« Tu as caché Ta face, je fus épouvanté » (Tehilim 30,8), et Moché : « Et Je cacherai Ma face d'eux, et il sera livré à la dévoration » (Devarim 31,17). Pour le Ram'hal, le Saint béni soit-Il fait le bien réellement par Son influx (chefa) de bien, le mal n'est que l'absence de Son influx. L'influx vient avec tout le tikoun (rectification) nécessaire ; tout annulé, le receveur l'est ; seules les conditions de sa perfection en défaut, un manque. Ainsi l'influx de la vie, complet, laisse vivant et bien portant ; entièrement annulé, la mort ; préparations en défaut, la maladie : le bien et le mal sont les conséquences de l'influx ou de son absence, en tout ou en partie.
"ה' ברצונך העמדת להררי עז הסתרת פניך הייתי נבהל", (תהלים קד, כט), "תסתיר פניך יבהלון"; ומשה רבנו ע"ה כבר אמר (דברים לא, יז), "והסתרתי פני מהם והיה לאכול" וגו'. וזה, כי הטוב - הקב"ה עושה אותו ממש בשפעו הטוב, אבל הרע אינו אלא העדר שפעו וביטולו, אם מעט ואם הרבה.
כי השפע הטוב בא בכל תיקון המצטרך לטובת הנשפע, ואם יבטל ויעדר השפע לגמרי - זה יהיה ביטול לנשפע, ביטול גמור, אך אם השפע לא יבטל לגמרי, אך מתנאי שלמותו יתבטלו ויעדרו - יהיה החסרון בנשפע, ולא ביטול גמור. דרך משל, שפע המציאות והחיים בבואו שלם בכל ההכנות הטובות, הנה יהיה הנשפע חי ובריא; ואם יבטל לגמרי - ימות הנשפע ההוא.
אך אם לא יבטל לגמרי, אבל הכנותיו יעדרו ותנאי שלמותו, הנה לא ימות הנשפע ההוא, אבל יחלה ויחיה חיי צער, וזה פשוט. ונמצא, שלא נוכל לומר שהטוב והרע הם שתי השפעות, כמו שחשבת, אבל הם תולדות ההשפעה או העדרה, בכל או במקצת:
"ה' , par Ta volonté Tu as établi ma montagne comme une forteresse ; Tu as caché Ta face, je fus épouvanté" (Psaumes 30,8), "Tu caches Ta face, ils sont épouvantés" (Psaumes 104,29) ; et Moche notre maître, que la paix soit sur lui, a déjà dit (Deutéronome 31,17) : "Et Je cacherai Ma face d'eux, et il sera livré à la dévoration", etc. Et voici : le bien, le Saint béni soit-Il le fait réellement par Son influx (chefa) de bien, tandis que le mal n'est que l'absence de Son influx et son annulation, que ce soit peu ou beaucoup.
Car l'influx du bien vient avec tout le tikoun (rectification, mise en ordre) nécessaire au bien de celui qui le reçoit ; et si l'influx est annulé et fait entièrement défaut, ce sera l'annulation de celui qui le reçoit, une annulation complète ; mais si l'influx n'est pas annulé entièrement, et que seules les conditions de sa perfection sont annulées et font défaut, il y aura un manque chez celui qui le reçoit, et non une annulation complète. Par exemple : l'influx de l'existence et de la vie, lorsqu'il vient complet avec toutes les bonnes préparations, alors celui qui le reçoit sera vivant et bien portant ; et s'il est annulé entièrement, celui qui le reçoit mourra.
Mais s'il n'est pas annulé entièrement, et que ce sont ses préparations et les conditions de sa perfection qui font défaut, alors celui qui le reçoit ne mourra pas, mais il tombera malade et vivra une vie de souffrance ; et cela est simple. Il ressort donc que nous ne pouvons pas dire que le bien et le mal sont deux influx, comme tu l'as pensé, mais qu'ils sont les conséquences de l'influx ou de son absence, en tout ou en partie :