mortification et de travail ; avant qu'une chose quitte son cœur, une autre chose inconvenante y entre. Mais 'la voie des hommes droits' signifie qu'il se détourne de toute chose par amour du Saint, béni soit-Il ; son chemin est alors aplani vers le bien.
Car lorsqu'une chose mauvaise quitte son cœur, il y reste l'amour de ה', et de lui-même aucune autre chose inconvenante n'entre dans son cœur." Voir aussi Beit Yaakov, Chemot, paracha Bo, par. 47 ; Sod Yesharim I de Pessa'h, par.
4, 5, 12, 15, 18, 20.
ואברהם בן תשעים ותשע שנה בהמולו בשר ערלתו. זה שאמר הכתוב (תהלים כה) סוד ה' ליראיו ובריתו להודיעם.
והוא, שהשי"ת צוהו והודיעו מצותו זאת בעוד דהיה בכחו השלימיי, כי אחר מאה שנה אזי האדם הוא כעבר ובטל מן העולם, לזה קודם שנכנס לשנת המאה צוה לו השי"ת את בריתו, שזה הוא השורש מכל המעשים, שעי"ז יהיה בהם השלימות, שכן כל המעשים שעשה אברהם עד הנה היו נראים בעיניו כאינם מזוככים, עד שאמר לו השי"ת שיסיר מאתו הצפורן כדאיתא במדרש (לך רבה מו), וצפורן היינו מותרות, שלא ירע לאדם בהנטלו. וכאשר הסיר אברהם אבינו מעצמו ערלת בשרו שהיה מותר אצלו, אזי הסיר הקב"ה מותרות העולם ונהפכה סדוםרסזכמו שמבואר לעיל פרשה זו אות נד ובהערה רסא שם..
ואחר שנמול אברהם אבינו, אז הראה לו השי"ת שכל אשר עשה ופעל עד הנה הוא מבורר בשלימותרסחלעיל פרשה זו אות מו, בית יעקב ויקרא פרשת בהר אות י בסופו, בית יעקב הכולל פ' וירא אות יד., וכענין דאיתא בש"ס (חולין קז:) מאי לאו דזהיר ולא נגע לא דזריז קדים ומשי ידיה. ונוגע והוא שהזהירות היתה לו עוד מכבר, וע"י הזהירות בא עתה לידי זריזות, כדאיתא בש"ס (ע"ז כ:) זהירות מביא לידי זריזות, והאיר השי"ת לאברהם שכל אשר פעל ועשה עד הנה הוא ברזא דשמור ועתה זכה לרזא דזכור:
Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans lorsqu'il circoncit la chair de son prépuce. C'est ce que dit l'Écriture : "Le secret de ה' est pour ceux qui Le craignent, et Son alliance, pour la leur faire connaître" (Psaumes 25,14).
Le Saint, béni soit-Il, lui ordonna et lui fit connaître cette mitsva alors qu'il était encore dans sa force entière ; car après cent ans, l'homme est comme passé et annulé du monde. C'est pourquoi, avant qu'il entrât dans sa centième année, le Saint, béni soit-Il, lui ordonna Son alliance, qui est la racine de tous les actes, par laquelle ils parviennent à la perfection.
Car tous les actes qu'Abraham avait accomplis jusqu'alors lui apparaissaient comme non raffinés, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, lui dit de retirer de lui l'ongle, comme il est rapporté dans le Midrach (Lekh Lekha רבה 46). Or l'ongle signifie le superflu, dont l'enlèvement ne fait pas mal à l'homme.
Lorsque notre père Abraham retira de lui le prépuce de sa chair, qui était pour lui un superflu, le Saint, béni soit-Il, retira le superflu du monde et Sodome fut renversée (comme expliqué plus haut dans cette paracha, par. 54, note 261).
Après que notre père Abraham fut circoncis, le Saint, béni soit-Il, lui montra que tout ce qu'il avait fait et accompli jusqu'alors était établi dans la perfection (voir plus haut, cette paracha, par. 46 ; Beit Yaakov, Vayikra, paracha Behar, par.
10, fin ; Beit Yaakov haKolel, paracha Vayera, par. 14).
Ainsi qu'il est dit dans le Talmud (Houlin 107b) : "N'est-ce pas qu'il était vigilant et ne toucha pas ? Non : il était empressé, il devança et lava ses mains." "Il touche" : sa vigilance existait déjà auparavant, et par la vigilance il parvint maintenant à l'empressement, comme il est dit dans le Talmud (Avoda Zara 20b) : "La vigilance conduit à l'empressement." Le Saint, béni soit-Il, éclaira Abraham : tout ce qu'il avait accompli et fait jusqu'alors était dans le secret de "Garde" (שמור), et maintenant il mérita le secret de "Souviens-toi" (זכור).
Dans Ets 'Haim, le secret de la circoncision et de la péri'a (dévoilement) contient les lois de la lésion : moins d'un sixième, un sixième et plus d'un sixième. Le Beit Yaakov enseigne que, par la circoncision, le Saint, béni soit-Il, a acquis le monde à Avraham, selon le Midrach Tan'houma. Dans le service, l'homme se clarifie dans les six extrémités : moins d'un sixième se remet ; à un sixième l'achat demeure et l'on rend la lésion, comme Yossef et ses frères ; au-delà, l'achat est annulé, comme Esaue. Du côté du vendeur, la séduction des lèvres se remet ; un sixième est Balaam, et dans l'avenir on rendra la lésion.
Aussi : la divergence du sela, un sixième, un douzième, un vingt-quatrième ; dans les vêtements de Torah, même moins d'un sixième se rend ; au Yovel le Nom montre que l'homme n'avait besoin d'aucun service
איתא בעץ חיים (שער אונאה – שער לג – פרק ג) בסוד מצות מילה ופריעה הוא כל הלכות אונאה פחות משתות ושתות ויתר משתותרסטוכן מבואר העניין בלקוטי תורה – טעמי המצוות לרבנו האריז"ל פרשת לך, שער המצוות פרשת לך.. כמו שנמצא באונאה פחות משתות שנמחל.
ושתות שקנה מקח ומחזיר אונאה. ויתר על שתות שבטל מקח.
הן בלוקח אם נתאנה והן אם נתאנה מוכר, בהלבושין מדברי תורה. כן נמצא כל אלה בעבודה ובפנימיות מד"ת הן לצד הטוב והן בההיפוך וכמו שיתבאר.
והענין בזה הוא, שבמצות מילה הקנה הקב"ה את העולם לאברהם ולזרעו, וכדאיתא במדרש תנחומא (פ' בהר) אל תונו אמר הקב"ה אני מכרתי את העולם לאברהם ולא הוניתי אותו חזר והקנה אותו לי (וכמ"ש לעיל ענין ב) וגם בעבודה צריך להיות בשלימות בלא רמיה ואונאה. והוא, כי בעבודה לצד הטוב הוא כמו בהמאמר ואתה את בריתי תשמור, שצוה השי"ת לאאע"ה, שזה מורה שהאדם יברר את עצמו בכל הששה קצוות, שכן נאמר בזו הפרשה שש בריתותערכמבואר בארוכה לעיל פרשה זו אות נה., ובזה יוכל האדם לאנות את עצמו או בפחות משתות או בשתות או ח"ו ביתר משתות שהוא ביטול מקח לגמרי.
אם יונה את עצמו זה נקרא נתאנה לוקח. ואם ידמה לו שאנה את השי"ת זה נקרא נתאנה מוכר.
נתאנה לוקח בפחות משתות הוא כגוונא דאיתא בש"ס (ר"ה ו.) כופין אותו עד שיאמר רוצה אני, והוא שבאמת עומק לב ישראל נמשך אחר רצון השי"ת, אכן על הלבוש נמצא מניעות שמונעים אותו מעבוד את ה'רעאנתבאר במי השלוח ח"ב פרשת יתרו ד"ה וישמע יתרו [א] בסופו: איתא בגמ' (ראש השנה ו.) כופין אותו עד שיאמר רוצה אני ואף שזה נראה כאונס והקרבן צריך להיות לרצונו, אכן יען שלפני השי"ת נתגלה מעמקי הלב שרוצה בעומק הלב ליתן הקרבן, אך על הלבוש יש לו מניעות, אבל כאשר יאמר גם בשפתיו הרי ברו כתוכו, ופיו ועומק לבו שוים זה נקרא לרצונו., והוא מתאנה בזה, והוא רק בפחות משתות שהוא מחילה גמורה.
ושתות הוא כגוונא דאחי יוסף עם יוסף, שהוא היה ברזא דברית ביראה מופלגת. ואחיו היה להם תקיפות מעט ממאמר השי"ת לאברהם אבינו אני הנה בריתי אתך לכן מכרו את יוסף, היינו שמכרו זאת המדה, והיו צריכים לשוב ע"ז וסבלו מזה הרבה עד שהוכרחו להעלות עצמותיו ולקברם בשכם ממקום שנטלוהו שם החזירוהו, וזו האונאה הוא בשתות שקנה ומחזיר אונאה והמקח קיים, וכדאיתא (עץ חיים שער אונאה פ"א) לא מפני כך נתבטלה האחוה שביניהםרעבוזה לשון רבנו האר"י ז"ל בעץ החיים שער אונאה – שער לג – פרק א בביאור עניין זה:
אבל אם אונאה הוא שתות ממש, אז לא נאמר שיתבטל המקח וכו'. אלא יתקיים המקח וכו', אבל לאחר זמן מחזיר האונאה.
ר"ל, שיש פעמים שיש אונאה שתות שוה, ויעמוד כך זמן מה, ואח"כ יחזור האונאה למקומה. אבל התפשטות ישאר במקומו, שהוא בחינת קיום המקח.
והנה זהו עניין גניבת השבטים ליוסף אחיהם, ומכרוהו למצרים, לא מפני כך נתבטלה האחוה אשר ביניהם. אמנם נשאר הדבר כך בעת ההוא, ואח"כ החזירו האונאה למקומה.
וכמ"ש ואת עצמות יוסף קברו בשכם וגו'. וכמ"ש והעליתם את עצמותי מזה אתכם, והחזירוהו למקומו.
וכן מבואר בשער המצוות לרבנו האריז"ל פ' לך דרוש ב. ועניין עצמות יוסף מתבאר לקמן בפרשת וישב אות יז ד"ה ועניין היחוס, אות מ ד"ה וכן היה ובהערות שם..
וזה הוא בכל פרט נפש ישראל שתועיל לו תשובה על חטאו וקנה ומחזיר אונאה. וזה מרמז במדרש רבה (וישב פרשה פה) במשל שנכנסו למרתף של יין ונטלו קנקן של יין ושתו ובא בעל המרתף וכו' אמר להם יערב לכם יבושם לכם ימתק לכם שתיתם את היין החזירו את הקנקן למקומו.
וכן נמצא בההיפך, אונאה ביתר משתות ח"ו שבטל מקח לגמרי, כגוונא שמצינו בעשו שלקח לעצמו גודל תקופות ביתר ואמר על עצמו (עובדיה א׳:ג׳) שוכני בחגוי סלע אומר בלבו מי יורדני ארץ עד שיצא חוץ לשיטה לגמרי בבטחונורעגענין עשו מבואר רבות בספרי רבוה"ק ונביא כאן קומץ מדבריהם הקדושים: איתא בבית יעקב שמות פרשת בשלח אות קיב:
שעמלק ג"כ אומר שהוא במקום גבוה דבוק, ואינם צריכים לעבודה שנולדים מיצחק ומרבקה, כמש"כ (עובדיה א׳:ג׳) שוכני בחגוי סלע מרום שבתו אומר בלבו מי יורידני ארץ. וכן בתפארת יוסף פרשת זכור ד"ה זכור:
וזה הוא הענין ממלחמת עמלק שעליו אמר הכתוב (עובדיה א׳:ג׳) שוכני בחגוי סלע מרום שבתו אומר בלבו מי יורידני ארץ. וכמו שביאר בזה כבוד אזמו"ר זללה"ה שזה הוא כל התקיפות שלו, שיש לו חלק בקדושת אבות, מאחר שבא משני צדיקים מיצחק ורבקה, והולך ומתפשט עצמו בכל מזימת לבו על סמך התקיפות הזה.
ועיין עוד בזה סוד ישרים פ' זכור אות טו, יט, פורים אות ח ד"ה והנה, אות יא ד"ה ומאן דאמר [ב], ועיין עוד כאן בספרנו פ' ויצא אות סט, פ' וישלח אות יד ד"ה וזה, פ' וישב אות א ד"ה והתגלות, אות ד ד"ה תחת ישמעאל, אות ח, יז., זה וזה הוא ביטול מקח לגמרי יתר משתות:
Il est rapporté dans Ets Haim (Porte de la lésion - porte 33, chap. 3) que, dans le secret du commandement de la circoncision et de la péri'a (dévoilement), se trouvent toutes les lois de la lésion: moins d'un sixième, un sixième et plus d'un sixième.
La chose est aussi expliquée dans Likoutei Torah - Ta'amei haMitsvot de notre maître le Ari zal, paracha Lekh Lekha, Porte des mitsvot, paracha Lekh Lekha. Ainsi trouve-t-on, dans la lésion, que moins d'un sixième est remis; qu'à un sixième l'achat demeure et l'on rend la lésion; et qu'au-delà d'un sixième l'achat est annulé.
Cela vaut tant pour l'acheteur, s'il a été lésé, que pour le vendeur, s'il a été lésé, dans les vêtements des paroles de Torah. Toutes ces modalités se trouvent également dans le service et dans l'intériorité des paroles de Torah, tant du côté du bien que de son contraire, comme il sera expliqué.
La raison en est que, par le commandement de la circoncision, le Saint, béni soit-Il, a acquis le monde à Abraham et à sa descendance. Comme il est rapporté dans le Midrach Tan'houma (paracha Behar): 'Ne lésez pas.' Le Saint, béni soit-Il, dit: 'J'ai vendu le monde à Abraham et je ne l'ai pas lésé; il me l'a de nouveau acquis' (ainsi qu'il est écrit plus haut, sujet 2).
Dans le service aussi, il faut être dans la perfection, sans tromperie ni lésion. Du côté du bien, cela est selon l'énoncé: 'Et toi, tu garderas Mon alliance', que le Nom ordonna à notre père Abraham.
Cela indique que l'homme se clarifie lui-même dans les six extrémités, car il est dit dans cette paracha six alliances, comme expliqué longuement plus haut dans cette paracha, paragraphe 55. En cela, l'homme peut se léser lui-même: de moins d'un sixième, d'un sixième, ou, à Dieu ne plaise, de plus d'un sixième, ce qui est l'annulation complète de l'achat.
S'il se lèse lui-même, cela est appelé: l'acheteur a été lésé. S'il lui semble avoir lésé le Nom, cela est appelé: le vendeur a été lésé.
L'acheteur lésé de moins d'un sixième est, par exemple, ce qui est dit dans le Talmud (Roch haChana 6a): 'On le contraint jusqu'à ce qu'il dise: Je veux.' Car, en vérité, la profondeur du cœur d'Israël est attirée après la volonté du Nom; mais dans le vêtement se trouvent des empchements qui l'empêchent de servir le Nom. [Il est expliqué dans Mei haChiloah II, paracha Yitro, s.v. 'Vayichma Yitro', à la fin: Il est rapporté dans la Guemara (Roch haChana 6a): 'On le contraint jusqu'à ce qu'il dise: Je veux.' Bien que cela paraisse une contrainte et que l'offrande doive être selon sa volonté, devant le Nom est révélée la profondeur du cœur: au fond de son cœur, il veut apporter l'offrande.
Mais il a des empchements dans le vêtement; lorsqu'il le dit aussi de ses lèvres, son extérieur est comme son intérieur, sa bouche et la profondeur de son cœur sont égales: cela est appelé selon sa volonté.] Il est donc lésé en cela, mais ce n'est que moins d'un sixième, qui est une remise complète. Un sixième est le cas de Joseph et des frères de Joseph: Joseph était dans le secret de l'alliance, avec une crainte très grande.
Ses frères avaient un peu de force à partir de la parole du Nom à notre père Abraham: 'Voici Mon alliance avec toi'; c'est pourquoi ils vendirent Joseph, c'est-à-dire qu'ils vendirent cette qualité. Ils devaient se repentir de cela et en souffrirent beaucoup, jusqu'à devoir faire monter ses ossements et les enterrer à Chekhem: du lieu où ils l'avaient pris, ils le ramenèrent.
Cette lésion est celle d'un sixième: l'achat demeure et l'on rend la lésion, et l'achat subsiste. Comme il est dit (Ets Haim, Porte de la lésion, chap.
1): 'Ce n'est pas pour cela que la fraternité entre eux fut annulée.' [Voici les paroles de notre maître le Ari zal dans Ets Haim, Porte de la lésion - porte 33, chap. 1, expliquant ceci: Mais si la lésion est exactement d'un sixième, on ne dira pas que l'achat soit annulé...
L'achat subsistera... mais après un temps il rendra la lésion. C'est-à-dire: il est des cas où la lésion vaut un sixième; la situation demeure ainsi quelque temps, puis la lésion retourne à son lieu.
Mais l'expansion restera à son lieu, ce qui est l'aspect du maintien de l'achat. Tel est le sujet du vol des tribus envers Joseph leur frère: elles le vendirent en Égypte, mais la fraternité entre eux ne fut pas annulée pour cela.
La chose demeura ainsi alors, puis elles firent retourner la lésion à son lieu, comme il est écrit: 'Les ossements de Joseph, ils les enterrèrent à Chekhem...' et comme il est écrit: 'Vous ferez monter mes ossements d'ici avec vous'; elles le ramenèrent à son lieu. Cela est aussi expliqué dans Cha'ar haMitsvot de notre maître le Ari zal, paracha Lekh Lekha, discours 2.
Le sujet des ossements de Joseph est expliqué plus loin, paracha Vayechhev, paragraphe 17, s.v. 'Véinyan haYihous', paragraphe 40, s.v. 'Vekhen haya', et dans les notes qui s'y trouvent.] Cela se retrouve dans chaque élément de l'âme d'Israël: le repentir pour sa faute lui sera utile; l'achat demeure et il rend la lésion. Le Midrach Rabba (Vayechhev, paracha 85) y fait allusion par la parabole de ceux qui entrèrent dans une cave à vin, prirent une cruche de vin et burent.
Le propriétaire de la cave vint... Il leur dit: 'Que cela vous soit agréable, parfumé et doux; vous avez bu le vin, remettez la cruche à sa place.' On trouve aussi le contraire: la lésion de plus d'un sixième, à Dieu ne plaise, par laquelle l'achat est annulé tout entier.
C'est le cas d'Esaue, qui prit pour lui-même une trop grande force et dit de lui-même: 'Habitant dans les fentes du rocher, dont la demeure est élevée, disant en son cœur: Qui me fera descendre à terre?' (Ovadia 1,3), jusqu'à sortir entièrement de la voie, dans sa confiance. [Le sujet d'Esaue est abondamment expliqué dans les livres de nos saints maîtres.
Nous apportons ici une poignée de leurs saintes paroles. Il est rapporté dans Beth Yaakov, Chemot, paracha Bechalah, paragraphe 112: Amalek aussi dit qu'il est attaché en un lieu élevé et qu'ils n'ont pas besoin de service, puisqu'ils sont nés d'Its'hak et de Rébécca, comme il est écrit: 'Habitant dans les fentes du rocher, dont la demeure est élevée, disant en son cœur: Qui me fera descendre à terre?' (Ovadia 1,3).
De même, dans Tiferet Yossef, paracha Zakhor, s.v. 'Zakhor': Tel est le sujet de la guerre d'Amalek, au sujet duquel l'Écriture dit: 'Habitant dans les fentes du rocher, dont la demeure est élevée, disant en son cœur: Qui me fera descendre à terre?' Comme l'expliqua en cela l'honneur de mon grand-père, notre maître, de bénie mémoire: toute sa force vient de ce qu'il a une part dans la sainteté des pères, puisqu'il est issu de deux justes, Its'hak et Rébécca; et il s'étend dans tous les desseins de son cœur sur l'appui de cette force. Voir aussi Sod Yesharim, paracha Zakhor, paragraphes 15 et 19; Pourim, paragraphe 8, s.v. 'Véhiné', et paragraphe 11, s.v. 'Ouman deamar'; et encore, ici dans notre livre, paracha Vayetse, paragraphe 69; paracha Vayichlah, paragraphe 14, s.v. 'Vezè'; paracha Vayechhev, paragraphes 1, s.v. 'Vehitgalout', 4, s.v. 'Tahat Yichmael', 8 et 17.] Ceci est l'annulation complète de l'achat, plus d'un sixième.
נתאנה מוכר בפחות משתות הוא כגון (תהילים ע״ח:ל״ו) ויפתוהו בפיהם ובלשונם יכזבו לו, שהוא רק משפה ולחוץ, ואעפ"כ והוא רחום יכפר עון ולא ישחית וכדאיתא בש"ס (תענית ח.), והוא כי השי"ת הבוחן לבבות יודע את עומק לב ישראל שלבם רוחש רק טוב וזה הוא פחות משתות שנמחל לגמרי. ושתות הוא כגוונא דאמר בלעם (בלק כג) את אשר ישים א-להים בפי אותו אדבר, שכוונתו היתה בזה להונות את השי"ת ועומק לבו היה מלא רע בלי שום רצון טוב, ואמירתו זאת היתה שעי"ז יסכים עמו השי"ת לקלל את ישראל ח"ו, וזה נקרא כשפים שמכחישים פמליא של מעלה.
והענין שמעמידים גוון זה משקר החן, כי אף כח ההיפך מוכרח להיות בו מעט אמת מתחלתו שיתקיים על ידו, כי כל דבר שקר שאין בו אמת מתחילתו לא תתקיים, כדאיתא בזוה"ק (הקדמה ב: שלח קסא.) ובש"ס (סוטה לה.) ועי"ז הכח הוא שלפעמים בולע צדיק שאינו גמור כדאיתא בש"ס (ברכות ז:), ולעתיד יראה השי"ת שלא היה להם שום כח כלל לבלוע את הצדיק אף שאינו גמור, וזה הוא שתות שקנה ומחזיר אונאה, שבעוה"ז הם קונים מעט ומזה יסבלו ישראל לפי שעה, ולעתיד יוכרחו להחזיר להם האונאה, וצדיק גמור דנפיש זכותיה אין להסט"א שום שליטה עליו אף בעוה"ז וכשפים לא יצליחו נגדו, וכגוונא דרבי חנינא בן דוסא שרצו לעשות לו כשפים אמר אין עוד מלבדו כתיב, שאין שום כח שליטה בעולם חוץ ממשלת השי"ת וכדאיתא בש"ס (חולין ז:)רעדמבואר ענינו בתפארת יוסף מסכת תענית (ט.) ד"ה אשכחיה עיי"ש., וכן אנו רואים שבלעם הרשע לא היה לו שום שליטה על ישראל, וזה הוא יתר משתות שבטל מקח לגמרי:
Le vendeur lésé de moins d'un sixième est le cas de: 'Ils Le séduisirent par leur bouche et Lui mentirent par leur langue' (Psaumes 78,36). Ce n'est que des lèvres vers l'extérieur, et néanmoins: 'Lui, le Miséricordieux, expie la faute et ne détruit pas', comme il est rapporté dans le Talmud (Taanit 8a).
Car le Nom, qui éprouve les cœurs, sait que la profondeur du cœur d'Israël ne palpite que de bien; c'est moins d'un sixième, qui est entièrement remis. Un sixième est le cas de Balaam, qui dit: 'Ce qu'Elokim mettra dans ma bouche, je le dirai' (Balak 23).
Son intention était de léser le Nom, et la profondeur de son cœur était pleine de mal, sans aucune volonté bonne. Cette parole visait à ce que le Nom consente avec lui à maudire Israël, à Dieu ne plaise; cela est appelé sorcelleries, qui contredisent la cour céleste.
Le sujet est qu'elles établissent cet aspect de beauté mensongère: même la force contraire doit avoir au début un peu de vérité afin de subsister par elle, car toute chose mensongère qui n'a pas de vérité à son début ne subsiste pas, comme il est rapporté dans le Zohar (Introduction II, Chelah 161a) et dans le Talmud (Sota 35a). Par cette force, il arrive qu'elle engloutisse un juste qui n'est pas parfait, comme il est rapporté dans le Talmud (Berakhot 7a).
Dans l'avenir, le Nom montrera qu'elles n'avaient absolument aucune force pour engloutir le juste, même non parfait. C'est le sixième: l'achat demeure et l'on rend la lésion.
En ce monde, elles acquièrent un peu, et Israël en souffre pour un temps; dans l'avenir, elles devront leur rendre la lésion. Quant au juste parfait, dont les mérites sont nombreux, la sitra a'hra (l'autre côté) n'a aucune domination sur lui, même en ce monde, et les sorcelleries ne réussissent pas contre lui.
Ainsi Rabbi Hanina ben Dosa, auquel on voulut faire des sorcelleries, dit: 'Il est écrit: Il n'y a rien d'autre que Lui', car il n'y a aucune force de domination au monde hors de la souveraineté du Nom, comme il est rapporté dans le Talmud (Houlin 7b). [Son sujet est expliqué dans Tiferet Yossef, traité Taanit 9a, s.v. 'Achkehe'.] De même, nous voyons que Balaam le méchant n'avait aucune domination sur Israël.
C'est plus d'un sixième, par quoi l'achat est entièrement annulé.
וזה הוא ענין הפלוגתא שבש"ס (ב"מ נא:) כמה תהיה הסלע חסירה חד אמר שתות וחד אמר שנים עשר, וחד אמר אחד מעשרים וארבעה. ענין שתות מורה על שלימות האדם, שהאדם מצדו יפלס מעגלותיו לצמצם ולברר את עצמו בכל הששה קצוות.
ואם יתאנה בזה הבירור בפחות משתות או על שתות או ביתר משתות בזה הם חילוקי דיני אונאה, ע"ז מורה אחד מששה. ואחד משנים עשר הוא, כי נמצא ששה אף באחוריים, כדאיתא בזוה"ק (ויחי רמא.) על הכתוב (מלכים א ז׳:כ״ה) וכל אחוריהם ביתה שהוא ברזא דשבטי ישרון ששה משמותם ברזא דפנים וששה מהם ברזא דאחוריים, וזה מורה שיגדיר אדם את עצמו בעבודה שלא תפסק מאתו אף שלא מדעת.
אחד מעשרים וארבעה מורה, שאדם יחדש בכל פעם עבודה מחדש, כידוע שבהשם אדנ"י נמצא כ"ד צירופים (עץ החיים שער השמות – שער מד – פרק ד). ופסק ההלכה הוא שרק בשיעור שתות:
Tel est le sujet de la divergence dans le Talmud (Bava Metsia 51b): de combien le sela peut-il être déficient? L'un dit: d'un sixième; l'autre dit: de douze; et l'autre dit: d'un vingt-quatrième.
Le sixième indique la perfection de l'homme: de son côté, l'homme doit aplanir ses voies, se restreindre et se clarifier dans les six extrémités. S'il est lésé dans cette clarification de moins d'un sixième, d'un sixième ou de plus d'un sixième, ce sont les distinctions des lois de lésion; à cela fait allusion un sur six.
Un sur douze signifie qu'il y a aussi six dans l'arrière, comme il est rapporté dans le Zohar (Vayhi 241a), sur le verset: 'Et tous leurs arrières étaient vers l'intérieur' (I Rois 7,25): cela est dans le secret des tribus de Yechouroun, six de leurs noms dans le secret de la face et six d'entre eux dans le secret de l'arrière. Cela indique que l'homme doit se délimiter dans le service afin qu'il ne cesse pas de lui, même à son insu.
Un sur vingt-quatre indique que l'homme doit renouveler chaque fois son service, car, comme on le sait, le Nom Adona'i possède vingt-quatre permutations (Ets Haim, Porte des Noms - porte 44, chap. 4).
La décision de la loi est que seulement à la mesure d'un sixième.
והנה כל אלו המחלוקת והשיעורין הם רק בפנימיות הד"ת, אבל בלבושין מד"ת לא יוסיף ולא יגרע את המטרה אף אל השערה לא יחטיא, שכן הוא פסק ההלכה שאם יוסיף או יפחות בציצית אף רק חוט אחד לא תתקיים מצותה, ואף שחוט אחד בציצית הוא רק אחד משלשים ושנים. וע"ז מרמז דינא דגמרא (קידושין מב:) שכל דבר שהוא במשקל ובמדה ובמנין אף פחות משתות חוזר, והוא שהלבושין מד"ת ישמור האדם לקיימם כפי שנצטווה בהן בלי תוספת וגרעון.
וכן הוא הענין בטובה ביתר משתות שבטל מקח, שאם יעבוד אדם את השי"ת בעוה"ז כראוי ויקיים מצות מילה כראוי, שזה מורה על צמצומי אדם בעוה"ז לכבודו יתברך להגדיל ולהקדיש שמיה רבה, ויקיים גם מצות פריעה כראוי, שזה מורה שיתרחק מערלה כ"כ עד שלא יכיר עוד מקום הראשון שעמד בה קודם זאת (וכמש"נ בפ' וירא אות ח)ערהלקמן פרשת וירא אות יב., לזה האדם יראה השי"ת שלא הי' צריך לשום עבודה וזה הוא ביטול מקח. וזה הבירור יתקיים ויבוא לנו ביובל העתיד לבוא עלינו במהרה.
(וכמש"נ הענין באריכות במקומו בכל פרטיו)רעועיין בבית יעקב ויקרא פרשת בהר אות ה ד"ה וכמו כן: יובל הוא, מה שהשי"ת מברר את האדם, ואז מראה השי"ת שאין לאדם שום כח ותפיסה ואחיזה בשום דבר, והכל הוא מאתו יתברך.
ואף הבירורים שאדם מברר עצמו הוא מהשי"ת וכו' עיי"ש כל העניין באריכות. ועיין עוד שם אות י.:
Or toutes ces divergences et ces mesures ne concernent que l'intériorité des paroles de Torah. Dans les vêtements des paroles de Torah, en revanche, l'homme ne doit ni ajouter ni retrancher au but, il ne doit pas manquer même l'épaisseur d'un cheveu.
Car telle est la décision de la loi: si l'on ajoute ou retranche aux tsitsit, ne serait-ce qu'un fil, leur commandement ne se maintient pas, bien qu'un fil des tsitsit ne soit qu'un sur trente-deux. À cela fait allusion la loi de la Guemara (Kiddouchin 42b): toute chose qui est au poids, à la mesure et au nombre, même moins d'un sixième se rend.
Les vêtements des paroles de Torah, l'homme doit les garder et les accomplir comme il lui a été ordonné, sans ajout ni retrait. Tel est aussi le sujet du bien au-delà d'un sixième, où l'achat est annulé: si l'homme sert le Nom en ce monde comme il convient et accomplit comme il convient le commandement de la circoncision, qui indique les restrictions de l'homme en ce monde pour Sa gloire, bénie soit-Elle, afin de grandir et sanctifier Son grand Nom; et s'il accomplit aussi comme il convient le commandement de la péri'a, qui indique qu'il s'éloigne tant de l'orla (prépuce) qu'il ne reconnaît plus le premier endroit où il se tenait auparavant (comme il est expliqué dans paracha Vayera, paragraphe 8) [plus loin, paracha Vayera, paragraphe 12], alors le Nom montrera à cet homme qu'il n'avait besoin d'aucun service: c'est l'annulation de l'achat.
Cette clarification se réalisera et nous parviendra au Yovel futur, qui vienne sur nous rapidement. (Comme le sujet a été expliqué longuement en son lieu, dans tous ses détails.) [Voir Beth Yaakov, Vayikra, paracha Behar, paragraphe 5, s.v. 'Oukemo khen': Le Yovel est ce par quoi le Nom clarifie l'homme; alors le Nom montre que l'homme n'a aucune force, aucune prise ni attache dans aucune chose, et que tout vient de Lui, béni soit-Il.
Même les clarifications par lesquelles l'homme se clarifie lui-même viennent du Nom, etc.; voir là-bas tout le sujet longuement. Voir encore là-bas, paragraphe 10.]