דעת תבונות

Daat Tevunot — Section 140

Ramhal - dialogue sur la finalité
En bref

L'intellect dit qu'il y a deux fondements qui sont trois de la conduite (hanhaga). Le Ram'hal distingue deux sortes de lois gravées : les voies de Son influx, et les voies de notre réception. La première se divise encore. « Comme un homme corrige son fils, Hachem ton Elokim te corrige » (Devarim 8,5) : la correction (moussar) d'Israël naît de l'amour même, et une réprimande découverte naît d'un amour caché. Deux conséquences en sortent : la correction s'adoucit, l'amour empêchant la colère de devenir cruelle ; parfois, voyant que ceux qui sont jugés n'ont pas la force de supporter, Il retire Sa main et s'assied sur le trône de miséricorde.

Aussi : « qui épargne son bâton hait son fils, et qui l'aime le corrige dès l'aube » (Michle 13,24) ; même à l'heure du jugement, l'intention cachée n'est que d'avoir pitié et de faire du bien

אמר השכל – אומר לך בתחלה בכלל - שתים שהם שלש יסודות ראשיים אשר להנהגה הזאת, אחר נבוא לפרטיהם אחד אחד, למען תהיה המסילה סלולה לפניך. הנה בהיות הקב"ה פועל בנו הפעולות שהוא פועל בסדרים המיוחדים והדרכים שרצה, צריך שנבחין שני מיני חוקים שחקק בענין זה.

המין האחד - כל שתלוי בפעולותיו ית', והוא כלל כל דרכי ומשפטי השפיעו; והשני - - כל מה שתלוי בהתפעלות שלנו בקבלתנו, והוא כלל כל דרכי ומשפטי קבלנו ממנו ית':

L'Intellect dit : je vais te dire d'abord la chose en général - deux qui sont trois fondements principaux de cette conduite (hanhaga, le mode de gouvernement divin) ; ensuite nous viendrons à leurs détails un à un, afin que la route soit aplanie devant toi. Voici : puisque le Saint béni soit-Il opère en nous les actions qu'Il opère selon les ordres particuliers et les voies qu'Il a voulus, il nous faut distinguer deux sortes de lois qu'Il a gravées en cette matière.

La première sorte : tout ce qui dépend de Ses actions, béni soit-Il, et c'est l'ensemble des voies et des règles de Son influx ; la seconde : tout ce qui dépend de notre réaction dans notre réception, et c'est l'ensemble des voies et des règles de ce que nous recevons de Lui, béni soit-Il.

ואמנם החק הראשון, שהוא חק השפיעו, יתחלק גם הוא לשנים; וזה, כי הנה קרא כתיב (דברים ח. ה), "כאשר ייסר איש את בנו ה' אלקיך מיסרך", והיינו כי אין המוסר שהקב"ה מייסר את ישראל מוסר נקם ומכת אויב, אלא מאהבה שהוא אוהב אותם כאב את בנו, שכן כתיב (משלי יג, כד), "חושך שבטו שונא בנו ואוהבו שחרו מוסר", הרי שהמוסר נולד מן האהבה ממש, ונמצאת תוכחת מגולה נולדת מאהבה מסותרת.

ושתי תולדות טובות יוצאות מן השורש הזה, א - שהמוסר עצמו, אפילו בזמן שהוא נעשה, לא יעשה באכזריות חימה, אלא במיתוק גדול, מפני האהבה המסותרת שאינה מנחת לכעס למשול ולהתאכזר; והשנית - שכיון שאפילו בשעה שהקב"ה מביא במשפט יצוריו, הנה כוונתו המסותרת אינה אלא לרחם ולהטיב, לפעמים אם יראה שאין כח בנשפטים לסבול המשפט - יפנה אליהם ברחמים, ויניח ידו מן המשפט לגמרי, והוא ענין (ע"ז ג ע"ב), "עומד מכסא דין ויושב על כסא רחמים". והרי לנו עתה להבין כל השלוש אלה בביאור פרטיהם, והתנאים המשלימים ענינם:

Or la première loi, qui est la loi de Son influx, se divise elle aussi en deux. En effet, le verset dit (Devarim 8,5) : "Comme un homme corrige son fils, ה' ton Elokim te corrige".

C'est-à-dire que la correction (moussar) par laquelle le Saint béni soit-Il corrige Israël n'est pas une correction de vengeance ni un coup porte par un ennemi, mais elle vient de l'amour qu'Il a pour eux comme un père pour son fils ; ainsi qu'il est écrit (Michle 13,24) : "Qui épargne son bâton hait son fils, et qui l'aime le corrige dès l'aube". Voici donc que la correction naît de l'amour lui-même, et il se trouve qu'une réprimande découverte naît d'un amour caché.

Et deux bonnes conséquences sortent de cette racine. La première : que la correction elle-même, même au moment où elle s'accomplit, ne se fait pas avec la cruauté de la colère, mais avec un grand adoucissement, à cause de l'amour caché qui ne laisse pas la colère dominer ni devenir cruelle.

La seconde : que puisque, même à l'heure où le Saint béni soit-Il fait passer Ses créatures en jugement, Son intention cachée n'est que d'avoir pitié et de faire du bien, parfois, s'Il voit que ceux qui sont soumis au jugement n'ont pas la force de supporter ce jugement, Il se tourne vers eux avec miséricorde et retire entièrement Sa main du jugement ; et c'est le sens de ce qui est dit (Avoda Zara 3b) : "Il se lève du trône de justice et s'assied sur le trône de miséricorde". Il nous revient maintenant de comprendre ces trois choses par l'explication de leurs détails, et des conditions qui achèvent leur propos.

ואמנם צריך אני בתחילה להציע לפניך הקדמה אחת מצטרכת לכלל מה שנבאר אחרי זה, והיא הקדמה ברורה מאד לרגילים בחכמות ומופתיהם:

Mais il me faut d'abord te présenter une prémisse nécessaire à l'ensemble de ce que nous expliquerons après cela, et c'est une prémisse très claire pour ceux qui sont familiers des sciences et de leurs démonstrations.

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