Nos Sages enseignent six mille ans, un septième millénaire dévasté où le Saint, béni soit-Il, fait des ailes aux justes et ils planent sur la face des eaux : « Ceux qui espèrent en Hachem renouvelleront leur force », puis le renouvellement du monde. Pour le Ram'hal, il y a trois temps : durant les six mille ans, le corps détient la domination. Au septième millénaire, le monde n'est pas renouvelé, les justes s'élèvent au-dessus de la terre, le corps n'a plus que la domination qu'avait Moché sur la montagne, jour tout entier Chabbat. À partir du renouvellement, « demain, pour en recevoir la récompense », le corps est subordonné à l'âme pour se délecter du bien suprême à tout jamais.
אמר השכל – חכמינו ז"ל הורונו שהעולם מתקיים שיתא אלפי שנין, ואחר כך אלף השביעי הוא חרוב, ואחר כך הקב"ה מחדש עולמו (סנהדרין צז ע"ב). ועוד מצאנו שאמרו (שם צב ע"ב) (ילקוט שמעוני ישעיה מ, לא - רמז תמז) על אלף השביעי, "צדיקים מה עושים? הקב"ה עושה להם כנפים ושטים על פני המים, שנאמר (ישעיהו מ, לא), וקוי ה' יחליפו כח".
מפשוטן של דברים אנחנו למדים ששלשה זמנים יש, והם: שיתא אלפי שנין; אלף השביעי; וחידוש העולם.
שיתא אלפי שנין העולם עומד כמו שהוא עתה; אלף השביעי עדיין לא נתחדש העולם, והצדיקים הם כמו שחיו בתחיית המתים, אלא שהקב"ה עושה להם כנפים וכו'; וחידוש העולם - שהקב"ה יחדש את העולם חידוש גמור. ואמנם, העולם כמות שהוא עתה, הנה אנחנו רואים שהגוף יש לו כל השליטה כאיש שורר בביתו, כי זה מקומו ולא אחר; אך באלף השביעי הנה הצדיקים מתעלים מן הארץ, ונשאר הגוף חוץ ממכון שבתו, ואינו אלא כאיש נודד ממקומו, וכאורח נטה ללון.
על כן לא תשאר לו שליטה אלא כמשה רבנו ע"ה בעלותו ההרה, שכיון שנתעלה מן הארץ לא הלך עוד בדרך יושבי הארץ. וכן לאלף השביעי קראוהו חז"ל (סנהדרין צז ע"א), "יום שכולו שבת ומנוחה לחי העולמים", כי שובתים בו מכל המלאכות הגופניות שהם החול, אך הגוף לא סר עדיין ממציאותו, כי לא ניתן חידוש עדיין לבריאה.
אבל מחידוש העולם והלאה, שהוא (עירובין כב) "למחר לקבל שכרם", הנה אין צריך עוד לשליטת הגוף כלל, כי אינו צריך אלא לצורך העבודה בזמנה, אבל יהיה מציאותו טפל לנשמה, להתעדן בטוב העליון לנצח נצחים.
L'Intellect dit - Nos Sages, de mémoire bénie, nous ont enseigné que le monde subsiste six mille ans (chita alfei chenin), qu'ensuite le septième millénaire est dévasté, et qu'après cela le Saint, béni soit-Il, renouvelle Son monde (Sanhédrin 97b). Nous avons trouvé encore qu'ils ont dit (ibid.
92b) (Yalkout Chimoni Isaie 40,31 - remez 447), au sujet du septième millénaire : "Les justes, que font-ils ? Le Saint, béni soit-Il, leur fait des ailes et ils planent sur la face des eaux, ainsi qu'il est dit (Isaie 40,31) : Ceux qui espèrent en ה' renouvelleront leur force." Du sens simple de ces paroles nous apprenons qu'il y a trois temps, à savoir : les six mille ans ; le septième millénaire ; et le renouvellement du monde.
Durant les six mille ans, le monde se tient tel qu'il est à présent ; au septième millénaire, le monde n'a pas encore été renouvelé, et les justes sont comme ils ont vécu lors de la résurrection des morts, sinon que le Saint, béni soit-Il, leur fait des ailes, etc. ; et le renouvellement du monde - c'est que le Saint, béni soit-Il, renouvellera le monde d'un renouvellement complet. Or, quant au monde tel qu'il est à présent, nous voyons que le corps détient toute la domination, comme un homme qui règne en sa maison, car c'est là sa place et non une autre ; mais au septième millénaire, les justes s'élèvent au-dessus de la terre, et le corps demeure hors du lieu de sa résidence : il n'est plus qu'un homme errant loin de sa place, comme un voyageur qui s'écarte pour y passer la nuit.
C'est pourquoi il ne lui restera de domination que celle qu'avait Moche notre maître, la paix soit sur lui, lors de sa montée sur la montagne : puisqu'il s'était élevé au-dessus de la terre, il ne suivit plus la voie des habitants de la terre. De même, le septième millénaire, nos Sages l'ont appelé (Sanhédrin 97a) "un jour qui est tout entier Chabbat et repos pour la vie des mondes", car on y chôme de tous les travaux corporels, qui sont le profane ; mais le corps ne s'est pas encore retiré de son existence, car aucun renouvellement n'a encore été donné à la création.
En revanche, à partir du renouvellement du monde et au-delà, qui est (Erouvin 22) "demain, pour en recevoir la récompense", il n'est plus besoin du tout de la domination du corps, car celle-ci n'est requise que pour les besoins du service divin en son temps ; mais son existence sera subordonnée à l'âme, pour se délecter du bien suprême a tout jamais.