דעת תבונות

Daat Tevunot — Section 183

Ramhal - dialogue sur la finalité
En bref

« Et par la main des prophètes Je fais des comparaisons » (Ochea 12,11). Pour Moché, « en vision, et non en énigmes » (Bamidbar 12,8) ; pour les autres, c'est par énigmes, et « en songe Je lui parlerai ». Pour le Ram'hal, l'intellect dit que le songe est un soixantième de la prophétie : les prophètes n'ont pas la permission de voir la gloire supérieure (kavod) telle qu'elle est ; la gloire qui se révèle sur eux renouvelle dans leur cœur des images prophétiques, vêtements et énigmes. Une connaissance gravée se répand en eux, sans doute ni examen : ils savent que c'est Sa gloire qui parle et qui grave la solution de la vision, ainsi que l'écrit le Rambam.

Aussi : des paraboles des middot, dont la solution s'appréhende aussitôt, et des paraboles des effets, parfois expliquées ensuite ; des figures multiples, même opposées en un instant, chacune pour une de Ses middot.

אמר השכל – מקרא מלא הוא (הושע יב, יא), "וביד הנביאים אדמה". ובמשה רבינו ע"ה נאמר (במדבר יב, ח), "ומראה ולא בחידות", הא לאחרים - בחידות.

ובהדיא אמר (שם), "בחלום אדבר בו", ורז"ל קיימו מה שקיבלו (ברכות נז ע"א), "חלום - אחד מששים בנבואה". וזה, כי לא ניתן רשות לנביאים לראות הכבוד העליון כמו שהוא, אבל הכבוד המתגלה עליהם יחדש בלבבם דמיונות נבואיים, שיהיו כמו לבושים וחידות לענינים הראויים להגיע לידיעתם, וכמו כל שאר המשלים והחידות שבעולם.

ואמנם אין דרך השגתם כמו שמשגת הדעת האנושית בדרך הטבעי; אבל היא השגה נשפעה בהם, וידיעה נחקקת, שלא יפול בה הספק וצורך העיון והרגל המופתים, אלא יתברר להם בלי שום ספק שהמתגלה עליהם ומדבר עמהם יהיה כבודו ית', והוא המחדש בלבם הדמיונות הנבואיים ההם. ותחקק בלבם ידיעה כמו כן - שישיגו פתרון המראה והחידה, וישיגו מה שהאדון ב"ה רוצה לגלות להם.

וכדברים האלה כתב הרמב"ם זללה"ה בפרק ז' מיסודי התורה (הלכה ג), זה לשונו, "הדברים שמודיעים לנביאים במראה הנבואה - דרך משל מודיעים לו, ומיד יחקק בלבו פתרון המשל במראה הנבואה, וידע מה הוא":

L'Intellect dit : c'est un verset explicite (Ochea 12,11) : "et par la main des prophètes Je fais des comparaisons". Et au sujet de Moche notre maître, la paix soit sur lui, il est dit (Bamidbar 12,8) : "et en vision, et non en énigmes" - donc, pour les autres, c'est par énigmes.

Et il est dit expressément (ibid.) : "en songe Je lui parlerai". Et nos maîtres, de mémoire bénie, ont maintenu ce qu'ils avaient reçu (Berakhot 57a) : "le songe est un soixantième de la prophétie".

Et cela, parce qu'il n'a pas été donné aux prophètes la permission de voir la gloire supérieure (kavod) telle qu'elle est ; mais la gloire qui se révèle sur eux renouvelle dans leur cœur des images prophétiques (dimyonot), qui sont comme des vêtements et des énigmes pour les sujets qu'il convient qu'ils parviennent à connaître, et comme toutes les autres paraboles et énigmes du monde. Toutefois, leur voie d'appréhension n'est pas comme celle dont l'intellect humain appréhende par la voie naturelle ; mais c'est une appréhension répandue en eux, une connaissance gravée, dans laquelle ne tombent ni le doute, ni le besoin de l'examen, ni l'usage des démonstrations.

Au contraire, il leur devient clair, sans aucun doute, que Celui qui se révèle sur eux et qui parle avec eux est Sa gloire, qu'Il soit béni, et que c'est Lui qui renouvelle dans leur cœur ces images prophétiques. Et de même se grave dans leur cœur une connaissance : ils appréhendent la solution de la vision et de l'énigme, et ils appréhendent ce que le Maître, béni soit-Il, veut leur révéler.

Et c'est en ces termes qu'a écrit le Rambam (Maimonide), que son souvenir soit pour la vie du monde à venir, au chapitre 7 des Lois des fondements de la Torah (halakha 3), voici ses mots : "Les choses que l'on fait connaître aux prophètes dans la vision prophétique, c'est par voie de parabole qu'on les lui fait connaître ; et aussitôt se grave dans son cœur la solution de la parabole dans la vision prophétique, et il sait ce qu'elle est" :

וצריך שתבחיני שיש משלי המידות ומשלי התולדות. פירוש, יש משלים שבהם יתדמה הכבוד העליון על פי מידותיו ופעולותיו, ויש משלים שימשילו הפועל הנפעל ממנו ית'.

דרך משל, כשירצה האדון ב"ה להראות כבודו לנביא כמו מטיב ומרחם - יתדמה לו כזקן, כענין שנאמר (דניאל ו, ט) "ועתיק יומין יתיב" וכשירצה להראותו כמו גבור על אויביו - יראה כבחור איש מלחמה, וכמו שאמרו ז"ל (מכילתא יתרו כ, ב), "נגלה על הים כבחור ונגלה על הר סיני כזקן"; (חגיגה יד ע"א), "שבחור נאה למלחמה וזקן נאה לישיבה". אך משלי הפעולות הם כענין מקל שקד דירמיה, וסיר הנפוח, סולם דיעקב, מגילת יחזקאל, איפת זכריה, ומנורת הזהב.

והנה משלי המידות, כשיראה הכבוד העליון לעיני הנביא באותם הדמיונות, מיד ישיגו פתרון המראה ההוא. אך משלי הפעולות אפשר להם שלא ישיגום עד שיפרשום להם, וכמו שמצאנו בנביאים (זכריהו ד, ה), "הלא ידעת מה המה אלה, ואומר לא אדוני", וכדברי הרמב"ם ז"ל שם:

Et il faut que tu discernes qu'il y a des paraboles des middot (mesures, attributs de conduite) et des paraboles des effets (toladot). Explication : il y a des paraboles dans lesquelles la gloire supérieure se donne à voir sous une image, selon Ses middot et Ses actions ; et il y a des paraboles qui figurent l'acte opéré par Lui, qu'Il soit béni.

Par exemple : lorsque le Maître, béni soit-Il, veut montrer Sa gloire au prophète comme Celui qui fait du bien et qui fait miséricorde, Il se donne à voir à lui comme un vieillard, selon ce qui est dit (Daniel 6,9) : "et l'Ancien des jours S'assit" ; et lorsqu'Il veut se montrer à lui comme un puissant sur Ses ennemis, Il apparaît comme un jeune homme, un homme de guerre. Ainsi ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Mekhilta Yitro 20,2) : "Il S'est révélé sur la mer comme un jeune homme, et Il S'est révélé sur le mont Sinaï comme un vieillard" ; (Haguiga 14a) : "car le jeune homme convient à la guerre, et le vieillard convient à la maison d'étude".

Mais les paraboles des actions sont du genre du bâton d'amandier de Yirmeya, et de la marmite bouillonnante, de l'échelle de Yaakov, du rouleau de Ye'hezkel, de l'épha de Zekharia, et du chandelier d'or. Or, quant aux paraboles des middot, lorsque la gloire supérieure se montre aux yeux du prophète dans ces images, aussitôt ils en appréhendent la solution de cette vision.

Mais quant aux paraboles des actions, il se peut qu'ils ne les appréhendent pas jusqu'à ce qu'on les leur explique, ainsi que nous l'avons trouvé chez les prophètes (Zekharia 4,5) : "Ne sais-tu pas ce que sont ces choses ? Et je dis : non, mon seigneur" ; et ainsi que le dit le Rambam, de mémoire bénie, au même endroit :

והנה ממה שאפשר להיות במראיהן - זה הוא ריבוי הדמויות, ואפילו הפכיים זה לזה ברגע אחד. ודבר זה לימדונו חז"ל במסכת סופרים (טז, ב) ז"ל, "פנים בפנים דבר ה' עמכם'.

פנים תרי, בפנים - תרי, הא ד' אפין של אימה - למקרא, בינוניות - למשנה, שוחקות - לתלמוד, מסבירות - לאגדה". וכן אמרו (ילק"ש יתרו רפו), "אנכי ה' אלקיך" - אמר ר' חמא בר פפא, הראה להם הקב"ה פנים זועפות, פנים מסבירות וכו'.

אמר להם, אף על פי שאתם רואים כל הדמויות הללו - אנכי ה' אלקיך". והרי זה כדרך שאמרו בדיבור גם כן.

(ירושלמי נדרים פ"ג ה"ב, וע"ש עוד דברים), "ערות אשת אחיך", "יבמה יבא עליה" - בדיבור אחד נאמרו; "זכור" ו"שמור" - בדיבור אחד נאמרו (שם, ועי' ר"ה כז ע"א). והנה הטעם לזה מבואר הוא, כי כיון שאין הדמויות הללו עצמיים, אלא גילוי נבואי נברא, תלוי ברצונו של מלך שהוא אומר ויהי, שיתדמו דמויות אלה לנפש הנביא.

הלא הוא יכול לברוא דמויות כמו שרוצה באיזה דרך שרוצה, ואינו צריך לחוקות הטבע הגשמי הלז, שאינם עשויים אלא לגופים לבד. אמנם זה ודאי שאין שום דבר מדברי ה' לבטלה ח"ו, אלא כל דמות ודמות שהוא מראה לו, אינו אלא להודיעו מידה אחת ממידותיו ית', או ענין ממידותיו.

וברצותו להראות לו ענינים שונים, יראה לו דמויות שונים, אף על פי שבעצמם יהיו הפכיים, כי כבר אין התכלית על הדמות המתראה, אלא על המובן לנביא מתוך הדמות ההוא:

Or, parmi ce qui peut se produire dans leurs visions, il y a la multiplicité des figures, et même des figures opposées l'une à l'autre en un seul instant. Et cela, nos maîtres, de mémoire bénie, nous l'ont enseigné dans le traité Soferim (16,2), voici leurs mots : "'Face à face ה' à parlé avec vous' (Devarim 5,4). 'Face' - deux ; 'à face' - deux : voilà quatre faces.

Des faces de crainte - pour le Mikra (le texte de l'Écriture) ; moyennes - pour la Michna ; riantes - pour le Talmud ; avenantes - pour la Aggada". Et de même ils ont dit (Yalkout Chimoni Yitro 286) : "'Je suis ה' ton D.ieu' (Chemot 20,2) - Rabbi Hama bar Papa a dit : le Saint, béni soit-Il, leur a montré des faces courroucées, des faces avenantes, etc.

Il leur a dit : bien que vous voyiez toutes ces figures - Je suis ה' ton D.ieu". Et voici que ceci est à la manière de ce qu'ils ont dit au sujet de la parole également (Talmud de Jérusalem, Nedarim chap.

3 halakha 2, et vois là-bas d'autres propos encore) : "la nudité de la femme de ton frère" (Vayikra 18,16) et "son beau-frère viendra sur elle" (Devarim 25,5) ont été dites en une seule parole ; "Souviens-toi" (zakhor) et "Garde" (chamor) ont été dites en une seule parole (ibid., et vois Roch Hachana 27a). Or la raison en est claire : puisque ces figures ne sont pas essentielles, mais une révélation prophétique créée, dépendant de la volonté du Roi qui dit et cela fut, afin que ces figures se donnent à voir à l'âme (nefech) du prophète.

N'est-Il donc pas capable de créer des figures comme Il veut, par quelque voie qu'Il veuille, sans avoir besoin des lois de cette nature matérielle, qui ne sont faites que pour les corps seuls ? Toutefois, ceci est certain : aucune des paroles de ה' n'est vaine, à D.ieu ne plaise ; mais chaque figure qu'Il lui montre n'est là que pour lui faire connaître l'une de Ses middot, qu'Il soit béni, ou un aspect de Ses middot.

Et lorsqu'Il veut lui montrer des choses différentes, Il lui montre des figures différentes, quand bien même elles seraient en elles-mêmes opposées ; car déjà le but ne porte pas sur la figure qui apparaît, mais sur ce que le prophète comprend à partir de cette figure :

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